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MAFIA ET JUSTICE Pots-de-vin. Le 21 octobre 1987, un camion venu de RFA se renverse
MAFIA ET JUSTICE
Pots-de-vin. Le 21 octobre 1987, un
camion venu de RFA se renverse sur
l'autoroute à Kwaadmechelen. Il trans-
porte des produits dangereux, ses do-
cuments de bord ne sont pas
conformes. C'est le début de l'affaire
Transnuklear, du nom d'une entreprise
de transport qui véhicule l'essentiel
des matières radioactives alle-
mandes. Un dossier 11 kolossal "· qui
agite les autorités de Bonn et rejaillit
sur le Centre nucléaire de Mol : plu-.
sieurs cadres du Cen ont perçu des
pots-de-vin.
Italie et Suisse. Entre 1982 et 1987,
Transnuklear a transporté vers la Bel-
gique des matières plus radioactives
que ce qu'annonçaient des documents
officiels. Des échanges douteux ont
eu lieu dans l'autre sens. Pour organi-
ser ce trafic incroyable, Transnuklear
a versé quelque 400 millions de
francs de 11 comm1ss1ons "· Une
somme dont l'ampleur étonne et incite
à croire que les révélations faites jus-
qu'ici n'avaient concerné qu'une partie
du dossier. Aujourd'hui, Le Vif/L'Ex-
press révèle que des trafics similaires,
organisés par l'entreprise allemande
- avec la complicité de Mol - ont
impliqué d'autres pays européens,
dont la Suisse et l'Italie.
Silences. La justice et les autorités al-
lemandes ont saisi le problème à
bras-le-corps : un ministre a même
jugé utile de se déplacer à Bruxelles.
Côté belge ? Le silence et l'inaction.
Aucune instruction n'a été donnée aux
services officiels compétents pour
qu'ils vérifient la nature des déchets
suspects, découverts à Mol. Inculpa-
tions et arrestations tardent. Les ser-
vices de contrôle du ministère de la
Justice sont paralysées par un man-
que d'effectifs et de moyens. On at-
tendait la rigueur des responsables de
Mol et de bien d'autres, on découvre
un très inquiétant bricolage.
Commission. Les révélations appor-
tées ici vont-elles enfin secouer l'apa-
thie de tous ceux qui sont chargés de
la sécurité du citoyen ? La première
mesure a été prise le mardi 5 janvier :
Miet Smet, secrétaire d'Etat à l'Envi-
ronnement, a créé une
commission
d'experts. Pour évaluer notamment un
éventuel K impact sur le milieu " dont
on nous avait assuré auparavant
qu'il était inexistant.
Dans Weekend, un panorama de la nouvelle
année cinématographique.
LE VIF/L'EXPRESS- DU 8 AU 14 JANYIER1988
La mafia de l'atome Pots-de-vin, trafic .de déchets nucléaires, délirante chasse aux contrats :le Centre
La mafia
de l'atome
Pots-de-vin, trafic .de déchets nucléaires,
délirante chasse aux contrats :le Centre
nucléaire de Mol est impliqué dans une
« affaire »sur laquelle Le Vif/L'Express
apporte de nouveaux éléments.
B riques jaunâtres, portes vitrées
en fer, peinture grise :les bâti-
ments rectangulaires du dé-
partement « déchets » du
Centre nucléaire de Mol (Cen) forment
un ensemble un peu triste auquel les
pins de la lande campinoise apportent
une touche de verdure bienvenue. A
gauche de l'entrée du centre d'accueil,
des scellés ont été apposés sur la porte
d' un bureau, signe discret du passage
des autorités judiciaires. Dehors, un
peu partout, traînent des fûts noirs
portant le symbole de la radioactivité.
Au centre d'incinération, des hommes
à l'allure de cosmonautes, protégés par
des combinaisons roses, effectuent des
travaux d'entretien et de réparation.
La vie continue. Pourtant, rien, ici, ne
sera jamais plus
comme « avant » .
A quelques cen-
taines de kilomè-
tres de Mol, Klaus
Tôpfer, ministre
ouest-allemand de
l'Environnement,
rép~te à qui veut
l'entendre que « la
limite est at-
teinte >> . Sur son
bureau, un article
de l'hebdoma-
daire « Der Spie-
gel >>
évoque « l e
plus grand scan-
dale de l'histoire
de l'industrie a
mande de l'atome >> .
Tout commence le 21 octobre 1986.
Ce jour-là , un camion de la firme alle-
mande Transnuklear, qui transporte
des déchets faiblement radioactifs de
la centrale nucléaire de Krümmel
(RFA) vers le Centre de Mol , se ren-
verse sur l'autoroute E313, près de
Kwaadmechelen. L'enquête révèle que
les produits convoyés ne correspon-
dent pas totalement à ceux décrits dans
les documents d'accompagnement et
que certains conteneurs ne sont pas •
adéquats. En avril 1987 , un employé
d'une centrale nucléaire du << Land >>de
Hesse (RFA) se suicide. Les recherches
montrent, cette fois, que la société
Transnuklea r - chargée de 80% des
transports de matières radioactives en
Allemagne- est au cœur d'une gigan-
tesque affaire de pots-de-vin dans la-
quelle sont impliqués plusieurs cadres
L'affaire
Transnuklear ébranle
tout l'édifice nucléaire
allemand.
Le trafic ne porte pas
seulement sur des
déchets nucléaires
allemands.
Transnuklear a
acheminé à Mol des
déchets italiens et
helvétiques.
sur des déchets nucléaires allemands. Transnuklear a acheminé à Mol des déchets italiens et helvétiques.
Un luxe de précaution, d'un côté ; un trafic de l'autre.
Un luxe de précaution,
d'un côté ; un trafic de l'autre.

986.

alle-

>orte

fs

nmel

de

du Cen. Entre 1982 et 1987, la firme, établie à Hanau (RFA), a effectué des cen- taines de transports entre l'Allemagne et le Centre de Mol, dont les charge- ments- qui se trouvent toujours, non

ren- traités, en Belgique- étaient plus ra-

dioactifs que ne l' affirmaient les docu- ments d ' accompagnement. Des cen- taines de transports << en contrepartie >> ont rapporté en RFA de soi-disant dé- chets allemands conditionnés qui étaient, en fait, des déchets belges. Parmi ces derniers figuraient certaines quantités de plutonium et de cobalt ra- dioactifs, provenant du réacteur BR3 de Mol. De source allemande, il sem- ble également que du matériel conta- miné au plutonium ait été mélangé

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gan- avec des déchets légèrement radioactifs

et acheminés secrètement au Cen. Pour organiser ce trafic, Transnu-

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s la-

au Cen. Pour organiser ce trafic, Transnu- dres s la- Firmin Aerts, secrétaire d'Etat à l'Energie

Firmin Aerts, secrétaire d'Etat à l'Energie : peu bavard.

klear a versé des pots-de-vin pour un montant de 400 millions de francs, soit 10% de son chiffre d'affaires. << C'est une histoire de fous, souligne un expert français du nucléaire. La somme men- tionnée pour les pots-de-vin ne colle pas du tout avec la nature du trafic découvert. Payer un conditionnement et un stockage corrects des déchets au- rait coûté beaucoup moins cher. >> Comment expliquer une telle dispro- portion ? Dans le milieu des profes- sionnels du transport, on affirme que l'enquête pourrait encore réserver quelques surprises, notamment quant à la nature et aux quantités de déchets << échangés >>. La plupart des centrales nucléaires ouest-allemandes sont, en tout cas, im- pliquées dans l'affaire. Plus d'une cen- taine de leurs collaborateurs ont reçu de Transnuklear des liasses de billets, des voitures neuves, des cuisines équi- pées, etc. << Der Spiegel >> rapporte les déclarations d'un avocat de Francfort qui prétend avoir été témoin, au siège de la firme allemande, de discussions concernant l'acheminement, en Belgi- que, de matériel alpha-contaminé (plu- tonium) en provenance d'une centrale nucléaire allemande. Selon l'avocat, ce matériel devait être transporté à Mol comme faisant partie de déchets mixtes ordinaires. Alors que le dossier Transnuklear secoue 1'Allemagne - où les autorités annoncent << une révision fondamen- tale de tout le secteur nucléaire >> -, le gouvernement belge se montre peu ba- vard et ne semble pas disposé à en tirer rapidement toutes les leçons. Quatre ou cinq Belges figurent pourtant sur la liste des personnes corrompues par la firme allemande (lire Le Vif/L 'Express du 9 octobre 1987). Environ 10 millions de francs auraient ainsi été versés à des membres du Centre de Mol, via une banque hollandaise et un compte ou- vert à Bruxelles au nom de << Monika Kretzschmar >>. Deux personnes ont d' ores et déjà été citées : Norbert Van ; de Voorde, directeur du département << déchets >>, et Georges Dumont, son adjoint. Tous deux ont été licenciés, mais le second a dû être réintégré.

été licenciés, mais le second a dû être réintégré. Aucune instruction n'a été donnée pour vérifier

Aucune instruction n'a été donnée pour vérifier le contenu des fûts.

La politique des « petits cadeaux » continue au Centre de Mol.

LE VIF/L'EXPRESS- DU 8 AU 14 JANVIER 1988

Certains services belges de contrôle sont pratiquement « hors- jeu ».

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••• • -+ Malgré les enquêtes ouvertes par le Comité supérieur de contrôle, le par-
••• • -+ Malgré les enquêtes ouvertes par le Comité supérieur de contrôle, le par-
••• •
•••

-+

Malgré les enquêtes ouvertes par le Comité supérieur de contrôle, le par- quet de Turnhout, la Sécurité nucléaire et 1'Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs), aucune inculpa- tion, aucune arrestation n'a encore été opérée, bien que des aveux signés aient été obtenus. Certains commencent à trouver étranges les lenteurs de la jus- tice. Qui sont les autres personnes im,. pliquées ? Sans doute n'appartiennent~ elles pas toutes au Cen. Un membre du personnel de la centrale nucléai~e de Doel est fréquemment cité. Mais les policiers allemands, maîtres de l'en- quête, ne tiennent pas à découvrir trop tôt leur jeu. Une chose est certaine : ce qu'ils découvrent, au fil de leurs re- cherches, dépasse en gravité ce qui a déjà été annoncé. Depuis le début des années 80, le Centre de Mol , aux abois sur le plan financier, avait tendance à accepter n'importe quel déchet - y compris ceux qu ' il était incapable de traiter-

à n' importe quel tarif. De même qu'il

était prêt à jouer une partie dangereuse en recherchant des contrats avec des pays « sensibles » tels que le Pakistan et la Libye (lire Le Vif/L'Express du 24 avril 1987). Ce dernier élément doit d'ailleurs être soigneusement gardé à l'esprit , parce qu ' il pourrait faire l'ob- jet, à l'avenir, de nouveaux développe-

ments.

Pas seulement avec l'Allemagne

En attendant, l'inventaire des pro- duits stockés à Mol, tel qu'il a été

dressé par l'Ondraf, fait état d'environ

4 000 mètres cubes de déchets de faible activité, dont 830 sont venus de RFA et ne sont pas conditionnés, alors qu ' ils auraient dû l'être. Outre 120 tonnes de boues non traitées, subsis- tent encore 1 800 conteneurs de vo- lumes variables, contenant des déchets « de nature inconnue ». Mais cette liste est-elfe exhaustive ? Toutes les matières importées par Transnuklear sont-elles à Mol ? La comptabilité des <<échanges» avec l'Allemagne n'est pas encore très précise. En RFA , le gouvernement s'inquiète du contenu exact des 1 942 fûts - der- nier chiffre cité - importés par la firme de Hanau sur son territoire. Un programme d' investigation à l'inté- rieur des conteneurs a été élaboré ré- cemment par un collège d ' experts. En Belgique, rien de semblable : aucune instruction n'a été donnée à l'Ondraf pour vérifier la nature des déchets dé- couverts à Mol. Selon certains spécia- listes de cet organisme, cette absence

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I

de décision est intolérable. Les responsables de la firme Smet Jet, qui travaillait au Cen pour le compte de Transnuklear, pourraient, s' ils le voulaient, contribuer à la re- cherche de la vérité. Selon Jef Sleekcx, député SP de Mol, cette société a reçu de Transnuklear 504 millions de francs, dont la moitié seulement est justifiée par des factures. L'enquête de l'Ondraf a permis d'établir qu'un mil- lier de fûts spéciaux avaient été com- mandés à Smet Jet par le Cen. Trois cent vingt et un d'entre eux ont été uti- lisés pour envoyer des déchets liquides en RFA. Les autres n'ont jamais pu être retrouvés. Il semble, par ailleurs, que certains conteneurs destinés à l' Al- lemagne aient été remplis avec du sa- ble. Où sont passés les déchets radioac- tifs qui auraient dû s' y trouver ? Selon un employé du Cen, bien des effluents liquides ont pris le chemin de la rivière voisine. Un avis que beaucoup parta- gent, même au sein de l'Ondraf. Toute l'affaire des déchets alle- mands, qualifiée de <<Kolossal » par nos voisins, n' est cependant qu' une partie du scandale Transnuklear. Elle découle d'un contrat passé entre cette firme et le Cen en 1983 (n· Cen :

328013/139). Mais ce n ' est pas le seul contrat passé entre la firme de Hanau

et Mol. En d ' autres termes, il n'est pas impossible qu'un trafic similaire à ce- lui qui s'est produit avec l' Allemagne,

se soit déroulé avec d ' autres pays : l' I-

talie, la Suisse et la France. Ce n' est pas la première fois que l' I- talie est citée. L' an dernier, déjà, des questions parlementaires avaient été posées concernant d'éventuels mouve- ments de déchets. Le service compétent du secrétariat à l'Energie avait alors demandé des explications au Cen, qui avait fourni une réponse édulcorée dans laquelle il était question d'un échantillonnage précédant un nouvel arrivage prévu pour 1987. Mais sur ce

point précis , le Cen s' est<< défilé >>et le

secrétariat à l'Energie n' a jamais pu ré- pondre de façon satisfaisante aux par- lementaires. Or , le 10 juillet 1987, un contrat avec Transnuklear a bel et bien été signé par Paul Dejonghe, directeur-ad- joint du Cen, pour l'évacuation de cer- tains déchets nucléaires provenant de la centrale de Caorso, en Italie. Deux catégories de déchets sont arrivées à Mol, l' une d 'un volume de 114 mètres cubes, l'autre de 54 mètres cubes. D'autres déchets devaient arriver, mais ils ont été bloqués à la frontière à la

suite de l'embargo sur les importations décrété par les autorités belges après 1'affaire Transnuklear. Les experts estiment que ce marché

Transnuklear. Les experts estiment que c e marché présente des anomalies sur le plan fi -

présente des anomalies sur le plan fi - nancier, au détriment du Cen. Ce qui

c' est que, selon les mon-

tants inscrits sur les bordereaux. Transnuklear devait payer au Cen un total de 920 000 DM (environ 19,3 millions de francs) , dont 264 000 DM (environ 5,5 millions) auraient effecti- vement été versés. Mais il semble que le contrat passé par Transnuklear avec Caorso porte sur des montants beau- coup plus importants. Voilà, en tout cas, un nouveau champ d' investigation pour les enquêteurs, car le contenu des fûts n 'est pas encore clairement identi- fié (on parle de cobalt 60, d ' iso-

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EN COUVERTURE mauvaise gestion des deniers publics », constate un administrateur récemment nommé. Dans une

EN COUVERTURE

mauvaise gestion des deniers publics », constate un administrateur récemment nommé. Dans une lettre adressée à Yvo Yanvaerenberg, président du conseil d' administration, et datée du 7 décembre 1987 (réf: 052-1127-10), Philippe Maystadt, ministre des Af- faires économiques, s'étonne du fait que la direction du Cen puisse envisa- ger d' augmenter les traitements de cer- tains agents, malgré l'opposition una- nime du conseil d'administration. Alors qu' un plan de redressement très sévère doit être appliqué, alors que la situation budgétaire est catastrophi- que, comment interpréter le comporte- ment de la direction du Centre ? Interférences malsaines de la politi- que locale, tensions communautaires, isolement du conseil d'administration

- qui ne disposait jamais des docu- ments financiers et budgétaires - :

tout concourt au développement de si- tuations ambiguës. Comme à la cen- trale nucléaire de Doel, certains des employés du Cen sont très friands de

« petits cadeaux >>. Pour conserver leurs contrats, les firmes sous-trai- tantes qui travaillent sur le site, peuvent d ifficilement méconnaître ce fait. Voici quelques semaines, l'existence du scan-

dale Transnuklear n'a pas empêché certains cadres du Cen de réclamer des

« comm iss ion s >> à l ' une d ' elles. Dans le passé , les sociétés qui effectuaient des travaux de nettoyage avaient offert des vélos au personnel de Mol et ga- rantissaient le nettoyage des maisons particulières de certains membres de la direction. Dans un tel climat, com- ment éviter un développement de la corruption ?

Le Cen , il est vrai, n'a pas l'exclusi-

vité de cette dernière. Le périodique al- lemand << Stern >> a révélé , au mois de décembre 1987, qu ' un ingénieur de la société Belgonucléaire (Belgique) avait touché des pots-de-vin (4 millions de francs, une Mercedes 280 et des ca- deaux) dans le cadre du projet Kalkar (RFA). Ainsi, là où l'on attendait la rigueur la plus absolue, le sens des responsabi- lités le plus strict, l'honnêteté la plus • parfaite , on découvre soudain le << bri- colage >> le plus improvisé, le manque de contrôle le plus inquiétant et , pis encore, la corruption la plus grave. Un Centre de recherche nucléaire, de répu- tation internationale, peut-il ainsi per- dre toute maîtrise sur ce qui se passe au sein de ses installations ? Mais le plus surprenant, peut-être, e s t l e << calme >> olymp i en avec lequel les autorités belges accueillent cet état de fait. A-t-on songé, par exemple, à vérifier si , oui ou non , des connexions

-4

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Les déchets nucléaires exigent, en principe, une gestion rigoureuse. Mais la Belgique s'est-elle donnée les
Les déchets nucléaires exigent, en principe, une gestion rigoureuse.
Mais la Belgique s'est-elle donnée les moyens de sa politique ?

tn

fi-

Ce n'est pas tout. Un contrat avait

~ qui

également été conclu avec Mol pour

non-

des déchets provenant de Mühl, en

:aux,

Suisse. Aux 57 mètres cubes arrivés au

n un

Cen, correspond un montant de

19, 3

174

000

DM

(3 ,6 millions

de francs) ,

DM

dont 74

000

DM ont été

payés (1 ,5

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million). Là encore, du travail pour les

: que

enquêteurs !

avec

Dernièrement, Transnuklear aurait

•eau-

remis à l'EDF (Electricité de France)

tout

une offre pour la prise en charge

ttion

d' huiles de refroidissement utilisées

1 des

dans les circuits secondaires des réac-

enti-

teurs. Ces huiles ne sont que légère-

'iso-

ment radioactives mais ne peuvent être traitées comme des déchets normaux.

Il semblerait que Transnuklear ait sou- missionné à un prix très bas et ait em-

porté l' affaire. Les huiles devaient être

acheminées à Mol. Mais après la révé- lation du scandale allemand, l'EDF a renoncé. Bref, peu à peu , le voile se lève sur l'ampleur réelle du trafic. L ' affaire pourrait se solder, lorsque tous les élé- ments seront connus - et ils sont en- core loin de l'être- par la disparition pure et simple du Centre de Mol, dont l'effrayante situation financière est connue. Sur le plan de l' emploi , l'en- jeu est important : plus de 1 000 per- sonnes travaillent au Cen. <<Il s' agit d 'un cas exemplaire de

LE VIF/L'EXPRESS- DU 8 AU 14 JANVIER 1988

travaillent au Cen. <<Il s' agit d 'un cas exemplaire de LE VIF/L'EXPRESS- DU 8 AU
••• • --+ entre le circuit des déchets nucléaires et celui des déchets industriels classiques
••• • --+ entre le circuit des déchets nucléaires et celui des déchets industriels classiques
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••• • --+ entre le circuit des déchets nucléaires et celui des déchets industriels classiques ont

--+

entre le circuit des déchets nucléaires et celui des déchets industriels classiques ont pu exister? Norbert Van de Voorde, ex-directeur du département « déchets » à Mol, licencié pour cor- ruption, est le frère d'Etienne Van de Voorde dont le nom est souvent appa- ru dans des affaires d'importations frauduleuses de déchets industriels al- lemands et hollandais. Par ailleurs, 1~ firme Smet Jet travaille également dans ce secteur. A-t-on pensé à effectuer des contrôles dans les décharges qu'elle ·

utilise en Flandre ? La correspondance entretenue, en décembre 1982, par Norbert Van de Voorde avec la firme hollandaise Pe- trans au sujet de l'acheminement, à Mol, de porcs radioactifs venant d'Al- lemagne- 3 à 5 par semaine- n'est- elle pas significative ? Petrans a, en ef- fet, été impliquée en Belgique dans un trafic de scories d 'aluminium, venant, elles aussi, d'Allemagne. Les responsables de l'Organisme des déchets radioactifs, qui voudraient agir, n' ont pas les moyens de leur poli- tique (lire en p. 12). Tout comme les responsables du service de la Sécurité nucléaire, au ministère de la Justice (page 10). Cela comme;:nce à faire beau- coup de failles dans un domaine que certains scientifiques s'échinent à pré- senter comme « au-dessus de tout soupçon » ! La << promenade » enta- mée, à partir du scandale Transnu- klear, sur « la face cachée du nu- cléaire » pourrait peser lourd dans le prochain ( ? ) débat parlementaire concernant la construction d'une hui- tième centrale.

En attendant , il faudra

probable-

ment compter sur les enquêteurs alle- mands pour faire toute la lumière sur l'affaire. Celle-ci pourrait bien les met- tre, chez eux, sur la piste d' autres agis- sements - non moins dangereux - comme le trafic dt: malic!res radioac- tives (plutonium et uranium) à destina- tion de certains pays qui n' ont pas signé le TNP (Traité de non-proliféra- tion).

<< Nous , techniciens nucléaires , avons conclu un pacte avec la société, déclarait, en 1972, Alvin Weinberg, physicien américain. D'une part, nous lui offrons une source inépuisable d 'é- nergie. Mais le prix que nous récla- mons pour cette énergie magique est à la fois une vigilance sans relâche et une longévité des institutions sociales à la- quelle nous ne sommes pas habitués. >> Ce prix-là est-il donc vraiment trop élevé en Belgique ?

MICHEL BALTHASART • (avec Jean-Paul Dufour, à Paris)

Services spéciaux

Les agents du service de la Sécurité nucléaire, placés sous t'autorité du ministre de la Justice, sont- ils vraiment en mesure d'exercer leur mission ?

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P révention des risques de terro-

risme nucléaire et du trafic de

positions du code pénal qui répriment des infractions spécifiques au domaine de l'énergie nucléaire : menace d'utili- ser des matières nucléaires pour com- mettre un attentat, chantage, etc.

Les contrôles internationaux sont-ilf vraiment << exaglérés ,, ?

'

~

plutonium, surveillance des

transferts de technologies vers les pays << sensibles >>, protection des installa- tions et des données secrètes, etc. : la sécurité, dans ce domaine particulière- ment délicat que la corruption n'é- pargne pas, est un prisme à multiples facettes. En Belgique, l'aspect << poli- cier >> de la lutte contre << la mafia de l'atome >> est confié à la Sécurité nu-

cléaire, service indépendant de la Sû- reté de l'Etat, mais placé sous l'auto- rité directe du ministre de la Justice. Comment fonctionne cet organisme ? De combien d'agents dispose-t-il ? Quelles sont ses activités ? Bien peu, même au sein du cénacle nucléaire, sont capables de répondre avec préci- sion à ces questions.

capables de répondre avec préci- sion à ces questions. Mesures de sûreté En théorie, la Sécurité

Mesures

de sûreté

En théorie, la Sécurité nucléaire est chargée d'élaborer et de mettre en œu-

vre les mesures destinées à assurer la protection des activités classifiées comme << confiden tiel >> et << secret ou très secret >> dans le domaine de l'éner- gie nucléaire. Elle prend, en outre, les décisions d'admissibilité touchant les personnes habilitées à détenir ou à uti- liser les matières nucléaires. Ces déci- sions sont adoptées au terme d' en- quêtes qui portent « sur la personna-

des intéressés , leur honorabilité

lité >>

et les garanties absolues de discrétion qu' ils offrent. Par ailleurs, la Sécurité nucléaire a été désignée comme organe étatique chargé d ' appliquer sur le territoire belge certaines mesures de sûreté pré- vues par les règlements d 'organismes de contrôle internationaux. Les agents de la Sécurité nucléaire participent à chacune des missions d' inspection ef- fectuées en Belgique par l'Euratom et l'AlEA (Agence internationale de l'é- nergie atomique). Le directeur de la Sécurité nucléaire est assisté par un officier de sécurité et par 8 adjoints (4 néerlandophones et 4 francophones) qui ont qualité d'OPJ (Officier de police judiciaire). Leur in- tervention repose sur une série de dis-

10

LE

EN COUVERTURE
EN COUVERTURE

' Ainsi décrite, la sécurité du secteur nucléaire paraît faire l'objet des soins les plus attentifs. Mais en pratique , la surveillance exercée est dérisoire. Le nombre d ' agents est évidemment trop restreint pour effectuer un véritable travail de renseignement. D' autant que certains d 'entre eux ont été détachés au cabinet de la Justice. « Depuis la créa- tion de notre service, en 1956, souli- gnait au Sénat le directeur de la Sécu- rité , l'activité dans le domaine du nu- cléaire a été multipliée par trois ou ~~ quatre. Or nos effectifs n'ont pas aug-

1ent

line

ttili-

Dm- ple, le fait que le président de l'Ondraf (Office national des déchets radioactifs

et des matières fissiles) déclare n 'avoir jamais eu affaire aux responsables de la Sûreté , bien que le contrôle de cette dernière sur l'organisme soit expressé- ment prévu par la loi ? Le trafic de déchets nucléaires et la corruption de certains membres im- portants du Centre de Mol (Cen) qui se sont développés pendant plusieurs an- nées, indiquent, au moins, que les éventuels avertissements lancés aux autorités par la Sécurité nucléaire sont restés sans suite. Les mêmes remarques peuvent d'ailleurs être formulées concernant les voyages effectués par les dirigeants du Cen dans des pays « sensibles >> tels que le Pakistan et la Libye (lire Le Vif/L'Express du 24 avril

1987).

En 1983, la Sécurité nucléaire a alerté les autorités belges sur la pré- sence, au Centre de Mol, d'une demi- douzaine de Libyens. Sans réaction. Il

a fallu l'intervention des Américains

pour que les choses bougent. Jusqu 'à quel point les avis de la Sécurité nu- cléaire sont-ils donc écoutés ? Pour- quoi, par exemple, n'a-t-elle pas été suivie lorsqu'elle demandait que l'en- quête sur le volet belge de l'affaire Transnuklear soit confiée au parquet

de Bruxelles plutôt qu'à celui de Turn-

hout ? Comment expliquer le fait que les bureaux de l' Ondraf, à Bruxelles ,

ne bénéficient d'aucun dispositif parti- culier de sécurité ni de la surveillance d'aucune société de gardiennage ?

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menté ! »Cela explique-t-il, par exem-

? t- l menté ! »Cela explique-t-il, par exem- Enquêtes et « recommandations '' Dans le
? t- l menté ! »Cela explique-t-il, par exem- Enquêtes et « recommandations '' Dans le

Enquêtes et « recommandations ''

Dans le cadre de l'affaire Transnu- klear, le service de la Sécurité nucléaire a, bien sûr, enquêté sur l'éventuelle présence de plutonium parmi les dé- chets allemands envoyés à Mol. Mais des agents de ce service ont-ils pu se rendre en RFA ? Ont-ils pu, au moins, entrer en contact avec leurs collègues

allemands ? Rien n' est

moins sûr. En

fait, la volonté politique fait défaut. Le 15 octobre 1975 , le directeur de la Sécurité nucléaire a émis une série de << recommandations >> énonçant des critères précis à appliquer pour assu- rer, en Belgique, la protection physi- que des matières nucléaires pendant leur transport, leur stockage et leur uti-

lisation. En 1987 - douze ans après !

- le département de la Justice a dé-

claré devant la Commission spéciale de

la Chambre que ces recommandations

devraient se concrétiser légalement par des arrêtés royaux << dans un proche avenir, après avis du Conseil d' Etat >>. Cette extrême lenteur n'est-elle pas in- quiétante , dès lors , qu ' il s ' agit << d'as- surer la protection des matières nu- cléaires contre l'accès non autorisé, le

LE VIF/L'EXPRESS - DU 8 AU 14 JANVIER 1988

vol, la perte, le détournement, le sabo- tage industriel et les actes de terro- risme>>? A un député qui lui demandait si le contrôle des inspecteurs de l' Euratom et de 1'AlEA est permanent sur les cen-

la Justice

a répondu par la négative. << Les orga- nismes internationaux, a-t-il expliqué, ont toujours la possibilité de contrôler les installations belges s'ils exigent à l'avance , du service de la Sécurité nu- cléaire , de pouvoir le faire. En cas d'urgence, ils introduisent une de- mande de contrôle auprès de ce service deux heures avant d'arriver. >> Et le ministère ajoute : << Le service de la Sé- curité nucléaire doit non seulement veiller à ce que l'exploitant d'une cen- trale permette aux inspecteurs d 'y ac- céder, mais également à ce que les ins- tallations belges soient à l'abri d'un in-

térêt international exagéré. >>

trales belges , le ministère de

Des contrôles à peine tolérés ?

Le gouvernement manifeste d'ail- leurs ouvertement la plus grande dé- fiance vis-à-vis des inspecteurs interna- tionaux. Le rapport de la Commission de la Chambre sur l'énergie nucléaire comporte textuellement le paragraphe suivant : << Le ministre des Relations extérieures (NDLR : Léo Tindemans) estime que les installations nucléaires belges reçoivent trop souvent la visite

d' inspecteurs internationaux. Des

contrôles sont, par contre, moins fré- quemment exercés dans les pays politi- quement instables. La Belgique est op- posée aux contrôles internationaux ex- cessifs parce qu ' ils retardent générale- ment le processus de production et donnent ainsi lieu à une perte écono-

mique. Il y a enfin lieu de craindre les transferts non désirés de connaissances technologiques par l'intermédiaire des inspecteurs internationaux. >> De telles déclarations sont-elles de nature à ras- surer les 54% de Belges qui, selon un sondage publié par << La Libre Belgi- que >>le 19 octobre 1987, se méfient de . l'énergie nucléaire ?

• Il est vrai que le fonctionnement de 1'AlEA , à Vienne , est souvent critiqué. Comment apprécier, par exemple, le fait que l'organisme international en- voie à Mol des Pakistanais pour une formation de contrôleur du TNP (Traité de non-prolifération) ? En ce qui concerne l'Europe, Tindemans af- firme, lui, qu'un contrôle international efficace est impossible << étant donné que les Etats membres sont peu enclins à diffuser des informations précises sur l'état de leurs centrales nucléaires. >> L' aveu est de taille.

M.Bt.

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informations précises sur l'état de leurs centrales nucléaires. >> L' aveu est de taille. M.Bt. •
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••• • 1 En haut :Marcel Frerotte, président de I'Ondraf. peu à peu dégradé. Paul Dejonghe,

En haut :Marcel Frerotte, président de I'Ondraf.

peu à peu dégradé. Paul Dejonghe, di- recteur-adjoint au Centre, a cherché à prendre la direction de l'Ondraf et à l'inclure dans l'organigramme du Cen. Or la position de ce cadre, depuis qu 'a éclaté l'affaire Transnuklear, est déli- cate. Il est considéré par tous ses inter- locuteurs comme le « monsieur dé- chets >> du Centre , celui qui négoci a it avec l'Ondraf tous les prix de traite- ment. N'aurait-il pas dû se rendre compte des problèmes qui s ' accum u- laient depuis la conclusion du contrat avec la firme Transnuklear ? Alors qu'il paraissait le candidat le mieux

L'impuissance organisée

Si l'affaire Transnuklear a pu éclater en Belgique, c'est, entre autres, parce que l'organisme créé par la loi pour gérer les déchets radioactifs n'a jamais pu exercer toutes ses compétences.

U ne clairière boueuse dans les.bois de Campine, quelques baraque- ments, un terre-plein circulaire

de béton, des superstructures en acier :

c'est ici, à l'intérieur du complexe de Mol , que se joue l'avenir de la « pou- belle nucléaire » belge. Depuis 1974, un laboratoire souterrain a , en effet, été construit, à une profondeur de 220 mètres, pour étudier « in situ » le stockage en formation géologique de certains déchets nucléaires. Dans ce domaine délicat et très controversé, où il y va de l' héritage à léguer aux géné- rations futures, chaque décision pèse lourd. Comment prédire le comporte-

ment du stockage souterrain dans cent, mille ou dix mille ans ? A cette échelle, comment élaborer des modèles mathé- matiques fiables ? Comment contrôler tous les paramètres ? Pour la période allant de 1985 à 2050, le volume global des déchets ra- dioactifs produits en Belgique avoisi- nerait 150 000 mètres cubes, soit une tour compacte de 100 mètres de côté et de 15 mètres de hauteur. Encore ne

s' agit-il que des matières fa iblement

radioactives -

utilisés dans les centrales, eaux de net- toyage, etc. -qu i constituent 80 % des déchets. Après trente ans, leur ra- dioactivité a diminué de moitié. Et au bout de trois cents ans, elles ne sont pas plus radioactives que l'environne- ment naturel. Les autres déchets, moyennement et hautement radioactifs, représenteront moins de 30 000 mètres cubes mais exigeront une surveillance pendant plu- sieurs milliers d' années. Jusqu' à pré- sent et en attendant leur évacuation dé- finitive, les résidus radioactifs condi- tionnés sont stockés à Mol : les ma- tières à faible activité dans des han- gars ; celles à moyenne activité dans des casemates blindées ; celles à haute activité dans des structures complexes munies de ventilation. Pour les déchets hautement radioac- tifs, le stockage à grande profondeur est donc à l'étude. Les autres pour- raient être acheminés dans le fond d' une mine abandonnée de Campine ou entreposés dans un vaste bâtiment

gants, protège-souliers

de béton, à moitié enfoui dans le soL La carte de Belgique a été passée au crible par les spécialistes afin de sélec- tionner les zones propices à un tel stockage. Le choix définitif, qui inter- viendra en 1988 ou en 1989, est politi- que. A en juger par les premières réac- tions de Daniel Ducarme, le ministre wallon de l'Environnement, il sera dif- ficile. Qui acceptera, de gaîté de cœur, le voisinage de telles installations ?

traite-

En francs actuels , le coût du

ment et de l'entreposage de tous les dé- chets nucléaires qui seront produits au cours des cinquante prochaines années est estimé à 57 milliards de francs. Un chiffre qui laisse rêveur, même s' il ne représente qu' une augmentation de 3 centimes par kilowatt-heure nucléaire, soit environ 100 francs par an et par personne. Comme si les problèmes techniques posés par la « poubelle nucléaire >> ne suffisaient pas, s'y ajoutent, en Belgi- que, des difficultés institutionnelles qui

ont atteint, ces derniers mois, une acuité particulière. La loi du 8 août

1980 a créé l'Ondraf (Office national

des déchets radioactifs et des matières fissiles). Les missions de cet organisme public ont été définies de manière très précise dans un arrêté royal daté du 30 mars 1981 : il doit gérer le transport, le conditionnement et le stockage des dé- chets radioactifs. Mais ses compé- tences portent aussi sur les matières fis- siles enrichies ou plutonifères et sur le

stockage du plutonium. Le problème, c' est que l'Ondraf n' a pas encore été en mesure de fonction- ner de manière satisfaisante et que bon nombre d' aspects de la gestion des dé- chets lui échappent encore. Jusqu'en 1981, en effet, le Centre de Mol assu- mait, en fait, une bonne partie des pré- rogatives de l'Ondraf. Or l'arrêté de

1981 prévoit explicitement que ce der-

nier « reprendra de toute façon, sous sa propre direction, les activités du Cen qui relèvent de sa compétence >>. Le Centre de Mol, pourtant, n' en- tend pas se défaire d' une activité qui assure une grande part de ses recettes. Au fil de laborieuses négociations, le

entre l'Ondraf et le Cen s' est

climat

LE 12
LE
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EN COUVERTURE Laboratoire expérimentale, stockage à grande et à faible profondeur. placé pour succéder à

EN COUVERTURE

Laboratoire expérimentale, stockage à grande et à faible profondeur.

placé pour succéder à Séverin Ame- linckx à la direction générale du Cen, le conseil
placé pour succéder à Séverin Ame-
linckx à la direction générale du Cen,
le conseil d ' administration a, en tout
cas, préféré l'écarter.
Face à la perspective d' une reprise
éventuelle des infrastructures du dé-
partement « déchets >> de Mol, l'On-
draf s'est livré à un inventaire minu-
tieux. Côté passif : la masse de déchets
non traités qui y traîne. Côté actif :des
installations de traitement qui sont ap-
préciables mais qui, pour certaines, de-
vront être modernisées moyennant un
investissement important.
« La valeur des installations du Cen
n' est pas encore claire, souligne Mar-
cel Frerotte, président de l'Ondraf.
Plus on examine la situation et plus on
se rend compte qu'il faudra beaucoup
d'aménagements pour pouvoir conti-
nuer à les utiliser. Actuellement, les
pannes sont fréquentes, les conditions
de compactages ne sont pas toujours
respectées et on n'arrive pas toujours
aux résultats souhaités. En outre, le
passif des déchets non traités est' très
lourd. >>
Puisqu ' il faut cependant aboutir à
une solution, il avait été question de
créer une filiale gérée paritairement
--+
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LE VIF/L'EXPRESS- DU 8 AU 14 JANVIER 1988

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• -+ par les membres de l'Ondraf et du Cen. Mais aux dernières nouvelles, on
-+
par les membres de l'Ondraf et du Cen.
Mais aux dernières nouvelles, on s'o-
riente vers une autre formule : l'exécu-
tion des programmes d'exploitation et
d'investissements serait confiée à laso-
ciété Belgoprocess, qui gère, à Dessel,
le site d'Eurochemic et dont toutes les
actions sont détenues par l'Ondraf. A
Belgoprocess serait adjoint un « ço-
mité de surveillance » auquel des mem-
bres du Cen se trouveraient associés.
La solution paraissait élégante, puis-
qu'elle permettait au Centn: de .Mol de
« rester dans le coup ».
C'était compter sans un « coup de
force » de dernière minute . Le 17 dé-
cembre 1987, au cours d'une réunion
de travail, il a, en effet, été proposé de
faire entrer au conseil d' administration
de Belgoprocess 3 personnes du Cen
-parmi lesquelles Dejonghe- dispo-
sant de 40% des votes. Soutenu par le
conseil d'administration de l'Ondraf,
Frerotte s'y est opposé formellement.
--· ·
- Zones favombles
où les barrières naturelles
augnentent la sécl.l'ité
« Cela me paraît inopportun , dit-il,
tant que la situation du Cen dans l'af-
faire Transnuklear n'est pas éclaircie.
Il ne faut pas oublier que les activités
de Belgoprocess sont étendues et qu' on
ne voit pas à quel titre il faudrait y
associer le Cen. »
Le 8 janvier prochain, Frerotte ren-
contrera le président du conseil d'ad-
ministration du Cen pour tenter d'é-
claircir la situation. Tous les observa-
teurs sont aujourd' hui d' accord pour
affirmer que la « guérilla » entre les
deux institutions n' a que trop duré. Six
ans après sa création, il est temps, esti-
ment-ils, que les moyens de l'Ondraf
soient renforcés et que l'organisme,
qui n'est lié à aucun scandale, puisse
garantir efficacement la gestion des dé-
chets radioactifs en Belgique.
Le choix d'un site de stockage définitif est politiquement très« délicat )),
Jusqu'à présent, l'arrêté de 1981
n ' est pas respecté. Est-il normal que le
président de l'Ondraf se déclare, au-
jourd' hui, totalement incapable de
préciser les quantités exactes de pluto-
nium stockées en Belgique, alors que
ce stockage relève expressément de sa
compétence ? << Officiellement , sou-
ligne Frerotte, je n ' ai pas le droit d ' al-
ler vérifier l'état des stocks, qui se
trouve dans le coffre des Affaires éco-
nomiques. »En outre , certains arrêtés,
qui dÔivent préciser les modalités selon
lesquelles l'Ondraf exerce une surveil-
lance des transports de déchets ra-
dioactifs, n'ont pas encore été pris.
Tout cela explique sans doute les rai-
sons pour lesquelles un trafic a pu se dé-
velopper en Belgique. Pourtant, au ni-
veau politique , pas une voix ne s'est
encore élevée pour demander que
l'Ondraf puisse enfin commencer à tra-
vailler sans être obligé de « bricoler ».
M. Bt.
Les volumes de déchets
30 000
ètres cubes