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Réseaux numériques étendus et services Master RMST

Chapitre 1

Technologie des réseaux étendus

I.1 Généralités
Les réseaux étendus (ou WAN, Wide Area Network) se consacrent à l'échange d'informations
sur de vastes aires géographiques. Ils sont, comme vous l'avez peut-être appris à propos de
l'Internet, concernés par l'évolutivité - la capacité à s'accroître pour s'adapter au nombre
d'utilisateurs du réseau et à répondre aux requêtes que ceux-ci adressent à ses ressources. Un
réseau étendu - qui dépend de télécommunications pour couvrir de grandes distances - est
généralement affecté d'un débit plus lent, de plus longs délais et d'un plus grand nombre d'erreurs
qu'on en trouve généralement sur un réseau local. Mais il est aussi le moyen le plus rapide et le plus
efficace aujourd'hui disponible pour transférer des données informatiques.
Auteur : Dr. H. Zerrouki

I.2 Présentation des réseaux étendus


Sur un point au moins, les réseaux étendus se définissent par leurs méthodes de transmission
des paquets de données. Certes, les moyens de communication doivent déjà être en place. Sans
doute encore, les réseaux locaux le constituant doivent être opérationnels. De plus, des
administrateurs réseau doivent pouvoir surveiller son trafic, prévoir sa croissance et soulager les
goulots d'étranglement. Mais, au final, une partie essentielle de ce qui constitue un réseau étendu

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tient à sa capacité à livrer des paquets de données d'un endroit à un autre, quelle que soit la
structure en place. À lui de déplacer ces paquets rapidement et sans erreur, en livrant leurs données
dans l'état exact où les a placées l'expéditeur, même s'ils doivent passer par de nombreux réseaux
intermédiaires afin d'atteindre leur destination.

Imaginez un instant un vaste réseau comportant de nombreux sous-réseaux, chacun avec de


nombreux utilisateurs individuels. Pour ces derniers, ce vaste réseau est (ou devrait être) transparent
- fonctionnant si bien qu'il semble invisible. Ils ne savent pas, et ne se préoccupent pas de savoir, si
les informations dont ils ont besoin sont sur le serveur A ou le serveur B, si leur interlocuteur se
trouve dans la ville A ou dans la ville Y, ou si le réseau sous-jacent exécute tel protocole ou tel autre.
Ils souhaitent que le réseau fonctionne et que leur demande d'informations soit satisfaite
correctement, avec efficacité et aussi vite que possible.

Imaginez maintenant la même situation du point de vue du réseau. Il "voit" des centaines, des
milliers, peut-être même des dizaines de milliers d'ordinateurs ou de terminaux, des myriades de
serveurs de toutes sortes - d'impression, de fichiers, de courrier, d'autres encore offrant un accès à
l'Internet-,sans oublier différents types d'ordinateurs, de passerelles, de routeurs et de périphériques
de communication. En théorie, n'importe lequel de ceux-ci peut communiquer avec un autre ou lui
transmettre des informations. Tout PC, par exemple, peut décider d'accéder à l'un des serveurs du
réseau, qu'il se trouve dans le même bâtiment ou dans un autre pays. Pour compliquer davantage
les choses, il peut arriver que deux PC tentent d'accéder au même serveur et à la même ressource en
même temps. Naturellement, il est bien improbable qu'un nœud, sur le réseau, soit le seul actif à
tout moment donné, même aux heures les plus sombres et froides de la nuit.

Ainsi, en théorie et en pratique, ce réseau étendu doit-il interconnecter des milliers ou des
centaines de milliers de " points" individuels du réseau, en les reliant de façon temporaire mais à la
demande. Comment parvient-il donc à faire circuler des données qui vont du simple courrier
électronique aux larges (en termes d'octets) documents, voire aux grands graphiques, aux fichiers
son, etc., alors même que le nombre d'interconnexions possibles entre nœuds donne le vertige ? La
solution réside dans le routage, qui sollicite plusieurs technologies de commutation.

I.3 Les technologies de commutation


La commutation de quelque type que ce soit met en jeu le déplacement de quelque chose à
travers une série d'étapes intermédiaires, ou segments, plutôt que par déplacement direct d'un
point de départ à un point d'arrivée. Les trains, par exemple, peuvent changer de voie, au lieu de
toujours rouler sur la même, et atteindre quand même la destination prévue. La commutation dans
les réseaux fonctionne un peu de la même façon : au lieu de dépendre d'une connexion permanente
entre la source et la destination, elle s'appuie sur une série de connexions temporaires, qui relaient
des messages de station en station. Elle sert aux mêmes fins que la connexion directe, mais met plus
efficacement en œuvre les ressources de transmission.

Les réseaux étendus (et les réseaux locaux, tels Ethernet et Token Ring) dépendent d'abord de
la commutation de paquets, mais ils font aussi usage de la commutation de circuit, de la
Auteur : Dr. H. Zerrouki

commutation de message et, depuis peu, de la technologie de commutation de paquets à grande


vitesse, connue sous l'appellation de relais de cellules (cell relay).

I.3.1 Commutation de circuit


La commutation de circuit correspond à la création d'une connexion physique entre
l'expéditeur et le destinataire, conservée tant que les deux parties doivent communiquer. Pour
qu'elle se produise, la connexion doit naturellement être installée avant qu'une communication ne

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puisse survenir. Une fois en place toutefois, expéditeur et destinataire sont sûrs de disposer de toute
la bande passante qui leur est attribuée pour la durée de leur connexion.

Dans la figure ci-dessus, les paquets P1, P2 et P3 sont nécessairement reçus dans l'ordre dans
lequel ils ont été émis. Si un circuit de communication est rompu, toutes les données présentes sur
ce circuit sont perdues et toute communication est impossible tant qu'un nouveau circuit n'a pas été
établi.

Bien qu'expéditeur et destinataire aient à respecter la même vitesse de transfert des données, la
commutation de circuit permet une vitesse de transmission constante (et rapide). Son principal
inconvénient réside dans le fait que toute bande passante inutilisée est, précisément, inutilisée.
Comme la connexion est réservée aux deux parties communicantes, la bande passante inutilisée ne
peut être " empruntée" par aucune autre transmission.

La forme la plus commune de la commutation de circuit se produit dans le plus familier des
réseaux, le système téléphonique. Elle intervient aussi dans certains réseaux. Les lignes RNIS
aujourd'hui disponibles, appelées RNIS à bande étroite, et le type de ligne T1 appelée T1 commuté
constituent deux exemples de technologies de télécommunication à commutation de circuit.

I.3.2 Commutation de message


À la différence de la commutation de circuit, la commutation de message ne fait pas appel à
une connexion directe entre l'expéditeur et le destinataire. Lorsqu'un réseau y a recours, l'expéditeur
peut enclencher une transmission - après l'avoir correctement adressée - lorsqu'il l'entend. Ce
message est ensuite routé par des stations intermédiaires, éventuellement par un ordinateur central
du réseau. En cours de route, chaque intermédiaire l'accepte en son entier, en examine l'adresse,
puis le fait suivre vers la partie suivante, qui peut être un autre intermédiaire ou le nœud de
destination.
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L'aspect particulièrement remarquable du réseau à commutation de message, qui est en fait


l'une de ses fonctionnalités distinctives, tient à ce que les intermédiaires ne sont pas dans
l'obligation de faire suivre immédiatement les messages : ils peuvent les conserver. Tel est l'un des
avantages de la commutation de messages. Comme les stations intermédiaires peuvent attendre
l'occasion de transmettre, le réseau est à même d'éviter ou, tout au moins, de réduire ses moments
d'engorgement ; il dispose aussi d'un certain contrôle sur l'usage efficace des lignes de
communication.

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I.3.3 Commutation de paquets


La commutation de paquets, bien qu'elle soit elle aussi impliquée dans le routage des données
au sein de réseaux locaux tels que Ethernet et Token Ring et entre eux, forme aussi la colonne
vertébrale du routage des réseaux étendus. Ce n'est pas l'autoroute sur laquelle voyagent les
paquets de données, mais un système de répartition : dans une certaine mesure, elle constitue les
containers du cargo qui transporte les données d'un endroit à un autre. En un sens, c'est le service "
Colissimo" d'un réseau étendu.

Dans la commutation de paquets, toutes les transmissions sont divisées en unités, les paquets,
dont chacune d'entre elles contient des informations d'adressage qui identifient à la fois le nœud de
la source et celui de la destination. Ces paquets sont ensuite routés par différents intermédiaires,
appelés PSE (Packet Switching Exchanges), jusqu'à ce qu'ils atteignent leur destination. À chaque
arrêt le long du trajet, l'intermédiaire inspecte l'adresse de destination du paquet, consulte une table
de routage, puis le fait suivre, à la plus grande vitesse possible, jusqu'à la prochaine liaison de la
chaîne menant au destinataire.
Auteur : Dr. H. Zerrouki

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Lorsqu'ils circulent de liaison en liaison, les paquets sont souvent transportés sur ce que l'on
désigne par les termes circuits virtuels - allocations temporaires de bande passante sur lesquelles les
stations émettrice et destinataire communiquent, après s'être mises d'accord sur certaines règles de
base, telles que la taille des paquets, le contrôle du flux et le contrôle d'erreur. Ainsi, à la différence
de la commutation de circuit, la commutation de paquets n'immobilise généralement pas une ligne
indéfiniment, pour le seul bénéfice de l'expéditeur et du destinataire. Les transmissions n'exigent
que la bande passante nécessaire pour faire suivre un paquet quelconque et, comme la
commutation de paquets est aussi basée sur le multiplexage des paquets, de nombreuses
transmissions peuvent être simultanément entrelacées sur le même moyen de transport.

I.4 Services non orientés connexion ou orientés connexion


Ainsi, les réseaux à commutation de paquets transfèrent des données sur des trajets variables
dans de petits conteneurs, appelés paquets. Comment effectuent-ils en fait la connexion entre
expéditeur et destinataire ? Le premier ne peut simplement supposer que le paquet trouvera son
chemin jusqu'à la destination correcte. Il faut qu'existe une espèce de connexion - un type de liaison
entre l'expéditeur et le destinataire. Celle-ci peut se fonder sur des services sans connexion (non
orientés connexions), ou des services orientés connexions, selon le type de réseau à commutation de
paquets en jeu.

• Dans un service non orienté connexion, si on peut parler ainsi, aucune liaison de
communication effective n'est établie entre expéditeur et destinataire avant que ne puissent
être transmis des paquets. Chaque paquet transmis est considéré comme une unité
indépendante, sans relation avec une autre. De ce fait, les paquets constituant un message
peuvent être routés sur différents parcours pour atteindre leur destination.

• Dans un service orienté connexion, la liaison de communication est établie avant la


transmission des paquets. De ce fait, les paquets d'un message suivent tous la même route
jusqu'à leur destination. En établissant la liaison entre l'expéditeur et le destinataire, un
service orienté connexion peut faire usage soit de SVG (Switched Virtual Circuits ou Circuits
virtuels commutés), soit de PVC (Permanent Virtual Circuits ou Circuits virtuels permanents) :

• Le recours à un circuit virtuel peut se comparer à un appel téléphonique. L'appelant se


connecte à l'ordinateur de l'appelé ; ils échangent des informations, puis terminent la
connexion.

• Le recours à un circuit virtuel permanent, pour sa part, rappelle plutôt l'usage d'une ligne
spécialisée. Elle demeure disponible à tout moment, même lorsque aucune transmission n'y
intervient.

I.5 Types de réseaux à commutation de paquets


Comme vous l'avez vu, le transfert des données par paquets est ce qui définit un réseau à
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commutation de paquets. Mais ce n'est là qu'énoncer une évidence, qui ne tient pas compte des
différences possibles entre les divers types de réseaux appliquant cette technologie. Ainsi, un réseau
à commutation de paquets peut-il être de type X.25, à relais de trame, ATM (Asynchronous Transfer
Mode ou Mode de transfert asynchrone), etc.

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