Vous êtes sur la page 1sur 7

r-

OIKUMENE
YEARBOOK OF THE ECONOMIC AND SOCIAL HISTORY OF THE
ANCIENT WORLD

E}l{Ef0,[(Hl1K no 3KOHOMI14ECKOYI l1 CO~l1AJ1bi--IOYI l1CTOPYII1


,[(PEBHEfO MYIPA STUDIA AD HISTORIAM ANTIQUAM CLASSICAM
ET ORUilNTALEM SPECTANTIA

JAHRBUCH DER WIHTSCHA]'TS- UND SOZIALGESCHICHTE DES


ALTERTUMS
1
PUBLICATION ANNUELLE D'HISTOIRE ÉCONOMIQUE ET SOCIALE
DE L' AN'riQUITÉ

EDITORES

I. HAHN
L. KAKOSY, E. MAR6TI, J. SARKADY

{ffif~
~
AKADÉlVIIAI KIAD6, BUDAPEST 1976
INDEX

G. Komor6czy Work a,ncl Strike of Gods (New Light on the


Divine Society in the Sumero-Akkadian My-
thology) 9
E. Ga(û The State Sector as the Guarantee of the Ter-
ritorial Integrity (Ba.secl on the Alalab VII
Archive) 39
1. Hahn The Plebeians ttnd Clan Society 47
D. Hegyi Te;tévr; [eeà Xal U!tSY1J or;p,6ata 77
1. Kertész The Roman Cohort Tactics -- Problems of De-
velopment 89
8. 8zadeczlcy-Ka.rdoss Nouveau fra.gment de Polybe sur l'activité
d'un proconsul roma.in, dü:~tributeur de terres
en Hispanie (Sucla s. v. neetat(!ÛY sur le
père des Gracques) 99
E. Mar6ti The Vilicus and the Villa-System in Ancient
Italy 109
.A. M6csy Die Novocomenses von Casar und die fingierte
Heimatsangabe cler Solclaten 125
L. Havas La rogatio Servilia (Contribution à l'étude de
la propriété terrienne à l'époque elu déclin de
la république romaine) 131
G. Ürogdi Zeichen hellenistischer Einflüsse auf elie augu-
steische Wirtschaftspolitik 157
E. Fe-renczy ,Uti legassit ... ita ius esto" 173
L. B(ûla Recusa.ntes provincia.les in Dacia 185
.E . .P6lay Hauskaufvertrag aus clem romischen Dakien
ISBN 963 OS 0760 9 (Ein Beitrag zum provinzialen Bocleneigentum
cler Romer) 197
1
J. P itz Les premières épithètes honorifiques Antoniniana 215
@ AKADÉMIAI KIADO, BUDAPEST 1976 J. Harmatü:t Two Economie Doeuments from the Sasanian Age 225
T. 0.1aiiozu I-( Bonpocy o6 HcTopHH sacenemur 6am<aHCKHX se-
· PIÙNT1TID IN HUNGARY MeJJb cnal35nraMH 239
OIKUMENE l, l97ü

SAMUEL SZADECZKY-KARDOSS

NOUVEAU FRAGMENT Dli: POLYBE SUR L'ACTIVITE


D'UN PROCONSUL ROMAIN, DISTRIBUTEUR
DE T:ERRES EN HISPANIE
(SUDA S. V. TIEPIAIPEIN SUR LE PÈRE DES GRACQUES)*

1. Dans l'Ibérique d'Appien le récit des événements des années 182-


133 puise sans cloute surtout clans Polybe.l Étant donné que Polybe assista,
personnellement au siège de Numance et qu'il était en relation intime avec
la famille Scipion jouant un rôle décisif clans les conquêtes de Rome en
Hispanie, et surtout avec Scipion le Jeune, 2 les informations d'Appien
peuvent être considérées comme une source de premier rang. En même
temps - comme les dernières recherches d'Istvan Hahn l'ont éclairé d'une
façon extrêmement nette - le mérite d'Appien est non seulement d'avoir
conservé pour la, postérité la matière des sources contemporaines perdues
totalement ou en 1mrtie (clans ce cas: Polybe), mais aussi d'avoir ELppliqué
les points de vue d'une certaine conception historique dans la description
qu'il donna elu développement de l'État et de l'Empire romains. 3 Une
des thèses fondamentales de cette conception historique affirme que, parmi

* Ce travail a été présenté comme intervention au VI• Congrès Internatiom11 des


J<Jtudes Classiques (Madrid, 2-6 Septembre 1 974).
1
G. GIANNELLI (e S. ~IAZZARINO: Trattato di storia romana I. Roma, 1970. 332,
cf. 321) exprime la conviction générale du monde scientifique en constatant que les
chapitres perdus de Polybe sur l'Hispanie «sono stati usufruiti ela Appiano nei libri
intitolati Iberica». Cela peut être considéré comme certain, en dépit du fait que les
opinions sont assez divergentes quant aux questions telles que: dans quelle mesure
l'historien alexandrin utilisa-t-il clirecten:tent ou indirectement son prédécesseur achéen?
combien et quelles sortes d'informations provenant d'autres som·ces a-t-il ajoutées à
la matière de Polybe? où et en quoi son point de vue divergeait-il de celui de son
modèle? Of. entre autres E. ScHWARTz: Appianus. EtE II 219--222 (nouvelle édition:
E. ScHWARTz: Griechische Geschichtsschreiber, Leipzig 1957); E. GABBA: Appiani
Bellorum Oivilium liber primus. Introduzione, testa critico e commenta con tracluzione
e inclici. Firenze 1958. XIX-XX: H. Sil'IION: Homs Kriege in Spanien 154-133
v. Ohr. 1Trankfurt a. M. 1962. 35- 36; voir encore l'œuvre citée ci-après sous la note 3.
2
Of. A. ScHULTEN: Numantia I. Die KeHiberer und ihre Kriege mit R.om, lVIünchen
1914. 9-10, 283-288; K. ZIEGLER: Polyhos. RE XXI (1952) 1450-1460, 1474,
passim; J. M. BLAZQUEZ: El Impacta de la Oonquista de Hispania en R.oma (154-33
a. 0.). Klio 41 (1963) 168 (voir encore pour les années 218-154: Estudios Olusicos 7
[1962] 1-29 passim); K. ZIEGLER: Polybios. Der Kleine Pauly, Lexikon cler An1;ike,
IV. Stuttgart 1972. 983-984. Du point de vue de notre article, il est important qùe
Ti. Sempronius Gracchus était le beau-père de Scipion le Jetme (H. G. GUNDEL:
Gracchus Nr. 6. Der Kleine Pauly IL Stu1;tgart 1767. 860), et comme confident de
Scipion, Polybe pouvait être particulièrement bien informé sur les fai1;s du beau-père
de celui-ci en Hispanie.
3
Voir pour tout ceci I. HAHN: Appian und Hom, sous presse.

7•
NOUVEAU FRAGMENT DE l'OLYBE 101
lOO S. SZÂDECZKY-KARDOSS

de Colenda (i1J1' KoAëYOÉW11 xweav av-r:oïç neoaoelaw nsvowlvotç). Les


les forces motrices des événements un rôle important, souvent même déci- indigènes vinrent alors à la distribution de terres avec leurs fa,milles, et
sif revient à la question agraire. 4 ils furent mnssacrés par les soldats du proconsul parjure.l 0
L'Ibérique démontre à plusieurs reprises que derrière les insurrections Il ressort avec évidence de ce qui précède que, comme Appien nous en
armées des habitants d'Hispanie, causant toujours tant de soucis aux con- informe, les conquérants romains n'ignomient pas que des milliers d'His-
quérants romains, se cachait comme un des mo~ifs le manque de terre~ paniens étaient dans la misère et contraints à niener une vie de pillards,
et le désir a1:dent d'en avoir. A ce propos, Appwn nous apprend ce qm car ils ne possédaient pas assez de terres pour pouvoir subsister si modes-
suit: En 181 ce sont des Ibères -- yfjç ànoeovvrsç -, surtout des Lusons, tement que ce soit.l 1 Mais pour la plupart des cas, on ne se servit de l'avidité
qui se retournèrent con~re R.om_e, et parmi eux ce. furent ceux, oam_ oè des miséra,hles indigènes que pour les attirer clans un piège avec la fausse
flÛ.Ata'-r:a yfjç 1]n6eom' qm, se retirant pour un certmn temps clans la v~lle promesse d'une distribution de terres et puis les massacrer. Il semble qu'en
de Kompléga, menèrent la lutte armée la plus tenace contre Q. Fulvms réalité ces malheureux ne recevaient de terres que lorsque les Romains
5
Flaccus, proc_onsul cl~ _l'Hispanie Citérieure, puis,_ c?ntre. son s~~ces.sem:_. devenaient particulièrement, redoutés et à la fois odieux par suite d'un
En 150 Servms Sulpwms Galba, propraetor de l H1spame Ulteueure, fit acte spéciaJement honteux on cruel (comme l'assassinat par traîtrise du
tomber' des milliers de Lusitaniens révoltés dans un guet-apens meurtrier brave Viriathe ou la mise à l'esclavage des héroïques habitants de Nu-
en leur promettant de bonnes terres, si - en déposant leurs armes --· mance) et il était à craindre que, sans un geste condescendant, ils incite-
ils se soumettElient. à Rome (<<Owa'w r~'èyw nevort8votç (p[J..otç yfjv àyafh}v>> raient les communnutés indigènes, poussées à bout, à prendre une résolu-
elit-il tnâtreusement). 6 En 1,17 (ou l'année précédente) des Lusitaniens sous tion désespérée. Appien qui observait la question agraire d'un œil pm·spi-
les armes ei1~oient une délégation au praetor C. Vetilius; c'est aussi pour cace, ne connut en Hispanie qu'un seul proconsul romain qui fît exception
demander des terres (yijv èç a'vvotuta'flàv al-rovvrsç). Au cas où on donne- à cette règle. C'était le successeur de Q. Fulvius Flaccus à la tête de l'His-
rEl>it suite à leur demande, ils senüent prêts à devenir des sujets de Rome. pania Citerior, Ti. Sempronius Gracchus, qui entre 180 et 178 pacifia les
Par suite de l'avertissement de Viriathe, elisant qu'il ne faut pas twoir tribus celtibères, 12 régla leurs relations avec Rome et distribua des terres
confiance dans la promesse des chefs romains, les insurgé~ _décident_ finale-
ment de continuer quand même la lutte. 7 En 139 Q. Servüms Caepw, pro-
cons.ul de l'Hispania Ulterior, fit tuer par des assassins à gages le chef 10
légendaire des Lusitaniens, Viriathe, clans sa tente, parce que sur le champs App. lb. 100/453-436. Nous venons de citer sous les notes 5 à 10 les informat;ions
d'Appien relatives à certains gouverneurs d'Hispanie. Les autres sources sont indiquées
de bataille celui-ci l'avait presque toujours emporté, grâce à son talent mili- dans les parties respectives des deux œuvres suivantes: 'l'. R. S. BIWUGHTON: 'l'he
taire, sur les proconsuls roniains envoyés contre h~i. Il para:ît Sine Caepio Magistrates of the Roman Republic (collabor. M. L. PATTERSON) I, II, Suppl. New
voulût faire oublier la honte cle cet odieux assassmat en dtstnbnant des York 1951, 1952, 1960; Paulys Realencyclopiidie cler classischen Altertumswissenschaft.
terres aux restes de l'armée de Viriathe ( yijv l!8wusv [um'1l1', 7.va fl?J Al7a'i87Jouw Nene Bearbeitung ... von G. \VrssowA. I ss., Stuttgart 1894-München 1974.
11 Le présent travail ne peut se proposer de trouver une réponse à la question com-
è~ ànoelaç).s Son acte ignoble ne devait pourtant pas être effacé définitive- plexe qui d'aillem·s - à cause de l'insuffisance des sources - ne peut guère être
ment de la mémoire de ses contemporains. - I l ne serait pas juste d'omettre résolue sans équivoque: quelles étaient les causes qui ont fait qu'en Hispanie il y
de notre énumération l'information cl' Appien selon laquelle, a,près avoir avait tant d'hommes manquant de terre et clans quelle proportion ces causes
détruit Numance et réduit à l'esclavage ses habitants restés en vie, Scipion agissaient-elles? Seraient-ce les Italiens afflu~nt après la conquête qui prirent t;rop
de terres arables aux dépens des indigènes 'l Etaient-ce les princes et les aristocrates
le Jeune partagea parmi les habitants de la région voisine le3 terres ;le ~a des tribus et des peuples locaux, qui s'accmnulaient dans leurs mains des propriétés'
ville qui avait lutté si héroïquement (-r:1)1' yfjv n]v Norwnivwv -r:oïç eyyvç trop vastes aux dépens du petit peuple? Est-ce que l'exigence d'tm mode de vie
oluova't &t:Ad/v ). 9- En épilogue, il faut ajouter encore ce qu'Appien raconte sédentaire, agricole et nécessitant des champs nouveaux, allait en s'élargissant parmi
les montagnards qui menaient, jusqu' alors la vie des bergers (ou bien des chassems)?
sür le proconsulat en Hîspanie Cit~rie~re d_e Titus Dic~ius (97- 93). Les Est-ce l'accroissement natm·el de la population qui eut pour résultat une surpopula-
mêmes Celtibères qui furent ensmte etablis a,ux environs de Kolencle tion, pour l'entretien de laquelle la terre de la Péninsule Ibérique - dans les con-
(Colenda) luttèrent en alliance avec Rome contre les Lusitaniens. Mais ditions elu développement technique agricole de éette époque - ne pourrait guère
leurs terres étant insuffisantes, ils s'habituèrent à une vie de pillards. suffir? Est-ce que ce fut pour l'entretien des troupes romaines que les paysans ibéri-
ques auraient eu besoin de plus de terres arables, ces paysans qui, sur leurs terres Cl.Ù-
Le proconsul pronüt traîtreusement de leur donner les terres des habitants tivées jusqu'alors ne pouvaient assurer que leur pure subsistance et auxquels il
était im.possible de satisfaire aux réquisitions de l'armée conquérante? De quelles
formes particulières de la possession des biens l'm'aux, de la dépendance ou même de la
4 Cette particularité de la mànière de voir d'Appien fut déjà soulignée avec insistance servitude paysannes (CIL P 614) doit-on tenir compte en Hispanie, où les Vaccéens,
par K. :Marx. K. MARX-FR. ENGE~S: W_erke XXI 30_2, XXIII 754--:--755, ~X?C 1?0 par exemple, vivaient (Diodor. Sicul. V. 34) encore en communauté de terre?
·(Berlin 1962, 1964). Voir à ce sujet I. HAH~: !--ppranos: ~- r6mm polgarlmboru~ 12
D. vVILSDORF: Fasti Hispaniarum provinciarum, in: Leipziger Stuclien ZUI'
(Emphylia) I, B~dapest 19~7, 5-6. (et c!ans la litterature anteneure: N. A. l'riAsCHKIN. classischen Philologie 1 (1878) 87-90; 'l'H. MoMMSEN: Romische Geschichte I. Berlin
Romische Geschwhte. Berlm 1953. passnn). 1907. 682 (cf. II. Berlin 1908. 4); K. GoTZFRIED: Ammien cler ri:imischen Provinzen
s App. lb. 42-43/171-178. beicler Spanien ... 218-154. :Erlangen 1907. 92-102; M. MARCHETTI: Hispania,
6 App. lb. 59-60/249-255. in: Dizionario Epigmfico di Antichità Romana, ecl. E. DE RuGGIERO, III, Roma 1922.
7 App' lb. 61/257-259. · 770, 792-797; :F. MüNZER: Sempronius Nr. 58. RE II A (1923), 1405-1406; G. DE
s App. lb. 74-75/311-321. SANCTIS: Storia dei Roma.ni IV. 1. Tm·ino 1923, réimpr. Firenze 1969. 44-8-451;
9 App. lb. 98/424-427.
102 S. SZADEOZKY-KARDOSS NOUVEAU FRAGMENT DE l'OI,YBE 103

à ceux qui en avaient besoin, avant tout, semble-t-il, aux indigents réunis distribution des terres, la création des propriétés paysannes rentrait dans
à Kompléga ( . .. -ri]ç Kopn/..éyaç xa-réoxs xal -rwv nsewtxcov, wùç (Jè à.n6eovç 1~ cadre d':m~ org_anisation de provinee prévoyante, conforme aux eoncep"
crvvcf.JxtCs xal yfj~· av-roïr; oœpé-resr)P twns esqmssees m-dessus. Et c'est dans ee même esprit que fut eonçue
Il apparaît des sources comme un fait certain que ce proconsul, distri- une grande partie de l'activité de Tiberius en Hispanie, révélée par des
buteur de terres, qui fut le père des Gracques, les futurs héros des mouve- sources.
ments de réforme agraire italienne et -- on peut risquer cette constatation Bien entendu, Tiberius Gracehus continue la guerre contre les diffërents
-- nussi leur précurseur dans un certain sens, était très estimé par les p_euples et villes celtibères jusqu'à lem· soumission ( deditio) ; c'est le prin-
Hispaniens qui le considéraient, de même que toute sa famille, comme leur mpe cl~ la stratégie romaine de cette époque.l6 Mttis il apporte une gr;ancle.
protecteur, voire leur ami. Ce sentiment se manifesta même 40 années attentwn à un traitement humain et même chevaleresque envers l'aclver-
plus tttrd lorsque, en 137, 'l'iberius Gracchus, le futur tribun du peuple, saire. Aux délégués de la ville de Cer·time assiégée, il laisse la même cir·cu-
put sauver par un compromis l'armée encerclée de Mancinus attendant lation libre qu'aux envoyés des peuples invités à porter secours aux habic
son anéantissement; en ce temps-là, Tibère n'était que quaestor, mais grâce ta,nts de la ville; il donne lieu même à la demande de ces derniers de pouvoir'
à la mémoire de son père il réussit comme délégué à obtenir des Nümantiens se convaincre de la force de l'armée roma,ine.1 7 Au moment de la soumis-
un contrat, en v-ertu duquel le consul-comma.nclant en chef put assurer sion de c~~time, il veille avec bear:coup d'attention à ne pas trop manifes-
sa propre vie et celle de ses soldats.l 4 ter. sa meftance envers la populatiOn en prenant des otages: 40 cavaliers
2. Comme nous l'avons vu, la distribution des terres par Tiberius Sempro- des notables de la ville suivent le proconsul, comme des alliés de Rome
nius Gracchus fut une mesure proconsulaire qui différait benucoup elu pro- tcwnen re ipsct, 1lt pignus fidei essent. 18 Il fait preuve du même tact lors d~
cédé des autres gouverneurs romains envers les Ibères privés de terres. 1~ pris~ de la ville d'Ale~: ~l reçoit le père des priüces tombés en captivité
Mais elle ne différait point du caractère de toute l'activité pacifiante et st cordittlement que celm-c1 s'engage en allié armé, avec ses parents, dans
organisatrice de Tiberius Gracchus en Hispanie, et semble même ~woir l'année ronutine -- for'l'iq1t-e ac ficleli opem rnult·is lacis r·em Rornanarn adi?t-
été en rehttion étroite avec ses principes directeurs. Celui-ci partait visi- vit.19 ·
blement de Ü1 juste conception qu'il n'était vraiment pas dans l'intérêt de Et s'il ngit avec fermeté en temps de guerre, se souciant toujours du
la Rome conquérante et de ses classes dominantes de dépouiller la province traitement humnin et obligeant envers l'adversaire, il agit de même pen-
pa.r une exploitation désordonnée, sans se soucier de l'avenir, et d'extermi- da,nt 1: tr~vail d'organisateur, après les opérations militaires. Il prend soin
ner ses habitants; le véritable intérêt des Romains consistait à créer des de prevemr une nouvelle révolte armée des indigènes contre Rome: il les
circonstances supportables nussi pour les indigènes, dans lesquelles la ?blil?e à_ n'élever aucune forteresse, aucune enceinte. 20 En même temps,
population de la province pourrait produire en paix et ainsi accroître :1 I~e~ome et conclue des traités avec les soumis, en tant que partenaires
régulièrement la force mfttérielle de l'Empire- et les réserves de son armée ]Ul'Ichquement éga.ux, ou même amis, et ainsi il scelle de serments mutuels
sans qu'une exaspération aboutissant ~t des révoltes réitérées exigeât ·con- los contn~ts dont la validité sera réclamée 1mr les Celtibères et leurs voisins
tinuellement de graves efforts militaires. 15 Il ne fait aucun dolite que Ja même ttprès des dizaines d'années.21 . ,
3. Il y a cependant un point où le travail d'orgmlisateur de Tiberius Grac-
chus en Hispètnie apparaît, à travers les sources connues jusqu'à présent,
'l'. R. S. BROUGHTON (-M. L. PATTERSON): The .iVJagistrates of the Roman Republic. comme _sortant de ce cadre: là, en effet, ses actes ne semblent pas être en
New York 1951. 388-389, 393, 395, 396, 586 et Supplernen~ (New ~ork 1960) 56;
H. SiliWN: Roms Kriege. in Spanien 154-133 y. Chr. Frànkfurt a. lVI. 1962. ll-12 hnrmome totale avec ses principes suivis dans la distribution des terres,
15~16, 37, 45; P. AcmADO BLEYE: l\1anual de historia de Espafia 1., ]Yfaclrid 1963. dm~s s~t conduite humaine pendant les opérations militnires, püis clans le
212-213; des ouvrages d'une importance extraordinaire sont A. SDHUL~'EN: Numantia trartement généreux des peuples conquis. Selon les sources utilisées jusqu'it
I._ Die K~ltiberer und ihre Kriege mit Rom. Müuehen 1914. 328-332 et Fontes Hispa- aujourd'hui, Tiberius Gracchus aurait obligé les Celtibères à un paiement
mae ant1quae III. Las guerras de 237-154. Barcelona 1935. La grande fréquence du
non~ Sempronius en Hispanie (CIL II 2857, cf. p. 1071-2) laisse supposer que c'était d'impôts et à une levée de troupes régulière, bien que du point de vue
à lm que bien des gens devaient l'obtention des droits civiques romains (A. ScnULTEN: 16
Numantia I. 332). Orosius IV. 20, 32; Frontin. strat. III. 5, 2; Liv. XL 35,4 et 13.39,1 et 8.47 9.
13 App. lb. 43-44/178-183. 49,1 eb 4.50,2. XLI periocha, 26,1. Chez Tite-Live nous trouvons certes assez de récits
H Plutarch. v. Tib. Gracch. 5, 3-4; cf. O. NICOLET: Les Gracques. Paris 1967. 1G. d'une authenticité contestable (U. KAIIRSTEDT: Die Annalistik von Livius Buch
15 G. GIANNELLI (-S. M:AzzARINO:Trattato di storia romana I. Roma 1970. 288) ~1-45. ~erlin 1913. 19), quand même A. SCHULTEN (Numantia, I. JYiünchm~ 1914,.
réstm1e d'tme façon concise la conviction commtme du monde scientifique: << ... Ti berio .319) ?' rars~n d:affirmer:. <<Zu einer vèilligen Streichung der livianischen Berichte über
Sempronio Gracco . . . costrinse i Celtiberi alla pace, ma li trattà con equità e genero- Spam~m, w1e Sie neuerclmgs empfohlen worden ist, scheint mir keine Veranlassung
sità insolite, che fm:ono grandamente apprezzate dai barbari e assicurano una lm1ga zn smn.>> ·
17 Liv. XL. 47, 2-8.
pace con essi.>> Parmi les auf;eurs s'exprimant clans le rnême sens (cf. note 12 plus haut) 18 Liv. XL. 47, 10. ·
nous nous référons à titre d'exemple encore à A. E. AsTIN: ScipioAemilianus. Oxford 10 Liv. XL. 49, 5-7.
1967. 40-41; ,J. J. VAN NoSTRAND: Roman Spain. An Economie Survey of Ancient 20
Rome (editee! by'l'.l!RANK) III. Baltimore 1937 (réimpr. New Jersey 1959): 134-135; App. lb. 44/182-183; Dioclor. Sicul. XXXI. 39. ·
A. SOHULTEN: CAR VIII (1930) 313-314. La ligne politique de Tiberius Gracchus
21
App. Ib. 43/179; ... naaw lfJer:o r:oiç r:fi(je av~·fJ1)uaç àuetfleîç, uafJ' a. 'Pwpa{wy laovr:at
est caractérisée le plus nettement par E. KoRNE!IrANN: Romische Geschichte T. rplÂ.OL' fJ(!UOVÇ 7:~ Wf!OGBY mJr:oiç ual IJJ.a{Jey~ èmnofJrywvç ÈY r:oiç VG7:8(!0P 'JtOÂ6f!OlÇ noÂÂautç
Stuttgart 1938. 297-298. ywopm•ovç. Von· encore Polyb. XXXV 2,13--15; Appian. lb. (48) 205.
104 S. SZADEOZKY-KARDOSS NOUVEAU FRAGl\IE:NT DE POLYBE 105

romain cela ne constituait pas une exigence indispensable et ain&i n'était 4. Dans le paragraphe précédent nous avons modifié le portrait histo-
qu'une tracasserie et une surcharge superflues pour les communautés rique de Tiberius Gracchus, proconsul romain, distributeur de terres en
indigènes. Le fait que le Sénat ait suspendu la validité de ces obligations Hispanie; cette modification est basée sur un passage elu lexique Suda,
prévues par les contrats de Gracchus et qu'il ait accordé pour une durée dont le rapport. avec Tiberius Gracchus n'était pas reconnu jusqu'à pré-
non déterminée la dispense des prestations en argent et en soldats, atteste sent et que nous avons pris pour un fragment de Polybe. Dans ht littéra-
ce que nous venons d'affirmer. 22 En vertu des informations antiques con- ture spéciale qui nous est Etccessible, nous n'avons pas trouvé de trace
nues jusqu'ici, la plupart des chercheurs font dater cette disposition du de ce que l'article Ileewt(!e'i1 de Suda ait été interprété .par quiconque de
1

Sénat de l'époque postérieure à la gestion de Gracchus en Hispanie, 2 a la manière décrite. Il nous faut donc rendre compte elu procédé qui nous
et la considèrent comme un acte a,ppelé à corriger ultérieurement son a conduit à cette nouvelle découverte.
activité d'organisateur de province. En d'autres termes, cela veut dire Le lexique byzantin en question parle dans son a,rticle Ileeœ~éxv-ro25
que dans le domaine de l'exigence des impôts et des troupes auxiliaires, de l'empereur byzantin Tibère (César depuis 574, Auguste depuis 578,
Tiberius Gracchus aumit joué le rôle elu conquérant sévère et ce serait mort en 582); l'a,rticle se rapporte au moment historique où Tiberius prit
le Sénat qui aurait clù atténuer ses mesures rigides. en mains la direction effective de l'empire à la place elu Justin II dont la
Sur la base d'une source passée inaperçue jusqu'à, nos jours, c'est-à- raison avait sombré. La phrase citée dans le lexique sEtns ~tuteur vient
dire d'un fragment elu 25 8 livre de Polybe, récemment découvert clans le d'un fragment de l'historien Ménandre Protector, qui nous fut conservé
lexique Suda, il nous faut contredire cette manière de présenter les faits. avec le nom de l'auteur dans le recueil <<Excer·pta de legationibus>>, rédigé
Car la source en question démontre clairement que ce fut justement Tibe- selon les instructions de l'empereur Constantin Porphyrogenète. 26
rius Gracchus qui permit aux Celtibères d'obtenir la dispense de la levée Quelques lignes avant l'article Ileete~éxv-co mentionné ci-dessus on
de troupes et du paiement d'impôts par le Sénat. 24 trouve le mot~rubrique Ile(!tat(!Û1' 27 ; clans celui-ci comme clans l'autre, une
Le père des Gracques suivit clone d'une façon cohérente, pendant toute citation anonyme parle de Tiberius. L'hypothèse s'impose clone que, si
son activité en Hispanie, le principe déjà suivi lors de la distribution des dans l'un des cas Ménandre Protector nous informe sur Tiberius, souverain
terres, qui consistait à protéger clans la province les intérêts de Rome et de l'Empire Romaine Orientale, dans l'autre cas aussi la citation serait elu
de ses classes dominantes en favorisant la subsistance et le travail produc- même auteur, et parlerait du même personnage historique. Cette concep-
teur des indigènes ainsi que leur réconciliation avec les conquérants dans tion a été exprimée par Th. Gaisforcl, et dans son édition critique de Sudn.,
les limites elu possible. A. Adler, savante d'une érudition sans pEtreille, ne rejeta pas définitivement
ÜL supposition elu chercheur anglais. Elle fait allusion naturellement au cloute
de G. Bernhardy concernant l'attribution à. Ménandre, mais sans l'avoir
2 2 Appian. lb. ( 44) 182-183: fJ oè m5yxÎ.r)1:oç . . . cpôeovç fjr:et TOVÇ oew8évr:aç inl
Feci.xxov areauvea8a{ re 'Pwpa{otç neortéraaae• xal yde roif8' a[ Feci.xxov avv8ijxw. èxé?.svo11 •
entièrement aclopté. 28
OE oè. . . cpôewv xai rijç l;waylaç vn' avrwv ëcpaam• 'Pwpalw1• àcpeïa8at perd Fedxxm•. Kal En réalité, l'argument opposé pa.r Bernharcly29 à l'opinion de Ga.isforcl
•0 OVTt 7Jdf11J àcpetpévot. ,Mowat o' fJ {JovÀr] rdç rotdaoe oweedç àei neoan8eirta xve{aç ifrtertOat, ne peut être considéré comme décisive. S'il est vrai que de véritables
11éxec 8.1' avrjj xal np o~pcp ooxjj. Cf. Diodor. Sicul. XXXI. 39. Celtibères ne vivaient plus, depuis longtemps déjà, sur le territoire d'His-
Z3 G. DE SANCTIS: op. cit. IV 1, 452 ( (( . . . dopo il governo di Gracco ... )) ); IL SIMON:
op. cit. 12 (« ... In den folgenden Jahren ... )>);A. ScrruLTEN: Numantia I. :333 (<( •••
panie à l'époque de l'empereur Tiberius et de Ménandre Protector, il n'en
wohl wiihrend cler Kriege im Osten ... )), c'est-à-clire·vers 171-168, ~l'époque cle la est pas moins connu d'autre part que les historiens byzantins archaïsaient
troisième guerre macédonienne); A. HEuss: Die vi:ilkeri·echtlichen Gnmcllagen cler avec prédilection, surtout les noms de peuples, et employaient volontiers
rümischen Aul3enpolitik in republikanischer Zeii;. Klio Beiheft XXXI, Leipzig 1933. des dénominations patinées a.ntiques, même en parlant de l'histoire de
103 (précédant immédiatement l'année 154 (( ... eine Zeitlang ... »). leur propre époque.ao
24 Suiclae lexicon, ecl. A. ADLER, vol. IV., Lipsiae 1935. p. 95, 11-14: II 1109:
IIeecweeiv: àcpweeiaffw, ànoxônretv, xaffvcp{ea{}ac. avyxwe1Jffijvat oe TDÏÇ KeJ.rl{31]1]01V ·uno Ainsi, la présence elu mot <<Celtibères>> est loin de prouver d'une manière
Tt{Jeelov neeaflevetv neoç n}11 avyxÀ1)TOV, xal neewceeiv èdv Tt TOVTWV ovvwvrat naeatreïafJac, oF suffisante que l'article Ileetat(!eï:v de Suda ne cite pas Ménandre Protec-
oè naeaÀifdat èneéa{Jevdav TTJV rtvyxÀ1)TOV TWV areanwrwv xal TWJI cpôewv. - Les mots perd
Fedxxol' chez Appien (lb. [44] 18:3, voir la note 22) - d'après ce qui vient d'être dit 25 II 1114: vol. IV. p. 95, 24-25. ed. A. ADLER; Cf. ibid. vol. V. p. 95.
26
- peuvent être interprétés de deux manières. Ou bien (et c'est le plus probable) il Excerpta de legationibus edidit C. DE Baon (Excerpta historica iussu imp.
ost ù. supposer que les délégués des Celtibères vinrent à Rome pendant que Tibe- Constantini Porphyrogeneti confecta ediderunt U. Ph. Boissevain, C. de Boor, Th.
rius Gracchus était encore en Hispanie, mais ils n'obtinrent du Sénat la remise Büttner- ViTobst, vol. I.), Berolini 1908. p. 199, 17--18: Menancl. Prot. fr. 40 init.
27 Voir la note 24. ·
des impôts et de la .levée de troupes qu'après l'expiration de son proconsulat. Ou
28
bien nous pouvons admettre aussi que l'expression perà Tedxxov signifie, un peu A. ADLER (Suidae lexicon vol. V. Lipsiae 1988. p. 95) enregistre, dans son index,
librement: ((après la conclusion elu contrat de Gracchus)). - En ce qui concerne la, le passage qui nous préoccupe parmi les citations pouvant être attribuées à Ménandre
convention des Celtibères avec le Sénat, située par Polybe (XXXV 2, 15) à l'époque Protector. Voir encore l'opinion d'A. Adler dans la note ajoutée à l'article du lexique
de Tiberius (rdç xarà Tc{Jtewv 61wÀoytaç a'llroiç yevôw:J,aç neoç rryv auyxÀ1)TDl'), elle est en question: op. cit. IV. p. 95 apparatus criticus.
récemment interprétée-contrairement à l'opinion de Trr. MoMllrBEN (Rümisches 29
Suiclae lexicon Graece et Latine ... post Thomam Gaisforcl recensuit ... Godo-
Staatsrecht III. 2. Leipzig 1888. 1168) - comrne la ratification par le Sénat des fredus Bernharcly, tomi alterius pars altera, Halis et Bnmsvigae 1853. 201-202.
30
contrats de Tiberius Gracchus (p. ex. H. SIMON: op. cit. 12); mais à la lumière du nou- GY. MüRAVCSIK: Klassizismus in der byzantinischen Geschichtsschreibw1g
veau fragment de Polybe, elle peuL être identifiée bien davantage à ht déeision du Polychronion. Festschrift. Franz Di:ilger zun1 75. Geburtstag. Heidelberg 1966. 371--
Sénat cle remett.rn les impôts et la levée des troupes. 872.
106 S. SZADECZKY-K--I.RDOSS NOUVEAU FRAGMENT DE l'OLYBE lüï

tor. Rien n'appuie plus solidement notre raisonnement que la monographie emploie l'ensemble de verbes neeaf3ëVew ne6ç ...... ~al naearr:eïa{}m37
historique de Theophylacte Simocatta- écrite peu de temps après Ménan- et c'est exactement le même ensemble que nous pouvons observer dans le
dre - dans laquelle on trouve le nom géographique archaïfmnt Ke?..nu~ passage de Sucla qui nous intéresse. Ajoutons encore que le verbe naeaJ..vw
, If3neta. 31 . est employé chez Polybe pour désigner la dispensation aussi bien elu ser-
La mention des Celtibères à elle seule, n'est donc pas un motif suffisant vice militaire ( 111:ea-celaç)3 8 que de la dépense d'argent ( àanaY?)ç), 39 exac-
pour rejeter la paternité de Ménandre. C'est le contenu de la cit.ELtion e~ tement comme nous le voyons dans la citation du lexique byzantin. Une
question qui pèse plus lourd dans la balance. Un monarque byzantm aurart telle quantité de concordances ne peut être le produit d'un pur hasard.
tout au plus demandé le conseil du Sénat dans une affaire telle que l'exemp- Nous elevons ranger les deux phrases de l'article Ileetat(!EÏ'v du lexique
tion éventuelle d'un peuple conquis du paiemtmt des impôts et de la levée Suda parmi les fragments elu livre 25 de Polybe; c'est en effet ce livre qui
des troupes; la décision définitive -- clans l'Empire d'Orient, basé sur l'abso- devait contenir le récit du proconsulat hispanique de Gracchus, distributeur
lutisme - ne pouvait appartenir qu'à l'empereur lui-même. 32 Pourtant, de terres. 40
selon les deux plll'ases en question de Suda, Tiberius permit aux Celtibères
de demander par une délégation au Sénat - organe appelé visiblement
à prenche des décisions à l'échelon le plus élevé33 -- leur exemption elu
paiement et de l'envoi des troupes. Ce 'l'iberius qui agit de cette mELnière,
!l'était sans cloute pas un souverain byzantin, il pouvait être plutôt un
magistrat de la libera 1'C8 pnblica. romaine, comme l'étf1it Tiberius Gracchus.
Qui pouva,it être l'auteur des phrases m10nymes citées~ - voilà la ques-
tion suivante qui se pose. Ménandre Protector sûrement pas, comme nous
l'avons vu plus haut. Mais Appien non plus, qui est d'ailleurs cité à plu-
sieurs repi·ises 1mr le lexique Suda; car l'Ibérique racontant les combats
en Hispanie appartient aux parties de l'œuvre d'Appien restées intactes,
mais nous y chercherions en vain le passage en question. On peut cl' autant
plus pense~· à Polybe, comme auteur de la citation do Suda. Le lexique
contient plusieurs centaines de citations de l'historien achéen. 34 Nous savo~1s
par Strabon que Polybe s'occupa des luttes de Tiberius Gracchus en Hrs-
panie.as Et un paesage de l' <<Excm·pta de legationibus>> montre clairement
que Polybe f.L parlé aussi de l'accord des Celtibères avec le Sénat à l'époque
clo rriberius Gracchus: dans le récit des luttes et des négociations hispano-
-romaines de l'année 152, il renvoie à cette convention comme à un fait
connu. 3 a
Mais tout cela rend seulement probable que la citation anonyme de
Suda appartient à Polybe. Les concordances stylistiques et lexicales rehau~­
sent la probabilité au niveau de la certitude. -Polybe, parlltnt une f01s
de la mission d'une délégation envoyée en vue de présenter une demande,

:n Theophyl. Simoc. I-Iist. VI. 3,6. .


a2 Voir p. ex. L. BRÉHIER: Les institutions de l'ernpire byzantin (Le monde byzantm
II). Paris 1970. 49 ss.
33 C'es1; un fait généralement connu que les mesures des chefs d'armée, même les
plus considérés, n'entraient en vigueur que par la décision souveraine elu Sénat, et le
Sénat pouvait même rejeter la ratification des dispositions des chefs d'arrnée en leur
subs1ituant ses propres résolutions en tant que directives. Parmi les exemples innom-
brables, l'lm des plus remarquables est celui quand le Sénat refusa pendant long-
temps (62-60 a. J.-C.) son approbation aux mesures de Pompée, après ses conquêtes en
Orient.
a4 Suidae lexicon, ed. A. ADLER: vol. V. p. 119-121. M. L. WJTIST: Two unnoticed a7 Polyb. IV. 51, l.
fragments of Polybius: The Classical Review 2~ (1973) 9-10. . as Polyb. XII. 5, 2.
35 Posiclon. fr. 271. ed. L. EDELSTEIN-L (;r. KIDD (Cambrrdge 1972) ap. Strab. :19 Polyb. XXVIII 11, 5.
III. 4, 13, p. 163 C. (Polyb. XXV. 1). ·10 Polyb. XXV 1, dans l'édition de BüTTNER-- vVoBST (Polybii Historiae, voL IV.
36 Excerpta de legat;ionibus p. :!59, 15-16. ed. C. DE Boou (Polyb. XXXV. 2, Lipsiae 1904. p. 174); clans des éditions ancimmes qui sur ce point peuvent aujourd'hui
15.). Voir ht fin de la note 24 plus haut. être 1 considérées comme périmées, le passage figure sous l'indica1;ion ((XXVI 4 1).