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ARCHIVE HISTOIREPublié le 13/02/2017 à 15h15

La bataille de Bougafer ou la résistance


acharnée des Ait Atta contre les forces
coloniales
La bataille a duré près de 42 jours après plusieurs tentatives destinées à soumettre les Ait
Atta et contrôler Bougafer. Retour sur un affrontement lors duquel les combattants
marocains ont fait montre de la détermination de tout un peuple en refusant de rendre les
armes et en luttant par tous les moyens contre les forces coloniales. Histoire.
Temps de lecture: 4'
Photo d'illustration. / DR
La bataille de Bougafer, également connue sous le nom de «bataille de Saghro», est l’un
des affrontements les plus féroces des combattants marocains contre les forces
coloniales françaises. L’intervention militaire française avait certes débuté le 13 février,
mais les ambitions du Protectorat ne datait pas de 1933. Les combattants marocains,
issus des tribus d’Ait Atta, s’étaient montrés beaucoup plus combatifs que prévu. Leur
détermination leur a valu une résistance qui a duré plus de quarante jours face à 83 000
soldats français soutenus par 44 avions militaires. Mais avant de contextualiser cette
bataille, il est impératif de rappeler, ne serait-ce que brièvement, l’histoire de la famille
Oubasslam. Originaire de la tribu amazighe montagnarde du Saghro des Ait Atta, elle a
joué un rôle central contre l’occupation française au début du XXe siècle.
Assou Oubasslam ou l'histoire d'un leader spécial amazigh
C’est à 20 km de Tinghir, dans la circonscription de Tafraout, qu’Issa Ou Ali N’Ait
Baslam, alias Assou Oubasslam, voit le jour en 1860. A 29 ans, grâce à ses multiples
qualités humaines et militaires, il succède à son père Ali Oubasslam à la tête de sa tribu
et décroche le titre d’Amghar. Dans son ouvrage «Henry De Bournazel» (édition Plon,
1939), le romancier et historien français Henri Bordeaux le qualifie «d'homme au beau
visage grave, au corps maigre et musclé, impassible et indifférent d'apparence, mais fier
et plein de dignité, et qui imposait la confiance». L’homme amazigh est aussi un militaire
rusé qui a su profiter de la situation géographique et politique de sa région pour mettre
en place des stratagèmes indéfectibles pour résister à l’occupation.
Dès 1919, il commence à réunir des armes à feu, volées des soldats français, acquises
par le biais des tribus pacifiées ou encore fabriquées localement par ses combattants.
D’ailleurs, cette année était aussi marquée par une première intervention militaire dans
la région, menée par le Pacha de Marrakech, Thami El Glaoui dans la haute vallée du
Dadès.
Entre 1920 et 1930, Assou Oubasslam intente à travers des guérillas ses premières
provocations destinées aux forces coloniales. Celles-ci provoqueront la colère du
général Hubert Lyautey qui aurait, à en croire le cinquième volume des «Mémoires du
patrimoine marocain» (Edition Nord Organisation, 1985), augmenté les financements
destinés à pacifier les tribus de cette région. Une mission loin d’être du pain béni pour
les forces françaises ; c’est que Jbel Saghro est un sommet qui culmine à 2 712 m
d'altitude…
Plusieurs tentatives vouées à l'échec
Située à moins de 100 km au sud du Haut Atlas central, dominant les vallées du Draâ et
du Dadès, la zone est sous la responsabilité du général Georges Catroux. Ce dernier,
après avoir tenté à maintes reprises de s’emparer de Bougafer, finit par faire appel à des
renforts. Une première tentative a donc eu lieu plusieurs mois avant le 13 février de
l’année 1933, marquée par un échec décevant des forces coloniales. Plusieurs bataillons
français s’étaient alors penchés sur la préparation d’un plan d’intervention pour
soumettre les tribus d’Ait Atta et contrôler Bougafer.
Le plan suggérait d’attaquer la zone par plusieurs points, notamment le sud-est, vers
Marrakech et l’ouest, au niveau de la frontière avec l’Algérie française. Quatre colonnes,
divisées en deux groupes, ont été placées sous le commandement des généraux
Catroux et Giraud. Les colonnes des colonels-lieutenants Tarrit et Despas se dressent
côté Est, tandis que l’Ouest accueille celle de Chardon et de Spillmann. Toutes les
quatre devaient converger vers Bougafer. Un bombardement de la région était aussi
prévu, puis finalement abandonné compte tenu de la géographie de la région. Les forces
coloniales avaient alors mobilisé 83 000 soldats et 44 avions militaires pour attaquer 1
200 combattants d’Ait Atta, soutenus par des femmes et des enfants.
L’offensive militaire est donc lancée lundi 13 février 1933. Près de 14 jours après, les
Français, surpris par la force et la détermination de l’adversaire, décident alors de
mandater un émissaire pour négocier une trêve et rencontrer Assou Oubasslam. Mais ce
dernier refuse même de rencontrer l’émissaire, provoquant ainsi la colère des colonels
qui déploient encore plus de moyens pour soumettre les combattants.
Des résistants amazighs d'Ait Atta. / Ph. Zamane
Une trêve négociée après 42 jours de résistance
Sur cette partie de la bataille, le militaire et écrivain français Georges Spillman, cité dans
les «Mémoires du patrimoine marocain», indique que «plusieurs assauts furent lancés
contre cette forteresse naturelle, venant de l'est et de l'ouest». «Ils furent tous repoussés
de façon sanglante. Nous y perdîmes quatre officiers tués du côté de Marrakech et six
officiers tués du côté des confins algéro-marocains, dont hélas ! Mon ami le capitaine de
Lespinasse de Bournazel, héros légendaire du Maroc», écrivait-il.
Un carnage a donc eu lieu, encerclant Bougafer. Face à la fatigue, la fin et les blessures,
et après une énième attaque le 28 février, les Amazighs maintiennent leur résistance
après ce sévère blocus, avant que certains d’entre eux finissent par trahir la cause. C’est
alors que le virus de typhus, transmis par les animaux morts et les cadavres des
combattants, commence à contaminer ceux encore en vie.
Après 42 jours de résistance, Assou Oubasslam est alors contraint à négocier. Il
descend de sa montagne non pas pour se rendre, mais pour sauver ce qui reste des Ait
Atta. Le 25 mars 1933, la vie de 3 000 combattants marocains est sauvée après le décès
de 1 300 Amazighs d’Ait Atta, contre 3 500 soldats français.
Une rencontre entre le Général Huré et Assou Oubasslam de la tribu Aït Atta en 1933,
annonçant la fin de la bataille de Bougafer, dans le Saghro. / Ph. «Mémoires du patrimoine
marocain»
«Que Dieu bénisse les martyrs et leur pardonnera leurs péchés. Nous avons été créés
d'argile sèche et nous y retournons. Espérons que Dieu célébrera cette mémoire dans le
cœur de nos enfants», aurait-il dit avant de s’adresser aux forces de l’occupation. Jbel
Saghro venait tout juste de rendre ses armes et de se soumettre à l’occupation coloniale.
La résistance, elle, n’en était qu’à ses balbutiements.
Promu caïd en 1939 après sa soumission au général Giraud, Assou Oubasslam garda
cette fonction jusqu’à sa mort en 1960.

YASSINE BENARGANE

Journaliste Yabiladi.com
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RÉSISTANCE NATIONALE PROTECTORAT BOUGAFER JBEL SAGHRO ASSOU OUBASSLAM AIT ATTA

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59 commentaires

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Julie menier
Date : le 13 février 2018 à 13h35
Je te donne raison , sur les reac identitaire de son genre Ils ont des propos
dépassées, et développe un mythe nationaliste assez grotesque propre au
mouvance d extrême droite Dans le déni perpetuel des réalités, et
déformant les faits avec des propos fallacieux J ai d ailleurs entendu un
propos anti rif, et je me suis posée la question de sa raison d etre J ai vite
comprise ensuite qu elle était bien le fruit d une propagande rodée qui
prend source il y a des décenies de cela Enfin tu n obtiendra rien de lui, si
ce n est le discours rodé La preuve l argument qu il utilise est extrait , de
propos tenu de la part de salafiste, qui eux metaient en lumière aussi le fait
que les arabes acceptaient jadis d etre dominer par des non arabes (ex
Mamelouks, les Atabeks, les seldjoukides.....) Bref lui instrumentalise cette
thése, dans le but d enfumer, alors qu en vrai jamais de la vie il n
accepterait par exemple qu un rif le gouverne ou un Francais marocains C
est un peu comme en France, jamais de la vie les identitaires n accepteront
un premier ministre ou président arabe..même si il est le plus doux et docile
des arabes de serrice On l a vu avec Taubira, ce genre d identitaire ne font
qu instrumentaliser certaines thèses sans y croire, et pour masquer leur
idéologie ségrégationiste
Citation
moss_26176 à écrit:
Il faut toujours que des gens comme toi se la ramène, mais hamdolillah
vous êtes dépassé, c'est à cause des années 60 que le Maroc a beaucoup
perdu et engendrer les années de plomb, et ce n'est pas pour rien que le
Maroc commença à remonter la pente au moment où il reconnait toutes les
spécificité du pays... encore faut-il connaitre cette Histoire passée sous
silence. Un être humain c'est un être humain, Alors avant de porter un avis,
il faut être sûr de quoi on parle, cette région est la plus pauvre du pays
alors qu'on en tire les meilleurs richesses. 60ans après l'indépendance la
moindre des choses à défaut d'enseigner à tout les enfants du pays qu'eux
n'ont jamais accepter la colonisation, alors que d'autre ont collaboré très
vite à l'arrivé comme au départ du colon, c'est de leur construire un hôpital
digne de ce nom, des écoles, des routes.... Mais comme je l' ai écrit plus
haut, Dieu merci cela change et ce n'est pas grâce à toute la clique de la
génération pan-arabisme des années 60.
Julie menier
Date : le 13 février 2018 à 13h20
Et voila une fois de plus on te laisse baver ta haine de l autre sans
personne ne te condamne C est bien la preuve de ce que j avancais tu
hais, et d autre sont complaisant envers ta haine d ultra nationaliste En
parlant de haine, y a juste à te lire sur l autre poste, tu hais les Francais, et
maintenant lesmarocains a l etranger , et je vois qu en plus maintenant tu
ajoutes les rifains Reste plus qu a voir ta longue liste des peuples et ethnies
que tu hais
Citation
imtiyaz à écrit:
les plus grand professeurs et savant arabes sont des amazigh Toi tu es un
immigrado qui a été élevé dans la haine et tu crois que tous les rifains te
ressemblent ? .
Isham33
Date : le 20 février 2017 à 13h19
Voilà ce qui se passe en ce moment à Tindouf
http://www.tamurt.info/sahraouis-refusent-lappel-de-prise-darmes-lance-
polisario/
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