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Parlement européen

PÉTITION de Séverine BREIT, de nationalité française,


13 rue du Château d’Eau F- 57460 KERBACH
Sur le détournement des règlements européens et la discrimination du parent non-
allemand par le système familial allemand visant à garder tous les enfants en Allemagne,
même en appliquant sa Loi contra legem.

Madame Cecilia WIKSTÖM, Présidente de la Commission des Pétitions


Mesdames et Messieurs les membres de la commission

J’écris cette pétition tout en sachant que le Groupe de Travail de la Commission des Pétitions
sur le bien-être des enfants en Europe et surtout, sur le Jugendamt (administration de la jeunesse)
allemand, contre lequel la plupart des pétitions a été écrite, vient de terminer ses travaux.
Dans mon affaire le système allemand - que l’Europe n’a pas été capable ou plutôt n’a pas
voulu arrêter – a cette fois poussé le bouchon très loin, a cette fois vraiment dépassé les
bornes : c’est le tribunal lui-même qui a planifié et organisé l’enlèvement de mon fils tout en
donnant au père allemand, après mon déménagement légal, un droit qu’il n’avait pas (selon le
Droit familial allemand) et qu’il n’avait même pas demandé !
Comme vous le savez bien, après le déménagement de l’enfant, aucun juge ne peut donner à
un parent la garde exclusive si ce parent ne détient pas l’autorité (responsabilité) parentale !
Face à une demande de garde exclusive sans avoir l’autorité (responsabilité)
parentale conjointe, un juge devrait déclarer la demande irrecevable ou en tout cas ne pas
donner suite à cette demande. En Allemagne, ça se passe autrement, en Allemagne, les
tribunaux rendent des décisions contraires aux Règlements européens, aux Conventions
européennes et même contraires à la Loi allemande lorsqu’il s’agit de voler des enfants : le
pré requis est octroyé en cours d’audience pour pouvoir donner suite à la demande … du
parent allemand ! C’est-à-dire, plutôt que de repousser la demande de la partie allemande, le
juge crée les conditions pour pouvoir l’accepter.

Les faits :
J’ai connu le père de mon enfant en juillet 2007 et pour que notre relation puisse perdurer je
me suis installée en Allemagne. En décembre 2009 nous avons loué un appartement à
Temmels, en Allemagne. En février 2012 nous avons acheté ensemble et à part égale une
maison à Oberbillig, en Allemagne. En juin 2012 notre fils est né à Thionville en France.
Malheureusement mon couple n’a pas fonctionné longtemps. J’ai dû aussi constater une
consommation d’alcool de plus en plus importante de la part de mon compagnon qui le
rendait agressif envers moi, même en présence de notre fils. À partir du mois de mars 2017,
les consommations d’alcool, les menaces, les intimidations sont devenues de plus en plus
fréquentes même en présence de notre enfant. J’ai eu peur. Suite à ces faits j’ai décidé de
m’installer fin avril avec mon fils chez mes parents, qui habitent en France, près de la
frontière allemande.

• Étant donné que dans cette affaire le Droit applicable est le Droit de la famille
allemand ;
• Étant donné qu’en application de ce Droit, la mère non mariée détient l’autorité
parentale exclusive et ce, au terme de l’article 1626a du BGB (code civil allemand);
En conséquence, c’est en toute légalité que j’ai déménagé en France
J’ai inscrit mon fils à l’école maternelle en France et je l’ai désinscrit du jardin
d’enfants en Allemagne, sans me cacher, ni cacher l’enfant.
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Dès lors, aucune demande en retour n’aurait été possible parce qu’il n’y avait pas de
garde conjointe.

Au mois de mai, quand j’ai voulu rentrer, accompagnée par mon père, dans la maison qui
m’appartient pour moitié (et que je suis encore en train de payer) pour chercher des affaires
personnelles, j’ai dû demander la permission à mon ex-compagnon qui avait déjà changé la
serrure et qui m’a tout le temps surveillée avec l’aide de deux voisins.

Le 8 juin 2017 une audience a eu lieu au Tribunal allemand (Amtsgericht Saarburg) à la


demande du père allemand.

Mon ex-compagnon, représenté par son avocat, avait demandé le


Aufenthaltsbestimmungsrecht (le droit de décider du lieu de séjour de l’enfant) donc la partie la plus
importante du droit de garde, alors qu’il n’avait même pas l’autorité parentale conjointe.

La juge, comme tous les acteurs du système familial allemand, est là pour assurer le bien-être
de l’enfant qui doit correspondre dans sa conception au maintien définitif de l’enfant
sous juridiction allemande, sans aucune considération pour les autres liens, par exemple
avec la mère non-allemande et sa famille.

La juge, qui savait très bien que ni elle, ni le père allemand de l’enfant, n’auraient
jamais pu demander et encore moins obtenir le retour de l’enfant - parce que mon
déplacement était légal – m’a tendu un piège : elle m’a convoqué à l’audience tout en
ordonnant d’emmener mon enfant avec moi (Annexe 1).
Comme je ne soupçonnais rien et que je voulais continuer à me comporter correctement
(n’oublions pas que je suis, de plus, victime de violences), j’ai obéi et je suis tombée dans le
piège.

Après l’audience en référé je suis rentrée en France seule, l’enfant a été tout de suite confié
en séance et « sur le siège » au père, qui rappelons, m’a menacée, agressée et
consommait de plus en plus d’alcool mais qui est surtout allemand et cela correspond,
d’après le système allemand, au bien-être de l’enfant.

Dans la décision de justice que je vous joins (Annexe 2), vous pouvez lire que :

1 - La procédure a été ouverte après mon départ légal pour décider de l’autorité parentale et
rendre mon déménagement illégal à posteriori.

2 – La juge écrit que le père a demandé (après le départ) l’autorité parentale conjointe, alors
qu’il ne l’avait pas demandé, comme on le lit dans la demande du père (Annexe 3).

3 – La juge précise que moi, la mère détenait l’autorité parentale exclusive.

4 – La juge sait très bien qu’il est impossible d’accorder au père le


Aufenthaltsbestimmungsrecht (le droit de décider du lieu de séjour de l’enfant) si la mère détient
l’autorité parentale exclusive, pour cela elle accorde au père un droit qu’il n’a pas demandé et
qui lui est accordé en tout cas trop tard, après le déménagement légal de la mère.

5 – La juge aurait dû décider d’une autorité parentale partagée avant le déménagement ; en le


faisant après, elle savait qu’elle n’aurait pas pu obtenir le retour de l’enfant. Pour cette raison,
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elle m’a convoquée tout en ordonnant la présence de l’enfant, appliquant ainsi le système
allemand d’un enlèvement légalisé à posteriori.

Très souvent, en cas d’enlèvement, les tribunaux changent la garde, de conjointe à exclusive,
et octroient la garde exclusive au parent victime de l’enlèvement, même si la cour de
Luxembourg a précisé à maintes reprises que les décisions « postérieures » ne doivent pas être
prises en considération dans la procédure de retour et que le tribunal saisi pour le retour ne
doit considérer que les décisions d’avant le déplacement.

Mais ici il n’y avait pas de garde conjointe avant mon déménagement !

La Loi ne permet pas de transformer à posteriori un non-droit d’autorité parentale


conjointe (c’est-à-dire un droit qu’on ne détient pas du tout) en droit de garde exclusive
(ou presque), étant donné que le droit exclusif de décider le lieu du séjour de l’enfant octroyé
au père lui permet de prendre aussi possession de la maison qui m’appartient à moitié et que
je suis encore en train de payer.

Ce qui est illégal, c’est que le tribunal prive à postériori un parent de son autorité
parentale exclusive pour pouvoir réaliser un enlèvement !

Une fois l’enfant en Allemagne, le système fonctionne sans problème pour effacer le parent
non-allemand de la vie de l’enfant, étant donné que la chose la plus importante est que
l’enfant grandisse en Allemagne en bon allemand !

C’est exactement ce que le Verfahrensbeistand « l’avocat de l’enfant » que je viens de


rencontrer dans le cadre d’un appel m’a dit, tout en précisant qu’il représentait l’enfant au
tribunal, parce qu’il était l’avocat de l’enfant.

Cela confirme une fois de plus que :

a) Les acteurs du système familial allemand mentent, tout en profitant de la difficulté


de traduction de certains mots qui désignent des figures juridiques qu’on ne connait
pas dans les autres Pays. En effet cette Commission sait très bien que le Ministère
allemand pour la famille lui a répondu le 31 mars 2017 que « la tâche du
Verfahrensbeistand est celle de constater quels sont les intérêts de l’enfant et de les
mettre en évidence devant le tribunal. Il n’est pas pour cela le représentant légal de
l’enfant.

b) Le bien-être de l’enfant en Allemagne correspond à son maintien définitif et


permanent en Allemagne. La présence de sa mère non-allemande dans sa vie est tout à
fait inutile pour son bien-être (allemand) !

c) Le principe de continuité qui doit être pris en considération lors d’une décision sur la
garde où l’autorité parentale ne concerne donc pas le lien avec le parent non-allemand,
mais avec la culture allemande.

Une fois créé les décisions rendues il est complètement inutile de continuer à s’adresser à la
soi-disant « Justice allemande » qui ne fait que répéter que le « bien-être » de l’enfant est de
rester en Allemagne auprès de son père allemand qui en garantit son éducation germanique et
monolingue et surtout son maintien sous juridiction allemande.
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Cette pétition devra être jugée recevable parce qu’il ne s’agit pas seulement d’une affaire de
compétence des tribunaux allemands, mais plutôt de la manière allemande de détourner où
de contourner les règlements européens sur les déplacements, de transformer un cas
transfrontalier en cas purement allemand.
Elle démontre, une fois de plus, quelle est la signification donnée en Allemagne au « bien-être
de l’enfant » et démontre aussi quelle est la jurisprudence à laquelle se réfère le Ministère de
la Famille allemand quand il répond à la Commission des Pétitions (le 31.03.2017) : « Dans
la Loi il n’existe pas une définition abstraite de ce terme. La signification de ‘Kindeswohl’
[littérairement ‘bien-être de l’enfant’] doit être recherchée dans les critères développés par la
jurisprudence et son utilisation dans des cas individuels ».

Le vol de mon enfant et la façon « deutsch-legal » utilisée pour l’enlever fera aussi partie
de cette jurisprudence qui servira à son tour de justification pour l’enlèvement de nombreux
autres enfants encore !

Voici le résumé de l’affaire :

La pétitionnaire est la mère célibataire d’un enfant qui vit avec elle et son père en Allemagne.
Selon la Loi allemande elle détient l’autorité parentale exclusive. Quand le père allemand de
l’enfant consommer de l’alcool de plus en plus régulièrement, devenir violent et l’agresser,
elle rentre en France avec son fils. Elle déménage en toute légalité. Le père ne fait pas de
demande de retour parce qu’il sait qu’il n’a pas le droit de le faire. Par contre il demande au
tribunal allemand, après le déménagement de l’enfant vers la France, le droit exclusif de
décider le lieu du séjour de l’enfant (Aufenthaltsbestimmungsrecht). Comme la Loi ne permet
pas de lui octroyer ce droit, étant donné qu’il n’a même pas l’autorité parentale, la juge lui
accorde d’abord le droit dont il avait besoin pour garder l’enfant en Allemagne (l’autorité
parentale conjointe) qu’il n’avait pas et qu’il n’a pas demandée (il le fera en cours d’audience,
tout en suivant les conseils de la juge allemande !), et ensuite le droit exclusif de décider du
lieu de séjour de l’enfant. Même dans ces conditions l’enfant aurait pu rester légalement en
France parce que le déplacement était légal et il n’y avait pas le pré requis pour une demande
de retour.
Donc, pour enlever l’enfant à sa mère non-allemande, le système allemand lui tend un piège :
il convoque la mère à l’audience tout en ordonnant la présence de l’enfant pour le confier sur
le champ au père. La pétitionnaire a dû rentrer en France toute seule.

La pétitionnaire demande de stopper l’Allemagne dans son attitude d’accaparer tous les
enfants binationaux.

La pétitionnaire demande de dénoncer le manque de respect des règlements européens


de la part du système allemand.

La pétitionnaire demande de juger recevable cette pétition parce qu’il s’agit de la


manière allemande de détourner les règlements, de transformer un cas transfrontalier
en cas purement allemand, d’outrepasser les règlements européens sur les déplacements.

Premier pétitionnaire : Mme Séverine Breit,


13 rue du Château d’Eau F- 57460 KERBACH

Pétition transmise le 4 septembre 2017 à la commission des pétitions du Parlement


européen conformément à l’article 227 du traité sur le fonctionnement de l’Union
européenne.