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LES

AUTEURS GRECS

EXPLIQUËS D APRÊS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTÎONS FRANÇAISES

L L'XE LITTERALE

ET JUX FALlNÉAmE IRÉSENTANT LE MOT A MOT FRANÇAIS

' Ex REGARD mas mors (macs connesmxmms L AUTRE comme : ET PRECÉDÉE DU TEXTE GREC

avec des arguments et des notes

PAR UNE SOCIÉTÉ DE PROFESSEURS

ET DE SAVANTS

I _

ESCHYLE

\

a CEAUX CHOISIS

PARIS

LIBRAHUE HACHETTE ET Ch

79, BOULEVARD SAINT GERMAIN. 79

-

1883

AVIS

RELATIF A LA TRADUCTION JUXTÀLINÉAIRE

On a réuni par des traits les mots français qui traduisent un seul

mot grec.

On a imprimé en italique les mots qu il était nécessaire d'ajouter

pour rendre intelligible la traduction littérale, et qui n ont pas leur

équivalent dans le grec.

'

En n, les mots placés entre parenthèses doivent être considérés

comme une seconde explication, plus intelligible que la version

littérale.

MORCEAUX CHOISIS

D ESCH-YLE

ARGUMENT ANALYTIQUE

DE PROMÊTHÊE ENCHAINÉ

Le Titan Prométhéc avait dérobé le feu du ciel pour l apporter aux humains. Zeus (Jupiter) irrité contre lui le fait enchaîner sur le Caucase dans les déserts de la Scythie. La tragédie s ouvre' par ce supplice. On voit Pouvoir (Kpoi-coç) et Force (Bloc) traîner Prométhée vers le rocher où Hephaestos (Vulcain) doit l attacher. Prométhèe, jusque-là, n a proféré aucune plainte; après le départ de sesbourreaux, il rompt. le silence et prend le ciel et la terre à témoin de ce qu il

2

ARGUMENT ANALYTIQUE

souffre et de l injustice du nouveau maître du.

ciel. A sa voix accourent les lles 'd Océan :qui ' composeront le Ch ur. Le vieil Océan vient aussi ; il engage Prométhée à se soumettre, à ne point irriter Zeus par des discours hautains. Prométhée repousse dédaigneusement ces timides conseils. Océan parti, le Ch ur déplore les rigueurs du

nouveau règne.

.Prométhée, à son tour, énumère

les bienfaits qu il a répandus sur les humains. Le Ch ur reprend la parole et proclame qu il n y a de sécurité et de bonheur que dans la soumission à Zeus. Tout à 00up paraît une jeune femme emportée

dans une

course folle sous l aiguillon du taon qui

la harcèle. C est 10, la fille d Inachos victime de l amour de Zeus, et poursuivie par la jalousie de

Héra ('Junon). A

raconte ses malheurs. Prométhée lui prédit qu aprës avoir parcouru de nouvelles contrées, elle trouvera '

la demande des Océanid es, elle

le repos en Égypte et mettra au monde un ls qui

sera son libérateur à lui Prométhée. Elle reprend sa course vagabonde, et Promé'thé'e annonce que Z'eus tombera bientôt et qu il" rie pourrait" être préservé de sa chute que par la révélation d un secret dont Prométhée aseul connaissance.

DE PROMÉTHÉE ENCHAINÉ.

3

Le dieu entend du haut de l Olympe cette pré

diction menaçante. Il dépêche Hermès (Mercure),

qui'somme Prométhiée de s expliquer. Celui-ci

raille le messager de Zeus et brave de nou velles rigueurs. Vainement les Océanides le sup

plient de parler; il .reste. inébranlable. La foudre tombe sur le Caucase, et Prométhée est englouti

avec son rocher, en protestant contre l injustice

qui l opprime.

,HPOMnenrz

AEEMQTHE

I. LE SUPPLICE DE PROMËTHÉE.

(Vers 4-87.)

KPATOE.

X ovb; u sv si; mÀoupov ñxopsv Tréôov 1, Exùônv à; oïuov, äôpo-rov stç épnutav.

"Hcpata'ts, 60 ; 8% xp-i pékaw èmarolàç é'zç cou mar-hp ézpsl'ro, T0'V68 wpb; né'rpatç ù'îb'qkoxp pvmç 16v Àswpyôv ôxpdcm ' dôauavrivwv 9 ôsauüv év o zpp xronç néôatç.

Tb Gbv yàp ävôoç, navréxvou mpèç oéÀaç, Gvn'roïat Mégbaç Côîta v ' ronäaôé 1:01. àpap'rtaç ocpe ôaï esoîç ôoüvou. ôix'qv, (b; (iv ôiôaxô n T) Atèç 'cupawiôoc

GTÉPYELV, cptkavegtbnou 8è moût :600 Tpônou.

H AIZTOE.

Kpo zroç Bloc 1a, atpcpv u sv {Ev-wk?) At

POUVOIR. Du monde, c est là où tout nit, à l entrée des steppes de Scythie, à cet escarpement désert, où jamais d'un mortel le pied ne se pose. Nous y sommes en n arrivés. A toi maintenant, Hephæstos, de songer à la mission que tu as reçue de ton père. Sur ce me perdu, dont la tête hautaine menace l abîme, à toi d attacher ce criminel infâme aux chaînes de fer,

V aux entraves que rien ne peut briser. N'est-ce pas d ailleurs ta prérogative, àtoi, ce fep créateur, cet éclair qu'il a volé, pour en doter les mortels? Ce crime de lèse-divinité, il le doit expier, et apprendre qu'il est irrviolable, le despotisme de Zeus, que de telles eomplaisances philanthropiques on se doit abstenir. HEPHÆSTOS. Pouvoir et toi Force, pour vous du moins les

PROMÉTHÉE

'ENCHAI

1. LE SUPPLICE DE PROMÉTHÉE.

KPATOE. "Hxopsv pèv si; néôov mloupôv ZOovàç,

è; DIP-0V Zx-Jonv,

si; êpnwfcw äôporav. Xp'h ôé 00:, "ll I ïlGîE,

yéAt zw ému-tokàç

ä; mar-hp éçe üo not, 6X14da<zl rävôe 16v As pyàv

npàç nérpou; üilmloxpñpvotç

'

POUVOIR. Nous sommes arrivés d'une part

sur le sol lointain de cette terre, dans la contrée scythique, dans une solitude déserte.

D autre part il faut qu à toi, lie-

soient-à-c ur les ordres [pllæstos, que le père a imposés à toi,

d enchaîner ce malfaitcur

à des rocs escarpés

âv téômç

dans des entrayes

âpp xtoz;

.

qu'on-ne-peut-rompre

ôeapc ûv ùôap rrivwv.

de liens d'-acier.

Kléllmç yàp

Car ayant dérobé

1:6 côv &veoç, Gila; mp6;

ta eur (ton attribut principal), la splendeur du fou

wav'réxvou,

quiàcrée-tous-les-arts,

d'nraae Ovnroïm.

il l'a communiquée aux mortels.

Aaï toi

Il faut donc

capa ôoüvau ôïxnv 050T;

lui donner satisfaction aux dieux_

rotäaôa àpup riag,

d

un tel crime,

du; ôtôaxoñ âv a'répysw

a n-qn il apprenne à se-rc signcr

rhv wpavvlôq Auk,

1m'5500m ôè

rpo'rrou mlowepu'mou. v

H AIXTOE. X'pcïw pèv,

Kpdtoç Bio: ra, évroA-h A16;

'

au pouvoir-suprême de Jupiter, et à mettre-un-terme

à sa conduite philanthropique.

IIEPIIÆSTOS. Pour vous d une

Pouvoir et Force, [part,

l ordre de Jupiter

HPOMHGEÏ'X AEÉMQTHE.

ËXEL réloç ô}, xoüô sv âynroôc w è'n ' éyzb ô &rokuôç stuc auyyav?) 026v ôñeat Big: (polpayyt npàç ôuaxstyépqa.

Ho wrwç ô o cvo zywq rai/5 pot réluav axaesî» '

sùwpLdÇaw yàp 11mph; Myou; {30:915. T7]; 6990606101.) Oz'y og aimprîjm watt,

äzowo t 0 äxwv ôuaÀt notç Xakxsüttaaw

npoanaaaaÀzüaw TCÿô änavôpémp m'zycp,

W 0615 gowv v oü ca TOU yopcpñv Q9016»!

Ô'zl t, amôswbç 6 'iWou (90667; cpÀoyi

xpotäç àpætnlæstç äv oç' o wyévq) ôé ont

'l) 'nomkeigwv vùE dnroxp'ôqaat goo wç, mixwp 6 ëcÿav ñÀLoç'axaôôjc mihv '

d l 6è mû

napo'vroç âxônôcbv xaxoü

1960a. a ' ô Àwcp awv vàp où nécpuxé 1m . Tomü'r êmüpoo 1:05 (pùavepénov _Tpä1rou. Gab; 0563i! yàp 06X bucm aawv Xäliov

ordres de Zeus nissent ici, de tout vous voilà quittes. Moi, à vrai dire, le c m me manque. Un frère, un dieu, l'attacher à ce roc si rudement battu de l orage! Pourtant force m est bien dc le

prendre sur moi. Désobéir aux ordres de Zeus, chose grave!

(11 se tourne vers Promc'the'e.) - Fils de l intelligente Thémis, génie

contre c ur que, malgré toi, à ces

entraves, je te clouer-ai sur ce pic perdu, où plus jamais ni la voix, ni les traits de l homme n'arriverontjusqu à toi, où brûlée

aux rayons d'un soleil dévorant, se dé orera la peau de ton corps. Quelle joie pour toi, quand, de sa robe bigarrée, la nuit ram-Hera du jour; et puis des fraîcheurs du matin, quand le

8 013,], à son tour, te viendra délivrer! Malheureux, toujours à. Impatienter du présent dans ta mortelle angoisse! Et ton libé

de trop (l idéal, c est bien à

"a

de

tel"- est encore à naître! Voilà ce que tu as gagné à ton amour

l homme. Dieu toi même, des rancunes du ciel tu t'es peu

PROMÉTHÉE ENCHAINÉ.

7

xa 57"; râle; ml oüôèv êyaroôdov En

èyd) ôé aigu

ätokuoç

ôñoai Btq

056v ovyyevñ

npô; çäpawi

ôuoxatuépep. Ho'w'cwç ô s &vdyxn pm

axeôsi'v To'lpow réävôa ' Bap b yàp eùwpm'tÇev '

M'youç narpäg. Haï aimuñm r ñç ôpeoôoükou eéuiôog, äx v npomtaoaaleüaw as äxovm

xakxaüuaat ôuak'nozç tqiôe Troiycp dnavôpo'mtp, 'i'va 0'515 6412i (pwv v

0 315 popqn v TOD Bpotäw, araûswôç ôè

cpkoyl zpoiôn ñMou dualnpziç avec;

xpotäç '

zio pivop ce con

i) WE noml iu v

ànoupüzpsi (peioç, illiäç Te ozaôêî Troïka) näxvnv êqôow ' ciel 6% dxônôibv xanoÿ 1:0'0 napo'uro; as rpéaei '

ô yàp Àcoç o wv

061w étpuzev.

E mp pou raiaüra

to?) 'rpo'rrou cptkavepdnrou.

06 yàp i momñcawv

Bed; Xdkov 656w

a certes son accomplissement et rien ne vous retient plus; moi d autre partje suis

sans-courage

pour enchaîner de force un dieu, mon parent, sur ce roc escarpé exposé-aux-orages. Toutefois d autre part nécessité est à moi d avoir le courage

de remplir ces devoirs; car il est dangereux de négliger

les ordres de mon père. Fils industrieux de la prudente Thémis, malgré-moi je clouerai toi malgré-toi avec des chaînes indissolubles à ce roc inhospitalier, où tu ne verras ni la voix [mortels, ni la forme de quelqu un des et où, brûlé

par l'ardeur éblouissante du soleil, tu changeras la eur (la couleur) de ta peau;

et à toi en étant satisfait

la nuit au vêtement bigarré cachera le jour, et le soleil dissipera de-nouveau la rosée matinale; et toujours le fardeau

du mal présent t accablera :

car celui qui te délivrera

n est pas encore né.

Tu as recueilli de tels fruits

de ta conduite philanthropique.

Car ne craignant pas, dieu toi-même, la colère des dieux

8.

lIl OMHGEI E AEEMQTHX.

(3901016; rtuàç en ; népa ôtznç.

Avô 63v àrsprtñ r vôa cppoup'r'laat; aârpaw ôpeooréônv äürwoç, où xdpmwv yo'vu '

noXAoùç 8 ôôupuoùç mi, 7601); dvwrpaha'cç

(pôéyäat' Alb; yàp ôuanapat rq'ror. tppâvs; '

dura; 81:, Tpaxù; ô'ortç âv véov xpar .

KPATOX.

Eiav, ri armer; mi. Momma-rile; wimv ;

'rt 10v ôeo'tç éy wrov où aruyaïç em, 6cm; 1 0 au) Ov-q-roïat npoüôwzav yépaç;

t

HÔAIETOE.

Tb Guyyevé; TOI. ôswèv ñ 6 ôpzht .

KI ATOZ.

Eüuçnp. âv'qxouara cv 52; 16v narp'oç Ào'y v

oîo'v T6 r ç; oùxoüro 'ôatuaivaç nÀéov ;

H PAIXTOZ.

A5! 1:; NI WIN]; où mi. Opo'taou; nkéwç.

KPATOX.

Axo ç yàp

Tà Môèv ètpahoüv m M nova noir/1v.

oùô av rôvôa ep'qva'toeau' où 6 ;

soucié, et aux hommes tu as assuré d exorbitantes prérogatives. En retour, sur ce me désolé, sentinelle immobile, tu ne pour

ras ni dormir ni reposer tes membres. Plaintes, gémissements, prières, rien n y fera. De Zeus in exible est le c ur, et la ri

gueur est une nécessité pour tout parvenu du pouvoir. POUVOIR. Tu hésites, je crois. Sotte pitié! Aux autres . dieux ce dieu en abomination, toi, tu ne le hais pas, et pourtant

aux mortels c est lui qui a fait don de ta prérogative!

HEPHÆSTOS. La parenté, vois-tu, c est bien fort, et l amitié! POUVOIR. Sans doute. Mais désobéir à ton père, est ce pos sible? Chose autrement terrible!

HEPHÆSTOS. Toujours impitoyable, toi! rien ne t arrête. POUVOIR. S'apitoyer, à quoi bon? Inutile remède, qui ne peu

PllOlll'Él llÉE ENUIIAINÉ.

Gmaaaç Bporoïet

npàç néçSa. ôl mç. Avr t (in)

epoup aslç 'n vôa Trérpow U'J'EPTE Ï},

ôp oa co tô'qv äümoç,

on ) xzipuwwv yo'vu '

oeé at ô s

no où; ôôupuoùç

mi 7601;; dwwqasle'i; '

xpps've; vàp ÀLÔÇ

ôumrapat'rnrol

élira; ô s mac/ç); 31m; xparñ b w vs'ov.

KPATOE. Elav,

ri pénslç

\

xal mrotxrlëez udmv ;

Tl où Gruye'îç 626v

ràv Exemov esoïç,

(Yum; npoüôwxe ûvmoïm

m aôv yèpa; ;

H AIETOE. Tà il TE zig/alla

ôswo'v TOI. KPATOE. Ei aucpnuc '

ne"); lit oÎo'v TE

àvnxouo tsïv

163v lo ywv non-90'; ;

où ôenpat'vsl;

mûre uléov ;

H¢>AIXTOE. 2'5 ôî] o i

vnl ; TE

mi aléa); Opium);

KPATOE. Opnvsïaeou yàp

rduôs

oüôèv &zoç'

ëuwsvè;

tu as communiqué aux mortels des honneurs all-deli; du droit.

En-punition desquels crimes

tu habiteras-cdmme gardien ce roeher odieux, debout, sans-sommeil,

ne pouvant- échir le genou;

et tu proféreras beaucoup de plaintes

et de gémissements'înutiles;

car le c ur de Zeus est inexorable;

et tout être est dur qui a le pouVOir nouvellement. POUVOIR. Eh bien,

que tardes tu, [luent f et pourquoi t apitoyes-tu vaine pourquoi ne hais-tu pas un dieu le plus odieux aux dieux, qui a livré aux mortels

ta prérogative? HEI HÆSÏ OS. C est que la parenté et l intimité

sont une chose puissante certes.

POUVOIR. J en. conviens; mais comment est-il possible de désobéir aux ordres de ton père?

ne crains-tu pas

cela davantage? HEPHÆSTOS. Tu es donc toujours

et sans-pitié

et plein d audace.

POUVOIR. En-e et plaindre cet homme

n'est nul remède à ses mauæ;

a

8?. pi] nova! Hdml"

maistoinete'fatigue pasvainement

Tri

u icpeloüvm

pour les choses qui ne servent

pnôév.

à rien.

'

l

10 HPOMHOEI E AEÊMQT

HQAIZTOE

HZ

7S2 TroÀÀôt ptoqesroa Xstpwvaî a'

KPATOZ.

w

I

Ti vw aruyaïç; névwv 7549 (50 5 70 ? MW)

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racéwwv oüô av atteint TEXWI'

H I AIETOX.

'Etmraç TL; adr v äÀÀoç ôçeÀev À XSÏV

"Amvf-èm EÀsüeeçioç yàp

KPATOE.

WM)»: Oaotat xorpavstv. oû rtç 8,617?- mrkilv ALôÇ

-

'

H AIETOE.

'Eyvwxa ' 1i; 8 06 - ; xoüôèv dvrsmeïv ê'xw.

KPATOX.

zouv âneiëat 14535 ôsouà aspiôaksïv, à); p.1} 0 èÀwuowa npoaôspxô mer/'19 ;

, H AIETOX.

Kai 8i} wpo'xenpgx allé) ôépxeaôat m ipa.

KPATOÈ.

BaÀdw vw duel. xspatv ëyxpa'rsï aeévst

peanut-7); Osîve, waaao'zllsus upôç Tré'rpoçtç.

H AIÊTOÊ.

Hepatvsmt 6-}, 7.013 paré; TOÜP YOV 168 .

HEPHÆSTOS. 0 mille fois maudite l industrie de mes mains! POUVOIR. Et pourquoi la maudire? Ton art, en Vérité, n est

pour rien dans son malheur.

t HËPHÆSTOS. Ah! que n'est-il échu à quelque autre en par

'

age.

.

POUVOIR. Tout est pénible, sauf de commander aux dieux.

Il n est qu un être libre, c'est Zeus.

HEPHÆSTOS. Je le sais, qui l ignore? Je n ai rien à répondre. POUVOIR; Hâte toi donc, de chaînes charge le misérable. Tes

hésitations, s il allait les surprendre, ton pèrel l-IEPHÆSTOS. Pour les bras les anneaux sont tout prêts, les .

vole].

POUVOIR. A l uvre alors! Autour des mains, d un vigoureux

'

effort, de ton marteau, rive-les, et cloue-le au rocher.

HEPHÆSTOS.

main morte.

C est fait à

la minute, Je

n y

vais pas

de

PROMËTHÉE ENCHAINÉ.

11'

II PAIZTOÈ.

Xarpmvaâia

mm aimôeïoa. KPATOE. Ti vw o-ruveïç ;

réxwi W

6.»; Myrp àn Aq à oûô av Clll'lifl

16m nôvmv vüv nupôvrwv.

I'I I AIZTO Z. TL; ding; Spnuç dégoûte a brhv mXE'L'v.

KPATOE. "Anaum

taule?)

Trl v xolpowe iv Beoîei.

05mg vdp

Èorw ê AsüGagoç, ulchv Auiç. H AIETOZ. "Eyvuma

ri;

ml

KPATOZ.

Oünouv én slEEt

aeprâala iv rq iôa ôeepà,

ù; taràp M ce npocôepxeñ

Éliwôovm;

8% 06; ëx uûôèv durer-irait).

H AIZTOZJKal 57 1 rdpa âépxeeeou

M Ma NPUXELP .

KPATOZ. Nlv [ioOubv

duel Xepal Grive p auarñpl côéver êyxparsî , maudlsus npô: TVÉTPWË' H PAIETOE. To'ôe TÔ ËPYW mpalverm ô'h,

mi où porta".

HEPHÆSTOS.

O art exercé-par mer mains bien détesté par moi! -

POUVOIR. Pourquoi le détestes tu?

car ton art pour se servir d un discours simple

n est en rien cause des maux aujourd hui présents.

I-IEPHÆSTOS. Quelqu autre 4 cependant aurait dû

1 avoir-obtenu-en-partuge.

POUVOIR. Tout

est pénible,

sauf

commander aux dieux.

Car nul

n est indépendant,

sauf Zeus.

HEPHÆSTOS. Je le sais;

et

_

-

qui ne le sait pas?

et je n'ai rien à répondre

POUVOIR. Ne tc hâteras-tu donc pas de mettre autour de celui-ci des chaînes, a n-que ton père ne t aperçoive pas

tardant ? HEPHÆSTOS. Et certes

il t est possible de voir les bracelets prêts. POUVOIR. Les ayantjetés

autour de ses mains

frappe du marteau avec une force puissante,

cloue-les au rocher. HEPHÆSTOS. Ce travail lit

1e et).

s accomplit certes,

et ne se- fait-pas en-vain (sans

lu 3

HPOMHOEI E AEEMQTHZ.

,A

KPATOE.

AEÊËZGE HÔËAOV, og otws, anôapñ Xo'tÀa.

,

Yap GUPËÎV xaä danxdwwv nopouç.

H AIETOL .

,

Apocpav qôa y (bÀév-q ôuoaxhùr ç.

KPATOX.

Kai T'r'piôa vüv nôpnaoov dacpaÀGôç, î'va {Mien oocpto rilç (in me; vwôéarapoç .

H AIXTOE.

HM TOÜÔ äv oôôa tç âvôixwç ILÉIMIJOCLTO, pot.

KPATOE. 'Aôapavrtvou vüv acpnvôç «13992877 yvdeov

'

a répvwv Swimming racoa msu âppwpévwç.

I-I AIZTOE.

_

Ataï, Hpoa qôaü, oo sv ùïr ep Grévw nôvwv.

KPATOE.

Eb 8 ai} net-remet; 163v Atôç '1 èxepa'w {Swap oréva_tç; 51mg pi , aau-rbv otxnaîç noré.

Hq AIZTOE.

Opojtç Ôéapa ôuoeéarov äuuaow.

'Opûâ xupoüvra Tôvôa 105v èmëiwv. 'AÀA o qup t nÀsupaîç paoxailw jpaç BûÀa.

H PAIZTOE.

Ap äv Taü'r &väyun, anôàv èyxéÀav äyav.

POUVOIR. Plus fort, tape, serre, ne le ménage pas. Il est

de taille à se tirer du pas le plus dif cile. lIEPHÆSTOS. Voiciun bras solidement attaché, il ne bougera pas.

POUVOIR. Et celui-ci, fortement aussi xe le. Qu il sache, tout avisé qu il est, que de Zeu_s il ne peut se jouer. HEPHÆSTOS, montrant Prométhe'e. Excepté lui, nul ne pourra se plaindre.

POUVOIR. Et de ce coin de fer maintenant la rude dent, àtra

-

'vers la poitrine, de part en part, enfonce la d une main ferme.

IIEPHÆSTOS. Prométhée, pauvre Prométhée, quel supplicelj en

leure. POUVOIR. Encore des lenteursl Sur les ennemis de Zeus te voilà à larmoyer! Tu pourrais bien avoir à pleurer pour ton compte. IIEPHÆSTOS. C est un spectacle si lamentable à voir! POUVOIR. Eh! qu'a-t-il autre chose que ce qu il a mérité? Allons, autour des reins, sous les bras, les entraves!

HEPHÆSTOS. Je sais bien ce qu il faut. A quoi bon insister?

PROMETHÉE ENCHAINÉ.

'13

KPATOE. "Apao'o's uälkov,

Trdpou;

POUVOIR. Frappe davantage,

(sapins,

serre,

xo'ûta pnôapa'ñ. Aewàç yàp Eüpei'v

ne relâche d aucune-manière. Car il est habile à trouver des ressources, pour se tirer

zal éâ dunxo'ivwv.

même de liens inextricables.

H DAIETOZ. "Has y o abévn

äpaps ôuoaxltürwg.

KPATOE. Ho'pn owov vüv

dccpah'bg ml. n vôs,

't'va païen aocpLo-rñç

65v v Oéa-repoç Aio'ç. HCDAIETOZ. Oûôslç

wkhv 10655 pm pépzlmum äv évôix ç. KPATOE. Haao'dlisvs > vüv éppwyæ'v ; wdeov aùôdôn

otpnvô; dômyavrivou

ôzawràâ mépvwv.

H AIETOZ. AMT, Hpopmesô,

HEPHÆSTOS.Ce bras-ci du-moins est attaché indissolublement. POUVOIR. Fixe maintenant solidement aussi celui-là, [sé. afin-qu'il reconnaisse , quoique ru qu il est plus faible que Zens.

REPIIÆSTOS. Nul '

hormis celui-ci, ne me ferait des-reproches avec raison.

POUVOIR. Cloue

maintenant vigoureusement

la dent impitoyable

du coin d'-acier à travers la poitrine

HEPHÆSTOS. Ah! ah! Prométhée,

c're'vw inrèp aäw nävwv.

je gémis sur tes maux.

KPATOE. EÙ ôè

Ûïr ep TCÔV ëxepc'ôv Aiäç ;

POUVOIR. Et toi,

xa'roxvaîç (45 erreur; TE

tu hésites de-nouveau et tu gémis sur les ennemis de Jupiter?

HEPHÆSTOS. Nécessité est

ô'rrwç

songe comment

pi] oixneïg 11015

tu ne t apitoycras pas un-jour

6017416».

sur toi même.

H AIETOE. Opëç Géocpax Bun-Monro»! ô'ypaaw.

HEPHÆSTOS. Tu vois un spectacle horrible-à-voir pour les yeux.

KPATOE. Opi'ô 16x285

POUVOIR. Je vois celui-ci

xupoüvra 163v èwaiiwv. Allà Brille gaaxaharñpaç àwpi nlsüpouç. ' H DAIZTOZ. Avcîyxn

recevant les peines méritées. Mais mets des liens autour des reins.

ôpäv 1016101, pnôèv êyxékeue &yav.

0

de faire cela, ne commande pas trop.

.

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KPATOE.

PM; 18 TP¢X61nra yr); m'îrMaaÉ you.

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H AIETOE.

ETÉ X ÙHSV ' Lbç xéhoww duplôlvjarp ëXEt.

,

KPATOE.

Evmoe vov dopage ml 056w yépoc

G V Égo qpépowz rpoariôat. Ti ce;

ciel 'rs (iv-qwi rai/8 äTEOWTÀñGal nôvwv ;

Fauôwvüpwç os Saigon; Hpoprjeéa

xaÂoDqw ' ou nôv

ô'TqJ 'rpo'mp rîjaô ÉlXUÀlGeñGELÆéXVYÏÇ.

yo cp 03 Bar apopvjes'wç 3,

POUVOIR.Moi, je veux insister, et crier jusqu au bout. Voyons,

plus bas descends, les jambes, cercle-les vigoureusement. HEPHÆSTOS'.Allons, c est chose faite, et faite prestement.

POUVOIR. A ses pieds, à présent, de solides anneaux! Terrible

est l il du maître qui t a donné ta tâche.

HEPHÆSTOS. Tes paroles, les traits, tout de toi est farouch'e.

POUVOIR. Toi, mollis, si tu veux. Moi je suis in exible, et de

rude colère; pourquoi me le reprocher? HEPHÆSTOS. Allons-nous-en, le voilà lié des pieds à la tête.

. POUVOIR. (Il se tourne vers Promc thée.) Maintenant blasphème sur

ton roc, aux dieux voleleurs prérogatives, pour en doter les hommes, ces éphémères. Que peuvent ils pour toi, les mortels, pour ta délivrance ? Comme ils t ont mal nommé, les dieux qui t appelîent Prométhée'! Prométhée, c est à toi qu il en faudrait un

pour te'tirer.de là, de ces rudes'entraves.

PROMÉTHEE ENCHAINE.

15

KPATOZ. TH sûr)

ME).EÜO UJ

mi npo'; ye èmewüiw.

Xdxper mira),

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0x90] Bis.

H AIXTOZ. Kai où 16 ëpyov rre'npwtmt WOW/Q où pompé.

KPATOZ. Oeïvs vüv Èppwuév ç

uéôaç ôtaro'pou; '

lb; 6' YE émupm g

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H AIETOZ. Flûacd cou

Mpümu ô'pmot.

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KPATOE. 2 ) pallôomtëou,

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Tpaxli m'coi TE ôpyñç.

H'PAIETOE. Ersixwllsb, li); e'xsi duoiô lno-rp xdilloww.

KPATOE. "I'ÊptÇs

I v ôv évmüea,

.

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npomtûet Érp'npépowt.

Ti rû wôâ m'vwv

Gvntol o Ïot 'rë diravrl oai ôol ; V

Aaiuovéç as xaloüot

'lièoôovduw; Hpouiqeéa '

ôei' yàp aê ou'nôü

Pouneëwç,

ô'rtp 'rp'ritrcp

ézzoltollñosl

was réxmçl

POUVOIR. Pourtant

je commander-ad

et en outre certes je te crierai. Va en-bas, ' et cercle les cuisses awe-force.

HEPHÆSTOS. Et certes

l ouvrage est fait par un travail non long. POUVOIR. Frappe maintenant

fortement

[en-part;

les entraves qui percent-'de part

car certes l appréciateur (les travaux que tu exe'cutes

est sévère. HEPHÆSTOS. La langue de toi

exprime des choses semblables à ta gure.

POUVOIR. Toi, attendris-toi,

mais ne me reproche pas

mon opiniâtreté

V

et la rudesse de ma colère.

HEPHÆSTOS. Àllollsa uusien; car il a des lets-àqui'ïent oureut

4 ses membres; POUVOIR. Insulte - maintenant ici, etdérobant les honneurs des dieux

fais-'enhpart à des êtres d un-jour.

/

Quoi de ces maux

les mortels sont ils capables d alléger pour toi ? I

Les dieux t appellent d'un faux- no m Preméthée;

car besoin est pour toi- tnëme

d un Prométhée

qui t apprenne de quelle manière

tu te dégageräs

[( éës chaînes):

'de cet e ët de l art ä'tiè'pluzsios

16

HPQMHGEÏ E AEEMQTHZ.

11. PROMÉTHÉE ET LES OCÉANIDES'

(Vers 88-285.)

A HPOMHGEÏ E.

"Q Mo; alôñp xa t Taxon-reput mood,

aoraptüv 1a «mal. aowt v TE

âv pteyov yâkaopa, napp j rôp 1s 7?), mi. 16v navénmv xüxÀov 'iWou MM: ' (820% p. oïa api); 656W adcxw 656g. Aépxeqô' oi'atç aiztataw

ôtaxvato'usvoç

Tb ) impuni] xpôvov deksüow. Touävô à véoç myôg uaxdpwv

èänüp éa éuol ôsauèv o'tat }. (1)55 (p26, Tb imper 16 1' éaapxôuzvov Mita .a'rsvo'txw, 11-7} 1:012 péxôm

xupo çrwv

Xpñ répuam Tan/8 ém rat'katt.

Kai-tor. ri (papa; m ww npooëaaicmpau

ansOp ç Tà péÀÀov-r oüôâ pou. noraivwv unit oùô sv ñëst. T'ipa aenpwuévnv ô s Xpñ alcav cpépsw d); pâte-ra, ytyvo'mxove ô'n

PROMÉTHÊE.O plaines éthérées! vents àl aile rapide! sources des euves! et vous, des ots de la mer innombrables sourires! toi, Terre, mère de toutes choses! et toi, Soleil, dont l il em , brasse l immensité, tous, je vous prends à témoin. Regardez-moi, voyez où m'ont réduit les dieux, moi, dieu comme eux. Voyez le comble d ignominie, où brisé, pendant des milliers d'années, il me faudra me débattre! C est là ce que le nouveau chef des bien heureux a imaginé pour moi, ces entraves honteuses! Hélas! hélas! sou 'rir dans le présent, sou 'rir dans l avenir, c est na vrant! Quand donc de mon supplice le terme se doit-il lever? Mais quoi? d avance tout ne m est il pas exactement connu, de l'avenir? Non,'non, pour moi. rien d imprévu, point de surprisede la fatalité. Le destin qui nous est fait, portons le aussi allègre

paons-relis E NCHA-INÉ.

17

u. PROMÉTHÉE ET LES OCÉANIDEs.

I'IPOMHÛEÏ'Ê. 79' BÏOS GIN-Mp, m! meut raxümepoz,

mvai TE norapc ôv,

yéllaoaoi ra âv ptôaov

xuadr v novriwv,

771 rs

nauui-rop,

100.1?)

xai Tèv xuzliàv Travo'm-qv MioU'

ïôsoeë pa ola ndox

ûeôçrpôç 656w.

Aépxônes

o't'aaç dixiouow

ôtaxvatduevoç

Reuse:

ràv Xpovôv pupa-:7].

'0 vs'oç ravôç

mdp w

Einl ipev éiti étui reiôvôs ô'eopàv âsm ñ'.

(bel), p56, arevdxw u ñaarà napàv 'rd rsâuepxo'usvov, Tri} rare xpii émaner réparti-ra rôvôs ao'xôwv.

Kairot ri (PTHLL;

rpou ésrriampat omega");

_ ndwra 'tà gênait-rot, uûôè.ripe oûôèusirorodwou

iiëst pot.

KM 6%. ipéosw d); pâte-rot MORCEAUX cu. D ESCHYLEa

PROM ÉTHÉE. O divin éther,

et vous, souf es des-vents aux ailes-rapides, et vous, sources des euves, et toi, rire innombrable des ots de-la mer, et toi, terre, mère-de-tous-les êtres, je vous invoque .

et aussi le disque qui-voit tout

du soleil;

voyez-moi, l

quels mena; je souffre

moi dieu, deelaupart des dieux.

Voyez

'

-

par quels mauvais traitements étant déchiré,

je sou 'rirai

la durée d un-nombre in ni-d an

Le nouveau maître

des'heureux (des dieux)

a inventé pour moi

un tel lien indigne.

Hélas! hélas! je gémis sur le malprésentetle maid venir ;

ne sachant comment unajout doivent apparaître

les termes de ces sou rances. Mais, que dis je?

Je sais-d avance. exactement toutes les choses à-venir, ni aucun; malheur nouveau [inatd

n arrivera à moi.

lima )

[nées.

Mais il me faut supporter _ le plus facilement possible

2

ÏIPOMIIGEÏ'Z AEXMQTHE.

Tb T g ivo zyxv ; 501 pnov aôévoç.

AÂÀ 0615 anyäv 01'513 1.1:}, atyäv 16Xaç

oiév 1è p.0t10'tcô' ÉGTÉ. Bv q totç

yàp yépa

noptïw äVdYX L; mic? Évéäsuypm 16th; '

vapenxonli'ñpwrov 8è Onp imt 7m96;

wqy qv xÀowatow,

ôtôo taxalxo; 1éyyiqç

mic );

Touîwôe wowà; &nnliaxqpdrwv 1Mo ùîrateptmç ôacttotat npouaakoüyævoç.

7A ä, 5a ëa '

1tç äxd), 1E; ôônà apoaéma p. àçayy qç,

xsxpayévvjî;

i xa ro 1apnôvtov énl iro tyov

wôvwv ëpü w eswpôç, ñ 1i 5-2] Oélwv;

'Opä'rs ôsonu mv pus 5601:0-rp.ov 026v, 1cv Atbç èxôpèv, 1ôv näat Gaoïç

ôaôcuwç, î] Bpô moç,

Bpojroig nécpqva nod. néyaç népoç.

81 o cîrexôaiaç éÀOôvô 6116001 1 ) At oç aùlr qv siamxvsüaw,

ment que possible, bien convaincu qu aVec l indomptable néces

sité il n y a pas de lutte possible. Me taire, parler, deux choses également impraticables en ma triste situation! Des mortels j'ai

agrandi le domaine, et à ce supplice me voilà attaché, malheu reux! Au creux d'un roseau j emporte ainsi cachée la féconde étincelle, le feu, un grand maître pour les hommes, d où tout art ajailli, le grand créateur! Faute énorme, que j expie dans ces entraves, en face de tous, cloué sur ce rocher! (Des parfums se répandent dans les airs, et il monte d'en bas comme un vague bruisse

ment d ailes.)

Ho! ho! qu est-ce? qu'est-ce là? C est comme un bruissement et un indé nissable parfum monté jusqu à moi! d'un dieu, d un mortel, ou d'un être qui tient de l'un et de l autre? je ne sais. Vient on, au bout du monde, sur cette cime perdue, de mon humiliation se donner le spectacle? Que me veut-on? Regardez

moi donc, voyez l enchaîné, le dieu patient, l ennemi de Zeus, le

suspect de tous les dieux qui hantent la cour de Zeus, et cela

PROMËTHÊE ENCHAINÉ.

19

rip: aioav nenpwpévnv,

ytyvdmxovw du 16 oeévo; 'rîjç âvdyxnç èo-t w àôñpu'ov.

Anà êo-u' pot oÏo'v ré

0615 myäv oil-re p.91 GlYäv

To'môe Toxtxç.

Hopdw yàp Gvnroïgi

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évéieuyum ro'ùtotç

mïoôs dwolptalç ' Gnpüpm ôè nn p jv nupàç xlorrodow vapenzo'rrk pwrov ,

i} néçnvs Bpotoi ç

ôzôdamloç milan; réxvnç

ml péyaç nopog.

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torüvôs äpnlaunpa'tmv

npoooslo'pevo;

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"d; OiXli),

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npooéma p.5 ; Osôautoç,

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Ë xexpaptvn;

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IXETO_

titi miyov rappo'vtov

Bewpàç èpû w névwv,

ri 6'}; eél v ; Opäré pa ôüoîrotuov em ôscpu mjv, ràv Èxôpàv

. Ms,

16v éMdvm ôtà ànsxôeiaç

Tract 0201';

6116001. Elcmxvsüow

le sort xé-par-le-destin,

sachant que la force de la nécessité est irrésiètible.

Mais il ne m est possible ni de taire ni de ne pas taire ces malheurs ci.

Car ayant procuré aux mortels des présents

je suis attaché malheureux par ces nécessités;

or je prends comme-à la chasse

la source du feu dérobée

remplissent la tige de-Ia-férule,

et qui est devenue pour les mortels maîtresse de tout art

et une grande ressource.

Je paye les peines

de tels crimes

étant outragé

par des liens exposés-en-plein-air.

Ah! ah! hélas! hélas!

quel bruit,

quelle odeur obscure (inconnue)

a volé (est arrivée)-vers moi? \

est-elle venant-des-dieux ( divine)

ou mortelle,

{turcs}?

ou mélangée (tenant des deux un

quelqu un estsil venu

vers ce me lointain

comme spectateur de mes peines,

ou quoi donc voulant? Voyez moi malheureux dieu enchaîné,

l ennemi

de 'Zeus, . celui qui est venu en haine

à tous les dieux, autant-qu il en entre-dans

20

HPOMH-eer-z AEXMQTHZ.

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9399.99.

.Lnkçmxnm.

avoir trop aimé les. hommes. (Le bruit d ailes se rapproche, il

âgyimt.plqs,diaqnçt.) Hélas! hélas! encore cette volée djulseaux

près de moi, je l entends! L air, sous le léger frôlement de leurs

ailes, frémit; et sif e. AI!!! tout. m est 'suspect, qui m'approche!

(Le ch ur des Qefanides a; ive, Àtravers les airs, sur.un.el_1ar aile.) ' [(151 CHOEUR. lS'trophe i. (Le Ch ur va_ doucementde droite àgauche du rocher.) 4- Ne crains rien. Elle t'aime cette troupe ailée, à tire-d ailelvenue à ton rocher, malgré les vives répugnanees d un, père. D un vigoureux; élan les vents nous y. ontportées. Le bruit du fer sous le marteau retentissait jusqu au fond de nos grottes; nous n y avons plus tenu; ni timidité ni réserve; nous nous sommes élancées, pieds nus, sur ce char ailé.

PROMETHÉE. Hélas! enfants de la féconde Téthys, lles de celui qui tout. autourde la,terre roule ses ots sans défaillance, enfants

d Océan, regardez, voyez quelles entraves me clouent, triste sen.

tineIIe perdue, à'la dernière cime de ce rocher.

H '

I R'OAMÉT'I IÉ'E ENÛH ÀINE'

21

nlv aûlùv Auk,

6d du: Mur tprkäriqra

Bporôv. (l ail (psi),

ri xwo'rewpoi were olwväw

x Ai'lto m3 nélaç;

aiô p ôè Ùnoaupt Çer

Élaçpai'ç dma fç nrsp'ÜY V.

HEW 'rô npooép lr di}

(poôspo'v p01.

XOPOE. 430611973 ; p'qôév '

51'55là? WEI;

mom-56a cpûtlot ro'vôë TralYOv damier; Geai; mspüv v,

napemoüaa udvtç

lppe'va; mnpq'mg'

0159m 81 ; xpauwocpäpor us ënenkpow. 'Axd) vàp m'nrou xo'druôoç ôt is auxôv &v ipmv, ' iémze ôé p.01)

Tàv alôû') Genepämv '

m aûnv ôè

àréôûioç

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5x9) mep m'r b.

IIPOMH GËI'E'; sa? me

5mm sa; raser;

rotp mu,

midi; 1: toi) slhtaàouévou

Trip! âner) 106W palper! &zbltulñp mrpàç Quaavoi ), dépxûnre, éalñsaeé,

o'üp ôseuql 'irpoô'frapfo g ôyjla epoupo w &Çnlov

tv axo'rrQm; dxpotè

riioôs (papavvoé.

la cour de Zeus,

à cause de son drap gravid amour des (pour les) mortels.

Hélas! hélas! quel bruit d'o'nc d oiseaux ['moi?

entends-je d e- n ouVeaù "prés-de

d autre part l an résonne

de légers battements d ailes. tout ce qui sïapproell'e

re o 'tabi e polir me LE ËË' UR. Ne crains rien ;

car cette troupe

est venue en sans

vers ce rocher,

par des luttes mpi d'esd'ail'es; '

après avoir échi ave e- p'ein e

le c ur paternel;

et des vents qui flu r t ént-r apj

m ont portée ici.

da r Ye retentissement au bruit de

{l acier

V

{semant

.

a pénétré-j usqu au fond

de no: astres,

'

et la chasse de Ïl'mi

la

pudeur àüït äi dapds é ;

et je me suis entasse

sans chaussure sur mon char ailé.

_

PRbMETnEE. Hélas lhélas!

lles ne rethys

.

anxmombreuxænfsm, -

et lles de celui qui roule

autour de route la terre

par un coü'r's sansrepus,

le père Océan;

regardes; voyez;

par qüeilien 'attäehë, .[ëll'vlëe

je monterai une garde rion

sur les cimes élevées

tlê c'e ï oc.v

22

HPOMHGEÏ E AEZMQTHX.

XOPOE.

Aeüoow, Hpoimôaü ' cpoôapà ô èuot ow ô'aaou; [Ant. 4.]

ôuixha Tcpoa äe «M, p1]; ôaxpü v, oôv ôéua; etctôoüaav aârpqt irpoaauatvo pavov ' Taïaô âôauawoôétowt Âüuatç. Néoz yàp otaxovo'um xparoüo 'Oküuaou ' vaoxuotç 5% 8%, vôuotç Zaùç âôérwç xpa rôvst, 'rà aptv 6è mlépia vüv dz'taro't.

'

UPOMHÛEÏ'Ë.

Et yàp p. Ùa è y'îjv vépôsv 6 "Atôou 100 vsxpoôéyuovoç slç o mépav-rov Toip rotpov xa),

ôeapioîç &Àt rotç äyplwç mMaaç,

11); pips 026v u rs 11.; o'wb pdw 10Z08 éyay-r ieau.

Nüv ô atôéptov xivoyp. 6 voila;

èxepoîç èaixap ra aénovea.

XOPOX.

Tl; 6383 Thnotxdpôtoç

036w, 511,) To Émxapñ ;

1l; 06 Envaaxalojt xotxo'tç TSOÏGI, ôixoc ya Ato'ç; 6 6 êmxo rwç de!

_

[Strophe 2.]

LE CH UR. Antistrophe

1.

_(ll revient de gauche à droite.) Je le

vois, Prométhée. D horreur, sur mes yeux, il m en monte un nuage tout chargé de pleurs. Spectacle déchirant! Ton corps, sur ce roc, s en va se désséchant aux ignobles entraves! Ah!

c est que de nouvelles mains tiennent la barre dans l Olympe. De ses lois despotiques, récentes innovations, Zeus écrase tout.

Ce qui autrefois était grand, élevé. il le met à néant aujourd hui. PROMÊTHÉE. Si du moins sous la terre, en bas, dans l lladès, au gou re des morts, au Tartare sans fond, il m eût abîmé, de redoutables chaînes chargé par sa sauvage vengeance! nul dieu, personne de mon supplice ne se réjouirait. Mainte nant, jouet des vents du ciel, triste patient, à mes ennemis je donne le spectacle de mes souffrances.

CH UR, Strophe 2. (Il va de droiteà gauche.) En est-il donc

de si peu de c ur, parmi les dieux, qui rie de tes angoisses? En est-il, Zeus excepté, qui n y compatisse? Lui, dèle à ses ran

LE

PROMÉTHÉE ENCHAINÉ.

23

XOPOZ. Asôaa ,

Hpopnea'ô ' ôpix'ha ôè tpoôepà

nMpng 6wp6wv

LE CH UR. Je le vois,

Prométhée;

et un nuage craintif

-

\ plein de larmes,

poal isv éuo'fo'w ô'o o'mg, sîmôoüaav aôv ôëpaç

Trpoaauawdpevov wérpqt

Taioôe 1611m;

àôapavroôérotm. Néo! yàp oiaxoväpm zpmoüaw 'OMpuoo'

Zeb; ôè 69| upon-Sven

6.0érwg

vo'uol; veoxpoi g,

dïu roï ô e vi'av rà up w nelzbpla.

uPOMHeErz. Et yelp

xe us t mà yñv.

s'est jeté-sur mes yeux, moi ayant vu ton corps

se desséchant sur un rocher

par ces outrages

[bles).

liés avec l acier (indissolu

Car de nouveaux pilotes

sont-maîtres de l Olympe;

et Zeus certes règne despotiquement par des lois nouvelles,

et il anéantit maintenant

ce qui était jadis gigantesque.

PROMÉTHEE.

vi1 m avait précipité sous terre

_() si

- vépesv 15"Atôou

mû vaxpoôéypovoç

si; Tripmpov âuépavrov

us ldoa;

Wm:

ôeapoi'ç dhS-rolg, ü); Mrs 656; puits 1:; 61Mo;

Èyqr/ieet 101 685. Nûv 8è xiwypu aïeéptov

rénover: 6 voila;

Énixapm

Exepoïç. XOPOZ. Ti; 0563W

ôe inaixoipôwg, ô'np toiôe émxapñ ; "li; 0'5 Ewaoxalë

TEDÎO I xaxoïç,

ôixa ye Aw'ç; ô 5è eêpsvoç

et au dessous de Hadès celui qui-reçoit Ies-morts, dans le Tartare immense,

m'ayant approché

d une-manière-sauvage

de chaînes indissolubles,

attendu que ni un dieu ni quelque autre

ne se serait réjoui de cela. Mais maintenant, jouet de-l air,

je souffre, moi le malheureux, des maux qui sont dos sujets-de

pour mes ennemls.

LE CHOEUR. Qui des dieux est tellement dur-de-c ur,

à qui cela soit agréable ? qui ne compatit pas

à tes maux,

excepté (lu-moins Zeus ? mais lui ayant disposé

[joie

34-

HP.OMI{9EÏ'E AE'EMQTHE.

Oéytsvoç äxvacpov v\ao'ov

ôo qwamt Oùp vtaw yâwow 1, 01582 Mien, npiv äv xopéan uéap, 'î; nodding: 1wi1o w ôooo clw'rov EM 1v.; àpxo'tv.

HPOMHGEÏ'È.

I'I [.L Î V 51 èyoü, wimp xpowspa'tç êv yotonéôouç aimçopévou, Xpaiav ëäst paxdp v npümvzç,

ôaïäo u 1b véov {ioühaupf dcp 61cv

axñmpov 1Lpo'zç 1 ànoauÀä-rat.

Kai p, 0615 psltyltdi osç n'ateoüç

énaorôaïcw Oélëu, c1epso'tç 1 0151:01 o msüàç Y

milieu; 165 éyd) mmpmvüaw,

np w äv ëë dyptwv ôscpæv XaÀo wq

TCOWo'cç 13 16/2!»

1?}65 mixto'tç éOaÀvjon.

XOPOE.

E") pèv epacûçïe Mati nmpaïç [Antistrophe 2.1 ôümaw oùô sv waxed?

äyav 8 éÀeuGepomopsîç.

Epàç 8è (ppévatç épéllws ôzo t1opoç tpôôoç '

ôéôta 3 équin! con; TÛXG Ç,

cunes, d'un c ur in exible, ilpèse sur les enfants d'Ouranos. Il ne se lassera donc pas, que son âme ne soit rassasiée, ou que, par un coup de main, l inexpugnable pouvoirn aille àquelque autre dieu.

PROMÊTHEE. Et pourtant encore de moi, si lourdes que soient

mes chaînes, si dégradé qu'il m ait fait, il aura besoin, le roi des bienheureux, pour le prémunir contre le nouveau dessein qu il a conçu et qui lui doit enlever et le sceptre et la royauté. Et sur moi, intraitable à mon tour, ni les doucereuses paroles, ni la langue artiticieuse n auront prise, ni la dureté, ni les menaces ne pourront. Il ne saura rien, que d abord de ces sauvages en traves il ne m ait relâché, qu'à me donner satisfaction pour tant d humiliation il ne se soit résigné. LE CH UR. Antistropheî. (Il repasse de gauche à droite.) Ol'âme indomptable, que l'amère catastrophe en rien n a su détendre!

Vraiment, c'est trop èrement parler. Mon c ur en frissonne, de

terreur tout saisi. Je tremble. Que va t-il t'arriver? Y

Boil-warm

ys'waw Oüpaviav,

oùôè Mist,

wplv äv

xopéa g xéap, n; 90)

rtvl tampon

ràv &pxùv ôuo ci'Awrov.

HPOMHeErz. " H Mv

npümvtç uaxc'ipmv Him ËTL xpsiav épo û, wimp aimçopévou Èv ymorréôouç, xpoirspaïç ôsi'gozt

,

'rô véov oéleupa , dnô äTOU dmo uläwi

oxñrrrpov mini; 12. Kal oû'rt p.5 Gékësz

' émotôa t ai aekl oôooot;

naieoüç,

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11113201; orepeàç âwstkàç ëyu u xaraonvôow Téôe, rrplv élu xaldo-g

ëâ dvptwv ôEO f ÏW,

éeak on TE ttvew

muni; r îjoôe aïxt'uç. XOPOEv 2'5 yèv

epaoé; TE

ml oûôêu ëmxaltôliç

ôüawt mxpaïç,

éleueepoo'ropsi'ç ôè

(how. (D660; ôè ôidropo; Èpéôloav étui; appéwxç ' ôëeta 6è duel ouï; rüxatç,

asservit la race d'-0uranos, il ne cessera même-pas, avant que, ou il ait satisfait son c ur,

ou quelqu'un ait pris

par un coup-de-main v le pouvoir dif cile-à-prendre.

PROMETHÉE. Certes pourtant

le maître des bienheureux aura encore besoin de moi, quoique outrage [membres dans des chaînes-retenant-mes

chaînes solides pour lui faire-connaître le nouveau dessein

par suite duquel il est dépouillé du sceptre et des honneurs. Et il ne me lléchira point

par les charmes au-doux-langage de la persuasion, et jamais, redoutant ses dures menaces

moi je ne déeouvrirai cela,

avant qu il m ait délivré

de ces sauvages liens, et qu il ait consenti à payer

des réparations de cette injure. LE CR UR.Toi d une part et tu es audacieux

et en-rien tu ne cèdes

à tes infortunes amères, [ehise d autre part tu parles-avec fran trop. D'ailleurs une crainte perçante irrite mon c ur; et je crains pourton sort,

E. i;

26

nPOMHeErz AEEMQTHX.

1rd 11015 115v5£ 1to'vcov Xp as Téppa xéÀaow-c éotôsïv ' àxtxnra yàp esa mi. xéap daupduuôov é'xsn Kpévou ak.

HPOMHGEÏ E.

Oiô ô'tt TP XÙÇ mi nap éaurtp

T o ôtxmov è'xwV' épuratç, ôte),

paluoyvwuwv écrou. 1:06 , 5100:

mûr-n pouce?) ' Tip! 5 àrépawov oropéaaç ôpy'îpl siç âpôuôv ËlLOl mi (mité-rata

anséôwv maéôowt noe ñëet.

XOPOZ.

llo'w'r éxxdludvov xai yéywv ñuïv lo'yov,

nota) Âaôdw a: Zeb; ën atrto'tpa rt, 'oürwç àttuwç mi amplis; aixtëerat'

ôtôaiov uäç, sf 1!. un Qko'nr'csr. Ào'ytp.

UPOMHGEÏ'E.

'Alystvà uév pat mi. Âéyatv âariv cdôs, dkyoç ô a atyäv, non/mm 6è Mono-rua.

'Eae t Tdxta'r ñpîavto

Saigon; xôÀou

aura-t il pour toi un terme à

- Intraitable génie, inexorable c ur que le ls de Cronos!

PROMETHEE.Je le sais, il est dur. Le droit, il le place en lui-.

même, Zeus. Mais il sera tout souplesse, tout douceur, au jour des revers, quand il se sentira ébranlé. Cette intraitable colère,

la souffrance, un port où t abriter .

il en rabattra pour me prévenir un jour, s offrir de lui-même a la

paix, et composer avec moi avec un empressement égal au mien.

CH UR.Apprends-nous en détail, raconte-nous quelle faute

LE

Zeus te reproche; pourquoi il t a si outrageusement humilié. ' Parle, si toutefois ce récit ne t'est pas trop pénible.

PROME'I IIÉE. Ilm est douloureux sans doute de revenir sur le

passé. Mais me taire, en sou 'rirais je moins? Triste alternative! Lorsque autrefois les dieux commencèrent it se monter les

mi note

PROMÉTHEE ENCHAINÉ.

ignorant comment en n

1

xpñ as ëetôe t v

il

est-fatal que tu contemples

xa'Xcow'L-a

ayant abordé,

Téppa 'rd'w68 no'vwv ' naïç'yàp Kpävou

ëxer ew âzixnra

xai xéap àmxpo'tuuôov.

HPOMHOEÏ'E. Oiôot du

22?); Tpaxù; nul Exam 'rà ôiaauov

napà ËOtU t'tî) ' ana ëun'otç Eaton norè, élu),

u kaxoyvo'auwv,

grow portatif] Tani-:1] '

mopécmç ôè 'rhv 6py-hv âtépauvov

anex

aôwv

ñëet work

elç

äpeuàv ml tpûémm

être). anst'aôovn.

XOPOE. 'Exxoilu' 0v xal yévwvs ñuïv Myov miv'ra,

èn'i nota) atrtdumn

2515; ce mec aïxiÇsrou 081w; dtiuwç

za

z mxpc ûç '

ôiôagov ñuäç, si p.9) m aimer n ko'yop. HPOMIIOEÏ E. Tà ôè p.5")

êarw dlyawcî uni xai Àéyew, ( 1170; 8è myäv, nounou/:7; 6è Mam/rpm.

'Iiîrsl Tdxtam ôaiuws;

pîow m Xo'lou,

le terme de ces maux-ci ; car le ls de Cronos.

a un caractère intraitable

et un c ur in exible.

PROMÉTHÉE. Je sais que

Zeus est implacable,

et ayant la justice en lui même (dans sa volonté);

mais cependant il sera un jour, je pense,

d'un-esprit doux, [uière; lorsqu'il sera brisé de cette mn

et ayant calmé son courroux

opiniâtre,

s

-empressant

il

en lien et amitié

avec moi m -empressant. LE CH UR. Découvre

et dis-nous le récit entier,

pour quel grief Zeus t ayant saisi le maltraite si indignement

et cruellement ;

apprends-nous-le,

si tu ne souffres en-rien

par ce récit.

viendra un-jour

[part

PROMETHÊE. Ces choses d une

sont douloureuses à moi même à raconter,

d autre part c est une douleur de se-taire,

et partout il y a du malheur.

Aussitôt que les dieux eurent commencé leur haine,

part c est une douleur de se-taire, et partout il y a du malheur. Aussitôt que

28

UPOMHGE Î

'ÀÏÈ'ÊMÏOTHE.

créer; 1 ëv &M koww 'tbp'oeûvs'ro,

oi pèv Oékovtsç éaôaha'tv ëôpaç Kpévov,

du; Zeb; o wdwaon

oasûôowsç éoç Zeb; Mro c äpäs v 656v,

8910W, oi. 6è TOÜtL IEOtÂW

évmüô ÉYÔJ To t ÀÇJO T Bouhsûwv mes'tv

Twang, Oépavoü 16 and Xliovôç même,

06x 'Ijôov env iuékaç 6è pcqxowézg a'mydaav'rsg xap1spo'i; (ppov r'juoww d'iov'r duoxô t 1:96; Btav 1e 5so1ro'csw.

'Epoi ôè Mmp 06X änaë pôvov, Géutç xa t Patate, conta»; ôvopdnwv poptpîj plot,

Tb péÀÂov apatvono apoutsôsoalxst,

6); 06 neuf taxi») odôè np'ôç 1b xap1spbv

Xpst-q, 56Mo 8% Toi); Ûaspaxo'vwç xpowe'iv. Tonaüt èpoñ Àéycww éëwoupévou oùx iiwaav odôè npooôhégbat 12) 116W. Kpoirta-rat ôv'j pot 163v aapso'cdnwv 161a étpatvs-r {Evan apoakatôéwot {Antépa

uns contre les autres, que la division se mit entre eux, ceux ci rêvaient le renversement de Cronos, pour placer Zeus sur le trône; ceux-là, de leur côté, prétendaient que Zeus jamais ne

_ commandàt aux dieux. Alors ce qu il y avait de mieux à faire, moi, je l indiquai. Mais persuader les Titans, les fils d 0uranûs

et de Géa, ce fut choseimpossible. L habileté, les

petits moyens,

ils les dédaignaient dans leur humeur farouche bien persuadés

que, sans peine et par un coup de main, ils en viendraient à

leurs ns. A moi pourtant, en maintes occasions, ma mère Thémis et Géa, divinité unique sous des noms si divers, d avance de l avenir m avait prédit la solution. Ni la force ni la violence n'y feraient. De la ruse dépendaient la supériorité et le succès. Et cela, moi, dans mes discours, je l ai remontré aux Titans. Leur dédain n en a tenu compte. Ce que je vis de plus pru dent dans l'état des choses alors, ce fut de prendre ma mère avec moi, de me rallier franchement à Zeus, qui ne demandait

l'état des choses alors, ce fut de prendre ma mère avec moi, de me rallier franchement

PR O-MÉ'R H E E ENG'l-RAÆNÂE'. '

29

aroiatç TE dipoeôvero

ëv dlh loraw,

oi uèv eéluvraç

èxôa'heïv Kpävov ëôpqgh à); Zeb; 5 05v dwa waom, o! ôè ansüôovrsç 'rô ëunaluv, du; Zeb; äpisis Mitan 056w ' Èvraüea éyt n

Bouleowv rà mie-ra

06x ñôuvñûnv meeîv TlTä- OLÇL

1éme OOpavoü TE m i Xt-lovdç"

ànpoiaavrsç ôè tppov paai xp repoïç, MXavà; aluükaç (230w; Merriam dnoxel 1:96; Blow re. MTiTYIP ôÈ, Géniç mi Faim,

Ma livret

nonébv ävopo wwv, Èuol npourseeenûcsi.

06x dirai uo vov

3 FÉÂÂW il" upalvoiro,

(il; Xpsln 06 xarà io'xùv

0°.ôèJreàs rà suprepôv,

mais?»

151i); 5% Ûw paxévrpgi; 60%,»

H

A

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Ettûÿsâëni vyévw IQLOSÜTQL'

MYoLmu,

oùwñgimmv

oûô e wpoaûéqmi 16; may.

KQé J- ma 8h,

16y.nup m nwv. 1616.

ne}.Ésogïv rp,SEW;

murmmeêëv. Zaivlz

êm'wæèudwi upoelaäéw nnzépa.

qtqu une'djvisiou se fut.- étoilée Wm elm les uns voulant;-

_

renverser Grouos du trône, a n-que Zeussans doute régnât,

les autres s empressant

dans le sens contraire, a n-queZeusne commandàtjamais aux. dieux. ;. alors moi, conseillant les meilleures choses je ne pus persuader les Titans, enfants etd Ouranos et de Terre;

et dédaignant

dans leurs esprits violents,

des-.moyensnusés_

ils CFOWÏËRËd VÛil r être-maîtres, sans-peine et par force. Mais ma mère, Thémis etiGéa, ' une seule personne de plusieurs noms, m aurait prédit menue fois seulement l avenir comment il s accomplirait,

comme quoi il était-fatal de vain

non par'la force ni, parviolenee

[ore

- mais ceux supérieurs par. la. ruse

minare,

Moi exposant- de telleslohoses.

dans mes discours, ils ne daignèrent pas même me regarder du tout. Le meilleur parti donc

des

(dansles) circonstances d alors

me). paraissait être, d assister Zeus,

moi de-bon-gré lui de-bonugré, ayant-pris avec moi ma mère;

30

HPOMHGETEAEZMQTHZ.

éxôv éxo vn Z'qv t cupnrapacwrstv.

Epa'tç 6è Boulier; Tap tdpoo pskapôaGi qç xsoQpdw mMmsr. 10v roman/av?) Kpôvov

aü10îct O'UWMiXOLGL Tom zô' èE,

ô 166v 0563i! 1Ûpavvoç tbcpslrqpévog xaxaïoi wowed; 1a iaôé p. dzv-rv; pstzpmo.

'Evsan yäp nwç 10610 1?) mpawtôt

VÔG IHLa, 10L; CP ÀOIÜI pu?) nenouôa vaz.

O 6 06v èpw1ä1', ott'rtow xaô ñwwa

alxtlemt pa, 10010 ô amp-qua.

"01w; Täxwm 10v ironpqmv è; Opévov

xaeéls1 , eùüùç ôatpoaw VÉtLEL yépa

äMoww äMa, ml ôtEGTOLXËÇËTO

époü

dpx v, Qpo bv 6% 16 » 1ali0ttmôpwv Àôyov ofm {axer oüôév , 0 003 d'i01t60aç yévoç 10 MW ËXpnÇsv (51Mo cpt1üaw.

Kai 101 0w 0685i; àv1é6awä 11AM. époü.

'Eyd) 5 16Àp.1;0 ' éäaluadmjv po10ùg 1?) p.912 ôtàppataQÉVTaç etç "Atôou poleïv. TÇ) 10L 10mïcôs importation xdpir-ropat, ito'taxsw pèv dÀyswo cw, olx1pat0tv ô tôsïv.

pas mieux. Je devins son conseiller, et du Tartare les sombres profondeurs recouvrent le vieux Cronos, avec les Titans, ses alliés. Ainsije l ai servi, ce roi des dieux; et cet affreux sup plice, voilà ma récompense. Mais c est une sorte de maladie naturelle aux rois, de ne pouvoir s en er à leurs amis. Cet ignoble traitement, comment me le suis-je attiré, vous me le demandez, je vais vous le dire. - Aussitôt qu'au trône de son

père il se fut assis, tout d'abord aux dieux il fait_à chacun sa part,

distribue les charges et prérogatives, organise son gouvernement. Des pauvres mortels nulle question. Il en devait faire dispa raître la race tout entière, pour en créer une nouvelle. A ce pro jet personne ne t' d apposition, excepté moi. Moi seul, je l osai. Je me portai le défenseur des mortels, et le tonnerre ne les a pas abîmés dans l l-ladès. Aussi en suis-je réduit à ce douloureux

Taproipou

xalümst

16v ralaiyevñ Kpo'vov, afotoi oi ouppoixolaw.

0 répavvoç rdw 0566»

-

ùos muévoç roio'iôs £5 Éuoû

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Toüro 7&9 vo'mjpaz

Ëveo rt mo;

'r rupawi'ôi,

M nenoleévm Toi; (pilotant.

"O ôè 05v épwrä rs, aîrlrxv

xarà ijv'nvot minke-rod p.2,

To'u ro o açnwô') M.

"01m.; mixture: xaOéZa-ro Æ; 'ràv Opo'vov Tratpljûov, VÉILEL 560 ); Mil-40m

té?

am ällotoi,

ml ôlEOTOtX ETO dpx v '

où ôè Eo'xav ot'iôéva Ào'yov

166v TOÛI ITELÔP V Bporû w,

am ëxpnlsv dioru'loa; Träv 16 yävoç (pm'lom 61Mo véov. Kai oûôelç dvréñmve toïo'w ijv éuoü.

'Eyt u ôè èro'lwqoot ' Èieloooiymv Bpo'roùç

16 p.9; polsi v et; "Aiôou

ôiappaioeévmg. TÇ: rot xdunrouw rotaïoôe Maovaïow, , dlqewtxïm pièv

du Tartare

cache l'antique Cronos avec ses alliés eux-mêmes. Le maître des dieux

servi en de telles choses par moi

m a payé-de retcur

par ces cruelles peines. Car cette maladie

est-inhérente en-quelque-sorle

à la tyrannie,

de ne pas se-tîer aux amis.

D autre part donc ce que vous me

la cause

[deurs

.

[demandez,

pour laquelle il maltraite moi, je l expliquerai certes. Dès-qu il se fut assis sur le trône paternel,

il distribue aussitôt aux dieux

des récompenses,

di 'érentes à di 'érents, .

et il organisait l empire;

d autre part il ne tint aucun compte des malheureux mortels; mais il voulait ayant détruit toute la race, en produire une autre nouvelle.

Et personne ne s -0pposait

à ces résolutions

excepté moi.

Et moi j'osai ;

je délivrai les mortels [Hadès

en empêchant eux d aller chez après avoir-été-écrasés.

Pour cela donc je suis accablé

de telles peines, douloureuses d une part

33

IlPO-M'H G'EÏ'X AEEMQ'BHX.

Bv'qroù ç 6 év clamp Géuevoç, ei-r ot wroo- TDX-EÏV

m m fjëtdaôvjv aô'côç, &Mo t Wjlsüç

(55 èppéeuwum Zvjvl. ôuaxlerjç Géa.

X-OPOE.

Eiônpécppaw TE m ai néxpou; elpyaopévoç

60mg, I Jpopqôeü, eotcw où cuvaaxakq

péxeot; ' èydi yàp 061' 4 âv slatôsïv 10165 ëxpngov etmôoüao tr lyévevjv xéap.

IIPOMHGEÏ'E.

K i.

(pilou; èÀawÀç staopäv éyd».

XOPOX.

.

ami-ri. apoéô'qç rüvôa ml nepowrépw ;

H POMHGEÏ'E.

Gv'qroüç y é'aowa p.91 upoôépxaaeat népov.

XOPOE.

Tô'not ov sûpdw tîjpôe çdpuaxov véoou ;

HPOMHGEÏ X.

TuqzÀàç èv atü mï; éMiôaç ua'tq'mwa.

XOPOE.

Méy (àrpéÀ'tju -Æoür èôwp ow Bpo rotç.

Hlpèç 101968

HPOM-HGEÏ'Z.

1:59 èyd) ocpw dénoncez»;

état, si navrant à subir, si déchirant à voir. Les hommes, je les

ai pris en pitié, de moi on' nia pas eu pitié. Voilà ce

que la

rigueur sans entrailles a. fait. de moi, pour Zeus un! monument

d infamio. LE CHOEUR. C