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- La croissance économique d’un pays est l’évolution de la richesse produite sur le territoire

de ce pays entre deux années ou entre deux trimestres. Cette richesse est appelée produit
intérieur brut (PIB).

I. Déterminants de la croissance économiques :

Le progrès technique : Il représente l’ensemble des éléments qui permettent d’améliorer les
méthodes de production. De ces améliorations découle une augmentation de la productivité
des facteurs de production. La croissance économique correspond à une augmentation à
long terme des richesses produites, donc le progrès technique favorise la croissance
économique.

Les ajustements institutionnels : Cadre institutionnel favorable (structures politiques,


régime fiscal, etc.)

La Population : A la fois en tant que facteur de production et consommateurs


(l’accroissement du capital et du travail).

Le facteur Travail : Il correspond aux moyens humains mis en œuvre dans la production. Il
peut être évalué de manière qualitative et quantitative. Le facteur travail participe à la
croissance économique au niveau de la quantité de richesses produites (productivité).

Ressources naturelles importantes : ressources renouvelables ou non-renouvelables


utilisées pour la production.

II. Les causes de la faible performance économique du Maroc durant 1970-2002 (selon le
HCP en 2005) :

- Faible qualité de la gouvernance.

- Niveau faible du capital humain et particulièrement la santé et l’éducation.

- Faible taux d’investissement.

- Cadre institutionnel défavorable […]

III.Les manières de l’obtention de l'accroissement de la production de biens et de services :

La croissance extensive résulte principalement de l'augmentation des quantités de facteurs


de production mis en œuvre (plus de travail, plus de machines et/ou plus de matières
premières).

La croissance intensive est le résultat de l'amélioration de l'efficacité des facteurs de


production ; elle se traduit par l'augmentation de la valeur ajoutée par salarié ou par

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l'accroissement des performances des machines, du fait du progrès technique. Elle s'appuie
donc sur des gains de productivité.

IV. La croissance et le modèle de Solow

Parmi les théories qui cherchent les causes de la croissance, celle de Solow est la référence
pour l’économie néoclassique. Le modèle de Solow considère la croissance comme
équilibrée à long-terme. Reposant en grande partie sur le progrès technique et sur son
hypothèse < Dans ce monde, la production ne dépend que de deux facteurs, le travail et le
capital >, la croissance serait stable et mènerait naturellement au plein-emploi.

 Solow : Modèle de la croissance exogène

la croissance provient du progrès technique. Toutefois, ce progrès technique est exogène au


modèle, c'est-à-dire qu'il ne l'explique pas mais le considère comme donné (telle une «
manne tombée du ciel »). C'est la notion de "résidu".

V. Les trois principales théories de la croissance endogène :

La théorie de la croissance endogène a pour objet d'expliquer la croissance économique à


partir de processus et de décisions microéconomiques. Elle est apparue en réponse aux
modèles de croissance exogène, en particulier le modèle de Solow, qui fondait la croissance
économique sur le progrès technique, mais n'expliquait pas l'origine de ce progrès. Le
premier modèle de croissance endogène a été publié par Paul Romer en 1986, dans un
article intitulé " Increasing Returns and Long Run Growth ". Cette théorie a été développée
principalement par Paul Romer, Robert E. Lucas, et Robert Barro. Ce sujet est devenu un
domaine d'étude majeur des sciences économiques.

VI. La croissance économique selon François Perroux

Selon la définition de François Perroux, la croissance économique correspond à «


l'augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues d’un indicateur de
dimension, pour une nation, le produit global net en termes réels. »

VII. La croissance économique selon Simon Kuznets

« La croissance économique d'un pays peut être définie comme étant une hausse sur une
longue période de sa capacité d'offrir à sa population une gamme sans cesse élargie de
biens économiques. Cette capacité croissante est fondée sur le progrès technique et les
ajustements institutionnels et idéologiques qu'elle requiert. Les fruits de la croissance
s'étendent par suite aux autres secteurs de l'économie. »

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VIII. Quesnay et la croissance

La croissance, qui est l'objectif premier de la politique économique, est plus souvent
invoquée que vraiment comprise. Pourtant, elle ne fait pas recette chez les économistes. Sur
les quelque cinquante prix Nobel d'économie décernés, seuls deux l'ont été pour des travaux
sur la croissance, à Robert Solow et à Simon Kuznets.

IX. La mesure de la croissance économique :

Elle est mesurée par l’utilisation d’indicateurs économiques dont le plus souvent est le PIB.

(𝑷𝑰𝑩𝒏 − 𝑷𝑰𝑩𝒏−𝟏 )
𝑻𝒂𝒖𝒙 𝒅𝒆 𝒄𝒓𝒐𝒊𝒔𝒔𝒂𝒏𝒄𝒆 =
𝑷𝑰𝑩𝒏−𝟏

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La pauvreté est un terme caractérisant la situation d’un individu, d’un groupe de personnes
ou d’une société qui ne dispose pas des ressources suffisantes pour lui permettre de
satisfaire ses besoins fondamentaux et se développer normalement. La pauvreté réfère
primitivement à l’accès à la nourriture, l’eau potable, les vêtements, le logement et le
chauffage, mais avec le progrès technologique et le développement des sociétés elle
concerne également l’accès à des ressources comme l’électricité et les communications, et
de manière générale l’ensemble des conditions de vie, incluant l’accès à des soins de santé
et l’éducation.

I. Les différentes mesures du seuil de pauvreté

 Approche monétaire :

La pauvreté est considérée comme une privation de la capacité à dépenser (Approche


fondée sur le revenu).

Seuil de pauvreté absolue

Pour déterminer le seuil de pauvreté, on cherche généralement à établir combien coûtent


au total toutes les ressources essentielles qu’en moyenne un adulte consomme en un an.

Seuil de pauvreté relative

Cette méthode de calcul tient compte du niveau de vie d’un pays. Cette mesure est
considérée subjective, c’est pourquoi elle a été critiquée.

→ Cette approche oppose l’idée popularisée dans certains milieux politiques que la situation
économique se dégrade pour les plus pauvres du fait de la mondialisation et du capitalisme.

 Approche multidimensionnelle

Elle englobe plusieurs dimensions du bien-être, et capture la distribution conjointe de


privations dans l’ensemble de la population. Elle repose sur l’éducation, la sante et le niveau
de vie.

On considère qu’un ménage est en situation de privation s’il est affecté par :

- La mortalité infantile et la malnutrition


- Déscolarisation et non-inscription à l’école
- Difficulté d’accès à l’électricité, l’eau potable et a l’assainissement.

→ La pauvreté est perçue comme une situation de manques multiples et synchronisés.

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II. L’indice de pauvreté multidimensionnel :

 Calcul de l’indice de pauvreté multidimensionnel :

𝑰𝑷𝑴 = % 𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒆 𝒒𝒖𝒊 𝒔𝒐𝒏𝒕 𝒑𝒂𝒖𝒗𝒓𝒆𝒔


× 𝒍′ 𝑰𝒏𝒕𝒆𝒏𝒔𝒊𝒕é 𝒎𝒐𝒚𝒆𝒏𝒏𝒆 𝒅𝒆 𝒍𝒂 𝑷𝒓𝒊𝒗𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏

Un ménage est considéré comme pauvre si, et seulement si, l’analyse des indicateurs montre
qu’il est privé de services essentiels dont la somme pondérée est supérieure à 30% de
l’ensemble des privations considérées.

Le calcul permet de suivre l’évolution de la pauvreté dans un pays dans le temps et l’espace,
et fait comprendre que tous les pauvres ne l’ont pas pour la même raison.

 Les limites de l’IPM :


- Indice composite, l’IPM agrège des données de nature différente.
- l’indice est construit à partir d’enquêtes qui étaient initialement destinées à l’analyse
de l’état de santé et le niveau d’éducation de la population et non à la mesure de la
pauvreté.
- les données récoltées ne sont pas toutes disponibles et ne couvrent pas toujours la
même année.
- L’IPM ne rend pas compte des différences entre les sexes alors que ces inégalités
sont importantes.

III. Approche de la cartographie de la pauvreté multidimensionnelle :

Elle consiste à fournir les indices statistiques pour produire une base de données
permettant d’identifier les poches de la pauvreté pour des petites zones géographiques
(Communes et quartiers urbains, Douars ruraux …).

 Approche méthodologique de la cartographie de la pauvreté multidimensionnelle

Le schéma discursif de cette approche consiste à :

Identifier les privations sur la base des besoins non satisfaits.


Etablir un score de privation agrégeant les 10 privations élémentaires.
Fixer le seuil de pauvreté: une personne est considérée multidimensionnellement
pauvre si son score de privation est supérieur au seuil de pauvreté.
Calculer les indices de la pauvreté multidimensionnelle à savoir :
 le taux de pauvreté multidimensionnelle
 l’intensité moyenne de privation
 l'indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM)

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 Distribution des formes de pauvreté et de leur cumul

IV. Typologie de la pauvreté selon Serge Paugam :

Pauvreté intégrée : Situation d’un pays économique en retard. Comme la pauvreté est
répandue depuis longtemps, les pauvres ne sont pas stigmatisés, et bénéficient de la
solidarité.

Pauvreté marginale : Petite partie pauvre d’une société prospère. Ils sont considérés comme
cas sociaux-inadaptés au monde moderne, et sont stigmatisés.

Pauvreté disqualifiante : Sociétés post-industrielles touchées par les difficultés économiques


(chômage …).

V. Politiques efficaces pour réduire la pauvreté selon la Banque Mondiale:

Développement de la petite enfance et la nutrition : Aider les enfants pendant leurs 1000
premiers jours, puisque plusieurs facteurs peuvent causer des retards d’apprentissage.

Couverture médicale universelle : Réservée pour ceux qui n’en bénéficient pas afin de
réduire les inégalités et améliorer la capacité d’apprentissage.

Accès universel à une éducation de qualité : S’assurer que chaque enfant bénéfice d’une
éducation de qualité.

Transferts monétaires aux familles démunies : Programme qui fournit un revenu de base
aux ménages.

Infrastructures rurales, en particulier les routes et l’électrification : réduisent les frais de


transport et relient les agricultures aux marches pour écouler leurs biens.

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Accès à l’éducation préscolaire : Il reste un luxe pour de nombreux enfants marocains de
familles défavorisées, révèle la Banque. Les écoles maternelles se sont surtout développées
dans les villes à l’initiative du secteur privé, offrant des solutions alternatives à des
structures plus traditionnelles, comme les écoles coraniques de type Msid et Kouttab ou
d’autres institutions. Au Maroc, la qualité de ces derniers varie profondément d’une
structure à une autre.

Accès aux soins : Malgré les progrès en termes d’accès aux soins et à l’éducation préscolaire,
de nombreux enfants marocains sont encore loin de pouvoir atteindre leur potentiel de
développement en pleine santé. En 2015-16, 43% seulement des Marocains âgés de 4 à 5
ans bénéficiaient d’une prise en charge préscolaire, le pourcentage tombant à 27,9% dans
les zones rurales.

→ D’après une étude, on remarque une très forte disparité spatiale entre les provinces, et
on recommande une politique d’équité.

→ En investissant dans la petite enfance :

- On renforce le capital humain.


- On influe sur l’épanouissement personnel.

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Le chômage est un phénomène socio-économique qui n’est pas facile à saisir car il apparait
hétérogène et ses indicateurs retenus varient d’un pays à l’autre.

Il désigne une période d’inactivité forcée qui caractérise la situation des personnes capables,
disponibles et désireuses de travailler mais qui ne parviennent pas à trouver un emploi.

I. Les indicateurs du chômage :

𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑’𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑖𝑡é = × 100
𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒

𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑜𝑐𝑐𝑢𝑝é𝑒
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑’𝑒𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖 = × 100
𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒

𝑁𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐ℎô𝑚𝑒𝑢𝑟𝑠
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐ℎô𝑚𝑎𝑔𝑒 = × 100
𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑐𝑡𝑖𝑣𝑒

→ La création d’emploi ne suffit pas à baisser le chômage puisqu’il faut que la rencontre
entre l’offre et la demande se réalise.

II. Concept d’emploi :

L’emploi : est l’exercice d’une profession rémunérée. Au sens macro-économique, un emploi


est l’utilisation de la population désireuse de travailler par l’économie nationale.

Le plein emploi : se caractérise par le fait que tout individu désirant de travailler trouve un
emploi. S’oppose ainsi au chômage.

Le sous-emploi : Il s’agit de personnes travaillant à temps partiel et recherchant un emploi à


temps plein ou à temps partiel supplémentaire, et le nombre de travailleurs à temps partiel
ne cherchant pas d’autre emploi mais disponibles pour un travail supplémentaire. Le sous-
emploi inclut également :

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- Le chômage saisonnier : concerne, quant à lui, l’ensemble des activités qui se
déroulent selon un cycle qui n’est pas constant dans le temps. Ce type de chômage
concerne par exemple les activités liées au tourisme, ou encore certaines activités
agricoles.

- Le chômage déguisé : c’est la partie fondamentale du sous-emploi. Il correspond au


nombre de travailleurs salariés, que l’on peut retirer d’un secteur sans réduire sa
production.

III. Typologie du chômage :

Volontaire: Le chômeur n’accepte pas de travailler par préférence (salaire, conditions ...).

D’attente: Le chômeur attend une réaction ou réponse d’un ou plusieurs recruteurs.

Frictionnel: Le chômeur vient de quitter son travail et attend un délai avant de pouvoir
rejoindre un nouveau.

Conjoncturel: dû à la conjoncture d’un pays (sa situation économique, politique ...).

Saisonnier: Le chômeur perd temporairement son travail à cause d’une “basse saison” liée à
son secteur.

Structurel ou technologique: Le chômeur perd son travail car on le remplace par les produits
du progrès technique (Gardiens et système de sécurité...).

IV. Les causes du chômage :

• Le progrès technique et la recherche de la productivité : le progrès technique a permis


aux entreprises de remplacer les hommes par les machines et de gagner en productivité. Ce
facteur explique donc, pour une part, la montée du chômage.

• Le ralentissement de la croissance et la crise économique : La crise économique a généré


un ralentissement de la croissance à l’origine de l’augmentation du chômage.
Marché stagne → demande insuffisante → baisse de la production → baisse d’offre d’emploi

• Les délocalisations d’entreprises et la concurrence des pays à faible coût de main-


d’œuvre : les pays en voie de développement (PVD) et particulièrement les pays du Sud-Est
asiatique, grâce à leur production à bas prix, ont fortement concurrencé certaines industries
des pays développés (textile, chaussure, horlogerie...) et ont donc participé à la disparition
de nombreuses entreprises dans ces secteurs.

→ Dans ce cas, l’importation coûte moins chère que la production

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• Les contraintes juridiques : les réglementations juridiques et fiscales dissuadent parfois
les entreprises d’embaucher davantage de main-d’œuvre en raison du coût qu’elles
génèrent (législation sur le salaire minimum, les conventions collectives, le droit du travail,
les règles de sécurité et d’hygiène, les cotisations patronales....).

• L’évolution démographique : il faut créer plusieurs emplois chaque année pour absorber
le poids de nouveaux entrants.

V. Le marché du travail :

Le marché du travail est le marché sur lequel se confrontent les offres (émanant des
travailleurs, qui proposent leur force de travail) et les demandes de travail (émanant des
employeurs, qui cherchent à embaucher).

 L'approche néo-classique du marché du travail

- Traditionnellement, pour les néo-classiques, le marché du travail est un marché comme les
autres. De la confrontation entre offres et demandes de travail naissent à la fois le niveau
des salaires et la quantité de main d'œuvre ayant un emploi. Ainsi l'offre de travail est une
fonction croissante du salaire alors que la demande est une fonction décroissante.

- La théorie néo-classique ne connaît donc que deux motifs de chômage :

 le chômage volontaire
 le chômage transitoire qui résulte des délais d'adaptation de l'offre avec la demande.

VI. Le Halo du chômage

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