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DOSSIER

Techniques de l’Ingénieur
l’expertise technique et scientifique de référence

j3580
Dépoussiérage et dévésiculage

Par :
Bernard SIRET
Ingénieur de l'École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI), Directeur Recherche et
Développement LAB SA

Ce dossier fait partie de la base documentaire


Opérations unitaires - Traitement des gaz
dans le thème Opérations unitaires. Génie de la réaction chimique
et dans l’univers Procédés chimie - bio - agro

Document délivré le 06/07/2012


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Dépoussiérage et dévésiculage

par Bernard SIRET


Ingénieur de l’École supérieure de physique et de chimie industrielles (ESPCI)
Directeur Recherche et Développement LAB SA

1. Principaux facteurs caractérisant un problème


de dépoussiérage ..................................................................................... J 3 580 – 2
1.1 Définition de l’état particulaire ................................................................... — 3
1.2 Classification des particules solides .......................................................... — 3
1.3 Méthodes de mesure................................................................................... — 5
1.4 Problèmes rencontrés ................................................................................. — 7
2. Principaux facteurs caractérisant un problème de dévésiculage — 7
3. Séparateur à effet centrifuge ............................................................... — 7
3.1 Principe de fonctionnement........................................................................ — 7
3.2 Types d’appareils et fonctionnement......................................................... — 8
4. Séparateurs inertiels et par sédimentation...................................... — 10
5. Séparateurs électriques. Électrofiltres .............................................. — 10
5.1 Définitions et principes de fonctionnement .............................................. — 10
5.2 Principaux types de séparateurs électriques............................................. — 11
6. Filtres à manches ..................................................................................... — 14
6.1 Définitions et principe de fonctionnement ................................................ — 14
6.2 Principaux types de filtres à manches ....................................................... — 18
6.3 Filtre à graviers ............................................................................................ — 18
7. Séparateurs humides. Laveurs ............................................................. — 18
7.1 Principaux types de laveurs........................................................................ — 19
7.2 Encrassement des laveurs .......................................................................... — 21
7.3 Cas des vésicules liquides .......................................................................... — 22
8. Autres séparateurs .................................................................................. — 22
9. Dispersion des fumées ........................................................................... — 23
9.1 Considérations théoriques.......................................................................... — 23
9.2 Calcul des cheminées .................................................................................. — 24
9.3 Problèmes des cheminées .......................................................................... — 24
10. Guide de sélection ................................................................................... — 24
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. J 3 580

ans différents secteurs industriels se pose le problème de l'épuration des


D gaz et des fumées.

Positionnement du problème Que ce soit dans le secteur de la génération d'énergie ou chaque fois que l'on
brûle un combustible fossile (charbon, fuel ou émulsions), dans le secteur pétro-
lier (par exemple, les unités de cracking catalytique FCC), dans le secteur indus-
triel (cimenteries, fusion d'aluminium...), on est confronté à un problème de
dépoussiérage ou de dévésiculage soit direct car les fumées contiennent déjà les
vésicules à éliminer, soit secondaire parce qu’une opération d'épuration d'un
polluant gazeux comme le SO2 a généré un aérosol ou un entraînement vésicu-

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

laire qu'il faut traiter. La sélection d'un équipement ou d'un procédé de dépous-
siérage/dévésiculage délivrant les performances requises pour respecter des
réglementations de plus en plus sévères devient un exercice délicat dans lequel
les chances de se tromper ne sont pas négligeables. L'étude et le choix rationnel
d'un système de dépollution des gaz supposent une connaissance du problème
à traiter, c’est-à-dire de la nature de la suspension et des caractéristiques des dif-
férents séparateurs considérés. L'article qui suit a pour ambition de fournir à
l'homme de l'art des informations concises et utiles qui l'aideront à faire son
choix. Dans tous les cas, une étude plus fine que ce qui est possible avec les seu-
les informations données ici est nécessaire avant toute sélection définitive.

On définit sous le nom de dépoussiérage toute action ou procédé dans lequel Définitions
une fumée ou un gaz est débarrassé par une séparation gaz/solide d'une fraction
substantielle des solides qu'il véhicule. Les appareils ou équipements effectuant
cette tâche sont nommés dépoussiéreurs ou séparateurs de poussières. Sont
exclus de cette définition les filtres à très haute efficacité pour salles blanches, en
milieu médical ou nucléaire par exemple.
On définit sous le nom de dévésiculage toute action ou procédé dans lequel un
flux gazeux est débarrassé par une séparation gaz/liquide d'une fraction subs-
tantielle des gouttelettes qu'il véhicule. Les appareils ou équipements effectuant
cette tâche sont nommés dévésiculeurs.

1. Principaux facteurs Tableau 1 – Facteurs caractéristiques d’un problème


caractérisant un problème de dépoussiérage

de dépoussiérage
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Facteur Caractéristiques à déterminer

PARTICULES
Le processus de sélection d'un procédé ou d'un équipement
Phase Liquide ou solide
commence par la caractérisation des fumées ou gaz à traiter. La qua-
lité des particules en suspension doit d'abord être déterminée. Taille et forme Distribution granulométrique
S'agit-il de vésicules de liquide ou de particules solides ? Quelle (attention au domaine submicronique !)
quantité est-elle présente ? Il est clair qu'une technologie visant à
traiter 10 mg/Nm3 ne sera pas la même qu'une technologie pour Caractère Collant ou pas ? Érosif ? Corrosif ?
100 g/Nm3. Quel est le fluide vecteur ? Quelle est la granulométrie ? Concentration En g/m3
Puis viennent les considérations relatives au procédé. Le débit de
gaz est-il sujet à des fluctuations de régime ou à des pulsations ? Densité Masse volumique réelle et non pas apparente
Est-on en milieu corrosif ou inflammable ? À quelle pression tra-
vaille-t-on ? Enfin viennent les questions économiques. Quel est le VECTEUR
coût d'investissement et de fonctionnement ? Le tableau 1 récapi-
tule les principales questions à se poser. Débit Débit volumique réel minimal et maximal
à la température et à la pression du procédé
Certains de ces facteurs ont sans doute une importance particu-
lière, en particulier : Densité,
viscosité
— la température, car elle influe à la fois sur la masse volumique,
la viscosité, le choix des matériaux ; elle joue sur le caractère des Température Minimale et maximale
poussières, les faisant collantes ou non, sèches ou humides et plus
ou moins conductrices ; Pression Fluctuante ou pas
— la taille des particules ;
Sécurité Produit explosif ? Inflammable ? Corrosif ou
— le débit à traiter car il faut faire attention aux débits variables. toxique ?
Certains appareils, comme les venturis, sont en général équipés de
dispositifs particuliers permettant d'en ajuster le fonctionnement de Fluctuations De débit ? Voire de pression ?
façon à garder une efficacité constante. Nous verrons que certains
équipements, dont les électrofiltres, sont sensibles au débit ; Point de rosée Attention à la présence de composés comme SO3
— la concentration. Si la teneur en sortie après traitement est
PROCÉDÉ
imposée par des réglementations ou des normes et varie entre quel-
que 300 mg/Nm3 et 10 mg/Nm3, la teneur en entrée peut fluctuer Continu Ou discontinu
entre 500 g/Nm3 et 100 mg/Nm3. Certains appareils comme les
cyclones sont assez insensibles à ce paramètre, mais il en va tout Exigences De quel rendement a-t-on besoin ? Quelle teneur
autrement pour les filtres. absolue cela fait-il ?
Nota : on rappelle qu’un normomètre cube (Nm3) correspond à un mètre cube pris dans
les conditions normales de température et de pression (101 325 Pa et 298,15 K). (0) Choix Procédé simple ? Performant ? Fiable ?

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______________________________________________________________________________________________________ DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE

Pour bien comprendre les différents mécanismes mis en jeu dans 1.1 Définition de l’état particulaire
le dépoussiérage, il est utile de passer en revue les différentes for-
ces qui peuvent s'appliquer aux particules.
On appellera poussière toute particule en phase solide portée par
■ La gravité : le gaz et d'un diamètre assez faible. Concrètement, et arbitrai-
rement, nous dirons que les poussières ont un diamètre aéraulique
3 moyen compris entre 0,05 et 100 µm. Les poussières peuvent être
ρ πd g
F g = ------------------ = mg d'origine mécanique, comme celles générées lors de la manuten-
6 tion de produits pulvérulents ou par des opérations de broyage.
Leur diamètre est rarement au-dessous de 20 µm. Elles peuvent
avec m masse de la particule, aussi être d'origine physico-chimique, comme celles obtenues lors
ρ masse volumique de la particule, d'opérations de combustion. Dans ce cas, on a à la fois de très fines
particules (de 0,4 à 2 µm) et des plus grosses. Enfin, on peut avoir de
d diamètre de la particule.
fines particules solides qui se forment lors du refroidissement de
■ La force centrifuge : gaz issus de l'industrie et qui vont laisser condenser des aérosols
dont le diamètre excède rarement 0,5 µm. Les aérosols produits par
2
mv l'industrie métallurgique en sont un exemple typique. En règle
F c = ------------
r générale, plus la trempe des gaz est rapide, plus l'aérosol sera fin.
Bien que la discussion sur le contrôle des aérosols sorte du cadre de
avec v vitesse, cet exposé, on peut essayer de faire grossir ces aérosols, les rendant
r rayon de la courbure. moins difficiles à capter, en évitant les chocs brutaux de tempéra-
ture et en augmentant le temps de séjour lors du processus de
■ La traînée aérodynamique : refroidissement des gaz pour que le processus de croissance des
noyaux puisse se faire.
2
CAv ρ gaz Les particules d'un diamètre inférieur à 0,05 µm, soit 50 nm,
F ac = -------------------------
-
2 seront classifiées comme aérosols. Au-delà de 100 µm, on ne parlera
plus de poussières mais de particules solides.
avec v vitesse relative,
La figure 2 donne une représentation de quelques poussières et
C coefficient de traînée, aérosols couramment rencontrés.
A aire effective.
Le coefficient de traînée dépend du nombre de Reynolds de la
particule : 1.2 Classification des particules solides
dpv p ρg
Rep = Bien entendu, on doit considérer en premier les caractéristiques
ηg intrinsèques du matériau ou de la substance dont les solides sont
constitués. Pour l'épuration des gaz, la masse volumique réelle de la
η étant la viscosité du gaz porteur (indice g). particule est d’une importance particulière puisque dépend d'elle la
La courbe donnant le coefficient de traînée en fonction du régime réponse inertielle aux forces qui seront appliquées. La plupart des
aéraulique est donnée dans le diagramme de la figure 1. applications industrielles présentent des particules de masse volu-
mique comprise entre 1 000 et 3 000 kg/m3. La dureté et le carac-
■ Les forces électrostatiques : tère abrasif et érosif sont importants également. Mais le facteur le
plus important reste la taille, associée à la distribution granulométri-
q1 q2 que. Signalons, puisque la littérature est de plus en plus internatio-
F e = -----------------
4π ε d
2 nale, que c'est la PSD (Particle size distribution des anglo-saxons).
■ La définition de la taille est aisée et unique quand la particule est
avec d distance séparant deux particules, sphérique. Mais, dès lors qu'elle ne l'est plus, soit on travaille avec
q charge de la particule, plusieurs paramètres, ce qui est malcommode, soit on travaille avec
une donnée moyenne unique pour une particule. On peut prendre,
ε permittivité électrique du milieu. par exemple, un diamètre recalculé comme si la particule était sphé-
rique en partant de sa masse. On a alors :
■ Si la particule est soumise à un champ imposé, alors d'autres for-
ces et facteurs comme les forces de cohésion et la diffusion brow- d = (6m/ρπ)1/3
nienne jouent également un rôle. Le tableau 2 donne quelques-uns des diamètres équivalents les
plus employés. (0)

Coefficient de traînée C Tableau 2 – Diamètres équivalents les plus employés


pour les particules solides
100 000
10 000 Type Définition
1 000
100 Diamètre de Sauter Diamètre d’une sphère ayant le même
rapport surface/volume
10
1 Diamètre surfacique Diamètre d’une sphère ayant la même
0,1 surface
0,001 0,1 10 1 000 100 000 Diamètre volumique Diamètre d’une sphère ayant le même
Nombre de Reynold Re volume
Diamètre de Stokes Diamètre d’une sphère ayant la même
Figure 1 – Coefficient de traînée pour des sphères vitesse de chute

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

Diamètre des particules (µm)


(1 µm) (1 mm) (1 cm)
0,0001 0,001 0,01 0,1 1 10 100 1000 10 000
2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3

5 000 1 250 400 270 200150 65 35 20 10 6 3 1/2" 1"


1 10 100 1000 10 000 2 500 625 Nombre de Mesh (Tyler)
Échelle 325 250 170 100 48 28 14 8 4 3/8" 3/4"
de taille Ångströms (Å)
Nombre de Mesh théorique 400 270 200140 60 40 20 12 6 3 1/2" 1"
Nombre de Mesh (US)
(très peu utilisé) 325 230 170 100 50 30 16 8 4 3/8" 3/4"

Longueurs Visible Proche Micro-ondes


Rayons X Ultraviolet infrarouge Infrarouge éloigné
d'onde Radiation solaire (radars, etc.)
Phases Solides Fumées Poussi
Poussières
Définitions dispersées Liquides Brouillard Spray
Sol Argile Limon Sable fin Sable grossier Gravier
Phases dispersées
Smog Nuages Brume Pluie
atmosphériques
Aérosol de Rosin Engrais
Huile Cendres volantes
Fumée de tabac
Poussières de métallurgie
O2 CO2 C 6H 6 Chlorure d'ammonium Ciment
H 2 F2 CI2 Brouillard
Sables
H2SO4 concentré
Molécules (1) Vapeurs
Noir de carbone sulfuriques Charbon pulvérulent
gazeuses
Particules Pigments Minerais
types et N2 CH4 SO2 Fumée
d'oxyde de zinc Insecticides
aérosols CO H2O HCI C4H10 Talc
Silice Lait en poudre Spores
Vapeurs alcalines Pollens
Noyaux d'Aitken Farine
Poussières atmosphériques Gouttelettes de buses
Sel fin N
Nébulisats
ébulisats
Particules néfastes de pulvérisation
Résidus de
combustion pour les poumons
Globule rouge humain
Virus Bact
Bactéries Cheveux
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Tamis
Impacteurs électroniques Tamisage
Ultramicroscope (2) Microscope
Méthodes Microscope électronique
analytiques Centrifugation Élutriation
pour la Ultracentrifugation S
Sédimentation
édimentation
détermination Turbidimétrie
Diffraction des rayons X Perméabilité V
Visible
isible à l'œil nu
de la taille Adsorption (2) Scanners
Diffusion de la lumière (3) Instruments de mesure
Compteur à noyaux Conductivit
Conductivité (micromètres, pieds à coulisse, etc.)
Ultrasons
Sédimentation
(application limitée) Centrifugeuses
Laveurs
Technologies Filtres
Lits fixes
possibles Filtres à air classiques
Filtres (haute efficacité) S
Séparateurs
éparateurs à impact
Précipitation thermique S
Séparateurs
éparateurs mécaniques
Électrofiltres
Nombre de 10 –12 10 –11 10 –10 10 –9 10 –8 10 –7 10 –6 10 –5 10 –4 10 –3 10 –2 10 –1 10 0 10 1 10 2 10 3 10 4
Dans l'air Reynolds 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 5
à 25 °C Vitesse de
sédimentation –5 –4 –3 –2 –1 0 1 2 3
Vitesse 1 atm 10 10 10 10 10 10 10 10 10
(cm/s) 2 3 5 2 3 5 2 3 5 23 5 235 235 23 5 23 5 2 3 5 7 1,5 2 2,5 3
limite
Nombre de 10 –15 10 –14 10 –13 10 –12 10 –11 10 –10 10 –9 10 –8 10 –7 10 –6 10 –5 10 –4 10 –3 10 –2 10 –1 10 0 10 1
10 2
10 3 10 4
de chute Reynolds 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3 3
Dans l'eau
à 25 °C Vitesse de –10
sédimentation 10 10 –9 10 –8 10 –7 10 –6 10 –5 10 –4 10 –3 10 –2 10 –1 10 0 10 1
(cm/s) 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 23 5 2 3 5 2 3 4 5 6 7 8 9
Dans l'air à 1 10 –1 10 –2 10 –3 10 –4 10 –5 10 –6 10 –7 10 –8 10 –9 10 –10 10 –11
Coefficient de 25 °C 1 atm 5 3 2 5 32 5 32 5 32 5 32 5 32 5 32 6543 2 654 3 2 654 3 2 654 3 2 654 3 2
diffusion (4)
(cm2/s) Dans l'eau 10 –5 10 –6 10
–7
10 –8 10 –9 10 –10 10 –11 10 –12
à 25 °C 4 3 2 65 4 3 2 654 3 2 65 4 3 2 65 4 3 2 654 3 2 654 3 2 654 3 2 654 3 2

2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3 4 56 8 2 3
0,0001 0,001 0,01 0,1 1 10 100 1000 10 000
(1 µm) (1 mm) (1 cm)
Diamètre des particules (µm)
(1) Diamètres moléculaires calculés à partir de la viscosité à 0 °C (3) La distribution de taille peut être obtenue par une mesure spéciale
(2) Donne la taille moyenne mais non la distribution des particules (4) Y compris le facteur de Stokes-Cunningham pour l'air mais non pour l'eau

Figure 2 – Aérosols et poussières usuelles (selon C.E. Lapple)

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______________________________________________________________________________________________________ DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE

On peut également donner une valeur à l’aide du nombre de


Mesh. T. Allen (cf. Bibliographie en [Doc. J 3 580]) donne beaucoup Pourcentage cumulé
de détails. 100
90
Il est important de réaliser que, selon que l’on emploie une 80
méthode de mesure ou une autre, c'est tel ou tel diamètre qui va 70
être déterminé. 60
50
■ En plus du diamètre, une particule va être caractérisée par sa 40
forme. Une particule peut être en aiguille, oblongue, sphérique, fila- 30
menteuse, en écaille aplatie, voire même franchement irrégulière. 20
On peut à nouveau tenter de qualifier ces formes par différents para- 10
mètres, qui n'ont pratiquement aucun intérêt du point de vue du 0
0,10 1,00 10,00
dépoussiérage.
Diamètre des particules (µm)
■ Une question plus importante concerne le diamètre moyen d'une
en entrée, derrière un prédépoussiéreur
population. À nouveau, on a le choix de pondérer par la longueur
en sortie d'un laveur assez efficace
(diamètre), la surface, le volume. Un diamètre moyen des plus utili-
sés est celui de Sauter calculé comme suit :
Figure 4 – Distribution granulométrique type
d 32 = ∑ ni di
3
⁄ ∑ ni di
2

■ Une information plus globale est donnée par la distribution gra-


nulométrique. On recherchera en particulier si plusieurs modes apparaissent, ce
qui peut caractériser une double pollution du gaz par deux solides
Les distributions de particules les plus utilisées pour décrire mathé-
différents, par exemple de la chaux et du charbon actif, tous deux
matiquement une répartition sont :
utilisés en épuration du gaz et des fumées. Une distribution type
— la distribution normale : après épuration par des laveurs est donnée figure 4.

1  ( d – d ) 2
ƒ = --------------- exp  – -----------------------
σ 2π  2σ
2

1.3 Méthodes de mesure
avec σ écart-type,
d diamètre moyen.
L'adéquation de cette distribution est douteuse, dans la plupart 1.3.1 Méthodes manuelles
des cas ;
— la distribution log normale qui est une distribution normale Elles constituent des méthodes de référence et la mesure ne peut
avec des échelles logarithmiques ; être dissociée du prélèvement. La réglementation et les protocoles
— la très utilisée distribution de Rosin/Rammler : se sont peu à peu renforcés au fil des années et un certain nombre
de principes majeurs doivent être respectés.
ƒ = 100nbd n – 1 exp(– bd n)
avec n et b deux constantes décrivant la distribution. ■ Isocinétisme
La distribution de Rosin/Rammler est particulièrement indiquée Les particules n'ayant pas la même masse volumique que le gaz,
pour décrire la distribution de gouttes émises par une buse de pul- chaque fois que l'on va forcer le gaz à changer de direction, que ce
vérisation. soit par un coude dans la gaine ou par une aspiration, par effet
d'inertie, les grosses particules ne suivent plus la veine gazeuse. La
Le plus pratique est de construire une courbe cumulative sur taille critique à partir de laquelle il y a ségrégation notable entre le
papier probabiliste, ce qui permet au technicien de voir ainsi plus gaz et les particules dépend des propriétés de chaque phase, mais
sûrement ce qui peut poser problème (figure 3). cette taille est comprise entre 5 et 20 µm. Il est donc capital, pour
s'affranchir de distorsions, de respecter un critère d'isocinétisme à
au moins 95 % et les normes l'imposent, précisément parce que les
Pourcentage de particules gaz ont pu subir avant le point de prélèvement des accidents de par-
de diamètre < d cours (vannes, coudes, rétrécissement ou élargissement).
100
98 ■ Normalisation
95
90 La norme impose d’effectuer les prélèvements en plusieurs points,
85 chacun étant positionné de façon à couvrir des sections de gaine
70 d'égales surfaces. La figure 5 précise ces points.
60
50
40
En théorie, deux axes perpendiculaires doivent être balayés. La
30 pratique, en particulier due au fait que la gaine n'est pas toujours
20 assez accessible, conduit souvent à n'en considérer qu'un.
10
5 ■ Réchauffage des gaz prélevés
2
1 Les cannes de prélèvement sont de petit diamètre, typiquement
0,5 6 à 16 mm. Il convient donc d'éviter les condensations parasites qui,
0,2
0,1 gênantes pour les poussières, deviennent dramatiques quand il
0,05
0,01
s'agit de mesurer des polluants très solubles tels que HCl. Pour cette
0,05 0,1 0,2 0,3 0,5 1 2 3 5 10 20 30 50 100 raison, il faut chauffer la gaine jusqu'au filtre qui servira à la mesure.
Diamètre d (µm) Pour s'écarter encore plus du point de rosée, on peut, en sus, diluer
avec un flux connu d'air sec. Le filtre lui-même doit ensuite être
Figure 3 – Représentation d’une distribution granulométrique maintenu à une température de 160 °C environ. En effet, si la tempé-

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

1 Conduit Condenseur Compteur


2 à gaz
li
3
4

D
Filtre plan Coffret de Pompe
Buse Canne de
maintenu en jonction
prélèvement température

Tube de Pitot
a points de prélèvement (exemple de la colonne 4)
Sonde de pression témoin

N° du Nombre de points de prélèvement retenus


point 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Figure 6 – Installation type de prélèvement
1 14,6 6,7 4,4 3,3 2,6 2,1 1,8 1,6 1,4 1,3
2 25,0 14,6 10,5 8,2 6,7 5,7 4,9 4,4 3,9
3 29,6 19,4 14,6 11,8 9,9 8,5 7,5 6,7
4 32,3 22,7 17,7 14,6 12,5 10,9 9,7 nement empoussiérés (1 000 mg/Nm3) à 120 min pour des gaz pro-
5 34,2 25,0 20,1 16,9 14,6 12,9 pres (< 5 mg/Nm3).
6 35,6 26,9 22,0 18,8 16,5 Le calcul de la concentration se fait simplement en divisant la
7 36,6 28,3 23,6 20,4 quantité de solides pesée par le débit passé, en ayant soin de se
8 37,5 29,6 25,0 ramener à une concentration standard en oxygène ou en CO2, dont
9 38,2 30,6 le but est de corriger des fuites éventuelles. On se reportera aux nor-
10 38,8
mes en vigueur pour les détails de cette opération.

b position des points de prélèvement selon le protocole Eurovent 4/3


1.3.2 Méthodes automatiques de mesure en ligne
Le tableau donne ki = 100 li /D
Commodes à réaliser une fois l'équipement installé, ces métho-
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Figure 5 – Points de prélèvement selon le protocole Eurovent 4/3


des doivent absolument être rattachées à des mesures manuelles de
référence. On distingue plusieurs grandes familles d’appareils.

■ Les appareils optiques travaillent soit en rétrodiffusion (back scat-


rature est trop basse, on risque de condenser des polluants qui sont tering), soit en transmission (opacimètres). Ces appareils sont sen-
présents dans le gaz sous forme de vapeur ; inversement, si la tem- sibles et précis, mais ils sont aussi sujets aux caractéristiques des
pérature est trop élevée, on revolatilise certains composés particu- poussières, en particulier à la forme.
laires. Le chlorure d'ammonium est un bon exemple d'un composé
très sensible à la température. Alternativement, le filtre pourra être ■ Les appareils qui travaillent par absorption d'un rayonnement β
placé dans le conduit où l’on veut faire la mesure. Le filtre, qui sera donnent une mesure qui ne dépend pratiquement pas des particules
pesé, après étuvage, doit avoir une efficacité, déterminée sur un (qualité et forme), mais sont sensibles aux encrassements dans la
aérosol normalisé de chlorure de sodium, supérieure à 99,9 %. On sonde de prélèvement.
peut utiliser des filtres de verre ou de quartz mais la présence
d'effets électrostatiques pouvant biaiser les résultats sur les faibles ■ Les appareils triboélectriques sont moins chers, mais sensibles
teneurs (< 5 mg/Nm3) jusqu'à 30 % fait préférer le quartz. On trou- aux caractéristiques des poussières et aux turbulences, ainsi qu'à
vera figure 6 un schéma type d'installation. des variations de vitesse.
La durée de prélèvement dépend de la teneur en poussières, mais Le tableau 3 donne une vue d'ensemble des qualités et des
le temps minimal raisonnable est de 30 min pour des gaz moyen- défauts de chaque type de technologie. (0)

Tableau 3 – Comparaison des diverses méthodes de mesure en ligne

Technologie Rétrodiffusion Transmission Absorption  Triboélectricité

Gamme < 1 à 50 mg/Nm3 5 à 1 000 mg/Nm3 1 à 1 000 mg/Nm3 1 à 1 000 mg/Nm3


<3m
Diamètre de la gaine <3m >1m <2m
(un seul point de mesure)

Simple Sensibilité Très peu dépendant Bon marché


Points forts Précis Fiabilité des caractéristiques Facile à installer
Utilisable en grand diamètre des particules
Sensible à la forme
Points faibles Sensible à la forme des particules Un seul point de mesure Sensible au procédé amont
des particules Entretien nécessaire (représentativité) Sensible à la vitesse

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1.4 Problèmes rencontrés ● Des gouttes ou des brouillards peuvent aussi avoir une origine
physico-chimique. Dans ce cas, il s'agit de brouillards submicroni-
ques obtenus par condensation.
1.4.1 Exigences induites par la présence d’autres Exemple type : brouillard sulfurique, dont la taille est comprise
polluants entre 0,4 et 2 µm, formé quand des gaz contenant de l'humidité et du
trioxyde de soufre à haute température sont refroidis. Ce brouillard
Souvent, les poussières ou vésicules liquides ne sont pas la seule donne naissance au fameux panache bleuté, bien connu des raffineurs.
source de pollution atmosphérique à éliminer et l’on doit tenir
■ Méthodes de mesure et de prélèvement
compte d'autres composés comme les gaz acides ou les composés
présents à l'état de traces tels que les métaux lourds, les dioxines ou La caractérisation et le prélèvement sont plus difficiles que pour
les furanes. Il est fréquent que l'exigence à atteindre sur les poussiè- des particules solides pour deux raisons : les liquides coalescent et
res soit en fait dictée par ces derniers, car ils sont présents sous s'évaporent.
forme condensée (métaux, en particulier plomb et cadmium) ou ● Les gouttes et gouttelettes sont particulières à plusieurs égards.
bien adsorbée (dioxines). Le prélèvement et la quantité de liquide entraîné posent des problè-
mes particuliers. L'isocinétisme doit être absolument respecté, mais
Exemple : le cas particulier des dioxines est illustré de la manière
il y a lieu de prendre en compte l'évaporation toujours possible.
suivante. Pour une application sur incinérateur de déchets ménagers, si
Pour quantifier les entraînements vésiculaires, on peut réaliser un
l’on veut respecter une limite à 0,1 ngTEQ/Nm3, il faut impérati-vement
prélèvement classique, refroidir les gaz prélevés dans un conden-
abattre les poussières à un taux inférieur à 10 mg/Nm3.
seur à une température de l'ordre de 5 °C, et déterminer la diffé-
Nota : TEQ (Toxic Equivalent) correspond aux facteurs multiplicatifs définis par l’OTAN rence avec un calcul basé sur l'humidité des gaz, déterminée par
pour passer de quantités en grammes à une « certaine équivalence de toxicité » utilisée exemple par la méthode de la température humide. Cette méthode
pour les dioxines.
est assez imprécise dès que les gaz contiennent beaucoup d'eau. Il
est possible d'installer un dévésiculeur performant sur la ligne de
prélèvement et de mesurer la quantité de liquide collectée. On peut
1.4.2 Devenir des poussières captées
aussi récupérer, à l'aide d'un petit cyclone, les plus grosses gouttes
et collecter sur un filtre rigide les plus fines gouttelettes. La somme
Les poussières et aérosols captés peuvent se retrouver dans deux des deux volumes récupérés donne, une fois divisée par le débit, la
types de flux : concentration. Il est aussi possible de réaliser une absorption de
— dilués dans un flux liquide, si l’on a utilisé des laveurs humides rayonnements radioactifs. Cette méthode est, en particulier, utilisée
ou des venturis. Dans un tel cas, le flux effluent peut être selon les en distillation pour quantifier les entraînements de plateau à pla-
cas soit rejeté tel quel, soit envoyé sur une station de traitement teau. Pour la caractérisation de la taille, les seules méthodes fiables
d'effluents, soit, si la concentration en solides le justifie, soumis à sont les méthodes optiques, comme la diffusion laser. Ces métho-
une décantation/clarification et à une opération de filtration ; des sont lourdes et ne peuvent pas toujours être mises en place
— ou bien secs si l’on utilise des technologies comme des élec- dans les équipements et conduits existants. On se reportera à la
trofiltres ou des cyclones. Il faut alors se poser la question de savoir publication de Levi et Belyaev pour plus de détails (cf. Bibliographie
si les solides ainsi collectés peuvent être recyclés ou bien mis en en [Doc. J 3 580]).
décharge, éventuellement après un traitement complémentaire ● Beaucoup d'équipements convenant à la séparation gaz/solide
d'inertage. Ce traitement d'inertage peut être un enrobage par un sont effectifs pour la séparation gaz/liquide. Dans certains cas, on
liant hydraulique à base de ciment ou une opération de lixiviation tire même avantage du fait que deux gouttes de liquide qui se ren-
forcée qui va viser à retirer aux poussières les constituants suscep- contrent coalescent ou qu'il est plutôt plus difficile d'arracher une
tibles d'être relâchés dans le milieu ambiant. Globalement, cela goutte de liquide d'une surface solide que d'arracher une particule
ajoutera au coût d'élimination des poussières proprement dit une sèche d'une même surface.
part non négligeable.
Le problème de l'évacuation des gouttes captées est bien sûr spé-
Enfin, une attention particulière est à apporter aux dispositifs cifique puisque c'est une phase liquide que l'on va récupérer. Nous
auxiliaires de stockage et de manutention des particules collectées. citons, ci-dessous, quelques équipements ou procédés qui s'appli-
Quand il s'agit de poussières, la rhéologie du système est à consi- quent sans problème particulier aux gouttes et vésicules liquides :
dérer et les silos, sas et écluses sont à concevoir avec soin. L'aspect
— les cyclones ;
sécurité, en particulier si les poussières sont explosives ou inflam-
— les matelas filtrants dévésiculeurs, les dispositifs filtrants à car-
mables, est à intégrer dès la conception.
touches, les filtres à tissu arrosé ;
— les séparateurs inertiels, comme les séparateurs à chevrons, à
plaques ;
— les électrofiltres humides ;
2. Principaux facteurs — les laveurs venturis et les laveurs humides.
caractérisant un problème Sont à proscrire :
— les électrofiltres ordinaires (secs) ;
de dévésiculage — les filtres à manche.

■ Définitions de l’état vésiculaire


Par de nombreux aspects les particules liquides, ou vésicules,
sont semblables aux particules solides et nombre des facteurs
3. Séparateur à effet centrifuge
décrits dans le paragraphe précédent s'appliquent.
Les vésicules liquides, qui forment un brouillard, peuvent avoir
elles aussi deux causes principales. 3.1 Principe de fonctionnement
● Une cause mécanique provient, par exemple, d'un arrachement
de gouttes de liquide d'un film par un gaz à haute vitesse, d'une pul- ■ Dans un séparateur à effet centrifuge, on va imprimer, au gaz
vérisation ou d'un contact à haute vitesse entre un liquide et une chargé en poussières ou en vésicules à éliminer, un mouvement de
partie mécanique en mouvement. rotation. L'effet de la force centrifuge va alors faire déplacer les par-

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ticules ou vésicules vers la paroi où elles seront collectées. On peut


aussi voir un cyclone comme une chambre de sédimentation dans Efficacité 100
laquelle l'effet de la gravité serait augmenté par la force centrifuge. (%) 80
Selon R. Perry et H. Chilton, cet accroissement de la gravité va de 5 à 60
2 500 fois pour les tout petits cyclones. Les cyclones sont parmi les
équipements les moins onéreux et les plus robustes et peuvent opé- 40
rer dans une gamme d'applications et de conditions de température 30
et de pression incroyablement variée. Toutefois, il ne faut pas atten-
dre d'un cyclone des performances extraordinaires. Si des particu- 20
les ou des vésicules de plus 10 µm sont usuellement captées avec
des rendements de 99 %, ces appareils n'en sont pas moins à consi-
10
dérer comme opérant dans la classe « performances moyennes ». 0,3 0,4 0,5 0,7 1,0 2,0 3,0 4,0 5,0 7,0 10,0
Une autre limitation sérieuse est la non-capacité de ces appareils à
opérer sur une large plage de débit, au-delà du simple au double par Taille des particules (d /dc)
exemple. d diamètre de la particule
■ Quelques principes de base permettent de dimensionner les dc diamètre de coupure
cyclones, et l'approche la plus sûre consiste à partir d'un cas de réfé-
rence aux performances connues. Selon Stairmand (1951), une Figure 7 – Courbe d’efficacité type (selon Lapple (1951))
diminution de la taille du cylindre se traduit par une diminution du
seuil de coupure (donc une augmentation d'efficacité) selon la for-
mule :
3.2 Types d’appareils et fonctionnement
d c1 D1
--------
- = -------
d c2 D2
■ Principaux types d’appareillage
avec D diamètre du cylindre, Deux types de cyclone sont essentiellement à considérer.
dc diamètre de coupure (une particule ayant un diamètre égal ● Cyclones à entrée latérale
au diamètre de coupure a 50 % de change d’être inter- Ces cyclones sont les plus classiques. Le gaz est admis à la partie
ceptée). supérieure du cylindre par une entrée tangentielle et sort par une
De même, le pouvoir de coupure est lié à la vitesse et donc à la cheminée centrale située en haut de l'appareil. La figure 8 en mon-
perte de charge selon la relation : tre le principe de fonctionnement.
De nombreuses variantes sont possibles et ont été essayées.
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d c1 v ∆p Quelques-unes sont données figure 9.


--------- = -----2- = ---------2-
d c2 v1 ∆p 1 De notre point de vue, les avantages et inconvénients d'un arran-
gement par rapport à l'autre sont assez mineurs.
avec v vitesse d’entrée, ● Cyclones à entrée axiale
∆p perte de charge. Plusieurs variantes ont été également proposées. Dans cet arran-
Les équations régissant l'efficacité d'un cyclone ne sont pas sim- gement, des aubes de mise en rotation du gaz assurent l'établis-
ples et dépassent le cadre de cet ouvrage. Löffler, Litch, Dietz et sement d'un vortex adéquat. Ce type de cyclone est généralement
Stairmand ont proposé des modèles auxquels on pourra se référer. connu, par extension abusive, sous le nom de Uniflow. La figure 10
L'équation suivante peut être posée : donne un exemple de cyclone de ce type proposé commercia-
lement.
9µb
dm = ------------------------------------------
π Ns v ( ρ p – ρ g )

avec dm diamètre critique (taille de la plus petite particule qui peut Sortie du gaz
être séparée avec 100 % d’efficacité),
µ viscosité du milieu,
v vitesse d’entrée, Entrée
b largeur de l’entrée, du gaz
ρp masse volumique des particules,
ρg masse volumique du gaz.
Ns est estimé à l’aide de la formule empirique suivante :

Ns = 0,92 v

avec v plus grande d’entre la vitesse d’entrée et la vitesse de sortie


(en m/s si l’on travaille en unités SI). Casse-vortex Collecteur de poussières
L’efficacité peut être définie par la formule suivante :

teneur en sortie
Eff = 1 – ----------------------------------------------
teneur en entrée
Sortie des poussières
Elle peut être globale ou classe de taille par classe de taille. Une
courbe type est donnée figure 7. Figure 8 – Cyclone dépoussiéreur classique

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a entrée tangentielle b entrée progressive c entrée axiale


« Uniflow »

Figure 9 – Différents arrangements possibles pour les entrées Figure 11 – Assemblage de multicyclones (Western Precipitation
latérales d’un cyclone Corp.)

en particulier pour les particules submicroniques. Toutefois, pour


que l'effet électrostatique puisse s'exprimer, il faut un temps de
séjour assez long, ce qui est en quelque sorte antinomique avec le
principe même du cyclone. Ces appareils sont relativement peu uti-
lisés.
On trouve enfin des multicyclones, qui ne sont ni plus ni moins
qu'un arrangement en parallèle de plusieurs petits cyclones, qui, de
par leur petite taille ont une efficacité supérieure (figure 11). Pour
obtenir l'efficacité maximale d'un multicyclone, on doit veiller avec
Aubes de mise
un soin particulier à la répartition du gaz entre les différentes cellu-
en rotation du gaz
les, ainsi qu'à l'évacuation des résidus. Contrairement aux cyclones
traditionnels, il est d'usage de tolérer une légère fuite du gaz (1 à
3 %) par le bas avec les poussières, ce qui stabilise l'écoulement des
solides.

■ Considérations théoriques et fonctionnement d’un cyclone


En règle générale, un cyclone gagne à être le plus simple possi-
ble. Dans la plupart des cas, les arrangements « exotiques », s'ils
peuvent donner une meilleure efficacité, se payent en termes de
perte de charge. Les aubes de mise en rotation préliminaire, chica-
nes, et autres matériels internes peuvent avoir un effet dans un sens
ou dans un autre.

Exemple : des aubes de préguidage vont réduire la perte de


charge, mais dégradent un peu l'efficacité.

À notre avis, si l'on doit évaluer les performances en fonction du


rapport efficacité/perte de charge pour une particule donnée, les dif-
Redresseur
férents types sont sensiblement équivalents.

Pour un cyclone, plus l’efficacité désirée est élevée, plus la


perte de charge est grande et plus la consommation en énergie
est importante.

■ Cas des vésicules liquides


Figure 10 – Cyclolab (montré raccourci) Les cyclones de toutes natures s'accommodent particulièrement
bien des vésicules liquides. En fait, à diamètre de particule et à den-
sité comparables, un cyclone est plus efficace pour les liquides que
pour les solides, et les équations théoriques ont plutôt tendance à
■ Autres modèles
sous-estimer l'efficacité. Une raison majeure est qu'une goutte a
Les électrocyclones, dans lesquels une électrode centrale charge plus de mal à rebondir sur une paroi et donc que la probabilité pour
les particules qui sont ensuite attirées à la paroi, ont montré des qu'une particule ayant touché la paroi y reste est plus élevée pour
résultats expérimentaux prouvant une augmentation de l'efficacité, un liquide que pour un solide.

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avec µ viscosité du gaz (Pa.s),


4. Séparateurs inertiels q débit volumique (m3/s),
et par sédimentation g accélération due à la pesanteur,
 largeur de la chambre (m),
■ Séparateurs inertiels
L longueur de la chambre (m).
Ces séparateurs sont constitués par des chicanes. Les plus gros-
ses particules, de par leur inertie, vont venir frapper la chicane et s'y Des plaques horizontales ont été proposées, et comme dans les
déposer. Le diamètre pour lequel ces séparateurs sont efficaces est décanteurs liquide/solide, elles conduisent à une amélioration mar-
de 20 à 30 µm, pour les formes simples à chicanes verticales. Le coût quée des performances.
de ces équipements est faible, mais l'efficacité est par trop limitée En pratique, les chambres de sédimentation ne s'emploieront que
au regard du volume important occupé par ces unités. pour un travail de dégrossissage ou bien pour éliminer les particu-
Des améliorations ont été proposées, dans les années 1970 et les les plus grosses. On peut considérer que le pouvoir de coupure
1980, visant à faire effectuer au gaz plusieurs changements de direc- ne descend pratiquement pas au-dessous de 20 µm, même si, théo-
tion. Les efficacités ont augmenté ainsi que les pertes de charge qui riquement, on peut laisser sédimenter des particules plus petites.
peuvent atteindre 1 000 Pa, pour des pouvoirs de coupure de l'ordre
de 4 µm. La principale limitation fondamentale vient du réentraî-
nement de particules qui ont déjà touché une paroi.
Ces séparateurs sont peu utilisés pour le dépoussiérage, étant d'un 5. Séparateurs électriques.
rapport performances/énergie défavorable par rapport à un cyclone,
mais sont en revanche très employés comme dévésiculeurs. Électrofiltres
■ Chambres de sédimentation
Un dispositif simple et peu onéreux permet de séparer les particu- 5.1 Définitions et principes
les à partir du moment où celles-ci ne sont pas trop petites. Il s'agit de fonctionnement
de la chambre de sédimentation.
Alors que, dans un cyclone, on va accélérer la pesanteur par un Le principe de fonctionnement d'un électrofiltre (ESP, electrostatic
mouvement tourbillonnaire et bénéficier de la force centrifuge, une precipitator en anglais) est fondé sur la force appliquée par un
chambre de sédimentation est un réservoir vide, dans lequel la champ électrique sur une particule chargée. Une particule est char-
vitesse des fumées est suffisamment abaissée pour que la force de gée, souvent naturellement, mais sa charge est trop faible pour pou-
la gravité ait le temps de s'exercer avant que les particules soient voir donner naissance à une force d'attraction suffisante pour être
entraînées avec le flux gazeux. Les solides sont captés au fond et exploitable. En revanche, elle est suffisante pour pouvoir créer des
doivent être évacués séparément. C'est la vitesse de chute qui va désagréments divers, depuis la simple adhésion à une surface
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permettre de dimensionner une chambre de sédimentation et de jusqu'à des problèmes de sécurité. Il faut donc que la particule
définir son pouvoir de coupure. Pour les très grosses particules reçoive, par un procédé externe, une charge suffisante.
(supérieures à 1 mm environ), la loi de Newton déterminant la
vitesse de chute s'applique. On a : ■ Charge de particules ou de gouttelettes
La charge est communiquée par ionisation du gaz vecteur, obte-
8gd ( ρ p – ρ g ) nue le plus souvent par un fil porté à un potentiel élevé et donnant
v = -----------------------------------
3 ρg « l'effet couronne ». Dans son principe, un fil tendu entre deux pla-
ques ou situé au milieu d'un cylindre est porté à une haute tension
Toutefois, pour les particules petites, c'est la loi de Stokes qui va
négative (rien n'interdit de porter le fil électrode à une tension posi-
s'appliquer. Pour des particules inférieures à 80 µm environ, on a
tive, mais le procédé est moins efficace, aussi emploie-t-on quasi
alors :
exclusivement les décharges couronnes négatives). À partir d'une
d 2 (ρp – ρg ) certaine tension, un halo lumineux violet apparaît autour du fil. Au
v=
18ηg sein de ce halo apparaissent de nombreuses espèces radicalaires
ainsi que de l'ozone, ce qui est parfois mis à profit pour éliminer
avec d diamètre de la particule, d'autres polluants comme les oxydes d'azote ou les composés orga-
niques volatils. Ce phénomène est stable dans une plage de tension
ηg viscosité dynamique du gaz,
importante, jusqu'à ce que, en augmentant toujours le voltage, des
ρp masse volumique de la particule, arcs et des étincelles apparaissent entre le fil et sa contre-électrode.
ρg masse volumique du gaz. On a alors atteint la tension de claquage. Au sein du halo violacé, le
gaz est dans un état d'excitation intense et des électrons sont arra-
Pour de l’air à la température de 60 °C, on a η = 1,8 × 10 – 5 SI.
chés qui, par effet de collision en cascade, fournissent une avalan-
Cette loi s'applique normalement tant que le nombre de Reynolds che d'ions et de radicaux. C'est par ce phénomène que les particules
de la particule n'excède pas 1. vont se charger. Un aspect intéressant à ne pas négliger est que la
Notons enfin que, pour des toutes petites particules, inférieures mobilité des particules et des électrons est très différente. Au fur et
au micromètre, il y a lieu d'appliquer la correction de Cunningham à mesure que les particules se chargent, autour de l'électrode émis-
sive se crée une charge d'espace qui contribue en quelque sorte à
λ
[vC = v (1 + 1,72 --- ), λ étant le libre parcours moyen des molécules]. isoler l'électrode par blindage et réduit le passage du courant. On
d
Cela n'a que peu d'intérêt en pratique, car, de toute façon, les parti- parle en anglais de « corona quenching » ; ce phénomène est à évi-
cules submicroniques ne se séparent pas par simple gravité. Les ter. Il apparaît plus particulièrement lorsque les gaz à traiter sont
chambres de sédimentation sont de moins en moins utilisées à très riches en fines particules. La valeur de la tension de seuil à partir
cause de leur encombrement et de leurs performances restreintes. de laquelle l'effet couronne est obtenu dépend de la pression et de
En fait, il est difficile de séparer au-dessous de 50 µm. Le diamètre la nature du gaz ainsi que de la géométrie. Typiquement, pour un gaz
de coupure peut être estimé par l'équation : comme l'air à pression ordinaire, on a des tensions d'amorçage de
20 kV environ. Le courant suit ensuite une loi non linéaire en fonc-
18ηgq tion du voltage. Un exemple de courbe intensité-tension est donné
dc = figure 12 ; elle montre l'influence d'une charge d'espace augmen-
g  L(ρp – ρg ) tant jusqu'a l’effet de « corona quenching ».

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Tension (kV)
Électrode collectrice +
100 Fumées
Électrode (charge Corona) –––
––
Charge d'espace – H2O – –– – ––
– –
– SO2 –––––– –– –
Air – – –– ––
– –– ––
– – – O2 –– – –– ––
– – –– –
50 – – –––
– ––– ––
– – – H2O ––– ––– – ––
– –– –– –
– – – SO2 –– –– ––
– Poussière ––– ––
– –
– O2 –– ––
–– – – –
––
Molécules électronégatives ––
5 10 Valeur moyenne
du courant (mA)

Figure 12 – Chargement de particules ou de gouttelettes

Ainsi qu'il a été dit, les particules se chargent par choc quand elles
rencontrent des électrons ou d'autres particules chargées ou bien par
Figure 13 – Mécanisme de charge et de déplacement des particules
diffusion, liée à l'agitation thermique des ions. Le second mécanisme
dans le champ électrique
n'est important que pour les toutes petites particules submicroni-
ques. En pratique, la charge est atteinte en quelques dixièmes de
seconde. Il est à noter qu'il existe, pour une particule de taille donnée,
une charge maximale qui ne sera jamais dépassée. Eémission vaut
environ 109 V/m en émission d'électrons et 2 × 1010 V/m en émission
de charges positives, Eémission étant la valeur du champ électrique Efficacité (%) 99,9
(en V/m) où se produit l’effet.
Pour les particules liquides, un mécanisme différent va limiter le 99,8
phénomène : au-delà d'une certaine charge, dite charge de Rayleigh,
99,7
la goutte va tout simplement exploser.
99,6
On a alors : 99,5
1, 5
Q max = d 2π σ 99,3

avec σ tension superficielle. 99

■ Déplacement des particules dans le champ électrique


La particule est soumise à une force : 98

F=QE 97
avec E champ électrique en (V/m), 96
95
Q charge (en C), égale au nombre de charges élémentaires
multiplié par la charge d’un électron. 93

La vitesse de migration sera, comme dans le cas de la gravitation,


calculée en équilibrant la force découlant de la loi de Stokes à cette 0,1 0,2 0,3 0,5 0,7 1 2 3 4 5 7
force électrique : Taille des particules (µm)

QEC
u = --------------- Figure 14 – Efficacité d’un électrofiltre en fonction de la taille
3π µ d
des particules
avec C coefficient de traînée.
Les électrofiltres pouvant capturer des particules submicroniques,
le coefficient de traînée sera calculé en appliquant la correction de
Cunningham. Le mécanisme global est décrit par le schéma de la Une courbe d’efficacité type est représentée figure 14. Elle passe
figure 13. par un minimum caractéristique de beaucoup de procédés. Aux très
Pendant qu'elles sont attirées vers la contre-électrode, les particu- faibles tailles de particules, les mécanismes diffusionnels repren-
les sont aussi poussées par le gaz, ce qui fait que l'électrofiltre ne nent une importance considérable et l'efficacité augmente à nou-
dispose que d'un temps limité pour exercer son action. Si l’on sup- veau. Une fois arrivées à la surface collectrice, les particules vont
pose que les particules collectées à la paroi ne peuvent pas être constituer un dépôt plus ou moins cohérent qui devra être éliminé.
entraînées, on aboutit à la relation de Deutsch : Le procédé le plus courant consiste à frapper les plaques de manière
η = exp [– wA/G] périodique avec de gros marteaux. Des vibrations sonores peuvent
aussi être employées.
avec w vitesse de migration,
A surface offerte par les contre-électrodes,
G débit gazeux.
Il faut bien insister sur le caractère tout théorique de cette loi, qui 5.2 Principaux types de séparateurs
est de peu d'utilité dans l'absolu. Néanmoins elle est précieuse, car électriques
une fois w déterminé empiriquement par calage sur un point de
fonctionnement, elle permettra de dire ce qu'il en adviendra du ren-
dement à la suite d’une variation du débit à traiter. On distingue principalement les électrofiltres secs, les électrofil-
Des logiciels commerciaux comme ASPEN PLUS intègrent de tels tres humides et les appareils fondés sur d’autres procédés mettant
calculs dans leurs modules particuliers pour les électrofiltres. en œuvre les forces électrostatiques.

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

5.2.1 Électrofiltres secs ordinaires


Résistivité (Ω.cm)

Dans un électrofiltre, les particules chargées vont, soumises à une 1013


force électrostatique, migrer vers la contre-électrode, plane ou cylin- Teneur en coke
0%
drique, où elles vont être collectées et sont supposées rester. Le
mécanisme global est celui présenté figure 13. 5%
La figure 15 donne le schéma d'un électrofiltre. 1012
10 %
Les électrofiltres secs, qui n'ont que de faibles pertes de charge, sont
particulièrement adaptés pour les très grands débits (> 100 000 Nm3/h), 15 %
comme on en rencontre en génération d'énergie. 1011

■ Dimensionnement et fonctionnement d'un électrofiltre


La température de fonctionnement est le plus souvent comprise
entre la température ambiante et 400 °C. Quand les gaz contiennent 1010
des polluants acides condensables, comme HCl, SO2 et SO3, on peut
avoir intérêt à travailler à des températures assez élevées, au-
dessus de 180 °C, pour s'affranchir de la corrosion liée à la rosée
acide qui, autrement, obligerait à utiliser des alliages coûteux. Glo- 100 200 300 Température (°C)
balement, l'effet d'une augmentation de température est négatif, car
d'une part la viscosité du gaz augmente, réduisant la mobilité des
espèces, mais d’autre part, le volume du gaz augmente aussi, ce qui Figure 16 – Variation de la résistivité en fonction de la température
réduit le temps de passage entre les dispositifs collecteurs. suivant différentes teneurs en coke dans des cendres volantes

La pression est souvent la pression de fonctionnement atmosphé-


rique (à quelques centaines de pascals près). Un électrofiltre opé-
rant sous une pression notablement inférieure à la pression Il en découle que, pour certaines applications comme la collecte
atmosphérique est rapidement très pénalisé. de cendres volantes des installations de production d'électricité par
combustion de coke, on a recours au conditionnement qui vise, par
La vitesse de fonctionnement est typiquement de 1 à 2,5 m/s injection de trioxyde de soufre, d'ammoniac ou de vapeur d'eau, à
mais, dans certains cas (poussières des tunnels routiers), des vites- diminuer la résistivité des poussières pour améliorer les performan-
ses de 7 m/s ont été atteintes, à l'échelle du pilote, avec succès. La ces des électrofiltres. Bien que les quantités employées soient fai-
vitesse contribuant à réarracher les particules de la paroi, chaque bles, on hésite toujours à mettre en œuvre ces moyens qui
application est assez spécifique et définit une vitesse qu'il est bon de complexifient l'installation et pèsent sur les coûts opératoires. Une
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ne pas dépasser. attention particulière doit être donnée à la bonne répartition de ces
Les propriétés des poussières et, particulièrement, leur résistivité agents dans la veine gazeuse.
sont capitales. Quand la résistivité devient trop importante (disons
supérieure à environ 1 × 1011 à 5 × 1011 Ω.cm), une chute de potentiel ■ Tension. Intensité
importante se produit dans la couche isolante ainsi formée. On peut Un électrofiltre opère normalement dans une plage de tension
même arriver à la situation où la différence de potentiel devient comprise entre 40 kV et 100 kV (crêtes), plutôt vers le haut de la
supérieure à la tension de claquage du gaz occlus dans le gâteau. Il plage. Plusieurs types de régulation ont été proposés et visent à éle-
y a alors amorçage avec formation d'un petit cratère et réenvole- ver la tension autant que faire se peut jusqu'au seuil de claquage et
ment de poussières. Inversement, si la résistivité est trop faible à s'y maintenir. Il faut donc détecter les arcs naissants ou suscepti-
(inférieure à environ 108 Ω.cm), des problèmes de conservation de bles de se produire par analyse des cycles u = f (t) et i = f (t), t étant
charge apparaissent. De ce point de vue, le noir de carbone avec une le temps. Une grande activité de recherche et plusieurs brevets exis-
résistivité inférieure à 104 Ω.cm pose problème. C'est pourquoi on tent sur la question. Des valeurs typiques d'intensité sont de 0,1 à
peut dire qu’une plage de 109 à 1011 Ω.cm est optimale. 0,5 mA/m2 de surface.
La figure 16 montre l'incidence de la composition et de la tempé- ■ Design des électrofiltres
rature sur la résistivité.
● Partie mécanique

Des plaques en tôles pliées sont les plus courantes ; elles ont un
espacement compris entre 15 et 30 cm, voire 50 cm. Des formes
variées, en W, en S, en zigzag ont été essayées, à la fois pour aug-
menter la rigidité et pour diminuer le réentraînement. Il faut se sou-
Haute tension Marteaux de frappage venir que plus l'espacement est important, plus le voltage à
appliquer devra être important. Il est possible d'avoir des formes
encore plus complexes qui permettent d'obtenir un champ électri-
que non uniforme. Beaucoup plus coûteuses, ces plaques ne se sont
pas jusqu'ici imposées. Très souvent, les électrofiltres sont agencés
en plusieurs modules fonctionnant les uns derrière les autres, cha-
cun possédant son propre système de contrôle. On parle d'électro-
filtre à un champ, deux champs ou trois champs. Avec des cendres
volantes d'incinération, un électrofiltre à un champ atteint facile-
ment 100 mg/Nm3 de poussières, à deux champs 50 mg/Nm3 et à
trois champs 20 mg/Nm3.
● Électrodes
Plaques collectrices Trémies
Plusieurs formes d'électrodes ont été essayées, depuis les sim-
ples fils jusqu'à des formes assez découpées présentant des arêtes
Figure 15 – Vue schématique d’un électrofiltre sec (source : Zero vives. Ce type d'électrode, plus rigide qu'un simple fil, est actuelle-
Emission Technology) ment préféré (figure 17).

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Fil Cylindre Lame Lavage (intermittent)


Entrée du gaz
Fil Diamant + + « Microhaches » de
disques pointes scie
Entrée de l'air
d'isolation
Purge de l'air d'isolation

Isolateur Disques

Électrode

Contre-électrode
collectrice

Sortie du gaz

Figure 17 – Différentes formes commerciales d’électrodes Figure 18 – Schéma d’un électrofiltre humide (US Patents n° 4093930,
d’émission 4110086 et 4194888)

● Plaques Bien qu’ils soient chers, les électrofiltres humides, par leurs per-
Le frappage des plaques réceptrices est en général effectué à formances excellentes, connaissent un développement rapide,
l'aide de gros marteaux venant frapper, à intervalles fixes, les pla- poussé par des réglementations de plus en plus contraignantes.
ques dans le plan de la paroi. Des nettoyages par vibrations sono-
res, opérant à des fréquences de 50 à 350 Hz ont été proposés et 5.2.3 Autres technologies faisant intervenir
donnent satisfaction. La partie électrique comporte des éléments des effets électrostatiques
élévateurs de tension et des thyristors. La puissance totale à instal-
ler est de l'ordre de 1 kW/1 000 Nm3/h. ■ Venturi électrodynamique (EDV)
● Autres éléments Le groupe LAB commercialise sa technologie EDV. Il s'agit d'un
La répartition des gaz à l'entrée est un paramètre important et une venturi à faible perte de charge, au centre duquel est positionnée
bonne homogénéité est obtenue par une grille ou de petites chicanes. une électrode portée à un potentiel négatif d'environ 70 kV. Le
La sécurité est aussi un élément important, et il peut être néces- schéma de la figure 19 montre cet arrangement ainsi que les diffé-
saire de placer des disques antiexplosion ainsi que des capteurs rences avec un venturi classique.
permettant de détecter une situation pouvant donner naissance à un
incendie (capteur de température, de CO et de CO2). Un calorifu-
geage est parfois utile.
■ Précharge
Certains électrofiltres ont recours à une précharge. Dans une telle
configuration, la décharge corona se fait autour d'électrodes qui
vont induire un champ hautement non uniforme. Ce sont en général
des électrodes filaires, placées en regard de contre-électrodes cylin-
driques à la masse. Cela précharge les particules, qui sont ensuite
collectées entre des plaques entre lesquelles règne un champ plus Corps du venturi
uniforme. La différence de potentiel peut être plus importante dans
l'étage de précharge, et l'écartement interplaques est réduit dans
l'étage de collection. Ainsi, au prix d'une complexité un peu accrue,
on peut réduire la taille globale de l'équipement. Électrode

5.2.2 Électrofiltres humides


Ces appareils sont appelés WESP (wet electrostatic precipitator)
en anglais. Leur mécanisme est très similaire à celui d'un électro-
filtre ordinaire, mais la paroi collectrice est rincée en permanence ou
bien par intermittence. Les plaques collectrices peuvent être en Voile d'eau
alliage inoxydable, en plomb ou bien même, comme le propose au (contre-électrode)
moins un constructeur, en plastique conducteur. Souvent les élec-
trodes collectrices sont de forme tubulaire. Le schéma d’un électro-
filtre humide est donné figure 18.
Les électrofiltres humides sont souvent conçus pour des vitesses
de passage de gaz assez faibles (de 1 à 2 m/s) et leurs performances
sont excellentes. Il n'est pas rare de voir de telles unités obtenir des
teneurs en poussières en sortie inférieures à 1 mg/Nm3. Plusieurs
concepts peuvent être mis en œuvre pour les électrofiltres. Le net-
toyage des électrodes peut se faire par arrosage intermittent ou par
la condensation de l'eau. Figure 19 – Schéma d’un venturi électrodynamique (groupe LAB)

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Par le biais de la décharge corona, les particules ou les gouttelet-


tes sont chargées en même temps qu'un effet de condensation est 6. Filtres à manches
produit, ce qui fait grossir les particules. Celles-ci sont collectées par
un rideau d'eau projeté par un pulvérisateur, chargé de signe
opposé aux particules. La figure 20 montre le mécanisme de crois- On désigne sous ce nom des dépoussiéreurs dans lesquels les
sance des gouttes. fumées chargées de poussières vont traverser une couche filtrante
Les limitations de cette technologie sont surtout dues à une sur laquelle les particules vont se déposer. Contrairement à ce qui se
teneur en entrée ne devant pas excéder quelque 100 mg/Nm3, pour passe dans les séparateurs de type cyclonique ou dans les laveurs,
des raisons de charge d'espace. Les EDV sont très efficaces pour les dans lesquels les particules sont éliminées en continu, ici il y a accu-
particules submicroniques (ce qui en fait d'excellents finisseurs) et mulation et, périodiquement, les poussières doivent être séparées
sont toujours montés derrière d'autres unités comme des laveurs. par un procédé de nettoyage. La couche filtrante peut être
constituée :
■ Électrofiltre Ion Blast — de média tissé ;
La société Ion Blast propose un concept différent. Un vent ionique — de fibres en vrac ou de feutres ;
important est créé par une tension de 70 à 150 kV appliquée à une — de membranes poreuses, le plus souvent accolées à un support ;
électrode centrale. Comme dans un électrofiltre classique, la charge — de papiers filtrants.
se fait, mais suffisamment d'ions se forment pour générer un vent Les filtres peuvent être à haute efficacité, et utilisés dans le
ionique qui va littéralement pousser les particules à se rassembler nucléaire et dans les salles blanches, ou bien d'efficacité normale.
vers la paroi (figure 21). Dans le premier cas, les poussières accumulées sont souvent élimi-
Les particules collectées à la paroi sont soit rincées par de l'eau nées avec le média filtrant lui-même, car on change des cassettes
périodiquement, soit recueillies par vibrations sur la paroi. entières, alors que, dans le second cas, les supports filtrants durent
plusieurs années. De plus, dans le cas d'un filtre à haute efficacité,
on est presque toujours amené à protéger le filtre par un préfiltre, de
façon à limiter la fréquence de changement des médias. Cette classe
de séparateurs a connu depuis les années 1970 un développement
rapide car, en matière d'efficacité absolue, on a là un des meilleurs
% en masse équipements, qui, de plus, est relativement facile à entretenir et
Grossissement Mouillage assez peu cher à l'investissement.
Les filtres à manches constituent une sous-famille de la classe des
Avant détente séparateurs à couche filtrante, parmi lesquels on trouve aussi les fil-
adiabatique tres à gravier (cf. § 6.3), les filtres céramiques et les filtres en métal
Après détente fritté. Ces deux derniers filtres font l'objet d'une étude particulière et
les paragraphes qui suivent sont donc exclusivement consacrés aux
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adiabatique
filtres à manches.
0,05 0,1 0,5 1 Diamètre
des gouttes (µm)
6.1 Définitions et principe
Figure 20 – Mécanisme de croissance des gouttes dans un EDV de fonctionnement

Dans un filtre à manches, les fumées chargées de poussières sont


passées à travers un média filtrant qui va retenir les poussières. On
se reportera au schéma de la figure 24, page 17 pour la description
qui suit.

6.1.1 Technologie

Le média filtrant est en général agencé en manches constituées


de grandes chaussettes de tissu ou de feutre, d'une longueur variant
entre 3 et 6 m et d'un diamètre de 150 mm environ. Ces manches
sont en général suspendues par le haut. Il existe d'autres types de
manches et d'autres arrangements, mais le principe reste le même.
Dans le schéma de la figure 24, les gaz sont alimentés par le bas et
à l'intérieur des manches, traversent les manches et sont évacués
par la partie haute. Les poussières sont donc collectées à l'intérieur
des manches. Rien n'oblige à avoir un tel arrangement et il est par-
faitement possible d'avoir des filtres dans lesquels les poussières
sont collectées à l'extérieur, ou bien dans lesquels les gaz circulent
de haut en bas.
La surface filtrante est constituée par la somme des surfaces de
chaque manche. La surface effective, elle, ne prend en compte que
la surface active à un moment donné. En effet, pour les grosses uni-
tés, il est commun de subdiviser le filtre en compartiments et on
peut très bien avoir un compartiment inactif à un moment donné.
La vitesse de filtration s'obtient en divisant le débit effectif par la
Figure 21 – Schéma de l’électrofiltre mis au point par la société surface active. Cette vitesse est en général assez faible et comprise
Ion Blast usuellement entre 0,01 et 0,1 m/s.

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Un dispositif de nettoyage par contre-soufflage de gaz, par


secouage mécanique ou par une impulsion d'air sous pression à Perte de charge (Pa)
contre-courant est toujours présent. Nous reviendrons sur ces diffé-
rents types de nettoyage au paragraphe 6.1.5. 400
Les solides collectés tombent dans une trémie et sont évacués par
des vis, des écluses ou des sas rotatifs. Les facteurs importants jouant
sur l'efficacité ou le design des filtres sont passés en revue ci-après. 350

6.1.2 Perte de charge


300
La perte de charge dépend de la nature du média filtrant et de ce
qui est collecté. Elle varie en fonction du temps car on accumule les
poussières entre deux nettoyages. Comme les poussières sont plus
250
ou moins compressibles, la perte de charge ne varie pas de manière
linéaire en fonction du temps.
L'équation suivante traduit le fait que la perte de charge est cons-
200
tituée de deux facteurs, l'un lié au média, l'autre au gâteau de
filtration :
∆p = µ(k1cv 2 + k2v) 150
avec c concentration de poussières,
v vitesse de filtration,
100
k1 et k2 constantes liées aux poussières et au média
respectivement.
On peut alors écrire que la dépendance de la perte de charge à la
vitesse suit une loi empirique de la forme : 50

∆p = K v n
avec n exposant compris entre 1,3 et 1,6 selon les applications. 0

En pratique, on va accumuler les poussières jusqu'à ce qu'une 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 7000
perte de charge prédéterminée soit atteinte, ou bien à intervalles Temps
préfixés. Après un décolmatage, la perte de charge redescend à une
valeur basse et le cycle reprend. Simulation par un programme commercial (PJ Filter de SPS)
La figure 22 établie par simulation à l'aide d'un programme
commercial montre un profil type. Chaque dent de scie correspond à une séquence de décolmatage.
Chaque fois que le décolmatage (ou nettoyage) est initié, le gâteau de
La perte de charge est usuellement comprise entre 300 Pa poussières tombe et la perte de charge chute.
(dépoussiérage pur) et 2 500 Pa (dépoussiérage associé à l'élimina- Il est donc important de vérifier si la courbe atteint une asymptote ou si
tion de polluants acides). elle diverge, auquel cas le filtre est en mode d'échec car on ne le nettoie
Notons que l'on n'a pas spécialement intérêt à opérer à trop faible pas bien.
perte de charge, car une certaine couche de poussières présente en
permanence protège le média contre un encrassement à cœur par Figure 22 – Variation de la perte de charge d’un filtre à manches
pénétration des poussières. En sus, un décolmatage trop violent use en fonction du temps
prématurément les manches.

6.1.3 Vitesse de filtration Tableau 4 – Vitesse de filtration à retenir en fonction


de l’application envisagée pour un filtre à manches
La vitesse de filtration est un élément essentiel et est très liée au
média filtrant utilisé et à l'application. L'absence de théorie suffi- Vitesse
samment avancée oblige à sélectionner cette vitesse à partir d'expé- Application
(m/s)
riences ou de ce qui se fait déjà. Toutes choses égales par ailleurs,
une augmentation de la température doit conduire à abaisser la Noir de carbone 0,03
vitesse retenue car la viscosité du gaz augmente. De même, des par- Ciment 0,04
ticules plus fines que celles de référence doivent conduire à abaisser
les vitesses. Le tableau 4 donne quelques ordres de grandeur de Incinération 0,02
vitesses à retenir pour un filtre à manches avec collection des pous- Sable 0,05
sières à l'extérieur des manches. Alumine 0,03
Il est indispensable de se référer au vendeur du média.
Les autres facteurs affectant la vitesse de filtration sont le mode
de décolmatage (air pulsé ou secouage). comme la laine, le lin et le coton. Du point de vue chimique, on
retiendra qu'il faut prendre en compte la résistance aux agents oxy-
dants (oxygène de l'air et oxydes d'azote), aux acides et aux bases.
6.1.4 Nature du média (0) La résistance à la température est capitale. Il faudra distinguer entre
Plusieurs types de fibres sont disponibles sur le marché. Les critè- la température en marche normale et la température qui peut être
res de sélection seront donc de deux natures : technique et écono- atteinte lors de pointes.
mique. Il n'y a plus guère d'applications pour les fibres naturelles, Le tableau 5 donne certaines propriétés de médias usuels.

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(0)

Tableau 5 – Propriété des fibres utilisées dans les filtres à manches


Température Température
maximale en continu maximale en pointe Résistance
Fibre Résistance aux acides Résistance aux bases
aux oxydants
(°C) (°C)
Coton 90 120 Bonne Mauvaise Bonne
Laine 100 130 Bonne Bonne Mauvaise
Polyimide (P84) 180 240 Bonne Assez bonne Bonne
Polyamides 100 110 Moyenne Assez bonne Bonne
Polyester 150 180 Bonne Bonne Moyenne
Verre 250 310 Bonne Bonne (sauf HF) Moyenne
Polyaramides 200 250 Médiocre Moyenne Bonne
Fluorocarbones 260 280 Bonne Bonne Bonne
Polypropylène 100 120 Bonne Bonne Bonne
Polysulfure (Ryton) 170 190 Médiocre Bonne Bonne

Le mode de confection d'un média peut être de trois types, les tis-
sés, les feutres et les aiguilletés.
Le tissu classique, employé presque exclusivement jusque dans
le début des années 1970, a tendance à perdre du terrain face à
l'aiguilleté. Plusieurs types de tissage, symétriques ou asymétriques
sont proposés. L'incidence sur les propriétés dépasse le cadre de cet
article, mais il y a des effets marqués sur la résistance à la déchirure.
Les feutres aiguilletés sont obtenus par l'insertion, dans une grille
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de fibres, d'une masse de fibres élémentaires comprimées mécani-


quement, sans recours à un produit liant. Les feutres aiguilletés peu-
vent être fabriqués à partir de n'importe quelle qualité de fibres. Les Fibres Support Détail
feutres classiques ne sont plus guère utilisés à cause de leur man-
que de souplesse. a feutre
On a tendance à préférer les tissés quand le nettoyage se fait par
secouage ou par flux d'air inversé. Pour le nettoyage par air pulsé,
on utilise presque exclusivement les aiguilletés.
Pore
Toutefois, chaque application étant assez spécifique, il n'est pas
rare de voir des exceptions. Le tissu support de filtration a en géné-
ral une épaisseur de 1,5 à 2 mm et une masse spécifique de l'ordre
de 500 g/m2.
Les médias membranés, obtenus par placage d'une membrane
poreuse aux gaz, connaissent un essor marqué malgré leur prix très
élevé. Ils permettent en général des vitesses de filtration plus impor-
tantes et ne peuvent absolument pas s'encrasser à cœur. On ne peut
pas dire que les médias chers comme le Téflon ont supplanté les
matériaux meilleur marché. Tout d'abord, même si la limitation en
b tissé
température reste sérieuse, on a souvent la possibilité de bipasser
temporairement le filtre en cas de pic de température. La part impor-
tante du coût des manches dans un filtre par rapport au total pousse Figure 23 – Différents médias de filtration (feutre et tissé)
toujours à rechercher le média le moins cher.
La fibre de verre, pour cette raison, avec ses excellentes proprié- Le nettoyage peut, en sus, être fait pour chacune des catégories
tés de tenue aux acides et aux bases, même si, sauf si elle est utili- en ligne (on line) ou hors ligne (off line).
sée sous forme de membrane, elle a des caractéristiques de
filtration moins bonnes que certaines fibres synthétiques, reste très ■ Le nettoyage par secouage (shaking, en anglais) est histori- que-
utilisée. La figure 23 donne un exemple de deux types de médias. ment le plus ancien mode de nettoyage des manches d'un filtre. Il
faut voir, dans ce mode de nettoyage, une analogie avec le battage
d'un tapis ménager pour en enlever la poussière. La partie supé-
6.1.5 Nettoyage rieure des manches est accrochée à un dispositif mécanique qui va
imprimer un mouvement vertical, horizontal, ou une combinaison
des deux. L'assemblage mécanique est en général constitué par un
Trois grands types de nettoyage des manches sont disponibles : système d'arbres et de cames. L'amplitude des vibrations est limitée
— le nettoyage par secouage ; de façon que deux manches ne puissent pas se toucher entre elles
— le nettoyage par contre-flux de gaz (ou air inverse) ; lors de l'opération et est de l'ordre de 20 à 50 mm. La fréquence de
— le nettoyage par impulsion de gaz. vibration est assez basse et comprise usuellement entre 4 et 8 Hz.

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L'incidence d'une augmentation de fréquence est plutôt bénéfique.


La durée pendant laquelle ce secouage est appliqué est de l'ordre de Entrée des gaz sales Réservoir d'air de décolmatage
15 à 30 s. Le nettoyage par secouage présente les avantages d'une
fatigue relativement limitée des manches, mais l'inconvénient asso-
cié à toute la mécanique du secouage, en particulier du point de vue
de la maintenance. Appliqué en off line et à des médias tissés, ses
performances en termes de dépoussiérage sont très bonnes, pour
peu que l'on veille à ne pas travailler à des vitesses de filtration
excessives.
■ Les filtres à nettoyage par contre-flux de gaz (reverse air en
anglais) doivent être compartimentés. Pendant le nettoyage, le flux
de gaz dans un compartiment est stoppé et un gaz propre, qui peut
être de l'air ou tout simplement le gaz que l'on vient de filtrer, est
forcé, dans la direction opposée à celle de la filtration, à travers les
manches. Le schéma de la figure 24 visualise l'opération pour deux Détail des
compartiments, l'un en filtration, l'autre en nettoyage. Quand la cap- injecteurs d'air
tation des poussières est effectuée à l'intérieur des manches, ce qui
est un cas fréquent, des anneaux de support évitant le repli complet
de la manche sur elle-même doivent être installés. On ne met prati-
quement jamais de cages supports avec ce mode de nettoyage.
La durée du soufflage s'échelonne entre une demi-minute et plu-
sieurs minutes. Le dispositif permettant d'inverser le sens de pas-
sage du gaz est soit un jeu de registres « tirant » du gaz déjà filtré,
éventuellement avec l'aide d'un petit ventilateur, soit de l'air sec de
l'extérieur. Il est alors conseillé de chauffer cet air pour éviter des
problèmes liés à la condensation d'humidité.
D'une manière générale les filtres à contre-flux sont plus onéreux
que ceux à secouage simple.
Évacuation des poussières
■ Le nettoyage par impulsion de gaz (pulse jet en anglais) est d’une
application plus récente et a connu un véritable essor avec l'appari-
tion et la mise au point des feutres aiguilletés, les médias tissés
s'étant révélés peu adaptés à ce mode de nettoyage. Ils n'ont connu Détail des
un réel développement qu'à partir des années 1960. Dans un dispo- manches
sitif à air pulsé, une impulsion d'air sous moyenne pression est déli-
vrée à l'intérieur de la manche par le biais d'un orifice situé près de Figure 25 – Filtres à manches horizontales (source Genevet)
son extrémité ouverte. Le jet d'air sous pression, qui s'étend et se
propage à l'intérieur de la manche, génère une onde de pression et
une onde de déformation qui vont permettre au gâteau de poussiè- orifice en général circulaire. Un venturi, situé entre l'orifice et la
res collecté de se décrocher. Au fur et à mesure de son expansion, le manche, va en quelque sorte conditionner et démultiplier l'effet de
jet d'air entraîne de plus en plus de gaz vers la manche. Ce phéno- l'impulsion. Ces venturis ne sont pas systématiquement employés,
mène d'onde de choc et donc d'accélération locale pouvant attein- mais font offices d'injecteurs et ont un effet bénéfique. La position et
dre quelques dizaines de g est largement dominant devant l'effet du le design de ces venturis est un élément critique. Le schéma de la
flux d'air inverse qui en résulte. Le mode d'action est donc bien dif- figure 25 montre un filtre à manches horizontales fonctionnant avec
férent de celui qui précède. Dans ce type de filtre, les manches repo- ce système de dépoussiérage.
sent sur des cages, et un réservoir est maintenu rempli d'air à une
La longueur maximale d'une manche pouvant être décolmatée
pression de 4 à 7 bar. Au moment du décolmatage, une vanne à
par ce système fait l'objet de quelque débat. En effet, il y a forcé-
ouverture rapide va laisser passer une impulsion d'air, représentant
ment une atténuation de l'onde qui se propage le long de la manche.
une dizaine de litres pendant une période de 100 à 500 ms, vers un
6 à 7 m paraissent un maximum et un peu moins si l’on veut optimi-
ser l'énergie. On peut aussi chercher un certain compromis entre le
temps d'ouverture des électrovannes et la pression.
Ce type de décolmatage est particulièrement bien adapté aux fil-
Gaz épuré tres modernes utilisant des médias aiguilletés et permet le décolma-
tage en ligne. Dans ce mode, il n'est pas nécessaire d'isoler tout un
Air ventilateur caisson et, durant le décolmatage, les manches voisines peuvent
continuer à opérer. Il faut noter qu'une partie plus ou moins grande
des poussières libérées au moment du nettoyage va retourner se
loger sur les éléments voisins qui sont en activité, mais cela est sans
grande conséquence tant que le pourcentage des manches touchées
reste faible (< 20 %). La prudence s'impose donc dans le choix de ce
procédé quand on a affaire à des poussières légères et peu agglo-
mérantes en concentration élevée. Les avantages de ce type de
décolmatage sont sa plus grande efficacité, le fait qu'il permet des
vitesses de filtration plus élevées et la possibilité de construction de
Gaz sale filtres non compartimentés. En revanche, les manches sont plus sol-
licitées et leur usure peut être plus rapide qu'en air inverse. En
Deux caissons et une seule manche sont représentés outre, la consommation énergétique est importante et peut repré-
senter jusqu'à 40 % de l'énergie consommée par le ventilateur de
Figure 24 – Filtre à contre-soufflage tirage principal. À titre de comparaison, un filtre décolmaté par air

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inverse peut consommer jusqu'à 7 fois moins d'énergie pour le


décolmatage qu'un filtre à air pulsé. On doit également faire atten- Retour des graviers
tion à ce que, la décharge produisant du froid, cela peut donner nais-
sance à des cristaux de glace très néfastes si l'air n'est pas
convenablement séché.
■ Nettoyage en ligne et nettoyage hors ligne
● Le nettoyage en ligne peut être utilisé seulement lorsque les
poussières sont captées à l'extérieur des manches. Le flux de gaz est Sortie du gaz sale
maintenu dans le caisson et se répartit sur toutes les manches qui
ne sont pas en cours de décolmatage. Le principal risque associé au
nettoyage en ligne est que les plus fines poussières qui viennent
d'être décrochées n'aient pas le temps de tomber et soient réentraî-
nées dès le rétablissement du flux normal. Elles ne seraient donc
Élévateur Entrée du gaz sale
jamais évacuées et tourneraient en rond. Les filtres à nettoyage en
ligne peuvent opérer en continu et sont peu sujets à des variations de solides
de débit. Enfin, dans un décolmatage en ligne, la perte de charge
globale varie moins que pour un décolmatage en ligne.
● Le nettoyage hors ligne requiert l'interruption du flux de gaz
principal. On l'utilise toujours quand la captation des poussières se
fait à l'intérieur des manches. Les avantages principaux sont que,
comme il n'y a plus de passage de gaz, les poussières décollées des
manches vont se déposer plus librement sans risquer d'aller se
Sortie des poussières
redéposer sur les manches voisines. L'inconvénient est une surface
de média globalement plus importante à prévoir. Dans le décolma-
tage hors ligne on nettoie un compartiment à la fois, après l'avoir Figure 26 – Filtre à graviers (selon US Patent 4,940,567)
isolé, côté gaz propre. En sus, le gâteau est éliminé de la manche de
manière plus importante, ce qui détruit momentanément la capacité
de filtration de la couche elle-même. Le gravier, débarrassé de ses poussières par vibration, est injecté
en haut du dispositif et le gaz traverse horizontalement ce gravier
tombant. Les graviers ont une taille de 10 à 40 mm, et ce type de fil-
6.2 Principaux types de filtres à manches tre peut récupérer efficacement des particules supérieures à 10 µm.
La séparation des poussières du gravier peut aussi être faite par
Le type de filtre à utiliser dépend, ainsi qu’il a été indiqué au para- d'autres moyens, par exemple par soufflage et cyclone.
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graphe 6.1 de plusieurs facteurs : De telles unités sont utilisées dans l'industrie du ciment.
— le type de décolmatage (secouage, air inverse ou air pulsé) ;
D'un point de vue fondamental, le mécanisme dominant est celui
— le côté des manches où est récoltée la poussière captée (inté-
de l'interception. La probabilité d'interception est proportionnelle à :
rieur ou extérieur) ;
— le sens de passage des gaz dans la trémie (bas vers haut, haut 1 d particule 2
vers bas) ; ----------  ---------------------
-
2, 4  d 
— l'orientation des manches (verticales ou horizontales). ε grain

La tendance aujourd'hui est à l'utilisation de manches verticales avec ε taux de vide.


plutôt longues (> 5 m), avec un décolmatage par air pulsé, une cap- Il existe aussi des filtres à lit de graviers fixe. Pour ces derniers, il
tation des poussières côté externe et des gaz qui circulent de bas en est démontré que l'efficacité peut être significativement augmentée
haut. Toutefois, certains secteurs industriels privilégient d'autres par l'utilisation d'un champ électrique ou magnétique, mais aucune
systèmes, en particulier, les filtres à manches horizontales, de par de ces améliorations n'a connu le succès commercial.
leur encombrement restreint.
Une classification des filtres en fonction de leur efficacité a été défi-
nie et s'utilise surtout en filtration à très haute efficacité. Contraire-
ment à la plupart des autres dépoussiéreurs, le résultat est peu 7. Séparateurs humides.
dépendant de la granulométrie. L'efficacité est excellente si, lors de la
construction, on apporte un soin particulier à l'étanchéité puisqu'une Laveurs
fraction minime de gaz non traité fuyant aurait des conséquences
importantes sur le taux final de poussières.
Dans l'épuration des gaz et des fumées, les laveurs humides tien-
L'instrumentation nécessaire à une bonne conduite des filtres nent une place un peu à part. Un laveur humide peut être défini
consiste d'abord en un capteur de pression différentielle, un capteur comme une unité mettant en contact, de manière intime, un liquide
de température qui pourra servir à déclencher un by-pass d'urgence de lavage, par exemple de l'eau additionnée ou non de produits
et, éventuellement, un analyseur de CO dans la trémie pour prévenir neutralisants, et un gaz ou une fumée à traiter. En sus, sa caractéris-
tout risque d'incendie. Mentionnons que, lors des phases d'arrêt et tique est que le liquide de lavage n'est pas totalement évaporé lors
de démarrage, il est souvent nécessaire de maintenir (ou d'amener) du processus. Les laveurs humides sont beaucoup employés dans
le filtre en température à l'aide de batteries de chauffe pour éviter l'industrie car ils permettent de réduire efficacement les émissions
certains problèmes liés à la condensation. particulaires et les composés solubles comme les gaz acides et les
métaux lourds. Ils sont souvent associés à d'autres technologies, en
particulier les électrofiltres. Le mécanisme dominant est celui de
6.3 Filtre à graviers l'impaction par inertie, soit d'une particule à la paroi (garnissages),
Les filtres à graviers mobiles peuvent être utilisés pour dépous- soit d'une particule avec une goutte pulvérisée (laveurs en pluie ou
siérer des gaz très chauds. Dans ces filtres, un flux de graviers à courant croisé).
s'écoule verticalement entre deux séries de plaques. Le schéma de La trajectoire des particules autour d’une goutte d’eau est mon-
principe est donné figure 26. trée figure 27.

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peut dépasser 300 mm CE pour un laveur équipé de quelques pla-


teaux. L'efficacité est mauvaise dans le domaine submicronique.
Particules fines Pour des particules de 3 µm, on peut atteindre 99 % d'efficacité. En
Particules règle générale, efficacité se conjugue avec perte de charge.
grossières Certains développements récents ont abouti à des plateaux équi-
pés de microcyclones qui donnent de très bonnes efficacités tant sur
les poussières que sur les polluants gazeux, au prix d'une perte de
charge importante.
Goutte d'eau Dans les laveurs à plateaux, la vitesse des gaz excède rarement
2 m/s.

Dans l'état actuel des choses, les laveurs à garnissage et à pla-


teaux devraient être considérés surtout quand une autre fonc-
Trajectoire du gaz tion que le dépoussiérage est à accomplir.
Trajectoire des particules

Figure 27 – Captation d’une poussière par inertie par une goutte 7.1.2 Laveurs à pulvérisation
d’eau
Les laveurs les plus utilisés dans les grandes tailles sont les
laveurs où l’on pulvérise un liquide. Un tel choix est effectué lorsque
D'autres phénomènes jouent comme les effets électrostatique ou la crainte d'un bouchage d'un garnissage est forte et fondée ; ces
de condensation par abaissement de la température. unités étant intrinsèquement vides, les phénomènes de bouchages
d'internes consécutifs soit à un défaut d'exploitation, soit à une
Dans tout type de laveur, on doit d'abord transférer la particule ou
accumulation au cours du temps de solides sont pratiquement nuls.
la gouttelette dans le liquide, puis évacuer les solides captés.
On distingue deux types principaux.
■ Les laveurs dans lesquels la pulvérisation est dirigée de haut en
7.1 Principaux types de laveurs bas, dits « laveurs en pluie ». Un schéma de ces laveurs est donné
figure 28.
On distingue plusieurs types de technologie pour les laveurs
humides :
— les laveurs à garnissage et à plateaux ;
Gaz épuré
— les laveurs en pluie ;
— les laveurs à courants croisés ;
— les intercepteurs à mousse ;
Matelas dévésiculeur
— les matelas dévésiculeurs ;
— les laveurs type venturi.

7.1.1 Laveurs à garnissage et à plateaux


Rinçage
■ Laveurs à garnissage
Les laveurs à garnissage ont été historiquement utilisés presque
exclusivement pour l'absorption des gaz comme HCl ou SO2. Mais
on s'est aperçu que l'efficacité sur les poussières pouvait être
bonne, particulièrement avec les garnissages structurés. Récem-
ment, des garnissages « fluidisés », qui sont des sortes de balles de
ping-pong en plastique léger flottant dans le gaz, ont été proposés.
Ce type de technologie doit être efficace, mais on manque un peu de
recul. Pour les laveurs à garnissages en vrac ou structurés, la vitesse
est en général comprise entre 1 et 3,5 m/s. Les débits d'arrosage
sont compris entre 15 et 100 m3/m2 de section/h. La perte de charge,
fonction de la vitesse du gaz, du débit d'arrosage et du type de gar-
nissage est usuellement comprise entre 60 et 300 mm CE, soit 600 à
3 000 Pa. Dans le domaine du nettoyage des gaz, les garnissages en Liquide pulvérisé
vrac de seconde et troisième génération, successeurs des anneaux
Rashig et Pall, en plastique, sont très utilisés. Ils sont moins onéreux
que les garnissages structurés, sont plus faciles à remplacer en cas
de bouchage et, étant en plastique, n'ont pas de problèmes de cor-
rosion. Un avantage supplémentaire est leur coefficient de transfert Gaz non épuré
particulièrement élevé pour les autres polluants potentiellement
présents, comme les gaz acides.
■ Laveurs à plateaux
Les laveurs à plateaux, qui découlent directement de la technolo-
gie de la distillation, utilisent le même type de plateaux que pour
celle-ci : plateaux à trous, de type dualflow, ou de type baffle tray. Purge et recyclage
Contrairement à la distillation, on ne cherche pas à éviter l'entraîne-
ment d'un plateau à l'autre, ce qui permet d'utiliser des vitesses très Figure 28 – Schéma d’un laveur en pluie avec son matelas
supérieures, accroissant l'efficacité et la perte de charge. Celle-ci dévésiculeur

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Les laveurs en pluie sont les plus utilisés globalement, mais pas
pour le dépoussiérage. Des buses de pulvérisation situées en plu- Gaz épuré
sieurs rangées espacées les uns des autres de 30 cm à 1 m sont ali-
mentées par des pompes tandis que le gaz passe de bas en haut,
avec des vitesses variant de 1 à 4 m/s. Ces laveurs possèdent l'avan-
tage de ne faire circuler qu'une quantité limitée de liquide, d'où une
consommation énergétique moindre au niveau des pompes. Les
efficacités sont médiocres en ce qui concerne les poussières. Matelas dévésiculeur
■ Les laveurs à courants croisés (figure 29) proposés par un Pulvérisateur
constructeur particulier utilisent des pulvérisateurs projetant le
liquide pratiquement perpendiculairement à la direction de déplace-
ment des gaz à épurer et en grande quantité. Cela est favorable pour
la captation des poussières en particulier, mais se traduit par une
consommation énergétique plus élevée sur les pompes, partielle- Zone de mousse dense
ment compensée par une perte de charge moindre, donc une écono-
mie au niveau du ventilateur. Les pulvérisateurs supportant bien de
fortes concentrations de solides dans le liquide, ces laveurs sont
bien adaptés au dépoussiérage. Avec une perte de charge ne dépas-
sant pas 50 mm CE pour tout le laveur, l'efficacité dépasse 99 %
pour les particules d'une taille supérieure à 2 µm. Les vitesses utili-
sées dans les laveurs vides à courants croisés sont usuellement Gaz sale
dans la gamme 2,5 à 4 m/s, mais des vitesses supérieures sont par-
fois possibles. Les débits spécifiques de liquide pulvérisé sont com-
pris entre 2 et 6 litres de liquide par mètre cube de gaz, si l’on se
limite à la fonction dépoussiérage.

7.1.3 Laveurs à mousse Recyclage


Les laveurs à mousse constituent une famille un peu à part des
laveurs. Dans ce type de technologie (figure 30), on forme une Figure 30 – Laveur dépoussiéreur à mousse
mousse en faisant passer le gaz à travers une couche de liquide dans
laquelle a été ajouté un agent surfactant, ou bien on génère une
mousse par pulvérisation, dans le courant gazeux, d’un mélange con-
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Gaz épuré tenant le produit tensioactif. La vitesse des gaz est en général de
moins de 2 m/s. Le phénomène dominant semble être un phénomène
de diffusion, ce qui explique que l'efficacité de tels laveurs pourra
Matelas dévésiculeur dépasser 90 % de rendement pour des particules de 0,5 µm. L'effica-
(optionnel) cité dépend beaucoup du temps de contact gaz-mousse, qui est de
l'ordre de la minute. L'avantage de ces laveurs est leur faible perte de
charge, l'inconvénient majeur étant le coût associé au produit surfac-
tant. Un dispositif de destruction et de récupération de la mousse est
Rinçage indispensable. Le flux de gaz peut être vertical ou horizontal.

7.1.4 Matelas dévésiculeurs


Les matelas dévésiculeurs ou dépoussiéreurs sont formés d’un
Pulvérisateur entrelacement de fines fibres. Ils peuvent être constitués d'un amas
à courant croisé de fibres en vrac, ou bien présenter une certaine structure, comme
un tissu. Ils possèdent des similitudes avec les lits de garnissage,
puisque leur mécanisme d’action est, pour les grosses particules, un
mécanisme de capture par impaction qui dépend principalement du
nombre de Stokes de la particule à capter. Pour les particules d’une
taille au-dessous de 0,5 µm, le mécanisme est un mécanisme de dif-
fusion. Pour les particules d’une taille supérieure à = 1 µm, l'effica-
cité est très bonne, mais se dégrade franchement en deçà du
Liquide pulvérisé micromètre.
Ces laveurs sont à ranger dans la catégorie moyenne, le pouvoir
de coupure se situant autour de 0,5 à 5 µm. Ce pouvoir dépend
beaucoup de l'énergie totale déployée (liquide + gaz), mais il est dif-
Gaz non épuré ficile de descendre dans le domaine submicronique. Ces unités sont
très utilisées en dévésiculage.

7.1.5 Laveurs venturis


Alors que les laveurs humides des autres types ont été conçus
Purge et recyclage plus spécialement pour l'épuration des composés gazeux acides
comme HCl ou SO2, les laveurs venturis ont été plus particulière-
Figure 29 – Schéma d’un laveur à courant croisé ment conçus pour l'épuration des poussières. Dans un laveur ven-

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turi, les gaz sont accélérés jusqu'à des vitesses dépassant 50 m/s et
pouvant atteindre, dans certains cas, 150 m/s. Dans ces conditions, Rapport volumétrique liquide/gaz (L /G )
les interactions entre le gaz et le liquide de lavage sont facilitées par
la grande énergie cinétique disponible et ces laveurs peuvent être 3 x 10–3
classés comme les dépoussiéreurs humides les plus performants. 2
Le prix à payer pour cette efficacité est une perte de charge élevée
qui peut varier de 250 mm CE à plus de 1 000 mm CE. Si le principe –3
1 x 10
du venturi remonte au début du 20e siècle, la mise en œuvre indus- 8 τ.f = 10–6 s
trielle s'est réellement faite vers 1950. De nombreuses variantes du 6
venturi ont été proposées, visant soit à augmenter la turbulence au 4
col du venturi, soit à permettre un ajustement géométrique de façon
à conserver une efficacité raisonnable sur une plage de débit plus 2 10–7 s
importante. On trouvera figure 31 quelques types de venturis pro-
1 x 10–4
posés commercialement.
102 103 104 105
■ Fonctionnement
Perte de charge (Pa)
Dans tous les types de venturis, un liquide de lavage, en général
de l'eau, est introduit avec une faible vitesse en amont du col. Pro- Vitesse (perte de charge) optimale en fonction du rapport L /G avec pour
gressivement accélérée par le gaz, l'eau est atomisée au niveau du paramètre le produit τ.f
dp2 ρpC
col et contribue à capter les particules solides. On peut introduire ce avec τ temps de relaxation de la particule défini comme : τ =
liquide soit sous forme d'un film qui va mouiller la circonférence du 18 µg
col, soit en la pulvérisant avant le col. L'essentiel du travail étant C facteur de correction de Cunningham,
apporté par le gaz, ce mode d'introduction n'est pas critique et il faut f constante du venturi comprise entre zéro et un.
prendre en compte la complexité supplémentaire apportée par des On se reportera à l'article de Leith et Cooper, donné en [Doc. J 3 580].
On peut voir que la zone optimale est usuellement centrée sur :
pulvérisateurs par rapport à une prédispersion de l'eau. Il n'est pas
recommandé d'introduire le liquide au milieu du col ; aussi, si l’on L /G = 1 x 10–3
opte pour une solution sans pulvérisateurs, on pourra introduire
l'eau juste avant le col de manière tangentielle ou bien encore, plus Figure 32 – Perte de charge optimale pour des venturis (selon Leith et
simplement, directement par un tuyau donnant sur la paroi. Cooper)
L'efficacité dépend avant tout de la perte de charge. Les venturis à
haute perte de charge peuvent dépasser 99 % d'efficacité pour des
particules de la taille du micromètre, pour une perte de charge de pour fonctionner de manière optimale. On peut aussi, par un arran-
l'ordre de 1 000 mm CE. Plusieurs logiciels gratuits ou commer- gement géométrique astucieux, noyer les unités, et donc, par un
ciaux permettent un dimensionnement de ces unités. contrôle de niveau, activer ou désactiver celles-ci. Enfin, on peut
On arrive en général à un compromis énergie/efficacité satisfai- faire varier la section effective au col, par des papillons ou des cônes
sant, et des règles de sélection existent (figure 32). venant partiellement obturer celui-ci. Ces dispositifs sont en général
brevetés.
En général, le rapport des débits liquide/gaz est de l'ordre de 1kg/kg.
Un défaut important des venturis est l'étroitesse de la zone opéra- ■ Dimensionnement
toire. Au-delà de la vitesse sélectionnée, la perte de charge croît très Bien qu'il soit possible de faire des miniventuris comme l'on fait
vite, tandis qu'en deçà l'efficacité chute vite. On remédie à cet incon- des minicyclones, les dimensions pratiques donnent des longueurs
vénient de plusieurs façons. Dans le cas de venturis multiples on de col de 500 mm à 1 200 mm et des diamètres au col de 150 à
peut, par des vannes ou registres, activer le nombre d'unités requises 500 mm. Le graphe de la figure 33, établi avec un logiciel commer-
cial pour un débit de gaz de 10 000 m3/h, donne, pour des efficacités
exprimées en unités de transfert (NUT) :
NUT = In(Centrée/Csortie)
les pertes de charges pour un « design » classique et pour une taille
donnée de particules. De nombreuses variantes sont possibles.
Il est à noter que l'on peut facilement combiner le venturi avec
d'autres technologies, comme la captation par des voiles d'eau ou le
filtre électrostatique comme le montre le schéma de la figure 34.

7.2 Encrassement des laveurs


a venturi classique Un problème majeur concerne l'encrassement des laveurs. Trois
causes principales en sont responsables :
— un bouchage dû aux particules solides. En général, cela est dû à
une mauvaise conception ou bien à une concentration en particules
nettement supérieure à la concentration usuelle. Les laveurs à garnis-
sage et leur distributeur sont particulièrement sensibles à ce pro-
blème ;
— un bouchage dû à des sels qui cristallisent. Ces sels s'accumu-
lent à cause des recyclages importants et finissent par précipiter lors
d'un léger abaissement de température, ou d'une variation du pH ou
de la force ionique. Ils peuvent provenir aussi bien des matières
solubles apportées par les poussières, par les polluants acides cap-
b différentes options pour ajuster la section de la gorge tés (comme SO2) que de l'eau d'appoint. À ce sujet, on ne souli-
gnera jamais assez l'attention à porter sur la qualité de l'eau
Figure 31 – Différents arrangements de venturis d'appoint (dureté, substances organiques, agents tensioactifs…). La

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

en aval d'un laveur, un séparateur secondaire tel qu'un dispositif


Perte de charge (Pa) inertiel, un matelas dévésiculeur ou un équipement électrostatique
3 x 104
étant donné que la tendance est à l'augmentation des vitesses du
gaz à l'intérieur du laveur, d'où un réentraînement accru.
Les laveurs venturis sont efficaces pour les vésicules, mais au prix
2,5 x 104 d'une consommation énergétique importante.

2 x 104

Diamètre des particules 0,8 µm


1,5 x 104 8. Autres séparateurs
1

1 x 104
1,5 De nombreux autres types de séparateurs, qui sont souvent une
variante des principaux types considérés dans les paragraphes pré-
2
0,5 x 104 cédents, ont été proposés.

■ Filtration tangentielle
0 Dans ce système (figure 35), qui présente des analogies avec ce
1,5 2 2,5 3
qui se fait en ultrafiltration, seule une partie du gaz va passer au tra-
NUT vers d'un média filtrant. Les particules sont d'abord collectées sur le
média, puis réarrachées sous forme d'agrégats qui vont être plus
Figure 33 – Variation de la perte de charge à dépenser pour obtenir facilement séparés par un cyclone. Cette idée, émise par les cher-
une efficacité donnée cheurs de l'université de Haute-Savoie, a été reprise par le CEA. Il
n'y a pas de réalisation à grande échelle.

■ Grossissement des particules


On peut tenter de faire grossir les particules avant de les capter.
Cela n'est pas vraiment du dépoussiérage mais plutôt un condition-
Convergent
nement préalable. Plusieurs techniques ont été proposées, mais
aucune n'est pleinement satisfaisante. On peut :
Col
— soit utiliser des sons ou des ultrasons pour agglomérer les
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Venturi poussières. Des travaux ont été faits dans ce sens à l'université du
Divergent primaire Texas, mais les puissances sonores à mettre en œuvre dépassent
150 dB, ce qui pose un problème technologique à grande échelle, et
un problème d'émissions sonores, car la gamme de fréquences la
plus active est dans le domaine audible ;
Boîte à eau
— soit injecter de la vapeur d'eau. Si les gaz sont assez chargés
en humidité au départ, la vapeur va se condenser sur les particules
déjà présentes et les faire croître. Malheureusement, les quantités
a venturi b venturi c venturi
de vapeur à utiliser sont souvent prohibitives.
a filtrant b agglofiltrant c électrofiltrant
a sans b avec c EDV
■ Séparateurs centrifuges
a pulvérisation b pulvérisation Des séparateurs centrifuges avec un rotor mécanique actif sont
a d'eau b d'eau proposés, un peu sur le principe des machines tournantes utilisées
en séparation liquide/solide. La figure 36 présente un type de rotor
Figure 34 – Combinaisons de venturi avec d’autres technologies proposé. Les fumées sont alimentées par le haut, vont vers l'exté-
rieur et passent à travers des disques. Le mouvement de rotation et
la force centrifuge maintiennent les particules à l'extérieur.
présence de gypse est un cas fréquent. Deux solutions peuvent Toutes ces approches, qui ont un intérêt pour des secteurs bien
s'offrir. Une purge et un appoint d'eau fraîche suffisants, ou le main- particuliers ou des régions opératoires extrêmes en pression ou en
tien volontaire de cristaux en suspension dans les eaux du laveur, température devront être plus développées.
par exemple à l'aide d'un hydrocyclone, sur lequel le sel qui veut
précipiter viendra nucléer ;
— une construction saline dans une région sèche-humide, zone de
transition où des gaz non saturés et chauds vont se saturer. Comme
la limite exacte de saturation fluctue dans le temps, les sels se for- Retour
ment là. La solution consiste en un arrosage de la zone à risque.
Recyclé

7.3 Cas des vésicules liquides Entrée L Cyclone


Filtre

Les laveurs sont très efficaces pour l'interception des gouttes pro- tangentiel
venant d'émissions mécaniques. En général, les gouttes d'un dia- Solides
mètre inférieur à 2 µm sont arrêtées. Il est fréquent de placer, Épuré
derrière un laveur humide, un matelas dévésiculeur qui est là princi-
palement pour intercepter les grosses gouttes émises par le laveur
lui-même. Il devient aussi de plus en plus indispensable de placer, Figure 35 – Procédé de filtration tangentielle

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Les vitesses de filtration vont de 5 à 15 cm/s et l'efficacité dépasse


Entrée du gaz 99 % de rendement pour les vésicules de plus de un micromètre. Ce
procédé est économique, mais sensible au colmatage par les pous-
sières solides. Pour faciliter l'exploitation, on peut placer deux unités
en parallèle, une en service et l'autre au repos ou en lavage/rinçage.
Ce procédé est utilisé pour la captation des aérosols d'acides sulfu-
rique ou phosphoriques, ou pour la captation de fines particules
solubles, comme celles de sulfate d'ammonium (par exemple,
issues de laveurs à l'ammoniac) ou de nitrate d'ammonium.
Rotor

9. Dispersion des fumées


Même après dépoussiérage poussé, il restera toujours une cer-
taine quantité de poussières dans le gaz épuré. Il importe donc
Sortie du gaz d'assurer une bonne dispersion des fumées pour que les concentra-
tions que l'on peut atteindre au niveau du sol ou des bâtiments voi-
Figure 36 – Exemple de filtre centrifuge sins restent dans des limites acceptables. On a recours, le plus
souvent, à des cheminées qui vont disperser tant les particules que
les polluants gazeux tels oxydes de soufre, acide chlorhydrique et
■ Filtres à cartouches
oxydes d'azote.
● Principe

Les filtres à bougies ou à cartouches en matériau fritté, fabriqués


en acier, en céramique, en corindon ou en autres alliages, sont par- 9.1 Considérations théoriques
fois utilisés à des fins de dépoussiérage poussé, par exemple pour
éviter une contamination par des bactéries, dans l'industrie de la
fermentation. Mais ces filtres sont aussi très efficaces pour l'élimi- Plusieurs théories et formules, dont celle de Turner, donnent la
nation des aérosols. Peu coûteux, moins consommateurs d'énergie concentration d'un polluant en fonction de la concentration initiale,
qu'un venturi, ils peuvent être utilisés à basse vitesse (3 à 15 cm/s) des coordonnées relatives au point d'émission et du débit.
comme filtres, mais aussi à plus haute vitesse et sur un gaz exempt Les modèles actuels, dont le détail dépasse de loin le cadre de cet
de poussières solides sous peine de colmatage rapide, comme ouvrage, sont assez bons dans deux cas de figure :
coalesceurs. Le liquide traverse la cartouche et suinte à l'extérieur ;
— localement, c’est-à-dire dans un rayon de l'ordre de quelques
il est ensuite entraîné par le flux gazeux sous forme de grosses gout-
kilomètres ;
tes facilement séparables.
— à grande distance, au-delà de 5 km, quand les effets locaux
● Procédé Brink de Monsanto sont gommés.
Le procédé Brink, de Monsanto, consiste en une couche de fibres La région intermédiaire est la plus mal modélisée. Dans tous les
tassées entre deux grilles, la couche filtrante étant assemblée sous cas de figure, la topologie doit être connue, ainsi que la rose des
forme d'une bougie. Un tel épurateur est représenté figure 37. vents dominants. Les obstacles naturels comme les collines, les
forêts et les grandes étendues d'eau nuisent à la précision des
modèles.
La concentration du polluant, selon Turner, s’exprime par :

Q –y 
2  ( z – H ) 2  ( z + H ) 2 
Sortie des gaz C ( x, y, z, H ) = ------------------------ exp ----------  exp –  -------------------- + exp –  -------------------- 
épurés 2πu σ y σ z 2 σy 
2
 2 σz  2
 2 σ 2z  

avec u vitesse du vent,


H hauteur de la cheminée,
Élément tubulaire
en tôle Q débit du polluant (en kg/s),
x distance dans l’axe du vent,
y distance comptée perpendiculairement à l’axe du vent,
Élément épurateur z altitude,
Brink
σ déterminé graphiquement ou bien à l’aide du tableau 6.
(0)

Tuyau d'écoulement Tableau 6 – Valeurs σ en fonction


Entrée des gaz du liquide recueilli
de la distance x sous le vent
chargés
de vapeurs
Stabilité de l’atmosphère z y
Liquide recueilli
(vers recyclage Très instable 0,40 x 0,91 0,40 x 0,91
ou décharge)
Instable 0,33 x 0,86 0,36 x 0,86
Neutre 0,22 x 0,78 0,32 x 0,78
Figure 37 – Montage type d’épurateur Brink Stable 0,06 x 0,71 0,31 x 0,71

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DÉPOUSSIÉRAGE ET DÉVÉSICULAGE _______________________________________________________________________________________________________

Notons que l'équation donnée s'applique tant aux gaz qu'aux laveurs. La condensation crée un film d'eau qui peut être arraché.
poussières fines (moins de 20 µm). On peut montrer que la concen- Comme on ne peut pas toujours réduire la vitesse pour des raisons
tration maximale sera centrée dans la direction du panache, et que réglementaires, on peut placer, en tête de cheminée, des dispositifs
cette concentration s'obtient au sol en assignant à x et à y la valeur de collection comme des lèvres ou des viroles qui vont récupérer le
zéro. On a donc : liquide.
Q  H2  La corrosion est un problème potentiel important et le matériau
c max = -------------------- exp  – ---------- est à choisir avec soin.
πu σ y σ z  2 σ 2 z

On peut exprimer le groupe Nb = cuH 2/Q sans dimensions et,


dans des conditions de bonne stabilité atmosphérique, on a : 10. Guide de sélection
Nb = 0,133 + 1,64 × 10– 4 x
avec x distance (en m) dans le sens sous le vent. La détermination d'un équipement adéquat pour la séparation de
vésicules liquides ou de particules solides qui réponde aux exigen-
Nous renvoyons à l'article de W. Baasel (cf. Doc. J 3 580]) pour les
ces en termes de performances, de coûts opératoires, d'investisse-
autres cas.
ment et qui soit compatible avec les contraintes du procédé est un
En première approximation, la concentration maximale au sol est processus complexe et pas complètement rigoureux.
inversement proportionnelle au carré de la hauteur effective de la
cheminée et est atteinte à une distance du point proportionnelle à ■ Les contraintes peuvent être classées en trois catégories.
cette hauteur. ● Contraintes liées aux particules et à l’efficacité souhaitée

Ce sont des éléments de nature technique, et il faut avoir bien


identifié et caractérisé les particules, leur concentration, les données
9.2 Calcul des cheminées relatives au gaz vecteur.
● Contraintes liées au procédé
Lors de la conception d'une cheminée, on doit, en sus de caracté-
ristiques des gaz s'en échappant, prendre en compte les paramètres Il faut compiler l'ensemble des données pertinentes du procédé.
climatiques locaux, et la position des bâtiments et zones habitées Accepte-t-on un sous produit humide ou pas ? Y a-t-il des fluctua-
proches. Les inversions atmosphériques sont aussi à étudier. Deux tions de pression, de débit ? Quelle disponibilité est-elle exigée ?
paramètres ont peut-être une influence particulière : la hauteur de la Peut-on refroidir les gaz ou non ?
cheminée et la vitesse d'éjection. ● Contraintes relatives au coût

■ La vitesse d'éjection des gaz est, en général, supérieure à 10 m/s Veut-on minimiser l'investissement, les coûts opératoires ? Veut-
et doit réglementairement dépasser un minimum variant entre 3 et on avoir un équipement simple et rustique par-dessus tout, ce qui
12 m/s selon les cas. peut être le cas pour une installation devant opérer dans un pays en
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voie de développement ? Dans les coûts d'investissement, on


■ On peut estimer la hauteur d'une cheminée à l'aide de la formule inclura le coût des amortissements mais aussi le coût des intérêts.
suivante, valable en terrain plat et en zone tempérée sans grosses Les coûts opératoires incluent, plus particulièrement, le coût des
turbulences locales : réactifs et des utilités (eau, vapeur, électricité), le coût de la main-
–1 ⁄ 6 d'œuvre, les coûts de maintenance, les coûts de remplacement des
H = S′ R∆t pièces d'usure ou assimilées, comme les manches de filtres à man-
ches.
avec H hauteur de la cheminée,
■ La procédure suivante est donc proposée. On considère tour à
q débit de polluant (en kg/h), tour chaque critère, en commençant par les données techniques
R débit réel de gaz (en m3/s), relatives aux poussières, puis au gaz, en continuant par les données
S’ = 680q/Cm, plus liées au procédé et en terminant par le coût. Certains équipe-
Cm concentration en particules visée au niveau du sol en ments vont être éliminés immédiatement à chaque étape.
tenant compte de la concentration locale (entre 0,01 et Exemple : un cyclone ou une chambre de décantation sera éliminé
0,08 mg/m3), si l’on veut débarrasser le gaz de particules de moins de 10 µm.
∆t différence entre la température des gaz et la température
moyenne ambiante annuelle. Une fois ces éliminations effectuées, on reste usuellement avec
seulement quelques technologies acceptables, et l’on doit terminer
Pour plus de détails, car des corrections supplémentaires sont le processus en considérant d'autres critères ou le bon sens.
définies, on se reportera au décret du 25 juin 1991.
Il est difficile de donner une seule règle ; néanmoins, de manière
Un abaque permet une estimation rapide de la hauteur de la che- générale, les coûts d'investissement sont favorables aux filtres à
minée et donne des résultats voisins de ceux obtenus par le calcul manches et aux venturis. Les électrofiltres, dont les prix ont beau-
(figure 38). coup chuté, suivent, puis viennent les laveurs et les électrofiltres
L’abaque est d’une utilisation plus large que pour les seules pous- humides.
sières fines ordinaires. Pour des poussières de plomb ou d’oxydes de Les coûts opératoires sont favorables aux laveurs humides et aux
plomb, on prendrait S = 0,005. Pour des gaz comme SO2, on prendrait électrofiltres. Les laveurs venturis sont vite pénalisés par une consom-
S = 0,2. En résumé, on a autant de valeurs de S (différent de S ’ de la mation énergétique importante si l’on veut un bon rendement sur des
formule précédente) que de polluants. particules fines.
Les normes varient dans chaque pays, et il faut impérativement se En intégrant les facteurs de prix et de performances demandées,
rapporter à la réglementation en vigueur. en dépoussiérage pur, on peut dire que l'essentiel du marché va aux
électrofiltres et aux filtres à manches. Quand on a à épurer des
fumées qui contiennent, en plus des poussières, des polluants aci-
9.3 Problèmes des cheminées des, le marché se partage entre électrofiltre plus laveur humide et
filtre à manche. Si la dernière solution est bien moins coûteuse en
Souvent des problèmes d'entraînement de gouttes d'eau (pluie), termes d'investissement initial, à cause du coût élevé de mise en
surviennent dans les cheminées humides, situées en aval de décharge de la quantité beaucoup plus importante de résidus par le

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Débit réel de gaz R (m3/h)

8 4
6
3
5 Q (kg/h)
4 S 2
3 1,5
2 104
1,5 8
106 6
8 5
6 4
5 3
4
3 2
2 1,5
1,5 103
105 8
8 6
6 5
5 4
4
3 3

2 2
1,5 1,5
104 102
8 8
6
6
5
4 5
3 4
3
2
1,5 101 1,5 2
10
10 15 20 30 40 50 60 80 100 150 200 250300
8
6 t (°C) Hauteur de la cheminée H (m)
5
4
3
350 500
2 250
Diamètre 150 300
de la 200
cheminée 50 100
D (m) 1,0
0,8 20 H hauteur de la cheminée (m)
0,6 D diamètre (m)
0,5 t température (°C)
0,4 R débit (m3/h)
Q flux de poussière (kg/h)
0,3
S facteur adimensionnel. S = 0,2 pour les poussières fines
0,2

Figure 38 – Abaque pour déterminer la hauteur des cheminées

filtre que par le laveur, la préférence va aux laveurs, surtout pour les Nous présentons, tableau 7, une synthèse forcement réductrice
débits importants (> 100 000 Nm3/h). des différentes contraintes à considérer. Le tableau s'utilise en addi-
La réglementation de plus en plus draconienne imposant un recy- tionnant les points relatifs aux colonnes qui s'appliquent, le total le
clage toujours plus important des déchets, qui deviennent des sous- plus élevé permettant de déterminer l’équipement le plus adapté
produits, doit amener à des solutions séparant autant que faire se pour le cas considéré.
peut les différents polluants. De ce point de vue, les filtres à manche Enfin et pour terminer, il ne faut pas perdre de vue tous les
sont mal placés, mais il est difficile d'éviter une cascade de sépara- aspects, annexes, mais si importants de l'instrumentation et de la
teurs élémentaires, spécifiques à chaque sous-produit, qui aug- maintenance. Une instrumentation bon marché n’est souvent pas
mente considérablement le coût d'investissement initial. rentable dans le domaine de la mesure des poussières. Une bonne

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instrumentation permet un diagnostic fiable et précoce de problè- captées inadéquats. Une approche globale, aussi bien du point de
mes comme les déchirements de manches de filtres ou les colmata- vue visualisation de tous les flux et de tous les appareils ensemble,
ges de matelas dévésiculeurs. Trop d'unités sont encore handi- que de la considération de tout le procédé amont et aval avec
capées par des écluses et des sas de manutention des particules l'ensemble de ses polluants potentiels est la clef du succès.

(0)

Tableau 7 – Points à attribuer en vue de la sélection d’un système de dépoussiérage ou de dévésiculage

Concentration Coût Coût Le produit


Gouttes Fluctuations Particules Gaz très chaud
Équipement investissement opératoire récupéré doit
présentes de débit submicroniques > qq g/m3 > 250 °C
faible faible être sec
Cyclones 1 –2 –2 2 1 1 2 2
Électrofiltre 0 –1 0 –1 0 1 1 2
Électrofiltre humide 1 –1 2 0 –1 0 0 –2
Laveur 1 0 –1 0 –1 0 0 –2
Matelas 1 0 0 –1 1 0 –1 0
Venturi 1 –1 –1 0 1 0 –1 –2
Filtre à manches –3 0 2 0 0 –1 –2 2
Lit à gravier 0 0 0 0 0 0 2 2
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E faible concentration en masse de poussières.


Partie 1 : méthode gravimétrique manuelle
Indice de classement : X43-333-1.

N EN 13284-2 12-2004 Émissions de sources fixes. Détermination des


faibles concentrations en masse de poussières
- Partie 2 : systèmes automatiques de mesure.
Indice de classement : X43-333-2.

S Réglementation

A Arrêté du 15 janvier 1991.

V Sites Internet
O Laveurs
I http://www.p2pays.org/ref/01/00745.htm

R
Organismes concernés

P APAVE Association de propriétaires d’appareils à vapeur et électriques.


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CETIAT Centre technique des industries aérauliques et thermiques (Villeur-


L banne) - http://www.cetiat.fr

U
S

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