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mpreintes littéraires

e 

Cahier  de

ite
2

ne t
Français
de

n
trd
n a
jec eig Coordination
Florence RANDANNE
Agrégée de lettres classiques, académie d’Amiens

ni
s
Céline BARRAUD
Professeur agrégé de lettres classiques
pro en
tio Lycée Pierre-d’Ailly à Compiègne

Emmanuel BROC
Professeur certifié de lettres modernes
Lycée du Vimeu à Friville-Escarbotin

Florence COGNARD
n

Agrégée de lettres classiques, académie d’Amiens


e

Coralie DOUX-POUGET
Professeur certifié de lettres modernes
Lycée Corot à Douai
Vid im

Rémi LASSALLE
Professeur agrégé de lettres classiques
Lycée Pierre-d’Ailly à Compiègne
ec
éo

Les éditions Magnard remercient vivement Isabelle Knor (lycée Paul-Louis Courier, Tours)
sp

et Cédric Corgnet (lycée Alain-Fournier, Bourges) pour leur relecture et leurs suggestions.

www.magnard.fr
SOMMAIRE
I Acquérir une culture littéraire
1 Situer une œuvre dans son contexte
2 Confronter des textes

ite
● Reconnaître les différents mouvements littéraires
3 Le baroque
4 Le classicisme
5 Les Lumières

ne t
6 Le romantisme

n
7 Le réalisme et le naturalisme

trd
8 Le symbolisme
9 Le surréalisme

a
● Reconnaître les particularités des textes et des genres littéraires
10 Les indices de l’énonciation DISCOURS
11 Les discours rapportés DISCOURS

n
12 Narrateur et focalisations RÉCIT
13 Histoire et récit RÉCIT
14 La description RÉCIT

jec eig
15 Les types de raisonnements ARGUMENTATION
16 Les types d’arguments ARGUMENTATION
17 L’argumentation directe et indirecte ARGUMENTATION
18 Démontrer / délibérer / convaincre / persuader ARGUMENTATION
19 L’emploi de l’ironie ARGUMENTATION

ni
20 Les formes du dialogue théâtral THÉÂTRE
21 Vers, strophes, rimes POÉSIE
22 Les formes poétiques POÉSIE
s
● Identifier et exploiter les registres littéraires
23 Le registre épique
24 Le registre comique
pro en
tio
25 Les registres tragique et pathétique
26 Les registres lyrique et élégiaque
27 Les registres polémique et satirique

II Savoir organiser un texte


● S’initier à développer une réponse : question sur le corpus
28 Répondre à une question sur le corpus
n

● S’initier à l’écriture d’invention


29 Écrire la suite d’un texte
30 Imiter, détourner, transposer
e

31 Développer une argumentation

● S’initier au commentaire
32 Formuler et développer des hypothèses de lecture
Vid im

33 Construire un plan et rédiger des paragraphes


34 Rédiger l’introduction / la conclusion

● S’initier à la dissertation
35 Analyser un sujet de dissertation
36 Élaborer un plan détaillé
37 Construire un paragraphe argumentatif
ec

38 Rédiger l’introduction / la conclusion


éo

● S’initier à l’épreuve orale


39 S’exprimer à l’épreuve orale

III Employer une langue correcte et précise


sp

40 S’adapter à son destinataire : les niveaux de langue


41 Employer des connecteurs logiques
42 Employer un champ lexical
43 Maîtriser l’emploi et les valeurs des temps dans un récit au passé
44 Maîtriser l’emploi et les valeurs du subjonctif et du conditionnel
45 Maîtriser les valeurs des temps de l’indicatif
ANNEXES
• Figures de style et discours
46 Employer le vocabulaire de l’argumentation
• Règles d’or d’orthographe
47 Employer le vocabulaire de l’analyse littéraire
ACQUÉRIR UNE CULTURE LITTÉRAIRE

1 Situer une œuvre dans son contexte

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué
Un texte s’inscrit dans une époque historique. Il renvoie aussi à une période de l’histoire littéraire et
artistique. Les références culturelles forment ainsi un arrière-plan et inscrivent l’œuvre dans l’histoire

ne t
des idées ou des sociétés.
Texte A 1 L’œuvre de Zola doit être

n
1 Situer le texte Gervaise et Coupeau, couple d’ouvriers, se trouvent au située dans le contexte de

trd
dans son contexte café du Père Colombe. la Révolution industrielle ou
historique et social du Second Empire.
Il tendait furieusement ses muscles, il empoignait son

a
Ce contexte permet de
L’écrivain appartient à une verre, pariait de le tenir immobile, comme au bout d’une comprendre l’introduction
période historique. Son
main de marbre ; mais, le verre, malgré son effort, dansait de la langue du peuple dans
œuvre peut être marquée
le chahut, sautait à droite, sautait à gauche, avec un petit le roman, par exemple.

n
par des aspects politiques,
sociaux ou idéologiques. tremblement pressé et régulier. Alors, il se le vidait dans le 2 L’œuvre de Zola doit être
coco, furieux, gueulant qu’il lui en faudrait des douzaines et rattachée au mouvement
Situer le texte dans naturaliste : le romancier
2 qu’ensuite il se chargeait de porter un tonneau sans remuer

jec eig
cherche à faire l’étude d’un
son contexte littéraire un doigt. Gervaise lui disait au contraire de ne plus boire, milieu.
L’œuvre se rattache à un s’il voulait cesser de trembler. Et il se fichait d’elle, il buvait Il s’agit de montrer les
mouvement ou courant des litres à recommencer l’expérience, s’enrageant, accusant effets de l’alcoolisme dans
littéraire. le monde ouvrier.
les omnibus qui passaient de lui bousculer son liquide.

ni
Émile Zola,
L’Assommoir, 1877.

Situer le texte dans


s
3
son contexte artistique
Un mouvement littéraire
pro en
tio
entretient des rapports
avec d’autres mouvements
3 Les relations entre Zola et les peintres, notamment
impressionnistes, peuvent être étudiées.
artistiques. Le tableau de Degas est antérieur à L’Assommoir :
le peuple est devenu un sujet d’étude dans les arts
et les lettres.
© Photo Josse/Leemage

Edgar Degas, L’Absinthe (1875),


huile sur toile (92 × 68 cm), musée d’Orsay, Paris.
e

Document B

Repérer et manipuler
Vid im

1 Complétez le tableau en associant à chaque écri- 2 Recherchez l’influence du contexte sur les œuvres
vain, une œuvre et un événement historique. suivantes.
Œuvres : L’Éducation sentimentale • J’accuse • Les Châtiments 1. Molière, Le Tartuffe
• La Chartreuse de Parme
...............................................................................
Les dévots (1664).
Événements historiques : L’affaire Dreyfus • La bataille de ...............................................................................
ec

Waterloo • La Révolution de 1848 • Le coup d’État de 1851


2. Denis Diderot, Encyclopédie
éo

Écrivain Événement historique Œuvre ...............................................................................


Les philosophes face au projet de connaissances
...............................
La Chartreuse ...............................
La bataille de ...............................................................................
universelles.
Stendhal
...............................
de Parme ...............................
Waterloo (1815) 3. Émile Zola, Germinal
...............................................................................
sp

...............................
L’Éducation ...............................
La Révolution Les révoltes ouvrières vers 1885.
Flaubert
...............................
sentimentale ...............................
de 1848 ...............................................................................
...............................
Les Châtiments ...............................
Le coup d’État 4. Jean Giraudoux, La Guerre de Troie n’aura pas lieu
Hugo
............................... ...............................
de 1851 ...............................................................................
La montée de la tension politique à la veille de la
...............................................................................
Seconde Guerre mondiale (1935).
...............................
J’accuse ...............................
L’affaire Dreyfus
Zola ...............................................................................
............................... ...............................
(1894)
...............................................................................
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Candide de Voltaire
3 a. À quelles réalités Voltaire fait-il référence  ? Justifiez
Sortis du pays de l’Eldorado, Candide et son valet

ite
votre réponse.
Cacambo parviennent à Surinam, ancienne
...........................................................................................
Il s’agit de réalités contemporaines : l’esclavage et la traite des
Guyane hollandaise, au nord du Brésil. Ils sont
...........................................................................................
nègres en lien avec le commerce triangulaire. Deux continents sont
alors confrontés à une nouvelle rencontre…

ne t
...........................................................................................
présents : l’Amérique est évoquée indirectement à travers Surinam
En approchant de la ville1, ils rencontrèrent un
...........................................................................................

n
et l’Europe directement. Le commerce du sucre est mentionné
nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié
...........................................................................................

trd
explicitement. Le rapport (ou la distorsion) entre la cruauté de
de son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile
...........................................................................................
l’esclavage et le plaisir des Européens (manger du sucre) est établi
bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe

a
...........................................................................................
par un raccourci dans le raisonnement. Les mauvais traitements
gauche et la main droite. « Eh ! mon Dieu ! lui
...........................................................................................
infligés aux esclaves sont présentés sur le ton du constat (cf.
dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon
...........................................................................................
allusions au Code noir qui réglait les droits du maître et le statut
ami, dans l’état horrible où je te vois ? – J’attends

n
...........................................................................................
de l’esclave).
mon maître, M. Vanderdendur, le fameux négo-
ciant, répondit le nègre. – Est-ce M. Vanderdendur, b.  Quelles réactions ces réalités suscitent-elles chez le lec-
dit Candide, qui t’a traité ainsi ? – Oui, monsieur, teur ? Justifiez votre réponse.

jec eig
dit le nègre, c’est l’usage. On nous donne un .......................................................................................
Le narrateur fait appel à la sensibilité ou à la pitié du lecteur en
caleçon de toile pour tout vêtement deux fois ...........................................................................................
décrivant par exemple les différentes mutilations et la cruauté du
l’année. Quand nous travaillons aux sucreries, et ...........................................................................................
maître. Il suscite aussi son indignation par le décalage entre la
que la meule nous attrape le doigt, on nous coupe ...........................................................................................
pratique de châtiments et le plaisir de manger du sucre.

ni
la main ; quand nous voulons nous enfuir, on c. En quoi cet extrait est-il un écho des combats de l’époque ?
nous coupe la jambe : je me suis trouvé dans les Illustrez votre propos.
deux cas. C’est à ce prix que vous mangez du .......................................................................................
La dénonciation de l’esclavage participe du combat des Lumières
s
sucre en Europe. […] » ...........................................................................................
contre l’injustice et l’intolérance et en faveur de l’humanité.
Voltaire, Candide, 1759. ...........................................................................................
D’autres textes traitent de l’esclavage : De l’Esprit des Lois (XV, 5) de
1. Surinam. ...........................................................................................
Montesquieu, articles « Esclaves » et « Esclavage » de l’Encyclopédie.
pro en
tio
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Le Père Goriot d’Honoré de Balzac
4 a. Identifiez le contexte historique et social à partir de
Le Père Goriot a dépensé beaucoup d’argent pour
quelques indices.
marier ses deux filles à des nobles. Elles n’assistent
pas à son enterrement. ......................................................................................
Il s’agit de la société de la Restauration (1814-1830) : mariages
Cependant, au moment où le corps fut placé dans ......................................................................................
aristocratiques (comte de Restaud et baron de Nucingen) des
n

le corbillard, deux voitures armoriées, mais vides, ......................................................................................


deux filles du Père Goriot (bourgeoisie négociante), reniement
celle du comte de Restaud et celle du baron de ......................................................................................
de leur origine roturière (voitures vides envoyées aux obsèques
Nucingen, se présentèrent et suivirent le convoi ......................................................................................
du père).
e

jusqu’au Père-Lachaise. À six heures, le corps du b. Quelle place les références à Paris occupent-elles ? Que
père Goriot fut descendu dans sa fosse, autour de révèlent-elles du héros ?
laquelle étaient les gens de ses filles, qui disparurent .....................................................................................
Les références spatiales sont importantes : la ville de Paris est
Vid im

avec le clergé aussitôt que fut dite la courte prière ......................................................................................


citée explicitement ; le fleuve est présent ; des lieux tels que le
due au bonhomme pour l’argent de l’étudiant. […] ......................................................................................
cimetière du Père Lachaise, la place Vendôme et le dôme des
Rastignac, resté seul, fit quelques pas vers le haut ......................................................................................
Invalides apparaissent. L’étudiant noble désargenté, en quête
du cimetière et vit Paris tortueusement couché le ......................................................................................
d’ascension sociale, porte un regard avide sur Paris (images).
long des deux rives de la Seine où commençaient à ......................................................................................
Son énergie est mise au service de la conquête de la ville et
ec

briller les lumières. Ses yeux s’attachèrent presque ......................................................................................


d’une place dans la société. La position de domination spatiale
avidement entre la colonne de la place Vendôme et ......................................................................................
est révélatrice du rapport de force qui va s’installer entre Paris
éo

le dôme des Invalides, là où vivait ce beau monde ......................................................................................


et le jeune ambitieux.
dans lequel il avait voulu pénétrer. Il lança sur cette ......................................................................................
ruche bourdonnante un regard qui semblait par ......................................................................................
avance en pomper le miel, et dit ces mots grandioses : Ve
sp

r s la
– À nous deux maintenant ! iss
e r tati
o
n

Quels liens les héros de Balzac et de Zola entre-


D

Et pour premier acte de défi qu’il portait à la tiennent-ils avec la société de leur temps ? Rédigez un
Société, Rastignac alla dîner chez madame de paragraphe en illustrant votre réponse par quelques
Nucingen. exemples. Vous pouvez vous aider des textes de cette fiche.
Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835.
Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


ACQUÉRIR UNE CULTURE LITTÉRAIRE

2 Confronter des textes

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué
Texte A 1 pour les deux textes :
1 Quels sont les auteurs Musset
Trois éléments partageaient donc la vie qui s’offrait alors

ne t
de chaque texte ?
aux jeunes gens : derrière eux un passé à jamais détruit 2 pour les deux textes :

n
2 Quel est leur contexte […]  ; devant eux l’aurore d’un immense horizon, les XIXe siècle, période

trd
historique ? révolutionnaire
premières clartés de l’avenir ; et entre ces deux mondes...
3 Quel est leur genre ? quelque chose de semblable à l’Océan qui sépare le vieux 3 texte A : roman

a
continent de la jeune Amérique, je ne sais quoi de vague autobiographique
4 Quel est leur mouvement ?
texte B : monologue théâtral
5 Quel est leur thème ?
et de flottant, une mer houleuse et pleine de naufrages 4 pour les deux textes :
[…] ; voilà ce qui se présentait à des enfants pleins de force

n
romantisme
6 Quel est leur registre ?
et d’audace, fils de l’Empire et petits-fils de la révolution. 5 texte A : la jeunesse et
7 Quelle est leur situation Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle, 1836. l’ennui 
d’énonciation ? texte B : le désespoir du

jec eig
• Qui parle ? Texte B jeune Cœlio
• Quels temps dominent ? 6 texte A : registre épique
Cœlio, rentrant. – Malheur à celui qui, au milieu de la
8 Quel est leur niveau texte B : registres tragique
jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir ! Malheur à et lyrique
de langue ?
celui qui se livre à une douce rêverie, avant de savoir où

ni
7 texte A :
9 Quel est leur type sa  chimère1 le mène, et s’il peut être payé de retour ! • auteur-narrateur
de lexique ? Mollement couché dans une barque, il s’éloigne peu à peu (1re pers. du sing.)
de la rive ; il aperçoit au loin des plaines enchantées, de • temps du discours (présent)
s
vertes prairies et le mirage léger de son Eldorado2. Les vents texte B :
• Cœlio seul
l’entraînent en silence, et quand la réalité le réveille, il est
• présent de vérité générale
pro en
aussi loin du but où il aspire que du rivage qu’il a quitté ; il
tio ne peut ni poursuivre sa route ni revenir sur ses pas.
8 pour les deux textes :
niveau de langue soutenu
Alfred de Musset, Les Caprices de Marianne, Acte I, scène1, 1833. 9 pour les deux textes :
1. chimère : projet irréaliste. lexique péjoratif
2. Eldorado : contrée merveilleuse et idéale. et mélioratif 

Repérer et manipuler
n

Texte A Texte B
Jason fonce vers leur maison dont il ébranle en vain les Des flammes ont jailli de partout, elles entourent la
e

portes. roulotte. Jason entre rapidement à la tête des hommes


Jason, hurlant. – Portiers ! Ouvrez immédiatement armés.
les verrous ! Détachez les fermetures ! Je veux voir Jason. – Éteignez ce feu ! Saisissez-vous d’elle !
Vid im

mon double malheur, eux qui sont morts… et elle, je Médée, paraît à la fenêtre de la roulotte et
lui infligerai son châtiment ! crie. – N’approche pas, Jason ! Interdis-leur de faire
Médée apparaît sur un char tiré par un dragon ailé. Elle un pas !
l’arrête au-dessus de la maison. Auprès d’elle se Jason, s’arrête. – Où sont les enfants ?
trouvent les corps des enfants. Médée. – Demande-le-toi une seconde encore
ec

Médée, sarcastique. – Pourquoi les secoues-tu et les que je regarde bien tes yeux.
forces-tu, ces portes ? Rechercherais-tu des morts et Elle lui crie.
éo

moi, l’auteur de tout ? […] Ils sont morts, Jason ! […]


Euripide, Médée, env. 431 av. J.-C., Jean Anouilh, Médée, 1946,
trad. de D. de Clercq, © BCS, Université catholique de Louvain, 2005. © Éditions de la Table Ronde.
sp

1 a. Pour les deux extraits, repérez l’auteur, le contexte b. Identifiez la situation d’énonciation dans les deux
historique, le genre et le thème. extraits.
...............................................................................
Texte 1 : Euripide, Antiquité, théâtre, vengeance de ...............................................................................
Jason et Médée, utilisation des 1re et 2e personnes,
...............................................................................
Médée. ...............................................................................
présent d’énonciation.
...............................................................................
Texte 2 : Anouilh, après-guerre, xxe siècle, théâtre, c. Soulignez les éléments communs aux deux extraits
...............................................................................
vengeance de Médée. et encadrez les innovations apportées par Anouilh.
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
Texte A « Ce cœur qui haïssait la guerre… » de Desnos Texte B Candide de Voltaire
Ce cœur qui haïssait la guerre voilà qu’il bat pour le combat et la bataille ! Rien n’était si beau, si leste, si bril-
Ce cœur qui ne battait qu’au rythme des marées, à celui des saisons, à lant, si bien ordonné que les deux

ite
celui des heures du jour et de la nuit, armées. Les trompettes, les fifres, les
Voilà qu’il se gonfle et qu’il envoie dans les veines un sang brûlant de hautbois, les tambours, les canons,
salpêtre1 et de haine […] formaient une harmonie telle qu’il n’y

ne t
Robert Desnos, L’Honneur des poètes, 1943, extrait de Destinée arbitraire, en eut jamais en enfer.

n
© Éditions Gallimard.
1. salpêtre : poudre utilisée comme explosif. Voltaire, Candide, 1759.

trd
a
2 a. Précisez l’époque, le genre et le mouvement littéraire des textes.
........................................................................................................................................................................
Voltaire, xviiie siècle, conte philosophique, siècle des Lumières.
........................................................................................................................................................................
Robert Desnos, xxe siècle, Seconde Guerre mondiale, poème engagé, surréalisme.

n
b. En quoi les registres utilisés diffèrent-ils ?
........................................................................................................................................................................
Voltaire recourt au registre ironique en comparant la guerre à un spectacle grandiose. Desnos fait preuve de lyrisme avec

jec eig
........................................................................................................................................................................
les images de son cœur et de la nature.
c. Quelles sont les intentions respectives des deux auteurs ?
........................................................................................................................................................................
Voltaire dénonce l’horreur et l’absurdité de la guerre. Desnos lance un appel à la résistance et au combat.

ni
Texte A L’Enfant de Jules Vallès Texte B Robinson Crusoé de Daniel Defoe
Le narrateur, un jeune collégien, est puni dans Robinson reprend ses esprits après son naufrage.
s
une salle d’étude fermée à clé. Alors je jetai les yeux sur le navire échoué ; mais il était si
Dans une fente, un livre : j’en vois le dos, je éloigné, et les brisants et l’écume de la lame étaient si forts, qu’à
m’écorche les ongles à essayer de le retirer. peine pouvais-je le distinguer ; et je considérai, ô mon Dieu !
pro en
tio
Enfin, avec l’aide de la règle, en cassant un comment il avait été possible que j’eusse atteint le rivage.
pupitre, j’y arrive ; je tiens le volume et je […] Je sentis bientôt mon contentement diminuer, et qu’en
regarde le titre : un mot ma délivrance était affreuse, car j’étais trempé et n’avais
ROBINSON CRUSOÉ pas de vêtements pour me changer, ni rien à manger ou à boire
Il est nuit. pour me réconforter.
[…] Je frotte mes yeux, je tends mon regard, Daniel Defoe, Robinson Crusoé, 1719, trad. de Pétrus Borel, 1836.
les lettres s’effacent, les lignes se mêlent, je
saisis encore le coin d’un mot, puis plus rien.
n

J’ai le cou brisé, la nuque qui me fait mal, la 3 a. Identifiez le genre et la situation d’énonciation des deux
poitrine creuse : je suis resté penché sur les extraits.
chapitres sans lever la tête, sans entendre rien,
e

.............................................................................................
Dans les deux textes : genre romanesque, narrateur-personnage.
dévoré par la curiosité, collé aux flancs de b. Soulignez les éléments communs aux deux extraits.
Robinson […] ; et en ce moment où la lune
c. À partir de quel moment et grâce à quoi le récit de l’enfant
Vid im

montre là-bas un bout de corne, je fais passer


et celui de Robinson se confondent-ils dans le texte de Vallès ?
dans le ciel tous les oiseaux de l’île, et je vois
.............................................................................................
Les deux récits se confondent au réveil du narrateur. Le sommeil et
se profiler la tête longue d’un peuplier comme
.............................................................................................
la rêverie sont à l’origine de la confusion dans l’esprit du jeune
le mât du navire de Crusoé ! Je peuple l’espace
.............................................................................................
garçon qui s’est assoupi en lisant le récit de Defoe. Les premiers
vide de mes pensées, tout comme il peuplait
.............................................................................................
signes de fatigue, la douleur, la faim et le contexte nocturne
l’horizon de ses craintes ; debout contre cette
.............................................................................................
ec

favorisent l’identification du jeune lecteur au héros naufragé.


fenêtre, je rêve à l’éternelle solitude et je me
d. En quoi la référence à l’œuvre de Defoe permet-elle l’éloge
éo

demande où je ferai pousser du pain...


La faim me vient : j’ai très faim. de la littérature ?
Vais-je être réduit à manger ces rats que j’en- .............................................................................................
Vallès révèle implicitement que la littérature se transmet d’une
tends dans la cale de l’étude ? Comment faire .............................................................................................
génération à l’autre et que la lecture est un trésor, une source
du feu ? J’ai soif aussi. .............................................................................................
d’imagination et de vie illimitée dont on ne peut jouir qu’au prix de
sp

Jules Vallès, L’Enfant, 1879. .............................................................................................


réels efforts.

V
Q u e r s la
est pus
ion sur le cor
Quelle vision de la jeunesse romantique Musset
transmet-il dans les deux extraits de cette fiche ? Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

3 Le baroque

ite
Observer et retenir
Les irrégularités

ne t
 Mélange de formes (lignes,
courbes)

n
trd
a
La perspective
 Ouverture sur l’extérieur
(arrière-plan)

n
 Tableaux dans un tableau
(mise en abyme)

© Photo Josse/Leemage
jec eig La profusion


Éléments disparates
Motifs floraux

ni
Peter Paul Rubens et Jan Brueghel l’Ancien dit « de Velours », Allégorie de la vue (1617), Musée du Prado, Madrid.

Lire et analyser
s
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Examen de L’Illusion comique de Pierre Corneille
pro en
tio
Je dirai peu de chose de cette pièce : c’est une galanterie
1 a. Quelles règles du théâtre classique la pièce de
Corneille enfreint-elle ( voir fiche 4) ?
extravagante, qui a tant d’irrégularités qu’elle ne vaut pas
la peine de la considérer […]. Le premier acte ne semble .............................................................................
La pièce ne respecte pas l’unité de ton, puisqu’elle
qu’un prologue, les trois suivants forment une pièce, que .............................................................................
oscille entre comique et tragique. De plus, elle enfreint
je ne sais comment nommer : le succès en est tragique ; .............................................................................
l’unité de temps. En ce qui concerne l’unité de lieu,
[…] mais le style et les personnages sont entièrement de .............................................................................
Corneille modalise son propos. Enfin, il suggère la
la comédie. […] Le lieu y est assez régulier, mais l’unité de .............................................................................
présence de plusieurs intrigues, puisqu’il regroupe trois
n

jour n’y est pas observée. Le cinquième est une tragédie .............................................................................
actes et les distingue du dernier.
assez courte […]. Clindor et Isabelle, étant devenus comé- b. Pourquoi l’intrigue de la pièce peut-elle être
diens sans qu’on le sache, y représentent une histoire qui considérée comme baroque ?
e

a du rapport avec la leur et semble en être la suite. .............................................................................


Clindor et Isabelle sont des comédiens qui jouent un
Pierre Corneille, Examen de L’Illusion comique, 1660. .............................................................................
rôle. Le théâtre dans le théâtre constitue une mise en
.............................................................................
Vid im

abyme.

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes de


l’argumentation : xviie siècle
Pensées de Blaise Pascal
2 a. Repérez distinctement les termes opposés en
Car enfin, qu’est-ce qu’un homme dans la nature ? Un
les soulignant et en les encadrant.
ec

néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant , un


milieu entre rien et tout, infiniment éloigné de comprendre b. Quels procédés stylistiques contribuent à montrer
éo

les extrêmes. La fin des choses et leurs principes sont pour le caractère indéfinissable de l’homme ?
lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable. .............................................................................
Les antonymes, placés parfois en chiasme, les
Également incapable de voir le néant d’où il est tiré et .............................................................................
parallélismes de construction montrent la position
l’infini où il est englouti, que fera-t-il donc, sinon d’aper- .............................................................................
instable de l’homme.
sp

cevoir quelque apparence du milieu des choses dans un c. Pourquoi « l’auteur de ces merveilles » s’oppose-t-
désespoir éternel de connaître ni leur principes ni leur il à l’homme ?
fin ? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu’à .............................................................................
L’homme, par sa finitude, ne peut tout connaître,
l’infini. Qui suivra ces étonnantes démarches ? L’auteur de .............................................................................
contrairement à Dieu, désigné par cette périphrase.
ces merveilles les comprend. Tout autre ne le peut faire. .............................................................................
C’est ce qui fait son « désespoir éternel ».
Blaise Pascal, Pensées, 1670.

I. Acquérir une culture littéraire


VERS LA 1re •
Le roman
L’Astrée d’Honoré d’Urfé
3 a. À quoi l’eau est-elle comparée ? Quels traits
Une bergère, assise au bord de l’eau, se lamente sur
communs la bergère, Diane, leur trouve-t-elle ?
l’inconstance de celui qu’elle aime.

ite
Après s’y être assise, et que sans dire mot elle eut lon- .............................................................................
L’eau permet une réflexion sur le déroulement de la vie.

guement tenu l’œil sur le courant de la rivière, sans faire .............................................................................


Le mouvement perpétuel de l’eau montre l’inconstance,

autre action qui donnât connaissance de vie que celle de .............................................................................


le changement auquel les êtres sont soumis.

ne t
respirer  : «  Ainsi, dit-elle, vont courant dans le sein de .............................................................................
L’écoulement de l’eau symbolise la fuite du temps.

l’oubli toutes les choses mortelles  !  » Et là, s’étant tue b. Par quels procédés stylistiques le désarroi de

n
quelque temps, après elle reprenait ainsi : « Ô que celui-là Diane se manifeste-t-il ?

trd
était bien véritable, qui disait que jamais une même per- .............................................................................
Les exclamatives, les adverbes « Ô » ou « hélas »
sonne ne passa deux fois une même rivière, puisque non

a
.............................................................................
soulignent la plainte de Diane, dans un registre
seulement depuis que je suis sur ce rivage, l’eau que je vois .............................................................................
élégiaque. Le malaise du personnage se lit également
couler n’est pas la même qui coulait quand j’y suis arrivée, .............................................................................
dans la structure de certaines phrases, au parallélisme
mais hélas ! ni moi-même je ne suis pas la même Diane

n
.............................................................................
bien marqué, avec la répétition de « pas la même » suivi
que j’étais quand je suis venue ici. » .............................................................................
du complément du comparatif, puis d’une proposition
Honoré d’Urfé, L’Astrée, 1607-1628. .............................................................................
circonstancielle de temps.

La poésie
jec eig
VERS LA 1re •
Moïse sauvé de Saint-Amant
Le poète décrit le Nil sur lequel flotte le berceau de Moïse.
4 a. Quelles sont les images employées pour repré-

ni
senter le Nil ? Que suggèrent-elles ? Justifiez votre
[…]
réponse.
Le fleuve est un étang qui dort au pied des palmes
.............................................................................
L’image de l’étang, personnifié, puis du miroir,
s
De qui l’ombre, plongée au fond des ondes calmes,
Sans agitation semble se rafraîchir, .............................................................................
suggèrent le calme de l’eau, malgré la présence de la

Et de fruits naturels le cristal enrichir ; .............................................................................


relative « qui coule ». L’eau devient également un
pro en
tio
Le firmament s’y voit, l’astre du jour y roule ; .............................................................................
« cristal », connotant transparence et beauté.

Il s’admire, il éclate en ce miroir qui coule, b. Quels éléments paraissent illogiques ?


Et les hôtes de l’air, aux plumages divers, .............................................................................
Les arbres, personnifiés, sont « plong[és] » dans l’eau ;
Volant d’un bord à l’autre, y nagent à l’envers… .............................................................................
on note la présence d’un deuxième soleil ; les oiseaux
[…] .............................................................................
« nagent à l’envers ».
Marc-Antoine Girard de Saint-Amant, Moïse sauvé, 1653.
n

VERS LA 1re •
La lettre
Lettres de Cyrano de Bergerac
5 a. Soulignez les composantes du paysage. Justifiez
e

Monsieur,
les répétitions.
Le ventre couché sur le gazon d’une rivière, et le dos
étendu sous les branches d’un saule, qui se mire dedans, je .............................................................................
Les mots « peupliers » et « rossignol » sont répétés : il
Vid im

vois renouveler aux arbres l’histoire de Narcisse ; cent peu- .............................................................................


s’agit des mêmes arbres et du même animal, reflétés

pliers précipitent dans l’onde cent autres peupliers, et ces .............................................................................


dans l’eau.

aquatiques ont été tellement épouvantés de leur chute, qu’ils b. Expliquez l’allusion à Narcisse.
tremblent encore tous les jours du vent qui ne les touche .............................................................................
Narcisse se transforme en fleur en regardant son reflet
pas […]. Le rossignol, qui du haut d’une branche se regarde .............................................................................
dans l’eau : ici, les arbres nommés « aquatiques » sont
dedans, croit être tombé dans la rivière : il est au sommet .............................................................................
personnifiés et se reflètent.
ec

d’un chêne, et toutefois il a peur de se noyer ; mais lorsque, c. Qu’est-ce qui contribue à rendre ce paysage sur-
éo

après s’être affermi de l’œil et des pieds, il a dissipé sa prenant ?


frayeur, son portrait ne lui paraissant plus qu’un rival à
.............................................................................
Les personnifications, le dynamisme de la description
combattre, il gazouille, il éclate, il s’égosille en apparence
.............................................................................
(les « peupliers précipitent dans l’onde »), l’oxymore
comme lui et trompe l’âme avec tant de charmes, qu’on se
.............................................................................
« se faire ouïr de nos yeux » contribuent à l’étrangeté
sp

figure qu’il ne chante que pour se faire ouïr de nos yeux.


.............................................................................
de la description.
Savinien de Cyrano de Bergerac, Lettres, 1654.

V
Q u e r s la
est pus
ion sur le cor
Quelle différence de ton constatez-vous dans l’évocation du monde
renversé chez Saint-Amant et chez Cyrano de Bergerac ? Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

4 Le classicisme

ite
Observer et retenir
L’idéal de l’honnête homme/ L’idéal de mesure
Une servante rapporte au roi Thésée le destin de son Modération dans les mœurs et l’écriture

ne t

épouse, Phèdre et de sa nourrice, Œnone. L’« honnête homme » brille par son art de
Panope. – J’ignore le projet que la Reine médite,

n
la conversation et recherche la mesure et le
Seigneur. Mais je crains tout du transport qui l’agite.

trd
raffinement.
Un mortel désespoir sur son visage est peint ;
La pâleur de la mort est déjà sur son teint. Les « règles » classiques

a
Déjà de sa présence avec honte chassée,  Règle des trois unités (lieu, temps, action)
Dans la profonde mer Œnone s’est lancée ;  Respect des bienséances
On ne sait point d’où part ce dessein furieux. Ex. : la mort n’est pas représentée sur scène.

n
 Vraisemblance
Et les flots pour jamais l’ont ravie à nos yeux.
 Catharsis
Jean Racine, Phèdre, Acte V, scène 5, 1677.
Le personnage tragique, par sa démesure, suscite

jec eig
crainte et pitié.

C’est une grande misère que de n’avoir pas assez


L’usage de la rhétorique
d’esprit pour bien parler, ni assez de jugement pour se
 Parallélisme, structures binaires
taire. Voilà le principe de toute impertinence.

ni
 Maximes
Jean de la Bruyère, Les Caractères, 1688.  Litote, euphémisme
s
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
Préface de Bérénice de Jean Racine
pro en
tio
au xviie siècle
1 a. À quelles règles du théâtre classique Racine
« Titus, qui aimait passionnément Bérénice, et qui même, à ce fait-il allusion dans cette préface ?
qu’on croyait, lui avait promis de l’épouser, la renvoya de Rome, .......................................................................
Le respect des bienséances et la représentation
malgré lui, et malgré elle, dès les premiers jours de son Empire. » .......................................................................
des passions, visant à la catharsis, sont plus
Cette Action est très fameuse dans l’Histoire ; et je l’ai trouvée .......................................................................
particulièrement évoqués.
très propre pour le Théâtre, par la violence des passions qu’elle
b. En quoi l’action et les personnages représen-
y pouvait exciter. […] Ce n’est point une nécessité qu’il y ait
tés sont-ils conformes au genre tragique ?
n

du sang et des morts dans une Tragédie ; il suffit que l’Action


.......................................................................
L’intrigue est centrée sur la répudiation de Bérénice,
en soit grande, que les Acteurs en soient héroïques, que les
.......................................................................
par un empereur, malgré leur amour. La noblesse
Passions y soient excitées, et que tout s’y ressente de cette
.......................................................................
des personnages et de leurs sentiments est
e

tristesse majestueuse qui fait tout le plaisir de la Tragédie.


.......................................................................
emblématique du genre noble qu’est la tragédie,
Jean Racine, Préface de Bérénice, 1671.
.......................................................................
qui répand une « tristesse majestueuse ».
Vid im

OBJET D’ÉTUDE • La tragédie


au xviie siècle
Bérénice de Jean Racine
2 a. Comment ressent-on dans cette réplique la
Bérénice s’adresse à Titus, puis à Antiochus.
« tristesse majestueuse » évoquée par Racine
Bérénice. – Adieu, Seigneur, régnez, je ne vous verrai plus.
dans sa préface ( voir exercice 1 ) ? Justifiez
Prince, après cet adieu, vous jugez bien vous-même
votre réponse.
ec

Que je ne consens pas de quitter ce que j’aime,


.......................................................................
La répétition de « adieu », qui encadre la réplique,
Pour aller loin de Rome écouter d’autres vœux.
éo

.......................................................................
le lexique de la souffrance, amplifié par le superlatif,
Vivez, et faites-vous un effort généreux.
.......................................................................
l’opposition entre l’amour et le départ, mis en
Sur Titus, et sur moi, réglez votre conduite.
.......................................................................
évidence par les parallélismes de construction, font
Je l’aime, je le fuis. Titus m’aime, il me quitte.
.......................................................................
ressentir la tristesse du personnage.
Portez loin de mes yeux vos soupirs, et vos fers.
sp

Adieu, servons tous trois d’exemple à l’Univers b. Dans quelle mesure ce dénouement est-il conforme
De l’amour la plus tendre, et la plus malheureuse, à l’histoire antique (  voir exercice 1 ) ?
Dont il puisse garder l’histoire douloureuse. .......................................................................
Les personnages sont ceux cités dans la préface,
Tout est prêt. On m’attend. Ne suivez point mes pas. .......................................................................
excepté Antiochus. L’histoire se déroule à Rome.
Pour la dernière fois, Adieu, Seigneur. .......................................................................
Contrairement à l’anecdote rapportée dans la

Jean Racine, Bérénice, Acte V, scène 7, 1671. .......................................................................


préface, Bérénice décide de partir et domine la fin
.......................................................................
de la pièce, comme le montrent les impératifs.

I. Acquérir une culture littéraire


OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Le Misanthrope de Molière
3 a.  Montrez que les paroles des personnages
Alceste reproche à son ami Philinte d’avoir été excessivement
révèlent des différences de caractère.
aimable auprès d’un homme dont il ignore le nom.

ite
........................................................................
Le « je » employé par Alceste, ses affirmations
Philinte. – Mais quand on est du monde, il faut bien que
........................................................................
péremptoires (« je veux »), ses exagérations (« sans
[l’on rende
........................................................................
pitié »), s’opposent aux paroles nuancées de Philinte,
Quelques dehors civils que l’usage demande.
........................................................................

ne t
qui emploie le pronom « on » ou le conditionnel.
Alceste. – Non, vous dis-je, on devrait châtier, sans pitié,
Ce commerce1 honteux de semblants d’amitié. b. Quelles conceptions différentes de la vie en

n
Je veux que l’on soit homme, et qu’en toute rencontre, société ces personnages défendent-ils  ? Lequel

trd
Le fond de notre cœur dans nos discours se montre, représente les idées du classicisme ?
Que ce soit lui qui parle, et que nos sentiments ........................................................................
Alceste, le misanthrope, prône la franchise dans les

a
Ne se masquent jamais sous de vains compliments. ........................................................................
rapports entre les hommes, tandis que Philinte
Philinte. – Il est bien des endroits où la pleine franchise ........................................................................
considère que la vie en société impose de déguiser
Deviendrait ridicule et serait peu permise ; ........................................................................
parfois ses sentiments. Par l’importance qu’il accorde

n
Molière, Le Misanthrope, Acte I, scène 1, 1666. ........................................................................
au jeu de la sociabilité, il est un porte-parole de
........................................................................
l’auteur.
1. commerce : relation sociale.

jec eig
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviie siècle
Réflexions diverses de François de La Rochefoucauld
4 a. Quel sentiment l’auteur dénonce-t-il  ?

ni
Il serait inutile de dire combien la société est nécessaire aux
Pourquoi ?
hommes : tous la désirent et tous la cherchent, mais peu se
........................................................................
D’après l’auteur, l’amour-propre constitue une
servent des moyens de la rendre agréable et de la faire durer.
........................................................................
s
menace pour la société.
Chacun veut trouver son plaisir et ses avantages aux dépens
des autres ; on se préfère toujours à ceux avec qui on se propose b. Quelle est sa définition de l’honnête homme ?
de vivre, et on leur fait presque toujours sentir cette préférence ; ........................................................................
L’honnête homme dissimule le sentiment d’amour-
pro en
tio
c’est ce qui trouble et qui détruit la société. Il faudrait du moins ........................................................................
propre afin de rendre la société plus agréable. Il est
savoir cacher ce désir de préférence, puisqu’il est trop naturel ........................................................................
attentif aux autres et ne se met pas en avant.
en nous pour nous en pouvoir défaire ; il faudrait faire son c. Quels procédés stylistiques contribuent à don-
plaisir et celui des autres, ménager leur amour-propre, et ne le ner une impression de rigueur dans la démons-
blesser jamais. tration ?
François de la Rochefoucauld, Réflexions diverses, 1665. ........................................................................
Les parallélismes de construction et les structures
........................................................................
binaires, les répétitions en anaphore (« il faudrait »),
n

........................................................................
les oppositions (« tous »/ « peu ») constituent des
........................................................................
exemples de la rigueur classique.

Les Caractères de Jean de La Bruyère


e

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviie siècle
5 a. Que dénonce La Bruyère à travers le per-
Pamphile ne s’entretient pas avec les gens qu’il rencontre
sonnage de Pamphile ?
Vid im

dans les salles ou dans les cours ; si l’on en croit sa gravité et


l’élévation de sa voix, il les reçoit, leur donne audience, les
........................................................................
L’auteur critique ceux qui se considèrent importants,

congédie ; il a des termes tout à la fois civils et hautains, une


........................................................................
et, par leur attitude, se révèlent hautains.

honnêteté impérieuse et qu’il emploie sans discernement ; il a b. Soulignez une comparaison qui dévoile la
une fausse grandeur qui l’abaisse et qui embarrasse fort ceux « fausse grandeur » de Pamphile.
qui sont ses amis, et qui ne veulent pas le mépriser. […] c. Qu’est-ce qui contribue à rendre cette argu-
ec

Tantôt il vous quitte brusquement pour joindre un seigneur mentation plaisante ?


éo

ou un premier commis ; et tantôt s’il les trouve avec vous en ........................................................................


La dénonciation passe ici par un portrait d’un
conversation, il vous coupe et vous les enlève. Vous l’abordez ........................................................................
personnage fictif et totalement intemporel (antono-
une autre fois, et il ne s’arrête pas ; il se fait suivre, vous parle ........................................................................
mase). Avec l’emploi du présent, de structures
si haut, que c’est une scène pour ceux qui passent. Aussi les ........................................................................
binaires et de parallélismes de construction, l’auteur
Pamphiles sont-ils toujours comme sur un théâtre : gens nour- ........................................................................
le met en scène et en fait un fantoche ridicule.
sp

ris dans le faux, et qui ne haïssent rien tant que d’être naturels ;
vrais personnages de comédie, des Floridors1, des Mondoris1. Ve
r s la
iss o
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688. e r tati
n

En vous aidant de vos réponses, rédigez


D

1. Floridor, Mondoris : noms de comédiens. un paragraphe dans lequel vous étudierez les
moyens mis en œuvre par le théâtre et l’argu-
mentation pour dénoncer les excès des hommes.
I. Acquérir une culture littéraire Sur une copie
RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

5 Les Lumières

ite
Observer et retenir
« Lumières » est une image qui désigne la raison et les
En effet, le but d’une encyclopédie est de rassembler connaissances qui « éclairent » le monde en chassant

ne t
les connaissances éparses sur la surface de la terre, d’en l’obscurantisme.

n
exposer le système général aux hommes avec qui nous Une écriture argumentative

trd
vivons, et de le transmettre aux hommes qui viendront  Argumentation directe
après nous ; afin que les travaux des siècles passés n’aient  Énonciation qui vise à l’objectivité

a
pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succè-  Connecteurs logiques

deront  ; que nos neveux, devenus plus instruits,


Un idéal philosophique
deviennent en même temps plus vertueux et heureux,  Formulation d’une thèse

n
et que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du  Quête du bonheur et recherche du progrès
genre humain.  Éloge de l’esprit humain et du savoir
Denis Diderot, Encyclopédie, 1751-1772.

jec eig
Une valorisation des savoirs
 Classification des connaissances
 Héritage et transmission des savoirs
 Recours à la raison

ni
Repérer et manipuler
s
1 Caractérisez le philosophe des Lumières à partir
Je sais avec quelle fureur le fanatisme s’élève contre
des extraits suivants : pour chaque texte, dégagez le
la philosophie. Elle a deux filles qu’il voudrait faire
thème et l’idée essentielle.
périr comme Calas, ce sont la Vérité et la Tolérance :
pro en
tio tandis que la philosophie ne veut que désarmer les
C’est un grand et beau spectacle de voir l’homme enfants du fanatisme, le Mensonge et la Persécution.
sortir en quelque manière du néant par ses propres
Voltaire, Correspondance, 1er mars 1765.
efforts  ; dissiper, par les lumières de sa raison, les
ténèbres dans lesquelles la nature l’avait enveloppé ;
s’élever au-dessus de soi-même. Thème : ...................................................................
la lutte entre l’Infâme (fanatisme) et la
...............................................................................
philosophie
Jean-Jacques Rousseau, Discours sur les Sciences et les Arts, 1750.
Idée essentielle : ......................................................
le philosophe des Lumières est un
n

...........................................................................
homme de combat : « écraser l’infâme » et faire
Thème : ...................................................................
l’esprit humain
...............................................................................
triompher la philosophie.
............................................................................... ...............................................................................
e

Idée essentielle : .......................................................


le philosophe des Lumières est un sage
...............................................................................
à qui la raison permet de comprendre le monde.
Notre philosophe ne se croit pas en exil dans ce
...............................................................................
Vid im

monde ; il ne croit point être en pays ennemi ; il veut


............................................................................... jouir en sage économe des biens que la nature lui
offre ; il veut trouver du plaisir avec les autres ; et pour
Partout où nous avons une décision claire et évidente en trouver, il faut en faire ainsi, il cherche à convenir
de la raison, nous ne pouvons être obligés d’y renon- à ceux avec qui le hasard ou son choix le font vivre et
cer pour embrasser l’opinion contraire, sous prétexte il trouve en même temps ce qui lui convient : c’est un
ec

que c’est en matière de foi. La raison de cela, c’est que honnête homme qui veut plaire et se rendre utile.
nous sommes hommes avant que d’être chrétiens.
éo

Dumarsais, article « Philosophe », Encyclopédie, 1751-1772.


Denis Diderot, article « Raison », Encyclopédie, 1751-1772.

Thème : ...................................................................
le philosophe et la vie en société
Thème : ...................................................................
l’exercice du jugement et de la liberté de penser ...............................................................................
...............................................................................
sp

Idée essentielle : ......................................................


le philosophe des Lumières est un
Idée essentielle : .......................................................
le philosophe des Lumières est un ...............................................................................
homme sociable.
...............................................................................
homme de contestation qui agit sous le contrôle de la ...............................................................................
...............................................................................
raison et dont l’analyse critique s’étend à tous les ...............................................................................
...............................................................................
domaines, y compris la religion. ...............................................................................
............................................................................... ...............................................................................

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Article « Torture » de Voltaire
2 a. Quels liens existent entre les paragraphes ?

ite
Lorsque le chevalier de La Barre, petit-fils d’un lieutenant
.............................................................................
Les paragraphes sont juxtaposés, sans lien apparent.
général des armées, jeune homme de beaucoup d’esprit et
.............................................................................
Dans le premier paragraphe, on a une illustration
d’une grande espérance, mais ayant toute l’étourderie d’une
.............................................................................
historique : plaidoyer en faveur du chevalier de la Barre.

ne t
jeunesse effrénée, fut convaincu1 d’avoir chanté des chan-
.............................................................................
Le deuxième paragraphe constitue la conclusion
sons impies2, et même d’avoir passé devant une procession

n
.............................................................................
polémique.
de capucins sans avoir ôté son chapeau, les juges d’Abbeville,

trd
.............................................................................
gens comparables aux sénateurs romains, ordonnèrent, non
seulement qu’on lui arrachât la langue, qu’on lui coupât la b. Que dénonce Voltaire dans cet article ?

a
main, et qu’on brûlât son corps à petit feu ; mais ils l’appli- .............................................................................
L’arbitraire, la cruauté et l’horreur de la torture sont
quèrent encore à la torture pour savoir combien de chansons .............................................................................
dénoncés.
il avait chantées, et combien de processions il avait vues .............................................................................

n
passer, le chapeau sur la tête. c. Par quels procédés se fait la dénonciation ?
Ce n’est pas dans le xiiie ou dans le xive siècle que cette .............................................................................
L’arbitraire, la cruauté et l’horreur sont dénoncés par
aventure est arrivée, c’est dans le xviiie. Les nations étrangères .............................................................................
différents procédés.

jec eig
jugent de la France par les spectacles, par les romans, par les .............................................................................
Dans le premier paragraphe apparaît la distorsion entre
jolis vers, par les filles d’Opéra, qui ont les mœurs fort douces, .............................................................................
le crime et le châtiment, entre l’éloge du chevalier et le
par nos danseurs d’Opéra, qui ont de la grâce, par Mlle Clairon, .............................................................................
supplice infligé.
qui déclame des vers à ravir. Elles ne savent pas qu’il n’y a .............................................................................
Dans le deuxième paragraphe la conclusion joue sur les

ni
point au fond de nation plus cruelle que la française. .............................................................................
oppositions : obscurantisme et progrès, apparence de la
Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1764. .............................................................................
civilisation et barbarie.
.............................................................................
s
1. fut convaincu : fut accusé. 2. impie : qui méprise la religion.
pro en
tio
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain de Condorcet
3 a. Dégagez la structure grammaticale du texte.
En France, Bayle, Fontenelle1, Voltaire, Montesquieu et les
Quelles intentions traduit-elle ?
écoles formées par ces hommes célèbres, combattirent en
...........................................................................
Le texte est composé d’une très longue phrase qui
faveur de la vérité, employant tour à tour toutes les armes
...........................................................................
développe les manifestations du combat mené par les
que l’érudition, la philosophie, l’esprit, le talent d’écrire
...........................................................................
philosophes, leurs idéaux et les moyens utilisés.
peuvent fournir à la raison ; prenant tous les tons, employant
...........................................................................
L’accumulation de participes présents qui structurent le
toutes les formes, depuis la plaisanterie jusqu’au pathétique,
n

...........................................................................
passage souligne l’acharnement dans la lutte
depuis la compilation la plus savante et la plus vaste, jusqu’au
...........................................................................
philosophique.
roman, ou au pamphlet du jour ; […] tantôt apprenant aux
amis de la liberté que la superstition, qui couvre le despotisme b. Sur quel procédé d’écriture s’appuie l’énoncé
e

d’un bouclier impénétrable, est la première victime qu’ils final depuis « prenant enfin » ? Que signifie-t-il ?
doivent immoler, la première chaîne qu’ils doivent briser ; ...........................................................................
Il s’agit d’un mot d’ordre au rythme ternaire résumant
tantôt, au contraire, la dénonçant aux despotes comme la ...........................................................................
les « principes » défendus dans un combat acharné.
Vid im

véritable ennemie de leur pouvoir, et les effrayant du tableau ...........................................................................


L’effet de chute est lié à la brièveté de l’énoncé.
de ses hypocrites complots et de ses fureurs sanguinaires ; c. En quoi ce texte reflète-t-il le combat des
mais ne se lassant jamais de réclamer l’indépendance de la Lumières ?
raison, la liberté d’écrire comme le droit, comme le salut du ...........................................................................
Il fait la synthèse des valeurs défendues par les
genre humain ; s’élevant, avec une infatigable énergie, contre ...........................................................................
philosophes au nom de la raison : occurrences du mot
ec

tous les crimes du fanatisme et de la tyrannie ; poursuivant ...........................................................................


« liberté » contre toutes les formes d’oppression.
dans la religion, dans l’administration, dans les mœurs, dans ...........................................................................
éo

Divers moyens sont utilisés : tous les types d’écriture


les lois, tout ce qui portait le caractère de l’oppression, de la ...........................................................................
sont évoqués (genres, formes, registres), toutes les
dureté, de la barbarie ; ordonnant, au nom de la nature, aux ...........................................................................
formes d’action sont rappelées ; un hommage est
rois, aux guerriers, aux magistrats, aux prêtres, de respecter ...........................................................................
rendu aux valeurs (rhétorique de l’éloge).
le sang des hommes ; leur reprochant, avec une énergique
sp

sévérité, celui que leur politique ou leur indifférence prodi-


guait encore dans les combats ou dans les supplices ; prenant Ve
r s l’
re u e ora
le
Ép

enfin, pour cri de guerre, raison, tolérance, humanité. v Quelles valeurs les philosophes des
Condorcet, Esquisse d’un tableau historique de l’esprit humain, 1795. Lumières défendent-il  ? Vous vous appuierez sur
1. Pierre Bayle (1647-1706) et Bernard Le Bovier de Fontenelle les textes de cette fiche pour répondre.
(1657-1757) : philosophes.
Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

6 Le romantisme
Observer et retenir

ite
L’exaltation du moi La spiritualité et le sacré
 Emploi de la 1re personne […]  Mission supérieure du

ne t
 Registre lyrique Je verrai, si tu veux, les pays de la neige, poète (dont la parole est
(confidence) Ceux où l’astre amoureux dévore et resplendit, toute-puissante)

n
 Sentiment religieux 
Ceux que heurtent les vents, ceux que la mer assiège,

trd
 Amour, principe de la vie
Ceux où le pôle obscur sous sa glace est maudit.
Nous suivrons du hasard la course vagabonde.

a
Le paysage « état d’âme » Que m’importe le jour ? que m’importe le monde ?
 Images Je dirai qu’ils sont beaux quand tes yeux l’auront dit.
Parallélismes Que Dieu guide à son but la vapeur foudroyante

n

 Ponctuation expressive Sur le fer des chemins qui traversent les monts,
Qu’un Ange soit debout sur sa forge bruyante,
Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts Un mouvement ancré

jec eig Et, de ses dents de feu, dévorant ses chaudières, dans l’histoire
 Allusions à la Révolution
Le règne de l’imagination Transperce les cités et saute les rivières,
industrielle (qui, à l’époque,
 Métaphores Plus vite que le cerf dans l’ardeur de ses bonds ! […] bouleverse l’ordre du
 Personnifications Alfred de Vigny, « La Maison du berger », Les Destinées, 1863. monde)

ni
Lire et analyser
s
VERS LA 1 re •
Le théâtre
Préface de Cromwell de Victor Hugo
pro en
tio
Victor Hugo expose les principes qui ont présidé à la composi-
1 a. Soulignez les formules qui expriment le
jugement de Victor Hugo. Quelle thèse défend-il ?
tion de son drame romantique, Cromwell.
.......................................................................
Les adjectifs péjoratifs et laudatifs, les comparatifs,
Type1 d’abord magnifique, mais, comme il arrive toujours
.......................................................................
le sémantisme du verbe « se demander » et les
de ce qui est systématique, devenu dans les derniers temps
.......................................................................
propositions interrogatives indirectes introduites par
faux, mesquin et conventionnel. Le christianisme amène la
.......................................................................
« si » servent une remise en cause de l’art classique,
poésie à la vérité. Comme lui, la muse moderne verra les choses
.......................................................................
qui s’éloigne du vrai, et une défense de la « muse
d’un coup d’œil plus haut et plus large. Elle sentira que tout
.......................................................................
n

moderne ».
dans la création n’est pas humainement beau, que le laid y existe
à côté du beau, le difforme près du gracieux, le grotesque au b. Encadrez les antithèses. Quelle conception de
revers du sublime , le mal avec le bien, l’ombre avec la lumière. l’homme traduisent-elles ?
e

Elle se demandera si la raison étroite et relative de l’artiste doit .......................................................................


Les nombreuses antithèses suggèrent une proximité
avoir gain de cause sur la raison infinie, absolue, du créateur ; .......................................................................
entre des notions et des valeurs opposées. Elles
si c’est à l’homme à rectifier Dieu ; si une nature mutilée en .......................................................................
soulignent la complexité de l’homme.
Vid im

sera plus belle ; si l’art a le droit de dédoubler, pour ainsi dire, c. Pourquoi ce passage reflète-t-il les aspirations
l’homme, la vie, la création ; si chaque chose marchera mieux esthétiques et spirituelles du mouvement roman-
quand on lui aura ôté son muscle et son ressort ; si, enfin, c’est tique ?
le moyen d’être harmonieux que d’être incomplet. C’est alors .......................................................................
Victor Hugo assigne à l’art une nouvelle mission, qui
que, l’œil fixé sur des événements tout à la fois risibles et .......................................................................
correspond aux aspirations romantiques : il doit
formidables, et sous l’influence de cet esprit de mélancolie .......................................................................
rompre avec les règles classiques, montrer la totalité
ec

chrétienne et de critique philosophique que nous observions .......................................................................


de l’humanité sans dissimuler ses contradictions. La
éo

tout à l’heure, la poésie fera un grand pas, un pas décisif, un .......................................................................


raison de l’artiste doit céder devant l’action créatrice
pas qui, pareil à la secousse d’un tremblement de terre, changera .......................................................................
de Dieu.
toute la face du monde intellectuel. Elle se mettra à faire comme d. Comment faut-il comprendre ici le terme
la nature, à mêler dans ses créations, sans pourtant les « poésie » ?
sp

confondre, l’ombre à la lumière, le grotesque au sublime, en


.......................................................................
Il ne s’agit pas de désigner le genre poétique (Hugo
d’autres termes, le corps à l’âme, la bête à l’esprit ; car le point
.......................................................................
parle d’une pièce de théâtre) mais l’acte de création
de départ de la religion est toujours le point de départ de la
.......................................................................
littéraire.
poésie. Tout se tient.
.......................................................................
Victor Hugo, Préface de Cromwell, 1827. .......................................................................
1. type : le type de beau recherché par les artistes classiques. .......................................................................

I. Acquérir une culture littéraire


OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xixe siècle : le romantisme
« Les Mages » de Victor Hugo
2 a. Soulignez les parallélismes qui apparaissent dans cette
[…]
strophe. Que montrent-ils ?
Ils1 parlent à la solitude,

ite
..................................................................................................
La répétition du groupe verbal « ils parlent », par exemple, réunit deux
Et la solitude comprend ;
..................................................................................................
distiques dont les rimes croisées soulignent l’intrication. Le texte fait
Ils parlent à la multitude,
..................................................................................................
entendre une litanie, qui rappelle le discours religieux.
Et font écumer ce torrent ;
..................................................................................................

ne t
Ils vont vibrer les édifices ;
Ils inspirent les sacrifices b. Quelle image du poète ce passage présente-t-il ?

n
Et les inébranlables fois ; ..................................................................................................
Le poète apparaît comme celui qui sait lire dans le cœur de l’homme et

trd
Sombres, ils ont en eux, pour muse, ..................................................................................................
agir sur les individus comme sur les foules. La personnification de la
La palpitation confuse ..................................................................................................
solitude, la métaphore du torrent font de lui l’intermédiaire entre les

a
De tous les êtres à la fois. […] ..................................................................................................
mondes sensible et spirituel. Sa parole, d’essence divine, communique

Victor Hugo, Les Contemplations, 1856. ..................................................................................................


la foi et ébranle les choses : il apparaît comme un « mage ».
..................................................................................................

n
1. Ils : les poètes.

OBJET D’ÉTUDE • La poésie


« Chant d’amour » d’Alphonse de Lamartine

jec eig
du xixe siècle : le romantisme
3 a. Quel état d’âme la ponctuation traduit-elle ?
[…]
..................................................................................
Les points d’exclamation et d’interrogation, l’interjection
Laisse-moi respirer sur ces lèvres vermeilles
..................................................................................
« ah ! » reflètent l’enthousiasme du poète, émerveillé du
Ce souffle parfumé !... Qu’ai-je fait ? Tu t’éveilles :
..................................................................................

ni
spectacle de sa bien-aimée : ils traduisent les mouvements
L’azur voilé des cieux
..................................................................................
violents et contradictoires d’un esprit exalté.
Vient chercher doucement ta timide paupière ;
Mais toi, ton doux regard, en voyant la lumière, b. Repérez les champs lexicaux qui dominent dans ce
s
N’a cherché que mes yeux ! passage. Quelles sensations et quel sentiment le poète
éprouve-t-il ?
Ah ! que nos longs regards se suivent, se prolongent, ..................................................................................
La réunion des lexiques du corps humain et de l’amour
pro en
tio
Comme deux purs rayons l’un dans l’autre se plongent, ..................................................................................
exprime la volupté de l’instant. La contiguïté entre
Et portent tour à tour ..................................................................................
notations physiques et notations psychologiques s’exprime
Dans le cœur l’un de l’autre une tremblante flamme, ..................................................................................
par le jeu des sensations (« regard », parfum), vecteur de la
Ce jour intérieur que donne seul à l’âme ..................................................................................
communication silencieuse qui s’établit entre les amants.
Le regard de l’amour !
c. Quelle image sert ici l’expression du sentiment ?
[…]
..................................................................................
La métaphore de la flamme, qui, comme un fanal, éclaire
Alphonse de Lamartine, Nouvelles Méditations poétiques, 1823.
..................................................................................
l’âme.
n

VERS LA 1 re •
L’autobiographie
Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand
4 a. Soulignez les verbes dont Chateaubriand
e

Se sentant exilé dans l’Europe révolutionnaire où l’argent règne,


est sujet. À quelles activités se livre-t-il ?
Chateaubriand, en 1791, s’embarque pour l’Amérique.
.....................................................................
L’auteur se livre à des activités physiques et
« Muse, aide-moi à montrer que je connais la mer sur laquelle
Vid im

.....................................................................
spirituelles.
je déploie mes voiles. »
C’est ce que disait, il y a six cents ans, Guillaume le Breton, b. Où Chateaubriand se réfugie-t-il  ? Quelle
mon compatriote. Rendu à la mer, je recommençai à contem- est la signification d’un tel choix ?
pler ses solitudes ; mais à travers le monde idéal de mes rêve- .....................................................................
Le refuge, situé en hauteur, est l’instrument d’une
ries, m’apparaissaient, moniteurs1 sévères, la France et les .....................................................................
évasion romantique. Le texte qui oppose
événements réels. Ma retraite pendant le jour, lorsque je .....................................................................
« événements réels » et « monde idéal », fait
ec

voulais éviter les passagers, était la hune2 du grand mât ; j’y .....................................................................
éclater le déchirement de l’âme romantique, irritée
éo

montais lestement aux applaudissements des matelots. Je m’y .....................................................................


par le présent et intensément tendue vers l’avenir.
asseyais dominant les vagues. c. Encadrez les images dans le texte. Quel carac-
L’espace tendu d’un double azur avait l’air d’une toile pré- tère de l’âme romantique révèlent-elles ?
parée pour recevoir les futures créations d’un grand peintre. .....................................................................
Ce tableau maritime apparaît comme l’image de
sp

La couleur des eaux était pareille à celle du verre liquide. De ......................................................................


l’âme romantique, isolée, mouvante et esthète.
longues et hautes ondulations ouvraient dans leurs ravines3,
des échappées de vue sur les déserts de l’Océan […]. Ve
r s la
iss o
e r tati
n

En vous aidant de vos réponses,


D

François René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, VI, 5, 1850.


rédigez un paragraphe qui montrera que le
1. moniteurs : personnes qui avertissent, qui conseillent. 2. hune : plate-
forme établie au sommet d’un mât. 3. ravine : creux formé par un torrent.
romantisme est l’expression d’un refus de la
réalité. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

7 Le réalisme et le naturalisme

ite
Observer et retenir
1. Le roman réaliste

ne t
Un effet « documentaire »
Tout à coup la Marseillaise retentit. Hussonnet et Frédéric se penchèrent  Sujet inspiré de faits réels de l’Histoire

n
sur la rampe. C’était le peuple. Il se précipita dans l’escalier, en secouant à flots et de la Société du XIXe siècle

trd
vertigineux des têtes nues, des casques, des bonnets rouges, des baïonnettes Ici, la révolution de 1848
et des épaules, si impétueusement, que des gens disparaissaient dans cette

a
masse grouillante qui montait toujours, comme un fleuve refoulé par une Roman « objectif », à la 3e personne
 Narrateur extérieur et attachement à
marée d’équinoxe, avec un long mugissement, sous une impulsion irrésistible.
la description
Gustave Flaubert, L’Education sentimentale, 1869.  Roman d’apprentissage

n
2. Le roman naturaliste Des destins tragiques

jec eig
 Alcool et folie
Il ne s’appartenait plus, il obéissait à ses muscles, à la bête enragée. Pourtant,  Des personnages issus des classes
il ne buvait pas, il se refusait même un petit verre d’eau-de-vie, ayant remarqué ouvrières
que la moindre goutte d’alcool le rendait fou. Et il en venait à penser qu’il Le « roman-laboratoire »
payait pour les autres, les pères, les grands-pères, qui avaient bu, les générations

ni
 Influence de l’hérédité sur le destin
d’ivrognes dont il était le sang gâté, un lent empoisonnement, une sauvagerie des personnages
qui le ramenait avec les loups mangeurs de femmes, au fond des bois.
Roman « objectif », à la 3e personne
s
Émile Zola, La Bête humaine, 1890
 Narrateur extérieur discret ou absent
 Discours indirect libre
pro en
tio
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Avant-propos à La Comédie humaine d’Honoré de Balzac
1 a. Justifiez l’emploi de la majuscule pour « Société »
La Société française allait être l’historien, je ne devais
n

et le choix du terme « historien ».


être que le secrétaire. En dressant l’inventaire des vices
..................................................................................
Avec la majuscule, Balzac personnifie la société. L’emploi
et des vertus, en rassemblant les principaux faits des
..................................................................................
curieux de « historien » paraît signifier que la société écrit
passions, en peignant les caractères, en choisissant les
e

..................................................................................
l’Histoire dans le sens de « faire » l’Histoire.
événements principaux de la Société, en composant des
types par la réunion des traits de plusieurs caractères b. Quel double rôle Balzac s’assigne-t-il ?
homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l’histoire ..................................................................................
Balzac veut peindre fidèlement la société française comme
Vid im

oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs. ..................................................................................


les réalistes. Il veut écrire l’histoire des mœurs et dévoiler

Honoré de Balzac, Avant-propos à La Comédie humaine, 1842. ..................................................................................


leur fonctionnement, ambition propre à Balzac.

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


Préface de L’Assommoir d’Émile Zola
ec

au xixe siècle : réalisme et naturalisme


éo

2 a. En quoi l’ambition de Zola se rapproche-t-elle de


J’ai voulu peindre la déchéance fatale d’une famille
l’ambition réaliste ? En quoi s’en sépare-t-il ?
ouvrière, dans le milieu empesté de nos faubourgs.
..................................................................................
Comme les réalistes, Zola veut peindre fidèlement la société
[…] Mon œuvre me défendra. C’est une œuvre de
..................................................................................
française du xixe siècle : « nos faubourgs », « œuvre de
vérité, le premier roman sur le peuple, qui ne mente pas
..................................................................................
sp

vérité », « qui ne mente pas ». Il réduit ici le champ


et qui ait l’odeur du peuple. Et il ne faut point conclure
..................................................................................
d’observation au peuple : « premier roman sur le peuple ».
que le peuple tout entier est mauvais, car mes personnages
..................................................................................
Le naturalisme s’attache à une réalité plus noire. Zola veut
ne sont pas mauvais, ils ne sont qu’ignorants et gâtés par
..................................................................................
démontrer l’influence du milieu sur le comportement de ses
le milieu de rude besogne et de misère où ils vivent.
..................................................................................
personnages : « mes personnages ne sont pas mauvais »,
Émile Zola, Préface de L’Assommoir, 1877.
..................................................................................
« gâtés par le milieu ».

I. Acquérir une culture littéraire


OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Le Père Goriot d’Honoré de Balzac
3 a. Montrez le caractère réaliste du portrait de
Balzac fait ici la description d’un personnage de la pension
Vauquer : Vautrin. Vautrin

ite
Il1 avait les épaules larges, le buste bien développé, les muscles ........................................................................
Le champ lexical révèle un souci de vérité présent

apparents, des mains épaisses, carrées et fortement marquées ........................................................................


dans des détails dépréciatifs : « mains épaisses »,

aux phalanges par des bouquets de poils touffus et d’un roux ........................................................................
« bouquets de poils touffus » ou « grosse gaieté ».
........................................................................

ne t
Ces détails illustrent le réalisme.
ardent. Sa figure, rayée par des rides prématurées, offrait des
signes de dureté que démentaient ses manières souples et ........................................................................

n
liantes. Sa voix de basse-taille, en harmonie avec sa grosse b. En quoi certains traits sont-ils ceux du héros

trd
gaieté, ne déplaisait point. Il était obligeant et rieur. Si quelque traditionnel ?
serrure allait mal, il l’avait bientôt démontée, rafistolée, huilée, ........................................................................
Le narrateur donne aussi au personnage les qualités

a
limée, remontée, en disant : « Ça me connaît ». Il connaissait ........................................................................
d’un héros traditionnel. Il lui attribue une force
tout d’ailleurs : les vaisseaux, la mer, la France, l’étranger, les ........................................................................
physique, mais aussi une force morale quand il
affaires, les hommes, les événements, les lois, les hôtels et les ........................................................................
évoque « des signes de dureté » ou la crainte qu’il

n
prisons. Si quelqu’un se plaignait par trop, il lui offrait aussitôt ........................................................................
inspire aux pensionnaires. Le narrateur l’enveloppe
ses services. Il avait prêté plusieurs fois de l’argent à madame ........................................................................
d’un certain mystère inquiétant quand il rappelle
Vauquer1 et à quelques pensionnaires ; mais ses obligés seraient ........................................................................
son passé et sa connaissance du monde et surtout

jec eig
morts plutôt que de ne pas le lui rendre, tant, malgré son air ........................................................................
des « prisons » ainsi que ses « talents » de serrurier.
bonhomme, il imprimait de crainte par un certain regard ........................................................................
Tous ces indices soulignent combien ce héros est
profond et plein de résolution. ........................................................................
encore loin de la « médiocrité » du héros naturaliste.
Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835. ........................................................................

ni
1. Madame Vauquer : propriétaire de la pension. ........................................................................
s
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Bel-Ami de Guy de Maupassant
pro en
4 Montrez que le narrateur veut peindre la réa-
tio
Duroy, surnommé Bel-Ami, espère s’élever socialement en
lité et donner une vision pessimiste des hommes
devenant journaliste ; Saint-Potin l’initie au métier.
Puis il en vint à Forestier : et du monde de la presse.
– Quant à celui-là, il a de la chance d’avoir épousé sa femme, ........................................................................
La scène se passe dans le milieu de la presse

voilà tout. ........................................................................


française comme l’indique le titre du journal « La Vie

Duroy demanda : ........................................................................


Française ». Le narrateur dévoile la vérité de son

– Qu’est-ce au juste que sa femme ? ........................................................................


fonctionnement en soulignant l’absence de
........................................................................
déontologie des journalistes : Saint-Potin rappelle sa
n

Saint-Potin se frotta les mains : – Oh ! une rouée, une fine


mouche. C’est la maîtresse d’un vieux viveur nommé Vaudrec, ........................................................................
pratique « je n’ai qu’à reprendre mon article sur le

le comte de Vaudrec, qui l’a dotée et mariée… ........................................................................


dernier venu et à le copier mot pour mot ». Le
........................................................................
journaliste peu honnête avoue aussi implicitement
e

Duroy sentit brusquement une sensation de froid, une sorte


de crispation nerveuse, un besoin d’injurier et de gifler ce ........................................................................
que la presse est instrumentalisée : les articles sont

bavard. Mais il l’interrompit simplement pour lui demander : ........................................................................


orientés « pour les lecteurs de la Vie Française ». Le
........................................................................
début de l’extrait brosse également un portrait
Vid im

– C’est votre nom, Saint-Potin ?


L’autre répondit avec simplicité : ........................................................................
pessimiste des hommes en rappelant que Forestier

–  Non, je m’appelle Thomas. C’est au journal qu’on m’a ........................................................................


réussit grâce à sa femme qui est, de plus, une femme

surnommé Saint-Potin. ........................................................................


entretenue par un amant, lui-même « un vieux

Et Duroy, payant les consommations, reprit : ........................................................................


viveur » !

– Mais il me semble qu’il est tard et que nous avons deux ........................................................................
ec

nobles seigneurs à visiter. ........................................................................


........................................................................
éo

Saint-Potin se mit à rire :


– Vous êtes encore naïf, vous ! Alors vous croyez comme ça ........................................................................
que je vais aller demander à ce Chinois et à cet Indien ce qu’ils ........................................................................
pensent de l’Angleterre ? Comme si je ne le savais pas mieux
qu’eux, ce qu’ils doivent penser pour les lecteurs de La Vie
sp

Ve
Française. J’en ai déjà interviewé cinq cents de ces Chinois, iss
r s la
o
e r tati
n

Recherchez à partir des textes de cette


D

Persans, Hindous, Chiliens, Japonais et autres. Ils répondent


fiche deux arguments et un exemple pour chaque
tous la même chose, d’après moi. Je n’ai qu’à reprendre mon
argument afin de démontrer ce qui distingue le
article sur le dernier venu et à le copier mot pour mot.
roman naturaliste du roman réaliste.
Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885.
Sur une copie
RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

8 Le symbolisme

ite
Observer et retenir
Une poésie hermétique  La musicalité

ne t
 Syntaxe complexe Ses purs ongles très-haut dédiant leur onyx,  Rythme
 Lexique rare L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,  Sonorités

n
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix

trd
Que ne recueille pas de cinéraire amphore
La puissance évocatrice Rêve et mysticisme

a
Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
du langage  Correspondances entre le
 Suggérer plutôt que
Aboli bibelot d’inanité sonore, monde réel et des mondes
nommer  (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx mystérieux

n
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)
[…]
Stéphane Mallarmé, « Ses purs ongles… », Poésies, 1887.

jec eig
Lire et analyser

ni
OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xixe siècle : le symbolisme
« Parfum exotique » de Charles Baudelaire
1 a. Recherchez le sens des mots « chaleureux », « mono-
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud
s
tone », « singuliers », « charmants », « mariniers ».
[d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux, b. Montrez qu’ils sont employés pour leur sens étymolo-
Je vois se dérouler des rivages heureux gique.
pro en
tio
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ; .......................................................................................
« chaleureux » est employé pour « chaud », « monotone » pour
.......................................................................................
« un seul ton », « singuliers » pour « seul ou unique »,
Une île paresseuse où la nature donne
.......................................................................................
« charmants » pour « ensorcelant ». « la vague marine » induit
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
.......................................................................................
« marins » davantage que « mariniers ». Cet emploi pour « un
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
.......................................................................................
homme de mer » permet le retour à la Seine, aux péniches et
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.
.......................................................................................
donc aux « mariniers ».
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
c.  Soulignez les réseaux sonores en [m] et en [o] qui
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
n

donnent sa musicalité au sonnet.


Encor tout fatigués par la vague marine,
d. Montrez que le poète établit des correspondances entre
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
les sens de l’odorat et de la vue.
e

Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,


.......................................................................................
« je respire » et « je vois » annoncent deux champs lexicaux qui
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
.......................................................................................
correspondent entre eux pour finir par « se mêl[er] » à l’ouïe
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857.
.......................................................................................
avec « chant ».
Vid im

OBJET D’ÉTUDE • La poésie


du xixe siècle : le symbolisme
« Art poétique » de Paul Verlaine
2 a. Qu’est-ce qu’un art poétique ?
ec

De la musique avant toute chose,


.......................................................................................
Un texte théorique en prose ou en vers dans lequel est
Et pour cela préfère l’Impair,
éo

.......................................................................................
défendue une certaine conception d’un art.
[…]
b. Quelles sont les deux idées défendues dans ces vers ?
Il faut aussi que tu n’ailles point
.......................................................................................
Le poète privilégie une poésie musicale. Les vers qui suivent
Choisir tes mots sans quelque méprise :
.......................................................................................
conseillent l’approximation lexicale qui conduit à suggérer
Rien de plus cher que la chanson grise
sp

.......................................................................................
plutôt qu’à nommer.
Où l’Indécis au Précis se joint.
[…] c. En quoi Verlaine est-il symboliste ?
Paul Verlaine, Jadis et Naguère, 1884 .......................................................................................
Verlaine rejoint ici les ambitions implicites perçues dans
.......................................................................................
les quatrains de Mallarmé (puissance évocatrice du langage,
.......................................................................................
musicalité).

I. Acquérir une culture littéraire


OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xixe siècle : le symbolisme
« Une dentelle s’abolit » de Stéphane Mallarmé
3 Relevez dans ces deux quatrains les champs lexicaux de la lumière, du
Une dentelle s’abolit
rideau, de la fenêtre, de la chambre, du vide. Quel conflit suggèrent-ils ?
Dans le doute du jeu suprême

ite
.........................................................................................................
Le terme « lit » induit la chambre et « absence » le vide. Les termes
À n’entrouvrir comme un blasphème
.........................................................................................................
« dentelle », « blanc », guirlande », et « flotte » évoquent un tissu et
Qu’absence éternelle de lit.
.........................................................................................................
« n’entrouvrir » et« vitre » mènent à fenêtre. Les substantifs « jeu » et
Cet unanime blanc conflit .........................................................................................................

ne t
« conflit » font songer à une opposition entre deux opposants qui ont en
D’une guirlande avec la même .........................................................................................................
commun « cet unanime blanc ». « blême » rappelle le matin. La « vitre » est

n
Enfui contre la vitre blême .........................................................................................................
devenue blanche, éclairée par une lumière hésitante – « Dans le doute » – et

trd
Flotte plus qu’il n’ensevelit. .........................................................................................................
qui finit par « abolir » la « dentelle » dont la blancheur se confond avec la
[…] .........................................................................................................
lumière de l’aube.

a
Stéphane Mallarmé, Poésies, 1887. .........................................................................................................
.........................................................................................................

n
« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard »
OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xixe siècle : le symbolisme de Stéphane Mallarmé
[…]
RIEN

jec eig de la mémorable crise


où se fût

ni
l’événement accompli en vue de tout résultat nul
humain
s
N ’ AU R A E U L I E U
une élévation ordinaire verse l’absence
pro en
tio
QU E L E L I E U
inférieur clapotis quelconque comme pour disperser l’acte vide
abruptement qui sinon
par son mensonge
eût fondé
la perdition
n

dans ces parages


du vague
e

en quoi toute réalité se dissout


[…]
Stéphane Mallarmé, « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard », 1897.
Vid im

4 Mallarmé illustre ici « la crise du vers ». En quoi la versification s’écarte-t-elle des contraintes : mètre, rimes,
alignement à gauche, majuscules, strophes ?
........................................................................................................................................................................
Les écarts sont la suppression de la majuscule en début de vers, de l’alignement à gauche, ainsi que de l’unité de la strophe.
........................................................................................................................................................................
L’espace du vers lié à son mètre est ou bien ignoré ou démultiplie le nombre des vers. Les blancs typographiques à
ec

........................................................................................................................................................................
l’intérieur du vers lui-même paraissent un outil nouveau qui impose un silence – un rythme – ou suggère une ellipse.
........................................................................................................................................................................
éo

L’apparent désordre mime un vers en crise qui se désarticule jusqu’à disparaître au profit cependant d’un vers nouveau. Les
........................................................................................................................................................................
rimes sont abolies au profit de réseaux sonores. La typographie hésite entre deux polices qui invitent à deux niveaux de
........................................................................................................................................................................
lecture. Le lecteur est ainsi invité à explorer une polysémie enceinte dans l’espace ou l’image que constitue alors ce poème.
........................................................................................................................................................................
Ces vers constituent un exemple de : « la dissolution du vers officiel ».
........................................................................................................................................................................
sp

........................................................................................................................................................................

Ve
r s l’
re u e ora
le
Ép

v Après avoir noté quelques arguments et souligné dans le poème « Parfum exotique »
de Baudelaire des mots ou expressions que vous citerez, démontrez à l’oral que ce poème
illustre la poétique symboliste.  Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES DIFFÉRENTS MOUVEMENTS LITTÉRAIRES

9 Le surréalisme

ite
Observer et retenir
Les jeux d’écriture
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’ai pas connues

ne t
 Jeux sur les mots et leurs sens, les associations
Je t’aime pour tous les temps où je n’ai pas vécu inattendues

n
Pour l’odeur du grand large et l’odeur du pain chaud  Jeux sur les sonorités

trd
Pour la neige qui fond pour les premières fleurs  Jeux sur les codes du langage

Pour les animaux purs que l’homme n’effraie pas  Figures d’analogie surprenantes (comparaisons,

a
Je t’aime pour aimer métaphores)
Je t’aime pour toutes les femmes que je n’aime pas
Qui me reflète sinon toi moi-même je me vois si peu

n
Sans toi je ne vois rien qu’une étendue déserte Les thèmes clés
Entre autrefois et aujourd’hui  Amour fou
Il y a eu toutes ces morts que j’ai franchies sur de la paille  Célébration de la femme

jec eig
 Quotidien
Je n’ai pas pu percer le mur de mon miroir
 Univers
Il m’a fallu apprendre mot par mot la vie
Comme on oublie
Je t’aime pour ta sagesse qui n’est pas la mienne

ni
L’écriture automatique (spontanée)
Pour la santé  Absence de liens logiques
Je t’aime contre tout ce qui n’est qu’illusion  Absence de ponctuation
Pour ce cœur immortel que je ne détiens pas
s
Tu crois être le doute et tu n’es que raison
Tu es le grand soleil qui me monte à la tête
L’exploration de l’inconscient
pro en
Quand je suis sûr de moi.
tio  Lexique du rêve
Paul Eluard, « Je t’aime », Le Phénix, 1951 © Éditions Seghers.  Lexique de l’imaginaire

Lire et analyser
n

OBJET D’ÉTUDE • La poésie


du xxe siècle : le surréalisme
Le Paysan de Paris de Louis Aragon
1 a. Soulignez et expliquez les associations de mots
e

Je me suis souvent arrêté au seuil de ces boutiques interdites


qui vous semblent les plus inattendues.
aux hommes1 et j’ai vu se dérouler les cheveux dans leurs
grottes. Serpents, serpents, vous me fascinez toujours. Dans .............................................................................
Aragon compare les cheveux féminins à des serpents
.............................................................................
Vid im

le passage de l’Opéra, je contemplais ainsi un jour les puis répond au cliché banal du blond « comme les
anneaux lents et purs d’un python de blondeur. Et brus- .............................................................................
blés ». Les analogies se créent par similitude de forme,
quement, pour la première fois de ma vie, j’étais saisi de .............................................................................
de couleur ou de texture. Il associe aussi le blond à des
cette idée que les hommes n’ont trouvé qu’un terme de .............................................................................
états, des comportements ou des sentiments.
comparaison à ce qui est blond : comme les blés, et l’on a .............................................................................
cru tout dire. Les blés, malheureux, mais n’avez-vous jamais b. Qu’est-ce qui, selon vous, a pu pousser le poète à
ec

regardé les fougères ? J’ai mordu tout un an des cheveux qualifier son œuvre de « mythologie moderne » ?
éo

de fougère. J’ai connu des cheveux de résine, des cheveux .............................................................................


Le salon de coiffure subit une métamorphose sous le
de topaze2, des cheveux d’hystérie. Blond comme l’hysté- .............................................................................
regard d’Aragon. L’émergence du merveilleux provient
rie, blond comme le ciel, blond comme la fatigue, blond .............................................................................
d’un choc initial. La métaphore filée des cheveux
comme le baiser. .............................................................................
devenus « serpents » renvoie aux mythes grecs (Méduse,
Louis Aragon, Le Paysan de Paris, 1926,
sp

© Éditions Gallimard. .............................................................................


Erinyes) et suggère le charme des femmes.
.............................................................................
1. L’auteur fait allusion aux boutiques de coiffeurs pour dames.
2. topaze : minéral rouge-orangé. .............................................................................

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xxe siècle : le surréalisme
Manifeste du surréalisme d’André Breton
2 a. Repérez les trois étapes qui rendent compte du

ite
[Tout occupé que j’étais encore de Freud1 à cette époque
travail de l’écrivain surréaliste en les mettant entre
et familiarisé avec ses méthodes d’examen que j’avais eu
crochets, puis résumez-les.
quelque peu l’occasion de pratiquer sur des malades pendant
la guerre], [je résolus d’obtenir de moi ce qu’on cherche à .............................................................................
La prise en compte des travaux de Freud, la recherche

ne t
obtenir d’eux, soit un monologue de débit aussi rapide que .............................................................................
de l’écriture automatique, l’écriture collective sans

n
possible, sur lequel l’esprit critique du sujet ne fasse porter .............................................................................
contraintes.

trd
aucun jugement, qui ne s’embarrasse, par suite, d’aucune .............................................................................
réticence, et qui soit aussi exactement que possible la pensée .............................................................................

a
parlée.] […] C’est dans ces dispositions que [Philippe .............................................................................
Soupault, à qui j’avais fait part de ces premières conclusions, .............................................................................
et moi nous entreprîmes de noircir du papier, avec un louable .............................................................................

n
mépris de ce qui pourrait s’ensuivre littérairement.] .............................................................................
André Breton, Manifeste du surréalisme, 1924, © Éditions Pauvert. b. Soulignez les passages qui présentent les caracté-
1. Sigmund Freud (1856-1939) : fondateur de la psychanalyse. ristiques de la « pensée parlée » selon André Breton. 

jec eig
OBJET D’ÉTUDE • La poésie
du xxe siècle : le surréalisme
« Dans bien longtemps » de Robert Desnos
3 a. Soulignez les termes qui évoquent le temps qui

ni
Dans bien longtemps je suis passé par le château des
passe.
feuilles
Elles jaunissaient lentement dans la mousse b. Comment le poète parvient-il à brouiller les
s
Et loin les coquillages s’accrochaient désespérément aux repères temporels ?
rochers de la mer .............................................................................
Les temps verbaux du passé et du présent se confondent
Ton souvenir ou plutôt ta tendre présence était à la même .............................................................................
pour suggérer la persistance de l’amour et la résurgence
pro en
place
tio .............................................................................
du souvenir.
Présence transparente et la mienne .............................................................................
Rien n’avait changé mais tout avait vieilli en même temps .............................................................................
que mes tempes et mes yeux c. Quelles images évoquent l’idée d’un passé loin-
N’aimez-vous pas ce lieu commun ? laissez-moi laissez- tain ?
moi c’est si rare cette ironique satisfaction .............................................................................
De nombreuses images évoquent la vieillesse
Tout avait vieilli sauf ta présence .............................................................................
(la sécheresse) ou la mort. Le château, les flots, l’horizon
n

Dans bien longtemps je suis passé par la marée du jour .............................................................................


connotent l’éloignement spatial et temporel.
solitaire .............................................................................
Les flots étaient toujours illusoires .............................................................................
e

La carcasse du navire naufragé que tu connais – tu te


rappelles cette nuit de tempête et de baisers ? – était-ce d. Expliquez la comparaison du navire avec le chapeau.
un navire naufragé ou un délicat chapeau de femme roulé .............................................................................
L’épave et le chapeau à l’envers présentent une
Vid im

par le vent dans la pluie du printemps ? – était à la même .............................................................................


similitude de forme. Ils renvoient tous deux aux ébats
place .............................................................................
amoureux du couple.
Et puis foutaise larirette1 dansons parmi les prunelliers ! .............................................................................
Les apéritifs avaient changé de nom et de couleur .............................................................................
Les arcs-en-ciel qui servent de cadre aux glaces .............................................................................
Dans bien longtemps tu m’as aimé. .............................................................................
ec

Robert Desnos, « Dans bien longtemps » recueilli dans « Les


.............................................................................
éo

Ténèbres », Corps et Biens, 1930 © Éditions Gallimard.


1. larirette : chanson paillarde.

V Tu m’as trouvé comme un caillou que l’on ramasse sur la plage


sp

É c e r s l’
rit ion
ure d’invent
Prolongez de quelques Comme un bizarre objet perdu dont nul ne peut dire l’usage
vers ce poème d’Aragon en jouant sur Comme l’algue sur un sextant1 qu’échoue à terre la marée
des associations d’images inattendues : Comme à la fenêtre un brouillard qui ne demande qu’à entrer […]
Louis Aragon, Le Roman inachevé, 1956, © Éditions Gallimard.
Sur une copie 1. sextant : instrument de mesure de navigation

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

10 Les indices de l’énonciation

ite
Observer et retenir
Les marques de 1re et 2e personnes
Diderot commente un tableau de Greuze, présenté au

ne t
Renforcent l’implication du locuteur et de son destinataire.
grand salon de peinture, dans le château du Louvre en  pronoms personnels, déterminants possessifs

n
1761, L’Accordée de village.

trd
Enfin je l’ai vu, ce tableau de notre ami Greuze ; mais Le lexique évaluatif
ce n’a pas été sans peine ; il continue d’attirer la foule. Met en valeur l’appréciation du locuteur.

a
 Lexique péjoratif ou mélioratif
C’est un père qui vient de payer la dot de sa fille. Le
 Lexique affectif
sujet est pathétique, et l’on se sent gagner d’une émotion
douce en le regardant. La composition m’en a paru très Les modalisateurs

n
belle : c’est la chose comme elle a dû se passer. Il y a Expriment le degré d’adhésion du locuteur à son énoncé.
douze figures ; chacune est à sa place, et fait ce qu’elle  Verbes de parole, de jugement et de sentiment
doit. Comme elles s’enchaînent toutes ! comme elles  Tournures impersonnelles

jec eig
vont en ondoyant et en pyramidant ! […]  Adverbes

C’est certainement ce que Greuze a fait de mieux. Ce


morceau lui fera honneur, et comme peintre savant Les marques d’expressivité
dans son art, et comme homme d’esprit et de goût. Sa Mettent en valeur l’opinion du locuteur.
 Ponctuation, tournures de phrase

ni
composition est pleine d’esprit et de délicatesse.
 Figures de style
Denis Diderot, Salon de 1761.  Niveaux de langue
s
Repérer et manipuler
pro en
tio
1 Dans chaque phrase, remplacez le mot d’évaluation 3 Réécrivez chaque phrase de façon à exprimer le
neutre entre crochets par un synonyme qui apporte doute, en utilisant ou modifiant l’outil indiqué.
une nuance péjorative. (Certains mots peuvent relever 1.  Tous les écrivains de cette époque ont vraiment eu à
d’un niveau de langue familier mais jamais vulgaire.) cœur de défendre cet idéal. Outil : phrase interrogative
1. Il aperçut dans un coin du salon une [blonde] ................
blondasse ...............................................................................
Les écrivains de cette époque ont-ils vraiment tous eu à
qui parlait fort pour se faire remarquer. ...............................................................................
cœur de défendre cet idéal ?
2. Il y avait un [homme] ..............
type étrange qui rôdait dans 2. Il est facile de lui faire confiance. Outil : adjectif
n

l’impasse. ...............................................................................
Il est difficile de lui faire confiance.
3. Que [fais] ................
fabriques -tu ?
3.  Le romancier s’est inspiré de ce fait divers pour nourrir
4. Ne crois pas ces [histoires] ................
sornettes !
e

son récit. Outil : conditionnel


5. Cessez de vous [disputer] ...................
chamailler pour des raisons ...............................................................................
Le romancier se serait inspiré de ce fait divers pour
insignifiantes ! ...............................................................................
nourrir son récit.
Vid im

6.  Des rideaux [jaunes] ...................


jaunâtres donnaient un air 4. Il fera beau, évidemment ! Outil : adverbe
[vieux] ...................
vieillot à la chambre. ...............................................................................
Il fera peut-être beau !

2 Le locuteur adhère-t-il à l’opinion avancée dans


4 Dans les moralités suivantes des Fables de La
ces énoncés ? Fontaine, soulignez les termes qui indiquent l’opinion
Oui nOn
du fabuliste.
ec

1. Il a peut-être raison. ✗
1. « Le monde est vieux, dit-on : je le crois ; cependant
éo

2. Il est clair que la situation ne s’améliorera


✗ Il le faut amuser encor comme un enfant. »
pas ainsi !
2. « C’est folie
3. Ces mesures sont vraiment efficaces. ✗
De compter sur dix ans de vie. »
4. Un accord aurait été passé. ✗
3. « Apprenez que tout flatteur
sp

5. De toute évidence, il n’aurait pas dû


✗ Vit aux dépens de celui qui l’écoute. »
s’y prendre ainsi.
6. Nous serons là à dix-heures. ✗ 4. « Hélas ! On voit que de tout temps
7. Ils prétendent que c’est la seule réponse à
Les petits ont pâti des sottises des grands. »
apporter. ✗ 5. « Chacun à son métier doit toujours s’attacher. »
8. Vous ? À ce poste ? ✗ 6. « Ne point mentir, être content du sien,
C’est le plus sûr […] »
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Andromaque de Jean Racine
5 a. Soulignez le vocabulaire péjoratif qui montre la
Pyrrhus, fiancé à Hermione, doit épouser

ite
désapprobation d’Hermione.
Andromaque. Hermione a demandé à Oreste de la
venger en tuant Pyrrhus qu’elle aime toujours… b. Quel procédé grammatical récurrent remet en question
Hermione. – Tais-toi, perfide, l’acte de Pyrrhus  et le refus d’Hermione d’en assumer la

ne t
Et n’impute qu’à toi ton lâche parricide1. responsabilité ?

n
Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur, ......................................................................................
Les phrases interrogatives montrent qu’Hermione n’assume pas
......................................................................................

trd
Va ; je la désavoue, et tu me fais horreur. la demande faite à Pyrrhus ; elle rejette sur lui la responsabilité.
Barbare, qu’as-tu fait ? Avec quelle furie ......................................................................................
Sa colère et sa douleur se révèlent d’autant plus violentes que

a
As-tu tranché le cours d’une si belle vie ? ......................................................................................
les phrases deviennent de plus en plus courtes (notamment les
Avez-vous pu, cruels, l’immoler2 aujourd’hui, ......................................................................................
deux derniers vers).
Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ? ......................................................................................

n
Mais parle : de son sort qui t’a rendu l’arbitre ? ......................................................................................
Pourquoi l’assassiner ? Qu’a-t-il fait ? À quel titre ? ......................................................................................
Qui te l’a dit ? ......................................................................................

jec eig
Jean Racine, Andromaque, Acte V, scène 3, 1667. ......................................................................................
1. parricide : meurtre du père. 2. immoler : tuer, sacrifier.
......................................................................................
......................................................................................
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
« Le Baiser » de Guy de Maupassant

ni
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
6 a. Quels signes de ponctuation traduisent l’enthou-
Une vieille femme écrit à sa nièce qui l’interroge sur
siasme de la vieille tante ?
le sentiment amoureux.
s
Oh ! les premiers baisers à travers la voilette !1 ......................................................................................
Les points d’exclamation et d’interrogation traduisent son
N’est-ce point là un vers d’un sentiment exquis, ......................................................................................
emportement.
d’une observation délicate et charmante, d’une par- b. Par quelles constructions de phrase l’auteur de la lettre
pro en
tio
faite vérité ? Toutes celles qui ont couru au rendez- cherche-t-il à obtenir l’approbation de sa lectrice ?
vous clandestin, que la passion a jetées dans les bras ......................................................................................
La deuxième phrase interro-négative invite à acquiescer…
d’un homme, les connaissent bien ces délicieux c. Par quels choix lexicaux et stylistiques l’épistolière
premiers baisers à travers la voilette, et frémissent cherche-t-elle à agir sur sa nièce ?
encore à leur souvenir.
......................................................................................
Le champ lexical du ravissement, de la passion est soutenu par
Guy de Maupassant, « Le Baiser », paru dans Gil Blas, 1882.
......................................................................................
l’emploi d’un vocabulaire mélioratif. La personnification de la
1. Vers du poète Coppée, contemporain de Maupassant ; ......................................................................................
n

passion et la tournure hyperbolique « toutes celles » assurent


voilette : voile attaché au chapeau des femmes.
......................................................................................
des bienfaits de la passion amoureuse…

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au


« Ultima verba » de Victor Hugo
e

xxe siècle : du romantisme au surréalisme


7 a. Commentez les termes employés par Victor Hugo
Avec le coup d’État du 2 décembre 1851, Bonaparte
pour décrire Napoléon III.
prend le pouvoir, violant les lois de la République.
Vid im

Hugo, qui le méprise et le hait, s’exile. ......................................................................................


Le poète emploie un vocabulaire péjoratif (« gueux », « vautrera »,

[…] ......................................................................................
« ivre », « affreux », « vomissant »…) qui déshumanise Napoléon III.

Oh ! tant qu’on le verra trôner, ce gueux, ce prince, ......................................................................................


Il joue aussi sur les images antithétiques (« ce gueux, ce prince »,

Par le pape béni, monarque malandrin1, ......................................................................................


« dans une main le sceptre et dans l’autre la pince », « vomissant sa

Dans une main le sceptre et dans l’autre la pince, ......................................................................................


honte sur nos gloires »).
ec

Charlemagne taillé par Satan dans Mandrin2 ; b. Quels procédés sont mis en œuvre pour traduire l’indi-
Tant qu’il se vautrera, broyant dans ses mâchoires gnation ?
éo

Le serment, la vertu, l’honneur religieux ; ......................................................................................


Il utilise des images hyperboliques pour nous donner à voir un
Ivre, affreux, vomissant sa honte sur nos gloires ; ......................................................................................
monstre (« broyant dans ses mâchoires ») ainsi que des effets
Tant qu’on verra cela sous le soleil des cieux ; ......................................................................................
d’accumulation. Il invoque une origine diabolique.
[…] c. Comment le poète met-il en avant sa détermination ?
sp

Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans ma bouche, ......................................................................................


L’emploi du futur, de la première personne du pluriel, de
Calme, le deuil au cœur, dédaignant le troupeau, ......................................................................................
phrases exclamatives, l’invocation à la Liberté, à la Patrie
Je vous embrasserai dans mon exil farouche, ......................................................................................
devenues allégories soulignent sa détermination.
Patrie, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau ! […] Ve
r e
om s l t ai
re

Victor Hugo, Les Châtiments, 1852. Rédigez un paragraphe qui montrera comment
C

men
1. malandrin : brigand. 2. Mandrin : brigand ayant vécu au xviiie siècle.
Hugo condamne l’empereur dans ce poème. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

11 Les discours rapportés

ite
Observer et retenir
Discours direct
Après un long silence, Marowsko Paroles et pensées rapportées directement

ne t
demanda si Jean, décidément, était en pos-  Verbe introducteur de paroles

n
session de sa fortune ; puis il fit encore deux  Deux points, guillemets, tiret

trd
ou trois questions vagues sur le même sujet.  Énonciation de celui qui parle : pronoms des 1re et 2e personnes, temps,
Son dévouement ombrageux pour Pierre indices spatio-temporels

a
se révoltait de cette préférence. Et Pierre  Marques de l’oralité

croyait l’entendre penser, devinait, com-


Discours indirect
prenait, lisait dans ses yeux détournés, dans
Paroles et pensées rapportées indirectement

n
le ton hésitant de sa voix, les phrases qui  Verbe introducteur de paroles
lui venaient aux lèvres et qu’il ne disait pas,  Proposition subordonnée introduite par que, si…
qu’il ne dirait point, lui si prudent, si  Énonciation de celui qui rapporte les paroles : pronoms et indices spatio-

jec eig
timide, si cauteleux. temporels modifiés, concordance des temps
Maintenant il ne doutait plus, le vieux
pensait : « Vous n’auriez pas dû lui laisser Discours narrativisé
accepter cet héritage qui fera mal parler de Paroles et pensées résumées
 Pas de restitution des paroles
votre mère. » Peut-être même croyait-il que

ni
Jean était le fils de Maréchal. Certes il le Discours indirect libre
croyait ! Comment ne le croirait-il pas, tant Paroles et pensées rapportées indirectement et librement
s
la chose devait paraître vraisemblable, pro-  Absence de verbe introducteur de paroles ou de subordonnant
bable, évidente ?  Intégration au récit
 Énonciation de celui qui parle : pronoms, indices spatio-temporels
Guy de Maupassant, Pierre et Jean, 1888.
pro en
tio  Marques de l’oralité

Repérer et manipuler
1 a. Indiquez pour chaque phrase le type de discours 2 Transposez ce dialogue dans un récit au passé.
rapporté : discours direct, indirect, narrativisé ou Vous raconterez du point de vue d’un narrateur exté-
n

indirect libre. rieur que vous choisirez. Exploitez les ressources du


1. Quand Il y put y avoir un télégramme de Saint-Loup, je roman.
n’osai pas demander : « Est-ce qu’il y a un télégramme ? »
e

(Proust, Albertine disparue) Discours : .........................


direct Monsieur Jourdain. –  À propos. Apprenez-moi
2. Ils se dressèrent, effarés. La paysanne laissa tomber comme il faut faire une révérence pour saluer une
d’émoi son savon dans son eau et balbutia : marquise ; j’en aurai besoin tantôt.[…]
Vid im

– C’est-i-té, m’n éfant ? C’est-i-té, m’n éfant ? Maître à danser. –  Si vous voulez la saluer avec
(Maupassant, Aux Champs) Discours : ........................
direct beaucoup de respect, il faut faire d’abord une révérence
3. Il me répondit honnêtement qu’il ne pouvait m’apprendre en arrière, puis marcher vers elle avec trois révérences
qui elle était sans se faire connaître lui-même […]. (Abbé en avant, et à la dernière vous baisser jusqu’à ses
Prévost, Manon Lescaut) Discours : ............................
indirect genoux.
ec

Molière, Le Bourgeois gentilhomme, Acte II, scène 1, 1670.


4. Elle tenait tout de même à ce que cette visite médicale ne
éo

soit pas vaine, qu’elle puisse servir à quelque chose… le


prix de la vie augmentait sans cesse… (Céline, Voyage au ...............................................................................
Monsieur Jourdain, fort désireux de faire bon effet à la
bout de la nuit ) Discours : ........................................
indirect libre
...............................................................................
marquise, pria le maître à danser – comme si l’idée lui
5. Madame de Clèves […] parla assez longtemps de la perte ...............................................................................
venait à l’instant – de lui apprendre la révérence si néces-
sp

qu’elle avait faite. (Mme de La Fayette, La Princesse de ...............................................................................


saire à son entreprise. Le maître à danser la lui décrivit de
Clèves) Discours : ...................................................
narrativisé ...............................................................................
bonne grâce, et même la lui donna à voir, fort content de
b. Transposez au discours indirect la phrase 4. ...............................................................................
ses talents.
...............................................................................
Elle expliquait qu’elle voulait que cette visite médicale ne ...............................................................................
...............................................................................
fût pas vaine et qu’elle pût servir à quelque chose. Elle ...............................................................................
...............................................................................
rappela que le prix de la vie augmentait sans cesse. ...............................................................................
............................................................................... ...............................................................................
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviie siècle
« Le Loup et l’Agneau » de Jean de La Fontaine
3 a. Encadrez les verbes introducteurs et les marques du

ite
[…]
discours direct.
« Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage : b. Dans quels vers ces verbes et ces marques sont-ils
Tu seras châtié de ta témérité. absents ?

ne t
– Sire, répond l’Agneau, que Votre Majesté ....................................................................................
Les verbes introducteurs sont absents des vers 16 à 19. Seuls

n
Ne se mette pas en colère ; ....................................................................................
les tirets signalent l’alternance des répliques.

trd
Mais plutôt qu’elle considère ....................................................................................
Que je me vas désaltérant c. Quel effet leur absence produit-elle ?

a
Dans le courant, ....................................................................................
L’absence des verbes introducteurs (v.16 à 19) accélère le
Plus de vingt pas au-dessous d’Elle ; ....................................................................................
dialogue et le rythme des répliques : le destin de l’agneau
Et que par conséquent, en aucune façon, ....................................................................................

n
devient inéluctable.
Je ne puis troubler sa boisson.
d. En quoi le discours rapporté du derniers vers tient-il
– Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
des discours direct et indirect ? Pour quel effet ?
Et je sais que de moi tu médis l’an passé.

jec eig
....................................................................................
« Il faut que je me venge » est au discours direct, mais il est
– Comment l’aurais-je fait si je n’étais pas né ?
....................................................................................
une transposition de ce qu’« on » a dit au loup : « Il faut que
Reprit l’Agneau ; je tette encor ma mère.
....................................................................................
tu te venges ». Un locuteur imaginaire – « on » – vient alors
– Si ce n’est toi, c’est donc ton frère.
....................................................................................
au secours d’un loup qui se sait injuste et qui éprouve le
– Je n’en ai point. – C’est donc quelqu’un des tiens :
....................................................................................

ni
besoin de se justifier. Il se décharge ainsi de la responsabilité
Car vous ne m’épargnez guère,
....................................................................................
de la mise à mort de l’agneau.
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
....................................................................................
On me l’a dit : il faut que je me venge. »
s
....................................................................................
Jean de La Fontaine, Fables, I, 10, v. 7-26, 1668.
....................................................................................
pro en
tio
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
L’Assommoir d’Émile Zola
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
4 a. Repérez les différents discours exploités par le nar-
Gervaise, héroïne du roman, a invité ses voisins à un
rateur.
véritable festin à l’occasion de sa fête : l’oie rôtie vient
d’être servie. ....................................................................................
Discours direct : « – Ma chère […] droit. »
– Ma chère, le croupion vous revient de droit, dit ....................................................................................
Discours indirect : « qu’on était chez…voisins ».
madame Lerat, de son air discrètement égrillard. ....................................................................................
Discours indirect libre : « on pouvait se servir » ; « Rien qu’à
n

Pourtant, l’oie était découpée. Le sergent de ville, ....................................................................................


[…] mollets »,
après avoir laissé la société admirer le bonnet d’évêque ....................................................................................
Discours narrativisé : « se plaignaient de la chaleur »
pendant quelques minutes, venait d’abattre les mor- b. Montrez que les différents types de discours parti-
e

ceaux et de les ranger autour du plat. On pouvait se cipent à l’effacement du narrateur.


servir. Mais les dames, qui dégrafaient leur robe, se ....................................................................................
En rapportant les paroles par différents discours le narrateur
plaignaient de la chaleur. Coupeau cria qu’on était ....................................................................................
s’efface. La parole de Coupeau est restituée sans la
Vid im

chez soi, qu’il emmiellait les voisins et il ouvrit toute ....................................................................................


transposition de « emmiellait » par un verbe moins familier
grande la porte de la rue, la noce continua au milieu ....................................................................................
qu’aurait pu imposer le narrateur. Le choix du discours
du roulement des fiacres et de la bousculade des ....................................................................................
indirect libre permet d’échapper aux marques des différents
passants sur les trottoirs. Alors, les mâchoires reposées, ....................................................................................
discours qui rappellent la présence du narrateur. Le dernier
un nouveau trou dans l’estomac, on recommença à ....................................................................................
paragraphe, commentaire du narrateur extérieur, est
dîner, on tomba sur l’oie furieusement. Rien qu’à ....................................................................................
ec

contaminé par la langue de ses personnages.


attendre et à regarder découper la bête, disait ce far- c. Le commentaire du dernier paragraphe doit-il être
éo

ceur de Boche, ça lui avait fait descendre la blanquette attribué à un personnage ou au narrateur ?
et l’épinée dans les mollets.
....................................................................................
A priori au narrateur extérieur qui emprunte ici la langue et
Par exemple, il y eut là un fameux coup de fourchette
....................................................................................
le point de vue de ses personnages et s’efface donc comme y
[…].
....................................................................................
invite l’ambition naturaliste.
sp

Émile Zola, L’Assommoir, 1877.


....................................................................................

Ve
r e
om s l t ai
re

Dans un paragraphe, vous montrerez comment La Fontaine se sert des règles


C

men
du discours direct pour souligner la morale de la fable « Le Loup et l’Agneau ». Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

12 Narrateur et focalisations

ite
Observer et retenir
1. Le narrateur

ne t
C’est la voix qui raconte l’histoire. Il faut le distinguer de l’auteur et du personnage.
• Statut du narrateur :

n
– extérieur au récit, il peut ou non intervenir ;

trd
– intégré au récit, il est « narrateur-personnage ».
• Cas particuliers :

a
– le narrateur est le personnage dans un récit fictif à la 1re personne ;
– auteur et narrateur ne font qu’un dans l’autobiographie.

2. Focalisations et points de vue

n
La focalisation zéro (ou narrateur omniscient)
Dans les beaux soirs d’été, à l’heure où les rues tièdes Le narrateur connaît tout des personnages.

jec eig
sont vides, quand les servantes jouent au volant sur le seuil  Emploi de la 3e personne
des portes, il ouvrait sa fenêtre et s’accoudait. La rivière,  Indices de lieu et de temps

qui fait de ce quartier de Rouen comme une ignoble petite  Présent de vérité générale associé aux temps du récit

Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue,


entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis aux

ni
bords, lavaient leurs bras dans l’eau. Sur des perches partant La focalisation (ou point de vue) interne 
Le point de vue est limité à celui du personnage qui nous
du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à transmet sa vision des choses.
s
l’air. En face, au-delà des toits, le grand ciel pur s’étendait,  Perception subjective d’un personnage
avec le soleil rouge se couchant. Qu’il devait faire bon là-  Discours indirect libre
bas  ! Quelle fraîcheur sous la hêtraie  ! Et il ouvrait les
pro en
tio
narines pour aspirer les bonnes odeurs de la campagne,
qui ne venaient pas jusqu’à lui. La focalisation (ou point de vue) externe
Il maigrit, sa taille s’allongea, et sa figure prit une sorte La connaissance du narrateur est limitée aux apparences
extérieures, à ce que pourrait filmer une caméra.
d’expression dolente, qui la rendit presque intéressante.
 Lexique du corps
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857.  Emploi de la 3e personne
n

Repérer et manipuler
1 Le narrateur est-il intégré au récit dans ces extraits ? 2 Identifiez la focalisation (ou point de vue) utilisée
e

Oui nOn dans les extraits suivants.


1. « Aujourd’hui, maman est morte. 1. « Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées
Ou peut-être hier, je ne sais
Vid im

qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses,


pas. » (Camus) ✗ de chaque pensionnaire. » (Balzac) 
2. « Vous avez mis le pied gauche Focalisation : .......................................................
zéro
sur la rainure de cuivre, et de 2. « Dans le train vers Saint-Lazare, une vieille femme s’est
votre épaule droite vous essayez assise à une place près de l’allée, elle parlait à un jeune
en vain de pousser un peu plus le garçon – peut-être son fils – resté debout : “ Partir, par-
ec

panneau coulissant. » (Butor) ✗ tir, tu n’es pas bien où tu es ? Pierre qui roule n’amasse
éo

3. « Tu vas commencer le nouveau pas mousse. ” » (Ernaux)


roman d’Italo Calvino, Si par une Focalisation : .......................................................
externe
nuit d’hiver un voyageur. 3. «  Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en
Détends-toi. Concentre-toi. » avant, une terre labourée qui était remuée de façon sin-
sp

(Calvino) ✗ gulière. » (Stendhal) 


4. « Cette femme, puisqu’il ne l’avait Focalisation : .......................................................
interne
pas tuée tout de suite, il ne la 4. «  Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air
tuerait pas maintenant. » (Zola) ✗ chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge,
du fumet des viandes et de l’odeur des truffes. » (Flaubert) 
Focalisation : .......................................................
interne

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau
3 a.  Soulignez les indices, dans le texte et le paratexte,
Le jeune Jean-Jacques est accusé à tort d’avoir

ite
volé un peigne.
vous permettant de dire que l’auteur, le narrateur et le per-
On ne put m’arracher l’aveu qu’on exigeait. Repris
sonnage ne sont qu’une seule et même personne.
à plusieurs fois et mis dans l’état le plus affreux, je b. Quels sont les temps verbaux dominants :

ne t
fus inébranlable. J’aurais souffert la mort, et j’y étais – dans le paragraphe 1 ?

n
résolu. Il fallut que la force même cédât au diabo- ...........................................................................................
Imparfait et passé simple (temps du récit)

trd
lique entêtement d’un enfant, car on n’appela pas – dans le paragraphe 2 ?
autrement ma constance. Enfin je sortis de cette ...........................................................................................
Présent de l’indicatif et passé composé (temps du discours)

a
cruelle épreuve en pièces, mais triomphant.
c. Qui est le narrateur :
Il y a maintenant près de cinquante ans de cette
– dans le paragraphe 1 ? ..........................................................
Rousseau enfant
aventure, et je n’ai pas peur d’être aujourd’hui

n
puni derechef pour le même fait. Eh bien, je – dans le paragraphe 2 ? ..........................................................
Rousseau adulte

déclare à la face du Ciel que j’en étais innocent, d. Quels sont les enjeux :
que je n’avais ni cassé, ni touché le peigne, que – du narrateur 1 ?

jec eig
je n’avais pas approché de la plaque, et que je n’y ...........................................................................................
Il s’agit de raconter et de provoquer le pathétique.
avais pas même songé. – du narrateur 2 ?
Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782. ...........................................................................................
Il s’agit d’argumenter et de clamer son innocence.

ni
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Bel-Ami de Guy de Maupassant
4 a. Soulignez les verbes de perception ayant pour
Georges Duroy vient d’épouser Suzanne Walter, la fille de
s
sujet Georges Duroy.
son ancienne maîtresse et de son patron. Ce mariage
marque la consécration d’un arriviste. b. Encadrez la phrase qui annonce le début de la foca-
Il allait lentement, d’un pas calme, la tête haute, les yeux lisation interne.
pro en
tio
fixés sur la grande baie ensoleillée de la porte. Il sentait c. Qu’apprend-on du personnage grâce à la focalisa-
sur sa peau courir de longs frissons, ces frissons froids tion interne ? 
que donnent les immenses bonheurs. Il ne voyait per- ...............................................................................
Georges Duroy est visiblement plus troublé par son
sonne. Il ne pensait qu’à lui. ...............................................................................
nouveau statut social que par son mariage. La perception
Lorsqu’il parvint sur le seuil, il aperçut la foule amassée, ...............................................................................
tactile des « frissons » nous renseigne sur l’entière
une foule noire, bruissante, venue là pour lui, pour lui ...............................................................................
satisfaction dont il jouit.
Georges Du Roy. Le peuple de Paris le contemplait et l’enviait. ...............................................................................
n

Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885. ...............................................................................

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


« Le Héron – La Fille » de Jean de La Fontaine
e

de l’argumentation : xviie siècle


5 a. Soulignez les interventions du fabuliste dans le récit.
Certaine Fille un peu trop fière
Prétendait trouver un mari b. Quels indices vous ont permis de les identifier ?
Vid im

Jeune, bien fait et beau, d’agréable manière, ....................................................................................


Le lexique péjoratif, les temps du discours, l’adresse aux
Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci. ....................................................................................
lecteurs par le mode impératif, la question rhétorique et les
Cette Fille voulait aussi ....................................................................................
explications permettent d’identifier les interventions.
Qu’il eût du bien, de la naissance, ....................................................................................
De l’esprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir ? c. Devinez la suite de la fable à partir des indices donnés
ec

Le destin se montra soigneux de la pourvoir : par la voix du fabuliste.


Il vint des partis d’importance.
éo

....................................................................................
La fille trop arrogante finit par souffrir de solitude et de
La belle les trouva trop chétifs de moitié. ....................................................................................
vieillesse. « Celle-ci fit un choix qu’on n’aurait jamais cru,/ Se
« Quoi moi ? quoi ces gens-là ? l’on radote, je pense. ....................................................................................
trouvant à la fin tout aise et tout heureuse/ De rencontrer un
À moi les proposer ! hélas ils font pitié. ....................................................................................
malotru » (La Fontaine).
Voyez un peu la belle espèce ! » ....................................................................................
sp

L’un n’avait en l’esprit nulle délicatesse ; ....................................................................................


L’autre avait le nez fait de cette façon-là ; V
C’était ceci, c’était cela, É c e r s l’
rit ion
ure d’invent
Réécrivez l’extrait de Bel-Ami de Maupassant
C’était tout ; car les précieuses
Font dessus tous les dédaigneuses. du point de vue de Madeleine Forestier, ancienne épouse de
 Jean de La Fontaine, Fables, VII, 4, v. 35-52, 1668. Georges Duroy, qui assiste au mariage parmi la foule.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

13 Histoire et récit

ite
Observer et retenir
1. Histoire et récit

ne t
Histoire : suite chronologique d’actions ou d’événements.
Récit : représentation par la narration des actions ou des événements : la chronologie de l’histoire est modelée par le récit.

n
2. Ordre du récit et des événements

trd
Ex. : le narrateur rapporte des événements qui se
Prolepse Récit d’un événement par anticipation

a
déroulent dans l’avenir

Ex. : – résumé de l’histoire d’un personnage


Faits rapportés par le narrateur qui sont antérieurs
Analepse – souvenirs
à l’histoire racontée – explications du présent

n
Concordance Récit qui suit l’ordre des événements Ex. : récit mythique, ou conte populaire

3. Rythme du récit

jec eig
Pause Interruption dans le déroulement des événements
Ex. : – description
– analyse d’une pensée
– commentaire

Ex. : – moments les plus intenses

ni
Scène  Durée du récit = durée des événements – dialogues
– repas, coucher, lever, agonie

Ex. : – narration sans détails


Sommaire  Accélération du récit, qui résume les événements
s
– transition entre deux scènes

Ex. : – temps morts, pendant lesquels rien ne se passe


Ellipse Certains événements sont passés sous silence par le narrateur – silence délibéré, qui tait une émotion trop forte
pro en
tio – omission d’un épisode sans intérêt pour le récit

Repérer et manipuler
1 Remettez les événements dans l’ordre chronologique. 3 Déterminez si ces passages constituent une pause,
1. Berthe en reparla plusieurs fois une scène, un sommaire ou une ellipse.
2. puis, à la longue, elle n’y pensa plus 1.  «  Son bonheur dura quinze années, sans le plus léger
n

3. On lui répondit qu’elle était absente, nuage. » (Balzac) ................................................


Sommaire

4. Elle demanda sa maman. 2. « Pendant ces deux années, la ville fut si souvent sur le
point d’être prise. » (Balzac) .................................
Sommaire
e

5. qu’elle lui rapporterait des joujoux.


3. « Les verres de Bohême diversement colorés faisaient au
6. Charles, le lendemain, fit revenir la petite.
milieu des fleurs et des fruits comme une illumination
Ordre chronologique : ...............................................
6, 4, 3, 5, 1, 2.
dans un jardin. » (Flaubert) ..................................
Pause
Vid im

2 Les extraits suivants constituent-ils des prolepses 4. « Je faillis être fusillé. Le printemps revint. L’armée d’oc-
ou des analepses ? cupation s’éloigna. » (Maupassant) ........................
Ellipse

1. « Ce serviteur, dont le nom reviendra plus tard dans ce 5. «  La barque arrive, abaisse ses voiles, touche au môle,
récit, s’appelait André. » (Fromentin)  ......................
Prolepse présente le flanc. » (Chateaubriand) .......................
Scène
6. « Il fallut un quart d’heure de calculs laborieux, avant de
ec

2.  «  Leurs regards s’unissaient dans une même angoisse,


comme leurs cœurs s’unissaient jadis dans un même tout régler à la satisf action de chacun. » (Zola)
éo

amour. » (Balzac) ................................................


Analepse ..........................................................................
Sommaire

3. « Il revoyait la cellule étroite où il avait passé ses deux 7. « L’habitant de la cabane, et celui des palais, tout souffre,
années de philosophie. » (Zola) ..............................
Analepse tout gémit ici-bas. » (Chateaubriand) .....................
Pause

4. « Elle avait épousé un beau garçon sans fortune, mort au 8. « – une déclaration… à moi ! – Mais oui, en quatre mots :
sp

commencement de 1809, en lui laissant deux enfants. » je vous trouve charmante. » (Maupassant) ................. Scène
(Flaubert) .........................................................
Analepse 9. « Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans
5. « Cette lutte si mesquine en apparence influa beaucoup roses qui palpitaient au vent derrière elle.  » (Flaubert)
sur l’avenir de cette famille, quand, plus tard, elle eut .......................................................................
Pause
besoin de secours. » (Balzac) ................................
Prolepse 10. «  Des années passèrent  ; l’enfant gagnait six ans.  »
(Maupassant) ....................................................
Ellipse

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Madame Bovary de Gustave Flaubert
4 a. Soulignez les verbes qui ont Charles pour sujet :
Charles observe sa femme et sa fille dans leur sommeil.

ite
qu’expriment-ils ?
Charles les regardait. Il croyait entendre l’haleine
..................................................................................
Il s’agit de verbes de sensation ou de pensée : Charles
légère de son enfant. Elle allait grandir maintenant ;
..................................................................................
contemple le présent, et son imagination s’élance vers l’avenir.
chaque saison, vite, amènerait un progrès ; il la voyait

ne t
déjà revenant de l’école à la tombée du jour, toute rieuse, b. Encadrez les verbes au conditionnel. Selon quel ordre

n
avec sa brassière1 tachée d’encre, et portant au bras son la pensée de Charles présente-t-elle les événements ?

trd
panier ; puis il faudrait la mettre en pension, cela coû- ..................................................................................
Les verbes au conditionnel expriment la postériorité par
terait beaucoup ; comment faire ? Alors il réfléchissait. ..................................................................................
rapport au présent de la perception : cette prolepse sert

a
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. ..................................................................................
l’analyse de la pensée de Charles, qui imagine un avenir
..................................................................................
heureux et un peu mièvre. Il conçoit ici une sorte de roman
1. brassière : petite chemise d’enfant.
..................................................................................
de sa propre famille.

n
VERS LA 1re •
Le roman
Adolphe de Benjamin Constant
5 a. Relevez une ellipse dans ce passage : quel moment efface-

jec eig
Adolphe, un jeune homme, s’est épris d’une
t-elle ?
femme d’âge mûr.
Le jour parut ; je courus chez Ellénore. Elle ...........................................................................................
La phrase « Le jour parut » constitue une ellipse : le lecteur ne sait

était couchée, ayant passé la nuit à pleurer ; ses ...........................................................................................


rien de la nuit passée par les personnages, qui ont été séparés. Le
...........................................................................................
tableau matinal révèle les événements de la nuit.

ni
yeux étaient encore humides, et ses cheveux
étaient épars ; elle me vit entrer avec surprise. b. Relevez une pause, une scène et un sommaire : quels élé-
«  Viens, lui dis-je, partons.  » Elle voulut ments de l’histoire présentent-ils ?
s
répondre. « Partons, repris-je. As-tu sur la terre ...........................................................................................
La course du personnage-narrateur chez Ellénore constitue un
un autre protecteur, un autre ami que moi ? mes ...........................................................................................
sommaire. De brèves pauses descriptives ralentissent l’action.
bras ne sont-ils pas ton unique asile  ?  » Elle ...........................................................................................
Un dialogue imite ensuite la durée réelle des événements.
pro en
tio
résistait. « J’ai des raisons importantes, ajoutai- ...........................................................................................
Les nombreux gestes tendres d’Adolphe sont ensuite décrits.
je, et qui me sont personnelles. Au nom du ciel, c. Quel état d’esprit la diversité des rythmes révèle-t-elle chez
suis-moi.  » Je l’entraînai. Pendant la route, je les personnages ?
l’accablais de caresses […].
...........................................................................................
Après la séparation de la nuit, Adolphe apparaît impatient et
Benjamin Constant, Adolphe, 1816.
...........................................................................................
fougueux ; Ellénore reste indécise.

Eugénie Grandet d’Honoré de Balzac


n

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


au xixe siècle : réalisme et naturalisme
6 a. Observez les temps : quels rythmes apparaissent ici ?
Charles, un jeune Parisien élégant vient d’arriver à
À quelles intentions du narrateur ce choix répond-il ?
e

Saumur.
..................................................................................
Une pause trace le portrait de Charles et livre les
Le grain d’or que sa mère lui avait jeté au cœur s’était
..................................................................................
informations utiles à l’intelligence du récit. Le présent
étendu dans la filière parisienne, il l’avait employé en
..................................................................................
énonce une vérité générale sur les mœurs humaines.
Vid im

superficie et devait l’user par le frottement. Mais Charles


n’avait encore que vingt et un ans. À cet âge, la fraîcheur b. Étudiez l’ordre dans lequel sont présentés les événe-
de la vie semble inséparable de la candeur de l’âme. La ments : à quelles périodes de la vie du personnage la
voix, le regard, la figure paraissent en harmonie avec narration s’intéresse-t-elle ?
les sentiments. Aussi le juge le plus dur, l’avoué le plus ..................................................................................
Les plus-que-parfait évoquent l’enfance et l’adolescence de
incrédule, l’usurier le moins facile hésitent-ils toujours ..................................................................................
Charles ; l’auxiliaire modal « devoir » annonce un avenir
ec

à croire à la vieillesse du cœur, à la corruption des ..................................................................................


déjà « en germe » dans le présent.
éo

calculs, quand les yeux nagent encore dans un fluide c. Quelle image du personnage l’ordre du récit forme-t-il ?
pur, et qu’il n’y a point de rides sur le front. Charles ..................................................................................
Autour du présent où rayonnent jeunesse et « fraîcheur »
n’avait jamais eu l’occasion d’appliquer les maximes de ..................................................................................
circulent le souvenir d’une enfance prometteuse, mais
la morale parisienne, et jusqu’à ce jour il était beau ..................................................................................
gâtée par des soins excessifs, et la vision prophétique d’un
d’inexpérience. Mais, à son insu, l’égoïsme lui avait été ..................................................................................
avenir sans poésie.
sp

inoculé. Les germes de l’économie politique à l’usage


du Parisien, latents en son cœur, ne devaient pas tarder Ve
r e
om s l t ai
re

Rédigez un paragraphe qui montrera que


C

à y fleurir, aussitôt que de spectateur oisif il deviendrait men


acteur dans le drame de la vie réelle. l’ordre et le rythme du récit permettent l’analyse du
Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1834. personnage dans l’extrait d’Eugénie Grandet de Balzac.
Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

14 La description

ite
Observer et retenir
Éclairer le sens Créer l’illusion
de l’histoire La salle à manger de la pension Vauquer, cadre
de la réalité

ne t
 Comparaisons de l’histoire, est ainsi décrite.  Repères spatiaux

n
 Personnifications (le Dans un angle est placée une boite à cases numéro-  Adjectifs qualificatifs

trd
lieu laisse présager la tées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou (forme, taille, couleur…)
déchéance du personnage vineuses de chaque pensionnaire. […] Vous y verriez  Lexique précis (éléments

a
du Père Goriot) un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des organisés les uns par
 Figures de style rapport aux autres pour
gravures exécrables qui ôtent l’appétit, toutes encadrées
(énumérations…) former un ensemble
en bois noir verni à filets dorés ; […] une longue table
cohérent, qui donne un

n
couverte en toile cirée assez grasse pour qu’un facétieux « effet de réel »)
externe y écrive son nom en se servant de son doigt
comme de style1, des chaises estropiées, de petits

jec eig
paillassons piteux en sparterie2 qui se déroule toujours
sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables
à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se
carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est
vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot,

ni
Traduire une vision S’inscrire dans
particulière du monde borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une un mouvement
 Lexique valorisant/ description qui retarderait trop l’intérêt de cette his-  Intervention du narrateur
s
dévalorisant (le locuteur toire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas.  Appels à l’expérience du
manifeste son jugement) Honoré de Balzac, Le Père Goriot, 1835. lecteur
 Modalisateurs et marques Les écrivains réalistes essaient
1. style : instrument servant à écrire.
pro en
blâme)
tio
de subjectivité (éloge ou
2. sparterie : tissu végétal tressé.
de gommer le côté artificiel
de la description.

Repérer et manipuler
1 Les listes de mots suivantes sont tirées des romans 3 Rendez chaque description dynamique en propo-
d’Émile Zola et renvoient à chaque fois à même uni- sant des verbes de mouvement.
n

vers. Précisez lequel, en vous aidant d’un dictionnaire. surplombait la ville.


Ex. : Le clocher [était au-dessus de] .……………......
1. Marquise – machine-tender – machine d’express – coups 1. Les montagnes [avaient des] .…………….............
se couvraient de fleurs.
de sifflet – purgeur – vapeur – roues : .......................
chemins de fer   2. Ses cheveux blonds [étaient détachés] .......................
flottaient .
e

2. Mérinos – molleton – coupon – bonneterie – capeline – 3. Le chemin en pente [menait à] ............................


débouchait dans une
tartanelle – volants – confections : ...........................
confection impasse.
3. Fosse – puits – machine d’extraction – cheminée – 4. La plage de sable fin [était large] .............................
s’étendait .
Vid im

pompe d’échappement – hauts fourneaux : ...................


mine
4 Soulignez, dans les passages descriptifs suivants,
4. Amidon – fer – poêle de fonte – eau – linge – fils – polo-
nais – coq – carreau : .............................................
blanchisserie toutes les marques de subjectivité du narrateur.
5. Godet – compas – moulage – té – équerre – châssis – Là se découvre une vallée qui commence à Montbazon,
lavis : ...................................................................
dessin, architecture
finit à la Loire […] ; une magnifique coupe d’émeraude
ec

2 Dressez la liste des adjectifs et participes qui


au fond de laquelle l’Indre se roule par des mouve-
éo

ments de serpent.
pourraient servir à décrire chaque terme.
Honoré de Balzac, Le Lys dans la vallée, 1835.
1. Le ciel : ................................................................
azuré – menaçant – vaste – bleu – étoilé –
...............................................................................
nuageux – pur
2. Les murs : .............................................................
jaunis – tapissés – lambrissés – fissurés – Diphile commence par un oiseau et finit par mille : sa
sp

...............................................................................
épais – vieux maison n’en est pas égayée, mais empestée. La cour, la
salle, l’escalier, le vestibule, les chambres, le cabinet,
3. La bouche : ...........................................................
petite – ronde – charnue – luisante –
tout est volière ; ce n’est plus un ramage, c’est un
...............................................................................
sensuelle – dédaigneuse
vacarme : les vents d’automne et les eaux dans leurs plus
4. Le pinceau : ...........................................................
long – souple – rigide – noir – bigarré
grandes crues ne font pas un bruit si perçant et si aigu.
5. La pêche : .............................................................
ronde – rosée – douce – veloutée –
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688.
...............................................................................
comestible – juteuse

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Le Misanthrope de Molière
5 a. Soulignez la caractéristique essentielle de
Éliante montre le pouvoir de l’amour : on porte sur la femme

ite
chacune des femmes désignées. Quels traits com-
aimée un regard différent.
muns (lexicaux, stylistiques…) constatez-vous ?
Éliante. – […] La pâle est aux jasmins en blancheur comparable ;
......................................................................
Les adjectifs, substantivés, renvoient à des
La noire1 à faire peur, une brune adorable ;

ne t
......................................................................
caractéristiques physiques, considérées comme des
La maigre a de la taille et de la liberté ;
......................................................................

n
défauts accentués par des hyperboles.
La grasse est dans son port2 pleine de majesté ;
......................................................................

trd
La malpropre sur soi3, de peu d’attraits chargée,
Est mise sous le nom de beauté négligée ; b. Relevez les images (métaphores et comparai-

a
La géante paraît une déesse aux yeux ; sons). Qu’apportent-elles aux descriptions ?
La naine, un abrégé des merveilles des cieux ; ......................................................................
Les expressions : « aux jasmins en blancheur

Molière, Le Misanthrope, Acte II, scène 4, 1666. ......................................................................


comparable », « déesse » et « abrégé des merveilles

n
......................................................................
des cieux » correspondent à des images, employées
1. La blancheur du teint était recherchée par les femmes du xviie siècle.
......................................................................
pour rendre compte du regard émerveillé de
2. port : maintien, position du corps. 3. malpropre sur soi : mal vêtue
......................................................................
l’homme en face de la femme aimée.

jec eig
Langue et culture de
l’Antiquité
De la nature de Lucrèce
Lucrèce, épicurien, détermine ici ce qui rend heureux.
La nature ne réclame rien de plus agréable : […]
6 a. Quelles sont les caractéristiques de la maison décrite ?
.......................................................................................
La maison évoquée par Lucrèce est remarquable par sa richesse,

ni
.......................................................................................
avec les matières évoquées : l’« argent », l’« or » et les « salles
si notre maison n’est pas toute brillante d’argent,
.......................................................................................
dorées ». Elle éblouit par son éclat (« brillante », « éclatante »).
toute éclatante d’or ; si les cithares1 n’en font pas
résonner les vastes salles lambrissées2 et dorées : il b. En quoi le paysage décrit par la suite s’oppose-t-il à ce
s
nous suffit du moins, étendus entre amis sur un lieu ?
tendre gazon, le long d’une eau courante, sous les .......................................................................................
Le cadre naturel fait l’objet d’une description. La simplicité du
pro en
.......................................................................................
tio
branches d’un grand arbre, de pouvoir à peu de frais lieu, avec son « eau courante », son « grand arbre » est
.......................................................................................
favorable aux discussions. Il ne sert pas aux banquets. S’il y a
apaiser agréablement notre faim ; surtout quand le
temps sourit, et que la saison parsème de fleurs les .......................................................................................
profusion, c’est d’éléments naturels comme les fleurs.
herbes verdoyantes. c. Quel rôle jouent ces descriptions dans l’argumentation de
Lucrèce, De la nature, II, vers 23-34, trad. d’A. Ernout, © Les Lucrèce ?
Belles Lettres, 1966.
.......................................................................................
Pour être heureux, il faut se contenter de plaisirs naturels. Les
1. cithares : Instruments à cordes employés dans les banquets. .......................................................................................
descriptions permettent de rendre évidente l’opposition entre
2. lambrissées : dont les murs sont couverts de panneaux
.......................................................................................
le luxe, superflu, et la nature.
n

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert
e

7 a. Pour chacun des personnages, soulignez


L’aspect aimable de Bouvard charma de suite Pécuchet.
les éléments décrits et leurs caractéristiques.
Ses yeux bleuâtres, toujours entreclos, souriaient dans son visage
coloré. Un pantalon à grand-pont, qui godait1 par le bas sur des b. Encadrez les phrases qui introduisent les
Vid im

souliers de castor, moulait son ventre, faisait bouffer sa chemise deux portraits. Pourquoi orientent-elles les
à la ceinture ; – et ses cheveux blonds, frisés d’eux-mêmes en descriptions qui suivent ?
boucles légères, lui donnaient quelque chose d’enfantin. ......................................................................
Chaque portrait est justifié par le regard que porte
Il poussait du bout des lèvres une espèce de sifflement continu. ......................................................................
un personnage sur l’autre : Bouvard est vu comme
L’air sérieux de Pécuchet frappa Bouvard. ......................................................................
« aimable » par Pécuchet, tandis que Pécuchet est
ec

On aurait dit qu’il portait une perruque, tant les mèches garnis- ......................................................................
jugé « sérieux » par Bouvard. La description qui suit
sant son crâne élevé étaient plates et noires. Sa figure semblait ......................................................................
explique le jugement porté sur chacun d’eux.
éo

tout en profil, à cause du nez qui descendait très bas. Ses jambes c. Comment Flaubert montre-t-il la complé-
prises dans des tuyaux de lasting2 manquaient de proportion mentarité de ces personnages ?
avec la longueur du buste ; et il avait une voix forte, caverneuse. ......................................................................
Les portraits sont construits en contrepoint, comme
Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1880. ......................................................................
le souligne la structure parallèle des deux phrases
sp

1. goder : faire un pli rond. 2. lasting : étoffe de laine. ......................................................................


introductives. Les adjectifs qui ouvrent les
......................................................................
description s’opposent. Les personnages ont une

Ve
......................................................................
apparence différente : Bouvard est tout en
r e
om s l t ai ......................................................................
rondeur, tandis que Pécuchet est longiligne. Leurs
re

Rédigez un paragraphe qui montrera comment les


C

men
......................................................................
voix sont aussi opposées.
portraits des personnages visent à créer un effet de réel dans
......................................................................
l’extrait de Bouvard et Pécuchet de Flaubert. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

15 Les types de raisonnements


Observer et retenir

ite
1. Le raisonnement déductif

ne t
Il part d’une loi générale pour Ex. : « Je suis cent fois plus à plaindre que vous), Affirmation de l’opinion ou de la thèse
en déduire un cas particulier. disait l’Ingénu ; je suis né libre comme l’air ; j’avais deux vies, Faits qui se déduisent de la thèse et

n
la liberté et l’objet de mon amour : on me les ôte. » démontrent sa pertinence

trd
Voltaire, L’Ingénu, 1767.

a
2. Le raisonnement inductif
Il part d’un cas particulier pour Ex. : Ils savent en hiver élever leurs maisons,
Faits qui mènent à affirmer la pertinence
en déduire une loi générale.  Passent les étangs sur des ponts,
de la thèse

n
Fruit de leur art, savant ouvrage ; […]
Que ces Castors ne soient qu’un corps vide d’esprit, Thèse induite par les faits,
Jamais on ne pourra m’obliger à le croire. l’expérience

jec eig
La Fontaine, Fables, « Discours à Mme de La Sablière », X, 1678-1679.

3. Le raisonnement analogique
Son principe est Ex. : « Ce pays est à toi ! Et pourquoi ? Parce que tu y as mis le pied ?) Thèse à réfuter

ni
le rapprochement entre Si un Tahitien débarquait un jour sur vos côtes, et qu’il gravât Analogie qui doit convaincre
deux choses. sur une de vos pierres […] : Ce pays est aux habitants de Tahiti, le destinataire
Qu’en penserais-tu ? » Conclusion
s
Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, 1796.

4. Le raisonnement concessif
pro en
tio
Il prend en considération
Ex. : Balzac est encore pour nous, je le répète, une puissance Concession accordée à la
l’argument opposé à sa thèse valeur de Balzac
avec laquelle on ne discute pas. […] Mais, sans le diminuer,
pour mieux la renforcer.
je puis dire ce que Gustave Flaubert a fait du roman après lui : Thèse de Zola qui affirme
il […] l’a changé en une œuvre d’art harmonique, impersonnelle, la valeur supérieure de Flaubert
vivant de sa beauté propre.
Zola, Les Romanciers naturalistes, 1881.

Repérer et manipuler
n

1 Identifiez les types de raisonnement. 3 Transformez le raisonnement inductif suivant en


un raisonnement déductif.
e

1. « Le monde est vieux, dit-on : je le crois, cependant


Il le faut amuser encore comme un enfant. » (La Fontaine)
«  Pour moi, […] toutes les belles ont droit de nous
Raisonnement : .....................................................
concessif
charmer. L’avantage d’être rencontrée la première ne
Vid im

2.  Un ignorant et un savant perdent leur maison détruite doit point dérober aux autres les justes prétentions
par la guerre. qu’elles ont sur nos cœurs. La constance n’est donc
« L’un et l’autre quitta sa ville. bonne que pour les ridicules. » (d’après Molière)
L’ignorant resta sans asile ;
Il reçut partout des mépris : ...............................................................................
« Non, non, la constance n’est bonne que pour les
L’autre reçut partout quelque faveur nouvelle : ...............................................................................
ridicules ; toutes les belles ont le droit de nous charmer,
ec

Cela décida leur querelle. ...............................................................................


et l’avantage d’être rencontrée la première ne doit point
éo

Laissez dire les sots ; le savoir a son prix. » (La Fontaine) ...............................................................................
dérober aux autres les justes prétentions qu’elles ont sur
Raisonnement : .....................................................
inductif ...............................................................................
nos cœurs. […] » (Molière, Dom Juan, 1665)

2 Trouvez une analogie pour démontrer la perti- 4 Introduisez une concession dans ces différents rai-
nence des affirmations. sonnements.
sp

1. Le théâtre est fait pour être joué. 1. La fable contient des vérités qui servent de leçons.
...............................................................................
Analogie avec l’audition d’un concerto et la lecture d’une ...............................................................................
La fable est sans doute mensongère mais elle contient des
...............................................................................
partition. ...............................................................................
vérités qui servent de leçons.

2. Le maître doit identifier les qualités de son élève. 2. Un cadavre exquis, fruit du hasard, ne « veut » rien dire.
...............................................................................
Analogie avec le choix d’un sport adapté à un potentiel. ...............................................................................
Un cadavre exquis n’a certes pas l’intention d’exprimer
............................................................................... ...............................................................................
une idée ; il arrive toutefois qu’il fasse sens.

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviie siècle
Les Caractères de Jean de La Bruyère
5 a. Identifiez le type de raisonnement choisi par
Quand vous voyez quelquefois un nombreux troupeau,

ite
l’auteur.
qui répandu sur une colline vers le déclin d’un beau jour,
paît tranquillement le thym et le serpolet1, qui broute dans .............................................................................
Le raisonnement est analogique : le troupeau et son
une prairie une herbe menue et tendre qui a échappé à la .............................................................................
berger sont l’« image naïve des peuples et du prince qui

ne t
faux du moissonneur, le berger, soigneux et attentif, est .............................................................................
les gouverne».

n
debout auprès de ses brebis. Il ne les perd pas de vue, il les b. Reformulez la thèse défendue par l’auteur.

trd
suit, il les conduit, il les change de pâturage ; si elles se .............................................................................
Le faste et le luxe d’un souverain sont inutiles aux
dispersent, il les rassemble ; si un loup avide paraît, il lâche .............................................................................
peuples et à leur bon gouvernement.

a
son chien, qui le met en fuite ; il les nourrit, il les défend ; c. Par quels procédés l’auteur amène-t-il le lecteur à
l’aurore le trouve déjà en pleine campagne, d’où il ne se adhérer à sa thèse ? 
retire qu’avec le soleil : quels soins ! quelle vigilance ! quelle

n
.............................................................................
Le comparant est particulièrement développé, explicité
servitude ! Quelle condition vous paraît la plus délicieuse
.............................................................................
et valorisé dans ce raisonnement. Tous les domaines
et la plus libre, ou du berger ou des brebis ? le troupeau
.............................................................................
sont explorés permettant ainsi d’établir des
est-il fait pour le berger, ou le berger pour le troupeau ?

jec eig
.............................................................................
correspondances avec le comparé à venir.
Image naïve des peuples et du prince qui les gouverne, s’il
.............................................................................
L’auteur implique par un « vous » et des questions
est bon prince.
.............................................................................
rhétoriques le destinataire invité ainsi à établir le
Le faste et le luxe dans un souverain, c’est le berger habillé
.............................................................................
rapprochement entre comparant et comparé.
d’or et de pierreries, la houlette2 d’or en ses mains ; son
.............................................................................
L’analogie est reprise dans les dernières lignes de la

ni
chien a un collier d’or, il est attaché avec une laisse d’or et
.............................................................................
démonstration par une métaphore montrant le
de soie. Que sert tant d’or à son troupeau ou contre les
.............................................................................
caractère incongru du comparant devenu berger de
loups ?
.............................................................................
s
pastorale, ce qui suggère et démontre implicitement et
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688.
.............................................................................
davantage la pertinence de la thèse. La question
1. serpolet : variété de thym. .............................................................................
rhétorique finale contient une évidence que le
2. houlette : bâton de berger.
pro en
tio .............................................................................
destinataire rapportera au comparé.

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviiie siècle
Candide de Voltaire
6 a.  Quels raisonnements les différents locuteurs 
Candide, le héros du conte, Pangloss un philosophe représentant de
l’Optimisme et Martin, un philosophe pessimiste, philosophent sur exploitent-ils ?
les conditions d’une vie heureuse. .............................................................................
Pangloss recourt au raisonnement déductif à deux
.............................................................................
reprises. Candide se refuse à démontrer la pertinence de
n

Les grandeurs, dit Pangloss, sont fort dangereuses, selon


le rapport de tous les philosophes ; car enfin Églon, roi des .............................................................................
sa thèse et c’est Martin qui la soutient lui aussi par un
Moabites, fut assassiné par Aod ; Absalon fut pendu par les .............................................................................
raisonnement déductif mais autoritairement démontré.
e

cheveux et percé de trois dards ; le roi Nadab, fils de Jéroboam, b. En quoi cet extrait suggère-t-il une critique du
fut tué par Baasa ; le roi Éla, par Zambri ; Ochosias, par Jéhu ; pouvoir des raisonnements ?
Athalie, par Joïada  ; les rois Joachim, Jéchonias, Sédécias, .............................................................................
Dans le premier raisonnement, Pangloss énonce une
Vid im

furent esclaves. Vous savez comment périrent Crésus, Astyage, .............................................................................


vérité générale soutenue par l’autorité des philosophes
Darius, Denys de Syracuse, Pyrrhus, Persée, Annibal, .............................................................................
et par une multitude d’exemples tirés de la Bible, de
Jugurtha, Arioviste, César, Pompée, Néron, Othon, Vitellius, .............................................................................
l’Antiquité ou de l’histoire plus récente de l’Angleterre
Domitien, Richard II d’Angleterre, Édouard II, Henri VI, .............................................................................
et de la France confirmant la pertinence de sa thèse. On
Richard III, Marie Stuart, Charles Ier, les trois Henri de France, .............................................................................
remarque que Candide et Martin restent sourds au
l’empereur Henri IV? Vous savez… – Je sais aussi, dit Candide, .............................................................................
raisonnement de Pangloss. Le narrateur surtout invite à
ec

qu’il faut cultiver notre jardin. – Vous avez raison, dit .............................................................................
se moquer du raisonnement tant il est caricatural de
éo

Pangloss ; car, quand l’homme fut mis dans le jardin d’Éden, .............................................................................
Pangloss lui-même (tout en langue, selon l’étymologie)
il y fut mis ut operaretur eum, pour qu’il travaillât ; ce qui .............................................................................
et du type de raisonnement qui peut mener à multiplier
prouve que l’homme n’est pas né pour le repos. – Travaillons .............................................................................
les faits particuliers qui restent à vérifier, ainsi que de la
sans raisonner, dit Martin, c’est le seul moyen de rendre la .............................................................................
rhétorique biblique. Le second raisonnement, outre
vie supportable.
sp

.............................................................................
qu’il est pédant, repose sur une affirmation qui trahit le
Voltaire, Candide, 1759.
.............................................................................
texte biblique et s’invalide ainsi de lui-même.

V
É c e r s l’
rit ion
ure d’invent
Imaginez une réponse argumentée adressée à Dom Juan ( voir exercice 3 )
dans laquelle vous ferez l’éloge de la fidélité en exploitant un raisonnement concessif. Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

16 Les types d’arguments

ite
Observer et retenir
Un argument est une « affirmation utilisée pour expliquer, ou pour justifier une autre affirmation ». (Gradus, Les Procédés littéraires)

ne t
1. Arguments logiques : visent l’intelligence

n
trd
Moyens Visée Quelques procédés Exemples
Le discours L’orateur fait • Argument de transitivité : Les Athéniens dirigent les Grecs. Je dirige les

a
prétend apparaître a = b ; b = c ; c = d ; donc a = d Athéniens. Ma mère me dirige. Mon fils dirige
démontrer le vrai ou le ma mère. Donc mon fils dirige les Grecs. (d’après
(logos). vraisemblable. Plutarque)

n
• Argument fondé sur l’expérience : Les écrivains qui obtiennent le prix Goncourt
évoque ce qui est constaté habituellement vendent toujours un grand nombre de romans.
• Tautologie : Ce médicament fait dormir, parce qu’il y en en lui un

jec eig
répétition stérile d’une idée sous une autre forme pouvoir soporifique dont l’effet est d’assoupir les sens.
(d’après Molière)
• Syllogisme : 1. Thésée fut un homme remarquable ;
argument en trois étapes : 2. or il a admiré Hélène ;
1. un énoncé universellement vrai (prémisse) 3. donc Hélène est une femme remarquable

ni
2. un énoncé particulier prolongeant 1 (prémisse) (d’après Isocrate)
3. une conclusion particulière tirée de 1 et 2
s
2. Arguments affectifs : visent les émotions
Moyens Visée Quelques procédés Exemples
pro en
Image que
tio L’orateur inspire la • Argument d’autorité : « l’utilité d’un pareil droit a été reconnue par Jean-
l’orateur donne confiance en lui ou s’appuie sur l’opinion d’une Jacques Rousseau, l’oracle de tous les partisans de la
de lui-même : la méfiance envers personnalité reconnue de tous démocratie » (Mounier)
caractère, son adversaire.
• Argument ad hominem : « Roscius a volé Fannus ? Qu’est-ce à dire ? l’homme
personnalité
montre les contradictions entre la honnête a volé le malhonnête, l’homme de bien a
(èthos).
thèse de l’adversaire et ses paroles ou volé le brigand, l’ingénu a volé le renard, le généreux
ses actions a volé le rapace. C’est inimaginable. » (Cicéron)
n

Dispositions dans L’orateur fait naître • Images, hyperboles, affirmation « Ah oui ! Je deviendrais l’homme le plus malheureux
lesquelles est des émotions chez déguisée (question rhétorique), du monde si j’étais exilé injustement, moi qui suis
mis l’auditeur l’auditeur (pitié, ponctuation expressive, interjections seul et qui n’ai pas d’enfant… » (Lysias)
(pathos). crainte, etc.)
e
Vid im

Repérer et manipuler
1 Distinguez argument d’autorité et argument ad 2 Distinguez les différents types d’arguments.
hominem. 1. « Tout arbre est vivant, tout chêne est arbre, donc tout
1. Force et faiblesse se mêlent dans l’homme. Pascal, au chêne est vivant. » (Barry)
ec

XViie siècle, le sentait avec netteté. ..........................................................................


Syllogisme
..........................................................................
éo

Argument d’autorité 2. « Tu n’es pas une pierre, puisque tu es un être animé »
2. Comment peux-tu te présenter en rempart de la nation (Lucien)
menacée, toi qui as fui au premier bruit du danger ? ..........................................................................
Tautologie
..........................................................................
Argument ad hominem 3. Un exercice difficile est intéressant. Un exercice intéres-
sp

3. L’accusé vit dans un luxueux hôtel particulier et prétend sant est instructif. Un exercice instructif est utile. Donc
être misérable ! un exercice difficile est utile.
..........................................................................
Argument ad hominem ..........................................................................
Argument de transitivité
4. Le vote est l’action la plus efficace du peuple : Cicéron 4. Cet orateur nous a trompés en tenant des propos
voulait que les généraux se soumettent au pouvoir des contraires à la vérité.
hommes élus. ..........................................................................
Tautologie
..........................................................................
Argument d’autorité

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Les Caractères de Jean de La Bruyère
3 a.  Quel type d’argument est employé dans ce texte ?
[L’amour naît brusquement, sans autre réflexion, par

ite
Justifiez votre réponse.
tempérament ou par faiblesse : un trait de beauté nous
fixe, nous détermine.][L’amitié au contraire se forme .....................................................................................
L’argumentation relève ici de la logique : les deux-points

peu à peu, avec le temps, par la pratique, par un long .....................................................................................


traduisent une relation logique (= en effet) ; la locution préposi-

ne t
commerce.][Combien d’esprit, de bonté de cœur, .....................................................................................
tionnelle « au contraire » oppose « amour » et « amitié ».

n
d’attachement, de services et de complaisance dans b. Repérez par des crochets les étapes de l’argumentation

trd
les amis, pour faire en plusieurs années bien moins de La Bruyère : quel procédé logique emploie-t-il ?  
que ne fait quelquefois en un moment un beau visage .....................................................................................
Les deux premières phrases énoncent des affirmations

a
ou une belle main !] .....................................................................................
générales (prémisses) ; la troisième énonce une vérité
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688. .....................................................................................
nouvelle, qui découle des deux premières : syllogisme.

n
Langue et culture
de l’Antiquité
Première Catilinaire de Cicéron
4 a. Soulignez les pronoms personnels et les déter-
Catilina, un noble romain, prépare un coup d’État ; le

jec eig
minants qui désignent Catilina  ; encadrez ceux qui
consul, Cicéron, le démasque devant le sénat.
désignent Cicéron et ceux qu’il représente. Quels
Jusques à quand, enfin, Catilina, abuseras-tu de notre
effets produisent ces emplois sur les auditeurs ?
patience ? Combien de temps encore ta fureur esquivera-
t-elle nos coups ? Jusqu’où s’emportera ton audace sans ..............................................................................
La deuxième personne du singulier s’oppose à la première
..............................................................................

ni
frein ? Rien, ni les troupes qui, la nuit, occupent le Palatin1, personne du pluriel, qui désigne Cicéron et les sénateurs.
ni les rondes à travers la ville, ni l’anxiété du peuple, ni ce ..............................................................................
Cicéron isole Catilina en opposant à un homme seul une
rassemblement de tous les bons citoyens, ni le choix de ce ..............................................................................
communauté unie.
s
lieu2, le plus sûr de tous, pour la convocation du Sénat, ni b. Observez les termes qui expriment un jugement de
l’air ni l’expression de tous ceux qui sont ici, non, rien n’a valeur  : quelle image Cicéron donne-t-il des séna-
pu te déconcerter ? Tes projets sont percés à jour ; ne le teurs et de lui-même ?
pro en
tio
sens-tu pas  ? Ta conspiration, connue de tous, est déjà ..............................................................................
Les termes « patience » et « fureur », « bons citoyens »
maîtrisée ; ne le vois-tu pas ? Ce que tu as fait la nuit der- ..............................................................................
expriment un jugement : Cicéron se présente comme un
nière, et aussi la nuit précédente, où tu as été, qui tu as ..............................................................................
homme vertueux, digne de confiance.
convoqué, ce que tu as résolu, crois-tu qu’un seul d’entre c. Observez les signes de ponctuation : quelles into-
nous l’ignore ? Ô temps ! ô mœurs ! nations dominent ? Quelles émotions sont ainsi pro-
Marcus Tullius Cicéron, Première Catilinaire voquées ?
(8 novembre 63), trad. d’Éd. Bailly, 1926, © Les Belles Lettres.
..............................................................................
Exclamations et interrogations suscitent l’indignation des
n

1. Palatin : une des collines de Rome. 2. ce lieu : un temple bien gardé.


..............................................................................
sénateurs, et la crainte de Catilina, qui est accusé publiquement.

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle au


Germinal d’Émile Zola
e

xixe siècle : réalisme et naturalime


5 a. Quels sont les arguments employés par
Étienne, un ouvrier, s’insurge devant le peuple de la mine contre
Étienne pour défendre les mineurs ?
l’attitude de la Compagnie des mines de Montsou.
Vid im

......................................................................
Étienne affirme que les ouvriers comprennent le monde ;
Du coup, Étienne s’animait. Comment ! la réflexion serait
......................................................................
que les mineurs sont des citoyens, égaux des autres
défendue à l’ouvrier ! Eh ! justement, les choses changeraient
......................................................................
citoyens.
bientôt, parce que l’ouvrier réfléchissait à cette heure. Du temps
du vieux1, le mineur vivait dans la mine comme une brute, b. Quelle image Étienne donne-t-il de lui-même ?
comme une machine à extraire la houille, toujours sous la terre, ......................................................................
Étienne, par des questions rhétoriques où il fait
les oreilles et les yeux bouchés aux événements du dehors. Aussi ......................................................................
appel aux valeurs de la Révolution, crée une
ec

les riches qui gouvernent, avaient-ils beau jeu de s’entendre, de ......................................................................


connivence avec l’auditoire.
éo

le vendre et de l’acheter, pour lui manger la chair : il ne s’en c. Dans quelle disposition d’esprit Étienne cherche-
doutait même pas. Mais, à présent, le mineur s’éveillait au fond, t-il à mettre son auditoire ?
germait dans la terre ainsi qu’une vraie graine ; et l’on verrait ......................................................................
Étienne veut susciter l’émotion : les exclamations,
un matin ce qu’il pousserait au beau milieu des champs : oui, il ......................................................................
l’interjection « eh ! », les images, qui présentent le
sp

pousserait des hommes, une armée d’hommes qui rétabliraient ......................................................................


mineur comme un animal sacrifié, ou comme un
la justice. Est-ce que tous les citoyens n’étaient pas égaux depuis ......................................................................
végétal, provoquent des sentiments de haine et
la Révolution ? puisqu’on votait ensemble, est-ce que l’ouvrier ......................................................................
d’espoir chez les auditeurs.
devait rester l’esclave du patron qui le payait ? […] Ve
r e
om s l t ai
re

Rédigez un paragraphe qui montrera


C

Émile Zola, Germinal, 1885. men


1. le vieux : le père Bonnemort, un vieux mineur. comment le discours argumentatif s’insère dans
la narration romanesque dans l’extrait de Zola.
I. Acquérir une culture littéraire Sur une copie
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

17 L’argumentation directe et indirecte

ite
Observer et retenir
L’argumentation directe
Il y a une fable de Péguy que je trouve très belle : la fable

ne t
Thèse explicite :
des casseurs de cailloux. Charles Péguy va en pèlerinage à  Discours argumentatif

n
Chartres. Il voit un type fatigué, suant, qui casse des cailloux.  Réflexion personnelle

trd
Il s’approche de lui : « Qu’est-ce que vous faites, monsieur ?  Démonstration logique

– Vous voyez bien, je casse les cailloux, c’est dur, j’ai mal au  Registres polémique, satirique, ironique…

a
dos, j’ai soif, j’ai chaud. Je fais un sous-métier, je suis un  Lexique évaluatif

sous-homme. » Il continue et voit plus loin un autre homme


qui casse les cailloux ; lui n’a pas l’air mal. « Monsieur, qu’est-

n
ce que vous faites ? – Eh bien, je gagne ma vie. Je casse des L’argumentation indirecte
cailloux, je n’ai pas trouvé d’autre métier pour nourrir ma  Recours à la fiction
famille, je suis bien content d’avoir celui-là. » Péguy poursuit  Discours narratif

jec eig
son chemin et s’approche d’un troisième casseur de cailloux,  Registres comique, pathétique…
 Hyperboles
qui est souriant, radieux : « Moi, monsieur, dit-il, je bâtis une
 Vivacité
cathédrale. »
Le fait est le même, l’attribution du sens au fait est totalement Thèse implicite :
différente. Et cette attribution du sens vient de notre propre  Portée argumentative

ni
 Intrusions d’auteur
histoire et de notre contexte social. Quand on a une cathédrale
 Ironie
dans la tête, on ne casse pas les cailloux de la même manière.  Lexique évaluatif
s
Boris Cyrulnik, propos recueillis par Claude Weill,  Connotations
Le Nouvel Observateur, n°1939, 9 janvier 2002.  Discours direct, indirect libre…
pro en

tio
Synthèse : l’argumentation directe et indirecte
• L’essai • La lettre
• La maxime • Le pamphlet
Le locuteur présente sa thèse et
L’argumentation directe • Le discours • Le traité
ses arguments sans recours à la fiction.
• La préface • La satire
• L’article de presse et d’encyclopédie • Le manifeste
La thèse et les arguments sont suggérés • La fable • Le roman
n

par le recours à la fiction. Ce détour peut • Le conte • Le théâtre


L’argumentation indirecte
permettre aux auteurs de contourner • L’utopie • Le portrait
la censure. • La poésie
e

Repérer et manipuler
Vid im

1 Soulignez dans l’extrait suivant : un verbe d’opi- 2 Reformulez cette fable suivant le mode de l’argu-
nion, un indice de présence personnelle, un mot éva- mentation directe.
luatif, un connecteur logique, un procédé polémique
et un terme de réflexion. Un Renard ne pouvant atteindre aux
ec

Raisins d’une treille, dit qu’ils n’étaient pas


éo

Victor Hugo s’exprime sur la peine de mort. mûrs, et qu’il n’en voulait point.
Eh bien ! nous nions d’abord qu’il y ait exemple. Quand d’une charmante beauté,
Nous nions que le spectacle des supplices produise Un galant fait le dégoûté,
l’effet qu’on en attend. Loin d’édifier le peuple, il le Il a beau dire, il a beau feindre,
démoralise, et ruine en lui toute sensibilité, partant1 C’est qu’il n’y peut atteindre.
sp

toute vertu. Les preuves abondent, et encombreraient Charles Perrault, Le Labyrinthe de Versailles, « fable XXVII »,
notre raisonnement si nous voulions en citer. 1677, d’après Esope, « Le Renard et les raisins »,
Fables, VIIe-VIe siècle av. J.-C.
Victor Hugo, Préface au Dernier jour d’un condamné, 1832.
1. partant : par conséquent. ...............................................................................
Les hommes faibles préfèrent condamner les
...............................................................................
circonstances que d’avouer leur impuissance.

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Article « Paix » d’Étienne-Noël Damilaville
3 a. Quel type d’argumentation reconnaissez-vous
La guerre est un fruit de la dépravation des hommes ;

ite
dans l’extrait ? Soulignez quelques indices vous per-
c’est une maladie convulsive et violente du corps politique,
mettant de l’identifier.
il n’est en santé, c’est-à-dire dans son état naturel que
lorsqu’il jouit de la paix ; c’est elle qui donne de la vigueur .............................................................................
Il s’agit de l’argumentation directe.

ne t
aux empires ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle b. Encadrez la thèse du philosophe.

n
laisse aux lois la force qui leur est nécessaire ; elle favorise c. À quel champ lexical Damilaville fait-il appel pour

trd
la population, l’agriculture et le commerce ; en un mot elle exprimer sa pensée ?
procure aux peuples le bonheur qui est le but de toute .............................................................................
Damilaville recourt au champ lexical de la « maladie »

a
société. La guerre au contraire dépeuple les États ; elle y .............................................................................
pour montrer les désastres occasionnés par la guerre.
fait régner le désordre ; les lois sont forcées de se taire à la
d. Quels procédés d’écriture traduisent la conviction
vue de la licence qu’elle introduit ; elle rend incertaines la

n
de l’auteur ?
liberté et la propriété des citoyens ; elle trouble et fait
négliger le commerce ; les terres deviennent incultes et .............................................................................
Le présent définitionnel à valeur de vérité générale, les
abandonnées. .............................................................................
antithèses qui opposent la guerre à la paix, les

jec eig
Étienne-Noël Damilaville, L’Encyclopédie, 1751-1772.
.............................................................................
énumérations, et l’anaphore « elle » traduisent la force
.............................................................................
de conviction de l’auteur.

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au


xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« Le Mal » d’Arthur Rimbaud

ni
4 a. Quels sont les champs lexicaux dominants du
Tandis que les crachats rouges de la mitraille
poème ? Encadrez-les.
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille, .............................................................................
Les champs lexicaux dominants sont ceux de la guerre et
s
Croulent les bataillons en masse dans le feu ; .............................................................................
de la religion.

Tandis qu’une folie épouvantable broie b. Quelles sont les deux cibles du poète ? Qu’ont-
pro en
elles en commun ?
tio
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie, .............................................................................
Le Roi et Dieu : puissance, mépris et cupidité.
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !... – c. Soulignez dans le poème une personnification, un
– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées1 grossissement épique, une énumération pathétique,
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ; une exclamation lyrique. Qu’en déduisez-vous sur le
Qui dans le bercement des hosannah 2 s’endort, type d’argumentation utilisé ?
Et se réveille, quand des mères, ramassées .............................................................................
L’argumentation indirecte est utilisée.
n

Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir, d. Quelle vision de la guerre Rimbaud nous donne-t-il ?
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir ! Quels sentiments cherche-t-il à faire naître ?
 Arthur Rimbaud, Poésies, 1870. .............................................................................
La violence, le carnage et la souffrance des mères en
e

1. damassées : tissées. 2. hosannah : hymne catholique. .............................................................................


retrait dans les églises suscitent révolte et pitié.

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


Lettres persanes de Montesquieu
Vid im

de l’argumentation : xviiie siècle


5 a. L’extrait de Montesquieu relève-t-il de l’argu-
Rica et son ami Usbek, originaires de Perse, voyagent en
mentation directe ou indirecte ? Quels indices vous
France et découvrent la capitale. Ils correspondent avec
permettent de répondre ?
leurs proches restés au pays.
Tu ne le croirais pas peut-être ; depuis un mois que je .............................................................................
L’extrait relève de l’argumentation indirecte : roman par
.............................................................................
ec

suis ici, je n’y ai encore vu marcher personne. Il n’y a point lettres, contexte fictif et exotique, locuteur étranger et

de gens au monde qui tirent mieux parti de leur machine1 .............................................................................


naïf permettant de contourner la censure.
éo

que les Français : ils courent ; ils volent : les voitures lentes b. Quelle critique formule le voyageur à l’égard des
d’Asie, le pas réglé de nos chameaux, les feraient tomber parisiens ?
en syncope. Pour moi, qui ne suis point fait à ce train, et .............................................................................
Rica dénonce le rythme effréné de la capitale, la
qui vais souvent à pied sans changer d’allure, j’enrage .............................................................................
grossièreté et la brutalité de ses habitants.
sp

quelquefois comme un chrétien : car encore passe qu’on c. Encadrez les indices du caractère étranger du locu-
m’éclabousse depuis les pieds jusqu’à la tête ; mais je ne teur et soulignez les effets d’exagération comique.
puis pardonner les coups de coude que je reçois réguliè-
V
rement et périodiquement. É c e r s l’
rit ion
Montesquieu, Lettres persanes, 1721. ure d’invent
Réécrivez l’extrait des Lettres
1. leur machine : leur corps. persanes de Montesquieu par le recours
à l’argumentation directe. Sur une copie
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RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

18 Démontrer / délibérer / convaincre /


persuader

ite
Observer et retenir

ne t
Principaux
Définition Raisonnement Moyens employés Locuteur Récepteur

n
genres

trd
• Argumenter objectivement • Schéma clair • Lexique appréciatif • Il s’efface • On fait appel • Les ouvrages
en s’appuyant sur des preuves et construit : • Liens logiques généralement à sa logique. scientifiques

a
Démontrer induction, de son
syllogisme, discours.
exemples

n
• Examiner tous les • Affrontement • Lexique appréciatif • Il s’adresse à lui-même. • Le théâtre
Délibérer arguments avant d’aboutir de thèses • Questions / (monologue)
à une conclusion adverses réponses

jec eig
• Chercher à rallier quelqu’un • Exemples • Lexique appréciatif • Il s’implique • On s’adresse • L’essai
à sa cause, à l’aide de preuves historiques • Liens logiques dans son à sa raison.
Convaincre
fondées en raison • Sentences, propos.
proverbes
• Chercher à rallier quelqu’un • Exemples • Lexique appréciatif • Le locuteur • On fait appel • Le pamphlet

ni
à sa cause, en agissant sur ses inventés • Ironie / pathétique se présente à ses sentiments • La lettre
sentiments • Hyperboles comme digne (pathos) : ouverte
Persuader • Interjections, de foi (ethos). colère, dédain, • La satire
s
exclamations indignation, • La fable
• Questions pitié, crainte,
rhétoriques honte.
pro en
tio
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Le Cid de Pierre Corneille
1 a. Quels principes s’opposent dans ce monologue  ?
Le père de Rodrigue vient de lui demander de le
Soulignez les termes qui leur correspondent.
venger, en tuant le père de la jeune femme dont il est
amoureux, Chimène. Rodrigue est seul sur scène. .....................................................................................
Le sentiment de l’honneur s’oppose ici à l’amour.
n

Rodrigue. – […] Que je sens de rudes combats ! b. Quels procédés stylistiques nous permettent de saisir le
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse1 : dilemme de Rodrigue ?
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
e

.....................................................................................
Les parallélismes de construction et la conjonction de
L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras. .....................................................................................
coordination « ou » répétée soulignent l’indécision.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme .....................................................................................
Ou de vivre en infâme,
Vid im

c. Quel sentiment cette délibération cause-t-elle chez


Des deux côtés mon mal est infini. Rodrigue ? Justifiez votre réponse.
Ô Dieu, l’étrange peine !
.....................................................................................
La souffrance se lit dans le lexique employé, les hyperboles, et
Pierre Corneille, Le Cid, Acte I, scène 6, 1637.
.....................................................................................
les exclamatives.
1. s’intéresse : prend parti contre. .....................................................................................
ec

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


Méditations métaphysiques de René Descartes
éo

de l’argumentation : xviie siècle


2 a. Quelle définition de l’homme Descartes propose-t-il ?
Pour définir ce qu’est l’homme, Descartes imagine que
son corps lui a été retiré. Il examine à présent son âme. .....................................................................................
C’est la pensée de son existence qui définit l’homme.

Les premiers [attributs de l’âme] sont de me nour- b. Quel cheminement la pensée de l’auteur suit-elle  ?
sp

rir et de marcher ; mais s’il est vrai que je n’aie point Soulignez les mots qui indiquent ces étapes.
de corps, il est vrai aussi que je ne puis marcher ni .....................................................................................
Il examine successivement les différentes pensées de l’homme,
me nourrir. Un autre est de sentir ; mais on ne peut .....................................................................................
et les écarte, lorsqu’elles ont un rapport avec le corps.
aussi sentir sans le corps […]. Un autre est de penser ; c. Ce texte vise-t-il à démontrer, convaincre ou persua-
et je trouve ici que la pensée est un attribut qui der ? Justifiez votre réponse.
m’appartient […] Je suis, j’existe : cela est certain.
.....................................................................................
Le texte est une démonstration logique, construite par étapes,
René Descartes, Méditations métaphysiques, 2e méditation, 1641.
.....................................................................................
en partant d’un présupposé, l’absence de corps.
I. Acquérir une culture littéraire
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes de
l’argumentation : xviiie siècle
Article « Presse » de Louis de Jaucourt
3 a. Soulignez une phrase qui exprime l’idée principale
Nous ne devons point appréhender de la liberté de la
presse les fâcheuses conséquences qui suivaient les
du texte.

ite
discours des harangues1 d’Athènes et des tribuns2 de b. Quel contre-exemple l’auteur donne-t-il ? Expliquez.
Rome. Un homme dans son cabinet lit un livre ou une Fait-il appel à la raison ou aux sentiments du lecteur ?
satire tout seul et très froidement. Il n’est pas à craindre .....................................................................................
Il évoque l’Antiquité et les discours qui incitaient à la révolte. Il

ne t
qu’il contracte les passions et l’enthousiasme d’autrui, .....................................................................................
oppose à cette époque la sienne, où l’écrit permet une lecture
ni qu’il soit entraîné hors de lui par la véhémence d’une .....................................................................................
solitaire, peu propice à la révolte. Cette argumentation,

n
déclamation. Quand même il y prendrait une disposi- .....................................................................................
fondée en raison, vise à convaincre.

trd
tion à la révolte, il n’a jamais sous la main d’occasion c. L’auteur s’implique-t-il dans cette argumentation ?
de faire éclater ses sentiments. La liberté de la presse

a
Pour quelle raison ?
ne peut donc, quelque abus qu’on en fasse, exciter des
.....................................................................................
Il emploie des formules impersonnelles, un pronom personnel
tumultes populaires.
.....................................................................................
indéfini, « on », et un « nous », assez général. Cette absence

n
Louis de Jaucourt, L’Encyclopédie, 1751-1772. .....................................................................................
d’implication de l’auteur s’explique par l’inscription de cette
1. harangues : discours solennels. .....................................................................................
argumentation dans un genre particulier : l’encyclopédie.
2. tribuns : représentants du peuple.
.....................................................................................

jec eig
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« Décembre » de Victor Hugo
En 1870, la Prusse, région germanophone, déclare la
guerre à la France et envahit Paris.
4 a. Soulignez les expressions qui désignent la France et
encadrez celles qui désignent la Prusse.

ni
Vision sombre ! un peuple en assassine un autre. b. Quel argument Hugo donne-t-il contre cette guerre ?
Et la même origine, ô Saxons1, est la nôtre ! .....................................................................................
Pour Hugo, cette guerre est un non-sens, au vu de l’histoire
s
Et nous sommes sortis du même flanc profond ! .....................................................................................
commune de la France et de l’Allemagne. Il souligne la
La Germanie avec la Gaule se confond .....................................................................................
parenté des peuples, au sein de l’Europe.
Dans cette antique Europe où s’ébauche l’histoire. c.  La démarche suivie par Hugo vise-t-elle à convaincre,
pro en
tio
Croître ensemble, ce fut longtemps notre victoire ; ou à persuader ? Justifiez.
Les deux couples s’aidaient, couple heureux, triomphant, .....................................................................................
Les phrases exclamatives, la comparaison biblique finale, la
Tendre, et Caïn petit aimait Abel2 enfant. .....................................................................................
personnification des nations, l’hyperbole « assassine » visent à
Victor Hugo, L’Année terrible, 1872. .....................................................................................
susciter l’émotion du lecteur, dans une démarche persuasive.
1. Saxons : Germains. .....................................................................................
2. Caïn, Abel : frères, dans la Bible. Caïn tua Abel. .....................................................................................
n

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Le Rouge et le Noir de Stendhal
5 a. Comment Julien Sorel se présente-t-il ? Fait-il
Julien Sorel, accusé d’avoir blessé Madame de Rênal dont il
e

appel à la pitié des jurés ?


était épris prend la parole lors de son procès.
Messieurs les jurés, ............................................................................
Il se présente comme un paysan révolté, ce qui peut
L’horreur du mépris, que je croyais pouvoir braver au ............................................................................
susciter l’indignation des jurés.
Vid im

moment de la mort, me fait prendre la parole. Messieurs, je b. Pour quelles raisons la peine capitale doit-elle lui
n’ai point l’honneur d’appartenir à votre classe, vous voyez en être infligée  ? Distinguez les raisons invoquées et
moi un paysan qui s’est révolté contre la bassesse de sa fortune. celles qu’il attribue aux jurés.
Je ne vous demande aucune grâce, continua Julien en ............................................................................
La respectabilité de Mme de Rênal et le caractère
affermissant sa voix. Je ne me fais point illusion, la mort ............................................................................
« prémédité » de l’acte, sont des raisons invoquées,
ec

m’attend : elle sera juste. J’ai pu attenter aux jours de la femme ............................................................................
(cf. italiques). Mais Julien reproche aux jurés de
la plus digne de tous les respects, de tous les hommages. ............................................................................
éo

craindre l’ascension sociale de jeunes hommes.


Mme de Rênal avait été pour moi comme une mère. Mon c. Quel objectif poursuit Julien Sorel dans ce dis-
crime est atroce, et il fut prémédité. J’ai donc mérité la mort, cours ? Est-il convaincant ? Persuasif ?
Messieurs les jurés. Mais quand je serais moins coupable, je
............................................................................
Sans se défendre, il dénonce l’injustice de la société dans
vois des hommes qui, sans s’arrêter à ce que ma jeunesse
sp

............................................................................
une diatribe violente, persuasive.
peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager
à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe V
É c e r s l’
inférieure et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont rit ion
ure d’invent
Réécrivez le discours de Julien
le bonheur de se procurer une bonne éducation, et l’audace Sorel dans Le Rouge et le Noir de Stendhal, de
de se mêler à ce que l’orgueil des gens riches appelle la société. manière à susciter la pitié des jurés. Trouvez les
Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830. arguments et les procédés stylistiques adéquats.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

19 L’emploi de l’ironie

ite
Observer et retenir
L’ironie est une méthode de recherche de la vérité, pratiquée par Socrate dans l’Antiquité,
passant par un questionnement où le locuteur feint l’ignorance.

ne t
Un jeu de connivence

n
La famine, la peste et la guerre sont les trois ingrédients les plus fameux de ce bas monde.
Connaissance du contexte

trd
On peut ranger dans la classe de la famine toutes les mauvaises nourritures où la disette immédiat, des idées du
nous force d’avoir recours pour abréger notre vie dans l’espérance de la soutenir. locuteur et du siècle dans

a
On comprend dans la peste toutes les maladies contagieuses, qui sont au nombre de lequel il s’inscrit
deux ou trois mille. Ces deux présents nous viennent de la Providence. Mais la guerre,
qui réunit tous ces dons, nous vient de l’imagination de trois ou quatre cents personnes
Des procédés stylistiques

n
répandues sur la surface de ce globe sous le nom de princes ou de ministres ; et c’est  Oppositions : antiphrase,
peut-être pour cette raison que dans plusieurs dédicaces on les appelle les images vivantes oxymore, faux éloge
de la Divinité.  Exagération : hyperbole

jec eig
Le plus déterminé des flatteurs conviendra sans peine que la guerre traîne toujours à
sa suite la peste et la famine, pour peu qu’il ait vu les hôpitaux des armées d’Allemagne,
et qu’il ait passé dans quelques villages où il se sera fait quelque grand exploit de guerre. Les indices de l’ironie
C’est sans doute un très bel art que celui qui désole les campagnes, détruit les habi-  Signes typographiques :
italique, ponctuation
tations et fait périr, année commune, quarante mille hommes sur cent mille.

ni
 Emploi d’adverbes
Voltaire, article « guerre », Dictionnaire philosophique, 1764.  Répétitions
s
Repérer et manipuler
pro en
tio
1 Dans les phrases suivantes, soulignez les expressions
ironiques et nommez la (ou les) figure(s) de style
2 Soulignez les marques d’ironie et ajoutez des
didascalies à ces passages de théâtre afin de les
employée(s). amplifier.
1. «  On lui prouva qu’il avait regardé par la fenêtre. Il fut
Les ministres du royaume d’Espagne se répartissent
condamné pour ce crime à cinq cents onces d’or.  » 
territoires et ressources…
(Voltaire)
Ruy Blas, survenant. – Bon appétit, Messieurs ! –
..........................................................................
Hyperbole
[…] Ô ministres intègres !
n

2. « Ceux-ci sont des héros qui n’ont pas peur des femmes ! Conseillers vertueux ! voilà votre façon
Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Sur les passants tremblants. » (Hugo) Victor Hugo, Ruy Blas, Acte III, scène 2, 1838.
e

..........................................................................
Antiphrase
Didascalies : .............................................................
croise les bras, toise l’assistance, accentue
3. « Tandis qu’on travaillait à cet ouvrage […], cet homme
...............................................................................
les termes mélioratifs.
faisait imprimer un petit code de persécution, intitulé
Vid im

l’Accord de la religion et de l’humanité. » (Voltaire) Alceste, le misanthrope amoureux de Célimène, vient


..........................................................................
Oxymore et antithèse. de lui faire des reproches.
4. «  [À propos de la Guerre d’Espagne] Un automobiliste Alceste. – Mon amour ne se peut concevoir, et jamais
curieux, au prix d’un peu de fatigue, eût donc tenu faci- Personne n’a, Madame, aimé comme je fais.
lement la gageure de voir éclater quinze têtes mal- Célimène. – En effet, la méthode en est toute nouvelle,
ec

pensantes par jour. » (Bernanos) Car vous aimez les gens pour leur faire querelle.
Molière, Le Misanthrope, Acte II, scène 1, 1666.
éo

..........................................................................
Oxymore

5. « [À propos des courtisans] Cependant, comme si tout le Didascalies : .............................................................


regard surpris, sourire narquois.
mérite consistait à servir, on fait parade d’une basse
complaisance. C’est la vertu du siècle. » (Montesquieu) Les femmes qui veulent se rebeller contre les hommes
.......................................................................... évoquent les obstacles à leur révolution.
sp

Antiphrase
6. « [À propos de la torture] Les Français, qui passent, je ne Madame Sorbin. – Eh où est l’embarras ? Je n’ai qu’un
sais pourquoi, pour un peuple fort humain, s’étonnent mari, qu’est-ce que cela coûte à laisser, ce n’est pas là
que les Anglais, qui ont eu l’inhumanité de nous prendre une affaire de cœur.
Marivaux, La Colonie, scène 1, 1750.
tout le Canada, aient renoncé au plaisir de donner la
question. » (Voltaire) Didascalies : .............................................................
air d’incompréhension, geste soulignant le
..........................................................................
Opposition, exagération, antiphrase ...............................................................................
rôle ténu du mari.

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Dom Juan de Molière
3 a. Soulignez les formules qui se répètent. Quelle évolu-
Dom Juan, libertin, rencontre un pauvre.

ite
tion constatez-vous ? Que cherche à montrer Dom Juan ?
Le Pauvre. – Je suis un pauvre homme, Monsieur, retiré
tout seul dans ce bois depuis dix ans, et je ne manquerai ................................................................................
Dom Juan reprend les propos du pauvre et les détourne,

pas de prier le Ciel qu’il vous donne toute sorte de biens. ................................................................................
(cf. les changements de pronoms personnels). Il veut

ne t
Dom Juan. – Eh ! prie-le qu’il te donne un habit, sans te ................................................................................
montrer l’inutilité d’une attitude dévote.

n
mettre en peine des affaires des autres. […] b.  Que sous-entend Dom Juan à travers la question

trd
Dom Juan. – Quelle est ton occupation parmi ces arbres ? soulignée ?
Le Pauvre. – De prier le Ciel tout le jour pour la pros- ................................................................................
Dom Juan sait que le pauvre prie : l’insistance de ce dernier

a
périté des gens de bien qui me donnent quelque chose. ................................................................................
est sans ambiguïté. Mais il feint de ne pas comprendre. Il
Dom Juan. – Il ne se peut donc pas que tu ne sois bien ................................................................................
suggère implicitement au pauvre de trouver un emploi
à ton aise ? ................................................................................
plus utile, qui lui permettrait de vivre décemment.

n
Le Pauvre. – Hélas ! Monsieur, je suis dans la plus grande c. Relevez dans les répliques de Dom Juan deux autres
nécessité du monde. procédés ironiques.
Dom Juan. – Tu te moques : un homme qui prie le Ciel
................................................................................
La double négation : « Il ne se peut donc pas que tu ne sois

jec eig
tout le jour, ne peut pas manquer d’être bien dans ses
.................................................................................
bien à ton aise ? » fonctionne comme une litote. La
affaires.
.................................................................................
réplique finale constitue une antiphrase : Dom Juan pousse
Molière, Dom Juan, Acte III, scène 2, 1665.
.................................................................................
jusqu’au bout le raisonnement du pauvre.

ni
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Lettres sur La Nouvelle Héloïse de Voltaire
4 a. Pourquoi certaines expressions sont-elles écrites
L’auteur critique ici le roman de Rousseau, La Nouvelle
s
en italique ?
Héloïse, qui annonce le romantisme.
Dans ses curieuses observations, [le personnage] trouve ............................................................................
L’italique a ici une double fonction : elle signale les
que les airs de notre musique ressemblent tout à fait à la ............................................................................
citations, mais les isole aussi du propos de Voltaire. Elle
pro en
tio
course d’une oie grasse ou d’une vache qui galope. Enfin, il ............................................................................
accentue leur étrangeté.
donne dans le persiflage de ses amis. b. Comment l’auteur fait-il le faux éloge du roman ?
Voilà, Monsieur, une partie des expressions sublimes qui ............................................................................
Des termes mélioratifs (et exagérés) sont employés :
m’ont frappé dans le premier et le second volume de la ............................................................................
« sublimes », « si noblement ». Voltaire feint d’être
Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau, ouvrage dans ............................................................................
redevable à Rousseau d’un tel roman. Mais il lui
lequel cet homme se met si noblement au-dessus des règles ............................................................................
reproche en réalité sa suffisance et son sentiment de
de la langue et des bienséances, et daigne y marquer un pro- ............................................................................
supériorité, avec l’expression : « se met au-dessus… ».
n

fond mépris pour notre nation. C’est un service qu’il nous ............................................................................
Cette lettre est en réalité un pamphlet, dans lequel le
rend, puisqu’il nous corrigera. ............................................................................
style est critiqué, tout autant que le fond.
Voltaire, Lettres sur La Nouvelle Héloïse, première lettre, 1761. ............................................................................
e

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviiie siècle
Lettres persanes de Montesquieu
Vid im

5 a. Quelle est l’identité de l’auteur de cette lettre  ?


Rica à Ibben, à Smyrne
Comment se décèle-t-elle ?
Le roi de France est le plus puissant prince de l’Eu-
rope. Il n’a point de mines d’or, comme le roi d’Es- ....................................................................................
L’en-tête indique que Rica est un Persan, portant un regard
pagne, son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, ....................................................................................
naïf sur la France.
parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus iné- b. Soulignez les marques de jugement portées sur le roi de
ec

puisables que les mines. […] France par l’auteur de la lettre.


D’ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce
éo

c. Comment l’ironie de Montesquieu se manifeste-t-elle


son empire sur l’esprit même de ses sujets ; il les fait dans la fiction ?
penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus ....................................................................................
L’éloge du roi, la comparaison de celui-ci à un magicien, les
dans son trésor, et qu’il en ait besoin de deux, il n’a ....................................................................................
structures répétées sont des marques d’ironie, dissimulées
qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux ; et ils le
sp

....................................................................................
sous le regard candide d’un étranger.
croient. S’il a une guerre difficile à soutenir, et qu’il
n’ait point d’argent, il n’a qu’à leur mettre dans la tête Ve
r s la
qu’un morceau de papier est de l’argent ; et ils en sont iss o
e r tati
n

En vous aidant de vos réponses, rédigez un


D

aussitôt convaincus.
paragraphe de dissertation dans lequel vous montrerez la
De Paris, le 4 de la lune de Rebiab, 2, 1712.
force de l’ironie dans un texte argumentatif.
Montesquieu, Lettres persanes, lettre XXIV, 1721.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

20 Les formes du dialogue théâtral

ite
Observer et retenir
Réplique brève d’un personnage Ex. : ORANTE. – Mais encore, entre nous, que pensez-vous de cette

ne t
dans un dialogue comédie ?
LYSIDAS. – Moi, Monsieur ?

n
La répartie
URANIE. – De bonne foi, dites-nous votre avis.

trd
LYSIDAS. – Je la trouve fort belle.
Molière, La Critique de L’Écoles des femmes, scène 6, 1663.

a
Réplique longue d’un personnage Ex. : DON JUAN. – Quoi ? Tu veux qu’on se lie à demeurer au premier
dans un dialogue objet qui nous prend, qu’on renonce au monde pour lui, et qu’on
n’ait plus d’yeux pour personne ? […] Il n’est rien qui puisse arrêter
l’impétuosité de mes désirs : je me sens un cœur à aimer toute

n
La tirade
la terre, et comme Alexandre, je souhaiterais qu’il y eût d’autres
mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.
Molière, Dom Juan, Acte I, scène 2, 1665.

jec eig
Succession de brèves répliques entre Ex. : ARNOLPHE. – Non.
La les personnages AGNÈS. –  Si.
stichomythie ARNOLPHE. –  Non, non, non, non. Diantre, que de mystère !
Molière, L’École des femmes, Acte II, scène 5, 1662.

ni
Réplique longue prononcée par un personnage Ex. : Monologue de Don Diègue : Le Cid ( voir exercice 2 )
Le
seul sur scène dans laquelle il donne des précisions Monologue d’Harpagon : L’Avare ( voir exercice 4 )
monologue
sur l’action, exprime des sentiments ou délibère
s
Réplique prononcée par un personnage qui Ex. : AGNÈS. –  Il...
L’aparté est entendue du public mais pas des autres ARNOLPHE, à part. – Je souffre en damné.
personnages présents sur scène Molière, L’École des femmes, Acte II, scène 5, 1662.
pro en
tio Réplique au cours de laquelle un personnage Ex. : Théramène rapportant les dernières paroles d’Hippolyte :
Le récit relate à d’autres personnages des péripéties qui se Phèdre ( voir exercice 5 )
sont déroulées hors du lieu représenté sur la scène

Repérer et manipuler
1 Identifiez les formes du dialogue théâtral. Agamemnon. – 
n

Harpagon, se croyant seul. –  Ah ! ma fille !


Cependant je ne sais si j’aurai bien fait d’avoir enterré Iphigénie. –
Seigneur, poursuivez.
dans mon jardin dix mille écus qu’on me rendit hier.
e

Agamemnon. –
Dix mille écus en or, chez soi, est une somme assez… Je ne puis.
(À part, apercevant Élise et Cléante.) Ô ciel ! je me serai Jean Racine, Iphigénie, Acte II, scène 2, 1674.
trahi moi-même ! la chaleur m’aura emporté, et je crois
Vid im

que j’ai parlé haut en raisonnant tout seul. (À Cléante Forme du dialogue : stichomythie
.................................................
et Élise.) Qu’est-ce ? 
Molière, L’Avare, Acte I, scène 4, 1662. Martine. –  Je te le pardonne, (elle dit le reste bas) mais
tu me le paieras.
Forme du dialogue : ................................................
monologue, aparté, répartie
Molière, Le Médecin malgré lui, Acte I, scène 2, 1666.
ec

Forme du dialogue : .................................................


aparté
éo

Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Le Cid de Pierre Corneille
sp

2 a. Soulignez les vers lyriques dans ce monologue


Don Diègue. – […] Ô cruel souvenir de ma gloire passée !
et encadrez les vers délibératifs ( voir fiche 18 et
Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
fiche 26).
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur !
Précipice élevé d’où tombe mon honneur ! b. Quel sont les effets ?
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte, ..........................................................................
Le lyrisme très marqué ici souligne la gravité de
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte ?  […] ..........................................................................
l’enjeu qui mène au dilemme cornélien.
Pierre Corneille, Le Cid, Acte I, scène 4, 1637.
I. Acquérir une culture littéraire
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle 
L’École des femmes de Molière
3 a. Combien de vers et de répliques ce
Arnolphe craint d’avoir été trompé par l’innocente et jeune Agnès
dialogue compte-t-il ?
qu’il désire épouser.

ite
Agnès. – Il m’a pris... vous serez en colère. ..............................................................
Ce dialogue compte cinq vers et sept répliques.

Arnolphe. – Non. b. Quelles sont les fonctions des stichomy-


Agnès. – Si. thies dans ce dialogue ?

ne t
Arnolphe. – Non, non, non, non ! Diantre ! que de mystère ! ..............................................................
Elles traduisent la difficulté de l’aveu d’Agnès –
Qu’est-ce qu’il vous a pris ?

n
...............................................................
que le spectateur sait anodin – et le dramatisent
Agnès. –  Il... ...............................................................

trd
pour Arnolphe. Elles soulignent l’impatience
Arnolphe, à part. – Je souffre en damné. ...............................................................
d’Arnolphe et contribuent à son ridicule et donc
Agnès. – Il m’a pris le ruban que vous m’aviez donné.

a
...............................................................
au registre comique quand Arnolphe découvre la
À vous dire le vrai, je n’ai pu m’en défendre. ...............................................................
vérité. Elles varient le rythme du dialogue de la
Molière, L’École des femmes, Acte II, scène 5, 1662. ...............................................................
scène et associées aux points de suspension

n
...............................................................
introduisent une légère pause aussitôt comblée
...............................................................
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle 
L’Avare de Molière par l’aparté en stichomythie.

jec eig
4 a Montrez que cet extrait est un monologue.
Harpagon est avare et le vol de son argent lui fait
perdre la raison. ..................................................................................
Harpagon, seul en scène, s’adresse à lui-même (« qui peut-ce
Harpagon, seul, criant au voleur dès le jardin, et venant ..................................................................................
être ? ») et à un absent (« mon cher ami ! »). Le monologue
sans chapeau. – Au voleur ! au voleur ! à l’assassin ! au ..................................................................................
informe sur l’action (« on m’a dérobé mon argent »), il est
..................................................................................

ni
meurtrier  ! Justice, juste ciel  ! Je suis perdu, je suis lyrique (même si ce lyrisme le ridiculise). Il est délibératif
assassiné ; on m’a coupé la gorge : on m’a dérobé mon ..................................................................................
(« Où courir ? Où ne pas courir ? »).
argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? b. Montrez qu’il s’écarte de la définition.
s
Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où ..................................................................................
Harpagon crie pour qu’on l’entende (« criant au voleur »)
courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il ..................................................................................
croit à la présence d’autres personnages (« rends-moi mon
point ici ? Qui est-ce ? Arrête ! (À lui-même, se prenant ..................................................................................
argent, coquin… »). Ce monologue s’écarte donc
pro en
tio
par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin… Ah  ! ..................................................................................
partiellement de la définition.
c’est moi ! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, ..................................................................................
qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! mon pauvre argent ! ..................................................................................
mon pauvre argent ! mon cher ami ! ..................................................................................
Molière, L’Avare, Acte IV, scène 7, 1668. ..................................................................................

OBJET D’ÉTUDE • La tragédie


Phèdre de Jean Racine
n

au xviie siècle
5 a. Par quels procédés ce récit sollicite-t-il l’attention
Théramène relate la mort d’Hippolyte dont Thésée est
du spectateur ?
le père.
e

Théramène. – […] ..................................................................................
Théramène implique Thésée et porte l’attention sur un
J’ai vu, Seigneur, j’ai vu votre malheureux fils ..................................................................................
second personnage. L’anaphore de « j’ai vu » suscite
Traîné par les chevaux que sa main a nourris. ..................................................................................
l’imaginaire du spectateur. Les verbes d’action au présent
Vid im

Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ; ..................................................................................


de narration rendent présentes aux yeux des destinataires
Ils courent. Tout son corps n’est bientôt qu’une plaie. ..................................................................................
les péripéties relatées. Théramène rapporte au discours
[…] ..................................................................................
direct les dernières paroles d’Hippolyte et fait entendre
J’arrive, je l’appelle ; et me tendant la main, ..................................................................................
une autre voix. Le registre pathétique invite à la compassion
Il ouvre un œil mourant, qu’il referme soudain. ..................................................................................
mais aussi à une interprétation de la douleur du père par
..................................................................................
ec

« Le ciel, dit-il, m’arrache une innocente vie. l’acteur l’incarnant.


Prends soin après ma mort de la triste Aricie1. b. Montrez que ce récit est justifié par les contraintes de
éo

Cher ami, si mon père un jour désabusé la représentation et par le respect de la bienséance.
Plaint le malheur d’un fils faussement accusé, ..................................................................................
La scène ne permet de représenter ni les lieux ni les chevaux
Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive, ..................................................................................
traînant Hippolyte – un corps sanglant qui contrevient à la
Dis-lui qu’avec douceur il traite sa captive ; ..................................................................................
bienséance.
sp

Qu’il lui rende... » À ce mot, ce héros expiré


N’a laissé dans mes bras qu’un corps défiguré, V
É c e r s l’
Triste objet, où des dieux triomphe la colère, rit ion
ure d’invent
Imaginez en quinze lignes la suite de la
Et que méconnaîtrait l’œil même de son père. scène de L’École des femmes de Molière en introduisant
Jean Racine, Phèdre, Acte V, scène 6, 1677. un aparté prononcé par Agnès et une tirade d’Arnolphe.
1. Aricie : princesse amante d’Hippolyte.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

21 Vers, strophes, rimes

ite
Observer et retenir
1. Vers

ne t
Ligne d’écriture comportant un rythme, un certain nombre de syllabes, généralement terminée par un écho phonique (rime).

n
• Le e muet se prononce s’il est placé devant Ex. : « Et| l’es|pa|ce où| les| souf|fles| errent » (Hugo)
une consonne à l’intérieur du vers. → 8 syllabes

trd
• Le e muet ne se prononce pas en fin de vers.
Décompte

a
• Synérèse : réunion en une seule syllabe de Ex. : pied (du latin pes)
des syllabes
deux voyelles en hiatus → 1 syllabe
• Diérèse : séparation en deux syllabes de deux Ex. : li|on (du latin leo)

n
voyelles en hiatus → 2 syllabes
• Vers pairs Ex. : octosyllabe (8 syllabes) ; décasyllabe (10 syllabes) ;
alexandrin (12 syllabes)

jec eig
Type de vers • Vers impairs Ex. : ennéasyllabe (9 syllabes) ; hendécasyllabe (11 syllabes)
(les plus • Vers libre : n’obéit pas aux règles classiques et Ex. : « J’ai passé plus d’un hiver dans ces îles fortunées » (Cendrars)
courants) se rapproche de la prononciation courante
• Verset : dépasse la mesure du vers Ex. : « J’entends ta voix quand je suis livré au silence sournois de cette

ni
[nuit d’Europe. » (Senghor)
• Hémistiche : moitié d’un vers Ex. : « Le malheur a percé mon vieux cœur de sa lance » (Verlaine)
→ 6 syllabes
s
Structure
• Césure : pause entre deux hémistiches Ex. : « Le malheur a percé// mon vieux cœur de sa lance »
du vers
• Coupe : pause dans un hémistiche Ex. : « Le malheur/ a percé// mon vieux cœur/ de sa lance»
pro en
tio → rythme : 3/3/3/3

2. Strophe
Ensemble de vers en nombre déterminé ayant un certain rythme, reliés par la combinaison de rimes.

• Concordance  Ex. : « Dauphins, vous jouez dans la mer,


Mais le flot est toujours amer. » (Apollinaire)
Ex. : Rejet/contre-rejet :
n

Rythme « Il est de forts parfums pour qui toute matière


Est poreuse » (Baudelaire)
• Discordance
Enjambement :
e

« Tout rit tout chante c’est la fête


De l’infini que nous voyons » (Hugo)
• Strophes brèves  Ex. : quatrain (4 vers) ; quintil (5 vers) ; sizain (6 vers)
Vid im

Type de
strophe • Strophes longues  Ex. : septain (7 vers) ; huitain (8 vers) ; neuvain (9 vers) ; dizain (10 vers) ;
onzain (11 vers) ; douzain (12 vers)


• Féminine : rimes en e muet Ex. : « Ces enfants, à quoi rêvent-elles
Dans les ennuis des ritournelles » (Laforgue)
• Masculines : toutes les autres Ex. : « Passer ma nuit, si longue encor,
ec

Sur le pavé comme un rat mort » (Corbière)


Qualité
éo

• Pauvres : un son identique Ex. : gémit – midi (Apollinaire)


• Suffisantes : deux sons identiques Ex. : choc – roc (Verlaine)
Rime
• Riches : trois sons identiques au moins Ex. : paresse – disparaisse (Hugo)


• Plates ou suivies : aabbcc Ex. : étonné – né – idolâtre – théâtre – d’or – encor (Verlaine)
sp

• Croisées : abab Ex. : frêle – bétail – éternelle – portail (Hugo)


Schéma
• Embrassées : abba Ex. : douleurs – secourent – entourent – fleurs (Hugo)
• Mêlées : combinaison des précédentes Ex. : complète – athlète – beauté – métamorphoses – choses – vérité (Hugo)

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« La Pente de la rêverie » de Victor Hugo
1 a. Quel type de vers est employé ici ? Séparez par un
[…]

ite
trait les syllabes qui composent le quatrième vers : quel
Paris, les grands ormeaux1, maison, dôme, chaumière,
lien s’établit entre le sujet et le vers adopté ?
Tout flottait à mes yeux dans la riche lumière
De cet astre de mai dont le rayon charmant ..................................................................................
Les alexandrins, vers noble de l’épopée, la diérèse, qui

ne t
Au| bout| de| tout| brin| d’her|be al|lu|me un| di|a|mant ! ..................................................................................
ralentit la diction au quatrième vers, exhaussent un sujet

n
Je me laissais aller à ces trois harmonies, ..................................................................................
familier.

trd
Printemps, matin, enfance, en ma retraite unies ; b. Soulignez, puis nommez les discordances qui appa-
La Seine, ainsi que moi, laissait son flot vermeil raissent ici : pourquoi illustrent-elles le titre ?

a
Suivre nonchalamment sa pente, et le soleil ..................................................................................
La « lumière » de l’astre et le « flot » de la Seine enjambent
Faisait évaporer à la fois sur les grèves ..................................................................................
le vers où s’écoule la rêverie. Le contre-rejet du « soleil »
L’eau du fleuve en brouillards et ma pensée en rêves ! ..................................................................................
impose une élévation soudaine de l’intonation en fin de

n
[…] Victor Hugo, Les Feuilles d’automne, 1831. ..................................................................................
vers, et son abaissement au début du vers suivant, qui
1. ormeaux : arbres ..................................................................................
évoque à nouveau l’eau du fleuve.

jec eig « Le Cor » d’Alfred de Vigny


OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
2 a. Quel type de vers est employé ici  ? Indiquez les
Alertée par le son du cor de Roland, l’armée de
césures et les coupes. Quelle relation s’établit entre
Charlemagne a fait demi-tour et arrive en vue du col

ni
rythme et sens ?
de Roncevaux, dans les Pyrénées.
[…] ..................................................................................
L’alexandrin partagé en deux hémistiches de six syllabes
Sur le plus haut/des monts//s’arrêtent/les chevaux ; ..................................................................................
donne une solennité épique à l’événement. Affectant
s
L’écume/les blanchit//; sous leurs pieds,/Roncevaux ..................................................................................
souvent un e caduc, les coupes expriment les hésitations de
Des feux mourants/du jour//à peine/se colore. ..................................................................................
l’armée, la stupeur de Turpin, et l’ascension de l’âme de
..................................................................................
pro en
Roland. Un contre-rejet place Roncevaux au bord du vers.
tio
À l’horizon/lointain//fuit l’étendard/du More1.
b. Quels types de strophe apparaissent ici ? Quels types
– « Turpin2,/n’as-tu rien vu//dans le fond/du torrent ?
– « J’y vois/deux chevaliers ://l’un mort,/l’autre expirant de textes se développent ?
« Tous deux/sont écrasés//sous une/roche noire ; ..................................................................................
Le premier quatrain, narratif, raconte l’arrivée de l’armée de
« Le plus fort,/dans sa main,//élève/un Cor d’ivoire, ..................................................................................
Charlemagne. Le second rapporte, au discours direct, le
« son âme/en s’exhalant//nous appela/deux fois. » ..................................................................................
dialogue entre Charlemagne et Turpin. Enfin, un vers isolé,

Dieu ! que le son/du Cor//est triste/au fond des bois ! ..................................................................................


rimant avec le dernier vers du quatrain, s’en détache pour
..................................................................................
faire entendre la voix de poète.
n

Alfred de Vigny, Poèmes antiques et modernes, 1826.


1. More : peuple d’Afrique du Nord. 2. Turpin : prêtre et chevalier
e

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au


xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« La Plaine » d’Émile Verhaeren
3 a. Nommez les types de strophes qui composent ce
Vid im

La plaine est morne, avec ses clos, avec ses granges


passage : quels sentiments éveille leur alternance ?
Et ses fermes dont les pignons sont vermoulus,
La plaine est morne et lasse et ne se défend plus, ..................................................................................
La deuxième strophe (quintil) rompt l’équilibre des
La plaine est morne et morte – et la ville la mange. ..................................................................................
quatrains : l’épique fait irruption dans la réalité et
..................................................................................
bouleverse la vieille harmonie campagnarde.
Formidables et criminels,
Les bras des machines diaboliques, b.  Quels types de vers, quels schémas de rimes appa-
ec

Fauchant les blés évangéliques1, raissent ici ? Quel lien s’établit entre formes et sens
éo

Ont effrayé le vieux semeur mélancolique dans ces vers ?


Dont le geste semblait d’accord avec le ciel. ..................................................................................
Le vers libre, mêlant alexandrins, octosyllabes et
L’orde2 fumée et ses haillons de suie ..................................................................................
décasyllabes, illustre la violence du monde moderne. Les
Ont traversé le vent et l’ont sali : ..................................................................................
rimes embrassées font entendre, par exemple, le bruit
sp

Un soleil pauvre et avili ..................................................................................


métallique des machines.
S’est comme usé en de la pluie.
[…] Ve
Émile Verhaeren, Les Villes tentaculaires, 1895. r s la
iss o
e r tati
n

En vous aidant de vos réponses, rédigez un


D

1. blés évangéliques : les évangiles font du blé le symbole de la


paragraphe qui montrera que vers et strophe peuvent
vie après la mort. 2. orde : saleté qui suscite le dégoût.
dessiner une image du monde. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
RECONNAÎTRE LES PARTICULARITÉS DES TEXTES ET DES GENRES LITTÉRAIRES

22 Les formes poétiques

ite
Observer et retenir
1. Les formes traditionnelles

ne t
Long poème à la gloire d’un héros ou d’une nation mêlant le surnaturel au récit d’exploits Ex. : « Les pauvres gens »
L’épopée (Hugo)
inspirés de l’histoire.

n
trd
Poème de trois huitains ou dizains le plus souvent isométriques construits sur le même Ex. : « Ballade des Dames du
La ballade temps jadis » (Villon)
schéma de rimes. Les strophes sont suivies d’un envoi (quatrain ou quintil).

a
Poème de trois strophes (quintil, tercet, quintil) comportant deux rimes et un refrain (qui Ex. : « Fut-il jamais… »
Le rondeau (Musset)
reprend le premier hémistiche du premier vers) à la fin des deux dernières strophes.
Poème isométrique de quatorze vers répartis en deux quatrains et deux tercets : Ex. : « Mon rêve familier »

n
Le sonnet – le plus souvent, les rimes des quatrains suivent le schéma : abba abba ; (Verlaine) 
– le plus souvent, les rimes des tercets suivent deux schémas : ccd ede ou ccd eed.

Poème divisé en strophes semblables entre elles par le nombre des vers et la combinaison Ex. : « Mignonne… »

jec eig
des rimes. La forme des strophes varie d’une ode à l’autre : nombre et mètre des vers, (Ronsard)
L’ode combinaison des rimes.
• Ode pindarique : célèbre de grands événements ou de hauts personnages.
• Ode anacréontique : exprime des sentiments plus familiers.

ni
2. Les formes nouvelles
Poème ne présentant ni mètres réguliers, ni rimes, ni strophes. Ex. : « Mouvement »
s
On peut retrouver certaines caractéristiques traditionnelles : (Rimbaud)
Le poème
– mise en page propre à la poésie versifiée et majuscules en début de ligne ;
en vers libres
– échos sonores et métriques variables mais repérables ;
pro en
tio – séquences de vers qui rappellent la strophe.
Écrit en prose sans contraintes apparentes. Ex. : « L’étranger »
On peut retrouver certaines caractéristiques traditionnelles : (Baudelaire)
Le poème
– brièveté et autonomie ;
en prose
– échos sonores et jeux sur le rythme ;
– agencement en paragraphes qui rappellent la strophe.
Poème visuel qui dessine ou évoque avec les lettres son sujet et échappe ainsi à la Ex. : « Pluie »
Le calligramme (Apollinaire)
linéarité.
n

Repérer et manipuler
e

1 Pour chaque combinaison de rimes, indiquez s’il 3 Écrivez sur le thème de la poésie un bref poème en
s’agit d’un sonnet, d’une ode, d’une ballade ou d’un vers libres en respectant ses caractéristiques.
rondeau. ...............................................................................
Vid im

La poésie se fait dans un lit comme l’amour


1. abba abba ccd eed ...............................................................................
Ses draps défaits sont l’aurore des choses
..................................................................
sonnet ...............................................................................
La poésie se fait dans les bois […]
2. ababa aba c ababa c ...............................................................................
André Breton, « Sur la route de San Romano », 1948,

..................................................................
rondeau ...............................................................................
© Éditions Gallimard.
...............................................................................
3. abbaab cddccd
ec

...............................................................................
..................................................................
ode
éo

...............................................................................
4. ababbcbc ababbcbc ababbcbc bcbc ...............................................................................
..................................................................
ballade ...............................................................................
...............................................................................
2 Complétez le premier quatrain de ce sonnet en
...............................................................................
sp

respectant les contraintes de cette forme.


...............................................................................
...............................................................................
Les violons chantent derrière le décor
...............................................................................
Où la vigne en treillis grimpe à quelque..................
terrasse
...............................................................................
Et la fille du roi regarde ...................................
ce qui passe
...............................................................................
Accoudée au balustre en son corsage ..................
d’or .
[…]
...............................................................................
Henri de Régnier, Épisodes, sites et sonnets, IV, 1888.
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« La Musique » de Charles Baudelaire
4 a. À quoi tient l’originalité de ce sonnet ?
La musique souvent me prend comme une mer !

ite
Vers ma pâle étoile, .......................................................................................
L’originalité de ce sonnet tient :

Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, .......................................................................................


– aux vers de longueur inégale (hétérométrie) ;

Je mets à la voile ; .......................................................................................


– à l’alternance du vers pair et du vers impair ;

ne t
.......................................................................................
– aux enjambements et notamment du vers 12 au vers 13 ;
La poitrine en avant et les poumons gonflés

n
.......................................................................................
– à une proposition qui se développe de la fin du premier tercet
Comme de la toile,

trd
.......................................................................................
au début du second ;
J’escalade le dos des flots amoncelés
.......................................................................................
– à une très longue phrase déclarative encadrée par deux très
Que la nuit me voile ;

a
.......................................................................................
courtes phrases exclamatives ;
Je sens vibrer en moi toutes les passions .......................................................................................
– à la dernière phrase nominale et à son énumération croissante.
D’un vaisseau qui souffre ;
b. En quoi cette originalité contribue-t-elle à l’expressivité
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

n
du sonnet ?
Sur l’immense gouffre
.......................................................................................
Le sonnet offre un couple de rimes supplémentaire et donc une
Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir
.......................................................................................
sonorité distincte supplémentaire. L’hétérométrie, la longue

jec eig
De mon désespoir !
.......................................................................................
phrase et les enjambements varient et nuancent le rythme. Ils
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857.
.......................................................................................
nécessitent une capacité respiratoire propre au thème traité.
.......................................................................................
Les exclamations – initiale et finale – sont modulées par leur
.......................................................................................
étendue et leur rythme qui imitent une ouverture musicale

ni
.......................................................................................
brillante et les derniers accords bien marqués et détachés d’une
.......................................................................................
pièce musicale.

« Le Cageot » de Francis Ponge


s
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
5 a. Quelles caractéristiques du poème versifié ce poème
À mi-chemin de la cage au cachot la langue fran-
pro en
en prose exploite-t-il ?
tio
çaise a cageot, simple caissette à claire-voie vouée
au transport de ces fruits qui de la moindre suffo- .......................................................................................
Il exploite :
cation font à coup sûr une maladie. .......................................................................................
– la forme brève ;
Agencé de façon qu’au terme de son usage il puisse .......................................................................................
– les paragraphes qui rappellent la strophe ;
être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi .......................................................................................
– les échos sonores : allitération en [k] et assonance en [a] et en [o]
dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou .......................................................................................
dans le premier paragraphe par exemple ; réseaux sonores sur
nuageuses qu’il enferme. .......................................................................................
l’intégralité du poème le [] ;
.......................................................................................
– l’organisation rythmique : second paragraphe : 3/10/10/5 puis
n

À tous les coins de rues qui aboutissent aux halles,


il luit alors de l’éclat sans vanité du bois blanc. Tout .......................................................................................
2/3/3/12.
neuf encore, et légèrement ahuri d’être dans une
b. Montrez que l’on peut établir un lien entre le choix du
e

pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet


poème en prose et le sujet traité : un simple cageot.
est en somme des plus sympathiques, – sur le sort
duquel il convient toutefois de ne s’appesantir lon- .......................................................................................
Le choix de la prose convient en effet très bien au caractère
.......................................................................................
prosaïque d’un cageot et la brièveté du poème à sa petite
Vid im

guement.
Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942,
.......................................................................................
forme. Ponge ne s’est pas montré pesant, lourd, en
© Éditions Gallimard. .......................................................................................
« fabriquant » son poème en cinq paragraphes qui auraient pu
.......................................................................................
imiter les quatre côtés du cageot et son fond.

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au


xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« Chantre » de Guillaume Apollinaire
ec

6 Quel lien peut-on établir entre la forme et les sonorités du


Un chantre est un chef de chœur sacré, ou
éo

poème et son sujet ?


un poète lyrique ou épique. Ce poème et
constitué d’un seul vers. ..................................................................................................
Le monostiche imite la corde unique de l’instrument mais aussi, dans le

Et l’unique cordeau des trompettes marines1 ..................................................................................................


second hémistiche, sa sonorité grave grâce aux nasales. On peut aussi

Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913.


..................................................................................................
envisager qu’il imite l’archet qui fait chanter l’instrument comme le
sp

..................................................................................................
poète, le chantre, fait chanter la langue.
1. trompette marine : instrument monocorde.

Ve
r s l’
e

reuve or
al

Préparez une synthèse sur d’autres formes poétiques


Ép

comme l’élégie, l’hymne et le haïku. Sur une copie

I. Acquérir une culture littéraire


IDENTIFIER ET EXPLOITER LES REGISTRES LITTÉRAIRES

23 Le registre épique

ite
Observer et retenir

Don Rodrigue. – […] Le caractère exceptionnel de l’action

ne t
Nous les pressons sur l’eau, nous les pressons sur terre  Lexique de l’exploit

n
Et nous faisons courir des ruisseaux de leur sang,  Expression du courage et de la vertu

trd
Avant qu’aucun résiste ou reprenne son rang.  Affrontement entre deux forces

Mais bientôt, malgré nous, leurs princes les rallient ; (antithèses)

a
Leur courage renaît et leurs terreurs s’oublient :
La honte de mourir sans avoir combattu
Arrête leur désordre et leur rend leur vertu.
L’exagération de l’action

n
Contre nous de pied ferme ils tirent leurs alfanges1 ;  Hyperboles
De notre sang au leur font d’horribles mélanges  Périphrases
Et la terre et le fleuve et leur flotte et le port  Comparaisons, métaphores

jec eig
Sont des champs de carnage où triomphe la mort.
Ô combien d’actions, combien d’exploits célèbres
Sont demeurés sans gloire au milieu des ténèbres,
Où chacun, seul témoin des grands coups qu’il donnait, Une scène à voir et à entendre

ni
Ne pouvait discerner où le sort inclinait !  Répétitions
 Allitérations, assonances
Corneille, Le Cid, Acte IV, scène 3, 1637.
 Présent de narration
1. alfange : sabre utilisé par les Maures.
s
● Synthèse : le registre épique
pro en
tio Définition Les héros épiques Les thèmes épiques
• L’épique est le ton noble adapté au • Demi-dieux, aristocrates (monarques, • Les guerres et les voyages
chant (« epos » en grec ; épopée : poème princes), guerriers • L’intervention d’éléments merveilleux ou
épique) • Qualités morales et psychologiques surnaturels
• Il célèbre les actes héroïques accomplis exceptionnelles
par les hommes. • Les dieux sont cause de tout.
n

Repérer et manipuler
1 Dans chaque phrase, remplacez les termes apparte- 2 Les phrases suivantes pourraient-elles trouver leur
e

nant à un niveau de langue courant ou familier par des place dans un récit épique ?
termes élevés, de sens équivalent et de registre épique. Oui nOn
se saisissent 
Ex. : Les hommes [prennent leurs pistolets] ................. 1. Emportés par la fureur du
Vid im

de leurs armes
.......................... et se portent vers l’ennemi. combat, ils se répandirent dans
1. Les combattants qui l’entouraient [avaient du punch] le palais comme un fleuve
..........................................................................
étaient pleins d’ardeur . écumant noie la plaine sous ses
2. Leur [culot] .............
courage est redoublé par le spectacle for- flots débordés. ✗
midable des murailles qui cèdent. 2. Soudain apparut aux yeux effa-
rés des combattants le visage
ec

3. Il se jeta au milieu de [la bagarre] ..............................


de la mêlée ,
disposé à mourir avec gloire. hideux de la défaite. ✗
éo

4. Les coups des soldats écrasèrent les ennemis et provo- 3. On se battit à coups de poing :
quèrent [une boucherie sans nom] .............................
un carnage indicible . le nombre des assaillants plus
5. Les Grecs se ruaient avec violence sur les Troyens [sur qui que leur courage détermina
ils tapaient de bon cœur] .........................................
qu’ils accablaient de coups leur victoire. ✗
sp

..........................................................................
redoublés . 4. L’aubergiste vola au secours du
6. Les cris de mille ennemis redoutables [leur échauffaient héros qui dînait d’un ragoût de
les oreilles] ...........................................................
excitaient leur colère . poulet. ✗
7. Il [cria « chut ! »] ..................................
imposa le silence à ses soldats 5. il luttait sans relâche, debout
[qui n’avaient pas froid aux yeux] ..............................
intrépides . sur la machine ; le froid lacérait
son visage. ✗
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au xxe siècle :
du romantisme au surréalisme
La Légende des siècles de Victor Hugo
3 a. Soulignez les comparaisons dans ce passage  : quelle
Roland, neveu de Charlemagne, affronte Olivier en

ite
image donnent-elles des combattants ?
combat singulier.
[…] ........................................................................................
Les deux comparaisons assimilent les héros à des forces
Quatre jours sont passés, et l’île et le rivage ........................................................................................
primordiales, héritées des temps mythologiques : elles dessinent

ne t
Tremblent sous ce fracas monstrueux et sauvage. ........................................................................................
une nouvelle gigantomachie transposée dans les temps
........................................................................................

n
Ils vont, viennent, jamais fuyant, jamais lassés, héroïques.

trd
Froissent le glaive au glaive, et sautent les fossés, b. Quels procédés grammaticaux et métriques permettent
Et passent, au milieu des ronces remuées, de conférer à cette scène une dimension épique ?

a
Comme deux tourbillons et comme deux nuées. ........................................................................................
L’emploi du présent de narration fait surgir l’épisode raconté
Ô chocs affreux ! terreur ! tumulte étincelant ! ........................................................................................
sous les yeux du lecteur. Suspendu entre passé et présent, il
Mais, enfin, Olivier saisit au corps Roland, ........................................................................................
acquiert le statut intemporel du récit épique. L’accent

n
Qui de son propre sang en combattant s’abreuve, ........................................................................................
rythmique, souvent affaibli par la présence d’un e tonique à la
Et jette d’un revers Durandal1 dans le fleuve. […] ........................................................................................
coupe, fait entendre le rythme asymétrique de l’épopée
Victor Hugo, La Légende des siècles, 1859. ........................................................................................
homérique.

jec eig
1. Durandal : nom de l’épée de Roland.

Langue et culture
de l’Antiquité
Iliade d’Homère

ni
4 a. Relevez une apostrophe dans le texte : quelle
Appollon s’emporte contre Achille, qui venge son ami Patrocle
relation s’établit entre le héros et les dieux ?
tué au combat.
[…] « Vous préférez donc, dieux, prêter aide à Achille, à l’exé- .........................................................................
L’apostrophe aux « dieux » dans le discours d’Apollon
s
crable Achille, alors que celui-ci n’a ni raison ni cœur qui se laisse .........................................................................
transpose le conflit terrestre dans le monde divin :
fléchir au fond de sa poitrine et qu’il ne connaît que pensers .........................................................................
une crise divise les dieux, dont l’intervention
.........................................................................
merveilleuse décide du sort des héros.
pro en
féroces. On dirait un lion qui, docile à l’appel de sa vigueur
tio
puissante et de son cœur superbe1, vient se jeter sur les brebis b. Soulignez la comparaison qui apparaît dans ce
des hommes, pour s’en faire un festin. Achille a, comme lui, quitté passage : quel portrait d’Achille trace-t-elle ?
toute pitié, et il ignore le respect. Chacun est exposé à perdre un .........................................................................
Achille est comparé à un lion. Cette comparaison
être cher, plus proche qu’un ami, un frère sorti du même sein, .........................................................................
homérique signale la cruauté, mais aussi l’orgueil et
un fils : la part une fois faite aux pleurs et aux sanglots, il s’en tient .........................................................................
la grandeur du héros.
là : les Parques2 ont fait aux hommes un cœur apte à pâtir. […] » .........................................................................
Homère, Iliade, VIIIe s. av. J.-C., trad. de Paul Mazon, .........................................................................
n

© Les Belles Lettres, 1998.


.........................................................................
1. superbe : orgueilleux. 2. Parques : divinités du destin.
e

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Germinal, d’Émile Zola
5 a. Dans quel lieu cette scène se déroule-t-elle  ?
Zacharie, un mineur, essaie de secourir des ouvriers
Vid im

Soulignez les termes qui évoquent ce lieu.


ensevelis dans l’effondrement d’un puits de mine.
Il volait le tour des camarades, il refusait de lâcher la .La narration
. . . . . . . . . . . . . . .évoque
. . . . . . . . .avec
. . . . . .réalisme
. . . . . . . . . .le
. . .travail
. . . . . . . .des
. . . . .mineurs.
................
rivelaine1. Sa galerie bientôt fut en avance sur les b. Encadrez le lexique de la souffrance et le lexique de la
autres, il s’y battait contre la houille d’un élan si lutte. Quelle représentation donnent-ils du travail des
farouche, qu’on entendait monter du boyau le souffle mineurs ?
ec

grondant de sa poitrine, pareil au ronflement de .L’ouvrier


. . . . . . . . . . livre
. . . . . .un
. . . .combat
. . . . . . . . .acharné
. . . . . . . . . . où
. . . .s’expriment
. . . . . . . . . . . . . . les
. . . .valeurs
...........
quelque forge intérieure. Quand il en sortait, boueux
éo

.........................................................................
guerrières de l’épopée.
et noir, ivre de fatigue, il tombait par terre, on devait c.  Quels procédés d’écriture ont pour effet de souligner
l’envelopper dans une couverture. Puis, chancelant l’héroïsme de Zacharie ?
encore, il s’y replongeait, et la lutte recommençait, les
.Zacharie,
. . . . . . . . . . .dont
. . . . . .la
. . .poitrine
. . . . . . . . . .est
. . . .comparée
. . . . . . . . . . . .à. . une
. . . . . forge,
. . . . . . . .s’élève
...........
grands coups sourds, les plaintes étouffées, un enra-
sp

.au-dessous
. . . . . . . . . . . . .de
. . . l’humanité
. . . . . . . . . . . . . .moyenne.
..........................................
gement victorieux de massacre. Le pis était que le
charbon devenait dur, il cassa deux fois son outil,
exaspéré de ne plus avancer si vite. Il souffrait aussi Ve
r e
om s l t ai
re

de la chaleur. Rédigez un paragraphe dans lequel vous


C

men
Émile Zola, Germinal, 1885.
1. Rivelaine : pic de mineur.
montrerez que l’épique révèle la fragilité de l’homme
dans l’extrait de Germinal de Zola. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
IDENTIFIER ET EXPLOITER LES REGISTRES LITTÉRAIRES

24 Le registre comique

ite
Observer et retenir
1. Les ressorts du comique

ne t
Comique de répétition
La servante Dorine donne des nouvelles de la maison à son

n
 Répétition d’une même expression
maître qui est de retour.

trd
Dorine. – Madame eut, avant-hier, la fièvre jusqu’au soir, Comique de situation
Avec un mal de tête étrange à concevoir.

a
 Malentendu
Orgon. – Et Tartuffe ?  Effets de surprise
Dorine. – Tartuffe ? Il se porte à merveille,
Gros et gras, le teint frais, et la bouche vermeille.

n
Orgon. – Le pauvre homme ! Comique de caractère
Dorine. –  Le soir, elle eut un grand dégoût,  Exagération des défauts d’un personnage
Et ne put au souper toucher à rien du tout, type (le crédule, l’imposteur…)

jec eig
Tant sa douleur de tête était encore cruelle !
Orgon. – Et Tartuffe ?
Comique de gestes
Dorine. –  Il soupa, lui tout seul, devant elle,  Mimiques, grimaces, mouvements du corps
Et fort dévotement il mangea deux perdrix, Selon les choix de mise en scène

ni

Avec une moitié de gigot en hachis.
Orgon. – Le pauvre homme ! […]
Dorine. – Tous deux se portent bien enfin ; Comique de mots
s
Et je vais à Madame annoncer par avance  Enumérations (éléments du portrait de
Madame d’une réplique à l’autre)
La part que vous prenez à sa convalescence.
 Exagération verbale (grossissement des faits)
pro en
Molière, Tartuffe, Acte I, scène 4, 1664.
tio  Jeux de mots (jeu sur sens propre/figuré)

2. Les formes comiques


Le burlesque  Décalage entre le sujet noble et son traitement
La parodie  Imitation d’un modèle (style, genre, œuvre)
n

La satire Moquerie visant à dénoncer


La farce  Recours aux déguisements, coups de bâton, plaisanteries parfois grossières, bouffonneries…
L’humour Réalité présentée sous un angle amusant
e

L’humour noir Réalité macabre ou sordide faisant rire


L’absurde Effets de non-sens qui dénoncent l’absurdité de l’existence ; mouvement littéraire du XXe siècle
Vid im

Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
L’Avare de Molière
ec

1 a. Dégagez deux ressorts du comique dans ce


Harpagon, vieil avare, soupçonne son valet La Flèche
éo

dialogue.
de vol.
Harpagon. – Attends. Ne m’emportes-tu rien ? .............................................................................
Le comique de caractère (avare obsédé par le vol,
La Flèche. – Que vous emporterais-je ? .............................................................................
monomanie) et le comique de gestes (demande
Harpagon. – Viens ça, que je voie. Montre-moi tes mains. .............................................................................
absurde, jeu sur les mains en lien avec la mise en scène)
sp

La Flèche. – Les voilà. .............................................................................


sont présents dans ce dialogue.
Harpagon. – Les autres. b. Quelle est la visée du texte ?
La Flèche. – Les autres ? .............................................................................
Il s’agit de faire la satire d’un type humain intemporel :
Harpagon. – Oui. .............................................................................
l’avare.
La Flèche. – Les voilà. .............................................................................
Molière, L’Avare, Acte I, scène 3, 1668. .............................................................................

I. Acquérir une culture littéraire


OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Le Malade imaginaire de Molière
2 Quels sont les principaux ressorts du comique
Argan, « le malade imaginaire » contrefait le mort pour
dans cette scène?
éprouver les sentiments de sa femme Béline. Sa servante

ite
Toinette l’aide à tromper cette dernière. ..........................................................................
Le comique de cette scène relève de l’humour,
Toinette. – Ah ! Mon Dieu ! Ah ! Malheur ! Quel étrange ..........................................................................
puisqu’on y rit d’une chose sérieuse, la mort. Plusieurs
accident ! ..........................................................................
ressorts comiques sont utilisés :

ne t
Béline. – Qu’est-ce, Toinette ? ..........................................................................
– le comique de situation : tromperie et mensonge
Toinette. – Ah ! Madame ! ..........................................................................
(fausse mort) et surprise provoquée par la nouvelle

n
Béline. – Qu’y a-t-il ? ..........................................................................
(interrogations de Béline) ;

trd
Toinette. – Votre mari est mort ! ..........................................................................
– le comique de caractère : type de la servante rusée,
Béline. – Mon mari est mort ? ..........................................................................
épouse « acariâtre », portait dévalorisant d’Argan ;

a
Toinette. – Hélas ! oui. Le pauvre défunt est trépassé. ..........................................................................
– le comique de langage : énumérations dans le
Béline. – Assurément ? ..........................................................................
portrait d’Argan, pléonasme (« défunt/trépassé »),
Toinette. – Assurément. Personne ne sait encore cet acci- ..........................................................................
antiphrase (« belle oraison funèbre »). 

n
dent-là, et je me suis trouvée ici toute seule. Il vient de passer ..........................................................................
entre mes bras. Tenez, le voilà tout de son long dans cette ..........................................................................
chaise. ..........................................................................

jec eig
Béline. – Le ciel en soit loué ! Me voilà délivrée d’un grand ..........................................................................
fardeau. Que tu es sotte, Toinette, de t’affliger de cette mort ! ..........................................................................
Toinette. – Je pensais, madame, qu’il fallût pleurer. ..........................................................................
Béline. – Va, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte ..........................................................................

ni
est-ce que la sienne, et de quoi servait-il sur la terre ? Un ..........................................................................
homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, ..........................................................................
sans cesse un lavement ou une médecine dans le ventre, ..........................................................................
s
mouchant, toussant, crachant toujours, sans esprit, ennuyeux, ..........................................................................
de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant ..........................................................................
..........................................................................
pro en
tio
jour et nuit servantes et valets.
..........................................................................
Toinette. – Voilà une belle oraison funèbre !
Molière, Le Malade imaginaire, Acte III, scène 12, 1673.
..........................................................................
..........................................................................

VERS LA 1re •
Le théâtre
La Cantatrice chauve d’Eugène Ionesco
3 a. Dans quelle mesure le dialogue s’apparente-
M. Smith, toujours dans son journal. – Tiens, c’est écrit que
n

t-il à une conversation courante ?


Bobby Watson est mort.
Mme Smith. – Mon Dieu, le pauvre, quand est-ce qu’il est ..........................................................................
Le dialogue s’apparente à la conversation courante

mort ? ..........................................................................
d’un couple ordinaire : une situation familiale
e

M. Smith. – Pourquoi prends-tu cet air étonné ? Tu le savais ..........................................................................


commune (couple « petit bourgeois »), une scène de

bien. Il est mort il y a deux ans. Tu te rappelles, on a été à ..........................................................................


la vie quotidienne (lecture du journal, banalité de la

son enterrement, il y a un an et demi. ..........................................................................


conversation), des personnages sans épaisseur
Vid im

Mme Smith. – Bien sûr que je me rappelle. Je me suis rappelé ..........................................................................


psychologique (caricatures, image de l’insignifiance

tout de suite, mais je ne comprends pas pourquoi toi-même ..........................................................................


humaine).

tu as été étonné de voir ça sur le journal. ..........................................................................


M. Smith. – Ça n’y était pas sur le journal. Il y a déjà trois ..........................................................................
ans qu’on a parlé de son décès. Je m’en suis souvenu par b. D’où vient le comique de la scène ?
ec

associations d’idées ! ..........................................................................


La scène repose sur le comique de l’absurde. On
Mme Smith. – Dommage ! Il était si bien conservé. ..........................................................................
relève : des contradictions dans les paroles elles-
éo

M. Smith. – C’était le plus joli cadavre de Grande-Bretagne ! ..........................................................................


mêmes : les incohérences concernant la date de mort
Il ne paraissait pas son âge. Pauvre Bobby, il y avait quatre ..........................................................................
de Bobby Watson (« deux ans », « un an et demi »,
ans qu’il était mort et il était encore chaud. Un véritable ..........................................................................
« trois ans ») dénotent un traitement du temps
cadavre vivant. Et comme il était gai ! ..........................................................................
déréglé ; des contradictions entre les paroles et le ton,
sp

Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950, © Éditions Gallimard. ..........................................................................


proches de l’humour noir (« le plus joli cadavre »,
..........................................................................
« cadavre vivant », « comme il était gai ! », « si bien
..........................................................................
conservé »). On rit de ce qui est dépourvu de sens ; le
Ve
iss
r s la
o ..........................................................................
langage tourne à vide. C’est une parodie du théâtre
e r tati
n

En vous aidant de vos réponses, rédigez un para-


D

..........................................................................
traditionnel.
graphe dans lequel vous montrerez comment les auteurs
réunis dans cette fiche parviennent à nous faire rire. Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
IDENTIFIER ET EXPLOITER LES REGISTRES LITTÉRAIRES

25 Les registres tragique et pathétique

ite
Observer et retenir
L’expression de la souffrance
Bérénice. – […] N’attendez pas ici que j’éclate en injures,  Emploi de la 1re personne

ne t
Que j’atteste le ciel, ennemi des parjures.  Lexique de la souffrance et des sentiments

n
Non, si le ciel encore est touché de mes pleurs,  Hyperboles

trd
 Interjection
Je le prie en mourant d’oublier mes douleurs.
 Jeux sur les sonorités
Si je forme des vœux contre votre injustice,

a
 Exclamatives et interrogatives ; rythme perturbé
Si, devant que mourir, la triste Bérénice
Vous veut de son trépas laisser quelque vengeur, Le registre tragique
Je ne le cherche, ingrat, qu’au fond de votre cœur.  Lexique de la mort et de la séparation

n
Je sais que tant d’amour n’en peut être effacée ;  Lexique de la fatalité/du malheur extrême inévitable
Que ma douleur présente, et ma bonté passée,  Allusions à une force supérieure

Mon sang, qu’en ce palais je veux même verser,  Expression de la fureur

jec eig
Sont autant d’ennemis que je vais vous laisser ; Le registre tragique suscite la terreur et la pitié.
Et sans me repentir de ma persévérance, Le registre pathétique
Je me remets sur eux de toute ma vengeance.  Lamentations
Adieu.  Allusions à un malheur qui aurait pu être évité
Jean Racine, Bérénice, Acte IV, scène 5, 1670.

ni
 Antithèses
 Apostrophes
Le registre pathétique suscite la compassion du lecteur. 
s
● Synthèse : les registres tragique et pathétique
Principaux thèmes Genres les plus représentatifs
pro en
tio • La fatalité, le destin • Le théâtre, notamment la tragédie
Registre tragique • La toute-puissance divine
• La mort
• Le malheur • Le théâtre
• L’injustice • La poésie
Registre pathétique
• L’oraison funèbre
• Le roman
n

Lire et analyser
e

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviie siècle
Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre de Jacques Bénigne Bossuet
1 a.  Quels procédés contribuent au registre
Vid im

Sœur du roi d’Angleterre, Henriette-Anne Stuart épouse


pathétique ?
Monsieur, frère du roi Louis xiv. Brillante et très admirée à la
Cour, elle meurt brutalement du choléra. .....................................................................
L’interjection anaphorique « Ô », les exclamatives,
Ô nuit désastreuse ! ô nuit effroyable, où retentit tout à coup, .....................................................................
le lexique du malheur et de la souffrance, le rythme
comme un éclat de tonnerre, cette étonnante nouvelle : Madame .....................................................................
perturbé et vif, le pronom « nous » généralisant, la
se meurt, Madame est morte ! Qui de nous ne se sentit frappé .....................................................................
question rhétorique, et les hyperboles et répéti-
ec

à ce coup, comme si quelque tragique accident avait désolé sa .....................................................................


tions, qui rendent compte d’un malheur collectif,
.....................................................................
contribuent au registre pathétique.
éo

famille ? Au premier bruit d’un mal si étrange, on accourut à


Saint-Cloud de toutes parts ; on trouve tout consterné, excepté .....................................................................
le cœur de cette princesse. Partout on entend des cris, partout b.  Soulignez les références au destin tragique
on voit la douleur et le désespoir, et l’image de la mort. Le roi, la et brutal qui frappe la princesse.
reine, Monsieur1, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, c.  Quels sentiments l’orateur cherche-t-il à
sp

tout est désespéré, et il me semble que je vois l’accomplissement provoquer ?


de cette parole du prophète : Le roi pleurera, le prince sera désolé .................................................................
Bossuet cherche à provoquer la crainte face au
et les mains tomberont au peuple, de douleur et d’étonnement2. .....................................................................
malheur qui frappe brutalement, la tristesse d’un
Jacques Bénigne Bossuet, Oraison funèbre de Henriette-Anne d’Angleterre .....................................................................
deuil qui paraît contagieux et la compassion pour
Duchesse d’Orléans, 1670.
1. Monsieur : frère du roi. 2. Ezéchiel, VII, 27.
.....................................................................
la défunte et son entourage.
.....................................................................
I. Acquérir une culture littéraire
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au
xxe siècle : du romantisme au surréalisme
« Horloge » de Charles Baudelaire
2 a. Identifiez les figures d’analogie associées à l’horloge.
Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : Souviens-toi ! ..................................................................................
L’horloge est tour à tour comparée à une divinité funeste,

ite
Les vibrantes Douleurs dans ton cœur plein d’effroi ..................................................................................
chasseresse (« cible »), anthropophage (« dévore ») et à un
Se planteront bientôt comme dans une cible ; ..................................................................................
« insecte » vampirique.

Le Plaisir vaporeux fuira vers l’horizon b. Soulignez les termes qui renvoient à la fatalité.

ne t
Ainsi qu’une sylphide1 au fond de la coulisse ; c. Quelles émotions ces vers suscitent-ils ?

n
Chaque instant te dévore un morceau du délice ..................................................................................
Les images liées à la mort provoquent dégoût et terreur

trd
À chaque homme accordé pour toute sa saison. ..................................................................................
tandis que la situation sans issue de l’être humain inspire la
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde ..................................................................................
pitié des lecteurs.

a
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix d. Quels procédés syntaxiques et métriques sont à l’ori-
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, gine du bouleversement rythmique ?
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde ! ..................................................................................
Le rythme accumulatif, les tétramètres, l’apostrophe initiale,

n
[…] ..................................................................................
les enjambements, les rejets et contre-rejets, le discours
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857.
..................................................................................
direct et les signes de ponctuation bouleversent le rythme.
1. sylphide : génie féminin ailé et gracieux.
e. De quel registre ce poème relève-t-il ?

jec eig
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviiie siècle
Manon Lescaut de l’Abbé Prévost
..................................................................................
Il relève du registre tragique.

ni
3 a. Que cherche à susciter le narrateur avec la question
À la fin du roman, le Chevalier des Grieux retrouve
initiale ?
Manon, sa maîtresse arrêtée et condamnée à l’exil.
Il raconte son histoire à M. de Renoncourt. .......................................................................................
La question a pour fonction d’associer le destinataire (M. de
s
Vous dirai-je quel fut le déplorable sujet de mes .......................................................................................
Renoncourt) et le lecteur à la souffrance de Des Grieux. Il s’agit
entretiens avec Manon pendant cette route, ou quelle .......................................................................................
d’un procédé de prétérition visant à capter l’attention tout en
.......................................................................................
créant un effet d’attente.
pro en
impression sa vue fit sur moi, lorsque j’eus obtenu
tio
des gardes la liberté d’approcher de son chariot ? b. Quels procédés révèlent l’émotion du jeune homme ?
Ah ! les expressions ne rendent jamais qu’à demi .......................................................................................
Le lexique de la souffrance et des sentiments, la première
les sentiments du cœur  ; mais figurez-vous ma .......................................................................................
personne du singulier, l’exclamative, l’énumération qui fait le
pauvre maîtresse enchaînée par le milieu du corps, .......................................................................................
portrait de Manon révèlent l’émotion du jeune homme.
assise sur quelques poignées de paille, la tête appuyée c. Soulignez la métaphore hyperbolique qui traduit la souf-
languissamment sur un côté de la voiture, le visage france de Manon.
pâle et mouillé d’un ruisseau de larmes qui se fai-
n

d. De quel registre cet extrait relève-t-il ?


saient un passage au travers de ses paupières,
quoiqu’elle eût continuellement les yeux fermés. .......................................................................................
Il relève du registre pathétique.

Abbé Prévost, Manon Lescaut, 1731.


.......................................................................................
e

VERS LA 1re •
Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès
Vid im

Le théâtre
4 En reprenant certains procédés indiqués dans la
La mère. – Est-ce moi, Roberto, est-ce moi qui t’ai accou-
leçon, insérez des paroles tragiques et pathétiques à
ché ? Est-ce de moi que tu es sorti ? Si je n’avais pas accou-
la tirade de la Mère.
ché de toi ici, si je ne t’avais pas vu sortir, et suivi des yeux
jusqu’à ce qu’on te pose dans ton berceau ; si je n’avais pas ............................................................................
Pour le tragique : expliquer le changement de Roberto
posé, depuis le berceau, mon regard sur toi sans te lâcher, ............................................................................
par l’influence d’une force malsaine et fatale ; exprimer
ec

et surveillé chaque changement de ton corps au point que ............................................................................


l’abandon de la mère à la supplication ; mettre en avant
éo

je n’ai pas vu les changements se faire et que je te vois là, ............................................................................


l’idée de malédiction familiale ; multiplier les allusions
pareil à celui qui est sorti de moi dans ce lit, je croirais que ............................................................................
au parricide ; exprimer le dégoût, la colère et l’effroi.
ce n’est pas mon fils que j’ai devant moi. Pourtant, je te ............................................................................
Pour le pathétique : enrichir le portrait de l’enfant
reconnais, Roberto. Je reconnais la forme de ton corps, ta ............................................................................
nouveau-né de détails affectifs ; développer les senti-
............................................................................
ments maternels ; exprimer la douleur lors de la mort du
sp

taille, la couleur de tes cheveux, la couleur de tes yeux, la


forme de tes mains, ces grandes mains fortes qui n’ont jamais ............................................................................
père ; achever la tirade par un appel au secours.
servi qu’à caresser le cou de ta mère, qu’à serrer celui de ton
Ve
père, que tu as tué. Pourquoi cet enfant, si sage pendant r e
om s l t ai
re

Rédigez un axe de commentaire mettant


C

vingt-quatre ans, est-il devenu fou brusquement ? men

Bernard-Marie Koltès, Robert Zucco, 1988, © Éditions de Minuit.


en évidence le registre pathétique dans l’extrait de
Manon Lescaut de l’Abbé Prévost.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
IDENTIFIER ET EXPLOITER LES REGISTRES LITTÉRAIRES

26 Les registres lyrique et élégiaque

ite
Observer et retenir
Une expression personnelle ● Synthèse : les registres lyrique
En vain l’Aurore et intime et élégiaque

ne t
Qui se colore,  Marques de la 1re personne
Annonce un jour

n
 Déterminants possessifs Principaux
Définition
Fait pour l’Amour :

trd
 Adresse au destinataire : thèmes
De ta pensée souligne le lien entre le
Registre • Originellement • L’amour
Toute oppressée, « je » qui s’exprime et l’autre

a
lyrique accompagné de la lyre • Le temps
(personne, lieu…)
Pour te revoir • Exaltation des • La joie
J’attends le Soir. sentiments, comme • La nature
L’expression d’émotions l’amour ou la tristesse • Le paysage,

n
[…]
et de sentiments violents • Emprunte toutes reflet de l’âme
Un voile sombre
 Champs lexicaux des émotions les ressources de la
Ramène l’ombre : musicalité
 Hyperboles

jec eig
Un doux repos
 Ponctuation expressive
Suit les travaux.
Mon sein palpite, Registre • Exprime une plainte • La souffrance
Mon cœur me quitte… Des effets musicaux
élégiaque ou du regret • L’amour
 Répétitions
Je vais te voir, • Employé • L’exil

ni
 Rythmes : avec régularité, principalement dans • La mort
Voilà le Soir ! plainte et espoir s’expriment le genre poétique de
Marceline Desbordes-Valmore,  Sonorités (allitérations, l’élégie
« Le Soir », Romances, 1818.
s
assonances)
pro en
tio
Repérer et manipuler
1 Transformez les énoncés suivants de façon à ampli- 3 Réécrivez la définition suivante en employant les
fier les sentiments exprimés. Utilisez des procédés dif- procédés indiqués, afin de créer un texte qui exprime
férents : hyperboles, personnifications, interjections... les plaintes du locuteur (registre élégiaque).
Ex. Je suis triste de son départ. Définition : L’automne : saison intermédiaire entre l’été et
 Hélas ! Son départ m’afflige ! l’hiver, au cours de laquelle le paysage se transforme : les
n

1. J’apprécie ses visites. feuilles jaunissent et tombent. C’est la saison des ven-
 ..........................................................................
Que ses visites me charment ! danges. On récolte aussi pommes, noix et noisettes. On
2. Je regrette que le temps passe vite. assiste au raccourcissement des jours. Dans un sens figuré,
e

 ..........................................................................
Le temps s’enfuit trop rapidement ! l’automne est le symbole du déclin.
3. Ces vallons et ces collines me plaisent. Procédés : 1re personne du singulier • verbes de sentiments
 ..........................................................................
Que vous m’êtes doux et charmants, vallons et collines ! • une personnification • une comparaison • une exclama-
Vid im

4. Je vois de beaux rivages. tive • une apostrophe


 ..........................................................................
Je contemple d’admirables rivages. ...............................................................................
Cher été, que je te regrette ! Prêt à se dévêtir de son
...............................................................................
jaune manteau, l’automne paraît. Qu’ils sont tristes, ces
2 a. Dans les citations suivantes, soulignez les sons
...............................................................................
jours ! Comme vous survenez rapidement, ténèbres de la
qui se répètent (assonances et allitérations). ...............................................................................
nuit ! Hélas, combien cette saison m’attriste ! Telle une
1. « Tout s’est-il envolé ? Je suis seul, je suis las ;
ec

...............................................................................
mère affligée, la nature laisse choir ses fruits, que nous
J’appelle sans qu’on me réponde. » (Hugo) ...............................................................................
nous empressons de recueillir avant qu’ils ne se gâtent.
éo

2. « Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !


L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière.  » 4 a. Complétez chaque phrase par un verbe qui per-
(Rimbaud) sonnifie la nature, en suivant les indications.
3. « La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur, 1. Les forêts échevelées .....................
gémissent dans les sombres
sp

Un rond de danse et de douceur » (Eluard) vallons. [manifestation orale de tristesse]


b. Indiquez le sentiment exprimé par l’auteur. 2. Les flammes joyeusement ..................
dansent au cœur de la
cheminée. [mouvement de joie]
...................................   2. ...................................
1. plainte joie, bien-être
3. Les vagues ondulantes ...................
caressent le rivage endormi.
3. ...................................
amour
[geste d’amour]

I. Acquérir une culture littéraire


Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Le Tartuffe de Molière
5 a. Tartuffe fait l’éloge d’Elvire : encadrez les termes
Tartuffe, qui manifeste ostensiblement sa foi, entreprend

ite
appréciatifs.
de séduire Elvire, l’épouse de son hôte.
Tartuffe. – Et, si vous condamnez l’aveu que je vous fais, b. Soulignez les hyperboles. À qui Elvire est-elle
Vous devez vous en prendre à vos charmants attraits. comparée ?

ne t
Dès que j’en vis briller la splendeur plus qu’humaine, .........................................................................
Tartuffe montre l’ascendant qu’Elvire exerce sur lui : son

n
De mon intérieur vous fûtes souveraine ; .........................................................................
autorité est manifeste, elle est comparée à une déesse.

trd
De vos regards divins l’ineffable douceur c. Pourquoi le lyrisme employé ici par Tartuffe révèle-
Força la résistance où s’obstinait mon cœur ; t-il la mauvaise foi du personnage ?

a
Elle surmonta tout, jeûnes, prières, larmes, .........................................................................
Le langage religieux employé par Tartuffe, dans une
Et tourna tous mes vœux du côté de vos charmes. .........................................................................
déclaration d’amour, fait peser des soupçons sur son
Mes yeux et mes soupirs vous l’ont dit mille fois, .........................................................................
honnêteté : il emploie les procédés du lyrisme, comme

n
Et pour mieux m’expliquer j’emploie ici la voix. .........................................................................
les exagérations, et compare Elvire à une divinité.
Molière, Le Tartuffe, Acte III, scène 3, 1664. .........................................................................

jec eig
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme

Emma Bovary vient de perdre sa mère.


Madame Bovary de Gustave Flaubert
6 a. Parmi les thèmes évoqués, lesquels sont carac-
téristiques du registre lyrique ?

ni
Emma fut intérieurement satisfaite de se sentir arrivée
.............................................................................
Le thème de la nature parcourt l’extrait. Les harpes et
du premier coup à ce rare idéal des existences pâles, où ne
.............................................................................
les « chants de cygnes » rappellent les plaintes lyriques.
parviennent jamais les cœurs médiocres. Elle se laissa donc
b. Montrez que le rythme de la phrase imite la pen-
s
glisser dans les méandres lamartiniens1, écouta les harpes
sur les lacs, tous les chants de cygnes mourants, toutes les sée rêveuse d’Emma.
chutes de feuilles, les vierges pures qui montent au ciel, et .............................................................................
Le narrateur suggère un abandon d’Emma à la rêverie
pro en
tio
la voix de l’Éternel discourant dans les vallons. Elle s’en .............................................................................
que la phrase composée d’énumérations, en des groupes
ennuya, n’en voulut point convenir, continua par habitude, .............................................................................
de longueur croissante, tente de mimer. Le rythme se
ensuite par vanité, et fut enfin surprise de se sentir apaisée, .............................................................................
ralentit.
et sans plus de tristesse au cœur que de rides sur son front. c. L’auteur, réaliste, vous semble-t-il favorable à ce
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857. style d’écriture ? Encadrez une comparaison ironique.
1. méandres lamartiniens : complexité des poèmes de Lamartine, .............................................................................
Après l’énumération, le narrateur évoque les sentiments
poète romantique. .............................................................................
d’Emma : l’ennui, puis l’apaisement. Cherchant à
n

.............................................................................
sublimer sa tristesse, Emma, qui se complaît dans cette
.............................................................................
attitude, en vient à oublier sa mélancolie.
e

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au xxe


siècle : du romantisme au surréalisme
« Chanson d’automne » de Paul Verlaine
7 a. Soulignez les images qui représentent l’automne.
Les sanglots longs
Vid im

Des violons b. Après avoir relevé une comparaison, définissez le lien entre le poète et la
De l’automne saison évoquée.
Blessent mon cœur ................................................................................................................
Verlaine applique à la nature sa tristesse, comme dans la comparaison finale ou la
D’une langueur ................................................................................................................
personnification initiale : aux « sanglots » de l’automne répondent les pleurs du
Monotone. ................................................................................................................
poète, dans la deuxième strophe. Le poète, souvent complément d’objet des
Tout suffocant ................................................................................................................
verbes, subit ce sentiment amplifié par la nature.
ec

Et blême, quand c.  Montrez que le rythme et la métrique de ce poème correspondent aux
éo

Sonne l’heure,
sentiments exprimés.
Je me souviens
................................................................................................................
Le poème est composé de trois strophes comportant des vers de trois et quatre
Des jours anciens
Et je pleure ; ................................................................................................................
syllabes alternés de façon régulière. Certains groupes syntaxiques restent dans le
................................................................................................................
cadre des vers. Mais ce schéma est parfois perturbé par des enjambements,
Et je m’en vais
sp

................................................................................................................
comme à la deuxième strophe, qui disloquent les vers et rendent compte d’une
Au vent mauvais
Qui m’emporte ................................................................................................................
souffrance plus aiguë.
Deçà, delà, Ve
Pareil à la r e
om s l t ai
re

Rédigez un paragraphe dans lequel vous montrerez que la musique


C

Feuille morte. men


participe à la plainte élégiaque du poète dans « Chanson d’automne ».
Paul Verlaine, Poèmes saturniens, 1866.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
IDENTIFIER ET EXPLOITER LES REGISTRES LITTÉRAIRES

27 Les registres polémique et satirique

ite
Observer et retenir
1. Le registre polémique

ne t
En grec, polemikos signifie « relatif à la guerre ». Le registre polémique s’attaque
à la thèse adverse dans une situation d’énonciation clairement définie.

n
Genres les plus représentatifs : le discours • la lettre ouverte • le pamphlet

trd
La dévalorisation de l’adversaire
• l’article de presse
 Lexique péjoratif

a
 Ironie
Ceux qui jugent et qui condamnent disent la peine de mort néces-
 Emploi de la 2e personne et interpellation
saire. D’abord, – parce qu’il importe de retrancher de la communauté
sociale un membre qui lui a déjà nui et qui pourrait lui nuire encore. Les effets d’oralité

n
– S’il ne s’agissait que de cela, la prison perpétuelle suffirait. À quoi  Questions rhétoriques
bon la mort ? Vous objectez qu’on peut s’échapper d’une prison  ?  Emploi de l’impératif
Faites mieux votre ronde. Si vous ne croyez pas à la solidité des bar-  Rythme bref, vif

jec eig
reaux de fer, comment osez-vous avoir des ménageries ?
Pas de bourreau où le geôlier suffit. La réfutation de la thèse adverse
 Reprise critique des arguments adverses
Victor Hugo, Préface du Dernier Jour d’un condamné, 1832.
 Antithèses
 Implication personnelle

ni
2. Le registre satirique
Issu de l’Antiquité, le registre satirique est une moquerie cinglante, ironique et
s
caricaturale au nom de la raison ou de la morale.
Genres les plus représentatifs : l’essai • le traité • la maxime • le portrait • la satire
pro en
tio
Le grave magistrat qui a acheté pour quelque argent le droit de faire L’emploi de l’ironie
ces expériences1 sur son prochain va conter à dîner à sa femme ce qui  Banalisation
s’est passé le matin. La première fois madame en a été révoltée, à la  Euphémisme
seconde elle y a pris goût, parce qu’après tout les femmes sont  Moquerie

curieuses ; et ensuite la première chose qu’elle lui dit lorsqu’il rentre  Valorisation inattendue

en robe chez lui : « Mon petit cœur, n’avez-vous fait donner aujourd’hui
la question2 à personne ? » La caricature
 Personnages ridicules ou stéréotypés
n

Voltaire, article « Torture », Dictionnaire philosophique, 1764.


 Procédés d’exagération (répétition,
1. ces expériences : allusion à la pratique de la torture. 2. question : torture. hyperbole, énumération…)
e

Repérer et manipuler
Vid im

1 Relevez les indices caractéristiques du registre 2 Soulignez dans l’extrait suivant les indices carac-
polémique dans l’extrait suivant. téristiques du registre satirique.

La misère, messieurs, j’aborde ici le vif de la question, Le père Ubu a fait assassiner le roi Venceslas de
voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez- Pologne pour s’emparer du pouvoir.
vous savoir jusqu’où elle peut aller, jusqu’où elle va, je Père Ubu. – Apportez la caisse à Nobles et le crochet
ec

ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au Moyen Âge, à Nobles et le couteau à Nobles et le bouquin à Nobles !
éo

je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous Ensuite, faites avancer les Nobles.
vivons ? Voulez-vous des faits ? Il y a dans Paris… On pousse brutalement les Nobles.
(L’orateur s’interrompt). Mon Dieu, je n’hésite pas à Mère Ubu. – De grâce, modère-toi, Père Ubu.
les citer, ces faits. Père Ubu. – J’ai l’honneur de vous annoncer que pour
sp

Victor Hugo, Discours à l’Assemblée nationale, 9 juillet 1849. enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles
et prendre leurs biens.
...............................................................................
L’interpellation « messieurs » ; les questions rhétoriques Nobles. – Horreur ! À nous, peuple et soldats !
...............................................................................
« voulez-vous savoir […] la misère ? Voulez-vous savoir […] Père Ubu. – Amenez le premier Noble et passez-moi
...............................................................................
Voulez-vous des fait ? » ; l’implication personnelle : « je ne le crochet à Nobles. […]
...............................................................................
dis pas » et « je dis », « je n’hésite pas à les citer, ces faits ». Alfred Jarry, Ubu roi, Acte III, scène 2, 1896.
...............................................................................
I. Acquérir une culture littéraire
Lire et analyser
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes
de l’argumentation : xviie siècle
Les Caractères de Jean de La Bruyère
3 a. Soulignez les passages qui décrivent Théodecte
J’entends Théodecte de l’antichambre ; il grossit sa voix

ite
et précisez quel trait de caractère est mis en évidence.
à mesure qu’il s’approche, le voilà entré ; il rit, il crie, il
éclate, on bouche ses oreilles, c’est un tonnerre ; il n’est pas .............................................................................
Les hyperboles, gradations croissantes et antithèses font
moins redoutable par les choses qu’il dit que par le ton dont .............................................................................
de Théodecte un personnage grossier et fat, antidote de

ne t
il parle ; il ne s’apaise et il ne revient de ce grand fracas que .............................................................................
l’honnête homme mondain.
pour bredouiller des vanités et des sottises  : il a si peu b. En quoi ce portrait fait-il de Théodecte un per-

n
d’égard au temps, aux personnes, aux bienséances, que sonnage comique ?

trd
chacun a son fait1 sans qu’il ait eu l’intention de le lui .............................................................................
Théodecte est une caricature de l’aristocrate contrefait qui

a
donner ; il n’est pas encore assis qu’il a à son insu désobligé .............................................................................
agit comme un pantin. Il « grossit sa voix », il « bredouill[e] »,
toute l’assemblée. .............................................................................
capable seulement de formuler « des vanités et des sottises ».
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688.
c. De quel registre cet extrait relève-t-il ?

n
1. son fait : son lot de reproches.
.............................................................................
Il révèle du registre satirique.

OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe


« L’Homme a ri » de Victor Hugo

jec eig
au xxe siècle : le romantisme
4 a. Soulignez les termes qui renvoient à l’image du
Dans Les Châtiments, Victor Hugo invective Napoléon III,
pilori (poteau où l’on exposait jadis les criminels).
à l’origine du coup d’État du 2 décembre 1851.
Ah ! tu finiras bien par hurler, misérable ! b. Identifiez les procédés traduisant le mépris du

ni
Encor tout haletant de ton crime exécrable, poète ainsi que le registre dominant.
Dans ton triomphe abject, si lugubre et si prompt, .............................................................................
Une exclamative doublée d’une interjection
Je t’ai saisi. J’ai mis l’écriteau sur ton front ; .............................................................................
dédaigneuse, les insultes, le lexique péjoratif, le ton
s
Et maintenant la foule accourt et te bafoue1. .............................................................................
vengeur, l’argument ad hominem, le tutoiement, les
Toi, tandis qu’au poteau le châtiment te cloue, .............................................................................
apostrophes et les effets d’oralité caractérisent le
Que le carcan2 te force à lever le menton, .............................................................................
registre polémique.
pro en
tio
Tandis que, de ta veste arrachant le bouton, c. Quels indices confirment la présence du poète ?
L’histoire à mes côtés met à nu ton épaule, Précisez son rôle.
Tu dis : je ne sens rien ! et tu nous railles3, drôle ! .............................................................................
Le poète intervient directement par la parole et par
Ton rire sur mon nom gaîment vient écumer ; .............................................................................
l’action. Le « je » se dresse en bourreau de justice porté
Mais je tiens le fer rouge et vois ta chair fumer. .............................................................................
par la « foule » et l’« histoire ». Les derniers vers
Jersey, août 1852. .............................................................................
révèlent le sens du titre. Hugo part d’une anecdote,
Victor Hugo, Les Châtiments, 1853.
.............................................................................
d’une raillerie de Napoléon III à la lecture d’un
n

1. bafouer : humilier, mépriser. 2. carcan : collier de fer servant à .............................................................................


pamphlet écrit à son encontre, pour rappeler le rôle du
attacher un condamné exposé en public. 3. railler : se moquer.
.............................................................................
poète : rétablir justice et vérité.
e

VERS LA 1re •
L’argumentation
Article « La guerre » de Guy de Maupassant
5 a. Repérez, en les isolant entre crochets,
[La guerre est plus vénérée que jamais.]
Vid im

1
2 [Un artiste habile en cette partie, un massacreur de génie, M. de
les différentes étapes de l’argumentation de
Maupassant et précisez leur fonction.
Moltke1, a répondu un jour, aux délégués de la paix, les étranges
paroles que voici : « La guerre est sainte, d’institution divine ; c’est ..................................................................
1 : accroche provocatrice – 2 : thèse adverse –

une des lois sacrées du monde ; elle entretient chez les hommes tous ..................................................................
3 : exemples argumentatifs de Maupassant –

les grands, les nobles sentiments : l’honneur, le désintéressement, la ..................................................................


4 : reprise ironique de la thèse adverse.
ec

vertu, le courage, et les empêche en un mot de tomber dans le plus b. Quels procédés renforcent le caractère
hideux matérialisme. »] polémique du discours ?
éo

3 [Ainsi, se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher ..................................................................


Les marques d’oralité, le lexique péjoratif et
jour et nuit sans repos, ne penser à rien ni rien étudier, […] puis ren- ..................................................................
familier, l’énumération, les descriptions triviales
contrer une autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus, ..................................................................
et hyperboliques, les métaphores animales et les
faire des lacs de sang, des plaines de chair pilée mêlée à la terre boueuse ..................................................................
répétitions nourrissent le registre polémique.
sp

et rougie, […] et crever au coin d’un champ, tandis que vos vieux
parents, votre femme et vos enfants meurent de faim ;][voilà ce qu’on Ve
appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme.] 4 r s la
iss o
e r tati
n

Rédigez un paragraphe montrant


D

Guy de Maupassant, « La guerre », article publié dans Gil Blas,


le 11 décembre 1883.
que la diversité des genres littéraires permet
1. M. de Moltke : général de l’armée prussienne. de dénoncer efficacement.
Sur une copie
I. Acquérir une culture littéraire
S ’ INITIER À DÉVELOPPER UNE RÉPONSE : QUESTION SUR LE CORPUS

28 Répondre à une question sur le corpus

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué

1 texte A : roman réaliste


Lire le corpus

ne t
Question : du XIXe siècle
1 Quelle est la nature des supports Ces deux incipit vous semblent-ils traditionnels ? texte B : prolongement

n
(objet d’étude, époque, genre, au XXe siècle

trd
auteur, courant littéraire…) ? 2 incipit romanesque
Texte A
2 Quelles informations du paratexte

a
3 • ouvertures de romans
nous permettent de comprendre la Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une • présence d’un héros dans
situation ? obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme une situation particulière :
3 Quelle est l’unité du corpus
suivait seul la grande route de Marchiennes à solitude dans la nature

n
(caractéristiques, intentions, points Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, glaciale (Étienne Lantier),
à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne contemplation de l’Histoire
communs et différences) ?
(duc)
voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation

jec eig
Analyser la question posée 4 invitation à confronter deux
de l’immense horizon plat que par les souffles du
incipit d’époques différentes
4 Quel est le type de question (genre, vent de mars, des rafales larges comme sur une et à s’interroger sur la nature
personnage, procédé…) ? mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et du romanesque
5 Quels sont les mots-clés ? de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le 5 « incipit », « traditionnels »

ni
ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une 6 quelle est la part du
6 Comment reformuler la question ?
jetée, au milieu de l’embrun aveuglant des ténèbres. conventionnel ? dans quelle
Émile Zola, Germinal, 1885. mesure s’en écarte-t-on ?
s
Composer la réponse 7 • éléments qui relèvent de
7 Quelles sont les idées importantes Texte B la tradition (espace, temps,
personnage)
pro en
(comparaison du lieu, temps, person- Le vingt-cinq septembre douze cent soixante-
tio
nage, situation de l’incipit…) ?
quatre, au petit jour, le duc d’Auge se pointa sur le
• éléments qui déconcertent
le lecteur : texte A : paysage
8 Comment organiser la réponse ? sommet du donjon de son château pour y considérer, hostile et héros anonyme ;
un tantinet soit peu, la situation historique. Elle était texte B : mélange des
plutôt floue. Des restes du passé traînaient encore çà époques et des peuples, jeu
Rédiger la réponse avec les niveaux de langue
et là, en vrac. Sur les bords du ru voisin, campaient
 Une phrase d’introduction 8 I. Des éléments traditionnels :
deux Huns ; non loin d’eux un Gaulois, Eduen peut-
pour présenter les textes et la cadre spatio-temporel,
être, trempait audacieusement ses pieds dans l’eau
n

problématique présence d’un héros


 Un développement en paragraphes
courante et fraîche. Sur l’horizon se dessinaient les II. Une mise à distance de la
pour mettre en évidence les points silhouettes molles de Romains fatigués, de Sarrasins tradition : interrogation sur
de convergence ou de divergence de Corinthe, de Francs anciens, d’Alains seuls. les personnages (identité,
e

Quelques Normands buvaient du calva. statut, rôle…) ; un jeu avec


 Une phrase de conclusion, bilan de
les conventions littéraires
l’analyse Raymond Queneau, Les Fleurs bleues, 1965, chez Queneau (texte
© Éditions Gallimard.
Vid im

comique)

Repérer et manipuler
1 Exploitez le paratexte suivant en mobilisant vos 2 Analysez les questions suivantes  : soulignez les
connaissances. Quelles informations peut-on tirer de mots-clés et explicitez les attendus.
ec

la première lecture (objet d’étude, genre, époques, 1. Dégagez les thèses présentes dans les trois textes.
éo

thème…) ? ...............................................................................
Reformuler des thèses et les confronter (le même point
Corpus : ...............................................................................
de vue est-il défendu ?)
• Corneille, Médée, 1635 2. Que dénoncent les quatre textes du corpus ?
• Euripide, Hippolyte, 428 av. J.-C. ...............................................................................
Dégager les aspects de la critique en les regroupant
sp

• Racine, Phèdre, 1677 ...............................................................................


suivant leur nature.
• Sénèque, Phèdre, Ier siècle ap. J.-C. 3.  Quelle vision de la relation amoureuse les textes pré-
...............................................................................
Il s’agit du théâtre, la tragédie au xviie siècle et de ses sentent-ils ?
...............................................................................
échos antiques (modèles grecs et latins). Deux figures ...............................................................................
Caractériser une conception de l’amour et s’interroger
...............................................................................
féminines sont confrontées à la passion dévorante. Les ...............................................................................
sur les variantes dans le corpus.
...............................................................................
titres éponymes sont féminins, sauf Hippolyte. ...............................................................................
II. Savoir organiser un texte
Analyser et employer
3 a. Lisez le corpus.

Question : Quelles leçons se dégagent des mondes décrits dans ces deux textes ?

ite
Texte A L’Utopie de Thomas More Texte B Candide de Voltaire
Dans le roman de l’écrivain anglais Thomas More, publié Candide, chassé du château de Thunder-ten-tronckh

ne t
par son ami Erasme, Raphaël Hythlodée, voyageur huma- en Westphalie, poursuit son périple qui le mène d’Europe
niste, raconte le périple maritime qui l’a mené un jour sur en Amérique du Sud. Accompagné de son valet

n
l’île d’Utopie. Cacambo, il découvre le pays fabuleux d’Eldorado, étape

trd
Ainsi, tout le monde, en Utopie, est occupé à des arts dans le récit.
et à des métiers réellement utiles. Le travail matériel y En attendant, on leur fit voir la ville, les édifices

a
est de courte durée, et néanmoins ce travail produit publics élevés jusqu’aux nues, les marchés ornés de
l’abondance et le superflu. Quand il y a encombrement mille colonnes, les fontaines d’eau pure, les fontaines

n
de produits, les travaux journaliers sont suspendus, et la d’eau rose, celles de liqueurs de canne à sucre qui
population est portée en masse sur les chemins rompus coulaient continuellement dans de grandes places
ou dégradés. Faute d’ouvrage ordinaire et extraordinaire, pavées d’une espèce de pierreries qui répandaient une

jec eig
un décret autorise une diminution sur la durée du travail, odeur semblable à celle du gérofle1 et de la cannelle.
car le gouvernement ne cherche pas à fatiguer les citoyens Candide demanda à voir la cour de justice, le parle-
par d’inutiles labeurs. ment ; on lui dit qu’il n’y en avait point, et qu’on ne
Le but des institutions sociales en Utopie est de fournir plaidait jamais. Il s’informa s’il y avait des prisons, et
d’abord aux besoins de la consommation publique et on lui dit que non. Ce qui le surprit davantage, et qui

ni
individuelle, puis de laisser à chacun le plus de temps lui fit le plus grand plaisir, ce fut le palais des sciences,
possible pour s’affranchir de la servitude du corps, cultiver dans lequel il vit une galerie de deux mille pas2, toute
librement son esprit, développer ses facultés intellectuelles pleine d’instruments de mathématique et de physique.
s
par l’étude des sciences et des lettres. C’est dans ce déve- Voltaire, Candide, 1759.
loppement complet qu’ils font consister le vrai bonheur.
1. gérofle : forme ancienne de girofle ; il s’agit d’un aromate.
pro en
tioThomas More, L’Utopie, 1516, trad. de Victor Stouvenel. 2. deux mille pas : environ 1 500 mètres.

b. Complétez le tableau suivant.


GRILLE DE LECTURE TEXTE A TEXTE B
Auteur, titre .........................................................
Thomas More, L’Utopie .........................................................
Voltaire, Candide
n

Date .........................................................
1516 .........................................................
1759

Contextes littéraires .........................................................


Renaissance .........................................................
Les Lumières
e

Objet d’étude .........................................................


Mise en perspective diachronique de .........................................................
Genre et forme de l’argumentation au
......................................................... .........................................................
l’argumentation xviiie
 siècle

Genre littéraire .........................................................


Récit .........................................................
Conte philosophique
Vid im

Thème .........................................................
L’utopie et ses éléments fondateurs .........................................................
L’utopie ou l’Eldorado

Visées, finalités ou intentions .........................................................


Décrire un monde idéal .........................................................
Décrire un monde idéal
.........................................................
Critiquer en creux la société contemporaine Critiquer en creux la société contemporaine

Caractéristiques d’écriture dominantes .........................................................


Description à valeur argumentative .........................................................
Narration et description
......................................................... .........................................................
ec

Enumérations, jeu d’oppositions…


éo

c. Analysez la question.
.......................................................................................................................................................................
Il convient de préciser la nature des leçons et leurs caractéristiques dans les deux textes qui présentent une description de la
.......................................................................................................................................................................
société idéale. Les leçons sont-elles communes ?
.......................................................................................................................................................................
Des leçons morales et politiques se dégagent des deux mondes décrits au xvie et au xviiie siècle. La quête de
sp

.......................................................................................................................................................................
l’épanouissement individuel et la jouissance de la liberté passent par l’étude et les connaissances universelles chez More et
.......................................................................................................................................................................
Voltaire. Le pouvoir politique est humanisé dans les deux extraits. More propose une vision utilitaire et humaine du travail.
.......................................................................................................................................................................
Chez Voltaire, on a une présentation esthétique du monde évoqué (luxe et urbanisme). Les extraits font apparaître des
.......................................................................................................................................................................
points communs nombreux dans une vision humaniste de la société décrite, à deux époques différentes. Les deux textes
.......................................................................................................................................................................
présentent un idéal social et moral, contrepoint de la réalité.

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER À L ’ ÉCRITURE D ’ INVENTION

29 Écrire la suite d’un texte

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué

Identifier l’exercice

ne t
Sujet : 1 une amplification : continuer le texte
1 Quel est le type d’écriture
En respectant le genre, le registre et en imitant l’auteur

n
demandé ? les procédés d’écriture du texte, rédigez
2 texte d’une vingtaine de lignes

trd
2 Quelles sont les précisions ? une suite d’une vingtaine de lignes.

a
Repérer les composantes
essentielles
3 Quel est le contexte historique ? Argan. –  Mais raisonnons un peu, 3 texte du XVIIe siècle

n
mon frère. Vous ne croyez donc point
4 Quel est le mouvement ? 4 classicisme
à la médecine ?
5 Quel est le genre ? Beralde. – Non, mon frère, et je ne 5 genre théâtral

jec eig
6 Quel est le thème ? vois pas que pour son salut il soit 6 la médecine

7 Quel est le registre ? nécessaire d’y croire. 7 registre polémique


Argan. – Quoi ! vous ne tenez pas véri-
8 Quelle est la situation 8 • Béralde et Argan : 1re et 2e personnes
table une chose établie par tout le monde,
d’énonciation ? • temps du discours : présent
et que tous les siècles ont révérée ?

ni
• Qui parle ?
9 niveau de langue soutenu
• Quels temps dominent ? Beralde. – Bien loin de la tenir véri-
N.B. : pour un texte narratif, table, je la trouve, entre nous, une des 10 lexique péjoratif
s
descriptif, informatif : quel est le plus grandes folies qui soit parmi les 11 hyperboles 
statut du narrateur ? quelle est la hommes, et, à regarder les choses en
12 Deux frères, bourgeois, se tiennent
focalisation ? philosophe, je ne vois point de plus
pro en
tête dans un débat : Argan croit au
tio
9 Quel est le niveau de langue ? plaisante mômerie ; je ne vois rien de pouvoir de la médecine. Il s’exclame
10 Quel est le type de lexique ?
plus ridicule qu’un homme qui se veut et s’offusque sans présenter
mêler d’en guérir un autre. d’arguments solides. Béralde est
11 Quelles sont les figures de style déterminé et soutient que la médecine
Molière, Le Malade imaginaire, Acte III,
utilisées ? scène 3, 1673. est inutile. Il oppose le lexique de la
12 Que vient-il de se passer ? raison et de la folie.

Analyser la suite à inventer


n

 Un dialogue théâtral  répliques, didascalies, temps du discours


 Un texte argumentatif sur  registre polémique : confrontation (arguments/contre-arguments), recours aux techniques
e

la médecine de persuasion
Vid im

Repérer et manipuler
1 a. Identifiez le genre et le mouvement littéraires
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur
auxquels l’extrait se rattache.
de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un
homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter . . . . . . . . . . se
L’extrait . . . rattache
. . . . . . . . . . à. . la
. . .poésie
. . . . . . . .symboliste.
..............................
ec

avec ma main, comme un mouchoir odorant, pour b. Encadrez le thème principal et le second thème
éo

secouer des souvenirs dans l’air. auquel il est associé.


Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que c. Quelle est la situation d’énonciation ?
je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! Mon . . . .poète
Le . . . . . . .(1
. .re. . personne
. . . . . . . . . . . .du
. . .singulier)
. . . . . . . . . . . s’adresse
. . . . . . . . . . .à. .la
. . .femme
.........
âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres .qu’il
. . . . .aime
. . . . . . (2
. . . .personne
e
. . . . . . . . . . . du
. . . .singulier)
. . . . . . . . . . .en
. . . .l’interpellant
. . . . . . . . . . . . . . .par
.....
hommes sur la musique. […]
sp

.le. . recours
. . . . . . . . .à. .l’impératif
. . . . . . . . . . . . .présent.
.......................................
Charles Baudelaire, « Un hémisphère dans une chevelure », ..................................................................
Le Spleen de Paris, 1869.
..................................................................
d. Soulignez les termes qui évoquent les sens.
e. Identifiez le registre du poème. 
.Le
. . .poème
. . . . . . . . relève
. . . . . . . .du
. . . registre
. . . . . . . . . .lyrique.
.................................

II. Savoir organiser un texte


Analyser et employer
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
« Pierrot » de Guy de Maupassant
Mme Lefèvre, une paysanne riche et avare, et sa

ite
Sujet  : En respectant le genre, le registre et les procédés
servante Rose viennent d’adopter le chien du d’écriture du texte, rédigez une suite d’une dizaine de lignes.
boulanger afin de dissuader les voleurs qui
sévissent dans leur potager.

ne t
2 a. Soulignez les indices permettant de cerner le caractère
Rose l’embrassa puis demanda comment on le de Mme Lefèvre.

n
nommait. Le boulanger répondit : « Pierrot ».
b. Encadrez les expressions renvoyant au mode de vie et au

trd
Il fut installé dans une vieille caisse à savon et
langage des paysans.
on lui offrit d’abord de l’eau à boire. Il but. On

a
lui présenta ensuite un morceau de pain. Il c. Prolongez l’extrait en tenant compte des indices repérés. 
mangea. Mme Lefèvre, inquiète, eut une idée : .........................................................................................
Il fut immédiatement décidé qu’on se débarrasserait de Pierrot.
« Quand il sera bien accoutumé à la maison, on .........................................................................................
Personne n’en voulut. Tous les habitants le refusèrent à dix lieues

n
le laissera libre. Il trouvera à manger en rôdant .........................................................................................
aux environs. Alors on se résolut, faute d’autre moyen, à lui faire
dans le pays ». .........................................................................................
« piquer du mas »1. […]
On le laissa libre, en effet, ce qui ne l’empêcha .........................................................................................
Alors Rose qui pleurait, l’embrassa, puis le lança dans le trou. […]

jec eig
point d’être affamé. […] .........................................................................................
Elles furent saisies de remords, d’épouvante, d’une peur folle et
Mme Lefèvre cependant s’était accoutumée à .........................................................................................
inexplicable ; et elles se sauvèrent en courant. […]
cette bête. Elle en arrivait même à l’aimer, et à .........................................................................................
[Mme Lefèvre] courut chez le puisatier chargé de l’extraction de la
lui donner de sa main, de temps en temps, des .........................................................................................
marne2, et elle lui raconta son cas. L’homme écoutait sans rien

ni
bouchées de pain trempées dans la sauce de son .........................................................................................
dire. Quand elle eut fini, il prononça : « Vous voulez votre quin ?
fricot. .........................................................................................
Ce sera quatre francs ».
Mais elle n’avait nullement songé à l’impôt, et .........................................................................................
Elle eut un sursaut ; toute sa douleur s’envola du coup.
s
quand on lui réclama huit francs, – huit francs, .........................................................................................
Guy de Maupassant, « Pierrot », Le Gaulois, 1882.
madame ! – pour ce freluquet 1 de quin 2qui ne .........................................................................................
jappait seulement point, elle faillit s’évanouir de .........................................................................................
1. piquer du mas : jeter dans la marnière, cavité souterraine de Haute-
pro en
tio
saisissement. .........................................................................................
Normandie.

Guy de Maupassant, « Pierrot », Le Gaulois, 1882. .........................................................................................


2. marne : roche calcaire.

1. freluquet : terme péjoratif signifiant « de petite taille ». .........................................................................................


2. quin : chien, en patois normand. .........................................................................................
.........................................................................................

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


Émile ou De l’Éducation de Jean-Jacques Rousseau
n

de l’argumentation : xviiie siècle

Que faut-il donc penser de cette éduca- Sujet  : Poursuivez l’extrait de Rousseau en développant des argu-
tion barbare qui sacrifie le présent à un ments favorables à une autre forme d’éducation.
e

avenir incertain, qui charge un enfant de


chaînes de toute espèce, et commence par 3 a. Quel est le registre de l’extrait ? Quels indices vous ont permis
le rendre misérable, pour lui préparer au
Vid im

de l’identifier ?
loin je ne sais quel prétendu bonheur dont
.....................................................................................................
L’extrait relève du registre polémique : questions rhétoriques, hyperboles,
il est à croire qu’il ne jouira jamais ?
.....................................................................................................
lexique péjoratif, énumérations.
Quand je supposerais cette éducation rai-
sonnable dans son objet, comment voir b. Quelle métaphore filée Rousseau développe-t-il ?
sans indignation de pauvres infortunés .....................................................................................................
La métaphore filée de l’esclavage permet de dénoncer l’éducation subie
ec

soumis à un joug insupportable et .....................................................................................................


par les enfants.
condamnés à des travaux continuels c. Poursuivez l’extrait.
éo

comme des galériens, sans être assuré que .....................................................................................................


Hommes, soyez humains, c’est votre premier devoir ; soyez-le pour tous
tant de soins leur seront jamais utiles  ? .....................................................................................................
les états, pour tous les âges, pour tout ce qui n’est pas étranger à
L’âge de la gaieté se passe au milieu des .....................................................................................................
l’homme. […] Aimez l’enfance ; favorisez ses jeux, ses plaisirs, son aimable
pleurs, des châtiments, des menaces, de .....................................................................................................
instinct. […] Pourquoi voulez-vous ôter à ces petits innocents la jouissance
sp

l’esclavage. .....................................................................................................
d’un temps si court qui leur échappe, et d’un bien si précieux dont ils ne
Jean-Jacques Rousseau, .....................................................................................................
sauraient abuser ? […] Ne vous préparez pas des regrets en leur ôtant le
Émile ou De L’Éducation, 1762.
.....................................................................................................
peu d’instants que la nature leur donne : aussitôt qu’ils peuvent sentir le
.plaisir
. . . . . . .d’être,
. . . . . . . . .faites
. . . . . . .qu’ils
. . . . . . en
. . . .jouissent
. . . . . . . . . . .;. faites
. . . . . . . .qu’à
. . . . . quelque
. . . . . . . . . . .heure
. . . . . . . que
..........
.....................................................................................................
dieu les appelle, ils ne meurent point sans avoir goûté la vie.
.....................................................................................................
Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’Éducation, 1762.

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER À L ’ ÉCRITURE D ’ INVENTION

30 Imiter, détourner, transposer


Acquérir une méthode

ite
Exemple appliqué
Identifier l’exercice
1 écrire une parodie sous
1 Quel est le type

ne t
Sujet : Vous écrirez une parodie sous la forme d’une page de la forme d’une page
d’écriture demandé ?
roman des scènes 4 et 5 de l’acte III de Phèdre de Racine. romanesque

n
2 Quelles sont les
2 • imiter la situation des
précisions ?

trd
scènes 4 et 5, parodier le
style, la situation et les

a
personnages 
• transposer : abandonner
Repérer les Phèdre est éprise de son beau-fils Hippolyte. Croyant son le genre théâtral au profit
caractéristiques mari Thésée mort, elle a avoué sa passion coupable. du genre romanesque

n
essentielles Thésée, finalement vivant, revient en son palais...
3 Quel est le genre du Scène 4 3 genre théâtral
Thésée, Hippolyte, Phèdre, Œnone, Théramène

jec eig
texte ? 4 un mari retrouve sa femme
4 Quelle est la situation ?
Thésée. – La fortune à mes vœux cesse d’être opposée, et veut l’embrasser. Elle
Madame, et dans vos bras met... s’en déclare indigne.
5 Quel est son enjeu ?
Phèdre. – Arrêtez, Thésée. 5 • un enjeu sérieux :
6 Qui sont les personnages Et ne profanez point des transports si charmants : un mari offensé, une

ni
présents ? Je ne mérite plus ces doux empressements ; femme devenue indigne ;
Vous êtes offensé. La fortune jalouse l’honneur est en jeu.
N’a pas en votre absence épargné votre épouse. • un mystère : seule Phèdre
s
7 Quel est le registre connaît la nature de
du texte ? Indigne de vous plaire et de vous approcher, l’offense.
Je ne dois désormais songer qu’à me cacher. 6 cinq personnages
8 Quel est le niveau
pro en
Scène 5
tio
de langue ? présents : Phèdre et
Thésée, Hippolyte, Théramène Œnone sortent à la fin de
Thésée. – Quel est l’étrange accueil qu’on fait à votre père, la scène 4 ; personnages
d’un rang élevé.
Mon fils ?
7 registre tragique
Hippolyte. – Phèdre peut seule expliquer ce mystère.
Analyser la situation 8 niveau de langue soutenu
Jean Racine, Phèdre, Acte III, scènes 4 et 5, 1677.
à inventer
 Une transposition  suppression des caractéristiques de l’écriture dramatique au profit de celles du roman : temps du
n

 Une parodie récit, narrateur extérieur ou personnage, présent ou absent, dialogue…


 changement de registre : emploi du comique, style burlesque principalement ; niveau de langue
familier ; caractères et sentiments bas
e

Analyser et employer
Vid im

VERS LA 1re •
Le théâtre
Phèdre de Georges Fourest
« Theseus, c’est Theseus ! il arrive !
1 a. Montrez que ces vers sont une réécriture de Phèdre.
« C’est lui-même : il monte à grands pas ! » ................................................................................................
Ces vers imitent les personnages (« Théseus », « sa femme »,

Venait-il de Quimper, de Brive, ................................................................................................


Hippolyte) et la péripétie (Thésée veut embrasser sa femme qui refuse
ec

d’Honolulu ! je ne sais pas, ................................................................................................


et suggère la culpabilité d’Hippolyte).
éo

mais il entre, embrasse sa femme, b. Relevez les éléments qui relèvent d’une parodie burlesque.
la rembrasse en mari galant ! ................................................................................................
– lexique courant, familier voire bas (« rembrasse », « carogne »,
aussitôt la carogne infâme ................................................................................................
« pleurniche », « saligots ») ;
pleurniche, puis d’un ton dolent : ................................................................................................
– ieu, comportement, sentiments, relations plus prosaïques (« en mari
sp

« — Monsieur, votre fils Hippolyte, ................................................................................................


galant », « la rembrasse », « Monsieur », « Quimper…Honolulu »,

« avec tous ses grands airs bigots, ................................................................................................


« avec tous ses grands airs ») ;

« et ses mines de carmélite, ................................................................................................


– registre comique (burlesque) : intervention du narrateur, jugements

« est bien le roi des saligots ! ................................................................................................


péjoratifs sur Phèdre elle-même et dans son intervention triviale,

George Fourest, La Négresse blonde,


................................................................................................
figures (« je ne sais pas », « la carogne infâme », « mine de
« Phèdre », 1909, © José Corti. ................................................................................................
carmélites »).

II. Savoir organiser un texte


Langue et culture
de l’Antiquité
« Le Paon et la Grue » d’Ésope
Un paon se moquait d’une grue ; il raillait Sujet : Réécrivez cette fable en transposant l’action à la cour de
sa couleur : « Moi, je suis vêtu d’or et de Louis XIV. 

ite
pourpre, toi, tu portes un plumage sans
2 a. Encadrez les indices permettant de cerner le caractère du
beauté. – Seulement moi, répondit la grue, je
chante parmi les étoiles et mon vol me porte
paon et soulignez ceux permettant de cerner celui de la grue.
b. Recherchez des hommes ayant des caractères semblables à la

ne t
dans les hauteurs ; toi, pareil à un coq, tu
marches en bas avec la volaille. » cour de Louis XIV.

n
Plutôt la gloire en haillons que le déshon- ................................................................................................
Un courtisan, un homme d’esprit.

trd
neur dans le faste. c. Réécrivez la fable.
Ésope (VIIe avt J.C.), Fables, trad. de Cl. Terreaux,

a
................................................................................................
« Du Courtisan et du Fabuliste »
2004, © Éditions Arléa.
................................................................................................
Un Courtisan marchant avec un Fabuliste agitait ses dentelles et
................................................................................................
montrait ses rubans. Il méprisait le fabuliste : « vos fables valent bien

n
................................................................................................
peu si l’on songe à Corneille, à Racine ou même à Molière, lui dit-il. »
................................................................................................
Mais le Fabuliste lui conta « Le Paon et la Grue. » qu’il mit en vers pour
................................................................................................
l’occasion. Une Dame qu’on croisait alors lui adressa aussitôt le plus

jec eig
................................................................................................
gracieux des sourires.

OBJET D’ÉTUDE • La comédie


au xviie siècle
Le Bourgeois gentilhomme de Molière
Scène XVI Sujet : Transposez ce bref dialogue dans le genre romanesque.

ni
Monsieur Jourdain, Dorimène,
3 a. Identifiez la situation et les personnages.
Dorante, Laquais
................................................................................................
Monsieur Jourdain fait des révérences devant Dorante, Dorimène et
s
Monsieur Jourdain, après avoir fait deux ................................................................................................
des laquais.
révérences, se trouvant trop près de Dorimène.
b. Transposez du genre théâtral au genre romanesque.
– Un peu plus loin, Madame.
pro en
................................................................................................
tio
Dorimène. – Comment ? Dès qu’il eut terminé sa deuxième révérence, Jourdain fut si près de
................................................................................................
Dorimène qu’il se trouva empêché de faire la troisième. Après un petit
Monsieur Jourdain. – Un pas, s’il vous
plaît. ................................................................................................
moment d’embarras et déjà tout transpirant, il demanda que

Dorimène. – Quoi donc ? ................................................................................................


Dorimène voulût bien se reculer un peu. La pauvre marquise quand

Monsieur Jourdain. – Reculez un peu, pour ................................................................................................


elle eut compris de quoi il s’agissait se recula de trois pas. Dorante et

la troisième. ................................................................................................
les laquais qui observaient la scène ne pouvaient contenir leurs rires.
Molière, Le Bourgeois gentilhomme, ................................................................................................
Jourdain put enfin terminé ce qu’il imaginait le comble des bonnes
Acte III, scène 16, 1670. ................................................................................................
manières et quand il se releva, on vit bien à son large sourire qu’il se
n

................................................................................................
croyait maintenant un vrai gentilhomme.

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


L’Éducation sentimentale de Gustave Flaubert
e

au xixe siècle : réalisme et naturalisme

Ce fut comme une apparition : Sujet : Pastichez l’extrait de Flaubert.


Elle était assise, au milieu du banc, toute
Vid im

seule ; ou du moins il ne distingua personne, 4 a. Identifiez les caractéristiques stylistiques pour les imiter :
dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses lexique, temps, narrateur, récit, description, figures.
yeux. En même temps qu’il passait, elle leva b. Pastichez le texte.
la tête ; il fléchit involontairement les épaules ;
................................................................................................
Deux hommes parurent.
et, quand il se fut mis plus loin, du même
................................................................................................
L’un venait de la Bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand,
ec

côté, il la regarda.
................................................................................................
vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné et sa
Elle avait un large chapeau de paille, avec des
éo

................................................................................................
cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une
rubans roses qui palpitaient au vent, derrière
................................................................................................
redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.
elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe
................................................................................................
Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent, à la
de ses grands sourcils, descendaient très bas et
................................................................................................
même minute, sur le même banc.
semblaient presser amoureusement l’ovale de
................................................................................................
Pour s’essuyer le front, ils retirèrent leurs coiffures, que chacun posa
sp

sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée


................................................................................................
près de soi ; et le petit homme aperçut, écrit dans le chapeau de son
de petits pois, se répandait à plis nombreux.
................................................................................................
voisin : Bouvard ; pendant que celui-ci distinguait aisément dans la
Elle était en train de broder quelque chose ; et
................................................................................................
casquette du particulier en redingote le mot : Pécuchet.
son nez droit, son menton, toute sa personne
................................................................................................
Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet, 1880.
se découpait sur le fond de l’air bleu.
................................................................................................
Gustave Flaubert, L’Éducation sentimentale, 1869.
................................................................................................

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER À L ’ ÉCRITURE D ’ INVENTION

31 Développer une argumentation

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué

Identifier l’exercice

ne t
Sujet : 1 récit comportant un dialogue entre
1 Quel est le genre attendu ?
Un nouveau gouverneur survient. Monsieur quatre personnages

n
2 Quelle thèse doit être et Madame de la Jeannotière l’interrogent
2 défendre l’utilité des connaissances

trd
développée ? sur l’astronomie et d’autres sciences. Il leur
démontre leur utilité. Écrivez le dialogue
qui pourrait figurer à la suite de cet extrait.

a
Repérer les caractéristiques
essentielles Monsieur et Madame de la Jeannotière

n
interrogent le gouverneur de leur fils
3 Quel est le thème du dialogue ? 3 les connaissances : géographie,
(précepteur).
astronomie
4 Quelle est l’opinion du gouverneur ? Ne pourrait-on pas lui montrer un peu

jec eig
Quelles valeurs défend-il ? 4 dévalorisation des connaissances : le
de géographie ? « À quoi cela lui servira-
précepteur démontre leur inutilité ; les
5 Quel type d’arguments le t-il  ? répondit le gouverneur. Quand connaissances sont inutiles pour qui
gouverneur avance-t-il ? monsieur le marquis ira dans ses terres, joue un rôle important dans le monde
6 Quelles types de phrases le les postillons ne sauront-ils pas les che-
5 arguments fondés sur l’expérience :
mins  ? ils ne l’égareront certainement

ni
gouverneur emploie-t-il ?
le précepteur évoque ce qui se fait
7 Quelle est l’opinion des parents ? pas. On n’a pas besoin d’un quart de habituellement
Sous quelle forme se présentent cercle pour voyager, et on va très com- 6 phrases exclamatives et interrogatives :
s
les paroles rapportées ? modément de Paris en Auvergne, sans le précepteur utilise des questions
Quels types de phrases dominent ? qu’il soit besoin de savoir sous quelle rhétoriques et cherche à persuader
8 Y a-t-il une évolution dans latitude on se trouve. 7 • paroles au style direct
pro en
tio
le dialogue ? – Vous avez raison, répliqua le père ; • perplexité, marquée par la modalité
mais j’ai entendu parler d’une belle science interrogative.
qu’on appelle, je crois, l’astronomie. • crédulité visible par la modalité
déclarative
– Quelle pitié ! repartit le gouverneur ;
8 Différentes disciplines sont soumises à
se conduit-on par les astres dans ce
examen, par les parents. Le gouverneur,
monde ? […] » qui devrait montrer leur utilité, les
Voltaire, Jeannot et Colin, 1764. rejette toutes les unes après les autres.
Se préparer à rédiger
n

une argumentation Les parents ne s’en étonnent pas.

 Une argumentation dialoguée  Discours direct, différents interlocuteurs, langage et caractère des personnages, précision de
la langue du précepteur, emploi de connecteurs logiques
e

 Une thèse à défendre


 « Les connaissances permettent de former des hommes accomplis, qu’ils soient riches ou
pauvres » ; « les sciences comme l’astronomie permettent d’exercer son esprit critique » ;
« la géographie permet de s’ouvrir aux autres »
Vid im

Repérer et manipuler
1 Dans les sujets suivants, soulignez les termes qui 2 Identifiez les thèses que les sujets suivants vous
indiquent que l’écrit à produire doit être argumentatif. invitent à travailler.
ec

1.  À la fin du conte, Candide entreprend de montrer à 1. Un des Troglodytes évoqué dans la lettre XII des Lettres
Pangloss ce que signifie « Il faut cultiver son jardin ». Il persanes de Montesquieu est outré de la barbarie de ses
éo

essaie de le convaincre. Rédigez son discours. concitoyens. Il entreprend de montrer à ses enfants les
2. À la suite du procès de Gustave Flaubert, un admirateur erreurs de la société. Écrivez son discours.
de Madame Bovary écrit à l’auteur afin de lui signifier Thèse : ....................................................................
le Troglodyte s’oppose à la barbarie.
son enthousiasme. Il prend la défense du roman contre
sp

2. Chrysalde et Arnolphe, dans L’École des femmes de


ses détracteurs. Molière, débattent de la meilleure façon d’élever les
3.  À partir de la moralité de la fable « Le Corbeau voulant enfants : l’un est partisan d’une éducation libérale, l’autre
imiter l’Aigle », composez un nouveau récit, qui dénonce a choisi une éducation plus sévère. Rédigez leur dialogue.
l’orgueil des hommes. Thèse : ....................................................................
deux thèses opposées, développées par deux
4.  Laissée seule, Iphigénie délibère  : doit-elle obéir à son ...............................................................................
personnages, prônant une éducation tolérante ou
père, ou lutter contre la fatalité ? Rédigez son monologue. ...............................................................................
exigeante.

II. Savoir organiser un texte


Analyser et employer
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Le Ventre de Paris d’Émile Zola
Claude explique à son ami sa vision de la société. Sujet : À partir de cet extrait, rédigez le discours tenu par

ite
Alors Claude s’enthousiasma, parla de cette série Claude, au style direct. Il dénonce auprès de son ami ce
d’estampes1 avec beaucoup d’éloges. Il cita certains « drame humain ».
épisodes : les Gras, énormes à crever, préparant la

ne t
goinfrerie du soir, tandis que les Maigres, pliés par 3 a. Dans le sujet, soulignez le terme qui indique que l’écrit

n
le jeûne, regardent de la rue avec la mine d’échalas2 à produire doit être argumentatif.

trd
envieux ; et encore les Gras, à table, les joues débor- b. Qu’apporte la description des estampes à l’argumentation ?
dantes, chassant un Maigre qui a eu l’audace de
.........................................................................................
Il s’agit d’un apologue : les gravures présentent des personnages

a
s’introduire humblement, et qui ressemble à une
.........................................................................................
opposés, dont les uns dominent les autres.
quille au milieu d’un peuple de boules. Il voyait là
tout le drame humain ; il finit par classer les hommes c. À quels exemples Claude pourrait-il avoir recours ?

n
en Maigres et en Gras, en deux groupes hostiles .........................................................................................
L’ambitieux, dans le monde du travail ou dans la société, pourrait
dont l’un dévore l’autre, s’arrondit le ventre et jouit. .........................................................................................
servir d’exemple. On peut penser également au milieu financier,

Émile Zola, Le Ventre de Paris, 1873. .........................................................................................


au monde du commerce, représentés dans les romans de Zola.

jec eig
1. estampes : gravures.
d. Encadrez dans le texte les expressions qui précisent le ton
2. mine d’échalas : comparaison familière à un piquet de bois. pris par le discours de Claude.

OBJET D’ÉTUDE • La comédie


La Critique de l’École des Femmes de Molière

ni
au xviie siècle

Lysidas, Dorante et Uranie confrontent leurs Sujet : Poursuivez ce dialogue entre Lysidas, Dorante et Uranie :
points de vue sur la comédie. ils confrontent leurs idées sur la tragédie et la comédie.
s
Dorante. – Vous croyez donc, Monsieur Lysidas,
que tout l’esprit et toute la beauté sont dans les 4 a. Quelles sont les opinions de chaque personnage ?
poèmes sérieux, et que les pièces comiques sont
pro en
tio
des niaiseries qui ne méritent aucune louange ?
.Lysidas
. . . . . . . . dénigre
. . . . . . . . . .la. . .comédie,
. . . . . . . . . . .tandis
. . . . . . . qu’Uranie
. . . . . . . . . . . . .lui
. . .est
. . . .favorable,
................
.sans
. . . . .dédaigner
. . . . . . . . . . . . .le. . genre
. . . . . . . .sérieux.
. . . . . . . . . Dorante
. . . . . . . . . . .ne
. . .livre
. . . . . .pas
. . . . son
. . . . .opinion.
.........
Uranie. – Ce n’est pas mon sentiment, pour moi.
La tragédie, sans doute, est quelque chose de beau b. Quels arguments Uranie donne-t-elle à l’appui de sa thèse ?
quand elle est bien touchée1 ; mais la comédie a .Uranie
. . . . . . . .souligne
. . . . . . . . . . .que
. . . . .la. . comédie
. . . . . . . . . . .est
. . . .plaisante.
. . . . . . . . . . . .Elle
. . . . signale
. . . . . . . . . en
.........
ses charmes, et je tiens que l’une n’est pas moins .outre
. . . . . . .la. . diffi
. . . . . culté
. . . . . . .à. .écrire
. . . . . . .des
. . . . comédies.
.........................................
difficile à faire que l’autre. c. Trouvez les arguments que pourrait formuler Lysidas.
Molière, La Critique de l’École des Femmes, .Lysidas
. . . . . . . . pourrait
. . . . . . . . . . souligner
. . . . . . . . . . . .la. . .fonction
. . . . . . . . . .cathartique
. . . . . . . . . . . . . .de
. . . .la. . tragédie.
............
n

scène 6, 1662.
.Il. .peut
. . . . . .montrer
. . . . . . . . . .qu’elle
. . . . . . . . .élève
. . . . . . .l’homme
. . . . . . . . . . .par
. . . . la
. . .noblesse
. . . . . . . . . . .des
.............
1. elle est bien touchée : elle est écrite avec talent. .sentiments
. . . . . . . . . . . . .et. . .des
. . . . personnages
. . . . . . . . . . . . . . . .représentés.
. . . . . . . . . . . . . . Enfi
. . . . .n,
. . .il. .pourrait
...............
.invoquer
. . . . . . . . . . .le. . style
. . . . . . sublime
. . . . . . . . . .de. . . .la. . tragédie,
. . . . . . . . . . . qui
. . . . .charme
. . . . . . . . .le
. . .public.
............
e

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviie siècle
Les Caractères de Jean de La Bruyère
Vid im

L’homme évoqué ici vient de faire la satire de ceux qui Sujet : La Bruyère rapporte la conversation qui s’est enga-
voyagent pour voyager, sans rien voir ni apprendre. gée lors de sa visite. Un débat s’amorce sur la connais-
Mais quand il ajoute que les livres en apprennent sance : vaut-il mieux lire ou faire l’expérience des voyages ?
plus que les voyages, et qu’il m’a fait comprendre par Rédigez ce dialogue.
ses discours qu’il a une bibliothèque, je souhaite de
la voir ; je vais trouver cet homme […] ; il a beau me 5 a. Soulignez les termes du sujet qui précisent la forme
ec

crier aux oreilles, pour me ranimer, qu[e ses livres] d’écriture à adopter.
éo

sont dorés sur tranche, ornés de filets d’or, et de la


b. Encadrez dans le sujet la ou les thèse(s) à développer. 
bonne édition, me nommer les meilleurs l’un après
l’autre, dire que sa galerie est remplie, à quelques c. Soulignez dans le texte les phrases au discours indirect et
endroits près, qui sont peints de manière, qu’on les encadrez la thèse défendue par l’homme.
prend pour de vrais livres arrangés sur des tablettes, d. L’argumentation de cet homme vous paraît-elle convain-
sp

et que l’œil s’y trompe ; ajouter qu’il ne lit jamais, cante ? Justifiez votre réponse. 
qu’il ne met pas le pied dans cette galerie, qu’il y .........................................................................................
L’homme est fier d’afficher ses livres : il ne montre d’eux que leur
viendra pour me faire plaisir ; je le remercie de sa .........................................................................................
aspect matériel. Sa conclusion révèle sa vanité : « il ne lit jamais ».
complaisance, et ne veux non plus que lui voir sa .........................................................................................
Son argumentation est donc défaillante.
tannerie, qu’il appelle bibliothèque. e. Trouvez un argument qui montre la supériorité des voyages
Jean de La Bruyère, Les Caractères, 1688. sur les livres.
.Le
. . .voyage
. . . . . . . . .permet
. . . . . . . . .de
. . . .tester
. . . . . . .ce
. . .que
. . . . .l’on
. . . . . a. . pu
. . . .lire
. . . . dans
. . . . . . les
. . . .livres.
..........
II. Savoir organiser un texte
S ’ INITIER AU COMMENTAIRE

32 Formuler et développer des hypothèses


de lecture

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué

ne t
Recueillir des impressions 1 tristesse, monotonie,
à la première lecture émerveillement

n
1 Quels sont vos sentiments, vos Le soleil s’est couché ce soir dans les nuées1. 2 genre poétique

trd
émotions ou vos réactions (effets Demain viendra l’orage, et le soir, et la nuit ;
3 Victor Hugo : poète
de surprise…) à la lecture de ce Puis l’aube, et ses clartés de vapeurs obstruées ;

a
texte ? romantique, XIXe siècle
Puis les nuits, puis les jours, pas du temps qui s’enfuit ! 4 thèmes de la fuite du
Faire appel à ses connaissances Tous ces jours passeront ; ils passeront en foule temps et de la nature
2 Quel est le genre de ce texte ? Sur la face des mers, sur la face des monts,

n
5 « Soleils couchants » :
3 Qui est l’auteur ? À quelle période Sur les fleuves d’argent, sur les forêts où roule présence de la
a-t-il écrit ? À quel mouvement Comme un hymne confus des morts que nous aimons. nature et évocation
littéraire a-t-il appartenu ? d’un instant, pluriel

jec eig
Et la face des eaux, et le front des montagnes, marquant la répétition
4 Quels thèmes sont privilégiés ?
Ridés et non vieillis, et les bois toujours verts 6 thèmes du temps, de la
Caractériser le texte S’iront rajeunissant ; le fleuve des campagnes nature
5 Quel sens donner au titre ? Prendra sans cesse aux monts le flot qu’il donne aux mers. 7 registres lyrique et

ni
6 Quels sont les thèmes ? Mais moi, sous chaque jour courbant plus bas ma tête, élégiaque

7 Quels sont les registres ?


Je passe, et, refroidi sous ce soleil joyeux, 8 • expression person-
Je m’en irai bientôt, au milieu de la fête, nelle qui intervient à la
s
8 Quelle est la situation fin du texte
Sans que rien manque au monde, immense et radieux !
d’énonciation ? • diversité des temps :
Victor Hugo, Les Feuilles d’automne, VI, passé composé, futur,
Quels temps verbaux sont employés ?
« Soleils couchants », 1831.
présent
pro en
tio
9 Quels sont les principaux procédés
stylistiques ? 1. nuées : nuages. 9 • personnifications de
la nature
Croiser les informations • répétitions, anaphores :
succession d’instants
10 Quelle problématique peut-on
10 En quoi le thème romantique du soleil couchant permet-il • antithèse, oxymore :
choisir ? au poète de déployer une méditation sur le temps ? opposition « je »/ nature
11 Quelles peuvent être les hypothèses 11 I. Déploration de la fuite du temps
de lecture qui en découlent ? II. Un hymne à la nature
n

Analyser et employer
Dialogues de M. le baron de La Hontan et d’un sauvage dans
e

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


e
de l’argumentation : xviii siècle l’Amérique
L’auteur rapporte ses conversations avec un 1 a. À quel mouvement littéraire ce texte peut-il se rattacher ?
Vid im

Huron, Adario, lors de son voyage en Amérique. .........................................................................................


Il se rattache au siècle des Lumières.
Adario. – […] Il y a cinquante ans que les gouver- b. Soulignez les pronoms employés. Que révèlent-ils de la
neurs du Canada prétendent que nous soyons sous situation d’énonciation ? Que défend Adario ?
les lois de leur grand capitaine. Nous nous conten- .........................................................................................
Le Huron, porte-parole de son peuple, généralise son propos et
tons de nier notre dépendance de tout autre que du .........................................................................................
vise les occidentaux. Il s’oppose à eux et dénonce
ec

grand Esprit ; nous sommes nés libres et frères unis, .........................................................................................


l’ethnocentrisme des Européens en louant les lois justes et
aussi grands maîtres les uns que les autres ; au lieu
éo

.........................................................................................
démocratiques de son peuple.
que vous êtes tous des esclaves d’un seul homme. .........................................................................................
Si nous ne répondons pas que nous prétendons que
c.  Parmi ces hypothèses de lecture, laquelle vous paraît la
tous les Français dépendent de nous, c’est que nous
plus pertinente ? Justifiez.
voulons éviter des querelles. Car sur quel droit et
sp

• Une dénonciation des Européens


sur quelle autorité fondent-ils cette prétention  ?
• L’expression d’un idéal démocratique
Est-ce que nous nous sommes vendus à ce grand
• Le discours d’un Huron, porte-parole de l’auteur
capitaine ? Avons-nous été en France vous chercher ?
C’est vous qui êtes venus ici nous trouver. .........................................................................................
Les réponses précédentes justifient chaque hypothèse : Adario,

Baron de La Hontan, Dialogues de M. le baron de La Hon-


.........................................................................................
Huron, reprend les idéaux des Lumières.
tan et d’un sauvage dans l’Amérique, « Des lois », 1703. .........................................................................................

II. Savoir organiser un texte


OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Le Tartuffe de Molière
2 a. En vous aidant du paratexte, indiquez où se
Madame Pernelle vient de critiquer la conduite de ses
situe ce passage dans l’œuvre. En quoi cette infor-
proches : son petit-fils Damis et la servante Dorine.
mation éclaire-t-elle le sens du passage ?

ite
Damis. – Votre Monsieur Tartuffe est bienheureux sans
[doute… ............................................................................
Il s’agit de la scène d’exposition : on doit présenter les
Madame Pernelle. – C’est un homme de bien, qu’il ............................................................................
personnages principaux. Le titre étant Le Tartuffe, le
............................................................................
spectateur souhaite le découvrir.

ne t
[faut que l’on écoute ;
Et je ne puis souffrir sans me mettre en courroux b. Quel est le sujet du dialogue  ? Soulignez les

n
De le voir querellé par un fou comme vous. expressions qui le désignent.

trd
Damis. – Quoi ? je souffrirai, moi, qu’un cagot1 de critique ............................................................................
Le personnage éponyme, Tartuffe, est évoqué.
Vienne usurper céans2 un pouvoir tyrannique, c. D’après les termes soulignés, établissez les rela-

a
Et que nous ne puissions à rien nous divertir, tions qui s’établissent entre les personnages sur
Si ce beau monsieur-là n’y daigne consentir ? scène.
Dorine. – S’il le faut écouter et croire à ses maximes,

n
............................................................................
Madame Pernelle, favorable à Tartuffe, s’oppose à tous
On ne peut faire rien qu’on ne fasse des crimes ;
............................................................................
les autres personnages qui le critiquent, en utilisant
Car il contrôle tout, ce critique zélé.
............................................................................
l’ironie. Ils lui reprochent son hypocrisie et son attitude
Madame Pernelle. – Et tout ce qu’il contrôle est fort

jec eig
............................................................................
moralisatrice.
[bien contrôlé.
C’est au chemin du Ciel qu’il prétend vous conduire, d. À partir de vos réponses aux questions précé-
Et mon fils à l’aimer vous devrait tous induire. dentes, formulez en une phrase une hypothèse de
Molière, Le Tartuffe, Acte I, scène 1, 1664.
lecture.

ni
............................................................................
Le dialogue permet de présenter Tartuffe d’après les
1. cagot : faux dévot. 2. usurper céans : s’approprier sur-le-champ.
............................................................................
jugements opposés des autres personnages.
s
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Bel-Ami de Guy de Maupassant
pro en
tio
Duroy, un ambitieux, invité chez un ami, fait la
3 a. Résumez, en un mot, l’épisode raconté.

connaissance de son épouse. .........................................................................................


Une rencontre.
Mais Duroy, tout à coup, perdant son aplomb, se b. Comment progresse le récit ?
sentit perclus1 de crainte, haletant. Il allait faire son .........................................................................................
Le récit de la rencontre se poursuit avec les paroles rapportées
premier pas dans l’existence attendue, rêvée. Il .........................................................................................
de chacun des personnages, au style direct. Les pensées et
s’avança, pourtant. Une jeune femme, blonde, était .........................................................................................
sensations de Duroy sont enfin évoquées.
debout qui l’attendait, toute seule, dans une grande c.  Quel est le point de vue adopté dans ce récit ? Justifiez
n

pièce bien éclairée et pleine d’arbustes, comme une votre réponse.


serre.
.........................................................................................
La rencontre se fait selon le point de vue de Duroy, dont nous
Il s’arrêta net, tout à fait déconcerté. Quelle était
.........................................................................................
connaissons les émotions, la crainte, et les pensées, à travers du
e

cette dame qui souriait  ? Puis il se souvint que


.........................................................................................
discours indirect libre.
Forestier était marié ; et la pensée que cette jolie
blonde élégante devait être la femme de son ami d. Quel caractère attribuez-vous à chacun des personnages ?
Vid im

acheva de l’effarer. Quelle évolution constatez-vous ?


Il balbutia : « Madame, je suis... » Elle lui tendit .........................................................................................
Duroy semble sûr de lui, mais encore timide dans la société,
la main : « Je le sais, monsieur. Charles m’a raconté .........................................................................................
tandis que la jeune femme blonde semble à l’aise : elle prend la
votre rencontre d’hier soir, et je suis très heureuse .........................................................................................
parole avec aisance, fait le premier pas vers Duroy. Le caractère
qu’il ait eu la bonne inspiration de vous prier de .........................................................................................
de celui-ci s’affirme davantage à la fin du texte : c’est un
dîner avec nous aujourd’hui ». .........................................................................................
ambitieux.
ec

Il rougit jusqu’aux oreilles, ne sachant plus que e. Quelle est la figure de style employée pour décrire le fau-
éo

dire […]. teuil ? Quel est l’effet produit ?


Il s’assit sur un fauteuil qu’elle lui désignait, et .........................................................................................
Le fauteuil est personnifié : avec ses « bras », il « étreint », il est
quand il sentit plier sous lui le velours élastique et .........................................................................................
« caressant ». Il préfigure le rôle apaisant et providentiel de
doux du siège, quand il se sentit enfoncé, appuyé, .........................................................................................
Mme Forestier.
sp

étreint par ce meuble caressant dont le dossier et


f. À partir de vos réponses précédentes, proposez plusieurs
les bras capitonnés le soutenaient délicatement, il
axes d’étude reprenant le mot donné en a. et le qualifiant.
lui sembla qu’il entrait dans une vie nouvelle et
charmante […]. .........................................................................................
Une rencontre amoureuse ; une rencontre décisive ; une

Guy de Maupassant, Bel-Ami, 1885.


.........................................................................................
rencontre déconcertante...
.........................................................................................
1. perclus : paralysé.
.........................................................................................

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER AU COMMENTAIRE

33 Construire un plan et rédiger


des paragraphes

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué

ne t
1 Choisir les axes de lecture 1 I. Une rencontre amoureuse

n
Après avoir choisi les axes de lecture, Rosemonde II. Un poète universel

trd
on repère dans le texte tous les Longtemps au pied du perrona de 2 I. Une rencontre amoureuse
éléments qui les vérifient. La maison où entra la dame 1. Une promenade à Amsterdam

a
2 Construire le plan Que j’avais suivie pendant deux 2. Un poète amoureux
Bonnes heures à Amsterdam II. Un poète universel
La première partie rassemble ce qui est 1. Solitude du poète
le plus apparent, la deuxième, ce qui est
Mes doigts jetèrent des baisers
2. Un lyrisme « orphique » : nommer

n
plus subtil. Mais le canal était désert le monde et l’embrasser
À l’intérieur de chaque partie, les 3. Entre élan et dérision : échec
Le quai aussi et nul ne vit
arguments (2 ou 3) se regroupent du du poète
Comment mes baisers retrouvèrent

jec eig
plus apparent vers le plus subtil.
Celle à qui j’ai donné ma vie
3 Résumer les arguments Un jour pendant plus de deux heures 3 Ex. : Axe de lecture I., argument 1. :
L’argument à développer se résume en « Le poème raconte le vagabondage
Je la surnommai Rosemonde,
une phrase. du poète dans les rues d’Amsterdam. »
Voulant pouvoir me rappeler

ni
4 Ex. : « entra », « bonnes heures »,
4 Illustrer par des citations Sa bouche fleurie en Hollande
« Amsterdam », « canal », « quai »,
Les citations qui étayent cette idée sont Puis lentement je m’en allai
« je m’en allai », etc.
Pour quêter la Rose du Monde
s
à regrouper.
5 • Passé simple et verbes de
Guillaume Apollinaire, Alcools, 1913.
mouvement → « un petit drame »
5 Caractériser les citations
• Lexique de la topographie urbaine
pro en
tio
Les citations sont commentées pour → « tableau d’une ville de canaux »
donner une interprétation personnelle. • Enjambements → « une longue
poursuite »
6 Prévoir des transitions
6 Transition : « Au cœur de ce tableau en
Rédiger le paragraphe mouvement de la ville d’Amsterdam se
 Rédiger le paragraphe en rassemblant dessine le portrait d’un poète conduit
les éléments précédents, en par ses sentiments. »
expliquant et en liant par des
n

conjonctions et des transitions.


e

Analyser et employer
1 Ce paragraphe correspond au développement de
Vid im

Le poème, cependant, met en scène l’isolement du promeneur l’argument « solitude du poète » (voir texte ci-dessus).
amoureux. Il ne parvient pas en effet à engager le dialogue avec a. Soulignez la phrase qui résume l’argument, et la
celle qu’il poursuit : la voix qui s’exprime est toujours une voix sin- phrase qui assure une transition vers le deuxième
argument.
gulière : les pronoms personnels de première personne au singulier
b. Encadrez les formules qui caractérisent les citations.
ec

« j’ » (vers 3, 9), « je » (vers 11, 14) se multiplient au fil des trois
c. Recopiez les interprétations auxquelles donne lieu
éo

strophes. Cette rencontre, de plus, n’a pas de témoin : à la solitude l’analyse des citations.
du poète répond la solitude des lieux, dont témoigne la phrase ..............................................................................
Cette rencontre amoureuse semble donc vouée à l’échec
négative « nul ne vit… » et son sujet indéfini, qui nie la présence ..............................................................................
et à l’oubli.
..............................................................................
de tout être humain. Cette rencontre amoureuse semble donc
sp

..............................................................................
vouée à l’échec et à l’oubli. La solitude du poète traduit en réalité ..............................................................................
un mouvement plus ample, qui dépasse l’anecdote d’une rencontre ..............................................................................
..............................................................................
amoureuse pour devenir proclamation d’un amour universel.
..............................................................................
..............................................................................

II. Savoir organiser un texte


OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
au xviie siècle
Phèdre de Jean Racine
2 a. Rédigez en une phrase un argument qui explique
Phèdre, en présence de sa nourrice, fait un aveu à
le propos du texte.
Hippolyte, le fils de son époux.
...............................................................................

ite
Ce passage met en scène la déclaration d’amour
Phedre. – […] Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Hé bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur. ...............................................................................
passionnée adressée par Phèdre à Hippolyte.

J’aime. Ne pense pas qu’au moment que je t’aime, b. Encadrez les citations qui permettraient de mon-

ne t
Innocente à mes yeux je m’approuve moi-même, trer que ce passage présente une déclaration d’amour.
Ni que du fol amour qui trouble ma raison c. Inventez un argument qui pourrait prolonger ce

n
Ma lâche complaisance ait nourri le poison. développement, puis soulignez les citations qui per-

trd
Jean Racine, Phèdre, Acte II, scène 5, 1677. mettraient de l’étayer.
...............................................................................

a
Phèdre s’accuse de nourrir un amour coupable.
OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes de
l’argumentation : xviiie siècle
La Princesse de Babylone de Voltaire
3 a. Encadrez les citations qui montrent que ce

n
La princesse de Babylone parcourt le monde à la recherche
passage met en scène des éléments merveilleux.
de son bien-aimé. Elle arrive chez les Cimmériens, peuple
habitant les confins du monde connu des hommes de b. Caractérisez ces éléments afin d’en permettre

jec eig
l’antiquité. l’interprétation.
Le seigneur cimmérien, qui était un grand naturaliste, .............................................................................
Le mot « phénix », répété, désigne un animal fabuleux;
s’entretint beaucoup avec le phénix1 dans les temps où la .............................................................................
une antithèse souligne la durée de sa vie. Des verbes de
princesse était retirée dans son appartement. Le phénix lui .............................................................................
parole introduisent des propositions complétives où est

ni
avoua qu’il avait autrefois voyagé chez les Cimmériens, et .............................................................................
rapporté le dialogue entre les deux personnages.
qu’il ne reconnaissait plus le pays. « Comment de si pro- c. Prolongez la caractérisation des éléments ainsi
digieux changements, disait-il, ont-ils pu être opérés dans observés par une interprétation personnelle.
s
un temps si court ? Il n’y a pas trois cents ans que je vis ici .............................................................................
Un dialogue s’établit comme naturellement entre
la nature sauvage dans toute son horreur  ; j’y trouve .............................................................................
l’animal fabuleux dont la vie, renouvelée dans le brasier,
aujourd’hui les arts, la splendeur, la gloire et la politesse. .............................................................................
pro en
se prolonge par-delà les siècles, et le monarque humain,
tio
– Un seul homme a commencé ce grand ouvrage, répondit .............................................................................
qui règne sur un pays lui-même fabuleux.
le Cimmérien ; une femme l’a perfectionné ; une femme a
d. Proposez ensuite une transition vers un argument
été meilleure législatrice que l’Isis des Égyptiens et la Cérès2
qui exposera les intentions de Voltaire.
des Grecs. La plupart des législateurs ont eu un génie étroit
et despotique […]. » .............................................................................
L’animal perçoit ainsi un changement et sert la réflexion
 Voltaire, La Princesse de Babylone, 1768. .............................................................................
de Voltaire sur les progrès amenés par l’évolution des
1. phénix : oiseau fabuleux qui accompagne la princesse. .............................................................................
régimes politiques.
.............................................................................
n

2. Isis et Cérès : divinités associées à l’établissement de la civilisation.

OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle


au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Le Rouge et le Noir de Stendhal
e

Julien Sorel, Fils d’un charpentier, a quatorze ans. 4 a. Inventez trois arguments permettant de
Qui eût pu deviner que cette figure de jeune fille1, si pâle et vérifier l’axe de lecture « le portrait d’un jeune
Vid im

si douce, cachait la résolution inébranlable de s’exposer à mille homme ambitieux  ». Regroupez-les en fonction
morts plutôt que de ne pas faire fortune ! de leur degré de complexité.
Pour Julien, faire fortune, c’était d’abord sortir de Verrière ; ........................................................................
1. Un jeune homme révolté.
il abhorrait sa patrie. Tout ce qu’il y voyait glaçait son imagi- ........................................................................
2. Un séducteur épris de gloire.
nation. ........................................................................
3. Un héros calculateur
Dès sa première enfance, il avait eu des moments d’exaltation.
ec

........................................................................
Alors il songeait avec délices qu’un jour il serait présenté aux
b. Rédigez la première phrase et la dernière
éo

jolies femmes de Paris, il saurait attirer leur attention par


quelque action d’éclat. Pourquoi ne serait-il pas aimé de l’une phrase de chaque argument, en assurant des
d’elles, comme Bonaparte, pauvre encore, avait été aimé de la transitions.
brillante Madame de Beauharnais 2 ? Depuis bien des années, ........................................................................
1. Stendhal brosse le portrait d’un jeune homme
Julien ne passait peut-être pas une heure de sa vie sans se dire
sp

........................................................................
révolté […] Cette révolte révèle des rêves juvéniles.
que Bonaparte, lieutenant obscur et sans fortune, s’était fait le ........................................................................
2. Si Julien se révolte contre son sort présent, c’est
maître du monde avec son épée. Cette idée le consolait de ses ........................................................................
qu’il aspire à la gloire et à l’amour […] Les projets du
malheurs qu’il croyait grands […]. ........................................................................
personnage trahissent son ambition.
Stendhal, Le Rouge et le Noir, 1830. ........................................................................
3. La narration scrute en effet la psychologie du héros
1. jeune fille : il s’agit de Julien.
........................................................................
[…]
2. Mme de Beauharnais : épouse de l’empereur Napoléon-Bonaparte.
.......................................................................
II. Savoir organiser un texte
S ’ INITIER AU COMMENTAIRE

34 Rédiger l’introduction / la conclusion

ite
Acquérir une méthode
Sujet : Vous commenterez le poème d’Apollinaire « Rosemonde ». voir fiche 33

ne t
Introduction Proposer une phrase d’exposition

n
générale destinée à préparer le

trd
Soucieuse de traduire les conflits qui opposent l’homme et le monde, la poésie, du romantisme au lecteur
Proposer une phrase destinée à
surréalisme, a souvent célébré les douleurs engendrées par l’amour. Le poème «Rosemonde » a été

a
présenter le contexte pour orienter
publié en 1913 par Apollinaire, dans le recueil Alcools, où s’incarne « l’esprit nouveau ». Ce poème la problématique (genre, titre,
auteur, époque)
fait le récit d’une promenade solitaire effectuée dans une ville hollandaise. Le poète poursuit une

n
Présenter le texte (type, résumé
femme inconnue, et le lyrisme du passage fait entendre un chant amoureux, à la fois triste et léger. rapide et thèmes dominants,
Nous nous demanderons comment cette poursuite amoureuse permet de dessiner la figure d’un registre, coloration, ou visées)

jec eig
poète passionné et solitaire, insouciant et inquiet. L’étude de la rencontre amoureuse fera l’objet Annoncer la problématique

d’un premier développement. Nous verrons ensuite comment se forme, dans ces vers, l’image d’un Annoncer le plan
poète universel.

ni
Conclusion
Dans ce poème, Apollinaire met donc en scène un poète promeneur, en qui l’image de la ville et
s
l’image de la femme fugitivement aimée se fondent pour former un tableau sensible et plein de Résumer les étapes de
simplicité. La ville, témoin unique et silencieux de cette rencontre, est le théâtre d’un renoncement, l’argumentation
pro en
tio
mais aussi d’un nouvel élan qui donne à la quête du poète une dimension universelle. Le poète, qui
perd celle qu’il aime, apparaît ici comme un nouvel Orphée, soupirant seul sur le seuil infernal
Apporter une réponse nuancée mais
d’une maison bourgeoise. Son chant, dépossédé de l’objet aimé, persiste cependant à faire entendre réelle à la problématique
un sentiment désormais orphelin, mais propre à entraîner la fusion du poète et du monde. Peut-
être pourrait-on voir dans ce portrait du sujet lyrique qui transforme l’expérience sensible en Proposer, si cela est judicieux,
une ouverture vers un problème
expérience spirituelle un renouvellement de l’image du poète romantique.
n

littéraire voisin de la question


traitée
e

Analyser et employer
Vid im

OBJET D’ÉTUDE • Genres et formes


de l’argumentation : xviiie siècle
Maximes de François de La Rochefoucauld
1 a. Identifiez l’époque et le genre de ce texte.
La pitié est un sentiment de nos
propres maux, dans un sujet étran- ..............................................................................................................
Ce texte appartient au genre de la maxime et a été écrit au xviie siècle.
ger : c’est une prévoyance habile des b. Rédigez deux phrases d’exposition.
malheurs, où nous pouvons tomber, ..............................................................................................................
ec

L’esprit d’un siècle s’exprime dans la littérature d’idées qu’il produit. La société
qui nous fait donner des secours ..............................................................................................................
mondaine du xviie siècle se plaisait aux conversations brillantes dans lesquelles,
éo

aux autres, pour les engager à nous ..............................................................................................................


par une formule brève et profonde, on parvenait à frapper les esprits. 
les rendre dans de semblables occa- c. Soulignez les verbes conjugués : à quel temps sont-ils employés ? Quelle
sions : de sorte que les services que est sa valeur ?
nous rendons, à ceux qui sont ..............................................................................................................
Le présent de l’indicatif exprime ici une vérité générale.
sp

accueillis de1 quelque infortune, d. Rédigez une phrase qui présente le type et le thème du texte.
sont à proprement parler des biens ..............................................................................................................
Ce texte, sous une forme concise, développe une argumentation sur le véritable
anticipés que nous nous faisons. ..............................................................................................................
visage du sentiment de la pitié.
François de La Rochefoucauld, e. Déterminez la visée de ce texte.
Maximes, 1664.
..............................................................................................................
Le texte dénonce la fausseté de nos attitudes vertueuses, qui sont des vices
1. sont accueillis de : subissent. ..............................................................................................................
déguisés.

II. Savoir organiser un texte


OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
Thérèse Raquin d’Émile Zola
2 Voici deux axes de lecture possibles pour commenter ce texte :
Thérèse, une orpheline, a été élevée avec
I. Une scène de première vue
son cousin. Ce dernier revient un jour

ite
II. Une narration qui révèle les personnages
accompagné de Laurent, un collègue.
a. Encadrez quelques éléments permettant de mettre en évidence le
[…] Thérèse, qui n’avait pas encore
premier axe ; soulignez ceux qui illustrent le deuxième axe.
prononcé une parole, regardait le nouveau

ne t
venu. Elle n’avait jamais vu un homme. b.  Rédigez un développement de quelques lignes pour présenter ces
Laurent, grand, fort, le visage frais, l’éton- éléments.

n
nait. Elle contemplait avec une sorte .......................................................................................................
Le passage présente un portrait de Laurent vu à travers les yeux de Thérèse :

trd
d’admiration son front bas, planté d’une .......................................................................................................
Thérèse observe avec attention toute la personne de Laurent, dont l’aspect
rude chevelure noire, ses joues pleines, .......................................................................................................
général apparaît peu à peu sous les yeux du lecteur. La présence des thèmes

a
ses lèvres rouges, sa face régulière, d’une .......................................................................................................
de l’amour et de la violence annonce une relation destructrice.
beauté sanguine. Elle arrêta un instant ses c. Rédigez une problématique qui reprendra les axes de lecture, puis
regards sur son cou ; ce cou était large et l’annonce de votre plan.

n
court, gras et puissant. Puis elle s’oublia .......................................................................................................
Nous verrons que cette scène de première vue dessine le portrait des
à considérer les grosses mains qu’il tenait .......................................................................................................
personnages. Après avoir étudié le traitement narratif de cette rencontre
étalées sur ses genoux  ; les doigts en .......................................................................................................

jec eig
amoureuse, nous verrons que la scène révèle, au-delà de leur aspect
étaient carrés : le poing fermé devait être .......................................................................................................
physique, le caractère des personnages.
énorme et aurait pu assommer un bœuf. d. Rédigez la première phrase de la conclusion, qui résume les étapes
Émile Zola, Thérèse Raquin, 1867. de l’argumentation annoncées en introduction.
.......................................................................................................

ni
Ce passage montre la naissance progressive du sentiment amoureux dans
.......................................................................................................
l’esprit de Thérèse. L’absence de contre-champ donne à cette rencontre un
.......................................................................................................
caractère asymétrique qui déjoue les attentes du lecteur. Le regard insistant de
s
.......................................................................................................
la femme permet de peindre un homme robuste, mais trahit aussi la violence
.......................................................................................................
concentrée dans le corps de l’un, et dans l’âme de l’autre.
OBJET D’ÉTUDE • La tragédie
Horace de Pierre Corneille
pro en
tio
au xviie siècle

Horace, un Romain, vient de tuer Curiace, un ennemi de Rome, qui était aussi l’amant de sa sœur, Camille ;
elle maudit alors Rome.
Camille. – […] Puissé-je de mes yeux y voir tomber ce foudre,
Voir ses maisons en cendres et tes lauriers en poudre,
Voir le dernier Romain à son dernier soupir,
Moi seule en être cause, et mourir de plaisir !
n

Horace, mettant l’épée à la main et poursuivant sa sœur qui s’enfuit.


– C’est trop, ma patience à la raison fait place,
Va dedans les enfers plaindre ton Curiace !
e

Camille, blessée derrière le théâtre. – Ah, traître !


Horace, revenant sur le théâtre. – Ainsi reçoive un châtiment soudain
Quiconque ose pleurer un ennemi romain ! Pierre Corneille, Horace, Acte IV, scène 5, 1640.
Vid im

3 Voici une problématique possible pour commenter ce texte :


« Nous verrons que ce dialogue théâtral met en scène les déchirements du personnage tragique. »
a. À partir de la problématique, rédigez, dans son intégralité, l’introduction à un commentaire de ce texte. 
.........................................................................................................................................................................
Exposition générale : siècle où le théâtre devient institution ; société aristocratique, valeurs héroïques ; exposition
.........................................................................................................................................................................
ec

particulière : extrait de scène de théâtre, première moitié du xviie siècle, Corneille, auteur d’une tragi-comédie, en 1637
.........................................................................................................................................................................
Présentation du texte pour concevoir la problématique : dialogue, meurtre de la sœur par le frère, politique, amour,
éo

.........................................................................................................................................................................
devoir ; violence, tragique, pathétique.
.........................................................................................................................................................................
Axes de lecture : I. Une scène de meurtre ; II. Un héros de la renonciation.
b. En suivant scrupuleusement la méthode ( voir Acquérir une méthode), rédigez, dans son intégralité, la conclu-
sion d’un commentaire de ce texte.
sp

.........................................................................................................................................................................
Résumé des étapes de l’argumentation : un dialogue plein de violence : à la proclamation de l’amour répondent la
.........................................................................................................................................................................
malédiction et le crime ; un personnage pathétique, un crime terrible. Une querelle fondée sur des raisons affectives et
.........................................................................................................................................................................
politiques ; un héros qui renonce au sentiment et sacrifie les liens du sang à la raison d’État.
.........................................................................................................................................................................
Réponse à la problématique : un déchaînement de la violence verbale et physique où le choix du sacrifice révèle la grandeur
.........................................................................................................................................................................
du héros aimanté par la passion de la gloire ; un spectacle qui inspire au spectateur les sentiments de terreur et de pitié.
.........................................................................................................................................................................
Ouverture : évolution du genre, avec Racine, qui délaisse les grandeurs de la lucidité héroïque pour sonder les obscurités
.........................................................................................................................................................................
des passions destructrices.
II. Savoir organiser un texte
S ’ INITIER À LA DISSERTATION

35 Analyser un sujet de dissertation


Acquérir une méthode

ite
Exemple appliqué
Sujet : Les romans réalistes et naturalistes
Totale plan dialectique* offrent-ils un reflet fidèle de la réalité ?

ne t
1 Identifier le type d’interrogation plan thématique**
Type d’interrogation Totale : discuter une

n
Partielle plan analytique***
plan dialectique* thèse type de plan : dialectique

trd
* discuter une thèse – ** explorer une notion, des fonctions – *** étayer une thèse

a
partiellement explicite formuler l’implicite Question implicite Ou le reflet est-il altéré
2 Analyser le libellé du sujet par la fiction romanesque ?
explicite

n
Objet d’étude Le roman et la nouvelle
repérer l’objet d’étude concerné au XIXe siècle : réalisme et naturalisme ;
3 Analyser les termes du sujet
expliciter les termes clés reformulation, Termes clés romans réalistes et naturalistes :
exemples Le Père Goriot, L’Assommoir, Le Rouge et le

jec eig
noir, Germinal, Bel-Ami, Une vie…
reflet fidèle : image véritable, photographie
la réalité : la société du XIXe siècle
Reformulation Les romans de Balzac, Stendhal,

ni
4 Reformuler explicitement le sujet Zola et Maupassant sont-il réellement à
l’image de la société du XIXe siècle ?
Autres questions L’ambition de « refléter
la réalité » n’est-elle pas limitée par les
s
contraintes du genre romanesque ?
Dans quelle mesure le style propre à chaque
auteur modifie-t-il le reflet de la réalité ?
pro en
tio
Analyser et manipuler
1 a. Dans les libellés de sujets suivants, l’interroga- 3 a. Pour chaque sujet, précisez l’objet d’étude
tion est-elle totale ou partielle ? concerné.
tOtale PaRtielle Objets d’étude : A. Le roman et la nouvelle au XiXe siècle :
1. La fable est-elle un genre futile ? ✗ réalisme et naturalisme • B. La tragédie et la comédie au
XViie siècle : le classicisme • C. La poésie du XiXe au XXe
n

2. En quoi la comédie vise-t-elle à corriger


les vices ? ✗ siècle : du romantisme au surréalisme • D. Genres et formes
de l’argumentation : XViie et XViiie siècles
3. Dans quelle mesure l’argumentation
Sujet 1 : Le roman naturaliste a-t-il pour vocation dechan-
e

indirecte vous semble-t-elle apte


ger le monde ? .........
A
à défendre des idées ? ✗
Sujet 2 : La poésie se réduit-elle à une virtuosité verbale ?
4. La poésie surréaliste s’oppose-t-elle
Vid im

.........
C
à la poésie romantique ? ✗
Sujet 3 : Pourquoi peut-on encore lire une tragédie clas-
b. Pour chaque sujet, indiquez le type de plan attendu. sique ? .........
B
1. ................................
dialectique 3. ................................
analytique Sujet 4 : Dans quelle mesure l’argumentation indirecte
2. ................................
analytique ................................
4. dialectique vous semble-t-elle apte à défendre des idées ? ......... D
ec

b. Pour chaque sujet précédent, reformulez chaque


2 Chaque question sous-entend une autre question
terme clé par des termes plus éclairants.
éo

qui prolonge le raisonnement : formulez cette ques-


1. • vocation : ...........................................................
ambition, but, objectif
tion implicite.
............................................................
• changer : transformer, modifier, améliorer
1. La comédie classique vise-t-elle à divertir ? • le monde : ..........................................................
société humaine contemporaine et à venir
...........................................................................
Ou a-t-elle d’autres buts : critiquer, corriger?
2. • virtuosité : ..........................................................
maîtrise, maniement, jeu
sp

2. La poésie romantique se limite-t-elle à l’expression des • verbale : .............................................................


lexicale : sonorités, formes, signifiant, vers
sentiments ? 3. • tragédie classique : ...............................................
œuvres du xviie siècle en 5 actes
...........................................................................
Ou exprime-t-elle des idées, des critiques ? .............................................................................
écrite en vers / de Corneille et de Racine / dominées par
3. Le genre de l’essai permet-il de défendre efficacement .............................................................................
le registre tragique
ses idées ? 4. • argumentation indirecte : fable, .....................................
conte philosophique
...........................................................................
Ou certains de ses aspects limitent-ils son efficacité ? • apte : ................................................................
capable, adaptée, effi cace

II. Savoir organiser un texte


4 Reformulez plus explicitement les problématiques • romans réalistes : .................................................
dont l’action se situe dans un cadre
suivantes. ...........................................................................
réel, et contemporain de l’écriture

1. La fable est-elle un genre futile ? ..............................


Le genre qui recourt Mes exemples : ..................................................
Le Rouge et le Noir, La Femme de
...........................................................................
à l’argumentation indirecte est-il seulement ...........................................................................
trente ans, Le Père Goriot, etc.

ite
...........................................................................
divertissant ou prétend-il rivaliser avec des genres qui • romans naturalistes : ............................................
ajoutent à l’ambition réaliste,
...........................................................................
recourent à l’argumentation directe ? ...........................................................................
la vérité exacte et brutale
2. En quoi la tragédie classique a-t-elle une visée morale ? Mes exemples : ..................................................
Bel-Ami, Une Vie, Germinal,

ne t
...........................................................................
Quels aspects des tragédies de Corneille et de Racine ...........................................................................
L’Assommoir, etc.

n
...........................................................................
démontrent qu’elles ont pour objectif de purifier des • véritables héros romanesques : ...............................
personnages aux

trd
...........................................................................
passions coupables et d’enseigner la vertu ? ...........................................................................
qualités et aux actions extraordinaires
Mes exemples : ..................................................
Jean Valjean, d’Artagnan,
5 Quel type de plan choisiriez-vous pour traiter les

a
...........................................................................
Le Chevalier des Touches, Julien Sorel, Rastignac,
sujets suivants ?
...........................................................................
Vautrin, Bel-Ami, Saccard

thématique
dialectique

analytique
2. Dans quelle mesure le personnage de théâtre est-il

n
construit par le texte et par la représentation ?
• dans quelle mesure : ............................................
en quoi, sous quels aspects,
1. Peut-on affirmer avec Racine que ...........................................................................
dans quelles limites ou dans une certaine mesure et

jec eig
« La principale règle est de plaire ...........................................................................
moins dans une autre
et de toucher » ? ✗
• le personnage de théâtre : .....................................
caractérisé par son nom,
2. Qu’apportent les descriptions dans ...........................................................................
son rang, sa parole et ses actions et par ce qu’en disent
les romans réalistes et naturalistes ? ✗ ...........................................................................
les autres personnages.

ni
3. Dans quelle mesure le romantisme Mes exemples : ..................................................
Harpagon, Tartuffe, Dom Juan,
s’oppose-t-il au surréalisme ? ✗ ✗ ...........................................................................
Elvire, Rodrigue, Horace, Andromaque, Britannicus, etc.
s
4. Comment la fable parvient-elle à • est-il construit : ...................................................
trouve-t-il son identité,
entraîner l’adhésion du lecteur ? ✗ ...........................................................................
sa personnalité, son originalité
• le texte : ............................................................
sa parole, les didascalies, la parole d’autres
pro en
tio
6 Reliez précisément les sujets de l’exercice 5 à ...........................................................................
personnages, son rôle dans l’action, ses actions,
leur objet d’étude et appuyez-vous sur vos connais- ...........................................................................
son destin
sances pour retenir les œuvres utiles à la dissertation.
Mes exemples : ..................................................
Rodrigue construit par le monologue,
1. Objet
d’étude : .......................................................
Le théâtre classique et les débats ...........................................................................
le duel. Phèdre par l’historique de sa passion
...........................................................................
suscités par la question des règles
• la représentation : ...............................................
le physique de l’acteur incarnant
Œuvres : ...............................................................
Les préfaces des tragédies ou des comédies
... ........................................................................
le personnage, sa gestuelle, son costume, sa voix
...........................................................................
ainsi que les tragédies et comédies classiques
n

2. Objet d’étude : .......................................................


Le roman réaliste et naturaliste et 8 a. Dans ce sujet type E.A.F., surlignez les liens
...........................................................................
l’ambition affichée de peindre la réalité entre la question sur le corpus, le commentaire, l’écri-
Œuvres : ...............................................................
Les textes théoriques et les romans des ture d’invention et la dissertation.
e

...........................................................................
romanciers réalistes et naturalistes
Sujet : Corpus de trois poèmes symbolistes
3. Objet d’étude : .......................................................
La poésie du xixe au xxe siècle :
( voir fiche 8)
...........................................................................
Vid im

du romantisme au surréalisme
Question sur le corpus – Quelles sont les fonctions
Œuvres : ...............................................................
Les poèmes de Lamartine, Hugo, Musset des allitérations, des assonances et des différents
...........................................................................
mais aussi ceux de Breton, Desnos, Eluard, etc. mètres de ces vers ?
4. Objet d’étude : .......................................................
Genres et formes de l’argumentation : Commentaire – Vous ferez le commentaire de « Parfum
...........................................................................
xvii e
et xvii e
siècles. exotique » de Baudelaire ( voir fiche 8).
Œuvres
: ...............................................................
Les Fables de La Fontaine mais aussi celles de Invention – Écrivez une préface à une anthologie de
ec

...........................................................................
Florian poèmes symbolistes dans laquelle vous insisterez sur
éo

l’intérêt porté par les poètes à la musicalité du vers


7 Analysez les termes clés des sujets suivants en mais aussi à la richesse sémantique du lexique.
donnant des exemples pris dans vos lectures et en les Dissertation – Dans quelle mesure la poésie exploite-
reformulant et développant. t-elle toutes les ressources de la langue ?
sp

1. Peut-on considérer les personnages des romans réalistes


et naturalistes comme de véritables héros romanesques ? b. Formulez une phrase dans laquelle vous montrerez
• personnages : ......................................................
construits par le texte : un nom, que les termes surlignés illustrent et éclairent le sujet
...........................................................................
un portrait, une identité sociale, etc. de dissertation.
...............................................................................
Les sonorités et les rythmes des mots de la langue agencés
Mes exemples : ..................................................
Principaux comme Julien Sorel,
...............................................................................
dans des vers, ainsi que leur polysémie, constituent les
...........................................................................
Le père Goriot, Eugénie Grandet, Julie, Bel-Ami, etc.
...............................................................................
aspects essentiels des ressources de la langue.

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER À LA DISSERTATION

36 Élaborer un plan détaillé

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué
Sujet : Toute argumentation doit-elle être directe pour
être efficace ?

ne t
Plan dialectique (discuter une thèse)

n
1 Analyser le sujet voir fiche 35 Objet d’étude  Genres et formes de l’argumentation :

trd
XVIIe et XVIIIe siècles

Idées Empathie du lecteur, amusement du lecteur…

a
2 Dresser une liste d’idées en lien avec le sujet (en s’aidant des
Structure facilitant la compréhension
textes proposés en corpus)
Engagement net de l’auteur
Les Contes philosophiques de Voltaire

n
Argument Amusement du lecteur
3 Distinguer arguments et exemples Exemple Les Contes philosophiques de Voltaire

jec eig
4 Regrouper les idées proches, venant à l’appui de la même thèse
Thèse Toute argumentation doit être directe pour être efficace.
Idée 1 Structure facilitant la compréhension
Idée 2 Engagement net de l’auteur

ni
Plan de la première partie
5 Construire le plan en allant de l’idée la plus simple vers la plus I. L’argumentation directe : l’évidence au service de l’efficacité.
complexe 1. Engagement net de l’auteur (« je »)
s
2. Structure facilitant la compréhension
Dans l’exemple, on voit d’abord que l’auteur parle en son
propre nom avant de se rendre compte de la structure.
pro en
tio
Analyser et manipuler
1 a. Conserveriez-vous les arguments suivants pour 2 Les affirmations suivantes correspondent aux
traiter ce sujet de dissertation ? idées que l’on pourrait lister afin de traiter ce sujet de
dissertation.
n

Sujet : Pour Rousseau, les fables possèdent une morale


« mêlée et […] disproportionnée à [l’] âge » des enfants. Sujet : Pour Stendhal, le roman est « un miroir que l’on
Selon vous, quelles sont les forces et les faiblesses des promène le long d’un chemin ». Justifiez cette affirmation.
e

fables et de l’argumentation indirecte ?


1. Le récit suit une progression, qui est celle du personnage.
Oui nOn 2. Mme de Rênal et Mathilde de la Mole jouent des rôles
1. L’argumentation indirecte contient un
Vid im

décisifs dans la vie de Julien Sorel, dans Le Rouge et le


discours insinuant, que l’on retient mieux. ✗
Noir de Stendhal.
2. Il est difficile de décrypter le sens d’un récit. ✗
3. Le romancier est précis dans les termes employés afin de
3. L’essai apporte une leçon claire par rendre compte de la réalité.
l’expression d’une pensée univoque. ✗
4. Dans Bel-Ami, Maupassant nous montre l’avancée pro-
4. La vertu de certains personnages, comme le
gressive de Duroy, un ambitieux.
ec

lion est ambiguë. ✗


5. Le cadre dans lequel se déroule La Curée de Zola est le
éo

5. Le romancier réaliste veut donner une


Paris transformé du Baron Haussmann.
certaine image de la société. ✗
6. Le roman est le lieu de rencontres entre différents per-
6. Le récit évite l’ennui d’une leçon didactique. ✗
sonnages.
7. Les fables donnent deux leçons, sous deux
7. Les références au réel sont nombreuses dans les romans.
formes différentes : récit et moralité. ✗
sp

8. On trouve de l’argumentation dans les 8. Pour décrire les tissus dans le Bonheur des dames, Zola
romans, au théâtre et dans les poèmes. ✗ emploie des termes techniques.
a. Parmi ces affirmations, soulignez les arguments
b. Soulignez les arguments qui montrent la force de
d’un trait et les exemples de deux traits.
l’argumentation indirecte.
b. Associez chaque argument à chaque exemple.
...............................................................................
1-4 ; 3-8 ; 6-2 ; 7-5.

II. Savoir organiser un texte


3 Voici des arguments possibles pour traiter le sujet 5 Voici une ébauche de plan au sujet suivant.
suivant.
Sujet  : Dans sa préface aux Petits poèmes en prose,
Sujet  : Le poète est-il nécessairement centré sur lui- Baudelaire souligne le « miracle d’une prose poétique »,
même ? Vous examinerez cette question en vous fondant qui s’adapterait « aux mouvements lyriques de l’âme ».

ite
sur les poèmes des XiXe et XXe siècles que vous connaissez. L’œuvre poétique tient-elle seulement à sa forme ?

Arguments : I. Importance de la forme en poésie

ne t
1. Le poème est l’expression d’une souffrance. 1. Condensation des procédés rythmiques et phoniques
dans le vers

n
2. Le poète s’adresse aux autres.
II. La poésie se rencontre ailleurs.

trd
3. La beauté des choses se lit grâce au poème. 1. Le poème en prose : une forme condensée
4. De nombreux poèmes évoquent le sentiment amoureux.
a. Trouvez un autre argument pour chaque partie.

a
5. Le poème laisse s’exprimer l’inconscient de l’auteur. ...............................................................................
I. 2. Lien entre la forme et le sens.
6. Le poète peut s’engager. ...............................................................................
II. 2. La concentration d’images rend le texte poétique.

n
a. Quels arguments permettent de justifier chacune b. Pour chaque argument, donnez un exemple.
de ces parties ? ...............................................................................
I. 2 : Le sonnet possède, à la fin, une chute ou trait d’esprit.
I. Le poème est jaillissement de la parole personnelle. ...............................................................................
On joue de l’opposition entre les quatrains et les tercets.

jec eig
Arguments : ............................................................
1-4-5 ...............................................................................
II. 2 : Baudelaire a écrit des poèmes en vers et prose, avec
II. Le poème est ouverture aux autres et au monde. ...............................................................................
des images similaires.

Arguments : ............................................................
2-3-6 6 a. Lisez le texte et le sujet suivants.
b. Classez-les de façon à faire apparaître une pro-

ni
gression dans la pensée et expliquez votre choix. Sujet : Quels intérêts peuvent présenter les descriptions
...............................................................................
I. 4-1-5 → On part des sentiments et de la plupart des
dans les romans réalistes ou naturalistes ?
...............................................................................
poèmes, pour aboutir au cas particulier de la poésie
s
...............................................................................
surréaliste. Eugénie Grandet mène une existence paisible, avant
...............................................................................
II. 2-6-3 → Les poèmes sont d’abord destinés à être lus, et de découvrir l’amour auprès de son cousin, jeune
pro en
............................................................................... parisien élégant. Voici le début du roman.
tio
portent un regard particulier sur les êtres. Le plan
...............................................................................
procède par élargissement : le poète parle du monde. Il se trouve dans certaines villes de province des
c. Pour chaque argument, donnez un exemple. maisons dont la vue inspire une mélancolie égale à
...............................................................................
1 : Baudelaire, « Spleen » celle que provoquent les cloîtres les plus sombres, les
...............................................................................
2 : Poèmes adressés à l’être aimé  landes les plus ternes ou les ruines les plus tristes.
...............................................................................
3 : Célébration de la nature dans les poèmes romantiques  Peut-être y a-t-il à la fois dans ces maisons et le silence
...............................................................................
4 : Apollinaire, « Poèmes à Lou » du cloître et l’aridité des landes, et les ossements des
............................................................................... ruines : la vie et le mouvement y sont si tranquilles
n

5 : Poèmes surréalistes


...............................................................................
6 : Hugo, Les Châtiments ; Desnos, L’Honneur des poètes qu’un étranger les croirait inhabitées, s’il ne rencon-
trait tout à coup le regard pâle et froid d’une personne
4 Complétez le plan suivant, qui pourrait figurer au immobile dont la figure à demi monastique1 dépasse
e

brouillon, en formulant des arguments. Des aides vous l’appui de la croisée, au bruit d’un pas inconnu. Ces
sont apportées entre crochets. principes de mélancolie existent dans la physionomie
d’un logis situé à Saumur, au bout de la rue montueuse
Vid im

Sujet  : Dans quelle mesure la tragédie et la comédie


qui mène au château, par le haut de la ville.
s’opposent-elles ? Vous fonderez votre réflexion sur les
Honoré de Balzac, Eugénie Grandet, 1833.
tragédies et comédies du XViie siècle que vous connaissez.
1. monastique : qui a l’apparence d’un moine.
I. Une opposition de genres
1. [rois/bourgeois]Des .....................................................
personnages différents b.  Dans le sujet, soulignez les termes qui peuvent
ec

............................................................................... s’appliquer au texte.


2. [mort/mariage] ......................................................
éo

Des dénouements différents


c. Soulignez les comparaisons dans le texte. Que sug-
............................................................................... gèrent-elles du lieu évoqué ?
3. [faire pleurer/rire] ...................................................
Des registres différents
...............................................................................
Le lieu inspire la mélancolie. L’histoire se déroule donc en
............................................................................... ...............................................................................
province où règne l’ennui.
II. Les rapprochements possibles
sp

1. [représentation] Le .....................................................
plaisir des spectateurs d.  Pour quelles raisons ce passage se trouve-t-il au
............................................................................... début du roman ? Donnez deux arguments différents
2. [unités, vraisemblance] ............................................
Le respect des règles classiques
qui pourraient être employés dans la dissertation.
............................................................................... ...............................................................................
Le cadre de l’action, réel, est donné : Saumur.

3. [catharsis…] ..........................................................
L’importance de la morale ...............................................................................
L’ambiance décrite permet aussi d’annoncer la passion

............................................................................... ...............................................................................
d’Eugénie.
...............................................................................
II. Savoir organiser un texte
S ’ INITIER À LA DISSERTATION

37 Construire un paragraphe argumentatif

ite
Acquérir une méthode
Sujet : La portée didactique ou critique des fables n’appartient-elle qu’à la morale ?

ne t
Ouvrir par l’argument à défendre

n
Dans une fable, les visées didactique ou critique ne s’expriment pas seulement dans la morale, elles (exprimé le plus souvent par une

trd
phrase déclarative)
sont également présentes dans le récit. On doit en effet considérer qu’au-delà de la morale pro-
Poursuivre par l’explicitation

a
prement dite, une argumentation implicite qui vise à défendre un point de vue ou une thèse se
de l’argument qui s’articule à
développe à travers la situation, les péripéties relatées, les dialogues, le dénouement de l’action ou l’argument par un mot de liaison
encore les réactions des personnages. Dans la morale de « Le Jardinier et son Seigneur » par

n
exemple La Fontaine invite les « Petits princes » à garder leurs distances avec le roi. En relisant le
récit à la lumière de cette morale, on perçoit alors une critique implicite du roi à travers le com- Illustrer l’argument par un ou des

jec eig
exemples précis qui prouvent sa
portement du « Seigneur » dont on comprend qu’il représente les « rois » de la morale. Ce pertinence
« Seigneur » adopte un comportement condamnable à l’égard du « Jardinier » et le récit souligne
alors sa bassesse et sa suffisance : c’est le roi évidemment que l’on critique !

ni
Ainsi le récit propose une argumentation implicite qu’il appartient au lecteur d’expliciter à la
lumière de la morale. Le lecteur cherchera aussi à saisir une critique présente dans le récit mais Conclure et préparer la transition
s
indépendamment de la morale.
pro en
tio
Analyser et employer
1 Dans ces paragraphes argumentatifs, encadrez 2 Ce paragraphe argumentatif use du raisonnement
distinctement les passages qui expriment l’argument inductif  : encadrez distinctement les passages qui
et l’explicitation et soulignez les exemples. expriment l’argument et l’explicitation et soulignez les
exemples.
n

1. Les procédés d’écriture du récit dans une fable contribuent à lui


donner un caractère plaisant voire futile. Le fabuliste se joue de la Verlaine invite à choisir des mots « sans quelque méprise » et à
monotonie en variant les temps, les registres, en inscrivant le dia- préférer « la musique [des mots] avant toute chose », Rimbaud
e

logue dans son récit ou en exploitant toute la richesse des vers. considère que les voyelles sont des couleurs  ; «  Danse avec ta
Dans « La Cigale et la Fourmi », récit, commentaire et dialogue langue » suggère Cendrars ; Ponge écrit un poème pour défendre
Vid im

se succèdent plaisamment. Des vers comiques alternent avec des une nouvelle orthographe de «  oiseau  » préférant d’abord
vers plus graves dans «  La Vieille et les deux Servantes  ». Un « oileau » ou « oiveau ». Pour les poètes les mots sont bien la
dialogue rapide s’instaure entre les héros éponymes de « Le Milan matière première de leur œuvre et l’effusion lyrique, l’expression
et le Rossignol » . des révoltes ou des pensées ne viennent qu’ensuite. La poésie
ec

moderne se caractérise par une véritable prédilection pour la


2. Les personnages créés par les romanciers naturalistes reflètent
éo

langue et les mots.


le plus souvent une humanité commune. Zola et Maupassant,
comme les frères Goncourt, ont choisi des personnages banals, 3 Un paragraphe argumentatif doit convaincre et
persuader  : réécrivez la première phrase du para-
sans relief ou encore issus de classes sociales qu’on ne rencontrait graphe 1. de l’exercice 1 en exploitant davantage les
sp

que rarement dans les romans jusqu’au naturalisme. Gervaise procédés de persuasion : vocabulaire mélioratif, ques-
dans L’Assommoir est une simple blanchisseuse, les personnages tion rhétorique, par exemple.
...............................................................................
Les procédés d’écriture si variés du récit, de ce que La
de Pierre et Jean représentent la petite bourgeoisie. Le personnage
...............................................................................
Fontaine nomme « le corps » de la fable, ne contribuent-
éponyme de Germinie Lacerteux est domestique et donc issu des ...............................................................................
ils pas à ce caractère si plaisant ou si délicieusement futile
« basses-classes ». ...............................................................................
des œuvres de cet illustre poète ?

II. Savoir organiser un texte


4 Construisez un paragraphe argumentatif en expli- 6 Reprenez le paragraphe argumentatif 2. de l’exer-
citant et illustrant chacun des arguments suivants. cice 4 en recourant au raisonnement déductif et en
Vous veillerez à exploiter les raisonnements déductif introduisant une concession et réécrivez le début du
et inductif. paragraphe.

ite
1. Argument : La comédie classique atteint sa visée morale ...............................................................................
Certes les règles du théâtre classique ont prouvé leur
grâce aux différents registres. En effet ..........................
grâce au registre ...............................................................................
importance, mais on peut se demander si…
............ les personnages dont il faut corriger les défauts
comique, ...............................................................................

ne t
...............................................................................
sont ridiculisés. Selon Molière, les hommes supportant peu
...............................................................................
ce ridicule corrigeront alors leurs vices et la visée de la 7 Construisez un paragraphe argumentatif pour

n
...............................................................................
comédie sera atteinte. Songeons à Harpagon ou à défendre l’argument suivant en l’illustrant à l’aide

trd
...............................................................................
Arnolphe qui sont ridiculisés tant par certaines péripéties des exemples proposés.
...............................................................................
que par le dénouement. Argument  : Le langage poétique montre, fait entendre,

a
............................................................................... évoque ce dont il parle.
............................................................................... Exemples :
...............................................................................

n
• « La Parque t’a tuée et cendre tu reposes […] » (Ronsard,
............................................................................... Second Livre des Amours, 1578)
...............................................................................
•  « ORESTE. – Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos
...............................................................................

jec eig
têtes ? » (Racine, Andromaque, 1667)
...............................................................................
............................................................................... ...............................................................................
Le langage poétique, en effet, se caractérise par sa

............................................................................... ...............................................................................
densité qui le rend riche, – et simultanément – de
...............................................................................
plusieurs significations. Le premier hémistiche du vers de
2. Argument : On peut affirmer qu’un trop grand respect

ni
...............................................................................
Ronsard rappelle la mort de Marie dans des sonorités
des règles théâtrales peut limiter la force de la représenta-
...............................................................................
cacophoniques qui évoquent la dureté de l’événement
tion des textes.
...............................................................................
tragique. Oreste, quand il s’interroge à propos de
s
...............................................................................
Dans la mise en scène de Phèdre par Patrice Chéreau, le
...............................................................................
« serpents » fait entendre leur sifflement grâce à
...............................................................................
corps ensanglanté et mutilé d’Hippolyte apparaît sur
...............................................................................
l’allitération en [s].
...............................................................................
scène. Le spectateur est-il choqué, éprouvé par ce
pro en
spectacle ?
tio
...............................................................................
Il est au moins probable qu’il l’est moins qu’il 8 Développez l’argument de Rousseau en l’illustrant
...............................................................................
aurait pu l’être au xviie siècle. L’intention du metteur en par d’autres exemples tirés des Fables de La Fontaine.
...............................................................................
scène est de soutenir la compassion voulue par le texte
Sur une copie
...............................................................................
pour ce héros. N’est-ce pas ce que désirait Racine ?
...............................................................................
............................................................................... Suivez les enfants apprenant leurs fables, et vous
............................................................................... verrez que, quand ils sont en état d’en faire l’applica-
tion, ils en font presque toujours une contraire à
n

...............................................................................
............................................................................... l’intention de l’auteur, et qu’au lieu de s’observer sur
............................................................................... le défaut dont on les veut guérir ou préserver, ils
penchent à aimer le vice avec lequel on tire parti des
e

5 Construisez un paragraphe argumentatif déductif défauts des autres. Dans la fable précédente1, les
pour démontrer la pertinence de l’argument suivant enfants se moquent du corbeau, mais ils s’affec-
en exploitant ces procédés de persuasion  : question tionnent tous au renard ; dans la fable qui suit2, vous
Vid im

rhétorique, vocabulaire mélioratif, modalités de la croyez leur donner la cigale pour exemple ; et point
certitude, gradation. du tout, c’est la fourmi qu’ils choisiront. On n’aime
Argument : Les romans naturalistes peuvent encore cho- point à s’humilier : ils prendront toujours le beau rôle ;
quer quand ils reproduisent l’exacte réalité dans sa vérité c’est le choix de l’amour-propre, c’est un choix très
brutale. naturel. Or, quelle horrible leçon pour l’enfance ! Le
ec

...............................................................................
Il est absolument certain que les romans naturalistes plus odieux de tous les monstres serait un enfant avare
et dur, qui saurait ce qu’on lui demande et ce qu’il
éo

...............................................................................
peuvent encore choquer, déranger, scandaliser quand ils
...............................................................................
reproduisent l’exacte réalité dans sa réalité la plus refuse. La fourmi fait plus encore, elle lui apprend à
...............................................................................
brutale. Dans ces œuvres, les romanciers n’hésitent pas, railler dans ses refus.
...............................................................................
au nom de leur esthétique, à donner à lire dans les détails Dans toutes les fables où le lion est un des person-
...............................................................................
les plus crus, des scènes les plus intimes au point qu’on nages, comme c’est d’ordinaire le plus brillant, l’enfant
sp

...............................................................................
peut hésiter à les faire lire à un jeune public si sensible. ne manque point de se faire lion ; et quand il préside
...............................................................................
Songeons par exemple au récit de l’accouchement à quelque partage, bien instruit par son modèle, il a
...............................................................................
clandestin de la domestique Adèle dans Pot-Bouille. Un grand soin de s’emparer de tout.
...............................................................................
jeune lecteur peut-il soutenir cette lecture sans éprouver Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’Éducation, 1762.
...............................................................................
une gêne, voire de l’effroi ou du dégoût ?
1. « Le Renard et la Cigogne » 2. « La Cigale et la Fourmi »

II. Savoir organiser un texte


S ’ INITIER À LA DISSERTATION

38 Rédiger l’introduction / la conclusion

ite
Acquérir une méthode
Sujet : Dans une lettre qu’il adresse à son éditeur Hetzel en 1853, Victor Hugo précise le

ne t
rôle du poète et revendique le droit « d’empêcher, s’il se peut, le sang de couler ». Pensez-
vous que les écrivains aient pour mission de servir le peuple ?

n
trd
Introduction
Proposer une phrase d’amorce

a
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Paul Sartre, dans son essai Qu’est-ce que la générale destinée à présenter
le thème du sujet et à accrocher
littérature ?, définit la création littéraire comme un moyen de « dénonce[r] les problèmes actuels le lecteur (question rhétorique,
de la condition humaine et tente[r] de proposer des solutions ». Cette revendication qui semble citation, précision étymologique…)

n
s’inscrire dans la lignée des œuvres poétiques de Victor Hugo pose la question du rôle des écrivains Reprendre les termes clés du sujet
et de leur engagement. Le statut ambivalent des auteurs, à la fois hommes et créateurs, mérite que Éclairer le sens des termes clés et

jec eig
l’on s’interroge sur leur fonction. Les écrivains ont-ils, en effet, comme l’affirme Victor Hugo dans les questions qu’ils soulèvent
Formuler la problématique sous
une lettre destinée à son éditeur, pour mission de servir le peuple en « empêch[ant], s’il se peut, forme de question directe
le sang de couler » ? Nous tâcherons tout d’abord de justifier l’implication sociale des écrivains

ni
puis nous nous interrogerons sur les limites de leur engagement. Enfin, il serait juste d’évoquer la Annoncer les axes en évitant
fonction plus immédiate des écrivains, créateurs d’un monde et d’un langage, en dehors de toutes les lourdeurs
s
préoccupations politiques.

N.B. : L’introduction présente trois étapes en un seul paragraphe, du plus général au particulier.
pro en
tio
Le passage d’une étape à l’autre doit se faire insensiblement.

Conclusion
L’influence des écrivains, leur sensibilité et leur éloquence laissent donc à penser qu’ils ont pour
mission d’améliorer nos vies et de les guider vers plus de justice et de liberté. Néanmoins, il ne faut Répondre à la problématique posée
pas oublier que l’efficacité de cette fonction est soumise à certaines conditions. L’engagement lit- en reformulant de façon concise
les axes développés
n

téraire demeure effectivement problématique, ce qui pousse parfois à croire que le rôle de l’écrivain
est ailleurs. Auteurs, poètes ou artistes occupent une place particulière, à la fois isolés dans leur
tour d’ivoire et profondément ancrés dans leur siècle. Albert Camus a su exprimer avec pertinence
e

Ouvrir la réflexion sur d’autres


cette dualité qui anime leurs œuvres et c’est avec mesure qu’il envisage un engagement modéré, perspectives, sujets, genres,
oscillant entre créativité et humanisme, convaincu que l’artiste pourra ainsi « servir en même temps époques…
Vid im

la douleur et la beauté ».
N.B. : Il est conseillé de relire la problématique avant de conclure. Il serait maladroit en ouverture de terminer par
une question directe qui donnerait l’impression que l’ensemble de la dissertation est remise en cause.

Analyser et employer
ec

1 a. Lisez le plan de dissertation suivant. c. Imaginez une phrase d’amorce destinée à présenter
éo

I. L’écriture poétique se distingue des autres genres litté- le thème du sujet et à accrocher votre lecteur.
raires par une relation particulière au langage. ...............................................................................
Les élèves peuvent partir du pouvoir du poète démiurge,

II. La poésie permet une implication personnelle forte issue ...............................................................................


créateur d’un nouveau langage et d’un nouveau monde,

des sentiments du poète et de son vécu. ...............................................................................


comme le suggère l’étymon grec « poieîn ».
sp

III. La poésie multiplie les registres littéraires, sources ...............................................................................


Les élèves peuvent aussi se référer à la figure

d’émotions diverses. ...............................................................................


mythologique d’Orphée, à ses vers enchanteurs, et à
...............................................................................
l’origine du mot « lyrique ».
b. Retrouvez la problématique correspondant au plan
...............................................................................
proposé et formulez-la sous forme de question directe.
...............................................................................
...............................................................................
Pourquoi la poésie permet-elle plus que tout autre genre
...............................................................................
...............................................................................
littéraire d’exprimer les sentiments personnels ?
...............................................................................
II. Savoir organiser un texte
2 a. Lisez l’introduction de dissertation suivante. 4 a. Lisez le sujet de dissertation suivant.
Le récit, outre sa fonction divertissante, assure parfois un rôle argu- Sujet : Au théâtre, l’auteur vous semble-t-il plus impor-
mentatif. C’est le cas de l’argumentation indirecte qui s’inscrit au tant que le metteur en scène ? Vous répondrez à cette
question dans un développement composé en vous

ite
cœur d’une fiction narrative telle que la fable, le conte ou l’utopie.
appuyant sur les lectures faites en classe et sur vos lec-
Les apologues sont en effet constitués de deux éléments a priori tures personnelles. 
étrangers l’un à l’autre, la narration et l’argumentation, mais étroi-

ne t
b. Formulez les axes permettant de discuter le sujet.
tement liés à l’image du « corps » et de « l’âme » comme l’indique

n
...............................................................................
Si certains arguments parlent en faveur de l’auteur de
La Fontaine dans la préface de ses Fables. Toutefois, l’on peut

trd
...............................................................................
pièces de théâtre, d’autres au contraire mettent l’accent sur
s’interroger sur l’efficacité de ce genre argumentatif qui tend parfois ...............................................................................
la richesse du travail du metteur en scène, ce qui mènerait à

a
à dissimuler les véritables préoccupations de l’auteur derrière un récit ...............................................................................
penser que le théâtre ne peut se concevoir que dans une
...............................................................................
relation de complémentarité de l’un et de l’autre.
en apparence divertissant et léger. Quel est donc le degré d’efficacité
c. Rédigez la première étape de l’introduction.

n
de l’apologue ? [Le récit a tout d’abord pour enjeu de plaire aux
...............................................................................
On peut inviter les élèves à se référer à l’étymon du mot
lecteurs et il assure ce rôle à merveille.][Il est vrai aussi que la nar- ...............................................................................
théâtre qui situe d’emblée le genre dans le domaine du
ration porte en elle une force de persuasion tout aussi efficace que la ...............................................................................
spectacle et de la représentation ou, au contraire, à la

jec eig
...............................................................................
place prépondérante qu’occupe le texte théâtral dans le
moralité.][Néanmoins, les limites de l’argumentation indirecte
...............................................................................
domaine éducatif comme support à la lecture et à
existent et nuisent parfois à la portée moralisatrice de l’œuvre.] ...............................................................................
l’apprentissage scolaire.

b. Encadrez le thème et soulignez la problématique. d. Rédigez une phrase permettant d’ouvrir le sujet

ni
dans la seconde étape de la conclusion.
c. Reformulez le sujet auquel l’introduction proposée
pourrait renvoyer. ...............................................................................
L’ouverture peut être envisagée sur le plan cinématogra-
...............................................................................
phique où le scripte et la réalisation sont indissociables. L’on
s
...............................................................................
L’argumentation indirecte vous semble-t-elle efficace ?
...............................................................................
peut aussi déplacer le sujet et ouvrir la réflexion sur l’impor-
d. Isolez entre crochets les axes qui sont annoncés
...............................................................................
tance du jeu des acteurs qui donnent vie au texte initial.
dans l’introduction.
pro en
tio
e. Rédigez la première étape de la conclusion. 5 a. Lisez le sujet et l’introduction suivants. Barrez les
...............................................................................
L’apologue tient son efficacité de ses deux composantes. À la passages qui vous semblent inutiles dans l’introduction.
...............................................................................
fois narration et argumentation, il a pour richesses de séduire b. Soulignez les lourdeurs d’expression et les répéti-
...............................................................................
les lecteurs tout en assurant sa fonction didactique. Mais tions.
...............................................................................
cette ambivalence peut parfois dissimuler l’enjeu véritable de
c. Réécrivez l’introduction. Sur une copie
...............................................................................
l’argumentation indirecte qui serait alors mal comprise.
Sujet : Le roman ne peut exister sans fiction. Que pen-
n

3 a. Lisez le sujet, la problématique et le plan suivants.


sez-vous de cette affirmation ? Vous répondrez à la
Sujet : Comment expliquez-vous l’intérêt qu’éprouvent question dans un développement composé en vous
parfois les lecteurs de romans pour un héros mépri- appuyant sur les œuvres étudiées en classe et sur vos
e

sable ? Vous répondrez à cette question dans un déve- lectures personnelles.


loppement composé en vous appuyant sur les lectures
De tous temps, les hommes ont écrit des romans. Le genre roma-
faites en classe, sur vos lectures personnelles et sur vos
Vid im

connaissances du genre romanesque. nesque est avant tout celui de la fantaisie et de l’imagination. Ne
dit-on pas d’une vie aventureuse et mouvementée : « quel roman ! » ?
Problématique : Pourquoi les personnages médiocres, voire
odieux fascinent tant les lecteurs ? À en croire le sujet qui nous est proposé : « Le roman ne peut exister
Plan : I. Les caractéristiques des antihéros sans fiction. Que pensez-vous de cette affirmation ? », le roman ne
ec

II. L’intérêt éprouvé pour ce type de héros saurait exister sans fiction. Toutefois, Maupassant, dans la Préface
III. La nécessité de redéfinir la notion d’héroïsme
éo

de son roman Pierre et Jean, distinguait deux types de romanciers :


b. En vous aidant de ces éléments, rédigez une intro-
duction dans son intégralité. ceux qui transforment la réalité pour la rendre plus séduisante et
...............................................................................
Première étape : définir la notion de personnage et son ceux qui refusent toute forme d’imagination pour représenter la réa-
...............................................................................
évolution au fil des siècles en fonction des contextes lité avec exactitude. Problématique : le roman peut-il être à la fois
sp

...............................................................................
historiques et culturels.
fictif et réaliste ? Je vais répondre à cette question en m’appuyant
...............................................................................
Deuxième étape : amener la problématique par la fonction
...............................................................................
cathartique de la lecture, par la transgression des tabous et sur des romans que je connais. Dans un premier temps, nous verrons
...............................................................................
la notion de plaisir rendues possibles par la lecture. que le roman peut être fictif. Dans un deuxième temps, nous verrons
...............................................................................
Troisième étape : veiller à ce que la formulation des axes rende
que le roman peut être réaliste. Enfin, dans la conclusion, nous
...............................................................................
compte de la relation de cause-conséquence qui les unit.
donnerons notre avis personnel.
II. Savoir organiser un texte
S ’ INITIER À L ’ ÉPREUVE ORALE

39 S’exprimer à l’épreuve orale

ite
Acquérir une méthode Exemple appliqué
Sujet :
• Séquence : Le regard de l’autre dans la fiction philosophique.

ne t
• Extrait : Montesquieu, Lettres persanes, 1721.

n
voir fiche 17, exercice 5
• Problématique posée par l’examinateur : Quelle vision de la société le voyageur

trd
L’exposé étranger transmet-il aux lecteurs ?

a
1 Comprendre la problématique : 1  La question invite le candidat à faire une critique sociale du XVIIIe siècle.
 sur quoi porte la question ?  La problématique interpelle sur l’origine du regard : celui d’un étranger qui découvre
 quelles précisions sont données ? la France.

n
2 Construire le plan de l’exposé : 2  Donner un contexte fictif et exotique à un récit est en vogue au XVIIIe siècle ; les
 introduction philosophes des Lumières peuvent ainsi contourner la censure et dénoncer tout ce qui
 axes d’étude leur semble critiquable.
 conclusion  Axes possibles :

jec eig
I. Le regard naïf et surpris du locuteur
II. La dénonciation des mœurs parisiennes du XVIIIe siècle
 Ainsi, le regard étranger invite les lecteurs à considérer sans indulgence la grossièreté
et la brutalité de leurs propres mœurs. Particulièrement efficace, ce procédé est employé
aussi pour dénoncer des travers bien plus graves ou des injustices…

ni
L’entretien
3 Identifier les types de questions qui 3 Types de questions :
 Quels sont les indices du caractère étranger du locuteur ?
peuvent être posées :
s
 Quelle est la fonction de l’étranger dans les textes
 sur le texte
 sur le contexte philosophiques que vous avez étudiés ? Conseils pour l’expression orale
 La lecture de l’extrait : expressive et articulée
 sur vos connaissances culturelles  Connaissez-vous d’autres philosophes des Lumières ?
 La voix : audible, non monotone, débit ni
pro en
tio
 sur votre appréciation personnelle  Cet extrait est-il, selon vous, comique ou sérieux ? trop lent ni trop rapide
 La formulation : correcte, sans familiarités,
4 Réagir avec pertinence à la question vocabulaire approprié
 L’attitude : polie et ouverte, posée, sans
posée :
gestes parasites
 se référer aux documents de la  La présence : implication personnelle,
séquence conviction, ne pas fuir derrière ses notes,
regarder l’examinateur
 développer sa réponse

Repérer et manipuler
n

1 Les phrases suivantes, formulées à partir des para- 2 Réécrivez les passages soulignés en utilisant le
e

textes donnés, présentent des incorrections. Réécrivez- vocabulaire approprié. Soyez attentif au genre litté-
les en corrigeant les erreurs et en utilisant le vocabu- raire indiqué.
laire approprié. 1. Poésie « Les dernières lignes du sonnet annoncent la
Vid im

1. Émile Zola, Les Romanciers naturalistes, 1881 mort du personnage »


« Zola a parlé des romanciers naturalistes en 1881. » ...............................................................................
« Les derniers vers du sonnet annoncent la mort du
...............................................................................
Le romancier Émile Zola a publié un manifeste sur le ...............................................................................
poète. »
...............................................................................
mouvement naturaliste en 1881. 2. Argumentation  « On va répondre à la problématique :
2. Molière, Les Fourberies de Scapin, 1671 grand un, le registre ironique ; grand deux, la dénoncia-
« La pièce avec Scapin a été écrite en 1671. » tion politique. »
ec

...............................................................................
La comédie de Molière mettant en scène le personnage de ..............................................................................
« Je vais répondre à la problématique en analysant tout
éo

...............................................................................
Scapin a été représentée pour la première fois en 1671. ...............................................................................
d’abord le registre ironique, puis en justifiant la
3. Victor Hugo, Les Contemplations, 1856 ...............................................................................
dénonciation politique. »
« Le bouquin s’appelle Contemplations. » 3. Roman « On voit bien dans le texte que la personne
............................................................................... est dégoûtée de la vie. »
sp

Le recueil poétique de Victor Hugo s’intitule


...............................................................................
Les Contemplations. ...............................................................................
« Certains procédés d’écriture traduisent le dégoût du
4. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fon- ...............................................................................
personnage face à l’existence. »
dements de l’inégalité parmi les hommes, 1755 4. Théâtre « Je ne suis pas sûr que c’est tragique, mais
« Dans son texte, Rousseau dit que les hommes sont inégaux. » je crois que c’est bon. »
...............................................................................
Le discours de Rousseau laisse paraître les préoccupations ...............................................................................
« Il me semble que le registre est tragique et je vais
...............................................................................
du philosophe des Lumières quant aux inégalités sociales. ...............................................................................
tenter de le justifier. »

II. Savoir organiser un texte


Analyser et employer
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
L’Assommoir d’Émile Zola
Gervaise, héroïne du roman, observe Problématique posée par l’examinateur : Quelles caractéristiques du person-

ite
le forgeron Goujet, surnommé « La nage ce portrait met-il en évidence ?
Gueule-d’or », en plein travail.
3 a. Soulignez les mots-clés de la problématique proposée pour l’exposé
[Un homme magnifique au travail,

ne t
du texte de Zola.
ce gaillard-là ! Il recevait en plein la
b. Soulignez dans le texte les champs lexicaux dominants de chaque par-

n
grande flamme de la forge. Ses che-
tie entre crochets puis nommez-les.

trd
veux courts, frisant sur son front bas,
sa belle barbe jaune, aux anneaux ............................................................................................................
La lumière et la beauté (partie 1). La sculpture et la puissance (partie 2).

a
tombants, s’allumaient, lui éclai- c. Soulignez les mots ou expressions familiers dans les formulations sui-
raient toute la figure de leurs fils vantes puis corrigez-les.
d’or, une vraie figure d’or, sans men- 1. « Le narrateur décrit un gaillard au travail. »

n
tir.][Avec ça, un cou pareil à une
............................................................................................................
Le narrateur décrit un ouvrier vigoureux au travail.
colonne, blanc comme un cou d’en-
fant  ; une poitrine vaste, large à y 2. « Le portrait de Goujet est valorisé par la lumière qu’il reçoit en pleine figure. »

jec eig
coucher une femme en travers ; des ............................................................................................................
Le portrait de Goujet est valorisé par la lumière directe qui lui éclaire le visage.
épaules et des bras sculptés qui 3. « Le forgeron paraît gigantesque, ça prouve en vrai que c’est Gervaise qui le
paraissaient copiés sur ceux d’un regarde et qui l’aime. »
géant, dans un musée.] ............................................................................................................
Le forgeron paraît gigantesque, ce qui prouve en réalité qu’il est décrit du

ni
Émile Zola, L’Assommoir, 1877. ............................................................................................................
point de vue de Gervaise qui n’est pas insensible à son physique.

OBJET D’ÉTUDE • La comédie


Le Malade imaginaire de Molière
s
au XVIIe siècle
4 a. Lisez cet extrait à voix haute avec un
Monsieur Purgon, médecin d’Argan, vient de quitter son patient.
camarade de la classe.
Argan. – Monsieur Purgon m’a dit de me promener le matin
pro en
tio
dans ma chambre douze allées et douze venues ; mais j’ai oublié b. Soulignez dans les répliques d’Argan les
à lui demander si c’est en long ou en large. indices permettant de repérer les émotions
Toinette. – Monsieur, voilà un... successives du personnage et nommez-les dans
Argan. – Parle bas, pendarde ! tu viens m’ébranler tout le leur ordre d’apparition.
cerveau, et tu ne songes pas qu’il ne faut point parler si haut à ....................................................................
La perplexité – la colère – la surprise – l’agacement.
des malades. ....................................................................
Toinette. – Je voulais vous dire, monsieur... c. Relisez le texte à voix haute en tâchant
n

Argan. – Parle bas, te dis-je. d’exprimer au mieux les sentiments d’Argan.


Toinette. – Monsieur...
d. Formulez une phrase montrant l’évolution
(Elle fait semblant de parler.)
des sentiments d’Argan en vous appuyant sur
e

Argan. – Eh ?
les procédés surlignés.
Toinette. – Je vous dis que...
(Elle fait semblant de parler.)
....................................................................
L’exercice vise à prendre appui sur des procédés
Vid im

Argan. – Qu’est-ce que tu dis ?


....................................................................
identifi és, structurer la réponse par le recours aux
....................................................................
connecteurs logiques.
Molière, Le Malade imaginaire, Acte II, scène 2, 1673.
....................................................................
OBJET D’ÉTUDE • La poésie du xixe au xxe siècle :
du romantisme au surréalisme
« L’heure du berger » de Paul Verlaine
5 a. Lisez le poème à voix haute. Quelles difficultés rencontrez-
ec

La lune est rouge au brumeux horizon ;


vous ?
Dans un brouillard qui danse la prairie
éo

S’endort fumeuse, et la grenouille crie


...............................................................................................
Il s’agit de sensibiliser les élèves au rythme des vers et aux

Par les joncs verts où circule un frisson ;


...............................................................................................
enjambements.
b. Identifiez les types de questions suivantes :
[…]
1. Comment Verlaine parvient-il à créer une atmosphère mystérieuse ?
Les chats-huants1 s’éveillent, et sans bruit
sp

...............................................................................................
Question sur le texte.
Rament l’air noir avec leurs ailes lourdes,
Et le zénith s’emplit de lueurs sourdes. 2. Le poème de Verlaine vous semble-t-il musical ?
Blanche, Vénus2 émerge, et c’est la Nuit. ...............................................................................................
Question sur l’appréciation personnelle.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens, 1866. 3. S’agit-il d’un poème en vers libres ?
1. chats-huants : rapaces nocturnes. ...............................................................................................
Question sur les connaissances culturelles.
2. Vénus : planète surnommée « étoile du berger ».
4. Quels éléments de ce poème renvoient à la poésie symboliste ?
...............................................................................................
Question sur le contexte
II. Savoir organiser un texte
EMPLOYER UNE LANGUE CORRECTE ET PRÉCISE

40 S’adapter à son destinataire :


les niveaux de langue

ite
Observer et retenir

ne t
1. Niveau de langue familier :

n
Discours spontané, utilisé à l’oral ou à l’écrit dans les œuvres littéraires (langue

trd
d’un personnage ou d’un milieu).
 Lexique pauvre
Les Ritals, on est mal piffés. C’est parce qu’il y en a tellement, par ici. Les Expressions populaires ou argotiques

a

mômes français ne risquent pas le bout de leurs pompes dans nos rues de
 Syntaxe : répétition du complément
Ritals, mais à l’école, là, ils se rattrapent. Se sentent costauds les petites vipères.
du lieu, inversion incorrecte du sujet

n
François Cavanna, Les Ritals, 1978, © Éditions Belfond.
 Figures de style
2. Niveau de langue courant :

jec eig
Discours employé à l’oral et à l’écrit, au quotidien. Usage neutre et le plus commun de
la langue.

« Connaissez-vous l’Écu-de-France ?
 Lexique usuel
– C’est à Dijon, ça, ma bourgeoise !

ni
– Dans toutes les villes, il y a un hôtel qui s’appelle l’Écu-de-France.
 Syntaxe simple et correcte
– Connais pas ici ! »
Jules Vallès, L’Enfant, 1878.
s
3. Niveau de langue soutenu :
pro en
tio
Discours employé à l’oral dans certaines situations (discours solennel…) et à l’écrit dans
les textes littéraires. Attention marquée au langage.
 Lexique précis et riche

 Syntaxe : longue phrase ou période


« Qu’il me soit permis, dis-je, de rendre justice à l’administration supérieure,
au gouvernement, au monarque, messieurs, à notre souverain […] qui dirige  Mode subjonctif
à la fois d’une main si ferme et si sage le char de l’État parmi les périls incessants
d’une mer orageuse […] »  Figures de style : apostrophe,
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857 accumulations de noms, images
n

Repérer et manipuler
e

1 Identifiez le niveau de langue de chaque mot et 2 Indiquez le niveau de langue de cet extrait en jus-
proposez un équivalent dans les deux autres niveaux. tifiant votre réponse par deux exemples que vous
Vid im

Vous pouvez recourir au dictionnaire. expliquerez. 


1. Rejeter : ................................................................
courant
« V’la l’affaire. J’étions embusqué à l’Eperon quand
équivalents : jeter.......................................................
(familier) – ostraciser (soutenu)
quèque chose nous passa dans le premier buisson à
2.  Apathique : ...........................................................
soutenu
gauche, au bord du mur. Mailloche y lâche un coup,
équivalents : cossard
.......................................................
(familier) – paresseux (courant) ça tombe. Et je filons, vu les gardes. Je peux pas te dire
ec

...........................................................
3. Tromperie : courant ce que c’est, vu que je l’ignore […]. – C’est-i pas un
éo

équivalents : .......................................................
entourloupe (familier) – duperie, chevreuil ? – ça s’peut bien, ça ou autre chose ? Un
...............................................................................
imposture (soutenu) chevreuil ?... oui… C’est p’t-être pus gros ? »
4. Trépasser : .............................................................
soutenu Guy de Maupassant, Contes, « L’Âne », 1883.

équivalents : crever
.......................................................
(familier) – mourir (courant)
sp

5. Chance : ...............................................................
courant ...............................................................................
Le niveau est familier comme le montrent la transcription
...............................................................................
d’un énoncé oral et du parler campagnard, les phrases
équivalents : veine.......................................................
(familier) – fortune (soutenu)
...............................................................................
non verbales, les interruptions, la prononciation
6. Ringard : ...............................................................
familier
...............................................................................
(« quèque » pour quelque, « pu » pour plus), la
équivalents : suranné
.......................................................
(soutenu) – dépassé (courant) ...............................................................................
1re personne du pluriel à la place du singulier (« j’étions »),
7. Se presser : ............................................................
courant ...............................................................................
les tournures populaires (« comme qui dirait » pour « en
équivalents : se .......................................................
grouiller (familier) – se hâter (soutenu) ...............................................................................
quelque sorte », « y lâche » pour « lui lâche »).

III. Employer une langue correcte et précise


Analyser et employer
OBJET D’ÉTUDE • La comédie
au xviie siècle
Les Précieuses ridicules de Molière
3 Précisez le niveau de langue dominant dans cette
Cathos. – […] Venir en visite amoureuse avec une jambe

ite
tirade en justifiant votre réponse. Que révèle-t-il du
toute unie1, un chapeau désarmé de plumes, une tête irré-
personnage ?
gulière en cheveux, et un habit qui souffre une indigence
de rubans !… mon Dieu ! quels amants sont-ce là ! Quelle .............................................................................
Le niveau est soutenu. La langue est précieuse par le

ne t
frugalité d’ajustement et quelle sécheresse de conversation ! .............................................................................
lexique, l’abondance d’exclamations, l’inversion du

n
Molière, Les Précieuses ridicules, scène 4, 1659.
.............................................................................
sujet…. Cathos en précieuse ridicule critique le non

trd
1. jambe toute unie : sans dentelles serrées aux genoux.
.............................................................................
respect des codes de la galanterie.
.............................................................................

a
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
L’Assommoir d’Émile Zola
4 a. Identifiez le niveau de langue dominant dans

n
Et, maintenant, sa mère dégringolait à son tour dans son
cet extrait en vous appuyant sur des exemples précis.
amitié. Elle buvait, elle aussi. Elle entrait par goût chercher
son homme chez le père Colombe, histoire de se faire offrir ............................................................................
Le niveau est familier comme le montrent les outils de la

jec eig
des consommations ; et elle s’attablait très bien, sans afficher .............................................................................
langue :
des airs dégoûtés comme la première fois, sifflant les verres ............................................................................
–  lexique familier : « goutte, liqueur » pour « alcool » ;
d’un trait, traînant ses coudes pendant des heures et sortant ............................................................................
« pochard» pour « alcoolique » ; « siffler » pour
de là avec les yeux hors de la tête. Lorsque Nana, en passant ............................................................................
« boire » ; « son homme » pour « son mari » ;
............................................................................
– argot : « cambuse » pour « logement » ;

ni
devant l’Assommoir, apercevait sa mère au fond, le nez dans
la goutte, avachie au milieu des engueulades des hommes, ............................................................................
– juron grossier : « tonnerre de Dieu » ;
elle était prise d’une colère bleue, parce que la jeunesse, qui ............................................................................
– images familières : « colère bleue », « bec ».
s
a le bec tourné à une autre friandise, ne comprend pas la ............................................................................
La syntaxe est proche du registre familier en raison des
boisson. Ces soirs-là, elle avait beau tableau, le papa pochard, ............................................................................
juxtapositions.
la maman pocharde, un tonnerre de Dieu de cambuse où il b. Quelle est l’intention du romancier ?
pro en
tio
n’y avait pas de pain et qui empoisonnait la liqueur. ............................................................................
Il s’agit de donner l’illusion du réel en faisant entendre
Émile Zola, L’Assommoir, 1877. .............................................................................
la voix des personnages et de rendre compte de la
............................................................................
langue du peuple à travers le milieu étudié.

VERS LA 1re •
Le roman
Zazie dans le métro de Raymond Queneau
5 a Caractérisez le niveau de langue employé
Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé. Pas possible,
par les personnages en justifiant votre réponse.
n

ils se nettoient jamais. Dans le journal, on dit qu’il y a pas onze


pour cent des appartements à Paris qui ont des salles de bain, ça ........................................................................
Le niveau est familier :
m’étonne pas, mais on peut se laver sans. Tous ceux-là qui ........................................................................
– lexique familier : « se nettoyer» pour « toilette » ;
........................................................................
e

m’entourent, ils doivent pas faire de grands efforts. D’un autre « rombière » (argot),  « tarin » pour « nez » ;
côté, c’est tout de même pas un choix parmi les plus crasseux de ........................................................................
– la forme familière récurrente « ça » pour « cela » ;
Paris. Y a pas de raison. C’est le hasard qui les a réunis. On peut ........................................................................
– la syntaxe proche du registre familier en raison des
........................................................................
Vid im

pas supposer que les gens qui attendent à la gare d’Austerlitz juxtapositions ;
sentent plus mauvais que ceux qu’attendent à la gare de Lyon. ........................................................................
– les négations incomplètes ;
Non vraiment, y a pas de raison. Tout de même quelle odeur. ........................................................................
– l’orthographe phonétique.
Gabriel extirpa de sa manche une pochette de soie couleur ........................................................................
mauve et s’en tamponna le tarin. b. Quel est l’effet produit par le niveau de langue
– Qu’est-ce qui pue comme ça ? dit une bonne femme à haute utilisé ?
ec

voix. ........................................................................
C’est un effet de réel à travers la langue parlée. Le
éo

Elle pensait pas à elle en disant ça, elle était pas égoïste, elle ........................................................................
néo-français est un élément de la conception du
voulait parler du parfum qui émanait de ce meussieu. ........................................................................
langage selon Queneau qui se voulait un
– Ça, ptite mère, répondit Gabriel qui avait de la vitesse dans ........................................................................
remplacement du français écrit standard. Il se
la repartie, c’est Barbouze, un parfum de chez Fior. ........................................................................
caractérise par une syntaxe et un vocabulaire
– Ça devrait pas être permis d’empester le monde comme
sp

........................................................................
typiques du langage parlé et par une orthographe
ça, continua la rombière sûre de son bon droit. ........................................................................
plus ou moins phonétique.
– Si je comprends bien, ptite mère, tu crois que ton parfum
V
naturel fait la pige à celui des rosiers. Eh bien, tu te trompes, É c e r s l’
rit ion
ptite mère, tu te trompes. ure d’invent
Réécrivez l’extrait de Zazie
Raymond Queneau, Zazie dans le métro, 1959, © Éditions Gallimard. dans le métro de Queneau en choisissant un
autre niveau de langue. Sur une copie
III. Employer une langue correcte et précise
EMPLOYER UNE LANGUE CORRECTE ET PRÉCISE

41 Employer des connecteurs logiques


Observer et retenir

ite
Rapport Exemples
Fonction Types de connecteurs logiques Jean La Fontaine, Fables, 1668-1694.
logique

ne t
Explicite • Et, de plus, en outre, Le loup l’emporte, et puis le mange,

n
ensuite, enfin… Sans autre forme de procès « Le Loup et l’Agneau »
Ajouter une idée

trd
Addition
à une autre Implicite • Ponctuation Le mulet en se défendant
• Virgule ou point virgule Se sent percer de coups : il gémit, il soupire « Les deux Mulets »

a
Explicite • Car, en effet, parce que, La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom), […]
Exposer l’origine puisque… Faisait aux animaux la guerre. « Les Animaux malades de la peste »
Cause
d’un fait, expliquer

n
Implicite • Ponctuation Le régal fut fort honnête,
Rien ne manquait au festin « Le Rat de ville et le Rat des champs »

Explicite • Donc, ainsi, c’est La chétive pécore

jec eig
pourquoi, si bien que… S’enfla si bien qu’elle creva
Énoncer le résultat « La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf »
Conséquence d’un fait ou d’une
idée • Ponctuation Rien n’est si dangereux qu’un ignorant ami ;
Implicite Mieux vaudrait un sage ennemi.
« L’Ours et l’Amateur des jardins »

ni
Explicite • Mais, toutefois, Rien ne manquait au festin ;
cependant, alors que, Mais quelqu’un troubla la fête
tandis que… « Le Rat de ville et le Rat des champs »
Confronter deux
s
Opposition faits pour mettre
Implicite • Juxtaposition Nous faisons cas du beau, nous méprisons l’utile ;
en valeur l’un d’eux Et le beau souvent nous détruit.
• Composition du texte
Ce cerf blâme ses pieds qui le rendent agile ;
pro en
tio Il estime un bois qui lui nuit. « Le Cerf se voyant dans l’eau »

Explicite • En dépit de, bien que, Amusez les Rois par des songes,
quoique, quelque que… Flattez-les, payez-les d’agréables mensonges :
Quelque indignation dont leur cœur soit rempli,
Constater des faits Ils goberont l’appât ; vous serez leur ami.
Concession « Les obsèques de la Lionne »
opposés à sa thèse
Implicite • Ponctuation J’aurai beau protester ; mon dire et mes raisons
Iront aux Petites-Maisons (= hôpital pour les fous).
n

« Les Oreilles du Lièvre »

Repérer et manipuler
e

1 Complétez les phrases avec des connecteurs 3 Dans chaque énoncé, indiquez si la relation logique
logiques sans altérer le sens des énoncés. est explicite ou implicite. Précisez le sens des liens
Vid im

Les randonneurs avançaient résolument ..................


car ils logiques.
savaient qu’ils touchaient au but en dépit de conditions 1. « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ;
météorologiques difficiles. Quand le brouillard se dissipa, mais c’est un roseau pensant. » (Pascal, Pensées)
ils s’aperçurent qu’ils étaient revenus au point de départ. ...............................................................................
La relation logique est explicite. La conjonction de
..................
Alors le découragement les gagna ..................
et ils ...............................................................................
coordination « mais » introduit une opposition entre la
se laissèrent tomber d’épuisement. ..................
Mais ils ne tar- ...............................................................................
fragilité physique de l’homme et le pouvoir de son esprit.
ec

dèrent pas à réagir. ..................


En effet ils ne devaient pas se 2.  « Plus le même nombre d’habitants occupe une grande
éo

laisser engourdir par le froid et la nuit. ..................


Ainsi d’un surface, plus les révoltes deviennent difficiles, parce
pas ralenti par l’épuisement, ils poursuivirent leur chemin. qu’on ne peut se concerter ni promptement ni secrète-
ment, et qu’il est toujours facile au gouvernement
2 Réécrivez les proverbes suivants en employant un
d’éventer les projets et de couper les communications. »
connecteur logique et en conservant le sens général.
sp

(Rousseau, Le Contrat social)


1. Chose promise, chose due. ...............................................................................
La relation logique est explicite. La conjonction de
...............................................................................
Puisque la chose est promise, elle est due. ...............................................................................
subordination « parce que » introduit une cause :
2. Fais ce que dois, advienne que pourra. ...............................................................................
justification du nombre limité de révoltes. La conjonction
...............................................................................
Fais ce que tu dois et il arrivera ce qui arrivera. ...............................................................................
de coordination « et » relie les deux parties de la
3. Les paroles s’envolent, les écrits restent. ...............................................................................
subordonnée introduite par « parce que » et « que » et
...............................................................................
Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. ..............................................................................
développe l’explication.

III. Employer une langue correcte et précise


Analyser et employer
OBJET D’ÉTUDE • Le roman et la nouvelle
au xixe siècle : réalisme et naturalisme
« Le roman » de Guy de Maupassant
4 a. Encadrez chaque connecteur logique et
Le réaliste, s’il est artiste, cherchera, non pas à nous montrer la

ite
indiquez sa fonction.
photographie banale de la vie, mais à nous en donner une vision
plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même. ...................................................................
« non pas à … mais » : opposition ; « car » :
Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume ...................................................................
cause ; « alors » et « donc » : conséquence ; « en

ne t
au moins par journée, pour énumérer les multitudes d’incidents ...................................................................
outre » : addition ; « voilà pourquoi » : cause ;

n
insignifiants qui emplissent notre existence. ...................................................................
« et » : addition ; « mais » : opposition ;

trd
Un choix s’impose donc, – ce qui est une première atteinte à la ...................................................................
« donc » : conséquence ; « et non » : opposition
théorie de toute la vérité. ...................................................................

a
La vie, en outre, est composée des choses les plus différentes, les ...................................................................
plus imprévues, les plus contraires, les plus disparates ; elle est brutale, b. Relevez un paradoxe dans cet extrait.
sans suite, sans chaîne, pleine de catastrophes inexplicables, illogiques ...................................................................
De l’idée de peinture exacte de la vie, l’auteur

n
et contradictoires qui doivent être classées au chapitre fait divers. ...................................................................
nous conduit à la reproduction d’une illusion.
Voilà pourquoi l’artiste, ayant choisi son thème, ne prendra dans ...................................................................
cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails carac- ...................................................................

jec eig
téristiques utiles à son sujet, et il rejettera tout le reste, tout l’à-côté. c. Quelle définition du réalisme l’auteur pro-
Un exemple entre mille : pose-t-il ?
Le nombre de gens qui meurent chaque jour par accident est
...................................................................
La réalité perçue par le romancier ne peut être
considérable sur la terre. Mais pouvons-nous faire tomber une
...................................................................
transmise telle quelle. Sélectionnée et modifiée,

ni
tuile sur la tête d’un personnage principal, ou le jeter sous les roues
...................................................................
elle passe par la sensibilité de l’écrivain qui
d’une voiture, au milieu d’un récit, sous prétexte qu’il faut faire la
...................................................................
recrée le foisonnement excessif de la vie.
part de l’accident ? […]
...................................................................
s
Faire vrai consiste donc à donner l’illusion complète du vrai,
...................................................................
suivant la logique ordinaire des faits, et non à les transcrire servi-
...................................................................
lement dans le pêle-mêle de leur succession.
pro en
tio
J’en conclus que les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt
...................................................................
...................................................................
des Illusionnistes.
Guy de Maupassant, Préface à Pierre et Jean, 1888. ...................................................................
...................................................................
VERS LA 1re •
L’argumentation
Préface de Sauver l’humain de Jean Rostand
5 a. Encadrez les connecteurs logiques qui
Et d’abord, en défendant la nature, l’homme défend l’homme : il
ouvrent et ferment chaque paragraphe et
n

satisfait à l’instinct de conservation de l’espèce. Les innombrables


indiquez leur fonction.
agressions dont il se rend coupable envers le milieu naturel (envers
« l’environnement », comme on prend coutume de dire) ne vont pas ...................................................................
« Et d’abord » introduit le premier argument
e

sans avoir des conséquences funestes pour sa santé et pour l’intégrité ...................................................................
d’un raisonnement structuré ; « donc » conclut
de son patrimoine héréditaire. Rappellerons-nous que, du fait de la ...................................................................
sur la première raison que nous avons de
pollution radioactive causée par les explosions des bombes nucléaires, ...................................................................
respecter la nature. « En outre » introduit un
Vid im

tous les habitants de la planète, surtout les plus jeunes, portent dans ...................................................................
nouvel argument, relié au précédent. « Enfin »
leur squelette des atomes de métal radioactif ? […] Protéger la nature, ...................................................................
introduit l’argument marquant la fin du
c’est donc en premier, accomplir une tâche d’hygiène planétaire. ...................................................................
raisonnement.
Il y a, en outre, le point de vue des biologistes qui, soucieux de ...................................................................
la nature pour elle-même, n’admettent pas que tant d’espèces ...................................................................
vivantes […] s’effacent de la faune et de la flore terrestres, et qu’ainsi, b. Reformulez la thèse que défend l’auteur.
ec

peu à peu, s’appauvrisse, par la faute de l’homme, le somptueux et ...................................................................


Multiples sont les motifs que nous avons de
éo

fascinant musée que la planète offrait à nos curiosités. ...................................................................


protéger la nature.
Enfin, il y a ceux-là – et ce sont les artistes, les poètes, et donc ...................................................................
un peu tout le monde – qui, simples amoureux de la nature, ...................................................................
entendent la conserver parce qu’ils y voient un décor vivant et
sp

vivifiant, un lien maintenu avec la plénitude originelle, un refuge


Ve
de paix et de vérité, parce que, dans un monde envahi par la pier- iss
r s la
o
e r tati
n

En employant des connecteurs


D

raille et la ferraille, ils prennent le parti de l’arbre contre le béton,


et ne se résignent pas à voir les printemps devenir silencieux. logiques, rédigez un paragraphe de disserta-
tion qui définira l’un des rôles du romancier
Jean Rostand, Préface au livre d’É. Bonnefous, Sauver l’humain, 1976
© Flammarion. sur le modèle de Maupassant.
Sur une copie
III. Employer une langue correcte et précise
EMPLOYER UNE LANGUE CORRECTE ET PRÉCISE

42 Employer un champ lexical

ite
Observer et retenir
Le champ lexical désigne l’ensemble des mots qui se rapportent à une même idée ou
à un même domaine.

ne t
Il permet de saisir la cohér