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Partie 4 - Les éléments du contrat d’assurance

De toutes les définitions données, un contrat d’assurance, comprend


obligatoirement une prime, un risque, un sinistre et une garantie.
C’est ce qui ressort de l’article 12 de la loi n° 17-99 : « le contrat d’assurance,
qui indique les conditions générales et particulières, est daté du jour où il est
souscrit. Il prévoit notamment :

- Le nom et domicile des parties contractantes,


- Les choses et les personnes assurées,
- La nature des risques garantis,
- Le moment à partir duquel le risque est garanti et la durée de cette garantie,
- Le montant de la garantie accordée par l’assureur,
- La prime ou cotisation d’assurance,
- La condition de tacite reconduction si elle est prévue,
- Les cas et conditions de prorogation ou de résiliation du contrat ou de
cessation de ses effets,
- Les obligations de l’assuré à la souscription en ce qui concerne la déclaration
du risque et les autres assurances couvrant le même risque,
- Les conditions et modalités de la déclaration à faire en cas de sinistre,
- Les délais dans lesquels l’indemnité, le capital ou la rente est payé,
- La procédure et les règles relatives à l’estimation des dommages en vue de la
détermination de l’indemnité.

Chapitre 1- La prime

La prime est définie par l’article premier de la loi n° 17-99 : « c’est la somme
due par le souscripteur d’un contrat d’assurance en contrepartie des garanties
accordées par l’assureur ». La cotisation est définie au même titre : « c’est une
somme, correspondant à la prime, due par l’assuré en contrepartie d’un contrat
d’assurance souscrit auprès des sociétés d’assurances mutuelles ».

C’est le prix de l’assurance. Techniquement, elle représente le coût de la


garantie du risque. Juridiquement, c’est la contrepartie de la sécurité vendue
par l’assureur puisque c’est un contrat à titre onéreux.

Le terme : prime est un terme générique qui désigne la somme d’argent payée à
un assureur en contrepartie d’une couverture d’un risque futur et imprévu. Dans
les entreprises à caractère mutuel, on l’appelé : cotisation.
Le calcul de la prime relève d’une évaluation essentiellement technique tandis
que l’obligation de paiement de la prime constitue, dans le contrat
synallagmatique d’assurance, la cause de l’obligation corrélative de garantie de
l’assureur en cas de sinistre. Cette fixation du prix d’assurance est appelée
tarification et repose sur l’étude des statistiques de fréquence et de coûts de
dommages survenus à la population des assurés.

A- L’évaluation de la prime

Le montant de la prime varie en fonction de la durée du contrat, l’intensité du


risque et les chances de sa réalisation, l’âge de l’assuré, l’état du bien assuré et
autres.
La fixation de la prime est librement effectuée par les parties. Néanmoins,
l’assurance constitue une activité fondée sur des bases mathématiques et
exploitée dans un cadre commercial rigoureux.
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L’assureur s’engage par contrat à indemniser ses assurés en cas de réalisation


du risque. Il a donc le devoir de fixer la tarification de ses garanties de telle
façon qu’il ait toujours assez d’argent disponible pour être en mesure d’honorer
ses engagements futurs c’est-à-dire de régler des sinistres au fur et à mesure
qu’ils surviennent. Ce qui détermine les composantes de la prime commerciale,
à savoir la prime pure et la prime nette.

1- La prime brute ou pure

La prime pure a été définie par l’article 1 du code des assurances : « c’est le
montant qui représente le coût du risque couvert, tel que calculé par les
méthodes actuarielles sur la base de statistiques relatives audit risque ».
Le montant de la prime pure correspond techniquement au coût statistique du
risque garanti.

Il est déterminé par deux paramètres fondamentaux le taux de prime et


l’assiette de la prime qui est le montant des capitaux assurés dans les
assurances de biens.
Pour que le calcul de la prime soit juste, il faut donc que le taux de prime
applicable au contrat soit correctement calculé, et que les capitaux assurés qui
constituent l’assiette de la prime correspondent à la valeur réelle des biens
garantis.

C’est la somme demandée à l’assuré qui correspond à sa part des sinistres dans
la mutualité gérée par l’assureur. La cotisation ou prime pure est dite encore
cotisation ou prime de risque ou cotisation ou prime d’équilibre, ou encore
cotisation technique. Elle doit également correspondre au coût des règlements
des sinistres et elle est calculée en multipliant la fréquence des sinistres par
leur coût moyen.

Bien évidemment, pour éviter tout abus, le ministère de tutelle fixe


régulièrement le taux d’intérêt minimum dont les compagnies d’assurance
doivent tenir compte pour l’établissement de leurs tarifs et le calcul de leurs
réserves mathématiques.

Prime pure = taux de prime × 𝑐𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑎𝑠𝑠𝑢𝑟é𝑠

2- La prime nette

La cotisation nette, dite encore commerciale est celle qui figure sur les
documents commerciaux et tarifaires des sociétés d’assurance. Elle est égale à
la cotisation pure augmentée des frais nécessaires pour l’acquisition et la
gestion des contrats d’assurance ainsi que pour permettre à l’assureur de
dégager un bénéfice. Ces frais constituent des chargements qui s’ajoutent à la
cotisation pure. Le chargement est la somme qu’il faut ajouter à la prime pure
d’une assurance afin de couvrir un certain nombre de frais inhérents à la
gestion toujours complexe d’une entreprise d’assurance et la gestion
particulière du contrat souscrit.

Les chargements sont de plusieurs sortes :


Les frais d’acquisition des contrats qui dans la plupart des marchés d’assurance
correspondent aux commissions versées par les assureurs aux intermédiaires
apporteurs d’affaires (agents ou courtiers). Ce sont les frais qui couvrent les
dépenses occasionnées par la conclusion et la préparation matérielle du
contrat.
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Les frais généraux de l’assureur destinés à rémunérer le personnel chargé


d’établir et de gérer les contrats, de régler les sinistres et à lui donner les
moyens en locaux et en matériel nécessaires à la gestion de la mutualité.

Enfin une part des chargements est destinée à permettre à l’assureur de


dégager un bénéfice pour rémunérer ses actionnaires s’il en a, et répondre aux
exigences techniques et légales relatives à la marge de solvabilité

3- La prime totale

C’est la cotisation payée par l’assuré (ou le souscripteur). Elle résulte de


l’addition de la cotisation nette, des frais accessoires et des taxes et impôts
légaux. Les frais accessoires ou le complément de cotisation ou coûts de police.
C’est une petite somme forfaitaire dont la justification à l’origine était de faire
supporter à l’assuré le coût matériel de l’établissement du contrat (papier,
rédaction, etc.).

Il est à noter que l’article 250 du code général des impôts stipule que les
contrats d’assurance passés par les sociétés d’assurance, les sociétés mutuelles
et tous autres assureurs ainsi que tous les actes ayant exclusivement pour objet
la formation, la modification ou la résiliation amiable desdits contrats, sont
exonérés des droits de timbre .

B- Le paiement de la prime

Le paiement de la prime ou de la cotisation aux époques convenues constitue


une condition indispensable à la continuité et à la réussite du contrat
d’assurance Généralement, la prime est payable au début de la période garantie
afin de pouvoir régler les sinistres qui surviennent au cours de l’année. Mais si
pour une raison ou une autre, le contrat est résilié avant la fin de l’année de
garantie, l’assureur ne doit plus sa garantie et corrélativement, la portion de
prime perçue doit être restituée à l’assuré.

C’est le souscripteur du contrat qui s’engage à en payer les primes. C’est le


débiteur de la prime. Il peut être un mandataire ou le maitre d’affaire dans le
cas de la gestion d’affaire. En cas de transmission de contrat suite à une
aliénation de la chose assurée ou de décès du souscripteur, l’assurance
continue de plein droit au profit de l’acquéreur ou de l’héritier à charge pour
celui-ci d’exécuter toutes les obligations dont l’assuré était tenu.
La prime est le plus souvent stipulée payable par période annuelle. Il peut y
avoir des assurances à prime unique payable d’avance soit, au contraire des
contrats dans lesquels le paiement est fractionné par semestre, par trimestre ou
mensuel par n’importe quel moyen de payement (espèce, chèque, virement ou
prélèvement bancaire).

Pour la bonne tenue du contrat, l’assureur est tenu, à l’échéance de la prime,


d’aviser la personne tenu au paiement de la prime, de la date d’échéance et du
montant de la somme dont il est redevable. Ce règlement est portable au
domicile de l’assureur ou du mandataire désigné par lui à cet effet.

C’est une obligation qui incombe à l’assuré, mais l’article 85 de la loi n° 17-99
stipule : « l’assureur n’a pas d’action pour exiger le paiement des primes ». La
seule solution qui appartient à l’assureur est la résiliation du contrat suite à un
formalisme bien rigoureux. Dès lors, toute la procédure des articles 21 – 22 et
23 du code des assurances peut être résumée dans un certain nombre de délais
très protecteurs de l’assuré :
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• Echéance de prime + 10 jours = mise en demeure possible


• Mise en demeure + 20 jours =suspension de la garantie
• Suspension de la garantie + 10 jours = résiliation possible.
La résiliation, qui doit être notifiée à l’assuré par lettre recommandée, prend
effet à l’expiration du 30° jour de la date d’envoi de la lettre de mise en
demeure. Lorsque cette lettre de mise en demeure est adressée en dehors du
Maroc, la résiliation ne prend effet qu’à l’expiration du 50° jour de la date
d’envoi de ladite lettre.

Ces délais sont impératifs et ne sauraient être réduits dans la police . ils sont en
fait très souvent allongés par l’envoi de la mise en demeure plusieurs semaines
après la date d’échéance.

Chapitre 2- Le sinistre

Le sinistre a été défini par l’article 1 du code des assurances comme : « la


survenance d’un événement prévu par le contrat d’assurance ». C’est la
réalisation du risque garanti par un contrat d’assurance valable en cours
d’exécution. En assurance de responsabilité le sinistre est déterminé par la
réalisation du dommage causé à la victime par l’assuré responsable débiteur de
l’indemnisation.

La réalisation ou la déclaration du sinistre entraine des conséquences aussi bien


pour l’assuré que pour l’assureur.

A- L’assuré face au sinistre

Dans tous les contrats d’assurance la déclaration du sinistre est une obligation
légale qui pèse sur tout souscripteur. Elle a été prévue par l’article 12 du code
des assurances : « le contrat d’assurance prévoit … les conditions et modalités
de la déclaration à faire en cas de sinistre », par l’article 20 : « l’assuré est
obligé : … de donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus
tard dans les cinq jours de sa survenance de tout sinistre de nature à entrainer
la garantie de l’assureur ».

Selon l’article 57 du code des assurances : « en matière d’assurance contre la


grêle, l’envoi de la déclaration du sinistre doit être effectué par l’assuré, sauf le
cas fortuit ou de force majeure, et sauf prolongation contractuelle dans les cinq
jours de l’avènement du sinistre. En matière d’assurance contre la mortalité du
bétail ce délai est réduit, sous les mêmes réserves à quarante-huit heures non
compris les jours fériés’.

Cette obligation de déclaration est très justifiée car c’est l’assureur qui en
définitive, devra supporter le poids du sinistre. Il est donc nécessaire qu’il soit
prévenu dès que possible afin d’être en mesure de défendre ses intérêts et
l’assuré est tenu de lui donner très rapidement un avis succinct sur la
réalisation de l’accident. Aucune forme n’est imposée et l’assuré peut utiliser le
télégramme, le téléphone une déclaration verbale ou une lettre missive mais
néanmoins il est toujours utile qu’il se réserve une preuve de sa déclaration.
Selon le contrat la déclaration doit être faite soit à la compagnie elle-même, soit
auprès de l’agent général d’assurance ou mandataire de la compagnie.

Le délai commence à courir le lendemain du jour ou l’assuré a eu connaissance


du sinistre et se termine à minuit au terme du dernier jour désigné.
Les délais de déclaration du sinistre ne peuvent être réduits par convention
contraire ; ils peuvent être prolongés d’un commun accord entre les parties
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contractantes. En cas de retard dans la déclaration des sanctions ont été


prévues à cet effet.

1- La déchéance

Elle est définie par l’article premier de la loi n° 17-99 : « c’est une perte du droit
à indemnité au titre d’un sinistre suite au non-respect par l’assuré de l’un de
ses engagements, sans que cela n’entraine la nullité du contrat ».
La déchéance constitue une sanction spécifique des fautes commises par
l’assuré après le sinistre; c’est alors la sanction traditionnelle appliquée en cas
de retard de j’assuré dans la déclaration du sinistre. C’est la perte du droit à la
garantie de l’assureur, édictée conventionnellement à l’encontre d’un assuré qui
n’a pas exécuté ses obligations en cas de sinistre. La déchéance résultant d’une
clause du contrat ne peut être opposée à l’assuré qui justifie qu’il a été mis, par
suite d’un cas fortuit ou de force majeure dans l’impossibilité de faire sa
déclaration dans le délai imparti.

La déchéance suppose qu’il y ait eu sinistre, donc réalisation du risque prévu au


contrat et obligation de garantie de l’assureur. L’assuré avait donc un droit à
garantie et la déchéance est la perte de ce droit en sanction des fautes
commises ensuite.
Cette sanction n’est pas totalement laissée à la discrétion de l’assureur.

Sa licéité est légalement limitée à trois hypothèses :


* Le retard dans la déclaration du sinistre à l’assureur
* Le retard dans la déclaration des aggravations de risques
* La surévaluation frauduleuse des pertes

Pour sa validité, le législateur a voulu protéger l’assuré en édictant des


conditions de forme et de fond très strictes :
o La clause de déchéance doit être spéciale claire et précise, o La clause de
déchéance doit être mentionnée en caractères très apparents, o La clause doit
être insérée dans la police elle-même, o L’assureur ne peut invoquer la
déchéance que s’il établit que la faute de l’assuré (la fraude prouvée) lui a
causé un préjudice.

L’effet spécifique de la déchéance est, pour l’assuré la perte du droit à garantie


que le contrat lui conférait. Mais ce droit à garantie n’est perçu que pour le
sinistre à propos duquel la faute a été commise. Pour le reste le contrat
demeure valable les sinistres indemnisés dans le passé l’ont été à bon droit et
sauf clause de résiliation après sinistre le contrat est maintenu pour l’avenir.

Le régime de la preuve est délicat : l’assureur devra prouver la faute de l’assuré


et notamment le retard apporté à la déclaration et le préjudice causé par cette
faute.
L’assuré peut faire valoir certains moyens de défense pour faire obstacle à la
déchéance : o La renonciation de l’assureur à invoquer la déchéance, o La force
majeure La déchéance est opposable non seulement au souscripteur mais
encore aux bénéficiaires en cas de stipulation pour autrui, à l’assuré d’une
assurance pour compte ou au bénéficiaire d’une assurance en cas de décès.

Aucune déchéance motivée par un manquement de l’assuré à ses obligations


commis postérieurement au sinistre, ne sera opposable aux personnes lésées
ou à leurs ayants droit. Dans toutes ces hypothèses d’inopposabilité des
déchéances, l’assureur qui est délié de son obligation de garantie envers son
assuré déchu doit néanmoins exécuter sa prestation envers le tiers. Il joue ainsi
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le rôle d’une caution de l’assuré, contre lequel il aura ensuite un recours


intégral, mais dont il supportera éventuellement l’insolvabilité.

2- Les autres sanctions

Certaines fautes donnent lieu à d’autres s anctions moins lourdes que la


déchéance. Il s’agit :
La nullité des clauses relatives à la violation des lois et règlements,
L’indemnisation du préjudice subi pour simple retard dans la déclaration aux
autorités,
L’indemnisation du préjudice subi pour simple retard apporté à des productions
de pièces,
L’inopposabilité à l’assureur de la reconnaissance de responsabilité ou de la
transaction avec la victime.
B- L’assureur face au sinistre
La déclaration du sinistre incombe à l’assuré ; son règlement à l’assureur une
fois le sinistre réalisé et la production des pièces et documents justificatifs faite
dans les délais. Ce règlement doit avoir lieu selon les modalités prévus au
contrat et peut dépendre de mesures qui permettent de s’assurer de la véracité
du sinistre et des conséquences avant le règlement.

1- L’expertise

L’expertise intervient à la charnière des obligations de l’assureur et de l’assuré


afin de déterminer les causes et les circonstances d’un sinistre et de chiffrer le
montant des dommages. Elle n’est pas obligatoire, les petits sinistres des
particuliers peuvent être réglés de gré à gré sans recours à l’expertise. Elle
apparait nécessaire en cas de gravité ou d’importance du sinistre.

Cette expertise peut prendre plusieurs formes :


• L’expertise privée est effectuée à la seule demande de l’une des parties ;
• L’expertise judiciaire est une mesure contradictoire et d’instruction imposée
par le juge afin de l’informer sur les aspects techniques qui dépassent ses
compétences.

L’expert est celui qui maitrise un domaine précis et intervient dans le cadre
d’une profession libérale afin d’éclaircir des points relevant de sa compétence,
suite à la demande de l’assuré, de l’assureur, d’un tiers ou d’un juge. C’est un
des praticiens d'une fonction technique s’étant spécialisé dans un domaine
précis et ayant acquis une méthode d'analyse et une connaissance technique du
domaine visé. D'autre part l'expert doit être agrée .Ce ci veut dire qu'il offre ses
services selon la procédure prévue pour sa nomination. Ainsi l'expert aura pour
mission de dresser des rapports sur une personne ou des faits.

L’assureur demandeur de cette expertise n’est pas lié par les conclusions de
l’expert et demeure, en principe libre de fixer le règlement de la prestation due
en cas de sinistre.
C’est un louage d’ouvrage. L’objet de cette expertise est fixé dans la mission,
elle consister à rechercher les causes techniques du sinistre et en chiffrant les
dommages. Mais plus largement, l’expert opère des vérifications juridiques
telles que des déclarations de risques, la preuve de faute et l’établissement de
responsabilités, voire le chiffrage de l’indemnité ellemême ; du technique au
juridique.

2- La preuve du sinistre
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La preuve du sinistre peut être apportée par tous les moyens. La preuve de
l’obligation à garantie de l’assureur suppose que cet événement corresponde à
la définition du risque garanti ; le créancier doit donc apporter la preuve de
l’assurance (la police en est l’instrument essentiel), et la preuve d’un sinistre
qui entre dans l’objet du contrat.

3- Le règlement du sinistre

L’obligation fondamentale de l’assureur est le paiement de la prestation due en


cas de sinistre. Néanmoins, celui-ci peut s’être engagé par des clauses de la
police à assumer d’autres obligations, notamment celle de diriger la défense de
son assuré en responsabilité dans un procès intenté contre lui par la victime ou
de la protection juridique.

Le règlement du sinistre survenu reste l’obligation qui importe le plus l’assuré,


c’est l’intérêt même de la conclusion du contrat. Ce qui s’effectue de manière
amiable, dans le strict respect des clauses contractuelles.

Le créancier de la prestation est le plus souvent l’assuré-souscripteur du


contrat, mais e, cas de stipulation pour autrui, le créancier est soit l’assuré pour
le compte duquel le contrat a été souscrit, soit le bénéficiaire désigné dans
l’assurance de personne en cas de décès. Dans l’assurance de responsabilité, la
victime dispose d’une action directe contre l’assureur, débiteur de l’indemnité, à
moins que l’assuré ne l’ait préalablement désintéressée. Le règlement peut,
selon l’article 48 de la loi n° 17-99, être attribué sans qu’il y ait besoin de
délégation expresse aux créanciers privilégiés ou hypothécaires, suivant leur
rang, ou à ceux auxquels les créances hypothécaires ont été régulièrement
cédées ou transférées.

La prestation de l’assureur se résout essentiellement par une somme d’argent


dont le montant est déterminé de manière radicalement différente dans les
assurances de personnes et dans les assurances de dommages :

• Les assurances de personnes sont en principe des assurances à caractère


forfaitaire, la somme est fixée par le contrat. Néanmoins, un certain nombre de
clauses peuvent adapter la prestation de l’assureur aux variations économiques
et monétaires ;
• Les assurances de dommages sont soumises à une double limitation,
indemnitaire et contractuelle.
- Le principe indemnitaire suppose une évaluation correcte du préjudice subi du
fait d’un dommage corporel, d’un dommage matériel ou pécuniaire. Ce qui est la
tâche dévolue aux experts ;
- Le principe contractuel : d’après les clauses du contrat, les parties peuvent
convenir une somme assurée, les plafonds de garantie, les franchises, des
délais ou des exclusions, etc.

La survenance d’un sinistre est inhérente à la problématique de l’assurance;


aussi l’étape du sinistre qui apparait comme l’aboutissement d’un processus de
garantie ne marque-t-elle pas l’extinction du contrat d’assurance : en principe,
celui-ci poursuit sa durée jusqu’au terme prévu. Seulement, la loi donne à
l’assureur la faculté de résilier son contrat après le sinistre:

- Les parties peuvent convenir la résiliation après sinistre, cette résiliation ne


peut prendre effet que dans le délai de trente jours à dater de la réception de la
notification par l’assuré. L’assureur qui, passé un délai de trente jours après
qu’il a eu connaissance du sinistre, a accepté le paiement de la prime ou
cotisation ou de la fraction de prime ou cotisation venue à échéance après le
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sinistre, ne peut se prévaloir de ce sinistre pour résilier le contrat.

- L’assureur peut, au terme des articles 41 et 42 du code des assurances,


résilier après un sinistre dont l’origine lui parait douteuse et dans lequel il
soupçonne une escroquerie à l’assurance.

- En cas d’aggravation des risques par l’assuré, l’assureur a la faculté soit de


résilier le contrat, soit de proposer un nouveau taux de prime. En cas de
résiliation, celle-ci prend effet le 10° jour de la notification de l’avis de
résiliation par lettre recommandée. A la limite, l’assureur peut estimer le risque
trop lourd, inassurable et décider de résilier définitivement sans reprendre
l’affaire.

Chapitre 3- Le risque

Etymologiquement, le mot vient du latin « rescare » qui évoque la notion de


rupture dans un équilibre par rapport à une situation attendue. Or, le métier
d’assureur consiste précisément à garantir les risques tout en fixant au
préalable les limites à l’acceptation des risques assurables et en le diluant sur
les membres d’une même mutualité.

Il peut être défini comme étant un événement futur et incertain donc


imprévisible et aléatoire qui sera le fait générateur d’un sinistre : l’incendie, la
catastrophe naturelle, l’accident générateur de responsabilité civile, le décès
qui ouvrira le droit à la prestation contractuelle d’assurance-décès. Aléatoire, ce
risque-événement est projeté dans l’avenir. Il doit être non seulement aléatoire
mais encore réel et licite.

o Le caractère aléatoire du risque résulte en principe de l’incertitude de


l’événement ; plus rarement, il est déterminé par l’incertitude du dommage
garanti,

o Le caractère réel du risque conditionne l’existence même du contrat, si le


risque n’existe pas, le contrat d’assurance devient nul faute d’objet.,

o Le caractère licite du risque car l’objet du contrat ne saurait être contraire à


l’ordre public ou aux bonnes mœurs.

o On ne peut assurer que des risques futurs, non encore réalisés. Un contrat
d’assurance ne peut indemniser que des dommages survenus après la date
d’entrée en vigueur des garanties.

o Pour être assurable, les risques doivent être susceptibles de former une
mutualité, un risque unique par ses caractéristiques ou existant en très petit
nombre ne se prête pas à l’analyse statistique et sa tarification relève plus d’un
pari que de l’assurance.

o L’assurance de telle ou telle catégorie de risque doit être autorisée par les
pouvoirs publics et par les bonnes mœurs.

Le risque est également l’objet de la garantie, c’est-à-dire l’élément du


patrimoine, l’activité ou la personne menacée par un événement redouté et
auxquels s’applique la garantie. C’est l’élément central du contrat d’assurance,
il en est l’objet.
La détermination des risques garantis s’étend aux objets assurés en cas de
sinistre. Si certains sont exclus, on emploi indifféremment les expressions «
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exclusion de risque .

A- La détermination du risque

Une police d’assurance se réfère tantôt à un événement (incendie, vol, dégâts


des eaux, etc.) tantôt à une activité (assurance responsabilité civile), tantôt à
des dommages (assurance-invalidité).

La déclaration des risques à assurer est l’une des obligations absolument


fondamentales de l’assuré, dont le but est de permettre à l’assureur de former
son opinion sur le risque à garantir, de le classer dans les catégories de risques
répertoriés par ses statistiques et de déterminer ainsi le coût, donc le prix de
cette garantie.

Le contrat d’assurance étant à exécution successive, les risques qu’il couvre


peuvent se modifier en cours de contrat et notamment s’aggraver. C’est
pourquoi le législateur a imposé à l’assuré non seulement la déclaration des
risques lors de la conclusion du contrat mais encore la déclaration des
circonstances nouvelles qui modifient le risque initial, et a assorti ces
obligations de sanctions très graves.

* Lors de la conclusion du contrat ; le législateur a prévu que l’assuré est obligé


de déclarer exactement, lors de la conclusion du contrat, toutes les
circonstances connues de lui qui sont de nature à faire apprécier par l’assureur
les risques qu’il prend à sa charge. Ce qui se réalise suite à un questionnaire
limitatif, clair et précis sur tous les éléments intéressants l’assureur. Il s’agit
d’une part des circonstances objectives intéressants l’objet même du contrat et
d’autre part les circonstances subjectives qui concernent la personne même de
l’assuré, sujet et souscripteur du contrat.

* Le contrat une fois conclu doit, en principe s’exécuter conformément à la


volonté déclarée des parties. Mais le contrat d’assurance est à exécution
successive et, au cours de cette exécution, les circonstances qui ont présidé à
sa conclusion peuvent changer. La finalité de l’assurance qui est la sécurité,
suggère alors une adaptation du contrat. C’est pourquoi l’article 20 du code des
assurances impose une obligation de déclaration des circonstances nouvelles
qui peuvent soit aggraver le risque, soit au contraire le diminuer :

- Le législateur impose à l’assuré de déclarer, en cours de contrat, les


circonstances nouvelles qui ont pour conséquence, soit d’aggraver les risques
soit d’en créer de nouveaux et rendent de ce fait inexactes ou caduques les
réponses faites à l’assureur. L’article 24 du code des assurances stipule : «
quand, par son fait, l’assuré aggrave les risques de telle façon que si le nouvel
état de choses avait existé lors de la souscription du contrat, l’assureur n’aurait
pas contracté ou ne l’aurait fait que moyennant une prime plus élevée, l’assuré
doit en faire préalablement la déclaration à l’assureur par lettre recommandée.

Quand les risques sont aggravés, sans le fait de l’assuré, celui-ci doit en faire la
déclaration à l’assureur par lettre recommandée dans un délai de huit jours à
partir du moment où il en a eu connaissance ». Ainsi, l’assuré doit déclarer
toutes les circonstances objectives et subjectives qui augmentent la probabilité
ou l’intensité du risque, et qui modifient les réponses aux questions posées par
l’assureur.

Dès que cette déclaration est effectuée, l’assuré est en situation régulière et
totalement garanti si survient un sinistre si l’assureur veut maintenir le contrat
aux conditions initiales. Sinon, il peut proposer un nouveau taux de prime plus
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adapté à la gravité réelle du risque. L’assureur peut résilier le contrat dans un


délai de trente jours si l’assuré ne donne pas de suite à la proposition de
l’assureur.

- En cas de diminution de risque, l’assuré a droit à une diminution du montant


de la prime, au terme de l’article 25. Si l’assureur n’y consent pas dans un délai
de vingt jours à compter de la demande de l’assuré faite par déclaration contre
récépissé ou par lettre recommandée, celui-ci peut résilier le contrat. L’assureur
doit alors rembourser à l’assuré la portion de prime ou cotisation afférente à la
période pendant laquelle le risque n’a pas couru.

Toute fausse déclaration intentionnelle de l’assuré qui change l’objet du risque


ou en diminue l’opinion de l’assureur, alors même que le risque omis ou
dénaturé par l’assuré a été sans influence sur le sinistre entraine la nullité du
contrat. Les primes payées demeurent alors acquises à l’assureur qui a droit au
paiement de toutes les primes échues à titre de dommages et intérêts.

La déclaration irrégulière de bonne foi, selon l’article 31, n’entraine pas la


nullité de l’assurance. Si ladite omission ou déclaration inexacte est constatée
avant tout sinistre, l’assureur a le droit soit de maintenir le contrat moyennant
une augmentation de prime acceptée par l’assuré, soit de résilier le contrat dix
jours après notification adressée à l’assuré par lettre recommandée, en
restituant la portion de la prime payée pour le temps ou l’assurance ne court
plus. Dans ce cas, l’indemnité est réduite en proportion du taux des primes
payées par rapport au taux des primes qui auraient été dues, si les risques
avaient été complétement et exactement déclarés.

Le retard dans la déclaration d’aggravation des risques est sanctionné par la


déchéance. B- Les exclusions de risques
Des exclusions de risque peuvent rejeter hors de l’assurance, objet du contrat,
un certain nombre d’événements ou de dommages et ce rejet a pour effet une «
non couverture d’assurance ». Ces risques qui demeurent en dehors de l’objet
du contrat peuvent être exclus soit par la loi, soit par la volonté des parties
manifestée dans une clause expresse de la police.

1- De l’exclusion légale :

a- L’assurance ne peut couvrir des faits de guerre entrainant des destructions


massives de biens matériels, et des pertes en vie humaine. C’est ce qui ressort
de l’article 45 de la loi n° 17-99 : « l’assureur ne répond pas, sauf convention
contraire, des pertes et dommages occasionnés soit par la guerre étrangère soit
par la guerre civile, soit par des émeutes ou des mouvements populaires.
Lorsque ces risques ne sont pas couverts par le contrat, l’assuré doit prouver
que le sinistre résulte d’un fait autre que le fait de guerre étrangère ; il
appartient à l’assureur de prouver que le sinistre résulte de la guerre civile,
d’émeutes ou de mouvements populaires ».
Ce texte édicte donc une exclusion légale, mais non impérative, des risques de
guerre étrangère et civile ; elle est très généralement appliquée car elle est
fondée sur la technique même de l’opération d’assurance en cas de guerre, les
risques sont trop concentrés, trop intenses pour en effectuer au préalable une
prévision statistique valable.

Les assureurs peuvent néanmoins aménager le champ d’application de


l’exclusion du risque de guerre, soit en couvrant expressément certains
dommages causés par des faits de guerre, soit au contraire en excluant
expressément la garantie de dommages qui ne résultent qu’indirectement de la
guerre.
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b- La technique de l’assurance exige que le risque assuré soit un événement


aléatoire, dont la réalisation ne dépend pas de la volonté de l’assuré ou du
bénéficiaire du contrat. La réalisation volontaire du risque par l’assuré ou le
bénéficiaire demeure donc hors du champ contractuel. C’est une exclusion
légale de risque. Il appartient donc à l’assureur de prouver que l’assuré a
intentionnellement réalisé le dommage dont il demande à être garanti.

Une exception existe en vertu de l’article 18 du code des assurances : «


l’assureur est garant des pertes et dommages causés par des personnes dont
l’assuré est civilement responsable …., quelles que soient la nature et la gravité
des fautes de ces personnes ». En effet, si la faute intentionnelle de l’assuré lui-
même anéantit la caractère aléatoire du risque et le rend ainsi inassurable, en
revanche, toute faute, même intentionnelle, d’une personne dont il doit
répondre constitue un véritable risque pour l’assuré. Dans ce cas, l’assureur
peut exercer son recours subrogatoire contre un proche de l’assuré, dont la
responsabilité personnelle est établie, en cas de malveillance.

Dans les assurances de personnes : la faute intentionnelle trouve deux


illustrations en matière d’assurance sur la vie :

* Le suicide : l’assurance en cas de décès est de nul effet si l’assuré se donne


volontairement et consciemment la mort, ce qui élimine la caractère aléatoire
du contrat, c’est-à-dire incertitude de la survenance et de sa date, caractère
fortuit, c’està-dire indépendant de la volonté de l’assuré ou d’un tiers
directement intéressé et futur. La charge de la preuve incombe à l’assureur du
caractère volontaire et conscient du suicide survenu avant l’expiration de deux
ans à dater de la conclusion du contrat.

* Le meurtre : la faute intentionnelle rompt le caractère aléatoire de l’assurance


non seulement lorsqu’elle émane stricto sensu de l’assuré, mais plus largement
lorsqu’elle est perpétrée par celui qui a intérêt à la réalisation du sinistre. C’est
l’article 92 qui stipule : « le contrat d’assurance cesse d’avoir effet à l’égard du
bénéficiaire qui a été condamné comme auteur ou complice du meurtre de
l’assuré. Si les primes ont été payées pendant trois ans au moins, le montant de
la provision mathématique, correspondant à la part du bénéficiaire condamné,
doit être versé par l’assureur au contractant ou à ses héritiers ou ayants cause,
à moins qu’ils ne soient condamnés du meurtre de l’assuré.

En cas de simple tentative, le contractant a le droit de révoquer l’attribution du


bénéfice de l’assurance, au profit du bénéficiaire auteur de la tentative, même si
celui-ci avait déjà accepté le bénéfice de la stipulation faite à son profit. Cette
révocation est obligatoire si l’assuré en fait la demande par écrit ». Peu importe
que le mobile en ait été l’attribution du bénéfice de l’assurance ou non. La
preuve du meurtre sera généralement apportée par la condamnation pénale,
mais s’il n’y a pas eu de poursuites, l’assureur pourrait prouver le meurtre au
civil par tous moyens. lorsque c’est un homicide involontaire ou un fait
justificatif à la vie, le contrat sera normalement exécuté.

2- De l’exclusion conventionnelle

Outre les exclusions légales, les parties au contrat peuvent délimiter d’une
manière précise le contenu du contrat pour se faire protéger car si un sinistre
survient dans les hypothèses exclues, l’assureur ne doit aucune prestation.
C’est la raison pour laquelle les parties doivent:

* La détermination de l’objet du contrat qui dépend de la nature de la chose


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déclarée, tout ce qui reste en dehors de l’aire contractuelle n’est pas objet
d’assurance.
* La concordance entre l’objet du sinistre et la définition de l’objet du contrat.
* L’assureur doit sa garantie sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la
police. Cette exclusion doit être claire, précise, non équivoque et limitée. Tous
les événements qui font l’objet de dénominations génériques par catégories
(incendie, vol, bris de glace, etc.) sont soigneusement délimités dans les polices
qui tracent les contours de la garantie (les exclusions du contrat), par exemple :
l’assurance-vol ne couvre pas, sauf clause contraire, l’escroquerie, l’abus de
confiance ou les vols commis par la famille de l’assuré.
* L’exclusion de certains biens lorsque certains éléments du patrimoine sont
exclues de l’objet du contrat, les dommages qu’ils subissent ne sont pas
garanties. De même, certaines personnes peuvent être exclues de la garantie
soit en qualité d’assuré, soit en qualité de tiers-victime.
* L’exclusion de garantie en cas de non-respect d’une mesure de prévention.
Soit la mesure de prévention est une condition de la garantie hors de laquelle
l’assureur n’aurait pas contracté, soit la mesure de prévention n’affecte pas
l’assurabilité du risque mais seulement sa tarification dans le barème de
l’assureur, son non-respect constitue alors une aggravation de risques dont la
sanction est la nullité en cas de mauvaise foi de l’assuré, ou l’application de la
règle proportionnelle de prime lorsque la mauvaise foi n’est pas établie. Il est
très important que les assureurs expriment clairement et précisément dans
leurs polices la nature et les sanctions applicables aux mesures de prévention.

Le champ d’application de la garantie contractuelle est délimité, hors duquel il


n’y a pas d’assurance pour le risque exclu. S’il y a sinistre dans une hypothèse
visée précédemment, l’assureur ne doit rien à personne, ni à l’assuré, ni à un
tiers-victime, ni à un bénéficiaire désigné. Elle est opposable à tous.

Le législateur prévoit des exceptions inopposables aux victimes d‘accidents de


la circulation. C’est ce qui provient de l’article 125 du code des assurances : «
les conditions générales du contrat d’assurance peuvent prévoir des exclusions
de garantie et des clauses de déchéance. Les déchéances ne sont pas
opposables aux victimes ou à leurs ayants droit. Dans ce cas, l’assureur procède
au règlement de l’indemnité pour le compte du responsable et peut exercer
contre ce dernier une action en remboursement pour toutes les sommes qu’il a
ainsi payées ou mises en réserve à sa place. Toutefois, est opposable aux
victimes ou à leurs ayants droit la déchéance résultant de la suspension
régulière de la garantie pour nonpaiement de prime ou cotisation ».

Chapitre 4- La garantie

La garantie est la prestation due par l’assureur soit à l’échéance du contrat –


cas de survie à l’échéance convenu -, soit lors du décès de l’assuré dans
l’assurance en cas de décès, soit encore en cas de maladie ou d’accidents.
En assurances de dommages, l’objet de la garantie dont la perte donnera lieu à
l’indemnisation de l’assureur devra être précisé dans le contrat. Il peut s’agir de
pertes matériels ou de pertes immatériels .

En assurance de responsabilité : la police doit préciser la nature de l’activité à


l’occasion de laquelle la responsabilité de l’assuré est susceptible d’être
recherche (responsabilité professionnelle, industrielle).

En assurances de personnes, il convient de préciser la nature de la garantie en


matière d’intégrité physique ou personnelle. Il s’agit du décès, incapacité,
maladie, retraite,, perte d’emploi).
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La garantie s’exprime soit par l’encaissement des primes versées par le


souscripteur soit par le versement d’une indemnité à titre de répartition des
risques. Cette prestation est déterminée à l’avance dans la police d’assurance
lors de la déclaration de l’objet du contrat pour bénéficier de cette garantie.

Le montant de la garantie est déterminé dans la police : en matière d’assurance


de dommages, il est soumis au principe indemnitaire, en assurance de
responsabilité, au montant de la réparation due au tiers lésé par l’assuré. En
matière de contrat d’assurance de personnes, au versement de capitaux
forfaitaires prévus et au remboursement de prestations.

Cette garantie revêt un caractère spécifique en ce qui concerne sa mise en


œuvre, dès lors qu’elle est donnée immédiatement mais que son effet reste
suspendu et subordonné à la réalisation du risque. Si celui-ci ne se réalise pas,
la garantie tombe et devient caduque à la fin du contrat.

Il est à noter que les formes d’exclusion du risque sont aussi exonératoires de
la garantie. L’assureur peut imposer dans le contrat des « limitations de
garantie » qui peuvent se conjuguer avec des « découverts » et des «
franchises ».

A- Les plafonds de garantie

En assurance de choses : la valeur déclarée constitue une limite d’indemnisation


par la volonté de l’assuré ; elle correspond, en principe à la « valeur
d’assurance » du bien.
En assurance de responsabilité : il n’existe généralement pas de valeur
d’assurance déterminable, et le plus souvent le risque de responsabilité civile
encouru est d’un potentiel illimité. C’est alors l’assureur qui limitera sa garantie
en fixant au contrat un plafond au-delà duquel il n’est plus tenu.

B- Les découverts et les franchises

Il peut être stipulé que l’assuré reste obligatoirement son propre assureur pour
une somme ou une quotité déterminée, ou qu’il supporte une déduction fixée
d’avance sur l’indemnité du sinistre. Ce qui évoque deux éléments :

• Le découvert obligatoire : cette clause intéresse l’assuré à la non réalisation


du risque en l’obligeant à conserver à sa charge une part du dommage fixé soit
par une fraction du sinistre soit par une somme déterminée. L’acceptation par
l’assuré d’un découvert obligatoire substantiel lui permet généralement de
bénéficier d’un taux de prime moins élevé.

• La franchise est une modalité de saine gestion, car les petits sinistres
entrainent des frais de gestion parfois plus élevés que le dommage lui-même ;
aussi, la franchise simple constitue-t-elle une fin de non-recevoir des sinistres
d’un montant inférieur à telle somme, les sinistres importants demeurent
garantis au premier franc, c’est-àdire sans franchise.

Dès lors, les assurés sont-ils tentés d’exagérer leurs petits dommages afin de
recevoir une indemnité intégrale. Pour déjouer une telle manœuvre, les contrats
peuvent prévoir une « franchise absolue » qui est donc déduite de l’indemnité
quelle que soit l’importance du sinistre. En pratique, on constate que les polices
– en cas de garantie de ces différents frais – peuvent prévoir une franchise afin
d’éviter des dépenses de gestion disproportionnées au regard des prestations
dues par l’assureur
La franchise absolue se distingue néanmoins du découvert obligatoire par son
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caractère non impératif : l’assuré peut en obtenir la garantie soit auprès de son
assureur moyennant une surprime, soit auprès d’un autre assureur.

Ces limitations de garantie sont opposables aux tiers, même aux victimes
agissant par l’act En matière d’assurance, un contrat est conclu par un
souscripteur pour se procurer une garantie suffisante en cas de réalisation de
sinistre moyennant une prime et se protéger contre les éventuels risques,
constituant objet même du contrat.