Vous êtes sur la page 1sur 5

LYCEE JEAN JAURES - CPGE

A.-L. LEFORT – Hypokhâgne – Remise à niveau grammaticale - 1/5

LE VOCABULAIRE DE L’ANALYSE GRAMMATICALE


LA NATURE / LA FONCTION : DEFINITIONS
Pour analyser grammaticalement les constituants d’une phrase, on distingue traditionnellement :
- leur nature, c’est-à-dire la classe grammaticale à laquelle ils appartiennent,
- leur fonction, c’est-à-dire le rôle qu’ils jouent dans l’organisation d’ensemble de la phrase ou de l’un des
groupes qui la constituent.

LA NATURE
La nature d’un mot correspond à sa classe grammaticale, ou encore catégorie grammaticale.
Quelle que soit sa fonction dans la phrase, un mot appartient toujours à la même classe grammaticale.
Il existe en français neuf classes grammaticales.
1. Le nom
On distingue le nom commun et le nom propre. Ex. : ami / Pierre.
Le groupe nominal est un groupe dont le noyau est un nom. Il est constitué au minimum d’un déterminant (article,
adjectif possessif, nombre…) et d’un nom : on parle alors de groupe nominal réduit ou minimal.
Ex. : Mon ami / le matin / deux enfants.
On parle de groupe nominal étendu lorsqu’en plus du nom et de son déterminant on trouve une ou plusieurs
expansions du nom.
Ces expansions peuvent être :
- un adjectif qualificatif épithète : Ex. : Mon meilleur ami.
- un groupe prépositionnel (= introduit par une préposition) complément du nom : Ex. : Le frère de ma mère.
- une subordonnée relative : Ex. : L’homme qui me regarde.
- ou même une proposition complétive : Ex. : [ L’idée qu’il puisse me nuire ] me fait peur.
GN
2. Le déterminant
Il s’agit d’un mot très court qui introduit le nom et s’accorde en genre et en nombre avec lui. On
distingue différents types de déterminants :
 les articles :
- l’article défini (le, la, l’, les, au, aux, du, des) : il introduit le nom d’un être ou d’une chose qu’on connaît ou
dont on a déjà parlé.
- l’article indéfini (un, une, des, d’, de) : il introduit le nom d’un être ou d’une chose dont l’identité est
indéterminée ou dont on parle pour la première fois.
- l’article partitif (du, de la, de l’, des) : il introduit le nom d’une chose qui ne se compte pas, pour en
désigner une certaine quantité. Ex. : Je mange du pain. / Je mange des épinards.
 les adjectifs possessifs : Ex. : Mon ami / Sa mère / Notre voisin.
 les adjectifs démonstratifs : Ex. : Ce matin / Ces gens.
 les adjectifs interrogatifs : Ex. : Quelle heure est-il ?
 les adjectifs exclamatifs : Ex. : Quelle histoire il nous a racontée !
 les adjectifs indéfinis : Ex. : J’ai mangé quelques cerises. / Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres.
 les déterminants numéraux (les nombres) : Ex. : Deux amis.
3. L’adjectif qualificatif
Il peut varier en genre et en nombre, et s’accorde avec le(s) terme(s) au(x)quel(s) il se rapporte : un nom dans un
GN, un GN s’il est attribut du sujet… Ex. : Ma meilleure amie / Ils ont été gentils avec moi.
1
LYCEE JEAN JAURES - CPGE
A.-L. LEFORT – Hypokhâgne – Remise à niveau grammaticale - 2/5

4. Le pronom
Un pronom est un mot qui sert à remplacer un nom ou un groupe nominal. (Contrairement au déterminant, il n’est
jamais associé à un nom, mais est toujours employé seul.) On distingue :
- les pronoms personnels : je, tu, il… ; me, te, se, le, la, les, nous, vous...; moi, toi, lui…
- les pronoms réfléchis : me, te, se (ou soi), nous, vous, se (ou soi)
- les pronoms possessifs : le mien, le tien, le sien…
- les pronoms démonstratifs : celui, celle, ceci, cela, ça, ceux ; celui-ci, celui-là…
- les pronoms interrogatifs : qui, que… ?
- les pronoms relatifs : qui, que, dont, où ; auquel, duquel…
- les pronoms indéfinis : tout, plusieurs, personne, rien, quelqu’un, quelque chose ; chacun, certains.

5. L’adverbe
Il sert à modifier le sens :
- d’un verbe : Ex. : Il travaille sérieusement.
- d’un adjectif : Ex. : Il est très gentil.
- d’un autre adverbe : Ex. : Il travaille très sérieusement.
- ou d’une proposition tout entière : Ex. : Je grignote même lorsque je n’ai pas faim.
Il est invariable. Souvent il peut être supprimé.

6. Le verbe
Il est le noyau du groupe verbal. Le groupe verbal est constitué d’un verbe et de ses compléments, c’est-à-dire tous
les mots ou groupes de mots qui forment un ensemble avec lui et ne peuvent être supprimés (en particulier COD,
attribut du sujet…).

7. La conjonction
Toujours invariable, elle permet de lier ensemble (latin cum, « avec » ; iungere, « lier ») deux mots, deux groupes
de mots, ou encore deux propositions entières. On distingue :
- les conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car ;
- les conjonctions de subordination : introduisent une proposition subordonnée dépendant d’une principale.
Parfois ce qui lie les deux éléments est constitué de plusieurs mots : on parle alors de locution conjonctive : tandis
que, même si…

8. La préposition
Elle est invariable. Elle n’est jamais employée seule, mais introduit toujours un autre mot ou un groupe de mots :
on dit qu’elle est en tête d’un groupe prépositionnel (souvent un GN). Ex. : A Paris / Pour toi / Chez mes parents
/ De mon point de vue…
Parfois d’autres mots sont associés à la préposition qui introduit le groupe : on parle alors de locution
prépositionnelle. Ex. : A cause de mon voisin / A partir de demain / Loin de ma maison…

9. L’interjection
Il s’agit d’un mot invariable, qui exprime sous forme de cri un sentiment, une interrogation ou un ordre.
Ex. : Zut ! J’ai oublié mon livre. / Oh ! Comme c’est joli !
Elle n’a pas de fonction grammaticale.

2
LYCEE JEAN JAURES - CPGE
A.-L. LEFORT – Hypokhâgne – Remise à niveau grammaticale - 3/5

LA FONCTION
Voici les principales fonctions grammaticales à retenir.

1. LES CONSTITUANTS DE LA PHRASE


Le sujet
Du point de vue du sens : il désigne l’être ou la chose qui fait ou subit l’action, ou est dans l’état exprimé par le
verbe.
Il ne peut en principe pas être supprimé ; on trouve toutefois des phénomènes d’ellipse du sujet, par exemple
dans la langue orale, ou quand le sujet est le même pour deux verbes dans des phrases juxtaposées ou
coordonnées :
Ex. : - Fallait le dire. = [Il] fallait le dire.
- Il a pris son petit déjeuner et est sorti. = Il a pris son petit déjeuner et [il] est sorti.
Le sujet régit l’accord du verbe en personne, en nombre et en genre.
Le plus souvent, on trouve l’ordre sujet / verbe, mais parfois le sujet est inversé. Ex. : Pourquoi fait-il cela ?
Dans une phrase de forme impersonnelle, le pronom sujet il est appelé sujet grammatical (il ne représente rien et
sert seulement d’indice pour la conjugaison). Cependant, il arrive que le verbe soit suivi d’un sujet logique qui
indique qui fait l’action.
Ex. : Il arrive qu’il gèle en été.
Sujet grammatical Sujet logique

Les compléments d’objet


Ce sont des compléments essentiels (c’est-à-dire qu’on ne peut les supprimer) qui font partie du groupe verbal. Il
peut s’agir :
- d’un groupe nominal : Ex. : Je fais mes devoirs.
- d’un pronom : Ex. : Je te parle.
- d’un infinitif ou d’un groupe infinitif : Ex. : J’aime manger des fruits.
- ou encore d’une proposition subordonnée : Ex. : Je dis que tu es belle.
Lorsqu’un verbe se construit avec un complément d’objet, on dit qu’il est transitif.
On distingue :
 le complément d’objet direct (COD) : le complément se construit sans préposition. On dit alors que
le verbe est transitif direct.
Pour ne pas confondre le COD avec le sujet, l’attribut du sujet, ou le complément circonstanciel, il faut
mettre la phrase à la forme passive : le COD devient alors sujet.
Ex. : Les élèves apprennent la leçon. (au passif : La leçon est apprise par les élèves.)
 le complément d’objet indirect (COI) : le complément se construit avec une préposition. On dit alors que le
verbe est transitif indirect.
Ex. : L’élève parle au professeur.
Quand le COI dépend d’un verbe qui est déjà complété par un COD, il prend le nom de complément
d’objet second (COS).
Ex. : Le professeur explique la leçon aux élèves.
Attention : quand le COS est un pronom, parfois il n’est pas introduit par une préposition :
Ex. : Le professeur leur explique la leçon (leur = à ceux-ci).
3
LYCEE JEAN JAURES - CPGE
A.-L. LEFORT – Hypokhâgne – Remise à niveau grammaticale - 4/5

Les compléments circonstanciels


Ce sont des compléments facultatifs (c’est-à-dire qu’on peut les supprimer), contrairement aux compléments
d’objet, qui eux sont essentiels. Ils expriment les circonstances dans lesquelles l’action a lieu.
Ils sont la plupart du temps déplaçables.
Les sens de ces compléments sont très divers :
- le lieu : Ex. : Je fais mes devoirs dans ma chambre.
- le temps : Ex. : Ma mère est partie en voyage la semaine dernière.
- la cause : Ex. : A cause de ce coup de téléphone, je suis en retard.
- le but : Ex. : Il fait du sport pour se détendre.
- le moyen : Ex. : Nous sommes partis en voiture.
- la manière : Ex. : Elle apprend son rôle avec enthousiasme.
- la condition : Ex. : Il accepte de venir à condition qu’elle ne soit pas là.
- l’opposition : Ex. : Malgré sa fatigue, il est sorti ce soir.
- l’accompagnement : Ex. : Elle a travaillé avec sa camarade.
- le point de vue : Ex. : Selon lui, c’était un coup monté.

L’attribut du sujet
C’est un élément essentiel du groupe verbal (il ne peut être supprimé).
Il permet d’attribuer une caractéristique au sujet de la phrase.
Il est introduit par un verbe d’état ou verbe attributif (être, paraître, sembler, avoir l’air, rester, devenir, etc.) : Ex. :
Tu sembles malade. / Elle devient agressive. / Il est gentil.
Parfois il est introduit par :
- un verbe intransitif : Ex. : Mon père est revenu du travail fatigué.
- un verbe transitif au passif : Ex. : Il a été élu directeur.
Il s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.
Il s’agit le plus souvent d’un adjectif qualificatif (cf. exemples ci-dessus), mais ce peut être aussi un nom ou un
groupe nominal : Ex. : Il devient chef du service à la rentrée.

L’attribut de l’objet / attribut du COD


Il permet d’attribuer une caractéristique au COD de la phrase.
Il est introduit par un verbe transitif direct exprimant une transformation, un jugement ou une désignation (rendre,
choisir, juger, considérer, appeler, etc.).
Le plus souvent il s’agit :
- d’un adjectif qualificatif : Ex. : Il l’a rendu folle. / La cour a jugé cet homme coupable.
- d’un nom ou un groupe nominal : Ex. : Elle a appelé sa fille Mélanie. (cf. aussi exemples ci-dessous)
Il est parfois introduit par une préposition : Ex. : Le garçon considère cette femme comme sa mère. / Le chef l’a
choisi comme associé.

Le complément d’agent
Dans une phrase de forme passive, le complément d’agent fait l’action exprimée par le verbe (il équivaut au sujet
du verbe dans la phrase de forme active correspondante).
Il est introduit par par ou de.
Ex. : La leçon est apprise par les élèves. / La maison est entourée de sapins.
4
LYCEE JEAN JAURES - CPGE
A.-L. LEFORT – Hypokhâgne – Remise à niveau grammaticale - 5/5

2. A L’INTERIEUR DE CHAQUE GROUPE CONSTITUANT


La fonction épithète
Le plus souvent, elle est assumée par un adjectif qualificatif (ou un participe passé employé comme adjectif
qualificatif).
Elle permet de caractériser un nom à l’intérieur d’un groupe nominal (contrairement à l’attribut : la
caractérisation passe alors par un verbe).
On distingue :
- l’épithète liée : elle est directement liée au nom caractérisé :
Ex. : Ma sœur aînée vient ce soir.
- l’épithète détachée : elle en est séparée par une virgule :
Ex. : Ma sœur, malade, n’a pu venir ce soir. / Après son repas, mon chien, satisfait, s’est endormi.

Le complément du nom
Il s’agit d’une expansion du nom, introduite par une préposition (de, à, en, pour…). Attention : il n’exprime pas
seulement la possession, ce n’est qu’un de ses sens possibles.
Il peut s’agir :
- d’un nom ou d’un GN : Ex. : la bague de ma mère / l’aide aux personnes âgées / son niveau en latin.
- d’un pronom : Ex. : la voiture de celui-ci / les revendications de certains.
- d’un verbe à l’infinitif : Ex. : le goût de lire / la motivation pour réussir.
- d’un adverbe : Ex. : Le journal de demain / L’envie d’ailleurs.

Le complément de l’adjectif
Il s’agit d’une expansion de l’adjectif, souvent introduite par une préposition (de, à…).
Il peut s’agir :
- d’un nom ou d’un GN : Ex. : fort en sciences ; semblable à une marionnette.
- d’un pronom : Ex. : spécifique à quelques-uns.
- d’un verbe à l’infinitif : Ex. : doué pour improviser ; susceptible de réussir.

Le complément de l’antécédent
C’est la fonction que remplit une proposition subordonnée relative intégrée dans un groupe nominal : elle
complète alors un nom, l’antécédent, qui est repris dans la subordonnée par le pronom relatif.
Comme l’épithète, elle peut être :
- liée : Ex. : L’homme qui porte une veste noire est mon voisin.
- ou détachée : Ex. : Cet homme, à qui je n’ai jamais parlé, doit être mon voisin.

L’apposition
Elle établit une relation d’équivalence entre deux éléments : ce qu’elle désigne et le nom qu’elle caractérise.
Elle est en position détachée, séparée du nom par une virgule ou deux points.
Ex. : Paris, la capitale de la France, est souvent appelée la ville-lumière.
Ce peut être :
- un nom ou un groupe nominal : Ex. : M. Adam, journaliste, était présent sur les lieux.
- un infinitif : Ex. : Je n’ai qu’une envie, dormir.
- une proposition subordonnée conjonctive : Ex. : Elle n’a qu’un souhait : que son dossier soit accepté.
5