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Exemples d'applications[modifier | modifier le code]

Quelques exemples de systèmes :

 les moteurs à piston (la manivelle est alors réceptrice) : la source d'énergie vient de
l'explosion des gaz introduits dans la chambre et poussant le piston ;
 les pompes hydrostatiques (la manivelle est alors motrice) : un couple moteur appliqué à la
manivelle anime l'ensemble, le piston propulse alors le fluide contenu dans la chambre ;
 les mécanismes d'ouverture de certaines barrières
automatiques (en) (péages ou parking) : l'intérêt du dispositif réside dans le fait que le
moteur animant le mécanisme tourne dans le même sens pour la levée ou la descente de la
lisse, à l'instar des mécanismes d’essuie-glace. La manivelle effectue exactement un demi-
tour pour chaque mouvement ;
 les automates ludiques des vitrines décorées des grands magasins : toutes les pièces
animées d'un mouvement alternatif sont entraînées par des moteurs électriques tournant en
continu ; simplicité et effet garanti.

 Différents exemples d'utilisation

Embiellage multiple de locomotive à vapeur

Moteur thermique à piston.


Piston(rouge), bielle(bleu) et vilebrequin (vert).

Entrainement de voiture d'enfant.


Manivelle (jaune) et biellettes en (bleu)

Description et terminologie[modifier | modifier le code]


Graphe des liaisons {*}

Le système bielle-manivelle permet la transformation du mouvement linéaire de l'extrémité de


la bielle en un mouvement de rotation continu disponible sur la manivelle (vilebrequin), et
réciproquement. Il est constitué de 4 pièces principales :

 le bâti (1).
 la manivelle (2), appelée aussi vilebrequin sur les moteurs,
 la bielle (3),
 L'effecteur (4) : piston, levier , pédale suivant les cas ,

Le système est très généralement complété par un volant d'inertie stabilisant la vitesse de
rotation de la manivelle.

Machine à vapeur, la biellette est reliée à un piston assujetti à une trajectoire rectiligne

Mouvement de demi-rotation, la biellette est reliée à une autre manivelle

La manivelle et l'effecteur constituent les deux pièces d'entrée-sortie du mécanisme.

 La manivelle est dite motrice, quand elle entraine le système - elle fournit l'énergie au
système : cas du rouet, de la scie sauteuse , de la pompe hydraulique, etc.
 La manivelle est dite réceptrice, quand elle est entrainée par le système - elle reçoit
l'énergie du système : cas du moteur à piston.

La manivelle (motrice ou réceptrice) est animée d'un mouvement de rotation continue, alors que
l'effecteur est animé d'un mouvement linéaire alternatif, rectiligne ou pas. La bielle est munie de
deux articulations, d'un côté à la manivelle, et de l'autre à l'effecteur. Suivant le type de liaison
imposé à l'effecteur, le système réalise les conversions de mouvement suivantes:

Rotation continue mouvement rectiligne alternatif.


C'est le cas où l'extrémité de bielle est fixée à un piston mobile dans un cylindre ou plus
généralement à une liaison glissière. L'extrémité de bielle décrit un segment de droite.
Exemples :

 sens moteur : moteur thermique , machine à vapeur.


 sens récepteur : pompe hydrostatique, compresseur, machine à scier , machine à coudre
(mouvement de l'aiguille), machine à perforer.

Rotation continue rotation alternative.

C'est le cas où l'extrémité de bielle est liée à une autre manivelle, une pédale ou un bras articulé.
L'extrémité de bielle décrit un segment de courbe circulaire. Exemples :

 sens moteur : dispositif à pédale , voiture d'enfant, machine à coudre (entrainement) , rouet.
 sens récepteur : pompe rotative alternative, essuie-glace, barrière automatique, griffe
d'entrainement.

et plus généralement tout mécanisme à quatre barres

Modélisation cinématique[modifier | modifier le code]

Schéma cinématique
Moteur à piston
Transformation rotation en translation
Schéma cinématique
Barrière automatique
Transformation rotation en rotation

Article connexe : Modélisation cinématique des mécanismes.

Le mécanisme bielle-manivelle comporte un nombre cyclomatique égal à 1, et présente une


mobilité utile. Le tableau ci-dessous répertorie les principales solutions cinématiques en indiquant
le type de chaque liaison mécanique, les degrés d'hyperstatisme et de mobilité.

Liaison Liaison Liaison B Liaison C Mobilité Hyperstatisme


Exemple
O 1/2 A 2/3 3/4 4/1 Mc
-Ms

Trans formation : rotation continue mouvement rectiligne


alternatif.

Moteur pompe Pivot Pivot


Pivot (5) Pivot (5) 1 1
classique glissant (4) glissant (4)

Piston de section Pivot


Pivot (5) Pivot (5) Glissière (5) 1 2
oblongue glissant (4)

Machine vapeur
Pivot
(bielles très Pivot (5) Pivot (5) Pivot (5) 1 2
glissant (4)
longues)

Linéaire
Piston de forme Pivot
Pivot (5) Pivot (5) annulaire 1 0
ovalisée ou jeu glissant (4)
(3)

autre Pivot
Pivot
combinaison Pivot (5) glissant Rotule(3) 2 0
glissant(3)
admissible (4)
Transformation : rotation continue Rotation alternative.

Barrière
Pivot
automatique Pivot (5) Pivot (5) Pivot (5) 1 2
glissant(4)
Essuie glace

Pédalier
Pivot (5) rotule (3) rotule (3) Pivot (5) 2 0
d'entrainement

{*} La liaison éventuelle avec le volant d'inertie, s'il est présent, est une liaison encastrement.

Équations horaires[modifier | modifier le code]


On considère ici que le système bielle-manivelle est dans la configuration où la liaison de
l'extrémité de la bielle est une liaison glissière (cas des moteurs et pompes) ; que le mécanisme
est un mécanisme plan et que l'axe du piston croise l'axe de la manivelle (axes concourant). La
géométrie, suivant le schéma ci-contre, est décrite par :

 le rayon R=OA de la manivelle,


 la longueur L=AB de la bielle,
 la distance entre le point O et la droite de déplacement du point B,
 l'angle θ de rotation.

Schéma plan du système bielle-manivelle avec piston dans l'axe.

Animation bielle-manivelle avec piston dans l'axe pour L≈R(rouge) et L=3R(vert)

Dans notre configuration le point B est sur l'axe (O, y). On repère la position du mécanisme par la

position angulaire de la manivelle. Vilebrequin tournant, l'angle est fonction du temps.


En écrivant la longueur du segment h(t)=OB , il vient (voir calcul détaillé au § cinématique) :

avec dans le cas d'une rotation à vitesse constante.


Par dérivation, on obtient la vitesse puis l'accélération (voir en § cinématique).

La position angulaire de la manivelle θ en fonction de la position du piston (OB) se détermine


avec la formule réciproque :
 Course, vitesse et accélération du piston

Course du piston en fonction de θ.

Vitesse du piston en fonction de θ.

Accélération du piston en fonction de θ.

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Considérations géométriques

 Pour que le système puisse exécuter un tour, il faut que la bielle soit plus longue que
la manivelle (la fonction arcsin n'acceptant pas d'argument supérieur à 1) ;
 Le milieu de course du piston ne correspond pas exactement à θ=0.
Points morts

Il existe deux points où la vitesse s'annule pour changer de signe :

 θ=90° : OB = R + L : correspond à la position la plus haute de B, appelée point mort


haut,
 θ=270° : OB = L - R : par opposition, correspond au point mort bas.
Course

La distance séparant les deux points morts et valant 2R est appelée course du piston.
Pour un système bielle-manivelle avec piston dans l'axe :

 La course du piston vaut deux fois le rayon (R).


 La longueur (L) de bielle n'a pas d'incidence sur la course.
Lois du mouvement
les courbes ci-contre obtenues à partir de l'équation horaire, donnent la course, la vitesse
et l'accélération du système bielle-manivelle pour différents rapportslongueur de bille /
rayon de la manivelle. On constate suivant les cas :

 Bielle longue (L= 8R) : course, vitesse et accélération sont des fonctions quasi-
sinusoïdales. Cette configuration est exploitée sur les anciennes machines à
vapeur.
 Bielle moyenne (L= 3R) (rapport proche des valeurs en usage dans les moteurs
à explosion) : course et vitesse restent des fonctions quasi-sinusoïdales, mais la
décélération après le point mort haut est brusque, ce qui optimise la propagation
du front de flamme. Autour du point mort bas, sur presque une demi-période,
l'accélération est constante, ce qui favorise le remplissage et l'évacuation des
gaz5.
 Bielle courte (L= 1,5xR) : le point mort haut est bref alors que le point mort bas
dure beaucoup plus longtemps. Cette configuration est propice au moteur bas
régime et au compresseur5.

Quelques exemples de valeurs conventionnelles dans le cas des moteurs


thermiques :

 moteur de cyclomoteur 50 cm3 : R=20 et L=80=4R (mm) ;


 moteur de modélisme 6 cm3 : R=10 et L=35=3,5R.

Comportement statique[modifier | modifier le code]


L'étude statique du mécanisme permet de déterminer la relation liant l'effort appliqué
au piston et le couple exercé/disponible sur la manivelle. On considère le mécanisme
en équilibre sous l'effet de l'ensemble des efforts extérieurs et on néglige les forces
d'inertie (cas particulier d'un système à l’arrêt). C'est le principe de calcul adopté par
les logiciels élémentaires de simulation mécanique, qui donnent l'évolution des
efforts et du couple en fonction des positions angulaires.

Méthode statique[modifier | modifier le code]

Modélisation du problème statique.

Dans cette étude, on adopte les conventions suivantes :


 Force extérieure appliquée sur et suivant la direction de l'axe du piston.

L'intensité de est supposée connue ;

 Couple appliquée à la manivelle ( colinéaire à l'axe de la manivelle).

Le problème statique peut être résolu à l'aide de torseurs mais la symétrie du


système permet une résolution graphique. On isole successivement la bielle, le
piston et la manivelle et on applique les lois d'équilibre mécaniques :

 l'équilibre de la bielle montre que les actions et transmises en A et B


ont une direction colinéaire à la direction principale de la bielle, leurs sens

opposés et ont même intensité ;

 l'équilibre du piston sous les 3 actions ( ) permet de donner la relation entre

l'intensité de l'action au point B : et ;


 l'équilibre de la manivelle sous 3 actions (2 articulations et un couple) donne

finalement la valeur du couple en fonction de .

L'étude est menée de la même manière en inversant simplement les deux


dernières étapes.

Méthode énergétique[modifier | modifier le code]

Couple de la manivelle pour une force constante sur le piston.

En considérant que le système est de rendement 1, que la manivelle tourne à vitesse


constante, et que les inerties sont négligeables, on établit une relation simplifiée

donnant en fonction de , à partir de l'égalité des puissances consommée

et fournie ( ):

Analyse :
 Lorsque L est suffisamment grand, le deuxième terme devient négligeable et
la fonction est quasi-périodique.
 Les maximums ont lieu aux environs des positions 180° et 360° mais pas
exactement. Le décalage est d'autant plus grand que la bielle est courte.
 Quelle que soit la longueur de la bielle, nous avons un couple nul aux points
morts haut et bas. Ici, l'action de F est sans effet sur la rotation (de même
sur un pédalier de vélo l'action de la jambe n'a pas d'effet lorsque la pédale
est à la verticale de l'axe). En pratique, on compense ce défaut par un volant
d'inertie.

Cinématique[modifier | modifier le code]

Schéma plan du système bielle manivelle avec piston dans l'axe.

Considérons :

 le rayon de la manivelle ,

 la longueur de la bielle ,

 la distance entre le point O et la droite de déplacement du point B,

 l'angle de rotation dans le cas d'une rotation à vitesse constante..

 Le rapport bielle/rayon manivelle

Nous pouvons écrire les relations géométriques :

(1) (2) (3)

Le théorème de Pythagore donne : soit (4)

Nous devons distinguer deux cas : l'axe du piston peut-être concourant avec
l'axe de manivelle, ou pas .

Cas d'axes concourants[modifier | modifier le code]

En remplaçant avec (2) et (3) dans (4), il vient :

d'ou
Cas d'axes non concourants[modifier | modifier le code]

Notons le décalage entre les axes et définissons tel que :

Les relations écrites plus haut restent inchangées à l’exception de (2)


qui devient :

En remplaçant (2) dans (4) nous obtenons :

Vitesse[modifier | modifier le code]

La vitesse en fonction de s'obtient en dérivant la relation

obtenue plus haut :

La vitesse en fonction du temps avec

Accélération[modifier | modifier le code]

Accélération en fonction du temps :

Relation entre couple et


force[modifier | modifier le code]
L'égalité des puissances consommée et fournie

s'écrit . En remplaçant avec (5) il vient :

D'où :

Si notre système tourne dans le sens horaire


(contrairement au schéma)
et :