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El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 2

L’ACTUALITÉ

LA CASNOS DÉCIDÉE À SÉVIR CONTRE LA SOUS-DÉCLARATION

«Dessalariéscotisent plus que les commerçants»

La Caisse a effectué 8096 rapports de constat d’activité pour une affiliation d’office, dont 1241 affiliations ont été régularisées.

L a Caisse nationale des

assurances sociales des non-

salariés (Casnos) est décidée

à sévir contre la sous-déclaration. Invité hier au forum d’El Moudjahid, le directeur général de cette caisse, Chawki Acheuk-Youcef, a précisé que 89% des affiliés cotisent a minima (32 400 DA par an), ce qui correspond à 216 000 DA (assiette de cotisation). «Un salarié, comme une femme de ménage, payé au SMIG, cotise à hauteur de 7 millions l’année, alors qu’un commerçant paye 32 400 DA. C’est inadmissible et inacceptable», s’offusque M. Acheuk-Youcef, précisant que le minimum légal doit être l’exception. La cotisation est calculée en fonction de l’assiette de cotisation annuelle globale de l’affilié. Le taux de cotisation est fixé à 15% pour une assiette minima de 216 000 DA et une assiette maxima de 4 320 000 DA. La cotisation est d’un minima de 32 400 DA et d’un maxima de 648 000 DA. Le directeur général de la Casnos affirme que les cotisants sont gagnants, surtout après leur départ à la retraite avec une pension conséquente. La caisse compte amener les commerçants à augmenter leurs cotisations. L’effectif

des agents de contrôle de la Caisse (430 en 2017 contre 150 en 2014) a été ainsi renforcé. «Si, jusque-là, nous avons privilégié la sensibilisation, désormais nous allons engager des contrôles. Nous ne voulons pas que les cotisants payent plus, mais qu’ils payent juste», précise M. Acheuk-Youcef faisant

remarquer que son établissement a la possibilité de poursuivre en justice tout commerçant en infraction. Réagissant

à l’appel à la grève lancé par des

commerçants de la wilaya de Tizi

Ouzou, le directeur affirme qu’il n’y

a pas une augmentation du minimum légal.

BONNE SANTÉ MALGRÉ LE DÉFAUT D’AFFILIATION

La Casnos fait toujours face au défaut d’affiliation (55%). Le potentiel actuel des non-salariés est estimé à près de 3 millions de personnes. Les affiliés sont au nombre de 1,7 million alors que les cotisants sont 891 000. La Casnos est néanmoins «en bonne santé financière», se réjouit le directeur général. La preuve : une augmentation continue des cotisants. Au total, 891 809 travailleurs non salariés

débiteurs de cotisations ont régularisé leur situation, 131 340 nouveaux affiliés ont été enregistrés et 70 milliards de dinars ont été recouvrés depuis janvier 2017, enregistrant ainsi une évolution de 60,2% depuis l’année 2015. S’agissant de la formalisation de l’informel, la Caisse a effectué 8096 rapports de constat d’activité pour une affiliation d’office, dont 1241 affiliations ont été régularisés.

Le directeur met en avant une stabilité de l’âge moyen des cotisants : 44 ans. Le rapport cotisants/retraités a

atteint 4,14 contre 2,7 en 2010, contrairement à la CNR, explique le directeur, qui signale que la situation de cette dernière est très critique. Chawki Acheuk-Youcef précise que des mesures de facilitations sont toujours en cours au profit des affiliés :

possibilité de payer les cotisations de l’année en cours en bénéficiant d’un échéancier de paiement pour la mise à jour de leurs cotisations antérieures. Le directeur rappelle les avantages des affiliés : assurances sociales (carte Chifa, soins dans les cliniques privées — hausse de plus de 193% —, prises en charge à l’étranger, etc.) Nadir Iddir

AHMED OUYAHIA À PROPOS DE LA PAIX EN AFRIQUE

«Il y a des foyers de crise qui persistent»

R eprésentant le président de la République au 30 e sommet des chefs d’Etat et de

gouvernement de l’Union africain (UA), se tenant à Addis-Abeba, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, s’est certes félicité, hier, «des avancées indéniables» réalisées dans le domaine de la paix et de la sécurité dans plusieurs régions d’Afrique, regrettant néanmoins la «persistance de foyers de crise et de tension sur le continent». M. Ouyahia, rapporte l’Agence presse service (APS), a cité l’exemple du Mali qui a enregistré des efforts en la matière et avec lequel l’Algérie poursuit une coopération exemplaire dans le suivi de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation. Un accord qui a, selon le Premier ministre, enregistré des avancées notables, notamment sur les questions institutionnelles, de défense et sécurité. «Nous encourageons les pourparlers qui se poursuivent entre les parties maliennes. Et nous espérons en outre arriver à des solutions rapides en ce qui concerne l’intégration des éléments des mouvements, la mise en place des patrouilles mixtes de sécurité et l’administration des collectivités locales au nord du Mali», a indiqué M. Ouyahia, mettant en avant les avancées dans le domaine de la coopération sécuritaire. L’Algérie, qui continuera d’encourager toutes les initiatives de paix en Afrique, accorde, a rappelé Ahmed

Ouyahia, «un intérêt particulier» à l’élimination du terrorisme et des réseaux du crime transfrontalier de

la région du Sahel et précise dans

ce contexte que le pays coordonne

sa contribution à ce combat avec les

pays concernés au sein du Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc). S’agissant du dossier libyen, l’Algérie, qui suit de près l’évolution de la situation dans ce

pays voisin, salue l’adoption par le Conseil de sécurité des Nations unies du plan d’action du représentant spécial de l’ONU pour la Libye, souligne M. Ouyahia. Au sujet du Sahara occidental, l’Algérie, explique le Premier ministre, considère que l’Union africaine demeure historiquement saisie de la question.

A ce sujet M. Ouyahia a indiqué que

l’Algérie nourrit «l’espoir que le

nouveau représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental bénéficiera de la pleine coopération des deux parties pour le règlement de cette question, conformément aux résolutions des Nations unies». Par ailleurs, sur

le chapitre lié à la lutte contre la

corruption, M. Ouyahia a affirmé que l’Algérie a été parmi «les premiers pays ayant ratifié la Convention des Nations unies contre la corruption,

la Convention africaine de 2006 sur la prévention et la lutte contre la corruption, ainsi que la Convention arabe relative à la même question». N. A.

la prévention et la lutte contre la corruption, ainsi que la Convention arabe relative à la

PHOTO ; EL WATAN

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L’ACTUALITÉ

ENVOYÉ AU BOX DES ACCUSÉS PAR LOUISA HANOUNE

Le silence troublant de Abdelhamid Temmar

La récente sortie médiatique de l’ancien protégé de Bouteflika louant les «vertus» économiques des privatisations lui a valu une violente charge de la part de la secrétaire générale du PT.

H anoune vs Temmar. Entre la pasionaria de la gauche et le chantre d’une privatisation

tous azimuts, c’est une guerre permanente. La patronne du Parti des travailleurs ne laisse passer aucune intervention publique de l’ancien ministre de la Parti- cipation et de la Coordination des réformes sans — au mieux — lui apporter la contradiction. La récente sortie médiatique de l’ancien protégé de Bouteflika louant les «vertus» économiques des privatisations lui a valu une violente charge de la part de la secrétaire générale du PT. Il faut dire que les hostilités remontent au temps où Abdelhamid Temmar était ministre — influent — chargé de mener au pas de charge les privatisations des entreprises publiques. Mais les critiques qu’a formulées M me Hanoune cette semaine, lors d’une conférence de presse, à l’encontre de M. Temmar sont lourdes. Plus que des reproches, des accusations. L’ancien ministre a reçu un paquet de réquisitoires sur la tête avec injonction de se taire, mais pour mieux le pousser à parler. «Taisez- vous à jamais M. Temmar ! Viendra le jour où le bilan des privatisations sera connu et dévoilé, et là, vous répondrez de vos actes, car les crimes économiques sont imprescriptibles», pilonne-t-elle. Elle l’accuse d’avoir conduit le pays à la catastrophe. Fougueuse, Louisa Hanoune rappelle à l’ancien ministre ce qu’a été son bilan quand il était chargé de mener tambour battant les privatisations sous couvert de réformes. Un bilan sombre et désastreux. «Les privatisations ont fait exploser la corruption et les pots-de-vin»,

ont fait exploser la corruption et les pots-de-vin» , Abdelhamid Temmar, ancien ministre de la Participation

Abdelhamid Temmar, ancien ministre de la Participation

accuse-t-elle, affirmant qu’elle détient des preuves de cette dérive économique. La sortie médiatique de Abdelhamid Temmar aussitôt suivie par la forte réplique de Louisa Hanoune intervient au moment même où le gouvernement de Bouteflika tente dans un cafouillage total de relancer les privatisations. Un chantier qui divise au sein-même du gouvernement et de ses alliés. C’est dans ce contexte que l’ancien ministre de la Participation a voulu se poser en avocat des partisans des «dénationalisations». Pas forcément un bon avocat, lui qui traîne un bilan «indéfendable». A son époque, il était déjà accusé par nombre d’acteurs économiques et politiques de ne pas avoir engagé la vente des sociétés publiques dans des conditions transparentes. De l’avis de beaucoup d’observateurs, l’opération de

cession des actifs de l’Etat était réalisée dans «l’opacité». Quels étaient les heureux bénéficiaires des entreprises économiques rachetées parfois à bas prix ? Louisa Hanoune semble connaître un bout de réponse quand elle assure que l’ancien ministre avait «tiré profit lui et son entourage des privatisations». Il est ainsi envoyé au box des accusés du désastre économique. Aujourd’hui, Abdelhamid Temmar, pour éviter un débat national sur son action lorsqu’il était aux commandes, se défend en opposant à ses adversaires l’argument de l’«idéologie». Même si, en effet, la dirigeante du Parti des travailleurs est une partisane de l’étatisation, sans être opposée à l’initiative privée. Elle ne s’en cache pas. Or, ce n’est pas sur ce terrain qu’elle pose le débat. Mais elle interpelle franchement M. Temmar sur des actes de gestion. De sa gestion à lui. Il n’est pas

question d’affrontement entre deux dogmes, deux orientations économiques opposées. Il s’agit de reddition des comptes dès lors qu’il s’agit du trésor de la collectivité nationale. Un débat national est plus que nécessaire pour éclairer l’opinion sur la manière avec laquelle ont été conduites les affaires du pays. Il permettrait de situer les responsabilités mais surtout de mieux identifier les erreurs commises, si réellement il existe une volonté politique de «corriger». D’évidence, l’administration de l’économie a de tout temps été frappée du sceau de l’opacité. Avant, pendant et après l’ère Temmar. L’ouverture libérale n’a pas été accompagnée des instruments de bonne gouvernance, de la transparence et des règles équitables appliquées à tous. Le pouvoir politique garde encore, et dans une large mesure, le monopole sur le secteur économique non étatique. Il ne permet pas l’émergence autonome de l’entreprise privée. L’interpellation vive de Abdelhamid Temmar peut servir au moins à engager un vrai débat sur cette problématique. Mais pour l’heure, celui que Abdelaziz Bouteflika avait accusé de «mensonge» lors d’une visite d’inspection et de travail à Alger en 2006 ne répond pas aux accusations publiques dont il fait l’objet. Son silence est gênant. S’il ne dit rien, il devient troublant et laisse s’installer un sérieux soupçon. Va- t-il croiser le fer avec son adversaire et répondre aux accusations ? Ou bien Louisa Hanoune, rompue à l’art de la polémique, lui a-t-elle fait apprendre les vertus du silence ? Hacen Ouali

CORRUPTION ET POTS-DE-VIN DANS L’OPÉRATION DE PRIVATISATION

Des preuves en attendant la justice

A bdelhamid Temmar, ministre successivement entre 1999 et

2007, de l’Industrie, de la Participation et de la Coordination des réformes, de la Participation et de la Promotion des investissements, et enfin de l’Industrie et de la Promotion des investissements, aurait mieux fait de se taire. Lui qui défendait il y a quelques jours la privatisation des entreprises publiques durant son exercice s’est fait descendre par la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, militante acharnée du secteur public. Lors d’une conférence de presse qu’elle a animée le week-end dernier, elle ne critique pas seulement les orientations de Abdelha- mid Temmar, mais l’accuse ouvertement de corruption ! «Viendra un jour où le bilan des privatisations sera connu et dévoilé, et là, vous répondrez de vos actes, car les crimes économiques sont imprescriptibles», promet-elle en lançant un pavé dans la mare : «Les privatisations ont fait exploser la

corruption et les pots-de-vin, et nous avons des preuves.» Louisa Hanoune dit bien être en possession de preuves, et l’information

a dû parvenir à la seconde près à qui de

droit. Via plusieurs canaux, la presse et les renseignements généraux qui couvrent sys- tématiquement les conférences de presse des responsables politiques. Mais visiblement les accusations de la secrétaire générale du PT n’ont eu aucun écho. Du moins pas pour l’instant. Elles semblent être tombées dans l’oreille d’un sourd. Qu’attend en effet la justice pour ouvrir une information judiciaire sur cette affaire qui a été, selon les termes

de M me Hanoune, une catastrophe pour le pays ? Si prompt à s’autosaisir sur des dos-

siers vides ou des questions qui dérangent, comme il l’avait fait en 2015 contre l’ancien président du Rassemblement pour la culture

et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, suite à

une conférence qu’il avait animée à Béjaïa,

le département de Tayeb Louh brille par son

silence sur un sujet grave qui pourtant peut

donner une bonne matière à la justice. Les

preuves sont toutes prêtes. Elles sont chez la secrétaire générale du PT. «La corruption et les pots-de-vin» sont des délits sévèrement

punis par la loi. Ce ne sont pas de simples erreurs de gestion mais de véritables «crimes économiques». Il n’est un secret pour per- sonne que la manière avec laquelle a été menée l’opération de privatisation de pas moins de 800 entreprises publiques était loin de répondre aux critères de transparence qu’exige la gestion des biens de la collecti- vité. Louisa Hanoune a raison de demander à Abdelhamid Temmar les détails de la cession au privé des sociétés étatiques sur laquelle pesaient déjà d’énormes soupçons d’avoir servi surtout les amis, la cour et soi-même. Et c’est «dans le détail que sommeille le diable». Ces détails ne sont pas encore livrés à l’opinion publique qui est en droit de savoir.

Mais ils tarderont certainement à être mis sur la place publique. Peut-être le jour où le bilan

des privatisations sera fait, comme le dit celle qui semble en connaître les dessous. Saïd Rabia

OULD ABBÈS, OUYAHIA ET BENYOUNÈS SE DÉCLARENT LA GUERRE

Les soutiens de Bouteflika s’entredéchirent publiquement

C ritiques ouvertes, attaques, contre-attaques et grand malaise… Les différends entre les partis du pouvoir et proches de la Présidence

sont désormais étalés publiquement. Alors qu’ils affichaient, en automne dernier, une sorte d’«union sacrée» en vue de faire bloc face à l’opposition, les chefs des principaux partis de «l’Alliance présidentielle», réactivée par Ahmed Ouyahia, s’entredéchirent. Et sans ménagement aucun. Tout a commencé en ce début de l’année 2018. Et c’est le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, qui était le premier à ouvrir les hostilités. Le patron de l’ex-parti unique s’illustre avec un discours ambivalent, dans lequel il assène des coups au secrétaire général du RND, tout en déclarant son «amour» au Premier ministre, Ahmed Ouyahia. «Des gens veulent attiser le feu entre moi et mon ami Ahmed Ouyahia. Il n’y a aucune rivalité entre lui et moi», avait-il déclaré il y a quelques jours, lors d’une rencontre avec ses militants à l’ouest du pays. Mais cela ne l’a pas empêché de lui adresser de nouvelles flèches à partir de M’sila, dimanche dernier. «Toutes les décisions sans l’accord du FLN, première force politique du pays, sont nulles. Nous soutenons toutes les décisions du président de la République qui portent sur la sauvegarde des entreprises publiques», lance-t-il, sans se référer au gouvernement chargé de mettre en œuvre le programme du chef de l’Etat. Et d’ajouter : «La sauvegarde des entreprises publiques est l’un des principes fondateurs du FLN depuis la Déclaration

du 1 er Novembre 1954.» Depuis le début du mois en cours, Djamel Ould Abbès ne rate aucune occasion pour charger le Premier ministre en le montrant comme «celui qui veut brader» ce qui reste du tissu industriel public. Il s’est dit même contrarié par la tenue d’une tripartite pour avaliser le partenariat public-privé «sans qu’il soit consulté au préalable». Ahmed Ouyahia ne s’est pas laissé faire. Profitant de la réunion du conseil national de son parti, le secrétaire général du RND rétorque d’une manière aussi virulente. «Le président de la République appartient à tous les Algériens», lance-t-il, en guise de réponse au responsable du FLN qui se présente comme le «représentant attitré» du chef de l’Etat et «défenseur de son programme». Au début de cette semaine, le président du MPA, Amara Benyounès, s’est mis lui aussi de la partie en critiquant, à son tour, et le FLN et le gouvernement. Intervenant samedi denier à Jijel, Amara Benyounès, dont le parti est membre de cette Alliance présidentielle factice, critique violemment les décisions du gouvernement sur les importations et les entreprises publiques. «Il ne fallait pas complexer le peuple algérien parce qu’il consomme certains produits», déclare-t- il en réaction à la décision du gouvernement de stopper l’importation de plusieurs produits. «Tout problème économique doit être réglé avec des solutions économiques et non politiques, sociales ou administratives car ces solutions ne seront pas efficaces et leurs effets seront très négatifs», ajoute-t-il. Après cette critique visant le gouvernement, Amara Benyounès règle aussi ses comptes avec Djamel Ould Abbès qui se montre défenseur des entreprises publiques. «Ils parlent de souveraineté, est-ce que la souveraineté réside dans un hôtel ou une usine de textile gérés par l’Etat ? En Amérique, au Japon, en Allemagne et ailleurs, il n’y a aucune entreprise publique. Est- ce que ces Etats ont perdu leur souveraineté ?» interroge-t-il encore. Que cache cette guéguerre ? Madjid Makedhi

PHOTO : D. R.

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L’ACTUALITÉ

REVENDICATIONS DES RETRAITÉS DE L’ANP

Le MDN apporte des éclaircissements

Le MDN appelle les retraités de l’ANP «à éviter les différentes voies d’expression anarchique».

L e ministère de la Défense nationale (MDN) apporte des

Le siège du ministère de la Défense nationale

Le siège du ministère de la Défense nationale

éclaircissements sur les revendications des retraités de l’ANP qui intensifient, ces derniers mois, leurs actions de protestation. Dans un communiqué transmis hier à notre rédaction, ce département ministériel, dirigé par le vice-ministre Ahmed Gaïd Salah, dénonce «des agissements qui ont été enregistrés, récemment,

de la part d’individus s’autoproclamant des différentes catégories de retraités de l’Armée nationale populaire ayant emprunté des voies illégales pour exprimer leurs revendications». Le MDN, qui réagit aux nombreux écrits parus dans la presse nationale sur les

«le haut commandement de l’Armée nationale populaire a donné, depuis 2013, des instructions à ses services spécialisés à travers les différentes Régions militaires, où il a été procédé à l’engagement des mesures et des procédures nécessaires en vue de l’étude

Le ministère de la Défense

d’individus n’ayant aucun

dications parmi celles des catégories concernées alors qu’elles s’inscrivent dans la catégorie des radiés des rangs de l’Armée nationale populaire pour des raisons disciplinaires et judiciaires qui ont fait l’objet de juge- ments prononcés à leur en- contre à titre définitif».

différents dossiers émanant des retraités de l’Armée nationale populaire dans leurs différentes catégories, et ce, conformément aux règlements et lois en vigueur, en vue d’une meilleure prise en charge sociale et médicale». Le MDN appelle les retraités de l’ANP «à

intervient après

revendications de cette catégorie de militaires, estime que ces «individus» cherchent à «semer le doute» et à «induire en erreur l’opinion publique en se présentant comme étant des victimes aux droits sociaux et matériels bafoués, et ayant eu recours à la rue pour imposer leur logique». Le MDN veut ainsi, à travers son communiqué, lever toute ambiguïté sur le dossier des retraités de l’ANP et leurs revendications. Le MDN assure dans ce sillage que

de l’ensemble des dossiers émanant des différentes catégories de retraités de l’Armée nationale populaire, et ce, à la lumière des dispositions contenues dans le code des pensions militaires modifié n°13-03 du 20 février 2013. Ceci a permis la régularisation de la majorité des dossiers déposés».

dénonce ainsi «l’infiltration

lien avec ce dossier et vou- lant introduire leurs reven-

Ce département ministériel critique des écrits de presse, sans cibler des médias précis. Il fait état de «l’apparition de plumes s’autoproclamant défenseurs des préoccupations des éléments de l’Armée nationale populaire avec l’intention de manipuler ce dossier à des fins personnelles». Le MDN souligne qu’outre ce qui a été jusque- là réalisé, ses services et bureaux spécialisés demeurent «mobilisés pour la réception des

éviter les différentes voies d’expression anarchique et à adopter le canal officiel représenté par l’Association des retraités de l’Armée nationale populaire en tant que structure unique habilitée à porter leurs revendications auprès des services compétents du ministère de la Défense nationale». La réaction du MDN

l’empêchement des radiés de l’ANP de faire une marche à Alger. M. A. O.

ILS ENTAMENT LEUR 3 e MOIS DE GRÈVE

Les étudiants de l’ENS paralysent le trafic du tramway à Constantine

L eur détermination est intacte et ils l’ont encore une fois prouvé. Ce sont les étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) Assia Djebar de Constantine, qui entament leur troisième mois de grève.

Pour ce rendez-vous hebdomadaire de contestation, qu’est devenue la journée du lundi, ils ont fait une démonstration de force inédite, celle de tenir un rassemblement sur le passage du tramway. A la station Kaddour Boumedous, face au siège régional de l’Entreprise nationale de la Télévision, ils sont plusieurs dizaines à s’être amassés sur la voie du tramway pour y tenir un piquet de grève. Une action spectaculaire qui a mis à l’arrêt les rames du tramway et fortement pénalisé les usagers, surpris par cette marrée humaine qui a investi la station. «Nous avons tenté plusieurs actions qui n’ont malheureusement eu aucun écho. Nous avons donc pensé à quelque chose qui induira des conséquences directes sur le quotidien des citoyens afin de les sensibiliser à notre cause», nous confiera une étudiante en fin de cycle. Cette décision de bloquer un moyen de locomotion très utilisé par les Constantinois résidant sur les hauteurs de la ville intervient après une tentative avortée de bloquer l’entrée de l’université Constantine 3 où est implantée l’ENS. En effet, tôt le matin, des normaliens ont essayé d’interdire l’accès à l’université sans réellement y parvenir. «Vers 7h30, des étudiants ont tenté de bloquer l’accès à l’université Constantine 3, mais ils en ont été empêchés par les agents de sécurité et le personnel administratif», nous a-t-on affirmé. Ce qui les contraint à déplacer le lieu de contestation vers le centre-ville. Lundi dernier, ils ont pris pour point de ralliement le siège de la direction de l’éducation afin d’interpeller la tutelle. La semaine d’avant, ces mêmes étudiants ont organisé une marche au centre-ville, perturbant largement la circulation. «Tout ce qu’on a entrepris depuis des semaines n’a fait réagir aucune partie», nous a dit

une étudiante en 2 e année de mathématiques, dépitée, mais sans perdre espoir d’une issue favorable. Elle s’interroge, autant que ses camarades, sur l’attitude immuable du ministre de tutelle, qui «pousse la situation au pourrissement». A rappeler que dans la plateforme revendicative, il est question de ne pas toucher à l’article 4 du contrat d’accès à l’ENS qui stipule le recrutement de l’étudiant dès la fin de son cursus, et ce, selon l’adresse mentionnée dans ledit contrat et, par conséquent, ne pas avoir à s’inscrire sur la base numérique du recrutement national, avoir accès au master et au doctorat et être prioritaires lors des recrutements. Le ministère de l’Enseignement supérieur a opposé une fin de non- recevoir aux revendications des étudiants grévistes. Une réunion entre son département et celui du recruteur, en l’occurrence le ministre de l’Education nationale, a abouti à l’installation d’une commission mixte chargée de l’examen de cette situation. Cette instance n’a pas non plus répondu aux doléances des normaliens. La difficulté de recruter des diplômés des ENS au niveau des wilayas de leur résidence, notamment pour certaines spécialités scientifiques, est l’argument brandie. Hier, devant un dispositif sécuritaire impressionnant, les grévistes ont réussi à paralyser pendant toute une matinée le trafic sur les rails. Chassés par les agents de l’ordre, ils ont libéré la voie pour aller battre le pavé à proximité du lycée Ben Badis. Dans cette cohue, au moins deux étudiantes ont été évacuées par les éléments de la Protection civile. Naïma Djekhar

ACCUSÉE D’APOLOGIE DU TERRORISME, DE RÉSIDENCE ILLÉGALE ET D’AVOIR DES LIENS PRÉSUMÉS AVEC DAECH

Une ressortissante française devant la justice à Boumerdès

L ’information paraît à première vue invraisemblable, mais on

est bel est bien devant une affaire assez particulière. Une ressortissante de nationalité française établie illégalement en Algérie a été présentée, hier, devant le tribunal criminel près la cour de Boumerdès dans le cadre d’une affaire en lien avec les groupes djihadistes sévissant en Syrie et en Irak sous la bannière de l’Etat islamique. Une première en Algérie. Il s’agit de la dénommée Siko Catherine Jeanne (47 ans) dont le mari Nouad Samir (en fuite), natif d’El Harrach, avait rejoint les groupes de Daech il y a quelques années via la France et la Turquie. Poursuivie pour «apologie du terrorisme» et «résidence illégale», l’accusée a été arrêtée par les services de sécurité en février 2017 dans une villa à l’entrée de Boumerdès. Elle était en compagnie de C. Fatima (42 ans) mariée à un Algérien originaire de Tizi Ouzou qui, lui aussi, est parti faire le djihad au Proche-Orient avant

d’être abattu il y a une année. Selon des sources proches du dossier, les services de sécurité auraient trouvé en leur possession des documents et des traces sur leurs micro-ordinateurs prouvant qu’elles avaient entretenu des liens avec leurs maris alors qu’ils combattaient dans les rangs de l’EI.

«UNE ADEPTE INCONDITIONNELLE DE LA CHARIA» La ressortissante française a été de- puis placée sous mandat de dépôt à la prison d’El Harrach tandis que «sa complice» est mise sous contrôle judi- ciaire. Le procès de cette affaire devait avoir lieu hier, mais il a été reporté sur la demande de l’avocat de Siko Catherine Jeanne, inscrit au barreau d’Alger. Portant un voile de couleur noire et des lunettes, la prévenue était accompagnée au box des accusés par une femme agent de l’administration pénitentiaire. Dans la salle, personne n’aurait deviné qu’une Française pou- vait s’habiller ainsi ou être citée dans une affaire en lien avec les groupes

islamistes radicaux. Sa coaccusée, elle, portait un nikab, le voile intégral. Cette dernière est accusée d’«apologie du terrorisme». Appelée à la barre, le juge demande à M me Siko si elle approuve la demande de report du procès exprimée par son avocat. L’in- terprète désigné par le tribunal pour la circonstance, Chentit Ahmed, se charge de la traduction. L’accusée répond, avec une voix à peine audible, qu’elle s’en tient à la décision de son avocat. Le juge annonce l’ajourne- ment du procès pour la prochaine session criminelle, prévue dans 2 mois. Sitôt la séance levée, C. Fatima quitte subrepticement la salle. Selon des sources au fait du dossier, la res- sortissante française serait établie en Algérie depuis 2006 après avoir vécu avec son mari durant plusieurs années en France et en Angleterre. «Elle s’est convertie à l’islam et elle est une adepte inconditionnelle de la charia. Son mari est revenu en France il y a deux ou trois ans où il s’est remarié avec une autre fidèle avant de rallier

les acolytes de Abu Bakr El Baghda- di», précisent nos sources. Et d’ajou- ter : «Sa relation avec C. Fatima est plutôt due à mon sens au fait qu’elles partagent les mêmes idées. Autrement dit, elles seraient unies par la cause. Leur arrestation dans la même villa prouve qu’elles entretenaient des liens assez forts.»

UNE AFFAIRE QUI EN CACHE D’AUTRES Cependant, lors de l’instruction, les accusées ont nié tout contact avec les fanatiques de Daech et autres frac- tion extrémistes. Cette affaire nous rappelle celle jugée en mars 2017 par la même juridiction, impliquant 36 individus présumés candidats au djihad en Syrie, parmi lesquels se trouvaient 7 femmes, dont l’épouse du mufti de Daech, Abu Maram El Djazaïri, natif de Boudouaou, dans la wilaya de Boumerdès. Ce dernier serait le premier Algérien à avoir rallié les rangs de l’EI depuis sa création en 2013. Il a été rejoint par la suite par

une trentaine d’islamistes radicaux de sa localité, dont la plupart ont été éliminés. Les investigations menées depuis par les services de sécurité ont permis le démantèlement de plusieurs réseaux dormants, dont certains de leurs éléments étaient sur le point de partir pour la Syrie via la Turquie. L’organisation et le mode de recrute- ment de ces groupes de soutien et de propagande seront révélés dans les prochains mois lors du jugement au pôle de justice d’Alger des affaires des personnes impliquées. S’agissant du cas de Siko Catherine, d’aucuns savent qu’elle n’est pas la seule Fran- çaise à être poursuivie en justice pour ses liens présumés avec les groupes djihadistes. Il y a deux mois, des mé- dias étrangers ont fait état de 960 com- battants de l’EI d’origine française qui sont toujours en vie, dont 295 femmes et 28 mineurs. Depuis 2013, au moins 265 Français, dont 8 femmes, sont morts dans des combats en Irak et en Syrie.

Ramdane Kebbabi

PHOTO : D. R.

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 5

ÉCONOMIE

HYDROCARBURES

ENI veut investir dans l’offshore algérien

En octobre dernier, le ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni, affirmait que la zone offshore, d’une superficie d’environ 100 000 km 2 , est totalement inexplorée.

L e groupe pétrolier ita- lien ENI a l’intention de renforcer sa présence en

Algérie, notamment dans les champs offshore, a souligné hier son président-directeur

général Claudio Descalzi, cité par l’agence Reuters. «Main- tenant, nous allons dévelop- per Zohr (un champ de gaz de la mer Méditerranée au large de l’Egypte, ndlr). Nous avons trouvé 2 milliards de ressources au Mexique et il

y a d’autres développements

dans d’autres pays comme l’Egypte, l’Algérie et, en pers- pective, aussi l’Angola», a-t-il énuméré lors d’une réunion tenue à Londres. L’ambition de continuer sur cette voie a pour objectif de «maintenir les coûts constants tout en augmentant la production», a expliqué Claudio Descalzi. En mars 2017, le même res- ponsable révélait que son groupe avait signé un contrat d’exploration pour le gaz et le pétrole au large des côtes algé- rienne avec Sonatrach. «Der- nièrement, Sonatrach nous a donné l’opportunité de par- ticiper également (à l’explo- ration) en offshore (…), nous avons signé (un accord) il y a quelques jours», avait-il dé- claré à l’agence Reuters sans fournir plus d’éléments sur la teneur de l’accord. Cette infor- mation n’a en revanche pas été

l’accord. Cette infor- mation n’a en revanche pas été Depuis la chute des prix du pétrole,

Depuis la chute des prix du pétrole, le gouvernement cherche à attirer des investisseurs étrangers

confirmée de source officielle. Le groupe Sonatrach avait aussi entamé des discussions avec les groupes pétroliers américains ExxonMobil et Anadarko. «Les activités sis- miques réalisées par Sona- trach ont montré un potentiel intéressant dans les régions de Béjaïa et d’Oran», avait déclaré l’année précédente une source de Sonatarch, rele- vant que l’Algérie a besoin du savoir-faire et de l’exper- tise des grandes entreprises internationales pour lancer le forage en mer. «Les parte- naires étrangers, y compris Anadarko, ExxonMobil et ENI ont été invités par Sonatrach

à fournir une assistance tech- nique au vu de l’expérience qu’ils ont acquise dans le golfe du Mexique et de l’eau profonde au Mozambique», a-t-elle fait savoir. En octobre dernier, le ministre de l’Energie, Mustapha Gui- touni, affirmait que la zone offshore, d’une superficie d’environ 100 000 km 2 , est totalement inexplorée. Depuis l’été 2014 et la chute des prix du pétrole – qui repré- sente 95% des sources de devises du pays – le gouverne- ment cherche à attirer des in- vestisseurs étrangers et diver- sifier ses sources de revenus, et le forage en mer pourrait

offrir au pays un autre levier de croissance. En Algérie, les zones offshore, susceptibles de contenir des hydrocarbures, sont situées entre 2000 et 2500 mètres de profondeur, selon les résultats des premières études sismiques faites sur l’offshore algérien. Quant au coût d’un seul forage en mer, il avoisine les 100 millions de dollars. Pour rappel, le premier forage offshore du groupe Sonatrach a été réa- lisé en Tunisie. Il s’agissait du projet Mahdia 2, mené en 2012, qui a permis au groupe algérien de faire sa première découverte en offshore. Hocine Lamriben

REPÈRE

Par Akli Rezouali

Dérives

inflationnistes…

L es hausses de taxes, induites par la loi de finances

en vigueur, ouvrent grande la voie à de nouvelles

surchauffes inflationnistes sur lesquelles la Banque

centrale n’aura assurément nulle emprise. Bien que

relativement prudentes par leurs proportions, les majorations dictées par le contexte de crise, dont notamment celles touchant aux prix du carburant, commencent à avoir un effet déme- suré sur la tendance générale des prix à la consommation. La polémique autour de ce phénomène pervers, faut-il rappeler, est presque aussi vieille que le fameux panier de la ménagère qui fait dire à l’Office officiel des statistiques que le rythme annuel de l’inflation restera tout de même contenu sous la barre des 6%. Une photographie des plus floues, faut-il se rendre à l’évidence, car ne reflétant guère la réalité des prix sur le marché, ni même les vraies évolutions des modes et besoins de consommation. C’est ainsi que les dérives inflationnistes en présence et celles encore à redouter semblent moins liées à la décision sans doute aussi irrationnelle de recourir à la planche à billets, mais bien à l’incapacité chronique et presque incurable des pouvoirs publics à asseoir une quelconque logique de contrôle et de régulation des prix sur les marchés domestiques. L’inflation, qui viendrait probablement du renflouement des trésoriers de l’Etat et de ses banques au travers des tirages en financements non conventionnels internes, sera sans doute économiquement maîtrisable, pour peu que la volonté de le faire soit politiquement intégrée dans la démarche du gouvernement. Celle engendrée en revanche par la dérégulation totale de la sphère commerciale locale continuera sans nul doute à être de plus en plus incontrôlable, à mesure surtout que s’accentuent les ajustements de taxes et les contraintes aux approvisionnements du marché, dont on sait la dépendance plus qu’étroite à l’impor- tation. Et de par la quasi indéracinable culture du cash, couplée à la généralisation des pratiques spéculatives et aux positions de monopole abusifs, la formation des prix domestiques à la consommation demeurera aussi irrationnelle et incontrôlable qu’aucune politique monétaire, aussi transparente soit-elle, ne peut en assimiler les effets imprévisibles sur l’évolution de l’inflation. A telle enseigne que la moindre majoration d’impôt ou taxation nouvelle donne presque systématiquement lieu à de nouvelles dérives inflationnistes, tant les marchés internes, incontrôlés qu’ils sont, en répercutent démesurément l’impact. Et parfois même par anticipation et à l’ensemble des biens et services, y compris même ceux qui ne sont concernés ni de près ni de loin par de quelconques nouvelles taxes. Au bout de la chaîne, c’est le pouvoir d’achat des ménages et, avec lui, la stabilité sociale qui s’en trouve plus que jamais fragilisée…

MARCHÉ PÉTROLIER

La progression du schiste américain freine l’élan de l’or noir

Le léger regain de vigueur du dollar participait également au repli de l’or noir.

L es prix du pétrole ont été freinés, hier, dans leur élan par les chiffres faisant état d’une

hausse de la production du schiste américain, dont les producteurs profitent de l’embellie

récente des cours de l’or noir pour accélérer les forages. Le léger regain de vigueur de la monnaie américaine participait par ailleurs au repli de l’or noir. Les prix du pétrole sont en effet fixés en dollar et quand ce dernier baisse, cela rend le baril moins cher pour les inves- tisseurs munis d’autres devises, ce qui dope la demande. «La corrélation entre le prix du pétrole et le dollar s’est renforcée ces derniers temps», soulignent les analystes, qui estiment que la remontée du billet vert «fait pression sur

le baril».

Les prix du brent ont ainsi reculé en cours d’échanges européens après avoir atteint des sommets la semaine précédente. Vers 16h GMT (17h, heure algérienne), le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 69,29 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en nette baisse par rapport à la clôture de vendredi. Alors que les prix ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis décembre 2014 jeudi, les marchés commen- çaient ainsi la semaine au pas et la baisse pourrait s’accentuer. Les analystes estiment, en

effet, que la hausse des prix constatée depuis quelques semaines pourrait peser sur le marché à long terme. «Cela permet aux producteurs américains de pétrole de schiste de faire grim- per leur production, ce qui est une épine dans le pied de l’OPEP qui cherche à rééquilibrer les stocks mondiaux», au sens de certains ana- lystes. Le prix du pétrole new-yorkais reculait également sur la place de cotation new-yor-

kaise, freiné par la reprise du dollar et quelques prises de bénéfices. Vers 16h GMT, le baril de light sweet crude (WTI WTI Le West Texas Intermediate - WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la Bourse

LE PRIX DU PANIER OPEP À 67,94 DOLLARS

Le prix du panier de référence du brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) s’est établi vendredi à 67,94 dollars le baril, contre 68,46 dollars la veille, selon l’Organisation. Introduit en 2005, le panier de référence de l’OPEP comprend 14 types de pétrole, dont le Sahara blend (Algérie), l’Iran heavy (Iran), Es-Sider (Libye), Basra light (Irak), Bonny light (Nigeria), Arab light (Arabie Saoudite), Girassol (Angola) et le Mery (Venezuela). Vendredi, les cours du pétrole se stabilisaient en fin d’échanges européens après une semaine mouvementée, dictée par les évolutions brusques du dollar. Le baril de brent de la mer du Nord pour livraison en mars valait 70,48 dollars sur l’InterContinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 6 cents par rapport à la clôture de jeudi. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude (WTI) pour la même échéance prenait 58 cents à 66,09 dollars. Les cours ont atteint jeudi 71,28 dollars pour le brent et 66,66 dollars pour le WTI, à

R. E.

leurs plus hauts niveaux depuis décembre 2014, avant de reculer.

spécialisée dans l’énergie. Pour livraison en mars, la référence américaine du brut cédait 70 cents et s’échangeait à 65,20 dollars sur le Nymex. Il avait terminé vendredi la séance à son plus haut niveau depuis décembre 2014, soit 66,14 dollars. «Le passage du seuil des 66 dollars a sans doute déclenché des mouve- ments de vente automatiques», a avancé Robert Yawger de Mizuho, en rappelant que le cours du brut a beaucoup augmenté ces dernières semaines. «Les investisseurs spéculatifs n’ont jamais possédé autant de paris à la hausse sur le marché du pétrole», a-t-il ajouté. «Il n’est pas surprenant de voir que certains d’entre eux cherchent à retirer une partie de leurs mises.» Il est à rappeler que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et dix autres producteurs se sont engagés à limiter leurs extractions jusqu’à fin 2018, mais la produc- tion américaine atteint pour sa part des niveaux records, et pourrait continuer à grimper, à en croire le décompte des puits actifs aux Etats- Unis réalisé par l’entreprise de services pétro- liers Baker Hughes. «Le nombre de puits actifs a grimpé de 12 la semaine dernière, selon les données de vendredi, la plus forte hausse de- puis mars», ont noté les analystes, ce qui influe sur les prix. Zhor Hadjam

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 6

REPOR T AGE

SAUVEGARDE

LA CASBAH OTAGE

Suite de la page 1

L a vieille ville d’Alger, appelée communément La Casbah, a été au centre de débats aussi passionnés que passionnants

durant les travaux de la réunion d’ex- perts internationaux et algériens, tenue à Alger du 20 au 23 janvier et consacrée à sa sauvegarde et sa revitalisation. Financée par le gou- vernement japonais et organisée par le ministère de la Culture avec l’aide de l’Unesco, cette rencontre a permis de constater que la sauvegarde de ce haut lieu de l’histoire millénaire d’El Djazaïr continue d’être l’otage de la bureaucratie et de l’instabilité du pouvoir décisionnel. Pour sortir de cette impasse, les experts de l’Unesco ont plaidé pour «une agence unique pluridisciplinaire» chargée de la res- tauration et la sauvegarde, «qui soit dotée de tous les pouvoirs décision- nels pour éviter la fragmentation de l’opération de réhabilitation et faire en sorte qu’elles soient inscrites dans un plan d’ensemble cohérents». Et parce que pour eux le plan de sauve- garde de La Casbah est insuffisant, ils préconisent une relance dynamique de la réhabilitation, avec une vision plus large intégrant le centre historique à la ville d’Alger et un allégement des pro- cédures administratives et juridiques. Ils plaident aussi pour une plus grande implication de la société civile et des habitants de La Casbah, la création d’emplois et de petits commerces, ainsi que l’ouverture d’établissements de formation aux métiers et aux savoir- faire traditionnels nécessaires à la restauration, l’amélioration du cadre

de vie global dans le centre historique par le récupération d’espaces publics et l’implantation de centres sociaux attractifs à même d’offrir les services de base à aux habitants. La même préoccupation est exprimée par Nada Al Hassan, au nom des Etats arabes au Centre du patrimoine mondial de l’Unesco, tout en appuyant le suivi des travaux de réhabilitation entrepris actuellement. Cette idée de confier les travaux du plan de sauvegarde de La Casbah à une agence unique pluridis- ciplinaire avec des pouvoirs élargis a été bien accueillie par le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, qui voit en elle (l’agence) un «outil pratique» qui «compléterait» le travail accompli actuellement : «Ce travail doit se pour- suivre. Il constitue une priorité pour le gouvernement. Un intérêt particulier lui est accordé.» Le ministre profite même de cette occasion pour exprimer la «disponi- bilité» de l’Algérie à «recevoir» les experts de l’Unesco pour des visites périodiques de suivi des travaux de réhabilitation de La Casbah d’Alger. Ces recommandations sont le résultat des débats de cette réunion (qui a pris fin mardi soir) et dont les travaux ont commencé par un état des lieux, les expériences dans d’autres pays, une visite à La Casbah et un débat entre experts algériens, espagnols, tunisiens, syriens, cubains, italiens, turcs, alle- mands et brésiliens, experts venant de pays qui ont une longue expérience dans la restauration des vieilles cités. Toutes les expériences dévoilées mettent en avant cette idée innovante qui met la dynamique économique et sociale au centre de la réhabilitation. Pour la Cubaine Madeline Manendez,

la sauvegarde d’une ville comme La Havane «a nécessité l’élabora- tion d’un programme socioculturel de proximité et la création d’activités économiques à l’intérieur même de ce centre historique, afin de le rendre

plus attractif» et pousser sa population

à «être plus responsable et plus impli-

quée» dans sa préservation. La même stratégie est développée également par

l’experte italienne Giulia Annalinda Neglia, en présentant la ville historique

de Bari comme un exemple de réussite

en matière de réhabilitation en affir- mant «que le commerce et le tourisme

constituent aujourd’hui une source de financement appréciable pour les opé-

rations de restauration mais aussi pour l’amélioration du cadre de vie de la

De nombreux experts

relèvent par ailleurs que la création de places publiques ou d’espaces com-

muns à l’intérieur des sites historiques

a donné des résultats assez intéres-

sants dans de nombreux pays, devenus d’ailleurs des destinations touristiques

importantes. Responsable de l’Association de sau- vegarde de la médina de Tunis, le

Tunisien Zoubeir Mouhli parle de l’expérience de son pays qui consiste à accorder aux propriétaires des vieilles maisons des crédits à taux bonifiés pour la restauration de leurs biens, mais avec des cahiers des charges

et une réglementation très stricte en

matière de protection des sites histo- riques.

Si le débat autour des expériences des

uns et des autres était intéressant et ins-

tructif, celui consacré à la sauvegarde

de La Casbah a été, quant à lui, très

passionné, notamment en cette journée

du mardi où il était question de discuter

population

».

du mardi où il était question de discuter population ». et de faire la synthèse des

et de faire la synthèse des éléments de

pertinence sur la visite à La Casbah. Les intervenants aussi bien étrangers qu’algériens étaient stupéfaits par les

dégradations constatées à travers les constructions sur les terrasses, la dis-

parition des fontaines, des commerces

traditionnels, l’introduction de maté- riaux étrangers au mode de construc- tion, comme le béton, la disparition de nombreuses ruelles ensevelies sous l’effondrement des bâtisses, etc. Certains vont tenter de remettre cette situation dans son contexte. «Juste

ABDELOUAHAB ZEKAGH. Directeur général de l’Office de gestion et d’exploitation

«Nous rencontrons d’énormes difficultés à

Directeur général de l’Ogbec (Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés), Abdelouahab Zekagh regrette que la mise en application du plan de sauvegarde de La Casbah ait pris autant de retard. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il évoque les lenteurs bureaucratiques, mais aussi la complexité de l’opération de sauvegarde de cette vieille cité, durant longtemps otage des indus occupants, du terrorisme et du business du logement social. Pour lui, la réunion internationale d’experts sur la conservation et la revitalisation de La Casbah, tenue à Alger du 20 au 23 janvier, permet aux techniciens algériens de profiter des expériences venues d’ailleurs…

Entretien réalisé par Salima Tlemçani

Depuis près de 40 ans, nous parlons d’un plan de sauvegarde de La Casbah qui ne voit pas le jour. Pourquoi, selon vous, l’Etat n’ar- rive pas à mettre en exécution l’opération de sauvegarde de cette vieille cité, qui fait partie du patrimoine mondial protégé par l’Unesco ? Est-ce en raison des problèmes juridiques, comme le soulignent certains experts ? Ce n’est pas le volet juridique qui bloque cette sauvegarde puisqu’il y a une batterie de textes qui balise toute la procédure de pro- tection. Ce qui pose problème, c’est plutôt l’application de cet arsenal juridique sur le terrain. Nous rencontrons d’énormes difficultés à appliquer la loi, mais ce n’est pas propre au patrimoine, puisque dans de nombreux autres domaines c’est également le cas. Qui est donc chargé de cette application ? C’est tout le monde, mais on commence sur- tout par les présidents des assemblées commu- nales qui sont les maîtres sur leurs territoires…. Tout le monde sait que les maires sont dépourvus de ce pouvoir d’exécution… Le maire a toutes les prérogatives pour inter- venir. Les dispositions du code communal lui permettent par exemple de mettre en demeure un citoyen qui construit illicitement ou de démolir toute construction illicite. Malheu-

ou de démolir toute construction illicite. Malheu- reusement il ne le fait pas parce que c’est

reusement il ne le fait pas parce que c’est un élu, et de ce fait il évite de se mettre à dos ses électeurs. Moi-même j’ai été maire de 1997 à 2002 et je ne l’ai jamais fait pour les mêmes raisons. Souvent on a recours au pouvoir de substitution incarné par le wali. Là aussi, il faudrait que ce dernier ait les coudées franches pour faire appliquer la loi. Certains, comme le wali d’Alger, le font, d’autres ont peur d’un éventuel retour de manivelle. Après, ce sont les autres intervenants, comme Sonelgaz, les services de l’hydraulique, les transports, etc. qui peuvent s’opposer à une action sur le terrain. Le consensus est souvent très difficile

à obtenir, et c’est ce qui retarde terriblement la mise en exécution du plan de sauvetage. C’est pour vous dire que c’est très complexe. Il faut peut-être sensibiliser les cadres qui inter- viennent directement sur le terrain sur l’impor- tance du patrimoine et sa nécessaire protection par des procédures spécifiques. Chaque secteur a une part de responsabilité dans le non-respect de la réglementation liée à la protection du patrimoine. L’autre problème handicapant est la nature juridique des biens se trouvant à La Casbah. Il faut savoir que 80% de ces biens appartiennent à des privés. Parmi eux, les biens privés de l’Etat qui relèvent des Wakfs. Cela peut être des bâtisses, des appartements, des petites boutiques, des bains maures, etc. Nous n’avons pas une idée précise sur leur nombre. Les services des Wakfs disent qu’ils sont près d’un millier, mais entre 2013 et 2014, le bureau d’étude qu’ils avaient engagé en a identifié 600. Ces biens sont leur propriété. C’est à eux de prendre les mesures nécessaires pour leur réha- bilitation, ou alors participer financièrement au plan d’action de sauvegarde de La Casbah. Pour ce qui est des propriétés privées, il est important de préciser que le tiers est habité par leurs pro- priétaires, un autre tiers par d’anciens locataires qui s’en occupent comme s’il s’agissait de leur propre bien, et un tiers est occupé par des squatteurs qui constituent le point noire de La Casbah. Depuis 1970, ces derniers utilisent le quartier comme un centre de transit et la situa-

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 7

PHOTOS SAMI K.

REPOR T AGE

DU PATRIMOINE

DE LA BUREAUCRATIE

PHOTOS SAMI K. REPOR T AGE DU PATRIMOINE DE LA BUREAUCRATIE Vue panoramique de La Casbah

Vue panoramique de La Casbah avec ses terrasses et ses dômes. La vétusté des habitations est d’une apparence flagrante

La vétusté des habitations est d’une apparence flagrante après l’indépendance, la préservation de La Casbah ne

après l’indépendance, la préservation de La Casbah ne faisait pas partie des préoccupations. Bon nombre de ses habitants l’ont quittée pour des logements avec plus de commodités. Puis, il y a eu les exodes des années 70’ et 80’ qui ont suscité la nécessité de protéger cette vieille ville. Des enveloppes importantes ont été déboursées dans ce cadre, mais La Casbah est prise en otage

durant les années 90’ par les groupes terroristes et devient une cité impénétrable. De nombreuses maisons sont squattées par des indus occupants qui accélèrent souvent leur effondrement pour bé- néficier d’un logement. Ce n’est qu’en 2014 que le plan d’action pour la sauvegarde de La Cas- bah a commencé à voir ses premières mesures d’urgence exécutées sur le terrain. Nous sommes à peine au début de l’opération», explique un expert du ministère de la Culture. Un autre évoque les difficultés à trouver les maté- riaux de restauration, comme ces fameux troncs de thuya, des arbres qui ont totalement disparu de l’est du pays où ils étaient plantés en abondance pour servir de poutres dans les maisons en raison de leur résistance. Des intervenants posent la problématique de la

densité de la population qui est de 500 habitants par hectare. «Nous avons presque la même den- sité dans la médina de Tunis, mais nous avons pu dédensifier par des actions concrètes. Il faut peut-être commencer par vider les terrasses qui ont fait l’objet de construction. Ce surpoids est un danger pour la bâtisse.» L’expert algérien, Ahmed Benaoum, corrige :

«D’abord, il ne faut plus parler de La Casbah. Ce nom lui a été attribué par l’administration colo- niale. El Djazaïr El Mahroussa était son nom et elle a 31 siècles d’histoire. Ce n’est pas un quar- tier d’Alger. Mais c’est plutôt Alger qui est un

Un homme, barbu et

quartier d’El Mahroussa

vêtu d’un kamis, crée l’incident en criant : «Nous sommes libres de nous exprimer. Bouteflika est un homme malade. Il devrait rester à la maison. Nous lui donnerons un salaire mais il ne peut pas continuer à diriger le pays…» Pris de court, les organisateurs restent muets. Le «perturbateur» circule entre les rangs et pour- suit ses déclarations : «Il n’y a plus de liberté dans le pays. Les gens sont muselés et les journalistes ne peuvent rien écrire.» Il a fallu un long moment pour que la sécurité intervienne. Mais, c’est un expert allemand qui avait travaillé sur La Casbah durant les années 70’ qui crée la surprise.

»

Très pessimiste, mais émouvant, son témoignage sur sa visite à La Casbah, en 2010, donne froid dans le dos. «23 ans après mon passage en tant qu’expert, je me demande ce qui s’est passé à La Casbah. A l’îlot Lallahoum, j’ai vu une vaste démolition de bidonvilles qui se sont installés, moins de constructions, ni de restauration, walou (rien) comme on dit ici. J’ai travaillé avec des architectes algériens d’une grande compétence qui auraient fait des choses fantastiques pour La Casbah. Les démolitions n’étaient accompagnées d’aucun projet, des rues étaient devenues des im-

passes à cause des maisons qui se sont écroulées,

le constat était effrayant. J’ai ressenti une grande

déception, une amertume (…). L’impression générale est déprimante la situation ne fait que s’empirer, j’ai du mal à croire à la restauration de La Casbah. A Dar Aziza, lors de ma visite d’hier (lundi dernier), le bureau est dirigé par un

homme agressif et stressé. De précieuses années ont été perdues, des projets jamais réalisés. J’ai l’impression que les habitants sont dans un centre

de transit en attendant d’avoir un logement. Pour-

quoi un pays capable de construire un million de

logements n’a-t-il pas pu restaurer La Casbah ?

Je ne suis ni pessimiste ni optimiste, mais plutôt

réaliste. Ce que j’ai vu à La Casbah, c’est un patrimoine en péril et j’ai eu le regret de lui dire adieu et non pas au revoir. La reconstruction de

Nuremberg en Allemagne après sa destruction totale durant la Deuxième Guerre mondiale n’a

pas coûté autant d’argent et de temps que ce qui

a été dépensé pour La Casbah. Cependant, je

me permets de garder une note d’optimisme, en reprenant la parole d’un Algérien qui me disait que l’Algérie est le pays des miracles où rien ne

va et tout va en n’allant pas. Et je vous dis, conti- nuez à espérer.» Des mots qui ont suscité un long débat dans la salle entre ceux qui croient en ce plan de restau- ration et ceux qui n’y voient que de la poudre aux yeux.

S. T.

des biens culturels protégés

appliquer les lois qui protègent le patrimoine»

tion s’est aggravée durant les années 1990-2000.

Le quartier s’est transformé en no man’s land où

les gens construisent, détruisent, squattent les

bâtissent juste pour bénéficier d’un logement. Avez-vous une idée du nombre de lo- gements distribués aux habitants de La Casbah ? Depuis l’indépendance, les habitants de La

Casbah ont bénéficié de 11 000 logements. Si vous multipliez ce nombre par cinq, cela donne

55 000 habitants, or la population de La Casbah

est de 52 000 âmes. Avec ces logements, cette ville devrait être vide. Cela n’a pas été le cas, parce que le business l’a prise en otage. Cepen- dant, depuis 2014, ce commerce s’est arrêté.

A chaque fois qu’une maison est libérée de ses

occupants, les services de la wilaya installent un

gardien, recruté parmi les jeunes chômeurs du

quartier pour assurer son gardiennage. A ce jour,

58 maisons ont été récupérées et 416 familles

relogées. Aucune de ces bâtisses n’a été squattée

à ce jour. Ce qui a permis d’entamer quelques

opérations urgentes visant les maisons menaçant ruine, celles vides qui risquent d’être réoccu- pées, identifier les propriétaires, etc. Cela n’a pas été facile. Certains n’étaient pas d’accord sur le fait que l’Etat finance la restauration de maisons privées. L’opération a été quand même réalisée parce qu’il y avait urgence. Sur les 1816 maisons concernées par la restauration, 700, soit le tiers, ont été étayées parce qu’elles ris- quaient de s’effondrer. Il ne fallait pas les laisser disparaître. Des mesures ont été prises pour les

conforter en urgence, en attendant leur restaura-

tion dans un délai n’excédant pas trois ans. Mal- heureusement, il y a eu du retard. L’élaboration du plan d’action, étalé sur 15 ans, a été lancée en 2007 et achevée en 2010. Ce n’est qu’en 2016 que la première tranche de l’enveloppe budge- taire consacrée à la sauvegrade a été dégagée. Peut-on connaître le montant de l’enve- loppe allouée et de la 1 re tranche dégagée ? L’enveloppe allouée à la sauvegarde et à la

restauration de La Casbah est de 92 milliards de dinars, sur une période de 15 ans. La première tranche est de 24 milliards de dinars. Elle per- mettra la restauration de 2012 constructions, dont cinq mosquées, sept palais, neuf maisons

historiques, les 58 maisons vidées et bien d’autres encore habitées. L’Office de protection du patrimoine a commencé le travail, mais se posait le problème de passation de marché.

L’opération nécessitait plus d’une centaine d’entreprises et au moins 49 bureaux d’études

spécialisés dans la restauration. Il fallait aller vers une short-list et choisir les moins-disants. Cela a pris du temps et lorsque la décision a été prise, le ministre est parti et sa remplaçante a préféré revoir toute la procédure et discuté avec les acteurs principaux qui gèrent le dossier. A peine a-t-elle terminé qu’elle a été remplacée. L’opération est revenue au point zéro. En 2016, le plan a été retiré à l’Office pour être confié à la wilaya d’Alger en raison des retards dont il n’était pas responsable. En réalité, la wilaya était peut-être plus indiquée pour le mettre à

exécution parce qu’elle gère les logements et qu’elle a toutes les directions sous sa coupe. Cela lui facilite la tâche et réduit considérable- ment le temps d’intervention sur le terrain. Au mois de novembre dernier, l’Office a été intégré dans le dispositif pour assister techniquement les équipes d’intervention. Vous voyez que le problème de mise à exécution du plan d’action est très complexe. Mais au moment où la sauvegarde de La Casbah était otage des lenteurs bureaucra- tiques, les maisons continuaient à s’effondrer. Aujourd’hui, quelle est la situation ? En fait, sur les 1816 maisons recensées à La Casbah, il y en a eu 700 marquées au rouge, donc menacées d’effondrement. Elles ont été étayées. Cela a pris beaucoup de temps. Mais il faut reconnaître que depuis que la wilaya chapeaute l’opération, les choses avancent mieux. L’enve- loppe financière a été affectée à la DEP (Direc- tion des équipements publics) et des travaux de restauration sont en train d’être réalisés au niveau de quatre maisons historiques, dont celle des Bouhired, du petit théâtre de feu Bachtarzi, situé à la rue Slimani, des maisons qui entourent la mosquée El Barani, à Bab J’did, du Palais de Hassan Pacha, à la Basse Casbah. Au-delà de l’importance de l’aspect technique, agir à l’intérieur du quartier sans moyens de mobilité, en recourant à la force des bras et en empruntant des escaliers est très contraignant et coûteux. Trouver des entreprises qui acceptent ces mar-

chés est difficile ; d’ailleurs, la DEP a dû lancer quatre fois l’appel d’offres pour les travaux de restauration. Que pouvez-vous tirer d’un colloque inter- national sur la sauvegarde de La Casbah, sachant que les véritables problèmes liés à la protection du patrimoine en général et de La Casbah en particulier sont souvent liés aux lenteurs bureaucratiques ? Une telle initiative est très importante pour nous. D’abord par le choix des experts invités. Ils sont venus de pays qui ont mis en place des plans de restauration et de sauvegarde de leurs vieilles villes. Tous ont une bonne expérience à partager et dont nous pouvons tirer profit parce qu’elles se ressemblent, tout en ayant un plus l’une par rapport à l’autre. Nous pouvons tirer profit de chacun des aspects : sociologique, culturel, technique, urbanistique, physique ou économique. Avec toutes ces recettes, nous pou- vons sortir avec une feuille de route pour la sau- vegarde de La Casbah. Je pense qu’aujourd’hui il faut rattraper le retard en prenant comme exemple les expériences d’ailleurs qui ont connu les mêmes problèmes. Pour conclure, je tiens à exprimer mon regret de ne pas voir durant les travaux de ce colloque les élus locaux des quatre communes concernées par le plan d’action de sauvegarde, à raison de 75% pour la commune de La Casbah, 10% pour celle d’Alger-Centre, 10% pour celle de Bab El Oued, 5% pour celle de Oued Koreich. C’est vraiment dommage… S. T.

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 8

ALGER INFO DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS Les usagers fuient les
ALGER INFO DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS Les usagers fuient les
ALGER INFO DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS Les usagers fuient les

ALGER INFO

ALGER INFO DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS Les usagers fuient les bus
ALGER INFO DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS Les usagers fuient les bus
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DEPUIS LA HAUSSE DES TARIFS DU TRANSPORT DE VOYAGEURS
Les usagers fuient les bus
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PRISE EN CHARGE
DES JEUNES À
SAOULA
● Sur un trajet inférieur à celui du métro, l’on paie pratiquement deux fois plus.
DES
RÉALISATIONS
QUI RESTENT
INSUFFISANTES
A Saoula, et en dépit des multiples struc-
tures réalisées dans le domaine de la
prise en charge de la jeunesse locale, celles-ci
restent insuffisantes eu égard à la démogra-
phie galopante et au nombre de cités qui ont
vu le jour ces dernières années. En effet,
plusieurs projets de structures dédiées au
sport et aux activités récréatives et culturelles
ont été réalisées dans la commune de Saoula.
«La priorité a été donnée à la réhabilitation
du stade communal, il s’en est suivi d’autres
projets dans le même domaine», confie un
responsable local. Concernant le stade com-
munal, les travaux de réhabilitation ont été
pris en charge par la Direction de la jeunesse,
des sports et des loisirs (DJSL). «Le stade a
subi des dégradations qui l’ont rendu inex-
ploitable. Ces dégradations ont été causées
par le cours d’eau qui passe à proximité. Il a
fallu, en guise de protection définitive, dévier
le cours d’eau pour une protection durable du
stade et de ses équipements», nous affirme-
t-on. En plus de ces travaux, la réhabilitation
a
porté également sur la construction de
Les usagers des bus n’hésitent plus à prendre le métro
D epuis l’augmentation des
tarifs par les transporteurs
privés sur la quasi-totalité
rents points desservis par le tracé
du métro, les usagers des bus ayant
l’habitude de payer leur ticket 30
ou 35 DA ont vu le tarif atteindre
l’ouverture de l’extension du métro
vers la place des Martyrs et Aïn
Naâdja. On n’aura plus affaire à
des receveurs grincheux ou à des
roulent toujours et des receveurs
irrespectueux, sans tenue correcte,
ni insigne, continuent à sévir, voire
nouveaux gradins et vestiaires. S’agissant de
l’enveloppe budgétaire allouée à ce projet, le
même responsable dira : «Il a été réservé à
ces travaux 17 milliards de centimes.» Outre
des lignes, un phénomène est en
train de se produire. De plus en
plus d’usagers abandonnent les
bus pour le métro. Le constat est
fait par de nombreux citoyens, qui
ont relevé, ces derniers jours, une
plus grande affluence sur ce moyen
de transport, désormais «pas très
cher» comparativement au taxi
et au bus. Selon de nombreux
usagers, les hausses appliquées dé-
passent souvent les 10% annoncés.
Des transporteurs ont bien profité
de cette brèche pour saigner leurs
clients. Cela, d’autant que les ser-
vices de contrôle sont loin de se
soucier outre mesure de la stricte
application de cette augmentation,
pourtant «officiellement» régle-
mentée et encadrée. Dans diffé-
à
harceler les usagers. Des pères de
40
ou 45 DA. Autrement, ceux qui
chauffeurs de taxi, qui mélangent
le compteur et le collectif pour
famille, en mal de joindre les deux
ces travaux d’envergure, la municipalité a
réalisé une salle omnisports d’une capacité
prennent le bus pour économiser
DA ou 15 DA ne sont plus moti-
bouts, n’hésitaient pas à prendre
ces bus dans le seul souci de
de
500 places et deux terrains à proximité du
10
vés et n’hésitent plus à prendre le
métro ou à s’y abonner. Pis encore,
le taxi est complètement à éviter.
Aller de la rue Hassiba Ben Bouali
vers Belcourt coûte 80 à 90 DA, de
la place des Martyrs vers Hassiba,
pas moins de 70 DA. Autrement,
sur un trajet inférieur à celui du
métro, l’on paie pratiquement deux
fois plus. De nombreux citoyens se
plaignent de cette hausse, «conju-
guée aux embouteillages et au
mauvais accueil», relève un usa-
ger, qui dit avoir juré de ne prendre
le taxi qu’en cas d’extrême néces-
sité. «L’on attend avec impatience
augmenter leurs gains», s’indigne
un autre citoyen. Si les résidents
aux alentours du tracé du métro et
du tramway expriment leur allé-
gresse, d’autres, si ce n’est la plu-
part, sont toutefois obligés de subir
encore le diktat des transporteurs
privés. De l’ITFC (Ben Aknoun)
vers Ruisseau, l’on payait 20 DA,
depuis peu le prix a augmenté à 35
DA, a-t-on constaté. Les exemples
sont légion et la colère des usagers
est grande.Aux augmentations im-
posées par les transporteurs, les au-
torités n’ont pas daigné, en retour,
exiger la moindre amélioration du
service. Des bus en mauvais état
gagner 5 ou 10 DA, un réflexe qui
semble à jamais disparu avec ces
nouvelles augmentations. Et c’est
stade communal. «Des aires de jeu ont été
également réalisées, notamment au niveau de
la cité 310 Logements», nous signale-t-on. En
dépit de ces réalisations, la commune accuse
à
la charge des autorités publiques
un
manque flagrant en matière d’infrastruc-
de desservir le maximum de quar-
tiers et de cités en moyens de trans-
port modernes, afin de pousser
les «taxieurs» et autres chauffeurs
de bus à améliorer le service en
imposant une vraie concurrence.
Dans l’état actuel des choses, le
transport des voyageurs demeure
un cauchemar pour la plupart des
habitants ou des visiteurs de la
capitale. Djamel G.
tures sportives. S’agissant des structures
devant prendre en charge les jeunes dans le
domaine des activités de loisirs éducatifs et
récréatifs, la commune en est presque dé-
pourvue. «Il faut que le nouveau staff munici-
pal se penche sur cette question. Il faut mettre
en œuvre une nouvelle stratégie en réalisant
des centres culturels, des maisons de jeunes et
des salles polyvalentes dédiées aux activités
éducatives et artistiques», suggère un jeune
de
la commune.
K. S.
SUR LE VIF
24 HEURES
EMBELLISSEMENT
PLACE AUDIN : INSTALLATION
D’UN MOBILIER URBAIN
FLAMBANT NEUF
Aux petits soins, la capitale embellit pour une occasion qu’on ignore encore !
La place Audin a été équipée
d’un mobilier urbain digne de
sa renommée et de son
emplacement, en plein cœur
d’Alger. De nouveaux bancs
blancs, des corbeilles et pots de
fleurs ont été installés, donnant
un aspect esthétique à cet
endroit incontournable du
centre d’Alger. Des
équipements qui semblent faire
plaisir aux badauds et aux
nombreuxcitoyens qui aiment y
passer un moment à lire un
journal ou tout simplement
s’asseoir pour reprendre son
souffle ou attendre quelqu’un,
cette place étant un lieu de
rendez-vous et un repère pour
de nombreux badauds. Les
équipements en question ont
été installés, avant-hier, par les
services de l’AC, a-t-on
constaté. Il y a quelques mois,
c’était l’horloge qui avait
bénéficié de travaux. Il est à
rappeler que depuis quelques
semaines, les travaux
d’aménagement et de
réhabilitation ont repris à Alger-
Centre. Ils consistent
notamment en la réfection des
trottoirs, et ce, après un arrêt
ayant duré plusieurs mois.
Aussi, de nombreux immeubles
sont en plein chantier. Tout
compte fait, le centre de la
capitale reste un chantier
ouvert, ce qui importune les
piétons et les automobilistes et
nécessite une meilleure
cadence.
HARRAGA (BORDJ EL
KIFFAN) : LA NOUVELLE CITÉ
DÉPOURVUE DE CRÈCHES
Harraga, une cité récemment
réalisée dans la commune de
Bordj El Kiffan, a accueilli un
millier de familles recasées
dans le cadre des opérations de
relogement lancées par la
wilaya. Cependant, l’absence
de crèches pénalise les
nouveauxhabitants. Ces
derniers se rabattent sur les
crèches se trouvant dans les
communeslimitrophes. «Avant
d’aller au travail, je suis obligée
de passer par Rouiba pour
déposer mes enfants à la crèche
communale», confie une
résidante de la cité. La capacité
d’accueil de cette crèche étant
limitée, lesparentsdesenfants
en bas âge préfèrent déposer
leur progéniture dansles
garderies et les crèches de leurs
ancienslieuxd’habitation. C’est
ainsi que desparentsdéposent
leursenfantsdansdescrèches
se trouvant à El Harrach, à
Belouizdad ou encore à Alger-
Centre.
Cette situationprévaut
également dans la plupart des
citésnouvellement réalisées
dans la capitale et qui manquent
cruellement de ce genre de
structuresdevant faciliter lavie
des parents qui travaillent.
PHOTO : SAMI K.
PHOTO : H. LYES
de ce genre de structuresdevant faciliter lavie des parents qui travaillent. PHOTO : SAMI K. PHOTO

PHOTO: D.R.

DESSIN: SOUHAYLA

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 8

RÉGION

EST

COMPLEXE SIDÉRURGIQUE DE BELLARA (JIJEL)

L’acier pour la pénétrante à l’autoroute Est-Ouest

Au fur et à mesure de leur montage, les installations de cette usine vont progressivement atteindre la capacité de 2 millions de tonnes/an avant de passer, à terme, au double de cette production.

L ’acier produit au complexe sidérurgique de Bellara, à El Milia, sera destiné à la réali-

sation de la pénétrante à l’autoroute Est-Ouest, reliant le port de Djen

Djen à El Eulma, dans la wilaya de Sétif. C’est ce qu’a indiqué le wali, Bachir Far, lors d’une intervention à la radio locale, rappelant que ce complexe a atteint 30% de sa capacité de production. Après une phase d’expérimentation, le pre- mier laminoir de cette infrastruc- ture, encore au stade du montage, est entré en phase de production effective depuis deux mois. Au fur et à mesure de leur montage, les installations de cette usine vont progressivement atteindre la capacité de 2 millions de tonnes/an avant de passer à terme au double de cette production. L’usine de Bellara, qui comprend plusieurs

production. L’usine de Bellara, qui comprend plusieurs Le projet de la pénétrante connaît des difficultés

Le projet de la pénétrante connaît des difficultés depuis 2014

unités, a commencé à produire à son stade expérimental du rond à béton de diamètre 12, avant de

passer à différents autres produits sidérurgiques. Elle devra être entiè- rement achevée dans 18 mois. A sa

livraison, elle contribuera à couvrir les besoins nationaux en acier, avant de passer à l’exportation. Quant à la pénétrante à l’autoroute Est-Ouest, elle représente l’espoir de la wilaya de Jijel de se défaire de son isolement. Sa réalisation, qui bute contre différentes difficultés depuis le lancement des travaux en 2014, est un défi pour les autorités. Dans son intervention, le wali, qui n’a donné aucune date pour la li- vraison du projet, a réaffirmé la dé- termination des autorités à l’ache- ver dans les meilleurs délais. Selon lui, le chantier a récemment été renforcé par l’apport d’une équipe de travail de plus de 300 personnes. Le relief accidenté du terrain est à l’origine du retard enregistré, selon le wali, qui a souligné que les travaux vont connaître une cadence plus accélérée. Amor Z.

vont connaître une cadence plus accélérée. Amor Z. ◗ UN GREFFIER ARRÊTÉ POUR CORRUPTION Un greffier

UN GREFFIER

ARRÊTÉ POUR

CORRUPTION

Un greffier exerçant auprès du tribunal d’El Aouinet a été arrêté, jeudi passé, par les éléments

de la Gendarmerie nationale en flagrant délit de corruption, selon des sources concordantes. Le dénommé L. M.

a été surpris alors qu’il

empochait une somme de 400 000 DA d’un client pour lui régler un problème judiciaire. Le

mis en cause a été placé en garde à vue jusqu’à sa comparution devant le juge d’instruction près le

même tribunal.

L. S.

UN MORT ET

TROIS BLESSÉS SUR LA ROUTE

Un bébé de 6 mois a été tué dans un terrible accident de la circulation, survenu hier sur le chemin de wilaya n°1 reliant Bir El Ater à Chéria, à quelques encablures de la commune d’Ogla Malha, a-t-on appris de la Protection civile. Le drame a eu lieu suite à une collision frontale entre deux véhicules touristiques. La dépouille du bébé a été déposée à

la morgue de l’hôpital

Tidjani Haddam. Trois blessés ont également été enregistrés lors de ce drame. Les éléments de la gendarmerie qui se sont rendus sur les lieux ont ouvert une enquête. L.S.

PLACE DU MARCHÉ À TÉBESSA

Un lieu convoité par la mafia des parkings

Le site a été aménagé pour une enveloppe dépassant les 50 milliards de centimes afin de recevoir les transporteurs de l’ex-station de Bab Ezzouatine

L es gardiens de parkings autopro- clamés continuent de faire la loi à

Tébessa au vu et au su de tout le monde.

Les automobilistes, taxis et riverains en font les frais. Dans ce phénomène qui prend de l’ampleur, les agressions contre les gens qui refusent de payer continuent de défrayer la chronique dans la ville. A Tébessa, les parkings sauvages poussent comme des cham- pignons. N’importe qui peut prétendre être le gérant d’un parking sans docu- ment officiel. Le scénario est toujours le même.

Munis de bâtons, parfois dans des rues où le stationnement est interdit, ces pseudo-gardiens de voitures s’imposent par la force et les menaces. L’exemple le plus frappant est sans doute celui du nouveau parking de la place du Marché, sujet de convoitises de beaucoup de gens réputés avoir des liens avec la ma- fia des parkings sauvages. Si la place du Marché a été aménagée pour une enveloppe dépassant les 50 milliards de centimes afin de recevoir les transpor- teurs de l’ex-station inter-communes de Bab Ezzouatine, elle se trouve

inter-communes de Bab Ezzouatine, elle se trouve aujourd’hui la cible de plusieurs per- sonnes pour des

aujourd’hui la cible de plusieurs per- sonnes pour des intérêts bien connus. Certains, avec la complicité de certains élus locaux de l’APC de Tébessa, veulent délocaliser la nouvelle gare intercommunale vers l’ancienne gare routière ou faire retourner les trans- porteurs a leur ancienne place à Oued Zaârour, pour accaparer cette place et la transformer en un grand parking. De leur côté, les transporteurs ne veulent

pas céder, surtout que ce lieu est plus sécurisé à cause de sa proximité du commissariat central. Une situation qui risque de mener vers un bras de fer, surtout que les gardiens autoproclamés tiennent à cette place où ils exercent une activité des plus lucratives. Le silence des autorités, qui continuent de faire dans la politique de l’autruche face à cette anarchie, risque de mettre le feu dans la poudrière. Lakehal Samir

UNIVERSITÉ

Grève à la faculté des sciences commerciales

L es étudiants de la faculté des sciences commerciales de l’université de Tébessa sont en grève depuis hier pour

réclamer la remise de leurs diplômes, avons-nous constaté sur

place. Sans avoir de réponses à leurs revendications de la part du rectorat, ou encore du doyen de la faculté, ces étudiants en filière gestion-économie et finances des entreprises n’ont pas trouvé d’autres moyens que de renouer avec la protesta.

Sur place, l’un des meneurs du mouvement nous a fait savoir que «le vice-recteur chargé de la pédagogie fait la sourde oreille, et ce, depuis plus de 6 mois déjà et quand des étu- diants en master se sont rapprochés de ses bureaux pour l’in-

terroger sur la non-remise de leurs diplômes, sa réponse était que ces derniers sont sous le coup de diverses sanctions». Une situation que les concernés ont eu du mal à comprendre, vu que l’administration ne leur a rien notifié avant le déroule- ment de leurs soutenances. Avant cela, la section du Conseil national des enseignants (CNES) à Tébessa avait soulevé le problème au recteur de l’université, mais jusqu’à présent aucune décision n’a été prise. Faut-il savoir que seuls le chef de département et le doyen sont habilités à infliger des sanctions aux étudiants s’agissant de sanctions du 2 e degré et plus. L. S.

SOUK AHRAS

L’affaire des

Dacia Logan

élucidée

U ne série de vols de véhicules de marque

Dacia Logan, perpétrés récemment au

niveau de plusieurs points de la ville de

Souk Ahras, a fait l’objet d’une investigation couronnée par l’arrestation des auteurs. Passés aux aveux, les mis en cause ont reconnu les faits

qui leur ont été reprochés par les enquêteurs du premier arrondissement de la sûreté urbaine. Les six victimes, qui avaient déposé plainte auparavant pour vol d’accessoires, notamment les radios des véhicules, se sont constitués partie civile dans cette affaire, où les présumés auteurs, qui sévissaient de jour comme de nuit, commençaient à inquiéter un grand nombre d’automobilistes. Les deux inculpés ont été présentés devant le parquet pour «vol et créa- tion d’une association de malfaiteurs». Ces dernières quarante-huit heures ont également connu l’arrestation du conducteur d’un moto- cycle volé, à l’origine d’un grave accident de la circulation survenu en plein centre urbain. L’auteur de ce double forfait a été arrêté pour vol, faux et usage de faux et conduite d’un véhi- cule à moteur sans documents légaux. Présenté par les éléments du huitième arrondissement de la sûreté urbaine devant le procureur de la République, le présumé voleur du véhicule a fait l’objet d’une arrestation. A. Djafri

HEDDADA

Un espace commercial pour la commune

P oursuivant sa politique de réorganisa- tion des espaces commerciaux publics à

l’échelle locale, la direction du commerce vient d’annoncer la réalisation à 100% d’un marché répondant aux normes requises à Heddada. D’une superficie de 857 m 2 et d’un coût global de 45 millions de dinars, cette nouvelle réalisa- tion, qui compte 25 stands et plusieurs étals, a été favorablement accueillie par les commer- çants locaux, qui réclamaient depuis des années un espace aménagé pour l’exercice de leur acti- vité. Cette commune frontalière, distante de 43 kilomètres du chef-lieu de la wilaya, connaît un flux important de ressortissants des deux pays voisins, sans jamais réussir à mettre à profit le mouvement des personnes et des véhicules vers et depuis le territoire tunisien. Faute de stratégie touristique, le commerce pourrait aider à son essor économique. A. D.

OUM EL BOUAGHI

Des jeunes en quête d’un emploi stable

L ’Agence de l’emploi de la wilaya d’Oum El Bouaghi (AWEM) s’attelle comme elle peut

à placer les jeunes sans-emploi dans les diffé- rentes structures de la région. Mais cela dépend, néanmoins, de ce que peut réellement effectuer l’agence, d’autant qu’il n’existe guère d’orga- nismes recruteurs. Ceci dit, le premier respon- sable de l’agence a dernièrement communiqué des chiffres concernant le nombre de jeunes placés, dans les structures publiques et pri- vées. Sur un total de plus de 20 000 demandes émanant de jeunes diplômés, seuls 8383 parmi eux ont pu décrocher un poste de travail. Selon le même responsable, les placements durant l’année passée ont connu un certain fléchis- sement. Toutefois, il est espéré une nouvelle relance dans le secteur du bâtiment au moment où l’AADL envisage le recrutement d’environ 500 travailleurs tous segments confondus. Il va falloir aussi attendre l’achèvement des travaux du grand chantier de la cimenterie de Sigus, du groupe GICA, pour voir le recrutement relancé. Cette usine pourra à elle seule offrir 1600 postes de travail. L. Baâziz

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 8

     
 

ORAN INFO

 

SÛRETÉ

 

IMMIGRATION

   

IRRÉGULIÈRE

100 caméras de surveillance installées

 

915 PERSONNES RECONDUITES AUX FRONTIÈRES EN 2017

Une centaine de caméras de télésurveillance ont été installées dans les alentours de la 10 e sûreté urbaine. Par la suite, l’opération va toucher, dans un premier temps, les trois zones que sont Oran, Bir El Djir et Es Sénia, avec plus de 1000 caméras.

 

L ’Inspection régionale de la police des frontières de l’Ouest dresse son bilan, avec 789 personnes

E n vue de renforcer la

sécurité urbaine, une

centaine de caméras

de télésurveillance ont été installées dans les alentours de la 10 e sûreté urbaine, a-t-on appris en marge de la présentation du bilan d’activités de la police de l’Ouest. L’opération concerne, dans un premier temps, trois zones, Oran, Bir El Djir et Es Sénia, avec plus de 1000 caméras devant être installées. Ce projet ambitieux a nécessité une formation d’équipes spécialisées de la sûreté d’Oran et concerne les 48 wilayas du pays, a indiqué un responsable chargé du dossier au niveau de l’inspection régionale de la police de l’Ouest. Initiée dans

le cadre de la modernisation des moyens technologiques et scientifiques, ce dispositif permet, selon ce responsable, de répondre aux doléances de la population et de renforcer

de répondre aux doléances de la population et de renforcer projet a été lancé en 2003

projet a été lancé en 2003 au niveau d’Alger pour se généraliser par la suite aux autres wilayas du pays.

gardes à vue a été généralisée aux autres wilayas du pays. Le projet lancé, il y a plus de quatre ans, dans quatre

Annaba, est opérationnel dans les autres wilayas du pays. Ce système s’inscrit dans une stratégie d’humanisation des conditions de garde à vue. F.A.

expulsées en 2017 pour séjour irrégulier. Les statistiques de l’année 2017 indiquent également que 915 jeunes ont été reconduits aux frontières par les polices européennes. Les reconduits n’avaient aucun document

attestant leur séjour et ont été arrêtés lors des contrôles. Par ailleurs, 247 jeunes ont été refoulés et 418 ont été rapatriés. Le bilan indique également que

1 056 759 voyageurs ont transité par les ports d’Oran, de Mostaganem et de Ghazaouet, alors que 1 044 631 ont transité par les frontières aériennes au terme de l’année 2017. D’autre part, et dans le cadre du renforcement du dispositif de facilitation au profit des voyageurs, des brigades navigantes relevant de la police des frontières sont déployées dans les car-ferries lors de la saison estivale. Celles-ci ont pour mission d’accomplir les formalités dans les bateaux au lieu des lieux de débarquement. Cette mesure vient après celle initiée il y

quelques années et qui est la suppression de la fiche de renseignements pour les voyageurs. F.A.

a

ACCUSÉS DE VIOL ET D’INCITATION DE MINEURE À LA DÉBAUCHE

PHOTO : DR

UN JEUNE HOMME ET SA MÈRE CONDAMNÉS PAR LA JUSTICE

H ier, trois mis en cause pour attentat à la pudeur sur mineure et incitation de mineure à la débauche

la sécurité des biens et des personnes. Initialement, le

Par ailleurs, on saura que la gestion automatisée des

wilayas pilotes que sont Alger, Oran, Tamanrasset et

ont comparu devant le tribunal criminel de première

 

instance. Le dénommé S.O., la vingtaine, devait répondre du premier grief. Quant à la dénommée B.F., mère de ce prévenu, et S.F., sa voisine, elles devaient répondre du second chef d’inculpation. Après délibération, S.F. a été acquittée. Quant à B.F., elle écopera d’une année de prison avec sursis, alors que

VERS UN RENFORCEMENT DU DÉPLOIEMENT POLICIER

 

Avec un taux de couverture de 97% et un policier pour 253 habitants, l’inspection régionale de la police de l’Ouest compte atteindre une couverture maximale avec un policier pour 200 habitants, a-t-on appris, hier, lors de la présentation du bilan d’activités de l’année 2017 au siège de l’unité de maintien de l’ordre, sise à Dar El Beïda. Dans ce registre, l’inspecteur régional de la police de l’Ouest, le contrôleur Amohand Mohand Saïd, a tenu à souligner les efforts consentis dans la sécurisation des biens et des personnes en rappelant les directives données par la

institutions, dont la presse. Il ressort

du bilan d’activités que 44 224 affaires de crimes et délits ont été enregistrées, dont 36 957 ont été traitées, soit un taux de résolution de 83,57%. Dans ce registre, on apprend que 29 161 affaires d’atteinte aux personnes et aux biens ont été enregistrées et 22 462 ont été résolues, soit 77,02%. Les policiers ont arrêté 27 918 personnes. Par ailleurs,

4706

stupéfiants ont été enregistrées et

4697

individus ont été arrêtés et 3648 ont été écroués. Les policiers ont saisi 5198,56 kg de kif traité, 604,69 g de

affaires de commercialisation de

ont été solutionnées. 6589

selon le responsable, par la lutte sans merci engagée par les services de sécurité au niveau des frontières ouest contre le trafic de drogue. En matière de cybercriminalité, on saura que 659 demandes d’intervention ont été traitées par le Laboratoire régional de la police scientifique, dont trois affaires de pédophilie, 260 affaires de cybercriminalité et 92 affaires liées aux actes subversifs, extrémisme entre autres. L’inspection régionale

envisage, au terme de cette année, la

réception de 18 sûretés urbaines. Le chef de la sûreté d’Oran a, pour sa part, souligné que 13 bandes de malfaiteurs ont été neutralisées l’année dernière à

S.O. a été condamné à 3 ans de prison ferme. Cette affaire a eu lieu à la cité Ennour en février 2016. Selon les faits, elles ont quitté leur domicile pour se rendre chez S.O. qui les hébergera durant une nuit en l’absence de sa mère. Le lendemain, elles passeront toutes les deux

la

nuit dans sa chambre alors que sa mère était présente.

Après leur arrestation, l’une des victimes déposera plainte contre S.O. pour viol. L’expertise médicale confirme les déclarations de la jeune fille. Arrêtés, les trois mis en cause donneront chacun sa propre

déclaration. S.O. ne niera pas avoir hébergé deux fois de suite les jeunes filles, mais il réfutera le grief arrêté contre lui. A la barre du tribunal criminel, il maintiendra ses déclarations, quant à sa mère, elle expliquera avoir refusé que les jeunes filles passent la nuit chez elle, mais devant l’insistance de son fils, elle accepta. Dix ans de réclusion ont été requis contre S.O. et 5 années contre les

DGSN dans le renforcement de l’action de proximité avec les différentes

cocaïne et 80 073 comprimés de psychotropes. Cette baisse s’explique,

Oran.

 

F. A.

deux femmes.

S. Moncef

FORMATION PROFESSIONNELLE

 

Une campagne de sensibilisation sur les nouvelles offres

 

L e métier de boulanger est menacé de disparition d’ici peu au vu de la

cadence des fermetures des boulangeries pour diverses causes, dont le manque de formation aux métiers de boulangerie et le désintéressement des jeunes pour ce métier. Pour combler le déficit criant en boulangers, à Oran, 60 postes pédagogiques dans le mode résidentiel sont proposés par la direction de la formation professionnelle pour la rentrée de février 2018 et 60 postes dans le mode d’apprentissage. C’est ce que

nous a indiqué, hier, Laïd Bouzid, du service du partenariat et de la formation continue. Ces postes sont offerts par les CFPA de Aïn El Turck et Es-Seddikia. Notre interlocuteur ajoutera que dans cette

optique, «une caravane de vulgarisation et de sensibilisation sur les offres de la session

février sillonnera la wilaya d’Oran. Elle

de

ciblera les places publiques de quelques communes jusqu’au 6 février prochain. Elle

débuté le 28 janvier à Aïn El Turck et a été suivie le lendemain à Messerghine. Elle est

a

attendue mardi à Hassi Bounif et mercredi à Oued Tlélat, devenu véritable pôle urbain depuis les récentes opérations de relogement et dont une grande partie de la population est composée de jeunes, soit en âge de travailler ou en recherche d’un métier d’avenir». Cette caravane devra mettre pied le 1 er

février à Arzew avant d’être clôturée le 6 février à l’avenue Ahmed Benabderazak. «La caravane vise à se rapprocher d’un

grand nombre de jeunes possibles et son programme comporte la distribution de

dépliants mentionnant les formations disponibles, les établissements d’accueil et les conditions d’accès», a ajouté Bouzid Laïd. Près de 5850 nouveaux postes pédagogiques sont offerts en prévision de la session de février prochain. La direction de la formation professionnelle d’Oran a ouvert une nouvelle spécialité dans le domaine du montage et de la maintenance des panneaux solaires destinée aux stagiaires ayant le niveau de 4 e année moyenne et 2 e année secondaire. Zekri S.

solaires destinée aux stagiaires ayant le niveau de 4 e année moyenne et 2 e année

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 9

       
 

KABKABYLIEYLIE INFOINFO

   
 

PATRIMOINE DE LA VILLE DE BÉJAÏA

 

CAFÉ LITTÉRAIRE

 

La porte des Etendards se meurt

MUSES EXILÉES CÉLÈBRE LA LIBERTÉ

L e Théâtre régional de Béjaïa Abdelmalek Bouguermouh était archicomble le samedi 20 janvier dernier. Le public, de différentes

Le projet de confortement et de réhabilitation de ce monument historique, qui est en phase de préparation du cahiers des charges, a été inscrit en juillet 2017 par l’APC de Béjaïa pour un montant de 32 millions de dinars.

B ab El Fouka, un monu- ment classé

patrimoine national depuis novembre 1903, et qui a été construit entre 1067 et 1071, né- cessite des travaux urgents. C’est ce à quoi ont appelé nombre d’associa- tions engagées dans la préservation du patrimoine, en orga- nisant un rassemble- ment devant le site. D’après l’Associa-

engagées dans la préservation du patrimoine, en orga- nisant un rassemble- ment devant le site. D’après

tranches d’âge, s’est déplacé nombreux pour assister à la 6 e édition de Muses exilées, organisée par le Café littéraire de Béjaïa. Au pro- gramme, une exposition de deux photographes bougiotes, Sofiane Bakouri et Yassine Belahsène, et du photographe algérois Mehdi

Hachid, a occupé le hall du théâtre. Neuf grandes photographies sur la thématique du huis clos était exposées pour illustrer subtilement des espaces exigus. Elles se proposent comme une contestation de l’enfer- mement pour mieux aspirer vers la libération, voire la liberté. C’est avec un décor sobre, représentant un coffre d’où débordent des

livres posés dans le tas, quelques feuilles manuscrites froissées et des bouteilles de vin vides traînant sur le sol, symboles et muses de l’artiste, que le spectacle a eu lieu. Les notes orientales du guitariste Kakou Bouzidi et la voix féerique de Souad Haniz ont accompagné le texte de Gibran Khalil Gibran, intitulé La Liberté, déclamé par Maya Bendada et Kamel Guissé. Animatrice au Café littéraire et initiatrice de Muses exilées, Siham Benniche a expliqué que «c’est pour exorciser leur exil que les artistes de différents domaines et de différentes provenances se donnent ren- dez-vous sur notre scène, chaque trois à quatre mois». Le programme a continué avec un hommage rendu à l’auteur d’expres- sion kabyle, Salem Zenia, fervent défenseur de la culture berbère et l’auteur d’expression française, Rabah Belameri. La jeune équipe de Muses exilées a déclamé quelques extraits des livres de ces deux au- teurs, avec accompagnement musical. La chanteuse, Chahrazed Aous, et le guitariste, Oualid Boudraâ, ont marqué une pause musicale avec leurs propres compositions, avant de reprendre avec la poésie en trois langues de Oumelkhir Fellague venue de Laghouat, Yara-Rim Menia, de Jijel, et Abdelkrim Bouchakel, de Béjaïa.

tion pour la sauve- garde et la promo- tion du patrimoine culturel de la ville

d’austérité dans le pays depuis 2014, suite à la chute des prix des hydro-

Des spécialistes au chevet de la porte en octobre dernier

de Béjaïa, qui suit ce dossier en col-

carbures, a provoqué l’annulation de plusieurs opérations dans le secteur de

laboration avec l’APC, «l’Assemblée

PHOTO : D. R.

 
   

Le spectacle s’est achevé avec la clôture musicale assurée par Mélinda

 
 

la

culture, parmi elles celles concernant

   
   

et Mylène, deux choristes de Tizi Ouzou, et le groupe bougiote Ajrad, dont le nom fait référence à la célèbre chanson de Slimane Azem

 

populaire de Béjaïa, à travers une délibération datée de juillet 2017, a inscrit un projet d’un montant de 32 millions de dinars, avec comme intitulé confortement et restauration de la porte Fouka». Le président de l’association, Zahir Benacer, a précisé que «l’étude du pro-

jet de confortement et de réhabilitation

certains programmes de réhabilitation

utilisée autant par les piétons que par les automobilistes. L’association pour la sauvegarde et la

des monuments.

Effegh ay ajrad tamurt-iw.

C. P.

L’association que préside Zahir Benacer

 

a

«tiré la sonnette d’alarme en mars

promotion du patrimoine culturel a, pour rappel, invité en octobre 2017 une équipe d’architectes spécialisés dans la numérisation en 3D, une technique qui consiste en le scannage de pièces de musée, de bâtiments et autres sites archéologiques et historiques pour les besoins d’archivage et de l’utilisation des projections dans le cadre de la réha- bilitation des édifices. Le relevé numé- rique de la porte des Etendards opéré l’an dernier par P r . Zeghlache Hamza, de l’université de Sétif, et ses anciens étudiants, a révélé des signes inquié- tants de dégradation, dont des fissures invisibles à l’œil nu et des décalages qui témoignent de l’instabilité du monu- ment, en plus de la chute de briques constatable sur le site. Nordine Douici

 

BÉNI MAOUCHE

SENSIBILISATION SUR LES DANGERS DE L’INTERNET

2017 à travers une lettre ouverte au wali, où il a été demandé l’inscription d’un projet de confortement et de réhabilitation du site à l’indicatif de

 

de

Bab El Fouka étant achevée, les ser-

l’APC, après le gel de l’opération ins- crite à l’indicatif de la direction de la

vices techniques de l’APC sont en phase

 

de

préparation du cahiers des charges

culture de la wilaya». La proposition, ajoute Zahir Benacer, «a été retenue par le wali, après sa visite du site en avril 2017 et rendue possible grâce à l’adhé- sion de l’ensemble des élus de l’APC». Entre-temps, Bab El Fouka, monument datant de l’époque des Hammadites, qui revêt une importance historique

avant de lancer une consultation natio- nale pour attirer une entreprise spécia- lisée pour l’étape de la réalisation de ce programme». Seul obstacle, selon notre interlocuteur, «la délibération de l’APC n’a pas prévu d’inclure un bureau d’études pour le suivi de l’opération.

L e lycée Loudjani Lhachemi de Béni Maouche a abrité, mardi passé, une conférence-débat sur les dangers de l’in-

ternet et du jeu de la baleine bleue. Organisée par l’association Nezmer, en collaboration avec le lycée, cette rencontre a mis l’accent sur l’importance de préserver les enfants et les adoles- cents de l’usage excessif et sans contrôle de l’internet. Touak Mourad, psychologue, et Kebbiche Aïssa, clinicien, ani- mateurs de la conférence, en plus d’avoir expliqué les risques réels de l’internet, ont donné divers conseils pour un bon usage du web, devenu actuellement l’outil d’information le plus

employé par la population juvénile. Arnaques, harcèlements, vol d’informations personnelles, usurpation d’identité, perte

 

cet effet, une somme d’argent va être dégagée incessamment afin d’engager

A

pour la ville de Béjaïa, se dégrade à vue d’œil. Au fil du temps, la structure

 

le

bureau qui suivra les travaux avant

est devenue fragile du fait de l’activité

de

Pour rappel, l’application de la politique

lancer le projet en réalisation».

qui s’organise autour d’elle. Servant de passage vers l’ancienne ville, elle est

TAMAZIGHT

 

Il y a 28 ans, le rassemblement du 25 janvier 1990

L e 25 janvier 1990, des milliers de personnes ont manifesté à Alger en observant un rassemblement devant le siège

de l’APN portant haut la revendication identitaire. Une pla- teforme de revendications est remise au président de l’APN, Rabah Bitat, par Matoub Lounès. 28 ans après, Mohand Sadek Akrour et Nacer Arbane, acteurs du Mouvement cultu- rel berbère (MCB), ont rappelé le souvenir de cette action qui avait arraché l’un des premiers acquis pour tamazight. La rencontre, organisée vendredi dernier à Barbacha par la section du PST, a eu lieu dans la salle dite des fêtes et que l’on

que l’Algérie est un pays amazigh et revendique la garantie des libertés démocratiques, la réécriture objective de l’histoire et tamazight, ainsi que l’arabe populaire langues nationales. Face à un gouvernement qui se fait autiste, le «mouvement 80» résiste et continue dans l’université, avant que n’éclate la première mise à mal, avec la naissance du RCD en février 1989, et l’annonce que «le MCB est mort». Pour rebondir, des animateurs du MCB organisent un deuxième séminaire du Mouvement en juillet 1989 à la Maison de la culture de Tizi Ouzou. Les séminaristes ne sacrifient rien de leur idéal

 

de temps, contenus nuisibles à la santé morale…les conféren- ciers ont cité les multiples dangers qui guettent les utilisateurs de l’internet s’ils ne sont pas vigilants et ont expliqué les bons

gestes à adopter pour s’en préserver. «Vous devez apprendre les bonnes habitudes pour utiliser l’internet à votre profit :

apprendre, réviser, découvrir, communiquer avec vos proches et améliorer votre niveau scolaire. Il faut s’éloigner des sites adultes, des sites qui font l’apologie de la violence et du ra- cisme, ne pas parler avec n’importe qui sur les réseaux sociaux, car il y a des personnes malintentionnées, il ne faut pas jouer à n’importe quel jeu…», recommandent-ils aux lycéens. Saisissant l’occasion, Touak Mourad a expliqué aux lycéens quelques méthodes de développement personnel pour mieux gérer sa vie, réussir ses projets et concrétiser ses rêves. B. B.

a baptisée «Maison du peuple». Mohand Sadek Akrour, actuel maire de Barbacha, estime qu’on évoque peu certaines dates historiques qui ont émaillé le combat pour tamazight, dont celle de ce rassemblement. La genèse ramène l’assistance jusqu’au 10 mars 1980, jour de l’interdiction de la conférence de Mouloud Mammeri à l’uni- versité de Tizi Ouzou et la marche du lendemain qui a porté le combat dans la rue. Un mouvement de masse prend forme et fait face à la répression du régime qui frappe aussi à Alger en réprimant la marche du 7 avril démarrant de la fac centrale, et dans laquelle Kateb Yacine, Ferhat M’henni et d’autres ont été actifs. Dix jours plus tard, le ministre de l’Enseignement supérieur, Abdelhak Brerhi, est à Tizi Ouzou pour promettre un institut de langue amazighe contre l’arrêt de la grève qui paralysait l’université. Le régime fait parler aussitôt le bâton. Le 19 avril, les CRS entrent en scène et s’en prennent violem- ment aux étudiants. Le souvenir d’avril 80, encore intact dans les esprits, les militants se remobilisent et tiennent leur pre- mier séminaire à Iâakouren. Le rapport de synthèse rappelle

démocratique. «Nous étions les premiers à comprendre qu’il fallait imposer l’égalité linguistique en revendiquant aussi le caractère officiel pour tamazight», assure Nacer Arbane. Une réunion tenue en décembre de la même année aboutit à la décision de tenir un rassemblement à Alger le 25 janvier 1990 et de remettre le rapport de synthèse du séminaire de Tizi Ouzou au chef du gouvernement, Mouloud Hamrouche. Celui-ci, espérant faire annuler la manif, signe la veille le dé- cret de création du département de tamazight de Tizi Ouzou. Le rassemblement n’est pas pour autant annulé. Les autorités ont laissé faire et, étrangement, ont permis l’ouverture de l’antenne de l’ENTV aux représentants du MCB, qu’étaient Sadek Akrour et Djamel Zenati. «L’axe square-Grande-Poste- place des Martyrs était noir de monde», se rappelle Akrour, qui cite le prolongement des horaires de la Chaîne 2 de la Radio nationale parmi les acquis arrachés par cette action. Pour lui, il y a lieu de rectifier que l’enseignement de tama- zight ne remonte pas au lendemain de la grève du cartable, mais a été arraché le 24 janvier 1990. K. M.

 

Rendez-vous de la Soummam

Bibliothèque de Tinebdar • 03 février. 14h. Conférence-débat avec Djamal Ikhloufi, chargé de formation des enseignants de tamazight et Adjal Mohamed, enseignant de tamazight autour de «L’enseignement de tamazight, états des lieux et perspectives». Centre culturel d’Aokas •03 février. 14h. Café littéraire avec Frédérique Devaux-Yahi autour de son livre «De la naissance du cinéma kabyle au cinéma amazigh».

Associations, comités de villages, collectifs citoyens … si vous voulez annoncer un Café littéraire, un volontariat, une exposition, une commémoration, des festivités,… cet espace gratuit vous est réservé. Envoyez-nous vos RDV à : kabylieinfo06@yahoo.fr

des festivités,… cet espace gratuit vous est réservé. Envoyez-nous vos RDV à : kabylieinfo 06@yahoo.fr

PHOTO : DR

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 9

RÉGION

OUEST

CHLEF

La couverture forestière en nette progression

La couverture forestière s’est sensiblement améliorée pour atteindre un taux de 24%, contre 13% au début des années 2000. Ce qui donne une couverture végétale de l’ordre de 99 000 hectares au niveau de la wilaya.

de l’ordre de 99 000 hectares au niveau de la wilaya. E n dépit des multiples

E n dépit des multiples feux

de forêt qui ont ravagé

des centaines d’hectares

ces deux dernières décennies, des progrès notables ont été accomplis par la Conservation des forêts pour reconstituer les surfaces brûlées et reboiser des terrains qui étaient totalement nus. Du coup, la couverture forestière s’est sensiblement améliorée pour atteindre un taux de 24%, contre 13% au début des années 2000. Ce qui donne une superficie globale de

couverture végétale de l’ordre de 99 000 hectares au niveau de la wilaya. Cette évolution remarquable a, selon le conservateur des forêts, Djamel Zaoui, permis à la région de s’aligner sur la norme nationale grâce aux actions engagées en matière de repeuplement et de reboisement des grandes étendues forestières. Il s’agit particulièrement de celles situées sur les versants du littoral allant de Beni Haoua

longueur de 123 km, et au sud de la wilaya, au pied des monts de l’Ouarsenis. Les massifs côtiers avaient, on s’en souvient, connu leur pire série d’incendies durant l’été 2012, avec le ravage de plus de 7000 hectares. A cela s’ajoutent les feux de forêt cycliques survenant généralement au cours des périodes de grande chaleur et de sécheresse. Néanmoins, le programme spécial mis en place par

2013, a permis non seulement de rétablir progressivement le couvert végétal, mais aussi de reboiser de nouvelles superficies. L’opération est appelée encore à s’élargir à l’avenir, puisque, selon le conservateur des forêts, un programme complémentaire de reboisement de 200 hectares sera lancé prochainement dans les communes de Taougrit, Sobha, Herenfa, Dahra, Ténès et Tadjena.

jusqu’à Decheria, sur une

l’administration des forêts, dès

AhmedYechkour

TIARET

Plaidoyer pour une chasse plus éthique

«Depuis plus de vingt ans, il n’y a pratiquement pas eu de chasse légale sur le vaste territoire de la wilaya, à l’instar de beaucoup de régions d’Algérie», a déploré M. Abdi, un des anciens chasseurs parmi les dizaines qui étaient présents à la rencontre initiée par l’association locale, vendredi dernier, dans un hôtel de la ville. Rencontre destinée à «sensibiliser et œuvrer afin d’imprégner les chasseurs d’une certaine éthique qui devrait seoir à cette activité qui reste d’essence sportive, voire qui se décline comme une passion», ajoute Abdelkader Boumaâza, un des principaux organisateurs de la rencontre instructive

à plus d’un titre. L’espace de quelques heures, l’auditoire

s’est prêté, tout ouïe, aux interventions des uns et des autres, dont celle du représentant de la Conservation des

forêts, qui, en plus de situer la donne en matière de chasse,

a évoqué textes et règles de base devant guider l’action

d’un chasseur digne de ce nom. La rencontre, dont on escompte qu’elle participe à la préservation de l’équilibre écologique, était centrée sur les espèces protégées et celles présentes dans les maquis de la wilaya, notamment au niveau de «zdamas gharbi», «zdamas chergui», la forêt des Beni Affane et celle de Tiaret, soit environ 154 000 hectares, que les braconniers

n’ont pas cessé de dépeupler. Depuis, la gazelle du cuvier,

la

perdrix de roche, le faisan, le gibier d’eau, le colvert,

le

lièvre, le lapin de garenne, le lynx et le sanglier, toutes

ces espèces sont systématiquement massacrées. «On ne se soucie ni de la période d’incubation ni des périodes de

chasse et, comble du paradoxe, on y emploie jusqu’aux enfants dans cette chasse anarchique qui cause plus de torts que de satisfactions», déplore encore M. Abdi. C’est d’ailleurs pour ces raisons que le représentant des

forêts a évoqué la loi 04/07 du 7 août 2004, qui réglemente

la chasse et définit jusqu’aux armes utilisées. «Même le

sanglier reste un animal à protéger dans notre région, contrairement à une idée préconçue, faisant croire à une grande présence de cet animal», et d’ajouter que «tout ce qui s’est dit à ce propos reste de la démesure», oubliant que des battues sont organisées dans un cadre tout aussi légal et c’est dire cet autre paradoxe qui renseigne sur la non-communication. A entendre parler de «hayhaya de halouf», on se croit envahi. D’aucuns n’ont pas cru leurs

oreilles à la tenue d’un tel discours, mais la réalité est là, implacable : «Le sanglier risque de disparaître, tout autant que d’autres espèces protégées, à l’exemple de l’hyène, dont une paire a été abattue par des braconniers dans la forêt de Taouyala du coté de Oued-Lilli», explique le représentant des forêts. Singularité lors de cette rencontre :

la présence de jeunes personnes éprises de chasse.

La relève est assurée, pour peu que les valeurs fondant cette activité soient respectées. Un chasseur doit être assuré et

autorisé.

Amellal Fawzi

SIDI BEL ABBÈS

Des CFPA seront enfin restaurés

M ettant fin à une sérieuse préoccupation des responsables du secteur de la formation et de l’enseignement professionnels,

le gel qui ciblait jusque-là un programme de réhabilitation de six établissements de formation a été finalement levé à Sidi Bel Abbès. Validée par la tutelle consécutivement à un plaidoyer formulé par les responsables, cette salutaire mesure était, en fait, d’autant plus impérative qu’elle cible précisément des édifices dont l’état de

délabrement avancé était devenu fort incommodant, tant pour les stagiaires que pour le personnel d’encadrement pédagogique. Les

opérations d’aménagement programmées dans cette optique doivent toucher notamment l’IFP et le centre de formation professionnelle de la ville de Sidi Bel Abbès, ainsi que les établissements de formation implantés dans les communes de Caïd Belarbi, Sidi Lahcène, Ras-El-Ma et Sfisef. D’un coût global de 50 millions de dinars, les travaux d’aménagement des infrastructures précitées doivent porter particulièrement sur l’étanchéité des toitures, le ravalement des murs, la réfection des salles et ateliers d’apprentissage et autres opérations de restauration des commodités annexes. M. Habchi

M O STAGAN E M

La RN11 de plus en plus dangereuse

U ne catastrophe a été évitée de justesse avant-hier à l’aube, suite à un

éboulement rocheux qui s’est produit sur la RN11, au lieu-dit «Sonaghter», à 13 km km à l’est de Mostaganem. Une partie de la route a été complètement obstruée. Fort heureusement, au moment de la chute des pierres gigantesques, aucun automobiliste n’était de passage, autrement, il y aurait eu des morts. On ne déplore donc ni pertes

humaines ni dommages matériels. En cette période de pluies, cette route nationale devient de plus en plus dangereuse, surtout que c’est une route à grande circulation qui relie Mostaganem à Ténès. En effet, tôt dans la matinée, tous les moyens nécessaires, humains et matériels, ont été mobilisés afin de libérer cette route et la rendre accessible. Alertés, les services de sécurité et la Protection civile se sont

déplacés sur les lieux pour se renseigner sur la fluidité de la circulation. Les autorités concernées doivent réfléchir sérieusement afin de remédier à la situation, surtout quand on sait que ce n’est pas le premier éboulement rocheux. Il y a un mois, une voiture de marque Logan a été fortement endommagée, mais, heureusement, aucune victime n’a été déplorée. Lakhdar Hagani

La poésie a joué un grand rôle durant la Révolution algérienne

L a maison de la culture Ali Maâchi a abrité, hier, un colloque national sur «la Révolution algérienne à

travers la poésie». Rencontre présidée par Tayeb Zitouni, ministre des Moudjahidine, en présence d’une foule nombreuse venue de différentes régions du pays. Dans son allocution d’ouverture, après celle du chef de l’exécutif, le membre du gouvernement a tenu à souligner «le rôle catalyseur du discours poétique durant la Révolution». Le ministre a rappelé le combat du chantre de la chanson algérienne engagée, feu Ali Maâchi et sa troupe «Safir Ettarab» à travers ses «Anghams El Djazaïr», entre autres, et beaucoup de ses semblables qui ont combattu par la plume et le verbe le colonialisme français. Au menu de ce colloque, la projection d’un film documentaire sur la vie et l’œuvre d’Ali Maâchi, celui-là même qui fut pendu au pied du bicentenaire arbre à la place des Martyrs, en compagnie de Djillali Bensotra et Mohamed Djehlène un certain 8 juin 1958. La visite du ministre a été une occasion pour faire une halte devant le nouveau mémorial des 1990 chouhada réalisé au cœur de la ville de Tiaret à proximité de la mythique source de Aïn El Djenane, une visite chez un vieux maquisard en la personne de Benamou Abdelkader,

à Sougueur, et la baptisation d’une structure de santé à la cité Zmala, sur les hauteurs de la ville. Le colloque, qui se décline à travers la déclamation de poèmes et l’hommage à la famille de Maâchi devrait être clôturé tard dans la soirée par une opérette de Hamdi Arslène produite par le Théâtre

régional de Médéa.

A. Fawzi

PHOTO : D. R.

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 11

INTERNA TIONALE

CORRUPTION, MANQUE DE FINANCEMENTS ET BUREAUCRATIE

L’Union africaine est-elle réformable ?

Les dirigeants africains ont mis en avant à Addis-Abeba leur volonté de combattre les nombreux travers qui paralysent l’Union africaine Le tout est de savoir maintenant s’ils veulent vraiment faire de l’organisation panafricaine une maison de verre ou s’il ne s’agit encore que d’une parole jetée en l’air.

L es choses doivent changer, elles ne peuvent plus fonctionner comme avant. C’est, en gros, le

message que Paul Kagamé a voulu transmettre hier à ses homologues africains lors de son premier discours

en tant que président de l’Union africaine, dont le 30 e sommet s’est achevé hier dans la capitale éthiopienne. Sa tâche n’est cependant pas facile : il doit conduire une réforme de l’organisation, une institution très critiquée pour son

inefficacité et, surtout, sa dépendance

à l’égard des bailleurs internationaux

qui la financent aux trois quarts. Justement, l’une des mesures phares de cette réforme est l’instauration d’une taxe de 0,2% sur certaines importations. Elle permettrait de financer l’UA à hauteur de près de 970 millions d’euros, ce qui rendrait l’organisation panafricaine pour ainsi dire autonome. Mais, pour les économies les plus dynamiques, comme l’Afrique du Sud, elle n’est pas très équitable. Autre pierre d’achoppement : l’éta- blissement d’une troïka, trois diri- geants africains pour représenter l’UA lors de sommets internationaux. Un trio qui ne serait pas suffi- samment représentatif de toutes les régions du continent. Enfin, c’est la méthode de Paul Kagame, «trop militaire dans son fonctionnement», selon certains, qui dérange. Beau- coup de dirigeants, notamment ceux de la SADC (Communauté de déve-

loppement d’Afrique australe), les 15 pays d’Afrique australe, reprochent à leur homologue rwandais un manque de consultations. Leur opposition

à Kagamé ne risque-t-elle pas tuer

dans l’œuf le projet de réforme ? Les Africains auront certainement une

projet de réforme ? Les Africains auront certainement une Le président rwandais Paul Kagame à l’ouverture

Le président rwandais Paul Kagame à l’ouverture du sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba

réponse bien assez vite. En attendant que cette réforme cru- ciale prenne forme, les dirigeants africains ont tout de même tenu à offrir un cadeau concret à leurs concitoyens, histoire de prouver que l’UA a changé de logiciel. Ils ont procédé au lancement du marché unique du transport aérien sur le continent. La question était discutée depuis la décision de Yamoussoukro, en 1999, et réaffirmée en 2013 dans le cadre de l’Agenda 2063, elle s’est concrétisée en 2015 par l’engage- ment solennel de 11 pays (le Bénin, le Cap-Vert, la République du Congo,

la Côte d’Ivoire, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, le Nigeria, le Rwanda, l’Afrique du Sud et le Zimbabwe) à

mettre en œuvre ce marché unique. Depuis, les onze ont été rejoints par le Burkina Faso, le Botswana, le Gabon, le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Mali, le Mozambique, le Niger, la Sierra Leone, le Swaziland et le Togo, ce qui porte le nombre total des Etats adhérant au marché unique à 23.

UN MARCHÉ UNIQUE AÉRIEN Outre les questions liées à l’intégra- tion du continent et à l’ouverture d’une zone de libre-échange, l’autre grand dossier traité par l’organisa- tion panafricaine était celui de la lutte contre la corruption. Le dossier tient tellement à cœur aux Africains que le thème de ce 30 e sommet de

l’UA était d’ailleurs «Remporter la lutte contre la corruption : une voie durable pour la transformation de l’Afrique». La corruption est un fléau qui coûte aux économies africaines, selon certaines études, 50 milliards de dollars par an. Il y a la «petite corruption» et surtout la «grande corruption» qui sévit au sein des élites dirigeantes africaines et dont l’ampleur a «des effets dévastateurs pour le développement économique, corrosifs pour la cohésion sociale et déstabilisateurs pour l’ordre poli- tique», avait déclaré dimanche à l’ouverture du sommet le président de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. C’est cette prise de conscience qui avait d’ailleurs conduit ce dernier à proposer dans son message de Nouvel An de faire de 2018 Année africaine de la lutte contre la corruption, avec pour mot d’ordre : «Gagner la lutte contre la corruption, un chemin durable vers la transformation de l’Afrique». Cette thématique a donc été formellement lancée pendant le sommet par les chefs d’Etat, qui souhaitent que l’UA fasse le point sur les progrès réalisés en matière de corruption depuis l’adoption en 2003, il y a 15 ans, de la Convention sur la prévention et la lutte contre la corruption (AUCPCC). L’organisation a promis aussi de «réfléchir aux nouveaux outils qu’il conviendra de développer pour rele- ver les défis de la corruption contem- poraine». Le tout maintenant est de savoir si les leaders africains sont sin- cères lorsqu’ils parlent de réformes. Le doute des Africains est légitime car, comme aujourd’hui, beaucoup de résolutions importantes ont été prises par le passé et peu d’entre elles ont été suivies d’effets. Zine Cherfaoui

MENACE TERRORISTE

Le CPS tire à nouveau la sonnette d’alarme

L’Afrique est menacée par une nouvelle race de terroristes qui sont détenteurs de passeports de pays occidentaux, ce qui leur facilite l’obtention de visas d’entrée à leur arrivée dans la plupart des pays africains.

C omme le rappelle l’ordre du jour des travaux du 30 e sommet de l’Union africaine, la prévention

et la résolution des conflits demeurent une mission essentielle de l’organisation panafricaine. Réunis en plénière, les dirigeants africains ont eu à examiner pas moins de trois rapports sur la paix et la sécurité, dont l’un sur la situation en Libye, remis par le président congolais Denis Sassou Nguesso, qui préside le comité de haut niveau sur ce pays. L’UA est également attendue en République centrafricaine où la crise s’est durcie en 2017, et au Soudan du Sud où le fragile processus de paix a besoin d’être soutenu. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA a saisi aussi cette opportunité pour mettre en garde les pays contre la menace que représentent les ter-

roristes africains et étrangers de retour dans leurs pays respectifs. Une commission du CPS chargée d’élaborer une approche globale de lutte contre la menace transnationale du terrorisme et de l’extré- misme violent en Afrique s’apprête d’ailleurs à lancer une initiative pour aider les Etats membres à élaborer une «approche harmonisée» afin de faire face à la menace des terroristes étrangers et africains de retour dans leurs pays respectifs. Une source africaine haut placée a révélé à ce pro- pos à l’agence Algérie presse service (APS) que la commission «va accélérer le processus d’élabora- tion de la liste africaine des personnes, des groupes et des entités impliqués dans des actes terroristes», tel qu’indiqué dans le Plan d’action de l’UA de 2002 sur la prévention et la lutte contre le terrorisme. Dans le même sillage, une approche globale de lutte contre la menace transnationale du terrorisme et de l’extrémisme violent doit inclure des mesures et des actions énergiques de développement socioécono- mique sur l’ensemble du continent, afin d’éliminer certaines conditions sous-jacentes qui nourrissent le fléau du terrorisme, a recommandé la même source. La commission chargée d’élaborer une approche globale de lutte contre la menace transnationale du terrorisme et de l’extrémisme a en outre relevé que

les groupes terroristes en Afrique, qui sont principa- lement motivés par un agenda local, ont des relais avec des groupes d’autres régions, citant à ce propos «les fusions d’AQMI (Al Qaîda au Maghreb isla- mique) avec d’autres groupes locaux et l’arrivée de Daech (Etat islamique) dans certaines provinces de Libye ou du Nigeria». Pour la commission du CPS, «Daech, qui a des ramifications en Afrique, après avoir été chassé d’Irak et de Syrie, cherche à faire du continent sa nouvelle base, notamment au Sahel». La même source note que «de nombreux pays africains sont mal préparés pour affronter des mil- liers de terroristes africains et étrangers de retour au continent», soulignant qu’ils constituent «une grave menace à la sécurité». Elle ajoute que «cette nouvelle race de terroristes, qui menace dange- reusement le continent, est constituée d’individus détenteurs de passeports de pays occidentaux, ce qui leur facilite l’obtention de visas d’entrée à leur arrivée dans la plupart des pays africains». Afin de limiter le déplacement de ces terroristes, la commission du CPS recommande de «diffuser l’identité de ces terroristes qui sont de retour dans leurs pays respectifs afin de pouvoir les suivre et évaluer le risque qu’ils représentent». Z. C.

en bref

évaluer le risque qu’ils représentent». Z. C. en bref Yémen K Au moins neuf personnes ont

Yémen

K Au moins neuf personnes ont été tuées hier dans de nouvelles

violences entre forces séparatistes et soldats gouvernementaux à Aden, la deuxième ville du Yémen. Dimanche, des forces séparatistes se sont emparées du siège transitoire du gouvernement après des affrontements avec l’armée loyaliste ayant fait au moins 15 morts et des dizaines de blessés, dont des civils. Le Conseil de transition du Sud, instance séparatiste, a exigé le départ du Premier ministre, Ahmed Ben Dagher, et du gouvernement, accusés notamment de «corruption». Le président Abd Rabbo Mansour Hadi est réfugié à Riyad en raison de la guerre qui se poursuit depuis trois ans dans son pays.

Tchad

K La police tchadienne a procédé à une soixantaine d’arrestations et

tiré des gaz lacrymogènes hier à N’Djamena lors d’une manifestation d’élèves contre les mesures d’austérité

imposées par le gouvernement, a constaté un journaliste de l’AFP. Tous les établissements supérieurs, secondaires

et primaires sont restés fermés après un

appel à une grève illimitée par le principal syndicat de l’enseignement supérieur du Tchad pour protester contre la baisse des salaires des fonctionnaires décidée par le gouvernement en janvier. «La police a

procédé à l’arrestation de plus d’une soixantaine d’élèves qui sont à la police

judiciaire» de N’Djamena, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la police, le colonel Paul Manga, ajoutant que

«plusieurs voitures ont été caillassées».

Burkina Faso

K Deux agents de police burkinabè, en mission, ont été tués hier

matin sur l’axe Baraboulé-Petegoli, à une dizaine de kilomètres de Baraboulé, dans le nord du pays, a indiqué une source officielle à Ouagadougou. La patrouille de police, composée de quatre éléments, était en route pour accomplir une mission de

sécurisation des populations, lorsqu’elle

a été surprise par des assaillants, dont

l’identité n’a pas été révélée. Depuis 2015, le Burkina Faso est devenu une cible des terroristes. La capitale, Ouagadougou, avait enregistré en moins d’un an deux attaques d’envergure ayant coûté la vie à environ une cinquantaine de personnes. Ces attaques se sont accentuées dans le nord du pays, aux frontières avec le Mali et le Niger, faisant au total 133 morts, selon des statistiques officielles.

Syrie

K La réunion de paix pour la Syrie voit ses ambitions réduites par

l’absence des principaux opposants au

régime de Bachar Al Assad et des Kurdes. Le refus du Comité des négociations syriennes (CNS), qui représente les principaux groupes de l’opposition, et des Kurdes, cibles d’une offensive turque, de participer a douché les espoirs d’avancées concrètes. Et semble confirmer, quelques jours après l’échec des pourparlers de Vienne sous l’égide de l’ONU, l’impasse dans laquelle

se trouve le règlement politique de ce

conflit qui a fait plus de 340 000 morts

depuis 2011. Ces refus «témoignent du

fait que des percées immédiates sont peu probables concernant le règlement politique en Syrie», a reconnu hier le

porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 12

FRANCE-ACTU

PRÉSENTATION DU FILM NOUS NE SOMMES PAS DES HÉROS AU CCA DE PARIS

La lutte pour la liberté et la dignité humaine

La récente présentation de Nous ne sommes pas des héros, un long métrage de Nasreddine Guenifi, au Centre culturel algérien de Paris, a reçu un accueil très favorable de la part du public Adapté du livre Le Camp de Abdelhamid Benzine, le film de Nasreddine Guenifi, d’une durée de 115 mn, restitue les conditions inhumaines de détention des prisonniers algériens dans le camp spécial de Boghari durant la Guerre de Libération nationale.

toute la violence du film ressortait du livre, Guénifi observe que s’il avait relevé toutes les scènes de violence contenues dans le livre, le film ne se serait pas fait. «Ce que vous avez vu c’est peu de choses.» Le camp spécial de Boghari est sous le contrôle de militaires de la Légion étrangère, dont d’anciens soldats nazis, chargés de «retourner» les combattants de l’ALN et de leur faire renier leur engagement pour l’indépendance de l’Algérie. Pour ce faire, aucun moyen n’est épar- gné aux détenus «traités comme des chiens», relate Benzine, qui n’a de cesse de réclamer pour ses camarades et lui-même le statut de prisonniers de guerre et l’application de la Conven- tion de Genève. Aux mauvais traite-

ments, aux humiliations et à la torture s’ajoutent les travaux forcés, le froid et le manque de nourriture. Les détenus

dorment sur la paille, sous des tentes, sans couverture et n’ont droit qu’à un seul repas par jour. «A Boghari, nous étions insultés, écrasés, humiliés. Rien ne manquait, pas même la folie, pas

même l’assassinat. L’homme valait moins qu’un chien», relate Benzine. Et

de relever qu’«entre 1959 et 1961, 29

Paris De notre bureau

L e personnage de Abdelhamid Benzine, incarné dans le film par l’acteur et metteur en scène Ah-

med Rezzak, relate, tout en rédigeant son livre, son transfert en février 1961, avec d’autres détenus de la prison de Lambèse, au camp de détention spécial de Boghari, le camp Morand, dans la région de Médéa. Les derniers détenus du camp seront libérés en juin 1962.

Interné avec une soixantaine d’autres militants de l’ALN, Benzine écrit Le Camp, d’abord sur des bouts de papier, puis sur un cahier caché dans le double fond du panier de sa mère. Le livre est publié en janvier 1962 grâce à un réseau de militants communistes. Nasreddine Guenifi raconte qu’il a dé- couvert le livre dans les années 1970. L’idée lui vient d’en faire un film, ce qui n’est pas «une tâche facile», «adapter le livre en scénario, écrire les dialogues, tout cela requiert beaucoup de travail». En 1982, le ministère de la Culture lance un appel à projets pour la commémoration du 20 e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie. Gue-

nifi reprend le sujet, mais Benzine était dans la clandestinité, avec une partie de l’encadrement du PAGS. «Etant moi-même militant de base dans le parti, j’ai réussi à entrer en contact avec Benzine et j’ai commencé à écrire avec lui la trame du film.» Benzine lui donne une liste de compagnons du camp Morand, il en retrouve quelques- uns. «J’ai reconstitué l’histoire comme un puzzle.» La situation politique algé- rienne se dégrade, le projet ne peut se faire. Les années passent, le projet de film est enfin repris en 2012 à la faveur d’un nouvel appel à projets cinémato- graphiques pour le 50 e anniversaire de l’indépendance nationale. «J’ai pris l’engagement de réaliser ce film, il fallait que j’aille jusqu’au bout.»

Le réalisateur n’est pas au bout de ses

peines, il doit faire face à nouveau à nombre d’obstacles, bureaucratiques

et autres. Le film est enfin produit par

l’Agence algérienne pour le rayon-

nement culturel (AARC). Reste sa diffusion. Présenté en avant-première à Alger le 27 octobre 2017, il a obtenu

le Prix du public au Festival du film

engagé d’Alger en décembre dernier.

A une spectatrice qui lui demandait si

prisonniers ont été assassinés. Nous sommes quelques-uns à être sur la liste». L’assassinat de Maâmar Senou-

ci, un interné, est maquillé en tentative

d’évasion.

«SOYEZ ENCORE PLUS AUDACIEUX QUE NOUS NE L’AVONS ÉTÉ»

A rappeler que Abdelhamid Benzine

avait été arrêté lors d’un accrochage avec les forces ennemies en novembre 1956, il avait été condamné à 20 ans

de travaux forcés et enfermé succes-

sivement dans les camps de concen- tration de Tlemcen, Oran, Lambèse,

au camp spécial de Boghari et Ham-

mam Bouhadjar jusqu’à l’indépen- dance. La première édition de son témoignage, Le Camp, a été préfacée par Henri Alleg, imprimée à Paris

aux Editions sociales et diffusée par Maspéro. Sadek Hadjeres, qui a pré- facé la première réédition du livre — il

a été réédité il y a quelques mois à

Alger —en février 1986 écrivait alors :

«Inutile de dire l’émotion que suscita parmi nous le manuscrit lorsqu’il nous parvint, parmi les camarades qui le mirent en forme, le tapèrent et le trans- portèrent. Il fut tiré en France en un

temps record. Sa très large diffusion souleva une nouvelle vague d’émotion et d’indignation, ce fut l’un des fac-

teurs mobilisateurs qui contribuèrent à la protestation géante du peuple et des démocrates français qui s’exprima dans les manifestations telles que celle de Charonne.» Et… «quel sens

peut-on donner aujourd’hui, en parti- culier, pour les jeunes générations, à cette lutte pour la liberté et la dignité humaine, que Hamid menait au camp

spécial de Boghari lorsqu’il avait 35 ans ?» «Le livre construit sous le nez des bourreaux par les internés du

camp de Boghari ne restera pas un mo- nument de ciment. Il fécondera dans les esprits et les cœurs de la nouvelle génération la volonté et la conscience nécessaires pour aller de l’avant.» Nous ne sommes pas des héros nous rappelle aussi que l’indépendance de l’Algérie a été portée par des patriotes

appartenant à divers courants poli- tiques et origines et soutenue à l’exté- rieur par des progressistes anticolo- nialistes. En témoigne la composition de l’auditoire qui s’est déplacé au CCA pour voir le film de Nasreddine Guenifi. Nadjia Bouzeghrane

BÉATIFICATION DES 19 RELIGIEUX ASSASSINÉS PENDANT LA DÉCENNIE NOIRE EN ALGÉRIE

«Un pas vers la paix et le pardon pour tous les humains»

La plupart des religieux assassinés pendant la décennie noire en Algérie étaient d’origine française, mais beaucoup ont passé toute leur vie en Algérie L’un des frères de Tibhirine, Luc, y était installé depuis les années 1950. Pierre Claverie, évêque d’Oran, en était natif.

Lyon De notre correspondant

L a béatification de Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d’Oran, des moines de Tibhirine et

de 11 autres religieux tués en Algérie entre mai 1994 et août 1996 est imminente. Le Vatican a reconnu samedi dernier leur martyre. Dans la terminologie catholique, ils sont morts in odium fidei – en haine de la foi – martyrs. C’est sous cette qualification que seront béatifiés les 19 religieux. L’archevêché d’Alger et les évêchés de Constan- tine, Oran et Laghouat ont, dans une déclaration commune, désamorcé rapidement l’incompré- hension qui pourrait surgir : «Ces béatifications disent que la haine n’est pas la juste réponse à la haine, qu’il n’y a pas de spirale inéluctable de la violence. Elles veulent être un pas vers le pardon et vers la paix pour tous les humains, à partir de l’Algérie mais au-delà des frontières de l’Algé- rie. Elles sont une parole prophétique pour notre monde, pour tous ceux qui croient et œuvrent pour le vivre-ensemble.» Parmi ces martyrs, on compte les sept moines de Tibhirine, enlevés en mars et dont les têtes ont été retrouvées en mai 1996, et Mgr Pierre Claverie, ancien évêque d’Oran qui clôt la liste macabre, en août 1996 à Oran. Les deux premières vic- times chrétiennes du terrorisme furent le frère mariste Henri Vergès (64 ans), présent en Algérie depuis 1969 et la sœur assomptionniste Paul Hélène Saint Raymond (67 ans), abattus dans La Casbah d’Alger. Les sœurs Esther Paniagua (45 ans) et Carida Maria Alvarez Martin (61 ans), membres de l’Ordre des Augustines, basé à Ma-

drid, furent assassinées en octobre 1994, au sortir de leur petite chapelle à Bab El Oued. Le 27 décembre 1994, alors que le détournement du vol d’Air France Alger-Paris s’était achevé, à Mar- seille la veille de Noël, par la mort des terroristes, après l’assaut de l’appareil par le GIGN français, quatre pères blancs, sont assassinés dans leur maison religieuse à Tizi Ouzou : Christian Ches- sel (36 ans), Alain Dieulangard (75 ans), Jean Chevillard (69 ans), Charles Deckers (70 ans), ce dernier, Belge naturalisé Algérien, attaché à Notre-Dame d’Afrique, était venu rendre visite à ses amis. Le 16 septembre 1995, deux sœurs,

Denise Leclercq (65 ans) et Jeanne-Angèle Marie (62 ans), de la congrégation Notre-Dame des apôtres sont abattues à Belcourt, après 30 ans de séjour et d’activité sociale dans le quartier. Quelques jours plus tard, en novembre à Alger, deux sœurs sont mitraillées à Alger. Une d’entre elle, Odette Prévost (63 ans), des Petites Sœurs du Sacré-Cœur du père de Foucauld (assassiné en Algérie en décembre 1916, béatifié en 2005) y laisse la vie, l’autre est gravement blessée mais elle s’en sortira. Puis ce furent les moines de Tib- hirine au printemps 1996, puis Pierre Claverie en août de la même année.

Pour le journal La Croix, cette béatification ra- pide, puisqu’elle fut initiée en 2007, n’a pas que des défenseurs au sein de cette Eglise d’Algérie, «habituée à la discrétion pour des raisons à la fois politiques et religieuses». Ainsi, le journal rapporte les doutes : «Pourquoi distinguer ceux qui sont morts de tous ceux qui, contre l’avis de leurs proches et parfois de leur congrégation, sont restés au plus fort de la tempête ? Com- ment éviter surtout de donner l’impression que l’Eglise d’Algérie ne célèbre que ‘‘ses’’ victimes en oubliant toutes les autres ?» Walid Moubarek

MGR TEISSIER

«Il nous a fallu plusieurs années pour faire l’unité entre nous pour décider d’ouvrir cette cause»

«Certaines congrégations — comme celle des Pères blancs — déplo- raient d’autres décès dans d’autres pays, au Congo et au Rwanda notamment, et ne voyaient pas pourquoi mettre en avant ceux d’Algérie. D’autres, comme Les Petites Sœurs du Sacré-Cœur considèrent qu’il n’est pas dans leur vocation de se mettre ‘‘à la première place’’. Enfin, certaines familles étaient plus préoccupées par la recherche de la vérité sur les assassinats que par la reconnaissance de l’exemplarité de ces vies. Il nous a fallu plusieurs années pour faire l’unité entre nous pour décider d’ouvrir cette cause en béatification. Nous étions d’accord, en tout cas, pour les réunir tous les 19 dans cette demande, de ne pas les séparer par congrégation. Il nous a fallu encore rassembler des docu- ments et des témoignages : ce n’est donc qu’en 2007 que la cause a été officiellement ouverte», explique Henri Teissier — ancien archevêque d’Alger au moment des faits et qui est à l’initiative de la démarche —

dans un entretien au quotidien La Croix. L’ecclésiastique se dit par ailleurs «convaincu que la générosité et la fidélité de ces religieux et religieuses sont extraordinairement actuelles. Leur témoignage est d’une grande actualité pour notre siècle !» Sur les ondes de la radio RFI, le père Armand Veilleux, supérieur de l’ordre cistercien trappistes dans les années 1990, les religieux béa- tifiés «ont passé leur vie à vivre l’évangile au milieu d’un peuple à majorité musulmane qu’ils aimaient, un pays qu’ils aimaient. Ils ont établi des liens de fraternité, d’amitié avec la population au cœur de laquelle ils ont vécu comme des frères durant la guerre civile d’Algérie et une guerre qui a fait plus de 200 000 victimes. C’est essentiellement ça qui est reconnu et je pense qu’ils n’aimeraient pas être séparés des 200 000 victimes».

W. Mebarek

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 13

L’AUTOMOBILE

SALON DE GENÈVE 2018

180 exposants et des absents

L a 88 e édition du Salon de

Genève sera ouverte au

public du 8 au 18 mars

2018 sur son site habituel, le Palexpo. Cet événement annuel, qui s’étale sur un peu moins de deux semaines, réu- nit les plus grands construc- teurs mondiaux. Mais, comme la précédente, cette édition sera également mar- quée par l’absence de cer- taines marques, à l’image de Opel, Mini, Infiniti, DS et Chevrolet/Cadillac. Quelque 180 exposants dans 6 halles dédiées aux voitures et une halle réservée aux fournisseurs et représentants nationaux de la branche. «Il

n’est effectivement plus un secret pour personne que les constructeurs réfléchissent aujourd’hui à deux fois avant de participer à un Salon, même international, comme le nôtre», explique André Hefti, directeur général du Geneva International Motor Show. «Leur participation est liée à des investissements importants et dépend donc dorénavant de la présenta- tion d’une nouveauté. Nous accueillons chaque année quelque 10000 représentants des médias du monde entier. Une conférence de presse à

GROUPE PSA

L’intérêt de la Tunisie et du Maroc pour Opel

Le groupe PSA (Peugeot, Citroën), propriétaire de la marque Opel, va bientôt mettre le cap sur la marque allemande sur les marchés tunisien et marocain. Opel prévoit de commencer à exporter des voitures vers la Tunisie et le Maroc au départ de ses usines européennes, selon Michael Lohscheller, président du directoire de l’ancienne filiale de General Motors, dans un entretien paru hier dans les colonnes du quotidien allemand

Frankfurter Allgemeine Zeitung. «Nous voyons de bonnes opportunités pour nous», dit Michael Lohscheller, président du directoire de Opel, au sujet des perspectives de la marque en Afrique. Il a précisé ne pas craindre de voir les ventes de Opel cannibaliser celles de PSA dans la région. «Il y a des acheteurs qui choisissent sciemment une marque française et d’autres qui agissent de même pour une marque allemande», a-t-il soutenu. PSA a racheté Opel de General Motors en mars 2017, à la veille du précédent Salon internatio- nal de l’automobile de Genève, pour un montant de 2,2 millions d’euros. Selon une feuille de route du groupe, PSA a donné à Opel jusqu’à 2020 pour se ressaisir et renouer avec la rentabilité, en optant, entre autres, pour un changement de

ses modèles.

R. B.

PHOTOS : DR
PHOTOS : DR

Genève reste un moyen de

tionnellement attribuées à Ci-

Cee’d, les Mercedes classe

communication des plus effi-

troën. Enfin, ce constructeur

A

et classe C restylée, la Clio

caces».

a

rejoint Peugeot, de l’autre

RS 18, le Seat SUV 7 places,

Ce changement de compor-

côté de la halle. Les marques

la

Skoda Fabia restylée, les

tement exige une plus grande flexibilité des organisateurs de la manifestation, car les surfaces libérées ne sont pas

du groupe PSA se trouveront ainsi réunies. S’il est encore trop tôt pour donner la liste des nouveautés de ce Salon,

Toyota Auris et Supra… Par ailleurs, on annonce aussi une flopée de petits construc- teurs de modèles parfois très

restées inoccupées, mais

on

connaît au moins certaines

ont au contraire permis une réattribution des stands et un meilleur confort de visite grâce à une meilleure circu- lation du flux des visiteurs. Ainsi, Aston Martin a saisi l’opportunité pour s’agrandir,

marques qui pourront dévoi- ler l’un de leurs nouveaux modèles. C’est le cas de la cinquième

génération d’Audi A6, de la Serie2 Active et le Gran Tou- ner, X4 et Serie 8 chez BMW,

exclusifs, ainsi que des pré- parateurs de haut niveau qui

vont rejoindre le Salon. Parmi les nouveaux exposants dans les «halles voitures» figure- ront Applus Idiada, Arden, Caresoft, Corbellati, E-Moke, Engler, Fomm, GFG Style,

en reprenant la surface de Opel. Jaguar et Land Rover se

le

500 restylée, la Honda CR-

Citroën C5 Aircross, la Fiat

Hennessey, Icona, Luxaria Technology, Lvchi Auto, Pal-

sont également agrandis en

V, les Hyundai Kona elec-

V,

Polestar, Quadro Vehicles

occupant des surfaces tradi-

trique et la i20 restylée, le Kia

et

W Motors.

R. A.

DIESEL

Les constructeurs allemands accusés de tests sur des singes et des humains

allemands accusés de tests sur des singes et des humains L es constructeurs auto- mobiles allemands

L es constructeurs auto- mobiles allemands Volks-

wagen, Daimler et BMW devaient affronter lundi des informations de presse sur des tests d’émissions de gaz diesel effectuées sur

des singes, mais aussi des humains, une membre du gouvernement dénonçant de son côté un «scandale». Dès samedi, Volkswagen

avait indiqué prendre «clai- rement ses distances avec toute forme de maltraitance

des animaux», après la ré- vélation par le New York Times de tests menés sur des singes pour le compte des trois constructeurs, ainsi que pour celui de l’équi- pementier allemand Bosch. Ces expériences avaient été conduites en 2014 sur le sol américain par un or- ganisme spécialisé dans la santé dans le secteur du transport, l’UEGT, fondé par les quatre groupes. Mais

l’affaire a pris une nouvelle dimension lundi, le quoti- dien allemand Süddeutsche Zeitung affirmant que des tests sur les effets de l’inha- lation d’oxyde d’azote (NOx) avaient également été effec- tués sur environ 25 êtres humains en bonne santé. «Je suis écœurée d’apprendre les révélations sur les tests d’émissions concernant les humains et les singes», a dé- claré la ministre allemande de l’Environnement, Barba- ra Hendricks. «Il est bon -et c’est le moins qu’on puisse attendre- que les construc- teurs automobiles allemands aient pris leurs distances avec ces tests et se soient excusés», mais «les dessous de ce scandale doivent être rapidement mis au jour», a ajouté la ministre. «Nous, nous prenons nos distances expressément avec l’étude et avec l’EUGT», a réagi lundi un porte-parole de Daimler,

interrogé par l’AFP. «Nous sommes consternés par l’ampleur des études et leur

mise en œuvre», a-t-il ajou- té, affirmant que sa filiale Mercedes-Benz «condamne les expériences dans les termes les plus forts». BMW, également sollicité, n’avait pas encore réagi en matinée. Bernd Althusmann, ministre de l’Economie de Basse- Saxe, un Etat-région action- naire de VW, a, pour sa part, qualifié ces expérimenta- tions animales d’«absurdes et inexcusables», a rapporté l’agence DPA. M. Althus- mann appelle lui aussi de ses vœux une «enquête approfondie», ainsi que des «conséquences person- nelles graves» pour les res- ponsables de ces tests. Fin 2015, le groupe Volkswagen avait reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel, dont environ 600 000 aux Etats-Unis, d’un logiciel

faussant le résultat des tests anti-pollution et dissimu- lant des émissions dépassant jusqu’à 40 fois les normes autorisées. Dans la foulée du «dieselgate», les construc- teurs allemands ont décidé de mettre un terme à l’acti- vité de l’UEGT, qui se trouve actuellement en liquidation, précise la Süddeutsche Zei-

AFP

tung.

INDUSTRIE AUTOMOBILE

Yousfi invite les entreprises chinoises à s’impliquer en Algérie

L ors d’un entretien avec l’ambassadeur de la République de Chine en Algérie, Yang Guangyu, le ministre de l’Indus-

trie et des Mines, Youcef Yousfi, a exhorté les entreprises chinoises spécialisées dans la fabrication des composants automobiles à «participer à l’essor de l’industrie automobile nationale à travers des partenariats». Le premier respon- sable du département de l’Industrie a invité dans ce sens les entreprises chinoises à participer aux journées techniques sur la sous-traitance mécanique, prévues début mars à Alger. De son côté, le diplomate chinois a fait savoir que l’année 2018, qui coïncide avec le 60 e anniversaire de l’établissement des relations entre Alger et Beijing, sera marquée par l’inten- sification de la coopération industrielle et commerciale avec l’Algérie. A ce propos, il a annoncé la visite prochaine en Algérie d’une mission commerciale chinoise, avec une forte délégation de chefs d’entreprise. R. A.

KIA MOTORS

La nouvelle RIO GT Line au Salon helvétique

A. KIA MOTORS La nouvelle RIO GT Line au Salon helvétique K IA Motors dévoile les

K IA Motors dévoile les premières images de sa nouvelle

Rio GT Line 2018, qui fera ses premiers débuts au Salon

international de Genève. La petite citadine sud-coréenne s’y présentera en effet dans sa version GT Line, avec un look en- core beaucoup plus sportif. Ce dernier a été retravaillé, avec

l’intégration d’un nouveau bouclier avant, joliment cerné, avec une signature lumineuse composée de quatre carrés. La

calandre, elle aussi, reçoit un nouveau contour chromé. Côté esthétique, de fausses sorties d’air font leur première entrée, avec les doubles sorties d’échappement. Ce modèle propose également des rétroviseurs et becquets teintés en noir, ainsi que des jantes de 17 pouces. Dans l’habitacle, le tableau de bord bénéficie d’un nouveau revêtement, finition carbone, tandis que le volant reçoit la griffe GT Line. Côté motorisa- tion, c’est le bloc moteur de 1.0 turbo T GDi de 120 ch et 171 Nm, déjà connu sur le Stonic, qui prend place sous le capot. Disponible en Europe à la fin du semestre, la nouvelle cita- dine sud-coréenne fait aussi le plein de technologies, notam-

R. B.

ment en matière de sécurité.

LAMBORGHINI

La remplaçante de l’Aventador sera uniquement hybride rechargeable

de l’Aventador sera uniquement hybride rechargeable L a marque italienne Lamborghini vient de dévoiler les

L a marque italienne Lamborghini vient de dévoiler les grandes lignes de son nouveau modèle hybride, celui qui

va remplacer l’Aventador et qui sera lancé au début de la prochaine décennie. Lamborghini avait déjà prévenu que le passage à l’hybride ou à l’électrique ne se fera qu’une fois que cette technologie aura atteint un niveau assez avancé. Mais le constructeur italien semble toutefois avoir trouvé la formule, selon Caradisiac Com, qui a, lui aussi, repris Autoexpress. Selon des révélations faites aux journalistes d’Autoexpress, la remplaçante d’Aventador serait une hybride rechargeable. Par conséquent, cela signifie forcément que le moteur histo- rique V12, dans sa version archaïque, arriverait à la dernière ligne droite. Néanmoins, le constructeur prestigieux ne met- trait pas le V12 définitivement à la retraite, il se peut qu’il soit animé par une génératrice électrique. R. A.

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 14

CUL TURE

LA NUIT DES IDÉES

Lumineuses pour la littérature africaine

Organisée par l’Institut français d’Alger, la Nuit des idées s’est tenue dans quatre lieux différents d’Alger : la Cinémathèque algérienne, la librairie l’Arbre à dire, Les Ateliers sauvages et l’Institut français d’Alger, le jeudi 25 janvier 2017, de 17h à 2h.

I nitiée en 2016 par Laurent

Fabius, ancien ministre des

Affaires étrangères et du

Développement internatio-

nal, la troisième édition

de la Nuit des idées s’est déroulée dans plus de 70 pays, donnant lieu

à de nombreuses manifestations

autour d’une même thématique:

«L’imagination au pouvoir». Et ce, entre projections, débats, expo- sitions, tables rondes, lectures et concerts qui seront au programme de cette nuit du penser-ensemble. Parmi les brillantes idées de cet

événement culte, «idéologique» culturellement parlant, figure celle ouvrant une boîte à idées et non pas de Pandore. C’est au 48 bd Sidi Yahia, à Hydra, à Alger, à la salle de conférences l’Agora, de la librairie la plus courue des espaces livresque, l’Arbre à dire, que les idées fusaient et fourmillaient au- tour du thème «Nouvelles écritures pour une nouvelle Afrique». Une table ronde, une table des ma-

tières

grises, de la littérature du continent africain et notamment maghrébine

et algérienne.

«NE PLUS SUBIR LE REGARD PATERNALISTE DE L’OCCIDENT» La romancière algérienne, Maïssa Bey (Au commencement était la mer, Surtout ne te retourne pas, Hizya…), qui n’est plus à présenter, l’écrivain guinéen, Tierno Moné- nembo, (prix Renaudot 2008), et Benaouda Lebdai, professeur de littérature africaine, et Amina Bek- kat, animant la modération. Et ce, en présence d’un aréopage consti- tué d’éditeurs, d’universitaires, de férus de culture africaine, notam- ment de Monseigneur Henri Tes- sier, ou encore Marie-Ann Yemsi, commissaire de la Biennale afri- caine de la photographie et consul- tante, venue spécialement depuis Paris pour cette nuit «idéale», dédiée, ici, à l’Afrique. A propos de l’hypothétique idée de renou-

grises, voire des éminences

L’écrivain guinéen Tierno Monémenbo, un certain regard sur la littérature africaine PHOTOS : DR
L’écrivain guinéen Tierno
Monémenbo, un certain
regard sur la littérature
africaine
PHOTOS : DR

veau et autre renouvellement de l’Afrique en matière cursive, Maïs- sa Bey tranche, intraitable avec la litanie de substantifs composés du préfixe «re» : «Renouveler les idées. Je ne réfléchis pas. Je suis beaucoup plus dans l’intuition, la spontanéité…Mais le questionne- ment demeure… Le fait du progrès ou de la progres- sion qui m’interpellent… Là, j’ai entamé l’écriture de trois romans simultanément. 50, 100 pages cha- cun. Et puis, j’ai tout arrêté, pour aller vers un texte plus actuel. Vers l’urgence. Ce n’est pas un questionnement philosophique. Il s’agit d’aller vers des choses essentielles… Ce n’est pas prémédité… Pourquoi aller vers l’analogie avec les autres ? Je ne situe pas à cette confrontation. Je ne veux plus avoir à subir le re- gard (paternaliste) de l’Occident… La modernité est un thème essen- tiel en Afrique… » Et de déplorer :

«Et puis, des morts (migrants afri- cains) dans les mers et les déserts, à quoi servent-elles?». C’est sûr, Maïssa Bey est dans le question- naire convoquant l’entendement humain. Tierno Monémenbo, qui

vient de publier le frais émoulu roman intitulé Bled, paru aux édi- tions Apic (janvier 2018), n’était pas dépaysé - il a vécu et enseigné plusieurs années en Algérie, à Tia- ret et Batna - proposera de «chan- ger les idées»… reçues.

«C’EST L’EXIL QUI A FAIT DE

MOI UN ÉCRIVAIN

«La fausse idée est que l’Afrique vit son imaginaire et l’imagination des autres. Avec l’avènement d’in- ternet et des nouvelles technolo- gies, le temps (facteur) n’est plus le même. L’Afrique est en déphasage, en décalage… Nous sommes en retard. Mais pas absents de la mo- dernité. On est obligés de nous re- définir. Les migrants africains sont les Ulysse des temps modernes… Il est temps de gérer notre mémoire. Comment restituer la mémoire per- due. Il est temps aussi pour les his- toriens de se pencher sur l’Afrique. Il faut décoloniser l’imaginaire. Restituer l’histoire, notamment récente. Travailler dessus sérieu- sement…». Interrogé quant à un éventuel retour à Conakry, Tierno Monénembo répliquera tout de go: «Je ne peux plus vivre quelque

»

part. Je suis devenu multiple. J’ai fui mon pays, la Guinée, pour le Sénégal. J’ai parcouru 150 km à pied. Les premiers réfugiés sont les Africains en Afrique. C’est l’exil qui a fait de moi un écrivain Benaouda Lebdai est pour la «ré- écriture» de l’Afrique et son re- nouvellement : «Il faut recréer l’Afrique moderne. Nous vivons dans un monde, un siècle d’ini- mitié. L’Afrique est en dehors du temps. L’Afrique vit une contra- diction. C’est l’un des continents les plus riches. Mais la pauvreté est endémique. Les enfants de l’Afrique veulent partir vers l’Eu- rope. Il faut la replacer dans le courant de l’histoire. Ce ne sont pas de vains mots sonnant creux et des vœux pieux. Ecrire, réé- crire, repenser les humanités de l’Afrique. La thématique de mi- gration est devenue omniprésente dans celle africaine et universelle L’idée ? C’est de créer des villages (villes au Sahara)… » K. Smail Tierno Monémenbo Bled paru aux éditionsApic (janvier 2018) 164 pages

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM ORIENTAL DE GENÈVE

Célébration de l’espoir au féminin

U ne centaine de films, tous genres confon- dus, en provenance de plusieurs pays,

seront à l’affiche de cette 13 e édition du Fifog,

qui aura lieu du 21 au 29 avril 2018. La 13 e édi- tion du Festival international du film oriental de Genève (Fifog) aura lieu du 21 au 29 avril 2018

à Genève, dans des communes genevoises, à

Lausanne et en France voisine, apprend-on auprès de Tahar Houchi, directeur artistique de cette manifestation dédiée au 7 e art. Une cen- taine de films de qualité, tous genres confon- dus, et dont l’esthétique épouse les conditions difficiles de leur genèse, sera montrée et ac- compagnée par des auteurs ou des spécialistes, annonce M. Houchi. «Placée sous le signe de l’espoir, l’édition 2018 célébrera, entre autres, les visions de femmes, amplifiera les voix de la jeunesse, questionnera les extrémismes et explorera la complexité des sociétés d’Orient, notamment dans leurs rapports avec l’autre,

en pleine mutation. Une occasion de mettre en valeur la créativité féminine et d’exprimer l’espoir des peuples à repousser l’obscuran- tisme sous toutes ses formes et dessiner un len- demain meilleur», note le directeur artistique du festival. Selon lui, cette nouvelle édition sera

marquée, en plus de la compétition de courtes fictions au sein de l’Ecole de culture générale Henry Dunant, par le lancement d’une nouvelle compétition scolaire axée sur le documentaire, et ce, en collaboration avec l’Ecole de culture générale Ella Maillart. La cuvée 2018 sera également une opportunité d’aller à la rencontre des citoyens des diverses communes genevoises en tentant d’éclairer des questions complexes de l’islamisme et de prévenir les processus de la radicalisation, ajoute Tahar Houchi. Le Fifog se déroulera sur 20 lieux de projection, avec une cinquantaine de rencontres-débats avec des réalisateurs et/ou des acteurs. Près de 200 par-

tenaires institutionnels, associations, etc. seront associés à l’organisation de ce festival, qui gagne en maturité. Lors de l’édition 2017, tenue du 1 er au 9 avril, le Fifog d’or de la compétition officielle des longs métrages a été attribué ex aequo à Bravo Virtuose de Lévon Minasian et à Malaria de Parviz Shahbazi. Le prix de la critique a été décroché par Kabullywood de Louis Meunier. Dans les compétitions des courts métrages et Swiss Made, les réalisateurs Aytaç Uzun et Tizian Büchi ont été gratifiés par des Fifog d’or, respectivement, pour leur film le Fils et To The Top. Le premier prix (Fifog d’or) de la compétition du documentaire a été attri- bué à Au nom du père, du fils et du djihad, de Stéphane Malterre. Le premier long métrage, Timgad, du réalisateur franco-algérien Fabrice Benchaouche, a remporté la Mention spéciale. A.Tahraoui

BLOC-NOTES

VENTE-DÉDICACE

■ VENTE-DÉDICACE Librairie Point virgule Résidence El Nour Chéraga (en face du lycée Issiakhem) Lundi 29

Librairie Point virgule

Résidence El Nour Chéraga (en face du lycée Issiakhem) Lundi 29 janvier à partir de 14h L’auteur et journaliste Kamel Daoud signera ses ouvrages.

EXPOSITION

Le Musée national d’art moderne et contemporain d’Alger Le 1 er Salon du dessin d’Alger Jusqu’au 5 mars 2018 «Dessinez vos desseins» Oublié à l’ombre de la peinture et moins en vogue que la photo, le dessin reste aujourd’hui encore très peu représenté sur la scène de l’art en Algérie en comparaison avec ces médiums. Hicham Belhamiti, Abdelkader Belkhorissat, Djameledine Bencheninne, Adel Bentounsi, Atef Berredjem, Hamza Bounoua, Ammar Briki, Mehdi Djelil, Mostafa Goudjil, Fethi Hadj Kacem, Sofia Hihat, Mounia Lazali, Akila Mouhoubi, Driss Ouadahi, Yazid Oulab, Slimane Ould Mohand, Sadek Rahim, Thilleli Rahmoun, Abdelmalek Yahia, Hellal Zoubir, Sofiane Zouggar. Le 1 er Salon du dessin d’Alger est pensé comme le moyen de donner une assise concrète et pérenne à la mise en valeur et en visibilité de cette pratique artistique, lui redonner ses lettres de noblesse et l’importance qu’elle a dans la création et l’histoire de l’art.

INAUGURATION

AIDA Gallery est heureuse d’annoncer l’inauguration de son

nouvel espace suite au changement d’adresse. Nouvelle adresse : 13 lotissement Saïd Haddadi Dar Diaf

nouvel espace suite au changement d’adresse. Nouvelle adresse : 13 lotissement Saïd Haddadi Dar Diaf – Chéraga (ruelle de la pharmacie). Tél : 0557 032 716

CINÉMA

*Salle El Mougar (ONCI) Jusqu’au 31 janvier 2018 :

La La Land, de Damien Chazelle Deux séances par jour, 14h et 20h. Raid dingue, de Dany Boon, à raison d’une séance par jour, 17h .

de Dany Boon, à raison d’une séance par jour, 17h . * Samedi 3 février 2018

* Samedi 3 février 2018 à 18h Avant-première du film algérien M, de Omar Zeghad.

Institut français d’Algérie Appels à projets culturels et scientifiques de l’année 2018

Cet appel à projets vise à favoriser de manière privilégiée les projets s’inscrivant dans les axes prioritaires de la coopération culturelle entre la France et l’Algérie, à savoir :

• L’émergence de jeunes talents

• Les structures associatives

• Les projets novateurs dans le domaine de

la création contemporaine. Les projets pouvant donner lieu à soutien concernent tous les secteurs culturels et artistiques, à l’exception du livre qui lui fait l’objet d’un programme distinct d’aide à la publication et à la traduction. Dans le cadre de cet appel à projets l’IFA

apporte son soutien par le biais de subventions aidant à la création ou à l’organisation d’une manifestation.

L’intégralité de l’appel à projets culturels et artistiques ainsi que les modalités de candidatures sont disponibles ci-dessous:

http://admin.if-algerie.com/actualites/

appels-a-projet/lifa-lance-son-2eme-appel-a-

projets-2017-secteur-culturel-et-artistique.

PHOTO : DR

PHOTO : DR

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 15

CUL TURE

GRAMMY AWARDS 2018

Quand la musique s’engage et résiste

Le chanteur américain Bruno Mars a récolté trois des quatre trophées majeurs de la cérémonie des Grammy Awards à New York, coiffant sur le poteau le rappeur Kendrick Lamar, au terme d’une soirée très politique.

C ouronné dans les caté- gories reines d’album de l’année pour 24K Magic, enregistrement de l’année

pour le morceau-titre de l’album et chanson de l’année pour That’s What I Like, le showman de 32 ans, au style flamboyant, est reparti avec six récompenses, record de la soirée. En recevant le titre d’album de l’année, dernier prix de la céré- monie, Peter Hernandez, de son vrai nom, a remercié les autres artistes sélectionnés dans la catégorie, dont Kendrick Lamar et Jay-Z. Un nou- veau camouflet pour le hip-hop, qui n’a remporté que deux fois le prix d’album de l’année, la dernière voilà 15 ans. Pour Jay-Z, la soirée a tourné au cauchemar, avec aucune victoire, malgré huit nominations. A 48 ans, ce vétéran du hip-hop, déjà primé 21 fois aux Grammys, a été devancé dans trois catégories majeures par Bruno Mars, et dans trois sous-catégories rap, par Kendrick Lamar, reparti avec cinq statuettes dorées en forme de gramophone. Le rappeur californien réalise son deuxième grand chelem dans les quatre catégories rap, plus la meilleure vidéo pour Humble. Il a aussi ouvert la retransmission télévisée avec une performance coup- de-poing, offrant au public enthou- siaste une interprétation de XXX, avec Bono (U2) et des figurants en tenue camouflage et cagoule noire. XXX est un des titres les plus engagés de son album DAMN, qui évoque les meurtres de Noirs aux Etats-Unis. Lamar a conclu sa prestation, entouré de figurants, qui semblaient rece-

sa prestation, entouré de figurants, qui semblaient rece- Le gag de Hillary Clinton en lisant le

Le gag de Hillary Clinton en lisant le pamphlet anti-Trump Fire and fury

voir des coups de feu et s’écrouler. Alors que l’industrie du disque a semblé assez détachée des enjeux du moment, la cérémonie a fait feu de tout bois et multiplié les interventions politiques, reprenant la main à Hol- lywood, qui avait amorcé le mouve- ment. De nombreux invités, de Lady Gaga à Sting, en passant par Khalid ou Cindy Lauper, étaient arrivés en arborant des roses blanches, en écho aux mouvements îMeToo et Time’s Up à Hollywood, à l’appel tardif d’un groupe de musiciennes. Sur scène, Lady Gaga a rendu hommage

à Time’s Up, contre le harcèlement sexuel et pour l’égalité hommes- femmes, suivie de la chanteuse et actrice Janelle Monae, lors d’un vi- brant monologue. «A ceux qui vou- draient essayer de nous faire taire, nous offrons deux mots : ‘‘C’est fini’’. Finis les inégalités de rémunérations, la discrimination, le harcèlement sous toutes ses formes et les abus de pouvoir», a déclaré la chanteuse en présentant une prestation de Kesha, laquelle, avec sa chanson Praying, a rappelé sa bataille contre un produc- teur qu’elle accuse de l’avoir violée.

HARO SUR LA POLITIQUE MIGRATOIRE DE TRUMP Immédiatement derrière, une autre chanteuse, Camila Cabello, elle- même venue jeune de Cuba avec ses parents, a rendu hommage aux Dreamers, les bénéficiaires d’un pro- gramme permettant à des immigrés arrivés enfants clandestinement aux Etats-Unis de travailler et d’étudier légalement. Ce programme a été sup- primé par le président Donald Trump, qui a pressé le Congrès de le rempla- cer, mais les parlementaires sont pour l’instant dans l’impasse. Autre salve,

le présentateur de la retransmission, James Corden, a fait lire à des chan- teurs, mais aussi à Hillary Clinton, des passages du livre polémique Fire and Fury, qui brosse un tableau apocalyp- tique de la première année de Trump

à la Maison-Blanche. Donald Trump

Jr, fils du Président, et l’ambassadrice

américaine aux Nations unies, Nikki Haley, s’en sont indignés sur Twitter:

«Ne gâchez pas la bonne musique»,

a écrit Mme Haley, tandis que Donald

Trump Jr ironisait sur «la grande consolation» ainsi trouvée par Mme Clinton après son échec à la présiden- tielle de 2016. Le rappeur Logic, qui interprétait son titre 1-800-273-8255, pour la prévention du suicide, a conclu les prestations scéniques avec un nou- veau message tourné vers les autres pays du monde, «nourris de culture, de diversité et de milliers d’années d’histoire».

4 756 819 868 DE VUES POUR DESPACITO, VICTIME D’INJUSTICE Une allusion directe à la politique migratoire du président Trump et ses récents propos polémiques sur les «pays de merde», qu’il nie avoir tenus. En début de soirée, la Canadienne Alessia Cara avait créé la surprise en remportant le premier des quatre trophées majeurs, celui de Révélation de l’année. Elle a appelé à soutenir «la vraie musique et les vrais artistes, car tout le monde doit avoir les mêmes chances». Outre Jay-Z, l’autre grand perdant de la soirée a été «Despacito», mégahit en 2017. Nominé dans trois catégories, il est reparti bredouille. AFP

CINÉMA D’EXPRESSION AMAZIGHE. EL HIJAB N’YELI (LE VOILE DE MA FILLE)

Un film sur la décennie noire en projet

Cette fiction de 100 minutes en autoproduction est une immersion dans la société algérienne des années 1990. Un film «subversif», promet le jeune réalisateur, Mourad Bouamrane.

E l Hijab N’Yeli (Le voile de ma fille) est le titre d’un long métrage cinématographique

en kabyle que compte réaliser en autoproduction Mourad Bouamrane, natif de Maâtkas, dans la wilaya de Tizi Ouzou. En l’absence de subsides publics, le début du tournage de cette fiction de 100 minutes est tributaire des fonds à collecter auprès d’éventuels sponsors et de particuliers, confie le jeune porteur du projet. «Mon travail nécessite un financement conséquent et beau- coup de moyens matériels, dont des caméras numériques 35 mm à louer auprès de boîtes audiovisuelles étrangères. Nous devons aussi payer les acteurs et assurer leur prise en charge durant tout le processus de création du film, en sus d’autres frais inhérents aux costumes, au décor et à la production en général. Je lance un appel aux responsables du secteur de la culture pour donner accès à la nouvelle génération qui crée dans le domaine artistique», dit cet homme de théâtre, metteur en scène, acteur et réalisateur.

AUTODIDACTE Le scénario de ce film dévoilé pour El Watan est une immersion dans la décennie du terrorisme qu’a vécue l’Algérie durant les années 1990, dont le bilan varie de 60 000 à 150 000 morts. C’est une histoire racontée par Jean Claude, un réalisateur français en déplacement en Algérie, pour les besoins d’un documentaire. Il revient sur son aventure dans un grand pays qui sombre dans les ténèbres du terrorisme. L’assassinat des journalistes et des intellectuels, l’intégrisme

des journalistes et des intellectuels, l’intégrisme Le réalisateur Mourad Bouamrane rampant, les massacres

Le réalisateur Mourad Bouamrane

rampant, les massacres perpétrés par des groupes armés affiliés au GIA, la fiction est imprégnée de la dure réalité des années de feu et de sang à travers des «flashs» sur la société de l’époque et les maux générés par l’obscurantisme et le mal- vivre dans un pays en proie à la pire crise de son

histoire post-indépendance. Un film «subversif» pour la mémoire et l’histoire. Autodidacte, Mou- rad Bouamrane fait ses premières armes artis- tiques dans le théâtre en campant des rôles, puis en produisant plusieurs œuvres avec la troupe Itij Dwagur (Le soleil et la lune) de Maâtkas. A son

compteur, deux prix de la meilleure interpréta- tion masculine et un troisième pour la meilleure mise en scène. Son dernier-né dans le 4 e art est De l’enfer à l’enfer, une pièce dramatique écrite en 2010, non encore montée faute d’argent. «Quelque 150 millions au minimum, sans comp- ter les indemnités des comédiens».

LANCEMENT D’UN CINÉ-CLUB Dans le cinéma, Mourad Bouamrane compte à son actif un film en kabyle intitulé Nghigh urzrigh, réalisé en 2012, et Chaâbano, un court métrage primé de l’Olivier d’or, lors du 14 e Festi- val national du film amazigh organisé en octobre 2015 à Tizi Ouzou. «J’ai d’autres projets écrits, dont une série burlesque et un documentaire qui retrace l’histoire de l’Afrique du Nord. Produire pour la télévision ne nourrit plus. On te demande le projet et un sponsor, dont 10 % de l’apport financier iront dans les caisses de l’ENTV. Beau- coup de producteurs n’ont pas été payés pour leurs produits diffusés. Certains ont fini par jeter l’éponge en raison des problèmes rencontrés. Sur DVD, on ne récupère même pas de quoi payer un seul acteur, c’est dire que nous sommes coincés comme il se doit». Pour donner un second souffle au cinéma d’expression amazighe, ce jeune réalisateur planche avec un groupe d’amis à Tizi Ouzou sur le lancement d’un ciné-club et d’une association cinématographique et audiovisuelle «qui va défendre les gens du domaine», conclut Mourad Bouamrane. A.Tahraoui

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 16

CONTRIBUTION

Non M. Trump, Haïti, le Salvador

Par Arezki Ighemat (*)

Ph.D en économie

«Racism is taught in our society ; it is not automa- tic. It’s learned behavior toward persons with dissi- milar physical characteristics» (Alex Haley, auteur du livre et du film “Roots» (2) «You can’t hate the roots of a tree and not hate the tree. You can’t hate Africa and not hate Yourself» (Malcom X, activiste afro-américain, président de “Nation of Islam”) (3)

L ors de la réunion du 11 janvier 2018 avec

des membres du Congrès américain pour

débattre de l’immigration et du dossier dit

«DACA» (4) , le président Trump a déclaré : «Why are we having all these people from ‘‘shithole’’ countries come here ?» (Pourquoi autorise-t- on tous ces gens venant de pays misérables et sales ?). Trump va même jusqu’à préciser les pays qu’il a pour cibles : Haïti, le Salvador et les pays africains dans leur ensemble. D’un autre côté, lors de sa rencontre la veille (10 janvier) avec Erna Solberg, Première ministre norvégienne, Trump avait dit : «Les Etats-Unis devraient accueillir plutôt davantage de ci- toyens de Norvège». Toujours lors de la réunion du 11 janvier, il déclarera : «Les Etats-Unis seraient prêts à accueillir des citoyens de pays asiatiques parce que, selon lui, ces derniers aident davantage les Etats-Unis économi- quement». Stigmatisant Haïti en particulier, il proposera que ce pays soit exclu de la liste des pays à retenir pour l’immigration aux Etats- Unis : «Pourquoi, dira-t-il, a-t-on besoin de plus de Haïtiens ? Take them out [of the list] !» (Enlevez Haïti de la liste!). Et, selon le New York Times, Trump a aussi dit que «les Haïtiens

ont le sida et qu’ils risquent de répandre le virus aux Etats-Unis». Toujours à propos de ce pays, en novembre 2017, Trump a refusé d’accorder la protection contre la déporta- tion à 60 000 Haïtiens venus aux Etats-Unis à la suite du séisme de 2010 et a ordonné qu’ils soient déportés avant juillet 2019. La philosophie derrière toutes ces déclarations et décisions a été défendue par le secrétaire- adjoint de la Blanche-Blanche, Raj Shah (lui-même ayant des origines au Mumbai en Inde), qui déclare : «Certain Washington poli- ticians choose to fight for foreign countries, but president Trump will always fight for the Ameri- can people» (Certains politiciens à Washington choisissent de se battre pour les pays étrangers, mais le président Trump se battra toujours pour le peuple américain). Le même Raj Shah ajoute que la politique d’immigration américaine est une immigration choisie (sélective) : «Comme d’autres nations qui ont une immigration basée sur le mérite, le président Trump lutte pour une solution permanente qui fera de notre pays un pays plus fort en accueillant ceux qui peuvent contribuer à notre société, faire croître notre économie, et s’intégrer à notre grande nation». Ce que Trump et ses acolytes oublient — ou plutôt feignent d’oublier —, c’est que les Etats-Unis se sont développés historiquement grâce aux immigrants venus de presque toute la planète. Dans le présent article, nous ten- terons, dans une première partie, de montrer l’importance de l’immigration aux Etats-Unis depuis la création de ce pays qui est considéré comme le «melting pot» par excellence. Dans une deuxième partie, nous indiquerons les directions que devraient suivre, dans un avenir plus ou moins proche, les pays de l’Afrique et du tiers-monde en général pour contrecarrer la polémique et les politiques adoptées par des (non)politiciens comme Trump.

LA RÉALITÉ DE L’IMMIGRATION AMÉRICAINE N’EST PAS CELLE QUE DÉCRIT TRUMP Aujourd’hui, l’immigration aux Etats-Unis — et l’immigration à l’échelle de la planète — est une des questions les plus brûlantes, sinon la plus brûlante, en raison de ses causes et surtout de ses conséquences politiques, économiques et culturelles sur les pays d’origine et de des- tination. Aux Etats-Unis, cette question, qui a toujours divisé les démocrates et les républi- cains, est la question du jour dans le programme politique de Trump, qui voit, comme ses amis républicains, l’immigration uniquement du côté des problèmes qu’elle peut poser tout en faisant totale table rase des opportunités qu’elle procure non seulement pour les immigrants eux-mêmes, mais aussi et surtout pour les Etats- Unis. La réalité que les Trumpistes ne veulent pas regarder en face est que, sans l’immigration, les Etats-Unis ne seraient pas le pays qu’ils sont aujourd’hui. Les contributions multiples et variées que les immigrants ont apportées et continuent d’apporter à l’économie et à la diver- sité culturelle américaines sont impossibles à détailler dans le présent article (elles pourraient faire l’objet de tout un ouvrage en elles-mêmes). C’est pourquoi nous ne rappellerons que cer- taines d’entre elles qui sont considérées comme les plus importantes et les plus représentatives. Tout d’abord, les immigrants ont contribué et continuent de contribuer aux renforts et au renforcement de l’armée américaine et aident les Etats-Unis dans leur politique défensive et offensive à travers le monde. Ce n’est pas un détail de dire que l’un des premiers immigrants américains à avoir perdu la vie dans la guerre en Irak a été le caporal José Gutierrez, qui est originaire du Guatemala. Plus généralement, sur l’ensemble des militaires qui ont été tués dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan en

2009, plus de 100 000 sont nés en dehors des Etats-Unis. Plus encore, plus de 12% de ces victimes ne sont pas des citoyens américains à part entière (ils ont seulement la «Green Card» et n’ont obtenu la nationalité américaine qu’à titre posthume). Les immigrants — notamment les Afro-Amé- ricains — sont aussi une composante majeure dans le sport d’élite aux Etats-Unis. Ce pays est connu pour sa tradition de recrutement des ath- lètes venant de toute la planète. Le basket-ball — qui est peut-être le sport le plus populaire aux Etats-Unis —a été inventé en 1891 et introduit au Kansas, aux Etats-Unis, par Naismith James, d’origine canadienne. Le baseball, autre sport populaire aux Etats-Unis, a été introduit par des sportifs d’Amérique centrale et des Caraïbes. Il ne faut pas oublier le football européen et américano-latin — appelé «soccer» aux Etats- Unis — et à ne pas confondre avec le football spécifiquement américain appelé, lui, «foot- ball» — a été introduit par des sportifs origi- naires d’Europe et d’Amérique latine. Dans un autre domaine — le secteur de l’inno- vation —, ce sont les immigrants qui ont intro- duit et développé les plus grandes innovations qui font la fierté des Etats-Unis aujourd’hui. Les Etats-Unis sont — fait bien connu — le pays qui a su attirer les immigrants ayant de grandes idées. Selon la «World Intellectual Property Organization (WIPO)», 57% des inventeurs du monde ont développé leurs idées aux Etats- Unis, l’Allemagne venant à la seconde place avec seulement 7%. Et si les universités améri- caines sont ce qu’elles sont aujourd’hui, c’est grâce aux étudiants venus de l’ensemble du globe, qui trouvent bien sûr aux Etats-Unis des opportunités de développement de leurs idées. Un des exemples de ce genie venu d’ailleurs est celui de Sergey Mikhaylovich Brin, un immi- grant d’origine russe, qui, en collaboration avec

venu d’ailleurs est celui de Sergey Mikhaylovich Brin, un immi- grant d’origine russe, qui, en collaboration

El Watan - Mardi 30 janvier 2018 - 17

CONTRIBUTION

et l’Afrique ne sont pas des «shitholes» (1)

Larry Page, ont développé le fameux Internet- browser Google. Les immigrants ont aussi contribué au déve- loppement de l’économie américaine. L’éco- nomie américaine, en effet, ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui sans la contribution des immigrants. La Révolution industrielle n’aurait pas été possible sans les immigrants venus de plusieurs pays. Par exemple, le premier chemin de fer transcontinental a été construit grâce au travail et au génie de milliers de Chinois qui ont travaillé dans les pires conditions. Une des toutes récentes initiatives américaines a été la création de la «Welcoming America Ini- tiative (WAI)» qui a pour but d’encourager le recrutement d’immigrants en vue de développer l’économie américaine et les économies en développement. Les immigrants contribuent aussi au rempla- cement des travailleurs américains partant à la retraite. Ils contribuent au financement de la Sécurité sociale et aux programmes tels que Medicaire, Medicaid, et autres programmes qui constituent ce qu’on appelle les «Welfare Programs» (Programmes sociaux). Avec le nombre d’Américains d’origine étrangère de- vant atteindre 17% de la force de travail amé- ricaine en 2020, il n’y a aucun doute que les immigrants jouent et joueront un rôle primordial dans le renforcement de la productivité et de la compétitivité américaine. Il faut souligner que les immigrants ne sont pas seulement dans les secteurs utilisant la main-d’œuvre non quali- fiée, mais une grande partie d’entre eux sont des

« Ce que Trump et ses acolytes oublient — ou

plutôt feignent d’oublier —, c’est que les Etats-Unis se sont développés

historiquement grâce aux immigrants venus de presque toute la planète.

grâce aux immigrants venus de presque toute la planète. diplômés des universités. Les immigrants renforcent la

diplômés des universités. Les immigrants renforcent la force de travail américaine. Beaucoup d’économistes pensent que les immigrants contribuent à la réduction des salaires. Cela a été contredit par une étude du «National Bureau of Economic Research (NBER)» en 2006 selon laquelle entre 1990 et 2004, le salaire moyen des travailleurs nés aux Etats-Unis a augmenté de façon significative d’un pourcentage de 1,8% grâce à l’immigration. Il a été aussi démontré que les immigrés ne prennent pas la place des nationaux mais complètent leur travail. Les immigrants contribuent aussi au développement et à la diversité culturelle américains. D’abord, il y a de fortes chances que dans ce que les Américains mangent tous les jours a une grande composante étrangère. Le «hot dog» — ce sandwich fait de pain et de saucisse dont raffolent les Américains — est venu d’ailleurs. C’est Charles Feltman, un immigrant d’origine allemande qui l’a introduit aux Etats-Unis. Il y a aussi tous les restaurants mexicains, vietnamiens, chinois, indiens, cari- béens et autres qui font partie de la culture ali- mentaire américaine aujourd’hui. L’Amérique est aussi le pays où toutes les langues du monde sont parlées. C’est de tout ce métissage des races et des cultures que l’expression «Melting Pot» est venue, expression qui a elle-même été

introduite en 1908 par un immigrant britannique d’origine russe de confession juive, Israel Zan- gwill, dans sa pièce de théâtre The Melting Pot. Ainsi que nous l’avons dit ci-dessus, les contri- butions des immigrants à l’économie et à la culture américaines sont beaucoup trop nom- breuses pour être citées ici. Toutes ces contribu- tions des immigrants ont changé et continuent de changer le visage de l’Amérique, et ce ne sont pas les propos insultants et les décisions de Trump qui vont les effacer. Ces propos et ces dé- cisions vont, par contre, avoir des répercussions sur les relations diplomatiques, économiques et culturelles entre les Etats-Unis et les pays du Sud et sur les relations entre les pays du Sud eux-mêmes.

LES RÉPERCUSSIONS ET LES CHANGEMENTS DEVANT INTERVENIR DANS LES POLITIQUES DES PAYS DU SUD

Après les propos tenus par Trump récemment — et de façon récurrente depuis son accession

à la présidence le 20 janvier 2017 — les pays

africains et les pays du tiers-monde globale- ment (car dans ses propos Trump a inclus des pays non-africains, Haïti et le Salvador) seront dans l’obligation de réorienter leurs politiques économiques et culturelles vers de nouvelles directions. Parmi ces directions, il y en a trois que les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine devraient prendre dans le moyen-long terme. Cependant, avant ces mesures à moyen/ long terme, il y en a une mesure qu’ils devraient prendre à très court terme — car les propos insultants et surtout racistes de Trump ainsi que ses récentes décisions sont adressées direc- tement à leur égard —, c’est d’énoncer de la façon la plus énergique possible ces propos. Ils devraient rappeler qu’il — je ne dis pas les Etats-Unis mais Trump personnellement, car les Américains, dans leur grande majorité, ont aussi été outragés par les polémiques et politiques de leur président — ne peut pas avoir le «beurre et l’argent du beurre». Il ne peut pas, en effet, à la fois profiter des bénéfices de la globalisation — notamment des ressources naturelles, humaines et des marchés des pays du Sud — et adopter des mesures qui sont contraires aux intérêts de ces derniers, en particulier les mesures de restriction de l’aide financière non négligeable accordée jusqu’à présent par les Etats-Unis ainsi que les mesures récentes visant à réduire, voire arrêter l’immigration aux Etats-Unis de citoyens des pays du Sud. Et, pour que cette dénonciation soit la plus efficace, il faudrait qu’elle soit appuyée par les organisations régionales comme l’OUA, le Mouvement des Non-Alignés, et autres organisations multilatérales internationales. Trump ne devrait pas, en effet, demander aux pays du Sud d’ouvrir leurs marchés aux Etats- Unis et en même temps fermer le marché des Etats-Unis aux produits et bloquer les relations humaines et culturelles avec ces pays. En outre, si l’Organisation des Nations unies (ONU) est réellement — ainsi que sa Charte le stipule — une organisation au service du monde entier —,

elle doit aussi dénoncer ces propos injurieux et racistes qui sont non seulement moralement condamnables, mais contraires à l’esprit et à la lettre de la Convention internationale des droits de l’homme. Imaginez un instant que des propos antisémites aient été proférés par Trump

à l’égard d’Israël ? (Le monde entier se soulève-

rait). Outre cette première mesure à court terme, les pays du Sud doivent, ainsi que nous l’avons annoncé ci-dessus, réviser leurs politiques économiques et culturelles aussi bien entre eux qu’entre eux et les Etats-Unis. En premier lieu, les pays du Sud doivent remettre sur la table un objectif ancien mais qui est plus que jamais d’actualité : celui des relations Sud-Sud. En effet, si les pays du Sud sont encore aujourd’hui considérés globalement comme sous-développés — même si les pays du Nord veulent faire croire que certains d’entre eux soient devenus «émergents» — c’est parce qu’ils n’ont pas su ou voulu créer les institutions et surtout ne se sont pas donné les moyens né- cessaires au développement des relations entre eux. En effet, en dépit des discours et des pla- teformes entrepris par plusieurs organisations

régionales dans le passé — qui remonte aussi loin que la Conférence de Bandung du 18-24 avril 1955 — rien, ou presque rien, de concret n’a été fait sur le terrain. Il faut donc que les pays du Sud dépassent le stade de la parole et passent aux actes et créent ce réseau Sud-Sud qui est absolument indispensable si ces pays veulent définitivement sortir du sous-dévelop- pement. La deuxième résolution — ou plutôt action — que les pays du Sud devraient adopter est de diversifier leurs relations avec les pays du Nord. En effet, jusqu’à présent, les relations du Sud tournent surtout autour de l’orbite que consti-

« Si

l’Organisation

des Nations

unies (ONU) est réellement une organisation au service du monde entier, elle doit aussi dénoncer ces propos injurieux et racistes qui sont non seulement moralement condamnables, mais contraires à l’esprit et à la lettre de la Convention internationale des droits de l’homme.

de la Convention internationale des droits de l’homme. tuent les Etats-Unis. Cette dépendance vis-à-vis d’un

tuent les Etats-Unis. Cette dépendance vis-à-vis d’un seul pays — aussi grande est sa puissance économique, politique et culturelle et aussi pres- tigieux soit son statut — ne peut qu’être nuisible aux pays du Sud. Une sorte d’esclavage des temps modernes. Les pays du Sud doivent savoir qu’il y a au Nord des pays comme l’Europe, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, le Japon, et on doit maintenant ajouter la Chine qui est la seconde puissance économique après les Etats-Unis, même si géographiquement elle se situe au sud. Les pays du Sud doivent donc explorer les possibilités d’échanges avec ces pays et s’engager à diversifier leurs économies en développant des relations économiques et

culturelles avec ces autres pays dont les poten- tialités sont loin d’être négligeables. Il faut bien sûr souligner que cette diversification ne se fera pas facilement car les Etats-Unis feront tout — comme par le passé — pour que leur rôle d’orbite et d’arbitre ou plutôt de gendarme du monde soit maintenu et renforcé. Par ailleurs, des actions individuelles de chaque pays du Sud en faveur de cette diversification peuvent s’avé- rer insuffisantes, notamment en ce qui concerne les plus petits d’entre eux. C’est précisément là que les organisations régionales et internatio- nales peuvent jouer le rôle de guide en fournis- sant les informations et le support nécessités par ce changement de direction. La troisième direction vers laquelle les pays du Sud doivent s’orienter est la diversification de leur politique d’émigration. Jusqu’à pré- sent, en effet, l’émigration des pays du Sud est

tournée vers un petit groupe de pays du Nord, notamment les Etats-Unis. Ils savent maintenant que non seulement le président Trump ne veut plus de leurs citoyens, mais en plus de cela les insulte et les dénigre. En premier lieu, les pays du Sud devraient faire d’abord tout ce qui est possible pour utiliser leurs ressources humaines localement. Pour cela, il est nécessaire qu’ils créent des activités et des pôles scientifiques et culturels qui attireront leurs citoyens et décou- rageront leur exode vers les pays du Nord. Pour ce qui est du surplus de personnes ne pouvant pas être absorbé par les économies locales, il faudra engager des négociations avec les autres pays du Nord autres que les Etats-Unis en vue d’utiliser ces ressources en surplus de la meil- leure manière possible : envoi d’étudiants dans les universités de ces pays, formation profes- sionnelle pour certains d’entre eux, possibilités de travail temporaire avec contrats de retour au pays d’origine. Bien entendu, il y a toujours une certaine proportion de la population qui voit les pays du Nord, en premier lieu les Etats-Unis, comme des «paradis» et qui feront tout pour les rejoindre quelles que soient les mesures prises par les gouvernements du Sud.

CONCLUSION Ainsi que nous l’avons vu ci-dessus, dénoncer les propos insultants et racistes de Trump est une nécessité pour lui signifier qu’il se trompe de cible et que les pays du Sud ne sont pas ce qu’il pense — des «shitholes» — mais que ce sont des pays et des peuples conscients de leurs fai- blesses mais qui ont aussi des forces (ressources naturelles, ressources humaines) et qui sont fiers de ce qu’ils sont. Cependant, cela ne suf- fira pas à changer la réalité : les pays du Sud — avec toutes les ressources naturelles et humaines qu’ils possèdent — n’arrivent pas encore à sortir du sous-développement économique et culturel dans lequel les colonisations de toutes origines et de toutes sortes les ont laissés. La seule façon de sortir de ce cercle vicieux est de réviser leurs politiques économiques et culturelles dans deux directions : renforcement des relations Sud-Sud, diversification de leurs relations avec le Nord, et enfin, pour qu’ils ne soient plus la cible de politiciens (ou plutôt non-politiciens) comme Trump, il faut créer, chez eux, des possibilités d’utiliser leurs populations de façon effective et efficace afin que ces dernières ne soient plus l’objet de dénigrement et d’insultes proférés par le président du monde dit «libre» qui, non seulement ignore la réalité sociologique de son pays, mais aussi ignore la situation réelle et les spécificités des pays du tiers-monde, et ce qui est pire encore, se permet de proférer des propos racistes à l’égard de peuples dont il ne connaît rien. Sur ce dernier point, nous terminons par le mot d’un fameux boxeur britannique, Tyson Lake Fury, qui semble s’appliquer parfaitement au «Cas» Trump — car c’est un «cas» : «Racism is a sign of ignorance ; in my opinion, it’s people who haven’t been anywhere, haven’t seen the world» (Le racisme est un signe d’ignorance ; selon moi, il est le fait de gens qui n’ont été nulle part et qui n’ont pas vu le monde). A. I. *Master of Arts in Francophone Literature (Purdue University, USA)

NOTES :

1)- «Shithole» est un mot vulgaire signifiant littéralement «trou de merde». Trump considère donc les pays comme Haïti, le Salvador et les pays d’Afrique en général comme des pays misérables et sales. 2) Le racisme est enseigné dans notre société ; il n’est pas automatique. C’est un comportement/une attitude à l’égard de personnes ayant des caractéristiques physiques différentes. 3)- Vous pouvez haïr les racines d’un arbre sans haïr l’arbre. Vous ne pouvez pas haïr l’Afrique sans vous haïr vous-même. 4)- DACA (Deferred Action for Children Arrivals) est un programme qui permet à des immigrants entrés aux Etats-Unis dans leur tout jeune âge de demeurer aux Etats-Unis pendant deux années supplémentaires (renouvelables ou pas).

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