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Sujet : Le rôle de l’État dans une économie ouverte

Une économie ouverte, largement pratiquée aujourd’hui, se présente


comme interagissant librement avec les autres économies, c’est-à-dire
pratiquant les échanges avec les autres pays. Le degré d’ouverture de
l’économie se mesure par le rapport des exportations au PIB (ou la
moyenne des importations et exportations au PIB). Avec la globalisation,
le taux d’ouverture des principales économiques (ÉCONOMIES) est
toujours plus significatif, lequel semblerait empiriquement favorable à la
croissance économique. En 2008, la France présentait un taux de 30%
alors qu’aux États-Unis il plafonnait à 15%, tandis que la Belgique se
voyait extrêmement dépendante de la conjoncture mondiale avec un taux
de 87%. Cependant, cette situation libertaire (EXPRESSION
MALADROITE DANS CE CONTEXTE) ajoutée à la liberté des marchés
peut également susciter des craintes et engendrer des risques, ce qui
conforte une certaine position étatique dans une économie même ouverte.

L’économie est alors soumise à deux types de lois : celle de l’offre et la


demande (loi du marché) et celles prises par l’État. Toute la difficulté
réside alors dans leurs mises en œuvre respectives sur un même domaine.

L’État, dans ce contexte marqué de commerce international, ne peut


plus prétendre au rôle qui fut le sien sous l’ère interventionniste
(d’inspiration keynésienne), le libre marché empêchant une telle
implication. Mais au titre d’autorité souveraine émanant de la volonté du
peuple dans les démocraties libérales, il lui reste tout de même conférée
une participation importante à prendre dans la vie économique. Reste à
connaître la mesure de cette contribution, dont tout l’enjeu est résumé
par Paul Valery dans la phrase : «Si l’État est fort, il nous écrase, s’il
est faible, nous périssons».

Quels sont, à présent, les contours de l’activité économique de l’État


face à une ouverture grandissante de ce domaine ? L’acteur étatique
bénéficie-t-il d’une légitimité dans ses interventions économiques ? Quels
en sont les apports dans l’optique d’une conciliation avec la liberté du
marché ?

Ainsi, bien que l’on assiste à un désengagement étatique de la sphère


productive consécutif à la libéralisation des marchés dans une économie
ouverte (I), il n’en demeure pas moins que l’État jouit malgré tout d’un
rôle économique toujours important sous des formes aujourd’hui
distinctes et variées (II).

Le libéralisme économique est désormais une réalité indéniable ayant


progressivement entraîné l’effacement (À NUANCER) de l’État dans ce
domaine au profit d’un marché supposé «autorégulateur» et disposant de
mécanismes suffisant à son fonctionnement.

I. L’économie ouverte : le «tout pouvoir» au libre marché.

De nombreux auteurs ont théorisé le phénomène de libéralisation des


marchés au commerce(s) extérieur(s), insistant sur la nécessité de
laisser ce système à ses propres dispositifs et/ou instruments (A), d’où
une neutralité indispensable concourant au recul de l’État dans le marché
(B).

A. Les lois du marché, gouvernantes de l’économie ouverte.

1. Théories libérales du marché.

L’idée d’un marché autorégulateur est ancienne et nombreux sont les


économistes qui ont établi diverses hypothèses afin d’en démontrer le
bon fonctionnement. Il est courant de rattacher ces conceptions à la
pensée classique et néoclassique, adepte(s) du libéralisme économique.

Chef de file de ces tenants d’une thèse libérale, Adam Smith


(britannique, 1723-1790, Recherches sur la nature et les causes de la
richesse des Nations, 1776) pose que l’État doive (DOIT) être réduit à
un degré d’intervention minimum (activités régaliennes) en incitant la
doctrine du «laisser faire / laisser passer» et démontrant par la théorie
de la «main invisible» que les avantages procurés par le marché pour les
intérêts privés concourent à l’aboutissement de l’intérêt général. Ainsi,
l’économie ouverte doit donc être soumise aux seules règles du marché,
sans aucune autre intervention extérieure.

Cette primauté du marché est également défendue par David Ricardo


(1772-1823) notamment dans son ouvrage Des principes de l’économie
politique et de l’impôt (1817) dans lequel il énonce la théorie des
avantages comparatifs selon laquelle le libre-échange est mutuellement
avantageux (économiquement) pour les pays qui commercent entre eux
(c’est-à-dire dans une économie ouverte).

Les néoclassiques ont, pour leur part, insisté tant sur la théorie de
l’équilibre général généréE par le marché lui-même, que sur la rationalité
des acteurs grâce à la coordination supposée parfaite de leurs actions
par le seul biais du marché conduit à la meilleure situation possible
(notamment Léon Walras, 1834-1910 et Vilfredo Pareto, 1848-1923).
(PHRASE CONFUSE)

2. La pratique effective d’une économie ouverte. (REVOIR LE


TITRE : UNE ÉCONOMIE OUVERTE NE SE «PRATIQUE» PAS ;
PRÉFÉRER : LE FONCTIONNEMENT D’UNE ÉCONOMIE OUVERTE)

Ainsi, l’ensemble de ces raisonnements se synthétisent dans la thèse


selon laquelle les interactions économiques aboutissent à la formation d’un
«ordre spontané» ; dès lors, l’intervention de l’État dans le
fonctionnement de l’économie doit être minimale voire nulle. Il convient
d’observer néanmoins la marche réelle de ces échanges internationaux qui
permettent l’appellation d’ «économie ouverte» pour examiner si le
marché subvient concrètement aux besoins qui sont les siens.

La multiplication des échanges commerciaux internationaux se


présente comme la principale caractéristique d’une économie dite
«ouverte» (par opposition à une économie de type «fermée» qui
fonctionne en autarcie). La réalisation de ces différents commerces
suppose donc une totale liberté dans la marge de manœuvre des acteurs
économiques, notamment les entreprises ou firmes multinationales.
La libéralisation du marché se retrouve donc notamment dans la
dénonciation des pratiques de contrôle des prix (bien qu’elles soient
toujours actives pour certains domaines), la flexibilité des salaires et
surtout la loi de l’offre et de la demande. Celle-ci est un des éléments
essentiels expliquant le fonctionnement d’une économie de marché (donc
ouverte). Elle indique comment se concilient, par arbitrage du marché
lui-même, les intérêts apparemment contradictoires des offreurs et des
demandeurs. Le niveau de prix détermine alors un équilibre qualifié de
stable et vers lequel des mécanismes automatiques du marché tendront
lors d’un éventuel éloignement.

Dès lors, ces développements sembleraient confirmer la conception


d’une économie libre de ses mouvements et sans contrainte ni
intervention étatique.

B. Evolution du rôle de l’État : vers un recul des activités


économiques

1. Bref historique récent de la vocation économique étatique.

Tout au long du XXème siècle, l’État a vu sa place au sein de


l’activité économique croître pour parfois être perçue comme
indispensable. Ses interventions étaient largement justifiées par le
contexte factuel (crises économiques et/ou sociales, conflits armés…), à
savoir par les nécessités de résoudre ces sérieux problèmes que,
manifestement, l’économie de marché ne pouvait pas solutionner
spontanément. Progressivement, il a ainsi été dévolu à l’État le rôle de
corriger les imperfections du marché et de réguler le fonctionnement
général de l’économie. Les théories keynésiennes développées dans les
années 1930 trouvaient ici une application concrète, de même que l’idée
d’un État régulateur des mécanismes du marché découvrait ici un
fondement conceptuel ne remettant pas en cause les grands principes sur
lesquels se sont développées les économies occidentales.

Mais l’utopie interventionniste d’un État «gendarme des marchés» ne


dura qu’un temps, et le poids important des prélèvements obligatoires
ajouté à l’échec relatif des politiques économiques d’inspiration
keynésienne depuis la fin des années 1960 ont conduit à une remise en
cause du bien fondé du rôle régulateur de l’État. La décennie 1970
marque l’entrée en crise de «l’État-providence» et apparaît le constat
d’une triple inflexion du rôle économique de l’État. Tout d’abord, la
légitimité de l’action de l’État a été sérieusement remise en cause
(notamment par les économistes de l’École des choix publics) en
particulier concernant l’intérêt réel des actions publiques qui sont souvent
critiquées pour ne pas concourir effectivement à l’intérêt général.
Ensuite, l’efficacité de l’action économique a été contestée
(ralentissement de la croissance à partir de 1973, premier choc pétrolier
; gestion des entreprises publiques…) Enfin, la mondialisation a imposé à
l’État de renoncer à certains instruments comme le blocage des prix, les
changes ou autres, (QUELS AUTRES ? ; EXPRESSION À ÉVITER) qui
pouvaient être confiés à une autorité supranationale (Union Européenne).

2. Les conséquences pratiques d’un État en position de retrait

L’État ne peut donc plus prétendre à une fonction de régulation du


marché puisque ses mécanismes combinés à la mondialisation économique
évitent toute intervention étatique. En effet, l’époque n’est plus à la
pratique de l’interventionnisme mais, à l’inverse, dévoile une activité
moindre en raison de prérogatives économiques déclinantes tant
quantitativement que qualitativement dans un modèle d’économie ouverte.

D’une part, et contrairement à la période postérieure à la Seconde


guerre mondiale, actuellement les privatisations répondent aux
nationalisations des précédentes décennies. Les exemples sont quasiment
aussi nombreux qu’il existe d’entreprises dites publiques, cette catégorie
voit son effectif se réduire au fur et à mesure que l’État décide de les
ouvrir à la concurrence en les insérant dans le domaine privé. A titre
d’illustration, EDF (Électricité de France) de même que GDF (Gaz de
France) ont été les représentations les plus médiatisées de cette
privatisation, caractéristique du retrait (DÉSENGAGEMENT) de l’État
de la sphère économique.
D’autre part, l’État ne contrôle plus autant les éléments du marché. Les
prix fluctuent au gré de la loi de l’offre et de la demande, en fonction
des activités, des productions autres phénomènes naturels de l’économie.
Le prix d’équilibre (point E) résulte de la combinaison de différents
facteurs qui ne prennent plus en compte les influences étatiques
aujourd’hui quasiment nulles. De même, l’État n’intervient plus sur le
niveau de production, celui-ci étant librement déterminé par les acteurs
économiques privés (ménages, entreprises) au gré des données
économiques résultant du libre marché.

Malgré cette vision libérale (schéma établi d’un marché


autorégulateur) et l’ensemble de ces remises en cause, l’État n’a jamais
réellement disparu du fonctionnement global du marché, en ce sens
notamment que les attentes à son égard n’ont pas diminué.

II. La présence actuelle de l’État dans ses fonctions économiques.

Au-delà de tous ces éléments, l’État, considéré comme l’émanation de


la volonté des citoyens, ne peut pas être subordonné aux lois naturelles
de l’économie, et à l’heure actuelle, il continue d’intervenir de manière
conséquente dans ce domaine. La différence réside dans ses moyens
d’action, qui malgré certains pans purement économiques (A), sont le
reflet d’une connotation davantage sociale ou politique (B).

A. Les motivations économiques de l’intervention étatique.

1. Une relative assistance dans le fonctionnement du marché.

La ligne conductrice réside ici dans l’idée qu’il n’existe pas de


processus avéré tendant à un équilibre spontané du marché. L’État serait
alors indéniablement amené à intervenir par divers outils, à un degré
toutefois moindre que celui antérieur.

Le premier d’entre eux relève de la correction de certains


mécanismes mercatiques (PRÉCISER LES SENS !)qui ne suffisent pas à
assurer une stabilité des marchés. Ce concours étatiques est alors de
trois ordres : les biens collectifs, les externalités et les rendements
croissants. Les biens publics désignent ceux pour lesquels il n’y a pas
d’exclusion possible, ni de rivalité (éducation, santé) : l’État se doit de
garantir ces secteurs exhaustivement limités, eu égard à leur
particularité. Les externalités reflètent ces phénomènes … Enfin, les
rendements croissants sont liés à l’existence de coûts fixes hauts
(comme pour les activités de réseaux, gaz, électricité…), ce qui empêche
d’appliquer le tarif au coût marginal, d’où l’intervention étatique qui peut
souvent générer des monopoles naturels.

Ces trois contextes de défaillance du marché légitiment l’intrusion de


l’État pour y remédier. (IL FALLAIT PLUS DÉVELOPPER CES TROIS
POINTS)

Par ailleurs, l’État peut dans certains domaines définis pratiquer une
politique de contrôle des prix, avec des instruments tels que les prix
plafonds (maximum légal auquel un bien ou un service peut être vendu) ou
les prix planchers (minimum légal auquel un bien ou un service doit être
vendu). Ces moyens sont souvent utilisés dans des domaines où une
égalité entre (LES) citoyens doivent bénéficier d’une égalité dans l’accès
à ce marché particulier (notamment les soins hospitaliers).

2. Les instruments financiers de l’intervention étatique.

L’État dispose de divers dispositifs pour intervenir, une fois encore,


dans l’économie ouverte des marchés.

D’une part, les institutions de l’État participent également à la


réalisation d’une économie ouverte par la fiscalité (qui relève
exclusivement de leur domaine) en recouvrant les taxes indirectes ou
prélèvements obligatoires qu’elles imposent. Ces éléments ne peuvent en
effet pas être négligés dans une économie ouverte bien que soumise aux
lois du marché, influençant nécessairement les comportements des agents
économiques qui, avant d’agir, consommer ou produire, peuvent être
amenés à réfléchir en termes de coût fiscal.

D’autre part, la politique monétaire n’est pas sans conséquence sur le


fonctionnement du marché. Bien que désormais géréE par les instances
de l’Union européenne dans le cadre de la France, nombreux sont les
pays qui régissent eux-mêmes les données monétaires avec notamment la
question des taux de change. (IMPRÉCIS) L’ensemble de ces manœuvres
(EXPRESSION MALADROITE) produit évidemment des retombées
économiques importantes sur le marché, puisque la quantité de monnaie
en circulation influence indéniablement les éléments de l’économie
pourtant ouverte, particulièrement au niveau de l’inflation des prix.

L’État, dans ses participations au marché, n’a pas seulement une


vocation économique : sa fonction peut également tendre vers d’autres
objectifs moins mercantiles et davantage axée (AXÉS)sur les individus
et leurs différences.

B. L’immixtion étatique à destination sociale et politique.

1. Le but social de l’intervention étatique.

Face à un environnement économique certes libre mais complexe et en


mutation toujours plus rapide, les agents économiques demandent à l’État
de préparer mieux l’avenir, c’est-à-dire qu’il y ait moins d’incertitudes.
Cette attente se retrouve spécifiquement au niveau des (POLITIQUES ?)
d’éducation, de sécurité sociale ou encore de coordination des initiatives
privées.

Outre cette préoccupation du futur, les citoyens peuvent également


réfléchir à plus court terme : l’État doit remplir son rôle de garant de
l’égalité.

Pour ce faire, les institutions étatiques centrales et locales disposent


de moyens ciblés et mettent en œuvre des objectifs qui concourent à une
certaine impression de «justice sociale». (LE MOT «IMPRESSION» EST
MAL CHOISI) En premier lieu, l’État assume la fonction de
redistribution des richesses, notamment par le mécanisme des
prélèvements obligatoires que les institutions étatiques répartissent
entre les individus, particulièrement aux citoyens les plus défavorisés.
C’est ainsi qu’apparaît le second but des interventions étatiques :
corriger les inégalités, au travers d’instruments qui permettent
d’accorder aux plus démunis une part supplémentaire de la richesse
produite pour subvenir à une partie de leurs besoins.

Ainsi, en dépit des contestations dont elle a pu faire l’objet tout au


long du XXème siècle, l’intervention de l’État demeure primordiale dans
les économies développées ouvertes spécialement par les incitations
qu’elle peut créer. L’État moderne est celui qui, par ses dépenses, peut
orienter les décisions des agents économiques.

2. Les orientations politiques des interventions de l’État.

Le cadre étatique peut également permettre de définir et délimiter


certaines questions politiques sujettes à des (DE) nombreuses difficultés
pratiques ne pouvant être solutionnées par les mécanismes naturels du
marché.

La politique agricole en est la parfaite illustration : face au contexte


laborieux (EXPRESSION À REVOIR) de ce domaine, l’intervention
étatique est devenue une nécessité indispensable et fondamentale pour
assurer à cette catégorie socioprofessionnelle des revenus minimaux pour
subvenir aux besoins primaires. Par ailleurs, l’Union européenne prend
également une large part dans cette intervention au titre de la PAC
(Politique Agricole Commune). Diverses raisons légitiment cette action,
telles que la fluctuation des prix (les prix des produits agricoles sont
sujets à d’importantes fluctuations) qui suscitent de nombreux effets
négatifs caractérisés notamment par le fait que les revenus agricoles
varient fortement d’une année à l’autre. Par ailleurs, certaines années
les prix sont très hauts ce qui pénalisent donc les consommateurs, ainsi
également concernés par la politique agricole. Dès lors, outre la baisse
du pouvoir d’achat des agriculteurs, les pouvoirs publics sont soucieux de
permettre à l’ensemble des acteurs économiques une prédiction et une
anticipation plus aisées des prix et des productions agricoles, ainsi que
d’éviter une baisse des investissements de la part des agriculteurs ce qui
risquerait de réduite l’efficacité du secteur à long terme.

Enfin, les interventions étatiques trouvent un terrain d’expression


particulièrement propice aux commentaires dans l’élaboration et la mise
en œuvre des budgets publics : en effet, l’État inscrit dans ce(s)
budget(s) les dépenses publiques auxquelles il se soumettra, permettant
ainsi d’observer quelles (QUELS)sont les domaines d’intervention de
l’État, au titre des crédits qu’il engagent (ENGAGE)dans l’adoption de la
loi de finances notamment.

L’économie ouverte favorise ainsi la liberté du marché qui est régi en


grande partie par ses lois dites «naturelles» pour réguler ses
mouvements. Toutefois, si l’État ne dispose plus d’un rôle aussi
conséquent et prégnant que quelques décennies auparavant,
(ATTENTION AU FRANÇAIS) ses interventions, même moindres,
demeurent et semblent prendre une vocation plus incitative que directive.

Le rôle économique de l’État subsiste donc, et ces interventions


peuvent rappeler la question de la dette publique, en ce sens que
certains moyens étatiques sont strictement financiers et risquent donc
de creuser cette préoccupation vis-à-vis de l’argent public.