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Fiche de sécurité

D1 F 02 91

Tour Amboise

Blindage de tranchées exécutées


204, rond-point du Pont-de-Sèvres
92516 BOULOGNE-BILLANCOURT CEDEX
Tél. : 01 46 09 26 91
Tél. : 08 25 03 50 50
Fax : 01 46 09 27 40 en mauvais terrain

OBJET : Description de divers dispositifs utilisés pour le blindage de tranchées étroites creusées
dans un terrain sans cohésion, c’est-à-dire lorsque les parois s’éboulent au fur et à mesu-
re du creusement.

1 - CARACTERISTIQSUES DE BLINDAGE éléments constituant le blindage ( parois, longrines,


étrésillons) sont reliés entre eux et constituent une
Le choix de la méthode de blindage et du matériel cage. Les procédés décrits ci-dessous possèdent
employé dépend de la nature du terrain, de la densité ces trois caractéristiques.
des obstacles que l’on prévoit de rencontrer et du
type de travaux à exécuter. Mais quel que soit le blin-
dage adopté, pour bien remplir son rôle, il doit satis- 2 - BLINDAGE PAR ENFILAGE DE
faire aux trois conditions suivantes : PLANCHES VERTICALES
• Pouvoir être mis en place et ensuite déposé sans
exposer les exécutants au risque d’éboulement, C’est le procédé le plus ancien. S’il est maintenant
• Etre suffisamment résistant pour s’opposer sans peu employé, beaucoup de procédés modernes utili-
déformation ou risque de rupture, à la pression exer- sant des éléments préfabriqués métalliques, s’inspi-
cée par le terrain sur les parois (voir encadré), rent de son principe. Aussi le décrivons-nous en
• être conçu de façon à constituer un ensemble ne détail, car c’est le seul qui sans traitement de sol
risquant pas de se disloquer sous l’effet d’une pous- (excepté dans les terrains aquifères) permet d’exécu-
sée oblique par rapport aux parois de la fouille. ter une fouille quelle que soit la profondeur à
atteindre. Il est encore très utilisé dans les reprises en
Le respect de cette condition suppose que tous les sous-oeuvre.

Edition novembre 2002.


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2.1 - Définition des termes employés On creuse la tranchée jusqu’à une profondeur de 0,40 m
à 0,45 m puis on met en place à ce niveau le premier
Blindage : Ensemble du soutènement d’une tranchée
cadre horizontal constitué de longrines et d’étré-
obtenu après une mise en place des pièces dési-
sillons en bois rond. (fig. 1)
gnées ci-après. Utiliser ce terme de préférence au
mot “boisage”.
On enfile alors avec une légère inclinaison sur la verti-
cale des planches de 2 mètres de longueur environ et
Planche : Elément de revêtement en bois placé au
40 mm d’épaisseur en interposant des coins entre
contact du terrain. Peut désigner suivant les cas, soit
elles et la longrine. (Dans ce genre de travail il faut éli-
des planches de 40 ou 50 mm d’épaisseur, soit des
miner absolument les planches d’épaisseur inférieure
bastings, soit même des madriers.
à 40 mm).
Longrine : Pièce horizontale continue soutenant des
On procède à l’enfoncement des planches une à une,
planches verticales et reportant les efforts sur les
après avoir dégagé progressivement au ciseau de
étrésillons.
mineur le terrain à leur pied sur 15 à 20 cm de profon-
deur, en allant du milieu de la longrine vers les
Montant : Pièce verticale continue soutenant des
appuis. Ce dégagement affecte la forme d’une petite
planches horizontales et reportant les efforts sur les
rigole ou potelle. Au moment de l’enfoncement le
étrésillons.
pied de la planche est appuyé contre la paroi à l’aide
du ciseau de mineur. La potelle permet d’avoir tou-
Porteur : Terme fréquemment employé pour désigner
jours le blindage buté à sa base.
dans le blindage à planches verticales, les montants
compris entre deux niveaux de longrines.
Si la nature du terrain l’exige, on met en place un faux
cadre généralement en madriers à mi-distance envi-
Etrésillon : Pièce horizontale servant à buter l’une
ron entre la longrine supérieure et la future longrine
contre l’autre les deux parois du blindage. Les termes
inférieure, pour réduire la hauteur sans appui des
“étais” et “étançon” désignent des pièces travaillant
planches de blindage. (fig. 2)
aussi à la compression pure, mais en position vertica-
le ou faiblement inclinée. Le terme “tirant”, parfois
employé dans le même sens qu’étrésillon, est
impropre.

Potelle : Rigole creusée en fond de fouille pour per-


mettre la butée d’extrémité des planches verticales
pendant leur enfoncement.

Cadre : Ensemble obtenu après assemblage dans la


tranchée de 2 longrines et 2 étrésillons (cadre hori-
zontal) ou de 2 montants et 2 étrésillons (cadre verti-
cal). Terme synonyme : ceinture.

Faux chapeau : Planche interposée horizontalement


au droit du recouvrement des planches verticales et
destinée à faciliter les opérations de pose et dépose
de celles-ci.

Moise : Pièce verticale fixée sur les longrines et les


étrésillons de niveaux différents pour maintenir leur
écartement et empêcher leur glissement.

Clameau : Pièce en fer rond généralement en forme


d’U à 2 pointes servant à solidariser entre elles les
pièces de blindage.

2.2 - Mode d’exécution du terrassement et du


blindage

▲ Fig. 2 - Descente des planches avec utilisations d’un


▲ Fig. 1 - Pose de la longrine supérieure faux cadre

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On soutient ce faux cadre et on l’étrésillonne vers son ainsi solidarisés, on dispose souvent des pièces de
milieu. S’il est laissé en place, le faux cadre peut faci- bois en travers de la tranchée en prenant appui sur
liter le déboisage ultérieur. ses bords (pattes de chien) et on y suspend le pre-
mier cadre par des câbles ou des étriers ou en
Arrivé au niveau convenable, toutes les planches de confectionnant le premier cadre avec des étrésillons
blindage étant bien ancrées à leur pied dans le terrain plus longs que la largeur de la tranchée, afin que les
par un empotellement suffisant, et une saillie d’au extrémités reposent sur ses bords. L’assemblage lon-
moins 15 cm par rapport au sol étant ménagée à leur grine - étrésillons se fait à mi-bois.
partie supérieure pour former plinthe, on place un
deuxième cadre horizontal à l’aplomb du premier. On On opère la descente du deuxième étage de
intercale entre les planches de blindage et la longrine planches de blindage en les enfilant entre le faux cha-
un faux chapeau continu constitué par une planche, peau et la longrine du deuxième cadre et en suppri-
ainsi que des jeux de deux cales et un coin tous les mant progressivement les calages gênants. On
30 à 60 cm. Il convient de noter que même au droit interpose entre chaque planche et la longrine une
de la plus forte section de la longrine il faut avoir ce cale et un coin pour le blocage.
jeu de 2 cales et un coin pour avoir un vide permet-
tant l’enfilage sans difficulté de la planche de blinda- On poursuit la progression de la tranchée comme
ge inférieure. Dans les zones de faible section de la précédemment. On place de la même façon un troi-
longrine, on peut être amené à placer une cale sup- sième cadre, et ainsi de suite. Au fond de la fouille on
plémentaire (fin bout ou flâches). Les cales sont un dispose le dernier cadre et on bloque les planches
peu plus étroites que les planches. Leur hauteur est comme indiqué sur le croquis avec des cales et des
d’environ 30 cm. Le faux chapeau a ordinairement coins, après avoir bourré la potelle jusqu’au niveau
une hauteur de 16 à 18 cm. Les coins habituellement inférieur de la semelle d’appui. (fig. 3 et 4)
utilisés ont 6 à 7 cm d’épaisseur au gros bout et 25 Il convient de toujours disposer les coins de façon
cm de longueur. que les coups de masse ne fassent pas éclater les
angles. (fig. 5)
Le cadre doit être solidement soutenu pour éviter sa
descente au cours de l’enfoncement des planches. A Comme dans tous les blindages, il faut bourrer afin
cet effet, on met en place les porteurs que l’on règle de ne laisser subsister aucun vide derrière les
et bloque correctement à l’aide d’un coin disposé planches, ce qui romprait l’équilibre des forces appli-
entre la longrine et la semelle inférieure, puis on relie quées sur chacune des deux parois opposées et
les longrines et les étrésillons du premier cadre aux amènerait des désordres dans le blindage.
éléments correspondants du deuxième cadre par des L’existence d’une poche pourrait d’ailleurs provoquer
moises en planches clouées. Les assemblages des la mise en mouvement de masses de déblais dont les
étrésillons et des porteurs sur les longrines se font à poussées seraient difficiles à contrôler. Dans les ter-
gueule de loup. rains boulants il importe que les planches soient join-
tives et bien dressées sur leurs tranches pour éviter
Pour éviter la descente de l’ensemble des cadres tout écoulement de terrain.

▲ Fig. 3 ▲ Fig. 4 ▲ Fig. 5

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2.3 - Dépose du blindage fixés les étrésillons. Leur base est biseautée pour
faciliter la pénétration dans le sol. (fig. 6)
Les opérations d’enlèvement du blindage s’effectuent
dans l’ordre inverse de celles de la pose.

Grâce à la potelle de fond de fouille qu’on a eu soin


de bien remblayer, on peut sans danger enlever le
cadre inférieur puisque les planches de blindage sont
butées à leur pied. On procède au remblaiement soi-
gné d’une tranches de fouille (ou au bétonnage s’il
s’effectue à pleine fouille). On peut alors remonter
progressivement les planches de blindage une à une
en leur conservant toujours au pied un ancrage suffi-
sant. L’opération se fait en fichant le ciseau de mineur
dans la planche et en faisant pression vers le bas à
son extrémité après avoir pris appui sur la longrine
supérieure ou sur tout autre dispositif approprié, et
avoir décalé légèrement les blocages du cadre supérieur.

On remblaie ainsi jusqu’au dessous de ce cadre qui


peut être déposé en toute sécurité comme l’a été le
dernier grâce à la butée que le pied des planches
trouve dans le remblai.

2.4 - Conditions d’utilisation du procédé


Correctement employé, ce procédé est celui qui offre
▲ Fig. 6
le plus de sécurité à la pose comme à la dépose. Il
est le seul procédé classique convenant aux terrains Les étrésilions, au nombre de deux, sont de robustes
boulants. Dans les terrains qui poussent beaucoup on vérins à vis. Leur fixation sur le panneau est articulée,
peut être amené à réduire suivant la nécessité l’espa- permettant ainsi de légères déformations du caisson
cement des cadres. qui facilitent sa mise en place par havage. La fixation
du vérin inférieur est réglable en hauteur afin de pou-
La butée efficace de la base des planches contre le voir disposer d’un espace suffisant pour la pose des
terrain en potelle constitue un élément capital de la tuyauteries.
sécurité du procédé. Si exceptionnellement la nature
du sol ne permet pas l’exécution d’une potelle nor-
male (présence de gros galets, terrains très fluents)
les planches doivent être butées à leur base au cours
de leur avancement par un moyen complémentaire. Un autre type de caissons comporte 4 vérins, ceux-ci
étant alors fixés par paire aux deux extrémités. (fig. 7)
2.5 - Variantes
De nos jours, ce procédé tel qu’il est décrit ci-dessus,
est peu employé à l’exception des reprises en sous-
oeuvres, car il est coûteux et demande pour sa mise
en oeuvre une main d’oeuvre qualifiée.

Son utilisation est limitée aux cas où dans les sites


urbains il est nécessaire d’éviter toute décompression
du terrain à cause des constructions environnantes.
Afin de faciliter sa pose, on remplace maintenant sou-
vent l’ossature bois par des étrésillons et des longrines
en profilés métalliques que l’on boulonne entre eux.

3 - BLINDAGE PAR CAISSONS METALLIQUES

3.1 - Description du matériel


Le caisson comprend deux panneaux latéraux reliés
entre eux par des étrésillons.

Ces panneaux sont constitués de profilés métalliques


soudés entre eux sur toute leur longueur. Ils sont ren- ▲ Fig. 7
forcés par un montant central vertical sur lequel sont

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Toutes conçues suivant le même principe, il existe place deux panneaux superposés et d’atteindre ainsi
plusieurs catégories de caissons, chacune ayant une une profondeur de 5 m et même 7 m si l’on utilise des
robustesse adaptée aux efforts auxquels ils seront rehausses (fig. 10).
soumis.

Pour chaque type, des jeux d’accessoires (rehausses


de panneaux, entretoises de vérins) permettent
d’ajuster exactement les dimensions du caisson à
celles de la tranchée à blinder.

3.2 - Mise en place


Les caissons sont mis en place par havage. Le
nombre restreint d’étrésillons permet à la pelle de
creuser à l’intérieur du blindage qui s’enfonce sous
son propre poids. Si celui-ci est freiné par la poussée
des terres, le conducteur de la pelle le fait descendre
en appuyant alternativement sur chacun des pan-
neaux avec son godet.

Le nombre de caissons à utiliser simultanément


dépendra de la longueur des éléments de tuyauterie à
mettre en place. Compte tenu des déplacements que ▲ Fig. 9
peuvent effectuer les ouvriers au fond de la tranchée,
il est nécessaire en général d’utiliser simultanément 3
Ce système coulissant permet l’ouverture de tran-
éléments de 3 m de longueur. (fig. 8)
chées profondes quelle que soit la nature du sol en
évitant au maximum la décompression.
Cependant, avec des tuyaux courts (2 à 3 m), 2 élé-
ments suffiront dans certains cas.
▲ Fig.10

▲ Fig. 8

La progression du blindage s’effectue en opérant un


déplacement régulier consistant à prendre systémati-
quement le caisson situé à l’arrière pour le placer
juste devant la pelle.

Il convient d’utiliser toujours des caissons d’une hau-


teur légèrement supérieure à la profondeur de la tran-
chée en utilisant si nécessaire des réhausses. Si
exceptionnellement, par manque de rehausses, on ne
peut blinder la tranchée sur toute la hauteur, il est
préférable de bloquer le caisson dans la partie supé-
rieure et de laisser non blindé le fond de la tranchée
sur une petite hauteur.

Dans cette partie, à proximité du fond, un éboule-


ment est peu probable et de toute façon d’une impor-
tance limitée.

4 - BLINDAGE PAR CADRES A GLISSIERES


ET PANNEAUX METALLIQUES

Le matériel utilisé permet de constituer des caissons


à l’aide de cadres verticaux et de panneaux. Les 5 - BLINDAGE PAR CEINTURE ET
cadres sont composés de 2 montants à glissières PALFEUILLES (OU PLANCHES)
réunis par des vérins à vis. Les panneaux métalliques,
lors de leur mise en place, coulissent dans ces glis- Le principe de ce blindage est issu du blindage par
sières. Leur enfoncement se fait par havage. (fig. 9) enfilage : dans une préfouille d’une profondeur d’une
trentaine de centimètres on dépose une ceinture qui
Pour les profondeurs supérieures à 3 m, il existe des va servir d’appui supérieur aux palfeuilles que l’on va
cadres à doubles glissières permettant de mettre en enfoncer au fur et à mesure de la progression du

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creusement avec toujours une fiche dans le terrain 6 - BLINDAGE PAR BATTAGE DE
d’une quinzaine de centimètres pour le blocage de la RIDEAUX DE PALPANCHES
partie inférieure de la palfeuille.
Dans certains cas il est intéressant d’enfoncer dans le
Concrètement, sur le terrain, la mise en oeuvre de ce sol, avant tout terrassement, un rideau de palplanche
type de blindage peut revêtir de nombreux aspects qui constituera la paroi du blindage. La pose des étré-
suivant la nature du travail à réaliser. Il peut être utilisé sillons s’effectue au fur et à mesure que le terrassement
pour une petite fouille creusée pour une simple opé- progresse et leur nombre dépend de la nature du terrain
ration d’entretien de réseau, mais également pour et de la profondeur à atteindre, mais dans la plupart
une tranchée plus importante. des chantiers, la pose d’une robuste ceinture en tête
est suffisante. La tranchée est ainsi peu
Les ceintures utilisées peuvent être de nature très encombrée et la pose des tuyauteries est aisée. (fig. 12)
diverse. Très simples, de fabrication artisanale et
construites aux dimensions des fouilles à creuser si le Pour des chantiers très importants exécutés dans
travail est répétitif, elles peuvent être également consti- des zones peu encombrées, le battage des pal-
tuées de profilés en alliage léger, reliés entre eux par planches peut être réalisé à l’aide d’une machine
des vérins hydrauliques permettant d’adapter leurs spécialement conçue comprenant deux sonnettes
dimensions à celles des fouilles à creuser. (fig. 11) montées sur un châssis réglable se déplaçant à che-
val sur la tranchée. (Fig. 13)
▲ Fig. 11

▲ Fig.13

Le principal avantage de cette méthode tient au fait


que le blindage proprement dit est composé d’élé-
ments indépendants de faible largeur (palfeuille ou
planche). Il est donc possible de blinder correctement
une fouille recoupant de nombreuses canalisations
transversales. Il suffit en effet, au droit de ces canali-
sations, de laisser une discontinuité dans la paroi.

▲ Fig. 12

7 - REGLEMENTATION

Se reporter au paragraphe 6 de la fiche D1 F03