Vous êtes sur la page 1sur 8

Introduction

Un monde nouveau est né! Basé sur la synergie des technologies (photographie, cinéma etc.),
boosté par internet et les NTIC1, nous vivons actuellement dans une société de l’information.
Puisant ses racines dans les révolutions industrielles du XVIIIe siècle et surtout au XIXe
siècle, notre société se base désormais sur l’importance stratégique de l’information. Notre
système économique s’est mué en une économie de l’information, une économie de la
connaissance.

La sphère des entreprises privées a bien compris ce bouleversement. Partout de nombreuses


démarches de knowledge management (gestion de la connaissance) se mettent en place pour
répondre aux enjeux du XXIe siècle.

L’heure n’est plus à la gestion de la rareté de l’information, mais à celle de l’abondance !

L’information est multidirectionnelle et multisource :

Professeurs, élèves, simple quidam, nous sommes tous submergés par ce tsunami
"informationnel".

Les enfants en particulier sont saturés d’information. Ils deviennent de plus en plus
insensibles, incapables d’évaluer, de donner un sens à l’information.

Hyperstimulés par le monde qui les entoure (par les jeux vidéos notamment) les professeurs
ont de plus en plus de difficultés à capter et à maintenir leur attention avec des méthodes
classiques d’apprentissage.

Comment l’école va-t-elle répondre à ce bouleversement et adapter sa pédagogie aux enjeux


de l’éducation du XXIe siècle ?

L’ "information literacy", en français la maîtrise de l’information semble être la clé pour


donner du sens à une information boulimique.

Apprendre à lire, écrire et compter ne suffit plus. Il faut désormais apprendre à trier, évaluer
et synthétiser l’information.

Bref apprendre à gérer « la surinformation, l’infobésité, voire encore l’« infopollution » comme le
2
signale De Rosnay . »

1
Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication
2
Entretien de Sacha Goldman avec Joël de Rosnay, Transversales, Science Culture, Nouvelle série n°1, Mai
2002.
Tree Map : les outils intellectuels pour synthétiser l’information3

Aux USA4, une étude5 du center for mind and brain6 de l’université de Californie
(Davis)7 a montré que les élèves de primaire avaient des difficultés à réaliser des
synthèses. Pour eux, mémoriser et répéter l’information ne posent pas de problème.
Par contre, ils ont de réelles difficultés pour l’analyser et l’adapter dans un autre
contexte. Naturellement, les résultats de cette enquête peuvent très bien être
extrapolés au-delà du primaire.

En France8, une enquête de l’OCDE a démontré de la même façon que les élèves
français avaient des difficultés à synthétiser l’information, à donner une analyse
personnelle et à interpréter des données.

Télévision, cinéma, publicité, livres, l’information visuelle est partout.

Au côté de l’omniprésence de l’information, une autre caractéristique de ce monde


nouveau apparaît.
Le monde dans lequel nous vivons est de plus en plus visuel ou plutôt avec
l’avènement d’internet, l’écrit se marie à l’image pour donner naissance à une
nouvelle forme de medium.
Un nouveau langage mi-écrit mi-image apparaît même sur les messageries
instantanées (cf les emoticones de messenger.).
Les visuels font de plus en plus partie de notre monde (Hyerle, 1996, Linstrom,
2000).9

3
http://schools.portnet.k12.ny.us/~kids/teachers/Inspiration/displayandorganize.htm
4
http://www.opossum.ca/guitef/archives/002959.html
5
http://mindbrain.ucdavis.edu/content/Labs/Bunge/Publications/1149647114
6
http://mindbrain.ucdavis.edu/
7
http://www.ucdavis.edu/index.html
8
http://homepage.mac.com/x3401/heuristique/
Pendant la préhistoire, la pensée se traduisait notamment par des dessins sur les
murs des cavernes.
Petit à petit, ces dessins se sont mus en écritures hiéroglyphes pour donner
naissance à une écriture structurée telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Treemap : dimension visuelle chez l’être humain 10


Depuis, l’écriture est le vecteur privilégié pour apprendre, transmettre les savoirs, et
échanger l’information. Notre pensée a suivi et s’est conformée à ce mode de
réflexion marqué par la linéarité.
Pourtant une image ne vaut-elle pas 1000 mots dit le proverbe !

9
http://schools.portnet.k12.ny.us/~kids/teachers/Inspiration/world.htm
10
http://schools.portnet.k12.ny.us/~kids/teachers/Inspiration/humans.htm
Pendant longtemps les dessins ont été utilisés pour transmettre des messages.
De nos jours encore, les dessins sont couramment utilisés sans même s’en rendre
compte.
Par exemple si je vous montre le dessin 1990 ↔2010.
Vous en comprenez immédiatement la signification. Pas besoin d’une longue phrase.
A chaque fois que vous allez dans des toilettes publiques, ne voyez vous pas les

pictogrammes suivants ?

Regardez maintenant le bureau de votre ordinateur, il est peuplé de nombreux


icônes n’est ce pas ?
« En 1970, la revue Scientific American publia un article sur les travaux menés par Ralph Haber
démontrant que l'aptitude d'un individu à identifier correctement une image se situe entre
11
85 et 95 %. »
Le pouvoir de l’image est extraordinaire !
Einstein a découvert le concept de la relativité en se voyant chevaucher un rayon de
lumière.
Les Américains ont ainsi développé le concept de "visual literacy" (en français
maîtrise du visuel).
La "visual literacy" : « c’est la capacité à comprendre, créer et utiliser les images »12.
Elle comprend :
- La pensée visuelle
o Capacité à transformer ses pensées en images, dessins.

11
http://www.matchware.net/fr/products/openmind/default.htm
12
http://www.educ.kent.edu/community/VLO/literacy/index.html
Voir à ce sujet les travaux de Binet (description d’objet par des enfants) et
d’Antoine de la Garanderie sur les caractéristiques de la pensée auditive et de
la pensée visuelle.

- La communication visuelle
o Exprimer ses idées sous forme graphique

- L’apprentissage visuel
o Apprendre à partir d’images, schémas, diagrammes etc.

Ainsi, un outil, l’organisateur graphique, appartenant au champ de la "visual literacy"


semble répondre à cette double problématique de notre société en pleine évolution :
- Trouver des outils de synthèse pour gérer la surinformation
- S’adapter à un monde mariant écrit et image
Sur la base de travaux scientifiques, l'éducation anglo saxonne utilise depuis de
nombreuses années ce pouvoir de l'image au travers l'utilisation des "Graphic
organizers".
En français, nous traduirons par organisateur graphique, bien que ce terme manque
pour nous de contenu.
Un organisateur graphique est une représentation d'un savoir sous la forme visuelle.
C'est une façon de structurer l'information.
Définition de l'organisateur graphique:
« L'organisateur graphique est un outil visuel qui favorise la compréhension et la réflexion des élèves.
Il illustre des idées et des concepts abstraits sur un support concret. On utilise aussi les termes arbre
conceptuel, toile d’araignée, grappes, feuilles de réflexion et champs sémantiques pour désigner cet
outil pédagogique qui, en rendant la pensée visible, aide l’élève à concrétiser et à visualiser des
13
concepts. »
Les organisateurs graphiques se retrouvent sous plusieurs appellations sur Internet:
Vous rencontrerez parfois les termes "Semantic Mapping", "Webbing", "Key
Visuals" ou "Cognitive Organizers".
Attention également à ne pas les confondre.
Lors de votre voyage au pays des organisateurs graphiques, vous serez sans doute
surpris de rencontrer différentes appellations pour le même graphique, voire des
dénominations erronées.
Au-delà des noms barbares et des confusions, ce livre vous permettra d'y voir plus
clair.
En parcourant des ressources (sites webs, livres) présentées dans ce livre, vous
serez étonnés de l'importance du thème au sein du cursus scolaire américain

13
http://www.edu.gov.mb.ca/frpub/enfdiff/comporte/5.pdf
notamment. Vous vous demanderez : « Comment se fait il que je n'en ai jamais
entendu parler? » (Que ce soit dans mes études ou ailleurs….)
La majorité des ressources présentées dans ce livre seront de ce fait bien souvent
en anglais.
C'est pourquoi, tout au long de ce livre, nous choisirons de garder l'appellation
anglaise pour chaque organisateur graphique présenté.
Une traduction sera apportée à titre informatif. Ainsi, la recherche approfondie sur le
net sera grandement facilitée.
Toutefois, si vous n'êtes pas anglophones, de nombreux sites webs québécois en
français vous permettront d'aller plus loin dans la connaissance des organisateurs
graphiques.
Aux USA notamment, les organisateurs graphiques sont utilisés dans la plupart des
matières : sciences, littérature, langues vivantes etc.et à tous les niveaux scolaires,
de la maternelle à l'université !
D'ailleurs, 60 % des écoles publiques américaines sont équipées du logiciel
"Inspiration" spécialisé dans la création d'organisateur graphique. 14
En France, les organisateurs graphiques sont inconnus ou alors utilisés sans le
savoir.

14
http://www.education- world.com/a_tech/tech164.shtml
Webbing : Présentation des organisateurs graphiques15

En effet, un calendrier par exemple est un organisateur graphique.


Toutefois, la majeure partie des organisateurs graphiques, leur fonctionnement, leur
apprentissage sont inconnus à la plupart des professeurs français.

15
Pourquoi les utiliser : http://cd.ed.gov.hk/pshe/en/economics/downloads/Graphic_Organize.pdf
Définition : http://cd.ed.gov.hk/pshe/en/economics/downloads/Graphic_Organize.pdf
Le but de ce livre est donc de faire découvrir de nouveaux outils d'apprentissage.
Des méthodes validées scientifiquement, utilisées chaque jour par des milliers
d’élèves anglo saxon, fonctionnant réellement !
La force de cet ouvrage est de vous fournir les clés d’une méthode manuelle doublée
d’un apprentissage informatique via des logiciels de référence (en majorité
opensource).
« Enseigner un enfant ce n'est pas remplir un vase mais allumer un feu » a dit Montaigne.
Devenez donc un véritable pyromane de l’éducation avec les organisateurs
graphiques !