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Ce recueil de problèmes contient une sélection de contrôles classants

posés en Physique Statistique par les enseignants du département de


Physique de l’École Polytechnique depuis plus de vingt ans. Ces problèmes
sont suivis de leurs corrigés.
Le tableau page 5 permet de savoir sur quel(s) chapitre(s) du cours
actuel porte un problème donné. Certaines notions, comme l’opérateur
densité, sont moins développées actuellement que dans le passé. On obser-
vera que bien des problèmes portent sur des thèmes d’actualité scientifique
de l’époque.
Nous remercions Brigitte Blanchard, Maryse Digot, Martine Maguer
qui ont assuré le délicat travail de saisir tous ces textes et d’unifier leurs
présentations, et Dominique Toustou qui a refait tous les dessins.

Claudine Hermann
Janvier 2001
Sélection
de
contrôles antérieurs
Sélection de contrôles antérieurs 5

CONTENU DES PROBLÈMES

Pb p Titres Chapitre(s) Remarques


du cours
I 7 Métaux et isolants fermions
unidimensionnels
II 11 Hétérojonction fermions
III 14 Effets de surface dans fermions
les métaux
IV 17 Couche mince conductrice fermions opérateur densité
et effet Hall quantique
V 23 Quantification de la fermions problème 1998
charge électrique dans les voies A et B
nanostructures
VI 29 Naines blanches fermions
VII 33 Isothermes d’un fluide statistique classique ; opérateur densité ;
ensemble grand calcul variationnel
canonique ; fermions
VIII 37 Condensation de bosons problème 1999
Bose-Einstein voies A et B
dans un piège harmonique
IX 44 Cristallisation d’un fermions
plasma stellaire
X 46 Courant permanent dans fermions
un anneau métallique
XI 51 Diamagnétisme de Landau statistique classique ;
ensemble grand
canonique
XII 54 Surface des cristaux statistique classique ; multiplicateur de
ensemble grand Lagrange particulier
canonique
XIII 62 Effet Snoek dans les aciers statistique classique ; approche cinétique
ensemble micro-
canonique
XIV 69 Lampe à incandescence bosons, corps noir nombreux ordres de
grandeur pratiques
XV 72 Phonons et rotons dans bosons opérateur densité ;
l’hélium liquide multiplicateur de
Lagrange particulier
XVI 80 Ferromagnétisme statistique classique ; problème 1997
d’un métal ensemble grand voies A et B
canonique
XVII 85 Élasticité de l’ADN statistique classique problème voie C
6 Sélection de contrôles antérieurs
Sélection de contrôles antérieurs 7

I - MÉTAUX ET ISOLANTS UNIDIMENSIONNELS,


INSTABILITÉ DE PEIERLS.
Sujet proposé par E. Brézin et H.J. Schulz

Dans tout le problème on considère un solide « à une dimension ». Il est composé


de M ions positifs immobiles régulièrement espacés d’une distance a sur une droite
et d’un gaz de N électrons, où N est multiple de M , restreint à se mouvoir le long de
cette seule droite. On néglige toutes les interactions entre les électrons. Le « volume »
du cristal, c’est-à-dire sa longueur L, est égale à M a. Les ions du cristal créent un
potentiel périodique de période a.

1) Dans un premier temps on ne tient pas compte du potentiel périodique. Les N


électrons sont donc libres dans une boîte de longueur L. On prendra des conditions
aux limites périodiques.

Figure 1
1.1) Ecrire les fonctions propres et énergies propres de l’hamiltonien libre à un élec-
tron, avec les conditions aux limites ci-dessus. Montrer que tous les niveaux d’énergie
autres que le fondamental sont quadruplement dégénérés (en tenant compte du spin).

1.2) Déterminer la densité d’états correspondante D0 (ε).

1.3) Calculer l’énergie de Fermi εF et l’impulsion de Fermi pF définie par εF =


p2F /2m, (pF > 0), en supposant qu’il y a un électron par ion, puis deux électrons par
ion. On exprimera pF dans les deux cas à l’aide de l’impulsion p0 définie par
π
p0 =
a

2) Le potentiel périodique V (x) créé par l’ion est développable en série de Fourier :

+∞
V (x) = vn exp (2i n p0 x/) .
−∞

Le zéro d’énergie est ajusté de manière que v0 soit nul. La réalité de V (x) implique
que v−n est complexe conjugué de vn . Dans la suite on traitera ce potentiel comme
une perturbation au premier ordre.

2.1) On considère l’effet du potentiel V au premier ordre, sur un niveau d’énergie


donnée. Montrer que cet effet n’est non nul que pour certains états électroniques dont
8 Sélection de contrôles antérieurs

on précisera les impulsions, et que les niveaux affectés par la perturbation sont scindés
en deux sous-niveaux.

(On rappelle que pour déterminer la modification au premier ordre induite par une
perturbation V sur les énergies propres d’un hamiltonien H0 , il faut procéder dans le
cas où la valeur propre de H0 est dégénérée de la manière suivante : on écrit la matrice
de la perturbation dans la base des états d’énergie non perturbée ; les valeurs propres
de cette matrice donnent le déplacement d’un niveau induit par la perturbation).

2.2) On se restreint désormais à l’effet de v1 , de sorte que V (x) est simplement égal
à 2v1 cos 2p0 x/. Pour tenir compte de cette perturbation au voisinage des impulsions
p = ±p0 , on supposera que les états sont toujours caractérisés par leur impulsion p,
mais que l’énergie ε(p) est donnée, après un calcul plus élaboré qu’on ne cherchera
pas à justifier, par
  2 1/2

 p0 + p − p0 ) + p0 (p − p0 ) + ∆2
2 2 2

 pour p > p0
2m 2m m2
ε(p) =  

 p2 (p − p0 )2 p2 (p − p0 )2
1/2

 0 + − 0 + ∆2
pour 0 < p < p0 .
2m 2m m2

Pour p négatif on obtient l’énergie à


partir de ε(−p) = ε(p). (Voir la figure 2
représentant la fonction ε(p)).
Quelle relation faut-il mettre entre ∆ et
v1 , pour que cette expression soit cohé-
rente avec la question précédente ? On
suppose dans toute la suite ∆ beaucoup
plus petit que p20 /2m. Vérifier qu’en de-
hors du voisinage immédiat des impul-
sions ±p0 le spectre énergétique n’est
pas modifié par le potentiel périodique.
Représenter qualitativement la nouvelle
Figure 2
densité d’états D(ε) ; on ne tentera pas
de faire le calcul exact, mais on s’atta-
chera simplement à caractériser
i) l’intervalle [p20 /2m − ∆, p20 /2m + ∆]
ii) les valeurs de ε éloignées de cet intervalle.
iii) Enfin, on montrera que D(ε) diverge comme l’inverse d’une racine aux deux
bords extérieurs de ce même intervalle.
2.3) Si ce gaz électronique comporte un électron par ion, le solide est-il isolant ou
conducteur ? Même question s’il y a deux électrons par ion.

Indication : On admettra pour cette question qu’on peut reprendre les valeurs des
impulsions de Fermi calculées à la question 1.3).

2.4) On suppose désormais qu’il y a deux électrons par ion et M ions au total.
Vous admettrez pour l’instant que l’énergie de Fermi, qui est la limite du potentiel
Sélection de contrôles antérieurs 9

chimique lorsque la température tend vers zéro, est égale à p20 /2m. Pour tenir compte
des excitations électroniques les plus importantes, on représente la densité de niveaux
par la formule approchée

|ω| p2
D(ε) = C √ , où ω = ε − 0 et ω 2 > ∆2
ω 2 − ∆2 2m
2 2
(et D(ε) = 0 pour ω < ∆ ) .

Déterminer la constante C en écrivant que le nombre total d’électrons N est égal


à 2M ; (on rappelle que ∆ est négligeable par rapport à εF ).

2.5) Estimer le nombre d’électrons excités au-dessus de la surface de Fermi à basse


température (kT  ∆  εF ), ainsi que le nombre d’électrons absents de la bande
située au-dessous de la surface de Fermi (on admettra a priori que le potentiel chi-
mique reste proche de p20 /2m).
En déduire que l’hypothèse (µ à basse T proche de p20 /2m) était cohérente.
En déduire, sans calculs supplémentaires, le comportement de la capacité calori-
fique électronique à basse température.

2.6) Calculer l’effet du potentiel périodique sur l’énergie interne à température


nulle : on calculera U (∆) et on lui soustraira sa limite U (0) dans la limite où ∆/εF
est petit. On pourra utiliser le développement
 A

x2 dx A2 1 1
√ = + ln A + O pour A grand .
1 x −1
2 2 2 A2

3) En fait le système électronique réagit sur la disposition des ions et nous al-
lons examiner la stabilité d’une distorsion du réseau. Plus précisément nous allons
étudier l’effet d’une distorsion dans laquelle apparaissent deux types d’intervalles de
longueurs, alternativement égaux à a − b et a + b, entre ions successifs. Si b/a est petit
l’énergie élastique du réseau due à cette distorsion est proportionnelle à b2 :

E(b) − E(0) = N k b2 ,

avec k > 0, de sorte que l’équilibre stable correspondrait, sans le couplage aux élec-
trons, à b = 0. Le potentiel périodique vu par les électrons a donc maintenant une
période égale à 2a :


+∞
V (x, b) = V (x, 0) + b vn exp (nixp0 /)
−∞

3.1) Quelles sont les valeurs de l’énergie électronique pour lesquelles ce potentiel
périodique va « ouvrir une bande interdite » ?

3.2) On revient au cas où il y a un électron par ion. Déterminer si le système


électronique est isolant ou conducteur.
10 Sélection de contrôles antérieurs

3.3) L’énergie totale due à la distorsion est la somme de l’énergie élastique et de


la variation de l’énergie électronique due à ce nouveau gap (on se place à température
nulle). Montrer que le réseau non distordu est instable.

3.4) On présente sur la figure 3 des mesures de conductivité électrique (inverse


de la résistivité) dans différents composés organiques ayant une structure unidimen-
sionnelle. Ces observations expérimentales sont-elles compatibles avec les résultats
ci-dessus ? Quelle est d’après vous l’influence de la température ?

Conductivité, normalisée à T = 295K, de • TTF-TCNQ + TSeF-TCNQ et


x DSeDTF-TCNQ. D’après S.Etemad, T.Penney, E.M.Engler, B.A.Scott et
P.E.Seiden, Physical Review Letters 34, 741 (1975).
Figure 3
Sélection de contrôles antérieurs 11

II - HÉTÉROJONCTION
Sujet proposé par G. Bastard et E. Brézin

Une double « hétérojonction» est formée entre deux semi-conducteurs B (comme


barrière) et P (comme puits) de la manière suivante : une tranche d’épaisseur L du
semi-conducteur P est insérée dans une matrice du semi-conducteur B (fig. 1). Le
progrès de « l’épitaxie », ou croissance par plans atomiques successifs, autorise des
interfaces entre les deux matériaux parfaitement planes.

Figure 1

Cette géométrie définit une anisotropie entre la direction z normale aux plans
d’interfaces et les directions xy, parallèles à ces plans. Les électrons sont donc soumis
dans les directions xy à un potentiel périodique créé par les noyaux, mais ce potentiel
n’est pas le même dans les deux matériaux. On suppose dans tout le problème que
l’on peut négliger les interactions entre les électrons. Pour un plan correspondant à
une valeur de z fixée, on peut examiner l’hamiltonien à un électron, correspondant
à son énergie cinétique dans les directions x et y et au potentiel périodique dans ce
plan. La diagonalisation de cet hamiltonien produit une structure de bandes, et pour
les deux semi-conducteurs B et P considérés, on trouve pour chaque valeur de z une
bande de valence séparée par un « gap » de la bande de conduction. Le minimum de
la bande de conduction est une fonction εc (z) constante par morceaux dans chacun
des matériaux, mais qui subit un saut d’amplitude V0 à la traversée des interfaces
(fig. 2).

Figure 2

Les électrons sont également mobiles dans la direction z, mais on peut découpler la
dynamique dans les directions xy et dans la direction z. Nous admettrons qu’en ce qui
12 Sélection de contrôles antérieurs

concerne la direction z, l’hamiltonien est constitué d’une énergie cinétique (mais pour
tenir compte de la structure de bandes il faut remplacer la masse m de l’électron par
une masse effective m∗ ), et qu’il est soumis à une barrière de potentiel d’amplitude
V0 en z = 0 et z = L.

1.1) On examine les états propres de l’hamiltonien correspondant aux mouvements


électroniques dans la seule direction z, dans la limite où V0 est infini. Les électrons sont
donc confinés dans le puits et dans cette limite les fonctions d’onde doivent s’annuler
en z = 0 et z = L. Rappeler brièvement ce que sont les fonctions propres χn (z) et
les énergies propres En correspondantes. Quelle est la valeur (en électron-volts) de
l’énergie minimale E1 pour L = 100 angströms et m∗ = 0, 007m ?

1.2) Dans un plan de z fixé, d’aire S = Lx Ly , on admet que le mouvement des élec-
trons est complètement libre avec une masse m∗ . En prenant pour simplifier des condi-
tions aux limites périodiques dans les directions x et y, écrire les fonctions propres et
énergies propres de l’hamiltonien correspondant au mouvement dans cette couche de
z fixé.

1.3) Si on considère maintenant les trois dimensions x, y et z, quel est l’ensemble


des nombres quantiques caractérisant un état électronique ? Quelle est l’énergie cor-
respondante ?

1.4) Déterminer la densité d’états correspondant à ces états électroniques dans la


limite où Lx et Ly sont très grands (et donc où les niveaux d’énergie associés aux
directions x et y deviennent denses).

[On commencera par fixer le nombre quantique n correspondant à un état χn (z) et


par déterminer la densité d’états Dn (ε) correspondante ; puis on montrera que


D(ε) = Dn (ε)
n=1

et on ne cherchera pas à sommer sur n].

1.5) Les électrons de ce puits sont à l’équilibre grand-canonique caractérisé par


une température T et un potentiel chimique µ. On suppose qu’il y a (en moyenne) Ne
électrons de conduction dans la structure BP B (c’est-à-dire ici dans le puits). Relier
Ne à T et µ en montrant que


Ne = Nn (T, µ)
n=1

où Nn est une fonction que l’on calculera explicitement (mais on ne cherchera pas à
sommer sur n).
 ∞
dx 1
[Pour gagner du temps, noter que x
= ln(1 + )].
0 1 + λe λ

1.6) On se place à température nulle et on note εF la limite du potentiel chimique.


Déduire de l’équation précédente la relation qui détermine εF . A quelle condition cette
Sélection de contrôles antérieurs 13

relation, qui fait intervenir une somme sur n, se réduit-elle à son premier terme ? Dans
cette hypothèse déterminer εF en fonction du nombre d’électrons par unité de surface
Ne
ne = . Quelle est la valeur maximale de ne qui permet effectivement de se limiter au
S
terme n = 1, en se plaçant dans les mêmes conditions numériques que précédemment ?

1.7) On place le système dans un petit champ magnétique statique uniforme B 


dirigé selon Oz. On néglige l’effet orbital de ce champ, mais l’énergie d’un électron
1
est augmentée d’une quantité ± g µB B suivant le signe de la projection de son spin
2
le long de Oz. Préciser la valeur du moment magnétique Mz d’un électron suivant le
signe de la projection de son spin.

Calculer les nombres moyens d’électrons Ne± pour les deux signes possibles du spin
en fonction de T , µ et du champ B. (On admettra que les hypothèses de la question
précédente qui permettaient de se limiter au terme n = 1, sont toujours valables).
En déduire l’aimantation moyenne, c’est-à-dire < Mz >, en fonction de B et de la
température.

Quelle est la limite de cette aimantation à basse température ?


Quelle est cette aimantation dans la limite « classique » (µ → −∞) ?

2) En réalité il n’est pas possible d’obtenir ne électrons par unité de surface dans
la structure BP B si l’on ne dope pas l’un des semi-conducteurs avec des impuretés
de type donneur. On se place désormais à température nulle.

2.1) Quel est le nombre d’électrons de conduction en l’absence de dopage ?

Plusieurs solutions sont envisageables : on peut par exemple doper uniformément le


matériau P , ou bien encore l’une des tranches de grande épaisseur B. Pour simplifier
nous ne ferons les calculs que dans le cas où seul le matériau P a été dopé. Nous
appellerons nd le nombre de donneurs par unité de volume. On suppose qu’à l’infini
dans les matériaux B, il n’existe aucune charge libre, aucun champ électrique. Enfin
on supposera que les conditions étudiées à la question I 6) qui permettent de se limiter
au terme n = 1 sont bien réalisées.

2.2) On suppose tous les sites donneurs ionisés, c’est-à-dire que chaque donneur a
effectivement donné un électron de conduction. Relier ne à nd .

2.3) Déterminer la densité de charges ρ(r) en fonction de ne , nd , en tenant compte


à la fois (i) de la densité de présence électronique en fonction de z déterminée à partir
de χ1 (z) ; (ii) des donneurs ionisés. La symétrie du problème apparaît plus aisément
1
si on substitue à z la variable t = z − L.
2
2.4) Calculer le potentiel électrostatique ϕ(r) associé à la distribution de charges
précédente. [On rappelle que celui-ci est donné par l’équation de Gauss-Laplace
ρ(r)
∆ϕ = − , où ε est la constante diélectrique relative du matériau, avec comme
ε0 ε
conditions aux limites ϕ continu et ϕ = 0 dans le matériau B].
14 Sélection de contrôles antérieurs

Quelle est la valeur, en électron-volts, de l’énergie potentielle électrostatique d’un


1
électron situé au centre du puits, pour ne = 1015 m−2 et ε = 12, 4 (et = 9.109 ) ?
4 π ε0
2.5) La présence de charges dans le matériau P entraîne une correction électro-
statique à l’énergie E1 d’un électron (en ne s’intéressant ici qu’à la direction z).
Cette correction est une petite perturbation δE1 , qui est donnée au premier ordre
par δE1 = χ1 |Epot |χ1 , où Epot est l’énergie potentielle électrostatique de l’électron.
Calculer la valeur numérique de δE1 .
 +π/2

[Pour gagner du temps on donne cos4 x dx = ].
−π/2 8

Cette correction est-elle importante par rapport à la séparation énergétique E2 − E1 ?

2.6) On suppose maintenant que l’on a implanté uniformément des donneurs dans
le matériau B « de gauche » c’est-à-dire pour z < 0, mais les matériaux P , et B du
côté z > L, sont non dopés. Le niveau donneur est situé à une énergie εd en-dessous
du bas de la bande de conduction du matériau B ; il est très au-dessus du niveau
d’énergie E1 dans le puits. Décrire qualitativement le résultat de ce dopage une fois
l’équilibre établi et les raisons qui feront choisir ce dopage plutôt que celui du puits.

III - EFFETS DE SURFACE DANS LES MÉTAUX


Sujet proposé par E. Brézin

On constate expérimentalement que l’énergie d’un métal augmente, pour un vo-


lume, une température et un nombre d’électrons donnés, lorsque l’on crée des surfaces
libres en le coupant (ou en faisant apparaître des lacunes). Pour estimer cette énergie
superficielle, nous prendrons le modèle simple dans lequel les électrons de conduction
du métal constituent un gaz de particules sans interactions. Pour limiter les difficul-
tés du problème, nous supposerons que l’échantillon métallique est parallélépipédique,
qu’il est limité par les deux plans z = 0 et z = L et que dans chacun de ces deux
plans la surface libre du métal a une aire S = Lx Ly . En revanche dans les directions
Ox et Oy on éliminera le problème des surfaces libres en prenant des conditions aux
limites périodiques.

1) On va s’intéresser à de bons métaux tels que le cuivre (énergie de Fermi 7 eV)


ou l’aluminium.
Calculer l’énergie de Fermi µ0 de l’aluminium, connaissant sa masse volumique
2,7 103kg/m3 , sa masse atomique qui est égale à 27, et sachant qu’il y a trois électrons
de conduction par atome.

2) Montrer que les électrons de conduction du cuivre et de l’aluminium peuvent


être considérés à la température ordinaire comme étant à température nulle avec
une bonne approximation. On calculera par exemple le potentiel chimique du gaz
Sélection de contrôles antérieurs 15

d’électrons à 10−4 près. Dans la suite on se placera toujours dans cette approximation.

3) Les fonctions d’onde électroniques sont donc celles d’électrons libres dans une
boîte. Les conditions aux limites définies ci-dessus imposent aux fonctions d’onde
de s’annuler sur les plans z = 0 et z = L et d’être périodiques en x et y. Ecrire ces
fonctions d’onde normalisées. Préciser l’énergie correspondante et les valeurs permises
pour les nombres quantiques qui caractérisent ces fonctions.

4) Calculer le potentiel chimique à l’aide des nombres quantiques définis à la


question 3) et montrer par un calcul explicite que dans la limite des grands volumes
on retrouve bien l’énergie de Fermi usuelle.

5) Dans la géométrie qui nous occupe le potentiel chimique a une limite à tem-
pérature nulle µ0 qui ne diffère donc qu’infinitésimalement de sa valeur µ0 pour L
grand. Calculer au premier ordre en 1/L la différence µ0 − µ0 . Indication : pour une
fonction quelconque, bornée, régulière et décroissant suffisamment vite à l’infini, on
montre aisément que :
 ∞

1  n

g(0) 1
g = g(x) dx − +0 2
L 1 L 0 2L L

(alors que pour une somme de moins l’infini à plus l’infini, on peut remplacer la somme
par l’intégrale sans aucune correction d’ordre 1/L).
Il est commode d’introduire les impulsions de Fermi pF et pF définies par µ0 = p2F /2m
et µ0 = p2 
F /2m et de calculer d’abord pF − pF .

6)i) Calculer l’énergie interne (c’est-à-dire la moyenne de l’énergie) U0 dans la limite


des grands volumes.
ii) Ici encore la géométrie du problème conduit à une énergie interne U0 légèrement
différente de U0 . Calculer la différence U0 − U0 à l’ordre 1/L et montrer qu’elle
est proportionnelle à S. On exprimera le résultat en fonction de µ0 . (Il faudra
tenir compte à la fois de la modification de µ0 et des termes en 1/L dans le
calcul de l’énergie moyenne).
iii) On définit l’énergie superficielle Γ comme l’augmentation de l’énergie interne
du métal due aux surfaces libres, divisée par l’aire totale de ces surfaces. Cal-
culer cette énergie superficielle. Sa mesure par une méthode de fluage donne
des valeurs beaucoup plus élevées pour l’aluminium que pour le sodium (éner-
gie de Fermi de 3,2 eV) ; quel rapport entre ces mesures pour ces deux métaux
prédisez-vous ?

7) La densité électronique est uniforme dans le métal lorsque le système est in-
variant par translation, mais ici elle varie certainement en fonction de z. Le nombre
d’électrons par unité de volume est défini ainsi : si Ψ(r1 , r2 , . . . , rN ) désigne la fonction
d’onde des n particules (on ne tiendra pas compte du spin), la probabilité conjointe
des positions des n électrons est égale à |Ψ(r1 , r2 , . . . , rN )|2 . La densité électronique
est donc donnée par

ρ(r) = d3r2 d3r3 . . . d3rN |Ψ(r1 , r2 , . . . , rN )|2
16 Sélection de contrôles antérieurs

i) Montrer que l’intégrale de cette fonction ρ(r) est corectement normalisée si la


fonction d’onde est normée.
ii) Si Ψ est la fonction d’onde de l’état fondamental des n électrons, toujours sup-
posés libres à l’intérieur du métal, montrer que la densité électronique définie
ainsi est égale à 
ρ(r) = |ϕq (r)|2
q

où la somme porte sur les N fonctions d’onde à un électron d’énergie la plus


basse. Indication : la fonction d’onde des N électrons est une somme sur N !
permutations P ; son module au carré est donc une double somme sur des permu-
tations P et Q. On commencera par montrer que les seuls termes qui contribuent
à ρ(r) sont ceux pour lesquels Q coïncide avec P .
(Lorsque l’on tient compte du spin, on montre que l’expression précédente reste
valable à condition de considérer que l’indice q prend N valeurs en tenant compte
du spin ; autrement dit que l’on doit sommer sur les N/2 états d’énergie la plus
basse et multiplier le résultat par deux puisque pour chaque fonction d’onde
spatiale il y a deux projections de spin possibles).
iii) Montrer que lorsque les conditions aux limites sont périodiques dans les trois
directions d’espace cette expression de la densité redonne bien le résultat at-
tendu.
8) Calculer la densité électronique pour la géométrie définie initialement, dans la
limite des grands volumes. On supposera également que l’on se place à une distance
z du plan z = 0, beaucoup plus petite que L.

On donne l’intégrale élémentaire


 1 x 1 sin α − α cos α
dx(1 − x2 ) sin2 α = −
0 2 3 α3
Vérifier que le comportement trouvé de cette densité est correct au voisinage du plan
z = 0. Montrer que la densité effectue des oscillations amorties autour de sa valeur
asymptotique qui ne sont perceptibles qu’au voisinage de la surface : on estimera la
différence relative entre ρ(z) et sa valeur asymptotique à une distance correspondant
à trois plans cristallins de la surface pour un métal comme l’aluminium (les plans
cristallins sont séparés de 1,6 angströms). Dessiner schématiquement cette densité en
fonction de la distance au plan z = 0.

9) Calculer le nombre total d’électrons à partir de la densité ρ(z) trouvée ci-dessus.


Il faudra ne pas oublier que le comportement de la densité électronique, déterminé
ci-dessus au voisinage du plan z = 0, est analogue lorsque l’on se rapproche de la
paroi z = L. On donne l’intégrale
 ∞
dα π
3
(sin α − α cos α) =
0 α 4
En comparant ce nombre total d’électrons à celui d’un gaz de densité uniforme, mon-
trer que l’on retrouve bien le déplacement de l’énergie de Fermi à l’ordre 1/L calculé
à la question 5).
Sélection de contrôles antérieurs 17

IV - COUCHE MINCE CONDUCTRICE ET EFFET


HALL QUANTIQUE
Sujet proposé par R. Balian, E. Brézin et M. Voos

On se propose d’étudier quelques propriétés d’une couche mince d’un matériau


dans lequel les électrons sont libres de se déplacer facilement dans les directions x et
y. On peut imaginer cette couche comme un film métallique, bien que dans la pratique
il s’agisse de l’interface entre un oxyde et un semi-conducteur, dont l’épaisseur typique
est de l’ordre de 100 angströms. On négligera les interactions de sorte que les électrons
se comportent comme un gaz de fermions libres à l’intérieur de l’échantillon, de masse
m et de charge −e. Un champ magnétique uniforme B  parallèle à Oz et un champ

électrique uniforme E parallèle à Ox seront éventuellement appliqués.

1 Comportement bidimensionnel.

Dans la direction Oz l’échantillon a une épaisseur faible a = 10−8 m. Aucune force


n’agit sur les électrons dans cette direction. On peut donc représenter les électrons
comme des particules libres dans cette direction, confinées dans l’épaisseur de l’échan-
tillon par un puits de potentiel carré infini de largeur a. Si on ne considère pour le
moment qu’un seul électron l’hamiltonien est donc de la forme

Ĥ = (p̂2z )/2m + V (ẑ) + Ĥ  (1)

où V (z) est infini pour z < 0 et pour z > a, et constant pour 0 < z < a ; Ĥ  n’agit
pas sur la coordonnée z de la fonction d’onde Ψ.

1.1) Montrer que toute fonction propre Ψ de Ĥ se factorise en une fonction propre
Ψ de Ĥ  « transverse », c’est-à-dire indépendante de z, multipliée par une fonction
propre χ(z) du puits carré infini ne dépendant que de z. Pour une fonction propre
donnée de Ĥ  d’énergie E  , quelles sont les valeurs propres possibles de Ĥ ?

Calculer en électron-volts, pour une fonction propre transverse Ψ donnée, la dif-


férence d’énergie entre les deux niveaux les plus bas.

1.2) On suppose qu’un électron est en équilibre thermique à la température T =


2K. Soient p0 et p1 les probabilités respectives pour cet électron, ayant la fonction
d’onde transverse Ψ , soit dans le premier ou dans le second des deux niveaux d’énergie
les plus bas. Calculer le rapport p1 /p0 . (On ne traitera dans cette question qu’un seul
électron en oubliant toutes les subtilités liées au principe de Pauli).

1.3) En déduire que les degrés de liberté dans la direction Oz sont gelés à la tem-
pérature considérée, c’est-à-dire qu’il est légitime de traiter simplement un problème
transverse bidimensionnel de hamiltonien Ĥ  . Pour préciser la discussion on pourra
montrer que l’approximation à la fonction de partition canonique à un électron, ob-
tenue en négligeant tous les états excités dans le puits V (z), est excellente. (Surtout
ne pas perdre trop de temps dans les mathématiques ; on pourra par exemple utiliser
18 Sélection de contrôles antérieurs

l’inégalité exp[−γ(n2 − 1)] ≤ exp[−3nγ/2] pour n ≥ 2(γ > 0), mais plutôt qu’aux
calculs on s’attachera à bien dégager la situation physique et les ordres de grandeur).

2 Hamiltonien d’un électron dans un champ électromagné-


tique.

On se propose de montrer que pour un électron libre, mais confiné au plan xOy,
soumis à l’action d’un champ magnétique B  = (0, 0, B) et d’un champ électrique

E = (E, 0, 0) uniformes, l’hamiltonien est
1 2 1
Ĥ = p̂x + (p̂y + eB x̂)2 + eE x̂ + eB Ŝz /m (2)
2m 2m
(Pour faire le lien avec la partie 1) nous devrions l’appeler Ĥ  , mais nous restons
désormais à deux dimensions et nous omettrons le prime).

2.1) Avant d’examiner cet hamiltonien particulier on commencera par établir de


manière générale l’équation d’évolution de la valeur moyenne d’une observable arbi-
traire  qui ne dépend pas explicitement du temps
d 1
 = [Â, Ĥ] (3)
dt i

Cette valeur moyenne sera calculée i) dans un état pur évoluant dans le temps
selon l’équation de Schrödinger ; ii) dans un mélange statistique caractérisé par un
opérateur densité D̂, et on montrera que dans les deux cas on trouve bien l’équation
(3).

2.2) Ecrire à l’aide de (3) pour l’électron dont l’hamiltonien est donné par (2), les
équations d’évolution de x̂, ŷ, p̂x , p̂y , Ŝx , Ŝy , Ŝz . En particulier expliciter
les relations entre vitesse moyenne et impulsion moyenne.

2.3) Déduire de la question précédente l’expression de l’accélération moyenne de


l’électron en fonction de sa position et de sa vitesse moyennes. Vérifier que les équa-
tions obtenues pour x̂ et ŷ s’identifient aux équations classiques du mouvement
pour une particule de charge −e dans les champs E,  B
 considérés.

2.4) En examinant l’hamiltonien (2) déterminer les valeurs propres de l’opérateur


moment magnétique (lié au spin) le long de Oz. Montrer que les valeurs moyennes
des trois composantes du spin forment un vecteur qui a un mouvement de précession
autour du champ magnétique à une fréquence ω/2π qu’on précisera.

3 Diagonalisation de l’hamiltonien (2) dans un plan infini.

On commencera par diagonaliser l’hamiltonien (2) pour une couche bidimen-


sionnelle infinie. A cet effet on cherchera les fonctions propres sous la forme
Sélection de contrôles antérieurs 19

λ(x) µ(y) χ(sz ).

3.1) Montrer que p̂y commute avec l’hamiltonien. Ecrire (sans la normaliser) la
fonction propre µ(y) associée à la valeur propre py de p̂y .

3.2) Pour une valeur donnée de py , montrer que, pour un champ électrique nul,
l’hamiltonien (2) peut se mettre sous la forme
1 2 1 2
Ĥ = p̂ + ω (x̂ − x0 ) + eB Ŝz /m ,
2m x 2m
où x0 = −py /eB. Préciser la valeur de la fréquence ω/2π, et la comparer à la fréquence
ωs /2π calculée en 2.4).

3.3) Toujours en l’absence de champ électrique, et en laissant pour l’instant de côté


le spin de l’électron, déterminer les valeurs propres de l’hamiltonien (un oscillateur
harmonique « décentré » a, comme il se doit, un spectre indépendant de la position
du centre de forces).

3.4) Même question que 3.3) en tenant compte du spin. On sera amené à introduire
deux nombres quantiques n = 0, 1, . . . , et s = ±1/2.

3.5) Ecrire, sans chercher à la normaliser, la fonction propre de l’hamiltonien (2)


en champ électrique nul, correspondant aux nombres quantiques py , n = 0, s.

3.6) (Cette question n’est pas utilisée dans la suite et vous pouvez la sauter si
vous craignez d’être pris par le temps). En suivant la même méthode, déterminer les
énergies propres de (2) lorsque B et E sont différents de zéro. On montrera qu’on
peut encore se ramener à l’étude d’un oscillateur harmonique centré en un point x1
que l’on précisera. Déterminer la valeur moyenne de la vitesse le long de Oy dans un
état propre de cet hamiltonien et faire le lien avec l’image donnée par la mécanique
classique.

4 Diagonalisation pour un échantillon fini et propriétés ther-


modynamiques dans des cas simplifiés. (Cette partie est indé-
pendante des précédentes).

L’existence du nombre quantique continu py ne permet pas de mettre en œuvre le


formalisme de la mécanique statistique qui se doit d’examiner la limite thermodyna-
mique de grands systèmes de volume fini. Nous allons donc considérer un échantillon
de dimensions finies, L dans la direction Ox, dans la direction Oy et nous passerons
dans un deuxième temps à la limite thermodynamique où L et tendent vers l’infini.

Les conditions aux limites qui simplifient au maximum l’analyse sont de type
mixte : nous prendrons des bords rigides dans la direction Ox, c’est-à-dire que les
fonctions d’onde s’annulent en x = ±L/2 ; en revanche les fonctions d’onde seront
prises périodiques dans la direction Oy : Ψ(x, y + ) = Ψ(x, y). (Ces conditions aux
limites seraient physiquement réalisées si le film était enroulé autour d’un cylindre,
20 Sélection de contrôles antérieurs

mais la limite thermodynamique est indépendante de la géométrie de l’échantillon).


Nous commencerons de 4.1) à 4.4) par analyser l’hamiltonien lorsque E et B
 sont
nuls.

4.1) Quelles sont les fonctions propres et énergies propres de l’hamiltonien (2)
 =B
(avec E  = 0 et les conditions aux limites indiquées ?

4.2) Ecrire la densité d’état D(ε) à la limite où la surface de l’échantillon L → ∞.


(Il est commode de se servir de la fonction échelon θ(u) = 1 pour u > 0 et 0 pour
u ≤ 0).

4.3) Déterminer la limite thermodynamique du grand potentiel divisé par la surface


de l’échantillon pour une assemblée d’électrons sans interaction tous soumis au même
hamiltonien avec les mêmes conditions aux limites (mais en tenant compte du principe
de Pauli). On exprimera le résultat à l’aide de l’intégrale
 x
ϕ(x) = dt ln(1 + et )
−∞

4.4) Relier le nombre moyen d’électrons par unité de surface

ν = N/L (4)

à la température et au potentiel chimique. Tracer ν en fonction du potentiel chimique.


Déterminer l’énergie de Fermi en fonction de ν. Application numérique : ν = 1017 m−2 .
Commenter.
 est non nul (E
4.5) B  = 0) mais on ne tient compte que de l’action du champ sur
le spin.

L’hamiltonien est donc

Ĥ = p̂2x /2m + p̂2y /2m + eB Ŝz /m (5)

Répondre aux question analogues à 4.2) et 4.3) concernant la densité d’états et le


grand potentiel pour cet hamiltonien (5).

4.6) En conservant les hypothèses de 4.5) déduire de ce qui précède l’aimantation


M due aux spins électroniques. Comment se comporte la susceptibilité moyenne par
électron en champ nul χ = limn→0,N →∞ M/(N B) à la limite des basses densités ?
des fortes densités ? On précisera les limites d’application de ces deux régimes.

5 Diagonalisation et propriétés thermodynamiques pour le


problème réel.

 reste nul).
Désormais on revient à l’hamiltonien (2) (mais E
Sélection de contrôles antérieurs 21

5.1) On admettra que la présence des conditions aux limites |x| < L/2 a pour effet
d’éliminer toutes les valeurs propres déterminées en 3) si |x0 | > L/2, sans modifier
celles que l’on avait pour |x0 | < L/2. Quelles sont les valeurs permises pour py ? (on
ne s’embarrassera pas de subtilités de nature arithmétique, en se souvenant que l’on
traite de grands systèmes). Déterminer les énergies propres et leurs dégénérescences ;
on commencera par supprimer le couplage du spin avec le champ magnétique, puis
on traitera le problème complet).

Les questions 5.2) à 5.4) qui suivent ne sont pas utilisées dans la partie 6.

5.2) Ecrire le logarithme de la grande fonction de partition ln ZG , comme une


somme sur des valeurs propres discrètes, en l’absence de couplage entre le spin et le
champ B, puis en présence de couplage spin-champ.

5.3) Montrer qu’à la limite B → 0 les expressions de ln ZG trouvées dans les deux
cas considérés en 5.2) tendent vers l’expression trouvée pour B = 0 en 4.3). Lorsque B
est petit mais non nul, il faut se servir des formules d’Euler-Mac Laurin qui donnent les
termes correctifs lorsqu’une somme converge vers une intégrale. Ces formules, qu’on
ne cherchera pas à démontrer, appliquées à une fonction f (x) suffisamment régulière,
s’écrivent
∞  ∞
ε ε2
ε f (nε) = dx f (x) + [f (0)] − [f  (0)] + 0(ε4 )
n=0 0 2 12
∞  ∞ 2
1 ε
ε f ((n + )ε) = dx f (x) + [f  (0)] + 0(ε4 )
n=0
2 0 24
Ecrire la correction d’ordre 2 en B à ln ZG dans chacun des deux cas de la question
5.2).

5.4) Déduire de 5.3) la susceptibilité magnétique en champ nul en l’absence et en


présence du couplage de B au spin. Comparer au résultat obtenu en 4.6) et commenter.

5.5) Question subsidiaire (à traiter à la fin s’il vous reste du temps). En considé-


rant la forme analytique des fonctions propres de l’hamiltonien, écrite à la question
3.5), essayer de justifier l’hypothèse initiale de 5.1) pour les niveaux d’énergie pas trop
élevée. (Indications : on commencera par noter que les conditions aux limites revien-
nent à superposer un puits carré infini en ±L/2 au potentiel harmonique centré en x0 .
Montrer que si |x0 | reste inférieur à L/2 d’une longueur liée à B que l’on précisera, la
fonction d’onde de l’intervalle infini est quasi-nulle aux bords de l’échantillon et elle
est donc très proche de la solution cherchée. Puis on montrera que, si x0 est très en
dehors de l’intervalle, la solution de l’équation de Schrödinger satisfaisant aux bonnes
conditions aux limites a une énergie élevée et peut donc être omise).

6 Tenseur de conductivité.

Lorsque B = 0 un champ électrique E  induit un courant, et le vecteur densité de


courant par unité de surface J(= −eνv ) est proportionnel à E.
  Pour E  tendant vers
22 Sélection de contrôles antérieurs

zéro la conductivité est définie par J = σ0 E,  la densité d’électrons (ici par unité de
surface) étant donnée. Cette conductivité, et son inverse la résistivité, s’expliquent
par des collisions subies par les électrons qui n’ont pas été prises en compte jusque-là
(en effet, s’il n’y avait pas de collisions le champ électrique induirait une accélération

constante eE/m et non une vitesse constante !). Les interactions négligées, avec les
impuretés et les défauts du réseau cristallin, seront modélisées par un terme de friction
−mv/τ , s’ajoutant à la force moyenne déterminée dans les équations d’évolution de la
section 2. Le paramètre τ a les dimensions d’un temps ; il représente le temps carac-
téristique au bout duquel la direction du mouvement d’un électron devient aléatoire
sous l’effet des collisions qu’il subit.

6.1) Relier σ0 à τ dans la situation stationnaire où le courant est indépendant


du temps. En présence du champ B  le courant n’est plus nécessairement parallèle au
champ électrique et il faut introduire une matrice de conductivité de surface

Jx = σxx Ex + σxy Ey
Jy = σyx Ex + σyy Ey

La matrice inverse qui permet d’exprimer les composantes du champ électrique en


fonction des composantes de J a pour éléments les résistivités.

6.2) Montrer (à l’aide d’une rotation de π/2 autour de Oz) que σxx = σyy , σxy =
−σyx . Puis à l’aide d’une rotation de π autour de Ox, montrer que σxx est une fonction
paire de B et σxy une fonction impaire.

On considère un échantillon rectangulaire, muni de bornes aux extrémités x =


±L/2, y = ± /2. Les bornes y = ± /2 restent ouvertes (on abandonne ici l’artifice
de la question D qui consistait à imposer des conditions aux limites périodiques dans
la direction Oy). En présence du champ magnétique B, on applique une f.é.m. aux
bornes x = ±L/2. Dans la situation stationnaire ainsi établie, un courant circule entre
les bornes x = ±L/2, et des charges apparaissent spontanément le long des parois
latérales y = ± /2, induisant une différence de potentiel Vy entre les bornes y = ± /2.
Cette différence de potentiel est nécessaire pour imposer que le courant selon Oy soit
nul. Ceci constitue l’effet Hall. La résistance de Hall RH est le rapport entre Vy et
l’intensité Ix du courant.

6.3) Exprimer RH à l’aide de σxx et σxy .

6.4) Justifier sommairement que les équations du mouvement analogues à celles


de la section 2), pour l’ensemble des électrons en présence des champs Ex , Ey et B,
et du terme de friction, conduisent dans une situation stationnaire aux relations

eνEx = m Jx /(eτ ) + B Jy
eνEy = −B Jx + m Jy /(eτ ) .

En déduire l’expression de σxx , σxy et RH .

Le calcul précédent ne tient pas compte du principe de Pauli. Il faut dans la réalité
inclure les deux effets suivants :
Sélection de contrôles antérieurs 23

a) Lorsque le champ B varie, le potentiel chimique reste fixé dans les conditions
de l’expérience à la même valeur µ qu’en l’absence de champ B. Ceci entraîne une
variation avec B du nombre ν d’électrons par unité d’aire susceptibles de transporter
un courant.

b) Considérons une situation (à T = 0 et B = 0) où le niveau de Fermi µ est entre


le (k)ième et le (k + 1)ième niveau d’énergie, de sorte que les k premiers niveaux sont
entièrement remplis, les autres restant vides. Une transition dans ce système suppose
l’apport d’une quantité finie d’énergie pour faire passer l’un des électrons situés sur le
niveau k vers le niveau k + 1. La diffusion des électrons sur les impuretés devient donc
difficile et les collisions sont inefficaces. On admettra donc que dans cette situation le
temps τ devient infini.

6.5) Dans quel intervalle B doit-il se trouver pour que µ soit situé entre le (k)ième
et le (k + 1)ième niveau d’énergie ? (On utilisera les résultats obtenus en 5.1) en
présence du couplage avec le spin et on se limitera à T = 0). Représenter alors
graphiquement les variations de ν en fonction de B à µ constant. En déduire que
la variation de la résistance de Hall RH avec B présente à T = 0 des paliers et des
discontinuités (von Klitzing, 1980).

6.6) Qu’arrive-t-il à la conductivité et à la résistivité longitudinales σxx et ρxx à


T = 0K lorsque µ est situé entre deux niveaux d’énergie ?

V - QUANTIFICATION DE LA CHARGE ÉLECTRIQUE


DANS LES NANOSTRUCTURES
Sujet proposé par G. Bastard, E. Brézin et J.-Y. Marzin

Introduction

Il est bien connu que les charges électriques sont des multiples entiers de la charge
de l’électron égale en valeur absolue à e = 1, 6 10−19 C. (Dans tout ce texte e désigne la
valeur absolue de la charge de l’électron). Pourtant dans les expériences usuelles cette
quantification est inobservable parce que les mesures sont effectuées sur des objets
comportant un nombre macroscopique de charges élémentaires. Les progrès récents
dans la fabrication de nanostructures, dont les dimensions ne sont que de quelques
nanomètres, permettent désormais d’étudier des phénomènes physiques ne mettant en
jeu que de petits nombres de charges. Ce problème aborde une expérience récente dans
laquelle cette quantification de la charge se manifeste dans le phénomène du « blocage
de Coulomb » des électrons d’un îlot de semi-conducteur immergé dans un autre
matériau semi-conducteur. L’utilisation de ces phénomènes dans les nanostructures
est en cours d’exploration.
24 Sélection de contrôles antérieurs

1 Potentiel électrostatique dans un condensateur plan

On considère un condensateur plan idéal, constitué de deux armatures métalliques.


On appelle S la surface des armatures et d l’épaisseur du condensateur. Pour simplifier
on supposera que l’isolant entre les armatures est le vide. Une différence de potentiel
V est appliquée entre les deux armatures. A la distance αd de l’armature de droite
(avec α < 1), on introduit entre les deux armatures, parallèlement à celles-ci, un plan
de même surface S, comportant un nombre d’électrons N qui dépend du potentiel V .
(En pratique les expériences sont faites avec des valeurs de S de l’ordre de 10−6 m2 et
de d ∼ 300 × 10−9m.) L’armature de gauche porte alors une charge QG , celle de droite
QD . Si on appelle z la direction perpendiculaire aux trois plans de charges considérés,
le champ électrique entre les plaques est parallèle à Oz, et il dérive d’un potentiel
φ(z). L’origine des potentiels électrostatiques est prise sur l’armature de gauche.

1.1) Montrer, par application du théorème de Gauss, que

QG
φ(z) = − z pour 0 ≤ z ≤ d(1 − α) (1.2)
S0
(QG − N e) d(1 − α)
φ(z) = − z− N e pour d(1 − α) ≤ z ≤ d . (1.3)
S0 S0

(Il est vivement conseillé d’admettre ce résultat et de poursuivre ; vous reviendrez à


son établissement s’il vous reste du temps à la fin).

1.2) La capacité de ce condensateur avec plan intermédiaire est définie par

dQG
C =− . (1.4)
dV
Calculer QG en fonction de N et V et en déduire que

dN
C = C0 − αe , (1.5)
dV
où C0 est la capacité en l’absence du plan de charges intermédiaire.
Sélection de contrôles antérieurs 25

2 Occupation moyenne d’un îlot isolé

On considère un îlot isolé constitué d’un matériau A semi-conducteur, inséré dans


une matrice B, également constituée d’un matériau semi-conducteur. Les électrons
de B sont modélisés comme des particules libres de masse m∗ . En revanche l’îlot du
matériau A agit comme un puits de potentiel, de sorte que pour un électron dans A
il s’ajoute à son énergie cinétique une énergie potentielle attractive −U que l’on peut
prendre pour une simple constante. Les états d’un électron de l’îlot sont donc obtenus
en résolvant l’équation de Schrödinger

2 2
− ∇ + V (
r ) ψ(r) = Eψ(r) (2.2)
2m∗

dans laquelle V (r) = 0 si l’électron est hors de A (il est donc dans B), et V (r) = −U
si l’électron est dans A. On ne cherchera pas à résoudre cette équation ; on se place
dans la situation d’un îlot faiblement liant qui n’admet qu’un seul état lié ψ(r) de
norme unité et d’énergie , avec −U <  < 0.

2.1) Si on néglige les interactions entre électrons, quelles sont les valeurs possibles
du nombre n d’électrons qui peuvent être stockés dans cet îlot ?

2.2) Négligeant toujours les interactions, écrire le vecteur d’état satisfaisant au


principe de Pauli pour deux électrons piégés dans l’îlot. Quelle est sa dégénérescence ?

Lorsque deux électrons sont piégés dans l’îlot, leur répulsion coulombienne V =
e2 1
n’est plus négligeable. On va traiter cette interaction comme une per-
4π0 |r1 − r2 |
turbation au premier ordre.

Rappel : Si un hamiltonien Ĥ0 a un vecteur propre |ψ0 > de norme un pour la


valeur propre E0 , l’hamitonien Ĥ0 + V̂ a une valeur propre E proche de E0 pour V
petit. Au premier ordre en V

E = E0 + < ψ0 |V |ψ0 > (2.3)

2.3) Écrire au premier ordre dans la répulsion coulombienne l’énergie de deux


électrons piégés sous la forme E = 2 + W où W est une intégrale que l’on écrira sans
chercher à la calculer.
[Ceux et celles qui n’arriveraient pas à établir ce résultat pourront l’admettre et
poursuivre.]

2.4) On suppose que l’îlot est à l’équilibre grand-canonique caractérisé par une
température T (ou plutôt β = 1/(kT )) et un potentiel chimique µ. Le nombre d’élec-
trons n susceptibles d’appartenir à l’îlot est donc aléatoire, mais borné, comme cela
a été vu à la première question. Déterminer la fonction de partition grand-canonique
de cet îlot. [Bien prendre soin des dégénérescences.]

2.5) Calculer l’occupation moyenne < n > de l’îlot en fonction de µ, , W et β.


26 Sélection de contrôles antérieurs

2.6) Déterminer la limite du résultat précédent pour W = 0, et expliquer le résul-


tat.

2.7) Plusieurs étapes sont nécessaires pour étudier la variation de < n > en fonc-
tion de µ à basse température.

a) Tracer la courbe de la variation de < n > avec µ à température nulle.

b) Pour étudier le voisinage du point µ = , on pose µ =  + x/β, et on fait tendre


β vers l’infini, en gardant x fini. Déterminer < n > (x) dans cette limite.

c) De même, pour étudier le voisinage du point µ = +W , on pose µ = +W +y/β,


et on fait tendre β vers l’infini, en gardant y fini. Déterminer < n > (y) dans cette
limite.

d) On peut rassembler les résultats précédents sous forme d’une représentation


approchée de la fonction < n > (µ) sous la forme,
1 1
< n >= + , (2.4)
1+ 1
2 exp β( − µ) 1 + 2 exp β( + W − µ)

que l’on prendra désormais dans toute la suite pour expression de < n >. Tracer cette
expression de < n > en fonction de (µ − ) pour kT = 10−3 eV et W = 2 10−2 eV.

2.8) L’îlot est soumis à un champ électrique dérivant d’un potentiel φ(z), qui
ne dépend donc que de la coordonnée z. Les dimensions de l’îlot sont faibles, et le
potentiel est lentement variable, de sorte que l’on peut le développer au voisinage de
la position moyenne z0 d’un électron dans l’îlot, donnée quantiquement par

z0 =< ψ|z|ψ > . (2.5)

On remplace donc au premier ordre φ(z) par φ(z0 ) − (z − z0 )E (z0 ), où E (z0 ) est le
champ électrique moyen.

Ce champ électrique a pour effet de modifier les niveaux d’énergie d’un électron
piégé dans l’îlot, puisque l’hamiltonien à un électron devient Ĥ − eφ(z). En traitant
ce potentiel comme une perturbation au premier ordre (voir le rappel de la ques-
tion(2.2)), montrer que l’effet du champ électrique est de remplacer  par  − eφ(z0 ),
en particulier dans l’équation (2.4).

3 Ensemble d’îlots placés dans un condensateur

Entre les armatures d’un condensateur plan, situées dans les plans z = 0 et z = d,
on introduit le matériau B dans lequel ont été insérés M îlots du matériau A, du
type considéré dans la section précédente. Ce matériau B avec ses îlots de A constitue
un plan d’épaisseur négligeable qui est introduit entre les armatures, comme dans la
première section. Ce plan est proche de l’armature de droite, et il a pour coordonnée
z0 = d(1 − α), avec α  1. Les îlots de A sont distribués au hasard dans le plan
Sélection de contrôles antérieurs 27

z = z0 . Nous avons vu à la question 2.8 que la population moyenne d’un îlot dépend du
potentiel électrostatique qui règne à son emplacement. Or le potentiel électrostatique,
donné par l’équation (1.2), dépend de la charge −N e du plan intermédiaire. Les
occupations des îlots ne sont donc pas des variables aléatoires indépendantes et un
traitement exact est impossible. Ce problème va être ici résolu de manière approchée.

3.1) Relier N à l’occupation moyenne < n > d’un îlot.

3.2) On prend pour le potentiel électrostatique φ(z0 ) au niveau des îlots le résultat
donné par l’équation (1.2), avec la valeur de N déterminée à la question précédente.
Pour < n > on reprend l’expression établie en 2.8. Écrire les équations non-linéaires
couplées résultantes pour < n > et φ(z0 ).

3.3) Les potentiels chimiques des électrons situés dans les deux armatures sont
notés respectivement µG et µD . Si V est la différence de potentiel entre les armatures
on montre, et vous admettrez, que

µD − µG = −eV. (3.2)

Le plan intermédiaire est très proche de l’électrode de droite. Le peuplement des îlots
se fait par transfert des électrons entre cette électrode et le plan des îlots ; un équilibre
thermodynamique s’établit ainsi. Relier le potentiel chimique µ des électrons piégés
dans les îlots à µG .

3.4) En déduire que les équations couplées établies à la question 3.2 peuvent se
mettre sous la forme
1 1
< n >= + , (3.3)
1+ 1
2 exp β( + λ< n > − ω) 1 + 2 exp β( + W + λ< n > − ω)
avec

ω = µG − αeV (3.4)

M e2 α(1 − α)
λ= (3.5)
C0

3.5) On considère la limite à température nulle des équations trouvées en 3.4.

a) Tracer les deux membres de l’équation (3.3) (à T = 0) en fonction de < n >.

b) En déduire < n > en fonction de ω. On montrera l’existence d’intervalles de ω


pour lesquels < n > varie linéairement, séparés par des valeurs pour lesquelles < n >
est constant (et entier). Porter < n > en fonction de ω. Est-ce contradictoire avec le
fait que l’occupation d’un îlot est un entier à température nulle ?

c) En déduire la capacité C et tracer C−C0 en fonction de ω. (On appelle « blocage


de Coulomb » l’annulation de C − C0 lorsque l’occupation d’un îlot est fixée à un.)

d) Donner une interprétation de la valeur de C lorsque celle-ci diffère de C0 .


28 Sélection de contrôles antérieurs

3.6) On appelle ω1 et ω2 les valeurs de ω auxquelles < n > atteint les valeurs
respectives un et deux et ∆ = ω2 −ω1 . Cette énergie ∆ est donc la distance énergétique
entre les deux états de charge d’un îlot. On a porté sur la courbe ci-dessus la variation
de ∆, déduite des mesures de capacité, en fonction de la distance d entre les armatures.
Commenter.

3.7) Du fait des petites variations des configurations géométriques de ces îlots, l’énergie
de liaison  n’est pas identique pour tous les îlots et nous allons la considérer comme
une variable aléatoire gaussienne centrée en 0 , de largeur σ :

 
1 ( − 0 )2
P () = √ exp − (3.6)
σ 2π 2σ 2

On admettra que la capacité observée est la moyenne


C̄ = C()P ()d . (3.7)

Le calcul de C̄ n’est pas élémentaire, mais on se place, toujours à température nulle,


dans la limite où W σ λ. Comparer l’estimation obtenue de C̄ avec le résultat
expérimental ci-dessous.
Sélection de contrôles antérieurs 29

VI - NAINES BLANCHES
Sujet proposé par R. Balian

Les naines blanches sont des étoiles dont l’une des propriétés remarquables est
la petitesse de leur dimension, de l’ordre de quelques rayons terrestres, alors que
leur masse est comparable à celle du soleil. On va en étudier un modèle simple en
considérant un gaz d’électrons libres dans le potentiel gravitationnel de l’étoile.

1 Considérations préliminaires

On considère un système de fermions constitué par N particules sans interactions,


de spin 1/2, contenues dans une boîte de volume Ω.

1.1)

Les particules sont des électrons dont le nombre par unité de volume est
N
= 1038 m−3 .

30 Sélection de contrôles antérieurs

a) Calculer la valeur de l’impulsion pF correspondant au niveau de Fermi dans


l’hypothèse où la température du système est T = 0K. En déduire que les électrons
qui se trouvent au niveau de Fermi sont ultrarelativistes, c’est-à-dire que pF me c
(me : masse au repos de l’électron, c vitesse de la lumière).

Calculer la position du niveau de Fermi pour T = 0K (on prendra pour zéro des
énergies l’énergie au repos des particules).

b) Le système est à une température T0 non nulle (kT0 = 5.104 eV). Montrer
qualitativement qu’il est légitime de faire l’approximation T0 = 0K dans les calculs
de la pression P et de l’énergie moyenne U du système.

On rappelle que l’énergie d’une particule de masse m et d’impulsion p est :



[ p 2 c2 + m 2 c4 − m c2 ]

en conformité avec l’origine des énergies adoptées.


des protons de masse mp 2 × 10 me dont le
3
1.2) Les fermions sont maintenant
N
nombre par unité de volume est = 1038 m−3 .

a) Montrer qu’à la température T0 , telle que kT0 = 5.104 eV, le système de protons
est décrit par la statistique de Maxwell-Boltzmann.

b) Comparer qualitativement l’énergie moyenne des protons à la température T0


avec celles des électrons se trouvant à la même température.

Même question pour les pressions exercées respectivement par les protons et les
électrons sur les parois de la boîte. Ces évaluations pourront se faire sans calculs.
Quelle approximation pourra-t-on faire si on considère un système comportant N
électrons et N protons sans interactions à la température T0 ?

2 Étude de l’équilibre d’une naine blanche

On considère le milieu constituant la naine blanche comme totalement ionisé,


c’est-à-dire composé de noyaux et d’électrons non liés. L’énergie cinétique moyenne
des électrons y est suffisamment élevée pour qu’on puisse négliger devant elle :
- l’énergie cinétique des noyaux,
- les interactions électrostatiques entre les différentes particules du système.
La présence des noyaux a cependant pour effet de réaliser la neutralité électrique
du système en tout point et de déterminer la masse totale de l’étoile.

On étudie une étoile de rayon R et de volume Ω contenant N électrons provenant


de l’ionisation totale d’atomes d’hydrogène. Les noyaux de ces atomes, de masse mp
(mp = masse au repos du proton), sont également présents dans l’étoile.
Sélection de contrôles antérieurs 31

Le but de cette étude est d’établir que les naines blanches ne sont stables que si
leur masse totale obéit à une certaine condition que l’on va chercher à déterminer.

Dans tout le problème on se place dans l’approximation où la température du système


est nulle (T = 0K).

On examinera deux situations limites : celle où tous les électrons de l’étoile sont
non-relativistes et celle où les électrons au niveau de Fermi sont ultrarelativistes (pF
me c).

2.1) a) Dans le cas non-relativiste, effectuer le calcul de la densité d’énergie ciné-


U
tique interne ( ) et de la pression électronique P de l’étoile en fonction de la densité

N
électronique n = .

b) Donner, sans effectuer les intégrations, les expressions générales relativistes de
U
la densité d’énergie interne ( ) et de la pression électronique P de l’étoile en fonction

pF p
de xF = et x = .
me c me c
p
c) On se place dans le cas ultrarelativiste et on pose x = 1. Effectuer le
me c
1
développement limité des expressions à intégrer du 1)b), en fonction de ( ) et calculer
x
U
( ). On conservera les trois premiers termes de l’expression obtenue en fonction de

pF
xF = .
me c
2.2) On cherche à déterminer l’équilibre de l’étoile en supposant sa densité uni-
forme. Dans ce but, on va étudier la façon dont cet équilibre dépend de la masse M
et du rayon R de l’étoile, et on fera ensuite varier le rayon, la masse de l’étoile étant
fixée.

On rappelle que l’énergie gravitationnelle de l’étoile est dominée par la masse des
3 GM 2
noyaux et qu’elle est égale à − .
5 R
pF
a) Donner l’expression de xF = en fonction du rayon R et la masse M de
me c
l’étoile.

b) Exprimer l’énergie totale de l’étoile et indiquer la condition d’équilibre qui


déterminera son rayon R0 (M ).

c) Calculer R0 en fonction de la masse de l’étoile, dans le cas non-relativiste et le


cas ultrarelativiste. Montrer que dans le cas non-relativiste on a une relation du type
R0 . M 1/3 = constante, et déterminer la relation correspondant au cas où les électrons
du niveau de Fermi sont ultrarelativistes (xF 1).
32 Sélection de contrôles antérieurs

d) Discuter les relations précédentes et exprimer, dans le cas ultrarelativiste, la


c 1
masse caractéristique qui apparaît, en fonction de : M s = 0, 53 ( )3/2 2 qui est la
G mp
masse du soleil.

2.3) On ne suppose plus la densité uniforme et on cherche un autre type d’approxi-


mation plus réaliste en considérant l’équilibre de l’étoile dans le champ gravitationnel
inhomogène créé par la masse des noyaux.

a) Écrire l’équilibre en chaque point de l’étoile en imposant une condition au po-


tentiel chimique µ. On sait que, pour T = 0K, µ est l’énergie que l’on doit fournir
au système pour lui ajouter un électron mais on remarquera que la préservation de
la neutralité électrique conduit à associer un proton à chaque électron. On néglige
l’énergie cinétique des protons et on admet qu’ils contribuent seuls à l’énergie gravi-
tationnelle de l’étoile ; µ dépend alors, d’une façon que l’on déterminera, de l’énergie
potentielle gravitationnelle mp φG et de µe (r) potentiel chimique des électrons calculé
en l’absence de champ gravitationnel.

b) Le potentiel de gravitation φG satisfait à l’équation ∆φG = Gρ(r) où ρ(r) est la


densité massique de l’étoile et G la constante de gravitation. On suppose que l’étoile
possède la symétrie centrale.

Établir l’équation qui détermine le potentiel µe (r) dans les deux cas non-relativiste
et ultrarelativiste. (La solution de cette équation différentielle ne peut être obtenue que
numériquement, ce qui ne permet pas d’aller plus loin pour la solution du problème.
C’est cette équation qui est utilisée pour déterminer le profil de densité de l’étoile).

2.4) En réalité, une naine blanche est constituée de noyaux plus complexes que les
protons. En outre, ces étoiles étant à très forte densité, différentes réactions nucléaires
peuvent s’y produire. En particulier, la capture d’un électron par un nucléon du noyau
peut se produire avec formation d’un neutron à l’intérieur du noyau et émission d’un
neutrino. Ce dernier, qui a un couplage très faible avec les autres particules, quitte
rapidement l’étoile et sera négligé dans le bilan d’équilibre thermodynamique.

Soit ε > 0 la variation de l’énergie de liaison nucléaire due à la capture, et Vz


l’énergie de liaison d’un noyau de numéro atomique z (ε = Vz−1 − Vz ).

On supposera la densité de l’étoile uniforme comme à la question 2.

a) Ecrire, en fonction du potentiel chimique µe des électrons, l’équilibre déterminé


par la réaction nucléaire :

noyau (z) + électron −→ noyau (z − 1)

b) En déduire la valeur de la densité électronique dans le cas où les électrons


au niveau de Fermi sont ultrarelativistes et en tenant compte de la possibilité de la
réaction nucléaire précédente.
Sélection de contrôles antérieurs 33

c) Que se passe-t-il lorsque, par suite d’une brusque augmentation de la densité de


matière de l’étoile, cette réation commence ? Discuter qualitativement les phénomènes
qui peuvent se produire et quels constituants deviennent dominants.

VII - ISOTHERMES D’UN FLUIDE


Sujet proposé par R. Balian

On se propose d’étudier le rôle


des interactions entre les molécules
d’un fluide, afin de comprendre la
forme des isothermes et l’existence
d’une transition entre phases liquide
et vapeur. La figure 1 rappelle un
diagramme expérimental type, dans
le plan v = 1/ρ = Ω/N (in-
verse de la densité), P (pression),
qu’il s’agit d’expliquer qualitative-
ment à partir d’une théorie micro-
scopique simplifiée. On va pour cela
évaluer la grande fonction de parti-
tion ZG (α, β, Ω) à l’aide d’une mo-
délisation et d’approximations qui Figure 1
seront précisées au fur et à me-
sure. On assimile les molécules à des
points matériels sans structure, de
masse m ; pour des fluides mono-
atomiques, comme l’hélium ou l’ar-
gon, cette hypothèse est justifiée jus-
qu’à des températures de l’ordre de
105 K ; elle reste valable dans un large
domaine de températures pour les
fluides simples, tout au moins en ce
qui concerne l’équation d’état. La
température reste assez élevée et la Figure 2
densité assez basse pour que les mo-
lécules puissent être traitées comme des particules classiques ; on ne s’intéresse pas
aux hautes pressions ou aux basses températures, où s’observent des phénomènes de
cristallisation (ou, pour l’hélium, de superfluidité). On désignera par r1 . . . ri . . . rN les
positions des particules, par  p1 . . . pi . . . pN leurs quantités de mouvement. Ces parti-
cules interagissent deux à deux par un potentiel isotrope V (|ri − rj |), que l’on connait
grâce à l’étude expérimentale de leurs collisions ou grâce à une approche théorique
prenant en compte leur structure interne. L’allure de ce potentiel V (r) est donné sur
la fig.2 ; il est pratiquement infini lorsque les molécules se superposent ; fortement ré-
pulsif à courte distance, il devient attractif à plus grande distance : il change de signe
34 Sélection de contrôles antérieurs

à une distance r0 (de l’ordre de quelques Å), présente un peu plus loin un minimum
dans la gamme des 10−2 eV, et s’annule rapidement encore plus loin.

1) Montrer que la grande fonction de partition a la forme



ZG (α, β, Ω) = ζ N YN (1)
N

où YN est l’intégrale multiple


 N
1
YN ≡ d3r1 . . . d3rN exp[−β V (|ri − rj |)] , (2)
N! Ω i,j=1
i>j

et où ζ est une fonction de α et β que l’on précisera.

Devant l’impossibilité d’évaluer exactement YN , on va construire un modèle,


conservant les caractères qualitatifs du problème, et basé sur l’artifice suivant. On
remplace l’intégrale YN par une somme finie de Riemann, où chacune des coordon-
nées x1 y1 z1 . . . xN yN zN prend des valeurs discrètes, multiples d’une longueur . Au
lieu de faire tendre vers 0, on le fixe à une valeur finie, que l’on choisit un peu
supérieure à r0 et voisine du minimum du potentiel V (r). Ce choix permettra les cal-
culs ultérieurs et sera justifié par l’accord des résultats avec l’expérience. L’espace est
ainsi quantifié en un réseau, dont chaque maille a le volume b = 3 , et qui comporte
donc un nombre Q = Ω/ 3 de sites, désignés par un indice q = 1, 2 . . . Q (on sup-
pose le fluide enfermé dans un récipient cubique de volume Ω). On admet que, pour
chaque particule, le remplacement d’une intégration sur le continuum r = (x, y, z) par
une sommation sur les points discrets R  q ≡ (xq , yq , zq ) de ce réseau ne modifie pas
les propriétés qualitatives de (1), bien que ne soit pas petit devant les dimensions
caractéristiques du potentiel (figure 2).

2) Montrer que dans cette approximation l’expression (1) (2) peut s’écrire sous
forme d’une somme

ZG (α, β, Ω) = (bζ)n1 +...+nQ e−βW ({n}) , (3)
{n}

portant sur des nombres d’occupation n1 , . . . , nq , . . . , nQ associés à chacun des sites,


en prenant chacun les valeurs 0 et 1. La fonction W de ces nombres d’occupation est
définie par

1 
Q
W ({n}) ≡ W (n1 , . . . , nq , . . . , nQ ) ≡ V (|R  q |)nq n
q − R . (4)
q
2 
q,q =1
(q=q )

A quelle propriété physique du fluide est associée la restriction à 0 ou 1 des valeurs


permises pour les nombres d’occupation ?

Dans un premier temps (questions 3 à 5), on cherche à estimer le rôle des répulsions
à courte distance entre particules. Pour cela, on va négliger les attractions, en ne
Sélection de contrôles antérieurs 35

conservant que la partie du potentiel V située à une distance inférieure à r0 (fig.3). On


notera Z1 la grande fonction de partition approchée, et on désignera plus généralement
par l’indice 1 les grandeurs associées à l’approximation correspondante.

3) Evaluer dans ce cas l’expression (3)


de Z1 , et écrire en fonction de α et β les ex-
pressions correspondantes du grand poten-
tiel A1 et du nombre moyen nq 1 de par-
ticules par site. Pour simplifier l’écriture,
on pourra dans ces expressions conserver ζ
comme paramètre.

4) Montrer qu’il existe une analogie for-


melle entre le modèle qui vient d’être défini Figure 3
et un système de fermions dont on précisera les caractéristiques énergétiques. Retrou-
ver Z1 et nq 1 en exploitant cette analogie.

5) Déduire des résultats du 3) le réseau d’isothermes P1 (v, T ). Discuter brièvement


les cas limites des basses et hautes densités.

On revient pour toute la suite du problème au potentiel réaliste de la figure 2.


L’expression (3) de ZG contient désormais des attractions entre particules situées sur
des sites q et q  proches. Malgré l’approximation faite, l’évaluation exacte de (3) n’est
toujours pas possible, et on va faire appel à une nouvelle approximation, de type
variationnel. On note que (3) a la même forme que la fonction de partition associée
à un opérateur densité de fermions défini dans l’espace des nombres d’occupation
n1 , . . . , nq , . . . , nQ ; on cherche à simuler celui-ci par une densité plus simple,

1 n1 +...nq +...nQ
D0 ({n}) ≡ D0 (n1 , . . . , nq , . . . , nQ ) ≡ λ , (5)
Z0
dépendant d’un paramètre ajustable positif λ, et normalisée à l’aide du facteur Z0 .
On introduit la fonction (qu’il est inutile de calculer explicitement pour la question
6)
 
Ψ(α, β, Ω; λ) ≡ − D0 ln D0 − β D0 W ({n})
{n} {n}
 
+ ln(bζ) D0 nq (6)
{n} q

6) Montrer l’inégalité

ln ZG (α, β, Ω) > Ψ(α, β, Ω; λ) . (7)

Cette inégalité sert de fondement à l’ultime approximation. Parmi les densités


d’essai D0 , celle qui simule le mieux les propriétés du système à l’équilibre est celle qui
conduit à un écart aussi faible que possible entre Ψ(λ) et ln ZG , pour des valeurs fixées
36 Sélection de contrôles antérieurs

des variables thermodynamiques α, β, Ω. Compte tenu de (7), le meilleur choix possible


pour λ est celui qui rend Ψ(λ) maximal, et on va finalement utiliser l’approximation

ln ZG (α, β, Ω) max λ Ψ(α, β, Ω; λ) . (8)

Afin de calculer Ψ explicitement, on note que les effets de bords peuvent être
négligés à la limite d’un grand volume Ω. Ceci implique que (sauf pour un petit
nombre de sites q voisins de la surface de l’échantillon et donnant une contribution
relative négligeable) l’expression


Q
b q − R
V (|R  q |) ≡ −2a , (9)

q =1
(q =q)

(simulant dans le modèle l’intégrale r>r0 d3r V (r) de la partie attractive du potentiel)
est une constante négative, indépendante du site q.

7) Montrer par un calcul explicite que la fonction Ψ(α, β, Ω; λ) vaut




2 
Ω λ bζ βa λ
Ψ(α, β, Ω; λ) = ln(1 + λ) + ln +
b 1+λ λ b 1+λ

8) Ecrire la condition ∂Ψ/∂λ = 0 que doit satisfaire Ψ(λ) à son maximum. En


déduire, d’abord sous forme de représentation paramétrique en termes de λ, puis sous
forme explicite, l’équation d’état P(v, T ) [on ne discutera qu’à partir de la question
10) la distinction entre minima et maxima de Ψ(λ)].

9) Tracer schématiquement les isothermes P(v, T ) obtenues à la question 8). Mon-


trer l’existence d’une température critique Tc , pour laquelle l’isotherme présente un
point d’inflexion (vc , Pc ) à tangente horizontale. Evaluer numériquement, pour le po-
tentiel d’interaction représenté par la figure 2, l’ordre de grandeur de la température
critique Tc , du volume critique molaire N vc , et de la pression critique Pc (N est le
nombre d’Avogadro).

Les isothermes construites ci-dessus ne sont pas toutes en accord avec l’expérience.
D’ailleurs, elles comprennent des parties ne correspondant pas au problème initiale-
ment posé, c’est-à-dire à la recherche du maximum absolu de Ψ(λ). Alors que l’état
d’équilibre thermodynamique (caractérisé par T et µ) est décrit approximativement
par le maximum absolu de Ψ(λ), on admet qu’un maximum local décrit un état mé-
tastable.

10) Identifier les zones de stabilité ou de métastabilité dans le plan (v, P).

11) Afin de ne conserver que les parties d’isothermes correspondant à des états
d’équilibre thermodynamique, Maxwell a proposé une construction rappelée sur la
figure 4 : on remplace une oscillation de la courbe par un palier de liquéfaction ho-
rizontal, qui délimite avec l’isotherme initiale des aires égales. Les extrémités L et
Sélection de contrôles antérieurs 37

V du palier correspondent à un liquide et à sa vapeur saturante. Justifier ici cette


construction (on pourra suivre les variations de µ, P et v le long d’une isotherme).
Identifier sur le diagramme (v, P) la région où existe une phase homogène stable.

12) Montrer que, dans le plan


(T, P), la coexistence entre les deux
phases liquide et vapeur saturante
est réalisée le long d’une certaine
courbe Ps (T ), dont on donnera le
principe de la détermination, sans ef-
fectuer de calcul explicite. Montrer
que la fonction Ps (T ) est croissante
et que sa courbe représentative s’ar-
rête au point critique déterminé à la
question 9). Comment sont représen-
tées dans le plan (T, P) les phases
Figure 4
métastables ?

13) Montrer qu’il existe une chaleur de vaporisation, et que cette chaleur par mole
dPs
L s’exprime selon la relation de Clapeyron L = T N (vV − vL ), où la dérivée est
dT
calculée le long de la courbe de vapeur saturante, et où N vV et N vL désignent les
volumes occupés par une mole de fluide dans les phases de vapeur et liquide.

VIII - CONDENSATION DE BOSE-EINSTEIN DANS UN


PIÈGE HARMONIQUE
Sujet proposé par E. Brézin, B. Duplantier, J.-M. Gérard

La condensation de Bose-Einstein est un phénomène quantique macroscopique,


responsable indirectement de la superfluidité de l’hélium à basse température. Cepen-
dant, ce n’est qu’en 1995 que cette transition a pu être observée directement, dans
une première expérience réalisée à l’Université du Colorado par E. Cornell et ses col-
laborateurs. Dans les expériences, des atomes alcalins, dont le nombre va de quelques
milliers à un million, sont « piégés » par un champ magnétique qui crée une force de
rappel proportionnelle à la distance au centre du piège. La transition de Bose-Einstein
n’apparaît qu’à des températures très basses, de l’ordre de 10−7 K.

Les sections 3 à 5 peuvent être abordées séparément, indépendamment des sections


1 et 2.

Formulaire

On définit les fonctions


 ∞
xp
Ip (α) = dx ,
0 ex−α − 1
38 Sélection de contrôles antérieurs

dans lesquelles α ≤ 0 et p > 0. Au cours du problème interviennent certaines valeurs


numériques de ces fonctions pour α = 0. On donne (surtout ne pas perdre de temps à
établir ces formules) :
∞ ∞
1 π2 1
I1 (0) = = 1, 645 ; I2 (0) = 2 2, 404
n=1
n2 6 n=1
n 3

∞ √  ∞
1 π4 π 1
I3 (0) = 6 = 6, 494 ; I1/2 (0) = 2, 315 .
n=1
n4 15 2 n=1 n 3/2

Pour α tendant vers moins l’infini, Ip (α) ∼ p! eα (pour p entier).


α→−∞

1 Équilibre grand-canonique dans un potentiel harmonique

Un atome piégé est soumis à une force de rappel centrale, proportionnelle à sa


distance au centre du piège. l’hamiltonien correspondant pour un atome est donc
celui d’un oscillateur harmonique à trois dimensions
1 ˆ2 1 2
Ĥ = p + mω 2rˆ , (1.1)
2m 2
où pˆ = (p̂x , p̂y , p̂z ) et rˆ = (r̂x , r̂y , r̂z ) sont les opérateurs d’impulsion et de position de
l’atome. Les N atomes piégés n’interagissent pas. Ce sont des atomes de spin nul, et
ils obéissent donc à la statistique de Bose.

1. On rappelle que les niveaux d’énergie de l’hamiltonien d’un oscillateur harmo-


1 2 1 1
nique à une dimension, ĥx = p̂ + mω 2 r̂x2 , forment la suite infinie ω(nx + ) où
2m x 2 2
nx est un entier positif ou nul ; chacun de ces états est non-dégénéré.

Montrer que les niveaux d’énergie de l’hamiltonien à un corps Ĥ (1.1) sont donnés
par
3
En = ω(n + ) , (1.2)
2
où n est un entier positif ou nul.

2. Montrer que la dégénérescence gn des états propres d’énergie En est égale à


1
(n + 1)(n + 2).
2
3.a) Les bosons piégés sont à l’équilibre grand-canonique caractérisé par la tempé-
1
rature T et le potentiel chimique µ (ou mieux par β = et α = βµ). Exprimer le
kB T
grand potentiel A(α, β) sous la forme d’une série que l’on ne cherchera pas à sommer.

b) Montrer que α est borné supérieurement et déterminer sa borne.


Sélection de contrôles antérieurs 39

c) Montrer que le nombre moyen N d’atomes piégés est donné par



 gn
N= , (1.3)
n=0
exp(βωn − α ) − 1

où l’on a posé
3
α = α − βω . (1.4)
2

4. On se place dans toute la suite dans un domaine de températures grandes par


rapport à l’espacement des niveaux à une particule. Indiquer ce que cela implique
pour le paramètre sans dimension

γ = βω . (1.5)

Dans cette limite les séries telles que (1.3) peuvent être remplacées par des inté-
grales sur la variable quasi-continue  = En − 32 ω = nω. Déduire de la dégénéres-
cence gn une densité d’états D(). On montrera en particulier que pour  ω,

D() D0 () + D1 () , (1.6)

avec
1 2 3 
D0 () = , D1 () = . (1.7)
2 (ω)3 2 (ω)2

Dans toute la suite du problème, sauf indication contraire, on se placera dans cette
limite continue.

5. Exprimer N à l’aide du paramètre γ et des fonctions I2 (α ) et I1 (α ) définies


dans le formulaire du début.

6. À N fixé, déterminer le comportement de α dans la limite de très haute tem-


pérature.

2 Condensation de Bose-Einstein dans le piège harmonique

Dans cette section, on remplacera D() par son terme dominant D0 () pour les
questions 7., 8. et 9. Il n’y a qu’à la question 10. que l’on reprendra D = D0 + D1
afin de préciser l’effet du terme D1 .

7a) On se donne le nombre (moyen) de particules dans le piège N et, partant


d’une valeur élevée de la température, on laisse celle-ci diminuer. Montrer que, pour
40 Sélection de contrôles antérieurs

une certaine valeur Tc0 de la température, α atteint la borne supérieure autorisée,


déterminée à la question 3b).

1
b) Préciser la valeur de γ0 = ω en fonction de N, et montrer que, lorsque N
kB Tc0
augmente, γ0 tend vers zéro comme une puissance négative de N que l’on explicitera.
Le remplacement d’une série par une intégrale à la question 4. était-il justifié ?

8. Aux températures inférieures à Tc0 , il y a condensation de Bose-Einstein. Alors,


comme pour le cas de la condensation de particules libres dans une boîte étudié dans
le cours, un nombre macroscopique d’atomes N0 (T ) occupent l’état fondamental ; le
rapport N0 /N est donc fini. Dans ces conditions, le remplacement des séries par des
intégrales, effectué jusqu’ici, n’est valable que pour les N  = N − N0 atomes situés
dans les états excités.

a) Montrer que dans la phase condensée (T < Tc0 ), la différence entre α et sa borne
supérieure est d’ordre 1/N0 .

b) Montrer que, pour les états excités, on peut obtenir N  par une intégrale de
zéro à l’infini sur la densité d’états, avec un facteur d’occupation dans lequel on fait
α = 0.

c) En déduire que, pour T < Tc0 ,


 ∞
D0 ()
N = N0 (T ) + d . (2.8)
0 eβ − 1

9a) Calculer N0 (T )/N dans la phase condensée en fonction de T /Tc0 . Déterminer


la pente de la tangente à la courbe représentative de N0 /N en fonction de T /Tc0 au
point de transition.

b) Tracer sur la figure 1 (en noir et blanc sur feuille séparée) rapidement, en situant
simplement quelques points, N0 (T )/N en fonction de T /Tc0 et comparer aux résultats
expérimentaux.

c) Application numérique : Les résultats expérimentaux de la figure 1 ont été


obtenus dans un piège pour lequel ω/kB 9.10−9 K. Le nombre d’atomes piégés est
N = 4.104 . Calculer Tc0 . Était-il légitime de supposer γ0 petit ?

10. Dans cette question nous allons examiner l’effet du second terme D1 (), en
particulier au voisinage de la température de condensation.
Sélection de contrôles antérieurs 41

a) En reprenant la densité d’états D = D0 + D1 , recalculer N0 /N en fonction de


γ et des Ip (0).

b) Écrire l’équation qui détermine maintenant la température de transition Tc .

c) Estimer analytiquement le déplacement (Tc − Tc0 )/Tc0 . Comment se comporte-


t-il pour N grand ? (On remarquera que N est grand, mais que N γ03 est fini. C’est
l’équivalent, pour des atomes piégés dans un puits harmonique, de la limite thermo-
dynamique usuelle). Quel est ce déplacement si l’on reprend les données numériques
de la question 9c) ? (Le formulaire initial donne les valeurs des Ip (0) nécessaires).

Réexaminer brièvement les résultats expérimentaux de la figure 1, au voisinage de


Tc et commenter.

Figure 1

3 Observation du condensat

On se place maintenant dans la phase condensée (T < Tc0 ). La fonction d’onde


normalisée d’un atome situé dans l’état fondamental du piège est

1 r2
Φ0 (r) = exp − , (3.9)
(πa20 )3/4 2a20
où a0 est la longueur caractéristique donnée par a20 = /mω. Le nombre d’atomes du
condensat par unité de volume, qui est fonction de la distance au centre du piège et
de la température, est donc
n0 (r, T ) = N0 (T ) | Φ0 (r) |2 . (3.10)

Pour calculer le nombre d’atomes par unité de volume dans des états excités,
n (r, T ), il faudrait faire une somme sur tous ces états excités. On montre, et nous
42 Sélection de contrôles antérieurs

l’admettrons, que dans la limite thermodynamique on peut remplacer cette somme


par l’intégrale

1
n (r, T ) = d3 pf (r, p) , (3.11)
(2π)3 R3

dans laquelle intervient un facteur d’occupation de Bose « semi-classique »


1
f (r, p
) = , (3.12)
1 2
exp β( 2m p
 + mω 2 2
2 r ) −1

où 
p et r sont de simples vecteurs (et non des opérateurs).

11. Montrer que le rapport des densités d’atomes des deux « espèces » au centre
du piège est égal à

n0 (0, T )
= CN0 (T )γ 3/2 , (3.13)
n (0, T )

où C une constante numérique. (On commencera par relier n (0, T ) à I1/2 (0) en pas-
sant en coordonnées sphériques).
En déduire que, dans le régime de température étudié, ce rapport est grand dès que
la température descend un peu en dessous de Tc0 , et caractériser son comportement
en puissance de N .

12. Les densités d’atomes n0 (r, T ) et n (r, T ) décroissent lorsque l’on s’écarte du
centre du piège sur des distances caractéristiques d0 et d . Exprimer, à l’aide de simples
considérations dimensionnelles, ces deux distances.

13. Les expériences mesurent en fait la distribution des impulsions. De la même


façon que l’on définit les densités spatiales n(r, T ), on peut définir des densités dans
l’espace des impulsions ñ( p, T ) (ainsi ñ (
p, T ) = R3 d3 rf (r, p
)). Ces densités ñ0 (
p, T )

et ñ (
p, T ) décroissent lorsque le module de l’impulsion augmente, par rapport à leurs
valeurs à impulsion nulle, avec des portées caractéristiques respectives p0 et p . Pour
les atomes condensés, qui sont dans un état quantique bien défini, cette portée p0 est
d’ordre /d0 . En revanche, pour les atomes non condensés, estimer p par de simples
considérations dimensionnelles. En déduire le rapport p0 /p que l’on comparera à
d0 /d . Comparer ces remarques théoriques aux observations expérimentales décrites
dans les clichés en couleurs de la figure 2.
Sélection de contrôles antérieurs 43

Figure 2

Le code de couleurs représente la distribution des vitesses dans le nuage (A) juste
avant l’apparition du condensat, (B) juste après son apparition et (C) après qu’un
abaissement supplémentaire de température produise un condensat presque pur.
La fraction condensée est principalement blanche et bleue ; les atomes non condensés
sont représentés principalement par les couleurs jaune et rouge. (D’après La Recherche
26, 859 sept. 1995)

4 Capacité calorifique du condensat

Dans cette section on remplacera D par son terme dominant D0 . Les résultats
nécessaires pour traiter les questions 15. et 16. sont donnés à la question 14.

14a) Montrer que pour T > Tc0 , l’énergie interne U est donnée par
3 1 1 1 1
U= N ω + 3
I3 (α ), avec N = I2 (α ) (4.14)
2 2 (βω) β 2 (βω)3
alors que pour T < Tc0
3 1 1 1 1
U= N ω + I3 (0), avec N = N0 (T ) + I2 (0) . (4.15)
2 2 (βω)3 β 2 (βω)3
b) Quel est le résultat attendu pour U dans la limite de très haute température ?
Le vérifier sur l’expression obtenue.

15. La capacité calorifique est définie comme la dérivée de l’énergie interne par
rapport à la température, à nombre d’atomes fixé (et non à potentiel chimique fixé).

Calculer les capacités calorifiques C− (T ) et C+ (T ) dans les phases respectives


d
T < Tc0 et T > Tc0 . (On utilisera, sans les démontrer, les relations Ip (α) =

pIp−1 (α)).
44 Sélection de contrôles antérieurs

16. Montrer que la capacité calorifique présente une discontinuité finie à Tc0 et
tracer schématiquement la courbe représentative de la capacité calorifique en fonction
de la température.

5 Influence de la dimensionnalité

17a) Si l’espace n’avait que deux dimensions, nous considérerions un piège harmo-
nique dans les directions Ox et Oy. Que serait la dégénérescence gn des états d’énergie,
et la densité d’états correspondante D() ? Y aurait-il condensation de Bose-Einstein ?

b) Reprendre les mêmes questions pour le cas où l’espace n’aurait qu’une dimen-
sion.

IX - CRISTALLISATION D’UN PLASMA STELLAIRE.


Sujet proposé par R. Omnès

La région centrale des naines blanches (étoiles denses) est essentiellement consti-
tuée, pense-t-on, de noyaux de carbone 12 et d’électrons, l’ensemble étant électroni-
quement neutre et constituant donc un plasma. On évalue les ordres de grandeur de
la température et de la masse volumique respectivement T0 108 K et ρ0 1011
kg/m3 . On va voir que ces données sont proches des conditions où le plasma peut
apparaître comme un cristal de noyaux de carbone immergé dans une mer de Fermi
électronique, réalisant ainsi un système qui présente de grandes analogies avec les
métaux. Le but de ce problème est d’étudier les conditions dans lesquelles existe un
tel état cristallin, et d’en établir le diagramme de phase.

N.B. : Les résultats numériques seront donnés en unités S.I. et on se contentera


systématiquement de la « précision astrophysique » (un seul chiffre significatif). On
adoptera les notations suivantes

m masse de l’électron
M masse du noyau de 12 C
Z=6 charge du noyau de 12 C
ρ masse volumique
N nombre de noyaux de 12 C dans le volume de référence Ω
N nombre d’électrons dans le volume de référence Ω

Les trois parties sont indépendantes, les réponses aux questions posées tiennent
toujours en quelques lignes, les calculs algébriques sont faciles et les applications
numériques essentielles (à l’approximation demandée).

1) a) Évaluer numériquement l’énergie de liaison d’un électron unique par un noyau


de carbone.
Sélection de contrôles antérieurs 45

b) En déduire que, dans les conditions de température de l’étoile, tous les atomes
de carbone sont complètement ionisés.

2) a) Il résulte de la première question que les électrons constituent un gaz de


Fermi. On néglige l’interaction de ces électrons entre eux et avec les noyaux de carbone.
Donner l’expression de la température de Fermi θF en fonction du nombre volumique
d’électron N  /Ω.

b) Évaluer numériquement θF dans la naine blanche.

c) En déduire que le gaz d’électrons ne joue pas d’autre rôle, à l’équilibre


thermique, que d’assurer la neutralité électrique du milieu.

3) Les résultats précédents nous permettent de décrire la matière stellaire comme


un ensemble de noyaux de 12 C immergés dans un fond continu stationnaire d’électrons
qui neutralisent la charge moyenne. On dira que cette matière est cristallisée si les
noyaux de carbone ont des positions d’équilibre disposées selon un réseau régulier,
autour desquelles ils oscillent avec une amplitude qui croît avec la température. On

1/3

prendra pour ordre de grandeur de la distance entre les sites voisins d = .
N

Lorsque un noyau est écarté d’un petit déplacement r de sa position d’équilibre, les
forces de Coulomb exercées par les voisins et le fond continu d’électrons le ramènent à
cette position et l’on admettra que cette force de rappel est de la forme F = −αr/d3 .
Pour des raisons dimensionnelles, α est de la forme
Z 2 e2
α=λ
4π ε0
où λ est une constante numérique que l’on prendra égale à 1,5.

Un critère empirique permet de décider si la phase cristalline est réalisée. C’est


la règle de Lindemann que l’on admettra et adoptera : la fusion se produit lorsque
le déplacement quadratique moyen ∆ = r2  dépasse une certaine fraction γ de la
distance intersite d. La valeur de ce rapport est ici estimée à γ = 0, 3 (ce qui est très
supérieur aux valeurs que l’on trouve dans les cristaux ordinaires).

a) En considérant chaque noyau comme un oscillateur harmonique isotrope


à trois dimensions, de pulsation ω que l’on explicitera, écrire son hamiltonien Ĥ,
ses niveaux d’énergie et sa fonction de partition Z1 (β, ω) que l’on écrira à l’aide de
fonctions hyperboliques.

b) Calculer ∆ à l’aide de Z1 (β, ω) (on pourra reconnaître que r2  s’exprime à


l’aide d’une dérivée de ln Z1 en revenant à l’expression explicite de Ĥ).

c) Par application de la règle de Lindemann, écrire l’équation de la courbe de


fusion limitant, dans le plan (T, ρ) la zone où le plasma est cristallisé. Il sera commode,
pour la suite, d’écrire l’équation de cette courbe sous forme numérique :

f (A ρa T b ) = (B ρ)c
46 Sélection de contrôles antérieurs

où f est une fonction hyperbolique, a, b et c des exposants rationnels, A et B des


constantes numériques évaluées à l’« approximation astrophysique ».

d) Caractériser, dans le plan (T, ρ) la région où la statistique classique s’ap-


plique : β  ω  1. Tracer qualitativement l’allure de la courbe de fusion dans ce
domaine classique.

e) Indiquer, dans le plan (T, ρ), le point qui correspond à la limite β  ω → ∞.


Tracer par continuité l’ensemble de la courbe de fusion en précisant la nature des
phases dans les différents domaines.

f) Dans quel état se trouve la matière de l’étoile considérée ?

g) En admettant que la pression P du plasma est essentiellement celle du gaz de


Fermi électronique, tracer qualitativement dans le plan (T, P ) les limites de la région
où le plasma est cristallisé.

h) Quelle différence marquante existe-t-il entre le diagramme de phases obtenu


pour la région de cristallisation et celui des matériaux ordinaires à des pressions et
des températures de laboratoire ? Expliquer l’origine de cette différence.

X - COURANT PERMANENT DANS UN ANNEAU


MÉTALLIQUE.
Sujet proposé par G. Montambaux

On considère un gaz d’électrons unidimensionnel ayant la géométrie d’une boucle


circulaire de périmètre L. Lorsque cette boucle est traversée par un champ magnétique
uniforme B perpendiculaire à son plan, un courant permanent I parcourt l’anneau (qui
possède donc alors un moment magnétique M ). Le but de ce problème est d’étudier
les caractéristiques de ce courant dont l’origine est purement quantique.

Les champs magnétiques que nous considérerons sont intenses, de sorte que les
spins des électrons sont alignés avec le champ. On peut donc « oublier » le degré
de liberté dû au spin et dans tout le problème, avec ou sans champ extérieur, on
considérera les électrons comme des fermions sans « spin ».

1 Niveaux quantiques et courants associés

1) Avant d’en venir à la géométrie circulaire, on considère une particule de masse


m confinée dans un puits carré infini unidimensionnel. Ce puits de longueur L est
disposé le long d’un axe Ox et on note ux le vecteur unitaire le long de cet axe. On
choisit dans cette question les conditions aux limites qui imposent à la fonction d’onde
de s’annuler sur les bords du puits. Rappeler la forme des fonctions d’onde normées
et des énergies propres correspondantes.
Sélection de contrôles antérieurs 47

2) Au lieu d’imposer l’annulation de la fonction d’onde sur les bords du puits, on


choisit maintenant des conditions aux limites périodiques, de sorte que les fonctions
d’onde prennent la même valeur aux points x et x + L.

a) Déterminer les fonctions d’onde normées ϕp (x), états propres de l’opérateur


impulsion pˆ et de l’hamiltonien.

b) Déterminer la position des niveaux d’énergie et leur dégénérescence.

3) On rappelle l’expression du courant de probabilité J associé à une fonction


d’onde ϕ(x) :

pˆ
J = Re(ϕ∗ ϕ) (1)
m
Quel est le courant de probabilité associé à une fonction propre de l’hamiltonien
satisfaisant aux conditions aux limites de la question I-1 ? Même question pour les
fonctions propres de la question I-2.

4) On considère dans la suite une particule de masse m contrainte de se mouvoir sur


un cercle de périmètre L centré en O. Ce problème est équivalent à celui de la question
I-2 puisque la géométrie circulaire impose la périodicité de la fonction d’onde. Il suffit
pour préciser cette équivalence de remplacer la position x par l’abscisse curviligne s
 ∂  ∂
le long du cercle, et l’opérateur impulsion pˆ = ux par pˆ = uθ , uθ étant le
i ∂x i ∂s
vecteur unitaire tangent à la trajectoire au point s considéré.

a) On note −e la charge de la particule (e > 0). Calculer les valeurs possibles


de l’intensité du courant électrique (−e)J . uθ correspondant à une particule sur un
niveau d’énergie donné. Interpréter le signe des résultats.

b) Comparer ces courants à ceux d’une particule classique de vitesse v, de


charge −e parcourant ce même cercle.

c) Estimer ce courant pour un électron sur le premier niveau excité d’un cercle
de périmètre 10−6 m.

5) La particule de masse m et de charge −e, toujours contrainte à se déplacer sur


 uniforme, perpendiculaire au
le cercle, est de plus soumise à un champ magnétique B
plan de l’anneau.

 r) = 1 B
a) Montrer que l’on peut choisir le potentiel vecteur A(  ∧r pour décrire
2
cette situation.
 r ) en un point quel-
b) Après avoir précisé la direction du potentiel vecteur A(

conque de l’anneau, relier le module de A(r) sur l’anneau au périmètre L et au flux
φ du champ B  à travers l’anneau.

6) On rappelle qu’en l’absence de spin, l’effet du champ magnétique se décrit


48 Sélection de contrôles antérieurs

simplement par la substitution dans l’hamiltonien :

pˆ → 
pˆ + eA(
 rˆ) (2)

où l’action de pˆ sur les fonctions d’onde spatiales reste toujours décrite par l’opération

∇.
i
a) Écrire l’équation de Schrödinger en présence de champ magnétique.

b) Montrer que les niveaux d’énergie ont maintenant la forme



2
h2 φ
εn (φ) = n+ (3)
2m L2 φ0
où n est un entier relatif et φ0 = h/e est le quantum de flux. Quelle est la dégénéres-
cence des niveaux d’énergie ?

c) Le courant de probabilité en présence de champ magnétique est donné par


 
ˆ + eA
p
 

J = Re ϕ ϕ (4)
m

Montrer que le courant électrique engendré par une particule sur un niveau d’énergie
εn s’écrit :

−eh φ
in (φ) = n+ (5)
mL2 φ0

2 Étude d’un anneau à température nulle

1) On veut décrire le comportement d’un gaz de N électrons dans un anneau


unidimensionnel (avec N grand).

a) Calculer pour un champ magnétique nul le module de l’impulsion de Fermi


pF , l’énergie de Fermi εF , et la vitesse de Fermi vF , pour un gaz de N électrons sur
l’anneau.(On rappelle que l’on considère les électrons comme des fermions sans spin).

Dans la suite du problème, on admettra que les variations de ces grandeurs avec
le champ magnétique sont négligeables et on gardera les valeurs précédentes de pF ,
εF , et vF , même si le flux φ est non nul.

b) Écrire le grand potentiel A(φ) en fonction des niveaux d’énergie à une par-
ticule εn (φ) donnés en (3).

c) Exprimer l’aimantation moyenne M (φ), qui est la variable conjuguée du


∂A
champ magnétique (c’est-à-dire M = − ), en terme d’une somme sur les niveaux
∂B
d’énergie εn (φ).
Sélection de contrôles antérieurs 49

En déduire qu’en présence d’un flux φ, l’anneau est le siège d’un courant I(φ) que
l’on mettra sous la forme :

I(φ) = f [εn (φ)]in (φ) (6)
n

où f [ε] est la fonction de distribution de Fermi et où le courant élémentaire in (φ) a


été déterminé ci-dessus (équation 5).

2) a) Montrer que le spectre des énergies, déterminé à la question I 6b, est pério-
φ0 φ0
dique en φ avec la période φ0 . On représentera ce spectre sur une période [− , + ].
2 2
Vérifier les relations εn (φ + φ0 ) = εn+1 (φ) et ε−n (φ) = εn (−φ).

b) Pour une valeur finie donnée de φ, en se limitant toujours à l’intervalle


φ0 φ0
[− , + ], comparer les signes des courants de deux niveaux successifs.
2 2
c) Montrer que le courant I(φ) est une fonction périodique de φ, de période φ0 .
Montrer que I(φ) est une fonction impaire de φ.

3) On veut d’abord calculer le courant I(φ) à température nulle.

a) Montrer que le courant total est donné par une somme

−2I0  φ
I(φ) = (n + ) (7)
N φ0
n∈D

φ 1
où D est le sous-ensemble des entiers relatifs défini par la condition |n + | ≤ N.
φ0 2
evF
On a posé I0 = .
L
b) Calculer ce courant, en distinguant selon la parité de N , pour φ variant sur
φ0
la demi-période [0, + ]. Représenter graphiquement ce courant pour les deux parités
2
φ0 φ0
de N , lorsque φ parcourt l’intervalle d’une période [− , + ].
2 2
c) Comparer le courant total I(φ) à celui qui est porté par l’électron situé au
niveau de Fermi. Expliquer qualitativement pourquoi ces deux courants sont du même
ordre de grandeur. Expliquer l’origine physique des discontinuités de la fonction I(φ).

d) La périodicité et la parité de I(φ) permettent de développer I(φ) en série de


Fourier en ne gardant que des sinus :


 φ
I(φ) = Im sin(2πm ) (8)
m=1
φ0
50 Sélection de contrôles antérieurs

Montrer que
2I0
Im = (−1)mN (9)

[On rappelle l’expression du coefficient de Fourier d’une fonction impaire de pé-


 +φ0 /2
2 φ
riode φ0 : Im = dφ I(φ) sin(2π m ). Si vous manquez de temps, vous
φ0 −φ0 /2 φ0
pouvez admettre le résultat (9) et passer à la question suivante].

3 Étude d’un anneau à température finie

On veut maintenant étudier le courant I(φ, T ) à température finie T , mais telle


que kT reste très petit devant l’énergie de Fermi εF . On peut négliger la variation du
potentiel chimique µ et le garder égal à εF .

1) Montrer que dans les conditions considérées, pour évaluer la variation de I(φ, T )
par rapport à sa limite de température nulle, on peut remplacer dans la somme (6), les
niveaux d’énergie εn (φ), donnés par l’équation (3), par leur approximation linéarisée
au voisinage de la surface de Fermi
φ N
εn (φ) − εF 2∆(|n + |− ) (10)
φ0 2
où ∆, que l’on explicitera, est la variation du niveau de Fermi lorsqu’on ajoute un
électron.

2) Calculer de nouveau les coefficients de Fourier Im , analogues à ceux de la


relation (9), mais dépendant maintenant de la température.

[Indications : on commencera par montrer que


+∞  n+1/2
−4I0  y sin(2πmy)
Im (T ) = dy
N n=−∞ n−1/2 1 + exp[2β∆(|y| − N/2)]

puis 
−8I0 +∞ y sin(2πmy)
Im (T ) = dy .
N 0 1 + exp[2β∆(y − N/2)]
Enfin on utilisera l’intégrale
 ∞
x sin(pπx/b) (−1)p+1 πb
dx = , p entier.]
0 exp(x − b) + 1 sh(pπ 2 /b)
La dépendance en température de Im (T ) fait apparaître un rapport mT /T ∗ dans
lequel kT ∗ est une échelle d’énergie que l’on reliera à ∆.

3) Représenter graphiquement et de manière qualitative la variation en fonction


du flux du courant I(φ, T ) pour des températures successivement petite et grande par
rapport à T ∗ .
Sélection de contrôles antérieurs 51

4 Ensemble d’anneaux

1) Evaluer le moment magnétique d’un anneau de cuivre de périmètre 10−6 m en


e
magnéton de Bohr. (On rappelle que la valeur du magnéton de Bohr µB = =
2m
−24 −1
9, 27 × 10 J.T ). Si l’on veut observer en pratique ce courant, expliquer qualitati-
vement pourquoi il faut utiliser de petits anneaux.

On donne, pour le cuivre, vF ∼ 1, 6 × 106 m.s−1

2) Cette aimantation d’un anneau isolé est très difficile à observer expérimenta-
lement. On se propose donc de faire une mesure d’aimantation sur un grand nombre
d’anneaux identiques disjoints, plongés dans le même champ magnétique. Leurs tailles
sont identiques, mais le nombre N d’électrons qui constituent un anneau varie légère-
ment d’un anneau à l’autre ; certains ont un nombre pair d’électrons, d’autres en ont
un nombre impair, et a priori les proportions d’anneaux pairs et impairs sont égales.

a) Ecrire le moment magnétique total M (φ, T ) de l’ensemble des anneaux (sous


forme d’une série que l’on ne cherchera pas à sommer) et préciser sa période comme
fonction de φ.

b) Représenter graphiquement M (φ, T ) en fonction de φ sur une période, à


température nulle, puis pour une température non nulle, mais bien inférieure à T ∗ .

XI - DIAMAGNÉTISME DE LANDAU.
Sujet proposé par R. Omnès

N.B. : La question 3 s’appuie sur la question 1, mais non sur la question 2. La question
4 est indépendante des précédentes.

Le but de ce problème consiste à étudier le magnétisme qui résulte du mouvement


des électrons dans un métal placé dans un champ magnétique uniforme B.

On procède à quelques simplifications, dont certaines sont brutales, pour aboutir


à un modèle aisément calculable :

– On néglige le détail des interactions d’un électron avec les ions et les autres élec-
trons, en les représentant schématiquement par un potentiel moyen constant. Comme
ce potentiel équivaut à un changement d’origine de l’échelle des énergies sans consé-
quence pour le problème étudié, on peut ne pas en tenir compte.

– On ne retient pas l’action du champ magnétique sur le moment magnétique lié


au spin de l’électron et on ne conserve que son effet sur le moment magnétique orbital.

– On traite le problème en dimension d’espace égale à deux (sauf dans la ques-


tion 2).
52 Sélection de contrôles antérieurs

Ces approximations conduisent à un modèle où l’hamiltonien d’un électron, ré-


miniscent de l’hamiltonien en dimension trois où le champ B est dirigé selon Oz,
s’écrit
1 2
ĥ = [p̂ + (p̂y + e B x̂)2 ] ,
2m x
la charge de l’électron étant −e, sa masse m, le potentiel vecteur ayant pour compo-
santes (O, −Bx). Le métal est assimilé à une boîte carrée à deux dimensions de côté
L, l’effet du potentiel consistant seulement à annuler la fonction d’onde aux bords de
cette boîte.

La résolution du problème de Mécanique Quantique ainsi posé n’est pas demandée


ici ; les résultats de l’étude en sont les suivants :

Les valeurs propres de ĥ sont de la forme

εn = (2n + 1)µB B

où n est un nombre quantique qui prend des valeurs entières non-négatives (n =


e
0, 1, 2 . . . ) et où µB = est le magnéton de Bohr (moment magnétique élémentaire).
2m
Chaque niveau est dégénéré : la multiplicité des états quantiques d’énergie εn est
indépendante de n et donnée par

e B L2
g=2 .
2π

La facteur 2 représente la multiplicité associée aux deux états possibles de spin.

1) On considère une population d’électrons à l’équilibre thermique emplissant la


boîte et soumis au champ B. Ces électrons sont traités comme des fermions indépen-
dants, que l’on étudiera à l’aide du formalisme grand canonique, la température étant
T et le potentiel chimique µ. On posera ζ = eβµ et β = 1/kT .

a) Écrire l’expression du grand potentiel A(µ, T, B) = −kT ln ZG , sans chercher


à effectuer la sommation sur n.

b) Écrire (sans chercher à la résoudre) l’expression qui donne la densité d’élec-


trons par unité d’aire ρ = N/L2 en fonction de µ et de T .

c) Écrire directement l’expression du grand potentiel A0 (µ, T ) du gaz d’électrons


à deux dimensions en champ nul. Vérifier qu’elle coïncide avec la limite, obtenue pour
B tendant vers zéro, de l’expression trouvée en 1a).

2) On considère une couche très mince de métal à trois dimensions, placée dans
un champ magnétique perpendiculaire. L’hamiltonien d’un électron comprend alors,
en plus du terme relatif aux directions x et y qui a été analysé dans l’introduction du
problème, l’énergie cinétique p̂2z /2m dans la direction z. En désignant par l’épaisseur
de la couche, les fonctions d’onde doivent s’annuler ici pour z = 0 et z = .
Sélection de contrôles antérieurs 53

Montrer que le grand potentiel de la couche se réduit au grand potentiel A précé-


demment calculé, dans un domaine de température que l’on précisera, à condition de
modifier le potentiel chimique µ d’une manière que l’on précisera.

Application numérique : préciser ce domaine de T pour = 100 Å.

3) a) Montrer que la susceptibilité magnétique par unité d’aire est donnée par
l’expression.
1 ∂ 2 A 
χ=− 2 
L ∂B 2 B=0,µ,T

b) A haute température et pour des valeurs fixées de la densité d’électrons et


du champ B, le paramètre ζ est petit. Calculer A en ne retenant que les termes de
plus bas degré en z.

c) En déduire la susceptibilité magnétique χ à cette approximation. On expri-


mera χ en fonction de ρ et T . Montrer que le système présente du diamagnétisme.

d) Toujours dans la même approximation, en admettant que la susceptibilité


totale est la somme de la contribution calculée en c) et de la susceptibilité magnétique
due aux spins, le métal est-il magnétique ou diamagnétique ?

4) Effet de Haas-Van Alphen. On se propose d’étudier, en fonction du champ B


et à basse température, la variation du moment magnétique du système considéré.
Pour simplifier, on va se placer à température nulle, et utiliser l’ensemble canonique
en supposant le nombre N d’électrons fixé. Le système est alors dans un macroétat
caractérisé par le fait que son énergie est minimale. Parmi les états d’électrons indivi-
duels qui servent à bâtir ce macroétat, certains, d’énergie suffisamment basse (n < ν),
sont entièrement peuplés ; d’autres, plus élevés (n > ν), sont entièrement dépeuplés ;
les microétats d’énergie εν sont en général partiellement peuplés. On désignera par ϕ
le nombre moyen d’occupation de ces derniers.

a) Calculer ϕ et ν en fonction de N et B (on désignera par E(x) la partie entière


d’un nombre réel x). Dessiner schématiquement la variation de ϕ et ν en fonction de
1/B pour une densité ρ donnée.

b) Calculer l’énergie U du macroétat en fonction de B et tracer l’allure de la


courbe correspondante.

c) Montrer qu’à température nulle l’aimantation par unité d’aire est donnée par
1 ∂U
M =− 2 (N fixé). Montrer que M oscille lorsque B varie et représenter sché-
L ∂B
matiquement ces oscillations.

d) Indiquer (sans calcul) dans quel domaine de température et de champ magné-


tique on s’attend à observer des oscillations de M aussi importantes qu’à température
nulle.
54 Sélection de contrôles antérieurs

XII - SURFACE DES CRISTAUX.


Sujet proposé par R. Balian et Y. Quéré

On se propose d’étudier quelques caractéristiques géométriques des faces d’un cris-


tal à l’équilibre avec sa vapeur. Pour cela, on modélise le cristal comme un empilement
de N cubes de côte a disposés sur un réseau simple. Chaque cube représente un atome
de masse m et de spin 0, dont on néglige la structure interne. Les centres des cubes peu-
vent occuper les sites de coordonnées x = (q + 1/2)a, y = (q  + 1/2)a, z = (q  + 1/2)a
où q, q  , q  ∈ Z. L’énergie de chaque atome est prise égale à 0 lorsqu’il est isolé et
au repos. En particulier, dans la vapeur, l’énergie se réduit à la somme des énergies
cinétiques  p2 /2m des atomes. Dans la phase cristalline, on néglige le mouvement des
atomes, mais on prend en compte leurs interactions mutuelles. A très courte portée,
les atomes se repoussent, et cette répulsion se traduit simplement dans le modèle par
l’impénétrabilité des cubes représentant les atomes. A portée un peu plus grande, ils
s’attirent, ce qui provoque la cohésion du cristal. Dans le présent modèle, cette attrac-
tion est représentée par une énergie potentielle −v associée à chaque paire de cubes
voisins accolés par une face. Afin d’évaluer l’énergie d’une configuration, caractérisée
par la présence ou l’absence d’un cube en chaque site, il sera commode d’attribuer
l’énergie −V à chaque face séparant deux sites occupés (sans oublier qu’une telle face
est commune à deux cubes). L’interaction entre deux cubes est négligée lorsqu’ils se
touchent uniquement par une arête ou un sommet ou lorsqu’ils ne se touchent pas.

Pour les applications numériques, on prendra comme masse atomique 100g mol−1 ,
comme dimension de maille a = 2, 5 Å, et comme énergie d’attraction V = 0, 2eV.
Seuls des ordres de grandeur pour les résultats sont significatifs.

Bien que les questions s’enchaînent logiquement, il n’est souvent pas nécessaire de
les avoir résolues pour progresser. En particulier, dans les deux premières parties, les
seules questions indispensables pour la suite sont 1 b et 2 a ; la 3˚partie est utilisée
dans la 5˚; mais la 5˚et la 6˚parties peuvent être abordées sans que les solutions à la
3˚et à la 4˚aient été trouvées. Il y a également une certaine indépendance entre les
questions d’une même partie.

1 Propriétés de volume du solide

a) Montrer que l’énergie de cohésion ρ par unité de volume, définie comme le


rapport de l’énergie de l’état fondamental d’un cristal à son volume Ω à la limite
Ω → ∞, vaut −3V a−3 .

b) En déduire le potentiel chimique µ0 du cristal à température nulle (et pression


nulle).
Sélection de contrôles antérieurs 55

c) A température non nulle, le cristal (toujours considéré comme infini) contient à


l’équilibre des lacunes, c’est-à-dire des sites vacants. On admettra que les lacunes sont
si peu nombreuses qu’elles ne se touchent pratiquement jamais. Quelle est l’énergie
à fournir pour créer une lacune, en supprimant le cube correspondant ? On considère
un volume Ω = N a3 fixe, découpé par la pensée dans un cristal infini (pour éviter
les effets de bords), et comportant un grand nombre N de sites qui peuvent éventuel-
lement être vacants. Soit le nombre de lacunes, et N = N − le nombre d’atomes
occupant les N sites. Écrire l’énergie d’une configuration en fonction de et de N .

d) Dans l’hypothèse d’une faible densité de lacunes, évaluer à l’aide du résultat


ci-dessus la grande fonction de partition de la région Ω, en fonction de β et de α = βµ
où µ est le potentiel chimique des atomes. En déduire la pression Ps du solide en
fonction de T et µ.

e) Écrire la probabilité pour qu’il existe à l’équilibre une lacune en un site donné,
à la température T et à la pression Ps . Comment varie-t-elle avec T et Ps ?

f) Justifier l’hypothèse faite en d) en donnant numériquement une borne supérieure


pour cette probabilité à T = 300 K.

On négligera systématiquement dans la suite la possibilité de création de lacunes


au sein du cristal.

2 Vapeur saturante

Le cristal est supposé être entouré de sa vapeur, avec laquelle il peut échanger
des atomes et de l’énergie, ce qui conduit à un équilibre. On contrôle le système en
agissant sur la pression P et la température T de la vapeur. Celle-ci est considérée
comme un gaz parfait monoatomique.

a) Donner l’expression du potentiel chimique µ de la vapeur en fonction de P et


T . En admettant que, lorsque la température et la pression augmentent, le potentiel
chimique du cristal reste fixé à sa valeur µ0 , et que la vapeur est à l’équilibre avec la
masse du cristal, écrire l’expression de sa pression P0 (T ). Celle-ci est la pression de
vapeur saturante.

b) Tracer P0 (T ) en donnant quelques ordres de grandeur.

c) Essayer de justifier l’hypothèse faite en a), à savoir que le potentiel chimique


peut être remplacé par µ0 .

3 Face lisse d’un cristal

On considère un très grand cristal dont l’une des faces est dans le plan z = 0.
Le solide est du côté z < 0, la vapeur du côté z > 0. A température nulle, les faces
56 Sélection de contrôles antérieurs

sont parfaitement lisses de manière à rendre l’énergie minimale. On prendra dans la


suite, pour référence d’énergie du cristal, cette configuration où tous les sites z < 0
sont occupés, tous les sites z > 0 vides. A température T , les échanges d’atomes
et d’énergie avec la vapeur peuvent faire apparaître des irrégularités à la surface du
cristal. On se limite dans cette partie aux deux types de défauts de surface les plus
simples : la lacune de surface, représentée par un cube manquant dont le centre est
un site du plan z = −a/2 ; l’atome absorbé, représenté par un cube en excès dont le
centre est un site du plan z = a/2.

a) Écrire les énergies respectives de ces deux types de défauts, rapportées à l’énergie
de la face parfaitement lisse.

b) Le cristal est en équilibre grand canonique avec sa vapeur saturante, à la pres-


sion P0 (T ) ; On désigne par p0 , p−1 , p1 les probabilités pour qu’en un point donné de
la surface il n’y ait pas de défaut, pour qu’il y ait une lacune de surface, et pour qu’il
y ait un atome adsorbé. Écrire p−1 /p0 , p1 /p0 , et en déduire que les probabilités p−1
et p1 sont ici égales. On fera l’hypothèse que les défauts considérés sont assez rares
pour n’être presque jamais voisins, hypothèse que l’on vérifiera en calculant p−1 et p1
à T = 300 K.

c) A température T fixée, la vapeur est portée à une pression P différente de


P0 (T ), soit supérieure, soit inférieure. La surface du cristal se met alors à l’équilibre
avec la vapeur, ce qui entraîne une variation de son potentiel chimique. Écrire les
nouvelles probabilités p−1 et p1 en fonction du rapport de saturation λ ≡ P/P0 (T ),
et donner la valeur numérique de p1 pour λ = 10.

d) Que pouvez-vous en conclure en ce qui concerne la sublimation du cristal (c’est-


à-dire son évaporation) et la condensation de sa vapeur ?

4 Croissance d’une marche sur une face

L’adsorption, sur une face lisse, d’atomes isolés ne suffit pas à expliquer pourquoi
un cristal en présence de sa vapeur sursaturante doit grossir. La théorie de la croissance
des cristaux de Burton, Cabrera et Franck (1951) repose sur l’existence préalable, sur
la face du cristal, d’une couche monoatomique, délimitée par une marche de hauteur
a. On représentera en hachuré les cubes atteignant l’altitude z = a, en blanc la face
lisse de référence z = 0 restant à nu.
Sélection de contrôles antérieurs 57

a) On considère une marche comportant deux parties rectilignes (x < 0, y = 0 et


x > y = a), séparées par un décrochement simple (∆y = a) en x = 0. On désigne par
A, B, C des sites de cote z = a/2 situés respectivement loin de la marche, au bord de
celle-ci et dans le décrochement. La surface est au contact avec la vapeur sursaturante
à la température T = 300 K et à la pression P = λ P0 (T ) où λ = 10. On néglige la
formation de lacunes de surface. On note pA , pB , pC les probabilités respectives des
trois configurations comprenant un atome supplémentaire en A, en B ou en C (pA est
identique pour λ 1 à la probabilité notée p1 à la question 3 c). Ecrire les rapports
pA /(1 − pA ), pB /(1 − pB ) et pC /(1 − pC ) et en déduire les valeurs numériques de pA ,
pB et pC .

b) En vue de savoir si les décrochements sont nombreux ou non le long d’une marche,
on commence par estimer l’énergie d’un décrochement. Pour cela, on compare les deux
configurations représentées ci-dessous, construites avec le même nombre d’atomes,
mais différentes en ce qui concerne les décrochements : la configuration (1) comporte
deux marches alternées lisses ; dans la configuration (2), chacune de ces marches a
acquis un décrochement en x = 0. Calculer la différence d’énergie entre ces deux
configurations. En déduire l’énergie qui doit être attribuée à un décrochement.
58 Sélection de contrôles antérieurs

c) On considère une marche parallèle à Ox, sur une face en équilibre avec la vapeur
saturante P0 (T ). On admet pour simplifier que cette marche ne comporte que des
décrochements simples (∆y = +1 ou ∆y = −1). On admet également que ces dé-
crochements sont peu nombreux et qu’ils peuvent être traités par les méthodes de
Physique Statistique comme des objets indépendants dont l’énergie a été obtenue en
b). Estimer numériquement la probabilité pD pour qu’il y ait un décrochement (de
l’un ou de l’autre des types ∆y = ±1) en un point donné de la marche. d) Un atome en
provenance de la vapeur a peu de chance de rencontrer, lors d’une collision avec la face
du cristal, juste le rebord d’une marche. D’autre part, il est naturel d’admettre que
les atomes sont très mobiles à la surface d’un cristal lorsqu’ils se déplacent à énergie
constante. A l’aide des valeurs obtenues ci-dessus pour pA , pB , pC , pD , et compte tenu
en particulier de la grande valeur de pC , essayer d’imaginer un mécanisme efficace
de croissance du cristal aux dépens de la vapeur sursaturante (pour un rapport de
saturation λ = 10).

Essayer d’interpréter la photographie ci-après (prise au microscope électronique)


d’une face d’un cristal (de NaCl).
Sélection de contrôles antérieurs 59

5 Forme d’une marche

On se propose d’étudier la forme moyenne d’une marche sur la face z = 0, dans


le cas général où cette marche n’est pas parallèle à l’axe Ox, et où le rapport de
saturation λ = P/T0 (T ) diffère de 1. Dans le plan x, y, la marche doit aller du point
0, 0 au point Ka, M a. Afin de fixer ces extrêmités, on suppose que tous les sites de
la colonne x = a/2, y < 0, z = a/2 et tous les sites de la colonne x = (K + 1/2)a,
y < M a, z = a/2 sont occupés, ainsi que tous les sites loin en arrière de la marche
0 < x < Ka, y < −La, z = a/2 (zones en hachures serrées). Le nombre L, fixé,
est choisi assez grand pour que la marche ne se creuse pratiquement jamais jusqu’à
une ordonnée y < −La. On va caractériser la forme de la marche par une fonction
y(x) définie sur des valeurs discrètes. On néglige ainsi toutes les configurations qui
comprendraient des saillies latérales de la marche (1), des affaissements en arrière
de cette marche (2) ou des reliefs en avant (3). Ceci est justifié à basse température
et pour une marche peu inclinée (M < K), auquel cas de tels accidents sont peu
probables. Chaque configuration possible est ainsi repérée par un ensemble de K
entiers nk , 1 ≤ k ≤ K, dont chacun est le nombre de cubes empilés dans la colonne
x = (k − 1/2)a, depuis y = −La jusqu’à y = (−L + nk )a. De manière équivalente,
cette configuration est repérée par l’ensemble {mk } des K + 1 entiers dont chacun
représente la valeur algébrique du décrochement au point d’abscisse x = ka de la
marche (aux extrémités, on a n0 = L et nK+1 = L + M ).
60 Sélection de contrôles antérieurs

mk = nk+1 − nk , 0 ≤ k ≤ K,
mk = 0, ±1, ±2, . . . ,

Le système R dont on cherche à étudier les propriétés est la région définie par
0 ≤ x ≤ Ka, y ≥ −La, 0 ≤ z ≤ a, et délimitée sur la figure ci-dessus par des
pointillés mixtes. Ce système R comprend non seulement les atomes situés dans cette
région, mais aussi les faces se trouvant dans les plans x = 0, x = Ka, y = −La et
z = 0, faces auxquelles on attribue l’énergie −V lorsqu’elles séparent deux atomes.
L’énergie de référence est ainsi celle qui correspond à la région R vide d’atomes.

a) Montrer que, pour une configuration {mk } donnée, le nombre N d’atomes situés
dans la région R vaut

K
N = KL + (K − k)mk .
k=0

b) Montrer que, pour la configuration {mk }, l’énergie associée à l’ensemble des


faces situées dans la région R vaut

V 
K
M
E = −3N V + |mk | − V L + ,
2 2
k=0


K
où |mk |a est la longueur totale des décrochements.
k=0

Cette forme de l’énergie rend naturel l’emploi des K + 1 variables {mk } plutôt que
celui des K variables indépendantes {nk }. Cependant, le calcul de la grande fonction
de partition pour la région R est rendu difficile par l’existence de la contrainte


K
mk = M ,
k=0

exprimant que l’ordonnée du point d’arrivée de la marche est M a pour x = Ka (il


existe en principe des contraintes supplémentaires résultant de nk ≥ 0, mais elles ne
jouent pas si L est assez grand, de sorte qu’on pourra faire varier les mk de −∞ à +∞).
Sélection de contrôles antérieurs 61

Afin de pouvoir sommer librement sur chacun des K + 1 nombres mk (0 ≤ k ≤ K),


on se donne la contrainte sur leur somme en moyenne statistique seulement, sous la
forme
K
mk  = M  ,
k=0

et on introduit un multiplicateur de Lagrange γ pour rendre compte de cette


contrainte. La distribution de Boltzmann-Gibbs correspondante fournit alors pour
chaque configuration {mk } une probabilité proportionnelle à eαN −βE−γM .

c) Montrer que la fonction de partition Z(α, β, γ) associée à l’ensemble qui vient


d’être défini est égale (à un facteur multiplicatif près) au produit de K + 1 fonctions
Zk (α, β, γ), dont chacune est associée à une abscisse x = ka où un décrochement peut
se produire. Exprimer Zk . On pourra utiliser l’identité (ξ > |η|).


+∞
sh ξ
e−ξ|m|−ηm =
m=−∞
ch ξ − ch η

d) En déduire (comme fonction de α, β, γ) mk , pente moyenne dans le plan x, y


de la marche au point d’abscisse x = ka.

e) Discuter de la concavité de la marche selon les valeurs du rapport de saturation


λ.

6 Ilots de condensation

Sur une face en équilibre avec une vapeur légèrement sursaturante (λ 1), on
considère un îlot constitué d’une couche monoatomique condensée, et délimité par
une marche ayant la forme d’une courbe fermée. On se propose d’étudier la géométrie
de tels îlots.

a) En utilisant le résultat de la question 5 d), déterminer λ et K en fonction de λ


et de T de telle sorte que la marche ait une pente moyenne de 45˚au point x = y = 0
et une pente nulle au point x = K, selon la figure ci-dessus.
62 Sélection de contrôles antérieurs

b) Calculer alors M , en admettant qu’à l’échelle considérée le rebord de la marche


se comporte comme un continuum, de sorte que les sommations sur k se réduisent à
des intégrales.

c) En déduire la forme et les dimensions moyennes d’un îlot, pour T = 300K et


λ = 1, 02. Comment ces caractéristiques géométriques varient-elles avec la surpression
λ ? avec la température ?

Commenter brièvement la microphotographie ci-après d’une face d’un cristal de


NaCl

XIII - EFFET SNOEK DANS LES ACIERS.


ACIERS MARTENSITIQUES.
Sujet proposé par Y. Quéré

N.B. : Les parties I et II, bien que très liées, peuvent être traitées indépendamment,
il est conseillé de les traiter dans l’ordre mais, en cas de difficultés dans la partie I,
on pourra passer à la partie II.
La partie III est plus qualitative. Tout en reposant sur une bonne compréhension de I
et II elle fait plus appel à l’intuition et au sens physique.
De brèves réponses suffiront à la plupart des questions.

Le carbone constitue une « impureté » classique du fer. Jusqu’à des teneurs c0 de


l’ordre de 8 × 10−2 (c0 =nombre d’atomes de carbone/nombre d’atomes de fer), les
alliages Fe−C constituent les aciers. Au-delà, on entre dans le domaine des fontes.

Nous étudions ici, à l’aide d’une expérience imaginée par le hollandais SNOEK,
l’évolution du carbone dans les aciers à faibles teneurs (c0  10−2 ).

A température ordinaire, les atomes de fer occupent tous les sites d’un réseau
cubique centré (arête du cube élémentaire : 2λ). Dans un tel réseau, les sommets des
cubes élémentaires et leurs centres sont équivalents, en ce sens qu’une translation de
vecteur (λ, λ, λ) échange le rôle des centres et des sommets.

Les atomes de carbone peuvent se placer en des sites disposés soit aux centre des
arêtes (α) soit aux centres des faces (β) des cubes élémentaires (fig. 1). Ici encore, une
translation de vecteur (λ, λ, λ) échange le rôle des centres d’arêtes et des centres de
faces ; chaque site où peut se placer un atome de carbone est situé à mi-chemin entre
deux atomes de fer distants de 2λ. Nous distinguons ainsi trois familles (x), (y) et (z)
Sélection de contrôles antérieurs 63

pour ces sites de carbone, selon la direction dans laquelle se trouvent les atomes de
fer voisins : par exemple α sur la figure 1 est un site (x) placé entre deux atomes de
fer situés sur la même parallèle à Ox ; β est un site (y).

Figure 1 : Deux sites possibles α et β


de carbone dans le fer.
En l’absence de contrainte, ces trois familles
jouent manifestement le même rôle. A l’équilibre,
les concentrations correspondantes sont égales :
c0
cx = cy = cz = . (1)
3

On notera, pour la suite, qu’il existe 4 sites de carbone dans le plus proche voisinage
d’un site (y) donné. Ils sont à la distance λ de celui-ci. Deux d’entre eux sont des sites
(x), les deux autres des sites (y).

On notera également qu’un volume macroscopique Ω de métal contient Ω/8 λ3


cubes élémentaires, N = 2(Ω/8 λ3 ) atomes de fer, et 6(Ω/8 λ3 ) sites de carbone.
Expérience de SNOEK
Nous allons maintenant tenter de rompre
l’équipartition que traduit (1). Pour cela, nous
prenons un échantillon d’acier monocristallin dé-
coupé sous forme d’un prisme de volume Ω,
d’arêtes a, a et b, parallèles à Ox Oy et Oz (fi-
gure 2), initialement non contraint et en équilibre,
(cx = cy = cz = c0 /3). A l’instant t = 0, nous le
soumettons à une contrainte de traction uniaxiale
σ le long de Oz (σ a2 =force appliquée). Cette
contrainte demeure alors constante. On mesure la
longueur de l’échantillon le long de Oz en fonction
du temps. On désignera par ε l’allongement ∆b/b.
Figure 2
A l’instant t = 0, on observe l’allongement
élastique classique
∆b σ
ε1 = = (2)
b Y
Y = module élastique (de Young) du fer pur.
64 Sélection de contrôles antérieurs

Puis se produit, au cours du temps, un allongement supplémentaire ε2 dit anélas-


tique, qui tend vers une valeur de saturation ε∞
2 (fig.3).

Si l’on supprime, au bout d’un temps long t ,


la contrainte appliquée, deux contractions succes-
sives ε = −ε1 et ε2 = −ε2 restituent la taille
initiale de l’échantillon : le phénomène, appelé ef-
fet Snoek, est donc réversible. L’expérience montre
que :

i) ε2 varie exponentiellement avec t. L’équilibre


ε∞
2 est d’autant plus vite atteint que la tempéra-
Figure 3
ture T est plus élevée.

ii) ε∞
2 est proportionnel à la concentration c0 de carbone.

iii) ε∞
2 est proportionnel à la contrainte σ et inversement proportionnel à T .

1 Approche thermodynamique statistique

L’idée est la suivante. En écartant les uns des autres les atomes de fer le long de Oz,
la traction σ tend à stabiliser les atomes de carbone en des sites (z) au détriment des
sites (x) et (y). En effet, ces derniers sont plus « comprimés », de sorte que l’énergie
d’un atome de carbone placé en un site (z) devient plus basse (d’une quantité 2w) que
s’il est placé en un site (x) ou (y). Cette variation d’énergie crée une dissymétrie, de
sorte que les populations cx , cy , cz n’ont plus de raison d’être égales. On caractérisera
l’écart par rapport à la situation isotrope (1) par un paramètre
c0
η = cz − , (3)
3
appelé la polarisation du système. A l’équilibre, ce paramètre atteint la valeur η ∞ .

Nous montrerons plus loin (question 5)) que la polarisation η des atomes de car-
bone dans la direction Oz donne lieu à un allongement ε2 , qui s’ajoute à l’allongement
élastique ε1 défini par (2), et qui est proportionnel à η :

ε2 = B η , (4)

avec notamment
ε∞
2 = Bη

.
Ceci nous permettra d’expliquer l’effet Snoek.

On se propose de calculer auparavant la valeur η ∞ de η à l’équilibre, à tempéra-


ture T , et pour une valeur donnée de l’allongement total ε. On va pour cela évaluer
Sélection de contrôles antérieurs 65

l’énergie libre F (ε, η, T ) d’états de quasi-équilibre de l’échantillon considéré, à des


stades variables du phénomène de polarisation. Outre la température, ces états sont
caractérisés par la donnée de l’allongement total ε = ε1 + ε2 et de la polarisation
η, considérés comme des variables indépendantes. La polarisation η ∞ d’équilibre est
une fonction de ε qui sera déterminée en exprimant qu’à l’équilibre les deux systèmes
constitués par les sites (z) et par les sites (x) et (y) peuvent échanger des atomes de
carbone (à ε fixé).

On se place dans le cas où ε2 est négligeable devant ε1 , condition qui sera réalisée
si c0 est suffisamment petit.

On admet que les seules variations notables de l’énergie libre proviennent des
contributions suivantes :

a) l’énergie libre élastique, associée aux interactions entre atomes de fer, et ayant
la même expression
1
Ω Y ε2
2
que pour le fer pur ;

b) la diminution d’énergie interne 2w à laquelle donne lieu chaque saut (x) ou


(y) → (z), l’atome de carbone trouvant en (z) une situation plus favorable qu’en (x)
ou qu’en (y). L’énergie 2w sera prise proportionnelle à la déformation ε (pratiquement
constante et égale à ε1 au cours de la polarisation) :

2w = A ε ; (5)

c) la variation de l’entropie de configuration Sm des atomes de carbone.

On désignera par N le nombre d’atomes de fer contenus dans l’échantillon de la


Figure 2 et donc par N c0 le nombre d’atomes de carbone, et par ρ le nombre d’atomes
de fer par unité de volume.

1) Déterminer l’entropie de configuration Sm relative à des concentrations cx cy et


cz supposées initialement quelconques. (On utilisera la formule de Stirling : ln n!
n ln n − n).
0
Ecrire l’expression Sm de Sm dans le cas où l’on a équilibre en l’absence de
contrainte (cx = cy = cz = c0 /3).

2) Que devient cette entropie Sm lorsque les atomes de carbone se polarisent ?


On admettra ici que σ est suffisamment faible pour que l’on ait η  c0 et l’on se
rappellera que l’on a c0  1. On calculera Sm − Sm
0
en fonction de η à l’ordre 2 en η.

3) En utilisant les hypothèses b) et c) ci-dessus, déterminer la valeur η ∞ à l’équi-


libre en fonction de ε. Exprimer cette valeur en fonction des paramètres σ, c0 et T
contrôlables expérimentalement.

4) A partir de l’expression de F (ε, η, T ) qui résulte des hypothèses a) b) et c) ci-


66 Sélection de contrôles antérieurs

dessus, donner la relation entre tension σ et allongement total ε, pour une polarisation
η donnée.

5) En déduire que l’équation (4) est une conséquence de ces hypothèses, et que le
paramètre B s’exprime en fonction des quantités A et Y (définies par les relations (5)
et (2)) par

B= .
Y

6) Donner l’expression de l’allongement anélastique à l’équilibre. Quels sont les


résultats expérimentaux (de i) à iii) ci-dessus) dont le modèle rend compte ?

7) Évaluer numériquement w en eV, en prenant σ =1000 bars (= 100 MPa).


On prendra pour B la valeur 0,8 trouvée expérimentalement. Le fer a pour masse
atomique 56, et pour masse volumique 7,8 g/cm3 .

Evaluer l’allongement anélastique ε∞


2 à température ordinaire pour un acier de
teneur c0 = 10−3 .

2 Approche cinétique

Nous cherchons à étudier la manière


dont l’ordre directionnel s’établit au cours
du temps, c’est-à-dire comment évolue la
polarisation η.

Ceci nécessite manifestement des sauts


atomiques du carbone de sites (x) (ou (y))
vers des sites (z). Nous admettrons que les
sauts de carbone ne se font que de site
proche voisin à site proche voisin. Chaque
saut se fait le long d’un chemin de diffu-
sion, de longueur λ et joignant deux sites
proches voisins, de types différents (la fi-
gure ci-contre représente un saut (x) →
(z)).

Nous admettrons aussi qu’au cours du


saut, l’atome de carbone passe par un
« col » d’énergie à mi-chemin des deux sites
départ et arrivée (voir Figure 4). Soit ∆E la
hauteur de ce col. On désigne par ν la fré- Figure 4
quence caractéristique avec laquelle le car-
bone peut vibrer sur chaque site.
Sélection de contrôles antérieurs 67

Le saut d’un atome de carbone depuis un site de départ donné vers un site d’arrivée
(voisin) donné est un phénomène aléatoire, dont l’occurence est caractérisée par une
probabilité par unité de temps dépendant de la température T et de la hauteur du
col à franchir. On démontre que cette probabilité par unité de temps est égale à
ν exp[−(EM − E0 )/kT ], où EM est l’énergie du sommet du col et E0 l’énergie du site
de départ.

On rappelle que la concentration c0 est très faible.

8) Quel est alors, pour un atome de carbone donné, le nombre moyen de sauts νs
qu’il effectue par unité de temps ?

Quelle est, à température ordinaire, la durée moyenne τs de séjour d’un carbone sur
un site donné ? On prendra les valeurs expérimentales ν = 1, 5.1014 s−1 et ∆E = 0, 87
eV.

9) La traction réalisée dans l’expérience de


Snoek modifie le profil d’énergie de la Figure 4
en celui de la Figure 5 : les sites (z) ont, sous
contrainte, une énergie inférieure de 2w à celles
des sites (x) et (y) (voir introduction de I et for-
mule (5)). L’énergie EM du sommet du col n’est
cependant pas modifiée.
Figure 5
La contrainte σ est prise suffisamment faible
pour que w soit petit devant ∆E ainsi que devant kT . La variation de w pendant la
durée de l’expérience est négligeable.

Les atomes de carbone en site (z) (concentration cz ) peuvent sauter sur des sites
(x) et (y). Inversement des atomes (x) ou (y) peuvent sauter sur des sites (z).

Ecrire l’équation différentielle décrivant le bilan des variations dcz de cz à l’instant


t durant le temps dt.

10) En déduire la forme générale des fonctions cz (t) et ε2 (t) à partir de l’instant
w
t = 0 de la figure 3, à l’ordre 1 en , en prenant comme conditions initiales cz0 =
kT
cx0 = cy0 = c0 /3.

On évaluera notamment les quantités c∞ ∞


z et ε2 (en s’assurant que cette valeur est
identique à celle trouvée en 6) ainsi que le temps caractéristique τ de l’évolution de
l’allongement anélastique. Comment ce temps varie-t-il avec T ?

Quels résultats expérimentaux i) à iii) de l’introduction ce résultat théorique


explique-t-il ?

A l’aide des valeurs numériques précédemment calculées, donner l’ordre de gran-


deur de τ . Vérifier que les hypothèses w  ∆E et w  kT étaient justifiées.

11) Les valeurs numériques de la fréquence ν et de l’énergie ∆E ont été fournies


68 Sélection de contrôles antérieurs

précédemment sans justification (question 8)).

Quelle procédure expérimentale adopteriez-vous pour les mesurer ?

3 Aciers martensitiques

Le diagramme d’équilibre Fe - C est rappelé sur la Figure 6. La phase α (ou ferrite)


est la phase cubique centrée étudiée ci-dessus. La phase γ (ou austénite) est une
phase cubique à faces centrées où le carbone est plus soluble qu’en phase α. La phase
Fe3 C est appelée cémentite.

Portons un acier (c0 = 5 × 10−2 )


à 1100˚C et refroidissons le brutalement
(« trempe ») à température ordinaire.

12) Quelle est la structure d’équilibre de


cet acier à 1100˚C ? Quelle serait normale-
ment sa structure d’équilibre à température
ordinaire (comme à 600˚C) ?

13) L’expérience montre qu’en fait ni


l’une ni l’autre de ces structures n’est
celle que l’on observe après trempe. L’acier
trempé consiste en une pseudo-ferrite ana-
logue à la phase étudiée plus haut, mais
dans laquelle, localement, tous les atomes
de carbone occupent un type de site, (z)
par exemple. Figure 6

Cette structure, appelée martensite, n’est pas en équilibre thermodynamique : elle


est métastable. La formation de la martensite - c’est-à-dire la polarisation complète
des atomes de carbone en position (z) - est un processus dynamique dû à la trempe
et que nous ne décrivons pas ici.

Quelle est la valeur de la polarisation ? Quelle est, à votre avis, la forme de la


maille élémentaire de la martensite ? Quelles sont ses dimensions comparées à l’arête
2λ du cube de la ferrite de la Figure 1 ? La mesure expérimentale (par rayons X) de
ces dimensions donne-t-elle accès à la valeur du coefficient B de (4) ?

14) Bien que métastable, la martensite peut subsister fort longtemps : on retrouve
couramment de la martensite dans des outils de la préhistoire.

Pouvez-vous expliquer qualitativement à quoi est due cette « longévité » de la


martensite ?

15) L’axe de polarisation de la martensite peut aussi bien être x ou y que z. D’une
région à l’autre d’une pièce en acier trempé, on observe donc des petits domaines (de
quelques centaines d’Å à quelques µm) de martensite de nature (x) ou (y) ou (z).
Sélection de contrôles antérieurs 69

Compte tenu des réponses à 13) qu’en déduisez-vous quant à l’état de contrainte
interne de la pièce ?

Pressentez-vous un lien entre cette réponse et la grande dureté de l’acier trempé ?


Comprenez-vous que la dureté de ces aciers croisse avec la teneur en carbone ?

N.B. : On admettra ici, sans autre justification, que la déformabilité d’un cristal est
liée à la facilité avec laquelle certains défauts cristallins (« dislocations ») peuvent se
déplacer.

16) En vous rappelant ce qui précède - et notamment la partie II - que proposeriez-


vous pour diminuer la dureté d’une pièce en acier martensique ?

XIV - LAMPES À INCANDESCENCE.


Sujet proposé par R. Balian, D. Kaplan et I. Solomon

On se propose d’analyser le fonctionnement d’une lampe à incandescence à filament


de tungstène. On peut schématiser l’ampoule électrique comme ci-dessous.

Le filament a une forme hélicoïdale ; on supposera que l’on peut, en ce qui concerne
son rayonnement, l’assimiler à un corps noir cylindrique rectiligne de diamètre d et
de longueur . Le courant électrique est amené au filament par des conducteurs de
résistance électrique négligeable. On négligera également leur conductance thermique,
ainsi que celle du gaz dont est éventuellement remplie l’ampoule.

Étant donné le caractère pratique du problème, on attachera de l’importance aux


calculs numériques ; les résultats devront être corrects en ordre de grandeur, une
précision relative de 30% pouvant le plus souvent suffire. Les constantes fondamentales
sont fournies au début du cours. Le tungstène a les propriétés suivantes :

Résistivité : ρ = 10−6 Ω.m, indépendante de la température dans les conditions de


fonctionnement considérées de l’ampoule (on rappelle que la résistance d’un fil de
longueur et de section s est ρ /s).

Masse atomique : 0,184 kg/mol−1 .


70 Sélection de contrôles antérieurs

Masse volumique : 18.000 kg m−3 .

Son équilibre solide-vapeur est caractérisé par la courbe de sublimation Ps (T ),


donnée empiriquement par une loi
A
log10 Ps = − +B (1)
T
où Ps est exprimé en pascals, T en kelvins, et où A = 4, 0 × 104 et B = 11, 3.

1) On veut réaliser une ampoule dont la consommation électrique soit de P =


100 W sous une tension efficace appliquée de 220 V.

a) Montrer que si l’on se fixe la température TF du filament, ses dimensions


géométriques d (diamètre) et (longueur) sont déterminées. Calcul numérique pour
TF = 2700 K.

b) Quels sont les avantages d’une température du filament plus élevée ?

2) Ampoule sous vide.

On ne peut élever arbitrairement la température du filament en raison du phéno-


mène de sublimation du tungstène, qui a deux conséquences néfastes : d’une part, la
vapeur de tungstène, en se redéposant sur la paroi de l’ampoule, produit un dépôt
opaque ; d’autre part, lorsque la perte de masse du filament devient importante, il se
fragilise, et peut fondre aux points où il est aminci. On admet en général que l’am-
poule ne peut plus fonctionner lorsque le filament a perdu par sublimation 3% de sa
masse.

On considère d’abord une ampoule dans laquelle on a fait le vide.

a) Evaluer le flux de sublimation Φ, c’est-à-dire le nombre d’atomes de tungstène


quittant le filament par unité de surface et unité de temps et allant se coller sur la
paroi de l’ampoule (qui reste ainsi pratiquement vide). Pour cela, on admettra que
ce flux ne dépend que de la température, et qu’il resterait inchangé si le filament,
au lieu d’être plongé dans le vide, était mis en présence d’une vapeur de tungstène.
On évaluera (comme en théorie cinétique) le flux d’atomes de cette vapeur frappant
alors la surface du métal ; en admettant que ces atomes ont une probabilité unité
de s’intégrer au métal, et en écrivant une équation de bilan dans le cas où le métal
serait à l’équilibre avec sa vapeur saturante, on en déduira Φ comme fonction de la
température.

b) Calculer la durée de fonctionnement τ de l’ampoule pour TF = 2700 K.

c) On désire que la durée de fonctionnement de l’ampoule soit de 1000 heures pour


la même puissance consommée et la même tension efficace. A quelle température TF
le filament doit-il être porté ?

d) Évaluer la perte d’efficacité d’éclairement pour l’ampoule sous vide fonctionnant


à cette dernière température TF , par rapport à l’ampoule fonctionnant à TF = 2700 K
Sélection de contrôles antérieurs 71

(on pourra utiliser comme critère de comparaison la puissance lumineuse rayonnée


autour de 0, 6µm, centre du spectre visible).

3) Lampe à iode (ou à halogène).

Une technique plus récente pour améliorer les temps de fonctionnement consiste
à remplir l’ampoule d’un gaz, par exemple l’iode I, formant avec le tungstène W un
composé C que l’on supposera avoir la formule chimique WI et qui a les propriétés
suivantes :
– le composé C est stable à la température du gaz remplissant l’ampoule, à peu
près uniforme et égale à la température TE de l’enveloppe ; tous les atomes de
tungstène qui ont été sublimés sont combinés avec l’iode ;
– le composé C est volatif, de sorte que l’on peut éviter son dépôt sur l’enveloppe
extérieure de l’ampoule si la température TE de celle-ci est assez élevée. Pour
des raisons pratiques, on ne peut cependant dépasser TE = 600 K. Dans ces
conditions, s’il se formait un dépôt solide du composé C sur l’enveloppe, il serait
en équilibre avec la vapeur de C dans l’ampoule.
– au-dessus de 2000 K, le composé est instable ; il se décompose donc au contact
du filament (à TF = 2700 K), de sorte que le tungstène est alors réincorporé à
celui-ci.
Le procédé permet donc en définitive, grâce à une régénération permanente (en
même temps qu’à la suppression du dépôt sur l’enveloppe), de compenser les pertes
en tungstène du filament par sublimation.

a) La température élevée TE de l’enveloppe est maintenue grâce à l’absorption


d’une fraction du rayonnement du filament, qui est dissipée à nouveau sous forme de
rayonnement thermique. On néglige les effets de conduction thermique et de convec-
tion dans le gaz. Montrer que l’ampoule doit être d’autant plus petite que l’on souhaite
une température TE élevée. Calculer le diamètre δ de l’enveloppe supposée sphérique
pour TE = 600K. On supposera le matériau constituant l’enveloppe (quartz) transpa-
rent aux longueurs d’ondes inférieures à 4µm, et opaque (assimilable à un corps noir)
aux longueur d’ondes infrarouges supérieures à 4µm. On pourra utiliser le développe-
ment limité
x x x2 x4
=1− + − + ...
e −1
x 2 12 720
et la valeur de l’intégrale  ∞ 3
x dx π4
=
0 ex − 1 15

b) La pression de vapeur d’équilibre du composé C condensé sur l’enveloppe est


donnée par une expression empirique
A
log10 Ps = − + B
T
analogue à l’expression (1) pour le tungstène, mais avec des coefficients A = A et
B  B. A quelle condition approximative doit satisfaire A pour que le procédé soit
efficace ? Les atomes de tungstène et d’iode ont des masses comparables.
72 Sélection de contrôles antérieurs

4) Ampoule sous argon

Les ampoules les plus usuelles sont emplies d’un gaz neutre, comme l’argon ou le
krypton, dont la pression est de l’ordre de 0,5 atmosphère à température ordinaire
(en effet, on désire pour des raisons de sécurité que cette pression ne dépasse pas 1
atmosphère lorsque l’ampoule est allumée).

a) Sachant que les atomes d’argon et de tungstène ont des rayons de l’ordre de
2 et de 1,5Å, donner un ordre de grandeur du libre parcours moyen d’un atome de
tungstène dans un gaz d’argon dans les conditions de fonctionnement.

b) Qu’arrive-t-il aux atomes de tungstène émis par le filament ? Expliquer quali-


tativement pourquoi on obtient une amélioration par rapport à l’ampoule sous vide.

XV - PHOTONS ET ROTONS DANS L’HÉLIUM LIQUIDE


Sujet proposé par R. Balian et J.-C. Tolédano

Les parties A et B ne sont pas indépendantes, bien que bon nombre de questions
le soient.

La solution de plusieurs questions est basée sur des évaluations numériques qu’il
suffira d’effectuer avec une précision de quelques pour cent. Certaines des données
nécessaires à leur obtention sont fournies dans l’introduction du problème. Les autres
données, ainsi que des formules utiles (intégrales, etc...) figurent dans le cours écrit.

L’isotrope 4 de l’hélium (4 He) présente deux phases liquides désignées tradition-


nement par I et II. La phase I est un liquide ordinaire. La phase II a des propriétés
remarquables telles que la superfluidité. On se propose d’examiner certaines de ces
propriétés dans le problème.

Figure 1
Sélection de contrôles antérieurs 73

A la pression atmosphérique P0 , la phase II est stable au-dessous de la température


Tλ = 2,18 K (fig. 1). La valeur de sa masse volumique ρ, pratiquement indépendante
de P et de T , est 145 kg m−3 .

Définition du modèle de l’hélium II

Dans un liquide comme l’hélium II, les interactions entre atomes sont si fortes qu’il
est impossible de déterminer simplement à partir de ces interactions les énergies des
différents microétats. Cependant, vers 1950, des théoriciens (en particulier Landau)
ont montré que les microétats intervenant dans la description de l’hélium II pouvaient
être approximativement construits en deux étapes :

a) On détermine d’abord la configuration des atomes du liquide correspondant à


l’état fondamental. Nous nous y réfèrons sous le nom de substrat. La fonction d’onde
du substrat n’est pas simple mais sa connaissance ne nous sera pas nécessaire. Pour
N atomes dans un volume Ω, l’énergie Es du substrat est une quantité extensive.

b) On construit à partir du substrat les premiers microétats excités, les seuls utiles
pour l’étude des propriétés de l’hélium II. Plus précisément, ces microétats décrivent
des vibrations des atomes du substrat, considéré comme un état de référence immobile.
Un microétat de vibration s’analyse comme une superposition d’oscillations collectives
des atomes. Chacune des oscillations, appelée mode de vibration, est caractérisée par
ω(q)
un vecteur d’onde q et une fréquence .

Ce modèle de l’hélium II est analogue à celui qui a été introduit au cours de l’ensei-
gnement pour décrire les vibrations et la chaleur spécifique d’un solide cristallin. Dans
ce cas, le substrat était constitué par un ensemble d’atomes à des positions voisines
des nœuds du réseau cristallin, et ne s’écartant de ces nœuds qu’en raison de petites
fluctuations de leur position et de leur vitesse, nécessaires pour satisfaire le principe
d’incertitude dans l’état fondamental. Les modes étaient des vibrations collectives des
atomes du cristal. La distribution des états excités ressemble à celle du rayonnement
électromagnétique dans une cavité. De même que pour ces problèmes, on associe ici
à chaque mode de l’hélium II un oscillateur harmonique quantique dont les différents
états excités sont distants de ε(q ) = ω(
q ). Une excitation élémentaire [ε(q), q] est
alors interprétée comme l’addition au système d’une quasi-particule d’énergie ε(q),
de quantité de mouvement  p = 
q et de spin zéro. Le volume Ω du fluide impose des
conditions aux limites périodiques.

Pour l’hélium II, la fonction ω(


q ) peut être déterminée, soit théoriquement à partir
de la prise en compte des interactions entre atomes du liquide, soit expérimentalement
en mesurant l’énergie et l’impulsion absorbées par le liquide lorsqu’on excite un seul
mode au moyen de neutrons de faible énergie. La fonction ω(q) ne dépend que de
la longueur q = |q | du vecteur d’onde. La figure 2 reproduit la courbe ω(q) appelée
courbe de dispersion, pour une pression égale à P0 et une température T = 1, 1 K. En
fait, cette courbe dépend peu de T et de ρ.
74 Sélection de contrôles antérieurs

Figure 2

ω(q)
Abscisse q en Å−1 . Ordonnées en kelvins (k : constante de Boltzmann)
k
Il sera utile pour traiter certaines questions de la partie B de connaitre la vitesse
des quasi-particules. Dans un milieu pouvant propager des vibrations, cette vitesse est
celle du centre d’un paquet d’ondes formé en superposant des modes dont les vecteurs
d’ondes sont voisins du vecteur d’onde  q de la quasi-particule. Le centre du paquet
d’ondes, qui ressemble à une particule classique, se déplace à la vitesse :

v (  (ω) = dω(q) . q
q ) = grad (1)
q
dq q

qui se déduit de la connaissance de la courbe de dispersion ω(q).

PARTIE A

1 Questions préliminaires

1) On considère un système de bosons identiques, sans interaction, de spin zéro,


contenus dans une boîte de volume Ω. Leurs états quantiques à une particule sont
repérés par la valeur du vecteur d’onde q . On note D(q) . d3 q le nombre de ces états
3
dans le volume d q = dqx dqy dqz centré sur q. L’énergie de l’état q est ε(q) où ε est
une fonction supposée connue de  q . Exprimer D(q) en fonction de Ω. Rappeler les
expressions de l’énergie interne U et du grand potentiel A du système à l’équilibre
grand canonique en fonction du facteur d’occupation f q et de D(q). En déduire les
Sélection de contrôles antérieurs 75

expressions de U et de A en fonction de β = (1/kT ), Ω, ε(q), et du potentiel chimique


µ.

2) Quel ensemble statistique convient-il d’utiliser pour étudier le système précédent


si le nombre N de bosons n’est pas une quantité conservée en raison de la création
ou de l’absorption de bosons par les parois de l’enceinte ? Comment déduit-on alors
de la question 1) l’expression de l’énergie libre F = U − T S en fonction de β, Ω et ε ?
Donner l’expression de la pression P du gaz de bosons.

3) On considère un ensemble discret d’oscillateurs harmoniques quantiques de


ωi
fréquences (i = 1, 2, . . . ). Reprenant des arguments du cours, montrer que l’équi-

libre d’un tel système peut être décrit comme l’équilibre d’un ensemble de quasi-
particules sans interaction, d’énergies possibles ωi , et obéissant à la statistique de
Bose-Einstein. Justifier alors l’équivalence mentionnée dans la définition du modèle de
l’hélium II, entre des modes [ ω( q), q] et un gaz de quasi-particules dont on précisera
le potentiel chimique.

2 Chaleur spécifique de l’hélium II

On considère maintenant le modèle qui représente l’hélium II comme composé


d’un substrat d’énergie Es et d’un ensemble de modes [ω(q), q] où ω(q) est donné
par la figure 2.

4) Montrer que l’énergie libre F d’un volume Ω de ce fluide a la forme :


 ∞
F = Es + bT Ω q 2 ln(1 − e−βω )dq , (2)
0

où b est un coefficient que l’on déterminera (ln est le logarithme népérien) et q = |q|.

5) Dans le calcul de F , on convient de négliger l’exponentielle e−βω quand


βω ≥ 5. Montrer que, pour T < Tλ , les propriétés thermodynamiques de l’hélium II
ne dépendent que de deux parties de la courbe de dispersion définies par des inter-
valles [0, q0 ] et [q1 , q2 ] des valeurs du vecteur d’onde. Préciser l’ordre de grandeur des
valeurs de q0 , q1 , q2 .

L’approximation consistant à considérer comme négligeable e−βω lorsque βω ≥ 5


sera utilisée systématiquement dans la suite du problème.

6) On s’intéresse à la contribution à F des quasi-particules dont le vecteur d’onde


est dans l’intervalle [0, q0 ]. Les excitations correspondantes sont appelées phonons car,
comme dans un solide cristallin, elles propagent des vibrations ayant des fréquences
acoustiques. Montrer que la contribution Fph des phonons à F peut être calculée avec
une bonne approximation en remplaçant q0 par +∞ et la courbe de dispersion ω(q)
par une droite ω = cq. Exprimer algébriquement puis numériquement Fph en fonction
de la température. En déduire la contribution Cph des phonons à la chaleur spécifique
molaire (à volume constant) de l’hélium II. Comparer la valeur numérique de Cph , à
76 Sélection de contrôles antérieurs

la température de 1 K, à des valeurs typiques de chaleurs spécifiques de matériaux


que vous connaissez (gaz, liquides, solides, à la température ordinaire).

7) Les excitations correspondant à l’intervalle [q1 , q2 ] sont appelées rotons. Ecrire


l’expression du nombre moyen n( q ) de rotons dans chaque mode [ω(q), q]. Montrer
que ce nombre reste toujours faible pour T < Tλ . On pourra obtenir une borne
supérieure numérique de n( q ), dans la région [q1 , q2 ] des rotons, en s’aidant de la
figure 2.

8) Montrer que la contribution FR des rotons à F a la forme :

FR = −rT 3/2 Ωe−∆/T , (3)

où r et ∆ sont des coefficients que l’on déterminera littéralement et numériquement


en fonction de constantes fondamentales et de caractérisitiques relevées sur la figure
2. Pour parvenir à ce résultat on remplacera dans la région considérée ω(q) par une
parabole et on admettra que l’approximation consistant à remplacer ensuite [q1 , q2 ]
par [−∞, +∞] est bonne.

9) Calculer la contribution CR des rotons à la chaleur spécifique molaire (à volume


constant) de l’hélium II. Comparer les valeurs numériques de CR et Cph en fonction
de la température, et représenter sous forme de tableau, comprenant quelques valeurs
de T , les variations de la chaleur spécifique molaire totale de l’hélium II, entre T = 0
et T = Tλ .

PARTIE B
Propriétés dynamiques de l’hélium II

Dans cette partie on va exprimer, en s’appuyant sur les résultats de la partie


A, quelques propriétés de l’hélium II en écoulement uniforme. Lorsqu’il est mis en
translation, ce fluide peut acquérir une quantité de mouvement de deux manières
différentes, susceptibles de se combiner :

a) en déplaçant les parois d’un tube qui entoure le fluide, parallèlement à elles-
mêmes (fig. 3a)

vp = 0
vs = 0 ; u = vp

Figure 3a

On admettra que, dans ce déplacement, le substrat n’est pas entraîné (vitesse du


substrat vs = 0). Par contre, la paroi peut céder (ou absorber) de l’énergie et de
la quantité de mouvement au fluide en créant (ou en absorbant) une (ou plusieurs)
quasi-particule(s) de quantité de mouvement p et d’énergie ω. En conséquence, au
voisinage de la paroi, les quasi-particules se mettent en équilibre avec celle-ci : elles ont
la température de la paroi et une vitesse moyenne u égale à la vitesse de translation
Sélection de contrôles antérieurs 77

vp de la paroi. Pour un tube étroit (par exemple l’un des microcanaux d’un milieu
poreux), toutes les quasi-particules sont ainsi en équilibre avec la paroi.

b) en déplaçant le substrat à la vitesse vs (par


exemple à l’aide d’un piston qui pousse le fluide) (fig.
3b).

Pour un tube large, loin des parois, les quasi-particules Figure 3b


sont en équilibre avec le substrat, comme dans la partie
A du problème, leur vitesse relative moyenne v , par rapport au substrat, est nulle.

La situation générale correspond à une combinaison de a) et b) où les parois in-


fluencent l’équilibre des quasi-particules alors que le substrat se déplace sans interagir
avec les parois. Si, par exemple, on considère un tube étroit à parois fixes dans lequel
s’écoule le substrat avec la vitesse vs , les quasi-particules, en équilibre avec la pa-
roi, resteront (en moyenne) immobiles dans le référentiel du laboratoire ; leur vitesse
moyenne u par rapport au substrat sera donc u = −vs (fig. 3c). En fait, pour simplifier
la discussion on se placera le plus souvent dans un référentiel, la vitesse relative u est,
bien entendu, invariante, mais la paroi n’est plus immobile et elle se déplace à une
vitesse vp non nulle.

vp = 0 vp = −v


vs = v ; u = −vs vs = 0 ; u = −v

Figure 3c Figure 3d

1.a) Justifier brièvement le fait que, dans le référentiel où le substrat est au repos,
et où les quasi-particules sont donc entraînées par les parois, l’opérateur densité D̂
du fluide est de la forme :
1 ˆ
D̂ = exp[−β Ĥ − λ .P ] ,
Z
ˆ
où P désigne l’opérateur associé à la quantité de mouvement totale P des quasi-
particules (P = Σ
pi = Σ
qi ), et Ĥ l’hamiltonien considéré dans la partie A.

b) Ecrire l’expression du nombre moyen n(q) de quasi-particules dans chaque


q , en fonction de β et de λ.
mode 

c) Exprimer, sous la forme d’une intégrale triple sur d3 q, la quantité de mou-
vement totale moyenne P  des quasi-particules, en fonction de β, Ω et λ.

2) Montrer que la moyenne u = v (


q ) des vitesses des quasi-particules par rapport
au substrat est égale à (−λ/β). Dans ce but, on utilisera, sans le justifier, le résultat
suivant : compte tenu du comportement à l’infini de ω(q), l’intégrale

 [ln(1 − e−βω− λ. q)]d3 q ,
grad (5)
q
78 Sélection de contrôles antérieurs

est nulle. On utilisera également l’expression (1), indiquée dans l’introduction, des
vitesses des quasi-particules en fonction de ω(q).

3.a) En se plaçant dans le référentiel lié au substrat, montrer qu’il existe une vitesse
critique uc (dont on donnera la valeur numérique, en s’aidant de la figure 2) ayant
la propriété suivante : le nombre de quasi-particules reste négligeable à la limite des
très basses températures (T → 0) tant que la vitesse relative u des quasi-particules
par rapport au substrat n’atteint pas uc . Comparer uc à la vitesse des phonons.

b) A température non nulle mais inférieure à Tλ , la vitesse u peut-elle dépasser


uc ? Que se passe-t-il lorsqu’elle atteint uc par valeurs inférieures ? Quels échanges de
quantité de mouvement et d’énergie sont-ils nécessaires entre le fluide et les parois ?
Le modèle considéré reste-t-il valable ? Que se passe-t-il lorsque, dans une situation
du type représenté fig. 3a), on fait croître la vitesse des parois jusqu’à dépasser uc ?

4.a) Montrer, en restant dans le référentiel lié au substrat, que si la vitesse moyenne
|
u| des quasi-particules est faible devant uc (u  uc ), la quantité de mouvement totale
P des quasi-particules associées à un volume Ω fluide a une moyenne de la forme :

P  = ρn Ωu (6)

et exprimer ρn comme une intégrale sur q.

b) On note F̃ = −kT ln Z. Déduire de la relation thermodynamique entre P 


et F̃ , ainsi que de la question 4) a) précédente, que F̃ diffère de sa valeur au repos
(
u = 0), qui est l’énergie libre F considérée dans la partie A du problème par :

1
∆F̃ = F̃ − F = ρn Ω(u2 ) (7)
2

c) Montrer qu’on peut interpréter cette situation comme l’entraînement par les
parois d’un fluide effectif, en translation à la vitesse u, de masse volumique variable
avec la température.

5) Pour un écoulement très général d’hélium II, où le tube n’est plus nécessairement
très étroit, on considère un élément de volume Ω du fluide se déplaçant à la vitesse
vs du substrat. Les quasi-particules qui lui sont associées se déplacent à la vitesse
moyenne relative u, et donc à la vitesse moyenne vn ≡ (u + vs ) par rapport au
référentiel du laboratoire.

On définit une masse volumique ρs (qualifiée de superfluide) par :

ρ = ρn + ρs (8)

où ρ est la masse volumique totale de l’hélium II, et ρs la masse volumique définie


par l’équation (6).

a) Montrer que la densité de courant massique J = Plab /Ω et F̃lab , valent


Sélection de contrôles antérieurs 79

respectivement :

J = ρnvn + ρsvs (9)



F̃lab = F + (ρnvn2 + ρsvs2 ) (10)
2

lab et F̃lab sont relatifs au référentiel du laboratoire. On admettra que si une


où P
masse M de fluide a, dans le repère lié au substrat, une énergie E et une quantité de
mouvement P , ces deux grandeurs s’expriment, dans le repère du laboratoire par :

M 2
Elab = E + P .vs + v , (11)
2 s

et

Plab = P + Mvs (12)

l’entropie S restant inchangée.

b) En déduire que l’hélium II se comporte, aux faibles vitesses, comme un


mélange de deux fluides indépendants dont les proportions ne dépendent que de la
température.

On remarquera que le premier fluide, « normal », est analogue à un fluide ordi-


naire, alors que le deuxième « superfluide », n’échange ni quantité de mouvement ni
énergie avec les parois du tube.

6) a) Montrer que ρn (T ), densité du fluide normal, est la somme de deux contri-


butions respectivement associées aux phonons et aux rotons.

b) Montrer, qu’à basse température, la contribution ρph


n des phonons à ρn est
de la forme :

ρph
n = AT
m
(13)

et déterminer la valeur de m.

c) Calculer algébriquement et numériquement, à l’aide des mêmes approxima-


tions que dans la question A 8), la contribution ρR
n des rotons à ρn .

n ρn pour T > 0, 7 K, donner l’allure de la courbe ρn (T ).


En admettant que ρR ph

d) Déterminer numériquement la température à laquelle le superfuide disparait.


Interpréter et discuter ce résultat.

7) Deux réservoirs thermiquement isolés, contenant de l’hélium II, et initialement


à la même pression et à la même température, sont reliés par un tube étroit (fig. 4).
80 Sélection de contrôles antérieurs

Figure 4

On apporte un peu de chaleur du côté A.

a) Sous l’effet de cet apport, la fraction de superfluide diminue initialement


dans l’un des réservoirs : lequel ? Comment le système va-t-il évoluer ?

b) Après un certain temps on atteint dans l’ensemble des 2 réservoirs un état


de quasi-équilibre dans lequel il existe une différence ∆T et une différence de pression
∆P (petite) entre A et B. Montrer que l’on a la relation :
∆P S
= (14)
∆T Ω
On admettra que les potentiels chimiques µA et µB des atomes d’hélium dans les
réservoirs A et B s’égalisent pour l’état de quasi-équilibre.

c) Montrer, par une évaluation d’ordre de grandeur (on pourra se placer à


T ≈ 1,5 K), que l’effet précédent peut conduire à des variations importantes du
niveau du fluide même pour (TA − TB ) très faible (quelques centièmes de degrés).
[L’effet considéré, qui peut conduire à un jaillissement d’hélium fluide, s’appelle l’effet
fontaine].

d) Justifier par un raisonnement de thermodynamique l’hypothèse µA = µB


faite au 7) b).

XVI - FERROMAGNÉTISME D’UN MÉTAL


Sujet proposé par E. Brézin

Lorsqu’on plonge un métal dans un champ magnétique B,  supposé ici constant


et uniforme, les électrons de ce métal subissent l’effet de ce champ à la fois sur leurs
trajectoires et du fait de l’interaction de leur moment magnétique avec le champ. On
négligera complètement dans ce problème l’effet sur les trajectoires (qui est effective-
ment plus petit) pour n’examiner que l’interaction avec les moments magnétiques.

Le but du problème est d’étudier le potentiel thermodynamique en fonction de


l’aimantation du système, afin de déterminer si celui-ci présente une aimantation en
l’absence de champ appliqué (ferromagnétisme).

Les électrons de la bande de conduction du métal seront traités comme des par-
Sélection de contrôles antérieurs 81

ticules indépendantes dans une bande d’énergie caractérisée par une densité d’états
extensive égale à D(ε) en l’absence de champ. (Le zéro en énergie est choisi au mini-
mum de la bande de conduction).

Dans le champ l’énergie d’un électron devient ε−µ · B,


 où µ
 est le moment magnétique
d’un électron, qui est, comme on le sait, proportionnel au spin :

|e| 
µ = −g
 S,
2m
g est un rapport gyromagnétique (égal à 2 pour des électrons libres, mais non spé-
 sont donc égales à ±g |e| B. Pour
µ·B
cifié ici). Les valeurs propres de l’opérateur 
4m
|e|
simplifier nous utiliserons des unités de champ magnétique dans lesquelles g = 1.
4m
En présence de champ magnétique il y a donc deux populations d’électrons indé-
pendants, de spins opposés.

1 Étude à température nulle

Dans la première et la deuxième sections on se place à la limite d’une température


nulle.

1) On commence par supposer que le champ magnétique appliqué est nul. Dé-
montrer que le grand potentiel, dans la limite où la température s’annule, est donné
par  εF
A0 = dε D(ε)(ε − εF )
0

avec l’énergie de Fermi reliée au nombre moyen d’électrons N par


 εF
N= dε D(ε).
0

∂A
Vérifier sur le résultat que la relation thermodynamique N = − est bien satisfaite.
∂µ

2) On se place maintenant en champ non nul. Montrer que les densités d’état
pour des électrons de spins positifs ou négatifs sont égales à 12 D(ε ± B), en précisant
82 Sélection de contrôles antérieurs

bien pour chaque projection du spin quelle est la densité d’états correspondante.
Représenter sur un dessin schématique commun pour les deux populations la situation
des niveaux d’énergie occupés et vacants à température nulle.

3) Démontrer que le grand potentiel A(B) est donné, toujours à température nulle,
par
 µ−B  µ+B
1 1
A(B) = dε D(ε)(ε + B − µ) + dε D(ε)(ε − B − µ)
2 0 2 0

et qu’en conséquence le potentiel chimique est relié au nombre moyen d’électrons par
 µ−B  µ+B
1 1
N = N+ + N− = dε D(ε) + dε D(ε)
2 0 2 0

 
où N+ et N− sont les populations électroniques de spins respectifs + et − . (Noter
2 2
que le potentiel chimique est une fonction paire de B).

4) L’aimantation M est, au signe près, la dérivée de l’énergie libre F (B, N ) par


rapport à B : 
∂F 
M =−
∂B N
 et B
(On montre aisément, et nous admettrons ici, que les vecteurs M  sont parallèles,
et il suffit, pour obtenir le module de M , de dériver F par rapport au module de B).

Montrer que l’on peut également obtenir l’aimantation par la dérivation



∂A 
M =−
∂B µ

bien que µ dépende de B.

En déduire une expression de l’aimantation en fonction des deux populations élec-


troniques.

5) Lorsque le champ B tend vers zéro montrer que

µ = εF + α B 2 + O(B 4 )

avec
D (εF )
α=− .
2D(εF )


[ Il est commode d’introduire la primitive D(ε) de D, ∆(ε) = 0
dx D(x)].

6) Lorsque le champ B tend vers zéro montrer que

b 3
M = aB + B + O(B 5 )
3!
Sélection de contrôles antérieurs 83

D2 (εF )
avec a = D(εF ) et b = D (εF ) − 3 .
D(εF )

7) On introduit le grand potentiel Ã(M ), obtenu en éliminant le champ B au profit


de l’aimantation M , défini donc par

Ã(M ) = A(B) + M B

Montrer que
∂ Ã(M )
B= .
∂M

Déterminer le développement de Ã(M ) en puissances de M , jusqu’à l’ordre quatre :


c d
Ã(M ) = A0 + M 2 + M 4 + O(M 6 )
2 4!
en reliant explicitement les coefficients c et d aux coefficients a et b de la question
6). [La méthode la plus simple consiste, en utilisant la relation entre M et B de
la question précédente, à développer B en puissances de M jusqu’à l’ordre trois et
à intégrer. Comme ce problème comporte plusieurs développements limités, il est
rappelé que, pour inverser le développement limité de la question 6) pour extraire B
en fonction de M , la méthode consiste à écrire successivement
M b
B= − B 3 + O(B 5 )
a 6a
puis, en remplaçant B dans le second membre par cette dernière relation,
M b
B= − 4 M 3 + O(M 5 )] .
a 6a

8) Vérifier que le coefficient d de la question (7) est bien positif si l’on prend pour
D la densité d’états d’électrons libres tridimensionnels.

Que se passe-t-il à une ou à deux dimensions ?

9) On se place dans le cas où le coefficient d est positif. Représenter graphiquement


Ã(M ) en fonction de M et montrer que le système est paramagnétique, c’est-à-dire
que l’aimantation s’annule lorsque le champ appliqué tend vers zéro.

2 Forces d’échange

On se place toujours à température nulle, mais on veut tenir compte d’effets co-
opératifs des spins (c’est-à-dire des interactions entre spins, les «forces d’échange»
induites par le principe de Pauli). Dans ce but on suppose simplement que le champ
effectif Beff , vu par un spin, est la somme du champ appliqué B et d’un champ sup-
plémentaire colinéaire, dû aux autres électrons, d’autant plus grand que l’aimantation
84 Sélection de contrôles antérieurs

est plus élevée. On ajoute donc au champ appliqué un champ supplémentaire propor-
tionnel :
Beff = B + J M
où J est une constante indépendante de B et de la température.

10) On suppose que la relation de la question 6) ci-dessus reste valable à condition


de substituer Beff à B. Déterminer à nouveau le développement de Ã(M ) jusqu’à
l’ordre 4, sous la forme
c 2 d 4
Ã(M ) = A0 + M + M + O(M 6 ) ,
2 4!
et calculer c et d .

11) Montrer qu’en champ nul Ã(M ) est extremum (la stabilité thermodynamique
implique alors que cet extremum est un minimum). En représentant Ã(M ) en fonction
de M , montrer que le système peut posséder une aimantation spontanée non nulle
en l’absence de champ appliqué, pour J supérieur à un seuil que l’on précisera. Le
système est alors ferromagnétique.

12) La constante J a la dimension d’une énergie ; d’autre part l’interaction vue


par un spin, due à l’aimantation des spins voisins, est proportionnelle à l’aimantation
par spin, de sorte que J est proportionnel à 1/N . On pose donc
εF
J =γ
N
où γ est un paramètre intensif sans dimension. Dans le cas où l’on prend pour D(ε)
la densité d’états d’électrons libres tridimensionnels, expliciter les valeurs de γ pour
lesquelles le système est ferromagnétique à température nulle. [ Il sera utile d’exprimer
D(εF ) en fonction de N et εF ].

3 Étude à température finie

On commence par ne pas tenir compte des forces d’échange, c’est-à-dire que dans
un premier temps on reprend J = 0.

13) Dans la question 5 ci-dessus, il avait été montré qu’à température nulle, en
présence de champ extérieur, la variation du potentiel chimique était quadratique en
B pour B petit. Montrer qu’à température finie également δµ(B) = µ(B) − µ(0) est
d’ordre B 2 . (Inutile de calculer le coefficient de B 2 ).

14) Toujours dans l’hypothèse J = 0, montrer que

M = a(T )B + O(B 3 )

où  ∞
a(T ) = − dε D(ε) f  (ε − µ(0))
0
Sélection de contrôles antérieurs 85

1
et f (x) = . On vérifiera que a(T ) est positif, qu’il se réduit à l’expression
1 + exp βx
donnée en 6) à température nulle, et tend vers zéro à haute température.

15) On suppose maintenant la température finie, et J non nul et supérieur au seuil


déterminé à la question 12). En substituant Beff à B, déterminer à nouveau Ã(M )
jusqu’à l’ordre M 2 . En déduire la température Tc en dessous de laquelle le système
est ferromagnétique.

16) Déterminer le rapport Tc /θF , où θF est la température de Fermi, pour γ = 0, 7.

[Indication : on supposera que la température Tc est très inférieure à θF , de sorte


qu’un développement de basse température jusqu’au second ordre en β est suffisant.]

XVII - ÉLASTICITÉ DE L’ADN


Sujet proposé par M. Mézard

Le problème comporte 5 parties. Il est conseillé de les traiter dans l’ordre. La


partie I est nécessaire pour l’ensemble du problème. Les parties II, III, et IV sont
pour l’essentiel indépendantes les unes des autres. La partie V utilise les résultats de
la partie IV.

Toutes les mesures expérimentales ont été faites à la température ambiante de


293 K.

On rappelle quelques unités utilisées ici : 1 nm= 10−9 m, 1 pN=10−12 N. La


constante de Boltzmann vaut k = 1, 38 10−23 J/K. La fonction coth u possède les
développements asymptotiques suivants : coth u ∼ 1/u + u/3 pour u → 0, et coth u ∼
1 + 2 exp(−2u) pour u → ∞.

1 Généralités et ordres de grandeur

On s’intéresse ici aux propriétés physiques de chaînes d’ADN double brin en so-
lution. A cause de sa structure en double hélice, la molécule d’ADN est assez rigide :
sur des échelles de distance inférieures à quelques dizaines de nanomètres, elle se
comporte comme un bâtonnet rigide. On considère tout d’abord un seul bâtonnet de
longueur b dont une extrémité est fixée à l’origine O, tandis que l’autre extrémité,
appelée M , est soumise à une force F dirigée suivant l’axe Oz (voir fig. 1). Le point
M se déplace donc sur une sphère de rayon b, on repère sa position par les angles θ
et φ en coordonnées sphériques. L’énergie de ce système est donc :
E = −F .r = −F b cos θ . (1)
Ce bâtonnet est à l’équilibre thermique, à la température T , et on néglige dans tout
ce problème les effets quantiques.
86 Sélection de contrôles antérieurs

Figure 1 : Géométrie du bâtonnet et de la force appliquée, et choix du référentiel.

a) Lorsque la force F est nulle, montrer que la densité de probabilité pour que les
coordonnées de M soient θ et φ est :
1
P0 (θ, φ) = sin θ . (2)

b) Exprimer en fonction de b et T l’ordre de grandeur de la force caractéristique


nécessaire pour orienter le bâtonnet malgré l’agitation thermique ? Pour un système à
température ambiante, calculer l’ordre de grandeur correspondant lorsque le bâtonnet
est
– un fragment d’ADN de longueur b = 50 nm
– une épingle de longueur b = 3 cm
c) En présence de la force F non nulle, montrer que la densité de probabilité pour
que les coordonnées de M soient θ et φ devient :
1
PF (θ, φ) = sin θeβF b cos θ . (3)
Z
Que vaut la constante de normalisation Z ? Montrer qu’elle ne diffère de la fonction
de partition canonique que par un facteur multiplicatif indépendant de la force, et
qu’on ne cherchera pas à calculer.

d) Comment peut on déduire la valeur moyenne < cos θ > de la dépendance de Z


dans la force F ? Calculer l’altitude moyenne < z >= b < cos θ > du point M. Donner
l’allure qualitative des courbes < z > en fonction de F pour deux températures
T1 < T2 .

2 Mesures de forces : mouvement Brownien

On s’intéresse maintenant à une chaîne de plusieurs µm de long, qui n’est plus un


bâtonnet rigide, mais se comporte au contraire comme un objet élastique, dont on va
chercher à mesurer l’élasticité. Pour ce faire, on ancre la chaîne d’ADN d’un côté à une
plaque de verre, sur un point origine O, l’autre côté étant attaché à une petite bille
Sélection de contrôles antérieurs 87

magnétique sur laquelle on peut tirer à l’aide d’un gradient de champ magnétique, qui
crée sur la bille une force verticale F = F ẑ (fig.2), que nous supposerons constante
dans le domaine où se déplace la bille. Le problème est alors de mesurer cette force,
ce que l’on peut déterminer en pratique en étudiant le mouvement Brownien de la
bille, comme nous allons le voir ici.

La molécule d’ADN crée une force de rappel radiale Fr (d) qui dépend de son
élongation d de manière en général non linéaire. La courbe Fr (d), dite caractéristique
force-élongation, est la quantité que l’on cherche à mesurer. On repère la position
de la bille par ses coordonnées r = (x, y, z), comme indiqué en figure 2. La position
d’équilibre se situe au point réq = (0, 0, ) où est tel que F = Fr ( ).

Figure 2 : Géométrie de l’expérience : la force extérieure appliquée à la bille de verre


est la force verticale F , la force exercée par la molécule est la force radiale Fr .

a) On s’intéresse à des déplacements de la bille de faible amplitude au voisinage de


cette position d’équilibre. Lorsque la bille est en r = (x, y, +h), quelle est l’expression
de la force totale Ftot s’exerçant sur elle, au premier ordre dans chacun des rapports
x/ , y/ , z/ , en termes de la courbe caractéristique Fr (d) ?

b) Montrer que Ftot dérive d’un potentiel U (Ftot = −∇U


 ), où U est un puits de
potentiel harmonique :

1 1
U= k h2 + k⊥ (x2 + y 2 ) . (4)
2 2

Que valent les constantes élastiques k et k⊥ ?

c) Ce système étant à l’équilibre à la température T , quelle est la densité de proba-


bilité des fluctuations de position r − réq = (x, y, h) autour de la position d’équilibre ?

d) A l’aide d’une caméra, on enregistre les positions de la bille tous les 1/50 s. La
figure 3 montre les nuages de points obtenus pour cinq valeurs de la force (de bas en
haut : F1 < F2 < F3 < F4 < F5 ). Que peut-on dire qualitativement de l’évolution des
constantes élastiques k et k⊥ ? Quelle information cette observation nous fournit-elle
sur la caractéristique Fr (d) ?
88 Sélection de contrôles antérieurs

e) Pour chacune de ces forces, on mesure la valeur moyenne du déplace-


ment carré < x2 >. On trouve respectivement, exprimée en µm2 , < x2 >=
0, 63 ; 0, 30 ; 0, 11 ; 0, 025 ; 0, 008 (pour chacun des nuages de points précédents, de
bas en haut). Quelles sont les valeurs, en pN, de chacune des forces F1 , F2 , F3 , F4 , F5
exercées sur la bille ?

Figure 3 : Enregistrements de la position de la bille dans l’expérience (en horizontal :


coordonnées x, dont l’échelle se lit en haut de la figure ; en vertical : coordonnée z,
dont l’échelle se lit à droite de la figure), pour cinq valeurs différentes de la force
appliquée.

3 Un modèle simple d’élasticité de l’ADN

Les mesures expérimentales de la figure 4 montrent la caractéristique force-


élongation mesurée pour une molécule d’ADN contenant 97000 paires de base.
La distance entre deux paires de bases consécutives dans cette molécule étant de
0, 337nm, la longueur maximale de la molécule, lorsqu’elle est complètement étirée,
est L0 = 32, 7µm.
Sélection de contrôles antérieurs 89

Figure 4 : Caractéristique force-élongation d’une molécule d’ADN : les points sont


les résultats expérimentaux obtenus avec différentes molécules. Les courbes sont les
trois courbes théoriques obtenues dans la chaîne avec maillons indépendants (voir
paragraphe d). La figure insérée est un agrandissement du régime de basse force.

On modélise cette molécule par un ensemble de N bâtonnets rigides de longueur


b, identiques à celui étudié dans la partie I, et librement articulés les uns aux autres.
La chaîne est donc caractérisée par les N vecteurs r1 , ..., rN , de norme égale à b, qui
donnent les orientations de chacun des bâtonnets. Comme dans la première partie, on
choisit un référentiel tel que l’axe Oz est orienté suivant la force, et le vecteur ri est
caractérisé par les angles θi , φi en coordonnées sphériques, l’angle θ étant mesuré par
rapport à la direction de la force F . L’énergie de ce système en présence de la force
extérieure F vaut :
N  N 
 
E = −F . ri = −F b cos θi . (5)
i=1 i=1

Le système est toujours à l’équilibre thermique à la température T .

a) Quelle est la distribution de probabilité de l’ensemble des 2N angles {θi , φi } ?

b) Calculer les valeurs moyennes des trois composantes rix , riy , riz du vecteur ri .

c) Tracer qualitativement la courbe de l’élongation moyenne d de la chaîne en


fonction de la force F appliquée. Montrer que d/L0 se comporte, à petite force, comme
d 1 Fb
(6)
L0 3 kT
et, à grande force, comme :
d kT
1− (7)
L0 Fb

d) D’après les données expérimentales à petite force (fig. 4), quelle valeur de b
devrait-on adopter pour rendre compte correctement de ce régime des petites forces ?
90 Sélection de contrôles antérieurs

La figure 4 montre en traits pleins le résultat de ce modèle pour trois valeurs de b,


respectivement b = 500, 1000, 2000 (de haut en bas). Qu’en pensez vous ?

e) Calculer les valeurs moyennes (rix )2 , (riy )2 , (riz )2 , ainsi que les corrélations
rix rjx ,
riy rjy , riz rjz . En déduire, dans ce modèle, les fluctuations de la bille autour
de sa position d’équilibre. Comparer aux résultats de la partie 2.

4 Un modèle plus réaliste : maillons corrélés

Nous étudions dans cette partie un modèle un peu plus réaliste de la molécule.
Celle-ci est toujours représentée par une suite de N bâtonnets rigides, repérés par les
vecteurs ri tels que |ri | = b, comme dans la partie 3 dont nous conservons toutes les
notations. En revanche l’articulation entre deux maillons successifs n’est plus libre :
il y a un coût énergétique associé au fait que deux maillons successifs ne sont pas
alignés. L’énergie de la chaîne en présence de la force extérieure F est donc :
N  N −1
 K 
E = −F . ri − 2 ri .ri+1 , (8)
i=1
b i=1

où K est une énergie caractéristique associée à la courbure entre maillons succes-


sifs.
N Nous zcherchons toujours à calculer l’élongation moyenne de la chaîne, d =
i=1 < ri >, et nous allons étudier son comportement dans les deux régimes de
faible force et de grande force.

4.1) Régime de faible force

a) On regarde tout d’abord le cas où la force extérieure F est nulle, et on dénote


par O0 la valeur moyenne de l’observable O considérée à l’équilibre thermique à la
température T , lorsque F = 0. En utilisant la symétrie de l’énergie (8) par rotation
globale de toute la chaîne, montrer les identités suivantes :

rix 0 = riy 0 = riz 0 = 0 , (9)

et

rix rjx 0 = riy rjy 0 = riz rjz 0 . (10)

b) Montrer que l’élongation moyenne d est linéaire en F à petite force, et que


∂d β
= ri .rj 0 . (11)
∂F F =0 3 i,j

c) On considère deux maillons i et j, avec i < j, et on cherche à calculer la valeur


Sélection de contrôles antérieurs 91

moyenne ri .rj 0 . Montrer qu’elle s’exprime sous la forme :


 j
βK j−1
p=i d[
rp ] 
r i .
rj exp b2 p=i 
r p .
rp+1
ri .rj 0 =  j , (12)
βK j−1
p=i d[rp ] exp b2 
r .
r
p=i p p+1

(où l’intégrale d[r] dénote toujours une intégrale sur la sphère |r| = b, qui s’exprime
en fonction des angles θ, φ donnant r en coordonnées sphériques sous la forme d[r] =
b2 sin θdθdφ).

On regarde maintenant, dans le rapport (12), chacune des intégrales sur rj appa-
raissant au dénominateur et au numérateur.

Montrer que


1 βK
d[rj ] exp rj .rj−1 = D(K), (13)
b2 b2

où D(βK) est une fonction de βK seulement, indépendante de rj−1 , dont on donnera


l’expression.

On considère maintenant l’intégrale correspondante N apparaissant au numéra-


teur de (12) :


1 βK
N ≡ 2 d[rj ]ri .rj exp rj .rj−1 . (14)
b b2

Montrer que cette intégrale s’écrit comme


dD
N = ri .rj−1 (15)
d(βK)

Pour ce faire, on pourra par exemple se placer dans un référentiel où l’axe nu-
méro 3 est pris selon la direction de rj−1 , et représenter rj par ses angles en co-
ordonnées sphériques dans ce nouveau référentiel (de sorte que, dans ce référentiel,
rj = (b sin α cos ψ, b sin α sin ψ, b cos α), et rj .rj−1 = b2 cos α).

En déduire la récurrence reliant la fonction de corrélation entre maillons i et j


(avec j − i ≥ 1) à celle entre maillons i et j − 1 :

ri .rj 0 = ri .rj−1 0 g(βK) , (16)

où g(u) = coth u − 1/u.

d) Montrer que la fonction de corrélation à force nulle, ri .rj 0 , décroit exponen-
tiellement avec la distance entre les maillons. On définit la longueur de persistance ξ
par

|j − i|b
ri .rj 0 = b exp −
2
. (17)
ξ
92 Sélection de contrôles antérieurs

Quelle est l’interprétation physique de ξ ? Donner l’expression générale de ξ, ainsi que


son comportement à K grand.

e) En utilisant les résultats des questions b) et d), calculer le coefficient de pro-


portionnalité entre élongation et force à petite force, (∂d/∂F )F =0 , pour une grande
chaîne (N >> 1). Montrer que, lorsque βK >> 1, l’élongation vaut, dans le régime
de petites forces :
2
d βF ξL0 . (18)
3

4.2) Régime de grande force

Dans ce régime la molécule est proche de son état entièrement étiré, une confi-
guration limite caractérisée par ri = (0, 0, b). Pour des petites fluctuations autour de
cette configuration, on écrit ri = (bxi , b2 (1 − x2i )), où xi est un vecteur transverse
sans dimension à deux composantes donnant les fluctuations dans le plan orthogonal
à la force appliquée F .

a) Donner l’expression de l’énergie de la chaîne en termes des coordonnées trans-


verses xi , développée à l’ordre deux dans les xi .

b) On s’intéresse à un morceau de la chaîne contenant seulement les maillons nu-


mérotés de 1 à p (la chaîne est donc coupée après le maillon p : les maillons p + 1 à N
n’existent pas), et on fixe le vecteur transverse xp , alors que tous les autres fluctuent,
à l’équilibre avec un bain thermique à la température T . La fonction de partition
canonique de ce système est appelée Zp ( xp ). Démontrer l’équation de récurrence re-
xp ) à celle d’un morceau de longueur p − 1, appelée
liant la fonction de partition Zp (
Zp−1 (xp−1 ) :



b 2 K
xp ) = C exp −βF xp
Zp ( d xp−1 exp −β (xp − xp−1 ) Zp−1 (xp−1 ) , (19)
2 2
2 2

où C est une constante, indépendante de xp , qu’on ne cherchera pas à calculer.

c) On considère la limite où βK est grand et √ βF b est petit. En changeant de


xp − xp−1 )/ βK, montrer que l’équation de
variable d’intégration, de xp−1 à u = (
récurrence s’écrit, à l’ordre dominant dans les quantités 1/(βK) et βF b x2p supposées
petites, sous la forme :
 
 b 2 1
Zp (
xp ) = C Zp−1 ( xp ) − βF xp Zp−1 (xp ) + ∆Zp−1 (xp ) , (20)
2 2βK

où C  est une constante, indépendante de xp , qu’on ne cherchera pas à calculer.

d) Montrer que l’équation de récurrence (20) possède une solution de la forme


α
x) = Ap exp − x2 .
Zp ( (21)
2
Sélection de contrôles antérieurs 93

Que vaut α ?

e) On considère dans la chaîne complète, comportant donc N maillons, le maillon


numéro p (avec 1 < p < N ). On fixe xp et on intègre sur toutes les autres variables
x1 , ..., xp−1 , xp+1 , ..., xN . Montrer que la densité de probabilité de xp s’écrit :

Zp (xp )ZN −p (xp )


xp ) = 
P ( (22)
d2 uZp (u)ZN −p (u)

Calculer 
x2p , et en déduire la valeur de l’élongation d/L0 en fonction de la force
dans ce régime de grande force. Comment la dépendance de d/L0 en fonction de F
se compare-t-elle au résultat du modèle simple étudié dans la partie 3 ?

f) Supposant toujours βK >> 1, montrer que l’élongation dans ce régime s’écrit


en termes de la longueur de persistance ξ définie en (17) comme :

d 1
=1− √ (23)
L0 2 βF ξ

5 Comparaison avec la courbe expérimentale

On cherche à comparer la courbe expérimentale (fig.4) avec les résultats du modèle


d’une chaîne à maillons corrélés étudiée dans la partie 4. On suppose toujours que b
est petit, K est grand, mais la longueur de persistance ξ reste finie.

a) D’après les résultats expérimentaux obtenus à basse force, quelle valeur de ξ


doit-on adopter dans le modèle ?

b) La courbe de la figure 5) montre la force F en fonction de l’élongation d/L0 ,


ainsi que, en traits pleins, la courbe

1 1 d
F = F0 − + , (24)
4(1 − d/L0 )2 4 L0

avec F0 = 0, 078 pN. Qu’en pensez-vous ? Comment ce résultat se compare-t-il à


l’analyse du modèle à grande force et à petite force de la partie 4 ?
94 Sélection de contrôles antérieurs

Figure 5 : Caractéristique force-élongation, en diagramme semi-logarithmique : les


points sont les résultats expérimentaux obtenus avec différentes molécules, la courbe
est le tracé de la fonction (24) avec F0 = 0, 078 pN.

c) Expérimentalement, on peut étirer la molécule à des longueurs d supérieures à


L0 . Dans le régime d ∼ L0 (pour des forces comprises entre 1 et 50 pN), on voit sur la
courbe expérimentale de la figure 5 que l’élongation varie linéairement avec la force.
Comment faudrait-il modifier notre approche pour rendre compte de ce régime ?
Sélection
de
contrôles antérieurs
(corrigés)
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 97

I - MÉTAUX ET ISOLANTS UNIDIMENSIONNELS,


INSTABILITÉ DE PEIERLS.
1.1) Les solutions de l’équation de Schrödinger libre
2 
− ψ = εψ, avec condition aux limites ψ(x + L) = ψ(x), sont
2m
1 p2
ψp (x) = √ exp(ipx/) avec pL = 2nπ, et ε(p) = .
L 2m

Les états p et −p (c’est-à-dire n et −n) ont même énergie et donc, en tenant


compte des deux états de spin, l’énergie ε(p) est quadruplement dégénérée (sauf pour
le fondamental p = 0 où il ne reste que la dégénérescence de spin).

2L L dp
1.2) D(p) = (le facteur 2 étant dû au spin), et donc D0 (ε) = 4 (le 4
h h dε√
résulte du spin et des deux états p et −p de même énergie). Au total, avec p = 2mε,
L√
on obtient D0 (ε) = 2 2mε.
h
1.3)  εF
L√ L
N= D0 (ε) dε = 4 2mεF = 4 pF .
0 h h

S’il y a un électron par ion N = M = L/a et on trouve pF = p0 /2.

Pour deux électrons par ion N = 2M = 2L/a et on obtient pF = p0 .

2.1) Les états p et −p étant dégénérés, pour obtenir l’effet de la perturbation sur
l’énergie, il faut diagonaliser la matrice de la perturbation dans la base des deux états
dégénérés. Calculons les quatre éléments de matrice de V relatifs à ces états, et pour
cela de manière générale
 1 L 
p|V |p  = vn dx exp[i(p − p + 2np0 )x/] = vn δ(p − p + 2np0 )/, 0
n
L 0 n

où l’on remarque que (p − p + 2np0 )/ est bien un entier. L’intégrale est donc nulle
pour deux états quelconques. Si l’on se restreint à p = ±p, on voit que les éléments
diagonaux de la matrice sont nuls : p|V |p = −p|V | − p = 0. Ensuite p|V | − p
n’est non nul que si p/p0 est un entier.

Par conséquent pour un état d’impulsion quelconque la perturbation n’a aucun


effet au premier ordre.

En revanche si p/p0 = n on a p|V | − p = vn et −p|V |p = v−n = vn∗ . Il faut


donc pour cet état déterminer les valeurs de la matrice 2 × 2 :
 
 0 vn 
 ∗  qui sont ±|vn |. La perturbation est indépendante du spin ; en conséquence
vn 0
les deux sous-niveaux d’énergie ε(np0 ) ± |vn | sont chacun doublement dégénérés.
98 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

2.2) Puisque seul v1 est non nul le spectre non perturbé est modifié pour les
impulsions ±p0 . Un petit voisinage de p0 est également affecté par la perturbation.
Le saut 2∆ de l’énergie, quand on passe de l’impulsion p0 −0 à p0 +0, est à rapprocher
du saut 2|v1 | de la question précédente. On a donc ∆ = |v1 |.

En dehors du voisinage immédiat de p0 , on peut négliger ∆ dans la racine qui


définit ε(p). On trouve ainsi

p20 (p − p0 )2 p0 (p − p0 ) p2
ε(p) = + + = , pour p > p0 et
2m 2m m 2m
p2 (p − p0 )2 p0 (p0 − p) p2
ε(p) = 0 + − = , pour p < p0 .
2m 2m m 2m

La densité d’états n’est donc pas modifiée pour les valeurs de ε éloignées de p20 /2m.
En revanche elle s’annule dans l’intervalle [p20 /2m − ∆, p20 /2m + ∆] puisqu’il n’y a
aucun niveau d’énergie dans cet intervalle. Plaçons-nous à des valeurs de ε légèrement
supérieures à p0 . Dans ce voisinage un développement limité de ε(p) pour p − p0 petit
donne
 
p2 (p − p0 )2 p20
ε(p) − 0 − ∆= + 1 + O(p − p0 )4 , pour p > p0 et
2m 2m m∆
 
p20 (p0 − p)2 p20
ε(p) − + ∆= − 1 + O(p0 − p)4 , pour p < p0 .
2m 2m m∆

La densité d’états est proportionnelle à dp/dε ; or, au voisinage des points considé-
rés, dε/dp s’annule comme |p − p0 | et par conséquent comme (ε − p20 /2m − ∆)1/2 pour
ε supérieur et voisin de p20 /2m + ∆ , et comme (ε − p20 /2m + ∆)1/2 pour ε inférieur et
voisin de p20 /2m − ∆. La densité d’états est donc infinie comme l’inverse d’une racine
carrée au voisinage de ces énergies.

2.3) Pour un électron par ion l’impulsion pF , qui est égale à p0 /2, est située dans
une région où D(ε) est non nulle. Le système est donc a priori conducteur. (Il est
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 99

justifié d’utiliser la densité d’états non perturbée par le potentiel périodique, car
l’impulsion de Fermi est très en-dessous de p0 et les états occupés ne sont pas affectés
par la perturbation).

Pour deux électrons par ion pF = p0 et l’énergie de Fermi tombe dans une région
où la densité D est nulle : le système est isolant (semi-conducteur si kT n’est pas petit
devant ∆). (La justification de l’hypothèse sur pF sera donnée plus loin).

2.4) A température nulle les états occupés ont une énergie comprise entre zéro et
p20 /2m − ∆, de sorte que ω varie de −εF à −∆. On a donc
 −∆ 
L (−ω)
N =2 =C dω √ = C ε2F − ∆2 ∼
= CεF , soit
a −εF ω 2 − ∆2
4mL 4mLa
C= 2 = 2 2
ap0 π h

2.5) Le nombre d’électrons excités est donné par


 ∞
dε D(ε)
Ne = β(ε−µ) + 1
εF +∆ e

et le potentiel chimique µ reste proche de εF à basse température. Par conséquent


β(ε − µ) reste au moins égal à ∆/kT , qui est grand dans le régime considéré. On peut
donc négliger le 1 du dénominateur de l’intégrale et écrire
 ∞  ∞
N∼= dε e −β(ε−µ)
D(ε) = e β(µ−εF ) −β∆
e dε e−βε D(ε + εF + ∆)
εF +∆ 0

et, si nous prenons la forme explicite de D et posons βε = x,


−β∆  ∞
e x + β∆
N∼
= C eβ(µ−εF ) dx e−x
β 0 x2 + 2β∆x

Pour β∆ grand, on peut négliger x au numérateur et x2 au dénominateur et on obtient


finalement 
π∆
Ne ∼= C eβ(µ−εF ) e−β∆

(mais seuls les termes exponentiels étaient demandés).

De manière similaire le nombre de trous laissés au dessous de l’énergie de Fermi


est donné par
 εF −∆  
1
Nt = dε D(ε) 1 − =
0 1 + eβ(ε−µ)
 εF −∆  −∆ βω
dε D(ε) −β(µ−εF ) e (−ω)dω
= C e √ ,
0 e−β(ε−µ) + 1 −εF ω 2 − ∆2
100 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

et un calcul tout à fait semblable conduit à



−β(µ−εF ) −β∆ π∆
Nt ≈ C e e .

L’égalité du nombre de trous laissés au-dessous de l’énergie de Fermi, et du nombre


d’électrons excités au-dessus de celle-ci, conduit donc à l’égalité µ = εF , comme
nous l’avions supposé jusque-là. Notons que si nous n’avions calculé que les termes
exponentiels à un coefficient arbitraire près, nous aurions trouvé

A exp[β(µ − εF − ∆)] = A exp[β(−µ + εF − ∆)]

dont on déduit immédiatement que µ − εF varie linéairement avec la température.

On en déduit l’ordre de grandeur de l’énergie d’excitation thermique kT par


électron excité, soit une énergie interne de kT Ne , qui est proportionnelle à
T 3/2 exp −(∆/kT ), et donc en dérivant par rapport à T , une capacité calorifique qui
s’annule en T 1/2 exp −(∆/kT ) (mais là-encore seul le comportement en exp −(∆/kT )
était demandé).

2.6) A température nulle l’énergie interne est donnée par


 εF −∆  −∆ 
(ω + εF )(−ω)dω εF /∆
x(1 − ∆x/εF )dx
U= εD(ε) dε = C √ = C∆εF √ ,
0 −εF ω 2 − ∆2 1 x2 − 1

que l’on intègre aisément pour εF /∆ grand, en utilisant la formule donnée. On en tire
 4

1 ∆2 ∆2 ∆ ∆
U = Cε2F − 2 + 2 ln +O
2 2εF 2εF εF ε4F

et donc le terme dominant de U (∆) − U (0) est

C∆2
U (∆) − U (0) ≈ ln(∆/εF )
2
Notons que la présence d’un gap abaisse l’énergie électronique.

3.1) Le potentiel a une période double : il faut donc remplacer p0 par p0 /2. Ce po-
tentiel va créer des gaps pour les valeurs de p = n p0 et donc des gaps supplémentaires
apparaîssent pour les valeurs p0 /2, 3 p0 /2,...

3.2) Pour un électron par ion l’impulsion de Fermi est p0 /2 (question I-3). Avant
distorsion cette valeur tombait au milieu d’une bande permise et le système était
métallique ; après distorsion l’énergie de Fermi tombe dans une bande interdite : le
système est isolant (ou semi-conducteur).

3.3) La distorsion électronique transforme donc le système de métal en isolant,


mais elle coûte de l’énergie élastique. Cependant nous avons vu au II-6 que l’énergie
électronique est abaissée par l’ouverture d’un gap. Il faut donc faire un bilan. Le gap
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 101

à l’impulsion p0 /2 est créé par le coefficient de Fourier b v1 ; on a donc ∆ ≈ b v1 et


donc un abaissement de l’énergie électronique en ∆2 ln ∆ /εF . L’énergie électronique
est donc abaissée d’un terme en b2 ln b alors que l’énergie élastique de distorsion est
augmentée d’un terme en b2 : l’énergie totale est donc abaissée par cette distorsion.

Conclusion : le réseau non distordu est instable. Cette instabilité transforme le


système du conducteur en isolant. Il n’y a donc pas de métal à une dimension.

3.4) Pour ces trois composés unidimensionnels on constate bien que la conductivité
s’annule à basse température : ce sont des isolants. En revanche dès que la température
est telle que kT est supérieur au gap ∆ , le nombre de porteurs excités au-dessus de la
surface de Fermi est significatif et le système redevient conducteur. On peut estimer
∆ pour ces composés en notant que la conductivité « décolle » vers 30 K, soit
∆ ∼ 2.5 10−3 eV.

II - HÉTÉROJONCTION.
2 
1.1) − χ (z) = En χn (z), avec χn (0) = χn (L) = 0, a pour solution
2m∗ n

2 π 2
χn (z) = A sin nπz/L avec En = n2 E1 et E1 = .
2m∗ L2

 L
La normalisation de χn (z), c’est-à-dire dz χn (z)2 = 1, fixe A = 2/L.
0

Application numérique : on trouve E1 = 5, 4.10−2 eV et E2 − E1 = 3 E1 =


16, 2.10−2 eV, ce qui correspond à une température de près de 2000 K. L’énergie
d’excitation est donc très grande par rapport aux températures ordinaires et on peut
admettre que seul le niveau E1 est occupé.

1.2) Dans un plan z donné le mouvement est libre. La fonction d’onde est une
1 2πnx,y p2x + p2y
onde plane √ exp i(px x + py y)/ avec px,y = et une énergie .
S Lx,y 2m∗

1.3) Un état électronique est donc caractérisé par les nombres quantiques n pour
la fonction d’onde χn (z), px et py (ou nx et ny ) pour les directions x et y et enfin la
projection σ du spin le long d’un axe de quantification.

p2x + p2y
1.4) L’énergie d’un état |n, px py , σ est ε = En + . Si on fixe n, la densité
2m∗
d’états s’obtient en comptant les valeurs possibles de px et py avec ε − En donné. On
S
est donc ramené à deux dimensions avec Dn (px , py )d2 p = 2 d2 p (le facteur 2
(2π)2
vient du spin).
102 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

p2x + p2y
En remarquant que, puisque ε − En = , ε doit être supérieur à En , en
2m∗ ∗
intégrant sur les angles, et en notant que dε = pdp/m , on trouve
m∗ S
Dn (ε) = pour ε > En (et 0 pour ε < En ) .
π2
Il est commode d’introduire la distribution θ(x) = 1 pour x > 0 et θ(x) = 0 pour
x < 0.
S
On a donc Dn (ε) = m∗ θ(ε − En ), puis finalement
π2

m∗ S 
D(ε) = θ(ε − n2 E1 ) .
π2 1

 ∞ ∞

1.5) Ne = dεD(ε) f (ε) = Nn avec
0 n=1
 ∞  ∞
m∗ S m∗ S dε
Nn = dε θ(ε − n2 E1 )f (ε) = E1 .
π2 0 π2 n2 1 + eβ(ε−µ)

On pose ε = n2 E1 + x/β, (dε = dx/β), et on est ramené à l’intégrale donnée dans


l’énoncé avec λ = exp[β(n2 E1 − µ)]. On a donc
m∗ S
Nn = ln{1 + exp[β(µ − n2 E1 )]} .
βπ2

1.6) A température nulle µ tend vers εF . Si n est tel que n2 E1 est supérieur à εF ,
alors Nn tend vers zéro à basse température (β → ∞) car exp[β(µ − n2 E1 )] tend vers
zéro. En revanche si n2 E1 est inférieur à εF , alors exp[β(µ − n2 E1 )] tend vers l’infini
et Nn tend vers
m∗ S m∗ S
2
ln{exp[β(εF − n2 E1 )]} = (εF − n2 E1 ) .
βπ π2
On a donc au bout du compte l’équation déterminant εF qui prend la forme

m∗ S 
Ne = (εF − n2 E1 )θ(εF − n2 E1 ) .
π2 1

Cette somme se réduit à son premier terme lorsque εF est inférieur à 4E1 et l’on
a alors
Ne m∗ S
ne = = (εF − E1 ) .
S π2

m∗ S
La condition εF < 4E1 sera satisfaite si ne < nce = 3E1
π2
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 103

L’application numérique donne nce = 4, 7.1016 électrons par mètre carré.

1.7) L’énergie magnétique d’un électron de moment magnétique M  est égale à


1
−M  = −BMz . Par conséquent Mz est égal à − gµB σ, (avec σ = ±1), suivant
 .B
2
que le spin est anti-parallèle ou parallèle au champ (on se souvient que le moment
magnétique est opposé au spin à cause du signe de la charge de l’électron). Le moment
1
magnétique total (le long du champ) est donc égal à Mztot = − gµB (N + − N − ), où
2
N ± sont les nombres d’électrons de spins positifs ou négatifs.
1
L’énergie d’un électron de projection de spin σ, dans l’état caractérisé par les
2
nombres quantiques n, px et py , est donc

p2x + p2y 1
ε = n2 E1 + ∗
+ gµB Bσ
2m 2
La formule pour Nn de la question (5) est donc remplacée par
m∗ S 1
Nn σ = ln{1 + exp[β(µ − n2 E1 − gµB Bσ)]} .
2βπ2 2

Le moment magnétique moyen est égal à


Mztot 1 N+ − N−
< Mz >= = − gµB +
Ne 2 N + N−
1 ln{1 + exp[β(µ − E1 + 2 gµB B)]} − ln{1 + exp[β(µ − E1 − 12 gµB B)]}
1
= gµB
2 ln{1 + exp[β(µ − E1 + 12 gµB B)]} + ln{1 + exp[β(µ − E1 − 12 gµB B)]}

(i) A basse température, chacune des exponentielles est grande devant un, et on
obtient
1 gµB B
Mz  = gµB
2 2(εF − E1 )
avec Ne = N + + N − qui vaut, dans la même limite,
m∗ S 1 1
Ne = (ln{exp[β(εF − E1 − gµB B)]} + ln{exp[β(εF − E1 + gµB B)]})
2βπ2 2 2
m∗ S π2
= (ε F − E1 ), soit ε F − E1 = ne .
π2 m∗
Au total donc dans la limite de basse température
1 m∗
Mz  = (gµB )2 B
2 2π2 ne
(ii) Dans la limite classique (µ → −∞), chaque exponentielle est infinitésimale et on
tire de l’expression ci-dessus

1 1
Mz  = gµB th βgµB B
2 2
104 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

qui est bien l’expression pour le moment magnétique moyen d’un ensemble de spins
indépendants sans tenir compte du principe de Pauli (cf. première petite classe).

2.1) A température nulle en l’absence d’impuretés, la bande de valence est pleine,


l’énergie de Fermi est située au milieu du gap et il n’y a aucun électron de conduction.

2.2) Si tous les sites donneurs sont ionisés il y a Ne = nd SL électrons de conduction


dans le puits et donc ne = nd L.

2.3) Il y a une densité uniforme de charges positives qui correspondent aux ions
positifs des sites donneurs ionisés (contribution +e n¯d à la densité de charges ; e est
la valeur absolue de la charge de l’électron). Les électrons de conduction sont dans
1
l’état χ1 (z) √ exp i(px x + py y)/ ; la probabilité de présence correspondante pour
S
1
un électron est donc égale à [χ1 (z)]2 . Il y a Ne électrons et nous obtenons donc une
S
1
contribution négative −e Ne [χ1 (z)]2 à la densité de charges. Au total donc
S
2 πz ne πt ne 2πt
ρ(r) = e nd −e ne [χ1 (z)]2 = e nd −e ne sin2 = e (1−2 cos2 ) = −e cos .
L L L L L L

La neutralité électrique implique évidemment que l’intégrale de cette densité de charge


de −L/2 à +L/2 est nulle, mais la charge n’est pas répartie de manière uniforme ; elle
est négative au centre du puits et positive aux bords.

2.4) La symétrie de translation dans les directions x et y implique que le potentiel


ϕ ne dépend que de z (ou donc de t), l’équation de Laplace est simplement

ρ(r) e ne 2πt
ϕ = − = cos
ε0 ε ε0 ε L L

La solution doit s’annuler à t = ±L/2 puisqu’il n’y a pas de champ électrique dans le
matériau B ; elle est donc donnée par

2
e ne L 2πt
ϕ(t) = [1 + cos ]
ε0 ε L 2π L

Au centre du puits, t = 0, on trouve une énergie électrostatique



2
e 2 ne L
−eϕ(0) = −2 .
ε0 ε L 2π

L’application numérique donne une énergie égale à −7.10−4 eV, très faible. Cette
énergie est un « champ moyen » dû aux interaction coulombiennes entre électrons et
à la charge des ions. Ce n’est donc qu’une toute petite perturbation comme on va le
voir à la question suivante.
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 105

2.5)
δE1 = χ1 | − eϕ(t)|χ1 

2  L/2
e 2 ne L 2πt
=− dt[χ1 (t)]2 [1 + cos ]
ε0 ε L 2π −L/2 L

2  L/2
e 2 ne L 2 πt 2πt
=− dt cos2 [1 + cos ]
ε0 ε L 2π −L/2 L L L

2  L/2
e 2 ne L 4 πt 3 e 2 ne L
=− dt cos4 = .
ε0 ε L 2π −L/2 L L 8 ε0 επ 2

On trouve 5.10−4 eV, comme attendu ; c’est une toute petite perturbation par
rapport à la séparation entre les niveaux du puits, puisque E2 − E1 = 16.10−2 eV.

2.6) Si on dope le matériau B, son potentiel chimique (ou énergie de Fermi) sera
situé au niveau donneur qui est très supérieur au niveau E1 au voisinage duquel se
trouve le potentiel chimique du puits ; par conséquent le contact puits-barrière va se
traduire par une égalisation des potentiels chimiques qui implique que des électrons
libérés par les donneurs de B vont passer dans le matériau P pour faire augmenter son
énergie de Fermi. On va donc bien avoir des électrons de conduction dans le matériau
P , alors que toutes les charges positives sont dans le matériau B. Les calculs peuvent
se conduire de manière semblable, mais ils sont nettement plus longs.

L’intérêt de doper B plutôt que P est d’obtenir des électrons de conduction séparés
spatialement des charges positives des donneurs et donc d’une mobilité très supérieure.

III - EFFETS DE SURFACES DANS LES MÉTAUX.


1) La masse d’un atome d’aluminium est de 27 × 1, 66 10−27 kg. Il y a donc
2.7 103
= 6 1028 atomes par m3 , soit 18 1028 électrons de conduction par
27 × 1, 66 10−27
m3 . Pour des électrons libres dans une boîte on a

2/3
2 2N
µ0 = 3π = 1, 86 10−18 joule
2m Ω
= 11, 6 eV .

µ0
2) Il faut comparer T à θF = ; on trouve, à la température de 300 K,
k
T
= 3.6 10−3 pour le cuivre et 2, 2 10−3 pour l’aluminium. On est donc presque
θF
à température nulle. Pour préciser on compare la variation du potentiel chimique à
la température T à l’énergie de Fermi µ0 ; on a

2
4
µ − µ0 π2 T T
=− +O
µ0 12 θF θF
106 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

(développement de Sommerfeld), soit


µ − µ0
 10−5 pour le cuivre et l’aluminium. A 10−4 près, on peut donc conclure
µ0
que le potentiel chimique reste égal à l’énergie de Fermi.

3) Les fonctions d’onde sont des ondes planes dans les directions x et y et des
sinus dans la direction z :
p z
z
ϕ = A sin ei(px x−py y)/ .


La périodicité en x et y implique

px Lx = 2πnx 
py Ly = 2πny 

où nx et ny sont deux entiers algébriques arbitraires. L’annulation pour z = L entraîne

pz L = πn

où n = 1, 2, 3, . . .

(n négatif correspond à la même fonction d’onde au signe près, et n = 0 n’est pas une
fonction de carré sommable). La normalisation s’écrit

1 = d3 r|ψ|2

soit  L
pz z LS
1 = |A|2 Lx Ly dz sin2 = |A|2
0  2

2
On peut donc prendre A = .
LS
L’énergie correspondant à cette fonction est
 
1 2 (π)2 4 n2x 4 n2y n2
ε(nx , ny , n) = (px + p2y + p2z ) = + + .
2m 2m L2x L2y L2

4) Comme nous l’avons vu à la question 2 on peut se placer à température nulle


et calculer le nombre de particules en sommant sur tous les états d’énergie ≤ µ :

N= 1
ε≤µ

On fait la même chose pour les sommes sur nx et ny et, sur z,


  ∞
L
→ dpz
n
π 0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 107

π
(les n sont positifs et les pz correspondants espacés de ). D’où
L

SL
N =2 d3 p
(2π)2 π D

p2
où le domaine D est défini par pz > 0 et ≤ µ, (le facteur 2 devant l’intégrale pro-
2m
vient de la dégénérescence de spin). L’intégrale sur pz peut être étendue par symétrie
à des valeurs de pz négatives en divisant le résultat par 2, soit

SL
N =2 d3 p
(2π)3 p2 /2m≤µ
On retrouve le calcul du cours, en faisant intervenir le volume d’une sphère de rayon
(2mµ)1/2
SL 4
N =2 π(2mµ)3/2
(2π)3 3
On vérifie que cela redonne µ = µ0 de la formule du cours.

5) On reprend le calcul de µ 
N= 1
ε≤µ

et on peut passer à la limite des grands volumes pour les sommes sur nx et ny , soit
 ∞
  
S  p 2
+ p 2
n π 
2 2 2
θ µ0 −
x y
N =2 dpx dpy +
(2π)2 n=1
2m 2mL2

où 
1 x>0
θ(x) =
0 x<0
Appliquant la formule donnée dans l’énoncé on trouve
  ∞   
S p 2
+ p 2
π 
2 2 2
x
dx θ µ0 −
x y
N =2 L dpx dpy −
(2π)2 0 2m 2m
  
S 
p2x + p2y
− dp x dp y θ µ 0 −
(2π)2 2m

Pour le premier terme, prenant comme variable p = πx on retrouve le calcul de la


question
précédente, avec µ remplacé par µ0 ; le second est l’aire d’un cercle de rayon

2m µ0 :
SL 4 S
N =2 π(2mµ0 )3/2 − π(2mµ0 )
(2π)3 3 (2π)2
Introduisons 2mµ0 = p2 2
F , 2mµ0 = pF , et remplaçons N dans le membre de gauche
par son expression en fonction de µ0 ; nous obtenons

3 3h 2 1
pF = pF −
3
p +O
8L F L2
108 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Dans le deuxième terme du deuxième membre, on peut remplacer pF par pF , à


1
des termes en 2 près, soit
L

3h
p3
F = p3F 1+ ,
8L pF

d’où

h
pF = pF 1+ .
8L pF

Finalement

h 1
pF = pF + +O
8L L2

soit

pF h 1
µ0 = µ0 + +O
8L m L2

(2m µ0 )1/2 1
= µ0 + h +O .
8m L L2

Les électrons, parce qu’ils sont confinés dans une région de taille L, ont une énergie
cinétique augmentée par rapport à la situation de densité uniforme (relation d’incer-
titude).

6) i) A température nulle U = εn
n,εn ≤µ

soit, dans la limite des grands volumes,



SL 1
U0 = 2 d3 p(p2 /2m)
(2π)2 π D

où D est le domaine défini à la question (4). Ici encore on peut intégrer sur pz < 0
en divisant le résultat par deux ; passant en coordonnées polaires on obtient après
intégration sur les angles

 pF
SL 4π 4π SL 5
U0 = 2 p4 dp = p
(2π)3 2m 0 5m (2π)3 F

1
ii) A nouveau pour garder les termes en il faut appliquer la formule de la
L
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 109

question (5) à la somme sur n dans la direction Oz :


 ∞
 
SL  p2 p 2
+ p 2
n π 
2 2 2
U0 = 2 θ µ0 −
x y
dpx dpy −
(2π)2 n=1
2m 2m L2
  
4π SL 5 S p2x + p2y 
p2x + p2y
= p − dpx dpy θ µ0 −
5m (2π)3 F (2π)2 2m 2m
 pF
4π SL 5 S 2π
= 3
pF − 2
dp p3
5m (2π) (2π) 2m 0
4π SL 5 S π 4
= pF − 2 p
5m h 3 h 4m F
Dans le deuxième terme, d’ordre relatif 1/L, on peut négliger la différence pF −pF ; en
revanche dans le premier il faut tenir compte de ce déplacement, calculé à la question
(5). Cela donne

5
4π SL h π S 4
U0 = pF + − p
5m h3 8L 4m h F
π
= U0 + Sp4
4m F
soit
πm 2
U0 − U0 = S µ
h2 0

U0 − U0 πmµ20
iii) On en déduit Γ = =
2S 2h2
L’énergie de Fermi de l’aluminium est 3,6 fois plus élevée que celle du sodium ;
l’énergie de surface est donc (3, 6)2 13 fois plus élevée.

7) i)
 
d3 r ρ(r) = N d3r d3r2 . . . d3rN |Ψ (r, . . . , rN )|2

La fonction d’onde à N corps est normée ; l’intégrale est donc égale à un, et donc
l’intégrale sur tout l’espace de la densité d’électron ρ(r) est bien égale au nombre total
d’électrons N .

ii) La fonction d’onde du fondamental est le déterminant de Slater construit avec


les N fonctions à un corps ϕq d’énergies les plus basses. Si on néglige le spin

1 
Ψ (r1 , . . . , rN ) = √ (−1)P ϕP1 (r1 ) . . . ϕPN (rN )
N! p

où P1 , . . . , PN sont les indices permutés des N fonctions propres (orthonormées) à un


corps.
110 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

On a donc

N 
ρ(r) = √ (−1)P (−1)Q ϕ∗P1 (r)ϕQ1 (r). d3r2 ϕ∗P2 (r2 )ϕQ2 (r2 )
N ! P,Q

. . . d3rN ϕ∗PN (rN )ϕQN (rN )

Chacune de ces (N −1) intégrales est nulle, sauf si P2 = Q2 , . . . , PN = QN , c’est-à-dire


si les deux permutations P et Q coïncident :
N  ∗
ρ(r) = ϕP1 (r)ϕP1 (r)
N!
P

L’indice P1 prend des valeurs sur l’ensemble q des N états d’énergie la plus basse.
Fixant P1 = q on peut sommer sur des valeurs de P2 , . . . , PN , qui sont arbitraires et
donnent donc un facteur (N − 1) !. Au total donc

ρ(r) = |ϕq (r)|2
q

iii) Pour des conditions aux limites périodiques


1
ϕq (r) = √ ei p . r/

avec Ω = SL et px Lx = 2π  nx , etc...
 1
N
Donc ρ(r) = = ; on trouve, comme attendu, une densité uniforme.
q
Ω Ω

8) Pour la géométrie limitée entre deux plans


 p z
2 z
ϕq (r) = sin ei(px x+py y)/
Ω 
et donc
2  2 pz z
ρ(z) = sin
Ω 
où la somme porte sur les N états d’énergie la plus basse, c’est-à-dire p2x + p2y + p2z ≤
2m µ0 , avec dans chaque état deux projections de spin possibles. Les sommes sur
S
px et py peuvent se remplacer par l’intégrale (avec un facteur 2 ). La somme sur
h
π nz  L 2L
pz = avec nz ≥ 1 donne une intégrale sur pz positif avec un facteur = .
L π h
Donc 
8 pz z
ρ(z) = 3 d3 p sin2
 D 

On peut intégrer sur px et py (aire d’un cercle dont le carré du rayon vaut
2m µ0 − p2z = p2
F − pz )
2

 
8π pF 2 pz z
ρ(z) = 3 dpz (p2
F − pz ) sin
2
h 0 
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 111

α p z
Posons pz = xpF ; on reconnait l’intégrale donnée avec = F . Donc
2 
 
8π 1 sin α − α cos α
ρ(z) = 3 p3 −
h F 3 α3

On vérifie que cette densité s’annule, comme attendu puisque la probabilité de


présence électronique s’y annule, en z = 0 (soit α = 0)
sin α − α cos α 1
= + O(α3 ) .
α3 3

8π p3
F
Pour α grand ρ(z) oscille autour de sa valeur asymptotique ρ∞ = avec
3h3
des oscillations amorties ; ρ(z) passe par sa valeur ρ∞ chaque fois que tg α = α,
π
c’est-à-dire pour z croissant au voisinage des valeurs α = (2n + 1) .
2

π
La « longueur d’onde » de ces oscillations est donc environ .
2pF

A la distance z = 4, 8 10−10m on trouve


 
 ρz − ρ∞ 

α 16, 7 et donc   5 10−3
ρ∞ 
ρ(z) tend donc très vite vers sa valeur asymptotique.

9) Pour tenir compte de l’annulation de ρ au voisinage du plan L = 0, nous allons


calculer la moitié du nombre total d’électrons en intégrant ρ de 0 à L/2
 L/2  L/2
N L 8π sin α − α cos α
=S ρ(z)dz = S ρ∞ − S 3 p3 F dz
2 0 2 h 0 α3


Dans cette dernière intégrale on fait prendre comme variable α dz =  dα et
2pF
la borne supérieure est quasi-infinie (en effet α est déjà égal à plus de seize pour une
112 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

distance de 1,6 angströms ; pour une épaisseur d’un millimètre la borne supérieure
est supérieure à 3.106 et l’intégrale jusqu’à L peut être étendue jusqu’à l’infini, à des
termes en 1/L près). En définitive

8π 3 8π h π
N =Ω p − 2S 3 p3
3h3 F h F 4π pF 4

Avec des conditions aux limites périodiques on aurait une densité uniforme et un
moment de Fermi pF tel que

N = Ω 3 p3F
3h
On a donc
3 h 2
p3F = p3
F − p
8L F
soit

 h 1
pF = pF + +O
8L L2
en accord avec le résultat de la question (5)

IV - COUCHE MINCE CONDUCTRICE ET EFFET HALL


QUANTIQUE.
1.1) Soit Ψ une fonction propre de Ĥ  (indépendante de z) à l’énergie E  :

Ĥ  Ψ = E  Ψ .

Cherchons les fonctions propres de Ĥ sous la forme

Ψ = χ(z)Ψ

 
p̂2z
ĤΨ = Ψ + V (z) χ(z) + χ(z)(H  Ψ )
2m
 2 
p̂z
= Ψ + V (z) + E  χ(z)
2m

p̂2
Si χ(z) est une fonction propre du hamiltonien unidimensionnel ĥ = z + V (z),
2m
à l’énergie ε,

ĤΨ = Ψ (ĥ + E  )χ(z) = Ψ (ε + E  )χ(z)


= (ε + E  )Ψ

de sorte que Ψ est une fonction propre d’énergie ε + E  .


Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 113

Il faut donc déterminer les énergies propres ε de l’hamiltonien ĥ :


pn z
les fonctions propres sont de la forme χn (z) = An sin qui s’annule en 0 et a, à

pn a
condition que = n π; n = 1, 2, . . .

p2n n2 π 2 2
L’énergie propre est εn = + V0 = + V0 .
2m 2ma2

Les énergies propres de Ĥ, pour E  donné, sont donc


n2 π 2 2
En = E  + V0 + .
2ma2

La séparation entre les deux niveaux les plus bas est


alors
π 2 2 2 3π 2 2
∆E = (2 − 1 2
) =
2ma2 2ma2
= 1, 13 10−2 eV .
1 −βEn
1.2) pn = Z e
p1
= e−β(E1 −E0 ) = exp(−∆E/kT ) = 3, 4 10−29 pour T = 2K
p0

1.3) On voit que l’occupation du premier état excité est très faible ; celle du second
ferait intervenir
8/3
p2 −8βπ 2 2 /2ma2 p1
=e = = 1, 2 10−76
p0 p0

On voit donc que l’occupation des états excités décroît très vite. Pour préciser cela
on calcule

∞ 
  −β π2 2 (n2 −1)
Z= e−βEn = e−βE1 e 2ma2
n=1 n=1
 ∞

 βπ 2 2
−βE1 −γ(n2 −1)
=e 1+ e où γ =
2
2ma2
Appliquant l’inégalité indiquée


Z e−3γ
1< <1+ e−3nγ/2 = 1 +
e−βE1 2
1 − e−3γ/2

Avec les données du problème


γ = 21, 8
Z
1< < 1 + 3, 45 10−29
e−βE1
114 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

L’approximation obtenue en remplaçant Z par e−βE1 comme si l’occupation de l’état


le plus bas était 100% (et tous les états excités vacants) est légitime. A la température
considérée les degrés de liberté dans cette direction z sont gelés. Seuls les degrés de
liberté transverses dans les directions x et y peuvent être excités.

2.1) Pour un état pur  = Ψ|Â|Ψ, l’équation d’évolution est donnée par le
théorème d’Ehrenfest (voir cours de Mécanique Quantique).

Pour un mélange statistique, l’évolution de l’opérateur densité s’écrit


d
i D̂ = [Ĥ, D̂] .
dt

Pour une observable Â, indépendante du temps,


 
d d dD̂
< Â >= Tr D̂Â = Tr Â
dt dt dt
1 1
= Tr ([Ĥ, D̂]Â)= Tr (Ĥ D̂Â − D̂Â − D̂Ĥ Â) .
i i

En utilisant l’invariance cyclique de la trace on met le dernier terme sous la forme


Tr (D̂ ÂĤ − D̂Ĥ Â) = Tr (D̂[Â, Ĥ]) .
Par conséquent
d 1 1
 = Tr (D̂[Â, Ĥ]) = [Â, Ĥ] .
dt i i

2.2) Il faut donc calculer les commutateurs successifs de ces opérateurs avec Ĥ.
p̂2
[x̂, Ĥ] = [x̂, x ] =
2m
1  i
= [x̂, p̂x ]p̂x + p̂x [x̂, p̂x ] = p̂x
2 m
1
[ŷ, Ĥ] = [ŷ, (p̂y + eB x̂)2 ]
2m
i
= (p̂y + eB x̂)
m
1
[p̂x , Ĥ] = [p̂x , (p̂y + eB x̂)2 + eE x̂]
2m
  eB 
= (p̂y + eB x̂) + eE
i m
1
[p̂y , Ĥ] = [p̂y , (p̂y + eB x̂)2 ] = 0 .
2m
eB eB
[Ŝx , Ĥ] = [Ŝx , Ŝz ] = −i Ŝy
m m
eB eB
[Ŝy , Ĥ] = [Ŝy , Ŝz ] = i Ŝx
m m
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 115

On en déduit
d 1
x̂ = p̂x 
dt m
d 1
ŷ = [p̂y  + eBx̂]
dt m 
dp̂x  eB e2 B 2
=− p̂y  + x̂ + eE
dt m m
dp̂y 
=0
dt
dŜx  eB
=− Ŝy 
dt m
dŜy  eB
= Ŝx 
dt m

2.3) Une particule classique de masse m et charge −e, est soumise dans ce champ
électromagnétique à la force
F = −e[E
 + v ∧ B]

et les équations du mouvement sont donc, dans le plan xOy,
dvx
m = −e[E + Bvy ]
dt
dvy
m = +eBvx
dt

Pour comparer ces équations classiques à celles des valeurs moyennes ci-dessus, il
p

faut noter que v  n’est pas égal à   mais
m
d 1
x̂ = v̂x  = p̂x 
dt m
d 1
ŷ = v̂y  = [p̂y  + eBx̂]
dt m
Par conséquent
d 1 d
v̂x  = p̂x 
dt m dt 
1 eB e2 B 2
=− p̂y  + x̂ + eE
m m m
 
1 eB e2 B 2
=− (mv̂y  − eBx̂) + x̂ + eE
m m m
1 
=− eE + eBv̂y 
m 
d 1 d d
v̂y  = p̂y  + eB x̂
dt m dt dt
 
eB p̂x eB
=   = v̂x 
m m m
116 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

On retrouve bien les mêmes équations pour les valeurs moyennes.


ˆ .B.
2.4) L’énergie magnétique de spin s’écrit −µ  En comparant avec l’hamiltonien
ˆ e e
µz = − Ŝz dont les valeurs propres sont − (±/2) pour un électron
(2) on voit que 
m m
de spin 1/2.

Les équations d’évolution des valeurs moyennes des composantes du spin s’écrivent
d  e 
S = B ∧ S

dt m

Le vecteur S  à la fréquence ωs , où ωs = eB .


 précesse autour de B
2π m

3.1) On a vu précédemment que [p̂y , Ĥ] = 0. On peut donc diagonaliser simulta-


nément p̂y et Ĥ. La fonction
i
µ(y) = A exp py y

 ∂
est une fonction propre de p̂y = pour la valeur propre py .
i ∂y

3.2) Pour py donné et E = 0

p̂2x 1 eB
Ĥ = + (py + eB x̂)2 + Ŝz
2m 2m m
p̂2 e2 B 2 py 2 eB
= x + x̂ + + Ŝz
2m 2m eB 2m

eB py
En identifiant on obtient ω = (= ωs ) et x0 = − .
m eB
p̂2x 1 1
3.3) L’hamiltonien + m ω 2 (x̂ − x0 )2 a pour valeurs propres (n + )ω. En
2m 2 2
effet si on pose x̂ − x0 ≡ x̂ le commutateur de p̂x et de x̂ est le même que celui de
p̂x et x̂ et les résultats du cours de Mécanique Quantique sur l’oscillateur harmonique
ne dépendent que de ce commutateur.
eB
3.4) Les valeurs propres de Ŝz , qui commute avec la partie spatiale de l’hamil-
m
eB  eB 1
tonien, sont ± =s  = sω où s = ± .
m 2 m 2
Les valeurs propres sont donc
1
εn,s = (n + s + )ω n = 0, 1, . . .
2
1
s=± .
2
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 117

3.5) Pour E = 0 et py donné

p̂2x 1 eB
Ĥ = + (py + eB x̂)2 + eE x̂ + Ŝz
2m 2m m
2
p̂ 1 eB
= x + mω 2 (x̂ − x1 )2 + Ŝz + C
2m 2 m
où C est une constante.

En identifiant le polynôme du second degré en x̂ on trouve


eB eB E mE 2
ω= − mω 2 x1 = py + eE, C = − py −
m m B 2B 2
1
Les valeurs propres de Ĥ sont donc (n + s + )ω + C. Les fonctions propres sont
2
centrées en x1 et
1 1 E
v̂y  = py + eB x̂ = (py + eBx1 ) = −
m m B
Un état propre de Ĥ est un état stationnaire. Classiquement l’électron soumis à un
champ électrique le long de Ox et à un champ magnétique le long de Oz subira une
 + v ∧ B)
force dans la direction Ox, sauf s’il y a compensation : (E  x = 0.

On n’aura donc de situation stationnaire que si E + vy B = 0, comme dans le cas


quantique.

4.1)
Si Ψ est paire en x :
px x ipy y/
Ψ(x, y) = A cos e

Si elle est impaire :
px x ipy y/
Ψ(x, y) = A sin e

Les conditions aux limites entrainent
py
• =2nπ (1) n ∈ Z (périodicité en y)

px L π L
• =(2n + 1) (2) n = 0, 1, 2, . . .(annulation à ± )
2 2 2
pour les fonctions paires en x.
px L 
• =n π (3) n = 1, 2, . . .
2
pour les fonctions impaires en x.

4.2) La densité d’états s’écrit :


   
 p2x p2y  p2x p2y
D(ε) = 2 δ ε− − +2 δ ε− −

2m 2m 
2m 2m
n,n n,n
118 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

où dans la première somme py et px sont donnés par (1) et (2) et dans la deuxième
par (1) et (3). Le facteur 2 est dû au spin.

A la limite des grands volumes ces sommes tendent vers des intégrales
  +∞

→ dpy
n
2π −∞
  ∞   ∞
L L
→ dpx → dpx
2π 0 2π 0
n n
 ∞  +∞
L p2x p2y
D(ε) → 2 2 dp x dp y δ(ε − − )
(2π)2 0 −∞ 2m 2m
 +∞  +∞
L p2x + p2y
=2 dp x dp y δ(ε − ).
(2π)2 −∞ −∞ 2m

En coordonnées polaires dans le plan px , py , cela donne


 ∞
2 L ρ2
D(ε) = 2π dρ ρ δ(ε − )
(2π) 0 2m
 ∞
2 L
= 2πm du δ(ε − u) avec u = ρ2 /2m
(2π)2
0

L 0 si ε < 0
= 4πm 2
(2π) 1 si ε > 0
m
D(ε) = L 2 θ(ε)
π

4.3) Pour des fermions sans interaction ln ZG = ln(1 + eα−βεk ).
k

A la limite des grands volumes



ln ZG → dεD(ε) ln(1 + eα−βε )

soit  ∞
m
ln ZG → L dε ln(1 + eα−βε )
π2 0
Posant α − βε = t on obtient
 α
ln ZG m m
lim = dt ln(1 + et ) = ϕ(α) .
L πα2 −∞ πβ2

4.4)
N 1 ∂ ln Z m 
ν= = = ϕ (α)
L L ∂α πβ2
m m
= ln(1 + eα ) = ln(1 + eβµ )
πβ2 πβ2
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 119

ν est une fonction monotone croissante de


µ, proportionnelle à µ pour µ grand positif,
décroissante comme eβµ pour µ → −∞.

A température nulle β → +∞ µ →
εF .
ln(1 + eβµ ) ∼ ln eβµ = βµ
m
d’où ν = εF .
π2
Cela donne εF = 2, 4 10−2 eV soit θF =
278 K.

A la température considérée T = 2K, T  θF , le gaz d’électrons est très quantique


et à température quasi-nulle.

4.5) Les énergies propres sont maintenant


p2x p2y
ε= + + sω où s = ±1/2
2m 2m
et px et py sont données comme ci-dessus en 4.1). On obtient
 p2x p2y
D(ε) = δ(ε − − − sω)
2m 2m
n,n ,s
 p2x p2y
+ δ(ε − − − sω)
2m 2m
n,n ,s

A la limite des grands volumes


2L   p2x p2y
D(ε) → dpx dpy δ(ε − sω − − )
(2π)2 2m 2m
s=±1/2

On retrouve le calcul précédent avec ε remplacé par ε − sω, de sorte que


L m 
D(ε) = θ(ε − sω)
2π2
s=±1/2

2 ε > 12 ω
L m 
= 1 − 12 ω < ε < 12 ω
2π2 
0 ε < − 21 ω

De même ln ZG = D(ε) ln(1 + eα−βε )dε
  
∞ ∞
L m α−βε α−βε
= dε ln(1 + e )+ dε ln(1 + ε )dε
2π2 1/2ω −1/2ω
120 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

soit  
ln ZG m βω βω
= ϕ(α − ) + ϕ(α + )
L 2πβ2 2 2

∂A
4.6) M = − où A est le grand potentiel
∂B
A = −kT ln ZG , soit donc
 
kT e  βω  βω
M = L ϕ (α + ) − ϕ (α − )
4π 2 2
 
kT e 1 + exp(α + βω
2 )
= L ln
4π 1 + exp(α − βω
2 )

Lorsque B → 0 ω → 0
 
βω
1 + exp(α + 2 ) βω
ln = + O(ω 2 )
1 + exp(α − βω
2 )
1 + e−α
M L kT e βω 1
= , soit
NB B→0 N 4π 1 + e−α B
1 e2
χ=
ν 4πm(1 + e−α )

Il faut exprimer α en fonction de la densité électronique ν. La relation établie en


4.4) s’écrit βεF = ln(1 + eα ). On en déduit eα , puis χ

2
e 1 − e−βεF
χ=
2m εF

1
A haute densité (ν → ∞), c’est-à-dire εF kT , ε−βεF  1 et donc χ ∼ .
εF
A faible densité (εF  kT ), βεF → 0 et

2
e 1
χ
2m kT
On retrouve dans ce domaine, qui est non quantique, la loi de Curie χ ∼ 1/T .

py L eBL
5.1) x0 = − ; |x0 | < ⇒ |py | <
eB 2 2
Mais la périodicité en y « quantifie » py qui prend les valeurs discrètes
2π
py = n où n ∈ Z .

eB
Par conséquent la restriction sur py impose |n| < L .
4π
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 121

En l’absence de couplage du spin les énergies propres ont été calculées en 3.3)
1 eB
εn = (n + ) , ω= .
2 m
Ceci est vrai quelque soit py ; la dégénérescence gn est donc égale à 2 (pour le spin)
× nombre de valeurs de py soit
L eB
gn = .
π

Lorsqu’on inclut le couplage du spin au champ


1
εn,s = (n + + s)ω s = ±1/2
2
et la dégénérescence est encore le nombre de valeurs de py . Mais il faut prendre garde
à ce que εn,+1/2 = εn+1,−1/2 .

Par conséquent la dégénérescence de tous les états excités est égale à ce même
facteur gn ; seul l’état ε0,−1/2 a une dégénérescence égale à la moitié de ce nombre.

5.2)

i) En l’absence du couplage spin-champ



ln ZG = gn ln(1 + eα−βεn )
n


L eB  1
= ln(1 + eα−β(n+ 2 )ω )
π n=0

ii) En présence du couplage spin-champ


 ∞

LeB 1 
α α−βnω
ln ZG = ln(1 + e ) + ln(1 + e )
π 2 n=1
122 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

5.3) Dans la limite où B → 0 (ω → 0) on prend les formules de 5.2) et on évalue


la limite de ln ZG et ses corrections en appliquant les formules données dans l’énoncé
avec βe
f (x) = ln(1 + eα− m x )

On en déduit dans les cas i) et ii) de 5.2 :

i) Par application de la deuxième formule d’Euler-Mac Laurin



L e ∞ βe
ln ZG = ln(1 + eα− m x )dx
π 0
L e2 β
− B 2 + 0(B 4 )
24πm(1 + eα )
L m L e2B
= ϕ(α) − B 2 + 0(B 4 )
πβ2 24πm(1 + e−α )
dont le premier terme coïncide bien avec la limite à B = 0 calculée directement en
4.3).

ii) Par application de la 1ère formule d’Euler-Mac Laurin (en prenant garde à
ajouter à la somme le terme n = 0)
L m L e2 β
ln ZG = ϕ(α) + B 2 + 0(B 4 ) .
πβ 2 12πm(1 + e−α )

5.4)
M  1 ∂M  1 ∂ 2 ln ZG 
χ=  =  =  .
N B B=0 N ∂B B=0 N β ∂B 2 B=0

Par conséquent, toujours dans ces deux mêmes situations i) et ii)

1 e2 1
i) χ = − .
12π νm 1 + e−α
En l’absence de couplage au spin, l’effet orbital du champ est diamagnétique, soit
χ < 0 (M anti-parallèle à B).

e2
ii) χ = .
6πνm(1 + e−α )

L’effet combiné du spin et des effets orbitaux donne un résultat total positif :
e2
le paramagnétisme l’emporte. Si on revient à 4.6) on avait χ = :
4πνm(1 + e−α )
l’effet paramagnétique des spins donne un facteur 1/4, l’effet diamagnétique orbital
1 1 1 1
un facteur − et − = qui est bien le résultat trouvé ici.
12 4 12 6
5.5) Les fonctions d’onde
 mωd’un oscillateur harmonique centré en x0 contiennent
un facteur gaussien exp − (x − x0 )2 qui est quasi-nul en x = ±1/2 lorsque x0
2
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 123

est à l’intérieur du puits (pour B = 1 tesla et L = 10−3 m, ce facteur est inférieur


à exp (−200) tant que x0 ne s’approche pas des bords de moins de 10−6 m). Par
conséquent la solution de l’oscillateur harmonique dans l’espace infini satisfait les
conditions d’annulation demandées et est donc très proche de la vraie solution.

Pour x0 hors de l’intervalle (−L/2, +L/2), on a en fait la superposition d’un


potentiel harmonique centré en x0 et d’un puits infini

Dans un état propre de Ĥ, l’énergie E est la somme de la valeur moyenne de


l’énergie cinétique et de l’énergie potentielle. L’énergie cinétique est positive (le carré
de l’opérateur hermitien p̂ est de type positif) donc E ≥ ψ|V |ψ, c’est-à-dire E ≥
 L/2
V (x)ψ 2 (x) dx où V est le potentiel harmonique centré en x0 .
−L/2

On en déduit E ≥ inf V . Si par exemple x0 > L/2,


x∈(−L/2,L/2)
1 L
E≥ mω 2 (x0 − )2 . Cette énergie est grande et l’état correspondant ne sera jamais
2 2
L
occupé aux températures considérées ici ; en effet tant que x0 ≥ (1 + 10−4 ), cette
2
borne inférieure de l’énergie est très supérieure à kT . On peut donc ne pas tenir
compte de ces états.

dv
6.1) Dans un état stationnaire la force est nulle (m = 0) et donc
dt
m
−e Ex − vx = 0.
τ
νe2 τ νe2 τ
Jx = −eνvx = Ex , σ0 =
m m

6.2) Par rotation de π/2 autour de Oz, Jx → Jy , Jy → −Jx , Ex → Ey , Ey →


−Ex . Appliquant la définition de la matrice σ à ces nouveaux champs et courants on
obtient
Jy = σxx Ey − σxy Ex
−Jx = σyx Ey − σyy Ex
124 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

donc on tire, par comparaison avec la définition des σ,

σxx = σyy σyx = −σxy

Par rotation de π autour de Ox, B → −B, Ex et Jx sont invariants, Ey → −Ey ,


Jy → −Jy . On obtient donc

Jx = σxx (−B) Ex − σxy (−B) Ey


−Jy = σyx (−B) Ex − σyy (−B) Ey

On en déduit σxx (B) = σxx (−B) σxy (−B) = −σxy (B).

6.3)

σxx σxy −1 1 σxx −σxy


σ= ρ=σ = 2
−σxy σxx 2
σxx + σxy σxy σxx
σxy
 = ρJ
E et Jy = 0 ⇒ Ey = 2 2 x
j
σxx + σxy
Vy Ix
Or Ey = − , = Jx , soit

Vy σxy
RH = =− 2 2
Ix σxx + σxy

dv 
6.4) Les équations du mouvement établies en 2) avaient la forme classique m =
dt
m
−e[E
 + v  ∧ B]
 ; en présence de collisions il faut ajouter la force − v .
τ
d  − m v  = 0.
Dans un état stationnaire v  = 0. On a donc −e[E
 + v  ∧ B]
dt τ

En substituant à v  le courant J = −eνv  on obtient les équations indiquées.


On en tire
m  m 
1  eτ B eν −B
m ⇒ σ = ρ = + B 2  eτ m
−1
ρ=
eν −B m2 B
eτ eτ
e2 τ 2

σ0 νe2 τ
σxx = où σ0 =
1 + ω2τ 2 m
eB
ω=
m
σ0 ωτ
σxy =−
1 + ω2τ 2
σxy ωτ B
RH = − 2 + σ2
= = .
σxx xy σ0 νe
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 125

On voit que RH , la résistance de Hall, est indépendante du paramètre de collision τ .

6.5) A température nulle pour µ = εF fixé, la densité électronique est liée à B


puisque, si εF est situé entre le niveau k et le niveau (k + 1), tous les niveaux jusqu’au
L eB
k-ième sont remplis de g = électrons (à l’exception du premier rempli de g/2
π
électrons). Par conséquent

si (k − 1)ω < εF < kω

1 1 eB
N = g( + (k − 1)) = L(k − ) , soit
2 2 π

1 eB  eB  eB
ν = (k − ) pour (k − 1) < εF < k
2 π m m

1 eB mεF 1 mεF 1
soit ν = (k − ) pour <B<
2 π e k e k − 1

B
La résistance de Hall est donnée par RH = ; si B appartient à l’intervalle

νe
mεF 1 mεF 1 eB π 1
, alors ν = (k − 1/2) et par conséquent RH = 2
e k e k − 1 π e k − 1/2
avec k = 1, 2, . . . .

Soit donc la courbe


126 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

où l’on voit les paliers successifs de la variation de RH avec le champ appliqué et les
1
valeurs de RH qui sont des fractions × constante fondamentale : cette constante
2p + 1
2π
est indépendante de toute caractéristique liée au matériau considéré.
e2
2π 1
Remarque : Nous avons trouvé RH = . En réalité on observe expérimen-
e2 2p + 1
2π 1
talement des valeurs de RH de la forme 2 où p est un entier pair ou impair.
e p
Le résultat que nous avons trouvé ici tient à la dégénérescence accidentelle entre les
niveaux εn,+1/2 et εn+1,−1/2 . Dans les systèmes réels les électrons ont des facteurs
gyromagnétiques tels que le couplage entre le spin et le champ B  est g e B.
 S
 avec
2m
g = 2. Dans cette condition cette dégénérescence est levée et une analyse tout à fait
2π 1
semblable à celle que nous avons suivie conduirait à RH = 2 .
e p

6.6) Lorsque µ est situé entre deux niveaux d’énergie, τ est infini ; on a donc
νe2 τ /m
σxx = → 0 , alors que
1 + ω2τ 2
νe2 τ 2 ω/m νe2 ω
σxy = − → − qui est fini .
1 + ω2τ 2 m
   
0 σxy 0 −1/σxy
σ= ⇒ρ=
−σxy 0 1/σxy 0

On notera que dans la direction longitudinale Ox la conductivité σxx et la résisti-


vité ρxx sont nulles simultanément ! Cette circonstance est due au caractère matriciel
de la relation entre champ et conductivité. Expérimentalement on vérifie que ρxx est
nul entre deux valeurs de B correspondant à une discontinuité de RH ; au voisinage
de ces valeurs particulières ρxx est non nul et présente donc une série de pics.
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 127

On voit sur ces figures i) l’annulation de ρxx ; ii) les paliers de ρxy en fonction de
B (noter que si ρxx = 0 RH = ρxy ), mais il faut aller à des températures de l’ordre
de 5 10−2 K pour que les effets soient aussi marqués que ceux que nous avons décrits.

V - QUANTIFICATION DE LA CHARGE ÉLECTRIQUE


DANS LES NANOSTRUCTURES

1.1) On considère un cylindre d’axe perpendiculaire aux armatures, avec une base
gauche dans l’armature de gauche, et une base droite à la distance z de celle-ci (z ≤
d(1 − α)). Le flux du champ électrique E, qui est parallèle à Oz est égal à SE(z) ; la
charge contenue dans ce cylindre est égale à QG . Par conséquent
QG
E= . (5.8)
S0
Puisque l’origine des potentiels est prise sur l’électrode de gauche, on en déduit que
QG
φ(z) = − z pour 0 ≤ z ≤ d (1 − α) . (5.9)
S0
Si d(1 − α) ≤ z ≤ d on reprend le même cylindre ; le flux est inchangé, mais la charge
128 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

est maintenant (QG − N e) de sorte que

(QG − N e)
φ(z) = − z+K (5.10)
S0
pour d(1 − α) ≤ z ≤ d. La continuité de φ(z) pour z = d(1 − α) conduit au résultat
demandé
(QG − N e) d(1 − α)
φ(z) = − z − Ne (5.11)
S0 S0

1.2) La différence de potentiel V imposée entre les armatures fixe donc

φ(d) − φ(0) = V, (5.12)

soit
d
V =− (QG − N eα). (5.13)
S0
Par conséquent
dQG S0 dN
C=− = − eα . (5.14)
dV d dV

2.1) Puisqu’il n’y a qu’une seule fonction d’onde spatiale ψ(r) liée, on peut donc
stocker dans l’îlot, soit aucun électron, soit un électron de fonction d’onde ψ et de spin
positif le long d’un axe de quantification, soit un électron de spin négatif, soit deux
électrons de spin opposés. Le nombre d’occupation n peut donc prendre les valeurs 0,
1 ou 2.

2.2) Si l’on met deux électrons dans l’îlot, leurs fonctions d’onde spatiales étant
identiques puisqu’il n’y a qu’un seul état lié, la partie spatiale ψ(r1 )ψ(r2 ) est symé-
trique d’échange. Il faut donc que l’état des deux spins soit antisymétrique et il n’y
a qu’un seul état de spin qui ait cette propriété. Le vecteur d’état unique satisfaisant
au principe de Pauli est donc
|Φ >= ψ(r1 )ψ(r2 ) √12 (|+, − > −|−, + >).

2.3) S’il n’y avait pas de répulsion coulombienne, l’énergie de deux électrons pié-
gés serait simplement égale à 2. Au premier ordre dans la répulsion coulombienne
l’énergie de deux électrons piégés se met sous la forme E = 2+ < Φ|V |Φ >. Puisque
V ne dépend que des positions, la partie de spin (normée à un) du vecteur Φ donne
un facteur égal à un qui multiplie l’intégrale sur les positions

W = d3 r1 d3 r2 |ψ(r1 )|2 |ψ(r2 )|2 V (|r1 − r2 |). (5.15)

2.4) Le nombre n d’électrons stockés dans l’îlot n’est pas fixé. On se place donc dans
l’ensemble grand-canonique dans lequel n ne prend que les seules valeurs permises 0,
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 129

1 (avec dégénérescence égale à deux, correspondant aux deux états de spin possibles)
ou 2. Par conséquent

Z = 1 + 2 exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ)). (5.16)

2.5)

∂ln Z 1 ∂ln Z
< n >= =− , (5.17)
∂α β ∂µ

soit

2
< n >= [exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ))] (5.18)
Z

2.6) Pour W = 0, Z = [1 + exp −β( − µ)]2 (comme il se doit puisque les deux
électrons sont indépendants lorsque W = 0) et

2 2
< n >= [1 + exp(−β( − µ))] exp(−β( − µ)) = (5.19)
Z 1 + exp β( − µ)

qui est le facteur de Fermi attendu d’électrons indépendants (compte tenu du spin).

2.7) (a) À température nulle, il faut distinguer suivant l’intervalle auquel appar-
tient µ.
Si µ < , toutes les exponentielles tendent vers zéro, Z tend vers un et donc < n >
s’annule.
Si µ > , le terme exp(−β( − µ)) est beaucoup plus grand que un et Z prend donc
la forme

Z ∼ 2 exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ)). (5.20)

Par conséquent

exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ)) 1 + exp(−β( + W − µ))


< n >= 2 =2 , (5.21)
2 exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ)) 2 + exp(−β( + W − µ))

et il faut distinguer selon les valeurs de µ.


Si  < µ <  + W , exp(−β( + W − µ)) s’annule et < n > tend vers un. Si  + W < µ,
exp(−β( + W − µ)) tend vers l’infini et donc < n > tend vers deux.
130 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

(b) Au voisinage du point µ = , on pose µ =  + x/β, et on fait tendre β vers


l’infini, en gardant x fini. Dans cette limite exp(−β(2 + W − 2µ)) est négligeable et
l’on a :

exp(−β( − µ)) 1
< n >= 2 = (5.22)
1 + 2 exp(−β( − µ)) 1 −x
2e +1

(c) Au voisinage du point µ =  + W , on pose µ =  + W + y/β, et on fait tendre


β vers l’infini, en gardant y fini. Dans cette limite exp(−β( − µ)) est grand devant
un et l’on a :

exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ))


< n >=2
2 exp(−β( − µ)) + exp(−β(2 + W − 2µ))
1 + exp(−β( + W − µ)) 1 + exp y
=2 =2 (5.23)
2 + exp(−β( + W − µ)) 2 + exp y

(d) On prend la forme approchée,

1 1
< n >= + , (5.24)
1+ 1
2 exp β( − µ) 1 + 2 exp β( + W − µ)

Pour kT = 10−3 eV et W = 2.10−2 eV, βW = 20, exp βW est très grand et le


deuxième terme ne contribue pas tant que µ− reste inférieur à 2.10−2 eV. On a donc :
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 131

2.8) L’îlot est soumis à un champ électrique dérivant du potentiel φ(z) = φ(z0 ) −
(z − z0 )E (z0 ), où E (z0 ) est le champ électrique moyen. L’hamiltonien est donc égal
à H − eφ(z0 ) + e(z − z0 )E (z0 ). Le niveau lié d’énergie  est donc déplacé de

< ψ| − eφ(z0 ) + e(z − z0 )E (z0 )|ψ >= −eφ(z0 ) + eE (z0 )[< ψ|z |ψ > −z0 ]. (5.25)

En prenant pour z0 la position moyenne de l’électron dans l’îlot, z0 =< ψ|z|ψ >,
l’effet de ce champ électrique est donc de remplacer  par  − eφ(z0 ).

3.1) Le nombre d’électrons stockés N est égal au nombre d’îlots M , multiplié par
l’occupation moyenne d’un îlot :

N =M <n>. (5.26)

3.2) On reprend donc


1 1
< n >= + , (5.27)
1+ 1
2 exp β( − µ) 1 + 2 exp β( + W − µ)

dans laquelle on remplace  par ˜ =  − eφ(z0 ). Quant au potentiel électrostatique, il


est donné par
QG QG
φ(z0 ) = − z0 = − − d(1 − α). (5.28)
S0 S0

Or à la question (2.2) nous avons montré que QG = N eα − C0 V . Ici N = M < n >,


et donc
M < n > eα
˜ =  − e(1 − α)(V − ). (5.29)
C0

L’équation (5.27), dans laquelle on a remplacé  par ˜ donné par (5.29), fournit donc
une équation non linéaire pour < n >.
132 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

3.3) Puisqu’un équilibre thermodynamique s’est établi par échange d’électrons


entre le plan des îlots et l’armature de droite, on a

µ = µD = µG − eV. (5.30)

3.4) On a donc

1
< n >=
1 + exp β[ − e(1 − α)(V − M<n>eα
1
2 C0 ) − µG + eV ]
1
+ . (5.31)
1 + 2 exp β[ − e(1 − α)(V − M<n>eα
C0 ) + W − µG + eV ]

Par conséquent
1
< n >=
1 + exp β( − ω + λ < n >)
1
2
1
+ . (5.32)
1 + 2 exp β( + W − ω + λ < n >)

ω = µG − αeV (5.33)

M e2 α(1 − α)
λ= . (5.34)
C0

3.5)

a) À température nulle le membre de droite de l’équation (5.32) se réduit à la


somme de deux fonctions saut :

< n >= θ(ω −  − λ < n >) + θ(ω −  − W − λ < n >), (5.35)

où θ(x) = 1 pour x > 0 et θ(x) = 0 pour x < 0. On a donc

< n > = 2 pour λ < n > < ω −  − W


< n > = 1 pour ω −  − W < λ < n > < ω − 
< n > = 0 pour ω −  < λ < n > . (5.36)
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 133

L’intersection de cette fonction en escalier avec la bissectrice des axes peut se


placer dans les sections horizontales dans lesquelles < n > reste constant, ou dans
les parties verticales pour lesquelles on a, ou bien λ < n >= ω −  − W , ou bien
λ < n >= ω − .

b) On en déduit < n > en fonction de ω. Il faut procéder par segments successifs :


(i) Si < n > est inférieur à λ1 (ω −  − W ) alors < n >= 2, par conséquent < n >= 2
pour ω >  + W + 2λ.

(ii) Si λ1 (ω −  − W ) < < n > < λ1 (ω − ), alors < n >= 1, soit
< n >= 1, pour  + λ < ω <  + W + λ

(iii) Si λ < n > > ω −  alors < n >= 0, c’est-à-dire


< n >= 0 pour ω < .

(iv) Enfin ces segments horizontaux sont raccordés par les deux segments de droite
correspondant aux segments verticaux ci-dessus, c’est-à-dire
< n >= λ1 (ω −  − W ) pour < n > compris entre 1 et 2 et
< n >= λ1 (ω − ) pour < n > compris entre 0 et 1.

Notons que s’il n’y avait qu’un seul îlot, < n > serait entier à température nulle. Si
ce n’est pas toujours vrai ici, c’est parce que l’interaction entre ces îlots implique que
certains pièges sont vacants, d’autres sont remplis par un seul électron, et d’autres
enfin sont doublement occupés.
134 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

dN
c) A la question 1.2 il a été montré que C = C0 − eα , soit ici
dV
d<n>
C = C0 − M eα . (5.37)
dV
Or < n > dépend de V par l’intermédiaire de ω = µG − αeV , par conséquent :
d<n>
C = C0 + M (eα)2 . (5.38)

Par conséquent pour les valeurs de ω telles que < n > reste constant, C = C0 , et pour
d<n> 1
les autres valeurs de ω, pour lesquelles = , revenant à la définition de λ,
dω λ
1 α
C − C0 = M (eα)2 = C0 . (5.39)
λ 1−α

Le « blocage de Coulomb », se manifeste par l’annulation de C −C0 lorsque < n >


atteint un et reste fixé à un, pour une plage de valeurs de ω, avant de finalement croître
jusqu’à deux.

d) Dans les régimes de < n > variable avec ω,

α C0 S0
C = C0 + C0 = = . (5.40)
1−α 1−α d(1 − α)

Tout se passe donc comme si le condensateur était constitué de l’armature de gauche


et du plan des îlots puisque d est remplacé par d(1 − α).

3.6)

ω1 =  + λ, ω2 =  + 2λ + W (5.41)

donc
M e2 α(1 − α)d
∆=λ+W = +W (5.42)
S0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 135

La distance énergétique ∆ entre les deux états de charge d’un îlot est donc propor-
tionnelle à la distance d entre les armatures (alors que l’image d’une interaction entre
charges et images dans l’armature de droite aurait conduit à une variation en 1/d).
Les résultats expérimentaux, malgré leur imprécision, sont en accord avec la théorie
développée ici.

3.7) Les contributions à l’intégrale



C̄ − C0 = [C() − C0 ]P ()d (5.43)

sont limitées aux deux intervalles


ω − W − 2λ <  < ω − W − λ et ω − λ <  < ω.
Puisque σ λ on peut remplacer l’intégration par dans chaque intervalle par la valeur
de la fonction au centre de l’intervalle, multipliée par la largeur λ de l’intervalle. Le
résultat est donc :
λC0 1 (ω − λ2 − 0 )2
C̄ − C0 = √ (exp[− ]
(1 − α) σ 2π 2σ 2
(ω − W − 3λ2 − 0 )
2
+ exp[− ]), (5.44)
2σ 2
et cette somme de deux gaussiennes est tout à fait en accord avec la courbe expéri-
mentale.

Les expériences évoquées dans ce problème datent de 1997. Dans la


situation réelle, quelques dizaines d’électrons peuvent être stockés dans un
îlot.

VI -NAINES BLANCHES
1.1) a) Dans l’approximation T = 0 K tous les états à une particule sont complè-
tement occupés jusqu’au niveau de Fermi, donc

2Ω pF
N= 3 4 π p2 dp
h 0
d’où  1/3
N
pF =  3 π 2

avec
N
= 1038 électrons m−3

pF 1, 5 10−21kg m s−1
me c = 2, 7 10−22 donc pF me c
136 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

b)

εF = c p2F + m2e c2 − me c2 3, 8 10−13 joules
εF 2, 4 106 eV = kθF
donc kθF kT0 , ce qui justifie l’approximation.

1.2) a) Le calcul de pF reste le même qu’à la question précédente. Par contre la


masse des protons étant supérieure on a :
mp c = 4, 8 10−19 pF
donc les protons se comporteront comme un gaz non relativiste. On a alors :
p2F
εF = ∼ 6 10−16 joules
2mp
d’où kθF ∼ 4 103 eV, et T0 θF .

Donc le gaz de protons suivra la statistique de Maxwell-Boltzmann

b) Calcul qualitatif.

L’énergie moyenne up des protons est


3
up = kT ∼ 7, 5 104 eV
2
Pour les électrons ue ∼ kθF ∼ 2, 4 106 eV.

La pression du gaz de protons classique est donné par


N 2N
Pp = kT = up
Ω 3Ω

Pour le gaz d’électrons dans le cas ultra relativiste


1N
Pe = ue
3Ω
donc la pression du gaz d’électrons sera bien supérieure à celle du gaz de protons à la
même température T0 .

2 Étude de l’équilibre

2.1) a)

2Ω pF p2
U= 3 4 πp2 dp
h 0 2me

U 4 π p5F
= 3
Ω h me 5
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 137

Compte tenu de l’expression de

pF = (3 π 2 n)1/3

on a

U 2 35/3 π 4/3 5/3


= n
Ω 10me

La pression dans ce cas s’exprime par

∂U 
P =− 
∂Ω N
Or
2 35/3 π 4/3 N 5/3
U=
10me Ω2/3
d’où

2 32/3 π 4/3 5/3 2 U


P = n ≡
5me 3 Ω

b) Dans le cas relativiste, on a donc


 pF
8πΩ
U= ε(p) p2 dp
h3 0

avec
ε= p2 c2 + m2e c4 − me c2
p
En posant x = :
me c
 xF
Ωm4 c5
U= 2 3 x2 ( x2 + 1 − 1) dx
π  0

avec
pF
xF =
me c
La pression P s’exprime d’après le cours
 ∞
A 8π
P = − = − 3 kT p2 dp ln(1 − fε )
Ω h 0

avec
1
fε =
eβ(ε−µ) + 1

En intégrant par parties, on a :


 ∞

8π p3 dε
P = 3 dp
3h 0 1 + eβ(ε−µ) dp
138 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Dans la limite T → 0, il vient avec


dε pc2
=
dp p2 c2 + m2e c4
 pF
8π p 4 c2
P = 3 dp
3h 0 p2 c2 + m2e c4
 xF
m 4 c5 x4
P = 3 2 √ dx
3 π 0 x2 + 1

U
c) Le développement de est simple et l’intégration alors immédiate donne :

 
U m4 c5 x4F x3 x2
= 2e 3 − F + F
Ω π h 4 3 4

2.2) a)

1/3
pF  2N
xF = = 3π
me c me c Ω

1/3 1/3
 9π M M 1/3
xF = =α
me c 4mp R R

b) L’énergie totale est U plus l’énergie de gravitation. L’équilibre est obtenu lorsque
l’énergie totale est minimale en fonction du rayon, à masse constante, d’où :
dU 3 GM 2
+ =0
dR 5 R2

c) Dans le cas non relativiste l’énergie interne de l’étoile est donnée par

2/3
5/3
2 35/3 4/3 M 5/3 1 1 32 9π M 1
5/3
2/3 R2
U= π = 2
10me mp 4π 10m e 4 m p R
3
d’où
dU M 5/3 3GM 2
= −C = −
dR R3 5R2
où C est une constante, d’où la relation cherchée
M 1/3 R = cte
Dans le cas relativiste, on a
 
4πm4e c5 3 x4F x3F x2F
U= R − +
3π 2 h3 4 3 4
 4 4/3 3 2

α M α α
U =β − M+ M R2/3
4R 3 4
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 139

d’où  
dU 3GM 2 α4 M 4/3 α2 M 2/3
=− =β − +
dR 5R2 4R2 4
Après quelques calculs on en déduit une relation de la forme

M 2/3
R = αM 1/3
1−( )
M0

3/2

M0 = α6
12G
avec

1/3
 9π
α=
me c 4mp
4 m4e c5
β=
3π 3

3/2
c 1
d’où M ∼ 3, 7. , c’est-à-dire environ 7 fois la masse du soleil.
G m2p

La masse de l’étoile ne peut être supérieure à cette masse (cette théorie est cependant
très approchée et la valeur ne doit être considérée que comme une approximation).

2.3) a) Pour que l’étoile soit en équilibre, le potentiel chimique doit être constant

en tout point de l’étoile et donc = 0 d’après la méthode indiquée pour le calcul
dr
de µ, soit, compte tenu des approximations,

µ = µe (r) + mp φG (r) = cte

d’où la relation
dµe (r) dφG (r)
= −mp
dr dr

b) La relation ∆φG = Gρ(r) nous donne, compte tenu de la relation précédente,


 
1 d 2 dµe (r)
r = −m2p G ne (r)
r dr dr

avec ρ(r) = ne (r) mp ; dans le cas non relativiste

p2F 2
µe (r) = = (3π 2 )2/3 n2/3
e
2me 2me
d’où la relation
 
1 d 2 dµe (r)
G m2p (2me )3/2
r =− (µe (r))3/2 .
r dr dr 3 3π 2
140 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Dans le cas ultra relativiste


µe = pF c
et on en déduit  
1 d 2 dµe (r) G m2p
r = − 3 3 2 µ3e (r)
r dr dr  c 3π

2.4) La réaction nucléaire correspond à la capture d’un électron par noyau et


transformation d’un proton du noyau en un neutron.

L’équilibre de la réaction nucléaire impose comme pour un équilibre chimique que


le potentiel chimique du système soit conservé. Dans le cas présent on aura donc

µe + Vz + Egz = Vz−1 + Egz−1

Eg est l’énergie gravitationnelle qui ne varie pas puisque la masse des constituants
mz et mz−1 est conservée, la masse du proton étant voisine de celle du neutron formé
après la réaction, d’où la relation :

µe = Vz−1 − Vz = ε

b) Le potentiel chimique des électrons est donc constant lorsque la réaction s’éta-
blit et donc la densité électronique est également constante

ε3
ne =
3 c3 3π 2

c) Si la densité de matière augmente brusquement pour une raison externe, les


forces de gravitation augmentent et rompent l’équilibre. Il y a contraction de l’étoile.
Cette contraction s’accompagne d’un accroissement de la densité de matière dans
l’étoile, alors que, compte tenu de la réaction précédente, des électrons disparaissent
(ce qui laisse ne constant malgré la contraction) en même temps que sont formés
4/3
les neutrons. La disparition d’électrons diminue leur énergie interne U ∼ Ω ne ,
puisque Ω diminue et ne est constant, ce qui accroît le déséquilibre dû à l’accroissement
de l’énergie gravitationnelle. La contraction de l’étoile peut ainsi s’amplifier et les
constituants qui deviendraient dominants sont les neutrons. Il se forme une étoile
à neutrons dont la stabilité est assurée par l’énergie interne des neutrons qui a été
négligée dans ce problème.

VII - ISOTHERMES D’UN FLUIDE.


1) L’expression générale de la grande fonction de partition à la limite classique est

 
d3 p1 . . . d3 pN d3r1 . . . d3rN −βHN
ZG (α, β, Ω) = eαN e .
N ! h3N
N =0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 141

avec
N
p2i 
N
HN = + V (|ri − rj |) .
i=1
2m i,j=1
(i>j)

Après intégration sur 


p, on obtient, pour chaque particule, un facteur

3/2
α d3 p −βp2 /2m eα 2m π
ζ =e e = , (10)
h3 h3 β

ce qui fournit l’expression (1 − 2) de ZG .

2) Dans l’approximation du réseau, l’intégration sur chacune des coordonnées de


r1 . . . rN fournit une somme avec un poids pour chaque dimension. L’intégrale YN
devient
1 3N  N
YN = exp[−β V (|ri − rj |)]
N! i,j=1
(i>j)

où la somme porte sur les positions r1 . . . rN de toutes les particules, qui doivent
chacune occuper successivement tous les sites R  q du niveau. Au lieu d’analyser cette
somme en termes des particules, analysons-la en termes des sites. On note d’abord
que les configurations où un site serait occupé par plus d’une particule ne donnent
aucune contribution à YN , car le potentiel V (0) est infini et e−βV (0) est nul. On peut
donc se limiter aux configurations où, parmi les Q sites, N sont occupés par une
particule, et Q − N sont vides. Associons à chaque site q le nombre d’occupation
nq , pouvant prendre les valeurs 0 ou 1. Chacune des configurations considérées est
caractérisée par la donnée d’un ensemble
 de nombres nq , indépendants entre eux, sauf
pour ce qui est de la contrainte nq = N . Dans la sommation sur les positions des
q
particules, une configuration donnée apparaît N ! fois (les N ! termes correspondants
dans YN se déduisent les uns des autres par permutation des indices 1 . . . N des
particules). Enfin, dans le calcul de l’énergie potentielle associée à une configuration,
q − R
il faut mettre V (|R  q |) si les deux sites q et q  sont occupés, et 0 autrement ; la
première circonstance correspond à nq nq = 1, la seconde à nq nq = 0, de sorte que
l’énergie potentielle d’une configuration vaut


Q
1 
Q
W ({n}) =  −R
V (|R  q |)nq nq = q − R
V (|R  q |)nq nq .
2 
q,q =1 q,q =1
(q>q ) (q=q )

On a donc

YN = bN exp[−βW ({n})] . (11)

où la somme porte sur les configurations des nombres d’occupation nq telles que

nq = N .
q
142 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

En introduisant (11) dans (1), cette contrainte sur les nombres nq est levée, et l’on
trouve (3).

C’est la valeur infinie du potentiel V à l’origine qui a imposé à chaque nombre nq


les valeurs 0 et 1 seulement.

Remarque : En l’absence de potentiel, toutes les valeurs 0, 1, . . .+ ∞ seraient possibles


pour les nq , chaque configuration apparaîtrait N !/Π(nq !) fois dans la sommation sur
q
les positions des particules, et l’on aurait
 (bζ)nq
ZG = Π = Πebζ = eQbζ = eΩζ .
q nq ! q
{n}

On retrouve (même pour des mailles fines) l’expression connue de ZG pour le gaz
parfait, qui ne serait pas obtenue en se limitant aux valeurs 0 et 1 pour les nq .

3) Deux sites différents étant toujours à une distance supérieure à r0 , W est nul
et le potentiel ne contribue pas à (3), si ce n’est implicitement à travers les valeurs
permises pour les nq , traduisant la répulsion. On a donc
 Q Q  Q
Z1 = Π (bζ)nq = Π (bζ)n = Π (1 + bζ)
q=1 q=1 q=1
{n} n=0,1
Q
= (1 + bζ) . (12)

On en déduit le grand potentiel


ΩkT
A1 (µ, T, Ω) = − ln(1 + bζ) ,
b
où ζ, donné par (10), est la fonction
eµ/kT
ζ= (2mπkT )3/2 (13)
h3
de µ et de T . Par dérivation, on trouve
∂A1 (µ, T, Ω)
N1 = −
∂µ
et par suite le nombre moyen de particules par maille
1 ∂A1 ΩkT bζ 1 bζ
nq  = − = = . (14)
Q ∂µ Qb 1 + bζ kT 1 + bζ

4) Les sites q jouent le même rôle que des états à un fermion, qui peuvent être
soit occupés (nq = 1), soit vacants (nq = 0). Pour des fermions sans interactions, la
probabilité d’une configuration {n} est
Q
Π exp[−nq (εq − µ)]/kT ,
q=1
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 143

en désignant par εq l’énergie de l’état q à un fermion. La comparaison avec (12) (13)


fait apparaître une analogie formelle entre les deux distributeurs de probabilité : notre
gaz classique fournit des expressions analogues à un gaz de fermions sans interactions,
dont tous les états à un fermion auraient l’énergie
3
ε = kT [− ln(2m π kT ) + 3 ln h − ln b] (15)
2
(on pourrait aussi attribuer à ces fermions une énergie nulle, en décalant d’autant le
potentiel chimique µ, la seule combinaison qui apparaisse étant bζ = e−β(ε−µ) ).

L’expression (12) de Z1 est alors celle

Z1 = [1 + e−β(ε−µ) ]Q

du gaz de fermions, et le nombre d’occupation moyen (14) s’identifie au facteur de


Fermi
1
.
eβ(ε−µ) + 1

On notera que ce sont les répulsions à courte portée entre particules classiques qui
simulent l’exclusion quantique selon laquelle un site ne peut être occupé que par un
fermion au plus. L’analogie ne doit pas être étendue aux propriétés thermiques, car
l’énergie effective des fermions dépendrait de la température.

5) La densité vaut
N1 ζ 1
ρ= = = ,
Ω 1 + bζ v
et la pression vaut
∂A1 kT
P1 = − = ln(1 + bζ) .
∂Ω b

L’élimination de µ, ou, ce qui revient au même, celle de ζ, entre ces expressions


fournit, à T fixé,
kT v
P1 = ln . (16)
b v−b
A basse densité (v b), on retrouve la loi des gaz parfaits

kT
P1 = .
v
Les répulsions contribuent à accroître la pression, qui vaut pour v/b grand
kT b
P1 = (1 + + ...) .
v 2v

La pression devient infinie lorsque v → b : on ne peut dépasser le volume 1/b par


particule. Cette allure des isothermes, aux basses densités et aux hautes pressions, est
conforme à l’expérience.
144 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

6) L’expression (3) de ZG est formellement la même que la grande fonction de par-


tition d’un gaz de fermions, comme à la question 4. Cependant ici l’énergie de
chaque
configuration {n} inclut, en plus de l’énergie de particules indépendantes εnq ,
q
l’énergie d’interaction W , exprimée par (4) comme une fonction des nombres d’occu-
pation.

L’opérateur densité D0 ({n}) représente dans


ce langage un système à l’équilibre de fermions
sans interactions, dont toutes les configurations
auraient une énergie nulle, et dont le multiplica-
teur α vaudrait ln λ. L’entropie de cet état se-
rait −k Tr D0 ln D0 . Le second terme de Ψ repré-
sente alors la moyenne −βW 0 ≡ −β Tr D0 W ,
et le dernier terme α N 0 = α Tr D0 N , où α ≡
ln(bζ).

7) L’expression de Z0 est formellement la


même que celle (12) qui a été calculée pour Z1 Figure 5
ème
à la 3 question, au remplacement de bζ par λ près. On a donc

Z0 = (1 + λ)Q .

De même, la valeur moyenne nq 0 de nq sur D0 est donnée par (14), qui devient ici
λ
nq 0 = . (14 )
1+λ
On en déduit
S0 
= − Tr D0 ln D0 = ln Z0 − (ln λ) nq 0
k q
λ
= Q[ln(1 + λ) − (ln λ) ].
1+λ
expression que l’on aurait pu aussi obtenir par un calcul direct.

Afin de calculer le second terme de Ψ, on note que, en raison de la forme factorisée


de D0 , on a

2
λ
nq nq 0 = nq 0 nq 0 = .
1+λ
Par suite, en utilisant la définition (9),


2
1 
Q
Qa λ
Tr D0 W = D0 ({n}) V (|rq − rq |)nq nq = − .
2  b 1+λ
{n} q,q =1
(q=q )

Enfin, le dernier terme vaut


λ
Q ln(bζ) .
1+λ
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 145

D’où en définitive l’expression de Ψ :



2
Q λ βa λ
Ψ(α, β, λ) = {ln(1 + λ) − ln λ +
b 1+λ b 1+λ (17)
λ
+ ln(bζ)} ,
1+λ
où ζ est la fonction de α et β définie par (10).

8) Les extrema de Ψ dont donnés par

b ∂Ψ 1 βa λ 1
0= =− 2
ln λ + 2 3
+ ln(bζ)
Ω ∂λ (1 + λ) b (1 + λ) (1 + λ)2
1 βa λ λ
= [2 − ln ] ,
(1 + λ)2 b 1 + λ bζ

soit
bζ βa λ
ln +2 =0. (18)
λ b 1+λ
équation qui détermine λ en fonction de α et β.

La pression est reliée à A = −kT max Ψ par

∂A A kT
P =− =− = Ψ,
∂Ω Ω Ω
où Ψ est donné par (17), et où λ, α, β sont reliés par (18). L’élimination de α (ou ζ)
entre (17) et (18) donne

2
kT a λ
P= ln(1 + λ) − 2 . (19)
b b 1+λ

La densité s’obtient soit par dérivation de A par rapport µ, soit directement à


partir de (14 ) :

1 N 1 ∂A 1 ∂Ψ ∂Ψ ∂λ 1 ∂Ψ
ρ= = =− = + =
v Ω Ω ∂µ Ω ∂α ∂λ ∂α Ω ∂α
(20)
1 ∂Ψ nq 0 1 λ
= ζ = = .
Ω ∂ζ b b1+λ

Les équations (19) et (20) constituent une représentation paramétrique de l’équa-


tion d’état. L’élimination de λ se fait en récrivant (20) sous forme λ = b/(v − b), ce
qui donne

kT v a
P= ln − 2 (21)
b v−b v
146 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

9) L’équation d’état (21) est analogue à celle de van der Waals, et elle fournit
un réseau d’isothermes semblable dans le plan (v, P). A température élevée, à basse
densité ou à haute pression, on retrouve (16). Cependant, les isothermes trouvées ici
ne sont pas toujours décroissantes car la dérivée

∂P kT 1 1 2a
=− − + 3 (22)
∂v b v−b v v

peut devenir positive (à v fixé) si la température est assez basse. Le point critique
s’obtient en écrivant que

∂2P kT 1 1 6a
= − − 4
∂v 2 b (v − b)2 v2 v

s’annule en même temps que (22), compte tenu de (21). Ceci donne
a a
vc = 2b, kTc = , Pc = 2 (2 ln 2 − 1) . (23)
2b 4b
Pour une valeur fixe de v, la pression croît avec la température, de sorte que les
isothermes balaient régulièrement le plan. Pour T > Tc , elles décroissent ; l’isotherme
critique Tc présente une inflexion à tangente horizontale ; pour T < Tc , les isothermes
présentent un minimum et un maximum, donnés en écrivant l’annulation de (22). La
courbe des maxima et minima de P(v) est obtenue en éliminant kT entre (21) et (23)
pour ∂P/∂v = 0 :

Figure 6
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 147

Représentée en pointillé mixte sur la figure 6, elle présente un maximum au point


critique.
2a(v − b) v a
Pm (v) = ln − 2 (24)
bv 2 v−b v

La valeur de lue sur la figure 2 est 4 Å, d’où b = 3 = 64.10−30 m3 . La formule


(9) fournit
b √ √
a = − [6V ( ) + 12V ( 2) + 8V ( 3) + . . . ] ,
2
où √les nombres
√ 6, 12, 8... représentent les nombres de sites du réseau à une distance
, 2, 3, . . . de l’origine, soit a/b = 6, 3.10−2 eV. On en déduit, à l’aide de (23),
Tc ∼ 400 K, vc ∼ 80 cm3 mol−1 , Pc ∼ 150 atmosphères, ordres de grandeur conformes
à des valeurs expérimentales typiques.

10) La forme des isothermes trouvées ci-dessus n’est pas en accord avec l’expérience
aux températures inférieures à Tc , où le palier de liquéfaction attendu est remplacé
par une oscillation. On trouve même sur ces courbes des pressions négatives, contrai-
rement aux prévisions de la mécanique statistique (Z > 1) ou de la thermodynamique
d’équilibre.

Ceci provient de ce que nous avons pris en compte, non seulement le maxi-
mum absolu de Ψ(λ), mais aussi des minima et maxima locaux éventuels, qui don-
nent naissance à des parties d’isothermes parasites. En des points où ∂Ψ/∂λ = 0
(équ. (18)), la dérivée seconde de Ψ vaut

b ∂2Ψ 1 2β a 1 1 β ∂P
2
= 2 2
− = (v − b)4 .
Ω ∂λ (1 + λ) b (1 + λ) λ bv ∂v
de sorte que les parties croissantes des isothermes correspondent à des minima de Ψ,
et doivent donc d’ores et déjà être éliminées.

Les parties décroissantes des isothermes correspondent à des maxima locaux, donc
à des équilibres stables ou métastables. Dans le plan (v, P), la courbe (24) en pointillé
mixte délimite à sa droite la phase gazeuse, soit stable soit métastable sursaturante,
et à sa gauche la phase liquide, soit stable soit métastable surchauffée.

11) Nous devons étudier (pour α et β fixés) les variations de Ψ(λ) avec λ afin de
déterminer son maximum absolu. Ses extrema sont donnés par (18) ; la dérivée de
cette équation par rapport à λ est
1 Tc 1
−4 ,
λ T 1+λ
qui est positive partout pour T > Tc , et change deux fois de signe pour T < Tc , de
sorte que (18) est croissant pour T > Tc et présente un maximum puis un minimum
pour T < Tc : Ψ(λ) a un maximum unique pour T > Tc ; il peut avoir soit un maximum
unique, soit deux maxima séparés par un minimum pour T < Tc . Ce dernier a déjà été
identifié, sur la partie montante de l’isotherme ; il nous reste à éliminer le maximum
le plus bas.
148 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Nous allons pour cela fixer T au-dessous de Tc , et faire varier µ de −∞ à ∞,


en suivant au fur et à mesure la forme Ψ(λ) et les valeurs P et v associées à ses
extrema. Les équations à considérer sont donc (10), (18), (19) et (20), dont nous
écrivons l’expression différentielle :

dµ 1 4Tc 1
= −dλ − . (25)
kT λ T (1 + λ)2
bdλ
dv = − 2 , (26)
λ

kT dλ 1 4Tc 1
dP = − − . (27)
vb λ T (1 + λ)2

L’équation (27) est une réécriture de (22) ; compte tenu de (25) et (26), on a le long
d’une isotherme

v d P = dµ . (28)

On aurait pu également obtenir (28) directement, en différentiant (17) compte


tenu de ∂Ψ/∂λ = 0, de βP = ∂Ψ/∂Ω = Ψ/Ω, de N = ∂Ψ/∂α et de U = ∂Ψ/∂β, ce
qui donne dΨ = d(βPΩ) = βP dΩ+ N dα − U dβ. La relation (28) n’est pas inattendue
car elle se déduit, pour des états d’équilibre et en l’absence d’approximation, de la
relation de Gibbs-Duhem N dµ = ΩdP − SdT . Cependant, elle est valable ici même
sur les portions non physiques des isothermes.

Lorsque v décroît de +∞ à b, λ croît de 0 à +∞, P croît à nouveau sur l’isotherme,


et µ suit ces variations de P (en partant de −∞ et en aboutissant à +∞). Comme
la valeur de Ψ(λ) en les points stationnaires est égale à PΩ/kT , nous devons choisir,
parmi les 1 à 3 points (v, P) associés à une même valeur de µ, celui qui correspond
à la valeur maximale de P. Nous allons faire ce choix graphiquement, en traçant sur
le même diagramme l’isotherme considérée et la courbe µ(v) associée, satisfaisant à
(28).

Pour les valeurs de µ inférieures au minimum µ1 de µ(v) ou supérieures à son


maximum µ2 , il n’y a qu’une solution, à conserver. Pour les valeurs intermédiaires, il
existe 3 solutions v1 > v3 > v2 , où v1 et v2 correspondent à des maxima de Ψ(λ) et
v3 à son minimum. La relation (28) implique alors, puisque les valeurs de µ sont les
mêmes aux 3 points v1 , v2 , v3 , l’équation
 v1
dP
dv v =0 (29)
v2 dv

et l’équation analogue pour v2 et v3 . Cette équation (29) exprime l’annulation de


l’aire algébrique comprise entre l’isotherme (depuis le point v1 jusqu’à v2 ), les droites
P = P1 , P = P2 , et l’axe v = 0 (cette aire a été hachurée de droite à gauche sur la
figure, pour les points v2 et v3 ).

Les deux maxima de Ψ(λ) sont à la même hauteur lorsque P1 = P2 > P3 . Les
points correspondants (cercles noirs vV et vL sur la figure) s’obtiennent, compte tenu
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 149

de (29), par la construction de Maxwell, exprimant l’égalité des aires (hachurées de


gauche à droite sur la figure). Soit µs (T ) la valeur du potentiel chimique corres-
pondant à cette situation, et Ps la valeur commune du maximum P1 = P2 = Ps .
Algébriquement, ces valeurs sont déterminées en écrivant l’égalité aux points vV et
vL des pressions (21) et des potentiels chimiques donnés par (18) et (20), soit
kT vL a kT vV a
Ps = ln − 2 = ln − , (30)
b vL − b vL b vV − b vV2
3 2πmkT 2a 2a
µs + kT ln = −kT ln(vL − b) − = −kT ln(vV − b) − 2 . (31)
2 h2 vL vV
L’élimination de vL et vV entre (30) et (31) fournit µs (T ) ainsi que la valeur de Ps (T )
correspondant au palier fourni par la construction de Maxwell.

Afin d’achever la discussion, raisonnons par continuité, en faisant croître µ depuis


−∞ (pour T fixé). On a d’abord une solution (v1 , P1 ), située sur la branche de droite
de l’isotherme, et montant progressivement de droite à gauche le long de cette branche.
Une paire supplémentaire de solutions (v2 , P2 ), (v3 , P3 ) apparaît au minimum de l’iso-
therme, lorsque µ dépasse µ1 . La condition (29) montre que P1 > P2 = P3 , de sorte
150 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

que le point (v1 , P1 ) reste le bon. Il résulte de (28) que v1 dP1 = v2 dP2 = v3 dP3 , de
sorte que le point v2 est celui qui monte le plus rapidement, le point v1 celui qui monte
le moins rapidement (croix sur la figure). Le croisement se produit à la valeur déjà
considérée µ = µs , auquel cas P1 = P2 = Ps . Le point représentatif saute alors du 1
à 2. Au-delà de µs , le point v2 correspond au maximum absolu (cercles blancs sur la
figure). Puis, pour µ = µ2 , le point v1 et v3 disparaissent au maximum de l’isotherme,
et le point v2 continue seul à monter le long de la partie gauche de l’isotherme.

En définitive, l’isotherme utile comprend les deux branches extrêmes, séparées par
le palier horizontal vV vL . A la traversée de µs (T ), le volume présente une disconti-
nuité, depuis vV correspondant à la vapeur saturante jusqu’à vL correspondant au
liquide, alors que la pression reste continue. Lorsque la température varie, les points
vV et vL décrivent dans le plan (v, P) la courbe de saturation, à l’intérieur de laquelle
il ne peut exister de phase homogène. Le modèle décrit donc bien qualitativement la
transition liquide - vapeur.

12) Suivons à nouveau les isothermes en faisant croître µ de −∞ à b. Lorsque


T > Tc , la pression croît de 0 à +∞ et le volume varie continûment ; il n’y
a qu’une phase. Lorsque T < Tc , la pression croît d’abord de 0 jusqu’à la va-
leur Ps (T ) associée à la liquéfaction, et déterminée par élimination de vV et vL
entre les équations (30) et (31) ; on est alors en phase vapeur, devenant satu-
rante à la pression Ps . Puis, à cette même presssion, la densité croît brusque-
ment, sans que le point représentatif dans le plan (T, P) change ; on passe en
phase liquide. A partir de là, la pression croît à nouveau. La courbe Ps (T ) sépare
les régions représentatives des deux phases homogènes vapeur et liquide (qui sont

continûment reliées par passage à des températures T > Tc ). Cette courbe s’arrête au
point critique Tc , Pc . La fonction Ps (T ) est croissante, car les isothermes correspon-
dants à des valeurs décroissantes de T (et en particulier leurs paliers) se déplacent de
haut en bas dans le plan (v, P).

Remarque : afin de mieux préciser la forme de la courbe de saturation, on peut écrire


Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 151

les équations (30) et (31) déterminant cette courbe, compte tenu de (23),

vV vV − b b vV + vL
ln = ln 1− , (32)
vL vL − b 2 vV vL
Tc vV − vL vV − b
= ln , (33)
T 4b(vV − vL ) vL − b


Pc − P 1 T vV vL
= 2 ln 2 − ln
Pc 2 ln 2 − 1 Tc (vV − b)(vL − b)
 (34)
2b2
+ 2 2 (vV2 + vL 2
)−1 .
vV vL

Les équations (33) et (34) constituent une représentation paramétrique de la courbe


Ps (T ), en termes des variables vV et vL liées par (32). Leur résolution par dévelop-
pement aide à déterminer le comportement de cette courbe à son extrémité c :

Tc − T ε2
vV − vc ∼ vc − vL ∼ bε, ∼ ,
Tc 12
(35)
Pc − P 2 ln 2 Tc − T
∼ ,
Pc 2 ln 2 − 1 T
ainsi qu’à son autre extrémité
b T 2
vV ∼ , vL ∼ b(1 + ε), ∼ ,
ε Tc − ln ε
(36)
P 4 ε
∼ .
Pc 2 ln 2 − 1 − ln ε

Dans le plan (v, P) (fig. 6), les phases métastables étaient délimitées par la courbe
de saturation (en pointillé simple) et par la courbe (24) des minima des isothermes
(en pointillé mixte). Nous venons de tracer l’image de la première dans le plan (T, P).
L’image de la seconde s’obtient en éliminant v entre (21) et ∂P/dv = 0 donné par
(22).

On obtient ainsi une représentation paramétrique


v−b
kT = 2a
v2 (37)
2a v − b v a
P= ln −
b v2 v − b v2
de la courbe (en pointillé mixte sur la figure 8) délimitant les régions de métastabilité.
Cette courbe comporte deux branches partant du point critique et situées l’une au-
dessus (pour v ≥ vc ), l’autre au-dessous (pour v ≤ vc ) de la courbe de saturation,
ce qui délimite avec cette dernière deux régions. Dans la région V S de la figure 8, la
phase stable est la phase liquide déjà considérée, mais il peut aussi exister pour les
152 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

mêmes valeurs de T et P une phase métastable vapeur sursaturée. De même, dans la


région LS, le même point représente une phase vapeur et une phase liquide surchauffée
métastable. Les régions de métastabilité LS et V S peuvent être considérées comme
des prolongements sur un autre feuillet des régions de stabilité L et V .

Remarque : on peut préciser la forme de courbe (37) par des développements. Au


voisinge du point critique, en posant v = 2b + bε, on obtient
Tc − T ε2 ε3
∼ − ,
Tc 4 4
Pc − P 2 ln 2 ε2 3 ln 2 + 1 ε3
∼ − ,
Pc 2 ln 2 − 1 4 2 ln 2 − 1 6
de sorte que la courbe de limite de métastabilité présente au point critique un re-
broussement, sa tangente étant la même que celle de la courbe de saturation. Pour
v → ∞, on obtient

2
P 1 1 T
∼ →0.
Pc 2 ln 2 − 1 4 Tc
Pour v → b on trouve
P 4
→− ,T →0.
Pc 2 ln 2 − 1

13) Le passage du liquide à la vapeur, à potentiel chimique, pression et température


fixés, provoque un accroissement ∆v = vV − vL du volume (par molécule) et ∆S de
l’entropie. Celle-ci est donnée par
∂A ∂
S=− = (kT Ψ) .
∂T ∂T
où Ψ est à prendre à son maximum absolu. Compte tenu de la stationnarité de Ψ par
rapport à λ, il suffit de considérer la dépendance explicite de (17) en T , à travers β
et ζ(T, µ) donné par (10). On obtient

2

Ωa λ 1 kT Ω λ µ 3
S = kΨ − 2 + − 2+ .
b 1+λ T b 1+λ kT 2T

Compte tenu de (20) et de Ψ = PΩ/kT , cette expression s’écrit


PΩ Ωa kΩ µ 3
S= − + + ,
T T v2 v kT 2
de sorte que l’entropie moyenne par molécule vaut
S Pv a µ 3
s= = − − + k.
N N Tv T 2

Lors de la vaporisation, cette entropie croît de


P a 1 1
sV − sL = (vV − vL ) − − .
T T vV vL
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 153

de sorte que le chargement d’état s’accompagne d’une absorption de chaleur par mole

a
L = T N (sV − sL ) = P + N (vV − vL ) (39)
T vV vL

Afin de démontrer la relation de Clapeyron, on note que le calcul précédent im-


plique

∂ kT ∂P 
s=v ψ v  . (40)
∂T Ω ∂T µ
où P(T, µ; λ), exprimé à partir de (17), satisfait à
∂P 1 ∂P
= , =0.
∂µ v ∂λ
La dérivée de P le long de la courbe de saturation est donnée par
dPs ∂PV ∂PV dµ ∂PV dλ ∂PV 1 dµ ∂PL 1 dµ
= + + . = + = + , (41)
dT ∂T ∂µ dT ∂λ dT ∂T vV dT ∂T vL dT
où l’on note que P, T, µ sont continues de part et d’autre de la courbe, mais pas les
dérivées ∂P/∂T ni ∂P/∂µ. En combinant (40) et (41), on obtient
∂PV dPs dµ
sV = vV = vV − ,
∂T dT dT (42)
dPs dµ
sL = vL − .
dT dT
et par suite
dPs
L = T N (vV − vL ) . (43)
dT

VIII - CONDENSATION DE BOSE-EINSTEIN DANS


UN PIÈGE HARMONIQUE.

1 Équilibre grand-canonique dans un potentiel harmonique

1) L’hamiltonien est la somme de trois hamiltoniens qui commutent, relatifs aux


directions Ox, Oy et Oz. Ses niveaux d’énergie sont donc la somme des niveaux de
chacun des hamiltoniens. Par conséquent, ils sont égaux à ω(n1 + 1/2) + ω(n2 +
1/2) + ω(n3 + 1/2), soit En = ω(n + 3/2) avec n = n1 + n2 + n3 .

2) La dégénérescence est le nombre de façons d’écrire n sous la forme de la somme


de trois entiers positifs ou nuls. Un calcul élémentaire (en commençant par fixer l’un
154 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

des trois entiers) donne gn = 12 (n + 1)(n + 2).

1
3a) Le cours donne A = ln[1 − exp(α − βk )], soit ici, en prenant en compte
β
k

1 3
la dégénérescence, A = gn ln[1 − exp(α − βω − βωn)].
β n=0 2

b) Le cours indique que la série géométrique, qu’il faut sommer pour chaque état k
correspondant à une occupation arbitraire de cet état, ne converge que si α− βk < 0 ;
cela implique ici que α < 32 βω.


∂A ∂A  gn
c) N = − = −β = ) − 1
, avec α = α − 32 βω < 0.
∂µ ∂α n=0
exp(βωn − α

4) La distance entre deux niveaux d’énergie successifs est égale à ω ; on se place


donc dans un domaine de températures kB T ω, soit γ = βω  1.

Dans cette limite, le nombre de niveaux d’énergie D()d situés dans l’intervalle
(,  + d) est égal à
d
D()d = g(n=/ω) .

Puisque
1 2 3 1  3 
gn =n + n + 1 = ( )2 + ( ) + 1 ,
2 2 2 ω 2 ω

et qu’on se place dans une limite 1, on a, en ne retenant que les deux termes

dominants,
1 1 2 3 
D() = [ + ].
ω 2 (ω)2 2 (ω)
 ∞
D()
5) On a, dans cette limite continue, N = d soit, en prenant
0 exp (β − α ) − 1
pour variable β et en décomposant D en D0 + D1 :
1 3
N= 3
I2 (α ) + 2 I1 (α ) ,
2γ 2γ
où γ = βω.

6) À très haute température N γ 3 tend vers zéro, et donc l’équation précédente,


pour N donné, implique que I2 (α ) doit être petit. Or c’est une fonction monotone

croissante de α qui se comporte comme 2eα lorsque α tend vers moins l’infini. On

a donc, dans la limite considérée, α → −∞, avec eα ∼ N (βω)3 .
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 155

2 Condensation de Bose-Einstein dans le piège harmonique

1
7a) On a N = I2 (α ). La variable α est bornée supérieurement par zéro. La
2γ 3
fonction I2 est monotone croissante et elle atteint son maximum I2 (0) à la borne
supérieure zéro de α .

b) Laissant décroître la température, cette borne est donc atteinte pour la tem-
I2 (0)
pérature Tc0 définie par γ03 = et donc γ0 s’annule pour N grand comme N −1/3 .
2N
Le remplacement d’une série par une intégrale à la question 4 supposait que la tem-
pérature était « élevée », puisqu’il fallait que γ = βω soit beaucoup plus petit que
un. On voit que cette hypothèse est vraie, non seulement à haute température, mais
même à la température de transition, pourvu que N soit suffisamment grand pour
que γ0 soit petit.

8a) L’occupation de l’état fondamental d’énergie 32 βω est donnée par le facteur
de Bose
1 1
N0 = = −α .
exp( 32 βω − α) − 1 e −1

Lorsque α se rapproche de sa borne supérieure, c’est-à-dire α de zéro, on a donc


N0 − α1 .

b) Le facteur d’occupation des états excités fait intervenir la combinaison βωn−α


avec n ≥ 1. Puisque γ est d’ordre N −1/3 , alors que α est d’ordre N −1 (l’occupation
du fondamental est macroscopique), on peut négliger α dans les facteurs d’occupation
des états excités, prendre la borne inférieure de l’intégration à zéro, et ł’on obtient
donc  ∞
 D0 () 1
N = d β = 3 I2 (0) .
0 e − 1 2γ

c) En ajoutant les atomes condensés dans l’état fondamental et ceux des états
excités, on a donc
 ∞
D0 ()
N = N0 (T ) + d β .
0 e −1

9a) On a

1
N0 /N = 1 − I2 (0) = 1 − (γ0 /γ)3 = 1 − (T /Tc0 )3 .
2N γ 3

Donc N0 /N , considéré comme fonction de la variable x = T /Tc0 , s’annule pour x = 1


avec une tangente de pente -3.
156 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Figure 1
b) En traçant cette tangente, on voit que l’on obtient une droite assez bien paral-
lèle aux points expérimentaux (mais Tc observé est un peu inférieur au Tc0 calculé).


1/3
I2 (0)
c) Les nombres donnés conduisent à γ0 = 3, 1 × 10−2 , qui est effec-
2N
tivement petit devant un, d’où Tc0 2, 9 × 10−7 K.

10a) On a maintenant

1 3
N = 3
I2 (0) + 2 I1 (0)
2γ 2γ

et donc, en exprimant N à l’aide de γ0 ,



3
γ0 3I1 (0) γ03
N0 /N = 1 − − .
γ I2 (0) γ 2

b) La température critique est définie par l’annulation de N0 et donc par



3
2
Tc 3γ0 I1 (0) Tc
=1− .
Tc0 I2 (0) Tc0

Puisque γ0 tend vers zéro pour N grand on fait une erreur d’ordre γ02 en remplaçant
Tc
par un dans le membre de droite, et l’on a donc
Tc0

Tc γ0 I1 (0)
0
=1− + O(γ02 ) .
Tc I2 (0)
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 157

Tc
c) Application numérique : 1 − = 2, 1 × 10−2 . On voit que le fait que Tc ait
Tc0
un peu diminué par rapport à Tc0 va dans le bon sens, mais l’effet est sans doute plus
important que celui que nous avons calculé (rappelons-nous que les interactions entre
atomes sont négligées ici).

3 Observation du condensat

11)

N0 (T )
n0 (0, T ) =
(πa20 )3/2
  ∞
1 d3 p 4π dp p2
n (0, T ) = 3
= 3

(2π) p − 1
β 2
exp 2m (2π) 0 exp β p2 − 1
2m

p2
Prenant pour variable x = on obtient
2m
2π 2m 3/2
n (0, T ) = ( ) I1/2 (0)
(2π)3 β

et donc, en faisant le rapport,



n0 (0, T ) 2π

= N0 (T )γ 3/2 .
n (0, T ) I1/2 (0)

Dans le régime que nous considérons, γ est petit devant un : il vaut 3 × 10−2 à Tc ,
donc il n’est que 6 × 10−2 à Tc /2. Or N0 est proportionnel à N ; pour T = Tc /2 par
n0 (0, T )
exemple, on voit que N0 /N = 7/8. Le rapport  est proportionnel à N γ 3/2
n (0, T ) √
alors que N γ 3 est d’ordre un ; en définitive il est donc proportionnel à N .

12) Le carré de la fonction d’onde [Φ0 (r)]2 décroît comme une gaussienne avec
une longueur caractéristique de décroissance d0 = a0 . Le facteur f (r, p) décroît aussi
comme une gaussienne à grande distance, avec une longueur caractéristique définie
d0 √
par βmω 2 d2 ∼ 1. On a donc  = γ N −1/6 .
d

13) La décroissance dans l’espace des impulsions a donc pour caractéristique p0 =


 √
= mω pour la distribution des impulsions des atomes condensés. Pour les
d0
atomes non condensés la distribution f (r, p) décroît comme une gaussienne
pour les
grandes impulsions avec une portée caractéristique d’ordre p = m/β. Le rapport
158 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

d0
de ces deux impulsions caractéristiques p0 /p est donc égal à , qui décroît comme
d
−1/6
N . Dans la distribution des vitesses on voit donc les atomes condensés au centre
de la figure, comme dans l’espace des positions.

4 Capacité calorifique du condensat

14a) Pour T > Tc0 , on a


 ∞
3 D0 ()
U= d ( + ω)
0 2 exp (β − α ) − 1
avec  ∞
D0 ()
N= d .
0 exp (β − α ) − 1
On en tire
3 1 1
U= ωN + I3 (α ) ,
2 2 βγ 3
avec
1
N= I2 (α ) .
2γ 3

Pour T < Tc0 , α peut être pris égal à zéro, sauf pour l’état fondamental, que l’on
traite séparément. On a donc
 ∞
3 3 D0 ()
U = ωN0 + d ( + ω)
2 0 2 exp β − 1
 ∞
3 D 0 () 3 1 1
= ω(N0 + N  ) + d = ωN + I3 (0) .
2 0 exp β − 1 2 2 βγ 3

b) À très haute température, les effets quantiques disparaissent et on doit avoir


3 3
2 kB T d’énergie cinétique plus 2 kB T d’énergie potentielle par atome, soit U =
3N kB T . Si on reprend l’expression ci-dessus, on sait qu’à haute température et N
 
donné α tend vers moins l’infini, et que I2 (α ) 2eα alors que I3 (α ) 6eα . On en
tire U 32 ωN + 3N kB T et le second terme, qui domine dans cette limite, est bien
le terme attendu.

15) La capacité calorifique est la dérivée de l’énergie interne par rapport à la tem-
pérature, lorsque le nombre d’atomes est donné ; corrélativement le potentiel chimique
varie en général.

Dans la phase condensée ce potentiel chimique reste nul, et donc ne varie pas avec
T . Le calcul est alors élémentaire :
3 1 (kB T )4
U= ωN + I3 (0)
2 2 (ω)3
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 159

et donc


3
3
2I3 (0) I3 (0) T T
C− (T ) = kB = 4kB N 10, 8N kB .
γ3 I2 (0) Tc0 Tc0

Pour T > Tc0 , il faut tenir compte explicitement de la variation de α lorsque l’on
3 1 (kB T )4
varie T à N fixé. Partant donc de U = ωN + I3 (α ), nous obtenons
2 2 (ω)3

2I3 (α ) 1 (kB T )4 dI3 (α ) ∂α


C+ (T ) = kB + .
γ 3 2 (ω)3 dα ∂T

Dérivant par rapport à T , à N fixé, la relation

2N (ω)3
= I2 (α ) ,
(kB T )3

nous obtenons

dI2 (α ) ∂α (ω)3


= −6N kB .
dα ∂T (kB T )4

Utilisant les relations données sur les dérivées des fonctions Ip (qui se démontrent
en dérivant l’intégrand par rapport à α et en intégrant par parties) on obtient en
définitive :

2I3 (α ) 9 I2 (α ) 4I3 (α ) 9 I2 (α )


C+ (T ) = kB − N kB = N kB − ,
γ 3 2 I1 (α ) I2 (α ) 2 I1 (α )

sans que l’on puisse éliminer explicitement α au profit de N .

16) On voit donc que

9 I2 (0)
C+ (Tc0 ) − C− (Tc0 ) = − N kB −6, 6N kB ,
2 I1 (0)

alors que C− (Tc0 ) 10, 8N kB . On a donc très schématiquement le graphe suivant :


160 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Figure 2

5 Influence de la dimensionnalité

17a) À deux dimensions, on a En = ω(n + 1), avec pour gn le nombre de façons


d’écrire n comme somme de deux entiers positifs ou nuls, soit gn = n+1. On en déduit,
1
pour la limite continue à l’aide de la variable  = E − ω, D() =  (en négligeant
 ∞ ω
D()
le terme d’ordre 0 ). La relation N = d valable au-dessus de la
0 exp (β − α ) − 1
température critique, cesse de l’être en-dessous si l’intégrale sur  reste finie lorsque
α atteint sa borne supérieure zéro. C’est bien le cas ici puisque, pour α voisin de
zéro, le dénominateur et le numérateur sont équivalents. Il y a donc condensation à
température inférieure à Tc ; cette température est définie par
 ∞
D()
N= d .
0 exp (βc ) − 1

b) À une dimension,
 ∞ En = ω(n + 1/2) et gn = 1. Donc D() = 1/(ω). Cette
D()
fois l’intégrale d ) − 1
diverge lorsque α tend vers zéro. Par consé-
0 exp (β − α
quent, à toute température la donnée de N détermine bien un α inférieur à la borne
supérieure : il n’y a pas condensation de Bose-Einstein.
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 161

IX - CRISTALLISATION D’UN PLASMA STELLAIRE.



2
Ze2
1a) L’énergie de liaison d’un atome hydrogénoïde est proportionnelle à .
4πε0
2
Elle est égale à 13,6 eV pour l’hydrogène et donc à 13, 6×6 = 490 eV pour le carbone
ionisé 5 fois.

b) La température caractéristique pour l’ionisation totale du carbone correspond


à une énergie de 490 eV, soit Ti = 6.106 K. Comme elle est très inférieure à T0 , la
probabilité d’ionisation totale est pratiquement égale à 1 et la matière est un plasma
d’électrons et de noyaux C6+ .

2a) D’après le cours, la température de Fermi du plasma est égale à



2/3
2 N
θF = 3π
2mk Ω

N 6N 6ρ
b) Dans le cas présent, on a = = , d’où
Ω Ω M
 2/3
(1, 05.10−34)2 2 6 × 1011
θF = 3π = 4.1010 K .
2 × (9, 11.10−31) × (1, 38.10−23) 12 × (1, 66.10−27)

c) Comme θF T0 , le gaz d’électrons est dégénéré (gelé dans son état fondamen-
tal).

αr
3a) L’hamiltonien d’une particule chargée qui subit une force de rappel F = − 3
d
αr2
correspond à un potentiel V = et est donc un hamiltonien d’oscillateur harmo-
2d3
nique
2

 αr2
Ĥ = + 3
2M 2d

α
La pulsation correspondante ω est donnée par M ω 2 = , soit
d3
α αM αρ
ω2 = = 2 = 2
M d3 M Ω M


1
Les niveaux d’énergie sont de la forme (ni + )ω (ni entier) et l’on peut traiter
i=1
2
le système comme un ensemble de trois oscillateurs harmoniques indépendants, de
même fréquence ω. La fonction de partition de chacun de ces oscillateurs est donnée
par
162 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

∞ 1 1
 −β(ni + )ω − βω 1 1
z= e 2 =e 2 =
1 − e−βω βω
ni =0 2 sh ( )
2
La fonction de partition totale est
1
Z1 = z 3 =  3
βω
2 sh ( )
2

b) Puisque l’on a

p2 M 2 2
Z1 = Tr (e−β Ĥ ) = Tr exp(−β( + ω r ))
2M 2
on a
1 ∂Z1 Tr (−βM ωr2 e−β Ĥ )
= = −βM ωr2 
Z1 ∂ω Tr e−β Ĥ
d’où
1 ∂ 3 ∂ βω 3 βω
∆2 = − ln Z1 = ln sh ( )= coth( )
βM ω ∂ω βM ω ∂ω 2 2M ω 2

c) La zone cristallisée correspond aux valeurs des paramètres telles que

∆2 < γ 2 d2

soit
3 βω
coth( ) < γ 2 d2
2M ω 2
Utilisant les valeurs trouvées pour les paramètres, ceci donne

(αρ)1/2 3 1 ρ 2/3
th >
2M kT0 2(αρ)1/2 γ 2 M

Passant aux valeurs numériques, on a

λZ 2 e2
α= = 1, 5 × 36 × (1, 602.10−19)2 × 10−7 × (3.108 )2 = 1, 247 × 10−26
4πε0

 α
= 21 20
2M k
3 1 1
√ = 2, 14 × 10−3 = (9, 6.10−17)1/6 (10−16 )1/6
2 α γ 2 M 2/3

Ceci donne pour la région de cristallisation



ρ
th 20 > (10−16 ρ)1/6
T
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 163


βω ρ
d) La région classique est caractérisée par βω  1. On a trouvé que = 20
√ 2 T
ρ
et ceci correspond donc à 40  1, soit encore à la zone de basse densité
T

ρ  0, 6 × 10−3 T 2

Dans ce cas, on peut égaler la tangente hyperbolique à son argument et la courbe de


fusion est

ρ
20 = (10−16 ρ)1/6
T

ou encore

ρ = 10−12 T 3

L’allure de la courbe de fusion et celle de la limite classique sont alors telles qu’indique
le graphique


ρ βω
e) A la limite où βω = 20 → ∞, on a th ( ) = 1, ce qui fixe la valeur de
T 2
−16 1/6
ρ de telle sorte que (10 ρ) = 1, soit ρ = 10 , T → 0. Le point A correspondant
16

de la courbe est situé sur l’axe des ρ. La courbe de fusion étant connue pour T et ρ
petits (limite classique), étant continue, elle se referme comme l’indique le graphique
ci-dessous (résultant d’un calcul numérique)
164 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

f) L’étoile correspond aux valeurs ρ0 = 1011 kg/m3 , T0 = 108 K. On a donc alors

ρ0
= 10−5  0, 5 10−3
T0

ρ0
La matière y est donc descriptible comme classique. Comme = 10−13 , on est
T03
au-dessous de la courbe de fusion et la matière est donc un plasma classique dense
désordonné, qu’on désigne souvent comme un liquide classique. Notons cependant que
les incertitudes du calcul et des données astrophysiques ne permettent pas d’exclure
ρ0
une erreur de l’ordre d’un facteur 10 sur 3 (valeur expérimentale ou valeur critique
T0
théorique). La cristallisation ne peut donc pas être totalement exclue.

g) La pression des électrons est calculable comme si la température était nulle


puisque T0 /θF  1. C’est la pression d’un ensemble de fermions libres à 0K, donnée
dans le cours.


5/3
4 1/3 2 6ρ
Pé = (9π )
5m M

Donc P est une fonction croissante de ρ et la courbe de fusion dans le diagramme


(P, T ) a essentiellement la même allure que dans le diagramme (ρ, T ).
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 165

h) On constate ici que le cristal peut fondre à basse température et très forte
pression, alors qu’un solide ordinaire reste cristallisé à forte pression (les ordres de
grandeur étant évidemment sans commune mesure). Dans un cristal ordinaire, les
forces entre les ions ou les atomes sont fortement répulsives à courte distance (par
l’effet du principe de Pauli) empêchant l’interpénétration des couches atomiques), de
sorte qu’à haute pression le cristal constitue un empilement ordonné de sphères dures.

Ici, il n’existe pas de répulsion à courte distance qui empêche les


noyaux de vibrer.
3
Leur mouvement de point zéro à température nulle donne ∆ = , qui varie
2mω
donc comme d 3/2
et devient nécessairement supérieur à d lorsque d → 0. C’est donc le
mouvement de point zéro qui rompt la phase cristalline. Dans la région où ρ > ρmax ,
le plasma devient un liquide de Bose d’ions carbone immergé dans un gaz dégénéré
d’électrons. Un accroissement de pression provoque donc la fusion, car les distances
internoyaux décroissent plus rapidement que la fluctuation de point zéro. Si ρ continue
à croître, les noyaux de carbone viennent au contact et il se produit alors des réactions
de fusion nucléaire.

X - COURANT PERMANENT DANS UN ANNEAU


MÉTALLIQUE.

1 Niveaux quantiques et courants associés

ˆ2
p  ∂
1) Ĥ = avec pˆ = ux .
2m i ∂x

Les fonctions propres de Ĥ sont des combinaisons linéaires de cos(px/) et


166 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

sin(px/). L’annulation de la fonction d’onde à l’origine élimine les cosinus et la fonc-


p2
tion propre est de la forme C sin(px/), avec énergie propre ε = . L’annulation
2m
nπ
pour x = L implique que p = où n est un entier relatif non nul. La normalisation
 L
2 L
est ensuite fixée par |C| 0 dx sin (px/) = 1 soit, en fixant les phases pour que C
2

soit réel et positif, C = 2/L.

2) a) Les fonctions propres de pˆ et de Ĥ sont des ondes planes ψp (x) =


C exp(ipx/), avec valeurs propres respectives de p̂x et de Ĥ, p et p2 /2m. La pé-
2nπ
riodicité ψp (x + L) = ψp (x) restreint p aux valeurs pn = = nh/L où n ∈ Z. La
√ L
normalisation donne C = 1/ L.

p2 2n2 π 2 2
b) εn = n = ; la dégénérescence est donc égale à deux (n et −n)
2m mL2
sauf pour le fondamental n = 0 qui est non dégénéré.
p̂x 2p
3) Pour les conditions aux limites 1-1, ϕ∗ ϕ= sin(px/) cos(px/) qui est
m iL
imaginaire pur : le courant est nul.
p̂x p p
Pour les conditions aux limites 1-2, ψp∗ ψp = soit J = ux .
m mL mL
p
4) a) J = uθ donne une intensité de courant électrique pour un niveau d’énergie
mL
−eh
donnée égale à n , nulle pour l’état fondamental, négative pour une impulsion
mL2
positive, c’est-à-dire une rotation dans le sens trigonométrique positif.

b) Pour une particule classique de vitesse v, qui parcourt donc le cercle en un


ep
temps v/L, l’intensité du courant est, en valeur absolue, ev/L = . C’est bien la
mL
valeur quantique trouvée ci-dessus mais avec des impulsions quantifiées dans le cas
2.a).

c) Pour le niveau |n| = 1 on trouve i1 = 1, 2 × 10−10 A.

 = rot
5) a) Il suffit de vérifier que B  A avec A
 = (−By/2, Bx/2, 0).

 est tangent au cercle, c’est-à-dire parallèle à uθ . Son module au carré est
b) A
2
1 2 2  : A = 1 Br = Bπr = φ .
B (x + y 2 ), soit pour le module A de A
4 2 2πr L

6) a) Ĥ =
1 ˆ  2 = 1 (  ∂ + e φ )2
(p + eA)
2m 2m i ∂s L
Les états propres de cet hamiltonien sont donc donnés par l’équation

1  ∂ φ
( + e )2 ψ(s) = εψ(s) .
2m i ∂s L
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 167

b) Les solutions sont encore des ondes planes comme dans la question 2, en
remplaçant x par s, mais les énergies correspondantes sont maintenant données par
1 φ 1 nh φ h2 φ
εn = (pn + e )2 = ( + e )2 = (n + )2
2m L 2m L L 2mL2 φ0
avec φ0 = h/e. La dégénérescence n → −n est levée.

 n (s) = √1 uθ (  ∂ + e φ ) exp(ipn s/)


c) (pˆ + eA)ψ
L i ∂s L
1 φ 1 nh φ
= √ uθ (pn + e ) exp(ipn s/) = √ uθ ( + e ) exp(ipn s/)
L L L L L
1 h φ
= √ uθ (n + ) exp(ipn s/).
LL φ0

eh φ
On a donc in (φ) = − 2
(n + ).
mL φ0

2 Etude d’un anneau à température nulle.

1) a) Les états n et −n sont dégénérés. On va donc remplir tous les états d’énergie
jusqu’à une valeur nmax telle que N = 1 + 2nmax , soit nmax = N/2 (N est grand et
peu importe ici s’il est pair ou impair). On a donc
hnmax hN
pF = =
L 2L
h2 N 2
puis vF = pF /m et εF = p2F /2m = .
8mL2

b) A = −kT ln(1 + exp[β(µ − εn )])
n

h2 φ 2
avec εn (φ) = 2
(n + )
2mL φ0
∂A ∂A 2
c) M = − =− πr soit
∂B ∂φ
 1 ∂εn
M = πr2 (kT ) (−β ).
n
1 + exp[β(εn − µ)] ∂φ

∂εn he φ
Or = 2
(n + ) = −in (ϕ).
∂φ mL φ0

On a donc M = πr2 f (εn )in (φ), soit
n

I(φ) = f (εn )in (φ) .
n
168 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

h2 φ
2) a) Si on reprend le spectre déterminé en 1-6b, εn (φ) = 2
(n + )2 , on voit
2mL φ0
qu’ajouter φ0 à φ revient à changer n en n + 1 et cela laisse donc l’ensemble des εn (φ)
invariant.

Le spectre des énergies est périodique de période un en φ/φ0


Figure 1

Le spectre pour une période


Figure 2

On a donc
εn (φ + φ0 ) = εn+1 (φ)
et

h2 φ h2 φ 2
ε−n (φ) = 2
(−n + )2 = (n − ) = εn (−φ).
2mL φ0 2mL2 φ0

∂εn
b) On a = −in (φ) et les pentes des niveaux d’énergie successifs changent
∂φ
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 169

de signe, comme cela est clair sur le graphe ci-dessus. Les courants portés par les
niveaux successifs sont donc de signes alternativement positifs et négatifs.
∂εn
c) Le courant I(φ) est périodique en φ puisque εn (φ) et donc in (φ) = −
∂φ
sont périodiques, avec période φ0 . Quant à la parité, on a donc ε−n (φ) = εn (−φ),
∂ε−n (φ) ∂εn (−φ)
puis in (φ) = − =− = −in (−φ). Par conséquent
∂φ ∂φ

+∞ 
+∞
I(−φ) = f [εn (−φ)]in (−φ) = − f [εn (φ)]i−n (φ) = −I(φ) .
−∞ −∞

3) a) A température nulle les seuls états occupés sont ceux pour lesquels εn ≤ εF ,
soit
h2 φ 2 h2 N 2
(n + ) ≤ .
2mL2 φ0 8mL2

Le domaine des états occupés est donc le sous-ensemble D des entiers algébriques
φ 1
caractérisé par |n + | ≤ N . Par conséquent à température nulle
φ0 2
 h2 
I(φ) = in (φ) = − (n + φ/φ0 )
mL2 φ0
n∈D n∈D
2I0 
=− (n + φ/φ0 )
N
n∈D

evF ehN
où I0 = = est le courant classique d’une particule munie de la vitesse de
L 2mL2
Fermi.

b) Cette somme se calcule aisément.

Pour N pair, D est défini par −N/2 ≤ n ≤ N/2 − 1 ; par conséquent


 
n = −N/2, φ/φ0 = N φ/φ0
n∈D n∈D

et donc
φ
I = I0 (1 − 2 )
φ0
Pour N impair le domaine D est défini par −(N − 1)/2 ≤ n ≤ (N − 1)/2 ; donc
  φ
n = 0, φ/φ0 = N φ/φ0 et I = −2 I0 .
φ0
n∈D n∈D

Les variations de I avec φ pour une période sont donc données par les courbes de la
figure 3.
170 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Figure 3

c) Un électron au voisinage du niveau de Fermi porte un courant d’ordre I0 .


On pourrait donc penser que le courant total dû aux N électrons est beaucoup plus
grand. Or il n’en est rien puisque I/I0 est indépendant de N et ne dépend que du
flux. La raison vient des signes alternés des courants in (φ) portés par les électrons
dans les niveaux d’énergie successifs qui se compensent presque complètement deux à
deux. Quant aux discontinuités de I en fonction de φ, elles viennent du changement
brusque de la vitesse du dernier électron lorsque,

- pour N pair, φ s’annule (voir figure 2 : lorsque φ passe par zéro le dernier état
occupé passe de nmax à −nmax )
- pour N impair, φ passe de φ0 /2 − ε à φ0 /2 + ε (ou de manière équivalente à
−φ0 /2 + ε).

 φ
d) La période et la parité de I(φ) permettent d’écrire I(φ) = Im sin(2πm )
m=1
φ0
 +φ0 /2  +φ0 /2
2 φ 4 φ
avec Im = dφ I(φ) sin(2πm ) = dφ I(φ) sin(2πm ). Les ex-
φ0 −φ0 /2 φ0 φ0 0 φ0
pressions explicites de I(φ) trouvées ci-dessus conduisent

-pour N pair à

 +φ0 /2  +π
4 φ φ 2I0 2I0
Im = I0 dφ(1 − 2 ) sin(2πm ) = dx(1 − x/π) sin(mx) = .
φ0 0 φ0 φ0 π 0 mπ

- pour N impair à

 +φ0 /2  +π
4 φ φ 2I0 2I0
Im = I0 dφ(−2 ) sin(2πm ) = − 2 dx x sin(mx) = (−1)m .
φ0 0 φ0 φ0 π 0 mπ

On peut donc rassembler les deux résultats sous la forme indiquée dans l’énoncé

2I0
Im = (−1)mN .

Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 171

3 Étude d’un anneau à température finie

1) Pour kT petit devant εF , la fonction de Fermi ne présente de variation rapide,


par rapport à la marche d’escalier de température nulle, que pour les niveaux d’énergie
proches de εF . Par conséquent, pour examiner la modification du courant à basse
température, on peut remplacer dans la somme (6) les niveaux d’énergie qui sont
donnés par

h2
εn (φ) − εF = [(n + φ/φ0 )2 − (N/2)2 ]
2mL2
h2
= [|n + φ/φ0 | − (N/2)] [|n + φ/φ0 | + (N/2)] .
2mL2
par leur approximation au voisinage du niveau de Fermi. Dans ce voisinage |n| est
proche de N/2, de sorte que le deuxième facteur est sensiblement égal à N . On a donc

φ N N h2
εn (φ) − εF 2∆(|n + | − ), avec ∆ = .
φ0 2 4mL2

N 2 h2
Or εF (N ) = , de sorte qu’à un terme négligeable près on a bien
8mL2
∆ = εF (N + 1) − εF (N ) .

2) On reprend la somme (6) avec

1 1
f (εn ) =
1 + exp β(εn − εF ) φ N
1 + exp[β2∆(|n + | − )]
φ0 2

2I0 φ
et in (φ) = − (n + ). On a donc
N φ0
 +φ0 /2
2 φ
Im (T ) = dφ I(φ, T ) sin(2πm )
φ0 −φ0 /2 φ0
φ
+∞  +φ0 /2 (n + )
4I0  φ φ0
=− dφ sin(2πm )
N φ0 n=−∞ −φ0 /2 φ0 φ N
1 + exp[β2∆(|n + | − )]
φ0 2

Prenant comme variable


φ φ
n+ = y, et notant que sin(2πm ) = sin(2πmy), on obtient
φ0 φ0
+∞  n+1/2
4I0  y
Im (T ) = − dy sin(2πmy)
N n=−∞ n−1/2 N
1 + exp[β2∆(|y| − )]
2
172 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

et la somme sur n de ces intégrales reconstitue l’intervalle d’intégration [−∞, +∞]


pour y. La parité de l’intégrant donne donc

−8I0 +∞ y sin(2πmy)
Im (T ) = dy .
N 0 1 + exp[2β∆(y − N/2)]
On pose 2β∆y = x pour se ramener à l’intégrale donnée
 ∞
x sin(pπx/b) (−1)p+1 πb
dx = , avec b = β∆N et p = mN .
0 exp(x − b) + 1 sh (pπ 2 /b)
On obtient ainsi
2πI0 kT 1
Im (T ) = (−1)mN
∆ sh (mπ 2 kT /∆)
qui dépend de la combinaison mT /T ∗ , si l’on pose kT ∗ = ∆/π 2 . On a donc
2I0 T /T ∗
Im (T ) = (−1)mN
π sh (mT /T ∗ )
dont la limite à température nulle coïncide bien avec le résultat obtenu ci-dessus en
2-3d.

3) Pour T petit devant T ∗ le courant est proche de celui qui avait été obtenu dans
la partie 2, mais les discontinuités antérieures sont « arrondies » par la température.
Pour T grand devant T ∗ les harmoniques Im sont exponentiellement décroissantes
avec m et on peut ne retenir que l’harmonique m = 1 :
4I0
I1 (T ) (−1)N (T /T ∗) exp(−T /T ∗ ) et
π
I(φ, T ) I1 (T ) sin 2πφ/φ0 .
Le résultat est porté sur la figure 4.

Figure 4

4 Ensemble d’anneaux.

1) Ce moment magnétique M est égal au courant, qui est d’ordre I0 = evF /L,
L eLvF
multiplié par l’aire de la boucle π( )2 , soit M . On trouve ainsi M
2π 4π
2, 3 × 10 µN .
3
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 173

Des anneaux de grande taille seraient a priori plus favorables pour augmenter
M , mais on a complètement ignoré les processus de diffusion des électrons par les
impuretés et les vibrations du réseau cristallin. Les calculs supposaient qu’on pouvait
associer à un état quantique un courant. Il faut une fonction d’onde cohérente sur tout
l’échantillon et cela suppose une taille petite par rapport à la distance entre collisions
inélastiques qui changent l’état quantique. Cette distance peut être augmentée en
réduisant la température, mais même à 1K, elle ne dépasse pas le micromètre. Il faut
donc bien des petits anneaux.

2) a) Lorsque l’on considère une collection d’anneaux, les valeurs de N , le nombre


d’électrons, varient d’un anneau à l’autre. A priori il y a autant d’anneaux pairs que
d’anneaux impairs et s’il y a P anneaux de chaque type, le moment magnétique total
s’obtient en prenant les résultats précédents pour les deux parités de N , de sorte que
le moment M total est égal à

L 2
M = P π( ) [I pair + I impair]


P L2 2I0  φ T /T ∗
= sin(2πm ) [1 + (−1)m ]
4π π m=1 φ0 sh (mT /T ∗ )

On voit donc que les valeurs de m impaires disparaîssent et que la fonction de φ


résultante a donc une période φ0 /2.

∞
P φ T /T ∗
M (φ) = 4 M0 sin(4πp ) .
π p=1
φ0 sh (2pT /T ∗)

I0 L2
avec M0 =

b) De nouveau pour T beaucoup plus grand que T ∗ la première harmonique
p = 1 domine, alors que pour T nul on obtient ce moment par anneau en multipliant
par l’aire la somme des deux courants trouvés pour N pair et N impair à la question
φ
2-3b. Ce moment est donc proportionnel à T = 0K à (1 − 4 ). Ceci permet de tracer
φ0
les courbes de M (φ) dans les deux limites et d’interpoler :

Figure 5
174 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

XI - DIAMAGNÉTISME DE LANDAU.
1) a) Il s’agit d’une application directe du cours qui donne

 ∞

A = −kT g ln(1 + e−(εn −µ)/kT ) = −kT g ln[1 + ζ exp(−βεn )]
n=0 n=0

∂A
b) On a N = − , d’où ρ = N/L2 donné par
∂µ

eB  1
ρ=
π n=0 e(εn −µ)/kT + 1

c) Appliquant le calcul du cours (en dimension 2 au lieu de la dimension 3) pour


le grand potentiel d’un gaz d’électrons libres, on trouve
 2
L dpx dpy p2
A0 = −kT 2 ln[1 + exp(β(µ − ))]
(2π)2 2m

p2x p2y p2


En prenant comme nouvelle variable ε = + = et intégrant sur les
2m 2m 2m
angles, on a dpx dpy → p dp dθ → m dε(2π), soit

L2 (2πm) ∞
A0 = −2kT dε ln(1 + e(µ−ε)/kT )
(2π)2 0

La limite de A pour B → 0 peut s’obtenir en remplaçant la somme par une


intégrale
∞  ∞
1
→ dε
n=0
2µB B 0

g 2L2 m
En notant que = , on constate bien que A0 = lim A(B, µ, T ).
2µB B 2π2 B→0

2) L’énergie d’un électron dans le métal tridimensionnel s’écrit en faisant inter-


venir un nombre quantique supplémentaire qui représente la composante selon z de
l’impulsion. Comme la fonction d’onde s’annule pour z = 0 et , elle a la forme d’une
πqz πq
onde stationnaire sin (q = 1, 2...) et l’impulsion selon Oz a les valeurs ± ,

l’énergie étant donnée par
p2q πq
εnq = (2n + 1)µB B + , p= .
2m
Ceci donne
∞ 
∞ p2q
 β(µ−εn − )
A3 = −kT g ln(1 + e 2m )
n=0 q=1
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 175

(l’indice 3 rappelant le nombre de dimensions de l’espace). On peut ne retenir que le


seul premier terme (q = 1) s’il est beaucoup plus grand que les suivants, ce qui se
βπ 2 (22 − 12 )2
produit lorsque 1
2m 2
soit
32 π 2
kT 
2m 2

Lorsque cette condition est vérifiée, on constate que

2 π 2
A3 (µ, T, B) = A2 (µ − , T, B) ,
2m 2

Application numérique : On trouve T  130 K.

3) a) En désignant par M l’aimantation, on a

dU = −M dB + T dS + µ dN ,

d’où
dA = −M dB − S dT − N dµ ,
soit encore
∂A 
M =− 
∂B µ,T

La susceptibilité est définie par


1 M
χ= lim , cette limite étant calculée à N constant.
L2 B→0 B
La variation de µ avec N n’intervient pas dans le calcul de la limite et on a donc

1 ∂ 2 A 
χ=− 
L2 ∂B 2 B=0,µ,T

b) Pour ζ petit, on a


A = −kT g ζ exp[−β(2n + 1)µB B + O(z 2 ) ,
n=0
−kT e BL2 ζ
A= + O(z 2 ) .
2π sh(βµB B)

c) Développant A au second ordre en B, on a




2 
m(kT )2 1 µB B
A L ζ −2
1−
π2 6 kT
176 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

d’où
ζ mµ2B
χ −
3π2
∂A 1 ∂A ζ ζ mkT
Or on a ρ = − − 2 .
∂µ L ∂ ζ kT π2
d’où
µ2B ρ e 2 2 ρ
χ=− =−
3kT 12m2 kT

Le signe négatif indique que l’effet est diamagnétique. Le comportement en T −1


est du type de la loi de Curie.

µ2
d) La susceptibilité de spin à haute température est B par spin, soit une contri-
kT
bution à χ égale à
µ2 ρ
χs = B
kT

La somme de cet effet et du précédent donne

2 µ2B ρ
χ=
3 kT
de sorte que l’effet dominant est paramagnétique.

Note 1 - Le potentiel d’interaction dû aux ions modifie le spectre de ĥ et l’on sait


que cela se traduit par un changement de l’énergie cinétique, dans laquelle la masse m
est remplacée par une masse effective m∗ . Dans certains métaux, comme par exemple
le bismuth, m∗  m. Si l’on remplace m par m∗ dans 3c), la susceptibilité orbitale
diamagnétique devient plus grande, alors que la susceptibilité de spin reste inchangée.
On a alors un métal diamagnétique.

Note 2 - L’hypothèse ζ  1 faite dans ce calcul n’est pas valable, en réalité, pour
un métal, car on a kT  µ. On peut faire un calcul correct plus raffiné en procédant
comme suit.

a) On remplace la somme qui donne A par une intégrale en utilisant la formule


d’Euler-Mac Laurin. Pour une fonction f (x) suffisamment différentiable et s’annulant
assez vite à l’infini ainsi que ses premières dérivées, cette formule s’écrit

  ∞
1 1 ε 
f (nε) = f (0) + f (x) dx − f (0) + O(ε3 ) .
n=0
2 ε 0 12

Dans le cas présent, il est plus commode d’utiliser une formule qui s’en déduit

  ∞
1 1 ε 
f ((n + )ε) = f (x) dx + f (0) + O(ε3 ) ,
n=0
2 ε 0 24
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 177

car on a ∞
 1
A = −kT g f ((n + )ε) ,
n=0
2
avec
2µB B
ε= , f (x) = ln(1 + eβµ−x ) .
kT
On a alors
1
f  (0) = − ,
1 + e−βµ

eBL2 µB B 1
A = A0 + 2 .
π 24 1 + e−βµ
eµB 1 e2
χorb = − − .
6π 1 + e−βµ 12πm
On retrouve un effet diamagnétique, mais avec une loi substantiellement différente.

b) Pour le magnétisme de spin, on introduit le nombre quantique de spin σ = ±1,


et on retire le facteur de multiplicité de spin dans g en posant g  = g/2. On a alors

εnσ = ((2n + 1) + σ)µB B .

∞ 

A = −kT g ln(1 + eβ(µ−εnσ ) )
n=0 σ±1
 ∞

 1
= −kT g ln(1 + e β(µ−2mµB B)
) + α0 .
m=1
2

où l’on a posé 2n + 1 + σ = 2m et où α0 est l’expression qui figure dans la somme


pour m = 0.

Appliquant la formule d’Euler-Mac Laurin à cette nouvelle expression, on trouve


ε  eB 2 µB 1
A = A0 + kT g f (0) = A0 − ,
12 6πk 1 + e−βµ
χ = −2χorb

ce qui peut être interprété en considérant que la susceptibilité de spin est égale à
−3 fois la susceptibilité orbitale, tout comme dans la question 3.

On notera cependant qu’à des ordres plus élevés en B, les effets des moments
magnétiques dûs au spin et au mouvement des électrons ne sont pas simplement
additifs ; c’est un effet de la statistique de Fermi

4) a) On a
N = gν + gϕ ,
donc
N B0 ρπ
ν = E( ) = E( ) en posant B0 =
g B e
178 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

et
B
ϕ= −ν
B0

b) On a
ν−1 

U = gµB B (2n + 1) + (2ν + 1)ϕ
n=0
 
e2 B 2 L 2 % 2 & N e B2
U= ν + (2ν + 1)ϕ = (2ν + 1)B − ν(ν + 1)
2πm 2m B0
N 2 π2 e2 B 2 L 2
U= + ϕ(1 − ϕ) .
2mL2 2πm

1 ∂F 
c) On a de façon générale M = −  . A température nulle, F = U − T S
L2 ∂B T,N
se réduit à F = U .

Le calcul de
 
1 ∂U e 2B
M =− 2 =ρ ν(ν + 1) − (2ν + 1)
L ∂B 2m B0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 179

est immédiat en utilisant parmi les expressions de U celle qui ne contient pas ϕ.

Note : Ces oscillations sont observables expérimentalement et constituent l’effet de


Haas-Van Alphen. Les déviations par rapport au modèle (étendu à trois dimensions)
donnent des renseignements sur les interactions des électrons avec les ions.

d) Les oscillations sont dues à la traversée du niveau de Fermi par les niveaux
d’énergie successifs εn . Le phénomène subsistera sans grand changement à tempéra-
ture non nulle tant que le facteur de Fermi présentera une variation abrupte à l’échelle
de la distance 2µB B entre niveaux εn successifs. La surface de Fermi ayant une épais-
seur de 4kT autour de µ, l’amplitude des oscillations reste donc aussi importante qu’à
température nulle tant que
4kT  2µB B
(les pointes de la courbe M (B) sont arrondies dans cette région).

Cette région de températures et de champs (3T  B en kelvins et teslas) est


difficile d’accès, mais des oscillations de faible amplitude peuvent être observées au-
delà.

XII - SURFACE DES CRISTAUX.


1) a) L’état fondamental s’obtient pour un empilement compact. Dans un grand
volume Ω, il y a alors N = Ω/a3 cubes occupés, et 3N faces (6 faces par cube, chaque
180 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

face étant commune à 2 cubes), d’où l’énergie (négative) de cohésion par unité de
volume ρ = −3V a−3 (numériquement, ρ = −6kJ cm−3 ).

b) Parce que T = P = 0, l’équation dU = T dS − P dΩ + µdN se réduit à


dU = µdN . On a U = −3V N , d’où µ0 = −3V .

c) Pour supprimer un cube, il faut céder l’énergie 6V (puisque 6 faces communes


à deux atomes accolés disparaissent du décompte de l’énergie). Une configuration
comportant lacunes a donc l’énergie −3N V + 6 V = −3N V + 3 V .

d) La question précédente conduit à attribuer l’énergie +3V à un site vacant,


−3V à un site occupé. Chacun des N sites pouvant être traité indépendamment des
autres, on obtient
ZG (α, β) = (e−3βV + e3βV +α )N
La pression s’en déduit par

kT kT
Ps = ln ZG = 3 ln[e−3V /kT + e(3V +µ)/kT ] (1)
Ω a

e) Selon la distribution de Boltzmann-Gibbs grand canonique pour un site, la


probabilité pour que ce site soit vacant vaut e3βV /(e−3βV + e3βV +α ). En éliminant le
potentiel chimique à l’aide de (1), cette probabilité d’une lacune s’écrit
 
3V + Ps a3
exp − .
kT

Elle croît avec la température (augmentation de l’énergie) et décroît avec la pression


(diminution de volume).

f) A pression nulle où la probabilité cherchée est maximale, elle vaut e−3V /kT =
10−10 à 300 K. Cette valeur (et par suite le coefficient de dilatation ou la capacité
calorifique) est négligeable. Elle ne vaudrait encore que 10−5 à T = 600 K.

2) a) Le cours fournit

3/2
A 2πmkT
P = − = kT eµ/kT , (2)
Ω h2

soit
µ = kT ln[P (kT )−5/2 (2π2 /m)3/2 ] .

A l’équilibre, le potentiel chimique de la vapeur vaut µ0 = −3V et par suite


m 3/2
P0 (T ) = (kT )5/2 e−3V /kT .
2π2

b) L’expression de P0 (T ) conduit au diagramme


Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 181

et à la valeur P0 (300 K) = 300 Pa. La courbe monte très rapidement, puisqu’on


trouve déjà 2.105 Pa=2 atmosphères à 400 K.

c) La faible densité de lacunes entraîne d’une part que l’entropie par unité de
volume reste presque nulle, d’autre part que l’énergie et le volume varient presque
proportionnellement au nombre d’atomes. On a donc pour le cristal

dU −3V dN
= T dS + µdN − P dΩ (µ − P a3 )dN ,

de sorte que µ µ0 + P a3 . Microscopiquement, on trouve plus précisément en inver-


sant (1)
µ = −3V + P a3 + kT ln(1 − e−(3V +P a) /kT ) .
3

C’est cette expression qu’il faudrait insérer dans (2), en identifiant à la fois les poten-
tiels chimiques et les pressions des deux phases, pour obtenir la courbe de saturation
P0 (T ). Mais le dernier terme (qui même à 600 K ne vaut que 5.10−7 eV) aussi bien
le terme P a3 (égal à 10−5 eV à pression atmosphérique) sont négligeables devant
µ0 = −0, 6 eV le long de cette courbe, qui s’obtient donc en remplaçant µ par µ0
dans (2).

3) a) Par rapport à la surface lisse, enlever un cube supprime 5 faces qui portaient
une attraction −V , en sorte que la lacune de surface a l’énergie 5V . Rajouter un cube
rajoute une attraction de face, en sorte que l’atome adsorbé a l’énergie −V .

Remarque : L’énergie totale du cristal ne comprend pas seulement le terme de


volume calculé au 1) a) et ces contributions des défauts de surface. En effet, prenons
pour référence un cristal parallélépipédique de côté Lx a, Ly a, Lz a, ayant des faces
parfaitement lisses. Dans la direction x = 0, il contient Lx − 1 plans réticulaires
donnant chacun la contribution −V + Ly Lz à l’énergie de cohésion. En notant que
le volume est Ω = Lx Ly Lz a3 et l’aire des faces S = 2(Ly Lz + Lx Lz + Lx Ly )a2 ,
l’énergie de référence vaut non pas ρΩ mais ρΩ + σS, où σ = V /2a2 0, 25 Jm−2 . La
contribution de surface σS croissant avec l’aire des faces, celle-ci doit être minimale à
l’équilibre à température nulle. C’est pourquoi les faces sont alors parfaitement lisses.

b) Selon la distribution de Boltzmann-Gibbs d’équilibre grand canonique, le


rapport des probabilités p et p de deux configurations, d’énergies respectives ε et
182 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

ε + ∆ε et de nombre d’atomes respectifs N et N + ∆N , vaut


p
= e−β∆ε+α∆N (3)
p
On trouve ici pour les deux types de défauts ∆ε + µ∆N = 2V , de sorte que p1 /p0 =
p−1 /p0 = e2V /kT . Ce nombre est faible (2.10−7 à T = 300 K), de sorte que p0 =
1 − p1 − p−1 1, et que les probabilités cherchées p1 = p−1 valent 2.10−7 . De plus,
ceci justifie l’hypothèse que nous venons implicitement de faire, à savoir que les sites
peuvent être traités indépendamment les uns des autres (il n’y a pratiquement jamais
deux défauts voisins).

c) Selon (2), le rapport de saturation vaut


P
λ≡ = e(µ−µ0 )kT = eα−α0 = eα e3V /kT .
P0 (T )
En portant cette nouvelle valeur de α dans (3), et en utilisant p0 1, on obtient les
probabilités respectives p−1 = e2V /kT /λ pour les lacunes de surface et p1 = λe2V /kT =
2.10−6 pour les atomes adsorbés.

d) Si la vapeur est sursaturante (λ > 1, P > P0 (T )), il y a λ2 fois plus d’atomes


adsorbés que de lacunes de surface. Cet excès d’atomes indique une tendance pour la
vapeur à se condenser sur la face lisse du cristal. Au contraire, une sous-saturation
(P < P0 (T )) entraîne une tendance à la sublimation. Cependant le nombre d’atomes
en plus ou en moins reste petit dans la théorie actuelle, qui ne permet pas de com-
prendre que l’équilibre avec la vapeur sur- ou sous-saturante ne peut être stable. En
fait, il existe des configurations, plus complexes que les défauts ponctuels de surface,
et considérées plus loin, qui ont des probabilités grandes à l’équilibre, mais qui sont
plus difficiles à créer. L’équilibre considéré ici, faces lisses avec défauts ponctuels, est
ainsi métastable, le seul équilibre vraiment stable étant le cristal seul pour λ > 1, la
vapeur seule pour λ < 1.

4) a) Les énergies de liaison en A, B, C sont respectivement −V, −2V, −3V , alors


que le potentiel chimique est −3V + kT ln λ. On a donc pA /(1 − pA ) = λe−2βV ;
pB /(1 − pB ) = λe−βV ; pc /(1 − pc) = λ. D’où pA λe−2V T 2.10−6 , pB λe−V /kT
4.10−3 et pc = λ/(1 + λ) 0, 9.

b) Du point de vue du nombre de faces en contact, la configuration (2) ne diffère


de (1) que par les faces dans le plan x = 0 : il y en a 1 de moins. Donc l’énergie de
(2) est supérieure de V à celle de (1), et un décrochement a l’énergie V /2.

c) Pour chaque type de décrochement, la probabilité est proportionnelle à


e−βV /2 , avec un facteur de normalisation Z = 1 + 2e−βV /2 1. On a donc
pD = 2e−V /2kT = 4%.

d) Pour une vapeur juste saturante (λ = 1), on a pc = 1/2. Le site C voisin du


décrochement a autant de chances d’être vide qu’occupé, ce qui signifie que la position
du décrochement est indifférente, comme on pouvait s’y attendre. Mais si la vapeur est
sursaturante, le site voisin du décrochement a λ fois plus de chances d’être occupé que
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 183

vacant si l’équilibre avec la vapeur s’établit. La grande valeur pc = 0, 9 indique donc


qu’une marche avec décrochement est instable en présence de vapeur sursaturante,
le décrochement ayant tendance à se déplacer et à faire avancer la marche. Mais il
faut encore que les atomes de la vapeur arrivent jusqu’en C, ce qui nécessite plusieurs
étapes et ce qui demande un certain temps, de sorte que la marche est métastable. En
effet, les atomes de la vapeur ne peuvent se déposer sur le cristal que lors de collisions
sur la face ; celles-ci n’ont pratiquement aucune chance de se produire en un point C
ou même B au bord de la marche. Mais elles aboutissent rapidement à un piégeage
sur des sites A. L’agitation thermique peut les faire repartir, mais dans l’équilibre
métastable résultant, il en reste une proportion de pA = 2.10−6 par site de surface.
La diffusion à 2 dimensions de ces atomes piégés sur la face lisse leur permet alors de
rencontrer une marche, soit le plus souvent en un point B, soit plus rarement en un
point C (dans 4% des cas car pD = 4%). Il s’en fixe ainsi une moyenne de pB = 4.10−3 .
La diffusion à une dimension de ces atomes le long de la marche les fait enfin aboutir
en des points C où ils ont 9 chances sur 10 de se fixer. L’efficacité de ce processus
repose sur le grand nombre de décrochements (4% de la longueur de la marche). Les
populations en A ou en B auraient tendance à s’apauvrir, mais de nouveaux échanges
avec la vapeur et entre elles les maintiennent à 2.10−6 et 4.10−3 au fur et à mesure
que la marche s’agrandit. Une marche oblique comporte plus de décrochement et croît
donc plus rapidement. Elle a ainsi tendance à se redresser parallèlement à un axe Ox
et Oy, mécanisme qui explique dynamiquement pourquoi les cristaux macroscopiques
ont des formes géométriques simples.

Les marches peuvent se créer spontanément sur une face, comme bords d’îlots
de condensation (qui croissent et peuvent se rejoindre). Mais il existe un mécanisme
créant automatiquement des marches. En effet, les cristaux présentent des dislocations
en vis, défauts linéaires le long desquels se produit une faute d’empilement. Au centre
de la figure se trouve une telle dislocation, perpendiculaire à la face ; si l’on décrit
autour d’elle un carré en suivant les atomes du réseau, on ne revient pas au point
de départ comme dans un empilement parfait, mais un cran au dessus ou au-dessous
(∆z = ±1). L’existence de cette dislocation implique sur la surface une marche qui
en part. Dans un régime sursaturant, cette marche avance, avec une vitesse à peu
près constante perpendiculaire à sa direction locale. Ceci l’oblige à s’enrouler et lui
donne la forme spirale observée. On voit aussi deux autres dislocations - de même
signe ∆z. On voit également des aplatissements de la spirale le long des directions
Ox et Oy, provenant d’une vitesse de croissance de la marche plus grande lorsqu’elle
n’est pas parallèle à ces directions. Entre le centre et le bord de la photo, on parcourt
une vingtaine de marches, c’est-à-dire qu’on descend de 50Å.

5) a) Le nombre d’atomes dans R vaut

N = n1 + n2 + . . . + nK
= (n0 + m0 ) + (n0 + m0 + m1 ) +
+ (n0 + m0 + m1 + m2 ) + . . . + (n0 + m0 + m1 + . . . + mK−1 )

K
= KL + (K − k)mk .
k=0
184 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

b) Pour les directions parallèles aux plans z = 0 et y = 0, il y a dans la région R


autant de faces portant l’interaction −V que d’atomes présents dans cette région, ce
qui fournit la contribution −2N V . Dans chaque plan vertical x = k(0 ≤ k ≤ K), de
part et d’autre duquel le nombre de cubes est nk et nk+1 , le nombre de faces portant
−V est le plus petit des deux autres nombres nk et nk+1 , c’est-à-dire

1 1 1 1
(nk + nk+1 ) − |nk+1 − nk | = (nk + nk+1 ) − |mk | .
2 2 2 2

En sommant sur k, on obtient

1
K
1 1 1
(nk + nk+1 ) = n0 + N + nk+1 = N + L + M .
2 2 2 2
k=0

d’où la formule donnée pour l’énergie totale de la configuration.

c) En utilisant les expressions de N, E et M , et en sommant sur toutes les


configurations {mk }, on a

Z(α, β, λ) ≡ Tr eαN −βE−λM


  
 
K
= exp (α + 3βV ) kL + (K − k)mk
Σ k=0
{mk }

 
1 
K
1
K
− βV |mk | + βV L + βV − γ mk
2 2
k=0 k=0

En dehors du facteur
exp[αKL + βV L(3K + 1)] ,

cette expression est le produit de fonctions de partition


+∞ 
 
1 1
Zk (α, β, γ) ≡ exp (α + 3βV )(K − k) + βV − γ m − βV |m|
m=−∞
2 2

associées à chaque point (0 ≤ k ≤ K) où la marche peut décrocher.

Chaque fonction Zk est de la forme


+∞ 
+∞
e−ξ|m|−ηm = [e−(ξ+η)m + e−(ξ−η)m ] − 1
m=−∞ m=0
1 1
= −ξ−η
+ −1
1−e 1 − e−ξ+η
1 − e−2ξ sh ξ
= =
1 + e−2ξ − e−ξ+η − e−ξ−η ch ξ − ch η 
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 185

de sorte que

K
ln Z(α, β, γ) = αKL + βV L(3K + 1) + (K + 1) ln sh βV /2 − ln[ch(βV /2) − ch ηk ]
k=0
nk ≡ γ − βV /2 − (α + 3βV )(K − k)
= γ − βV /2 − (K − k) ln λ .

d) D’après la définition de Zk , mk  s’obtient par dérivation :


∂ ∂
mk  = − ln Zk = ln[ch(βV /2) − ch ηk ]
∂γ ∂γ
sh ηk
=− .
ch(βV /2) − ch ηk

e) La pente mk  est constante lorsque λ = 1, puisque ηk ne dépend plus alors de


k. En présence d’une vapeur juste saturante, la marche relie donc (en moyenne) en
ligne droite ses extrémités, supposées fixées.

Comme fonction de ηk , mk  est décroissante, puisque sa dérivée vaut


ch(βV /2)ch ηk − 1

[ch(βV /2) − ch nk ]2
Puisque nk croît avec k pour λ > 1 et décroît pour λ < 1, la marche est convexe
(d2 y/dx2 < 0) lorsque la vapeur est sursaturante, concave (d2 y/dx2 > 0) lorsqu’elle
est sous-saturante. Les marches rectilignes sont instables si λ = 1. Le sens de la
concavité traduit bien la tendance de la marche (dont les extrémités sont ici fixées) à
avancer pour λ > 1 et à reculer pour λ > 1. La courbure augmente avec | ln λ|.

Remarques : Le formalisme précédent suppose |ηk | < βV /2, ce qui restreint les
valeurs possibles de γ selon
(K − k) ln λ < γ < βV + (K − k) ln λ .
Ces inégalités doivent être satisfaites pour tout 0 ≤ k ≤ K, ce qui donne
|2γ − βV − K ln λ| < βV − K| ln λ| .
Le multiplicateur γ doit être ajusté afin que M prenne la valeur souhaitée, mais c’est
impossible si
V
K> .
kT | ln λ|
Ceci limite la longueur des marches possibles lorsque la vapeur est sur- ou sous-
saturante. De fait, si | ln λ| croît, la courbure des marches métastables que nous venons
d’étudier augmente, de sorte qu’elles ne peuvent avoir une grande longueur.

On notera aussi que l’existence des irrégularités de bord de marche non prises en
compte ici (saillies latérales, affaissements, reliefs) est essentielle pour expliquer que
la marche est non pas stable mais seulement métastable pour λ = 1.
186 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Enfin, pour une marche parallèle à Ox en équilibre avec la vapeur saturante (λ =


1), on a mk  = 0, d’où ηk = 0 et γ = βV /2. La distribution de Boltzmann-Gibbs
correspondante fournit pour probabilité d’un décrochement ∆y = ma
ch(βV /2) − 1
pm = exp(−βV |m|/2) .
sh(βV /2)

Compte tenu de e−βV /2 2.10−2  1, on retrouve les propriétés admises en 4˚c) et


la valeur pD = 4%.

6) a) On doit avoir
sh(βV /2 + K ln λ − λ)
1 = m0  =
ch(βV /2) − ch(βV /2 + K ln λ − γ)
et
sh(βV /2 − γ)
0 = mk  = ,
ch(βV /2) − ch(βV /2 − γ)
ce qui implique γ = βV /2 et
sh(K ln λ)
1= ,
ch(βV /2) − ch(K ln λ)
c’est-à-dire
ln ch(βV /2)
K= .
ln λ
b) En traitant k comme une variable continue, on obtient
  K
sh ηk
M= mk  − dk ,
0 ch(βV /2) − chηk
K

où on doit remplacer ηk par sa valeur

ηk = − ln ch(βV /2) + k ln λ .

L’intégration est immédiate en prenant pour variable t = chηk , ce qui donne


 X

1 dt 1 ch(βV /2) − 1
M= = ln ,
ln λ 1 ch(βV /2) − t ln λ ch(βV /2) − X
1
où X = ch[ln ch(βV /2)] = [ch(βV /2) + ch−1 (βV /2)], soit
2
1 2ch(βV /2)
M= ln .
ln λ ch(βV /2) + 1
Remarque : Ce résultat aurait pu être obtenu sans calcul. Notons en effet que ln Zk
ne dépend des variables α, β, γ, k qu’à travers β et la combinaison ηk . Une première
conséquence est
∂ ∂
ln Zk = −(K − k) ln Zk = (K − k)mk  ,
∂α ∂γ
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 187

qui par sommation sur k redonne l’expression 5) a) de N . Une conséquence plus


remarquable s’obtient en considérant k comme la variable continue x/a. On a alors
∂ ln λ ∂ ln λ ln λ ∂y
ln Zk = ln Zk = − mk  = − ,
∂x a ∂γ a a ∂x
ce qui implique (en déterminant la constante d’intégration en x = 0)
a
y=− ln(Zk /Z0 ), x = ka .
ln λ
Pour λ = 1, le logarithme de la fonction de partition Zk (α, β, γ) s’interprète donc à
des constantes près comme l’équation du bord de la marche dans le plan y(x) sous
forme explicite, on a

y 1 ch(βV /2) − ch ηk
= ln , (4)
a ln λ ch(βV /2) − ch η0
qui redonne M pour k = K. Enfin, l’intégration de k = 0 à k = K de l’équation
y(x) montre que ln Z(α, β, γ) lui-même est directement relié à l’aire située derrière
la marche, c’est-à-dire au nombre N d’atomes. L’interprétation thermodynamique du
multiplicateur γ résulte de l’identification de la transformée de Legendre.
−kT [ln Z + γM ] = U − T S − µN ≡ A
au grand potentiel (fonction de T, µ, M ), de sorte
∂A 
−kT γ = 
∂M T,µ
est l’énergie de déformation du bord de marche (en équilibre avec une vapeur à T et
P données) lorsque, à K fixé, M varie d’une unité.

c) En négligeant e−βV /2 2.10−2 devant 1, on peut remplacer K et M par


βV ln 2
K= − ,
2 ln λ ln λ
ln 2
M= 35 ,
ln λ
ce qui donne
βV
K +M = 200 .
2 ln λ
188 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

La courbe y(x) déterminée ci-dessus démarre avec une pente 1 près de x = 0, et


s’infléchit bientôt vers le bas de manière à aboutir à une assez longue partie presque
horizontale (pour x = K a/2, la pente
sh(K ln λ/2)
mk  = 0, 1
ch(βV /2) − ch(K ln λ/2)
est déjà faible et
y 1 ch(βV /2) − 1
M− ln 3, 5
a ln λ ch(βV /2) − ch(K ln λ/2)
est petit devant M 35).

Afin de décrire un îlot, il convient de raccorder 8 tels tronçons de marche déduits


les uns des autres par les symétries du carré. L’îlot a donc la forme d’un carré à angles
arrondis, de côtés 2(K + M )a 1000 Å= 0, 1µm (cette valeur est la même que celle
que nous avons trouvée à la fin du 5˚comme borne supérieure de K pour une marche
stable, borne atteinte pour la marche limitant la moitié de l’îlot).

Lorsque la sursaturation augmente, la taille de l’îlot, que l’on peut encore écrire
V /2(µ − µ0 ), décroît comme ln λ ou comme µ − µ0 . Bien que l’instabilité soit de plus
en plus grande, les îlots métastables sont de plus en plus petits. La forme des îlots,
caractérisée par le rapport K/M = βV /2 ln 2 − 1, ne varie pourtant pas. D’ailleurs,
l’équation (4) de leur bord y(x) ne dépend des coordonnées et de λ qu’à travers les
combinaisons x ln λ/a et y ln λ/a. Une augmentation de la température (à λ constant)
fait décroître K/M et fait aussi décroître K +M , de sorte que les îlots s’arrondissent et
se rapetissent lorsque la température augmente. A très basse température (βV 1)
ils sont presque carrés.

On observe sur la photo les diverses caractéristiques des îlots étudiées ci-dessus :
forme carrée avec angles arrondis, dimensions presque identiques. Les côtés des carrés
marquent les directions Ox et Oy du réseau cubique ; les arrondis représentent de
nombreux décrochements à l’échelle de a 2, 5 Å. (En fait la photo correspondond à
λ < 1 car les courbes fermées délimitent des cuvettes creusées dans la phase et non
des îlots en saillie ; la théorie ci-dessus donne la même forme pour λ que pour 1/λ
avec remplacement des marches convexes par des marches concaves.

XIII - EFFET SNOEK DANS LES ACIERS. ACIERS


MARTENSITIQUES.
1) Il existe N sites (x) (par exemple) dans le cristal. Parmi eux cx N sont occupés
(1 − cx )N sont vides. Nous avons donc
N! N! N!
Sm = k ln
(cx N )![1 − cx )N ]! (cy N )![(1 − cy )]! (cz N )![(1 − cz )N ]!
soit, en appliquant la formule de Stirling :
Sm = −kN [cx ln cx + cy ln cy + cz ln cz + (1 − cx ) ln(1 − cx ) + . . . ] (a)
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 189

Cette entropie est positive car les ci et (1 − ci ) sont < 1


c0
Si l’on a isotropie (ci = ) Sm devient :
3
c c0 c0 c0 3 3
0
0
Sm = −3kN ln + (1 − ) ln(1 − ) kN c0 (ln + 1) kN c0 ln .
3 3 3 3 c0 c0

c0 c0 η
et cx = cy par
2) On remplace maintenant dans (a) cz par η + − . D’où
3 3 2
 c η c0 η c0 c0
0
Sm −kN 2( − ln( − ) + ( + η) ln( + 2)
2 2 3 2 3 3
qui après développement à l’ordre 2 en η, devient
c0 9 η2 9 η2
Sm = −kN (c0 ln + 0
) = Sm − kN
3 4 c0 4 c0

9 η2
L’ordre directionnel (η) diminue l’entropie de la quantité kN .
4 c0
3) Dans le cadre des hypothèses b) et c) la polarisation des atomes de carbone
entraine la variation d’énergie libre
9 η2
−AεN η + N kT
4 c0
car N η atomes de carbone se sont déplacés depuis des sites (z) vers des sites (x) ou
(y). L’équilibre est atteint lorsque cette expression est minimum, condition correspond
au maximum de l’entropie compte tenu des contraintes. Ceci donne :
2Aεc0 2Aσ0
η∞ = = .
9kT 9kT Y

4) L’énergie libre totale résultant des hypothèses a) b) et c) est

1 9 η2
F (ε, η, T ) = Ω Y ε2 − AεN η + N kT − T Sm
0
.
2 4 c0

Le travail reçu au cours d’un allongement δε est σa2 bδε = Ωσδε, de sorte que la
tension se déduit de F par
1 ∂F
σ= ,
Ω ∂ε
ce qui donne
σ = Y ε − Aρη .

5) Il résulte de (2) que

σ = Y ε1 = Y (ε1 + ε2 ) − Aρη ,
190 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

de sorte que

ε2 = η
Y

Ceci démontre (4), avec B = Aρ/Y .

6) A l’équilibre,
2ABσc0 2B 2 σc0
ε∞
2 = Bη

= =
9kT Y 9ρk T
Cette formule rend compte des résultats ii) et iii) (proportionnalité de ε vis à vis de
σ, de c0 , et de 1/T .

7) On a en vertu du 5), de (2) et de (5)

Aε Aσ Bσ
w= = =
2 2Y 2ρ

L’application numérique donne ρ = 8.1028 m−3 , d’où


5
w = 5.10−22 J = .10−22 .1019 eV = 3.10−3eV
1, 6

4Bc0 w
L’allongement ε∞ ∞
2 est ε2 = B ; η

= avec w = 3.10−3 eV et kT =
9kT
1/40 eV. On obtient ε∞
2 4.10
−5
(soit (∆b 0, 4 µm pour un échantillon de longueur
b = 1 cm).

8) Lors de chaque vibration, la probabilité pour qu’un atome de carbone ait l’éner-
gie suffisante pour passer au-dessus du col est exp(−∆E/kT ), de sorte que la proba-
bilité par unité de temps d’effectuer un saut donné est ν exp(−∆E/kT ). Etant donné
qu’il y a 4 possibilités de sauts à partir d’un site donné, on obtient
1
νs = 4ν exp(−∆E/kT ) et τs = exp(∆E/kT )

1
A température ordinaire kT eV d’où
40
e0,87×40
τ (300K) = = 2, 2 secondes
4 × 1, 5 × 1014

A température ordinaire un carbone reste quelques secondes sur chaque site, mais ce
temps décroît rapidement avec la température.

9) On a le bilan

N dcz = [− nombre d’atomes effectuant par unité de temps un saut (z) → (x) ou (y)+
nombre d’atomes effectuant par unité de temps un saut (x) ou (y) → (z)] × dt
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 191

D’où


dcz ∆E + w ∆E − w ∆E − w
= −4νcz exp − + 2νcx exp − + 2νcy exp −
dt kT kT kT

On a évidemment cx + cy = c0 − cz , ce qui donne

dcz
= −4νe− kT cz + 2νe− kT (c0 − cz ) .
∆E+w ∆E−w

dt
soit
dcz
= n[c0 e+ − cz (e+ − 2e− )]
dt
où l’on a posé n = 2νe−∆E/kT et e± = e±w/kT
w
10) En faisant les approximations prévues par l’énoncé (e± 1 ± ) l’équation
kT
différentielle précédente s’intègre en :

c0 4c0 w c0 4w
cz = + [1 − exp(−3nt)] et c∞
z = (1 + )
3 9kT 3 3kT
d’où
c0 4c0 w 2ABσc0
ε2 = Bη = B(cz − )=B [1 − exp(−3nt)] et ε∞
2 =
3 9kT 9kT Y
Le paramètre η et l’allongement ε2 croissent avec le temps, et tendent exponentielle-
ment vers les valeurs déterminées au 6).
1 2
Le temps caractéristique de cette variation est τ = = τs (de l’ordre de la
3n 3
1
seconde), soit exp(∆E/kT ) qui décroît avec la température. Ceci rend bien compte

des résultats expérimentaux i).

On vérifie que w = 3.10−3 eV est beaucoup plus petit que ∆E = 0, 87 eV et que


kT = 1/40 eV.

11) Pour accéder expérimentalement à


ν et ∆E, il suffit donc de réaliser une ex-
périence de Snœk telle que décrite en intro-
duction (mesure de longueur par mesures
capacitives, ou mesures optiques...) à tem-
pérature T constante ; de mesurer la valeur
de τ (par exemple de −50˚C à +50˚C) ;
de reporter le ln des valeurs de τ en fonction
de 1/T ; de s’assurer que les points obtenus
s’alignent ; d’en déduire alors ν et ∆E.

12) La structure d’équilibre à 1 100˚C


est, d’après le diagramme, de l’austénite (phase γ).
192 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

A température ordinaire, la structure d’équilibre devrait être un mélange de deux


phases : de la ferrite (ou fer α contenant une concentration c0 < 1% de carbone en
solution) et de cémentite.

13) Si tous les atomes de carbone sont en site (z), la polarisation est égale à
c0 2c0
η (M) = c0 − = M = martensite)
3 3

La maille élémentaire se déforme en s’allongeant le long de Oz et en se contractant


identiquement le long de Ox et Oy : la structure, de cubique qu’elle était, devient
quadratique (centrée), la maille ayant pour côtés p, q et q. Le volume est conservé
(pq 2 = 8λ2 ) au 1er ordre.

(M) 2Bc0
L’allongement de la maille le long de Oz est ε2 = Bη (M) = . On a donc
3
2Bc0
p = 2λ(1 + )
3
Bc0
q = 2λ(1 − )
3

La mesure de p (et/ou q) pour diverses valeurs de la teneur en carbone permet de


p 2
connaître B : la valeur de B est la pente de la droite expérimentale = f ( c0 ).
2λ 3
2Bc0
14) L’allongement de l’axe de polarisation (z) de la martensité ε(M) =
3
−2
3.10 est très supérieur (par un facteur 10 ) à l’allongement anélastique calculé en
3

7). Cet allongement (ou cette distorsion) supérieur(e) impliquent une stabilisation bien
supérieure des atomes de carbone, donc une valeur bien supérieure de w. L’énergie
d’activation ∆E + w nécessaire pour un saut (z) → (x) ou (y) devient telle que
les atomes de carbone, peuvent se trouver « figés » très durablement en position
métastable (z). Multiplier la valeur w calculée en 7) par 100 multiplierait le temps de
vie par ew/kT e12 105 , multiplier par 1000 donnerait 1050 !

15) Les domaines (x), (y) et (z) quadratiques exercent les uns sur les autres de
fortes contraintes, l’allongement de l’un (i) étant contrarié par la présence de ses
voisins (j).

Les interactions, de nature élastique, entre ces contraintes internes et les défauts
cristallins responsables de la déformation inhibent la mobilité de ces défauts dans le
cristal : la dureté s’en trouve augmentée.

L’intensité de ces contraintes, dont l’effet de durcissement, croît avec le rapport


p/q donc avec c0 (voir 13). On s’attend donc bien à ce que la dureté des aciers trempés
croisse avec la teneur en carbone.

16) Pour effectuer la transformation martensite (z) → ferrite, ou au moins


pour l’amorcer (ce qui diminue le rapport p/q) il faut favoriser les sauts (z) →
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 193

(x) ou (y). Pour cela, il suffit de chauffer l’échantillon afin d’augmenter le terme
exp[−(∆E + w)/kT ].

XIV - LAMPE À INCANDESCENCE.


1) a) La puissance électrique consommée
V2 V2 πd2 V 2
P= = = ,
R ρ [π( d2 )2 ]−1 4ρ

transformée en chaleur par effet Joule dans le filament, est entièrement rayonnée. La
formule de Stefan-Boltzmann donne donc

P = ( πd)σTF4

Ces deux relations déterminent d et . En éliminant , on obtient (en unités SI)


2P 2 ρ 2.100 2 10−6
d3 = ( ) = = ( )
πV σTF4 π.220 5, 67.10−8(2700)4
soit
3
d = 3.10−5 m = mm .
100
et par suite
P
= = 0, 35 m = 35 cm
πdσTF4

b) Pour une puissance consommée fixée, le rendement, c’est-à-dire la puissance


rayonnée dans le visible est
 ν2  x2 x3 dx
ν1 u(ν)(dν 1 e −1
x e−x1 (x31 + 3x21 )
∞ = x∞ 3
0
u(ν)dν x dx
0 ex −1
π 4 /15

où ν1 et ν2 sont les fréquences extrêmes du visible, et où


hν1 2πc
x1 = =
kTF kTF λ1
correspondant à la limite visible-infrarouge (λ = 0, 8µm). L’approximation du numé-
rateur est convenable parce que x1 est assez grand (x1 = 6, 7 pour 2700 K, x2 = 2x1 ).
Le rendement croît rapidement avec la température ; il vaut 8,5 % à 2700 K, et croît
d’un facteur

3∆T hν1 ∆T 3∆T ∆T 3, 7∆T


(1 − ) exp = (1 − ) exp 6, 7 =1+
TF k TF2 TF TF TF
pour une élévation ∆T de la température du filament, passant par exemple à 10% à
2800 K.
194 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Par ailleurs, comme le visible se trouve dans la queue du spectre rayonné par le
filament, la puissance émise dans le bleu est beaucoup plus faible que dans le rouge.
Le rapport est en effet à peu près

ν2
ex1 −x2 8e−x1 = 1%
ν1
à 2700 K. Ce rapport s’améliore avec la température sensiblement, comme

hν1 ∆T 6, 7∆T
exp 2 1+
k TF TF
On a donc intérêt à augmenter la température du filament pour obtenir une lumière
plus blanche.

En dehors de l’inconvénient signalé dans l’énoncé (2ème partie), une augmentation


de température impose cependant (voir question 1a) un amincissement du filament,
donc une fragilisation supplémentaire.

2) a) Le nombre de particules d’une vapeur tombant sur l’unité de surface par


unité de temps est : 
px
n g(p)d3 p
(px >0) m
où n est le nombre de particules de gaz par unité de volume. En utilisant la distribution
de Maxwell et l’équation d’état du gaz, on obtient :

P 1 1
px e−p /2mkT d3 p ,
2

kT m 2πmkT )3/2 (px >0)

soit (compte tenu de la normalisation de la distribution de Maxwell)


 ∞
P 1 1 P
px e−px /2mkT dpx =
2

kT m (2πmkT ) 1/2 (2πmkT )1/2


0

Lorsque la vapeur est saturante, c’est-à-dire lorsque sa pression vaut Ps (TF ), elle
est en équilibre avec le solide à la température TF , de sorte que le flux Φ perdu par
celui-ci est exactement compensé par le flux calculé ci-dessus des atomes de vapeur
heurtant le solide et s’y intégrant. On a donc :
Ps (TF ) 1 − A +B
Φ= = 10 TF
(2πmkTF )1/2 (2πmkTF )1/2

b) Le nombre total d’atomes perdus par le filament pendant le temps τ , égal à

Φ( πd)τ ,

ne doit pas dépasser 3% de son nombre total d’atomes



2
d
π ns
2
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 195

où ns est le nombre d’atomes par unité de volume du filament,


18.000
ns = N 0 = 5, 9.1028
0, 184
Le temps de vie de l’ampoule est donc
3 1 1
τ= dns
100 4 Φ
A 2700 K, on obtient
Φ = 1, 14.1018
et par suite
τ = 11.600 s 3 heures .

c) En utilisant les expressions de τ, Φ et de d (1ère question) pour deux valeurs


différentes de la température TF et TF , on obtient

4/3 
1/2
τ d Φ TF TF − TA + A
= 
=  10 F TF ,
τ dΦ TF TF
soit
A A τ 5 TF
 = + log10 − log10 
TF TF τ 6 TF
4.104 4.104 3600.103 5 TF
 = + log10 − log10 
TF 2700 11.600 6 TF
On s’attend à ce que le dernier terme soit petit devant le précédent, qui vaut 2,49.
En le négligeant, on trouve
TF = 2300 K
On peut vérifier qu’une itération (pour laquelle le dernier terme vaut 0,06) ne modifie
pas ce résultat à l’approximation considérée.

d) D’après la loi de Planck, la perte d’efficacité de l’ampoule, mesurée par le


rapport des puissances rayonnées à ν0 , est (compte tenu du changement de surface
du filament effectué pour maintenir la puissance consommée constante)
 d ex0 − 1
 ,
d ex0 − 1

hν0 2πc
x0 = = = 8, 89
kTF kTF λ0
hν0 TF
x0 = = x0 
kTF TF
sont grands. La perte d’efficacité se réduit donc (compte tenu de la question 1 a) à

TF 
ex0 −x0 = 0, 4
TF
196 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

On perd donc un facteur 2 à 3 dans l’éclairement.

3) a) La fraction de la puissance rayonnée par le filament qui est absorbée par


l’enveloppe est (compte tenu des lois de Stefan-Boltzmann et de Planck)
 y x3 dx
P1 = ( πd)σTF4  0∞ ex3−1
x

dx
0 ex −1


hνc 2πc
y= =
kTF kTF λc
est la variable sans dimension associée à la longueur de coupure (λc = 4µm) et à la
température du filament :
2πc λ0 λ0 0, 6
y= = x0 = 8, 89 = 1, 33
kTF λ0 λc λc 4

L’enveloppe rayonne vers l’extérieur, compte tenu de la loi de Kirchhoff, une puis-
sance  3 z x dx
0 e −1
x
P2 = (πδ 2 )σTE4  ∞ x3 dx
0 ex −1
2
où πδ est la surface de la sphère, et
hνc TF
z= =y =6
kTE TE
(l’enveloppe émet comme un corps noir pour ν < νc , n’émet rien pour ν > νc ).

En régime stationnaire, on doit écrire un bilan entre la puissance totale perdue par
l’enveloppe et la puissance totale absorbée (dans le modèle considéré, ces échanges se
réduisant à du rayonnement). La puissance totale rayonnée est 2P2 , pour moitié vers
l’extérieur et pour moitié vers l’intérieur. Cependant, toute l’énergie P2 rayonnée vers
l’intérieur par un point de l’enveloppe est réabsorbée en un autre point de celle-ci (la
surface du filament et du culot sont négligées devant celle de l’enveloppe). Au total,
la puissance absorbée par l’enveloppe est donc P1 + P2 . Le bilan donne P1 = P2 , soit

4  z x3 dx
TF 0 ex −1
2
δ = d ∞ x3 dx
TE 0 ex −1

Même à la borne supérieure y = 1, 33 de l’intégrale du numérateur, le développe-


ment limité
x x x2 x4
= 1 − + − ,
ex − 1 2 12 720
converge bien, ses termes successifs décroissent rapidement. On a donc
 y 3  y
x dx x3 x4 y3 y4 y5
(x2
− + )dx = − + = 0, 46
0 e −1
x 2 12 3 8 60
0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 197

Au contraire, la borne supérieure z = 6 de l’intégrale du dénominateur est grande, et


on peut écrire
 z  ∞  ∞ 3
x3 dx x3 dx x dx
= −
0 ex − 1 0 e −1
x
z ex − 1
4  ∞
π
− x3 e−x dx
15 z
π4
= − e−z (z 3 + 3z 2 + 6z + 1)
15
= 5, 6

En définitive, on a donc

4
2700 0, 46
δ 2 = 0, 35 × 3.10−5 × × = 3, 5.104 ,
600 5, 6
δ = 0, 019 m 2cm .

b) Pour que le procédé soit efficace, il faut d’abord que la pression partielle P  du
composé C dans l’ampoule soit inférieure à la pression Ps (TE ) de vapeur saturante à
la température de l’enveloppe. En effet, cette condition permet non seulement d’éviter
tout dépôt solide sur cette enveloppe, mais aussi de faire évaporer un dépôt éventuel
qui se serait par exemple produit lors du refroidissement de la lampe après extinction.

Au niveau du filament, le flux d’atomes de tungstène qui quittent celui-ci est Φ,


calculé 2) a). Inversement, il existe un flux Φ de molécules de composé W I gazeux qui
viennent frapper le filament en cédant à celui-ci un nombre Φ d’atomes de tungtène
par unité de temps et par unité de surface. Ce flux, calculé comme au début du 2) a),
est
P
Φ = ,
(2πm kTE )1/2
où P  et TE sont la pression et la température du composé C dans l’ampoule, et m
la masse d’une de ses molécules.

En régime permanent, aucune molécule de C ne doit se décomposer sur l’enveloppe,


et la régénération continuelle du filament suppose que Φ = Φ . La pression partielle
du composé C dans l’ampoule est donc donnée par

1/2
m T E
P = Ps (TF )
mTF

Cette pression doit être inférieure à Ps (TE ), d’où



1/2
m T E − TA +B

− TA +B 
10 F < 10 E
mTF
198 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

soit
TE TE mTF
A < A + (B  − B)TE + log10  .
TF 2 m TE

Avec les valeurs numériques données, les derniers termes sont négligeables, et l’on
trouve
TE
A < A ,
TF
soit
A < 9.103

4) a) Considérons un atome de tungstène parcourant une distance L ; le vo-


lume balayé par une sphère centrée sur cet atome, et dont le rayon serait la somme
a = 3, 5 Å des rayons d’un atome de tungstène et d’un atome d’argon, est

πa2 L .

Le libre parcours p , distance moyenne parcourue entre deux chocs, est obtenue
en divisant L par le nombre de centres d’atomes d’argon contenus dans le volume
ci-dessus. En désignant par nA le nombre d’atomes d’argon par unité de volume, on
a donc
L kTA
p = = ,
πa2 Ln πa2 PA
compte tenu de l’équation d’état de l’argon, soit :
1, 38.10−23 × 300
p = = 2.10−7 m = 0, 2µm .
π(3, 5.10−10)2 (0, 5.105 )
Au voisinage immédiat du filament, la température est plus élevée, mais ne dépasse
pas 2µm, qui correspondrait à la température TF .

Les atomes de tungstène qui quittent le filament subissent des chocs sur les atomes
d’argon qui réorientent leur vitesse. Ils ont ainsi une certaine probabilité de revenir
toucher le filament et d’être réintégrés. Qualitativement, cette probabilité sera im-
portante si les chocs se produisent avant que la particule se soit éloignée du filament
d’une distance supérieure à son diamètre. En effet, au-delà, il y a moins de chance que
sa trajectoire reconduise l’atome sur le filament, plutôt que sur l’enveloppe extérieure
où il se condense définitivement. Une condition pour que le temps de fonctionnement
de l’ampoule soit amélioré est donc < d, ce qui est bien vérifié d’après les calculs
précédents (d/ ∼ 100).

Le calcul de l’augmentation de temps de fonctionnement peut être fait en analysant


le transport de particules de tungstène. Il conduit à une multiplication de la durée
de fonctionnement par un facteur de l’ordre de (d/ ). Pour les filaments en forme
d’hélice de diamètre d utilisés dans la pratique, l’analyse est plus compliquée et,
selon le pas de l’hélice, le facteur multiplicatif prend des valeurs intermédiaires entre
(d/ ) et (d / ). Ceci permet d’obtenir pour la température de 2700 K des durées de
vie convenables de l’ordre de 1000 heures.
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 199

Les conditions aux limites expriment l’égalité entre le flux dans le gaz Φg et le flux
échangé à l’interface, soit :

• sur la surface extérieure (on néglige la sublimation du tungstène à TE < 600 K)


ν ν
n(δ)vg = D = vg p
g δ
• sur le filament
ν ν
Φ − n(d)vg =D = vg p
d d
où φ est le flux de sublimation pour une ampoule vide calculé à la question 2.

En sommant ces deux relations on obient :


 −1
δ p p
vg ν = φ ln( ) + +
d δ d
 −1
p δ p p
φg = φ × × ln( ) + +
d d δ d

( p  d  δ)

d δ
Le temps de fonctionnement est multiplié par un facteur ln( ) de l’ordre de
p d
d/ p .

Remarque : Le calcul du temps de fonctionnement est simplifié pour une géométrie


cylindrique (enveloppe cylindrique de diamètre δ axée sur un filament rectiligne).

Le flux d’atomes de tungstène Φg dans le gaz est conservatif. On introduit un coef-


ficient de diffusion D qui relie ce flux au gradient de densité des atomes de tungstène

Φg = D∇n

On estime pour D une valeur


D = vg p
où vg est une vitesse moyenne de particules dans le gaz.

La conservation du flux implique une dépendance de la forme

n(r) = −ν ln r + cste .
200 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

XV - PHONONS ET ROTONS DANS L’HELIUM LIQUIDE.

PARTIE A

1 Questions préliminaires

1) Si D (ε) est la densité d’états rapportée à l’énergie ε, et D (


p) la densité d’états
rapportée à l’impulsion  p, on a :

q )d3 q = D (
D( p)d3 p = D (ε)dε

D (
p) est connu pour les états quantiques d’une particule sans spin (ou de spin
zéro) dans une boîte de volume Ω :

D (
p) =
h3
p = 
En utilisant la relation  q , d’où pi = qi , il vient

q ) = 3 D (
D( p) = (1)
8π 3
L’énergie interne U et le grand potentiel A d’un gaz quantique de bosons sans
interaction et sans spin sont donnés par
 
1
U = εf (ε)D (ε)dε et A = − ln[1 + f (ε)]D (ε)dε (2)
β
Par ailleurs, en fonction de 
q , f (ε) s’écrit :
1
f (ε(
q )) = , (3)
eβ[ε( q)−µ] −1
pour des bosons sans interaction.

D’où finalement, à partir de (1) (2) (3) :


 
3 Ω ε(q)d3 q
U = ε( q )f [ε(
q )]D(
q )d q= (4)
8π 3 eβ[ε( q)−µ] − 1
et
 
1 Ω
A=− {ln[1 + f [ε(
q)]}D( 3
q )d q = 3 {ln(1 − e−β[ε( q)−µ] }d3 q (5)
β 8π β

2) Si N n’est pas conservée, cette quantité ne peut être fixée ni en moyenne, ni


exactement. Elle n’intervient pas dans la détermination de l’équilibre thermodyna-
mique et l’ensemble statistique correspondant a pour variables naturelles β, quantité
conjuguée de U , et Ω, si on considère comme potentiel thermodynamique ln Z. L’ex-
pression de Z est la même que celle de la grande fonction de partition (avec sommation
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 201

sur tous les espaces de Hilbert à N particules, N variant de 0 à l’∞), avec α = βµ = 0.


Le potentiel thermodynamique adapté aux variables T et Ω est, indifféremment, A
ou F [car A = F − µN , avec µ = 0]. En conséquence l’énergie libre F a la forme (5),
avec µ = 0 :

kT Ω
F = {ln(1 − e−βε( q) )}d3 q (6)
8π 3
La pression du gaz de bosons est :

∂F A F kT
P =− =− =− =− 3 {ln(1 − e−βε( q) )}d3 q (7)
∂Ω Ω Ω 8π

3) Les arguments sont indiqués dans le cours à propos des photons dans une en-
ωi
ceinte : chaque oscillateur quantique de fréquence peut fournir une contribution

1
à l’énergie totale égale à (ni + )ωi où ni est un entier positif ou nul. Un état quan-
2
tique du système global est caractérisé par la donnée des ni des différents oscillateurs
(chaque état ni étant non-dégénéré). Si on fait un changement d’origine des énergies
ωi
de façon à se débarasser des , l’état global |ni . . . ni . . . > possède l’énergie :
2
U = Σni ωi = Σni εi avec εi = ωi .

On peut considérer le système comme constitué de particules fictives identiques (les


quasi-particules), les états à une particule étant la sucession des εi = ωi . Les ni sont
alors interprétés comme les nombres d’occupation des différents états quantiques à une
particule, leur donnée définissant l’état global du système. Comme ni = 0, 1, . . . ∞,
tout se passe comme si ces quasi-particules étaient des bosons. Leur nombre total N =
Σni n’est évidemment pas conservé puisque ces quasi-particules sont aussi des quanta
d’énergie : même à énergie totale fixée, un quantum d’énergie εi peut disparaître et
être remplacé par plusieurs quanta d’énergies différentes. On ne peut ainsi maîtriser
le nombre de particules ; N n’est pas une constante du mouvement.

Dans le modèle de l’hélium II, la correspondance précédente doit simplement être


complétée par l’indication qu’un oscillateur quantique est associé à un mode repéré
par le vecteur d’onde  q ; on a donc un ensemble quasi-continu d’oscillateurs, associé
ω(q)
à une densité d’états D( q ). Chaque oscillateur (q), possède la fréquence où (q)

est donné par la courbe de dispersion, et donc l’énergie ε(q) = ω(q). Comme dans le
cas discret des oscillateurs ωi , le nombre de quasi-particules N n’est pas conservé et
le potentiel chimique associé au système est nul (cf. question 2).

2 - Chaleur spécifique de l’hélium II

4) Un microétat (Es , n q) de l’hélium II a pour énergie

E = Es + Σn qω q (8)
202 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

(On utilise une somme discrète pour simplifier la notation).

La fonction de partition s’écrit alors :

Z = Σ e−βEs e−βΣqnqωq = e−βEs Zqp (8’)


n
q

où Zqp est associée aux seules quasi-particules, d’où

1
F =− ln Z = Es + Fqp
β

où Fqp est l’énergie libre (6) associée à un ensemble de bosons sans spin et sans
interaction en nombre non-conservé, confinés dans une boîte de volume Ω.

Remplaçant l’intégration sur qx , qy , qz par une intégration sur q = |q|


q = 4πq 2 dq ; q ∈ [0, +∞]) il vient :
(d3 

kT Ω ∞
F = Es + ln(1 − e−βω(q) )q 2 dq (9)
2π 2 0

5) Si l’on convient de négliger eβω pour x = βω  5, ceci signifie que pour β fixé
on élimine les valeurs de ω élevées. L’intervalle [0, ω] acceptable est d’autant plus
étroit que β est grand c’est-à-dire que T est petit. ωmax correspond donc à la limite
supérieure T = Tλ du domaine de stabilité de l’hélium II, et ωmax est défini par :

ωmax
x=  5 , soit
kTk
ωmax
 10, 9 (10)
k
Comme il a été indiqué dans l’introduction, la courbe de dispersion |ω(q)|
(figure 2) dépend peu de T . En se reportant à cette courbe, on constate que la
condition (10) est satisfaite dans deux intervalles de valeurs de q, soit [0, q0 ] avec
q0 0, 65Å−1 et [q0 , q2 ] autour du point R, avec q1 1, 65Å−1 et q2 2, 15Å−1 .
L’abcisse qR du minimum R de la courbe de dispersion est 1, 9Å−1 , on a donc :

|q1 − qR | |q2 − qR | 0, 25Å−1 .

6) Dans la zone des phonons [0; 0, 65Å−1 ] la courbe de dispersion est rectiligne et
on a ω = cq, c étant la pente à l’origine de la courbe de dispersion.

Sur la figure 2 on mesure 18, 3.10−10 K.m .
k
Pour calculer Fph on remplace ω par cq dans (9) dans la région [0, q0 ]. Il vient :
 q0
kT Ω
Fph = ln(1 − e−βcq )q 2 dq (11)
2π 2 0
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 203

Une intégration par parties sur q et le changement de variable x = βcq donnent :


 5
k4 T 4Ω x3 dx
Fph − .
6π 2 3 c3 0 ex − 1

Or on a  
∞ ∞
x3 dx
x3 e−x dx 236 e−5 1, 6 ,
5 ex − 1 5

L’intégrale dans l’intervalle (0, +∞) est donnée dans l’introduction du cours :
 ∞
x3 dx π4
= Γ(4)ζ(4) = 6, 5
0 e −1
x 15

Celle qui est dans Fph est donc égale à peu près à 4,9 (mais l’énoncé invitait, pour
simplifier les calculs, à négliger 1,6 devant 6,5).

D’où :
4, 9 kΩT 4
Fph = − . = −186 Ω T 4 joules (12)
6π 2 (c/k)3

∂F
L’entropie est S = − et la capacité calorique d’un volume Ω d’hélium II ;
∂T
∂S 9, 8 kΩT 3
Cph = T ( )= 2 . 2234 Ω T 3 J.K−1 (13)
∂T π (c/k)3

Connaissant la densité ρ0 145 kg m−3 de l’hélium II et la masse d’une mol d’hélium


4
He (4 × 10−3 kg), on en déduit la chaleur spécifique molaire :

Cph 0, 062 T 3 J.K−1 . mol−1

Pour T = 1K, cette valeur est faible devant celle des matériaux condensés à la tem-
pérature ordinaire : eau, 75 J.K−1 mol−1 ; solides (loi de Dulong et Petit) 3R =
3R
25 J.K−1 mol−1 , ainsi que devant celle de gaz, = 12, 5 J.K−1 mol−1 .
2
7) Le nombre moyen de rotons dans un mode q est égal au facteur de Bose-Einstein
correspondant :
1 1
n(
q ) = fq = βε( q) = ω(q)/kT
e −1 e −1
Ce nombre est borné supérieurement par la valeur de f q obtenue pour ωR = ω(qR ) et
T = Tλ ; or,

4.
kTλ
On a donc
q )Rotons  e−ωR /kTλ e−4 0, 02 ,
n(
nombre effectivement faible.
204 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

8) Dans la région des rotons, ω(q) a une forme parabolique et on peut donc rem-
placer ω(q) par :

(ω − ωR )
= a(q − qR )2 , (14)
k
avec a = 40, 4 K.Å2 =40,4×10−20 K.m2

De plus comme e−ω/kT < e−ωR /kTλ 0, 02  1, on peut développer le ln dans


l’expression (9) de l’énergie libre. Il vient :

kT Ω q2 2
FR − 2 q dqe−ω(q)/kT , (15)
2π q1

avec ω(q) donné par (14).

Comme indiqué dans le texte, on admet que si l’on étend l’intégrale (15) à l’in-
tervalle (−∞, +∞) les résultats physiques sont peu modifiés. En fait, en faisant cette
approximation l’erreur commise est de l’ordre de 1%.

Avec
 l’approximation précédente, on obtient après le changement de variable
a
x= (q − qR ) :
T
 
kT Ω −ω/kT ' T (3/2 +∞ a 2 −x2
FR = − 2 e (x + qR ) e dx (16)
2π a −∞ T

q2 a
L’intégrale comporte deux termes non nuls, l’un en x2 , l’autre en R . Seul ce dernier
 T
2 a 150
est à retenir car qR = , ce qui donne :
T T

ΩkT 3 qR
2
FR = − 3/2 1/2
e−ωR /kT
2π a

c’est-à-dire la forme annoncée −rT 3/2 Ωe−∆/T avec :

kqR2
ωR
r= et ∆ =
2π 3/2 a1/2 k
dont les valeurs numériques sont :

r = 5.1028k = 6, 9.105 et ∆ = 8, 67 K

calculées à partir des valeurs de a, de qR 1, 9Å−1 et de ωR mesurées sur la figure 2.

9) La contribution des rotons à C, calculée comme celle des phonons, est :

∂ 2 FR ' 3 ∆ ∆2 (
CR = −T = rΩT 1/2 e−∆/T + + 2 (17)
∂T 4 T T
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 205

Soit, en prenant pour Ω le volume molaire,


' T (1/2 '3 ∆ ∆2 (
CR 60 e−∆/T + + 2 J K−1 mol−1
∆ 4 T T
Les lois de variations de Cph et de CR sont très différentes.

La contribution CR des rotons est négligeable devant celle des phonons à très basse
température en raison du facteur e−∆/T . Cependant, bien que le nombre de rotons
par mode reste toujours faible, la contribution des rotons n’est pas négligeable lorsque
la température croît, car la région q ∼ 0 (dans l’espace des vecteurs d’onde) associée
aux phonons a un volume beaucoup plus faible que le voisinage de la sphère q ∼ qR
associé aux rotons.

Jusque vers T = 0, 6K, la contribution des phonons domine (Cph = 10−2 , CR =


1, 3.10−4 pour T = 0, 5K). À partir de T = 1, 4K, c’est l’inverse (CR > 10 Cph ). La
courbe obtenue est en bon accord avec l’expérience, sauf aux plus fortes températures
possibles, où les mesures montrent que C diverge à T = Tλ = 2, 18K. En fait, le
modèle n’est alors plus valable ; il ne prédit pas la transition vers la phase hélium I
(liquide normal).

T 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6


Cph 8, 1.10−5 6, 5.10−4 2, 2. 10−3 5, 2.10−3 1, 01.10−2 1, 75.10−2
CR - - - 2, 4.10−6 1, 3.10−4 1, 8.10−3
C 8, 1.10−5 6, 5.10−4 2, 2.10−3 5, 2.10−3 0, 0101 0, 019
T 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2
Cph 2, 2.10−2 4, 15.10−2 5, 9.10−2 8, 1.10−2 0, 108 0, 14
CR 1, 14.10−2 4, 47.10−2 0, 127 0, 29 0, 57 0, 97
C 0, 039 0, 086 0, 186 0, 37 0, 68 1, 11
T 1,3 1,4 1,5 1,6 1,7 1,8
Cph 0,18 0,22 0,27 0,33 0,40 0,47
CR 1,50 2,21 3,05 4,02 5,11 6,30
C 1,68 2,43 3,32 4,35 5,51 6,77
T 1,9 2 2,1 2,18
Cph 0,56 0,65 0,75 0,84
CR 7,58 8,92 10,32 11,46
C 8,14 9,57 11,07 12,30

T est en K, les chaleurs spécifiques molaires en J K−1 mol−1


206 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

PARTIE B

1 Propriétés dynamiques de l’hélium II

1) a) La quantité de mouvement totale moyenne est non-nulle pour les quasi-


particules, et imposée par les parois qui jouent un rôle de réservoir associé à la don-
née de la constante du mouvement P . On peut donc faire correspondre à P  un
multiplicateur de Lagrange λ.

À l’équilibre, l’opérateur densité de Gibbs-Boltzmann s’écrit :

 = 1 e−β Ĥ− λ.P


ˆ
D (18)
Z

b) Comme dans la partie A, on a

E = Es + Σn(q)ω(q) . (19)

D’autre part on a :

P = Σn(
q )
p = Σn(q)q . (20)

D’où

e−βEs e−βΣq nqω(q)−λ.Σnq q

Z= (21)
n
q

qui est identique à l’expression de la fonction de partition (8 ) utilisée dans la partie
A, à la substitution près de [βω(q) + λ.q] à βω(q).

En faisant cette substitution dans le nombre d’occupation moyen n(q) calculé


dans la partie A, il vient :
1 1
n(
q ) = =
eβω(q)+ λ. q −1 eβε(q)+ λ. p −1
c) On a : 
P  = n( q )D(q)d3 q ,
q )(

soit 
Ω qd3 q
P  =
(2π)3 eβω(q)+ λ. q −1

2) L’intégrale considérée vaut


 
' eβε− λ. p (
I= 3  [ln(1 − e−βε− λ. p )]| =
d q|grad d3 q  (βε + λ.
grad p)
q q
1− eβε− λ. p
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 207

Avec
v (  (ω) , p = 
q ) = grad q et ε = ω(q) , il vient
q

(2π)3
I = d3 qn( q ) + λ} =
q ){βv ( N [βu + λ]

Cette intégrale est nulle en raison de la décroissance rapide à l’infini du logarithme,
et on a donc :
βu + λ = 0
c’est-à-dire le résultat demandé :

u = −λ/β .

3) a) Réécrivons n(
q ) sous la forme :
1
n(
q ) = (24)
eβ[ω(q)− u. q] − 1
Tant que (ω(q) − u.q) > (ω(q) − u.q) reste positif, ce nombre tend vers 0 avec T . Si
donc
ω(q)
u<
q

pour toutes les valeurs de q, le nombre


moyen de quasi particules par mode est né-
gligeable quand T → 0, exactement comme
à vitesse nulle. Le minimum de ω/q est la
pente u de la tangente menée depuis l’ori-
gine à la courbe de dispersion ; le point de
contact (qc , ωc ) est dans la région des ro-
tons. Si donc T 0 et u < uc , le liquide
reste pratiquement immobile dans son état
fondamental.

Remarque : L’intégrale (5) considérée


dans la question 2.a) n’était définie que
pour u < uc ou λ < λc .

qc de longueur qc et dans la direction de u. Le


b) Considérons le vecteur d’onde 
nombre moyen de rotons dans le mode correspondant,
1
n(
q ) = ,
e qc (uc −u)/kT − 1
tend vers l’infini lorsque u croît et atteint uc . Une quantité d’énergie et une quantité de
mouvement infinies se trouvent donc cédées au fluide, par création de rotons, en raison
du mouvement des parois. Cette « catastrophe » implique que le modèle ne peut être
valable pour u ≥ uc . Si donc, on fait croître la vitesse vp des parois, ce mouvement
commence par engendrer une distribution (24) anisotrope des quasi-particules, avec
208 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

u = vp ; lorsque vp atteint uc , l’hélium passe de la phase II à la phase I, normale ;


après ce changement de phase, il est entraîné globalement à la vitesse v par les mêmes
mécanismes de viscosité que tout autre fluide.

La figure fournit la valeur numérique uc /k = 4, 3.10−10 soit uc = 56m s−1 , qui
ne concorde pas avec la valeur expérimentale de la vitesse critique, de deux ordres de
grandeur plus faible. En fait, avant que le mouvement des parois ne crée une grande
quantité de rotons, il apparaît d’autres excitations dont nous n’avons pas parlé ici,
des « lignes de vortex », associées à des gradients dans la vitesse de déplacement de
l’état fondamental de référence, supposé fixe ici.

4) a) La quantité de mouvement totale des quasi-particules vaut :



P = q n(q)q
d3 
(2π)3
Développons au 1er ordre en un(
q ) : on a

∂n(q)
n(
q ) = n(
q ) u=0 + u.q + O(q2 )
∂(u.q)

soit
eω(q)/kT 
n(
q ) − n(
q ) u=0 = u.q
(eω(q)/kT − 1) kT
2

n(
q ) u=0 correspond à l’état de repos et donne donc une contribution nulle à P . Il
reste 
Ω eω(q)/kT 2
P  = (u.q) q d3 q
(2π)3 (eω(q)/kT − 1)2 kT
Intégrons sur les variables angulaires, en prenant la direction de u comme axe des z.
On obtient (avec d3 q = q 2 sin θ dq dθ dϕ) :
  π
u 4π 2
( q sin θ dθ dϕ = uq 2 (
u.q) sin θ cos2 dθ dϕ) = q u
u 0 3

d’où

∂ F̃
P  = = ρn Ωui (25)
∂ui
avec
 ∞
2 eω/kT q 4 dq
ρn = (26)
6π 2 kT 0 (eω/kT − 1)2

b) La formule (18) nous donne :

∂ ln Z
P  = − ,
∂λ
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 209

d’où avec λ = −βu et F̃ = −kT ln Z ,

∂ F̃
Pi  = = ρn Ωui .
∂ui

Par intégration, et en notant que, pour λ = 0, F̃ coïncide avec F , on obtient :


1
F̃ − F = Ωρn (u2 ) (27)
2

c) Lorsqu’un fluide de masse volumique ρ est mis globalement en mouvement à


Ω 2
la vitesse u, sa quantité de mouvement vaut Ωρ u, son énergie croit de ρ u , de
2
même que son énergie libre, car son entropie reste inchangée. Les formules (25) et
(27) s’interprètent donc comme l’impulsion totale et l’énergie cinétique d’un fluide en
mouvement (rapportées à un volume Ω), ce fluide ayant la densité ρn fonction de la
température déterminée par l’équation (26).

5) a) Dans le repère lié au substrat, P  et F̃ sont donnés par les formules (25) et
(27) des résultats du 4). Revenant au repère du laboratoire et appliquant les formules
de changement de repère données dans le texte, il vient :

Plab = Ωρn u + Mvs = ρn Ω(u + vs ) + ρs Ωvs ,

en posant
ρ = ρn + ρs ,
soit, avec vn = u + vs
Plab
Jlab = = ρnvn + ρsvs

D’autre part, l’entropie étant la même dans les 2 repères :
M
F̃lab = F̃ + (Elab − E) = F̃ + P .vs + vs2
2
Remplaçant, de la même manière, P = Ωρn u, M = (ρn + ρs )Ω et vn = (vs + u), on
obtient aisément :

F̃ = F + (ρnvn2 + ρsvs2 )
2
en prenant en compte

F̃ = F + ρn u2 .
2

b) D’un point de vue purement mécanique, on voit que tout se passe comme si
on avait un mélange de deux fluides indépendants de masses volumiques ρn et ρs , de
vitesses vn et vs , de débits ρnvn et ρsvs , d’énergies cinétiques par unité de volume
1 1
ρnvn2 et ρsvs2 . Les résultats obtenus dans le repère lié au substrat montrent que
2 2
seul le fluide normal échange de l’énergie et de la quantité de mouvement avec les
parois.
210 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)


6) a) Dans la formule (26) donnant ρn , pour grand, l’intégrant est de l’ordre
kT
−ω/kT 4
e q . On peut donc faire les mêmes approximations que dans la partie A et

négliger les intervalles de q correspondant à  5, et ne retenir ainsi que la région
kT
des phonons et celle des rotons. Calculons ces deux contributions :

b) Phonons.

La contribution des phonons s’obtient en écrivant ω = cq. En posant x = βcq et


avec l’extension des bornes d’intégration utilisée à la question A II 6) il vient :

5  ∞
2 kT x4 dx ex
ρph
n =
6π 2 kT c 0 (ex − 1)2

soit
ρph
n = AT
4

2π 2 k 4
Le calcul exact donne A = 0, 016
45 3 c5
c) Rotons.

La contribution des rotons à la densité normale est, comme à la question A 8)


 ∞
1 2 1 2
q 2 dq e−ωR /kT e−a(q−qR )
2
ρR
n =
/T
q
2π 2 0 kT 3

1/2
 2

ρR
n = 2 qR 4
e−∆/T
6π kT a

∆ −∆/T
R
ρn = 1800 e kg m−3 .
T
avec ∆ 8, 67 K.

Pour T → 0 la contribution des phonons domine car ρR n décroît exponentiellement


pour T  0, 7K, ρn ρRn et ρ n croît rapidement. Par exemple pour T 0, 7K, ρn
2, 6 × 10−2 kg.m−3 et pour T = 2K, ρn 49kg.m−3
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 211

d) Le modèle perd toute validité si ρn dépasse ρ, densité totale du fluide. Comme


ρ = ρn + ρs , ρs , on voit que ρs est une fonction décroissante de T et que le superfluide
disparaît quand ρ = ρn (ρs = 0). La température caractéristique de cette disparition
est donnée par : 
∆ −∆/T0
1800 e = 145 .
T0
On trouve
T0 2, 75K
On s’attend à ce que l’annulation de ρs marque la dispersion des propriétés anormales
liées à l’existence d’une composante sans viscosité, c’est-à-dire qu’elle signale la tran-
sition de phase de l’hélium de sa phase II à sa phase I. De ce fait, T0 ne diffère pas
considérablement de la température observée pour la transition, Tλ = 2, 18K, compte
tenu des faits suivants : le modèle, basé sur une représentation simple des excitations
de basse énergie, devient moins adéquat lorsque la température s’élève. De plus, ce
modèle perd toute validité lorsque ρn , la densité effective entraînée par les parois,
dépasse la densité totale ρ du fluide. La partie de la courbe ρn (T ) où ρn approche de
ρ était donc assez peu fiable.

7) a) Sous l’effet de l’apport de chaleur, la température augmente dans le réservoir


A. Or on a vu à la question précédente d) que ρs (T ) est une fonction décroissante de
T . Donc ρs diminue dans le réservoir A, faisant diminuer initialement la quantité de
superfluide (initialement signifie avant les processus de rééquilibrage du système).

Le tube étroit ne laisse pas passer le fluide normal mais laisse passer librement
le superfluide. La tendance sera d’uniformiser ρs dans le système par passage de
superfluide de B à A.

En conséquence la masse (et donc la pression) va augmenter du côté A.

b) La relation de Gibbs-Duhem s’écrit :

A = PΩ = U − T S − µN

soit,
F + PΩ
µ=
N
Admettons que µA = µB . Il vient, en posant ∆x = xA − xB :

F Ω Ω
µA − µB = 0 = ∆ + P∆ + ∆P (28)
N N N

F Ω
où et sont l’énergie et le volume d’une molécule.
N N
Par ailleurs, on a :


F S Ω
∆ =− ∆T − P∆ (29)
N N N
212 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

formule du cours, rapportée à une molécule.

Combinant (27) et (28), il vient :


Ω S
∆P = ∆T
N N
qui est la formule demandée :
∆P S
= (30)
∆T Ω

c) A T 1, 5K l’entropie est dominée par la contribution des rotons (question A


8)). On a donc :

S −1 ∂FR ∂ 3 ∆
= =r (T 3/2 e−∆/T ) = rT 1/2 e−∆/T + ,
Ω Ω ∂T ∂T 2 T
soit, à 1,5 K :
S
= 0, 19.105 Pa. K−1

Appliquant la formule (30), il vient :

∆P 2 × 102 Pa pour ∆T 10−2 K

Avec
∆P gρ∆z (colonne de fluide)
on a :
∆z 14cm pour ∆T 10−2 K

d) Au quasi-équilibre, l’entropie S est maximum, compte tenu des échanges entre


les deux réservoirs. Or ces échanges permettent seulement le transfert de superfluide,
ce qui ne transfère aucune entropie.

Si dN molécules passent de A vers B (−dN de B vers A), l’entropie est station-


naire, et SA et SB ne changent pas. Soit :

dUA = T dSA + µA dN − PA dΩA = µA dN − PA dΩA


dUB = −µB dN − PB dΩB

Par ailleurs l’ensemble du système n’échange avec l’extérieur que le travail

dUA + dUB = −PA dΩA − PB dΩB

Tenant compte des relations précédentes il vient :

(µA − µB )dN = 0

soit
µA = µB
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 213

XVI - FERROMAGNÉTISME D’UN MÉTAL.


1)  ∞
1
A = lim − dε D(ε) ln(1 + e−β(ε−µ) ) .
β→∞ β 0
e−β(ε−µ) s’annule pour ε supérieur à εF , limite de µ à température nulle, et tend vers
l’infini pour ε < εF . On en déduit immédiatement
 εF
A(T = 0) = dε D(ε)(ε − εF ) .
0
Quant à l’énergie de Fermi, elle est donnée par la relation
 εF
N= dε D(ε) .
0

Calculons ∂A/∂µ, c’est-à-dire à température nulle ∂A/∂εF . Le terme dû à la borne


supérieure s’annule, puisque l’intégrand de A s’annule pour ε = εF , de sorte
que nous n’avons que la dérivée de l’intégrand et qu’ainsi nous vérifions bien que
N = −∂A/∂εF .

2) En présence d’un champ non nul les électrons de projection σ = +1 ont une
énergie ε + B, et ceux de σ = −1 ont une énergie ε − B. La densité d’états en champ
1
nul pour un spin donné est D(ε) ; par conséquent si on pose ω = ε + B, la densité
2
1
d’états des spins positifs est D(ω − B), avec ω ≥ B ; celle des spins négatifs est
2
1
D(ω + B), avec ω ≥ −B.
2

3) La contribution au grand potentiel des électrons de spin positif est donc égale
à
 ∞  µ
1 −β(ω−µ) 1
lim − dω D(ω − B) ln(1 + e )= dω D(ω − B)(ω − µ)
β→∞ 2β B 2 B
µ−B
1
= dε D(ε)(ε + B − µ)
2 0
214 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

On a donc, en ajoutant les deux populations,


 µ−B  µ+B
1 1
A(B) = dε D(ε)(ε + B − µ) + dε D(ε)(ε − B − µ)
2 0 2 0

De même pour le nombre moyen d’électrons on a


 µ−B  µ+B
1 1
N = N+ + N− = dε D(ε) + dε D(ε)
2 0 2 0

∂A
et on vérifie bien encore que N = − . On voit que µ se réduit à l’énergie de Fermi
∂µ
seulement pour B tendant vers zéro. La fonction µ(B), déterminée par cette équation
lorsqu’on se donne le nombre moyen d’électrons, est paire puisque l’équation est in-
variante par le changement de B en −B.

4) A(B, µ) = F (B, N ) − µN ; par conséquent


     
∂A  ∂F  ∂F  ∂N  ∂N  ∂F 
= + − µ =
∂B µ ∂B N ∂N B ∂B µ ∂B µ ∂B N

Donc 
∂A 
M =−
∂B µ
Si l’on reprend l’expression de A obtenue à la question précédente, on en déduit
 µ−B  µ+B
1 1
M =− dε D(ε) + dε D(ε) = −N+ + N− .
2 0 2 0

L’aimantation totale (dans les unités choisies) est simplement la différence entre
les nombres moyens de spins des deux signes. (Le signe du résultat vient de ce que le
moment magnétique est opposé au spin pour une particule de charge négative).

5) Si l’on reprend l’expression de N donnée en (3), et la définition de l’énergie de


Fermi,
 
1 µ−B 1 µ+B
N= dε D(ε) + dε D(ε)
2 0 2 0
et  εF
N= dε D(ε)
0

on voit que, comme attendu, lorsque B tend vers zéro µ tend vers εF . En soustrayant
membreà membre ces deux relations nous en déduisons, en introduisant la fonction
ε
∆(ε) = 0 dω D(ω),

0 = ∆(µ − B) − ∆(εF ) + ∆(µ + B) − ∆(εF )


Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 215

La différence µ − εF s’annule avec B, et puisque µ est une fonction paire de B, cette


différence est proportionnelle à B 2 . Pour B petit, on peut donc faire un développement
de Taylor
1
∆(µ − B) − ∆(εF ) = (µ − B − εF )∆ (εF ) + (µ − B − εF )2 ∆ (εF ) + O(B 3 ) .
2
Au total donc on obtient

2(µ − εF )D(εF ) + [B 2 + (µ − εF )2 ]D (εF ) + O(B 4 ) = 0 ,

soit, en négligeant (µ − εF )2 qui est d’ordre B 4 ,

D (εF )
µ = εF + αB 2 + O(B 4 ), avec α = − .
2D(εF )

6) Lorsque le champ tend vers zéro les mêmes intégrales considérées ci-dessus
donnent
 
1 µ−B 1 µ+B 1
M =− dε D(ε) + dε D(ε) = [∆(µ + B) − ∆(µ − B)] = B D(µ)
2 0 2 0 2
1
+ B 3 D (µ) + O(B 5 )
6

et en remplaçant µ par son développement


1
M = B D(εF + αB 2 ) + B 3 D (εF ) + O(B 5 )
 6 
3 1   b
= B D(εF ) + B D (εF ) + αD (εF ) + O(B 5 ) = a B + B 3 + O(B 5 )
6 6
avec
D2 (εF )
a = D(εF ), b = D (εF ) + 6αD (εF ) = D (εF ) − 3 .
D(εF )

7) On dérive par rapport à M la relation Ã(M ) = A(B) + M B :

∂ Ã(M ) ∂A(B) ∂B ∂B
= +B+M .
∂M ∂B ∂M ∂M

∂ Ã(M )
Le premier terme compense le troisième et on a donc B = .
∂M

La relation établie à la question (6) montre que M tend vers zéro avec B. Résolvant
pour B en puissances de M , comme indiqué dans l’énoncé, on a
M b
B= − 4 M 3 + O(M 5 ) .
a 6a
216 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

∂ Ã(M )
Puisque B = , on en tire
∂M

1 2 b
Ã(M ) = A0 + M − M 4 + O(M 6 )
2a 24a4

où A0 est une constante. (On peut obtenir A0 en faisant M = 0, qui implique B = 0 ;


par conséquent la relation Ã(M ) = A(B) + M B implique Ã(M = 0) = A(B = 0) qui
a été calculé dans la première question).

En définitive
c d
Ã(M ) = A0 + M 2 + M 4 + O(M 6 )
2 4!

avec
 2 
1 1 b 1 D (εF ) 
c= = , d=− 4 = 4 3 − D (εF ) .
a D(εF ) a D (εF ) D(εF )


8) Pour des électrons libres tridimensionnels, D(ε) est proportionnel à ε. On a
donc

D 1
= ,
D 2ε

puis

2
D D 1
− =− ,
D D 2ε2

d’où

2
D2 (εF ) D (εF ) 1
3 − = 2
D(εF ) D(εF ) εF

qui est bien positif.

A deux dimensions
√ D(ε) est constant, donc d = 0. A une dimension D(ε) est
proportionnel à 1/ ε et le même calcul donne d = 0.

9) Le potentiel Ã(M ) a donc la forme :


Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 217

∂ Ã(M )
et puisque B = , lorsque B s’annule Ã(M ) est extremum, et donc ici le
∂M
seul minimum est à M = 0 : le système n’a pas d’aimantation spontanée.

10)
b
M = a(B + JM ) + (B + JM )3 + O(B 5 )
6

se résout successivement par

b
aB = (1 − aJ)M − (B + JM )3 + O(B 5 )
6

et on peut substituer dans la deuxième parenthèse le résultat du premier ordre


1
B = (1 − aJ)M . Ceci donne donc
a

1 b
B= (1 − aJ)M − 4 M 3 + O(M 5 )
a 6a

et par intégration
c 2 d 4
Ã(M ) = A0 + M + M + O(M 6 )
2 4!
avec
 2 
1 1 1 D (εF )
c = −J = − J, d = d = − D 
(ε F )
a D(εF ) D(εF )4 D(εF )

∂ Ã(M )
11) Puisque B = , lorsque B s’annule Ã(M ) est extremum. Le graphe de
∂M
Ã(M ) démontre que le minimum n’est pas en M = 0 lorsque le coefficient c de M 2
est négatif :
218 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Par conséquent on a une aimantation spontanée à température nulle si les forces


d’échange sont suffisamment attractives, plus précisément pour

1
J> .
D(εF )

(Le signe de cette aimantation spontanée dépend des conditions aux limites, ou de
la façon dont B tend vers zéro. C’est ainsi que si B tend vers zéro positivement,
l’aimantation spontanée résultante est positive.)

12) Pour des électrons libres à trois dimensions, D(ε) = C ε, où C est une
ε
constante. De la relation de définition de l’énergie de Fermi N = 0 F dε D(ε), on tire
2
N = εF D(εF ). La condition précédente pour avoir ferromagnétisme à T = 0 K est
3
εF 1 2
donc γ > , soit en remplaçant N par l’expression ci-dessus γ > .
N D(εF ) 3

13) A température finie l’expression de N


 µ−B  µ+B
1 1
N= dε D(ε) + dε D(ε)
2 0 2 0

est remplacée par


 ∞  ∞
1 1
N= dε f (ε + B − µ)D(ε) + dε f (ε − B − µ)D(ε)
2 0 2 0

1
où le facteur de Fermi f (x) = .
1 + exp βx

La fonction µ(B) définie par cette équation est paire ; elle tend vers µ(0) = µ pour
B = 0. Donc δµ = µ(B) − µ(0) est d’ordre B 2 .
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 219

14) On a toujours
 ∞
1
M = N− − N+ = dε D(ε)[f (ε − B − µ) − f (ε + B + µ)]
2 0

f (ε − µ(0) − B − δµ) − f (ε − µ(0) + B − δµ) = −2Bf  (ε − µ(0)) + 0(B 3 )

(en utilisant que δµ est d’ordre B 2 ).

Par conséquent
M = a(T )B + O(B 3 ) ,
avec  ∞
a(T ) = − dε D(ε) f  (ε − µ(0))
0

Remarquer que a(T ) est bien positif, car le facteur de Fermi est une fonction
monotone décroissante de l’énergie. D’autre part à température nulle la fonction f (ε−
µ(0)) tend vers la fonction saut Θ(εF − ε) ; par conséquent f  (ε − µ(0)) tend vers la
distribution de Dirac −δ(εF − ε) et a(T ) vers D(εF ), qui est bien le résultat de
la question 6) à T = 0. On sait qu’à haute température α = βµ tend vers moins
l’infini et le facteur de Fermi f (ε − µ(0)) tend donc vers exp(α − βε). Par conséquent
f  (ε − µ(0)) = −βf (ε − µ(0)) . On en déduit

 ∞  ∞
a(T ) = − dε D(ε) f  (ε − µ(0)) = β dε D(ε) f (ε − µ(0)) = βN
0 0

qui tend vers zéro comme 1/T .

15) Si on substitue Beff = B + JM à B, on trouve comme ci-dessus

c 2
Ã(M ) = A0 + M + O(M 4 )
2
avec
1
c = −J .
a(T )

Le minimum de Ã(M ) n’est pas en M = 0 lorsque c est négatif, c’est-à-dire pour
1
toutes les températures telles que < J. Par hypothèse J satisfait cette inégalité
a(T )
à température nulle. En revanche a(T ) s’annule à haute température. Il existe donc
1
une température critique Tc définie par = J au-dessus de laquelle il n’y a plus
a(Tc )
d’aimantation spontanée.
220 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

16) γ = 0, 7 est proche du seuil γ = 2/3 qui autorisait le ferromagnétisme à


température nulle. Il est donc vraisemblable que la température Tc ne sera pas élevée
(dans l’échelle fournie par la température de Fermi θF = εF /k).
∞
On reprend donc l’expression de a(T ) = − 0 dε D(ε) f  (ε − µ(0)) ; intégrons par
∞
parties, a(T ) = 0 dε D (ε) f (ε − µ(0)) et appliquons le développement de basse
température du facteur de Fermi du cours :
 µ
π2 π2
a(T ) = dε D (ε) + (kT )2 D (µ) + O(T 4 ) = D(µ) + (kT )2 D (µ) + O(T 4 )
0 6 6

Il ne faut pas oublier la variation du potentiel chimique (voir cours) :

π2 D (εF )
µ = εF − (kT )2 + O(T 4 ) ,
6 D(εF )

et donc
π2 D2 (εF )
D(µ) = D(εF ) − (kT )2 + O(T 4 )
6 D(εF )

On en déduit finalement
 2

π2 D (εF ) D (εF )
a(T ) = D(εF ) 1 − (kT )2 − + O(T 4 )
6 D2 (εF ) D(εF )

Pour des électrons libres à trois dimensions


D (εF ) 1 D (εF ) 1 2
= , =− 2 et N = εF D(εF ) .
D(εF ) 2εF D(εF ) 4εF 3

L’équation
1 N
a(Tc ) = =
J γεF
prend donc la forme

2
2 π2 Tc
=1− + O(T 4 ) .
3γ 12 θF

Tc
Avec γ = 0, 7 cela donne = 0, 24, et il était bien légitime de négliger les
θF

4
T
termes d’ordre .
θF
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 221

XVII - ÉLASTICITÉ DE L’ADN.


1.a) Lorsque la force F est nulle, l’énergie est indépendante de l’orientation du
bâtonnet, la densité de probabilité est donc la densité uniforme sur la sphère :
1
P0 (θ, φ) = sin θ . (1)

1.b) La force typique nécessaire pour orienter le bâtonnet est donnée par F b/kT
∼ 1. Pour le fragment d’ADN on trouve F ∼ 10−12 N, et pour l’épingle on obtient
F ∼ 10−19 N. Dans ce deuxième cas les fluctuations thermiques sont très faibles et la
force nécessaire à les vaincre est, en conséquence, très petite également.

1.c) La probabilité est donnée par la mesure de Boltzmann. La densité de probabi-


lité pour trouver le point M en un point donné r de la sphère est donc proportionnelle
à exp(β F .r). Exprimée en coordonnées sphériques, cette densité vaut :
1
PF (θ, φ) = sin θeβF b cos θ . (2)
Z
La constante de normalisation Z vaut :
 π  2π

Z= sin θdθ dφeβF b cos θ = sh (βF b) (3)
0 0 βF b
La fonction de partition canonique est le produit de ce nombre Z par une intégrale
portant sur les impulsions (pour le bâtonnet donc sur le moment cinétique), qui est
indépendante de la force extérieure.

1.d) On a

1 ∂ ln Z 1
< cos θ >= dθdφPF (θ, φ) cos θ = = coth u − , (4)
βb ∂F u
où u = βF b. L’altitude moyenne < z >= b < cos θ > vaut donc < z >=
b(coth u − 1/u). La figure 1 donne l’allure de la courbe < z > en fonction de b
pour deux températures T1 < T2 . On remarque que sa pente à l’origine varie comme
l’inverse de la température : à plus basse température, une force plus faible suffit à
orienter le bâtonnet.

2.a) La force totale F = (−Fr sin θ cos φ, −Fr sin θ sin φ, F − Fr cos θ) développée
au premier ordre, vaut :

x y dFr
F = −Fr ( ) , −Fr ( ) , −
 h (5)
d

2.b) Cette force dérive du potentiel U = 12 k h2 + 12 k⊥ (x2 + y 2 ), où :

dFr Fr ( )
k = ( ) , k⊥ = (6)
d
222 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

Figure 1 : Allure de la courbe < z > en fonction de b pour deux températures T1 < T2 :
la courbe à température T2 est en traits pleins.

2.c) A l’équilibre à la température T , la densité de probabilité de présence est


donnée par la mesure de Boltzmann :

β
P (x, y, h) = C exp − [k h2 + k⊥ (x2 + y 2 )] (7)
2

2.d) D’après l’expression (7), les fluctuations de x2 décroissent lorsque k⊥ aug-


mente, et celles de h2 décroissent lorsque k augmente. Au vu de la figure, on trouve
donc que k⊥ et k augmentent avec la force, ainsi qu’avec l’élongation d’équilibre .
Donc Fr ( )/ et dFr /d croissent avec : la caractéristique Fr ( ) est une fonction
convexe. On voit aussi que Fr ( ) devient très grande pour ∼ 15µm.

2.e) Les fluctuations de x sont reliées à la force F par


kT kT
< x2 >= = (8)
k⊥ F
On en déduit que la force, en pN vaut 4.04 10−3 / < x2 >, lorsque les distance
sont exprimées en µm. Les cinq forces de l’expérience sont donc, en p N : F =
0, 035; 0, 13; 0, 44; 2.4; 8, 0.

3.a) L’énergie étant la somme des énergies de chacun des maillons, les vecteurs ri
sont des variables aléatoires indépendantes. La densité de probabilité des angles θi ,
φi , est donc :
1 )% &
PF ({θi , φi }) = sin θi eβF b cos θi . (9)
Z i

3.b) La mesure de Boltzmann étant symétrique par rotation autour de l’axe z, on


a : cos φi  = sin φi  = 0, donc : rix  = riy  = 0. En ce qui concerne la composante
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 223

z, le calcul de sa valeur moyenne a déja été fait dans la partie I : riz  = bcos θi  =
b(coth u − 1/u), où u = βF b.

3.c) L’élongation totale moyenne vaut


N

1 1
d= riz  = N b coth (βF b) − = L0 coth (βF b) − (10)
i=1
βF b βF b

Son allure qualitative est celle donnée dans la figure 1. En utilisant les comportements
asymptotiques de la fonction coth, on trouve les comportements asymptotiques sui-
vants : la longueur obtenue dans la limite de grandes forces est d = L0 , avec une
d kT
correction en 1− , et son comportement à petite force est :
L0 Fb
d 1 Fb
. (11)
L0 3 kT

3.d) L’examen des données expérimentales, en particulier des données à petite force
de la figure insérée, montre une pente à l’origine F/d ∼ 0, 12 10−12 /35 10−6 exprimée
en N/m. En comparant avec la formule (11) prédite par notre modèle, on déduit que
nous devons adopter, dans ce modèle, une longueur de maillon b 1100, la contrainte
L0 = N b = 32, 7µm fixant alors le nombre de maillons. Au vu des courbes en traits
pleins tracées sur la figure 4, on voit qu’en effet la courbe avec d = 1000 Å rend
assez bien compte des données expérimentales à petite force. En revanche les données
s’écartent notablement de cette courbe lorsque la force augmente : notre modèle à
maillons indépendants est trop simple pour fournir une explication quantitative de
ces données.

3.e) A partir de la fonction de partition d’un maillon, Z, calculée en 3, on déduit


que
1 d2 Z coth u 2
cos2 θi  = =1−2 + 2 , (12)
Z du2 u u
où l’on utilise toujours la notation u = βF b. Utilisant l’indépendance des maillons
différents, les fluctuations sont donc :

' ( 1
ri rj  − ri rj  = δij b cos θi  − cos θi  = δij b 1 − coth u + 2
z z z z 2 2 2 2 2
(13)
u
On en déduit donc les fluctuations de longueur de la chaîne :
 

1
( riz )2  − ( riz )2 = N b2 1 − coth2 u + 2 . (14)
i i
u

Les résultats de la partie II nous indiquent que ces fluctuations devraient être égales
à h2  = 1/(βk ) = 1/(β∂Fr /∂d). En utilisant notre résultat pour la caractéristique,
nous vérifions que

∂d 1
= βN b 1 − coth u + 2
2 2
(15)
∂Fr u
224 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

ce qui montre que le résultat du calcul explicite des fluctuations dans ce modèle à
maillons indépendants est bien en accord avec la théorie générale des fluctuations de
la partie 2. En ce qui concerne les fluctuations transverses, on a
' (
rix rjx + riy rjy  = δij b2 1 − cos2 θi  , (16)

donc les fluctuations transverses de la chaîne sont :




coth u 1
( ri )  = N b
x 2 2
− 2 . (17)
i
u u

Ce résultat est bien identique à celui de la partie II où nous trouvions des fluctuations
en
 1 d
( rix )2  = = . (18)
i
βk⊥ βFr

4.1.a) Lorsque la force F est nulle, l’énergie est invariante par rotation globale de
la molécule : E(r1 , ..., rN ) = E(Rr1 , ..., RrN ), pour n’importe quelle rotation R. La
mesure de Boltzmann possède donc cette même invariance par rotation. On en déduit
que

rix 0 = riy 0 = riz 0 = 0 , (19)

et en utilisant une rotation R qui transforme par exemple l’axe x en axe y, on obtient :

rix rjx 0 = riy rjy 0 = riz rjz 0 . (20)

4.1.b) L’élongation moyenne vaut :


 
  d[r1 ]...d[rN ]riz exp βE0 + β F .( i ri )
d= riz  =   , (21)
i i d[r1 ]...d[rN ] exp βE0 + β F .( i ri )

N −1
K 
où E0 = − ri .ri+1 est la partie de l’énergie qui ne dépend pas de la force
b2 i=1
extérieure appliquée. En développant (21) au premier ordre en F , et en utilisant le
fait que ri 0 = 0, on trouve :

   βF 
d∼ riz β F .( rj )0 = βF riz rjz 0 = ri .rj 0 . (22)
i,j j i,j
3 i,j

4.1.c) Notons tout d’abord que, pour tout vecteur u tel que u2 = b2 , l’intégrale
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 225

 βK
d[r] exp r.
u est indépendante de u. Ceci nous autorise à écrire :
b2
 
 j βK 
j−1
rp ] ri .rj exp  2
p=i d[ rp .rp+1 
b p=i
ri .rj 0 =   . (23)
 j βK j−1

p=i d[rp ] exp  2 rp .rp+1 


b p=i

En effet, l’expression (23) ne diffère de l’expression générale de la corrélation calculée


avec la mesure de Boltzmann que par le fait que les intégrales sur les variables rp ,
avec p < i et avec p > j ont été faites. Ces intégrales donnent une contribution égale
au numérateur et au dénominateur, ce qui donne bien (23).

L’intégrale D(βK) a déja été calculée dans la partie I, où l’on a trouvé

sh(βK)
D(βK) = 4π . (24)
βK

Pour calculer l’intégrale N , nous utilisons les variables angulaires proposées dans
l’énoncé :
 
' ( dD
N = sin αdα dψeβK cos α b ri1 sin α cos ψ + ri2 sin α sin ψ + ri3 cos α = bri3 ,
d(βK)
(25)

où ri1 , ri2 , ri3 sont les composantes de ri dans le référentiel où l’axe 3 correspond à la
direction de rj−1 , de sorte que ri3 = ri .rj−1 /b. Il en résulte que

ri .rj 0 = ri .rj−1 0 g(βK) , (26)


1 dD
g(u) = = coth u − 1/u . (27)
D(u) du

4.1.d)La fonction de corrélation vaut donc en général :


|j − i|b
ri .rj 0 = b2 g(βK)|j−i| = b2 exp − , (28)
ξ

avec ξ = −b/ ln g(βK). Pour βK grand ceci se comporte comme ξ ∼ βKb.

La longueur ξ mesure la distance sur laquelle les orientations des maillons sont
corrélées : deux points de la chaîne distants de moins de ξ ont des orientations très
voisines, alors que, lorsque leur distance est très grande devant ξ, leurs orientations
sont des variables indépendantes.
226 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

4.1.e) A petite force, l’extension vaut

βb2  
N N
d g(βK)|j−i| . (29)
3 i=1 j=1

On resomme facilement la double série géométrique, et le résultat, pour N >> 1, est :


βb2 1 + g(βK)
d Nb . (30)
3 1 − g(βK)
Pour βK >> 1, on a g(βK) ∼ 1 − 1/(βK), et donc
2
d βF ξL0 . (31)
3

4.2.a) En développant à l’ordre deux dans les xi , l’énergie de la chaîne vaut :
N −1
Fb  2 K 
N
E = −N (F b + K) + xi + xi .
xi+1 . (32)
2 i=1 2 i=1

4.2.b) L’énergie, et donc aussi le poids de Boltzmann, ne dépend de xp que par
les deux termes (F b/2) x2p et (K/2) xp .
xp−1 . L’équation de récurrence en découle
immédiatement.

4.2.c) Le changement de variable proposé dans l’énoncé, joint au développement à


l’ordre dominant dans les quantités 1/(βK) et βF b x2p supposées petites, conduit à :

  
b 2 −
u2 /2 1  µ ν d2 Zp−1
xp ) = C 1 − βF xp
Zp ( due Zp−1 (xp ) + u u (xp )
2 2βK µ,ν duµ duν
(33)
et l’intégration sur les variables gaussiennes u1 , u2 démontre l’équation de récurrence :
 
b 1
xp ) = C  Zp−1 (
Zp ( xp ) − βF x2p Zp−1 (xp ) + ∆Zp−1 (xp ) . (34)
2 2βK

4.2.d) En injectant dans (34) la solution proposée, on trouve que c’est bien la
solution, à condition d’avoir

α = βK βF b . (35)

4.2.e) Le maillon p est l’extrémité de deux chaînes, l’une allant de 1 à p, l’autre


de p à N . La densité de probabilité de xp est donc bien
Zp (xp )ZN −p (xp )
xp ) = 
P ( . (36)
d2 uZp (
u)ZN −p (u)
Sélection de contrôles antérieurs (corrigés) 227

Lorsque p est loin des bords (1 << p << N ), on peut utiliser la forme Zp (xp )
∝ exp(−α x2p /2). On en déduit que  x2p  = 1/α. Pour N >> 1, l’élongation moyenne
est donc donnée par


d 1 1
=b (1 − x2p /2) N b 1 − = Nb 1 − √ . (37)
L0 p
2α 2 βK βF b

A grandes forces, l’élongation


√ s’approche de sa valeur asymptotique L0 = N b avec
une correction en 1/ F beaucoup plus grande que la correction en 1/F que nous
avions trouvée dans le cas des maillons indépendants.

4.2.e) Pour βK >> 1, on a ξ ∼ βKb, et donc

d 1
=1− √ . (38)
L0 2 βF ξ

5.a) Le comportement à basse force, pour la chaîne à maillons corrélés, est


2
d βξL0 F . (39)
3
Ce comportement est similaire à celui obtenu dans la chaîne à maillons indépendants,
si l’on identifie ξ = b/2. Nous avions vu dans la partie III que les données expérimen-
tales à petite force suggèrent une valeur b ∼ 1100, on trouve donc ici ξ ∼ 550 = 55
nm.

5.b) La courbe de la figure 5) rend bien compte des données expérimentales dans
le régime d/L0 > 0, 95. Or cette courbe,

1 1 d
F = F0 − + , (40)
4(1 − d/L0 )2 4 L0

possède exactement les deux comportements asymptotiques√ que nous avons calculés
dans le modèle à maillons corrélés : d/L0 = 1 − 1/2 βF ξ à grande force, et d/L0
2/3βF ξ à petite force. Cette double identification vaut à condition d’identifier F0
avec F0 = 1/(βξ). En fait cette courbe est une formule interpolante entre ces deux
régimes. Une solution complète du modèle à maillons corrélés dans le cas d’une force
quelconque est possible. Elle montre en fait que cette formule interpolante est très
précise. L’accord avec l’expérience nous montre donc que le modèle de la chaîne avec
maillons corrélés, dans la limite βK >> 1, βF b << 1, fournit une bonne description
de la molécule d’ADN. Ce modèle, appelé “modèle du ver” rend en effet bien compte de
l’élasticité de cette molécule. Il ne dépend que d’un seul paramètre qui est la longueur
de persistance ξ. De la valeur de F0 obtenue en ajustant les données expérimentales
on tire la valeur de cette longueur de persistance : ξ 53 nm.

5.c) Dans le régime d proche de L0 , on doit tenir compte du fait que les maillons
ne sont plus rigides mais peuvent être étirés. Une bonne modélisation de ce problème
consiste à introduire une énergie potentielle U (r) qui dépend de la longueur r d’un
maillon. Ce potentiel est minimum en r = b, et pour de faibles distorsions on peut
228 Sélection de contrôles antérieurs (corrigés)

considérer le développement quadratique U (r) µ/2 (r − b)2 . En première approxi-


mation, à grande force, on peut considérer que les maillons sont alignés suivant z et
donc on a simplement une suite de maillons harmoniques. Dans ce régime, l’élongation
se comporte alors comme d ∼ N b + N (F/µ). La courbe permet d’estimer un ordre de
grandeur grossier de µ, qui se trouve d’ordre quelques 103 pN/µm.

Notons sur cette courbe qu’il apparait à F = 70 pN un plateau dans la carac-


téristique, lié à l’apparition d’un nouveau type de ADN, avec un changement de
conformation de l’arrangement entre les bases. Cette transition s’analyse aussi par la
Mécanique Statistique, mais c’est une autre histoire...

Quelques références sur l’élongation des molécules d’ADN :


– S.B. Smith, L. Finzi and C. Bustamante, Science 258, 1122 (1992) ; C. Busta-
mante, J.F. Marko, E.D. Siggia and S. Smith, Science 265, 1599 (1994).
– T.R. Strick, J.-F. Allemand, D. Bensimon, A. Bensimon and V. Croquette,
Science 271, 1835 (1996).