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Etude expérimentale des


tassements provoqués lors du
creusement par la méthode de
prédécoupage mécanique

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Jacques Garnier
Institut Français des Sciences et Technologies des Transports, de l’Amén…
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Land Subsidence (Proceedings of the Fifth International Symposium on Land Subsidence,
The Hague, October 1995). IAHS Publ. no. 234, 1995. 215

Etude expérimentale des tassements provoqués lors du


creusement par la méthode de prédécoupage
mécanique

ABDELHAQ SKIKER & PIERRE CHAMBON


Laboratoire de Génie Civil, Ecole Centrale de Nantes, 1 Rue de la Noé,
F-44072 Nantes, France

JACQUES GARNIER
Laboratoire Central des Ponts et Chaussées, BP 19, F-44340 Bouguenais, France

Abstract During recent years many cases of local subsidence have been
observed during the boring of shallow tunnels in soft ground. In order to
better fit with settlements limitations and to reduce various risks attached
to tunnels boring, new techniques have been developed. The main
originality of the precutting method compared to NATM consists of a
concrete vault which is built within the soil in front of the tunnel face.
The present paper, on the basis of several tests series performed on the
LCPC centrifuge (Nantes, France), focuses on surface settlements with
or without a vault. It is pointed out that a vault can reduce settlements
due to bad face conditions especially when water flows through the face.
But tests have also shown that the settlement trough is still very sensitive
to face conditions, even if movements are of small magnitude and that it
extends twice the diameter from both sides of the tunnel axis.

INTRODUCTION

Creusement sans tranchée et tassements

La construction des tunnels en terrain meuble donne lieu à des désordres géotechniques
dont l'importance dépend de nombreux facteurs plus ou moins bien maîtrisés (la
méthode de creusement, la profondeur, les conditions hydrauliques et géotechniques,
...). Si le souci primordial de l'ingénieur en charge de ce type de projet s'est longtemps
limité à assurer des conditions de stabilité globale à terme de l'ouvrage, il n'en est plus
de même dans une période où les villes, domaines sensibles par excellence, sont le lieu
privilégié des ouvrages souterrains, dont le creusement doit se faire vite, avec le
minimum de nuisances sur l'environnement, selon des contraintes de forme strictes et
pour un coût optimisé. C'est ainsi que le creusement sans tranchée, au bouclier ou selon
des méthodes plus traditionnelles (NATM) a très nettement pris le pas sur les méthodes
en tranchées couvertes. En ce qui concerne les méthodes au bouclier, qui ont pris leur
essor dans les années 1980 en Europe, les principales sources de tassement en surface
sont connues (Hanya, 1977):
— perte de sol: le volume de sol convoyé vers l'extérieur est supérieur au volume
excavé;
216 Abdelhaq Skiker et al.

— surcreusement de trajectoire: inscription dans une courbe, cabrage;


- surcreusement de conicité du tunnelier;
- surcreusement d'épaisseur de la jupe: le vide annulaire est en principe injecté;
— remaniement des terrains traversés, suivi de consolidation ou de gonflement.

Profils de tassements typiques

En un point de la surface du sol au droit du profil en long d'un chantier, le tassement


évolue avec l'avancement du front de taille. Il s'amorce à l'approche du front, augmente
rapidement à son passage et se stabilise progressivement comme l'illustre la Fig. 1. Pour
rendre compte de l'influence de la proximité du front sur la cuvette de tassements du
point de vue de l'approche numérique, on utilise couramment la notion de taux de
déconfinement selon laquelle dans une coupe y = constante, le tassement résulte de
l'application sur les parois de la galerie d'une fraction des vecteurs contraintes calculés
à l'état géostatique avant creusement.

Fig. 1 Evolution qualitative des tassements en fonction de l'avancement et orientation


des axes. 1 - Début du tassement antérieur. 2 - Arrivée du bouclier. 3 - Passage de
la queue du tunnelier. 4 - Fin des tassements différés.

On admet qu'en coupe transversale, le profil de la cuvette de tassements, à une


distance y du front, a la forme d'une courbe de Gauss ainsi que l'illustre la Fig. 2:

S (1)
yV0 = 5j-maxexP
2il
Sy étant le tassement, à une distance donnée du front "y" en fonction de la distance "x"
à l'axe, du tunnel, SynaK le tassement maximal et / le point d'inflexion de la courbe, c'est
à dire la position de gradient maximal qui est naturellement lié à la profondeur de
l'ouvrage. Les dommages subis par les structures environnantes sont plus liées au
tassement différentiel, donc à /, qu'au tassement maximal, ce qui souligne la nécessité
de pouvoir évaluer, à différentes étapes d'avancement et pour des conditions de
creusement données, les caractéristiques de la cuvette de tassement prévisible pour être
Etude expérimentale des tassements provoqués lors du creusement 217

-2i -i 0 i

TASSEMENT DE SURFACE
t
Fig. 2 Profil de la cuvette de tassements.

en mesure de modifier les paramètres de pilotage du bouclier (pression au front, vitesse,


pression d'injection à l'arrière de la jupe...).

Le prédécoupage mécanique

La technique de prédécoupage mécanique, initialement développée pour le creusement


dans les roches, a été récemment adaptée au creusement des tunnels en terrain meuble
(Bougard et al., 1977). Elle consiste à haver le sol à l'avancement sur une partie de la
circonférence et sur une profondeur de quelques mètres, à injecter au béton projeté la
saillie ainsi réalisée (ce qui forme la prévoûte), puis à excaver le sol à l'abri de ladite
prévoûte (Fig. 3). La présence d'une prévoûte a notamment pour ambition de limiter les
tassements en surface. Faute de disposer d'un nombre important de sites où cette
méthode a été mise en oeuvre, un projet européen associant plusieurs partenaires a été
monté dans le but d'évaluer les potentialités de la méthode. Dans ce cadre un certain
nombre d'essais sur la centrifugeuse du LCPC (Nantes, France) ont été réalisés. Nous
présentons dans ce qui suit les résultats de cette campagne d'essais en cours, du point
de vue des tassements observés en surface en fonction des conditions au front de taille.

© © ©
Fig. 3 Méthode de prédécoupage mécanique. 1 - Exécution de la prévoûte par havage,
boutonnage du front et des piédroits. 2 - Abattage et marinage. 3 - Béton projeté au
front.

DEMARCHE EXPERIMENTALE

Principes de l'expérience

Dans une configuration réelle, la tenue du front est assurée par clouage. Dans cette
étude, nous nous proposions d'évaluer la tenue du front de taille en l'absence de ce
218 Abdelhaq Skiker et al.

clouage. Les résultats obtenus devant permettre d'une part de caler les modèles
numériques et d'autre part d'estimer la densité de clouage pour obtenir une marge de
sécurité donnée. Aussi la démarche de l'essai a-t-elle été d'appliquer au front une
pression de soutien qui devait être réduite progressivement jusqu'à rupture.
On connaît le phénomène de fontis, brusque affaissement apparaissant à la surface
à la suite d'un mauvais conditionnement au front et d'un effondrement de celui-ci. Le
fontis ne survient qu'accidentellement, ce qui le distingue fondamentalement du
tassement qui est dû à un déséquilibre entre les pressions au front et l'état de contraintes
dans le sol en place et qui apparaît de façon plus ou moins marqué sur tous les chantiers.
Pour chaque étude expérimentale, il a ainsi été possible de mettre en évidence une
pression limite de rupture aTC et un profil d'évolution des tassements jusqu'à rupture du
front. On introduit alors le facteur de charge LF, analogue au taux de déconfinement,
défini par:

av-aTC
aT étant la pression appliquée sur le front de taille du tunnel et av étant la contrainte
verticale géostatique à l'axe du tunnel. Il est initialement nul et tend vers 1 lorsqu'on
tend vers la rupture du front.
Nous envisageons le cas d'un tunnel prototype d'un diamètre D - 5m sous une
couverture C = 10 m représenté par un modèle réduit (Dm = 100 mm, Cm = 200 mm)
pour lequel les conditions de similitude sont remplies lorsque l'accélération subie vaut
cinquante fois la gravité terrestre. La partie représentant le revêtement de la galerie et
la jupe du bouclier est rigide.
Le but de l'essai, en terme de tassements, est alors d'évaluer les mouvements de
surface lorsque les conditions au front sont modifiées. Trois cas de figure sont envisagés
en présence ou non de prévoûte: lorsque le tunnel se trouve dans un sable sec, lorsqu'il
est sous nappe statique (front imperméable), et lorsque le front est perméable et siège
d'écoulement. Pour chaque configuration, un nombre d'essais suffisant a été réalisé pour
s'assurer que la dispersion des mesures n'affectait pas les conclusions de l'étude.
Dans toutes les expérimentations effectuées nous avons utilisé le même type de sol,
le sable de Fontainebleau, qui est un sable siliceux fin propre et homogène (Garnier et
al., 1994). Ce matériau est mis en place par pluviation dans un conteneur, ce qui lui
confère un poids volumique connu de 16 kN m"3 + 0.05 (Id = 81 %).
Le modèle représenté sur la Fig. 4 est constitué d'un tube rigide et le front de taille
est matérialisé par une membrane souple. Différents dispositifs permettent la mise en
place d'une prévoûte, le drainage au front, le contrôle d'une nappe. La prévoûte est une
coque métallique foncée dans le massif avant centrifugation. Le drainage au front doit
être assuré en même temps que la mesure de la pression de soutien. Pour rendre cela
possible, une galette de géotextile est posée sur le front pour rediriger le drainage de
face vers un réseau de tubes répartis sur la circonférence qui évacuent l'eau. Le contrôle
de la stabilité de la nappe est faite par l'opérateur qui tire parti des mesures de pression
interstitielle dans les cloisons du conteneur. Les choix géométriques concernant la
pré voûte ont été faits pour correspondre aux longueurs usuelles. Elle est supposée
s'étendre à 1.50 m en avant du front.
Les essais se déroulent suivant un protocole strict qui leur garantissent une
répétitivité optimale:
Etude expérimentale des tassements provoqués lors du creusement 219

Fig. 4 Modèle réduit dans son conteneur, en présente de nappe et de prévoûte.


1 — Partie technique du conteneur (alimentation, fonçage de la prévoûte). 2 —
Conteneur en acier. 3 — Prévoûte. 4 - Position de la nappe. 5 — Interface souple
sol/tunnel. 6 — Revêtement rigide. 7 — Surface du sol. 8 — Cloison d'alimentation de
la nappe.

— Constitution du massif en salle de pluviation. Mise en centrifugeuse. Mise sous


nappe éventuelle (suivant essais). Raccordements.
— Mise en pression du front et montée en accélération en assurant une pression égale
à la contrainte géostatique verticale à l'axe av. Le facteur de charge LFest alors nul.
— Ouverture éventuelle du drainage au front et alimentation simultanée de la nappe
pour maintenir son niveau constant sur les bords du conteneur.
— Déconfinement lent du front jusqu ' à initialisation de la rupture. Le facteur de charge
est alors égal à 1.
— Arrêt de la centrifugeuse, essorage du massif et découpe en plans verticaux pour
identification des processus de rupture.
Les mesures sont effectuées par des rampes de capteurs de tassement disposées à la
surface du massif.

RESULTATS EXPERIMENTAUX

Dans l'analyse qui suit les résultats sont donnés autant que possible en grandeurs
adimensionnelles. Lorsque ce n'est pas le cas les valeurs sont données pour l'ouvrage
en grandeur réelle (prototype).

Evolution des tassements en fonction de la pression au front

Quelque soit la position à laquelle on s'intéresse, l'amplitude des tassements reste


relativement faible. Ils progressent régulièrement jusqu'à des valeurs de l'ordre de 3 à
5 mm soit environ 0.1% du diamètre, puis à l'approche immédiate de la rupture, ils
s'accentuent brutalement. Ce comportement s'apparente à celui que l'on observe pour
l'enfoncement du front. Toutefois, le tassement maximal mesuré reste toujours
nettement inférieur à l'enfoncement du front et l'écart s'accroît significativement au
voisinage de la rupture ainsi qu'en témoigne la Fig. 5 ou apparaissent deux étapes. Au
tout début du déconfinement une progression identique des deux mouvements de très
faible amplitude. Ce déplacement de quelques mm pourrait correspondre à la
220 Abdelhaq Skiker et al.

10 .Ô/D

10 .S /D
/
Fig. 5 Corrélation entre tassement en surface Sy et déplacement du front ôD, diamètre
du tunnel.

mobilisation de l'effet de voûte. Puis, lorsque la voûte est activée, le front semble
pouvoir se déplacer sans affecter significativement la surface. Enfin, à la rupture (qui
n'est pas représentée sur la figure) l'apparition brutale du fontis se traduit par
progression soudaine des deux mouvements (front et face).
De façon plus globale, il est possible d'estimer pour chaque facteur de charge, à
partir des résultats des différents capteurs, le volume de la cuvette ainsi que celui de la
partie de sol ayant dépassé le plan du front. La différence — négative — entre ces deux
valeurs atteste que sur ce chemin de sollicitation, de type relaxation, le sol se
décomprime. Sous l'effet de chargements en surface, le sol est alors susceptible
d'accuser des tassements de reconsolidation.
En sable sec, si l'on se réfère aux résultats donnés par Chambon & Corté (1994)
pour une profondeur relative C/D = 1, la présence d'une prévoûte ne semble pas
modifier significativement l'évolution et l'amplitude des tassements au droit du front.
Si l'on s'intéresse à l'effet de l'eau, on peut conclure que dans le cas d'une nappe
statique, c'est à dire dans les hypothèses d'un front imperméable, la présence d'une
prévoûte diminue environ d'un facteur 2 les tassements maximaux avant rupture.
Les conclusions sont plus nettes encore lorsque le front de taille est considéré
comme perméable. Plusieurs débits au front ainsi que plusieurs niveaux de nappe ont été
testés. Trois types de tassement sont à distinguer:
(a) tassement de consolidation lors de la montée en g;
(b) tassement de consolidation dû au drainage;
(c) le tassement qui est la conséquence directe d'une baisse de pression au front de
taille.
Ce sont les tassements cumulés (b) et (c) qui sont pris en compte dans cette étude
puisqu'ils correspondent à une réalité physique du site.
On observe dans tous les cas (Fig. 7) des tassements plus faibles en présence d'une
prévoûte (0.3% du diamètre sans prévoûte contre 0.1 à 0.2% du diamètre lorsqu'une
prévoûte couvrant les trois quarts de la circonférence du front est mise en place).
Néanmoins les tassements se développent avec le déconfinement avec les mêmes
tendances et restent mesurables, même sur un modèle réduit, ce qui les rend non
négligeables à l'échelle de l'ouvrage (quelques mm).
Etude expérimentale des tassements provoqués lors du creusement 221

-*—LF=1
10+4.S ID » - - LF=0.97
y a • • LF=0.77
-•-LF=0.51
0

-2

-4

Fig. 6 Profil de tassements en surface pour différents facteurs de charge LF. x distance
à l'axe du tunnel, S tassement au droit du front.

—±— Sans prévoûte


10+4.S ID —•— Avec prévoûte

Fig. 7 Comparaison des profils de tassement transversaux en présence d'écoulement:


effet de la prévoûte, x distance à l'axe du tunnel, Sy tassement au droit du front.

Enfin l'influence de l'étendue de la couverture de la pré voûte, c'est à dire la portion


de circonférence du front sur laquelle elle va être réalisée, a été étudiée. Les essais avec
prévoûte très fermée ne montrent pas d'amélioration sur la prévention des tassements:
une prévoûte couvrant une demie-circonférence, c'est à dire s'arrêtant aux piédroits,
conduit sensiblement aux mêmes résultats.

Cuvettes de tassement

La Fig. 6 montre, dans le cas d'un sable sec, la distribution transversale du tassement
vertical en surface pour différents facteurs de charge. Les profils expérimentaux
222 Abdelhaq Skiker et al.

s'apparentent effectivement aux courbes de Gauss pour les facteurs de charge


importants (la dispersion des mesures est importante pour les faibles facteurs de
charge, du fait de la résolution des capteurs). L'abscisse du point d'inflexion i
permettant de mettre dans la meilleure coïncidence les points expérimentaux et la
courbe de Gauss est obtenue en ajustant la corrélation linéaire entre ln(5) (où S est le
tassement) et x2 ( où x est la distance à l'axe) compte tenu du passage au logarithme
dans l'équation de Gauss. Il apparaît ainsi pour le cas étudié que UD est de l'ordre de
1.8 au voisinage immédiat du front et diminue sensiblement à mesure que l'on s'en
éloigne {UD = 1.7 à 0.4 D en avant du front). Dans un sable sec la pré voûte ne
semble jouer de rôle important ni sur la forme de la cuvette ni sur l'évolution des
tassements en fonction de la pression au front. Pour les essais effectués en présence
d'une nappe phréatique statique, les valeurs de UD sont plus faibles (de l'ordre de 1),
traduisant une cuvette légèrement plus localisée. La prévoûte n'a pas non plus de rôle
significatif. On retrouve pour les cuvettes l'influence sensible des gradients
hydrauliques. Plus le niveau de la nappe est bas et moins la cuvette de tassement est
profonde.
La Fig. 7 illustre d'autre part le profil comparatif de tassement transversal pour
un essai sans prévoûte et avec prévoûte. On constate que la présence d'une prévoûte
contribue à diminuer les tassements en surface. On note dans tous les cas qu'à
l'approche de la rupture {LF = 1) la cuvette expérimentale s'étend transversalement
à plus de deux diamètres de l'axe. En ce qui concerne le profil longitudinal, la Fig. 8
montre qu'il prend naissance derrière le front, qu'il accuse un maximum d'amplitude
au droit de la prévoûte et qu'il retrouve le niveau initial de la surface devant le front
à une distance n'excédant pas 2 diamètres.
On sait, de par les études expérimentales et théoriques, que les processus de
rupture localisés concernent la partie de sol située sous la prévoûte (Skiker et al.,
1994) et sont, pour les milieux pulvérulents, peu influencés par la profondeur. On voit
donc qu'il n'en est pas de même pour le volume de sol qui subit une déformation ou
un tassement à la suite du déconfinement (et donc à l'excavation dans une
configuration réelle).

'2-

o-

-2-

-4- plân'ctuTfonf" I /
-6
-M
-8 Tëxtrïiffitë'aë'IapfSvôOte
-10 1_A :
-0.4 -0.2 0 0.2 0.4 0.6 0.8
y/D
Fig. 8 Profil longitudinal des tassements dans le plan de l'axe du tunnel, y distance au
front du tunnel, S tassement au droit du front.
Etude expérimentale des tassements provoqués lors du creusement 223

CONCLUSIONS

Ainsi que nous l'avons dit, lors de la construction d'un ouvrage réel, la pratique du
prédécoupage diffère sensiblement de l'approche modèle qui est faite. De plus, il est
clair que l'approche du constructeur visera à assurer le meilleur soutien du front et non,
comme nous le faisons, à le décomprimer. Aussi, il est difficile de donner une
comparaison quantitative entre tassements sur ouvrage et tassement observés sur modèle.
On peut en revanche conclure d'une part que l'ordre de grandeur des tassements
maximaux observés est respecté (de l'ordre de 1 cm) et d'autre part que l'évolution de
la cuvette de tassement en fonction du facteur de charge est analogue aux observations
sur sites pour les taux de déconfinement usuellement employés pour la méthode (0.35
à 0.5).
De plus, la campagne d'essais en cours montre que si les tassements provoqués par
un déséquilibre de pression au front de taille demeurent faibles (inférieurs à 1 % du
diamètre de l'ouvrage), ils restent cependant mesurables et fortement liés à ce
déséquilibre même en présence de prévoûte. Malgré une certaine dispersion des
mesures, due essentiellement à la faible amplitude des mouvements mesurés, certaines
tendances nettes ont pu être déduites des résultats des essais:
— Le sol décompacté par une pression insuffisante au front peut paraître sain (peu de
tassements) mais cacher une certaine fragilité et donner lieu à des désordres différés.
— Les flux liquides à travers le front donnent lieu à des désordres plus importants
qu'en sable sec. C'est un cas où la pré voûte apporte un gain significatif puisqu'elle
permet de diviser les tassements environ par deux.
— Même en l'absence de surcreusement, il est établi qu'un mauvais conditionnement
au front provoque une cuvette de tassement tridimensionnelle avec une partie
importante à l'avant du front.

Remerciements Les auteurs remercient l'entreprise Perforex de leur avoir permis de


s'associer aux travaux sur le prédécoupage mécanique et d'avoir pu mener à bien une
campagne d'essais conséquente sur centrifugeuse.

REFERENCES
Bougard, J.-F., François, R. &Longelin,R. (1977) Le prédécoupagemécanique.un procédé nouveau pour le creusement
des tunnels. Tunnels et Ouvrages Souterrains21, 23, 24.
Chambon, P. & Corté, J.-F. (1994) Shallow tunnels in cohesionless soil: stability of tunnel face. J. Geotech. Engng Div.
ASCE 120(7), 1148-1165.
Gamier J., Canepa, Y., Corté, J.-F. & Bakir, N. E. (1994) Etude de la portancedes fondations en bord de talus. In: XIII
ICSMFE (New Delhi), 705-708.
Hanya, T. (1977) Ground movements due to construction of shield-driven tunnels. In: IXth ICSMFE (Tokyo), 759-790.
Skiker, A., Chambon, P., Leca, E. & Gamier, J. (1994) Face stability of tunnels constructed using the mechanicalprecutting
method. In: Proc. Centrifuge 94 (Singapore), 713-718. Balkema, Rotterdam.

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