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MEDECINE DU TRAVAIL

1. Généralités-Définition-Principe

La médecine du travail désigne à la fois une spécialité médicale qui concerne la

prévention des atteintes à la santé des travailleurs (accidents du travail, maladies

professionnelles), et les Services de médecine du (ou de santé) au travail au sein

desquels s'exerce cette spécialité. C’est-a-dire la médecine du travail est une médecine

exclusivement préventive : elle a pour objet d'éviter toute altération de la santé des

salariés, du fait de leur travail, notamment en surveillant leur état de santé, les

conditions d'hygiène du travail et les risques de contagion.

La médecine du travail est une médecine spécialisée visant la protection santé des

travailleurs vis-à-vis des nuisances de leur travail et plus largement de leur milieu de

travail, ainsi que leur bien-être au travail.

Elle appartient essentiellement au domaine préventif.

Elle trouve sa spécificité par son articulation, dès l'origine, avec la Sécurité au travail,

porté par les ingénieurs de sécurité, également une obligation de moyen, pour toutes les

entreprises. De ce point de vue, elle est représentative à la fois de la santé au travail de

type latin (individuelle) et de type anglo-saxon (normative).

Elle trouve ses bases au niveau des Conventions et Recommandations de l'OIT, ainsi

qu'au niveau du Gouvernement notamment du Ministère de Travail et de la Prévoyance

Sociale.

Elle s'insère actuellement dans un ensemble multidisciplinaire de santé au travail, assez

complexe, compte tenu des niveaux de pouvoirs politiques qui se partagent les

compétences.
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Elle est organisée, soit directement par les entreprises (Service Interne - ou Commun- de

Prévention et de Protection), soit selon un système inter-entreprises (Service externe de

Prévention et de Protection).

Dans les autres pays, la médecine du travail désigne simplement l'exercice

professionnel d'un médecin spécialisé en santé au travail.

Dans le langage courant, le terme "médecine du travail" désigne ainsi, en France,

l'institution pour les salariés du secteur privé, le suivi des agriculteurs (administré par

la Mutualité sociale agricole) et celui des fonctionnaires (nommé médecine de

prévention) relevant d'autres dispositifs réglementaires. Etant données les spécificités

de la "médecine du travail à la française" et l'impact qu'elles ont eues sur la sémantique,

cette interprétation française de "médecine du travail", discipline pratiquée dans des

cadres législatifs, réglementaires et organisationnels très différents d'un pays à l'autre,

n'a pas de valeur universelle, contrairement à la notion de santé au travail ou de

prévention des risques professionnels.

Au-delà du contexte français explicité ci-dessus, et pour trouver un dénominateur

commun qui puisse résumer la pratique de la discipline au niveau international, la

médecine du travail est l'exercice professionnel réalisé par un médecin, généralement

spécialisé, consistant à établir un lien entre le travail et la santé, à partir d'une approche

clinique et d'une analyse des conditions de travail, à des fins de prévention ou de

réparation. Pour conserver son caractère "universel", cette définition doit faire

abstraction des dispositifs connexes institués par les législations, réglementations et

jurisprudences nationales (aptitude-inaptitude, modalités de reconnaissance et de

réparation des atteintes à la santé du fait du travail).


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La médecine du travail est une médecine spécialisée visant la protection santé des

travailleurs vis-à-vis des nuisances de leur travail et plus largement de leur milieu de

travail, ainsi que leur bien-être au travail.

Elle appartient essentiellement au domaine préventif.

Elle trouve sa spécificité par son articulation, dès l'origine, avec la Sécurité au travail,

porté par les ingénieurs de sécurité, également une obligation de moyen, pour toutes les

entreprises. De ce point de vue, elle est représentative à la fois de la santé au travail de

type latin (individuelle) et de type anglo-saxon (normative).

Elle trouve ses bases au niveau des Conventions et Recommandations de l'OIT, ainsi

qu'au niveau des Directives européennes.

Elle s'insère actuellement dans un ensemble multidisciplinaire de santé au travail

depui1994, assez complexe, compte tenu des niveaux de pouvoirs politiques qui se

partagent les compétences.

Elle est organisée, soit directement par les entreprises (Service Interne - ou Commun- de

Prévention et de Protection), soit selon un système inter-entreprises (Service externe de

Prévention et de Protection).

Histoire de la médecine du travail

L'OIT, la santé au travail et la médecine du travail dans le monde

L'organisation internationale du travail a établi, pour les Etats adhérents, des règles

destinées à protéger les travailleurs. On distingue les conventions qui ont un caractère

contraignant pour les Etats qui les ont ratifiés des recommandations qui définissent des

orientations aux actions des Etats membres. Certaines de ces dispositions concernent le
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domaine de la santé et de la sécurité des travailleurs et contiennent des

recommandations concernant les professionnels qui interviennent dans le domaine de

la prévention, dont les médecins du travail pour ce qui concerne l'approche clinique et

épidémiologique.
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Chapitre 1 : La Santé et la Sécurité au Travail

Santé au travail et Médecine du travail en RDCongo

La loi n0 015/2002 du 16 octobre 2002 portant code du travail stipule a son titre VII,

Articles 159-176 en matière de santé au travail transposent à l’application des mesures

pour promouvoir l’amélioration de la sécurité et la santé des travailleurs. Cette Loi

évoque des principes généraux, mais ne se focalise pas sur l'apport spécifique de la

médecine du travail aux dispositifs de prévention des risques professionnels, ou sur ses

modalités d'organisation qui restent une prérogative de l’Etat.

1.1. Des objectifs

Les conditions de santé et de sécurité au travail sont assurées en vue :

1. De prévenir les accidents du travail ;

2. De lutter contre les maladies professionnelles ;

3. De créer les conditions de travail salubres

4. De remédier a la fatigue professionnelle excessives ;

5. D’adapter le travail a l’homme ;

6. De gérer et de lutter contre les grandes endémies de sante communautaire en

milieu du travail.

1.2. LA SANTE AU TRAVAIL

Les entreprises ou les établissements de toute nature ont l’obligation de s’assurer le

concours des services de sante au travail (Art.160 du code du travail). Les services de

santé au travail sont assurés par un médecin du travail.


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Ils ont un rôle essentiellement Préventif et ont pour mission d’assurer (Art.161 du code

du travail) :

- La surveillance médicale des travailleurs et la surveillance sanitaire des lieux de

travail ;

- Les secours immédiats et soins d’urgence aux victimes d’accidents ou

d’indisposition.

Comment sont organisés les services de santé au travail ?

Assurés par un ou plusieurs médecins du travail, les services de santé au travail sont

organisés en fonction de l'importance de l'entreprise :

soit en service « autonome », dans le cadre de l'entreprise, ce service pouvant, en cas de

pluralité d'établissements, être un service médical du travail interétablissements ou un

service médical d'établissement ; soit en service interentreprises, au niveau de plusieurs

entreprises.

Définitions Selon le code du travail, le service d'entreprise (au sens large) peut, en cas

de pluralité d'établissements, être un service d'établissement ou un service

interétablissements d'entreprise.

 On parlera de service de santé au travail d'entreprise (au sens strict) lorsque

l'entreprise ne compte qu'un établissement.

 On parlera de service de santé au travail d'établissement lorsque le service est

propre à un établissement d'une entreprise qui compte plusieurs établissements.

On parlera de service de santé au travail inter établissements d'entreprise lorsque le

service est commun à plusieurs établissements de la même entreprise. Le service de

santé au travail interétablissements d'entreprise peut réunir l'ensemble des


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établissements de l'entreprise, mais il peut aussi n'être commun qu'à certains d'entre

eux.

Sanctions

L’État peut sanctionner les entreprises qui ne respecteraient pas les textes rappelés

précédemment. Le Ministère du Travail et de la Prévoyance Sociale permet de

sanctionner les entreprises de façon graduelle selon les dysfonctionnements qui ont pu

être relevés dans l’application des textes.

 Infractions légères :

 Infractions graves :

 Infractions très graves :

 Sanctions maximum

Principe

La médecine du travail a pour but d'éviter toute altération de la santé des salariés en

raison de leur travail.

Dans ce but, le médecin du travail est amené à effectuer régulièrement des examens

médicaux auprès des salariés.

 Surveillance médicale

 Propositions du médecin du travail


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 Conséquences sur le temps de travail

 Où s'adresser ?

 Références

Surveillance médicale

La surveillance médicale des salariés a pour objectif principal d'apprécier, au moment

de l'embauche, si le salarié, compte tenu de son état de santé physique et mental et des

caractéristiques du poste de travail auquel l'employeur envisage de l'affecter est apte à

exercer les activités prévues par son contrat de travail sans danger pour sa santé ou la

collectivité de travail ; puis, périodiquement, de s'assurer du maintien de l'aptitude du

salarié au poste de travail occupé.

Exerçant une médecine préventive, le médecin du travail ne dispense pas, sauf urgence,

de soins. Par ailleurs, il ne peut procéder à des vaccinations que sous certaines

conditions.

Les salariés sont tenus de se soumettre à des examens médicaux : avant l'embauche ou

au plus tard avant l 'expiration de la période d'essai ; au moins tous les 24 mois, le

premier de ces examens devant avoir lieu dans les 24 mois qui suivent l'examen

d'embauche visé ci-dessus ; après une absence d'au moins 8 jours pour un accident du

travail ou une maladie professionnelle ou d'une absence d'au moins 21 jours à la suite

d'une maladie ou à un accident non professionnel ; en cas d'absences répétées pour

raisons de santé ; après un congé de maternité.


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Certains salariés bénéficient en outre d'une surveillance renforcée : salariés affectés à

certains travaux. Ces travaux peuvent être ceux qui comportent des exigences ou des

risques particuliers

En dehors des examens obligatoires, tout salarié bénéficie d'un examen médical à la

demande de l'employeur ou à sa demande, cette dernière demande ne pouvant motiver

une sanction. Le médecin du travail ne doit en aucun cas révéler les motifs de cette

demande.

Examens médicaux

Le salarié est tenu d'effectuer des examens médicaux auprès du médecin du travail.

L'employeur doit les proposer, sous peine de causer un préjudice au salarié. Le salarié

doit se soumettre à ces examens.

Attention : le refus d'un salarié de se soumettre à un examen médical obligatoire peut

justifier un licenciement.

Examen d'embauche

Le salarié bénéficie d'un examen médical avant l'embauche ou, au plus tard, avant

l'expiration de la période d'essai. Cet examen est effectué par le médecin du travail.

Les salariés soumis à une surveillance médicale renforcée bénéficient de cet examen

obligatoirement avant leur embauche. Cette surveillance renforcée concerne notamment

 les salariés de moins de 18 ans, les femmes enceintes, les salariés handicapés,

 les salariés exposés à certains risques pour leur santé (amiante, vibrations, bruit,

etc.).
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L'examen d'embauche permet de s'assurer que le salarié est apte au poste de travail

pour lequel il a été recruté. Si nécessaire, le médecin du travail propose au salarié

d'adapter son poste ou de l'affecter sur un autre poste. Le médecin du travail doit

vérifier que le salarié n'est pas atteint d'une affection dangereuse pour les autres

salariés.

Durant l'examen, le salarié doit être informé sur les risques des expositions au poste de

travail et le suivi médical nécessaire. Il est sensibilisé sur les moyens de prévention à

mettre en œuvre.

Examens périodiques

Le salarié bénéficie d'examens médicaux périodiques. Ces examens permettent au

médecin du travail :

 de s'assurer du maintien de l'aptitude médicale du salarié au poste de travail

occupé,

 d'informer le salarié sur les conséquences médicales des expositions au poste de

travail et du suivi médical nécessaire.

Ces examens ont lieu au moins tous les 24 mois. Certains services de santé au travail

(SST) pourront prévoir une périodicité plus longue, sauf pour le salarié bénéficiant

d'une surveillance médicale renforcée.


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Indépendamment des examens périodiques, le salarié bénéficie d'un examen par le

médecin du travail à sa demande ou à celle de l'employeur. La demande du salarié ne

peut motiver aucune sanction.

Examen de pré-reprise

Une visite de pré-reprise est organisée par le médecin du travail à l'initiative du salarié,

du médecin traitant ou du médecin conseil de la sécurité sociale. Elle concerne le salarié

en arrêt de travail d'une durée de plus de 3 mois.

Cet examen permet au médecin du travail :

 de recommander des aménagements et adaptations du poste de travail,

 de préconiser le reclassement du salarié ou des formations professionnelles en

vue de faciliter le reclassement du salarié ou sa réorientation professionnelle.,

Sauf opposition du salarié, le médecin du travail informe l'employeur et le médecin

conseil de la sécurité sociale de ces recommandations.

Examen de reprise du travail

Afin de vérifier l'aptitude du salarié à reprendre son activité professionnelle, celui-ci

bénéfice d'un examen de reprise du travail dans les cas suivants :

 soit après un congé de maternité,

 soit après une absence pour cause de maladie professionnelle (quelle qu'en soit la

durée),

 soit après une absence d'au moins 30 jours pour cause d'accident du travail, de

maladie ou d'accident non professionnel.


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L'examen de reprise reste obligatoire même si le salarié a effectué auparavant une visite

de pré-reprise. L'examen de reprise est organisé dans les 8 jours qui suivent la date de

reprise du travail du salarié.

Examens complémentaires

Le médecin du travail peut prescrire des examens complémentaires, s'il l'estime

nécessaire, pour déterminer l'aptitude médicale au poste de travail. Ils peuvent

également permettre de dépister une maladie professionnelle (ou à caractère

professionnel résultant de son activité) et des maladies dangereuses pour l'entourage.

Ces examens sont réalisés dans des conditions garantissant le respect de leur anonymat.

Propositions du médecin du travail

A l'issue de ces examens, le médecin du travail constate que le salarié est soit apte, soit

partiellement ou totalement inapte au travail sur son poste.

S'il l'estime nécessaire, le médecin du travail est habilité à proposer des mesures

individuelles telles que des mutations ou des transformations de postes. Celles-ci sont

justifiées par des considérations relatives notamment à l'âge, à la résistance physique ou

à l'état de santé physique et mentale du salarié.

L'employeur est tenu de prendre en considération ces propositions et, en cas de refus,

de faire connaître les motifs qui s'opposent à ce qu'il y soit donné suite.

Conséquences sur le temps de travail

Le temps nécessité par les examens médicaux, y compris les examens complémentaires,

est pris sur les heures de travail des salariés sans qu'aucune retenue de salaire ne puisse
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être opérée. Lorsque ces examens ne peuvent avoir lieu pendant les heures de travail,

leur durée est rémunérée comme temps de travail normal.

Le temps et les frais de transport nécessités par ces examens sont pris en charge par

l'employeur.

À noter : les examens médicaux sont réalisés dans l'établissement, sauf dérogation, dans

les établissements industriels d'au moins 200 salariés et dans les autres établissements

d'au moins 500 salariés.

Questions ? Réponses !

 Le médecin du travail est-il un salarié protégé ?

 Le salarié peut-il être dispensé de l'examen médical d'embauche?

 Quelles sont les particularités de la surveillance médicale d'un intérimaire ?

Formation : Médecin du Travail

Le médecin du travail est un médecin spécialisé en pathologie professionnelle et

hygiène industrielle. Il est titulaire d'un diplôme d'études spéciales (DES) de médecine

du travail.

Il a souvent suivi des formations complémentaires : en ergonomie, toxicologie, psycho-

dynamique du travail, épidémiologie, radioprotection, médecine aérospatiale, etc.


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La qualification de médecine du travail peut également être acquise par reconversion

professionnelle via un poste de collaborateur médecin dans un service de santé au

travail.

Déontologie

 Le médecin du travail est soumis au secret médical conformément au Code Pénal

, au Code de la santé publique , au code de déontologie. Par exemple, les avis

d'aptitude qu'il émet, ainsi que les suggestions d'aménagement de poste, ne

doivent faire aucune mention à la ou aux pathologie(s) dont souffre le salarié en

question.

 Le médecin du travail est soumis au secret de fabrication conformément au code

du travail.

 Quel que soit l'environnement où il opère, son indépendance professionnelle est

garantie par la Loi et par la déontologie médicale.

Médecin du travail des salariés du régime général

Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif hormis les cas d'urgence. Il

consiste à « éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail notamment

en surveillant leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de

santé » (Code du travail ) et donc aussi à limiter le risque d'accident du travail. Le

médecin du travail doit également promouvoir la santé au sens large au sein de

l'entreprise, par exemple en pratiquant des vaccinations non liées aux risques

professionnels au sens strict.

Le médecin du travail est le conseiller du chef d’entreprise, des travailleurs, des

représentants du personnel, du comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail

(CHSCT). Ses conseils peuvent porter sur l’amélioration des conditions de vie et de
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travail dans l’entreprise, l'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de

travail à la physiologie du corps humain, la protection des salariés contre les nuisances,

notamment les risques d’accidents du travail ou l’utilisation de produits dangereux.

Pour remplir ces missions, les activités du médecin du travail sont réparties entre des

examens médicaux (dont certains donnent lieu à une décision d'aptitude au poste), la

mise à jour et l'entretien de dossiers médicaux et documents médico-administratifs

(fiches d'entreprises, fiche de postes, etc.), et des actions en milieu de travail qui doivent

représenter au moins un tiers de son temps de travail effectif et pour cette raison

désignée par l'expression « tiers temps » : visites d'entreprises, évaluation des risques

professionnels, propositions d'aménagement de poste, etc. Les actions de prévention

mises en place par le médecin du travail peuvent concerner une situation individuelle

ou revêtir un aspect collectif.

La Loi no 015/2002 du 16 octobre 2002 portant code du travail a conféré aux services de

santé au travail les missions jusqu'ici aux seuls médecins du travail. Depuis le 16

octobre 2002, ces missions sont décrites par le code du Travail : "le médecin du travail

assure personnellement l'ensemble de ses fonctions, dans le cadre des missions définies

dans le Code du travail. Elles sont exclusives de toute autre fonction dans les

établissements dont il a la charge et dans le service interentreprises dont il est salarié.

Toutefois, le médecin du travail peut confier certaines activités, sous sa responsabilité,

dans le cadre de protocoles écrits, aux infirmiers, aux assistants de service de santé au

travail ou, lorsqu'elle est mise en place, aux membres de l'équipe pluridisciplinaire.

Pour les professions dont les conditions d'exercice relèvent du Code de la santé

publique, ces activités sont exercées dans la limite des compétences respectives des

professionnels de santé déterminées par les dispositions de ce code."

Lieux d'exercice
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Le médecin du travail exerce à titre salarié dans un service de santé au travail qui peut

être:

 un service d'entreprise, d'établissement, ou inter-établissements, quand

l'ensemble en question (entreprise, établissement, ou plusieurs établissements

d'une même entreprise) représente plus de 500 salariés uniquement

 un service interentreprises, qui a la forme d'une association à but non lucratif

dont le fonctionnement est régi par le Code du travail

Les services interentreprises sont responsables du suivi en santé au travail de 90 % des

salariés du régime général. Ils sont organisés en secteurs, géographiques ou

professionnels. Chaque médecin est affecté à un secteur.

Le statut et les moyens du médecin du travail

Le médecin du travail est lié à l'employeur ou au président du service de santé au

travail interentreprises par un contrat de travail écrit qui en fait un salarié, mais un

salarié au statut particulier. Il ne doit agir, dans le cadre de l'entreprise, que dans

l'intérêt exclusif de la santé et de la sécurité des travailleurs dont il assure la surveillance

médicale. Son indépendance est garantie dans l'ensemble des missions définies par la

loi.

Il est interdit de conclure un contrat de travail temporaire pour remplacer un médecin

du travail absent.

Le médecin du travail est inscrit à l'ordre des médecins et soumis au Code de

déontologie médicale qui regroupe les règles de pratique de la médecine et les devoirs

du médecin. Il dispose d'une totale autonomie dans le domaine médical, où il ne doit

tolérer aucune intervention de l'employeur. Il est astreint au secret médical et au secret


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professionnel et s'assure que les documents médicaux sont protégés contre toute

indiscrétion (le dossier médical peut toutefois être communiqué au médecin inspecteur

provincial du travail). Enfin, un certain nombre de garanties s'attachent à la nomination,

au changement de secteur ou d'affectation et au licenciement d'un médecin du travail :

La nomination d'un médecin du travail ne peut intervenir qu'avec l'accord soit du

comité d'entreprise ou d'établissement, soit du comité interentreprises ou de la

commission de contrôle du service interentreprises ou dans les services interentreprises

administrés paritairement, avec l'accord du conseil d'administration. La consultation de

ces instances doit avoir lieu avant la fin de la période d'essai qui suit l'embauche. A

défaut d'accord, la nomination ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur

du travail, prise après avis ;

Les mêmes règles s'appliquent avant toute décision : dans les services d'entreprise ou

d'établissement, en cas de changement de secteur d'un médecin du travail lorsqu'il est

contesté par l'intéressé ou selon les cas par le comité d'entreprise ou d'établissement ou

à défaut par les délégués du personnel de l'établissement que le médecin du travail

avait précédemment en charge,

dans les services interentreprises de santé au travail, en cas de changement d'affectation

à un médecin du travail d'une entreprise ou d'un établissement, ainsi qu'en cas de

changement de secteur d'un médecin du travail, lorsque ces changements sont contestés

par le médecin du travail, par l'employeur ou selon les cas, par le comité d'entreprise ou

d'établissement ou à défaut, par les délégués du personnel de l'entreprise ou de

l'établissement que le médecin du travail avait précédemment en charge.

À défaut d'accord des instances consultées ou le cas échéant de l'employeur, ces

changements de secteur ou d'affectation ne peuvent intervenir que sur autorisation de

l'inspecteur du travail délivrée après avis de son hierarchie


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Le licenciement d'un médecin du travail ne peut intervenir que sur autorisation de

l'inspecteur du travail, après avis des instances visées ci-dessus (selon le cas : comité

d'entreprise ou d'établissement, comité interentreprises ou commission de contrôle du

service interentreprises, conseil d'administration).

En cas de faute grave, l'employeur peut prononcer la mise à pied immédiate de

l'intéressé en attendant la décision définitive de l'inspecteur du travail.

Le médecin du travail peut être assisté par un(e) infirmier(ère) recruté(e) avec son

accord et dispose de locaux aménagés et équipés, selon des critères précisés par le Code

du travail. Dans les services de santé au travail interentreprises, un ou une secrétaire

médicale assiste le médecin du travail dans l'ensemble de ses activités. Le médecin du

travail bénéficie d'un libre accès aux lieux de travail. Il les visite de sa propre initiative

ou à la demande de l'employeur, du CHSCT ou à défaut des délégués du personnel. Il

est consulté sur les projets de construction ou d'aménagements nouveaux, ainsi que sur

les modifications apportées aux équipements. Il peut donc formuler un avis préalable

sur le choix d'une nouvelle machine, la transformation d'un atelier, l'installation

d'écrans de visualisation... Il est informé de la nature, de la composition et des

modalités d'emploi des produits ainsi que des résultats de toutes les mesures et

analyses effectuées dans les domaines de sa compétence (mesures de bruit,

d'éclairement, rapport des services vétérinaires...). Il peut demander communication des

résultats des vérifications ou des contrôles mis à la charge des employeurs au titre de

l'hygiène et de la sécurité du travail (rapports de vérification des installations

électriques, des appareils de levage, analyses d'atmosphère susceptibles de contenir des

produits toxiques...). Il peut, aux frais de l'employeur, effectuer ou faire effectuer des

prélèvements et des mesures aux fins d'analyse. Il peut aussi faire procéder à des

analyses ou à des mesures qu'il estime nécessaires par un organisme agréé.


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Le chef d'entreprise ou le président du service interentreprises doit prendre toutes

mesures pour permettre au médecin du travail de consacrer à ses missions en milieu de

travail, le tiers de son temps de travail ; ce temps comporte au moins 150 demi-journées

de travail effectif chaque année, réparties mensuellement, pour un médecin à plein

temps. Pour un médecin à temps partiel, cette obligation est calculée au prorata de son

temps de travail.

Dans l'entreprise, l'adresse et le numéro du téléphone du médecin du travail ou du

service de santé au travail doivent être affichés sous peine d'amende.

Statut et contrôle

Le contrat de travail du médecin du travail doit garantir son indépendance

professionnelle. A cette fin, il bénéficie également d'autres protections définies dans le

Code du travail. Le licenciement d'un médecin du travail est soumis à l'autorisation de

l'inspection du travail, après avis favorable du comité d'entreprise (service autonome)

ou de la commission de contrôle (service interentreprises). Son changement d'affectation

est soumis à l'approbation des mêmes instances.

Rôle et missions du médecin du travail

Le rôle du médecin du travail est exclusivement préventif. Il consiste à éviter toute

altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail, notamment en surveillant

leurs conditions d'hygiène au travail, les risques de contagion et leur état de santé.

Il ne pratique pas la médecine de clientèle courante.


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Le code du travail liste ses domaines d'intervention, et prévoit que ses missions sont

assurées à travers des actions sur le milieu de travail (auxquelles il doit consacrer au

moins un tiers de son temps de travail et la réalisation d'examens médicaux.

L'exercice de cette spécialité se réalise essentiellement dans le domaine de la prévention

en milieu de travail. Elle fait partie à la fois de la santé publique (pour son action

collective) et de la santé clinique pour ses aspects individualisables.

Elle n'est cependant pas thérapeutique dans le sens classique (elle ne propose pas de

traitements médicaux), mais possède la capacité d'avis médicaux individuels et

d'actions (avis) sur les aménagements de poste de travail, les aménagements de

l'emploi, etc.

La réforme a attribué de nouvelles compétences au médecin du travail :

 conseil en matière d'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de

travail à « la santé physique et mentale, notamment en vue de préserver le maintien

dans l'emploi des salariés »;

 conseils sur la protection des travailleurs contre les risques «d'exposition à des

agents chimiques dangereux».

 conseils à l'employeur visant à la préservation de la santé des travailleurs.

Missions

Les missions du médecin du travail sont décrites essentiellement par deux sources

réglementaires, les missions qui y sont décrites se recoupent partiellement.

 Arrêté ministériel relatif au Service interne pour la Prévention et la Protection au

Travail.- En plus de la collaboration à l’exécution des missions (-analyse et gestion


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dynamique des risques; ndlr-), les missions suivantes sont réservées aux conseillers en

prévention, qui répondent aux conditions fixées aux Services externes pour la Prévention

et la Protection au travail et qui font partie du service ou de la section chargé de la

surveillance médicale (-les médecins du travail; ndlr-):

 1°) examiner l’interaction entre l’homme et le travail et contribuer

dès lors à une meilleure adéquation entre l’homme et sa tâche

d’une part et à l’adaptation du travail à l’homme d’autre part;

 2°) assurer la surveillance de la santé des travailleurs notamment

afin:

 a) d’éviter l’occupation de travailleurs à des tâches dont ils

seraient incapables, en raison de leur état de santé, de

supporter normalement les risques ainsi que l’admission au

travail de personnes atteintes d’affections graves qui soient

transmissibles, ou qui représentent un danger pour la

sécurité, des autres travailleurs;

 b) de promouvoir les possibilités d’emploi pour tout un

chacun, notamment en proposant des méthodes de travail

adaptées, des aménagements du poste de travail et la

recherche d’un travail adapté, et ce également pour les

travailleurs dont l’aptitude au travail est limitée;

 c) de dépister aussi précocement que possible les maladies

professionnelles et les affections liées au travail, de

renseigner et conseiller les travailleurs sur les affections ou

déficiences dont ils seraient éventuellement atteints, de

collaborer à la recherche et l’étude des facteurs de risque des


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maladies professionnelles et des affections liées à l’exécution

du travail;

 3°) surveiller l’organisation des premiers secours et soins d’urgence

aux travailleurs victimes d’accident ou d’indisposition.

o La surveillance de la santé des travailleurs vise la promotion et le maintien de la

santé des travailleurs par la prévention des risques. Elle est réalisée par

l’application de pratiques de prévention qui permettent au conseiller en

prévention-médecin du travail:

 a) de promouvoir les possibilités d’emploi pour tout un chacun,

notamment en proposant à l’employeur des méthodes de travail

adaptées, des aménagements du poste de travail et la recherche

d’un travail adapté, et ce également pour les travailleurs dont

l’aptitude au travail est limitée;

 b) de dépister aussi précocement que possible les maladies

professionnelles et les affections liées au travail;

 c) de renseigner et conseiller les travailleurs sur les affections ou

déficiences dont ils seraient éventuellement atteints;

 d) de collaborer à la recherche et l’étude des facteurs de risque des

maladies professionnelles et des affections liées au travail;

 e) d’éviter l’occupation de travailleurs à des tâches dont ils seraient

incapables, en raison de leur état de santé, de supporter

normalement les risques;


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 f) d’éviter l’admission au travail de personnes atteintes d’affections

graves qui soient transmissibles, ou qui représentent un danger

pour la sécurité des autres travailleurs;

 g) de fonder la décision relative à l’aptitude au travail d’un

travailleur, au moment de l’examen médical, en prenant en

considération:

 1°) le poste de sécurité ou le poste de vigilance qu’il occupe

ou va occuper effectivement et qui peut mettre en danger la

santé et la sécurité d’autres travailleurs;

 2°) l’activité à risque défini qui entraîne ou qui est

susceptible d’entraîner un dommage pour sa santé;

 3°) l’activité liée aux denrées alimentaires.

L'action du médecin du travail s'organise autour de trois axes.

L'action sur le milieu de travail (tiers temps)

Par son intervention sur le milieu de travail, le médecin du travail apporte son expertise

à l'employeur ainsi qu'aux salariés et à leurs représentants, en les renseignant sur la

nature des risques qu'il a identités, en proposant des actions correctrices des conditions

de travail.

Dans les SSTI, c'est avec les autres membres de l'équipe pluridisciplinaire, dont il assure

l'animation et la coordination, qu'il mène les actions sur le milieu de travail. Dans les
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services autonomes de santé au travail, le médecin du travail mène des actions de

prévention en coordination avec l'employeur, les représentants des salariés et les

préventeurs extérieurs.

 Fiche d'entreprise : elle décrit, pour chaque entreprise, les risques professionnels

présents et le nombre de salariés exposés. Elle peut être rédigée en se basant sur

le document unique d'évaluation des risques établi par l'employeur. Sa

présentation au CHSCT de l'entreprise concernée est obligatoire.

 Campagnes d'informations

 Visite des lieux de travail

 Etude des postes de travail

 Mesures métrologiques

 Participation aux CHSCT

 Enquêtes épidémiologiques

 Hygiène des locaux et des services de restauration de l'entreprise

 Formation des sauveteurs-secouristes du travail

 Rédaction du contenu de la trousse de pharmacie de l'entreprise

 Actions figurant dans le Projet pluriannuel du service et/ou dans le CPOM, ou

dans son propre programme de travail

 Propositions et préconisations transmises à l'employeur

 Réponses aux saisines des employeurs11


25

 Ces missions recoupent ce qui est communément appelé "tiers-temps", car le

médecin du travail doit y consacrer au minimum un tiers de son temps de

travail. Elles sont définies (liste non exhaustive) par le Code du travail.

Pour ce faire, le médecin du travail a librement accès aux lieux de travail des entreprises

dont il a la charge. En d’autres termes, le médecin du travail est le conseiller du chef

d'entreprise, des salariés, des représentants du personnel notamment pour

l'amélioration des conditions de travail, l'adaptation des postes, l'hygiène, la prévention

et l'éducation sanitaire dans le cadre de l'entreprise. Pour remplir cette mission le

médecin du travail conduit des actions sur le milieu de travail et procède à des examens

médicaux.

Le médecin agit en vue d'améliorer globalement les conditions de travail, notamment en

ce qui concerne :

l'adaptation des postes, des techniques et des rythmes de travail à la physiologie

humaine (aménagement des postes de travail pour limiter les efforts physiques, éviter

les postures difficiles, déterminer l'éclairage correct mais aussi apprécier la charge

mentale et agir sur l'organisation du travail...) ;

la protection des salariés contre l'ensemble des nuisances (physiques ou

organisationnelles) ;

la surveillance des conditions d'hygiène au travail et d'hygiène en général qui règnent

dans l'entreprise (entretien des lieux de travail, aménagement des locaux sanitaires...) ;

la surveillance de l'hygiène dans les services de restauration (prévention des

contaminations par une bonne hygiène des locaux, des matériels, des denrées...) ;

la promotion de la prévention (information sur les mesures de prévention et l'éducation

sanitaire, prévention des lombalgies, utilisation correcte de certains équipements de

protection individuelle...).
26

Le service de santé au travail ne peut mettre à la charge du médecin du travail à temps

plein (durée légale du travail) le suivi de plus 450 entreprises (dans les services

interentreprises), de plus de 3300 salariés, ni de plus de 3200 examens médicaux

effectués dans l'espace d'une année. Aucun de ces trois critères de charge ne doit être

dépassé. Pour un médecin du travail à temps partiel, les seuils maximaux sont calculés

au prorata de son temps de travail.

Le médecin du travail apporte son concours à l'organisation des actions de formation à

la sécurité mises en place par l'employeur. Il participe à l'établissement de la liste des

postes à risques nécessitant une formation renforcée à la sécurité.

Il établit des documents de travail :

un plan annuel d'activité en milieu de travail, qui prévoit notamment les études à

entreprendre, le nombre et la fréquence des visites des lieux de travail. Ce plan est

transmis à l'employeur qui le soumet au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions

de travail (CHSCT) ou, à défaut, aux délégués du personnel ;

un rapport annuel d'activité ;

une fiche d'entreprise, pour toute entreprise ou établissement de plus de 10 salariés (et

pour toute entreprise, quel que soit son effectif, à compter du 1er janvier 2006). Cette

fiche a pour but, en particulier, d'identifier les risques auxquels les salariés sont exposés.

Elle est transmise à l'employeur qui la présente au CHSCT et doit la tenir à disposition

de l'inspecteur du travail et du médecin inspecteur régional du travail et de la main

d'œuvre.
27

Pour les entreprises adhérentes à un service de santé au travail interentreprises, cette

fiche est établie dans l'année qui suit l'adhésion de l'entreprise ou de l'établissement à ce

service.

Le médecin du travail doit être consulté avant toute décision importante relative à la

mise en place ou à la modification de l'organisation du travail de nuit.

Le suivi individuel de l'état de santé du salarié

Le suivi individuel de l'état de santé du salarié constitue une compétence propre du

médecin du travail. Son déroulement est consigné dans un dossier médical en santé au

travail propre à chaque salarié, alimenté par les observations faites par le médecin à

l'issue de chaque examen, et comportant les fiches d'aptitude et les fiches d'exposition

du salarié. Ce dossier est confidentiel et répond aux exigences du Code de la santé

publique.

Grâce à ses décisions et aux conseils de prévention qu'il délivre dans le cadre du suivi

médical individuel des salariés, que le médecin du travail contribue à la protection

individuelle de la santé des travailleurs.

Les examens médicaux effectués par le médecin du travail ont lieu sur le temps de

travail ou, à défaut, sont rémunérés comme tels. Ils sont à la charge de l'employeur. Le

cas échéant, le médecin du travail peut prescrire tout type d'examen complémentaire ou

demander tout type d'avis spécialisé pour rendre son avis, notamment concernant

l'aptitude du salarié à occuper son poste.

Types d'examens médicaux

Les examens médicaux ou "visites" sont réglementés et se répartissent en plusieurs

catégories :
28

 Visite d'embauche : il s'agit de l'examen médical initial du salarié. Elle a lieu

obligatoirement avant la fin de la période d'essai ou, pour les postes relevant

d'une surveillance médicale renforcée (cf. infra), avant l'embauche (prise de

poste). Sous certaines conditions, la visite d'embauche peut ne pas avoir lieu

(embauche à un poste identique, dans un délai de 12 mois, ou de 24 mois si le

salarié est réembauché par la même entreprise, à condition que le salarié soit en

possession de la fiche d'aptitude la plus récente et qu'aucune inaptitude n'ait été

constatée dans les 6 mois précédents). Cette dispense ne peut s'appliquer aux

salariés relevant d'une surveillance médicale renforcée.

 Visite périodique : il s'agit d'un examen médical régulier. Sa fréquence ne peut

dépasser deux ans, sauf si des actions pluridisciplinaires et des entretiens

infirmiers de prévention ont été mis en place. Cependant, la fréquence maximale

de deux ans reste applicable quoiqu'il arrive aux salariés relevant d'une

surveillance médicale renforcée.

 Visite de pré-reprise : elle a lieu à la demande du médecin traitant ou du

médecin-conseil, pendant un arrêt maladie durant plus de 3 mois. Elle vise à

préparer la reprise du travail. Elle ne peut donner lieu à l'établissement d'une

fiche d'aptitude ou d'inaptitude.

 Visite de reprise : Elle est obligatoire à l'issu d'un arrêt de travail de 30 jours ou

plus pour maladie non-professionnelle ou accident de travail, d'un congé

maternité, et de tout arrêt de travail pour maladie professionnelle.

 Visite à la demande du salarié ou de l'employeur : Le salarié ou l'employeur

peuvent à tout moment demander un examen médical du salarié par le médecin

du travail. Un salarié ne peut être sanctionné pour en avoir fait la demande.


29

Surveillance médicale renforcée

La surveillance médicale renforcée (Code du travail) concerne les salariés :

 soit en raison de leur statut personnel : jeunes travailleurs (moins de 18 ans),

femmes enceintes, travailleurs handicapés

 soit en raison de risques professionnels spécifiques auxquels ils sont exposés :

plomb, amiante, rayonnements ionisants, bruit, vibration, milieu hyperbare,

agents cancérogène, mutagènes ou reprotoxiques, certains agents biologiques.

Le médecin du travail apprécie en toute indépendance les modalités adéquates de cette

surveillance médicale renforcée.

Décisions d'aptitude

Afin de protéger la santé des salariés (voir aussi harcèlement moral), le médecin du

travail détermine leur aptitude à occuper leur poste de travail à l'issue de tous les

examens, à l'exception de la visite de pré-reprise.

Il peut ainsi conclure à : l'aptitude, l'aptitude avec restrictions ou recommandations,

l'inaptitude temporaire ou l'inaptitude définitive. En cas d'inaptitude temporaire, le

salarié est invité à consulter son médecin traitant qui prescrira un arrêt de travail. En cas

d'inaptitude définitive au poste de travail, un reclassement dans l'entreprise doit être

proposé par l'employeur après un deuxième examen médical effectué 15 jours après le

premier, une étude du poste de travail et des conditions de travail dans l'entreprise. En

cas de danger immédiat, l'inaptitude définitive peut être prononcée à l'issue d'un seul

examen par le médecin du travail.

À défaut de reclassement (inaptitude à tout poste dans l'entreprise), le salarié peut être

licencié. Le Code du travail dispose cependant qu’un salarié inapte licencié qui a refusé
30

un poste de reclassement a droit à une indemnité de préavis, ainsi qu’à l’indemnité

spéciale de licenciement sauf si ce refus est abusif. Or, même après avis d'inaptitude, le

salarié a droit de refuser un reclassement induisant un changement du contrat de travail

(un salarié à plein temps peut ainsi refuser un reclassement en temps partiel, même si

celui-ci est préconisé par le médecin) .

Le recours contre les décisions d'aptitude ou d'inaptitude du médecin du travail a lieu

devant l'inspection du travail, qui rend sa décision après avis du médecin inspecteur

régional du travail.

Décision d'aptitude au travail

La décision d'aptitude pose autant de problème, car elle détourne dans une large

mesure le médecin du travail de son travail de protection des travailleurs,

d'amélioration des conditions de travail, de conseils et d'avis, etc.

Cette décision n'intervient cependant que pour les travailleurs chez lesquels un risque

de travail (voir paragraphe précédent) a été décelé, pour lequel un examen médical est

nécessaire selon la fréquence proposé, suite à l'analyse des risques.

La décision elle-même a été encadrée par la réglementation (de la surveillance médicale

du travailleur), de façon à limiter les possibilités de perte d'emploi pour le travailleur.

En effet, en cas de déclaration par le médecin du travail d'une inaptitude définitive, la

possibilité d'une rupture d'emploi pour cas de force majeure est ouverte à l'employeur.

Les décisions autres que la déclaration d'aptitude au travail, qui empêcheraient le

travailleur d'accéder à son poste de travail, peut faire l'objet selon, d'une concertation ou

d'un recours (ou les deux) par le travailleur, selon les formes prescrites par la loi.
31

Les autres activités

 Veille sanitaire

 Participation aux études, recherches et enquêtes, en particulier à caractère

épidémiologique autres que celles menées dans le cadre de son action sur le

milieu de travail

 Participation aux instances de consultation

 Elaboration du rapport annuel d'activité: il résume l'activité du médecin du

travail. Un rapport d'activité spécifique doit être établi pour chaque entreprise de

plus de 200 salariés.

Remarque :

 Exercée au sein d'un service médical du travail », la médecine du travail est

obligatoirement organisée, sur le plan matériel et financier, par les employeurs.

 Elle est placée sous la surveillance des représentants du personnel et le contrôle

des services du ministère de l'emploi, du travail et de la Prevoyance sociale.

Sont à la charge de l'employeur l'ensemble des dépenses liées à la médecine du

travail et notamment les examens médicaux, les examens complémentaires, le

temps et les frais de transport nécessités par ces examens, le temps passé par les

médecins du travail à l'étude des postes de travail dans l'entreprise. La médecine

du travail bénéficie à tous les salariés, quelle que soit la taille de l'entreprise.
32

Animation et coordination de l'équipe pluridisciplinaire

Le médecin du travail « anime et coordonne l'équipe pluridisciplinaire » du Service de santé

au travail interentreprises, équipe composée des médecins du travail, des IPRP et des

infirmiers ; elle peut être complétée par des assistants de SST et d'autres professionnels

recrutés après avis des médecins du travail.

C'est néanmoins le Service de santé au travail interentreprises qui détermine, sous le

contrôle, les professionnels à recruter pour satisfaire ses objectifs, selon les

caractéristiques des différents secteurs.

C'est désormais l'équipe pluridisciplinaire qui assure les missions du Service de santé

au travail interentreprises, précisées par le projet pluriannuel de service à travers les

actions collectives en milieu de travail et les actions individuelles de suivi de l'état de

santé des salariés.

L'équipe pluridisciplinaire intervient dans chacun des secteurs qui relèvent de sa

compétence

L'agrément fixe l'effectif maximal de travailleurs suivi par équipe pluridisciplinaire, et

non plus par médecin du travail

Autres régimes

La prévention des risques professionnels obéit à d'autres règles pour les autres

catégories de travailleurs.

Régime agricole

Les salariés du régime agricole sont suivis en médecine du travail par la Mutualité

sociale agricole (MSA), qui joue à la fois le rôle de service de médecine préventive et
33

d'organisme de sécurité sociale des risques professionnels (alors que ces deux missions

relèvent, pour les salariés du régime général, de services de santé au travail.

Fonction publique

Dans les trois fonctions publiques, la médecine du travail porte un autre nom :

 Fonction publique d'État : médecine préventive

 Fonction publique territoriale : médecine préventive et professionnelle

 Fonction publique hospitalière : médecine du travail du personnel hospitalier.

Dans les trois cas, le médecin du travail ne se prononce pas sur l'aptitude à la fonction,

qui relève du médecin agréé. La notion d'aptitude au poste de travail, elle, relève du

comité médical. Hormis la MTPH, les médecins de médecine préventive de la fonction

publique ne se prononcent sur l'aptitude au poste qu'à titre consultatif, leur décision ne

s'imposant pas à l'administration.

1.2. LA SECURITE AU TRAVAIL

Toute entreprise ou tout établissement a l’obligation d’organiser un service spécial de

sécurité, d’hygiène et l’embellissement des lieux du travail (art.163 du code de travail).

Le service spécial de sécurité, d’hygiène et l’embellissement des lieux du travail a pour

mission d’assurer :

- D’assure la surveillance technique des travailleurs et sanitaire des lieux de

travail ;
34

- L’animation et la formation générale des travailleurs ;

Le Service spécial de sécurité, d’hygiène et l’embellissement des lieux du travail est

assuré par un cadre dénommé chef de service spécial de sécurité, d’hygiène et

l’embellissement des lieux du travail.

Toute entreprise ou tout établissement de quelque nature que ce soit occupant des

travailleurs a l’obligation de constituer un Comite de sécurité, d’hygiène et

d’embellissement des lieux du travail.

Mission

Le Comite de sécurité, d’hygiène et d’embellissement des lieux du travail a pour

mission :

- De concevoir, de corriger et d’exécuter la politique de prévention des accidents

du travail et des maladies professionnelles,


- De stimuler et de contrôler le bon fonctionnement des services de sécurité et de

santé au travail

La santé au travail se trouve imbriquée dans ce lacis de compétence :

 La sécurité au travail et dès lors les relations du travailleur avec son

environnement de travail est de la compétence du Ministère du travail et de la

Prévoyance Sociale. Le Ministère a une administration du travail qui comporte

des services centraux auprès du Ministre et des services provinciaux et locaux.

 Pour la médecine du travail, les décisions concernant les travailleurs et les avis

sur les conditions et lieux de travail dépendent de ce niveau. La surveillance en

est assurée par l'Inspection du travail, est de compétence nationale.


35

 L'environnement, et tout ce qui concerne les problèmes d'environnement des

entreprises, est de compétence provinciale ou locale.

Les acteurs de la santé et de la sécurité au travail

Plusieurs acteurs de la prévention des risques professionnels interviennent dans

l’entreprise et hors de l’entreprise : l’employeur, les instances représentatives du

personnel (Comités d’entreprise, délégués du personnel, CHSCT) et les services de santé

au travail (médecine du travail), le Conseil Supérieur de la prévention des risques

professionnels,…

Prévention de la violence externe au travail.

La violence au travail constitue un risque important dans un nombre croissant de

professions. Dans ce dossier, on aborde le cas de la violence externe, c'est-à-dire les

agressions causées par des personnes extérieures à l'entreprise (client, fournisseur). Ce

risque en progression concerne toute profession en contact direct avec la clientèle grand

public. Il importe que chaque entreprise concernée puisse se doter d’un véritable projet

comportant les réponses possibles à différents niveaux : formation des personnels,

organisation du travail, accueil des usagers, prise en charge des victimes, sécurisation

des lieux.

Intervenant en Prévention des Risques Professionnels (IPRP)

Un IPRP (Intervenant en Prévention des Risques Professionnels) est une personne,

physique ou morale, dotée de compétences techniques, organisationnelles ou médicales

(hors médecine du travail) dont la mission consiste à participer à la prévention des


36

risques professionnels et à l’amélioration des conditions de travail, en complément de

l’action conduite par le médecin du travail.

Protections individuelles

1. Tête

Equipements Individuels de Protection de la tête

Le nombre d’accidents de travail avec arrêts du fait d’un traumatisme à la tète

représente 4% du total et 10% des décès. (Source : Caisse Nationale d’Assurance

Maladie – Année 2002) Il s’agit donc d’un risque de fréquence mortelle élevée, qui doit

être bien pris en compte par des équipements de protection individuelle appropriés à

l’activité concernée.
2. Yeux et visage

Equipements Individuels de Protection des yeux et du visage

Dans beaucoup d'environnements industriels, la protection des yeux et du visage est

obligatoire. De nombreuses d'applications quotidiennes peuvent en effet générer des

particules en suspension, des projections de liquides corrosifs, des rayonnements qui

peuvent blesser les yeux et le visage. Les employeurs doivent fournir un équipement de

protection individuel qui offre une protection adéquate des yeux et du visage.

3. Audition

Les Protecteurs Individuels contre le Bruit (PICB)

Les méfaits du bruit dans notre vie quotidienne, privée ou professionnelle, sont trop

souvent méconnus et négligés. Pourtant les conséquences peuvent être graves et

irréversibles. Les nuisances sonores ont pour conséquences les effets auditifs comme la

surdité avec déficit auditif temporaire ou définitif, les acouphènes, mais également non

auditifs comme les impacts sur la fatigue et le stress. Lorsqu’il est impossible de

réduire le bruit à un poste de travail par des protections collectives, des protections
37

auditives individuelles doivent être portées. Le choix d’un protecteur individuel contre

le bruit s’effectue en fonction de l’environnement de travail afin d’apporter une

protection acoustique satisfaisante et une gêne minimale au porteur.

4. voies respiratoires

Equipements Individuels de Protection des voies respiratoires

La protection des voies respiratoires est nécessaire lorsqu’ un travailleur est susceptible

d’inhaler des poussières, vapeurs, gaz ou aérosols ou s’il travaille dans une ambiance

appauvrie en oxygène. Le choix du masque de protection va dépendre de la nature du

travail effectué, de la durée d’exposition, des caractéristiques des différentes substances

intervenantes.

La prévention des risques professionnels de la silice

La silice est présente dans beaucoup de matériaux. L'inhalation intense et/ou fréquente

et/ou prolongée de poussières de silice cristalline entraîne une inflammation

pulmonaire chronique et une fibrose pulmonaire progressive (silicose) pouvant

conduire à une grave insuffisance respiratoire et cardiaque et prédisposer à des

complications notamment tuberculeuses et cancéreuses

La protection des travailleurs contre le froid

Les personnes travaillant en ambiances froides (températures inférieures à 5°C) sont

très nombreuses, que ce soit en extérieur (froid naturel) ou en intérieur (froid artificiel),

principalement dans les installations frigorifiques de l'industrie alimentaire, ou

l’exposition au froid excessif (-25°) peut s’avérer parfois importante. Pour des travaux

en extérieur, le risque est accru par une exposition au vent (refroidissement éolien) et à

l’humidité.
38

Les équipements individuels de flottaison (EIF)

Un équipement individuel de flottaison (EIF) est un dispositif qui permet à une

personne de flotter plus facilement en cas de chute dans l'eau. Selon le type, l’EIF

permet de conserver la tête hors de l'eau, et assure le retournement pour une personne

inanimée. Les EIF complètent avant tout les protections collectives, et doivent respecter

les trois impératifs…

Equipements de Protection Individuelle du corps.

Les vêtements de travail sont destinés avant tout à protéger l’individu contre les

salissures occasionnées par son travail. Les vêtements de protection constituent une

catégorie spéciale de vêtements de travail qui a pour but de protéger contre les

accidents ou les intempéries. Ces équipements doivent répondre à des normes très

précises. Ils constituent des équipements de protection individuelle (EPI). Ces

vêtements protecteurs assurent la sécurité du travailleur pour qu’il puisse travailler

avec un risque minimal de lésion corporelle ou de maladie.

Prévention des risques en cuisine collective.

Les cuisines des restaurants collectifs sont confrontées à deux enjeux d’Hygiène et

Sécurité, qui d’ailleurs ne sont pas indépendants l’un de l’autre : Préserver la salubrité

des aliments, de manière à réduire les risques en matière de sécurité alimentaire pour

les clients, en utilisant des techniques de conservation, de préparation des aliments

saines, de nettoyage et de désinfection des ustensiles et des plans de travail

appropriées … Assurer une protection collective et individuelle au personnel,

confronté à des risques liés au process de fabrication des repas et aux lieux de travail

(fours, tables de cuisson, chambres froides, outils tranchants, fumées de cuisson, sols

glissants …).
39

La protection des bras

En France, les TMS du membre supérieur sont reconnus au titre des tableaux 57 et 69

des maladies professionnelles (MP) du régime général et au titre du tableau 39 du

régime agricole.

Equipements de Protection Individuel des mains

Les mains, dont l’usage est inhérent à tout travail, sont souvent mises à rude épreuve et

subissent de nombreuses agressions: coupures, brûlures (à la chaleur, aux produits

chimiques), piqûres, déchirures, décharges électriques, chocs, écrasements, allergies etc...

La main est le premier outil de l’homme, indispensable mais fragile, soumise à une

multitude de risques au travail.

La protection des pieds

Les blessures aux pieds, représentant environ 7 % des sièges de lésion des accidents du

travail, se divisent en deux grandes catégories. La première comprend les

traumatismes comme les perforations avec pénétration d’un corps étranger, les

écrasements, et les lacérations. La deuxième regroupe les blessures résultant des

glissades, des faux mouvements, des chutes et de sollicitations excessives du pied mal

chaussé, provoquant entorses de la cheville, tendinites, épines calcanéennes, fractures

du calcanéum et diaphysaires, aponévrosite plantaires et autres pathologies

ligamentaires et ostéo-articulaires.

Enquête : des chaussures de protection chinoises à très faible protection

A leur demande, la Fédération Française de la Chaussure (FFC) a fait contrôler, par un

organisme agréé (CTC : Centre Technique Cuir Chaussure Maroquinerie), des chaussures

de sécurité parmi les plus couramment vendues en France pour vérifier leur conformité
40

aux normes en vigueur. Sur l’échantillon testé, aucune chaussure ne remplissait les

conditions minimales de sécurité pour se prévaloir du marquage CE.

Equipements de Protection Individuel des jambes

Certains types de travailleurs doivent prévoir une

protection des jambes spécifique lors des travaux

effectués, c’est notamment le cas pour le travail avec

une tronçonneuse ou d'hyper sollicitation des

membres inférieurs comme les professionnels qui

travaillent à genoux.

Les risques biologiques

Les travailleurs susceptibles d’être exposés au risque biologique sont de plus en plus

nombreux et les secteurs d’activité concernés très variés. Sauf pour les secteurs de la

santé au sens large (laboratoires de recherche et d’analyses, industrie

pharmaceutique, établissements de soins …) ou ce risque est bien pris en compte, ce

risque reste assez peu connu de la majorité des salariés susceptibles d'être exposés et

de leurs entreprises.

Le stockage de produits chimiques

Le stockage de produits chimiques présente des risques tels que l’incendie,

l’explosion, le risque de chute ou de renversement d'emballage… Toutes ces

caractéristiques rendent nécessaire, outre les précautions lors de leur emploi,

l’aménagement de locaux de stockage. La réduction des risques existants passe par


41

une réflexion sur la structure du local, sur les modalités de rangement et sur les

incompatibilités entre les produits.

Chapitre II. Analyse et gestion des risques

Dans la mesure où l'analyse des risques est la clé de voute du système de la santé au

travail en RDCongo et que cette analyse est confiée au département de gestion des

risques (voir plus loin), la participation du médecin du travail à cette analyse est

primordiale.

En effet, c'est cette analyse qui détermine les travailleurs qui vont bénéficier d'une

surveillance médicale et sa fréquence. Son exercice couvre plusieurs domaines dont trois

sont essentiels :

 d'une part l'analyse et la gestion des risques de santé et plus particulièrement des

risques de maladies professionnelles.

 d'autre part il doit évaluer et donner une décision d'aptitude au travail, mais

uniquement lorsqu'un travailleur est exposé à un risque de santé dû à son travail,

sur base d'une analyse des risques, clé de voute du système.

 le dépistage et la déclaration des maladies professionnelles

Tous les employeurs sont tenus de s’affilier à un Service Médical du Travail, même si

aucun des travailleurs qu’ils occupent ne doit être soumis aux examens médicaux

prévus. Le code du travail impose à l’employeur de soumettre obligatoirement aux

examens médicaux périodiques et vaccinations certains membres du personnel en

fonction des activités qu’ils exercent.


42

Il s’agit notamment :

 De personnes qui exercent des activités à risque défini. Cette notion reprend les

risques de maladies professionnelles et l’exposition à des contraintes.

Il s’agit de toute activité ou poste de travail pour lesquels les résultats de l’analyse des

risques font apparaître :

o l’existence d’un risque identifiable pour la santé de l’agent dû à l’exposition

à un agent chimique, physique ou biologique;

o un lien entre l’exposition à des contraintes à caractère ergonomique, liées à

la pénibilité du travail ou à un travail monotone et répétitif;

o un risque identifiable de charge physique ou mentale de travail;

o un lien entre l’activité et un risque identifiable de charge psychosociale.

 Des personnes qui occupent un poste de vigilance poste qui consiste en une

surveillance permanente du fonctionnement d’une installation où un défaut de

vigilance lors de cette surveillance peut mettre en danger la santé et la sécurité

des autres travailleurs.

 Des personnes occupant un poste de sécurité.

 Des personnes qui entrent en contact avec des denrées ou des substances

alimentaires.

 Des personnes handicapées.

 Des personnes âgées de moins de 21 ans.

 Du personnel féminin, en âge de procréer, dont la f qu’après une absence de 4


43

semaines au moins due à une maladie ou à un accident quelconque ou à un

accouchement, fonction pourrait entraîner un risque en cas de grossesse.

Après une absence de 4 semaines au moins due à une maladie ou à un accident

quelconque ou à un accouchement, ces personnes visées ci-dessus seront soumises à un

examen médical de reprise du travail.

 Les risques sont globalement répertoriés, et devront faire l'objet d'une

appréciation en concertation:

o Les postes de sécurité et de vigilance

o Les activités à risques définis :

 Physique, biologique, chimique , les produits CMR,

 Contraintes ergonomiques, pénibilités du travail,

 Charge psychosociale,

o Denrées alimentaires,

o Les jeunes au travail,

o Les travailleurs handicapés au sens de la réglementation relatif à la

surveillance médicale,

o Plus spécifiquement au niveau du travail devant écran et le port de charge

Maladies professionnelles

Un des rôles important du médecin du travail est le dépistage et la déclaration des

maladies professionnelles. La réparation se fait par un organisme unique, un parastatal,

le "Fonds des Maladies professionnelles"(FMP). La déclaration se fait, soit en système


44

ouvert, soit en système de liste des maladies professionnelles, dans ce cas-ci, voir la "liste

des maladies professionnelles". Il existe par ailleurs un "système ouvert" hors liste, qui

permet, sous certaines conditions, la déclaration de maladie que le médecin du travail

estime être causé de façon directe et déterminante par le travail.

Par ailleurs, les travailleurs (ainsi que les organismes d'assurances maladie-invalidité)

peuvent demander directement une réparation d'une maladie professionnelle sans

passer par le médecin du travail (en système ouvert ou de liste).

CHAPITRE 3 : Accidents du travail et maladies professionnelles

Cette leçon présente l’ensemble des définitions qui sont nécessaires pour appréhender la notion

d’accident de travail.

OBJECTIFS

● Définir un accident du travail, une maladie professionnelle, une incapacité

permanente, une consolidation. Se repérer dans les procédures et en comprendre les

enjeux.

● Connaître la procédure de déclaration, les modalités de reconnaissance et de

réparation des AT et MT.

● Connaître les principes de la prévention des AT et MP.

3.1.DÉFINITION ET PRINCIPES GÉNÉRAUX DES ACCIDENTS DE TRAVAIL (AT)

La définition de l’accident du travail dans le régime général de sécurité sociale, qui est

de loin le régime le plus important, est donnée par le Code de la Sécurité Sociale
45

: "Est considéré comme accident du travail quelle qu'en soit la cause, l'accident

survenu par le fait ou à l'occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant à

quelque titre que ce soit pour un ou plusieurs employeurs ou chefs d'entreprise."

La jurisprudence des tribunaux caractérise l’AT par l’existence d’un fait accidentel et

d’un lien entre le fait accidentel et le travail. Lorsque ces deux conditions sont réunies

la victime bénéficie de la présomption d’imputabilité.

● un fait accidentel action violente soudaine lésion corporelle.

• Le critère de soudaineté distingue l’AT de la maladie professionnelle (MP) caractérisée

par l’absence de connaissance de la date de l’événement causal. Si la lésion soudaine a

une origine et une date certaine, il y a accident. Il faut mettre en évidence un «fait précis

survenu soudainement au cours ou à l’occasion du travail» Ainsi peuvent être reconnus

en AT en dehors des événements traumatiques bien définis qui sont les plus courants,

d’autres lésions comme une hernie inguinale, un infarctus du myocarde, le suicide dans

certains cas (lorsqu’il est la conséquence directe, médicalement reconnue de troubles

neuropsychiatriques intervenus dans les suites immédiates d’une agression

professionnelle).

• La lésion de l’organisme peut provenir de plusieurs origines. Elle peut être une

blessure consécutive à l’action d’une machine, d’un outil ou plus généralement d’un

objet. Mais elle peut provenir de l’environnement de travail du salarié (bruit, froid,

chaleur, lumière, agents chimiques) dès lors qu’une origine et une date certaines

peuvent être assignées aux lésions.

C’est le cas par exemple de lésions auditives révélées par des acouphènes survenus chez

un salarié le jour même où il a été soumis à des traumatismes sonores répétés.

• Le médecin conseil du service près la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM)

appréciera si la lésion constatée est imputable à l’évènement accidentel.

● Une relation entre le fait accidentel et le travail.


46

Généralement on considère que si l’AT est survenu aux lieux et au temps de travail

habituels de l’intéressé une telle relation est établie. Mais, la jurisprudence considère

depuis longtemps que constitue «un AT, tout accident survenu à un travailleur alors

qu’il est soumis à l’autorité ou à la surveillance de son employeur». Un salarié en

mission (voyage professionnel, rendez-vous chez un client, par exemple) est soumis à

l'autorité de son employeur. Il en est de même pour les tâches non strictement

professionnelles réalisées sur les lieux et pendant le travail : passage au parc à voitures,

aux vestiaires, rangement des outils, pauses repas dans les locaux de l’entreprise affectés

à cet effet, réunion syndicale...

La victime n'a donc pas à apporter de preuve du lien de causalité entre le travail et la

lésion. Néanmoins, la réalité de l’accident et de sa survenue au temps et au lieu du

travail doivent être établies.

Pour détruire cette "présomption d'imputabilité" dont bénéficie la victime, l’employeur

doit démontrer que la victime se livrait lors de l’AT à une activité totalement étrangère

au travail. Pour la lésion, la CPAM doit apporter la «preuve contraire», c’est à dire que la

lésion est totalement étrangère au travail.

2 CAS PARTICULIER DE L’ACCIDENT DE TRAJET

L’accident de trajet est défini par le code de la securite : « Est également

considéré comme accident du travail, lorsque la victime ou ses ayants droit apportent la

preuve que l’ensemble des conditions ci-après est rempli ou lorsque l’enquête permet à

la caisse de disposer sur ce point de présomptions suffisantes, l’accident survenu à un

travailleur pendant le trajet d’aller et de retour entre :

● sa résidence principale ou secondaire possédant un caractère de stabilité ou tout


47

autre lieu où le travailleur se rend de façon habituelle pour des motifs d’ordre

familial et le lieu de travail

● le lieu de travail et le restaurant, la cantine ou d’une manière plus générale le lieu où

le travailleur prend habituellement ses repas et dans la mesure où le parcours n’a

pas été interrompu ou détourné pour un motif dicté par l’intérêt personnel et

étranger aux nécessités essentielles de la vie courante ou indépendant de l’emploi »

Les accidents de travail bénéficient d'une présomption d'imputabilité ce qui n'est pas le

cas des accidents de trajet où c'est à la victime de faire la preuve de l'accident, des

lésions et de la relation entre lésions et accident.

3.2. PROCÉDURES DE DÉCLARATION DES ACCIDENTS DE TRAVAIL (AT)

a- la victime : doit déclarer l'AT à son employeur dans les 24 heures sauf cas de force

majeure. Elle peut en outre informer la caisse dont elle dépend jusqu'à expiration de la

2ème année suivant l'accident, si l'employeur ne l'a pas fait. Une déclaration tardive ne

supprime pas la présomption d'imputabilité.

b - l'employeur a l'obligation formelle de déclarer l'AT à la CPAM sous 48 h (sinon la

victime a deux ans pour le faire). Il doit également délivrer à la victime une feuille de

soins AT comprenant 3 volets (triptyque) :

● Volet n°1 à conserver par la victime

● Volet n°2 à remettre aux praticiens traitants et aux auxiliaires médicaux pour

facturation

● Volet n°3 à remettre aux pharmaciens et/ou à l'établissement de soins.

● L'employeur envoie également une attestation de salaire à la caisse afin de permettre

le calcul des indemnités journalières en cas d'arrêt de travail

c - le médecin consulté par la victime :

● établit un certificat médical initial sur le formulaire adéquat.


48

Le certificat initial est un document important qui doit bien dater l'accident et surtout

bien décrire les lésions (il sera toujours difficile de faire prendre en charge

ultérieurement une lésion non décrite sur le certificat initial). Il doit adresser au moins

un exemplaire au médecin conseil de la CPAM et remet l'autre à la victime. Il prescrit

librement une thérapeutique et/ou un arrêt de travail.

● note son ou ses actes sur la feuille de soins, le salarié n'effectuant aucune avance

d'argent. Il établira à la fin des soins un certificat final descriptif décrivant les séquelles

éventuelles en cas de consolidation ou attestant de la guérison.

d- La Caisse vérifie dans tous les cas la matérialité de l'accident (service administratif)

et la réalité des lésions physiques imputables à l'AT (rôle du médecin conseil).

● Si le médecin conseil accepte l'AT indiquant l'imputabilité des lésions à l'accident,

l'assuré bénéficie de la présomption d'imputabilité.

● Si la caisse conteste l'AT, elle doit apporter la preuve contraire, informer victime et

employeur dans un délai de 30 jours. Ce délai peut être complété « lorsqu'il y a

nécessité d'examen ou d'enquêtes complémentaires » d'un délai de 2 mois à

condition que la caisse en informe les différents acteurs précités.

La caisse peut faire procéder à une enquête auprès de l'employeur ou de la victime.

Cette enquête est obligatoire en cas de décès ou d'incapacité permanente totale (IPT)

probable.

e- En cas de maladie non mentionnée dans un tableau, ou pour laquelle le tableau de

maladie professionnelle n'est pas complètement respecté, la procédure de déclaration

est la même mais la caisse transmet le dossier au CRRMP.

3.3. PROCÉDURES DE RÉPARATION DES ACCIDENTS DE TRAVAIL ET

MALADIES PROFESSIONNELLES

La Réparation et l’indemnisation des maladies et accidents du travail.


49

Les procédures de réparation sont identiques pour les AT et MP.

IV.1 PRESTATIONS TEMPORAIRES

La victime en bénéficie pendant toute la durée de l'incapacité temporaire totale (ITT) ou

partielle (ITP) c'est à dire pendant la durée de l'arrêt de travail et/ou des soins (s'il n'y a

pas arrêt de travail). Il existe deux sortes de prestations :

● Les prestations en nature : l'exonération du ticket modérateur et tiers payant. La

victime bénéficie ainsi de la gratuité des soins en ce qui concerne les frais médicaux,

chirurgicaux, pharmaceutiques, matériels de prothèse et orthèse ainsi que la

rééducation fonctionnelle et professionnelle.

● Les prestations en espèces: indemnités journalières versées en cas d'arrêt de travail.

Le jour où s'est produit l'AT est à la charge de l'employeur. Des indemnités journalières

sont versées à partir du jour suivant l'arrêt de travail jusqu'à la date de guérison ou de

consolidation. La date de la 1ère constatation médicale est assimilée au jour de

l'accident (AT). L'indemnité journalière est égale à 60% du salaire journalier de base

(dans la limite d'un montant maximal) pendant les 28 premiers jours d'arrêt de travail et

à 80% de ce salaire à partir du 29ème jour d'arrêt de travail.

IV.2 PRESTATIONS DÉFINITIVES

Elles sont liées aux modes évolutifs de l'AT et seront attribuées en fonction des

indications mentionnées sur le certificat médical final (CMF) que le médecin traitant a

l'obligation de rédiger.

Le CMF précise s'il s'agit d'une guérison ou d'une consolidation.

● La guérison est définie par l'absence de toute séquelle, c'est à dire un retour à l'état

antérieur. Elle n'est bien sûr qu'apparente et peut toujours laisser place à une

rechute.
50

● La consolidation est prononcée quand l'état de la victime n'est plus susceptible

d'évolution, du moins à court ou moyen terme. Bien que la consolidation implique

la fin des soins actifs (seuls peuvent être poursuis les soins destinés à éviter une

aggravation) et la fin du versement des indemnités journalières, elle ne coïncide pas

obligatoirement avec la reprise d'une activité professionnelle. Il persiste des séquelles

entraînant un certain degré d'incapacité permanente au travail, généralement partielle

(incapacité permanente partielle ou IPP).

Les prestations définitives ne sont versées que s'il y a consolidation c'est-à-dire

présence de séquelles et détermination d'un taux d'IPP par le médecin conseil à partir

du lendemain de la date de consolidation.

Le taux d'IPP répare les incapacités fonctionnelles. La perte de capacité de travail et de

gain pourra être pris en considération par les structures administratives.

● En cas d'IPP inférieure à 10 % l'indemnisation de la victime est un capital, versé en

une fois pour solde de tout compte. Une IPP inférieure à 10 % n'est pas révisable.

● En cas d'IPP supérieure ou égale à 10 %, l'indemnisation est une rente

Le taux médical fixé par le médecin conseil sert à la fixation administrative du montant

du capital ou de la rente. La fraction du taux inférieur à 50 % est divisée par 2. La

fraction de taux supérieure à 50 % est multipliée par 1,5.

C'est le salaire annuel, plafonné, qui sert de base de calcul, salaire précédant l'année de

l'accident ou de la 1ère constatation médicale. En cas de nécessité de recours à une tierce

personne, la rente peut être majorée jusqu'à 40 %.

En cas de décès de l'assuré, les ayant droits peuvent bénéficier d'une rente de reversion

partielle.
51

Toute modification de l'état de santé de la victime peut donner lieu à une réévaluation

de l'IPP (augmentation ou diminution) :

● à l'initiative de la victime (à tout moment pendant les deux premières années puis à

des intervalles d'au moins un an ensuite)

● à l'initiative de la Caisse à des intervalles de 3 mois pendant les 2 premières années

puis à des intervalles d'un an. Les prestations en espèces sont exonérées d'impôt sur le

revenu.

En résumé, la loi n0 015 du 16 octobre 2002 stipule que : lorsque le travailleur est dans

l’incapacité de fournir ses services par suite de maladie ou d’accident, il conserve le

droit, pendant toute la durée de la suspension du contrat, aux deux tiers de la

rémunération en espèces et à la totalité des allocations familiales.

Le droit aux avantages contractuels en nature subsiste pendant l’incapacité, a moins

que le travailleur n’en demande la contre valeur en espèces. Le logement ne peut,

toutefois, être remplace par sa contre valeur (art. 105 du code du travail).

Si la maladie ou l’accident sont réputés maladie professionnelle ou accident du travail

aux termes de la réglementation de la sécurité sociale le travailleur conserve le droit

pendant les six premiers mois de la suspension du contrat aux deux tiers de la

rémunération en espèces et à la totalité des allocations familiales.

L’employeur est autorisé à déduire mensuellement les sommes versées au travailleur

par l’Institut National de Sécurité Sociale, en introduisant les pièces justificatives qui

doivent être acceptées après vérification par cet Institut (art.106 du code du travail).

Remarque : Aucune somme ni avantage n’est du s’il est établi que la maladie ou

l’accident ou l’aggravation d’une maladie ou d’un accident antérieur résulte d’un risque

spécial auquel le travailleur s’est volontairement expose en ayant conscience du danger

encouru, ou si le travailleur, sans motif valable, néglige d’utiliser les services médicaux
52

ou de réadaptation qui sont à sa disposition ou n’observe pas les règles prescrites` pour

la verification de l’existence du dommage ou pour la conduite des bénéficiaires de

prestations.

II DÉFINITION ET PRINCIPES GÉNÉRAUX DES MALADIES

PROFESSIONNELLES

Résumé

Présentation des définitions nécessaires pour appréhender la notion de maladies professionnelles

indemnisables et pour comprendre leur mode de reconnaissance.

II.1 INTRODUCTION

Une maladie professionnelle est un état pathologique résultant de l'exposition

habituelle à une nuisance déterminée au cours du travail. Il est très difficile de donner

une définition plus précise, tant les formes cliniques de ces maladies ne différent pas

des formes sans exposition professionnelle. C'est pour cela qu'ont été définies les

maladies professionnelles indemnisables.

II.2 MALADIES PROFESSIONNELLES INDEMNISABLES (MPI)

C'est une maladie professionnelle reconnue comme telle par un régime de couverture

sociale et réparée par la suite comme un accident du travail.

Dans les régimes, général et agricole de la Sécurité Sociale, est présumée d'origine

professionnelle toute maladie désignée dans un tableau de maladie professionnelle, et


53

contractée dans les conditions mentionnées à ce tableau. C'est en 1919 qu'ont été créés

les premiers tableaux de MPI : les numéros 1 et 2 pour le plomb et le mercure

respectivement.

Actuellement, il y a plus de 100 tableaux dans le régime général numérotés de 1 à 98

(avec parfois des bis et des ter) par ordre chronologique (www.inrs.fr). Les tableaux

peuvent être révisés et complétés par des décrets après avis du conseil supérieur de la

prévention des risques professionnels. Les maladies professionnelles indemnisables

sont en relation avec l'exercice habituel d'une profession.

II.2.1 Chaque tableau numéroté comporte

● un titre faisant mention de la nuisance (ou risque) et précisant le mécanisme à

l'origine de la MPI ou la maladie.

● une liste limitative de maladies et de symptômes désignés dans la colonne de gauche

Dans certains cas, la positivité d'examens complémentaires est exigée pour la

reconnaissance de la MP (tests respiratoires ou cutanés, dosages biologiques,

radiographies…).

Plusieurs catégories de maladies sont inscrites sur les tableaux de MPI :

intoxications professionnelles subaiguës ou chroniques (solvants, CO…), maladies

infectieuses, virales, parasitaires (tuberculose, hépatites virales…), maladies relatives à

une ambiance de travail (bruit, vibrations…) ou à des gestes et postures, manifestations

allergiques…

● un délai de prise en charge, précisé dans la colonne du milieu, représente le délai

maximal écoulé entre la fin de l'exposition et la première constatation médicale de

l'affection. Ce délai est très variable selon les maladies puisqu'il peut s'étendre de

quelques jours pour des affections aiguës à plusieurs dizaines d'années pour des

cancers.
54

Cette même colonne peut mentionner, pour certains tableaux, une durée d'exposition

minimale pendant laquelle le salarié a dû être exposé au risque pour pouvoir bénéficier

d'une reconnaissance.

● une liste de travaux (limitative ou indicative) que doit avoir exécutés le salarié pour

pouvoir être pris en charge. Cette liste comporte divers métiers ou circonstances

d'exposition professionnelle. Si la liste est limitative, seuls les salariés effectuant l'un des

travaux mentionnés ont droit à la réparation au titre des maladies professionnelles.

Si la liste est indicative, un salarié exposé au risque mentionné au titre du tableau peut

être reconnu, même si son activité professionnelle ne figure pas dans cette liste.

II.2.2 Notion de présomption d'origine

Dans le système des tableaux de MPI, le travailleur bénéficie de la présomption

d'origine (ou présomption d'imputabilité) si sa maladie, le délai de prise en charge,

éventuellement la durée d'exposition, et sa profession répondent aux critères imposés

par le tableau. Cela signifie que son affection est alors systématiquement "présumée"

d'origine professionnelle, sans qu'il soit nécessaire d'en établir la preuve.

Ainsi dans le cadre du tableau sur les "affections provoquées par la manutention

manuelle de charges lourdes" (tableau 98 du RG), un salarié exposé professionnellement

à de telles charges et présentant une sciatique par hernie discale L4 – L5 pourra être

indemnisé en maladie professionnelle, dans la mesure où sa maladie est constatée alors

qu'il est encore exposé à ce poste de travail ou que son exposition a cessé depuis moins

de 6 mois (délai de prise en charge) et que son exposition a duré au moins 5 ans. Il

bénéficiera de la présomption d'origine (même s'il a des antécédents médicaux qui

pourraient également expliquer sa sciatique).

L'examen des dossiers est mené par le médecin Conseil (au sujet de la maladie) et par la

Caisse (au sujet de l'exposition habituelle à la nuisance).


55

II.2.3 Le système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles

Depuis 1993 existe un système complémentaire de reconnaissance des maladies

professionnelles qui est basé non pas sur le principe de présomption d'origine mais sur

celui de la recherche du lien de causalité. Un salarié (ou ses ayants-droits) peut

bénéficier d'une prise en charge au titre des MPI après avis d'un Comité Provincial de

Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP) dans 2 cas :

● lorsque la maladie est inscrite dans un tableau de MPI mais qu'une ou plusieurs

conditions administratives requises ne sont pas remplies (délai de prise en charge,

durée d'exposition, liste limitative des travaux) s'il est établi que la maladie est

directement causée par le travail habituel de la victime (du code de la Sécurité Sociale).

● lorsque la maladie n'est pas désignée dans un tableau mais qu'il est établi qu'elle est

directement et essentiellement causée par le travail habituel de la victime, et qu'elle

a entraîné le décès ou une incapacité permanente partielle (IPP) au moins égale à 25

%.

Le CPRMP est composé du médecin conseil provincial du régime de sécurité sociale

concerné, d'un médecin inspecteur provincial du travail et d'un professeur d'université

praticien hospitalier ou d'un praticien hospitalier "particulièrement qualifié en matière

de pathologie professionnelle" et ses suppléants.

Il doit donner son avis sur la base d'un dossier constitué par la CPAM et comprenant les

pièces suivantes :

● une demande motivée de reconnaissance signée par la victime ou ses ayants droit

sur un modèle fixé par arrêté et un questionnaire médical rempli par le médecin de

la victime.

● un avis motivé du médecin du travail portant notamment sur la maladie et la réalité

de l'exposition au risque professionnel

● un rapport circonstancié de l'employeur décrivant le poste de travail occupé

● le cas échéant, les résultats des enquêtes conduites par les caisses compétentes
56

● le rapport établi par le contrôle médical de la CPAM avec, le cas échéant, le taux

d'IPP fixé par le médecin conseil.

Le comité entend obligatoirement le chef du service prévention de la CRAM ou son

représentant et peut entendre, s'il l'estime nécessaire, la victime et l'employeur.

III PROCÉDURES DE DÉCLARATION DES MALADIES PROFESSIONNELLES

(MPI)

a- la victime : déclare elle-même la maladie professionnelle à la CPAM. Elle adresse à la

caisse :

● le formulaire spécifique en 4 exemplaires précisant ses employeurs successifs et les

postes occupés

● les deux premiers volets du certificat médical initial établi par le praticien (elle en

conserve 1 exemplaire)

● une attestation de salaire (fournie par le dernier employeur) s'il y a arrêt de travail.

● Cette déclaration doit être faite dans les 15 jours qui suivent l'arrêt du travail ou s'il

n'y a pas cessation de l'activité dans les 15 jours qui suivent la date de la première

constatation médicale (en pratique le malade dispose d'un délai de 2 ans pour faire

valoir ses droits). En cas de modification des tableaux ou de l'ajout d'un nouveau

tableau, le délai de déclaration est de 3 mois après parution au JO.

b - l'employeur remet au salarié qui en fait la demande une attestation de salaire qui

permettra le calcul des indemnités journalières. Tout employeur utilisant des procédés

de fabrication ou produits susceptibles de provoquer des MPI est tenu d'en faire la

déclaration à la CPAM et à l'inspection du travail sous peine d'amende.

c - le praticien, librement choisi par l'assuré établit un certificat médical initial en 4

exemplaires (2 destinés à la caisse et 1 à conserver par le malade). Il ne faut pas omettre

de mentionner la date de la 1ère constatation médicale de la maladie qui est la date de

référence pour la comparaison au délai de prise en charge. Elle peut être différente de la
57

date de rédaction du certificat. Le certificat final descriptif est établi en temps voulu

également par ce praticien.

d - la Caisse instruit le dossier et en informe l'employeur et l'inspecteur du travail. Elle

fait procéder à une enquête administrative afin de contrôler la réalité de l'exposition au

risque. C'est le service médical qui reconnaît ou non la conformité des symptômes avec

ceux mentionnés sur les tableaux. La Caisse a 3 mois pour prendre sa décision, délai qui

peut être complété de 3 mois en cas d'examen ou d'enquête complémentaire nécessaire.

II.3 LE CAS PARTICULIER DES « PNEUMOCONIOSES ET AFFECTIONS

ASSIMILÉES »

Les pneumoconioses font l'objet d'une procédure spécifique (orientation des dossiers).

Selon la complexité de l'affection le médecin conseil peut se prononcer sur l'opportunité

d'examiner le dossier lui-même ou de demander l'avis d'un médecin compétent

(pneumologue ou médecin du travail) en matière de pneumoconioses. Cet avis porte

sur le diagnostic et la date de première constatation.

Il convient de signaler que la reconnaissance en maladie professionnelle nécessite

que le patient ou ses ayants droit en fasse la demande, et que les conséquences

notamment financière de cette démarche lui aient été expliquées.


58

II.4 LES MALADIES À CARACTÈRE PROFESSIONNEL (MCP)

Une maladie à caractère professionnel est définie comme toute pathologie en rapport

avec l'activité professionnelle mais ne faisant pas l'objet d'un tableau de MPI (ou ne

figurant pas à un tableau de MPI). Le Code de la Sécurité Sociale stipule : "En vue tant

de la prévention des maladies professionnelles que d'une meilleure reconnaissance de la

pathologie professionnelle ou de l'extension ou de la révision des tableaux, est

obligatoire pour tout docteur en médecine qui peut en connaître l'existence, notamment

les médecins du travail, la déclaration de tout symptôme d'imprégnation toxique et de

toute maladie lorsqu'ils ont un caractère professionnel et figurent sur une liste établie

par arrêté ministériel après avis du conseil supérieur de la prévention des risques

professionnels. Il doit également déclarer tout symptôme et toute maladie non compris

dans cette liste, mais qui présentent à son avis un caractère professionnel".

Ces déclarations sont adressées à l'inspecteur du travail qui en informe le médecin

inspecteur provincial du travail et de l'emploi. Le système a pour but de recueillir des

informations sur des maladies professionnelles nouvelles qui pourraient devenir

indemnisables. Il ne fonctionne en pratique pas bien.

III.3 DECLARATION DES MALADIES À CARACTÈRE PROFESSIONNEL

Leur déclaration est obligatoire pour tout docteur en médecine, quelle que soit sa

spécialité ou son mode d'exercice, lorsqu'il attribue une maladie à un ou plusieurs

facteurs professionnels, et que la victime ne peut pas bénéficier d'une réparation au titre

des MPI.

Cette déclaration est adressée à l'inspecteur du travail. L'ensemble de ces déclarations

sera traité au niveau du conseil supérieur de la prévention des risques professionnels.

Ces déclarations permettent :

● la réalisation d'enquêtes sur le terrain

● l'amélioration de la connaissance de la pathologie professionnelle et de la prévention

● l'extension et/ou la création de nouveaux tableaux de MPI.


59

Chapitre IV : LE SERVICE MEDICAL D’ENTREPRISE

Toute entreprise ou établissement doit assurer un service médical à ses travailleurs. Le


ministre du Travail et de la Prévoyance Sociale, après avis du Conseil National du
Travail détermine les modalités d’application de cette obligation et fixe notamment :

- L’effectif, la qualification et les fonctions du personnel médical à employer,


compte tenu des conditions locales et du nombre des travailleurs occupés dans
l’entreprise ou dans l’établissement.
- Les conditions dans lesquelles les employeurs peuvent faire assurer leur service
médical, soit dans une formation médicale étrangère à l’entreprise ou à
l’établissement soit par une formation propre à l’entreprise ou à l’établissement,
soit par un service commun a plusieurs entreprises.
- Les conditions dans lesquelles les employeurs sont tenus d’installer et
d’approvisionner des locaux à usage d’infirmerie ou d’hôpital ou des boites de
secours.

En cas de maladie, d’accident, de grossesse ou d’accouchement, et même en cas de


suspension du contrat pour cause de force majeure, l’employeur est tenu de fournir au
travailleur et sa famille, jusqu'à la fin du contrat :

- Les soins médicaux, dentaires, chirurgicaux, les frais pharmaceutiques et


d’hospitalisation ;
- Les frais de déplacement nécessaires, lorsque le travailleur ou sa famille est dans
l’incapacité physique de se déplacer ;
- Les lunettes, appareils d’orthopédie et de prothèse, prothèse dentaire exceptée,
suivant prescription médicale et tarifs établis par le Ministre de la Sante
Publique.

Lorsque, par le fait du contrat ou de la loi, le travailleur doit être rapatrie aux frais de
l’employeur, l’obligation des soins ne s’éteint pas avant le jour ou l’état de sante du
travailleur permet son retour. Celui-ci est décidé par l’employeur sur avis du médecin.

En cas de contestation, le travailleur peut introduire un recours devant une commission


médicale dont la composition est fixée par le gouverneur de province suivant forme et
modalités.

Si la maladie ou l’accident sont réputés maladie professionnelle ou accident du travail


aux termes de la réglementation de la Sécurité Sociale, les obligations de l’employeur
60

prévues à l’article 178 sont limitées à la période non couverte par les prestations de
l’Institut National de Sécurité Sociale.

Les soins ne sont pas à la charge de l’employeur :

- Si la maladie ou l’accident ou l’aggravation d’une maladie ou d’un accident


antérieur résulte d’un risque spécial ;
- Si le bénéficiaire se soustrait sans motif valable, soit à un traitement médical,
même préventif, soit à des règles d’hygiène préventives, soit à un contrôle
médical propose par l’employeur ;
- En cas de fausse déclaration ou de dissimulation de la part des intéressés.

En cas d’accident ou de maladie pouvant engager la responsabilité d’un Tiers, l’exercice


d’une action contre le tiers ne dispense pas l’employeur d’exécuter ses obligations.

Les membres de la famille du travailleur ne bénéficient des dispositions du présent


chapitre que s’ils sont à charge du travailleur, habitent effectivement avec lui et
n’exerçant pas de profession lucrative.

Les Questions

Vous trouverez ici les questions les plus fréquemment posées dans chaque thématique.

I. La médecine du travail et les services de santé

 Quel est le rôle du médecin du travail ?


 Puis-je contacter directement le médecin du travail ?

 Que faire en cas d’absence prolongée du médecin du travail rattaché à mon


entreprise ?

 Comment la médecine du travail garantit mes droits à la santé et à la sécurité


dans l’entreprise ?

 A quoi servent les visites médicales ?

 La visite médicale d'embauche est-elle obligatoire pour tous les salariés (CDI,
CDD, intérim...) ?

 Quand la visite médicale a-t-elle lieu ?

 Puis-je refuser de passer la visite médicale ?


61

 Un service de santé au travail interentreprises est-il obligatoire dans l'entreprise ?

 Les salariés peuvent-ils participer au conseil d’administration d’un service de


santé interentreprises ?

 Le médecin du travail peut-il participer au conseil d’administration d’un service


de santé interentreprises ?

II. Le Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT)

 Qu'est-ce que le Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail


(CHSCT) ?
 Quel est le rôle du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail
(CHSCT) ?

 Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) est-il


obligatoire dans toutes les entreprises ?

 Qui peut être membre du Comité d'Hygiène, de Sécurité et des Conditions de


Travail (CHSCT) ?

III. Droits du salarié en matière de santé

 Mon employeur peut-il déclencher un examen médical sur mes aptitudes


médicales ?
 En tant qu'intérimaire, puis-je bénéficier d’une surveillance médicale ?

 A qui puis-je m’adresser pour qu’un contrôle soit effectué sur les services de
santé de mon entreprise ?

 Je travaille dans un bureau sans fenêtre. Existe-t-il une luminosité minimum ?

 L’employeur est-il obligé d'installer des fontaines d’eau dans l’entreprise ?

 Dans quels cas le salarié peut-il invoquer le droit de retrait ?

 Le Code du travail m'autorise-t-il à quitter mon travail en cas de fortes


températures ?

Quelques considérations
62

Les justifications nécessaires pour licencier un salarié en arrêt de travail.

La déclaration de l'inaptitude du salarié dès la première visite médicale.

L’interdiction de résilier le CDI d’un salarié inapte. L’obligation pour l'employeur de


rechercher un reclassement pour un salarié déclaré inapte.

L’obligation de sécurité de résultat de l’employeur. La consultation du CHSCT lors de la


mise en place d'entretiens individuels d'évaluation La protection des salariés non
fumeurs.

Le fait que le refus du salarié de se soumettre aux examens médicaux obligatoires


justifie son licenciement. Le droit de retrait des salariés.

L’obligation de sécurité des salariés. Le constat de l’inaptitude d’un salarié. Le rôle des
délégués du personnel dans le reclassement du salarié.

L’interdiction de résilier le CDD d’un salarié en arrêt de travail pour inaptitude.

Le harcèlement moral, Le harcèlement sexuel entre salariés Le non respect par le salarié
d'une mesure de sécurité imposée par l'employeur

Le paiement des frais de transport lors de la visite médicale

L'entretien de la tenue de travail

Le licenciement en tant que moyen de lutte contre le tabac Prime d'efficacité et danger
pour la santé du salarié Interdiction de la retenue sur salaire en cas d'exercice du droit
de retrait

La retenue sur salaire en cas d'exercice illégitime du droit de retrait

La nullité du licenciement en cas d'exercice régulier du droit de retrait Obligation de


sécurité de résultat de l’employeur

BIBLIOGRAPHIE

1. CODE du Travail
2. Code de la Santé
3. Code de la Sécurité Social (INSS)
4. Rapports du Médecin de travail
63

5. Rapports du Médecin Inspecteur du travail


6. Rapports du Médecin Rapports du Médecin de travail
7. Rapports de l’Inspecteur du travail
8. Les Arrêtés du Ministre de l’Emploi, du Travail et de la

Prévoyance Sociale