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K’eskon attend ?

6 et 7 février 2018, numéro spécial Rencontres théâtrales lycéennes– Gratuit

Faire du théâtre, mais


pourquoi donc ? Mixité, ambiance
Hommes, femmes, jeunes ou plus vieux, ils se retrouvent aux Les rencontres interlycées, du point de
inter-lycées à Châtellerault. Ils ont aussi un point commun : vue de qui les découvre la première fois,
la passion pour le théâtre. Mais de quoi parlent-ils donc ? c'est d'abord du mélange, et l'on com-
prend vite le but des organisateurs. C'est
sans doute ça la mixité, celle qui réunit
des lycéens de tous les lycées, permet la
rencontre entre professionnels du spec-
tacle et amateurs scolaires, entre les
élèves d'options lourdes et ceux qui ont
réalisé des projets et n'ont travaillé que
quelques heures....
Hier matin, les lycéens à peine arrivés,
l'ambiance était déjà bonne. En atten-
dant les derniers, un petit déjeuner était

D
urant la pause repas théâtre, mais avant d'avoir la révé- mis à notre disposition et, sans attendre,
du midi, on pouvait les lation, il faisait d'autres études.
pour faire connaissance, les élèves ont
rencontrer : diffé- « Un jour, je me suis dit que je ne
joué au jeu du ninja, un jeu qui consiste
rentes personnes aux me verrais pas travailler avec les
à toucher les mains des autres per-
allures totalement différentes mais gens de ma promo, et j'ai arrêté
sonnes en un seul mouvement pour les
avec la même passion, celle du mes études pour me consacrer au
éliminer. Du mélange, déjà, aucune peur
théâtre. Pour Avril, jeune lycéen théâtre. » Et pour Christian, le
ayant choisi l'option théâtre de théâtre est plus qu'une simple du contact.
son lycée : « Je ne savais pas du passion : « Je fais du théâtre parce
tout quelle option choisir en arri- que j'y trouve un rapport aux Et pour le premier spectacle, Love and
vant au lycée, et je me suis dit que autres bien plus fort que dans la Money de la Cie Studio Monstre, une
le théâtre serait plutôt une bonne vie de tous les jours et que c'est première surprise : c'était une ambiance
idée, d'autant plus que ça m'a per- une manière de réagir au monde très calme, le genre d'ambiance qu'on
mis de m'extravertir, et de me de façons toujours différentes. » ne retrouve pas dans les sortie scolaires.
faire de très bons amis. » Bon, Enfin, il y a aussi des gens poussés Les élèves étaient à l'écoute ! La ren-
d'accord... dans l'aventure de bien d'autres contre avec les artistes était très intéres-
Pour Candice, aussi inscrite à l'op- manières, comme Luna : « Une sante. Les élèves ont tous posé des
tion théâtre de son lycée : « Mon amie m'a proposé de venir faire du questions sans aucun gène ce qui nous a
frère et ma sœur ont fait du théâtre grâce à l'option de mon tous mis à l'aise.
théâtre, et donc moi aussi. Quand lycée, et je me suis dit que ce se-
j'ai essayé, j'ai kiffé et ça m'est rait sympa ! ». Ou bien, il y a Bap- Une très belle journée donc, même si on
resté !». OK tiste, qui a fait du théâtre dans le a regretté que les lycées du Bois
Pour Leïla, l'option théâtre a plus but de « découvrir un nouveau d'amour et d'Alienor d'Aquitaine n'aient
été une manière de commencer : « soi ». Pour Gautier, quant à lui,
pas pu venir. Les rencontres avec les
J'ai toujours voulu en faire, et je « Au début, je ne comptais pas
artistes et entre élèves étaient très
me suis lancée grâce à l'option rejoindre le club théâtre, mais il
agréables. L'ambiance était géniale, es-
théâtre ». manquait un élève pour son main-
pérons que cette journée aura lieu tous
Côté pros, on sent que la question tien, et la CPE m'a convaincu. »
les ans sans soucis.
a été creusée. Pour Christian Caro, Bouche-trou ? C'est une raison qui
comédien professionnel et drama- en vaut bien une autre.
turge, il n'a pas commencé par le Alban Yaël Stella

1
Les organisateurs

La comédie Poitou- Son et lumière


en coulisses
Charentes, l'initiateur

R
omain, Jean Michel
et... Romain sont régis-
Ces rencontres entre lycées a été organisée par la Comédie Poitou-
seurs. Que sont les régis-
Charentes et les 3T. Isabelle Hermann est une des organisatrices de
seurs et que font-ils ? Eh
cette journée et l'administratrice de la comédie Poitou Charentes.
bien, c'est simple, sans eux, pas grand
chose n'est possible. Les régisseurs

L
a comédie Poitou-Charentes est à l’initiative de ces journées. C'est sont les personnes du service public
un centre dramatique national qui a pour mission la création théâ-
qui s'occupent, par exemple, du mon-
trale. Ils sont subventionnés par la ville de Poitiers, la région Nou-
velle-Aquitaine et la DRAC Nouvelle-Aquitaine (Direction Régionale tage et du démontage des décors. Il
aux Affaires Culturelles). Ce centre n'est pas le seul en France, il en existe
38 autres qui ont cette même mission. Ces centres fonctionnent comme
des entreprises, par équipes (ici ils sont huit) : les directeurs sont nommés
pour maximum 10 ans, il y a un comptable, une administratrice, un direc-
teur technique, une secrétaire, etc.
Ils ne travaillent pas que « seuls », ils collaborent avec d'autres structures
comme les 3T pour proposer des spectacles, favoriser la création théâtrale
et faire en sorte que le plus grand nombre de personnes puissent assister à
des spectacles, réfléchir sur les textes, les auteurs contemporains, etc.

Un peu d'histoire
D'abord du vocabulaire : dans le nom « centre dramatique national », dra-
matique veut dire « théâtre ». Les centres dramatiques nationaux sont une leur
idée qui découle d'après la Seconde Guerre Mondiale avec le premier mi- faut en moyenne une
nistre de la culture qui a posé les bases des centres dramatiques nationaux.
journée pour monter
L'idée était la décentralisation théâtrale. A l'époque, tout se passait à Paris.
L'écart de mode de vie entre Paris et le reste de la France leur a fait penser et s'occuper de pré-
à faire partager les arts (notamment le théâtre) à tout le reste de la France. parer la lumière et le
Mais ils n'étaient pas les seuls à avoir eu cette idée : à Saint Étienne, à Col- son pour un spec-
mar, il y a eu des metteurs en scène qui ont travaillé sur cette idée de faire tacle mais c'est très
partager le théâtre à tout le monde. variable en fonction des spectacles.
A partir des années 50, l'idée a commencé à se structurer : c'est comme Certains sont spécialisés : un peut ne
cela que sont nés les centres dramatiques nationaux. Ce centre-ci (comédie
s'occuper que du son, un autre de la
du Poitou-Charentes) existe depuis1986. Il était régional et en 2012, il est
lumière... Si on reprend l'addition,
passé à l’échelle nationale. Il existe aussi des centres chorégraphiques na-
tionaux et des centres d'art plastique. De ce fait, c'est tout le domaine des c'est deux heures pour le décor, envi-
arts qui est représenté par ces centres. ron deux heures de réglage pour le
son, une heure pour la lumière...
Leur mission En tout, pour bien faire les choses, il
faut entre 4 à 8 personnes pour ajus-
Leur mission est de partager le théâtre et les arts à toute ter, gérer et monter tout cela. Il faut
la France, en faisant des spectacles et des représentations
énormément de matériel de profes-
un peu partout. Aujourd'hui, avec la participation des 3T,
la comédie Poitou-Charentes organise la journée inter sionnel (projecteurs, enceintes, con-
-lycées. C'est cette journée (deux, cette année) soles de son et de lumière, etc. ).
durant laquelle plusieurs lycées se réunissent, Avant de devenir régisseurs, on est
que nous venons de vivre. Avec Branly, le ingénieurs du son et de la lumière et
Lycée Pilote Innovant International (LPII), Le plus qualifié que régisseur, il y a régis-
Bois d'Amour ou Berthelot sont venus pour seur général avec aussi le directeur
présenter leur projet et rencontrer des
technique.
compagnies théâtrales comme Studio
Maxime et Hugo
Monstre ou Elvis Alatac.

Elen Gasparyan et Lilly Schneider

2
Les organisateurs
Les “3T”, l'hôte
Vincent Olivier, médiateur culturel, est celui qui a supervisé l'organisation pour ces
journées inter-lycées. Pour les «3 T », l'organisme qui s'occupe de l'animation des
différentes scènes de Châtellerault.

P
endant ces deux jours, ce nement est basé sur le thème du
sont 200 collégiens et ly- théâtre et uniquement du théâtre.
céens qui se sont réunis,
deux jours animés par des Les objectifs pour Vincent ? “D'abord
professionnels et les lycéens eux- donner les moyens aux lycéens qui
mêmes. Mais pour une telle occa- font du théâtre, de s'exercer, de
sion, il faut une bonne organisation trouver une scène. Là, tout le monde
avec de bons managers: Vincent était peut être acteurs, pas seulement
épaulé par une équipe de 6 per- spectateurs.” Le médiateur est con-
sonnes, et sa collègue Charlotte, de vaincu et envisage déjà l'édition
« La Comédie Poitou-Charentes » 2019 : “On veut recommencer l'an
était suivie de 4 personnes. prochain, avec une autre program-
mation, plus de lycées, en élargis-
Châtellerault, pour Vincent est parti- sant, si c'est possible.” Mettre en-
culièrement adaptée pour recevoir semble des pros et des jeunes pour
un tel événement. L'école de cirque, faire avancer tout le monde, c'est
l'Angelarde, Le Nouveau théâtre, le une formule gagnante qui plait à
Lycée Berthelot, tout est à proximité Vincent. Il faut dire que quand on lui
pour offrir les locaux nécessaires demande de définir le théâtre en un
pour les représentations mais aussi mot, il répond “militantisme”, et
pour les ateliers. On peut, à la fois, pour ces rencontres, il choisit :
profité des scènes de L'angelarde et “Bienveillance”. Un cocktail qui plait
du Nouveau théâtre, et des halls et même si cette année, il a été un peu
salles annexes pour installer la salle dilué par une neige qui a empêché
de rédaction de notre journal, les deux lycées de Poitiers (Bois d'Amour Les rencontres
lieux des animations. Ces deux jours
ont été financés par Les 3T et La
et Aliénor d'Aquitaine) de participer
à cela. Et a bousculé un peu l'organi-
théâtrales
Comédie Poitou-Charentes. Cet évè- sation. lycéennes

L
Mathieu et Thomas es journées interlycées, c'est du
vivant sur scène. Mais c'est aussi
plein de « trucs » qu'on ne soup-
çonne pas. Petit inventaire au fil de la
Hasard ou visite de l'Angelarde, la salle qui nous
accueille aujourd'hui. Si on regarde
coïncidence ? bien on peut dénombrer : 1 tableau
(blanc), 2 enceintes (c'est bien sûr,
ça?), 2 salles de spectacle, 2 spectacles

D
urant la 1ère journée de (et plus), 3cm de neige, 4 feuilles de
rencontres théâtrales , la tellerault. Le journaux montés après deux heures, 6
neige est tombée. Un temps a beau être glacial, ateliers de théâtre, 8 techniciens, 10
manteau blanc a alors recouvert la l'ambiance à l’intérieur du théâtre organisateurs, 12 ordinateurs, 27 ap-
ville. A environ 14h30, un spec- est à température ambiante et prentis journalistes , 32 tables, 44
tacle a eu lieu, nommé « Première chaleureuse. Entre batailles de éclairages (et plein d’autres lumières),
Neige ». Hasard ou coïncidence ? boules de neiges, et rédaction 93 sacs (ouais...), 109 chaises, 119 ly-
En même temps que la neige s'ins- d'articles, la journée est bien rem- céens, 412 places au Nouveau Théâtre,
500 places à L'Angelarde, ce qui fait
tallait dans les ruelles de cette plie. Environ cinq ans que l'on
pas mal de place pour le spectacle vi-
ville, un spectacle nommé attend de la neige, eh bien voilà,
vant à Châtellerault !
« Première Neige » se jouait sur la nous sommes servies !
Inès et Cléo
scène du nouveau théâtre de Châ- Danlloba F. et Sarah A.

3
Les spectacles A l’ouverture des journées :
Love and Money
A l'ouverture de ces rencontres, une pièce de théâtre moderne : Love and Money, une œuvre
qui parle d'un jeune couple. Ils ont des dettes : la femme fait des achats compulsifs. Le mari ne
supportant pas la situation, tue sa femme et décide de faire passer ce meurtre pour un suicide.
Autre étrangeté, la mise en rah : « ça m'a intriguée et ça me
scène brise ce que l'on ap- pousse à réfléchir et à comprendre
pelle au théâtre le quatrième les scènes. J'ai beaucoup aimé Théo-
mur. Pour expliquer, c'est le phile Sclavis et Mathilde Marti-
fait que les comédiens intera- nage. » Camille et Sarah
gissent avec le public, descen-
dent dans la salle et s’adresse

P
our mettre en place cette à lui. Autrement, le début de la pièce
pièce étrange et intrigante, joue la reconstitution d'une scène de
il a fallu à ces comédiens crime et on nous parle de l'influence
talentueux environ 6 se- de John Carpenter, un metteur en
maines de répétitions étalées sur scène de cinéma un peu controversé.
plus d'un an. Mathilde Souchaud, la Les membres de la Compagnie Studio
metteuse en scène, voulait faire une Monstre ont cet homme pour réfé-
pièce portant sur le monde du tra- rence commune. Le réalisateur est
vail. Ce qui l'intéressait, c'étaient les un peu mal-aimé à cause de ses films
thématiques et la complexité des racontant des histoires étonnantes
personnages. « La pièce est intri- comme celui où on a l'impression
gante, c'est à dire que Dennis Kelly, qu'on joue la comédie dans un film Pièce de Denis Kelly mise en scène par
l'auteur, se posait pleins de ques- d'horreur. Mathilde Souchaud. Avec Yoann Ga-
tions sans réponses ; ce qui m'a inté- Côté spectateurs, on sort un peu siorowski, Mathilde Martinage, Delphy
ressée dans cette pièce, c'est de par- interloqué. Pour Danlloba : « Les Murzeau, Kévin Bruneau, Simon Pineau
courir la complexité des individus scènes désordonnées m'ont pertur- et Théophile Sclavis. Langlois à la lu-
sans juger ,» explique Delphy bée car elles n'étaient pas dans le mière et Caroline Mas à la création so-
Murzeau, l'une des comédiennes. bon ordre. Mon actrice préférée est nore.
Mathilde Martinage ». Quant à Sa-

Première neige :
plus que des acteurs, des bruiteurs.
A l'affiche de ces journées, « Première neige » réalisé par la Cie Elvis Alatac et interprété par Pier
Percheron et Maïa Commère : un choix qui colle bien à la météo.

L
es comédiens ont commencé par une introduction radiateur qu'elle n'obtient pas, se met en tête de tomber
explicative du spectacle et de l'idée du choix de la malade pour avoir son radiateur, se met à moitié nue au
pièce. Ils ont mis en scène un « trac » et ont fait bord de la fenêtre, puis sort à moitié nue du château ... La
croire au public que c'était l'une des premières fois maladie arrive puis elle lui court après, ses jours sont
qu'ils jouaient. Ils ont ensuite raconté l'histoire d'une jeune comptés.
parisienne mariée de force à un jeune « bourge » qu'elle Les acteurs racontent, durant ses derniers jours ce mo-
n'aimait pas et qu'elle connaissait à peine. Cet homme ment, où elle se posa sur un rocher pas loin de la mer où
possédait un château en Normandie où la jeune parisienne elle ouvrit son journal et vit en première page « les pre-
vint habiter avec lui. Les acteurs racontent les ébats des mières neige à Paris », et elle rit. Pour finir les acteurs pri-
mariées à l'arrivée au château. Après quelques jours au rent la caméra et allèrent se placer dernière la structure en
château, la jeune femme reçoit un coup de fil du curé lui bois qu'ils avaient conçu pour un spectacle qui n'a jamais
annonçant la mort de ses parents dans un incendie. vu le jour. Avec la caméra ils firent défiler un générique de
La mariée rentre à Paris pour l'enterrement de ses parents. fin transmis sur la toile blanche. Tout le spectacle a été
Les acteurs dramatisent le retour en filmant en gros plan réalisé avec des bruitages qu'ils ont fait eux mêmes grâce à
des scènes glauques retransmises sur une toile blanche. De tous les objets suspendus autour d'eux. Ce spectacle était
retour auprès de son mari, le médecin lui annonce qu'elle impressionnant, original et captivant !
est stérile. Alors, elle subit le climat Normand, demande un Maelys, Clarence

4
Les spectacles
« Une partie de campagne »
Les élèves de seconde du LP2I de Jaunay-Marigny ont présenté leur projet à
l'Angelarde. Récit d'une aventure littéraire.
Un nouvel aspect pour une an- Des avis divers
cienne nouvelle A l'annonce du projet en début d'année, leur professeur de
Accompagné par Pier Porcheron français n'a pas hésité à leur présenter une des nouvelles
et Mme Vinot leur prof de fran- de Guy de Maupassant : « Une partie de campagne ». Ma-
çais, les élèves de seconde ont dame Vinot explique : « J'aime bien travailler cette nou-
présenté leur projet sous forme velle avec mes élèves [ ...]alors quand le projet s'est présen-
de radio filmée, réalisé en une té, je me suis dit, pourquoi pas prendre cette nouvelle
prise de vue. Il s'agit de mettre qu'on avait travaillée en cours ». Malgré quelques pro-
en scène une adaptation de Guy blèmes d'organisation au début, la plupart des élèves ont
de Maupassant, la célèbre nou- apprécié de le faire grâce à une bonne ambiance. Il y a
velle : « Une partie de cam- quand même une des filles du projet qui est plus réti-
pagne ».Pour donner un aspect cente. Elle nous explique pourquoi : « Au début j'étais em-
original à la nouvelle, ils ont dé- ballée par le sujet car j'aime faire de la radio, c'est l'une de
cidé de rajouter des bruitages mes passions et j'aimais bien le fait que l'on reprenne une
faits avec leurs propres moyens œuvre que l'on a étudiée en classe. Mais, au final, je n'ai
à partir de leur bouche ou d'ob- pas accroché. » Il faut dire cependant que la majorité
jets. Ils ont aussi dû écrire et d'entre-eux ont quand même accroché au projet, et ils pré-
apprendre une chanson en très cisent que la partie bruitage a donné lieu à des situations
peu de temps ! Un grand enjeu cocasses. En effet, vers la fin de l'histoire, ils devaient brui-
car c'était en direct à la radio !! ter un ébat amoureux. Et si c'était gênant, c'était quand
même une manière plutôt originale d'aborder Maupassant.
Maëlla Fort et Laura Hoffmann

Adapter Yasmina Reza


Ce sont les première ES du lycée Branly de Chatellerault qui se sont attaqués à « Art » de Yasmina
Reza. Avec la complicité de Théophile Sclavis, un comédien de la compagnie Studio Monstre

L
'idée du spectacle est venue Et il y a eu la question
de Théophile. Pour le réali- du public. « On voulait
ser, il a fallu 12 semaines. bien le faire entre
« C'était assez cool, c'était un nous, mais devant un
bon projet et ça a rapproché toute public, nous n'étions
notre classe. Ça nous a énormément pas très partants ! On
soudés, tout le monde se parle main- était plus à l'aise entre
tenant», disent, à plusieurs voix, les nous. »
lycéens. Un vrai projet de tous
« Bien sûr, il y a eu des difficultés, ce Finalement, Théophile
qui était dur, c'est que nous n'étions a su motiver tout le
pas tous toujours présents et on a monde : « On a fait plein de jeux en- « Théophile a réadapté la pièce pour
fait beaucoup d'exercices pour arri- semble et à travers les jeux, on faisait qu'on puisse la jouer tous en-
ver à un beau final et bien parler. » déjà du théâtre sans s'en rendre semble, » expliquent les lycéens. « Il
Il faut reconnaître, qu'au départ, tous compte. Il nous a distribué à chacun a ensuite distribué les phrases à ap-
n'étaient pas partants pour jouer. Il y une phrase au hasard, et, au fur et à prendre ; dans la pièce principale, il
avait un peu de méfiance. « C'était au mesure, ça a fait la pièce. » n'y a que trois personnages, un qui
début mais petit à petit, on a vu que L'idée de base est une vraie pièce de est neutre, un qui est contre et
cela se passait bien, « racontent-ils. théâtre qui s'appelle « Art » de Yas- l'acheteur du tableau. Nous n'avons
« Théophile a su nous faire travailler mina Reza. C'est l'histoire d'un ta- donc pas choisi vraiment nos rôles
ensemble et, au final, c'est passé bleau blanc qui a vraiment été acheté mais nous sommes plutôt fiers de
vite. » à 200 000 euros, et au final, ce sont nous. »
des amis qui créent une polémique. Poupeau Pauline et Gillard Maxine

5
Coté comédiens Pier Porcheron,
Coté comédiens
comédien bricoleur
Rencontre avec Pier Porcheron, directeur artistique de la compagnie Elvis Ala-
tac et comédien. Il est aux journées inter-lycées pour une de ses pièces et pour
son travail avec les lycéens. C'est aussi un spécialiste du théâtre d'objets.

par des gens qui n'avaient plus envie sonnifier des personnages de la
de jouer avec des marionnettes, qui pièce. »
ont pris des objets pour ce qu'ils repré- Avez-vous d'autres projets ?
sentaient en tant qu'objets. » « Je fais partie de la compagnie Elvis
Qui êtes vous ? Comment avez-vous eu l'idée du Alatac. Oui, on a d'autres projets. Il y
« Je suis Pier Porcheron , je suis le di- théâtre d'objet ? en a un qui s'appelle « En difficulté »,
recteur artistique de la compagnie Elvis « J'ai pas eu l'idée, c'est venu par ha- qui est un projet qui se mène avec des
Alatac et comédien et metteur en sard. C'est venu avec un premier spec- collégiens et des lycéens. Ça va être un
scène de « Première Neige ». Je fais du tacle que j'ai fait, on parlait beaucoup théâtre qui va se jouer dans les classes
théâtre depuis l'âge de 22 ans, c'est-à- d'un spectacle qui s'appelle « il y a des élèves, avec les élèves. Et on va
dire assez tard finalement. quelque chose de pourri », qui est un monter un autre projet autour du ciné-
Qu'est ce que le théâtre d'objets ? spectacle sur Hamlet . Je joue ce spec- ma, autour d'un acteur muet. »
« C'est un genre qui s'est développé en tacle avec des objets qui servent a per- FOFANA Danlloba
parallèle du théâtre de marionnettes

Profession comédiens
Pauline Bléron et Simon Pineau sont tous deux de jeunes co-
médiens. Ils ont 27 et 28 ans. Récit du parcours souvent semé
d’embûches qui mène vers la scène.

I
ls font du théâtre. Pour Simon au début, il voulait spectacles,
être musicien, ensuite faire des études à l'univer- ils font appel
sité mais ça n'a pas accroché. Il s'est donc tourné à d'autres
vers le théâtre. Pour Pauline, après le bac, elle est gens, pour
allée en prépa lettres car elle ne savait pas encore quoi jouer, pour la
faire et elle aimait bien tout le domaine littéraire. Elle y dramaturgie,
est restée pendant un an, et, par la suite, elle est allée à pour vendre le spectacle .
la fac. Eux il sont rattachés à ce spectacle-là. Simon, lui, avait
Étant déjà comédienne amatrice, lorsqu'elle était à la fac, déjà fait le spectacle d'avant.
elle a vu une annonce pour le théâtre universitaire. Elle a La compagnie Studio Monstre, les sollicitent aussi pour
commencé en tant que stagiaire en master d’assistanat à faire des ateliers, comme nous en avons fait hier soir.
la mise en scène l'année dernière et elle était stagiaire Passer d'une compagnie à l'autre
sur « Love and Money » et ensuite, elle a fait des ateliers Ils s’intègrent plutôt bien lorsqu'ils changent de spectacle
sur d'autres projets. Pour y arriver, elle a répondu à l'an- et donc de collègue, « c'est des rencontres humaines. Du
nonce et elle y est allée. Elle précise qu'à la base, le moment où on est curieux, ça se passe bien », dit Pauline.
théâtre, c'est une passion et non un métier qu'elle voulait Les difficultés qu'ils ont, c'est surtout au niveau des dates
exercer. car si un spectacle est annulé, c'est très compliqué à gé-
Les débuts rer. Des fois, ils sont appelés pour remplacer un rôle au
Simon Pineau a commencé le théâtre au lycée en tant dernier moment mais parfois c'est aussi l'inverse, ils sont
qu'amateur, et Pauline Bléron a commencé à 10ans dans appelés pour jouer dans une pièce qui se fera dans deux
une petite troupe amateur en campagne dans l'Indre. Ils ans et finalement la pièce ne se monte jamais. Ils ne sa-
ne font pas partie d'une compagnie attitrée. Ils font par- vent jamais sur quel pied danser. Il faut toujours garder
tie de plusieurs compagnies différentes les unes des du temps libre pour pouvoir faire des choses au dernier
autres. moment mais il faut aussi aller chercher partout pour
La compagnie Studio Monstre, qui a présenté le spectacle décrocher des contrats.
« Love and Money », a un socle de personnes qui font De la passion, des rencontres, des incertitudes, c'est sans
partie intégrante de la compagnie. Et après, pour les doute cela le métier de comédien.
Maxine et Eva
6
Coté lycée
« On prend tout le monde »
relaxation suivi d'échauffements
vocaux et corporels. S'enchaî-
nent ensuite des exercices en
tous genres (interaction en
groupe ) et pour finir, des répé-
titions de scènes de théâtre.
« Le théâtre, c'est la vie. »
Côté élèves, c'est avant tout une
nouvelle expérience, Louna et
L'option théâtre à Berthelot, c'est de l'histoire Charlotte ont choisi l'option
ancienne. Rencontre de professeurs et théâtre. Elles ont 18 et 16ans et
d'élèves, tous comédiens, pour nous raconter elles nous expliquent avec ambi-
l'histoire de l'option théâtre de l'établissement tion ce qui les a menées sur
poitevin. cette voie pleine de surprises. Si
elles sont là, c'est pour s'expri-
mer avant tout ; elles sont réunies pour une seule même

P
résente depuis vingt ans dans l'établissement,
passion, l'art du spectacle. Elles disent en tirer un bagage
elle a su rassembler une multitude d'artistes
plus théorique que celui qu'elles trouveraient dans un
au fil de son histoire. Qu'importe la classe et le
simple club. De plus, cette option permet aux élèves de
niveau, elle accueille du plus assidu au plus
vivre le quotidien d'une réelle troupe de théâtre, de vrais
timide. En partenariat avec les 3T, une ribambelle d’évé-
liens naissent. Peut-être aussi des vocations...
nements artistiques s'offre à eux. L'option théâtre, c'est
trois heures par semaine : une heure de théorie et deux Cléo Marcadal et Inès Aggairi
heures de pratique. Le cours commence par 15min de

A Branly, on découvre...
de français, madame Frédérique
Pradeau, que ce projet fut réali-
sé.
Il faut dire que leur lycée n'a pas
d'option théâtre. Ce travail, c'est
un peu comme une surprise, un
truc en plus. C'est un « projet
réalisé comme ça » et c'est peut
-être pour ça que ça a beaucoup
plu aux élèves qui se sont pro-
Petite rencontre des lycéens de Branly qui ont participé à la journée
duits tout comme aux personnes
Inter-Lycées et ont présenté un projet réalisé le temps de quelques
qui les ont regardés.
heures avec un comédien professionnel, Théophile Sclavis.
Aucun n'avait déjà fait de
théâtre, mais ils disent que leur

L
a classe est constituée de même pris plaisir à le faire. De l'avis façon de voir le monde du théâtre a
21 élèves. C'est Romaric, de tous : « Ce projet leur a permis changé. Et même certains pensent
Caroline, Jude, Léa, Chloé de développer certaines qualités, à devenir acteurs... Selon eux « le
qui ont accepté de ré- des talents d'éloquence et de la théâtre c'est génial » et ils auraient
pondre à nos questions. D'abord, ils confiance en soi ». Ils ont avec ce bien voulu faire de l'improvisation
reconnaissent que c'est un projet projet appris à gérer leur stress. et pourquoi pas sur scène…
qui a été imposé aux élèves par leur Enfin, c'est grâce à leur professeur Enzo Paquet, Arthur Braguier
professeure mais ils ont tout de

7
Coté lycée
Un atelier “pour le loisir”
Les élèves du lycée Victor Hugo font partie des ly-
cées de Poitiers qui sont venus à ces rencontres.
Rencontre de Sophie, de Leïla et de Théo.

Cette année, ils sont dix à faire cet atelier. ils se retrou-
vent tous les mercredis de 14h à 16h. Certains se décou-
vrent une nouvelle personnalité comme Sophie qui dit :
"Pour moi le théâtre est une manière d'évacuer, de res-
souder les liens et de se découvrir de nouveaux talents".
Si Sophie s'est inscrite, c'est pour se redécouvrir, vivre
de sa passion, s'amuser. Quant à Théo, il aimerait en

V
ictor Hugo est un lycée polyvalent de Poitiers. faire son métier car il trouve que ce n'est jamais pareil et
L'atelier de théâtre y existe depuis 1998. Il est que ça l'aide à la communication. En revanche Lëila ai-
financé par " la Maison Des Lycéens ". Frédé- merait juste que cela soit un loisir à côté de son travail.
rique Lucas est une des personnes qui s'occupent de cet Pour Sophie, encore, c'est un domaine artistique. On
atelier depuis 2004 ou 2005. Cet atelier est ouvert à tout peut remarquer que beaucoup y vont pour s'amuser et
le monde dans le lycée, il faut juste être volontaire. Ceux décompresser des cours. Lors de ces ateliers, les élèves
qui décident de s'y inscrire sont souvent ceux qui veu- lisent des textes pour savoir lesquels ils vont choisir et ils
lent se libérer, combattre leur peur, leur timidité mais font des petits jeux dessus. “C'est convivial, disent-ils. Et
cela leur permet aussi de se sociabiliser et de vivre en l'animatrice est comme une amie pour nous.”
communauté. Louka et Chloé
Un atelier pour le loisir

Une option magique ?


Au lycée Isaac de l’étoile, l'option est vécue avec bonheur et on a
beaucoup à raconter.
C'est une option qu'on peut com- ils se sont le plus amusés en cours de
mencer dès la seconde et continuer théâtre. « Cette option permet de
jusqu'à la terminale. Une particulari- voir moins de tension dans le regard
té, il y a un mois d’essais pour savoir des autres et surtout d'avoir plus
si on aime cette option ou pas. Il y a confiance en soi, » explique l'un
des spectacles de fin d’année qui d'eux. Et puis, ce sont des souvenirs.
sont travaillés tout le long de l'année, Un jour, une élève du nom d'Emma
trois heures par jour et le mercredi avait oublié son texte en plein spec-
après-midi. Enfin, pour aussi se tacle de fin d’année et tous les spec-
rendre utiles, ils ont déjà participé à tateurs ont applaudit pour qu'elle se

C
ôté professeur, on n'est des spectacles caritatifs au produit rappelle son texte. Enfin, elles nous
pas avare d’explications. reversé à des associations (deux eu- ont confirmé que l’option théâtre
Corinne Lany, qui encadre ros l'entrée du spectacle). était une bonne aide pour les futurs
les élèves, précise qu' il ne Côté élèves oraux du bac et même pour les entre-
faut pas de qualités requises, il faut tiens d'embauche. Autre souvenir :
juste avoir l'envie de participer et de Pour les élèves, c’était une option l'an dernier, ils ont participé à un pro-
travailler ». Il y a des élèves de toutes magique qui permet de découvrir des jet avec Anne Morel (comédienne
les filières : en tout, ils sont 45 élèves, talents cachés, de vaincre le stress et metteuse en scène professionnelle)
de la seconde à la terminale. On com- d’apprendre à savoir improviser. qui a récrit la pièce Antigone et cela a
prend aussi que cela permet de se Amandine, Karell, Maïli, par exemple, donné une présentation sur une véri-
retrouver dans la même classe que disent : « C'est que du bonheur ». table scène à la M3Q, à Poitiers. Salle
ses amis sans faire la même filière. Pour eux, leur meilleure année était pleine !
celle de seconde car c'est l'année où
Noé et Thomas
8
On a testé les ateliers D'un papier à un
vrai jouet
Hier soir, on a pu tester l'activité proposée par
Théophile Sclavis, un des comédiens du spectacle
« Love and Money ». Ce fut un pur divertissement
dont on gardera un très bon souvenir.

P
our commencer, il nous a Le reste est aussi une agréable sur- longtemps possible. Nous avons pa-
demandé de nous mettre prise. Nous avons pris un simple bout rié sur 30 secondes, mais le début fut
en cercle mais pas à côté de papier que nous avons transformé compliqué puis au bout de 10 min
d'une personne qu'on con- en une petite marionnette avec la- nous avons enfin fini par réussir.
naissait, ce qui m'a permis de faire quelle nous avons fait divers exer- Grâce à cet exercice, il a réussi à éta-
connaissance avec d'autre personne cices. Nous devions passer par la ma- blir un lien dans le groupe alors que
vraiment sympas. Nous avons après rionnette pour communiquer avec quelques heures plutôt nous nous
fait un tour des prénoms pour ap- Théophile pour que notre petit per- connaissions pas.
prendre à nous connaître. On a cha- sonnage soit au centre de l’intérêt du Durant tous l'atelier, il y a eu une très
cun du dire trois informations sur spectateur. Ensuite, il a testé la viva- bonne ambiance, grâce au blagues
nous dont une était fausse. Le but cité de notre marionnette puis a par-ci par-là que nous faisait Théo-
n'était pas de faire deviner laquelle créé plusieurs petites scènes pour phile et aux réactions des uns et des
mais plutôt de tester notre imagina- mettre nos adorables petites cons- autres. Nous sommes tous sortis de
tion. Nous avons ensuite redit notre tructions en papier en scène. l'atelier sourire au lèvres et ça faisait
phrase mais dans un langage totale- Et pour finir nous nous sommes tous plaisir à voir!
ment imaginé. mis en cercle avec 4 balles en tout, Laura Hoffman et Maëlla Fort
que nous devions nous passer le plus

« Travailler la démarche »
On a pu tester un atelier théâtre avec des lycéens ainsi qu'avec
Simon, un artiste de la compagnie Studio Monstre.

un jeu où il fallait frapper dans ses mains vers


la direction de la personne de notre choix, en
disant notre nom à haute voix puis celui d'un
camarade. Nous avons aussi fait un entraîne-
ment pour améliorer notre vision périphé-
rique. Ensuite, Simon nous a montré comment
avoir une démarche différente de la nôtre pour
imiter plusieurs personnages de la vie cou-
rante, mais aussi du spectacle «Love and Mo-
ney» vu le matin.

C
e qu'on allait faire ? On n'en savait trop rien. C'était une bonne expérience, instructive, rigolote car
Tout d'abord, nous nous sommes présentés les activités étaient tout le temps modifiées par Simon.
en cercle chacun notre tour. Nous avons Si cela était à refaire, on reviendrait avec plaisir.
essayé de mémoriser les prénoms de nos Maxime et Hugo
camarades avec plusieurs jeux ludiques. Par exemple,

9
On a testé les ateliers

J'ai testé l'atelier


de mise en scène
Aujourd'hui, nous avons testé un ate-
lier de mise en scène. Notre but con-
sistait à créer une courte scène avec
des tirades prédéfinies. Impressions.

L
'atelier a été
présenté par
Christian Caro,
acteur et dra-
maturge. En arrivant
sur le lieu de l'atelier,
la première chose que
nous devions faire était
de constituer des groupes de cinq personnes que nous toire. Au bout d'une bonne heure, nous commençâmes à
ne connaissions pas encore. Une fois les groupes faits, présenter notre petite pièce devant les autres groupes,
nous devions écrire quelques phrases comme « J'ai froid et nous constatâmes que les histoires variaient beau-
» ou « Elle est bonne ta pizza ! » ou encore « T'as vu, il a coup. Même si la majorité se passait dans un restaurant,
neigé aujourd'hui ! ». Une fois toutes les phrases écrites, notamment au cause de la phrase « Elle est bonne ta
une dizaine ont été tirées au sort pour tous les groupes, pizza ! », une était totalement différente, et présentait
et pour créer une scénette avec ces tirades. Une fois en un metteur en scène et ses comédiens qui faisaient ab-
groupe, nous avons essayé de mettre les tirades en ordre solument n'importe quoi, ce que le metteur en scène ne
pour créer une histoire, et définir quel personnage dirait supportait pas. Ce fut un atelier franchement sympa, qui
quoi ou ferait quoi. Ce fut un passage plutôt gênant au nous a permis de découvrir de théâtre sous un autre
début, car nous ne connaissions personne, mais assez angle. Rien à redire.
rapidement, l'ambiance se détendit et nous commen- Alban et Yaël
çâmes à rigoler et à s'amuser tout en créant notre his-

Impro à l'école de cirque Parole de rideau

M
«
aïa Commère nous a prouvé que le théâtre Aujourd'hui, nous avons interviewé un des plus anciens
n'est pas forcément écrit d'avance, grâce à membres du staff de l'Angelarde, et je parle bien évi-
son atelier sur l’improvisation. Nous somme demment du rideau !
allés avec Maïa à l'école de cirque pour découvrir les Je travaille à l'Angelarde depuis maintenant
points de bases du théâtre d'improvisation qui porte bien des années, et je peux vous dire que j'en ai
sur trois points principaux : le texte, l'attitude, le per- vu des choses ! Pièces de théâtre, concerts, hu-
sonnage. Et surtout, nous avons pu jouer . A partir de moristes, et même un meeting présidentiel ! J'ai vu passer
textes dramatiques ou comiques, où il fallait inventer des milliards de spectateurs ! Des spectacles par milliers !
le début ou la fin. Un exercice intéressant car il deman- C'est peut-être un peu exagéré mais malheureusement,
dait confiance en soi, spontanéité et humour. personne ne fait attention a moi... à part certaines fois, à
Mathieu et Thomas la fin des spectacles, les gens m'applaudissent ! Il faut dire
que c'est un boulot extrêmement difficile, avec mon poids,
pour bouger. Au cours de ma vie, j'ai vu et entendu pas mal
de choses différentes, certaines personnes m'utilisaient
pour se cacher avant le début du spectacle, sans doute à
cause du trac, d'autres se cachaient derrière moi pour se
raconter des confidences. D'autres encore, répétaient leur
texte au dernier moment...Mais bon, malgré les hauts et
les bas, je suis toujours fier de faire ce travail plus
qu'important ! »
Alban et Yaël
10
On a testé les ateliers
Quand on nous dit de
faire du bruit

P
our Pier Porcheron, le théâtre n'est pas qu'un Une fois le scénario choisi et les bruits trouvés, les parte-
jeu d'acteur, c'est aussi un jeu de bruitages. naires devaient monter leur œuvre aux autres en étant
Notre atelier était bâti en deux parties : une en harmonie. On a beaucoup rigolé car les scénarios
partie jeu et une partie bruitage. Nous étions étaient amusants.
répartis en deux grands groupes de huit : le premier Dans le second, la consigne était de créer une bande son
groupe fut divisé en binômes et le second en deux. de film d'horreur. Nous disposions des mêmes objets que
Dans le premier, une personne devait jouer une scène et le premier groupe. La différence était que nous n'avions
l'autre devait faire la bande son de ce scénario. Les pas de scénario à jouer seulement une bande son à réali-
scènes choisies étaient toutes différentes mais avec une ser. Lors de la prestation, le but étant de faire peur aux
seule et même contrainte : suivre une base du scénario : spectateurs, ils devaient fermer les yeux pour ne faire
marcher, venue d'un élément perturbateur, résolution de qu'écouter et pour mieux se concentrer. Les scénarios
l'élément perturbateur, repartir. Le bruiteur avait à sa étaient différents mais réussis.
disposition des micros, statiques (amplificateur de bruit)
et pour la voix. Des objets permettant de faire des bruits Schneider Lilly et Gasparyan Elen
étaient aussi à leur disposition.

Atelier « contact »
Un atelier dirigé par un comédien est un atelier où nous apprenons à
tous nous découvrir les uns les autres, en nous exprimant par des
gestes et des improvisations.

sous les conseils de la comédienne qui pudique, j'ai seulement effectué un


nous encadrait. serrage de main.
Nous avons aussi effectué un exercice Ensuite, nous nous sommes mis par
qui consistait à se mettre en cercle et groupes de 4 et nous nous sommes
dire notre prénom accompagné d'un alignés. L'un de nous devait s'avancer
geste. Cela nous a permis de connaître et produire un geste que nous devions
le prénom d’à peu près tout le monde. reproduire par la suite.
Dans l'un des exercices que nous Après avoir bien reproduit le geste,
avons effectués, nous devions nous celui qui a lancé le geste devait mar-

D
ans cet atelier au lycée balader dans la salle et rentrer en con- cher en faisait le geste et nous devions
Berthelot, nous avons fait tact visuel avec les autres, le temps de le suivre. Arrivés à la limite définie, le
des sketchs improvisés, en quelques secondes. Pour ma part, j'ai chef de groupe devait prononcer une
passant par groupes de 3, trouvé ça assez gênant. A la suite de phrase commençant par « Nous
et nous avons imaginé des scénarios ce contact, nous devions continuer sommes... ». A chacun de répondre
tous différent les uns des autres. Nous d'avancer et prendre quelqu’un dans aujourd'hui à la question
sommes passés chacun notre tour nos bras. Pour ma part étant assez Gillard Maxine et Poupeau
Pauline
11
Une classe de journalistes
en collège ?

E
h bien oui, et
c'est même
grâce à elle que
vous tenez
entre les mains le journal
de ces rencontres entre
Journalistes : Inès Aggairi, lycées. La classe journa-
Sarah Aggairi, Maxime Ait- lisme du collège René-
Amara, Maëlys Barbarin, Descartes est constituée
Maëla Bergonnier, Hugo d’élèves de 3éme.
Blanchet, Arthur Braguier, C'est une idée née en 2007
Thomas Danigo, Camille entre Jacques Arfeuillère et
Davignon, Alban Decourt- Séverine Lenhard, les
Mesa, Chloé Dubreuil, profs. L’idée était de sortir les élèves de leur
Danlloba Fofana, Yaël les photos, les montages et les interviews.
quotidien et de les rendre actifs afin de leur
Les sujets sont proposés autour d'une
Froger, Elen Gasparyan, permettre de s'ouvrir sur le monde exté-
grande table tous les mardis de 13h à15h.
Maxine Gillard, Laura Hoff- rieur, la culture, l'engagement. Cette classe
Quand que quelqu'un propose son sujet, on
mann, Noé Jaillot, Eva n'est pas obligatoire, c'est un projet qu'on
fait des débats et on donne son avis. Pour
L abille, Mathieu Ledoux, peut choisir.
pouvoir écrire l'article, il faut choisir l'angle
Cléo Marcadal, Thomas Le journal (le point de vue) et un support (photos , in-
Moreira Da Silva, Pauline terview , documents etc..) Enfin et surtout,
Le journal s'appelle « K'eskon attend ». C'est
Noiret, Stella Ovsepian, normalement, il n'y a pas un article qui n'ap-
un magazine pour les jeunes. Le journal est
Enzo Paquet, Pauline porte rien de nouveau au lecteur... Du
financé par la Mairie de la ville de Châtelle-
Poupeau, Lilly Schneider, rault, et Grand Châtellerault. Il est imprimé moins, on l'espère. Le journal « K'eskon
Clarence Taverne, Mélissa en 900 exemplaires. Les articles sont faits attend » n'attend que d'être lu.
Verdin et Louka Jouneau. par les élèves de cette classe de même que Elen et Lily

Photos ©K’eskon attend


Février 2018. Focus sur une prof : Julie Vinot
Imprimé à 300 exem-
Le lp2i n'a pas de classe, de club ou d'option théâtre et pourtant, c'est bien
plaires par les 3T de
un spectacle théâtral qu'ils ont présenté hier : « L'été nu en forêt, à manger
Châtellerault
des baies », au drôle de titre, on le doit à la collaboration avec Pier Porche-
ISSN : 2107-5190 Collège ron, metteur en scène mais aussi à un prof de lettres qui croit que la littéra-
René Descartes, 98 bd Blos- ture, on doit la vivre.

E
sac, 86 106 Châtellerault. lle avait d'abord fait des projets ennuyeux, les élèves sont plus dynamiques
Directeurs de publication : similaires les années précédentes. et plus partants.»
Jacques Arfeuillère et Julie Vinot aime bien faire des pro- Elle avait déjà fait des projets comme ça,
Séverine Lenhard jets car, selon elle, l'année de seconde est mais pas tout à fait de la même manière et
la seule où il n'y a pas la pression du bac, elle adore cela.
donc c'est le moment de connaître des Selon elle, cela apporte beaucoup aux
aventures. «Apprendre la littérature, c'est élèves comme la curiosité, la culture,
aussi la vivre» dit-elle. En changeant les l'investissement personnel et la créativité.
registres, en détournant les sujets on com- Ce projet permet également l'épanouisse-
prend mieux les intentions d’un auteur. Et ment et apprend à mieux connaître ses ca-
on acquière les compétences littéraires. Les marades donc a être plus à l'aise et moins
projets font vivre un cours et c'est moins timide. Un projet culturel est toujours bon à
prendre… Stella, Eva et Melissa

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Centres d'intérêt liés