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Université Joseph Fourier Grenoble 1

L3 de Physique et Magistère de Physique


Travaux dirigés de mathématiques 2004 – 2005

Transformées de Laplace II
Exercice 7.1

Trouver, en utilisant la transformée de Laplace, la solution des équations suivantes :


1) y 00 + 4y 0 + 3y = 0 avec les conditions y(0) = 3 et y 0 (0) = 1.
2) y 00 + 3y 0 + 2y = δ(t − t0 ) avec les conditions y(0) = 0 et y 0 (0) = 0.
3) y 00 + 2y = r(t) avec les conditions y(0) = 0 et y 0 (0) = 0
où r(t) est une fonction quelconque. On considérera ensuite le cas :
½
1 pour 0 < t < 1
r(t) =
0 autrement

Exercice 7.2

Soit une poutre dont les extrémités en x = 0 et x = L coı̈ncident avec l’axe des x. Cette poutre
supporte une charge par unité de longueur W (x) qui agit verticalement. Il en résulte que l’axe
de cette poutre présente une flèche y(x) au point x qui est solution de l’équation différentielle :

d4 y(x) 1
4
= W (x) (0 ≤ x ≤ L) (1)
dx EI
où E est le module d’élasticité de la poutre et I son moment d’inertie par rapport à son axe
(l’axe y est dirigé vers le bas).
Les conditions initiales associées à l’équation (1) dépendent de la façon dont la poutre est
supportée :
– extrémité emboı̂tée, solidaire ou fixe : y = y 0 = 0 ;
– extrémité pivotante ou posée : y = y 00 = 0 ;
– extrémité libre : y 00 = y 000 = 0.
1) On considère une poutre dont les extrémités en x = 0 et x = L sont posées et qui porte une
charge par unité de longueur constante W0 . Trouver la flèche en tout point de la poutre.
2) On considère une poutre emboı̂tée à son extrémité x = 0 et libre en x = L. Déterminer la
flèche pour une charge par unité de longueur W (x) :
½
W0 si 0 < x < L/2
W (x) =
0 si L/2 < x < L

Exercice 7.3
A faire chez soi
Déterminer, en utilisant la transformation de Laplace, la solution de l’équation différentielle :

y 000 (t) − 6 y 00 (t) + 11 y 0 (t) − 6 y(t) = e−t

avec les conditions initiales :

y(0) = 1 ; y 0 (0) = 0 ; y 00 (0) = −4

1
Exercice 7.4
A faire chez soi
Des particules diffusent dans un tuyau de longueur 2a, fermé aux deux extrémités. Initialement,
elles sont concentrées au centre. On veut étudier l’évolution de la densité des particules en tout
point, notamment au centre.
Cette densité ρ(x, t) obéit à l’équation de diffusion :
¯
∂ρ(x, t) ∂ 2 ρ(x, t) ∂ρ(x, t) ¯¯
=D avec les conditions aux limites =0
∂t ∂x2 ∂x ¯x=±a

La condition initiale peut s’écrire ρ(x, 0) = δ(x).


Z +a
Sa norme est égale à 1, c’est-à-dire ρ(x, t) dx = 1
−a

1) Ecrire l’équation différentielle à laquelle obéit la transformée de Laplace de ρ(x, t), ρb(x, p).
2) Résoudre cette équation entre −a et 0, puis entre 0 et a. Ne pas oublier que la densité est
continue en x = 0 alors que sa dérivée première est discontinue.
3) Utiliser l’expression :

X
coth p = 1 + 2 exp(−2np) (Ré(p) > 0)
n=1

pour exprimer
½ ρ(0, t) sous
µ forme ¶ ¾d’une série, en fonction de t, a et τ = a2 /D.
2 √
1 α exp(−α p)
Donnée : L √ exp − ;p = √
πt 4t p

Exercice 7.5

Résoudre les équations intégrales suivantes :


Z t
ϕ(t) = t + (u − t) ϕ(u) du
0Z
t
ϕ(t) = 1 + λ (t − u) ϕ(u) du
0

où ϕ(t) est une fonction nulle pour t ≤ 0.

Exercice 7.6
A faire chez soi
Résoudre l’équation intégro-différentielle :
Z t
dy
− (t − u) y(u) du = cos t
dt 0

avec y(0) = 1.

Exercice 7.7

A l’aide de la transformation de Laplace, calculer l’intégrale :


Z +∞
1 − cos ut
f (t) = du
0 u2

2
Solutions
Exercice 7.1

On utilise la formule qui relie la transformée de Laplace de la dérivée d’ordre n d’une fonction
f à la transformée de Laplace de la fonction f et aux valeurs que prennent à l’origine les n − 1
premières dérivées de f :
L{f (n) ; p} = pn L{f ; p} − pn−1 f (0+ ) − pn−2 f (1) (0+ ) − · · · − f (n−1) (0+ )
1) y 00 + 4y 0 + 3y = 0 avec les conditions y(0) = 3 et y 0 (0) = 1.
Par transformation de Laplace, on obtient l’équation algébrique :
(p2 + 4p + 3) L{y ; p} = p y(0) + y 0 (0) + 4y(0) = 3p + 13
3p + 13 3p + 13 5 2
⇒ L{y ; p} = = = −
p2
+ 4p + 3 (p + 1) (p + 3) p+1 p+3
et y(t) = 5e−t − 2e−3t pour t ≥ 0
La fonction y ainsi déterminée est également solution de l’équation différentielle pour t < 0.
Cependant le prolongement vers les valeurs négatives de t dépend du problème considéré.
Supposons, par exemple, que l’équation différentielle représente le mouvement d’un ressort
soumis à une force de frottement à partir d’un temps t0 pris comme origine des temps. Pour
t < t0 = 0, le mouvement du ressort n’est pas décrit par cette équation ; il n’y a alors aucune
raison de prolonger y(t) pour t < 0.
2) y 00 + 3y 0 + 2y = δ(t − t0 ) avec les conditions y(0) = 0 et y 0 (0) = 0.
Par transformation de Laplace, on obtient l’équation algébrique :
(p2 + 3p + 2) L{y ; p} = e−t0 p
· ¸
−t0 p 1 1
⇒ L{y ; p} = e −
hp+1 p+2 i
et y(t) = H(t − t0 ) e−(t−t0 ) − e−2(t−t0 )
3) y 00 + 2y = r(t) avec les conditions y(0) = 0 et y 0 (0) = 0.
Soit R la transformée de Laplace de r. Alors :

1 1 2
L{y ; p} = R(p) 2 = √ R(p) · √
p +2 2 p2 + ( 2)2
1 √
⇒ y(t) = √ [H(t) r(t)] ∗ [H(t) sin( 2t)]
2 Z t
1 √
y(t) = √ H(t) r(t − t0 ) sin( 2t0 ) dt0
2 0
où H est la fonction de Heaviside.
Application ½
1 pour 0 < t < 1
r(t) =
0 autrement
On doit donc avoir :
0 < t − t0 < 1 c’est-à-dire t − 1 < t0 < t
et
0 < t0 < t
On en déduit l’expression de y :
 √

 1 − cos( 2t)

 si 0 < t ≤ 1
Z t 
 √ 2 √
1 √ cos[ 2(t − 1)] − cos( 2t)
y(t) = √ H(t) sin( 2t0 ) dt0 = si t ≥ 1
2 max(0, t−1) 
 2



 0 autrement

3
Remarque
L’intérêt d’utiliser la transformation de Laplace pour résoudre une équation différentielle à
coefficients constants est d’introduire dès le début du calcul les conditions initiales.

Exercice 7.2

La flèche y(x) est solution de l’équation différentielle :

d4 y(x) 1
= W (x) (0 ≤ x ≤ L) (2)
dx4 EI
1) Les conditions initiales sont :

y(0) = y 00 (0) = 0 et y(L) = y 00 (L) = 0

Appliquant la transformation de Laplace aux deux membres de l’équation (2), on obtient :

W0 1 − e−pL
p4 Y (p) − p2 y 0 (0) − y 000 (0) =
EI p

W0 1 − e−pL 1 1
⇒ Y (p) = 5
+ y 000 (0) 4 + y 0 (0) 2
EI p p p
Y (p) a pour original :
· ¸
W0 x4 000 x3 0 W0 (x − L)4
y(x) = H(x) + y (0) + y (0) x − H(x − L)
EI 4! 3! EI 4!

Comme x ≤ L, le dernier terme n’intervient pas.


y 0 (0) et y 000 (0) sont déterminées par les conditions initiales en x = L :

W0 L4 000 L3 0  y 0 (0) = W0 L3

y(L) = + y (0) + y (0) L = 0
EI 24 6 ⇒ 24EI
00 W0 L2 000 
 000 W0
y (L) = + y (0) L = 0 y (0) = − L
EI 2 2EI
La flèche de la poutre a donc pour expression :
W0 W0
y(x) = (x4 − 2Lx3 + L3 x) = x (L − x) (−x2 + Lx + L2 )
24EI 24EI
2) Les conditions initiales sont :

y(0) = y 0 (0) = 0 et y 00 (L) = y 000 (L) = 0

Appliquant la transformation de Laplace aux deux membres de l’équation (2), on obtient :

W0 1 − e−pL/2
p4 Y (p) − py 00 (0) − y 000 (0) =
EI p
à !
W0 1 e−pL/2 1 1
⇒ Y (p) = − + y 00 (0) + y 000 (0) 4
EI p5 p5 p3 p
Y (p) a pour original :
· ¸
W0 x4 000 x3 00 x2 W0 (x − L/2)4
y(x) = H(x) + y (0) + y (0) − H(x − L/2)
EI 4! 3! 2! EI 4!

4
Les conditions initiales en x = L permettent de déterminer y 00 (0) et y 000 (0) :

00 W0 L2 000 00 W0 L2  y 00 (0) = W0 L2

y (L) = + y (0) L + y (0) − =0
EI 2 EI 8 ⇒ 8EI
000 000 W0 
 000 W0
y (L) = y (0) + L=0 y (0) = − L
2EI 2EI
L’expression de la flèche de la poutre est donc :

 W0 x2 (2x2 − 4Lx + 3L2 ) si 0 ≤ x ≤ L/2

y(x) = 48EI
 W0 L3 (x − L/8)

si L/2 ≤ x ≤ L
48EI

Exercice 7.3

Posons Y (p) = L{y ; p}. Alors et compte tenu des conditions initiales :

L{y 0 ; p} = p Y (p) − 1 ; L{y 00 ; p} = p2 Y (p) − p ; L{y 000 ; p} = p3 Y (p) − p2 + 4

On en déduit l’expression de Y (p) :

p3 − 5p2 + p + 8 1 1 5 1 2 1 7 1
Y (p) = =− + + −
(p + 1)(p3 − 6p2 + 11p − 6) 24 p + 1 4 p − 1 3 p − 2 8 p − 3
et la solution de l’équation différentielle :
1 −t 5 +t 2 +2t 7 +3t
y(t) = − e + e + e − e
24 4 3 8
On peut vérifier que cette solution satisfait les conditions initiales.

Exercice 7.4

1) Après transformation de Laplace par rapport à la variable t, l’équation de diffusion devient :

d2 ρb(x, p)
p ρb(x, p) − δ(x) = D (3)
dx2

2) La dérivée première de ρb(x, p) étant discontinue en x = 0, une méthode pour résoudre


l’équation (3) est de considérer séparément les régions x ∈ [−a, 0[ et x ∈]0, +a] :
µr ¶
p
Pour x ∈ [−a, 0[ ρb(x, p) = Ag ch (x + a)
µr D ¶
p
Pour x ∈]0, +a] ρb(x, p) = Ad ch (x − a)
D
La continuité de ρb en x = 0 conduit à Ag = Ad = A.
Détermination de A
a) Par l’utilisation de la conservation du nombre de particules :
Z +a Z +a
1 1
ρ(x, t) dx = 1 A ρb(x, p) dx = ⇒ A= √ p
−a −a p 2 pD sh (a p/D)

b) Autre méthode :
On intègre l’équation (3) entre −ε et +ε et l’on fait tendre ε vers 0 :
½Z +ε Z +ε ¾ Z +ε
d2 ρb(x, p)
lim p ρb(x, p) dx − δ(x) dx = lim D dx
ε→0 −ε −ε ε→0 −ε dx2

5
Le premier membre est égal à −1 et le second membre s’intègre sans difficulté conduisant à :
r ½ µr ¶ µr ¶¾ µr ¶
p p p p p
−1 = lim A D sh (ε − a) − sh (−ε + a) = −2A pD sh a
ε→0 D D D D

1
⇒ A= √ p
2 pD sh (a p/D)

3) En x = 0, on a :
p
1 coth (a p/D)
ρb(0, p) = √
2 pD
" +∞
X µ r ¶#
1 1 p
ρb(0, p) = √ √ 1 + 2 exp −2n a
2 D p n=1
D
+∞ µ r ¶
1 1 X p
ρb(0, p) = √ √ exp −2|n| a
2 D p n=−∞ D

On en déduit l’expression de ρ(0, t) :


r ³ τ´
+∞
1 τ X
ρ(0, t) = √ exp −n2
2a π t n=−∞ t

Pour t = τ , on obtient une expression approchée de ρ(0, τ ) :


+∞
X Z +∞
1 2 1 2 1
ρ(0, τ ) = √ exp(−n ) ' √ e−x dx =
2a π n=−∞ 2a π −∞ 2a

τ est le temps de diffusion : c’est le temps au bout duquel les particules sont réparties uni-
formément dans le cylindre.

Exercice 7.5

1) L’intégrale intervenant dans la première équation intégrale est le produit de convolution f ∗ϕ


où f est la fonction définie par :
f (t) = −H(t) · t
Soit Φ la transformée de Laplace de ϕ. On a donc :
1 1
Φ(p) = 2
− 2 Φ(p)
p p
1
⇒ Φ(p) =
1 + p2
qui a pour original :
ϕ(t) = H(t) · sin t
2) De même, dans la seconde équation intégrale, on reconnaı̂t le produit de convolution de ϕ
par la fonction g définie par :
g(t) = H(t) · t
On a donc :
p
Φ(p) =
p2 −λ
qui a pour original : ½ √
H(t) · ch ( √λt) si λ > 0
ϕ(t) =
H(t) · cos( −λt) si λ < 0

6
Exercice 7.6

Comme dans l’exercice précédent, on reconnaı̂t le produit de convolution de y par la fonction


f définie par :
f (t) = H(t) · t
Appliquant la transformation de Laplace aux deux membres de l’équation, on obtient :
1 p
pY (p) − y(0) − Y (p) = 2
p2 p +1 · ¸
p2 1 1 p+1
⇒ Y (p) = = +
(p − 1) (p2 + 1) 2 p − 1 p2 + 1

Y (p) a pour original :


1 £ ¤
y(t) = H(t) et + cos t + sin t
2

Exercice 7.7

Soit F la transformée de Laplace de f . Elle est définie par :


Z +∞Z +∞
1 − cos ut −pt
F (p) = e du dt
0 0 u2

Intégrons d’abord par rapport à t 1 :


Z +∞
1 p u2
(1 − cos ut) e−pt dt = − 2 =
0 p p + u2 p (p2 + u2 )

On obtient alors :
Z +∞
1 1 π 1
F (p) = du = 2 [Arctg(v)]+∞
0 = avec v = u/p
0 p (p2 2
+u ) p 2 p2

On en déduit l’expression de f pour t > 0 :


π
f (t) = t
2
f (t) étant une fonction paire, on a donc :
π
f (t) = |t| pour t ∈ IR
2

1
Soit f (t, x) une fonction telle que f (t, .) soit dans L1 sauf peut-être pour un nombre fini de valeurs de t.«On
Z +∞ Z +∞ „Z +∞
1
ssuppose que la fonction x → |f (t, x)| dt est dans L . Alors les deux intégrales f (t, x) dx dt
−∞ −∞ −∞
Z +∞ „Z +∞ «
et f (t, x) dt dx sont absolument convergentes et elles sont égales.
−∞ −∞