Vous êtes sur la page 1sur 5

LEÇON 1 : GÉNÉRALITÉS DU VERBE

Introduction

[Dossier 1]

Le verbe est l’expression, le résumé et le symbole de la communication. Il s’agit du noyau de la


phrase, du noyau verbal face au noyau nominale.

Disciplines qui approchent l’étude du verbe :

- La stylistique est un autre point qui touche la justification de l’emploi du verbe.


- Linguistique. Du côté de la linguistique, nos études de celle-ci peuvent être
synchroniques (on étudie un moment de l’histoire) ou diachroniques (dans
différent moments)
- Lexicographie : étude du dictionnaire
- Lexicologie : étude du vocabulaire.
- La sémantique touche le plan du sens de chaque mot.

« Être » et « avoir » sont des verbes utilisés comme auxiliaires pour former les temps
composés mais ce n’est pas leur seul usage.

Le verbe « être » peut être utilisé comme :

1. Verbe plein :

Ex : il est mexicain : le verbe être représente l’existence

2. Verbe copule attributif : quand il introduit l’attribut


Ex : Je suis française/je suis brune : verbe copule attributif

* D’autres verbes attributifs sont paraître et sembler, ce sont des verbes


d’états
3. Auxiliaire pour former les temps composés.
a. Les verbes qui impliquent un changement de localisation dans l’espace et
sont intransitifs utilisent l’auxiliaire « être ». Cela provient de la grammaire
des anciens. L’espace et le temps sont les coordonnées fondamentales
ainsi que la communication avec les autres. Le roi de l’expression du temps
est le verbe.
b. Les verbes pronominaux se construisent aussi avec l’auxiliaire « être » :

- Réfléchi : On fait l’accord du participe passé avec le COD s’il est placé
avant le verbe

Ex : Nous nous sommes regardées dans la glace réfléchi


- Réciproques : On fait l’accord du participe passé avec le COD s’il est
placé avant le verbe

Ex : Nous nous sommes regardées  sujet féminin pluriel. On fait


l’accord avec le COD, c’est-à-dire=nous. Verbe pronominal réciproque

Nous nous sommes donné la main  verbe pronominale réciproque et


le COD est placé après, donc pas d’accord

- A sens passif on fait l’accord du participe passé avec le sujet

Ex : Les livres se sont vendus vendre à la forme pronominale à sens


passif. Le sujet est inanimé. Temps : passé composé. Mode : indicatif.
Personne : 3ºpp. Participe passé : accord avec le sujet qui est masculin
pluriel

- Verbes essentiellement pronominaux qu’on ne peut utiliser qu’à leur


forme pronominale :

Ex : s’enfuir et s’évanouir : Elle s’est évanouie s’évanouir. Forme


essentiellement pronominale au passé composé de l’indicatif à la 3ºps. Accord
avec le sujet qui est féminin singulier

Ou qui ont un sens différent à la forme pronominale que le verbe à la


forme non pronominale

Ex : douter /se douter : Il doute de mon amitié /je me doute qu’il viendra
aujourd’hui  ces deux verbes ont des sens contraires, il s’agit d’une
modification sémantique mais ils ont aussi une importance morphosyntaxique
puisque la forme a une répercussion sur le sens.

Il faut faire l’accord avec le sujet ou le COD.

4. Etre peut aussi s’utiliser pour faire la forme passive.

Il y a des catégories grammaticales qui actualisent le verbe et le procès que celui-ci exprime.

A. PERSONNE

(Fiche de lecture 1. Émile Benveniste chercher « personne » dans la table des


matières.FR126 FR127.)

La personne est le premier actualisateur du verbe. Il y a trois personnes :

- La 1ère personne : celle qui parle, non personne puisqu’elle se personnalise.


- La 2ème personne : celle à qui on parle
- La 3ème personne : celle dont on parle. On peut s’en servir pour faire la
différence entre discours et récit, mais aussi les temps verbaux car certains ne
s’utilisent que pour le récit ou le discours.

Ex : passé simple ne s’utilise que pour le récit.

*Le temps verbal est lié à la personne comme question stylistique.


B. NOMBRE.

Catégorie de la syntaxe (enchainement des éléments dans la phrase) et de la sémantique qui


sert pour la désinence des verbes et des participes passés. Il a une incidence sur la
morphologie.

C. FORMES.

La voix est la façon dont on exprime un procès, actif ou passif ou encore la voix pronominale.
Cette dernière est intermédiaire entre les deux précédentes.

La diathèse verbale c’est la voix, la forme. Quand on passe de la forme active à la forme
passive, il s’agit d’un changement de diathèse, changement de connexion entre l’actant et le
procès, le sujet et l’objet. Les actants sont le sujet et l’objet.

- Voix active : le sujet fait l’action


- Voix passive. Le sujet subit l’action
- Voix pronominale : le verbe se conjugue avec le pronom personnel de la même
personne que le sujet

Ex : Je lave la cour  la cour est lavée par le concierge = changement de diathèse

Nous nous sommes regardés : actant sujet : 1ºnous, actant objet : 2ºnous.

D. TEMPS.

-présent. Moment de l’énonciation. L’action s’accompli

-futur : l’action reste à accomplir

-passé : L’action a été accomplie

 Imparfait. Action non accomplie, non finie. Habitude dans le passé


 Passé simple. Action accomplie. Temps du récit littéraire.
 Passé composé. Relation avec l’aspect. Action accomplie mais en
rapport avec le présent
 Passé antérieur. Utilisé presque toujours avec le passé simple. Registre
hyper-soigné.
 Plus-que-parfait. Action accomplie avant une autre. Il remplace le
passé simple.

Il ne faut pas confondre temps et aspect qui consiste à la durée du procès, le commencement
et l’achèvement de l’action,

E. MODES.

Les modes font partie des différentes modalités, attitudes ou points de vue auxquels on
considère le procès. Ceux qui ont des personnes sont dits personnels et ceux qui n’en ont pas
sont dits impersonnels :

- Indicatif : certitude et probable (qui peut être prouvé)


- Conditionnel : mode rattaché à l’indicatif puisqu’il fonctionne avec l’indicatif.
Expression d’une modalité
- Impératif : modalité jussive ou injonctive, qui ordonne, commande.
Autant le conditionnel comme l’impératif ne sont pas des modes puisqu’ils
empruntent leurs formes
- Subjonctif : rapport d’indépendance avec un verbe à un mode plus important.
On ne l’utilise qu’au présent et au passé. On ne l’utilise plus à certaines
personnes.
- Infinitif : mode 0
- Participe : mode 0

F. GROUPES.

Organisation morphologique à partir de la désinence des verbes et leur désinence. Il y a deux


groupes bien différenciés et les verbes qui n’appartiennent pas à ces catégories font partis du
troisième groupe.

 1er groupe. Verbes qui terminent en ER. Un verbe irrégulier : aller. 4000 verbes=la
moitié des verbes français. Il y a des verbes avec particularités. -ayer. Groupes qui
regroupent le plus de néologismes et mots à partir de mots étrangers.
 2ème groupe. Le plus restreint. Tient sa caractéristique du participe présent (-issant).
300 verbes.
 3ème groupe. Verbes irréguliers. Entrent tous les infinitifs qui n’entrent pas dans les
groupes antérieurs.

- Re : vivre

-Indre : craindre, joindre

-Ir : partir, sortir

-Ire : lire

- Oir : voir

-Ure : conclure

-Aire : plaire, soustraire

En français il y a 58 types de conjugaison.

Le verbe est une partie du discours tout comme le nom ou l’adjectif, etc.
LE VERBE. GÉNÉRALITÉS

1. C’est l’élément générateur de la phrase. À lui seul il peut rendre explicite l’expression d’un
état ou d’une action. Elément de la langue qui est le plus actualisé, il a la morphologie la
plus perfectionnée face au nom ou l’adjectif. Le verbe peut être actualisé à travers les
catégories verbales, c’est-à-dire les catégories qui se réfèrent aux verbes. Le genre et le
nombre peuvent aussi affecter d’autres catégories du discours. Mais le verbe peut être
aussi actualisé par le temps, le mode, l’aspect, la voix, la personne. Ce sont des
modalisateurs propres au verbe.

C’est un élément générateur grâce à ses actualisations. Il est capable d’exprimer un


procès : un procès dans le sens le plus large, il peut désigner toutes les formes diverses
des notions exprimées par le verbe. Ces notions sont l’état, l’action et la modification
(s’évanouir, paraitre, sembler). Le procès c’est aussi la manière dont on envisage le
déroulement de l’action, c’est-à-dire, la progression du procès dans le temps, la
progression de l’action dans le temps.

Ex : Il avait mangé le procès indique l’époque (passé), la voix(active) et l’aspect.

L’aspect c’est la façon dont on voit la progression, le déroulement du procès.

Ex : Il est en train de manger. Notion aspectuelle progressive indiquée par le


verbe.

L’aspect se différencie du temps et du mode puisque c’est une focalisation du déroulement de


l’action, de l’état, c’est-à-dire, du procès.

Le terme procès regroupe l’action, l ‘état et l’actualisation de cet état par le temps, le mode.

2. Une autre caractéristique, du point de vue morphosyntaxique, est que le verbe est un
prédicat, Il remplace le prédicat dans la phrase française qui répond au critère logique qui
est celui de sujet +prédicat. Le verbe comme prédicat s’appelle rhème.

Ex : Paul chante. Paul =thème propos, prédicat, rhème= chante (ce que fait Paul.

Le prédicat n’est pas toujours le même, par exemple, il peut être formé d’un verbe copule et
d’un attribut.

[André Martinet : éléments de la linguistique général.]

Martinet introduit le mot copule. Il y a des prédicats à copule. Le verbe « être » est un verbe
copule.

« Etre » peut aussi être utilisé pour les conjugaisons composées, dans son sens plein (verbe
d’essence : je pense, je suis), sa traduction en espagnol peut être ser et estar qui ont une
différence aspectuelle.