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COURS DE MECANIQUE DES SOLS

Classe: IC ESMG-INP-HB
Enseignant: M. Michaël NAPON, Ingénieur des Mines, Dpt Sciences de la Terre et des
ressources Minières (STeRMi) de l’Institut National Polytechnique (INP-HB) Yakro
Année scolaire: 2007-2008
Durée du cours: 50 heures

Objectifs pédagogiques:
Au terme de ce cours, l’étudiant devra être capable de :
1) Maîtriser les principaux essais d'identification des sols et la classification des sols (LBTP, USCS);
2) Prédire et éviter les phénomènes de Boulance et Renard lors des écoulements dans les sols ;
3) Connaître les essais de cisaillement des sols ;
4) Calculer les tassements dans les sols fins saturés et le temps nécessaire à ces tassements ;
5) Calculer la stabilité des talus pour pouvoir proposer des solutions pour les talus instables ;
6) Etudier la stabilité des murs de soutènement par le calcul des forces de poussée et de butée
des terres ;
7) Calculer la capacité portante des sols de fondations.

Ce cours comporte quatre (4) chapitres, avec pour les 3 premiers une application en cours
ou en fin de chapitre.

Sommaire général Robert D. Holtz & William D. Kovacs, 1992.


Introduction à la géotechnique, Dunod, Paris,
Ch1. Identification et classification des sols - 8è édition,
Compactage
G. Philipponnat & B. Hubert, 2005. InFondations
Ch2. Hydraulique des sols et ouvrages en terre, Eyrolles, Paris, 5è édition,
Tassements de consolidation

Ch3. Résistance au cisaillement des sols


Stabilité des talus /Murs de soutènement

Ch4. Fondations

Le champ d'application de la mécanique


des sols est vaste et il est impossible d'exposer
de manière exhaustive les problèmes résolus
ou toutes ses connaissances actuelles. Aussi,
le présent cours a-t-il pour but de familiariser
le technicien avec les concepts
fondamentaux en lui donnant une idée des
raisonnements utilisés, de même que les
expériences mises en œuvre (essais) et
quelques méthodes de calcul de paramètres
ou ouvrages dans les cas les plus simples.

Références bibliographiques

J. Costet & G. Sanglerat, 1990, Cours pratique


de mécanique des sols, tomes 1&2, 9è édition,

François Schlosser, 1993, Eléments de


mécanique des sols, 2è édition, Masson

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CH I: IDENTIFICATION ET CLASSIFICATION DES SOLS
Objectif:
Maîtriser les principaux essais d'identification des sols grenus et des sols fins, afin d'établir une
classification des sols, plus élaborée que la simple distinction entre sols fins et sols grenus.

Introduction

La géotechnique est une science relativement jeune puisqu'elle ne s'est imposée en que telle
qu'en 1925 avec Karl TERZAGHI, auteur du 1er ouvrage de mécanique des sols. Elle est aujourd'hui
un élément essentiel parmi les sciences appliquées de l'Ingénieur; l'utilisation du sol par celui-ci est
en effet très fréquente, voire indispensable.
La géotechnique est un ensemble de techniques qui ont pour objet, l'étude des comportements
du substrat (sol et roche) et de sa performance en tant que support de structures diverses
(immeubles, barrages, tunnels, galeries, pistes d'atterrissage,…) et matériau de construction
(remblai, brique, béton...). Ainsi vue, elle s'intéresse aux caractéristiques et aux propriétés
mécaniques du sol et de la roche, et regroupe donc la mécanique des sols et la mécanique des
roches. La mécanique des sols est en fait l'application à l'étude des sols des principes de base de
la mécanique (cinématique, dynamique, mécanique des fluides,…). Dans le cadre de ce cours,
la géotechnique sera confondue à la mécanique des sols.

I. PARAMETRES DE DEFINITION D'UN SOL

Le sol est un milieu poreux constitué de grains minéraux entre lesquels les vides sont remplis par de
l'eau, de l'air ou par les deux. C'est donc un milieu triphasique.

N.B. : Les paramètres qui seront définis constituent des éléments de base qui doivent être
assimilés et de préférence mémorisés.

V= Va + Vw + Vs = Vv + Vs P = Pa + Pw + Ps =Pw + Ps
où Vv est le volume des vides.
(Vv=Va+Vw) car Pa ≈ 0.

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1. Les paramètres dimensionnels

a) Poids spécifique total d'un sol : γ b) Poids spécifique sec d'un sol : γd

c) Poids spécifique solide (ou des grains) : γs d) Poids spécifique de l’eau γw

Remarque : En général γw = 10KN/m3

e) Poids spécifique déjaugé d'un sol : γ'

2. Les paramètres sans dimension


Ce sont sans doute les plus importants; ils caractérisent l'état dans lequel se trouve le sol.

a) La teneur en eau : w=

Généralement donné en pourcentage, w varie de 0 à l'infini. il n'est donc pas étonnant d'avoir
des valeurs de 300% à 400% particulièrement pour les sols marins et les sols organiques des lacs.
Cependant, la plupart des sols a une teneur en eau inférieure à 60%.

b) L'indice des vides : e=

En théorie, l'indice des vides (exprimé en décimal) est compris entre 0 et l'infini. Cependant, en
pratique, il est rarement supérieur à 1.

c) La porosité : η=

La porosité est exprimée en pourcentage; elle traduit la proportion de volume occupée par le
vide. 0 %< η <100%

d) Le degré de saturation : Sr =

Il désigne la proportion de vide occupée par l'eau. Exprimé en pourcentage, il varie de 0% (sol
sec) à 100% (sol saturé). Si Sr ≠ 0%, le sol est dit humide.

N.B. : De façon générale, la densité des grains solides est notée Gs et est donnée par la relation :

♦ Pour le sable, Gs 2,68


♦ Pour les argiles, Gs 2,72

Remarque : une relation particulièrement utile lie les paramètres d'état à la densité des grains.

Sr.e = Gs. w

N.B. : L'état d'un sol se définit par la connaissance de e (ou η ), W et Gs qui constituent des
paramètres indépendants.

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3. Relations entre les paramètres

Exercice d'application
Un échantillon de sol de 1000cm3 pèse 1870g. Après passage à l'étuve, il pèse désormais 1677g.
la densité ses grains solides Gs est 2,66.
1) Calculer w, η, γd, e et Sr.
2) Calculer γsat en sachant que γ' = γw x (Gs-1)/ (1+e)

II. IDENTIFICATION DES SOLS

1. Détermination des paramètres indépendants

ƒ La teneur en eau W: par deux pesée, une avant (P) et une après passage à l'étuve à 105°C
(Ps) : W=(P-Ps)/Ps.

ƒ La densité des grains solides Gs: cette mesure se fait dans un appareil appelé picnomètre : un
poids connu Ps de sol séché par étuvage (W=0) est introduit dans un récipient contenant de
l'eau distillée. On récupère le volume d'eau déplacée par le sol (Vs) : Gs= Ps/Vs.γw.
Il est généralement compris entre 26 et 28 KN/m3.

ƒ L'indice des vides e : c'est une mesure délicate. On détermine le volume total de l'échantillon
V, le poids des grains solides Ps, et connaissant leur poids volumique :e =(V.γs/Ps) - 1.

2. Analyse granulométrique

L'étude de la granulométrie du sol consiste à déterminer la répartition pondérale des grains


suivant leur dimension (diamètre). Elle s'effectue :
a. pour les sols grenus à l'aide d'un tamisage (à sec ou sous eau) : la quantité recueillie
sur un tamis constitue pour ce tamis le refus et la quantité qui le traverse le passant ou
tamisât. Pour chaque tamis, on calcule le pourcentage en poids de passant par
rapport à la masse totale de l'échantillon.

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On définit Dp comme l'ouverture du tamis au travers duquel passe p% du poids des grains. Sur
une feuille de papier semi-logarithmique, on trace la courbe de passant (p%).en fonction des
diamètres Dp. Elle traduit pour chaque diamètre Dp, le pourcentage en poids des grains de
φ<Dp. On peut traduire son équation sous la forme p %= f (Dp). Cette courbe obtenue est
appelée courbe granulométrique.

b. pour les sols fins par sédimentométrie dans un liquide de référence :


Lorsque la dimension des particules est inférieure à 100μ, le tamisage n'est plus possible.
On a alors recours à la sédimentométrie. Elle est basée sur la loi de Stockes qui exprime
que la vitesse limite v d'une particule tombant sous l'action de la pesanteur dans un
liquide visqueux:
V = (γs- γo).D2 / 18η Où η viscosité dynamique du liquide (eau par
exemple).

L'échantillon est plongé et agité dans un liquide visqueux de référence. La décantation


par gravité dans le liquide visqueux se réalise à des vitesses différentes selon le diamètre
des particules, les plus grosses tombant le plus rapidement.
En fait, les vitesses obtenues sont très faibles. Aussi après avoir dispersé par agitation les
particules de sol dans l'eau, on obtient une solution qu'on laisse décanter. On mesure la
variation de densité de la solution à différents niveaux, en fonction du temps, avec un
hydromètre. Puis les résultats sont traduits sous forme de courbe granulométrique.

Remarque : Pour étudier les éléments de diamètre inférieur à 0,5μ, il faut renoncer à la
décantation au profit de la centrifugation, opération de laboratoire non courante.

La granulométrie d'un sol peut être caractérisée par :

ƒ le coefficient d'uniformité ou coefficient de Hazen : Cu =

Cu>2: on dit que le sol a une granulométrie étalée (Caquot et Kérisel)


Cu<2: on dit que le sol a une granulométrie serrée ou uniforme.
Remarque : Les limites d'étalement ou d'uniformité du sol (Cu pris par rapport à 2) ne sont pas
universelles. Elles varient en fonction des auteurs et des classifications ; par exemple, les normes
allemandes la fixent à 5.

On définit également :

ƒ le coefficient de courbure ou de concavité : CC =

CC >1: on dit que la courbe a une concavité vers le haut ;


CC =1: on dit que la courbe a une concavité sensiblement rectiligne ;
CC <1: on dit que la courbe a une concavité vers le bas.

ƒ le diamètre efficace : D10


La perméabilité d'un sol dépend, en première approximation du diamètre efficace et du
coefficient de Hazen.

Exercice : Tracer la courbe granulométrique du sol dont l'analyse a fournit les résultats suivants et
commenter.

φ (mm) 50 20 10 5 2 1 0,5 0,2 0,1 <0,1


Refus (g) 0 113 406 363 326 208 194 110 116 "164"

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3. L’indice de densité (sol grenu)
L'état des sols grenus se caractérise par l'indice de densité ou densité relative noté ID ou Dr :
emax et emin sont déterminés par des essais au labo ;
ID=(emax-en)/(emax-emin)
en est l'indice des vides naturel du sol.

Remarque : La détermination de ID est limitée aux couches superficielles du sol. Pour des
profondeurs importantes, on utilise l'essai normalisé de pénétration SPT (Standard
Penetration Test). Il consiste à enfoncer par battage un carottier placé à l'extrémité
d'un train de tiges. On compte alors le nombre de coups nécessaires pour obtenir
un enfoncement de 30cm. MEYERHOF et TERZAGHI ont obtenu la corrélation
suivante entre le nombre de coups N et la densité relative Dr.

N Dr Etat du sol
4 <20 Très peu compact et très lâche
4 - 10 20 - 40 Peu compact et lâche
10 - 30 40 - 60 Moyennement compact
30 - 50 60 - 80 Compact à dense
>50 >80 Très compact

4. L'équivalent de sable (sol grenu)


Essai complémentaire de l'analyse granulométrique, il s'effectue sur la fraction inférieure à 5mm
d'un sable humide au moyen d'un floculant (solution de chlorure de calcium, de glycérine et de
formaldéhyde). Il permet d'apprécier rapidement l'importance relative des éléments au sein d'un
matériau sableux. Il peut remplacer la mesure de la limite de plasticité qui est longue et difficile à
réaliser lorsque le matériau contient très peu d'éléments compris entre 0 et 0,42mm.

ES Description
0% Argile pure
20% Sol plastique
40% Sol non plastique
100% Sable pur et propre

Il sert le plus souvent à déceler la présence d'éléments argileux polluants au sein de matériaux
destinés, soit à la réalisation de couches de fondation routière, soit à la fabrication du béton.

5. Les limites de consistance ou d'ATTERBERG (sols fins)

Les sols fins ou cohérents sont ceux dont les grains sont inférieurs à 2 microns (limons entre 20 et 2
microns ; Argiles inférieurs à 2 microns). La présence d'eau dans les pores d'un sol à grain fin en
modifie le comportement de façon significative. Il importe donc de connaître la quantité d'eau
dans un dépôt naturel, mais aussi de situer cette teneur en eau sur une échelle qui en prédit le
comportement.

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ƒ La limite de liquidité WL : au delà de laquelle le sol se comporte comme un fluide visqueux.
Généralement inférieure à 100, excède rarement 40 en pratique. Sa détermination se fait
grâce à l'Appareil Standardisé de Casagrande sur la fraction inférieure à 0,4mm.

ƒ La limite de plasticité Wp : A l'état plastique, le sol se tient naturellement, mais se déforme


largement dès qu'on lui applique un faible effort : c'est le comportement plastique.

ƒ La limite de retrait Ws : au dessous de laquelle le sol cesse de diminuer de volume quand sa


teneur en eau décroît. Sa détermination se fait au laboratoire selon une procédure standard
d'acquisition de couples (W, V) après passages successifs à l'étuve.

ƒ l'indice de plasticité Ip = : c'est l'étendue du domaine de plasticité; c'est le critère le


plus couramment utilisé pour caractériser la plasticité d'un sol. c'est donc une donnée très
importante en géotechnique qui a été mise en relation avec plusieurs propriétés
géotechniques.
D'après les valeurs de Ip (%), Léonards a défini la classification suivante :
Ip < 5 : sol non plastique (NP)
5 ≤ Ip < 15 : sol moyennement plastique
15 ≤ Ip ≤ 40 : sol plastique
Ip ≥ 40 : sol très plastique.

A titre d'exemple, les indices de plasticité des 3 familles d'argiles (illites, Kaolinite, Montmorillonite)
sont : Kaolinite (5 - 40%), Illite (23 - 50%), Montmorillonite (Li+, Na+)( 300 - 600%)
Montmorillonite (autres ions>0) ----------- 50 - 300%

De façon générale, la plasticité d'un sol se caractérise par deux (2) paramètres choisis parmi WL,
Wp et Ip. On utilise couramment (WL, Ip). Casagrande a montré expérimentalement qu'il existait
une relation linéaire de forme Ip=α.WL - β avec 0,7<α<0,8 et 13<β<17. Les valeurs de α et β
dépendant de la nature minéralogique de l'argile et de ses conditions de formation. Pour les sols
courants, on admet la relation Ip=0,73 (WL - 20) appelée "ligne A" sur l'abaque de plasticité de
Casagrande.

Pour sa part Skempton a définit en 1953, l'activité du sol aussi appelé coefficient de Skempton
noté A ou Ac qui mesure l'influence de la fraction argileuse sur le sol.

A= où fa désigne le pourcentage en masse de la fraction argileuse (i.e. des particules


inférieurs à 2μm).
A<0,75 Sol inactif
0,75<A<1,25 Sol "normal"
A>1,25 Sol actif

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Le coefficient d'activité est utile dans certains systèmes de classification, ou encore pour établir
des corrélations applicables dans le cas des argiles actives et des argiles inactives. L’abaque de
Skempton montre que plus la teneur en Montmorillonite d'un sol est élevée, plus le sol est actif et
plus il est gonflant. (Cf. Exercice TD)

ƒ L'indice de consistance relative Ic = : permet de situer l'état naturel d'un sol.


Ic <0 : le sol est à l'état liquide ;
0<Ic <1 : le sol est à l'état plastique ;
Ic >1 : le sol est consistant.

ƒ L'indice de liquidité IL = : il fournit une approche inverse de Ic. Notons que Ic + IL=1.

5. Autres essais propres aux sols fins

- L'analyse minéralogique : le comportement des sols fins est fonction de leur composition
minéralogique. Par exemple, une forte teneur en montmorillonite
indiquera un sol très sensible à l'eau, pouvant donner lieu à des
difficultés.
- La teneur en matière organique : intéressant du point de vue de la compressibilité, car les
matières organiques sont toujours très compressibles ;
déterminée cette teneur par calcination + double pesée
ou par oxydation avec du dichromate de potassium.
- La teneur en calcaire CaCO3, la dilatance (réaction aux vibrations), la résistance du matériau
sec (résistance au broyage), la ténacité (consistance près de la limite de plasticité), la
détermination de la couleur...

Remarque : qu'il s'agisse des sols fins ou grenus, les essais d'identification sont simples et peu
coûteux. Il faut les multiplier tant sur les chantiers que dans les laboratoires afin de se
rendre compte de l'état d'homogénéité ou d'hétérogénéité du sol.

III. Classification des sols

1. Importance de la classification

Dans la pratique courante, les termes généraux comme sable, argile englobent tellement de
propriétés qu'il faut en préciser le sens à l'aide de modificateurs qui trouveront leur usage dans la
pratique du génie. Ces termes ont été réunis dans les systèmes de classification des sols en
fonction d'un objectif spécifique. Un système de classification est avant tout un véhicule de
communication pour les techniciens : c'est non seulement un moyen de créer des catégories de
sol d'après leurs comportements, mais aussi un moyen pour les techniciens d'accéder aux
connaissances acquises par ceux qui les ont précédés.

Ainsi, le fait de classer un sol nous renseigne déjà assez bien sur la façon dont il va se comporter
dans un ouvrage réel pendant la construction ou sous les charges structurales.

Pour les sols non organiques (objet de notre étude), il existe différents systèmes de classification
basée essentiellement sur l'analyse granulométrique et/ou les limites de consistance.

2. Différents systèmes de classification


a) Sols à granulométrie uniforme
Lorsque les dimensions des grains sont peu différentes, on utilise la classification d'ATTERBERG. Elle
repose sur le diamètre des grains.

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φ(mm)

b) Sols à granulométrie non uniforme

♦ Sols grenus : 50% au moins d'éléments en poids ont un diamètre supérieur à 80μm ≠ Sols fins.

Remarque : La limite (80μ) n'est pas universelle. Elle dépend du système.

Classification triangulaire

Un sol composé de X% de sable, Y% de limons et Z%


d'argile peut être représenté par un point M dans un
triangle équilatéral dont les pôles sont Sable, Limons et
Argile. Ce point M appartient alors à la famille de la
zone où il se situe.

Classification de Casagrande

Elle est définie pour les sols fins dont la plasticité demeure quelque soit le système, le critère de
classification. Elle se détermine à partir de l'abaque de plasticité de Casagrande. (cf. TD)

Autres classifications
il existe de nombreuses autres classifications parmi lesquels on peut citer celles du LBTP
(Laboratoire du Bâtiment et des Travaux Publics) en Côte d'Ivoire, du LCPC (Laboratoire Central
des ponts et Chaussées) en France, la classification AASTHO aux USA ou encore un peu partout
dans le monde la classification USCS dite classification unifiée qui a été conçue par le professeur
ARTHUR CASAGRANDE en 1948. (cf. planches et TD)

Exercice d'application :
Classer selon USCS les sols A et B dont les pourcentages de passant et les L.A. sont ci-dessous :
N° des
φ (mm) Sol A (%) Sol B
tamis
4 4,75 69 95
10 2 54 90
40 0,425 46 83
100 0,15 41 71
200 0,075 36 55
WL 39 55
L.A.
Wp 27 24

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Application : le compactage

1. Enjeu et définition

a) Enjeu
Dans la pratique de la géotechnique, la qualité des sols sur un site donné laisse souvent à désirer :
faible consistance, forte compressibilité ou perméabilité. Ce sont là des facteurs indésirables tant
sur le plan technique qu’économique. On est alors obligé d'adapter les fondations aux conditions
géotechniques du sol ou d'améliorer les propriétés du sol en question en les stabilisant par des
procédés mécaniques (compactage notamment) ou chimique (malaxage et injection de liant
comme le ciment Portland, la chaux, l'asphalte, les résidus de pâtes de papier, …), voire
thermiques ou électriques ou encore par rabattement de la nappe phréatique afin de réduire les
pressions interstitielles ou par pré-charge en appliquant une charge temporaire pour réduire les
tassements. Cependant ces méthodes conviennent mal aux travaux de fondation : on a alors
recours au compactage pour des structures dont le sol est l'élément portant. Il est en général plus
économique.

b) Définition
Le compactage est l'ensemble des opérations mécaniques qui conduisent à accroître la densité
en place d'un sol; en d'autres termes la densification des sols par application d'énergie
mécanique. Cette action augmente la compacité du sol, donc resserre la texture du matériau et
réduit les possibilités de déformation. Il se caractérise par la réduction instantanée du volume du
sol, sans modification de sa teneur en eau, cependant il s'accompagne nécessairement d'une
réduction des vides par un réarrangement des grains solides.

Le compactage vise à améliorer les propriétés géotechniques des sols et permet ainsi de :
♦ réduire ou éliminer les risques de tassement;
♦ augmenter la résistance des sols et la stabilité des talus;
♦ améliorer la capacité portante des infrastructures routières;
♦ limiter les variations de volume indésirables causées par le gonflement et le retrait par exemple.

2. l'essai Proctor - Diagramme Proctor

L'ingénieur américain Robert PROCTOR démontra en 1933 mit le premier en évidence le lien
(γD,ω) au cours du compactage d'un sol sous énergie constante : c'est l'essai Proctor. Cet essai
comporte deux (2) variantes :
♦ l'essai normal (pour les digues et remblais);
♦ l'essai modifié (pour les chaussées).

Remarque : Ces essais ont été conçus pour servir de référence pour le compactage effectué sur
le terrain, afin de déterminer si le procédé utilisé a été efficace. La différence entre
les 2 variantes de l'essai se situe au niveau de l'énergie de compactage.

Ces essais peuvent être réalisés avec :


- un moule Proctor utilisé pour les matériaux suffisamment fins, i.e. qui ne contiennent pas
d'éléments > 5mm ; ses dimensions sont : 11,7cm de hauteur, 10,2cm de diamètre;
- un moule CBR (California Bearing Ratio) pour les matériaux qui ont des éléments > 5mm. ; ses
dimensions sont : 15,2cm de hauteur, 15,2cm de diamètre;

L'essai consiste au laboratoire à compacter dans un moule, suivant un processus bien défini, une
série d'échantillons bien identiques et représentatifs du sol, préalablement inhibés à des teneurs
en eau croissantes. On mesure pour chaque échantillon compacté, son poids spécifique total et
sa teneur en eau afin de calculer son poids spécifique sec (γD ).
Plusieurs couples (γD,ω) permettent alors de tracer la courbe γD = f (ω) : c'est le diagramme
Proctor. C'est une courbe en cloche qui présente donc un optimum pour une valeur de ω
appelée Optimum Proctor et notée ωopt. Cet optimum permet d'obtenir un serrage optimal des
grains.

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Diagramme Proctor

3. Influence de la nature du sol et de l'énergie de compactage


a. Nature du sol

L'allure des diagrammes Proctor


varie avec la nature du sol. Elle est
très aplatie pour un sable et
présente un maximum très marqué
pour une argile plastique.

Remarque : lorsque la courbe est aplatie, le compactage est peu influencé par la teneur en eau,
les matériaux de ce genre constituent les meilleurs remblais.

b. Energie de compactage
L'échantillon est compacté au labo dans un moule avec une certaine énergie fournie par une
dame, d'un poids déterminé, tombant d'une hauteur constante.

Masse de la Hauteur de Nombre de coups Nbre de Energie spécifique


Type d'essai
dame (Kg) chute (cm) par couche couches (KJ/dm3)
Essai normal 2,490 30,5 25 (moule Proctor) 3

Essai modifié 4,540 45,7 55 (moule C.B.R.) 3

Lorsque l'énergie de compactage varie, on


obtient une nouvelle courbe de même
allure. Si l'énergie de compactage
augmente, γDmax s'accroît et ωopt diminue.

D'autre part, pour chaque densité sèche, on


peut trouver la teneur en eau nécessaire
pour saturer le matériau; ce qui fournit la
courbe de saturation d'équation : γD = γs
/(1+Gs.w). La courbe des optimums est ±
parallèle à la courbe de saturation.

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4. Engins de compactage

Selon la nature du terrain et l'importance du travail à effectuer, différents d'engins sont utilisés :
- Pilons à air comprimé pour de faibles surfaces;
- Dames à explosion (grenouilles) sur tout type de terrain, sur de faibles surfaces ;
- Pilons de 2 à 3 tonnes montés sur grue roulante sur tout terrain de grande surface;
- Rouleau à tambour lisse (sur tout type de sol, excepté les sols rocheux pour le conditionnement des
infrastructures routières et pavages d'asphalte) ;
- Rouleau à pneus multiples (plusieurs rangées de 4 à 6 pneus) pour les remblais autoroutiers en matériau
granulaire ou cohérents et les barrages en terre);
- Rouleau à pieds de mouton (le 1er et le lus utilisé avec des pieds en saillies, de formes rondes ou
rectangulaires fixés radialement sur un cylindre métallique qui peut être rempli d'eau ou non); Utilisé
pour les sols cohérents ; peut être autopropulsé ou remorqué par des tracteurs à chenilles) ;
- Rouleau à grillage pour les sols rocheux, graviers et sable; il fait vibrer le matériau et le broie.

N.B. :
¾ Le compactage s’effectue par couche de faible épaisseur de 20 à 30cm au maximum ;
¾ Une correspondance doit nécessairement être établie entre le nombre de coups de dame
pendant l'essai et le nombre de passes de l'engin sur le chantier.

Remarque : Il existe des procédés spéciaux de compactage dynamique notamment pour des
couches de terrains de grande épaisseur (terrains naturels de faible compacité,
terrains artificiels mis en œuvre sous une hauteur d'eau ou remblayés sans
précaution) :
- le compactage par explosion (charges explosives disposées dans le sol) ;
- la vibroflottation (tube enfoncé dans le sol à l'aide d'eau sous pression et mise en vibration
du tube qui est remonté petit à petit) ;
- la consolidation dynamique ou compactage par pilonnage intensif qui consiste à faire
tomber une masse importante (8 à 20 tonnes pour 2 à 6m2) d'une grande hauteur (12 à
18m) au rythme de 2 à 3 coups par minute grâce à des grues sur chenilles larges.

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FICHE DE TD N°I

Ex I : On dispose d'une grave alluvionnaire (sol A) et d'un gravier sableux (sol B) dont les
pourcentages de passants sont consignés dans le tableau ci-dessous.
Diamètre tamis (mm) 0,1 0,2 0,5 1 2 5 10 20 50
Sol A 5 10 25 29 30 34 38 45 75
Sol B 10 28 37 45 59 81 100 100 100
1. Tracer les courbes granulométriques de ces deux sols. Déduire les différents coefficients;
2. Dessiner la courbe moyenne du sol C composé de 60% de sol A et de 40% de sol B. Quelles
sont les valeurs des coefficients de ce sol?
3. Combien ce sol contient-il (en pourcentage) de cailloux, de graviers et de sable?
4. Le poids total du sol C est de 5000gf, calculer les poids des refus aux diamètres 0,1 - 5 - 10 - 50.

Ex II : L'analyse granulométrique et les essais de consistance de deux sols ont fourni les résultats
consignés dans le tableau suivant:
N° des Pourcentage de 20μ 22 45
tamis ou passant
φ Sol A Sol B 10μ 18 40
75 mm 100 - 50μ 14 20
19 mm 91 - 2μ 11 10
9.5mm 87 - 1μ 10 8
n°4 81 100 W 14 60
n°10 70 89 WL 35 110
n°40 49 70 Wp 29 55
n°140 35 65 1) Tracer la courbe granulométrique de chaque sol.
n°200 32 60 2) Déterminer pour chaque sol Ic et le qualifier.
40μ 27 50 3) Classer les sols selon la classification unifiée.

ExIII : Un échantillon de sol placé à l'étuve de 105°C pendant 24heures donne une perte en poids
de 5gf. Le poids de l'échantillon sec est de 20gf. Sachant que la teneur en eau de ce sol est
égale à sa limite de plasticité, déterminer sa limite de plasticité.
L'essai de limite de liquidité réalisé sur ce sol a donné les résultats suivants:
Poids de Poids de 1. Tracer la courbe W=f(N) et donner une estimation
Nombre de
l'échantillon l'échantillon graphique de la limite de liquidité (qui correspond à
coups N
humide (gf) sec (gf) 25 coups).
35 252 183 2. Comparer cette valeur à la valeur moyenne
25 379 268,8 arithmétique des 3 premiers essais (WL =W.(N/25)0,121
18 175 115,9 où N est le nombre de coups et W la teneur en eau
correspondante.
15 212 133,8 3. Commenter

Ex IV : On a demandé à un inspecteur de chantier d'effectuer un contrôle de compactage d'un


remblai mis en place. L'essai de contrôle en laboratoire a fourni les résultats suivants:
d w Le devis du compactage exige que le sol soit compacté à au moins 95% de
la valeur de référence et que la teneur en eau ait un écart maximal de +1%
1.9004 14 et -3% par rapport à l'optimum Proctor.
Dans un essai au cône de sable, le volume de sol excavé était de 1153 cm3
1.9616 16 pour une masse totale de sol de 2155g qui après étuvage devient 1885g. La
2.0048 18 densité des grains est 2.6.
1) Tracer le diagramme Proctor correspondant ;
2.0196 20 2) Quelle est la compacité relative C.R.? (C.R.= (γDsite/γDmax) x 100)
3) Quelles doivent être les conclusions de l'inspecteur de chantier ?
2.0240 22
4) Quel est le degré de saturation de ce sol ?
2.0076 24 5) Quel serait la teneur en eau de l'échantillon s'il était saturé à masse
volumique constante?

13
CH II : HYDRAULIQUE DES SOLS
Objectif: Appréhender la notion de perméabilité des sols afin de mieux comprendre les
écoulements de l'eau libre et ses effets dans un sol fin saturé.

Introduction

Une nappe aquifère est une accumulation d’eau dans les pores du sol ‘ou dans une roche
fissurée); cette eau étant retenue par une formation imperméable (ou seulement moins
perméable) appelée mur de la nappe. On distingue des nappes libres et des nappes captives.

L'eau a un effet direct sur le comportement de la plupart des sols, en particulier, sur celui des sols
fins. L'eau peut se trouver dans les sols à l'état statique ou dynamique. Si par exemple, la
construction d'une fondation nécessitait un rabattement de la nappe phréatique, l'ingénieur doit
avoir une connaissance des propriétés hydrauliques du sol ainsi que de ses caractéristiques de
drainage. Dans tous les cas, la plupart des problèmes géotechniques est liée à l'eau, que ce soit
à cause de l'écoulement qui se produit à l'intérieur des pores ou de l'état des contraintes
exercées par les pressions d'eau dans ces mêmes pores. Il est donc très important de
comprendre le principe de l'écoulement de l'eau dans le sol. On admet que dans les sols, tous les
vides sont connectés et communiquent entre eux.

Il existe différentes façons de décrire ou de classifier les écoulements; un écoulement peut être :
- permanent ou transitoire selon que les conditions varient ou non dans le temps;
- unidimensionnel, bidimensionnel ou tridimensionnel selon l'évolution des paramètres P, V,T, …
En géotechnique, on suppose que les écoulements sont unidimensionnels ou bidimensionnels, ce qui
couvre la plupart des cas pratiques; un écoulement unidimensionnel est celui pour lequel tous les
paramètres sont constants dans n'importe quelle direction perpendiculaire à l'écoulement. Dans le cas
d'un écoulement bidimensionnel, les paramètres sont constants sur des plans parallèles.
- Laminaire quand il se produit en couches parallèles qui ne se mélangent pas ou turbulent en
cas de mélange. Dans la plupart des sols, la vitesse est tellement faible que l'on peut
considérer l'écoulement comme laminaire.

Dans le cadre de notre étude, nous admettons les hypothèses suivantes :


1. L'eau interstitielle est incompressible (Div V=0); sa viscosité diminue avec la température.
2. La masse d'eau interstitielle est constante ( ) : la quantité d'eau qui entre dans le système = eau
qui en sort.
3. La relation de TERZAGHI est vérifiée ( );
4. Les mouvements de l'eau sont permanents (indépendants du temps).

14
I. Charge et Gradient hydrauliques

1. Charge hydraulique

Pour tout fluide en mouvement, on appelle charge hydraulique en un point M la quantité h


u : pression de l'eau au point M
h= v : vitesse de l'eau au point M
z : côte du point M à partir d'un plan horizontal de référence (datum)

h représente en réalité l'énergie de l’écoulement par unité de poids. On l'appelle aussi charge
piézométrique. Le terme z est appelé charge de position, u/γw charge de pression et v2/2g
charge de vitesse.

Remarque : Dans la plupart des cas d'écoulement en milieux poreux, et spécialement en


Mécanique des sols, on néglige la charge de vitesse parce qu'elle est très faible
par rapport aux deux autres termes.

h=

2. Perte de charge

Lorsqu'un fluide est incompressible et non visqueux (fluide parfait), la charge hydraulique se
conserve au cours de l'écoulement permanent (BERNOUILLI). Cependant, la viscosité de l'eau et
les frottements eau/grains occasionnent lors de l'écoulement, une perte d'énergie, une perte de
charge notée Δh.

3. Gradient hydraulique

On appelle gradient hydraulique i, la perte de charge par unité de longueur traversée lors de
l'écoulement : i = - Grad h.
Le vecteur i est tangent à la ligne de courant et orienté dans le même sens que l'écoulement.

Remarque : quand l'écoulement se fait selon une direction, i = Δh / L

Exercice

15
II. Perméabilité des sols

1. Loi de Darcy

L'ingénieur français DARCY montra expérimentalement en 1856 que la vitesse moyenne


apparente d'écoulement de l'eau à travers le sol est proportionnelle au gradient hydraulique :
c'est la loi de Darcy. C'est une loi fondamentale de l'hydraulique des sols.
i est le gradient hydraulique i= Δht / L ;
v = Ki K est le tenseur de perméabilités du sol; c'est une matrice (3,3). Dans le cas d'un
écoulement unidimensionnel, K est un coefficient : on l'appelle alors coefficient de
perméabilité de Darcy ou tout simplement perméabilité du sol.
v est la vitesse moyenne (apparente) car v=q/A où q est le débit et A la section.

Remarque : Lors de l'écoulement de l'eau dans le sol, l'eau ne circule que dans les vides. On définit alors sa
vitesse réelle par le rapport Vr = V/η où η est la porosité. C’est cette vitesse qui doit être
considérée pour l’étude de la propagation de polluants dans les nappes.

Il résulte de la loi de Darcy que les lignes de courant sont perpendiculaires aux surfaces (lignes)
équipotentielles.

En combinant la loi de Darcy avec la loi de conservation de la masse d’eau, on obtient


l’équation fondamentale de l’hydraulique des sols pour un milieu homogène et isotrope, en
mouvement permanent :

Elle montre que la répartition de la charge et donc de la pression, ne dépend pas de la perméabilité.

En régime transitoire, l’équation devient plus complexe et fait intervenir la compressibilité de l’eau
et du terrain :

avec Ss coefficient d’emmagasinement spécifique.

Nota Bene : Une étude hydrogéologique permet de mettre en évidence les problèmes que l’eau
posera dans un projet et fournit les éléments nécessaires à leur solution. Ainsi pour chaque niveau
aquifère identifié, une étude géologique (reconnaissance) permet de définir le mur,
éventuellement le toit de la nappe et la nature de l’aquifère (homogénéité et anisotropie). Puis à
partir de relevés piézométriques de la position de sources (dont le débit est noté), la carte
piézométrique de la nappe peut être tracée. Son interprétation permet d’apprécier :
• Les limites du bassin hydrogéologique (ne coïncide pas forcement avec ceux du BV) ;
• Les lignes de courant perpendiculaires aux équipotentielles ou isopièzes ;
• Les axes de drainage et les relations entre rivières et nappes alluviales : zone
d’alimentation/zone d’exutoire pour un captage ;
Enfin, un relevé périodique des niveaux piézo permet d’apprécier les variations de la nappe. De
plus, des corrélations entre les niveaux piézo et pluviométrique sont essentielles pour la
compréhension de l’alimentation de la nappe et donc pour l’action que l’on pourrait avoir sur
elle.

16
L’étude qualitative décrite ci-dessus peut être insuffisante pour la résolution de problèmes
complexes (études des réseaux d'écoulement (sous un barrage ou un mur de soutènement) qui
nécessite alors une étude quantitative à partir d’un modèle. L’équation prend alors la forme :

La résolution analytique est généralement impossible et on a recours à une méthode de calcul


numérique (méthode des éléments finis) ou pour les cas simples à des modèles analogiques.

2. Perméabilité des sols

La perméabilité des sols "k" est une mesure de l’aisance avec laquelle l'eau circule à travers le sol.
Exemple pour i=1: Si k=10-2 cm/s, il faudra s pour parcourir 1m;

La perméabilité est influencée par divers facteurs comme le diamètre effectif des pores, la
tortuosité (forme des vides et cheminements à travers les interstices) et le degré de saturation.

a. Mesure de la perméabilité

La perméabilité d'un sol peut être déterminée :

¾ Par des formules empiriques : formules de Hazen, Casagrande, Kozeny-Carman, Terzaghi …


Exemple : Hazen (pour les sables) : k=C.(d10)2 ; Pour d10 en cm, on obtient k en cm/s, avec
12<C<400; la valeur moyenne de C est 100. Et cette équation n'est valable que pour k≥10-5m/s.

¾ In situ : par un essai ponctuel (essai Lefranc) exécuté en même temps que le sondage ou par
un essai de pompage (essai Dupuit) réalisé plus tard en fonçant un puits.
¾ Au laboratoire : peu intéressant à cause du faible volume des échantillons.

a1. Perméamètre à charge constante

La quantité d'eau Q recueillie pendant un


temps t à la sortie est égale à celle qui a
traversé l'échantillon pendant ce temps.

K=

On utilise le perméamètre à charge


constante pour déterminer la perméabilité
des sols pulvérulents (gravier, sable,…).

17
a2.Perméamètre à charge variable

La quantité d'eau qui traverse l'échantillon


pendant un temps dt est égale à la diminution
de l'eau dans le tube de h1à h2.

A t=0, =
A t= Δt, =

K=

On utilise le perméamètre à charge variable


pour déterminer la perméabilité des sols fins.

b. valeurs typiques de k (cm/s)

La perméabilité varie dans des proportions assez larges suivant la nature du sol.

K (m/s) 10-2 10-4 10-6 10-8 10-10


Sol Gravier Sable Limon Argile Roche apparem. non fissurée
c. Perméabilité moyenne (fictive) des terrains stratifiés

Ecoulement perpendiculaire au plan de stratification

K=

Ecoulement parallèle au plan de stratification

K=

Remarques : La loi de Darcy n'est plus vérifiée lors des écoulements très lents (notamment à travers des
argiles très compactes) ou très rapides (gros sables graviers notamment).

III. forces exercées par l'écoulement de l'eau

1. Notion de gradient critique


Quand l'eau percole à travers le sol, elle exerce sur chaque grain de sol
une traînée appelée force d'écoulement. Ainsi, le squelette du sol est
soumis aux forces de pesanteur et aux forces d'écoulement f =

Dans le cas d'un écoulement vertical et ascendant, ces deux (2) types
de forces s'affrontent. Le gradient hydraulique pour lequel la résultante
de ces deux types de forces est nulle est appelé gradient critique et
noté ic. En associant les équations d'équilibre à la relation de Terzaghi,
on montre que :
ic = = γ'/γw = (γsat -γw)/γw

* Dans les sables, le gradient critique est proche de 1.

2. Boulance et renard

Au delà de ic, la force d'écoulement vainc celle de la pesanteur : il se produit alors le


phénomène de boulance et l'eau et le sol forment une émulsion; ce phénomène correspond à
un phénomène d'érosion interne. Ainsi :

18
• Si i << ic : pas de trouble;
• Si i = ic : apparition de la boulance ; l'eau et le sol forment une émulsion.
• Si i >> ic : il se développe le phénomène de renard qui consacre la création d'une voie
privilégiée de circulation d'eau. (aggravation de la boulance).
C'est pourquoi, dans tout problème d'hydraulique des sols, il importe de vérifier que les gradients
hydrauliques ascendants sont suffisamment inférieurs à ic.

3. Remèdes au phénomène de renard

1. Rallonger le chemin de l'eau en augmentant la fiche de l'ouvrage (donc du mur);


2. Bien compacter à l'arrière de l'ouvrage;
3. Mettre une surcharge à l'arrière de l'ouvrage (blocs de granite);
4. Installer un drain (matériau de grains (sol grenu) dont le rôle est de filtrer l'eau). Celui-ci doit
respecter les la règle des filtres (f) ci-dessous:

a) b) c)

5. Installer un géosynthétique ou géotextile (même rôle que le drain)

V Concept des contraintes effectives dans les sols

1. Contraintes effectives
Le concept de contrainte en un point est purement fictif. Dans le contexte géotechnique, nous
réduisons la contrainte sous sa forme la plus simple: une force par unité d'aire, où l'aire considérée
correspond à l'aire totale (grains et pores).
TERZAGHI a défini la contrainte totale σ comme la somme de la pression interstitielle u et d'une
contrainte supportée par les grains σ'appelée contrainte effective ou inter-granulaire. Le
principe de la contrainte effective est probablement le plus important en Géotechnique. En effet,
la réponse d'un sol à des modifications de contraintes dépend presque exclusivement du niveau
des contraintes effectives à l'intérieur de ce sol.

2. Contrainte verticale

• La contrainte verticale totale σv est produite par la masse du sol sur laquelle agit la gravité :
c'est pourquoi, on l'appelle aussi contrainte massique. σv= Σ γi.Zi.
• La pression interstitielle u se calcule de la même façon dans des conditions hydrostatiques. Il
s'agit simplement de multiplier la profondeur au dessous de la nappe phréatique du point
considéré, Zw, par le poids spécifique de l'eau : u= γw.Zw. Elle est aussi appelée contrainte
neutre.
• La contrainte effective σ'= σ'- u.

3. Relation entre contrainte verticale et contrainte horizontale

On peut définir le rapport entre la contrainte horizontale et contrainte verticale in situ de la façon
suivante : σh= K. σv où K est un coefficient de pression des terres.
La position de la nappe phréatique étant susceptible de fluctuer et les contraintes totales de
changer, le coefficient K n'est pas constant pour un dépôt de sol donné. On évite ce problème
en exprimant ce rapport en fonction des contraintes effectives : σh'= K0 σv'

K0 est un coefficient très important en Géotechnique; on l'appelle coefficient des terres au repos.
Pour les dépôts naturels qui n'ont jamais subi de surcharge, il peut avoisiner 0.4 ou 0.5; Dans le cas
de dépôts qui ont été déjà lourdement surchargé, il est aussi élevé que 3.

19
Application : consolidation des sols fins saturés

Les matériaux soumis à des sollicitations externes, se déforment soit instantanément (matériaux
élastiques), soit dans le temps (matériaux viscoélastiques). Les sols appartiennent à ce dernier
groupe. La déformation verticale en surface est appelée tassement.
Pouvant être source de désordre divers dans les structures, le tassement et la vitesse à laquelle il
se produit doivent être évalués, notamment pour la conception des fondations et des remblais.
La compression des sols peut être due à :
• La déformation des grains (
• La compression du fluide interstitielle (
• L’expulsion du fluide interstitiel qui s’accompagne du réarrangement progressif des grains
dans une configuration plus stable, source d’une diminution de volume et d’un tassement de
surface. Lorsque le sol est très perméable, l’expulsion est aisée et le tassement quasi
instantané.
Lorsque le sol est quasi imperméable :
ƒ S’il est sec, les contraintes s’exercent instantanément sue le squelette solide et le
tassement s’effectue rapidement.
ƒ S’il est saturé, le tassement n’est atteint qu’après une très longue période allant
jusqu’à plusieurs années : c’est le phénomène de consolidation.
La consolidation est donc la diminution de volume d’un sol fin saturé soumis à l’action d’une
charge verticale, le sol ayant des possibilités de drainage.

I. COMPORTEMENT DES SOLS FINS SATURES

Le tassement d’une couche de sol fin saturé soumis à des sollicitations externes a trois (3)
composantes :

: tassement immédiat (déformation d’ensemble très rapide du massif à volume constant)


: tassement de consolidation ou consolidation primaire (dû à l’évacuation de l’eau en excès).
: tassement secondaire (plus lent, dû à la poursuite du réarrangement progressif des grains).

1. Modélisation de la consolidation primaire

Le sol est représenté par un modèle analogique mécanique. Un piston (P) chargé
verticalement comprime un ressort à l’intérieur d’un cylindre rempli d’eau et l’on observe le
comportement du modèle lors du chargement avec les correspondances :
Eau Ressort

A l’équilibre, la soupape est ouverte ; l’eau ne coule pas. (Cas d’une couche supportant poids
des terres).
A t = 0, la soupape est fermée et une surcharge est exercée.

Ce phénomène est reproduit au laboratoire par l’essai œdométrique.

20
2. l’essai œdométrique

Appareillage : Un échantillon non remanié représentatif est


soigneusement taillé et placé dans l’anneau de confinement
relativement rigide de sorte à éviter les déformations
latérales. Les pierres poreuses assurent le drainage de
l’échantillon pendant la consolidation. La hauteur de
l’échantillon est généralement de 12mm pour les sols à
granulométrie très fine et de24mm lorsque la granulométrie
est plus grossière. L’élancement (rapport diamètre/hauteur)
varie de 2,5 à 5.
Mode opératoire : on applique à l’échantillon saturé une surcharge ∆σ1 et on mesure le
tassement au cours du temps pendant 24 h. Puis on double la surcharge ∆σ2 = ∆σ1 et on observe
le tassement pendant 24h.On recommence la procédure par paliers.

Résultats :
1. Pour chaque palier de chargement, on évalue le tassement en fonction du temps
et l’on trace pour tous les paliers de chargement, la courbe de consolidation = .
Elle permet la détermination du coefficient de consolidation Cv.

Cv =

Courbe de consolidation

Le chemin de drainage H
est le plus long parcourt de
l’eau au cours du drainage
de la couche compressible.

2. A la fin de chaque palier de chargement, on évalue l’indice des vides à partir de la


formule = basée sur le fait qu’au cours de la consolidation, le volume des
grains ne varie pas. e(t)=
On trace alors la courbe oedométrique = . Elle met en évidence trois
paramètres caractéristiques du sol Cc, Cr et σ‘p.
ƒ Indice de compression
ƒ Indice de recompression
ƒ La pression de (pré)consolidation σ‘p correspondant au coude de la courbe. C’est la
plus grande contrainte subie par le sol au cours de son histoire. Elle est déterminée par
la construction de Casagrande ou approximativement par l’intersection des deux
tangentes.

21
Courbe œdométrique

En appelant σ‘0 la contrainte actuelle (due aux couches sus-jacentes) régnant au point de
prélèvement in situ, on a lorsque :
o σ‘p > σ‘0 :
o σ‘p = σ‘0 :
o σ‘p < σ‘0 :

D’autre part, on définit les modules suivants :


o module œdométrique

o module de compressibilité

II. CALCUL DES TASSEMENTS DE CONSOLIDATION

1. Amplitude

On a montré que avec h


et e0

En appelant ∆σ la surcharge, on a établi de la formule précédente les résultats suivants :

o sol normalement consolidé

o sol surconsolidé
¾ σ ‘0 + ∆σ < σ‘p

¾ σ ‘0 + ∆σ > σ‘p

22
Remarque : lorsque le sol est constitué de plusieurs couches, le tassement total est la somme des
tassements de chaque couche compressible.

2. temps de tassement

On définit le degré de consolidation U tel que

Le temps de consolidation t est alors


déterminé pour un degré de
consolidation U donné. Selon les
travaux de TERZAGHI et FRÖHLICH :

où Tv est une variable sans dimension appelée facteur-temps. Tv


est fonction de U et est obtenu à partir de l’abaque ou du tableau
de TERZAGHI.

Remarque : certains auteurs ont tenté une approche algébrique de U en fonction de Tv et vis
versa. Ainsi :
¾ BRINCH HANSEN propose :

¾ Une autre formule qui fournit des résultats très voisins de TERZAGHI et reste
valables tant que U ≤ 50%, i.e. Tv ≤ 0,2 est Tv =

NB : plus le sol est perméable, plus vite il se consolide. En se basant sur le fait que la quantité
d’eau expulsée au cours de la consolidation correspond à la diminution de volume par
tassement, on a montré que le coefficient de consolidation Cv dépend de la perméabilité k
du sol. Ainsi :

Cv =

III. DISTRIBUTION DES CONTRAINTES


(cf. TD)

1. Chargement unidimensionnel

2. Méthode 2 pour 1

3. Formules de Boussinesq

23
Ex1 : On soumet un échantillon cylindrique de 73mm de diamètre et 168mm de hauteur à un
essai de perméabilité à charge constante. On maintient cette charge à 750mm tout au long de
l'essai. Après une minute, on a recueilli 945,7g d'eau. La température était de 20°C et l'indice des
vides 0.43. Calculer le coefficient de perméabilité du sol.

Ex2
La masse volumique du sol saturé est de 2.0Mg/m3.

Calculer les contraintes totales, effectives ainsi que


la pression interstitielle au niveau A lorsque la nappe
phréatique est au niveau A et lorsque la nappe
phréatique est au niveau B. Quels constats faites-
vous ?

On suppose que la valeur de K0 est de 0.6; calculer


les contraintes horizontales effectives et totales
comme dans les cas deux cas précédents. Evaluer
la valeur de K.

Ex3 : Il est prévu de construire un magasin sur un radier. Le radier est une dalle de 15mx15m en
béton armé, épaisse d’un mètre et encastré sur toute son épaisseur dans le sol. On suppose
γbéton=19KN/ m3. Un sondage de reconnaissance a révélé une succession de couches horizontales
de la surface vers les profondeurs : 6m de sable graveleux (γ=23KN/m3) reposant sur une couche
argileuse (Gs=2,72 ; W=42%) épaisse de 10m dont le niveau supérieur correspond à celui de la
nappe phréatique. La couche argileuse repose sur 5m de sable silteux (γ=20KN/m3).
1. Faire une coupe du sol avant et après la construction du radier.
On a prélevé à 9m de profondeur des échantillons non remaniés qu’on a soumis à un essai
œdométrique. Les résultats sont consignés dans le tableau ci-dessous.
Δσ (KPa) 10 20 40 80 160 200 300 400 800 2000
Temps 30s 2mn 5mn 20mn 1h 4h 24h 5j 10j 15j
Tassement (mm) 3 13 28 45 58 76 91 96 98 99
Indice des vides e 1,059 1,049 1,029 1,001 0,959 0,940 0,881 0,821 0,690 0,530
2. Exploiter le tableau ci-dessus.
3. Calculer le tassement sous le coin et le centre du radier. On prendra e0 égal à l’indice des
vides naturel de la couche compressible.
4. au bout de combien de temps obtiendra-t-on un degré de consolidation de 30% ? de 80 ?

24
CH III: RESISTANCE AU CISAILLEMENT D'UN SOL
Objectifs: savoir déterminer les caractéristiques intrinsèques c et ϕ d'un sol par les essais
appropriés ; Etude de la stabilité des pentes par la détermination du coefficient de sécurité

En géotechnique, on s'intéresse davantage à la résistance au cisaillement des sols parce que


dans la plupart des fondations et des ouvrages, la rupture est produite par l'application de
contraintes de cisaillement. Ainsi les sols, à l'instar de beaucoup de matériaux se rompent. La
rupture est cependant difficile à définir car il n'y a pas de rupture franche. Dans tous les cas,
l'étude de la résistance au cisaillement d'un sol consiste à déterminer la courbe intrinsèque de ce
sol suivant les différents comportements possibles, i.e. à court, moyen ou long terme.

I. Rappels sur les contraintes

1. Contrainte en un point
Soit un volume de sol sur lequel est appliqué un ensemble de forces externes; en considérant que
ces forces n'agissent que dans un plan, on peut les décomposer en éléments plus petits pour un
point quelconque du domaine. Cette décomposition peut se faire par rapport à la normale et à
la tangente à un plan passant par ce point et incliné d'un angle α par rapport à l'horizontale.
On montre que :

Définissons un repère ( ). On peut réécrire :

En élevant chacune des égalités au carrées et en sommant, on obtient :

C'est l'équation d'un cercle de centre O et de rayon R = dans le repère ( ).


Le repère est appelé Repère de MOHR et le cercle est dit de MOHR. Le cercle représente l'état
des contraintes en un point à l'équilibre suivant plusieurs plans. Cette théorie est applicable à tout
matériau et non seulement aux sols.

2. Représentation de MOHR

Dans l'exemple précédent, les plans verticaux et horizontaux ne subissent pas de contraintes de
cisaillement: on dit que ce sont des plans principaux ; les contraintes et sont alors
appelées contraintes principales ; i.e. une contrainte principale s'applique sur un plan principal.

Par convention, la contrainte principale maximale est appelée contrainte principale majeure et
notée quand la contrainte principale mineure est dénommée contrainte principale mineure et
notée ; dans la 3ème dimension, la contrainte sera appelé contrainte principale intermédiaire
et notée .

Intérêt de la représentation de MOHR

Le problème à résoudre devient celui ci : connaissant l'inclinaison d'un plan, comment trouver les
valeurs des contraintes normales et tangentielles qui y agissent et inversement?

La résolution de ce problème est possible analytiquement, mais peut être fastidieuse. On lui
préfère alors une résolution graphique basée sur la notion de Pôle : il existe un unique point P et
un seul pour lequel toute droite passant par P coupe le cercle de MOHR en un point qui définit
l'état des contraintes sur un plan dont l'inclinaison est la même que celle de la droite.

25
Exercice d'application

Soit l'élément suivant


ci-contre; déterminer
l'état des contraintes
sur un plan incliné de
30° par rapport à
l'horizontale.

II. Critère de rupture

1. Définition de la rupture
La rupture dans un sol est dfifficile à percevoir ou à définir car il n'y a pas de rupture franche, mais
une déformation continue qui croît en même temps que les contraintes. La rupture se produit
quand la déformation est irréversible. On définit donc la rupture dans un sol à partir de
l'observation des courbes efforts-déformations ( ) dans des essais à déformations contrôlées.
Dans ces essais, on retrouve toujours les mêmes formes de courbe

¾ Dans le cas (I), on dit qu'il y a rupture


lorsqu'est atteint le maximum de la
courbe.

¾ Dans le cas (II), la définition de la


rupture est plus abstraite. On se fixe
généralement un certain
pourcentage de déformation (5 à
15% selon le sol).

2. Critère de rupture et droite de Coulomb

Le critère de rupture a été mis en


évidence par l'essai triaxial : plusieurs
couples ( ) appliqués à l'échantillon
correspondent à plusieurs cercles de
MOHR. On montre que les cercles
correspondant à la rupture de
l'échantillon testé sont tous enveloppés,
i.e. tangentés par une même droite:
c'est la droite de Coulomb ou courbe
intrinsèque du matériau. Elle matérialise
le critère de rupture. Son équation est:

¾ La pente ϕ est l'angle de frottement interne du sol.


¾ L'ordonnée à l'origine c est appelée (coefficient de) cohésion du sol.
¾ La droite de coulomb (D) correspond au matériau à la limite de rupture; elle divise le plan de
MOHR en deux (2) zones:
- (I) : matériau non rompu;
- (II) : matériau rompu.

N.B. : c et ϕ sont des caractéristiques intrinsèques du sol considéré :


- ϕ ≠ 0 : matériau frottant ; ϕ = 0 : matériau non frottant
- C = 0 : matériau cohérent ; C ≠ 0 : matériau non cohérent.

26
3. Interprétation physique de C et ϕ

a. angle de frottement interne


Exemple 1 : Un corps A posé sur un plan B incliné d'un angle α mobile
glisse sur le corps B à partir d'une certaine valeur ϕ de α. Ainsi:
¾ Si α<ϕ : état d'équilibre fixe;
¾ Si α=ϕ : état d'équilibre limite;
¾ Si α>ϕ : glissement de A sur B.
Si A et B sont constitués du même matériau, alors est l'angle de
frottement interne du matériau.

Exemple 2: Quand on déverse un sol d'une certaine hauteur, il se


forme un tas dont la pente ne peut dépasser ϕ. En effet, si α atteint la
valeur ϕ, toute quantité supplémentaire de sol roule vers le bas; ϕ est
donc approximativement l'angle maximal du tas.

b. la cohésion

La cohésion du sol est la capacité des grains du sol à être collés. C'est la résistance du sol au
cisaillement en l'absence d'effort normal. Elle mesure l'influence des éléments fins.

III. Les essais de cisaillement

Le but des essais de cisaillement est de mesurer la résistance au cisaillement sous contraintes
normales et d'en déduire la valeur des deux constantes C et ϕ qui représentent des
caractéristiques mécaniques du milieu.

1. L'essai triaxial

Il se fait à l'aide de l'appareil; celui-ci permet d'appliquer sur


un échantillon cylindrique de sol contenu latéralement
dans une fine membrane d'une part une pression latérale p
par l'intermédiaire d'un fluide comprimé, et d'autre part une
force axiale F à l'aide d'un piston.
Aux extrémités de l'échantillon, sont placés des pierres
poreuses rigides qui sont reliées à un système permettent de
mesurer la pression interstitielle u de l'eau dans le cas d'un
sol saturé et d'effectuer ou non un drainage de l'échantillon
: d'où plusieurs modes opérations (drainé ou pas, consolidé
ou pas).
¾ Sur tout plan horizontal, il s'exerce la contrainte axiale σa
= F/s + p = où s est la section de l'échantillon.
¾ Sur tout plan vertical, il s'exerce la même contrainte
radiale σr = p =

L'essai classique consiste à augmenter la force F jusqu'à la rupture complète de l'échantillon, tout
en laissant la pression p constante et en notant la déformation axiale εa.

2. L'essai de cisaillement rectiligne

Il s'effectue grâce à la boîte de cisaillement ou boîte de Casagrande; c'est le plus ancien


appareil utilisé pour déterminer la résistance au cisaillement d'un sol. De nos jours, elle n'est
utilisée que lorsqu'il n'existe pas d'ambiguïté sur les conditions de drainage de l'échantillon.
La boîte de Casagrande est constituée de demi-boîtes dont l'une est fixe et l'autre mobile le long
d'un plan de contact A-B dans une direction donnée. Elle permet donc le cisaillement de
l'échantillon suivant un plan imposé A-B généralement horizontal.

27
Un échantillon est introduit dans la boîte sur laquelle un exerce une force normale constante N;
puis on augmente progressivement la force de traction T tout en notant les déplacements
verticaux et horizontaux jusqu'à la rupture complète de l'échantillon ; le déplacement de la
demi-boîte se faisant à vitesse constante.

Ainsi s'exerce sur le plan A-B, une contrainte une contrainte dont les composantes normales et
tangentielles sont respectivement en moyenne :
Si l et h sont les déplacements horizontaux et verticaux, les déformations correspondantes sont ε1
= l/L et ε2 = h/H avec L et H longueur et hauteur de l'échantillon.
Trois (3) essais menés jusqu'à la rupture
fournissent alors trois (3) cercles de Mohr, dont
la tangente commune est la courbe
intrinsèque recherchée. Les valeurs de C et ϕ
sont lues graphiquement ou déterminées par
calcul.

Pour chacune de trois (3) valeurs de σ, on trace la courbe τ= f(ε) afin de déterminer
graphiquement τmax à la rupture, i.e. τr ; ce qui nous fourni alors trois (3) couples (σ,τr) que l'on
place dans le plan de Mohr pour obtenir la droite de Coulomb.

Remarque : ϕboîte >ϕtriaxial


à cause de l'influence des déformations latérales dans le cas de la
boîte de Casagrande.

3. L'essai de compression simple

Dans cet essai, la contrainte latérale est nulle; seul le déviateur σ1 est appliqué à l'échantillon. Cet
essai peut être donc effectué avec l'appareil triaxial, mais on utilise en général un appareil plus
simple : une presse. L'essai ne peut être réalisé qu'avec des sols cohérents et il ne se produit
aucun drainage. A cet effet, la vitesse d'avance du dispositif est de 1,5 à 2 mm/min. On mesure
(Δh/h) et on trace la courbe σ1 = f(Δh/h); à partir de cette courbe, la rupture est définie :
- soit pour un maximum σ1 s'il apparaît;
- soit pour une valeur de σ1 correspondant à un certain pourcentage de déformation
relative (10 à 15% pour les sols argileux, 5 à 10% pour les marnes.

On trace le cercle de Mohr.


Si le sol est saturé, τ = Rc/2 = Cu avec Rc
résistance du sol à la compression
simple et Cu cohésion non drainée du
sol.

II. Comportement des sols

28
1. sol grenu

Au cours du cisaillement d'un sol saturé, l'eau interstitielle se met en pression et reporte
progressivement la charge sur les grains. La vitesse de ce phénomène est régie par la
perméabilité du sol, donc par sa granulométrie.
Les sols grenus ne sont pas doués de cohésion (c=0); la cohésion quand elle existe est alors très
faible et est due à l'eau et à la présence de quelques fines particules ou de matière organique.
Un sable propre est un exemple de sol pulvérulent (c=0). Lors du
cisaillement, le drainage est quasi instantané. Le comportement à
court terme est donc le même que le comportement à long terme.
Le paramètre le plus important est alors la compacité du sol. Que le
sol soit sec, humide ou saturé, l'angle de frottement interne a la
même valeur, car le frottement entre les grains n'est pas altéré par
la présence de l'eau et la perméabilité des sables est suffisamment
élevée pour qu'aucune surpression interstitielle ne puisse se
développer, sauf cas particulier (séismes, vibrations, chargement
très rapides). On définit un indice des vides critique ec pour lequel
lors du cisaillement, si :
- e = ec : il ne se produit pas de variation de volume;
- e < ec : il se produit un phénomène de dilatance;
- e > ec il se produit un phénomène de contractance;

• Dilatance : augmentation du volume du squelette entraînant une diminution de la pression


interstitielle, d'où augmentation de la contrainte effective;
• Contractance : diminution du volume du squelette, donc augmentation de la pression
interstitielle, d'où une diminution de la contrainte effective ; ("liquéfaction" du sol). On dit que
le sol est liquéfié lorsque σ'=0 i.e. σ=u). De tels comportements sont observés durant les
tremblements de terre.

2. sol fin

La résistance au cisaillement des sols fins saturés est avant tout fonction du rôle que joue l'eau
interstitielle, i.e. de la possibilité qu'ils ont ou non de pouvoir se drainer. Ainsi, on définit selon le cas
deux (2) comportements : court terme et long terme; on y associe respectivement les essais non
drainés et les essais drainés.
De plus, un échantillon de sol taillé dans une carotte et qui est destiné à être étudier lors d'un
essai peut être remis dans le même état de contrainte que celui régnant in-situ (consolidé).
Au vu de ce qui précède, on définit plusieurs modes opératoires :
- Essai consolidé drainé (essai CD) : paramètres CCD et ϕCD
- Essai consolidé non drainé (essai CU) : paramètres CCU et ϕCU
- Essai non consolidé drainé (essai UU) : paramètres CUU et ϕUU

Application I : STABILITE DES TALUS

29
Objectif :

Introduction
On désigne par talus toute masse de terrain en pente forte ou mineure, naturelle ou artificielle. Il peut
s’agir par exemple d’une digue, d’un barrage en terre, d’un haut remblai ou encore d’une tranchée
profonde. Sous l’effet de divers phénomènes, peut se produire la chute d’une masse de terrain en
pente (talus) ou rupture de pente. La rupture est essentiellement due à une modification du moment
moteur, des conditions hydrauliques ou des caractéristiques géotechniques.
Il existe différents modes de rupture de pente que l’on regroupe en quatre types de mouvement :

¾ Les glissements plans ou écoulements : se


produisent le plus souvent lors de la réalisation
de travaux de moindre importance par la
suppression de butée de pied causée par
l’érosion.
¾ Les glissements rotationnels : se produisent lorsqu’un bloc d’effondrement glisse sur une
surface de rupture courbée, entraînant le basculement arrière de la surface supérieure. La
surface de rupture peut avoir une forme de spirales logarithmiques ou de paraboles ; lorsqu’elle
est plus ou moins circulaire, on parle de glissements circulaires.

9 Le fluage : se caractérise par un mouvement lent sans modification des efforts appliqués qui
conduisent à une sollicitation de rupture. La surface de rupture est difficile à mettre en œuvre.

9 Les coulées boueuses: intéressent les matériaux meubles et se déclenchent graduellement lorsque
le matériau dépasse une teneur en eau critique qui le rend presque fluide, notamment pendant les
pluies d’orage ou la fonte des neiges, et s’écoulent vers le bas des pentes. Cas des phénomènes de
solifluxion des sols, fonction des variations saisonnières.

I. NOTION DE COEFFICIENT DE SECURITE F

1. Définition
La sécurité du talus est assurée lorsque la stabilité l’emporte sur les risques de rupture, i.e.
lorsque les forces résistantes l’emportent sur les forces motrices.
Il est difficile, voire impossible de préciser les contraintes qui règnent effectivement dans un talus
stable. Aussi en supposant la rupture imminente, il importe d’introduire un coefficient de sécurité F
pour retrouver des conditions de travail compatibles avec la bonne tenue de l’ouvrage. Selon les
commodités de calcul et les auteurs, on adopte l’une des définitions suivantes :

F=
F=

30
/o : moment par rapport au centre O de rotation du talus rompu ou sujet
à la rupture par glissement avec rotation

F= : résistance au cisaillement maximal que peut mobiliser le sol en un


point donné et : contrainte réelle de cisaillement en ce même point.

F= :

On distingue deux démarches pour le calcul du coefficient de sécurité :


a. le glissement a déjà eu lieu ; il s’agit d’une valeur de F inférieur ou égale à 1, donc :
ƒ soit on connaît la surface exacte et on cherche à déterminer pour F=1 les
caractéristiques correspondantes ;
ƒ soit on a les caractéristiques et on cherche à déterminer la surface de
glissement.

b. plus fréquemment, on cherche à déterminer la marge de sécurité disponible et adopter


les solutions adéquates pour améliorer la sécurité de l’ouvrage en répondant à des
exigences fonction de l’emploi des talus.

2. valeurs typiques de F

F Etat de l’ouvrage
<1 Danger
Sécurité contestable, acceptable lorsque pas de risque pour la vie
1.0 – 1.25
humaine
Sécurité satisfaisante pour les ouvrages peu importants

1.25 – 1.4 Sécurité contestable pour les barrages, ou encore lorsque la rupture
serait catastrophique

>1.4 Sécurité satisfaisante pour les barrages


Satisfaisant lorsque la stabilité doit être garantie à tout prix (grand risque
≥2 ou 2.5 pour les personnes, site exceptionnel)

La définition des seuils de F dépend de l’approche adoptée, des fréquences de sollicitations de


l’ouvrage en question et du risque créé par la rupture. En conditions normales, FELLENUIS
propose F=1.25 et BISHOP F=1.5.

II. CALCUL DE LA STABILITE DES PENTES

L’analyse de la stabilité revient principalement au calcul du coefficient de sécurité. De tous les types
de rupture possible, nous ne nous intéressons qu’aux glissements plans et circulaires.

1. Glissement plan
On considère un massif de sol infini reposant par une interface plane (surface de rupture parallèle
au plan de rupture) sur un substratum, avec un écoulement parallèle à la pente. La figure suivante
représente une tranche de sol.

Bilan des forces

31
- Le poids W du bloc considéré de composantes et .
- Les réactions latérales Pa et Pb (supposées égales)
- La réaction R du sol sur la base de composantes et
.
- Eventuellement la poussée due un écoulement

En adoptant la formule du coefficient des sécurité suivante F= , On obtient d’après


l’équation de Coulomb :

F=

Exercice d’application : Evaluer à partir du résultat précédent le coefficient de sécurité pour un


talus de sol pulvérulent lorsqu’il est totalement immergé et lorsqu’il est sec en l’absence d’écoulement,
en supposant la surface de rupture parallèle à celle du talus. Que constatez vous ?

Talus complètement immergé Talus sec sans écoulement

Constats :

2. Glissement circulaire
Ce type de mouvement est celui généralement observé dans la réalité. On y suppose que la surface de
rupture affecte la forme d’un arc de cercle. Grâce à la comparaison des forces perturbatrices et des
forces résistantes, on obtient, pour chaque surface possible de rupture, un coefficient de sécurité. On
recherche pour quelle surface de glissement on obtient la valeur la plus faible du coefficient de
sécurité. C’est cette valeur qui caractérise la marge de sécurité que présente le talus par rapport à la
rupture. Il est donc nécessaire d’effectuer plusieurs essais avant de pouvoir déterminer, pour une
pente donnée, le cercle le plus dangereux.

L’expression du coefficient de sécurité dépend de la nature homogène ou hétérogène du sol.

32
a. sol homogène : méthode globale
Cette méthode est basée sur plusieurs hypothèses :
- sol isotrope et homogène ;
- talus de grande longueur : calcul bidimensionnel ;
- pas de déformation avant rupture ;
- plasticité le long du cercle ;
- cercle de rupture centrée en O passant par le pied du talus (cas
générale).

Bilan des forces


- Le poids W du bloc considéré ;
- La réaction R du sol sur la base due au frottement et à la
cohésion, de composantes et ; ce qui engendre
la recherche de la loi de répartition des contraintes le
long de la surface de glissement ;
- la force d’écoulement .

L’expression du coefficient de sécurité adopté est F=

Les calculs du coefficient de sécurité se font à l’aide d’abaques élaborés par différents auteurs parmi
lesquels BIAREZ, CAQUOT et TAYLOR ; la méthode la plus utilisée est celle de TAYLOR-
BIAREZ.

Remarques
¾ l’étude diffère selon :
- qu’on étudie un remblai ou un déblai ;
- que le sol soit grenu ou fin (calcul à court terme et/ou à long terme).
¾ En générale, la valeur limite du coefficient de sécurité est 1,5 ;
¾ Dans le cas des talus verticaux (fouilles de fondation, puits, tranchées), BIAREZ montre que :

Avec Hc la profondeur maximale de la fouille qui garantie la stabilité.


q la surcharge homogène régnant en surface à proximité du talus.
Exercice d’application
Il est prévu de creuser une fouille de 6m de profondeur dans un sol limoneux (φ=20°; C=20KPa ;
γ=20KN/m3) avec en surface une surcharge q=15KPa. Peut-on tailler verticalement ? Sinon, quelle
pente adopter pour que F=1,5 à court terme ?
b. Sol hétérogène : méthode des tranches
Considérons un talus recoupant un nombre k de couches de sol de caractéristiques
différentes Ci, φi et γi. Le volume de glissement délimité par la surface de glissement et la
topographie du talus est subdivisé en n tranches verticales d’égale épaisseur. Chaque tranche est
considérée comme un solide indéformable, en équilibre sur la ligne de glissement dont on étudie
individuellement l’équilibre.
Soit un cercle quelconque de centre O et de rayon R pour lequel on vérifie la sécurité vis-à-vis du
risque de glissement.
Bilan des forces agissant sur une tranche unitaire
- Le poids W de la tranche ;
- La réaction du milieu sous-jacent sur
l’arc AB ; 33
- Les réactions sur les faces verticales BC
et AD dé composées en réactions
horizontales H et verticales V. ce sont
L’expression du coefficient de sécurité adopté est F=

Le moment moteur est celui du poids des terres W (et des surcharges éventuelles) qui tendent à
provoquer le glissement ; le moment résistant est celui des réactions qui s’opposent globalement au
glissement de la tranche.
A ce stade, il est nécessaire de connaître la loi de répartition des contraintes le long de la surface de
glissement. Pour résoudre cette question, plusieurs hypothèses ont été formulées parmi lesquelles
celle de FELLENUIS et celle de BISHOP.

b1. Hypothèse de FELLENUIS


Cette hypothèse simplificatrice stipule que la force agissant sur l’arc AB est le poids W, à l’exception
des forces internes, i.e. = =0.

b2. Hypothèse de BISHOP


Cette hypothèse s’exprime par ≠0.
Cette méthode est la plus utilisée pour les résultats réalistes qu’elle fournit plutôt que de sa rigueur au
niveau des hypothèses de calcul. En effet, elle ne vérifie pas toutes les méthodes de l’équilibre
stratigraphique. De plus, elle n’est valable qu’en rupture circulaire.

Les hypothèses suivantes sont faites :


- la ligne de glissement est circulaire ;
- les forces inter tranches sont négligeables.
On montre alors que :

F= avec mα=

Remarques
¾ Il existe d’autres méthodes de calcul (JANBU, SPENCER, MORGENSTERN-PRICE,…) ;
¾ Plusieurs programmes informatiques ont été développés afin de faciliter les calculs et de
rendre plus fiables les résultats : le code de calcul CLARA , LARIXS-4S, FLAC (très utilisé en
Géotech.) , Geo-Office, Ansys, DACSAR, BISHOP issu de la collaboration entre l’ENSTP et
le LBTP.

Renforcement des talus

¾ Terrassements : trois groupes de méthodes de stabilisation des pentes existent :


34
• Actions sur l’équilibre des masses : allègement en tête, remblai en pied ;
• Actions sur la géométrie de la pente : purge et reprofilage ;
• Substitutions partielles ou totales de la masse instable.

¾ Drainage :
• Eviter l’alimentation en eau du site ;
• Expulser l’eau présente dans le massif instable.

¾ Eléments résistants : ouvrages de soutènement

35
36
Application II : POUSSEE ET BUTEE DES TERRES

Introduction

Le massif exerce sur l'écran une action qui


lorsque tout mouvement de l'écran est
interdit, correspond à la pression naturelle
des terres notée F0. sa détermination
nécessite la connaissance du coefficient de
pression des terres au repos K0. K0 dépend de
la nature et de l'état de consolidation du sol.
Généralement inférieur à 1, on a:
• 0,50 < K0 < 0,70 : sables; (Jacky propose
K0 = 1-sinϕ' avec ϕ' angle de frottement
interne du sol en contraintes effectives.
• 0,70< K0 <0,75 : argiles.

- Si l'on écarte l'écran du massif, i.e. vers la , l'action du terrain sur l'écran décroît et le terrain se
décomprime. Cependant, lorsqu'on atteint un certain déplacement, le terrain ne peut se décomprimer
davantage sans l'apparition de fissures dans le massif (rupture); et une partie du massif suivrait le mur
dans son mouvement. Cette partie du massif est appelée coin de glissement ou coin de Coulomb.
L'intensité de l'action du massif sur le mur diminue progressivement pour atteindre une valeur
minimale dans l'état précédent immédiatement la rupture. Cette valeur minimale appelée "poussée"
est qualifiée d'active, notée Fa et calculée.

- De façon analogue, lorsqu'on refoule le mur contre le massif, i.e. vers la , l'action du massif
sur l'écran croît et le terrain se comprime. A partir d'un certain déplacement, le terrain ne peut plus
être comprimé sans rupture. L'action du massif sur l'écran croît donc jusqu'à ce qu'un état d'équilibre
limite soit atteint dans le massif. La valeur maximale ainsi atteinte est appelée "butée", qualifiée de
passive, notée Fp et calculée.

Les forces du butée Fp et de poussée Fa sont des forces de rupture du sol. Elles provoquent dans le
sol des déformations d'ordres différents et sont d'intensités différentes. Pour les déterminer, plusieurs
théories existent parmi lesquelles nous n'étudierons que la théorie de Rankine (1860) et celle de
Coulomb (1776) qui considèrent l'ensemble du massif à l'état plastique, i.e. à la limite de rupture.

I. CALCUL DE LA POUSSEE / BUTEE

1. Théorie de Rankine
Elle est basée sur l'hypothèse simplificatrice que les discontinuités provoquées dans le massif par la
présence de mur ou d'écran, ne modifient pas la répartition des contraintes. Cela revient à imposer la
direction des contraintes de poussée et de butée sur le mur en supposant la rugosité (frottement écran
- sol) nulle. De plus, la surface libre du terrain derrière le mur est dépourvu de surcharge, le sol étant
pulvérulent et homogène.

37
a. Surface libre incliné ( ) et écran incliné ( )

Ka : coefficient de poussée
Kp : coefficient de butée

Les contraintes de poussée et de butée ont une obliquité telle que :

avec tel que sin =

Remarques:

b. Surface libre horizontale et écran vertical

Les contraintes de poussée et de butée ont


alors une obliquité nulle ( ); elles sont donc

Remarque :
• Le diagramme des contraintes en poussée et en butée pour les sols pulvérulents est triangulaire.
• Pour les sols cohérents et frottants, les résultats dérivent de l'étude précédente par application du
théorème des états correspondants dû à Caquot.
δ Sol cohérents et frottants: surface libre horizontale et écran vertical
Les contraintes de poussée/butée sont toujours .
* En comportement drainé (en contraintes effectives), les caractéristiques du sol sont c'
et ϕ'. On a

avec Ka=

avec Kp=

38
* En comportement non drainé, ϕ=ϕu =0 et C = Cu . Le sol est alors purement cohérent.
On demeure en contraintes totales.

Exercice d'application

Sol 1
C' =
ϕ' =
λ=

Sol 2
C' =
ϕ' =
λ=

2. Théorie de Coulomb
Elle tient compte de l'influence de la rugosité. Ces hypothèses sont les suivantes :
• La surface de rupture plane (en poussée, mais pas en butée); le plan de rupture en poussée est
incliné de et en butée de .
• La surface arrière du mur est une surface de glissement, i.e. le prisme de rupture ou coin de
coulomb est un solide rigide qui glisse le long de l'écran, se déplaçant vers le haut en butée et vers
le bas en poussée;
• L'ensemble du coin de Coulomb se trouve à l'état d'équilibre plastique;
• Le sol est homogène et pulvérulent;
Poncelet, en supposant le terre - plein rectiligne et dépourvu de surcharge a montré que

est la rugosité. C'est également l'obliquité des contraintes de poussée et de butée. C'est une donnée
physique telle que :
0< <

Dans les cas usuels, on prend = .

3. Théorie de Boussinesq

Une troisième théorie existe qui est de loin la plus utilisée, c'est l'équilibre de Boussinesq. Lorsque , ,
sont positifs, la théorie de Coulomb conduit à des résultats assez voisins de ceux de Boussinesq.

39
Toutefois, lorsque < 0, l'équilibre de Boussinesq est indiqué quand celui de Coulomb est proscrit (et
conduit à des résultats très éloignés de la réalités).
Les hypothèses de Boussinesq sont :
• Massif homogène et pulvérulent;
• Parement intérieur du mur rectiligne;
• Terre - plein rectiligne et dépourvu de surcharge;
• On demeure à l'équilibre limite.
Par ailleurs, Boussinesq note qu'une rupture est toujours accompagnée d'une translation du mur ou
d'une rotation du mur autour d'un axe situé sous la fondation.

La détermination des coefficients Ka et Kp nécessitant des procédés de calculs numériques, les


résultats sont donnés sous forme de tables appelées Tables de poussée et butée. Les plus complètes et
les plus utilisées sont celles de Caquot et Kérisel, qui comportent plud de 3000 valeurs avec les
conventions suivantes:

• 0;
• 0 lorsque le terrain est en pente vers l'écran ;

• 0 lorsque le mur a du fruit ;

• 0 lorsque la composante tangentielle de la force de poussée fuit l'arête supérieure

4. Force de poussée/butée

Intensité :
La force est l’aire définie par la distribution des contraintes le long de l’écran. Lorsqu’elle est
due aux poids des terres, on l’indicera par ( , ). Il en est de même des contraintes (
) et des coefficients de poussée/butée ( ).

40
Point d’application :
Les forces de poussée/butée ( ) due au poids des terres s’appliquent au tiers
inférieur de l’écran.

5. Présence d’une surcharge q uniforme : milieux non pesants

La présence d’une surcharge une contrainte de poussée/butée le long de l’écran. On peut, pour la
déterminer utiliser la théorie de Boussinesq en fonction de la forme de la surcharge (ponctuelle,
linéique, bande linéique…).
Toutefois, on utilise couramment les tables de l’Herminier et Absi qui donnent les coefficients de
poussée/butée liés à la charge (Kaq et Kpq). Alors :

• L’obliquité des contraintes liées à la charge le long de l’écran demeure … .


• L’intensité de la contrainte liée à la charge est constante le long de l’écran ;
• La force de poussée/butée due à la surcharge est :

• Le point d’application de ces forces est le milieu de l’écran.

Les tables de l’Herminier et Absi donnent ……. et ….. dans le cas d’un équilibre de Prandtl, i.e.
lorsque … > 0, avec = - .

Avec obliquité de q ; = arcsin ; = arcsin .

… en
degré

Alors

N.B. :
Le point d’application de Fa est déterminé selon les méthodes usuelles (cf. cours de RDM).

Remarque :
Lorsque la surcharge est verticale, Coulomb a montré que

6. présence d’une nappe

On considère la juxtaposition d’une couche déjaugée (de poids spécifique ) et d’une couche d’eau
(de poids spécifique ). Pour l’eau = =1.

41
L’obliquité de chacune de ces contraintes demeure .

7. milieux cohérents

Les résultats sont obtenus à partir du théorème des états correspondants .

Peuvent être déterminées graphiquement.

II. STABILITE DES MURS POIDS

La stabilité du mur doit être vérifiée par rapport au renversement et au glissement. Pour ce faire, on
définit un coefficient de sécurité F.

1. Stabilité au renversement 2. Stabilité au glissement

FR = FG=

42

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