Vous êtes sur la page 1sur 7

Compensation de puissance réactive

Le transport de la puissance réactive par les lignes électriques


cause des pertes, une diminution de la stabilité du réseau et une
chute de tension à son extrémité. Afin d'éviter cela, de la
compensation de puissance réactive, série ou shunt selon les
cas, est utilisée pour limiter ce transport de puissance réactive.
Différents appareils électriques peuvent servir à réaliser cette
compensation : machines synchrones, batteries de
condensateurs, inductance ou FACTS. On distingue les
compensations passives, qui fonctionnent en tout ou rien et
celles actives qui sont graduelles.
Illustration de la compensation électriques sur une
lignes haute tension

Sommaire
Puissance active et réactive dans une ligne
électrique sans perte
Problème initial
Chute de tension
Principe de la compensation
Valeur de la compensation
Consommateurs de puissance réactive
Producteurs de puissance réactive
En pratique
Voir aussi
Bibliographie
Notes et références

Puissance active et réactive dans une ligne électrique sans perte


Les puissances active P et réactive Q transportées dans une ligne électrique en courant alternatif s'expriment comme suit pour une
1
ligne sans perte :

Où U1 et U2 sont les tensions aux bornes de la ligne, X la réactance de la ligne, δ est l'angle de transport. En résumé, 3 paramètres
2
sont importants : l'amplitude des tensions, l'angle de transport et l'impédance. Pour les réseaux en courant alternatif, le contrôle lie la
3
puissance active à la fréquence d'une part, et la puissance réactive au contrôle de la tension de l'autre.
Problème initial

Chute de tension
Les lignes électriques constituant le réseau n'étant pas parfaites, la tension proche de la charge, les
consommateurs, est plus faible que celle proche de la production, la centrale électrique. Si on considère
4
une ligne constituée d'éléments uniquement résistifs et inductifs, la chute de tension vaut:

Où Rligne est la résistance de la ligne, Xligne sa réactance (qui est également égale à Lligneω avec Lligne
l'inductance de la ligne, et ω la pulsation du réseau), I le courant la traversant et le déphasage entre le
courant et la tension.
5
On peut également écrire que

Chute de tension
d'une ligne Où P2 est la puissance active transportée, Q2 la puissance réactive et U2 la tension proche de la charge.
modélisée par
une résistance R
et une inductance
X

D'où

par Mr Riom

5
La chute de tension dépend donc à la fois de la puissance active et réactive.
6
Toutefois la résistance de la ligne étant bien plus petite que son inductance, l'expression peut êtreimplifiée
s :

Le transfert de puissance active crée une chute de tension en quadrature avec U1, la tension proche de la production. Si l’on suppose,
comme c’est le cas en pratique, que ||U2 - U1|| est faible devant U1, on peut conclure que le transport de puissance active induit
principalement un déphasage des tensions. Le transfert de puissance réactive crée une chute de tension en phase avec U1. On peut en
6
conclure que le transport de puissance réactive induit principalement une chute des (modules des) tensions
.

En général plus la puissance qui transite est élevée, plus cette chute de tension est importante. Autrement dit, sans réglage, en cas de
forte charge électrique, la tension sera plus basse qu'en cas de faible charge. Le contrôle de cette chute de tension est essentiel pour le
7
pilotage du réseau électrique, il doit la maintenir dans un intervalle ± 10 % environ . Une surtension est dangereuse pour l'isolation
diélectrique des matériels, une sous-tension oblige une augmentation du courant transitant pour maintenir la puissance constante et
8
peuvent mener à un écroulement du réseau.
Relation tension puissance sans approximation
Si on note U les tensions, I les courants, indicé 1 pour l'entrée de la ligne, proche de
la production, et 2 à la sortie de la ligne, proche de la charge, une ligne électrique
modélisée par un modèle en Pi a ses différentes caractéristiques électriques liées par
l'équation suivante :

Où l est la longueur de la ligne, la vitesse de phase (voir article angle de transport


pour la transition), Zw l'impédance de la ligne.
Relation entre puissance réactive,
active et tensions
Pour une ligne sans perte la formule se simplifie en :

6 9
Pour une ligne adaptée la puissance active transportable, appelée « puissance naturelle » ou « puissance virtuelle de la ligne » , est

égale à :

Note dans ce cas :

Au point 2 la puissance active et réactive consommées par la char


ge Z sont notées P2 et Q2. On a

D'après les équations matricielles :

Dans le cas où la puissance réactive transportée Q2 est égale à la puissance naturelle, la chute de tension |U1|-|U2|
peut rapidement devenir grande.

La circulation de puissance réactive provoque également des surcharges au niveau des transformateurs de puissance, l'échauffement
10 11
des câbles d'alimentation et des pertes . En effet les pertes des lignes électriques sont égales à :

Où l est la longueur de la ligne, P la puissance active transportée, la conductivité du conducteur, U la tension entre phases, A la
section du conducteur et le facteur de puissance.
2
Il convient donc de limiter le transport de puissance réactive pour utiliser le réseau au maximum de ses capacités . Autrement dit de
12
produire la puissance réactive là où elle est consommée .
Principe de la compensation
Quand la puissance active transportée par une ligne n'est pas égale à la puissance
naturelle, un excès ou un manque de puissance réactive se crée. Cette puissance
réactive doit être transportée par la ligne, limitant sa capacité à transporter de la
13
puissance active, il convient donc de la limiter au maximum .

Si la puissance active transportée est trop faible, autrement dit si la ligne a un


comportement trop capacitif, typiquement pour un câble, deux possibilités se
proposent pour rétablir un comportement neutre pour la puissance réactive : soit
augmenter l'inductance série de la ligne soit diminuer la capacité shunt de celle-ci.
La première solution pose le problème d'augmenter l'angle de transport : il est égal à
, avec ω la pulsation du réseau, ce qui diminue la stabilité du
réseau. La solution privilégiée est donc de diminuer la capacitance shunt en
13 Principe de la compensation série
connectant une bobine en parallèle à la ligne. On parle de compensation shunt .

De même si la puissance active transportée est trop élevée, autrement dit si la ligne a
un comportement trop inductif, pour les longues lignes aériennes typiquement, 2 possibilités se proposent également : augmenter la
capacité en parallèle ou diminuer l'inductance. Pour les mêmes raisons de stabilité que précédemment, la diminution des paramètres
13
est à privilégier. On parle de compensation série .

Valeur de la compensation
La puissance réactive consommée par une inductance L traversée par un courant I dans un système triphasé de
pulsation ω est :

La puissance réactive produite par une capacité C ayant à ses bornes la tension U, dans un système triphasé est :

13
Dans le cas d'une compensation parallèle, on définit pk le coefficient de compensation comme suit :

D'où

13
Pour la compensation série :
Consommateurs de puissance réactive
10
Les principaux consommateurs de puissance réactive en dehors des lignes elles-mêmes sont :

les moteurs asynchrones ordinaires ;


les lampes à ballast magnétiques à fluorescence ou à décharge ;
les fours à induction et à arc ;
les machines à souder ;
14
les stations à courant continu LCC .

Producteurs de puissance réactive


Les principaux producteurs de puissance réactive sont les câbles électriques. Les installations à courant continu VSC, les FACTS et
les moteurs/générateurs synchrones peuvent également en produire mais sont réglables, ils ne posent donc pas de problème et ne
nécessitent normalement pas de compensation.

En pratique
Les générateurs électriques produisent de la puissance réactive, toutefois leur apport n'est pas assez important dans les réseaux
15
actuels . Différents appareils électriques sont utilisés pour réaliser de la compensation électrique : machines synchrones, batteries de
16
condensateurs et les inductances, FACTS . On distingue les compensations passives, qui fonctionnent en tout ou rien et les
17
compensations actives qui sont graduelles .
16
La machine synchrone était auparavant la plus utilisée mais sa vitesse de réaction est assez lente et demande un entretien important.

Les bobines statiques ont le défaut d'être lourdes et coûteuses. Les capacités sont au contraire relativement peu chères. Elles apportent
en revanche de la puissance réactive par étages, c'est-à-dire en suivant une fonction escalier. Leur connexion ou déconnexion est
commandées par des disjoncteurs. Ils sont réglables et produisent peu de pertes. Elles sont adaptées au variation de consommation de
puissance réactive lente, mais pas pour les défauts. Ils peuvent être installés dans les postes THT/HT, mais également dans les postes
HT/MT. Dans ce dernier cas, leur dimensionnement doit correspondre à la charge locale et à sa consommation en puissance
18
réactive .

L'usage d'électronique de puissance permet de réaliser la compensation de manière plus économique. Ainsi les compensateurs
statiques sont constitués par l’ensemble de condensateurs et d’inductances commandées par thyristors, montés en tête-bêche dans
chaque phase. Chacun d’entre eux étant ainsi conducteur pendant une demi- période. La puissance réactive absorbée par l’inductance
18
varie en contrôlant la valeur efficace du courant qui la traverse par action sur l’angle d’amorçage des thyristors . On parle de
19, 16 20
FACTS (« Flexible AC Transmission system ») . Ils sont apparus dans les années 1970 . Les FACTS ont l'avantage d'être à la
21
fois flexibles et rapides, permettant ainsi d'amortir les oscillations dans le réseau .
22
Les stations des lignes à courant continudite en « source de tension » peuvent également produire de la puissance réactive ..

Les transformateurs déphaseursn'influent pas sur la puissance réactive et ne sont donc pas des compensations. Ils influent par contre
23
sur le transfert de puissance active, tout comme les A
F CTS .

Voir aussi
Puissance en régime alternatif
Facteur de puissance
Compensateur synchrone
FACTS
Filtre anti-harmonique
Réactance shunt
Bibliographie
(en) Wolfgang Hoffman, Jürgen Schlabbach et Wolfgang Just, Reactive power compensation : a practical guide
,
Chichester, Wiley, 2012 (ISBN 978-0-470-97718-7, lire en ligne)
(en) Damian Obioma Dike, Index based reactive power compensation scheme for power regulation
(lire en ligne)
Rachida Haimour, Contrôle des Puissances Réactives et des T
ensions par les Dispositifs FACTS dans un Réseau
Électrique, Ecole Normale Supérieure de l’Enseignement e
Tchnologique d’Oran, 2009 (lire en ligne)
(de) Joseph Kindersberger, Grundlagen der Hochspannungs- und Energieübertragungstechnik , TU Munich, 2009

Notes et références
1. Haimour 2009, p. 36
2. Dike, p. 2-6
3. Haimour 2009
4. Hoffman, Schlabbach et Just 2012, p. 28
5. (en) S. Sivanagaraju et G. Sreenivasan, Power System operation and control, Dorling Kindersley, 2010
(ISBN 978-81-317-2662-4, lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=9GkhHY orvDAC&pg=PA363&dq=compens
ation+r%C3%A9active&hl=fr&sa=X&ei=Yx79UIOpLsKR4A TIh4GACg&ved=0CGEQ6AEwCQ#v=onepage&q=compen
sation%20r%C3%A9active&f=false)), p. 363
6. Thierry Van Cutsem, Analyse et fonctionnement des systèmes d'énergie électrique , université de liège, 2012 (lire en
ligne (http://www.montefiore.ulg.ac.be/~vct/elec029/elec029.pdf))
7. Haimour 2009, p. 11
8. Haimour 2009, p. 28
9. Haimour 2009, p. 40
10. « La compensation de l’énergie réactive» (http://www.intersections.schneider-electric.fr/stock_images/telec/1/n3/GT1
6_CER.pdf) (consulté le 21 janvier 2013)
11. Hoffman, Schlabbach et Just 2012, p. 24
12. Haimour 2009, p. 16
13. Kindersberger 2009, p. 242
14. Cigré 492 2012, p. 14
15. Haimour 2009, p. 17
16. Hansruedi Bühler, Réglage de systèmes d'électronique de puissance , presses polytechniques et universitaires
romandes, 1999 (ISBN 2-88074-397-4, lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=Br8MBtcd2hQC&pg=P A8&dq=
compensation+r%C3%A9active&hl=fr&sa=X&ei=Yx79UIOpLsKR4A TIh4GACg&ved=0CDYQ6AEwAQ#v=onepage&q
=compensation%20r%C3%A9active&f=false)), p. 9
17. Haimour 2009, p. 37
18. Haimour 2009, p. 18
19. (en) Reactive power management, New Delhi, Tata McGraw Hill, 2004 (ISBN 978-0-07-050303-8, lire en ligne (http
s://books.google.fr/books?id=tm7vGykaA_IC&pg=P A490&dq=compensation+r%C3%A9active&hl=fr&sa=X&ei=3Tb9
UM3wNIHl4QSWvoGIDw&ved=0CDgQ6AEwA TgK))
20. Haimour 2009, p. 60
21. Haimour 2009, p. 35
22. (en) Groupe de travail B4.46, Voltage Source Converter (VSC) HVDC for P ower Transmission – Economic Aspects
and Comparison with other AC and DC T echnologies, Cigré, coll. « Brochure », avril 2012, chap. 492, p. 23
23. Théodore Wildi, Electrotechnique, Deboeck, 2003 (lire en ligne (https://books.google.fr/books?id=SBKT oRtUXtkC&pg
=PA995&dq=compensation+r%C3%A9active&hl=fr&sa=X&ei=Yx79UIOpLsKR4ATIh4GACg&ved=0CEYQ6AEwBA#v
=onepage&q=compensation%20r%C3%A9active&f=false) )

Ce document provient de «https://fr.wikipedia.org/w/index.php?


title=Compensation_de_puissance_réactive&oldid=144725877».

La dernière modification de cette page a été faite le 22 janvier 2018 à 11:00.

Droit d'auteur : les textes sont disponibles souslicence Creative Commons attribution, partage dans les mêmes
conditions ; d’autres conditions peuvent s’appliquer . Voyez les conditions d’utilisation pour plus de détails, ainsi que les
crédits graphiques. En cas de réutilisation des textes de cette page, voyezcomment citer les auteurs et mentionner la
licence.
Wikipedia® est une marque déposée de laWikimedia Foundation, Inc., organisation de bienfaisance régie par le
paragraphe 501(c)(3) du code fiscal des États-Unis.

Vous aimerez peut-être aussi