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Problème Énoncé

Une famille d’arcs paramétrés


1 t(t − a)
Pour tout réel a, on considère l’arc de R2 paramétré par x(t) = et ya (t) = 2 .
t(t2 − 1) t −1
On note Γa la courbe représentative de cet arc.

1. Montrer que Γ−a se déduit de Γa par une transformation géométrique simple.


Dans toute la suite, on se limitera donc à la condition a > 0.
2. (a) Préciser le domaine d’étude de l’arc Γa .
(b) Indiquer les limites de t 7→ x(t) et t 7→ ya (t) aux bornes du domaine d’étude.
(c) Préciser le signe de x0 (t) et y 0 (t) par intervalles.
On sera notamment amené à distinguer les cas a = 0, 0 < a < 1, a = 1 et a > 1.
Si 0 < a < 1, on placera les racines t1 < t2 de y 0 (t) par rapport à −1, 0, 1.
(d) Dresser les tableaux de variations des arcs
√ Γa en √discutant
√ suivant les valeurs de a.
On considèrera les cas : a = 0, 0 < a < 23 , a = 23 , 23 < a < 1, a = 1, a > 1.
√ √
3. Montrer que Γa admet un point stationnaire si a = 23 , pour la valeur t = 33 .
Étudier la nature de ce point stationnaire.
4. (a) Indiquer les asymptotes horizontales ou verticales éventuelles des courbes Γa .
(b) Étudier soigneusement l’asymptote oblique obtenue quand t tend vers 1. On précisera
notamment le placement de la courbe par rapport à cette asymptote, ce qui conduira à
considérer les cas 0 6 a < 3/4, a = 3/4 et a > 3/4.
(c) Étudier soigneusement l’asymptote oblique obtenue quand t tend vers −1. On précisera
notamment le placement de la courbe par rapport à cette aysmptote.

5. (a) Montrer que Γa n’admet de point double que si a > 23 .

(b) Donner un paramétrage du lieu décrit par ce point double quand a > 23 .
6. (a) Montrer qu’une droite du plan rencontre Γa en au plus trois points.
(b) Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur les fonctions symétriques élémentaires
de t1 , t2 , t3 , pour que M (t1 ), M (t2 ), M (t3 ) soient alignés sur Γa .
(c) On suppose que la tangente au point M (t) de Γa recoupe Γa en M (t0 ).
1
Exprimer t0 en fonction de t. Que se passe-t-il si t = 2a ?
(d) Déterminer combien chaque courbe Γa possède de points d’inflexion.

3 3 4 3 12
7. Tracer les courbes Γa quand a ∈ {0, 5 , 4 , 5 , 2 , 13 , 1, 2}.

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Problème Corrigé

Corrigé du problème
1 t(t − a) 
1. Notons Ma (t) = , le point de paramètre t de la courbe Γa .
t(t2 − 1) t2 − 1
On constate que M−a (−t) et Ma (t) ont même ordonnée et des abscisses opposées.
La courbe Γ−a se déduit donc de Γa par la symétrie orthogonale par rapport à Oy.
2. (a) Si a > 0, il n’y a pas de réduction évidente du domaine d’étude R \ {−1, 0, 1}.
Si a = 0, les points M0 (t) et M0 (−t) sont symétriques par rapport à Oy (c’est un cas
particulier de la symétrie qui échange les courbes Γa et Γ−a .)
Si a = 0 on peut donc limiter l’étude à R+∗ \ {1}.
lim − x(t) = −∞
 
 t→(−1) lim + x(t) = +∞
 t→(−1)
(b) On a et
 lim ya (t) = +∞  lim ya (t) = −∞

t→(−1) +
t→(−1)

− 0+ si a > 0
De même lim− x(t) = +∞, lim− ya (t) = 0 , lim+ x(t) = −∞, lim+ ya (t) =
t→0 t→0 t→0 t→0 0− si a = 0
 −∞ si a < 1  +∞ si a<1
  
 lim− x(t) = −∞
t→1
, lim y (t) = 1/2 si a = 1 , et lim+ ya (t) = 1/2 si a=1
 lim x(t) = +∞ t→1− a  t→1 
t→1+ +∞ si a > 1 −∞ si a>1
Enfin lim x(t) = 0 et lim ya (t) = 1. Le point (0, 1) est donc un “point-limite”.
t→∞ t→∞
ya (t) − 1
Plus précisément, = t(1 − at) tend vers ∞ quand t → ∞. On en déduit la
x(t)
présence d’une tangente verticale au point-limite.
(c) Pour tout a > 0 et tout t de R \ {−1, 0, 1}, on trouve :
√ √
1 − 3t2 3 3
x0 (t) = 2 2 , nul pour t = ± 3 , strictement positif si |t| < 3 .
t (t − 1)2
0 (2t − a)(t2 − 1) − (t2 − at)(2t) at2 − 2t + a
ya (t) = = .
(t2 − 1)2 (t2 − 1)2
Pour trouver le signe de ya0 (t) par intervalles, on discute suivant les valeurs de a.
−2t
Tout d’abord, si a = 0, on a ya0 (t) = 2 , nul en 0, négatif sur R+∗ .
(t − 1)2
Supposons donc a > 0. Le discriminant de Pa (t) = at2 − 2t + a est ∆0 = 1 − a2 .
√ √
1 − 1 − a2 1 + 1 − a2
— Si 0 < a < 1, Pa (t) s’annule en t1 = et t2 = (t1 < t2 )
a a
Pa est strictement négatif sur ]t1 , t2 [ et strictement positif si t ∈/ [t1 , t2 ].
Pour le tableau des variations, il faut placer t1 et t2 par rapport à −1, 0, 1.
On voit que Pa (−1) = 2(a + 1) > 0, Pa (0) = a > 0, et Pa (1) = 2(a − 1) < 0.
On en déduit les inégalités −1 < 0 < t1 < 1 < t2 .

Il faut également placer t1 , t2 par rapport à ± 33 , valeurs qui annulent x0 (t).
√ √   √ 
Pour − 33 c’est évident. Sinon Pa 33 = 43 a − 23 .

La valeur 23 étant bien sûr dans ]0, 1[, on distingue trois cas :

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Problème Corrigé

√ √  √
3 3
 Si 0 < a < 2 , alors Pa 3 < 0 donc t1 < 33 < t2 .
√ √
3
Dans le tableau des variations, on verra : −1 < − < 0 < t1 < 33 < 1 < t2 .
3
√ √  √ √
 Si a = 23 , alors Pa 33 = 0 donc t1 = 33 (ici t2 = 3.)
√ √ √
On a alors les inégalités : −1 < − 3 < 0 < t1 = 33 < 1 < t2 = 3.
3
√ √  √
 Si 23 < a < 1, alors Pa 33 > 0 donc 33 ∈ / [t1 , t2 ].
√ √
3
On a alors les inégalités : −1 < − < 0 < 33 < t1 < 1 < t2 .
3
t 1
— Si a = 1, on trouve ya (t) = et ya0 (t) = > 0.
t+1 (t + 1)2
1 1
Dans ce cas, on prolonge ya et ya0 en t = 1 par les valeurs ya (1) = et ya0 (1) = .
2 4
2
at − 2t + a
— Si a > 1, ya0 (t) = ne s’annule pas, et reste > 0 sur R \ {−1, 0, 1}.
(t2 − 1)2
Dans tous les cas, on connait donc le signe de x0 (t) et de ya0 (t) par intervalles. On en déduit
le sens de variation des applications t 7→ x(t) et t 7→ ya (t).
(d) Voici le tableau des variations pour a = 0.


Voici le tableau des variations pour 0 < a < 3/2.

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Problème Corrigé


Voici le tableau des variations pour a = 3/2.


Voici le tableau des variations pour 3/2 < a < 1.

Voici le tableau des variations pour a = 1.

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Problème Corrigé

Voici le tableau des variations pour a > 1.

√ √
3. L’étude précédente montre que Γa a un point stationnaire si a = 23 , pour t = 33 .
Pour le décrire,
√ on peut effectuer un développement limité de √ t 7→ x(t) et de t 7→ ya (t) au
voisinage de 33 , donc au voisinage de 0 après avoir posé t = 33 + h.
1 1 −3
2
= √ =   √ 
t −1 2
− + 2h 3
+h2 2 1 − h 3 + 3 2
h
3 3 2
 √   √   √ 
= − 23 1 + h 3 + 32 h2 + 3h2 + 3 3 h3 + 3 3 h3
 √ √ 
= − 23 1 + 3 h + 92 h2 + 6 3 h3 + o(h3 )

1 3 √  √ √ 
De même = √ = 3 1 − 3 h + 3h2 − 3 3 h3 + o(h3 ) .
t 1 + 3h
Ainsi : √  √ √ √
1 3 3 3 3 3

3 3 27 3 2
x(t) = 2 = − 2 1 + 2 h + 2 h + o(h ) = − 2 − 4 h − 27
9 2 3 3 3
4 h + o(h ).
t(t − 1)

t(t − a) 1 − at 1 − 3h
On remarque ensuite que ya (t) = 2 =1+ 2 =1+ .
t −1 t −1 2(t2 − 1)
On en déduit :
√  √ √  √
ya (t) = 1 − 43 (1 − 3 h) 1 + 3 h + 29 h2 + 6 3 h3 + o(h3 ) = 14 − 98 h2 − 9 8 3 h3 + o(h3 )
√ √ √  √ 
9 −6 3 −6
   
3 3 3 3 1 9 √ .
Pour a = 2 et t0 = 3 , soit M (t0 ) = − 2 , 4 , U = 8 et V = 8
−1 − 3
On a donc obtenu : M (t) = M (t0 ) + h2 U + h3 V + → −
o (h3 )
Le vecteur U dirige la tangente à l’arc en M (t0 ), et U, V sont libres.
X(t) ∼ (t − t0 )2

Dans le repère (M (t0 ), U, V ) les coordonnées X(t), Y (t) de M (t) vérifient
Y (t) ∼ (t − t0 )3
Cela signifie que Γa présente en M (t0 ) un rebroussement de première espèce.
Il y a une autre méthode, qui consiste à calculer les dérivées successives
√ (jusqu’à la troisième)
des applications x 7→ x(t) et y 7→ ya (t), et de les évaluer en t0 = 33 .

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Problème Corrigé

En principe cette méthode est déconseillée, sauf si les calculs de dérivées sont très simples. Ici,
pour que ça reste raisonnable, il faut décomposer x(t) et ya (t) en éléments simples.
1 1 1 1
On trouve x(t) = 2 =− + + .
t(t − 1) t 2(t − 1) 2(t + 1)
2 1 1 6 3 3
On en déduit x00 (t) = − 3 + 3
+ 3
et x000 (t) = 4 − 4
− .
t (t − 1) (t + 1) t (t − 1) (t + 1)4
t(t − a) 1−a 1+a
De même ya (t) = 2 =1+ − .
t −1 2(t − 1) 2(t + 1)
1−a 1+a 3(a − 1) 3(a + 1)
On en déduit ya00 (t) = 3
− 3
et ya000 (t) = + .
(t − 1) (t + 1) (t − 1)4 (t + 1)4

00 00 00 00 3
Il reste à calculer x (t0 ), ya (t0 ), x (t0 ) et ya (t0 ), avec t0 = .
3
2 1 3 1 3
Remarquons que t20 − 1 = − donc = − (t0 + 1) et = − (t0 − 1).
3 t0 − 1 2 t0 + 1 2

√ 27 
3 3
 √ 27 3 27 3
00
Ainsi x (t0 ) = −6 3 − (t0 + 1) + (t0 − 1) = −6 3 − (t0 + 3t0 ) = − .
8 4 2

00 9 000 81 000 27 3
On trouverait de même : ya (t0 ) = − , x (t0 ) = − et ya (t0 ) = − .
4 2 4
−−→00 9 √ 
−−→000 27  √ 
Ainsi OM (t0 ) = −6 3, −1 et OM (t0 ) = −6, − 3 .
4 4
−−→00 −−→000
Puisque OM (t0 ) et OM (t0 ) sont indépendants, on trouve à nouveau que le point étudié est
un rebroussement de première espèce.
4. (a) Les résultats suivants découlent immédiatement de l’étude des variations des fonctions
t 7→ x(t) et t 7→ ya (t), suivant les valeurs de a.
On constate en particulier qu’il n’y a jamais d’asymptote verticale.
Pour tout a > 0, il y a l’asymptote horizontale y = 0, quand t → 0.
Uniquement pour a = 1, il y a l’asymptote horizontale y = 1/2, quand t → 1.
(b) On suppose ici a 6= 1 (sinon il y a une asymptote horizontale quand t → 1.)
On effectue un développement généralisé de h 7→ x(1+h) et de h 7→ ya (1+h), au voisinage
de h = 0, à une précision suffisante pour déterminer l’asymptote ainsi que le placement
de la courbe par rapport à cette droite.
1 1 1 1 1 1
x(t) = − + + ⇒ x(1 + h) = − + +
t 2(t − 1) 2(t + 1) 1 + h 2h 2(2 + h)
2
1 1  h h
⇒ x(1 + h) = −1 + h − h2 + + 1− + + o(h2 )
2h 4 2 4
1 3 7 15 2
⇒ x(1 + h) = − + h− h + o(h2 )
2h 4 8 16
t(t − a) 1−a 1+a 1−a 1+a
ya (t) = 2
=1+ − ⇒ ya (1 + h) = 1 + −
t −1 2(t − 1) 2(t + 1) 2h 2(2 + h)
2
1−a 1+a  h h
⇒ ya (1 + h) = +1− 1− + + o(h2 )
2h 4 2 4
1−a 3−a 1+a 1+a 2
⇒ ya (1 + h) = + + h− h + o(h2 )
2h 4 8 16

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Problème Corrigé

On élimine les termes en 1/h en formant ya (1 + h) − (1 − a)x(1 + h).


On trouve :
ya (1 + h) − (1 − a)x(1 + h)
1−a 3−a 1+a 1+a 2 1 3 7 15 2 
= + + h− h − (1 − a) − + h− h + o(h2 )
2h 4 8 16 2h 4 8 16
3  3 7 
= −a+ a− h+ − a h2 + o(h2 )
2 4 8
3  3 7 
Ainsi ya (t) = (1 − a)x(t) + − a + a − (t − 1) + − a (t − 1)2 + o((t − 1)2 )
2 4 8
3
On en déduit l’existence d’une asymptote oblique d’équation : Y = (1 − a)X + − a.
2
3
Le placement est donné par le signe de ya (t) − (1 − a)x(t) − + a quand t → 1.
2
2
3 x(t) 3 (t − 1)
— Si a = alors ya (t) − − ∼ .
4 4 4 8
X 3
La courbe est localement au-dessus de l’asymptote Y = + quand t → 1.
4 4
3 3  3
— Si a 6= alors ya (t) − (1 − a)x(t) − + a ∼ a − (t − 1).
4 2 4
3 3
Quand t → 1− : courbe au-dessus de l’asymptote si a < , en-dessous si a > .
4 4
+ 3 3
Quand t → 1 : courbe en-dessous si a < , au-dessus si a > .
4 4
(c) On effectue un développement généralisé, à la précision h2 , de h 7→ x(−1 + h) et de
h 7→ ya (−1 + h), au voisinage de h = 0.
On utilise les propriétés x(t) = −x(−t) et ya (t) = y−a (−t) pour bénéficier des calculs
précédents.
1 3 7 15 2
Tout d’abord : x(−1 + h) = −x(1 − h) = + + h+ h + o(h2 ).
2h 4 8 16
1+a 3+a a−1 a−1 2
Ensuite ya (−1 + h) = y−a (1 − h) = − + + h+ h + o(h2 ).
2h 4 8 16
On élimine les termes en 1/h en formant ya (−1 + h) + (1 + a)x(−1 + h).
On trouve :
3  3  7 2
ya (−1 + h) + (1 + a)x(−1 + h) = a + + a+ h+ a+ h + o(h2 ).
2 4 8
3
On en déduit l’existence d’une asymptote oblique d’équation : Y = −(1 + a)X + a + .
2
3  3
On observe que ya (t) + (1 + a)x(t) − a − ∼ a + (t + 1) quand t → −1.
2 4
3
Puisque on s’est limité au cas a > 0, on sait que a + > 0.
4
On en déduit que la courbe est :
– en-dessous de son asymptote quand t → (−1)− .
– au-dessus de son asymptote quand t → (−1)+ .

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Problème Corrigé


x(t1 ) = x(t2 )
5. (a) On cherche s’il existe t1 et t2 distincts dans R \ {−1, 0, 1} tels que
ya (t1 ) = ya (t2 )
2 2
t2 (t2 − 1) = t1 (t1 − 1)
 
x(t1 ) = x(t2 )

ya (t1 ) = ya (t2 ) t1 (t1 − a)(t22 − 1) = t2 (t2 − a)(t21 − 1)

t2 (t22 − 1) = t1 (t21 − 1) t2 (t22 − 1) = t1 (t21 − 1)


 
⇔ ⇔
t21 (t1 − a) = t22 (t2 − a) at21 + t2 = at22 + t1

(t2 − t1 )(t22 + t1 t2 + t21 − 1) = 0


 2
t2 + t1 t2 + t21 = 1 (t1 + t2 )2 − t1 t2 = 1
 
⇔ ⇔ ⇔
(t2 − t1 )(a(t1 + t2 ) − 1) = 0 a(t1 + t2 ) = 1 a(t1 + t2 ) = 1

t1 + t2 = 1/a
Il n’y a pas de solution si a = 0. Si a > 0, on obtient
t1 t2 = 1/a2 − 1
Cela signifie que t1 , t2 sont les racines réelles distinctes de (Ea ) : a2 t2 − at + 1 − a2 = 0.
Mais (Ea ) possède deux racines réelles distinctes ⇔ ∆ = a2 (4a2 − 3) > 0.

Conclusion : Γa possède un point double ⇔ a > 23 .

Remarque : si a = 23 , le point double “dégénère” en un point de rebroussement.
On doit éliminer les solutions éventuelles t = 1, t = 0 et t = −1.
Posons Pa (t) = a2 t2 − at + 1 − a2 . On a Pa (−1) = 1 + a > 0 : −1 n’est jamais racine.
En revanche Pa (1) = 1 − a et Pa (0) = 1 − a2 . On √
voit que 0 et 1 sont solutions de (Ea )
quand a = 1 (qui tombe bien dans l’intervalle a > 23 ).
Si a = 1, le point double est en fait “rejeté” à l’infini.

(b) Soit (Xa , Ya ) les coordonnées du point double de Γa quand a > 23 et a 6= 1.
On sait que (Xa , Ya ) = Ma (t), où t est racine de a2 t2 = at − 1 + a2 .
1 a2 a3 a3
On en déduit Xa = = = = .
t(t2 − 1) t(at − 1) a2 t2 − at a2 − 1
t2 − at (a − a3 )t + a2 − 1
De même, Ya = = = 1 − a2 .
t2 − 1 at − 1

√ a3
Xa = 2

3
Le lieu des points doubles est donc donné pour a > 2 par a −1
Y a = 1 − a2

6. (a) On considère la droite (D), d’équation ux + vy + w = 0, avec (u, v) 6= (0, 0).


Le point M (t) de Γa est sur cette droite si et seulement si ux(t) + vya (t) + w = 0.
u vt(t − a)
Cela équivaut à + 2 + w = 0, avec t ∈
/ {−1, 0, 1}, donc :
t(t2 − 1) t −1
(v + w)t3 − avt2 − wt + u = 0, qui est une équation polynomiale de degré 6 3.
Il en découle que toute droite rencontre Γa en au plus trois points.

(b) Si les points M (t1 ), M (t2 ), M (t3 ) sont alignés le calcul précédent montre qu’il existe u, v, w
dans R (avec (u, v) 6= (0, 0)) tels que (v + w)t3 − avt2 − wt + u = 0.
av −w −u
Les relations coefficients-racines donnent σ1 = , σ2 = et σ3 = .
v+w v+w v+w
Il en résulte l’égalité σ1 = a(σ2 + 1).

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Problème Corrigé

Réciproquement, supposons que les réels t1 , t2 , t3 vérifient l’égalité σ1 = a(σ2 + 1).


Or t1 , t2 , t3 sont toujours solutions de 0 = (t − t1 )(t − t2 )(t − t3 ) = t3 − σ1 t2 + σ2 t − σ3 .
Cette équation devient ici (E) : t3 − a(σ2 + 1)t2 + σ2 t − σ3 = 0.
Cela s’écrit (v + w)t3 − avt2 − wt + u = 0 avec v = σ2 + 1, w = −σ2 et u = −σ3 .
Autrement dit, M (t1 ), M (t2 ), M (t3 ) sont sur la droite d’équation ux + vy + w = 0, c’est-
à-dire sur la droite d’équation σ3 x − (σ2 + 1)y + σ2 = 0.
Sachant que σ1 = a(σ2 + 1), cette équation s’écrit aussi aσ3 x − σ1 y + aσ2 = 0.
Remarque : on peut se demander si l’équation obtenue est bien celle d’une droite, c’est-
à-dire si on a (σ3 , σ1 ) 6= 0. Mais les conditions σ3 = σ1 = 0 et σ1 = a(σ2 + 1) (donc
σ2 = −1) entraı̂neraient que t1 , t2 , t3 sont les solutions de t3 −t = 0 c’est-à-dire {t1 , t2 , t3 } =
{−1, 0, 1}, ce qui est exclu.
Finalement une condition nécessaire et suffisante pour que les trois points M (t1 ), M (t2 )
et M (t3 ) soient alignés sur Γa est que les fonctions symétriques élémentaires de t1 , t2 , t3
vérifient l’égalité σ1 = a(σ2 + 1).
(c) On est ici dans la situation de trois points alignés M (t) et M (t0 ), le point M (t) comptant
double car il correspond à un point de tangence de Γa .
Ici σ1 = 2t + t0 et σ2 = t2 + 2tt0 .
at2 − 2t + a
La condition σ1 = a(σ2 + 1) s’écrit 2t + t0 = a(t2 + 2tt0 + 1) donc t0 = .
1 − 2at
1 1
Si t = 2a , la tangente en M (t) a pour équation Y = 4a X + 1.
Cette tangente “recoupe” Γ1/2 en le point-limite (0, 1), obtenu quand t → ∞.
(d) La tangente en un point d’inflexion rencontre l’arc en trois points confondus.
Il suffit donc de résoudre la condition σ1 = a(σ2 + 1) quand t1 = t2 = t3 (= t).
Cette condition devient 3t = a(3t2 + 1) c’est-à-dire 3at2 − 3t + a = 0.
Si a = 0, on trouverait t = 0 qui est une valeur interdite. la courbe Γ0 ne présente donc
pas de point d’inflexion. Supposons donc a > 0.
  √
Le discriminant est ∆ = 12 4 − a . Si a > 23 , la courbe Γa ne présente pas de point
3 2
√ √
3
d’inflexion. Si a = 2 , on trouve t = 1
2a = 33 . C’est le point de rebroussement déjà étudié
(et ce n’est pas un point d’inflexion.)
√ √
2
Si 0 < a < 23 , on trouve les valeurs distinctes t = 3± 9−12a6a .
Encore faut-il vérifier que ces valeurs sont différentes de −1, 0, 1.
Posons R(t) = 3at2 − 3t + a. Alors R(−1) = 4a + 3, R(0) = a et R(1) = 4a − 3.
Seule R(1) est susceptible de s’annuler, et pour a = 43 . Dans ce cas les deux solutions de
R(t) = 0 sont t = 1 (exclu) et t = 13 : Γ3/4 ne possède qu’un point d’inflexion.
Conclusion :

– Si a = 0 ou a > 23 , la courbe Γa n’a pas de point d’inflexion.

– Si 0 < a < 23 et a 6= 43 , il y a deux points d’inflexion.
– Si a = 34 , il y a un seul point d’inflexion.

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Problème Corrigé

7. Nous nous contenterons ici de tracer les courbes avec Maple...


— Tracé de la courbe Γa , quand a = 0

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 35

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Problème Corrigé

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 34

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 45

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Problème Corrigé


— Tracé de la courbe Γa , quand a = 23

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 12


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Problème Corrigé

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 1

— Tracé de la courbe Γa , quand a = 2

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Problème Corrigé

Pour terminer, on a tracé ici les courbes Gk/10 avec 0 6 k 6 30.


Les courbes ont été représentées sans leurs asymptotes, pour gagner en lisibilité.

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