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ARTICLE

TECHNIQUES DE L’INGÉNIEUR
Techniques L’expertise technique et scientifique de référence
de l'Ingénieur

p2645
c4190
Spectrométrie
Alimentation de potable
en eau masse- -Besoins
Principe
et
et appareillage
ressources

Date de publication : 12/09/2014


10/08/1999
Par :
Hugues GODART
Guy BOUCHOUX
Ingénieur civil des Mines, Chargé de mission à la Générale-des-eaux
Professeur à l’université Paris XI (Orsay), École Polytechnique, DCMR, Palaiseau

Michel SABLIER
Chargé de recherches au CNRS, École Polytechnique, DCMR, Palaiseau

Guy BOUCHOUX
Professeur à l’université Paris XI (Orsay), École Polytechnique, DCMR, Palaiseau

Michel SABLIER
Chargé de recherches au CNRS, École Polytechnique, DCMR, Palaiseau

Cet article fait partie de la base documentaire :


Mesures
Génie civil- Analyses
- Gestion de l'eau
Dans le pack : GénieMesures civil- Analyses
et dans l’univers : Technolgies de l’information
Construction

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Alimentation en eau potable


Besoins et ressources
par Hugues GODART
Ingénieur civil des Mines
Chargé de mission à la Générale-des-eaux

1. Disponibilités globales ........................................................................... C 4 190 - 2


1.1 L’eau dans la nature..................................................................................... — 2
1.2 L’eau dans l’univers ..................................................................................... — 2
1.3 L’eau en France ............................................................................................ — 3
1.4 L’eau et l’homme ......................................................................................... — 3
1.5 Protection de la ressource .......................................................................... — 3
2. Évaluation des besoins........................................................................... — 4
2.1 Besoins domestiques .................................................................................. — 4
2.1.1 Population ........................................................................................... — 4
2.1.2 Besoins par habitant........................................................................... — 4
2.2 Besoins des collectivités et de l’industrie.................................................. — 5
3. Ressources ................................................................................................. — 5
3.1 Rapport quantité/qualité : importance de l’enjeu ..................................... — 5
3.2 Évaluation. Protection. Emploi ................................................................... — 5
3.3 Périmètres de protection............................................................................. — 8
3.4 Dimensionnement des ouvrages (prévision d’emploi) ............................ — 8

L ’ensemble des agglomérations urbaines et rurales des pays occidentaux


comme la France est alimenté en eau par un système de distribution publi-
que qui livre à l’usager, au point d’utilisation, en quantité et sous une pression
suffisantes, une eau de qualité répondant à des critères réglementaires très
stricts, communément dite « potable ». En réalité, seule une très faible fraction
du volume soutiré est bue au sens propre du terme.
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Sans vouloir donner une liste exhaustive, on peut citer les principaux postes
d’utilisation de cette eau potable :
— boisson et besoins culinaires ;
— toilette, bains, douches, sanitaires ;
— lave-vaisselle, lave-linge ;
— nettoyages divers des bâtiments ;
— arrosage des jardins particuliers ;
— lavage des voitures ;
— besoins municipaux : établissements publics (dont les hôpitaux), fontaines
d’agrément, arrosage de squares et de parcs, nettoyage des rues, curage des
égouts, etc. ;
— défense contre l’incendie ;
— besoins industriels ;
— dans les communes rurales : abreuvement du bétail et quelquefois irriga-
tion (qui généralement fait appel à des réseaux séparés).
En réalité, la satisfaction de la majeure partie de ces besoins ne nécessiterait
pas l’utilisation d’eau susceptible d’être bue sans inconvénient, voire avec agré-
ment. Cependant, les autorités sanitaires exigent que cette eau, avec laquelle les
usagers sont en contact et qu’ils peuvent consommer par inadvertance ou igno-
rance, satisfasse aux critères réglementaires des eaux de distribution publique
destinées à la consommation humaine. Ceci explique en partie que la double

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ALIMENTATION EN EAU POTABLE _________________________________________________________________________________________________________

distribution « potable - non potable » ne soit pas répandue ; des considérations


purement économiques justifient par ailleurs cette position, surtout lorsqu’il
s’agit d’alimenter une large surface de multiples consommations dont les
besoins unitaires sont relativement faibles.
Par contre, des adductions et des distributions d’eau pour l’industrie ou l’agri-
culture sont créées chaque fois que les quantités à fournir sont suffisamment
importantes, relativement localisées et bien individualisées pour justifier des
ouvrages de distribution spécifiques.

1. Disponibilités globales
10 000

1.1 L’eau dans la nature


1 000

L’eau est un élément omniprésent dans la nature. Sa masse totale


représente environ la 1/4 500e partie de celle de la Terre, soit
100
1 350 × 1015 t.
L’écorce terrestre en contient des quantités considérables sous la
forme d’eaux vadoses (infiltration et percolation) ou d’eaux profon-
10
des, parfois appelées eaux fossiles (eaux stagnantes, eaux
connées*), toutes d’origine météorique, auxquelles s’ajoutent les
eaux juvéniles, eaux magmatiques expulsées du magma initial par
la cristallisation. 1
Nota : * Eaux connées : eaux incluses dans les roches au moment de leur formation. Océans
Il est difficile de donner un ordre de grandeur, même approxima- Glaces
0,1
tif, de la quantité d’eau contenue dans la croûte terrestre. Citons Surface
pourtant les chiffres de certaines estimations, faisant ressortir le Nappes
volume total des eaux de notre planète à (figure 1) : Atmosphère
0,01
— 1 300 millions de km3 d’eau de mer salée (océans) ;
— 25 millions de km3 d’eau douce prise en glace sur les pôles ;
— 350 000 km3 d’eau douce des fleuves et des lacs ;
— 150 000 km3 d’eau douce des nappes souterraines ; Figure 1 – Ordres de grandeur relatifs des différentes ressources
— 13 000 km3 d’eau douce atmosphérique. d’eau
Les précipitations représentent annuellement 400 000 km3 sur
toute la surface du globe soit 110 000 km3 sur l’ensemble des terres
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émergées.
Le débit total des fleuves dans les mers et océans représente
1.2 L’eau dans l’univers
25 000 km3/an.
L’eau contenue dans l’atmosphère sous forme de vapeur repré- En avril 1998, le satellite ISO a mis en évidence de la vapeur d’eau
senterait, après condensation, l’équivalent d’une couche uniformé- dans la nébuleuse d’Orion. De l’eau dans l’univers ne surprend pas
ment répartie sur toute la surface du globe d’une épaisseur de trop puisque les trois molécules les plus fréquentes sont, dans
25 mm environ. l’ordre, l’hydrogène, l’hélium et l’oxygène. Mais en pratique, les
scientifiques n’estiment la masse de l’eau qu’à environ un millio-
Tout en étant le liquide le plus répandu à la surface de la Terre et nième de la masse de l’univers. La vapeur d’eau et la glace produi-
le plus utilisé, l’eau n’est pas un liquide simple, identique à lui- tes par les « géantes rouges », étoiles mourantes comme
même en tous lieux. Bételgeuse, ne résistent pas mieux aux ultraviolets qu’aux très hau-
C’est un agent physico-chimique actif et efficace qui se livre, sur tes températures...
l’écorce terrestre, à une action destructrice intense et permanente. Plusieurs missions spatiales ont confirmé que l’eau avait été pré-
Elle véhicule pratiquement toutes les matières existant sur le globe sente sur Mars et sur Vénus. La mission Pathfinder, en 1997, a établi
terrestre, qui s’y retrouvent en quantités très variables allant du que Mars avait connu des quantités énormes d’eau ou de glace il y
gramme au nanogramme (ou moins) par litre sous forme de sus- a 3 milliards d’années. Grâce à la sonde Galileo, on peut avancer
pension vraie, de suspension colloïdale ou de solution. avec un bon degré de crédibilité que Europe, un des satellites de
Pour satisfaire les besoins de l’homme, seules peuvent être mobi- Jupiter renferme une vaste étendue d’eau sous sa croûte de glace.
lisées les eaux des nappes souterraines et des cours d’eau. Et La sonde Lunar Prospector a détecté début 1998 des molécules
encore, en raison des fortes variations saisonnières, on considère d’eau sur notre Lune ; plus précisément, on estime à quelque 33 mil-
que l’on n’en peut utiliser réellement que 25 %. En Europe, zone plu- lions de m3 l’eau prise en glace aux deux pôles lunaires, soit tout de
tôt tempérée voire humide, les quelque 20 % de la population mon- même à peu près 800 000 fois moins que pour les pôles terrestres.
diale actuelle ne disposent que d’environ 7 % des réserves Dans notre système solaire l’eau est également présente dans les
mondiales mobilisables. comètes sous forme de neige ou de glace.

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_________________________________________________________________________________________________________ ALIMENTATION EN EAU POTABLE

1.3 L’eau en France


Il tombe en moyenne en France de 400 à 450 milliards de m3 de
précipitations par an dont 60 % s’évaporent. On retrouve 90 à 100
milliards de m3 pénétrant dans la terre pour reconstituer les réser- Particuliers
ves souterraines. Le reste ruisselle directement vers les rivières.
La France consomme environ 33 milliards de m3 par an pour
l’ensemble de ses besoins (figure 2) :
Électricité
— 6 milliards de m3 pour alimenter la population en eau, dont Agriculture
60 % d’eaux souterraines et 40 % d’eaux de surface ;
— 5 milliards de m3 pour l’agriculture ;
— 5 milliards de m3 pour l’industrie ;
— 17 milliards de m3 pour l’énergie électrique. Industrie

1.4 L’eau et l’homme


Figure 2 – Répartition de la consommation totale d’eau potable
L’eau joue un rôle considérable dans la vie des plantes et des êtres en France
vivants sur notre planète.
À l’état de solutions minéralisées complexes, elle constitue les
deux tiers du poids du corps de l’être humain adulte*. Cette propor- publique ; il faut les considérer comme des médicaments ou des
tion est largement dépassée dans les plantes : les céréales contien- compléments à ces derniers et les soumettre aux précautions
nent 75 % de leur poids d’eau, les légumes frais 90 %. Les melons, d’emploi correspondantes.
asperges et salades 95 %. Les végétaux absorbent 300 à 400 kg
d’eau pour donner 1 kg de matière sèche.
Nota : * La teneur moyenne en eau décroît au cours de la vie : de 97 % chez le fœtus de
deux mois, elle passe à 75 % chez le nouveau né et tombe à 55 % chez le vieillard. Il faut
1.5 Protection de la ressource
fournir 2 à 2,5 L d’eau à l’adulte pour compenser les pertes (par perspiration, respiration,
excrétion, et transpiration). L’eau de pluie à son arrivée au sol se divise en trois parties bien
Sans eau, les organismes vivants terrestres ne peuvent ni se distinctes :
créer, ni subsister. — La première ruisselle et se rend à la mer en empruntant les
Toutes les activités humaines, d’une façon évidente ou au con- exutoires naturels : ruisseaux, rivières, fleuves, etc. ;
traire masquée, exigent de l’eau pour être exercées. Mais l’eau est — la deuxième s’évapore ou est évaporée par l’intermédiaire des
très inégalement répartie à la surface de la Terre et les besoins en plantes (évaporation biologique connue sous le nom de transpira-
eau se manifestent souvent à quelque distance des ressources pou- tion) ; les processus d’évaporation et de transpiration sont groupés
vant les satisfaire. sous le nom d’évapotranspiration (cf. article Programmes d’irriga-
De plus, les matières contenues dans une eau naturelle consti- tion dans ce traité) ;
tuent souvent une gêne ou un obstacle définitif à son utilisation. — la troisième s’infiltre et accède aux gisements aquifères sou-
L’emploi de l’eau implique de ce fait : terrains.
— une recherche ; Il faut noter que le phénomène sommairement décrit sous le nom
— un captage ; de cycle de l’eau peut se compliquer de phénomènes secondaires
— une adduction ; tels que : la glaciation, la fonte des neiges et des glaces. C’est dans
— une purification (vis-à-vis des matières et organismes qu’elle cette eau en mouvement que l’homme puise pour satisfaire ses
véhicule) : besoins, mais aussi, simultanément, rejette les déchets de ses diver-
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• de type sanitaire, en la débarrassant de ses éléments polluants ses activités.


toxiques (As, CN–, etc.), ou indésirables (NO3– , etc.), et en la désin- Les besoins en eau ne donnent lieu, en réalité, qu’à une consom-
fectant des germes et micro-organismes comme les bactéries, les mation réelle limitée. Il s’agit en fait d’un transit et l’utilisateur
virus, etc., rejette, sous différentes formes, l’eau consommée après en avoir
• de type « confort », comme lors de décarbonatation, d’amélio- détérioré la qualité (pollutions bactérienne, toxique, ajout de matiè-
ration de la saveur, etc. ; res minérales et organiques, élévation de température, déséquilibre
— une distribution. ionique, goûts, saveurs, odeurs, etc.).
Le captage, l’adduction et la distribution se complètent la plupart Il est difficile, mais non impossible, de diminuer la détérioration
du temps de stockages et d’élévations mécaniques. de l’eau résultant de processus purement naturels ; on peut, par
La purification peut viser plusieurs critères de qualité : ceux qui contre, plus aisément chercher à hiérarchiser et à contrôler les pré-
sont imposés à une distribution collective dans le respect des lèvements des eaux en fonction de leur qualité originelle et essayer
concentrations maximales admissibles (CMA), ou ceux exigés par de les protéger contre les rejets polluants anarchiques ou abusifs.
un emploi particulier (chaudières haute pression, énergie nucléaire, Il existe dans les différents pays du monde une législation et une
etc.). S’ils sont plus contraignants sur certains paramètres, ces critè- réglementation sur les eaux visant à assurer leur protection, à ratio-
res spécifiques peuvent être atteints au moyen de traitements parti- naliser leur utilisation en évitant leur gaspillage et à pourvoir, le cas
culiers au niveau de l’utilisateur qui a des exigences spéciales (eaux échéant, à leur régénération (cf. article Protection juridique des
de procédé pour l’industrie informatique...). A contrario, certains milieux récepteurs d’eau [C 4 220])
besoins publics ou industriels peuvent être satisfaits avec un niveau En France, cette action se développe en s’appuyant sur la loi du
inférieur à celui exigé d’une eau de distribution dite potable (voirie, 16 décembre 1964 relative au régime et à la répartition des eaux et à
eau de refroidissement, etc.). la lutte contre leur pollution. C’est ainsi qu’ont été mises en place les
Enfin, certaines qualités d’eau, qualifiées assez improprement de agences de l’Eau et qu’une taxation sur les rejets polluants et sur les
minérales, sont utilisées à des usages thérapeutiques alors que prélèvements a été instaurée. D’une façon très générale, toute l’ac-
quelques-unes d’entre elles seraient considérées comme « non tion est basée sur le principe « le pollueur doit être le payeur », admis
potables » vis-à-vis de la réglementation sur les eaux de distribution par de nombreux pays, notamment par ceux de l’Union européenne.

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ALIMENTATION EN EAU POTABLE _________________________________________________________________________________________________________

2. Évaluation des besoins

Nombre d'habitants (en 103)


400
On ne traitera dans cet article que de l’aspect quantitatif ; les exi-
gences qualitatives seront examinées dans l’article Alimentation en
eau. Traitements des eaux de distribution [5 200]
300

2.1 Besoins domestiques 200

Il s’agit des besoins des ménages auxquels il faut ajouter ceux des
organismes collectifs nécessaires à la vie des agglomérations et 100
ceux du tissu micro-économique associé (commerces bureaux, arti-
sanat, etc.).
Ces besoins se déterminent à partir de deux facteurs : 0
— la population à desservir (à moyen terme) ; 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
— les besoins par habitant. Nombre d'années

S = 350 000 habitants


2.1.1 Population P0 = 30 000 habitants
La population d’une agglomération varie dans le temps et le pro- k = 1,75 x 10–7
blème qui se pose est celui de la prévision des besoins pour un hori-
zon se situant à 20 ou 25 ans environ. Chaque agglomération a sa vie Figure 3 – Courbe de croissance de la population
propre, qui peut éventuellement être modifiée par une planification
volontariste (schéma d’aménagement et d’urbanisme) dont il faut
tenir compte. Néanmoins, l’inertie des faits sociaux conduit à inscrire Plusieurs phénomènes concourent à cette stabilisation : l’équipe-
l’évolution dans un phénomène qui se prête à l’analyse statistique. ment en robots domestiques consommateurs d’eau ainsi que l’équi-
pement sanitaire s’approchent de la saturation, ce qui diminue la
À court terme, on peut établir des corrélations permettant une vitesse de croissance des besoins intrinsèques ; par ailleurs le déve-
extrapolation qu’il faut pondérer en fonction des planifications du loppement de la tarification au compteur et l’augmentation appa-
développement. rente du prix du mètre cube facturé (qui inclut également la part
À long terme, il existe plusieurs formules dont celle de P.F. relative à l’assainissement, en forte hausse compte tenu des ambi-
Verhulst qui s’exprime de la façon suivante : tieuses directives européennes, et des taxes diverses dont celles
liées au prélèvement et à la lutte contre la pollution, ainsi que des
S
Pt = --------------------------------------------------------------- redevances pour TVA, voies navigables, fonds des adductions d’eau
1 + exp [ ln a – b ( t – t 0 ) ] rurales, etc.) produisent un effet salutaire sur le gaspillage.
S – P0
avec a = ---------------- amplitude relative maximale d’accrois- Il n’est pas impossible cependant qu’il se produise ultérieurement
P0 un accroissement de la consommation domestique individuelle ; la
sement de la population, France, et plus généralement les pays européens, sont encore loin
b = kS (avec k variant de 0,29 × 10–7 à 2,14 × 10–7), des consommations relevées aux États-Unis où la consommation
domestique est de l’ordre de 220 L/(habitant × jour)
k taux de croissance (par rapport à un habitant), [82 m3/(habitant × an)], arrosage du gazon et lavage des voitures
t0 année d’origine de l’analyse, exclus, et de 330 L/(habitant × jour) [120 m3/(habitant × an)] en les
P0 population d’origine statistique de l’année t0, prenant en compte.
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Pt population à l’année t, En France, on retient les valeurs de l’ordre de 110 L/(habitant


S population saturant le site (dans un certain × jour) [40 m3/(habitant × an)] pour des usages comparables à ceux
avenir). retenus dans la première estimation américaine. Il est intéressant de
noter que les besoins comparables se répartissent de la façon indi-
La courbe de croissance ressemble à celles qui traduisent des quée dans le tableau 1.
variations de populations biologiques suivant une loi du premier
ordre. Elle a été bien vérifiée dans de nombreux cas d’espèce. Les besoins propres à la boisson et à la cuisson des aliments sont
La représentation graphique est celle d’une courbe en S, le point évalués à environ 5,5 L/(habitant × jour) en France et à
d’inflexion apparaissant à 50 % de la saturation où, simultanément, 5,12 L/(habitant × jour) aux États-Unis. Cette valeur peut être admise
le taux de croissance est le plus élevé (figure 3). comme le minimum vital des besoins en eau par habitant, c’est-à-dire
environ 2 m3 par an. C’est le volume que l’on retrouve statistique-
Si l’on considère des communes au sens réglementaire ou législa- ment dans certaines régions de Madagascar par exemple. Des condi-
tif du terme (découpage administratif relevant de l’histoire du lieu), la tions climatiques particulières peuvent également jouer leur rôle.
formule ne peut être appliquée sans discernement. Dans le cas de
Paris par exemple, il ne faut pas considérer la ville proprement dite,
dont la population a dépassé la saturation et tend maintenant à Tableau 1 – Répartition de la consommation domestique
décroître, mais l’agglomération parisienne dans son ensemble. en eau par jour et par habitant
Usages France = 110 L États-Unis = 220 L
2.1.2 Besoins par habitant
Boisson, cuisine, vaisselle 17 % 10 %
Si les besoins ramenés à l’individu ont crû depuis le début du siè-
cle du fait de la généralisation de la distribution d’eau à domicile, de Lavage du linge 13 % 14 %
l’amélioration du niveau de vie et d’une certaine modification des Bains 40 % 33 %
mœurs, ces besoins ont tendance maintenant à se stabiliser, voire à
baisser. Sanitaires, WC 30 % 43 %

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_________________________________________________________________________________________________________ ALIMENTATION EN EAU POTABLE

Alors qu’un sédentaire (ou un nomade se déplaçant la nuit) boit 1 Les prévisions faites à partir des besoins du passé et des lois
à 2 L d’eau par jour, un travailleur de force ingurgite pour survivre générales d’évolution peuvent être brutalement mises en défaut par
13 L/j sur un chantier de forage en plein Sahara, ce qui ne porte une modification marquée de la conjoncture ; cela est illustré sur la
d’ailleurs son minimum de survie qu’à environ 5 m3/an. figure 4 indiquant les volumes consommés dans une partie de
l’agglomération parisienne dont la croissance a été brutalement
infléchie par l’effet de la crise économique qui a démarré vers 1974.
Plus récemment, on a observé une légère remontée de la consom-
2.2 Besoins des collectivités mation pendant les années de sécheresse et de chaleur de 1988 à
et de l’industrie 1991, puis à nouveau une baisse qui n’est plus uniquement
conjoncturelle : elle est la manifestation d’une prise de conscience
que l’eau est un bien indispensable à ne pas gaspiller d’une part, et
qu’elle a un prix souvent en forte augmentation du fait des nouvel-
Les estimations des volumes consommés pour les besoins les contraintes européennes d’autre part. Cette sagesse des
domestiques sont très inférieures aux volumes prélevés et distri- consommateurs individuels, ces économies apparentes des entre-
bués par les collectivités locales. prises, visant chacune son intérêt économique individuel à court
Exemple : pour une population de l’ordre de 15,5 millions d’habi- terme, ne vont pas sans entraîner des difficultés lorsque l’on rai-
tants sur son territoire, l’Agence de l’eau Seine-Normandie a estimé à sonne un peu plus globalement et à moyen-long terme.
1 622 millions de m3/an le volume prélevé dans l’ensemble des res-
sources par les collectivités locales, ce qui correspondrait à quelque
100 m 3 /(habitant × an), à comparer à l’estimation faite au
paragraphe 2.1.2 de 40 m3/(habitant × an). 3. Ressources
Cette distorsion tient pour sa plus grande part aux besoins des
services des collectivités locales et des communes, des petites
industries et de l’artisanat insérés dans le tissu urbain, et dans une 3.1 Rapport quantité/qualité :
faible mesure aux pertes en ligne, fuites dans les installations pri- importance de l’enjeu
vées (à l’intérieur des habitations), fuites dans les réseaux de distri-
bution, autoconsommation pour le service de distribution (lavage
des filtres, des réservoirs, etc.) nettoyage des rues et des égouts. Les ressources sont constituées, sur un territoire donné, par
C’est pourquoi on utilise une consommation domestique de projet l’ensemble des écoulements relativement rapides des eaux superfi-
allant de 200 à 400 L/(habitant × jour) [≈ 75 à 150 m3/(habitant × an)] cielles courantes et des écoulements plus lents à travers les réser-
pour évaluer les besoins d’eau à fournir à une collectivité d’une cer- ves superficielles (lacs ou réservoirs artificiels) ou les réserves
taine importance. souterraines. Comme cela a été dit au paragraphe 1.5, l’eau prélevée
n’est pas consommée mais retourne pour sa plus grande part, après
Pour les collectivités de faible dimension, dont les activités usage et pollution, dans les écoulements naturels. L’aspect quantita-
commerciales et industrielles sont réduites, on peut s’en tenir à tif interfère directement avec l’aspect qualitatif et le problème doit
120 L/(habitant × jour) [ ≈ 45 m 3 /(habitant × an)] ; il faut alors être envisagé dans son ensemble à l’échelle nationale, voire interna-
décompter séparément les besoins spéciaux (abreuvement du tionale. En France, le territoire est subdivisée selon les grands bas-
bétail, établissements industriels, etc.). Cette dernière remarque est sins hydrographiques naturels : Adour-Garonne, Loire-Bretagne,
essentielle quand il s’agit de grands ensembles industriels, voire Rhin-Meuse, Seine-Normandie, etc. Mais s’il faut penser globale-
simplement de zones industrielles dont la consommation peut ment, il faut agir localement ; d’où les contrats de bassin, de rivière,
atteindre des volumes extrêmement élevés quand on la compare à les « SAGES »... L’eau est en effet un produit qui conserve mal sa
celle des agglomérations sur le territoire desquelles ils sont situés. qualité lors de transports à grande distance ou à l’occasion de stoc-
Dans de tels cas une estimation statistique a priori conduirait à des kages prolongés. Il est donc souhaitable de prélever l’eau dans le
mécomptes graves. milieu naturel aussi près que possible de la zone d’utilisation. À
défaut, l’eau brute est acheminée jusqu’à l’usine de traitement, qui,
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Exemple : les besoins industriels (hors EDF) sur le territoire de


l’Agence de l’eau Seine-Normandie sont globalement du même ordre elle, est proche des utilisateurs.
que ceux des collectivités locales ; par contre aux États-Unis les
besoins industriels ramenés à l’habitant se situent à 2 300 m3/an soit
environ 20 fois les besoins domestiques proprement dits. 3.2 Évaluation. Protection. Emploi

De plus, les questions relatives à l’évaluation, à la protection et à


l’emploi des ressources ne peuvent être examinées individuelle-
ment. Elles sont du ressort d’une organisation très complexe et ont
donné lieu à une réglementation abondante dont les implications
Volume (Mm3 / an)

330
peuvent même se situer à un niveau international. La figure 5 mon-
310
tre les dépendances des différents organismes en cause.
290
270 Les collectivités locales et les usagers privés sont maîtres
250 d’ouvrage des équipements de gestion d’exploitation des eaux,
230 mais c’est l’État qui définit, après concertation avec les usagers, la
210
politique de l’eau et qui dispose, pour la mettre en œuvre :
190 — de moyens réglementaires : chaque prélèvement ou rejet fait
170 l’objet d’une autorisation délivrée par le Préfet après enquête appro-
150 fondie. La figure 6 montre les procédures actuelles. Les normes de
1960 1964 1968 1972 1976 1980 1984 1988 1992 1996 rejet, quant à elles, sont déterminées, pour chaque rejet en fonction
Année de l’objectif de qualité assigné à la rivière, par application des direc-
tives des Communautés européennes relatives aux différents usa-
Figure 4 – Évolution des volumes d’eau consommés en banlieue ges de l’eau ; en outre, pour les rejets industriels, ces normes
parisienne de 1960 à 1995 doivent respecter des valeurs limites définies pour chaque branche

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ALIMENTATION EN EAU POTABLE _________________________________________________________________________________________________________

ORGANISMES ORGANISMES
MINISTÈRES ORGANISMES
DE COORDINATION D'ÉTUDES
COMPÉTENTS CONSULTATIFS
DE L'ADMINISTRATION ET D'EXÉCUTION

PREMIER MINISTRE

Environnement Comité interministériel Observatoire


Santé pour l'environnement de l'eau
Intérieur
Affaires étrangères
Défense
Budget
Agriculture Ministère Comité national
Transports de l'Environnement de l'eau

Niveau national
Mer
Équipement
Recherche
Industrie
Consommation Direction de
Conseil Conseil supérieur
la prévention Direction
supérieur des installations
des pollutions de l'eau
de la pêche classées
et des risques

Mission
interministérielle
de l'eau

Mission déléguée Commission


Préfet de bassin de bassin
coordonnateur
de bassin
du bassin

DIREN de bassin
Niveau

(délégués de bassin) Six agences Six comités


de l'eau de bassin
Niveau régional

Délégations
Directions régionales Directions
Comités régionales
de l'industrie, Préfets régionales
techniques du conseil
de la recherche de région de
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de l'eau supérieur
et de l'environnement l'environnement
de la pêche
Niveau départemental

Préfets Fédérations
de département de pêche

Direction Missions
Direction
Inspection Direction départementale interservices
départementale
des installations départementale des affaires de l'eau
de l'agriculture
classées de l'équipement sanitaires et pôles
et des forêts
et sociales de compétence
municipal
Niveau

MAIRE

DIREN : directions régionales de l'environnement

Figure 5 – Structures administratives dans le domaine de l’eau (eaux continentales) en France

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_________________________________________________________________________________________________________ ALIMENTATION EN EAU POTABLE

Dossier de demande d'autorisation


sept exemplaires

Demande PRÉFET Avis de réception


de complément

Périmètre d'enquête

Gestionnaire
CLE
du DP

Maires Préfets
des communes des départements
du périmètre d'enquête intéressés
Comité permanent
des barrages

45 j ENQUÊTE PUBLIQUE
Mission
8j déléguée
de bassin
15 j Convocation
du pétitionnaire
par le ou la CE

Avis du gestionnaire Avis 22 j


du DP des conseils municipaux

Mémoire en réponse

15 j

Conclusions
du commissaire enquêteur

Rapport sur la demande


et propositions
Information du pétitionnaire
sur la date du CDH
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Présentation du rapport Audition du pétitionnaire


3 mois (5 mois) et demande d'avis au CDH ou de son mandataire

Projet d'arrêté Pétitionnaire


15 j
Observations

CLE
Arrêté statuant
sur la demande
Conseils municipaux
Recueil actes administratifs

Affichage en mairie
Publicité
pendant un mois
CDH conseil départemental d'hygiène
CE commissaire enquêteur Pétitionnaire
CLE commission locale de l'eau Deux journaux locaux
ou régionaux
DP domaine public

Figure 6 – Schéma de procédure d’autorisation de prélèvement ou de rejet délivrée au titre de la police des eaux en France

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ALIMENTATION EN EAU POTABLE _________________________________________________________________________________________________________

industrielle : l’État réglemente la mise sur le marché de produits


susceptibles de polluer l’eau (toxiques, pesticides, détergents, etc.) ;
il réglemente également les quantités de produits utilisés à des fins
Périmètre de protection immédiate
agricoles, ainsi que leur mode d’épandage, etc. ;
— de l’incitation financière : dans chacun des six groupements Périmètre de protection rapprochée
de bassins hydrographiques, une « Agence de l’eau » perçoit des
redevances sur les quantités d’eau prélevées et sur les quantités de
pollution déversées. Elle utilise ces moyens financiers pour aider à
la réalisation d’ouvrages, à la réhabilitation d’ouvrages existants, à Périmètre de protection éloignée
des diagnostics de fonctionnement, contribuant à une gestion
rationnelle de l’eau dans le bassin ; ceci dans le cadre de la politique
définie à l’échelon national ; les objectifs de cette gestion et les taux
des redevances sont déterminés par le comité de bassin. Figure 7 – Représentation schématique des périmètres de protection
Les agences de l’eau sont des établissements dotés de la person-
nalité civile et de l’autonomie financière. Elles sont l’outil de mise en
œuvre de la politique particulière définie pour chaque bassin par
son comité de bassin, respectivement composé par tiers de repré-
sentants de l’État, des collectivités locales et des usagers. Il s’agit là 3.4 Dimensionnement des ouvrages
d’une structure actuelle toujours susceptible d’évoluer. (prévision d’emploi)
La contrepartie des redevances perçues par les agences se
retrouve dans les subventions ou les prêts à taux privilégiés accor-
dés aux maîtres d’ouvrages publics ou privés pour les réalisations Les réservoirs, stations de pompage et adductions se déterminent
entrant dans le cadre du programme établi par chaque agence et en fonction de débits moyens annuels ou de débits moyens de
approuvé par son comité de bassin. pointe dans le cas où les variations de consommations en cours
C’est pourquoi, dans la suite, ne seront examinés que certains d’année sont très élevées (par exemple, villes à activités touristi-
aspects techniques liés à la mise en place d’un prélèvement dans la ques exercées une partie de l’année seulement).
ressource. Pour tous les aspects réglementaires, aussi bien quanti- Les ouvrages de distribution (conduites, stations de pompage
tatifs que qualitatifs, il y a lieu de se rapprocher des autorités d’intérêt local, surpresseurs de distribution) se projettent en fonc-
compétentes et en premier lieu de l’Agence de l’eau sur le territoire tion du débit horaire de pointe maximal.
de laquelle on voudrait effectuer le captage. Cet organisme fournira Plus l’agglomération est étendue et plus son activité est diversi-
les éléments directeurs permettant de suivre efficacement le chemi- fiée, plus faible est le rapport entre le débit de pointe et le débit
nement imposé par la réglementation complexe mais, il est vrai, moyen, ces débits étant considérés aussi bien au cours d’une
indispensable, qui régit les possibilités de prélèvements, réglemen- période d’un jour que d’une période d’un an.
tation en évolution et qui se complète chaque mois de nouveaux
textes. Au cours des vingt dernières années, le nombre de textes Aux États-Unis, on retient les rapports des débits ci-après :
législatifs ou réglementaires dans ce domaine sont passés d’une — jour de pointe/jour moyen : 1, 5 à 3,5, moyenne : 2 ;
dizaine à plus de cent ! — heure de pointe/heure moyenne : 2 à 7, moyenne : 4,5.
En France, on utilise une règle pratique déterminée par l’expé-
rience en prenant pour débit maximal de distribution le débit jour-
3.3 Périmètres de protection nalier moyen multiplié par 3 pour les communes rurales, par 2,4
pour les villes moyennes (50 000 à 100 000 habitants) ou par 2 pour
les grandes villes.
La notion de protection des ressources en eau est internationale.
La réglementation française (figure 7) est précisée en encadré. Dans les pays de l’ex URSS, on utilise un coefficient dit de non-
conformité qui varie de 2,3 à 3,1 suivant les dimensions de la com-
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munauté à desservir, ce qui est proche des règles pratiques fran-


Périmètres de protection en France çaises.

A. Pour les eaux souterraines et les sources ■ Horizon de projet pour différents ouvrages
● Un périmètre de protection immédiate clôturé.
Un ouvrage neuf doit être conçu pour satisfaire des besoins pen-
Pratiquement toute activité même agricole y est interdite. dant une durée à déterminer. Cette durée résulte de l’optimisation
● Un périmètre de protection rapprochée. de paramètres techniques, économiques et, de plus en plus, écolo-
Il est défini par l’hydrogéologue agréé. Les activités suscepti- giques. Deux principes de base sont appliqués : le principe de pré-
bles d’entraîner une dégradation de la qualité de l’eau y sont caution et le principe du développement durable. À ce jour, on
interdites. observe dans la pratique les durées de vie ci-après :
● Un périmètre de protection éloignée.
— grands barrages réservoirs : 25 à 50 ans ;
— gros ouvrages d’adduction : 25 à 50 ans ;
Il est défini en fonction de la topographie et de la géologie de — forages, mailles principales du réseau de distribution, stations
la région. À l’intérieur de ce périmètre, certaines activités peu- de traitement :
vent être réglementées.
15 à 25 ans, taux d’intérêt faibles ;
B. Pour les eaux superficielles 10 à 15 ans, taux d’intérêt élevés.
Seules sont envisagées les notions de périmètre de protec- Pour les grands ouvrages, les taux d’intérêt des emprunts n’inter-
tion immédiate et de périmètre de protection rapprochée, sur viennent que marginalement dans le calcul d’optimisation de l’hori-
les cours d’eau ou les retenues comme sur les terres le long des zon de projet. Ils se prêtent généralement mal à des réalisations par
berges. étapes. Par ailleurs, les conditions techniques et l’impact des grands
Un périmètre de protection éloignée n’aurait aucune signifi- chantiers conduisent souvent à envisager des réalisations directe-
cation. ment pour des besoins évalués pour plus d’une génération.

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