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SAMEDI 11 NOVEMBRE 2017 - 22 HECHVAN 5778

MAYAN HAIM
MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM MAYAN HAIM

L’ACTE DANS SA PURETÉ LA PLUS ABSOLUE


Rav Elie LELLOUCHE

Dans notre Paracha ‘Hayé Sarah, la Torah nous fait partager, avec un plaisir non dissimulé,
la délectation qu’elle semble éprouver du récit, deux fois conté, de la recherche par Éli’ézer, le
fidèle serviteur d’Avraham, d’une épouse pour Yts’hak.

hrs yyx tsrp Ainsi, après avoir relaté une première fois les péripéties de la mission, capitale pour l’avenir
du ‘Am Israël, entreprise par Éli’ézer, la Torah nous relate une nouvelle fois dans le détail le
récit qu’en fit l’intendant de la maison d’Avraham aux parents et au frère de Rivka. Encore en-
L’acte dans sa pureté .. vouté par la série de miracles qui avaient concourus à la réussite pressentie de sa noble tâche,
Page 1 Éli’ézer décide d’en exposer tous les éléments à la famille de Rivka afin que celle-ci consentent
La rencontre d’Its’hak & Rivka à laisser la jeune fille rejoindre la maison d’Avraham.
Cette prolixité inhabituelle du Texte Saint a attiré l’attention de nos ‘Ha’khamim. Dans l’une
Page 2 des sentences édifiantes dont ils ont le secret, les Sages du Midrach, cités par Rachi, énoncent
L’homme qui avait tout par la bouche de Rabbi A’ha: `,ynb ls ntrvtm tvba ydbi ls ntxs hpy;
Page 3 «La conversation des serviteurs des Avot est plus précieuse auprès d’Hachem que la Torah
L’oubli d’un objet sur soi chabbat ordonnée à leurs enfants».
Page 4 En effet, alors que des lois essentielles de la Torah ne sont retranscrites que de manière al-
lusive dans les Textes Saints, le récit de la recherche menée par Éli’ézer d’une épouse pour
Yts’hak est relaté avec forces détails à deux reprises. Que recèle réellement cette affirmation
de nos Sages? Au delà des aspects miraculeux qu’a revêtus cette mission d’Éli’ézer, de la foi en
Hachem dont elle témoignait, qu’ont vu les Sages de si précieux dans le récit du serviteur de
notre père Avraham au point de susciter «l’admiration» divine?

Rav ‘Haïm Shmoulévitz propose, dans l’une de ses Si’hot Moussar, une réponse à cette in-
terrogation. Lorsqu’invité à se rendre par Lavan chez les parents de Rivka, Éli’ézer entame le
ENTRÉE: 16H58 récit de ses aventures, il se présente d’emblée comme le serviteur d’Avraham:
«Et il dit: je suis le serviteur d’Avraham»
(Béréchit chapitre 24, verset 34).
SORTIE: 18H06
Éli’ézer n’avait nul besoin de se présenter ainsi dès le début de son propos. La suite de son dis-
cours établirait clairement la place qu’il occupait dans la maison d’Avraham. Nos Sages nous
expliquent qu’Éli’ézer présentait une ressemblance de visage avec Avraham. Lorsque Lavan
l’invite à se rendre chez lui, ce dernier pense alors avoir à faire au premier de nos patriarches.
Éli’ézer, conscient de cette méprise, ne veut pas, ne serait-ce qu’un instant, faire l’objet d’une
marque de considération tronquée et illusoire. C’est pourquoi, avant même d’amorcer son ré-
cit, il affirme n’être que le serviteur d’Avraham ne revendiquant rien pour lui-même. A aucun
aim Vec moment Éli’ézer ne veut apparaître comme un personnage cherchant à «se mettre en avant»,
H refusant de tirer une quelconque gloire des miracles qu’Hachem avait opérés pour lui. Cette
ha l

abnégation marque alors sa mission du sceau de la pureté la plus absolue. La réussite qu’il
Torat

entrevoit de son entreprise non seulement ne l’enorgueillit pas mais le laisse inébranlable
om

quant à la place qui est la sienne par rapport à son maître.

C’est cette capacité à vivre intensément cet effacement, ce souci constant de ne jamais nourrir
Beth Hamidrach jusqu’au plus profond de soi un sentiment de fierté, conscient d’être éternellement redevable
à l’égard de son maître et du Créateur, qui confère au récit d’Éli’ézer une beauté surpassant les
principes les plus essentiels de la Loi d’Israël.

Article et contenu réalisés par TORAT HAIM VECHALOM - 35, rue Emile Lepeu 75011 PARIS - 01.44.93.51.50
Association reconnue d’utilité générale habilitée à recevoir les DONS et les LEGS. Directeur : Rav Elie LELLOUCHE
LA RENCONTRE D’ITSH’AK ET DE RIVKA
Raphael ATTIAS

La Paracha Hayé Sara nous relate Nous pouvons remarquer la symbo- Arrivé à la maison, s’il trouve une lu-
ainsi la rencontre d’Itshak et de lique de ces trois éléments : mière allumée, une table dressée et
Rivka: - La nuée symbolise la Chekhina qui un lit fait, l’ange bon dit : qu’Hachem
réside dans le foyer car la relation de fasse qu’il en soit de même shab-
Itshak était sorti dans les champs couple est basée sur la pureté et la bat prochain et l’ange mauvais est
pour prier, vers l’heure du soir. En sainteté. contraint de répondre Amen. Dans
levant les yeux, il vit que des cha- - La pâte symbolise le côté matériel le cas contraire, c’est l’ange mauvais
meaux s’avançaient. Rivka, levant nécessaire à la vie quotidienne. qui dit qu’Hachem fasse qu’il en soit
les yeux, aperçut Itshak et se jeta à - La lumière allumée symbolise la de même shabbat prochain et l’ange
bas du chameau ; et elle dit au ser- lumière de la Torah et des mitsvots, bon est contraint de dire Amen !
viteur: « Quel est cet homme qui « Car la mitsva est un flambeau et la Dans cet exemple, la lumière allumée
marche dans la campagne à notre Torah une lumière … » (Michlé VI, 23) symbolise la Torah et les Mitsvots,
rencontre? ». ou au sens large, la vie spirituelle. l’atmosphère qui règne dans le foyer.
Le serviteur répondit : « C’est mon La table dressée symbolise la situa-
maître. » Elle prit son voile et s’en Le foyer juif est fondé sur ces trois tion économique, la bénédiction de la
couvrit. Le serviteur raconta à éléments et c’est la femme juive qui pâte, au niveau matériel. Le lit pré-
Itshak tout ce qu’il avait fait. Itshak en fixe la qualité. Aussi bien la ges- paré symbolise les relations dans le
la conduisit dans la tente de Sarah tion matérielle du foyer, que le conte- couple.
sa mère ; il prit Rivka pour femme nu spirituel et l’ambiance qui y règne
et il l’aima, et il se consola d’avoir dépendent de la femme. Le Rav Munk dans « La Voix de la
perdu sa mère. Thora » considère que ces trois
(Béréchit XXIV, 63-67) Nous retrouverons ces trois élé- symptômes particuliers de la tente de
ments dans les enseignements de Sarah correspondent aux trois princi-
Le Zohar nous enseigne que le nos Maîtres à travers deux exemples: paux devoirs de la femme juive (Traité
champ dans lequel Itshak priait était - Au sujet du conflit entre Caïn et Shabbat 31b) : celui d’allumer les lu-
celui dans lequel se trouvait le caveau Abel, la Torah écrit : mière du Shabbat (Hadlaka), celui de
de Makhpéla. En fait, Itshak était allé « Caïn parla à son frère Abel … Caïn prélever la ‘Hallah de la pâte, ce qui
se recueillir sur la tombe de sa mère se jeta sur Abel son frère, et le tua » lui assure la bénédiction d’en haut
Sarah, où il percevait la présence de (Béréchit IV, 8) (‘Halla). Enfin le devoir d’observance
la Chékhina, avant de prendre la dé- Le verset ne donne aucune indication des lois de pureté de la vie conjugale
cision la plus importante de sa vie. sur le sujet de leur discorde. (Nida). Elles attirent sur le foyer la
Itshak était profondément attaché à Le Midrach Béréchit Rabba (22,17) présence et la protection de la ma-
sa mère. Au moment de sa rencontre enseigne que leur conflit portait sur : jesté divine, qui y plane invisiblement
avec Rivka, il était âgé de 40 ans, cela 1) La propriété du monde comme dans une colonne de « nuée
faisait déjà 3 ans qu’il avait perdu sa 2) L’emplacement du Beth Hamik- fixée au-dessus de la tente ».
mère (puisqu’il avait 37 ans lors du dach
décès de Sarah) et il ne s’était tou- 3) La jumelle de plus qui était née Rivka ayant réussi majestueusement
jours pas consolé. avec Abel le test, Itshak va la prendre pour
Ce Midrach qui semble ne s’intéres- femme et l’aimer.
D’ailleurs le test qu’il fit subir à Rivka ser qu’au conflit entre Caïn et Abel, Nous pouvons remarquer que la vi-
avant de l’épouser consista à la nous enseigne à travers cet exemple, sion juive du couple diffère radicale-
«conduire dans la tente de Sarah sa les causes des guerres entre les ment de la vision non-juive.
mère ». hommes. Dans le foyer juif, l’amour grandit
Il dénombre trois mobiles : le premier après le mariage au lieu d’aller en
Rachi commente ainsi ce verset : étant économique (le désir de possé- s’amenuisant.
Il la conduit dans la tente et elle der, d’amasser des richesses et de
prend la ressemblance de Sarah conquérir des terres), le second étant Ce n’est que lorsqu’Itshak se rend
sa mère, c’est à dire : et voilà tout idéologique (sur le territoire de qui compte que Rivka se positionne dans
à coup qu’elle est Sarah sa mère ! sera construit le Beth Hamikdach) et la continuation de la maison d’Abra-
Aussi longtemps que Sarah vivait, le troisième étant d’ordre sexuel (qui ham et Sarah et que son couple va se
une lumière était allumée d’une prendra la jumelle supplémentaire). construire dans l’amour d’Hachem
veille de Shabbat à l’autre veille de et la soumission à Ses Commande-
Shabbat, la bénédiction était dans - Dans le Traité Shabbat (119b), nous ments qu’il va l’aimer profondément
la pâte qu‘elle pétrissait, une nuée pouvons lire l’enseignement suivant : et qu’il va enfin se consoler du décès
était fixée au dessus de la tente. Rabbi Yossi Bar Yéhouda dit : Deux de sa mère.
Quand Sarah est morte, tout a ces- anges de service accompagnent
sé. Et quand Rivka est venue, tout l’homme le vendredi soir (‘Erev
a repris. Chabbat), l’un bon, l’autre mauvais.
L’HOMME QUI AVAIT TOUT
Yoh’anan NATANSON

Avraham [était] vieux, avancé en jours, et L’action l’intéressait, non la possession. La troisième opinion nous enseigne que la
Hashem bénissait Avraham en tout. C’est ainsi qu’il trouva sa satisfaction, vraie bénédiction fut qu’Avraham n’avait
Gen. 24,1 chaque jour de sa vie : il avait tout, sans pas besoin d’une fille « réelle » pour créer
Que peut-on donner à l’homme qui a tout? rien qui vienne altérer cette plénitude. des liens avec le monde entier. Son au-
Ou pour le dire autrement, que peut-on lui Revenons à notre Guémara. Rabbi Méir thentique réussite, sa bénédiction dans
donner pour qu’on dise de lui qu’il a tout? soutient qu’Avraham fut béni par l’absence tous les sens de ce terme attirait l’attention
demande le Rav Shimshon Raphaël Hir- d’une fille. Cette affirmation, qui semble de tous. C’est ce qui lui gagna le respect
sch ZL. déprécier la contribution des femmes, est de tous pour lui-même et son message,
plus que surprenante dans le contexte du plus qu’une fille n’aurait pu le faire. Ce «
La Guémara (Baba Batra 16b) propose Sefer Béreshit, où se trouvent exaltés les tout » fonctionna donc comme substitut à
trois réponses. Une fille, dit Rabbi Yehu- admirables personnalités et les extraor- une fille de chair et de sang !
dah. Rabbi Méir objecte. C’est tout l’in- dinaires mérites de nos matriarches ! En Rabbi Éliézer Ha-Modaï et Rabbi Shimon
verse : si l’on veut qu’il accède au statut de outre, nos Sages affirment qu’une union bar Yo’haï apportent un raffinement sup-
« celui qui a tout », on s’assurera qu’il n’ait conjugale n’atteint son but qu’en donnant plémentaire à cette idée. L’un dit que les
pas de fille ! Une troisième opinion sug- naissance (au moins) à un garçon et à une connaissances astrologiques d’Avraham
gère qu’il a bien eu une fille, prénommée fille ! Comment une telle carence pour- attiraient les rois de l’orient et de l’occident,
« Bakol ». Le « tout » que nous sommes si rait-elle être considérée comme une béné- qui venaient le consulter quotidiennement.
nombreux à poursuivre, est une figure plu- diction ? L’autre affirme qu’Avraham possédait une
rielle, en particulier lorsqu’il s’agit de nos Les versets que notre Parasha consacre pierre précieuse, apte à guérir celui qui
Patriarches. C’est ce qu’exprime le Birkat au long récit de la recherche d’une épouse seulement y portait son regard !
hamazone en disant : bakol mikol kol, se- pour Yits’haq peuvent fournir une réponse. Nos Sages mettent ainsi en lumière une
lon la manière dont chacun d’entre eux La responsabilité de trouver la personne triste vérité sur la manière dont la masse
usait des nuances de sens du terme kol qui conviendra à son fils repose sur Avra- perçoit les personnages d’un niveau spi-
pour décrire la plénitude de son existence. ham. Mais il est évident pour lui que, sans rituel élevé. Les richesses matérielles
À première lecture, Abraham semble être une aide divine exceptionnelle, il ne par- d’Avraham n’ajoutèrent absolument rien
le bon candidat au titre de « celui qui a tout viendra pas à ses fins. à son bonheur. Il se serait parfaitement
» : rien ne manqua dans sa vie, ni la popu- Imaginez maintenant à quel point la même contenté de beaucoup moins ! Mais s’il
larité (« Tu es prince de Éloqim au milieu recherche, pour une fille, pourrait devenir n’avait été riche, on ne l’eût pas pris au
de nous » Gen. 23,6), ni la prospérité, ni une source de désarroi. Avoir pris la peine sérieux... Sa prospérité était donc une
l’amour conjugal. Plus encore, il perce- d’élever une fille dans les valeurs de la condition de la diffusion de son message...
vait la bénédiction en chaque chose. Tant famille d’Avraham, pour devoir ensuite la Elle n’était cependant pas suffisante. Les
de gens vivent dans l’abondance, sans marier, dans le pays corrompu de Kenaan, gens voulaient connaître la raison de son
se rendre compte de la berakha dont ils à un homme qui l’éloignerait de la maison succès. S’ils avaient pensé que son haut
jouissent. Avraham, lui, se réjouissait de de son père, et de la sainteté qui y règne, niveau moral lui avait apporté la richesse,
la moindre chose dont Hashem le faisait c’eût été une épreuve bien amère ! ils l’auraient admiré, mais à distance. Per-
bénéficier. C’est pourquoi, en ce qui le Car quelle que soit la force des valeurs in- sonne ne se précipite pour apprendre à
concerne, on utilise le terme « bakol », en culquées depuis l’enfance, n’auraient-elles devenir un être moral.
toute chose. pas fini par s’éroder, dans le milieu dé-
Yitz’haq n’eut pas une existence aussi létère des peuples autochtones : « et le En revanche, les connaissances ésoté-
plaisante. Il dut faire face à de nombreux Cananéen occupait alors le pays », dit le riques, les pouvoirs secrets de la magie,
obstacles. Le bonheur n’était pas le lot de texte. Plutôt n’avoir pas de fille, que d’avoir voilà ce qui attire le commun.
chacun de ses jours. Pourtant, il éprouva à souffrir ces angoisses ! Une part de la bénédiction d’Avraham
de la joie dans ces épreuves elles-mêmes, L’argument de Rabbi Yehudah est précisé- consista donc en ceci que Hashem lui fit
parce qu’il comprenait parfaitement la ment qu’avec une fille, Avraham parvien- une réputation qui attira un grand nombre
conduite qu’on attendait de lui. Il trouva drait au bonheur complet. Hashem lui en d’hommes, à un niveau auquel ils pou-
son bonheur dans sa propre capacité à donna une. Une jeune femme si passion- vaient se relier : la croyance qu’il possédait
accomplir son devoir. Il se montra donc née et persuasive qu’elle fit entrer des pouvoirs de prédiction et de guérison.
capable de tirer le positif de toute chose, son époux dans la foi et le mode de vie de Mais une fois en sa présence, ces aspects
« mikol ». son père Avraham ! Elle devint une passe- de sa renommée devenaient secondaires,
Ya’aqov, assailli par les difficultés et les relle, un lien avec le monde extérieur, une comparés au rayonnement spirituel, à
chagrins, eut certainement la vie la plus voie par laquelle les idéaux d’Avraham se la crainte de D.ieu, à la bonté envers les
difficile. Et pourtant, c’est lui qui parvint au répandirent davantage qu’ils ne l’avaient créatures dont il faisait preuve.
plus haut niveau de la bénédiction. Il avait fait jusqu’à présent. Rien ne pouvait être Le « tout » d’Avraham consistait en ins-
tout, « kol ». plus important aux yeux d’Avraham que la truments dont lui-même n’avait aucun
Il n’eut pas à trouver son bonheur en large diffusion, dans le monde entier, du besoin, mais que Hashem avait mis entre
quelque chose, ou à le tirer de quelque message dont il était porteur. C’est donc ses mains, pour en faire Son ambassadeur
chose. bien avec une fille comme celle-là que la dans le monde.
Il ne manquait tout simplement de rien ! véritable bénédiction vint à Avraham.
Librement adapté de Rabbi Yitzchak Adlerstein – Torah.org
L’OUBLI D’UN OBJET SUR SOI LE CHABBAT
Michael OUAKNINE

Avant d’analyser les cas concrets, il nous Cas pratiques : Une fois qu’il arrive chez lui ou dans un
faut éclaircir quelques points. endroit sûr où il pourra déposer l’objet,
Le mouchoir dans la poche (objet sans il ne peut pas rentrer normalement dans
L’interdit de la Torah concernant le trans- valeur): le domaine privé puisqu’il fait changer de
port d’objet dans un domaine public com- domaine à l’objet. Il devra donc faire un
prend plusieurs interdictions : Quelqu’un qui marche dans la rue pen- chinouy (mettre l’objet dans sa chaussure
1) Déplacer un objet dans le domaine pu- dant Chabat et qui trouve dans sa poche par exemple) pour pouvoir le faire rentrer
blic plus de quatre coudées (environ deux un mouchoir ne peut pas tout simplement chez lui.
mètres) le jeter dans la rue. En effet, en sortant de
2) Faire changer l’objet de domaine (du chez lui avec le mouchoir, il a déjà fait la Le passeport dans la poche (objet de va-
domaine privé au domaine public ou in- akira. S’il jette le mouchoir par terre, il fait leur) juste avant Chabbat :
versement) même si c’est sur une distance alors la anakha et transgresse donc un in-
inférieure à quatre coudées. terdit de la Torah. Il ne peut pas non plus S’il est dans le domaine public mais que
s’arrêter de marcher car le fait de se tenir Chabbat n’est pas encore rentré mais qu’il
La transgression de l’interdit de la Torah immobile serait aussi considéré comme n’a plus la possibilité d’arriver dans un
ne se fait que si on a fait la akira (le fait de une anakha. endroit sûr avant l’entrée de Chabbat, il
prendre l’objet posé) et la anakha (le fait Plusieurs solutions s’offrent alors à lui. La n’est pas tenu d’abandonner son objet du
de reposer l’objet). L’action de déplacer première est de donner le mouchoir à un fait du principe de « Adam bahoul al ma-
un objet dans le domaine public sans le non-juif tout en prenant la précaution de mono ».
reposer est un interdit de nos Sages mais le faire pendant que le non-juif marche et Dans un premier temps, il devra le confier
l’interdit de la Torah n’est pas « complété que lui-même marche pour ne pas faire un non-juif pour qu’il le lui rende après
» tant que l’objet n’est pas reposé. de anakha. La deuxième solution est de Chabbat. S’il n’a pas de non-juif avec lui,
placer l’objet sur un makom ptor, c’est- il pourra le confier à un « fou » (une per-
Dans un second temps, il faut savoir à-dire un endroit qui n’est pas considéré sonne qui n’a pas la raison) ou à une per-
que les interdits de nos Sages, bien qu’il comme un domaine. Pour avoir un tel sonne qui n’entend pas et ne parle pas.
soit infiniment grave de les transgres- statut, il faut que l’endroit fasse moins de Sinon, il pourra le confier à un enfant (le
ser, existent aussi pour nous empêcher quatre tefakhim carré (environ 32 cm de biour halakha précise au nom du pri mé-
d’être amené à enfreindre un interdit de côté) et plus haut qu’une ama (environ 59 gadim qu’il est préférable que cet enfant
la Torah. Nos Sages ont fait remarqué cm) comme par exemple une bouche à in- ne soit pas son fils). S’il est tout seul, du
que «Adam bahoul al mamono » c’est-à- cendie ou un poteau. Il doit là aussi faire fait que Chabbat ne soit pas encore rentré,
dire qu’une personne est très attachée à attention de ne surtout pas s’arrêter avant la anakha n’a pas encore été faite. Il pour-
ses biens. Dès lors, dans une situation où de le placer sur cet endroit pour ne pas ra donc marcher moins de quatre amot
nos Sages ont analysé que fixer un inter- faire de anakha. puis s’arrêter et continuer ainsi jusqu’à
dit qui ne serait pas respecté entraînerait ce qu’il arrive à destination et faire ren-
la transgression d’un interdit de la Torah, Le passeport dans la poche (objet de va- trer l’objet dans le domaine privé avec un
ils se sont montrés permissifs. Il faut être leur) pendant Chabbat : chinouy.
extrêmement prudent avec ces sujets et S’il est dans l’impossibilité d’agir de la
ne surtout pas croire que chacun peut dé- Si l’objet a de la valeur, et qu’il n’a pas de sorte à cause de la peur de se faire agres-
cider de lui-même si selon sa situation il non-juif à qui il fait confiance autour de ser par des bandits ou bien parce qu’il est
peut s’autoriser à transgresser un interdit lui, il pourra continuer à marcher avec trop faible, il pourra agir comme expli-
de nos Sages. Ce n’est autorisé que parce l’objet sur lui mais a l’interdiction for- qué précédemment (en marchant vite en
que nos Sages l’ont autorisé. Nous n’ex- melle de s’arrêter. S’il s’est arrêté, il ne prenant soin de ne pas s’arrêter jusqu’à
pliquons ici que la raison pour laquelle pourra plus repartir avec l’objet. Pour sa destination et en faisant rentrer l’objet
nos Sages ont fait une exception dans le ne pas oublier de ne pas s’arrêter, il de- dans le domaine privé avec un chinouy).
cas que nous allons traiter plus loin. vra marcher plus vite qu’à son habitude.

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Bar Mitsva

Ce feuillet d’étude est dédié pour la réussite de Yossi NATHAN