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Avance sur salaire : 3 questions à se poser avant de la verser !

Par les temps qui courent, de plus en plus de personnes ont du mal à joindre les deux bouts à la fin
du mois ou à faire face à des imprévus qui coûtent cher. Dans ce contexte, il peut arriver qu'un
salarié vous demande une avance sur salaire. Montant de l'avance, modalités
de remboursement, différence avec l'acompte… Voici les 3 questions que vous devez vous poser
avant d'accepter ou de refuser sa demande.
Sommaire
1. Quelle est la différence entre l'avance et l'acompte ?
2. Suis-je obligé de verser une avance sur salaire ?
3. Comment récupérer l'argent versé au salarié ?

Quelle est la différence entre l'avance et l'acompte ?


L'avance sur salaire consiste à prêter de l'argent au salarié, qu'il devra vous rembourser. En effet,
contrairement à l'acompte, l'avance correspond à une somme d'argent versée au salarié pour un
travail qu'il n'a pas encore effectué.
Le remboursement de l'avance est plafonné à 1/10e de la paie mensuelle
1/10e
Elle se traduit donc par le paiement anticipé d'une partie du salaire qui sera dû au salarié pour un
travail qu'il n'a pas encore réalisé.
Inversement, le versement d'un acompte correspond au paiement par avance d'une partie du salaire
mais pour un travail qui a déjà été effectué par le salarié. Par contre, sachez que le montant de
l'acompte ne doit pas dépasser la rémunération acquise en contrepartie du travail effectivement
accompli à la date à laquelle votre salarié formule sa demande.
Suis-je obligé de verser une avance sur salaire ?
Lorsque votre salarié sollicite une avance sur salaire, assurez-vous qu'il ne vous demande pas, en
fait, un acompte. En effet, bien souvent, les deux sont confondus. Il est important de s'assurer de
cela, car en fonction de si votre salarié demande, une avance ou un acompte, vous n'êtes pas dans
l'obligation d'accepter sa demande.
S'il vous demande un acompte, vous êtes dans l'obligation légale d'accepter sa demande, qu'il
soit en CDD ou en CDI.
En revanche, s'il sollicite une avance, vous n'avez aucune obligation de la lui verser. Vous êtes
donc totalement libre d'accepter ou de refuser la demande de votre salarié.
Avant de rendre votre décision, assurez-vous d'avoir bien pesé le pour et le contre. Sachez par
exemple que vous risqueriez d'éprouver des difficultés à obtenir le remboursement de votre argent si
votre salarié quittait l'entreprise plus tôt que prévu.
Si vous acceptez sa demande, le montant de l'avance est libre et peut être versé en espèces, par
virement bancaire ou chèque.
Respecter les règles relatives à la paie et au salaire minimum
Respecter le salaire minimum

Comment récupérer l'argent versé au salarié ?


Si le montant de l'avance est libre, celui du remboursement est encadré par le Code du travail.

La récupération de cette somme d'argent peut se faire par retenues successives sur les paies
suivantes, mais le montant de ces retenues sur salaire est plafonné à 1/10e de chaque paie (1).
Par exemple : votre salarié gagne 2.000 euros nets par mois. Il vous demande une avance de 800
euros.
Vous décidez de lui accorder. Le remboursement devra se faire sur une période de 4 mois puisque
vous ne pouvez vous rembourser que la somme de 200 euros par mois (1/10 de 2.000 euros). 200
euros × 4 mois= 800 euros.
Convertir salaire brut - salaire net
Vous pouvez également convenir avec votre salarié qu'il procède au remboursement dans un délai
plus court et dans ce cas le plafond du 1/10e ne s'applique pas. Cependant s'il ne respecte pas son
engagement, vous n'aurez d'autre solution que d'effectuer une retenue sur salaire dans la limite du
1/10e de chaque paie.
Si votre salarié quitte l'entreprise avant d'avoir terminé de vous rembourser sa dette,
une retenue sur le solde de tout compte est envisageable mais attention, vous devrez respecter
la règle du 1/10e pour tous les éléments qui ont le caractère de salaire (indemnité compensatrice de
congés payés, indemnité compensatrice de préavis …).
Modèle de solde de tout compte
Vous pouvez en revanche vous rembourser en totalité sur les indemnités de licenciement car
elles n'ont pas le caractère de salaire.
Si malgré ces compensations, votre salarié vous doit encore de l'argent, vous n'aurez pas d'autres
solutions que de saisir le juge. Nous vous conseillons de consulter un avocat qui pourra vous
aider à récupérer la totalité de l'avance accordée à votre salarié.
Consulter un avocat spécialisé en Droit social - Droit des employeurs
Référence :
(1) Article L3251-3 du Code du travail