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LE COURANT-MIRACLE

Une (autre) introduction à la voix initiatique de l’UCEM

TABLE DES MATIÈRES


A. avant-propos : pris dans les filets du Rêve .................. 2
B. L’UCEM .......................................................... 3
1. L’EGO ET LE MONDE-PERCU ........................................ 4
1a) L’égo ........................................................ 4
Les humeurs .................................................... 5
1b) Le monde perçu ............................................... 6
2. L’ESPRIT-JUSTE, L’INSPIRATION-UNIVERSELLE ET LA REALITE ..... 8
2a) L’Esprit-vrai ................................................ 8
2b) La fonction de l’Inspiration universelle................... 9
2c) La Réalité de l’Eveil ...................................... 11
L’Eveil ........................................................ 12
3. LE CORPS, LA MALADIE .......................................... 13
3a) Le corps .................................................... 13
3b) La maladie (de l’égo) ...................................... 14
3c) La guérison ................................................. 16
4. LES PROCHES ET LES PROCHAINS ................................. 17
4a) La force de l’union ........................................ 17
4b) Je suis l’autre............................................. 17
4c) Assistance, dévouement, échange et partage ............... 18
4d) Les rencontres .............................................. 19
4e) Les relations ............................................... 20
Les relations insanes ......................................... 20
Les relations saines .......................................... 22
5. LE PARDON PROFOND ............................................. 25
6. L’AMOUR VRAI, LA JOIE ET LES INSTANTS-MIRACLES .............. 26
6a) L’Amour vrai et la joie .................................... 26
6b) Les instants miracles ...................................... 28
7. LA PEUR & LES ATTAQUES ........................................ 30
7a) Peur et souffrance ......................................... 30
7b) Les attaques et les conflits .............................. 31
8. LA PAIX ........................................................ 33
9. CROYANCES & LIBERTE ........................................... 34
9a) Croyances ................................................... 34
9b) liberté ..................................................... 35
9c) la mort ..................................................... 35
9d) la foi ...................................................... 36
10. PUISSANCE & CRÉATION ......................................... 36
10a) puissance .................................................. 36
10b) création ................................................... 36
11. LE JUGEMENT................................................... 37
12. NOTRE MISSION EN CE MONDE ................................... 39
13. L’APPRENTISSAGE .............................................. 40
A ceux qui souhaitent transmettre… (et apprendre encore)..... 41
Les vertus qu’on peut apprendre à développer (et enseigner) . 42
LISTE DE CORRESPONDANCE DES TERMES .............................. 43
PISTES DE LECTURE ................................................ 43

A. AVANT-PROPOS : PRIS DANS LES FILETS DU RÊVE

Lorsque nous rêvons, nous ne doutons pas – ou rarement- de la réalité


de notre rêve, qui, aussi fantaisiste qu’il puisse être, nous paraît
sur le moment tout à fait vraisemblable. C’est seulement au matin,
lorsque nous pouvons le comparer à notre réalité actuelle, qu’on se
demande où on a bien pu aller dénicher des pensées aussi aberrantes.

De même, alors que nous avons créé ce rêve de toutes pièces, qui est
ainsi le reflet exact de nos pensées -nos idées dominantes, nos
souhaits, nos préoccupations et nos émotions- nous sommes incapables
sur le moment de réaliser cette évidence et sommes profondément
persuadés que nous subissons tout ce qui nous arrive de l’extérieur,
d’autant plus si le rêve tourne au cauchemar, nous remplit de peur et
que nous nous sentons traqués, poursuivis, dépendants, attaqués…

Quand on analyse ses rêves, on sait également que les différents


personnages qui y évoluent, même s’ils représentent des figures connues
et autres, ne sont en fait que des parties de nous-mêmes, qui sont
souvent ignorées ou manquent de reconnaissance.

Quand le rêve tourne mal, avec beaucoup de volonté et un certain


entraînement, on arrive parfois à en sortir en souhaitant ardemment se
réveiller, en réalisant dans le rêve que ce n’est qu’un songe, une
totale illusion. Les autres fois, où on est si captifs du cours des
événements qu’on n’arrive pas à atteindre cette distance salutaire, on
apprécie qu’un de nos proches nous réveille en douceur. Parfois, nous
résistons à ce réveil, de peur que la pseudo-réalité du rêve, même peu
appréciable, prenne fin et ne soit remplacée par rien d’autre que le
néant ou la mort. Mais au réveil, quel soulagement de retrouver la
réalité apaisante et de voir le cauchemar enfin s’éloigner !
C’est là l’objectif de ce cours : le rêveur doit se réveiller.

Mais il est nécessaire de le faire en douceur, d’autant plus que le


sommeil était profond et le cauchemar saisissant. Laissons-nous donc
porter par le courant-miracle, qui nous fera sortir de ce monde de
peurs et d’ illusions et nous guidera vers l’éveil, au sein d’un monde
de paix, de lumière et de joie, qui est notre vraie réalité.

Si nous considérons donc que le monde que nous percevons, que nous
considérons comme la réalité (appelons-la « monde perçu ») n’est qu’un
rêve, une illusion, et qu’il existe une autre vraie réalité meilleure
ailleurs (appelons-la « la Réalité de l’Eveil » considérant que nous
dormons), et que nous transposons les paragraphes ci-dessus concernant
le fonctionnement général des rêves à notre condition, voilà ce que
cela donnerait :

Le monde (perçu) est une aberration, mais tant qu’on n’est pas éveillé
et qu’on ne peut pas le comparer à la Réalité (de l’Eveil), il nous
paraît réel et vraisemblable ; Il est en fait le reflet de notre esprit
2
perturbé, de nos idées. Ce que nous croyons subir de l’extérieur comme
attaques est en fait fabriqué par nous de l’intérieur, par notre
sentiment lié à l’attaque (on est attaqué parce qu’on a envie
d’attaquer etc.).

Les autres, tels qu’on les considère, ne sont pas des étrangers, mais
des parts de nous-mêmes, qui sont autant d’appels à l’aide à être
considérées et respectées. En les aidant, on s’aide donc soi-même. En
les aimant, on s’aime soi-même. Et c’est dans cette bienveillance que
réside toute la force de ce courant-miracle qui nous fera sortir de ce
monde si peu satisfaisant.

Que se passe-t-il si on ne fait rien pour accélérer son Eveil ? – Rien,


si ce n’est que le cauchemar dure plus longtemps alors que nous serions
mieux ailleurs, chez nous, éveillés et conscients. Mais le rêve finira
de lui-même tôt ou tard et il est sûr que le rêveur finira par se
réveiller. On peut donc considérer ce cours comme un processus
d’accélération à l’Eveil, surtout pour ceux qui sont fatigués du monde
perçu, pressentent autre chose de meilleur et se réjouissent d’y
accéder au plus vite.

B. L’UCEM

Ce texte est composé d’extraits du livre « Un cours en miracles 1 ». Il


est également un essai d’adaptation pour les personnes francophones peu
sensibilisées au langage chrétien ou qui trouvent les termes chrétiens
trop connotés, quelle que soit leur religion ou leur courant spirituel.
Parce que son message est universel et nous paraît fondamental, notre
souhait est de contribuer à le rendre accessible un peu plus largement.

Une fois familiarisé à son contenu, libre à vous de lire ce document de


référence (en vous aidant par exemple de la liste de correspondance des
termes) et de faire les exercices proposés 2 pour vous aider sur ce
chemin de développement spirituel. Vous trouverez également en fin
d’ouvrage une bibliographie avec différentes études et contributions
liées au Cours en Miracles.

Contact : courant_miracle@yahoo.fr

1
Référence : Un cours en miracle. Foundation for inner peace. Ed. Octave, 2010
2
Il y a 365 exercices proposés, soit un par jour maximum. Il faut généralement
compter entre 1 et 2 ans pour faire tout le cursus.
3
1. L’EGO ET LE MONDE-PERCU

1A) L’ÉGO

L’égo est le personnage qui représente notre entité dans le monde-


perçu. C’est notre projection identitaire.

Il cherche à se grandir par l’approbation extérieure, les possessions


extérieures et l’ « amour » reçu de l’extérieur (amour lié au manque
cf. chapitre sur l’Amour vrai).

L’égo est une tentative pour se percevoir soi-même, tel qu’on souhaite
être plutôt que tel qu’on est.
Tant qu’une séparation ou des niveaux entre égo et Esprit vrai (notre
Essence dans la Réalité de l’Eveil) est perçue, on est en conflit,
confus, on a peur et on est prêt à attaquer. En effet, le fait de
percevoir comme étrangers les uns aux autres les différents aspects de
l’esprit engendre la peur et donc l’attaque. Il s’agit de se réunifier,
en se débarrassant peu à peu de notre personnage (l’égo) et en ne
gardant que l’Esprit vrai.

Apprendre signifie changer. Or tout changement fait peur, car cela nous
rappelle le premier changement connu, celui de la séparation. Or, on ne
peut conserver l’égo et l’Esprit vrai ensemble : ils sont
inconciliables. L’égo ne peut pas connaître réellement, il ne peut que
percevoir ; tandis que l’Esprit vrai ne peut que connaître et pas
percevoir.
Il n’y a pas de supériorité ou d’infériorité, sauf dans l’égo.
L’humilité est une leçon pour l’égo : quand il devient plus humble, la
perception devient plus vraie.

Pour l’égo, continuellement préoccupé par le manque, donner signifie


renoncer ; ou si on donne, c’est pour obtenir.
La comparaison est un raisonnement de l’égo, non de la connaissance.

L’égo veut nous prouver que la seule existence réelle est la sienne,
car il sait qu’il disparaîtra dans le monde de l’Esprit vrai.

L’égo a toujours soif d’obtenir, alors que l’Esprit vrai dit qu’il faut
aimer/donner sans rien chercher à obtenir.

On n’échappe pas à l’égo en l’humiliant, en le contrôlant, ou en le


punissant. Quand on considère seulement l’Amour partout et en tout, il
devient alors insignifiant et disparaît.

La voix de l’égo parle plus fort, et en premier. Mais derrière elle, on


peut entendre la voix de l’Esprit juste, et celle-ci répond toujours
quand on l’appelle.

Chaque fois que la peur fait intrusion quelque part sur la route de la
paix, c’est que l’égo a tenté de se joindre au voyage vers l’Esprit
vrai et qu’il ne peut pas le faire.

L’égo produit de l’orgueil, qui ne se partage pas ; l’Esprit vrai


produit de l’Amour, qui se partage à l’infini.

L’égo minimise la peur, mais ne la défait jamais : son existence est


liée à la sienne.

4
Là où l’égo analyse, l’Inspiration universelle accepte.

L’égo a tendance à attaquer tout ce qu’il perçoit en le décomposant en


petites parties déconnectées, divisées. Il est incapable de percevoir
l’unité.

Au fond, l’égo a peur de l’Amour et le considère comme dangereux. Il


encourage à le chercher, mais à ne jamais le trouver. Car on est
incapable d’aimer avec son égo, et donc on cherchera l’amour, puis on
passera à côté sans le reconnaître.
L’égo nous enseigne comment gagner (dans le monde-perçu) et perdre son
âme. L’Inspiration universelle enseigne qu’on ne peut pas perdre son
âme et qu’il n’y a rien à gagner (dans le monde-perçu).

On voit ce à quoi on s’attend, on s’attend à ce qu’on invite : de qui


veut-on voir les manifestations ? De l’égo ou de l’Esprit juste ? De
quelle présence veut-on être convaincu ?

Le système de l’égo est basé sur le passé, un passé qu’on revit sans
cesse et dont on est prisonnier. Mais le seul temps sur lequel on peut
travailler est le présent : il faut se libérer du passé pour libérer
notre futur. En soi le temps n’est rien, si ce n’est ce qu’on en
interprète. Il faut apprendre à regarder chacun sans aucune référence
au passé : lâcher prise du passé et regarder le présent sans
condamnation. Notre passé a été fait dans la colère, et si on se base
dessus pour attaquer le présent, on ne percevra pas la liberté que
contient chaque instant.

L’égo a été fabriqué car une partie de l’esprit s’est défini lui-même
tel qu’il n’avait pas été créé.

Ne faisons pas appel à l’égo pour quoi que ce soit. Ainsi on laisse de
la place dans notre esprit pour l’Inspiration universelle.

Il n’y a pas d’enfer. L’enfer est seulement ce que l’égo fait du


présent.

LES HUMEURS
Les humeurs sont les indicateurs de la pensée, juste ou fausse.

Quand on n’est pas joyeux, c’est qu’on a pensé avec son égo, qu’on a
considéré autrui selon sa fausse image et qu’on n’a pas perçu son
Esprit vrai.

La dépression, la tristesse, viennent du sentiment qu’on est privé de


quelque chose qu’on veut et qu’on n’a pas.
L’anxiété vient de l’égo et de son caractère capricieux.

Quand on se sent coupable, c’est que l’égo commande notre esprit.

Quand on se sent découragé, on ne peut rien faire d’utile… Se souvenir


que c’est l’égo qu’il faut décourager, et le remplacer par l’Esprit
juste.

5
1B) LE MONDE PERÇU

Quand on n’adhère pas un système de pensée, on l’affaiblit.

On croit à ce qu’on projette, on projette ce qu’on croit.

Il n’y a pas de différence entre intérieur (nos pensées) et extérieur


(le monde perçu). L’extérieur n’est qu’une projection de nos pensées
(comme au cinéma). Si on veut changer le monde, il faut changer d’état
d’esprit (de scénario). Si on se rattache à l’Esprit vrai, on se
retrouvera dans un environnement de bonheur et de paix.

Nous n’avons pas été créés pour l’environnement que nous avons fabriqué
(le monde perçu). On ne peut donc pas s’y adapter. Nous sommes faits
pour l’Amour, la Joie, la Paix, toutes choses qui se donnent, se
partagent et s’étendent à l’infini. Là seulement on peut être heureux.

Le monde que l’on voit est la croyance que l’Amour est impossible. Le
moyen de réparer cette fausse croyance est donner la paix pour la
recevoir, d’accepter d’être guidé de l’intérieur par l’Inspiration
universelle et d’avoir une volonté conjointe : car c’est l’unité qui
dissoudra l’idée de séparation.

Rien n’est au-delà de nous, il n’y a pas d’extérieur. Quand on croit


que des facteurs extérieurs sont la cause de ce qui nous arrive, le
fait est que c’est notre esprit qui produit le rêve. Chaque réponse
qu’on fait à ce qu’on perçoit dépend de nous, parce que notre esprit
détermine la perception qu’on a : changer d’esprit, c’est changer
l’extérieur.

Si on voit la culpabilité à la place de l’innocence, la souffrance au


lieu du rayonnement, la dépression à la place de la joie, c’est qu’on
refuse d’accepter la Création telle qu’elle est, et on croit que le
monde-perçu est une vraie création.

Regardons les illusions pour ce qu’elles sont : on verra la source de


nos peurs et on comprendra que ce n’est pas réel.

Le monde-perçu est chaotique, gouverné par des lois arbitraires et


insensées, car il est fait à partir de nos déchets intérieurs, de tout
ce qu’on ne veut pas voir au-dedans et qu’on a projeté hors de notre
esprit, à l’extérieur de nous, car on en avait peur. Mais si on arrive
à reconnaître que toutes les attaques que l’on perçoit sont dans notre
propre esprit, on aura enfin trouvé la source et le moyen de mettre fin
aux illusions, pour autant qu’on renonce à notre investissement dans
le monde tel qu’on le projette et dans notre croyance en la mort. C’est
un voyage qui commence, le voyage de l’Esprit, car nous ne sommes pas
de ce monde et nous appelons à rentrer chez nous.

La seule valeur du monde-perçu, c’est n’importe quelle partie de lui


qu’on regarde avec Amour, tout le reste n’a pas de réalité.

Pourquoi vouloir contrôler l’univers, quand on n’est pas capable de se


contrôler soi-même ? Regardons ce que nous avons fait (le monde perçu)
et réjouissons-nous qu’il n’en soit rien. Parce qu’on a accordé de la
valeur à rien, notre quête est le néant. La seule vérité que contienne
ce monde (l’Amour vrai), on l’a rendu invisible. On a rendu le « rien »
réel pour nous et on l’a vu. On a regardé l’irréel et trouvé le
désespoir.
Le monde qu’on voit est le système délirant de ceux que la culpabilité
a rendu fous. Ce monde est le symbole de la punition et toutes les lois
6
qui semblent le gouverner sont les lois de la mort. Tout le système
fabriqué par l’égo est basé sur la culpabilité et le souhait de se tuer
soi-même en tuant l’autre.
On est tellement attaché à ce qu’on a fait (le monde-perçu), qu’on
préfère un système basé sur la mort que la Réalité de l’Eveil qui nous
est offerte, mais dont on n’est pas l’auteur. Mais au-delà de cette
prétention se cache une grande souffrance et un réel appel à l’aide.
Laissons donc l’Inspiration universelle nous guérir, en n’exemptant
personne de notre amour et en laissant nos peurs de côté.

On a peur de remettre en question le monde-perçu, car on croit que cela


remettrait aussi en question notre existence, notre propre réalité.

Le monde-perçu est un monde de manques, qui reflète nos propres


sentiments de manque. Le besoin de possession étant de l’égo, la
propriété est un concept dangereux entre nos mains.

La tentation est un souhait de rendre les illusions réelles, donc de


rester dans l’enfer (du monde-perçu) et la misère. Mais il faut la
considérer comme une chance de choisir à nouveau.

Le changement est une illusion, entretenue par nous qui nous


considérons comme coupables. Mais il n’y a pas de passé ni de futur, le
seul temps qu’il y a est l’instant même.

Le monde qu’on voit est l’indicateur de combien on perçoit de joie en


nous, et on a le pouvoir de lui en donner plus.

Contemplons la grande projection du monde-perçu, non avec peur, mais


avec le sentiment qu’elle doit être guérie.

Ce monde sert uniquement à notre guérison.

Ce n’est pas la volonté de Vie mais le souhait de la mort qui est la


motivation pour le monde-perçu.

On ne réagirait pas du tout aux figures d’un rêve si on savait qu’on


rêvait. Laissons-les être aussi haineuses et méchantes qu’elles le
veulent, elles ne peuvent avoir aucun effet sur nous, à moins qu’on ne
reconnaisse pas que c’est un rêve.

Le monde qu’on voit dépeint exactement ce qu’on pensait avoir fait ; et


on pense que c’est maintenant en train de se produire : on croit que
les autres nous font exactement ce qu’on pense leur avoir fait. Mais la
seule vérité, c’est qu’on se le fait seulement à soi-même, quelle que
soit la forme de l’attaque. Les miracles enlèvent ce qui a disparu
depuis longtemps mais est gardé en mémoire et paraît donc avoir des
effets immédiats. Ce monde est terminé depuis longtemps. Les pensées
qui l’ont fait ne sont plus dans l’esprit de celui qui les a pensées et
les a aimées un court moment. La culpabilité est terminée.

Dans le rêve, nous nous donnons à nous-mêmes les conséquences que nous
rêvons d’avoir donné à notre prochain. Et le rêve accomplit nos
souhaits. L’esprit doit donc arriver à réaliser « Cela ne m’est pas
fait, c’est moi qui le fait ».
C’est notre soutien qui renforce le rêve.

Refusons de faire partie des rêves apeurants, quelque forme qu’ils


prennent, car nous perdrions notre identité en eux.

Le monde-perçu est confus et instable et c’est pourquoi tout est


toujours en changement.

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Les rêves qu’on pense aimer nous retiennent autant que ceux dans
lesquels la peur est vue. On aime les rêves qui obéissent à la fonction
qu’on a donnée : ce que qqch ou qqn devrait représenter ou accomplir
pour nous. C’est seulement quand nous partageons les rêves qu’ils
perdent leur fonction d’attaque ou de séparation.

Ne cherchons pas à échapper aux problèmes de ce monde. Il a été fait


pour que les problèmes soient sans issue.
Il n’y a pas de choix là où chaque fin est certaine. Les portes
paraissent être en grand nombre, mais elles se ressemblent toutes. Dans
le monde perçu, tous les choix dépendent du principe qu’on doit choisir
entre l’autre et nous, qu’on gagne autant qu’il perd, et qu’on perd ce
qu’on lui donne. Alors qu’en vérité, ce que l’autre perd est aussi
perdu pour nous, et que ce qu’il gagne est ce qui nous est donné.

Le monde perçu n’est que l’illusion d’un monde. Le percevant ainsi, et


lui pardonnant, il ne peut durer, car on a vu au-dedans ce qu’on
projetait au-dehors.
On réagit à ce qu’on perçoit et on se conduit tel qu’on a perçu.

Ne faisons pas l’erreur de croire qu’on comprend ce qu’on perçoit :


c’est un non-sens.

Il ne s’agit pas de changer le monde, mais de choisir de changer son


esprit au sujet du monde.

Ce qu’on voit est l’enfer, car la peur est l’enfer. Mais des outils
nous sont donnés pour notre délivrance : la vue, la vision et le guide
intérieur (l’Inspiration universelle) nous conduiront hors de l’enfer
avec ceux qu’on aime à nos côtés et l’univers avec eux.
- voir, c’est décider de regarder avec Amour ou haine
- avoir la vision, c’est ne pas juger et se demander « Quelle est la
signification de ce que je vois ? » et écouter la réponse qui nous est
donnée par notre guide intérieur.

On a aucune conception des limites qu’on a mises à notre perception, ni


aucune idée de toute la beauté qu’on pourrait voir, si on ne sentait
seulement pas autant coupables.

2. L’ESPRIT-JUSTE, L’INSPIRATION-UNIVERSELLE ET LA
REALITE

L’Esprit vrai (ou Esprit juste) est notre Essence située dans la
Réalité de l’Eveil, il est entièrement bon et juste ; on peut lui
demander conseil à tout moment et bénéficier de son inspiration pour
être guidé ici, dans le monde perçu. L’Inspiration universelle est le
moyen par lequel nous pouvons communiquer avec notre Essence, la
passerelle entre les deux mondes.

2A) L’ESPRIT-VRAI

Il s’agit de faire en sorte que l’Esprit vrai puisse luire à travers


nous, et veiller à ce que l’égo (notre entité du monde-perçu) ne l’en
empêche pas.

Pour l’Esprit vrai, obtenir n’a pas de sens, donner est tout, puisque
ce qu’on donne, on le garde.

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Il ne faut jamais douter de la part de l’Esprit vrai en autrui. Le
message que quelqu’un d’autre nous donne dépend de nous : en effet, ce
qu’on décide à son sujet détermine le message qu’on reçoit.

Quand on fait le choix de ne voir que les pensées aimantes chez


l’autre, on nie le fait que son Esprit soit divisé (cf. égo), on
reconsidère l’unité et on peut donc guérir soi-même. Car ce qu’on
perçoit chez l’autre, on le découvre chez nous.

On peut refléter l’Esprit vrai ici, dans le monde-perçu.

Voyons l’Esprit juste dans chaque chose vivante.

Les esprits communiquent entre eux, car en Réalité il n’y en a qu’un


seul, qui apparait comme fragmenté.
Nous ne connaissons pas notre Soi, notre pur esprit. Nous le confondons
avec notre égo. C’est pourquoi il faut avoir l’humilité de dire que
nous ne connaissons rien.
C’est notre volonté qui est faite. Si on se sent invulnérable, le monde
nous paraît non nuisible. Si on pardonne, le monde pardonne. Si on se
sent un corps, le monde est traître et cherche à tuer. Si on est pur-
esprit, le monde est vu comme stable, digne de confiance et sans
crainte : un monde de bonheur où se reposer un instant et où on peut
aimer. C’est notre volonté qui est faite, et nous en sommes dignes.
L’Esprit vrai ne fait pas de différence entre être et avoir : il sait
qu’à la fois on a tout et qu’on est tout.

2B) LA FONCTION DE L’INSPIRATION UNIVERSELLE

On entend la voix de l’Inspiration universelle, entre l’égo et l’Esprit


vrai, quand on a envie d’apprendre et qu’on fait un effort. C’est un
appel à se réjouir, un éveil. Car le vrai repos (la paix) ne vient pas
du sommeil, mais de l’éveil.

Quand la voix de l’égo nous tente, l’Inspiration juste est un modèle à


suivre.

La voix de l’Inspiration universelle est encore faible en nous, car


nous ne sommes pas encore déterminés à l’entendre. Mais quand on la
perçoit chez autrui, on la rend plus forte. Car ce qu’on reconnaît chez
l’autre, on le reconnaît en soi, et ce qu’on partage, on le renforce.

Comment se connecte-t-on à l’Inspiration universelle ?


- il faut être humble sur le fait qu’on ne détient pas la réponse et la
souhaiter ardemment avec la volonté du cœur, être prêt-e à recevoir la
réponse. Celle-ci est claire et ne pose aucun doute.
- il ne faut pas demander quelque chose pour l’égo.
- les songes de la nuit peuvent également être utilisés comme moyen de
communication : on se réveille des rêves inspirants joyeux et de bonne
humeur
- on peut se connecter à l’Inspiration universelle par la création,
quand elle suit les principes du partage et de l’extension
- L’Inspiration universelle peut aussi nous répondre à travers un
tiers.

Quand on est baigné par l’Inspiration universelle, on laisse la


guérison (les résultats de l’aide, les bienfaits) se faire à travers
soi. L’Inspiration nous dira exactement quoi faire pour aider qui que
ce soit qu’elle nous envoie et parlera à cette personne à travers nous.
Alors on inspirera la joie et les autres réagiront avec joie envers
nous.

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N’hésitons pas à demander notre chemin à l’Inspiration universelle.
Cela nous effraie, car nous croyons que demander signifie prendre ou
enlever. Or demander, c’est recevoir et partager. Nous croyons en un
monde qui prend, car nous pensons obtenir en prenant.

Il faut offrir à l’Inspiration universelle tout ce qu’on ne veut pas,


afin qu’elle le dissipe, car elle ne garde que ce qui est Amour et
Réel. Elle ne manquera jamais de nous aider, car c’est là son seul but.

L’Inspiration universelle nous enseigne que c’est toujours soi-même


qu’on rencontre, et que cette rencontre est sacrée, car nous sommes des
Etres de bien, des purs Esprits.

Chaque décision qu’on prend uniquement pour soi-même est une mauvaise
décision et un pensée destructrice. Il faut s’en remettre à
l’Inspiration universelle pour que ce soit elle qui décide et qu’ainsi
la décision soit globale. Ayons confiance que nous recevrons une
réponse rapide, sûre et d’Amour pour tous ceux qui seront touchés d’une
façon ou d’une autre par la décision. D’ailleurs, voudrions-nous avoir
la responsabilité de décider seul-e pour le bien de tous ? Saurions-
nous le faire ? La seule habitude à prendre est de communiquer avec
l’Esprit juste et de s’en remettre à son discernement. Quand on a
appris à décider de cette façon, toutes les décisions deviennent aussi
faciles et justes que de respirer.

Portons ce que nous ne voulons pas à ce que nous voulons (en contactant
l’Inspiration universelle), car en mettant les deux sur le même plan,
l’un disparaîtra parce que l’autre est vu à la place (processus
d’unification). Ce qui n’a pas besoin de protection n’a pas à se
défendre : la vérité ne lutte pas contre l’ignorance et l’amour
n’attaque pas le peur : c’est nous qui fabriquons les défenses.

Le temps est notre ami, si on en laisse le bon usage à l’Inspiration


universelle.

Laissons à l’Inspiration universelle le soin de juger l’égo et de le


dissiper.

Chaque fois qu’on écoutera l’interprétation de l’Inspiration


universelle, les résultats apporteront de la joie.

Comment se sent-on ? La Paix est-elle dans notre conscience ? Sait-on


avec certitude où on va ? Est-on dans le courant de la Vie ? Sinon,
c’est qu’on marche seul-e. Demandons à notre Ami (l’Inspiration
universelle) de nous éclairer, et de nous donner la certitude sur où on
va.

Nous-mêmes n’avons pas de pouvoir, seul l’Esprit juste en a. Ce n’est


pas nous qui décidons du plan, mais l’Inspiration universelle, on n’a
donc qu’à se soucier du rôle qu’on doit jouer dans ce plan.

L’Inspiration universelle essaie de rassembler les petits morceaux


humains dispersés qui font tous partie de l’Esprit juste. Dans ce but,
ne nous joignons pas aux rêves et illusions de notre prochain, mais
joignons-nous à lui. On ne peut pas partager de mauvais rêves si on
pardonne au rêveur et qu’on perçoit qu’il n’est pas le rêve qu’il a
fait. Ainsi il ne peut pas faire partie du nôtre et nous voilà tous les
deux libres.

On se voit au-dedans selon la manière dont on regarde au-dehors.


L’Inspiration universelle envoie ses témoins pour autant qu’on veuille
les voir, car on voit ce qu’on cherche, et ce qu’on cherche, on le

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trouve. L’égo, par exemple, ne cherche pas l’Amour, c’est pourquoi il
ne le trouve pas.

Les décisions de l’Inspiration universelle profitent toujours à tous,


étant entièrement dénuées d’attaque. Elle sait qu’une attaque est un
appel à l’aide et répond en conséquence par de l’aide.

L’Inspiration universelle peut à la fois percevoir et connaître. Elle


peut donc nous apprendre l’Unité.

Le plan de l’Inspiration universelle est de changer les cauchemars en


rêves heureux, et donc de nous rendre heureux dans le monde-perçu, ce
qui facilitera notre Eveil à la Connaissance. Car ce qui est heureux et
aimant est réel.

2C) LA RÉALITÉ DE L’EVEIL

Pendant que notre égo évolue dans le monde perçu, notre Esprit vrai
crée dans la Réalité de l’Eveil, et nos créations nous attendent là-
bas.

Tant qu’on est endormi, on croit que le rêve est réel, mais dès
l’instant où on s’éveille, on réalise que rien de ce qui semblait
arriver dans le monde du rêve ne s’est réellement passé.

Celui qui a un investissement personnel ne peut pas voir la Vérité, car


il la transforme en ce qu’il veut qu’elle soit.

Nous avons projeté à l’extérieur tout ce qui est hostile à l’intérieur,


et c’est ainsi qu’on le perçoit. Il faut d’abord prendre conscience de
la haine contenue dans notre esprit et s’en débarrasser, avant de
pouvoir être capable de percevoir la Réalité de l’Eveil.

La seule réalité au sein du monde-perçu, c’est les pensées aimantes que


notre esprit perçoit. C’est ainsi qu’on pourra percevoir la Réalité de
l’Eveil, grâce au désir de ne percevoir rien d’autre que les pensées
aimantes. Considérons que seuls existent le bien et le bon : le reste
n’est que fiction. Quand on pourra reconnaître une condition dont il
n’existe pas d’opposé (unité), on sera sur le chemin de l’Eveil et de
la connaissance.

Croire en l’offense d’autrui, c’est accepter la perception variable


qu’il a de lui-même, et donc la nôtre. Accepter l’autre, c’est arriver
à s’accepter soi-même entièrement, sans tromperie, et être ainsi
capable d’accepter la Réalité de l’Eveil à la place du faux monde qu’on
a fabriqué.

On n’arrive pas à voir la Réalité de l’Eveil tant qu’on est occupé à


regarder le monde (perçu). Quand on choisit de se souvenir de la
Réalité et qu’on renonce à vouloir porter de la considération au monde-
perçu, on trouve le chemin qui mène à l’Eveil.

Chaque choix qu’on fait, chaque décision qu’on prend, découle de ce


qu’on pense être et valoir. Choisir la médiocrité éthique, c’est se
limiter dans la puissance de notre Esprit juste et être insatisfait. Il
faut de la vigilance pour protéger notre immensité en ce monde. Ne
donnons pas la petitesse et ne l’acceptons pas non plus. De fait, on ne
connait pas l’Amour, parce qu’on a cherché à l’acheter avec des petits
dons, l’estimant ainsi trop petitement pour en comprendre l’immensité.
Notre pratique doit donc reposer sur le désir de lâcher prise de la
petitesse.

11
Notre valeur profonde est réelle et incontestable. -> Ne montrons donc
de nous-mêmes que ce qui correspond à cette valeur : tout le reste n’a
pas de sens.

Fragmenter la Vérité, c’est la détruire.

La correction de la perception peut être comparée à une évasion totale


du passé et à un manque total d’intérêt pour le futur. C’est le
présent.

La Réalité de l’Eveil s’atteint par le Pardon complet du monde-perçu.


Quand on arrive à regarder le monde avec les yeux qui pardonnent, on
voit partout la beauté, et la plus petite feuille, chaque être vivant,
est un symbole de perfection, car le Pardon transforme littéralement la
vision.

On doutera de la Réalité de l’Eveil jusqu’à ce qu’on entende un seul


témoin qu’on aura entièrement délivré via l’Inspiration universelle ;
et alors on ne doutera plus.

L’EVEIL

On ne peut pas douter de la réalité de nos rêves, parce qu’on ne voit


pas le rôle qu’on joue pour les faire, et pour les faire paraître
réels. On est le rêveur du monde des rêves. Et pour que notre Eveil ne
soit pas brutal, l’Inspiration universelle remplace les mauvais rêves
par des rêves plus doux et aimants.

On reconnaîtra le moment de l’Eveil avec une exacte certitude ; en


attendant, on peut l’imaginer et s’y exercer.

L’Eveil surviendra d’un coup.

La vision de la Vérité viendra d’abord par petits éclairs et est donnée


librement à tous ceux qui souhaitent voir vraiment. C’est par ce moyen
que l’Inspiration universelle remplace les cauchemars par des rêves
heureux. Les yeux du corps ne voient rien d’autre que des
hallucinations. Une fois qu’elles sont reconnues pour ce qu’elles sont,
et qu’on n’y croit plus, elles disparaissent. La question n’est pas de
savoir si on les veut, mais si on veut le but qu’elles servent, c’est-
à-dire la folie.

On ne peut pas se réveiller seul-e, mais on peut se laisser réveiller


par celui duquel on aura passé sur les rêves.

Ne cherchons pas le bonheur à l’extérieur de nous. Le monde-perçu est


un rêve de jugement. Ainsi doit-on ne pas juger pour s’éveiller.
Décidons de ne pas prendre de décisions par nous-mêmes.
Ce qu’on entendra ne résoudra pas le problème de la façon dont on
l’avait d’abord considéré. On risque de résister à la réponse à notre
requête, il faut donc essayer de garder l’esprit ouvert « Peut-être y
a-t-il une autre façon de voir cela ? Que puis-je perdre en
demandant ? ».
Il s’agit de demander conseil avant de pouvoir décider de quoi que ce
soit et d’être deux à réaliser ensemble qu’on ne peut décider seuls et
qu’il faut être en lien avec l’Inspiration universelle. Ainsi la
journée sera heureuse.

La vision d’un monde différent et heureux est une vision qu’on doit
partager avec tous ceux qu’on voit, car autrement on ne la verrait pas.
Et la beauté apparaîtra.

12
Les yeux du corps continueront de voir des différences. Mais l’esprit
qui s’est laissé guérir ne les admettra plus.

La décision de s’éveiller est le reflet de la volonté d’aimer, puisque


toute guérison comporte le remplacement de la peur par l’Amour.

3. LE CORPS, LA MALADIE

3A) LE CORPS

Le corps est la marque extérieure visible de l’égo.

Apprenons à utiliser notre corps pour élargir notre perception, pour


communiquer, c’est son seul but.

S’assimiler au corps, c’est faire l’expérience de la dépression. Car il


est déprimant d’être confronté à une situation d’apprentissage
impossible telle qu’elle se situe du monde-perçu.

Quand le corps cessera de nous attirer, et quand on ne lui attachera


pas de valeur comme moyen d’obtenir quoi que ce soit, alors nous serons
libres de communiquer avec l’Esprit juste. L’Inspiration universelle
nous enseignera comment utiliser le corps pour communiquer et on
apprendra qu’on n’a pas du tout besoin d’un corps.
La douleur comme le plaisir sont des moyens de rendre le corps réel.

Tant qu’on croit que le corps peut nous donner du plaisir, on croira
aussi qu’il peut nous faire souffrir. Le corps n’offre pas grand-chose,
si ce n’est la croyance en la mort.

Aussi longtemps qu’on percevra le corps comme notre réalité, aussi


longtemps on se percevra soi-même comme étant seul et privé de quelque
chose. Or, la communication (avec l’Esprit juste) reste ininterrompue,
même quand le corps est détruit.

La seule valeur du corps, c’est de pouvoir amener les autres avec soi
jusqu’au bord de la passerelle de l’Eveil.

Le corps n’a pas été fait avec amour, mais l’Amour ne le condamne pas
et peut l’utiliser pour défaire les illusions.

La perception du corps peut être malade, mais ne projetons pas cela sur
notre corps. Si on refuse sa limite, elle disparaît (cf. sentiment
d’être parfois transporté hors de soi-même, NDE).
On se fie encore trop au corps, on ne l’oublie jamais complétement.

Il n’y a rien à faire, car « faire » implique le corps. Ne rien faire,


c’est se reposer et préparer un lieu en soi où l’activité du corps
cesse d’attirer l’attention. C’est là la demeure de l’Inspiration
universelle. Ce calme centre est toujours à notre disposition, nous
apportant le repos au milieu de chaque affaire pressante où on est
envoyé.

Le corps est une limite à l’Amour. Tant qu’on limitera notre conscience
à nos sens minuscules, on ne percevra pas la grandeur de ce qui nous
entoure.

Les soucis concernant le corps démontrent comme notre vie est fragile
et vulnérable, comme est facilement détruit ce que l’on aime. C’est
13
pourquoi il faut laisser le soin à l’Inspiration universelle d’enlever
du corps tous les risques d’accusation et de blâme. Le corps peut avoir
la guérison comme but. Ainsi, au lieu de signifier à notre prochain
« Regarde, par ta main, je meurs », on lui dira « Regarde-moi, par ta
main, je vis ». Et pour que cela s’accomplisse, il ne faut pas que le
corps ait un but qui vienne du passé.

Quiconque voit le corps d’autrui a porté un jugement sur lui et ne le


voit pas comme un pur-Esprit. Ne plaçons pas de valeur dans le corps
d’autrui.

De lui-même le corps ne peut rien faire. Voyons-le comme un moyen de


blesser et il est blessé. Voyons-le comme un moyen de guérir, et il est
guéri.

Notre corps abîmé nous empêche de faire confiance aux autres et de


pardonner . La maladie est une forme d’accusation, mais celui qui
pardonne guérit.

3B) LA MALADIE (DE L’ÉGO)

La maladie est une confusion de niveaux.

Seul l’égo (l’image qu’on a de soi, notre identité du monde-perçu) peut


être malade. La maladie du corps est un des reflets de la maladie de
l’égo, qui « crée » des choses fausses dans un monde d’illusions et
n’est pas connecté à l’Esprit vrai. Guérir, c’est donc rectifier son
esprit pour être accordé à l’Esprit juste. Tout ce qui n’est pas lié à
la Réalité de l’éveil, à l’Esprit vrai, est une forme de maladie
(l’égo, le monde perçu…)

La maladie est une réaction du corps à une pensée fausse. Le corps ne


peut pas créer, c’est l’esprit seul qui crée. Le corps est un
mécanisme d’apprentissage pour l’esprit, et un moyen de communication
avec les autres. Quand on est malade, on est dans un état affaibli par
la peur. La guérison est la justesse d’esprit. Mais cette croyance peut
faire peur. Dans ce cas, il est nécessaire de ne pas augmenter la peur
(les médicaments par exemple sont une forme de magie extérieure créée
par nous, mais si cela nous rassure ou fonctionne dans le rêve et
améliore notre sentiment de bien-être, utilisons-les. Même s’il est
souhaitable de prendre conscience d’avoir créé le corps, la maladie, le
médicament et la guérison, et que rien n’est réel au niveau de la
Réalité de l’Eveil).

Tout malaise n’est suscité que pour amener à la conscience le besoin de


corriger qqch.

On peut concevoir le monde perçu comme une maladie créé par un esprit
malade (l’égo). L’Esprit vrai ne peut concevoir la maladie, car il ne
peut concevoir l’attaque (ni attaquer, ni être attaqué).

Tomber malade, c’est demander conseil au mauvais enseignant (l’égo),


qui ne connait pas la réponse.

C’est la perception qui est malade, et c’est elle qui doit être
corrigée par l’Inspiration universelle.

La maladie et la mort sont des expressions physiques de la peur de


l’Eveil, du changement.

Croire qu’un être puisse être malade, c’est croire que l’Esprit vrai
peut souffrir. Or l’Amour ne peut souffrir, car il ne peut être
attaqué, comme il ne peut attaquer : il est invulnérable.

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La maladie est un signe qu’on ne s’accorde pas assez de valeur, c’est
pourquoi il faut essayer d’accepter la paix, pour soi et les autres. Et
on peut recevoir autant qu’on est capable d’accepter.
Considérer la maladie, c’est l’avoir acceptée. Or elle fait partie du
monde-perçu, on peut donc passer par-dessus, lâcher-prise.
La maladie n’est qu’un autre appel à l’Amour.

S’aimer soi-même, c’est se guérir, et qui est malade ne s’aime pas. Les
malades demandent l’Amour qui les guérirait mais qu’ils se nient à eux-
mêmes, alors que la Vérité est en eux.

L’idée de séparation (la croyance que l’Esprit est divisé en petites


parties en apparence entières sans connexion entre elles) a produit le
corps et lui reste connectée, ce qui le rend malade parce que l’esprit
s’identifie à lui.

La maladie est une forme de vengeance partielle, la mort une vengeance


totale, basée sur la culpabilité ou le désir de rendre l’autre
coupable.
Un corps brisé montre que l’esprit n’a pas été guéri.

Etre en bonne santé, c’est désirer voir l’autre sans culpabilité.

La maladie est désirée pour prévenir un changement dans l’équilibre des


sacrifices. Il ne s’agit alors pas de juger, mais de pardonner pour
amener à la correction.

Aucun esprit n’est malade jusqu’à ce qu’un autre esprit ne lui accorde
qu’ils sont séparés. C’est donc leur décision conjointe d’être malade.
Si on refuse de donner notre accord et qu’on réalise le rôle qu’on joue
pour que la maladie devienne réelle, l’autre esprit ne peut projeter sa
culpabilité, car on ne l’aide pas à se percevoir comme étant lui-même
séparé et à part de soi.
La guérison est l’effet d’esprits qui se joignent, comme la maladie
vient d’esprits qui se séparent.
La cause de la souffrance est la séparation, non le corps, qui n’en est
que l’effet.

Les graines de la maladie viennent de la croyance qu’il y a de la joie


dans la séparation et que l’abandonner (la séparation) serait un
sacrifice. Le sentiment de maladie est un sentiment de limitation. Le
bien est vu comme étant à l’extérieur et le mal dedans, le soi est donc
séparé d’avec le bien.

La maladie est une colère qu’on fait passer sur le corps.


Le corps n’est pas notre demeure, mais un outil pour accéder à la
Réalité, notre vraie demeure est bâtie sur la santé de nos proches,
leur bonheur, leur impeccabilité.
Avec ce but, il n’est pas utilisé comme témoin du rêve de la séparation
et de la maladie et ne peut pas être malade.

On est malade tant qu’on ne sait pas ce qu’Aimer signifie vraiment.

Le corps est malade parce qu’on lui donne du pouvoir alors qu’il n’est
rien.

Celui qui a besoin de guérison a un profond besoin d’être reconnu. Une


personne malade se sent séparée de l’Esprit juste. Voudrait-on la voir
aussi comme séparée de nous-mêmes ? C’est notre tâche de guérir le
sentiment de séparation qui l’a rendue malade, par notre Pardon
profond.

15
3C) LA GUÉRISON
Lorsque que quelqu’un se perçoit comme malade, il ne se perçoit pas
comme entier, il a l’impression d’être dans le besoin. On peut l’aider
à corriger sa perception en partageant l’Inspiration universelle avec
lui.

Un esprit guéri (relié à l’Esprit vrai) rayonne la santé et enseigne la


guérison.

Comprendre, c’est apprécier, parce qu’on peut s’identifier à ce qu’on


comprend et considérer aussi l’autre comme une partie de soi, et donc
l’accepter avec Amour. Lorsqu’on considère l’autre dans son Esprit
vrai, entièrement bon, on le voit véritablement, et il est guéri/sauvé.

Quand on se limite soi-même, on n’arrive plus à considérer l’unité de


l’esprit. Or toute forme de maladie est le signe d’un esprit divisé.
Pour guérir, il faut redonner du sens.

Il se peut que quelqu’un demande la guérison corporelle parce qu’il a


peur du mal physique. En même temps, s’il guérit, il est possible qu’il
se sente encore plus menacé dans son système de pensée. Cette requête
n’est donc pas au fond une requête de guérison. Et un miracle
(expression d’amour et d’aide, cf. ce chapitre) ne peut jamais faire
augmenter la peur, puisque son but est de la diminuer.
La guérison d’autrui n’est que notre propre guérison.

Tant qu’on perçoit le monde comme divisé, on n’est pas guéri.

Quand nous reflétons l’Esprit juste, que nous sommes son miroir,
baignés par l’Inspiration universelle, alors notre pouvoir de guérison
est immense.

Guérir, c’est rendre heureux.

Le corps n’a pas besoin de guérir car sa santé ou sa maladie sont


déterminés par la façon dont l’esprit le perçoit et du but pour lequel
l’esprit voudrait l’utiliser.

On guérit quand on souhaite du bien à son prochain, car la guérison ne


vient pas de la pitié mais de l’Amour.

Nul ne peut demander à un autre d’être guéri. Mais on peut se laisser


soi-même être guéri et ainsi offrir à l’autre ce qu’on a reçu.

La seule chose nécessaire pour une guérison est l’absence de peur. Cela
signifie que pour un instant, on aime sans attaque (cf. instant-
miracle).

La guérison remplace la souffrance. Une fois entreprise, elle s’étendra


et résoudra d’autres problèmes, pour de multiples personnes.

Toute guérison doit venir du fait que l’esprit est reconnu comme
n’étant pas dans le corps.

La guérison est accomplie dès que celui/celle qui souffre ne voit plus
aucune valeur à la douleur. Car la maladie est une approche erronée
pour essayer de résoudre un problème.
Il s’agit de ne pas donner de considération à la maladie, de ne pas
voir les esprits comme séparés. Cependant, tant que la guérison est une
menace pour le patient, elle sera tenue à l’écart. Ce n’est en effet
pas à nous de juger quand un don est accepté. Il faut toujours donner
sans se soucier du résultat. Si on reste pour s’assurer de la façon
dont le don est utilisé, ce n’est pas donner mais emprisonner. Seul
celui qui accepte vraiment la guérison peut la donner, en se
16
considérant totalement égal au patient, en se préoccupant non de lui-
même mais du bien du patient.

4. LES PROCHES ET LES PROCHAINS

4A) LA FORCE DE L’UNION

Seuls nous ne pouvons rien faire, ensemble nous sommes puissants.

Nous ne sommes pas seuls : nous avons tout en chacun de nous et sommes
tous reliés.

On ne peut pas demander quelque chose pour soi seul ou vouloir trouver
la joie pour soi seul. En souhaitant des choses qui tendent à
l’inclusion, on s’assure de leur réalisation. Car on ne peut vouloir
être considéré sans avoir considéré les autres.

Il faut aider les autres à se souvenir de la Vérité, de leur Esprit


vrai, car leur oubli est le nôtre, et on ne peut se souvenir de la
Réalité de l’Eveil qu’ensemble.

La valeur est quelque chose qui ne peut être appréciée que


conjointement. Ce qui reste caché ne peut être partagé et dès lors sa
valeur reste inconnue.

Dans l’union, tout ce qui n’est pas réel disparaît, car la vérité est
union.

4B) JE SUIS L’AUTRE

Considérer notre prochain comme un étranger conduit à la peur et à


l’attaque. Il faut le percevoir correctement pour le connaître. Et tant
qu’on peut percevoir sans Amour, alors on est incapable de connaître.
(On ne connaît que ce qu’on perçoit avec Amour, puisque seul l’Amour
est réel).
En effet, le fait de percevoir comme étrangers les uns aux autres les
différents aspects du même Esprit (= c’est-à-dire les individus, qui
représentent dans le rêve nos différents aspects) engendre la peur et
donc l’attaque.

On ne peut pas connaître quelqu’un en l’attaquant.


Attaquer autrui, c’est s’attaquer soi-même.

On hait la folie de l’autre, parce qu’on la partage.

Tant qu’on croit s’être créé soi-même, on se voit comme fragmenté, on


ne se voit que par segment, chaque individu étant détaché de soi, tels
les personnages d’un rêve qui ne sont en fait que les facettes d’une
même personne.

L’autre est le miroir de soi-même dans le monde-perçu, dans lequel on


voit notre propre image.

Là où on voudrait que soit l’autre, là aussi on pensera être.


N’entendons pas son appel à l’égo et à la petitesse, mais seulement son
appel à l’Esprit vrai et à la grandeur de l’Etre.

Il n’y a pas d’étrangers, seulement de très tendres et très chers amis.

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Considérons l’autre comme un esprit dans lequel les illusions
persistent encore, mais un esprit qui est un frère pour nous.

Regardons celui qu’on a choisi d’haïr au lieu d’aimer et comprenons


comment la haine est née dans ce monde, comment la peur s’est répandue.
Et choisissons de pardonner et de le considérer comme un ami.
Toutes les différences entre les individus sont temporaires.

Les besoins ne surgissent que quand on se prive soi-même.

Ne demandons pas selon nos besoins, car nous ne les connaissons pas.
C’est en s’éloignant d’eux qu’on se rend compte qu’ils sont tous
comblés. La seule chose dont on ait besoin pour l’instant, c’est des
autres, pour qu’avec eux on trouve la paix d’esprit.

Il n’y a rien qu’on puisse vraiment souhaiter qui soit à l’extérieur de


nous.

On interprète les besoins de l’autre en fonction de ses propres


besoins. Donner de l’aide, c’est une façon d’en demander, et arriver
ainsi à être capable de percevoir son besoin d’Amour, donc sa capacité
à en donner, donc guérir.

Quand on a appris qu’on est complet, on n’attend plus de dons pour soi-
même, car on sait qu’on a besoin de rien et par conséquent on est
incapable d’accepter quoi que ce soit pour soi-même. Mais on donne avec
joie, ayant reçu.

La seule chose qui peut manquer en toute situation, c’est ce qu’on n’a
pas donné.

4C) ASSISTANCE, DÉVOUEMENT, ÉCHANGE ET PARTAGE

Lorsqu’on manque de confiance en ce que quelqu’un va faire, c’est qu’on


croit qu’il n’est pas dans son esprit juste. Or, il ne faut voir que le
meilleur chez l’autre, son potentiel, le reste est insignifiant et
disparaîtra si on n’y accorde aucune attention. C’est cela, voir
véritablement, ne voir que le réel, car l’Amour-vrai est la seule
réalité.

Quand on aime quelqu’un, on le perçoit tel qu’il est, et cela nous


permet de le connaître. Il y a ainsi d’abord une juste perception, puis
la connaissance vient après (quand on ne (se) pose plus de questions).

Notre talent profond est de protéger les autres.

Accompagnons autrui toujours 2x plus loin qu’il nous le demande.

Tout dévouement authentique pour autrui apporte un progrès mutuel, pour


l’autre et pour soi.

Abandonner autrui, c’est s’abandonner soi-même.


Quand on donne, la gratitude des autres nous enseigne la valeur de
notre don.

Nos dons représentent qui nous sommes. Chacun reçoit comme il a donné.

Pour échapper aux illusions, il ne faut jamais oublier qu’on a une


dette envers les autres, qui nous permettra de retrouver la perception
juste. A chaque fois qu’on agit égoïstement envers autrui, on augmente
cette dette.

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Pour être entièrement capable d’aider, il faut être entièrement
incapable de nuire. Nous sommes toujours guidés là où nous pouvons
véritablement aider (via l’Inspiration universelle).
Quand on se rapproche des autres, qu’on leur offre de la gratitude et
de la considération, de l’Amour vrai, alors on est prêt à recevoir
aussi cet Amour.
Pour avoir, il faut donner à tous.

Aider /guérir est un don naturel chez chacun, mais quand on ne


l’utilise pas, on oublie qu’on l’a.

Quand on refuse de donner une bénédiction à quelqu’un, on se sent privé


de quelque chose. D’autant plus si la personne n’a pas agi de façon
juste (a agi avec son égo), c’est l’occasion de la bénir, car donner
est le seul moyen de recevoir.

En chacun, voyons l’étincelle de lumière, l’Esprit vrai. Quand on s’y


refuse, on se sent triste et déprimé.

Ne refusons aux autres aucune requête, même étrange ou surprenante,


même une sottise (pour autant qu’elle ne soit pas blessante pour l’un
ou l’autre) : c’est sans importance pour qui reconnaît ce qui a
vraiment de la valeur (le dévouement, l’échange en soi).
Le seul coût de donner est de recevoir.
Toute espèce de sacrifice est une limite imposée à l’acte de donner.

Il faut avoir de l’empathie dans la force, et non dans la souffrance.

Plus quiconque reçoit, plus il en reste à partager pour tous les


autres. Nul n’est privé, et nul ne peut priver.

Les seules limites à donner sont nos propres limites à recevoir, c’est-
à-dire à accepter. Ce qu’on appelle chez les autres (comme sentiment),
on l’appelle pour nous et cela devient réel.

On ne peut aller loin si nul ne marche à nos côtés.

Tout ce qui n’est pas partagé est perdu.

On fixe la valeur de ce qu’on reçoit par le prix de ce qu’on donne, car


c’est ce qu’on a donné qui sert d’échelon de valeur à ce qu’on reçoit…

Donner c’est recevoir. Et recevoir, c’est accepter, non obtenir. Ainsi


on peut tout partager.

Tout ce qui est puissant (et réel) gagne en force en étant partagé. Le
reste n’est que faiblesse et non-sens.
Il faut être bienveillant envers chacun, faire en sorte qu’il se sente
accueilli auprès de nous, comme on souhaiterait être soi-même
accueilli.
Seuls ceux qu’on voudrait voir sans les limites de l’égo peuvent nous
offrir le don de la liberté.

4D) LES RENCONTRES

Chaque rencontre, de qui que ce soit, est une rencontre spéciale et


importante. Car comme on voit l’autre, on se voit ; Comme on le traite,
on se traite ; Ce qu’on pense de lui, on le pense de soi-même. Chaque
fois qu’on est avec quelqu’un, une occasion nous est offerte de
19
retrouver notre Esprit vrai, notre bonté naturelle. Car chaque individu
est une part de soi pour qui on doit le plus grand respect et la plus
grande considération.
Chaque personne que l’on rencontre est un témoin de notre choix : que
décide-t-on de voir en elle : l’étincelle du Bien universel (l’Esprit
vrai) ou un égo ? On voit à ce qu’on croit. Voir autrui comme
fondamentalement bon, c’est le libérer comme se libérer soi-même.

Tous ceux qui se rencontrent se rencontreront à nouveau jusqu’à ce que


leur relation soit saine et juste.

4E) LES RELATIONS

LES RELATIONS INSANES

Si on crée une relation dans un but individuel (pour se sentir mieux,


moins coupables), cette relation n’amène à rien. On ne peut pas
utiliser nos proches pour résoudre des problèmes qui ne sont pas à ce
niveau.

Dans toute union basée sur la culpabilité (qu’on cherche à imposer,


qu’on partage ou qu’on perçoit chez l’autre), on se sent soi-même
coupable. Aussi on ne trouve pas de satisfaction ou de paix avec
l’autre, parce que l’union n’est pas réelle, n’étant pas basée sur
l’Amour vrai.

A cause de la culpabilité, toutes les relations particulières


contiennent des éléments de peur, c’est pourquoi elles passent et
changent si fréquemment. Elles ne sont pas fondées sur l’Amour
inchangeable, et l’amour où la peur est entrée n’est pas fiable car il
n’est pas parfait. Mais sous la direction de l’Inspiration universelle,
chaque relation peut devenir une leçon d’amour.

Il est impossible de condamner une partie de la relation et d’y trouver


la paix. Toutes les saines relations sont des engagements totaux, sans
entrer pourtant en conflit les unes avec les autres.

On se sentira mal à l’aise et coupable aussi longtemps qu’on accepte et


apprécie l’idée de pouvoir faire d’autrui ce qu’il n’est pas, parce que
c’est ainsi qu’on le voudrait (transformer l’autre à notre idée).

L’égo n’entre en relation que pour obtenir qqch, et toujours avec de la


colère. Quand il y a de la colère dans une relation particulière, c’est
qu’elle fonctionne sous l’égide de l’égo. La colère n’est qu’une
tentative d’amener l’autre à se sentir coupable.

Dans une relation insane, l’attraction de ce qu’on ne veut pas semble


être beaucoup plus forte que l’attraction de ce qu’on veut. Car chacun
pense avoir sacrifié qqch à l’autre et pour cela le hait ; et chacun
attend de l’autre qu’il se sacrifie également et accepte aussi la
culpabilité. Mais là où il y a du sacrifice, il n’y a pas d’Amour. Et
comme l’égo croit que pardonner à l’autre c’est le perdre, le pardon
est chose impossible.
Pour l’égo, une relation signifie seulement mettre les corps ensemble.
Mais être avec un corps, ce n’est pas communiquer. Souvent on pense
même qu’unir les corps permet de garder les esprits séparés. Or le
Pardon réside dans la communication.

L’Inspiration universelle nous dit qu’on n’a pas besoin de relations


particulières. On ne cherche en elles que ce qu’on a rejeté et ce n’est
jamais par elles qu’on en apprendra la valeur. Quand on sait offrir de
20
l’Amour vrai, on est dans une relation si sacrée qu’elle appelle
chacun-e à s’évader de sa solitude et à se joindre à nous.

On est attaché à quelques relations particulières, parce qu’on croit y


déceler quelques miettes de sécurité. Mais c’est une sécurité
illusoire, la vraie sécurité vient de la Connaissance.

Notre confusion entre sacrifice et amour est si profond, qu’on ne peut


concevoir l’amour sans sacrifice. Or le sacrifice est attaque, et non
Amour. Quand il y a sacrifice, qqn doit payer et qqn doit obtenir. On
considère l’amour comme destructeur, on pense que tout le monde exige
de nous des sacrifices, alors que c’est nous seuls qui les exigeons.

N’ayons pas peur de regarder en face la haine dans les relations


particulières.

Les relations d’amour particulières, dans lesquelles l’Amour-vrai est


caché, ne sont entreprises que dans le but de compenser la haine, non
pour en lâcher prise. Or c’est cette tentative de compensation qui rend
l’Amour insignifiant, car l’Amour n’est plus perçu comme une valeur en
soi, mais comme un accès à la sécurité, et le/la partenaire n’est
acceptable dans la relation que tant qu’il sert à la mise à l’écart de
la haine. Mais quand cette illusion s’en va, la relation est rompue ou
considérée comme insatisfaisante pour cause de désillusionnement.

L’Amour-vrai n’est pas une illusion. Le désillusionnement signifie


qu’il n’y avait pas d’Amour dans la relation. Chercher l’amour dans une
relation particulière, c’est chercher une évasion hors de la mort. Mais
quand on découvre que la peur de la mort est toujours là, on est
désillusionné par la relation.

Toutes les illusions sont faites de peur. Tant qu’on cherchera l’amour
à l’extérieur de soi, c’est qu’on aura peur de trouver de la haine au-
dedans de soi.
La relation d’amour particulière est une tentative pour diviser
l’amour. Or l’Amour-vrai est unité et création, entièrement sans peur
et sans illusion.

Ce qui nous manque et qu’on cherche chez l’autre, c’est notre propre
complétude. Soyons attentifs-ves que nos relations particulières ne
soient pas justement une entrave à notre complétude et notre unité, car
la relation n’aurait alors aucune valeur.

Chaque relation particulière comporte énormément de douleur. Elle


abrite de multiples attaques contre soi-même destinées à rendre l’autre
coupable. Mais on ne peut pas haïr et aimer à la fois. L’amour basé sur
la culpabilité est l’arme principale de l’égo pour nous garder loin de
l’Amour-vrai. L’égo utilise la relation pour se rendre complet : il
tente de « s’échanger » lui-même contre le soi d’un autre. Cela n’est
pas l’Union, car il n’y a ni augmentation ni extension comme dans
l’Amour-vrai. Chaque partenaire essaie de sacrifier le soi qu’il ne
veut pas pour un autre soi qu’il pense qu’il préférerait.
Seuls ceux qui ont été privés de quelque chose peuvent estimer la
particularité. Etre dans la quête d’une relation particulière est le
signe qu’on s’assimile à l’égo et non à l’Esprit vrai.

L’amour est liberté. Le chercher en se mettant en esclavage, c’est se


séparer de lui. Chercher l’union dans la séparation (la particularité,
l’exclusivité) et la liberté dans l’esclavage est un pur non-sens.

Plus on regarde de près les relations particulières, plus on réalise


qu’elles favorisent la culpabilité et cherchent à emprisonner. Elles
limitent nos esprits aux corps.
21
Dans une relation particulière, l’union est exclusive (dans le
sens qu’elle exclut). Si cette union était faite d’Amour-vrai, elle
serait inclusive, mais dans ce type de relation, les individus ne sont
pas considérés dans leur entièreté : ce ne sont que deux morceaux d’égo
qui se considèrent.

Rien de ce qu’on cherche à renforcer dans une relation particulière ne


fait réellement partie de Soi.

La relation particulière est une tentative pour reproduire le passé et


le changer, une façon de chercher à soigner nos blessures d’amour-
propre. C’est une illusion. Vouloir se venger du passé ne conduit pas à
une relation saine. Les relations particulières entretiennent ainsi les
illusions, alors que le but est justement de s’en délivrer.

Dans une relation insane, ce n’est pas avec le corps de l’autre qu’on
tente de s’unir, mais avec le corps de ceux qui ne sont pas là
(augmentation de la fragmentation). Le temps n’est pas l’ami de ce
genre de relation : son attraction pâlit rapidement et les doutes la
remettent en question. C’est une relation dans laquelle la réalité de
l’autre n’entre pas pour ne pas « gâcher » le rêve, l’illusion ; moins
l’autre apporte à la relation, « meilleure » elle devient. Ainsi la
tentative d’union devient une façon d’exclure même celui avec qui
l’union était recherchée.

Parce qu’on a peur de la mort, on tombe amoureux. Mais l’amour d’une


personne particulière renforce la peur de la mort, contrairement à
l’Amour vrai, partagé tout azimut.

Les relations particulières nous occupent généralement tellement


l’esprit qu’on perd le chemin de la Connaissance.

Dans une relation particulière, on passe un marché. Or, faire un


marché, c’est fixer une limite. Et parce qu’on est limité, on haïra
notre partenaire. Voilà pourquoi il faut laisser l’Inspiration
universelle changer le but de la relation.

LES RELATIONS SAINES


On ne peut pas entrer en réelle relation avec autrui tant qu’on n’aime
pas également tous les autres et qu’on n’exclut personne de notre
bienveillance, car l’Amour vrai n’est pas particulier. La paix ne peut
venir que de ce qui est entièrement partagé.

Laissons le soin à l’Inspiration universelle de découvrir l’étincelle


de beauté cachée dans nos relations, et nous la montrer. Et c’est
depuis cette étincelle que la relation se transformera. Car la réelle
fonction d’une relation est de rendre heureux. Le but n’est pas de se
priver des relations particulières, mais de les transformer et de les
voir depuis son Esprit juste.

Lorsque l’Inspiration universelle transforme une relation insane en une


relation juste, la première période est difficile : la relation est
perturbée, désaccordée et très pénible. La relation paraît perdre son
sens, car elle se transforme et change de but. Beaucoup de relations
sont rompues à ce stade et la poursuite de l’ancien but est rétablie
dans une autre relation. Or seul un changement de but radical permet un
changement d’esprit complet. Au fur et à mesure que le changement
s’accomplira, la relation deviendra de plus en plus bienfaisante et
joyeuse. Mais au début, la relation est sentie comme précaire. C’est là
qu’il faut avoir foi en l’autre et en notre nouveau but, car nous
serons tentés de substituer à cette relation une autre à laquelle notre
ancien but convient tout à fait. N’abandonnons pas notre partenaire, et
ne le blâmons pas pour « l’échec » de notre relation, car bien qu’il
22
semble qu’elle n’ait plus de but, la relation n’a pas été rompue, mais
sauvée. On a certes perdu l’ancien chemin, mais ensemble on décidera
d’en chercher un nouveau et ainsi unis dans un même but sûr, les moyens
finiront par se mettre en place, même s’ils nous divisent encore.
Fixons-nous dès le départ un but positif, clair et net, en nous posant
chacun la question « Qu’est-ce je veux qu’il en sorte ? A quoi cela
sert-il ? ». Une fois cela déterminé, il est certain que chacun fera en
sorte que le but soit atteint.

La relation était insane car la foi en notre partenaire était trop


limitée et trop petite. Chaque situation dans laquelle on se trouve
n’est rien d’autre qu’un moyen d’atteindre le but fixé pour notre
relation. Si on manque de foi en ce que chacun remplisse son rôle
parfaitement, c’est que notre dévouement est divisé. On pense qu’on
reproche à l’autre ce qu’il nous a fait, mais en réalité on le blâme de
ce que nous lui avons fait. Ce n’est pas son passé mais le nôtre qu’on
lui reproche.

L’Inspiration universelle peut transformer la relation particulière non


plus en source de douleur et de culpabilité, mais en source de joie et
de liberté. Cependant la relation saine ne sera plus pour nous seuls,
car en cela résidait sa misère. Elle deviendra un moyen d’aider et de
soutenir les autres : car dans notre relation saine est la lumière de
ce monde, et ce type de relation est sacrée et protégée.

Deux esprits ne peuvent se joindre dans le désir de l’Amour sans que


l’Amour se joigne à eux, car dans le désir réside son accomplissement.
Ainsi nous voyagerons ensemble et éclairerons le chemin l’un l’autre.

Si on savait à quel point on est aidé et accompagné sur le chemin qu’on


a choisi, la peur serait impossible. (cf. l'anecdote du chrétien qui
revoit le film de son passé et qui dit à Jésus : "Tu vois, là dans ce
moment difficile dans le désert, il n'y a plus qu'une seule trace : tu
n'étais pas là pour m'aider ! Et Jésus de répondre : En effet il n'y a
qu'une seule trace mais c'est parce que je te portais sur mes
épaules!")

Dans une relation saine, ce n’est pas une illusion que d’aimer l’autre
comme soi-même. La seule illusion restante est la particularité, mais
l’Inspiration universelle la transformera en un rêve heureux d’union et
montrera à tous que l’Amour ne rime pas avec peur mais avec bonheur.

Quand on considère notre partenaire comme complètement égal et pareil à


soi, notre relation devient ainsi un temple de guérison où tous ceux
qui sont las peuvent venir se reposer et savent ce qui les attend après
leur voyage, dont le but est désormais tout proche.

Quand la relation est une, soyons attentifs que tout ce qui menace la
paix de l’un menace la paix de l’autre. Et l’instant-miracle viendra
aux deux à la requête de l’un ou l’autre. Quand une menace est perçue,
celui qui est le plus sain d’esprit à ce moment doit se rappeler sa
dette envers l’autre, la gratitude qu’il lui doit et se réjouir de
pouvoir s’acquitter de cette dette en apportant le bonheur aux deux.

Une saine relation est un moyen de gagner du temps, bâti sur le partage
de chaque instant-miracle.

L’Amour vrai entre dans notre relation dès le moment de notre requête.
On ne s’en rend pas compte tout de suite, parce qu’on n’a pas encore
lâché prise des barrières qu’on a levées contre notre partenaire. Mais
aucun de nous deux ne serait capable d’accueillir l’Amour séparément.
On a atteint la fin d’un voyage très ancien, sans s’être encore rendu
compte qu’il était terminé. Entre nous et notre partenaire ne reste
plus qu’un léger mur de poussière qui s’écroulera aussitôt qu’on

23
soufflera dessus avec un rire joyeux. Et alors on pourra entrer dans le
jardin que l’Amour vrai a préparé pour nous deux.

Quels messagers veut-on envoyer dans nos relations ? Quelles


émotions servent-ils? Veut-on les messagers de la peur, qui se
nourrissent de culpabilité, ou ceux de l’Amour, qui ne verront que
l’irréprochable et le beau, le doux et le bon ? Soyons sûrs qu’ils nous
ramèneront fidèlement le plus petit acte de charité, la plus infime
expression de pardon, le plus petit souffle d’amour et les partagerons
avec nous. Leurs messages parleront de sécurité, car ils voient le
monde bon.

A chacun qui erre sur cette terre dans une apparente solitude, un
partenaire est donné dont la fonction est de le délivrer et de se
libérer lui-même.

On passe deux à deux sous l’arche de la Paix et chaque saine relation


en y entrant apprend son rôle dans le plan de l’Inspiration
universelle. Pardonner à son partenaire ne sert pas seulement aux deux,
mais entraîne d’autres changements plus globaux.

Dans le monde-perçu, c’est dans une saine relation qu’on peut se


rapprocher le plus de son vrai Soi.

Il n’y a pas d’ordre hiérarchique dans les relations : soit elles sont
saines et sacrées, soit ce ne sont pas des relations.

Le corps n’est pas le siège de l’Amour, mais l’idole de l’égo, qui


cherche le pouvoir par le biais des relations. Une saine relation est
au-delà des corps.

Une relation insane est basée sur les différences, où chacun pense que
l’autre a ce qu’il n’a pas. Nous nous assemblons, chacun pour nous
compléter et essayer de dérober l’autre, et restons ensemble jusqu’à ce
qu’il n’y ait plus rien à voler, puis poursuivons notre chemin. (On
prend plutôt que de donner).
Dans une relation saine, chacun a regardé au-dedans et n’y a vu aucun
manque. Acceptant notre complétude, nous voudrions l’étendre en se
joignant à un autre, entier comme nous. Il n’y a pas de différence de
Soi, seulement des corps différents, et par conséquent, il n’y a rien à
souhaiter prendre chez l’autre. L’union continue à s’étendre pour aller
au-delà d’elle-même, car ce qui est né d’une saine relation ne prend
jamais fin.
Dans chaque relation renaît l’aptitude à communiquer au-delà des corps,
au lieu de séparer. Et chacun voit dans l’autre le parfait abri où son
Soi profond peut renaître en sérénité et en paix, car il est pleinement
accepté.

Une saine relation est basée sur de saines valeurs : un état d’esprit
commun, où les deux sont heureux de remettre toute erreur à la
correction, afin que les deux puissent être guéris joyeusement en n’en
faisant qu’un.

Chaque erreur faite, par nous ou notre partenaire, l’autre la corrigera


doucement. On recevra ensemble et on donnera comme on a reçu.

L’Amour repose dans la certitude. Seule l’incertitude peut être


défensive. Et toute incertitude est un doute sur soi-même.

Si seulement on reconnaissait comme c’est peu de chose qui se dresse


entre nous et la conscience de notre union avec notre partenaire !

Il n’y a pas de séparation pour des esprits aimants. Chaque pensée de


l’un apporte la joie à l’autre parce qu’ils se sont reconnus comme
étant les mêmes.
24
Certaines relations, une fois formées, durent toute une vie. A chaque
personne est donné-e un-e partenaire d’apprentissage choisi-e qui lui
présentera un nombre illimité d’occasions d’apprendre. Ces relations
sont peu nombreuses parce que leur existence suppose que les personnes
concernées ont atteint simultanément un stade d’équilibre parfait entre
enseignement et apprentissage. Ce n’est pas forcément reconnu par les
deux personnes ; elles peuvent même être hostiles l’une à l’autre,
pendant un certain temps ou toute la vie. Mais si elles se décidaient à
l’apprendre, la leçon parfaite est devant elles et peut être apprise.

5. LE PARDON PROFOND

L’un des outils pour accéder à l’Amour-vrai est le Pardon profond, car
c’est la seule défense qui ne peut être utilisée de manière destructive
et peut seulement guérir / corriger l’erreur (faire disparaître la
peur, le monde perçu).

La meilleure défense est celle qui ne peut attaquer (la douceur), car
elle ne peut jamais se retourner contre nous.

Chaque relation est une chance offerte de pardonner à l’autre et ainsi


d’arriver à se pardonner soi-même, ce qui permettra de ne plus se
sentir attaqué, de ne plus attaquer, et de se sentir profondément en
paix, libre de toute culpabilité.

Quand on arrive à voir, non plus avec les yeux du corps mais avec la
vision spirituelle (le cœur), on ne voit plus les erreurs du monde-
perçu (peur, colère…) qui n’ont plus aucun sens, on ne voit plus que
les possibilités de Pardon profond.
Le Pardon profond ne contient absolument aucun élément de jugement.

On est toujours inspiré pour aider réellement (Inspiration


universelle), pour autant qu’on ne soit pas bloqués dans la peur.

Pour aller vers la Connaissance, il faut vouloir pardonner (Pardon


profond), c’est ce qui répare la perception de séparation (cf.
sentiment de solitude intérieure), ainsi on se réunifie soi-même et on
se sent unifié aux autres.
Croire que les erreurs des autres sont réelles, c’est s’attaquer soi-
même. Quand on offre le Pardon profond à un autre, on se pardonne soi-
même de ses propres erreurs. Pardonner, c’est passer par-dessus, c’est
ne pas donner de considération aux erreurs, puisqu’elles font partie du
monde perçu et sont fabriquées par l’égo.

N’essayons pas d’analyser les motifs d’autrui. En interprétant les


erreurs, on leur donne du pouvoir. La seule chose sur laquelle se baser
est que toute pensée aimante est vraie. Tout le reste, quelle que soit
sa forme, est un appel à l’aide et à la guérison.

Aucune réponse à l’attaque n’est justifiée. La seule réponse est l’aide


et le Pardon profond : celui qui ne voit pas les appels à l’aide refuse
son aide ; or refuser d’aider autrui, c’est refuser d’être soi-même
aidé. La seule réponse appropriée envers autrui est de l’apprécier. Que
ce soit par ses pensées aimantes ou ses appels à l’aide, la seule
réponse juste est la gratitude, car ces deux signaux (Amour ou appel à
l’aide) font prendre conscience du potentiel d’Amour qu’on a.

25
Ceux qui attaquent sont les vrais pauvres. Cette pauvreté appelle à une
générosité de notre part, non à un endettement supplémentaire !

On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas : si on peut donner notre


bénédiction, c’est qu’on est soi-même béni.

Le Pardon profond nécessite qu’on ait lâché prise de la culpabilité.

Le Pardon profond, c’est de montrer à l’autre qu’il n’y a rien à


pardonner : quoi qu’il puisse essayer de faire, nous savons qu’il ne
peut nous nuire ou nous blesser réellement (ailleurs quand dans l’égo).
En nous considérant comme non-coupables, nous sommes invulnérables et
donnons comme message aux autres qu’ils sont aussi non-coupables
puisqu’ils ne peuvent nous atteindre.

Ne demandons pas d’être pardonné, car c’est déjà fait. Demandons plutôt
à apprendre comment pardonner.

De tous ceux qu’on délivre de leur culpabilité, on apprend notre propre


innocence. Quand on considère quelqu’un comme non-coupable, on l’amène
dans le cercle de la paix avec nous, quand on le laisse à l’extérieur,
on le rejoint hors du cercle : il ne faut bannir personne pour être en
paix. Car aussitôt que l’égo perçoit autrui comme coupable, il le
condamne en voulant le détruire, et c’est ainsi qu’il crée la mort.

Pardonner, c’est se rappeler les pensées aimantes qu’on a données dans


le passé et celles qui nous ont été données (gratitude).

Le Pardon est source de guérison, un moyen, mais n’est pas une fin en
soi car il ne crée pas.

Celui à qui on pardonne est libre.


Toute chose doit être pardonnée avant de pouvoir être comprise. Pour
guérir, le pardon doit être reconnu comme vérité, sinon il n’efface pas
l’erreur. Il ne s’agit pas de pardonner l’impardonnable, mais de
répondre de manière appropriée à ce qui n’est pas réel, en ne percevant
pas ce qui s’est produit. Voyons le pardon comme la réaction naturelle
à la détresse qui repose sur l’erreur et ainsi appelle à l’aide.

L’idée de sacrifice suppose un but différent pour celui qui gagne et


celui qui perd. Or un but commun est le seul moyen permettant de
stabiliser la perception.

Etudier l’erreur ne mène pas à la correction: le but est de passer par-


dessus l’erreur.

Le Pardon est aussi une illusion, mais qui nous rapproche de la Vérité.
C’est un pont qui permet d’aller de la perception à la connaissance.

Laissons l’Inspiration universelle prendre en charge la manière dont on


peut pardonner.

6. L’AMOUR VRAI, LA JOIE ET LES INSTANTS-MIRACLES

6A) L’AMOUR VRAI ET LA JOIE


L’amour tel que nous avons l’habitude de le considérer est lié au
manque : on aime pour obtenir qqch, pour être aimé en retour. L’Amour-
vrai ne demande rien, n’attend rien : il est.

L’Amour-vrai passe par le Pardon profond (voir ce chapitre).

26
L’Amour-vrai ne fait pas partie du monde-perçu, son siège est dans la
Réalité de l’Eveil où il ne peut jamais être menacé (« Rien de réel ne
peut être menacé »). Tout acte d’Amour-vrai réalisé dans le monde-perçu
est donc réel et sert de passerelle avec la Réalité de l’Eveil.

Qu’y a-t-il donc d’autre à protéger, si ce n’est notre capacité à


offrir et à recevoir l’Amour-vrai ? C’est là notre seul trésor.

On ne peut être vraiment charitable que quand on ressent un réel et


durable sentiment d’abondance (en cultivant la gratitude).
Nous avons tout à l’intérieur de nous, mais le fait de partager
augmente la joie. Car le seul moyen d’augmenter l’Amour vrai, c’est de
le partager, de le diffuser.

La lumière de l’Esprit vrai qui brille à travers nous, c’est la Joie.


Et la Joie appelle à être partagée.

Il n’y a pas de différence entre Joie et Amour vrai.

On ne peut guérir un autre que si on est soi-même heureux et joyeux.


C’est pourquoi il faut connaître l’autre comme [étant] soi-même
(considérer son Esprit vrai à partir du nôtre) et l’aimer comme soi-
même. Quand deux esprits perçoivent ainsi leur unité mutuelle, ils
deviennent joyeux et guérissent (de l’égo et du monde-perçu).
Seul est bon ce qui est aimant.

Rien de bon ne peut être perdu ou menacé. Rien d’autre n’existe


vraiment.

Toutes les gentillesses qu’on a faites, chaque pensée aimante qu’on a


eue, ont été conservées ; le reste a disparu.

Toute pensée sans amour doit être défaite, c’est-à-dire laissée de côté
sans en tenir compte.

Nous avons besoin de développer notre attitude à être reconnaissants,


car on ne peut aimer ce qu’on n’apprécie pas (il faut donc essayer
d’apprécier et d’aimer le plus possible, d’augmenter la gratitude).
Il ne faut être vigilant que pour ce qui concerne l’Amour vrai.

L’Amour-vrai s’étend toujours, car il ne peut être contenu.

L’arrogance est le déni de l’Amour, car l’arrogance retient quand


l’Amour partage.

Plus on perçoit de choses avec Amour, plus la perception se rapproche


de la Connaissance, car l’Amour se transfère à l’Amour dans son
extension et on rejoint ainsi l’Unité (la base de la Réalité de
l’Eveil). On apprend ainsi à l’appliquer dans tous les cas et à tous,
car son applicabilité est universelle. Ainsi on découvre qu’il n’y a
pas d’ordre de difficulté dans les miracles (= toute expression d’Amour
altruiste) puisque on peut les appliquer à toutes les situations.

Si on rend l’Amour manifeste, ses messagers viennent à nous car on les


a invités.

Tant qu’on cherche l’Amour dans le but de l’attaquer, il restera caché.


Le meilleur moyen de le trouver, c’est de l’offrir.

L’Amour vrai est inchangeable, mais continuellement échangé, et quand


on le donne, il s’étend et augmente. Mais dans notre folie, on ne voit
que notre propre esprit divisé partout où on regarde. On a créé la
peur, et on la voit partout chez l’autre. L’Amour nous est offert sans
27
cesse, mais tout l’amour donné par nos proches, on ne le reconnait pas.
Il faut échanger ce qu’on a fait (le monde-perçu) contre ce qu’on veut
(l’Eveil). Et le premier échange à faire est celui des cauchemars
contre les rêves heureux d’amour.

Tous ceux qu’on accueillera nous apporterons de l’Amour vrai. Sous


notre influence bienfaisante, notre petit jardin dans le désert sera un
lieu verdoyant pour qui a perdu son chemin et attirera tous ceux qui
ont soif d’eau vive mais sont trop las pour continuer seuls, et on
voyagera ensemble.

Nul qui aime vraiment ne peut juger et ce qu’il voit est libre de
condamnation.

Un bonheur qui nous échappe ou aux formes changeantes est une illusion
sans signification, car le vrai bonheur est constant, comme la joie. Et
la vision constante n’est donnée qu’à ceux qui souhaitent la constance.
Car ce qu’on désire, on le voit, et on pense que c’est réel.

On ne comprend pas qui nous appelle derrière chaque forme de haine,


chaque appel à la guerre. Mais on le reconnaîtra en lui répondant dans
la langue de l’appel, qui est celle de l’Amour.
Car de même qu’on entend, on répond.
La réponse qu’on donne à autrui est toujours ce qu’on demande. Et ce
qu’on apprend de lui, c’est ce qu’on apprend sur soi-même.

6B) LES INSTANTS MIRACLES


Toute expression d’Amour-vrai est maximale. Il n’y a pas de taille ou
de hiérarchie, de petit acte ou de grande action d’Amour-vrai.

Chaque expression d’Amour-vrai est un miracle. Elle apporte à la fois


plus d’amour au receveur et au donneur, car il y a autant de bonheur à
donner qu’à recevoir, et qui donne reçoit. En aimant son prochain comme
soi-même, même un bref instant, on reconnait simultanément sa valeur et
la nôtre, on réalise l’égalité parfaite.

Le miracle de cet échange, quelle que soit sa durée, permet de nous


souvenir de la Réalité de l’Eveil, et de notre vraie Essence qui y
repose.

Même si une expression d’Amour-vrai paraît n’avoir aucun effet


observable, elle n’est jamais perdue, puisqu’elle est réelle.

Un miracle est une expression de pure charité, un acte d’Amour-vrai,


désintéressé. Il apporte le bien à la fois à l’autre et à soi-même. La
charité est une façon de percevoir la perfection d’autrui, même si on
ne peut la percevoir en nous-mêmes. Elle est essentielle à la justesse.

Les miracles (expressions d’Amour-vrai) sont des actions qui permettent


de renforcer le lien entre les humains et de les préparer à
l’expérience de l’Eveil.

A chaque personne prête et désireuse sont données de nombreuses


occasions de faire des miracles à son niveau, c’est-à-dire d’offrir des
gestes d’Amour-vrai et désintéressé, de pure considération et de
bienveillance à autrui. Les moyens pour exprimer l’Amour-vrai (faire
des miracles) sont toujours donnés, quand on les demande.

Chaque miracle a un effet boule de neige, car qui a reçu une expression
d’Amour totale est alors capable de l’offrir à son tour.

L’expression d’Amour-vrai est impersonnelle, inspirée (via


l’Inspiration universelle). N’hésitons pas à demander à notre
28
conscience profonde, celle de notre Essence, d’être guidé-e dans la
réalisation des miracles. Les miracles sont ainsi dirigés vers ceux qui
peuvent les utiliser et les étendre à autrui.
Faire un miracle, c’est faire aux autres ce qu’on voudrait qu’ils
fassent pour nous.

Un acte d’Amour-vrai nous rend vivants, inspirés et pleins d’énergie


(parce qu’on est dans l’Esprit juste). Etre fatigué, c’est être
désinspiré, c’est ce qui arrive quand on est égocentrique (tourné vers
l’égo plutôt que vers l’Esprit vrai).

La perception, même améliorée (par une vision bienveillante), n’est


jamais complète, elle est donc passagère. Seule la Connaissance est
unité. Le miracle, c’est remplacer des aspects de l’irréalité par des
aspects de la Réalité. Chaque miracle qu’on fait (expression d’Amour
désintéressé) contient en lui toute la réalité et tous les autres
miracles (unité). C’est pourquoi ils sont tous égaux. Chaque miracle
offert à autrui nous est rendu.

Nous qui semblons vivre dans un monde de limites n’avons aucune


conception de l’illimité. Or le nombre de miracles est illimité. Il n’y
a pas d’ordre de difficulté, car chaque miracle offre la même réponse à
chaque appel à l’aide, sans juger l’appel.

C’est la puissance de l’Esprit juste qui engendre les miracles, non la


nôtre, et sa puissance est maximale. C’est ce dont témoignent les
miracles.

Souvenons-nous, quand nous sommes tentés d’attaquer autrui, que son


instant de délivrance est le nôtre. Les miracles sont les instants de
délivrance qu’on offre, et qu’on recevra.

Chaque instant peut être un instant-miracle si on décide qu’il en soit


ainsi.

L’instant-miracle est un temps pendant lequel on reçoit et donne une


communication parfaite. C’est un temps pendant lequel notre esprit est
ouvert, à la fois pour recevoir et donner, sans chercher à changer quoi
que ce soit, mais en cherchant à tout accepter, sans jugement aucun.

L’instant-miracle ne nécessite pas de n’avoir que des pensées pures et


justes. Nous pouvons conscientiser nos mauvaises pensées et les
remettre à l’Inspiration universelle, qui les effacera.

L’instant-miracle ne vient pas de notre seul petit désir, mais de la


combinaison à la puissance de l’Esprit juste. Il apparaît dans notre
désir de le laisser être ce qu’il est. On ne fait que poser la
question, la réponse nous est donnée. Ne cherchons pas à répondre nous-
mêmes, mais seulement à être ouvert à recevoir la réponse.

L’instant-miracle est une invitation faite à l’Amour à entrer dans le


monde-perçu et à le transformer en jardin de paix et d’accueil.

Chaque miracle n’est que la fin d’une illusion. Et dans le but de


vérité qu’on a accepté, toutes les illusions doivent prendre fin.
Les miracles ont besoin de nous pour commencer, puis ils s’étendent
ensuite sans notre aide.

Un miracle reconnaît qu’on a fait le monde-perçu et qu’on voudrait le


défaire.

Les miracles ne peuvent pas être donnés dans le but de guérir les
apparences qui ne nous plaisent pas.

29
Le miracle est l’opposé de l’égo à tous égards. C’est un rêve, mais
heureux : le monde paraît beau, bon et doux, on y circule en paix.
Alors que le rêve de l’égo est fait de haine, de cruauté, de douleur et
de vengeance, de la peur de mourir et de la soif de tuer, de l’illusion
qu’on marche seul dans l’univers. Le miracle pardonne quand l’égo
damne.

7. LA PEUR & LES ATTAQUES

7A) PEUR ET SOUFFRANCE


La peur, sous toutes ses formes, est une illusion du monde-perçu. Elle
n’existe pas dans la Réalité de l’Eveil.

Quand on se sent sur la défensive à n’importe quel sujet, c’est qu’on


s’est identifié soi-même à une illusion. Et par conséquent, on se sent
faible et sombre. En portant les illusions à la lumière, en les
reconnaissant comme des erreurs, on peut passer par-dessus.

Nous ne nous sommes pas créés nous-mêmes, nous ne pouvons donc pas nous
détruire nous-mêmes. Nous n’avons pas ce pouvoir. Nous pouvons
seulement croire qu’on est attaqué, croire en la maladie, croire en la
mort. Ce n’est pas pour autant que ces concepts sont réels.

Quand on a peur de quoi que ce soit, on reconnaît à cette chose le


pouvoir de nous blesser. On croit en ce qu’on estime, or quand on a
peur, on estime mal. On fait erreur (en croyant que le monde-perçu est
la Réalité). On peut se protéger par le déni de l’erreur : la seule
réalité est l’Amour-vrai.

Quand on a peur, il faut désirer changer d’état d’esprit.

La peur est toujours un signe de tension, elle surgit à chaque fois que
ce qu’on veut est en conflit avec ce qu’on fait. C’est la preuve qu’on
n’est pas décidé et que notre esprit est divisé.

Le conflit est une expression de la peur. Il apparaît quand, d’une


façon ou d’une autre, on n’a pas fait le choix de l’Amour-vrai. La peur
surgit en effet du manque d’Amour. Ce manque peut être comblé par
l’Amour-vrai qui vient du Pardon-profond : il faut remplacer la peur
par l’Amour.

On se sent si coupable qu’on projette sa propre culpabilité à


l’extérieur : c’est la peur et l’attaque.

Il ne peut pas y avoir peur et amour simultanément, c’est pourquoi il


est nécessaire de renoncer complètement à l’attaque, pour que l’amour
remplace la peur.

Les pensées qu’on a (de peur ou d’amour) reviennent dans notre esprit
et déterminent notre perception.
La peur est un symptôme de notre profond sentiment de perte.

La peur et l’Amour sont les seules émotions dont on soit capable.


Reconnaître la première comme fausse, c’est la rendre inutile, car les
défenses qui ne fonctionnent pas sont automatiquement abandonnées.

Le seul but de la peur est de dissimuler l’Amour ; et chaque défense


contre l’Amour est en fait un appel à l’Amour auquel il faut répondre
en tant que tel.
30
Un seul changement de perception est nécessaire, car on a fait une
seule erreur ; elles semblent être nombreuses, mais c’est toujours la
même ; l’égo prend de nombreuses formes, mais c’est toujours la même
idée : ce qui n’est pas de l’Amour est toujours de la peur.
Donnons à l’Inspiration universelle l’idée entière de sacrifice.

Ce qui semble être la peur de la douleur ou de la mort est en fait son


attraction. Mais cette attraction peut être remplacée par l’attraction
réelle de l’Amour, et alors la peur de la mort disparaît. Car la mort
ne concerne que l’égo.

Tant qu’on a peur des autres, on a peur de l’Esprit vrai. Et ceux à qui
on n’a pas pardonné, on les craint. Et personne ne peut véritablement
aimer avec la peur à ses côtés.

7B) LES ATTAQUES ET LES CONFLITS


Quand on attaque autrui, on s’attaque soi-même.

Chaque fois qu’on ressent une menace, c’est parce qu’on défend une
loyauté mal placée ou mal dirigée (via l’égo).

Quand apparaissent des problèmes, on peut se poser la question « pour


quoi ? Quel est le vrai but ? ». Quand on décide du but, on décide des
efforts futurs.

On ne peut pas être blessé ailleurs que dans l’égo. Montrer aux autres
qu’ils ne peuvent pas nous blesser et ne leur faire aucun reproche,
c’est laisser de côté le fonctionnement de l’égo pour se connecter à
l’Esprit vrai.

La colère ne se produit que quand on croit avoir été attaqué. Or


l’Esprit vrai ne peut pas être attaqué, c’est donc l’égo qui se défend
contre du vent. Seul un corps peut en assaillir un autre, or le corps
est une projection, car seules les idées existent réellement. Il n’y a
donc rien qui justifie la colère.

Le conflit n’est pas compréhensible. Il faut s’attacher à comprendre


vraiment (ce qui est compréhensible), car quand on comprend, on
apprécie, quand on apprécie, on aime. Il faut rendre insignifiant tout
ce qui est incompréhensible, et abandonner l’idée même de conflit.

On projette le conflit de notre esprit sur les autres esprits, or


partager c’est garder. C’est pourquoi, si on veut se débarrasser du
conflit (intérieur ou « extérieur »), il faut lui retirer toute notre
considération, le nier. Il existe parce qu’on croit en lui, qu’on lui
donne sens et pouvoir.

Seul l’égo peut attaquer, en général quand il se sent menacé.

La compétitivité est une forme d’attaque.


On ne peut souffrir en aucune manière, sauf en se blessant soi-même.

Nous avons tout à disposition et sommes les seuls à pouvoir nous priver
de quoi que ce soit.

Notre besoin imaginaire d’attaquer est la seule chose qui nous empêche
de reconnaître tous les appels à l’aide comme tels. La peur est un
appel à l’aide. Il faut laisser l’Inspiration universelle la
transformer en vérité et donc apprendre à percevoir les attaques comme
des appels à l’Amour.

31
Seul l’Amour est fort, car il est indivisé, entier. Et les forts (ceux
qui aiment et se savent aimés) n’ont pas besoin d’attaquer : on attaque
parce qu’on se perçoit comme faible, on oublie qu’on est égal-e à tous,
et on veut se défendre contre d’autres « plus forts ». Reconnaître son
invulnérabilité, c’est reconnaître qu’une attaque n’a absolument aucun
effet sur nous. L’attaque est toujours contre soi-même, mais dans la
Réalité (de l’Eveil), pour notre Esprit vrai, elle n’a aucun effet.

On attaque parce qu’on se sent coupable. On juge et condamne autrui, on


estime qu’il est indigne d’amour et mérite d’être puni. C’est là qu’est
la source de toute division : l’esprit qui juge se perçoit comme
différent, séparé de l’esprit qui est jugé, et il croit qu’en punissant
l’autre, il échappera lui-même à la punition. Or en jugeant l’autre, on
se sent coupable, et parce qu’on se sent coupable, on attaquera. On ne
peut pas condamner autrui, on peut seulement se condamner soi-même en
le faisant. L’Amour et la culpabilité ne peuvent coexister : choisir
l’un, c’est nier l’autre.

On a certes peur de l’attaque, mais moins que d’accepter le Pardon


profond et l’Amour vrai. Il nous est plus difficile de dire/penser « je
t’aime » que « je te déteste », parce qu’on associe l’amour à la
faiblesse et la haine à la force. Ainsi le seul pouvoir que nous ayons
vraiment, la capacité d’Amour vrai, est considéré comme une faiblesse.

Que faire quand on est en colère contre quelqu’un, qu’on se sent


coupable, qu’on sait qu’on n’est pas dans un juste sentiment ?
 En prendre conscience, remettre cela à l’Inspiration universelle
pour être guidé et attendre tranquillement. Une réponse, un
arrangement, sera proposé (car l’Inspiration « défait » ce que
nous ne voulons pas).
L’attaque cède toujours à l’amour si on la porte à la lumière au lieu
de la cacher, car seul l’Amour peut vivre en pleine lumière, la
destruction n’étant pas réelle.

L’égo croit que plus on investit de la colère à l’extérieur de soi,


plus on est en sécurité.
Ceux qui tuent craignent la mort.

Nul n’est fort qui a un ennemi, et nul ne peut attaquer à moins de


penser en avoir un. Chaque guerre est contre soi-même. Chaque fois
qu’on regarde quelqu’un sans Amour, on est en conflit avec soi-même. Et
un esprit en conflit ne peut pas se souvenir de la douceur de la
Réalité de l’Eveil.

Nous ne nous mettons pas en colère contre des faits, mais contre leur
interprétation. Or c’est notre propre interprétation. Et donc la colère
n’est jamais justifiée.

Aucune attaque n’est justifiée et toute pensée de meurtre entraîne la


culpabilité. Ne pas pardonner à autrui est une forme d’attaque. On ne
peut pas aimer un petit peu, ni aimer un petit peu. Il n’y a pas de
compromis. Etre délivré du conflit signifie qu’il est terminé : ne
confondons pas la trêve avec la Paix.

On ne nous demande pas de lutter contre notre envie de tuer, mais de


prendre conscience des différentes formes que peut prendre cette même
intention : en fait, tout ce qui n’est pas Amour est meurtre. Tout ce
qui n’est pas aimant est une attaque. Notre rôle, c’est de réaliser que
le meurtre ou l’attaque, sous n’importe quelle forme, n’est pas notre
volonté. Essayons de prendre de la distance, de nous élever pour voir
la bataille d’en haut. De là, on verra que les corps pensent se battre
mais que le heurt des formes est insignifiant. Et quand la tentation
d’attaquer surgit dans notre esprit, essayons de choisir un miracle à
la place. Car il n’y a jamais rien à gagner sur un champ de bataille.
32
Un problème posé dans le conflit n’a pas de réponse. Or comme on est en
conflit, on ne peut répondre à rien du tout, on ne peut que soumettre
nos questions à l’Esprit juste via l’Inspiration universelle.
Condamner les autres, c’est s’accuser soi-même. Si on ne croyait pas
mériter l’attaque, il ne nous viendrait pas à l’esprit d’attaquer.

Si on peut être blessé par quoi que ce soit, on peut voir une image de
nos souhaits secrets. Et dans notre souffrance quelle qu’elle soit, on
peut voir notre désir dissimulé de détruire et de tuer.
Rien ne sert de donner des châtiments, ni de faire des sacrifices. De
même, il ne faut jamais attaquer ou terroriser autrui, mais l’honorer.

8. LA PAIX

La paix est intérieure. On ne peut pas la trouver à l’extérieur. La


maladie est une forme de quête extérieure. La santé (d’esprit) est la
paix intérieure.
Pour se sentir en paix, il faut enseigner la paix (car ce qu’on
enseigne, on l’apprend).

On ne se sent en paix que quand on se considère comme parfaitement égal


en tout à tous les autres. Il faut être très vigilant contre toute
forme de concurrence, car elle engendre le conflit.

Tant qu’on perçoit autrui comme un adversaire, on se prive de la paix.


Car en l’attaquant, on l’abandonne, et donc on abandonne la paix en
même temps, on s’en exclut soi-même.
En apprenant à regarder toute chose sans la condamner, on parvient à
voir sans condamnation et donc à se sentir en paix.

On ne peut pas entrer dans le monde de la paix seul, car tant qu’on en
laisse un seul de côté, on ne peut y accéder.

Quand à la place d’un agresseur on voit un sauveur, on est délivré, et


on délivre le monde. Et chaque sourire, chaque désir de passer sur
l’erreur, étend la Paix. Chaque petit don d’Amour à un son prochain
illumine le monde et est une source de guérison pour tous (effet
papillon).

Ne gardons pas les cauchemars qui sont des dons indignes, des fausses
créations ; apprenons à rester calmes dans le tumulte, car la quiétude
est l’unité, la fin des dissensions, le voyage qui mène à la Paix. Les
illusions du monde-perçu ne sont que des images qui nous retardent dans
notre voyage.

La Paix, qui est déjà au plus profond de nous, doit prendre de


l’expansion et franchir les obstacles qu’on a placés devant elle.
Lorsque la Paix en nous aura été étendue jusqu’à embrasser tout le
monde et qu’on verra la douceur et la lumière en chacun, la fonction de
l’Inspiration universelle ici sera accomplie.

Nous hébergeons la Paix, nous sommes la tranquille demeure d’où elle va


doucement vers les autres sans jamais nous quitter. Mais ce petit reste
d’attaque qu’on nourrit encore contre notre proche, c’est le premier
obstacle que la Paix en nous rencontre dans sa progression.

On verra la valeur d’autrui quand on ne voudra plus pour lui que la


Paix. Et ce qu’on veut pour l’autre, on le reçoit soi-même.
33
La guerre est une rencontre d’illusions dans laquelle la peur naît,
grandit et cherche à dominer. La Paix est l’état où l’Amour demeure et
cherche à se partager lui-même. Conflit et Paix ne peuvent cohabiter :
où va l’un, l’autre disparaît.

La paix est impossible pour qui regarde la guerre et inévitable pour


qui offre la paix.

9. CROYANCES & LIBERTE

9A) CROYANCES
Toute notre misère vient de la fausse croyance d’être impuissant.

On voulait que la particularité soit la vérité, mais il est temps de


changer de but, car c’est cette croyance qui vient à la base de la
perception. Ce qui semble avoir une vie à part n’en a pas. Mais parce
qu’on se croit séparé, la Réalité de l’Eveil nous paraît également
séparée de nous. Pourquoi ne pas vouloir changer de but, quand on a
constaté que notre façon de voir et de fonctionner depuis si longtemps
ne donne aucun appui pour fonder des espoirs futurs, et rien qui
suggère un quelconque succès. Voilà de quoi être désespéré. Choisir de
voir autrement, c’est entendre dans chaque appel à la guerre un appel à
la paix et dans chaque situation qui justifiait notre colère, un appel
à l’Amour. Et ainsi tout ce qu’on voit nous réjouira.
La cause de toute souffrance est dans notre esprit.
On ne manque de rien, on se croit en manque.

Il n’y a rien qu’on puisse cacher, mais il n’y a rien qu’on souhaite
cacher.

Adhérer à certaines croyances engendre le chaos :


- croire que la vérité est différente pour chacun, qu’on pense
différemment ou que nos valeurs différent (fragmentation et conflits)…
Il n’y a pas de degrés de vérité dans les illusions, c’est pourquoi les
miracles s’appliquent indifféremment à toutes.
- croire que l’autre peut faire le mal et mérite l’attaque ou la
destruction (mort). Cela revient à croire que les erreurs méritent une
punition plutôt qu’une correction.
- croire que le chaos est éternel et a été créé par un ennemi qui nous
en veut
- croire que pour avoir, il faut prendre. Alors qu’on ne peut prendre
qu’à soi-même, et donc rien obtenir de plus
- et enfin croire qu’il y a un substitut à l’Amour, et qu’il faut tout
mettre en œuvre pour le posséder.
Voilà tout le mécanisme de la folie : croire que « l’ennemi » est fort,
car il possède qqch qu’on n’a pas, mais qui nous revient de droit. La
justification de l’attaque de l’autre pour nous sauver nous-mêmes (Si
l’ennemi n’avait pas agit sans scrupule, on n’aurait pas été obligé de
l’attaquer et on aurait pu être gentil avec lui). On croit que dans ce
monde brutal, les bons ne peuvent survivre et qu’il faut prendre, sinon
on nous prendra. Ainsi nous vivons dans un monde où la folie est santé
d’esprit, les illusions vraies, l’attaque une bonté, la haine l’amour
et le meurtre une bénédiction. Telles sont les lois du chaos.

Aucune croyance n’est neutre. Chacune a le pouvoir de dicter chaque


décision qu’on prend puisque les décisions sont des conclusions basées
sur tout ce qu’on croit. Or à ce stade, il est nécessaire de remettre
en question toutes nos valeurs. Et notamment notre foi en la
particularité, car toute croyance en la différence impose un besoin de
34
juger auquel il est impossible d’échapper, et qui entraîne des
décisions fausses. Nous sommes tous absolument pareils (et même, nous
sommes l’autre). L’Amour vrai ne fait pas de comparaisons. Le pardon
est un moyen de mettre fin à la particularité et c’est pourquoi on ne
peut pardonner que partiellement.

Derrière chaque idole se cache une soif de complétude. Regardons les


idoles comme des jouets.

9B) LIBERTÉ
Nous sommes libres de croire ce qu’on choisit de croire et ce qu’on
fait témoigne de ce qu’on croit.

Aussi longtemps qu’il restera un seul esclave sur la face de la Terre,


notre liberté/délivrance ne sera pas complète.

Il faut offrir aux autres la liberté, car la liberté est amour et


création. Celui qu’on cherche à emprisonner, on ne l’aime pas. En
emprisonnant l’autre, on s’emprisonne soi-même. En le libérant, on se
libère soi-même.

Le seul pouvoir, la seule liberté qu’on ait, c’est de choisir pour


chaque pensée, chaque action, entre l’égo/la culpabilité et
l’Inspiration universelle (la non-culpabilité).

Les idées sont libres, incapables d’être gardées en prison ou limitées,


sauf par l’Esprit qui les a pensé, qui est leur geôlier ou leur
libérateur, selon le but fixé. Et ce sont nos idées qui déterminent
notre perception.

Nous sommes prisonniers depuis si longtemps que nous sommes incapables


d’apprécier notre liberté quand elle rendue possible.

Etre miséricordieux, c’est être libre. Mais choisir de condamner, c’est


être prisonnier et attendre enchaîné que notre propre pardon nous
libère.

9C) LA MORT
La mort n’existe pas, seule existe la croyance en la mort.

On ne quitte pas ce monde par la mort, mais par la Vérité (par


l’Eveil).
Ne pas croire, c’est attaquer ; croire, c’est accepter et apprécier.
La mort n’est que l’illusion d’une fin ; la naissance n’est pas le
commencement, car la vie n’a pas d’opposé.

La mort est le symbole de la peur de l’Esprit juste.


Ce qui semble mourir a seulement été malperçu et porté à l’illusion.

Voilà comment bien percevoir la mort : un choix tranquille, fait avec


joie et un sentiment de paix, parce que le corps a été utilisé avec
bonté afin d’aider les autres sur le chemin qui mène à l’Eveil. Nous
remercions le corps pour tous les services rendus et accueillons la
mort comme une douce et bienvenue délivrance, la liberté.
La mort peut être une guérison véritable, lorsqu’il est temps de se
reposer un moment d’un labeur fait avec joie et fini avec joie.
Nous sommes prêts à partir en paix quand le voyage était terminé et les
leçons apprises. La mort est ainsi une récompense, non une punition.

35
9D) LA FOI
L’absence de foi mène aux illusions ; sans foi, on perçoit l’autre
comme un corps et le corps ne peut pas être utilisé dans un but
d’union. C’est l’esprit qui doit être guéri, non le corps.

Avoir la foi, c’est guérir, car la foi fait partie de l’Amour comme la
peur fait partie de l’attaque. La foi est la reconnaissance de l’unité,
c’est choisir de passer sur les erreurs de l’autre en les considérant
comme insignifiantes, car ce qu’on décide de voir en l’autre, c’est son
Esprit vrai. La foi ne se tourne pas vers le passé pour condamner et ne
voit en l’autre que ce qu’on verrait en soi.

La foi vient de la perception de l’Inspiration universelle et apporte


la Paix. La Paix est également un but d’apprentissage qui ne sera plus
nécessaire une fois la leçon apprise.

On ne peut pas avoir foi dans le mal, qui n’existe pas, mais on peut
avoir foi dans la possibilité qu’une erreur soit corrigée. Chaque
erreur est un appel à l’Amour ; ne la gardons pas cachée mais portons-
la à la lumière de l’Inspiration universelle.
Tout ce qui mène à la santé d’esprit et à la joie, tout ce qui est uni,
où nul ne perd afin que chacun gagne, tout cela est digne de notre foi.
Si quiconque doit être gagnant, c’est que tous doivent gagner. Car il
est injuste que l’un doive manquer de ce qu’un autre a, et cela est une
forme de vengeance. Etre juste, c’est être équitable et non venger.
Amour et justice sont pareils, et c’est pourquoi la miséricorde et le
Pardon sont des valeurs pour l’Esprit juste.

10. PUISSANCE & CRÉATION

10A) PUISSANCE
Nous ne sommes pas impuissants devant ce qui nous est fait. Mais
reconnaissons seulement nos erreurs et leurs effets seront effacés.
« Je suis responsable de ce que je vois.
Je choisis les sentiments que j’éprouve et
je décide quel but je voudrais atteindre.
Et tout ce qui semble m’arriver, je le demande,
et je reçois comme j’ai demandé. »

Notre pouvoir de décision est tel qu’il détermine chaque situation dans
laquelle on semble se trouver par chance ou par accident. Acceptons la
force et non la faiblesse de pouvoir vouloir, tout en reconnaissant
qu’on ne s’est pas créé soi-même.

Nous imposons des limites à la communication, car nous avons peur des
gigantesques possibilités de communication entre les esprits.

Nos pensées ont un pouvoir énorme. Nous préférons l’ignorer, car cela
nous effraie, mais toute pensée produit une forme à un certain niveau.
Souvenons-nous que le monde-perçu est produit par nos pensées, et
surveillons attentivement ce qu’elles reflètent, car c’est ce qui nous
sera renvoyé.

10B) CRÉATION
Nous avons tous une aptitude à créer, mais nous pouvons l’utiliser de
manière inappropriée en faisant des projections dénuées de sens et
visant à combler un manque qui n’est pas réel.

36
On souffre quand on a mal utilisé sa puissance créatrice.

Il y a une confusion entre « créer » et « faire ». En général, on fait


quelque chose pour combler un manque, et cela active notre croyance
d’avoir des manques. La vraie connaissance ne conduit pas à l’action.

De même que notre égo a créé ce monde d’illusions, de même notre


Essence (Esprit vrai) a créé à son niveau un monde de paix, uni et
protégé, dans lequel l’égo ne peut accéder et qu’on retrouvera à notre
Eveil.
La seule manière de créer est de partager.

Créer, c’est désirer entièrement (et vice-versa), et désirer


entièrement rend possible.
Créer, c’est aimer.

Tant qu’on croit que la peur est possible, on ne peut pas créer
vraiment.

On ne crée pas tout seul. Accepter l’autre, c’est reconnaître que la


seule création possible est la co-création.

Créer est source de joie.


A la place du pouvoir de créer, on a préféré mettre le pouvoir de
décider. Alors utilisons-le pour choisir avec qui on veut communiquer
et par qui on veut être inspiré.
La création est un pouvoir qui n’a pas d’opposé.

11. LE JUGEMENT

Condamner autrui c’est nier sa liberté, et donc se priver soi-même de


liberté. Voir les autres dans les ténèbres, c’est refuser de voir la
lumière en soi, parce qu’elle nous fait trop peur.

Accuser c’est ne pas comprendre.


Chaque interprétation qu’on voudrait poser sur autrui serait forcément
insensée.

Quand on n’est pas en paix et qu’on souffre, c’est qu’on a vu des


défauts chez l’autre et qu’une part de nous s’en réjouit, car ainsi
notre particularité semble être en sécurité. Mais dans tout rêve de
particularité c’est notre propre condamnation qu’on subit, car au fond
la particularité se délecte de détruire tout ce qui n’est pas elle.

La punition est inconcevable pour la justesse d’esprit. Toute


tentative de notre part de corriger autrui est une arrogance de l’égo.

Voir les défauts chez l’autre, c’est rester tous les deux dans l’enfer
du monde-perçu. Quand on est bienveillant envers les erreurs de
l’autre, on les annule et on abrège le voyage pour tous les deux.
L’autre est le miroir de nous-mêmes, dans lequel nous voyons le
jugement qu’on a posé sur nous deux.

On ne peut pas juger qui on est, mais on peut juger ce qu’on a fait, et
ne conserver que le bon, lorsqu’on aura compris ce qui est digne et ce
qui ne l’est pas.

Très souvent, on juge au lieu de connaître. Or qui juge autrui se juge


soi-même, et mal, vu qu’il nous manque des connaissances.
37
Tout jugement comporte un rejet. C’est pourquoi il faut remplacer le
jugement par la miséricorde.

Quand on refuse de rejeter l’autre, on réalise qu’on ne peut être soi-


même rejeté.

On ne peut blâmer personne, car le blâme ne peut être défait que s’il
n’est vu nulle part. Condamner quelqu’un, c’est se bloquer l’accès à la
Réalité de l’Eveil.

L’autorité est la racine de tous les maux. C’est une invention de


l’égo, du monde-perçu.

On reçoit le message qu’on donne, car c’est le message qu’on veut.


Soyons vigilants à ce qu’on transmet : on croit juger les autres en
fonction de ce qu’ils nous envoient, alors qu’on les a jugé au message
que nous-mêmes leur avons donné.

Tout ce qu’on contemple au-dehors est un jugement porté sur ce qu’on a


contemplé au-dedans. Si c’est le reflet de notre propre jugement, il
sera faux, car le jugement n’est pas notre fonction. Si c’est le
jugement de l’Inspiration universelle, il sera juste, car le jugement
est sa fonction.

Chaque fois qu’on regarde au-dehors et qu’on réagit défavorablement à


ce qu’on voit, on se juge comme indigne, coupable, et on se condamne à
la mort. Mais quand on se connecte à l’Esprit vrai, on ne voit plus la
mort, car on contemple l’éternel.

Le monde qu’on voit n’est qu’un jugement de nous-mêmes. Ce monde est


sans merci parce qu’on l’a fait ainsi, mais cette perception peut être
corrigée et on peut voir partout la beauté si on voit notre propre
innocence en lui.

Ce que l’autre fait, on le fait avec lui. Le rôle qu’on lui donne est
le nôtre car on suit la voie qu’on lui a indiquée parce que c’est notre
jugement sur nous-mêmes.

On a voulu juger d’où l’on vient, juger l’Esprit vrai, et on croit que
c’est l’Esprit vrai qui nous a jugé.

Notre égo a tendance à critiquer et à juger les erreurs des autres


égos. En restant à ce niveau, on le renforce. Pour l’affaiblir, il faut
avoir l’humilité de dire qu’on ne comprend rien (de ce qu’on perçoit),
donc on ne peut pas juger, vu que l’égo et le monde perçu sont des non-
sens.

Réagir aux erreurs, c’est ne pas être connecté à l’Inspiration


universelle.

Quand autrui se conduit de manière inadéquate, il faut voir au-delà,


percevoir la bonté au fond de lui. Car voir les erreurs chez les
autres, c’est renforcer les nôtres.

Tant qu’un problème n’a pas rencontré la justice, il reviendra, car il


n’a pas été résolu. Mais le principe de justice signifie que personne
ne peut perdre, et que chacun doit bénéficier. Quand la situation est
résolue de façon à ce que personne ne perde, le problème disparaît.

Si on veut qu’un problème soit résolu, soumettons-le à la lumière de


l’Inspiration universelle. Le garder pour nous seuls, c’est décider
qu’il doit rester irrésolu.

Croire qu’on peut être injustement traité n’est qu’une autre forme de
l’idée qu’on est privé de qqch par quelqu’un qui ne serait pas nous.
Cette croyance risque de nous porter à chercher notre innocence au prix
38
de la culpabilité de quelqu’un autre : l’accusation d’attaque est une
forme d’attaque. En fait le souhait d’être injustement traité est une
tentative de compromis qui voudrait combiner l’attaque et l’innocence.
On ne peut pas se corriger soi-même, comment pourrait-on prétendre
corriger autrui ? On ne nous demande pas de changer les autres, mais de
les accepter comme ils sont. Car leurs erreurs ne peuvent en rien
modifier leur Vérité profonde, ni la nôtre.

On ne peut pas évaluer un système de croyances insanes de l’intérieur,


on peut juste le considérer depuis un endroit où la santé d’esprit
existe, et voir le contraste.

12. NOTRE MISSION EN CE MONDE

Le but de notre existence (de l’existence de notre Essence) est de


créer le bien, le beau, le saint.

Il faut consentir à coopérer dans l’effort (avec l’Esprit juste), pour


devenir à la fois incapable de nuire et capable d’aider.

Notre but est de nous dévouer à la guérison des autres (leur apporter
la joie, les rendre heureux), car ce qu’on veut garder, il faut le
donner.

Notre seule fonction est de donner de nous-mêmes. Les mauvaises


décisions n’ont pas de pouvoir, parce qu’elles n’ont pas de réalité,
elles font partie du monde des illusions.

Les épreuves sont des leçons qu’on a manqué d’apprendre et qui sont
présentées à nouveau, de sorte que là où on avait fait le mauvais
choix, on peut maintenant en faire un meilleur, échappant ainsi à
l’ancienne douleur qui nous habitait depuis. C’est une possibilité de
guérir une ancienne douleur et le message envoyé est « Choisis à
nouveau ».

Usurper des fonctions qui ne sont pas les nôtres est la base de la
peur : notre seule fonction est de demander (Voir le problème/demander
la réponse/l’accepter quand elle vient).

Dans la Réalité de l’Eveil notre fonction est la création ; dans le


monde-perçu, c’est la guérison (de notre esprit malade, en aidant les
autres et soi-même à retrouver notre unité).

Quand on aura accepté notre mission, qui est d’étendre la paix, on


trouvera la paix, car on la verra en la rendant manifeste.

Notre fonction est d’aimer dans un lieu sans amour fait de ténèbres et
de tromperies, car c’est ainsi que ténèbres et tromperies seront
défaites.

Notre seule vocation dans le monde-perçu est de nous vouer, avec un


désir effectif, au déni de la culpabilité sous toutes ses formes.

Reflétons dans ce monde la Paix de l’Esprit vrai et portons ce monde à


la Réalité de l’Eveil, car le reflet de la vérité attire chacun à la
vérité et les reflets seront ensuite abandonnés pour la réalité.

Les solitaires sont ceux qui ne voient pour eux aucune fonction à
remplir dans le monde.

39
Pour corriger la particularité, l’Inspiration universelle propose à
chacun un rôle particulier. Par un acte de fidélité particulière envers
un proche, perçu comme autre que lui, on peut apprendre ce qu’est
l’Union.

Notre fonction particulière est de sauver autrui de toute attaque et de


laisser comprendre qu’il est en sécurité avec l’Esprit juste.

On ne risque pas de perdre notre Soi, on ne peut que le trouver. On


aura des regrets au sujet de la Voie qu’on a choisie jusqu’à ce qu’on
se rende compte qu’on n’abandonne jamais rien, qu’il n’y a pas de
perte.

Le but du voyage, c’est de marcher ensemble, de sorte que nul ne mène


et nul ne suit.
L’autre a le même besoin que nous. Cela peut prendre une forme
différente, mais ce n’est pas à la forme que l’on répond. Nous ne
sommes ici que dans un seul but : apprendre qu’on aime notre prochain
d’un amour fraternel. Tant qu’on insiste pour mener ou suivre, on a
l’impression de marcher seul-e, sans personne à nos côtés, dans la
pénombre. Or c’est celui qui voyage avec nous qui a la lumière pour
nous éclairer tous les deux.
Chacun a pour rôle d’être un sauveur pour les personnes
particulièrement confiées à ses soins, et il n’y a pas d’espace entre
lui et elles. Ces personnes particulières sont ceux qu’on rencontre ou
regarde sans les connaître, ceux qu’on a connu il y a longtemps, ceux
qu’il reste à rencontrer, ceux dont on ne se souvient pas, ceux qui ne
sont pas encore nés.

Chacun-e doit partager un but avec quelqu’un d’autre, et perdre en ce


faisant tout sentiment d’intérêt séparés.

Il y a de nombreuses réponses (à nos interrogations) qu’on a déjà


reçues mais qu’on n’a pas entendues. Elles attendent simplement qu’on
soit disponible.

Vivre ici (dans le monde-perçu), c’est apprendre.

13. L’APPRENTISSAGE

Il suffit de vouloir apprendre, pour apprendre.

Il n’y a pas de hiérarchie entre élève et enseignant, car qui enseigne


apprend.

Le monde-perçu peut être utilisé comme un mécanisme d’apprentissage


pour rentrer chez soi, où est notre Esprit vrai.

La patience qu’on a envers autrui reflète la patience qu’on a envers


soi-même. Seule la patience infinie, nourrie d’un Amour infini, produit
des effets immédiats et peut abolir le temps. Le temps est un mécanisme
d’apprentissage, il sera aboli quand il ne sera plus nécessaire.

On peut convaincre les autres par notre propre exemple, les aider si
c’est leur souhait, comme on se fait aider ; et ceux qui veulent être
différents, attendre simplement qu’ils changent d’esprit.

Ceux qui font des erreurs, qui ne savent pas comment se défaire de leur
culpabilité autrement qu’en attaquant, sont ceux qui ont manqué
d’apprendre : ils ont besoin d’enseignement, non d’attaque. Attaquer
ceux qui ont besoin d’enseignement, c’est manquer d’apprendre d’eux.

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Il y a un test qui permet de savoir si ce qu’on a appris est vrai : si
on devient entièrement libre de toute peur et que ceux qu’on rencontre
ou qui pensent à nous partagent notre paix, alors on peut être sûr
qu’on a appris la leçon de l’Esprit vrai et non celle de l’égo.

Notre rôle est de reconnaître que tout ce qu’on avait appris, on ne le


veut pas, et de souhaiter être enseigné par l’Inspiration universelle.
Car quand on est désireux d’apprendre, on apprend. Et quand on sera
constamment connecté à l’Inspiration universelle, on n’aura plus besoin
d’enseignant ni de temps dans lequel apprendre, car on connaîtra. Le
temps que ça prendra dépend de nous, cela peut arriver très rapidement.

Tout ce que nos maîtres et nos modèles ont appris nous appartient.

Durant le voyage vers l’Eveil, portés par le courant-miracle, on pourra


parfois se sentir confus et désorienté. N’ayons crainte de cet effet dû
au lâcher-prise du cadre de référence distordu qui semblait assurer la
cohésion du monde-perçu. Il sera fait en sorte que la transition soit
douce et on ne sera pas laissé brutalement sans demeure ni cadre de
référence.

L’apprentissage prend fin quand on a reconnu tout ce que l’Amour n’est


pas. L’Amour ne peut pas s’apprendre directement, parce qu’on ne l’a
jamais connu, mais le Pardon permet d’effacer tout ce qui n’est pas de
l’Amour.

Nul besoin d’apprendre dans la douleur ; les douces leçons s’acquièrent


joyeusement et se retiennent avec joie. Car ce qui rend heureux, on
veut l’apprendre et ne pas l’oublier.

L’un de nos plus grands pouvoirs est notre aptitude à apprendre. Il est
suffisamment fort pour nous enseigner que notre volonté n’est pas la
nôtre, que nos pensées ne nous appartiennent pas, et même que nous
sommes quelqu’un d’autre.

A CEUX QUI SOUHAITENT TRANSMETTRE… (ET APPRENDRE ENCORE)

De même que donner c’est recevoir, enseigner c’est apprendre et donc il


faut enseigner ce qu’on veut apprendre, dans toute situation.

Quand on enseigne, on ne voit pas ses intérêts à part de ceux de qqn


d’autre. On voit les autres comme étant nous-mêmes et on répond à leur
appel.

Le temps s’étire péniblement et le monde est maintenant très fatigué,


c’est pourquoi enseigner et apprendre permet de gagner du temps.

Des élèves sont attribués à chaque enseignant, car la forme du cours


enseignée est la meilleure pour eux.

Ceux qui doivent se rencontrer se rencontrent, parce qu’ensemble ils


ont un potentiel de relation saine. Ils sont prêts l’un pour l’autre.

Il y a des niveaux d’enseignement-apprentissage très simples, par


exemple :
- deux inconnus se rencontrent dans un ascenseur et se sourient
- un enfant court sans regarder où il va et se cogne contre un adulte :
il n’est pas grondé
- deux étudiant-e-s rentrent à pied dans la même direction et
deviennent des ami-e-s
Même si la rencontre est brève et occasionnelle, du moment que deux
personnes perdent de vue leurs intérêts séparés suffit à créer un
instant-miracle. Chaque situation d’apprentissage est maximale en ce
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sens que chaque personne concernée apprendra de l’autre personne le
plus qu’elle pourra à ce moment là.

Ceux qui enseignent savent que le monde est gouverné par un pouvoir qui
est en eux mais n’est pas d’eux. En s’appuyant sur cette force, ils
regardent un monde pardonné.

Ceux qui veulent apprendre (et enseigner) passent par une période de
défaire. Ces changements aident toujours, car les éléments extérieurs
entrainent des changements intérieurs. Ensuite vient une période de
tri : toutes les choses qu’on décide doivent être basées sur la
capacité d’aider. Toutes choses, événements, rencontres et
circonstances, qu’ils paraissent à priori négatifs ou positifs, sont
des aides. Ensuite vient une période de renoncement : il s’agit
d’abandonner tout ce qui est sans-valeur. Puis vient une période
d’apaisement, une période de paix permettant de consolider son
apprentissage. Il sait qu’il n’ira plus seul car il a de puissants
compagnons à ses côtés. Ensuite vient une période de perturbation : on
réalise qu’on ne sait rien de la valeur des choses ; il s’agit de
mettre de côté tout jugement et de demander ce qu’on veut réellement.
Finalement vient la période d’accomplissement, qui consolide
l’apprentissage.

Prendre conscience de rêver est la réelle fonction de ceux qui veulent


enseigner. Enseignons ce que nous voulons apprendre.

LES VERTUS QU’ON PEUT APPRENDRE À DÉVELOPPER (ET ENSEIGNER)

L’honnêteté signifie la cohérence : rien de ce qu’on dit ne contredit


ce qu’on pense ou ce qu’on fait. Quand à aucun niveau on est en conflit
avec soi-même, il est impossible d’être en conflit avec qui que ce
soit. C’est seulement le souhait de tromper qui porte à la guerre. Le
conflit est le résultat inévitable de la tromperie de soi.

Celui qui enseigne a confiance, car il sait qu’il ne fait pas selon sa
volonté personnelle.

Celui qui veut apprendre est tolérant. Il ne peut juger, car le


jugement détruit l’honnêteté et brise la confiance. Nuire est le
résultat du jugement, c’est un verdict de culpabilité contre l’autre et
donc soi-même. Toute intention de nuire oblitère la fonction de notre
conscience. Cela nous jette dans la confusion, effraie, met en colère,
rend soupçonneux. On ne peut plus être à l’écoute de l’Inspiration
universelle, et on ne peut plus rien accomplir.

Celui qui enseigne/apprend prend sa force dans la douceur. Il ne peut


pas nuire et on ne peut pas lui nuire.

La joie accompagne toujours la douceur. La douceur évite la souffrance


et la douleur. Etre doux, c’est se savoir aimé et se sentir toujours en
sécurité, et donc être joyeux.

Il n’y a pas de rêves qu’il ait besoin de défendre contre la vérité.


Les défenses ne sont que les gardiennes de folles illusions. Abandonner
ses défenses, c’est ne pas trouver le danger, mais la sécurité, la paix
et la joie.

Etre généreux, c’est donner pour garder. Ainsi on ne veut rien qu’on ne
puisse donner, car quelle serait la valeur du reste ? Garder pour soi
seul revient à perdre.

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Quand on est sûr-e du résultat, on peut attendre, avec patience et sans
anxiété le juste moment.

La foi est la croyance en la combinaison de toutes les vertus.

Ceux qui ont l’esprit ouvert sont en paix et savent lâcher prise de
toutes choses qui empêcheraient le Pardon profond. Ils sont prêts à
désapprendre.

LISTE DE CORRESPONDANCE DES TERMES

Dans l’UCEM Dans ce texte


Le Saint-Esprit L’Inspiration universelle
Le Pur-esprit (pensée de Dieu) L’Esprit vrai, l’Esprit juste
Le Fils de Dieu Autrui (perçu en tant qu’Esprit
Le Christ vrai)
La face du Christ, le pardon Le Pardon profond
Le royaume des Cieux La Réalité de l’Eveil
Dieu
Filialité, unité Unité
Nos frères, notre frère Autrui, les autres, le prochain

PISTES DE LECTURE
Voici quelques documents que j’ai lus et appréciés, et que je peux
suggérer pour le moment …
A compléter, bien sûr, car il existe de nombreuses études et réflexions
autour d’Un cours en miracles…

OUVRAGES

UN COURS EN MIRACLES. Foundation for inner peace. Ed. Octave, 2010

LES SUPPLEMENTS D’UN COURS EN MIRACLES. Foundation for inner peace. Ed.
Octave, 2010

RENARD, Gary. Votre réalité immortelle. Ariane éd., 2008

RENARD, Gary. Et l’Univers disparaîtra. Ariane éd., 2006

SITES INTERNET

www.illusio.ch

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