Vous êtes sur la page 1sur 38

1- Les emballages

jeudi 8 novembre 2012, par AMROUCHE

On se propose de dresser un portrait des emballages, de leurs rôles, de leurs impacts sur
l’environnement et de leur évolution technologique, ainsi que des défis actuels et futurs
auxquels ils doivent faire face.

N’hésitez pas à apporter vos contributions si vous le désirez

Sommaire

 L’emballage dans tous ses (…)


 II- L’emballage : terminologie
 III- Emballage alimentaire et
 IV- L’emballage et le développe
 V- L’emballage et la technologi
 VI- Les emballages émergents
 VII- Tendances et défis

L’emballage dans tous ses états

Sommes-nous conscients de l’importance de l’emballage au quotidien ?


Sommes-nous au courant des facteurs déterminant le choix de l’emballage ?
De l’impact de ces derniers sur nos décisions corporatives ?
Du cadre réglementaire, des tendances mondiales et des défis locaux de cette industrie ?

L’emballage est en pleine évolution, et ce, à tous les niveaux : conception, fonctions,
méthodes de fabrication, processus de sélection, matériaux, technologie et impact
environnemental.

I- L’évolution des emballages

L’emballage existait déjà il y a plusieurs centaines d’années, son rôle principal étant alors
de contenir et de transporter des produits sans risque.

L’évolution de l’industrie de l’emballage a été fortement influencée par la révolution


industrielle du milieu du XIXe siècle, accompagnée d’un exode rural qui marquera
l’augmentation de la demande dans les villages, autrefois auto-suffisants.
Cette révolution industrielle a donc contribué à la croissance de comptoirs de vente de
nourriture et de biens de consommation pour la nouvelle classe ouvrière en pleine émergence.
L’évolution de l’ère industrielle a mené à la création de magasins à rayons, ce qui a créé le
besoin d’informer le consommateur sur le produit et, plus tard, à différencier le produit pour
mieux le vendre.

De nos jours, la mondialisation du commerce a poussé l’emballage à répondre à d’autres


besoins de préservation à plus longue durée. Par exemple, le transport de produits congelés ou
frais sur de longues distances a été permis grâce au développement de nouveaux emballages
qui répondent techniquement à ces besoins.
Par ailleurs, la prise de conscience des populations à propos des dangers d’intoxication
alimentaire, accompagnée d’une certaine volonté de détenir des produits frais de qualité
supérieure, nous a permis d’assister à la naissance des emballages dits actifs et intelligents
qui communiquent directement au consommateur l’information sur les caractéristiques du
produit.

Depuis l’apparition des politiques de développement durable, nous assistons à l’émergence


des emballages dits « durables », « écologiques » ou « verts ».

Cette réalité est particulièrement importante sur le marché européen. D’ailleurs les
législateurs des pays membres de l’Union européenne ont légiféré en ce sens.
Toutes ces demandes et pressions nous poussent à nous demander si nos systèmes
d’emballage actuellement utilisés dans l’industrie agroalimentaire sont à jour.

Le temps où l’emballage jouait simplement le rôle de transport et de conservation du produit


est révolu.
Nous sommes en face d’une science de l’emballage, plus complexe et plus créative.

II- L’emballage : terminologie, fonctions et cadre réglementaire

Un emballage est souvent formé de multiples composantes de formes, de fonctions et de


matériaux différents afin de répondre à des besoins complémentaires pour un produit
déterminé. Plus particulièrement, l’emballage alimentaire (produits sensibles et périssables)
ne doit pas présenter un risque pour la santé humaine et doit être compatible avec la nature du
produit, sa forme physique, sa protection et sa dégradation causée par différentes causes
biologiques ou chimiques.

2.1-Emballage : terminologie

Afin de se constituer une base lexicale technique de qualité, il est essentiel de revenir sur une
classification des termes clés de l’industrie de l’emballage alimentaire.

 L’emballage primaire :
En contact direct avec le produit, il a pour but de contenir et de préserver celui-ci. Cet
emballage doit être compatible avec le produit et le protéger de tout contaminant
extérieur pouvant causer une éventuelle dégradation non souhaitée.

 L’emballage secondaire :
Il est souvent utilisé pour la protection de l’unité ou pour faciliter l’utilisation du
produit. Plusieurs emballages primaires peuvent être contenus dans un emballage
secondaire qui correspond donc à l’unité de vente. Il a également pour fonction de
communiquer au consommateur l’information sur le produit et, par conséquent, de
vendre le produit. On l’appelle aussi unité de vente.

 L’emballage d’expédition :
Il regroupe plusieurs emballages secondaires pour la manutention et la protection des
contenants durant le transport.
 L’emballage de transport :
Il est souvent fait par des palettes réutilisables en bois ou en plastique qui permettent
le transport, le stockage et la manutention de certaines quantités d’unités d’expédition.

Pour illustration concrète (figure ci-dessus) :


Le sac de céréales en plastique constitue un emballage primaire. Le carton contenant
le sac en plastique de céréales constitue un emballage secondaire. La caisse en carton
ondulé de boîtes de céréales constitue un emballage d’expédition. La palette constitue
l’emballage de transport.
Il est clair que le développement d’un emballage doit aussi répondre aux attentes de
fonctionnalité, à l’image de marque, au profil du consommateur cible et au potentiel
d’utilisation des machines automatisées existantes ou facilement développables, etc.

Cependant, dans cet article, nous traiterons seulement du rôle technique de l’emballage, le
rôle de promotion du produit (aspect marketing) ne sera abordé que brièvement.

2.2- Les rôles de l’emballage alimentaire

a) Rôle technique de l’emballage


Les emballages ont pour rôle de contenir le produit, de le préserver de toute contamination, de
permettre son transport, sa distribution, son stockage, son étalage, son utilisation et enfin sa
disposition finale. Le tableau suivant résume les différents rôles et intervenants en emballage
alimentaire.

Il est cependant rare de trouver un seul emballage qui répond à tous ces rôles, d’où la
nécessité d’un ensemble de matériaux qui forment un système d’emballage parfaitement
adapté au produit.

L’emballage est donc un système de formes interdépendantes qui nécessite une approche
globale afin de composer un système efficace.

L’approche système intègre plusieurs facteurs pour le design de l’emballage : le design du


produit, sa fabrication, son entreposage, sa distribution, la vente au détail et la consommation
en tenant compte de l’image de marque et de l’environnement législatif .

Les matériaux d’emballage les plus fréquemment utilisés dans l’industrie alimentaire sont :
les plastiques (flexibles ou rigides), les papiers, les cartons, le verre et les métaux.

Les utilisateurs finaux sont les institutions, les grossistes, les détaillants et les consommateurs.

b) Rôle marketing de l’emballage


Dans un marché de plus en plus compétitif où les nouveaux produits se multiplient à un
rythme accéléré, l’emballage est devenu l’outil de communication le plus stratégique pour
tous les produits de consommation courante.

Premier contact avec le consommateur, voire souvent le seul, le design d’emballage dépasse
l’exercice esthétique : il est un véritable défi de communication.

Les sondages sont révélateurs : 70 % des décisions d’achat se prennent encore et toujours
en magasin, de manière spontanée devant les rayons.

Même le meilleur produit bénéficiant du meilleur conditionnement peut se voir ignorer si :

 1) Il n’attire pas l’attention ;


 2) Il ne communique pas le bon message.

Un mauvais design d’emballage constitue d’ailleurs l’une des principales sources d’échec des
nouveaux produits lancés par les PME, cette ultime étape de réalisation (et première étape de
commercialisation) étant souvent trop rapidement (ou mal) pensée, créée et réalisée.
En emballage, tout a un sens. Prenons les couleurs, par exemple. Leur sens peut varier d’une
catégorie de produits à l’autre : un vert trop vif évoquera des saveurs artificielles, alors qu’un
vert doux suggérera plutôt un produit nature.
Aussi, l’angle et le positionnement des différents éléments de communication peuvent
transmettre une multitude de messages pouvant être positifs… ou contraires à l’image
souhaitée.

Le cahier des charges emballage : Avant de commencer tout travail de conception, il est
important de rédiger un cahier des charges d’emballage. Ce cahier des charges représente un
condensé des éléments d’informations nécessaires à l’élaboration d’un emballage — et d’un
message — efficace.
Vous trouverez ci dessous les éléments à inclure dans un cahier des charges d’emballage.

Parmi les critères d’évaluation de l’emballage, nous citons :

 Visibilité : Est-ce que le produit capte l’attention des yeux ?


 Attirance : Le produit suscite-t-il l’intérêt ? Est-il désirable ?
 Lisibilité : La lecture est-elle facile, les communications sont-elles perçues dans le bon
ordre ?
 Personnalité : L’emballage donne-t-il une idée juste et complète du produit ?
 Différenciation : Le produit permet-il de se distinguer des produits concurrents
2.3-Cadre légal

Les lois sur l’emballage sont plutôt spécifiques à chaque pays, mais la mondialisation du
commerce pousse vers l’harmonisation des lois locales avec des directives générales (exemple
de l’Union européenne : la directive des emballages définit le cadre général de tous les pays
membres).

Depuis 1994, les états membres de l’Union européenne peuvent développer leur politique en
matière de prévention et de gestion des emballages et déchets d’emballages (94/62/CE).

D’autres exigences (2004/12/CE) se sont rajoutées ultérieurement, et nous citons :

 Le caractère réutilisable de l’emballage ;


 La fabrication et la composition des emballages ;
 Le caractère valorisable de l’emballage (recyclage, valeur énergétique, compostage,
etc.).

III- Emballage alimentaire et santé

De nos jours, le consommateur se préoccupe des aspects hygiène et santé des produits qu’il
consomme. Pour répondre à ces nouvelles exigences, les transformateurs doivent enrichir
leurs recettes de vitamines, d’antioxydants, ainsi que d’autres éléments nutritifs souvent très
sensibles et volatiles.

Le procédé industriel joue aussi un rôle important pour garder les propriétés organoleptiques
et nutritionnelles des aliments. L’emballage doit contribuer à la protection sanitaire des
aliments, et ce, pour la plus longue durée possible.

La sélection de l’emballage est aussi fonction du procédé et du produit, chaque matériau


d’emballage apporte un lot d’avantages et d’inconvénients pertinents.

Nous aborderons ces enjeux en traitant de la conservation des aliments, puis des normes
d’emballage alimentaire avant de faire une présentation des différentes familles d’emballage.

31) La conservation des aliments

Les aliments sont des produits périssables, sous l’influence du temps et de l’environnement.
Le mécanisme de détérioration des aliments résulte d’une action biologique et/ou
physicochimique.

La conservation implique habituellement d’empêcher le développement des bactéries,


champignons et autres micro-organismes, de retarder l’oxydation des graisses qui
provoque le rancissement et l’autolyse par les propres enzymes des cellules de l’aliment.

Contrôler ces niveaux de dégradations permet d’obtenir une durée de vie relativement plus
longue. Les méthodes classiques de conservation de la nourriture incluent le séchage ou
dessiccation, la congélation, la mise sous vide, la pasteurisation, l’appertisation, l’irradiation
et l’ajout d’agents de conservation. D’autres méthodes aident à maintenir l’aliment et lui
ajoutent du goût, comme la salaison et le fumage, par exemple.
Une fois le procédé de conservation exécuté, l’emballage aura la fonction de protection et
de conservation des aliments sans risque pour les consommateurs dans un délai
acceptable.

Pour la conservation des aliments, nous utilisons la notion de barrière des emballages. Un
emballage barrière empêche ou ralentit la perméabilité d’une composante volatile ou gazeuse
(exemple : barrière à l’oxygène, à l’humidité, aux arômes, etc.). Parmi la multitude
d’emballages existants sur le marché, seuls le métal et le verre offrent une barrière absolue.

Exemples : L’emballage du pain doit permettre de garder l’humidité du produit à


l’intérieur ; celui des croustilles doit exclure l’humidité, l’oxygène et la lumière. L’emballage
pour le café doit garder les huiles essentielles à l’intérieur, l’oxygène et l’humidité à
l’extérieur.

L’emballage joue un rôle particulièrement important dans deux procédés de conservation :


le traitement thermique et l’emballage sous atmosphère modifiée des aliments.

 Produit et emballage avec traitement thermique


Le processus thermique, couramment utilisé, diminue de manière considérable les
micro-organismes afin d’augmenter la durée de vie du produit. L’emballage
s’exposera à la température du produit chaud ou à la combinaison produit/emballage
chauffé par différents procédés afin de rendre le produit pasteurisé ou stérile.
Exemples : aliments pour enfants en bas âge, soupe en boîte de conserve, etc.

 Emballage sous atmosphère modifiée (MAP) ou protectrice

L’emballage sous atmosphère modifiée ou sous vide (MAP) permet d’évacuer l’air de
l’emballage pour favoriser la conservation des aliments. Cependant, la viande a
tendance à grisailler en l’absence d’oxygène. Pour remédier à ce problème, nous
injectons un mélange en proportions différentes de gaz inertes en fonction de l’aliment
à conserver. Les gaz utilisés sont l’azote, le dioxyde de carbone et l’oxygène. Chacun
de ces gaz joue un rôle particulier en rendant l’emballage plus efficace.
Les bénéfices de l’emballage sous atmosphère modifiée (MAP) :
 Réduire le rythme de respiration des aliments ;
 Réduire la sensibilité à l’éthylène ;
 Rallonger la vie du produit en entrepôt.
Ce mode de conditionnement gagne en popularité et concerne désormais les sandwichs
comme les plats cuisinés ou les fruits secs.

Par ailleurs, l’hygiène constitue aussi un élément primordial pour les aliments qui sont
emballés au moment de l’achat, par exemple chez le boucher ou le boulanger. Des emballages
propres et pratiques offrent dans ce cas la meilleure garantie contre toute forme de
contamination. À la maison, l’emballage joue un rôle clé sur le plan de l’hygiène des produits
alimentaires. On remarque que beaucoup d’emballages sont facilement refermables après
ouverture, par exemple. Le produit peut alors facilement être conservé dans une armoire, ce
qui évite tout risque de contamination potentielle.

32- Les emballages et les aliments

a) Emballage en verre et en métal

Les emballages en verre et en métal figuraient auparavant parmi ceux qui étaient les plus
utilisés dans l’industrie alimentaire, mais ils coûtent chers et sont plus lourds à transporter.

Les papiers cartons et plastiques ont pris beaucoup de place dans nos emballages, car ils sont
plus flexibles et plus légers.

Dès leur conception, les emballages en verre sont prévus pour résister à l’écrasement vertical,
aux chocs sur les lignes de conditionnement (physique ou thermique), au transport, ainsi qu’à
la pression interne à l’intérieur du contenant. De plus, ces emballages sont recyclables à
l’infini.

Les emballages en verre et en métal sont souvent utilisés pour les boissons. On retrouve
généralement le verre pour les boissons alcooliques, comme le vin par exemple.

b) Emballage en aluminium

L’aluminium est extrêmement fonctionnel en tant que matière d’emballage alimentaire, car il
tolère des températures extrêmes. Par conséquent, il convient bien aux aliments qui ont besoin
d’être surgelés, grillés, cuits ou simplement conservés au frais.
Certains récipients sont suffisamment robustes pour contenir des quantités importantes
d’aliments, tout en conservant la légèreté qui caractérise l’aluminium.

L’inconvénient le plus important des emballages alimentaires en métal et aluminium est leur
incompatibilité avec le réchauffement par micro-ondes.

Tout comme l’acier et le verre, l’aluminium présente un caractère indéfiniment et


entièrement recyclable, sans altération de ses propriétés intrinsèques. Sa valorisation permet
de limiter la consommation énergétique.

L’aluminium est principalement utilisé comme emballage de boissons sucrées comme les
sodas, les boissons énergétiques ou encore les sirops.

c) Emballage papier/carton

Cet emballage est un dérivé de l’industrie du bois. Les fibres de cellulose sont recyclables
jusqu’à sept fois, ce qui rend ce produit intéressant au point de vue environnemental mais
également au plan des coûts.

Dans l’industrie alimentaire, nous utilisons habituellement une pâte à sulfate blanchie
hautement collée (communément appelée SBS ou le food board).

Généralement, un matériau mesurant moins de 300 micromètres d’épaisseur est appelé papier,
alors qu’un matériau qui mesure plus de 300 micromètres est appelé carton. L’unité de mesure
est la masse par unité de surface .

Les cartons sont sensibles à l’humidité et changent de propriétés physiques en fonction de


l’environnement externe. Il est à noter que les emballages en carton destinés à la réfrigération
sont souvent cirés, ce qui les rend non recyclables.
Notre industrie utilise essentiellement le carton pour des boîtes pliantes (tubes, plateaux,
paniers, etc. au secteur biscuits), des contenants de liquide (Tétra Brik, Gable Top, etc. au
secteur laitier) ou des boîtes ondulées pour la manutention et le transport (tous les secteurs).

Exemples : On retrouve le papier dans les emballages consacrés aux fromages, beurres,
biscuits, charcuteries, etc. Les cartons ondulés sont plus couramment utilisés pour les fruits et
légumes, tandis que les cartons plats vont trouver leur utilisation la plus fréquente dans
l’emballage de céréales, de biscuits, de nourriture congelée, etc.

d) Emballage en plastique

Pour les plastiques, ce sont des polymères souvent dérivés du pétrole et leur prix varie
énormément avec ce dernier.

La plupart des plastiques utilisés en emballage sont des thermoplastiques commerciaux. Parmi
les matériaux utilisés pour l’emballage alimentaire, nous retrouvons :

 le polyéthylène,
 le polypropylène,
 le polystyrène,
 le polyamide chlorure de polyvinyle,
 l’acétate de polyvinyle et
 le polyéthylène téréphtalate.

Chaque plastique a ses propriétés et caractéristiques de perméabilité aux gaz et à l’humidité.

Chaque matériau a un symbole utilisé communément dans l’industrie (PP, PETE, PVC,
CPET, etc.). L’industrie du plastique a développé un sigle de recyclage avec un numéro pour
les six plastiques les plus utilisés.

Il est cependant important de préciser que les catégories 6 et 7 ne sont pas recyclables.

Nous voyons de plus en plus d’emballages plastiques multicouches qui procurent plus de
barrières aux aliments et permettent parfois plus de fonctionnalité. Ces produits ne sont
actuellement pas recyclables dans la plupart des cas, surtout ceux qui présentent des
mélanges avec des matériaux comme le papier ou l’aluminium.

Le tableau ci-dessus offre un bon résumé des différents plastiques et de leurs utilisations les
plus fréquentes dans l’industrie alimentaire.
Le tableau suivant donne un aperçu des propriétés les plus importantes des plastiques utilisés
dans l’industrie alimentaire.

N. B. : Il est important de noter que l’épaisseur du matériau influence sa fonction barrière.

e) Les emballages composites et multi-couches

Ce sont des emballages qui permettent de combiner les


avantages de différents matériaux. En raison de la diversité
des avantages et inconvénients propres à chaque emballage,
on va chercher à conjuguer les propriétés complémentaires
de chaque matériau afin de concevoir un emballage efficace.

Par exemple, en utilisant du carton, on se sert d’une ressource


renouvelable, mais le manque d’étanchéité pose problème.
On va donc associer au carton du plastique qui, lui, possède
des propriétés d’étanchéité intéressantes.
Les développeurs de Tetra Pak ont été parmi les premiers à
créer des emballages composites en combinant le carton, le
plastique et d’autres matériaux pour leurs fameuses briques
de boisson.

f) Évolution des matériaux emballages

On constate une nette progression des emballages plastiques qui semblent s’annoncer comme
étant une tendance dominante et, parallèlement, on note une diminution des emballages
métalliques ou en verre.

Cette progression s’explique principalement par la qualité des propriétés


barrières qu’offrent les plastiques, mais aussi pour leur caractère économique.
IV- L’emballage et le développement durable

41- Nouveau paradigme : le développement durable

Le concept de développement durable a pris son essor en


1987 grâce au rapport Brundtland Notre avenir à tous, de
la Commission mondiale sur l’environnement et le
développement.
Le rapport Brundtland définit le
développement durable comme « le développement
qui répond aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures de répondre aux
leurs ».

Le Sommet mondial pour le développement durable, tenu


par l’ONU12 en 2002, a proposé l’adoption d’un plan de travail sur 10 ans visant à changer
les modèles de consommation et de production non durables. Nous sommes en train de vivre
un changement de paradigme : nous sommes passés d’une consommation jetable à une
consommation durable.

L’emballage n’échappe pas à cette logique.

Le développement durable est la résultante d’un équilibre entre les besoins économiques,
sociétaux et environnementaux, comme le représente la figure ci-dessous.

La notion de développement durable fait actuellement partie


intégrante des modèles d’affaires des entreprises du futur et encore plus pour les industriels de
l’emballage.

Précaution : Le développement durable a entraîné une conscientisation sociale et


environnementale. En l’absence de réglementation claire, certains industriels prétendent que
leurs produits sont durables alors
que ce n’est pas nécessairement le cas.

Cadre de référence : L’ISO 26 000 a pour objectif de définir et de clarifier le concept de


responsabilité sociétale et de le rendre applicable à tous les types d’organisations (entreprises,
collectivités territoriales, associations, etc.) quelle que soit leur taille ou leur localisation.

42- Démarche : éco-conception

L’éco-conception est une conséquence directe et concrète de la philosophie du développement


durable.
L’éco-conception est une démarche préventive qui se caractérise par la prise en compte de
l’environnement lors de la phase de conception ou d’amélioration d’un produit, bien ou
service.

L’objectif de la démarche est d’améliorer la qualité écologique du produit,


c’est-à-dire de réduire ses futurs impacts négatifs sur l’environnement tout au long de son
cycle de vie, tout en conservant sa qualité
d’usage.

La démarche d’éco-conception, qui dépasse les murs de l’entreprise, prend en compte trois
facteurs :

 1. Elle examine toutes les étapes du cycle de vie du produit, depuis l’extraction de la
matière première jusqu’à sa fin de vie : c’est une démarche multiétapes.
 2. Elle examine tous les impacts du produit sur l’environnement (consommation, rejets
et impacts) : c’est une approche multicritères.
 3. Elle examine tous les acteurs concernés par le produit (industriels, consommateurs,
collectivités). L’un des points importants est d’éviter que les efforts des uns soient
annulés par le comportement des autres : c’est une approche multiacteurs.

43- Analyse du cycle de vie

Pour répondre aux facteurs de l’éco-conception, la pensée « analyse de cycle de vie » du


produit correspond à la démarche multiétapes dans un contexte bien défini. L’Organisation
internationale de normalisation (ISO) définit l’analyse du cycle de vie (ACV), ou écobilan,
comme suit :

« Compilation et évaluation des intrants et extrants, ainsi que des impacts potentiels
environnementaux d’un système de produits au cours de son cycle de vie » (ISO
14040:1997).

Les modèles diffèrent sensiblement d’un continent à l’autre, cependant la logique demeure la
même.

Le cycle de vie d’un produit inclut :

 L’extraction et la transformation des matières premières ;


 La fabrication ;
 L’emballage et la distribution ;
 L’utilisation ;
 La fin de vie du produit ;
 Les coûts de transport à chaque étape.

Malgré la croissance de son utilisation depuis plusieurs années, l’analyse de cycle de vie
(ACV) reste tributaire des méthodes d’évaluation des impacts du cycle de vie (EICV) . Il
n’existe
pas encore de consensus international sur les modèles à utiliser pour ces catégories
(régionales,locales et globales).

44- Définition de l’emballage durable : Sustainable Packaging Coalition, GreenBlue

L’emballage fait partie de la plupart des produits alimentaires et devient souvent un déchet
après la consommation de ceux-ci, ce qui le met en avant-plan des préoccupations du
développement durable. Le
Sustainable Packaging Coalition (SPC) est une coalition d’experts nord-américains qui se
donne comme mission de recommander et de
communiquer une vision environnementale positive et solide de l’emballage. Elle appuie
l’innovation, les matériaux et les systèmes fonctionnels d’emballage qui promeuvent la santé
économique et
environnementale.

La vision du SPC se traduit par le passage d’une consommation jetable à une


consommation durable des emballages.

Cette vision cadre parfaitement dans une logique d’éco-conception. Aux États-Unis, le SPC a
déjà défini la terminologie des emballages durables, qui semble assez proche des définitions
de l’Union européenne et vient faire le consensus sur notre continent. Selon le SPC, un
emballage durable (écoresponsable) :

 Est sain, sécuritaire et bénéfique pour l’individu et la communauté tout au long de


 son cycle de vie ;
 Satisfait les nouvelles exigences du marché sur les plans des coûts et de la
performance ;
 Est créé, fabriqué, transporté et recyclé à partir d’énergie renouvelable ;
 Maximise l’utilisation de matériaux recyclables ou renouvelables ;
 Est produit grâce à des technologies propres & BPM (bonnes pratiques
manufacturières) ;
 fait de matériaux sécuritaires pour différents scénarios de fin de vie ;
 Est physiquement dessiné afin d’optimiser le matériau et l’énergie ;
 Est récupérable et utilisé dans un cycle continu.

Ce qui nous permet de passer à un cycle de vie du « berceau au berceau » comparativement


à un cycle du « berceau à la tombe » tel qu’illustré à la figure de la page précédente.
45- Éléments clés de conception d’emballage plus durable

Les facteurs à prendre en compte lors de votre conception sont multiples et peuvent être
complexes. Pour simplifier votre démarche, vous pouvez opter pour une démarche préventive
qui vous aidera à améliorer votre emballage actuel.

L’amélioration peut être guidée par les principes des 4 R et le V, l’analyse des matières
premières et l’énergie pour la production/valorisation
de l’emballage et une bonne logistique de distribution (transport).

a) Les 4 R et le V

L’éco-conception tient compte du processus complet de conception, de production et de


disposition du duo produit/emballage. Pour réduire les impacts et les coûts environnementaux
surtout notables lors de la gestion des matières résiduelles (d’emballage) ; l’amélioration d’un
système d’emballage doit tenir compte des 4R et le V définis par la figure ci-dessous.

 La réduction des matériaux et l’élimination du suremballage sont les bases et les


critères les plus importants à considérer. Ce principe peut être mis en application par
l’élimination de certains emballages non nécessaires, l’évitement des doubles
emballages, la concentration des produits pour réduire la taille des emballages,
l’amélioration des propriétés physiques afin de réduire les emballages protecteurs,
l’allégement du poids des matériaux d’emballage ou la conception de l’emballage en
fonction de son cycle de vie.

 La réutilisation des matériaux d’emballage dans un but identique ou similaire à celui


pour lequel ils ont été créés. Elle est souhaitée quand c’est possible (exemple : les
bouteilles de 18 litres d’eau, la bouteille de bière en verre).

 Le recyclage des matériaux leur donne une nouvelle vie et réduit le volume
d’enfouissement et le gaspillage des ressources naturelles (collecte sélective ou
consigne). La consigne pour les canettes et bouteilles de boisson gazeuse est un
système qui permet de
récupérer une bonne partie des matériaux d’emballage (aluminium, plastique PET)
pour recyclage ou réutilisation.
Les critères d’un recyclage efficace sont liés à deux facteurs : le coût des ressources utilisées
pour récupérer les matériaux doit être inférieur à la valeur des matériaux récupérés ; les
matériaux récupérés sont réutilisables et ont un marché.

Certains matériaux d’emballage sont plus facilement recyclables, comme la fibre de bois, le
verre et l’aluminium.

 La récupération avant enfouissement est la recherche des parties d’un produit qui
peuvent être recyclées ou réutilisées.

 La valorisation vise à profiter des matériaux avant de les enfouir. En Europe, certains
pays (Suisse, Suède, Allemagne et France) utilisent l’incinération comme moyen de se
débarrasser des déchets et de récupérer l’énergie.

La disposition ou l’enfouissement dans le sol est une pratique qui est à éviter quand cela est
possible à cause des effets écologiques néfastes et du manque de terrains disponibles.

Le compostage est aussi une option viable, mais qui nécessite des conditions précises.
Cette approche constitue clairement la base d’une démarche environnementale.

b) L’emballage et l’énergie

L’industrie de l’emballage utilise surtout de l’énergie pour transformer les emballages, mais
aussi pour les recycler.

Chaque matériau a ses propres besoins énergétiques et bilans


écologiques.

À titre d’exemple, nous dressons une petite comparaison pour trois


contenants (carton, plastique et verre). L’association allemande d’IFEU15 a démontré que les
gaz à effet de serre sont deux à trois fois plus importants selon le matériau utilisé.

Nous ne pouvons pas bannir certains emballages en raison de leur utilisation d’énergie, mais il
faut en tenir compte dans leur cycle de vie complet (extraction, production, transport et
recyclage, etc.).

La consommation d’énergie et l’efficacité énergétique peuvent influencer le choix de


l’emballage (bilans énergétiques différents).

L’industrie du recyclage s’est considérablement développée ces 30


dernières années. Aujourd’hui, elle constitue un marché mondial chiffré
en milliards de dollars et assure des fonctions sociales et environnementales. Cette industrie
n’a pas d’égale en ce qui concerne la
conservation des ressources naturelles.

La création d’une seconde génération de matières premières, c’est-à-dire


celles découlant du recyclage, a permis de réaliser une réduction des dépenses d’énergie
nécessaires pour la production de ces matières comparativement aux matières premières
primaires (non recyclées).
Le tableau suivant présente les principales matières recyclées et le gain d’énergie réalisé dans
le processus de recyclage par rapport à la production originale.

De plus, produire du papier à travers le processus de recyclage permet de réduire la pollution


de l’eau de 35 % et celle de l’air de
74 %.

Pendant ce temps, la production de métal à partir de déchets métalliques permet de réduire la


pollution de l’air de 86 %.
Cette contribution à la protection de l’environnement ne serait pas possible sans une
expansion massive de nouveaux procédés
sophistiqués, de machines et d’équipements de pointe. Des acteurs de l’industrie du recyclage
investissent des milliards de dollars
chaque année dans l’achat de nouvelles technologies, de même qu’en recherche et
développement.

c) L’emballage et le transport/distribution

Si l’on regarde de près la question du transport, on peut optimiser celui-ci à travers deux
outils.

Premièrement, la réduction du parcours de livraison permettant de réduire le temps passé sur


la route et, deuxièmement, par des emballages permettant de réduire le nombre de véhicules
de transport requis pour la livraison. Ainsi, nous réduisons les coûts de logistique et de
maintenance, de même que la consommation de carburant. Les facteurs qui améliorent
notre efficacité logistique sont :

 Réduire les volumes et les poids de nos emballages ;


 Optimiser les dimensions de l’emballage d’expédition pour maintenir l’espace palette ;
 Choisir les moyens de transport les plus écologiques ;
 Mieux planifier les trajets de nos flottes de transport ;
 Faire pression sur les fournisseurs pour qu’ils améliorent également leurs emballages.

Un produit, tout au long de son cycle de vie, parcourt une longue chaîne logistique avant
d’arriver chez le consommateur. À chaque étape, l’emballage doit offrir la protection
adéquate afin d’éviter toute dégradation ou tout dommage physique. Les facteurs auxquels
l’emballage
et le produit doivent faire face sont : les variations de température, l’humidité et les chocs.

Si un produit est endommagé en raison d’un emballage défectueux, la perte économique et


écologique est considérable.
Lorsqu’un dommage est occasionné, les coûts correspondent habituellement à cinq fois le
coût de réparation ou de remplacement du chargement. Concernant les palettes de transport,
elles sont la cause d’environ 50 % de tous les dommages. Plus de la moitié des palettes ne
sont pas de la bonne taille, ce qui cause un débord involontaire. L’industrie utilise des palettes
de 122 cm x 102 cm qui peuvent être empilées 2 par 2 pendant 30 jours à une température de
32 °C et à une humidité relative de 80 %.

46- Les bioplastiques et le développement durable

Le néologisme « bioplastique » ne correspond pas à une définition précise. Il regroupe sous


un nom général les plastiques issus de ressources renouvelables végétales ou animales et les
plastiques
biodégradables qui peuvent être issus de ressources renouvelables ou d’origine fossile.

Les bioplastiques sont des plastiques issus de la polymérisation des biopolymères, en tout ou
en partie.

Ces biopolymères sont souvent biodégradables ou du moins aptes à subir un processus de


décomposition. Ces biopolymères sont : soit issus de la pétrochimie (polymères de synthèse
ou associés à des composés naturels), soit totalement dérivés de ressources renouvelables. Les
biopolymères issus de matières premières renouvelables sont des polymères naturellement
présents dans les organismes vivants ou synthétisés par ces derniers à partir de ressources
renouvelables. Ils
peuvent donc être naturels (extraits de végétaux traités), d’origine microbienne ou synthétisés
par des organismes vivants.

L’engouement pour les plastiques biodégradables est certain. D’après l’European Bioplastics,
le marché des biopolymères est en croissance, et les capacités de production mondiales
devraient passer d’environ 500 000 tonnes par an à environ 850 000 tonnes par an en 2010.

Quatre facteurs majeurs limitent le développement des bioplastiques :

 Le prix ;
 L’absence de législation et d’incitatifs de la part des milieux politiques ;
 La confusion et l’amalgame du consommateur entre les différents
bioplastiques offerts sur le marché ;
 La contamination de la chaîne de recyclage.

La question est alors de savoir quel matériau favoriser dans la production des emballages
alimentaires et de quelle façon combiner les différents facteurs de l’emballage.
La « biodégradabilité » des bioplastiques dépend de la structure chimique du matériau et de la
constitution du produit final, et non pas seulement des matières premières utilisées dans sa
conception.
Selon la norme de l’ASTM D-5488-84d nord-américaine, un matériau est
considéré comme biodégradable s’il est capable de se décomposer en
dioxyde de carbone, en méthane, en eau, en minéraux ou en biomasse, dans laquelle le
mécanisme de dégradation prédominant est l’action enzymatique de micro-organismes, qui
peut être mesuré par les tests standardisés, sur une période de temps spécifiée.
En Europe, la norme EN13432 s’applique plus particulièrement aux
matériaux d’emballage et aux tests à mettre en œuvre pour évaluer leur transformation sous
forme de compost.

47- Conclusion

L’emballage durable est un processus d’amélioration continue et mesurable en termes de


réduction d’impacts environnementaux, sociaux et économiques qui permet de remplacer un
emballage obsolète dans un contexte de développement durable.

V- L’emballage et la technologie

Le temps où les emballages ne jouaient qu’un rôle de barrière inerte et imperméable entre
l’aliment et l’environnement extérieur est révolu. À l’heure actuelle, on exige de l’emballage
d’augmenter la durée
de vie du produit et de garder sa qualité. L’emballage doit aussi communiquer des
informations au consommateur, lui rendre service, et ce, tout en préservant les qualités
organoleptiques et nutritionnelles
du produit.
Ces exigences ont propulsé l’emballage dans des sphères technologiques avancées et nous
percevons surtout l’influence de la nanotechnologie sur les propriétés des emballages.

La nanotechnologie

« La nanotechnologie correspond à l’exploration de la matière et du développement


technologique à l’échelle moléculaire atomique. » Les nanosciences et les nanotechnologies
se situent au croisement de plusieurs disciplines scientifiques comme l’électronique, la
mécanique, la chimie, l’optique, la biologie qui manipulent des objets d’une taille de l’ordre
du nanomètre.

Concernant les secteurs d’emballage et agroalimentaire, les efforts de recherche ont abouti
sur :

 Une large focalisation sur l’emballage et la détection d’éléments pathogènes ;


 L’emphase sur les produits finis (post-récolte et consommation) ;
 L’accès mis sur les bénéfices nutritionnels plutôt qu’environnementaux ;
La plupart des applications commerciales sont envisageables dans les 5 à 15 années à
venir.
Vous trouverez ci dessous un tableau résumant quelques
applications de la nanotechnologie dans l’alimentaire.

Cette étiquette permet un contrôle de l’authenticité du produit par


une coloration différente si l’emballage du produit est froid ou non, ou
tout simplement si le produit a été conservé à la bonne température.
Cet emballage correspond à une utilisation combinée de la
nanotechnologie et de la métallisation.

Les bénéfices de la nanotechnologie en emballage se résument surtout par l’amélioration des


propriétés barrières des matériaux et l’augmentation de leur performance, et la
communication de l’information utile à différents intervenants. L’amélioration des propriétés
et performance des
matériaux les rend un peu plus chers, mais elle diminue souvent l’épaisseur de ceux-ci (moins
d’impact environnemental et plus longue durée de vie de l’aliment).
À l’heure actuelle, la traçabilité des produits alimentaires constitue une bonne partie des
applications de la nanotechnologie. Elle rejoint directement les nouvelles attentes du
consommateur en termes de sécurité alimentaire, car elle permet de connaître chacune des
étapes de transformation et de transport du produit depuis son lieu de fabrication jusqu’à son
point de vente final.

VI- Les emballages émergents


Les besoins de nouvelles fonctions pour mieux valoriser les aliments et
informer les consommateurs ont donné naissance aux emballages actifs,
intelligents et novateurs. Dans cette section, nous traiterons brièvement de ces différents
types d’emballage.

61- Emballages actifs

Les progrès technologiques ont permis le développement d’emballages actifs qui entrent en
interaction avec l’aliment ou s’adaptent à son environnement pour préserver, le plus
longtemps possible et de façon optimale, ses qualités organoleptiques et nutritionnelles.

La composition de l’emballage empêche la formation de gaz et peut libérer des agents


conservateurs ou antioxydants de façon à ce que l’aliment conserve sa fraîcheur, maintienne
sa qualité et ne soit pas endommagé.

Les objectifs sont :

 Augmenter la vie de tablette ;


 Faciliter la distribution ;
 Fournir au consommateur un produit simple d’utilisation et lui permettant de sauver
du temps.

Le développement de l’emballage actif passe par des actions d’ordre technologiques,


physiques, chimiques et biologiques.

Dans la gamme des emballages actifs, nous pouvons distinguer deux catégories :

a- Les absorbeurs

Ces emballages ont pour objectif de retirer les éléments indésirables qui viendraient nuire à la
qualité du produit contenu. On peut y retrouver des absorbeurs d’oxygène, des produits de
dégradation et des régulateurs d’humidité.

La photo ci-contre illustre un emballage actif. Cet emballage contient un absorbeur qui vient
modifier l’atmosphère de conditionnement du produit afin d’assurer une meilleure
conservation de ce dernier. Cet absorbeur va ralentir les risques d’oxydation qui sont souvent
les principales causes
de dégradation d’un aliment, notamment les viandes.
b- Les « relargueurs » d’additifs

Cette catégorie permet d’ajouter, d’introduire des éléments bénéfiques à l’ensemble clos
comme, par exemple, des émetteurs d’éthanol, de gaz carbonique, d’agent de conservation,
d’arôme, etc.

62- Emballages intelligents

Les emballages intelligents, quant à eux, surveillent et contrôlent l’évolution des conditions
dans lesquelles un produit alimentaire a été emballé. Ils fournissent également des
informations complémentaires sur la qualité du produit pendant toutes les étapes de transport
et de stockage précédant sa consommation. Ils déploient un dispositif d’informations qui
explique clairement au consommateur les caractéristiques du produit. Les emballages
intelligents sont bien entendus « actifs » et permettent à l’utilisateur final de surveiller les
denrées alimentaires, de connaître objectivement la qualité du produit et améliorer ainsi sa
propre sécurité alimentaire. Les limitations d’usage des emballages intelligents sont leur coût,
les législations en vigueur et les réticences du consommateur (les radio-étiquettes pourraient
nuire à sa vie privée).

Parmi les types d’applications, nous notons les suivantes :

 Indicateurs chromatiques : La couleur de l’indicateur change irréversiblement


lorsque la température d’un surgelé est excessive ou, mieux, si l’aliment a atteint son
couple temps/température ;

Exemples : L’étiquette se colore lorsqu’un produit n’est plus consommable.


Cette technologie utilise la microbiologie, pour simuler la fraîcheur de
l’aliment lorsque la date limite de consommation est dépassée ou que le
produit a subi un cumul de ruptures de la chaîne du froid. Si la fleur est verte, le
produit est frais ; si elle est rouge, le produit ne l’est plus.

 Détecteurs actifs : Des emballages transparents qui vont s’obscurcir si l’excès de


lumière peut nuire à la conservation de l’aliment dans le temps ;

 Étiquette à identification par radiofréquence (RFID) : aussi appelée traçabilité ou


passage à la caisse sans vider le chariot.
L’ identification par radiofréquence (RFID) :

Les technologies RFID (Radio Frequency Identification) sont des techniques d’identification
par radiofréquence20 utilisées surtout comme moyen de traçabilité.
Elles permettent, grâce à des étiquettes intelligentes ou « smart tags », d’identifier un produit
de manière unique et d’y associer un ensemble d’informations qui le suivront et évolueront
avec lui tout au long de son cycle de vie. Grâce à leurs nombreux atouts, les étiquettes RFID
sont amenées progressivement à remplacer les systèmes de traçabilité actuels, et peuvent
également s’inscrire en complément de ceux-ci. La
technologie RFID a pour objectif d’optimiser les systèmes d’acquisition de données tout en
s’adaptant au système d’information existant.

Concernant les applications dans l’industrie alimentaire, on peut noter que le RFID permet
d’assurer un respect des normes de traçabilité, de produire un suivi des contenants de
stérilisation et d’optimiser ainsi la chaîne de distribution du produit.

63- Emballages novateurs

Les modes de vie, la démographie et la société sont en constante évolution.


Nos consommateurs cherchent de plus en plus de fonctions différentes à leurs produits pour
satisfaire ces nouvelles conditions. Parmi ces fonctions, nous notons surtout la praticité, la
facilité/rapidité d’utilisation, la mode ou le design, et le plaisir d’avoir un produit à notre
image et à notre goût.

L’innovation en emballage a propulsé des produits et a permis entre autres de :

 Promouvoir le produit par son emballage pour inciter les clients à l’acheter ;
 Faciliter l’usage du produit, car l’emballage doit rendre service. La boîte a un bec
verseur, le bouchon devient doseur, le bidon offre une poignée, la barquette passe au
four micro-ondes et devient une assiette… C’est l’emballage évolutif.
 L’emballage doit garantir l’inviolabilité avant achat (tamper evidence en anglais) pour
éviter les fraudes, afin d’interdire à quiconque d’introduire une substance étrangère
dans le produit ou pour empêcher le consommateur de le goûter ou de le sentir.
 Les emballages « Retail Ready » sont en pleine progression et remplacent les bouchers
en épicerie.

Les emballages comestibles sont efficaces pour conserver les


aliments contenant beaucoup d’acides gras polysaturés susceptibles de
s’oxyder, comme les viandes, par exemple. Le résultat est donc une
prolongation de la durée de vie des aliments et la protection de
l’environnement, car l’emballage n’est pas un déchet. Les emballages
comestibles offrent de bonnes perspectives dans la mesure où ils sont
consommables en même temps que les aliments qu’ils protègent. De
façon plus courante, les films et enrobages comestibles sont très
souvent utilisés pour améliorer l’apparence et la conservation des
produits alimentaires.

Les exemples les plus courants sont sûrement le pelliculage des fruits avec des cires
naturelles, les enrobages de chocolat sur les produits de confiserie ou de pâtisserie, ou encore
l’enrobage de viande avec du gras.

VII- Tendances et défis

Les tendances et les défis sont nombreux pour le futur de l’emballage alimentaire, surtout
dans un contexte de développement durable et de sécurité de nos aliments. Il est encore
possible de se positionner stratégiquement pour mieux se différencier dans un marché très
compétitif. Parmi les tendances lourdes nous citons :

 L’éco-conception : Le créateur
doit conceptualiser le design de l’emballage à des fins de réutilisation, de recyclage ou
de compostage.
 Si les matériaux d’emballage recyclés dans l’emballage ne faisaient pas recette
jusqu’à présent dans l’alimentaire, bien qu’autorisés à certaines conditions, il semble
que le développement durable va propulser ces matériaux plus vite que ne
l’envisageaient les industriels.
 Le marché de l’emballage bioplastique est en forte croissance, surtout en Europe.
Certaines études
(pas encore validées) tendent à démontrer que les bioplastiques ont un potentiel
d’augmentation de 10 % à 20 % du marché actuel des plastiques conventionnels issus
de la pétrochimie.
 Le « Greenwashing », ou les fausses déclarations d’emballage recyclable ou vert, est
très présent actuellement dans l’industrie de l’emballage. Il faut être très vigilant et
exiger des preuves validées par des tierces parties. Cependant, une réglementation
nord-américaine sera la bienvenue pour aider les consommateurs d’emballage à faire
leurs choix. Entre-temps, l’écolabel (logo sur l’emballage pour une certification
écologique) est en croissance en Europe.
 Les consommateurs feront leurs choix en fonction de leurs valeurs écologiques
(plusieurs sondages dans le monde confirment la tendance, et l’importance, de ce
facteur).
 Les facteurs démographiques et les modes de vie poussent les industriels vers des
emballages individualisés, mais ceci génère plus d’emballages, ce qui est en
contradiction avec le principe de
réduction du développement durable.
 La nanotechnologie sera de plus en plus au service de l’industrie de l’emballage,
surtout pour préserver les aliments des risques de contamination ou de détérioration
pour de plus longues durées. Elle
contribuera aussi à réduire les emballages en améliorant leurs propriétés.
Ce marché croît à une vitesse importante avec de nouvelles applications intéressantes.
Cependant, le manque de réglementation peut nuire
au futur de cette industrie si les produits ont des impacts négatifs pour les humains ou
l’écologie.
 Une croissance annuelle de 6,9 % pour les emballages actifs et intelligents a été notée
en Europe. Les propriétés des matériaux d’emballage évoluent constamment pour
répondre à des besoins
de marketing et de technique. La croissance du marché du RFID est exponentielle par
rapport à la dernière décennie, surtout en ce qui concerne la traçabilité.
 La qualité des emballages et les risques de contamination seront réduits par
l’application de certaines normes et par le contrôle de qualité exigé par les
transformateurs (PAC Secure, etc.).
Ces tendances sont réelles et constituent un défi de taille pour l’ensemble des
industriels.
L’entreprise a désormais une responsabilité sociétale et doit agir en fonction des
valeurs dont elle fait la promotion. Toutefois, en l’absence de réglementation claire,
d’infrastructures pour supporter les nouvelles technologies et de contextualisation des
solutions, nous risquons de
prendre des initiatives individuelles trop risquées pour l’avenir. D’où la nécessité du
travail de l’ensemble des joueurs de l’industrie, et des instances locales concernées
pour favoriser et encadrer le développement d’un emballage performant dans un
contexte durable
et sécuritaire.

P.-S.
Références bibliographiques :

 J.L. MULTON & G.BUREAU Coordonnateurs ; L’emballage des denrées


alimentaires de grande consommation, Collection : Sciences et techniques
agroalimentaires.

2- Les matériaux d’emballage


samedi 10 novembre 2012, par AMROUCHE

Il existe différents matériaux d’emballage, nous détaillerons :

 Le verre
 Les matériaux métalliques
 Les plastiques
 les matériaux cellulosiques

N’hésitez pas à apporter vos contributions si vous le désirez

Sommaire

 Les différents matériaux (…)


 I- Le verre
 II- Les matériaux métalliques
 III- Les Plastiques
 IV- Les matériaux cellulosiques
Les différents matériaux d’emballage

I- Le verre

Le verre est un matériau minéral à base de silicium, fabriqué à partir du sable siliceux.

Il est utilisé comme emballage alimentaire et présente plusieurs avantages importants :

 Transparent ;
 Inerte ;
 Réutilisable ;
 Recyclable.

Cependant, il renferme certains inconvénients majeurs qu’on peut énumérer comme suit :

 Fragile ;
 Dangereux ;
 Faible conductibilité thermique.

Utilisations :

L’utilisation du verre comme matériau d’emballage dans le domaine alimentaire remonte à


plusieurs siècles. Le verre d’emballage comprend les flacons, les pots, les bocaux, les
gobelets, etc.

Les produits alimentaires emballés dans le verre sont nombreux :

 liquides : Eaux, eaux, jus, huiles et boissons rafraîchissantes, lait, huiles, vinaigres, …
 conserves : légumes, fruits, pâtés, viandes, …
 confitures, miel, pâtes à tartiner, …
 condiments, moutardes, assaisonnements, …
 aliments infantiles.
 produits à base de lait : yaourts, …
 café soluble, épices, …
 plats cuisinés, etc.

Qualité intrinsèques des emballages en verre :

La très large utilisation du verre dans le domaine alimentaire n’est pas le fruit du hasard mais
est pleinement justifié par un ensemble de qualités propres au verre dont les plus importantes
sont énumérées ci-dessous :

 Le verre est imperméable aux gaz, vapeurs et liquides. C’est un matériau à barrière
exceptionnel.
 Le verre est chimiquement inerte vis-à-vis des liquides et produits alimentaires et ne
pose pas de problème de compatibilité ; il peut être utilisé pour tous les produits
alimentaires liquides, solides, pâteux ou pulvérulents.
 Le verre est un matériau hygiénique et inerte sur le plan bactériologique ; il ne fixe pas
et ne favorise pas le développement de bactéries ou microorganismes à sa surface.
 Facile à laver et à stériliser.
 Le verre n’a pas d’odeur et ne transmet pas les goûts et ne les modifie pas ; il est le
garant des propriétés organoleptiques et de la saveur de l’aliment.
 Le verre est transparent et permet de contrôler visuellement le produit.
 Il peut être coloré et apporter ainsi une protection contre les rayons ultraviolets
pouvant nuire au produit contenu.
 Le verre résiste aux pressions internes élevées que lui font subir certains liquides.
* Le verre a une résistance mécanique suffisante pour supporter les chocs sur les
chaînes de conditionnement qui travaillent à cadence élevée et pour supporter des
empilements verticaux importants pendant le stockage.
 Il est recyclable.
 Laisse passer les microondes et permet le réchauffage de l’aliment.

II- Les matériaux métalliques

2.1- Matériaux à base d’acier : Fer blanc et fer chromé

Le principal matériau pour les boîtes à conserve est le fer blanc ; mince feuille d’acier doux
revêtu électrolytiquement d’une couche d’étain pur sur ses deux faces.

Un produit dérivé, le fer chromé, a pris une place importante, représentant 30 % du tonnage
global.

a) Fer blanc

Le fer blanc est constitué de l’acier, alliage du fer et d’autres matériaux, et une couche d’étain.

 L’acier de base
La composition chimique de l’acier de base influence également les caractéristiques
mécaniques de l’emballage et peut jouer un rôle sur la résistance à la corrosion.

 L’étamage
Réalisé par voie électrolytique, l’étamage permet de déposer en continu une quantité
précise d’étain sur chaque face du métal qui a été préalablement décapé et dégraissé.
Ce dépôt est ensuite refondu pour obtenir un alliage avec le support et l’aspect brillant
caractéristique. Enfin, la surface reçoit un traitement électrochimique de passivation
pour parvenir à une couche superficielle contenant des oxydes d’étain, des oxydes de
chrome et du chrome métallique. En dernier, il reçoit un très léger huilage facilitant
son glissement et sa protection avant vernissage.

En pratique, les taux d’étain, exprimés en g/m2, sont choisis en fonction du type de boîte, du
contenu et des conditions de mise en œuvre. La normalisation recommande les valeurs
nominales suivantes : 1,0 - 2,0 - 2,8 - 5,6 - 8,4 et 11,2 g/m2 par face. Toutefois, les taux
inférieurs à 2,8 g/m2 ne sont pas utilisables pour les produits appertisés.

b) Le fer chromé

C’est un matériau composé d’acier et d’une couche de chrome, l’opération d’addition de


ladite couche est dite « chromage ».
Mise au point au Japon vers 1965, cette famille de revêtement s’est imposée aux USA puis en
Europe comme le complément indispensable du fer blanc.

L’appellation internationale du fer chromé est ECCS (ELECTROLITIC CHROMIUM


COATED STEEL) mais la désignation usuelle TFS (TIN FREE STEEL) est encore
couramment employée.

2.2- Aluminium

C’est un matériau très utilisé dans l’agroalimentaire, il présente des caractéristiques


suivantes :

 Légèreté.
 Etanchéité contre les gaz.
 Recyclable.
 Flexible.
 Stable.

Cependant, ce matériau présente certains inconvénients :

 Relativement cher.
 Fermeture difficile.
 Fonctions marketing limité (formes limitées).

2.3-Les vernis de protection de l’emballage métallique

Certains matériaux métalliques comme l’aluminium ou le fer chromé sont souvent vernis sur
les deux faces intérieure et extérieure.

La fonction essentielle des vernis est de minimiser les interactions des métaux de
l’emballage avec les produits conditionnés et le milieu extérieur.
A l’extérieur, les revêtements organiques assurent simultanément la fonction de protection et
de décoration.

Les vernis sont des produits susceptibles de former un film adhérent au métal, continu et
inerte de point de vue physico chimique, c’est-à-dire que la migration qui peut avoir lieu lors
du contact contenant-contenu ne compromettra pas la salubrité de la denrée alimentaire.

Leurs constituants principaux des vernis sont :

 matières filmogènes (polymères organiques) ;


 solvants nécessaires à la fabrication et à la mise en œuvre des vernis mais éliminés lors
du séchage ;
 pigments éventuels et additifs divers.

Les vernis non pigmentés sont transparents ou incolores ; les pigments opacifient le film et le
colorent, on peut citer par exemple l’oxyde de titane qui permet de faire des revêtements
blancs, ce vernis commence à devenir le composant essentiel des encres pour décoration
extérieure vue la teinte et l’attractivité que confère à l’emballage.
III- Les Plastiques

Les emballages plastiques constituent une bonne part des emballages utilisés dans le domaine
agroalimentaire.

L’aspect pratique de l’emballage en plastique joue un rôle très important pour le


consommateur des produits de grande consommation. Les produits qui ont leur approbation
ont par exemple un bec verseur permettant une réutilisation facile et pratique ; ils offrent par
conséquent un autre service au consommateur.

Ces emballages offrent une variété infinie de solutions, ils s’adaptent au sur mesure et à une
infinité de contenus. Grâce à leur légèreté, à leur capacité de valorisation, que ce soit par
recyclage ou valorisation énergique, les emballages après usage répondent aux exigences
environnementales.

L’emballage plastique est résistant, il évite ainsi des pertes de produit, des risques de
dommages pour l’aliment qu’il protège. Il s’est adapté aux cadences de conditionnement de
l’industrie agroalimentaire et aux modes de distribution des produits.

Toutes les exigences précitées du produit agroalimentaire à emballer, qu’elles soient d’ordre
technique, sécurité, hygiène, compatibilité contenant-contenu, praticité consommateur,
information, marketing, expliquent que grâce à leur diversité, tant en termes de matériaux que
de modes de transformation, les matières plastiques sont présentes dans un nombre de plus en
plus vaste d’applications.

Les différents matériaux les plus utilisés sont : PET, PEhd, PEbd, PS, PVC, PP.

3.1- Le choix des matériaux plastiques

L’emballage rigide primaire, donc en contact avec les denrées alimentaires doit répondre à un
ensemble de contraintes ; il faut que le matériau se prête à la technique de transformation
nécessaire à l’obtention de la bouteille, de la barquette ou du pot, mais aussi offrir les
propriétés requises :

 Résistance aux chocs, au froid (congélateur) et à la température (ex. stérilisation,


micro-onde) ;
 Attractivité en rayon de magasins (forme, couleur, aspect, transparence, pouvoir de
séduction) ;
 Praticité pour le consommateur : ouverture/fermeture facile (bouchon vissable,
bouchon charnière et clipsable, opercule couvercle pelable), distributeur de doses ;
 Durée de conservation : emballage barrière à la vapeur d’eau, à l’oxygène et aux
odeurs. Utilisable pour le conditionnement sous atmosphère modifiée ;
 Sécurité du consommateur : témoin d’inviolabilité sur les ouvertures, étanchéité.

Cependant la fonction première d’un emballage alimentaire est sans conteste de garantir la
protection de l’aliment contre les risques de contamination chimique et microbiologique
externe pendant la durée de conservation prévue.
Toutes les matières plastiques offrent de ce point de vue, des propriétés d’imperméabilité et
d’innocuité qui souvent s’avèrent satisfaisantes même dans une structure d’emballage
monocouche dit encore « matériaux de structure ».

Dans le cas où l’aliment par nature est sensible à l’oxygène de l’air ou aux odeurs il faut faire
appel à des matériaux dits « barrière ». Ces derniers sont alors utilisés systématiquement
dans des emballages multicouches en association avec des matériaux de structure.

3.2- Les matériaux « Barrière »

Ces matériaux présentent une très faible perméabilité à l’oxygène et au gaz carbonique, mais
aussi à des molécules plus lourdes comme les arômes des aliments.

La tendance actuelle à l’augmentation de la durée limite de consommation favorise de plus en


plus leur utilisation. Cependant leurs autres caractéristiques, et notamment leur prix, ne leur
permettent pas une utilisation large.

a) Copolymère d’éthylène alcool vinylique (EVOH)

C’est un matériau très utilisé dans l’emballage rigide alimentaire car il prête bien à la
coextrusion de feuilles ou de corps creux en combinaison avec des matériaux de structure
comme les polyéthylènes, polypropylène, ou polystyrène.

Le caractère cristallin et polaire de l’EVOH nécessite cependant l’utilisation de liants qui


assurent l’adhésion avec les matériaux de structure.

Ce copolymère présente une excellente imperméabilité à l’oxygène, au gaz carbonique et


aux arômes mais à condition de le protéger de l’influence de l’humidité qui fait chuter
fortement ses performances. Pour pallier à cet inconvénient il est souvent pris en sandwich
dans des structures multicouches (voir Figure ci contre) à base de polyoléfines PE ou PP
peu sensibles à l’humidité.

Cette optimisation de la structure peut également être trouvée en ajustant le taux d’éthylène
dans l’EVOH qui, dans la pratique, varie de 29% à 44% en poids. La facilité de mise en
œuvre et la moindre sensibilité à l’humidité croit avec le taux d’éthylène. En revanche, les
propriétés « barrière » augmentent avec la teneur en alcool vinylique.
b) Chlorure de polyvinylidène (PVDC)

Il s’agit de la famille de matériaux « barrières » la plus couramment utilisée dans les films
souples. Elle est en fait constituée de copolymères de chlorure de vinylidène

c) Synthèse sur les matériaux « barrière »

3.3- Les matériaux de « structure » et leur association

a) Polyéthylène basse densité (PEbd)

Ce Matériau domine très largement les emballages souples car il assure une excellente
imperméabilité à l’humidité et une soudabilité thermique à haute cadence. Il peut être utilisé
pour les produits alimentaires liquides.

Le polyéthylène basse densité est surtout utilisé dans la fabrication des films rétractables ou
étirables pour la palettisation.
b)Polyéthylène haute densité (PEhd)

Ses propriétés sont :

 température maximale d’emploi : 105 °C ;


 température de fragilisation : -50 °C ;
 aptitude au micro-onde : oui ;
 flexibilité : bonne ;
 très bonne résistance aux acides, aux alcools aliphatiques, aux aldéhydes, aux
hydrocarbures aliphatiques et aromatiques ;
 faible résistance aux agents oxydants.

Il est régénéré et recyclé sous forme de granulés

Utilisations :
le PEhd est très utilisé dans :

 des bouteilles de lait,


 des bouchons de boissons gazeuses,
 les emballages de produits détergents,
 des tubes pour le transport du gaz ou de l’eau (tube noir avec une bande bleu pour
l’eau et tube noir avec une bande jaune pour le gaz en France).

Le PEhd a fait une percée remarquable dans deux secteurs où les bouteilles semi-rigides, et
opaques,sont utilisées :

 les bouteilles de lait et


 les flacons de produits liquides d’entretien.

Le lait longue conservation est conditionné dans des bouteilles multicouches pour éviter
l’altération du lait par photooxydation.
On note que pour les jus de fruits frais, ayant une DLC de quelques jours en bouteilles PEhd
translucides monocouche, on peut atteindre, grâce à des emballages multicouches constitués
de PEhd-liant-matériau barrière-liant-PEhd, à l’instar de la structure représenté dans la
figure ci dessus (dans cette structure le PEhd constitue le matériau de structure à l’intérieur
duquel on a intégré un matériau barrière permettant d’augmenter le « shelf life » du produit).
Une telle structure peut augmenter la DLC des jus jusqu’à 9 mois.

Une partie des huiles de table est conditionnée en bouteilles PEhd opaques surtout celles de
tournesol dont la présence des cires peut influencer le comportement du consommateur en
leur conférant une apparence turbide non appréciée.

c) Polypropylène (PP)

Il fait partie de la famille des polyoléfines, constitués essentiellement à partir de propène. Il


entre principalement dans la fabrication de films d’emballage de paquets de cigarettes, de
fleurs, bonneterie et produits alimentaires secs.

C’est un matériau qui offre plusieurs avantages :


1. Un bon rapport qualité/prix ;
2. Une rigidité et transparence adéquates à la production alimentaire ;

Utilisations :

 gobelets et assiettes jetables


 barquettes transparentes micro-ondables (mais pas pour la cuisson)

En multicouches :
Le PP est aussi utilisé pour le conditionnement des mayonnaises et du ketchup en flacons
souples, mais pour parfaire l’opération il faut intégrer une barrière à l’oxygène comme
l’EVOH dans une structure multicouche de type PP-liant-EVOH-liant-PP.
Le thermoformage du polypropylène a permis à ce matériau de conquérir d’autres parts de
marché comme celui des desserts lactés, fromage frais aux fruits, les biscuits en boîtes
familiales, …

d) Polystyrènes compacts (PS)

Le polystyrène (PS) : ce polymère du styrène est surtout utilisé dans les emballages de
produits laitiers (yaourts, crème fraîche, desserts lactés) et les gobelets pour distributeurs
automatiques.

Le polystyrène est le matériau par excellence adapté au thermoformage à grande cadence ;

Le PS domine encore largement dans le conditionnement des produits laitiers frais, comme les
yoghourts, desserts lactés, fromages blancs. Il est d’ailleurs le seul matériau utilisé dans la
technique dite de « FORM FILL SEAL (FFS) » qui consiste à enchaîner sur une même ligne
de production, le thermoformage, le remplissage et la fermeture par scellage.

Les pots de yoghourts PS fabriqués par FFS sont ensuite vendus en linéaire par lots de 4, 6, ou
8 pots non découpés. Le consommateur peut facilement séparer les pots par pliage.

Pour les produits sensibles à l’oxygène ou pour de longue durée de conservation on doit
mettre en œuvre des structures multicouches du type PS/EVOH/PE. C’est le cas de la
viande ou de la charcuterie conditionnées en atmosphère modifiée et aussi des compotes de
fruits.

e) Polyéthylènetéréphtalate (PET)

Ce plastique de la famille des polyesters a, contrairement au PVC, une très faible perméabilité
au CO2.
Il est donc employé dans la fabrication des bouteilles de boissons gazeuses ; il intervient aussi
dans la fabrication de flacons de produits cosmétiques.

Le polyéthylène téréphtalate (PET) est devenu le matériel de choix pour le conditionnement


des huiles de table car il offre une meilleure protection contre l’oxygène et une résistance
élevée aux chocs. La minimisation de la photooxydation altérative dans les emballages
transparents peut être assurée par l’utilisation des stabilisants UV ou des composants
incolores qui absorbent les rayonnements UV (Dexter,1984).

Comme le polypropylène, le PET connaît une forte croissance dans l’emballage et tout
particulièrement dans le conditionnement des boissons et eaux embouteillées.

f) Le PVC

Il représente une part très faible des emballages plastiques.

Utilisations :

 films et feuilles (blisters, supports dans les boîtes de


biscuits, boîtes d’œufs,…),
 bouteilles et flacons (eaux minérales plates et légèrement gazeuses, vinaigres,
huiles,cosmétiques, droguerie,…),
 tissus enduits,
 films souples,…

le PVC est aussi utilisé pour faire des conduites d’alimentation d’eau, médical (poches à
sang).

Si le même polymère de base entre dans la fabrication de ces bouteilles, la nature des additifs,
elle, est différente. En effet, si on remplissait d’huile une bouteille d’eau, la bouteille se
ramollirait car une grande quantité d’additifs spécifiques à la formulation passerait dans
l’huile, mais surtout parce que la formulation de la bouteille d’eau ne présente pas la
même perméabilité à l’huile que la formulation de la bouteille d’huile. En conséquence,
l’huile peut pénétrer dans la paroi de la bouteille d’eau et jouer le rôle du plastifiant.
g) Synthèse sur les matériaux de structure

IV- Les matériaux cellulosiques


Les matériaux cellulosiques au service de l’emballage alimentaire

a) Types de matériaux cellulosiques

Les matériaux cellulosiques (bois, papier, carton) constituent une part importante dans le
secteur de l’emballage, surtout pour l’alimentaire non liquide où l’emploi peut atteindre
jusqu’à 40% selon le comité français de l’emballage papier-carton (en 1992).

b) Utilisations des matières cellulosiques

 Le bois pour emballer les fruits secs et frais (Pommes, mangues, Dattes, raisins secs
…), il offre l’avantage d’une manipulation et gerbage facile.
 Les bouchons de bouteilles en verre fabriqué du liège du chêne-liège.
 Carton et papier utilisés pour emballer les fruits et légumes,

P.-S.
Références bibliographiques :

 J.L. MULTON & G.BUREAU Coordonnateurs ; L’emballage des denrées


alimentaires de grande consommation, Collection : Sciences et techniques
agroalimentaires