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Guidage en rotation par éléments roulants

1. Analyse fonctionnelle
Exemple : PHP 15

Figure 1

Réseau de Réseau de
fluide basse fluide haute
pression pression

Pompe PHP
15

Moteur
Milieu
Support extérieur

Figure 2
Réseau de
fluide basse FP
pression

FT1
Carter gauche Carter droit

FT4
FT5
FT2 FT3 FT6

Arbre d’entrée FT7 Pignon récepteur FT8 Pignon moteur

Réseau de
fluide haute
pression

Figure 3

FT1 Assurer une liaison encastrement


FT2 Assurer une liaison pivot
FT3 Assurer une liaison pivot
FT4 Assurer une liaison pivot
FT5 Assurer une liaison pivot
FT6 Assurer une liaison pivot
FT7 Lier uniquement en rotation
FT8 Entraîner en rotation
On s’intéresse à la fonction technique 2, c'est-à-dire à la liaison pivot.
Pour satisfaire cette liaison, on impose certains critères :
Fonction technique Fonction Critères Niveau
FT2 Assurer une liaison Précision du guidage
pivot Efforts maximaux A déterminer avec
dans la liaison les efforts
s’appliquant sur les
pignons.
Rendement Supérieur à X%
Durée de vie 1000 h
2. Technologie d’un roulement
2.1. Eléments constitutifs des roulements

Figure 4

2.2. Types de roulements


2.2.1. Roulements à billes à contact radial

Figure 5
C’est le roulement universel. Il existe dans de nombreuses configurations (protégé, étanche) et
à deux rangées de billes.
Excellent rapport performances / prix

2.2.2. Roulements à billes à contact oblique

Figure 6
Ils se montent par deux, en opposition ou en tandem (pour les roulements à une seule rangée
de billes)

2.2.3. Roulements à rouleaux cylindriques

Figure 7
Ces roulements supportent des charges axiales très élevées mais ne supportent aucune charge
axiale pour les roulements de type NU, N ou NNU et des charges axiales très faibles pour les
roulements NJ et NJ+HJ.

2.2.4. Roulements à rouleaux coniques

Figure 8
Sauf pour le roulement à bague intérieure double, les bagues sont séparables ce qui facilite le
montage.
2.2.5. Roulements à aiguilles

Figure 9
Ces roulements ne supportent aucune charge axiale.

2.2.6. Roulements à rotule


Sur billes Sur rouleaux

Figure 10
Angle de rotulage important, jusqu’à 5 degrés

2.2.7. Butées à billes et à rouleaux

Figure 11
Figure 12

2.2.8. Aptitudes des roulements


Charge Charge Micro- Prix
Roulement Rotation
radiale axiale rotulage relatif

= = ++ 10’ 1

+ = - 0 2,5

+ ++ + 10’ 2

++ ++ - 0 3

= - + 3° 2

++ 0 + 5’ 2,5

++ ++ - 5’ 1,5

+++ = - 1,5° 5

+++ 0 ++ 0 1à5

0 ++ - 0 1,5

0 +++ - 0 2,5

+ +++ = 2° 4

Figure 13
3. Modélisation de la liaison assurée par un roulement
Du fait du faible angle de rotulage possible entre la bague intérieure et la bague extérieure des
roulements, on modélise généralement un roulement par une liaison rotule ou linéaire
annulaire suivant les arrêts axiaux sur les bagues. La liaison a pour centre le centre de poussée
du roulement qui est le centre du roulement pour un roulement à rouleaux à une rangée de
billes ou à rouleaux et le sommet du cône de contact pour les roulements à contact obliques.

Centre de poussée

Centre de poussée
(Intersection des
normales au contact)

4. Règles de montage
4.1. Ajustements des portées et des arbres
Les nombreuses études menées par les fabricants de roulements et leurs clients ont permis de
dégager un certain nombre de règles concernant le montage des roulements. Ces règles sont
académiques. Ce sont celles que nous appliquerons pour les conceptions à venir.
Chacun sait que les règles ont toutes des exceptions. C’est aussi le cas pour les montages de
roulements. Seuls les concepteurs expérimentés peuvent déroger à ces règles. Ils ont souvent
les moyens de prouver, par une expérimentation, qu’ils ont raison. Ce qui n’est pas notre cas.
A notre niveau, le respect des règles qui vont suivre est impératif.

1) La bague tournant par rapport à la direction de la charge doit être montée


serrée.
2) La bague fixe par rapport à la direction de la charge doit être montée
glissante.
3) Lorsque la direction de la charge est indéterminée, les deux bagues
peuvent être montées serrées.
4) Une bague montée serrée doit être arrêtée de préférence sur un
épaulement (montage à la presse).
5) S’il y a risque de dilatation en fonctionnement, un seul roulement assure
le positionnement axial dans les deux sens.
6) Les arrêts axiaux doivent être justifiés.

Un roulement est un composé du commerce


dont les dimensions sont normalisées. La
figure suivante nous donne un ordre de
grandeur des intervalles de tolérance utilisés
pour la bague extérieure et la bague
intérieure.

Figure 14

Les règles 1, 2 et 3 conduisent à adopter les tolérances suivantes pour l’arbre et l’alésage
recevant le roulement.
On se place dans un repère lié à la charge et on regarde si les bagues sont fixes ou tournantes
par rapport à ce repère.

Tolérances courantes sur arbre et alésage


Mouvement des bagues tolérance de l’arbre Tolérance de l’alésage
BI Fixe et BE tournante g6 BI glissante N7 BE serrée
BI tournante et BE fixe k6 BI serrée H7 BE glissante
Non définie k6 BI serrée K7 BE serrée

Il est impératif d’indiquer les tolérances des portées de roulements pour valider la solution.
Il est inutile et sans intérêt d’indiquer les tolérances des bagues de roulement. Celles-ci sont
imposées par le constructeur du roulement.
5. Types de montage roulements
5.1. Montage Rotule-linéaire annulaire (ou palier fixe palier
libre)

Modélisation :

Immobilisation de la bague intérieure sur


l’arbre

Immobilisation de la bague extérieure sur


l’alésage

5.2. Montage en « X »

Modélisation :

Dans la pratique, lorsqu’on fait un


calcul de statique, on modélise par
deux rotules normalisées et on impose
le signe des composantes axiales.
Cette solution est acceptable si les deux roulements sont éloignés.
Ce montage est intéressant dans le cas où les bagues intérieures sont montées serrées (Arbre
tournant par rapport à la direction de la charge).
Le réglage du jeu interne se fait aisément sur les bagues extérieures.
5.3. Montage en « O »

Modélisation :

Cette solution est à privilégier si les deux roulements sont rapprochés.


Ce montage est intéressant dans le cas où les bagues extérieures sont montées serrées
(Alésage tournant par rapport à la direction de la charge).
Le réglage du jeu interne se fait aisément sur les bagues intérieures.

5.4. Montage des roulements à rouleaux cylindriques

Modélisation :

5.5. Butées axiales

5.6. Technologie des arrêts en translation


• Epaulement • Vis + rondelle sur l’arbre
• Ecrou • Couvercle sur l’alésage
• Anneau élastique • Entretoise…
Procédés d’arrêt des bagues intérieures

Procédés d’arrêt des bagues extérieures

5.7. Réglage du jeu axial interne au montage


Le jeu axial dans le cas de la réalisation de liaison pivot par des roulements à contact
radial qu’il soit de type « Rotule + linéaire annulaire » ou montage en « X » ou en « O »
n’influence pas le centrage de l’arbre par rapport à l’alésage.
Dans le cas des roulements à contact obliques, le jeu axial entraîne un jeu radial.
Dans les deux cas, il convient de régler le jeu axial. On peut le faire par :
ƒ Introduction de cales de réglage entre l’élément d’arrêt axial et la
bague du roulement
ƒ Ecrou à encoches ou nylstop
ƒ Appairage des pièces
Réglage du jeu sur les bagues extérieures
Réglage du jeu sur les bagues
intérieures

6. Modes de défaillance
6.1. Déformation des bagues au cours du fonctionnement

Charge statique Charge dynamique

6.2. Défaillance en fatigue

Sous la charge d'une bille, la bague


extérieure est soumise à des
contraintes de compression et de
cisaillement.
Les contraintes maximales sont à
quelques 0,1 mm sous la surface de
la piste.
Ses contraintes apparaissent et
disparaissent au fur et à mesure du
passage des billes.

Ces changements de contrainte répétés génèrent une modification structurelle de la matière.


Ces modifications vont conduirent à l'apparition de micro-fissure.
Ce phénomène est appelé fatigue.
Apparition d’une
microfissure en surface

Figure 15 : apparition d’une fissure en surface

Figure 16 : Progression de l’écaillage en surface.

7. Calcul de durée de vie


7.1. Durée de vie nominale L10
La durée de vie d’un roulement correspond à un nombre de tours sous une charge donnée
avant les premiers signes d’écaillage. Comme les modes de défaillance des roulements ont
une origine de fatigue des éléments constitutifs, cette durée de vie est statistique.
On réalise des essais sur les roulements et on obtient les courbes d’allures suivantes : P est la
charge appliquée sur le roulement et N le nombre de tours avant détérioration du roulement.
Figure 18

Figure 17

On définit ainsi L10 la durée de vie en millions de tours d’un roulement soumis à une charge
radiale Fr et une charge axiale Fa comme la durée de vie qu’atteignent 90% des roulements :
n n
⎛C⎞ ⎛ C ⎞ 10
6
L10 = ⎜ ⎟ L10h = ⎜ ⎟
⎝P⎠ ⎝ P ⎠ 60.N
Avec :
• L10 = durée de vie en millions de tours
• C = capacité de charge dynamique de base (N) dépend du roulement. C’est la charge
radiale pure qui permet à 90% des roulements de tenir 1 million de tours.
• P = charge radiale équivalente (N) dépend des charges appliquées sur le roulement
10
• n = 3 pour les roulements à billes ; n = pour les roulements à rouleaux.
3
• L10h = durée de vie en heure
• N = vitesse de rotation (tr/min)

Si l'on désire une fiabilité plus grande, il faut alors multiplier la valeur de L10 par un
coefficient :
L05 = L10 x 0,62 (fiabilité à 95%)
L01 = L10x 0,21 (fiabilité à 99%) …
7.2. Calcul de la charge équivalente
7.2.1. Cas des roulements à contact radial

Figure 19
La charge dynamique équivalente est donc égale à la charge radiale qui, exercée sur le
roulement, donnerait la même durée de vie que celle obtenue en exerçant Fa et Fr
simultanément.
Fa = charge axiale encaissée par le roulement
Fr = charge radiale encaissée par le roulement

X et Y dépendent :
ƒ du rapport Fa/Fr, que l'on compare à e (voir tableaux constructeur)
Fa
o P = Fr si ≤e
Fr
Fa
o P = X.Fr + Y.Fa si >e
Fr
ƒ du rapport Fa/Co. Co étant la charge statique de base (voir tableaux)
ƒ du type de roulement

7.2.3. Cas d’un roulement à contact oblique


Pour un roulement à contact oblique, la transmission d’une charge radiale induit une charge
axiale appelée « charge induite » et est notée Q. Cette charge axiale induite est égale à :
F
• Q = r dans le cas de roulements à rouleaux coniques
2.Y
F
• Q = r dans le cas de roulements à billes
1,14
Prenons l’exemple d’un montage en X. Le roulement 1 encaisse une charge radiale Fr1 et le
roulement 2 encaisse une charge radiale Fr2. L’ensemble des deux roulements encaisse une
charge axiale A. On appelle les charges induites axiales Q1 et Q2.
Fr1 Fr2
Alésage

A O1 Qa1 Qa2 O2
Arbre Fa1 Fa2
Isolons l’arbre et les bagues intérieures des roulements : A+Fa1 -Fa2 =0 . On a Fa1 ≥ Q1 et
Fa2 ≥ Q 2 . On détermine Fa1 et Fa2 de la manière suivante :
• On fait un premier essai avec Fa1 = Q1 et on calcule Fa2 =A+Fa1 . Si Fa2 ≥ Q 2 , alors la
solution est Fa1 = Q1 et Fa2 =A+Fa1 .
• Si Fa2 ≤ Q 2 , alors on dit Fa2 = Q 2 et alors Fa1 =Fa2 − A .

8. Choix d’un roulement


8.1. Critères de choix
ƒ Nature des charges : axiales, radiales ou combinées
ƒ Importance des charges
ƒ Vitesse de rotation
ƒ Perturbations : chocs, vibrations…
ƒ Conditions de montage : mise en place, accessibilité, réglage,
ƒ Précision requise
ƒ Rigidité exigée
ƒ Encombrement
ƒ Longévité, durée de vie
ƒ Conditions ambiantes : pollution, température, lubrification…
8.2. Choix des dimensions en fonction de la durée de vie
souhaitée
Calculer Fa et Fr

Calculer Fa/Fr

non
Fa/Fr<emin

oui

P=Fr P=XFr+YFa dans


le cas le plus
défavorable

1/n
⎛ L 60N ⎞
C=P ⎜ 10h 6 ⎟
⎝ 10 ⎠

Choisir un
roulement ayant C
proche (par excès ou
par défaut)

Vérifier la durée de
vie avec le C du
roulement choisi

8.3. Exemple de calcul


On désire choisir un roulement à contact radial à une rangée de billes. Ce roulement est
soumis à une charge Fr=42kN et une charge axiale Fa=14kN. On désire une durée de vie de
2000h. L’arbre tourne à une vitesse de N=1000 tr/min par rapport à l’alésage.
Fa/C0 e X Y
0,025 0,22 0,56 2
0,04 0,24 0,56 1,8
0,07 0,27 0,56 1,6
0,13 0,31 0,56 1,4
0,25 0,37 0,56 1,2
0,5 0,44 0,56 1
Les valeurs intermédiaires sont déterminées par interpolation linéaire.
Fa
=0,33 et e min ≤ 0,33 ≤ e max . On choisit donc P=XFr +YFa =0,56Fr +2Fa =51,2 kN .
Fr
1/n 1/3
⎛ L 60N ⎞ ⎛ 2000.60.1000 ⎞
C=P ⎜ 10h 6 ⎟ =51,5. ⎜ ⎟ =254kN .
⎝ 10 ⎠ ⎝ 106 ⎠
Choix :
• 130x280x58 : C=229kN, C0=216kN. Fa/C0=0,0648,
0,065-0,04 0,065-0,04
e=0,24+ ( 0,27-0,24 ) =0,265 et Y=1,8+ (1,8-2 ) =1,63 .
0,07-0,04 0,07-0,04
3
⎛ 229 ⎞ 106
Fa /Fr ≥ e , P=0,56.42+1,63.14=46,3kN , L10h = ⎜ ⎟ . =2016 h .
⎝ 46,3 ⎠ 60.1000
Le roulement convient.
• 140x300x62 : C=251kN, C0=245kN. Fa/C0=0,0571,
0,0571-0,04 0,0571-0,04
e=0,24+ ( 0,27-0,24 ) =0,257 et Y=1,8+ (1,8-2 ) =1,686 .
0,07-0,04 0,07-0,04
3
⎛ 251 ⎞ 106
Fa /Fr ≥ e , P=0,56.42+1,69.14=47,2kN , L10h = ⎜ ⎟ . =2506 h .
⎝ 47,2 ⎠ 60.1000
Le roulement convient.
• 150x320x62 : C=276kN, C0=285kN. Fa/C0=0,049,
0,049-0,04 0,049-0,04
e=0,24+ ( 0,27-0,24 ) =0,249 et Y=1,8+ (1,8-2 ) =1,74 .
0,07-0,04 0,07-0,04
3
⎛ 276 ⎞ 106
Fa /Fr ≥ e , P=0,56.42+1,74.14=47,9kN , L10h = ⎜ ⎟ . =3188 h
⎝ 47,9 ⎠ 60.1000
Le roulement convient.
9. Lubrification et étanchéité des guidages par roulements
9.1. Choix du type de lubrification
non Le roulement est-il intégré dans
une machine lubrifiée à l’huile?

Y a-t-il de fortes charges ?


Un fonctionnement continu ?
Des calories à évacuer ?
non oui oui

La vitesse circonférentielle
est-elle élevée ?
non oui
Choisir l’huile de la
Choisir la graisse Choisir l’huile machine

9.2. Lubrification à la graisse


90% des roulements sont lubrifiés à la graisse. C’est la solution à envisager en premier du fait
de la simplicité de conception.
Intérêt de la graisse :
ƒ protège le roulement contre la corrosion,
ƒ assure une certaine étanchéité,
ƒ convient pour une large gamme de vitesses,
ƒ s’utilise en faible quantité
ƒ offre un fonctionnement sans entretien pendant de longue période.
Méthode de graissage :
Graissage au montage Roulement graissé à Par graisseur
vie

Par graisseur Graissage centralisé


9.3. Lubrification à l’huile
Elle est utilisée quand :
ƒ les vitesses sont très élevées,
ƒ les paliers sont très chargés,
ƒ les températures élevées nécessitent une évacuation des calories,
ƒ la machine est déjà lubrifiée à l’huile.
Méthode de lubrification à l’huile :
Par bain d’huile Par bain et ruissellement (1)

Par bain et ruissellement (2) Par circulation d’huile

9.4. Etanchéité des montages de roulements


Le but de l’étanchéité des montages de roulements est d’empêcher le lubrifiant de s’échapper
et d’empêcher les impuretés de rentrer.
Le choix du dispositif d’étanchéité dépend de la nature du lubrifiant à étancher, du milieu
ambiant et de la vitesse de rotation.
Les dispositifs convenant à la graisse sont :
ƒ Chicanes ƒ Joints frottants

Les dispositifs convenant à l’huile sont :


ƒ Joints frottants ƒ Rainures centrifuges
9.4.1. Exemples
Passage étroit sans frottement pour lubrification à la graisse

Dispositifs sans frottement, vitesse élevée pour lubrification à l’huile

Dispositifs avec frottement pour lubrification à la graisse ou à l’huile

montage du joint permettant


à la graisse de s’échapper
lors du graissage.
Figure 20