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FACULTE DES SCIENCES

SEMLALIA – MARRAKECH
N° d’ordre
***********************
XXX
AHATTAB

THÈSE
Jihane

présentée à la Faculté pour obtenir le grade de :

Docteur
Réadaptation des méthodes d’estimation de crues aux données hydrologiques

CED : Géosciences, géoressources et environnement

Spécialité : Sciences Appliquées en hydrologie et environnement


extrêmes récentes des bassins versants de Tensift et Essaouira

READAPTATION DES METHODES D’ESTIMATION DE CRUES


AUX DONNEES HYDROLOGIQUES EXTREMES RECENTES
DES BASSINS VERSANTS DE TENSIFT ET ESSAOUIRA
par :

AHATTAB Jihane
Ingénieur d’Etat, EHTP

Soutenue le : 04/06/2016 devant la commission d’examen :

Président : M. ELOMARI PES Faculté des Sciences Semlalia Marrakech

Examinateurs : A. BOUZIANE PES Ecole Mohammadia des Ingénieurs, Rabat

A. EL MANDOUR PES Faculté des Sciences Semlalia Marrakech

L. HANICH PES Faculté des Sciences et Techniques Guéliz Marrakech

E.K LAKHAL PES Faculté des Sciences Semlalia Marrakech

N. SERHIR PES Ecole Hassania des Travaux Publics, Casablanca


2016
FICHE PRESENTATIVE DE LA THESE

Nom et prénom de l’auteur : AHATTAB Jihane

Intitulé du travail : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues aux données
hydrologiques extrêmes récentes : Cas du bassin versant de Tensift Maroc.

Directeurs de thèse :
• Nom prénom et grade : Mr LAKHAL El Khadir, PES

Laboratoire et Institution : Laboratoire d’Automatique de l’Environnement et


Procédés de Transferts, Faculté des Sciences Semlalia, Marrakech.
• Nom prénom et grade : Mme SERHIR Najat, PES

Laboratoire et Institution : Laboratoire du Génie Civil, Hydraulique, Environnement


et Climat, Ecole Hassania des Travaux Publics, Casablanca.

Lieux de réalisation des travaux :

• Laboratoire d’Automatique de l’Environnement et Procédés de Transferts,


Faculté des Sciences Semlalia, Marrakech.

• Laboratoire du Génie Civil, Hydraulique, Environnement et Climat, Ecole


Hassania des Travaux Publics, Casablanca.

Période de réalisation des travaux de thèse : 2011- 2016

i
LISTES DES PUBLICATIONS ET COMMUNICATIONS

Publications
1. AHATTAB, J., SERHIR, N., & LAKHAL, E. K. (2014). Mapping Gradex values on the
Tensift basin (Morocco). Int. Journal of Engineering Research and Applications, 5
(4(part1)), 1-7.

2. AHATTAB, J., SERHIR, N., & LAKHAL, E. K. (2015). Vers l’élaboration d’un système
d’aide à la décision pour le choix des méthodes d’estimation des débits max des crues :
réadaptation aux données hydrologiques récentes. La Houille Blanche, 63-70.

3. AHATTAB, J., LAKHAL, E. K, & SERHIR, N. (2015). Determination of homogenous


regions in the Tensift basin (Morocco). Int. Journal of Engineering Research and
Applications, 5 (6(part2)), 17-21.

Communications

Communications orales :

1. J. Ahattab, Y. Lahouiri, N. Serhir, A. Mkhadri et E.K. Lakhal. Adaptation des méthodes


d’estimation des crues aux changements climatiques au Maroc. Workshop International
sur les Mathématiques et l’environnement, Essaouia, Maroc 23-24 novembre 2012.

2. Y. Lahouiri, J. Ahattab et E.K. Lakhal. Modélisation 3D de l’infiltration de la pollution


dans la nappe de Tensift El Haouz et détermination de méthode de prévention et de
dépollution. Workshop International sur les Mathématiques et l’environnement, Essaouia,
Maroc 23-24 novembre 2012.

3. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. : Elaboration d’un système d’aide à la décision pour
le choix des méthodes d’estimation des débits max des crues : Réadaptation aux données
hydrogéologiques récentes. Colloque Modélisation Numérique en Hydraulique et
Environnement - Enjeux, Incertitudes et Limites (SimHe2013), EHTP, 7 – 8 novembre
2013.

4. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. : Modélisation géostatistique du gradex et des


coefficients de Montana sur le bassin de tensift-maroc. Colloque Modélisation Numérique
en Hydraulique et Environnement - Enjeux, Incertitudes et Limites (SimHe2013), EHTP,
7 – 8 novembre 2013.

ii
5. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. Modélisation spatiale du Gradex et des coefficients
de Montana sur le basin de Tensift. Colloque National Scientifique sur les bassins
versants. FLSH Marrakech, 2014.

6. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. Cartographie du Gradex et des coefficients de


Montana sur le basin de Tensift. Journées Méditerranéennes des Systèmes d’information
de l’eau. Faculté des Sciences de Rabat, 20-22 mars 2014.

7. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. Réadaptation des méthodes d’estimation des débits
max des crues et élaboration d’un SAD. 3ème colloque international Eau climat 2014 :
Regards croisés Nord-Sud ; Ressources en eau et changement climatique en région
méditerranéenne à Hammamet en Tunisie, 21-23 octobre 2014.

8. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. Réadaptation des méthodes d'estimation des crues de
projet aux événements extrêmes pour le bassin de Tensift. Congrès International HES2015
« La sécurité humaine et environnementale à l'ère des risques globaux » à Agadir au
Maroc, 25-27 novembre 2015.

9. J. Ahattab, E.K. Lakhal et N. Serhir. Modeling the Gradex Values on the Tensift Basin.
International Conference on Systems and Control (ICSC'16) à la FSSM Marrakech au
Maroc, 25-27 Mai 2016.

10. J. Ahattab, N. Serhir et E.K. Lakhal. Contribution of GIS and geo-statistical tools in the
readaptation of estimating flood peaks’ methods to current climate situation. International
conference on Water, Energy and Climate Change (WECC-2016) à Marrakech au Maroc,
1- 4 Juin 2016.

iii
REMERCIEMENTS

‫ر ا س( رواه أ د وأ و داود وا !ر ذي‬ ‫ن‬ ‫ر‬ ):‫و م‬ ‫ھر رة ن ا‬ ‫نأ‬

Paradoxalement, les premières lignes de ce manuscrit sont les dernières rédigées. Les années
que j’ai passé à réaliser ce travail de thèse constitue une aventure durant laquelle j’ai appris
pleines de choses sur le niveau aussi bien scientifique que personnel. Ainsi c’est avec grande
émotion et gratitude que je voudrais exprimer ma reconnaissance aux personnes qui ont
contribuées, chacune à sa façon, à l'aboutissement de ma thèse synthétisée dans les 200 pages
qui suivent.
S’il se trouve que j’oublie de citer certaines personnes, je souhaite qu’elles ne m’en tiennent
pas rigueur, les remerciements et les reconnaissances qui s’en suivent leurs sont également
adressés.
Je commence par remercier Madame le Professeur Najat Serhir de l’EHTP d’avoir proposé
ce sujet de thèse et de m’avoir encadré tout au long de ces années. Je l’a remercie pour tout
le temps qu’elle m’a consacré malgré ses engagements et tout l’effort qu’elle a fournit. Ce
temps qu’on a passé ensemble nous a beaucoup rapproché au niveau personnel et m’a permis
de connaitre la femme exceptionnelle et vertueuse qu’elle est. Je lui exprime ma profonde
reconnaissance.
Je remercie vivement Monsieur le professeur El Khadir Lakhal de m’avoir accueillie dans le
Laboratoire LAEPT de la FSSM et d’avoir cru en moi. Je le remercie d’avoir encadré ce
travail et pour l’aide et les précieux conseils qu’il m’a dispensé tout au long de ce parcours.
Sa disponibilité et sa précieuse participation ont permis l’aboutissement de ce travail. Je suis
persuadée de sa sympathie, de sa gentillesse et de ses qualités humaines et je lui exprime ma
profonde gratitude.
Je remercie Monsieur le professeur Elomari Mohamed de la FSSM d’avoir accepté de
présider le jury de soutenance de cette thèse. Je tiens aussi à remercier les professeurs : M.
Bouziane Ahmed de l’EMI, M. El Mandour Abdennabi de la FSSM et M. Hanich Lahoucine
de la FST Guéliz d’avoir accepté d’être rapporteur de ma thèses et pour l’intérêt qu’ils ont
porté à mon travail. Je les remercie également, pour le temps qu’ils ont consacré pour
l’évaluer et pour leurs commentaires et remarques qui ont permis d’améliorer le présent
manuscrit.

iv
Je tiens tout particulièrement à remercier le professeur Hasnaoui Moulay Driss pour le temps
qu’il m’a consacré. Je suis reconnaissante pour les remarques et les améliorations qu’il m’a
proposées et qui ont été intégrées dans le travail afin de le rendre meilleur.
J’exprime ma gratitude à Mr Belghit Chafik, Mr barkourki khalid et Mr Lahouiri Yassine
pour avoir facilité l’obtention des données utilisées dans le présent travail.
Je tiens aussi à remercier Mr Mkhadri Abdallah et Mr Elgargouh younes pour l’aide qu’ils
m’ont apporté dans la partie statistique de cette thèse.
Mes remerciements seraient incomplets sans exprimer ma profonde reconnaissance à mes
parents Fatima et M’barek sans lesquels ce travail n’aurait pas vu le jour. Je les remercie de
m’avoir encouragé à mener cette aventure et pour leur soutien tout au long de ma vie. Je les
remercie d’avoir été à mes côtés à chaque instant et surtout durant les moments difficiles. Je
les remercie d’être les merveilleux parents qu’ils sont. Les mots ne peuvent exprimer mes
sentiments envers eux, Dieu seul peut les récompenser.
Je remercie la lumière de ma vie ma sœur Ahlam pour son encouragement, son écoute envers
mes nombreux problèmes. Je lui serais à toujours reconnaissante pour tout ce qu’elle a fait et
continue de faire pour moi.
Je remercie mes frères Simohamed, Hassane et Houssaine et mes amies Khadija et Assia
d’avoir été à mes côtés durant cette période et de m’avoir soutenu.
J’exprime ma gratitude à toutes mes amies et collègues : les trois Hananes, jihar, meriem,
zakia, widad, soumia de m’avoir encouragé à continuer quand cette thèse semblait
interminable.
Et en premier et dernier lieu, je remercie le Bon Dieu qui m’a donné du courage, de
l’endurance et de la volonté jusqu’à l’accomplissement de ce travail.
Louange à Dieu, Seigneur de l’univers.

v
RÉSUMÉ

Le Maroc de par sa situation géographique connait beaucoup d’épisodes de crues et de


sécheresse qui se sont amplifiés ces dernières décennies à cause des changements climatiques.
Ces événements extrêmes ont causé des dégâts humains et matériels, montrant ainsi, la
fragilité et souvent le dépassement ou l’incapacité des ouvrages hydrauliques dimensionnés
sur des événements passés. L’objectif de la présente thèse est la réadaptation et la revue des
méthodes d’estimation des débits des crues de projet utilisés pour le dimensionnement des
ouvrages hydrauliques à la lumière des nouvelles données hydrologiques extrêmes observées.
L’étude et l’application de la méthodologie de réadaptation des méthodes sont effectuées sur
le bassin de Tensift.
Pour ce faire, on a commencé par déterminer les paramètres caractéristiques des sous
bassins de Tensift et du réseau d’écoulement, paramètres nécessaires pour la compréhension
de la réponse hydrologique de ces sous bassins par rapport aux événements pluviométriques
qu’ils reçoivent. Ce travail a été effectué à l’aide des outils SIG par traitement du MNT
STRM et a permis de montrer la grande hétérogénéité du grand bassin pilote. La deuxième
étape a été l’identification des zones homogènes avec un comportement climatique similaire
et pour lesquels un même modèle d’estimation des crues peut être utilisé. L’utilisation de
l’ACP et de l’analyse des cartes pédologique, géologique, d’occupation des sols, de la
végétation et la carte des pentes a permis de distinguer quatre zones homogènes correspondant
à trois groupes homogènes de stations : une zone à l’Ouest du bassin, une zone au centre du
bassin dans la partie médiane, une zone au Sud du bassin dans la zone du moyen et haut Atlas
et une zone au Nord du bassin qui ne contient pas de stations pluviométriques. La troisième
étape a concerné la fiabilisation et régionalisation des méthodes usuelles d’estimation des
débits max des crues à savoir les méthodes statistiques, hydrométéorologiques (Gradex et
rationnelle) et les méthodes empiriques (cinq formules retenues : Formule de Myer, Formule
de Fuller, Formule de Francou-Rodier, Formule de Mallet-Gauthier et Formule de Mac-
Math).
Le travail est couronné par une plateforme informatique dont l’objectif escompté est de
guider au choix de la méthode d’estimation des crues selon les données disponibles, l’ouvrage
à dimensionner et la période de retour préconisée. Elle synthétise aussi le travail de
réadaptation effectué pour le bassin de Tensift et fournie un guide technique et pratique pour
le dimensionnement des petits ouvrages hydrauliques.
Mots clés : Crues et rupture de ouvrages hydrauliques, méthodes de calcul des débits de
projet, réadaptation des paramètres régionaux, zones homogènes, ACP, SIG, Krigeage
statistique, guide technique informatisé, Bassin de Tensift.

vi
ABSTRACT

Morocco is located in the northwest of Africa. It is characterized by an intermediate


climate between totally dry and moist. The rainfall is irregular both in space and time. So the
country knows many flood episodes and droughts, which have intensified in recent decades
due to the effects of climate change. These extreme events have caused human and material
damage, demonstrating the fragility and often the failure of hydraulic structures dimensioned
on past events. The purpose of this work is the readaptation of the methods used for
estimating flood peaks in order to size hydraulic structures, to new hydrological gauged data.
The methodology is described for the Tensift basin.

To do this, we start by determining the characteristic parameters of the sub-basins of Tensift


and flow network parameters crucial for understanding the hydrological response of these sub
basins in relation to received rainfall events. This work was carried out using GIS tools by
treating digital terrain model STRM. It has shown the heterogeneity of the Tensift basin. The
second step was therefore the identification of homogeneous areas with similar climatic
behavior and for whom the same flood estimation model can be used. Use of the CPA and the
analysis of soil maps, geological, land use, vegetation and slope maps have identified four
homogeneous regions: one area in the West, an area in the middle, an area south of the basin
in medium and high Atlas and an the fourth area north of the basin and contains no rainfall
stations. The third step involved the readaptation and regionalization of the usual methods for
estimating flood peaks namely statistical methods, hydrometeorological methods (Gradex and
rational methods) and empirical methods (five formulas have been studied : Myer, Fuller,
Francou-Rodier, Mallet-Gauthier and Mac-Math formula).

The last step is the design of an IT platform to guide the choice of the flood estimation
method according to available data, the sized structure and the recommended return period. It
also summarizes the readaptation work carried out for the Tensift basin and provides technical
and practical guide for the design of small hydraulic structures.

Keywords: floods, disruption of hydraulic structures, methods for calculating flood peaks,
readaptation of regional parameters, homogenous regions, PCA, GIS, kriging, statistics,
computerized technical guide, Tensift basin.

vii
‫‪#‬ص‬

‫ب‬ ‫رة‬ ‫ا ود ا‬ ‫ت‬ ‫تا‬ ‫را ‪ ,‬ا د د ن ا‬ ‫ا‬ ‫رف ا رب ‪ ,‬ظرا و‬


‫ت ھ' '‬ ‫رار ا 'ر وا د ‪ ،‬و‬ ‫دد نا‬ ‫ت‬ ‫‪ .‬ھذه ا ‪%‬داث ا طر‬ ‫رات ا‬ ‫ا‬
‫‪.‬‬ ‫ط ت ا ‪%‬داث ا‬ ‫دا ‪/0‬‬ ‫ا‬ ‫*) ر ن ا ‪ %‬ن 'ل ا '‪,‬ت ا ‪ -‬ا ‪.‬‬ ‫و‬

‫دم‬ ‫ب د ر ‪ .‬ب ا 'روع ا‬ ‫طرق و أ‬ ‫ا ‪1‬دف ن ھذه ا طرو‪ %‬ھو إ دة ‪3‬ھ ل و را‬
‫ت درا‬ ‫‪ 0‬و ا ‪%‬د ) ‪.‬‬ ‫ط ت ا ط ر ا ز رة ا‬ ‫وء‬ ‫‪/0‬‬ ‫‪ .‬م ا '‪,‬ت ا ‪-‬‬
‫ت‪.‬‬ ‫‪%‬وض‬ ‫إ دة ا ‪3‬ھ ل وا را‬ ‫ب ‪1‬‬ ‫وط قأ‬

‫ت و ' * ت ا د ق >ر‬ ‫زة =‪%‬واض ا ر‬ ‫‪%‬د د ا را رات ا‬ ‫ن أ ل ذ ك دأ‬


‫دام‬ ‫ذ ھذا ا ل‬ ‫د ھطول ا ط ر‪ .‬م‬ ‫‪1‬ذه ا ‪%‬واض ا ر‬ ‫ا ‪ 1‬درو و‬ ‫‪1‬م ا?‬
‫أظ‪1‬ر دم‬ ‫‪SRTM‬‬ ‫رس ار‬ ‫وذج ا‬ ‫وذ ك‬ ‫را‬ ‫أدوات ظم ا ‪0‬و ت ا‬
‫طق‬ ‫* ت ‪%‬د د ا‬ ‫ا طوة ا )‬ ‫ت‪ .‬أ‬ ‫وى ا ‪%‬وض ا ‪-‬‬ ‫‪/0‬‬ ‫س ا* ر‬ ‫ا‬
‫د ر و‪ %‬ب‬ ‫س طر‬ ‫دم ‪1‬‬ ‫*ن أن‬ ‫و ا‬ ‫س ا ‪0‬وك ا‬ ‫ز‬ ‫ا‬ ‫ا‬
‫إ ‪ 0% /‬ل را‪-‬ط ا ر ‪ ،‬وا و و ‪،‬‬ ‫‪C‬‬ ‫‪PCA‬‬ ‫‪ 0‬طر‬ ‫‪ .‬ب ا 'روع‪ 0 .‬م ذ ك ا‬
‫ط‬ ‫‪:‬‬ ‫طق‬ ‫‪%‬د د أر ‪E‬‬ ‫‪D‬‬ ‫و رط ا ل‬ ‫وا ط ء ا‬ ‫دام ا را‬ ‫وا‬
‫ا و ط وا ط‪0‬س ا * ر و ط ' ل‬ ‫وب ا ‪%‬وض‬ ‫او ط و ط‬ ‫>رب ا ‪%‬وض و ط‬
‫ت ا ر‪ 0%‬ا ) ) إ دة ‪3‬ھ ل ا طرق‬ ‫ه ا ط ر‪ .‬و‬ ‫ل‬ ‫ا ‪%‬وض ? ‪ %‬وي ‪% /0‬ط ت‬
‫)‪G‬ث وھ ‪ :‬ا طرق ا‪ ، - .%C‬وا طرق ا و‬ ‫‪.%‬ر‬ ‫د ر ‪ .‬ت ا ' ر ‪ E‬وا‬ ‫دة‬ ‫ا‬
‫ا رب‪.‬‬ ‫?‬ ‫ا *)ر ا‬ ‫ن ا‪ H.‬ا ر‬ ‫‪H.‬‬ ‫و‬ ‫ا ‪ 1‬درو و‬

‫در‬ ‫ر طر‬ ‫ل ‪ /0‬ا‬ ‫دة ا‬ ‫ا ‪1‬دف ‪ 1‬ھو‬ ‫‪0‬و‬ ‫م و ‪ D‬ھذا ا ل ‪ ' I‬ء ‪.‬‬
‫‪ 1‬و رة ا ودة ا و‪ . 1 /.‬وھو ‪ 0‬ص‬ ‫‪ ، %‬وا '‪3‬ة ا راد ‪.‬‬ ‫تا‬ ‫‪0‬‬ ‫‪ .‬ب ا 'روع و‬
‫‪ .‬م‬ ‫و ‪0‬‬ ‫دم د ‪G‬‬ ‫ت*‬ ‫‪%‬وض‬ ‫أ رت‬ ‫ا‬ ‫ل إ دة ا ‪3‬ھ ل وا را‬ ‫أ‬ ‫أ‬
‫ا '‪,‬ت ا ‪ -‬ا ‪ .‬رة‪.‬‬

‫‪:%‬‬ ‫ت ا ر&‬ ‫ا‬

‫طق‬ ‫‪G‬ت ‪ -‬ا‬ ‫ا‬ ‫‪ -‬طرق ‪ %‬ب ‪ .‬ب ا 'روع ‪ -‬را‬ ‫ت و 'ل ا '‪,‬ت ا ‪-‬‬ ‫ا‬
‫ت‪.‬‬ ‫‪% -‬وض‬ ‫‪0‬و‬ ‫‪. -‬‬ ‫را‬ ‫‪ - PCA -‬ظم ا ‪0‬و ت ا‬ ‫ا‬
‫‪viii‬‬
SOMMAIRE

Fiche présentative de la thèse........................…………………................................ i


Remerciements…………………………….......................................……...….......... ii
Résumé.......................................................................................................................... vi
Abstract........................................................………………………......................... vii
Sommaire...............………………………………..................................................... ix
Liste des figures………………………………………………………………………….. xiv
Liste des tableaux……………………………………………………………………….. xvii
Liste des abréviations…………………………………………………………………….. xx
Introduction............…………………………………………………………………….. 1

CHAPITRE I : CONTEXTE CLIMATIQUE DU MAROC


I-1 Introduction au caractère climatique du Maroc …………………................................ 6
I-2 Ressources en eau irrégulières et limitées…………………………………...….......... 7
I-3 Un contexte déjà fragile, fragilisé par les changements
8
climatiques ?.........................................................................................................................
I-4 Aperçu sur changements climatiques au Maroc………………………......................... 11
I-5 Mesures prises et à prendre pour atténuer les dégâts des crues accentués par les
changements climatiques………………………………..................................................... 13
I-6 Conclusion…………………………………………………………………………….. 15

CHAPITRE II : PRESENTATION ET CARACTERISATION DU BASSIN DE


TENSIFT
II-1 Généralités sur les bassins versants…………………………………………………... 17
II-2 Généralités sur le bassin de Tensift…………………………………………………... 17
II-2-1 Situation………………………………………………………………………... 17
II-2-2 Géologie………………………………………………………………………... 19
II-2-3 Végétation et sols………………………………………………………………. 22
II-2-4 Climatologie……………………………………………………………………. 22
II-2-5 Réseau hydrologique et séries disponibles…………………………………….. 23
II-3 Etude de la morphologie, relief et hydrographie …………………………………….. 26
II-3-1 Hydrographie…………………………………………………………………... 26
II-3-2 Relief et morphologie …………………………………………………………. 26
II-4 Délimitation et caractérisation des sous bassins du bassin de Tensift.......................... 28
II-4-1 Délimitation……………………………………………………………………. 28
II-4-2 Calcul des caractéristiques hydrologiques des sous bassins de Tensift………... 31
II-5 Calcul des paramètres structurels…………………………………………………….. 33

ix
II-5-1 Caractéristiques de forme ……………………………………………………... 33
II-5-2 Longueur et largeur du rectangle équivalent ………………………………….. 33
II-5-3 Indices de pente ………………………………………………………………... 34
II-5-4 Pente moyenne de l’écoulement ……………………………………………… 36
II-5-5 Dénivelé spécifique ……………………………………………………………. 36
II-5-6 Temps de concentration ……………………………………………………….. 38
II-6 Conclusion……………………………………………………………………………. 42

CHAPITRE III : DETERMINATION DES ZONES HOMOGENES


III-1 Introduction.................................................................................................................. 46
III-2 La méthode de l’ACP sur les séries de précipitations mensuelles............................... 48
III-2-1 Principe de la méthode de l’ACP....................................................................... 48
III-2-2 Etapes de préparation des séries de données ..................................................... 49
III-2-3 Contrôle statistique des données utilisées ......................................................... 54
a- Présentation de la boite à moustache ................................................................... 55
b- Boite à moustache des 23 stations........................................................................ 56
III-2-4 Application de l’ACP sur les 23 stations et résultats.......................................... 58
III-2-5 Conclusion sur la méthode de l’ACP................................................... 65
III-3 Méthode de l’analyse des cartes.................................................................................. 66
III-3-1 Carte des pentes.................................................................................................. 67
III-3-2 Carte pédologique .............................................................................................. 69
III-3-3 Carte géologique................................................................................................. 70
III-3-4 Carte d’occupation des sols et de la végétation ................................................ 71
III-3-5 Conclusion sur la méthode de l’analyse des cartes............................................. 72
II-4 Conclusion générale...................................................................................................... 73

CHAPITRE IV : REVUE DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES DE


PROJET.
IV-1 Généralités et définitions............................................................................................. 75
IV-2 Les méthodes statistiques ........................................................................................... 79
IV-2-1 Introduction ........................................................................................................ 79
IV-2-2 La Procédure générale de l’ajustement............................................................... 80
IV-3 Méthodes hydrométéorologiques................................................................................. 83
IV-3-1 Méthode de Gradex............................................................................................. 83
IV-3-1-1 Principe de la méthode ............................................................................ 83
IV-3-1-2 Calcul du Gradex de pluie de 24h............................................................. 84
IV-3-1-3 Etapes du calcul du débit de projet par la méthode de Gradex ................ 87
IV-3-2 Méthode rationnelle........................................................................................... 88
IV-3-2-1 Principe de la méthode.............................................................................. 88

x
IV-3-2-2 Calcul des coefficients de Montana .......................................................... 89
a. Méthode de calcul …………………………………………………… 89
b. Exemple de la station Abadla :............................................................... 89
c. Les coefficients de Montana pour les stations 23 stations ..................... 93
IV-4 Les méthodes empiriques ............................................................................................ 95
IV-4-1 Benchmarking sur les méthodes empiriques ..................................................... 95
IV-4-2 Revue des formules empiriques utilisées au Maroc............................................ 97
IV-4-2-1 Formule de Myer ...................................................................................... 97
IV-4-2-2 Formule de Francou-Rodier............................................................... 98
IV-4-2-3 Formule de Fuller:........................................................................... 99
IV-4-2-4 Formule de Mallet-Gauthier ............................................................. 100
IV-4-2-5 Formule de Mac-Math ...................................................................... 100
CHAPITRE V : READAPTATION DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES
DE PROJET AU CONTEXTE ET AUX DONNEES RECENTES DU BASSIN DE
TENSIFT.
Introduction.................................................................................................................... 104
V-1 Les méthodes statistiques ..................................................................................... 104
V-1-1 Calcul des quantiles par HyfranPlus................................................................ 104
a. Résultat de l’analyse statistique sur les séries complètes.......................... 104
b. Résultat de l’analyse statistique sur la durée commune de 17ans............. 110
V-1-2 Conclusion....................................................................................................... 114
V-2 Méthodes hydrométéorologiques ........................................................................ 114
V-2-1 Introduction.................................................................................................... 114
V-2-2 Modélisation spatiale du Gradex.................................................................... 115
c. Le principe du krigeage …...…………………………………………….... 116
d. Les étapes du krigeage……………………………………………………. 118
e. Application et résultats........................................................................... 120
V-2-3 Modélisation spatiale des coefficients de Montana ........................................ 126
a. Résultats et Cartes de modélisation du coefficient b de Montana........... 127
b. Résultats et Cartes de modélisation du coefficient a de Montana pour T= 129
10ans...............................................................................................
V-2-4 Validation et comparaison de la partie cartographie du Gradex..................... 131
a. Calcul du Gradex moyen de pluie de 24h de chaque sous bassin à partir 131
de la cartographie..................................................................................
b. Calcul du Gradex moyen de pluie de 24h pour chaque sous bassin par la 133
méthode de Thiessen.........................................................................
c. Calcul du Débit max de crues par les deux méthodes pour différentes 136
périodes de retour.................................................................................
V-2-5 Conclusion...................................................................................................... 139
V-3 Les méthodes empiriques........................................................................................ 140

xi
IV-3-1 Introduction................................................................................................... 140
IV-3-2 Formules de Myer ......................................................................................... 140
a. Méthode de réadaptation ....................................................................... 140
b. Résultats ................................................................................................. 143
c. Conclusion............................................................................................ 144
IV-3-3 Formule de Francou-Rodier........................................................................... 145
a. Méthode de réadaptation ...................................................................... 145
b. Résultats de la réadaptation de la méthode ............................................ 145
c. Conclusion.................................................................................................... 146
V-3-4 Formule de Fuller........................................................................................... 147
a. Méthode de réadaptation........................................................................ 147
b. Résultats de la réadaptation de la méthode ............................................ 147
c. Conclusion ........................................................................................... 148
V-3-5 Formule de Mallet-Gauthier............................................................................ 148
a. Méthode de réadaptation ....................................................................... 148
b. Résultats de la réadaptation de la méthode ............................................ 149
c. Conclusion ........................................................................................... 149
V-3-6 Formule de Mac-Math .................................................................................... 150
a. Méthode de réadaptation ....................................................................... 150
b. Résultats de la réadaptation de la méthode ............................................ 150
c. Conclusion ........................................................................................... 154
V-3-7 Validation et comparaison des résultats obtenus par la réadaptation des 152
formules empiriques.........................................................................................................
V-3-8 Conclusion Générale........................................................................................ 154

CHAPITRE VI : PLATEFORME INFORMATIQUE POUR GUIDER AU CHOIX DE


LA METHODE D’ESTIMATION DE CRUE DE PROJET
Introduction.......................................................................................................................... 159
VI-1 Préparation des entrées de la plateforme informatique......................................... 159
VI-1-1 Présentation des descripteurs des méthodes d’estimation des crues de projet.. 159
VI-1-1-1 Méthodes statistiques ................................................................................ 161
a. Objectifs et domaine d’utilisation ............................................................. 161
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement ......................................... 161
c. Contraintes et limites d’utilisation............................................................. 161
d. Description de la méthode ......................................................................... 161
VI-1-1-2 Méthode Gradex......................................................................................... 162
a. Objectifs et domaine d’utilisation ............................................................. 162
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement ......................................... 162
c. Contraintes et limites d’utilisation............................................................. 163
d. Description de la méthode ......................................................................... 163

xii
VI-1-1-3 Méthode rationnelle .................................................................................... 164
a. Objectifs et domaine d’utilisation ............................................................. 164
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement ......................................... 164
c. Contraintes et limites d’utilisation............................................................. 165
d. Description de la méthode ......................................................................... 165
VI-1-1- 4 Méthodes empiriques et analogiques ......................................................... 165
a. Objectifs et domaine d’utilisation ............................................................. 165
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement ......................................... 165
c. Contraintes et limites d’utilisation............................................................. 166
VI-1-2 Classification des méthodes d’estimation des crues de projets......................... 166
VI-2 Elaboration de la plateforme informatique pour guider au choix de la méthode 169
d’estimation des crues de projet et au dimensionnement des POH...............................
VI-2-1 Choix de la méthode de calcul d’un débit de crue pour un bassin donné.......... 171
VI-2-2 Choix de la méthode de calcul d’un débit de crue pour le bassin de Tensift..... 173
VI-3-3 Organigramme élaboré pour le dimensionnement d’un ponceau....................... 180
VI-3-4 Organigramme élaboré pour le dimensionnement d’un petit pont..................... 183
Conclusion............................................................................................................................ 186

Conclusion générale................................................…………………................................ 187


Perspectives et discussions.............................…………………………………...….......... 192
Bibliographie........................................................................................................................ 194
Annexe....................................................................………………………......................... 200

xiii
LISTE DES FIGURES

CHAPITRE I : CONTEXTE CLIMATIQUE DU MAROC


Figure I-1 : Répartition de la pluviométrie au Maroc....................................................................... 7
Figure I-2 : Pluie moyenne annuelle par bassin versant................................................................... 7
Figure I-3 : Evolution au niveau national des apports en eau de surface en milliards de m3........... 8
Figure I-4 : Illustrations des dégâts causés par certaines crues dans différentes régions du Maroc. 10
Figure I-5 : Carte des sites à fort risque d'inondations..................................................................... 14
CHAPITRE II : PRESENTATION ET CARACTERISATION DU BASSIN DE TENSIFT
Figure II-1 : Représentation du bassin versant et de l’hydrogramme de crue.................................. 17
Figure II-2 : Carte des limites et de la situation du bassin de Tensift dans le Maroc....................... 18
Figure II-3 : Carte des principales nappes dans la zone d’action de l’ABHT, (ABHT 2009).......... 19
Figure II-4 : Carte des caractéristiques géologiques et hydro- géologiques dans le bassin de
Tensift................................................................................................................................................ 20
Figure II-5 : Emplacement des stations pluviométriques et réseau hydrographique du bassin de
Tensift................................................................................................................................................ 23
Figure II-6 : Carte hypsométrique du bassin de Tensift.................................................................... 26
Figure II-7 : Carte des courbes de niveau de Tensift........................................................................ 27
Figure II-8 : Schéma des étapes de délimitations des sous bassins par ARCHYDRO..................... 28
Figure II-9 : carte d’emplacement des sous bassins contrôlés par les stations hydrométriques....... 30
CHAPITRE III : DETERMINATION DES ZONES HOMOGENES
Figure III-1 : Représentation d'une boite à moustache...................................................................... 55
Figure III-2: Les boites à moustaches des pluies annuelles des 23 stations. ................................... 56
Figure III-3 : Graphique des valeurs propres pour chaque composante de l’ACP pour les 23
stations............................................................................................................................................... 58
Figure III-4 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 1-2.......................................................... 61
Figure III-5 : Dispersion des stations sur le plan factoriel1-3........................................................... 61
Figure III-6 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 1-4.......................................................... 62
Figure III-7 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 2-3.......................................................... 63
Figure III-8 : dispersion des stations sur le plan factoriel 2-4........................................................... 63
Figure III-9 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 3-4.......................................................... 64
Figure III-10 : Résultats des Régions homogènes retenues.............................................................. 65
Figure III-11 : Carte des pentes classées du bassin versant de Tensift............................................. 66
Figure III-12 : Comparaison de valeurs de pente en degrés et en pourcentages............................... 67
Figure III-13: Illustration du calcul de la pente par Arcgis .............................................................. 67
Figure III-14 : Carte pédologique du bassin versant de Tensift ....................................................... 68
Figure III-15 : Carte géologique du bassin versant de Tensift.......................................................... 69
Figure III-16 : Carte d'occupation de sol et de végétation du bassin versant de Tensift................... 70
Figure III-17: Limites des zones homogènes du bassin de Tensift................................................... 71
Figure III-18 : Superposition des résultats des zones homogènes et groupes homogènes................ 72

xiv
CHAPITRE IV : REVUE DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES DE PROJET
Figure IV-1 : Hyétogramme et hydrogramme résultant d'un événement pluie-débit..................... 76
Figure IV-2 : Etapes de l'analyse fréquentielle............................................................................... 80
Figure IV-3 : Ajustement de la série des pluies maximales journalières annuelles par la loi de
Gumbel pour la station Abadla....................................................................................................... 85
Figure IV-4 : Ajustement de la série des pluies maximales journalières annuelles par la loi de
Gumbel pour la station Adamna..................................................................................................... 86
Figure IV-5 : Ajustement des pluies maximales annuelles de 24h à la loi de Gumbel pour la
station Abadla................................................................................................................................. 90
Figure IV-6: ajustement des pluies maximales annuelles de 48h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla................................................................................................................................. 90
Figure IV-7: ajustement des pluies maximales annuelles de 72h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla................................................................................................................................. 91
Figure IV-8 : ajustement des pluies maximales annuelles de 96h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla................................................................................................................................. 91
Figure IV-9 : ajustement des pluies maximales annuelles de 120h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla................................................................................................................................ 91
Figure IV-10 : Les courbes IDF au niveau de la station Abadla................................................... 93
CHAPITRE V : READAPTATION DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES DE
PROJET AU CONTEXTE ET DONNEES RECENTES DU BASSIN DE TENSIFT
Figure V-1 : Les paramètres descriptifs des données des Qmax instantanés pour la station Sidi
Rahal.............................................................................................................................................. 106
Figure V-2 : Graphe d’ajustement des Qmax inst à la loi exponentielle de la station Sidi Rahal.. 106
Figure V-3 : résultat du test de khi 2 pour tester l'ajustement des Qmax inst à la loi
exponentielle pour la station Sidi Rahal......................................................................................... 107
Figure V-4 : Les quantiles obtenus pour différentes périodes de retour pour la station Sidi
Rahal............................................................................................................................................... 107
Figure V-5 : Les paramètres descriptifs des données des Qmax instantanés pour la station
Aghbalou......................................................................................................................................... 109
Figure V-6 : Graphe d’ajustement des Qmax inst à la loi Log Normale de la station Aghbalou... 109
Figure V-7 : Résultat du test de khi deux pour tester l'ajustement des Qmax inst à la loi Log
Normale pour la station Aghbalou................................................................................................. 110
Figure V-8 : Les quantiles obtenus pour différentes périodes de retour pour la station Aghbalou 110
Figure V-9 : Comparaison des quantiles obtenus par les deux analyses statistiques..................... 112
Figure V-10 : Nombre de stations versus le % de différences entre les quantiles calculés par les
deux analyses.................................................................................................................................. 113
Figure V-11: Caractéristiques d'un variogramme........................................................................... 118
Figure V-12 : Fonctions de référence pour la modélisation du variogramme................................ 119
Figure V-13: Histogramme des valeurs du Gradex de pluies......................................................... 120
Figure V-14 : Comparaison entre la distribution du Gradex et la loi normale............................... 121
Figure V-15 : Analyse des tendances dans la répartition des données........................................... 121
Figure V-16 : Représentation du semivariogramme du Gradex de chaque paire d'emplacements 122
Figure V-17 : Résultats de la validation croisée de toutes les 23 stations...................................... 123
Figure V-18: la carte de modélisation du Gradex de pluie de 24h sur le bassin de Tensift........... 125
Figure V-19 : carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du Gradex de pluie de 24h... 126
Figure V-20 : Semivariogramme des paires de points pour le coefficient b de Montana.............. 127
Figure V-21 : Résultats de la validation croisée du krigeage sur les valeurs du paramètre b de
Montana.......................................................................................................................................... 127
Figure V-22 : carte de modélisation spatialise du facteur b de Montana....................................... 128
Figure V-23 : carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du coefficient b de Montana 129
xv
Figure V-24 : Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T= 10ans....................... 129
Figure V-25 : Résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période
de retour de T= 10ans..................................................................................................................... 130
Figure V-26 : carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour T=
10ans............................................................................................................................................... 130
Figure V-27 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs a de Montana pour T=
10ans............................................................................................................................................... 131
Figure V-28 : Valeurs du Gradex obtenues par krigeage sur le bassin contrôlé par la station
Iguir Nkouris................................................................................................................................... 132
Figure V-29 : Carte des polygones de Thiessen pour les stations pluviométriques....................... 134
Figure V-30 : Polygone de Thiessen limités par les limites des bassins IguirNkouris.................. 135
Figure V-31 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le premier groupe
homogène........................................................................................................................................ 153
Figure V-32 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le deuxième groupe
homogène........................................................................................................................................ 153
Figure V-33 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le troisième groupe
homogène........................................................................................................................................ 154

CHAPITRE VI : PLATEFORME INFORMATIQUE POUR LE CHOIX DES METHODES


D’ESTIMATION DES CRUES DE PROJET
Figure VI-1 : Logo de Visual Studio 2015..................................................................................... 169
Figure VI-2 : Page d'accueil de la plateforme................................................................................ 170
Figure VI-3 : Page de choix de l’étape à suivre............................................................................. 170
Figure VI-4 : Interface d’affichage des cartes pour le bassin de Tensift....................................... 174
Figure VI-5 : Tableau récapitulatif des paramètres des sous bassin de Tensift............................. 175
Figure VI-6 : Choix des entrées de la plateforme.......................................................................... 175
Figure VI-7 : Message de rappel pour choisir tous les champs nécessaires................................... 176
Figure VI-8 : Fenêtre des définitions des ouvrages hydrauliques à dimensionner......................... 176
Figure VI-9: L'interface indiquant la méthode choisie, les recommandations et les paramètres 177
nécessaires......................................................................................................................................
Figure VI-10: Interface donnant les étapes de la méthode de rationnelle...................................... 178
Figure VI-11: Interface donnant les temps de concentration des sous bassin de Tensift............... 178
Figure VI-12 : Interface pour le choix de la zone homogène et de la formule empirique à 179
utiliser.............................................................................................................................................
Figure VI-13 : Interface donnant la description pour la zone et la formule empirique choisie...... 179
Figure VI-14 : Diagramme de synthèse de la démarche de dimensionnement d’un ponceau........ 180
Figure VI-15 : Fenêtre affichée pour la présentation des types des ponceaux............................... 181
Figure VI-16 : Message affichée pour l’étape 11........................................................................... 181
Figure VI-17 : Fenêtre d’affichage de la méthode de Délorme...................................................... 182
Figure VI-18 : Fenêtre affichée pour l’étape 9............................................................................... 182
Figure VI-19 : Diagramme de synthèse de la démarche de dimensionnement d’un petit pont...... 183
Figure VI-20 : Interface donnant les données nécessaires pour le dimensionnement d’un petit 184
pont.................................................................................................................................................
Figure VI-21 : Fenêtre de définition d’un pont et des éléments le constituant.............................. 184
Figure VI-21 : Message affichée pour l’étape 3............................................................................. 185
Figure VI-22 : Fenêtre du calcul de la hauteur de remblai, (étape 9)............................................. 185

xvi
LISTE DES TABLEAUX

CHAPITRE I : CONTEXTE CLIMATIQUE DU MAROC


Tableau I-1: Le nombre des sites inventoriés par bassin à fort risque d’inondations ................... 13
CHAPITRE II : PRESENTATION ET CARACTERISATION DU BASSIN DE TENSIFT
Tableau II-1 : Caractéristiques géologiques et Hydro- géologiques de la zone d’action de
l’ABHT........................................................................................................................................... 21
Tableau II-2 : Caractéristiques des stations pluviométriques......................................................... 24
Tableau II-3 : Caractéristiques des stations hydrométriques.......................................................... 25
Tableau II-4 : Etapes de délimitation et de caractérisation des sous bassins de Tensift................ 29
Tableau II-5: Récapitulatif des paramètres physiographiques de forme et caractéristiques du
réseau du bassin de Tensift calculés par Archydro........................................................................ 32
Tableau II-6 : Critères de classification des sous bassins par type................................................. 33
Tableau II-7 : Récapitulatif des indices de forme des sous bassins de Tensift.............................. 34
Tableau II-8 : Récapitulatif des formules de calcul des indices de pente...................................... 35
Tableau II-9 : Classification du relief des sous bassins de surface inférieure à 25Km2 par indice
de pente........................................................................................................................................... 35
Tableau II-10 : Classification du relief en fonction de la dénivelée spécifique (indépendant de
la surface) ...................................................................................................................................... 36
Tableau II-11 : Récapitulatif des indices et des pentes calculés pour les sous bassins de Tensift. 37
Tableau II-12 : Vitesse d'écoulement selon la pente...................................................................... 38
Tableau II-13: Récapitulatif des formules de calcul du temps de concentration............................ 39
Tableau II-14: Récapitulatif des temps de concentration calculés pour les sous bassins de
Tensift............................................................................................................................................. 40
Tableau II-15 : Récapitulatif des temps de concentration adoptés pour les bassins versant de
Tensift............................................................................................................................................. 41
CHAPITRE III : DETERMINATION DES ZONES HOMOGENES
Tableau III-1 : Méthodes d'imputation des valeurs manquantes.................................................... 53
Tableau III-2 : Analyse descriptive pour les 23 stations durant la période de janvier 1999
jusqu'à juin 2011............................................................................................................................. 54
Tableau III-3 : Résultats de l'analyse en composantes Principales pour les 23 stations ............... 57
Tableau III-4 : Matrice des composantes pour les 23 stations....................................................... 59
Tableau III-5 : Matrice des coefficients des coordonnées des composantes pour les 23 stations. 60
CHAPITRE IV : REVUE DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES DE PROJET
Tableau IV-1 : Fonctions de fréquence expérimentales................................................................. 81
Tableau IV-2 : Liste des fonctions de distribution les plus utilisées en hydrologie....................... 82
Tableau IV-3 Valeurs des Gradex de pluies de 24h calculées au niveau des 23 stations
pluviométriques.............................................................................................................................. 86
Tableau IV-4: Résultats du calcul des paramètres du modèle de Gumbel pour la station Abadla 90
Tableau IV-5 : Estimation de la pluie maximale pour différentes périodes de retour au niveau
de la station Abadla....................................................................................................................... 94
xvii
Tableau IV-6: Calcul des paramètres de Montana pour différentes T à la station Abadla............ 93
Tableau IV-7 : Valeurs adoptées pour le coefficient b de Montana.............................................. 94
Tableau IV-8 : liste des formules empiriques utilisées dans le monde.......................................... 95
Tableau IV-9 : formules de Hazan-Lazarevic selon les régions du Maroc.................................... 97
Tableau IV-10 : valeurs du paramètre régional K de la formule de Mac-Math 101
Tableau IV-11 : Synthèse des méthodes d’estimation des crues de projet 102

CHAPITRE V : READAPTATION DES METHODES D’ESTIMATION DES CRUES DE


PROJET AU CONTEXTE ET DONNEES RECENTES DU BASSIN DE TENSIFT
Tableau V-1 : Récapitulatif des lois d’ajustement retenues sur les séries des Qmax inst 105
complètes............................................................................................................................
Tableau V-2 : Récapitulatif des lois d’ajustement retenues pour l’ajustement des séries de 110
durée commune de 17ans...................................................................................................
Tableau V-3 : Comparaison des débits de projet calculés par les deux analyses statistiques........ 111
Tableau V-4 : Exemple de calcul du variogramme de 3 stations alignées horizontalement.......... 118
Tableau V-5: comparaison entre les résultats de validation croisée de différents modèles de
krigeage......................................................................................................................................... 124
Tableau V-6 : Résultats du calcul du Gradex moyen de pluie de 24h à partir de la cartographie
pour les bassins versants de Tensift................................................................................................ 133
Tableau V-7 : Résultats du calcul des surfaces d’influence .......................................................... 135
Tableau V-8 : Résultats du calcul du Gradex moyen de pluie de 24h par la méthode de
Thiessen pour les sous bassins versants de Tensift........................................................................ 136
Tableau V-9: Résultats de comparaison des débits de crue de projet calculés par les deux
méthodes......................................................................................................................................... 138
Tableau V-10: Données utilisées pour réadapter la formule de Myer pour la zone....................... 141
Tableau V-11 : Résultats de la régression linéaire pour le groupe 3 et la période de retour
10ans. 142
Tableau V- 12 : Les résultats de la réadaptation de la formule de Myer sur le bassin de Tensift. 143
Tableau V-13 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Myer dans le bassin de
Tensift............................................................................................................................................. 144
Tableau V-14 : Résultats de la réadaptation de la Formule de Francou-Rodier au contexte du
bassin de Tensift ............................................................................................................................ 145
Tableau V-15 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Francou-Rodier dans le
bassin de Tensift............................................................................................................................. 146
Tableau V-16 : Résultats de la réadaptation de la formule de Fuller sur le bassin de Tensift ...... 147
Tableau V-17 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Fuller dans le bassin de
Tensift ............................................................................................................................................ 148
Tableau V-18 : Résultats de la réadaptation de la formule de Mallet-Gauthier sur le bassin de
Tensift............................................................................................................................................. 149
Tableau V-19 : Recommandations pour l’utilisation du paramètre K de la formule de Mallet
Gauthier pour le bassin de Tensift ................................................................................................. 150
Tableau V-20: Recommandations pour l’utilisation du paramètre a de la formule de Mallet
Gauthier pour le bassin de Tensift.................................................................................................. 150
Tableau V-21 : Résultats de la réadaptation de la formule de Mac-Math sur le bassin de Tensift 150
Tableau V-22 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Mac-Math pour le bassin
de Tensift........................................................................................................................................ 151
Tableau V-23 : Récapitulatif des paramètres et des recommandations trouvés pour les formules
empiriques réadaptées pour le bassin de Tensift............................................................................ 156

xviii
CHAPITRE VI : PLATEFORME INFORMATIQUE POUR LE CHOIX DES METHODES
D’ESTIMATION DES CRUES DE PROJET
Tableau VI-1 : Période de retour pour différentes structures hydrauliques .................................. 167
Tableau VI-2 : Classification des méthodes d'estimation des crues de projet en fonction des
ouvrages hydrauliques.................................................................................................................... 167
Tableau VI-3 : Classification des méthodes d'estimation de la crue de projet selon la période de
retour pour le Maroc et pour le bassin de Tensift........................................................................... 168
Tableau VI-4 : Définitions des ouvrages à dimensionner.............................................................. 172
Tableau VI-5 : Récapitulatif des commandes de la plateforme...................................................... 173

xix
LISTE DES ABREVIATIONS

EHTP Ecole Hassania des Travaux Publics


FSSM Faculté des Sciences Semlalia de Marrakech
FST Faculté des Sciences et Techniques
SEEE Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau Et de l’Environnement
UICN l'Union Mondiale pour la Nature
GIEC Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat
PNI le plan national de protection contre les inondations
ABHT Agence du bassin hydraulique de Tensift
NGM Niveau général Maroc
ORSTOM Office de la recherche scientifique et technique outre-mer
JICA L'Agence japonaise de coopération internationale
MNT Modèle numérique de terrain
GCS Global Coordinate systems
DEM Digital elevation model
WGS World Geodesic System
UTM Universal Transverse Mercator
IRD L'Institut de recherche pour le développement
SETRA Service d'études sur les transports, les routes et leurs aménagements
NERC North American Electric Reliability Corporation
ACP Analyse en composante principale
FAO Food and Agriculture Organization
UNESCO United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization
OMM L'Organisation météorologique mondiale
EDF Electricité De France
GRADEX Gradient exponentiel
INRS L'Institut national de la recherche scientifique
IDF Intensité-Durée-Fréquence
HDF Hauteur-Durée-Fréquence
IDWA Inverse Distance Weighted Average
POH Petit ouvrage hydraulique
DSQ Direction des structures du Québec
VB Visual Basic
BPR bureau of Public Roads
CID Conseil, Ingénierie et développement
MTQ Ministère des Transport du Québec

xx
INTRODUCTION

La présente thèse s’intègre dans le cadre des préoccupations nationales en matière des
changements climatiques et leurs impacts sur les différents systèmes écologiques, socio-
économiques, environnementaux et hydrauliques. Ces effets sont ressentis à travers différents
phénomènes dont la surélévation du niveau des mers, l’augmentation des températures, la
contraction et la fonte des glaces, les sécheresses, les cyclones et les fortes précipitations...
Elle vise à répondre à la question des changements climatiques et à rechercher des solutions
permettant d’adapter particulièrement les ouvrages hydrauliques de génie civil à ces
changements climatiques et à aider à l’atténuation de leur rupture ou diminution de leur
capacité de stockage et d’assainissement en cas d’événements importants.
En effet, le Maroc de par sa situation géographique est caractérisé par un climat
intermédiaire entre le totalement sec et l’humide et des précipitations irrégulières spatialement
et temporellement. Il connait donc un contexte hydrologique sévère, ce qui constitue un risque
pour le développement économique du pays et a des impacts négatifs sur l’environnement.
Pour faire face à ce contexte aggravé par les effets des changements climatiques, une stratégie
nationale de développement des ressources en eau a été lancée dès les années 90, à travers des
projets d’aménagement des bassins en milieu urbain et rural, (mobilisation des ressources en
eau, ouvrages de franchissement routier, assainissement, protection contre les inondations …).
Toutefois, les événements extrêmes récents ont eu des répercussions catastrophiques sur ces
structures comme la rupture des ouvrages hydrauliques (dalots, ponts, buses...), la dégradation
des chaussées et routes et le dépassement des capacités des ouvrages d’assainissement. On
cite parmi les épisodes les plus désastreux la crue de la vallée d’Ourika dans le bassin versant
du Haut Atlas de Marrakech le 17 août 1995 , les crues de décembre 2002 qui se sont
produites à Mohammadia, El Jadida, Taza, Tétouan, Settat et Berrechid, les crues de 2010 sur
Casablanca et ses régions et enfin celles de Novembre 2014 qui se sont abattues sur les
régions de Sud du Maroc, (SEEE, 2009; Lemag, 2010).
Ainsi notre objectif dans ce projet est de rendre plus précis le calcul du débit de crue de
projet, utilisé pour le dimensionnement des ouvrages hydrauliques, et ce à la lumière des
événements récents vécus au cours des deux dernières décennies. Ce débit de projet est basé
sur les données hydrologiques, les caractéristiques du bassin mais aussi fortement sur les
méthodes de calcul utilisées.

1
Nous avons en effet, travaillé pour acquérir une connaissance plus fine des
caractéristiques du bassin, de régionaliser et fiabiliser, à la lumière des événements
hydrologiques extrêmes récents, les méthodes d’évaluation des crues de projet qui, bien que
développées dans des contextes climatologiques, d’écoulement et de nature de sols différents
du contexte marocain, sont très utilisées au Maroc.
Le travail est effectué dans le contexte du bassin de Tensift et avec des données
relativement récentes, étalées sur la période allant de 1962 jusqu’à 2008.
Le bassin versant du Tensift est situé au centre Ouest du Maroc entourant la région de
Marrakech. Ce large domaine continental est situé entre la latitude 32°10' et 30°50' Nord et
les longitudes 9°25' et 7°12' Ouest. Le bassin a une surface d’environ 19750 km2 et est drainé
par l’oued de Tensift qui s'écoule de l’Est vers l’Ouest sur une longueur de 260 km, (Ahattab,
et al., 2015(a)).

Les résultats des travaux réalisés au cours de cette thèse sont présentés en six chapitres :

Le premier chapitre est consacré à une étude bibliographique qui donne un aperçu sur le
contexte climatique et hydrologique du Maroc, les événements extrêmes que le pays a connus,
les dégâts humains et matériels causés ainsi que les mesures mises en place pour y faire face.

Le deuxième chapitre commence par la présentation du bassin de Tensift, sa situation, son


contexte géologique, climatologique, pédologique, sa végétation et son réseau d’observation
des données pluviométriques et hydrométriques disponibles.
La deuxième partie de ce chapitre traite de la détermination des paramètres
caractéristiques des sous bassins de Tensift et de son réseau d’écoulement. Ces derniers sont à
la base de la compréhension de la réponse hydrologique de chaque sous bassin par rapport
aux événements pluviométriques qu’il reçoit. Dans ce sens, le modèle numérique de terrain
MNT issu de la mission SRTM, (ESRI, 2011), a été traité par l’extension ArcHydro du
logiciel ArcGIS, (Jarvis et al, 2008). L’utilisation des outils SIG a permis de cerner avec
précision et d’une façon plus fine les paramètres structuraux, morphologiques et d’écoulement
de chacun des 19 sous bassins délimités.

Dans le troisième chapitre nous avons procédé à une régionalisation (ou zonage)
climatique afin d’obtenir un découpage du bassin de Tensift en zones homogènes, à l’intérieur
desquelles le comportement hydrologique est similaire.

2
La détection des zones homogènes constitue une étape préliminaire pour l’identification
des régions dans lesquelles on peut utiliser la même méthode d’estimation de calcul des crues
de projet avec les mêmes paramètres régionaux spécifiques.
L’étude bibliographique a montré que la méthode la plus utilisée et la plus fiable est
l’Analyse en Composantes Principales appliquée sur les séries de précipitations mensuelles.
Dans ce sens une synthèse des méthodes de traitement statistique des séries de données a été
exposée. L’algorithme de l’ACP a été appliqué, sur les séries des précipitations mensuelles
enregistrées au niveau des 23 stations pluviométriques, à l’aide du logiciel SPSS (IBM, 2012).
Nous avons aussi effectué une analyse basée sur d’autres paramètres aussi importants
hydrologiquement, à savoir : L’occupation du sol, la géologie, la pédologie, la végétation et
les pentes des sous bassins, pour pouvoir définir les zones homogènes et compléter les
groupes homogènes trouvés à partir de l’analyse par l’ACP, (Ahattab, et al., 2015(b)).

Le quatrième chapitre synthétise les principales méthodes utilisées pour l’estimation des
crues de projet au Maroc. Trois grandes familles sont distinguées. Les méthodes statistiques
sont utilisées lorsqu’on dispose de suffisamment de données hydrologiques en un site (bassin
jaugé). Elles consistent à étudier les événements passés, caractéristiques d'un processus, afin
d'en définir les probabilités d'apparition future et ceci par le biais des ajustements statistiques
de lois de probabilités. La deuxième famille englobe les méthodes hydrométéorologiques.
Elles reposent sur des paramètres régionaux calculés à partir de l’information apportée par la
pluie. Deux méthodes sont des plus utilisées au Maroc : La méthode du Gradex et la méthode
rationnelle. Enfin la troisième famille est constituée par les méthodes empiriques qui sont
utilisées lorsqu’on ne possède que peu ou pas de données sur les débits des crues dans une
région. Des formules sont établies pour de nombreux cours d’eau et dans divers pays,
permettant d’estimer soit des débits maximums de crues soit des débits fréquentiels à partir de
certaines caractéristiques du bassin versant en les complétant parfois par certaines données
météorologiques, (Gray, et al., 1972). Cinq des formules les plus utilisées au Maroc ont été
choisies : Formule de Myer, Formule de Fuller, Formule de Francou-Rodier, Formule de
Mallet-Gauthier et Formule de Mac-Math, (Ouarda, et al, 2001, Serhir, 2010 ).

Le cinquième chapitre présente le travail de réadaptation effectuée pour les différentes


méthodes exposées dans le chapitre précédent.

3
Pour les méthodes statistiques, de nouvelles lois d’ajustement des données ont été
trouvées à l’aide du logiciel HyfranPlus, (INRS-EAU, 1998). Les données utilisées sont les
séries des débits max instantanés enregistrés au niveau des 15 stations hydrométriques de
longueur allant de 17ans à 43ans.
Pour les méthodes hydrométéorologiques, le Gradex de pluie de 24h et les coefficients de
Montana ont été calculés au niveau des postes pluviométriques. Pour pouvoir connaitre les
valeurs de ces paramètres pour chaque point du bassin de Tensift, l’interpolation spatiale a
été effectuée par la méthode géostatistique du krigeage. Cette méthode a été choisie car
elle présente l’avantage de prendre en compte l’interdépendance spatiale et quantifie les
erreurs standards de prédiction liées aux valeurs prédites. Deux modèles de krigeage ont
été testés : avec et sans tendance. Plusieurs fonctions de référence (modèle exponentiel,
sphérique et pépitique) ont été utilisées pour la modélisation du variogramme. La validation
croisée a permis une comparaison entre les résultats de ces modèles. Le modèle le mieux
adapté a permis d’élaborer les cartes de modélisation du Gradex de pluie de 24h sur le
bassin de Tensift, ainsi que celles des paramètres de Montana pour les périodes de retour
de 2, 5, 10, 20, 50 et 100 ans. Les cartes des erreurs standards de prédiction associées aux
valeurs prédites ont été aussi élaborées, (Ahattab, et al., 2014).
Dans la dernière partie de ce cinquième chapitre les coefficients régionaux qui
interviennent dans les méthodes empiriques ont été calculés pour les cinq méthodes
retenues et pour les différentes zones homogènes détectées dans le bassin de Tensift et
exposées au chapitre III. Ce calcul est basé sur les débits de crue de projet déterminés à partir
de l’étude statistique réalisée sur les débits max instantanés observés car ils sont de ce fait,
considérés les plus fiables.

Le sixième chapitre couronne la thèse par l’élaboration d’une plateforme informatique


conviviale, bien documentée par des graphes, des recommandations et les étapes à suivre. Elle
consolide l’ensemble des éléments de réponse dont peut avoir besoin un ingénieur
expérimenté ou futur ingénieur dans le choix de la méthode d’estimation des crues de projet la
plus adaptée selon les données disponibles, l’ouvrage à dimensionner et le risque
hydrologique toléré (période de retour préconisée). Il présente les entrées et les sorties ainsi
que le principe de la plateforme et est enrichi et complété par un guide technique et pratique
synthétisant la démarche nécessaire à effectuer dans le dimensionnement des petits ouvrages
hydrauliques (POH), les ponceaux et les petits ponts.

4
CHAPITRE I
CONTEXTE CLIMATIQUE DU
MAROC

5
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

I-1 Introduction au caractère climatique du Maroc


Situé à l’extrémité Nord-Ouest de l’Afrique, le Maroc s’ouvre à la fois sur l’Atlantique
et sur la Méditerranée entre les 37e et 21e parallèles de latitude Nord et les 34e et 51e parallèles
de latitude Sud. Il s’étend du Détroit de Gibraltar jusque pratiquement, aux confins sud du
grand Sahara africain, (SEEE, 2009).
Le climat marocain est à la fois méditerranéen et atlantique. Il présente une saison
sèche et chaude (de Mai à Septembre) et une saison froide (d’Octobre à Avril). Le Maroc a un
relief caractérisé par de hautes chaînes montagneuses où de nombreux massifs dépassent 3000
mètres par rapport au niveau de la mer. Ces chaînes séparent de vastes régions qui
correspondent à autant de zones climatiques très différenciées.
L’effet de la latitude se manifeste par la prédominance d’un climat méditerranéen, au
Nord du pays, et par l’existence d’un climat saharien au Sud et au Sud-Est de l’Atlas. La
présence de la mer atténue les écarts de température, tempère les saisons et accroît l’humidité
de l’air sur les régions côtières. Les régions montagneuses bénéficient d’un climat sub-humide
à humide. Avec des précipitations dépassant 1 000 mm, le Rif occidental et le Moyen Atlas
représentent les zones les plus favorisées en précipitations. L’effet de l’altitude s’étend
également à la saison d’été, les pluies y sont en général minimes. On enregistre en revanche
des précipitations non négligeables sur les zones montagneuses, dues principalement aux
activités orageuses durant cette période de l’année. Quant au Maroc pré-saharien et saharien
le climat est désertique sec, (Bouaicha, et al., 2010).
Le régime pluviométrique au Maroc est donc caractérisé par une forte variabilité spatiale.
Ainsi les précipitations moyennes annuelles se répartissent comme suit :
 Supérieures à 800 mm dans la région la plus arrosée du Nord ;
 Entre 600 à 800 mm au Nord et dans la région du Rif ;
 Entre 400 à 600 mm dans la région du Centre ;
 Entre 200 et 400 mm dans la région de l’Oriental et du Souss ;
 Moins de 200 mm dans les zones sud atlasiques et le Sahara.
La figure I-1 montre la situation de ces différentes zones :

6
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

Figure I-1 : Répartition de la pluviométrie au Maroc, (Bouaicha et al., 2010).

I-2 Ressources en eau irrégulières et limitées


Au Maroc, les écoulements superficiels sont tributaires des précipitations. Les crues,
généralement violentes et rapides, constituent l’essentiel des apports des cours d’eau. Les
ressources en eau superficielle sur l’ensemble du territoire sont évaluées en année moyenne à
18 milliards de m3, variant selon les années de 5 à 50 milliards de m3. La grande disparité
régionale des précipitations induit également une grande variabilité spatiale de ces
écoulements. La figure I-2 montre la répartition de la pluviométrie moyenne annuelle pour les
différents bassins du Maroc, (Bouaicha, et al., 2010).

Figure I-2 : Répartition de la pluviométrie moyenne annuelle pour les bassins versants du
Maroc, (Bouaicha et al., 2010).

7
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

D’après la figure I-2, les bassins de Sakia el Hamra et Oued Eddahab (44% de la
surface totale du Maroc), contribuent à moins de 1% des eaux de surface alors que le bassin
Tangérois, qui représente moins de 1% de la surface totale du Maroc, en produit plus de 16%.
Les écoulements de surface sont aussi caractérisés par une très grande variabilité annuelle et
interannuelle marquée par l’alternance de séquences humides et sèches, avec quelques pics
exceptionnellement humides et secs. Cette succession d’années humides/années sèches est un
caractère marquant du régime hydrologique de tous les bassins du royaume. La figure I-3
illustre l’effet de l’alternance de séquences sèches et humides, au niveau national, avec un
cycle de près de 7 ans.

Figure I-3 : Evolution au niveau national des apports en eau de surface en milliards de m3.

I-3 Un contexte déjà fragile, fragilisé par les changements climatiques ?


Le Maroc est fortement vulnérable à la sécheresse. La fréquence d’épisodes secs plus
ou moins longs est une caractéristique dominante du régime des ressources en eau du pays,
comme ce fut le cas durant les périodes 1956-1957, 1989-1985, 1994-1995, 1998-2000 et
2006-2007. Ces périodes ont été les plus sévères depuis le début des mesures
hydroclimatiques au Maroc en 1945, périodes pendant lesquelles les apports annuels ont subi
une baisse drastique atteignant des moyennes de 5 et 8 milliards de m3 par an.
De même, le territoire national est soumis fréquemment, comme tous les pays du
pourtour méditerranéen, à des crues importantes pouvant être très dommageables aussi bien
pour les infrastructures que pour l’agriculture. Le phénomène des inondations n’est pas récent
au Maroc, mais il a commencé à être ressenti plus fortement durant les deux dernières
décennies, causant des dégâts, notamment matériels, du fait de l’occupation croissante

8
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

anarchiques des zones vulnérables combinée avec l’augmentation de l’occurrence de forts


orages localisés, à l’origine de crues rapides et violentes, (SEEE, 2009).
Ainsi parmi les crues qui ont causé le plus de dégâts on peut citer à titre d’exemple la
crue de Sefrou le 25 septembre1950 où la ville a été inondée avec une hauteur d’eau de 6m de
hauteur faisant une centaine de victimes; celle de la Moulouya survenue le 23 mai 1963 et qui
était d’une telle violence qu’elle a emporté l’assise rive gauche du barrage Mohammed V (la
crue avait un débit de pointe de 7200 m3/s et un volume de 570 millions de m3 soit
l’équivalent de la capacité de la retenue), ou encore celle qui a ravagé la Vallée du Ziz le 5
novembre1965 ayant causé 25000 habitants sans abri et qui a permis de déclencher un élan de
solidarité nationale sans précédent entre le peuple marocain tout entier et ses frères de
Tafilalet et qui a accéléré la réalisation du Barrage Hassan Addakhil. On peut aussi citer la
crue qui a touché la vallée d’Ourika située dans le bassin versant du Haut Atlas de Marrakech
le 17 août 1995 et qui a causé plus de 230 morts et 500 disparus ou encore les crues de
décembre 2002 qui se sont produites à Mohammadia, El Jadida, Taza, Tétouan, Settat et
Berrechid, ou les crues de 2010 à Casablanca et ses régions et enfin les crues du Sebou qui
mettent à l'épreuve le Gharb une année sur deux causant des dégâts humains et matériels
importants, (SEEE, 2009).
Par ailleurs, les dégâts provoqués par les intempéries au Maroc en 2010 ont été enregistrés au
niveau de 29 provinces et préfectures causant l'arrêt du trafic routier, et notamment la
suspension de 121 tronçons (28 au niveau des routes nationales, 40 au niveau des routes
régionales et 53 au niveau des routes provinciales). Ainsi, les crédits destinés à réparer les
dommages causés par les inondations au Maroc ont atteint le chiffre de 1,386 milliard de
dirhams à fin novembre 2010, (source : le ministre de l'Equipement et des Transports
marocain.
Les dernières précipitations qui se sont abattues sur différentes régions du Sud du pays
en Novembre 2014 ont fait des dégâts humains et matériels importants. Le quotidien Al
Massae, titre sur sa Une « Catastrophe… Les flots causent la mort de 17 personnes à
Guelmime et à Ouarzazate ». Le bilan est lourd. La crue de l’Oued Timsouret dans la
commune rurale de Timoulay à Guelmime a causé la noyade de 15 membres d’une même
famille qui rentraient d’un mariage et deux autres personnes à Tinghir. Dans plusieurs régions
du Sud du pays, des familles se sont retrouvées sans abri après l’effondrement de leurs
maisons emportées par les flots ainsi que leurs biens. Akhbar Al Yaoum, pour sa part,
annonce d’autres chiffres « Drame : Mort de 19 personnes dans les environs de Guelmime et

9
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

disparition de 11 autres à cause des inondations ». Au niveau de l’Oued Taalmaardart, trois


grands taxis ont été engloutis par les flots causant la mort de 13 personnes, (Lemag, 2010).
Les photos de la figure I-4 montrent les dégâts catastrophiques causés par quelques crues dans
le Maroc:

Guelmime Novembre 2014 Ouarzazate Décembre 2014

Casablanca Novembre 2010 Casablanca Octobre 2011

Mohammedia Décembre 2010 Fès Mai 2011

10
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

Ourika Août 1995 (ABHT)

Figure I-4 : Illustrations des dégâts causés par certaines crues dans différentes régions du
Maroc.
Bien que le Maroc ait toujours connu des inondations qui ont causé beaucoup de
dégâts. Néanmoins, la cadence de ces épisodes s’est accrue durant ces deux dernières
décennies. Une question s’impose : est ce que les changements climatique sont joué un rôle
dans la modification du cycle hydrologique et par la suite l’accentuation des phénomènes
extrêmes ?
I-4 Changements climatiques au Maroc
Le sommet de la Terre et Climat à Rio de Janeiro en juin 1992 a marqué le début d’un
éveil des consciences à l’échelle mondiale par rapport aux changements climatiques et leurs
répercussions au niveau mondial. Le développement de cadres de concertations scientifiques
comme le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat, la promotion du
principe de précaution pollueur payeur, l’élaboration de programmes comme le Protocole de
Kyoto incluant dans ses dispositions un marché d’émissions de carbone témoignent d’une
volonté politique commune de limiter les risques induits par le changement climatique,
(Secrétariat d’Etat auprès du Ministère de l’Energie, 2008). Depuis que les changements
climatiques sont devenus un phénomène connu, beaucoup d’études ont été conduites pour
évaluer ses impacts et les mesures d’adaptation à mettre en place. Le Maroc s’est intégré dans
ces axes.

11
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

Une étude des projections climatiques pour le Maroc réalisée dans le cadre d’un
consensus entre Le “Global Water Partnership”, le Dialogue sur l'Eau et le Changement
Climatique et l'Union Mondiale pour la Nature (l'UICN), a été entreprise en 2002. Cette étude
s’est basée sur un scénario moyen du GIEC (IS92a), avec une sensibilité moyenne du climat
et le maillage de SCENGEN et sept modèles de circulation générale (MCG). Les simulations
climatiques à l’horizon 2020 ont tous confirmé des tendances au réchauffement et à l'aridité
du climat marocain. Les résultats issus de la modélisation relatifs aux changements
climatiques, prévoient l’élévation moyenne du niveau de la mer due aux effets conjugués de
l’expansion thermique et de la fonte des calottes polaires. Aussi les simulations des variations
des températures anticipent une augmentation allant de +0,7°C à +1°C en moyenne. Quant
aux évolutions des précipitations, elles présenteront de grandes disparités, tant
qualitativement (sécheresse ou humidité) que quantitativement (amplitude du changement).
On rencontre ainsi des simulations donnant une tendance à l’humidité et d’autres à la
sécheresse. Cependant, la plupart des modèles privilégient des tendances à la sécheresse avec
des plages de taux de réduction allant de -7% à 0% dans la partie Nord du pays et de -7,5% à
+2,8% dans la partie Sud. D’autre part, les écosystèmes auront à faire face à des températures
et un régime de précipitations différents des conditions actuelles.
Selon l’étude citée précédemment, les changements climatiques futurs, auront un
impact direct et plus marqué sur le fonctionnement des écosystèmes terrestres.
L'augmentation de température en elle-même contribue directement à un déplacement des
limites de végétation et à une décroissance de la productivité. On observera un déplacement
de la végétation vers les zones Nord et donc une désertification progressive du pays.
Par ailleurs, l’étude prévoit aussi une tendance au réchauffement associée à une
réduction des précipitations sur la majeure partie du pays. Cette évolution sera accompagnée
par l'intensification des phénomènes extrêmes : Orages et averses, sécheresses, vagues de
chaleurs, etc. De tels phénomènes seront de plus en plus enclins à se produire avec des
fréquences très rapprochées, malgré leur caractère aléatoire, et des degrés de plus en plus
amplifiés, (Alibou, 2002).
Constat : Ainsi, il devient clair que les changements climatiques sont un fait qui peut être la
cause de l’accentuation des phénomènes extrêmes en particulier les inondations et avec lequel
il faut prendre des mesures d’adaptation.

12
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

I-5 Mesures pour atténuer les dégâts des crues accentués par les
changements climatiques

Planifier pour Prévenir, Veiller pour Prévoir, Aménager Pour protéger…telles sont les clés de
la démarche préconisée par le Département de l'Eau dans sa lutte contre les inondations. Dans
ce sens, beaucoup d’efforts ont été mis au point : le Maroc a adopté le plan national de
protection contre les inondations (PNI) dont un axe est consacré au diagnostic des causes de
ce phénomène et un autre aux opérations de protection, (Secrétariat d’Etat auprès du
Ministère de l’Energie, 2008). Ce plan a pour ambition d’obtenir une vision synthétique et
complète à l’échelle de la totalité du territoire national de l’ensemble des risques réels et
potentiels d’inondation en vue de dégager et de planifier les différentes mesures qui
permettront d’y faire face. Ces mesures peuvent être physiques (réalisation d’ouvrages de
protection tels que des barrages, des endiguements, calibrage et entretien des lits des cours
d’eau ou systèmes de lutte contre l’érosion…) mais aussi préventives, réglementaires,
organisationnelles ou encore de sensibilisation. Le PNI a permis d’inventorier 432 sites qui
ont fait l’objet de visites, d’études et d’analyses. Parmi ces sites, 50 ont été classés prioritaires
du fait soit de la nature hydro- morphologiques des sites tels que les vallées d’Ourika et
Toudgha, soit à cause de l’importance des dégâts humains ou économiques pouvant être
générés, (SEEE, 2009). Ces sites sont représentés sur la carte de la figure I-5.Le tableau I-1
représente le nombre des sites inventoriés par bassin à fort risque d’inondations avec ceux qui
sont classés prioritaires :

Tableau I-1: Nombre des sites inventoriés par bassin à fort risque d’inondations, (Secrétariat
d’Etat auprès du Ministère de l’Energie, 2008).
Pourcentage de sites
Région Nombre de sites Nombre de sites
classés prioritaires /
hydraulique inventoriés classés prioritaires
sites inventoriés
Souss-Massa-Draa 99 8 8%
Moulouya 62 5 8%
Oum Er Rbia 59 4 7%
Sebou 52 11 21%
Tensift 50 7 14%
Loukkos 40 6 15%
Ziz-Guir-Rheris 16 3 19%
Bouregreg 13 6 46%
TOTAL 391 50 13%

13
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

Figure I-5 : Carte des sites à fort risque d'inondations, (Secrétariat d’Etat auprès du Ministère de l’Energie, Septembre-2008).

14
Chapitre I : Contexte climatique du Maroc

I-6 Conclusion
Le Maroc de par sa situation géographique a toujours connu des événements extrêmes
dont l’intensité et la fréquence s’est amplifiée durant ces dernières décennies à cause des
changements climatiques.
Parmi les mesures que le Maroc a prises pour lutter contre les inondations il y a des mesures
qui sont préventives, d’autres réglementaires, organisationnelles et de sensibilisation ou
encore des ouvrages de protection tels que barrages, digues, seuils et ouvrages de
ralentissement dynamique. Toutefois ces ouvrages représentent eux même un danger en cas
de mal fonctionnement ou bien en cas de rupture, donc leur dimensionnement doit reposer sur
des méthodes plus précises et mieux adaptées aux différents bassins.
Il est à conclure qu’il est nécessaire de procéder à la réadaptation des méthodes de
dimensionnement de ces ouvrages en prenant en compte les éventuels effets des changements
climatiques et donc des situations actuelles. Ceci fait l’objet essentiel du présent mémoire.
Le chapitre suivant présente le bassin versant de Tensift, choisi comme bassin pilote, et
détaille les étapes de sa caractérisation et le calcul de ses paramètres structurels.

15
CHAPITRE II
PRESENTATION ET
CARACTERISATION DU BASSIN
VERSANT DE TENSIFT

16
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

II-1 Généralités sur les bassins versants


Le bassin versant est une surface élémentaire hydrologiquement close, c'est-à-dire qu'aucun
écoulement n'y pénètre de l'extérieur et que tous les excédents de précipitations s'évaporent ou
s'écoulent par une seule section à l'exutoire. Ainsi, le bassin versant, en une section droite d'un
cours d'eau, est donc défini comme la totalité de la surface topographique drainée par ce cours d'eau
et ses affluents à l'amont de cette section. Le bassin versant représente donc l'unité géographique sur
laquelle s’appuie l'analyse du cycle hydrologique et de ses effets.
 Le bassin versant est entièrement caractérisé par son exutoire, à partir duquel on peut tracer
le point de départ et d'arrivée de la ligne de partage des eaux qui le délimite ;
 Généralement, la ligne de partage des eaux correspond à la ligne de crête. On parle alors de
bassin versant topographique.
L'analyse du comportement hydrologique d'un bassin versant s'effectue le plus souvent par le
biais de l'étude de la réaction hydrologique du bassin face à une sollicitation (la précipitation).
Cette réaction est mesurée par l'observation de la quantité d'eau qui s'écoule à l'exutoire du système.
La représentation graphique de l'évolution du débit Q ou du débit surfacique Q/A en fonction du
temps t constitue un hydrogramme de crue, (Figure II-1). La réaction du bassin versant peut
également être représentée par un limnigramme qui n'est autre que la représentation de la hauteur
d'eau mesurée en fonction du temps, (Musy, 2005 ;Serhir , 2010).

Figure II-1 : Représentation du bassin versant et de l’hydrogramme de crue, (Musy, 2005).

II-2 Généralités sur le bassin de Tensift


II-2-1 Situation
Le bassin versant du Tensift est situé au centre Ouest du Maroc entourant la région de
Marrakech (Figure I-2). Ce large domaine continental est situé entre les latitudes 32°10' et 30°50'

17
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Nord et les longitudes 9°25' et 7°12' Ouest, (Boudhar, 2009). L'oued Tensift se présente comme une
gouttière alimentée pratiquement par le versant nord du haut Atlas et qui s'écoule d'est en ouest de
sa source à l'embouchure dans l'océan Atlantique sur une longueur de 260 km. Il prend sa source à
une altitude de 550 du niveau général du Maroc NGM et draine un bassin total de 19750 km2, dont
7075 km2 seulement représente la partie active, (ABHT, 2009).
Il constitue l’un des bassins du Maroc caractérisé par une forte concentration des activités
socioéconomiques. Selon le recensement de 2015, la population du bassin est de 4.520.569
habitants. L’activité économique est essentiellement basée sur l’agriculture, l’élevage, le tourisme,
l’agroalimentaire et l’artisanat.

Figure II-2 : Carte des limites et de la situation du bassin de Tensift dans le Maroc.

Le bassin, de par sa dissymétrie, peut être décomposé en trois zones :


 La zone sud correspondant au flanc nord du Haut Atlas est occupée par une succession de
bassins d'orientation Nord -Sud de superficie moyenne (200 à 1500 km2) bien arrosés et très
pentus (15 à 22 %). Cette partie comporte les affluents de la rive gauche de l'oued Tensift ;
 La zone médiane alignée suivant un axe Est - Ouest (sillon du Haouz et du bassin de
Majjate) et correspondant au cours aval et au cours de l'oued Tensift proprement dit ;
 La zone nord (flanc sud de Jbilet) peu pentue et peu arrosée correspondant aux petits bassins
affluents de la rive droite de l'oued Tensift.

Le bassin est limité au Nord par un massif précambrien de petites montagnes, les Jbilet et au sud
par la ligne de crête du haut Atlas dont la direction est en fait NE. A l'est, la ligne de partage des

18
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

eaux est incertaine et c'est pratiquement une plaine qui sépare le bassin du Tensift de celui de la
Tessaout, affluent de Oum Er R'Bia.
L'alimentation du bassin de Tensift est presque entièrement assurée par la partie montagneuse des
oueds qui drainent le versant nord de l'Atlas par suite de la répartition des pluies du relief et de la
nature des sols. Ce qui frappe le plus, outre la dissymétrie du bassin autour du collecteur constitué
par l'oued Tensift, c'est le contraste brutal entre la montagne et la plaine du Haouz. En effet, toute
l'hydrologie active du bassin se reporte sur les nappes souterraines, tandis que la zone de montagne
constitue des bassins de drainage efficace pour l'écoulement de surface, et la plaine n'étant pour
celui-ci qu'une zone de transit et de consommation, (ORSTOM, 1976). La figure II-3 montre les
principales nappes dans le bassin de Tensift et le bassin d'Essaouira-Chichaoua (zone d’action de
l’ABHT).

Figure II-3 : Carte des principales nappes dans la zone d’action de l’ABHT, (ABHT 2009).

II-2-2 Géologie
Le bassin de Tensift est constitué de faciès géologiques différents, puisqu’on constate que pour
les parties les plus hautes du bassin, les formations imperméables (métamorphiques ou éruptives)
priment nettement. Cela est vrai surtout pour le Rherhaya, Ourika et le Zat. Le N’Fis a une partie de

19
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

son haut bassin dans des calcaires perméables et les formations marno-gréseuses du trias mais, si
l'on considère l'ensemble de la partie active du bassin, les faciès imperméables restent
prédominants. L'oued Rherhaya traverse, dans son bassin moyen, une formation calcaire
relativement importante. Le calcaire est presque totalement absent du bassin de l’Ourika dont la
partie inférieure de sa zone active est caractérisée par les formations marno-gréseuses assez peu
perméables ; cette situation se confirme sur le bassin du Zat dont la partie inférieure est en outre
constituée en grande partie par des calcaires perméables. Dans le bassin du R'Dat, la part des
formations imperméables est encore réduite et celles-ci sont peu présents du bassin du Lahr, (JICA,
2007).
La plaine du Haouz est presque entièrement constituée en surface d'alluvions du quaternaire
récent et sur sa frange sud, de quaternaire moyen et ancien. Ce sont des formations perméables qui,
étant données les faibles pentes du terrain, ne permettent pratiquement aucun ruissellement local,
(ORSTOM, 1976). La Figure II-4 montre les différents faciès géologiques qui constituent le bassin
de Tensift et le bassin d'Essaouira- Chichaoua, (zone d’action de l’ABHT) :

Figure II-4 : Carte des caractéristiques géologiques et hydro- géologiques dans le bassin de Tensift.
(JICA, 2007)
Sur le tableau II-1, on présente les caractéristiques géologiques et hydrogéologiques du Bassin
versant de Tensift selon les zones indiquées sur la figure II-4.

20
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-1 : Caractéristiques géologiques et Hydro- géologiques de la zone d’action de l’ABHT.


Distribution
Caractéristiques des Régions
Légende Caractéristiques Géologiques
Hydro-Géologiques dans le Bassin
de Tensift

Dépôt de Néogène et de Quaternaire de la Perméabilité moyenne- Plaine de


Plaine Côtière, et les sédiments de Néogène et haute, Haouz
i
de Quaternaire continental qui remplissent les Aquifère principale dans (Essaouira-
bassins internes et les plateaux la Plaine de Haouz. Chichaoua)*

Jurassique au Crétacé du basin synclinal (Essaouira-


ii Perméable
interne (Crétacé et Eocène) Chichaoua)*

Dépôt Secondaire et tertiaire, plaine ou petits Perméable,


Essaouira-
iii plissements dans des zones dures dans le Aquifère au Plateau
Chichaoua
plateau central. Essaouira- Chichaoua

Dépôt Jurassique, plaine ou petits plissements


iv dans des zones durs dans le plateau central. Perméabilité très faible Jebilet
(Dolomie et calcic marne)
Plissements Secondaires du grand Atlas,
Faible perméabilité,
v essentiellement Lias et Jurassique (dolomie, Haut Atlas
Aquifère profonde.
marne et grés)
Permien- Triasique (grés, conglomérat et Haut Atlas
vi
argile rouge) (Jebilet)*
Autunien (Permien Inférieure) (conglomérat,
vii (Jebilet)*
grés et argile rouge)

Paléozoïque: Cambrien- Ordovicien- Silurien Faible perméabilité, Jebilet, Haut


viii
(schiste, micaschiste, quartzite, calcaire) Aquifère profonde. Atlas

Jebilet (Plaine
Paléozoïque: Carbonifère (schiste, de Haouz,
ix
micaschiste, quartzite, calcaire) Haut
Atlas)*
Précambrian II-III géo-synclinal (flysch) et
x
granite (Marocanides)
xi Précambrian III (ou CambrianLow-Cambrian) Faible perméabilité,
(Haut Atlas)*
Avec fissures/fractures.
Précambrien III (ou Cambrien inférieur):
xii roche volcanique (rhyolite, ignimbrite,
andésite)
xiii Dolérite Basaltique: Triasique supérieur (Jebilet, Haut
Très faible perméabilité.
Atlas)*
xiv Granite: Hercynien (Paléozoïque tardif)

*Région en parenthèses = distribuée en partie

21
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

II-2-3 Végétation et sols


La couverture végétale est généralement pauvre. Les types de végétation varient selon l’altitude
et la nature des terrains.
Les forêts de chêne à feuilles persistantes (Arganiers, Thuya, Genièvre rouge, etc.) s’étendent sur la
chaîne de montagnes de l’Atlas jusqu'aux collines de Rhamna. Les forêts couvrent une superficie de
541000ha. La végétation autour des montagnes de l’Atlas constitue une partie importante des
ressources écologiques du Maroc au point de vue de la diversité de l’écosystème. L’oasis des
palmiers de Marrakech et les forêts d’Arganiers à Essaouira constitue un patrimoine important. La
végétation par les plantes agricoles regroupe une grande variété, y compris les céréales, l’olivier,
l’abricotier, l’oranger, les rosiers, les pommiers et les plantes fourragères. Pour la province d’Al
Haouz, 75.6 % de la zone cultivée totale est couverte avec des plantations des arbres fruitiers, alors
que le reste est couvert par d’autres cultures. Le sol de la région de Marrakech-Tensift-Al Haouz
s’étend entre Jbilet et les montagnes de l’Atlas, (JICA, 2007).
Les différents sols du bassin de Tensift sont répartis comme suit :
 Sol Isohumique appelée localement «Requane» et couvrant 75% de la surface ;
 Sol Cacemagnesic appelée localement «Biad» et couvrant environ 15% de la surface. Ce
type de sol existe au nord-ouest de N’Fis, sud-est de la région centrale et au nord d’El Kelâa
des Sraghna ;
 Sol inexploité localement appelé «Hach» il couvre une petite partie de la zone 10% le long
des rivières de la plaine de Haouz et au pied des montagnes de l’Atlas, (Boudhar et al.,
2007).

II-2-4 Climatologie

Le bassin de Tensift est doté d’un climat est aride ou semi-aride en général et humide dans
l’Atlas (de 1500 m à 2000 m d’altitude) et le littoral. Les précipitations sont en général faibles et
caractérisées par une grande variabilité spatio-temporelle. La pluviométrie moyenne annuelle est de
l'ordre de 200 mm dans la plaine contre plus de 800 mm sur les sommets de l'Atlas.
A l'inverse des précipitations, la température est un facteur climatique beaucoup plus régulier à
l'échelle temporelle. Les écarts entre les températures journalières sont assez importants avec un
maximum d'environ 45°C dans la plaine et un minimum de -17°C en montagne. Les températures
moyennes mensuelles varient entre 13°C et 28°C dans la plaine et entre 2°C et 18°C en haute

22
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

montagne. Les mois les plus chauds sont généralement Juillet et Août. Le mois le plus froid est
Janvier, (Boudhar, 2009).
II-2-5 Réseau hydrologique et séries hydrologiques disponibles
Le bassin de Tensift comporte un réseau de mesure composé des stations de mesures de
débits (stations hydrométriques) montrées sur la figure II-9 et des stations de mesures de pluies
(stations pluviométriques) dont l’emplacement est montré sur la figure II-5.

Figure II-5 : Réseau hydrographique du bassin de Tensift et emplacement des stations


pluviométriques, (Ahattab, et al., 2015(a)).
Les caractéristiques des stations pluviométriques et hydrométriques sont résumées dans les deux
tableaux (II-2 et II-3).

23
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-2 : Caractéristiques des stations pluviométriques.

NOM STATION Coordonnées Lambert Emplacement Période Remarques sur les pluies journalières
OUED
PLUVIOMETRIQUE Et N_IRE X Y Z (région) d’observation manquantes
ABADLA/ 8 TENSIFT 200,000 129,500 250,000 AIN EL BAIDA 1969-2004 RAS
ADAMNA/50 KSOB 92,900 104,150 70,000 NEKNAFA 1977-2004 RAS
AGHBALOU/ 6193 OURIKA 276,150 83,050 1070,000 ARBAA TIGHADOUINE 1969-2004 RAS
AGOUNS/ 902 TIMICHI 271,450 69,650 2200,000 TOUBKAL 1996-2004 RAS
AMENZAL/ 1004 N'OUFRA 278,220 67,200 2230,000 DOUAR SOUR 1997-2004 RAS
AREMD/1182 IMLIL 259,300 62,100 1950,000 TOUBKAL 1998-2004 RAS
B.LALLA TAKERKOUST/8969 N'FIS 239,500 88,200 630,000 TAMASLOUH 1962-2004 Juin et Août 1963 et Octobre et Novembre 1968
CHICHAOUA/2601 CHICHAOUA 181,525 111,200 340,000 CHICHAOUA 1971-2004 Mois de Février 1973
IGOUZOULEN/4313 IGOUZOULEN 92,450 63,650 158,000 TAMANAR 1998-2004 Mois de Décembre 1998
IGROUNZAR/4315 IGROUNZAR 103,500 91,300 205,000 NEKNAFA 1977-2004 Mois de Septembre 1980
IGUIR NKOURIS/4299 N'FIS 238,350 55,000 1100,000 AMIZMIZ 1974-2004 RAS
ILOUDJANE/ 4222 SEKSAOUA 176,245 70,525 757,000 IMINE TANOUTE 1989-2004 RAS
IMIN EL HAMAM/4432 N'FIS 241,400 72,400 770,000 AMIZMIZ 1969-2004 Année 1969 et Août 1971
Année 1972 manquante et mois Juillet et Août
MARRAKECH/ 5229 - 250,000 110,000 460,000 MARRAKECH-GUELIZ 1970-2004
1974 et Le mois Août 1981 et 1982
SIDI BOUATHMANE/ 6770 ASSIF EL MAL 209,400 74,300 820,000 AZEGOUR 1989-2004 RAS
SIDI HSAIN/ 6826 AMEZMIZ 229,100 70,170 1030,000 AMIZMIZ 1998-2004 RAS
SIDI RAHAL/ 6976 R'DAT 303,100 117,800 690,000 SIDI RAHAL 1968-2004 Juillet jusqu'à Novembre 1968
TAFERIAT/7352 ZAT 291,250 107,500 760,000 AIT OURIR 1983-2004 Mois de Avril 1986 jusq'à Octobre 1987
Mois d'Août 1972 et Juillet 1973 et Juillet 1974 et
TAHANAOUT/7512 RERAYA 255,900 80,400 925,000 TAHANAOUT 1971-2004
juin et Juillet 1976 et Juillet et Août 1977
TALMEST/ 7660 TENSIFT 133,800 147,750 53,000 TALMEST 1985-2004 RAS
TAZITOUNT/ 7994 OURIKA 281,950 77,800 1240,000 ARBAA TIGHADOUINE 1999-2004 RAS
TIOURDIOU/ 8411 TIFNI 277,200 69,300 1850,000 DOUAR SOUR 1996-2004 RAS
TOURCHT/ 8804 AMLOUGUI 286,850 74,150 1650,000 DOUAR SOUR 1997-2004 RAS

24
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-3 : Caractéristiques des stations hydrométriques.


Coordonnées Superficie Remarques sur les
Nom Station Date de mise
NUM IRE Oued Emplacement Durée utilisée Contrôlée par la débits journaliers
hydrométrique X Y Z en service
station (km2) manquants
Abadla 1675/44 Tensift 200,000 129,500 250,000 AIN EL BAIDA 05/03/1969 Sep 1969 -Août 2004 10064 RAS
Adamna 111/51 Adamna 92.900 104.150 70.000 NEKNAFA 01/07/1970 Sep 1970 -Août 2004 1462 RAS
ARBAA
Aghbalou 2089/53 Ourika 276,150 83,050 1070,000 04/04/1969 Sep 1969 -Août 2004 503 RAS
TIGHADINNE
Aremd 3604/53 Imlil 259,300 62,100 1950,000 TOUBKAL 12/02/1999 Sep 1999-Août 2004 41 RAS
Chichaoua 451/52 Chichaoua 181,525 111,200 340,000 CHICHAOUA 27/01/1971 Sep 1971 - Août 2004 2130 RAS
Igouzoulen 404/51 Igouzoulen 92.450 63.650 158.000 TAMANAR 01/07/1997 Sep 1997 -Août 2004 430 RAS
du mois de Février 1971
Igrounzar 401/52 zelten 103.500 91.300 205.000 NEKNAFA 14/12/1963 Sep 1965- Août 2004 813 jusqu'à Janvier 1974
IguirNkouris 510/62 N'Fis 238,350 55,000 1100,000 AMIZMIZ 20/03/1974 Sep 1974 -Août 2004 847 RAS
Iloudjane 628/52 Seksaoua 176,245 70,525 757,000 IMINE TANOUTE 15/10/1974 Sep 1975 - Août 2004 571 RAS
Imin El Hamam 1566/53 N'Fis 241,400 72,400 770,000 AMIZMIZ 01/07/1966 Sep 1966 - Août 2004 1292 RAS
Sidi Bou Othmane 1976/53 Assif el mal 209,400 74,300 820,000 AZEGOUR 14/11/1984 Nov 1984 - Août 2004 540 RAS
Sidi Hsain 2431/53 Amezmiz 229,100 70,170 1030,000 AMIZMIZ 16/12/1987 Sep 1988 -Août 2004 516 RAS
Sidi Rahhal 44/54 Rdat 303,100 117,800 690,000 SIDI RAHAL 03/10/1963 Nov 1963 -Août 2004 103 RAS
Janvier 1987 jusqu'à Août
Taferiat 1562/53 Zat 291,250 107,500 760,000 AIT OURIR 09/02/1962 Sep 1962 - Août 2004 532 1987
Tahannaout 1565/53 Reraya 255,900 80,400 925,000 TAHANAOUT 08/03/1962 Sep 1962 - Août 2004 224 RAS
Talmest 189/43 Tensift 133,800 147,750 53,000 TALMEST 01/09/1970 Sep 1970 -Août 2004 19549 RAS
ARBAA
Tazitount 3603/53 Ourika 281,950 77,800 1240,000 21/02/1999 Sep 1999-Août 2004 334 RAS
TIGHADINNE
Zelten 400/52 Igrounzar 103.300 90.650 210.000 NEKNAFA 16/09/1963 Sep1975- Août 2004 440 RAS

25
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

II-3 Etude de la morphologie, relief et hydrographie


II-3-1 Hydrographie
Le tracé du réseau naturel découle de la forme du relief, des pentes et des caractères
lithologiques des bassins. Ce qui fait que le tracé de montagne est net et facile à interpréter
alors que le tracé de plaine est confus, et comporte de nombreux affluents, bras et
intercommunications. En ce qui concerne les eaux de surface, on peut considérer que seuls les
bassins de montagnes sont actifs, alors que le réseau de plaine ne sert qu’à transiter leurs
apports, quand il ne cause pas, de par sa conformation, des pertes importantes. Le régime des
eaux en plaine est complexe du fait de l'existence d'un réseau artificiel très dense de Saguias
et de khétaras, (ORSTOM, 1976).
La Figure II-5 élaborée dans le cadre du travail de caractérisation du bassin qui est décrit
dans le paragraphe II-4 montre la limite du bassin de Tensift et son réseau hydrographique
ainsi que l’emplacement des stations pluviométriques.
II-3-2 Relief et morphologie
Les Figures II-6 et II-7 élaborées par le logiciel Arcgis (ESRI, 2012) dans le cadre du
travail de caractérisation du bassin qui est décrit dans le paragraphe II-4, montrent
respectivement les altitudes et les courbes d’égale altitude à l'équidistante de 500 m du bassin
de Tensift.

Figure II-6 : Carte hypsométrique du bassin de Tensift, (Ahattab, et al., 2014).

26
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Figure II-7 : Carte des courbes de niveau de Tensift, (Ahattab, et al., 2014).
Le bassin de Tensift peut être divisé en trois zones de reliefs correspondant à des modelés
assez voisins :
 La zone de pleine montagne (sud du bassin) : C'est l'arête dorsale du haut Atlas, qui
correspond essentiellement aux formations métamorphiques et éruptives. Les formes sont
nettes, les arêtes assez vives, les pentes très fortes, on note cependant de nombreuses
falaises, surtout dans les formations calcaire du II aire. L'altitude est généralement
supérieure à 2000 m sur toute la crête du haut Atlas, à l'ouest. Le point culminant est le
Toubkal avec 4167m ;
 La zone de bordure ou pré Atlas (centre-sud du bassin) : Dans cette zone le relief reste
vif, souvent abrupt et le contact avec la plaine est assez brutal. On peut situer cette zone
entre 1 000 et 2 000 m, bien qu'en plusieurs points les altitudes dépassent 2000 et même 2
500m. Les formations métamorphiques et éruptives conservent une grande importance,
surtout à l'Ouest, mais les formations marno-gréseuses et calcaires dominent à l'Est. Les
argiles du trias, presque toujours salifères, correspondent à des formes massives tandis que
les calcaires jurassiques donnent des reliefs compliqués et abrupts ;
 La zone de la plaine (nord et nord-ouest du bassin) : Il s'agit d'une sorte de glacis dont la
pente générale, déjà douce au départ s'atténue de la montagne vers le Tensift. Sur la rive
gauche de l'oued, on peut vraiment parler de plaine dont la monotonie est à peine troublée

27
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

par quelques buttes qui ne jouent aucun rôle dans le régime des eaux, (ORSTOM,
1976 ;Stedinger, 1992).

II-4 Délimitation et caractérisation des sous bassins du bassin de Tensift


II-4-1 Délimitation

Pour pouvoir délimiter les sous bassins et extraire le réseau hydrographique, on s’est basé
sur le modèle numérique de terrain MNT issu de la mission Shuttle Radar Topography
Mission SRTM, (Jarvis et al., 2008) (source : site de la NASA). Ces images ont une résolution
de 90m et sont présentées sous forme de tuiles de 5 degré x 5 degré dans le système de
coordonnées GCS_WGS_1984 (Geographic Latitude and Longitude).
Pour pouvoir couvrir la zone d’étude, on a utilisé 9 images. Le traitement a été effectué à
l’aide de l’utilitaire Arc Hydro qui représente un ensemble de modèles de données et d'outils
opérant dans ArcGIS lors de la prise en charge des analyses de données géo spatiales et
temporelles. Cet utilitaire permet de faire plusieurs opérations à savoir : délimiter et
caractériser les lignes de partage des eaux aux formats raster et vecteur, définir et analyser le
réseau hydro géométrique, gérer les données chronologiques et exporter les données vers des
modèles numériques ; (ESRI, 2011). Il utilise le schéma montré sur la figure II-8 pour extraire
les sous bassins contrôlés par les stations hydrométriques et le réseau hydrographique :

Figure II-8 : Schéma des étapes de délimitations des sous bassins par ARCHYDRO.

28
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Ces différentes étapes ont été appliquées sur les images SRTM de la zone étudiée. Ce
travail et ses résultats sont résumés dans le tableau II-4.

Tableau II-4 : Etapes de délimitation et de caractérisation des sous bassins de Tensift.

Le premier travail consiste à télécharger 9 images pour couvrir


la zone d’étude et à projeter le DEM dans le système de
coordonnées projeté WGS_1984_Complex_UTM_Zone_29N
dans lequel se trouve la zone d’étude.

L’outil “FillSinks” utilisé permet de corriger les erreurs dues à


la résolution des données et à l’arrondissement des élévations à
la plus proche valeur entière. Cette correction est nécessaire
pour une meilleure délimitation des bassins.

L’outil “Flow direction” utilisé permet de créer un raster de


direction de flux à partir de chaque cellule vers son voisin de
plus grande pente descendante. Un raster en sortie est créé
représentant le rapport de la variation maximale d'altitude à
partir de chaque cellule dans la direction du flux sur la distance
du trajet entre le centre des cellules, exprimé en pourcentage. Il
y a huit directions en sortie valides relatives aux huit cellules
adjacentes dans lesquelles le flux peut circuler. Cette méthode,
généralement appelée "modèle de flux à huit directions (D8)",
repose sur l'approche de Jensen et Domingue, (Jensen, et al.,
1988).

L’outil “Flow Accumulation” utilisé permet de calculer le flux


accumulé sous la forme d'une pondération cumulée de toutes
les cellules s'écoulant dans chaque cellule en pente descendante
du raster en sortie. Si aucun raster de pondération n'est fourni,
on attribue la pondération 1 à chacune des cellules, et la valeur
des cellules du raster en sortie correspond au nombre de
cellules qui s'écoulent vers chaque cellule.

29
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

L’outil “Catchment Grid Delineation” permet de délimiter les


sous bassins.

L’outil “Drainage Line Processing” permet d’extraire le réseau


hydrographique.

L’outil “Batch Watershed Delineation” permet de délimiter les


sous- bassins contrôlés par un point ou une station
hydrométrique.

Ce processus a permis de délimiter les sous bassins versants montrés sur la figure II-9. Ce
qui a permis de caractériser chaque sous bassin en lui calculant ses paramètres structurels
(surfaces, périmètres, altitude…) résumés dans le tableau II-5.

Figure II-9 : Carte d’emplacement des sous bassins contrôlés par les stations hydrométriques,
(Ahattab, et al., 2015(a)).
30
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

II-4-2 Calcul des caractéristiques hydrologiques des sous bassins de Tensift

La détermination des paramètres caractéristiques des sous bassins de Tensift et du


réseau d’écoulement est fondamentale, dans la mesure où ils permettent de calculer les
caractéristiques hydrologiques. Ces derniers sont à la base de la compréhension de la réponse
hydrologique de ces sous bassins par rapport aux événements pluviométriques qu’ils
reçoivent. Dans ce sens, on a utilisé l’utilitaire ArcHydro pour calculer les différents
paramètres physiographiques de forme, tels que : la surface et le périmètre du bassin, les
caractéristiques de relief à partir de la courbe hypsométrique (altitude moyenne, médiane,
maximale et minimale, dénivelé spécifique), et les longueurs caractéristiques. Ainsi que les
caractéristiques du réseau nécessaire pour trouver la pente moyenne de l’écoulement, et le
temps de concentration. Cet utilitaire a permis de calculer les paramètres résumés dans le
tableau II-5.

La lecture du tableau II-5 montre que les sous bassins versants ont des surfaces très
variées allant de 19549 Km2 pour le grand bassin de Tensift avec son talweg le plus long de
longueur 322Km et dont l’exutoire est la station Talmest, à 41 Km2 pour le bassin dont
l’exutoire est la station Armed et dont le talweg le plus long a une longueur de 12Km. Les
altitudes minimale et maximale varient aussi selon l’emplacement du bassin, allant de 35m
dans les zones de plaines à 4123m dans le haut Atlas. De la même manière, la pente du cours
d’eau a des valeurs assez contrastées variant de 0.97% pour le bassin contrôlé par la station
Talmest à 17.41% pour celui contrôlé par la station Armed.
On conclut que le bassin de Tensift se caractérise par une grande diversité du relief et de la
topographie :

 37.7% de la surface est occupée par des zones de plaines dont l’altitude moyenne
est inférieure à 500m,

 Près de 40% de la surface est occupée par des zones intermédiaires dont l’altitude
moyenne est entre 500m et 1500m,

 22% de la surface est occupée par des zones de montagnes dont l’altitude moyenne
est supérieure à 1500m.

31
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-5: Récapitulatif des caractéristiques du relief et du réseau hydrographique du bassin de Tensift calculés par Archydro.

Caractéristiques des bassins Caractéristiques du Talweg le plus long


Nom du bassin Altitude Altitude Altitude surface périmètre Longueur pente Altitude Altitude Altitude
min (m) max (m) moy (m) (Km2) Km Km moy % max (m) 5% (m) 95% (m)
Abadla 245 4123 1094 10064 761 210.9 1.41 3221 290 1687
Adamna 69 1691 714 1462 300 109.1 1.38 1581 113 1054
Aghbalou 985 3991 2447 503 153 51.0 5.47 3772 1105 2862
Armed 1910 4123 3019 41 39 12.0 17.41 4004 1951 3398
Chichaoua 341 3319 1223 2130 376 104.0 2.70 3149 406 1555
Igouzoulen 155 1206 679 430 129 50.3 2.07 1196 208 836
Igrounzar 212 1691 780 813 216 80.5 1.70 1581 277 1151
IguirNkouris 1067 4082 2211 847 249 80.6 2.68 3221 1140 2332
Iloudjane 760 3319 1828 571 157 53.5 4.48 3149 831 1783
Imin El Hamam 743 4082 2067 1292 294 110.2 2.25 3221 875 2169
Sidi Rahal 693 3540 1728 540 172 58.1 3.50 2733 753 1685
Sidi Bou Othmane 828 3568 1939 516 135 51.9 4.19 3011 913 2053
Sidi Hsain 1050 3256 1922 103 66 23.2 9.18 3220 1159 2196
Site Taskourt 950 3568 2011 427 120 44.0 4.65 3011 1005 2056
Taferiat 762 3885 1851 532 186 65.2 4.73 3847 846 2323
Tahanaout 1051 4123 2168 224 108 34.1 8.65 4004 1116 2922
Talmest 35 4123 908 19549 1078 321.9 0.97 3168 89 1405
Tazitount 1220 3991 2677 334 142 42.0 6.08 3772 1345 2927
Zelten 210 1595 811 440 175 62.8 2.11 1546 253 932

Hmoy : L’altitude moyenne du bassin qui permet d’analyser les lois réglant les précipitations et le ruissellement superficiel. Elle est calculée, sur la
base de la courbe hypsométrique, par la relation suivante : 𝑯𝒎𝒐𝒚 = 𝑨𝟏 𝒊 𝑺𝒊 × 𝒉𝒊+𝒉𝒊+𝟏
𝟐
(II-1)
Hi : Courbe de niveau i en m ; Si : Aire comprise entre deux courbes de niveau consécutives et A : surface totale en Km2.

32
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

II-5 Calcul des paramètres structurels


Les données obtenues par Archydro permettent de calculer d’autres paramètres qui ont
pour objectif de caractériser le bassin étudié ainsi que son réseau hydrographique. On
distingue alors :
II-5-1 Caractéristiques de forme

Indice de forme de Horton KH et l’indice de compacité de Gravelius KG qui permettent de


déterminer la configuration géométrique et la forme du bassin telle que projetée sur un plan
horizontal. Cette configuration influence l’écoulement de surface qui représente la réponse du
bassin vis-à-vis de la pluie qu’il reçoit. Ces deux paramètres sont calculés par les deux
relations suivantes (Serhir , 2010 ; Musy, 2005):

- Indice de compacité de Gravelius :


𝑷
𝑲𝑮 = (II-2)
𝟐 𝝅𝑨
- Indice de forme de Horton :
𝑨 (II-3)
𝑲𝑯 = 𝟐
𝑳
Avec :
 A : surface du bassin en Km2 ;
 L : longueur du talweg le plus long en Km ;
 P : périmètre du bassin en Km.

La classification des sous bassins par type en fonction de l’indice de forme de Horton (1945)
et l’indice de compacité de Gravelius (1914) est donnée selon le tableau II-6 suivant :

Tableau II-6 : Critères de classification des sous bassins par type.

Type de bassin Intervalle


Ramassé KH > 1 et KG < 1.15
Allongé KH < 1 et KG > 1.5

II-5-2 Longueur et largeur du rectangle équivalent

La notion du rectangle équivalent permet de comparer le comportement hydrologique de


deux bassins. Il s’agit d’une transformation géométrique en vertu de laquelle on assimile le
bassin à un rectangle ayant le même périmètre et la même superficie. Les dimensions du
rectangle équivalent se calculent en Km par les relations suivante ; (Musy, 2005):

33
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

- Longueur du rectangle équivalent :


𝟐
𝑨 𝟏. 𝟏𝟐
𝑳𝒆𝒒 = 𝑲𝑮 𝟏+ 𝟏− (II-4)
𝟏. 𝟏𝟐 𝑲𝑮

- Largeur du rectangle équivalent :


𝟐
𝑨 𝟏. 𝟏𝟐 (II-5)
𝒍𝒆𝒒 = 𝑲𝑮 𝟏− 𝟏−
𝟏. 𝟏𝟐 𝑲𝑮

Les valeurs calculées des indices de Horton et de Gravelius ainsi que des longueurs et des
largeurs équivalentes pour les sous bassins de Tensift sont résumés sur le tableau II-7.
Tableau II-7 : Récapitulatif des indices de forme des sous bassins de Tensift.
STATION KG KH Leq (Km) leq (Km) Leq/leq
Abadla 2.139 0.226 354.777 28.368 12.5
Adamna 2.215 0.123 140.815 10.381 13.6
Aghbalou 1.930 0.193 70.088 7.170 9.8
Armed 1.710 0.284 17.109 2.380 7.2
Chichaoua 2.300 0.197 177.568 11.995 14.8
Igouzoulen 1.751 0.170 57.349 7.499 7.6
Igrounzar 2.133 0.125 100.544 8.090 12.4
IguirNkouris 2.417 0.130 118.440 7.148 16.6
Iloudjane 1.849 0.200 70.854 8.065 8.8
Imin El Hamam 2.304 0.106 138.553 9.322 14.9
Sidi Rahal 2.094 0.160 80.134 6.738 11.9
Sidi Bou Othmane 1.676 0.191 59.290 8.704 6.8
Sidi Hsain 1.831 0.192 29.742 3.468 8.6
Site Taskourt 1.645 0.221 52.534 8.119 6.5
Taferiat 2.273 0.125 87.524 6.077 14.4
Tahanaout 2.027 0.192 49.676 4.510 11.0
Talmest 2.176 0.189 504.506 38.749 13.0
Tazitount 2.196 0.189 66.655 5.010 13.3
Zelten 2.358 0.112 83.055 5.303 15.7

Les valeurs de KG et de KH montrent que les sous bassins de Tensift ont tous des formes
allongées (KH<1 et KG>1.5). Le rapport entre la longueur et la largeur équivalente varie entre
7.2 pour le sous bassin de la station Armed à 15.7 pour le bassin de la station Zelten.
II-5-3 Indices de pente
Les indices de pente dont la connaissance est d’une grande importance car les fortes
pentes favorisent le ruissellement pour les bassins versants. On peut distinguer différents

34
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

paramètres et indices de pente résumés dans le tableau II-8, (Serhir , 2010 ; Musy, et al.,
1998).
Tableau II-8 : Récapitulatif des formules de calcul des indices de pente

Numéro
Indice de pente Paramètres nécessaires
équation
La pente moyenne du bassin
 L : la longueur du cours d’eau considéré (Km).
𝒉𝒎𝒐𝒚  hmoy : L’altitude moyenne du bassin (m). (II-6)
𝑷𝒎𝒐𝒚 = 𝟐 𝑳 (en m/Km)

L’indice de pente classique  Hmax : l’altitude maximale du bassin (m) ;


 Hmin : l’altitude minimale du bassin (m) ;
(𝑯𝒎𝒂𝒙 −𝑯𝒎𝒊𝒏) (II-7)
 Leq : la longueur du rectangle équivalant.
𝑰= (%)
𝑳𝒆𝒒

Indice de pente global


 Du : la dénivelée utile qui est l’altitude entre
(II-8)
𝑫𝒖 laquelle s’inscrit 90% de la surface du bassin.
𝑰𝒈 = (%) Elle est calculée par la formule II-9 suivante :
𝑳𝒆𝒒
(II-9)
𝑫𝒖 = 𝑯𝟓% − 𝑯𝟗𝟓% (m)

La classification du relief du bassin en fonction de l’indice de pente global est donnée


selon le tableau II-9 de l’IRD, (IRD, 2001) suivant :

Tableau II-9 : Classification du relief des sous bassins de surface inférieure à 25Km2par indice
de pente, (IRD, 2001).
Nature de relief Intervalle de l’indice de pente

Bassin de plaine Ig< 0.5 %


Entre plaine et ondulation du terrain 0.5 % <Ig< 1 %
Zone à ondulation du terrain 1 % <Ig< 2 %
Région de collines 2 % <Ig< 5 %
Région montagneuse 5 % <Ig

L’indice de pente global Ig a été conçu pour faciliter l’étude des bassins représentatifs de
faible superficie (≤25Km2). Les indices de pente de bassins de superficie différente ne sont
donc pas comparables, (ORSTROM, 1971).Pour les rendre comparables, on doit s’affranchir

35
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

de l’effet de superficie. A cet effet, une autre classification a été établie selon la dénivelée
spécifique comme c’est montré le tableau II-10.
II-5-4 Pente moyenne de l’écoulement

Elle constitue un facteur important du régime d’écoulement dans le cours d’eau. Elle
est calculée par la relation suivante :
𝑯𝒎𝒂𝒙 −𝑯𝒎𝒊𝒏
𝑷𝒎𝒐𝒚 é𝒄𝒐𝒖𝒍𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 = (en m/km) (II-10)
𝑳
Avec :

 Hmax et Hmin sont respectivement les altitudes max et min le long du cours d’eau
 L est la longueur du talweg le plus long considéré en Km.

II-5-5 Dénivelé spécifique

Elle est proposée par Melton (1965) et aide à comparer les pentes des bassins de tailles
différentes. Elle est calculée par la relation suivante :

𝑫𝒔 = 𝑰𝒈 𝑨 (m) (II-11)

La classification du relief en fonction de la dénivelée spécifique Ds est donnée selon l’IRD


dans le tableau II-10. Il semble que cette classification est indépendante de la surface du
bassin A, et par conséquent ses valeurs pour différents bassins sont immédiatement
comparables entre elles, (ORSTROM, 1971).

Tableau II-10 : Classification du relief en fonction de la dénivelée spécifique (indépendant de la


surface).
Type de relief Intervalle
Très faible Ds<10 m
Faible 10 m ≤Ds<25 m
Assez faible 25 m ≤Ds<50 m
Modéré 50 m ≤Ds<100 m
Assez fort 100 m ≤Ds<250 m
Fort 250 m ≤Ds<500 m
Très fort Ds ≥500 m

Les valeurs calculées pour tous les sous bassins sont résumées dans le tableau II-11.

36
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-11 : Récapitulatif des indices et des pentes calculés pour les sous bassins de Tensift.

Pente Indice Pente


Du moy de pente Ig moyenne de type de
Nom du bassin Ds (m)
(m) bassin classique (%) l’écoulement relief
(%) (%) (%)
Abadla 1397 1.04 1.09 0.39 1.41 395.0 Fort
Adamna 941 1.31 1.15 0.67 1.39 255.5 Fort
Aghbalou 1757 9.59 4.29 2.51 5.46 562.0 Très fort
Armed 1447 50.38 12.93 8.46 17.47 539.7 Très fort
Chichaoua 1149 2.35 1.68 0.65 2.70 298.6 Très fort
Igouzoulen 628 2.70 1.83 1.10 2.07 227.1 Assez fort
Igrounzar 874 1.94 1.47 0.87 1.70 247.9 Assez fort
IguirNkouris 1192 5.48 2.55 1.01 2.67 292.8 Fort
Iloudjane 952 6.84 3.61 1.34 4.47 321.2 Fort
Imin El Hamam 1294 3.75 2.41 0.93 2.25 335.6 Fort
Sidi Rahal 932 5.95 3.55 1.16 3.51 270.3 Fort
Sidi Bou Othmane 1140 7.47 4.62 1.92 4.20 436.8 Fort
Sidi Hsain 1037 16.60 7.42 3.49 9.37 354.1 Fort
Site Taskourt 1051 9.14 4.98 2.00 4.69 413.2 Fort
Taferiat 1477 5.68 3.57 1.69 4.73 389.2 Fort
Tahanaout 1806 12.7 6.18 3.64 8.65 544.1 Très fort
Talmest 1316 0.56 0.81 0.26 0.97 364.7 Fort
Tazitount 1582 12.75 4.16 2.37 6.08 433.7 Fort
Zelten 679 2.58 1.67 0.82 2.13 171.6 Assez fort

Les valeurs trouvées permettent de conclure que le grand bassin de Tensift a des sous bassins
dont le relief varie selon la dénivelée spécifique de « Assez fort » à « très fort ». Les pentes
moyennes des bassins sont d’autant plus fortes que l’altitude moyenne du bassin est grande et
la surface du bassin et la longueur du cours d’eau sont petites. Ainsi on remarque que la plus
faible valeur de 0.56% est enregistrée pour le bassin le plus grand contrôlé par la station de
Talmest et la valeur la plus grande 50.38% est enregistrée pour le bassin le plus petit contrôlé
par la station de Armed.
Toutefois, la classification du relief des bassins selon la dénivelée spécifique donne des
résultats similaires pour des pentes moyennes des bassins très différentes (relief classé très
fort pour les bassins : Aghbalou et Armed, pour des pentes moyennes respectives de 9.59 et
50.38% et pour les bassins : Abadla et Sidi Hsain le relief est classé fort pour des pentes
moyennes respectives de 1.04 et 16.6%). Ce résultat nous permet de déduire que la dénivelée
spécifique (même si elle est supposée être indépendante de la surface du bassin) ne permet
37
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

pas de comparer la nature de relief pour des bassins de surfaces très différentes (les surfaces
respectives de Aghbalou et Armed sont 503 et 41Km2et les surfaces respectives de Abadla et
Sidi Hsain sont 10064 et 103Km2).
II-5-6 Temps de concentration
Il est défini comme le temps au bout duquel la particule d’eau tombée dans la zone la plus
éloignée du bassin va atteindre l’exutoire. Plusieurs formules sont utilisées au
Maroc, (Ouarda, et al., 2001 ; Serhir, 2010). Elles sont résumées dans le tableau II-12.
Vu les différentes relations qui existent dans la littérature pour le calcul du temps de
concentration et les valeurs assez contrastées qu’elles donnent, on a utilisé la méthode des
vitesses moyennes pour choisir les mieux adaptées.
Ainsi à l’aide du logiciel Arcgis on a procédé au calcul des longueurs des tronçons
homogènes en pente et en surface et puis on a fait leurs sommes pour déduire le temps de
concentration global. A l’aide des valeurs des vitesses montrées sur le tableau II-13 on a
calculé pour chaque cours d’eau d’un bassin versant donné deux valeurs du temps de
concentration minimale et maximale qui correspondent à chaque pente. Les valeurs trouvées
pour chaque cours d’eau sont résumées à l’Annexe 1.
Dans le tableau II-13, on présente quelques vitesses d’écoulement selon les pentes
préalablement calculées.

Tableau II-13 : Vitesse d'écoulement selon la pente, (SETRA, 2006).

Pente % Vitesse (m/s)


0à3 0.3 à 0.45
4à7 0.6 à 0.9
8 à 11 0.9 à 1.5
12 à 15 1 à 2.

38
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Tableau II-12: Récapitulatif des formules de calcul du temps de concentration.


Numéro
Formule Paramètres nécessaires d’équation
Formule de Giondotti :  S : la surface du bassin en Km2 ;
𝟒 𝑺+ 𝟏.𝟓𝑳  L : la longueur du cours d’eau principal en Km ; (II-12)
𝑻𝒄 = (Heure)  h : la différence entre altitude moyenne du bassin et celle de l’exutoire en m.
𝟎.𝟖 𝒉

Formule de Turrazza :  I : la pente moyenne du cours d’eau principal en m/m ;


 S : la surface du bassin en km2 ; (II-13)
𝟎.𝟏𝟎𝟖 𝟑
𝑻𝒄 = 𝑺𝑳 (Heure)  L : la longueur du cours d’eau principal en km.
𝑰

Formule de Kiripich :  L : la longueur du cours d’eau principal en Km ;


 D : la différence d’altitude entre les extrémités du cours d’eau principal en m. (II-14)
𝑳𝟏.𝟏𝟓𝟓
𝑻𝒄 = 𝟎. 𝟗𝟒𝟓 𝑫𝟎.𝟑𝟖𝟓 (Heure)
Formule de Ventura :
 I : la pente moyenne du cours d’eau principal en m/m ;
𝑺  S : la surface du bassin en Km2. (II-15)
𝑻𝒄 = 𝟎. 𝟏𝟐𝟕𝟐 (Heure)
𝑰
Méthode espagnole :
 L : la longueur du cours d’eau principal en km ;
𝑳𝟎.𝟕𝟕 (II-16)
𝑻𝒄 = 𝟎. 𝟑 𝑰𝟎.𝟏𝟗𝟐𝟓 (Heure)  I : la pente moyenne du cours d’eau principal en m/m.

Formule de Van Te chow :


 L : la longueur du cours d’eau principal en km ;
𝑳 𝟎.𝟔𝟒
 I : la pente moyenne du cours d’eau principal en m/m (II-17)
𝑻𝒄 = 𝟎. 𝟏𝟐𝟑 (Heure)
𝑰𝟎.𝟓
Méthode de la vitesse, (SETRA, 2006) :
 ti : Le temps sur des tronçons homogènes en pente et en surface ;
 Li : la longueur du tronçon homogène en pente et en surface ; (II-18)
𝑻𝒄 = 𝒕𝒊
 Vi : la vitesse de l’écoulement sur le tronçon qui dépend de la pente, (tableau
(II-19)
𝒕𝒊 = 𝑳𝒊 𝑽𝒊 II-13).

39
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Les valeurs du temps de concentration calculées pour les différentes méthodes sont
résumées dans le tableau II-14.

Tableau II-14: Récapitulatif des temps de concentration calculés pour les sous bassins de Tensift.

Formules des temps de concentration Tc (heures) Tc Vmoy Tc Vmoy


Nom du bassin min max
Giondotti Turrazza Kiripich Espagnole Ventura Vanteshow (heures) (heures)
Abadla 30.8 116.8 21.0 42.0 107.4 14.8 80.1 121.9
Adamna 15.6 49.7 12.7 25.3 41.3 9.7 46.3 70.1
Aghbalou 5.4 13.6 4.2 10.8 12.2 3.9 9.4 14.7
Armed 1.6 2.0 0.9 2.8 1.9 1.1 1.9 2.3
Chichaoua 14.3 39.8 9.5 21.5 35.7 7.6 42.1 63.9
Igouzoulen 8.7 20.9 6.0 12.9 18.3 5.2 23.6 35.9
Igrounzar 12.3 33.4 9.3 19.3 27.8 7.5 31.5 47.8
IguirNkouris 8.8 27.0 7.8 17.7 22.6 6.5 20.8 32.4
Iloudjane 6.7 16.0 4.7 11.7 14.4 4.2 12.6 19.6
Imin El Hamam 10.6 37.6 10.7 23.3 30.5 8.4 28.9 44.9
Sidi Rahal 7.0 18.2 5.5 13.0 15.8 4.8 16.7 25.6
Sidi Bou Othmane 6.3 15.8 4.7 11.6 14.1 4.2 11.8 18.3
Sidi Hsain 3.2 4.7 1.8 5.3 4.2 2.0 5.5 7.8
Site Taskourt 5.7 13.3 4.0 10.0 12.1 3.7 9.3 14.5
Taferiat 7.2 16.2 5.3 13.5 13.5 4.7 16.3 24.9
Tahanaout 4.2 7.2 2.6 7.3 6.5 2.6 8.8 13.5
Talmest 44.1 202.1 33.6 62.4 180.3 21.8 132.7 200.8
Tazitount 4.5 10.6 3.5 9.1 9.4 3.3 6.9 10.9
Zelten 9.1 22.4 7.1 15.3 18.3 6.0 24.8 36.6

Une comparaison des valeurs calculées du temps de concentration par les différentes
méthodes permet de conclure que les formules qui donnent des valeurs incluses dans
l’intervalle formé par les temps de concentration minimal et maximal calculés par la méthode
des vitesses moyennes sont en général les formules de Turrazza, Ventura et Espagnole.
Tandis que les autres formules donnent une sous-estimation du temps de concentration.
Les valeurs trouvées par la formule Espagnole s’approchent de celles calculées par les
deux autres formules dans le cas des bassins dont la surface est inférieure à 500Km2.
Pour confirmer ce résultat, on a procédé à une analyse des hydrogrammes des épisodes
de crues pour toutes les années de mesures disponibles pour les bassins en question (à partir
des séries des débits instantanés). La comparaison des valeurs du temps de concentration
calculées par la formule espagnole et celles déduites des hydrogrammes de crues a montré
qu’effectivement cette formule donne une sous-estimation du temps de concentration pour les
bassins dont la superficie est supérieure à 500Km2. Par la suite on recommande :
40
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

 Pour S < 500Km2 : le temps de concentration peut être calculé par les formules de
Turrazza, Ventura ou Espagnole ;
 Pour S > 500Km2 : le temps de concentration peut être calculé par les formules de
Turrazza ou Ventura.
Ainsi, on a adopté la formule de Turrazza qui donne les résultats les plus proches de la
médiane de l’intervalle constitué par les temps de concentration min et max calculés par la
méthode des vitesses moyennes. Les résultats trouvés pour les différents sous bassins sont
résumés sur le tableau II-15 suivant :

Tableau II-15 : Récapitulatif des temps de concentration adoptés pour les bassins versant de
Tensift.
Surface Pente Valeurs adoptées du temps de
Nom du bassin
(Km2) bassin (%) concentration Tc (heures)
Abadla 10064 1.04 116.9
Adamna 1462 1.31 49.8
Aghbalou 503 9.59 13.6
Armed 41 50.38 2
Chichaoua 2130 2.35 39.8
Igouzoulen 430 2.70 20.9
Igrounzar 813 1.94 33.4
IguirNkouris 847 5.48 27
Iloudjane 571 6.84 16
Imin El Hamam 1292 3.75 37.6
Sidi Rahal 540 5.95 18.2
Sidi Bou Othmane 516 7.47 15.8
Sidi Hsain 103 16.60 4.8
Site Taskourt 427 9.14 13.3
Taferiat 532 5.68 16.2
Tahanaout 224 12.70 7.2
Talmest 19549 0.56 202.2
Tazitount 334 12.75 10.6
Zelten 440 2.58 22.5

Les valeurs du temps de concentration calculées dépendent de la taille du bassin et de sa


pente. Ainsi on trouve que le bassin, contrôlé par la station Talmest, qui a la plus grande
surface (19549Km2) possède le temps de concentration le plus grand (202.2h).

41
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

Toutefois la pente reste aussi un facteur déterminent puisqu’elle augmente la vitesse de


l’écoulement et donc diminue le temps de concentration. En effet, les sous bassins contrôlés
par les stations Igrounzar et Iguir N’kouris qui ont presque la même surface (de l’ordre de
800Km2) avec des pentes très différentes (1.94% et 5.49%), ont des valeurs de temps de
concentration assez différentes (33.4h et 27h).
II-6 Conclusion
Le bassin versant de Tensift situé au centre Ouest du Maroc entourant la région de Marrakech
est caractérisé par un climat aride à semi-aride. Ce bassin est drainé par l’oued de Tensift qui
coule d’est en ouest sur une longueur de 260Km. Le tracé du réseau hydrographique découle
de la forme du relief, des pentes et des caractères lithologiques des bassins.
De par sa géologie et ses pentes, le bassin de Tensift peut être décomposé en trois zones de
formations très contrastées : Une zone au nord de faibles pentes, une zone médiane au milieu
et une zone au sud de très grandes pentes.
A l’aide du logiciel Arcgis on a pu élaborer la carte des pentes ainsi que le réseau
hydrographique ramifié. Les 19 stations hydrométriques qui se trouvent sur la zone d’action
de l’ABHT (bassin de Tensift et zone entourant la ville d’Essaouira) ont servi comme
exutoires aux sous bassins délimités.
L’utilitaire ArcHydro de Arcgis a permis de calculer les paramètres hydrologiques et
morphologiques des différents sous bassins. A savoir les surfaces (40.7Km2 à 19549 Km2), les
périmètres (38.7Km à 1078.4Km), les altitudes moyennes caractéristiques des sous bassins
(35m à 4123m), et les longueurs et les altitudes caractéristiques des talwegs principaux. Le
calcul des indices de forme a montré que les sous bassins de Tensift ont tous des formes
allongées avec des rapports entre la longueur et la largeur équivalente variant de 7.2 pour le
sous bassin de la station Armed à 15.7 pour le bassin de la station Zelten.
Ensuite le temps de concentration a été calculé par différentes méthodes. Ce travail a permis
de conclure que les formules de Turrazza, Ventura et Espagnole sont plus à préconiser pour le
calcul de ce paramètre pour le bassin de Tensift mais avec la condition d’utiliser la formule
Espagnole pour le cas des sous bassins dont la surface reste inférieure à 500Km2.
En guise de conclusion, le bassin de Tensift se caractérise par une grande diversité et
hétérogénéité de par son relief, ses pentes, ses temps de concentration…
Ces paramètres ont une grande influence sur l’écoulement et le processus de génération de
crues et interviennent dans les méthodes de calcul des crues de projets.

42
Chapitre II : Présentation et caractérisation du bassin versant de Tensift

D’où l’intérêt de délimiter des zones homogènes pour le bassin de Tensift, à l’intérieur
desquels le comportement hydrologique est similaire et pour lesquels un même modèle ou
méthode d’estimation des crues de projet peut être utilisé.

43
CHAPITRE III
DETERMINATION DES ZONES
HOMOGENES

44
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

III-1 Introduction
L’objectif de procéder à une régionalisation (ou zonage) climatique d’une région est
d’obtenir un découpage d’un territoire en zones homogènes, à l’intérieur desquelles le
comportement hydrologique est similaire, (Rasmussenet al., 1995).

L’identification de régions homogènes constitue une étape de calcul préliminaire pour


certaines méthodes de régionalisation hydrologique utilisées dans la pratique pour estimer une
variable hydrologique d’intérêt (par exemple le débit de pointe annuel) d’un bassin versant
pour lequel on ne dispose d’aucune observation (bassin versant non jaugé). La régionalisation
hydrologique permet aussi de compléter et consolider les observations d’un site où les
données sont insuffisantes ou incertaines en valorisant les observations réalisées sur
l’ensemble d’une région considérée homogène du site considéré.

Les premiers essais pour déterminer de régions homogènes supposaient que les
stations les plus proches géographiquement étaient les plus similaires, à une transformation
d'échelle près. Dans le rapport d’études sur les inondations élaboré par «The UK Flood
Studies Report» (NERC, 1975), la Grande-Bretagne a été divisée en 11 régions créées sur la
base de la connaissance générale du régime hydrologique et la continuité géographique.
Cependant, les régions délimitées n'ont pas montré par la suite une homogénéité rigoureuse
dans le sens statistique. Ainsi, plusieurs études sont venues montrer que les régions
géographiquement proches n’étaient pas forcément homogènes, (Wiltshire, 1985). Toutefois
la proximité géographique n'est pas une garantie de l'homogénéité puisque les bassins qui sont
proches peuvent être physiquement très différents. Il a ainsi introduit une autre approche
basée sur la classification à partir des caractéristiques mesurables du bassin qu’il a appliqué
sur les bassins de la Grande-Bretagne ce qui a permis de distinguer trois régions homogènes.

Donc la première approche a été abandonnée en faveur d'une approche de


classification à partir des caractéristiques physiographiques ou hydrologiques des bassins
versants que Wiltshire a introduit en (Wiltshire, 1986) en examinant ses propriétés et sa
puissance à l'aide des tests de simulation.

Par la suite et pour diminuer la dimensionnalité du problème, Burn (Burn, 1988) a


considéré l'utilisation de l'analyse en composantes principales ACP des caractéristiques
hydrologiques et l’a appliqué sur la région de Monte Carlo en utilisant des données provenant
des rivières du sud du Canada. Les résultats ont ainsi montré que l'estimation des valeurs de

45
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

débits extrêmes sur site est renforcée par la procédure de régionalisation proposée; (Fortin et
al.,1995).

Dans ses travaux de recherche, Gregory (1975) a passé en revue les différentes méthodes de
classification englobant les caractéristiques temporelles du climat. Ces méthodes sont basées
essentiellement sur L’ACP, les corrélations et/ou les méthodes de classification. Dans ce
cadre, plusieurs études ont été proposées et appliquées à la plupart des régions du monde
parmi lesquelles on cite :
 l’ACP des températures mensuelles de la nouvelle Zélande et celle des précipitations
mensuelles, (Salinger, 1980).
 l’ACP des précipitations mensuelles de l’Angleterre, (Wigley et al.,1984).
 l’ACP des précipitations mensuelles de la région Méditerranéenne, (Goossens, 1985).
 l’ACP des précipitations mensuelles du Québec, (Fortin et al,1995).
 l’ACP des précipitations mensuelles pour l’Algérie nord-occidentale, (Medjerab et al,
2005).
 l’ACP des données mensuelles, saisonnières et annuelles des températures maximales
et minimales moyennes, et des cumuls pluviométriques de la région centre du Maroc,
(Sebbar et al, 2015).
Il est clair qu’après une revue bibliographique montre que la méthode la plus utilisée et la plus
fiable est l’Analyse en Composantes Principales sur les séries de précipitations mensuelles.
A l’instar de cette étude bibliographique, Le présent travail adopte cette méthode pour
l’appliquer sur le bassin de Tensift pour pouvoir définir des groupes homogènes du point de
vue climatique et pluviométrique et de compléter ainsi ce travail en faisant une analyse sur
d’autres paramètres aussi importants hydrologiquement tels que :
 L’occupation du sol ;
 La géologie ;
 La pédologie ;
 La végétation ;
 Les pentes des bassins.
On présente par la suite les démarches des deux méthodes réalisées dans le cadre de ce travail,
(Ahattab, et al., 2015(b)) :

 La méthode basée sur l’ACP ;


 La méthode de l’analyse des cartes.
46
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

III-2 Méthode de l’ACP sur les séries de précipitations mensuelles


III-2-1 Principe de la méthode de l’ACP

L’Analyse en Composantes Principales permet la description des données contenues


dans un tableau d’individus / variables quantitatives ; c’est la méthode de base de l’analyse
des données. Du point de vue “mathématique”, l’ACP correspond à l’approximation d’une
matrice (n; p) par une matrice de même dimensions mais de rang q < p; q étant souvent de
petite valeur 2 ou 3 pour la construction de graphiques facilement compréhensibles. Cette
méthode permet d’étudier les données en termes de corrélation, c’est- à-dire de détecter les
stations ayant le même comportement; (Maharas et al.,1991). Le grand avantage de cette
technique réside dans son aptitude à traiter de façon simultanée un grand nombre de données.
Elle permet, en outre, de dégager les interrelations complexes qui existent entre les variables
et de les résumer ou les réduire en un petit nombre d’indicateurs appelés facteurs ou
composantes principales CP. Elle est linéaire car il s’agit d’une combinaison linéaire des
variables de départ, (Henia et al., 2005) tel que :

𝑿 = 𝑼𝒁 𝑜𝑢 𝒙𝒊𝒋 = 𝒖𝒊𝒌 𝒛𝒌𝒋 (III-1)


𝒌=𝟏

Avec :
 𝑋 ∈ 𝑅 𝑝 : le vecteur des variables initiales ;
 𝑍 ∈ 𝑅 𝑝 : le vecteur des composantes principales ;
 U : la matrice de transformation orthonormée (U-1=Ut).

Bien que l'objectif soit en général de n'utiliser qu'un petit nombre de Composantes
Principales, l'ACP en construit initialement p, autant que de variables originales. Puisque
mathématiquement le problème se réduit à la recherche des vecteurs propres normés à 1,
(unitaire).
Ce n'est que par la suite qu’on décide du nombre k de Composantes à retenir, c'est-à-dire
qu’on remplace les observations originales par leurs projections orthogonales dans le sous-
espace à k dimensions défini par les k premières Composantes Principales, (Baccini, et al.,
2010).

Les Composantes Principales définissent des directions de l'espace des observations qui sont
deux à deux orthogonales. Autrement dit, l'ACP procède à un changement de repère
orthogonal, les directions originales étant remplacées par les Composantes Principales.
47
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

La propriété fondamentale des Composantes Principales est de pouvoir les classées


par ordre décroissant d'importance Ainsi, le meilleur sous-espace à k dimensions (k < p) dans
lequel sont projetés les observations tout en perdant le moins possible d'information est
justement celui engendré par les k premières Composantes Principales.

L'utilisation la plus courante de l'ACP est de fournir des données décrites par un grand
nombre de variables quantitatives des représentations planes (et donc interprétables
visuellement) aussi fidèles que possible. Pour cela, on projette ces données sur des plans
factoriels. A noter que chaque plan est défini par une paire de Composantes Principales prises
parmi les premières CP.

De l'examen de ces projections, on peut retirer des informations sur la structure des
données, par exemple :

 L'existence et la localisation d'observations "exceptionnelles", ou "aberrantes", c'est à


dire très éloignées de l'ensemble des autres observations ;

 L'existence de regroupements bien marqués, suggérant l'existence de plusieurs sous-


populations au sein de l'ensemble des observations ;

 L'interprétation des Composantes Principales peut être faite en termes de propriétés


réelles mais non mesurées des observations.

L’ouvrage de Jolliffe (2010) en détaille de façon exhaustive tous les aspects et utilisations.
III-2-2 Etapes de préparation des séries de données
Différents types d’erreurs peuvent entacher les séries de données, donc il est nécessaire
de faire un traitement préliminaire. Il s’agit de contrôler les données selon les étapes
suivantes :
Etape 1 : Pour effectuer une analyse statistique sur une série de données, il faut satisfaire un
nombre de critères :

 Les données sont consistantes - Aucune modification dans les conditions internes du
système n'intervient durant la période d'observation (position du pluviomètre, procédures
d'observation, observateur unique).
 La série de données est stationnaire - Les propriétés de la loi statistique qui régit le
phénomène (moyenne, variance ou moments d'ordre supérieur) sont invariantes au cours
du temps.
 Les données sont homogènes - Une série de données est réputée non homogène lorsque:

48
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

o Elle provient de la mesure d'un phénomène dont les caractéristiques évoluent durant
la période de mesure; le phénomène est alors dit non-stationnaire (par exemple:
variations climatiques, variations du régime des débits dues à une déforestation ou un
reboisement). Il est également possible d'observer des signes d'une non stationnarité
apparente lorsque l'électronique intégrée à l'équipement de mesure présente une
dérive temporelle ou lors du changement de l'observateur.
o Elle reflète deux ou plusieurs phénomènes différents. Le régime d'une rivière à l'aval
de la confluence de deux sous bassins dont le comportement hydrologique est très
contrasté constitue un bon exemple de ce défaut d'homogénéité.
 La série de données est aléatoire et simple - Le caractère aléatoire et simple d'une série
d'observations est une hypothèse fondamentale pour l'analyse statistique. Un échantillon
aléatoire signifie que tous les individus de la population ont la même probabilité d'être
prélevés. Un échantillon simple signifie que le prélèvement d'un individu n'influe pas la
probabilité d'apparition des individus suivants. Autrement dit, si toutes les observations de
la série sont issues de la même population et qu'elles sont indépendantes entre elles, la
série est alors aléatoire et simple.
 La série doit être suffisamment longue - La longueur de la série influe sur les erreurs
d'échantillonnage, notamment sur le calcul des moments d'ordre supérieurs donc sur les
tests inhérents à leur fiabilité, (Musy, 2005).

Ainsi pour pouvoir vérifier les hypothèses précédentes, plusieurs tests paramétriques ou non
paramétriques peuvent être utilisés. Un test est dit paramétrique si son objet est de tester
certaines hypothèses relatives à un ou plusieurs paramètres d'une variable aléatoire de loi
spécifiée. Dans la plupart des cas, ces tests sont basés sur la considération de la loi normale et
supposent donc explicitement l'existence d'une variable aléatoire de référence suivant une loi
normale. La question se pose alors de savoir si les résultats restent encore valables lorsque
n'est pas normale : si les résultats sont valables on dit que le test en question est robuste. La
robustesse d'un test par rapport à un certain modèle est donc la qualité de rester relativement
insensible à certaines modifications du modèle. Un test est dit non paramétrique s'il ne fait pas
appel à des paramètres ou d'hypothèses précises concernant la distribution sous-jacente,
(Ramousse, et al., 1996).
Dans ce qui suit, on liste les différents tests paramétriques et non paramétriques qui peuvent
être utilisés pour s’assurer de la qualité des données :

49
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

 Tests de conformité: Les tests de conformité comparent la moyenne ou la variance d'un


échantillon à la moyenne ou la variance de la loi théorique (de la population dont il est
issu).
 Deux tests paramétriques sont utilisés pour la conformité de la moyenne selon que la
variance est connue ou doit être estimée, il s'agit respectivement des tests z et
de Student (appelé aussi test t), (Morgenthaler, 2014) ;
 Test non paramétriques : Le test de conformité de la moyenne classique non
paramétrique est le test de Wilcoxon pour un échantillon, (Morgenthaler, 2014).
 Tests d'homogénéité : dont l’objet est de comparer l’indépendance de deux échantillons.

 Deux tests paramétriques peuvent être utilisés : Le test d'homogénéité de la moyenne


qui se base sur la statistique de Student pour deux échantillons et le test
d'homogénéité de la variance qui est le test de Fisher-Snedecor, (Meylan, et al.,
1999). ;
 Pour tester l'homogénéité de données issues de deux populations on utilise les deux
statistiques équivalentes de Mann-Whitney et Wilcoxon, ainsi que le test de la
médiane, (Morgenthaler, 2014).
 Tests d'adéquation : Il est introduit pour vérifier si un échantillon donné peut être
considéré comme tiré d'une population-parente spécifiée.
 Le test paramétrique servant à l'adéquation, basé sur la comparaison des fréquences
théoriques et effectives, est le test de chi-carré développé, (Greenwood et al., 1996).
 Tests d'autocorrélation : Ils ont pour objectifs de vérifier si une dépendance (due à la
proximité dans le temps par exemple) existe dans des données chronologiques d'une série
d'observations. On distingue alors :
 Le test paramétrique: Il repose sur le calcul du coefficient d'autocorrélation de rang
un de la série, et puis l'application du test de nullité du coefficient de corrélation
selon Fisher, (Meylan, et al., 1999).
 Les tests non paramétriques du coefficient d'autocorrélation de Spearmen ou de
Kendall, (Morgenthaler, 2014).
En plus de ces tests statistiques utilisés deux autres sont essentiellement utilisés en
hydrologie. Leur but spécifique est de comparer un ou plusieurs échantillons, acquis à des
stations voisines, afin de déceler une éventuelle inhomogénéité (dont la cause la plus
classique est une modification de l'une des stations, par exemple, le déplacement du
pluviomètre) :
50
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

 Méthode du double cumul : L’homogénéisation par cette technique graphique nécessite


la connaissance d’une série de données annuelles homogènes et observées dans une
station de référence dite station témoin, ou station de base, voisine et régionale avec la
station à corriger. La méthode du double cumul a l’avantage de permettre de mettre en
évidence la présence d'une anomalie dans la série étudiée et de la corriger.
Il s’agit de comparer la tendance de la station étudiée par rapport à celle de la station
témoin, en traçant le graphe des données cumulées à la station étudiée par rapport aux
données cumulées de la station témoin.
La méthode est fondée sur le principe qu’en l’absence d’anomalie, deux stations A et B
voisines et régionales, mesurent chaque année une pluviométrie annuelle dans un rapport
sensiblement constant d’une année à l’autre, que l’année soit sèche ou humide.
En conséquence les points de coordonnées les pluies cumulées calculées à chaque station
A et B jusqu’à l’année i sont pratiquement alignés. En revanche si une erreur systématique
à la station étudiée s’est produite alors la droite des doubles cumuls présenterait une
cassure de sa pente à l’année de l’introduction de l’erreur, (Serhir , 2010 ; Musy, et al.,
1998).
 Méthode de simple masse: Elle consiste à représenter le cumul des pluies annuelles
enregistrées à la station à contrôler en fonction des années. La linéarité du graphique est
un indice d'homogénéité. L’hétérogénéité de la série se traduit par un changement de
pente indiquant l’année de l’hétérogénéité.
Etape 2 : vérification de la cohérence temporelles des données acquises, à savoir par exemple
qu'une crue est bien la conséquence d'un épisode pluvieux ;
Etape 3 : Essai de corrélation linéaire entre les débits et la pluie pour s’assurer de
l’homogénéité des débits et la cohérence de l’information qu’ils présentent par deux
méthodes :
 Par le test paramétrique : on doit s’assurer de la normalité donc on applique en
premier lieu le test de Kolmogorov Smirnov pour tester la normalité puis le test de
Pearson pour tester la corrélation.
 Le test non paramétrique de la corrélation bivariée de Spearmen, l’hypothèse nulle
étant l’absence de la corrélation, elle sera acceptée si la probabilité dépasse 5%.
Etape 4 : Résolution du problème de données manquantes et aberrantes :
 Détection des valeurs aberrantes :

51
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Une valeur aberrante est une valeur qui diffère de façon significative de la tendance
globale des autres observations quand on observe un ensemble de données ayant des
caractéristiques communes. La présence de valeurs aberrantes dans la série de données
peut être très importante sur le résultat du traitement statistique (Ashkar, et al., 1994).
Ainsi pour pouvoir les détecter on a utilisé des méthodes graphique comme le boxplot,
l’histogramme et le diagramme de dispersion des observations classées en fonction de leur
rang ou bien des test statistiques comme le test de Grubbs, (Rao, et al., 2000). Les valeurs
trouvées ne seront pas forcément aberrantes mais ils ont une forte chance de l’être
statistiquement. Donc le choix d’enlever ces valeurs reposera sur une étude exploratoire
de la station en question et de ses données.

Par la suite les données supprimées seront traitées comme des données manquantes.
 Traitement des données manquantes :
Plusieurs méthodes d’imputation existent. L’imputation consiste à produire une « valeur
artificielle » pour remplacer la valeur manquante, avec pour objectif de produire des
estimations approximativement sans biais. On distingue alors les méthodes déterministes
qui sont la moyenne, la régression et le ratio et les méthodes stochastiques à savoir le hot-
deck aléatoire, le plus proche voisin et autres. Ces méthodes sont décrites dans ce qui suit
et sont résumées dans le tableau III-1, (Nicolau, 2005).
 Imputation par la moyenne : On remplace chacune des valeurs manquantes yi*par la
valeur moyenne 𝑦𝑟 ou la médiane de l’ensemble de la série de données (y1,y2….yr).
 Imputation par le ratio : Recherche d’une station corrélée avec la ou les stations qui ont
les données manquantes sur la période manquante. Chaque valeur manquante est
remplacée par la valeur yi* obtenue par régression de y sur x.
 Imputation par régression : c’est une extension naturelle de l’imputation par la
méthode du ratio où l’on se sert de q variables auxiliaires x1…xq.
 Imputation par la méthode hot-deck aléatoire : consiste à attribuer la valeur de y
fournie par une station corrélée avec la station (donneur), sélectionné au hasard avec
remise parmi l’ensemble des données de la station donneur, pour remplacer la valeur
manquante y* pour la station voulue (receveur).
 Imputation par la méthode le plus proche voisin : on attribue à la station avec les
valeurs manquantes les valeurs de la station la plus proche, où l’expression « le plus

52
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

proche » est habituellement définie par une fonction de distance basée sur une ou
plusieurs variables auxiliaires, (Nicolau, 2005).

Tableau III-1 : Méthodes d'imputation des valeurs manquantes, (Nicolau, 2005).

Méthode Calcul de la valeur manquante


d’imputation
𝒓
𝟏
Moyenne 𝒚∗𝒊 = 𝒚𝒊 = 𝒚𝒓 (III-2)
𝒓
𝒊=𝟏

𝒚𝒓
Ratio 𝒚∗𝒊 = 𝒙 (III-3)
𝒙𝒓 𝒊
Régression 𝒚∗𝒊 = 𝒃𝟎 + 𝒃𝟏 𝒙𝟏𝒊 + … + 𝒃𝒒 𝒙𝒒𝒊 (III-4)
Hot-deck 𝒚∗𝒊 = 𝒚𝒋 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒄𝒆𝒓𝒕𝒂𝒊𝒏𝒔 𝒋 ∈ 𝑺𝒋 𝑻𝒆𝒍 𝒒𝒖𝒆 𝑷 𝒚∗𝒊 = 𝒚𝒋 = 𝟏 𝒓 (III-5)
Le plus proche 𝒚∗𝒊 = 𝒚𝒋 𝒑𝒐𝒖𝒓 𝒄𝒆𝒓𝒕𝒂𝒊𝒏𝒔 𝒋 ∈ 𝑺𝒋
(III-6)
voisin 𝑻𝒆𝒍 𝒒𝒖𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒕 𝒙𝒊 ; 𝒙𝒋 𝒔𝒐𝒊𝒕 𝒎𝒊𝒏𝒊𝒎𝒂𝒍𝒆

On rappelle que les étapes décrites précédemment résument la démarche à suivre pour
préparer les séries de données (débit et pluie). Toutefois les séries de pluies et de débits qu’on
a utilisés ont déjà été traitées et ont été fournies sans lacunes.
III-2-3 Contrôle statistique des données utilisées

Les données utilisées sont les séries des précipitations mensuelles enregistrées au
niveau des 23 stations pluviométriques définies dans le chapitre précédent. Ainsi pour pouvoir
trouver une période commune à toutes les stations, on a considéré la période qui s’étale de
janvier de l’année 1999 jusqu’à Juin de l’année 2011 soit une durée de 150 mois. La première
étape a été de calculer les statistiques descriptives pour caractériser les séries. Les résultats
trouvés sont montrés dans le tableau III-2.

Une lecture de ce tableau montre que :


 Le nombre d’observations traités est de 150 mois pour toutes les stations ;
 La pluviométrie mensuelle varie entre 0 mm et 543.7mm ;
 Les moyennes varient entre 11.7mm et 42.4mm ;
 Le nombre de mois pluvieux varie entre 81 et 142 mois.

53
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Tableau III-2 : Analyse descriptive pour les 23 stations durant la période de janvier 1999
jusqu'à juin 2011, (Ahattab, et al., 2015(b)).
Nombre de Nombre de mois Maximum Moyenne Ecart
Stations pluviométriques
mois utilisés pluvieux mm mm type mm
Abadla 150 81 86.6 11.7 17.8
Adamna 150 101 180.1 25.5 39.0
Aghbalou 150 138 194.8 42.4 42.5
Chichaoua 150 107 90.7 14.2 19.2
Igrounzar 150 94 257 22.4 37.1
Iloudjane 150 129 180.9 26.8 30.4
Imine el Hamam 150 132 184.4 29.5 34.3
Sidi Bou Othmane 150 141 158.8 27.8 32.1
Sidi Hssain 150 127 216 36.2 39.3
Sidi Rahal 150 124 150.5 24.3 27.9
Taferiat 150 133 154.4 24.6 27.7
Tahanaout 150 139 132.7 28.6 31.0
Talmest 150 98 132 22.7 32.4
Tazitount 150 137 172.6 39.5 42.4
Agouns 150 133 128.6 30.3 28.7
Amenzal 150 130 543.7 33.1 54.9
Armed 150 142 273.6 33.3 38.7
Igouzoulen 150 90 292.6 26.6 45.0
Lallatakerkoust 150 138 132.7 25.6 29.4
Marrakech 150 115 261.3 19.3 31.6
Touirdiou 150 130 110.5 21.8 24.7
Tourcht 150 136 250.3 36.4 42.0
IguirNkouris 150 125 177.7 19.9 26.6

Toutefois pour avoir une meilleure idée sur la représentation de la distribution des séries et la
présence de valeurs aberrantes on a utilisé la boite à moustache décrite dans ce qui suit.

a) Présentation de la boite à moustache


La boîte à moustaches une traduction de Box &Whiskers Plot, est une invention de
Tukey,(1977) pour représenter schématiquement une distribution, (Monique, 2008). La boite
à moustache se présente sous la forme suivante (Figure III-1):

54
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-1 : Représentation d'une boite à moustache, (Monique, 2008).

Avec :
 Q1, Q2 et Q3 sont les trois quartiles ;
 La bordure supérieure de la boîte représente le 75e percentile et la bordure inférieure le
25e percentile ;
 La longueur verticale de la boite représente l’intervalle interquartile et la ligne
centrale, la médiane.
Dans un graphique boxplot, il y a deux catégories de valeurs anormales :
1) Les outliers qui se situent entre 1,5 et 3 longueurs de boite à partir de la bordure
inférieure ou supérieure de la boite (codés O) ;
2) Les valeurs extrêmes qui se situent à plus de 3 longueurs de boite à partir des
mêmes balises (codés *).
La position de la médiane donne une idée sur la tendance centrale des valeurs de chaque boite.
Si la médiane n’est pas au centre, on peut juger de la dissymétrie de la distribution.
Par la longueur de la boite, il est possible d’estimer la variabilité des valeurs pour chaque
sous-groupe. Enfin, la longueur des «moustaches» donne une idée sur la taille de la queue de
la distribution, (Yergeau, 2013).

b) Boite à moustache des 23 stations


La représentation des séries de pluies annuelles des 23 stations est donnée sur la figure
III-2 suivante :

55
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-2: Boites à moustaches des pluies annuelles des 23 stations, (Ahattab, et al., 2015(b)).

L’allure générale des boites à moustaches juxtaposées montre que la précipitation annuelle
varie d’une station à l’autre avec les plus grandes valeurs enregistrées au niveau de la station
Aghbalou. Un tel résultat semble logique vu la position de la station dans la vallée d’Ourika
dans les grands reliefs atlasiques connue par ses crues torrentielles.
A partir de la lecture de la boite à moustache pour la station de Abadla par exemple on peut
conclure que les valeurs enregistrées ne présentent pas une grande variabilité vu que la
longueur de la boite n’est pas grande. La distribution semble être dissymétrique (la médiane
n’est pas au milieu de la boite à moustache). Cette station présente plusieurs valeurs
anormales qui sortent de la boite.
Une lecture similaire peut être faite pour les autres stations. Elles représentent presque toutes
des valeurs anormales qui sortent du boxplot. Toutefois, ces valeurs peuvent ne pas être
aberrantes puisque la période utilisée qui est la dernière décennie a été caractérisée par des
événements extrêmes assez répétitifs. Néanmoins l’enregistrement numéro 88 pour la station
Amenzal c'est-à-dire pour le mois d’avril de l’année 2006 dépasse de loin toutes les valeurs

56
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

enregistrées pour toutes les autres stations, donc cette valeur a une grande chance
statistiquement d’être une valeur aberrante. Une vérification des enregistrements pour cette
période pour les autres stations en amont et près de cette station montre que cette valeur est
singulière et ne peut être expliquée par l’occurrence d’une crue extrême. Alors cet
enregistrement est probablement du à une erreur et il y a lieu de l’enlever de peur qu’il ne
fausse les résultats.
III-2-4 Application de l’ACP sur les 23 stations et résultats

L’application de l’algorithme de l’ACP sur l’ensemble des données à l’aide du logiciel


SPSS (IBM, 2012) a donné les résultats montrés sur le tableau III-3 et la figure III-3.
Les résultats du tableau III-3 montrent les différentes composantes principales qui sont au
nombre de 23, leurs valeurs propres initiales, le pourcentage de leurs variances, ainsi que le
pourcentage cumulé de leur variance.

Tableau III-3 : Résultats de l'analyse en CP pour les 23 stations, (Ahattab, et al., 2015(b)).

Valeurs propres initiales


Composante
Total % de la variance % cumulés
1 14.010 60.913 60.913
2 2.394 10.408 71.321
3 1.298 5.644 76.965
4 1.040 4.523 81.488
5 .688 2.992 84.480
6 .593 2.579 87.059
7 .400 1.738 88.797
8 .380 1.654 90.451
9 .343 1.489 91.940
10 .281 1.221 93.161
11 .262 1.140 94.301
12 .221 .961 95.262
13 .220 .955 96.218
14 .155 .673 96.891
15 .140 .610 97.501
16 .116 .506 98.007
17 .115 .502 98.509
18 .092 .398 98.907
19 .084 .365 99.272
20 .056 .244 99.516
21 .043 .185 99.701
22 .037 .163 99.863
23 .031 .137 100.000

57
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-3 : Graphique des valeurs propres pour chaque composante de l’ACP pour les 23
stations, (Ahattab, et al., 2015(b)).

Tandis que la Figure III-3 montre la représentation des valeurs propres pour chaque
composante. D’après ces résultats, on constate que les quatre premières composantes ont des
valeurs propres supérieures à 1. Elles expliquent à elles seules près de 81.5 % de la variance
totale. Donc on peut se limiter à ces quatre composantes et on n’aura que 18.5 % de perte
d’information. Ce choix s’est basé sur le critère de Kaiser qui stipule qu’on ne prend que les
composantes dont les valeurs propres sont supérieurs à 1 et le « Scree-test » ou test du coude
qui fait qu’on observe le graphique des valeurs propres et on ne retient que les valeurs qui se
trouvent à gauche du point d’inflexion ; (Yergeau.2013).
Le tableau III-4 montre les poids des variables sur chaque facteur. Ces poids sont en fait la
corrélation entre la variable et le facteur. Ils servent à interpréter le rôle de chaque variable
dans la définition de chaque facteur. Ils indiquent donc le degré de correspondance entre la
variable et le facteur. En effet plus le poids est élevé, plus la variable est représentative du
facteur.
La formule utilisée pour calculer les poids est donnée par :
𝟏 𝟐
𝒄𝒌𝒊
𝒏 (III-7)
𝒓𝒊 =
𝝀𝒌
Avec :
ck : la kième composante principale soit la valeur de la composante pour l’ième individu ;
λk : la valeur propre associée à la composante k.
58
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Tableau III-4 : Matrice des composantes pour les 23 stations.


Composante
STATIONS
1 2 3 4
ABADLA .783 .259 -.066 .298
ADAMNA .591 .538 .474 -.176
AGHBALOU .906 .028 -.162 -.189
CHICHAOUA .615 .244 -.210 .477
IGROUNZAR .687 .399 -.002 .351
ILOUDJANE .864 -.051 -.265 .043
IMINEELHAMAM .872 -.053 -.216 -.206
SBOTHMANE .845 .027 -.292 -.173
SIDI HSSAIN .873 -.090 -.222 -.260
SIDI RAHAL .779 .340 -.105 .110
TAFERIAT .851 .267 -.145 -.157
TAHANAOUT .941 -.013 -.179 -.146
TALMEST .766 .332 .092 .297
TAZITOUNT .871 -.152 -.031 -.082
AGOUNS .724 -.460 .219 -.076
AMENZAL .747 -.467 .222 .179
ARMED .817 -.436 .201 .079
IGOUZOULEN .592 .447 .498 -.216
LALLATAKERKOUST .892 -.039 -.098 -.142
MARRAKECH .707 .204 .285 -.207
TOUIRDIOU .644 -.492 .223 .186
TOURCHT .908 -.289 .041 .078
IGUIRNKOURIS .749 -.245 .214 .158

On constate alors que la première composante est corrélée avec toutes les stations
(coefficients de corrélation entre 0,591 et 0,941). Cette composante est fortement corrélée
avec les stations qui ont des altitudes assez élevées par rapport aux stations qui se trouvent à
de faibles altitudes. Donc cette composante peut représenter l’altitude. Les stations
représentent des corrélations assez faibles avec les trois autres composantes, (Ahattab, et al.,
2015(b)).

Ainsi pour pouvoir trouver les différents groupes des stations on a représenté les stations à
l’aide de leurs coordonnées (Tableau III-5) sur les plans définis par les quatre premiers axes
deux à deux.

59
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Tableau III-5 : Matrice des coefficients des coordonnées des composantes pour les 23 stations.

Composante
STATIONS
1 2 3 4
ABADLA .054 0.249 0.396 .292
ADAMNA .041 -0.013 -0.135 -.173
AGHBALOU .063 0.113 -0.175 -.185
CHICHAOUA .043 0.185 0.002 .467
IGROUNZAR .048 -0.024 -0.221 .344
ILOUDJANE .060 -0.024 -0.181 .042
IMINEELHAMAM .061 -0.013 -0.244 -.202
SBOTHMANE .059 -0.042 -0.185 -.169
SIDI HSSAIN .061 -0.158 -0.088 -.255
SIDI RAHAL .054 -0.124 -0.121 .108
TAFERIAT .059 -0.006 -0.149 -.154
TAHANAOUT .065 0.154 0.077 -.143
TALMEST .053 -0.071 -0.026 .291
TAZITOUNT .061 -0.213 0.183 -.080
AGOUNS .050 -0.216 0.185 -.075
AMENZAL .052 -0.202 0.168 .175
ARMED .057 0.207 0.416 .077
IGOUZOULEN .041 -0.018 -0.082 -.211
LALLATAKERKOUST .062 0.095 -0.238 -.139
MARRAKECH .049 -0.228 0.186 -.203
TOUIRDIOU .045 -0.134 0.034 .183
TOURCHT .063 -0.114 0.178 .076
IGUIRNKOURIS .052 0.249 0.396 .155

La représentation des stations sur le plan factoriel défini par les deux premiers axes
principaux (Figure III-4) montre deux groupements de stations :

 le premier contient les stations qui se trouvent à de faibles altitudes : Adamna,


Igouzoulen, Igrounzar, Talmest, Chichaoua, Marrakech, Abadla, Sidi Rahal et
Tafériat;
 L’autre groupe contient les stations restantes qui se trouvent à de hautes altitudes.

Ce qui confirme que le premier axe, et donc la première composante principale, représente
l’altitude.

60
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-4 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 1-2.

La représentation des stations sur les plans factoriels définis par le premier avec le troisième
et le quatrième axe principaux (Figures III-5 et III-6) ne montre pas un groupement particulier
des stations.

Figure III-5 : Dispersion des stations sur le plan factoriel1-3.


61
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-6 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 1-4.

La représentation des stations sur le plan factoriel défini par les axes 2 et 3 principaux
(Figure III-7) montre une organisation des stations de gauche à droite de la plus forte en
altitude à la plus faible. Aussi, les axes distinguent de façon théorique quatre groupements de
stations :
 Groupe 1: Igrounzar, Igouzoulen, Talmest, Adamna ;
 Groupe 2: Abdla, Chichaoua et Marrakech ;
 Groupe 3: Agouns, Tourcht, Touirdiou, Armed, Amenzal, IguirN’kouris,
Tazitount ;
 Groupe 4: SidiHsain, Imin El Hamam, SidiBouOthmane, Aghbalou, Tahanaout,
Iloudjane, LallaTakerkoust, SidiRahal, Tafériat.

62
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-7 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 2-3.

La représentation des stations sur le plan factoriel défini par les axes 2-4 et 3-4
(Figures III-8 et III-9) permet de distinguer 4 groupes avec les mêmes stations du groupe 4
pour la figure III-8 et avec les mêmes stations du groupe 3 pour la figure III-9.

Figure III-8 : dispersion des stations sur le plan factoriel 2-4.

63
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Figure III-9 : Dispersion des stations sur le plan factoriel 3-4.

III-2-5 Conclusion générale sur la méthode de l’ACP

L’analyse en composante principale sur l’ensemble des stations a permis de retenir


quatre groupes homogènes :
 Premier groupe : regroupe les stations localisées à l’Ouest du bassin dans une partie
peu pentue et peu arrosée avec des altitudes basses qui restent inférieures à 300m et
une pluviométrie interannuelle (1999 jusqu’à 2011) entre 100 et 150mm par an.

 Deuxième groupe : dans la zone de plaine, elle regroupe les stations localisées au
milieu du bassin dans la partie médiane dont l’altitude varie entre 250m et 600m et
dont la pluviométrie interannuelle (1999 jusqu’à 2011) varie entre 75 et 95mm par an.
La principale saison des précipitations est en fin d'hiver et au début du printemps.

 Troisième groupe : dans la zone pré-Atlas entre 600m et 1700m. Cette zone de
transition a une pluviométrie interannuelle (1999 jusqu’à 2011) qui varie entre 100 et
200mm par an.

 Quatrième groupe : dans la partie de haute montagne dont l’altitude dépasse 1700m.
C’est une zone de forte pente longitudinale et transversale, où la pluviométrie
interannuelle (1999 jusqu’à 2011) varie entre 175 et 280mm par an.

64
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Les résultats obtenus concernant les quatre groupes homogènes sont représentés sur la figure
III-10.

Figure III-10 : Résultats des régions homogènes retenues, (Ahattab, et al., 2015(b)).

III-3 Méthode de l’analyse des cartes


Dans ce sens, on a utilisé un ensemble de cartes téléchargées dont, (Ahattab, et al.,
2015(b)) :
 La carte d’occupation du sol et de végétation téléchargée depuis le site de la FAO ;
 La carte géologique et pédologique depuis le site de l’ABHT ;
 La carte des pentes du bassin, élaborée par l’extension Spatial Analyst de
Arcgis (ESRI, 2014) depuis le MNT (en créant des classes de pentes variant de
0% à plus de 35%).

65
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

III-3-1 Carte des pentes


La carte des pentes suivante (Figure III-11) a été élaborée à partir du MNT décrit dans le
chapitre II.

Figure III-11 : Carte des pentes classées du bassin versant de Tensift.

Pour chaque cellule, l'outil pente de Arcgis calcule le taux de variation maximal des valeurs
de cette cellule par rapport à ses voisines. D'une façon générale, la variation maximale de
l'altitude sur la distance entre la cellule et ses huit voisines identifie la descente la plus raide
depuis la cellule.

En théorie, l'outil ajuste un plan aux valeurs z d'un voisinage de 3 x 3 cellules autour de la
cellule de traitement ou centrale. La valeur de pente de ce plan est calculée à l'aide de la
technique maximale moyenne (Burroughet al., 1998). La direction dans laquelle le plan est
orienté est l'exposition de la cellule de traitement. Plus la valeur de la pente est faible, plus le
terrain est plat ; plus la valeur de la pente est élevée, plus le terrain est pentu.

Si un emplacement de cellule avec la valeur NoData est présent dans le voisinage, la valeur z
de la cellule centrale sera attribuée à l'emplacement. Sur le tronçon du raster, au moins trois
cellules (à l'extérieur de l'étendue du raster) contiendront NoData en tant que valeurs z. La
valeur z de la cellule centrale sera affectée à ces cellules. Le résultat est un aplatissement du
plan 3 x 3 ajusté à ces tronçons, qui génère habituellement une diminution de la pente.

66
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

Le raster de pente en sortie peut être calculé dans deux types d'unités : degrés ou pourcentage
(pourcentage d'élévation). Le pourcentage d'élévation peut être mieux compris si vous le
considérez comme la hauteur calculée divisée par le parcours, multipliée par 100. Consultez le
triangle B ci-dessous. Lorsque l'angle est de 45 degrés, la hauteur calculée est égale au
parcours et le pourcentage d'élévation est de 100 pour cent. Lorsque l'angle de pente se
rapproche de la verticale (90 degrés), comme dans le triangle C, le pourcentage d'élévation se
rapproche de l'infini.

Figure III-12 : Comparaison de valeurs de pente en degrés et en pourcentages, (ESRI, 2012).

Figure III-13: Illustration du calcul de la pente par Arcgis, (ESRI, 2012).

La lecture de la carte précédente (Figure III-11) montre qu’on peut distinguer trois grandes
zones selon leurs pentes :
 Une zone de montagne avec des pentes très aigues (>35%) qui se trouve au sud du
bassin dans le haut et le moyen Atlas, (zone en bleu foncé) ;
 Une deuxième zone avec des pentes moyennes (entre 15% et 35%) à l’ouest du bassin
dans les régions côtières. (zone en vert et jaune) ;
 Une troisième zone de plaine avec des pentes assez faibles (<5%) dans la partie centrale
et au nord du bassin, (zone en rose).

67
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

III-3-2 Carte pédologique

Figure III-14 : Carte pédologique du bassin versant de Tensift,(ABHT, 2009).

D’après la carte pédologique (Figure III-14) montrée ci-dessus, on peut distinguer 3


régions homogènes :
 Une région dans les zones de montagne constituée en grande partie par les sols
squelettiques d’altitude, les rankors d’érosion sur schistes, sols bruns zonaux sur
schistes et les sols sableux superficiels (partie avec les nuances du marron). Ces
types de sols sont des sols peu évolués qui se distinguent par une faible altération
des minéraux et une faible teneur en matière organique laquelle se superpose
généralement au substrat minéral sans former de complexe organo-minéraux.
 Une deuxième zone au Nord ouest du bassin constituée par les sols sur plateau
calcaire, (partie en vert clair). Ce type de sol est présent dans les vallées et sont
riches en matière organique sans cailloux calcaire ce qui les rendent des bons sols
pour l’agriculture.
 Une troisième zone dans la partie centrale et nord-ouest du bassin constituée par
des sols fersiallitique, des sols schisteux, des sols châtains et des sols Siorozems.
Tous ces types de sols sont évolués et proviennent de la même roche mère. Ils
constituent de bons sols agricoles.

68
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

III-3-3 Carte géologique

Legend
Couverture néogène (Miocène ou Pliocène marin) et quaternaire (marnes, grés molassiques, calcaires lacustres, limons et alluvions)
Jurassico-Crétacé des cuvettes synclinales internes
Couverture secondaire et tertiaire ,tabulaire ou peu plissée des zones rigides des Mesetas centrales (Crétacé et Éocène)
Couverture jurassique, tabulaire ou peu plissée des zones rigides des Mesetas centrales (dolomies et marno-calcaires)
Secondaire plissé du haut Atlas et du Moyen Atlas , surtout Lias et Jurassique (dolomies, marnes et parfois grés)
Permo-Trias (grès, conglomérats et argiles rouges)
Autunien (conglomérats, grès et argiles rouges)
Paléozoïque (schistes, micaschistes, quartzites , calcaires) : Cambrien, Ordovicien, Silurien
Paléozoïque (schistes, micaschistes, quartzites , calcaires) : Carbonifère
Précambrien II - III géosynclinal (flyschs) et ses granites (Marocanides)
Précambrien III (ou infracambrien inférieur)
Précambrien III (ou Infracambrien inférieur) : vulcanites (rhyolites, ignimbrites, andésites …) et dépôts détritiques : (conglomérats, grès et pélites)
Basaltes doléritiques du Trias supérieur
Granites hercyniens
Figure III-15 : Carte géologique du bassin versant de Tensift, (ABHT, 2009).

D’après la carte géologique montrée ci-dessus (Figure III-15) et la carte structurale


illustrée dans le chapitre II (Figure II-3), on peut distinguer 4 zones homogènes:

69
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

 Une zone dans le haut Atlas constituée en sa grande partie par des formations de
faible perméabilité (Paléozoïque cambrien, ordovicien et silurien, les sols
précambrien III et permo-Trias) ;
 Une deuxième zone dans la partie centrale du bassin constituée par des formations
néogènes et quaternaire avec une perméabilité moyenne ;
 Une troisième zone dans la partie nord du bassin constituée par les formations
Paléozoïques caractérisées par une perméabilité assez faible ;
 Une quatrième zone dans la partie ouest du bassin constituée en grande partie par
des couvertures secondaires et tertiaires caractérisées par une très bonne
perméabilité.

III-3-4 Carte d’occupation des sols et de la végétation

Figure III-16 : Carte d'occupation de sol et de végétation du bassin versant de Tensift, (FAO).

La carte d’occupation des sols et de la végétation (Figure III-16) est téléchargée depuis le
site de la FAO. Elle a été découpée pour la zone de Tensift voulue, depuis la carte originale
qui représentait tout l’Afrique. De ce fait, certaines informations y figurant peuvent ne pas
être très exactes (vu le facteur d’échelle). Toutefois, en l’absence d’autre carte plus précise on
s’est basé sur cette carte et d’autres informations connues sur la zone d’étude pour distinguer
4 zones homogènes :

70
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

 Une région dans la partie du haut Atlas qui se caractérise par sa densité faible et ses
plantes dispersées et assez faible.
 Une deuxième région dans la partie centrale entourant la zone de Marrakech avec une
forte densité urbaine.
 Une troisième dans la partie Nord caractérisée par ses prairies et forêts.
 Une quatrième dans la partie ouest dans la plaine d’Essaouira qui se distingue par ses
prairies et forêts et ses terres à usage agricole.

III-3-5 Conclusion sur la méthode de l’analyse des cartes

La superposition de toutes ces cartes, avec les zones définies, à la carte des limites des
sous-bassins versant de Tensift a permis de distinguer 4 zones homogènes :

 Une zone à l’Ouest du bassin avec des pentes moyennes et des formations très
perméables et des terres agricoles ;
 Une zone centrale avec des pentes moyennes à faibles et des formations de perméabilité
moyenne, avec une forte densité d’habitants ;
 Une zone au Sud du bassin dans la zone du haut Atlas avec des pentes assez aigues et des
sols peu perméables et une formation végétale formée d'arbustes ou d'arbrisseaux ;
 Une zone au Nord du bassin avec des pentes assez faibles et des formations peu
perméables et une végétation assez développée, (Ahattab, et al., 2015(b)).

Figure III-17: Limites des zones homogènes du bassin de Tensift, (Ahattab, et al., 2015(b)).

71
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

II-4 Conclusion
La méthode de l’ACP et celle des cartes ont donné des résultats complémentaires. La
superposition de la carte des groupes homogènes et celle des régions homogènes (Figure III-
18) montre qu’on peut distinguer, (Ahattab, et al., 2015(b)) :

 La zone homogène 1 à l’Ouest du bassin qui contient les stations


pluviométriques du groupe 1.

 La zone homogène 2 au centre du bassin qui regroupe toutes les stations du


groupe homogène 2.

 La zone homogène 3 au Sud du bassin dans la zone du moyen et haut Atlas à de


grondes altitudes. Elle regroupe les stations pluviométriques des groupes 3 et 4
(Figure III-10).

 La zone homogène 4 : au Nord du bassin qui ne contient aucune station


pluviométrique.

Figure III-18 : Superposition des résultats des zones homogènes et groupes homogènes,
(Ahattab, et al., 2015(b)).

72
Chapitre III : Détermination des zones homogènes

On retient quatre régions homogènes, dont les limites sont montrées sur la figure III-18,
qui correspondent à trois groupes homogènes :
 Premier groupe de stations : Talmest, Adamna, Igrounzar et Igouzoulen ;
 Deuxième groupe de stations : Abadla, Chichaoua et Marrakech ;
 Troisième groupe de stations : Agouns, Tourcht, Touirdiou, Armed, Amenzal,
Iguir N’kouris, Sidi Hsain, Imin El Hamam, Sidi Bou Othmane, Aghbalou,
Tahanaout, Tazitount, Iloudjane, LallaTakerkoust, Sidi Rahal, Tafériat.

Le travail de détermination des zones homogènes montre l’existence de quatre régions à


caractères très différents et donc à comportements hydrologiques très contrastés. L’utilisation
de paramètres uniques pour toutes les régions du bassin sera imprécise et conduira sûrement à
une mauvaise estimation des crues de projets utilisées pour le dimensionnement des ouvrages
hydrauliques.
A travers cette étude, l’intérêt de la réadaptation des méthodes de calcul des crues de projet et
des paramètres utilisés dans les différentes formules au contexte du bassin versant et ses
différentes régions homogènes est ainsi démontré.

73
CHAPITRE IV
REVUE DES METHODES
D’ESTIMATION DES CRUES DE
PROJET

74
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

IV-1 Généralités et définitions


La défense contre les crues et les problèmes d'irrigation ont été historiquement à l'origine
du développement de l'hydrologie. L'importance de l'étude des crues s'explique en grande
partie par des considérations géographiques : les zones de fortes concentrations urbaines sont
très fréquemment près des fleuves ; les terres agricoles les plus riches sont généralement dans
les basses vallées. D'autres considérations économiques justifient également une étude
approfondie des crues. A titre d’exemple, on note : les ouvrages de franchissement
représentent une part très importante des coûts des infrastructures routières ou ferroviaires, le
coût de l'évacuateur de crue qui protège une retenue en terre peut très bien être du même ordre
de grandeur que celui de la digue elle-même... (Gresillon, 1996).

Il semble que la prévision et la prédétermination des crues se sont imposées pour plusieurs
raisons. Ainsi, on trouve dans la littérature plusieurs méthodes traitant ce problème, dont
certaines sont anciennes, d’autres réadaptées ou encore nouvelles. Mais avant de citer ces
différentes méthodes, une définition de la notion de crue s’impose.

Il existe différentes définitions de la notion de crue dans la littérature, notamment dans le


glossaire international d'hydrologie (UNESCO-OMM, 1992) où une crue a plusieurs
définitions :

• « une augmentation brutale du débit quel que soit ce débit » ;

• « la période durant laquelle le débit dépasse un certain multiple du débit moyen


annuel » ;

• « la montée du niveau d'un cours d'eau jusqu'à un maximum dont il redescend en


général plus lentement » ;

• « l’écoulement relativement fort tel qu'il est mesuré par la hauteur d'eau ou le débit ».

Selon le problème auquel on est confronté on s'intéressera à différents paramètres de cette


crue tels que : le volume, le débit maximum atteint, le temps de montée pour atteindre le
maximum de débit, le temps de descente (ou de décrue), la durée totale, la vitesse de
propagation…, autant de paramètres qui déterminent et forment ce que l'on appelle
l'hydrogramme de la crue. La figure IV-1 représente quelques-uns de ces paramètres :

75
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Figure IV-11 : Hyétogramme et hydrogramme résultant d'un événement pluie-débit.(Musy,


pluie
2005),

Plusieurs types de crues peuvent alors être distingués selon les paramètres
paramè à prendre en
compte. Selon
elon la vitesse de propagation ou le phénomène l’engendrant, on peut discerner au
Maroc les différents types de crues suivants,
suivants (Secrétariat d’Etat auprès du Ministère de
l’Energie, Septembre-2008):

Crues lentes des grands cours d'eau : Ce sont les crues générées par les grands
supérieur à 10 000 km2.
cours d'eau pour les bassins versants de superficie supérieure
Généralement ces crues arrivent dans leurs plaines alluviales. C'est notamment le cas
des Oueds : Moulouya, Sebou, Oum Er Rbia, Tensift, Souss, Drâa, Ziz.

Crues rapides des affluents principaux des grands cours


cours d'eau : Il s'agit le plus
souvent de sous bassins dont la superficie est comprise entre 3.000 et 10.000 km2, et
qui sont adossés aux reliefs du
du Rif ou des massifs Atlasiques. On note à titre
d’exemple : les affluents de la Moulouya: Melloulou, Za, du Sebou
Sebou : Ouergha, Beht,
de l'Oum Er Rbia : El Abid, Tessaout, Lakhdar, du Tensift : N'Fis, du Souss : Issen, du
Drâa : Dadès, Ouarazazte, N'Ait Douchéne, du Ziz : Rhéris, Todgha.

Crues rapides des oueds côtiers : Sont classés dans cette catégorie : les oueds côtiers
c
méditerranéens (Kerte, Nekor, Ghis, Ouringa, El Had, Lao, Emsa, Martil…), les oueds
côtiers atlantiques (Mharhar, El Hachef, Loukkos, M'da, Drader, Bou Regreg,Ykem,

76
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Cherrat, El Mellah, Nfifikh, Tamdrost, Ksob, Tamri, Massa, Assaka, Chbeika,…). Ces
oueds côtiers, de moyenne importance (bassins versants de superficie comprise entre
300 et 3000 km2), présentent une sensibilité à la vulnérabilité parfois plus grande que
certains grands bassins plus importants en superficie. D'autant plus que, contrairement
à ces derniers, ils sont plus rarement régularisés par de grands barrages réservoirs (mis
à part les cas des oueds Loukkos, Bou Regreg et Massa). L'annonce des crues, sauf,
pour les plus grands d'entre eux (Loukkos, Bouregreg, Massa), y est très difficile en
raison des temps très courts de réponse aux pluies, réduisant les délais d'alerte.

Crues semi rapides des moyens bassins de plaine avec écoulement en nappe : Sur
les plaines situées au piémont des grands reliefs du Rif et des Atlas, les pentes
s'atténuent brutalement et la capacité de transit des cours d'eau issus des hautes
montagnes ou de leurs piémonts, diminue alors fortement. A la moindre crue, ces
oueds débordent largement de leur lit mineur, souvent très étroit, peu profond et
encombré par la végétation ou les dépôts sauvages et s'écoulent alors dans la plaine
adjacente qui n'est pas un véritable lit majeur, au sens où elle est le réceptacle commun
des débordements de plusieurs oueds sensiblement parallèles. L'écoulement en nappe,
sous des tirants d'eau en général compris entre 20 et 50 cm, exceptionnellement un
mètre, peut porter atteinte aux parcelles et sols agricoles, aux habitations souvent
précaires dans ces zones rurales, aux infrastructures (routes, chemins, réseaux
d'irrigation notamment).

Crues torrentielles des petits bassins de montagne : Elles intéressent des bassins de
taille réduite situés dans les grands reliefs Rifains et Atlasiques. Ces bassins se
caractérisent par de fortes pentes, des terrains escarpés, ravinés, dénudés,
généralement imperméables et favorablement exposées aux perturbations
météorologiques. Contrairement aux autres catégories, ce sont souvent les crues d'été
qui sont les plus violentes dans ces bassins. Les risques encourus dans ces bassins sont
d'autant plus importants qu'il s'agit de zones touristiques avec des vallées très étroites
connaissant des affluences importantes notamment en été quand les risques de forts
orages sont très importants. Parmi les bassins sujets à de telles crues, on peut citer : les
hautes vallées de l'Ourika, du Rhérhaya, Zat, R'Dat, Nfis, Todgha, des oueds Fnideq,
Charâa, ZegZel à Berkane… Malheureusement ce type d'inondation concerne souvent

77
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

des villages ou villes parfois très importantes (Marrakech, Mohammedia, Settat,


Berrechid, Béni Mellal, Errachidia, Oujda …) installés au bord de ces cours d'eau.

Crues pluviales «urbaines» : Dans cette catégorie de crues bien particulières qui
concernent les communes urbanisées, il y a lieu de distinguer entre : le ruissellement
pluvial proprement dit résultant directement des pluies tombées sur le périmètre urbain
et qui relève pour son contrôle du réseau d'assainissement pluvial de l'agglomération ;
et le ruissellement pluvial périurbain généré par les précipitations sur les petits bassins
versants dominant ces centres urbains et généralement d'une taille de 5 à 50 Km2. Ces
bassins périurbains présentent un réel danger pour les communes situées à l'aval
surtout quand certaines conditions sont réunies. Ils sont situés dans les zones à fortes
précipitations (piémonts des montagnes) et présentent de fortes pentes favorisant à la
fois le ruissellement et le transfert rapide de forts débits, (Secrétariat d’Etat auprès du
Ministère de l’Energie, Septembre-2008).

Une autre distinction peut être faite selon la période de retour qui est définie dans le Glossaire
International d'Hydrologie (UNESCO-OMM, 1992) comme étant la moyenne à long terme du
temps ou du nombre d'années séparant un événement de grandeur donnée d'un second
événement d'une grandeur égale ou supérieure. Par exemple, la crue correspondant au débit
qui a une chance sur 100 d’être dépassé l’année à venir est de période de retour 100 ans: c’est
la crue centennale. Cette période de retour varie de 1ans à 10000 ans selon l’ouvrage à
dimensionner. Selon l’ordre croissant, on classe les crues comme suit :

• les crues fréquentes, dont la période de retour est comprise entre un et deux ans ;

• les crues moyennes, dont la période de retour est comprise entre dix et vingt ans ;

• les crues exceptionnelles, dont la période de retour est de l'ordre de cent ans ;

• la crue maximale vraisemblable, qui occupe l'intégralité du lit majeur est qui est liée à la
plus grande valeur observée sur un bassin versant jaugé.

• La crue extrême, qui est définie comme l’événement très rare qui dépasse les valeurs
généralement admises pour le dimensionnement. Donc cette crue est interprétée comme
un événement contrôlant la sécurité du dispositif de protection contre les crues. La période
de retour qui y est associée varie de 1000 à 10000ans. Elle est différente de la crue de
sécurité utilisée dans le dimensionnement des grands barrages et qui est définit comme la
crue pour laquelle le niveau de la retenue est maintenu sensiblement en dessous de la crête
78
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

du barrage (revanche) et dont la période de retour varie de 100 à 1000ans, (Lavabre,


1999).

L’estimation de la crue de projet ne doit pas reposer sur une seule formule ou méthode. Bien
au contraire, il convient en l’occurrence de recourir à différentes méthodes appropriées
adaptées aux données disponibles et aux spécificités de la région concernée.

Une multitude de méthodes d’estimation des crues de projets existent et sont utilisées dans le
but de dimensionnement des ouvrages hydrauliques en génie civil (barrages, ponts, ouvrages
de franchissement routier, réseaux d’assainissement..).

Ces différentes méthodes peuvent être classées en trois grandes familles à savoir :

• Les méthodes statistiques ;


• Les méthodes hydrométéorologiques ;
• Les méthodes empiriques.

Dans ce qui suit, on détaille chacune de ces différentes méthodes.

IV-2 Méthodes statistiques


IV-2-1 Introduction

L’analyse fréquentielle des événements extrêmes est l’un des outils privilégiés pour
l’estimation des débits de crue pour une période de retour donnée. Elle est basée sur des
méthodes statistiques de prédétermination, consistant à étudier les événements passés,
caractéristiques d'un processus, afin d'en définir les probabilités d'apparition future.
Cette prédétermination repose sur la définition et la mise en œuvre d'un modèle
probabiliste fréquentiel, qui est une loi de probabilité décrivant le comportement statistique
d'un processus.

Cette méthode est utilisée quand on dispose de suffisamment de données hydrologiques


en un site (bassin jaugé), on fait alors recours aux ajustements statistiques de lois de
probabilités, (Hingray, et al., 2009).

Il s’agit d’un problème d’identification de modèle en se basant sur un principe


d’optimisation. En fait, on essaie d’adapter un ou plusieurs modèles et de n’en retenir à la fin
que celui qui reproduit le plus fidèlement possible les données de l’échantillon. Cette
sélection doit obéir à un critère d’optimisation celui par exemple de minimiser une certaine
quantité telle que l’erreur quadratique moyenne. Statistiquement, on doit tester une hypothèse
79
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

nulle H0 selon laquelle : « la variable aléatoire suit bien la


l loi choisie », (El Adlouni, et al.,
2008).
IV-2-2 Procédure générale de l’ajustement

Le schéma de la figure IV-2 résume la procédure


proc générale de l’ajustement.

Figure IV-2 : Etapes de l'analyse fréquentielle,


fréquentielle (Musy, et al., 1998).
1998)

L’ajustement
tement statistique passe par deux étapes essentielles : la détermination des
fréquences empiriques et la détermination des fréquences théoriques.

• Détermination des fréquences empiriques

On considère un nombre N d’observations et on classe les N différentes valeurs de débits


de pointe par ordre croissant.. La fréquence empirique d’une valeur Xj, de rang j, peut être
estimée à partir des formules présentées dans le tableau IV-1.
IV

80
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Tableau IV-1 : Fonctions de fréquence expérimentales, (Musy, et al., 1998).


Fréquence
Nom T Applicabilité
empirique
Hazen (j − 0.5)/(N) 2N Choix traditionnel

Weibull (j)/(N + 1) N+1 Non biaisé, toutes distributions

Cunnane (j − 0.4)/(N + 0.2) 1.79N + 0.4 Optimisée pour Gumbel

Blom (j − 3/8)/(N + 1/4) 1.60N + 0.4 Non biaisée, quantiles normaux

Avec T la période de retour assignée à la plus grande valeur de l’échantillon de données.

Choix de la fonction de répartition théorique


Certaines considérations peuvent nous guider dans le choix de la fonction de répartition
théorique à utiliser. Le choix se fait principalement en se basant sur les études régionales
antérieures du même phénomène et sur le type et la nature des données hydrologiques. En
règle générale, quand on ne dispose d’aucun renseignement préalable, il faut y aller par des
tests successives en essayant d’ajuster fonction par fonction en commençant par la plus
simple, qui contient peu de paramètres jusqu’à avoir la loi probabiliste qui représente le
mieux la distribution empirique.
Dans la littérature, il existe plusieurs fonctions de distribution qui sont utilisées en
hydrologie, (Tableau IV-2).

L’analyse statistique commence par la critique des données de base et le calcul des
caractéristiques statistiques de base de l’échantillon (moyenne, écart type, variance…).
Ensuite les données sont triées par un ordre de classement donné et le choix des deux
fonctions de répartition empirique et statistique est fait. Ces deux fonctions de répartition sont
tracées sur un papier de probabilité adéquat (de Gumbel ou de probabilité normale) en portant
en ordonnée la variable aléatoire et en abscisses les fréquences.

La qualité de l’ajustement est jugée acceptable d’après le tracé de l’ajustement graphique. On


confirme ensuite par le test d’adéquation statistique de « Khi Deux »pour retenir ou rejeter la
fonction de répartition théorique ajustée. En cas de rejet, ces étapes sont reprises pour un
choix différent de la fonction de répartition théorique.

81
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Tableau IV-2 : Liste des fonctions de distribution les plus utilisées en hydrologie, (Brunet-Moret, 1969).

Estimation des
Distribution Fonction densité de probabilité f(x) Domaine
1 1 x−x x = x$ moyenne
paramètres

f(x) = exp − ! −∞ ≤ x ≤ ∞
ε√2π 2 ε ε = s& , écart type
Normale
1 1 y − x( x>0 x( = y$
f(x) = exp − !
xε√2π 2 ε y = logx ε = s-
Log Normale
1
f(x) = λ exp (−λx) x≥0 λ=
x$
Exponentielle
x$
λ=
λ0 x 012 exp (−λx) s&
f(x) = x≥0
Gamma
Γ(β) x$
β=
(Pearson type

s&
II)
s&
λ=

λ0 (x − x( )012 exp 5−λ(x − x( )6
f(x) = x≥ε 2
Γ(β) β=8 ;
Pearson type
C:
III

x( = x$−s& 7β
s-
λ=

λ0 (y − y( )012 exp 5−λ(y − y( )6
f(x) = y = logx ≥ ε 2
xΓ(β) β=8 ;
Log Pearson
C: (y)
type III

y( = y$−s- 7β
1 x − x( x − x(
f(x) = exp <− − exp − =
ε ε ε √6
ε= s
Valeurs
Extrêmes
−∞ ≤ x ≤ ∞ π &
x − x( x( = x$ − 0.5772ε
type I:
F(x) = exp <−exp − =
ε
Gumbel

La loi de probabilité retenue sera extrapolée pour faire la prévision des crues de projet pour
différentes périodes de retour.Il faut signaler que, après l’ajustement et la prévision, il y a lieu
de chiffrer convenablement la confiance, à accorder aux prévisions calculées. Le calcul des
intervalles de confiance autour des paramètres et quantiles estimés permet de qualifier mieux
la validité des résultats obtenus.
Aussi des problèmes majeurs se posent, en relation avec l’utilisation des méthodes
probabilistes qui consiste à ajuster des lois de probabilité aux crues observées et à extrapoler
la meilleure loi qui représente la distribution empirique pour des périodes de retour données.

82
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

En effet :
- Dans plusieurs cas, il est possible de trouver plusieurs lois de probabilité s'ajustant
correctement aux données disponibles. Selon l’objectif de l’analyse statistique établie on
devrait plutôt conclure que l’échantillon s’ajuste bien à telle loi dans un intervalle donné.
- L’extrapolation faite à la lumière des ajustements réalisés pour calculer des prévisions à
des fréquences faibles, laisse supposer que les crues de fréquence rare ne sont qu'un
prolongement des crues courantes observées.
- L’extrapolation peut donner parfois, selon la loi adoptée, des résultats qui peuvent
différer jusqu’à 50 à 100% pour des crues très rares.

L'ajustement statistique et l'extrapolation des débits de crues doivent ainsi être maniés avec
beaucoup de précautions quant au choix de la loi probabiliste,(Serhir, 2010).

IV-3 Méthodes hydrométéorologiques


Les méthodes de Gradex et rationnelle sont parmi les méthodes d’estimation des crues les
plus utilisées au Maroc. Elles sont utilisées pour le dimensionnement des ouvrages
hydrauliques. Ces méthodes reposent sur des paramètres régionaux calculés à partir de
l’information apportée par la pluie.
IV-3-1 Méthode de Gradex
IV-3-1-1 Principe de la méthode
Le GRADEX est une méthode qui permet d'estimer des débits de fréquence rare allant de
0.01% à 1%. Elle est développée par EDF (Electricité De France) depuis 1966, et est
applicable aux bassins versants dont la superficie peut aller jusqu’à 5000 km² et le temps de
concentration, de ruissellement ou d'écoulement est de 1 h à 4 jours, (Brochard, et al., 2008).
La méthode part du principe que lorsque le débit dépasse une certaine valeur, le sol est saturé.
Cette valeur, nommée débit seuil (ou point pivot), peut varier du débit décennal au débit
cinquantennal, selon les sols et les caractéristiques du bassin versant. Ainsi, pendant le temps
de base de ruissellement (assimilé à la durée caractéristique), tout accroissement de pluie
induit le même accroissement en débit, (Guillot, et al., 1967).
La méthode se base sur l'information apportée par la loi de probabilité de la série
temporelle de pluie pour les valeurs fortes observées chaque année (Pmaxjour). En effet, on
suppose que la loi de distribution de la rétention du bassin ne change pas pour les pluies
intenses, d'où on déduit le comportement asymptotique des volumes des crues extrêmes à

83
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

partir de la distribution de la pluie moyenne maximale annuelle (pour un pas de temps


adéquat, le plus utilisé étant le pas journalier).
La loi de Gumbel est souvent utilisée pour ajuster les séries de pluies maximales et les débits
correspondants. Dans ce cas et dans ce cas uniquement, le caractère exponentiel de cette
distribution est décrit par la pente de la droite d’ajustement des pluies observées.
A noter que, La pente de cette droite est le Gradient de cette distribution Exponentielle,
d’où le nom de la méthode GRADEX, (Comité Français des grands Barrages, 1994).

IV-3-1-2 Calcul du Gradex de pluie de 24h

Nous avons utilisé les séries disponibles des pluies maximales journalières annuelles
enregistrées au niveau des 23 stations pluviométriques et dont les durées d’observation varient
de 14ans à 44ans (de 1967 à 2011). Toutes ces séries sont ajustées à la loi Gumbel (loi double
exponentielle) dont la fonction de répartition F(x) s’exprime par,(Guillot, et al., 1967) :
@−D
?(@) = A@B C−A@B 8− ;F
E (IV-1)

Avec α et β sont les paramètres du modèle probabiliste de Gumbel. Notons que les travaux de
Musy (1998) expliquent la façon de calculer les paramètres de cette loi, dont le Gradex. Ainsi
le Gradex de pluies de 24h, au niveau de chaque station, correspond à la pente de la
distribution statistique sur un graphique à échelle de probabilité de Gumbel, avec une relation
linéaire entre le quantile x(F) et la variable réduite de Gumbel u(F) définis par :
@(?) = D + E ∗ H(?)
H(?) = −IJ (−IJ (?(@))
(IV-2)

(IV-3)
Les paramètres α et β de Gumbel peuvent être estimés par la méthode des moments qui
utilise les relations suivantes :
K = (√L⁄M) ∗ O 5PP6
E
K ∗ R 5PP6
Q = P − E
D
(IV-4)
(IV-5)
Avec :
S est l’écart-type des séries des valeurs maximales annuelles ;
m est la moyenne des séries des valeurs maximales annuelles ;
γla constante d’Euler (0,57721566…).
En pratique il s’agit essentiellement d’estimer la probabilité de non dépassement F(xi)
qu’il convient d’attribuer à chaque valeur xi. Il existe de nombreuses formules d’estimation de
la fonction de répartition F(x) à l’aide de la fréquence empirique. Elles reposent toutes sur un

84
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

tri de la série par valeurs croissantes permettant d’associer à chaque valeur son rang r. Des
simulations ont montré que pour la loi de Gumbel, il faut utiliser la fréquence empirique de

U
Weibull (formule utilisée au Maroc pour les valeurs extrêmes) définie par :

?T@5U6 V =
J+W
(IV-6)

Avec :
r : le rang dans la série de données classée par valeurs croissantes ;
n : la taille de l’échantillon ;
x[r] : la valeur de rang r,(Picouet,
r et al., 2007).

A l’aide de l’ajustement, il est alors possible d’estimer la pluie maximale pour un temps
de retour donné. Dans
ns ce qui suit, les figures IV-2
IV et IV-3 montrent respectivement deux
exemples des ajustements des séries de pluies maximales journalières annuelles par la loi de
Gumbel pour les stations Abadla et Adamna.

Figure IV-3 : Ajustement de la série des Pmaxj par la loi de Gumbel pour la station Abadla.

85
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Figure IV-4 : Ajustement de la série des Pmaxj par la loi de Gumbel pour la station Adamna.
Adamna

Ainsi on a pu extraire la valeur du Gradex


Gr de pluie de 24h qui est la pente de la droite
d’ajustement. Les valeurs calculées pour l’ensemble des séries disponibles aux 23 stations
pluviométriques sont résumées dans le tableau IV-3.
IV
Tableau IV-3 : Valeurs
aleurs des Gradex de pluies de 24h calculées au niveau des 23 stations
pluviomé
pluviométriques,(Ahattab, et al., 2014).
STATION GRADEX Gp mm/24h STATION GRADEX Gp
ABADLA 8.77 TAHANAOUT mm/24h
8.5
ADAMNA 18.74 TALMEST 14.6
AGHBALOU 10.6 TAZITOUNT 20.3
CHICHAOUA 9.1 AMENZAL 28.5
IGROUNZAR 16.3 MARRAKECH 25.0
IGUIR N’KOURIS 10.0 LALLA 11.9
ILOUDJANE 10.28 ARMED 22.3
IMINE EL HAMMAM 12.4 IGOUZOULEN 10.3
S.B.OTHMANE 10.6 AGOUNS 12.7
SIDI HSSAIN 8.9 TOURCHT 21.7
SIDI RAHAL 13.5 TOUIRDIOU 15.8
TAFERIAT 23.7

On note que le Gradex de pluie de 24h est un paramètre climatique qui varie beaucoup
d’une station à une autre (8.5 mm à 28.5mm par 24h) ce qui montre une grande variabilité de
ce paramètre à l’échelle du grand bassin de Tensift.

86
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Or le calcul par la méthode de Gradex, d’un débit de projet, dépend d’un Gradex moyen de
pluie à calculer au niveau du bassin.
Pour en améliorer le calcul et augmenter la fiabilité du dimensionnement des ouvrages
hydrauliques basés sur cette méthode, nous avons conclu sur la nécessité de faire une analyse
spatiale par le biais de la cartographie de ce paramètre. Ce qui apportera certainement plus de
précision dans le calcul du Gradex moyen.
IV-3-1-3 Etapes du calcul du débit de projet par la méthode de Gradex
La méthode de Gradex est basée sur le principe, selon lequel l’extrapolation de la courbe
des débits vers les fortes valeurs correspondant aux faibles probabilités de dépassement ne
peut se faire raisonnablement que de façon parallèle à la courbe des précipitations, puisqu’il
ne peut pas ruisseler plus d’eau qu’il n’en tombe et que la rétention du sol est limitée. Cela
veut dire que le coefficient d’écoulement tend vers 1 après saturation du sol. Cette méthode
admet les principes suivants :

• Les précipitations journalières s’ajustent par des lois à comportement exponentiel simple.
Donc, les valeurs maximales annuelles des précipitations s’ajustent au moins dans les
valeurs fortes par la loi de Gumbel ;

• Au-delà de la crue charnière (seuil de saturation), l’extrapolation de la loi des débits la


plus raisonnable consiste à porter une parallèle à la loi des précipitations ;

• La loi des débits instantanés est obtenue par une affinité faite sur la loi des débits
journaliers. Autrement dit, le passage du débit journalier se fera via un coefficient de
pointe. Le choix de ce coefficient dépendra de l’analyse des débits maximums instantanés
et les débits journaliers maximums.

La conduite de la méthode du Gradex se fait à travers les étapes suivantes :

• Etudier la variable aléatoire « pluie reçue par le bassin versant en 24 heures » ; l’ajuster
selon la loi de Gumbel et calculer son Gradex moyen de pluie ;
• Calculer le temps de concentration du bassin ;
• Transformer le Gradex de pluie journalier en un Gradex de pluie correspondant au temps
de concentration ;
• Considérer un débit décennal de saturation pour le bassin, sauf recommandation justifiée
différente ;
• Extrapoler la fonction de répartition débits au-delà de la période de saturation
correspondant au débit de saturation considéré (la période de retour de 10ans est
87
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

recommandée par les auteurs de la méthode) par une droite de pente égale au Gradex de
pluie converti en valeur de débit en se basant sur la surface du bassin versant ;
• Pour une plus grande sécurité dans le calcul, appliquer un coefficient de pointe pour
transformer le débit moyen max en un débit de pointe.
Les formules de calcul sont présentées dans le chapitre V dans le cadre de l’application faite
pour la réadaptation du Gradex de pluie de 24h.

IV-3-2 Méthode rationnelle


IV-3-2-1 Principe de la méthode

La méthode rationnelle est basée sur l’hypothèse qu’une pluie constante et uniforme
sur l’ensemble d’un bassin versant produit un débit maximal lorsque toutes les surfaces du
bassin versant contribuent à l’écoulement, soit après une durée au moins égale au temps de
concentration. Elle est fondée sur la proportionnalité et la linéarité de la transformation pluie-
débit, exprimées par la relation suivante ; (Musy, et al., 1998) :
W
XPY@ (Z) = × ] × ^(Z, `a) × b
[. L (IV-7)

• Qmax(T) : le débit de crue de projet de période de retour T, en m3/s ;


• Cr :le coefficient de ruissellement moyen ;
• A : la superficie du bassin versant en Km2 ;
• I(T,tc) : représente l'intensité de la pluie moyenne maximale tombée au cours de tc et
de période de retour T, exprimée en en mm/h ;
• tc : le temps de concentration du bassin, exprimé en heures.

Cette méthode approximative est adaptée à des bassins versants de tailles assez petites
(inférieure à 150Km2). Dans la pratique on calcule l’intensité maximale, au niveau de chaque
station par le biais de la formule de Montana. Cette dernière permet, de relier une quantité de
pluie I(T,t), recueillie au cours d’un épisode pluvieux avec sa durée t, par la relation,(Bennis,
2007):
^(Z, `) = Y(Z) × `(1c(Z)) (IV-8)
Les paramètres de Montana, a et b représentent, respectivement, l’ordonnée et la pente de la
droite de régression de l’intensité de pluie en mm/h en fonction de la durée sur un graphique
log-log. Ces coefficients varient selon la région et la période de retour ; (Musy, et al., 1998).

88
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

IV-3-2-2 Calcul des coefficients de Montana

Les paramètres de Montana résultent des analyses statistiques des enregistrements


pluviométriques. Ces analyses conduisent à des familles de paramètres variables d’une part
suivant la localisation géographique et la période de retour, mais d’autre part suivant la durée
des événements pluvieux.

a) Méthode de calcul
• L’ajustement des séries temporelles des pluies à la loi qui les ajuste le mieux. Ce travail a
été réalisé par le logiciel Hyfran (INRS-EAU, 1998) qui permet, entre autres, de confirmer
l’adéquation de l’ajustement à partir de tests d’adéquation tel que KHI DEUX
(Droesbeke, et al., 2005). Les données utilisées sont les séries de précipitation maximales
annuelles pour les durées de 1jour, 2jours, 3jours, 4jours et 5jours. Il est à noter qu’on ne
pouvait travailler avec un pas de temps plus petit puisqu’on ne dispose que des séries
journalières.
• Construction des courbes IDF : Les courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF) ou Hauteur-
Durée-Fréquence (HDF) permettent d’estimer les fréquences de dépassement F des
événements pluvieux observés à partir de leur durée et de leur intensité moyenne I ou de
leur hauteur H, Et ce en utilisant une interpolation graphique ou mathématique. En
pratique, on remplace généralement la fréquence de dépassement F par la période de
retour T associée, définie comme l’intervalle de temps moyen séparant deux événements
dont l’intensité moyenne ou la hauteur atteint ou dépasse un seuil donné. La période de
retour T est généralement exprimée en années;(Masson, 1980 ; Bertrand-Krajewski, et al,
2000 et Chocat, 1997).
• Calcul des paramètres de la formule de Montana pour différentes périodes de retour.
b) Exemple de la station Abadla
Les données utilisées sont les séries de pluie maximale annuelle de 24h, 48h, 72h,...
jusqu’à 240h qui s’étalent sur 36 ans. Le test de Wilcoxon (Yergeau, 2013) appliqué sur les
données a montré leur homogénéité (pour un seuil de confiance de 5%). Ces séries ont été par
la suite ajustées à la loi de Gumbel qui ajuste le mieux les séries. Ce qui nous a permis de
calculer les paramètres α et β du modèle de Gumbel estimé par la méthode des moments
défini par les relations IV-4 et IV-5.Les valeurs trouvées sont résumées dans le tableau IV-4.

89
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Tableau IV-4: Résultats du calcul des paramètres du modèle de Gumbel pour la station Abadla.
Durée [jour] 24 48 72 96 120 144 168 192 216 240
Paramètre β de Gumbel [mm] 8.77 8.94 10.27 10.65 12.05 13.98 15.91 17.84 19.77 21.70

Paramètre α de Gumbel [mm] 22.43 26.82 27.94 29.81 32.11 38.61 45.10 51.60 58.09 64.59

Les graphes IV-5, à IV-9 montrent respectivement l’ajustement des séries de pluie maximale
annuelle de 24h, 48h, 72h, 96h et 120h à la loi de Gumbel pour la station Abadla.

Figure IV-5 : Ajustement des pluies maximales annuelles de 24h à la loi de Gumbel pour la
station Abadla.

Figure IV-6: ajustement des pluies maximales annuelles de 48h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla.

90
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Figure IV-7: ajustement des pluies maximales annuelles de 72h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla.

Figure IV-8 : ajustement des pluies maximales annuelles de 96h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla.

Figure IV-9 : ajustement des pluies maximales annuelles de 120h a la loi de Gumbel pour la
station Abadla.
91
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Il est alors possible d’estimer la pluie maximale pour une période de retour donnée par
la relation suivante :
dPY@ (Z) = D + E H(Z) (IV-9)
Avec :

u la variable réduite de Gumel défini par la loi :


H(Z) = −IJ(−IJT?X (Z))V (IV-10)
Et FQ(T) la probabilité au non dépassement de la pluie formulée par :
W
?X (Z) =
W−Z
(IV-11)

Les valeurs trouvées sont résumées dans le tableau IV-5.

Tableau IV-5 : Estimation de la pluie maximale pour différentes périodes de retour au niveau de
la station Abadla.
période de retour T [an] 2 5 10 20 50 100
Probabilité de non dépassement 0.5 0.8 0.9 0.95 0.98 0.99
variable réduite de Gumbel 0.37 1.50 2.25 2.97 3.90 4.60
Pluie de 24h [mm] 25.6 35.6 42.2 48.5 56.6 62.8
Pluie de 48h [mm] 30.1 40.2 46.9 53.4 61.7 67.9
Pluie de 72h [mm] 31.7 43.3 51.0 58.4 68.0 75.2
Pluie de 96h [mm] 33.7 45.8 53.8 61.4 71.4 78.8
Pluie de 120h [mm] 36.5 50.2 59.2 67.9 79.1 87.5
Pluie de 144h [mm] 43.7 59.6 70.1 80.1 93.1 102.9
Pluie de 168h [mm] 50.9 69.0 80.9 92.3 107.2 118.3
Pluie de 192h [mm] 58.1 78.4 91.7 104.6 121.2 133.6
Pluie de 216h [mm] 65.3 87.7 102.6 116.8 135.2 149.0
Pluie de 240h [mm] 72.5 97.1 113.4 129.0 149.2 164.4

Ainsi, on trace les courbes IDF en représentant l’intensité des précipitations en mm/h en
fonction de la durée (1 à 5jours) pour les périodes de retour de 2, 5, 10, 20, 50 et 100ans
(Figure IV-10). Ainsi, on remarque que les intensités de précipitations sont d’autant plus
faibles que la durée des précipitations augmente et la période de retour diminue.

92
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Figure IV-10
10 : Courbes
ourbes IDF au niveau de la station Abadla.
Abadla
Le calcul des paramètres de Montana se fait par l’application
’application de la méthode des moindres
carrés aux points expérimentaux définissant les courbes IDF pour chaque période de retour.

La formule de Montana s’exprimant par la fonction polynomiale,


polynomiale (Serhir, 2010):
2010)

g(`) = Y. `1c (IV-12)


Sa linéarisation par un changement de variable logarithmique donne :

Ief g
Ief Ief Y c. Ief ` (IV-13)
Cette équation permet d’aboutir au calcul des paramètres a et b par la droite optimale
s’ajustant au mieux aux points expérimentaux (ik, tk), tracés sur un papier bi logarithmique.
Les résultats trouvés pour les paramètres a et b de Montana pour la station Abadla sont
résumés dans le tableau IV-6.

Tableau IV-6: Calcul des paramètres de Montana pour différentes T à la station Abadla.
Abadla
Période de retour T [an] 2 5 10 20 50 100
Paramètre b Montana 0.792 0.797 0.799 0.800 0.802 0.802
Paramètre a Montana 1.070 1.466 1.729 1.980 2.306 2.550

c) Coefficients
fficients de Montana pour les stations 23 stations
La même démarche a été appliquée pour
pou toutes les autres stations ce qui nous a permis de
calculer les coefficients de Montana pour toutes les stations (Annexe 2).

93
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Les calculs effectués au niveau des 23 stations pluviométriques montrent que :

Le coefficient a augmente avec la période de retour.


Le coefficient b varie très peu ou pas avec la période retour. Une valeur moyenne des
valeurs calculées du coefficient b pour les différentes périodes de retour a été adoptée
pour la cartographie développée dans le chapitre V.

Le tableau IV-7 suivant résume les valeurs adoptées.

Tableau IV-7 : Valeurs adoptées pour le coefficient b de Montana.


Coefficient b de Coefficient b de
Station Station
Montana adopté Montana adopté
ABADLA 0.799 TALMEST 0.720
ADAMANA 0.707 MARRAKECH 0.910
AGUBALOU 0.767 LALLA TAKERKOUST 0.809
CHICHAOUA 0.815 TAZITOUNT 0.818
IGROUNZAR 0.692 SIDI HSAIN 0.663
IGUIR NKOURIS 0.763 AMENZAL 0.923
ILOUDJANE 0.774 ARMED 0.862
IMINE EL HAMMA 0.812 IGOUZOULEN 0.673
SIDI BOU OTHMANE 0.771 AGOUNS 0.777
SIDI RAHAL 0.847 TOURCHT 0.780
TAFERIAT 0.885 TOUIRDIOU 0.867
TAHANAOUT 0.697
On remarque une grande variabilité des paramètres a et b de Montana à l’échelle du grand
bassin de Tensift, en particulier la pente b qui varie de 0.663 (sous bassin de Sidi Hsain) à
0.923 (sous bassin de Amenzal). En guise des résultats obtenus, on peut conclure ce qui suit :
L’utilisation des valeurs moyennes de ces paramètres à l’échelle de tout le bassin
biaisera le calcul du débit de crue de projet ;
Les variations des paramètres a et b pour une période de retour donnée peuvent être
cartographiés. Laborde (hydrologue français) a trouvé en 1984, que des valeurs de a
fortes et de b faibles étaient caractéristiques des précipitations intenses et qu’en
général pour un bassin donné seul le coefficient a varie notablement avec la période
de retour. A noter que, la pente b laisse visualiser des droites de Montana parallèles ;
La spatialisation de ces deux paramètres à l’échelle du grand bassin de Tensift à
l’aide du Krigeage améliorera le calcul du débit de crue de projet.

94
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

IV-4 Méthodes empiriques


IV-4-1 Benchmarking sur les méthodes empiriques
Les méthodes empiriques sont utilisées lorsqu’on ne possède que peu ou pas de données sur
les débits des crues dans une région. Des formules sont établies pour de nombreux cours
d’eau et dans divers pays, permettant d’estimer soit des débits maximums de crues soit des
débits fréquentiels à partir de certaines caractéristiques du bassin versant en les complétant
parfois par certaines données météorologiques en particulier la pluviométrie, (Gray, et al.,
1972).
Le tableau IV-8 regroupe les relations trouvées les plus couramment utilisées dans le monde
(ECAFE, 1963).

Tableau IV-8 : Liste des formules empiriques utilisées dans le monde, (ECAFE, 1963).
Conditions
Endroit Equation Unité Auteur Remarques
d’utilisation

hhh, iii b
Publication de
X=
Baird and
(Wjk + b)i,l
Australie E Mcllwraith
- Baird and
Mcllwraith
X = (Wiàni)bi,k
Pluielégère Publication de
M A.coutagne
3000<A<160000km2 A.coutagne
X = Wkibi,k
Pluieviolente Publication de
M A.coutagne
400<A<3000km2 A.coutagne
X = ko, Lbi,o
Rivière Garonne Publication de
France M A.coutagne
3000<A<55000km2 A.coutagne
X = hiibi,o
Publication de
M A.coutagne 30<A<10000km2
A.coutagne
X = Wi, nLbi,n[n
Publication de
M A.coutagne Barrages du Massif
A.coutagne
X = ho, Whbi,kWL
Publication de
Allemagne M A.coutagne 15<A<200000km2
A.coutagne
n, iii b
X=
Publication de
7(b + o)
Bassinenformed’éve
E Inglis
ntail
Hunter et
Wilmot

X = W, nlkbi,nk
Publication de
Pluie de 100 pouces
E Dickens
environ
Hunter et
Wilmot

X = Wolbi,nk
Publication de
Pluie de 30 à 40
E Dickens
pouces
Hunter et
Wilmot

X = Lnkbi,Ln
Publication de
Inde E Ryves Cruemaximale Hunter et
Wilmot
X = kLibi,Ln E Ryves Cruemoyenne

X = okibi,Ln
Publication de
E Ryves Crueminimale Hunter et
Wilmot

X = h, iiib
W
i,lh1 pefb
Formule de Rivière de Publication de
Wk E MADRAS Tangabhadra Rao, KL
X = W, nkib
W
i,lh1 pefb Formule de Rivière de Publication de
Wo E Hyderbad Tangabhadra Rao, KL

95
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Wk[j
X=8 + i, iko; b
b + hkl
Publication de
M Whistler 1000<A<12000Km2
Lii
Tonini
X=8 + W; b
b + Wi
Publication de
M Scimemi A<1000Km2
hlii
Tonini
X=8 ;b
b + li
Publication de
M Pagliaro A<1000Km2
hji
Tonini
X=8 + h; b
b
Bassins de Publication de
M Baratta
k[h, k
montagnes Tonini
X=8 + k; b
b + WL. h
Bassins de Publication de
M Giandotti
Italie montagnes Tonini
A<1000km2
kii
X = 8[, hk + W; b
b + Whk
Précipitation Publication de
M Forti
maximale de 400mm Tonini
en 24h
A<1000km2
kii
X = 8h. [k + i. k; b
b + Whk
Précipitation Publication de
M Forti
maximale de 200mm Tonini
en 24h

X = hiiiibi,k
Nouvelle Publication de
E A<10mi2
Zélande Coutagne

X = hniibi,nk
Publication de
BransbyWili
E A<10mi2 Hunter et
ams
Royaume Wilmot

X = oLiibi,kh
Uni Publication de
BransbyWili
E A>10mi2 Hunter et
ams
Wilmot
X = hiibk/L
Publication de
E Fanning
oLnli
Rao, KL
X=8 + Wk; b
b + [hi
Publication de
E Murphy 5.5<A<2000mi2
Rao, KL
U.S
X = Woiibi,onL
Geological Publication de
E 1000<A<24000mi2
Survey pour Rao, KL

ooiii
le Columbia
X=8 + hi; b
b + Wni
Publication de
E Kuichling Cruesfréquentes
Whniii
Rao, KL
X=8 + n. o; b
Etas-Unis
b + [ni
Publication de
E Kuichling Crues rares
Rao, KL

X = oLiibi,jlo.b
Publication de
qi,ioj
E Creager Limite supérieure Hunter et
Wilmot

X = W[jibi,jlo.b
Publication de
qi,ioj
E Creager Limite inférieure Hunter et
Wilmot

X = Wiiiibi,k
Publication de
E Myer Hunter et
Wilmot
M :Système métrique (Q en m3/s et A en Km2)
E : Système EB (Q en pied cube/s et A en square mile)

96
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

IV-4-2 Revue des formules empiriques utilisées au Maroc


Le tableau IV-8 montre une multitude de formules qui existent dans la littérature. Nous nous
sommes intéressés à celles les plus utilisées au Maroc, (Serhir, 2010 ; Ouarda, et al, 2001),à
savoir :
• La formule de Myer
• La formule de Francou-Rodier
• La formule de Fuller
• La formule de Mallet-Gauthier
• La formule de Mac-Math

IV-4-2-1 Formule de Myer


La formule de Myer permet de calculer le débit de crue de projet pour un bassin urbain ou
rural donné. Le débit de la crue de projet pour la période de retour T se calcule par la formule
suivante :
XPY@ (Z) = r × bJ (IV-14)
Avec :
Qmax(T) : le débit de la crue de projet de période de retour T en m3/s ;
K : la cote de Myer fonction des caractéristiques du bassin ;
A : la surface du bassin versant en Km2 ;
n : le nombre compris entre 0,4 et 0,8.

Dans leur étude, Hazan et al (1969), ont adapté cette formule pour permettre de
calculer le débit de la crue de projet millénaire (T=1000) pour les bassins du Nord et du Sud-
Est du Maroc connaissant la superficie du bassin versant A en Km2, sa pluviométrie moyenne
et la localisation de la zone à étudier. Les résultats trouvés sont présentés dans le tableau IV-9.

Tableau IV-9 : Formules de Hazan-Lazarevic selon les régions du Maroc, (Hazan & Lazarevic,
1969).
Zone géographique Relation (Qmax en m3/s) Pluviométrie mm
Rif central stuv = 15.55w ,xxy 1000-1300
Rif occidental stuv = 9.78w ,xz{ 800-1000
Rif oriental stuv = 7.58w ,| | 600-800
Haut Atlas saharien stuv = 9.38w ,x} 200-400
Moyen atlas stuv = 14.94w ,y{y 700-900
Moyen atlas stuv = 13.51w ,y2{ 500-700
Moyen atlas (Karst) stuv = 13.41w ,~|x 400-700

97
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

IV-4-2-2 Formule de Francou-Rodier

Deux versions de la formule de Francou-Rodier existent et sont utilisées au Maroc. La


première permet de calculer la crue de projet pour un bassin donné connaissant sa surface. La
deuxième permet la transposition de du débit de crue à un bassin similaire. Dans ce qui suit on
expose les deux formules.

a. Formule générale utilisée au Maroc

Ces auteurs (Francou, et al., 1969) ont classé plusieurs centaines de crues dans le
monde dans un diagramme log Q = f (log A). Ils ont constaté que dans des régions
relativement homogènes, les points étaient plus ou moins alignés. Ils en ont déduit une
formule générale de la forme:
b W1r/Wi
XPY@ (Z) = Wi 8 j ;
L
Wi (IV-15)

Avec :
Qmax(T) : le débit de la crue de projet de période de retour T en m3/s ;
A : la surface du bassin versant en Km2 ;
K : paramètre régional. Il peut être déterminé pour un bassin jaugé similaire régional et
utilisé pour le bassin étudié.

Cette formule est communément utilisée au Maroc pour la détermination du débit de


crue de projet pour un bassin donné pour la période de retour T=100ans. Cependant, elle peut
donner une surestimation du débit de projet à l’aval du cours d’eau.

b. Formule de transposition analogique

Une autre version de la formule permet l’estimation des débits de crue de projet pour un
bassin non jaugé par analogie avec d’autres bassins versants régionaux similaires et
limitrophes. Les critères de similitude sont essentiellement la morphologie (particulièrement
relief, forme, pentes) et le régime pluviométrique.

Le débit de crue de projet pour une période de retour T, Qmax1(T) d’un bassin B1 non jaugé
est calculé par transposition d’un autre bassin B2 semblable à l’aide de la formule suivante :
bW W1i.Wr
XPY@W (Z) = XPY@h (Z). 8 ;
bh (IV-16)

Avec :

98
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Qmax1(T) : le débit de crue de projet d’une période de retour T en m3/s ;


A1 : la surface du bassin B1 en Km2 ;
A2 : la surface du bassin B2 en Km2 ;
Qmax2(T) le débit de crue de projet d’une période de retour T déterminé par ajustement
statistique en m3/s.

Le débit de projet est estimé dans ce cas pour la même période de retour utilisée pour le
bassin de référence. Le paramètre K peut être estimé pour le bassin jaugé par la formule
suivante :

IJ
€•‚ƒh

r = Wi •W − WiL

IJ
„h (IV-17)
Wij

IV-4-2-3 Formule de Fuller

La formule de Fuller permet l'estimation des débits de crues de projet de période de


retour T pour un bassin urbain ou rural donné, (Fuller, 1914) par la relation :

XPY@ (†) = ‡(W + ‚. ˆ‰Š†) (IV-18)


Avec :

Qmax(T) : le débit de la crue de projet pour la période de retour T en m3/s;


q : la moyenne des débits maximas de chaque année en m3/s pour toutes les années de
mesure disponibles ;
a : facteur régional,
T:la période de retour en années.

Plusieurs versions de cette formule existent pour différentes régions. Notamment pour le cas
du Maroc où la formule de Fuller devient en fonction de la période de retour T, (Serhir,
2010 ;Ouarda et al., 2001) :
XPY@ (†) = ‡(W + ‚. ˆ‰Š†)(W + h. LL„1i.[ ) (IV-19)
Avec a qui varie dans le cas du Maroc de 0,8 à 1,2 pour les oueds du Rif et de 3 à 3,5 pour les
oueds sahariens.

99
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Le calcul par la formule nécessite la connaissance de la moyenne des débits maximas de


chaque année en m3/s pour toutes les années de mesure disponibles ainsi que le paramètre
régional pour la zone étudiée.

IV-4-2-4 Formule de Mallet-Gauthier

La formule de Mallet-Gauthier permet l'estimation des débits de crues de période de retour T


pour un bassin donné. Sa forme générale s’écrit par, (Coutagne, 1951) :

b
XPY@ (Z) = h. r. Ief(W + Y‹). . 7W + o. Ief(Z) − Ief(b)
√p (IV-20)

Avec :
Qmax(T) : le débit maximal en m3/s ;
K : coefficient variant de 0,5 pour les grands bassins versants à faible pente à 5 pour les
petits bassins versants à forte pente ;
a : coefficient géographique variable entre 20 et 30 (au Maroc est pris égal à 20)
H : le module pluviométrique annuel moyen dans le bassin versant en m calculé à partir
des hauteurs de précipitations annuelles aux différents postes pluviométriques internes et
externes du bassin versant (polygone de Thiessen ou moyenne arithmétique).
A : la superficie du bassin versant en Km2 ;
L : la longueur du Talweg principal en Km ;
T : la période de retour en années.

On note que les valeurs qui vont être affectées aux deux paramètres régionaux (a et K) qui
interviennent dans la relation peuvent donner des résultats assez contrastés si elles ne sont pas
fixées avec une bonne connaissance de la nature du bassin (les caractéristiques
topographiques, climatologiques et géologiques des bassins).

IV-4-2-5 Formule de Mac-Math


Cette formule a été élaborée à partir des observations faites sur la région sud de la Californie
où les terres sont arides. Elle permet de calculer le débit de la crue de projet de période de
retour T par la formule :
XPY@ (Z) = r ∗ d(hoŒ, Z) ∗ Oi,kj ∗ ^i,oh (IV-21)

100
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Avec :
Qmax(T) : le débit de la crue de projet pour la période de retour T en m3/s ;
S : la superficie du bassin versant en km2;
I : la pente moyenne du bassin versant en m/m;
P(24h, T) : la précipitation maximale moyenne de durée 24h de période de retour T en
mm. Elle est calculée par ajustement statistique sur la base des Pmaxj aux différents
postes de pluie disponibles ;
K : coefficient dépendant du couvert végétal et de la topographie pouvant être estimé à
partir du tableau IV-10.

Tableau IV-10 : Valeurs du paramètre régional K de la formule de Mac-Math, (Serhir,


2010 ;Ouarda et al., 2001)
Valeurs du coefficient K
0.11 Bassin versant de grande dimension
0.22 Terre cultivée et terrain vague des zones suburbaines
0.32 Terrain non aménagé, non rocheux à pente moyenne
0.42 Terrain non aménagé, non rocheux à pente forte

Cette formule permet de calculer le débit de crue de projet pour une période de retour
donnée. Elle est utilisée pour les bassins versants (urbains ou ruraux) situés dans les zones
arides à semi-arides, de tailles allant de petites à grandes.
Une grande sensibilité est attachée au coefficient régional K. Une description et connaissance
détaillée de la zone d’étude est cruciale. En effet, d’après les travaux de Ouarda et al, 2001,
l’écart entre deux valeurs consécutives fixées pour K induit un écart absolu des débits de
pointe qui peuvent varier de 40 à 100%.

IV-5 Synthèse des méthodes utilisées pour le calcul de la crue de projet

L’étude bibliographique sur les différentes méthodes d’estimation de crue de projet a permis
de dresser le tableau IV-11 qui synthétise la période de retour recommandée pour chaque
méthode, les données nécessaires pour son application et les limites de son utilisation.

101
Chapitre IV : Revue des méthodes de prédétermination des crues de projet

Tableau IV-11 : Synthèse des méthodes d’estimation des crues de projet

Période de retour
Méthode recommandée pour Données nécessaires Limites d’application
la méthode
Toutes les périodes plus de 10ans de mesures de
Méthode statistique Les bassins jaugés
de retour débits observés
plus de 10ans de mesures de
pluies observées Surface ≤ 5000Km2
Méthode de Gradex ≥100 ans
Surface du BV et temps de tc < 5jours
concentration
les paramètres de Montana du BV
Surface du BV et temps de taille du bassin inférieure à
Méthode rationnelle ≤100ans
concentration 150 Km2
Coefficient de ruissellement
Connaissance des paramètres
Formule de Francou- Rodier ≤100ans Surface du BV
régionaux
Connaissance des paramètres
Formule de Hazan- Lazarevic 1000ans Surface du BV
régionaux
Connaissance des paramètres
Formule de Myer ≤100ans Surface du BV
régionaux
la moyenne des débits maximas
Connaissance des paramètres
Formule de Fuller ≤100ans pour les années de mesure
régionaux
disponibles
plus de 10ans de précipitations
Connaissance des paramètres
Formule de Mac-Math ≤100ans max de 24h
régionaux
Surface et pente du BV
Module pluviométrique pour les
Connaissance des paramètres
années de mesure disponibles
Formule de Mallet-Gauthier ≤100ans régionaux selon la pente et la
Surface du BV et longueur du
nature du terrain.
Talweg principal
102
CHAPITRE V
READAPTATION DES METHODES
D’ESTIMATION DES CRUES DE
PROJET AU CONTEXTE ET DONNEES
RECENTES DU BASSIN DE TENSIFT

103
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Introduction
Les événements extrêmes récents que le Maroc a connus ces dernières décennies ont
montré la fragilité et souvent l’incapacité des ouvrages hydrauliques. D’où la nécessité de
réadapter les méthodes d’estimation de la crue de projet utilisées pour le dimensionnement de
ces ouvrages, au contexte du Maroc et aux données hydrologiques extrêmes récentes.

Dans ce qui suit, on présente le travail de réadaptation effectué au contexte et aux


données récentes du bassin de Tensift (Zone d’étude). Les méthodes utilisées sont les
méthodes statistiques, hydrométéorologiques et empiriques détaillées dans le chapitre IV.

V-1 Méthodes statistiques

L’analyse fréquentielle consiste en la recherche du modèle ou la loi probabiliste qui


ajuste le mieux les données de débits journaliers ou instantanés maximaux. Dans ce cas, il est
souvent recommandé d’utiliser la loi Gumbel. Notre travail est la recherche d’autres lois
probabilistes qui peuvent mieux ajuster ces données et donc donner de meilleurs résultats.

V-1-1 Application de la méthode et résultats


Pour pouvoir choisir les lois qui ajustent le mieux les séries des données, on a utilisé le
logiciel « HyfranPlus » (INRS-EAU, 1998) qui permet d’effectuer toutes les étapes
d’ajustement. Les données utilisées sont les séries des débits max instantanés enregistrés au
niveau des stations hydrométriques de longueur allant de 17 ans à 43 ans (Tableau II-3). Deux
analyses statistiques ont été effectuées :
• La première sur les séries des débits max instantanés enregistrés pour toute la durée
d’observation des stations hydrologiques. Leurs durées variant de 17ans à 43ans.
• La deuxième sur les séries des débits max instantanés enregistrés au niveau des stations
hydrologiques pour une durée commune de 17ans.

a. Résultat de l’analyse statistique sur les séries complètes


La synthèse des résultats de l’étude statistique effectuée sur les débits max instantanés
observés pour toute la durée d’observation des 15 stations hydrologiques est résumée dans le
tableau V-1.

Les lois probabilistes retenues constituent les meilleurs ajustements trouvés, même si
pour certaines stations ces ajustements ne sont pas toujours parfaits. Les figures V-1 à V-8

104
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

montrent deux exemples d’ajustement réalisés à l’aide d’HyfranPlus ainsi que les interfaces
des résultats obtenus pour les deux stations Sidi Rahal et Aghbalou à savoir :
• Les paramètres descriptifs des données des Qmax instantanés (moyenne,
maximum, minimum, écart type…) ;
• Le graphe d’ajustement des Qmax instantanés ;
• Résultat du test de khi deux pour tester l'ajustement des Qmax instantanés à la loi
choisie ;
• Les quantiles obtenus pour différentes périodes de retour.

Le choix de ces deux stations est fait pour illustrer les résultats d’un très bon ajustement
(Station Sidi Rahal) et celui d’un ajustement moyen (Station Aghbalou).
Tableau V-1 : Récapitulatif des lois d’ajustement retenues sur les séries des Qmax inst complètes.

Station Taille de Test de KHI


Meilleure loi : Ajustement statistique
hydrométrique l’échantillon Deux*
Tafériat 43ans Log Normal 2 paramètres Positif à 5%
Aghbalou 35ans Log Normal 2 paramètres Positif à 5%
Adamna 35ans Log Pearson type III Positif à 5%
Tahanaout 43ans Log Normal 2 paramètres Positif à 5%
Iguir Nkouris 31ans Gamma/ Log Pearson type III Positif à 5%
Imin El Hamam 39ans Gamma Positif à 5%
Sidi Hsain 17ans Gamma Positif à 5%
Abadla 34ans Weibull Positif à 5%
Igrounzar 30ans Gamma Positif à 5%
Sidi Bou Othmane 21ans Gamma Positif à 5%
Chichaoua 34ans Pearson type III Positif à 5%
Iloudjane 30ans Pearson type III Positif à 5%
Sidi Rahal 40ans Exponentielle Positif à 5%
Talmest 34ans Exponentielle Positif à 5%
Zelten 30ans Exponentielle Positif à 5%

* Le test de KHI DEUX X2: test statistique proposé par Karl Pearson (1900) qui permet
de tester l'adéquation d'une série de données à une famille de lois de probabilités ou de tester
l'indépendance entre deux variables aléatoires, (Greenwood, et al., 1996).

On constate qu’aucune série n’est adéquatement ajustée à la loi Gumbel qui est fortement
recommandée pour décrire les débits max, (Gumbel, 1956).

105
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• Pour la station Sidi Rahal

Figure V-1 : Paramètres descriptifs des données des Qmax instantanés pour la station Sidi Rahal.

Figure V-2 : Graphe d’ajustement des Qmax instantanés à la loi exponentielle de la station Sidi
Rahal.

106
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-3 : Résultat du test de khi deux pour tester l'ajustement des Qmax instantanés à la loi
exponentielle pour la station Sidi Rahal.

Figure V-4 : Quantiles obtenus pour différentes périodes de retour pour la station Sidi Rahal.

107
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• Pour la station Aghbalou :

Figure V-5 : Paramètres descriptifs des données des Qmax instantanés pour la station Aghbalou.

Figure V-6 : Graphe d’ajustement des Qmax instantanés à la loi Log Normale de la station
Aghbalou.

108
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-7 : Résultat du test de khi deux pour tester l'ajustement des Qmax instantanés à la loi
Log Normale pour la station Aghbalou.

Figure V-8 : Quantiles obtenus pour différentes périodes de retour pour la station Aghbalou.

109
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Ainsi on a pu obtenir les débits de pointe pour différentes périodes de retour ainsi que les
intervalles de confiance (IC) à 95% qui sont des intervalles de valeurs dont la chance de
contenir la vraie valeur du paramètre estimé est de 95%. Les quantiles obtenus pour
différentes périodes de retour et pour les différents sous bassins versants sont résumés dans le
tableau 1 de l’annexe 3.
b. Résultat de l’analyse statistique sur la durée commune de 17ans

L’analyse statistique a été effectuée sur une durée commune pour toutes les stations afin que
l’étude soit représentative de la même période. Les lois retenues sont résumées dans le tableau
V-2.
Tableau V-2 : Récapitulatif des lois d’ajustement retenues pour l’ajustement des séries de durée
commune de 17ans.

Superficie Durée
Nom de la station Test de khi
Contrôlée par la commune loi retenue
hydrométrique deux
station (km2) utilisée

Abadla 10064 1987-2004 Weibull Positif à 5%

Adamna 1462 1987-2004 Weibull/Gamma Positif à 5%

Aghbalou 503 1987-2004 Exponentielle Positif à 5%

Chichaoua 2130 1987-2004 Gamma Positif à 5%

Igrounzar 813 1987-2004 Gamma Positif à 5%

IguirNkouris 847 1987-2004 Gamma/ Weibull Positif à 5%

Iloudjane 571 1987-2004 Weibull Positif à 5%

Imin El Hamam 1292 1987-2004 Gamma/ Weibull Positif à 5%

Sidi Bou Othmane 540 1987-2004 Gamma/ Weibull Positif à 5%

Sidi Hsain 516 1987-2004 Gamma Positif à 5%

Sidi Rahhal 103 1987-2004 Exponentielle Positif à 5%

Taferiat 532 1987-2004 Exponentielle Positif à 5%

Tahannaout 224 1987-2004 Weibull Positif à 5%

Talmest 19549 1987-2004 Gamma Positif à 5%

Zelten 440 1987-2004 Gamma Positif à 5%

On trouve que les trois lois Weibull, Gamma et exponentielle ajustent le mieux les séries des
débits max instantanées qui s’étalent de 1987 jusqu’à 2004. Ainsi on constate pour ce cas
aussi qu’aucune série n’est adéquatement ajustée à la loi Gumbel. Les débits de pointe pour
différentes périodes de retour ont été calculés et comparés à ceux trouvés par l’analyse
statistique précédente. Les résultats trouvés sont résumés dans le tableau V-3.

110
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Tableau V-3 : Comparaison des débits de projet calculés par les deux analyses statistiques.

Débit de crue de projet Qmax(T) (m3/s)


Station
2ans 5ans 10ans 20ans 50ans 100ans
Taferiat/17ans 98.84 215.9 304.5 393 610.1 798.6
Tafériat 97.29 214.7 324.9 457.4 672.1 868.6
Différence -2% -1% 7% 16% 10% 9%
Aghbalou/17ans 111.28 278.35 480.37 682.4 1149.5 1351.5
Aghbalou 104.6 264.5 429.6 641.1 1006 1358.3
Différence -6% -5% -11% -6% -12% 1%
Adamna/17ans 227.31 661.29 1089.9 1418.8 1853.8 2183
Adamna 213.3 530.3 844.9 1236 1888 2499.9
Différence -6% -20% -22% -13% 2% 15%
Tahanaout/17ans 42.29 102.2 162.4 291.5 387.4 552.7
Tahannaout 32.76 86.77 144.4 220 353.2 484.2
Différence -23% -15% -11% -25% -9% -12%
Iguir Nkouris/17ans 143.81 411.47 643.35 893.45 1246.5 1428
Iguir Nkouris 124.1 329.2 492.8 659.8 884.1 1055.4
Différence -14% -20% -23% -26% -29% -26%
Imin El Hamam/17ans 272.46 667.39 972.53 1280.4 1689.9 2000.9
Imin El Hamam 195 521.2 782.1 1049 1407 1681.2
Différence -28% -22% -20% -18% -17% -16%
Sidi Hsain/17ans 12.39 49.94 84.98 123 176 217.5
Sidi Hsain 12.39 49.94 84.98 123 176 217.5
Différence 0% 0% 0% 0% 0% 0%
Abadla/17ans 329.6 597.83 770.04 927.46 1120 1256.9
Abadla 261 514.7 687 849.3 1053 1201.3
Différence -21% -14% -11% -8% -6% -4%
Igrounzar/17ans 49.835 153.99 242.01 334.03 459.44 556.25
Igrounzar 47.69 152.9 243.1 337.9 467.6 567.9
Différence -4% -1% 0% 1% 2% 2%
Sidi BouOthmane/17ans 69.9 244 415.1 613.3 911.2 1161
Sidi BouOthmane 70.25 246.7 403.2 569.8 799.6 978.3
Différence 1% 1% -3% -7% -12% -16%
Chichaoua/17ans 160.5 436.7 668.5 914 1255 1524
Chichaoua 115.3 352.2 551.7 759.8 1043 1262
Différence -28% -19% -17% -17% -17% -17%
Iloudjane/17ans 35.29 123.8 211.1 312.5 465.1 593.1
Iloudjane 33.78 117.5 191.6 270.5 379.2 463.7
Différence -4% -5% -9% -13% -18% -22%
Sidi Rahhal/17ans 151.5 331.3 467.3 603.3 783.2 919.2
Sidi Rahal 123 284.1 406 527.9 689.1 811
Différence -19% -14% -13% -12% -12% -12%

111
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Talmest/17ans 373.68 651.66 838.95 1016.8 1242.9 1409.3


Talmest 277.7 598.2 840.6 1083 1404 1646
Différence -26% -8% 0% 7% 13% 17%
Zelten 154.8 361.9 519 676.3 884.4 1042
Zelten/17ans 146.6 332.9 473.8 614.8 801.1 942
Différence -5% -8% -9% -9% -9% -10%

Les quantiles obtenus par les deux analyses statistiques pour 6 sous bassins
bassin sont présentés sur
la figure V-9 suivante :

Figure V-9 : Comparaison des quantiles obtenus par les deux analyses statistiques

112
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Une analyse de la figure V-9 montre que les quantiles obtenus pour la durée commune
de 17ans dépassent pour la plupart du temps les quantiles obtenus pour toute la durée
d’observation.
Pour évaluer la différence entre les quantiles calculés par les deux analyses,
analyses une
représentation de cette différence en fonction du nombre de stations est présentée sur la figure
V-10.

Figure V-10 : Nombre de stations


station versus le % de différences entre les quantiles calculés par les
deux analyses
Une lecture du tableau V-33 et de la figure V-10
V 10 montre que l’analyse statistique pour la durée
commune de 17ans surestime par rapport à celle effectuée pour toute la durée d’observation.
d’observation
Cette surestimation reste entre 0% et 20% surtout pour les faibles
aibles périodes de retour (de 2ans
à 20ans).
On note toutefois que l’analyse basée sur les séries réduites tient compte plus des événements
importants reçus ces dernières décennies. Sachant que durant cette période le Maroc a connu
des années très humides avec des inondations mais aussi des années sèches.
sèches Donc la prise en
compte de l’échantillon réduit de 17ans diminue la représentativité de l’échantillon globale et
induit une perte d’information importante.

Ainsi, par la suite on adopte les résultats de la première analyse statistique pour donner plus
de poids et d’importance à la taille
tai des séries et augmenter la précision dans les prévisions.
prévisions

113
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

V-1-2 Conclusion

L’analyse fréquentielle constitue un des outils privilégiés pour l’estimation des débits
de crues en hydrologie. Elle est utilisée quand le bassin étudié est jaugé et dispose de
plusieurs années de mesures.

Cette méthode a été appliquée sur les séries de mesures des débits max instantanés
enregistrées au niveau des 15 stations hydrologiques réparties sur le bassin de Tensift pour :

• Les séries de mesure complètes enregistrées et dont les périodes d’observation


varient de 17 ans à 43 ans.

• Pour une durée commune de 17ans depuis 1987 jusqu’à 2004.

Nous concluons à travers cette étude que :

• La loi Gumbel n’est plus à utiliser pour ajuster les données hydrologiques maximales
comme il est souvent recommandé en hydrologie ;

• D’autres lois telles que Log normale, Gamma, Weibull, log Pearson, exponentielle…
ajustent mieux les données hydrologiques extrêmes actualisées ;

• Les débits de projets calculés par ces lois sont largement supérieurs à ceux obtenus par
la loi Gumbel surtout pour les grandes périodes de retour (>50ans) comme le montre le
tableau 2 de l’annexe 3.

Un tel résultat est justifié par les événements exceptionnels forts reçus par le Maroc ces
dernières décennies (bassin de Tensift en particulier).

On note que les quantiles calculés par la méthode statistique sont utilisés pour la réadaptation
des formules empiriques (Paragraphe V-3). On va adopter les résultats de la première analyse
statistique et donner plus de poids et d’importance à la taille des séries pour augmenter la
précision dans les prévisions. Ce choix est basé sur le fait que les résultats issus de la
méthode statistique sont considérés les plus précis puisqu’ils sont basés sur les données de
débits observés.

V-2 Méthodes hydrométéorologiques


V-2-1 Introduction
Les méthodes de Gradex et rationnelle sont parmi les méthodes d’estimation des crues de
projet les plus utilisées au Maroc dans le cadre du dimensionnement des ouvrages
hydrauliques. Elles reposent sur des paramètres régionaux calculés à partir de

114
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

l’information apportée par la pluie. Or les données de précipitation proviennent


généralement d’observations aux stations pluviométriques et donc d’un réseau de
mesures ponctuelles, aussi dense soit-il, qui ne permet pas de calculer ces paramètres au
niveau de n’importe quel point (au site d’un projet).

Ainsi, et dans le cadre d’un projet, l’ingénieur fait recours aux méthodes usuelles
d’interpolation pour estimer ces paramètres au site voulu : polygones de Thiessen,
interpolation linéaire, IDWA (pondération avec l’inverse à la distance au carré). Ces
méthodes d’interpolation ignorent la structure spatiale de la variable et peuvent omettre
des situations locales très spécifiques (zones de fortes ou de très faibles valeurs). Enfin,
aucun critère statistique pour juger de la précision des résultats obtenus n’est formulé,
(Baillargeon, 2005).

Ayant défini 4 zones homogènes dans le bassin de Tensift qui correspondent à 3 groupes
homogènes (voir chapitre III), et compte tenu de la différence importante trouvée entre
les différents Gradex de pluie calculés aux différents sous bassin (Tableau IV-3) et les
coefficients de Montana aux différents postes pluviométriques (annexe 2), on s’est
intéressé à la spatialisation de ces paramètres climatiques régionaux. Pour ce faire, on a
utilisé le krigeage pour l’élaboration d’une cartographie qui précise mieux la variation
spatiale du paramètre Gradex (paragraphe V-2-2) et des coefficients de Montana sur le
bassin de Tensift (paragraphe V-2-3).

Par la suite, on a essayé de valider la cartographie réalisée en comparant les résultats des
méthodes usuelles d’interpolation spatiale avec ceux obtenus à partir du Krigeage.

V-2-2 Modélisation spatiale du Gradex, (Ahattab, et al., 2014)

La distribution des variables dans l’espace peut être décrite par des modèles
mathématiques, géostatistique et/ou déterministe; (Obled, 1987). Le choix du krigeage
pour la spatialisation des valeurs du Gradex et des coefficients de Montana s’est basé sur
le fait que cette méthode géostatistique a l’avantage de prendre en compte les distances
entre les données (i.e. les stations de mesure), les distances entre les données et la cible
(i.e. le point pour lequel on veut estimer la mesure) et la structure spatiale (grâce à
l’analyse variographique qui permet de restituer des informations quant à la distribution
spatiale de la variable régionalisée), (Hennequi, 2010).

Par la suite, on a appliqué la méthode sur les valeurs du Gradex de pluie de 24h (Tableau
IV-3), calculées à partir des données ponctuelles de précipitations journalières. Le but

115
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

étant de pouvoir extraire les valeurs de ce paramètre en tout point du bassin de Tensift.
Ce travail a permis d’extrapoler la distribution de fréquence des débits max en tout point
du bassin.
a. Principe du krigeage
Le krigeage est une méthode d’estimation linéaire garantissant le minimum de variance. Il
réalise l'interpolation spatiale d'une variable régionalisée par calcul de l’espérance
mathématique d'une variable aléatoire, utilisant l'interprétation et la modélisation du
variogramme expérimental. Une telle méthode semble le meilleur estimateur linéaire non-
biaisé puisqu’elle tient compte non seulement de la distance entre les données et le point
d'estimation, mais également des distances entre les données deux-à-deux.
L'idée de base du krigeage est de prévoir la valeur de la variable régionalisée étudiée en un
site non échantillonné s0 par une combinaison linéaire de données ponctuelles adjacentes par
la relation :

= +∑∈ (V-1)
Les poids λi associés à chacune des valeurs régionalisées observées sont choisis de façon à
obtenir une prévision non biaisée et de variance minimale, (Obled, 1987).

C'est-à-dire :

∑∈ =
(V-2)

Le modèle de base du krigeage a la même forme que le modèle de régression classique ou


locale, mais les erreurs sont maintenant supposées dépendantes spatialement. Il s'énonce
comme suit :
= + , ∈ (V-3)
Avec :
µ(.) : la structure déterministe pour l'espérance de Z(.) ;
δ(.) : une fonction aléatoire stationnaire, d'espérance nulle et de structure de
dépendance connue.
Pour formuler complètement le modèle, il faut spécifier la forme de la tendance µ(.). C'est en
fait cette tendance qui précise le type de krigeage effectué. Les trois types classiques de
krigeage sont :

• Le krigeage simple : µ(s) = m est une constante connue ;


• Le krigeage ordinaire : µ(s) = µ est une constante inconnue ;

116
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• Le krigeage universel : μ s = ∑ f s β est une combinaison linéaire de


fonctions de la position s.
De plus, la structure de dépendance de la fonction aléatoire δ(.) doit être précisée. Si elle n'est
pas connue préalablement, ce qui est presque toujours le cas en pratique. Elle est déterminée à
partir de l’analyse de tendance des données avant l’analyse variographique, (Baillageon,
2005).

L’analyse variographique permet de décrire la variabilité spatiale des phénomènes


régionalisés. L’outil principal permettant cette analyse est le semi-variogramme qui décrit
l’évolution de la semi-variance en fonction de la distance entre les mesures et permet ainsi de
d’étudier le lien spatial entre les données. Il est défini de la manière suivante :

(V-4)
! " =# $% +" − ', ∀ )
Avec :
Z(.) : la variable régionalisée étudiée qui dans notre cas est la valeur du Gradex
calculée au niveau de chaque station. ;
s : le vecteur des coordonnées d’une station i ;
h : le vecteur distance entre deux stations i et j ;
D : le domaine géographique considéré qui est le bassin de Tensift.

Pratiquement, le premier travail à faire est de représenter la différence des valeurs calculées
du Gradex pour toutes les stations deux à deux γ(h) en fonction de la distance entre elles h.
Ainsi on obtient un ensemble de points qu’on essaye d’ajuster par une fonction et on extrait
donc les caractéristiques suivantes : L’effet de pépite, la portée et le palier, (Bailey et al,
1996 ; Ahattab et al, 2014).

Effet de pépite
L’effet de pépite correspond à la limite du variogramme en zéro. Elle représente donc la
variation entre deux mesures très proches.

Portée et Palier

Lorsque h augmente, le variogramme γ(h) peut ou non atteindre un plateau. L’atteinte d’un
plateau indique qu’à partir d’une certaine distance, il n’y a plus de dépendance spatiale entre
les données c'est-à-dire qu’au-delà de ce plateau l’augmentation de la distance entre deux
stations n’implique pas une diminution de la variance.

117
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Cette distance est nommée portée et le terme palier dénote la variance à laquelle le plateau se
présente. Un palier peut n’être atteint qu’asymptotiquement. Dans ce cas, la portée réelle est
infinie mais une portée pratique est définie par la distance à laquelle le variogramme atteint
95% de la valeur de son palier, (Baillageon, 2005). La figure V-11 expose le variogramme et
ses caractéristiques.

Figure V-11: Caractéristiques d'un variogramme, (Hennequi, 2010).

b. Etapes du krigeage

En pratique, l’analyse variographique se déroule en deux étapes :


Première étape : Estimation du variogramme
A l’aide des mesures obtenues sur les différentes stations pluviométriques, on estime le
variogramme par la méthode des moments (méthode qui consiste à estimer l’espérance par la
moyenne empirique). Cet estimateur est défini de la façon suivante, (Allard, 2012):

#
* + = #|- + | ∑- + ./ 01 − /%02 '3
(V-5)

Avec :
h correspond à une distance ;
z(si) correspond à la valeur de la variable régionalisée (Gradex) au point si ;
N(h) = {(i, j) tel que si − sj = h} ;
|N(h)| est le nombre de paires distinctes de l’ensemble N(h).
A titre d’exemple, si on considère 3 stations (A, B et C) alignées horizontalement
équidistantes de 10km au niveau desquelles on connait la valeur du Gradex, le calcul du
variogramme pour une distance donnée est fait de la manière présentée dans le tableau V-4 :
Tableau V-4 : Exemple de calcul du variogramme de 3 stations alignées horizontalement.

Station A B C
Gradex 9,2 10 13,5
2 2
γ(10km) = [(9.2-10) +(10-13.5) ] /(2*2)=3.22 (avec 2 le nombre de couples utilisé)
γ(20km) = [(9.2-13.5)2] /(2*1)=9.245 (avec 1 le nombre de couples utilisé)

118
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Dans l’exemple précédent on a supposé que les stations sont réparties sur une grille régulière
couvrant le bassin étudié, dans ce cas γ (.) est estimable pour un petit nombre de distances,
chacune associée à plusieurs couples de points. Toutefois, les stations pluviométriques sont
réparties de façon irrégulière sur le bassin de Tensift. La notion de pas, noté p, est alors
introduite. Le variogramme sera calculé seulement pour certaines distances {r1 = p, r2 = 2p, . .
. , rk = kp, . . . , rn = P} où P est la portée (définie précédemment) qui correspond à la distance
maximale de prise en compte des mesures. L’ensemble N(rk) est ainsi redéfini par :

4 $5 = 6 . 8 \$5 − <; − 8; < $5 < avec r0 = 0 (V-6)


Le calcul du variogramme expérimental (variogramme estimé) requiert donc la spécification
de ces deux paramètres. Une mauvaise spécification de ces derniers peut conduire à des
variogrammes expérimentaux impossibles à interpréter et à modéliser. Un pas trop petit fera
que peu de couples de stations pluviométriques seront pris en compte pour le calcul du
variogramme alors qu’un pas trop grand génèrera un variogramme trop lisse.

Deuxième étape : Modélisation du variogramme


Une fois le variogramme estimé, c'est-à-dire une fois qu’on a trouvé les valeurs du pas et de la
portée et puis qu’on a reporté les valeurs calculées de l’estimateur en fonction des différentes
valeurs de h, il convient de le modéliser (ajuster les points trouvés) par une fonction de
référence (modèle exponentiel, sphérique...). Ce modèle aura alors toutes les propriétés
requises pour effectuer un krigeage sur nos données. La figure V-12 résume l’ensemble des
modèles susceptibles d’être utilisés.

Figure V-12 : Fonctions de référence pour la modélisation du variogramme. (Baillageon, 2005)

119
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Une fois le modèle complètement énoncé, le krigeage peut être effectuée en un point s0
quelconque du champ D (bassin de Tensift). En fait, il s'agit simplement de déterminer la
valeur des poids λi qui respectent la contrainte de non-biais E[Z@ A − Z A ] = 0 tout en
minimisant la variance de l'erreur de prévision Var.Z@ A − Z A 3, (Hennequi, 2010).

D’une autre manière, pour un point quelconque du bassin de Tensift pour lequel on veut
calculer le Gradex, il suffit d’utiliser le modèle trouvé pour calculer le coefficient de
pondération pour chaque station tout en respectant la condition que la somme des coefficients
de pondération soit égale à 1.Il est à noter que du fait de la répartition irrégulière des stations
pluviométriques, il faut tenir compte de l’anisotropie, donc il faut calculer le variogramme
dans différentes directions (pas seulement horizontalement comme dans l’exemple précédent)
et le coefficient de pondération va être calculé par le variogramme adéquat selon la position
du point avec la station utilisée.

c. Application et résultats
Les phases décrites dans ce qui suit ont été effectuées à l’aide du logiciel Arcgis 10.0, (ESRI,
2014).
• Exploration des données
Il a été nécessaire avant d’appliquer le krigeage de faire une étude exploratoire des données
afin d’estimer la qualité des résultats obtenus. Pour ce faire, on a commencé par représenter
l’histogramme des données de base (Figure V-13) à savoir les valeurs du Gradex calculées au
niveau des 23 stations pluviométriques, (Tableau IV-3).

Figure V-13: Histogramme des valeurs du Gradex de pluies, (Ahattab, et al., 2014).

120
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

La fréquence des données au sein de chaque classe est représentée par la hauteur de chaque
barre. Les valeurs de la moyenne et de la médiane sont différentes ce qui indique que les
données ne suivent pas une distribution normale. Cela peut être confirmé par le QQ plot qui
est graphique sur lequel les quantiles de deux distributions sont tracés en fonction de l'autre.
Pour deux distributions identiques, le QQ plot sera une ligne droite. La figure V-14 montre
que les données ne sont pas très proche d'être une ligne droite. Ceci confirme que les données
ne sont pas distribuées suivant une loi normale.

Figure V-14 : Comparaison entre la distribution du Gradex et la loi normale. (Ahattab, et al.,
2014)
• Identification des tendances : (Trend analysis)
Etant donné que le modèle de krigeage est formulé au moyen de l’équation (V-3), la phase
d’identification des tendances a pour objectif de détecter la présence de tendance dans la
répartition des données et donc de déterminer la forme de δ(.), (ESRI, 2010).

Figure V-15 : Analyse des tendances dans la répartition des données. (Ahattab, et al., 2014)

Dans la figure V-15 d'analyse de tendance, chaque bâton vertical représente l'emplacement et
la valeur (hauteur) de chaque mesure du Gradex. Les points de données sont projetés sur les

121
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

plans perpendiculaires, un axe Est-Ouest et un plan Nord-Sud. La ligne de meilleur


ajustement (un polynôme) passe à travers les points projetés, montrant les tendances dans des
directions spécifiques. Si la ligne est plate, cela indique qu'il n'ya pas de tendance. Or on
remarque que la ligne verte commence par des valeurs élevée à l’Ouest, diminue vers le
milieu puis augmente encore à l’Est. A l’inverse la ligne bleue commence par des valeurs
faibles au Nord, augmente vers le milieu puis diminue encore au Sud. Parce que la tendance
est en forme de U, un polynôme du second ordre est un bon choix pour l'utiliser comme un
modèle de la tendance globale, (ESRI, 2010).
• Représentation du semivariogramme

Le nuage de semivariogramme permet d'examiner l'auto-corrélation spatiale entre les points


d’échantillonnages mesurés. Il est généralement admis que les points qui sont proches les uns
des autres sont plus semblables que les points éloignés. Le nuage de semivariogramme permet
d'examiner cette relation. Pour ce faire, on représente le carré de la différence entre les valeurs
du Gradex de chaque paire d'emplacements sur l'axe des y par rapport à la distance séparant
chaque paire de mesures, qui est représentée sur l'axe des abscisses, (Figure V-16).

Chaque point rouge dans le nuage du semivariogramme représente une paire d'emplacements.
Puisque les endroits qui sont proches les uns des autres devraient être similaires. Donc sur le
semivariogramme les stations qui sont les plus proches (à l'extrême gauche sur l'axe des x)
doivent avoir des valeurs de petites semi-variogramme (valeurs faibles sur l'axe des y).
Comme la distance entre les paires d'emplacements augmente (en se déplaçant vers la droite
sur l'axe des x), les valeurs de semi-variogramme devraient également augmenter (en se
déplaçant sur l'axe des y).

Figure V-16 : Représentation du semivariogramme du Gradex de chaque paire d'emplacements.


(Ahattab, et al., 2014)

122
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

L'analyse exploratoire révèle que les données ne suivent pas une distribution normale. Une
transformation de données peut être nécessaire. Elle montre également que les données ont
montré une tendance et, une fois raffiné, identifié que la tendance serait ajustée par un
polynôme de second ordre. Le semivariogramme / covariance indique que le modèle
d'interpolation doit tenir compte de l'anisotropie.

• Modélisation du variogramme et validation croisée

On a utilisé plusieurs modèles pour simuler le variogramme. Afin de choisir le meilleur, on


s’est basé sur la validation. Cette dernière permet de valider les paramètres de l’analyse
spatiale (Isaaks, et al., 1989).
Avec cette procédure, chaque point échantillonné est exclu et estimé. Un graphique des
valeurs estimées par rapport aux valeurs réelles est alors construit comme le montre la figure
V-17.

Figure V-17 : Résultats de la validation croisée de toutes les 23 stations. (Ahattab, et al., 2014)

La pente de la droite de régression est une mesure de l’ajustement du modèle aux données.
Une valeur de 1 indique que le modèle de régression passe par la première bissectrice à 45º et
que les valeurs estimées correspondent aux valeurs réelles.
Le meilleur modèle doit donc avoir une :
Moyenne standardisée la plus proche de zéro (mean) ;
Moyenne quadratique des erreurs de prédiction la plus petite possible, (root mean square) ;
Moyenne des erreurs standards la plus proche de la moyenne quadratique des erreurs de
prédiction (Average standard error et root mean square) ;
Moyenne quadratique des erreurs de prédiction standardisée la plus proche de 1 (root mean
square standardized). A noter que si la moyenne quadratique des erreurs de prédiction
standardisée est plus grande que 1, cela veut dire que l’on surestime la variabilité des
prédictions, (ESRI, 2012).
Dans ce qui suit, on présentera les résultats de la validation croisée obtenus pour chaque
modèle puis on les comparera pour choisir le mieux adapté.

123
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Le tableau V-5 résume les résultats de la validation croisée obtenus pour les modèles de
krigeage avec fonction de tendance (polynôme d’ordre 2) et anisotropie, pour différents
modèles de variogrammes (pépitique, sphérique,
sph gaussien,
ssien, cubique et exponentiel).

Tableau V-5: Comparaison


omparaison entre les résultats de validation croisée de différents modèles de
krigeage, (Ahattab, et al., 2014).

Modèle
linéaire

Modèle
exponentiel

Modèle
sphérique

Modèle
Gaussien

Modèle
Cubique

124
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

La lecture du tableau V-5 montre que le modèle sphérique donne les meilleurs résultats car il
présente la moyenne et la moyenne standardisée les plus proches de zéro avec la Moyenne des
erreurs standards la plus proche de la moyenne quadratique des erreurs de prédiction.
La carte présentée sur la figure V-16 montre les résultats obtenus et permet de lire soit
directement, soit par interpolation visuelle la valeur du Gradex de 24h en chaque point du
bassin de Tensift : une surface dont le Gradex est compris entre 8.5 et 25mm/24h.
On remarque ainsi que les valeurs du Gradex les plus importantes se trouvent à l’amont et
l’aval du bassin au lieu des zones à grandes pentes et altitudes. En fait, l’utilisation des pluies
de 24h a fait que la carte élaborée montre l’emplacement des crues à cinétique lente dues à
des pluies successives et prolongées. Ce type de crues se caractérise par une montée des eaux
et une décrue lente et progressive.

Figure V-16: Carte de modélisation du Gradex de pluie de 24h sur le bassin de Tensift élaborée
par Ahattab et al, (2014).

Bien que la modélisation géostatistique par le krigeage est capable de donner des résultats
assez précis, aucune carte élaborée n'est malheureusement exempte d'erreurs vu le nombre
restreint de stations pluviométriques et leur répartition irrégulière sur le bassin.

Dans ce sens nous avons jugé utile et nécessaire d’élaborer la carte qui permet d’évaluer les
erreurs standards de prédiction associées aux valeurs modélisées du Gradex en chaque point
du bassin de Tensift comme le montre la figure V-17.

125
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-19 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du Gradex de pluie de 24h.
(Ahattab, et al., 2014)

Une lecture de la carte V-19 montre que les erreurs standards de prédiction varient de 16.8% à
133% par zone. Ces erreurs dépendent de la densité du réseau de mesure et augmente quand
on s’éloigne des stations pluviométriques.

V-2-3 Modélisation spatiale des coefficients de Montana

La démarche adoptée est la même utilisée pour la régionalisation du Gradex de pluie de


24h. Les données utilisées sont les valeurs des coefficients a et b de Montana (annexe 2 et
Tableau IV-7) calculés à partir des séries de pluie maximale annuelle de 24h, 48h, 72h, 96h et
120h aux différents postes pluviométriques. L’analyse des données a montré que le krigeage
avec tendance et anisotropie est celui qui s’adapte le mieux pour modéliser les données. La
comparaison entre différents modèles du variogramme a montré que le modèle sphérique
donne les meilleurs résultats.

Dans ce qui suit, on représente les variogrammes extraits du krigeage avec tendance et
anisotropie et modèle sphérique ainsi que les cartes de modélisation des paramètres de
Montana et les cartes des erreurs standards de prédiction pour les 23 stations pour la période
de retour de 10ans. Les résultats des périodes de retour 2, 5, 20, 50 et 100 ans sont présentés
en annexe 4.

126
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

a. Résultats et Cartes de modélisation du coefficient b de Montana

Le coefficient b de Montana ne varie pas ou varie peu en fonction de la période de retour, on a


calculé alors une valeur moyenne pour chaque station, qui correspond dans notre cas à la
valeur du paramètre b de Montana calculé pour la période de retour de 10 ans, (Tableau IV-7).

Figure V-20 : Semivariogramme des paires de points pour le coefficient b de Montana.

Le nuage de ponts de semivariogramme (Figure V-20) permet d'examiner l'auto-corrélation


spatiale entre les points d’échantillonnages mesurés. Chaque point rouge dans le nuage du
semivariogramme représente une paire d'emplacements. Sur le semivariogramme les stations
qui sont les plus proches (à l'extrême gauche sur l'axe des x) ont des valeurs de petites semi-
variogramme (valeurs faibles sur l'axe des y). L’anisotropie est prise en considération et donc
plusieurs semivariogrammes sont calculés dans différentes directions.

Figure V-21 : Résultats de la validation croisée du krigeage sur les valeurs du paramètre b de
Montana.
L’analyse de la figure V-21 montre les résultats de la validation croisée pour le modèle
sphérique avec anisotropie. Ce modèle est jugé le mieux adapté car il présente la moyenne et

127
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

la moyenne standardisée les plus proches de zéro avec les valeurs de la moyenne
m des erreurs
standards et la moyenne quadratique des erreurs de prédiction les plus rapprochées.
rapprochées
La carte de modélisation du facteur b de Montana (Figure V-22) montre que ce coefficient
coe
augmente de 0.749 à 0.837 en partant de l’Ouest vers l’Est du bassin. Il augmente avec la
pluviométrie en partant des zones avec une pluviométrie moyenne vers les zones avec une
pluviométrie assez élevée.

Figure V-22 : Carte


arte de modélisation spatialise du facteur b de Montana.
Montana

La carte des erreurs standards de prédiction (Figure V-23) montre que l’erreur de
prédiction varie d’une valeur minimale de 2.8% dans la partie centrale avec une
u grande
densité des stations à 5.2% dans
dans les limites nord du bassin où il y a une faible densité de
stations pluviométriques.

128
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-23 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du coefficient b de Montana.

b. Résultats et Cartes de modélisation du coefficient a de Montana pour T= 10


Le nuage de points du semivariogramme de la figure V-24 permet d'examiner l'auto-
corrélation spatiale entre les points d’échantillonnages mesurés. Sur le semivariogramme les
stations qui sont les plus proches ont des valeurs de petites semi-variogramme. L’anisotropie
est prise en considération et donc plusieurs semivariogrammes sont calculés dans différentes
directions.

Figure V-24 : Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T= 10 ans.

La figure V-25 représente les résultats de la validation croisée pour le modèle sphérique
avec anisotropie. Le choix de ce modèle est effectué après comparaison avec plusieurs
modèles. Les critères de choix sont essentiellement la moyenne et la moyenne standardisée les

129
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

plus proches de zéro avec la moyenne des erreurs standards la plus proche de la moyenne
quadratique des erreurs de prédiction.

Figure V-25 : Résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période de
retour de T= 10ans.

Sur la figure V-26 on présente la carte de modélisation du coefficient a de Montana pour


la période de retour 10ans. Les résultats obtenus montrent que les valeurs de a augmentent en
allant du centre vers l’Est et l’Ouest du bassin de 2,187 à 3,26. La variation de ce coefficient
est similaire à celle des valeurs du Gradex de pluie de 24h ce qui peut montrer que les valeurs
fortes de ce coefficient indiquent l’emplacement des crues à cinétique lente.

Figure V-26 : Carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour T=
10ans.
La carte des erreurs standards de prédiction (Figure V-27) montre que l’erreur de
prédiction varie d’une valeur minimale de 18% dans la partie au Sud-Est avec une grande

130
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

densité des stations à 43.7% dans les limites du bassin où il y a une faible densité de stations
pluviométriques.

Figure V-27 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs a de Montana pour T= 10ans.

V-2-4 Validation et comparaison de la partie cartographie du Gradex

Pour un bassin donné, le calcul du débit de crue de projet par la méthode du Gradex
nécessite la connaissance d’un Gradex moyen. Toutefois, l’information pluie est une mesure
ponctuelle qui donne le Gradex au niveau des stations pluviométriques. La valeur du Gradex
est calculée alors par pondération des valeurs des sites internes et avoisinants. La méthode la
plus utilisée est la méthode des polygones de Thiessen.
Pour pouvoir valider les résultats de la cartographie du Gradex de pluie de 24 h et ceux
obtenus par la méthode classique de Thiessen, on se propose de calculer les débits de crue de
projet par les deux méthodes et de les comparer.
a. Calcul du Gradex moyen de pluie de 24 h de chaque sous bassin à partir
de la cartographie
Les calculs des valeurs du Gradex de 24h dans le bassin de Tensift sont effectués à partir
de la carte figure V-18.
Par la suite, le calcul du Gradex moyen de pluie de 24h pour chaque sous bassin est effectué
en pondérant les valeurs du Gradex calculé sur la même carte par la surface à l’intérieur du
sous bassin qui a ce même Gradex de pluie et ceci en utilisant la relation suivante :

GHIJK L M #N" = ∑ O ∗ GH ⁄OQ (V-1)

131
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Avec :
Si : la surface du bassin qui a un Gradex de Pluie Gpi en Km2 ;
Gpi : la valeur du Gradex de pluie sur la carte en mm/24h ;
St: la surface totale du sous bassin en Km2.

Exemple de calcul : Le sous bassin contrôlé par la station Iguir Nkouris

La figure V-28 montre la cartographie des


des valeurs du Gradex obtenues par krigeage pour
le bassin de Iguir Nkouris.
Le Gradex moyen de pluie de 24h est calculé par la relation suivante :

Gpmoy bassin =
O ∗GH UO#∗GH#UOV∗GHVUON∗GHNUOT∗GHTU
U O\∗GH\
OQ (V-2)
Par application numérique,, on trouve :
S. ST ∗ # . ∗ TT #. V ∗ S V. W ∗ NW# T. N ∗ #V X. V ∗ TS
GH L M IJK =
WNX
Ce qui nous donne :
GHIJK YZ[ $ 45J[$ #N" 17mm/24h

Figure V-28 : Valeurs du Gradex obtenues par krigeage sur le bassin contrôlé par la station Iguir
Nkouris.

132
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Résultats pour les autres bassins

En adoptant la même démarche pour les autres bassins, les résultats trouvés sont résumés
dans le tableau V-6.
Tableau V-6 : Résultats du calcul du Gradex moyen de pluie de 24 h à partir de la cartographie
pour les bassins versants de Tensift.

Nom du bassin Gp/sous bassin Nom du bassin Gp/sous bassin


mm/24h mm/24h
Abadla 11.7 Imin El Hamam 14.1
Adamna 14.3 Sidi Rahal 18
Aghbalou 17 Sidi Bou Othmane 11.1
Chichaoua 10 Sidi Hsain 12.3
Igrounzar 13.7 Taferiat 17.8
Iguir Nkouris 17 Tahanaout 15.8
Iloudjane 10.8 Talmest 16.8

b. Calcul du Gradex moyen de pluie de 24 h pour chaque sous bassin par la


méthode de Thiessen

La méthode du polygone de Thiessen permet d’estimer des valeurs pondérées en prenant


en considération chaque station pluviométrique. Elle affecte chaque poste pluviométrique par
une zone d'influence dont l'aire, exprimée en %, représente le facteur de pondération de la
valeur locale de la pluie observée.
Les différentes zones d'influence peuvent être déterminées par découpage géométrique du
bassin sur une carte topographique suivant la méthodologie décrite ci-après (Hingray, et al.,
2009), soit en utilisant le MNT à l’aide des outils SIG.
Puisqu’on dispose du MNT du bassin de Tensift avec l’emplacement précis des stations
pluviométriques à l’aide de leurs coordonnées, on a pu obtenir les polygones de Thiessen pour
toutes les stations pluviométriques à l’aide de l’outil « Create Thiessen polygons » du menu
« Analysis tools » du logiciel Arcgis ; (ESRI, 2012).
La démarche utilisée par Arcgis pour l’obtention des polygones de Thiessen est la même
suivie sur une carte topographique :
• une série de droites reliant les stations deux à deux sans former d'angles entrants est
tracée. C’est à dire qu'une droite entre une station i et une station j ne doit pas couper
une autre droite entre deux autres stations.
• Ensuite les médiatrices de chacune de ces droites sont tracées.
• Les intersections de ces médiatrices forment un certain nombre de polygones, chacun
associé à une station donnée.

133
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• La superficie Si de chaque polygone associé à une station i est mesurée.


• Le calcul du Gradex moyen de la pluie de 24h GHIJKL M pour un bassin donné
s'obtient alors par la relation :

GHIJKL M = ∑M ] ∗ GH (V-3)

] = O ⁄OQL M (V-4)
Avec :

Si : la superficie du polygone associé à la station i ;


Stbassin : la superficie totale du bassin versant ;
Gpi : le Gradex de pluie de 24h calculé à la station i ;
n : le nombre total des stations internes et avoisinantes.

Ainsi, les résultats relatifs à la détermination des polygones de Thiessen sont présentés sur la
figure V-27.
Le calcul du Gradex moyen des pluies de 24h est effectué pour chaque sous bassin versant en
utilisant les stations internes et avoisinantes.

Figure V-29 : Carte des polygones de Thiessen pour les stations pluviométriques.

Exemple du bassin de Iguir Nkouris


La figure V-30 a été obtenue par découpage de la figure V-29 des polygones de Thiessen
selon les limites du bassin versant de Iguir Nkouris à l’aide du logiciel Arcgis. Seules les
stations internes et avoisinantes ont été prises en compte. Les résultats trouvés sont montrés
sur la figure V-30.

134
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-30 : Polygone de Thiessen limités par les limites du bassin Iguir Nkouris.

Les surfaces des polygones de Thiessen (surfaces d’influence), ont été mesurées à l’aide
du logiciel Arcgis, ce qui nous a permis de calculer les coefficients de Thiessen
correspondant. Les résultats trouvés sont résumés dans le tableau V-7.

Tableau V-7 : Résultats du calcul des surfaces d’influence.


Poste Gpi Surface de la zone Coefficient de
pluviométrique mm/24h d'influence Km2 Thiessen
IGUIR N’KOURIS 10 525 0.6198
ILOUDJANE 10.28 34 0.0401
S.B.OTHMANE 10.6 201 0.2373
SIDI HSSAIN 8.9 22 0.0260
ARMED 22.3 65 0.0767

Gpi représente la pente de la droite d’ajustement à la loi de Gumbel de la série des pluies
maximales journalières annuelles au niveau des stations pluviométriques par la loi de Gumbel
(Tableau IV-3). Les équations V-10 et V-11 ont permis de calculer le Gradex moyen pour le
bassin contrôlé par la station Iguir Nkouris.
GHIJK = . II/#N"
YZ[ $ 45J[$

Résultats pour les autres bassins


La même démarche a été appliquée pour les autres bassins et les résultats trouvés sont
résumés dans le tableau V-8. Le Gradex de pluie de 24h varie de 9 mm pour le sous bassin
Abadla à 15.1 mm pour le sous bassin Sidi Rahal.

135
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Tableau V-8 : Résultats du calcul du Gradex moyen de pluie de 24h par la méthode de Thiessen
pour les sous bassins versants de Tensift.
Nom du bassin Gp/sous bassin mm/24h
Abadla 9
Adamna 11.4
Aghbalou 14.1
Chichaoua 9.1
Igrounzar 10.8
Iguir Nkouris 11.1
Iloudjane 9.5
Imin El Hamam 11.2
Sidi Rahal 15.1
Sidi Bou Othmane 10.3
Sidi Hsain 10.4
Taferiat 14.9
Tahanaout 12.7
Talmest 13.6

c. Calcul du Débit max de crues par les deux méthodes pour différentes
périodes de retour

Le Gradex de pluie de n’importe quelle durée peut être calculé, connaissant le temps de
concentration tc du bassin versant, par la formule régionale suivante, (Comité Français des
grands Barrages, 1994) :
Q 5
GH Q_ = GH #N" ∗ `#N"
_
a (V-5)

Le paramètre k varie de 0.25 à 0.5. Une valeur de 0.3 est recommandée au Maroc.
Le Gradex de débit sur une durée égale à tc représente la variation de l’écoulement obtenue à
partir d’une variation de pluie de durée tc au cours d’un écoulement intégral, au-delà des
conditions de saturation du bassin qu’il faut définir. Le calcul du temps de concentration tc
pour les différents sous bassins versants a été effectué dans le paragraphe II-5-6 du chapitre II
et les valeurs adoptées sont résumées dans le Tableau II-13. Ainsi le Gradex des débits
Gd(tc) se calcule à partir de Gp(tc) par :

Gb Q_ = GH Q_ ∗ OL M⁄ Q_ ∗ V. \ (V-6)
Ensuite le débit max est calculé par cette méthode pour différentes périodes de retour par la
relation :

cI d e = Gb Q_ × K e − K e +c e (V-7)

136
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Où y(T) est la variable réduite de Gumbel pour la période de retour T définie par :

K e = −gM −gM − ⁄e (V-8)

Q(Ts) : le débit seuil de saturation considéré pour le bassin pour une période de retour Ts. On
le calcule dans notre cas par la méthode statistique pour une période de retour de Ts = 10ans
en suivant les recommandations des auteurs de la méthode.

Il convient de signaler que l’utilisation des pluies maximales moyennes donne un débit
maximal moyen. On recommande souvent d’appliquer un coefficient de sécurité à la valeur
calculée par la méthode de Gradex, pour déterminer le débit de pointe de la crue de projet
qu’on utilisera pour la conception d’un ouvrage important, de période de retour dépassant les
100 ans.

cHJ MQh e = iH ∗ cI d e (V-9)


Avec :
Qpointe(T) : le débit de pointe de la crue de projet de période de retour T ;
Qmax(T) : le débit max moyen de la crue de projet de période de retour T ;
Rp : le coefficient de pointe moyen qui joue le rôle d’un coefficient de sécurité. Il peut être
calculé sur la base des crues exceptionnelles observées dans la région (si disponibles), par
la moyenne des rapports entre les pointes de ces crues avec le débit de crue de projet de
période de retour T calculé par la méthode Gradex. A défaut une valeur de 1.5 est souvent
pratiquée.

Ces étapes ont été appliquées pour pouvoir calculer le Gradex moyen de débit à partir du
Gradex maximal moyen de pluie pour les deux méthodes (la cartographie et la méthode de
Thiessen). Le but étant d’estimer le débit maximal de crues pour différentes périodes de retour
et de comparer les valeurs trouvées par les deux méthodes. Les résultats trouvés sont résumés
dans le tableau V-9.
L’analyse du tableau V-9 montre que les valeurs des débits max pour les périodes de retour
100ans et 1000ans calculés à partir du Gradex extrait de la cartographie :
Cadrent très bien avec celles calculées à partir d’un Gradex moyen dans le bassin
obtenu par la méthode classique de Thiessen.
Sont supérieurs à ceux calculés par les Gradex estimés par la méthode de Thiessen.

137
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et données récentes du bassin de Tensift

Tableau V-9: Résultats de comparaison des débits de crue de projet calculés par les deux méthodes.

Gpmoy1 Gpmoy1 Gdmoy1 Gpmoy2 Gpmoy2 Gdmoy2 Qmax1 Qmax2 Qmax1 Qmax2
Station Surface Q(Ts)
2 tc(h) (24h) (tc) (tc) (24h) (tc) (tc) (100ans) (100ans) (1000ans) (1000ans)
(Km ) (10ans)
(mm) (mm) (m3/s) (mm) (mm) 3
(m /s) m3/s m3/s m3/s m3/s
Abadla 10064 116.9 687.0 11.7 18.8 449.9 9 14.5 346.1 1744.2 1500.2 2782.2 2298.7
Adamna 1462 49.8 844.9 14.3 17.8 145.2 11.4 14.2 115.7 1186.0 1116.8 1520.9 1383.8
Aghbalou 503 13.6 429.6 17 14.3 147.3 14.1 11.9 122.2 775.7 716.7 1115.5 998.5
Chichaoua 2130 39.8 551.7 10 11.6 173.0 9.1 10.6 157.4 958.3 921.7 1357.4 1284.9
Igrounzar 813 33.4 243.1 13.7 15.1 102.3 10.8 11.9 80.6 483.5 432.6 719.4 618.6
Iguir Nkouris 847 27.0 492.8 17 17.6 153.5 11.1 11.5 100.2 853.4 728.3 1207.5 959.4
Iloudjane 571 16.0 191.6 10.8 9.6 94.8 9.5 8.4 83.4 414.4 387.5 633.1 579.9
Imin El Hamam 1292 37.6 782.1 14.1 16.1 154.0 11.2 12.8 122.3 1143.9 1069.5 1499.2 1351.7
Sidi Rahal 540 18.2 406.0 18 16.6 136.5 15.1 13.9 114.5 726.8 675.1 1041.8 939.4
Sidi Bou Othmane 516 15.8 403.2 11.1 9.8 88.8 10.3 9.1 82.4 611.9 596.9 816.9 787.0
Sidi Hsain 103 4.8 85.0 12.3 7.6 45.2 9.4 5.8 34.6 191.3 166.2 295.7 246.0
Taferiat 532 16.2 324.9 17.8 15.8 144.3 14.9 13.2 120.8 664.0 608.8 996.9 887.5
Tahanaout 224 7.2 144.4 15.8 11.0 95.1 12.7 8.8 76.5 368.0 324.1 587.5 500.6
Talmest 19549 202.2 840.6 16.8 31.8 855.1 13.6 25.8 692.2 2849.9 2467.2 4822.7 4064.2
1 fait référence aux valeurs calculées à partir du Gradex extrait de la cartographie.
2 fait référence aux valeurs calculées à partir du Gradex estimé par la méthode de Thiessen.

138
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

V-2-5 Conclusion

Les méthodes de Gradex et rationnelle sont deux méthodes d’estimation des débits des
crues de projets les plus utilisées au Maroc. Elles reposent toutes les deux sur des paramètres
régionaux (Gradex et coefficients de Montana) qu’on a calculés à partir des séries de pluies
enregistrées au niveau des 23 stations pluviométriques.

Comme étape préliminaire, il a fallu caractériser le grand bassin caractérisé marqué par une
grande diversité et hétérogénéité de par son relief, ses pentes, et son régime pluviométrique et
la définition des zones homogènes
Le premier travail de réadaptation de ces méthodes a été le calcul de ces paramètres au
niveau de toutes les stations pluviométriques sur la base des séries des pluies max jour qui
s’étalent jusqu’à 2011 d’une durée variant de 14 à 44 ans. Ces paramètres climatiques ont
montré une grande variabilité d’un sous bassin à un autre (d’une station à une autre).
Ceci indique que l’utilisation d’un Gradex moyen à l’échelle de tout le bassin biaisera le
calcul du débit de crue de projet.
La deuxième étape est la spatialisation de ces paramètres à l’aide du Krigeage. Cette
méthode géostatistique a l’avantage de prendre en compte les distances entre les données (i.e.
les stations de mesure), les distances entre les données et la cible (i.e. le point pour lequel on
veut estimer la mesure) et la structure spatiale (grâce à l’analyse variographique qui permet de
restituer des informations quant à la distribution spatiale de la variable régionalisée). Plusieurs
fonctions ont été utilisées pour modéliser le variogramme. Une comparaison a permis de
retenir le modèle sphérique avec anisotropie. Ce travail a permis d’obtenir les cartes de
modélisation du Gradex de pluie de 24 h sur le bassin de Tensift, et des paramètres de
Montana pour les périodes de retour de 2, 5, 10, 20, 50 et 100 ans. Les cartes des erreurs
standards de prédiction associées aux valeurs prédites ont été aussi élaborées.
La troisième étape a été consacrée à la validation de la cartographie du Gradex à l’aide
d’une comparaison des résultats de cette méthode à ceux de la méthode d’interpolation
classique (polygones de Thiessen). Le calcul des débits max pour deux périodes de retour
100et 1000 ans a permis de conclure que la méthode classique donne des valeurs inférieures à
celles trouvées à partir de la cartographie réalisée par le krigeage.

139
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

V-3 Méthodes empiriques


IV-3-1 Introduction

Les formules empiriques sont utilisées lorsqu’on ne possède que peu ou pas de données sur
les débits des crues dans une région (bassin non jaugé). Ces formules contiennent toutes des
paramètres régionaux qui ne peuvent être utilisés que pour le bassin ou le contexte pour lequel
elles ont été établies. L’utilisation de ces formules pour le calcul des débits des crues de projet
doit respecter les conditions d’utilisation pour éviter une mauvaise estimation pouvant
entraîner des répercussions de sur ou sous dimensionnement des ouvrages hydrauliques.

La caractérisation du grand bassin de Tensift a révélé une grande hétérogénéité dans ce bassin
(4 zones homogènes). On a alors fait une réadaptation des formules les plus utilisées au
Maroc (détaillées dans le chapitre IV-3). Les paramètres de ces formules ont été calculés pour
les différentes zones homogènes du bassin de Tensift en se basant sur les débits de crue de
projet issus de l’étude statistique réalisée sur les débits max jour observés car ils sont de ce
fait, considérés comme les plus fiables. Dans ce qui suit on présente la méthode et les résultats
de la réadaptation. Les formules et les conditions d’utilisation ont déjà été détaillées dans le
chapitre IV-3.

IV-3-2 Formules de Myer

a. Méthode de réadaptation

La formule s’écrit :

cI d e = j × kM (V-17)

Pour pouvoir adapter cette formule on a utilisé le modèle général de la régression linéaire
simple formulé par :

l = L +L m +n (V-18)

Avec :
Yi : l’ensemble des valeurs possibles de la variable dépendante qui peuvent être
expliquées par le modèle général de régression ;
εi : l’erreur commise par le modèle pour chaque valeur de Y.

Pour faire correspondre la relation de Myer à ce modèle, on introduit une transformation


logarithmique :

oM cI d e = oM j + M oM k (V-19)

140
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Avec :
A : la surface du bassin en Km2.
Qmax(T) : le débit de pointe pour une période de retour donnée en m3/s

Cette transformation logarithmique de la variable dépendante (débit de crue de projet) permet


de répondre à la condition de normalité des données tandis que la transformation de la
variable indépendante (surface) permet de répondre à la condition d’homoscédasticité des
variances, (Weisberg, 2005).

Cette relation a été établie pour quatre périodes de retour (10, 20, 50 et 100 ans) et pour
chaque zone homogène. Dans ce qui suit, on présente un exemple pour une zone et une
période de retour donnée.

Exemple : Zone 3 pour T=10 ans :

La zone 3 contient les stations du groupe 3 (chapitre III) : Aghbalou, Iguir Nkouris, Iloudjane,
Imin El Hamam, Sidi Bou Othmane, Sidi Hsain, Sidi Rahhal, Taferiat, Tahannaout et
Talmest. Les données utilisées sont les débits de crue de projet calculés par analyse statistique
pour la période de retour 10ans (Tableau V-10) extrait du tableau 1 de l’annexe 3.

Tableau V-10 : Données utilisées pour réadapter la formule de Myer pour la zone 3.

Sous-bassin Qmax(10ans) (m3/s) Surface (Km2)


Aghbalou 429,6 503
Iguir Nkouris 492,8 847
Iloudjane 191,6 571
Imin El Hamam 782,1 1292
Sidi Bou Othmane 403,2 516
Sidi Hsain 84,98 103
Sidi Rahhal 406 540
Taferiat 324,9 532
Tahannaout 144,4 224
Talmest 840,6 19549

L’utilisation de la régression linéaire par le logiciel SPSS a permis d’obtenir la relation


suivante :

oM cI d = N, V + , #TV oM k

Ainsi en enlevant la transformation logarithmique on obtient :

cI d = XT. × k ,#TV

Pour tester le degré d’ajustement du modèle, on se sert de :


La valeur de R2 : qui traduit la proportion de variance expliquée par le modèle :

141
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

pdHo _ Q JM b[ IJbèoh Ost


i# = = (V-20)
$ L o Qé QJQ oh Ose

Avec :
SCT : La variabilité totale qui est la variance de la variable dépendante qu’on souhaite
expliquer (Débit de la crue de projet).
SCM : La variabilité expliquée par le modèle qui est la partie de la variance totale qui
est expliquée par l’ajout d’un prédicteur, c'est-à-dire la variance des valeurs du débit
de la crue de projet prédites par le modèle.
Plus la proportion est élevée (proche de 1), plus le modèle est puissant. L'inverse est aussi
vrai.

La valeur de D : qui est une mesure de combien le modèle s’est amélioré dans la
prédiction de la variable de départ comparativement au degré d’imprécision du modèle.
stt
= (V-21)
sti
Avec :
CMM : Le carré moyen du modèle qui est le rapport entre la SCM est le nombre de
variable dans le modèle (dans notre cas 1).
CMR : Le carré moyen résiduel qui est le rapport entre le carré moyen de la différence
observée entre le modèle et les données réelles SCR et le nombre de sujets moins le
nombre de paramètres « b » estimés (dans notre cas b0 et b1).

Pour un bon modèle, l’amélioration de la prédiction due au modèle doit être grande
(CMM sera élevé) et les différences entre le modèle (droite de régression) et les valeurs
observées petites (CMR devrait être faible). La valeur de D devrait être minimalement plus
grande que 1. (Yergeau, et al., 2008). Dans l’exemple présenté, les résultats trouvés pour ces
deux paramètres sont résumés dans le tableau V-11.

Tableau V-11 : Résultats de la régression linéaire pour le groupe 3 et la période de retour 10ans.

R D/ Sig statistique Durbin-Watson R2

0,886 29.34/0.01 1.969 0.786

Dans cet exemple, les variables répondent à toutes les conditions pour appliquer une
régression linéaire à savoir : la continuité, la variance est différente de zéro et Indépendance
des erreurs (puisque la statistique Durbin-Watson est comprise entre 1 et 3).

142
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

La valeur trouvée de R montre une grande corrélation entre la surface et le débit tandis que la
valeur de R2 indique la proportion de la variabilité de la variable dépendante
Qmax expliquée par le modèle de régression ce qui confirme que la surface peut expliquer près
de 78,6 % de la variation du débit de crue de projet décennal dans cette zone.
La valeur de D est de 29.34 et est significative à p < 0,01. Ceci signifie que les probabilités
d'obtenir une valeur D de cette taille par hasard sont de moins de 1 %. Il y a donc une relation
statistiquement significative entre la variable dépendante (surface) et la variable indépendante
(débit de crue de projet décennal).
Et on peut donc conclure que le modèle avec prédicteur permet de mieux prédire la variable
Qmax(10 ans) que ne le fait le modèle sans prédicteur (la moyenne de Qmax).
b. Résultats
Cette relation a été établie pour quatre périodes de retour (10, 20, 50 et 100ans) et pour les
trois zones homogènes (trouvés dans le chapitre III) ainsi que pour le bassin entier. Les
résultats sont résumés dans le tableau V-12.
Tableau V- 12 : Résultats de la réadaptation de la formule de Myer sur le bassin de Tensift.
Période de Coefficient Pannuelle
Zones Relation 2 Altitude (m)
retour R (mm/an)
, XN
c = T\. S ∗ O 10ans 0,568
, N
c = #WT. S ∗ O 20ans 0.542
Zone 1 , #
100-150 < 300m
c = V #. T ∗ O 50ans 0.537
,
c = VV . S ∗ O 100ans 0,539
c = S . V ∗ O ,#V# 10ans 1*
c = X ,S ∗ O , S 20ans 1*
Zone 2 < 100 250 - 600
c = ##W. S ∗ O , WS 50ans 1*
c = # .N ∗ O , N 100ans 1*
c = XT. ∗ O ,#TV 10ans 0,786
c = T. \ ∗ O ,#V\ 20ans 0.700
Zone 3 >150 > 600
c = WN. V ∗ O ,# T 50ans 0.649
c = #T . T ∗ O ,# 100ans 0,600
c = WN. X ∗ O ,#N 10ans 0,553
Bassin c = V\. N ∗ O ,# X 20ans 0.541
, S# - -
entier c = ##X. T ∗ O 50ans 0.535
, XT
c=V X∗O 100ans 0,524
• La zone 1 contient le premier groupe de stations pluviométriques : Talmest, Adamna,
Igrounzar et Igouzoulen.
• La zone 2 contient le deuxième groupe de stations pluviométriques : Abadla, Chichaoua et
Marrakech.

143
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• La zone 3 contient le troisième groupe de stations pluviométriques : Agouns, Tourcht,


Touirdiou, Armed, Amenzal, Iguir N’kouris, Sidi Hsain, Imin El Hamam, Sidi Bou
Othmane, Aghbalou, Tahanaout, Tazitount, Iloudjane, Lalla Takerkoust, Sidi Rahal,
Tafériat.

Remarque : la zone 2 ne contient que deux stations hydrométriques. On ne peut


malheureusement pas interpréter statistiquement la qualité de cette relation pour ce groupe : la
valeur de R2 égale à 1 n’est pas un signe de relation fonctionnelle et intense.
c. Conclusion
Le calcul des deux paramètres de la formule de Myer pour le contexte du bassin de Tensift
a permis d’établir les conclusions suivantes :
• Quand la période de retour augmente la cote de Myer K augmente et le coefficient n
diminue ;
• Le coefficient de corrélation R2 varie de 53 à 78% et diminue avec la période de retour. Ce
qui permet de déduire que la formule de Myer est plus adaptée aux faibles périodes de
retour < 100ans et est beaucoup plus recommandée pour le dimensionnement des POH
nécessitant une période de retour entre 10 et 50 ans (R2 varie de 65% à 70%) ;
• Les meilleures valeurs calculées du coefficient de corrélation sont trouvées pour la zone 3
située dans le moyen et le haut Atlas au sud du bassin. Ce qui peut indiquer que la formule
de Myer s’adapte mieux aux zones de moyennes et hautes altitudes (supérieures à 600m).
• Les valeurs assez faibles des coefficients de corrélation trouvées pour le bassin entier
montrent l’hétérogénéité du bassin et donc laisse prévoir de grandes imprécisions dans le
calcul du débit de projet par cette formule dans le bassin en entier ;
• Pour le bassin de Tensift, on retient que les valeurs des paramètres K et n de la formule de
Myer varient pour les différentes zones comme le montre le tableau V-13.
Tableau V-13 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Myer dans le bassin de
Tensift.

Période de Pannuelle
Zone Formule R2 Altitude
retour mm/an
u = XT. ∗ v ,#TV 10ans 0,786
u = T. \ ∗ v ,#V\ 20ans 0.700
Zone 3 >150 >600
u = WN. V ∗ v ,# T 50ans 0.649
u = #T . T ∗ v ,# 100ans 0,600

144
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

IV-3-3 Formule de Francou-Rodier


a. Méthode de réadaptation
La formule s’écrit :
k yj/
cI d e = \
w Wx
(V-22)
La linéarisation du modèle donne :
k
gJZ cI d/ W
= − . j gJZ W (V-23)

On pose Q’ = Q/106 et N = 1 – 0.1K et A’ = A/108


Et le modèle s’écrit de façon simple :
gJZc′ = 4 ∗ gJZk′ (V-24)
Ainsi la même démarche utilisée pour la formule de Myer peut être réappliquée sur le modèle
linéarisé. La transformation logarithmique peut être enlevée et la valeur du coefficient K
recalculée.
b. Résultats de la réadaptation de la méthode

La même démarche précédente a été appliquée à l’aide du logiciel SPSS. Les paramètres de la
formule ont été recalculés pour quatre périodes de retour (10, 20, 50 et 100ans) et pour les
trois zones homogènes ainsi que pour tout le bassin de Tensift. Le degré d’ajustement des
paramètres calculés est mesuré par le coefficient de corrélation R2. L’ensemble des résultats
est résumé dans le tableau V-14.
Tableau V-14 : Résultats de la réadaptation de la Formule de Francou-Rodier
Zone Période de retour K R2 Pannuelle(mm/an) Altitude (m)
10ans 1.880 0.787
20ans 2.213 0.725
Zone 1 100-150 <300m
50ans 2.568 0.714
100ans 2.798 0.694
10ans 2.248 1*
20ans 2.507 1*
Zone 2 50ans 2.772 1* <100 250 - 600
100ans 2.934 1*
1000ans 3.340 1*
10ans 2.030 0.709
20ans 2.372 0.701
Zone 3 >150 >600
50ans 2.731 0.692
100ans 2.957 0.658
10ans 2.190 0.662
20ans 2.521 0.621
Bassin entier - -
50ans 2.87 0.595
100ans 3.1 0.565
*la zone 2 ne contient que deux stations hydrométriques ainsi la valeur de R2 est prise égale à 1.

145
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

c. Conclusion

Le calcul du paramètre K de la formule de Francou-Rodier pour le contexte du bassin de


Tensift a permis de formuler les conclusions suivantes :
• Les valeurs du paramètre K augmentent avec la période de retour ;
• Le coefficient de corrélation R2 varie de 69 à 78% et diminue légèrement avec la période
de retour entre 10 et 100 ans. On déduit que la formule de Francou-Rodier est plus adaptée
au calcul des débits de crues pour des périodes de retour inférieures à 100 ans et est
beaucoup plus recommandée pour le dimensionnement des POH nécessitant une période
de retour entre 10 et 50 ans (R2 = 70%) ;
• Les valeurs calculées du coefficient de corrélation sont très proches pour les groupes 1 et 3.
Ce qui peut indiquer que la formule de Francou-Rodier s’adapte bien aux zones de faibles,
moyennes et hautes altitudes ;
• Les valeurs des coefficients de corrélation pour le bassin entier ne s’éloignent pas
beaucoup de ceux trouvés pour les groupes 1 et 3 et restent aussi significativement
acceptables (de l’ordre de 60%). Ceci permet de conclure que la formule de Francou-
Rodier peut être utilisée dans un bassin dont le relief est hétérogène ;
• A priori on ne peut pas conclure pour le groupe 2 (R2 = 1 avec deux stations seulement)
mais, compte tenu des résultats de R2 pour les groupes 1 ,3 et bassin entier, on pense que
nous aurons obtenu le même ordre de grandeur de R2 pour ce groupe aussi, s’il y avait une
densité de stations plus grande ;
• On peut retenir que pour le bassin de Tensift, les valeurs du paramètre K de la formule de
Francou-Rodier varient pour les différentes zones homogènes du bassin de Tensift comme
le montre le tableau V-15.
Tableau V-15 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Francou-Rodier dans le
bassin de Tensift.
Zone Période de retour K R2 Kmoyen
10ans 1.8 à 2.2 0.71 à 0.79 2
20ans 2.2 à 2.5 0.70 à0.72 2.4
Bassin de Tensift
50ans 2.6 à 2.7 0.70 2.7
100ans 2.8 à 2.9 0.65 à 0.69 2.9
Une valeur moyenne de K peut être utilisée pour les différentes zones du bassin de Tensift.

146
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

V-3-4 Formule de Fuller


a. Méthode de réadaptation
La formule de Fuller s’écrit :

u{|} ~ = • + |. €•‚~ (V-25)


La formule de Fuller n’a pas besoin d’une transformation logarithmique. Pour une période de
retour fixée, il suffit de poser :

ƒ e = + . oJZ e (V-26)
Et la formule devient :

cI d (e) = „ ∗ ƒ(e) (V-27)


Cette formule correspond à un modèle général de la régression linéaire simple auquel on peut
appliquer la même démarche appliquée précédemment.
b. Résultats de la réadaptation de la méthode

Le paramètre a de la formule est recalculé pour quatre périodes de retour (10, 20, 50 et
100ans) et pour les trois zones homogènes ainsi que pour tout le bassin de Tensift. Le degré
d’ajustement des paramètres calculés est mesuré par le coefficient de corrélation R2. Pour la
formule initiale de Fuller. Les résultats sont résumés dans le tableau V-16.

Tableau V-16 : Résultats de la réadaptation de la formule de Fuller sur le bassin de Tensift.

Période de Pannuelle
Zone a R2 Altitude (m)
retour (mm/an)
10ans 1.7 0.595
20ans 2.15 0.608
Zone 1 100-150 <300m
50ans 2.67 0.828
100ans 3.04 0.927
10ans 1.3 1*
20ans 1.5 1*
Zone 2 <100 250 - 600
50ans 1.65 1*
100ans 1.7 1*
10ans 4.9 0.530
20ans 5.26 0.563
Zone 3 >150 >600
50ans 5.6 0.636
100ans 5.8 0.708
10ans 1.75 0.494
Bassin 20ans 2.1 0.502
- -
entier 50ans 2.47 0.535
100ans 2.73 0.567
*Pour le groupe 2 ne possède que deux stations hydrométriques donc la valeur de R2 est égale à 1

147
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

c. Conclusion

Pour le contexte du bassin de Tensift, le calcul du paramètre a de la formule de Fuller a


permis d’établir les conclusions suivantes :
• Les meilleures valeurs du coefficient de corrélation calculées sont obtenues pour le groupe
1 située dans la zone de plaine à l’ouest du bassin (R2 atteint 93% pour T = 100 ans). Ce
qui peut indiquer que la formule de Fuller s’adapte mieux aux zones de faibles altitudes
(inférieures à 300 m) ;
• A l’opposé des formules de Myer et Francou-Rodier, les valeurs calculées pour le
coefficient de corrélation augmentent avec la période de retour et varient de 50 à 93%. Ce
qui nous permet de déduire que la formule de Fuller est plus à préconiser pour des
périodes de retour T supérieures à 20 ans et donnerait de très bons résultats pour des
périodes supérieures à 100 ans (R2 > 90%) ;
• Les valeurs des coefficients de corrélation obtenues pour la zone 3 sont acceptables et
significatifs pour des périodes de retour supérieures à 50 ans (R2 supérieur à 60%) ;
• Des valeurs assez faibles des coefficients de corrélation sont obtenues pour le bassin
entier en comparaison avec celles trouvées pour les zones 1 et 3. Ceci permet de conclure
que la formule de Fuller ne donnerait pas de bons résultats si elle est appliquée sur un
bassin présentant une grande hétérogénéité dans le relief ;
• On peut retenir, que pour le bassin de Tensift, les valeurs du paramètre a de la formule de
Fuller varient pour les différentes zones homogènes du bassin de Tensift comme l’indique
le tableau V-17.

Tableau V-17 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Fuller dans le bassin de


Tensift.
Période de Pannuelle
Zone a R2 Altitude
retour mm/an
50ans 2.6 0.828
Zone 1 100-150 <300
100ans 3.0 0.927
50ans 5.6 0.636
Zone3 >150 >600
100ans 5.8 0.708

V-3-5 Formule de Mallet-Gauthier


a. Méthode de réadaptation
La formule de Mallet-Gauthier est la suivante :
k
cI d (e) = #. j. oJZ( + …). . ‡ + N. oJZ(e) − oJZ(k) (V-28)
√g

148
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

A noter que cette formule n’est pas linéaire et ne peut être transformée en modèle linéaire
simple. Pour cela, on a utilisé la régression non linéaire à l’aide du logiciel SPSS. Le calcul
des valeurs des paramètres se fait par itérations successives. La solution est basée sur
l’algorithme de Levenberg-Marquardt, (levenberg, 1944). Le coefficient de corrélation R2 ne
peut être utilisé dans ce cas pour juger le degré d’ajustement du modèle, (Spiess, et al., 2010).
b. Résultats de la réadaptation de la méthode

Les paramètres a et K de la formule ont été recalculés pour quatre périodes de retour (10, 20,
50 et 100ans) et pour les trois zones homogènes ainsi que pour tout le bassin de Tensift. Les
résultats sont résumés dans le tableau V-18.
Tableau V-18 : Résultats de la réadaptation de la formule de Mallet-Gauthier sur le bassin de
Tensift.
T=10ans T=20ans T=50ans T=100ans Pannuelle
Zone
K a K a K a K a mm/an

Zone1 1.0 34 1.7 30.3 1.8 28 1.9 22 100-150

Zone 2 1.1 33.2 1.4 31.7 1.6 22.2 1.8 31.6 <100

Zone 3 1.1 36 1.45 31.6 1.8 22.9 2.0 20 >150

Bassin entier 0.88 49 1.18 44.0 1.49 43.8 1.70 37.6 -

c. Conclusion
Le calcul des deux paramètres a et K de la formule de Mallet-Gauthier pour le contexte
du bassin de Tensift a permis d’établir les conclusions suivantes :
• Le paramètre K ne varie pas beaucoup pour les trois zones. On note une variabilité plus
notable sur le paramètre a en fonction de la période de retour et de la zone ;
• Le paramètre K augmente avec la période de retour et le paramètre a diminue avec la
période de retour ;
• Les valeurs des paramètres calculées pour le bassin entier sont différentes de celles
trouvées pour les trois zones. Ce qui montre l’hétérogénéité du bassin et la nécessité de
travailler à l’échelle des zones homogènes ;
• Cependant les valeurs trouvées des paramètres a et K pour les trois zones ne s’éloignent
pas des valeurs recommandées (K varie entre 0.5 et 5, et a varie entre 20 et 30 avec au
Maroc on prend souvent K=2 et a = 20). Elles apportent beaucoup plus de précision
compte tenu de la connaissance fine acquise sur les sous bassins versants ;

149
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

• On peut retenir que pour le bassin de Tensift les valeurs des paramètres K et a de la
formule de Mallet Gauthier varient pour les différentes zones selon les tableaux V-19 et
V-20.
Tableau V-19 : Recommandations pour l’utilisation du paramètre K de la formule de Mallet
Gauthier pour le bassin de Tensift.
Période de
Zone K
retour
1.05 10
Bassin de 1.5 20
Tensift 1.7 50
1.9 100

Tableau V-20 : Recommandations pour l’utilisation du paramètre a de la formule de Mallet


Gauthier pour le bassin de Tensift.
a A a a Pannuelle
Zone
T=10ans T=20ans T=50ans T=100ans mm/an

Zone1 34 30.3 28 22 100-150

Zone 3 36 31.6 22.9 20 >150

V-3-6 Formule de Mac-Math


a. Méthode de réadaptation
La formule de Mac-Math s’écrit :

cI d (e) = j ∗ ˆ( #N", e ∗ O ,TW


∗Y ,N# (V-29)
On suit la même démarche pour la formule Mallet-Gauthier que celle adoptée pour la formule
de Mac-Math.
b. Résultats de la réadaptation de la méthode
Le paramètre K de la formule a été recalculé pour six périodes de retour (2, 5, 10, 20, 50 et
100ans) et pour les trois zones homogènes ainsi que pour tout le bassin de Tensift. Les
résultats sont résumés dans le tableau V-21.
Tableau V-21: Résultats de la réadaptation de la formule de Mac-Math sur le bassin de Tensift.

(T=2 ans) (T=5 ans) (T=10 ans) (T=20 ans) (T=50 ans) (T=100 ans)
Zone
K K K K K K
Zone 1 0.167 0.257 0.308 0.350 0.397 0.430
Zone 2 0.177 0.288 0.326 0.352 0.372 0.384
Zone 3 0.183 0.302 0.369 0.425 0.489 0.534
Bassin entier 0.196 0.314 0.378 0.431 0.490 0.531

150
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

c. Conclusion

Le calcul du paramètre K de la formule de Mac-Math pour le contexte du bassin de Tensift a


permis de déduire les conclusions suivantes :
• Le coefficient K augmente avec la période de retour mais aussi avec la pente et la nature
du terrain puisque les plus grandes valeurs sont enregistrées pour la zone 3 caractérisée
par des pentes aigues et des altitudes fortes ;
• Les valeurs obtenues cadrent bien avec les valeurs recommandées pour le paramètre K de
la formule de Mac Math, normalement tirée à partir du Tableau IV-10. Toutefois, la
détermination des zones homogènes que nous avons effectuée sur la base des cartes
géologiques, pédologiques, la carte d’occupation des sols et la carte des pentes nous a
permis d’acquérir une connaissance plus fine sur les valeurs de ce paramètre selon chaque
zone et par période de retour. Nous déduisons en effet que les valeurs de K calculées pour
la zone 3 sont approximativement les mêmes que celles calculées pour le bassin entier. La
même remarque peut être faite pour la zone 1 et la zone 2. Et on retient que le relief et la
pente sont des paramètres déterminants dans le choix de la valeur à affecter à ce
paramètre ;
• On recommande d’utiliser le paramètre K de la formule Mac-Math pour les différentes
zones comme l’indique le tableau V-22.

Tableau V-22 : Recommandations pour l’utilisation de la formule de Mac-Math pour le bassin de


Tensift.

T K Contexte du bassin
2 ans 0.17
5 ans 0.27 • Terre cultivé et terrain vague avec des pentes et des
10 ans 0.31 altitudes faibles inférieures à 300m.
20 ans 0.35 • Bassin versant caractérisé par des pentes moyennes et
50 ans 0.38 des altitudes modérées inférieures à 600m.
100 ans 0.41
2 ans 0.19
0.31 • Bassin versant de grande dimension avec grande
5 ans
hétérogénéité.
10 ans 0.37
• Bassin versant caractérisé par des pentes aigues et des
20 ans 0.43
altitudes élevées supérieures à 600 m.
50 ans 0.49
100 ans 0.53

151
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

V-3-7 Validation et comparaison des résultats obtenus par la réadaptation des


formules empiriques
Pour pouvoir valider les résultats de réadaptation obtenus, on a suivi la démarche
suivante :
• Calcul des crues de projet par les cinq formules empiriques réadaptées et ce pour les
différentes périodes de retour recommandées.
• Analyse exploratoire des données de validation qui sont les débits max instantanés
observés au niveau des stations hydrométriques pour les années 2005 jusqu’à 2008.
Pour ce faire, on a tracé l’évolution des débits max annuels pour les années de mesure
disponibles. Ce travail a été effectué pour tous les bassins et pour chaque zone
homogène, (figure V-31 jusqu’à V-33). L’analyse de ces figures montre que les
années de validation ont connu des débits max d’intensité assez faibles qui restent
inférieurs aux moyennes calculées sur la base des années de mesures disponibles.
Ainsi on déduit que ces années étaient sèches.
• Détermination de la période de retour des événements de validation (Débits max
instantanés observés au niveau des stations hydrométriques) de 2005 à 2008. Ainsi on
s’est basé sur les quantiles et les intervalles de confiance obtenus par l’étude
statistique appliquée sur les débits max instantanés observés qui s’étalent jusqu’à
2004. On a trouvé les intervalles de confiance dans lesquels sont incluses ces valeurs
observées.
• Comparaison des valeurs calculées par les formules empiriques réadaptées, aux
valeurs des débits max observés de même période de retour.

Une analyse des résultats trouvés montre que pour tous les sous bassins, les périodes de
retour trouvées pour les débits max instantanés observés sont inférieures à celles des
formules empiriques. Ce constat confirme que les années de validation étaient des années
sèches.

Toutefois pour les épisodes qui ont des périodes de retour proche de 10ans (5 sur les 60
débits max instantanés observés aux niveaux de toutes les stations), les valeurs de ces
débits s’approchent mais restent inférieurs aux valeurs calculées par les formules
empiriques.

On conclut alors que les formules empiriques réadaptées surestiment les débits de projet
puisque leurs paramètres régionaux ont été calculés à partir des événements extrêmes vécus.

152
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-31 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le premier groupe homogène

Figure V-32 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le deuxième groupe homogène

153
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

Figure V-33 : Evolution des débits max instantanés annuels pour le troisième groupe homogène

V-3-88 Conclusion sur les méthodes empiriques

Les méthodes empiriques sont utilisées lorsqu’on ne possède que peu ou pas de données
sur les débits des crues dans une région. Des formules sont établies pour de nombreux cours
d’eau et dans divers pays, permettant d’estimer soit des débits maximums de crues
cr soit des
débits fréquentiels à partir de certaines caractéristiques du bassin versant en les complétant
parfois par certaines données météorologiques en particulier la pluviométrie.

L’utilisation de ces formules, sans disposer de détails plus précis sur


su leurs conditions
d’utilisation,
sation, entraîne nécessairement une mauvaise estimation du débit de crue de projet dont
dépend la fiabilité technique et financière de toute structure hydraulique.

Dans ce sens, on s’est intéressé à cinq des formules les plus utilisées
utilisées au Maroc à savoir : la
formule de Fuller, la formule de Myer, la formule de Francou Rodier, la formule de Mac-
Mac
Math et la formule de Mallet-Gauthier.
Gauthier.

Toutes ces formules font intervenir des paramètres qui ont été recalculés pour le bassin de
Tensift. Les corrélations établies et les nouveaux paramètres calculés pour chaque méthode
ainsi que la comparaison des valeurs de ces paramètres à ceux recommandés au Maroc, nous a
permis de définir les formules à recommander pour chaque zone homogène du bassin de
Tensift et les périodes de retour préconisées pour chacune.

La comparaison des débits calculés par ces différentes formules réadaptées, aux valeurs des
débits max instantanés observés de 2005 à 2008 pour tous les bassins versants,
versants a montré que
les années de validation étaient des années sèches. Toutefois les valeurs surestimées des

154
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et
données récentes du bassin de Tensift

débits calculés par les formules réadaptées, par rapport aux débits max observés de même
période de retour, permettent de conclure que leur utilisation donnera un dimensionnement
plus sécuritaire des ouvrages hydrauliques.

L’ensemble des paramètres et des recommandations trouvés pour les formules empiriques
réadaptées sont résumées dans le tableau V-23.

155
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et données récentes du bassin de Tensift

Tableau V-23 : Récapitulatif des paramètres et des recommandations trouvés pour les formules empiriques réadaptées pour le bassin de Tensift.

Formule et paramètres recommandés, Domaine de validité


Valeurs calculées des paramètres régionaux
d’après bibliographie, au Maroc recommandé
Myer Pannuelle Altitude Période
Zone Relation R2
cI d e = j ∗ kM mm/an m de retour
• Qmax(T) : débit de crue de projet (m3/s). 10ans Q = 75.1 ∗ S ,Ž•• 0,786
• A : surface du bassin versant (Km2).
• n : nombre compris entre 0,4 et 0,8. 20ans Q = 115.6 ∗ S ,Ž•’ 0.700
Zone3 >150 >600
• K : cote de Myer, fonction des 50ans Q = 184.3 ∗ S ,Ž–• 0.649
caractéristiques du bassin donné au tableau
IV-9, (T=1000 ans). 100ans Q = 250.5 ∗ S ,Ž – 0,600
Fuller Pannuelle Période
R2
u{|} ~ = • + |. €•‚~
Zone Altitude a
mm/an de retour
50ans 2.6 0.828
• Qmax(T) : débit de crue de projet en m3/s.
• q : moyenne des débits maximas de Zone 1 100-150 <300 100ans 3.0 0.927
chaque année en m3/s pour toutes les
1000ans 4.3 0.970
années de mesure disponibles ;
• T : période de retour en années ; 50ans 5.6 0.636
• a : facteur régional, qui varie de 0,8 à 1,2 Zone3 >150 >600 100ans 5.8 0.708
pour les oueds du Rif et de 3 à 3,5 pour les
oueds sahariens. 1000ans 6.6 0.734
Francou Rodier Période
K R2
k yj/ de retour
cI d e = \ ˜ W ™
10ans 1.8 à 2.2 71% à 79%
• Qmax(T) : débit de crue de projet en m3/s. Bassin de Tensift
20ans 2.2 à 2.5 70% à 72%
• A : aire du bassin en Km2.
• K : paramètre régional qui varie de 4 à 5, 50ans 2.6 à 2.7 70%
(T=100ans). 100ans 2.8 à 2.9 65% à 69%

156
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et données récentes du bassin de Tensift

Formule et paramètres recommandés, Domaine de validité


Valeurs calculées des paramètres régionaux
d’après bibliographie, au Maroc recommandé
Mallet Gauthier Période de retour K
u{|}(~) = #. š. €•‚(
œ 10 1.05
+ |›). . ‡ + N. €•‚(~) − €•‚(œ)
å Bassin de Tensift 20 1.5
• Qmax : le débit de crue de projet en m3/s ;
• H : module pluviométrique annuel moyen (m). 50 1.7
• A : superficie en Km2 ; 100 1.9
• L : longueur du Talweg principal en Km ; Pannuelle Pannuelle
Zone Altitude Zone Altitude Zone
• T : période de retour en années. mm/an mm/an
• K : coefficient variant de 0,5 pour les grands
bassins versants à faible pente à 5 pour les Zone 1 100-150 <300 Zone 1 100-150 <300 Zone 1
petits bassins versants à forte pente ;
• a : coefficient géographique variable entre 20 Zone3 >150 >600 Zone3 >150 >600 Zone3
et 30 (au Maroc est pris égal à 20).
Mac-Math
Période de retour K
cI d (e) = j ∗ ˆ( #N", e ∗ O ,TW
∗Y ,N# • Terre cultivé et terrain vague avec
2 0.17
• Qmax : le débit maximal pour la période de des pentes et des altitudes faibles
inférieures à 300m. 5 0.27
retour T en m3/s ;
• Bassin versant caractérisé par des 10 0.31
• S : superficie du bassin en km2;
pentes moyennes et des altitudes 20 0.35
• I : pente moyenne du bassin en m/m;
modérées inférieures à 600m. 50 0.38
• P : précipitation maximale moyenne bassin en
24h de période de retour T en mm ; 100 0.41
• K : coefficient qui varie de 0.11 à 0.42 • Bassin versant de grande 2 0.19
dépendant du couvert végétal et de la dimension avec grande 5 0.31
topographie et pouvant être estimé à partir du hétérogénéité. 10 0.37
tableau IV-10. • Bassin versant caractérisé par des 20 0.43
pentes aigues et des altitudes 50 0.49
élevées supérieures à 600m. 100 0.53

157
Chapitre V : Réadaptation des méthodes d’estimation des crues de projet au contexte et données récentes du bassin de Tensift

158
CHAPITRE VI
PLATEFORMEINFORMATIQUE
POUR GUIDER AU CHOIX DES
METHODES D’ESTIMATION DES
CRUES DE PROJETET AU
DIMENSIONNEMENT DES POH

158
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Introduction
Une multitude de méthodes d’estimation des crues de projets existent et sont utilisées
dans le but de dimensionner les ouvrages hydrauliques en génie civil (barrages, ponts,
ouvrages de franchissement routier, réseaux d’assainissement..).
L’objectif du présent chapitre est l’élaboration d’une plateforme informatique qui va aider les
utilisateurs à choisir la méthode d’estimation des crues de projets la plus adaptée selon les
données disponibles, l’ouvrage à dimensionner et la période de retour préconisée.
Cette plateforme sera munie d’un guide technique qui synthétise les méthodes et la démarche
à suivre pour le dimensionnement des petits ouvrages hydrauliques(POH). Ces ouvrages, qui
sont nécessaires au franchissement des cours d’eau impactent beaucoup les inondations des
chaussées, routes, autoroutes, chemins de fer … car ils font l'objet d'études souvent moins
élaborées que les grands ouvrages. Cette plateforme constituera alors une aide efficace pour le
dimensionnement des grands et petits ouvrages hydrauliques.

VI-1Préparation des entrées de la plateforme informatique


VI-1-1 Présentation des descripteurs des méthodes d’estimation des crues de projet
La connaissance des débits de crues pour une période de retour donnée est très
importante pour l’exploitation des ressources en eau ainsi que pour la protection contre les
inondations.
Au cours des années, des méthodes et des modèles ont été élaborés, permettant d’estimer les
caractéristiques des crues, et tout particulièrement les débits de pointe.
Une question s’impose alors: Quelles méthodes peuvent être utilisées dans la pratique pour
estimer les crues ?
Pour répondre à cette question fondamentale, différents aspects du problème doivent être pris
en compte à savoir :
• Quel est l’objectif de l’étude et quel est le type d’ouvrage à dimensionner ?
• Pour quel risque hydrologique et/ou période de retour l’ouvrage sera dimensionné ?
• Quels types de données, pluie et/ou débit sont disponibles ? Et quelle est la longueur
des séries d’observations disponibles?
• Quelle est la surface (ou la dimension) du bassin versant, quelles informations sont
disponibles à son sujet ?
• Quels paramètres caractérisant le bassin sont aussi connus et avec quelle précision?

159
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

La prédétermination du débit de projet peut généralement se faire selon deux approches :


1- La modélisation hydrologique ;
2- Les approches de calcul basées sur des méthodes hydrométéorologiques,
statistiques ou empiriques.

L’objectif de la modélisation pluie-débit est de représenter de façon simplifiée la réalité


complexe de la transformation de la pluie en débit. Elle est réalisée par l’utilisation des
relations pluie-débit à élaborer dans un bassin versant et consiste à y traduire les pluies
enregistrées en un hydrogramme de débit simulé et généré par ces pluies.
Deux fonctions sont considérées pour simuler la transformation de la pluie tombée en un
écoulement à l’exutoire :
- La fonction de production : qui assure le passage de la pluie brute en une partie
infiltrée et une partie ruisselée dite pluie nette ;
- La fonction de transfert : qui permet de calculer l’acheminement de la pluie ruisselée
à l’exutoire de l’unité hydrologique étudiée.
Une recherche bibliographique nous a permis de mettre en évidence plusieurs logiciels pour
faire la modélisation hydrologique. Parmi ces logiciels, on cite les plus courants: le logiciel
Hydrologic Modelling System HEC HMS(USACE, 2000), le logiciel ATelier HYdrologique
Spatialisé ATHYS(IRD, 2011), Le logiciel GARDÉNIA (Modèle Global À Réservoirs pour
la simulation de DÉbits et de NIveaux Aquifères)(BRGM, 2012)…
Chaque logiciel repose sur des processus de simulation hydrologique différents et est basé sur
des entrées différentes. Le calcul permettra de donner l’hydrogramme de crue associé à
l’événement pluviométrique exceptionnel sollicitant le bassin versant et le débit de pointe est
alors déduit.
Dans le présent travail, on se propose d’élaborer une plateforme informatique pour guider au
choix des méthodes d’estimations des crues de projet. Pour cela,on s’est focalisé sur
l’intégration des méthodes d’estimation d’un débit de crue de projet ne requérant pas la
spécification d’un logiciel précis de calcul. Les méthodes de calcul d’un débit de crue de
projet utilisées peuvent être classées en trois grandes familles :
Méthodes statistiques ;
Méthodes hydrométéorologiques : Gradex et rationnelle ;
Formules empiriques et analogiques.
Etant donné qu’on a détaillé la description mathématique de ces méthodes et plus
particulièrement celles les plus utilisées au Maroc dans le chapitre IV. Ensuite on a réadapté
les paramètres régionaux de ces méthodes dans le bassin de Tensift, (voir chapitre V).
160
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Dans le présent chapitre, on se propose de décrire certains aspects relatifs à chaque méthode
dont :
• Les objectifs de la méthode et son domaine d’utilisation (taille du bassin versant, situation
géographique, région urbaine ou rurale, conditions climatiques...) ;
• Les descripteurs et données nécessaires au fonctionnement de la méthode ;
• Les précisions et limites d’utilisation et quelques précisions sur les avantages d’une
méthode par rapport à une autre.
VI-1-1-1 Méthodes statistiques
a. Objectifs et domaine d’utilisation
En général, les méthodes statistiques permettent de calculer le débit de projet pour une
période de retour donnée. Elles sont adaptées aux cours d’eau correctement ou partiellement
échantillonnés (séries observées ou allongées sur au moins dix ans, (Brochard, et al., 2008)).
La majorité des stations du réseau hydrométrique doivent être correctement jaugées et
fournissent un échantillon suffisant permettant de caler des lois statistiques. Les mesures
utilisées sont en général, les débits maximums instantanés ou les débits maximums jours
annuels ou toutes les valeurs dépassant un seuil. Ces méthodes peuvent être utilisées pour les
bassins jaugés de tailles petites à grandes, à caractères urbains ou ruraux,(Chapitre IV
paragraphe IV-2).
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement
Pour avoir de bons résultats, on doit disposer des séries de mesures de débits de
longueurs supérieures à 10ans. Les séries de mesure doivent être homogènes, stationnaires et
indépendantes.
c. Contraintes et limites d’utilisation
Quoique ces méthodes soient les plus fiables elles ne peuvent être utilisées que pour un bassin
jaugé. Aussi, la validité des résultats d'une analyse fréquentielle dépend du choix du modèle
fréquentiel et plus particulièrement de son type. Diverses pistes peuvent contribuer à faciliter
ce choix, mais il n'existe malheureusement pas de méthode universelle et infaillible. La
précision de la prévision du débit de crue de projet obtenue est étroitement liée à l’effectif de
l’échantillon disponible et à la qualité de l’ajustement statistique retenu.
d. Description de la méthode
Les étapes suivantes résument la démarche à suivre pour calculer le débit de projet pour
une période de retour donnée par la méthode statistique. Le logiciel HYFRAN (INRS-EAU,
1998) peut être utilisé pour effectuer ces étapes.

161
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

1. Analyser et critiquer les données de base ;


2. Calculer les caractéristiques statistiques de l’échantillon (moyenne, écart type, variance…).
3. Trier les données par un ordre de classement donné : croissant;
4. Choisir une formule de calcul des fréquences empiriques (Weibull, Hazen, Cunnane, Lewis
ou Tukey) ;
5. Choisir une loi de répartition statistique (Gumbel, Exponentielle, Log normale, Log
Pearson…) ;
6. Tracer sur un papier de probabilité (normale ou de Gumbel) les deux distributions empirique
et théorique en portant en abscisse les fréquences et en ordonné la variable aléatoire ;
7. Juger la qualité de l’ajustement d’après le tracé graphique ;
8. Si la qualité de l’ajustement est jugée acceptable, passer au test d’adéquation statistique de
Khi Deux pour retenir ou rejeter la fonction de répartition théorique ajustée ;
9. En cas de rejet, reprendre les étapes 5 à 8 pour un choix différent de la loi théorique ;
10. En cas d’acceptation, extrapoler la loi de probabilité retenue pour faire la prévision des crues
de projet pour différentes périodes de retour. Ensuite calculer des intervalles de confiance
autour des paramètres et quantiles estimés pour mieux qualifier la validité des résultats
obtenus et chiffrer convenablement la confiance à accorder aux prévisions calculées.

VI-1-1-2 Méthode Gradex


a. Objectifs et domaine d’utilisation
La méthode du Gradex a pour but d’estimer les débits maximaux de crues pour des
fréquences d’apparition rares à très rares (temps de retour supérieur à 100 ans). Elle
s’applique notamment lorsque l’on dispose d’une longue série de mesure de pluie pour le
bassin, permettant ainsi de valoriser au maximum l’ensemble des données hydrologiques
disponibles. Elle est applicable sur des bassins versants dont la superficie varie de quelques
km2 à 5000 km2 et relativement imperméables. Elle s’applique pour les bassins dont les crues
sont générées par la pluie et non la fonte de la neige et dont le temps de concentration peut
varier de 1 h à 4 jours, (Chapitre IV paragraphe IV-3-1).
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement
L’application de la méthode nécessite la disponibilité des séries de mesure de pluie max
jour assez longues homogènes, stationnaires et indépendantes, aux différents postes
pluviométriques régionaux. Le temps de concentration du bassin et la surface du bassin
doivent être calculés avec précision.

162
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

c. Contraintes et limites d’utilisation


La méthode repose sur le principe que le bassin versant a une limite de saturation. Une fois
cette limite dépassée, la croissance de la fonction de distribution du débit moyen est égale à
celle des précipitations. Donc la connaissance du débit charnière de saturation est cruciale
pour l’obtention de résultats précis. Ce paramètre dépend des conditions d’humidité initiales
et de la perméabilité du sol et sa période de retour varie entre 10 et 50 ans, (Guillot, et al.,
1967).
La méthode ne peut s’appliquer qu’à des bassins versants assez imperméables, de 5000 km2
au maximum avec un temps de concentration ne dépassant pas 5 jours. Elle permet de calculer
les débits maximaux de crues pour des périodes de retour supérieures à 100ans.
d. Description de la méthode
Le fondement de la méthode de Gradex décrit dans le paragraphe IV-3-1 du chapitre IV
est décliné selon un ensemble d’étapes qui traduisent la démarche à suivre pour calculer le
débit de projet pour une période de retour donnée par cette méthode :
1. Préparer les séries des pluies max jour annuelles par poste et vérifier l’homogénéité et
l'indépendance ;
2. Ajuster les séries à la loi Gumbel (double exponentiel) puis relever le Gradex des pluies de
durée 24h par station. C’est le Gpposte(24h) qui est la pente de la droite de Gumbel
représentant la série des pluies max jour annuelles sur du papier Gumbel ;
3. Calculer le Gradex moyen de pluie du bassin versant Gp(24h) par pondération des valeurs
des Gradex des pluies de durée 24h des stations internes et avoisinants Gpposte(24h) (par la
méthode des polygones de Thiessen, à partir de la cartographie réalisée par krigeage…) ;
4. Calculer le débit de saturation Q(Ts) par la méthode statistique en cas de disponibilité d’une
série de données de débit ou par la méthode rationnelle ou par formule empirique dans le cas
échéant. La période de retour Ts de saturation dépend de la connaissance disponible sur la
perméabilité du bassin (la période de retour de 10ans est recommandée) ;
5. Calculer le temps de concentration tc et disposer de la surface du bassin versant A ;
6. Calculer le Gradex de pluie de durée tc à partir de Gp(24h) par la formule régionale :
.
= ∗ VI -1

7. Le Gradex de débit sur une durée égale à tc représente la variation de l’écoulement obtenue
à partir d’une variation de pluie de même durée au cours d’un écoulement intégral, au-delà
des conditions de saturation du bassin. Le Gradex de pluie de durée égale à tc Gp(tc) est

163
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

alors converti en un Gradex de débit de durée correspondante Gd(tc) en se basant sur la


surface du bassin versant par la formule :
= ∗ ⁄ ∗ . VI -2
8. Calculer le débit max moyen Qmax(T) en m3/s pour une période de retour dépassant 100ans
en extrapolant la fonction de répartition débit au-delà de la période de retour Ts par une
droite de pente égale au Gradex de pluie converti en débit :
= × − " + " VI -3

y(T) étant la variable réduite de Gumbel définie par :


= −$% −$% & − &⁄ VI -4
9. Pour une plus grande sécurité dans le calcul, transformer le débit max moyen en un débit de
pointe en multipliant par le coefficient de pointe moyen qui joue le rôle d’un coefficient de
sécurité. Il peut être calculé sur la base des crues exceptionnelles observées dans la région
(si disponibles), par la moyenne des rapports entre les pointes de ces crues avec le débit de
crue de projet de période de retour T calculé par la méthode Gradex. A défaut une valeur de
1.5 est souvent pratiquée.
'(% ) = * ∗ VI -5

VI-1-1-3 Méthode rationnelle


a. Objectifs et domaine d’utilisation
La méthode rationnelle a pour but de rechercher les débits maximaux de crues en faisant
intervenir la pente du bassin et la nature du couvert végétal. Elle suppose que le débit de
pointe de ruissellement ne peut être observé à l'exutoire d'un bassin versant que lorsque toute
la superficie y contribue. Ceci est vrai si la durée de l'averse est uniforme, généralisée et au
moins égale au temps de concentration tc du bassin en question. Cette méthode approximative
est adaptée à des bassins versants urbains de tailles assez petites (inférieure à 150 Km2),
(chapitre IV paragraphe IV-3-2).
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement
Le calcul par cette méthode nécessite la connaissance préalable :
Des coefficients de Montana pour le bassin étudié, calculés à partir des courbes Intensité-
Durée-Fréquence régionales correspondant à la pluviométrie sur le bassin ;
De la surface du bassin versant en Km2 ;
Du coefficient de ruissellement moyen (ou d’écoulement) du bassin versant ;
Du temps de concentration tc en heures.

164
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

c. Contraintes et limites d’utilisation


La difficulté de la méthode réside dans l’évaluation précise du coefficient de ruissellement et
du temps de concentration du bassin versant.
La méthode surévalue généralement le débit puisqu’elle ne considère pas la capacité de
stockage du réseau de ruissellement. Elle fournit alors une approche trop sécuritaire pouvant
impliquer un surcoût d’aménagement.
d. Description de la méthode
Les étapes suivantes résument la démarche à suivre pour calculer le débit de projet pour
une période de retour donnée par la méthode rationnelle :

1. Calculer le temps de concentration tc en heures ;


2. Exploiter les courbes IDF si elles sont calculées dans le bassin versant étudié ou disposer
des paramètres de Montana a et b pour calculer l’intensité d’une pluie de période de retour
T et d’une durée égale au temps de concentration tc par la relation suivante :
+ , = ∗ -. VI -6
3. Evaluer correctement le coefficient de ruissellement global C en fonction du sol, des
pentes et du couvert végétal des différents sous-bassins versants homogènes ;
4. Mesurer la surface A du BV en Km2 ;
5. Calculer le débit de projet de période de retour T inférieure à 100ans par la relation
suivante :
&
= ∗/∗+ , ∗ VI -7
.
VI-1-1-4Méthodes empiriques et analogiques
a. Objectifs et domaine d’utilisation
Ces méthodes sont utilisées lorsqu’on ne possède que peu ou pas de données sur les
débits des crues dans une région. Des formules sont établies pour de nombreux cours d’eau et
dans divers pays, permettant d’estimer soit des débits maximums de crues soit des débits
fréquentiels à partir de certaines caractéristiques du bassin versant en les complétant parfois
par certaines données météorologiques en particulier la pluviométrie. Ces méthodes peuvent
être établies pour des bassins ruraux ou urbains,(chapitre IV paragraphe IV-4).
b. Descripteurs nécessaires à son fonctionnement
Selon la forme de ces formules, elles peuvent dépendre de plusieurs paramètres
comme la surface du bassin, la pluviométrie, la période de retour, la pente, la longueur du
talweg principal …

165
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

c. Contraintes et limites d’utilisation


Ces formules contiennent des paramètres régionaux utilisables seulement pour la zone
et le contexte pour lesquels ils ont été établis ou pour des bassins similaires.
Une limite évidente avec l'emploi de ces formules concerne la précision de l'estimation. En
effet, ces relations ont la plupart du temps un caractère simpliste qui ne représente pas le
processus complexe de génération de crues. Ces formules doivent donc être utilisées avec
beaucoup de précaution pour des bassins versants assez homogènes et pour des périodes de
retour relativement faibles variant de 2 à 50 ans au plus (même si les méthodes permettent
d’en faire le calcul pour des périodes de retour plus importantes), sauf pour celles qui sont
établies en corrélation avec une période de retour bien spécifiée telle que la méthode de Hazan
Lazarevic.
Les formules empiriques les plus utilisées au Maroc sont détaillées au chapitre IV paragraphe
IV-4-2. Les résultats de la réadaptation de ces formules aux données et contexte du
bassin de Tensift sont présentés au paragraphe V-2 du chapitre V et sont récapitulés dans
le tableau V-23.

VI-1-2 Classification des méthodes d’estimation des crues de projets


On se propose d’élaborer une plateforme qui permettra de choisir la méthode
d’estimation des crues en fonction de la période de retour, les données disponibles et
l’ouvrage hydraulique. Pour cela, on s’est basé sur les résultats du tableau VII-1qui donne la
période de retour adoptée pour les différents ouvrages hydrauliques.
En se basant sur les résultats du tableau VII-1 et sur la synthèse des méthodes décrites
précédemment dans le paragraphe VI-1ainsi que sur les résultats de la réadaptation des
méthodes d’estimation de la crue de projet dans le bassin de Tensift et ses sous bassins
(Chapitre V), on propose de faire:
• Une classification des méthodes selon la période de retour (Tableau VI-3).
• Une classification des méthodes selon les ouvrages hydrauliques (Tableau VI-2)
Il est à noter que ces classifications dépendent des résultats obtenus dans la partie réadaptation
des méthodes au contexte et données du bassin Tensift (Chapitre V).

166
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Tableau VI-1 : Période de retour pour différentes structures hydrauliques ((DDTM 34, 2014) ;
(DSQ, 2005) ; (Tirogo, 2008)
Ouvrages Période de
Types
hydrauliques retour (années)
Petits Ouvrages Faible Trafic 5-25
Hydrauliques Trafic moyen 10-25
routiers Trafic important 50-100
Grands Ouvrages Route secondaire 10-50
Hydrauliques Route primaire 50-100
routiers-Ponts Autoroute 100
Ponceaux 5-50
Drainage rural
Fossés 5-50
Conduites d’assainissement dans
2-25
les petits villages
Drainage urbain
Conduites d’assainissement dans
25-50
les grandes villes
Petits barrages -HN<10m 50-100
Barrage Moyens barrages -10m<HN<20m 100+
Grands barrages -HN>20m 1000+

Tableau VI-2 : Classification des méthodes d'estimation des crues de projet en fonction des
ouvrages hydrauliques
Méthode Nature de l’ouvrage Ouvrages hydrauliques
- Barrages
Ouvrages Hydrauliques - Conduites d’assainissement
Méthode statistique
grands et moyens - Digues de protection
- Ponts
Grands ouvrages - Barrages et ponts sur routes principales
Méthode de Gradex
hydrauliques ou auto routes
- Barrages petits
Ouvrages Hydrauliques - Conduites d’assainissement, Fossés
Méthode rationnelle
moyens et petits - Digues de protection
- Ponts sur routes secondaires
Formule de Hazan- Ouvrages Hydrauliques - Barrages petits
Lazarevic moyens et petits - Ponts
- Ponceaux autoroutes avec trafic moyen
à faible,
- Ponts sur route primaire
Formule de Myer POH
- Conduites d’assainissement, Fossés
- Digues de protection
- Ponts sur route secondaire
Formule de Francou-
- Ponceaux autoroutes avec trafic moyen
Rodier à faible,
Formule de Fuller - Ponts sur route primaire et secondaire,
POH
Formule de Mac-Math - Conduites d’assainissement, Fossés
Formule de Mallet- - Digues de protection
Gauthier

167
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des
POH

Tableau VI-3 : Classification des méthodes d'estimation de la crue de projet selon la période de retour pour le Maroc et pour le bassin de Tensift
Période de retour Domaine de validité de
Période de retour
recommandée pour le la méthode réadaptée
Méthode recommandée Données nécessaires
Bassin de Tensift pour le bassin de
pour la méthode
Tensift
Toutes les périodes plus de 10ans de mesures de Toutes les périodes de Les bassins jaugés de
Méthode statistique
de retour débits observés retour Tensift
plus de 10ans de mesures de Les bassins de Tensift
pluies observées avec :
Méthode de Gradex ≥100 ans ≥100 ans
Surface du BV et temps de Surface ≤ 5000Km2
concentration tc < 5jours
les paramètres de Montana du
BV Les bassins de Tensift de
Méthode rationnelle ≤100ans Surface du BV et temps de ≤100ans taille inférieure à
concentration 150 Km2
Coefficient de ruissellement
Formule de Francou-
≤100ans Surface du BV 10ans ≤ T ≤50ans Les bassins de Tensift
Rodier
Formule de Hazan-
1000ans Surface du BV - -
Lazarevic
Formule de Myer ≤100ans Surface du BV ≤50ans Zone 3
la moyenne des débits maximas
Zone 1
Formule de Fuller ≤100ans pour les années de mesure 50ans ≤ T ≤100ans
Zone 3
disponibles
plus de 10ans de précipitations
Formule de Mac-
≤100ans max de 24h ≤100ans Les bassins de Tensift
Math
Surface et pente du BV
Module pluviométrique pour les
Les bassins de Tensift
Formule de Mallet- années de mesure disponibles
≤100ans ≤100ans selon la pente et la
Gauthier Surface du BV et longueur du
nature du terrain.
Talweg principal

168
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

VI-2 Elaboration de la plateforme informatique pour guider au choix de la


méthode d’estimation des crues de projet et au dimensionnement des POH

La classification des méthodes selon la période de retour, la nature de l’ouvrages et les


données nécessaires a permis de proposer un schéma global qui synthétise les entrées et les
sorties de la plateforme. La programmation a été effectuée par le langage Visual Basic VB à
l’aide du logiciel Visual Studio Community 2015. Cet environnement de développement est
un ensemble complet d'outils de développement permettant de générer des applications web,
des applications bureautiques et des applications mobiles et a l’avantage d’être complet,
compatible avec plusieurs interfaces de travail, facile et gratuit pour les étudiants et les
chercheurs.

Figure VI-1 : Logo de Visual Studio 2015

La plateforme informatique regroupe 89 Windows form et synthétise les résultats présentés


dans le présent mémoire. Elle permet d’aider l’utilisateur à choisir la méthode d’estimation de
crue de projet la mieux adaptée selon les données disponibles, l’ouvrage à dimensionner et la
période de retour dans un cadre général et pour le bassin de Tensift. Elle synthétise aussi les
méthodes de dimensionnement des petits ouvrages hydrauliques (ponceaux et petits ponts).
L’interface générale de l’application est la suivante :
169
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Figure VI-2 : Page d'accueil de la plateforme.

L’utilisateur peut faire son choix dans la deuxième fenêtre (Figure VI-3) entre l’aide au choix
de la méthode de dimensionnement d’un ouvrage hydraulique ou le guide technique et
pratique pour le dimensionnement d’un POH.

Figure VI-3 : Page de choix de l’étape à suivre.

170
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

VI-2-1 Choix de la méthode de calcul d’un débit de crue pour un bassin donné
L’utilisateur doit préciser les entrées nécessaires pour avoir des recommandations sur la
méthode d’estimation de la crue de projet la plus adaptée.
• Entrées de la plateforme
Sont les choix que doit faire l’utilisateur à savoir :
1. Choisir en premier lieu les données disponibles :
Qmax jour ou max instantanés du bassin étudié ;
Qmax jour ou max instantanés pour les bassins régionaux ;
Pmax jour pour les postes régionaux limitrophes ;
Peu de données hydrologiques (<10ans) ou pas de données.
Si les séries de débits et de pluies sont disponibles, l’utilisateur doit faire un premier choix
pour les séries de débits et puis refaire le choix pour les séries de pluies. Les résultats des
méthodes recommandées par la plateforme seront comparés.
2. Indiquer la taille de l’échantillon :
≤20ans
>20ans
Le choix des seuils de 10ans (pas de données hydrologiques) et de 20 ans (longueur de série
suffisante) s’est basé sur le fait qu’une série n’est supposée être statistiquement significative
que si son effectif dépasse 10 (Brochard, et al., 2008) et que les tests statistiques requièrent un
effectif théorique minimal de 10 à 20 ; (Steele, 2002).
3. Choisir l’ouvrage à dimensionner :
Petit ouvrage routier ;
Grand ouvrage routier ;
Assainissement et drainage urbain ;
Drainage rural ;
Barrage.
L’utilisateur peut avoir la définition de chaque ouvrage en cliquant dessus, selon le tableau
VI-4.

171
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Tableau VI-4 : Définitions des ouvrages à dimensionner


Ouvrage Définition
Ouvrage présentant une ouverture inférieure à 4 m² de section, tels que
Petit ouvrage
les buses, les dalots (regroupé par le terme ponceau), les petits ponts
routier
(longueur totale n’excède pas 25m), les fossés et les radiers.
Grand Construction de grande importance permettant de franchir un obstacle
ouvrage sur une voie de communication routière comme les grands ponts, les
routier tunnels, les murs, les tranchées couvertes et les digues.
Assainissement L’assainissement urbain est un réseau de conduites, qui a comme objet
et drainage d’évacuer les eaux pluviales et les eaux usées captées dans les zones
urbain urbanisées.
Le drainage rural a pour but de limiter, en durée et en quantité, la
Drainage rural présence d’inondation temporaire dans d’une zone rurale. Les
dispositifs utilisés sont les ponceaux et les fossés.
Un barrage est un ouvrage d'art construit en travers d'un cours d'eau et
est destiné à réguler le débit du cours d'eau et/ou à en stocker l'eau pour
différents usages tels que : contrôle des crues, irrigation, industrie,

Barrage hydroélectricité, pisciculture, réserve d'eau potable, etc. On distingue


selon la hauteur normale HN:
Petits barrages : HN≤10m ;
Moyens barrages : 10m<HN≤ 20m ;
Grands barrages : HN >20m.

4. Choisir la période de retour :


2 ≤T<5ans
5 ≤T<25ans
25 ≤T<50ans
50 ≤T<100ans
100 ≤T<1000ans
T ≥1000ans
Ce choix dépend de l’ouvrage hydraulique à dimensionner. Les périodes de retour pour les
différents ouvrages hydrauliques sont données dans le tableau VI-1.
Le choix des entrées se fait selon le l’interface présentée sur la figure VI-6.

172
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

• Sorties de la plateforme
Les sorties de l’application sont :
1. La plateforme indique la méthode la plus adaptée selon les données disponibles, la taille
de l’échantillon, l’ouvrage à dimensionner et la période de retour ;
2. Des recommandations pour le choix de la méthode et les paramètres nécessaires pour
l’utilisation ;
3. La démarche à suivre pour calculer les paramètres nécessaires.
4. Les étapes à suivre pour appliquer la méthode ;
5. Pour les formules empiriques, l’utilisateur doit choisir la formule à utiliser parmi celles les
plus utilisées au Maroc. La plateforme donne la description de la méthode et les
coefficients régionaux qui y interviennent.
• Autres commandes de la plateforme
Les autres commandes de la plateforme sont résumées dans le tableau suivant :

Tableau VI-5 : Récapitulatif des commandes de la plateforme.

Le symbole de la commande L’utilité

Permet de revenir à l’interface précédente.

Permet d’aller à l’interface suivante.

Permet de quitter l’application à tout moment.

Permet de revenir à la page d’accueil.

Permet d’imprimer l’écran.

VI-2-2 Choix de la méthode de calcul d’un débit de crue pour le bassin de Tensift
La plateforme propose l’affichage et l’impression d’un ensemble de résultats graphiques et
numériques obtenu dans le cadre des travaux réalisés dans le bassin de Tensift (figure VI-4), à
savoir :
• Carte des sous bassins ;
• Carte des altitudes ;

173
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

• Carte des pentes ;


• Carte du réseau hydrographique ;
• Carte du Gradex de pluie de 24h ;
• Carte des zones homogènes.

Figure VI-4 : Interface d’affichage des cartes pour le bassin de Tensift.

L’utilisateur peut agrandir une carte donnée en la sélectionnant. Les paramètres des sous
bassins tels que les paramètres physiographiques de forme, les caractéristiques de relief et les
longueurs caractéristiques peuvent être affichés sous forme de tableau en cliquant sur le
bouton « paramètres des sous bassins », (figure VI-5).

174
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Figure VI-5 : Tableau récapitulatif des paramètres des sous bassin de Tensift.

L’utilisateur peut choisir les entrées de la plateforme en cliquant sur le bouton «choix des
entrées », (figure VI-6).

Figure VI-6 : Choix des entrées de la plateforme.

175
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

L’utilisateur doit choisir les entrées de la plateforme dans l’ordre indiqué. En cas d’oubli un
message de rappel s’affiche sur l’écran, (figure VI-7).

Figure VI-7: Message de rappel pour choisir tous les champs nécessaires.

L’utilisateur peut cliquer sur l’ouvrage hydraulique à dimensionner pour avoir la définition
dans une nouvelle fenêtre, (figure VI-8).

Figure VI-8: Fenêtre des définitions des ouvrages hydrauliques à dimensionner.

176
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Quand les entrées sont choisies, le bouton « suivant » permet de passer à l’interface qui
propose la méthode à choisir, les paramètres nécessaires pour l’application de la méthode et
des recommandations d’utilisation, (figure VI-9)

Figure VI-9: L'interface indiquant la méthode choisie, les recommandations et les paramètres
nécessaires.

Les étapes de la méthode peuvent être affichées en cliquant sur le bouton « Etape de la
méthode », (figure VI-10).
La plateforme permet aussi d’afficher les étapes de calcul de certains paramètres nécessaires
pour l’application de la méthode comme le coefficient de ruissellement (figure VI-10), ainsi
que les paramètres calculés pour les sous bassins de Tensift (figure VI-11).

177
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

.
Figure VI-10: Interface donnant les étapes de la méthode de rationnelle.

Figure VI-11: Interface donnant les temps de concentration des sous bassin de Tensift.

178
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Pour les formules empiriques, la plateforme donne la description de la méthode et les


coefficients régionaux qui y interviennent pour la zone homogène et la formule choisie,
(figure VI-12 et VI-13).

Figure VI-12: Interface pour le choix de la zone homogène et de la formule empirique à utiliser.

Figure VI-13 : Interface donnant la description pour la zone et la formule empirique choisie.

179
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

VI-3-3 Organigramme élaboré pour le dimensionnement d’un ponceau


Une étude bibliographique approfondie, ( (Van Tuu, 1981) , (MTQ, 1995), (Adamou, 2006),
(CID, 2008), a permis d’élaborer un organigramme qui résume et hiérarchise les étapes à
suivre pour le dimensionnement des ponceaux (buses ou dalots) (Figure 1 de l’annexe 5).
Nous l’avons intégré dans la plateforme, tout en le documentant au niveau de chaque étape
par des schémas, des définitions, des recommandations ou des explications. Le but étant de
rendre ce guide pratique, convivial et facile d’exploitation (figure VI-14).

Figure VI-14 : Diagramme de synthèse de la démarche de dimensionnement d’un ponceau.

L’organigramme commence par proposer les données du site nécessaires pour le


dimensionnement du ponceau. En cliquant sur le bouton « 1 », l’utilisateur obtient les détails
sur chaque paramètre. Une synthèse des types de ponceaux existant est présentée afin de
permettre à l’utilisateur de faire un choix préliminaire, (Figure VI-15). Par la suite, la formule
de Délorme est proposée pour le prédimensionnement du ponceau, (Figure VI-17). Etant
donné que cette méthode ne tient pas compte des conditions de l’écoulement à l’entrée et à la
sortie de l’ouvrage, la méthode du BPR est adoptée pour le dimensionnement.. Un ensemble
de détails est fourni à l’utilisateur sous forme de définitions, de schémas explicatifs et de

180
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

recommandations. Selon la complexité de l’étape une nouvelle fenêtre ou un message est


affiché en cliquant sur le numéro de l’étape, (exemples aux figures VI-16 et VI-18).
L’utilisateur peut ainsi suivre une démarche claire, simple et concise pour dimensionner un
ponceau.

Figure VI-15 : Fenêtre affichée pour la présentation des types des ponceaux.

Figure VI-16 : Message affichée pour l’étape 11.

181
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Figure VI-17 : Fenêtre d’affichage de la méthode de Délorme

Figure VI-18 : Fenêtre affichée pour l’étape 9.

182
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

VI-3-4 Organigramme élaboré pour le dimensionnement d’un petit pont


D’après l’étude bibliographique une multitude de méthodes existent pour dimensionner un
petit pont. La méthode extraite de (Babcov, et al., 1987) a été jugée la plus pertinente et la
plus simple. Dans ce sens, on a synthétisé la démarche à suivre sous forme d’organigramme
présenté à la figure VI-19, (Figure 2 de l’annexe 5).

Figure VI-19 : Diagramme de synthèse de la démarche de dimensionnement d’un petit pont.

L’organigramme commence par proposer les données du site nécessaires pour le


dimensionnement d’un petit pont. En cliquant sur le bouton « 1 », l’utilisateur obtient les
détails sur chaque paramètre, (Figure VI-20). La définition d’un petit pont ainsi que les
éléments le constituant est donnée à l’utilisateur en cas de besoin, (Figure 21).

183
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Figure VI-20 : Interface donnant les données nécessaires pour le dimensionnement d’un petit
pont.

Figure VI-21 : Fenêtre de définition d’un pont et des éléments le constituant.

184
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

L’utilisateur peut suivre la démarche résumée pour le dimensionnement d’un petit pont. Le
détail de chaque étape est accessible via un bouton portant son numéro. L’ensemble des
recommandations et des explications est affiché sous forme de nouvelle fenêtre ou de
message selon la complexité de l’étape, (exemples aux figures VI-21et VI-22).

Figure VI-21 : Message affichée pour l’étape 3.

Figure VI-22 : Fenêtre du calcul de la hauteur de remblai, (étape 9).

185
Chapitre VI : Plateforme informatique pour guider au choix des méthodes
d’estimations des crues de projet et au dimensionnement des POH

Conclusion
La plateforme informatique élaborée est un outil d’aide :
• au choix de la méthode d’estimation des crues de projets la plus adaptée selon les données
disponibles, l’ouvrage à dimensionner et la période de retour préconisée. Elle permet de
faire ce choix dans un cadre général et pour le cas du bassin de Tensift. Elle offre aussi un
document technique synthétisant l’ensemble des travaux réalisés dans le bassin de Tensift,
(caractéristiques, cartes élaborées, paramètres calculés, formules empiriques
réadaptées…)
• au dimensionnement des petits ouvrages hydrauliques à savoir les ponceaux et les petits
ponts. Elle synthétise la démarche à suivre pour le dimensionnement de ces ouvrages
sous forme d’organigramme et permet de donner des définitions, des explications et des
recommandations sur les différentes étapes requises.

Cette plateforme a la particularité d’être originale et très utile s’adressant à des utilisateurs
expérimentés (des ingénieurs dans le cadre d’une étude) ou à des débutants, (des élèves dans
le cadre d’un projet).
Elle constitue donc une aide efficace pour le dimensionnement des petits et grands ouvrages
hydrauliques.

186
CONCLUSION

La révision des méthodes d’estimation des débits de projet utilisées pour le


dimensionnement des ouvrages hydrauliques s’est imposée face aux dégâts causés par les
événements extrêmes récents. Une réadaptation de ces méthodes au contexte et aux données
hydrologiques récentes s’est avérée nécessaire. Ceci définit l’objectif de la présente thèse. Le
travail mené est présenté pour le bassin de Tensift.
Le calcul d’un débit de projet étant basé sur les données hydrologiques, les
caractéristiques du bassin et sur les méthodes de calcul utilisées, les travaux effectués au cours
de cette thèse se sont déclinés en plusieurs étapes :
La première étape est la caractérisation du bassin et le calcul de ses paramètres structurels.
L’utilisation des outils SIG a permis de cerner avec précision et d’une façon plus fine et
précise les paramètres physiques, morphologiques et de pente des bassins, paramètres sur
lesquels reposent la majorité des méthodes d’estimation des débits de projet.
A l’aide du logiciel Arcgis on a délimité 19 sous bassins et élaboré la carte des pentes
ainsi que le réseau hydrographique ramifié. L’extension ArcHydro de Arcgis a permis de
calculer tous les paramètres physiques et morphologiques de pente, relief et hydrographie des
différents sous bassins, dont les surfaces varient de 40.7Km2 à 19549 Km2 et les altitudes
moyennes de 35 m à 4123 m, (tableau II-5).
Ensuite le temps de concentration a été calculé par différentes méthodes dont la vitesse
moyenne. Ce travail a permis de conclure que les formules de Turrazza, Ventura et Espagnole
sont plus à préconiser pour le calcul de ce paramètre dans le bassin de Tensift mais avec la
condition d’utiliser la formule espagnole pour le cas des bassins dont la surface reste
inférieure à 500 Km2.
Ce premier travail a confirmé la grande hétérogénéité du bassin de Tensift, (Ahattab, et
al., 2015(a)). Nous avons donc conclu sur l’intérêt de la 2ème étape qui est la délimitation des
zones homogènes à l’intérieur desquels le comportement hydrologique est similaire et pour
lesquels un même modèle ou méthode d’estimation des crues de projet peut être utilisé.
L’ACP appliquée sur les séries de pluies mensuelles enregistrées aux 23 stations
pluviométriques a permis de retenir les groupes de stations à caractère pluviométrique
homogène. D’autre part, l’analyse des cartes pédologique, géologique, d’occupation des sols,
de la végétation et la carte des pentes a ressorti les zones à caractéristiques homogènes. Les

187
résultats des deux méthodes sont complémentaires. Leur combinaison, via la superposition
des deux résultats sur une même carte, a permis de conclure sur quatre zones homogènes :
(1) Une zone à l’Ouest du bassin dans une partie peu pentue et peu arrosée avec des
altitudes basses qui sont inférieures à 300m et une pluviométrie entre 100 et 150mm par an.
(2) Une zone au centre du bassin dans la partie médiane dont l’altitude varie entre 250m et
600m et dont la pluviométrie est inférieure à 100mm par an.
(3) Une zone au Sud du bassin dans la zone du moyen et haut Atlas dont l’altitude est
supérieure à 600m et dont la pluviométrie est supérieure à 200mm par an.
(4) Une zone au Nord du bassin à de faible altitudes qui ne contient pas de stations
pluviométriques, (Ahattab, et al., 2015(b)).
La réadaptation des méthodes usuelles d’estimation des débits de projet a été la troisième
étape des travaux de cette thèse. Nous avons traité des méthodes statistiques,
hydrométéorologiques (Gradex et rationnelle) et des cinq méthodes empiriques les plus
utilisées au Maroc dont : la formule de Myer, la formule de Fuller, la formule de Francou-
Rodier, la formule de Mallet-Gauthier et la formule de Mac-Math.
• L’analyse statistique a été effectuée sur les séries des débits max instantanés enregistrés au
niveau des 15 stations hydrométriques. Ella a été faite dans un premier temps, sur toute la
durée d’observation variable d’une station à une autre (de 1961 jusqu’à 2004), puis dans
un deuxième lieu sur une durée commune de 17 ans (de 1987 jusqu’à 2004).
Les quantiles calculés sur la durée commune de 17ans s’approchent de ceux calculés sur
toute la durée d’observation (surestimation qui ne dépasse pas 29%). On note toutefois
que cette deuxième analyse tient compte d’une période caractérisée par des événements
assez importants. Etant donné que le Maroc a connu durant ces dernières décennies des
années très humides avec des inondations mais aussi des années sèches, la prise en
compte de l’échantillon réduit de 17ans diminue la représentativité de l’échantillon global
et induit une perte d’information importante.
Ainsi, par la suite on a adopté les résultats de la première analyse statistique sur toute la
durée d’observation et donné plus de poids et d’importance à la taille des séries pour
augmenter la précision dans les prévisions.

188
Les résultats de l’analyse statistique ont permis de conclure que la loi Gumbel n’est plus
adaptée pour ajuster les données hydrologiques maximales comme il a toujours été
recommandé en hydrologie. Nous avons trouvé que les lois Log normale, Gamma, log
Pearson, exponentielle, ajustent mieux les données hydrologiques extrêmes actualisées.
Aussi les débits de projets calculés par ces lois sont largement supérieurs à ceux obtenus
par la loi Gumbel surtout pour les grandes périodes de retour (>50ans), (Ahattab, et al.,
2015(a)).
• Pour les méthodes hydrométéorologiques (Gradex et rationnelle) : Le premier travail de
réadaptation de ces méthodes a été le calcul du Gradex de pluie de 24h et des coefficients
de Montana au niveau de toutes les stations pluviométriques. Le calcul de ces paramètres
climatiques a montré une grande variabilité d’un sous bassin à un autre.
Pour améliorer leur connaissance tout en tenant compte de l’hétérogénéité climatique et de
relief au niveau de tout le bassin de Tensift, nous avons créé des cartes de variation
spatiale à partir des valeurs calculées au niveau des stations pluviométriques et ceci à
l’aide de la méthode géostatistique du Krigeage.
Après avoir fait une analyse exploratoire des données relatives à chaque paramètre,
plusieurs fonctions ont été utilisées pour modéliser le variogramme. Une comparaison a
permis de retenir le modèle sphérique avec anisotropie. Ce travail a permis d’obtenir les
cartes de modélisation du Gradex de pluie de 24h sur le bassin de Tensift, et des cartes de
modélisation des paramètres de Montana pour les périodes de retour de 2, 5, 10, 20, 50 et
100 ans. Les cartes des erreurs standards de prédiction associées aux valeurs prédites ont
été aussi élaborées. Elles ont permis d’apprécier les incertitudes mises en jeu dans cette
modélisation et qui sont assez importantes par endroit, selon la densité du réseau
pluviométrique, (Ahattab, et al., 2014).
Nous signalons en effet, que les résultats obtenus peuvent être améliorés par la mise en
place d’un réseau de mesure plus dense surtout dans les zones où les erreurs standard sont
assez élevées.
Par la suite nous sommes passés à la validation de la cartographie du Gradex à l’aide
d’une comparaison des résultats de cette méthode à ceux de la méthode d’interpolation
classique (polygones de Thiessen). La méthode de Gradex étant utilisée pour des périodes
de retour dépassant 100 ans, la validation a été faite pour T= 100 et 1000 ans. Le calcul
des débits de projet pour ces deux périodes de retour a permis de conclure que la méthode
classique donne des valeurs inférieures à celles trouvées à partir de la cartographie de
Gradex réalisée par le krigeage (tableau V-9). On conclut que la cartographie du Gradex a

189
permis d’aboutir à des résultats qui vont dans le sens de la sécurité du dimensionnement
des ouvrages. Ce qui permet justement de compenser l’ensemble des faiblesses attachées à
la qualité des données disponibles et à l’utilisation de la méthode de Gradex avec ses
limites d’application.
• Les méthodes empiriques ont été traitées en recalculant les paramètres régionaux
intervenant dans les cinq méthodes retenues à savoir : la formule de Fuller, la formule de
Myer, la formule de Francou Rodier, la formule de Mac-Math et la formule de Mallet-
Gauthier. Les valeurs affectées à ces paramètres régionaux sont d’une grande importance
car elles peuvent donner des résultats assez contrastés si elles ne sont pas fixées avec une
bonne connaissance de la nature du bassin (les caractéristiques topographique,
climatologique et géologique des bassins). On cite l’exemple du coefficient régional K qui
intervient dans la relation de Mac-Math, l’écart entre deux valeurs consécutives fixées
pour K induit un écart absolu des débits de pointe qui peuvent varier de 40 à 100%,
(Ouarda et al., 2011). Dans ce sens, nous avons essayé de mieux cerner l’intervalle de
variation de ces paramètres régionaux en les calculant pour des zones à caractères
similaires. Le calcul a été effectué pour chaque zone homogène et nous a permis de
constater que les nouveaux paramètres recalculés diffèrent d’une zone homogène à une
autre. Ce qui constitue la valeur ajoutée par rapport aux valeurs fréquemment
recommandées au Maroc, (Ahattab, et al., 2015(a)). Ce travail a ainsi permis de mieux
cerner l’ordre de grandeur de ces paramètres régionaux selon la pluviométrie, l’altitude et
la période de retour.
Aussi, les corrélations établies ont permis de conclure sur les formules à recommander
pour chaque zone homogène du bassin de Tensift et les périodes de retour préconisées
pour chacune. En effet, nous avons obtenu les résultats suivants :
La formule de Myer est plus adaptée dans le cas de région de moyennes et hautes
altitudes (supérieures à 600m), de pluviométrie annuelle supérieure à 150 mm.,
La formule de Francou-Rodier s’adapte bien aux zones de faibles, moyennes et hautes
altitudes et peut être utilisée dans un bassin dont le relief est hétérogène.
La formule de Fuller s’adapte mieux aux zones de faibles altitudes (inférieures à 300
m) pour des périodes de retour supérieures ou égales à 50 ans.
La formule de Mallet Gauthier peut être utilisée pour les altitudes qui varient de
faibles à très hautes.

190
La formule de Mac-Math peut être utilisée pour des périodes de retour allant de 2ans
jusqu’à 100ans. Son coefficient K augmente avec la période de retour mais aussi avec la
pente et la nature du terrain.
Nous avons par la suite effectué une comparaison des débits calculés par ces
différentes formules réadaptées, aux valeurs des débits max instantanés qui ont été mis à
notre disposition et qui sont enregistrés entre 2005 à 2008. Nous avons obtenu des valeurs
calculées supérieures à celles observées. En fait, l’analyse des séries chronologiques des
débits moyens annuels a révélé pour la majorité des stations hydrométriques que la
période de 2005 à 2008 a été sèche avec des modules annuels largement inférieures au
module interannuel. On cite à titre d’exemple le cas du bassin Imin El Hamam de surface
1292 Km2; dont les modules annuels de cette période sont respectivement 68, 28, 53 et
144 m3/s alors que le module interannuel est de 280.8 m3/s.
On conclut alors que les formules empiriques réadaptées surestiment les débits de projet.
Leur utilisation va dans le sens de la sécurité dans le dimensionnement des ouvrages
hydrauliques. Une comparaison plus intéressante aurait pu être effectuée si l’on disposait
de données des années plus récentes de 2010 à 2014 qui ont été humides à excédentaires.

La dernière étape de ce projet de thèse est l’élaboration d’une plateforme informatique


dont l’objectif est de fournir un outil d’aide au choix de la méthode d’estimation des crues de
projets la plus adaptée selon les données disponibles, l’ouvrage à dimensionner et la période
de retour préconisée. Cette application est complétée par un guide technique, pratique et bien
documenté synthétisant la démarche à suivre pour le dimensionnement des petits ouvrages
hydrauliques. Elle est réalisée sous forme de diagramme et permet de fournir des
recommandations et les détails utiles sur les différentes étapes requises.

191
PERSPECTIVES ET DISCUSSIONS

Le travail effectué pour le bassin de Tensift constitue une première initiative en la matière
mais doit être refait sur d’autres bassins pour tenir compte de la variabilité climatologique, de
relief ou géographique du Maroc. Les outils SIG constituent un atout considérable dont il faut
profiter pour une meilleure précision dans la caractérisation d’un bassin et donc indirectement
dans le calcul du débit de projet qui est le critère de base dans le dimensionnement des
ouvrages hydrauliques en GC. En particulier, la cartographie du coefficient de ruissellement
sur la base de traitement des cartes d’occupation de sol, et de végétation serait d’un grand
apport pour le calcul par la méthode rationnelle.

Les résultats de cartographie, caractérisation et de réadaptation calculés dans d’autres bassins


peuvent alors être intégrés dans la plateforme afin d’obtenir une plateforme nationale. Ce
travail permettra de généraliser et d’unifier la démarche d’estimation des crues de projet. Il
pourrait être amélioré et enrichi en intégrant des recommandations d’hydrologues et
ingénieurs expérimentés pour faire profiter les ingénieurs débutants. Ce qui, en fin de
compte, pourrait diminuer le risque de dégradation et rupture des ouvrages pouvant être
causées par un mauvais dimensionnement.

A moyen terme, la plateforme informatique élaborée dans le cadre de ce projet de recherche


peut être complétée pour devenir un Système d’Aide à la Décision national (SAD) qui peut
effectuer les calculs par ces différentes méthodes et pour tous les bassins du Maroc et avec
des données récentes à actualiser au fur et à mesure de leur observation.

Lors de la réalisation de la thèse, des problèmes liés à l’acquisition des données sont à
signaler dans l’objectif de porter réflexion sur cette problématique nationale. On cite :

La non disponibilité des données hydro-pluviométriques gratuites à des fins de recherche ;

La procédure institutionnelle d’acquisition des données complexe voir décourageante;

La qualité et la longueur des séries de données disponibles de crues parfois insuffisante ;

La non disponibilité des séries récentes avec leurs caractères imprévisibles pour la
validation et le calage des modèles de prédétermination des crues de projet.

Toutefois il faut signaler que la sécurité technique d’un ouvrage hydraulique dépend, en plus
de la qualité des données et des méthodes de calcul, de l’aspect technique de sa réalisation par

192
l'entreprise qui détient le marché. En effet, des défauts liés à la mauvaise conception et aux
techniques d’exécution dues à un mauvais (ou une absence) de contrôle des matériaux utilisés
et d’une façon générale des conditions de réalisation, sont multiples et sont souvent à la base
de la dégradation de nos routes, ponts et des ouvrages de franchissement routier.
Le suivi régulier du chantier et le contrôle au cours de l’exécution de l’ouvrage est d’une
importance cruciale dans l’amélioration de la sécurité technique des ouvrages réalisés.

193
BIBLIOGRAPHIE

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199
ANNEXE 1

Récapitulatif des temps de concentration calculés par la méthode des vitesses moyennes.

Formules des temps de concentration Tc (heures)


Nom du bassin T1* T2* T3* T4* T5*
Tc
(0 à 3%) (4 à 7%) (8 à 11%) (12à 15%) (>15%)
Tmax 90.9 12.2 9.3 3.6 5.9 121.9
Abadla
Tmin 60.6 8.1 5.6 1.8 3.9 80.1
Tmax 51.3 12.7 3.5 1.4 1.2 70.1
Adamna
Tmin 34.2 8.4 2.1 0.7 0.8 46.3
Tmax 3.9 3.0 2.7 1.4 3.6 14.7
Aghbalou
Tmin 2.6 2.0 1.6 0.7 2.4 9.4
Tmax 0 0.6 0.2 0.2 1.3 2.3
Armed
Tmin 0 0.4 0.1 0.1 1.3 1.9
Tmax 48.7 7.3 3.4 1.9 2.6 63.9
Chichaoua
Tmin 32.5 4.8 2.0 0.9 1.8 42.1
Tmax 22.6 8.4 3.0 0.9 1.0 35.9
Igouzoulen
Tmin 15.1 5.6 1.8 0.4 0.7 23.6
Tmax 31.7 11.0 2.9 1.2 1.1 47.8
Igrounzar
Tmin 21.1 7.3 1.7 0.6 0.8 31.5
Tmax 13.4 7.2 5.6 2.6 3.6 32.4
IguirNkouris
Tmin 8.9 4.8 3.4 1.3 2.4 20.8
Tmax 6.1 5.9 3.2 1.8 2.6 19.6
Iloudjane
Tmin 4.1 3.9 1.9 0.9 1.8 12.6
Tmax 18.4 10.4 7.6 3.1 5.4 44.9
Imin El Hamam
Tmin 12.3 6.9 4.6 1.6 3.6 28.9
Tmax 12.9 6.7 3.3 1.5 1.3 25.6
Sidi Rahal
Tmin 8.6 4.5 2.0 0.7 0.9 16.7
Tmax 6.7 4.7 2.6 1.4 2.9 18.3
Sidi Bou Othmane
Tmin 4.5 3.1 1.6 0.7 1.9 11.8
Tmax 1.6 1.9 1.6 1.0 1.6 7.8
Sidi Hsain
Tmin 1.1 1.3 1.0 0.5 1.6 5.5
Tmax 5.1 3.3 2.2 1.2 2.7 14.5
Site Taskourt
Tmin 3.4 2.2 1.3 0.6 1.8 9.3
Tmax 14.1 3.7 1.9 1.4 3.9 24.9
Taferiat
Tmin 9.4 2.4 1.1 0.7 2.6 16.3

200
ANNEXE 1

Tmax 6.9 2.6 1.3 0.8 2.0 13.5


Tahanaout
Tmin 4.6 1.7 0.8 0.4 1.3 8.8
Tmax 164.0 18.6 9.0 3.5 5.6 200.8
Talmest
Tmin 109.4 12.4 5.4 1.8 3.7 132.7
Tmax 2.4 1.8 2.2 1.2 3.4 10.9
Tazitount
Tmin 1.6 1.2 1.3 0.6 2.2 6.9
Tmax 24.1 7.3 3.0 0.9 1.3 36.6
Zelten
Tmin 17.1 4.5 1.8 0.4 1 24.8

* Les Ti représentent les temps de concentration calculés pour chaque pente par la formule II-19.

201
ANNEXE 2

Récapitulatif des coefficients de Montana pour le 23 stations pluviométriques de Tensift


Coefficients Périodes de retour [an]
Station
de Montana 2 5 10 20 50 100
b (pente) 0.792 0.797 0.799 0.800 0.802 0.802
ABADLA
a 1.070 1.466 1.729 1.980 2.306 2.550
b 0.706 0.707 0.707 0.708 0.708 0.708
ADAMNA
a 1.817 2.684 3.258 3.809 4.522 5.056
b 0.778 0.770 0.767 0.764 0.761 0.760
AGUBALOU
a 2.152 2.661 2.998 3.322 3.740 4.054
b 0.796 0.810 0.816 0.820 0.824 0.826
CHICHAOUA
a 1.145 1.604 1.908 2.200 2.577 2.860
b 0.744 0.706 0.690 0.680 0.670 0.664
IGROUNZAR
a 2.085 2.944 3.510 4.052 4.754 5.279
b 0.778 0.768 0.763 0.760 0.757 0.755
IGUIR N'KOURIS
a 1.376 1.854 2.171 2.475 2.868 3.163
b 0.817 0.786 0.773 0.764 0.755 0.749
ILOUDJANE
a 1.716 2.180 2.488 2.785 3.168 3.456
b 0.775 0.801 0.812 0.821 0.828 0.833
IMINE EL HAMMAM
a 1.639 2.222 2.608 2.979 3.459 3.818
b 0.828 0.787 0.770 0.757 0.745 0.737
SIDI BOU OTHMANE
a 1.660 2.114 2.415 2.704 3.079 3.360
b 0.786 0.830 0.849 0.862 0.875 0.882
SIDI RAHAL
a 1.581 2.223 2.648 3.056 3.585 3.981
b 0.799 0.867 0.891 0.906 0.920 0.927
TAFERIAT
a 1.698 2.794 3.520 4.216 5.117 5.793
b 0.748 0.712 0.696 0.685 0.673 0.666
TAHANAOUT
a 1.569 1.975 2.244 2.503 2.837 3.088
b 0.738 0.725 0.719 0.716 0.712 0.710
TALMEST
a 1.761 2.441 2.891 3.322 3.881 4.300
b 0.865 0.903 0.914 0.921 0.927 0.930
MARRAKECH
a 1.470 2.637 3.410 4.151 5.111 5.830
b 0.810 0.810 0.809 0.809 0.809 0.809
LALLA TAKERKOUST
a 1.378 1.966 2.355 2.728 3.212 3.574
b 0.827 0.820 0.818 0.816 0.814 0.814
TAZITOUNT
a 2.308 3.315 3.982 4.621 5.448 6.068
b 0.788 0.700 0.662 0.634 0.606 0.589
SIDI HSAIN
a 1.798 2.191 2.454 2.706 3.034 3.280
b 0.837 0.907 0.930 0.944 0.957 0.964
AMENZAL
a 1.836 3.173 4.059 4.909 6.010 6.835
b 0.804 0.849 0.866 0.876 0.886 0.892
ARMED
a 1.766 2.789 3.467 4.117 4.959 5.590

202
ANNEXE 2

b 0.736 0.692 0.672 0.658 0.643 0.635


IGOUZOULEN
a 1.802 2.209 2.479 2.739 3.075 3.327
b 0.796 0.781 0.776 0.772 0.769 0.767
AGOUNS
a 1.144 1.768 2.180 2.576 3.088 3.472
b 0.744 0.772 0.782 0.789 0.796 0.799
TOURCHT
a 1.999 3.018 3.693 4.340 5.178 5.806
b 0.830 0.859 0.869 0.876 0.883 0.886
TOUIRDIOU
a 1.404 2.167 2.672 3.157 3.784 4.255

203
ANNEXE 3

Tableau 1: Quantiles calculées pour différentes périodes de retour par l'étude statistique (HyfranPlus).
Débit de crue de projet Qmax(T) (m3/s)
Station
2ans IC 95% 5ans IC 95% 10ans IC 95% 20ans IC 95% 50ans IC 95% 100ans IC 95% 200ans IC 95% 1000ans IC 95%
69.26 - 142.5 - 197.9 - 253.8 - 327.8 - 382.5 – 434.6 - 535.7 -
Taferiat (Log Normal 2p) 97.29 214.7 324.9 457.4 672.1 868.6 1098 1782
125.3 286.9 452.0 661.0 1016 1355 1762 3028
66.46– 103.90 - 216.53 - 279.06 - 351.96 - 393.46 - 416.38 -
Aghbalou (Log Normal 2p) 104.6 264.5 429.6 641.1 1006 1358.3 1787.8 3150.4 ND
142.87 232.37 642.56 1003.1 1659.9 2323.1 3159.3
128.08 - 301.75 - 427.37 - 507.34 -
Adamna (Log Pearson III) 213.3 530.3 844.9 1236 1888 ND 2499.9 ND 3226.3 ND 5427.9 ND
298.59 758.86 1262.4 1964.2
21.29 - 51.31 - 75.81 - 101.0 - 133.3 - 154.9 - 171.7 - 175.9 -
Tahannaout (Log Normal 2p) 32.76 86.77 144.4 220 353.2 484.2 646.3 1172
44.23 122.2 213.1 339.0 573.1 813.5 1121 2168
66.141 - 195.22 - 285.94 - 372.38 - 482.54 - 563.83 - 643.88 - 826.48 -
IguirNkouris (Gamma) 124.1 329.2 492.8 659.8 884.1 1055.4 1227.8 1631
182.03 463.26 699.58 947.30 1285.6 1547.0 1811.7 2435.6
113.39 - 331.50 - 488.68 - 640.59 - 836.36 - 981.92 - 1126.0 - 1456.5 -
Imin El Hamam (Gamma) 195 521.2 782.1 1049 1407 1681.2 1957 2602.3
276.53 710.97 1075.5 1457.2 1978.2 2380.6 2788.1 3748.2
0.7218 - 13.05 - 21.65 - 29.08 - 37.64 - 43.47 - 48.92 - 60.55 -
Sidi Hsain (Gamma) 12.39 49.94 84.98 123 176 217.5 260 360.8
24.06 86.84 148.3 216.9 314.4 391.6 471.0 661.0
177.91 - 375.05 - 491.42 - 589.23 - 699.10 - 771.57 - 837.00 - 968.32 -
Abadla (Weibull) 261 514.7 687 849.3 1053 1201.3 1345 1665.7
344.02 654.31 882.51 1109.4 1407.3 1630.9 1853.0 2363.1
20.248 - 79.840 - 124.62 - 168.12 - 224.29 - 266.11 - 307.53 - 402.67 -
Igrounzar (Gamma) 47.69 152.9 243.1 337.9 467.6 567.9 669.58 909.4
75.139 226.04 361.64 507.73 710.89 869.69 1031.6 1416.1
17.42 - 96.12 - 153.4 - 206.8 - 273.4 - 321.8 – 368.9 - 475.3 -
Sidi BouOthmane (Gamma) 70.25 246.7 403.2 569.8 799.6 978.3 1160 1590
123.1 397.3 653.1 932.8 1326 1635 1951 2705
76.60 - 203.6 - 331.6 - 470.7 - 664.7 - 816.4 – 971.0 - 1338 -
Chichaoua (Pearson type III) 115.3 352.2 551.7 759.8 1043 1262 1483 2004
154.1 500.8 771.7 1049 1422 1707 1995 2670
25.63 - 59.01 - 103.4 - 153.8 - 225.9 - 283.1 - 341.8 - 482.3 -
Iloudjane (Pearson type III) 33.78 117.5 191.6 270.5 379.2 463.7 549.6 752.9
41.92 176.0 279.8 387.1 532.4 644.3 757.4 1024
85.12 - 196.2 - 280.0 - 363.7 - 474.3 - 558.0 – 641.6 - 835.8 -
Sidi Rahhal (Exponentielle) 123 284.1 406 527.9 689.1 811 932.9 1216
160.9 372.0 532.1 692.2 903.8 1064 1224 1596
194.75 - 405.68 - 564.44 - 723.04 - 932.59 - 1091.1 - 1249.5 - 1617.5 -
Talmest (Exponentielle) 277.7 598.2 840.6 1083 1404 1646 1888.4 2451.3
360.72 790.74 1116.8 1443.1 1874.5 2200.9 2527.3 3285.2
95.13 - 213.5 - 302.4 - 391.3 - 508.7 - 597.4 – 686.2 - 892.2 -
Zelten (Exponentielle) 146.6 332.9 473.8 614.8 801.1 942 1083 1410
198.1 452.3 645.2 838.2 1093 1287 1480 1928

204
ANNEXE 3

Tableau 2: Débits de crues de projet calculées par la loi Gumbel pour différentes périodes de retour

Station Débit de crue de projet Qmax(T) (m3/s) calculé par la loi Gumbel
2ans IC 95% 5ans IC 95% 10ans IC 95% 20ans IC 95% 50ans IC 95% 100ans IC 95% 200ans IC 95% 1000ans IC 95%
80.9 - 186.1 - 249.9 - 309.7 - 386.2 - 443.1 - 499.7 - 630.3 -
Taferiat 123.7
166.4
258.1
330.1
347.1
444.4
432.5
555.4
543
699.9
625.9
808.6
708.4
917.1
899.5
1169
75.8 - 242.7 - 342.91 - 436.5 - 556.1 - 645.1 - 733.5 - 937.5 -
Aghbalou 150.9
226.1
369.3
495.8
513.8
684.7
652.44
868.3
831.9
1107.6
966.3
1287.6
1100.3
1467.2
1410.7
1883.9
780.14 1273.5
179.8 - 457.9 - 624.5 - 978.8 - 1126.7 - 1612.3 -
Adamna 307.4
435.0
672.8
887.6
914.7
1204.9
1146.7 - 1447.1
1915.3
1672.1
2217.6
1896.4 - 2415.8
3219.4
1513.3 2519.3
16.7 - 93.9 - 140.9 - 184.9 - 241.1 – 283 - 324.7 - 420.8 -
Tahannaout 47.6
78.5
146
198.1
211.2
281.5
273.7
362.5
354.6
468
415.2
547.4
475.6
626.5
615.5
810.2
749.85
70.8 - 245.0 - 348.49 - 444.8 - 567.8 - 659.1 - 959.0 -
IguirNkouris 157.6 244.5
391.4
537.6
546.1
743.7
694.5
944.1
886.6
1205.4
1030.6
1401.9
1174 - 1506.2
2053.4
1598.1
1183.5
Imin El 143.0 - 405.7 - 564.14 - 712.5 - 902.1 - 1043.3 - 1507.2 -
255.1 594.4 819.0 1034.5 1313.4 1522.4 1730.6 - 2213
Hamam 367.2 783.1 1073.9 1356.5 1724.7 2001.5 2918.8
2277.8
-11.4– 28.0 - 49.91 - 69.9 - 95.1 - 113.8 - 132.2 - 174.6 -
Sidi Hsain 19.4
215
79.9
494.3
120
690
158.4
880.4
208.2
1128
245.5
1315
282.6
1501
368.7
1933
22.6 - 30.5 - 35.3 - 39.7 - 45.5 - 49.8 - 54 -
Abadla 25.7
28.9
35.8
41.1
42.4
49.6
48.8
57.9
57.1
68.6
63.2
76.7
69.4
84.8
83.7 63.8 - 104
22.3– 169.7 - 220.7 - 285.76 - 334.1 - 382.0 - 492.7 -
Igrounzar 69.5
215
194.4 114.9 277.1
690
356.4
880.4
459
1128
535.9
1315
612.5
1501
790.05
1933
Sidi 23.6 - 159.3 - 236.9 - 308.3 – 398.9 - 466 - 532.5 - 685.6 -
113.4 310.5 441 566.2 728.2 849.6 970.6 1251
BouOthmane 203.1 461.6 645.1 824 1058 1233 1409 1816
57.5– 229.1- 331.9 - 427.9 - 550.6 - 641.8 - 732.4 - 941.4 -
Chichaoua 136.2
215
361.7
494.3
511
690
654.2
880.4
839.5
1128
978.4
1315
1117
1501
1437
1933
3.2 - 68.5 - 107.1 - 143 - 188.8 - 222.9 - 256.7 - 334.6 -
Iloudjane 36.5
69.7
124.5
180.5
182.7
258.3
238.6
334.1
310.9
432.9
365
507.2
419
581.4
544.1
753.5
111.6 - 212 - 272.7 - 329.6 - 402.4 - 456.6 - 510.5 - 634.8 -
Sidi Rahhal 153
194.5
281.7
351.5
366.9
461.2
448.7
567.7
554.5
706.5
633.8
810.9
712.7
915
895.7
1157
1040.5
239.4 - 443.6 - 565.6 - 679.5 - 824.9 - 933.1 - 1288.4 -
Talmest 334.9
430.4
604.4
765.2
782.8
1000.1
953.9
1228.4
1175.5
1526
1341.4
1749.7
1506.8 - 1889.9
2491.5
1973.1
108.6 - 240.6 - 318.6 - 391.4 - 484.1 - 552.9 - 621.3 - 779 -
Zelten 175.9
243.2
353.9
467.2
471.7
624.7
584.7
778
731
977.9
840.6
1128
949.8
1278
1203
1627
205
ANNEXE 4

Résultats et cartes de modélisation du coefficient a de Montana


pour les périodes de retour 2ans, 5ans, 20ans et 100ans

• Pour la période de retour de 2ans :

Figure 1: Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T=2ans

Figure 2 : résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période de


retour de 2ans

206
ANNEXE 4

Figure 3 : carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour T=2ans

La carte de modélisation du coefficient a de Montana pour la période de retour 2ans


montre qu’il augmente du Nord vers le sud, en allant du centre vers la périphérie du bassin
de la valeur 1,07 à 1,739.

Figure 4 : carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du paramètre a de Montana
pour T=2ans

207
ANNEXE 4

Les erreurs standards de prédiction augmentent de la zone ayant une grande densité de
stations pluviométriques vers la zone la moins dense d’une valeur minimale de 9.9% à une
valeur maximale de 19.9%.
• Pour la période de retour T = 5ans :

Figure 5 : Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T=5ans

Figure 6 : résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période de


retour de T=5ans

208
ANNEXE 4

Figure 7 : carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour T=5ans

La carte de modélisation du coefficient a de Montana pour la période de retour 5ans


montre que les valeurs augmentent du Nord vers le sud, en allant du centre vers la
périphérie du bassin de la valeur 1,857 à 2,71.

Figure 8 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs a de Montana pour T=5ans

209
ANNEXE 4

Les erreurs standards de prédiction augmentent de la zone ayant une grande densité de
stations pluviométriques vers la zone la moins dense d’une valeur minimale de 16.8% à une
valeur maximale de 35.3%.
• Pour la période de retour T = 20ans :

Figure 9 : Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T= 20ans

Figure10: résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période de


retour de T= 20ans

210
ANNEXE 4

Figure 11: carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour T=
20ans

La carte de modélisation du coefficient a de Montana pour la période de retour 20ans


montre que les valeurs augmentent du Nord vers le Sud, en allant du centre vers la l’Est et
l’Ouest du bassin de la valeur 2,488 à 3,816.

Figure 12 : Carte des erreurs standards de prédiction des valeurs a de Montana pour T= 20ans

211
ANNEXE 4

Les erreurs standards de prédiction augmentent de la zone ayant une grande densité de
stations pluviométriques vers la zone la moins dense d’une valeur minimale de 28.2% à une
valeur maximale de 58.4%.
• Pour la période de retour T = 100ans :

Figure 13 : Semivariogramme pour le paramètre a de Montana pour T=100ans

Figure 14 : résultats de la validation croisée du coefficient a de Montana pour une période de


retour de 100ans

212
ANNEXE 4

Figure 15 : carte des résultats de krigeage des valeurs du paramètre a de Montana pour
T=100ans

La carte de modélisation du coefficient a de Montana pour la période de retour 100ans


montre que les valeurs augmentent du Nord vers le Sud, en allant du centre vers la l’Est et
l’ouest du bassin de la valeur 2,897 à 4,934.

Figure 16: carte des erreurs standards de prédiction des valeurs du paramètre a de Montana
pour t=100ans

Les erreurs standards de prédiction augmentent de la zone ayant une grande densité de
stations pluviométriques vers la zone la moins dense d’une valeur minimale de 36% à une
valeur maximale de 74.5%.

213
ANNEXE 5

Figure 1 : Diagramme de dimensionnement des ponceaux

214
ANNEXE 5

Figure 2 : Diagramme de dimensionnement des petits ponts

215