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La dette publique du Maroc: lecture critique

d’articles académiques

Abdelkader Berrada, économiste

Revisiter des écrits académiques portant sur la dette publique


au Maroc dans le but d’y voir clair, tel est l’objectif premier de
cette chronique. Quelle que soit la forme qu’elles revêtent
(articles publiés dans des revues à comité de lecture, ouvrages
collectifs, mémoires de Masters, etc.), les recherches sur cette
question capitale durant les deux dernières décennies laissent
perplexes et suscitent de graves interrogations. Le périmètre
autant que les composantes et le chiffrage de la dette publique
ne ressortent pas clairement des textes étudiés, ce qui fausse
la compréhension d’une problématique aussi importante qui
interpelle les économistes et les politiques. On comprend par là
que les fondamentaux de la recherche scientifique ne sont pas
toujours respectés. Trois principales raisons intimement liées
semblent être à l’origine de ce dévoiement:

1. Les auteurs de ces travaux présentés dans l’ordre


chronologique n’ont pas cherché à se documenter
correctement, d’autant plus qu’au Maroc l’accès à des
informations en nombre suffisant et fiables n’est pas chose
aisée.

2. La soumission des écrits publiés à l’appréciation de


lecteurs/éditeurs peu versés dans le domaine ou
complaisants.

3. L’encadrement de recherches par des professeurs à tout


faire.

Qu’est ce que la dette publique?

1
Une lecture attentive des articles publiés durant les deux
dernières décennies par des universitaires marocains ne permet
pas d’y apporter une réponse claire et pertinente. Dans ces
conditions, donner un coup de pied dans la fourmilière s’impose
comme un impératif scientifique. Après tout, il n’y pas de
raisons pour que les lecteurs fassent les frais de manquements
volontaires ou involontaires.

I. Mohamed Boussetta, économiste

Mohamed Boussetta, professeur universitaire, s’est livré à une


analyse de la dette publique au Maroc en rapport avec le
déficit budgétaire sur les périodes 1970-1992 (premier
article1) et 1983-1999 (deuxième article2). L’idée centrale qui
ressort de ses deux articles qui se chevauchent en grande partie
est que «l’accumulation de la dette publique» s’explique par «la
persistance de déficits budgétaires considérables». A partir du
moment où il a fait largement appel à des données chiffrées
«labélisées» (Bank Al Maghrib, Ministère de l’économie et des
finances) et pris soin d’indiquer les sources bibliographiques sur
lesquelles il s’est appuyé pour argumenter ses propos, il semble
difficile de balayer d’un revers de la main le lien établi par l’auteur
entre le déficit budgétaire et la dette publique. Cela étant, il reste
cependant à préciser ce qu’on entend par dette publique. Dans le
corpus de l’économie et des finances publiques, la dette qui se
nourrit des déficits budgétaires successifs porte un nom, la dette
intérieure et extérieure du Trésor ou publique directe. Est-ce bien

1
Boussetta, M. (1995), «Financement public, déséquilibres budgétaires et accumulation de la
dette publique au Maroc», Annales Marocaines d’Economie, revue de l’Association des
économistes marocains, n°11, troisième année, pp.71-82. (Voir notamment le tableau 3 :
«Evolution de l’encours de la dette publique au Maroc 1970-1974», p.74. Source: rapports de
Bank Al Maghrib ; et le tableau 5 : « Evolution des encours de la dette extérieure 1975-
1982», p.76. Source : Ministère des finances).
2
Boussetta, M. (2000), «La dette publique au Maroc: évolution, contraintes et perspectives»,
Critique économique, n°2, pp.71-80 (Voir notamment le tableau 8 : «Evolution de l’encours
de la dette extérieure 1983-1993», p.81. Source: Ministère des finances).

2
le cas? La réponse est non. Plusieurs dérapages méthodologiques
sont à relever.

1. Mis à part de nombreuses erreurs de chiffrage de la dette en


valeur absolue ou relative, l’auteur confond dette publique et
dette extérieure publique. Dans les deux articles cités, au Maroc
l’encours de la dette publique rapporté au PIB s’élève à 14% en
1974 (1995, P.74), 97% en 1983 et 59,4% en 1999 (2000, p.75).
En réalité il s’agit plutôt de la dette extérieure dont la composition
diffère d’un tableau statistique à l’autre sans la moindre
indication. La «dette externe» présentée dans le tableau 3 (p. 74,
1995) correspond à la dette extérieure du Trésor. Par contre,
«l’encours de la dette extérieure» présenté dans les tableaux 5
(p.76, 1995 et 2000) et 8 (p. 81, 1995) englobe la dette directe
(Trésor) et garantie (établissements et entreprises publics
notamment).

2. Une lecture erronée du tableau n°3 (p. 74, 1995) qui retrace
l’ «évolution de la dette publique au Maroc» durant le
quinquennat 1970-1974 est aussi source de confusion. Les
indications chiffrées ou non qui s’y rapportent proviennent du
bulletin «Etudes et Statistiques » publiés par la Banque du Maroc
(n°75, mars 1979, tableau IV-2, p.64). Fondamentalement, il s’agit
de la dette intérieure et extérieure du Trésor, c’est-à-dire publique
directe. Les commentaires associés à ce tableau statistique nous
permettent toutefois de conclure que M. Boussetta s’est fait une
fausse idée du type de dette publique dont il est question (cf. 1).
Cet auteur ne s’est pas rendu compte que le montant exprimé en
dollars US de la dette extérieure publique en 1974 auquel il a fait
référence (1.218 millions$) diffère de celui mentionné dans le
tableau n° 3 et exprimé en dirhams (4.340 millions DH). Ce
montant regroupe non seulement la dette du Trésor (tableau n°3)
mais aussi la dette garantie par l’Etat au profit des établissements
et entreprises publics (EEP).

3
3. L’auteur de ces deux articles persiste à croire que tout
comme la dette intérieure du Trésor, la dette extérieure est la
conséquence directe d’une accumulation de déficits budgétaires
sans cesse renouvelés. Ceci revient à forcer l’interprétation
puisqu’en réalité l’encours de la dette extérieure publique qui se
dégage des tableaux statistiques 5 et 8 porte aussi bien sur la
dette du Trésor que sur celle garantie par l’Etat. On en déduit
donc que le déficit budgétaire n’est pas, en dépit de son
importance, le seul facteur explicatif de l’accumulation de la dette
publique; les besoins de financement du secteur des EEP,
totalement ignorés par M. Boussetta, sont eux aussi à l’origine
d’un endettement en constante progression. Il faudrait toutefois
souligner qu’il existe deux types de dette garantie: extérieure et
intérieure. Les tableaux statistiques mentionnés auparavant ne
comportent pas de données relatives à la dette intérieure
garantie, ce qui conduit à sous-évaluer la dette publique.

Mohamed Karim, économiste (3)

Le chapitre 7 consacré à la dette publique présente plusieurs


faiblesses et donc peu de valeur (pp.135-150). A cet égard, il
convient de mentionner plus particulièrement (1) des intitulés
trompeurs, des redondances inutiles ainsi que des erreurs de
formulation et de chiffrage, (2) un défaut manifeste de cohérence
auquel s’ajoute une définition tronquée de la dette publique.

1. Des erreurs à la pelle

1.1 Il y a lieu de relever de prime à bord que l’intitulé de ce


chapitre est trompeur: «Dette publique directe et évaluation de sa
soutenabilité» (p. 135). En fait, il s’agit de la dette publique
directe (Trésor) et garantie (entités publiques autres que le
Trésor). L’encours de la dette intérieure et extérieure garantie est
mentionné à deux reprises dans le texte (pp. 140-141). Il est fait
également état des montants (tirages) mobilisés en lien avec la
dette extérieure garantie (p.142).

4
Tout comme pour le chapitre VII, la même remarque vaut pour la
première section intitulée «Profil de la dette directe du Trésor»
(pp. 135-144). Pour s’en convaincre, il suffit de lire à une
exception près (p. 136) les pages correspondantes. La «dette
intérieure du Trésor» (pp.137-140) et la «dette extérieure du
Trésor» (pp.140-144) qui ont fait l’objet de deux paragraphes
consécutifs portent plutôt sur la dette publique aussi bien directe
que garantie.

1.2 Ce texte comporte également des redondances, ce qui le


rend indigeste. On s’en aperçoit aisément en l’examinant.
,
Il se singularise en même temps par des erreurs de
formulation. Comme l’écrit l’auteur du texte à propos de la
charge d’amortissement de la dette publique extérieure (pp.143-
144), en 2008 «la répartition des amortissements par groupe de
créanciers montre les indicateurs suivants: *«Les banques
commerciales ont réglé 40% ou 5,4 milliards de dirhams dont 4,6
milliards de dirhams au titre de l’Euro-bond de 2003» (souligné
par nous);

-------------------
(3) Karim, M. (2010 ) Viabilité des finances publiques marocaines, éditions l’Harmattan,
pp.135-150.

*«Les institutions internationales ont remboursé 33% ou 4,4


milliards dont deux milliards de dirhams pour la Banque
Internationale pour la reconstruction et le Développement»
(souligné par nous) (souligné par nous); *«Les créanciers
bilatéraux ont réglé 27% ou 3,7 milliards de dirhams dont la
France qui a reçu un montant de 1,5 milliard de dirhams»
(souligné par nous).

A vrai dire, les montants indiqués et leurs équivalents en valeur


relative ont été remboursés (réglés) par l’Etat chérifien aux
banques commerciales et aux (les) créanciers multilatéraux et

5
bilatéraux et non l’inverse. En pareil cas, le verbe régler signifie
précisément «payer les montants qui sont dus» ou «ce qu’on
doit». Paradoxalement, M. Mohamed Karim a, à une exception
près (France), pris les créanciers pour des débiteurs. Les
développements consacrés à la question de la répartition de la
charge d’amortissement de la dette publique extérieure par
groupe de créanciers prêtent de ce fait à confusion.

1.3 Les erreurs de chiffrage constituent un autre trait distinctif


du chapitre sur la dette publique.

Le tableau 7.4, page 143 retrace la structure évolutive et


l’ampleur des tirages sur les emprunts publics extérieurs (directs
et garantis) entre 2002 et 2008. S’agissant toutefois des années
2007-2008, il convient de préciser que les montants qui y figurent
sont tout simplement incorrects. Les tirages s’élèvent à 22,320
MM DH au lieu de 12,8 MM DH en 2007 et à 22,633 MM DH au lieu
de 12,8 MM DH l’année d’après. Le problème est que les
statistiques jugées exactes sont clairement indiquées dans le
texte à la page précédente (p.142).

Le tableau 7.5 (suite), page 147, intitulé «Principales variables


macroéconomiques et de cadrage analytique en %» (2002-208)
comporte lui aussi des erreurs. C’est notamment le cas du solde
budgétaire primaire avec recettes de privatisation exprimé en %
du PIB. Les indications chiffrées relatives aux années 2005, 2006,
2007 et 2008 sont douteuses. De toute façon et contrairement
aux années 2001-2004, elles ne correspondent guère à la
différence entre les recettes ordinaires et les dépenses globales
hors intérêts de la dette, le tout rapporté au PIB. Du reste, il n’est
pas exclu d’imputer les erreurs relevées à une mauvaise
évaluation des termes de comparaison (les recettes courantes
comparées aux dépenses globales hors intérêts de la dette)!

Un autre type d’erreurs observées concerne l’évaluation du poids


de la dette du Trésor par rapport au PIB (en %). A en croire

6
l’auteur de ce texte, la dette du Trésor rapportée au PIB atteint
53,6% en 2008 (p.136). Cette proportion se situe plutôt à 47,3 %
compte tenu du PIB aux prix courants (base 1998) ou à 45,4%
seulement après changement de base de cet agrégat économique
fondamental (base 2007). Evidemment, il ne s’agit là que
d’exemples parmi d’autres, ce qui n’est pas fait pour rassurer le
lecteur averti.

2. Défaut de cohérence

Ce chapitre porte par ailleurs la marque d’un défaut de cohérence


à peine voilé. Celui-ci recouvre aussi bien le périmètre que la
composition changeant du service de la dette publique
(amortissement + intérêts).

2.1. Pour ce qui est de son périmètre, il se limite au Trésor dans le


cas de la dette intérieure (p.139) alors qu’il regroupe non
seulement le Trésor mais également les autres entités du secteur
public s’agissant de la dette extérieure (p.143).

2.2. En ce qui concerne sa composition, dans le premier cas


(dette intérieure du Trésor ou directe) il n’est tenu compte que des
intérêts et commissions (p.139); dans le second cas (dette
extérieure directe et garantie), par contre, il est question à la fois
du principal et des intérêts (p.143).

A partir du moment où les données ne manquent pas, les raisons


de ce zapping méthodologique se comprennent difficilement. Les
années passées par M. Karim au Ministère de l’économie et des
finances n’auront donc servi à rien. Il n’a pas su en tirer parti. Il
est permis d’y voir la conséquence d’un système scolaire en
déclin constant et d’un déficit d’éthique.

3. Définition tronquée de la dette publique

La dette publique examinée durant la période 2001-2008 est-elle


soutenable? A cette question, cet ancien inspecteur du ministère

7
des finances répond sans hésiter par l’affirmative. Cette réponse,
toutefois, n’est pas sans soulever un certain nombre de réserves.

3.1. Tout d’abord, il s’agit d’une approche réductrice dans la


mesure où la dette publique est entendue au sens strict, c'est-à-
dire se confond avec celle du Trésor (ou directe). Dès lors, le
besoin se fait sentir de préciser que la dette publique à
proprement parler recouvre un périmètre bien plus large (dette du
Trésor + dette garantie et non garantie des autres entités
publiques). A titre d’exemple, en 2008 la dette publique
rapportée au PIB (base 2007) atteint non pas 45,4% mais 62,3%,
soit 16,9 points de plus en pourcentage du PIB. Deux autres
observations justifient la nécessité de réviser à la hausse ce taux
qui atteint déjà un seuil critique. Premièrement, étant donné leur
caractère structurel et leur ampleur (3-4% du PIB),
les arriérés de dépenses publiques s’apparentent à une dette et
devront donc en toute logique être comptabilisés en tant que
telle. Il en va de même du solde excédentaire des comptes
spéciaux du Trésor (hors dons) classé improprement au-dessus de
la ligne et servant de ce fait à réduire artificiellement le déficit
budgétaire. Ce type d’excédent est à classer plutôt parmi les
sources de financement du déficit budgétaire (c’est-à-dire au-
dessous de la ligne) et le stock correspondant à une dette sans
intérêt de l’Etat envers notamment les collectivités locales. En
pareils cas, il vaut cependant la peine d’indiquer que l’on a affaire
à des emprunts non pas négociés mais imposés par l’Etat, c’est-à-
dire qui s’inscrivent dans le droit fil de la politique de répression
financière.

3.2. Par ailleurs, le solde budgétaire primaire (ou économique) tel


qu’il est quantifié par M. Karim est surestimé en cas de résultat
positif ou sous estimé dans le cas contraire. Ceci tient surtout à un
gonflement artificiel des recettes ordinaires suite à l’extension-
contrairement aux règles généralement admises en la matière (4)-
de leur périmètre aux recettes des privatisations (50% des

8
recettes sont affectés au BGE) et/ou aux fonds procurés par les
dons empoisonnés des pays du CCG notamment. L’auteur
reconnaît lui-même que «des recettes importantes au titre des
privatisations depuis 1999 ont amélioré les soldes budgétaires
primaires…. » (p.148). Ceci revient plutôt à fausser la signification
et l’ampleur de cette catégorie de solde.
(4) A. Berrada (2008), préface de l’ouvrage d’El Mataoui B., Politique de réduction
du déficit budgétaire et croissance économique au Maroc, Etat des lieux, éditions
repères et perspectives, Rabat.

III. Mohamed Bouslikhane, économiste

L’article publié en 2012 par Mohamed Bouslikhane (5), professeur


universitaire, permet-il de se faire une idée claire et précise de la
dette publique au Maroc? Là encore, la réponse est non.

Dans cet article abondamment «chiffré» d’une vingtaine de pages,


M. Bouslikhane propose une analyse rétrospective de la dette
publique sur une période de plus d’un demi-siècle (1956-2010),
ce qui constitue une première. Ce texte est toutefois bourré
d’erreurs en tout genre (définition, chiffrage, etc.).

1. On note, à une exception près (rapport 2010 du Trésor et des


finances extérieures signalé dans le corps du texte, page 73),
l’absence de sources bibliographiques. Citer ses sources, faut-
il le rappeler, est à la fois une nécessité impérative et une
marque d’honnêteté intellectuelle. Par ailleurs, l’absence de
tableaux statistiques n’arrange pas les choses.

2. Définition à géométrie variable de la dette (1956-2010) et


appellations multiples et variées qui déroutent le lecteur non
averti.

L’auteur parle indistinctement «d’encours de la dette publique»,


p.62 (2001, 2004), «d’encours global de la dette», p.63
(2005,2006), de «dette publique globale » (200), p. 68, de «dette

9
publique», p. 69 (2007,2008), de «dette publique totale» (2009),
p.71. La question se pose de savoir si ces dénominations
recouvrent la même signification? Apparemment oui. Le montant
de 386 milliards de dirhams (MMDH) mentionné à deux reprises
(pp. 68,-69) et qui se rapporte à l’année 2007 indique en effet que
«dette publique globale» (p.68) et «dette publique» (p.69) veulent
dire la même chose. Mais, qu’en est-il des autres années?
--------------------------

(5) p. 71: «toutes les composantes de la dette publique-dette du Trésor (intérieure


et extérieure) + dette extérieure garantie»; «l’encours de la dette (intérieure,
extérieure et garantie)» p.73; «la dette publique (intérieure, extérieure et garantie)»
p.75).

M. Bouslikhane ne précise ce qu’il entend par dette publique que


vers la fin de l’article (pp.71, 73, 75). Deux observations
s’imposent à cet égard : a. A la différence de M.
Boussetta, M. Bouslikhane soutient que l’accumulation de la dette
publique s’explique par les besoins de financement du Trésor et
des autres entités du secteur public (EEP, collectivités locales), ce
qui contient une large part de vérité.

b. Il faut par contre signaler que la dette des EEP et des


collectivités locales ne se réduit pas à la dette extérieure garantie
comme il ressort de l’approche de M. Bouslikhane mais s’étend
également à la dette intérieure garantie, voire au-delà.

3. Défaut de cohérence interne et historique :

Ce défaut se remarque s’agissant de la dette publique aussi bien


extérieure qu’intérieure et globale.

D’entrée de jeu (p. 58), M. Bouslikhane fournit une multitude de


données statistiques sur la dette extérieure publique (dette du
Trésor + dette garantie). Comme il le souligne, «la dette
extérieure est passée de 750 millions de dollars en 1970 à 17,24

10
milliards de dollars en 1986, soit une progression globale de
230%. Elle a atteint les 18 milliards de dollars en 1987, faisant du
Maroc l’un des pays les plus endettés du monde. Le service de la
dette qui absorbe 1,6 milliard de dollars en 1987, devait en
absorber 3 milliards en 1990. Durant cette période, le stock de la
dette a atteint le seuil de 25 milliards de dollars». Ces statistiques
appellent néanmoins plusieurs observations critiques basées sur
des documents de première main (6):

a. L’encours de la dette extérieure publique en 1970 s’élève à


747,2 millions$ dont 531, 5 M$ exigibles en devises et 215,7
M$ en dirhams. Outre cette précision qui n’est pas sans intérêt,
il ne s’agit que de la dette du Trésor ou directe, c’est-à-dire
exclusion faite des crédits fournisseurs inférieurs à cinq ans et
de la dette garantie par l’Etat au profit des établissements et
entreprises publics. M. Bouslikhane est resté muet sur cette
question.

b. Les montant relatifs à 1986, 1987 et 1990 s’appliquent en


revanche à la dette extérieure aussi bien du Trésor (ou
directe) que garantie.

On en conclut donc que la structure de la dette extérieure


publique en 1970 diffère de celle des autres années, ce qui
fausse la comparaison. Ce manque d’homogénéité a totalement
échappé à l’auteur de l’article.

c. Qui plus est, les montants de la dette extérieure publique se


rapportant aux années 1987 et 1990 ne sont pas exacts.

1987=19,915 MM$ (Direction du Trésor et des Finances


Extérieures: DTFE), voire 20, 973 MM$ (BIRD) au lieu de 18
milliards$ (MM$).

1990= 23,258 MM$ (DTFE) = 23,523 MM$ (BIRD) au lieu de


25 MM$.

11
d. Les chiffres avancés par l’auteur concernant le service de la
dette extérieure publique (intérêts* +amortissement**) sont
également incorrects (1,6 MM$ en 1987 et 3 MM$ environ en
1990). Comme on peut le constater ci-dessous, les chiffres
puisés à la source y sont nettement plus élevés (à noter que
l’opération de rééchelonnement ne porte pas sur la dette
extérieure publique dans son intégralité: 1983-1991) (7):

Avant rééchelonnement (y compris rachat FMI):

1987 = 3,759 MM$


(1,241*+2,518**),

1990 = 3,929 MM$ (1,511+2,418)

Après rééchelonnement (y compris rachat FMI):

1987 = 2,016 MM$ (0,853+1,163),

1990= 2,096 MM$ (1,075+1,021)

---------------------
(6) Royaume du Maroc, Ministère des finances, Division du Trésor et des assurances, Service
du Trésor, Mission FMI, octobre 1972, tableau XXXIV.

(7) Royaume du Maroc, Ministère des finances, Direction du Trésor et des finances
extérieures, Division de la gestion de la dette, Service de la centralisation statistique et de
l’informatisation de la dette, tableaux relatifs à l’évolution de la dette extérieure du Maroc de
1985 à 1990, C.S.I.D. (21/051991): Evolution de l’encours de la dette extérieure (1985-
1990)-25/05/1991- et de sa répartitin( 30/05/1991).

Le défaut de cohérence interne et historique caractérise


également la dette publique intérieure. Les montants mentionnés
par M. Bouslikhane s’agissant des années 1999 (157,6 MMDH) et
2000 (171,9 MMDH) sont conformes à l’approche non pas du
Trésor (136,668 et 149,388 MMDH) mais de l’Institut d’Emission
(rapport 2000, p.77). Dans ce dernier cas, le stock de la dette
intérieure comprend aussi «les créances directes de Bank Al
Maghrib». C’est bien d’aligner des statistiques, mais encore faut-il

12
s’assurer que les grandeurs y afférentes présentent une structure
homogène durant la période étudiée (1956-2010).

La dette publique appréhendée dans son ensemble est elle aussi


sujette à de nombreuses incohérences. Le chiffrage relatif aux
années 2000 (242 MMDH, p.75), 2001 (367,5, p.62), 2004 (377,5
MMDH, p.62), 2009 (419,3-416,3 MMDH, p.71) et 2010 (455,7
MMDH, pp.73, 75) prête à discussion. Ceci amène à se poser la
question de la provenance de ces chiffres.

4. Le poids relatif de la dette publique évalué dans la durée


souffre également d’un manque d’homogénéité criant.

Le fait d’avoir pratiquement ignoré les séries statistiques


actualisées de la dette publique compte tenu des changements de
base du PIB (1980, 1998, 2007) débouche sur des contradictions.
Après vérification, les chiffres de la dette publique contenus dans
cet article sont exprimés en pourcentage du PIB base 1980
jusqu’en 2004 et base 1998 depuis 2005-2006. Les séries
actualisées de la dette publique et de ses différentes
composantes sont pourtant disponibles pour les périodes 1998-
2014 (PIB base 1998) et 2007-2015 (PIB base 2007).

L’année de base ou de référence du PIB n’a été mentionnée


qu’une seule fois dans l’article à propos de la dette intérieure
(années 2005-2006, PIB base 1998, page 64). Ceci conduit à
fausser la comparaison dans le temps de la dette exprimée en
pourcentage du PIB (1956-2010). S’agissant par exemple d’une
même année (2005), l’encours de la dette intérieure du Trésor
rapporté au PIB diffère d’une page à l’autre, soit 51,6% (page 63)
et 49,5% (page 64). Ces proportions divergentes qui ont
complètement échappé à M. Bouslikhane s’expliquent tout
simplement par le changement de base du PIB: 51,6 % (base
1980), 49,5% (base 1998). Il faut savoir que le passage d’une
base à l’autre se traduit par une baisse de la dette publique
rapportée au PIB. A titre d’illustration, entre 2007 et 2010 le taux

13
de contraction oscille entre 0,8 et 2,6 points de pourcentage de
PIB à la faveur de l’application de la nouvelle année de base (2007
au lieu de 1998).

III. Salma Tber, économiste

Selon S. Tber (8), «la dette publique marocaine» «renvoie aux


crédits contractés par le Trésor, les collectivités territoriales et les
entreprises et établissements publics» (p.3). Son volume global
«grimpe de près d’un milliard de dirhams en 1963 à plus de 743
milliards de dirhams en 2014» (p.1). Il faut toutefois se demander
si la définition et la quantification de la dette publique dans la
durée sont appropriées (1963-2014). Autrement dit, «la dette
publique marocaine» revêt-elle la même signification en 1963
qu’en 2014 et son stock est-il correctement évalué? Ceci ne
semble pas être le cas.

1. En 2014, l’encours de la dette publique atteint effectivement


743,997MMDH, soit presque 81% du PIB. Cependant, pour
lever toute ambiguïté, il convient de préciser que ce
montant englobe la dette intérieure et extérieure aussi bien
du Trésor que «garantie». En 1963, par contre, le montant
pris pour argent comptant par S. Tber («près d’un milliard de
dirhams») est erroné. Il suffit de noter qu’en 1963 la dette
publique du Trésor (ou directe), c’est-à-dire abstraction faite
de la dette garantie, atteignait à elle seule 2,386 milliards de
dirhams ainsi répartis: dette intérieure: 784 MDH; dette
extérieure: 1,602 MMDH. On s’en aperçoit aisément: ce
montant représente plus du double de celui indiqué par
l’auteur.
-------------------------

(8) S. Tber (2015), L’impact économique de la dette publique au Maroc entre aspirations
et réalité, mémoire de Master en économie, Cahier des jeunes chercheurs, série 2015,
faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Meknès.

14
Il est tout aussi important de savoir qu’au moment de
l’indépendance du Maroc (1956), l’encours de la dette publique
directe s’élevait déjà à 1,321 MMDH. La dette extérieure,
principalement héritée du Protectorat, en constitue la plus
grosse part, soit 1,084 MMDH (82,1%). On est en droit de se
demander pourquoi les «négociateurs indigènes» à la
conférence d’Aix-les-Bains n’avaient-ils pas exigé l’effacement
de cette dette illégitime dont l’effet sur la croissance s’est fait
durement sentir pendant plusieurs décennies? (A. Berrada (2011),
« La dépendance économique à l’épreuve de l’indépendance politique (1956-
1972», revue marocaine d’audit et de développement, n°31-32, pp.86-87).

2. L’évaluation de l’ampleur de la dette extérieure ainsi que la


délimitation de son périmètre posent quelques problèmes.
Plusieurs exemples en témoignent :

2.1. En citant un article coécrit par les professeurs A. Agourram et


A. Belal, S. Tber nous apprend que « …l’encours de la dette
extérieure passe de 256 millions de dollars en 1963 à 566 millions
à la fin de 1968 pour doubler en 1975» (p.9). Force cependant
est d’admettre que la copie ne vaut pas l’original. Comme il est
écrit dans cet article publié, pour la première fois, en 1970 dans
l’Annuaire de l’Afrique du Nord (1969) sous le titre «L’économie
marocaine depuis l’indépendance» (p. 166), «l’encours de la dette
extérieure s’est accru rapidement, passant de 256 millions de
dollars en 1963 à 566 millions à la fin de 1968. De 1968 à 1975,
l’encours de la dette atteindrait plus du double et le service de
la dette dépasserait les 100 millions de dollars». Ces fragments
appellent trois remarques éclairantes:

- L’article collectif cité a été publié à deux reprises au


Bulletin économique et social du Maroc sous un nouveau titre:
«Bilan de l’économie marocaine depuis l’indépendance» (BESM,
1970, volume XXXII, n°16, pages 1-27; 1984, pp.73-99).

15
- En citant la source, cette doctorante a trouvé le moyen
d‘écorcher le prénom de Belal (Abdelaziz et non pas Aziz), de
passer sous silence les noms de la publication et de l’éditeur
(Annuaire de l’Afrique du Nord, CRESM-CNRS) et de se tromper de
numéro de page (165 à la place de 166). D’autres sources
bibliographiques ont subi le même sort (notes 3&4, pp.6-7, etc.).

- L’article collectif mentionné date de 1970. S.Tber aurait pu


faire l’effort de se documenter à la source pour éviter de tordre le
coup aux statistiques de la dette extérieure. En 1975, l’encours de
la dette extérieure, mis à part la dette militaire, se monte à 1,753
MM$, soit plus du triple de celui de 1968. Quant au service de la
dette extérieure, il totalise 145 M$ dont 50 M$ au titre des intérêts
et 95 M$ au titre du principal (129 M$ en se basant sur les
données de la balance des paiements: 55+74 M$)3 (9).

2.2. D’après S. Tber, «la dette extérieure grimpe … à 3 milliards


et demi de dollars en 1982, pour atteindre 88% du PIB» (p.10). Or
ces données s’avèrent manifestement inexactes.

La Banque Mondiale estime plutôt la dette publique extérieure du


Royaume à 10,965 MM$ en 1982 (dette militaire non comprise).
En y incluant la dette militaire, ce montant grimpe à 12,517 MM$.

Ahmed Zoubaine4 (10), quant à lui, avance un chiffre proche:


12,039 MM$ (72,511 MMDH), ce qui équivaut à 78% du PIB base
1980 (92, 898 MMDH).

2.3. L’auteur de cet article affirme par ailleurs que «le Maroc a
bénéficié du rééchelonnement de sa dette extérieure portant sur

3
(9) Source: Banque Mondiale (1981), Maroc, Rapport sur le développement économique et
social, encours du service de la dette extérieure (millions de dirhams, prix courants), 1972-
1978, p.42.
4
(10) Zoubaine, A. (1998), «L’expérience du Royaume du Maroc en matière d’administration
et de gestion de la dette» (en arabe classique), FMA, Institut des politiques économiques,
politique et gestion de la dette dans les pays arabes, Emirats Arabes Unies, pp.226-227,
tableaux 5&6. Que «Monsieur Dette publique du Ministère des finances» pendant de longues
années soit ici remercié pour sa serviabilité, son honnêteté et son professionnalisme.

16
2,4 milliards de dollars et s’est engagé, à partir de 1983, à… »
(p.10). Deux précisions s’imposent à ce propos :

- Ce montant ne porte réellement que sur les deux premiers


accords de rééchelonnement conclus avec le club de Paris en
1983 et 1985. Jusqu’à preuve du contraire, durant la période
couverte par le programme d’ajustement structurel (1983-1992),
le Maroc a conclu 9 accords de rééchelonnement, dont 6 avec le
club de Paris pour un montant total de 6,9 MM$ entre 1983 et
1991 et 3 avec le Club de Londres pour une somme globale de
6,15 MM$ entre 1986 et 1990 (6,7MM$ selon le FMI, January 1995,
pp. 9, 51), soit 13,05 MM$ en tout (ou 13,6 MM$ d’après le FMI) 5
(11).

- Le rééchelonnement du capital et des intérêts n’englobe pas la


dette publique extérieure dans son ensemble mais seulement les
emprunts éligibles à cette opération. Plus particulièrement, la
dette de l’Etat envers la BIRD et le FMI n’en fait pas partie.

IV. Badr Mandri

Badr Mandri, fonctionnaire à la Direction de la prévision et des


études économiques (DPEE), s’est limité à analyser la dette du
Trésor6 (12) au motif que les statistiques relatives à la dette
garantie par l’Etat «ne sont pas disponibles pour toute la période»
(p.215) «de 34 ans allant de 1980 jusqu’à 2013» (p.192). A bien y
réfléchir, ce genre d’argument n’est qu’un prétexte. Autant
reconnaître qu’il tenait sciemment à se conformer
scrupuleusement à l’approche politico-administrative de la dette
publique telle qu’elle ressort du rapport économique et financier
accompagnant le projet de loi de finances. Sauf qu’il est
communément admis qu’apprendre à se documenter, voire oser
5
(11) Zoubaine, A. (1998), «L’expérience du Maroc….», opt. cit, p. 235, tableau 11.
6
(12) Mandri, B. (2015), «Effet de seuil de la dette publique sur la croissance économique»,
cas du Maroc, in politique budgétaire et activité économique au Maroc: une analyse
quantitative, sous la direction de K. El Mokri-A. Ragbi -S. Tounsi, Faculté des sciences
juridiques, économiques et sociales de Rabat-Agdal-OCP Policy Center.

17
se documenter est une condition sine qua non de la démarche
scientifique. Au Maroc, l’importance prise par la dette des autres
entités du secteur public (établissements et entreprises publics,
collectivités locales) est telle qu’on ne peut pas ne pas s’y
intéresser. Il n’est sans doute pas inutile de rappeler à l’auteur de
cet article que des statistiques suffisamment fiables sur la dette
publique garantie existent depuis 1972 au moins. A titre
d’exemple, la dette extérieure publique directe rapportée au PIB
base 1969 atteignait 18,7% en 1972 et 24,4% en 1977. En y
incluant la dette garantie, ces proportions s’élèvent
respectivement à 22,90% et 36,5%. Il s’ensuit donc une forte
hausse de la part de la dette garantie dans la dette publique
extérieure. De 18,3% en 1972, celle-ci est passée à 33,1% en
1977, soit presque le double. A noter toutefois que la prise en
compte de la dette intérieure et extérieure garantie ne suffit pas à
définir avec suffisamment de précision la structure de la dette
publique. Les autres entités du secteur public recourent par
ailleurs à des emprunts non garantis qui devront eux aussi en
faire partie. L’encours de la dette extérieure publique enregistre
de ce fait un bond pour atteindre 20,9% du PIB base 1980 en 1972
et 44,9% en 1977.

L’intégration de ces deux catégories d’emprunts dans le périmètre


de la dette publique s’avère nécessaire pour deux raisons au
moins :

- Primo, le poids du service de la dette. Sur la période 2005-


2015, l’amortissement de la dette extérieure des autres
entités du secteur public représente 40% de celui de la dette
extérieure publique. Cette proportion est encore plus
prononcée s’agissant des intérêts et commissions (46,7%).
C’est la preuve que les conditions d’octroi des crédits de
cette nature sont loin d’être avantageux.

- Secundo, les risques potentiels ou réels de déstabilisation des


finances publiques qui y sont associés. La production s’en

18
ressent également, de même que la croissance de
l’économie. Le coût exorbitant de sauvetage du CIH et de la
CNCA ou de liquidation de la BNDE est encore présent dans
les mémoires. De nos jours, l’endettement excessif de
l’ONEE, l’ONCF et l’ADM, pour ne citer que ceux-là, est une
bombe à retardement qui risque d’aggraver les déséquilibres
structurels des finances publiques. Le processus de
restructuration de la dette de l’ADM est déjà lancé et il n’est
pas exclu qu’il fasse tâche d’huile.

V. In fine, au Maroc, de quoi la dette publique est-elle le


nom?

Compte tenu de cet ensemble d’observations, il devient clair


qu’une analyse des liens étroits et complexes entre dette publique
et croissance reste à mener au Maroc. Il faudrait pour cela opter
pour une approche à la fois micro et macroéconomique de la dette
publique. Concernant ce dernier volet, le périmètre de la dette
publique doit être redéfini. Plus précisément, la dette publique
regroupe, d’une part, la dette intérieure et extérieure du Trésor et,
d’autre part, la dette intérieure et extérieure des autres entités du
secteur public (établissements et entreprises publiques+
collectivités locales). S’agissant en particulier de la dette du
«reste du secteur public», celle-ci correspond à la dette aussi bien
garantie que non garantie. Cette définition est plus large que celle
retenue par la direction du Trésor et des finances extérieures
(DTFE). Outre le flou qui entoure la dette extérieure des autres
entités publiques, la dette intérieure non garantie est totalement
ignorée par la DTFE. Ceci explique pourquoi la dette publique
version DTFE rapportée au PIB se situe constamment en deçà de
la dette version corrigée. La lecture du tableau ci-après qui porte
sur la période 2007-2015 nous permet d’observer un différentiel
en points de pourcentage de PIB appréciable. A une année près
(2007), celui-ci oscille entre 6,2% (2014) et 7,3% (2013). Ainsi, en
2008, la dette publique représentait respectivement l’équivalent

19
de 62,3 et 55,8% du PIB. En 2015, ces grandeurs atteignent 88,8
et 82,5%. En laissant de côté la question épineuse des dettes
implicites, il n’en demeure pas moins que ces proportions sont à
réviser à la hausse à concurrence de 5 à 7% du PIB. Il ne faut
surtout pas omettre que l’Etat accumule en permanence des
arriérés de dépenses d’un niveau élevé (3 à 4%) et que l’encours
de la dette des collectivités locales n’a pas été encore
correctement appréhendé (2 à 3%).
Evolution de la Dette Publique 2007-2015
(en pourcentage du PIB, base 2007)

Dette DTFE* Dette Ecart


(%) Corrigée** (%)
(%)
2007 61,0 65,5 4,5

2008 55,8 62,3 6,5

2009 57,5 64,2 6,7

2010 61,1 68,1 7,0

2011 65,4 71,9 6,5

2012 71,6 78,8 7,2

2013 75,5 82,8 7,3

2014 80,5 86,7 6,2

2015 82,5 88,8 6,3

Source : *Direction du Trésor et des Finances Extérieures


** Abdelkader Berrada (définition et chiffrage)

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