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UNIVERSITE MOHAMED PREMIER

ECOLE SUPERIEURE DE TECHNOLOGIE


Oujda

Filière Genie Civil


Cours de Géotechnique

Essais d’identification des sols

Pr. Alae-Eddine BARKAOUI


Méthodes de classification géotechnique des sols

La classification se fait à l’aide des essais d’identification.


Les principaux sont les suivants :

-- l’analyse granulométrique ;
-- l’équivalent de sable ;
-- l’indice de densité ;
-- la détermination des limites d’Atterberg ;
-- la valeur de bleu de méthylène ;
-- la teneur en matière organique ;
-- la teneur en CaCO3.
1. L’analyse granulométrique

Les grains d’un sol n’ont pas tous la même dimension, et pour les identifier on
utilise l’analyse granulométrique, c'est-à-dire, l’étude de la répartition des grains
suivant leur taille granulométrique.

Elle s’effectue par :

-- tamisage (NF P 94-056) pour les sols grenus (> 0,08 mm).

-- sédimentométrie (NF P 94-057) pour les sols fins (< 0,08mm).


1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus: Granulométrie par tamisage (NF P94-056)

3 tamis montés
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:

Un tamis est constitué d'une tôle métallique perforée de mailles carrées. Les
tamis sont désignés par la taille des mailles qui est normalisée.

Les tamis sont également repérés par un numéro d'ordre appelé module. Le
premier tamis 0,08 mm a comme module le numéro 20, le suivant a le module
21 et ainsi de suite selon une progression arithmétique de raison 1.
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:

A chaque maille correspond un


module et réciproquement:

tamis 0,08 0,100 0,125 0,160 0,200 0,250 0,315 0,4 0,5 0,63

module 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29

tamis 0,80 1 1,25 1,60 2 2,50 3,15 4 5 6,3 8


module 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40

tamis 10 12,5 16 20 25 31,5 40 50 63 80

module 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:

Le tamisage à sec n’est précis que pour les matériaux dépourvus de cohésion comme les
sables ou les graviers. En présence d’un sol limoneux ou argileux, il faut effectuer un
tamisage sous l’eau. Le matériau doit alors être immergé pendant un temps suffisant
pour désagréger les agglomérats. Cette opération peut durer de quelques minutes à
plusieurs heures. Après tamisage, par une tamiseuse, on passe de nouveau les tamis et
leurs refus à l’étuve avant de les peser.

tamis avec refus

La quantité de matériau retenue sur le tamis est appelée refus, celle qui passe au
travers du tamis est appelée tamisat (passant).
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:


La courbe granolométrique, on détermine en particulier :
la dimension des plus gros éléments dmax ;
le pourcentage de tamisat inférieur à 2 mm,
le pourcentage de tamisat inférieur à 80 μm ;
les dimensions dN pour N fixé, N (en pour cent) désigne la dimension des grains dont le pourcentage N est de
dimension inférieure à dN (N = 10, 30, 50, 60 et 90) ;
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:


Le facteur d'uniformité de Hazen :

d 60
Cu 
d10
Pour Cu > 2, la granulométrie est dite étalée ou bien gradué.
(c'est-à-dire que toutes les tailles de grains entre les plus grosses et les plus fines de
ce sol sont présentes),

Pour Cu < 2, la granulométrie est dite uniforme ou serrée (mal gradué).


Plus la granulométrie est serrée plus la pente de la partie médiane de la courbe est
prononcée.

Le facteur de courbure :

Cc 
d 30 2
d 60 .d10
1. L’analyse granulométrique
1. L’analyse granulométrique

1 dmax 20 mm
2 < 2 mm 66 %
3 < 80 μm 4%
4 d10 0,14 mm
5 d30 0,55 mm
6 d50 1,35 mm
7 d60 1,94 mm
8 d90 6 mm
9 CU 13,8 mm
10 CC 1,11 mm
1. L’analyse granulométrique

1 dmax 20 mm
2 < 2 mm 66 %
3 < 80 μm 4%
4 d10 0,14 mm
5 d30 0,55 mm
6 d50 1,35 mm
7 d60 1,94 mm
8 d90 6 mm
9 CU 13,8 mm
10 CC 1,11 mm
1. L’analyse granulométrique

1.1. Sols grenus:

Appareillage de tamisage

 Dispositif de lavage avec arroseur,


malaxeur
 Jeu de tamis emboîtables à mailles
d’ouverture carrées conforme à la norme
NF ISO 565
 Couvercles et fonds de tamis
 Récipients en matériau non altérable,
brosse, pinceau…
 Balances
 Étuve ou enceinte thermique (50° à
105°C)
Résultats
Résultats
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins: (sédimentométrie) (NF P94-057)

L’analyse granulométrique s’effectue par sédimentométrie lorsque la dimension des


particules est inférieure à 80 µm.

L’essai consiste à laisser une suspension de sol se déposer au fond d’une éprouvette
pleine d’eau. Plus les grains sont fins, plus la vitesse de décantation est lente
conformément à la loi de Stokes sur la vitesse de chute de billes dans l’eau. Ainsi pour
une particule sphérique de diamètre D tombant dans l’eau :

 s  w 2
v .D
18

 étant la viscosité dynamique de l’eau = 10-3 Pa .s (=N.s/m2) à 20°C ;

v la vitesse limite de chute de la particule (cm/s) ;


 s et  w sont respectivement le poids volumique des particules solides et le poids volumique de l’eau (kN/m 3).
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:

Le procédé consiste à mesurer à différentes époques, à l’aide d’un densimètre, la


densité d’une suspension d’un sol.
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:


La mesure de la densité de suspension à des intervalles de
temps variables permet de calculer la proportion des grains
de chaque diamètre.

NB : La vitesse de sédimentation constitue un paramètre


physique qui permet de séparer physiquement des
particules de tailles différentes.
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:

Après un temps t, il ne subsiste à la profondeur H de la suspension que des particules dont la


vitesse de sédimentation est inférieure à H/t. Le diamètre de ces particules est donc inférieur
ou égal à :

D  H / C.t

s w
C est la constante de Stockes =
18

qui dépend de :
 Différence de densité entre les particules et liquide,
 la viscosié du liquide,
 l’accélération de la pesanteur.
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:


1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:

Méthode par diffraction et diffusion laser

Cette méthode fait appel aux théories de Fraunhofer et de Mie. Elle a été mise au
point en 1969 pour répondre à une demande de l'industrie cimentière. Des
instruments de hautes technologie peuvent analyser en 10 s des échantillons de
moins d'1g de matériaux. Le sol est mis en suspension aqueuse ou dispersé dans
un jet d'air puis exposé à une source laser, un détecteur mesure en bout de
chaîne le spectre de diffraction des particules.
1. L’analyse granulométrique

1.2. Sols fins:

Méthode par diffraction et diffusion laser: Principe

Les particules passent à travers un rayon laser fixe. Chaque particule diffracte la
lumière selon un angle qui est fonction de sa taille. La lumière diffractée est
recueillie par un détecteur multi-éléments. L’image de diffraction obtenue est
transformée en utilisant un modèle optique et une procédure mathématique
appropriés (théorie de Mie ou théorie de Fraunhofer). Le résultat, illustré sous
forme de courbe semi-logarithmique, est une distribution de particules en volume
(diamètre d’une sphère de volume équivalent).
1. L’analyse granulométrique
2. Essai d'équivalent de sable

Sols grenus:

Si le sol grenu contient des particules d'argile ou de limon on pourra


déterminer la proportion relative de sol fin et de sol grenu par l'essai
d'équivalent de sable (P 18-598).

Il consiste à placer l'échantillon de sol dans une éprouvette contenant de


l'eau et une solution lavante destinée à disperser les particules fines et à
secouer l'ensemble. Il se forme un dépôt solide au fond de l'éprouvette et un
floculat.

On fait les mesures visuellement ou à l'aide d'un piston.


2. Essai d'équivalent de sable
La valeur de l’équivalent de sable
(ES) est le rapport multiplié par 100,
de la hauteur de la partie sableuse
sédimentée h2, à la hauteur totale
du floculat et de la partie sableuse
sédimentée h1.

Fraction < 5 mm

ESV (visuel) = 100 . (h'2 / h1)


ES (piston) = 100 . (h2 / h1)

ES = 0 Argile pure
ES = 20 Sol plastique
ES = 40 Sol non plastique
ES = 100 Sable pur et propre
La valeur de PS doit selon les cas être supérieure à 60 ou 65. L'essai dit
"équivalent de sable piston" permet de mesurer le degré de propreté
du sable (PS)
3. L’indice de densité (norme NF P 94-059)

Pour donner une idée de l’état de compacité dans lequel se trouve un sol grenu à
l’état naturel, on définit l’indice de densité (ID) ou densité relative (Dr) :

emax  e
ID 
emax  emin

emin : indice des vides dans l’état le plus compact ;

emax : indice des vides dans l’état le moins compact (le plus lâche) ;

e : indice des vides en place (en général, pour un sable 0,4 <e <1)
3. L’indice de densité (norme NF P 94-059)

L’essai consiste à mettre en place le matériau séché dans un moule de volume


connu, selon une procédure bien définie (avec une hauteur de chute nulle). On
peut ainsi calculer son poids volumique minimal. Une surcharge statique de 10
kPa est ensuite appliquée afin de procéder au compactage de l’échantillon par
vibration. On calcule alors son poids volumique maximal.

- Pour un sol lâche


e  emax  I D  50 %
- Pour un sol serré e  emin  I D  50 %
ID État de compacité du sol grenu
0-15 Très peu compact
15-35 Peu compact
35-65 Compacité moyenne
65-85 Compact
85-100 Très compact
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4. Limites d'Atterberg

4.1 - Limite de liquidité wL


4.2 - Limite de plasticité wp
4.3 - Indice de plasticité Ip
4.4 - Indice de consistance Ic
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

 Les limites d’Atterberg servent à classifier les sols fins (< 80 μm).
 La position de la teneur en eau in-situ (w) par rapport aux limites d’Atterberg permet
de prévoir la consistance du sol.

L’indice de consistance est donné par la relation :

wL  w
IC 
IP
L’indice de consistance permet de caractériser l’état du sol fin. La consistance peut varier
dans de larges limites avec :
ola quantité d’eau interstitielle que contiennent ses pores,
ol’épaisseur des couches d’eau absorbée qui enrobent ses grains.

 Les limites d’Atterberg permettent de prévoir le comportement des sols fins pendant les
phases de terrassement et/ou lorsqu’ils sont sollicités mécaniquement (contrainte
admissible, module d’élasticité).
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.1. Détermination de la limite de liquidité wL

L’essai des limites d’Atterberg se fait sur la fraction du matériau appelée mortier, qui
passe au tamis de 0,40 mm. L’échantillonnage se fait sur matériau non séché à
l’étuve, une quantité suffisante de matériau devant être tamisée pour obtenir 150 à
200 g de mortier. Avant le tamisage le matériau doit être imbibé pendant au moins
12 heures. Il faut préparé une pâte bien homogène.

4.1.1. Méthode de la coupelle de Casagrande (norme NF P 94-051)


4.1.2. Méthode du cône de pénétration (norme NF P 94-052-1)
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)
4.1. Détermination de la limite de liquidité wL
4.1.1. Méthode de la coupelle de Casagrande (norme NF P 94-051)

1) Remplir la coupelle de l'appareil de Casagrande de la manière suivante :

la pâte recouvre le fond de la coupelle, sauf sur une partie d'environ 3 cm et son
épaisseur est, au centre, de l'ordre de 15 à 20 mm.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)
4.1. Détermination de la limite de liquidité wL
4.1.1. Méthode de la coupelle de Casagrande (norme NF P 94-051)

2) Partager la pâte en deux au moyen de l'outil à rainurer.


4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)
4.1. Détermination de la limite de liquidité wL
4.1.1. Méthode de la coupelle de Casagrande (norme NF P 94-051)

3) Fixer délicatement la coupelle sur le support métallique de l'appareil de


Casagrande.

Noter le nombre N de chocs nécessaire pour que les lèvres de la rainure se


rejoignent sur une longueur d'environ 1 cm.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)
4.1. Détermination de la limite de liquidité wL
4.1.1. Méthode de la coupelle de Casagrande (norme NF P 94-051)

La limite de liquidité wL est la teneur en eau du matériau qui correspond


conventionnellement à une fermeture sur 1 cm des lèvres de la rainure après 25
chocs.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)
4.1. Détermination de la limite de liquidité wL
4.1.2. Méthode du cône de pénétration (norme NF P 94-052-1)

La relation entre la teneur en eau du sol remanié et la pénétration pendant cinq


secondes, sous son propre poids, d’un cône normalisé (angle au sommet de 30°, masse
de 80 g), tombé en chute libre, est déterminée expérimentalement. On porte en
abscisse les teneurs en eau (en %) et en ordonnée les pénétrations correspondantes du
cône (en mm), les deux échelles étant linéaires. La droite la plus représentative est
tracée à partir des points expérimentaux.

Par définition la limite de liquidité est la teneur en eau du sol qui correspond à une
profondeur de pénétration du cône de 17 mm.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.2. Détermination de la limite de plasticité wp

La mesure de limite de plasticité s’effectue après celle de wL.

On prend un échantillon trop humide qu’on dessèche en le malaxant et en l’étalant sur


le marbre. On forme une boulette de l’échantillon et, à l’aide d’une plaque ou a la
main, on roule l’échantillon sur le marbre de façon à former un rouleau qu’on amincit
progressivement jusqu’à ce qu’il ait atteint 3 mm de diamètre et 10 à 15 cm de
longueur.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.2. Détermination de la limite de plasticité wp

Boulette

Fissuration du rouleau = wP

La limite de plasticité wP : est la teneur en eau conventionnelle d'un


rouleau de sol qui se fissure au moment où son diamètre atteint 3,0 mm
plus au moins 0,5 mm.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.3. Indice de plasticité :


S’exprime en % et donné par:

I p  wL  wP
Les valeurs de wL, wP et Ip sont en fonction de la proportion de l’activité des
particules argileuses contenues dans le sol
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.3. Indice de plasticité :


4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.3. Indice de consistance :

L’indice de consistance est donné par la relation :

wL  w
Ic 
IP
w étant la teneur en eau naturelle du sol.

L’indice de consistance permet de caractériser l’état du sol fin. La consistance peut


varier dans de larges limites avec :

o la quantité d’eau interstitielle que contiennent ses pores,


o l’épaisseur des couches d’eau absorbée qui enrobent ses grains.
4. Limites d’Atterberg (NF P 94-051)

4.3. Indice de consistance : wL  w


Ic 
IP
Si Ic > 1, le sol est à l’état solide
Si 0 < Ic< 1, le sol est à l’état plastique
Si Ic < 0, le sol est à l’état liquide
5. Essai au bleu de méthylène (NF P 94-068)
La valeur de bleu de méthylène VBS représente la quantité de bleu de méthylène
pouvant s'adsorber sur les surfaces externes et internes des particules de sol.

Étant donné que dans un sol c'est avant tout, la surface spécifique des particules
argileuses qui détermine sa surface spécifique totale, on peut considérer que la VBS
exprime globalement la quantité et l'activité de l'argile contenue dans ce sol.

On appelle valeur au bleu de méthylène d’un sol VBS, la quantité exprimée en gramme de
bleu de méthylène adsorbée par 100 g de fines.
5. Essai au bleu de méthylène (NF P 94-068)
La VBS se détermine à partir de l'essai au bleu de méthylène à la tache sur la fraction
0/5 mm. Le dosage s'effectue en ajoutant successivement différentes quantités de bleu
de méthylène. A chaque ajout on contrôle l'adsorption en prélevant une goutte de la
suspension que l'on dépose sur un papier filtre normalisé pour faire une tache.
L'adsorption maximale est atteinte quand une auréole bleu clair se produit à la
périphérie de la tache.
5. Essai au bleu de méthylène (NF P 94-068)

Interprétation de la VBS:
5. Essai au bleu de méthylène (NF P 94-068)

Exemples de valeurs de VBS de quelques sols:


6. Teneur en matière organique
La teneur en matières organiques (MO) est le quotient de la masse de
matières organiques contenues dans un échantillon de sol par la masse totale.

Les sols organiques comprennent notamment les vases, tourbes, alluvions


récentes ainsi que la terre végétale.

C’est un essai intéressant du point de vue de la compressibilité, car les


matières organiques sont toujours très compressibles.

Un sol peut être considéré comme organique lorsque MO > 3%. Au-delà de
3% de MO, l’utilisation des sols en remblais peut engendrer des problèmes
de tassements à long terme.
6. Teneur en matière organique

La détermination de la teneur pondérale en matières organiques (MO) se fait :

-Soit par une méthode chimique (NF P 94-055) Cette méthode consiste à doser le carbone
organique en oxydant les matières organiques. C désignant la teneur massique en
carbone organique on en déduit la masse totale des matières organiques MO = 1,7C en
supposant qu’en moyenne les matières organiques contiennent 58,8% de carbone
organique.

-Soit par calcination (XP P 94-047) Cette méthode consiste à sécher un échantillon de sol
dans une étuve à 105°C puis à le passer au four à 550°C pour brûler la matière organique.
La perte au feu est le rapport de la masse de matière organique brûlée sur la masse
totale sèche des particules minérales et organiques.

L’essai Van Post (norme NF P 94-058) permet d’apprécier l’état de décomposition des
matières organiques ou d’humification des sols organiques. Il s’applique à tous les sols
fins ayant une teneur pondérale en matières organiques supérieure ou égale à 10% (%
déterminé sur les éléments inférieurs à 2 mm)
6. Teneur en matière organique

Classification des sols selon leur teneur en matières carboniques


6. Teneur en matière organique

L’essai Von Post consiste à presser sous une contrainte imposée, un échantillon
de sol placé dans un moule cylindrique ayant à sa base une grille à travers
laquelle le liquide et éventuellement des particules de sol sont expulsées.

Le sol est classé selon :

-l’aspect du liquide s’il ne contient pas de substances végétales,

-le taux de pressage si le liquide contient des substances végétales.

Le taux massique de pressage Pe est le rapport entre la masse de liquide et de


particules me expulsées lors du pressage et la masse totale initiale mt.

Pe = me / mt
6. Teneur en matière organique
Les sols organiques sont répartis en 10 classes selon une échelle qui fait intervenir, l’aspect
du liquide extrait du sol et le taux massique de pressage. La classe H1 correspond à un sol
peu humifié, par contre la classe H10 à un sol totalement humifié, les 10 classes
permettent suivant une échelle conventionnelle de quantifier l’humification des matières
organiques contenues dans le sol.
7. Teneur en carbonates

La teneur massique en carbonates d’un sol (ou roche) est, par convention, le
rapport entre la masse de carbonate CaCO3 contenue dans le sol (ou roche)
et la masse du sol sec (ou roche sèche) La détermination se fait par
décomposition du carbonate de calcium contenu dans le sol (la roche) par
l’acide chlorhydrique.

L’essai de calcimétrie se réalise au calcimètre Dietrich-Fruhling ou calcimètre


Bernard (NF P 94-048) .
7. Teneur en carbonates

CaCO3 + 2 HCl ---> CaCl2 + H2O + CO2


7. Teneur en carbonates

Le calcimètre de Bernard
7. Teneur en carbonates

Le calcimètre de Bernard

Une masse m de sédiment broyé finement et sec est pesée. En général : 1, 0,5 ou 0,2 g.
Il est introduit dans un erlenmeyer dans lequel on place un tube à essai contenant HCl.

On ferme l’erlenmeyer et note le volume V0 le long du tube gradué.


Le tube à essai renversé, la réaction se produit :
CaCO3 + 2 HCl ----------------> CO2 + H2O + CaCl2

La quantité de CaCO3 contenue dans l’échantillon s’obtient en mesurant le volume de


CO2 dégagé entre le début : V0 et la fin de la réaction : V1.

Ce qui n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique est constitué par les éléments
insolubles : argiles, quartz, ...
7. Teneur en carbonates

La teneur en CaCO3 est un bon indice de sa résistance mécanique et de sa


sensibilité à l’eau. Suivant la valeur de cette teneur, le comportement du sol évolue
depuis celui d’une argile jusqu'à celui d’une roche (calcaire), la valeur de transition
étant aux alentours de 60%.

Selon le pourcentage de CaCO3 que contient la roche on distingue :

La dolomite étant l’équivalent magnésien de la calcite, la roche correspondante


s’appelle la dolomie (CaMgCO3). La plus part des dolomies proviennent de la
transformation de calcaires.
8. Analyse minéralogique

L’étude minéralogique des fines peut être effectuée par analyse aux
rayons X.

La détermination de la composition minéralogique de la fraction


argileuse pour les sols est un élément de jugement intéressant sur son
comportement.
Identification des minéraux argileux par DRX

DRX sur échantillon total

I: Illite
K: Kaolinite
G: Gypse
Q Q: Quartz
C: Calcite
D: Dolomite

C
Q
Q Q
G D CQ Q
I K C Q QC Q CC Q
G CC C

2 10 20 30 40 50 60
2-Theta - Scale
Identification des minéraux argileux par DRX

Méthode de Casagrande

C’est une démarche simplifiée basée sur les limites d’Atterberg.

Il s’agit de placer sur l’abaque de plasticité de Casagrande, les points correspondant


à l’échantillon et de comparer sa position avec celle des minéraux connus. Cette
méthode peut donner autant de renseignements pertinents que n’importe quelle
analyse de haute précision.
Identification des minéraux argileux par DRX
Méthode de Casagrande
9. Activité argileuse

Les valeurs des limites de liquidité et de plasticité dépendent en tout premier lieu de
l’importance relative des grains les plus fins au sein du mortier (l’ensemble des grains
de dimension inférieure à 0,4 mm). Par définition, l’activité est le rapport de l’indice de
plasticité exprimé en % à la teneur en argile exprimée en % :

La teneur en argile dite aussi fraction argileuse est le rapport du poids des grains secs de
dimension inférieure à deux micromètre au poids total du mortier