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Chapitre 3: Etude Du Château D’eau

Gare Routière - Chapitre 3 : Etude Du Château D’eau


Chapitre 3: Etude Du Château D’eau
1. GENERALITES
On appelle réservoir une capacité destinée à contenir un liquide; l'eau pour n
otre cas.
On distingue trois types de réservoirs:
- enterrés;
- semi-enterrés ;
- surélevés ou château d'eau.
Ces réservoirs peuvent être construits découverts ou au contraire munis d'une
couverture en coupole ou en dalle plate. Les réservoirs peuvent être simples o
u
complexes et formés de plusieurs cellules mêmes superposées.
La forme en plan peut être quelconque. Cependant la plupart du temps, les peti
ts
réservoirs se font carrés ou rectangulaires, mais la forme circulaire est moin
s coûteuse.
Et lorsque que les moyens d'exécution le permettent, on réalise des réservoirs
de forme
tronconique et cylindro-tronconique à la place des réservoirs cylindriques de
grand
volume.
Ils peuvent être réalisés selon le cas, en maçonnerie ou en acier pour de peti
tes
capacités; mais de nos jours, la plupart des réservoirs sont réalisés en béton
armé ou en
béton précontraint.
Le château d'eau fait partie de la famille des réservoirs d'eau, il est un élé
ment
important du réseau de distribution. Lorsque la topographie permet de disposer
d'un
point haut pour construire un réservoir au sol, c'est cette solution qui est e
n général
choisie.
Lorsque le terrain ne présente pas de point assez haut, le concepteur du résea
u a le
choix entre un château d'eau (réservoir surélevé) et un réservoir au sol alime
ntant un
surpresseur.
Le château d'eau remplit une double fonction, constituer un réservoir tampon e
ntre la
production d'eau et la distribution aux consommateurs et livrer l'eau. La prod
uction
d'eau doit se faire le plus régulièrement possible alors que la livraison est
soumise à la
demande des usagers. Quelle que soit le moment de la journée et la hauteur de
la
demande en eau, il faut que chaque utilisateur bénéficie d'un débit correct.
Dans la mesure du possible, ces réservoirs sont placés en hauteur afin qu'ils
se situent
au-dessus du plus haut des robinets à desservir. La distribution de l'eau va p
ouvoir
utiliser le phénomène naturel des vases communicants pour alimenter le réseau
de
distribution. Le château d'eau est avant tout un réservoir surélevé, seule l'a
bsence d'un
relief suffisamment élevé impose de construire ce dernier sur une structure en
hauteur
(piliers ou tour).
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Le remplissage du réservoir se fait par pompe d'alimentation de façon automati
que
pour maintenir un niveau constant dans le réservoir.
Dans le cas où une agglomération s'étend dans une direction donnée, un réservo
ir
unique et de hauteur convenable peut devenir insuffisant pour assurer une pres
sion
correcte en tout point du réseau et à tout moment. C'est alors que l'on a reco
urs à un ou
plusieurs réservoirs d'équilibre en liaison par le réseau avec le réservoir pr
incipal, mais
à une cote de niveau légèrement inférieure. Le remplissage du réservoir d'équi
libre se
fait gravitairement au moment des faibles consommations, c'est-à-dire principa
lement
la nuit. La journée, la charge à partir du réservoir principal diminue dans le
réseau par
suite de la consommation, celle du réservoir d'équilibre devient alors prépond
érante et
c'est son action qui maintient une pression régulière.
Le château d'eau, en activité ou pas, tient une place importante dans le paysa
ge. Il a été
souvent décrié car il occasionnerait une "pollution visuelle" mais l'expérienc
e montre
qu'il demeure une solution économique, fiable, qu'il peut être esthétique et q
u'il rend
de nombreux services en offrant un point haut pour la région.
Avantages du château d'eau par rapport au réservoir au sol
avec surpresseur
Sur le plan énergétique
Les pompes d'alimentation fonctionnent à pression et à débit constants, donc a
vec un
bon rendement. La consommation en énergie est donc faible mais importante si l
'on
envisage une alimentation par une production d'électricité locale. Lorsque la
capacité
du château d'eau est assez importante, les pompes peuvent fonctionner uniqueme
nt en
tarification particulière du fournisseur (exemple: tarification "heures creuse
s").
La plupart des réservoirs surélevés desservent en partie des abonnés situés su
r des
points en contrebas de la base du château d'eau. La hauteur entraîne une press
ion
minimale suffisante en entrée de réseau (exemple 3 bars; 1 bar pour 10m de hau
teur). Il
n'est donc pas nécessaire de disposer de pompe de surpression pour la distribu
tion, la
gravité est suffisante. Parfois, certains châteaux d'eau sont placés de façon
à ce qu'ils
s'alimentent en chaîne sans avoir besoin de surpresseur pour le remplissage du
château d'eau suivant. En résumé, cette solution minimise le coût énergétique.
Sur la fiabilité
Le château d'eau apporte au réseau de distribution une grande sécurité, car il
contient
en général la consommation d'une journée de pointe ou moyenne. Il permet le ma
intien
de la pression sur le réseau de distribution, tout en autorisant les intervent
ions
techniques sur la partie amont du réservoir. En cas de catastrophe (tempête, d
élestage
électrique), il facilite le maintien de la distribution en eau à moindre coût.
Dans le cas
d'une panne du fournisseur d’énergie, il suffira de mobiliser un groupe électr
ogène
momentanément pour remplir la cuve alors que sur des réseaux surpressés plusie
urs
groupes électrogènes seront nécessaires et ils devront y rester à demeure; aus
si pour
obtenir une fiabilité correcte avec un surpresseur, il faut disposer d'un grou
pe
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électrogène de secours. On a donc en résumé une meilleure fiabilité avec le ch
âteau
d'eau.
Sur le coût de fonctionnement
Le coût d'entretien d'un réservoir est faible, qu'il soit surélevé ou au sol.
C'est le coût
des équipements électromécaniques qui est toujours prépondérant. Une installat
ion de
surpression est en général complexe car elle doit gérer plusieurs pompes de dé
bits
différents. Elle doit aussi disposer d'une alimentation énergétique de secours
. Le
système de pompage d'un château d'eau est simple et donc peu coûteux en
maintenance et en entretien.
Les composantes
Le château d'eau a un rôle identique de volant et de réserve et d'organe régul
ateur de la
pression dans le réseau. Seul le défaut de relief dans la zone où doit être im
planté le
réservoir impose de construire ce dernier sur tour. Structurellement, le châte
au d'eau
est donc une cuve surélevée, placée sur un support. Il faut y ajouter la fonda
tion sous ce
dernier, importante en raison de la masse de l'ouvrage.
La protection des tuyauteries impose de les loger dans une enceinte fermée, du
sol à la
cuve; ce fût participe souvent - quand il n'en est pas le seul support - au so
utien du
réservoir; il comporte des planchers régulièrement espacés. L'obligation de co
uverture
minimale de 1 m de terre des canalisations extérieures implique, pour leur pén
étration
dans l'ouvrage, l'existence d'une cave, souvent nécessaire, par ailleurs, pour
que la
fondation atteigne le sol résistant. Un escalier en colimaçon ou parfois des é
chelles,
permet l'accès à tous les niveaux, de la cave en haut de la cuve.
La cuve est caractérisée par sa capacité, par sa cote moyenne, qui est celle d
u plan qui
divise son volume en deux parties égales, et est le niveau de base du calcul d
u réseau,
ses cotes de trop-plein et de fond. Elle est généralement à double paroi, qui
isole à la fois
l'eau et la structure elle-même de l'effet des températures extérieures et évi
te les
conséquences défavorables, tant sur le plan de l'aspect que sur celui de la te
nue de
l'ouvrage, de fuites éventuelles. Elle est couverte d'une toiture accessible,
entourée,
dans les ouvrages récents, d'un attique, rebord de corniche ou garde-corps d'u
ne
hauteur qui permet inspection et entretien en sécurité. Elle est traversée d'u
ne
cheminée, qui livre passage à l'escalier.
Elle est ventilée par des chatières, pour renouveler l'air au-dessus du plan d
'eau et
éviter la condensation; les orifices d'aération sont pourvus de grillages et d
e
moustiquaires. L'éclairage naturel est réduit; les points lumineux artificiels
sont
alimentés sous très basse tension.
L'étanchéité des cuves en béton est assurée par un enduit intérieur de mortier
de
ciment, rarement par une membrane plastique libre. Une peinture à base de rési
nes
époxydes, complétée par une protection cathodique, protège contre la corrosion
la
surface interne des cuves métalliques. Un paratonnerre assure la protection de
l'ouvrage contre la foudre.
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L'équipement hydraulique
Les canalisations intérieures du château d'eau sont en acier, à brides boulonn
ées. Leur
diamètre est souvent réduit par rapport à celui des conduites extérieures ente
rrées qui
aboutissent à l'ouvrage; l'économie et le plus faible poids des pièces à manip
uler
compensent les pertes de charges accrues sur quelques dizaines de mètres de
canalisations. Elles sont revêtues d'époxy, ou métallisées et peintes ensuite,
ou encore
plastifiées à chaud.
La conduite d'amenée traverse la cuve jusqu'au-dessus du niveau de trop-plein
et
l'alimente par jet à l'air libre; parfois, pour éviter que la perte d'acide ca
rbonique libre
provoquée par cette aération rende l'eau incrustante, la conduite d'amenée est
prolongée jusqu'au fond de la cuve. Une vanne commandée soit par flotteur, soi
t
électriquement ou hydrauliquement, obture la canalisation quand le niveau de t
ropplein est atteint.
La conduite de distribution puise l'eau dans une cunette au fond de la cuve, à
travers
une crépine. Son diamètre est souvent plus important que celui de la conduite
d'amenée, compte tenu des débits de pointe qu'elle doit véhiculer.
Canalisations d'alimentation et de distribution comportent une vanne d'isoleme
nt après
leur pénétration dans la cave. Elles sont équipées d'un compteur ou d'un débit
mètre
électromagnétique, qui enregistrent le diagramme de leur débit; un comptage sp
écial,
dimensionné pour les faibles débits, installé en by-pass du compteur principal
de la
conduite de distribution fournit, en lecture de nuit, des indications sur les
pertes du
réseau. Une liaison entre les deux canalisations permet, par un jeu de vannes,
la
distribution, cuve hors service, et, d'autre part, le nettoyage du plan d'eau
par
débordement dans la goulotte de trop-plein.
Dans les ouvrages d'extrémité, une unique canalisation d'amenée-distribution d
ans
laquelle l'eau circule, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, pénètre dans
le château
d'eau; elle se divise néanmoins en deux branches, sous la cuve, pour assurer
l'indispensable renouvellement d'eau, la branche de distribution comportant un
clapet
de non-retour qui empêche l'alimentation de la cuve par le fond.
Une canalisation de trop-plein évacue à l'égout, au fossé ou au cours d'eau le
plus
proche, le débit de débordement en cas de défection de la vanne automatique de
fermeture de la conduite d'alimentation; la conduite de vidange la rejoint sou
s la cuve.
Toutes les conduites sous cuve, hormis celle de trop- plein, sont calorifugées
, pour les
tenir à l'abri du gel.
Un détecteur-enregistreur du niveau d'eau dans la cuve, relié au réseau téléph
onique,
indique à distance, sur simple appel, le degré de remplissage du château d'eau
.
Les matériaux et formes
La grande variété de formes - et elles sont, par nature, compliquées dans le c
hâteau
d'eau le plus simple - que lui confère l'art du coffrage, l'excellente connais
sance
théorique et pratique du matériau, dans sa composition et dans sa mise en œuvr
e, sa
résistance et sa faible sensibilité à la corrosion, moyennant le respect de qu
elques
règles, font du béton armé le matériau de prédilection pour la construction de
s châteaux
d'eau modernes, comme il le fut déjà dès le début du siècle. On examinera dans
ce qui
suit les formes principales qui ont été utilisées dans les dernières décennies
.
La structure en béton armé, associé à la maçonnerie, se retrouve dans de très
nombreux
châteaux d'eau. Elle comporte essentiellement une cuve cylindro-tronconique, à
coupole
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de fond, dite cuve lntze, supportée par une série de piliers entretoises par d
es planchers,
fondés sur semelles, radier général ou pieux; la toiture, coupole sphérique ou
cône,
repose par des piliers sur la ceinture principale de la cuve. La paroi troncon
ique de
celle-ci est inclinée à 45°, la coupole de fond a une retombée de 30°; les ray
ons de la
paroi cylindrique et de la coupole sont dans le rapport de 7 à 5. Dans les ouv
rages de
petite capacité, la cuve lntze est remplacée par une cuve cylindrique à coupol
e de fond.
La maçonnerie revêt complètement l'ossature en béton, donnant à l'ouvrage l'as
pect
d'une tour; ou bien, elle enveloppe, d'une part, la cuve, et forme, d'autre pa
rt, des
panneaux de remplissage entre les piliers, qu'elle laisse ou non apparents, en
faisant
transparaître la forme en champignon de la structure; dans un cas comme dans l
'autre,
elle n'a pas de fonction portante. Les châteaux d'eau les plus récents sont en
béton
apparent, à cuve cylindrique ou conique.
Les cuves cylindriques - parfois faiblement tronconiques- sont à fond plat; el
les sont
portées par une colonnade circulaire extérieure, associée à l'appui central qu
e forme le
fût enfermant tuyauteries et escalier. Les colonnes de certains ouvrages sont
des voiles
radiaux formant nervures du fût. Le fond plat est parfois remplacé par un tron
c de cône
extérieur et un cône de fond, rappelant la cuve Intze; le support est alors un
fût unique
placé à l'intersection des deux coques.
Les cuves coniques sont à génératrices inclinées de 30 à 60° sur l'horizontale
; elles
prennent appui sur un fût, qui en est l'unique support; le fond de cuve est un
e coque
conique. Une particularité fonctionnelle avantageuse de ce type de cuve est la
faible
variation du niveau du plan d'eau pour la fraction la plus utilisée du volume:
la cote
moyenne se situe en effet à 1/5 de la hauteur totale théorique du cône sous le
niveau de
trop-plein; trois quarts du volume total correspondent à un abaissement de niv
eau de
2/5 seulement de cette hauteur. Par contre, la coupole ou le cône de toiture a
une portée
considérable.
Par son aptitude au formage et sa soudabilité, l'acier est un autre matériau b
ien adapté
aux surfaces à simple et à double courbure que l'on rencontre dans les château
x d'eau;
mais sa vulnérabilité à la corrosion demande des précautions toutes spéciales.
Ces
ouvrages sont à cuve sphérique ou ellipsoïdale, raccordés par un tronc de cône
à un fût
généralement cylindrique, lui-même élargi en tronc de cône à sa base pour conf
érer à
l'ensemble une rigidité suffisante au vent.
La cuve est calorifugée par un isolant thermique revêtu de tôles d'aluminium f
ormées.
La construction
Classiquement, le château d'eau en béton est construit à l'aide
d'un échafaudage.
En raison de la hauteur de l'ouvrage, de l'étendue de la cuve et
des charges élevées qui lui sont transmises en cours de travaux,
cette construction provisoire doit être robuste et occupe dans
l'espace un volume important; son montage et son
immobilisation représentent une fraction substantielle des
charges du chantier. D'autre part, le coffrage dans ses méthodes
traditionnelles, appliquées à des formes complexes, dans des
conditions de travail difficiles, représente le coût prépondérant
dans le gros œuvre de l'ouvrage.
Château d’eau et son échafaudage
Les efforts des entreprises spécialisées ont donc porté sur la
suppression de tout ou partie de l'échafaudage et la rationalisation du coffra
ge.
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Le coffrage grimpant permet la réalisation, par tranches verticales successive
s, du fût du
château d'eau; il comporte les passerelles de travail nécessaires et prend app
ui sur la
structure même.
Il en est de même du coffrage glissant, à cette différence que ce dernier mont
e de façon
continue, jour et nuit, de la base au sommet du fût; quelques jours suffisent
pour
atteindre une hauteur de plusieurs dizaines de mètres.
Ces méthodes s'appliquent le plus facilement à des éléments prismatiques ou de
section
peu variable; la seconde permet une économie de temps considérable. Leur avant
age est
cependant réduit du fait qu'elles n'évitent pas, dans la plupart des cas, la c
onstruction
d'un échafaudage pour la construction de la cuve. Cet inconvénient a pu être é
liminé par
des constructeurs, soit par l'emploi de consoles radiales préfabriquées souten
ant la
cuve, fixées à la partie supérieure du fût, soit par construction au sol du co
ffrage
d'ensemble de la cuve, autour du fût déjà réalisé, et sa levée en place par câ
bles.
On a aussi procédé à la construction au sol de la cuve, centrée sur l'axe de l
'ouvrage.
Dans une méthode, le fût est réalisé préalablement en coffrage glissant; la cu
ve est
hissée le long du fût par des câbles et des vérins placés au sommet de celui-c
i; la cuve
mise en place est fixée au fût par des éléments précontraints. Dans une autre,
les
colonnes nervurées du fût sont construites par collage à
l'époxy de blocs en béton préfabriqués avec un soin
extrême, simultanément au levage de la cuve, effectué au
moyen de vérins prenant appui sur la partie réalisée des
colonnes, par levées successives d'une vingtaine de
centimètres. Dans un cas comme dans l'autre, le levage
d'une cuve dépassant le millier de tonnes est l'affaire de
firmes spécialisées dans ce type d'opération.
Le calcul
Les cuves des châteaux d'eau sont presque entièrement composées de parois
relativement minces, à symétrie de révolution; ces coques sont calculées par l
a théorie
membranaire, dans laquelle tous les efforts internes induits par la pression d
e l'eau et
par leur poids propre sont exclusivement des efforts de traction ou de compres
sion
dans le sens des "méridiens" et des "parallèles". C'est le cas des cuves Intze
, des cuves
coniques et des cuves sphéroïdes des châteaux d'eau métalliques. L'intersectio
n des
coques ou leur retombée sont le siège d'efforts horizontaux considérables, qui
doivent
être repris par des ceintures travaillant, selon le cas, en traction ou en com
pression.
Les parois et les ceintures tendues des cuves en béton reçoivent une armature
importante, qui assure seule leur résistance, le béton étant inapte à reprendr
e la
traction; les tensions dans le béton doivent y être limitées, pour éviter sa f
issuration; les
sections sont donc assez importantes, ce qui a conduit à utiliser pour ces élé
ments, dans
les ouvrages importants, la précontrainte, mise en compression préalable du bé
ton par
câbles ou fils, qui conduit à une réduction considérable des quantités et est
très
favorable pour l'étanchéité.
La paroi latérale des cuves cylindriques est donc soumise à la fois à un effor
t annulaire
de traction et à flexion.
L'acier résiste aussi bien à la traction qu'à la compression; cette dernière s
ollicitation
risque néanmoins, dans les coques minces qui composent entièrement un château
d'eau
métallique, de provoquer le dangereux phénomène de voilement; l'échantillonnag
e et le
raidissement doivent donc y être soigneusement étudiés.
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Les supports de la cuve ne reçoivent pas seulement la charge verticale du poid
s mort et
de l'eau, mais également l'important effort latéral du vent, qu'ils transmette
nt à la
fondation. Les colonnes sous cuve Intze, les piliers et le fût sous cuve cylin
drique
travaillent principalement à la compression sous ces charges; les colonnes, du
fait de
leur élancement important, doivent être vérifiées au flambement et sont éventu
ellement
entretoisées pour s'y opposer.
Les fûts cylindriques des ouvrages en béton à cuve conique et des châteaux d'e
au
métalliques reprennent seuls la charge verticale et l'effort du vent et sont d
onc sollicités
à la fois en compression et en flexion; leur relative flexibilité impose la vé
rification à la
résonance, phénomène oscillatoire produit par les rafales de vent.
La fondation des châteaux d'eau est toujours importante; elle reçoit en effet
fréquemment une charge de plusieurs milliers de tonnes; elle dépend évidemment
en
premier lieu de la qualité du sol. En très bon terrain, une fondation directe
sur semelle
suffit - semelle annulaire sous piliers et semelle ou petit radier sous fût -;
le cas échéant,
on procède à un remplacement de sol par du sable stabilisé au ciment lorsqu'un
e couche
plus faible s'interpose entre la fondation et le soi résistant. Un terrain de
portance plus
médiocre réclame un radier général, dalle circulaire épaisse qui répartit unif
ormément
sur le sol, à la pression admissible, la charge qu'elle reçoit des éléments du
support; les
couches de sol sous radier peuvent être améliorées par remplacement ou battage
de
colonnes de gravier. Enfin, des pieux en béton armé, battus ou forés, sont réa
lisés quand
le terrain est faible sur une grande profondeur; cette solution est d'ailleurs
souvent plus
économique, et meilleure quant aux tassements, qu'un radier général de grande
étendue.
Théorie des membranes en béton armée :
La théorie des membranes fournie des forces longitudinales et les efforts tran
chants
pour tout point de la coque et pour toutes les directions, le problème est d’a
ffecter
d’après les forces élastiques , et
l’acier et le béton nécessaire aux éléments de
la structure. Pour résoudre ce problème il faut prendre en considération les p
ropriétés
provenant des matériaux :

 L’armature c'est-à-dire l’acier peut seulement admettre des efforts des forc
es
ayant sa propre direction, soit seulement des efforts normaux et jamais des
efforts tranchants.

 Le béton peut supporter à la foi des efforts de compression et des efforts


tranchants. Notons que les efforts de compression sont conjointement supportés
par le béton et les armatures et les efforts de traction sont supportés par le
s
armatures seules.

 Les efforts tranchants sont supportés par le béton seul.


Pour faire un calcule béton armé, il faut calculer en tout point de la membran
e les
contraintes principales Na et Nb puis on déterminé les efforts Nx , Ny et Nxy
appliquées
sur les facettes normales aux directions d’armaturage, puis en utilisant le ce
rcle de
Mohr, on dessine par les points considérés les cercles de Mohr pour le béton s
eul
(CMBS). Alors le dimensionnement de la membrane est valable si les cercle de M
ohr
tombent dans le domaine d’équilibre, si non on a toujours moyen de jouer sur l
es
caractéristiques mécaniques et géométriques (béton et acier) de la structure p
our faire
tomber le cercle de Mohr dans le domaine d’équilibre.
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Condition de Non- Fragilité
"Par définition est considérée comme non fragile, une section tendue ou fléchi
e telle que
la sollicitation provoquant la fissuration du béton dans le plan de la section
considérée
entraîne dans les aciers une contrainte au plus égale à leur limite d'élastici
té garantie".
Selon l’Eurocode : (Dans notre cas)
As Ac. fctm/fyk
Avec

 As l’aire totale des armatures

 Ac l’aire de la section droite du béton

 fyk limite d’élasticité de l’acier

 fctm résistance moyenne du béton en traction fctm= 0.3 fck2/3 pour fck 50 MP
a
Dispositions constructives minimales
Les dispositions ci-après complètent celles des Règles BAEL, qui demeurent app
licables.

 L’épaisseur minimale des parois est de :


- 15 cm pour les ouvrages de la classe A
- 12 cm pour les ouvrages des classes B ou C.
 Pour les parois de plus de 0.15 m d'épaisseur, il faut prévoir deux nappes d
e treillis
soudés (une sur chaque face). Dans le cas d'ouvrages circulaires à axe vertica
l, la
nappe intérieure ne doit pas comporter plus de la moitié de la section totale
des
armatures horizontales. Les fils constituant l’armature de répartition doivent
représenter une section au moins égale au quart de la section unitaire des fil
s
constituant l’armature principale.

 Le diamètre des fils constituant l’armature principale doit être tel que:
En revanche, en ce qui concerne les fils placés en deuxième lit et constituant
l’armature
de répartition, la seule condition est que leur diamètre ne soit pas inférieur
à 6 mm.

 Pour les parois en contact avec un liquide, l'espacement des fils (E ou e) d


oit être tel
que
é

 La distance libre entre toute génératrice extérieure d'une nappe de treillis


soudé et la
paroi de coffrage la plus voisine doit être au moins égale à :
- 5 cm pour les ouvrages exposés aux embruns et aux brouillards salins
- 3 cm pour le côté mouillé des parois ou pour les parois au contact d'un liqu
ide (par
exemple, eau intérieure et/ou eau extérieure, vin) ainsi que celles exposées
directement aux intempéries et aux condensations.
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2. CALCUL
Dans notre cas il s’agit d’un château d’eau cylindro-tronconique de capacité 2
400m3 et
sur élevé d’une hauteur 26 m au dessus du sol (la hauteur du support est 30m).
L'étude d'un tel ouvrage n'est rien d'autre que l'analyse
et le dimensionnement des éléments constitutifs de sa
structure porteuse.
Nous allons considérer pour notre cas:
- une couverture en forme de plaque
- une cuve cylindrique de hauteur 4m (e=0.2m)
- une ceinture inférieure à la base de la cuve
cylindrique
- une partie tronconique incline d’un angle
45° et de hauteur 8m (e=0.2m)
- deux ceintures d'appui de la cuve sur son
support
- une cheminée de 12m de hauteur, permettant
d'accéder à l'intérieur du réservoir (e=0.2m)
- un support constitué par des colonnes
- un système de fondation par radier général.
Etude de la géométrie et du chargement
Tout plan contenant l’axe de
révolution et un plan de symétrie
d’autre part dans un plan de
symétrie la contrainte tangentielle
est nulle quelque soit le point M.
La pression hydrostatique dans un fluide est la même dans toutes les direction
s et
perpendiculaire à la paroi du réservoir : P =
h= gh ;
- h est la hauteur de l’eau au dessus du point étudié.
Soit w le poids de la superstructure, et P le poids propre par unité de surfac
e tel que
25 KN/m3=2.5t/m3 soit
venant de l’étanchéité.
=3t/m3 pour prendre en compte toute surcharge
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Calcul des efforts internes
Partie cylindrique
Soit l’élément de surface formé par l’intersection de deux méridiens et deux h
orizontal :
Le calcul des armatures horizontales (cerces) se fait par tranche de 1m de hau
teur.
Pour simplifier on considérera une valeur entière arrondie par excès de h haut
eur de la
cuve. Ainsi, harrondie donne le nombre de tranches. Dans chaque tranche, on pr
end pour p
la pression moyenne.
Cuve vide :



Nxx=
Nxx=
;
.
pour
Cuve rempli :


 Nxx=
Nxx=
pour
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Partie conique
Equation d’équilibre :
45°
Cuve vide :



Condition au limite : pour s=
d’où la constante c.
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Cuve rempli :
Soit
Varie entre 0 et 4 m indiquant la hauteur
de l’eau au dessus de la partie conique



Condition au limite : pour s=
d’où la constante c.
Armaturage
Détermination des armatures
N
Tension
(acier)
N
(béton)
0
Compression
Cisaillement
(béton)
0
0
0
0
N
Effort interne dans la membrane (peut être tension ou compression sachant que
le
cisaillement est nul).
La force longitudinale dans l’acier
La force longitudinale dans le béton
La surface de la section transversale des barres d’acier par unité de section
Dans le cas ou N est une force de tension on aura
Pour N une force de compression prise par le béton et l’acier alors soit
; Si cette valeur est inferieure à zéro alors le béton seul
suffit pour résister à cette force de compression si non on a besoin de l’acie
r tel que
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Note
Il est nécessaire de limiter les contraintes dans le béton afin d’éviter l’app
arition de
fissures trop importantes susceptible de nuire à la durabilité de la structure
. Cette
limitation est fonction de la classe d’exposition. L’EC2 indique «Il peut être
pertinent de
limiter les contraintes de compression à une valeur 0.6fck dans les partir exp
osées à des
environnements correspondant aux classes d’exposition XD, XF, ou XS »
L
’ l
l l
l’
b
Espacement des armatures
L’espacement des armatures de béton armé doit permettre une mise en place et u
ne
vibration satisfaisante du béton, afin de garantir ainsi l’adhérence acier/bét
on.
La dimension maximale des granulats doit être adaptée { l’espacement des armat
ures.
Il convient d’adopter une distance libre (horizontalement et verticalement) en
tre barres
parallèles ou entre lits horizontaux de barres parallèles supérieure ou égale
à la plus
grande des valeurs suivantes:

 k1 fois le diamètre de la barre

 (dg + k2) mm

 20 mm
Avec :
– dg dimension du plus gros granulat
–k1 = 1
–k2 = 5 mm.
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Gare Routière - Chapitre 3 : Etude Du Château D’eau
Etude des anneaux
Anneau A
Calculons tout d’abord H et V :
En réalité, cet anneau ne réagit pas tout seul à la force H. Le poids de la st
ructure crée
une force horizontale qui s’oppose { H due au frottement.
Pour plus de sécurité on a négligée cette force de frottement.
La contrainte de compression dans l’anneau sera :
Détermination des armatures
Pour N une force de compression prise par le béton et l’acier alors soit
; Si cette valeur est inferieure à zéro alors le béton
seul suffit pour résister à cette force de compression si non on a besoin de l
’acier tel que
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Gare Routière - Chapitre 3 : Etude Du Château D’eau
Pour h entre ses deux valeurs on procède à une interpolation.
Anneau B
L’anneau circulaire est soumis à une force de tension dans son plan, on peut a
lors le
dimensionner comme étant un tirant.
Calculons tout d’abord H:
En réalité, cet anneau ne réagit pas tout seul à la force H. Le poids de la st
ructure crée
une force horizontale qui s’oppose { H due au frottement.
Pour plus de sécurité on a négligée cette force de frottement.
La contrainte de compression dans l’anneau sera :
Détermination des armatures
1. Calcul d’un tirant à l’état limite ultime :
Effort normal de traction
Section totale des armatures
Contrainte limite des armatures
2. Vérification des contraintes à l’état limite ultime :
On applique la formule
On vérifie que
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3. Calcul d’un tirant à l’état limite de service :
Avec
contrainte dans l’acier tendu
l
4. Armatures définitives :
La section d’armatures à retenir : Ath=Max (As,u ; As,ser)
Les calculs montrent que dans les aciers S400 ou S500, ce sont toujours les EL
U qui sont
dimensionnant d’où nHAØ=A (avec n paire)
5. Vérification des contraintes à l’ELS :
et on vérifie que
6. Vérification de la condition de non fragilité :
On calcule : As= aire totale des armatures = A
Ac = aire de la section droite du béton
fyk = limite d’élasticité de l’acier (acier S500 fyk = 500)
fctm= résistance moyenne du béton en traction
Pour
a. Cas où la maitrise de la fissuration n’est pas requise on vérifie que :
As Ac. fctm/fyk
b. Cas où la maitrise de la fissuration est requise :
On vérifie que As As, min
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Gare Routière - Chapitre 3 : Etude Du Château D’eau
Anneau C
L’anneau simplement appuyé sur n appuies, les distances entre appuis sont asse
z
petites soit l=L/n avec L=2 R alors on peut calculer les moments comme s’il es
t
encastré en n appuies puisque les torsions son nulles (anneau en flexion simpl
e).
(qu=290 KN/m, L=13.82m, l=1.54m)
Détermination des armatures longitudinales
1. Calcul du moment réduit :

 Hauteur utile d=0.9h


 Le moment réduit :
Si
Si
Avec
Pour acier S500
Dans notre cas
alors on n’a pas besoin d’acier comprimé (voir calcul)
5. Calcul de
6. Calcul du bras de levier Zc :
7. Calcul de la section des armatures :
8. Vérification du pourcentage minimum :
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Les supports
Calcul des sollicitations:
G : charge permanente + poids propre
G=Ng+PP
PP= densité du béton hauteur section
Q : charge d’exploitation = Nq
Combinaison d’actions aux ELU : Ned=1.35G+1.5Q
Dimensionnement de la colonne
Utilisons la force critique d’Euler pour déterminer la section de la colonne p
ortant la
structure.
On doit avoir Ned<Fcr
(Soit un béton tel que fc28=30 MPa alors E=33GPa)
Nser =1.8 MN/ml
Ned = 2.5 MN/ml
Ned<<< Fcr
Remarque : on a choisit ses dimensions pour des raisons de stabilité sismique.
Détermination des armatures longitudinales
a. Calcul de l’élancement :
4. Calcule de la longueur de flambement : L0=2L= 2 30=60 m
5. Calcul du rayon de giration :
i=



tel que I est le moment d’inertie et B la section
Pour une section circulaire avec de= 8m et di=7.2 m alors
Alors ic=2.691
Pour
6. Calcule de l’élancement :
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=9.55 et I=69.15 m4
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b. Détermination du coefficient :
Le coefficient de flambement du poteau
3. Pour une section circulaire
Alors on obtient
c. Calcule des armatures en compression :
La section des armatures comprimées à mettre en place s’obtient à partir de la
formule
suivante :
Avec :
Section du béton
Soit dans ce cas ks=1 et kh=1
Alors le béton suffit seul à résister à cette force, on a besoin d’acier minim
al.
d. Armatures minimales :
Les armatures minimales pour un élément en compression simple sont définies pa
r :
Soit 302
pour toute la colonne
Note
De même pour la colonne intérieure de section 20cm et hauteur 30m on obtient
Ned= 9MN <<< Fcr
Le calcul montre qu’on a besoin de
en total
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Détermination des armatures transversales
En zone courante, le diamètre et l’espacement des aciers transversaux doivent
vérifier
les règles suivantes :
Soit
Soit
Il convient de réduire l'espacement maximal exigé si dessus par un facteur de
0,6 :
o dans les sections situées à une distance au plus égale à la plus grande dime
nsion de la
section transversale du poteau ; ces sections peuvent se trouver au-dessus ou
audessous d’une poutre ou d’une dalle ;
o dans les zones de recouvrement d’armatures, si le diamètre maximal des barre
s
longitudinales est supérieur à 14 mm. Un minimum de 3 barres transversales
régulièrement disposées dans la longueur de recouvrement, est nécessaire.
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G=P0+Gd*S Action variable: Q= Q*S=0.5*S Charge de service : N=G+Q Charge ultime :


Nu=1.35G+1.5Q En ..