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LES

AUTEURS GRECS
EXPLIQUËS D’APRÊS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTÎONS FRANÇAISES


L‘L'XE LITTERALE ET JUX‘FALlNÉAmE IRÉSENTANT LE MOT A MOT FRANÇAIS
' Ex REGARD mas mors (macs connesmxmms
L‘AUTRE comme“: ET PRECÉDÉE DU TEXTE GREC

avec des arguments et des notes ‘

PAR UNE SOCIÉTÉ DE PROFESSEURS


ET DE SAVANTS

I _— \

ESCHYLE
a CEAUX CHOISIS

PARIS
LIBRAHUE HACHETTE ET Ch
79, BOULEVARD SAINT—GERMAIN. 79

- 1883
AVIS
RELATIF A LA TRADUCTION JUXTÀLINÉAIRE

On a réuni par des traits les mots français qui traduisent un seul
mot grec.
On a imprimé en italique les mots qu‘il était nécessaire d'ajouter
pour rendre intelligible la traduction littérale, et qui n’ont pas leur
équivalent dans le grec. '
Enfin, les mots placés entre parenthèses doivent être considérés
comme une seconde explication, plus intelligible que la version
littérale.
MORCEAUX CHOISIS

D’ESCH-YLE

ARGUMENT ANALYTIQUE
DE PROMÊTHÊE ENCHAINÉ

Le Titan Prométhéc avait dérobé le feu du ciel


pour l’apporter aux humains. Zeus (Jupiter) irrité
contre lui le fait enchaîner sur le Caucase dans les
déserts de la Scythie. La tragédie s’ouvre' par ce
supplice. On voit Pouvoir (Kpoi-coç) et Force (Bloc)
traîner Prométhée vers le rocher où Hephaestos
(Vulcain) doit l’attacher.
Prométhèe, j usque-là, n’a proféré aucune plainte;
après le départ de sesbourreaux, il rompt. le silence
et prend le ciel et la terre à témoin de ce qu’il
MORCEAUX ou. n'uscuvm. 1
2 ARGUMENT ANALYTIQUE
souffre et de l’injustice du nouveau maître du.
ciel. A sa voix accourent les filles 'd’Océan :qui '
composeront le Chœur. Le vieil Océan vient aussi ;
il engage Prométhée à se soumettre, à ne point
irriter Zeus par des discours hautains. Prométhée
repousse dédaigneusement ces timides conseils.
Océan parti, le Chœur déplore les rigueurs du
nouveau règne. .Prométhée, à son tour, énumère
les bienfaits qu’il a répandus sur les humains. Le
Chœur reprend la parole et proclame qu’il n’y a
de sécurité et de bonheur que dans la soumission
à Zeus.
Tout à 00up paraît une jeune femme emportée
dans une course folle sous l’aiguillon du taon qui
la harcèle. C’est 10, la fille d’Inachos victime de
l’amour de Zeus, et poursuivie par la jalousie de
Héra ('Junon). A la demande des Océanid‘es, elle
raconte ses malheurs. Prométhée lui prédit qu’aprës
avoir parcouru de nouvelles contrées, elle’trouvera '
le repos en Égypte et mettra au monde un‘ fils” qui
sera son libérateur à lui Prométhée. Elle reprend
sa course vagabonde, et Promé'thé'e annonce que
Z'eus tombera bientôt et qu’il" rie pourrait" être
préservé de sa chute que par la révélation d’un
secret dont Prométhée aseul connaissance.
DE PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. ‘ 3
Le dieu entend du haut de l’Olympe cette pré
diction menaçante. Il dépêche Hermès (Mercure),
qui'somme Prométhiée de s’expliquer. Celui-ci
raille le messager de Zeus et brave de nou
velles rigueurs. Vainement les Océanides le sup
plient de parler; il .reste. inébranlable. La foudre
tombe sur le Caucase, et Prométhée est englouti
avec son rocher, en protestant contre l’injustice
qui l’opprime.
,HPOMnenrz
AEEMQTHE

I. LE SUPPLICE DE PROMËTHÉE.
(Vers 4-87.)

KPATOE.
Xfiovb; u‘sv si; mÀoupov ñxopsv Tréôov 1,
Exùônv à; oïuov, äôpo-rov stç épnutav.
"Hcpata'ts, 60‘; 8% xp-i‘ pékaw èmarolàç
é'zç cou mar-hp ézpsl'ro, T0'V68 wpb; né'rpatç
ù'îb'qkoxpfipvmç 16v Àswpyôv ôxpdcm '
dôauavrivwv 9 ôsauüv év o’zppfixronç néôatç.
Tb Gbv yàp ävôoç, navréxvou mpèç oéÀaç,
Gvn'roïat Mégbaç Côîtaœv ' ‘ronäaôé 1:01.
àpap'rtaç ocpe ôaï esoîç ôoüvou. ôix'qv,
(b; (iv ôiôaxô‘n T)” Atèç 'cupawiôoc
GTÉPYELV, cptkavegtbnou 8è moût—:600“ Tpônou.
HŒAIZTOE.
Kpo’zroç Bloc 1a, atpcpv u‘sv {Ev-wk?) At‘oç

POUVOIR. Du monde, c’est là où tout finit, à l’entrée des


steppes de Scythie, à cet escarpement désert, où jamais d'un
mortel le pied ne se pose. Nous y sommes enfin arrivés. A toi
maintenant, Hephæstos, de songer à la mission que tu as reçue
de ton père. Sur ce me perdu, dont la tête hautaine menace
l’abîme, à toi d’attacher ce criminel infâme aux chaînes de fer,
V aux entraves que rien ne peut briser. N'est-ce pas d‘ailleurs ta
prérogative, àtoi, ce fep créateur, cet éclair qu'il a volé, pour
en doter les mortels? Ce crime de lèse-divinité, il le doit expier,
et apprendre qu'il est irrviolable, le despotisme de Zeus, que de
telles eomplaisances philanthropiques on se doit abstenir.
HEPHÆSTOS. Pouvoir et toi Force, pour vous du moins les
PROMÉTHÉE
'ENCHAI‘NÉ

1. LE SUPPLICE DE PROMÉTHÉE.

KPATOE. POUVOIR.
"Hxopsv pèv Nous sommes arrivés d'une part
si; néôov mloupôv ZOovàç, sur le sol lointain de cette terre,
è; DIP-0V Zx-Jonv, dans la contrée scythique,
si; êpnwfcw äôporav. dans une solitude déserte.
Xp'h ôé 00:, "ll I’ïlGîE, D’autre part il faut qu’à toi, lie-
yéAt—zw ému-tokàç ' soient-à-cœur les ordres [pllæstos,
ä; mar-hp éçe‘üo’ not, que le père a imposés à toi,
6X14da<zl rävôe 16v Asœpyàv d’enchaîner ce malfaitcur
npàç nérpou; üilmloxpñpvotç à des rocs escarpés
âv téômç dans des entrayes
âppfixtoz; . qu'on-ne-peut-rompre
ôeapc‘ûv ùôapœrrivwv. de liens d'-acier.
Kléllmç yàp Car ayant dérobé
1:6 côv &veoç, ta fleur (ton attribut principal), ‘
Gila; mp6; la splendeur du fou
wav'réxvou, quiàcrée-tous-les-arts,
d'nraae Ovnroïm. il l'a communiquée aux mortels.
Aaï toi Il faut donc
capa ôoüvau ôïxnv 050T; lui donner satisfaction aux dieux_
rotäaôa àpup‘riag, d’un tel crime,
du; ôtôaxoñ âv a'répysw afin-qn’il apprenne à se-rc’signcr
‘rhv wpavvlôq Auk, au pouvoir-suprême de Jupiter,
1m'5500m ôè
rpo'rrou mlowepu'mou. v et à mettre-un-terme
à sa conduite philanthropique.
HŒAIXTOE. X'pcïw pèv, IIEPIIÆSTOS. Pour vous d’une
Kpdtoç Bio: ra, ' Pouvoir et Force, [part,
évroA-h A16; l’ordre de Jupiter
HPOMHGEÏ'X AEÉMQTHE.

ËXEL réloç ô}, xoüô‘sv âynroôc‘w è'n '


éyzb ô’ &rokuôç stuc auyyav?) 026v
ôñeat Big: (polpayyt npàç ôuaxstyépqa.
Ho’wrwç ô’ o’cvo’zywq rai/5€ pot réluav axaesî» '
sùwpLdÇaw yàp 11mph; Myou; {30:915.
T7]; 6990606101.) Oz'yfiog aimprîjm watt,
äzowo’t 0’ äxwv ôuaÀt’notç Xakxsüttaaw
npoanaaaaÀzüaw TCÿô’ änavôpémp m'zycp,
W 0615 gowvfiv oü‘ca TOU yopcpñv Q9016»!
Ô'zlfit, amôswbç 6’ 'iWou (90667; cpÀoyi
xpotäç àpætnlæstç ävfloç' o’wyévq) ôé ont
'l) 'nomkeigwv vùE dnroxp'ôqaat goo’wç,
mixwp 6’ ëcÿav ñÀLoç'axaôôjc mihv '
d’œl 6è mû napo'vroç âxônôcbv xaxoü
1960a. a’ ' ô Àwcpfiawv vàp où nécpuxé 1m ‘.
Tomü'r’ êmüpoo 1:05 (pùavepénov _Tpä1rou.
Gab; 0563i! yàp 06X bucmfiaawv Xäliov

ordres de Zeus finissent ici, de tout vous voilà quittes. Moi, à


vrai dire, le cœm‘ me manque. Un frère, un dieu, l'attacher à ce
roc si rudement battu de l’orage! Pourtant force m’est bien dc le
prendre sur moi. Désobéir aux ‘ordres de Zeus, chose grave!
(11 se tourne vers Promc'the'e.) -— Fils de l‘intelligente Thémis, génie
de trop (l’idéal, c’est bien à contre—cœur que, malgré toi, à ces
entraves,’je te clouer-ai sur ce pic perdu, où plus jamais ni la
voix, ni les traits de l’homme n'arriverontjusqu’à toi, où brûlée
aux rayons d'un soleil dévorant, se déflorera la peau de ton
corps. Quelle joie pour toi, quand, de sa robe bigarrée, la nuit
ram-Hera du jour; et puis des fraîcheurs du matin, quand le
8 013,], à son tour, te viendra délivrer! Malheureux, toujours à.
’Impatienter du présent dans ta mortelle angoisse! Et ton libé—
"a tel"- est encore à naître! Voilà ce que tu as gagné à ton amour
de l’homme. Dieu toi—même, des rancunes du ciel tu t'es peu
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 7
fixa 57"; râle; a certes son accomplissement
ml oüôèv êyaroôdov En ‘ et rien ne vous retient plus;
èyd) ôé aigu moi d’autre partje suis
ätokuoç sans-courage
ôñoai Btq pour enchaîner de force
056v ovyyevñ un dieu, mon parent,
npô; çäpawi sur ce roc—escarpé
ôuoxatuépep. exposé-aux-orages.
Ho'w'cwç ô‘s Toutefois d’autre part
&vdyxn pm nécessité est à moi
axeôsi'v To'lpow d’avoir le courage
réävôa ' de remplir ces devoirs;
Bap—b yàp eùwpm'tÇev ' car il est dangereux de négliger
M'youç narpäg. les ordres de mon père.
Haï aimuñm Fils industrieux
r’ñç ôpeoôoükou eéuiôog, de la prudente Thémis,
äxœv npomtaoaaleüaw malgré-moi je clouerai
as äxovm toi malgré-toi
xakxaüuaat ôuak'nozç avec des chaînes indissolubles
tqiôe Troiycp dnavôpo'mtp, à ce roc inhospitalier,
'i'va 0'515 6412i (pwvfiv où tu ne verras ni la voix [mortels,
0‘315 popqnfiv TOD Bpotäw, ni la forme de quelqu’un des
araûswôç ôè et où, brûlé
cpkoyl zpoiôn ñMou par l'ardeur éblouissante du soleil,
dualnpziç avec; tu changeras la fleur (la couleur)
xpotäç ' de ta peau;
zio‘pivop ce con et à toi en étant satisfait
i) WE nomlœiuœv la nuit au—vêtement—bigarré
ànoupüzpsi (peioç, cachera le jour,
illiäç Te ozaôêî Troïka) et le soleil dissipera de-nouveau
näxvnv êqôow ' la rosée matinale;
ciel 6% dxônôibv et toujours le fardeau
xanoÿ 1:0'0 napo'uro; as rpéaei ' du mal présent t’accablera :
ô yàp ‘Àcoçfio‘wv car celui qui te délivrera
061w flétpuzev. n’est pas—encore né. ‘
’E‘mpfipou raiaüra Tu as recueilli de tels fruits
to?) 'rpo'rrou cptkavepdnrou. de ta conduite philanthropique.
06 yàp i‘momñcawv Car ne craignant pas,
Bed; Xdkov 656w dieu toi-même, la colère des dieux
8. lIl’OMHGEI‘E AEEMQTHX.

(3901016; rtuàç en“; népa ôtznç.


’Avô’ 63v àrsprtñ rfivôa cppoup'r'laat; aârpaw
ôpeooréônv äürwoç, où xdpmwv yo'vu '
noXAoùç 8’ ôôupuoùç mi, 7601); dvwrpaha'cç
(pôéyäat' Alb; yàp ôuanapat‘rq'ror. tppâvs; '
dura; 81:, Tpaxù; ô'ortç âv véov xparfi.
KPATOX.
Eiav, ‘ri armer; mi. Momma-rile; wimv ;
'rt 10v ôeo'tç éyfiwrov où aruyaïç em,
6cm; 1‘0 au) Ov-q-roïat npoüôwzav yépaç;
t HÔAIETOE.
Tb Guyyevé; TOI. ôswèv ñ 6’ ôpzhtœ.
KI’ATOZ.
Eüuçnp.“ âv'qxouara’cv 52; 16v narp'oç Ào'yœv
oîo'v T6 rœç; oùxoüro 'ôatuaivaç nÀéov ;
H‘PAIXTOZ.’
“A5! 1:; NI WIN]; où mi. Opo'taou; nkéwç.
KPATOX.
’Axo’ç yàp oùô‘av rôvôa ep'qva'toeau' où 6‘;
Tà Môèv ètpahoüv‘m M nova noir/1v.

soucié, et aux hommes tu as assuré d’exorbitantes prérogatives.


En retour, sur ce me désolé, sentinelle immobile, tu ne pour
ras ni dormir ni reposer tes membres. Plaintes, gémissements,
prières, rien n’y fera. De Zeus inflexible est le cœur, et la ri—
gueur est une nécessité pour tout parvenu du pouvoir.
POUVOIR. Tu hésites, je crois. —— Sotte pitié! Aux autres .
dieux ce dieu en abomination, toi, tu ne le hais pas, et pourtant
aux mortels c’est lui qui a fait don de ta prérogative!
HEPHÆSTOS. La parenté, vois-tu, c’est bien fort, et l’amitié!
POUVOIR. Sans doute. Mais désobéir à ton père, est—ce pos
sible? — Chose autrement terrible!
HEPHÆSTOS. Toujours impitoyable, toi! rien ne t’arrête.
POUVOIR. S'apitoyer, à quoi bon? Inutile remède, qui ne peu
rien pour lui! —— Laisse là ce souci. .
PllOlll'Él‘llÉE ENUIIAINÉ. a
Gmaaaç Bporoïet tu as communiqué aux mortels
npàç néçSa. ôl‘mç. des honneurs all-deli; du droit.
’Avr‘t (in) En-punition desquels crimes
epoupfiaslç tu habiteras-cdmme—gardien
'nfivôa Trérpow U'J'EPTE‘Ï}, ce roeher odieux,
ôpfloa‘co’tô'qv äümoç, debout, sans-sommeil,
on”) xzipuwwv yo'vu ' ne pouvant-fléchir le genou;
oeéfiat ô‘s et tu proféreras
nofloù; ôôupuoùç beaucoup de plaintes
mi 7601;; dwwqasle'i; ' et de gémissements'înutiles;
xpps've; vàp ÀLÔÇ car le cœur de Zeus
ôumrapat'rnrol ‘ est inexorable;
élira; ô‘s mac/ç);
et tout être est dur
31m; xparñ b‘w vs'ov.
qui a—le—pouVOir nouvellement.
KPATOE. Elav, POUVOIR. Eh bien, ‘
ri pénslç \
que tardes—tu, [luent‘f
xal mrotxrlëez udmv ; et pourquoi t’apitoyes-tu vaine—
Tl où Gruye'îç 626v
pourquoi ne hais-tu pas un dieu
ràv Exemov esoïç,
le plus odieux aux dieux,
(Yum; npoüôwxe ûvmoïm
qui a livré aux mortels
m aôv yèpa; ;
ta prérogative?
HŒAIETOE. Tà ëuwsvè; HEI’HÆSÏ’OS. C’est que la parenté
il TE zig/alla et l’intimité
ôswo'v TOI.
sont une chose puissante certes.
KPATOE. Ei’aucpnuc ' POUVOIR. J’en. conviens;
ne"); lit oÎo'v TE mais comment est-il possible
àvnxouo‘tsïv de désobéir
163v lo’ywv non-90'; ; aux ordres de ton père?
où ôenpat'vsl; ne crains-tu pas
mûre uléov ; cela davantage?
H¢>AIXTOE. 2'5 ôî] o’œi HEPHÆSTOS. Tu es donc toujours
vnlfi; TE et sans-pitié
mi aléa); Opium); et plein d’audace.
KPATOE. Opnvsïaeou yàp POUVOIR. En-efl‘et plaindre
rduôs cet homme
oüôèv &zoç' n'est nul remède à ses mauæ;
où 8?. pi] nova! Hdml" maistoinete'fatigue pasvainement
Tri u’icpeloüvm pour les choses qui ne servent
pnôév. à rien. '
l

10 HPOMHOEI‘E AEÊMQT HZ
HQAIZTOE
7S2 TroÀÀôt ptoqesroa Xstpwvaî‘a'
KPATOZ. w I
Ti vw aruyaïç; névwv 7549 (50€ 5‘70“? MW)
"row vüv racéwwv oüô‘av atteint TEXWI'
H‘I’AIETOX.
'Etmraç TL; adrfiv äÀÀoç ôçeÀev ÀŒXSÏV
KPATOE.
"Amvf-èmfifi ‘ WM)»: Oaotat xorpavstv.
’EÀsüeeçioç yàp oû’rtç 8,617?- mrkilv ALôÇ
- ' HŒAIETOE.
'Eyvwxa ' 1i; 8’ 06 ‘-’; xoüôèv dvrsmeïv ê'xw.
KPATOX.
Où’zouv âneiëat 14535 ôsouà aspiôaksïv,
à); p.1} 0’ èÀwuowa npoaôspxôfi mer/'19 ;
, HŒAIETOX.
Kai 8i} wpo'xenpgx allé)“ ôépxeaôat m’ipa.
KPATOÈ.
BaÀdw vw duel. xspatv ëyxpa'rsï aeévst
peanut-7);“ Osîve, waaao'zllsus upôç Tré'rpoçtç.
HŒAIÊTOÊ.
Hepatvsmt 6-}, 7.013 paré; TOÜP‘YOV 168€.

HEPHÆSTOS. 0 mille fois maudite l’industrie de mes mains!


POUVOIR. Et pourquoi la maudire? Ton art, en Vérité, n‘est
pour rien dans son malheur. '
t HËPHÆSTOS. Ah! que n'est-il échu à quelque autre en par
age. .
POUVOIR. Tout est pénible, sauf de commander aux dieux.
Il n’est qu’un être libre, c'est Zeus.
HEPHÆSTOS. Je le sais, qui l’ignore? Je n’ai rien à répondre.
POUVOIR; Hâte—toi donc, de chaînes charge le misérable. Tes
hésitations, s’il allait les surprendre, ton pèrel
l-IEPHÆSTOS. Pour les bras les anneaux sont tout prêts, les .
vole]. '
POUVOIR. A l’œuvre alors! Autour des mains, d‘un vigoureux
effort, de ton marteau, rive-les, et cloue-le‘au rocher.
HEPHÆSTOS. C’est fait à la minute, Je n’y vais pas de
main morte.
PROMËTHÉE ENCHAINÉ. 11'
II‘PAIZTOÈ. HEPHÆSTOS.
’fi Xarpmvaâia O art—exercé-par—mer—mains
mm aimôeïoa. bien détesté par moi! -
KPATOE. Ti POUVOIR. Pourquoi
vw o-ruveïç ; le détestes—tu?
réxwi W car ton art
6.»; Myrp àn‘Aq’à
pour se servir d’un discours simple
oûô‘av Clll'lifl
n’est en rien cause
16m nôvmv vüv nupôvrwv.
des maux aujourd‘hui présents.
I'I‘I’AIZTO‘Z. TL; ding;
I-IEPHÆSTOS. Quelqu’autre
Spnuç dégoûte
4 cependant aurait dû
a‘brhv ‘mXE'L'v.
1’avoir-obtenu-en-partuge.
KPATOE. "Anaum
POUVOIR. Tout
taule?)
est pénible,
Trlfiv
sauf
xolpowe‘iv Beoîei.
commander aux dieux.
05mg vdp ‘
Car nul
Èorw ê‘AsüGagoç,
n’est indépendant,
ulchv Auiç.
sauf Zeus. _ -
HŒAIETOZ. "Eyvuma ‘
HEPHÆSTOS. Je le sais;
ri; 8% 06;
et qui ne le sait pas?
ml ëxœ uûôèv durer-irait).
et je n'ai rien à répondre
KPATOZ.
POUVOIR.
Oünouv én‘slEEt
Ne tc—hâteras-tu donc pas
aeprâala‘iv rq‘iôa
de mettre—autour—de celui-ci
ôeepà,
des chaînes,
ù; taràp M ce npocôepxeñ
afin-que ton père ne t’aperçoive pas
Éliwôovm;
tardant‘?
HŒAIZTOZJKal 57‘1 HEPHÆSTOS. Et certes
rdpa âépxeeeou il t‘est—possible de voir
M’Ma NPUXELPŒ. les bracelets prêts.
KPATOZ. Nlv [ioOubv POUVOIR. Les ayantjetés
duel Xepal autour—de ses mains
Grive p‘auarñpl frappe du marteau
côéver êyxparsî‘, avec une force puissante,
maudlsus npô: TVÉTPWË' cloue-les au rocher.
H‘PAIETOE. To'ôe TÔ ËPYW HEPHÆSTOS. Ce travail—lit
mpalverm ô'h, s’accomplit certes, 1efl‘et).
mi où porta". et ne se- fait-pas—en-vain (sans
lu

3 HPOMHOEI‘E AEEMQTHZ.
,A KPATOE.
AEÊËZGE‘HÔËAOV, og’otws, anôapñ Xo'tÀa.
Yap GUPËÎV xaä danxdwwv nopouç.
, , HŒAIETOL‘.
Apocpav ’qôa y’ (bÀév-q ôuoaxhùrœç.
KPATOX.
Kai T'r'piôa vüv nôpnaoov dacpaÀGôç, î'va
{Mien oocpto‘rilç (in me; vwôéarapoç .
HŒAIXTOE.
HM” TOÜÔ’ äv oôôa‘tç âvôixwç ILÉIMIJOCLTO, pot.
KPATOE. '
'Aôapavrtvou vüv acpnvôç «13992877 yvdeov
a’répvwv Swimming racoa’msu’ âppwpévwç.
I-IŒAIZTOE. _
Ataï, Hpoa‘qôaü, oo’sv ùïr‘ep Grévw nôvwv.
KPATOE.
Eb 8’ ai} net-remet; 163v Atôç '1’ èxepa'w {Swap
oréva_tç; 51mg pi”, aau-rbv otxnaîç noré.
Hq’AIZTOE.
‘Opojtç Ôéapa ôuoeéarov äuuaow.
_KPATO>.‘..
'Opûâ xupoüvra Tôvôa 105v èmëiwv.
'AÀA’ o’qup‘t nÀsupaîç paoxailwfljpaç BûÀa.
H‘PAIZTOE.
Ap‘äv Taü'r’ &väyun, anôàv èyxéÀav’ äyav.

POUVOIR. Plus fort, tape, serre, ne le ménage pas. Il est


de taille à se tirer du pas le plus difficile.
lIEPHÆSTOS. Voiciun bras solidement attaché, il ne bougera pas.
POUVOIR. Et celui-ci, fortement aussi fixe—le. Qu’il sache, tout
avisé qu’il est, que de Zeu_s il ne peut se jouer.
HEPHÆSTOS, montrant Prométhe'e. Excepté lui, nul ne pourra
se plaindre.
- POUVOIR. Et de ce coin de fer maintenant la rude dent, àtra—
'vers la poitrine, de part en part, enfonce—la d’une main ferme.
IIEPHÆSTOS. Prométhée, pauvre Prométhée, quel supplicelj’en
leure.
POUVOIR. Encore des lenteursl—Sur les ennemis de Zeus te
voilà à larmoyer! Tu pourrais bien avoir à pleurer pour ton compte.
IIEPHÆSTOS. C’est un spectacle si lamentable à voir!
POUVOIR. Eh! qu'a-t-il autre chose que ce qu’il a mérité?
Allons, autour des reins, sous les bras, les entraves!
HEPHÆSTOS. Je sais bien ce qu’il faut. A quoi bon insister?
PROMETHÉE ENCHAINÉ. '13
KPATOE. "Apao'o's uälkov, POUVOIR. Frappe davantage,
(sapins, serre,
xo'ûta pnôapa'ñ. ne relâche d’aucune-manière.
Aewàç yàp Eüpei'v Car il est habile à trouver
Trdpou; des ressources, pour se tirer
zal éâ dunxo'ivwv. même de liens inextricables.
H‘DAIETOZ. "Has y’ o’abévn HEPHÆSTOS.Ce bras-ci du-moins
äpaps ôuoaxltürwg. est attaché indissolublement.
KPATOE. Ho'pn‘owov vüv POUVOIR. Fixe maintenant
dccpah'bg ml. ‘nfivôs, solidement aussi celui-là, [sé.
't'va païen aocpLo-rñç afin-qu'il reconnaisse , quoique ru
65v vœOéa-repoç Aio'ç. qu‘il est plus faible que Zens.
HCDAIETOZ. Oûôslç REPIIÆSTOS. Nul '
wkhv 10655 hormis celui-ci,
pm pépzlmum äv ne me ferait des-reproches
évôixœç. avec—raison.
KPATOE. Haao'dlisvs POUVOIR. Cloue
> vüv éppwyæ'vœ; maintenant vigoureusement
wdeov aùôdôn la dent impitoyable
otpnvô; dômyavrivou du coin d'-acier
ôzawràâ mépvwv. à travers la poitrine
HŒAIETOZ. AMT, Hpopmesô, HEPHÆSTOS. Ah! ah! Prométhée,
c're'vw inrèp aäw nävwv. je gémis sur tes maux.
KPATOE. EÙ ôè POUVOIR. Et toi,
xa'roxvaîç (45 tu hésites de-nouveau
erreur; TE et tu gémis
Ûïr‘ep TCÔV ëxepc'ôv Aiäç ; sur les ennemis de Jupiter?
ô'rrwç songe comment
pi] oixneïg 11015 tu ne t’apitoycras pas un-jour
6017416». sur toi—même.
HŒAIETOE. ‘Opëç Géocpax HEPHÆSTOS. Tu vois un spectacle
Bun-Monro»! ô'ypaaw. horrible-à-voir pour les yeux.
KPATOE. ‘Opi'ô 16x285 POUVOIR. Je vois celui-ci
xupoüvra 163v èwaiiwv. recevant les peines méritées.
’Allà Brille gaaxaharñpaç Mais mets des liens
àwpi nlsüpouç. ' autour des reins.
H‘DAIZTOZ. ’Avcîyxn HEPHÆSTOS. Nécessité est
ôpäv 1016101, 0 de faire cela, .
pnôèv êyxékeue &yav. ne commande pas trop.
“l

n POMHQErz AEZMQTHZ'
5'
l PM K _, KPATOZ.
Xmpg xdîîxucuawlxdmewüëw ya up '4
’ WÆM 5è xlpxwaov fiiq
Kal 6;) né,“ HqnAlzroz. l '
E PO‘XTW Toù’pyov ou pompqït WOW-0'
I

'
Œçpopùîäîlwç , 98122:
WV KPATOZ.
ôfarôpouçi IWÉÔŒÇ '

v0. WW
' PM“ “099921 2 mm aov yqpüawb.
o“t4 \“l‘amwëou, m KPATOE.
5’ s’il-21v aùôaôlav
PM; 18 TP¢X61nra yr); ’m'îrMaaÉ you.
, HŒAIETOE.
ETÉ‘X‘ÙHSV ' Lbç xéhoww duplôlvjarp’ ëXEt.
, KPATOE.
Evmoeœ vov dopage ml 056w yépoc
G‘JÂŒV Égo‘qpépowz rpoariôat. Ti ce;
ciel 'rs (iv-qwi rai/8’ äTEOWTÀñGal nôvwv ;
‘Fauôwvüpwç os Saigon; Hpoprjeéa
xaÂoDqw ' ou’nôv yo’cp 03 Bar apopvjes'wç 3,
ô'TqJ 'rpo'mp rîjaô’ ÉlXUÀlGeñGELÆéXVYÏÇ.

POUVOIR.Moi, je veux insister, et crier jusqu’au bout. Voyons,


plus bas descends, les jambes, cercle-les vigoureusement.
HEPHÆSTOS'.Allons, c’est chose faite, et faite prestement.
POUVOIR. A ses pieds, à présent, de solides anneaux! Terrible
est l’œil du maître qui t’a donné ta tâche.
HEPHÆSTOS. Tes paroles, les traits, tout de toi est farouch'e.
POUVOIR. Toi, mollis, si tu veux. Moi je suis inflexible, et de
rude colère; pourquoi me le reprocher?
HEPHÆSTOS. Allons-nous-en, le voilà lié des pieds à la tête.
. POUVOIR. (Il se tourne vers Promc’thée.) Maintenant blasphème sur
ton roc, aux dieux voleleurs prérogatives, pour en doter les
hommes, ces éphémères. Que peuvent—ils pour toi, les mortels,
pour ta délivrance ? Comme ils t’ont mal nommé, les dieux qui
t’appelîent Prométhée'! Prométhée, c’est à toi qu’il en faudrait un
pour te'tirer.de là, de ces rudes'entraves.
PROMÉTHEE ENCHAINE. 15
KPATOZ. TH sûr) POUVOIR. Pourtant
ME).EÜO‘UJ je commander-ad
mi npo'; ye èmewüiw. et en—outre certes je te crierai.
Xdxper mira), Va en-bas, '
uipxwaov ôè et cercle
0x90] Bis. les cuisses awe-force.
HŒAIXTOZ. Kai où HEPHÆSTOS. Et certes
16 ëpyov rre'npwtmt l’ouvrage est fait
WOW/Q où pompé. par un travail non long.
KPATOZ. Oeïvs vüv POUVOIR. Frappe maintenant
Èppwuévœç fortement [en-part;
uéôaç ôtaro'pou; '
les entraves qui percent-'de—part
lb; 6' YE émupmfig car certes l’appréciateur
115v ëpywv (les travaux que tu exe'cutes
fiapüçi est sévère.
HŒAIETOZ. Flûacd cou
HEPHÆSTOS. La langue de toi
Mpümu ô'pmot.
exprime des choses semblables
POM à ta figure.
KPATOE. 2€) pallôomtëou,
POUVOIR. Toi, attendris-toi,
p.1} ôé pot éniflnooe mais ne me reproche pas
w'w épn‘w aùeaôiav
mon opiniâtreté V
Tpaxli‘m'coi TE ôpyñç.
et la rudesse de ma colère.
H'PAIETOE. Ersixwllsb, HEPHÆSTOS. Àllollsafiuusien;
li); ’e'xsi duoiô’lno-rpœ car il a des filets-àqui'ïent‘oureut
xdilloww.
4 ses membres;
KPATOE. "I'ÊptÇs
POUVOIR. Insulte -
I v’ôv évmüea, .
maintenant ici,
ml milan. yépoc eso'äv etdérobant les honneurs des dieux
npomtûet Érp'npépowt. / fais-'enhpart à des êtres—d’un-jour.
Ti rû‘wôâ m'vwv Quoi de ces maux
Gvntol o‘Ïot 'rë les mortels sont—ils capables
diravrlfioai ôol ; V
d’alléger pour toi“? I
Aaiuovéç as xaloüot
Les dieux t’appellent
'lièoôovduw; Hpouiqeéa ' d'un—faux-‘no‘m Preméthée;
ôei' yàp aê ou'nôü car besoin—est pour toi-‘tnëme
“Pouneëwç, d’un Prométhée ’
ô'rtp 'rp'ritrcp qui t’apprenne de quelle manière
ézzoltollñosl tu te dégageräs [(‘éës chaînes):
was réxmçl 'de cet efiët de l’art ä'tiè'pluzsios
16 HPQMHGEÏ‘E AEEMQTHZ.

11. PROMÉTHÉE ET LES OCÉANIDES'


(Vers 88-285.)

A HPOMHGEÏ‘E.
"Q Mo; alôñp xa‘t Taxon-reput mood,
aoraptüv 1a «mal. aowtœv TE xupo’çrwv
âvfipteyov yâkaopa, nappflj‘rôp 1s 7?),
mi. 16v navénmv xüxÀov 'iWou MM: '
(820% p.’ oïa api); 656W adcxw 656g.
Aépxeqô' oi'atç aiztataw
ôtaxvato'usvoç
Tb“) impuni] xpôvov deksüow.
Touävô’ à véoç myôg uaxdpwv
èänüp’ éa’ éuol ôsauèv o'tatfl}.
(1)55 (p26, Tb imper 16 1' éaapxôuzvov
Mita .a'rsvo'txw, 11-7} ‘ 1:012 péxôm
Xpñ répuam Tan/8’ ém‘rat'katt.
Kai-tor. ‘ri (papa; m’ww npooëaaicmpau
ansOpŒç Tà péÀÀov-r’ oüôâ pou. noraivwv
unit oùô‘sv ñëst. T'ipa aenpwuévnv ô‘s Xpñ
alcav cpépsw d); pâte-ra, ytyvo'mxove’ ô'n

PROMÉTHÊE.O plaines éthérées! vents àl’aile rapide! sources


des fleuves! et vous, des flots de la mer innombrables sourires!
toi, Terre, mère de toutes choses! et toi, Soleil, dont l‘œil em— ,
brasse l’immensité, tous, je vous prends à témoin. Regardez-moi,
voyez où m'ont réduit les dieux, moi, dieu comme eux. Voyez le
comble d’ignominie, où brisé, pendant des milliers d'années, il
me faudra me débattre! C’est là ce que le nouveau chef des bien
heureux a imaginé pour moi, ces entraves honteuses! — Hélas!
hélas! soufl'rir dans le présent, soufl'rir dans l’avenir, c’est na
vrant! Quand donc de mon supplice le terme se doit-il lever? —
Mais quoi? d’avance tout ne m’est—il pas exactement connu, de“
l'avenir? Non,'non, pour moi. rien d’imprévu, point de surprisede
la fatalité. Le destin qui nous est fait, portons—le aussi allègre—
paons-relis E NCHA-INÉ. 17

u. PROMÉTHÉE ET LES OCÉANIDEs.


I'IPOMHÛEÏ'Ê. 79' BÏOS GIN-Mp, PROM’ÉTHÉE. O divin éther,
m! meut et vous, souffles—des-vents
raxümepoz, aux—ailes-rapides,
mvai TE norapc’ôv, et vous, sources des fleuves,
yéllaoaoi ra âvfiptôaov et toi, rire innombrable
xuadrœv novriwv, des flots de-la—mer,
771 rs et toi, terre,
nauui-rop, mère-de-tous-les—êtres,
100.1?) je vous invoque .
xai Tèv xuzliàv Travo'm-qv et aussi le disque qui-voit—tout
MioU' du soleil;
ïôsoeë pa voyez-moi, l
ola ndoxœ quels mena; je souffre
ûeôçrpôç 656w.
moi dieu, deelaupart des dieux.
Aépxônes
Voyez ' -
o't'aaç dixiouow
par quels mauvais—traitements
ôtaxvatduevoç
étant déchiré,
“Reuse:
je soufl'rirai [nées.
ràv Xpovôv pupa-:7].
la durée d’un-nombre—infini-d’an
'0 vs'oç ravôç
Le nouveau maître
mdpœw
des'heureux (des dieux)
Einl‘ipev éiti étui
a inventé pour moi
reiôvôs ô'eopàv âsm’ñ'.
un tel lien indigne.
(bel), p56, arevdxw
Hélas! hélas! je gémis
u’ñaarà napàv 'rd rsâuepxo'usvov,
sur le malprésentetle maid venir ;
Tri} rare
ne sachant comment unajout
xpii émaner
doivent apparaître
réparti-ra rôvôs ao'xôwv.
les termes de ces soufl‘rances.
Kairot ri (PTHLL; Mais, que dis—je?
rpou‘ésrriampat omega");
Je sais-d’avance. exactement
_ ndwra 'tà gênait-rot, toutes les choses à-venir,
uûôè. ripe oûôèusirorodwou ni aucun; malheur nouveau [inatd
iiëst pot. n‘arrivera‘à moi. lima“)
KM 6%. ipéosw Mais il me faut supporter _
d); pâte-rot le plus facilement possible
MORCEAUX cu. D’ESCHYLEa 2
ÏIPOMIIGEÏ'Z AEXMQTHE.

Tb Tfig ivo’zyxv‘; 501’ &ôfipnov aôévoç.


’AÂÀ’ 0615 anyäv 01'513 1.1:}, atyäv 16Xaç
oiév 1è p.0t10'tcô' ÉGTÉ. Bv‘q‘totç yàp yépa
noptïw äVdYXŒL; mic? Évéäsuypm 16th; '
vapenxonli'ñpwrov‘ 8è Onpœimt 7m96;
wqy’qv xÀowatow, ôtôo’taxalxo; 1éyyiqç
mic”); Bpojroig nécpqva nod. néyaç népoç.
Touîwôe wowà; &nnliaxqpdrwv 1Mo
ùîrateptmç ôacttotat npouaakoüyævoç.
7A ä, 5a ëa '
1tç äxd), 1E; ôônà apoaéma p.’ àçayy’qç,
ôaôcuwç, î] Bpô‘moç, xsxpayévvjî;
i’xa‘ro 1apnôvtov énl iro’tyov
wôvwv ëpü’w eswpôç, ñ 1i 5-2] Oélwv;
'Opä'rs ôsonuflmv pus 5601:0-rp.ov 026v,
1cv Atbç èxôpèv, 1ôv näat Gaoïç
81’ o‘cîrexôaiaç éÀOôvô’ 6116001
1‘)” At‘oç aùlr‘qv siamxvsüaw,

ment que possible, bien convaincu qu’aVec l’indomptable néces


sité il n’y a pas de lutte possible. —— Me taire, parler, deux choses
également impraticables en ma triste situation! Des mortels j'ai
agrandi le domaine, et à ce supplice me voilà attaché, malheu—
reux! Au creux d'un roseau j’emporte ainsi cachée la féconde
étincelle, le feu, un grand maître pour les hommes, d’où tout
art ajailli, le grand créateur! Faute énorme, que j’expie dans
ces entraves, en face de tous, cloué sur ce rocher! (Des parfums
se répandent dans les airs, et il monte d'en bas comme un vague bruisse
ment d’ailes.)
Ho! ho! qu’est-ce? qu'est-ce là? C’est comme un bruissement
et un indéfinissable parfum monté jusqu’à moi! d'un dieu, d’un
mortel, ou d'un être qui tient de l'un et de l’autre? je ne sais.
Vient—on, au bout du monde, sur cette cime perdue, de mon
humiliation se donner le spectacle? Que me veut-on? Regardez
moi donc, voyez l’enchaîné, le dieu patient, l’ennemi de Zeus, le
suspect de tous les dieux qui hantent la cour de Zeus, et cela
PROMËTHÊE ENCHAINÉ. 19
rip: aioav nenpwpévnv, le sort fixé-par-le-destin,
ytyvdmxovw du sachant que
16 oeévo; 'rîjç âvdyxnç la force de la nécessité
èo-t‘w àôñpu'ov. est irrésiètible.
’Anà êo-u' pot oÏo'v ré Mais il ne m’est possible
0615 myäv oil-re p.91 GlYäv ni de taire ni de ne pas taire
To'môe Toxtxç. ces malheurs—ci.
Hopdw yàp Gvnroïgi
Car ayant procuré aux mortels
yépa , ' des présents
évéieuyum ro'ùtotç je suis attaché malheureux
mïoôs dwolptalç ' par ces nécessités;
Gnpüpm ôè or je prends—comme-à—la—chasse
nn‘p‘jv nupàç xlorrodow la source du feu dérobée
vapenzo'rrkfi pwrov , remplissent—la—tige—de-Ia-férule,
i} néçnvs Bpotoi‘ç et qui est devenue pour les mortels
ôzôdamloç milan; réxvnç maîtresse de tout art
ml péyaç nopog. et une grande ressource.
Tivw nowàç ‘Je paye les peines
torüvôs äpnlaunpa'tmv de tels crimes
npoooslo'pevo; étant outragé
ôeopoïaw ñnarôpiotç. par des liens exposés-en-plein-air.
TA (i, è'a Ea '
Ah! ah! hélas! hélas!
"d; OiXli), quel bruit,
rig ôôpà dtpayy-hg quelle odeur obscure (inconnue)
npooéma p.5 ; a volé (est arrivée)-vers moi? \
Osôautoç, est-elle venant-des-dieux ( divine)
ñ Bpätttoç, ' ou mortelle, {turcs}?
Ë xexpaptvn; ou mélangée (tenant des deux un—
IXETO_ quelqu’un estsil venu
titi miyov rappo'vtov vers ce me lointain
Bewpàç èpû‘w névwv, comme spectateur de mes peines,
ri 6'}; eélœv ; ou quoi donc voulant?
Opäré pa ôüoîrotuov em Voyez moi malheureux dieu
ôscpu’mjv, enchaîné,
ràv Èxôpàv l’ennemi
. Ms, de 'Zeus, .
16v éMdvm ôtà ànsxôeiaç celui qui est venu en haine
Tract 0201'; à tous les dieux,
6116001. Elcmxvsüow autant-qu’il en entre-dans
20 HPOMH-eer-z AEXMQTHZ.
ôtà rip: Mow (MM-mm B9016”.
(Delà (pst), Ti 1:01’ a5 Ktvbæwua xliéw
nékaç ’oiwvû‘w; attôj‘rlp ô" èÿtarppaïç
mapüywv pmflç ünôwptäu.
HEW p.02 (poôepèv Tb n'pooép'lrov.
XOPOX.
Maâèv eoñneîlsf relie tâte ñôs viii; ' 18mm. Li
mspéywv 601173;: écume};
fiancéôe niais.- rsirova. merder;
Mm “gemme même
xmmwém. ôé. e’ Essuie” “59°“- -
K-rpînopflà'p, 01x41) yo'zÀoôoç‘ ôtflfisv ävrpœv”
auxèy, à); 8’ ink/Iii“ p.09 16w Osuspfiôitw oçtôû‘i '
069,1115’ 021000;" 6m) ETEPMŒ.
;1;[,roiu,ueErz.
AÎEË.
19}; noÀv-rélwpp. '12?) 03,59; égyova,
100 tapi. näcciy, 6: eîbtgpppévou
x06v’ dump/115%, pfiépqjrt natôsç
Wszfia’gnwpp ‘
bépxfiqfrzxéciflag' oîgi, ôqapql
npoanap‘roç 5 èyqr
Wis.- <Pégmfl£ crampe êv äxpozç
9399.99. .Lnkçmxnm.
_.. avoir trop aimé les. hommes. (Le bruit d’ailes se rapproche, il
âgyimt.plqs,diaqnçt.) Hélas! hélas! encore cette volée djulseaux
près de moi, je l’entends! L’air, sous le léger frôlement de leurs
ailes, frémit; et siffle. AI!!! tout. m’est 'suspect, qui m'approche!
(Le chœur des Qefanides a; ive, Àtravers les airs, sur.un.el_1ar aile.) '
[(151 CHOEUR. €lS'trophe i. (Le Chœur va_ doucementde droite àgauche
du rocher.) 4- Ne crains rien. Elle t'aime cette troupe ailée, à
tire-d’ailelvenue à ton rocher, malgré les vives répugnanees
d’un, père. D’un vigoureux; élan les vents nous y. ontportées.
Le bruit du fer sous le marteau retentissait jusqu’au fond de
nos grottes; nous n’y avons plus tenu; ni timidité ni réserve;
nous nous sommes élancées, pieds nus, sur ce char ailé.
PROMETHÉE. Hélas! enfants de la féconde Téthys, filles de celui
qui tout. autourde la,terre roule ses flots sans défaillance, enfants
d’Océan,
tineIIe regardez,
perdue, à'la voyez quelles
dernière cimeentraves me clouent, triste sen.—
de ce rocher. H '
I’R'OAMÉT'I‘IÉ'E ENÛH‘ÀINE'._ 21
nlv aûlùv Auk, la cour de Zeus,
6d du: Mur tprkäriqra ‘ à cause “de son drap gravid amour
Bporôv. des (pour les) mortels.
(l’ail (psi), Hélas! hélas!
ri xwo'rewpoi were olwväw quel bruit d'o'nc d’oiseaux ['moi?
x’Ai'lto m3 nélaç; entends-je d‘e-‘n’ouVeaù "prés-de
aiôfip ôè Ùnoaupt’Çer d‘autre part l’an résonne
Élaçpai'ç dma’fç nrsp'ÜYœV. de légers battements d’ailes.
HEW 'rô npooép‘lr’di} tout ce qui sïapproell'e
(poôspo'v p01. refi‘ofl'tabi‘e polir me
XOPOE. 430611973“; p'qôév ' LE ËË'ŒUR. Ne crains rien ;
51'55 là? WEI; car cette troupe
mom-56a cpûtlot est venue en sans
ro'vôë TralYOv vers ce rocher, V
damier; Geai; mspüvœv, par des luttes mpi‘d'esd'ail'es; '
napemoüaa udvtç après avoir fléchi ave’e-‘p'ein‘e
lppe'va; mnpq'mg' le cœur paternel; {semant
0159m 81‘; xpauwocpäpor et des vents qui—flu‘r’t‘ént-r‘apj
us ënenkpow. m’ont portée ici. . {l’acier
'Axd) vàp m'nrou xo'druôoç ’da‘r Ye retentissement au bruit de
ôtfiis auxôv a pénétré-j usqu’au fond
&v‘ipmv, de no: astres, '
'fiiémze ôé p.01) et la chasse de Ïl'mi
Tàv alôû') Genepämv ' la pudeur àüït‘eë‘äi‘dapds’é ;
m’aûnv ôè et je me suis entasse
àréôûioç sans—chaussure
5x9) mep‘m'rfib. sur mon char ailé. _
IIPOMH’GËI'E'; sa? me PRbMETnEE. Hélas l hélas!
~ 5mm sa; raser; filles ne rethys .
rotpflmu, anxmombreuxænfsm, -
midi; 1: toi) slhtaàouévou et filles de celui qui roule
Trip! flâner) 106W autour de route la terre
palper! &zbltulñp par un ‘coü'r's sansrepus,
mrpàç ’Quaavoi‘), le père Océan;
dépxûnre, éalñsaeé, regardes; voyez;
o'üp ôseuql 'irpoô'frapfo’g par qüeilien 'attäehë, .[ëll'vlëe g
ôyjlaœ epoupo‘w &Çnlov je monterai une garde rion
tv axo'rrQm; dxpotè ’ sur les cimes élevées
riioôs (papavvoé. tlê c'e ï‘oc.v
22 HPOMHGEÏ‘E AEZMQTHX.

XOPOE.
Aeüoow, Hpoimôaü ' cpoôapà ô’ èuot‘ow ô'aaou; [Ant. 4.]
ôuixha Tcpoafläe «M, p1]; '
ôaxpüœv, oôv ôéua; etctôoüaav‘
aârpqt irpoaauatvo’pavov '
Taïaô’ âôauawoôétowt Âüuatç.
Néoz yàp otaxovo'um xparoüo’ 'Oküuaou '
vaoxuotç 5% 8%, vôuotç Zaùç âôérwç xpa‘rôvst,
'rà aptv 6è mlépia vüv dz'taro't.
UPOMHÛEÏ'Ë.
Et yàp p.’ Ùa‘è y'îjv
vépôsv 6’ "Atôou 100 vsxpoôéyuovoç
slç o’mépav-rov Toip‘rotpov fixa),
ôeapioîç &Àtfi‘rotç äyplwç mMaaç,
11); pips 026v ufirs 11.; o'wb‘pdw
10Z08’ éyay-r’ieau.
Nüv ô’ atôéptov xivoyp.’ 6 voila;
èxepoîç èaixap‘ra aénovea.
XOPOX.
Tl; 6383 Thnotxdpôtoç [Strophe 2.]
036w, 511,) To’cô’ Émxapñ ;
1l; 06 Envaaxalojt xotxo'tç _
TSOÏGI, ôixoc ya Ato'ç; 6 6’ êmxo’rwç de!

LE CHŒUR. Antistrophe 1. _(ll revient de gauche à droite.) Je le


vois, Prométhée. D’horreur, sur mes yeux, il m’en monte un
nuage tout chargé de pleurs. Spectacle déchirant! Ton corps,
sur ce roc, s’en va se désséchant aux ignobles entraves! Ah!
c’est que de nouvelles mains tiennent la barre dans l’Olympe.
De ses lois despotiques, récentes innovations, Zeus écrase tout.
Ce qui autrefois était grand, élevé. il le met à néant aujourd’hui.
PROMÊTHÉE. Si du moins sous la terre, en bas, dans
l‘lladès, au goufl‘re des morts, au Tartare sans fond, il m’eût
abîmé, de redoutables chaînes chargé par sa sauvage vengeance!
nul dieu, personne de mon supplice ne se réjouirait. Mainte—
nant, jouet des vents du ciel, triste patient, à mes ennemis je
donne le spectacle de mes souffrances.
LE CHŒUR, Strophe 2. (Il va de droiteà gauche.) En est-il donc
de si peu de cœur, parmi les dieux, qui rie de tes angoisses?
En est-il, Zeus excepté, qui n’y compatisse? Lui, fidèle à ses ran—
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. ‘23
XOPOZ. Asôaaœ, LE CHŒUR. Je le vois,
Hpopnea'ô ' Prométhée; -
ôpix'ha ôè tpoôepà et un nuage craintif
\ plein de larmes,
nMpng 6wp6wv
fipoalfiisv éuo'fo'w ô'o‘o'mg, s'est jeté-sur mes yeux,
sîmôoüaav aôv ôëpaç moi ayant vu ton corps
Trpoaauawdpevov wérpqt se desséchant—sur un rocher
Taioôe 1611m; par ces outrages [bles).
àôapavroôérotm. liés—avec—l’acier (indissolu
Néo! yàp oiaxoväpm Car de nouveaux pilotes
zpmoüaw 'OMpuoo' sont-maîtres de l’Olympe;
Zeb; ôè 69| upon-Sven et Zeus certes règne
6.0érwg despotiquement
vo'uol; veoxpoi‘g, par des lois nouvelles,
dïu‘roï ô‘e vi'av et il anéantit maintenant
rà up‘w nelzbpla. ce qui était jadis gigantesque.
uPOMHeErz. Et yelp PROMÉTHEE. _() si
fixe us t‘mà yñv. vi1 m’avait précipité sous terre
- vépesv 15"Atôou et au—dessous de Hadès
mû vaxpoôéypovoç celui qui-reçoit—Ies-morts,
si; Tripmpov âuépavrov‘ dans le Tartare immense,
us‘ldoa; m'ayant approché
Wm: d’une-manière-sauvage
ôeapoi'ç dhS-rolg, de chaînes indissolubles,
ü); Mrs 656; attendu—que ni un dieu
puits 1:; 61Mo; ni quelque autre ‘
Èyqr/ieet‘ 101‘685. ne se serait réjoui de cela.
Nûv 8è Mais maintenant,
xiwypu aïeéptov jouet de-l’air,
rénover: 6 voila; je souffre, moi le malheureux,
Énixapm des maux qui sont dos—sujets-de
Exepoïç. pour mes ennemls. [joie
XOPOZ. Ti; 0563W LE CHOEUR. Qui des dieux
Œôe flinaixoipôwg, est tellement dur-de-cœur,
ô'np toiôe émxapñ ; à qui cela soit agréable ?
"li; 0'5 Ewaoxalë qui ne compatit pas
TEDÎO‘I xaxoïç, à tes maux,
ôixa ye Aw'ç; excepté (lu-moins Zeus ‘?
ô 5è eêpsvoç mais lui ayant disposé
‘34- HP.OMI{9EÏ'E AE'EMQTHE.
Oéytsvoç äxvacpov v\ao'ov
ôo’qwamt Oùpœvtaw
yâwow 1, 01582€ Mien, npiv äv xopéan uéap,
'î; nodding: 1wi1o‘w ôooo’clw'rov EM“ 1v.; àpxo'tv.
HPOMHGEÏ'È.
’I'I [.L‘ΑV 51’ èyoü, wimp xpowspa'tç
êv yotonéôouç aimçopévou,
Xpaiav ëäst paxdpœv npümvzç,
ôaïäo‘u 1b véov {ioühaupf dcp’ 61cv
axñmpov 1Lpo'zç 1’ ànoauÀä-rat.
Kai p,’ 0615 psltyltdiœosç n'ateoüç
énaorôaïcw
Oélëu, c1epso'tç 1’ 0151:01’ o’msüàç Y
milieu; 165’ éyd) mmpmvüaw,
np‘w äv ëë dyptwv ôscpæv XaÀo’wq
TCOWo'cç 13 16/2!»
1?}65’ mixto'tç éOaÀvjon.
XOPOE.
E") pèv epacûçïe Mati nmpaïç [Antistrophe 2.1
ôümaw oùô‘sv waxed?“
äyav 8’ éÀeuGepomopsîç.
’Epàç 8è (ppévatç épéllws ôzo’t1opoç tpôôoç '
ôéôta 3’ équin! con; TÛXGŒÇ,

cunes, d'un cœur inflexible, ilpèse sur les enfants d'Ouranos. Il ne


se lassera donc pas, que son âme ne soit rassasiée, ou que, par un
coup de main, l’inexpugnable pouvoirn’aille àquelque autre dieu.
PROMÊTHEE. Et pourtant encore de moi, si lourdes que soient
mes chaînes, si dégradé qu'il m’ait fait, il aura besoin, le roi des
bienheureux, pour le prémunir contre le nouveau dessein qu’il a
conçu et qui lui doit enlever et le sceptre et la royauté. Et sur
moi, intraitable à mon tour, ni les doucereuses paroles, ni la
langue artiticieuse n’auront prise, ni la dureté, ni les menaces
ne pourront. Il ne saura rien, que d’abord de ces sauvages en—
traves il ne m’ait relâché, qu'à me donner satisfaction pour tant
d’humiliation il ne se soit résigné.
LE CHŒUR. Antistropheî. (Il repasse de gauche à droite.) Ol'âme
indomptable, que l'amère catastrophe en rien n’a su détendre!
Vraiment, c'est trop fièrement parler. Mon cœur en frissonne, de
terreur tout saisi. Je tremble. — Que va—t-il t'arriver? — Y
v . m». LUuJUulb üYEL'-lJUIBP€

väov äxvaqwv sa volonté inflexible,


Boil-warm asservit
ys'waw Oüpaviav, la race d'-0uranos,
oùôè Mist, il ne cessera même-pas,
wplv äv avant que,
fi xopéa‘g xéap, ou il ait satisfait son cœur,
fl n; 90) ou quelqu'un ait pris
rtvl tampon par un coup-de-main v
ràv &pxùv ôuo‘ci'Awrov. le pouvoir difficile-à-prendre.
HPOMHeErz. "’H Mv PROMETHÉE. Certes pourtant
npümvtç uaxc'ipmv le maître des bienheureux
Him ËTL xpsiav épo’û, aura encore besoin de moi,
wimp aimçopévou quoique outrage [membres
Èv ymorréôouç, dans des chaînes-retenant-mes—
xpoirspaïç chaînes solides
ôsi'gozt , pour lui faire-connaître
'rô véov fioéleupa , le nouveau dessein
dnô äTOU dmo‘uläwi par—suite duquel il est dépouillé
oxñrrrpov mini; 12. du sceptre et des honneurs.
Kal oû'rt p.5 Gékësz Et il ne me lléchira point
' émotôa‘t‘ai aeklfloôooot; par les charmes au-doux-langage
naieoüç, de la persuasion,
oünoré "rs et jamais,
11113201; orepeàç âwstkàç redoutant ses dures menaces
ëyu‘u xaraonvôow Téôe, moi je ne déeouvrirai cela,
rrplv élu xaldo-g avant qu’il m’ait délivré
ëâ dvptwv ôEO’fflÏW, de ces sauvages liens,
éeakfion TE ttvew
muni; r‘îjoôe aïxt'uç.
XOPOEv 2'5 yèv
et qu’il ait consenti à payer
des réparations de cette injure.
LE CRŒUR.Toi d’une part
i;
E.
epaoé; TE et tu es audacieux
ml oûôêu ëmxaltôliç et en-rien‘tu ne cèdes
ôüawt mxpaïç, à tes infortunes amères, [ehise
éleueepoo'ropsi'ç ôè d’autre part tu parles-avec fran
(how. trop.
(D660; ôè ôidropo;
D'ailleurs une crainte perçante
Èpéôloav étui; appéwxç '
irrite mon cœur;
ôëeta 6è duel ouï; rüxatç,
et je crains pourton sort,
26 ‘ nPOMHeErz AEEMQTHX.
1rd 11015 115v5£ 1to'vcov
Xpfi as Téppa xéÀaow-c’ éotôsïv ' àxtxnra yàp
fiesa mi. xéap daupduuôov é'xsn Kpévou flak.
HPOMHGEÏ‘E.
Oiô’ ô'tt TPŒXÙÇ mi nap’ éaurtp
T‘o ôtxmov è'xwV' épuratç, ôte),
paluoyvwuwv écrou. 1:06’, 5100:
mûr-n pouce?) '
Tip! 5’ àrépawov oropéaaç ôpy'îpl
siç âpôuôv ËlLOl mi (mité-rata
anséôwv maéôowt noe’ ñëet.
XOPOZ.
llo'w'r’ éxxdludvov xai yéywv’ ñuïv lo'yov,
nota) Âaôdw a: Zeb; ën’ atrto'tpa‘rt,
'oürwç àttuwç mi amplis; aixtëerat'
ôtôaiov fiuäç, sf 1!. un Qko'nr'csr. Ào'ytp.
UPOMHGEÏ'E.
'Alystvà uév pat mi. Âéyatv âariv cdôs,
dkyoç ô‘a atyäv, non/mm 6è Mono-rua.
'Eae‘t Tdxta'r’ ñpîavto Saigon; xôÀou

aura-t—il pour toi un terme à la souffrance, un port où t’abriter‘.’


—- Intraitable génie, inexorable cœur que le fils de Cronos!
PROMETHEE.Je le sais, il est dur. Le droit, il le place en lui-.
même, Zeus. Mais il sera tout souplesse, tout douceur, au jour
des revers, quand il se sentira ébranlé. Cette intraitable colère,
il en rabattra pour me prévenir un jour, s’offrir de lui-même a la
paix, et composer avec moi avec un empressement égal au mien.
LE CHŒUR.Apprends-nous en détail, raconte-nous quelle faute
Zeus te reproche; pourquoi il t’a si outrageusement humilié. '
Parle, si toutefois ce récit ne t'est pas trop pénible.
PROME'I‘IIÉE. Ilm’est douloureux sans doute de revenir sur le
passé. Mais me taire, en soufl'rirais—je moins? Triste alternative!
— Lorsque autrefois les dieux commencèrent it se monter les
PROMÉTHEE ENCHAINÉ. 1€

mi note ignorant comment enfin


xpñ as ëetôe‘t‘v il est-fatal que tu contemples
xa'Xcow'L-a ayant abordé,
Téppa 'rd'w68 no'vwv ' le terme de ces maux-ci ;
naïç'yàp Kpävou car le fils de Cronos.
ëxer flew âzixnra a un caractère intraitable
xai xéap àmxpo'tuuôov. et un cœur inflexible.
HPOMHOEÏ'E. Oiôot du PROMÉTHÉE. Je sais que
22?); Tpaxù; Zeus est implacable,
nul Exam 'rà ôiaauov et ayant la justice
napà ËOtU‘t'tî) ' en lui—même (dans sa volonté);
ana ëun'otç mais cependant
Eaton norè, élu), il sera un—jour, je pense,
uœkaxoyvo'auwv, d'un-esprit—doux, [uière;
grow portatif] Tani-:1] ' lorsqu'il sera brisé de cette mn
mopécmç ôè 'rhv 6py-hv et ayant calmé son courroux
âtépauvov opiniâtre,
anex’aôwv s’-empressant
ñëet work il viendra un-jour
elç äpeuàv ml tpûémm en lien et amitié
être). anst'aôovn. avec moi m’-empressant.
XOPOE. 'Exxoilu' 0v LE CHŒUR. Découvre
xal yévwvs ñuïv Myov miv'ra, et dis-nous le récit entier,
èn'i nota) atrtdumn pour quel grief
2515; ce mec” Zeus t’ayant saisi
aïxiÇsrou le maltraite
081w; dtiuwç si indignement
za‘z mxpc‘ûç ' et cruellement ;
ôiôagov ñuäç, apprends-nous-le,
si p.9) m‘aimer n si tu ne souffres en-rien
ko'yop. par ce récit. [part
HPOMIIOEÏ‘E. Tà ôè p.5") PROMETHÊE. Ces choses d’une
êarw dlyawcî uni sont douloureuses à moi
xai Àéyew, même à raconter,
(“1170; 8è d’autre part c’est une douleur
myäv, de se-taire,
nounou/:7; 6è Mam/rpm. et partout il y a du malheur.
'Iiîrsl Tdxtam ôaiuws; Aussitôt que les dieux
fipîow‘m Xo'lou, eurent commencé leur haine,
28 UPOMHGE‘Α 'ÀÏÈ'ÊMÏOTHE.

créer; ‘1’ ëv &Mfikoww 'tbp'oeûvs'ro,


oi pèv Oékovtsç ‘ éaôaha'tv ëôpaç Kpévov,
du; Zeb; o’wdwaon 8910W, oi. 6è TOÜtL‘IEOtÂW
oasûôowsç éoç Zeb; Mro‘c’ äpäsœv 656v,
évmüô’ ÉYÔJ To‘t ÀÇJO’TŒ Bouhsûwv mes'tv
‘ Twang, Oépavoü 16 and Xliovôç même,
06x 'Ijôovfienv ‘ œiuékaç 6è pcqxowézg
a'mydaav'rsg xap1spo'i; (ppov‘r'juoww
d'iov'r’ duoxô‘t 1:96; Btav 1e 5so1ro'csw.
'Epoi ôè Mmp 06X änaë pôvov, Géutç
xa‘t Patate, conta»; ôvopdnwv poptpîj plot,
Tb péÀÂov fi apatvono apoutsôsoalxst,
6); 06 neuf taxi») odôè np'ôç 1b xap1spbv
Xpst-q, 56Mo 8% Toi); Ûaspaxo'vwç xpowe'iv.
Tonaüt’ èpoñ Àéycww éëwoupévou
oùx fiiiwaav odôè npooôhégbat 12) 116W.
Kpoirta-rat ôv'j pot 163v aapso'cdnwv 161a
étpatvs-r’ {Evan apoakatôéwot {Antépa

uns contre les autres, que la division se mit entre eux, ceux—ci
rêvaient le renversement de Cronos, pour placer Zeus sur le
trône; ceux-là, de leur côté, prétendaient que Zeus jamais ne
_ commandàt aux dieux. Alors ce qu’il y avait de mieux à faire,
moi, je l’indiquai. Mais persuader les Titans, les fils d’0uranûs
et de Géa, ce fut choseimpossible. L’habileté, les petits moyens,
ils les dédaignaient dans leur humeur farouche bien persuadés
que, sans peine et par un coup de main, ils en viendraient à
leurs fins. — A moi pourtant, en maintes occasions, ma mère
Thémis et Géa, divinité unique sous des noms si divers, d’avance
de l’avenir m’avait prédit la solution. Ni la force ni la violence
n'y feraient. De la ruse dépendaient la supériorité et le succès.
Et cela, moi, dans mes discours, je l‘ai remontré aux Titans.
Leur dédain n’en a tenu compte. —— Ce que je vis de plus pru—
dent dans l'état des choses alors, ce fut de prendre ma mère
avec moi, de me rallier franchement à Zeus, qui ne demandait
PR O-MÉ'R‘H E E ENG'l-RAÆNÂE'. ' 29

aroiatç TE dipoeôvero qtqu’une'djvisiou se fut.- étoilée


ëv dlhflloraw, Wm elm
oi uèv eéluvraç les uns voulant;- _
èxôa'heïv Kpävov ëôpqgh renverser Grouos du trône,
à); Zeb; 5fi05v dwa’waom, afin-que Zeussans doute régnât,
o! ôè ansüôovrsç les autres s‘—empressant ’
'rô ëunaluv, dans le sens contraire,
du; Zeb; äpisis Mitan afin-queZeusne commandàtjamais
056w ' aux. dieux. ;.
Èvraüea éyt‘n alors moi,
Bouleowv rà mie-ra conseillant les meilleures choses
06x ñôuvñûnv meeîv TlTä-“OLÇL je ne pus persuader les Titans,
1éme OOpavoü TE m‘i‘ Xt-lovdç" enfants etd’Ouranos et de Terre;
ànpoiaavrsç ôè et dédaignant
tppovfipaai xpœrepoïç, dans leurs esprits violents,
MXavà; aluükaç des-.moyensnusés_
(230w; Merriam ils CFOWÏËRËdflVÛil‘r être-maîtres,
dnoxel 1:96; Blow re. sans-peine et par force.
MTiTYIP ôÈ, Géniç mi Faim, Mais ma mère, Thémis etiGéa, '
Ma livret une seule personne ‘
nonébv ävopo’wwv, de plusieurs noms,
Èuol npourseeenûcsi. m’aurait prédit
06x dirai uo’vov menue—fois seulement
“3 FÉÂÂW il" upalvoiro, l’avenir comment il s’accomplirait,
(il; Xpsln comme—quoi il était-fatal de vain
06 xarà io'xùv non par'la force [ore
0°.ôèJreàs rà suprepôv, ni, parviolenee
151i); 5% Ûwfipaxévrpgi;
mais?» H A 60%,»' - mais ceux supérieurs par. la. ruse
minare,
Ettûÿsâëniflvyévw IQLOSÜTQL' Moi exposant- de telleslohoses.
MYoLmu, dans mes discours,
oùwñgimmv ils ne daignèrent
oûô‘e‘ wpoaûéqmi 16; may. pas—même me regarder du tout.
KQé‘J-‘ma 8h, Le meilleur parti donc
16y. nupfim’nwv. 1616. des (dansles) circonstances d’alors
ne}. Ésogïvfirp, SEW; me). paraissait être,
murmmeêëv. Zaivlz d’assister Zeus,
êm'wæèudwi moi de-bon-gré lui de-bonugré,
upoelaäéwœ nnzépa. ayant-pris—avec moi ma mère;
30 HPOMHGETEAEZMQTHZ.

éxôvfi’ éxo’vn Z'qv‘t cupnrapacwrstv.


’Epa'tç 6è Boulier; Tap‘tdpoo pskapôaGi‘qç
xsoQpdw mMmsr. 10v roman/av?) Kpôvov
aü10îct‘ O'UWMiXOLGL Tom’zô' èE, époü
ô 166v 0563i! 1Ûpavvoç tbcpslrqpévog
xaxaïoi wowed; 1a’iaôé p.’ dzv-rv; pstzpmo.
'Evsan yäp nwç 10610 1?) mpawtôt
VÔG‘IHLa, 10L; CP‘ÀOIÜI pu?) nenouôa’vaz.
“O 6’ 06v èpw1ä1', ott'rtow xaô’ ñwwa
alxtlemt pa, 10010 ôfi amp-qua.
"01w; Täxwm 10v ironpqmv è; Opévov
xaeéls1’, eùüùç ôatpoaw VÉtLEL yépa
äMoww äMa, ml ôtEGTOLXËÇËTO
dpxfiv, Qpoflbv 6% 16‘» 1ali0ttmôpwv Àôyov
ofm {axer oüôév’, 0’003 d'i01t60aç yévoç
10 MW ËXpnÇsv (51Mo cpt1üaw. véov. _
Kai 101‘0w 0685i; àv1é6awä 11AM. époü.
'Eyd) 5’ €16Àp.1;0’ ' éäaluadmjv fipo10ùg
1?) p.912 ôtàppataQÉVTaç etç "Atôou poleïv.
TÇ) 10L 10mïcôs importation xdpir-ropat,
ito'taxsw pèv dÀyswoŒcw, olx1pat0tv ô’ tôsïv.

pas mieux. Je devins son conseiller, et du Tartare les sombres


profondeurs recouvrent le vieux Cronos, avec les Titans, ses
alliés. Ainsije l’ai servi, ce roi des dieux; et cet affreux sup
plice, voilà ma récompense. Mais c’est une sorte de maladie
naturelle aux rois, de ne pouvoir s’en fier à leurs amis. Cet
ignoble traitement, comment me le suis-je attiré, vous me le
demandez, je vais vous le dire. -— Aussitôt qu'au trône de son
père il se fut assis, tout d'abord aux dieux il fait_à chacun sa part,
distribue les charges et prérogatives, organise son gouvernement.
Des pauvres mortels nulle question. Il en devait faire dispa—
raître la race tout entière, pour’en créer une nouvelle. A ce pro
jet personne ne fit' d’apposition, excepté moi. Moi seul, je l’osai.
Je me portai le défenseur des mortels, et le tonnerre ne les a pas
abîmés dans l’l-ladès. — Aussi en suis-je réduit à ce douloureux
xeuOpabu pelapfiaehç la retraite aux-sombres—profon
Taproipou du Tartare [deurs
xalümst - cache
16v ralaiyevñ Kpo'vov, l'antique Cronos
afotoi‘oi ouppoixolaw. avec ses alliés eux-mêmes.
‘0 répavvoç rdw 0566» Le maître des dieux
ùos‘muévoç roio'iôs £5 Éuoû servi en de telles choses par moi
pa dvmpai'qiorro m’a payé-de—retcur
micôa xam'l'm 1m wai'g. par ces cruelles peines.
Toüro 7&9 vo'mjpaz Car cette maladie
Ëveo‘rt mo; est-inhérente en-quelque-sorle
'rfi rupawi'ôi, à la tyrannie, .
M nenoleévm Toi; (pilotant. de ne pas se-tîer aux amis.
"O ôè 05v épwrä‘rs, D’autre part donc ce que vous me
aîrlrxv la cause [demandez,
xarà ijv'nvot minke-rod p.2,
pour laquelle il maltraite moi,
To'u‘ro o‘açnwô') M.
je l’expliquerai certes.
"01m.; mixture: xaOéZa-ro
Dès-qu’il se fut assis
Æ; 'ràv Opo'vov Tratpljûov,
sur le trône paternel,
VÉILEL 560€); Mil-40m
il distribue aussitôt aux dieux
té?“ des récompenses,
am ällotoi,
difl'érentes à difl'érents, .
ml ôlEOTOtXŒETO dpxfiv '
et il organisait l’empire;
où ôè Eo'xav ot'iôéva Ào'yov
d’autre part il ne tint aucun compte
166v TOÛIŒITELÔPŒV Bporû‘w,
des malheureux mortels;
am ëxpnlsv
mais il voulait
dioru'loa; Träv 16 yävoç
ayant détruit toute la race,
(pm'lom 61Mo véov.
en produire une autre nouvelle.
Kai oûôelç dvréñmve
Et personne ne s’-0pposait
toïo'w
à ces résolutions
flijv éuoü.
excepté moi.
'Eyt‘u ôè èro'lwqoot '
Et moi j'osai ;
Èieloooiymv Bpo'roùç
je délivrai les mortels [Hadès
16 p.9; polsi‘v et; "Aiôou
en empêchant eux d’aller chez
ôiappaioeévmg.
après—avoir-été-écrasés.
TÇ: rot xdunrouw
Pour cela donc je suis accablé
rotaïoôe Maovaïow, ,
de telles peines,
dlqewtxïm pièv
douloureuses d’une part
33 IlPO-M'H’G'EÏ'X AEEMQ'BHX.

Bv'qroù‘ç 6’ év clamp Géuevoç, ei-r’ ot’wroo- TDX-EÏV


m’m fjëtdaôvjv aô'côç, &Mo‘t Wjlsüç
(55’ èppéeuwum Zvjvl. ôuaxlerjç Géa.
X-OPOE.
Eiônpécppaw TE m’ai néxpou; elpyaopévoç
60mg, I‘Jpopqôeü, eotcw où cuvaaxakq
péxeot; ' èydi yàp 061' 4 âv slatôsïv 10165
ëxpngov etmôoüao’tr’ filyévevjv xéap.
IIPOMHGEÏ'E.
Kœi. (pilou; èÀawÀç staopäv éyd».
XOPOX. .
ami-ri. apoéô'qç rüvôa ml nepowrépw ;
H‘POMHGEÏ'E.
Gv'qroüç y’ é'aowaœ p.91 upoôépxaaeat népov.
XOPOE.
Tô'not’ov sûpdw tîjpôe çdpuaxov véoou ;
HPOMHGEÏ‘X.
TuqzÀàç èv atü‘mï; éMiôaç ua'tq'mwa.
XOPOE.
Méy’ (àrpéÀ'tjuœ-Æoür’ èôwpfiow Bpo‘rotç.
HPOM-HGEÏ'Z.
Hlpèç 101968 1:59 èyd) ocpw dénoncez»;

état, si navrant à subir, si déchirant à voir. Les hommes, je les


ai pris en pitié, de moi on' nia pas eu pitié. Voilà ce que la
rigueur sans entrailles a. fait. de moi, pour Zeus un! monument
d’infamio.
LE CHOEUR. Cœur de fer, nature de granit, Prométhée,.àtes
maux qui ne eompatirait? Moi,je n’ai point demandé ailes voir,
je les ai vus, et mon âme en est-mute déchirée.
PROMÉTHEE. Même à mes ennemis, à voir je fais pitié.
LE CHOEUR. S'en est—il tenu la, ton amour pour les hommes?
PROMÉTHÉE. De la mort'à leurs yeux j’ai voilé les horreurs.
LE CHŒUR. Ce mal, tu-les en as guéris! Et ton remède?
PROMETI—IEE. J'ai jeté dans leur cœur d’aveugles espérances.
LE CHŒUR. 0h! le don merveilleux que tu‘ fis aux mortels!
PROMETHEE) Autre merveilleux don, ils me doivent le feu.

s
oixrpaïaw 6è tôaïv ' d’autre part misérables à voir ;
eéusvoç ôè evnraù; et ayant pris les mortels
êu oïxrqo. en pitié, .
alu en-conséquence _ [digne
(1616; 06% rjëubônv moi-même je n’ai pas été jugé
wxeîv ai'x-tou, ' de rencontrer de la pitié,
MM ëppüeuwum Œôa mais j’ai été arrangé ainsi
\m‘Aez'bg, sans-miséricorde,
Ma (ha-47.55]; Znvt'. spectacle déshonorant pour Zeus.
XOPOE. "Om-lg LE CHŒUR. Quiconque
06 auvaexaifi J. . ne compatit pas ‘
voici udxemç, Upçtneaü, à tes maux, Prométhée,
azônpo'tppwv TE est et d'un-cœur-de—l‘er
ml etpyaaue'voç Ex né'rpozç ' et fait de rocher;
épi; yo‘tp où’re 5w Expnäov car moi etje n’aurais pas dû
slalôeïv Tdôa, voir ces choses,
slmôoûcd TE, 4 . et les ayant vues,
ñlyüvenv xéaip. j’ai été affligés au cœur.
IIPOMHGEÏ‘Z. 'Eyd) PROMÉTHÉE. Moi je suis
êlswà; etcopéîv. pitoyable à voir [mes amis.
ml pi}; LPOdJl-g. même pour ceux: qui ne sont pas
XOPOZ. Mi; npoüôn; LE CHŒUR. Ne t’es-tu pas avancé
1:06 Tl peut-être en-quelque—chosc
xal nepmrs’pœ rzîwôs; même plus—loin que cela ?
HPOMHSEÏ‘E. ’Emzueoî ya
PROMÉTHÉE. J'ai fait—cesser du— TPTFI
Ovnmù;
les mortels [moins
un npoôépxseôm uäpov. prévoir le sort (la mort).
XOPOX. Eùpdw nm.eP
LE CHŒUR. Ayant trouvé
16 noïov Lpdpuotxev
quel remède
'rñeôe vo'o'ou ;
decette maladie?
TIPOMHQETE. Kanpxtaa
PROMÉTHÉE. J’ai fait—habiter
Èv aû'roi'ç
en eux 4
êkniôaç TutpÂoiç.
des espérances aveugles.
XOPOZ. ’Eôtoprjaw mûre
LE CHŒUR. Tu as donné cela,
uéya daçélnua {fine-roll;v
grand avantage pour les mortels‘
HPOMHBEI'E. I'Ipàç ro't'crôe
PROMÉTHEE. Outre cela
uévmi
cependant
É‘fdl emu 66men: îrt'ap.
moi je leur ai donné le feu.
MORCEAUX cu. D’ascHvLE. 41
o
34 HI’OMHOEÏ'X AEXMQTHE.
XOPOZ.
Kart vüv choywnèv aws'py.’ è'xoua’ êtpfipapor;
HPOMHGEI’E.
'Atp’ 05 ya rond; êzpaôfieovmt TÉXVdÇ.
' XOPOX.
Tatotaôa 81'] os Zaùçle’n’ atrto’iuaaw
.HPOMHGETE.
attzi’gami 1a xoùôaptñ Xahôjc xaxd'w.
XOPOE.
Oüô' ëc‘rtv äOÀou Téppa cor. npoxstpsvov;
HPOMHBEÏ‘X.
00x äÀÀo y’ oüô‘sv, nk‘qv étau) netvq) ôox‘ñ.
XOPOX.
Ao'äst 6%. mec; 'rtç èhrtç; 06X ôpôftç ô'rt
ñpap‘rsç; do; ô' ñpapteç 0131" Épo‘t Àéysw
xatO’ fiôovfiv col 1’ äÀyoç. ’AÀÀà TaÜTa pèv
psOŒpev, Milan 6’ è'xÀoaw Çfi‘rst 'twd.
IIPOMHGEI’E.
’EÀacppèv ô'e'rtç irqpoi'rwv Ëiw 7ro’ôoc
êxat napawe'tv vouOaTa’tv 15 16v xaxœç
npdao‘ovr'. 'E'yd) ô‘s moe’ äaav-r’ 'ijma‘rdp‘qv.
‘Embv äxdw ñpap'rov, oüx dpvfioopau '

LE CHŒUR. Le feu qui luit et flambe, ilsl’ont, les éphémères!


PROMETHEE. Un grand maître! et de lui que d’arts ils vont
apprendre !
LE CHŒUR. C’est là pourquoi Zeus
PROMÉTHÉE. me maltraite et ne donne nul relâche à mes maux.
LE CHŒUR. Et ton malheur n’a—t—il aucun terme assuré?
PROMETHEE. Pas d’autre que le bon plaisir de Zeus. '
LE CHOEUR. Mais le voudra-t-il? quel espoir? tu as eu tort, ne
le sens-tu pas? — Après cela ne va pas croire que je me plaise
à t’adresser ce reproche qui te fait souffrir. ——- Mais laissons cela.
Cherche quelque moyen de te tirer de ces terribles épreuves.
PROMETHÉE. Comme on en parle à son aise, du malheur, quand
soi-même on n’y a pas le pied pris! On conseille, on morigène
le pauvre patient. Ai-je donc agi en aveugle dans tout cela? Non,
non, c’est de propos délibéré, en connaissance de cause que j’ai
v1>R‘(Ÿ)ltllîlTllEE‘lill‘lClîAII‘llîl. 35

XOPOE. Kai vüv LE CHOEUR. Et maintenant


Éçñuspot des êtres-d’un-jour v
Exocet arre'ppa qzloym-nro'v ; possèdent l’étincelle ardente?
HPOMHGEÏ'E. ’Ami oô ye PROMETHÉE. Par lequel feu cer—
ëzçtaefiaovmt ils apprendront [tes
Rond; Téxvag.
bien des arts.
XOPÔE. Zeb; m, LE CHOEUR. Jupiter donc
Èni Tomîaôa airioiuaal ce pour de pareils griefs te
HPOMHGEÏ'E. aixlëèwi 16 PROMÉTHÉE. et maltraite
mi xaliëi et ne relâche (maux.
oûôauñ zaxd'w. '
en—aucune-façon (rien) de mes
XOPOE. Oüôè Ecru répua LE CHOEUR. N’y a—t—il pas un terme
delco
de cette peine
npoxelusvo'v 0‘01;
proposé à toi?
HPOMHGEI‘E. OG ya
PROMÉTHÉE. Non certes,
oÛôÈv âne,
aucun autre,
Iliñv grow
si-ce-n’est quand
ôoxñ xslvq).
il plaira à celui—là. -
xoroz. ne; 6è LE CHOEUR. Et comment
5625i; cela lui plaira-t-il ?
ri; élm’ç ;
quel espoir ?
00x ôpëç ne vois-tu pas
6'“ luapm; que tu as failli ?
Myaw dé d’autre part dire
6); üpapreç que tu as failli
0615 Mardi ñôovñv êpoi et—n’est point ùplaisirà moi,
cal 15 &‘Àyoç. et est pour toi une douleur.
’Allo‘t mum pèv môme, Mais d’une part laissons cela,
Mm ôé d’autre part cherche
TlVü ëxlwaw fielwv. une délivrance de tes peines. v
HPOMHGEÏ'X. 'Eliouppôv PROMÉTHÉE. Il'est aisé,
6mg Exit miôoz pour qui a le pied
lie madwv hors des souffrances, ‘
mp'awe'fv vouesrs'fv TE d’exhorter et de conseiller
rob; npo’waovtaç xauüç. ceux qui font leurs affaires mal.
’Eyd) ôè ñmarälm" Eh-bien moi je savais
bimww Mira. tout cela:
"Huap'rov ëxdw 'J’ai failli volontairement
imbu, oui volontairement,
36 HPOMHGEI‘E AEZMQTHE.

ev'q'coïç àpfiyœv aü'tôç nûpôwp nôvooç.


06 My TL nowaîç 7’ cpo'psqv Totawt he
zmtaxvavaïaôat npôç né'rpatç neôapatmç,
1uX6v1’ ép‘r'mou 1055’ o'cYel'rovog miyou.
Kai (1.0110: [.L‘sv wapo'vm {1:}, 56p206' (ix-q,
néôov. 62-: Bäaat‘ Tàç 11000291106001; 16X01g
601060010’, (b; 010191118 ôtà TÊÀOUÇ 10 116w.
Hteaaeé p.0t, fleeces, aupmovfiaows v
1133 vüv [.LOYOÜVTL. T0610: 10!. nÀavwyéw‘
1:00; 600101’ am» muovñ npoctÇo’wst.
_ XOPOE.
OL'm dxoüaatç énaeu’aüëaç
Toü'ro, Hpoyt‘qeeü.
Kai vüv ÉÀatppÇ) môi. xpatmôau'rov
Gäxov npokmoüa’
alOépa 0’ àyvèv 116p0v olwvGw,
éxpwéamn xeovt 12165 mkû,
TOÙÇ cob; 3è nôvooç
Xpafiëw ôtà navæôç âxoüaat.

failli, je le déclare hautement. Des mortels prendre les intérêts


en main, c’était courir de moi-même à ma perte. A cet affreux
supplice cependant que j’étais loin de m‘attendre! —— Dessécher
sur cette cime perdue, dans la solitude de ce me isolé! —— Sur ce
que vous voyez de mes maux vous voilà à gémir. Que SEI‘alt-Lu
donc, si descendant à terre, vous entendiez ce que me réserve
l’avenir, si vous saviez toute l'horreur de ma triste destinée? Des
cendez, cédez à votre sympathie pour le malheureux d’aujourd’hui,
— Indistinctement rôde autour de nous, la fatalité. Sur celui—
ci elle s’abat aujourd'hui, demain sur celui—là.
LE CHŒUR. Oh! que de grand cœur en ceci nous allons t'obéir,
Prométhée! En un instant, d’un bond, nous avons quitté le char
ailé, l’azur limpide, chemin des oiseaux, et nous voilà sur ton roc
hérissé, si curieuses nous sommes de connaître toute ta déplo—
rable histoire.
PROMETHÉE ENCHAINÉ. .
37
\

06% dpvfiaoum ' je ne le nierai pas ;


dpifiywv ôè Ovnroïê et secourant les mortels,
nûpo'u'qv wind; je me—suis attiré moi—même
uôvouç. des peines.
0.6 Mu TL ¢6u1lv ys' Certes je ne croyais pas du moins
p.5 nattoxvaveîaôal moi devoir être consume
relater. flowed; par de tels supplices
npàç ué'rpau; nsôapaiotç, sur des roes élevés,
ruxn'vm ayant—reçu—en—partage
10365 #61701) ëpfiuou ce roc solitaire
àysirovoç. sans-voisin. _
Kal u'h ôüpsues ui—Lv Et d’une part ne déplorez pas
1:6. äx'q Trapo'vm p.01, les malheurs présents à moi ;
fiäoav. ôè néôot d’autre part mettant-pied à-terre
duoüaa‘re apprenez ' [moi,
Tat; rûxag npoaspnoüaag, les destinées qui s’avancent-vers
li); Meme afin—que vous connaissiez
16 1rd» Sui Télouç. le tout jusqu’au bout.
met-1005' pm, niBEoos, Obéissez-moi, obéissez,
avuuovfioats ' compatissez-avec
celui qui est—malheureux I
1€) poyoüvn
vw. maintenant.
Tà aûtà rm De la même manière certes
imuov'h fluvmuévn l’infortune errant
npootÇo’wet s’attache
filme npàg (sum. dans—un—autre—temps à un. autre .
XOPOE. ’Enaôtbüâu; TOÜTO LE CHOEUR. Tu as crié cela
oûx dxoüaatg, à nous non contraires,
Upon-1109'}. Prométhée.
Kal npohmoüaa vûv Et ayant quitté maintenant
MM ëhacppà) d’un pied léger
Gäxov xpal'lwo'o'urov, le siège rapidement-porte,
aifiépm 15, A
et l’air,
Trôpov àyvàv olcovû’w, voie pure des oiseaux,
Tre‘M'à je m’approcherai
TÏIÔE xeovl. ôxptoéccrn ' de ce sol escarpé ;
Mn» ôè d’ailleurs je désire
àxoôcm rob; coin; ndvou; entendre tes malheurs
Buck navtôç. en entier.
38 IIPOMHGEÏ‘E AEEMQTHE.

"I. LES ORIGINES DE LA CIVILISATION HUMAINE.


(Vers 436-560.)

IÏPOMHBEÏ'E.
M'fI 1oz XÀLôa ôoxaï‘ce unô’ aüôaôtq
ctyäv us ' auwotqc 8è ôântonou. xéap,
ôpæv épao‘rèv (563 apoucakoéusvov.
Kart-rat ôeoïat ‘t‘OÏÇ véorç 1061m; yépa
1L; ähloç‘îj “yd: 100,136); ôuôpwsv;
’AM’ aü‘cà atyô‘)‘ ml. yàp etôuiaww av
ûutv Àéyoqu. ' ‘ràv: Bporoîçîôè minaret
dutoéaae’, (3;! mpaç matou; ô'v'raç 'rô up‘w
ê'wou; éO-qxa Mal. cppsvtôv èmjôéhooç '
Maw 8è, uéuzptv oütw’ dvepu’mouç éxwv,
äÀÀ’ (13v ôéôwx’ sévoww éë'qyoéytsvoç '
oî cpam u‘ev Bhé‘rovtsç Ëôhanov noir-m,
alumna; 06x ñxouov, dhh’ évenpdrwv
äÀtTMOL uopcpa'tat tôv paxpôv ÿtov ‘~’
Ëgoopov six?) adv‘ra, xoüre ahweozpsl'ç
ôduooç npooetlouç ñacw 3, où äohovpytav '

PROMÊTHÉE. N'allez pas me prendre pour un dédaigneux, de


soi-même entêté. Je me tais, mais c'est conscience de mon
abaissement, consternation du cœur. — En être réduit là, triste
objet de pitié! Et cependant ces dieux du jour, à quel autre que
moi doivent-ils leur prestige? Mais à quoi bon le rappeler? et que
vous dirais-je que vous ne sachiez comme moi? — De ces pauvres
mortels plutôt laissez-moi vous parler, grands enfants autrefois,
dontj’ai fait des intelligences, des êtres raisonnables. — En ceoi
loin de moi la pensée de rien reprocher aux hommes. Ce qu’ils
me doivent, je ne le rappelle que pour montrer combien je les
aimais. Dans le principe, ils avaient des yeux et ne voyaient
point, des oreilles et n'entendaient point. Etrcs flottants comme
des songes, pendant des milliers d’années, rien de net pour
eux, tout se confondait, tout était brouillé. Ni maisons de briques
alors ouvertes au soleil, ni charpente. Pour abris, des trous par
PROMÉTHÉE ENCHAINE. 39

III. LES ORIGINES DE LA CIVILISATION HUMAINE.

HPOMHOEI‘Z. Mû TOI, ôonsï‘re PROMÉTHÉE. Ne pensez point cer


ne UlYäv xliiôfi moi me—taire par arrogance [les
pnôè aôeaôiu; ni par entêtement;
ôoimoaai ôÈ xs'ozp mais je me-dévore le cœur
avvvoiqt .par la réflexion
ôpû‘w épauràv me voyant moi-même
(355 npouoehoüusvov. ainsi outrage.
KŒITOI rig 6M0; ñ épi) Et—pourtant quel autre que moi
ôubpwe mwrslz'bg yépa a distribué aucunement les hon
roüroiç 'ro'i'ç véotç Osoïaw ù ces nouveaux dieux? [neurs
’Alilià aiyû‘) m'a-ni ' Mais je tais ces choses;
ml yàp léyotut av car je les dirais
Ûu'iv eiôuiaww ‘ à vous qui les savez;
dxoüaate ôè To“ ‘mjuam mais apprenez les maux
iv pporo'iç, .qui existaient parmi leS‘morteIs,
(il; oqmç {Wrong vnniouç combien eux étant ignorants
TÔ Trpiv auparavant
5611201 ëwouç
V je les ai rendus
et maîtres intelligents
de leur raison;
mi ènnâälou; tppsvû‘w '
154» ô‘a . orje le dirai
Ëzwv oÜtwa uéukÿw n’ayant aucun grief
duOpo’rrtotç, contre les hommes,
me èânyoüuevoç mais expliquant.
afivotav le motif-bienveillant
div ôéômxxz' de ce que j’ai donné 12 cum;
oïirpû’na uèv eue: qui dans—le,-pri-ncipe d’une part
Blénov‘reç ëôhanov pair/1v, voyant voyaient en—vain,
xlsôuvrs; oûx ‘ijxouov, entendant n’entendaient pas,
me dlivmot mais semblables
poptpa’iow ôvupdrwv aux fantômes des songes, '
Ëipvpov nävm slx’ñ confondaient tout au—hasard
ràv nazpôv fiiov, depuis leur longue vie,
ml fieav OÜTE ôo'uouç et ne connaissaient ni les maisons
mower; construites-en-briques,
npoorûouç,
exposées-au-soleil,
40 IIPOMHÛEI’X AEEMQTHE.

zarépuxaç 8’ Évatov (56‘:7 aqoupor


,J

pûpp'qxs; ô’rnpwv èv u'oxoïç dnrqhimç.


’Hv 8’ oüôèv aüroïçgoürs Xeiuaroç Téxuap
051’ àveaudiôou; ñpoç où'rs mpaipou
Oépooç Qâôatov, 0’003 621:9 yvoiu-qç 1b näv
ëapaoaov, 5’01; 8'}, agow àwoÀàç Ê‘YÔ)
dis-rpm ëôetëoc Toi; 1a 81.nmphou;1 ôûcatç.
Kai pshv âptepèv, äîoxov ooçtopd‘rwv,
êërppov OtÜTOÎç, ypauuärmv 1a auveéaeng,
[.Lv'flymp àao’w‘rwv, poooopfitop’ äpyo'w'qv 3.
KäÇauEa apiîno; êv Çuyo'tat ma'iôotÀot
Çsôykouat ôooÂaÛovm co'vflmwiv 6’3, é‘rtwç
Ov'qtoïç payic'rwv 8td80x0t poxônpd'wv
yévowô’, ùtp' {ripper 1’ ñyayov ethqvlou;
inaouç, äyakpa 1?}; ùtrapîriioürou Xhiôñç.
Bakaoaértkayxm 8’ min; &Moç d’un" époi’)
Àwé‘map’ 'qt’ips vaurikwv [Sympa-ra.
Totaüm wjxaw’jpar’ èësupdw To'tMç

où, comme la fourmi au corps allongé et fluet, ils se glissaient


au fond des grottes sans soleil. —- De l'hiver nulle notion exacte,
distincte, ni du printemps, saison des fleurs, ni de 'l’été, celle
des fruits. Dans tout ce-qu’ils faisaient, nul discernement, jus
qu'au jour où je marquai, chose difficile! l'instant précis du lever
des astres, le moment de leur coucher. — Et le nombre, cette
merveilleuse invention, c’est moi qui l'imaginai pour eux, comme
les lettres et l'art‘de les grouper. Enfin ils medoivent la mémoire,
l’instrument fécond des muses. -— Le premier aussi j’accouplai
par paires, les bêtes de somme au joug et au bat asservies, pré—
cieux auxiliaires a dispenser l’homme des travaux les plus durs.
—— Puis au char j’amenai, tout dressé, le cheval, ce luxe de l’opu
lence et de la richesse. -—'Et ces flotteurs des mers, quel autre
que moi les donna adx matelots, ces chars aux ailes de lin? —
Et ce prodigieux inventeur, quand il s'agit des hommes, ne
PR-OMÉTHÊE ENCHAINÉ. 41
où Eukoupyiav ' ni le travail-du-bois;
Evauov ôè uartôpuxsç, \ mais habitaient sous-terre,
d'une rifle-upon uüppajxe; comme d’agiles fourmis fires.
Ev uuxoïç àvnltlotv; &vrpow. dans des cavités sans-soleil d’an
"Hv ôè aûro'z‘ç D’autre part il n’y avait pour eux
oûôèv Tézuap Béôatov aucun signe certain
OÜTE xsluato; ni de l’hiver,
oüre ñpoç àvesuu'aôouç ni du printemps fleuri,
ours es'pouç xapîrt'nou, ni de l'été portant-des-t‘ruits,
me Ënpaacov 16 afin: mais ils faisaient tout
a“? noient, sans réflexion,
gore 8'?) ÊYd) jusqu’au-moment—où donc moi
Ëôstâa’t etpw je montrai a eux
éwolàç ämpœv roi; TE 86051; le lever des astres et leur coucher
ôuaxpitovç. difficiles—à-connaître.
Kai pipa èinüpov aûroîç Et de plus j’inventai pour eux
dptOpàv, l’arithmétique, \
ëioxov cocpwud'rwv, la plus belle des sciences,
mom; ra ypaundrwv, et les combinaisons des lettres,
uvfiunv TE nouoopñropa, et la mémoire, mère—des—Muses,
ëpydvnv ànoivtwv. créatrice de tout. ' '
Kai Ë'Çeuga apû‘noç èv Çuyot'at Et j‘attelai le premier à des jougs
mam des animaux-sauvages
ôoultsüovra Çsüyhoum soumis-en-esclaves aux jougs
comme! ra, et aux hàts,
oirwç afin—que
‘(évotvto Ovnroïç ils deviussent pour les mortels
ôrdôoxm des remplaçants , -
PEYÏOTM [10x611 noircir, des (dans les)plus grands travaux,
ilYayo'v ra 'ÛîtÔ äpua etj’amenai sous le char
ËWWS qukqvioug,
les chevaux dociles—au-frein,
draine rfi; xhôñç ùnapirhoürou.
ornement du luxe très-opulent.
0:311; ôè dine; dvrl ëuo'ü Et nul autre au-lieu-de moi
nvpev (importa.
n’inventa les véhicules
vavrflœv
des navigateurs,
).zvo'1rrepor
véhicules aux—ailes-de—lin
Galacadularna.
qui-parcourent-la-mer. [005
Eâeupo‘uv rota'üra unxavfiuara
Ayant trouvé de pareilles ressour— '
Bporoîcu
pour les mortels
42 HPOMHGEÏ'2_ AEEMQTHZ.

fipomiaw, 00610; 06x Éxm aétpwy.’ ônp


1?}; vüv flapoütrqç wqptovñç dwaMaytb.
XOPOE.
Aix‘aç flE‘ROVÛÔÇ m“! dnoatpoûœtç gopavûv
nÀavojt, xaxàç ô’ la'tpôç 63; 1tç é; vôcov
TFEO'ÔN àôopæïç ml. asaw‘tàv 06x ËXELÇ
sùpsïv ônotmç (papyo'oçmç iotcqmv.
IIPOMHGEI‘X.
Tôt Àomd p.00 xh'aouca Oaupo'wan nÀéov,
oïaç Téxvaç 12 ml. 116900; Èpnadqxqv.
Tà pèv péyw'rov, a! 11; E; väcov néoOL,
06x iv dzhéz'qp.’ oüôèv, 0151a Bpcbatytov,
06 xpw‘rbv, od're maté»; 4, àÀÀà tpappdmwv
Xpatqt xa‘rsaxénovæo, nptv y’ ëyo') acpww
é’ôstäa updtasnç fintwv Mayd'rwv,
at; 10:; rim-mica; éëap'ôvovmt vo'aouç.
Tpänouç 1'8 noMoùç (Lanai); ëa‘coiXtoat,
xäxptva 1196610; èë ôvatpd-rwv 61 X99]

trouve rien dans son malheur pour se tirer lui-même d’emhnrras.


LE GHŒUR. Amère expiation d'une illusion du cœur, d’une
erreur! — Médecin maladroit, surpris par le mal, te voilà au dé
pourvu. Tu ne sais que faire pour toi, comment te guérir!
PROMÉTHÉE. Écoute-moi jusqu'au bout, et tu en seras émer
veillée, écoute quelle variété d’arts, de ressources j’ai imaginés.
Celui-ci de beaucoup fut le plus prodigieux. — Tombait-on ma
lade, point de soulagement, ni aliment, ni onguent, ni boisson.
Faute de remèdes, on mourait, avant que j’eusse enseigné les
préparations salutaires qui aujourd’hui guérissent toutes les
maladies. — Et les secrets multiples de la divination, c’est moi
qui les ai coordonnés, moi qui, le premier, ai marqué, dans les
PROMETHÉE ENCHAINE. 43
'ro'ikotç, infortuné, .
oûu ëxœ wîa'rà; je n’ai pas moi—même
o‘ätptoua ô’ttp de moyen par lequel
ànalltotyû') 1'71; impovñç je sois délivré du mal
vñv nàpox’m-qç. maintenant présent.
XOPOE. Hsnovôdi; LE CHŒUR. Ayant enduré
aixèg rrñuoi un indigne malheur '
nlavfii tu erres
ducatpoûte‘iç zppsvâw, déçu dans ton esprit,
(1:; dé 171; moto; iatpàç et comme un mauvais médecin
115m1» à; väoov tombé en maladie
deupei'ç, tu te-décourages,
zal oûx È'Xai; sûpei‘v et tu ne peux trouver
ônoiotç cpotppo'txot; par quels remèdes
csautàv idoiuov. / toi-même tu es guérissable.
HPOMHOEÏ‘E. Kkûouooi “ou PROMÉTHÉE. Ecoutant de moi
Tél lourd le reste '
eauuoîosi aléov, tu admireras davantage,
oïaç réxvozç TE nul ôo'kouç quels et arts et ressources
j’ai inventés. I
épnoa'qmv.
T0 pèv péyiorov, Ceci d‘une part est le plus grand,
si n; néoot è; vo'o'ov, si quelqu'un tombait en maladie,
06x ñv oûôèv (ÈME/moi il n’était aucun remède,
0611-: Bpdmqtov, ni à-manger,
oû Xptoràv, ni à étendre-par—frictions,
oü‘re mo‘ràv, ni à-boire,
dlltà xa‘rsozénov'ro mais ils se-desséchaient
xeels vapedxwv, par manque de remèdes,
rrpi'v ye éyo‘a avant-que moi du-moins
ëôaäa «retour je leur eusse montré
xpdaetç les mélanges
dxeondrwv win-fun), de médicaments salutaires,
al; èâapüvovrou par lesquels ils écartcnt
àrroioaç "ràç vdoouç. toutes les maladies.
’Eo‘roixtcro't Te Et j'ai réglé
nomma); 1p0'110ug de nombreux genres
pavnxfig, de divination,
xal npû‘noç ëxpwa et le premier j’ai distingué
dl xp'h yeve’oeou {lime ce qui doit être véritable-vision
44 HPOMHOEI‘Z AEZMQTHE.
ünoip yevécOar, xkqôo’va; 4 1a ôuaxpitouç
ëyvdipw’ aéroïç évoôtooç TE couôéhouç.
l‘apéœvéxwv TE nrÿjow olwvûv 07.2606;
8105910", oï‘twéç 1a 5s§noi (060w
aûwvéyovç 1e, zizi ôtantav "q'vvwac
ëxouo’ éxae‘tot, Mal-190; àhÀ-fihooç‘ rive;
ëxôpai 1s ml mépyrjôpoc xal auvsôptme.
Enho'tyxvwv 1s Raté-mm, ml Xpow‘w 'rtva
éxow’ (iv af-q ôatpoaw npôç vhôow’jv

XoM]; A0600 1s aomt’ATjv sùuoptptav '


xvtoyj 1€ xôha ouyxahumà m! uaxpa‘w
ôccpùv nupdwaç ôuarénuap-rov si; téxvnv
(581mm (hr/1100;, ml. (ploywuà minaret
éëœpud‘mca, npéaeev 6v1’ ënâpyauot.
Tomlin uèv ô'ij Taü'r’ ' évapes ô‘a Xôovèç
zaxpvppév’ àvôpu’morow o’acpah'ljuam,

songes, ce qui doit se réaliser, et aux présages, jusque-là inin


telligibles, donné leur signification. Des hasards du chemin en
voyage, du vol des oiseaux— aux ongles crochus j’ai réglé l’inter
prétation, désignant quels étaient favorables, et quels autres
Sinistres, décrivant la manière de vivre de chacun d’eux, leurs
haines mutuelles, leurs amitiés, leurs intelligences. Quel poli
aux entrailles, quelle couleur aimaient les dieux; . . . .

.delabile,
du foie les divers aspects propices, et les cuisses bien recou—
vertes de graisse, je leur ai tout enseigné. Moi—même, sur les
charbons j’ai étendu ces flancs énormes, à l’art mystérieux ini—
tiant les hommes, et de la flamme a leurs yeux notant les oracles
auparavant obscurs et enveloppés. — Voilà ce que j’ai fait. Et ce
que dans ses profondeurs la terre cache à l’homme, ces richesses,
PROMÉTHÉE ENGHAINÉ.- 45

ta ôverpoirwv, parmi les songes,


éyvu'aplcni T6 «6170?; etj’ai expliqué à eux
zl'qôo'vaç ôucxpi‘rouç des bruits difficiles—à-juger [min.
auuäo'liou; rs évoôiouç. et les présages rencontrés-en-che
Attûptooi rs naepé'); ' Et j’ai défini exactement
mñoiv 15 oiœvû‘w et le vol des oiseaux
yapÿœvüxœv, aux—serres—recourbées,
o'invs'ç 1è et ceux-qui
(pilou: ôeätoi de nature sont de-bon-augurc
aûœvüuouç 15, et ceux de—sinistre-augure,
Mai ijvflva ôiamxv et que] genre-de—vie
ËXouow 'a'xounot, ils ont chacun,
zai riva; Exepw 1:5 et quelles sont et les haines
mi mépmôpa et les amours,
ml ouvsôpiou _et les réunions
upôç àÀMkouç. qu'ils ont entre eux.
Aew'mro't ra mkdyxvœv, et le poli des entrailles,
ml riva Xpoiàv fixovra, et quelle couleur ayant,

sûpoptpiav TE et quelle forme-heureuse


notxilnv d’une couleur-variée
xolijç X0606 TE, du fiel et du lobe-du-foie,
sin 61v 1:96; hôovùv elles seraient à plaisir
Mignon! ' aux dieux; [bres,
mpécu; 1e xc‘ôM et étendant-sur-le-feu les mem—
uuyxaliumà. avion enveloppés de graisse
ml uaxpàv ôo‘qaùv et la longue échine,
ûlôwaa ôvnroù; j’ai conduit les mortels
ë; réxv'qv ôoméuuaprov, à un art difficile-à—conjecturel',
mi Èiwuuoi‘rœuat ' et j’ai rendu-évidents
cñuam (phyla-ital, les indices de—la-flammc,
ô'vm énoipyspot qui étaient obscurs
updaeav. auparavant.
Tomi-m ai.» 89] Tot'ûw ' Telles sont donc ces choses;
riç 5è (pñaeiev Ô.» d’autre part qui pourrait-dire
tieupa'iv _ avoir trouvé
noipmôsv éuoü avant moi
xoûixàv, oiônpov, l’airain, le fer,
46 HPOMHGEY‘Z AEZMQTHZ.
XaÀxôv, otô‘qpov, äpyopov, Xpuoôv TE 'rtç
cp‘r'gosœv div mipozesv éëaopsîv ènoü;
oüôs‘nç, Gdgo’ oîôa, ych [.LOÎT‘QV tpÀûaai OéÀwv.
Bpaxaî ôè nüôcp ndvm coMvjôô'qv “des,
Mow. 1éxvm Bpomicw èx Hpopuqeéwç.
XOPOE.
Mi, vw Bpomùç nèv ibçékat natpoü népa,
camoü 5’ o'cyaîôat ôoaruxoüvroç ' d); ÈYÔ.)
süsÀ-ntç slim 161155 a’ âx ôaopiGw en
Àoôév-m p‘qôèv ostov toxoaew Atôç.
HPOMHGEÏ'Z.
06 rama 1016m yo'tpo’t 1w) 1815019690;
upävav. nénpœ‘rat, poptmç ô‘s nnyovaîç
86mg 12 mpupôsîç, (55$ 520w}: (puyydvw '
Téxv'q 5’ dwe'zyxv]; daôsvsotépa naxpq).
XOPOÈ.
Ttç 05v o'wo'zyx-q; êa‘rlv otaxoorpôcpoç;
HPOMHGEI'Z.
Mo'tpou. Tptpopcpm ‘ yvfipovéç 1’ ’Epwoeç.
XOPOZ.
Tm’rruw äpa Zeb; èo‘rw ûoôsvéorspoç.
HPOMHGEÏ'È. '
Où'xow âv éxqoi’rfou ya 191v mnpwnévnv.

l’airain, le fer, l’argent et l’or, qui donc s’en pourrait dire avant
moi l‘inVentcur? Personne, assurément, personne, à moins de
vouloir parler pour ne rien dire. — En un mot, et afin de me
résumer, retiens bien c'eci : tous les arts sont venus aux hommes
par Prométhée. v
LE CHOEUR. Toi qui as tant fait pour les hommes, et si mal à
propos, songe à toi—même, à ta triste situation. Alors, j’en ai la
ferme espérance, libre de tes fers, tu n’auras rien à e‘nvierà Zeus.
PROMETHÉE. Les destins ne sont pas encore mûri’s pour un
pareil dénouement. Les tortures s'ajouteront aux tortures. A la.
souffrance je serai brisé. Alors seulement tomberont mes fers.
Contre le Destin l’art ne peut.
LE CHOEUR. Et du Destin qui donc tient la barre et gouverne?
PROMETHEE. La triple Moira, les sombres Erinys.
LE CHŒUR. -Et Zeus aussi serait soumis à leur pouvoir?
PROMÉTHÉE. Ala loi du Destin il ne peut se soustraire.
PROMETHÉE’ENCHAINË. 47
äpyupov, xpuo'o'v rs, l’argent et l’or ,
dips‘mfiuam xsxpuupé‘va avantages cachés
àvepdmozç aux hommes
ëvspOz—z xeovo'ç ; sous terre?
oùôe‘tç, elem coupa, Nul, je le sais clairement,
p.7" Géliœv qui ne veut pas '
(plum/.1 pair/1v. bouillir (bavarder) en-vain.
Maille ôè m'wm ounnfiôônv Et sache tout ensemble
imite Bpaxëï' par un discours bref: [mortels
miaou réxvou ppotoîmv tous les arts sont (viennent) aux
tu. Hpounûèwç. de Prométhe’e.
XOPOE. Mi] dupélæt vw LE'CHŒUR. Ne sers donc pas
\
Bpotoù; pèv les mortels d’une part
m‘apa xaipoü, au delà-de l’a—propos,
dxñôsi as aautoü d'autre part n'abandonne pas toi-
dumxoüwoç ' étant—dans—le—malheur; Ime‘me.
à); Ëyu': slur sÜa'Àwt; car moi je suis ayant—bon-espoir,
os mow Èx Tc'ôvôa ôee‘pâ’w toi, délivré de ces chaînes-ci,
tvxüeew Eu devoir être-puissant encore
Môèv us'fov Alo'ç. en-rien moins que Zens.
HPOMHGEÏ'Ê. Moïpa ‘P’R'OMETH'EE. La destinée
Tsliempo'poç qui-acc'ompîit tout
oürcw Trénpwrou n’a pas encore été fixée
mina xpävw. mum, pour cela s’effectuer ainsi,
naueôelç a: mais ayant été courbé
twplwc n‘nuovai'ç ôüaiç ra, par mille douleurs et tortures,
(3365 gouYyo’ww 886W”. ' ainsi (alors) je fuis (je fuirai) les
mon 6‘: “We, mais l’art est de beaucoup Hers;
livesvemépzi dvdynnç. plus faible que la nécessité.
XOPOE. Ti; 05v ërmv LE CHOEUR. Qui donc est [sité‘l
olazoarpäqzoç dvo’cyxn; ; tenant—le—gouvernail de la néces
HPOMHGEÏ'E. Moïpat PROMÉTHEE. Les Parques
. tptpopcpot à—trois-corps
'Epmisç ra uvfiuoveç. et les Érinys qui-se-souviennent.
XOPOE. Zeb; &pa Émw LE CHOEUR. Zeus est donc
âaewécmpoç 10610.“: ; plus 'faible qu'elles?
HPOMHOEÏ‘E. vPROMETHEE.
Oüxouv ye mow &v Du moins il ne pourrait éviter
"fiv mnpwuévnv. la destinée arrêtée.
48 HI’OMHQEÏ'E AE‘XMQTHZ.
XOPOX.
Ti yàp nénpw‘rat Zrjv‘t WNW àal xpa‘re‘tv;
I'IPOMHÜEÏ‘X.
T061’ 061 div émrbfiozo 0.115% Ànra’tpat.
XOPOX.
"H 7:06 1v. cepuév-émw ô Ewapnréxatç.
HPOMHOEI‘X.
'AMoo Âôyou pépvnoôs, TÔVÔE 6’ 06601063;
xottpôç yaywvs’tv, âÀÀo‘t auyxakoméoç
ô'aov uo’thma ' 'ro’vôs yàp aqSÇœv éyd»
ôaajmùç drama; xêx‘t ôüaç éxcpowo’tvw.
XOPOZ.
Mnôa'tp.’ ô 1rdv1a véttwv [Strophe 1.]
08W épq ywbpqt xpa’noç a'zvrtnakov Zaùç,
jL-rjô’ ÉÀWÛGŒWJ 6501‘); octet; 60t
Wltç rrofwwcopéva
Boutpôvom nap’ ’Qxsowob 1101190; 610650101: népov,
0015’ àM‘roqu. Àéyozç '
Mû p.0! 1001’ ëppévoz ml M1101? èmaxet'q.
’Aôo 'n ÔŒPGUÀÉMÇ [Antistropllc 1.]
1b pootpèv Tatvew Btov éÂ'rrtat, gnawed;
Gopèv dÀôatvouaaw év eûtppoaùvatç ' tppta
au) ôé as ôspxoptéva _

LE CHŒUR. Mais l'avenir, pour Zeus, c’est l’éternel empire.


PROMÊTHÉE. Respecte ce mystère, et garde d‘insister.
LE CHŒUR. Un terrible mystère alors, que ce secret!
PROMÊTHËE. Oui, parlons d'autre chose. Ce secret, son heure
n’est point venue. Loin de vous le confier, il me faut le garder
avec le plus grand soin. Mon salut est à ce prix. Par là seule
ment j’en finirai avec ces chaînes honteuses et mes afl‘reuses
tortures.
LE CHŒUR. Strophe 'l . (Le Chœur marche de droite à gauche devant le
rocher de Prométhéc.) Que jamais de l'arbitre du monde mes rêves
ne heurtent la puissance ! Ah! qu’il ne me traite pas en rebelle,“
Zeus! Toujours aux dieux dévote, qu’on me voie empressée aux
festins sacrés où tombe le bœut’immolé, près des eaux éternelles
d’Océan, de mon père. Que jamais je ne les offense par mes dis—
cours. Saintc piété, ahlreste en moncœur, etjamaisnet’en efl'ace!
Antistrophe 1. -(Le Chœur revient de gauche à droite.)Grande dou—
ceur, vraiment, de vivre de longs jours de confiance et d’espoir,
l’âme inondée de joie et de lumière ! — Quel efl'roi de te voir à
PROMETHEE ENCHAINÉ. 49
XOPOE. Ti yàp r LE CHOEUR. Quoi donc
nénpwwt Znvl est arrêté pour Zeus
flip» xparsi'v ciel ; sinon de régner toujours?
HPOMHeErz. 05v PROMÉTHEE. Toi donc
06;; èx‘mfifloro a» ‘coi'a'ro, tu ne pourrais apprendre cela,
unôè Mmipez. et n’insiste pas. ’_[ment
XOPOZ. "'H mu LE CHOEUR. Sans-doute apparem
ô‘ Ebvaunéxaç ee que tu caches
Éa'ri u crapvo'v. est quelque chase de grave.
HPOMHGEI‘Z. Mépvno'fis PROMETHEE. Souvenez-vous
600m; Myou, d'une autre question
oûôauôç ô‘a xmpôg d'ailleurs il n‘est nullement temps
yeywveïv mas,
i de
maisparler de celle—là,
elle doit—étre—cachée
d‘A‘Aà oupcoùun‘réoç
ô'oov gallium ' autant que le plus;
ËYÙ) yàp ' car moi,
rôvôe odxÇwv, la conservant,
éxouyyo'ww je fuis (je fuirai)
ôseuoùç mi 56a; demis. chaînes et tourments indignes.
XOPOE. Mnôdua Zsiag LE CHOEUR. Que jamais Zeus
ô vépwv Tro'wm qui règle tout, a '
65'610 moi-tog ne place sa force
dvwifialov en—opposition
ère? MM, à ma volonté,
Môè ékwüaaipi et que je ne tarde pas -
nouvwaopéva 650-5; m’approchant des dieux
ôolaiç Ooivou; par de pieux festins
[iouzpo'vong où—l’on—sacrifie-dtas—boeufs
uapà uo'pov äaôse—rov près du cours intarissable
’Qxsayoü mnpàç, d’Océan,monpère. [masdiscours;
unô‘s ÔÀÜOWJ ÂÔYOIÇ ' que je ne pèche pas-n‘on-plus par
mais que cela reste-en moi l
(Mât ro'wo éups'voi poi
mi éxmuain pari-trots. et ne se—fonde jamais.
Ti àôù C’est quelque chose de doux
Telvsw rôv pompée {360v que d’étendre la longue vie
éim'ai Oapeooiéouç, par des espérances confiantes,
diiaivouo'av eupôv en nourrissant son âme
Ev e‘bopomfivou; çava‘fç. dans des plaisirs pursr
(bpiaow ôè ce ôapnoyéva Maisje frémis te voyant
noncssux ca. n’assume. 4 4
50 UPOMHGEI‘Z AEEMQTHE.

pupimç pôxômç ôtaxvaw'pevovu w —.


Zñva yàp 01’) Tpopéwv,
olo'zppwv yvéuav‘, aéôu Gvaroùç äyav, Upopneaü.

(Dép’ ômoç äxapiç Xdpnç, J) (pihoç' ahrè 1106 11; 2 [Sin 2.]
000101;
11; éapausplwv äp'qëtç; oüô' èôépxe'qç
ôhnyoôpaviow äxmuv,
laôvacpov, 5110 01016311
àÀaèv ôéôsmt yévo; éu151081011év0v; 06mn;
1001 A10; 02911011100; Çporo‘w napaîtam Boukat.
'Euaeov 'ro'Lôa 0151; 1190018000’ 0"A00‘1; Tôxaç, [Antistrophe 2.]
Hpoysqess.
T0 61111016101; ôé p.01 uéÀoç wpoaêmzx
165’ éxaîvé 0' 0'1’ 6111.301 Àou‘rpà a
nui. kéxoç 00v Ùpsvaiow
1610111 ydpwv, 6'175 161v 01101102101011 581,01;
6170172; 'H016v0w‘ 71166” 50211010101 xowdkzmpov.

tant de maux en proie! —Zeus, ah! tu ne l‘as pas assez


redouté. Obstiné dans tes sentiments solitaires, tu les as trop
aimés, les mortels, Prométhée!
Strophe '2. (Le Chœur marche de droite à gauche.) Vois-enles fruits
amers, ô mon ami. — Qu’attcndre, dis—moi, de ces éphémères,
quel secours? — Tu ne savais donc pas le peu qu'elle pouvait,
cette inertie, vraie paralysie de cauchemar, qui de cette race
idiote enchaîne les enfants? — Jamais contre l’ordre de Zeus des
mortels ne prévaudront les desseins.
Antislrophe 2. (Le Chœur va de gauche à droite.) Je le sais maintes
nant que de mes yeux je l’ai vu, ton triste sort, je le sais, Pro-.
méthée. — Bien autre est le chant qui me monte aux lèvres
aujourd'hui, et bien autre celui qu'autour de ton bain, de ton lit
nuptial, m’inspirait la pensée de tes noces, quand ma sœur, ravie
de tes présents, tu l’emmenais, Hésione ta femme, la compagne,
de tes nuits.
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 51.
ôtaxvaio'psvov 'pupiotç udxeotç, déchiré de mille maux.
Où ya‘zp rpouéœv Zñva, Car ne craignant point Zeus,
olo'tppwv yvdiuav seul dans ton sentiment,
05'651 äyav Ûvaroùç, tu honores trop les mortels,
Upounôsü. Prométhée.
(Péps ô'rrwç Vois-donc combien
ët‘iptç äxaptç, cette grâce est ingrate,
du çüoç' ô mon ami;
sin-é, uoü dis, où y a-t-il
ri; distal; quel secours,
ri; dpnitç quelle ressource
épapeptaw ; p de-la—part d’êtres—éphémères?
065% éôépxônç ôhwoôpowiav n’as-tu pas-même vu la faiblesse
ämxw, impuissante,
lao'vstpou, semblable-aux-songes,
(X) 16 yévoç d).aôv par laquelle la race aveugle
9mm des hommes
épusnoôtquévov ; est enchaînée?
05cm; En-aucune—manière
goulet Ovaræv les projets des mortels
napaëtaav. 'ne prévaudront-contre
ràv àpuoviav Ato'ç. l’ordre—établi de Zeus.
"EpaGov rdôe J’ai appris cela
'rtpornôoüoa en contemplant
mi; “axe; 61081.5, tes destinées funestes,
lipopmeaû. Prométhée.
Tà a: ôtautptôtov pèle; Et le double chant v
apoaéma pot 'a volé-vers moi
Täôs ëzaïvä TE celui-ci et celui-là
ô're ùusvalow quand je chantais-l’hyménée
duel 'Aourpà ml aôv kéxoç autour de ton bain et de ta couche,
totem yduœv, à l'occasion des noces,
ô're mlio‘uv ëôvorç lorsqu‘ayant persuadé partes dons,
äyoqsç ëaiuapra. tu emmenas comme épouse
xowo’lsmpov compagne-de-ta—oouche
‘Horo’vav, - Bésione,
tq‘w êponclrprov. ma sœur.
52 l'IPOMHGEÏ'E AEEMQTHZ.

IV. 10.
(Vers 560-685 et 685-774.)
IQ.
Tl; y?) ; 'ri yévoç; Tirez ça» Àsüooew
16v5s Xakwoï; èv narpivoww
Xstpaçôpsvov ‘ ',
1ivo; àporkaxiaç nouvàç 9 ôhéxst;
. afin'qvov 6111;
fl; i) noyspà Tranhoivnnat.
7A a, ëa Ea ' _
zpiau 1L; a5 p.5 16w TdÀawav oto'rpoç,
sfôwhov 'Ap-{ou yqyavoüç,
äÀîu' ä ôä,
15v uupumu‘w alaopæaa 3 Boémv.
‘O 5% ropsoswt ôohov 6'p.p.’ ëxwv,
ôv oùô‘a m10av6v1a varia xaoôst.
’AÀÀ’ ènè 16w TdÀawav mi; évépœv nspâw
xways'ra't TUNE/(Z 1s vÿjorw o'wà TO‘W
napahiow dgäyyæw.
'ï‘rr‘o 5’s xvip611ax1o; ôroôaï ‘ 36m5 lStrophe.]
âxé'raç ùmoëämv rénov.
'Id) (à: néant, noï n’ äyouaw v
nohùnkavon nhävat;
T! 11016 p.’, «I» Kpôvœ TCŒÏ, 1i 1101s 1ato5’
10. (Elle arrive au pied du me de Prométhée portant sur le front doux
cornes légères.) Quel est Ce pays? quel est ce peuple? et qui vois-je
ici cloué sur ce roc, et battu par les vents? Qu’as-tu fait pour mou
rir de ce supplice? Dis-moi du moins où je suis, pauvre vaga
bonde? -— Ah! ah! oui, encore, encore la piqûre du taon !
Malheureuse, c'est le fantôme d‘Argos, du fils de la Terre! —
Loin de moi, 6 Terre, loin de moi ! — Quel efl‘roi ! — Le bou—
vier aux cent yeux, je le vois. — ll s'approche, le voilà, son œil
plein de ruse. —— Mort, la Terre le relâche donc ? — Oui,
malheureuse, de l‘Hadès il est sorti. Il me donne la chasse, il
pousse la vagabonde afl‘amée à travers les sables du rivage.
Str0phe. (lo court efi'are’o vers la gauche.) Et puis, voici l’instrument
aux jomtures de cire, la douce voix du roseau, et le chant du
sommeil. — Dieux ! dieux! où donc, grands dieux, où me pous
sent ces longues courses sans fin? — Pourquoi donc, 0 fils de
‘ PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 53

IV. IO.

In. Ti; Yñ ; r! Yévoç ; IO. Quel pays? quelle race?


riva (pi?) heûqosw räyë's qui dirai—je voir en celui—ci
Xaluaëäuevov battu—par—la—tempête [roc?
éx Xaliwol'g 'rrsrplvoww ; dans des freins 'qui—tiennent—au
dlléxal Trow'dzgl tu es consumé en expiations
rlvog diurliomlag ; de quel crime? [terre
ofiunvov 61m fig apprends—moi en—quel-licu de la
1} uoye'po‘c nenholvnual. moi, la malheureuse, j’erre.
"A, d, Ea, ’s'a ' Ah! ah! hélas! hélas!
aÜnç nio‘rpoç, de-nouveau un taon,
sî'ôwhov "Apyou «myevoüç, fantôme d‘Argos, fils-de-la—Terre,
1.Le Xpt'st ràv wéhawav, me perce moi la malheureuse,
dllzus, ä ôä, éloigne-le, ah! Terre, _
sloopé'aaoz je suis agitée, en voyant'
Tôv Boürav puplomo’v. le pâtre aux—yeux-iunombrables.
‘O 5è nopsüsmt Et lui marche,
axon: ô'upux ôdhov, ayant un regard perfide,
ov varia MEÜQEL lui que la terre ne. cache
o‘ôôè xarôavo’vra. pas—même mort.
'AÂM‘L xa‘t nepù‘w éE äve'pwv Mais et sortant des enfers,
[LE xuvnyareî il me poursuit,
ta‘w Tollawow, - moi la malheureuse,
10m5; re vfiu-rw I
et me fait—errer sans-nourriture
&và ràv kpoîuuav le-long du sable
mouillait. qui—est-sur—le-bord-de—laémer.
Ao’vaî ôà znpo'rramo; Et_1a flûte jointe-avec—de-la—cire
âxémç ûnoroêsï retentissante soupire
vdpov ûnvoôäwv. une mélodie assoupissante.
'Id) (à) mimi, Ah! ah'! grands-dieux!
ml (La dynuaw où me conduisent
n‘A/lwxt nomiflavot ; mes courses vagabondes?
Ti'it‘o‘re, (Ta 1m? Kpôv‘zs, En quoi donc, 6 fils (te-Saturne,
Tl'rro'ré en quoi donc
54 IIPOMHOEY‘Z AEZMQTHZ.

êvéÇsuëaç sùptbv ànap‘coüaav év


mpoaüvmç, H“
olmp'qkd-np 63—: Saine-ct ôatÀataw
wapdxmrov G385 1aipzz;;
Hupt p.3 (pÀéEov, ñ yfiov‘t xo’zÀugbov, “a
Kev-1601; 802x201 80; Bopàv,
Môé net çôovficpç
Eùyna't'rwv, äwzî.
'Aô'qv us 110861180010: fla’watt
yayonvdxaaw, 068’ €100 naôa‘tv ô'mc
mnovàç amie.
KÂüetç çeéyya 'räç fioüxapw napôévou;
HPOMHÛEÏ'E.
HG); 8' où xMœ 1?}; oiorpoôwfiroo xôp'qç,
T7}; ’Ivaxataç; Atôç MMEL uéap
s'pw‘rt, xai vüv TOÙ; fnrzpu'i‘xzn; 80011.01);
"H90; arum—reg 11-96; Btav yunvdçamt ".
IQ.
Ho'esv énoü où 101190; 6vop.’ 011651;; [Antistrophe.}
Eifré p.0; Tôt noyaxât 1i; ûw,
1i; äpa n’, J: 1600;, 100! Takainœpov (56’
Cronos, pourquoi m'avoir attelée à ces tortures 'I—Qu’ai-je donc
fait? hélas ! hélas! par le taon harcelée,de terreur toute 'trem
blante, cll‘arée, me tourmenter ainsi! — Par le l'en brûle-moi,
sous la terre cache—moi, aux monstres de la mer donne-moi en
pâture; ne m'envie pas ce soulagement, je t’en prie, prince. -—
C’est trop de courses folles, trop de rudes épreuves, sans savoir
où de mon supplice enfin je serai délivrée. Tu entends, 0 Promé
thée, tu entends la vierge aux cornes de génisse?
PROMÉTHÉE. Comment ne pas l’entendre, pauvre efl‘arée du
(non, la fille d’lnachos? Au cœur de Zeus elle a mis la fièvre
d'amour, et maintenant en des courses sans fin Héra la haineuse
durement l'éprouvc.
IO. A'ntistrophe. (lo revient à droite vers Prométhc’e.) Comment
de mon père m'as—tu crié le nom, toi? Réponds—moi, réponds à
l‘infortunée. Qui es—tu, toi? qui es-tu donc, triste supplicié, pour
et
PROMÊTHÉE ENCHAINÉ. U!

ne sùpdw àpaptoücav m’ayant trouvée coupable,


êvéÇeuEag m'as-tu attachée
Ev m'ioôs 7m uovaî'aw, à ces maux,
51‘}, hélas! -
TEipEtç ôè (Ïtôs et pourquoi tourmentes-hr ainsi.
ôsiuart par une terreur
oio‘rpnltci'rq) causée—par—la-poursuite—du—tamv
ôeùaiav mpdxomv ; une infortunée privée—de—raison?
Œléâov [15 moi, Brûle—moi par le feu,
il xailu'lmv xeovi, ou cache-moi dans la terre,
là 56; Bopàv ou livre-moi en pâture
ôoizzot uovtiorç,’ aux monstres marins,
unôé p.01 oeovfiop; et ne me refuse pas
sûyuoirwv, dirai. mes souhaits, 6 roi.
Illivai wold-flaw! Des courses vagabondes
pa yeyuuvo'nmaw äônv, m’ont exercée suffisamment,
oûôè ëxm [1.0.6513 et je ne puis pas-même apprendre
6m (imite comment j’échapperai
muovdç. aux souffrances.
Kliüerç (peéyua Entends—tu la voix
toi; unpôévou de la jeune-fille
Boüxepm ; aux-cornes—de-génisse?
HPOMHGEYZ. HG); 5%. PROMÉTHÉE. Et comment
où 34160) 1?]; zo'p'q; n‘entendrais—je pas lajeune-fillc
olc'rpoôwñ'rou agitée-par-le-taon,
171; 'Ivaxeiag; la fille d'—Inachos?
i1 mm ëpœn qui enflamme d‘amour
xéap Alôç, le cœur de Zeus,
ml vilv m‘mrô; "Hpqt et qui maintenant, odieuse à Héru,
yuuvoiçswt est-exercée
ôpôuovç ürtspuñxatç par des courses excessives
apàç Btav. par force (malgré elle).
IQ. Ho'eev émuler; en) [0. D’où prononcés—tu
(ivoire éuoü man-pd; ; le nom de mon père?
Elué pm sa uoyepä, Dis à moi, l’infortunéc,
rig 63v, qui étant -
1l; äpa, (Ï) tdlaç', qui donc étant, û malheureux,
npooeposîç pa tu m’apostrophes
ràv ralainwpov moi la malheureuse,
56 HPOMHGEYE AEEMQTHE.

{1011.01 apooôposîç,
626001011 11-: 1160011 o’ovôuaauç, â
papatvsv. us Xptouaa xév'rpm; v —
çonakéoœ, H].
Emp‘rqpd'rwv 6è vv’;01101v 011111011;
Àaôpôcu‘roç ñhôov, "Hpa;
fi111x610101 Môme ôupsïaa. A00
ôazuôvwv 6è 1M; oï’, èñ,
0?." éyc‘o uoyoüaw;
'AÀM 1101 10p65;
Téxpqpov ô' 11 u’ éaauuévet
flaesîv, ‘rt pâjxap, ñ Tt cpdppaxov vo'aou,
ôe’täov, shrap 010001 '
606:1, cppo'zle 10; ôvmrhâwp aupôéwp.
IIPOMHOEÏ'Z.
Aéëw 10061; 001 aäv ô'rrsp Xp'fiÇaLç ouest),
015x Éprnàéxwv atvtyuow’, 0'003 MM?) Àôytp,
12301129 ôtxauov 1100; cptÀooç ofyaw 0161101.
Hupb; {300101; ôofljp’ ôpqç Hpopsqeéa.
désigner aussi clairement la malheureuse poursuivie par les
dieux? — Tu l'as nommé, le mal qui m’épuise, poignants aiguil
lons, furieux transports! — Hélas, hélas! en bonds frénétiques,
toute haletante de faim, je suis venue jusqu’ici, d‘lléra, de ses
pensées de vengeance déplorable victime. — Des malheureux.
en est—il, hélas! d’aussi durement éprouvés que moi? — Mais
du moins que je le sache au juste, dis-le—moi, ce qui me reste à
souffrir. Quel adoucissement, quel remède à mon mal ? indique—
le-moi, si tu le connais, parle, dis—le à la pauvre fille vagabonde.
PROMÉTHEE. Tu vas savoir clairement ce qui te tient si fort au
cœur, sans ambage, sans énigme, simplement et sans phrase,
comme il convient à un ami qui s'ouvre à un ami. C’està moi
que les mortels doivent le fou, je suis Prométhée.
PROMÉTHEE ENCHAINE. 57'
61355 groper, aussi exactement,
évduaaoi; rs vo'oov et tu as nommé le fléau
Oeo'a'urov, imposé-par-une—divinité,
ä Xpfowa qui, me déchirant
Xa'vrpowl par des aiguillons
(pozmkéowt' qui-font-errer
us papaivem, Hz. me consume, hélas!
THÂOOV as
Et je suis venue
lu6péauro; pou'ssée-impétueusement
aîxiouç par des outrages
Win-now àfl‘a‘mants (qui m’afl‘ament)
o'mpmuo'zrwv, de ‘bon‘ds (et qui me font bondir),
oaus'ioa dompté‘e »
ufiôaow émxo'romw par les desseinsjaloux
"Hpaç. de Héra.
Tlveç ôè Et quels
ôocôwpo’vwv, d’entre les malheureux
yoyoüaw, È1‘], oh soufi‘rent,hélas! des maum tels que
oh êydw ; que moi? _ 1
‘Alldr réxunpo'v pol ropäç Mais indique—moi clairement
6' n pa énauuével fitfie'l'v; ce qui m'est—réservé à soufi'rir,
t! Mixer, quelle est la ressource,
'ñ 1i qaolpuaxov väaou, ou quel le remède de ‘mrm mal;
ôeîâov, Eïnep oÎaÛa ‘ meme-1e moi, si tu le sais;
Bpéaz, cppo'zës parle, indique—le
1:6". mpôéwp à la vierge
ôwmMvtp. malheureusement-errante.
HPOMHBEÏ‘Z. Aéëw do". PROMÉTHÉE. Je te dll‘ll'l
Topû'); clairement
m'iu ô'irsp 'tout ce flue
xpfitsiç uaôsi‘v, ‘tu désires saVOir,
067. épmléxmv alviypaw, n'entrclaçant pas des énigmes,
tilla‘: Mm) din-M), mais dans un discours simple.
d'mrep Slxauov comme il est juste
oi'yew uréuu d'ouvrir la bouche
npàç cpüouç. en s‘adressant à des amis.
‘Opôig ôorfipa nupô; Tu vois le donneur du feu
Bporoïç, aux mortels,
Hpop-qeéa. Prométhée.
58 IIPOMHQETX AEXMQTHE.
IQ.
“’Q xowbv dicpékqua Ôvn-ro'tow çavsiç,
Thñnov l‘Ipoimeaü, 100 5(Y:qv ndoxsn; 16:55 ;
HPOMHGETZ.
‘Apnoî ‘ nénaopat TOÙÇ êpoùç Opnvüw nôvouç.
IQ.
Oüxow 1to'pouç 60/ 161155 ôœpea‘w énoi ;
HPOMHGEÏ'E.
Aéy’ ñvrw’ aha! ' 116w yo‘zp âv mieow' p.00.
IQ.
E'q'ym‘vov 6011; èv (pdpayyi 0’ éxyaaav.
HPOMHGEÏ‘X.
Boohaupa n‘av 16 A'tov, 'Hçaioroo ô‘a Xaip.
IQ
Hoiwv 6è nowà; &nnkaz'qpoi‘twv Ttvarç;
I'IPOMHGEÏ'X.
Toooü'tov äpxü son ennemi“; pôvov.
IQ
Kai 1106; va 106101; Téppa 19}; 611:7}; nÀo’w-qç
ôsïäov 1i; €010u1fi mlatmñpq) Xpdvoç.
IIPOMHGEÏ'X.
.Tb M paeaîv cor. xpaîaoov î] paesï‘) rotôa.
IQ
M6101 p.3 xpüdrgç Toüe’ 61129 génie) rit-«051v ‘-’.
HPOMHGEÏ'X.
’AM’ où ueyaipw 1005é 001 ôwpv'maroç.

IO. Un merveilleux bienfait, dont tous ont profité! Mais toi,


qui le leur donnes, malheureux Prométhe’e, à ce supplice pour
quoi es-tu condamné ?
PROMÉTHÉE. .C’est un triste récit que j'achève à l’instant.
10. Du moins, ne pourrais—tu m’accorder cette grâce... ?
PROMÉTHEE. Laquelle? Sur tout pointje suis prêt à répondre.
10. Aux flancs de ce rocher, dis—moi, qui t’a cloué?
PROMETHÊE. La volonté de Zeus, et la main d’Hephæstos.
10. Pour te punir de quoi? de quelle faute énorme?
PROMÉTHÉE. C'est tout ce que de moi tupourras en apprendre.
l0. Et puis de plus, dis—moi le terme de mes courses, combien
de temps encore il me reste à souffrir.
PROMÉTHÉE. Mieux vaudrait l'ignorer que l'apprendre, pour toi.
10. Oh ! mon sombre avenir, ne me le cache pas.
PROMÉTHÉEA Mon dessein n’était pas de te rien refuser.
'PROMETHÉE ENCHAINE. 59

In. *0 ravë‘lê 10. O toi, qui t’es montre


evnroi‘aw pour les mortels
djçéknpa neivÔV’ un bienfait (bienfaiteur) commun,
Tlfipov HpoMÔEÜ, malheureux Prométhée,
roi} ôix‘qv à cause de quoi
adoxezç Tdôe ; soulTres-tu ces choses—ci?
HPOMHGEI‘E. ‘Apiwï PROMETHÉE. Al'instant .
uéaauptou OpflWÏ’” j’ai cessé pleurant (de pleurer)
me); épine; udvouç. mes souffrances.
IQ. OUxouv népot; a” film“ 10. Tu ne m’accorderais donc pas
T1iV5E Buipeaiv; cette faveur?
HPOMHGETE. AéYE PROMÉTHÉE. Dis
ñvnva
airei' 'i
quelle faveur
tu demandes—pour—toi;
11-50010 yùp (iv Träv 11W car tu apprendrais tout de moi.
‘ m. Z'riunvov IO. Indique—moi, '
don; de dixuao-ev qui t'a enchaîné
ëv çdpænl. sur un roc-escarpé.
HPOMHGEÏ'E. T6 “EV PROMÉTIIEE. D’une part la
Bodlisuua Aïov, volonté de-Zeus,
xelp ô‘a ‘Hcpai'erou. de l’autre la main d’llephæstos
ID. Tivsi; ôè mwà; IO. Et tu payes les peines
noiœv dunlaznudrœv ; de quels crimes?
HPOMHQEÏ'È. ’Apxc‘û PROMETHÉE. Je suffis (il suffit)
ampnvieaç O'Ol. t’ayant expliqué (que je t’aic expli
Too-061w uävov. autant que cela seulement. [t|ué)
IQ. Kai upo'; ‘(e mérou; IO. Et du-moins, outre cela,
Ÿeïiov ri; xpo'voç montre—moi. quel temps
EUTŒL Téppa sera le terme
1‘71; EFF}; Tridwp; de ma course
T?) TOÙOILTIUSPLP.
a moi la malheureuse.
IlPOMHGEÏ‘Z. To pi] paeai'v PROMÉTHEE. Le ne pas apprendre
xpai‘cao'v am
est meilleur pour toi,
ñ mes?» Tdôs. qu’apprendre cela.
IQ. MTjTOL (1.5 xpi'aulnnç IO. Cependant no me cache pas
toïrro {imp génie) nuesîv.
ce quo-certes je dois souffrir.
ÏIPMOHÛEÏ'Z. ’ADUÈ PROMÉTHEE. Mais
0‘3 uëyatpw o‘ol je ne t’envie (refuse) pas
1066s ôwp'âuorrog. cette faveur.
60 HPOMHGEI‘E AEEMQTHZ.

IQ.
Tt ôÿjm néÀÀEtç (m) 00 1 yayœvtausw 10 7räv;
HI’OMHOEÏ'E.
Œeo'voç pèv oüôstç, aàç 8’ 6mm ôpo'ziat cppévctç.
IQ. .
Mfi p.00 amour/1800 näaaov 2, Ce; èpto‘t ykuxo.
ÏIPÛMHGEÏ'E.
’Em‘t apoôonat’, Xp'lj Àéyew ' äxoos 8T".
XOPOÈ.
M'r'jmo ys' 11.019001 8’ #180129]; minet 1092.
Tijv Tÿjoôe npürov latopijawnsv vécov,
0:817]; Àsyoümjç 10:; wokvzpfiépou; 16X01; '
10‘: Àomà 8’ am» 000 81.80:;(61’1100 1101001.
HPOMHGEI‘X.
Eàv 5pyov, 'Io't, ‘w’taô' û‘iroupy'îjoat Xo'tptv,
600mo; TE m’wrw; ml. xaotyw'jmtç 110190;“.
'9; 10111000150011 1811086901000“ 16;@;
ëvmüô’ 0'1100 péMoL 11; ot'csoeou. ôdxpo
1100; 16w xÀvôvrwv, dam) Tptôfiv ëxst.
IQ.
06x 018’ 01100; ûpïv âmerîjoott us Xpÿj,
coupa ô‘e nüôtp aäv ô'rrsp rrpooxp'fjÇe-re

IO. Pourquoi donc hésiter à me tout révéler?


PROMÉTHÉE. Par intérêt pour toi. Je puis troubler ton âme.
IO. Tant de ménagements! — Les ai-je demandés?
PROMETHÉE. C‘est ton désir, eh bien, je vais parler, écoute.
LE CHOEUR. Pas encore. A mon tour, fais-moi un plaisir. 10 nous
contera l’histoire du mal qui la travaille, elle nous dira elle—même
ses tristes aventures; et ce qui lui reste à souffrir, toi, tu le lui
révéleras ensuite.
PROMÉTHÉE. A toi, lo, de les satisfaire. Ce sont d’ailleurs les
sœurs de ton père. Et puis, déplorer soi-même son triste sort,
tirer des larmes et ceux qui nous écoutent, ce n’est pas perdre
son temps.
IO. Comment ne pas me prêter à votre fantaisie? Ce que vous
PROMÉTHÉE ENCHAINE. 61
IQ. Ti ôñra pénal; 10. Pourquoi donc tardes-tu
pi; où ysywvia'xew 16 Träv ; de manièreàne pas exposer letout?
HPOMHÛEI'Z. 0655i; uèv PROMÉTHÉE. D'une part il n'y a
(pôo'voç, envie (aucun refus), [aucune
6mâ> ô‘s d'autre part je crains
epagm où; (ppe'vczç. de troubler ton cœur.
19. Mi] wpoxñôou you IQ. Ne t’inquiète pas de moi
päsaov, plus longtemps,
d); èuo‘l 719m5. puisqu'il m’est doux de l'entendre.
HPOMHGEÏ'X. ’Em‘z PROMÉTHEE. Puisque
npoôuueï, tu le désires,
Xpfi Àéysw ' il faut parler :
dim-.12 ôfi. écoute donc. _ .
XOPOE. Mil-mu YE ' LE CHOEUR.Pas-encore du-moins;
mips ôè xai êuoi mais accorde-moi aussi
poïpav ñôovñç. une part de plaisir.
'Imopfiawusv noûrou Apprenons d’abord
Thv vo'aov 'rñaôe, la maladie de celle-ci,
11617]; 15706011; elle-même racontant
Tàç rüxaç
ses destinées
mlmpeo’pou; ‘
très-déplorables;
ôlôaxôfirw n Tupi 0.06 puis qu’elle soit instruite par toi
Toi lot-mi 610M»). du reste de ses souffrances.
HPOMHBEÏ’Z. 22è» EPYW’ PROMÉTHÉE. C’est ton devoir,
'loî,
10
ùmupyfiaai xzipw ta'ïaôe, .
de faire plaisir à cellesàci.
mm; 1.6 minime; et d'ailleurs absolument
ml xzqtwñrqzç età elles sœurs (et parce qu’elles
ngrpo'ç.
de ton père, [sont sœurs)
'95 rà ûnoxkaüaw
Car le plaindre
mi dnoôüpaaem rôxaç
et déplorer ses malheurs
Èvm'ûûa ô'ïrou
là où
nç pénal oiusaôai ôoixpu
on devrait obtenir une larme
Tcpôç n'ûv x‘môvtwv,
de ceux qui écoutent
ëxsirptôñv ùiiav
3. (est) un temps bien-employé.
IQ. 06x oîôa ô'îtwç
10. Je ne sais comment
m il faut (je pourrais)
galùui‘v dmcrrfiqou,
moi vous ‘désobéir!
mousses ôè
mais vous apprendrez
62. HPOMHGEÏ‘X AEEMQTHZ.

naûasoôs ' nazi-cm xal Àéyouo’ aiox'ôvouou 4


0260001011 Xatuo'wa xat ôtatpôopàv
popeÿjç, 868v p.01 0X01X10|1 11900é1110110.
'As‘t yàp 64mg Ë'WUXOL awhaüuzvat
é; napezvdwa; 101‘); £11013; n'apqyépow
Àstowt uùômç ' ("Q pœ'y' süômpov xo’p‘rj,
1€ aupôsvaüu ôocp‘ov, èio'v 001 7021.100
wxaïv usyiotou; Zeb; yôtp tuépou Béni.
apèç 001": 1é001hr1011 11011 00110110206011 Kt'mptv
OÉÀEL ' où 5’, t5 TUZÏ, 11-}; ’aohatxrtanç Àéxoç
10 Zvjvbç, 6001’ âmes 1100; Aépw]; Baôùv
M10010, 1101111101; @00010’1021; 1a 1190; 101190;,
(b; âv 10 Aîov 6111101 Àwtpfian 110900. »
Tototoôa 1101001; eüppôvaç ôveipaaw
ouvstxôuvjv ôüo‘rqvoç, âcre 6'}, ampl

voulez savoir, je vous le dirai franchement. Non pas cependant,


qu'il ne m‘en coûte de rappeler les orages soulevés par un
dieu, et la transformation qui m’a réduite en ce triste état. '—
C‘étaicnt chaque nuit des visions assidues dans ma chambre de
jeune fille, chaque nuit mêmes appels, mêmes voix caressantes.
u 0 trop heureuse jeune fille, pourquoi si longtemps vierge, quand
tu pourrais avoir de si belles amours? Zeus de désir est tout
brûlant, le trait est parti de toi. De Cypris e'estavee toi qu'il veut
goûter. Enfant, ne te refuse pas au lit de Zeus, descends vers
Lerne, aux fertiles prairies, près des bergeries et des étables à
bœufs de ton père. De l’œil de Zeus va éteindre la passion. » —
Toutes les nuits même obsession, mêmes songes, j’étais bien
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 63_
püôlp tmtpEÏ par un récit clair
1:6.» (imp npooxp'fllsre ' tout ce que vous désirez;
mirot aiqxdvopal . cependantje rougis
mi léyouaa même en racontant (de raconter)
xeruäwa ôso'ao'vrov, l’orage envoyé—par—un-dieu
ml ôiatpeopàv popzpñç, et l’altération de ma forme,
305v npoos'maré d’-où elle tomba-sur
pm exulte. moi malheureuse.
’Asl yàp Sans—cesse en-effet
64151; Ëwuxot des apparitions nocturnes,
nwlsüuavat allant-et-venant
ë; rod; èuoùç napesvd'wmg. vers mes appartements-de-vierge,
napnyo'pouv m’apostrophaient
pûôozg 7.5t'otaw ' par des paroles douces :
u 70 pêya stiôaqtw xo'p'q, « 0 bien heureuse jeune fille,
ri mpeevsüet pourquoi restes-tu-vierge
ôozpôv, longtemps,
tâäv COL quanrl-il—serait-permis à toi
wxs'lv yduou [.LëYiO'TOU ; d’obtenirl’hymen le plus glorieux?
Zeb; ydp rs'llodmwi Car Zeus est brûlé
npôç coi) par toi
[àélst luépoo, du trait du désir,
ml eélnsi et il veut
Gwalpsoea: partager-avec toi
Kü'rrpw ' les plaisirs de Cypris;
où ôè, (Î) irai, et toi, o jeune—fille,
[in aimiez-rien; ne dédaigne point
Tô lxéxo; Znvôs, le lit de Zeus,
me. ëâsms - mais sors
Trpfi; Baôbv Xsiul'bua AéQN'rlg»
vers la fertile prairie de Lorne,
notuvaç
vers les troupeaux ‘
ÊÛUUTËGŒIQ 1:5 natpàg,
et les étables de ton père,
w; r6 ô'pqm Am
afin que l’œil de-Zeus
)‘W'llfi‘rj äv ndeou. » apaise son désir. j»
XUVEIXdp-qv ôûmvoç
J’étais obsédée, malheureuse,
Taioïoôs ôveipaow
par de tels songes
mica; sûtppävag,’
toutes les nuits,
3m ôñ ’s'rloqv
jusqu'au-moment-où donc j’osai
Yîtuvaîv TWIg
dire à mon père '
64 I'IPOMHGEÏ‘E AEEMOTHE.

{Tir/pi ysywvatv vomipowa (pdcopa'rac.


‘O 5' Ë; 1s H0660 xo’uri Aw5u'w1q; noxvoùç
Osonpo'nouç t'aÀÂsv, d); poteau 1i Xpñ
ôpœvr' 1‘] Àéyovm ôatpoaw npäoasw (90a.
’Ilxov 5’ o‘wayyéMowz; aiohoarôpouç
Xpncpoùç dofipooç ôooxpt'rwç 1’ alpqpévooç.
TéÀoç 5’ évapyfiç Bdëtç fies» ’Ivdxtp
aacpüç âmoxfimoooa mi pueoopévn
ëäw ôépmv 1e mi ndrrpaç (besïv ëp‘e,
äcparov 4 dÀäaeaL fig èn’ éaxd'mtç 6pm.; '
us! M OÉÀOL, nopwrtàv èx At‘oç poke’tv
xspawbv, ôç 16hr ääa'tonboov. yévoç.
Toto’toôs îcstoôs‘tç Aoëtou navrsôpaaw
èëfikaraév us xa’méxhewa ôœpo’zrwv
änoooav äxwv ' 60X én‘qvdyxaëé vw
ALÔÇ Xahvb; wpb; Btav npo'wosw 16:55.
E1395; 5% imper] Mal (ppévaç ôto’w‘rporpor.
ñaav, xapao'rlç 5’, do; ôpä'r’, diva-topo,»
poœm Xptoeaïo’ èpLpavaï oxtp‘rfina‘rt

tourmentée! -—Un jour, enfin, je pris sur moi de conter à


mon père les songes qui me hantaient la nuit. Lui, aussitôt à
Pytho, à Dodone, à maintes reprises, d’envoyer consulter, pour
savoir que faire, que dire, aux dieux qui pût être agréable. Au
retour, ce n’étaient que réponses à double sens, oracles vagues
et paroles ambiguës. A la fin pourtant le jour se fit. — Ordre
vintà Inaehos, clair, précis, positif, hors de la maison, de la
patrie. de me chasser, à l'aventure pour errer jusqu'au bout de
la terre. — En cas de refus, l'éclair de Zeus descendrait, la
foudre, qui efi‘acerait la famille tout entière. — Quand Loxias
parlait ainsi, comment ne pas obéir? Mon père me chassa, me
ferma la maison, malgré moi, malgré lui. — Mais il le yiolentait,
de Zeus le rude frein, et, en dépit de lui-même, il le fit. — Aussi
tôt dans mon corps, dans mon âme quel bouleversement ! — En
eornée, comme vous le voyez, par la piqûre du moucheron excé
PROMÉTHEE ENCHAINÉ. 65
ôvetpou'a wxn'cpotw. les songes qui me hantaient-la-nuit.
‘O ôè ’iaMev ' Et lui envoyait
ëç TE l'IUOd) xa‘i ë'nri Awôo'wn; et à Delphes et à Dodone
mauve-b; Gaonpo'nouç, de nombreux messagers,
d); {1.01601 ri ôpû‘wm afin-qu’il apprit quoi faisant
ñ léyovw en disant,
Xpw‘] npoicosw il faut exécuter
(pilier ôaipoo‘w. (les choses agréables aux dieux.
’Hxov ôè o’wayyémovrs; Or ils vinrent rapportant
Xpnquoùç atolomo'nouç, des oracles ambigus,
“WW; obscurs lse.
stpnnévouç ra ôuozptrwç. et exprimés d’une manière douteu
'l‘e'Àoç ôè Bdiiç évapyfiç A Mais enfin un oracle clair
filesv ’lvdxcp arriva à lnachos,
âmamfi'mouoa ordonnant
xa‘t uueouuévn oatpû‘); et disant manifestement
ipè LbOaîv de me chasser ’
ëâw ôdawv rs ml ndtpaç, hors et du palais et de la patrie,
(iläoOw pour errer ' '
(Slips'rov libre-de-tous-liens [terre;
lui tcxätot; ô'por; ff]; ‘ jusqu’aux dernières limites de la
mi et p.9; Bélier, et s'il ne voulait pas,
zapawôv nupw'rrbv la foudre étincelante
yohsïv êx Atôç, revoir venir de-la-part—de Zeus,
6.; égoïoqbaot näv yévog. laquelle anéantirait toute la race.
Iletaôe‘u; TOIOÏO‘ôE pavtau'apam croyant à de tels oracles
Aogtou de Loxias \
äxmv malgré-lui
égfilaaé pa dim-wow il me chassa malgré—moi
ml dméxksms ôœadtwv ‘ et m'exclut du palais;
603.84 Xalwàç Am'; mais le frein de Zeus,
vw ÊTI'IWO'tYXOtCE upô; Btav le forçait par violence
npotacew rdôe. d‘exécuter cela.
EÛQ'D; M Et aussitôt
gopqrh ml rpps'vs; ma forme et ma raison
ficow ôidarpotpm, étaient altérées,
lapone-ri; ô‘e, et, cornue,
(î); ôpät‘s, comme vous voyez,
xpicfizîcu déchirée
MORCEAUX eu. n’escni‘Ln.
66 IIPOMHoerz AE'XMQTHZ
fioaov npôç sù'rwrôv TE KspxVE‘iaÇ 535°?
Aépvnç TE np'âwpl ' ficuxôloc 5F Y’IYEV'ÛÇ
ôixpowoç o'py’qv 'Apyoç ùpoigrsi, nouvoïç
ô’camç äaôopxdx; TOÙÇ époù; m-tà artôouç.
’Aîrpocôo’ml-roç 5’ we» éEoziqWqG {1690? ‘
101') Cfiv o'c-rrac-rép'qaev 1. Oia‘cportÀùE 5’ 8‘100
uo’w'ciyn ôsiqc yñv npb W}; èÀaüvopaug. U
KMsig Tôt npaxeévr” et 5’ Exec; aiwaiv 0 TL
Âomàv no'vwv, Gfiuocwe ' pnôé u’ olmiaaç
Güveakne poem; eauôéaw ' vôonna yàp
ai'cxwrov six/ai (911p.: avvôérovç Ào'youç.
0 e o . . . .

1 . . . c l -

XOPOX.
7H yo’cp 'u Àomôv 'rîjôe rrqpo’vpwv âpeîç;
UPOMHGEÏ'Ê.
Auaxeipspév ya néhayoç (impôt; 5611;.
IQ.
Tt 'ô-îj-r’ êpoi Up) xép5og, o’cM’ 067. èv 'rdcxei
é'ppul)’ E’uau'c-ilv 1?}05’ dure arücpÀou ité'rpag,

déc, d’un furieux bond je m’en vins au bord de Cerclmée, la


source limpide, au fond de la vallée de Lerne. — Le bouvier, fils
de la Terre, le bouvier d’inflexible colère, Argos était derrière
moi, de ses cent yeux épiant tous mes pas. Sans qu’il s’y atten—
dit, tout d’un coup il fut rejeté de la vie. -—- Mais moi, le tacn
ne lâche pas prise, et sous le fouet du dieu, de pays en pays me.
voilà. relancée.—C’est là mon histoire—(A Prome’the’e.) Et mainte
nant si tu as quelque chose à m’apprendre des maux de l’avenir,
parle. — Surtout pas de fausse pitié, de ménagement, d'hypo
crite complaisance. —— Le vice de tous le plus honteux, à mes
yeux, c’est de l‘arder sa pensée.

LE CHÔEUR. A ce sombre tableau tu pourrais ajouter ‘?


PROMÉTHÉE. Des orages sans fin, un abîme de maux
IO. Vivre alors, à quoi bon? Ah ! d’un seul coup, la tête e11 bas,
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 67

püwm ôiua'ro'tup, par un taon à-la-dent—aiguë,


fiaaov amp'nfiptafl gill-WW." je m’élançai d’un bond furieux.
npo'; 1:5 p‘éo; sünorov et vers le cours d’eau bonne—à—
Kapxveiaç de Cerchnée '[boire
xpfivnv TE Aépvnç ' et vers la source de Lerne;
[391116105 6?; myevñ; et un pàtre enfant-de—la-Terre,
äxparog ôpyñv non—tempéré quant à la colère,
"Apyoç (bpdpret, Argos me suivait '
ôeôopuu‘uç nuxvoï; ô'oaorç regardant avec de nombreux yeux
nuit 101); Éuoù; artôoug. sur mes pas.
Mo'pog 6è dnpoaôo'xn-roç, Mais un sort inattendu
m'nàv dnsmépnoev éëattpvn; le priva subitement
TOD Çñv. ' du vivre (de la vie.)
En): 8% oimpoflùâ Et moi, déchirée-par—le-taon,
nposlmfivouw. je suis pourchassée
ti; Yñv de pays en pays
pain-m 0dr; par un fouet (un fléau) divin.
Klüa; rà_npax9tvtcx ' Tu entends_ce qui a été fait :
ii ôÈ ëxsiç stnsi'v
mais si tu peux dire
6' Tl lomdv no'vwv,‘ ce qui me reste de soufl‘rances,
minerve ' fais—le-moi—connaître,
MÔÉ ne ozSvGoOnrs, et ne me flatte point,
oizn'oa;
ayant-pitié—de moi,
nüemç disuôéow ' par des discours mensongers;
lint“ Yàp Àäyou; ouveérou; car je dis les discours artificieux
“val Väa‘nua a’t'oxzorov. être la peste la plus honteuse.
4......

XOPOE. q'H yàp èpeî; .


LE CHŒUR. Est-ce que tu diras
n lomôv mpärwv 12535 ; un reste de malheurs pour elle?
HPOMHQEI'E. HéM-YO'; YE PROMÉTHÉE. Certes un océan
ôuoxetyapov
orageux
5““ âmpäç. de calamité fatale.
IQ. Ti ôñm xépôo; éuoi
10. Quel gain donc pour moi
Ëñv, de vivre,
dlldr où): Ëppttlaa
mais que ne me jette-je
tuaurfiv
'moi—même,
{v taxer
en hâte
v ûnô rfioôe né‘rpaç méplat)
de ce rue escarpé,
68 l'IPOMHBEI’E AEZMQTHZ.

étang 11é001 01-00001: 16111 1011111011 116111011


o’zmjkhdY-qv; xpetooov yàp stcdmaë eavsîv
Ÿ} 10; 011161001; fiuépa; 1101042111 110111639
TIPOMHQETE.
’H ôumrsrü‘»; av 101‘); £11.00; 061011; 1pépo1;,
6110 601119111 uév ëo'rw où asapwuévov '
011'511q 701p 71v âv wqpo’t‘rœv o'maÂÂayv'j '
vüv 0’ oüôév écu Tépua 11101 11001121112110»;
116x60»), api» âv Zeb; émrémn 1upo1vv£00;.
IQ.
'H yo’cp 1101’ 50111) émsas'iv àpx-‘q; A101;
HPOMHGEÏ'E.
"H001 äv, oïpat, ‘w'jvô’ tôoüoa 00111009001,
IQ.
H15; 6’ min âv, ‘Ïj‘t‘tç fix A10; adaxw XŒXCÔÇ;
IIPOMHBEÏ'X.
'Q; Totvuv ô'v'cwv Tôvôs 4 001 p.016a'1v 1101901.
. IO.
IIpèç 'roü Topawa ax-îjmpa avMGv’joamt;
HPOMHGEÏ'X.
Hpèç 011310; 01131013 xgvoçpévwv Souhaupa’wœv.
IQ.
Hotç) 'rpo'mp ; ov'jtL-qvov, si psr'j TL»; @0161}.

de cette rampe de pierre! Sur la terre brisée, du moins avec tous


mes maux en aurais-je fini. '— Mieux vautla mort une bonne fois,
que tous lesjours l’angoisse et la douleur.
PROMuTHEE. Que dirais—tu donc à ma place, malheureux pa—
tient, à qui son destin interdit de mourir? — Du moins serait-ce
1:: un moyen d’en finir avec cette torture. —— Mais pour moi, en
perspective, nul terme à tant de soufl'rances, que Zeus ne soit
tombé du pouvoir.
lO. Zeus tomber du pouvoir, un jour! est-ce possible ?
PROMETHÉE. Une belle catastrophe à voir pour I0 '
10. Comment non, moi, de Zeusl’amer souffre—douleur?
PROMÉTHEE. La chose arrivera,tiens—le pour assuré.
IO. Et ni lui ravira le sceptre, le pouvoir?
PROMËTHEE. Ses rêves insensés et sa propre folie.
10. Mais comment? dis-le—moi, s’il n’est aucun danger.
I'ROMÉTHÉE ENGHAINÉ. 69
61m); GHNJOWCL Tréôot, afin—que lancée—contre le sol,
mum» je fusse-délivrée
'rd'w noiv'rwv névwv; de tous mes maux?
Baveïv yelp eies’maî xpsi'eam) Car mourir une-fois est meilleur
fi na’axstv muü; . que de souffrir misérablement
àîro'ioaç ràç ñuépaç. tous les jours.
IIPOMHGEÏ’E. "'H PROMÉTHÉE. Certes,
cépoi; âv 131201:51:66; tu supporterais avec-peine
mil; Ëuoùç mm, mes tourments à moi,
ô'rqi pèv ôavs'iv à qui d’une part mourir
oûx ëor‘i nsnpwuévov ' n‘est pas accordé-par-le-doslin;
ail-m yàp ñv äv cui- ce serait
duallowi] munirwv ' une délivrance de mes maux;
v-‘Jv 5è maintenant d’autre part
oûô‘sv répua uôxeœv aucun terme des souffrances
tari npoxslpeväv par, n’est proposé à moi, '
Trpiv äv Zeb; Éxne'an avant que Zeus soit tombé
mpawlôoç. de la tyrannie.
IQ. 1'H yàp ëo-ri 1ms lO.Est-ce-qu’il est-possible un-jour
Alu êxnses'i'v &pxñç ; Zeus tomber du pouvoir?
ÏIPOMHGETE. "Home äv, PROMETHEE. Tu te réjouirais,
oipou, je pense,
lôoüoa en voyant
Thvôs auuçopo'w. cet événement—la. (pas,
Il}. l'lr‘b; ôè 0'51 äv, \ IO. Et comment name re'jouirais—je
fin; misXu) mud»; moi qui souffre misérablement
êx Auig; par Zeus? '
l'IPOMHGEÏ‘Z. ‘Q; PROMÉI‘HÉE. Comme
rû'wôs rolvw ôvtœv cela donc étant réel
mipa nor. pail-)si'v. il est-loisible à toi de l'apprendre.
m. Tlpàç 105 auMOfio-ewi IO. Par qui sera-t—il dépouillé
axfinrpoi rôpawa z, du sceptre tyrannique 1’
HPOMHGEY’E. Aürà; PROMÉTHEE. Lui-même
npôç Boulaupo'rtmv par les projets
xevotppdvwv inconsidérés
aÛtoÜ. de lui-même.
10. De quelle manière ?
IQ. Holtp 190'119) ;
fais-le moi connaître, [nicnl.
oñrnvov, s’il n’y a pas quelque inconvé'
si p.15 rig [flow-q.
70 HPOMIIGEÏ'Z AEZMQTHE.
IIPOMHBETZ.
Faust yoipov TOLOÜ‘CO‘J q‘i TCO‘F’ daxahqt.
IQ.
6éop1ov, ñ Bpo’rstov; et (inter, cppdaov.
IÏPOMHGEÏ‘X.
Tt 5’ 6v1w'; où yàp Oept'r‘ov aùôäoôai 165E.
IQ.
“'II 1:96; 50’:p.ap10; éëavtcmmt epôvwv;
HI’OMHGEÏ'E.
"II dia-rai ya m'tôoc (péprepov Tratpo'ç.
IQ.
065’ 5011‘) ax'm'p 17105’ 6010010009] 16mg;
' ÏIPOMHBEÏ'Z. .
Où 5?}101, nhr‘qv âywy’ div èx ôaopüv Âuôstç.
IQ.
Ti; 05v ô Àoowv éa‘tlv äxov‘roç Amok;
HPOMHGETE.
Tow 06v 101’ «me» èuyo'vuw sivm Xpao’w.
' IQ.
no; 21101;; ’pè; mt; a‘ ânaÀMëst xaxäw;
HPOMHGEÏ'E.
Tpi‘to; ye ya'waw 1196; 56" 6155011001 yovaïç.
PROMÉTHÉE. D’indiscrètes amours, qu’il devra regretter.
IO. Au ciel ou sur la terre? allons, dis si tu peux. .
PROMÉTHÉE. Que t'importe pour qui ? Moi, Je ne le puis dire;
IO. Et ar ellc du trône il serait renversé ?
PROM THEE. Non, ils auront un fils plus puissantqne son père.
IO. Et cette catastrophe, il ne peut l'éviter?
' PROMETHÊE. Impossible. Pourtant si libre de mes fers....
IO. Si Zeus n’y consent, qui peut te délivrer?
PROMETHÉE. L‘un de tes descendants. C’est l’arrêt du Destin.
IO. Quoi! ton libérateur, un de mes propres fils!
PROMETHEE. Parmi tes descendants, ce seraic treizième.
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 7l
I‘ÎPOMHGEÏ‘E. Page? PROMETHEE. 11 épousera (con
ya‘rnov totoürov, un mariage tel [tractor-a)
q’i rio'xqkéi note. duquel il s’affligera un-jour.
10. @éoprov, IO. Un mariage divin
ñ Bpdrsmv ; ou humain ?
çpdaov,-'si 571mm. Dis-le, s’il est permis-de-le-dirc.
HPOMHOEÏ'X. Ti ôê PROMETÆ-lÈE. Et pourquoi
ô'vrwa ; demandes-tu lequel?
06 nip ënrôv car il n’est pas permis
aûôäoeat 1665. de dire cela. _
m. "H éiaviararm IO. Est-ce-qu'il est (sera) renversé
epo'vœv du trône
we; âoinaproç ; persan épouse ?
HPOMHOEÏ'Z. "H PROMETHÉE. Laquelle
Ts'äe‘rai ye Traîôa accouchcra certes d’un fils
(pép'rspov narpäç, plus puissant que son père.
19. 0'555' ÊG’TW (161€) [0. Et il n’est pas pour lui
drroarpozpñ moyen—de-détourncr
Tñeôe' 16x11; ; cette infortune‘?
HPOMHOEÏ‘E. 06 ôñra, PROMÉTHEE. Non vraiment,
irlchv Ëywye excepté moi—du-moins
lueeig âv êz ôaouâw. sij’e'tais délivré des chaînes.
IQ. Ti; 05v écru: IO. Qui donc est
ô Mcwv as, celui qui délivrera toi
dxovro; Aio’ç ; malgré Zeus?
nPOMHeErz. Xpso‘ov PROMÉTHÉE. Fatalité-cst
who» sivou’ TING lui être un
rû‘w oû'w ëxyo'vwv. de tes descendants.
1!). H6); aine; ; IO. Comment as—tu dit?
ï) no; mi; est-ce-qu'un mien fils
02 (Mondial zaxôîw; ' te délivrera de les maux ?
HPOMHGEÏ'Z. Tpi‘roç ye PROMÉTHÉE. Le troisième certes
ya'wow par la génération
rpàç ôém äli‘mww yovaïg. outre dix autres générations.
~| w ÏIPOMHGE'I‘E AEXMOTHZ.

V. PROMËTHÉE ET LE MESSAGER DE ZEUS.


(Vers 907-1193.)

vIII’OMHGEI’E.
’Il [n‘y ê'n Zsùç, xainap aùôotô'q; cppswïw,
è'arat roman/6; ' 10I0v gap-1021011
yduov yayfiv, 0; a010v éx ‘ropavvtôoç
Opôvœv 1’ ä'ta'rov ëuôabeî ' aa'rpèç 8’ äpà
Kpôvoo T61" v081; mondial; xpavôfias‘raz,
fin émiwwv 'ijpä'ro 87,vou.û‘w epôvwv.
Tou’ûvôe ptéxewv èmporrilv oéôet; 036w
80v0u1’ âv cab-ra nk-‘r‘v spot) Bataan 000013;.
’Eytb Totô’ oiôa ‘rpôîrqo. Hpè; mü‘rd vw
eapcd'w xaOfiaOw, TOÎÇ aeôapaiozç mérou;
marèç, ‘rwdaawv nupméov Xapoîv QéÀoç '
008‘zv Ydzp 01011;; 1001’ é-mpxéaal. 10 ph o0
aaaeîv o't'rtpwç 111030.011’ 00x dVŒO‘XETd.
Toïov mMtan‘qv vov rapaoxaooiëetaa
äa’ 0010; 001(0, 800001xu’110110v 1090:; '
0; 8+, xapawoü xpsicaov’ eùp'ljast okéya,

PROMÉTHEE. Et cependant ce Zeus, tellement plein de lui


même, il s'assouplira, si périlleuses sont les amours qu'il rêve de
réaliser!—— De la tyrannie, du trône il lui faudra déchoir. — De
son père, de Cronos, alors enfin triomphera, de tout point, la
malédiction lancée en tombant lui-même de son vieux trône. —
Età cette catastrophe, le moyen de parer '? Nul des dieux ne le lui
dira. Moi seul je 10 puis. C’est mon secret, à moi,moi seulje sais
comment s’y prendre. —- Après cela, en son ontrccuidance qu’il
trône, tout fier, au plus haut de l’air, de rouler ses foudres, de
brandir en sa main le trait fulgurant. lmpuissante bravade! pas
moins il n’en tombera honteusement, de la chute dont on ne se
relève. — C’est que c'est un rude jouteur que de ses mains Zeus
se forge à lui-même, un miracle d'invincible force. Plus que la
foudre sera foudroyante sa flamme, plus formidable son. fracas à
PROMÉTVHÉE ENCHAINE.4 73

V. PROlIÉTl-IÉE ET LE MESSAGER ZEUS.

I'IPOMHGEÏ‘Z. "H pipi Zsùç, PROMETHËE. Assurément Zeus,


xalnsp aûedônç qapsw'bv, quoique opiniâtre d’esprit,
Ema; En mnuvd; ' sera encore humble ;
ro'iov Yoluov un tel hymen
lgap-rbemoyauel'v, il se-prépare à contracter,
6; aûrôv éaôalsî ä’z‘arov lequel le jettera éloigné
ëx mpawiôoç ôpôvmv TE ' de lai-tyrannie et du trône ;
To'rs 6% 51'51] et alors de-ceëmoment
xpavBn'oe-rou nœv‘relïbç ' sera accomplie entièrement
àpà 'mrrpd; Kpdvou, l’impréeation de son père CI‘OIIOS,
llv ñpäro laquelle impréeation—il—lança
.
éxmrvcov Opo'vœv ônvatc'ûv. en tombant du trône antique.
Oùôe‘t; 856w ôûvawo &v Aucun des dieux ne pourrait
(1616.6 belied caca); lui indiquer clairement
tztpo-rrhv TOMÏJVÔS pôxewv un moyen-d'éviter de telles peines,
aloi)» snob. excepté moi.
‘Eyds olba ro'zôs, Moi je sais cela,
ml 'rpo'mp. et de quelle manière.
Hpd; mirai vuv Après cela donc
xaâfiaew eapeû'w, qu’il soit assis plein-d’assurance,
morôç se-confiant
10?; minet; nsôapm'ot; dans ses bruits d'en-haut,
'rwo'wcrmv 'rs êv xspoïv . et secouant dans ses mains
fiélo; nup-rrvo'ov. le dard exhalant—le—feu.
Taüm yàp Car cela
abrd'i énapzéo‘st oûôèv A à lui ne servira de rien
16 pi] 0-5 naas'fv pourle ne pas tomber
(atrium; ignominieusement
mubua'w. 06x dvono-Xs'ri' de chutes non supportables;
10T0v nahalcrhv un tel lutteur
napaczsuoils-rar. vûv il se—prépare maintenant
aéré; én‘i a016,), lui—même à lui-même;
râper; ôucuaxtbmrov, monstretrès-dit‘licile-à—combattre,
o; ôù sùpfiasi çläya qui certes trouvera une flamme
zpsiooova xspawo'ü, plus puissante que la foudre; ~
74- HPOMHGEÏ'Ê AEEMQTHZ.

13001119]; 6’ û‘rapqpépovm xap‘rspôv xn’ntov.


Oakaaatow 16 fl]; 11110011019011 v600v
191011110111, ottxyfijv rijv Hooetôoîwoç, 0112001.
H101i001; 00 16902. 1190; motos paefiaa‘rat
00011 10 1' &pxaw mi 10 ôouhaûew ôtxa.
XOPOX.
' 26 013W à Hills“, 10161’ émykwcaajt A10;.
HPOMHGEÏ'E.
'Arrep TEÂEÏTŒL, 1190; 0’ â Boükouou. Àéyw.
_ XOPOX.
Kal npoaôoxäv xp'ij ôsa‘ttôaew Zqväç 'rwat;
HPOMHGEÏ‘X.
K011 Tc‘ûvôé y’ ëëêt ôooÀoowtépouç tro'vouç.
XOPOZ.
HG»; ô’ oüxt Tapôaïç 1010'10’ èxptmwv 5111;;
HPOMHGETZ.
Ti ô’ (21: 1110601111111 601110111 06 1109011101);
XOPOE.
'AM’ äekov äv 001 1060’ 51' 01717110 116901.
HPOMHGETZ.
'O 0’ 06v tronche) ' m'wm n'poaôoxn'rä 11.01.
XOPOE.
Oi npocxwoÿweç 'r‘qv 'Aôpo’ta‘ratav 4 001006.

couvrir le tonnerre. — Et le trident des mers, fléau dont la terre


est ébranlée, l’arme de Poseidon, il la brisera en éclats. — Nau—
fragé du malheur alors, Zeus saura quelle distance il y a du tyran
a l’esclave. '
LE CHOEUR. Tu te fais à plaisirun Zeus selon ton cœur.
PROMETHEE. Selon mon cœur, sans doute, et selon le destin.
LE CHŒUIL Croire que Zeus jamais dise maîtreà quelqu'un?
PROMETHEE. A son tour de pâtir plus durement que moi.
LE CHOEUR. Et tu ne trembles pas, à blasphémer ainsi?
PROMÉTHÉE. Moi, trembler! et pourquoi î) moi, qui suis im
mortel.
LE CHOEUR. Mais ton supplice amer, s'il allait l‘aggravcr !
PROMETHÉE. A son aise, il le peut. A tout, moi, je m’attends.
LE CHOEUR. Adorons Adrasléc, en tout cas, c'est plus sage.

\
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 75
urünov 11-: 1101015111511 et un bruit fort
snepçépom (Spawn; ' surpassant le bruit du tonnerre ;
011556} 15 et il brise (brisera)-en—éclats
191v alxpjjv Hooetôd‘woç, la lance de Poseidon,
1pi011v01v, v600v 6017.0100l0w le trident, fléau maritime,
111100115100“: yñç. qui-ébranle la terre.
H101(001; ôè npà; 16.65€ and), Et ayant échoué contre ce mal
1.1016'6021011 300v ôixa il apprendra combien sont difl‘é
1:6 1s äpxsw et le commander [rents
xa‘t 10 soviets». et le servir.
XOPOE. 26 6m; LE CHOEUR. Toi assurément
ëmylwoaôi A10; 'tu profères-contre Zeus
10113101, 8. xpvjëstç. ces choses que tu désires.
ÏIPOMHBEÏ'E. Aéyw PROMÉTHÉE. Je dis
änsp rslsïtat, ce qui s’accomplira,
1100; ôè 0 50671011011. et en-outre ce que je désire.
XOPOZ. K011 Xp'h 110005011500 LE CHŒUR. Et faut-il prévoir
'rwà ôsono’o’sw quelqu’un devoir être-maître
Znvo'ç; de Zeus?
HPOMHGEÏ'X. "Eiev. ye PROMETHEE Il éprouvera certes
1161100; des peines
21011 ôvaloçœrépovç même plus accablantes
TCÔVÔE. que celles-ci (les miennes).
XOPOX. T113; LE CHŒUR. Comment
oüxl 101p6s’1'; n'as-tu pas peur
éxp1'1111ov 1010'16e Em}; en proférant de telles paroles ?
HPOMHGEÏ‘E. Ti 6è PROMÉTHÉE. Et que
çoôotunv äv craindrais-je moi à qui
601ve'1'v 0'5 p.0'p01110v ; mourir n’est pas dans la destinée?
XOPOE. ’Anà LE CHOEUR. Mais
110'001 äv O‘Ot il pourrait procurera toi [reuse
äôkov Ê'n dMiw une peine encore plus doulou
roüôa. que celle-ci.
HPOMHGEÏ'Z. 'O ôè 05v PROMETHÉE. Que lui donc
orsiumr. le fasse alors!
n'o'w'ra upooôox'qro't p.01. tout est attendu par moi.
XOPOE. Empoi LE CHŒUR. Ils sont sages
o‘t npooxwoüvrs; ceux qui adorent
191v 'Aôpoiarstav. Adrastée.
76 I'IPOMHQEÏ'E AE_2MDT_iIZ.
HPOB’IHGEÏ’X.
.‘Jéôou, npoaeüxoo, 66111;. 151 x9011ODV1’ dat.
’Epoi. 5’ flacaov Z'qvôç î] pnôèv péker.
Apa’rrw, x9011at1w 16v5z 15v flpaxùv Xpôvov
611m; OÉÀEL ' 5apbv ya‘zp oüx äplfiai eao'tç.
’AÀÂ' £10096) yàp 16v5s 16v A10; 'rpéxw,
TÔV 100 1upo'1wou 100 véoo ôtaixovov '
nd‘rrw; TL xawbv àyyahü‘w éHjÀoOav.
EPMHX.
E’s 16v 001p101‘qv, 16v 111x06); ûwépnmpov,‘
Tôv èëapap'tô‘n' zig 620i); èpqpépmç
tropév'ra npàç, 15v 1095; xkém-r‘v Àâyw '
warqp ävwyé 0’ 060111101; xopiréîç yo’zpouç
aüôäv, 196; 66v èxaïvoç'ëxrrimsz xpo’r‘rooç'
mi. 1010101 pix/101 ysqô‘av aivmmpiwç,
60.)" 0160’ ëxowr' é'xcppaïs ' ycqôé p.01 5111M;
6505;, 11901111625, 11900660111; ' 691?; 5’ 611
Zeb; 101'; 10106101; 4 06X). pakeaxtçsmt.
UPOMHQEÏ'Z.
Espvôc'ropo'ç ya mi cppovfjptotroç 10.6w;

PROMETIIEE. Adore-le, implore-le, courtise-le, le puissant du


jour. Moi, moins que de rien, de Zeusje me soucie. -—— Qu’il fasse,
décrète, en son règne d’un jour, comme il lui plaira. ll n’a pas
longtemps à gouverner les dieux. (En ce moment paraît Hermes, avec
son caducée, ses ailes aux épaules et aux talons. — Mais voici devant
moi de Zeus le valet de pied, du tyran de fraîche date l'humble
serviteur. ——Voyons au surplus de quelle nouvelle commission
il est chargé.
HERM .S. Te voilà donc, maître fourbe, mauvaise tête, en tes
rancunes obstiné. C'est au criminel de lèse-divinité, qui de nos
prérogativcsa doté les éphémères, au voleur de feu que j‘ai affaire.
Mon père veut savoir de toi ce que c'est que ces fameuses amours
dont tu as plein la bouche, qui doivent le renverser du pouvoir.
Et ce grand secret, il me le faut sans équivoque, nettement, dans
les détails. Ne va pas, Promélhée, m'exposer à un second voyage
ici. — Zeus, tu le sais, n’est/pas tendre Pour ceux qui lui résis—
tent.
PROMETIIEE. lmpérieux et hautain, bien parlé pour un valet des
PROMETHEE ENCHAINÉ. 77
HPOMHBEÏ‘X. Zéôou, PROMÉTHÉE. Respecte,
upooeüxou, eämrs invoque, flatte
ràv âei xparoûvra. celui toujours qui—a-le-pouvoir.
’Eno‘t ôè (Léket Znvôç Mais à moi souci—est de Zeus
Home»; fi nnôév. moins que rien.
Apo'mo, upa‘reirw Qu’il agisse, qu’il règne
rdvëa ràv Bpaxùv Xpôvov pendant ce court temps
81cm; GÉÀEL ' comme il veut;
of) Ydzp &pist ôapàv car il ne règnera pas long—temps
eeoïç. sur les dieux.
Alla sin-096') yàp Mais je vois en-efl'et
ro'vôe 16v rpoxw Auk, ce messager de Jupiter, '
rôv ôto'txovov Toü ve'ou wpo'wvou ' le ministre du nouveau tyran;
Mme. miww; il est venu assurément
dwah'bv devant annoncer
'n xouvôv. quelque chose dc nouveau.
EPMHZ. Aéyw os, ' D HERMES. Je m’adresse à toi,
rôv cotptoriiv, le subtil, (sure,
16v mxpäiç \‘mépmxpov, le acerbement acerbe-outre-mc
'rc‘w éianapro'vra et; Geo-b; le coupable envers les dieux
nopo'vta en procurant
mua; Éçnnépotç, des honneurs aux mortels,
16v xkén‘mv nvpäç' le ravisseur du feu;
Ira'rñp ce divans a'bôqiu le père t’ordonne de dire
o’Jo-rwot; ydnouç de quels liymens
KOtL‘lt‘EÏç, tu parles-avec-arrogance,
rrpôç (Ïw hymens par lesquels
ëxe'ivo; énuimer lui tombe (tombera)
xpo’trou; ' du pouvoir ;
mi névrot Ëxçpaëe 1151a et certes explique cela
nnô‘sv aivixmpiœç, nullement énigmatiquement,
àÀ‘Aà Endura m'n'o'z ' mais chaque chose même;
nnôé p.01 upooGcDtnç et—nc me cause pas
ômhî; o’ôoùç, l'Ipon'qôeiJ. double voyage, Prométliéo.
'Opôiç ôÈ‘ô’fl Zeb; D’ailleurs tu vois que Zeus
oûx‘i paleaniëe‘mi n’est point fléchi
ro'iç Toroüroiç. 4 par les gens tels.
HPOMneErz. "0 ye p.606; PROMÉTHÉE. Certes ce discours
éo‘rt oenvo'o‘ronoç est cmphatique ‘ ' '
78 HPOMHGE‘Y'Z ABM/10111;.
0 p.000; é01w, (I); 685»! 0111‘90100.
Nâov véov. xpa‘rs't're, xa‘t 801017115 8%}
vatew émue?) aépyap.’ ' 06x èx 160v8’ èytb
ôwçob; Topotwouç 4 êmteoôv'rotç ùofio'pcqv ;
Tpt'rov 8è 10v vüv xotpavoüv'r‘ ÊWÔKPOHŒL
ataxta‘rat ml. Tdxtma. M'r'j 2 17€ O‘Ot 80m?)
Tapôaïv ûrtomfiaaew TE 100; véou; 6:00;;
110M013 ye ml 105 navrôç èÀÀatmo. 20 ô‘a
xéÀaoOov fivnep âme; éyxôvsn ndÀw '
1120021 yàp. oôôèv div &vwrope‘tç épé.
EPMHÊ.
Tototcôs név‘wt ml np‘w aûeaôtapaatv
é; Toto-8; oaurèv mquovéz; “009010043.
IIPOMHGEÏ'E.

T9]; 0?]; Kampala; fin épijv 8001:901Ei0w, ‘


oatpt’ôç èrrta'raa', 00x &v Méämp’ éyo').

dieux !—D’hier au pouvoir, vous régnez en parvenus, aux revers


vous vous croyez inaccessibles en vos citadelles.— Et de là pour
tant, moi, n’ai-je pas vu tomber deux tyrans? Pour le troisième,
le tyran du jour, ce sera bientôt, à sa très grande humiliation. Te
fais-je encore l’effet d’un trembleur, à baisser les yeux devant
les jeunes dieux ‘? De beaucoup, de tout il s’en faut. — Tu peux
t’en retourner par où tu es venu, tu ne sauras rien; à tes ques
tions nulle réponse.
HERMES. Et pourtant c’est par orgueil obstiné que déjà dans
ces angoisses, tête baissée, tu t'es jeté.
PROMETHÉE. Contre ta servitude, non, ma triste situation,
sois—en sûr, moi, je ne l’échangerais pas.
PROMÉTHÉE ENCHAINÉ. 79
mi uiéwg wovviil’flogy et plein d'orgueil,
d); ûmqpe'tou 656w. comme d’un valet des dieux.
Néo: npa'rsi're Dieux nouveaux vous régnez
véov, d’une façon-nouvelle,
mi Boxe'i‘re 57‘; et vous croyez vraiment
valilv népyuua habiter des citadelles
ânevûñ. inaccessibles-aux-chagrins.
Oûu ñoeo'unv èyw N’ai-je pas vu moi
ôzaooùç Topo'wvou; deux tyrans
émeao'vraç I
renversés
Èx Tû‘wôe ; de ces citadelles?
ÈTIO’EIIOtLŒt ii Et j’en verrai
tplrou , un troisième,
16v xozpowoüvta vüv celui qui règne maintenant
ai'o-Xww tomber très-honteusement
mi Taixim'a. et très—promptement.
Mû O’Ol ôoxc'ô Est—ce—que je te semble
Tapt'îsïv 'ri, avoir quelque crainte
ùnon‘njaozw ra et trembler-devant
toil; ve'oug 0506; ; les nouveaux dieux?
é‘Alsi‘rtm , j’en suis éloigné
nome?) ye de beaucoup certes
mi roü now-cog. et-mêmc de tout.
Eù 6è èyuo'vu Mais toi hâte-toi
mikw en—revcnant '
xs'laueov, par le chemin
iiWFEp fillesç" par lequel tu es venu;
Ïsücu pip oûôèv car tu n’apprendras rien
wv êué dvw-rope’fç. de ce que tu me demandes.
EPMHÈ. Kaôdipuwa; HERMES. Tu t’es conduit
uévm cependant
cauràv mi nplv toi—même aussi auparavant
toioi‘aôs aüeaôlauuolv
par de telles insolences
5% via-65 wqpouoig.
à ces peines.
HPOMHGEI‘Z. ’Eyd), PROMÉTHÉE. Moi,
êm’cnaao UŒÇPÔÇ,
sache-le nettement,
06x (iv diiio'iioupi je ne changerais pas
Tip: ëpfi‘jv ôuo‘rrpaâl'av ma misère
T715 07“]; karpsiaç.
contre ta servitude.
80 IIPOMHBEI'E AEXMQTHE.
EPMHE. g
_Kpa‘taoov yàp, oipat, 1215s Àa‘rpëôsw tré'rpqt
'71 warp). tpüvau Zqvt matou äwskov.
r HPOMHGEI‘E.

061w; ûôptÇsw 101).; 06p£§ovmg xpsdw.


EPMHE.
XÂtôäV 5mm; roîç napoüot apa'cyuaow.
HPOMHGEÏ'X.
XÀLBGS ; Xktôüv-raç (583 TOD; äpoùç êyo‘o
éxepoùç {Sonya ' ml ale 6’ év 1061m; Àéyœ.
EPMHZ.
1'Il nip}: yo'zp 1L auptpopaîç étrat'rtôj;
IIPOMHQEÏ'E.
'AaÂÇ) Âo’ytp "rob; m'wmg êyflzztpw Gaoùç,
860L meév're; 55 xaxoüot p.’ èxôtxwç.
EPMHZ.
Kküw o’ éyd» pau'qvé‘r’ où oumpàv véaov.
HPOMHBEÏ'X.
Noootp.’ div, si. vôa‘qpa 'roùç èxepoùç'o‘wyaï‘l.
' EPMHZ.
Eh]; tpopqtôç oüu av, si apo’woou; xaht’bç.
HPOMHoErz. __-_,,
'Qpm.
EPMHE.
T652 Zeb; 1067m; 06x èatc'ramt.
o HPOMHGETZ.
’AM’ èxôtôdo‘xzt tro'wG’ ô yvjpa’wxwv xpo'vog.
HERMES. Il y a plus de dignité, sans doute, d’être asservi à ce
me que d’être de mon père Zeus le fidèle porteur de nouvelles.
PROMÉTHEE. . . . . . Outrage pour outrage, c’est toi qui m’y
contrains.
HERMES. Bienheureux, en effet, qui pend à ce rocher !
PROMÊTHÉE. Bienheureux ? —— D'un tel bonheur je voudrais
voir oûter tous mes ennemis, toi, tout le premier.
HE MES. M'aceuserais—tu donc aussi de ton malheur? '
PROMÉ'I‘HÉE. Pour tout dire en un mot, je les hais, tous ces
dieux qui, par moi obligés, m’écrasent sans merci.
HERMES. Vraiment, c’est du délire, allons,te voilà fou.
PROMÉTHÉE. Oui, si c’est être fou que haïr ses'bourreaux.
HERMES. Dans la prospérité tu serais intraitable.
PROMÊTHÉE (de douleur). Ah ! ah! ah! _
HERMES. Voilà des cris amers que Zeus ne connaît pas.
PROMETHEE. Le temps marche, et de tout vous instruit à la
longue.
PROMÉTHEE ENCHAINE. 81
EPMHEÏKpeïeoav yàp, o'ipai, HERMES. Car il est‘ meilleur, jc
7.0119262“: ‘cfiôa 115'1901, de servir ce rocher [pense,
ñ gobvon 617727.01) 1110101) que d'être né messager fidèle
1:0110‘1 Z'qw': au ,(du) père Zeus.
HPOMHGEÏ'Z. . . . PHOMETHEE. . . .

Xpsdav Il faut
ûôpitjsw otite); Outrager ainsi
mû; ÙôpiÇov-raç. ceux qui nun-agent.
EPMHZ. "Eoma; xltôäv HERMES. Tu sembles être-fier
10‘1'; npaiyuam napoüm. de tes affaires présentes.
HPOMHGEÏ'E. X71155) ; PROMÉTHÉE. J'en suis—fier?
éyd: 'L'ôorut moi je voudrais voir_
Toùç éuoùç éxepoù; mes ennemis
meow“ (Bas ' étant-fiers:ainsi ;
M701) 6è xat 0s et je dis toi (je le range) aussi
ëv 106101;. parmi ceux—ci.
EPMHE. "H yùp HERMES. Est-cc-que donc [aussi
énamä'éuè 1l. xal tu accuses en quelque chose moi
auseopaïç; de tesfmalheurs ?
HPOMHeErz. 'Awm MW PROMETHEE. D'un simple mot
éxeatpœ Toùç 1:0'1v101; 6500;, je hais tous les dieux
6001 1101003115; 5-3 qui bien traités par moi
(1.5 uaxoüaw âxôi’zwç. me maltraitent injustement.
EPMHE. KNw éye’) .HERMÈS. J‘entends moi
0's trait/1votez que tu es-privé—de—raison
vdaov oû auixpdv. par une maladie non petite.
UPOMHGEÏ‘X. Noao'i‘ut (iv, PROMETHÉE. Je serais-malade,
et vos-quai si c'était une maladie
amyeïv roùç êxepot'ag. que de haïr ses ennemis.
EPMHE. Oûn âv s'in; HERMES. Tu ne serais pas
WWW“, supportable,
si. Trpo'wo'ozç xakôç. si tu faisais bien tes affaires.
HPOMHGEY‘Ê. "01.101. PROMETHEE. Hélas?
EPMHE. Zsù; HERMES. Zeus
06x é'rri01011011 1055 11‘: 5110;. ne connaît pas ce mot.
HPOMHGEÏ‘E. 'Anià PROMÉTHEE. Mais
ô xpävo; modaxwv le temps qui veillit _
êxôtôdanet 110'1v101. enseigne tout.
MORCEAUX cu. D'ESCHYLE. 6
8'2 UPOMHBEÏ'E AEZMOTHE.

EPMHE.
K00. pipa 06 7’ 061110 ouppova’iv äaiomaaz.
UI’OMHGEÏ'E.
22-; 761p npoo'qüôwv oùx äv 6v6’ bn'qpé'njv.
EPMHZ.
’Epa’tv 5012101; oûô‘év 03v XpfiÇaL turfip.
IIPOMHGEÏ’E.
Ka’i My 6105(100‘: y’ âv 1iv01y.’ 016110 Xo’tptv.
EPMHX.
’Exsp'rôp'qoaç ôñeev (5301€ 11011561 pas.
ÏIPOMHSEÏ’Z.
Où Yap où ma; TE min 1058’ 4 O’t‘IOÛG‘tEpOÇ,
1111900501101; époü 1111260506011 1112901;
06x Ëo'rw ott'mop.’ oûôè p‘qxdvnp.’ ô'np
aporpéÿa-rai [JE Zeb; ysywvficm 1&52,
np‘w 62v Xakaaôñ ôaopà Àopavrfipta.
Hpôç mon: primée-0m pèv aieahoüoaa (phéë,
Àsoxoméptp ô‘s 11110015111011 Bpov‘c‘r’jpeow
Xôoviotç xux0’11w mivm mi. mpaccâ‘rœ '
yvérbat yàp oùôèv 163v51-f p.’ 113010 X011 109120011
1195; 05 Xpsu'w vw éxnsostv 1upo1wt5og.

HERMES. S’il eût pu seulement t‘apprendre la sagesse!


PROMÉTHEE. T’eussé-je donc alors répondu, vil esclave?
HERMES. Donc tu ne diras rien de ce que veut mon père?
PROMETHÉE. il m’a si bien traité qu’il me faut lui complaire!
HERMES. Suis-je donc un enfant qu'on raille et qu‘on bafoue?
PROMETHÉE. Un enfant, toi? non pas, moins simple est un
enfant, si tu comptes jamais de moi rien tirer. Ni humiliation, ni
raffinement de cruauté p’y pourront, et Zeus ne me réduira pas à
lui révéler mon secret, qu’il n'ait d’abord fait tomber ces chaînes
de malheur.— Après cela, qu'elle éclate, la brûlante flamme,
qu'aux blancs tourbillons de neige, aux sourds grondements de
la terre tout se trouble et se confonde, il n’y gagnera rien. —
lnébranlable en mon dessein, je ne lui on dirai pas davantage
sous les coups de qui il doit tomber du pouvoir.
l'ROMETHÊE E'NCHAINE. 33
EPMHE. Kai Mv HERMES. El cependant
m'a ye 06mn éniaraaai toi certes tu ne sais pas-encore
awippovsîv. être—sage.
nPOMHeErz. 2è yo‘tp PROMÉTHÉE. A toi en-ell'et
avra Ùnnpémv qui es esclave
06 npocmifiôwv div. je n’aurais pas parlé.
EPMHE."E0L20L; HERMES. Tu semblcs
êps‘t‘v oôôèv nc devoir rien dire
aw wan-hp Xpfllsl. de ce que le père désire.
IIPOMHOEI‘E. Kai uùv PROMETHÊE. Et sans-doute
ôzpeûwv ye lui étant-redevable certes
T‘Vml.“ (iv je devrais acquitter
Xäpw ou’m'p. ma reconnaissance envers lui.
EPMHX._'Exsp16p1]uo'zg [1.6 HERMES. Tu me railles
Bio“ donc
d); chm naïôa. comme étant (si j'étais) un enfant.
UPOMHGEÏ'X 01') yàp a“; PROMÉTHEE. En—cfl‘et n'es-lu pas
n'ai; TE et un enfant
ml En dwoüoflpo; toüôe, et encore plus simple que cela,
si upocôouôfiç ‘ si tu t'attends [mei?
flex’aceceai 'rt_1rapà “mû ; à apprendre quelque chose de
Of»! 501w aïxto‘ua ll n’y a mauvais-traitement
oûôè pmxaivmm ni ruse
6'109 Zsüç gs nporpéalae-rm par quoi Zeus me poussera
ysyœvñoai roiôs, à dire cela,
up‘w &v Bec-p.6: Àupavrfipia avant que ces liens funestes
xakao'eij. soient relâchés.
Hpô; Taäm, Après cela, [lente
(9165 uèv aïeoûioüc'aa que d'une part la foudre étince
êzméaew, suit lancée,
xuxc’u‘œ ôè que d’autre part Zeus confonde
xa‘t Tapaaaérw m'umx et bouleverse tout
vupa’zôi Àeuxom‘épq) par la neige aux-ailes-blanehes
xoû Bpovrfiuam et par des-coups-de—tonnerre
xeoviot; ' souterrains :
oûôèv yàp TŒVÔÉ pa yvo’upet, car rien de cela ne me fléchiru
d'une xal çpo’mai au-point-que aussi je dise
1:96; 075 xpsdw par qui fatalité est
vw éxmce'iv wpawiôoç. lui tomber du pouvoir.
84 ÏIPOMHGEÏ‘E AEXMQTHE.
EPMHX.
'Opoc VW et' 001 10101’ oipwyck (parvinrent.
HPOMHGEÏ'X.
"’Qmat 1100011 8'}, xa‘t Bçôoükaumt 1088.1
EPMHZ.
Tdhu'qoov, J) 11.010115, TÔÀMGÔV 1101a
1100; 101; 1101900001; M00101; 0966); çpovaîv
IIPOMHÛEÏ‘È.
’Oflaïç po’z'rqv p.2, xüp.’ 01101; 11010117006111.
EtceÂÛé'rw as yclproe’ (b; éyd: A10;
7110311011 100611611; 6-qk0vou; yaw/10011011,
mi hump-00w 10v péya ctuyoüpavov
ywamoptpmç 01111201101010 XEPGÎN 1
Àüaat 1111-: 8501116311 16‘182 ' 100 1100110; ôéw.
EI’MHZ.
Aéywv {omet noMà xa‘t poî‘rqv épaïv '
1071217019 008011 008% 11.01%000061110019
Mut; ' ôo’zw/wv ô‘s aréptov 01; vaoÇuyàç
116M; Bwllu 11011 1190; #11101; 11.0;(21.
’A1dzp 0008901101 7’ daeavaî 00010110111'

HERMES. De tant d’entêtement qu'cspérer? Réfléchis.


PROME'I‘HÉE. Tout est examiné, tout vu depuis longtemps.
HERMES. Aie donc le courage, pauvreinsensé, le courage, une
bonne fois, à ta triste situation de conformer ta pensée.
PROMÉTHEE. Me rompre les oreilles, à quoi bonŸautant vau—
drait morigéner le Hot. -- Ne te mets pas en tête que jamais,
par peur du ressentiment de Zeus, j'aille, cœur efl‘éminé, flagor
ner qui je hais du profond de mon âme, le prier, comme une
femme, la main levée vers lui, de faire tomber mes chaînes. Du
tout au tout, ce serait te tromper. '
HERMES. A tant insister, en vérité, je perds mon temps. Niil
ne cède, ni il ne mollit, ton cœur, à mes prières. La dent sur le
mors, comme un poulain tout neuf au joug, tu fais rage, contre
I la bride tu te débats. Te cabrcr pourtant, à quoi sert? triste res
PROMÊTHÊE ENCHAINÊ. 8€!
EPMHE. "Opa mm ' HERMES. Considéré donc
si mike" 00! tpaivsrai si cela te paraît,
dpwyo'i. secourable.
HPOMHOEÏ'X. Toiôs ô'h PROMÉTHEE. Cela certes
(IN-"lat a été considéré
ml Beôoélsurm et a été décidé
milan. depuis-longtemps.
EPMHZ. Télimo'ov, HERMES. Ose,
d: poisons, ro’lpno'o'v TEOTE ô insensé, o_se enfin'
cppovs'iv 6905,; être-sage comme—il-convient,
rrpôç rig rmpovo‘mg eu-égard-à tes souffrances
napm'mag. présentes.
HPOMHGEÏ'X. 'Oxls'iç [LE PROMÉ'I‘HEE. Tu m’importunes
rämv, vainement
napnyopô‘w en m’exhortant
ô'rrwç xüpa. comme si tu exhortais un flot.
Etasleérw ce pfinors, Et qu‘il ne te vienne—à—la-pcnsée
(1); (90671651; que redoutant Ijamaîs
yvu'iimv Au}; le dessein de Zeus
éyd) ysvfiaopat moi je deviendrai
Gnlévouç, timide—comme-une-femme,
nazi lirratpñocu et que je supplierai
\
ràv myoüasvov néya, lui qui m’est-odieux grandement
Ùn-rmiapaotv XEptÏW avec des renversements de mains
ywamopipoz; imitant-les-femmes
pa lüo‘ou rd'wôs ôeo‘wïw‘ de me délier de ces chaînes:
êéw roi) Tmv'ro'g. j’en suis éloigné du tout.
EPMHE. "Emma léymv HERMES. Je semble, en parlant,
éps‘iv Trollo‘t nul admv ‘ devoir dire beaucoup et en—vain ;
TÉYYEI yàp oûôèv car tu n’es touché en-rien
oûô‘s [saleotaesi xéap ni tu n’es amolli dans ton cœur
lirai; ‘ par mes prières ;
ôaixvwv ôè aro'paw mais mordant le frein
d); nœloç comme un poulain
vloëvrñç, nouvellement—soumis-au-joug,
{àia'äst tu résistcs—violemment
xal. poilu Tcpôç ñvlaç et tu te—débats contre les rênes.
’Aràp c'cpoôp'ôvst ys Mais tu fais—l’arrogant
aocptapart daôsvs’i ' avec une habileté faible;
86 l'lPOMl-[OEI‘E AEEMOTHZ
aüeaôta yàp up (ppovofiv'n a}, xahr’ôç
mûri] xmê’ aûrñv oéôavô; pstov aeévat.
Eux-ftpat ô', ëàv uij rot; ëuoïç name-2); Àéyozç
oléç ce Xetpdw xa‘t mxCôv Tpmupta
énznc’ ätpux‘toç ' mana p‘ev yàp ôxptôa
cpdpayya Bpovxï} xal xepauvtqz (ploy).
aa‘r‘rjp cmpdëeuvfivôe, mix-961m ôéuct;
1b aèv, «arpente ô’ dyxo’tM ce bandait.
Maxpbv ôè Mue; én‘raÀaur/jmç Xpévoo
äéoppov fling éç tpdoç ' Atèç ôé cou
art-quo; xéwv ‘, ôattpowàç ata'rbç, M699);
ôtapmpfiast guipure; péya pdxoçg,
äxhn'roç {pnwv BŒLTŒÂSÙ; aaw’jpapoç,
xshawo’ôpw‘rov ô' fiaap èzeow'fiasmt.
Towüôs uôxeou répua prq' 1l. apoaôôxa,
nplv 62v 036w TL; ôto’tôoxoç 163v aG‘w nôvwv
(90027.13, Oak-r107] 1’ si; âvaé'mrov poketv
"ALB-m! zvscpaïo’t 1’ duel. Taprdpou Bottin. \ ‘

source! L‘obstination, en soi, contre toute raison, ne peut rien,


moins que rien. — Vois plutôt, si tu refuses de m'écouter, quelle
tempête, quel orage gros de catastrophes, prêt à crever sur toi.
—— D’abord ce front sourcilleux de l’abîme, du tonnerre, du feu
de la foudre, mon père le fracassera, sous ses débris perdra ton
corps, pris à ces bras de pierre qui l'enlacent et l'entraînent.
Bien des années, longtemps tu resteras enfoui avant d'être de
nouveau rendu à la lumière.— De Zeus alors le chien ailé, l’aigle
sanglant, le dévorcra, ton corps déchiqueté, ce vaste lambeau.
Un terrible convive que nul n‘a invité, tout le jour au noir et
sanglant régal, à te ronger le foie! —— Et de l’afl‘reux supplice
point de fin à espérer, que quelqu'un des dieux ne te relève en
la rude épreuve, ne consente à descendre à l'tladès enténébré,
aux sombres profondeurs du Tartare. —- Après cela, décide-toi.
PROMETHEE ENGHAINÉ. 8.7
aûeaôia yàp car l'arrogance
n?) opovo'l'avfl ui] xalib; pour qui pense non bien
afmfi xarà aù'rhv elle meme par elle-même,
pst'ov aeéva o'bôsväg‘, est-forte moins que rien.
Zut-Expert as, Or envisage,
éo‘w p-l; nszaefiç si tu ne t’es pas persuadé
roïç ëuoîç Myotç, par mes discours,
oïoç Xstpduv quel orage
‘xul rpmuulot äcpuxroç et quel triple-flot inévitable
xaxGw de maux,
Enswi ce ' assaillira toi;
npôta uèv yelp car premièrement d'une part
mm‘qp mapo’zâei mon père brisera
Boom? par le tonnerre
ml tployl xspauvt'q et par la flamme dc—la-foudre
hives cpotpa'tyya ôxpiôu, ce roc escarpé,
xa‘t xpûxpa 16 06v oe'uag, et caehera ton corps,
dyxo'tkr; 6è nzrpata d'autre part l’étreinte rocailleuse
de Bamdaai. te portera.
’Euraleurfi au; ô‘a Et après avoir achevé
uaxpàv pipa); Xpo'vou, un long espace de temps, Ire;
ñâetç &npoppov ê; qm'og tu viendras de-nouveau à la lumiè
xz'iœv ôè m‘nvôç Aiôç, mais le chien ailé de Zeus,
01516; ôœpowàç, l'aigle sanglant,
ômpraurfiast ldëpœç l’arrachera avec-voracité
uéyex 5am; GU’JIJ-UJOQ, un grand lambeau de corps,
Ëpmuv s’—approchant
Stimule-b; äzknrog, convive non-invité
mvtuëpoç, restant—tout-Ie-j our'
È‘ÆÔOW'IIG'ETM as finap et il te dévorera le foie
xelmvd6pwrov. noire-nourriture.
Ml] npoooo'xa N'attends pas
11 'répuoz rotoüôe uo'XGo-J, un terme d’une telle peine
np‘w div Tlç esc'ôv avant que quelqu'un des dieux
oow'f] ateaoxo; 16w 06w :o'vœv, apparaisse successeur de tes maux,
Galilean TE polsîv et veuille-bien descendre
si; "Atom àvaémrov chez Hades privé-de-lumiere
. duel T8 Baler, miser/l'a et au—milieu des abîmes ténébreux
Tapro'tpou. du Tartare.
88 HPOMHOEÏ'E AEÊMQTHÈ.

Hpèç müw Boükau’ ' (i); 65’ où renkacpévo;


b ô Mun-0;, 000101 11011 New sipnoévo; '
155050700311) yàp o‘ùx éwio1011011 0161.101
15 Aîov, me näv è'noç TaÀgî. Si) 52:
‘110'1111011va ml. (PPÔVTLÇS, p.115’ 011300151011)
"* aOfiouMa; äpswov fiy/loq] won-É.
XOPOZ.
'Hpftv pèv 'Eppcîjç 06x 601011001 100111121011
kéyew ' ävwys yo'tp ce 191v 01690151011:
pseévr’ èpsuväv 'r‘qv aoqfip süôouÀtav.
111905 ‘ 00101;» yàp ataxpàv èäapap-ro’waw.
HPOMHÛEÏ'X.
Ei5611 rot pou 10'105’ o’zyysÀtaç
65’ éeéoiev, fiâqew 8è xaxüiç
éxôpèv bill, ëxepœv oùô‘av datuéç.
Hpôç 10151’ éîr’ êptol pm'réoûw (Kev
mp5; dup'r’lxn; Béarpuxoç, 1110-219 5’
äpsetëéaew Bpovrñ Gqmxs—ÎM) 1'
olypiwv àvépwv, Xflo'va 5’ ê)! wuepévwv
aù'ca'tç 601011; 4 1111561101 x001501tv01,
11511.01 5‘2 11612100 1po1xa't 600119

Ce ne sont de ma part ni fictions à plaisir inventées, ni menaces


à faire la grosSe voix, c’est, à la lettre, trop à la lettre peut—être,
la parole, l’ordre de Zeus. Et de cette bouche divine nulle pa—
role vaine, toute s’accomplit. —— Recueille-toi, songe à ne plus
donner à l’eutétement raison contre la prudence.
LE CHŒUR. A nous, Hermès nous semble parler d’or. ll vou—
drait te voir rompre avec cette opiniâtreté, revenir à la raison, à
la prudence. Pourquoi ne l’en pas croire? —— Pour un sage la
honte, c’est de s’obstiner à l’erreur.
PROMuTH .E. Avant lui, je les savais par cœur, tous ces beaux
lieux communs, dont il me rebat les oreilles. — “tre écrasé de
son ennemi, rien (le pllis naturel. ~ Après cela sur moi tombe
le serpent de feu, la flamme échevelée, tandis que l’éther s’agite
éperdu au fracas du tonnerre, au choc sauvage des vents. Trem
ble sur sa base la terre, par le tourbillon déracinée, pendant
PROMÉTHÊE ENCHAINÊ. 89
H96; müravpoflws '
Après cela consulte—toi ;
Lb; 6'85 oûx car ce n’est pas
ô xo'p'ttoç neflaepévoç, de la jactance feinte,
ma mi sip-q pévoç ' mais même une parole prononcée
Mow ' I très—sérieusement;
car la bouche de-Zeus
rà yo‘zp crépon Aïov
oûx ÉTEiO'TüTtXl «peuônyopa’tv, ne sait pas dire-des-me'nson‘ges" "
ma râle? näv Ënoç. mais accomplit toute parole.
Eù ôè noimawe Pour toi considère
mi (ppo'vnfls, et réfléchis,
pnôè ñyr'jcnn norè et ne crois pas enfin
eûtiaôiav dpeivova l’entêtement meilleur
eôô’oulrtaç. que la prudence. ' _
XOPOE. ‘Eppñ; u‘sv LE CHOEUR. Hermes certes
ñpïv (paivsîou ‘Aéysw nous semble dire
o-bz äxmpa' des choses non-intempestives;
&vwys ydp as car il engage toi _ '
ueôévm rhv aüeaôiav. renonçant à l’entêtement
Ëpeuväv n‘ju cocpfiv sbGouHc/N. à rechercher la sage prudence
Hieoü' êiapapraîvsw yàp Obéis; car faillir
aioxpôv Goqadlü. est honteux pour un sage. ‘
HPOMHGEÏ‘E. "Oôs PROMÉTHÉE. Celui-ci
èeüüâev roiaôs dyyekia; a proclamé ces messages
pot eîôän TOI,
à moi qui les connaissais certes,
Exepàv ôÈ adaxew mxi'bg mais un ennemi éprouver du—ma
ùirô Exepd‘w
de ses ennemis
068%» detxéç.
n’est en—rien déshonorant.
Hpôç taüw
Après cela
fiômpvxos a‘ev àarñms que la boucle à-double—tranchant
mp6;
du .feu '
piméa'ôto ëni époi, soit lancée sur moi; [nerrc
uleñp ôè ÈpEGLÇéoew fipovrfi
cpaxéizp TE I et que l’air soit excité par-le ton—
et par la convulsion
dwépwv dypimv, de vents sauvages, [terre
ms’üpa ôè upaôaivor xeäva et que leur souffle ébranle la
tu môaévwv de ses fondements
mirai; plÇouç, avec les racines elles—mêmes,
xôpa ô‘a névrou et que le flot de la mer
auyxdioerev confonde
90 IIPOMHGEÏ‘Z AEEMDTH};

auyxuîmstsv 163v oüpaviwv‘


äa‘rpwv ôw'ôouç, {ç 1s xs‘Aawôv
Toipwpov äpô-qv 0110211: 8é1101;
10011011 001017111]; 01509011; 8111011; '
1001110; épé y’ 00 6011101110021.
. EPMHX.
Tow’zôa pévcot 163v tppevonÀ-fimwv
pouhsûpat' €117; 1’ £01111 001000011.
TL yàp émettra pi; napaaataw
l] 1008' 00mg; 11 X004 pou/nm;
’AM’ 00v 01181; 7' al mpoaûvatç
cuyxdpwouaat 1011; 10081: 101mm
paré 1101 Xœps’t‘c’ ‘ éx 10w8a 60150;,
M cppéva; 0111011 1111611001]
09011191; 11.011110. 0’11épa11vov.
X0P023
'AÂÂO 11 1pu'ws1 x011 110001110900 11’
0 11 mi. 1121051; ' 00 7019 8-}; 1100
10010 ye 1M10v 101pé00001; €1o;.
HG); pa 11510051; x01x01r‘1’ 010112111 .
p.216: 1008' 0' 11. Xpñ miaXsw èeâÂœ '
100; 119080101; 1019 ptas'tv äpaeov,
x0011 £011 11600;
1008’ ñv-rw’ à‘réfl'maa pähk’ov.

que le flot de la mer, en ses rauques grondements, monte au


ciel, gigantesque jetée sur le chemin des astres. Qu’au noir Tar—
tare enfin abîmé, Zeus lance mon corps emporté en un vertige
sans fin, irré.'stible. Pas plus je n'en mourrai.
HERMES. Oui, c‘est bien là d'un cœur insensé les entêtements,
le langage; véritable folie, rien n'y manque. Sa fureur est tou
jours la même. (Aux Océanides.) Pour vous, qu’émeuvent ses souf—
frances, d'ici retirez-vous au plus tôt. — Gardez que votre âme
ne se eonsterne, ne s’efl'are à l'effroyable mugissement du ton
nerre.
LE CHEER. Autrement parle—moi, conseille-moi, situ me veux
docile. — Révoltantes paroles en effet que les tiennes. — Com—
ment toi—même me pousser à l‘int'amie? — Avec Promc'thc'c, quoi
qu'il arrive, moi je suis décidée à soufl'rir. —— Ah! de longtemps
je suis faite à. la haïr, la trahison, de toutes les maladies la plus
répugnante à mes yeux.
PROMETHÉE ENCHAINE. 91
peelqo rpaxe't' par un courant impétueux
ôio'ôou; les routes—entrecroisées
'rû'w âa‘rpt'bv oôpavlwv ' des astres célestes ;
èltpeté 1's &pônv et qu'il précipite entièrement
'rô Ëuôv ôéya; mon corps
é; xslrawôv Tdpmpov dans le noir Tartare [sité;
creppaî; ôwaïç àva'yxnç ‘ par les durstourbillons de la néces
où Gavan-robust ya ëuè na'vrwg. certes il ne me tuera pas du—tout.
EPMHE. "Eu-u pév-rov. HERMES. Il est-possible donc
àuoûaai rotolôe Boulat’apum d’entendre de tels projets
Env] 15 et de tels discours
163v qpevoxhixrwv. des insensés.
Ti yàp eûxh 10‘355 Car en quoi le souhait de celui-ci
mana reste-t-il en arrière
p.9) napawalaw ; du être-en délire? .
1! X00“? uawäw ; que relâche-t-il .de ses fureurs ‘?
’Anà 05v ûpeïç ye, Mais vous donc du-moins,
al miyxdptvouaai qui compatissez
rzîç'muoauvm; 10'385, aux malheurs de celui-ci, [tcmcnt
[.Leraxwpaïré 1:0! 006); éloignez—vous quelque-partpromr
éx TtÏIVÔE 10'1rwv, de ces lieux-ci, [lablc
p.9] {1.67.1131 d'rs'papvov de-peur-quc le mugisscment intrai—
BPWî’ñs du tonnerre [de vous.
ñktôio’mn cppéva; Ùpc’ûv. ne stupéfie les esprits
XOPOE. <Du'wai. LE CHOEUR.Dis
nzl napapueoi p.5 et conseille—moi
nana quelque autre chose
6' fl x11 mica; ' qu'aussi tu puisses persuader;
0'3 yn‘rp 61'] Trou wapéaupïç car certes tu n’as guère proféré
10516 ye Em; cette parole du-moins
rlnro'v. supportable. v
HG); {LE xalsôaç Comment m'ordonnes-tu
dazs'iv xaxo'mm ; de commettre une infamie?
’Eôélw mic-Xena p.513! 10’362 Je veux souffrir avec celui-ci
6' fl xpvi' ce qu’il faut souffrir;
551.100» yàp plaeïv roù; wpoôämç, car j'ai appris à. haïr les traîtres
Mal oûx lion vo'aoç, et il n’y a pas de maladie
ñvtwa cinémas! päkkov que j’abhorre plus '
rifle. que celle-lai.
92 HPOMHGETE AEEMQTHZ.

EPMHZ.
’AM’ 05v pépv'qa' àyd) npoÀéyœ '
p.116}: 1:95; 6211]; Onpaôaîom
péprbnaea Tôxnv, MM mr' afr-qû’
6.»; Zaùç Snag et; o’mpéomov
añp.’ staéôakev‘ M 6911”, auront 8’
ôpäç aü‘räç. Etôuïan 'yàp
xoùx é‘éaltpvnç oüô‘s Mepaiwç
si; ànépavtov ôtx'ruov ärnç
èpnkaxefiaeae’ i‘nt’ o’wotocç.
IIPOMHGEÏ'E.
Kai paflv Ëpyop xoùxé‘rt püetp
xedw aaao’tkaumt '
Bpuxia 3’ fixé) napapuxämt
Bpowñç, Elms; 3” èxÀdunouaL
arapoa'îjç Ço'urupot, arpôpôor 6è m'vw
siÀtaaouat: amp-:5} 5’ olvépwv
msüpam Tro'w'cwv stç inc/Ike:
aro’ww âvriavow änoôamvôpsw '
Zuv're'cc’zpaxwn 8’ aleñp nov-Ego.
Tow’zô’ é'ir’ äpo‘t (Sm->1 Atôôav

HERMES. Rappelez-vous du moins que je vous ai prévenucs.


Une fois la proie (le ‘la fatalité, ni ne vous en prenez à la fortune,
ni ne dites que Zeus, par surprise, au malheur vous a jetées. De
vous-mêmes, vous y aurez couru, tête baissée et en connaissance
de cause, sans coup imprévu, sans pièges, à jamais au filet du
malheur prises par votre propre folie. (Hermès disparaît.)
Epouvantable orage autour du rocher de Prométhée; ciel en feu, vents
déchaînés, horrible fracas du tonnerre«
PROMÉTHÉE. Oui, c’est une réalité, non plus seulement une me—
nace. La terre s’agite, sursaute. — De sa rauque voix le ton—
nerre mugit. — Les longues spirales s'allument, les spirales de
l’éclair tout en feu, et les tourbillons de poussière montent en
tournoyant. — Voilà tous les vents qui bondissent, de leur
souffle l’un contre l’autre portés, se heurtent dans une fratricide
mêlée. —— Tout se confond, le ciel, le flot. ——Ah! c'est contre
moi de Zeus l’assaut suprême, qui visiblement me jette à ces
PROMETHÊE ENCHAINE. 93

EPMHZ. 'Anà 05v HERMES. Mais clone


ps'pvnaea souvenez-vous
â êvt‘o npols'Yo) ' de ce que je ,vous dis-d‘.-avance ;
pnbl Ûnpaeaïaou. ni atteintes
v06; â'î'nc par le malheur
Minds nbow. n'accusez le sort,
pnôs' 'EOTS El'trnw ni ne dites jamais
d); Zeb; bud; El0é6a7.sv que Zeus vous a jetées
:l; 11mm dnpôomov ' dans un malheur imprévu ;
M We. non vraiment,
abral ôè mais vous-mêmes
bud; a'bm'ç. y jetez. vous-mêmes.
Elôu't'm yàp Car le sachant
ml cûx êîaitpv'qç, et non subitement,
oûô's Môpzxiœç, ni clandestinement
tpnlsxefiosoee vous serez enveloppées
01w dvofd; par imprudence
ll; sum» dntpavrov dans le filet incxtricable
du malheur.
65m;- ,
‘IIPOMHGEI'X. Kal u'hv ’a'pyup PROMÉTHÉE. Et certes par le fait
ml ob): {in [1.66% et non plus en parole
16d»; osodhsu'rat, la terre est agitée,
fixé) bl Bpuxia Bpov‘c’ñ; et l’écho rugissant du tonnerre
napupuzämz, ' l’accompagne—en—mugissant,
'shxs; 5è {aimapoz et les replis enflammés
arspon'ñ; de la foudre
Ëzloiwrouct, brillent,
019651601 Eb et des tourbillons
altloaouol xo'vw ' font—rouler la poussière ,
nvsbuou'a ô‘s et les souffles
miv'rœv àvépœv de tous les vents
empiré} bondissent,
dnobembpsva atdo‘w faisantÀéclater une sédition
dv-tlmouv qui souf e-en sens-contraire
si; mm, des-unsäeontre-les-autres,
aîôñp ôè Ebvrsr'ipotzrou. et l'air se laonfond-avec
nov'cqi. la mer. ‘,
Tomme purl; Une telle tempête
meixa tpavepd'); Atdbev vient évidemment de-Zeus
91- HP_OMH9ETZ AE_2MOTHE.

TEÛXOIJGŒ (966w OTEÎXEL goavapœç.


"Q 11.11105; £11.71; 0é601;4, 11’) 116011101!
aie-i“: xowèv (po'wç aùtcamv,
écopâfiç p.’ 11); 511511101 mie-Xi».

épouvantcments. — 0 ma mère, mon culte! — 0 ciel, commune


lumière où roule l'immensité, voyez ce que Je souffre pour lav
Justice.
PROMÉTHÉE ENCHAINE. 95
énl €11.01 contre moi,
îeuxoüaa ‘ (m‘inspirant) pour m'inspire r
ço'ôov. - de la terreur.
"Q aéôaç épi]; nnrpà O divinité-vénérable de ma mère,
i5 aleñp, ô éther,
siliacwv (paie; qui-fais-rouler la lumière
uowôv m’iwwv, commune à tous,
êa’opê‘tç p.5, tu vois moi
du; ndoxw comme je souffre
Ëzôma. des choses injustes.
ARGUMENT ANALYTIQUE
DES PERSES.

Le sujet de la pièce est la défaite des Perses à


Salamine. ~
Le lieu de la scène est à Suse; on voit au fond
le palais des rois de Perse, et sur un côté le tom
beau de Darios.
Les grands de l’empire, chargés par le roi de
veiller en son absence sur le pays, ceux qu’on
appelait les Fidèles, forment le Chœur et exposent
la pièce. Ils ne connaissent pas encore la défaite ;
mais l’absence de toute nouvelle les inquiète. Ils
tremblent qu’un dieu jaloux ne veuille punir
Xerxès de son insatiable ambition.
La reine mère paraît en grande pompe sur un
char ou un palanquin. Un songe l’a alarmée;
elle a cru voir'Xerxès essayer d’atteler au même
joug l’Asie et la Grèce et échouer misérablement
dans cette tentative.v vient consulter les vieil
- lards sur cette vision Let-"sur d’autres signes égale
ment efl'rayants.1 1 '
La calastrophé ainsi'firessentie et présagée ne
tarde pas à être message positivement. Un mes
ARGUMENT ANALYTIQUE. 97
sager apporte la nouvelle de la destruction de la
flotte et de l’armée. Aux effusions de douleur, aux
cris plaintifs succèdent des questions de la reine,
et le messager raconte en détail la bataille de
Salamine. Un chant du Chœur déplore ce désastre:
la reine, qui était rentrée dans le palais, revient à
pied et sans suite, pour oti‘rir des libations sur le
tombeau de Darios.
Les vieillards,par un chant plaintif et solennel,
évoquent ce grand roi, auSsi heureux que sage.
L’ombre de Darios apparaît, la tiare sur la tête.
Après avoir appris la cause des lamentations qui
l’ont fait revenir à la lumière, ce prince reconnaît
que l’orgueil et l’impiété de son fils ont hûté l’ac—
complissement des oracles. Il annonce aux Perses
de nouveaux désastres, et leur recommande la sa
gesse et l’humilité.
L’ombre disparue, le Chœur regrette la gran—
deur de la Perse sous Darios. L’abaissement de
l’empire est rendu encore plus sensible par le
spectacle de Xerxès qui revient seul, et qui pleure
avec ses vieux conseillers sur une chute si pro
fonde.

normaux ou. n’zsc ~


'HEPZAI

l. L'EXPOSITION DU DRAME.
(Vers i—HO.)

XOPÛÈ. \
Ta’zô: plèv Hepaaw ra; olxopévwv
'EÀÀa’tô’ é; aiow ma'cà Keller-m,
xal 163v o’upvsû‘w mi nokuxpéoéov,
éôpoîvwv (pûhaxaç, '
xa‘rà npaaôstav ‘ of); aürôç ävaä
Eépënç Baotlisùç AapstoyEv-‘qç
EïÀs‘co Xoûpaç érpopaüsw.
’ApJpl ôè vécu,» 19 fiaatlraitp
xat nokuxpüaou arpænäç ñô'q
xaxépavnç äyav ôpGoÂowat‘raL
Gupô; Écwôav.
l'Iäoa yàp to-Xùç ’Acla-coysv-i];
éxwxa ' véov ô’ ävôpa Baôçat 5,
uoüre "Ct; äyyakoç où’rz TIC tweùç
äa‘m 'rb Ilspaaw o‘zcpmvsi'rw. '
oï'ce Tb Eoôawv fiô’ ’Ayôaro’wwv
xal Tb acclioaèv Ktoctov" ê'pxoç
1
LE CHOEUR, rangé devant le palais. Ceci,c’est ce qu’on appelle
les Fidèles, de ces opulentes demeures. de ce palais de tant d'or
les gardiens, à cause de leur dignité, pour veiller sur la contrée,
choisis par le prince Xerx‘es lui—même, ce roi fils de Darios, parti
avec ses Perses pour la terre d’llcllade. -— Aussi à la pensée du
roi, (le son retour, de celui de l’armée aux armures d’or, trop
sinistre prophète, notre cœur tressaille d'angoisse en dedans de
nous. Tout entière, on cll‘et, la force héroïque, née de l’Asie,
s'en est allée, cette jeunesse aul|onrd’hui à grands cris réclamée,
et ni messager ni cavalier ne parait dans la capitale des Perses.
1—- De Susc, d‘Ecbutanc, de (L'ssiu, la vieille forteresse, ils nous
LES PERSES l

I. L’EXPOSITION DU DRAME.

XOPOE. Tm p'ev LE CHOEUR. Ceci d'une part


miai-rou TCLO'TO‘t Hspad'w est appelé les fidèles d’entre les
'rdw otxopévœv ceux étant partis [Perses
é; a'iuv ‘Emnviôa, dans la terre grecque, '
mi oôkaxeç n’àv èôpo'wwv et les gardiens de ces demeures
dtpvsüv mi nolvxpüawv, opulentes et pleines—d’or,
oi; dirai ou’nô; lesquels gardiens le prince même
$000.56; Eépinç Aapswyevñg le roi’Xerxès fils—de-Darios
517.510 midi npeoôsiav a choisis en—raison-de la dignité
Èrpopeûew xtbpocç. pour veiller—sur le pays.
’Apcpî 6è vo'cmp D’autre part au—sujet du retour
rip flaollsitp celui (lu-roi
ml mpanâ; nokuxpüaou et de l’armée couverte-d’or
Ouuôç xaxo'poivn; mon cœur sinistre-prophète
6paoione'i'rou ñôn (Show est troublé maintenant excessive
ëawttav. en—dedans. [ment
Iläoa pip texù; ' Car toute la force
’Amaroyéwlg née-en—Asie
dixwxe ' s'en est allée; [grands-cris
Sulfite ôÈ et la ville des Perses demande-à—
flvôpa vs’oo, homme jeune (sa jeunesse),
mi otite 1L; &we‘m; et ni quelque messager
otite Ti; lm’m‘a; ni quelque cavalier
dormirai 16 date Hepaûv. n’arrive dans la ville des Perses,
aire £60m et ceux qui sont partis
Trpoh'rrdv'rsg ayant abandonné
'rô Xoücwv la ville de Suse
viii ’Ay6ai-ro'ivwv et celle d’Ecbatane
mi 16: 1:00.046»; i'pxo; et l‘ancien rempart
100 _ HEPEAI.
1100711116v1s; £60111,
0i. pèv ’ézp’ '1'111110v, 0i. 5’ ént vad‘w,
112C0t1s {Salami
110M110!) 011100; wapéxov‘ts; '
oïoç’Aptmp-qç fiô' ’Ap1011ppév'q;
ml. Msyaôo'z'mç fiô’ ’Aa‘to’tan‘qç,
myol IIspoGw,
Bancal-7); fiaaûréwç ÜTEOXOL payäkou,
aoüvmt, 019011151; rond}; Ëtpopot,
10E050'1110w1é; 1’_ 115’ _l.1111060’11011,
tpoôspo‘t pèv tôsîv, ôswol ôè pdx'qv
11mm; SÛTÂfitLOVt 56in '
’Apîspôdpnç 6’ t-muoxdppnç
nul. Mustang, 6 TE Toëoôäpaç
écOÀôç ’Ipa’toç, (1)01901v5dx-q; 6’,
i'mwv 1’ 9.01159 Eoaôo’wnç.
'AMoo; 5’ 6 uéya; ml aoÀuOpéppœv
N eïkoç Ëaspqaev ' 20001011011111; 4,
11010101001151: Atymr'royevñç,
6 1s 19}; lapäç Méwptôoç äpxwv
péyaç ’Apoo’tp-qç, 1d; 1’ (byuytoo;
Gfiôaç érpértwv ’Apto’papôoç,
xal. ÉÂSLO 60’11011 ’ vad‘w épé'rat
ôswol 1067106; 1’ 13111010161101.
‘A690510161wv 5’ 51181011 A051?”

ont quittés, qui sur (les chevaux, qui sur des navires, puislles
fantassins à pied, formidable ligne de bataille. C’étaient Amistrès,
puis Artaphrénès; et Mégabatès, et Astasp‘es, princes des Perses,
rois lieutenants du grand roi, chefs de troupes nombreuses,
archers redoutés, brillants cavaliers, de terrible aspect, (l'élan
foudroyant en la mêlée. — Après eux ce fut Artembarès, si fou
de ses chevaux; Masistrès; lmœos, un vaillant, un merveilleux
archer; Pharandacès; Sosthauès enfin, si souple à manier un ~
attelage. — D’autres sont venus du Nil, le grand nourricier:
Susiscanès; Pégastagon, un enfant de l‘Égypte; le gouverneur de
Memphis la ville sainte, le noble Arsamès; le prince de l’antique
Thèbes, Ariomardos; et puis du fond de leurs marais les incom—
parables rameurs, en nombre infini. — A leur suite des volup
LES P E R S E S . 101
Kz'aotov, Cissien,
oi uèv ënt 't‘mrœv, les uns sur des chevaux,
oi ôÈ éni vaäw, les autres sur des vaisseaux,
weëot rs Bdônv et (les autres) fantassins ù—pied
naps'xovrsç c"r'itpoç nokéuou' fournissant le gros de la guerre ;
oÎoç (mûr-rat tel (tels) que s’élancent
'Asïarpnç ñôè ’Apwtppëvns, Amistrès et Artaphre'nès
mi Mayaôdrng ñôè 'Aamc-rr'hç et Mégabatès et Astaspés,
rayot Hepaäw, chefs des Perses,
Baotlñç Ünoxot rois sujets
usyotlou pavilémç, du grand roi, [ses,
Eqmpor arpanäç mm“, commandants detroupesnomhrcu
roâoôduavrs'ç ra et archers
flôè immôo'trat et cavaliers,
ooôspo‘t uÈv iôsîv, d'une part terribles à voir,
ôetvolôè udxnv d’autre part redoutables au combat
60'519 sûflafiuow par le renom courageux
vvxrç , ' de leur âme; ,[val
'Aprsuôoîpnç ra intoxoiptm; et Artembarès qui combat-à-che
xat Maotamç, et Masistès,
6' 'rs éoehôg ro‘êoôo'tuaç et le bon archer
’Iuaîoç, Imæos,
lbapavôo'txnç TE, et Pharandacès, ' [vaux.
Zooôo'wnç TE êko'tï‘qp 11men. et Sosthanès conducteur de che
‘0 ôè uéya; xal uohueps'uuwv D‘autre part le grand et fécond
Nana; Nil
Ënauÿsv anon; ‘ en a envoyé d’autres :
Eouataxo'wnç, Susiscanès,
l'lnyaotaydw Atyumoyévnç, Pégastagon né-en—Égypte,
5' 15 äpxwv et le gouverneur v
rñ; ispä; Métupiôos, de la sacrée Memphis,
Fêtes ’Apadims, le grand Arsamès,
'Aptôuapôo'ç ra Ezpérruw et Ariomardos administrant
Tàç (byuyt'ouç G'r'lô’aç, l'antique Thèbes, [les-marais
xa‘t èXEmGo’rmt et des hommes qui-naviguent-dans
ôawo‘t épérm vad'w habiles rameurs des vaisseaux
àvdpteuoi rs‘n'llñôoç. et innombrables en quantité.
'Ox‘mç 5è Auôû‘w àôpoôiahmv Etla foule des Lydiens voluptueux
Enema, suit
102 l'IEPEAI.
ô'fioç, oi'r’ êainav ñnazpoyavèç
Maréxouaw €9voç, TOO; Mnpoydenç
’Apmsüç 1’ âyaeôç, Baum}; ôtonor,
xatnohoxpoam Eo’tpôstç ènôxouç
noÀÀoZç äppaaw ëëoppü‘mw,
ôippopd we xa‘t 'rptppopzx “ca-5X1],
cpoôspàv 54m apoatôésean.
.ÈTEÜTŒLË’ ispoü TpuSÀoo neho’t‘caç‘
Coyèv àpzptôzhs’tv ôoüÂtov ‘Eno’tôt,
Moipôwv, Ûdpoôtç, Ào'yx'qç äxpovaç 9,
ml. äxovrww‘t Moaot. Baôuhdw 8’
1} nohüxpoaoç ndpptx‘tov ô'xhov
réparer. aüpô‘qv VOttÏN 1." ènôxooç
xa‘t TOEOUÂZÇ) Human itto‘roüç '
Tb paxatpocpo'povi‘ 1’ Ëevoç éx Trier/p;
’Ao‘taç ê’nsmt
ôawaïç Bamhéwç ûnô nopnatg.
Tmo'vô’ (iv/60; Hspatôoç acta;
ot'xa‘ran dvôpôsv,
OÙ; néptnäca xec‘ov ’Aatä‘rtç
Spécimaa néGtp ctévamt pakspqs,
Toxéaç 1" ô'tÀoXoi 0’ ñpspohayôèv
Tstvovtrx xpôvov Tpops’ovmt.

tueux Lydiens voici la foule, tous les peuples du continent asia


tique, ceux de Mitrogathès et ceux d’Arctée, un autre héros, deux
satrapes rois. La ville de l'or, Sardes, les lance sur leurs mille
chars à deux, à trois rangs de chevaux, coup d’œil imposant à
troubler le regard. —— Ils se promettent de passer à l’Hellade le
joug de l’esclavage, ceux qui habitent au pied du Tmolos, la
montagne sainte; Mai-don, Tharybis, toujours la lance au poing,
et leurs Mysiens armés d’épieux, — De Babylone la riche c’est
un torrent, une masse confuse; matelots, archers éprouvés et
sûrs de leurs coups. De toute l‘Asie enfin le peuple armé (l’épées
s'ébranle à la voix redoutable de son roi. — Ainsi de la terre de
Perse s'en est allée la fleur de ses soldats, et partout, sur le sol
nourricier d'Asie, ce sont des regrets amers, des gémissements.
Les pères, les femmes, comptent en tremblant les jours d‘une
absence qui se prolonge.
LES PER SES. 103
n'ira Eevoç et ceux qui nation
êtrl'rrav ñwstpoyevèç complètement continentale
xa'rs'xouow, habitent loin de la mer,
roi); Mt‘rpoyotenç lesquels Mitrogathès
àyaôo’ç TE 'Apxraùç, et le vaillant Arctée,
Baat‘Añg ôio'nm, rois commandants,
xal Edpôerç rrohüxpvc'or et Sardes riche—en-or
èEopuämw émixouç envoient montés-sur
nolkoï; apparu, beaucoup de chars,
19:1] ôlppuuoi rs rangs et à-deux-timons
xcxl rplppuua, et à—trois—timons,
ô'npw cpofispdw wpoaiôéaûai. spectacle effrayant à voir.
HE'Àdraç Bk Tpxbkou lapoñ Et le voisin du Tmolos sacré
meütai âuçtôaheïv se fait-fort dedcter-autour
'Eno'tôz de la Grèce
Çuyàv ôeéhov, le joug servile,
Mdpôœv, Goipuôiç, d savoir Mardon, Tharybis,
äxpoveç enclumes de(infatigables à manier)
‘Aärxaç, la lance [javelot.
xal Muaol àxovtw‘rai. et les Mysiens habiles-à-lancer—le
Baôolrc‘uv ôè ñ nokéxpucoç Et Babylone la ville riche—en—or
réparer cépônv envoie en-bandes—traînantes
ôxkqv adpptmov une foule confuse,
ÊEäXOUË‘EE vaäw et des monteurs de navires .
ml mare-b; et des hommes confiants
lfiuart Toäoukxdÿ ' dans leur ardeur à-bander—l’arc;
'ro' ra 'E'Ovoç paxalporpo'pov et la nation armée-de-l'épc’e
Ens-rm èn mien; ’A dia; suit venue de toute l’Asie
ôirô nowrod'; ôswa‘iç sous les ordres redoulables
Bacûswg. du roi.
Torôvôe äveoç dvôpôüv Une telle fleur (élite) d‘hommes
oi'xerat cria; Hepatôoç, est partie de la terre perse,
nepl 0%; au sujet desquels
mica xethv 'Amänè toute la terre asiatique
Opéubaaa qui les a nourris
arévs‘rat rro'Qq) paleptïi, se-lamente par un regret violent,
'roxésç ra äiioxoi 15 et les parents et les épouses
‘rpépov‘rar ñyæpokeyôàv redoutent cn—comptant-lcs-jours
Xpo’vov reivovra. le temps qui se—prolonge,
104 HEPZAI
l‘lsirépaxev pèv ô aepaémolii; 'Îjô‘lj [Strophe 1.]
paailiatoç 019mb; si; alv
Ttitopov yst‘cova Xépow,
Àwoôéoprp axsôtqc nopôpôv dansaient;
'Aeauawtôoç "Ella; ‘,
aoküyoptpov éôwpta
Çuyèv O'ttLtptôOtÂŒV afixz'w. no'vrou.
Hohudwôpou ô’ ’Aoiazç 0069m; äpxwv [Antistrophe 1.]
Èiti. Meow Xôôva actua—
véptov Oeîov äÀoa’wsv.
ôixo'esv, aaÇovépOiç ëx TE eaMzaeaç’
ëxopoïcn renamed);
arucpslioîç étpémtç, Xpu
aoyôvou yevsäç 3 taéeaoç cpo'iç.
Koavoüv’ô’ épi/tact Àsûooœv [Strophe 2.]
(povtou ôépypa ôpa‘movroç,
NOÂÛXSLP Mati. Troliuvaéraç,
Eéptév‘ 6’ äppa ôtdaxwv,
ém'cyzn ôouptxlié‘rorç dv
ôpq’wt “coiéôaimov 'Ap‘q.
Aômpoç OÜ‘ttç ûnoa‘ràç [Antistrophe 2.]
peydtliop peüpan (pwtüv
Strophe 1. (Le Choeur gagne la gauche de l'hyposc‘ene.) La voici déjà
en face,sur l’autre rive, la royale armée, terreur des cités. Sur un
pont improvisé, sur des bateaux par le lin reliés entre eux,ellc a
franchi le détroit de la fille d’Athamas, le détroit d’flellé, par la
route aux clous d’airain, joug immense passé au cou de la mer.
Antistrophe 1. (Le Chœur revient à droite dans l'hyposcène.) De la po—
pnleuse Asie le maître fougueux, par deux chemins, à tous les
points de la terre pousse ses masses écrasantes. Confiant dans
ses fantassins, et du côté de la mer appuyé sur ses lieutenants,
inébranlables boulevards, on dirait un dieu, ce héros, fils de la
pluie d’or.
Strophefl. (Le Chœur passe à gauche de l'hyposcène.) Le sinistre éclair
aux yeux, dragon au regard sanglant, il a des millions de bras,
des milliers de navires, et, du haut de son char syrien, il précipite
surles héros.de la lance l’Arès à l’arc redouté.
Antistropheï. (Le Chœur revient vers la droite de l'hyposeène.)ll n'est
pas de héros pour arrêter l’immense torrent d’hommes, pas de
LES PERSES. 105
'O uèv arparôç BŒO'Ü‘EIOÇ
nepcémohç v
D’une part l’armée royale
destructrice-de-villes
nartëpaxav ñôn a passé déjà
si; Xcôpow vit-revu dans une contrée voisine
dvrtnopev, située—sur-la-rive-opposée,
dusi'lmç ayant franchi
exeôiq. sur un pont-improvisé
Mvoôéayq) attaché-avec-du-lin
nopeuôv "EMol; le détroit d'Hellé
'AOapavrtôoç, fille-d’Athamas,
dwpzôalthv ayant jeté-autour
aûxévt no'vrw de la nuque de la mer
Çuyôv comme joug
ô'ôtapa une route
nolüyopupov. fixée- par-de— nombreux-clous.
ÛOÜPLO; 5è äpxwv D'autre partle fougeux chef
rroluo'tvôpou 'Ao‘t'aç de la populeuse Asie
{louévst éni rräcow XOo'va pousse sur toute la terre
woluaväpwv un troupeau d’hommes
Osîov divin (prodigieux)
ôtxäeev, de-deux-cùtés
tan-oueds; neëovo’pou; se-fiant aux fantassin:
ëx 1s Bakdu'aag et du-côté de la mer
éqaérou; éxupoïm cruçeloïç, à des chefs solides et fermes,
(pd); io'o'Oeoç lui mortel égal-aux-dieux
ysveäç xpuaoyävou. de la race issue-d‘une-pluie-d'or.
Ast’mawv 6è impact Et lançant de ses yeux
ôépyyxz uuavoüv un regard sombre
ôpo’movro; çpoviou, de dragon meurtrier,
wohüxsip ayant-beaucoup-de-bras
nul noluvaûmç et ayant—l)eaucoup-de-vaisseaux
ôicbxœv TE Zipper Eüpwv et poussant un char syrien
èndyei âvôpdm . il conduit—contre des hommes
ôovptxlûrotç renommés-par-la—lance
“Ami Arès (une armée)
rogo'ôozuvov. qui-dompte-avee—l'arc.
O'Ürlç ôè ôäxtgoç Et personne n’est capable
angora; peyc’ùtp {is-Juan résistant à ce grand torrent
cpun'l'bv de mortels
106 HEPEAI.
âxupoïç ëpxaaw st'pysw
äuaxov XÜtLa eahdooaç '
dwpôaowroç yàp ô IIspoâv
arpente; dlxtcppwv 1:5 Àaôç.
AOÂÔIJJQTW 5’ àm’t‘rav Oaoü ,[Strophc 3.]
ri; dvñp Ovarôç &Mëen ;
Tl; ô xpauwq) noël 111M
ytwwg surtaxée; o'wq'wawv ;
CIDLÂo'gopwv yàp 'mzpowodvsu [Antistrophc 3.]
fipo-rèv stç äpxvaç 'A'ra 4, '
wow 015x e'zmv im‘sp eva
'rèv ähüëavw (puyst’v.
Oeôôsv yàp Zonal Mo'tp’ [Strophe 4.]
ëxpq’tmaav 2 'rè TIM-Aal
ôv, ènéowlqas ô‘s Hépaat;
noÂépooç mpyoôaimouç
ôténaw tumoxo'tpuaç
TE xhôvoug aôhswv 1’ o’wacro’wecç.
'Eptaeov 5’ süpunépot— ' [Antistrophe 4.]
o OaÀdoaaç noÀtaL- '
vouévaç uvsüuafl Ào’tôptp
èoopäv nôv'rtov Moog,
ntauvm Àsnroôôyorç irai
auaat Àswaôpouç 'rs uaxauaïç. _
Ta‘ô‘ra't p.00 pelayxt'twv " > [Strophe 5.]
digue victorieuse à l‘airc‘reculer la houle invincible. Irrésistible
estl’armée de la Perse, et de cœur vaillant son peuple.
Strophe 3. Mais aux pièges de latrompeuse déesse, quelhommc,
quel mortel est sûr d’échapper? quel pied assez lcste pour s'en
dégager d’un bond victorieux?
Anttstrophe 3. Elle nous flatte,carcssante d’abord,nous attire en
ses filets. Une fois là rien n'y peut, pour un mortel plus d’issm‘.
Strophe (Le Choeurse remet en mouvement vers la gauche.) La V0—
lonté du ciel, une antique fatalité pousse les Perses au combat,
à l’escalade des tours, à l’ivresse des charges de cavalerie, à la
dérastation des villes. ' _
fintistfophç 4- {Le Chœur revient vers la droite de l'liyposcèuc.) IISSOM
faits à l'mfim de la mer, blanchissant sousles vents déchaînés, à
cette forêt desllots, que tranquilleincntils contemplent, confiants
en leurs frêles cordages, en leurs engins àtransportcr les peuples.
Strophe 5. (Le Chœur gagne la gauche de l'liyposcènc.) Aussiplcin de
LES penses. ' 107
s'ipysw èxupoïç 'e'pxecrw decontenir par de solides barrières
xüpa &uaxov Galoiacraç' le flot irrésistible de la mer;
ô yàp arpenté; Hepoäv car l'armée des Perses
dnpo'o'om'ro; est irrésistible
M16; 1re et le peuple
dkxizppœv. est de-cœur—vaillant.
Ti; ôè o'wfip Ova-:6; Mais quel homme mortel
aussi dmo'mw ôokäpmw évitera la tromperie perfide
0206; de la divinité?
ri; ô dvqica‘uw quel est celui s'élançant
noôi upamviÿ avec lo pied rapide (la rapidité)
nnôfiuaroç eûnnéoç ; d’un bond agile?
"Ara yàp Car Até
çùocppo'vmv bienveillante
napacaivez A attire-par-des-caresscs
Bporôv 'le mortel
é; dpnuazç, dans ses filets,
160w 06x Eau d'où il n'est pas-possible
Ovaràv d‘héëavm un mortel s‘étant échappé
(puyai'v ûnép. fuir par-dessus.
95609) yo‘ip Car par la-volonté-des-dicux
Moïpoz xarsxpdmcev la fatalité a prévalu
ré Treilaiôv, dans l’antiquité,
ënéaxn'læ ôè l'Ie'po'ouç eta imposé aux Perses
ôiérrew nounou; de s’occuperdes guerres
nupyoôai‘xrouç aux-tours-rcnversée,
ulo'vou; TE izrmoxo'ipu'zç et des mêlées équestres
âvaardasiç TE n'o'kswv. et des destructions de villes.
'Euaôov ô‘a Et ils ont appris
ëaopäv ' i à voir-en—face
d'un; nävnov le pré-sacré maritime
Gain/Caca; eûpunäpoio de la mer immense
no'lnawouéva; qui blanchit
nvsn'auun ‘Au'ôpip, par un vent violent,
niawai ‘ se—fiant
neiauaai lenroôéum; à des cordages frêles
uaxavaïç TE et à des inventions
leumépotç. qui-transportent-les-peuples.
Taûra Pour cela
108 HEPZAI.
Lppñv äpoaearm cpôôtp
ôä 6d Ïlspmxoü arpa‘caüparoç,
roüoôa p.-‘rI arévooç m3011
‘rou. névavôpov péy’ äcro Eouatôoç, .
Mal Tb Ktooiwv nôhwy.’ [Antistrophe 5.[
dvriôounov è'aasmt‘,
ôôt o’ä, roü'c’ ë-iroç yuvaixonhvj
091c épthoç ämîwv,
Quoaivorç 8’ év aérhouç néon g Âaxtç.
Ïläç yàp tmrqho'naç mi naôoanôfiç led); [Strophe 6.]
aprnvog (hg èzkéhomev palac—
aäv aùv ôpxdptp arparoü,
16v àpcptÇsumov 'éëapeinjmç
dptpmépaç äÀLov
apcïna xowèv «tac.
Aémpa ô’ âvôpûôv ôôo” ntpnha'rat ôaxpôpaaw ' [AnL 6.]
Hspaiôeç 6’ àôpooeveeîç ‘ âxd—
01a yôtp 5 tptMwopt
TÔV aixpo'œv-ra Ooüpov adva—
1719’ ànoaspajmpéva
Minerai povôÇoE.

deuil, mon cœur saigne, de terreur pantelant. « Ah! pauvre


armée de la Perse! » cri funèbre! si la ville allait le connaître,
Susc, notre capitale, de mâles toute dépeuplée.
Amistrophe 5. (Le Chœur revient vers la droite de l'hyposcène.) Si les
échos de Cissia, notre forteresse, le lui renvoyaient, le cri fatal :
«Ah! pauvre armée de la Perse! » répété par les femmes, foule
désolée, leurs voiles (le lin en lambeaux!
Strophe 6. (Le Chœur passe à laganche de l'hyposcènc.) Tout un peu
ple, en efl'et, cavaliers, fantassms, comme un essaim d'abeilles,
s’en est allé avec le chef de l’armée, franchissant la chaîne aux
deux bouts rivée, ces hauteurs en pleine mer, communes à l'une
et l’autre terre.
Antistrophe 6. (Le Chœur regagne la droite de l’hyposcène.)Les lits, si
amère est l'absence des époux, se trompent de larmes; les
femmes perses sont au désespoir. Chacune d'elles, pleurant
l’homme qu’elle aimait, a dit adieu à un vaillant, à un héros
compagnon de ses nuits, et du couple reste seule au joug.
L E S PERSES. 109
(ppr'w pou peXaYXl-rwv le cœur de moi vêtu-de-deuil
diminuerait (96609, est déchiré par la crainte,
p}; ~1:6 payait du'rù Zouclôoç que la grande ville de Suse
xévavôpov vide-d’hommes
m'aen'rat Toéaôa c'ro'vov; n’apprenne ces gémissements—ci
66': ôä hélas! hélas!
crpareéparo; Hepmxoô, à cause de l’armée perse,
xal n‘a nommant Ktaaiwv et que la ville des Cissiens
Eoaemr ne soit
dv'rlôourrov, faisant-écho—à ces plaintes,
Spore; ywwxorrlnôñ; troupe composée-de-t‘emmes
durûwv 10510 È'tro; criant cette parole
66?. (55:, hélas! hélas!
Mod; 8è èuirémg et que la déchirure ne tombe-sur
nérüior; Buaaivorç. les voiles de-lin.
Häç yàp hsibç Car tout le peuple
lmrqkarà; ml. ireôoonôi‘qg cavalier et fantassin
énkékomev a disparu
d); auñvo; peho‘aäv comme un essaim d’abeilles
aùv 6pxoîpq) arpou'oô, avec le chef de l’armée,
égayeltpa; ayant franchi
'ràv TEpCÔVCt &Mov xowàv le promontoire maritime commun
àpxporépaç alu; de l’une-et—l’autre terre
àpxpiceuxrov. joint—des-deux-côtés.
Asxrpo‘t ôè Et les couches
nipJfAamt ôaxpéuaow sont remplies de larmes
ôôq‘) dvôpôäv ' par suite du départ des hommes;
Hepaiôs; ô‘a et les femmes perses [leur
àôponevôeïç s’abandonnant-à—une-molle-dou
êzo’ta‘ra dmo'rrzwlmpéva chacune ayant laissé—partir
'ràv aixuoisv'ra ôoüpov son belliqueux et fougueux
Ôvarñpa compagnon-de-couche
Rai-tram; uoväëuë reste seule-attachée-au-joug
rôti» avec gémissement
çtkdvopt, d’am 0m- conjugal.
‘llO HEPXAI.

Il. LE SONGE DE LA REINE.


(Vers 178-247.)

ATOEXA.
HoMoïç pèv da‘t voméporç ôvaipaow
Eüvatp', dap’ camp mi; épàç 0120a; a‘tpa‘rôv
’Iaévcov v'îjv ot'xa'cat népaat eéÀoov '
o’zÂÀ' où'n me Tonôvëî èvocpyèç stôo'pcqv
(1); 1-7}; iro’cpodîev eütppévnç' Âéëw ôé cet.
’Eôoäo'n'qv pot 660 vwoctx' sùetpove,
'i] pèv aénkowt flaps-moi; fianqpévvj,
il] 5’ 00315 Awptxoîcw 1, et; flaw poÀsîv,
pavéôst 12 163v vüv éxnparraa'roi'ra 110M:
miner 1’ o’zptu’ipcp, xa‘t xaotvw'j‘ta vévooç
Taù‘coü ' ao’t‘tpow 8’ ëvaiov Ÿ] pèv 'EÂÂo’tôa
xÀ'r'jptp ÀaXoüaa ya'iow, 5è Bûpôapov.
Toü'rw croient ‘rw’, Co; éyib ’ôéxouv ôpäv,
TE3X€W êv dÀÀ-fikmdt‘ flak 8’ épbç pokdw
xa‘re’txa xénpo’cüvsv, äppaaw 6’ {Site

Il
n o . . . . . . . . . . a I l A . . . . .

ATOSSA. Nombreux, certes, sont les songes de mes nuits, les


songes près de moi assidus, depuis que mon enfant a mis son
armée en campagne, sur la terre d‘lonie s’en est allé, pour
l’euvahir, la ravager. Aucun pourtant encore d‘aussi clair, d‘aussi
significatif que celui de cette nuit. Le voici. — Deux femmes me
sont apparues, de riches vêtements toutes deux; l’une portait
l’habit perse, l’autre celui des Doriens. Elles venaient à moi.
Par leurstature elles étaient de beaucoup plus imposantes que
les femmes de nosjours; toutes deux de merveilleuse beauté,
elles étaient sœurs, de même sang. L’une pourtant habitait la
terre d’llellade. que le sort lui avait assignée pour patrie; l'autre
venait d'Asie. Elles me parurent se prendre de querelle. Mon
fils, étant survenu, s’efforce de les contenir, de les calmer.
LES PERSES. 1H

Il. LE SONGE DE LA REINE.

ATOZZA. 'Ael pèv ATOSSA. D’une part sans-cesse


advenu: je suis—avec
nenni; dvaipaot vumépoxç, baueoup de songes nocturnes,
âne 06m èuô; n'ai; depuis que mon fils [armée
creihaç o-rpom‘zv ayant emmené—en—expédition une
OÏ'XETOH y'îjv 'Iao'vwv est parti pour la terre des loniens
Oékœv wépo'ou voulant ta ravager;
6117.02 ox’Jrt me eiôo’pnv mais en-rien encore je n’ai vu
rmo'vôs évapyàç un tel songe clair (clairement)
du; rîjç s-bqapévn; napolQEV' comme dans la nuit d‘-avant ;
Mite ôé 0‘01. d'autre part je le dirai à toi.
At'ao ywaïxs efm'pove Deux femmes bien—vêtues
a eèv fimuévn l'une ornée _
nénhowt Hspmxoïg, de voiles persiques, [riens
ñ ôè aîné Awptxoïew, l’autre au-contraire de voiles de—
éôofio’tmv [1.0L parurent à moi
noheïv et; ô'dnv, venir en ma présence,
éxnpenéa‘rara toutes-deux-les-plus-distinguées
7min) de beaucoup
163v vüv de celles de maintenant
payéeet TE et par la grandeur
minet ra dpu'apq), et par une beauté irréprochable,
xai xaatwfim et toutes—deux-sœurs
105 116106 yévouç' de la même race ;
Ëvouov ôè noirpozv et elles habitaient comme patrie
il) pi» ya't'ow 'Ehko’tôa l’une la terre grecque
laxoûaa xMptp, l'ayant obtenue par le sort,
'h ôè Bdpäapov. l'autre la terre barbare.
Toérw Tsüxsw Celles—ci préparer (préparaient)
èv 60.).1'j‘muai 'rwa croîatv, entre elles—deux une querelle,
do; èyd) éôo'xouv ôpäv' comme moi je croyais voir;
ëuôç 8è naîç nohc‘uv d‘autre part mon fils étant venu
nataïxè ml ênpdüvev, les contenait et les calmait,
HÏ HEPXAI.

Çsùyvuow 016111) ml. Âémôv’ é11’ aùxâvwv


'rtônat. Xfi pèv 12W ênupyoüro 010M]
âv fivtawt 1’ aÏXev st‘iapxrov 0160.01 '
9] 5’ Èctpdôqçe, mi. Xspoîv ëvrq ôtcppou
ôtaanapo’caast, ml ëuvapm'tëat Bic;
dxdhvo; <61pp.01> Mal. Çoyôv epaüat péaov.
mimi 5’ épôç m'tç, x011 1101159 capte-roman
Aape'to; olwratpwv 01pé ' 15v 5’ 51110; ôpojt
Eépënç, nénkouç M'ywaw àpcpl odqmm.
K011 1010101 p‘av ôñ vumèç alorôs’tv Àéyœ'
irai 5’ ävéa'rqv mi. xspetv xaÂÀæppéou
64100001 rrqyfiç‘, Gùv Gunnôhp Xspl.
Bœpbv 119006017111, 611010610101 501(000111
98.00001 900011 néÀavov, 6'»! 19111) 10’152.
'OpG) 8è cpst'wow' äsrbv 1195; èaxo'zpav
(Dotôou ' 0661p 5’ 621090170; éo10'19111, (piler

Toutes deux au même cher il les attelle, au cou leur passe les
caparaçons. L’une, la tête haute sous sa nouvelle parure, de
bonne grâce se prêtait au frein. L’autre de ses pieds fait rage,
de ses mains déchire ses harnais, et, libre de son frein, le joug
brisé parle milieu, emporte tout en une course échevelée. Mon
fils tombe. Son père Darlos s’empresse, est près de lui, le plaint.
Mais, en le voyant, Xerxès fait voler en lambeaux les habits qui
le couvrent. Tel est mon songe de la nuit. -— Je me lève, en l’eau
pure je plonge mes deux mains, pour le sacrifice me rends à
l'autel. -- Selon nos coutumes saintes, j’oflrais le gâteau aux
dieux qui gardent des funestes présages. Que vois-je? Un aigle
effaré s’abat au sanctuaire de Phœbos. De surprise, mes amis,
j'en suis restée muette. — Autre prodige, un épervier, il tire—
LES PERSES. H3
Çeéyvum 6è wind) et il les attelle toutes-deux
ûn‘ô &ppaaz, sous des chars (un'char),'
mi flew lénaôva et place des courroies .
éni aûxévwv. sur leurs cous.
Kai ñ “Ev êmpyoS-ro 'Et l'une était-fière
'rñôs 010765} de cet équipement Ï [veruer
Eixé TE mo'pa eGapx‘rov et avait une bouche facile-à-gou—
év ñviaw‘w' au-moyen des rênes;
i) 5%. éaqpoiôqçe, 'l’autre trépignait,
ml ôiam'rapäo'oa Xapoi‘v et elle arrache avec ses mains
Evm ôicppov, . les harnais du char,
mil âxdhwo; et délivrée-du-frein ‘ '
Euvapno'zçei pic; äpaa elle entraîne violemment le char
mi Opaést {wôv Mama. et brise le joug par-le—milieu.
’Eyé; ôè nui; aimer, D’autre part mon fils tombe,
ml. narhp Aapaïo; et son père Darios
napimotrou se présente-auprès-de lui
o'cpa' oinsipwv' le plaignant;
Ünwç ôè Eépinç mais lorsque Xerxès
16v ôpëi, le voit, _
pfiyvuaw néflouç il déchire les voiles
duel (néant-ri. autour de son corps.
Kai Àéyw etczôeïv Et je dis avoir vu
who: pèv ôñ ces choses d‘une part certes
vux'ro'; ' pendant la nuit;
Ènsi ôè dvéa'mv d'autre part après-que je fus levée,
ml “mun-a Xepoi'v et que j'eus touché de mes mains
nny’ñç xaDJppo’ou, une source aux belles—eaux,
npoaéamv Bœpôv je m’approchai de l’autel
aùv xspi Ounno'hp, avec une main prête—à—sacrifier,
Gékouo‘a Oüeai voulant ofl‘rir-en-sacrifice
snékavov un gâteau
ôaipoaiv ànorpénomw, aux divinitésdétournant-les-maux,
(in) desquelles divinités
“rows 19m. ce sont les cérémonies.
'Opô'ôè detàv cpséyovra Mais je vois un aigle fuyant ,
npôç texoipow Œolôou' vers le foyer de‘Phœbos;
écroiO-nv ôè, (pilet, etje restai, mes amis,
räçôoyyoç Q6619 muette de, peur;
IORCEAUX cu. D'ESCHYLE.
114- HEPEAI.

peôücrspov ôè xipxov sicopo") ôpéwp


mspoïç èçopyxxivovm mi Xqkaïg m'zpoc
TÊÀÂOVÔ" ô 5’ 005‘s» me 7’ fi TIT-filial; ôêna;
mpsîxs. Taü-r’ ëyorys ôaipwn’ slmôsrv,
Ûprîv ô’ àxoüsw. E5 yàp fats, ma; éyôç
npo’zëaç n‘ai: 55 Gauyao‘cèç div yévon’ o'w’qp,
uaxŒç ô‘a npo'zëaç— 06X Ûnaüewoç milan,
(meal; ô’ ôuoiwç 171655 Manpower xeovéç ‘.
XOPOE.
06 as Boukôpscôa, prîj'rep, OÙ'T’ äyaw cpoñaîv Àôyorç
0615 eapaüvaw ' em; 3è npocrponaîç luvouyév-q,
si! TL tpkaüpov eïôaç, oci‘roü TENS’ dnorponilv Takaîv,
xsôvà 3’ émaM} yavécôau coi 1a nazi TÉK‘Ilp we»
ml. nékar cpikonç 12 116cm. Aaürapov 8è xp-i] X061;
7?] TE ml (pen-wig Xéacôou. ' npavyavûç ô’ oct-mû 10'158

d’aile, sur l'aigle fond, de ses serres lui déchiquète la tête. Pelo
tonné sur lui—méme, celui—ci tranquillement se laisse faire.
Telles sont les étranges choses que cette nuit j'ai vuesJ qu’au
jourd’hui je vous raconte. —- 0h! ne l’oubliez pas, mon fils, s‘il
réussit, sera un héros merveilleux. Malheureux, il ne doit compte
à'personne de sa mauvaise fortune. Survivant, il n’en régnera
pas moins sur le pays.
LE CHOEUR. Le ciel nous garde, noble mère, par nos paroles
de rien ajouter à tes craintes, ou de te rassurer témérairement';
aux dieux adresse-toi. S’il y a dans cette apparition quelque
chose de menaçant, prie-les de l'éloigner, et que tout ce qu’il
peut y avoir (l’heureux se réalise pour toi, pour tes enfants, pour
l’État, pour tous ceux que tu aimes. — Puis à la terre, aux morts
n'oublie les libntions. Trouve de douces paroles aussi à ton
LES mus. us
peeôc‘rspov 6è eloopô et ensuite je vois _
xtpxov époppatvov‘ra un épervier s'élançant-sur lui
ôpépcp mepoi‘ç à la course (rapidement) avec ses
xai Tûlovm xo'tpot et lui déchiquetant la tète [ailes
mm: de ses serres; [certes
6 ôè oûôèv filo ye et lui ne faisait rien autre chose
ñ mais; sinon-que se-blottissant
n'apst‘xe ôépaç. il présentait son corps.
TOtÜTOt ëuowe Ces choses sont pour-moi certes
ôelpot'ra elatôei'v, des objets-efl‘rayants à voir,
Ûpïv 8è nixot'aew. et pour vous à entendre.
"lots 1619 si), Car sachez-le bien,
Em); mati; .mon fils
npoiiaç pèv 55 d’une part ayant bien fait (réussi)
‘YÉWJITO av dvùp serait un homme
Ouragan-6;, merveilleux,
npdäaç 6% MM); —— d’autre part ayant fait mal (échoué)
oüx éneûôvvo; n’étant pas responsable
Mikel, envers l’Etat,
ameel; ô'e et sauvé (avant)
xotpava't' épate); règncrasemblablement (comme
'rñçôs xeovéç. sur cette terre-ci.
XOPOE. Où [Soxalo'paafiozl LE CHOEUR. Nous ne voulons pas,
“il“?! mère
OÜTE (potîsïv 0‘51:- Opaaévew a: ni efl'raycr ni rassurer toi
divan) trop
Mvotç' par des discours;
lxvoupévn ôè Os'ovç mais abordant les dieux
npoorporcai‘ç, par des supplications, [vais,
et HM; u çhaôpov, si tu as vu quelque chose de mau
all-:05 Tsks'fv demande-leur d'opérer
o’mo'rporrfiv rd‘wôs, l’éloignement de ces choses-là,
xeôvà ôè et des choses bonnes '
yevéo'ôcu ëxrsliñ être réalisées
ont 15 mi 'réxvtp aéôsv et pour toi et pour le fils de-toi
nod no'lrst nie-t TE (piler; et pour l’État et tous tes amis.
Xp'}; ôè ôsérspov D’autre part il faut en-second-lieu
xéaoeat xoàç répandre des libations
yñ 15 mi wow; et pour la terre et pour les morts;
“6 TIEPZZAI.
cèv aéow Aaps'tov, évnap tphç iôaîv xar’ sûepôwjv,
ëaelio’t Go: aâpmaw 1éme) 1s v'îjç évapeav è; 3710;,
‘räimaliw 6è 'rû'ivôa yata; xi'toxat paupoüaeat 67.67.19.
Taüta flopo'pav'ttç ôv col npaupevc’û; tapfiveaa ‘
55 6%. roc/mm rakotô’ â 'td'ivôa xpivopav tépt.
ATOZEA. I

’AMo‘: ps‘rp sù'vouçy’ ô Trpüàmç ‘tmvô' èvumiwv Mpt'r‘qç


mum mi ôôpozç époïan 'rl'jrô' èzüpwaa; (pétri.
’Emalioï‘co ô-ïj 16: Xp-qcw'z' 101510: ô’, diç écpisaaz,
11dv1a O'ijcopav Osoîct TOÎÇ 1’ é'vapea 17}; (piÀotç,
sür’ (iv atç ot’zou; po’kwpsv. Ksîvo 8’ ézpaôsïv OéÀw,
d} (pilou, 110i) Tôt; ’Ae'r'jvaç tpaclv tôpüaôan Xôovéç.
I . ‘ XOI’OE.
> T7115 1195; ôuapa’tç, ävamoç 'HMov goôtvotapuow.

mari Darios, que tu dis avoir vu cette nuit. Que le bien, il l'en-.
voie du fond de la terre s‘épanouir à la lumière, pour toi, pour
ton enfant. Que le mal, au contraire, reste enseveli aux ténèbres
profondes. — Ainsi prophétise mon cœur dans son dévouement
pour toi. Puisse cc songe, tel que nous le jugeons, n’avoir pour
oi que d’heurcux effets!
ATOSSA. A toi le premier j’ai confié les terreurs de mes nuits,
et voilà une réponse pleine de bons sentiments pour mon fils,
pour ma maison. Que tout aille au mieux. Comme tu me le re
commandes, aussitôt rentrée au palais, je disposerai tout pour
les dieux, pour ceux des miens, maintenant sous la terre. —
Mais je voudrais savoir de vous où l’on dit que s'élève cette
Athèncs.
LE CHŒUR Bien loin, vers le coucher dusoleil,notre dieu.
LES PERSES. Il'l
aire?) ô‘e npeupeväiç d‘autre part demande affectueuse
. ro'tôe ceci ' ' (ment
eôv näow Aotpsïov, à ton époux Darios,
ô'vn'ep w); iôai‘u que tu dis avoir vu
xarà sûtppovñv, dans la nuit,
fléunetv col réuwp ra d'envoyer à toi et à ton enfant
Évepesv yñç ë; (9529; de-dessous la terre à la lumière,
éoGXà, des choses bonnes, .
paupoüaôm 5è o‘xdrcp et de cacher dans les ténèbres
uo'troxa vota; retenues sous terre
rà ëprtahw les choses au-rebours
rôvôe. de celles—là (des bonnes).
‘Qv Oupäpowrtç Étant inspiré-par-le-cœur
napfivso'l O'Ot raürat j'ai conseillé à toi cela
wpsugsvt‘bç' afl'eetueusement;
à 522 xptvopsv - . etqueleschoscs que nousjugeons
nepl “Twas sur cela ' [çon.
'rékovro 5-3 wavrafij. s'accomplissent bien de—toulc-fu—
ATozzA. ’AMà (Lira ATOSSA. Mais certes
o' npé'no; xpirnç - toi le premier interprète
rüvôs évurwiuw de ces songes—ci (de mes‘ songes)
eüvou; ye étant assurément bienveillant
rutô‘t xz! êpoîat 56pm; ' à mon fils et à ma maison
éx-Jpwaoz; Tñvôe quirw. tu as décidé cette parole (prononcé
Tù xpno‘rà Que les choses bonnes
s'accomplissent donc;r [cet
Q arrêt).
éxrâloïro 05W
Oñoopev âè d’autre partnous disposerons
mivta m5101, toutes ces choses, ‘ '
do; ë'pt'eam, comme tu le recommandes,
0591'0‘: ro't'ç TE (pilou, pour les dieux et pommes amis
Evepee fig, dc»dessous terre,
5'315 (Lo'kmusv av lorsque nous serons rentrés ' '
si; oïxopç. dans le palais.
69m) ôè énpotes't'v xs’t'vo, Mais je veux apprendre cela,
a» «peu, 0 mes amis, I
1:05 xeoväç cpozat en-quel—endroit de la terre dit-on
ro‘tç'Aônvà; iôpûeOou. Athùnes être située. (chant,
XOPOZ. T7115 rrpà; ôuauaïç, LE CHŒUR.Au-loin vers le cou—
(pôtva'apoww ‘Hh'ou avail-mg. vers la disparition du Soleil roi. V
“8 ' . IIEPZAI.
ATOEEA.
’AÀÀà pipi ïpetp’ éuôç 1ra'tç r-qvôs Gnpäaau flÔÀW.
XOPOE.
Ham yàp yévow’ âv 'EMa‘tç Baatkéwç ùrfixooç.
ATOXEA.
'Qôé 1v.; adpaarw aüroïç &vôpoflfiôam argon-:06;
XOPOZ.
Kart GTPŒTÔÇ TOLOÜ‘L‘OÇ âpîaç TroMà Ml M-fiôooç xaxo’t.
ATOXEA.
Kart 'ct 1:90; 1061mm»; 62AM ; nÀoñroç êîapzî]; ôo'pmç;
XOPOE.
’Apyüpou mm“ 'nç‘ adroïç écu, ônaaupbç Xôovo'ç.
ATOÈEA.
Hôrspa yap roîoolxèç aixpñ ôia‘t x2526; ctptv épapérrsi;
XOPOX.
Oüôapüç ' 57x11 craôam xal cpepo’wmôsç cocyat.
‘ ATOEXA.
Tl; 6‘s aotpîvwp {wean xämôaonôçst “pa-:00;
XOPOZ.
061010; ôoüÀon xéxMvroct (pm-:0; oùô’ ûrfixooz.
ATOEXA.
I163; âv 05v pévoœv ävôpaç aolsplouç èrrfikuôa; 5’ ',
XOPOE.
"Q are Aapaiou noMiv 1:; ml. xaÂèv (pôs’t'pau atpat‘räv.
ATOXZA.
Aewa'z “cor. Àéyztç to'vwv Toïç TEXOÜGL3 cppov-rtaau.

ATOSSA. Et mon fils eut désir de prendre cette ville?


LE CHOEUR. L’Hellade entière au roi dès lors eût obéi.
ATOSSA. Est-ce donc un pays si peuplé de soldats? '
LE CHŒUR. Les désastres du Mede attestent leur valeur.
ATOSSA. Et d'ailleurs opulents en ressources chez eux?
LE CHŒUB. Des trésors souterrains, une veine d’argent.
ATOSSA. De quoi s’arment leurs mains, d’un arc avecses flèches?
LE CHŒUR. D’une lance à tenir ferme, et puis d’un bouclier.
ATOSSA. Quel maître les conduit, et commande à l‘armée?
LE CHOEUR. D‘aucun maître, ils ne sont esclaves ni sujets.
ATOSSA. Mais comment, sans cela, repousser l’ennemi?
LE CHOEUR. Des soldats du vieux roi, nul n’en est revenu.
ATOSSA. Triste augure pour ceux dont les fils sont partis!
LES PERSES. HS)
ATOZEA. ’Anà uñv ATOSSA. Et pourtant
êpôç Haï; ï'uetpe mon fils a désiré
Onpäam rfivôe Tro'lw. prendre cette ville.
XOPOZ. l'Iäaa yùp ‘Enàç LE CHOEUR. Car toute la Grècc
yévowo av Ômfiuooç Baoikéwç. deviendrait alors sujette du roi.
ATOEEA. Tl; dvfiponMOeu ATOSSA. Une quantité
mparoô d’armée (de soldats) [niens)?
näpsu‘nv (3355 aûroïç; est-elle ainsi à eux (aux Athé
XOPOZ. Ka‘t arpenté; 1010610; LE CHOEUR. Et une armée telle
ïpëa; ôù qui a fait certes
mm. xaxdt M‘âôouç. beaucoup de maux aux Mèdes.
ATOZXA. Kai Ti 6000 ATOSSA. Et quelle autre chose
1:96; Toi‘nowi; outre celles-là? [maisons?
10.0610; Éâapxñç ôo'um; ; une richesse abondante dans les
XOPOZ. Tl; wily-q âpyüpou LE CHOEUR. Une source d’argent
ëarlv aû'roïg, Onaaupô; yfiovo’ç. est à eux, trésor de la terre.
ATOZZA. Ho'rapa ydmp ATOSSA. Est—ce-qu’en effet
alxuî] Toâoukxo‘ç la pointe lancée—par l’arc
êpntpénet ôià xspäç açw; se-remarque dans la main à eux ‘2‘
XOPOE. Oûôauüç‘ ' LE CHOEUR. Nullement ; [près
Ëyxn maôaïa mais des lances qui-frappent-de
ml Gayai cpspo'w‘môsç. et des armures de-boucliers.
ATOEEA. Tl; ôè notudvœp ATOSSA. Et quel chef
harm est-sur eux 1
Mal êmôsmräëai “pm-:06; et commande l'armée ‘T .
XOPOZ. KéxMv‘mt LE CHŒUR. Ils ne sont appelés
6061m oûôè ùmfixoot ni esclaves ni sujets
oG-rwo; çwro'ç. d'aucun mortel.
ATOEZA. HG); 05v ' ‘ ATOSSA. Comment donc [ennemis
{Lévmsv ävôpa; nokspiov; résisteraient-ils à des hommes
infiluôaç; envahisseurs ? [truit
XOPOE. "Ocre zpôeïpou LE CHOEUR. Au-point-d’avoir dé—
arpœtôv noh’av TE mi xalàv une armée et nombreuse et belle
Aaplou. de Darios.
ATOXZA. AE'YZlÇ ATOSSA. Tu dis
ôawo't 101 des choses effrayantes certes
10?; razoüo‘w pour les parents
täv‘rwv de ceux qui sont partis, [tudes.
cppowiaai. de sorte qu'eux avoir-des-inquié
1‘20 HEPXAI.
XOPOE.
’AM’ ëuo‘t ôozsîv ToiX' at'osv. mivm vauspfl} Àôyov '
1008.; yàp ôpûunua (pw'rôç Hapatxèv npéîrst uaôeîv,
ml cpépat oacpéç TL Trpéiyog ècôlôv ñ xaxàv xÀüzw. .

III. LA BATAILLE DE SALAMINE.


(Vers 349-526.)

AFFEAOE.
’Q 7?}; o'mdc'qç ’Aoiôoç Rolicpaîa,
(5 Hepcî; aÎa xai mu; ahoû‘rou Àtys‘qv,
L'eç äv in? «Mm xa‘cécpeap‘rar. wok);
âhôoç, Tb '[Iepcm ô” ävôoç ofyamt Traaôv. -
'Qum. mxbv u‘zv npù‘rov àyyéÀÀaw xaxd‘
651J»; ESY àvâywr, näv dvamüîm we“. s

Hépcou " 019mb; yàp Träç ôhwha Bapôipwv.


XOPOE.
'Avt', ävta mud, vao'xow [Strophe 1.]
xa‘r. ôo’rt' ' cricri, ôtalvaaea, Hép—
Gott, 165’ äxoç xhüov-rsç.
AFFEAOX.
'Q; :o’wra 7’ {61’ èzaîva ôtanêupatyuéva '
xaûrèç 6’ äéÀmœç vôa‘uuov même (9010;.
'LE CllŒUlt. Si je ne me trompe, bientôt tu sauras tout, et (le
Source certaine. Car, à voir courir cet homme, on reconnaît un
courrier perse. Par lui nous ne pouvons manquer d'être exacte
ment renseignés sur l’événement, heureux ou malheureux.
11['
LE COURRIER. 0 vous toutes, villes de l’Asie; ô Perse, port‘
immense où s’entassent les rieheSses! comme d'un seul coup elle
s’est écroulée, la merveilleuse fortune! Comme d’un soul coup
elle aété couchée à terre, la [leur de la Perse! Malheur, malheur
à moi, le premieril parler du désastre! Cependant il le faut.
Perses .... .. vous saurez toute l'immense catastrophe .... .. .l’armée,
l'armée entière des Barbares est détruite. . i -
LE'CHŒUR. Slrophel. (Le Chœur repasse à la gauche de l'hyposeene.)
Douleur, sombre .douleur, sans pareille, effroyable! Hélas! hélas!
Perses, pleurez à sanglots, pleurez en apprenant un tel malheur.
LE COURRIER. De cette expédition, plus rien, tout anéanti !
-— Moi—même l'avais-je espéré, de voir le jour de mon retour?)
LES Palisse. 12|
'XOPOE. 'Anà . LE CHOEUR. Mais
ôoxsïv êpol sembleràmoi (àce qu’ilmesemblc)
sisal rdxa tu sauras bientôt
Troivra käyov vapÆp‘t‘ïj' tout discours certain ;
npe’irst yùp . . car il convient
mesa: Hepmxâv de reconnaître comme course perse
ôpo’tuwjua roüôe (pm-6;, la course de ce mortel,
xal cps’pat ' et il apporte
n npäyoç oacpèç' quelque aflaire manifeste
ëaeh‘w ñ xotxôv dxoéew. . bonne ou mauvaise à entendre.

III. LA BATAILLE DE SALAMINE.

AFFEAOE. 'Q trafiquant . LE COURRIER. 0 villes


diraiençyîjç’Aoiôoç, de toute la terre asiatique,
65 cria l'Iepoi; 0 terre persique
ml tort; ltnñv nkoémvo, et immense port de richesse,
Lb; mm; 6'160; comme une grande opulence
5le'cpeozp‘rou év (tu; 71:7.717'7], a péri d’un seul coup,
{à 6% aveo; Hapaô‘av et la fleur des Perses
oi'xerauraao'v. a disparu étant tombée.
“(2pm, lax6v_ (Lèv llélas! ilest'malhcureux d’une part
dWÉÜÆW npôrov xaxo't' d’annoncer le premier des maux;
à’umç ôè dvdyxn d'autre part pourtant nécessité est
dvaméiqt irai; ira'eoç. de déployer toute l‘infortune.

Hépcai' ' I'crses; :


tri; yàp emparé; Bapôdpwv car toute l’armée des Barbares
élwl.sv. a péri.
XOPÛE. Kw“? dvm, LE CHŒUR. Maux affligeante,
civil, vëäuofd Ml Ôaid' affligeants, nouveaux et funestes :
ah?) 5‘MVEGBE1 HéPW‘, hélas! pleurez, Perses,
KMOVTE; T655 47.99 en entendant ce sujet-dc-douleur.
AFFEAOE. ‘n; ' LE communs. Attendu-que
Tritium lys éasi‘vni
toutes ces choses-là certes
éan ôtansnpayps'va' ont été détruites ; ,
ml airà; ôè _
et moi-même d'autre. part (retour.
phénw‘dékmwç paie; vo'anuov.’ je vois inespérément le jour du; _
iii HEPEAI.
XOPOÊ.
’H [LŒXPOÔLÔ‘COÇ (3'82 vé TL; [Antistrophc 1.]
aitbv étpdveïj vapouoïç, 60106
au; 1685 11?] p.’ äahmov.
AFFEAOÊ.
Kent pin Trapdw TE, xoü Ào’youç äÀÂwv xÀüwv,
Ilépaat, cppäaaip.’ âv oï’ énopaévevj Kami.
X0 2.
’01010101, no'wav [Strophe 2.1
16: reliée: $0.50: nauuvm
'räoô’ o’m’ ’Actôoç ñÀOav (dag
ôtav‘ 'EÀÂo’zôa Xdipav.
AFFEAOE.
Hlofiôouot vazpû‘w ôoortétiiwç Étpeappévwv
EaÀapJtvoç dot-cal 1rd; 18 Trpo'axwpo; 16110;.
XOPOZ.
’O1o1o1o‘i (pikwv [Antistrophe 2.]
àÀtôova [LÉÀEŒ napôwpñ
xarôavévm Às’yst; cpt-593690“
aliaymû‘iv év omÂo’tôacGw‘z.
AI‘I‘EAOE.
Odôèv vàp ñpxai 1620:, mi; ô’ dmôliko'm
arpa'rèç ôapotcealç vatotstv ëpôoliaîç.

LE CHŒUR. Antistrophe l.(LeChœur revient vers la droite de l'hy


poscène.) Trop longue a été notre vie, pauvres vieillards! —— Une
telle nouvelle! Un tel malheur! ,
LE COURRIER. J’y étais. Ce n’est donc'pas sur ouï—dire, ô
Perses, que je vous conterai la catastrophe inattendue.
LE CHŒUR. Strophe 1.(Le Chœur passeàla gauche de l'hyposcène.)
Hélas! hélas! inutilement, par myriades, de toutes sortes, les
armes se sont levées à tous les points de l'Asie, se sont ruées à
la terre des héros, au pays de l'flellade ?
'LE COURRIER. ils sont partout, les cadavres des misérables vie—
times; partout aux rivages de Salamine, partout aux pays d’alen—
tour.
LE CHOEUR. Antistrophe 2. (Le Chœur revientà la droite de llhypo
scène.) Hélas! hélas! pauvres Perses! Ainsi des flots submergés,
noyés, leurs cadavres roulent pèle—mêle, jouets des flots, au mi
lieu des rochers.
LE COURRIER.lnutiles ont étéles arcs. Tout entière elleapéri,
l'armée, abîmée au choc des vaisseaux.
LES PERSES. 193
XOPOE. "H LE CHOEUR. Certes
6'55 yé n; ottc‘uv cette existence—ci
éçoiven a été montrée (donnée)
potxpoôioroç trop longue
yspaiotç, à nous vieillards,
àxot’asw ro'ôe rrñpot pour entendre ce désastre
551mm, inattendu.
AFFEAOE. Kali. ttñv LE COURRIER. Et certes
napo'av 1re et étant présent
zed 06 xMwv kdyouç et n'entendent pas les récits
âne» . des autres
tppatampt av, je pourrais—dire,
Hépow, ô Perses,
oÎa xaxa‘t énopoôvûn. quels maux ont été préparés.
XOPOX. ’Orororoï LE CHOEUR. Hélas !
'rà uokéa Béksa napper?) les nombreux traits confondus
filles poi-raw sont venus en-vain
drrô räoôs aria; 'Actôoç de cette terre asiatique
Mow Xlbp'zy 'E)J.o'z5a. dans la divine contrée grecque.
AFFEAOX. 'Axrai. LE COURRIER. Les rivages
Zalapîvo; de Salamine
näç ra ro'rro; et tout lieu
npéaxœpo; d’-alentour
rt‘Añeouot vexpäw sont-remplis de morts
lçeapuévmv ôuawo’rttwç. ayant péri misérablement.
XOPOE. 'Orororoï, LE CHŒUR. Hélas! '
Myst; tu dis
piled xa-reavo'vw les membres morts
àHôova, roulés par-les flots,
nauô’arpñ pénétrés—d‘cau
çt‘M’îw de nos amis
«lavxräw âv entho’tôeo‘mv errants au milieu des rochers
çépeaôou. être ballottés.
AFFEAOE. To'Ea yàp LE COURRIER. Car les arcs
fipxsl o'bôèv, ne servaient en-rien,
Mi; 8è arparà; et toute l‘armée
àrteblkuro périssait
Bap-owed; domptée
iuôolaïç vatoww. par des chocs (le-navires.
124- ' IIEPZAI.

XOPOX.
'IDÇ’ &aoruov Sodom; . [Strophe 3.]
(Swami-7} Boàv, -
Hépaauç d); wo'wm nocyxo’rxwç
6201 Ûéoav ' aiaï arpowoü cpûapévroç.
' AI‘FEAOE.
“'Q ahaïa‘rov Ëxeoç 6vop.a Sahau't'voç xÂüsw '
cpaü, Td’ri ’Aônvüw à); même pauv'qué‘voç.
XOPOE.
Ewyväv y’ 'Aeaväv Sodom; _ [Antistrophe 3.},
paume-Gai TOL irai-9a, yoväv
xohhàç d); Uspalôwv
süvtôaç êx'rwcaw 1’16' o’wivôpovç.
' V ATOEEA.

Eryü') milan ôoc‘mvoç êxnsnÀnypévn


xaxo'tç ' Ûn‘êpôänsu Yap ñôs aupapopà
1b ufirs Àéëou. u-ifr’ épœ-rîjaat mien.
'Ouwç ô’ dwo'zym] aquovàç Bporoïç cpépaw
056v ôtôo’vrwv ‘ uäv 5’ o’wamüîaç Traîôoç,
Àéëov mma‘ràç, x5! orévatç xaxoïç ô'uwç,
1l; 06 réewpœ Ttwx ô‘a xal ravefiaousv
166v àpxshstœv ô'a-r', érr‘t omit-rouxfiqc
Taxes‘tç ävavôpov Tdëw fipfiuou Bavoîw.

LE CHŒUR. Strophe 3. (Le Chœur passe à la gauche de l'hyposcène.)


0 douleur! eñ‘royable malheur! êTrop misérables Perses, perdus
sans retour! Hélas! hélas! c’en est fait de l'armée. '
LE COURRIER.0 detous les noms Ieplus abominable, lugubre
Salamine! Athènes! Ath‘enes! de sinistre souvenir! ,
LE CHŒUR. Antistrophe 3. (Le Chœur repasse à la droite de l’hypo
scène.) Terrible Athènes, de si amer souvenir à tes ennemis! Que
de femmes perses par toi sans fils, par toi sans maris!‘
ATOSSA. Malheureuse, étourdie de tant de maux,j’ai peine à
rompre mon long silence. Dans l'excès de mon abattement, je
ne puis ni parler ni m'informer de l'étendue de nos perles. Que
faire pourtant? Force est bien aux mortels de subir les douleurs
envoyées par les dieux. (Au courrier.) — Si grand que soit ton
chagrin, calme-toi, parle, dis-nous toute la catastrophe. Qui a
survécu? qui devons-nous pleurer? Qui d'entre les chefs des
peuples, chargés de les conduire le sceptre à la main, a laissé, .
par sa mort, son poste Vide? p . . ' v , ï.
LES PERSES. 125
XOPOE. "Iüës LE CHOEUR. Fais-retentir
daim; pour ces infortunés
Boàv änoruov ôvaztïvñ, un cri malheureux, funeste,
d); 0501 car ‘les dieux ,
Mac» Hépoatç ont disposé pour les Perses
rro'wra nayxdxwç' tout tout-à-t‘ait-mal ; [truite
«la? arp'xroü (pOapévrog. hélas l à cause de l’armée dé
AFFEAOE. Tn ô'yopa LE COURRIER. 0 nom
2a).ap.îvoç de Salamine _
nki'a‘rov Exec; le plus grand objet-d‘horreur
ah’aew, I
a entendre;
tps’J, du; même hélas! commeje gémis
peuvnpe'vo; rc'bv"A0nvCôv. en me-souvenant d'Athènes!
XOPOE. Hapa’t TOI. LE CHŒUR. Il est-opportunpour
peuvñaôat ’AOnväv de se-souvenir d’Athènes [tant
myväv vs ôai’ot; terrible certes à ses ennemis,
de; È'zrtooav car elle a rendu
“and; Hepaiôww beaucoup de femmes-perses
eÜvrôaç yoväv "liôè âvo'wôpouç. privées d‘enfants et sans-maris.
ATOEEA. 217G) milan ATOSSA. Je me-tais depuis-long—
ôéamvoç malheureuse [temps
tzusnitnyuévn uaxo't'ç' étonnée de ces maux; V
ñôs yo‘tp oupcpopà Cn'rspôoinsr car ce désastre dépasse
rà ynfire Mica le. ni parler (le parlér)‘ maux.
M‘re épwrñaat mien. ni interroger (le
Et cependant v ' interroger) sur ces
"0pm; 5%
dvdyxn Qporoî; nécessité est aux mortels
lpépsw nnpwù; de supporter les infortuncs
056w ôtôo'vtwv' les dieux les donnant;
dvan‘rz’zâa; ôè täv na’Oo; mais ayantdéroulé tout le malheur
léiov zaraora‘tç, dis étant-calme, [ces maux,
a! xai d‘un; arr-Eva; xaxoi'ç, quoique pourtant tu gémisses de
ri; oû “réevnxc qui n’est pas mort
riva ôè xal nevôrflaopw, ‘et qui aussi nous pleureronS,
'nîiv dpxsketwv, des chels-de—peuplcs,
(Jars, raxôsi'; qui, ayant été placé
év exmrrouxt'qt, en possession-du—sceptre
fipfiuou Ootvdw a laissé étant mort
r'iâw &Ïwxvëpav. un poste vide.
1‘26 HEPXAI.
AFFEAOE.
Eépënç pfsv who; :21 1a ml. BÀénat (pics.
ATOXXA.
’Eyoîç pèv sïna; ôéuaaw (péyyoç pLéya
ml Àsuxôv ñaap vumbç éx azur/(mou.
AI‘I‘EAOE.
'Aprsyôdp'qç ôà pmpiaç 't'mrou Spaôaù;
c‘ruçkoù; 1119’ 60115:; Oaivsmt Etkqwtov‘ '
X6) XLMŒPXOÇ Aaôixnç TE‘fflñ ôopôç
nfiônua xoügoov év. vsdag dtpv‘lka'to '
Tevdyow 1’ dpw‘caùç Bampiwv ieayevfiç
OaÀaacônMxmv v'îjaov Afavroç noÀaî.
.AtÀaioç, ’Apcdpm‘ç 1e xdpy'r’la'n}; 1pt1og,
oi'ô' äpcpl vflaov 'riw naksnoepénpiova
xuxo'auavot 9 xôpwaov icxupàv xeôva'
riment; 1s Nsikou YELTOVCÔ‘) Atyumioo
’Apu‘rgùç, ’Aôai'niç, mi. Qspsoaaxñç “cpt—.0;
Œapvoüxoç, oi'ôs m; ëx unfit; néoov.
Xpuosùç Métallo; [Lupzôv'rapxoç Oavûw
mpofiv gomme?) ôo’rmrov yavaw’zôa
ërsw’, dysiôwv Xpa‘na nopgoupofc paroi}.
Kat Mâyoç 'Apaôoç, 'Apriyoqç 1a Ba’mpwç,

LE COURRIER. Xerxès du moins est vivant, voit encore lalu


mlère.
ATOSSA. Oh! la douce parole! Rnvon de joie épanoui en ma
maison, blanche clarté du jour après les ténèbres de la nuit!
LE COURRIER.Ai-tembarès, chef de dix mille cavaliers,lelong
(le la côte, aux pointes de Silénie, tombe frappé. Puis le chiliarque
Dadacès, d’un coup de lance, en un clin d’œil, est jeté de son
vaisseau à la me'r. Ténagon aussi, le plus généreux fils de la
Bactriane, a son tombeau dans l‘île orageuse d’Ajnx. Lilæos, Ar
samès, Argestès avec eux, ballottés près de ces parages aimés (les
colombes, du front sont allés heurter les âpres rivages. 1— Des
sources mêmes du Nil égyptien était venu Arctéc; avec Adévès,
et le belliqueux Pharnouchos, il était en un navire. Tous ont
été abîmés. — Mort aussi Matallos de Chryse, un myriontarque.
Les touffes si drues de'sa barbe trompent au bain de pourpre,
s‘y teignent en roux. — Et le mage Arabos, et le Bactrien Artn—
LES PERS es. 127
ArrEAoz. Eépîns vb w’nôâ LE CO UBRIER.Xerxès d'une part
{ñ 1: ml {Must solos. etvit etvoitlalumière. [lui-même
ATOEEA. Eimzç ulsv ATOSSA, Tu as dit certes
péya qas'yyoç époïç ôthuacw une grande clarté pour mamuison
au! ñuap Mwôv et un jour blanc (brillant)
tu vuxrôg uehayxl'stov. après une nuit noire. [barbs
AFFEAOE. 'Ap‘rspñnip'fls ôâ LE GOURRIERD'autre part Artems
Mafia"; 9*)?!“ mm") arbitre de dix-mille chevaux
GEM-ml est frappé
napà dzxràç crochet); lo—long-des rivages escarpée
Zllnvu'ôv‘ des Siléniens ;
na! 6 xzliapxog Aaôo'ot'n; et le chiliarque Dadaeès,
nilnyfi ôopàç par-suitend’un coup de lance
dqnî'Àaro Trfiômux xoüçov a sauté d'un bond léger ‘
âz vêtu; ' de son navire;
Teväywv 'ra Et Ténagon
dpmeùç Baxrptow le plus vaillant. des Bactriens
leayevhç de—naissance—indigène
ROÂEÎ vfloov A't'av'roç haute (est resté sur) l'île d'Ajax
Balaaoo'nlnxtov. battue—par-la-mer.
Atlouoç, 'Apao'tunç ra Lilœos, etArsamès
ml 'Apyñomç rptrog, et Argestès le troisième,
o'z'ôs xuxo'ausvot âge! 77)» vñaov ceux-ci ballotés autour-de l‘île
relaioeps'anow qui-nourrit-des-colombes '
mfipwuov toxupàv xeo'va' ont heurté cette solide terre;
'Apxrsüç ra yewovâw nnyaïç et Arctée voisin des sources
NEiÀou AlYUTC‘t'tOtZOÜ, du Nil égyptien,
’Aôeünç, ml 'rpl'roç Adévès, et le troisième
1Imipvouxoç espaooam‘jç, Pharnouchos portant-un-bouclier,
o't'ôe Tréaov fix yaä; voto'ç. ceux-là sont tombés d'un seul vais
Mitaine; Xpucsùç Matallos de-Chryse Iseau,
aupzo'vrapxoç chef-de-dix—milIe-hommes
Gamba réyyez nupahv en mourant teint rousse (en roux
yevszdôa Zuni-116?] ôdomov, sa barbe abondante touffue,
duslôwv xpc'ûru changeant la couleur de sa peau
lisant sapeur“? par une teinte' de-pourpre.
Kal "Apafioç Mo'zyag, Et Arabes mage, _
'Aprdunç TE Boîxrptoç et Artamès bactrien
ñyeuùv rptopupta; 'z'mrou chef-de trente-mille chevaux
128 II E P 2 A l .
tance “slaw-)1; ñyspabv rptcpuptaç,
axk'qpäç pétozxoç fl; äxaî xarécetro.
Aunarpt; ’Apgote'cpzé; 1a aoÀÛnovov .ôo'pu
vœpo‘fiv, 8 1’ èGGÀô; ’Aptôpapôoç Zépôaow
aévôoç capote-Km, Estao’twgç 6’ à Mémoç,
Bâpuôiç 1s nav't'ñxwm waning vaëv
Tayôç, ye'vo; Aupraïoç, sûatô’qç o’vr‘rlp,
mirent ecu/Cw 820m0; 0‘!) piÀ’ eümxcûç'
Suéwaotç TE npänoç si; sùzpoxtow,
Kùtxwv ëmpxoç, si; (iv-hp 11MI010~1 îtôvov
éxepoîç aagacxc‘ov, 561Mo); âl'to'JÂSTO.
Toao'vôs ‘ myo‘sv v5“; Ùaspw’jaôqv Trépt '
condor aapôvrwv 6' MW àmyyékkw mm.
_ ATOZEA.
Aia‘t, mm?» {Squaw 6-)] xÀôw Téôs,
at'axn TE Hépooaç Mal Àtyéa xwxüuara.
'A‘càp cppieov par. 1051? àvacrpéÿaç MOM,
1:600v ô‘s TEX-7‘60; ñv vaü‘w 'EÂÀ-qvîôow,
(501’ o'zZuGwan Hspauu'p 01901136110111
pdxvjv omettant vaioww Èuôokofiç.

mes, chef des trente mille cavaliers noirs, morts en la terre


ingrate, à jamais l’habiteront. —- Que de victimes encere! Ames—
tris, Amphistrée, l’infatigable doryphore; l’he'ro'ique Ariomardos,
un deuil pour Sardes; Sisamès le Mysien; 'fharybis enfin, le chef
de cinq fois cinquante navires, né à Lyrna, un si bel homme,
aujourd‘hui gisant, et par la mort tout tristement couché à terre.
—— Syeunésis, le premier de tous pour la vaillance, le gouverneur
de Cilicie, un héros, à lui seul cause de bien des maux pour
l'ennemi, est tombé couvert de gloire. Voici ceux dont les noms
me reviennent maintenant; c‘étaient des chefs. Mais incalcu
lables sont nos pertes, ce n’en est là qu'un aperçu. '
ATOSSA. Grands dieux! grands dieux! l’effroyable désastre!
Quelle 'humiliation pour les Perses, quel deuil! — Mais reprends
ton récit et dis-moi quel nombre formidable de'navires avaient lesv
Hellènes, pour oser se mesurer à l’armée des Perses. se'beurter
à leur flotte. ' . . _' r'
LES PERSES.‘ 129
pekaivng, noirs,
xou‘écperro ëxeï a (ont) péri là [ferre ingrate.
(16'101110; yñg axMpdç. domicilié (domiciliés) dans cette.
"Apnarplg ’Au1p1atpaüç rs Hamestris et Amphistréc
vwpibv ôo'pu woh'movov, brandissant unelance infatigable,
0' we £067.61; ’Apuipap80; et le vaillant Ariomardos
tapacxdov névOoç Zdpôecw, ayant causé un deuil à Sardes,
25111611111}; 1s 6 M6010; et Sisamès le Mysien,
Gdpuôlç 1e tavàç et Tharybis chef
nevroixtç 115v1o'1xov101 vaû‘w, de cinq-fois cinquante navires,
Aupvaîoç yévoç, Lyrnéen de naissance,
dvñp 51351591; homme de-belles-t‘ormes,
zeïmt ôavdw ôeûaioç gît mort int‘ortuné
0‘." mile: aûwxüç' non fort heureusement;
Euéwaalç 1E et Syennésis
11912110; si; afizlmxfow, le premier en courage,
Ënapxo; Kûtixwv, satrape des Ciliciens,
o'wñ p wapao'xdav homme ayant causé
si; nhs't‘orov 116v0v à lui seul le plus (le mal
Èxepoi'ç, aux ennemis,
61110571510 aûxl.ac'ûç. :1 péri glorieusement.
‘Ï‘muvfia'env vüv 100'0'vôs Je me—souviens maintenantautant
1159‘1 101y63v - au-sujet-des chefs;
âaawénw 3è ô‘Aiya mud d’ailleurs j'annonce peu de maux
nolth'ôv napo'vrwv. de beaucoup étant-présents.
ATOEEA. Ataî, ATOSSA. Hélas!
x7051» 10'155 j'entends ces mauæ ‘
{Hua-101 8h uozzz'fw, les plus grands certes des maux,
ai'ax‘q 1s Hépaouç et hontes pour les Perses A
nod xwzûuaw et lamentations (et sujets de la‘
lavée. perçames. [mentations)
’A1àp ûvampéÿaç nom» Mais étant revenu en-arrière
(ppoiaov p.01 10610, dis mot cela,
110'001» 5è ahñeoç iv mais quelle quantité était
vaé‘w ‘Ennvtôwv de vaisseaux grecs
65015 dizfbo'm pour avoir jugé—bon
o-uvo'ulml pdxnv d’engager le combat
mparsüuafl Hspctxq‘) ‘ avec l'armée persique
épôoloïg vaioww. par des chocs nautiques.
uoacnux cu. n’nscnYu-z. 9
1% ' HEPEAL'
AFFEAOE.
IIÂ'fieouç pèv âv Go'up’ (60’ Exam Bapôo'rpow
môkov upon-flaw. Ka‘t yelp "EDvr‘aw u‘w iv
1:61; àptôuôç ë; Tptazdôatç ôém
< sa»), ôszàç ô' iv 16v52 xœp‘tç sues-:0; '
[II
81
z'pi'fi 522, ml. yo‘zp oïôoc, XLÀLàç pèv ‘ïjv
v :7173 me“, ont 5’ ùrtépxorrov. vixen
3.
exar‘ov ôtç ñaav émoi 9’ ' (135’ é'xer. Àôyoç.
M7} O‘OL ôoxoüusv 1355 ÀaupO-îjvat prim ;
0‘003 (53:; ôaluwv TL; xarépôaups atpa'r‘ov,
'ro'zM‘na Qptmxç 015x lcoppômp 16m.
\ ATOEEA.
"E-r' âp’ ’Ae'qvû‘w 8'61, daôpe'qroç aähç;
AFFEA02._
’Av5pfibv yàp 6v1mv è'pxoç âa‘rtv àctpaÀéç.
ATOXXA.
650! rro'Àw aq’aÇouau Hahhdôoç Geek.
’Apyj} 5% muet auuôohñç Ttç iv; cppo'wov '
Ttvsç mfljpëav, aérapov "EÀMvsç, uéxvjç,
ñ ml; äuôç, mes; zarauxficaç vaüv;

LE COURRIER. Le nombre des vaisseaux barbares, c’est un fait


Certain, de beaucoup était supérieur. La flotte des Hellènes, en
tout, ne montait qu'à. dix fois trente navires. Encore y en avait—il
une dizaine tenus en arrière, qui ne furent engagés. Xerxes, j'en
suis sur, en commandait mille,loutre ses deux cent sept bâti
ments de marche. Mes chiffres sont exacts. Impossible donc de
rejeter notre défaite sur l'infc'riorité de nos forces. —— Mais un
dieu a fait pencher la balance, nos destinées ont été trouvées
trop légères, et l’armée a péri.
ATOSSA. A'thènes n’est donc pas encore détruite?
LE COURRIER. Les hommes qu’elle possède sont Pour elle un
rempart solide. '
ATOSSA. D‘une déesse, de Pallas, les dieux protègent la ville.
Mais comment les vaisseaux en sont-ils venus à se heurter? Qui
a commencé, dis-moi? Sont-ce les Hellènes? Est—ce mon fils,
tout fier du nombre de sa flotte?
LES I'ERSES. 131
AFFEAOZ. "I091 micpa LE COURRIER. Sache clairement
aro'lov Bapôdpmv la flotte des Barbares
xparñam äv avoir dû l‘emporter
Exam uèv nMôouç. pour 1a quantité certes.
Ka‘i yàp "EM'rlaw u'sv Car pour les Grecs d'une part
ô mi; dotent}; vaäw tout le nombre des vaisseaux
55v é; ôéxa rpiaxdôaç, - était (allait) à dix trentaines,
xwptç ôè rû'wôs et indépendamment de ceux-ci
ôéxa; ñv ëxxpiroç' une dizaine était à—l’-écart (en
Eépin 5è, d'autre partpour Xerxès, ['réserve);
nui yàp o'iôa, et en efl‘et je le sais, [menait
, nlñeo; Câv {heu la quantité des vaisseaua: qu’il'
"Ev uèv XÙJàÇ, était d'une part un millier,
a! ôè d’autre part ceux
Ûnépxowm rdxst supérieurs en vitesse
ñaaw ô‘tg énaràv ëmoi TE ' étaient deux—fois cent et sept;
M570; fixe; (355. 16 compte est ainsi.
Mi] 5oxo-3p.év 001 Est-ce-que nous paraissons à toi
Àsupeñvm avoir été—inférieurs
11'155 uo'txn'; dans cette partie du combat?
ànoi n; 5alp.mv mais une divinité
xm'éqaezlpsv 031w otparàv a détruit ainsi l’armée, [balance
Bploa; räkavw ayant chargé les plateaux-de-la
16x73 06x taoppo'mp. d’une destinée non égale-en-poids.
ATOEEA.“Apa ATOSSA. Est-ce—que
KO'ÂIÇ 'Aônvù'zlv la ville d’Athènes
êo‘rw En drro'pQn-roçç est encore non-détruite?
AI‘I‘EAOZ. "Epxo; yàp LE COURRIERi Car le rempart
àvôpäw ävtwv des hommes qui sont à elle
écriv ào‘çaléç. est solidei
ATOÈEA. 050i aq'içovat ATOSSA. Les dieux sauvent
no'lw 058.; Hakloi5og. la ville de la déesse Pallas.
Tl; 55 &pxù 0011.6019}; Mais quel commencement du choc
'71v vows! ; fut pour les vaisseaux ?
gopoicrov' parle z t
'rlve; xa-rñpxav udxng‘, quels ont commencé le combat,
ndtepov "Ennvsçl, ou les Grecs,
ñ égu'z; 1:06;, ou mon fils,
za-rozuxviaa; «Mes! veôv; fier de la quantité de usvaisseaux?
132 H E PX A I.
AI‘I‘EAOE.
7lIpEz-w pèv, (Ï) ôâmrowa, 105 mono; xaxoü
(paw-:1; dÂoîa‘rwp ñ mxb; Barium 1109év.
’Avfip yàp "EÀMV‘ éä ’Aeqvaiwv atponoü
éÀOo‘ov âgée natôt (up Eépän 10265,
du; et pskatwlç vuxrèç ïîarw. xvétpaç,
"Emma; où pevoïev, «me: aéÀpacw
vot’G'w énavGopéws; äÀÀoç äÀÀoaa
ôpaapç xpuzpaûp fitorov êxoœaoiato 2.
O 8’ 566€); Cog ñxouaev, où Eova‘tç ôo'Àov
EÀMvoç dvôpô; odô‘s TÔV ÛEGN (peovov,
näaw npocpwvaï Tôvôs vauäpxmç Ào'yow
251’ âv (phéywv àxr'taw "'r'lho; XOôva
MIE-n, xvégoaç ôè Tépsvoç atôépoç M61”,
Tdëat varïw mîgooç pèv èv a1otx01; TQLG’W
è'xnkouç (puhoiccsw mi 116900; àÀtppo’Oouç,
äÂÂaç 6è XÛXÂQ.) vñaov At'ow‘mç néptä'
Cog si pépov (pauäotaô’ "En-rive; xaxov,
muet xpwpatœç ôpacpôv eùpévraç Twà,

LE COURRIER. Un dieu, ô maîtresse, un dieu vengeur, quelque


mauvais esprit a tout commencé. — Un homme, un Hellène est
venu de l’armée d’Athènes. Il a dit à ton fils Xerxès que, la nuit
arrivée et son noir cortège, les Hellènes ne resteraient pas, au
plus vite s'embarqueraient, chacun de son côté cherchant à se
dérober, à se mettre en sûreté. -— A peine le roi lui laissa-t—il le
temps d’achever. Sans démêler le piège de l‘Hellène, sans songer
à la malveillance des dieux, à tous les officiers de sa flotte il
dépêche le même ordre. —— A l’heure où de ses rayons le soleil
cesse d’échaufl‘er la terre, où l’obscurité envahit les plaines de
l’air, ils rangeront le gros (les navires, en ordre de bataille,
sur trois rangs, garderont toutes les issues, tous les passages de
mer, tandis que le reste de la flotte, en cercle, enveloppera l’île
d’Ajax. Si les Hellènes échappent à leur funeste destin, si leurs
. LES PERSES. 133
AI‘I‘EAOE. "Q ôémt'owot, LE COURRIER. 0 maîtresse,
filo'w'rwp pèv d’une part un dieu-vengeur
ñ xauà; ôaipwv ou un mauvais génie
tpowa‘t; noeèv ayant paru de-quclquc-part
fipgs navré; roü m3105. a commencé tout le mal.
'Avùp yàp "Ell-nu Car un homme grec A \
éleduv én mparoô 'Aenvaiœv venu de l’armée des Athéniens
ileEs et?) mtiô‘t Eépën a dit à ton fils Xerxes
rows, ces choses-ci,
L‘a; et xvétpa; que quand l'obscurité
ward; [LEIOtiW‘jÇ de la nuit .noire
Eaton, arrivera,
"Ellnva; 06 pévoœv, les Grecs ne resteraient pas,
«me ênevôopo'vrs; mais s’étant élancés—sur
GÉMLŒUt vwïw les bancs de leurs navires '
éxowcoiotro (Biotov ils sauveraient leur vie
ôpotopxï) xpucpotiq) par une fuite clandestine iront.
Elle; dilloas. difl‘érent allant en-un-cûté—dit‘fé—
‘0 3è 566?); du; fixoueev, Or lui aussitôt qu’il eut entendu
où Euvs‘t; ôo’hov n’ayant pas compris la ruse [cela,
äwôpà; "Ell'qvo; de l’homme grec
oûôè ràv (peo'vov 656w ni la jalousie des dieux, [navire
npocpwve’t' näot vaodpxot; annonce à tous les capitaines-de
rävôs lo'yov‘ ' cette parole (cet ordre):
5515 6 ~Film; Min av lorsquelc soleil aura cessé
(pléymv XQo'voc échaufl'ant (d’échaut‘t‘er) la terre
dzrïow, de ses rayons, ' [envahi
avétpa; ôè lawn que d'autre part l’obscurité aura
répsvo; ottôépoç, l’espace de l’air, [navires
régal pèv ot't'oo; vaîiv de ranger d’une part le gros des
ëv rptcrt «mixer; en trois rangs
(puloiao'ew €xwloug pour garder les issues
xot‘t népov; àhppo'eoug, et les passages maritimes,
(filon; xéxlcp d‘autre part d‘autres en cercle
vñeov ’Atow'ro; pour garder l'île d’Ajax
néptä' tout-au—tour; .
du; si "Ell'qvs; attendu-que si les Grecs
çsoaoiaro päpov uomàv, échappaient a un destin funeste,
eùpo'vre; upuoaiw; ayant trouvé secrètement
134 . HEPEAI.
râler. arépsceat xpot‘tèç îpa apoxatpavov.
Tomi-1’ 9.55,8 xo’cpe’ ôa’ zùeüpou epavôç '
013 7&9 1è péÂÀov $17. 026»! fiaioraro.
Oi 6’ min àxôapmç, dÀÂà nateo'tpxtp cppavi
Ootwp) énopeüvowo, vaoôdmç 1’ âvijp
1901:0010 xdnr‘qv amkpiw äptp’ sùrîpsrpov.
’Erta‘t 3è cpéyyo; ñMou umétpewo
Mort vb; én'li‘u, mit; dur‘qp xo'a'mq; é'waë
è; vaüv éxo'apst aôtç 6’ 61km èmerér'qç ‘ '
16:51; 3è 'ro'tîw aupaxdkst vsc‘oç paxpäç '
'EÂÉODO'L 5’ de; Ê'ma'coç 71v Tsraypévoç,
xa‘t Troiwoxm ô"); Swim-low a xaetamaav
vau’àv ävamsç mir-roc veto-ruer Àso’w.
Kai vb; èxtôpst, xoé uo’û’ ‘EM'ilvwv arpente;
xpuçaîov émkow oûôapî] meta‘raro.
’Errst ya pév-ron Àsuxôaœloç fipépa
aäaow xqrâoxe yam» sücpaw’rlç lôaïv,

vaisseaux trouvent moyen de se dérober, tout commandant


est menacé de perdre la tête. — Ainsi parlait—il, (l'avance, au
fond de son âme, bien assuré du succès, si loin il était de
prévoir l‘avenir ménagé du ciel. — Dans l’armée alors nul dés—
ordre. D’un cœur docile on se met au souper, et les hommes
d’équipage assujettissent la rame a sa cheville, pour en faciliter
la manœuvre. L'éclat du soleil s'éteignit, la nuit se ferma. Tout
homme alors, à la tête d'une rame, se rend à son embarcation,
tout hoplite aussi. Aux ligues de vaisseaux régulièrement succè—
dent les lignes de vaisseaux. On s’ébranle, chacun à son rang, et
'toute la nuit, les princes des navires font manœuvrer ce peuple
de matelots. Cependant la nuit tirait à sa fin, et nulle part
encore l’armée des Hellènes n’avait essayé de se dérober. — En—
fin parut la douce clarté, le jour au blanc attelage, pour luire au
LES PERSES. 135
11x061 ôpaaaôv quelque moyen-de-t‘uite
vaüch pour leurs vaisseaux,
mépsaôm apex-:6; être privé de la tête
71v npnxsinevov 116'161. était la peine fixée pour tous.
"1371525 10101km Il dit de telles choses
xoipra 0116 tppevôg 500000-0 tout-à-fait d’un cœur confiant;
0'3 yàp finial-Taro car il ne savait pas [dieux.
16 nénon ëx BEEN. ‘ ce qui allait-arriver de-la-part des
Oi 5è êïropa'ôvovro Et eux (les Perses) se-préparaient
Oolvnv un repas
of»: duw'opmg, non en-désordre,
6017.61 tppsvl n516dpzo), mais avec-un cœur obéissant,
âvv'jp rs vavädmç et l'homme matelot [rame
190110510 xdmn'v assujettissait—par-une-courroie la
duel analpôv autour-de la cheville
5'375 petpov. bien-disposée.
’Ensl 8è çéwog ifliou Or après-que
eut disparu, la lumière du. soleil
V
naréoetm,
3101‘1 vii ënÿa et comme la nuit arrivait,
wig dw-hp ävai 1105117]; tout homme chef de rame
1161515 émaroimç 611Mo» et toutdirecteur d'armes
éxubpsl é; vaüv' allait dans son navire;
10'121; ôè naxpàg véwç et un rang de longs vaisseaux
napsxd‘lu rdâw' appelait-à-sa-suite un autre rang;
nhéoum 5%. d); Exam-To; et ils naviguent comme chacun
ñv 15101vnéuoç, avait été placé,
ml ndvvuzol ô'h et occupés—toute-la-nuit certes
divans; vac’ôv x0101'0101001v les chefs des navires tenaient
noiwa led» vavnxôv toute la foule nautique
31151111001). naviguant-en-travers.
Kai WE, ëxtbpsi, Et la nuit arrivait,
ml 11100116; ‘Ehla'jvwv et l’armée des Grecs
06 1100101 xaûia’ra‘ro ne se—préparait guère
013801931} en-aucun-cûté
Ëznlouv xpuqaa'fov. une évasion secrète.
'Enal va pév101 Mais après-que
huépa lsuxo'mnko; le jour aux—blancs-coursicrs
sûoem; tôsi‘v resplendissant à voir
za1éaxs 115100111 yaïav, eut occupé toute la terre,
136 HEPEAI.
npû‘nov u‘sv fix?) néÂayoç 'EÀMjvwv ndpa
pLoÀTrqô'ov 'qûqprjpsqasv, 690m 5’ äua
àvm‘kdhaîa vrjeubrtôoç rrérpa;
fixe-3 ' (9660; 5% 1mm Bapôdporç Trapîjv
yvoôpnç ditoagoaksïew ' où yàp (b; (puy?)
nauäv’ écpûpvow asuvôv "Enron; 1:612,
a»: é; potx'qv ôpuüvrsç aces” Opdast '
adhmyë 5’ 02012} wév'r’ éxa'tv’ ënécphsysv.
Eùôùç ô‘s xo’mqç poôm’tôoç Ewsuôohfi
é’mwav dike-q) ppuxnov ‘ éy. xsksüauanoç,
006; 8% advraç ñaaw émpavsl’ç tôeïv.
Tb 5a§nbv pèv npû‘nov sùrdxrwç xépaç
Metro, xôaucp 5’ {Scrapov apôtre; arôhoç
ënsisxtbpst, xat map-7p ôpoü xÀÛaw
NOÂ’ΑV Borjv ' « 7Q Traîôsç 'EÀÀfivwv he,
ëhauespoüra natptô’, éÀsuOapol‘ne ô‘a
na’tôaç, yuvaîxaç, 05cm 15 m1941.» ëôn,
em; t; npoyôvwv ' vüv ûa‘ap advrœv o’qo’w. ))

monde entier! Ce fut alors une clameur formidable, un hymne


de bénédictions parmi les Hellènes, mâles accents de roc en me
répétés par les échos de Salamiue. Profonde consternation de
tous les Barbares déçus de leurs espérances! Ce n’était pas pour
fuir, en effet, qu'ils entonnaient leur péan solennel, les Hellènes
alors. Fièrement, l‘âme haute, ils couraient à l‘ennemi. De sa
voix orageuse la trompette enfiévrait toute cette ardeur. — Bien
tôt au signal donné, les rames retombent de concert et plongent
dans la mer. En un clin d'œil tous les bâtiments sont en vue. La
droite en-téte, en belle Ordonnance, ouvrait cette marche impo
sante. En ordre s‘avançait aussi après elle le gros de la flotte.
En même temps on pouvait entendre sur toute la ligne le ter—
rible appel : a En avant, fils des Hellénes, sauvez la patrie, sauvez
vos enfants, vos femmes, les temples de vos dieux, les tombeaux
des ancêtres. Voici la lutte suprême. 1: De notre côté c'est le ton—
l
LES PERSES. 137
npé'rrov uèv d’une part d‘abord
impôt ‘EhMvwv du-côté des Grecs
nÉÀayoç nüçpifiycqosv la mer retentit-favorablement
fix?) nomôôv, d'un bruit en-l‘orme-de-chant,
äua 8è en—même-temps d’autre part
fixd) né‘rpaç vnatœîlôoç l'écho de la roche (le-l’île
dvmhoûaiev apôtov ' y-répondit haut;
(po'ôoç ôè nap'ñv et crainte était
min-n Bapädpot; 1 à tous les Barbares
dnoaçalaïm yvdipdiç ' déçus de leur attente;
of» YàP 6:; WW car non comme pour une fuite
"1mm; écpxfipwouv 1:61: les Grecs chantaient alors
mué'wa aepm‘w, I le péan auguste,
500d épw'bv're; é; udx'qv mais s’—élançant au combat
Opdoet eûrlli’axzp. avec une hardiesse intrépide.
Xoihmyz 5è Et la trompette
énérpksysv dü'r'ñ enflammait de son bruit
no'wra éueïva. tout cela.
E'ôeùç ôè Ê'nouoow Et aussitôt ils frappèrent
êx xs‘r‘aéauaroç d'après la mesure-du-céleuste
à'Mmv Bpôxtov l’onde-salée sous-la-surl‘ace
Zwspôohñ ' par le-coup—donné-ensemble
xœnñ; fioôto'tôoç, de la rame bruyante,
no'w'reç ôè ñazxv 0063; et tous étaient promptement
éxcpaveïç iôsïv. manifestes à voir
Tà uèv xépotç ôéitov L’aile droite d‘une part
ñysï‘ro npc’ôrov précédait la première
eûroixrœç, en-bonaordre,
npo’naç 6è mélo; d'autre part toute l’armée
éneâsxtbpat {Scrapov xo'aytp, venait ensuite avec ordre
xa‘t tapi» xk’asw ôpoô et il était-possible d'entendre en—
won-11v [iovfiv ' un grand cri: [même-temps
u 7!) naïôe; ‘EMr'lvwv ï're, « O fils des Grecs allez,
ëhsuespo’lrs narpiôa, délivrez votre patrie,
élsuôapoü‘rs ôè naïôaç, et délivrez vos enfants,
ywaîxaç, vos femmes, [patrie,
€51) 16 65(7)» narpgbwv, et les temples des dieux de-la—
Grim; TE rrpoyo'vœv' et les tombeaux de vos ancêtres :
vûv àydw t'nrèp névrwv. » maintenant lutte est pour tout. n
138 HEPEAI.
Kat yc‘qv nap’ ñpæv Hapatôoç yhcbaa'qç po'ôoç
û-mv'rfiaëe, xoùxér’ ñv pêÀ'Asw dzxpa“.
Eüeùç 8è vaüç év wfi XaÂx'i, p'q a‘rôÀov
énoncer 11,95€ 5’ èpôoÀ-îlç 'EÂMvm},
vaüç, xänoepaôat mir/m (1.)owicav1; val);
Mépuuô', é-rc' äÀMv 5' 600.0; {Owsv ôo'pu.
To: 1196610: pév vuv 52011.0: Hapctxoü GTPŒTOÜ
dvraïxav' (b; 8%. 117.7100; äv GTE‘IÇ) vacîw
fiôpowr’, o‘zpwy-r') 1" oürtç duh-Mot; aapñv,
oui-coi 5’ ù'p’ aùrüv èuôôkoa; Xakxoavéporç
naiov'r‘, â‘Opauov 11601110: xwrfipn môhov,
'Ekh‘qvmai TE W15; 06x âcppocapôvwç
xüxhp näpifi ëOawov‘ ùmtoü‘ro ô‘e
axoigo'r, vsäw, eâÂŒGGŒ 5’ oùxér' {fiv iôsî’v,
vauaytwv wÀ-fieouca mi. cpôvou Bpouïw '
aimai 6è venom 10190252; 1’ énkfieuov.
(Puy?) 5’ axôaptp nâoa vaüç fipéoos'ro,

nerre de la langue perse_roulant au-devant des Hellènes. — Tout


s'ébranle. Le navire au navire pousse dans le flanc sa proue
d'airain. Le premier à l'attaque, c’est un bâtiment des Hellènes.
Du choc un vaisseau phénicien est désemparé, et la mêlée devient
générale. Un instant le flot de l‘armée perse tient bon, mais la
cohue de leurs vaisseaux une fois les uns sur les autres resserrés
au détroit, loin de s’appuyer réciproquement, se heurtent entre
eux, éventrés de leurs proucs d’airain. De longues rangées de
rames pendent partout fracassécs. Les navires hellènes alors,
inspiration de génie, de leurs anneaux concentriques enserrent
nosvaisseaux, les battent en brèche. Culbutés, les nôtres cou
vrent de flottants débris la mer jonchée de cadavres qui, par
milliers, vont s’échouer à la côte, aux écueils. — La déroute est
dans l'armée barbare, chaque vaisseau, pour s‘en tirer, faisant I
LES PERSES. 139
Kai pin) n'apà ñpôbv Et certes du côté—de nous
{3660; ylcbcong Hspatôoç le bruit—confus de la langue perse
ùnnvrt'açs, allait-au—dcvant-d’euæ,
xal. oôzén iv âzw‘] et il n’était plus temps
aénew. d'hésiter.
EÙÛÙ; 8è vaüç Et aussitôt le navire [vire
Ë'n'ataev Ev v-rfi enfonça-en—frappant dans le na— _
mélov Xalxfipn' l’éperon d'-airain;
vaü; as ‘Ellnvmfi m- un vaisseau grec
ñpîsv épfiolfig, commença le choc,
xa‘t dnoepwäst na'vra xo'pupfia et il fracasse tous les agrès
vsd); Œotvt'canç, d'un navire phénicicn, [navire)
(filler; ôè î'Owev ôo'pu et un autre dirigea son bois (son
èïr‘t all-m. contre un autre vaisseau.
Tà npâ‘n‘a p-év wv D'une part donc d'abord
ÿaûya arpa'mü Hspmxo’û le torrent de l’armée pcrsique
âv'reïxev‘ résistait; [seaux
Cog ôè nlfieog veäw mais lorsque la multitude des vais
ñôporaro êv gravi?) eut été rassemblée à l’étroit,
o-Ii-ng 1e dpwy‘h Trapñv et aucun secours n'était
dllfllolg, (lcs-uns-aux-autres,
ou’no‘t 5è nalovto mais eux-mêmes étaient frappés
û‘m‘) uôtôv par eux-mêmes
éyfiolo'l'; Xalxoa‘ro'potg, par des éperons d’-airain,
Eôpauov mina aro'Mv brisaient tout appareil
mmfipm garni-de-rames,
vñéç TE ‘Ellnvmal et les vaisseaux grecs
’s'eswov minlzp wéplE les frappaient en cercle tout-autour
oûx àrppacpo’vw; ' non inhabilcment;
a'xa'qm ôè vsd‘w et des coques de navires
Ün‘rtoüro, étaient renversées,
Boilowo'a ôè oûxért ñv (Ssh, et la mer n’était plus à voir,
TrlfiOouaa vauaytwv re'mplie de débris-de-navires
xaî (po'vou et de carnage (de cadavres)
ppo'rwv ' de mortels;
din-cod ôè Xmpdôaç 1s et les rivages et les rochers
é-rrlvfleuov vsxpéüv. étaient remplis de cadavres. _
Häaa ôè vaü; ñpéo‘aero Et tout navire ramait
vvyñ New, par une fuite désordonnée,
140 HEPEAI.
6001:1120 ñaav Qupôo’cpou a‘rpa‘r‘alôuaroç.
Tol. ô’ 6301s Oüwouç‘ 1"] 1w’ ixeéwv Bôhov
o‘zyvaïcz xwnd‘w Opaüuaaiv 1’ épzuriwv
Ëmaov, ëppoîxräov, aùxwlcñ 6’ ôuoü
xwxüyaew’ xmsïxs «shaylav aller,
50); xsÀaL‘rîjç vum‘oç ô'up’ âcpsüxero.
Kaxü’w 6è nÀñGoç, oüô’ âv si ôs'x’ mura
aronx'qyopoinv, oùx (iv émtkr’lomyi 001'
55 yàp 165’ [091, [.L'qôoîp.’ fipépo; 1.1.1.6}
mec; 100001" 010190.01! dvôpu'nrwv Gaveîv.
ATOÈZA.
AMI, xomo‘ôv 6-7; néÀayoç è'ppwysv yéya
Hépaanç TE ml. wpémwfl fiapôdpwv «rêvez.
AFFEAOE.
E5 vüv 165' £091, p.115é11w p.500?” xaxôw
Tozdô’ é-rr’ 010100; me; auyupopà iro'zôouç,
Co; 10105;, ml 61; àvna'qxôôaai 5507m.
ATOEEA.
Kai 1i; yévon’ âv 17108’ 51’ éxeiwv 16m;

force de rames. Non moins que des thons, des tas de poissons
quelconques, avec des avirons brisés, des bancs fracassés, on
frappe les malheureux Perses, on les assomme. De gémissements
mêlés à des cris de triomphe s'emplit l'immense plaine des ondes,
jusqu’à ce que la nuit noire, la nuit au ténébreux regard, nous
vint sauver. Immenses ont été nos pertes. A les détailler dix
jours ne suffiraient. Mais sois sûre que jamais en une seule
journée tant d’hommes n'ont succombé.
ATOSSA. Grands dieux! grands dieux! Quel océan de malheurs,
débordé sur les Perses, sur la race entière des Barbares!
LE COURRIER. Et pourtant ce n'est là rien encore. Si lourde
estl’autre catastrophe tombée sur eux, qu’à elle seule, deux fois
à ce que tu sais elle ferait contre-poids.
ATOSSA. Peut-on donc rien imaginer de plus affreux que ce
LES PERSES. 141
b'cm-rrsp 550011) tous-ceux-qui-du—moins étaient
01p011215p.0110; Bapôoîpou. de l’armée barbare.
T0‘1 ôè D’autre part ceux-là (les Grecs)
Enawv les frappaient
dome eüwou; comme des thons
ñ 11v01 (5071011 lxeéwv ou un coup-de-ûlet de poissons
äyaïm xwrrû'w avec des éclats de rames,
Opaépaaiv 1e épamlwv, et des fragments de débris,
Êppdxtëov, les assommaient,
56x00“; ôè' et un chant—triomphant [tions,
ànoü uœxépamv, en—même-temps que des lamenta
ua‘rsïxsv 60101 nshayiav, oceupait l’onde-salée de—Ia-mer,
En); 3mm wxxà; Malawi; jusqu’à ce que l’œil de la nuit noire
âipsflsro. les arrachât aux Grecs. [toi
Oüôè 51111750011111 div 001 D’ailleurs je n’achèverais pas pour
1175160; XOŒIÏW, la quantité de nos maux,
oûôè si 0101xnyopoi11v pas-même si je les énumérais
Mm final-101' pendant dix jours;
091 yelp e6 1685, car sache bien ceci,
mm 1114 fiat-90.1 jamais en un seul jour
105100; âvepo’mwv une quantité d’hommes
1000610 01010066 telle quant au nombre
Oaveïv. n’être morte.
ATOXEA. Air/I, ATOSSA. Hélas!‘
pevà 61‘; 11910170; xaxz’bv certes une grande mer de maux
Ëppwiev a éclaté
Hépam; 1e et pour les Perses
:1101‘1 110611011111 vévu Bapôolpwv. et pour toute la race des Barbares.
AFI‘EAOE. "we! s6 v6v LE COURRIER. Sache bien main
1651;, ceci, [tenant
31013160 pnôén-œ (150061; ' le mal n’est pas-encore à—rnoitié;
1016165 0141190061 1161600; un tel amas de malheurs
157101» énl. 01Û10ùç, est venu sur eux,
1b; dv11011w€60011 101'063 au point d'égaler ces choses-là
son de son poids
1101! Mg. même deux-fois.
ATOEEA. Kal 1l; 115x11 ATOSSA. Et quelle destinée
yévowo äv ëxetwu tña'ôs; serait plus funeste que celle-là?
Aéiov 11'v01 016 (9914; Explique quel encore dis-tu
142 HEPXAI.
Aéäov Ttv’ a5 e'ijç 'rr'jvôa ouucpopàv crpœrq:
éÀOaIv xam‘bv pénoucav ‘ à; 16; uäoaova.
AFFEAOX.
IIzpaGw ô'aourap Flaw) o’zxuatm cpüow,
eoxfiv 1’ digne-“cor. xaùyévaww émrparre’tç,
«616,3 1’ ävaxrt mic-cw év spa’norç dud,
TeOväcw atcXpLBç ôuaxhsea-ra'zrrp uôptp.
ATOZEA.
Oi 'yd) TOÎÂŒWŒ auprpopäç xaxîjç, (pilet.
Môpq: 822 note: TOÛGÔE (pi); ôhœhévat;
AFFEAOX.
Nico; 11.; 5 €01! npo’oee Eahautvoç 176mm; ,
Qutà, ôüaopudç vaualv, ñv ô (pthéxopoç
Haw ëuôarsüst, aovrtaç o'mi‘]; 5m”.
’Evraüea réparer. 10605’, 51mg, ô'row vsd’w
(pôapév-raç éyflpot v'îjoov éxoopëotæro,
x'ca‘ivousv aüxstpwrov 'EÀHjvwv orparèv,
(pthouç 5’ Ùnazarÿlotav évaMwv ito'pœv,
mud); 15 uéMov teropôv. 'Qç yàp 026;
vaû'w ëôwxs xüôoç "EÀMcw pémç,
«661; uspôv cppdëavraç aux-0mm; ôéuaç
Ô'TIÂOIO'L vaGw êîéôpwaxov ' âwpi 5è

désastre? — Continue pourtant, dis-nous cette catastrophe de


l’armée, efl‘royable à surpasser ce que déjà tu nous as appris.
LE COURRIER. Tout ce qu’il y avait de fort, de renomme pour sa
vaillance, de distingué par sa naissance, de plus fidèle au prince,
a succombé misérablement au plus humiliant des destins.
ATOSSA. Malheur, malheur à moi! Que de désastres, 6 mes
amis! (‘Au courrier.) —— Dis-moi comment si lamentablement ils
ont péri.
LE COURRIER. Il y a près des parages (le Salamine une île
étroite, aux vaisseaux inhospitalière. Pan en belle humeur s’y
rend avec ses chœurs, au bord de la mer. Xerxes y avait une
partie des siens prêts à égorgerl‘armée des Hellènes sans défense,
qtmnd ses débris, eulbutés des navires, dans l’île chercheraient
leur salut, prêts aussi à reprendre à la mer les Perses emportés
par les coul'autsv C‘était là vraiment trop présumer de l’avenir.
— Quand le ciel eut sur mer assuré le triomphe des Hellènes, le
jour même, revêtus de leurs solides armures d'airain, ils sortent
LES PERSES. H3
rñvôs ouaeopo‘w éheaïv 0190153 ce malheur être venu à l‘armée
p's'rrouaow penchant-par—son poids
È; ro‘z adaoova zaxd‘w. dans les plus grands des maux.
AI‘I‘EAOE. "Oaomsp LE COURRIER. Tous-ceux—qui
nape-Gm d’entre les Perses
:rîa'ow àxpaïor tpüaw, étaient vigoureux de nature,
äpw'roi sa «box-M, et les meilleurs quant à l’âme
ml. ëxrrpa'mt; eûyévstow, et remarquables quant à la nais—
ciel TE èv npdrrot; ettoujours dans lespremierslsance,
nlorw quant a lèur fidélité
ävoom orbré‘), pour le prince lui-même
râôväo'w alaxpäxç sont mort honteusement
po'pqo ôuax‘œaaro’mp. par un sort très humiliant.
ATOEEA. et éyd), (pilot, ATOSSA. Hélas! moi, mes amis,
TcZMuwx o'vwpopa; xaxñç. malheureuse de cet événement fu
Hoiqo 5è pm'pq) Mais par quel sort [ncstel
(9l); roüaôe olwlévw; dis-tu ceux-ci avoir péri?
AFFEAOE. Tl; vño‘o'; tort LE COURRIER. Une île est
npo’aûs To'nœv Zahap'ivoç, devant les parages de Salamine,
fleurit, ôûo'opuoç vauolv, petite, d'abord-difficile auxnavi
fiv épfimret’aet que fréquente, hes,
Hàv (pilo'xopoç, Pan qui aime—les—chœurs,
én‘t dxtñ; Trev-rim. sur la côte maritime.
'Evraüea TÏÉIJJ'EEI. 10-5052, Là il envoie ceux-ci,
57:0); ô'row êxôpo‘t tpôapévreç afin que, quand les ennemis perdus
Ézmpëolaro ved'w se sauveraient de leurs vaisseaux
v‘ño‘ov, dans l’île,
zrslvotsv o‘rptxrôv ‘Eldnfivwv ils tuassent l’armée des Grecs
Eôxelpwrov, facile—à—vaincre,
finsmq'xlozev 5% cpDmug et retirassent leurs amis
no'pwv êvor'hicov, des courants maritimes,
lo-ropû'w nanti); rà uéhhov. connaissant mal l’avenir.
(Q; vdtp 056; Gar lorsqu’un dieu
ëôwxsv 'Ëhhnm eut donné aux Grecs [(naval),
u-‘Jôoç pain; vouIw, la gloire du combat des vaisseaux
çpoîâotvrsç ovbenuspciv ayant muni le-même-jour
ôéuag leurs corps
gnhototv Eôxdkxmç, d’armures d’-airain;
éëéûpwmtov Vaôv‘ ils s’élançaient de leurs vaisseaux;
H4 HEREAI.
xuxÀoüvro aäaav vñaov, 6301’ äpqxavaïv
51ml. Tpdnowro. IIoÀÀà pév vw èx Xepé‘iv
né‘cpoww fipéaaovro, mil-v.71; 1’ o’mô
(Mut-no; loi. npoonimows; (B’Muoav '
19.0; 5’ écpoppvqeéws; ’ ëï évèç 556000
autocar, xpaoxonoüat 5uo11'1vow p.911,
é'w; dndvrwv éEamécpeatpav Biov.
Eépänç 5’ o’wqbucoisv, xaxtbv ôpâiv Bâtie; '
ëôpav yàp aÏXE mono; zuayfl 01901106,
finir/17x?” 6xeov äyxi nakayiaç àÀôç '
Mât»; ô‘a néflouç xùvocxwxôaaç Àtyù,
midi: napœwsûaç &çapg atpata‘ôpau,
ï'qa’ àzéaptp Eùv (pom. Tow'w52 act
1195; 111 116190162 aupgoopàv GTÉVEW adpa.
ATOXEA.
’Q oruyvë ôaïptov, d); äp’ 54120001; çpsvdlv
Hépmç ' mxpàv 5è 1101?; £115; ttpwpiav
xÀswŒv ’AO'qvŒv 5139€, xoûx' dot/1912000)

de leurs vaisseaux, enveloppent l’île entière, à rendre la fuite


impossible. De leurs mains alors c’est une grêle de pierres; des
cordes de leurs arcs, des traits qui tombent, portent la mort. —
A la fin ils bondissent, comme un seul homme, taillent, déchi
rent les membres des malheureux Perses, tant et si bien que de
toute cette foule il ne reste rien. Xcrxès verse des larmes devant
l’immensité du désastre, car il s‘était établi, pour embrasser le
champ de bataille, sur le sommet d’un promontoire, au bord de
la mer. Sa robe vole en lambeaux, il jette les hauts cris, se la—
mente, it son armée de terre donne subitement l’ordre de la
retraite. Lui—même honteusement prend la fuite. — Tristedésastre
à joindre au premier, à pleurer avec lui.
ATOSSA. Fatal destin, est-ce assez te jouer des ambitions de
la Perse? Voilà donc l’expiation amère que mon fils a infligée à
LES PERSES. ‘145'
âpzptxuxhüvro 8% et ils enveloppaient
näaav vñao'), toute l'île, .. [voir
d'une àpnxaveïv (le-sorte-que les Perses ne-pas-sa
ô'rcot rpdrrowro. : où ils se tourneraien't.
’Hpäcaovro {LÉV vw ‘D’une part donc ils'étaient frappés.
110llo'z beaucoup _ V a
11%1p0ww Èx Xstptîw, par des pierres lancées des mains,
toi 8% Trpomrim'ov'raç d’autre part des flèches t0 mbant—sur
duré Ocbyawoç Toëtxñç d’une corde d’-arc [euar
66llucow' les faisaient—périr;
1élog 8% d’autre part'enfin
ëtpopuneévra; les Grecs s’étant élancés
ÈË, ëvàç (566w d’un seul courant (élan) '
Traioum, xpeoxonoüm frappent, hachent
pél'q ôvo-nfivwv, les membres des malheureux,
Ê'wç Èâarréçpesrpav jusqu’à ce qu’ils eussent détruit
[Siov dm'dv1wv. la vie de tous.
Eépgnç 8% àvgbpw‘âev Et Xerxes se—lamenta (maux;
ôpc'ôv Bdeo; nam‘ûv ' en voyant la profondeur ce ces
eÏxe yàp ëôpav car il occupait un siège
aûzxy'î] wound; mpouoD, ' qui-voyait-bien toute l'armée,
fixpnlév ôxeov une haute éminence
äyxv. dld; nelayiag‘ près de l’onde-salée de—la-vmer;
ÿñëaç 8% Tré'nlou; ‘ et ayant déchiré ses voiles
xa‘t dvaxœuüaaç et s’étant lamenté V
NYC), d’une voixLperçante,
flapayysflag ätpap en ayant-donné-l’ordre aussitôt
mparstfiuau WEÇÇJ, à l’armée de-pied (de terre),
'L'nm Eùv (peuyij âxo'o'ptp. il s'élance par une fuite désordon
Hoipa o'or ll est—permis à toi lnée.
m'évsw roldvôs auptpopàv de gémir sur un tel malheur
npôç Tij noipotee. outre celui d’-auparavant.
ATOZEA. 79 amyvè ôa’fpov, ATOSSA. O cruelle divinité,
115; äpa Ê'QJsuaaç comme certes tu as trompé
çpevû'w de (dans) leurs pensées
Hépaaç' l les Perses;
Èpô; 8% 1101?; Ebps et mon fils a trouvé
Tlpwpiow mxpàv une vengeance amère
Xlswé'w ’Aenvd‘w' de la célèbre Athènes;
MORCEAUX cn. D’ESCHYL E. 10
“-6 H E P E AI.

oûç npo'aes Mapaedw Bapôépwv o’mo’alxsasv '


div àwinowa TEŒÏÇ éub; npa’näsw l ôoxtîw
‘roaôvôa 11Mo; minim»: ënéc‘raasv.
Eb ô’ sink, vaûv oî ratpsüy'owtv uépov,
1106’10605’ ËÂstrtaç; oiseau a-qpfijvat 10063;;
AFFEAOE.
Nouîw ye raya). 163v Âakstuyévwv cüô'qv
xa‘r’ oôpov oüx süxoauov aipovmt (puyfiv °
orpac‘tèç 8’ à Àorrcôç Ev 1s Bonœ‘rôbv xeovl.
ôiéÀÀvO’, ol. uèv émoi. xpnva’tov yo’woç
604m novoüv‘tsç, et 8’ im’ 610611.010; xsvot’ '
et 6’ Èxnaptîôusv ë; 1s Œwaéwv xeéva
ua‘t Awplô' a’iow, Mnlxtä 1s xôlnrov, 013
ÊTŒPXELÔÇ äpôsu naôiov sûuavsï no‘cq; '
xawrsüeav find; fig ’Axattôoç néôov
Mal. Bsaaakmv 110'Mn; ùnsmtavwuévooç
Qopäç èôé‘éav'r" ëvôa 8?] Maïa-ton Oa'wov
314m 12 MW?) 1’ ' dacpô-rspa yàp ñv Tdôa.
Muyv-q-nxñv ô‘a ya‘taw ëç 1a Maxsôévow

cette célèbre Athènes. Et pourtant que de Barbares déjà dévorés par


Marathon! Pour avoir voulu prendre sa revanche, voilà les maux
que Xerxès s’est préparés. — Mais de nos vaisseaux tous n‘ont
pas succombé; dis-moi où tu as laissé les autres, ne me cache
rien.
LE COURRIER. Quelques-uns, en effet, réussissent à échapper.
Ceux qui les commandent les livrent au vent, et de toutes leurs
ferces, confusément s’enfuient. Le reste de l’armée sur la terre
des Béotiens a péri en partie, faute d'eau bonne à boire, tuéspar
la soif, en partie de fatigue. — Et nous, nous nous sommes jetés
à travers le pays des Phocéens, la Doride, vers le golfe Maliaque,
aux terres abreuvées des douces eaux du Sperchios, pour arriver,
exténués de besoin, aux plaines de l’Acha‘ie Phthiotide, et dans
les villes des Thessaliens. Là le plus grand nombre mourut de
soif, de faim, deux maux dont nous souffrions également. Par le
territoire de Magnésie, le pays des Macédoniens, le cours de
LES PERSES. ' . 147
xal 0611 61111601150011: et ils ne suffirent pas
6006; {Sapfidpwv tous-ceux des barbares que
Mapaedw daib150€ 119600511. Marathon fit-périr auparavant.
’flv €116; 1101'1'; Desquelles-choses mon fils
ôomïôv apdäaw dv1t1101vo1 croyant devoir réclamer revanche
Ênécmaaev s’est attiré
1006x165 1119160; 1111110'11œv. une telle quantité de maux.
21‘) 61‘: 111115, Mais toi dis, '
1106 5151115; 1015065 où laissais—tu ceux-ci
01' 1151912151010: po’pov vaâv; qui ont évitéle sort des vaisseaux?
01'0001 annñvou 1opôûç; sais-tu l'indiquer avec-précision?
AFI‘EAOE. T0170! vs LE COURRIER. Certes les chefs
vaû'w 116v 1512111115001! des vaisseaux qui sont restés
01:1'pov1011 0651p prennent précipitamment
rpuyfiv 06x 56110011011 une fuite non en—bel-ordre [ble;
3101101 06pov' dans-la-direction du vent-favora
ô ôè 101116; 0100116; et le reste de l’armée
510511010 12 et périt
év XÔoviBom-râ‘w, dans la terre des Béotiens,
oî pèv 1:0v06v1e; Brin.) les uns souffrant de soif
6111191 yo'wo; autour-de la boisson-agréable
xpnvaïav, d’une source, [flés);
0'1 ôè ùnäxevm 6i00|.10110;' les autres vides de souffle (essouf
01 ôè émepc‘bpsv nous les autres nous passons
3; 15 xedva Œwxéœv et dans le pays des Phocéens
11011 aiav Aœpiôa, et dans'la terre doride,
16111011 1s M111iô'1, et dans le golfe Maliaque
o6 Enepxaô; où le Sperchios
äpôa nsôtov arrose la plaine [sante);
11018.13 eûpévar d'une eau bienveillante (bienfai
1101i. ëvnüesv et de—là
néôov v'ñ; 'Axoui'ôo; la plaine de la terre d’-Achaïe
xal 116151; 05000116311 et les villes des Thessaliens
êôéëavm ñuä; reçurent nous
ûrrecmavwnévou; {30061; manquant de nourriture; [rent
ëv901 81‘] 111210101 eoîvov la certes de très—nombreux péri
61'421] 15 111114“; 15' et de soif et de faim,
roiôe yàp 011119015901 ñv. car ces deux fléaux existaient.
11919101450001 6% Et nous arrivames
148 t H E P 2} AI .

Xcôpaw dapmôugoe', é-xr’ ’Aâtou no'pov,


Bäkônç 0’ ëletov ôo’vam, Ho’cyyatäv 'r’ 690;,
’H5wvi5' aïaw ' vum‘n 5’ èv mon” Bab;
Xetpuîw’ äwpov (33902, Trr’wvuaw 8è new
péaepov àyvoü Erpuyôvoç. Baoùç ôé nç
15 np‘w voutÇœv oûôaooü, 161’ ‘qüxsro
Mmtm, yaïav oùpavôv TE rcpocfmvdw.
’Errsi. 8è aroMo‘z Oaoxkunbv é'rauaono,
xpoawMon‘îna ôtez-impôt népov mpa’rôç.
Xdxmç u‘av fiuû’w, nply oxaôace'ïjvat 620E)
àxflvaç, (Draps/161], oaaœauévoç xupeî.
(bkéyœv 7&9 aüyaîç Munoz“); ñkn’ou minke;
uéaov népov ôtñxs, eapuaivwv cpÀoyi'
flmov 5’ än' àÂÂfiÀmGW' 'qùrüxst ôâ 10L
861L; râpe-cor maüy.’ o'mépp'qfiav fitou.
"000: 82; Âomol xä'cuxov awmpiocç,
(“JP-(mm napo'zoow'czq uôytç MMQ wôvtp,
ñxouaw éxcpuyôwsç, où noMoi 'cwaç,

l’Axios, les joncs et les marécages de Bolbé, la croupe du Pan


gée, nous atteignimes les confins d’Édonie. — Cette nuit-là le ciel
nous envoya un froid extraordinaire pour la saison. Les eaux
sacrées du Strymon se prirent dans toute leur largeur. Plus
d’un, qui jusque-là n'avait pas cru aux dieux, se mit alors en
prière, adora la terre et le ciel à la fois. Après des actions de
grâces pleines d’efl'usion; l’armée s’élance sur la nappe glacée.
Ce qui a passé, avant que le dieu eût dardé ses rayons, fut sauvé.
Tout brûlant de ses feux, en effet, le disque resplendissant du
soleil, d'aplomb prit le milieu du fleuve, de sa flamme l’échaufl'a.
— Quel pèle—mêle alors! on tombe les uns sur les autres, et bien
heureux, assurément, qui tout d’abord est étoufl'é! — Ceux qui
survécurent, et eurent le bonheur d’être épargnés, à travers la.
Thrace, à grand'peinc, au prix de mille fatigues. rentrent en
LES Penses. 149
ya‘t‘av Motyv'qrmñv dans la terre magnésienne
ë; rs Xo'apow Maxz5dvwv et dans la contrée des Macédo
êrr‘t no'pov ’Ailou vers le‘ cours de l’Axios, [niens,
ôo'vooto't 15 Elem: Bo'ksnç, et le roseau marécageux de Bol
5pc; rs Ho'zyyouov, et la montagne de-Pangée, [bé,
aise) ’H5wvf50v terre édonienne ;
èv ôè 'rw'rm vomi or dans cette nuit—là
Oeôç Æpo‘s un dieu excita
Zetuâwa &wpov, un froid prématuré, [rant
mfiywm ôè näv péaôpov d’autre part il congèle tout le cou—
àyvoü Erpuuo'vog. du sacré Strymon.
TI; 55 Et quelqu’un (plus d’un)
voulÇwv 1:5 np‘w n’estimant auparavant
950-3; oüôauoû, les dieux en-aucune-façon -
ro're nüxsro alors priait '
litraïot, avec supplications,
rrpooxwd'w yaïa'v oôpavo'v TE. adorant la terre et le ciel.
’Ene‘t 6è orpot'rôç êrrat'mono Or après—que l’armée eut cessé,
Oaouhurt'bv 1mm, invoquant (d’invoquer)-‘les-dieux
5m1rsp§i no'pov elle traverse _le passage [beaucoup,
xpuaràhlorrñya. formé-par-la-glace.
Kai ô'an; uèv ñuäiv Et d’une part quiconque de nous
ùpuñen, . s’élança,
np‘w dxri'vot; ñkiou avant les rayons du soleil
axsôaqeñvw, se répandre, '
zaps? aeewauévoç. se-trouve ayant été sauvé.
K5110; yàp haurrpàç hllou Car le disque brillant du soleil
(phéyoov œbyai'ç brûlant par ses rayons
ôt’ñxe péaov 'rro'pov, pénétra(l'ondit)lelmilieu du passage
Oepualvwv (plo'yt ' l’échaufl‘ant de sa flamme;
n‘ETr-rov ôè et ils tombaient
ên‘t dnñhotow' les uns sur les autres ;
nfmfixst ôé 1m et était-heureux certes
élan; ànéppngav mixte-rot quiconque rompit (perdit) très-vite
msüpa Bleu. le souffle de la vie.
"Oo'ot ôè lomoi Mais tous—ceux-qui furent restants
mi ëruxov Gwmplmç, et qui obtinrent leur salut,
nepo’toow'reç @pwjxnv ayant traversé la Thraee
p.571; 1101M) 1ro'vqs, avec-peine à grande fatigue,
150 I'IEPEAI.

é'p’ ËO’TLOÜXOV ya’tow' (b; o1év2w nôkw


Hapaû’w, noeoüaav (pub-rami; 9161p XOovôç.
Taü'r' 201’ avale?) ' 1105M: 5’ ëxhstaw Àéywv
xuxü’w & Hépaaiç éyxa12'o'x-r1a112v 626;.
XOPOE.
7!) Soda-6m18 ôataov, 1b; äyav {Bapùç
aoôoîv éw’jhov 1100;11 Hepotxép yévu.
ATOEÊA.
Oî ’Ytb réhatva ôtmanpaypévou a‘rparoü '
(5 vux15; 6'1»; êprpav’q; èvun'viwv,
d); xo'zpm’uol. accepta; ëôv’jhwaaç mué.
' ‘Ï'psîç 8è goaühwç aù’r' äyav éxpivate.
"054w; 5’, 2112155 1115’ âxüpwaev cpo’m;
ùpŒv, 0507:; uèv apærov eüiaceat 62M) '
51121101 y?) 12 mi (perroïç ôwpijpam
Ÿ'jîw Àaôoüaa aéhavov èfi ot'xwv épaäv,
' énimapai pèv d); èn’ éëetpyaapévmç,
0'003 2; 15 Àourôv st' TL 5-‘r1 ÂÇiov aéÀot.

fugitifs, réduits à quelques—uns, dans leurs foyers, dans leur


patrie. Que de regrets, que de larmes pour la Perse sur cette
chère jeunesse du pays! Tel est le désastre dans toute son éten—
due; encore ai-je, en le racontant, omis bien des détails na
vrants, aux Perses infligés des dieux.
LE CHOEUR. lmplacable destin, comme de tout ton poids tu
as sans miséricorde, sous ton pied, à plaisir, broyé le peuple de
la Perse l
ATOSSA. Ah ! malheureuse, c’en est fait de l’armée. Visions,
songes de mes nuits, trop véridiques pronostics de ce qui m'at
tendait.-— Et vous, vieillards, comme vous vous y êtes trompés !
Pourtant, ainsi que vous me l’avez dit, tout d’abord, je m’adres
serai aux dieux. A la terre, aux morts, de mon palais j’apporte- »
rai le gâteau sacré. Sur le passé il n’y a pas à revenir, je le sais ;
mais à l’avenir, si nous pouvions être mieux partagés !
LES PERSES. 151
ñxouotv ëxçuyo'vreç, sont arrivés s‘véchappant,
05 TWE; nollol, non des nombreux,
én‘i ya‘faw sur la terre
èartoûxov' qui-renferme-leur—foyer ;
du; 1to').w Hepot’ôv arévawz de sorte que l'État des Perses gémit
noeoûoow "rjônv cpll'roimv regrettant la jeunesse la plus chère
xeoväç. du pays.
Taûrd Ecru 60.1107] Ces choses sont vraies;
éxlalmn 8% léywv d’ailleurs j‘omets en parlant
«and xaud'w 6% 656; beaucoup des maux qu'un dieu
éyxaréaxqÿsv l'lépo'oug. a fait—tomber-sur les Perses.
XOPOE. "'Q ôŒÏlLOV, LE CHOEUR. O (livmité
ôuarto'vnrs, difficile-à—supporter,
d); how Bapù; comme trop pesant
ëvrjhou noôoïv tu as sauté de tes pieds
noun-I yévsz Hspo'mq"). sur toute la race perse.
ATOEEA. 01' €76: tailawoz ATOSSA. Hélas! moi malheureuse
01901106 ôtansnpawévou' de l’armée détruite.
"Q 611“; Èwpowùç O vision manifeste
èvumtmv vuxrôç, des songes de la nuit,
du; éôvflwoo‘zç p.01 comme tu as annoncé à moi
xozxà des maux
zoipra aucpiôç; tout—à-fait clairement!
‘Ï‘pe‘fç 8% ab'ra ëxpivou's Etvous de votre côté vous avezjugé
äyaw cpaufilwg. trop mal. '
"Opwg 8%, ‘ Mais pourtant, -
Énetôñ (poing ôpû‘w puisque la parole de vous
éxüpwaev tñôa, a décidé de cette manière,
eélw Trpib'rov p.%v je veux d'abord d'une part
sfiEao-Oou 050T; ' prier les dieux;
%'11e11a ñëw puis je viendrai
laGoihm êg épt’bv oi'xoov ayant pris de ma demeure
welcwz'av un gâteau-sacré
Mensura Yñ TE. comme ofl‘rande et à la terre
ua‘t cpôtroi'ç' et aux morts;
énio‘rapm p.%v je sais à-la-vérité [complis;
du; én‘t èietpyacpévozç ' que je fais cela après les faits ac
(ma si' Tl 8i] ah! si quelque chose certes
mêler lélbov ë; 18 lomo'v. était meilleur à l'avenir!
15?! ÏIEPZAI.

1V. L’OMBRE DE DARIOS.


(Vers 787-8l2.) ‘

XOI’OZ.
T1' 06v, ävaë Aapeïa, ‘lt'OÏ xama‘rpégost;
Ào’ywv TsÀsu-rfiv; 1:63; äv éx TOÛTOW ën
rpdooomsv du; äpww IIapGtxôç Àadlç;
AAPEIOX.
Et pi, 0100115130109’ é; 10v 'EÂM’jvwv 1010v,
0116’ et arpo'c'raupa whim if] 10 M'qôtxôv.
Aérfi yàp 79] ëüuuaxoç xatvmç lî‘i’Ât-Zt.
XOPOE.
1163.; 170131" gazing, 11'v1 106111;.) 5è cuuuaxsî;
AAI’EIOE.
Ktatvouaa Mug") 101); ùaep‘nônouç äyav'.
XOPOZ.
’AM’ 5001000} 101 Àaxrôv époüuav arékov.
' AAPEIOÈ.
’AÀÀ' oüô’ ô astvaç vUv ëv ‘EÀMôoç 161101;
0100110; xupv'joat vocttuou ammptaç.
XOPOE.
I113; 211101;; où yàp näv arpdrtsutm Bapôäpœv
1:206} 10v "EM-q; nopeuôv Eépo’mqç dito;
_ AAPEIOZ.
Ila’ôpot 'ys 110M61w, e! 11 1101930011 056v
LE CHŒUR. Eh bien, prince Darios, qu‘augurerons-nous de tes
paroles? Après cette catastrophe, comment se relèvera—t—il, ce
peuple de la Perse?
DAR OS. En ne portant jamais les armes au pays de l‘Hellade,
l’armée mède fût—elle plus considérable encore. — Elle‘méme,
la terre combat pour les Hellèncs.
LE CHŒUR. Que dis-tu là? Comment combat-elle pour eux 7
DARIUS. En tuant par la faim les nombreuses armees.
LE CHŒUR. Avec de bons vaisseaux pourtant, de bons sol
ats...
DARIOS. Tu verras que l’armée, encore au pays d’Hellade,
jamais n’en reviendra.
LE CHŒUR. Comment! tous les Barbares ne franchiront pas lo
détroit d’Hellé, ne sortiront pas d'Europe ?
DARIOS. Bien peu 'd’un 81 grand nombre, s’il faut en croire les
LES PERSES. 15:1
lV. L‘OMBRE DE DARIOS.v

XOPOZ. T! 06v, LE CHOEUR. Quoi donc,


diva; Aapeïe, roi Darlos,
1106 x0110101péq>a1g où inclines-tu
15115-01111: 167101); la fin de tes discours?
111?); €11 101510310 comment à-Ia-suite-dc ces mam:
1131!); 11.500126; nous le peuple perse
11110220111.“ 5w £11 ferions—nous encore nos affaires
60; 611210101 ; le mieux qu’il est possible?
AAPEIOE. Et DARIOS. Si
[11"] 0100118601095 vous nefaisiez-pas-d’cxpédition
ë; 10v 161101; ‘E1115vwv, dans le pays des Grecs,
unôè al 11‘) 010011201101 Mnôutôv pas-même si l‘armée médique
ñ 1115'1'011. était plus considérable.
‘H 161p Yñ 01'311 Car le terre même
1115.7151 Eéyuaxoç 0113101; est auxiliaire à eux. ' [ccla?
XOPOE. H16; €152,01; 10610; LE CHOEUR. Comment as-tu dit
1tv1 56 1061109 et de quelle manière
Euppaxeï. est-elle—auxiliaire?
AAPEIOX. KTEtvouaa 11m?) DARIOS. En tuant par la faim
101‘); äyow 611501161106; les trop nombreux. [partir
XOPOZ. ’A11c‘1 619061111: LE CHŒUR. Mais nous-ferons
016101: 1511011 une flotte choisie
2601011fi 101. et teste certes.
AAPEIOE. 'A11à OÜÔÈ DARIOS. Mais pas—même
'3 01p0111‘2; galva; v6v l'armée restée maintenant
év 10'1101; ‘E110'160; dans les pays de la Grecc
mir/1051 0wmpio1ç 100011'1101). n’obtiendra lo salut du-retour.
XOPOZ. H16; sinaç; LE CHŒUR. Comment as-tu dit?
116'111 vùp 01p0’11suaa] est-ce-que toute l’armée
Bapôoipwv des Barbares
01’; nepê ne traversera pas
16v 110p0116v "E1111; le passage d’Hellé (l’lIeIlespont)
61116 Eùpo'nmg; _ revenant de l’Europe ‘?
AAPEIOE. Ila6pot 72110116311, DARIOS. Peu certes de beaucoup,
et Xpñ 1110156001! 11 s‘il faut croire en quelque chose
154 HEPZAI.
Xp); Oaacpd-roww, é; 'rà vüv aairpayyiéva
BÂÉdæav‘ra' copôatvs: 76:9 où 16; pèv, Tà 5’ 06.
Kst’nsp Tdô’ écri‘, 100160; Eupwov arpa'rofi
Ashram xavaraw élartaw aseswpévoç.
Mipvoom. 5’ €v9a ne5£ov ’Aaum’o; poa‘tç
äpôët, cpiÀov niacin Bouo‘rGw xeovt '
oü acpw xaxüv ürlua‘r’ énauuévsv. itaQeZv,
669w; &aowa xàeéwv cppowipo’wwv '
ot yflv uokévraç "EÀMô’ où 656w Bpé‘m
jôoüvro auÀäv oùôè mpnpo’zvou vaoâç '
Bwpol 5’ ä'taroz, ôatpévwv 0' tôpüpam
npépptÇa cpüpônv èëavécrpamat Béepœv.
Tonyàp xaxd'); ôpa’wawaç oùx ëkdcaova
ito'wxovat, 10‘! 6% pinceau, xoüôé‘rw uaxa‘w
up-tpttç ûnea‘cw, 0’003 {1’ émuôüarat.
To'aoç yàp écrou aékavoç alga-roomy};
n95; y?) IlÀoc'raLŒv Awptôoç Àéyx-qç 51m.
Nsxpdlw 5‘s etveç mi 'rpt'roarrôptp yovfi

paroles des dieux, juger l’inconnu de demain par le connu d‘au


jourd’hui. Et un oracle ne se vérifie guère sur un point, sans se
justifier aussi sur l'autre. Donc, de nombreux soldats d'élite ont
été laissés par Xerxès, dupe de ses folles espérances. —— Ils sont
là aux plaines abreuvées des eaux de l’Asopos, douce boisson
de la terre béotienne. C'est là aussi que les attend la suprême
catastrophe, châtiment de leur insolence, de leurs pensées im
pies. Envahisseurs de l‘Hellade, rien ne les a pu arrêter, ni le
sanctuaire des dieux mis à sac, ni leurs temples par eux livrés
aux flammes. Les autels ont été effacés, les statues déracinées de
leurs piédestaux, fracassées, dispersées. -— Pour avoir ainsi mé
chamment agi, certes, l’expiation a été dure; mais l'avenir est
plein de menaces encore. — Des maux, le gouffre est sous leurs
pieds; bouillonnant, il jaillit toujours. Si épaisse sera la boue
sanglante aux champs de Platées sous la lance dorienne, que les
monceaux de cadavres jusqu’à la troisième génération, muets et
LES PERSES. 155
Osmpo'wmm OEËW, aux oracles des dieux,
Blé own: ayant regardé
5; rà nenpayuéva vüv' vers les choses faites maintenant;
où yo‘zp car il n'est pas vrai de dire que
tà uèv oupñaivet, les unes arrivent,
15¢ 55 015. les autres n’arrivent pas.
Ka‘t sïnep'riôs écrl, Et si (puisque) cela est,
nsnswpévo; xsvaîaw éknio'w persuadé pardevaincs espérances,
Minet Xerwe's laisse (a laissé)
nlrñeo; ëxxptrov 01901105. une quantité choisie de troupes.
Mlpvooat 5‘s Eve: Et ils restent là-où
'Acw1'c5; 6195a nsôlov l’Asopos arrose la plaine
ÿoaïç, de ses flots,
nlaoua (pilov engrais cher
xeovl Boum-ré?» ' à la terre des Béotiens :
06 ilzlnorot xoouîiv où les plus élevés des maux
énaupévst mpw naeeîv, restent à eux a soufl‘rir,
ä'rrowa Üôpewç punition de leur insolence
ml (ppovnpoirwv deéwv ' et de leurs pensées impies; [que
et poho'v-reç y’ñv 'Endôa eux qui arrivés dans la terre grec
oûx {150mm auN‘iv ne rougissaient pas de dépouiller
Bpém 056w, les statues des dieux
oûôè mprrpo'wat vémç' ni de brûler leurs temples;
Bémol 8è äïcrot, et les autels ont été} anéantis,
lôpüuard ra ômuo'vwv et les sièges des dieux [ments
éEowém-pam'al [:loiôpwv ont été renversés de leurs fonde
çüpônv pèle-mêle
npo'pptÇa. racines-en—avant.
Totyàp ôpoioav'reg 100163; Donc ayant agi mal
- noie-xouow 06x éldaaova, ils souffrent depeinesnon moindres
palmier Tà ôè, et doivent en souffrir d’autres,
xal oûôénw xpmr‘tc xoouïw et pas-encore le fond de leurs maux
limo-1w, n’est—en-dessous,
(MM: éxmôés‘rai En. mais ils jaillissent encore.
To'o'oç yàp nékavo; Car une telle boue—épaisse
aluaroa'ra‘n); dégouttante-de-sang
garou 'rrp5; yñ l'I‘Aarau'ñv sera à la terre des Platéens
151:6 lo'ymç Amplôoç. '
Give; ôè veupû'w I par—le-fait-de la lance dorienne.
Et des monceaux de cadavres
I56 H E PEA I.
äcpwva G'qpowoüow Ô'ppaaw Bporû’w
Co; 06X ima'pcpau ev-q'rôv ôwa Xpij tppovaîv.
"ï'ôptç yàp firm/6050’ âxoipawae 010iy_uv
ä'r'qç, 502v ad'yfltow'rov èäanä ôépoç.
Tomüti’ (Span/12; 1661152 “réanimer,
uéuvqae’ ’AG-qvcôv ‘ ‘EMo'n5o; 12, 11.1152 11;
ûmptppovfiaaç 15v mpévra ôatpova
&Âhwv épaaôsiç ô'Âôov èxxén péyow.
Z215; 1oz Moms-:91; 16w ùnspnôpmwv äyav
(ppm-11126110)»; 211201112, sû’ôuvoç Bapéç.
Hpb; 10:51' éxsivov, awopovzz'tv xeXp-qptévov '-',
mvùcxs-r' eûho’yomt vouee'cfipacw,
Mien Gaoôkaäoüvô' Ùfrapxôpmp Ôpdzcsu. —~
Si) 6', ci) yzpaaà M1353 7‘) Eépiou cptirq,
èheoüo' 2; ot'xou; zéapov ô'cmç ei’mpe'rrqç
Àaôoüa’ ùaavriaës natôi. Hdw'rcc yàp
xomüv ù'n’ äÀyou; Mxt52; dqupi auSpam

silencieux, attesteront aux regards des mortels que l’orgueil


n’est pas de l’homme. ——Semez l’arrogance, elle monte en épis,
sinistre moisson d'Até, où l’on ne recueille que larmes et dou
leurs. -— En voyant à telles entreprises tels châtiments, d’Athè—
nes qu’il vous souvienne, qu’il vous souvienne de l’Hellade, et que
nul ne dédaigne ce qu’il a, pour s’éprendre' de la fortune d’autrui, y
sacrifier son opulence et ses ressources. Zeus, à n’en faire doute,
punitles excès de l’outreouidance. Un dur justicier! — Vous donc,
maintenant qu’il est nécessaire d'être sages, par vosraisons, par vos
avis, amenez Xercèsà ne plus blesser les dieux de son orgueil
insensé. —- Toi, sa mère vénérable, retourne en ton palais,
prends-y des vêtements décents, et va au- devant de ton fils. Car,
depuis l’emportement de son désespoir, partout sur son corps, ce
LES PERSES. 157
0111101101100» ätpmw signifieront d’une-maniére-muette
5111101011: (30011131) aux yeux des mortels
mi rpiromro'pq: yo'v'g, même à la troisième génération,
des 06 xm‘n qu'il ne faut pas
ô'vm Ovntôv étant mortel
cppove'fv \‘nrépqaeu. penser trop—haut-(trop fièrement).
"l‘ôpt; yàp àâaveoüaa Car l’insolence en fleurissant
êm’tpmoae a produit-pour—fruit
a'rcixw dit-11;, un épi de crime,
ô'ôev èiapôj eépoç d’-où elle récolte une moisson
noiyxlaumv. tout—a—fait-lamentable.
‘Opib‘rrsg Totem-rot êm‘rtwa En voyant de tels châtiments
räwüa, de ces fautes,
péwnaôa 'Aônvû'w souvenez—vous d’Athènes
‘Elloi80g ra, et de la Grèce,
Môé Tl; finswpovfiaa; et que personne n’ayant méprisé
10v 801111.0va1 napo'v‘ra, la fortune présente (dont il jouit),
lpaaealç 600mm étant épris de celle des autres
èuxén no répande (gaspille)
ps'yav 6'l60v. une grande opulence.
Zed; 101 Encart Zeus Eertes est au-dessuswde nous
Xolowrhg 113v tppovn noirwv punisseur des pensées
äyaw ùnspxo'unwv, trop orgueilleuses,
(301015; e66uvog. pesant vérificateur-de-eomptcs.
l'lpôç raüra A cause de cela
TEWÛG'XETE éxeïvov, instruisez celui-là (Xerxes) ,
xexpnpe'vov étant (quand il est) nécessaire
awcppovsïv, d’être-sage,
Eùläyotet vouraûrjpam, par de prudents avertissements,
Mica 0%06l0606v101 de cesser d’étre-en-délire
61201051 13112011611110). par une audace orgueilleuse.
21‘) 8%, Je yspouà uñrsp Et toi, 6 vieille mère,
7‘) 1PM Eëpâou la mère chérie de Xerxès,
élôoûaa é; o't'xoug étant allée dans ta demeure
7101606001 1100-1100 ayant pris un ornement
6011; s-bnpenfié; qui soit convenable
Onav'riaCe 1101181. va au—devant de ton fils. I [maux
'I‘m'z 101.0 d'hier); xazéäv Çar par—suite1dc la douleur de ses
m'ont! crqppopayoômv tout est déchiré
158 HEPZAI.

atvrljtoppayoüm nomüwv èaônydrwv.


’AÂÀ’ aù‘rèv aücppo'vwç où npdüvov Ào'ymç '
110%]; yàp, oîôa, aoü xÀéwv äva'ïamt.
’Eyd) 5' 611111111771; 15110 Cétpov xdrw '

511275; 5%, npéaôatç, xatper’, e'v 11011.01; 511.10;

420m ôtôévrsç ñôovñv xae' ñyépav,


à); ‘cotç Gavoüat 1010010; oüôèv dxpsltet'.

ne sont que lambeaux échevelés de ses riches habits. — Par de


douces paroles remonte-le. Seule, je le sais, tu es sûre d‘être
d’abord écoutée. — Moi, je redescends au ténébreux séjour d’en
bas. — Adieu, vieillards, même au temps de détresse et d'amer—
tume, donnez votre âme à lajoie, chaque jour. — Des biens de
cette terre, d’ailleurs, les morts n’ont plus que faire. (Darios ren
I
tre en son mausolée.)
LES PERSES.‘ 159
611.1101 003110111 autour—de son corps
101:1(65; haillons (en haillons)
é0611uoi1wv 110111010110. de vêtements brodés.
'A11ô1 01‘: npdüvov 016101: Mais toi adoucis-le
1610961101; 16y01; ' avec-bienveillance par les paroles;
âvéâsmu 761p, 0’160, car il supportera,je le sais,
111131011 ' en entendant (d’entendre)
006 pävnç. toi seule.
’Eyd) ôè 611151111 Moi d'autre part je m’en vais
110'110) cn-bas
6110 (610011 y’ijç' sous les ténèbres de la terre;
6115T; ôè, npécôetç, et vous vieillards,
Xalpsn, ' réjouissez—vous (adieu),
ô1ô0'v1s; 6111.0; ëv xaxoï; donnant quoique dans les maux
fiôovùv 3101161 ñnépav du plaisir par chaque jour
tauxñ, à votre âme,
(b; 1110610; attendu-que la richesse
60105151 065‘511 'ne sert de rien
10'1'; 601v0601v. à ceux qui sont morts.
ARGUMENT ANALYTIQUE
DES SEPT CONTRE THÈBES.

Eschyle avait embrassé dans une trilogie qui


comprenait Laîos, Œdipe, les 'Sept contre Thèbes,
les malheurs et. les crimes de la famille des Labda
cides; de cette vaste composition il ne nous reste
plus que les Sept contre Thèbes.
Au début de la pièce, Étéocle harangue l’armée
thébaine. Survient un messager ou espion qui lui
annonce que les sept chefs de l’armée argienne se
sont engagés par serment à prendre la ville ou à
mourir. Après avoir invoqué les dieux, Étéocle
sort avec l'espion, et la scène est occupée par le
Chœur, composé de vierges qui déplorent les mal
heurs de Thèbes.
Rappelé par ces plaintes, Étéocle reparaît et veut
imposer silence à ces femmes timides ; mais à peine
est-il parti, qu’elles se livrent de nouveau à leur
douleur et retracent vivement l’image d’une ville
prise d’assaut.
Étéocle revient une dernière fois. L’espion l’ac
compagne et lui nomme tour à tour les' sept chefs.
Achacun de ces chefs, Étéocle oppose un adver
saire; mais quand l’espion lui désigne, en dernier
 ARGUMENT ANALYTIQUE. 161
lieu, son frère Polynice, il déclare quep’est à lui
seul de le combattre, et il part pour cette lutte
impie. ‘
Nouvelles plaintes du Chœur, interrompues par
l’arrivée de l’espion, qui annonce à la fois le salut
de Thèbes et la mort des deux princes. Lorsque le
Chœur a déploré comme il convient ce triste évé—
nement, on voit paraître Ismène et Antigone, les
deux sœurs d’Étéocle et de Polyn'ice; elles aussi
entonnent à leur tour le chant funèbre.
Au moment où elles se disposent à porter les
corps en terre, un héraut vient proclamer au nom
du conseil de Thèhes la défense d’accorder les hon
neurs de la sépulture àPolynice. Refus d’Antigone
de se soumettre à cet ordre inique; le Chœur alors
se partage en deux troupeszl’une, conduite par
Ismène suit les funérailles d’Étéocle, tandis que
l’autre, conduite par Antigone, rend les derniers
devoirs à Polynice.

MUHCEAUX cu. n'nscuvtn. ll


EHTA EHI ®HBA2

l. L’EXPOSITION DU DRAME.
(Vers 1-77.) '

ETEOKAHX.
Koiôpou 110M101, X911 Àéyaw 10‘: xaippa
501t; cpuko'wast npäyoç äv apépvn néhswç,
ot’axa vupæv Bhéoapa M MOW-CW ünwp.
Et pèv yàp 55 apdäatuav, atria 9200 '
si 5’ 0156’, 6 p.91 yévoz‘ro, ouugpopa‘t 161(01,
’E‘reoxÀé-qç &v aïç soli); land n‘réÀtv
bavoîü’ inr‘ dmüv cppoqatotç noÀoppôGonç
oiaobypaciv 6’, div Zeùg ’Ahaë'q'rfipioç
éno’wupo; yâvono Kaôpeiwv néhst.
‘l‘uäç 512 X011 vbv, Mai. TÔV éMsi‘nov-r’ En
ñônç duperie; xai TÔV ëëqôov xpévgp,
l
ETÉOCLE, au peuple assemblé. Enfants de Cadmos,étre dans son
langage à. la hauteur des circonstances, telle est la mission de
quiconque est aux affaires, d’un chef d'Etat, qui de la poupe
manœuvre la barre, la paupière toujours tendue contre le som
meil. Tout va-t-il, en effet, àsouhait, l'honneur en est aux dieux.
Mais si, par malheur, il nous arrivait quelque mécompie, seul
le nom d’Etéocle courrait la ville, mêlé en vos bruyants refrains,
en vos mille lamentations à Zeus Alexéteries, pour qu’il soit en
aide à la cité de Cadmos, et ainsi justifie son surnom. Mais tous
aussi, vous avez votre devoir aujourd’hui; vous, jeunes gens en—
core en la verte saison, et vous déjà hors de lajeunesse, efl‘or
LES SEPT CONTRE THEBES

I. L’EXPOSITION 'DU DRAME.

ETEOKAnznpmqciçaapoo, maestro. Citoyens de Cadmos,


xpv‘i il faut [que
b'a-ng «pelote-car upäyoç quiconque veille à la chosepubli—
Ev wpfipvp uéhawç, a la poupe de la ville,
vwpd'w o’iczm dirigeant le gouvernail
pi] xozpibv nïassoupissant pas
fikéipapm {Swap à” retirera par le. sommet
'Àëysw 1d xou'pux. rire les, ces)?“ serrures:
Et pk» yàp Car si d’une part ‘ [réussissions),
"Päâatpsv 55, nous faisionsbien nosaffair'esmous
ait-la 6506 la cause ert serait d’- (a) un dieu
si ôè abri, ëi illlîcf’l‘ll‘æl‘ç FW“??? 113.",
5' [Li] yévono, laquelle chose puisse ne pas être!
Wlltpopà “Exec, malheur arrivait,
'ETEouMnç sïç 1mm; Etéocls seul beauçqurlpartput)
ûpwoïro äv imô dcrt'üv serait chanté par les citoyens
me mékw dans la ville
'ŸPOWOIÇ ËOÀuppéGoi; par des préludes bruyants
oîpdwuaolv '15, et par desQ gémissements,'
desquels
dit ‘
ZR»; 'Aksinnipwç Zeus Alexéterios (préservateur)
vél‘vrovito astuce;
devienne bien-nommé '
fête Kaÿpataiv. rour'ïä Ville 99€ Cadméens
Xa a: tu was Mais il faut maintenant vcus,
et celui manquant 9119.01“? "'
"titi? mamie En
tirs Mates ‘ ' ’ ale la terrassé danse-îles
et tôt ëâm e peutsortirais-5933m6
xréru avec 19 temps, ‘
“WWW? me; fertifiant grasse (bÊÊ‘PPSuRi
164 EI'ITA EHI GHBAE.
[31101011111011 0171501001101 0115110110; 1105511,
11300111 1' Ëxove’ 4, 15101010; d); TL; épapsrhç,
no'ÀeL 1’ otpv’jysw 11011621511 éyxwpiwv
_ {3101110101, 1111.01; 11%] {00131057111011 1101a,
1éx1101; 1a, l"? 18 111,101, 10151111“ 1901045 '
f} yàp vécu; ëpnovmç 0131151121 111E519,
51110111101 10111501101500 1101150101; 6111011,
éepétpa‘r’ otxn‘r‘îjpaç àamôrjtpôpouç, .
11101015 019111 1b;yév0109e 1105; Xpéo; 105s.
K01‘1 11611 11.1111 é; 165’ 5,0019 213 pémt 056g '
Xpévov 'yàp ñôn 101152 mpmpouuévmç
11011113; 101 1112110 116112110; 026w uops’t.
N011 5’ (in; 6 11.011111; 10110111, 010011611 {301910,
Èv (bat 110011.611 ml. (ppsatv, (poîouç 51X013,
Xp-qo‘mplou; 611111001; 61111211581 Téxvn °
oi'noç TOLG'NÔE ôeanô'rqç 1.101111511110'11wv
Àéyst psyta‘rqv npooôoln‘jv ’Axattôa
war/17095106011 x01116001181561v 1167111.

cez-vous de doubler la vigueur de votre corps; vous aussi hom—


mes mûrs, faites chacun votre possible pour sauver la ville, les
autels des dieux nationaux, toujours maintenus en leurs hon—
neurs; vos enfants; cette terre, votre mère, votre chère nourw
rice. —- Au début de la vie, alors que vous vous traîniez sur son
sol si bon pour vous, si généreux à votre enfance, dont seule
elle avait la charge, elle se préparait parla des habitants dévoués
à porter le bouclier, à suffire à cette œuvre du patriotisme.
— Sans doute jusqu‘à présent le ciel est pour nous. Tout le
temps déjà qu‘a duré ce siège, heureuse dans la plupart des
épreuves a été, grâce aux dieux, la guerre pour les Thébains.
Mais aujourd'hui il a parlé, le devin, ce pàtre des oiseaux sacrés,
qui, pour démêler l‘avenir, se passe de la lumière des yeux,
se contentant, en son art infaillible, de prêter aux chanteurs
ailés une oreille exercée. Or, l’arbitre en ces sortes d’oracles
annonce qu’un assaut général des Achéens sera tenté de nuit
LES SEPT CONTRE THÈBES. 165
,31ä01-mtov 01111101109 la croissance de son corps,
€X0v10'1 15 dbpow, et celui qui a la-force-de-l'âge,
11'»; 11; émane; €11.11p511'hç, comme un chacun est convenable,
510157511» 1115151 15 défendre et la ville,
11011 Bwuoïm 056311 éyxœpiœv, et les autels des dieux du-pays,
p.15 11015 111161; pour que jamais leurs honneurs
È201151106ñv011, ne soient détruits,
1éxv01; 15, et défendre ses enfants,
Yñ TE mirai, et la terre sa mère,
1001043 1011101113‘ nourrice très-chère :
“)1 701p 11001801106001 car elle prenant-entièrement
6111010101 61101) 11011551'01;, toute la peine de l'éducation,
êepérparo véou; ëpnovmç a nourri vous jeunes rampant
rcéôcp 561151151, sur son sol bienveillant,
obt101ñpa; 010-111811100'pou;y habitants porte-boucliers,
6'1110; yév01005 1110101 pour que vous fussiez fidèles
11pô; xpéoç 1655. pour cette nécessité—ci.
K011 v6v et» Et maintenant d’une part
à; 10'ô5 151.1010 jusqu‘à ce jour-ci
056; #1151 56' un dieu incline favorablement:
mpmpounévm; yelp car pour nous assiégés
ñôn 161155 xpo'vov déjà pendant ce—temps-ci
116151.10; xupeï 101 1115100 la guerre se—trouve en général
10116); ëx 025w. favorablementde—la-partdes dieux.
N61) ôè, , Maintenant, d’autre part,
d'1; (mow ô achmç, comme dit le devin,
l801110 olwvcbv, nourrisseur d’oiseaux,
vwniûv ëv (bal. agitant dans ses oreilles
1101‘1 çpp50lv et dans son esprit
ôlxa (00'101); sans la lumière—du-jour
6pv1001; xp‘qa'mptou; les oiseaux fatidiques;
1éxvn 014150651“ par un art infaillible,
0610; 850116111; ce maître
101661155 navrauuoirwv de tels oracles
1éy51 11900601ùv dit une attaque
’AX011i'601 achc'enne
paylamv ' très-grande
vuxrqyopa'fo'fiou, être nuitamment-délibérée
1101‘1 êmGou151551v 116151. et menacer laville.
166 EUTA EHIGHBAE. .
’AM’ 5; 1' Emilia; mit néÀaç/mpywildtm‘i
ôppäeôa xiv-rag boUoBs eùv navrsuxiqz,
nÀ'qpoüre Owpomeïa, noirci aékpaew
népywv ardente, nul mlûv ën’ êäéôozç
pli/Noms; swamped-re; {1115’ èmhéôœv
Tapôs'h’ &ydv épiler ' sü TEÂSÏ’ 626;.
Exonoùç ôi—z mimi) ml xa-romfipa; 01901106
ëîrspqm, TOÙÇ nénowa pi] paräv ôôq: '
mi. 16v5’ o’zxoéoa; et! n p.91 M3006) 56M).
AFFEAOE.
’ErzôxÀssç, (pépw'rs Kaôpstwv ävaë,
fixa! me?) rdzsteav Ex arporroñ cpépwv,
dore; Karon-:7]; 5’ 'at'p.’ ëyo‘o 145v apaypoi'cwv. '
'Avôpa; yàp àir'cà Ooéptoûoxayérait
Taupoacpayoüws; é; pskdvôs'rov adxoç
mi. Otwo'wov-raç Xspct m'upsioo (pôvov,
'Ap'qv‘, ’Ewt‘o’, ml cptÂatpœtov (Do'ôov
ùpxœpo’mdav î) 116M: xacaaxacpa“;
Oévæsç Median! âcre Kaôpstwv Btqz,
pour surprendre la ville. Donc aux créneaux, aux portes des
remparts élanccz—vous tous. Massés sur les parapets, debout sur
les charpentes des tours, aux débouchés des portes serrés
et immobiles, courage, et ne vous souciez du nombre des
assaillants; les dieux sont avec nous. Des espions éclai
reront les mouVements de l’ennemi. J’en ai envoyé, et ils ne
reviendront pas, j’ai tout lieu d’y compter, sans d’utiles renSei—
gnements. Leurs rapports me mettront en garde contre la
ruse.
LE MESSAGER, arrivantprés du roi. Étéocle,clief souverain des
Cadméens,je viens de lit—bas, avec d’exactes nouvelles de l’en
nemi. Moi—même, de mes yeux, j'ai vu toutes choses. — Ils
étaient sept, sept héros, sept farouches chefs de légions. D‘un
taureau égorgé le sang tombe en un noir bouclier. Tous plon—
gent la main dans l’écume fumante. Par Ares, par En‘yo, par
celle qui se plaît au carnage, par la Terreur, ils jurent a la
ville de mettre la sape, d’éventrer la citadelle de Cadmos, du dé
LES SEPT CONTRE TBÈBES.
'A).7.5 nature; ôppäaôs Mais tous‘élancez-vo‘us
E; 15 ênaikëer; et vers les créneaux,
za‘r mflhaç mpywpo'ttwv' et vers les portes des tours;
005062 précipitez—vous
05v Trav'rsuxiq, avec une armure-complète,
nknpoiirs ewpaxsi'a, remplissez les parapets,
mi ardente et tenez-vous-dehout _
êni aélpaaw m'apywv, sur les charpentes des tours,
ml pipvovte; ë'rri ëâo'ôorç malt?» et restant aux issues des portes
2501;4021'12, ayeZ-bon-courage,
#1155 mpôa’t're dyow ct-ne craignez pas trop
ô'pùov ,Éïm‘AéôœV' une foule d’étrangers;
9&6; Tale? 55. un dieu finira bien la cñäsc'.
Kai éyd) ôè ê‘ttepzba Et moi d'ailleurs j’ai envoyé
anonoù; des éclaireurs V
za‘t xaronrfipaç arponroü, et des espions de l'armée ennemie,
1:05; Trérrotea lesquels j'ai-confiance
M paräv 686;) - ne pas faire-en-vain route;
nod (£10500; Tz'bv5s, et ayant-entendu ceux—ci
où'n pi] il n’est—pas-d craindre que
Mpôô 661m. je sois pris par i'u'Se.
AI‘I‘EAOE. ’E-rednkesg, LE MESSAGER. Étéocle,
ävai cpéptare Kaôpsr’wv, princetrès-puissant des Cadméens,
ñxw (pépœv catpñ j’arrive apportant certaines
Ex arparoü de l’armée
rd: éxaïûev, les nouvelles (le—là bas,
éyrb 6è slpl 051:5; et je suis moi-même
xaro'm; npayuo’trwv. témoin-oculaire des choses.
'En‘tà yelp ävôpeç, Car sept hommes;
loxavé‘tdi Ooéprot, ch'efs-de-corps' valeureüx,
iaupoacpavdüvre; égorgeanfiun—taureafl [ches,
â; äcixoç palowôero'v, sur un bouclier a'ux-noires-a'ttä
20.1 Bzyy'oivovis; me! et touchant de leurs maifis
tpävou Taupciou, le sang dult'aiireati,
‘Œpiœpdmnav "Ap‘nv', ’Evudi, oh't juré Ares, Enyo,
xal (Päôov (pilotlp'arov, et la Terreur amie—du-sang,
fi Givre; mile; uaraanwpàç ou portant àla ville la destruction
Àandâaw Biq. de saccager de force
dm Kaôpniwv, la ville des Cadméens,
168 EHTA EIII GHBAE.

l‘î] 773v Oavôvraç 1/1v52 tpupaosw 'péwp '


emparé 6’ aô'rôbv TOT; 12x050w é; 5011.00;
1195; am; ’A5po'c0'10u‘ Xspa‘w ëaracpov, ôo’nxpu
Âatôowsç, oîx'roç 5’ où'nç fiv ôcà a16pa'
01.51196cppwv yap 6011.5; av5pata cpkéywv
ému, Àsôvtwv (b; 'Ap'q 525opx61wv.
Kat 1661152 11(011; oüx âme) XpoviÇaTat 9,
xÀ-qpouyévouç 5’ 27.2mm, Co; 1160.09 ÂŒXL‘OV
ä'xamroç ŒÛTŒV 1195; mm; ayot Àôxov.
Hpôç 10:01’ api01ou; av5pa; éxxphou; 1:07.20);
mMG‘w è‘rc’ éâôôorat Tdysuaat To'cxoç '
2115; Yap “5511 110001150; ’Apyatwv 01pa15;
Xœpa'ï, xoviat, 1125ia 5’ apy-q01-i1; 011995;
Xpatvan 01akayao't; ÎJETELKŒV én mauao'vmv.
Eù 5’ d’ors vaôç xaôvbç olaxoa-rpôcpoç
(ppc'tëaz TIÔÂLGHŒ, nptv xa1atyt0at mica;
'Apawç' B05]. yap xUaa Xspaatov arpenter).

mourir en mêlant leur sang à la poussière de Thèhes. Puis leurs


souvenirs à leurs parents dans leur patrie, au char d’Adraste,
leurs mains les ont suspendus en guirlandes, de leurs larmes
tout trempés. Mais de plainte, aucune en leur bouche. Natures
de fer, leur cœur, tout débordant de féroce ardeur, se gonflait,
comme au lion dont Arès allume le regard. Et sur-le-champ les
actes répondent aux paroles. — On tirait au .sort, quand je suis
parti, et les dés allaient marquer à chacun’ d‘eux la porte où il
conduirait son corps de troupes. Ainsi donc les meilleurs de nos
hommes, l‘élite de'la ville, à l’entrée des portes, place—les,
hâte-toi. Car déjà elle s'approche, la masse des Argiens,
marche en avant, fait voler la poussière, et la plaine s’émaille
de blancs flocons d'écume ‘au souffle des chevau‘x. Toi,
prudent pilote du navire, mets la ville en défense, avant qu’il se
déchaîne, le souffle d’Arès. Déjà mugit le flot qui monte, le ter
LES SEPT CONTRE THEBES. 169
ñ Bavo'vreç ou, étant morts,
soupoio'ew (po'vq) de tremper de leur sang
r'fivôs fiv cette terre-ci. [rennes
'E01e1pov 8% Et ils suspendaient-comme-cou
Xspo'lv de leurs mains 1
11p8; 8101101 ’Aôpda‘rou au char d'Adraste
pvnpsi'a aù'rc'ôv des souvenirs d’eux-mêmes
10'1'; Tsxoûaw pour leurs parents
ê; ôäuouç, a porter dans leurs demeures,
lsl60v1a; 80'1xpu, versant des larmes ;
0611; 8% 0ix10; d'ailleurs aucune plainte
ñv ûvà ardpà' n’était à leur bouche;
Oued; yàp mônpäçpwv car leur cœur de-fer,
cpléywv 0'w8pelq brûlant de courage,
Ema, G); lao'v'ruw respirait, comme celui de lions
ôeôopno’rwv "Apnv. regardant Arès (au regard martial).
Kod idem; n‘ûvôe Et la garantie de ces-choses-ci
où xpovlçerat ôzvcp' n'est pas retardée par l’hésitation;
Elm-1101 8% xl'qpoupévoug, maisje les ai laissés tirant-au-sort,
d); è'xaaroç aûu'bv comment-chacun d’eux
laxdw Titi-Mg) l’ayant obtenu par le jet des dés
äyot lo'xov 11p8; 1115l01;. conduirait sa troupe aux portes.
Upôç 10113101, 1017100011 mixe; Pour cela, range en hâte
ènl éâo’ôowt nulé‘w aux issues des portes
ävôpa; àpla‘rouç les hommes les plus braves
Ëxxpirouç «61211); choisis de la ville :
ñôn yàp 01p0118; 'Apyeiwv car déjà l’armée des Argiens
110'1v011l0; tout—en-armes .
Xoope'f êwbg, xovist, s’avance près, soulève-la-poussière
drapé; ôè âpmcrhç et une écume blanche
fix meupo’vwv ln-mm'bv venant des poumons des-chevaux
Xpou'vsv. môle! malaypw'ig. colore les plaines de gouttes.
Eù 8% Mais toi
(bars uaôvôç oiauoo'rpäcpoç comme un prudent pilote
vaàç de vaisseau
(ppoiim 110'l10‘1101, fortifie la ville,
nplv mod; "Apia; avant-que les souffles d'Arès
11011011yl17011' se-précipitent sur elle;
1101.101 yàp xepcaïov arparoü car un flot terrestre d'armée
170 EITTA E111 GHBAE.
K011163115a 110110011 écru; u’Sxw'coç Âaôé '
net-{(1) 101 11011161 1110100 fipepoaxénov
6111600111011 E510, 1101‘1 0121011115101 Âôyou
21515; 101 16611 6150010311 126101691; écu.
ETEOKAHX.
’Q Z56 1s zut Fÿ} xat TEOÀLGGOÜXOL fieoî,
'Apot 1’ ’Epw'b;i 1101100; il payaoôsv’rjç,
1111'] 0.01 11071111 ya 11921111156111 11011161110000
51001011107115 5nd171w1011, 'EÀMôoç'
(peo'yyov Xéouoaw, mi. 5611.00; éoaartouç ‘
èÂsueépav ô‘s yîjv 13 Mont Käôuoo 1101111
Çuyotm 50011210101 Mac-ra axaeatv '
75115065 ô’ &Àvh‘j ' £01161 5’ élnrtÇœ Àâysw '
110711; 7019 E5 10010000001 5011001101; 1121.

restrc océan de soldats. A n'ai de parer à tout le plus prompte


ment possible. —— Moi, fidèle à ma consigne, jusqu'au soir l’œil
ouvert sur les choses du dehors, je te Préviendrai des dispbsition‘s
prises aux portes de Thèbes, et te garderai ainsi des surprises.
ETEOCLE. 0 Zeus, 6 Terre, 0 dieux de la cité, lmprécation,
Erinys si redoutable de mon père, ah' cette ville, de fond en
comble ruinée, déracinée, ne la livrez pas en proie à nos enne—
mis. De -l’Hellade on y parle la langue; c’est votre demeure,
votre foyer. que la terre d‘indépendance, la citadelle de Cadino‘s.
au joug de l’eSclavage‘ jamais ne soient courbées‘. Soyez notre dé
fense. C’est votre cause, je l’espère, aussi bien“ que la nôtre, que
je plaide près de vous. Heureuse, toujours une ville se tourne
vers les dieux. (Étéocle rentre dans la Cadmée.)
LES SEPT COMM; THÈ‘BES‘ 171
1

(304?. gronde.
Kai Môè noupôv Et saisis une Occasion
tz‘bvôa pour repousser ces-matw-ci,
ô'u'nç û'nua'toç, celle qui sera la plus prompte,
and £760 10“ Mind! et moi pour le reste
Eau) ôcpeakpôv marôv j’auräi l'œil fidèle
ñyapoaxänov, seniihëùeqié—jour, A
m1 aaqmveiqt Myou et 1355 la ééflîiüdë 'dë me; paroles
sîôo‘uç 'ro‘z âäèhäñt Îë‘ëh'fdàës
'rù'w eûpaeev üe' ce‘üù du- àefibæëæëszpbms
ëast àflaôñç. _ tii séFiié sans-damage,
_ETEOKAHX. "'n ZEÜ TE mil 1‘?) ÈTEOCLEÏ ‘6 ètäà'un et fem
ml 050?. Et vous dieù‘i __ '
Trolmaoñxot, proiectèurs-dé—Ia-ville;
’Apo’t TE _ ët lo'i, hlalédictiori,
i) peyaceev-h; 'Epwù; naipôç, la puissantë army's de rñôñ père,
M ya éxOapwIamz-E pm ëc'rtéà Iië détiüîèez fîfiloi,
npepvdeav ôno'ùœ'rov Eadicàîémeht pi‘îs‘e-Päféi‘èfinemi,
nawbleôpov “611v, unè tdüt—à—tait-inanieüieuse ville,
Xéouaow qui Êéÿànd' {l‘ail èüfëüdrë)
qzeo'yyov ‘Enäôoç, la langue de 'là Cl‘ëcë,
ml 66pm); et dés rrlmiàbhs _ . .
éçamiou; ' contenant—déé-fôÿèis bäñäàcrés:
Mno‘rs 5è axéeew et je vods pî'ié äë iié jamais re—
Çuyoîm ôoukaiotm sous desjôugs serviles [tenir
yñv rs èlsueépav et cette terre libre
ml 116M? Kdôpou ' et la ville de Cadmos;
yéveaea ôè d‘Am’] ' et soyez no'tre force; _‘
éhclfiw 8è léïew et je crois dirë [Moi :
Zwd" des choses coinmùx'lës ù Mu} él à
ml; “15‘? 'car 11116 ville ’
25 rrpdo'aauo‘a fdlèdht bien)“ anuuwhçuieuse)
fla ôdïpwàç; h‘o‘në're les diëüx.
1i2 El'ITA El'll GHBAE.

II. LES FEMMES DANS UNE VILLE ASSIËGËE.


(Vers 78-184.)

XOPOÊ.
v c c 0 Opéopm cpoôepà usyo'zh' &Xq'
lLEÛEÏ‘taL crpa'rôç ' ctpatrénaôov Mm)»
pst nohùç 55a 5215; apôôpoaoç tmto'mç'
at6spta névrç us mica tpowaïo’,
ävauôoç 0mm; £1550; äyyskoç. -—
’Epè 8è yd; âpäç nsôt' ôirlto'x'run’ o5;
TIOTLXPCPJETETGL Bouton), Bpéyæt 5’
âpaxé'roo ôtxatv 55am; épOTL'mou. —
'16) td; 620?. 62a! 1’, épépavov
xaxbv dleéaa‘rs. ~—
l‘Io-rä-rav. Bod: 5115p ‘rstxéwv '
ô Àaûxaomç‘ épvo'ron Mb; 55—
‘rpsnñ ènt môÀw ôtdmwv 1165a.
Ti; äpa ëüaä‘mt, Ttç _äp’ È‘mpxéaat
626w 'î] 626w; —
Ilétapoc 5?]1’ èyà) né‘cpta won-réac)
Çipé‘r‘q ôatuévwv ; J»—
’ltb po’mapsç süsôpm, &xpo’zëaz Bpsréwv

ll
LE Cl-lŒUll. ...j‘en crie d’effroi, aux désastreuses catastrophes.
Elle s’avance, l'armée; son camp, elle l’a laissé. Il roule, par
milliers, ce peuple, bride abattue, l’avant-garde de cavaliers. En
l’air la poussière, je la vois tourbillonner, muette, éloquente.
Comment ne l’en croire, l’infaillible messager? — Les plaines de
ma patrie retentissant du bruit des armes; mes oreilles sont
remplies de grandes clameurs. On dirait l’irrésistible flot ton
nant de la montagne. Dieux et déesses! du fléau qui s’avance
délivrez-nous. * Des cris s’élèvent sur nos murs, les boucliers
blancs marchent d’un pas agile vers la cité. Qui donc nous
défendra ? qui doncy suffira, des dieux ou des déesses? (Le Chœur
promène ses regards éplorés sur les diverses représentations des dieux
placées dans la Cadmée.) — A laquelle de ces divines effigies m’a
dresser? 0 bienheureux, hommes de brillantes demeures, c’est
le moment d'embrasser vos statues! Qu’attendons—nous, vic—
LES SEPT CONTRE THEBES. 173

Il. LES FEMMES DANS UNE VILLE ASSIÉGÉE.

XOPOE..... ôpéouou. LE CHŒUR.... je déplore


payable! çoôépa &Xn' de grandes et efl'royables douleurs;
0'rp0rr5; psôeïmt' l'armée ennemie est lâchée :
'Àntduv ajpœro'môov ayant quitté son camp
psi? 55s Trahi); MG); coule ce nombreux peuple
npéôpopo; 11men; ‘ courant-en—avant à-cheval;
xo'vtç çavsïaa de la poussière ayant paru
aieepia dans—l’air
mieev. pa, persuade moi,
äwshoç &vauôoç messagère muette
awpùç ërupoç' certaine, vraie;
wsôt'a 5è épäç ya; et les plaines de ma patrie
51rkéxru1m retentissant-du—hruit—des-armes
mnxpipmewt épè 05; atteignent moi à l’oreille
Boaîaw, par des clameurs, _
Bpépst 5‘s et frémissent lble
51mm 55mm; âpaxérov à la manière d’une onde irrésisti—
ôponfi'lrou. qui—bat-une-montagne.
'Ic‘o id: Ah ! ah !
650i, Osa! ra, dieux et déesses, _
àksdeare détournez
uauàv ôpo'pevov. le mal qui se-lève.
Bod: norämt . Un cri vole
Ôttèp Tstxéwv' au—dessus dcs remparts;
ô laàç Àsdxamrtç le peuple aux-boucliers-blanqs
ôpw‘rav. s‘élance
ôubxmv étrl «élu: poussant vers la ville
näôa sûrpmtñ. un pied leste.
Ti; 6100 pétri-mu, Qui donc nous sauvera,
11; äpa é'mxpxéael, qui donc nous secourra,
0.56m ñ Osäv; des dieux ou des déesses?
Ho'repa Bpém ômpôvwv Devant quelles images de dieux
ôñra éydn norméaw; faut-il donc queje—me-prosterne ?
'Itb principe; eûsôpor! Ah ! bienheureux aux-belles-de
dxpäëer ilrest-temps [meures !
m EIITA Em mums.
äxaceat' 1t 11.90.01.421: 010010.101; ——
’Axoosr’ ñ 06x 0010621’ o'umtôwv münov ;
uénlwv xal 012cpéwv,
at M vüv, 1161’ 6111.301 Ài‘ta'w’ ëäouev; —
K-n'mou 5€5qpna ' M10110; 06x évèç ôqpéç.
Tl ééëaic; #Poôéouc,
nalœtxeœv’ 'Apnç, 16w 126w 1M;—
'Q Xpwonfilnë ba'taov,é'1rt5’ {môa no'Àiv
126,04, 62v 1101’ 2601511110110 2601:.
GEOl'lTOMOXOL X60v5;, ce’ depôot, [Strophe 1.1
[5215 napeévwxi ixéctov Àôxov " "
50u5006va; {51129. "
Küua 1129i 1116).“) ôoxyoÀocpav àvôpaw
xaxMÇu moaîç 'Aps'o‘ç ôpôusvov.
’AM’, à 250 110120 "
ravrsÀ‘sç, adv-rœé '
äpnëov ô‘qtwy äÀwaw. —
'Apyé’toz 52 116510114 Ko’zôuou
'xuxÀoDvmt" 5650’; ô’ 029110»! 'o'irÀœv.
Atà ôâ 1011211218150)? tmrtçw
[MVÛPOVTŒL tpôvbv Xakwol. ———
‘Emà 5’ &yäWpsç‘fipénôy‘reç «pat—rot)
5opuooo't; aayaï'ç. ‘. . . .
'm'JÀatç 2111a0'16a‘01;

times gémissantes? —— L?entendez-vous, ou ne l’entendez-vous


pas, le bruit des boucliers? De‘s voiles, des couronnes, quand
donc, sinon maintenant, en prendre pour prier? — Ioujours ce
bruit de fer à mes oreilles. Que‘de lances à se heurter'aiiis'i!‘ (Le
Chœur'äu pied de la statue d'Arès‘j '— Que vas-tu faire; Ares“! Enfant
de cette terre sacrée, l‘abandonneras-tu, ta vieille mère?‘ Diétî
au casque d'or, songe, songe à la ville de toi jusqu’ici tant aimée.
Strophe 1. (Le Chœur, debout, à toutes les statues rangées dans 1n
Cadmée.) — Vous, divinités nationales do la contrée,‘toïrtes‘, our;
toutes, veillez aux jeunes 'filles, à la troupe plaintive, 'tremblant
' d’être esclave. Car de partout vers la ville, le flot des hommes à
l’ondoyant cimier bouillonne, gronde, du souffle d'Arès exaspéré.
——(Le Chœur prosterné devant'la statue de Zeus.) Zeus, notre père, dit!
si puissant, ne'nbus lai's'se tô‘rnb'er aux mains 'd'e‘l’enne'miÇ—‘lls
sont là, ces Argi'ens; un cercle aux murs de Cadmos. ‘Les armés
de Mars m’épouvantent; les mors passés à la bouche des chevaux
sonnent la mort. — Puis les sept chefs de l’armée, comme fière
LES sup? courus russes. 17.5
Exsceou Bpsréwv. d“? s'attacher pqs images.
Tl pâleur» dyoiorovor; Quetardons-nous gémissant-trop?
’Axoôsrs, Entendezfvous, '
ñ 06x ùxoéers ou n’entendez-vous pas
ménov àonlôwv; un bruit de boucliers?
(1615, et [1.91 vüv, Quand, sinon à-présent, [plications
Ê'ëouev duel hwvà nous appliquerons-nous aux sup
nénhwv accompagnées de voiles
xal awpéwv; et' de couronnes?
ôéôopxa xrürrov ' j’ai'vu (j’ai saisi) un son: [lancc.
noirayoç oûz évôç ôopo'ç. c'est hf bruit non d’une-seule
Tl êéâstç; Que feras—tu ?' ‘ ‘
“Ap'qç na'hmxedav, Ares indigène,
wpoBdm'azg 'ràv yäv noie; tubing-til la terre tienne ‘? _
TS] ôamov xpuaomfihnë, O dieu au-casque-d’or,
Ëmôs, 3m65 ndlw reàv, regarde, regarde la ville tienne,
div 1:015 E601) sbcplMTow. qu'autrefois tu jugeas bien-chérie.
Gaol noMoXot xeovàç, Dieux, gardiens'de cette terre,
Yrs àOpo’ot venez nombreux,
ïôs-re Àäxov napeévmv voyez une troupe de vierges
luémov suppliante '
ônèp ôouhom'avaç. pour détourner l'esclavage.
Kip!!! ydzp Car un flot
dvôpû'w ôoxpohotpäv d‘hommes au-panache—mouvant
XŒXMÏCEI ôpo'uavov bouillonne soulevé
moai‘; "Apso; par les souffles d’Arèg'
nepl mo’h‘v. autour-de la ville.
’Ana‘t, il) Zsü irai-reg navrehèç, Mais, 0 Zeus père tout-prissaat,
äpnEov ndvrwç empêche entièrement
dl‘Awaw ôaiow. la prise de la ville parles ennemis.
’Apyéi‘or ôè xuxloÿvrai Or les Argiens entourent ‘
.
utilisant Ko'zôpou' la ville de Cadmos;
(po'tîoç ôè änhwv riprjwv. et euresta
XoOiwo‘t ôé rot '
Et les freinsmoi des armes
certes ' M d'—Arès.
A
ôià yeveto'zôwv inniwv à travers les bouches des-chevaux
pwûpov‘rm (po'vov. murmurant 'le meurtre.
“En-rd: ôè àyo’wope; a'rpotroû Et sept braves de l’armée
notéirovrsç ' 'V
distirigués
qqyai‘; ôopuqooi‘ç... par des armures (le-lances...
176 EHTA EI'II GHBAZ

10001010101011 11011110 Âaxôwsç.


21') 1’, (Il ALOYEVÊÇ goûo'paxov xpo’woç, [Antistrophe 1.]
00011011; 721100, HaÂÀàç, 'ô' 0’ 111110;
11011011é510v 611101;
EXO0601110 aaxava‘, Hooatôàv,
ÉTECÂUOW péôwv, êntÂuaw ôtôou.
E11 1’, 'Apqç, tpsü (pst),
èmbwpov Kdôpou 11011111
1013110121011 1111550011 1’ évapyœç. —
K011 Künptç, 6111-: yévovç 110014011100,
6111200011 ' @1011 701p ëE 011110110;
7576110111211 ' 111101101 as 950M0101;
0101000011 nskaïôpacôa. —
Kat cù, At’mst’ ävaä, Àéxstoç’ ïsvoü
01001103 501110 016vuw 001011;.
26 1’, (Ï) Aa1wta
xépa, 1650km £0 10X1£§00 3.
’E'Ï‘, Hi, [Strophe 2.]
V 6106011 010110111011 01010111611111 alitée).
’Q 110'1111’ "H001,
_ ,lfixzu r 5110111011 0116111011 {3010011511011 X11001.
'Ap1s111 pilier,

ment ils se dressent en leurs armures. la lance au poing, devant


les sept portes, chacun en la place marquée par les dés.
Antistrophe 1. (Le Chœur se relève, et court à la statue de Pallas.) —
Et toi, fille de Zeus, de tant de puissance héroïque en la mêlée,
de la cité sois le boulevard, Ô Pallas. (Le Chœur passe Ella statue de
Poseidon). ——Et toi qui lis naître le cheval, souverain des mers,
Poseidon, roi au trident redouté des poissons, trêve à nos ter
reurs, de MS terreurs délivre-nous. tLc.Chœur court éperdu d’une
statue àl'autrc). —- 0h! Arès Ares, la ville de Cadmos, garde-la.
Ta sollicitude pour elle. fais-la éclater. — Cypris, de notre race
la première mère, veille sur nous. De ton sang nous sommes
venues, et nous voici devant toi à t’appeler en nos ferventes prières.
—— Et toi, fléau des loups, auguste Apollon. sois aussi le fléau de
l‘armée ennemie, entends nos gémissements—Fille de la terre,
de ton arc vise bien, bonne Artémis!
Strophe 2. 0h! oh! encore le fracas des chars aux appro
ches de la ville! d souveraine Héra! — Comme ils grincent,
pressés de l’essieu, les moyeux! bonne Artémis! tant de lances
LES‘ SEPT CON‘TRETHEBES. 'm
xpoaictow'rm milan, se tiennent—auprès des pm‘fes
ëmamäpetç ' foi'manf—Sept-Ouvertures Ides.
laxo'vteç mile). ayant-tiré-au-sort par un“ jet de
22-5 TE, (Ï) ÂIOYEvÈç, Et toi, 0 fille-de-Zeus', [bats,
zpoiro; (pùäpaxov, puissance (déess‘e)‘ amie-des-com—
Humiàç, ysvo’b èuaïno).tç, Pallas,soîs protectrice-de-la-ville,
(Quota TE Yuma; et toi, souverain équestre
novropéôwu régnant-sur-lésëme‘rs
paxowôj avac un instrument '
fyfluôo'kq), qui-frappe-les-peissons, finance,
Hoastôàv ôt'ôou énûuaw, Poseidon, donne—nous l'a déli—
È-nrikumv cpdômv. la délivrance de n"os eraîntes.
:6 TE, "Apnç, (926 cpaû Et toi, Arès, hélzis! h'él'as!
çékaâov 116M: garde la ville
émiwugov Ko'z5pou, qui-por'te-le-nom de Cadmos,
uñôso‘al ta êvapyôbç. et prends—sein d‘e'l'le visiblement.
Kai Künptç, Et toi, Cypris, [mère
Eire npopo'vrwp attendu-que tu es lat-première
ys'vouç, de notre race, '
äkeuaov‘ détourne (le nous le malheur:
yeyo'vozpav yo‘zp car nous sommes nées
è‘â rz'z'paro; ca'eev ' du sang de—toi':
mkalo'psaed ne nous nous-approchons de toi
àüroî‘mtxt hm'iow en criant par des prières
eeox‘iiûrmç. entendues-des-dieux.
Kai où, El toi,
&vaî AÜKEIS, souverain destructeur-des-ibups,
yew?) Ax'msm; sois destr‘ucteur-des-loups,
mpun'p'ôaiq) pbür l'armée ennemie lments ;_
àüfroü'ç d‘ro'vœv ‘ par-suite du cri de MS géiiiisse
mi 1:5, 65 xoüpa et toi, 0 vierge, .
1XŒTŒÉŒ, fille-deslgatoue,
' ‘l'bxb'zflou a; 162mm; visa bien infer."v ten arc.
E4; 591, xh'm ‘ Hélas! hélas! j’entends (ville, _
5106W deppoi‘rœv âpçpi 1161N, un bruit de chars auteur de la
(Ï) Tro'fvm dI-Ipm ‘ 0 angu'ste Héra‘;
yyo'ou àEo’vwv {Êptedpa'vwv les essieux des chars chargés
Elam»). ont retenti.
(MM "Apregu, Chère .Al'témis, '
noncmrx en. n’usmn'LE. 1”
{78 El'lTAElll GHBAE.

ôopntvaxra‘ 5’ ale-‘49 émpalvs-rat.


Ti mm; dupe ndo-Xu; 1i ysv-ilos'mt;
not 5’ En 1€50; éna’ryat 020;;
’Eÿl £9], [Antistrophe 2.]
dxpoôôlœv êmflkäwv Àtôàç é’pxamt.
’Q (pt5’ 'A1ro55ov,
xévaôoç ëv 1:550“; xa5xo5é'row caxéwv.
Kat AL692v (I)
aoÀapôxpavtov àyvôv TÉÀOÇ év pdxqc,
ordeal, pdxatp’ ävaaa’ 'Oyxa 9, i'm‘ap 1:65am;
21:1d1ru50v £50; émppi'aou.
’ld) uavapxsl; 020i, [Strophe 3.]
(à) filmer; 1252tat12 yä;
152052 rupyoe55axeg,
1:65!» 5opi1rovov p.9) apoôüe’
êtepocpu’wcp a‘rpa‘rq’).
K55212 impôévmv, xÂüa‘ra now5izou;
Xaporo’vou; 5nd;
’lo‘u 9115M 5atp.0v2;, [Antistroplic 3.]
5u'r/lptot 1’ dpcptôdw'rsç 1:65“:
ôatëae’ (b; (pt501té52i;,
'péÀsaOé 0’ tspGw ônptwv,
p.256p.2vm 5’ dpfiëars‘
(pi50051wv 5é TOI. 1:0’520; épyiwvs
uv-i‘c'cops; 2012 fLOL.
branches, l’air en est afl‘nlé. — Comme on te traite, pauvre patrie,
uel avenir! de toi que veulent donc les dieux?
Afltistrophe 2. Voici l’assaut, sur les créneaux une pluie de cail—
loux, 5 Apollon! le fracas aux portes, le fracas des boucliers
' d’airain. Et toi, auguste arbitre des batailles, toi qui par la vo
lonté de Zeus présides à la mêlée, û reine Oncé, combats pour la
ville, ta residence aux sept portes, sois-lui un boulevard.
Strophe 3. (Le Chœur va dc droite à gauche devantles statues).T0uteS
puissantes divmités, dieux et déesses, tutélaires gardiens des rem
parts de cette terre; la ville, pour être foulée de la lance, ne la
ivrez pas aux soldats étrangers. Écoutez—les, les jeunes filles,
écoutez-les si justement vous prier, les mains levées vers vous.
Antistrophe 3. (Le Chœur revient vers la droite.) Chers dieux. pour
sa délivrance, enveloppez notre ville. Montrez combien vous
l’aimez. Veillez au maintien des sacrifices publics; veillez-y et
protégez—nous. Tant de victimes pures, tant de pompes pieuses
en notre ville, ah ! ne les oubliez pas!
LES SEPT CONTRE THEBES. 179
atôñp ôè êmpaivsrar et l‘air est-furieux
ôoprrtvoot-ra. par-l'ébranlement-des—lanccs.
Ti 156M; _ Qu’est—ce que la ville
äppt TIGHT/‘61; pour nous souffre (va souffrir)?
'ri yawfioerat; que deviendra-t—ellc?
Ho? 55 5'11 655; Et où encore un dieu
Èrra'tyet réloç; mène-t-il la fin de ceci?
’Eh ëï‘i, Hélas! hélas!
lied; ëpxerou une grêle—de-pierres vient
énahiéwv dxpoôo'kcov. sur les crénaux atteints-de—loin.
"Q (pile "Anolkov, O cher Apollon,
uo'vaäoç un retentissement [l’airain
aauéœv xalxoôérwv de boucliers attachés-avec-de
äv 11:6}.055; se fait entendre aux portes.
‘ Kami (Ï) ré‘Aoç àwôv Et toi, o puissance sainte,
nolspo’xpavrov Aidez-w, arbitre-de-la-gucrrc de-par-Zeus,
poixmpo'z rs &vaaaa év udxawt, et déesse reine dans les combats,
"07m1, ùnèp iro'kewç Oncé, combattant pour la ville
émppdou 5'50; 57510115010»). sauveîta ré sidencejaux-sept—portes.
’15) 0501. rroworpxs'îç, Ah I dieux suffisant-à-tout
id) 'rüetor ah ! parfaits
ré‘Asiozt 1-5 et parfaites,
nupyocpékam; 165055 yäç, gardiens-des-tours de cette terre-ci
pñ 1rp05631'5 mil“: ne livrez pas la ville
5opi1rovov pour être dévastée—par—la-lance
0100155 Ërepoço’wtp. à une armée de-langue—étrangère.
Kh’as‘rs napeévwv, Écoutez des vierges, [res
1005515 wow51'xw; km); écoutez en—toute—justice des priè
Xezpoto'voug. qui-tendent-les-mains vers vous.
’15» 5aip.0v5; (piler, Ah ! dieux amis,
àpuptôa’w‘rsç Trôkw vonant-autour-de la ville
lurfiptor, comme libérateurs,
Beige-ra (b; montrez comme vous êtes
Lpûono'hstç, amis-de-la-ville, . [blics,
péleaeé 15 lepibv ônuiwv, ct prenez—soin des sacrifices pu—
pskäpevm ôè ripviEm-s ' et en prenant-soin défendez-nous;
£015 ôè p.0! TOI. et soyez-mot certes _ [ville
pvfio-ropsç ôpyiwv 11:67.50); vous—souvenant des fêtes de cette
\ 0000011”. fécondes-en-sacrifices.
l80 El'l'l‘A EIIIÔHBAX.

III. LES SEPT COUPLES DE COMBATTANTS.


(Vers 375-455 et 568-719.)

V AFI‘EAOZ.
Aéyoty.’ a» 2t5cb; 25 1a 16w 2vav1iwv,
d"; 1’ 2v TIÔÂaL'ç 2xa0'1o; st'Â-qxav 1102M).
T0525; 122v 11511 1195; 1165mm ÏIpowtaw’
fipéyæt, wopov 5’ ’Iapnvôv ‘-’ 06x èaj‘z Trapôtv
ô 11.0’w1t;3 ' où yap 00011.1 yiyv21at MM.
Tuôsùç 52 papyd‘w xal yam; 525112122110;
usanyôpwafiç xÀayyataw (b; ôpo’mwv 1300f: '
eziver. 5' 6v2i5et p.0'rv1tv 0515215111, aogoèv,
catvatv yôpov 12 Mai. prix-11v aqwxta.
'I-‘omü'r’ &ü'rc'ñv 'rpsîç xa1a0~4i0ug Moon;
aster, xpavou; xat'rwu’, {311’ 0101(50; 52 1'6:
Xakxfika'rot 00:006. x¢fi5wvsg cpéôov '.
Exist 5’ inrépcppov 0-7111.’ 211’ die-M50; 10'52,
cpkéyove’ 511’ 6'101pot; ofipav’ov 121vyuévov '
kaanpa 52 navoékqvo; 2v peau,» adxet,
irpéaôw'rov ämpwv, wwtôç ôtpôakuôç, npénat.
Toiai‘n’ ah'auv 1a'i; 0129;161:1101; cayai;

lII
BE MESSAGER. Je dirai exactementles dispositions de l’ennemi,
comment aux portes chacun des chefs a été distribué par le‘ dé.
_'l‘ydée déjà vers la porte l’rœtide jette feu et flamme, devant
l’lsmenos qu’il ne peut passer. Le devin ne le veut, les présages
ne sont bons. Aussi Tydée ne se connaît plus, et dans son im
patience d’en ,venir aux coups, comme un serpent sifflant‘ au mi— -
lieu du jour, il tempête, invectivele devin, le docte filsd‘Oïclée.
qu’il accuse de faire le chien couchant devant la mort, le com—
bat, par couardise. Dans sa rage, il secoue l’épais ombrage du
triple cimier‘, chevelure de son casque. A son bouclier c'est un
carillon d’airain, des grelots sonnant l’épouvante. Il- a, sur ce
houclier,‘pour outrecuidante devise. un ciel ciselé, tout constellé
des feux du soir, et au centre, resplendissante, la lune en son
plein, la- reine des astres, l’œil de la nuit. Ivre do son merveil

\
t

LES s'srr CONTRE THÈBES. 181

III. LES SEPT COUPLES DE COMBATTANTS.

AI‘I‘EAOX. Aéyotui âv LE MESSAGER. Je peux-dire


slôo‘u; a?) sachant bien
1:0“ 166v évowriwv, les choses des ennemis,
i6; ra Ema-10g et comme chacun d'eux
sûnxsv é» m'almç milan est échu aux portes par-le sort.
Tuôeù; tu!» ñôn Bpéust Tydéc d'une part déjà frémit
npàç m'akoum l'Ipowiow, près des portes‘Prœtides, {pas
ô 3è udvn; oûx £6} d’autre part le devin ne le laisse
'rrspz'iv no'pov ’Icunvo'v' traverser le passage lsmeuos:
mpoiym yàp 06 ylyvsmt xaM'z. car les victimes ne sont pas belles.
Tuôeùç ôè papyäw Or Tydée furieux,
xal lahppévoç udxnç, et désirant-ardemmentle combat,
B063, (2); äpdxœv crie, comme un dragon
xkawa'imv usanuôpwoäç' avec des sifflements de-midi:
Osivet ôÈ ôvelôai et il pique par un reproche
aozpôv wivnv Olxleiônv, -le sage devin fils-—d'-Oïrlée,
aai'vew l’accusant de cajoler.
daÿuxtq par pusillanimité
népov 1:; ml udxnv' et le destin et le combat:
àü‘rù‘w romñw, criant de telles injures,
aster, tpeïç 'Ào'tpou; il agite trois aigrettes
uarao‘xiouç, qui-donnent—de-l’ombrc,
xatvwwx xpdvouç, crinière de son casque,
ûrrô 8è dun-(50g n?) et sous le bouclier à lui
xu’aôwvsç Xakxûarm des sonnettes faites-d‘airain
xlioiçouai cpo'ô'ov ' sonnent l'épouvante :
Ëxst ôÈ ëjrl dmiôoç etil a sur son bouclier
To'ôe aigu ù‘népqapov, cet-emblème-ci très—insolent,
oûpotvôv vswyyévov un ciel travaillé
(pléyovra x‘mà duper; ' brûlant sous les astres ;
êv [.Lédq) ôè adxai «pénal et, au milieu du bouclier brille
navaélnvoç Zagnrpa‘z, la pleine-lune éclatante
npéaôw‘rov äe‘rpwv, le plus auguste dos astres,
ôçea).y.ôç wxro'ç. l'œil de la nuit.
’Akôœv Ton/2:81:01 s’agitant de telles manières
182 EHTA EIII GHBAE.

Boa? nap' 6XOouç "nompioug, paix/1g épûv,


i'mro; Xakwû‘w du; xaraceuatvow pévat,
601L; Bofiv aâkmyyoç ôpeiav xÀÛat.
Ttv’ dv‘rt‘ro’tëenç 1698€; Ttç l'Ipotrou TruMSv
flq'lepuw ÀuOévTwv npoamreîv cpepéyyuog;
ETEOKAHE.
Kôayov [.Lèv àvôpèç oû'tw’ äv 'cpäaouy.’ äyd),
oùô’ äkxonmà 'ytyvsmt 'rà miaou-roc '
Ào’cpon 8è môôwv 1' où ôdxvoua' é’wsu ôopo'ç.
Kai vôx'ra Taûmv ñv Âéystç én' o‘wntôoç
äorpown pappatpouaav oüpavoü xupsîv,
To’cx’ av yévorro “iv-n; o'woia Twi‘ °
et yàp eavôvn vùä èit' äpuaow râaoz,
up Tot goépovu ami ünépxoymov 'ro'ôs
yévorr’ âv 69663; èvôtxwç 1’ émbvuywv,
xaô‘rèç me' «5105 Tfivô’ üôpw pœvrsücamt.
'Eytb 8è Tuôeï xsôvèv 'Aomxoü Téxov
‘EÛÎWô’ o'cvn‘ro’cëw arpoa'cä'rqv nukwpä-rwv,
\ p.093 süyav'î) TE mi TÔV ataxûvnç Opévov

leux équipage, il crie sur la rive du fleuve, altéré de combattre,


ainsi que le cheval contre le frein haletant de fureur, qui piafl'e
en entendant la voix aiguë de la trompette. — Qui lui mettras-tu
en face "? qui donc, à la porte de Prœtos, les défenses une fois
tombées, sera de force à lui faire tète?
ÉTÉOCLE. Le faste d’un soldat, voilà bien de quoi m‘imposer
vraiment! Vit-on jamais devise à faire des blessures, eimier ou
grelot à mordre l’ennemi, sans une lance? Quant 'à cette nuit,
que tu dis ciselée au bouclier, avec son cortège d'astres au ciel;
sinistre prophétie, peut-être, de la folie! Mort, les yeux voilés
de la nuit,pour celui qui l’étale, l'outrecuidante devise se trou
vera pleinement justifiée, vérifiée, saisissante. Il se sera ainsi à
lui-même prophétisé sa propre déconfiture. Contre Tydée, moi,
j'aurai le vaillant fils d’Astacos, mon champion à la porte Prœtide,
d'illustre naissance, s‘il en fut, avant tout dévot à l’autel de
LES SEP'I" CONTRE THÈBES. ' 183
aayaï; {mapxo' parolg, avec cette armure trop-insolente,
B06} impôt ô'xôouç notayiouç' il crie près des rives du-fleuve;
L'a; 'i'mro; comme un cheval
WT" P-d‘filâ, désireux du combat,
naraaôttaivwv Xahväw haletant-contre les freins
pévsi, de fureur,
ô'anç xlüu lequel cheval entend
[309w épeiav aaûmwoç. le son aigu de la trompette.
Tivot dawn-reign; rqiôe; Qui opposeras—tuà celui—ci?
Tl; (pspéyyuo; , qui sera capable
upoa-rœrsi‘v Tru‘Aéûv l'IpoiTou, de défendre les portes de Prœtos,
xkäôpœv ).u9évtuw ; les barrières ayant été brisées ?
ETEOKAHE. 'Eyd) uèv ETEOCLE. Moi certes,
Tpéaatur div je ne saurais-craindre
06mm xo'apov âvôpôç, aucune armure d’homme,
o'bôè To‘c mina-ra vtyvercu ni les emblèmes ne sont
élue-nord ' faisant-des-blessurcs;
Mcpm ôè iguüôwv T5 puis aigrettes et sonnette
06 ôäxvooaw aveu ôopäç. ne mordent pas sans lance.
Kai mûrnv m'aura Et quant à cette nuit
ñv Myst; laquelle tu dis
xupeïv papualpouaav se-trouver rayonnante
darporcw oûpavoi‘) d’astres du ciel
èni daniôoç, sur le bouclier,
Mixa ñ dvoia peut—être le délire
yévm-ro äv udvn; rwi ' serait prophète pour quelqu’un ;
si yàp WEE, néaot car si la nuit tombait
éni. ô'ypaaw ûavôvn, sur les yeux à lui mort,
'ro'ôa añud ùnépxoimov, cet emblème-ci trop-insolent,
yévorro &v étrdiwuoxg deviendrait méritant-son-nom
6906).; êvôizw; 16 bien et justement
réf: 10L (pépovn, pour qui certes le porte;
ml 00516; yavraécsmi etlui—même (Tydée) prophe'visera
rfivôa Üôpw m‘rà crû-roi). ce malheur—ci contre lui—même.
’Eyd: 8è dvrnoiâw TUBE? Mais moi j’opposerai à 'l‘ydée
'ro'v55 'rrporn'o'rmv mkwudrwv ce défenseur-ci de nos portes
To'nov xeôvàv ’Aomxoi'), le fils prudent d’Astacos,
poiler 1:5 Eûysvfi, et très-noble
xal nyô‘wra et honorant
184 Ell'l‘A iangi Q'HBAE.
myfivm mi. atuyoüvô’ bizépgapova; 5o'you;'
alaxpôbv yàp dpybç, M xaxèç 5’ aïvou. (pt52t.
t Aim] 5’ ôpatpow‘ xo'tpm vw npoc‘ré5521'az.
st'pyzw 127.0655 pcrl'rpi no‘Aéptov ôôpu '
map-rmv 5’ o’m’ 60690», div 'Prp'q; éopsiamo,
pigwp.’ dve't'rau, xdpm 5’ 501’ éyzcbpiog,
M25o'wt'mro;' ëpyov 5’ èv 7.66m; 'Ap'q; xpwet‘.
XOPOÉ.
Tèv duév vuv o'wwl'ira50v 25151251 [Strophe 1.]
920?. ôoîav, c‘oç ôtà 5540;; M520);
upo'uaxog ôpvutat‘ ‘rpéytw 8‘ «titan-q
(po'pouç popovç ûirèp gothov ôkopévwv tôéoeau.
AI‘I‘EAOÊ
Toü'rtp pèv oü-rœ; eùmxeïv ôOÎEV 620i.
Kamaw25; 5’ é'rr’ ’H5émpaww 2t’51lxev n55ou;,
ytya; 65’ 61550; 105 mipo; 5252Yu€vou
pstëwv, ô xo'prrro; 5’ où xwr’ ävôpwnov cppovaï,
nüpymç 5’ o’mu52't 52iv’, 0? ph. xpaivor. 15x1; '

I’Honneur, dédaigneux de la jactauce, des fanfarons, lent in mal


faire, ne voulantêtre lâche. Par droit du sang, c’est ùlui surtout
d’écarter la lance ennemie du sein de sa mère. De ces hommes
nés (les dents semées par Cadmos, des héros épargnés d'Arès il
est rejeton; rien de plus Thébain que Menalippos. Quant au ré—
sultat, Ares tient les dés, il en décidera.
LE CHŒUR. Strophe 1. (Le Chœur gagne la gauche de l'hyposcène.) A
notre champion maintenant que les dieux donnent de vaincre,
au défenseur levé pour le bon droit, au défenseur de la patrie!
Mais je tremble de voir, en de sanglants trépas, mes amis
égorgés.
LE MESSAGER. A Menalippos, oui, que les dieux donnent de
vaincre. —— En second lieu, pour la porte d’Electre, le sort a dé—
signé Capanée, autre géant, plus extraordinaire encore que le
précédent. Son extravagante outrecuidance, à lui, n’est plus de
l’homme. Contre nos remparts il fulmine d'horribles choses. —~
LES SEPT CONTRE'THÈBES. 185‘
15v Opävov aîaxévnç, lo trône de la pudeur,
ml. myoûv'ra. et baissant
7.5you; t‘nrépçpovaç ' les discours insolents;
épié; Yip car il est incapable
aioxpû'w, de choses honteuses,
pi] (pile? 55 eÎvaL xazäç. et il n’a-pas-coutume d’être 'lâchc.
Air!) 55 5p.0u'p.wv D’ailleurs le droit dos-consangui
11p001é70.510d vw xoipm nnvoie lui certainement [nité
sipysw ôäpu nols'pwv pour repousser la lance ennemie
pflrpi taxation ' pour (de) la mère qui l’a enfanté:
âve't'rou 55 {StÇtopor puis il tire son origine I
o'utà dvôpc‘ôv O‘RŒPTÔV, rles hommes semés par Cadm0s,
div "Apn; éçeioaro, lesquels Arcs épargne,
Eau 8è xo'rp-ra ËYXÔPIOÇ, et il est bien indigène,
ME).o'wm1€oç ' c’est Mélanippe ;
"Arm: 5a mais Arès
xpws’f ëpyov év x5601; décidera l’afl‘airo avoc les dés.
XOPOZ. Geai LE CHOEUR. Que les dieux
50T5'v wv accordent donc
15v 0111.5» dv-rinalov sûmxei‘v, notre champion réussir,
d); ô'pvurou ôtà ôt'xa; comme il s‘élance avec justice
npo'paxoç Wd)tE(ÛÇ ' défenseur de la ville!
Tpépw 5è mais je tremble
îôéoôou uäpouç aîpotrnço'povç, de voir les destins sanglanls
élouévwv de ceux qui périssent
ùnèp çthwv. pour leurs amis. [d’une part >
AFFEAOX. Gaol uèv LE MESSAGER. Que- les dieux
ôoïsv TO'ÔTop accordentàcelui-ci
eûmxsïv OÜTUJS. {de réussir ainsi 1
Kavarreùç ôè d'autre part Capanée
eûnxsv ’ est échu
êtrl m'almç ’Hlémpouatv' aux portes d'—_Elect,re:
555 60.10; viva; peiÇœv cet autre est un géant plus grand
'roü Àshsyuévou Troipog, que celui qui a été dit auparavant
5 x5010; 55 où (ppoveî et sa jactance ne raisonne pas
xarù ävfipœnov, conformément à l’homme,
ÛJTEÛŒÏ 3è mfipyorç et il menace ces tours
ôswà, de choses terribles,
a T573] ph upqtivoz ' que la fortune n’accomplisse pas !
186 ' EIITAEHI eHBAz.
6200 12 yap 62501110; èmépasw 116).!»
xa‘t psi; 600/16; (pnow, 0652 162v A15;
25m 1250'. w-i‘dpaoav 2p.1ro5(bv 0726211: '
1a; ô’ âa‘cpam'zç 12 Mai. napauvtouç Bolduc,
naqpôpwoïat ôdkireaw apoajxaaev.
'EXEL 52 afflux yupoabv av5pa wrupgoo'pov,
(07.2121 52 Rap-:15; 51a Xapd'w (bnktauévn '
xpuaoïç 52 (pœva't ypaaaaaw « 1191100) 116).“: ».
Toitpôa (puni. gopo’LÇa 1i; 1001110210“,
1t; av5pa xopmalowa 11.91 10200:; peut;
ETEOKAHZ.
Kal. 113352 mina-q.) xépôo; äÀÂo 1ix121at‘.
Tdw rot [.L'a'ratwv o'wôpdaw (ppovfludîœv
fi yÀŒGG' àMOfiç ytyve'rou xa‘n‘flopoç.
Kan-aveu; 5’ wow apa wapsaxsuaauévoç,
6205; 011:0» xàiroyuuvoîëwv 01611.0:
Xapafz patate; Owrrbç div si; oüpavôv
TEÉyJtSL yaywvà Z‘qvl xupatvow’ 21111.
'flénouea ô’ otü‘rq’) if” 5011/1 15v 1109306901!
fifizw xepauvbv, 013521! èînxaauévov
pampôpwoîm ÔÉÂTŒO‘W TOÏÇ illico.

Le destin ne les réalisera pas, je l’espère. — Que les dieux y


donnent les mains, il mettra la ville sens dessus dessous. Qu’ils
ne le veuillent, il passera outre, dit-il, et les colères de Zeus
foudroyant la plaine ne sont pas pour l'embarrasser. Les éclairs,
le tonnerre sillonnant la nue, à ses yeux, ne sont que rayons du
midi dardés (l’aplomb sur la terre. ll a aussi une devise, un
homme nu, un pyropliore, avec une torchc enflammée dans la
main, qui crie ces mots en lettres d'or: .I'incendicrai la ville. —
Pour celui-ci aussi il te faut un champion. Mais qui voudra se
mesurer avec lui, qui osera de pied ferme affronter cette farouche
forfanterie?
ETEOCLE. Cette forfantcrie sera pour nous un autre avantage.
D'abord les folies du cœur, notre langue fidèlement les traduit,
les révèle. Or Capanée menace, prêt à. agir, blasphème les
dieux, plus de frein à sa parole. Dans le dévergondage de son
ivresse, quoique mortel, jusqu'au ciel il crie. pousse à Zeus le
flot de ses invectives. Donc. je n’en fais doute, sur sa tête
descendra le pyrophore de la vengeance, le tonnerre, en vérité,
si loin de rappeler les rayons du soleil en son midi. -— Et puis,

\
LES SEPT CONTRE THÈBES.‘ 187
(moi yàp éx-rcépo'sw no'liw, car il dit devoir détruire la ville,
6506 Gélw'ro'ç re un dieu et le voulant
xal p.9; 6é).oWoç, et (ou) ne le voulant pas,
oûôè Tùv È'pw And; et pas-même la colère de Zeus
amfiipaaow néôot s‘étant—abattue sur le sol
innoëo‘uv devant-ses-pieds
axéôsw' \ ne le retenir;
npomfiuaaev ôè ràç dia-manoir; TE et il a assimilé et les éclairs
xa‘i Bolàç uspawiouç et les jets de-la-foudre
ôdlrtsm paonuôpwoïaw. à des chaleurs (le—midi.
"Exam 5è cigar Et il a pour emblème
ävôpa yupvôv nuptpo’pov, un homme nu portant-du-feu,
law-r51; ôè qflœ’yet et un flambeau brùle
ùnktauévn placé-comme—une-arme
ôto‘z XEpCÔv’ dans les mains de cet homme;
(paws? ôè ypa'iupamv xpucoïç, et il dit en lettres d'-or,
u n'pfiam ndlw. n «je brûlerai à la ville. »
(Dpdçe rig Eva-Manon. Dis qui tiendra—tête
(pun-l. rou'pôs, à un mortel tel,
ri; pave? [ah rpéoaç qui attendra n’ayant pas tremblé
ävôpu x0 gno'nCov'ra; cet homme plein-de-jactance ‘?
ETEOKAHE. Kal 14355 xo'pJrzp ÉTÉOCLE. Et par cettcjactance-ci
12Mo uépôo; 'n'x-reml. un autre avantage est enfanté.
‘H 71660002 rot yiyvs'rou La langue certes est '
xarfiyopoç men; l'accusatrice vraie [mes.
Lppovnuo'rrwv paraiwv dvôpo'ww. (les pensées vaines aux (des) hom—
Kartavsù; 6è &pa Or Capanée donc,
napeaxeuaapévoç dustkeïv, disposé à menacer,
driÇwv Gsoùç méprisant les dieux
xai &noyouvotçwv a'ro'uoc et exerçant sa bouche
xmpê amie, avec une joie vaine,
div Ovnrôç, étant mortel,
néunst ë; oûpavôv envoie vers le ciel
Em nupac'vovm ‘des paroles bouillonnantes
yeymvo‘z Znvt. entendues de Zeus.
l'lénotea ôè Mais j’ai-confiance
16v xspawàv nupipo'pov la foudre embrasée
fiaaiv m'a-régi ëùv Sing], devoir venir sur lui avec justice,
oûôèv éinxaauévov n’étant en—rien semblable
I88 EIITAEÏII RHBAE.
’Aw‘rlp ô' én’ aù'rq), xai ctôpapyôç éqr’ &yow,
at'Ôwv 'ré'rax'rav. Àfina, HoÀucpo'v'rou pm,
çspéwuov çppoüp'qna, npoaw‘w‘ptaç
’Aprépæôo; eüvotawt aôim' fillet; Oaoïç.
Aêy’ Nov &Man; èv mina; elk-qyfim.
XOPOÈ.
'OÀOLB’ ôç “mils; paydk’ finséxa'raz, [Antistrnphe 1.}
zapawoü ôé vw fiéÀog èmqéôoz,
nptv épi” éeeopsïv ôénov, mohxtbv ‘ 6’
äôwMwv ûitapxôirqi dopé 1:01” êvÀandEaz’.

AFFEAOX.
'Emov kéymp.’ âv dvôpa cwcppovéa‘m‘rov
âÂxfiv 1’ äptatov, [.LdyTLv ’Ayupto’zpaw {flow .
'Opokwtcw“ 8è npèç FOAM; Tataypévo;
zaxo’tat Béça woMà Tuôéwç film: ‘,
TÔV ävôpocpévmv, TÔV nôksœç Tapo’zx'ropa,
fLÉYLGTOV 'A pyer. 163v xaxôäv ôtôdaxahov,
’Epwôoç flin'rîtpa, TIPO'ŒTOÂOV çpôvou,
mam 'r’ 'Aôpoîcup “we QouÂsui-fiptov '
autre chance, à cet homme si insolent, j‘ai il mettre en face un
adversaire de bouillante et énergique résolution, le vigoureux
Polyphonte, une héroïque défense assurément, devant qui mar.
ehent, puissantes égides. et Artémis sa protectrice, et tous les
autres dieux. ——Nomme-moi l'assaillant designé pour la troisième
p orte.
LE CHŒUR. Antistrophel.(be(1hœur se met en marche versladroite.)
Mort à qui sur 'l'hèbes appelle les désastres! De la foudre que
la pointe le tienne, avant qu’en nos foyers il se soit rué, que de
sa lance hautaine, il nous ait chassées de nos demeures virgi
nales.........‘. . . . . . .

LE MESSAGER. Au sixième j’en viens maintenanLun homme de


grande sagesse, de grande vaillance, un devin, à l'heroique Am—
phiaraos. Pour la porte. Homoloïde il a été désigné. Il jette feu et
flamme contre le farouche Tydée,un assassin, dit-il,per_tnrbateur de.
sa patrie, dans Argosmerveilleux docteur en calamités, d'Ei-inys l‘é
vocateur, le ministre du meurtre, et le fatal conseiller d‘Adraste.
LES SEPT CO‘NTRÈTEÈBES. 189
10?; estimée! usanuôpwoi'aw aux chaleurs de—mid‘i
hum). du soleil.
’E'rrl. mûrs?) 5%., Or contre lui,
nul si' éo'rw äyav c'rdpapyag, quoiqu’il soit trop l'unl'urou,
Te'wx-ral àv'hp a été placé un homme
ori'Oœv Hum ardentpar le courage,
Bloc Ho‘Aurpo'v‘rou, la force de Polyphonic,
apo‘ôpmm espénwv, garde suffisante,
eûvoiaiaw 'Apréutôo; avec la bienveillance d’A'rtémis
npoc‘ramptaç, protectrice,
Gl-IN TE anon; Osoïç. etavec les autres dieux.
Aéya dllov EDcqXäta Dis un autre échu
év dinar; m'alarç. à une autre porte.
XOPOX. “0101.10 LE CHOEUR. Périssc [cations
6'; éncûxsmt ueyoihx celui qui fait-de-grandes-impré
ndhez, contre la ville, _
Bâle; ô‘e nepauvoû et que le trait de la foudre
émaxéeot vw, arrête lui,
np‘w ëceopeïv êuôv ôäuov, avantlui s’élancer dans mamaison,
{Mon-Idiot: ré 117015 et‘ m’arracher enfin
âôculiœv nwhvlcïw des sièges virginaux
ôopi ûmpuä-rrq). avec la lance insolente !'

AFFEAOE. Aâyouu av LE MESSAGER. Je peux-dire


's'xtov ävôpzx emcppova'ararov, le sixième homme très sage,
apte-10'» re àkxñv, et très-bon-envaillance,
[Ziow ’Apqaw'zpem ua'v'ru). la force d’Àmphiaraos devin.
Temyuévoç ô} 01‘ ayant été placé
npàç uokaiç ‘Op‘akwi‘mv, à‘la port’e Hbmoloïde,
Beige. Kelli ' il adresse despürôies nonibreuscs
xuxo‘i'ct avec des injures
{Blow TuEiwg, 16v dvôpocpo'vmv, à la force de Tydée, l'homicide,
:Z'ôv mpdxfopaz nôlewç, le: perturbateur de la ville,
péywrov Slfiécmflm le plus grand maître ‘
n‘iw zazŒv "Apvsr, des maux pour Argos, I .
évocateur d’Erin'ys,
zlnrñpa. ’Epwx’iog,
npäo‘nohov Lpävou, ministre du meurtre,
fiouheurfipidv t‘a et conSelll‘er
190 EHTA EHI GHBAE.

Mai 12” 05v 0:59;;1. . . ôpéortopov,


èäumw’zëwv ô'ptpta, Hokuvatxovç Btav,
ôiç 1’ àvri. 55in]; Toù'vop.’ évôa‘roüpevoç 9,
m52't' 52172:. 52 'roü'r’ £110; 5L5: croyez '
*H rotov äpyov xa‘t ôaoîm rpoaqnitèç,
xa55v 1’ 5010500“ xat 5éyaw paôuarépotç,
n55“: mnpqbav mi 9205; 105; êyyevs‘tç
nopeeîv, mpo’u‘rsup' ëramôv èpôsôknzôm.
M'qîpéç 1€ 10.1179” 1t; xamaôéast ôtwq ;
nat'rpiç 15 vente (77]; 51:5 01:005-2]; 5opt
550500 rat; con Eüppaxoç YEW/1021M;
'Eywye pèv 5'5 15v52 mavû‘) yünv,
pdv'ctç xaxsveùça noiepiaç inrô xeovôç.
Maxtbpaô’, 05x &1L[.LOV é5n£§w pépov. »
Toiafie’ 5 point; 501:!5’ 25xux50v vépmv
ndyxootxov 11550' 07114.0: 5’ 05x émjv xüxÀLp.
O5 yàp Boxsîv äpta‘roç, 0255’ eiwzt 6é52t,

Puis se retournant vers ton triste frère, l’œil hagard, il lui lance
deux fois son nom en guise d’injure, amère ironie : « Belle be—
sogne, vraiment, dit-il, des dieux agréée, mémorable et bonne
à livrer à nos descendants! Mettre à sac la ville de ses pères,
les dieux de la patrie, guider soi-même l’invasion étrangère? —
ng d’une mère, comment l’expier? Et tu voudrais que ta
patrie, cette terre par tes convoitises jetée en proie à la lance
ennemie, a). toi sc ralliât, s’armàt pour toi! Moi, ce sol, je l’en
graisserai, devin recouvert de la terre étrangère. Marchons,
ma mort, je l’espère, ne sera pas sans honneur. » —— Ainsi tonne
le devin, en poussant devant lui son bouclier, merveilleuse
sphère toute d’airain. Mais (l’emblème, il n’en est point au cen
tre. Paraître le premier, que lui importe? il veut l’être. Aux pro
LES SEPT CONTRE THEBES. 191
rû‘wôe xoozd’w ’Aôpo'ump ' de ces maux-ci pour Adraste :
xu‘t «5&9... et ensuite...
ràv aàv ôpämropov à ton frère,
{Slow Holuveixouç, la force de Polynice, lsourcils)
èEu-irndçwv 6mm, reversant son regard (fronçant les
ëvôœroôpeväç 15 51; n'a é'vopa et lançant deux—fois son nom
durrl Rétine, en-guise d'injure,
uahsï' il l’appelle ;
hiver ôè roûro ënoç et il dit ces paroles
ôtà aréuu' par sa bouche :
« 1'H roi‘ov Ëpyov u Certes une telle action
ml npoazpùèç Osoïot sera et agréable aux (lieux,
mko'v re peôuo‘répotç et belle pour les descendants
ànoüaar xal léysw, à entendre et à dire,
éuäsô‘mnäw toi ayant amené
crpo'rrsupa ëirwt'rôv, une armée étrangère,
nopeeïv ndhv warpq'mv ravager la ville de-tes-peres
xoti 106; 6500; èwsvsïç. et les dieux indigènes.
Tl; ôè Sim xaraoôéoet Mais quelle vengeänce éteindra
mm Mîpéç; ' le cou P d‘une P ortéà une mère? .
Faim 5è norrois, Et la ,terre ta patrie,
àko’ôoa ôopl. étant prise par la lance
1311:?) 0-7}; onouôñç, grâce-à ton zèle,
1166; vsvfias'rou comment deviendra-t-elle
Edppaxo'ç cor; alliée à toi?
"Eywye uèv 69; Pour-moi du moins certes
menu?) révôs Tim, j’engraisserai ce sillon—ci,
pourri; xsxsuôdi; devin caché (enseveli)
131:6 xeovàç rro‘Aeptaç. sous une terre ennemie.
Maxdipsea, Combattons,
élarlëw päpov j’espère un destin
o'ôx ärtuov. n non sans-honneur. »
'0 pa'wrtç Le devin,
véuœv danlôa efixuxhv agitant un bouclier bien—rond
ndyxalxov, ' tout—d’airain,
77660! 101016101 ' disait de telles paroles; _
a'ñpa 8è OÛK ërrñv mais un emblème n’était-pas-sur
xfixhp. le cercle du bouclier.
Bélair yàp où ôoueîv, Car il veut non pas paraître,
192 EHTA 15m GHBAL'.‘ " .
l [30102Iav 6'0101101 51.51 open”); xapttoüaavoç,

25, 11; 1a x25v01 filets-n'irez poukeüpaw.


Toü‘rtp aoçoùç Taxäyaüoùç o’wvqpém;
aéparew 211011116. A2015; 5; 0205; 02621.
ETEOKAHL’.
(1)25 105 20110011000110; 69111.00; 1390101;
5ixa10v dv5pa Toto-t ôUGGEÔêGTÉPOLÇ.
’Ev muni wpdyat 5’ 206’ épilée; xax71;
1.0011011 055211, xaprcb; où 101110120; '
d'un; äpougm’fiävarôv èxxapiriëa'rozt.
"l-I Yap 2511210601; wÀoïov sùaaôfiç ùvñp
va51a101 62911.01; 2v 11avoupyt01 11111
07100521! o‘wôpûv GEN 62011150111) yévet,
î, Eùv 110M1a1; 6111500100: 55010; div
èxepoäévom 12 mi. 056w 01111111110015
0 ' '
1015105 xupr'laa; 21155110; 01192131101105
aimai; 6205 pda'rtytvirayxotvqa 'ôo’qm.
0511»; 5' ô [.LGÎVTLÇ, utbv OixÀéooç Àéyw,
GO’MPPLOV 5510110; 011102); 2502611; 1111-19,
112101; npopr’fiqç, &voaiomi O'DHLLYEÎÇ
fonds sillons de son âme il fait sa moisson, aux sillons l'éconds
en nobles pensées. Pour un tel adversaire, il te faudra de sages,
d’intrépidcs champions, à mon avis du moins. C’est être bien
fort que de craindre les dieux. v
ETEOCLE. Triste fatalité, hélasl qui d’un juste fait un complice
à ces pervers. —- En toute chose, rien de plus malheureux que
de frayer avec les méchants. — Quel fruit en retii-er'I'Muissoll
d'Até, on yrecueille la mort! Pour monter au même-riuvi'rc,
mêlé à un équipage violent et sans frein, cohue prête'ù toutyttn
cœur pieux se voue à la mort avec cette vengeance vomic des
dieux. Parmi ses concitoyens. gens de farouche hospitalite,
sans souci des dieux, le juste est confondu. Sans l’avoir, mérité,
il tombe avec eux au même filet. Flagellé du fouet du dieu,"il
périt comme tout l0 mohde. -— Aussi ce devin; ce fils d’OÏclée,
un sage, un juste, un vaillant, un cœur pieux, un grand pro
- phète, jeté, malgré ses répugnanccs, aux rangs de ces impies,
LES SEPT CONTRE THÈBES. 193
ans eivai dpurroç, mais être très-brave,
mpnox’apsvoç ôm‘z (ppavô; faisant-fructifier dans son [esprit
flow paeeîav, un sillon profond,
èE, ñ; vi xsôvà Bookeûuam duquel les sages résolutions
EÂaUTOÏvEl. germent.
’Enawc’ô Je te conseille
népmw rob-up &vmpém; d‘envoyerà celui-cides adversaires
ompoüç 15 ml âyaôoûç. et sages et braves.
“0; aéôai esoùç ôswäç. Qui révère les dieux est terrible.
ETEOKAHZ. {>56 ÉTÉOCLE. Hélas! -
106 ô'pvieoç à cause de l’oiseau (du présage)
Euvulkdcdovro; &vôpat ôixaiov qui unit un homme juste
roïm Bporo‘i‘; ôuaaeôearépotç. aux mortels plus impies !
’Ev nom-ri ô‘s npo’iysi Or en toute affaire
oûôév ému xo’txmv rien n'est pire
ôuùiaç xaxñç, qu‘une société mauvaise,
xapm‘z; où uoptméoç' fruit n’en est pas à—retirer;
&poupa din]; le champ du crime
ëxxapniÇe-rai eavmv. donne-pour-fruit la mort.
"H 'yàp &v-hp sûceäñç Car on un homme pieux,
Euvewôàç Trlioi‘ov voté-rami monté surun navire avec des mate
esppoi‘ç chaudement-appliqués [lots
Ev 1m navoupytq. à quelque méchanceté
ôkwksv m‘av yéven dvôpüv périt avec une race d’hommes
esoméonp' rejetée-des-dieux;
33 (53v ôtuouo; ou étant juste,
go» neural; au-milieu-de concitoyens
a'wôptiaw èxôpo‘éévot; 175 hommes et inhospitaliers
mi âpvfiuom 656») et oublieux des dieux
stop-picot; èvôtuwç ayant éprouvé avec-justice
roü m’a-:05 âypaûpatoç, la même capture,
nknyslç pria-n'y; 0:06 frappé par la verge d'un dieu
nmyxotvcp commune-à-tous
è‘ôäpm. A il a été dompté.
051w; 6è ô poivnç, Or ainsi ce devin-là,
Àéyw ulôv Otxliéouç, je dis le fils d'O'iclée.
o’wñp ou'xppwv ôixouoç homme sage, juste,
àyaOôç aûasôñç, brave, pieux,
péyaç npotpfimç, . grand prophète,
uoncnsux en. D’escnvLE. 13
19 EI‘ITÀ El'Il GHBAE.
epaauarépoww àvôpo’ww Bic; (ppevav
1stvouac noua-hui Tip paxpàv m'iktv poke‘t’v
ALÔÇ OÉÀov-coç wyxaeshoaôfiasmt. ‘
Aoxœ nèv 05v aqae pL-qôè irpoaôakeïv “Mung,
oûx G); äeupov oûôè Min-cog xäxn,
0'003 oÏôev 65; ces X991 Tsksufijom puix-fl,
et xapnôç èa‘n Osmpo’nowt Aoîtoo '
5pm; ô' én' cu’nq) (pâton, Aaaôévovç Biav,
èxepôësvov milwpèv dvn'ro'zëopav,
yépov‘ra rôv voDv, oo’zpxa 6' ñôaaav (plier,
cpûxsï ôà ctyäv ñ Àéysw Tà xatpta 4'
noôûxaç ohm 2, xe't’pa 8’ où ppaôüvemt
Trap’ àcntôo; yunvœôèv àpiro'taat ôôpu.
Sept) 82: ôŒpôv èc‘tw süwxeîv Bpowüç.
XOPOE.
Kkûov'reç 050i. ôtxaiaç ÀL-ràç [Antistrophe 2.1
_ fipeæépaç TsÀaÏO', d); TEÔÀLÇ 26mm,
ôoPhrova xo’ot’ émpértov
we; stç ämpékouç ' nüpywv 8’ é'x-roesv
Bah‘ov Zed; capa xa’wm xepauvtp.

de tant d’audacicuse outrecuidance; quand il leur faudra refaire


la longue route, regagner Argos, condamné par Zeus, avec eux il
sera culbuté, écrasé. — Peut-être même n‘osera—t—il assaillir nos
portes, non point couardise de sa part ou défaut de résolution;
mais il se sait destiné à mourir dans la lutte, si elles portent
leurs fruits les prédictions de Loxias. Quoi qu’il en soit, il
trouvera devant lui, pour lui faire tête à la porte, un vigou
reux champion, Lasthénès, rude àl'étranger, âme de vieillard au
corps d’un jeune homme, sachant se taire ou ne parler qu’à pro
pos. Rapide est son élan, et agile sa main à dégager son fer de
dessous son bouclier. — Mais c’est toujours une faveur des dieux
que le succès ici-bas.
LE CHŒUR. Antistrophe 2. (Le Chœur va de gauche adroite.) Dieux,
exaucez-les, nos justes prières, donnez la Victoire à la ville ; et
les navrants malheurs de la lance, sur ceux qui marchent contre
nous, détournez-les. Hors des murs que Zeus de sa foudre {es
frappe et les abîme !
LES SEPT CONTRE THEBES. 195
aupuryetç Bic; cppsvû'w mêlé en dépit de son cœur
ûvôpoiaw dwom'owr. à des hommes impies
OPGO'UO'TdlLOIG’I qui-parlent-avec-audace
rslvouor rhv uaxpàv ôôôv parcourant la longue route
[.Lohsi'v no'ùiw pour revenir en arrière
auyxaeekxuoôfiaatm sera entraîné-avec sua:
Arô; eéhovroç. Zens le voulant.
Aoxà‘» u‘eu 05v acps D’une part je crois donc lui
unôè npoaôoùei‘v ne-pas—méme devoir attaquer
1:63am, les portes,
oûx dz; devuov non comme étant sans-cœur
oûôè mix-n Macho; ' ni par lâcheté de résolution ;
dhho‘z oiôev 6); X975 mais il sait qu’il faut
mps rsksu-rñem palm, lui mourir dans le combat,
si nap-n6; éa'rt si un fruit est
Osetpdrorai AoEtou. aux oracles de Loxias.
"Ouw; ôè éni afin?) D’autre part pourtant contre lui
dvnrotëouav (Pd-WC, nous opposerons un mortel,
Blow Aaaôévovç, la force de Lasthénès,
mkwpôv, gardien-de-portes
êxôpdësvov, ennemi-des-étrangers,
yépovra ràv voüv, vieillard par l’esprit,
(965L ôè edpxa ñôôoav, mais il produit(il a) une chairjeune
(pile? ôà O'lYäV et il a-coutume de se—taire
fi léyetv roi xou'pta. ou de dire les choses 'opportunes.
Olga noôäixsç, Son élan est rapide ;
0'6 ôè Bpaôüvsmt xsîpor et il n’est point lent de la main
àpno'wat impôt duo-Irma; pour dégager de-dessous son bon
ôo'pu yvuvweév. sa lance mise-à-nu.’ [clier.
Bporoùç ôè eôwxai'v Mais les mortels réussir
écu ôâipov 0306. est un présent d’un dieu.
XOPOE. Gaol xMov'rsg LE CHŒUR. Dieux qui-entendez
quart-Sport; hrro‘zç ômcu'ot; nos prières justes,
salaire, d); n'o'hç sûmxñ, faites que la ville réussisse,
Énpértov‘raç et; ëmyo'kouç détournant sur les envahisseurs
xaxo‘t ôopinova. les maux que-t‘ait-la—lance ;
Zeb; 6è Bahdw egos et que Zeus frappant eux
xdvot xepawd') les tue de sa foudre
ExteOsv nüpywv. en-dehors des tours.
.196 EHTA EHI GHBAE.
AFFEAOE.
Tbv ëôôopov 691, 16v npèç äôôôpat; when;
Âéäw, TÔV and-:00 cou xaoiywrrov, milan
olaç' àpä'rou. mi XŒTEÛXETŒL Tüxaç.
Hépyonç ênepôàç, xâmmqpoxeziç xôovi,
âléotpov mttäv' énaëtaxxoîaaç,
coi. Eupcpépsoôat mi mowdw Gavsïv 119m;

ñ ÇŒW’ d'rtpaa'r‘ijpa 163.; &vôpnM‘t-qv


. (pufl, TÔV aûrôv Tévôs Tiaaaeat 'rpé-nov.
Tomü‘r' o’tü‘ra’t Mai Osoùç ysvsektOUç
mite’t uarpqîiaç 7?}; èno‘ir'rñpaç Àwô‘w
10v 63v vevéaeou. udyxu Holovstuovç Qta.
'Exsu 6è xawo-irqvèç sÙ'OsTov co’cxoç
ômkoüv 1‘8 (misa rpocpspnxav'qpévov.
XpuofiM-cov yàp ävôpa Taux-qorfiv tôaîv
äyst yw-r’] 1L; amzppévwg ñyoupévn.
Aim; 5' &p’ shod cpvlaw, do; Tôt ypdppta'm
Àéyst, « yardëw ô’ ävôpa ‘ro'vôs, mi 116M)
ëëst mnpq’awv ôwpo’t'rwv 'r’ éma‘rpocpo’iç. »

LE MESSAGER. Au septième,à l’assaillant de la septième porte,


je vais passer, à. ton frère Polynice, àses farouches imprécations,
aux maux que ses vœux appellent sur Thèbes. — Debout sur les
murs, proclamé souverain à la face de‘cette terre, il veut chan—
ter le péan de ruine, se jeter sur toi, te tuer, mourir sur ton
cadavre.... — Si tu lui échappes, déshonore, proscrit, tu expieras
dans l’exil‘ le crime de l’avoir lui-même chassé de Thèhes. —-—
Ainsi il vocifère, ainsi il prie les dieux nationaux, les dieux de
la patrie de réaliser ses vœux jusqu‘au dernier, le farouche Poly—
nice. — Il porte, tout nouvellement ciselé, un magnifique bou—
clier, wvec deux/personnages sculptés. C’est, en relief d’or, un
soldat armé de toutes pièces,puis une femme, qui marche devant,
majestueusement le conduit. — Elle s’appelle Justice, dit-elle, à
s’en rapporter à l’inscription. Je ramènerai cet homme, ajoute
t-elle, il rentrera dans la ville de ses pères, dans les biens de sa.
LES SEPT CONTRE THEBES. 197
AI‘FEAOZ. Aégw ôi} LE MESSAGER. Je dirai certes
16v Ëôôouov, le septième,
rôv npô; celui placé auprès-de
Èôôo'uouç nékazc, la septième porte,
'ràv xaatvvnro'v son «6105, le frère de toi-même,
o'i'aç 115x21; âpärat quelles chances il prie
xal xa'redxerat nälsi. et souhaite-contre la ville.
'Enspôà; népvotç étant monté-sur les tours
xal émxnpuxeaiç XOOv‘i, et s'étant—proclamé à cette ÎBITO,
énsëmxxdaaç ayant-de-plus-entonné
rratäva àlttbaipov, un péan destructeur,
Euucpépeoôat GOL il souhaite de joindre toi
nod x'rowdav et l’ayant—tué,
Oavsïv n'ékzxç de mourir auprès

ñ ttoaoôar cpuvñ 1d); ou de punir par l'exil ainsi


révôa 16v mind» Tpo'rrov de cette—même-manière-là
{Givre toi vivant
dvôpnlo'mqv qui-l'as-banni,
driuamñpa, qui—l’as—déshonoré.
Bleu Holéverxouç La force de Polynice
(iii-rs? rotaüw crie de telles paroles
xa‘i nuls? 650€); yeveôktov; et appelle les dieux indigènes
fig Tron-pq'mg, de la terre de-ses-pères,
vevéaôat pour cas: être hes.
iraiyxu Êrrorrrñpa; 'rd'w d'w Mn'ôv. tout-à-fait surveillants de ses priè—
"Exst 8è coixoç D’autre part il a un bouclier
eGôE‘rov xawo‘rrqyèç, bien-fait et récemment—travaillé,
ôtaim'ür ra añua et un double emblème
npoauepnxavnuévov. I
artistement-ajouté.
Ti; yo'zp WW] civet Car une certaine femme conduit
ävôpa Xpumfiharov, un homme fait-d‘or,
Tsuxno-rhv tôeïv, guerrier à le voir,
ñvouuévn aœtppo'vwç. le guidant gravement.
KI’nai ô‘e dips: sinon Aixn, Et elle dit certes être la Justice,
d); ro‘r vpdpuam léyer' comme les lettres le disent:
« xardëw ôè 'ro'vôe dvôpa, K et je ramènerai cet homme—ci,
xai Egan iro'Kw et il aura la ville
intmpoçd; 're et la jouissance-à-son-tour
198 EHTA EIII SHBAE.

T01a51’ 2xztvwv 201i. 1022091111110.


25 5’ a515; 915-0 7111561 1tva 11211112111 50x2't‘

‘9; 061101’ o‘wôp‘t 1436€ mpuxsuudîœv


11.21.11.521, où 5’ 01515; 7111501. vauxMps’tv 116M).
ETEOKAHE.
"'Q 62ouav2; 12 mi. 6213‘»! 1127a 01510;,
15 nav5d1xpu1ov dubv Ot5tirou yévo; '
ténu, 11a195; 5h vüv apal. 1252006901.
’AM’ 0512 xXäsw 051’ 6550200a1 1192121,
11.91 xal12xvw911 5500001151290; 760;.
'E-rcwvéaip 52 xoip1a, 110715112501 52710;
10'1x’ 2t00'11200a 105111011113 61101 1252! ' '
2!’ vw ua‘rdëst Xpuaét‘eox‘ta ypduuam
211’ 01011150; tpküovm cùv cpot1q: 1002116311.
E! 5' 11 A15; 1:011; napfiévo; A5111 110191111
Epyot; 21125105 mi. Lppaaiv, 10'1X’ äv 165’ ñv '
0'003 0512 vw qwyéwa 11.1119602v 01161011,

famille. Tels sont les emblèmes imaginés par ces hommes. —


A toi maintenant de voir qui tu enverras contre P01ynice....
...Moi, j’ai fait mon devoir de fidèle éclaireur, à toi d‘être le
timonier de l’Etat.
ETEOCLE. Quelle race frappée des dieux que la nôtre, race'
insensée, du ciel grandement exécrée, race lamentable d’Œdipe.
-— Ah! des imprécations de mon p5re‘v0ici le dénouement.
Pleurer, gémir, à d’autres! Gardons de provoquer de larmoyantes,
de scandaleuses explosions! —— Et toi le bien nommé, toi, Poly
nice, nous saurons bientôt où te conduira ton ambitieuse devise,
si elles te ramèneront à Thèbes,ces inscriptions, ces lettres d'or
sur ton bouclier délirant de toutes les fureurs de ton âme. —
Ah! si de Zeus la fille, la vierge, si la justice était avec lui, de
moitié en ses actes, en ses pensées, ce serait chose tôt faite,cn
vérité! Mais ni au sortir de sa mère, de la ténébreuse matrice,
LES SEPT CONTRE THÈBES. 199'
ôwpa'trœv narpqbwv. » des palais paternels. »
Toraürai Èa'n Telles sont
Tà égaupfipara ëxsivœv. les imaginations de ces hommes.
.Eù 5è aürà; yväiei ñô'q Mais toi-même sache dès-mainte
riva ôozei‘ç Tréparsw qui tu penses envoyer [nant

du; o’J-rrors pépspat carjamais tu ne te—plaindras


'rtïiôe dvôpl à cet‘homme-ci (à moi)
xnpunaupoirwv, de ses messages,
m‘a 6%. 01616; w660i mais toi-même sache
vauxknpsïv 1167m0. armer-le-vaisseau de la ville
ETEOKAHX. 7!) &uôv yévoç ÉTÉOCLE. O notre race
Oîôi'rrou d'OEdipe
Oeouavéç re et aveuglée-par-les—dieux,
xai uéya 011570; 956w, et grand objet-de-haine des dieux,
(Ï) navôdxputov,
ôuot! vüv 6-); I ô race toute-dignc—de—larmes;
hélas-à-moi ! maintenant certes
àpai narpôç les imprécations d’un père
Teleatpo'pm. sont s’-accomplissant.
’AMà npéner otite xlio’œw. Mais il ne convient ni de pleurer,
061's 6569209al, ni de se-lamenter,
p.9; mi. renvoie?) de peur qu'aussi ne-soit-engendrée
yéoç ôumpoptb'rspoç. une lamentation plus insupportable.
Taixa 5è siao’psoea Or bientôt nous saurons
Swot Tale? 'rà brie-11pm où aboutiront ces emblèmes
ënwvüutp xdptu, pour le bien-nommé tout-à-fait,
Aévw Hokuvsbm, je parle de Polynice,
et ypoippaw Xpuao’teum‘a, si des lettres gravées-en-or
(ph'aovw éni dun-H50; extravaguant sur son bouclier
cùv (poire) (ppevd'w avec un délire d’esprit
zen-dieu vw. ramèneront lui.
Ei ôè i) n'ai; Au}; Et si la fille de Zeus
napeévoç Aim la vierge Justice
nap‘ñv Ê'pvmç était-présente aux actions
xal cppsclv ëxsi'vou, et à l'esprit de lui,
Mixa ‘ro'ôs âv ñv' bientôt cela serait;
dtMà Aim “poo-5755 mais la Justice ne le regarda
061$ cpuyo'vta. axo'rov ni quand-il-fuyait les ténèbres
gnrpo'eev, du sein de-sa-mère,
200 EHTA EHI GHB'AZ.v

0'51’ év Tpoça'taw, oü‘r’ êcp'qôifiaawâ 1:0),


061’ ëv yavaioo {Dirham Tptxdiuonoç, V
Aim 1190027552 xoüx âmëuâaa'ro 4 ' i

068’ év ampq'iaç Pip xeovôç Manouxtqc


oïuat vw aü‘rq‘ü vüv napaarot'raïv néXaç,
’H ôîj'r’ av sf'q navôixœç disoôofivuptoç
Aix-q, ëovoüoa (parti. navrôkutp (ppévaç.
Toû'rotç mono; aim xai ëoatfiaouou
aü‘côç ' Ttç äÀÀoç uäkkov êvômoî‘repoç;
äpxov'rt 'r’ äpxwv Mai. xaaiyvn’ïqo xdatç,
èXOpbç oùv èXOpÇi arfioouai. ÇDÉp’ (b; Tdxoç
xvnuîôazç, atxuîjv, nazi. nérpwv npoôhjuma. .
XOPOE.
M91, cpDt‘ruT’ dvôpôw, Otôinou TÉXOÇ, 'yév'n
ôpY-ñv ôuoîoç 'n’p xo'zxwr’ aüôwuévcp °
0’003 ävôpaç ’Apysiowr. Kaôuatooç â'ûuç

ni en nourrice, ni au jour de sa jeunesse, ni au temps où la


barbe foisonne au menton, jamais la justice n’a eu un regard
pour lui, de lui n’a eu de souci. — Ce n’est pas, j’imagine, dans
cette invasion de la terre de ses pères, pour s’en faire aujour
d'hui l’appui et le secours. Non, non, elle mentirait trop outra—
geusement à son nom, la justice, complice d'un tel homme, de
sa monstrueuse impiété. — Aussi en toute assurance irai-je me
mesurer moi-même avec lui. Qui donc, mieux que moi, sem
ble fait pour cette lutte? Prince à prince, frère contre frère,
ennemi contre ennemi, je serai la pour lui répondre.» —Allons,
vite mes cnémides, ma lance, et de quoi me couvrir contre les
pierres. -
LE CHOEUR. Non, 6 le plus cher des hommes, fils d’Œdipe, ne
va pas, par col‘ere, descendre au niveau de celui que tu maudis.
Aux Argiens les Cadméens se heurteront, c’est bien assez; ce sang
Las SEPT comas russes. ‘ 201
061's ëv rponpoti'aw, ni dans son éducation,
061's êtpnôñaavrd 1m, ni quand-il-était-adolescent en
0615 èv gvhhofi] ni dans l'abondance [core,
'rpixo'auoiroç yevetou ‘ du poil de son menton ;
xal oûx et il n‘est pas vrai que
drmëubaaro ‘ . elle ne dédaigne pas de le regar—
oûôè oiuar uñv et je ne pense pas certes Mer;
vw napao-rzxrsïv vôv aûrqû elle assister maintenant lui
néhaç auprès
iv xrxxouxtqz dans le mauvais—traitement
xeovôç Kampala“. de la terre paternelle.
“'H 87pm: Atxq Assurément certes la Justice
dv sir; navôtxwç serait tout-à—fait-justement
dasuôdiwuoç, portant-un-faux-nom,
Ewoüoa cpw'rl étant-avec un mortel
navrékuqx cppévaç. complètement-audacieux d’esprit.
HEMLOL‘u; 1061m; all“ confiant en ces choses, j'irai
Mai Euc‘rfiaouw ou'no'ç' et je le combattrai moi-même:
11'; 600m; uä‘nov quel autre est davantage
Èvôtxu'nspoç; y ayant—plus—de-droits‘!
Z‘nfio'ouou Je me—tiendrai
äpxwv rs dipxovu, et chef contre chef,
xod xo'wu; mmyv'lrrq), et frère contre frère,
éxôpà; èxôpq‘i. ennemi contre-ennemi.
(Mp3 Apporte-moi [ter rapidement
d); Toixoç autant que il est possible d'appor—
xvnuïôaç, des cnémides,
aîxuñv une lance
ml npoähfiuara nerpôüv. et des abris contre les pierres.
XOPOE. éther-ra LE CHŒUR. Ole plus cher
o'wôpc'ûv, des hommes,
réxoç _Otôirrou, fils d'Œdipe,
p.9) yévp ôuoïoç ôpy'hv ne sois pas semblable de colère
te") aûôwps'vq) à celui qui est-apostrophe
xdxm'ra' par les plus mauvaises paroles :
600d au; mais c‘est assez
dvôpa; Kaôuetouç des hommes cadméens
éhôs‘i‘v é; Xsi‘paç en venir aux mains
'Apyeioraw ' avec des Argiens;
202 ' EHTA EHI eHBAz.
é; xs’tpa; èÂOsZv ' alpe: yàp xaôäpetov '
a’wôpotv ô’ ôpalpow Mime; 636’ aü‘romo'voç,
06x (on fipaç 1055€ 100 ptäcpaîoç.
ETEOKAHX.
El'nap xaxèv tpépm TL; alaxüvnç ä'rsp,
501w ' p.6vov yàp xêpôoç èv Tèôvnxéow '
xaxôäv ôè xiwxpd'w oünv’ aùx‘Aatav épaïç.
XOPOÈ.
TE pépovaç, Téxvov; ya}; mi 02 Gupofl-q- [Strophe l.l
Gfiç ôoptpœpyoç (he: cpspé'rw ' xaxoü ô’
ëxôaÀ’ €pw'roç dpxo'w.
ETEOKAHX.
’E'nal 'rô npäypa xapr’ êmanépxez 656;,
ho) xa-r’ oñpov xüpa Kwzu‘tob laxôv
(boiôtp mmeèv ‘ Träv 1?) Action yévoç.
XOPOE.
’Qpoôaxfiç 0’ äyav ïpepoç éiotpü- [Antislrophe 1.]
van wmpo'xap'rro; âvôpoxmaiav 12Àsïv
ammo; où ÛEtMO'TOÜ.
ETEOKAHX.
(1)000 yàp éxepd pm rra‘rpôç pékaw’ dpà

du moins se peut laver. Mais deux frères l’un par l’autre égorgés,
le temps n’a prise sur telle souillure. .
ÉTEOCLE. Le malheur sans la honte, soit! De ses atteintes la
mort seule afl'ranchit. Mais frappé, déshonore, vous en convien
drez, c'est trop d’un pour ma gloire.
LE CHŒUR. Strophe 1. (Le Chœur va de droite à gauche.) Quelles
sont ces pensées, ô mon fils! garde que la fièvre de colère, le
vertige de la lance, ce suprême malheur, ne t‘emporte! A la
funeste ardeur, ah! coupe court, dès son début.
ÉTÉOCLE. Au dénouement, à n’en faire doute, les dieux nous
précipitent. — Vole donc, poussée des vents, vers les flots du
Oocyte, vole la race d‘Apollon maudite, la race de La'ios.
LE CHŒUR. Antistrophe 1.(Le Choeur regagne la droite de'l’hypo
scène.) 0h! la dent, la dent féroce de l'inexorable désir, elle te
pousse aux fruits amers, à l'efl'usion du sang défendu!
ÉTÉOCLE. De mon père l’implacable imprécation se veut assou
LESISEPT CONTRE THÈBES. 9.03
mina yo‘tp natioipmovj car ce sang est expiable;
Grimm; ôè mais une mort _
(565 afirox-ro'voç ainsi mutuellement—homicide
àvôpoi‘v ôuatpow, de—deux-hommes de—mème—sang,
o-bx Earn 7?] potç il’ n’est pas de vieillesse (d’affai
10558 105 ptäouarog. de cette souillure-là. [blissemenfl
ETEOKAHX. Ei'rrep n; ETEOCLE. Si-certes quelqu’un
tpépor xaxôv (Shep aîaxifivnç, m’apportait du mal sans honte,
’e'o'rm' soit; [honte)
xépôo; yo‘rp car cet avantage (l'absence de
uävov, ' est le seul
âv reOvnxo'ew ' parmi les morts;
06 ôè épsî; mais tu ne diras pas
riva sûxhslav quelque gloire être
numb») xal aîcxpâ‘iv. deschoses mauvaises et honteuses.
XOPOE. Tl péuovotç, LE CHŒUR. [A quoi aspires-tu,
réxvov; mon fils?
dira ôoplgapvog qu’une fatalité furieuse-de-combat
Ouporr‘mdù; pleine-de-colère
M n (pspé'rw os ' n’emporte aucunement toi;
ëzôale ôè dpxàv mais chasse un commencement
ëpco'roç xauoû. de passion mauvaise.
ETEOKAHE. 'Eml 056; ÉTEOCLE. Puisqu‘un dieu
èrrwrrépxst xoip'rot rà n‘päypa, presse vivement l’affaire,
mis 16 vévoç AaËou que toute la race de La'ios
mvneèv (botôq) haie de Phœbos
’L'rw nor-:81 oi'apov aille au—gré du vent
laxôv ayant-en-partage
zñya Kwxuroû. le flot du Cocyte.
XOPOE. "Ipœpoç LE CHŒUR. Un désir
äyav dipoôootùç trop mordant—au-vif
mxpäxcxprroç aux-fruits—amers
égorpi'avat ce vels't'v pousse toi à accomplir
dvôpoxwalav dip-0:10; l’homicide d‘un sang
of) Osptaroô. non licite a verser.
ETEOKAHZ. ’Apà vàp ETEOCLE. Car l’imprécation
pékawa noire
çflou n'atpôç' de mon cher père
éxepa’z par. ennemie à moi
204 EIITA EHI BHBAE.

E-r‘potg äxkaucroç ôuuaaw npoatëdzvst,


Àéyoùca xépôoç npé'æpov ùarépou uäpou.
XOPOX.
'AÀÂà où M ’norpt'wou ' xaxèç où xsxkr’r [straphe 2.}
GEL fiiov si; xupfiaaç' uehdvawtç €5
Eta‘t ôo'uwv ’Epwùç, 510w éx xspü‘w
920i Ouaiav ôéxœwau.
ETEOKAHÊ.
630?; uèv ñôn 1m; napnushîueôa,
Xa'zptç ô’ âcp’ m1431! ôhouévwv eauudÇsrm '
‘ri 05v {1’ âv autvozpsv éléeptovpôpov;
XOPOX.
Nüv 51s aot napâamxav, êrtst ôatpmv [Antistrophe 2.]
Milena; év momie; xpovtqz parak
Àamôç (au; âv è'ÀOOL Oehsyu'répqa
maûuau' vüv 8' fin Çs't'.
ETEOKAHÊ.
’Eîéïeaevyàp Otôt'n'ou xaraûyuam '
äyav ô' dût-402k évumimv cpavmouo'rrwv
641314, Tratpq'iwv Xpnudrœv ôa‘rfipton.

vir. —— L’œil sec, sans une larme, elle est là, près de moi, à me
répéter; « Mieux vaut mourir plus tôt que plus tard. »
LE CHŒUR. Strophe 2. (Le Choeur va de droiteà gauche dans l'hypo—
scbnc.) Non, non, n’cxagùre rien. Lâche on ne t’appellera, si tu
survis sans crime. — La déesse à la noire égide, Erinys, sort
d'un foyer, où la main aux (lieux a fait les offrandes.
ÉTEOCLE. Les dieux! de nous depuislongtemps ils n’ontsouci.
Notre seule façon de leur agréer, c’est de mourir. Devant l’arrêt
fatal pourquoi donc reculer ‘1
LE GHŒUR. Antislrophe 2. (Le Chœur regagne la droite de l'hypo
scène.) Sans doute le sort aujourd’hui te presse. — Mais le ciel
de ses rigueurs, avec le temps, se peut relâcher. Plus cléments
alors peut-être seront les vents. Maintenant encore toute fré
missante est la tempête.
ÉTÉOCLE. Frémissuntes,en vérité, les malédictions d’Œdipe.——
Ah! elles n’étaient que trop réelles ces visions, fantômes de mes
songes, répartisseurs des biens de mon père.
LES SEPT CONTRE THÈBES. 205
npoaiëo'wer se—tient—près
' (Enema-r0; ô'puoww Empoïç sans-larmes avec des yeux secs,
Myouoa npo‘rspov disant la mort qui-prévient
päpou ûo‘répou une mort qui-d0it-venir-plus-tard
uépôoç. être un gain.
XOPOZ. ’A'À'Àd au LE CHOEUR. Mais toi
pub énorpüvou' ne sois pas excité ;
0'5 182M051 xaxàç, tu ne seras point appelé lâche,
xupfioaç si") Bio» ' ayant obtenu bien la vie;
'Epwù; peloivwyiç Erinys à-la-noire—égide
ëfiswt ôäpwv, sort des maisons,
ô'tav Gaol lorsque les dieux
ôéxwvwi ôuoiow agréent un sacrifice
Èu xepäiv. des mains de leurs habitants.
ETEOKAHX. "H511 név 11w; ETÉOGLE. Déjà en—quelque—sorte
Trapn p.5“) peer: nous avons été négligés
Oeoîç, par les dieux,
xzipiç ôè et un hommage
Oaupo'ttetou est apprécié par eux
dito hpüv ôkopévwv - venu de nous étant-morts ;
Tl 05v pourquoi donc
aalvolusv äv En flatterions—nous encore
päpov ôkéeptov ; un destin funeste?
XOPOX. Nüv LE CHŒUR. C‘est maintenant
6'12 cor. napécmxnev, qu’il te presse ,
ËTIEl Mimi»; puanwôç car ce dieu qui-peut—changer -
èv tpowalqz M parc; > par une révolution de volonté
x90“? ouvrage—du-temps,
i‘owç m.» äv peut-être viendrait
nveéuan Oekeuwréptp ' avec un souffle plus bienveillant;
vüv ôÈ En mais maintenant encore
lei. il bouillonne. [rient
ETEOKAHE. ’EEéÇsaev yàp ETÉOCLE. En effet, elles bouillon
xarsüyua'ra Oiôiîrou‘ les imprécations d’Œdipe ;
am ôà âlneeîç et trop véritables
dupa; sont les visions
cpavracua'zrwv évumiwv; de fantômes vus-en-«songe,
ôa‘rñpiov. faisant—le-partage
Xpnuärœv Trorrpq’mv. des richesses paternelles
206 EHTA El'II GHBAE.

XOPOX.
Htôoü Toi/ana, xatrrsp 06 a-ra'pyuv 5p.u;.
ETEOKAHX.
Aâyow' 15v (iv tiw] 1L; ‘ oüô‘s xpñ nupvai.
XOPOX.
M-‘rl 'Àônç ôôoù; où ‘râaô' é'ç' Ëôôôpmç milan.
ETEOKAHX.
TaOqyuévov 10€ p.’ oüx &nauôlwsïç Ào'ytp.
XOPOX.

EieokAiizÎ
Nix-N
t Y a F évrozxa‘t xaxiv
l ‘n l‘.dOEôç‘.
XOPOX.
. o
ETEOKAHE.
067. &vôp’ ônÀt'rqv 10510 )(p?l a'répyew 51:0; 9.
L XOPOX.
'AÀÀ' aüïo’tôeÀ'pov alua ôpégbaaeau OéÀetç;
ETEOKAHE.
956w ôtôo’vrwv, 06x av âxçüyor. xaxc'z.

IV. '_LE CHANT FUNÈBRE.


(Vers 874-960.)
XOPOI' 15 (1’.
'Id) lib ôûotppovsç, [Strophe Ll
cpthnv dame-rm xal. xamäv d‘rpüuovsç,
ôôuouç éÀévrsç n'a‘rpq’iooç uékem oùv
LE CHŒUR. Les femmes, tu les hais. Écoute-les pourtant.
ETEOCLE. Si la chose est possible, allez, mais en deux mots.
LE CHŒUR. Eh bien ! tu n’iras pas à la septième porte.
ETÉOCLE. Quand la lame a le fil, la langue ne l’émousse.
LE CHŒUR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ETÊOCLE. Tout vainqueur, fût-il lâche, a les dieux avec lui.
LE CHŒUR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
ETEOCLE. Propos bien malsonnant à l’âme d'un soldat. .
LE CHŒUR. C‘est ton frère, et tu veux toi—même l’égorger?
ETÉOCLE. Malheur ! malheur à lui, si les dieux le permettent.
(Étéocle quitte la scène.)
IV -
PREMIER DEMI—CHŒUR. Strophe l. Hélas! hélas! funeste
inspiration ! A leurs amis ils n’ont pas cru. De maux ils étaient
insatiables, et le toit paternel ils se le sont disputé par la force.
n
LES SEPT CONTRE THEBES. 207
XOPOE. mecs ywatäl, LE CHŒUR. Crois-en des femmes,
mhrep où o'répywv quoique n’aimant pas elles
ô'umç. pourtant. [chases
ETEOKAHE. Aéyorre äv ÉTÉOCLE. Vous pourriez dire des
aw Ttç div-q ' dont quelque exécution soit pas—
00 ôè xpñ mais il ne faut pas Bible;
paxpdv. dire longuement.
XOPOE. Mù Emu; of) LE CHŒUR. Ne va pas toi
Tda’ôs ôôoùç par ces routes-ci
é'rrl ëôôo'ymç offing. qui sont vers la septième porte.
ETEOKAHE. Tol 16m, ETÊOCLE. Certes par ta parole
06x duapô’lwaîç tu n'émousseras pas
p.5 reenyuévov. moi aiguisé.
XOPOE . . LE CHŒUR. .

ETEOKAHZ. Mévmt ye 656; ÉTÉOCLE. Pourtant certes un dieu


npä vin-m»
V xml. uanfiv. honore la victoire
même mauvaise.
XOPOZ . LE CHŒUR.. .. . .

ETEOKAHE. 06 xpñ ÉTÉOCLE. Il ne faut pas


ävôpa ônMmv un homme armé
_ crépyew roûro Enoç. aimer cette parole.
XOPOE. ’AMà Oékaç LE CHŒUB. Mais veux—tu
ôpénpaaem alga recueillir le sang
aû'ro'tôs'kcpov ; de-ton-propre-t‘rère ?
ETEOKAHZ. 056w ôtôdvmw, ÉTÉOCLE. Les dieux raccordant,
06x av éxtpéyot ùaxd. il ne saurait-échapper aux maux

IV. LE CHANT FUNÈBRE.

XOPOÏ‘ il (1’. 'Id: id: DEMI-CHŒUR l". Hélas! hélas


ôüacppovsç, insensés,
&marot çOiœv sans—foi en vos amis
ml &rpüuoveç n'amîw, et infatigables aux maux,
péksov. malheureux
Howe; aùv dilué} ayantpris(voulu prendre)par force
ôdyouç narpcÿooç. les demeures paternelles.
208 EHTA EHI GHBAX.
XOPOÈ.
MéÀsm 6916' et pakéooç Oavd‘rouç
nüpowo ôo'pwv ënt Âûpqz.
XOPOI‘ i) e'.
’Id) lc‘u ôwpd‘rwv - [Antistrophe 1-.1
épitapt'rmxot xal. mupàç povapxiaç - .
tôôwsç, ñô'q ôtñkkaxea aùv aiôo’zpip.
XOPOE.
Ko'tp'ra ô' ail-116?] warping Olômôôa
no'wn’ ’Epwùç änéxpavav.
XOPor 75 a'.
An’ süwvüpwv Ta‘mppévm [Strophe 2.]
' XOPOI‘ i; p'.
12171: “y. évonô la 9’ . XOPOT “h a’.

' bino
MM-yxvwv 12 nÀaupwpa’wwv

Alert ôatpôwon
- XOPOY i) 3'.
ala’t ô’ dv‘rupo'vœv
69] Oavd'rœv äpwf.
XOPOE.
Aiavmtu‘v ôo'powt cépaalv 1'

LE CHŒUR. Malheureux, assurément, qui simalheureusement


sont morts en ruinant leur maison!
DEUXIÈME DEMI-CHOEUR. Antistrophe 1. Hélas! hélas! de
votre propre maison démolisseurs, au pouvoir dont seul on dis
pose vous avez regardé d’une amère convoitise, et, pour en déci
der entre vous, vous en avez appelé à l’épée.
LE CBŒUR. Elles n’étaient que trop vraies les paroles qu’ac
complit de votre père l’auguste Érinys.
PREMIER DEMI-GHŒUR. Strophe 2. Aux flancs gauches frappés
DEUXIÈME DEMI-CHOEUR. oui, frappés
PREMIER DEMI-CHOEUR. et aux flancs sortis 'des mêmes en
trailles... Ah! malheureux !
DEUXIÈME DEMI-CHOEUR. Oh ! la sombre malédiction de
mort où l’on s’égorge.
LE CHŒUR. Oui, un rude coup, n’est-ce pas? pour leur maison
LES SEP'T'CONTRE THEBES. a) 09

XOPOE. Mé'Àeoz LE CHOEUR. Malheureux


ôñm, certes, '
of nüpovro ] qui ont trouvé
Gavo't‘rouç des morts
pehéou; malheureuses
Èn‘t Huez pour la ruine
ôo'pwv. de leur maison.
XOPOI' 1m. DEMI-CHOEUR 2°.
'Ic‘u lu’i Hélas! hélas!
êpeuÿlrotxoz destructeurs-des-murs
ôwuo’zrwv des palais _
ml iôo'vrs; et voyant
mxpo‘zg povapxlag, d’amères royautés,
‘ñôn maintenant
ôufil‘Aaxea v0us-vous-êtes-réconciliés
oùv ctôoipip. par le fer.
XOPOZ.‘ Ho'wuz ôè LE CHOEUR. Et l’auguste
’Epwùç Erinys
énéxpavs a accompli
nip-m 6.111071 les paroles bien vraies
narpô; de votre père
Oiômo'ôa. ÔEdipe.
XOPOY‘ i) a’. DEMI-CHOEUR 1".
Tewuuévm Frappés '
ôtà eûwvûpwv aux flancs gauches
XOPOÏ‘ my. DEMI-CHOEUR 2°.
Temuuévot frappés
ôñrœ certes
XOPOE. nhsupwydrwv ra LE CHOEUR. et aux flancs
ôuoo-fldyxvwv sortis-des-mêmes-entraillcs.

Aiaï ôatuävwt Ah l malheureux !


XOPOI‘
dipod 4 11 ça. ma? ô‘e DEMI—CHŒUR ‘23. et hélas!
malédictions
Oavaî'rœv de morts
ùv‘cupdvœv mutuellement-homicides
ôñ. certes.
XOPOE. ’Evvé‘netç LE CHOEUR. Tu les dis
ne‘flamévôuç frappés
MORCEAUX en. n'escnns. 14
210, EHTA EH1 GHBAX.
ÊVVÉ‘EELÇ nenhayuévouç,
àvauôd‘rtp [.LÉVEL 1'
dpatq) 1' èx nat'rpbç
01‘» 6LX 6 (PP ow. 1:61:pÊËOPOÏ'
. i) a'.

Aw’pæn 6% x00. nôhw mévoç, [Antistmphe 2.1


xopor i] e'.
GTÉVOUGL m’apyoz,
XOPOÏ' i) a’.
o‘révst
EÉÔOV tptÀavôpov' navet
même Tdô’ émyo'votç 4,
ôi’ (In attvouôpmç
XOPOI‘ i) p'.
ôt’ 15v veîxoç éôa
Mai. Oavd-rou TÉÂOÇ.
XOPOX.
’EuOLpo'wawto ô’ ôäuxo’zpôtm
xrfiuaô', d'w‘r’ {Gov haxeîv.
Amhhamfipt 8’ 05v
dusuçata cpthonç,
066’ êntXa 9 L; 'A Enaxopor
ç. s a'.
Enôocpônhax‘ron uèv (56’ ÆXOUQW, [Strophe 3.1
xoror un p'.
môapéïrhamov. '3 82:, 10€); uévouow
XOPOI‘ h a’.
16% 6w Ttç sinon, Ttvsç;

et pour leurs corps? Rage sans exemple! Malédiction d’un père!


Fatale division !
PREMIER DEMI—CHŒUR. Antistrophe 2. Ils gagnent justw’à la
ville les gémissements!
DEUXIÈME DEMI-GHŒUR. Les murs en gémissent!
PREMIER DEMI-CHŒUR. Ainsi que cette terre qui aime ces
hommes; d’autres hériteront de ces biens, causes d’infortunes,
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. de ces biens, cause de leur que
relle et de leur mort. ,
LE CHŒUR. Dans leur colère ils se sont partagé leurs biens
de manière à en avoir une part égale. Les frères n'ont point à
se plaindre du conciliateur. Arès s’est montré impartial.
PREMIER DEMI-CHŒUR. Strophe 3. Voilà dans quel état le fer
les a mis.
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. Frappés du fer,ilsvont avoir leurlot.
PREMIER DEMI-CHŒUR. Lequel! dira-t—on peut-être.
LES SEPT CONTRE THÈBES. 211
ôiavralow d’un coup qui-traverse
ôäuowi anormal TE, pour leurs demeures et leur: corps,
uévu ra dvauôo’crcp et par une fureur inouïe
dpalcp 'rs et appelée-par-une malédiction
éx Troupe}; de leur père
m‘av no'twp ôixo'çpovt. avec un destin (le-discorde.
XOPOI‘ 7‘) a'. DEMI-CHŒUR 1".
Zrdvo; ôè Et le gémissement
ônfixa za‘i ndlw, parcourt aussi la ville, [sent,
XOPOÏ‘ 1‘) {3. m'ipyoz arévoum, DEMI-CHŒUR 2'. les tours gémis
XOPOI' 'h o". o'révev. DEMI-CHŒUR 1”. il gémit
rréôov çüavôpov ' le sol ami-de-ces-hommes;
Émyävotç psvs'i à leurs successeurs resteront
'rdôe xréavoz, ' ces biens,
ôià (Ïw par lesquels
alvopo’pot; àeux—maudits-du sort
XOPOI‘ 1‘) B. DEMI-CHŒUR 2°.
ôià (in par lesquels
vsïxoç €601 querelle est venue V
ml réloç Oavaîrov. ' et fin de mort (lin mortelle),
XOPOE. LE CHŒUR. ‘
’Oiuxoipéwi 're Et emportés-par-la colère '
éuozpoicav-ro xn‘luara ils se sont partagé leurs biens
(Bu-ra laxeîv de-manièrc-a avoir-en partage
ïoov. part égale. > . 59.
’Auepçela 05v Donc absence-de-plainte
(pilou; est aux amis 7
ôioùikanfljpi, contre le conciliateur;
oûôè "Apnç et Ares n'a pas été l
êwlxaptç. complaisant (partial).
XOPOÏ' i) oz'. DEMI-CHŒUR l".
Xiôapdnkax‘rot [.lÈV D'une part frappés-par-le-fer
Exoww €565, ils sont en-cet-état,
XOPOT h 8'. DEMI-CHŒUR 2°.
o'iôapôflaxroz as d’autre part frappés par-lc-l'er
roùç uévouaw les attendent
XOPOÏ‘ 7‘) a’. mixez DEMI-CHŒUR. peut—être
n; eîrron 61v, - quelqu’un dirait,
rlveç; quels (quoi)?
212 EHTA EH1 OHB'AE.
XOPOÏ' man
'cdupw‘) wa'rpq'mv laxai‘ '
XOPOE.
M603 äxdaca’ là “rob; _
npo-zréymaz, Baba-P”)
760; aü‘ro'a‘rovoç, aütorfiyœv,
ôa’io’tppœv, où çùoyaefiç
éîüywç ôaxpuxéœv éx
(ppsvèç, â xÀaLonévaç you
ntvüesv. TOÏVôE ôuot’v o'wdmow.
XOPOÏ‘ 1‘) (1'.
Häpearw shrew é1r’ dOÀtoww {Antistrophe 3.;
E XOPOÏ‘ñ p'.
Cu; épid‘mv nokkà nèv noMmç
XOPOI' h a’.
Eévwv 1’ ânamûv Mixa;
xoporñ {sa
110104266900; èv ôat.
XOPOX.
Auoaiwv ccp’ ä 127.0500:
npè naaäv ywatm’ñv
ônôpan TEXVOYÔVOL xéxÀ-qvrat "
nattôa TÔV cobra; nôaw ovbrrjl
Osyéva Toüaô’ érax’, et 8’ (56’
éTaÀsü‘racw inr’ (ina—
Àocpo'vorç xapa‘w ôyoarrôpoww.

DEUXIÈME DEMI—CHŒUR. La tombe de leur père.


LE CHOEUR. Aux échos du palais retentissent mes derniers
adieux aux morts, poignantes lamentations, navrantes, déchi
rantes, sans douceur, où spontanément les larmes débordent de
mon cœur, desséché à force de pleurer ces deux princes.
PREMIER DEMI-CHŒUR. Anlistrophe 3, On peut dire de ces
malheureux
DEUXI .ME DEMI-CHŒUR. qu’ils ont fait beaucoup de mal
aux citoyens,
PREMIER DEMI—CHOEUR. et aux baiaillons étrangers
DËUXILME DEMI-CHOEUR. tombés en grand nombre dans le
com at.
LE CHOEUR. De fatal destin’fut la femme qui les eut pour fils,
entre toutes celles qui s’honorent du nom de mère. De son fils
elle fit son mari, en eut ces malheureux, ainsi morts l’un par
l'aulre en un double fratricide.
LES SEPT CONTRE THÈBES. .2713
XOPOÏ‘ ñB'. Kaxod DEMI-CHŒUR 2“. les partages
rdzpwv narpqûwv. des tombes paternelles.
XOPOZ. ’Ià LE CHOEUR. Un cri
pd)“: âxcieaaa tout-à—l‘ait retentissant
nponép-rrel roùç, accompagne eux,
yo'og ôaïx‘rhp, plainte déchirante
aû'ro'o'rovoç, gémissant-surQses-propres-maux,
aôromfipœv, causée-par-ses-propres-malheurs
ôaïäqapwv, d’une-âme-attristée,
où çlkoyaôù; non amie—de la joie
ôoucpuxéœv ârûuwç pleurant véritablement
âx çpévoç, d’un cowl-,1
ä pwôûst qui s’amoindrit (se flétrit)
{mu xhouogéva; moi pleurant
roi‘vôs own, zivo'm‘row. sur ces deux princes.
XOPOÏ' fi a'. Hoipeo‘rw elm‘t‘v DEMI-CHŒUR l". Il y a à dire
€111 âOMoww sur ces malheureux
XOPOÏ‘ i) 3'. d); DEMI-CHŒUR 2°. que
épîdmv ils ont fait-tous-deux
rrokkà uèv beaucoup de maua: d’une part
mura; aux citoyens
XOPOI' 'h a'. mixez; TE DEMI—CHŒUR 1“. et aux rangs
Eévwv êwgon'd'w des étrangers amenés
XOPOÏ‘ i] 3'. wokuçôo’pouç DEMI-CHŒUR 2‘. morts-en-grand
Ev ôoti. dans le combat. [nombre
XOPOE. Auaafwv LE CHŒUR. Malheureuse
ä (we reuoüca celle les ayant—enfantés
up?) naaäv ywamäw, de-préférence-à toutes les femmes,
ô'lto'am uéxl‘qvmt qui ont été appelées
rsxvoyo'vot' fécondes-pour-procréer;
eauéva 1:66“: ayant pris pour époux
aûrôft à elle-même
16v Truman aû‘räç, l’enfant d'elle-même,
Evens roüaôs, elle enfanta ceux-ci,
o! ôè {enlevé-race“: et eux ont-fini
6355 ainsi '
:‘mà xspa‘w sous des mains ‘
Gnomdpaww formécs-dans-le-méme-sein
dhlaloqaévmg. mutuellement-homicides.
2M El'ITA EHI OHBAX.
XOPOI‘ i] 1'.
'Opoowôponç Mm xa‘t cuvwÀéOpoc; [Strophe 4.]
XOPOH e'. I
ôtavopa‘tç rig/00L;
xomr i] u’.
{ptôt pawopz’vq
xoror a a.
vaixzoç év reliure.
XOPOX.
Hérrowrau. 6' 5100;, Ëv ôè yaiq
(ou cpovopü‘up
péptx‘rat' xdpm ô' sl’a' ôpatpm.
Htxpôç Àurfip vstxéqw
ô Hôvrto; Estvo; ëx mp6; oueelç
011mo; ctôapoç‘ ' mxp‘o; ôè Xpnpâ'rwv
(ce; ôamrà; 'Apnç
àpa‘w tra'rpq'mv flail; 60.0167].
XOPOÏ' ‘h a’.
'Exouat poïpav ÂaXo'v-reç, û péksor, \ [Antistrophe 4.]
XOPOI' il en
ôtoôo'mw àxéwv '
XOI’OÏ' ñ at'.
ùrrô ô‘a départ yd
XOPOI' 'h (3’.
M0610; 6160000; Écrou.

PREMIER DEMI-CHŒUR. Strophe 4. Oui, ils ont péri ensem


ble, par des mains fraternelles.
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. Partage peu aimable!
PREMIER DEMI—CHŒUR. Querelle furieuse.
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. Fin de leur débat. .
LE CHŒUR. Elle dort maintenant leur haine; en la terre, im
prégnée du meurtre, leur vie est mêlée; ils sont bien du même
sang. L’amer arbitre des querelles que l’étranger du l’ont-Euxin,
du eu élancé, que le fer aiguisé sur la pierre! L'amer partageur
de biens que l’impartial Arès, d’un père réalisant la malédiction.
PREMIER DEMI-CHŒUR. Antistrophe 4.115 ont leur part, les
malheureux,
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. leur part des tristes dons de Zeus;
PREMIER DEMI-CHŒUR. et sous leur corps la terre
DEUXIÈME DEMI-CHŒUR. un trésor sans fond.
LES SEPT CONTRE THÈBES. ' :215
XOPOÏ‘ ñ a'. Aim DEMI-CHŒUR 1". Oui,
ôuom'ro'pmç formées-dans-le-même-sein
ml cuvmkéepoz; et ayant-péri-ensemhlc
XOPOÏ‘ 1’) B'. DEMI-CHŒUR 2°.
ômwouaïç par-suite-de partages
âcpflotç non-amis (peu fraternels)
XOPOI‘ ña’. DEMI-CHŒUR ’I".
Eptôt par un débat
paivouévqz furieux
XOPOÏ‘ 11 [3. DEMI-CHŒUR 2'.
iv rsksurz'li à la fin '
veméog. de leur querelle.
XOPOX. LE CHŒUR.
"Exec; ôè Mais l’inimitié
néwaumt, a cessé,
âv ôè yalqt et dans la terre
çovopü‘rtp abreuvée—de-carnagc
{du uéymrat' leur vie s’est-confondue ;
etol ôè xc'tpra et ils sont bien
ô'uouyot. de-même-sang.
Umpôç Mrhp vetxéwv Amer arbitre des querelles
ô Es’z’vo; Ho'vnoç est l‘étranger du-Pont
oued; éx nupôg échappé du feu
m'ôapoç Onxro'g' le fer aiguisé ;
mxpàç ôè amer est aussi
Tao; ôamràç xpnudrwv cet égal distributeur de richesses
“A911; Arès
:LGE‘L; omen faisant vraie
àpàv 'mx'rpo'ç. l’imprécation d’un père.
XOPOI‘ 15 a'. DEMI—CHŒUR 1".
“Exoum Ils ont
laxo'v're; uoïpow, ayant-obtenu-du sort la part,
65 uékeot, 6 malheureux,
XOPOT il ‘3'. dxéwv DEMI—CHŒUR fl”. des maux
ôtaôdrœv ' envoyés-par-Zeus;
XOPOÏ‘ ñ a'. yä ôè DEMI-CHŒUR 1". et la terre
ûnà arbuom sous leur corps
XOPOÏ‘ i) ‘3'. Écran DEMI-CHŒUR 2’. sera
#101310; äôwaoç. une richesse sans-fond.
216 ' EHTA EHI BHBAÆ.
XOPOX.
’ I d: noÀÂo’tç énaveioav‘caç
névowt ysvsdv '
1ekau'rq ô’ aîô’ èn‘qÀdÀaEav
’Apazil 16v ôiùv véuov,
Ts'rpapuévou navtpo'nq: cpuyôj yévouç.
'Ea‘raxev 'A'ratç ‘rponoz'tov év milan;
êv at; éeetvovro, Mat
ôuo’tv xpamfioaç {MES ôaipœv.

LE CHŒUR. Hélas! douleurs sans nombre; sinistres fleurs de


cette maison; à la fin ellesl'ont poussé le cri aigu, ces Impréca
tions, le cri de victoire sur cette race mise en fuite par une
déroute complète. Il est là le trophée d‘Até, debout à cette porte,
où ils se sont heurtés, et de tous deux vainqueursle sombre génie
a désarmé.
LES SEPT CONTRE THEBES. 217
XOPOZ. 'Ida LE CHŒUR. 0 vous
éfiaveloavreç ayant-fait-fleurir
yevsàv votre race
n'aille-T; 1ro'votat' par beaucoup de maux;
reiauréj 6è mais à la fin
odôe 'Apzxi ces Imprécations
éi‘mkälaiav ont poussé—enesigne-de—triomphc
16v vôpfov ôëùv, leur en perçant,
yévouç rsrpapuévou la race ayant été mise-en-fuitc
çuyôfi n'owrpdmp. par une déroute complète.
Tponaïov ôè "Ara; Et le trophée d’Até
è'omxev év nûkwg s'élève à la porte
ëv aïç ëeelvovto, à laquelle ils étaient frappés,
ml 0' (Sodium! et le destin '
xpomäoa; ôuoïv les ayant vaincus tous—deux _
ÉMEE. a cessé (s'est apaisé).
ARGUMENT ANALYTIQUE
D ’AGAMEMNON

L’Agamemnon est le premier des trois drames


dont l’ensemble porte le nom d’Orestie. La scène
se
faitpasse àArgos,
encore nuit. devant le Apalais des Atrides. Il

Un esclave, qui, par l’ordre de Clytemnestre, _


veille depuis un an sur le toit du palais,pour épier
la flamme qui annoncera la prise de Troie, voit
enfin le signal désiré. Il descend en prévenir la
reine. ~
Cependant le Chœur paraît : ce sont des vieil
lards que les infirmités de l’âge ont empêchés de
suivre Agamemnon. Ils chantent l’origine de la
'lutte entre l’Europe et l’Asie, les prophéties de
Calchas et le sacrifice d’Iphigénie à l’autel de Diane.
Clytemnestre vient se réjouir avec eux de la nou
velle qui met fin à toutes ses anxiétés.
Déjà arrive un héraut qui annonce l’approche
du roi. Agamemnon le suit de près avec Cassandre,
sa captive. Clytemnestre fait à son époux un accueil
empressé ; toutefois quelques paroles sinistres, à
double entente, laissent entrevoir le fond de sa
ARGUMENT ANALYTIQUE D’AGAMEMNON. 2'19

pensée. Agamemnon entre dans le palais; mais


Cassandre demeure muette et immobile, malgré
tous les témoignages d’intérêt que lui prodigue la
reine.
Restée seule avec le Chœur, elle est saisie tout à
coup de l’esprit prophétique; elle décrit tous les
forfaits dont le palais a déjà été ensanglanté, et
tous ceux qui se préparent; puis, entraînée par ‘
une force irrésistible, elle court se livrer au fer
des assassins.
Cependant on entend les cris d’Agamemnon qui
expire. Le palais s’ouvre, et Clytemnestre, debout
entre deux cadavres, se glorifie d’un meurtre qui
n’est, à ses yeux, que la juste représaille de celui
d’Iphigénie: elle se considère comme l’instrument
de la vengeance divine. Égisthe, à son tour,
vient s’applaudir de la part qu’il :1 prise par ses
conseils à l’assassinat d’Agamemnon. La vue du
meurtrier excite l’indignation des vieillards. L’in
tervention de Clytemnestre les empêche seule de
frapper Égisthe, mais dans leurs sanglants l‘e
proches gronde comme une menace le nom
d’Oreste.
AFAMEMNQN

I. LE VEILLEUR.
(Vers 1-39.)

(PÏ'AAE.
920i); pèv oct-:6) Trovô' d‘italihayñv 116w»
çpovpäç ê'rsiaç pÿjxoç‘, ñv xozpépsvoç
a-réy'qç ’A'rpsrôû‘w äyxaôsv a, xwôç Mum,
do-rpwv xa’wozôa vux'répwv épsiflupw
xal. TOÙÇ cpépovmç Kama ml Oépoç Bporoïç
Àapurpobç ôuva’zawg, âprpéitov-raç atôépt
[àarépaç 610w cpôlvœaw, dv-coha'tç TE 165v].
Kart vüv çuho’toaw Âapnâôo; 1:0 aôpôokov,
aôy'ïjv nupèç cpépouaav éx Tpoiaç (pdmv
àÀu’mtpôv TE Boiiw ' (565 yàp xpa'rsï
ywouxèç àvôpo’ôoohov, éMI-ÇOV xéap.
'Oflov ôè vuméflayxrov Ëvôpoaôv 1' 5X0)

LE VEILLEUR DE NUIT. Ah! que les dieux me relèvent de


cette corvée, interminable faction de toute l'année, que je passe,
sur le toit des Atrides, tout en haut, comme un chien, à re
garder le cortège des astres de la nuit, et ceux qui apportent
aux hommes les uns le froid, les autres le chaud, magni
fiques dynastes rayonnant au ciel. Et ces astres, qu'ils s’étei—
gnent, qu‘ils se lèvent, je suis toujours là. Me voici encore à
guetter la lumière convenue, l'éclair de feu porteur des nouvelles
d’Ilion, du récit de ruine. Ainsi l’ordonne cette femme au cœur
viril, rempli d‘espérance. La nuit, à la belle étoile, si je me tiens
dans mon lit, tout trempé de rosée, point de songes qui le han
AGAMEMNON

I. LE VEILLEUR.

ŒÏ'AAE. Aî'rêô uèv LE VElLLEUR.Je demande d’une


6505; aux dieux [part
dnanuyñv rôîwôe ttdvwv la fin de ces travaux
Mm: wwpäs depuis la longueur d’une garde
êm’ag, d’—un-an,
ñv notptbpevog pendant laquelle couchant
äyxaeev mm; ’A1pst5t'bv, ' au-haut du palais des Atrides,
ôi'xnv xuvôç, à la façon d’un chien,
adrmêa ôufiyupw j’ai examiné l‘assemblée
äarpwv vuwtépwv des astres nocturnes
zal roùç darépaç tpépovrutg et les astres'apportaut
Xe't'pot xot‘t Oépog Bpo-roïç, froid et chaud aux mortels,
ôuvc'urtaç lap-11905;, princes éclatants,
épnpénovm; aieépi, brillant—dans l’air,
310v oetvwatv, les observant lorsqu’ils disparais— *
émulé; TE 166v. et les levers d’eux. [sent,
Ka‘t vt'iv 00101000) Et maintenant je guette
15 a'fiuôolov i.otp.110't50g, le signe du fana],
afivhv nupt‘zg tpépouootv clarté du feu apportant
(pa'rw Beige) TE affirmation et nouVelle
dtiithcrtuov ' relative-à-la-prise de Troie;
505E “pip xpot'rs'i car ainsi commande
xéap dv5p6600’tov, le cœur aux-résolutions virilcs,
finite» le cœur espérant
Yuvuutdg' d’une femme.
’Extu 5t 3111» D’autre part j’ai une fatigue
vuxttttituvmov‘ qui crrc-pendant-la-nuit
e'bviiv 1s é'v50000v 4 et une couche humide-de-rosée
222 AFAMEMNQN.
sôvñv ôvetpozç oüu émaxonoupév'qv '
êuoi (po'ôoç yàp àve' ü‘mou auparavant,
1è psñ {isôatwç fihé'papa ouuôahetv 15m4).
EÜT’ (iv ô’ datôsw ñ pwüpaaôan 60x63,
6m00 166' dv'rtuoknov év'tépwwv ‘ äuoç,
Mata) 161' ofxou 1006s aupcpopàv o-râvwv
oüx do; 16: 1:9606' äpto‘ra ôacnro‘couitévou.
Nüv ô' sùruxùç yévort' ânahhafi no'vœv,
EÙGYYÉÂOD tpavévroç ôpçvatou mpéç.

’Q xa'cps Àaumfip vvx-rôç, fipepfiamv


(po’wç mtpaücxœv ml xopd'w xa‘rdmw
MAM»: ëv 'Apyst, 771065 aupcpopäç xdpw.
'10!) [00 ‘
’Ayapépwovo; YUWXLXÎ. crqpwdvw’ 10963;,
sévi}; énanaflaoav do; ‘ra’txoç ôôyozç
o‘hohvyubv sùçnpoüvm Tñôs “mam
énopôtdÇEtv, sinap ’IÀtou «élit;
ào’thwxav, 6:; 6 (ppum‘oç äwéhhœv npénez '
aû‘réç 1’ Ëywys cppotutov Xopsüaouat.

tent, point de repos, des transes continuelles. Si j’allais pourjtout


de bon fermer mes paupières au sommeil! Parfois je me mets
entête de chanter, de fredonner, un moyen de se tenir éveillé
au bruit de sa propre voix; mais les larmes me viennent,je
pleiire la triste situation de cette maison, bien loin aujourd’hui
de sa voie prospère d'autrefois. Quel bonheur d'être relevé de ma
corvée, d’apprendre la bonne nouvelle ! Si la lumière perçait les
ténèbres!
(Il aperçoit le tamil.) Eh bien! eh bien! 011! sois le bien
venu, nocturne fana]! Quelle heureuse journée, tu m'annonces,
que de réjouissances dans Argos pour le grand événement!
0h! bonheur! 0h! bonheur! La femme d‘Agamemnon, au
plus vite prévenons—la, qu’elle se lève de son lit à la hâte.
Dans le palais, que ce soient partout des chants, qu'on bénisse
cette lumière. Ilion est pris, s'il faut s’en rapporter au fanal.
C'est moi, moi tout le premier qui vais entonner le prélude.
AGAMEMNON. 223
afin émoxonouuévnv ôvelpmç' non visitée par des songes; [moi
Lpéôoç yàp napalm-are? éuo‘n car la crainte se-lient-auprès-de
duni vil-mou, au-lieu du sommeil
76 M pour le ne pas (m’empêchent)
aupôalsïv de fermer
Bléçozpa ilmnp mes paupières par le sommeil
peôalwç. d’une-manière-ferme. [prOpos
E5512 8è 60m?) äv Et toutes-les-fois-que je juge-a
delôew ñ pivûpeoôai, de chanter ou de fredonner,
évïréuvœv Täôs dim; me procurant ce remède [meil,
dv'ri'uolnov b'rwou, qui-par—le-chaut-combat le som
1'615 xkalw mévwv alors je déplore en gémissant
Guwpopdw Toüôs oi'xou le malheur de cette maison-ci
06 ôsmro-rouuévou dpw‘ra n'étant pas gouvernée tr‘es-bien
du; 154 rrpo'oôe. comme auparavant.
N’Jv ôè Et maintenant
sômxñç émaner); nävwv qu’une heureuse fin de mes maux
yévou'o, puisse-arriVer
mp6; eûayyéitou un feu de-bonne-nouvelle
zpo'wev‘rog dpcpvodou. ayant brillé dans-les-ténèbres.
’0 xa'i'ps kap'm'fip vux‘rôç, 0 salut, flambeau de la nuit,
mcpau'aoxwv cpoïoç fluspfioiov montrant une clarté de-jour
xal xa-roïo-mow xopc'ûv noklù‘w et l'organisation de chœurs nom
év "Apyer, dans Argos, [breux
xo'zpw rñcôe auwopäç. en reconnaissance de cet événe
'Io'Ü {06' Oh Loh l ' [ment.
annalvw TOPG); j’annonce clairement
ywouxl ’Ayapéuvovog, à la femme d'Agamemnon,
ênavrsûaoav s'étant levée
eûvñ; de sa couche [promptement
d); raîxo; autant que il est possible dese lever
énopetdësw de faire retentir-en-réponse
'rñôs lag-M161 à ce fana]
ôo’pmç dans sa maison,
ôkoluypôv sûçnuoñvra, un hurlement favorable,
sî'nsp mill; ’lMou êo’ùwxev, puisque la ville d'llion est prise,
d); 6 çpi’mro; comme le fana!
npéna àwénwv ' se-fait—remarquer l’aunonçant;
lywyé 1: 0161?); et moi-même-certes
224 AI‘AMEMNON.

Tà Beam-rm Ydzp €13 moév'r’ atoefiaopou


splç êë fiakoôa‘qç‘ 17168€ (LOI (ppumwpiaç.
FÉVOLTO ô’ 05v nokévroç sücpûtîj Xépa
ävamoç ot’xwv 1165 Quo-raton Xapt.
Tà 5’ âne; 01763 ' {300g ènl yÀoÏmo‘î} pâyaç
Béônxsv’ ' oïxoç 8’ aôrèç, et çôoyfiv Âdôoz,
oacpéa-rat’ âv Àéëerav ' (To; win èyo‘o
paeoüaw aûôm zoo “aeolian Meopm.

-lI. LES VIEILLARDS D'ARGOS. -


(Vers 40-403.)

XOPOX.
Aéxa‘rov uèv £10; 165’ èvrsl Hptäpoo
Mavélaoç ävaë uéyaç ohm-£8010;
116’ ’Ayapépvwv,
ôtepävou Atéeev Mal. ôwmjmpou
uyfijg o'Xupbv ZaOYo; ’A'rpsiôaw,
c-rôkov ’Apyaiwv XLÀtovaü-rqv
‘rîjoô’ (in?) xépaç
fipav arpa'rtéô'tw àpwyfiv '
péyav èy. Gupoü zM‘Çowa; 'Apn

L’heureuse chance de mes maîtres, je m’en apercevrai. Oh! le


triomphant coup de dés pour moi que l’apparition du fana]!
Puisse-t—il, à son arrivée, sur ma main appuyer sa main aimée,
le maître de céans! Quant au reste, silence! J’ai un boeuf, un
bœuf énorme sur la langue. Cette maison, si elle se mettait à
parler, en dirait d‘assez c1aires5Moi aussi j'en cause volontiers
avec ceux qui sont au courant. Avcc qui ne sait rien, je n’ai
rien vu.

Il

LE CHŒUR. C’est la dixième année, celle-ci, depuis que de


Priam le grand vengeur, Ménélas, puis l'illustre Agamemnon,
deux trônes, présents des dieux, deux sceptres respectés, redou
table couple des Atrides, ont arraché de ce pays la flotte argienne
aux mille vaisseaux, armée formidable! Du fond de leur cœur,
AGAMEMNON. 225
xopsûaopou çpolumv. je danscrai (j’exécuterai) le pré
Aloe-hoopla yàp ' Car je m'apercevrai [lude.
'rà rc‘bv ôamrord'w les a/faircs de mes maîtres
néaovm si? être tombées bien (aller bien)
îñoôa (ppuxrwplaç cette observation-du—fanal
Bahoéanç pm. ayant jeté (rapporté) à moi
'rplç E2. trois-fois six.
I‘évot‘ro ôè 05v 'Et puisse-t-il-m’arriver donc
Barn-oint rifle Xspi de tenir dans'cette main-ci
xépa sûtpt‘Añ la main chérie [revenu.
ävax'ro; oi'xœv poke’vroç. du prince de laz maison étant
2m?» Bk ro‘: ôlna' D’ailleurs je tais le reste:
péyou; Boüç Béônuav un grand bœuf est posé
ént yhboop' sur ma langue;
olxog 5%. «67:69, mais la maison elle—même,
et 1026m tpôow'hv, si elle recevait (avait) une voix,
Mam» äv catpéarara' parlerait très-clairement;
d); ëvdo aûôü èxtbv ‘ car moi je parle volontiers
paeoüow, à ceux qui savent
xalkfieopm et j’oublie (je ne sais rien)
m'a weasel. pour ceux qui ne savent pas.
\\
.

Il. LES VIEILLARDS D'ARGOS.

XOPOE. T685 ëroç LE CHOEUR. Cette année-ci est


ôéza-rov ptu la dixième certes ‘
ÈTt'El. &vaë Msvékaoç depuis-que le roi Ménélas
péyaç dw-rlSuzog l'lpwluou grand adversaire de Priam
ñôè ’Ayapéiwwv, et Agamemnon,
Çaüyo; 6xupôv ’Arpelôaw couple puissant des Atrides
Tupi]; alepavou del‘honneur(honoré) d’un-double
ml ôtaufimpou et d‘un-double—sceptre _ [trône
Ardoev, venant dc-Zeus, [contrée-ci
ñpow dmà 'rñaôs xépm; ont détaché (emmené) de cette
môlov ’Apysiwv une flotte de Grecs
Xthovaémv c0mposée-de-mille-navires
dpmyfiv mpam’bnv - comme aide militaire;
x‘Ao'zCovrsç Ex eupoo criant du fond du cœur
MORCEAUX en. D'ESCHYLE. 15
2‘26 AI‘AMEMNQN.
'rpé‘rov atyomüv,
oï‘r' émuler; älysm mlôwv
63mm Àsxéwv arpocpoôwoüvrw.
mepôywv épsrpotow êpsaaôpevot,
ôspvtori‘prj
1r6v0v o’p'raMxow ôkéaav'rsç '
i'ma'coç‘ ô’ dtwvñ n; ’A‘rrôMwv
î] Hàv ñ Zeb; olwvéôpoov
760v ôäuôôav'rüvôë parotxow,
üo‘rspérowov
nép‘rrer. napaôäaw ’Epwûv.
061w 6’ ’A'rpéœç mafia; ô xpsiaowv
ën’ ’Aksëdvôpq) réparer Eévw;2
Zsùç, noÀodvopoç 3 äp'plywamôç
MAM: naÀaiapam mi yutoôapñ,
yéva-ro; xovtaww épemopévou
ôtaxvaropévnç 1’ êv npoæhatozç
xépaxoç, Gfiowv Aavaoïaw
Tpwal 0’ ôpotwç. 'Ecm 8’ 57:1) vüv
£011. ' Takeirou 8’ é; 10 nsrpœpévov'
oÿe’ ùrcoxatwv 0156’ 011mm»
01512 ôaxpûwv a’môpœv tapt’bv ‘

terrible ils l'ont poussé, le cri de guerre. Tels des vautours,


désespérés de la ruine de leur couvée, alu-dessus de leur nid
dévasté planent, ainsi que sur des rames,appuyés sur leurs ailes.
Impuissants ont été leurs soins, leurs petits sont perdus. Mais
qu’un dieu, Apollon, Pan ou Zeus, entende du sommet où il
réside l'appel des oiseaux, les cris aigus de ces hôtes de l’air,
après les ravisseurs il l’envoie , la vengeresse Erinys. Tels
sont les fils d’Atréc; le tout-puissant Zeus, le dieu de l'hospi
talité, les pousse contre Alexandre, à cause d‘une femme à plu
sieurs maris. Que de luttes pour les enfants de l'Hellade, aussi
bien que pour les Troyens! Les corps se brisent de fatigue, les
genoux s’appuient sur la terre, et, dans les combats qui prélu—
dent à la prise de la ville, les lances volent en éclats. Le sort
en est‘jeté. et la fatalité s’accomplit jusqu'au bout. Ni pleurs,
ni libations, ni larmes ne pourront désarmer l’inexorable colère
AGAMEMNON. is N9 4

H‘s-Ya” "Apn, le grand Arès,


'rpo'Trov aiyu-md'av, à la manière des vautours,
o'lre (Dyson) qui avec des douleurs
Exmrrlotç extraordinaires
mpoçoôwoüvmt tourbillonnent [leurs petits
Una-rm kéxsuw ualôwv planant-sur les lits (les nids). de
épeaod pavot èpsrpo't‘m mspôvœv, ranîant des rames de leurs ailes,
“how-rs; névoir ayant perdu la peine
ôeuvmtñpn gardienne-dans-les-nids
ôptaklxwv' des petits-oiseaux;
1:1; 8%. linen-0; et quelqu’un en-haut
‘î; 'Auélhuv fi Ho‘w ñ Zeb; ou Apollon ou Pan ou Zeus,
dlwv 760v 650660“) entendant la plainte aiguë
otwvéepoov poussée-par—des-oiseaux
tGwôs usrolxwv de ces voisins
néant napaôäow envoie aux coupables
’Epwùv ûa‘repôuowou. Erinys qui-punit-tard.
031w 5% 6 Eéwoç Zeb; D’autre part ainsi l‘hospitalier Zeus
xpslcmwv plus puissant
usure; ân'l ’Alegdvôpcp envoie contre Alexandre
normal; 'Arpéwç, les fils d’Alrée,
Ofio'wv Aavaoïcw devant apporter aux Grecs
Tpwol 3re ôpolwg et aux Troyens également [maris
dpol ywouxàç no‘Auo'wopoç au-sujet-d’une femme à-plusieurs
uakalapam mud: des luttes nombreuses
ml yutoô'apñ, et qui-fatiguent-les-membres,
yo'vozroç èpemouévou le genou s’appuyant
xowlaww sur la poussière
xdpaxo’; 1e ôtamououévnç et la lance étant brisée-eu-écls.ts
iv nporskeiomg. dans des combats préliminaires.
"Eau ôè Or il en est
61m écr'c v'ûv ' 4 comme il en est maintenant;
relish-an la chose s’accomplira [tinz
É; 761 usnpwuévov ' selon la manière fixée—par-le-des
OÜTE Ùnoxalwv ni en nourrissant-les-flammes
oflre Ôuoksfäwv ni en ajoutaut-de—nouvelles-liha
OÜTE ôwcpüwv ni en pleurant [tions
tapaeé‘AEer on n’adoucira
697d; à-rsveïç les colères inflexibles
228 AI‘AMEMNQN.
ôpyàç dtavstç napaOéÀEst. -—
‘Hps’tç ô’ d1i1ou‘ oapxi reliant;
17]; 161’ äpwvñç ùnohezcpeéwsç
ptyuopav toxùv
axfimponç toéncuôa vépæv‘rsç.
'O 1e vàp vaapôç puahäç orépvœv
évrôç dvq'wawv
taônpeoôuç, 'Apeœç ô' oüx {vu Xoûpa '
d 0’ ùjtépmpwç, cpohkdôoç 7’181;
xawxapcpouévvjç‘l; Tptttoôaç pèv ôôouç
atstxst, trauôèç 8’ oüê‘sv àpstwv
évap ñpapécpow'rov àkatvst.
Eb 6è, Tuvôapéa.
Oüyonsp, Çaothsna Kkumtuvfio-rpa,
1i xpéoç; 1€ véov; 'rt B’Lémweopéw],
1ivog àwahtaç
net9ot naptnspma Ouooxeïç;
IIo'w'rwv 6% 62m TEN o’wwvôuwv,
' Ûito'c'rwv, xeovtwv,
166v 1s Oupatwv, 16w 1’ âvopatwv,
{impel ôdipowt cpÀévovTat '
äÀÀ-q 6’ éMoesv obpavowfim];
Mpmàç âvtaXEt,

des dieux qui n'agréent pas nos sacrifices.. Pour nous, inca
pables de payer notre dette à la patrie, vieillis dans notre corps
de l'expédition alors rejetés, nous restons ici courbés sur nos
bâtons, faibles comme (les enfants. Car tant que la vie bat dans
une toute jeune poitrine, non plus que sur le vieillard, Arès n'a
point prise sur elle. L’extrême vieillesse à son tour, ses feuilles
une fois desséchées, chemine sur trois pieds, aussi impuissante
que l’enfance, véritable songe errant au milieu dujour.
Mais toi, fille de Tyndare, reine Clytemnestre, qu’est-ce? quoi
de nouveau? qu’as-tu appris? Sur la foi dc quel message dresser
partout des sacrifices? Dieux protecteurs de la ville, dieux supé—
rieurs et dieux inférieurs, dieux à la porte du palais, dieux de
la place publique, sur tous vos autels brûlent les offrandes. Ici
là, partout dans les profondeurs du ciel monte la joyeuse clarté:

\J'
AGAMEMNON. 99.9
lepûw âwépœv. des sacrifices qui-ne-brûlent—pas.
‘Hpeî; 6% did-ml Nous d’autre part insolvables
capxl nakouéi avec notre chair vieille
OmhupOe'v-re; laissés-en-arrière
1?); dpwy’ñç ro're du secours{de l’expédition)d’-alors
plpvopsv nous restons ici
vépovrs; axfimpotç dirigeant avec des bâtons mm.
icxùv loo'rratôa. notre force égale-à-celle-d’un-en
"0 're yo‘ip vsapàç puekà; Car et la jeune moelle
àvq'mowv s’élançant
êvrôç crépvwv dansal’intérieur—de la poitrine
lao'rrpsaôuç, est égale—à-celle-d’un-vieillard,
Xcbpa ôè "Apeo; et la place d’Arès
o'bn €vr n’est pas dans elle;
'd TE ùnépmpmç, et que fait celui-qui-est-très-vieux,
(punoiôoç i551] xoz-raxapqwuévng; le feuillage déjà sc—flétrissant?
arelxsi gèv d’une part il s’-av.ance (pieds,
ôôoùç ‘rpin'oôaç, par des marches faites—sur-trois
âpelmv ôè oüôèv d’autre part n’étant plus fort en
Tratôô; qu’un enfant [rien
àkalvst amp huepo'çav'rov. il erre songe paru-dans—le—jour.
m 6%, Et toi,
eéyarep Tuvâapta fille de-Tyndarc,
Baaflsta Kkumiuvfia‘rpa, reine Clytemnestre,
fl' xréoc; quelle nécessité est? \
1l véov;
quoi de nouveau '?
1l ôè énawôoue’vn,
et quelle chose ayant apprise,
m3160? rive; dyyeh'a; sur la foi de quelle nouvelle
Ouooxeïç ofl‘res-tu-des-sacrifices
"nepluspatron ; provoqués-par-des—ordres-envoyés
Bmuoi 6% Et les autels [alentour?
mlvrœv 'rt'bv 656w de tous les dieux
ào‘wovo’pwv, protecteurs-de -la-ville,
\‘moi'ruiv, xeoviwv, supérieurs, souterrains,
163v te ôupalœv, et de ceux à-Ia-porte-du—palais
'rû'w ra àyopatwv, et de ceux de-la-place—publique
tpkéyovmi Magneto-l, sont embrasés par des offrandes,
Réparez; 6% oûpavowjxn; et une clarté atteignant-le-ciel
ùvlaxsi s’élève
230 AFAMEMNQN.

cpappaacopâw, Xptnaroç àyvoü


pakaxa't’ç âôékowt napnyoptauç,
wsÀo’wtp auxôeev’ Qaoùeùp.
Toü‘rwv Àéfiatç ô 11 mi. ôuvœrèv
xal eéptç alvsïv,
nazu’w 1a yavofi 175085 pspiwnç,
ñ vüv 101% pèv xaxézppwv méta,
161a ô’ 2 ëx Ouauîw dyow-l] cpatvouo’
élnrl; &pa’wat cppovîtô' drink/101w
Mir/lg, Ouuoçeépov är'qv.

111. LES SIGNAUX DE FEU.


(Vers 258-306.)

' XOPOE.
"Hxw oeôtÇwv aèv, Kkuratpv'ilmpa, xpo’noç '
ôixvj ydp âo'rt (pwrôç dpxnyoü flaw
yuva'tx’ âpnuwOÉv-roç &paavoç ôpôvou.
ED 8' st' 'n xsôvbv st're tu}; nsnucuévn
sûayyékoww èÀntcw Ounnoksïç,
xÀüotpt' âv sû’tppwv ' oüôè cavale-n oeévoç.

tout embaumée de l’huile sainte, douce et pure, versée pour


l’entretenir. C'est l’ofl‘rande des rois, apportée du fond du palais.
Ce que tu peux, ce qu’il t’est permis de révéler, dis-le—nous et
guéris-nous de cette angoisse, qui tantôt nous jette aux pénibles
pensées, tantôt, à la vue des sacrifices, nous ramène à la riante,
espérance, souverain soulagement de ces préoccupations insa
tiables de tristesses à ronger le cœur.

III
LE CHŒUR. Me voici, Clytemnestre, prêt à m’incliner devant
ta _volonté. C’est un devoir, en effet, d’honorerla femme de celui
qur est au pouvoir, quand l’homme n'est pas làlpour occuper le
trône. Que tu aies reçu de bonnes nouvelles, ou que tu en espè
res, ainsi qu’on peut le supposer à tous ces sacrifices, je t’écou—
terai avec plaisir si tu parles, et ne t’en voudrai pas de ton
silence, si tu te tais. '
AGAMEMNON. 231
600m &Moôev différente de-difl'érents-côtés,
(pappaooopévq médicamentée (entretenue)
pakaxa'i; napnyopimg âôo'lozm par les douces caresses sans
xplparo; àyvoi}, d’une huile pure, [fausseté
nsko'wtp Bumkeitp ofi‘rande royale
puxo'esv. tirée du-fond du palais.
Aéëouç Tu pourrais-dire (dis-moi)
métro» de ces choses
('2' Tl ôuvaràv xozl eau; ce qu’il est possible et permis
aivs‘iv, de dire,
yavoü TE Tratdw et sois le médecin
Tñwôe espilwnç de cette inquiétude,
ñ vûv ro'ra p.%v 'rehéeez qui maintenant tantôt nait [sées,
xaxo'qapmv, accompagnée — de-mauvaises-pen
'ro'rs 6% èx euctôv et tantôt a-la—suite de sacrifices
àyawñ élotlç (paivouoa un aimable espoir brillant
âm'avet lppovrlôa repousse un souci
dl'lrhnc'rov 161mg, insatiable de chagrin,
&rnv Oupocpeo'pov. une peine-qui-ronge-le-cœur.

111. LES SlGNAUX DE FEU.

XOPOZ. "Hxw LE CHŒUR. Je viens


cefiilwv, Kku'rougvfictpa, respectant, Clytemnestre,
aôv Mpoi‘roç' ta puissance;
ëa‘r‘t vàp ôixn car c’est justice
flaw ywa'ixa d’honorer la femme
(porté; dpx'qyoü du mortel notre maître,
Opävou dlpasvo; êpnpœeéwoç. le trône mâle étant vide.
Kh'aoqst ô'e äv D'autre part j’apprendrais
etltppœv bienveillant (avec plaisir)
et air Ounnolsïç si toi tu sacrifiés
:remcpévn u xéôvov ayant appris quelque chose de bon
site p.9) ou si n'ayant pas appris tu sacrifies
Barlow par suite d’espérances
sûawélotaw, messagères-de-bonnes-nouvelles;
oüôè (906w; ni haine ne serait
01706073. contre toi te-taisant.
232 AFAMEMNQN.
A KAÏ'TAIMNHETPA.
Eüo’zwekoç pèv, (Swap ñ naponpia ‘,
ëwç yévow’ Liv 0:41:90; 80000111]; râper, '
nsüaat ôè Xo’cppa paîïov äÀniôoç MÀÛEW'
Hpw'qmu yàp ùp-ñxaaw ’Apysïot nékw.
XOPOX.
HG»; cpz'iç; nécpeuys 1061110; éE o‘ma‘rtaç.
KAÏ'TAIMNHETPA.
Tpotow ’AXŒLGÎW 056w ' ñ 'copŒg Âéyw;
XOPOE.
Xapdt p.’ ûcpépnet ôa’mpuov èxxaÀouuévn.
KAÏ'TAIMNHETPA.
E5 yàp cppovoüvtoç 6mm aoü mmyopzt.
XOPOE.
7H 7&9 TL mo'rév àcm TGWÜÉ cor. Téxpap;
KAYTAIMNHZTPA.
'Earw ' 1i ô' oüxt'; p.9] ôoÀo’mowroç 6506.
’ OPOZ.
lié-capa ô’ èvstpow (pdauon’ EÛTIELÛŸ} aéô’euç;
KAÏ'TAIMNHÈTPA.
06 défier) âv Ào’côotw Bptloüa-qç (ppavôç.
XOPDE. _
’AM’ 0’ éniavév 1L; ämspoç (pot-mg;
KAI'TAIMNHETPA.
IIaLôbç vézç (à; xo'zp'r’ ÈlLLOtLñO'Ù) cppévaç.

CLYTEMNESTRE. La nuit, comme dit le proverbe, pourrait ac


coucher d’une heureuse aurore. Écoute, et ta joie passera ton
espérance. Les Argiens ont pris la ville de l’riam.
LE GHŒURt Que dis-tu là'? C’est à n’y pas croire en efl'et.
CLYTEMNESTRE. Troie est aux Achéens. Suis-je assez explicite?
LE CHŒUR. La joie m’en prend au cœur, et les larmes m’en
viennent.
CLYTEMNESTRE. 0h! le cœur excellent, dont les yeux ont
des pleurs!
ûLEQCHOEUR. Oui, mais est-il du fait quelque preuve un peu
5 re .
CLYTEMNESTRE. Très sûre, en vérité, si le ciel ne m’abuse.
LE CHŒUR. Quelque songe, la nuit, te trouva trop facile ?
CLYTEMNESTRE. Quand mon esprit s’endort, je ne _crois plus
en lui.
LE CHŒUR. Quelque vague rumeur peut—être exagérée?
(lJLY'gEMNESTRE. Comme un enfant crédule est-ce assez me
rai 1er . t .
AGAMEMNON. 233
KAI‘TAIMNHETPA. CLYTEMNESTRE.
"Em; uèv D’une part une aurore
eûo'tyyskoç messagère-de-bounes-nouvelles
yévozto &v n'apà [Ln'rpég pourrait-naître de sa mère
eûepo'vnç' la nuit;
«sucer ôè d’autre part tu apprendras
xäpea un sujet—de—joie
psïÇov xlu'aew plus grand à entendre
èhnlôo; ' que l’espérance (que tu ne l’es
’Apyaïot yo‘tp ñpfiuaaz car les Argiens ont pris [pérais);
Tro'kw Hptdpou. I la ville de Priam.
XOPOE. 1'163; 97"15; LE CHŒUR. Comment dis-tu?
10 È'noç èâ dmartaç cette parole d’invraisemblance
uétpsuys. t’a échappé. '
KAI‘TAIMNHZTPA. Tpm'ow CLYTEMNESTRE. Je dis Troie
oüaav ’Axalwv ' étant des (être aux) Grecs ;
i My!» 1006);; est-ce-queje parle clairement?
XOPOE. Xapo'n p.5 Ôtpépust LE CHOEUR. La joie me pénètre
éuakouuévn ôoîxpuov. appelant une larme.
KAYTAIMNHETPA. CLYTEMNESTRE.
"Oi-ll“ Yd‘P Car (c'est que) ton œil
xamyopsï coi? çpovoüvroç 5:5. montre toi pensant bien.
XOPOE. ’H 761p êorl (ml LE CHOEUR. Est-ce—qu’il est à toi
11 réxpap ma'rôv tôvôs: quelque preuve sûre de cela?
KAÏ'TAIMNHZTPA. l'Eanv' CLYTEMNESTRE. Il en est :
'rl 8è oûxl; et pourquoi pas?
6206 p.91 ôwhboavroç. un dieu ne m’ayant pas trompée.
XOPOZ. lIo'repa oéôstç LE CllŒUR.Est—ce-que tu honores
(piquant sûnszeñ ôvelpwv; des visions persuasives de songes ‘.’
KAYTAIMNHETPA. CLYTEMNESTRE.
06 liaison“; äv ôo'âow, Je ne prendrais. pas d’opinion,
çpsvà; [ipllodc-qg. mon esprit étant appesanti.
XOPOE. une 95 LE CHOEUR. Mais est—ce-que
‘nç cpo'mç ämspo'ç quelque messager aux-ailes-rapides
as ëulowev; t'a engraissée (nourrie d'illusions)?
KAÏ'TAIMNHXTPA. CLYTEMNESTRE.
'Epwpificros xo'zpta Tu as raillé tout—à-fait
(ppevôç mon esprit
d); véaç nazôo'ç. comme celui d’une jeune enfant.
231 AI‘AMEMNQN.

XOPOX.
Hotou Xpévou 6%. mi. trenôpon‘mt néhtç;
KAÏ'TAIMNHETPA.
Tñç vüv rsxoüovjç (PG); 165’ sôgopôwjç Âéyw.
XOPOX.
Kai TL; 168’ éätxow' âv àyvéhwv Tatxoç;
KAÏ'TAIMNHXTPA.
Hcpotta‘roç 'Iô'qç kapmpôv êurrépnœv oéÀaç.
(Dpuwrèç ôè (ppvx‘rbv ôsüp' dut” àvvo’zpou l 1m96;
énapatsv ' 'Iôn uèv npoç ‘Eppaîov Àénaç
Ailpwou ' pévav 3è navôv Ex vfiaou 'rpt'rov
’Aôtpov aine; Zvjvèç éësôéäaro.
. . . v . - . e

naôwq npoaarOptÇouoa nountpov çkôva '


Û'rrsp‘rak'ljç 1s, 1:0'v1ov dôme vm'ttoou,
taxi»; 1109801015 Àotpno’tôoç 1:91}; fiôovîjv
[ènéau-ro], Xpuaocpavvèç, (5; 11.; ñhtoç,
oéÀaç napayysûaaa, Maxio‘rou 5‘ axonâç.
'O 8’ afin péMmv oüô’ àtppaoyôvœç ñjwq)
vmcôusvoç Trapñxsv dwéhou pépoç '

LE CHŒUR. Quand Troie enfin a-t-elle succombé?


CLYTEMNESTRE. La nuit dont est sorti le jour quiva paraître.
LE CHOEUR. Quel messager rapide en porta la nouvelle?
CLYTEMNESTRE. Hephaestus lui-même,de l’ldaa lancé un bril
lant jet de lumière. De fanal en fana! le feu,porteur de la nouvelle,
nous a été renvoyé jusqu'ici. L’lda est en face de l’Hermès, colline
de Lemnos.De cette île un immense fanaltransmettait le message
jusqu’à la troisième station, jusqu’à l’Athos, la montagne de Zeus.
. . . La torche élevait sa clarté dans les airs, et bondissant au
dessus de la croupe des mers, le brillant faisceau de lumière
s'élance, avec bonheur dans la route ouverte devant lui, la par
court, météore triomphant, pour apparaître aux roches du Maciste,
qu’il inonde de ses reflets d’or. Ici ni retard, ni négligence, ou
AGAMEMNON. 235

XOPOZ. Hotou 5è xpcivou ml. LE CHŒUR.Et en quel temps aussi


mile; Trs-rro'pen-rat; la ville a-t-elle été détruite?
KAI'TAIMNHZTPA. As'ïw CLYTEMNESTRE. Je dis
m; EÛ‘PPO'WS dans la nuit
15106511; vüv engendrant maintenant
163€ Lpt’ñç. cette lumière—ci?
XOPOE. Ka‘t ri; ûyvélwv LE CHOEUR. Et qui des messagers
ëgt'xorro &v 1665 mixe; ; attendrait cette vitesse?
KAΑTAIMNHZTPA. GLYTEMNESTRE.
"Htpoua‘roç Hephæstos
éxiréurrwv "1811; envoyant de l‘l'da
cékuç kapnpo'v. une clarté brillante.
Œpumo‘ç ôè Ërrspnrsv ôeûpo Et un fanal envoyait ici
_ tppuwrôv un fanal
dtnô mp6; dwäpou ' venant Sen messager:
"lôn pèv Ida est d‘une l’artI
"95; HTML; ‘Eppaïov ; pues-de la roche herméenne
Añpvou‘ de Lemnos; _ _
ainoç ôè 'Aeqm d’autre part la hauteur d’—Athos
Znvô; de (consacrée à) Zeus
éâsôéiaro rpt'rov reçut la troisième
péyotv Travôv. une grande clarté
ëz vñ GOU de l’île.

nafaxn irpoo'oueptëoucot . une torche élevant-vers-les-airs


(pläya ndpntpov ' une flamme transmise;
Ùn'ep‘relñç TE, et apparaissant—au-dessus,
ûSo-rs vdnwat 1to'v'rov, de—manière-à couvrir la mer,
ÎOxt‘Jç 'Àapnro'tôoç nopauroû la force du flambeau voyageur
Entoure wpàç “hôovñv s’est élancée avec plaisir (ciste,
ÎMOW‘X; Maxiorou, vers le-lieu—d‘—observati0n du Ma
w; Tl; fihog,
comme un soleil,
napdyysûaca aékaç annonçant‘une clarté
xPvaoesvyéç.
dorée.
‘0 ô‘s Et celui-ci (le mont Maciste)
OÜTt uéMwv, n’hésistant pas
ît’aôè vtxdiuavoç &tppaapo'vœç ni vaincu sottement
vmnp
par le sommeil
mpîjxsv pépo; dnékou ' a transmis son tour de messager; _
236 AFAMEMNQN.

éxàç 62-: opuxroü (pm; én’ Eüptitou àoàç


Maman-fou ‘ tpüÀaZt a‘rjuat'var. uoÀév.
0!. 5' o'cwéÀapL'Jgav ml. napñwatkav 7196m»
ypataç épstmjç Owpèv äclzaweç nupi.
Eôévouaa Àayatàç 5’ oùôénw paupouyév'q,
ünspeopoooa nsôtov ’Aownoü 2, ôtx'qv
(pauôpäç aeAfiv-qç, npôç Ktempû‘woç 3 Àéttaç
ñ'yatpsv' me») ëxôoxfiv nonne!) mpôç.
(brio; ô‘a mlénounov 06x. fivatvsm
(ppoupà nkéov xatouaa 163v sip-qptâvuw '
Min/11v 5’ 0112p Fopydfimv ‘ Ëowiqasv (paie; '
ôpoç 1’ èn’ AtytnÂayx-rov 5 êëmvoüuavov
1519W; Ogapèv (Li, xpoviçeceau aupôç.
' 'IIépurouat 5’ dvôaioii‘rfç dçpee'wp [.LÊVEL
(ploybç uéyav môywva, ml. gapwvutoü
nopeuoü 6 xo’z1on1ov npô‘w' ùuspôo’zklaw npôcm
ckéyoooav' 'i] 5' £0xq¢ev, 501’ dzpixmo
’Apaxva'iov 7 ainoç, dowyei'rovaç oxondç '
xänsrt’ ’A1patôû‘w é; 165a amfimst o‘réyoç

veille et tout est prêt. La lumière pénètre au loin aux rives de


l’Euripe et signale l’événement aux gardes placés sur les bords du
Messapios. Aussitôt ils entassent la bruyère desséchée, ils l'allu
ment, et la flamme, sans rien perdre de son éclat dans un si long
trajet, roulant sans défaillance, comme le disque de la lune, au—
dessus des plaines de l'Asope, vajusqu’au Cithéron éveiller dans
un nouveau foyer le feu voyageur. Ce signal, venu de si loin, est
accueilli par ceux qui l'attendaient. La clarté rayonne plus écla
tante, mes ordres sont dépassés. Elle plane au-dessus du lac de
Gorgopis, se propagejusqu’a l‘Egiplancte, et rappelle les veilleurs
aux soins du fanal. On se hâte, on s’empresse. Et la flamme,
gigantesque barbe de feu, s’irise au delà du golfe Sarouique,
s’abat dans la plaine, gagne le mont Arachné et le poste d'ob
servation dans le voisinage de la ville. Enfin le lumineux signal,
AGAMEMNON. 237
et la lumière du fanal
ça; 6% çpvmü étant arrivée au-loin
“Olav Êlàç
ml ÿoà; EÔP‘“ou sur les courants de l'Euripe
m'arriver. signale l’événement
çûlaëi Mecca-trial). aux gardes du Messapios.
Oi ôÈ ûvrélawbüv Et ceux-ci répondirent-par-un-feu
xotl napfiweûmw 7‘96““ et annoncèrent la nouvelle au-‘loin
ébloui-reg wupl ayant allumé par le feu
Owpdv vpalll; 595M09 un amas de vieille bruyère.
Ae'qma; ôà oBévoUGa Et Ia-clarté étant-forte
oûôé-rrw paupoupéw], n’étant pas—encore ohscurcie,
'ûrrspeopoüaa nsôlov s’élançant—au-dessus-de la plaine
'Acrœ-rroñ, de l’Asope,
ômfiv eels/hm; tpaiôpaç, à la manière de la lune brillante '
npôç Minou; Ktewpäwoç vers la roche du Cithéron
ñyszpsv äkknv Éxôox'hv a excité une autre succession
I nupàçnopnoi').
du feu messager.
(Dpoupà as xaiouaa
Et une garde brûlant
filéov ":(‘bu' slpnptévmv
plus que les choses commandées,
00x fivalvsro (polo;
ne refusait pas une clarté
Mlénop'mov ' I
venue—de-loin;
(polo; 6è Ëcwqgpsv
et la lumière se—préeipita
ùnèp Mum» Fopvi'fmw '
au-dessus du lac Gorgopis;
ë‘âzxvoousvév rs én‘t ô'poç
et arrivant à la montagne
Alyluhvx-rov
Égiplancte
Gnpuvs escuov arupog
elle excita la loi du feu
ml xpovlçscem. à ne pas s’attarder.
Ilépuroum ô‘s
Et ils envoient [dante
âvôal’ovrsç pévst dupeovtp
l’allumant avec une force abon—
ps'vow rubvowot çkoyôç, une grande barbe de flamme,
ml ùnspô’dnsw de manière à même dépasser
çléyoueav npo'aw en brillant au—loin
npt’ñva xo'rremov le rivage visible
nopûpoü Zapœvmoïa ' du golfe Saronique ;
ñ 6è Ëaz‘qgbsv et celle—ci se—précipita,
fats doixe'ro jusqu'à ce qu’elle arrivât
aÏnoç ’Apaxvaïov, au mont Arachné, [ville;
axonà; àaruyslrova; ' lieu—d'observation voisin—de-la
ml (lumen anima et ensuite elle se-précipite g
238

lo Çôjtôccp ’ äÀÂou ôtaôoxaîç nÀnpoüpœvon '


mm
Té}; ïptb'roç ml. "also-rain; Spocwbv 2.
p.019 wozoii'rov oüuôokév 1s col. Àéyw
dvôp‘oç napawstkav-roç én Tpolaç 59°5

IV. CASSANDRE.
(Vers 4035-1330.)

y KATTAIMNHETPA.
EW‘” “OP-5C0!) ml où 4, Kaoo’wôpav Àéyw,
énal e’ ëôqxs Zsùç o’cprqvtrwç ôôuotç
xowwvbv sïvat Xapvtôwv, noÂÀGw ua‘rà
ôoüÂwv omes'taow x-rqciou Bwuoü 9‘ nékaç.
'Exôaw’ o’mvjvnç Tñaôs, Mô’ ÛTrEptppôvSt.
Kai raîôoc yoîp rot (pace‘w ’AÀxpv/ivqç work
apaôévm ‘rÀñvat ôouktaç pining Tuxeiv.
Et 8’ 013v &vo’zymq rñaô’ émppénor Tux-4g,
dpxatmrlxoéwv ôsmronïw rani, Xo'tptç.

sorti des flancs de l’lda s’épanouit sous le toit des Atrides.


Telles étaient les lois prescrites par moi aux porteurs de flam—
beaux pour se transmettre successivement la nouvelle les uns
aux autres. Tous ont mérité .le prix. Voilà ce qui garantit la fidé
lité de mon récit, c’est de Troie qu’Agamemnon m’a fait parvenir
la nouvelle.

IV
CLYTEMNESTRE, sur le seuil de la porte. Entre aussi, toi, Cas
sandre. Puisque Zeus,t’a destinée à venir, sans haine avec une
foule d’autres esclaves, prendre ta part de nos sacrifices, devant
l’autel domestique, descends de ton char, résigne-toi de bonne
grâce. Le fils d’Alcmène aussi, dit-on, fut vendu, et dut, quoi
qu’il lui en ait coûté, manger le pain de l’esclavage. Quand on
en est là, réservé par la fortune à de telles extrémités, c’est
un grand bonheur encore de tomber sur des maîtres depuis
_AGAMEMNON. 239

s; «sas mères ’ATPE‘M" sur cette demeure des Atrides


cette lumière—ci
1655 (pd-0;
con &TEd‘l‘CTt‘OV n’étant pas sans-avoir-pour-a‘ieul
W96; ’Iôaiou. le feu de-l’Ida.
Tomiôe toi pot Telles sont certes pour moi
väum Mparaôwo'pwv, les lois des lampadophores,
nk'qpouuévot ôtaôoxaîç remplies par succession
60,10; Trapà film)“ l’une de l’autre ;
ô fie Tcpé'no; Mai Tskeum'z'oç or le premier et le dernier
vucëî ôpaucôv. vaine (vainquent) en courant.
Aéyw 60L Je dis à toi
Totoütov réuutxp xa‘z oüuôokov une telle preuve et marque
dvôpôç
de mon mari
5W1I napayvetkavro; m’ayant annoncé la nouvelle
5x Tpotaç. de Troie.

IV. CASSANDRE.
KAÏ‘TAIMNHZTPA.Kop.tÇou CLYTEMNESTRE. Viens
sien:
à—l’-intérieur
nul où,
toi aussi,
My!» Kowoîvôpow,
je dis (je parle à toi) Cassandre,
{mi Zex‘aç ëenxé
puisque Zeus a disposé (a voulu)
05 aÏvou
toi être [tions
xowœvôv dey-quitta; Xspvtôwv
ôo'uozg, I associée sans-colère à nos liba
dans cette maison,
maee'iuow perds MME)? ôoôkmv teätenant avec beaucoup d’esclaves
:téktzç Bwuoü un} clou.
près de l’autel conservateur-des
Exôawe ‘rñaôe dan-fixing,
Sors de ce char, [biens.
Mât ûïrspcppdvst. et ne sois-pas—orgueilleuse.
Quel votp TDL Car on dit certes
ml m'iôa 'Almañvnç même l’enfant d’Alcmène
TEOTÊ npaeévw flñvm jadis vendu s'être résigné
mxai'v uo'zëqç ôoukiaç. a recevoir le pain servile.
Et ôè 013v Or donc si
ûvdvxn 171065 Nom; la nécessité de ce sort
èmppéarot, penche-sur quelqu’un,
1:0)00‘1 xäpt; c’est une grande faveur
Oh? AI‘AMEMNQN.
. T '
(“Fût TE , imam)“; imam; naÀu‘Sç,
Stç Trap. 9 ““10! ml. impôt a'ro’iôpfijv
HG” OÏdTrsp vontÇsmt.
XOPOÈ.
mèç ô \ “03 Tratûsrat Gatpñ Àéyov.
ou“! Hopcipwv &ypaupo’rtwv
’ si “Seem” ‘ dnateotnç ô’ t'owç.
’AÀ)‘, Ë KAÏ'TAIMNHZTPA.
_ E “89 ëcn tu; XEÀtôôvoç son”?
vin .
Y m sN’JWAV Bdpôa ov xsx
gëmçw M P “la év m
P (W ô‘w ouc ànsteotvj Àôytp.
XOPOX.
FLOOÜ ‘ Tà Micro: 166v mpsoro’nmv ÂÊYEL.
Emu, Àtnoüaa Tôvô’ o‘cnotëfipvj Opo'vov.
w KATTAIMNHETPA.
Ouroz eopatav 'rr’jvô’ épo‘t GXoÀñv no’tpoc
Tptôsw ' 'rà (L‘EV yàp éortaç ueooucpo'tkou
Ear/paw fion MM npèç oeayàç Troipoç,
d); 0611701, êÀntaaan Tv'jvô’ Ê'äsw Xo’tpw.
ED 5’ st' TL ôpdcstç TCÔVÜE, in}; oxoÀîjv des.
P‘a fl'r -‘g

longtemps faits à l'opulence. Des parvenus à la richesse, au len


demain d’une moisson inespérée, sont cruels et inflexibles en
tout à l’esclave. loi, du moins, c’est une maison où tu seras traitée
convenablement.
LE CHOEUR. Voilà qui est assez clair. Si tu étais hors du filet fatal,
tu serais libre de l’écouter ou de ne pas l'écouter.
CLYTEMNESTRE. A moins d’avoir, comme l’hirondelle, un 'ga
zouillement étrange et barbare, elle comprendra ce que je lui'
dis, si elle a quelque bon sens.
LE CHOEUR. Écoute-la. Ce qu‘il y a de plus raisonnable à dire:
dans ta situation, elle tele dit. Suis-la, quitte ce char où tu es
assrse.
CLYTEMNESTRE.Ainsi,sur la porte,je ne saurais en vérité l’at
tendre plus longtemps. Dans la maison, près du foyer, déjà les
brebis sont prêtes pour le sacrifice. On s’est'empressé comme des
gens surpris par le bonheur. Allons, Cassandre, si tu veux'faire
ce que je te dis, hâte-toi. Et sije suis inintelligible pour toi, si tu?
AGAMEMNON. 2M
ôeonord‘w d’avoir des maîtres
âpxaionkoérmv. riches—depuis-longtemps.
Oi: 6% firms-aw 100.66; Mais ceux qui ont moissonné bien
È'Àn‘loav'rsç oil-more, ne l'ayant jamais espéré, [tout
shoot TE ôoüorç Trolv'ra et sont cruels pour les esclaves en
ml uapà mdepnv. et selon le cordeau (infiexibles).
"Exst; napà flpâw Tu as (auras) de nous [tées.
oÏolnap voplÇemt. les choses telles qu’elles sont-usi
XOPOZ. Hou'ae‘mi. LE CHŒUR. Elle cesse
héyouoo't col TOI. disant à toi certes
My!» oaqfij. un discours clair.
05m1 6% äv Exrog Or étant (si tu étais) hors
dypsupo'nmv unpaluwv des filets fatals
meow 6w, et netOoto' tu obéirais, si tu obéissais;
ïow; 6% 6.1:5190i11g. et peut-être tu n’—obéirais-pas.
KAÏ'TAIMNHXTPA. ’AD‘à CLYTEMNESTRE. Mais
el'rrep êtrrl pi] xenmuév'q si elle est n’ayant pas
(pœv'ljv àWŒTŒ Bdpôapov une langue inintelligible, barbare,
ôlnnv xs‘Aiôévoç, à la manière d’une hirondelle,
âneteoin lo'yq) elle n'-obéirait-pas à ma parole
03m1 (iv E'Ew cppevôv. étant (si elle était) hors-de sens.
XOPOE. III-606‘ LE CHOEUR. Obéis;
Myst 'rà 656010; elle dit les choses meilleures
16»; napsaré'rmv. des choses présentes.
"Emu, Suis-la,
Mmiaa ro'vôe Opévov ayant quitté ce siège
inadmi adapté-au-char.
KATTAIMNHETPA. Oû'rot CLYTEMNESTRE. Non-certes
m’ipa tdol il n'est-possibleà moi
rplôew rfivôe exempt eupalav - de perdre ce, temps à-la-porte;
tel (Av vàp “filo: car d‘une part les brebis
ëmxav ñôn 11:96; mpavo‘zç se-tiennent déjà pour les sacrifices
no'tpoç brim; psaopçdhov, en-face du foyer qui-est-au-centre,
du; oünots éliïrlcmaw comme pour des gens n’ayant ja
Ëiew Ti‘wôs Xo'tpw. avoir cette faveur. [mais espéré
ED 6% Toi d’autre part
si ôpdosiç si tu fais [ce que je dis),
11. 16v6e, quelqu’une de ces choses-ci (de
pi; Tiller axokfiv. ne pose (n’apporte) pas de délais
uoncmux cu. D’ESCHYLE. 1
242 I

Eta,dt AI'AMEMNnN
où a, diuwmwv o, I '
W}. (9,,” “‘7‘1 H7] ôâxst Àéyov,
!E m (PPdÇE xapôdwcp Kept 4.
_ Pll‘qvém XOPOZ.
88*: Q Ëoixn .
060“. T96,“ “"71 Ëâvn - T0905
, °C 65 67196; (bç VEottpÉTOU
_..H Helm,“ ,KATTAIMNHXTPA.
an; AmongOI 'Yfi Mal-Imam Mien (PPEVGW;
- ELI XOIMW l*§v TIroMv vaatpmov
Tipiv °”\5 OU): èa‘tomrou. cpépsw
“il“? o à
05 MW II ’lP \{Iiweptoeaeott pévoç.
Y ,
“‘0 Pulww àuuaoôfiaopm.
,
E \ , I
. Ï“ ,3 Ê’TEOÏMTEL‘OLO Yap, oo Gopéaopat.
> (1: Tabawa, 'cévô’ ép-qpdwow’ 6Xov,
al’x oua o’wotvwq] rada xoctvwov Çuyév.
, I ' KAZANAPA.
IOToIro-co't wonot 8a. [Strophe Ll
Anonœv ’A-rco'Mwv.
II I I I XOPOZ.
TIt Tour: OLVLOTOTUEOtg dqupl Aoëtou;
ou Yap 'totot‘rrog d'une Opqvnroü wxeîv.
' I KAEANAPA.
0101010? Tro'rrot ôä. [AntistrOphe 1.]
’AtréMow ’AnéMwv.

ne comprends pas mon langage, imite les barbares, et parle-moi


du moins par gestes. '
LE CHOEUR. l1 lui faudrait,j’imagine, à l’étrangère,un fameux
interprète. Elle a tout l’air d’une bête fauve qu‘on vient de
rendre. _ _
CLYTEMNESTRE. Mais c’est de la folie vraiment. Quel singuller
caprice! Sa patrie, il n’y a qu’un momenl, a succombé. Elle la
quitte, elle vientici ; et le frein, elle ne peut pas l'accepter qu’elle :1-8‘52-45‘
ne l’ait couvert de la sanglante écume de sa colère. Je n’insisteral
plus; il y va de ma dirîgnité. (Clytemnestre rentre dansla maisonl
LE CHOEUR. Moi, el e m’intéresse, je ne m'impatienterai pas.
Allons, infortunée, quitte ton char, cède à la nécessité, et du
joug fais l‘apprentissage.
CASSANDRE. Strophe '1. Oh! ciel! Oh! terre! Apollon,Apollon'.
. LE CHOEUR. Qu’as-tu donc à crier Apollon? Est-ceà lui qu'on 77
s’adresse dans la douleur. v ' - _
CASSANDRE. Antistrophe l. 0h! ciel! 011! terre! Apoll'om
Apollon! ‘ t ' ,
AGAMEMNON. 243
EE ôè 050a àëwñ uœv Mais si étant sans—comprendre
pi] ôe'xa tu ne reçois (n’entends) pas
Myov, mon discours,
ex‘) ôè durci (pwv'ñç eh-bien! toi au-lieu-de la voix
(ppe'zës xspl mpôdvcp. parle de ta main barbare.
XOPOE. ‘H ëévn ê'omev LE CHOEUR. L’étrangère semble
ôeïaôai èppnvéwç TOPO‘Ü ' avoir-besoin d’un interprète clair;
rpo'iroç 5è et son caractère semble être celui
enpôç d’une bête-féroce
vsoupérov. nouvellemenbprise.
KAI’TAIMNHETPA. 1'H CLYTEMNESTRE. Oui,
pàivami ye, elle est-folle certes,
xzxlxh’aez naxäw epsvt'ôv, et écoute de mauvaises pensées,
fin; fixa! uèv elle qui d’une part est venue
luroüocz Tro'kw vsalpa-rov, ayant quitté'uneville nouvellement
où ôè énla'tarou et d’autre part ne sait pas [prise,
«pépsw Xalwôv, porter le frein,
n'p‘w éëwpplçeoem avant d'exhaler—en-écume
pévog alparnpo'v. sa colère sanglante.
06 [.rhv drtuaoefiaouat Certes je ne serai pas-dédaignée
ñl'lluaa aléa). en proférant plus de paroles.
XOPOX. ’Éytb 5è LE CHOEUR. Mais moi
et; Quuu'mopat, je ne m’irritcrai pas,
énomstpm yo‘tp. car j’ai—pitié.
"let, (Ï: roikmva, Allons, ô inl'ortunée,
èpnauüeaea ro'vôe ôxov, ‘ ayant quitté ce chum,
eïxouoa rifle dwo'zyxn cédant à cette nécessité
xafvwov Çuyo’v. fais-l’-apprentissage du joug.
KAZANAPA. ’Orororoî CASSANDRE. Hélas!
1:61:01. ôô‘t. 0 dieux ! terre !
’Airo'klcov 'AnälÏÀmv. Apollon, Apollon !
XOPOZ. Ti dvwro’tuâaç , LE CHOEUR. Pourquoi as-tu crié
mûre: ces plaintes
duel Aoâiou ;
au-sujet-de Loxias?
06 yàp row-3m; car il n’est pas d’une-nature-telle
65615 ruxei‘v epnvnroü. à. recevoir des lamentations.
KAEANVAPA. ’Orororoî CASSANDRE. Hélas !
mine; ôä. 0 dieux l terre !
mam» ‘Ano’lkwv. Apollon, Apollon!
2M AFAMEMNQN.

‘ XOPOÊ.
'H 6’ «515 Sump-q 000001 10v Osbv what
oùôèv npozrilxow’ èv 76m.; mpmm’ceîv.
KAXANAPA.
’A'nrôkkow ’A'no'Mwv [Strophe 2,]
027018.17", o’méMwv éoéç2 '
dmâkaoa; yàp 06 PAS)“; 10 ôsû'tapov.
XOPOE.
Xpfiozw £00m àpupt TG’N aû‘rîjç xaxüv.
Mévat Tb eaïov 609Mo; 7:59 èv tppsvt.
KAEANAPA.
’A'no'Mwv ’AïcôMœv [Antistrophe 2.]
äywär’, ànôMwv äpo’ç '
ä 101' 11:01’ ñyayéç pa; 1190; notav atémv;
XOPO Z.
Hpèç TÏ‘V ’A'cpatôav ' et où p.91 168’ éwoe’tç,
èyd) Àéyw oct ' m‘t To'tô’ 06x ëpe‘tç 426011.
KAZANAPA.
Mtaôesov u’ev 05v, noÀÀà auvta‘topa 3 [Strophe 3.;
aû‘cotpôva mud xpsa-réyœt,
atpootpayaîov mi aeôoppav‘cfiptov.
, ' XOPOZ.
'Eomsv edptç h Eév-q xwèç ôimqv
.EÏVO“, pwma'm 6’ (IN o’wsupfiosn cpôvov.
LE CBŒUR.Encore des cris d’angoisse! Encore le nom du dieu
qui n’a pas à intervenir dans nos larmes !
CASSAN DRE. Strophe 2. Apollon, Apollon! toi qui présides aux
rues, un véritable Apollon pour moil tu m’as perdue complètement
pour la seconde fois.
LE CHŒUR. Elle va,dirait-on, prophétiser ses propres malheurs.
Tout esclave qu’elle est, le dieu est toujours en elle.
CASSANDRE. Antistrophe 2.Apollon, Apollonl dieu quiprésides
aux rues, véritable Apollon pour moi, où m'as-tu conduite, à quel
f0 yLE
er.CHOEUR. Au foyer des Atrides. Si tu l'ignores, je te l’ap—
rends, et je ne te trompe point.
CASSANDRE.Strophe3. (Elle va de droite à gauche.) Exécration des
dieux! — Maux sans nombre! — Complicité de meurtres! ——
Chairs coupées en morceaux! — Un homme égorge! — Le pavé
ruisselant de sang!
LE CHOEUR. (ll suit Cassandre.) Quel nez ! un vrai chien de chasse
que l’étrangère ! elle flaire le sang des meurtres qu’elle va re
trouver ici.
AGAMEMNON.
XOPOE. ‘H 5è LE CHOEUR'. Mais celle-ci
all-rs de-nouveau
ôuaqmpoñoot proférant-des-paroles—fâcheuses
xoûta'l 16v 956v appelle le dieu
npomjxovm oûôàv n’étant-convenable en rien
napaarareïv Èv vo'otç. pour assister à des gémissements.
KAEANAPA. ’Anällicov CASSANDRE. Apollon,
'An'o'hlwv, Apollon, '
àyutära, toi—qui-présides-aux—rues,
épàç duro'kkwv ' mon Apollon (toi qui me perds);
dmbkeoa; 7619 06 will; car tu m’as perdue non avec—peine
'rô ôex'rrepov. pour la seconde fois.
XOPOE. "Eouœ LE CHOEUR. Elle semble
xpficew devoir prophétiser
dingo! 'rû‘w xamîw uùtñç. sur les meilleurs d’elle-même.
To Osïov pévsi La divinité reste
ëv (ppsvl mp ooukiqz. dans son esprit quoique esclave.
KAEANAPA. 'Anéüwv CASSANDRE. Apollon,
’Andnœv Apollon,
dyutäm, toi—qui-présides—aux-rues,
Épôç dmo'lilwv ' mon Apollon (toi qui me perds);
«3 ami NOTÉ p5 ‘ljyaysç; oh! où donc m’as-tu conduite?
upôç nolow mémv; vers quelle demeure?
XOPOE. I'lpô; fljv 'A‘rpstôc'ôv' LE CHŒUR. Vers celle des Atrides;
et où p?) 1:655 Èwosïç, si toi tu ne le sais pas,
éyd) lévw O'OI.‘ moi je le dis à toi;
xa‘i 06x êpeïç toiôe et tu ne diras pas ces choses
4:601]. être fausses. [haïe-des-dieux,
KAZANAPA.ML00050\J pèv 05v, CASSANDRE. Demeure certes donc
auvlo-ropon 1107.7.8! mord témoin de beaucoup de maux
aûmcpdva qui-s’entrégorgent,
xpso’rropa, qui-hachent-les-chairs,
atpompaysi'ov demeure qui-fait-couler-le—sang
ml môoppavnfipwv. et. qui—arrose-le-sol de sang.
XOPOE. ‘H Zévn Eotxsv LE CHOEUR. L’étranger-e semble
alval aflpiç être d’—odorat-subtil
aim nwôç, à la manière d’un chien ,
parader 5% et elle cherche
(Eu âvsupñoez (pévov. de qui elle découvrira le meurtre_
246 AI‘AMEMNQN.
KAEANAPA.
Mdpwptowt yàp Toto-8’ èmnateottm ' [Antislrophe 3"
{ÀŒÔyeva Tdôâ Bpé'p'q apayàç 1
omo'tç TE adpzag npbç na'rpôç Bsäpwyévaç
Ir XOPOE.
Huav xhéoç'aoü [.Low'nxbv nemapévoz '
<TOÛTwv> npocpifiozg 5’ où'Ttvotç [.Lot‘EâÜOHEV
, ‘ I KAZANAPA.
Iw “marron, 1€ Tro-rs ufiôs‘rar 8; [Strophe 4-]
TC 165’ äxoç véov [p.âyoc]
“if èv ôénowt 'roîeôs Môa‘ran xocxbv,
ägosp'rov gotkoww, ôuaia'rov; dhxà ô'
Ëxàç dnoarateî.
XOPOE.
Toûrwv ä‘tôptç sly“ 163v navraund‘rwv.
’Euaïva ô’ ëyvwv ' näaa yàp nôhtç $06}.
KAZANAPA.
’IGJ TOÎÀOCWOC, 168€ yàp TEÂEÎÇ; [Antistrophe 4.]
rèv ôpoôépwtov [Maw] '
Àoutpoïcn tponôpüvaaot —- nœç tppo'ww TÉÂOÇ;
'ro'txoç yàp 165’ é’a'rou.’ nporatven ôè Xa‘tp ëx
Xspbç o'psyotts'voc.

CASSANDRE. Antistrophe 3. (Elle revient de l'autre côté de la scène.)


Ces témoins, oui, je les en crois; ces enfants en pleurs qu'on
égorge, ces membres rôtis servisà un père.
‘ LE CHOEUR. (Il suit dans l’hyposcène le mouvement de Cassandra sur la
scène.) Ton renom de prophétesse, oui, est venu jusqu’à nous. Mais
P0111“ ce que tu dis là. de prophètes, qu'avons-nous à faire?
CASSANI)R E. Strophe 4. (Elle va de droite à gauche.) Hélas! ciel!
que se médite-t-il ?— Quelle nouvelle catastrophe effroyable,
monstrueuse, dans ce palais, se médite? —— Crime révoltant pour
des parents, crime sans remède! La vengeance est si loin!
LE CHŒUR. (Il suit toujours dans l’llyposcènelemouvementdc Cassandra
sur la scène.) Ici je m'y perds. Que signifie cette dernière prédic
tion ? Le reste m'est familier; il n’est bruit que de cela dans toute
la ville.
CASSANDRE. Antistrophe 4‘. (Elle revient de gnuelleà droite.) Ah!
malheureuse, tu vas donc jusqu'au houtE—Celui qui a partagéton
lit, ton mari, dans un bain tu le laves..... Comment dire la fin?
Car voici le moment. Les coups succèdent aux coups.
AGAMEMNON. 247
KAZANAPA. CASSANDRE.
’Emusleopai yàp Carje nie-lie
roïaôe paprupiotol " à ces témoignages-ci;
Toiôa (âpéçn je vois ces enfants
xlao'peva o'tpolvàç qui pleurent ces meurtres
odpxa; TE rim-c2; et ces chairs cuites
Beôpwps'va; dévorées
upôç Tra'rpég. par un père.
XOPOE. “'Hpev LE CHOEUR. Nous sommes
usmcuévm ayant appris
nléoç (Lav‘nxév cou ' la renommée prophétique de toi;
pareéonav 6% mais nous ne cherchons
oünvaç npozpifiraç 'u'ôvôs. aucuns prophètes de ces choses-là.
KAEANAPA. 'Itl) mirror, CASSANDRE. 0h! dieux!
11' note quelle chose donc
pfiôemi; prépare-t—on?
Ti 1662 véov (Léva axe; quel ce nouveau grand malheur
péva uauôv ur'jôe‘rat ce grand mal prépare-t-on
iv Toïaz ôo'çwww, dans ce palais,
élcpsptov intolérable pour(de lapart de)
Lplhotai, d'amis (de parents),
Mala-rm); diftlcilc-à-guérir ‘!
600.0% 6% d’autre partle secours
dime-rare? %xoi<;. est absent au-loin.
XOPOE. Eipl LE CHŒUR. Je suis
äïôplç ne-comprenant-pas
roürwv 166v pavreupdrœv. ces oracles-ci.
"Eyvwv 6% éxsïva - mais j’ai connu ceux-là
Tram vàp nô‘mg (3063. car toute la ville les crie.
KAZANAPA. 'Ic‘o Tdhawa, CASSANDRE. Oh! malheureuse,
rem; vàp ro'ôs; est-ce-que tu accompliras cela ?
çaiôpüvaoa ÂOUTPOÎO’I purifiant dans un bain
16v mic-w 6p.06%p.vmv— l'époux associé-à—ta-couchc —
1:66; cppcicw 'ré'kog; comment dirais-je la fin ?
166s vàp Ëo'rou car cela sera
Tolxo; ' en hàte (promptement);
xslp 6% ôpsvopéva et une main tendue
nporelver s’avance
Ex Xspo'ç. à-la-suite-d'une autre main.
248 AFAMEMNDN.
XOPOX.
061mo ëuvÿjxa ' vüv yàp èä atwyud'rwv
énapyéuowt Osaod'rmç dpnxavœ. ‘
KAEANAPA.
’Efi ' narval: courut, 1t 165a (patin—:10“; [Strophe 5.]
9'] 5£x106v TL "A1500 ;
pdÂ’ äpxoç à Eüvsuvoç (I: äuvawta
(pévou. 210101; 5’ 00109510; yévsu
xa-rokokufid'rw 060.0110; Âeuatpou.
XOPOZ.
l'Iotav ’Epwbv 1fivôs ôo’ruaaw xéku
énopOufiÇzw; 06 (1.2 cpanôpt'wst Xôyoç.
’Enl. 6è xotpôtaw ôpo’zusv upoxoôacpfiç‘
maydw, (215 ml. ôopl muetpmç
Ewcwû'rst {itou
ôüv'ro; aüya'tç. Taxation 5’ 6210: «élu.
KAEANAPA.
’Aä ' £505 {506 ' änsxs 1äç {305; [Antistrophe 5.]
15v 1aüpov ' èv wénhou vw
pskäyxapœç 9 Àaôoüoa pqxavfipan
16men' ntwat 5' ëv âvüôpcp x615t.
AoÀotpo’vou Àéôrj'toç 1éXvav 3 col. Àéyœ.

LE CHŒUR.(II suit dans l'hypascène tous les mouvements de Cassandre


sur la scène.) Je n’y suis pas encore. — Toutes ces énigmes, autant
de taies sur ses oracles. c'est à n’y rien voir.
CASSANDRE.Strophe 5.(Elle va de droiteàgauche.)0h ! 0h ! grands
dieux! grands dieux! qu’est-ce là ? — Quelque filet d'Hadès? —
Le vrai filet, c‘est la femme concubine de son complice de
meurtre. Que la Discorde acharnée sur cette famille, pousse son
cri sinistre. —— L‘exécrable sacrifice est accompli.
LE CHŒUR.(II suit Cassandre.) Quelle urinys yeux-tu voircrier sur
cette maison? Ah! le sombre appel dont je suis tout troublé! —
Vers mon cœur il a refiué, le flot couleur du crocus. Ah!
c’est comme un coup de lance. un coup mortel, comme un voile
qui s‘étend sur une vie expirante! Si vite un malheur est arrivé!
CASN'ANDHE. Antiszrophe 5. (Elle va de gauche à droite.) Ah ! ah !
regardez, —— regardez! — Eloignez-le de la génisse, le taureau.
——Dans un voile, la génisse aux cornes noires, elle l'a pris au
piège. — Elle le frappe. —— Il tombe dans l’eau de la baignoire.
—— Car c'est dans la baignoire de la ruse, dans la baignoire du
meurtre, je vous le dis, que tout se passe.
AGAMEMNON. 249
XOPOZ. OÜ'lrLo LE CHŒUR. Pas-encore
Zuvñxa' je n’ai compris; [énigmes
vüv yàp ÈE alwypo'vrwv car maintenant à-la-suite-de ces
ânnxavc‘û je suis—embarrassé
esctpoirmç énapyéuomw. par des oracles obscurs. ‘
KAEANAPA. 'E‘ñ ' CASSANDRE. Hélas!
11011101? n'aurai, ah! ah! [t-elle?
Ti 165% çawé‘rat; quelle chose celle-là se ~montre
"'H H ôinwov "A15ou; Est-ce-que c’est quelque filet d’Ha—
à Eôvswo; la concubine de celui Ides?
(Î) Ewan-(a1 1p6vou avec qui elle est complice de
1.111101 äpxuç. est bien le filet. [meurtre
Xro'wtç 5% Et que la Discorde
dmo'ps'ro; Yéve1 insatiable pour cette race
xa‘rokclvioi‘rw pousse-un long-cri
615110110; li cause du sacrifice
1550111011. qui-mérite-la-lapidation.
XOPOZ. Hoiow rñvôe 'Epwx‘av LE CHŒUR.Quelle est cette Érinys
xélst Énopezaîësw que tu invites à élever—Ia—voix
516110117111; dans cette maison ?
1670; 06 p.2 çalôpôvsz. ce propos ne m‘égaye pas.
Zraydav 5% Et la goutte de sang
xpouofioup-h; couleur-'de-safran
5pdp.sv ènl xapôlav, a couru (reflué) vers mon cœur,
511‘s mi comme aussi
Euvavürst elle se-produit—finalement-avec
aûyai'ç filou les rayons de la vie
515v'10; se-couchant
11110011101; 5opl. pour ceux qui tombentparlalance.
“Ara 5% 115151 Taxeïa. D’ailleurs l’infortune est prompte.
KAZANAPA. ’Aä' tôoù 1501') CASSANDRE. 0h ! vois, vois
änsxa TÔV taüpov Täç Boo’ç' éloigne le taureau de la génisse;
pelayxépwç la génisse aux-noires—cornes,
vw 101605001 l’ayant pris
ëv ynxavfiyan «Étfliou dans un piège de voile
1611-151 - le frappe; [d'eau‘ '
'Ki‘WEL 5% Év x6151 ëvüôpq). et il tombe dans un vase plein
Aéyw cm TÉXVGW Je te dis le piège
kéänroç ôokoçdvou. d’une baignore assassine.
250 AI‘AMEMNQN.
XOPOÈ.
OÙ 11011111200111! âv Geogoé'twv yvtôywv äxpoç
short, xaxùj) 5é Tu) npoostxdïw 1615s.
'An‘è 5è esacpd'cwv 1i; 0’1Y01661 (poing - .
Bporoïç 190111011; xaxc‘ôv yàp 5101‘1
robinet; ‘ 1éxv011
65011-11p55v 1066011 1pépouc1v 11016311).
KAZANAPA.
’Id) id» mlaivaç 11001611011101 16X011 ' [Strophe 6.]
15 yàp ëoôv 90013 116190; énayxéowa.
H01 51’; p.2 ôsüpo rñv TdÀawav ñywfaç;
oùôa’v 1101' et p.91 ëuvôavoouévnv; 1i ydp;
XOPOZ.
Œpavouawjç 11; si Osocpép'q'coç, dry.
(pi. 6’ 015161; epoaîç
vôyov ävouov, oïo'z “a; {00065
àxo'pa-roç Boäç, (p26, 'rakmîvouç çpaa‘w
'I‘wv 'I'rw GTÉVOUG’ àyçteakïj xaxoïç
"Qôtbv Biov.
KAEANAPA.
’IG) id: Âtyetaç yo'pov ànôôvoç ' . [Antistrophe 6.]
napéôaÀov‘l Yelp ot msponpo'pov 1315,1101; 6801 ‘

LE CHŒUR. (Il suit les mouvements de Cassandrc.)Je ne me flatte


pas d’être habile à déchiffrer les oracles, mais il y a là—des
sous de grands malheurs. Des oracles d’ailleurs est-il Jamais rien
sorti de rassurant pour les hommes? Des maux, c'est par là que
se vérifie la terreur fatidique d'un art fécond en paroles ambiguës.
CASSANDBE. Strophe 6. (Elle va de droite à gauche.) Hélas! hélas!
d'une infortunée trop déplorable sort! car c‘est le mien, c’est
mon malheur porté à son comble que je proclame. Infortunée, où
m'as-tu amenée. Où! si ce n’est à la mort avec toi ; car je mour
rai avec toi !
LE CHŒUR. (Il va aussi de droite à gauche de l'hyposc‘enc.) Mais c‘est
une l're'nésie. Le dieu t’égare-t-il à ce point, que sur toi-même,
à haute voix, tu chantes le refrain aux notes incohérentes ‘?
Fauve rossignol, dans une élégie sans fin te voilà à répéter: llys,
Itys ! pauvre âme désolée comme lui, toujours à déplorer une vie
émaillée de douleur.
(IASSANDRE. Antistrophe 6. (Elle va de çnuche à droite.) Ah! oui,
ah! que ne suis-je le mélodieux rossignol. Il a des ailes, lui,pour
AGAMEMNON. 251
XOPOE. Où xopJroiaaLut (iv LE CHŒUR.Je ne me vantcraispas
s'ivou (Sixpo; woüuwv d’être parfait connaisseur
Oeacpoi'rcov, d’oracles,
npoaslxdëw 6% mfn'oi toutefois j’assimile ces paroles
Tcp' me). à quelque malheur.
Ti; 6% dyaôà (pain; D‘ailleurs quelle bonne parole
rénaux! Bpotoî; se-lève (sort) pour les mortels
(21:6 Osacpdrmv; des oracles ?
'réxvou yàp nokvemîç car cet art verbeux
(pépouut p.162?» apporte (donne) à connaître
cpzifiov Gso'mqi6o‘v la terreur fatidique
610d muôv. par des maux.
KAEANAPA. 'Id) id) CASSANDRE. Oh! oh!
Tüxau Mutine-citez destinées funestes
rakw’vaç ' d’une malheureuse;
é'trsyxa'aaa yàp car ayant comblé la mesure
Opoôâ 'rô frown; fipdv. je dis le malheur mien.
Ho? 6?; ‘iiyays; ôeüpo’ Où donc as-tu conduit ici
pa 191v rdkawow; moi l’infortunée?
oûôév TEOTE ne devant donc rien faire
et p.91 Euvüavouévqv ; si non devant-mourir-avec toi?
Ti yo'zp ; car quelle autre chose m‘attend?
XOPOE. E? n; çpavouawñç LE CHŒUR. Tu es une frénétique
Osoço'p'q'roç, inspirée-par-les-dieux,
Oposîç 6% et tu dis-plaintivement
ducpi w316i; sur toi-même
vépov divopov, un air qui-n'est-point-un air,
oïd n; Eovôù ànôdw, comme un fauve rossignol,
âxopéroç Boäç, QED, insatiable de lamentations, hélas!
o'révouaa tppémv ralaivaiç gémissant avec un cœur malheu
"Iruv "Irw ltys, Itys, ‘ [reux
Biov dit plaintivement sa vie
duplemk'f] zano'ig. florissante en maux.
KAEANAPA. ’16) €(1) CASSANDRE. Oh! oh!
po'pov hysia; ânôo'voç' le sort du mélodieux rossignol;
650! yàp oi wspéfi’akov car les dieux lui ont mis-autour
(Sépia; irrepoço'pov un corps ailé
&yaw TE et lui ant donné de passer
atû'woz yluuùv une vie douce
- AFAMEMNQN.
252 I
Ymmgv 1’ äysw «leva Mouette-ru); ôzat .
r \ ‘ ' van topo; âwpvjxav. op .
59.0" 68 PM}, 6x XOPOX.

néesv ämom’nouç Osocpôpovç ëxsnç


amtouç ’ 56014, _
mit 8’ è'lttcpoôa ôuogoä'rcp xkawap I
auront; ôpoü 1’ ôpôtorç êv louotç;
IIäOsv ô'pooç ëxstç Osmsataç oooü
. x0 PPIW.
Y“ ~’ ovaç'7 KAZANAPA.

’Id) ydptot ya’qtor Hotptôoç o’Âs’ôptoz [StrOphe 7.]


cptbwv ‘ id) Exauo'wôpou m'rrpwv nowdv.
Té're pèv o’qup‘t aàç d’tôvaç TdÀaw’
‘ijw‘réuav 'rpotpocîg '
vüv ô’ duel Kœm'rôv TE xo’cxapouotouç
ô'xeouç é'mxa Gaomqiôv'joaw Taxa.
XOPOX.
Tt 1652 'copbv äyav ënoç ècpnptow;
ml veoyvô; div B9016» udeot‘.
Utah/Hum 5’, 81mg ô’fj'flLOtTL cpowtcp,
ôoeockyaî Tüxqc
- pwupà Opaouévaç, Barouoc'c’ êuo‘t xh'asw.

pour voler; les dieux lui en ont donné, et des plaintes qui char
ment sa vie. Et moi, ce qui m’attend, moi, c’est la morsure du fer
à double tranchant.
LE CHOEUR. (Il va de droite à gauche de l'hyposcènc.) D'où te
vient ce torrent de prophéties, ces vaines mélancolies ce
sombre chant qui glace de terreur, ces cris aigus et sinistres ? Qui
te conduit, dans ta course prophétique, à. travers les régions (les -
lugubres paroles?
CASSANDRE. Strophe 7. (Elle suit les mouvements du Chœur.) Noces,
noces funestes de Paris, funestes à sa famille! — 0 Scamandre,
fleuve de la patrie! — Alors, hélas! malheureuse que je suis, je
grandissais sur tes rives. -—Désormais c’est sur les bords du Co—
cyte, aux rives du fleuve des douleurs, qu’il me faudra prophétiser!
LE CHŒUR. (Il va toujours vers la gauche de l’hyposeène.) Paroles
trop claires, qu’un enfant comprendrait! —— Mon cœur saigne
à te tendre, ainsi enivrée par la douleur, jeter au vent tes notes
‘ ‘lugu res. J’en suis frappé de stupeur. .

\
\

\
AGAMEMNON. 253

ôta‘t ulauudtwv' - parles plaintes ; >


axto'pôç ôè mais la déchirure [tranchant
ôopi âpzpñxst par une lance (un fer) à—double
tue! plpwal. m’est-réservée.
XOPOE. Ho'eav ëxszç LE CHOEUR. D’-où as-tu
56w; pot-tatou; ces angoisses inutiles
Èmcm'rreuç qui-s’-e’lancent
Oaozpo'pouç, inspirées—par-les-dieux,
uskorunei‘; 6è 'rà ê'nztqaoôet et chantes-tu ces choses effrayantes
JtAaY‘fë. ôumpo’rttp avec un cri sinistre
et enemême—temps
641.06 15
Êv vduou; ôpetotç; dans des chants aigus !
l'Io'Gsv Exam; ô'pou; D’-où as-tu (connais-tu) ces limites
ôôci‘a eernaalaç de la voie prophétique
xaxoppfiuovaç; remplies-de-funestesfparoles !
KAEANAPA. 'Ic‘u yoiuot CASSANDRE. 0h! noces,
YOllLOl Haptôoç noces de Paris
ôltéepiot (phant funestes aux amis (parents) ;
id) notàv nd'rptov oh! breuvage de-la-patrie
Exauo'wôpou. du Scamandre.
T615 “Ev roiltatva Alors d’une part malheureuse
- ñvuso'uow rpotpot‘t‘ç je grandissais par la nourriture
duel aàç dïo'vaç ' autour de tes bords;
Wu ô‘s ëoma maintenant d’autre part je semble
Oeemcpôñeew mixez devoir prophétiser bientôt
ûutpi Kmxu-rdv TE autour et du Oocyte
ô'xeouç Te’Axepouo-t'ouç. et des rives achérusiennes. _
XOPOE. Ti étpnutcw LE CHŒUR.Pourquoi as‘tu pro
ro'ôs Ê'ïroç äyow topdv; cette parole trop claire! [nonce
ml. vsoyvôç même un nouveau-né
B9016») d’entre les mortels
pdeot äv. la comprendrait.
Hénlnvaat 6è, Et je suis frappé, [trière,
gnwç ôñypom (povlqi comme par uite morsure meut“?
T‘Ôxet ôuàbtlqe‘t‘ du sort douloureux de toi
epëouéwxç se lamentant
ulvupo’t, d’une manière-gémissente,
lithium-ra êttol cheses étonnantes pour moi
ukûetv. à entendre
AI‘AMEMNQN.
254
KAZANAPA.
,ld, névot 11:0'Von nôÀeoç ôhou‘évaç [Antistmphe H
1;, new ' id) npômpym Quota; m-rpb;
wolvxowzig Qo‘cdäv nonovôpow ' 6'010; 6’
oüôèv êa'ijpxeaav
Tb pfifflôhw uèv dicrrsp 05v Exaz. naûeîv ‘
àyc’u ô‘a Gepuénooç Tdx’ épuration) Baby,
XOPOZ.
'Eîto'uevoc apore'ponç Tdô’ ëaeçnptaw -
mat rig ce ôuagopovdiv rie-q
m ôatuœv Ûnepôocpfiç Épnttwwv
pshtësw mien ,
yoepo‘n Gavarocpôpa ' Téppa 8’ oip‘qxowû‘). -—
KAEANAPA.
Kai. uîjv ô Xp'qauàç oûxét’ tu xahoppo'rrœv
é'a'rou. ôeôopmbç vsoyo’zuou WWW]; Slurp '
kapapèç ô’ ëotxsv ñhtou npôç o’wrohàç
avéœv êoofiëew, dicte mineure; Six-11v
yÀüÇsw npèç aüvàç n-ïjuoc îï'l’jlLOtTOç 110M)
psîcov ' cppsvéow ô’ oûxér’ èë octvnypo’t'twv.
Kai pep-reparte cuvôpôuœç i'xvo; xomfi'w

CASSANDRE. Antistrophe. (Elle va de gauche à droite.) Efl'orts, su


prèmes efforts d’une ville détruite de fond en comble.-—Hécatom—
bes de Priam pour le salut de nos murs, bœufs nourris dans nos
rairies, par milliers tombés sous le couteau. — Ah ! . remèdes
impuissants, vous n’avez rien pu pour empêcher [lion d’être traité
comme il l'a été. Et‘moi, moi, d’un pied rapide bientôt je me
précipiterai dans le filet.
LE CHOEUR. (Il suit les mouvements de Cassnndre.)Sombres pronos—
tics, sombres comme les premiers ! Un génie malfaisant t’obs‘cde,
te contraint à chanter l'hymne des douleurs, le chant de mort?
-—.—Où'en veux—tu venir? je ne sais.
CASSANDRE.Non, non,à l’oracle, sur son regard,plus de voiles
comme à 'une jeune mariée. — Tout rayonnant, il va éclater ici
à la face du soleil qui se lève. — Sous son souffle impétueux. ce
sera, pareil à la voix de la tempête, le grondement d’une saisis
sante catastrophe, de plus en plus terrible. —- Non, non, plus
d’énigmes à ma pensée! Mais du moins rendez justice a mon
flair, dites si je suis bien sur la piste des antiques malheurs de
AGAMEMNON. 255‘
KAEANAPA. 'Io‘u uo'vor. CASSANDRE. 0h! travaux,
nävm nokéwç travaux d’une ville
ôlopévaç 10 näv ' ayant péri complètement;
id; euaiou narpôç oh! sacrifices de mon père
npo'rropvot accomplis-pour-le-salut-des-tours
noliuxowsïç où-l'on-tue-beaucoup ’ [champs;
[3016)» nomvo'pwv ' de bestiaux paissant-dans-les
oûôèv 5è änoç émfipxeoev et aucun remède n’a suffi
1-6 11:67.“: p‘sv pour ceci la ville d’une part
p1) mam ne 'pas être traitée'
dianap 05v Ë'XEL ‘ comme en—efl‘et elle l’est;
éyd) 5è esppo'uouç moi d'autre part d'un pied-ardent
Èprrar'ow To'rxa je me—précipiterai bientôt‘
Bélair. dans le filet.
XOPOX. ’Eueqmplaœ LE CHŒUH. Tu as prononcé
tdôe ces paroles
êno'psva nporépotç' faisant-suite aux précédentes ;
ami 11; ôalpmv ôuaçpovôv et un génie malveillant
épntwœv fmepäapù; se-jetant-sur toi très-pesant
fiend! as palt’çew dispose (fait) toi chanter
noie-r) yoepà Bavaroçopa' des maux lamentables, meurtriers;
àpnxowû‘) ôè réppa. — mais je ne—devine-pas la fin.—
KAEANAPA. Kai pñv CASSANDRE. Et certes
ô xpnopôç oôxén è'a'rou l’oracle ne sera plus
ôsôopxd); ëx uahuppdrœv regardant à travers des voiles
ôlxnv vupçnç à la manière d’une jeune-fille
veoyoipou ' nouvelle-mariée; _
Ëorxe ôè Mann-06; mais il semble étant clair
éaqliew méwv devoir s’élancer en-soufflant
npôç o’wtohàç filtou, vers le lever du soleil,
dia-ra nñpa de—sorte—qu'un mal [précédent
‘nolcb psïÇov minute; beaucoup plus grand que le mal
uMÇew ôlxnv xx'apa‘roç déferler à la manière d'un flot
'npà; aùvo'tç‘ à la clarté du jour;
çpsvebaw ôè oûxén et je n’avertirai plus
èa aivwpd‘rœv. par énigmes.
Kai papmpei‘re Et rendez—témoignage ai moi
puma-rodez) suivant-à-lapiste
cuvôpäpw; en—couraul—sur-la voie
256
AI‘AMEMNQN.
ë‘“Û)\“TOÛGn TGw milan nsnpuyptévwv.
T91“ Yap c'cémv rfivô’ oünor’ êxÀstwet xopôç
WV‘PGOYYOÇ 06x Eücpowoç ° 06 76(5) 55 Myst.
Kai M” “ETËwXÜJÇ f, d); Opam'weoeat nÀÉOV,
BPÔTELOV alpe xŒpoç ëv ôôpotç pévat 1,
ôûansparroç Ëëw, coyyévwv ’Epwüwv.
,Tpvoüot ô’ Üpvov ôoäpaow npocfipsvau
apo’rtotpxov ä‘mv ' èv pépin 8’ àaânwcav
swag &ôshcpoü 2, TC?) nonoüv'cv. ôuopaveïç“.
"Hnap‘rov, ’l) X0963 n roëômç TL; 63;;
‘7| $2056§Lowflg star ôopoxônoç tphéôwv; ‘
’Expap'rûp'qoov npoupécaç 16 pi) 4 stôévatt
Âôvcp 1mm; 16v8’ àyctp‘ctotç ôépœv.
XOPOX.
Kart m1"); 62v ôpxotç amie yswatmç nayàv
natto'mov yévorro; Gauguin) 13€ 000,
1to'v'rou népow 'rpatps'toow 5, àhhéepouv, 16 näv

cette famille. —— Ah! cette maison, la maison des Atrides, il ne


la quitte plus, le chœur dont les voix s‘unissent en un affreux
concert de malédictions.— Elle s’est gorgée, pour exalter sa
fureur, elle s'est gorgée de sang humain, l‘orgie assise à ce
foyer, l‘orgie qu’on n‘en peut plus chasser, l’orgie des Érinys,
attachées à cette race. Elles redisent dans leurs chants, hôtes ob
stinées de ces demeures, elles redisent le premier forfait dont tous
les autres sont sortis. —- Puis elles conspuent le lit d’un frère,
Vengeresses terribles à qui y est entré. —— Eh bien l la main m’a
t—elle failli? habile archer, ai-je touché juste au but? ou ne suisv
je qu’une prophètesse de mensonge, une mendiante, une aven-à
turi‘erc qui va de porte en porte? Allons, réfute-mol en attestant
par serment que tu n’as pas entendu parler des antiques farfaits
de cette maison.
LE CHOEUR. Un Serment, à quoi bon? mes maux invétérés
en seront—ils moins lourds? Certes je m’étonne qu’élevéeaui
delà des mers, dans une ville étrangère, tu te trouves â
\

ACAMEMNON. 257
ïxvoç xaxô'w la trace de maux
16w Trenpaypévwv no’ùm. ceux aceomplis autrefois.
Xdpo; ya‘zp oüuçeowoç Car un chœur sur-le-même-ton
06x sîlqawvoç, non harmonieux, _
où yàp Myer. car il ne parle pas
si}, bien (joyeusement),
o‘lhrore énlteircst n’abandonne jamais
rfivôe rilv aréy'qv. cette demeure.
Kai pfiv xôuoç Et certes la‘bande—ivre
’Epwüwv ouyyo'vœv des Érinys attachées-"à-la-race
Trairwxdlç 75, ayant bu assurément, _
d); epaoüveceai idée», pour s-’enhardir davantage
aipta Bpo’rsiov du sang humain
uévst év 66pm; reste dans la maison
ôüonsumo; Ego). difficile-à-envoyer dehorsf
IIpoo-fipsvou 6% Marmot Et se—tenant-dans la maison
Ûuvoüaw Upvov elles chantent comme chant
ämv npo'arapxov ' le crime originel;
d-rrémucow 6% èv uépsi et elles ont conspué tour à tour
sùvä; âôehpoi'), la couche—nuptiale du frère
ôuo‘uévsiç Il?) naroûvn. terrible à qui la foule.
"Huaprov, Me—suis-je-trompée, '
ñ nope?) n ou est—ce que j’atteins quelque
G); H; roëämâ; comme un archer? [chose (le but)
ñ sip; ¢eu6dpowng ou suis-je une fausse-prophétesse,
cpléômv eupoxänoç; bavarde, frappant-aux-portes?
'Exuup-rôpno'ov Atteste
npovpo'aa; 1:6 ayant-juré-d’abord ceci
pi] etôe'vw. 16m) toi ne pas savoir par ouï—dire
àuaprta; n'allaitàç' les crimes anciens
rù‘wôe 6o'pwv. de cette maison.
X01302}v Kai m3; - LE CHOEUR. Et comment
11?] pct Kayèv yavvatco; un mal enraciné fortement
yévotro &v Trotw'ovtov deviendrait—il guérissable
ô'pxmç; par des serments?
Gaupa’lm 65' cou, Mais je suis étonné de toi,
'rpoupeïoow népav minou, toi nourrie au-delà-de la mer,
à'Alo'Gpow, de-langue—difl'érente,
xupsïv 16 näv rencontrer juste en tout
MORCEAUX CH. D'ESCHYLE. 17
25 I
8 Al‘AMEMNQN.
K"95W Àéyoucow, 6501129 et repsoro’ttsrç.
, KAEANAPA.
MWTLÇ p.’ ’A‘rrôltltcov rtpô’ èréarqcav râler.
XOPOE‘.

s ‘ > IËA EANAPA.


Ilporoü par MM); 1p épo! Àéyaw Totôa.
M ‘ XOPOE.
Mow mat 6&6; map tuépcp narrkrjyuévoç,
v KAÈANAPA’.
e n . . ,._

Q I XOPOE.
Aôpwsrat yàp râtç mg 26 rpo’ceawv rhéov.
, M KAEANAPA.
AM’ 'qv wakatarijg xo’zpr’ épo‘t avec») Xépw.
XOPOE.
'H Mal. rémœv at; ëpyov ñkeérov vo'pup',
__ KAEANAPA.
covawéoaoot Ao‘étow étpEUGdlfljV.
XOPOZ.
'Hô‘q Téxvaww êvôéorç fipnuéw] ;
KAZANAPA.
"HS-q 110M1oug ndw'r' èeéomëov mien.
N XOPOE.
HG); ôfi-r’ ävowoç fiction Aoëtou 1611p ;
> KAEANAPA.
'Eïtateov oüôév’ oüô‘sv, d); rdô’ ñuultaxov.
XOPOE.
‘Huîv ya u‘sv 8-)] 111.0102 esertisw ôoxs’tç.
l

parler de nos malheurs comme si tu en avais été témoin.


CASSANDRE. C’est un don d’Apollon, un don du dieu prophète.
LECHOEUR................
CASSANDRE. Jusqu’ici j’avais eu pudeur de l’avouer.
LE CHOEUR. Le dieu peut-être alors d‘amour était blessé?
CASSANDRE................
LE CHOEUR. Qui peut tout, aisément en vient atout oser.
CASSANDRE. Rude a été la lutte, et pressant son amour.
LE CHOEUR. Enfin as—tu cédé ‘2 c’est la loi des amants.
CASSAN DRE. Je promis, Loxias trompé s’y laissa prendre.
LE CHOEUR. Dans l’avenir alors savais—tu déjà lire?
CASSANDRE. Déjà je prédisais leurs malheurs aux Troyens.
LE CHOEUR. Et le dépit du dieu n’a pas eu de vengeance?
CASSANDRE. Nul ne croit plus en moi depuis que j’ai menti.
LE CHOEUR. Tes oracles pourtant méritent qu’on les croie.
AGAMEMNON.‘ 259
hévouaav, en parlant,
dianep et napeoroiraç comme si tu étais—présente.
KAEANAPA. CASSANDRE.
Moivtt; ’Andnœv Le devin Apollon
pa ênéomae 14365 réhet. m’a-mise-à—la—tôte de ce don. .
XOPOE . . . . . . . . . LE CHOEUR . . . . . . . . . . .
KAXANAPA. Hporoi‘) pèv CASSANDRE. Auparavant certes
ottôdoç 'Îjv èuoi honte était à moi
léyew 10'185. de dire cela.
XOPOE. MG» LE CHOEUR. Est-ce-que
nenltnvuévo; lpépug frappé de désir
xuirtep 656g; quoique dieu?
KAZANAPA . . . . . . . . CASSANDRE . . . . . . . . .
XOPOE. Häç yelp 'rtç LE CHOEUR. Car tout être
npo’tcuwv 55 Rhéov faisant bien (étant puissant) plus
àäpûvswi. t‘ait—le-renchéri. [que les autres
KAEANAPA. ’Ahhà CASSANDRE. Mais
771v nakatorhç ’ il éla un lutteur
ëuui méwv xoip-rot xoiptv. me soufflant fortement l’amour.
XOPOE. "H xa‘t LE CHOEUR. Est-ce-que même
ñlfiärov vous en êtes venus [ration
Ês ëpvov rtxvwv à l’œuvre des enfants (de la géné
vénus; sclon la coutume ?
KAEANAPA. Ewawéo'aaa CASSANDRE. L’ayant promis
Ènllauooiunv Aogtav. j’ai trompé Loxias.
XOPOE. "Hou ñpnpéw] LE CHOEUR. Déjà possédée
Ttxvouo'w éveéotç; de l’art inspiré—par-les—dieux?
KAEANAPA. 'Eeéamëov i557] CASSANDRE. Je prophétisais déjà
Rohircuç ’ à mes citoyens
ndvra mien. tous les malheurs.
XOPOZ. nu; ou ñaea LE CHŒUR.Comment donc fus-tu
divorce; non-endommagée '
11519) Aogtou; par le ressentiment de Loxias?
KAEANAPA. "En-slew oôôèv CASSANDRE.Je ne persuadais rien
oùôe’va, à personne
6); ‘iiimkaxov 1025:. dès—que j’eus failli en cela
XOP02.'Aoxeïç LE CHOEUR. Tu parais
iluïv 72 n‘a; oh à nous du-moins certes
eaonttew mont. prophétiser des choses croyables
260 ÀI‘AMEMNQN
KAEANAPA.
’Ioù ioü.
'Ï'Tr’ a5 us ôswoïç ôpôonavrstaç nôvoç
orpoôsî mpo’wowv gopoqttorç. "Q (Î) Kami.
’Opä‘ts TOÛO‘ôE 'roùç déporç èçnpévouç
véouç, ôvstpow npoazpspaïç popcpoâptaaw;
[Ua’iôeç ÛŒVÔVTEÇ (bowsps‘t npôç 163v cpikwvJ
Xeïpa; xpaû'w nbvjûovreç, otxataç popäç,
ot‘w êvrépozç 1e anho'vyxv’, énotx‘tto'rov vénoç,
npénouo’ é’xov-raç, (Iw Trot-r)“; éyaüoaro.
’Ex 16>v8s aowo’zç (PYHM. floukaüaw 't'wà,
Àéovr’ &vaMtv èv ÀÉXEL orpwcpoôpsvov,
otxoup‘ov èy. 51.6601) polév‘n ôsaitô-rn
ëpcp- (pépsw yàp X991 18 806Mov Çuyôv.
NsGw 1' ërapxoç ’IMou 1’ dvao‘td'rqç
oüx oiôsv oïat yÀŒaoa [Lianfljç uwèç
Miaou xdmstvocoa cpatôpwnôç, ôtant)
ämç Àaepatou, Téäamt n'ai/.2} 16X73.
Tozo’côs Tokyo ' (MM; éa1w äpoavoç

CASSANDRE. Ah! ah! oh! malheur! malheur! en moivoici en


core la fiévreuse convulsion prophétique. — (le trouble dans mon
être, c’est le prélude du chant de douleur. —- Dans cette maison,
—- ces jeunes créatures, —- des ombres comme celles de nos
songes, —— les voyez-vous? Ce sont des enfants morts, — morts
sous les coups de leurs parents. Leurs propres chairs, « pâture
de leur famille, — ils les tiennent à pleines mains, — voici leurs
intestins, — leurs entrailles, — horrible fardeau. - Le père en
prend sa part! — De ce forfait, je vous le dis, il médite les re- A
présailles, le lion sans cœur, en se roulant sur le lit de la mai
son, des représailles contre le maître qui revient de la guerre,
le mien, puisque aussi bien ce‘joug, esclave il me faut le subir.
— Le chef de la flotte, le dévastateur d’ilion ne soupçonne pas
ce qu’il y a sous ce flux de paroles, sous ces sourires de l’odieusc
chienne, fatalité blottie dans l’ombre, ce qu’il y a de perfidie
pour son malheur. -— Elle l’ose, la femelle. Elle ose égorger le
AGAMEMNON. 261
KAZANAPA. 'Ioù tox'). CASSANDRE. Oh! oh!
Hdvoç ôpeopavreiorç Un travail de prédiction—véridique
pa 1apziuawv tppoiptorç ôewoïç me troublant par des préludes ter
ù-rroc'rpaôeï ont}. me torture de—nouveau. [ribles
"0 d" kami. Oh, oh! malheurs!
‘Opära 106055 106; véovç Voyez—vous ces jeunes enfants
âqzmts'vaug ôdpotç, assis—dans le palais,
npoazpspa’r‘g semblables
ucpipibpamv ôvstpwv; à des formes de songes ?
[Hal'ôeç Oavôwsç [Enfants morts [(parents),]
ùo‘rtsps‘r impôt 161w (pl'hwvJ comme de-la-main-de leurs amis
nhñeovrsç xsi‘paç xpec'ôv, pleins quant aux mains de chairs,
[3095m nourriture [leur famille),
oîxsr'ag, domestique (qu’ils fournissent 51
npénoum Ê'xcv'raç ils apparaissent ayant
anhdyxvoc 1a cùv ëwéporç et les entrailles avec les intestins,
yéuoç ênor'xrta-rov, fardeau lamentable,
{w wimp èyex’ic'aro. mets auxquels leur père a goûté.
(bruit TWO! Bouhsüsw Je dis quelqu’un méditer
mama; ér. 'rù‘wôe, représailles de cela,
Xéovm ävahxw quelqu‘un lion lâche
cîpwtpwpévov èv héxst, vse-roul'antdans la couchenuptîule,
otzoupàv ' se-tenant—à—la—maison,
ôemrérn polôvn ëx po'eou contre le maître revenu du combat
au?" maître mien ;
m de «mm car il fautsupporter ~
TÔ Çuyôv ôoülov. le joug servile.
"Empxo'ç TE vsû‘iv Et lui chef des vaisseaux
dime-vim; ra ’Dit'ov et destructeur d’llion
067. oiôev oÎa ne sait pas quels maux
flûteau xuvàç pro-11171; la langue d’une chienne odieuse
Miaou ayant parlé
ml ëuretvcwa et ayant allongé ses discours
autôpwaôç, d’un—air-radieux,
Mam, &‘r‘qç ' àla manière d'une fatalité
Xaepraiou, _ clandestine,
TËîEmL xazfi 16m. enfantera par un malheureux sort.
Toldôe Täkpa ' Telle est son audace; ‘
(iîjlüçtan (pave); la femelle est meurtrière
(POVEÛÇ. - AI‘AMEMNnN.
Tuxol , v 'vw X0OWDO'OL 5uc¢pnkég ôdxoç
0hioimow ’ d‘f‘pmmmv‘fi Emma" mà
e, V “Transat, vacu'rtltwv Bkdônv;
' _ L ou ÀÎTOP’ ämrovôov gothonç

| WŒVTÔTOÂHOÇ 5 '9; ô’ ënwkoküäaro


630m9 èv poix/1g 'rpowî} '
one? 88 Xaipsw2
vocriwp cuir/1960;.
'rèalhékkov
rœvô’
yam” si R M mww 1i 7&9;
qisl. Kai
<5I‘Y‘m' äÂneôoav-rw 06 p.’ êvépaïç.
olwrstpaç roixst mpc‘ov

XOPOX.
T‘Îw {Lèv @uéc'rou ôaïm natôetwv xpeû’w
Euvñxa mi népptxoc ml eo’tpôoç p.’ {Kan
MMov'r’ mew; oùôèv éënxaaptéva '
Tôt 8' 6'003 dxoüaotç èx ôpéptou nearby 'rpéxw 3.
KAZANAPA.
’Ayaoépwovéç aé (91,513 ènôÿsaezxt pépov.

mâle. — Oui, cela est. Comment l‘appeler, l’horrible monstre? -—


hydre àdeux têtes?‘—Scylla, embusquée aux récits pour la perte
des navigateurs ? — Prêtresse, pourvoycuse d’Hadès, qui souffle
sur sa famille l’implacable haine? -— Quel cri elle a poussé,
l'audacieuse! -—— comme un cri de victoire dans les batailles! ——
Elle a air de se réjouir de cet heureux retour. — Maintenant si
tu n'es pas convaincu, que m‘importe? D'ailleurs ce qui doit être
arrivera. — Bientôt, témoin toi—même de tant d’atrocités, tu
avoueras, en gémissent, que je ne prophétisais que trop vrai!
LE CHOEUR. Thyeste, son repas, ces chairs palpitantes d’enfant,
cela, je l'ai compris, et j’en ai frissonne, tout tremblant d'entendre
ce récit où tout est si vrai, où rien n’est inventé. Mais pour le
'reste, me voilà tout dérouté, comme un chien mis en défaut.‘
CASSANDRE. C'est Agamemnon, oui; c'est lui qui va mourir.
AGAMEMNON. 263

äpaevoç. du mâle.
Tl m'Aoüao’t vw Quoi (comment) appelant elle
ôobwç Muzzle; ce monstre odieux
réxomz div; rencontrerais—jo juste ?
dcpzpiofiawow ; en l’appelant serpent-à-deux têtes?
ñ TLVU. Zxûmav ou quelque Scylla
olxoüaav iv nérpmm, habitant dans des rochers,
pldänv vaurilmv; perte des nochevs?
lfiropa "Atôou ôüouccw ou prêtresse d‘Hadès sacrifiant
méououv äanovôov "Apn soufflant l’implacable Arcs
trams; sur ses amis (sur les siens)?
“(2; ôè 1‘) Et comme cette femme
nmwo'rokuoç capable-dc-tout
Ènwkolüioflo, a-poussé—un—cri,
diansp âv Tpoqrfi comme dans une déroute
Mm; ' de combat!
ôoxsï 5è Xaipew d’autre part elle paraît sc-réjouir
Uwrnpiq vomiutp. du salut (lu-retour.
Kai ô'uomv Et cela m’est égal
Si M wsiew 1v. tc'ôvôe ' si je ne persuade rien de cela;
Ti väp; car quoi ?
TÔ {Lénov flan. ce oui doit-être arrivera.
Kod où âv vixen Et toi bientôt [ment)
napôw - étant-présent (témoin de l‘événe
oîmslpa; êpaïg ayant-eu—pitié tu diras
{1-5 «ha» &Xnûéuaurw. moi trop véritable-prophète.
XOPOE. Euvfixa p'sv LE CHOEUR. D’une part j’ai com
T'hv ôa'ÿ'ra Guécrtou le repas de Thyeste [pris
xpeû‘w nazôeiwv composé de chairs d’—enl‘ants
mi nécppmot et j’ai frissonné
ml ôduôoçëxet us et la stupeur tient moi
xkéov'ra «meœç entendant-raconter véritablement
Èa‘flmcuéva oÛôÉV' des choses n’étantfigurées enrien ;
duoûaoiç ôè rà'flna mais entendant le reste
Tpéxw j c cours
wacc‘ov fix 5po'p.ou. étant tombé-hors de la voie.
KAEANAPA. (D‘qpi as CASSANDRE. Je dis toi
énälbsceat po'pov devoir voir le trépas
'Aymuéuvovog. d’Agamemnon.
A1"A’UVIE‘IVINQN.
E.U
WWW, 5, Tea A XOPOE.
“W“, xoiuocaov crépon.
v IÊZÊ’EANAPA.
Qû TP ämomrsî Àôytp.
x7 Ëihtgp gar 7 2(01’02.

\ ‘ (“Y ‘ «Mât p91 yévowô maç


U Hsv “Tm KAEANAPA.
lie" TOR ô’ ànomsivsw pilet.
VOç 7t à \ XOPOE.
N 9 g Ô,WôPOÇ TOUT’ äyoç Tropauvs'rw. ;
'H mm“ “’62 KAIEANAPA.
' P9! Rapsxorr-qç 1 XQ‘IIUIMDV épav.
T052 WP
. welotiv'cog; XOPOE.
oL’) ëuvÿîu’ &pnxowœv.
K ai iMlV
‘ “Y“?
_, Y , "KAEANAPA.
EM'qv’ énioraum goo'mv.
K . ‘ ‘ ’ xopoz.
0“ Yap Toc Tweoxpav‘ca ' ôuopuzeî} 5’ 5pm.
KAEANAPA.
ÏÆŒTWË < ’EŒTCOLÎ > '
prov T0 < 5’ é'prrgu > 110p ' èîrépxa'rou. 5’ èuoi.
OTOTOÎ, Aüxsn’ 'A’nokÿxov, oi éytb èyd).
Afin; 'ôirrouç Âs’ocwoc cuyxonuœpéwj
Mug, )\é0\)TO§ eüysvoüç o’ucouaiqz,
XÎŒVEÏ pa 191v To'ckocwow ‘ (bç 5è (poipyocxov
TEÛXOUGŒ xâcpoü was» éve-r’josn map,

LE CHOEUR. Malheureuse, tais—toi; ta langue a blasphème.


CASSANDRE. Au mal que j’ai prédit il n’est point de remède;
LE CHOEUR. Sans doute, s’il doit être. Oh! ciel!~qu’il ne soit
p as!
CASSANDRE. Oui, fais des vœux au ciel, eux songent à tuer.
LE CHOEUR. Qui donc se chargcrait d’exécuter ce meurtre?
CASSANDRE. Mes oracles, alors, ont été peu compris.
LE CHOEUR. Je suis mal en effet la trame du complot.
CASSANDRE. L’Hellène, je le sais pourtant; je le sais trop. '
LE CHOEUR. Ceux de Delphes aussi, les en comprend-on mieux?
CASSANDRE. Ciel! quelle chaleur je sens monter en moi! ——Ah!
dieu du Lycée, -— Apollon ! — que je souffre! -— queje souffre!
—— La lionne à deux pieds, celle qui s’est accouplée au loup, en
l’absence du noble lion,‘ elle—même m’égorgera, malheureuse que
je suis ! —— Dans le poison qu'elle prépare, elle ajoutera sa ven
ÀGAMEMNON. ‘265
XOPOE. ’0 rollawa, LE CHOEUR. O malheureuse,
xalp'qeav ardue ‘assoupis (calme) ta bouche
aller; gov. prononçant-de—bonnes-paroles.
KAEANAPA. 'Anà iraubv‘ GA‘SSANDRE. Mais un médecin
ëmamreï OÜTL n’est en aucune façon,
16,3% mm. à cette parole (à ce que je dis).
XOPOE. Oûx, LE CHOEUR. Non,
Elnsp Écran ye si-toutefois du-moins cela arrive;
me [4)] yévorro' . mais que Cela n’arrive pas
mug. en-quelque-manière!
KAEANAPA. EÙ u‘av CASSANDRE. Toi d’une part
xareéxa,
tu fais-des—vœux , [tuer
TOÎ; ôè pilet ânoxrslvew.
à eux d’autre part est-souci de
XOPOE. Hpô; rive; dvôpô;
LE CHOEUR. Par quel homme
roi‘no aye; nopoévswr;
ce crime est—il accompli ?
KAEANAPA. "H TOL äpoc CASSANDRE. Oui, certes
mpexém; xoîpra
tu t’es égaré bien-loin
épiûv Xpnopibv.
de mes oracles.
XOPOE. Toü yàp rekoüvroç; LE CHOEUR. Car qui l‘exécutant?
of: Euvñxa je n'ai pas compris
dunxavû'w. V étant-embarrassé.
KAEANAPA. Kal pipa GASSANDRE. Et pourtant
énlmauai (po'mv “Emma je sais la langue grecque
&yav vs. trop certes.
XOPOE. Kai vo'tp LE CHOEUR. Et en—efl'et [grec ,
rd: wuôéxpavm ' les oracles—du—Pythien parlent
ô'umç ôè
et pourtant ils sont
ôuouueñ. .difficiles—à—eomprendre.
KAEANAPA. Homal' nana? ' CASSANDRE. Hélas ! hélas!
olov 8è 'cô TCÙp 'e'prrsz' et quel est ce feu qui se-glisse?
éns'pxe-rrxt ôè êuol. et il pénètre-en moi.
'Oro-roï, "AvroMov Aériens, 0h! Apollon Lycéen,
o'L' éyd; éydæ. ' hélas! moi, moi!
A5171 Mama ôlrtouç ' Cette lionne à—deux-pieds
cuyxoiumus'vn Mue), _ qui dort—aVec un loup,
timbale; sûysvoü; kéovroç,
en l’absence du noble lion,
xrsvsï {le 191v rcikmvow "
tuera moi la malheureuse :
d); 6% Teéxouaa cpolppaxov ‘
et comme préparant un poison,
éveñaet nord) I
elle mettra—dans le breuvage
266 AI‘AMENINt'l_N.
xo’crauxemt, Gfiyouoot pont (pdaycwov,
ËWÏC äywyñç o’wnticeaôut (po’vov.
Ti 5?}17’ Épow-rîjç xa-rayéhw-r’ â'xw rdôe,
Mi axñmpa ml pour-rata rapt ôépn créer);
Gtp‘e uèv api; potpaç w]; èpÿjç ôtatpôâpü.
'IT, Êç peépov neoôvr’ ' éyib ‘6’ ô'ty.’ ëqbopau '
(ilk/1v 1w’ ôi'rnç (ii/1’ époü nÀou’ttÇt-ZTE.
’1606 6’, ’AnéMwv ou’rrèç éxôüwv ‘ épè
Xpnorqptow fire-711’, énomaéaag êpè
xo’tv Totcôa adapter; mmyahwpévnv péya
(pilon; t'nr’ èxôpœv, 06 ôtxoppônwç parmi; '
xahouue’vn ôè (pOtTÔtç, (hg àyôp'rpta
mœxéç TE potwàç Âtpoev’qç, 'ljvsaxép'qv.
Kart vüv 6 po’rmç pc'tww Êmrpo'tëaç äp‘s
dwiflay’ éç Tordaôe Gavaoipouç TÜXŒÇ'
Bwpoü narpqôou ô’lo'tv-r’ éntë'qvov aérer,

esppÇ-â xonetonç (poivrer npootpo’cypom.

geance contre moi. Elle se vante, en aiguisent le fer contre son


époux de lui faire expier par la mort maprésence en ces lieux. Ces
insignes qui tournent à ma confusion, ce sceptre, ces bandelettes
prophétiques qui entourent mon cou, pourquoi doncles garder? Je
les détruirai avant que mon destin s’accomplisse. Disparaisscz, pé—
rissez, je ne tarderai pas à vous suivre. Allez combler quelque autre
de vos dons fatals. — Voici qu’il me reprend lui—même la robe
prophétique, cet Apollon, qui m’a vue, malgré ces insignes, par
les Troyens aveugles raillée comme par des ennemis. -— Traitée
de vagabonde, de diseuse de bonne aventure, de mendiante folle,
de meurt—de-faim, je l’endurai! — Pour m’avoir faite prophé
tessc, voilà à quelle déplorable fin il m’a conduite, le dieu pro
phète. Au lieu de l’autel de Priam, c’est une table de cuisine qui
m'attend. C’est la que je tomberai, toute palpitante sous le couteau
AGAMEMNON. 267
xul pzaôôv aussi le prix (la vengeance)
ëpoü, de moi (dont elle veut me payer),
xal énex’axerat et elle se—vante, [tel,
Oñyouaa tpdayowov (purl, en aiguisent un fer contre ce mor
dvrrtiosaem devoir prendre—pour—expialion
éuñç dYwY’ñç de ma conduite (de m'avoir ame
çävov. la mort. [née)
Ti ôñra Exw 1&55 Pourquoi donc ai-je ces objets
xa'rayskfirra spam-71;, dérision de moi-même,
xal oxfimpoc et ce sceptre
101‘: 6191201] pavra'ia et ces bandelettes prophétiques
mpl ôépn ; autour du cou?
Xcpè ôiacpôspô uèv Je vous détruirai certes
npà Tñ; ëpñç palpaç. avant ma destinée.
"Ire Tréo'ovm ë; çOo’pov ' Allez tombant dans votre perte; _
ëyt‘n 5è 54100.00 äpa ' et moi je suivrai en—même-temps;
Kiwi-[Cars &rnç enrichissez de malheur
Twà 600cm! àvr‘t Èuoü. quelque autre au-lieu-de moi.
'lôoù ôè, Et voici,
’Anäüœv otû'rôç éxôüwv êpè Apollon lui-même dépouillant moi
éae’ñra Xpnamptav, du vêtement prophétique,
ênomeüaaç éuè lui ayant contemplé moi
mi év Toi; xäapotç même dans ces ornements
péya xarayelwu'évnv grandement raillée
61:6 (pilon) êxôpäw, parmes amis devenusmes ennemis,
poimv oû ôtxoppänwç. sans-fondementnondouteusement
'Hvea'xo'puqv ôè Et j'endurai
xa'Àoupévn '(pomiç, étant (d’être) appelée vagabonde,
d); âyüprpiot comme une quêteuse
mwxäç re pawdg et une mendiante folle
liuoevifiç. mourant-de—faim.
Kai vüv ô poivnç Et maintenant le prophète
êxnpo’tiaç ëpè utivrw ayant rendu moi prophétesse
dmfiyaysv ê; micro-58 n'axaç m'a amenée à de telles destinées
Gavaotpouç' mortellesz;
dvr‘t Bwuoñ Tra'rpqbou au-lieu—de l’autel paternel
ë'rrlinvov pa'vst, un billot-de-euisine m'attend,
xorreirm; cpo'vlov moi ayant été frappéemortellement
npompo’qyan ôeppÇ). par un égorgement chaud. '
o
'68 AI‘AMEMNQN.

OÙ trip; (input y’ èx eaüv rsevfiëopsv.


"HEEL “(Ôtp 1111.6»; &Moç a5 'rLpo'copoç,
ptmpomôvov chow, nowo’wwp 10:15:64
(FUYàÇ 5’ &Â'ât'qç Tÿjaôe Mg àîréäavoç
xo’c‘rencw ô'c'tocç Toto-85 Optyxoôawv çtkonç ‘
äpapa Yo’cp TL; ô'pxoç fix 026w uéyaç
npo'tëewï vw ùmtaapa xstpévou aa'rpo'ç.
Ti 6711’ éyd) xdtotxtoç (55’ o’wacrévw;
’ ':'
vE‘rrsi. 11‘) 119mm atôov ’IMou wôÀw
npo’cëowow (b; ërrpocësv, oi ô’ sÏÀov 116M;
V Y I I n I
otmnç anaMowo-oucw av ÔEUJV xptost,
ioüoa xo’cyd) TÂfiaopan 1b xareavaîv.
"Atôou 1115M; ô?) To'wô’ èyû) npooswértœ '
êwaüxopm 6è xatpiotç flaw-71g 1uxsiv,
d); o’cotpdôaatoç, atpdrwv ultimatum
ànoppuévrœv, ô'puoc ovuôo'zkw 165a.
XOPOZ.
’Q W0)\)\5l pfsv Toikawœ, uoMdc ô’ a5 00%
yôvoct, uaxpàv ë'rswaç. Et 6’ ém'cüuwç

sanglant de la mort. — Du moins ne mourrai—je pas sans_ven


geance; les dieux y pourvoiront. Un autre viendra quelque jour
pour châtier le crime, un fils meurtrier de sa mère, vengeur de
son père. —— Il est au loin maintenant, hors de sa patrie, c’estun
fugitif. Plus tard, parun dernier forfait, il couronnera tant d’hor—
reurs_domestiques. — Oui, oui, les dieux l’ont solennellement
juré, il fera payer la chute de son père. -- Mais pourquoi m’a
pitoyer, moi qui ai vu llion, traité comme il l’a été ."— Ceux—
ci, c’étaient là naguère les maîtres de ma patrie. — Voilà aujour—
d'hui ce que lajustice des dieuxleur a réservé. — Allons jusqu'au
bout, et sachons mourir. — Salut, porte d’Hadès! Que le coup
soit mortel, c’est tout ce que je souhaite. — Point de convulsion,
que mon sang coule à flots, et que mes yeux se ferment-douce—
ment duns la mort!
LE CHOEUR. O trop infortunée, trop clairvoyante jeune femme,
tu ne peux plus t’arrêter. Mais puisque tu vois si clair dans ta
AGAMEMNON. 269
00 phv reOvfiEouev Toutefois nous ne imourrons pas
dripoi ye sans-vengeance dufmoins
éx eeäiv. de-la part-des dieux.
"Allie; yàp tiuäopoç mu?» Car un autre vengeur de nous
"dieu. 01:5, viendra à-son-tour,
(PiTUl-LM pn'rpoxro'vov, rejeton matricide,
n'owo'u'wp m1196; ' vengeur de son père ;
WW; ail-666111; et exilé errant
à‘rro'ëevoç fi'joôs yir'j; éloigné de cette terre,
xoi'rsww eptyxobawv il reviendra devant couronner
roioôs dim; ces malheurs
(pikmg' pour ses amis (des siens);
ri; yàp uéyaç ô'puoç ëx esôv car un grand serment des dieux
äpapé a été solidement—établi
vw flpdEElV lui devoir faire-payer
ùmtaoptx notrpà; neigé-mu. la chute de son père gisant.‘
Tt ôñta ëyt‘o xii-mime; Pourquoi donc moi m’apitoyant
divan-rêve) 6'365; me lamente—je ainsi? _
êm‘i 1:6 1rp66'rov après—que d’abord
ai6ov no'hv ’IMou j’ai vu la ville d’Ilion
npdâaaav faisant ses a/faires (traitée) I
(b; Enpaâsv, comme elle a fait ses affaires,
0i 6% silov iro'ltv et que ceux qui ont pris la ville
d‘itano'tocouow 6363 finissent ainsi
iv xpioez Oeù'w, par un jugement des dieux,
mi éyo‘o io'üaa moi aussi allant
flifiooum rà xareaveïv. je supporterai le mourir.
‘Eyt‘o 57‘] npooswénœ Moi donc j'adresse—la-parole
rain-6% millet; "A1600 à ces portes d’Hadl-s :
iuaüxouw 6% wxs't'v d‘ailleursje désire obtenir
Mimi); xoupiag, un coup mortel,
L‘uç àaçdôaoroç, afin—que sans—convulsion, ‘
alpa'mov dmoppuév'rwv mon sang ayant coulé [sible),
sôevnoipwv, mourant—bien (par une mort pai—
muôdlm ro'ôs Zipper. je ferme cet œil-'ci (mon œil).
XOPOE. TQ yz'avou, LE GHŒUR. O femme,
rroîlhà p.%v roilaiva, d’une part bien malheureuse,
no'A'Aà 6% a5 (mph, d’autre part aussi bien savante,
Erma; pqxpdv. tu t‘es étendue longuement.
270 AI‘AMEMNON.

yäpov 15v 0151?]; 010001, 1163; esnkéîou


Bobç ôtxqv 1:95; @wpbv sùrôkuœç TCŒTEÎÇ;
- KAXANAPA.
06x {01’ äkuitç, 05, Eévon ' Xpôvoz nÀétp.
XOPOE.
'O 5’ 6010116; ya 10!) Xpôvou npsaôsüemu.
_ KAEANAPA.
'Hxst 165’ 110019 ' 00.01061 xep5av6) (pom.
XOPOZ.
’AM’ (091 TÀfiywv 050’ 0111’ 56101000 (ppsvôç.
‘ KAEANAPA.
Oüôs‘tç 6010621. 101610: 16v eüôatyo'vœv.
XOPOZ.
’AÂÂ’ aùxÂsŒç 101xa160ws'tv xäptç {390143.
KAZANAPA.
’Id) 1161189 001') 06w 1s yawaimv 1éxvwv ‘.
XOPOX.
Ti 5’ 501173191001; 1!; 0’ dnoa‘rpétpat cpôôoç;
KAEANAPA.
(Défi cpsü.
XOPOE.
T‘ 1001’ ëtpeuäaç; et TL (.19, (ppavübv anflyoç.
KAEANAPA.
(Dévov Boum méouaw atuatoa'rayñ.
XOPOX.
Kal 160;; 165’ 6Ce; 600.0110»: étpsc‘rtwv.

propre destinée, pourquoi, ainsi que la génisso qu’appelle le


sacrifice, marcher si résolument à l’autel ?
CASSANDRE. A l’étreinte du temps nul ne peut échapper.
LE CHŒUR. Mais le temps le dernier est toujours le meilleur.
CASSANDRE. Il est venu mon jour. Fuir, j‘y gagnerais peu.
LE CHOEUR. C’est ton malheur à toi, que rien ne t'épouvante.
CASSANDRE. Jamais l’heureux n’entend de semblables discours.
LE CHŒUB. Bien mourir n’est-ce rien, à tes yeux, pour un
homme ! \
CASSANDRE. 0 mon père, 6 nobles fils de Priam!
LE CHŒUR. (A Cassandra, qui s'arrête tout àcoup au moment de fran
chir le seuil du palais.) Qu'est-ce encore ? et pourquoi reculer de
terreur ?
CASSANDRE. Hélas! hélas !
LE CHŒUR. Et pourquoi ces hélas? quelque nouvel effroi... ?
CA’SSANDRE. La maison sent le meurtre. Ah! quelle odeur de
san .
LE CllŒUR. Eh! ce sont les brebis qu‘on immole au foyer.
A‘GAMEMNON. 271

Et ôè oisea émtûpœç Mais si tu connais réellement


16v p.6p0v aùtñç, le sort de toi-même,
m3; musk sûro'hpwç ' comment marches-tu résolument
npàç fiwpôv, vers l’autel,
ôixnv [306; à la manière d’une génisse
Oevflœirou. poussée-par—un—dieu. [d’éviter,
KAEANAPA. O'bx Ê'orw (mag, CASSANDRE. Pas—n’est moyen—
0'3, Eévor ' il n'en est pas, étrangers;
Xpävot nlécp. les temps sont pleins (accomplis).
XOPOE. ‘0 ô‘s (incité; LE CHŒUR. Mais le dernier mo
YE ' ccrtes [ment
Xpdvou du temps [meilleur).
npeoôeüe‘rai. est honoré (regardé comme le
KAEANAPA. To'ôs fin/19 ñxet' CASSANDRE. Ce jour est arrivé;
xepôuvâ) onlxpà (puyñ. je gagnerai peu par la fuite.
XOPOZ. 'Anà rue; LE CHOEUR. Mais sache
050m étant (que tu es)
flofipœv malheureuse
dub çpevàg eûréhpou. par-suite-de ton cœur audacieux.
KAEANAPA 06557.; CASSANDRE. Aucun
rûv sûôatpo'vwv des heureux
dxoûu mina. n'entend ces discours-là. [faveur
XOPOZ. ’Anoi rot xoiptg LE CHOEUR. Mais certes c’est une
Brou?) pour un mortel
na‘reaveïv 3630.26); de mourir glorieusement.
KAEANAPA. 'Id) Io'u'ep CASSANDRE. Oh! mon père,
0m": à cause de toi
063v re yswatwv réxvwv. et de tes nobles enfants,
XOPOZ. Tt ôè Xpñpoi êo‘fl ; LE CHŒUR. Et quelle chose est?
1k (9660; ce dmom'pz'cpsl. quelle crainte te détourne ?
KAEANAPA. (1)55 (955. CASSANDRE. Hélas! hélas!
XOPOZ. Ti LE CHOEUR. Pourquoi
È'cpeuäa; 10610 ; as-tu poussé-cet-hélas ‘I
si n pi; Un'Jyoç à moins que quelque objet-odieux
(ppévwv. à ton cœur.
KAXANAPA. Ao'pm méouaw CASSANDRE. Cette maisonr espire
(po'vov aîpatoc-rayñ. un meurtre sanglant.
XOPOE. Kai 1:66;; LE CHŒUR. Et comment?
7655 état Qupo’rrwv èçsoriwv. cela sent les sacrifices du-foyer.
\
en AIAMEMNQN
KAEANAPA.
'OtLOtOÇ d‘tpb; (50:29 èx Toicpou npémt.
XOPOE.
OÙ Edptov o’zyho'z'iaua 805p.aaw Âéyetç.
KAEANAI’A.
’Ido Eévm,
OÙ’TOL ôuootÇw, Oa’cnvov 4 du; à’pwç, tpôôtp,
0‘003 (2:; Gavoôcfl paprupñté [LOI 1612 2,
8100! 70%} vwatx‘oç àw’ èuoü Oo’wzj,
âvfip 1s 80086100910; àvr’ ävôpèç néon.
’Em‘ç’avoüpma 1016m 8’ Lb; Garonpévn.
XOPOZ.
’Q TŸjtLOV, oixratpw 066504002100 népou.
KAEANAPA.
"Awai 51’ shrew 55mm, 06 Opñvov Oékw
éuèv TÔV mûr-fig. 'HMou 8’ éTi'ElIJXOlMZL
1:98; {5010110) (965;, 108; <11a1pbg> 110016900;
xpéoç (povsüo: TOÏ; ëpoïç rivaw ônoü
8015M; Gavoüaqç, aüpapoüç xatpdiuœroç.
’AM’ s’ipu. xiv 600/0501 zcoxüooua’ ëp-‘qv
’A-yapéuvovôç 1s uoîpczv. ’Apzstrw fitog.

CASSANDRE. Ah! plutôt l'air impur exhalé des tombeaux'


LE CHŒUR. Certes, ce ne sont point parfums de la Syrie.
CASSANDRE. 0h ! étrangers! Je ne pousse pas des Cl‘lS plaintifs
par peur, comme l’oiseau qui voltige autour du buisson. Rendez
moi témoignage lorsque je ne serai plus, lorsqu’une femme à 1
son tour, pour m’avo1rég0rgée. moi une femme comme elle, une
femme sera égorgée, et que pour payer le sang de ce mari si mal
assorti un homme tombera. Tel est le don d'hospitalité queje vous V
demande à mon dernier'moment. ‘ ’
LE CHŒUR. Malheureuse! Oh! que je te plains, pauvre pro
phétesse.
CASSANDRE. Un mot encore ; je ne veux pas gémir sur mon
sort. Soleil qui‘ne dois plus m’éclairer, fais que ceux qui vengeront
un père payentà la fois à mes meurtriers ce qui leur est dû pour la
mort d’une esclave sans défense. Mais j’entre; j’irai déplorer chez
les morts mon sort et celui d‘Agnmemnon. Finissons—en avec _
la vie. ‘ " ~ ' ‘ ''
AGAMEMNON. 273
KAZANAPA. ’A'rpôç ô'poroç, CASSANDRE. Une vapeur sembla
npénsr se-fait-remarquer(s’élève) [ble
d'wnsp Ex rdzpou. comme d'un tombeau.
XOPOE. 06 Myst; LE CHOEUR. Tu ne parles pas
dyloit'a'pa Ex'apwv d'un ornement(d‘un parfum) de
5030.000). dans cette maison. [Syrie
KAZANAPA. 'Idi Eévoz, CASSANDRE. Oh! étrangers,
oflroc ôucoiçw cptiôq), je ne gémis pas-certes par crainte,
do; ô'pvtç comme l’oiseau
Ooipmov, gémit-autour tl’un buisson,
600d paprupfirs mais rendez-témoignage
r61: alors (un jour)
p.01. 6:; Ouvoüan, à moi comme étant morte,
{from yuv'h Odvn lorsqu’une femme mourra
dvfl €14.06 ywamàç, ven—compensation-de moi femme,
dvñp TE et qu‘un homme
néon tombera (périra)
àvri dvôpôç en-compensation d’un homme
ôuaôdpap'roç. mal—marié. [cela
'Emisvoüpm ôè mira Et je demande—pour—hospitalité
d); Gavouuévn. comme devant-mourir.
XOPOZ. ‘72 Tlñpov, LE CHŒUR. O infortunée,
oé olxrsipw je te plains
p.6p0u eeatpdrou. de ton sort prédit-par—les—oracles.
KAEANAPA. Gékœ ainsi'v CASSANDRE. Je veux dire
änmë, È'n flaw, une-seule-t‘ois encore un mot,
où 16v épôv epñvov aim-fig. non la lamentation de moi-même.
'Ensifixopm ôè Or je demande _
npàç üamrov 96); ñkiou, a la dernière lumière du soleil
fox); Truaopoug ira'rpàç les vengeurs d’un père
rivsw 651.0?) payer en-même—temps
Toll—g èuoïç cpovsüat
à mes meurtriers
xpéoç ôoülnç Gavoüanç la dette d'une esclave morte,
süpapoüç XEtplb‘LaTOÇ. facile conquête.
'AÀ‘Ac‘r alu; Mais je vais-aller
xmxéaouoa ëv Gavoüm devant pleurer chez les morts
ml. épJ‘w po’r‘pav et mon sort
’Ayapépvovo'; TE. et celui d'Agamemnon.
Bioç dpxsirm. Que cette vie me suffise!
uoncmux cu. n'ascuvuz. 18
AI‘AMEMNQN.

21è) ppéîamw , 7XOFÎOE. ‘


(ma \ EWYlMZT ' autuxoüvw pav
‘ Î'Lîàv “Palmer 1 ' si 62; Suc-mm,
BOÀŒLÇ UYPCÔGGŒV G‘l‘ro’Y'Yoç (blag-EV Ypaçpy'lv.

°“ 10‘5‘!" Èuaivwv päÀÂov otx'rsipw 110M.

V. CLYTEMNESTRE.
(Vers 1374-1447.)

KAÏTAIMNHETPA ’.
Hokkäw ndporesv maple); atpvlpévwv
Trivocvrt’ siwaîv 013x âaatcxuve-ijoouat.
n53; Yo’tp 'rtç èyfipoîç èxôpà riopoüvwv, (ptÂotç
ôoxoüaw sis/ou, nnuovfiç àêxüorm’ é‘w
cppdësœv (kilo; xpaîooov éxmjô'ñuocroç;
’Euot 5’ o’zydw 55’ oùy. o’topo'v'rtoroç TWÎÂOtt
- vstx'qç aaÂaLäç, files aùv Xpo'wp YE p'r'jv '
ëa'r'qm 5’ é’ve’ é'mzw’, é-rr’ èäupyaauévmç.
05105 5’ è'TrpaEa, mi. 1615’ 013x o’cpw’popau,
(b; W118 (psüyaw n‘r'j‘t’ àuüvaoôat po’pov '

LE CHŒUR. Vanité des choses humaines! le bonheur, il res—v


semble à une ombre; le malheur, un coup d‘éponge humide
comme d’un trait en efi'ace le souvenir. Amer oubli, plus amer
que le malheur même.

V
CLYTEMNESTRE. (Elle sort une hache à la main. La scènelaisse voir
en même temps deux cadavres derrière elle.) Jusqu’ici j’al prodigué les
protestations, les circonstances-m’en faisaient une loi. A me
démentir aujourd’hui je n’éprouve aucun embarras. Comment en.
effet, avec la pensée de perdre un ennemi qu'on semble destiné
à aimer, le faire tomber 'dans le filet du malheur, assez à fond}
pour défier ses efforts? Oh! il m’a fallu plus d’une combinaison
avant de livrer bataille. De longue main j’ai dû préparer mon.
triomphe. Enfin j'ai réussi! Je suis debout, il est a terre; c'est
chose faite. Oui, mes précautions étaient prises,je n’en fais point.
mystère, pour qu’il ne pût ni m’échapper ni se-dléfendre. D’un
AGAMEMNON. 275
XOPOXJIG: rrpo’qpara Bpérsza' LE CHŒUR. 0 chose’s humaines l
1i; irpéilleisv &v en“? on comparerait à une ombre
sômxoûvra pév ' elles d'une part étant-heureuses;
5i 6% ôuo-ruxñ, si d’autre part ellessont malheu
arro'yyo; ûypo'wowv une éponge humide [reuses.
Ôhaosv ypoup'hv a détruit (effacé) la peinture
Bolaïç. par des jets (des aspersions).
Kai oixraipw môm Et je m’apitoie sur ceci
MM» pz‘iMov éxeivwv. beaucoup plus que sur cela.

V. CLYT EMNESTRE.

KATTAIMNHETPA. CLYTEMNESTRE.
HoMû‘w Beaucoup de choses
slpnpëvœv mipoieev ayant été dites précédemment
xoupiw; selon-les-circonstances
oüx énaiaxwûñoopm je ne rougirai pas
eiira'i'v rà évavrla. de dire les choses contraires.
HG); ydp Tl; Car comment quelqu’un
nopm’avwv ëxôpà préparant des choses ennemies
éxepoïç, contre des ennemis,
ôoxoüo‘w sivai (pilotç, qui paraissent lui être chers,
çpdisiev âv armerait—il
dpxéo‘ra‘ra mpovñç les filets du malheur (bond?
ia'iiw; xpsïaoov éxrqôfiparoç; à une hauteur supérieure à un
'0 6% dzydw 'Or cette lutte
vstxnç na‘Amäç d’une querelle ancienne [ditée
épol 06x dopévtiaro; est pour moi non sans-être-mé
millet ' anciennement;
451% vs pfiv elle est arrivée certes
oùv xpo'vcp. avec le temps.
"Emmi 6% Et je me tiens—debout
am Erratum, lei-oil j’ai frappé;
é'iri èâerpyaapévoiç. sur des choses accomplies.
Oilrw 6% ënpaäa, Et ainsi j’ai fait,
ami 061 dpv'r'jaopou roiôe, et je ne nierai pas cela,
6); Mrs (pséyew en-sorte-que lui ni fuir
pas“ àpüvscôat népov ' ni repousser le destin; ,
276 AI‘AMEMNQN.
änszpov‘dtptptôhno-rpov, u'Sortep txeowv,
napw‘rtxtëw, nhoürov sipa‘toç mxév.
Hatw ôé vw 5i; ' xo’w 500W olpu'rfpwww
peeñxev aù'coü xüka ' Mat nantwxôn
Tptmv änsvôtôwpt, ‘t‘OÜ Xa‘tà xeovèç
Atèç vsxpû‘av owrîjpoç süx‘ratav Xdpw 1.
051w 15v 003106 Oopèv ôpoyo'wat’ modw,
xdxçootôbv àäsîow aïponoç ocpwp’lv
poins; p.’ épspvfl abandôt cpowtaç ôpôaou,
Xatpooaocv oüôèv ñooov î] 5100501q>
ydwst onop'q‘rôç xo’ùtuxoç ëv Àoxsôuuow.
'Q; (55’ éxéwwv, npé060; ’Apyatwv 165a,
Xatpot-r’ âv, et Xuipow’, ÊYG) 5’ énaoxopat.
.Et 5’ 1’11: neaév'rwv 501’ èmo‘névôsw vaxpüv,
1&6’ av 5010(0); iv, ortspôtxioç pèv 05v '
Tooû'wôs upowîjp' âv ôôpmç xocxGw 55s
nÀ-fioaç dpatwv ou’rtèç âmrtvsn 0.0M»).
réseau sans issue, un vrai filet à poissons, je l‘enveIOppe tout
entier, riche et fatal vêtement! Deux fois je le frappe, deux fois
il gémit, et ses genoux fléchissent. Quand il est à terre, je lui
porte un troisième coup. Le dieu souterrain, Hades, le patron des
morts, en a tressailli d'aise. C’est ainsi qu’en tombant il a rendu
l’âme. Il râle, le sang sort en sil‘tlant de sa blessure, le flot noir
rejaillit jusque sur moi, véritable rosée du meurtre, plus douce
pour moi que la pluie de Zeus au calice des plantes en travail.
Voilà ce qu’il en est, vieillards d’Argos. Que la chose vous plaise
ou non, moi je m'en fais gloire. Et s‘il était permis d’oflrir des
libations à propos d’un mort, certes ce serait bien le moment.
Vraiment c‘était trop juste. La coupe maudite du meurtre débor
dait dans cette maison, cet homme l’avait comblée, il est venu
y boire de lui-même à son retour.
AGAMEMNON. 277
nspmrixitw je jette-autour-de lui
dncpt'ûnarpov dmrpov, un filet sans—issue,
d'w‘ttep ixeüwv, ' comme un filet de poissons,
xozxôv «loûrov s't'uaroç. funeste richesse de vêtement.
Haiw ôé vw ôlç ' , Et je'frappe lui deux-fois ;
xa‘t év ôuoïv oipæbypaaw et avec deux gémissements
useñxe uû‘ùa «omo il a détendu les membres de lui;
xa‘i ënsvôtôww nemwxo’n et je donne-en-outre à lui tombé
'rptmv, un troisième coup,
xoipw eüxraiow ofl‘rande votive
roi) Au}; xa'ro‘z xeovàç, du (au) Zeus sous terre,
awrñpoç vsxpc‘ôv. protecteur des morts.
Head» oilrœ Étant tombé ainsi
ôpuydvet rôv eupôv ou‘noû, il rejette-par-un-rot la vie de lui,
xal émpuotôv et lançant-par-le-souffle
azpom‘qv ôaaiav m'incite; un sacrifice rapide de sang
Boulez ¢omoi6l épepwf] il frappe d‘une goutte noire
ôpo'o'ou (pelvien; de rosée meurtrière, [moins
p.5 xou'pouaav oûôèv ñauov moi ne me—réjouissant en rien
ñ mopnrôç que la graine [ternel)
Èv loxsüuaaw dans les enfantements (le sein ma
xdluxog du bouton
yoivu ne se réjouit de la joie (d'une
ôiooôo'rtp. cnvoyée-par—Zeus. [pluie douce)
‘Q; Exov'rwv 6382, Comme les choses étant ainsi,
rrpécô’o; 'Apyalmv 1'685, vieillesse des Argiens ici-présente,
xaipotre äv, vous pourriez-vous réjouir,
si Xaipotts, si vous vouliez-vous réjouir,
äyd: ôè ënaûxonat. pour moije m’en vante,
Ei 5è iv b'cux Et si c’était chose pieuse
êmarte’vôsw d’ofl‘rir—des-libations
vszpû‘w neco’vrwv, les morts étant tombés,
Tdôs ñv äv cela aurait-eu-lieu
ôixaiwç, justement,
t‘mapôz’xwç “Ev 05v ' tout-à—fait justement certes;
ô'ôe 'rrMaa; Ev ôO’fJ/Jl; celui-ci ayant rempli dans sa
xparñpa une coupe [maison
Toaô'wôs xaxc’ôv zipaiuw de tant de maux maudits
éxnivel orb-:6; pohbv. la vide lui-même étant revenu.
278 \ AI‘AMEMNQN.
XOPOX.
eaupdïoytév aou ykûaaow, 6:; 00000010004,
1'1114 1onév8' êîr' dvôp‘n MOI-Lidia; Myov.
KAY'TAIMNHETPA.
Hsnpäaeé p.0!) ywmxôç (î); dçpdaptovoç.
’Eyc‘o 8’ 0’11pé011p mpôio; 1108; sl861a; ‘
Àéyw (où 8’ aiveîv EË‘L‘E us (péyuv ÔÉÀELÇ,
ôpotov) ' 0516; âcnv ’Ayauéuvwv, êyèç
néazç, vexpôç 8‘s 171085 ôsëuäç Xspôç
êpyov, ômaiaç TÉXTOVOÇ. To’c ’ (58' ëxst.
XOPOX.
Tl xaxèv, (Ï: yüvm,
xeovo'rpeup’eg èôawèvîl 11018v
wacauéva (50161; sa àÂôç Ô'ppsvov
10'8’ é'néeou p.600; 800069000; 1’ o'cpo'zg;
'Aîréôtxev, änérauév 0’ 3 —,d1to'7ro)\tç 8’ {ou —
(M00; 66pauov o‘wrûv.
KAÏ'TAIMNHXTPA.
NOV pèv ôtxo’zëenç èx nôkswç tpuyfiv épol
ml fLÏO'OÇ o'za'u'ñv ô-qpo'epooç 1’ ëxsw âpàç,
oùôèv 10'1’ 0'w8pl 113v8’ évawtov cpépwv,

LE CHŒUR. Quelle audace! j’en reste anéanti. Quel langage!


Voici ce qu’elle a fait de son mari, et elle s’en glorifie.
CLYTEMNESTRE. Ne dirait-on pas, à vous entendre, que je ne
suis qu’une femme sans raison? Eh bien, moi, je vous le dis, et
mon cœur n’en bat pas plus vite, vous le savez (approuvez,
blâmez, pour moi c’est tout un'): oui, cet homme, c'est Agamem—
non, c’est mon mari, et c‘est cette main qui a fait le coup; une
belle besogne, en vérité. Ltes-vous contents ?
LE CHŒUR. (Le Chœur va de droite à gauche.) Quel poison sorti de
la terre as—tu mangé, 6 femme? quel funeste breuvage as—tu
puisé au sein des mers pour t‘oublier à cette monstrueuse exécu
tion, braver la malédiction publiqUe? Te voilà rejetée, retranchée
de la ville par la haine violente des Argiens.
CLYTEMNESTRE. Ainsi c’est moi que tu décrètes aujourd’hui
d'exil loin d’Argos. Me voilà désignée à la haine publique, etrien
de tout cela, rien contre cet homme! Pourtant, sans plus s'en
AGAMEMNON. 279
XOPOE. Gaûpaçopev LE CHOEUR. Nous admirons
flû'maotv o'ou, la langue de toi,
d); Spas-501000;, combien elle est impudente,
fin; 11011110121; de toi qui.prononces—avec-jactance
1010'v5s loyer un tel discours
Ènl âvôpt. à-propos—de ton mari.
KAÏ‘TAIMNHXTPA. CLYTEMNESTRE.
Hetpäaôé peu Vous éprouvez-moi
d); yuvmxôç drppo’wgovoç. comme une femmeprivée-de-sens.
’Eydi ôÈ kéyw Eh-bien moi je dis
uapôlqt àtpéo‘rq) d’un cœur non—tremblant
1100; sîôo'mç ' à vous le sachant
(o'jmmv 6%. (et cela m’est égal
m‘) aivs’fv que toi tu veuilles me louer
airs 69121; p.5 Qaéyew)‘ ou—que tu veuilles me blâmer);
oüro'ç èa'rw ’Ayauépmœv, celui-ci est Agamemnon,
èuàç Tro'mg, mon époux,
vexpz‘); ôè È'pyov et ce cadavre est l’œuvre ‘ Ï
Tñaôe xspôç ôeiiäç, de cette main—droite-ci,
ômou'aç réxrovo; . juste ouvrière.
Toiôs ’s'xat 1385. Ces choses sont ainsi.
XOPOE. 7!) yüvou, LE CHOEUR. 0 femme,
Tl êôavôv naxàv quel aliment funeste
Xôovorpsqièç nourri—par-la-terre
i) «et?» äppevov ou quelle boisson sortie
,éi àhôç êutäç de la mer fluide
naoauéva possédant (ayant goûté) [tion
énéôou 1055 111-500; t’es-tu chargée de cette exécra—
61002; rs ôauoepo'ouçg et des imprécations publiques?
M't'aog 369mm: dflôv La haine violente des citoyens
dnêôixsv, äwémpév 65, a rejeté, a retranché toi, ‘
Eau ôè û-iro'nohç. et tu seras sans-patrie. [ne part
KAÏ'TAIMNHXTPA. NÜV {Lèv CLYTEMNESTRE. Maintenant d’u-.
ôtxo’zëaiç p.01 tu prononces contre moi
qwyfiv ëx 1:67.50); l’exil hors de la ville
mi ëxaw 11'1'00; darûv et d’avoir la haine des citoyens .
dpo’t; te ônuoôpo'ouç, et les imprécatious publiques,
cpépow 161's oüô‘sv Tox'nwv ne portant alors rien de cela
fivavu'ov dwôpl, contre un homme,
280 AI‘AMEMNQN.
6.; où «portuüv, ÔU‘NEPEl B0100 pépov,
ils/11m çkaôvrœv sü'rro'xotç voueüuaaw,
ëeucav 005106 mzl‘fioz, cpnk‘rdvrqv äuo‘t
(bëîv’, èrrtpôèv Bppxiwv ânpo'vrwv.
OÛ TOÜTOV fix Mg ïñcôa Xpñv c’ dvôp'qka‘rs‘tv,
ptaapto'vrwv é’mow’; ’E'zriptooç ô’ ëpuîw
Ëpywv ômaarh; TPŒXÙÇ si. As’yw ôé O'OL
Totaü'r’ àmnksîv, (bç aapscxsuaaytévov
fix 163v éywlwv, xup‘t vm-q’oavw’ éuoü
äpxsw ' éàv 8è main-MW xpalvn Oeôç, .
ywbaat ôtôaxeatç'o’qiè yoüv Tb owcppova’tv.
XOPOX.
Meyakéu‘q‘uç si,
aepùppova 8’ ûaxaç, (Bump 05v l
(povohôsî 'nfixo; çp’qv èmi‘mlva‘rm z
Mnoç èar’ dupd‘rwv aïuaroç 55 TCPÉTFELV.
’A'rterov 51L 0è Xpñ, orspopâvow 904w,
‘cüpua flippant firm.
KAÏ'TAIMNHETPA.
Koct 'nfivô’ àxoüstç ôpxlwv ëuCôv Oéuw '
“dc 19p: 19mm: 1-2}; èyfijç watô‘oç Atx-qv,

inquiéter que s’il se fût agi d’une brebis, et les riches toisons ne
manquaient pas dans nos prairies, il a sacrifié sa fille, une fille
que j’aimais, le fruit de mes entrailles, et cela pour conjurer les
vents de Thrace. Sacrifice dénaturé qui criait vengeance ! Voilà
qui appelait l’exil loin de la terre d'Argos. Mais non, tu ne vois
que mon crime, à moi, et tu me juges sans pitié! Moi, je te le
déclare, menace tant que tu voudras, mais sois prêt à courir les
mêmes chances. Et si le ciel se déclare pour moi, tu apprendras,
tout Vieux que tu es, à mesurer tes paroles.
LE CHOEUR. (Le Chœur va de gauche à droite de l'hyposcène.) Cœur
superbe ! langage hautain! 0h! le sang, dirait—on, te monte à la
tête, t'égare. Tu trouves que la tache du sang sur ton front est
un ornement. Eh bien! il te faudra, délaissée des tiens, expier
la mort par la mort.
_ CLYTEMNESTRE. Eh bien, écoute ce serment solennel. Par la
Justice qui a vengé ma fille, par Até, par Erinys, à quij'ai sacrifié
AGAMEMNON. 281
6; 00 nponpüv, qui n’en faisant-pas-de-cas,
Ëôuaav, a sacrifié,
(hampe! uo'pov fioroü, comme une destinée de bétail,
pcñkwv (phao'v'rwv des brebis pullulant [toisons,
vopeôpuaw aûno'xozç, dans les pâturages aux-belles
1ra'i6a aim-06, une fille de lui—même,
cb6'iva tpthd‘mv époi, enfantement très cher à moi,
émpôôv conjuration (pour conjurer)
dnpoirwv Gpnxlwv. des vents thraces.
Oû Xpñv se àvôpnhare‘fv Ne fallait-il pas toi chasser
roürov én rñaôe 771;, celui—ci de cette terre-ci,
diwowa piaoua-rwv; en expiation de ces sacrilèges?
’Ewhxoo; 6% épd'w ëpywv Mais entendant mes actes
si 6mao-1'1‘}; Tpaxüç. tu es un juge rigoureux.
Aéyw ôé O'Ol Or je dis à toi
dnaùeïv rotañw, de faire-des-menaces telles ,
(h; Trapeo'xauaopévov comme étant disposé
Èx 'rû'w ôpolwv, par suite de conditions égales,
vmfiaavm Xspi ayant vaincu par la main (la
äpxew époü' à commander à moi; [force)
éùv 6% 6 0:6; mais si le dieu
xpaivp 16 fipnralw, fait le contraire,
ywbaet 6i6axesi; 66% tu apprendras instruit tard
1:6 oogopwve'iv. le être-sagc._ (hautaine,
XOPOZ. ET psyakdpmi; LE CHOEUR. Tu es d’une-pensée
flans; 6% nspiqapova ettuas ditdeschnsesorgueilleuses,
dim-map 06v comme en—efl‘et
(ppw'lv émpaiva'rai ton esprit se-vante-afl'olé
rfixa çovohäeï par une destinée meurtrière
7111:0; a'z'ua-roç la souillure du sang
sa npénsw énl ôypd‘rwv. bien convenir sur les yeux.
Xpñ ce ariemv, Il faut toi sans-honneur,
crspopévav ipihov, privée d’amis, [c0up.
"riaai Eu hippo: 'rfippan. payer en-outrc un coup par un
KAÏ'TAIMNHXTPA. Kai CLYTEMNESTRE. Et
zinc-5a; tu entends
rfivôs Oépw épd'w ôpm'wv' cette loi—ci de mes serments ;
pà Tñv At'xnv par la Justice '
télemv exécutrice de la vengeance
989 AI‘AMEMNQN.

'A'r-qv ’Epwüv 6’, aîot 10v5’ Ëacpaë' ÉYÛJ,


06 pat pskdôpwv èÀ'ir‘tç émet-rem 006w,
ëwç &v «(On ‘lflîp .èç’ èortaç äytñç
Ai'ytoeoç, (b; 15 1100096v 25 (ppovü‘w éoot ‘
0510; yàp fipïv dont; 06 opmpà Opoioouç.
Kami. yovouxèç 171058 Àoywrrr'jpwç,
Xpua'qtôœv pethtyoa 166v 511’ ’IMtp '
~71 1’ atxptäkw'coç ñôs xoc‘t Tapacxôrroç,
9) xowéhsmpoç 10082 Oaocpamhä'yoç,
111019] Eüvaovoç, vao'rtltwv ye oekpâ'rwv
toorptôï'jç. 'A‘ctfsa 5’ mix étrpaio’tmv.
‘O p.‘av 701p 0610);, 1?) 8€ rot, Mozvoo ôtxnv
TÔV Üom'rov [.LÊÀÇPŒGŒ ea‘ldotttov 760v,
XEÏTM tptÀ-r'j'rwp Toüô’ ' èflÆ‘t 5’ én'i‘yayav
Ootv'qç napoabtxäwjpoc 1-7105’ 55W}; Xhôfiv.

cet homme, n’espère pas que la crainte l'ranchisse jamais le seuil


de mon appartement, tant que sur mon autel domestique le feu
brûlera entretenu par Egisthe, toujours, comme par le passé, plein
d’amour pour moi. C'est là le solide bouclier où s’appuie mon
audace, (Montrant le cadavre d'Agnmemnon.) Le voilà, ce bourreau
de sa femme, le consolateur des Chryséis sous les murs d’llion!
(Montrant celui de Cassandrc.) La voilà aussi cette captive, la devine—
resse, la compagne des nuits de cet homme; la prophétesse qui
partageait assidûment son lit, venue avec lui sur la flotte! Leurs
outrages sont vengés. Lui, voyez ce que j’en ai fait. Quant à elle,
elle a chanté le chant du cygne, l'hymne suprême de la mort ;
elle est là, gisante, la maîtresse d’Agamemnon. Apre volupté
qui relève le plaisir de mes nuits l
/

AGAMEMNON. 283
fi]; êyn'ñç nauôôç, de ma fille,
"Amv ’Epwdv TE, par Até et Érinys, Ici,
aïaw éyt‘u ëaçagzx roürov, auxquelles moij’ai immolé celui
oûu fini; attente n’est pas
tpäôov êpnarsi‘v pelaôpôîw la crainte fouler les appartements
“UL, à moi,
Em; Ai'ywOoç mien &v nûp tant-qu’Égisthe brûlera le feu
éni €951; ËO’Tiaç, sur mon foyer,
cppovd') 5:5 éuoi étant—disposé bien pour moi,
(hg 10 11po'002u' comme auparavant;
0510; yoip éarw ñpîv car celui-ci est pour nous _
demi; 0'5 antxpc‘t Opoia'ouç. un boucliernon petit de confiance.
Ksîrau Àuuavrfiptoç Il gît le destructeur (le fléau)
'r'ñcôe ywcuxàç, de cette femme-ci (de moi),
peihyua rù'w Xpuoniôœv charme des Chryséis
cm3 'l'Aiq)‘ ' sous Ilion;
ñôs TE h aixusilm‘roç, et celle—ci la captive
xai repacxo'qroç, et la devineresse,
i) Geaça‘rnkéyoç la prophétesse v
xowo'lœx'rpo; TOÜÔE, concubine de celui-ci,
mari) Ei'avewoç, fidèle compagne—de-sa-couche,
ioorptôñç ye foulant-également certes
cekpdwrwv vaurilwv. les bancs des-navires.
Of: ôè énpaio’u‘qv Et ils n'ont pas fait
&nua. des choses sans-récompense.
‘O uèv yàp oiîuoç, Car lui d’une part gît ainsi,
i] ôé 101 elle d'autre part certes
péhlaowa ayant chanté
16v Üera'mv yo'ov Gavoimuov, le derniergémissementde-la-mort,
ôixnv m'mvou, à la manière d‘un cygne,
xe'fmn (piMTwp 1056: gît amante de celui-ci;
émfiyaysv ô‘e époi et il a amené pour moi
napodubvnua Goivnç comme assaisonnement de festin
XÀtôùv tñaôa eûvfig. le délice de cette couche-ci.
ARGUMENT ANALYTIQUE
DES CHOÉPHORES

Plusieurs années séparent l’action de l’Aga


memnon de celle des Choéphores. Oreste a grandi,
etl’oracle de Delphes lui a commandé de punir les
meurtriers de son père. Il revient de son exil,
accompagné de Pylade. On le voit déposer une
boucle de ses cheveux sur le tombeau d’Agamem
non. Ce tombeau est sur un côté de la scène, dont
le fond est formé par un palais.
De ce palais sort Électre, suivie de femmes eap
tives qui portent des libations (Xonpôpon). C'est
Clytemnestre qui les envoie pour apaiser les mânes
de la victime et détourner de funestes présages.
En répandant les libations, Ëlectre aperçoit la
boucle de cheveux déposée surle tombeau. Bientôt
Oreste se montre : reconnaissance du frère et de
la’sœur.
Après les premiers épanchements, Oreste et
Électre se concertent sur, le moyen d’obéir à l’ora
cle et de frapperleurs ennemis communs. Oreste se
donnera pour un étranger, pour un homme du
pays où fut exilé le fils d’Agamemnon. Il apportera
ARGUMENT ANALYTIQUE DES CHOÉPHORES. 285

lui-même la nouvelle de sa propre mort; il s’in


troduira ainsi dans le palais, et les assassins péri
ront à leur tour.
(Tout s’exécute selon le plan convenu. Clytem
nestre ne témoigne ni joie ni douleur de la mort
de son fils; mais elle charge Électre de bien
accueillir le porteur de cette nouvelle. En même
temps elle fait prévenir Ëgisthe, qui arrive seul au
palais. Ses cris annoncent au spectateur que le
vengeur l’a frappé. L’audace de Clytemnestre s’é
vanouit; elle tombe aux pieds de son fils et tâche
d’émouvoir sa pitié; mais celui-ci, affermi dans sa
résolution par les conseils de Pylade, reste inexo
rable; il la traîne dans le palais, et l’immole à
côté de son complice.
Le palais s’ouvre; dans l’intérieur apparaît
Oreste, l’épée. à la main, entre ses deux victimes.
C’est le pendant du tableau qu’on a vu dans la tra
gédie d’Agamemnon. Il fait déployer devant le peu
pie le voile sans issue dans lequel fut enveloppé
son père; mais il a beau attester la sainteté de la
mission. qu’il remplit, son cœur proteste, son
esprit se trouble: il voit la troupe vengeresse des
Euménides qui le chassent du palais où il a répandu
le sang de sa mère; il ne trouvera d’asile que dans
le temple du dieu qui commanda le parricide.
XOHŒOPOI

I. LES LIBATIONS FUNÈBBES,'LA RECONNAISSANCE


> D'ORESTE ET D’ELECTRE.
(Vers 81-263.)
HAEKTPA.
Aimed yuva'ixeg, ôwudzrœv süefiuovsç,
émet népaare 'rîjoôs upoaîponñç épwl
itou-1:0”, «(évadez Tûvôs Güuôoohm néon.
Tt (963 Xéooaa To’wôe xnôaiouç Xoo'tç;
1:6; aù'cppov’ aime, 116'); mteüäwum rompt;
ÏIÔTEPŒ hévoooa 1:006: goûwjç cpthp cps’psw
’YUVOCLXÔÇ o’wôp‘t, 1-71; èuñç 9.11196; 1102001;
"H 10510 cpoiaxw 106110;, (b; vôuoç Bporotç,
i'0’ o’zv1u606v0u 10i01 néuîrouow 1026a _
méapn, 660w ye 103v mxüve ânaäiow;
Tc‘ôvô’ .01’) m'tpson Odpaoç, oüô’ É'Xw 1i (pat,

1
v

ELECTRE. Esclaves, vous, femmes vouées au service de cette


maison, puisque vous figurez à mes côtés dans cette cérémonie
expiatoire, donnez-moi votre avis. En répandant sur cette tombe
les funèbres libations, comment me concilier la bienveillance de
mon père ‘? en quels termes m‘adresser à lui ? Me dirai—je en—
voyée à un mari par sa femme, par ma mère ?—Le prierai-je de
se conformerà la loi d’ici-bas, de payer de retour ceux de qui
lui viennent ces présents, de leur rendre mal pour mal? ——
Non, je n’aurai jamais ce courage. —— En vérité je ne saisàquelle
LES CHOÉPHORES

1. LES LIBATIONS FUNÈBRESJLA RECONNAISSANCE


‘ D‘OBESTE ET D’ÉLECTBE.

HAEKTPA. Fuvai‘xs; 6pwai, ELECTRE. Femmes esclaves,


sûOfiuoveç ôwnärwv, servantes du palais,
âne! noipsore puisque vous êtes-présentes
Troparoi %p.0i compagnes pour moi
171065 Trpoo'rponñç, de cette ‘supplication,
yéveaea c‘épôoukot ' soyez conseillères
Trsp‘t rûvôs. sur ces choses-ci. _
Ti (p65 xéouoa Que doiswje-dire en répandant
roîoôa xoàç znôeiouç; ces libations funéraires ?
1:6); E'L'Trw comment dois-je-dire
sù'cppovoz, des paroles bienveillantes, [vœux
1:65; xarai'aiwpal. comment dois—je-adresser-des—
narpi; à mon père ?
Ho'rapa ‘Ae'youoa Est—ce en disant
zpépsw 6w6pi cpiMp moi les apporter à un époux chéri
impôt ywwxàç (90mg, de-Ia-part-d’une épouse chérie, ‘
were 1171; Wm wmw's; de-la-part—de ma mère?
"H ipoio'mn “coûta Énoç, Ou dois-je-dire cette parole,
d); wipe; Bpo‘roïg, comme il est coutume aux mor—
âvnôoüvm i'ua de rendre la pareille [tels,
10in: népmoum à ceux qui envoient
16.62 crs'qm, ces couronnes, [valent
660w ye %TraE,iav de leur rendre un don certes équi
163v xaxo'Sv; des maux qu’ils ont faits?
Gaps-0; 166v6e La hardiesse de ces choses
où noipea-rw, n‘est pas d moi,
066% ëxœ et-je n'ai (ne sais)
388 XOHŒOPOI.
Xéouaa Tévôa itéÀawov év Tüuôtp 101106;.
"H oty’ a'z'ripmç, 6301129 06v 6111165010
11011110, 165’ éxxéaoa, yoinorov Xûaw,
cretxw, 1101961011016’ (I); 11; éxnépqaag‘, nom
ômoüoa TêÜXOÇ da'rpôcpoww 61111010111;
T9105’ £010 pouÀñç, (5 (90m, parait-mou '
xowbv yàp ëxeoç Èv ôôpmç voptÇoyÆv '
M’q 7.56651’ è'vôov xapôiaç (0660) 11116;“
15 1160011101; yàp 16v 1’ èksôespov 11.61121
nazi Tb? 1195; 601M; 55011010611211011 Xapéç.
Aéyonç ô‘w, st’ 11 161115' é’xeiç 0111-5915901).
XOPOE.
Atôouuévn ooï Bwuôv ô); 1üu60v narpôç
Às’äw, xsÀsüazç yàp, TÔV èn cppsvôç Àôyov.
HAEKTPA.
Aéyotç 62v, 6301169 àôéaw rotoov 101196;.
XOPOZ.
(Des'yyou xéouca xaôvà Toïaw sücppoow.

formule recourir en déposant ces offrandes surla tombe de mon père‘


—— Ou bien, silencieuse sans un mot de souvenir, puisque enfin il a
péri par un crime, verserai-je simplement les libations sur la
terre qui les boira. et me retirerai-je, ainsi qu'un coupable dans
une expiation, en jetant le vase derrière moi, sans détourner les
yeux? Mes amies, aidez-moi de vos lumières, vous qu’une com
munauté de liainc nuit à moi dans cette maison. Ne me cachez
rien au fond de votre cœur, parlez-moi sans crainte. Rappelez—
vous que, libres ou soumis à un pouvoir étranger, notre maître i1
tous, c’est le Destin. —— Voyons si vousavez quelque chose à
ajouter à cela. '
LE CHOEUR. Par la tombe de ton père. aussi sacrée pour moi
qu’un autel, puisque tu l’exiges, je te parlerai dans toute la sin—
cérité de mon âme.
ELECTBE. Que dois—je faire alors Y songe au tombeau sacré.
LE CHŒUR. Fais des vœux, en versant, pour tous ceux qui l’ai
maient.
LES CHOEPHORES. '28!)
11 196'), quelle chose je dois—dire
Xéoucoc To'vôs nékowov en répandant cette ofl‘rande
Ev 11511611) 110196;. sur la tombe de mon père.
"H o'i'ya, Ou—bien en silence,
drinwç, sans-hommage,
ënsmep 05v narhp, puisqu’en-effet mon père
dmbkem, a péri par violence,
ënxéaacx 10'105, ayant répandu ces libations,
XÜO’W win-010v, effusion bue—par-la-terre,
craixw, dois—je-m'en-aller,
115; 11; comme quelqu’un
ëu-rrénzpaç 11019019110101, ayant jeté les ordures,
511106001 110'171w rsüxoç ayant lancé derrière moi le vase
ô'pyaow darpo'cpomw; avec des yeux détournés?
"Eere, (Ï: (pilou, Soyez, 6 amies,
natal-non rñaôe Boulñç' prenant-part à ce dessein;
voniëonev yàp car nous pensons [mis communs)
ëxeo; xowàv une inimitié commune (des enne
êv 561101;. être à nous dans ce palais.
Mi] xsüests Ne cachez pas votre pensée
ëvôov xapôia; au—dedans—de votre cœur
19661.9 11vo';' par crainte de qui-que—ce—soit;
10 1100011101, yàp pévst car la fatalité attend
16v 1e éXefieepov et l‘homme libre
. Mal 10v 8501101015112v0v et celui qui est dominé
npàç Xspô; &Âlinç. par une main autre (étrangère).
Aéyocç (iv, Tu pourrais-parler (parle)
et ëxsiç 11 si tu as quelque chose
\‘mép1ep0v 1661155. deplus que cela. [autel
XOPOZ. Aiôouuévn d); Bwuàv LE CHŒURBespectantcomme un
Tôpfiou narpôç, la tombe de ton père,
Âéëœ 001, Malaria; yàp, je dirai à toi, car tu l’ordonnes,
10v Myov ëx tppsvo'ç. le discours partant du cœur. s
HAEKTPA. Aéyotç äv, ÉLECTRE.Tupourrais-parler(par—
6651159 ñôéew comme tu as respecté [le)
To'upov narpo'ç. la tombe de mon père. [bations
XOPOZ. Xéouatx LE CHOEUR. En répandant des li
çOéyyou xeôvà prononce de bonnes paroles
10'1'01v eütppoow. pour ceux qui étaient bienveillanls.
nonumux un. n'escnrcs. 19
290 XOl-lqJUPOl.

HAEKTPA.
Tivaç ôè 100100; 1601: 1001101: 11000211112110);
.XOPOZ.
HpGMov pèv aûr‘qv xécmç Al'yweov 010721.
HAEKTPA.
’Epot 12 ml. 00! 1610’ 2120:1000“ 10'182',
XOPOX.
A011“; 00 1010101 1101*;60'111000’ fion (ppo'caat.
HAEKTPA.
Ttv’ 05v 2'1’ äMov 1fiôe 11900119121 matou;
XOPOE.
Mépvqa’ ’Opéc1oo, xat eopaîéç 206’ 81100;.
HAEKTPA.
E5 10610, xo’uppévœaaç 00X ñxww’t ne.
XOPOX.
T01; 01111101; vüv 100 1pév00 psnv'qpévn
HAEKTPA.
T! (pût; ôtôoum’ änapov êënyoupévq.
XOPOZ.
èkeazv 1w’ otûmîç 801111.0v’ ñ {3901m 1wd
IIAEKTPA.
I161epa ôtmmr‘v ôtzntpôpov Àéysiç;
XOPOÊ.
6111M); 11 çpo’t'Çooe’, 8011; 0'1v101110x12v2‘1.
HAEKTPA.
Ka‘t 1aü10’c poéoflv 26026?) Gaâw naîpu;

ÉLECTRE. Pour tous ceux qui l'aimaient ? mais qui dois-je


nommer ?
LE CHOEUR. Toi d'abord, et quiconque apris Égisthe en haine,
ÉLECTRE, Ton nom, le mêlerai—je au mien dans ma prière?
LE CHOEUR. Bien dit! comme ton cœur a deviné le mien!
ELECTRE. Et puis à nos deux noms j‘ajouterai... qui donc ?
LE CHŒUR. Oreste, songes-y, tout exilé qu’il est.
ELECTRE. Bien cela! Bon conseil prudent et avisé !
LE CHŒUR. Et puis les assassins; rappelle-toi le crime.
ÉLECTRE. Que leur souhaiter ? toi, dis-le-moi, je ne sais.
LE CHOEUR. Un dieu, quelque mortel,qui les vienne surprendre.
ELECTRE.Pour les juger? ou bien pour châtier le crime ‘I
LE CHOEUR. Qui vienne réclamer mort pour mort, voilà tout.
ELECTBE. De tels vœux au ciel! mais c’est une impie’té.
\ LES cuoEPHoREs. 291
HAEKTPA. Tivag 5's ELEGTRE. Et qui
npoaawénœ roürou; dois-je—appeler ceux-ci (ainsi)
166v zpDxwv; de ses amis ?
XOPOE. l'Ipû'rrov uèv LE CHOEUR. D’une part d’abord
aùr'hv toi-même
xal ô’a‘rtç mvsï Ai'ytaOov. et quiconque hait Egisthe.
HAEKTPA. "Api: 101 ÉLECTRE. Est-ce-que donc
5.111215511111011 10'155 je dois-faire—ces-vœux
{poi-1's mi. col; et pour moi et pour toi?
XOPOE. Ace; où LE CHOEUR. Toi-même
p.01v90'1v00001 me comprenant
1900111011 fiôn raüta. réfléchis maintenant à cela.
HAEKTPA. T1'v01 änov oôv E11 ÉLECTRE. Quel autre donc encore
11000-11663 dois-je-ajouter '
rñôs amical; à cette société?
XOPOZ. Mépvnao ’Opéorou, LE CHŒUR.Souviens-toid’Oreste,
nul et 6110);
ilquoique pourtant
soit absent. l ’
£011 eupaïoç.
HAEKTPA. ‘Ei‘i Toüto, ÉLECTRE. Bien cela,
nul ètppévwaoiç p.2 et tu m’as avertie
06x ijxwra. non très-peu (très bien).
XOPOE. Mauvnuévn 05v LE CHŒUR. Te souvenant donc
106 cpävou du meurtre
10'1'; 01i1l01; ' souhaite aux coupables
HAEKTPA. Ti çiô; ÉLECTRE. Que dois-je-dire ?
ôlôaaxs &nstpov. instruis—moi ignorante
äänyouuévn en t’expliquant
XOPOX. rwà 501l110v01 LE CHOEUR. quelque divinité
fi 11v01 Bpon'bv ou quelqu’un des mortels
me?» az’n'oïç venir à eux.
HAEKTPA. 11615001 Myst; ELECTRE. Est-ce-que tu dis
51>10101~>1v comme juge
ñ ôtxncpo'pov; ou comme vengeur ?
XOPOE. cppo'iÇouoo’z 11 0tn).wq, LE CHŒUR. parlant simplement,
ô'o'nç quelqu’un qui
àvrarr‘oxrevs'î. rendra-meurtre—pour—meurtre ‘.’
HAEKTPA. Kod. 1015101 ÉLECTRE. Et cela
‘01! p.01 5150-26?) est—il pour moi pieux (permis)
impôt 16w 056w; de-la—part des dieux!
292

Ilcaç ô, v X0 Hq’OPOI.
00,1ÔVÈXGP‘XOPOE.
K 0v dwm 8,6
77 PUE et HAEKTËAÏ. seem mm"j ’
w Y‘OTE T
:îxp-QEW>, I Vu) Te ml. mira),
,Uç Wis ëvs e» 39% Xeom’ “196€“ à”
au à P ° (flyover; zÀüew èuàç
“à YOŒW as“ V fittuo't'rœv êmcmôrrouç,
“(Pauli T, 11V, ‘Îj :ca iro'w'rot riment,
‘tôwvôs xüuoc 4 Àapôc’wst.
E (D K
o a ’ yépvtôou;
i
cetroï
I Q
Y ŒÀOÜGŒ narép ' énolmstpév 1’ éuè
figzojp'égféafflv mbg ävaëov à; ôôuouç.
‘ Yap vüv yé m»; &Àéueea
‘ "PO; Tîjç Tsxoüa‘qç, ävôpoc ô’ o’w-rqno’cëœco
Alytoeov, ô'orrsp ooü goo'vou ustalnoç.
Kâyd) pèv àv-ttôoolioç ' èn 8è Xp'rjpto'vrwv
tpeüywv ’Opécmç écrlv, oi ô’ ùnepxôrtwç
év TOÎGL coîç Ttôvowt xhloocw uéyoz. .
’EÀOEÏV 8’ ’Opéarvjv ôsüpo oùv Tüxn 'ctvi

LE CHOEUR. Comment? à qui vous hait, mort pour mort, c’est


justice.
ÉLECTRE. Auguste messager des dieux d’en haut et de ceux d’en
bas, secours-moi, Hermès stygien, et fais-moi connaître que mes
prières sontarrivées sous la Terre, aux êtres mystérieux qui veillent
sur notre maison ;ala Terre elle—même, qui produittout, sein nour
ricier où tout rentre pour le féconder de nouveau. —— Oui, mon
père, en répandant ces libations des morts, c’est à toi que je m’a—
dresse en suppliant. Pitié pour moi, etramène mon 0resteau foyer.
Car aujourd'hui nous voici errants, pour ainsi dire, livrés par
notre propre mère, depuis qu‘elle a pris en échange un autre
homme, Égisthe, celui—là même qui l’a aidée à t’égorger. Moi, en
effet, que suis-je ici? une esclave. Et de son patrimoine 0reste
est exilé. '— Eux, pendant ce temps-là, s’ébattent tout à leur
aise, et jouissentinsolemment du fruit de tes travaux. Ah! qu’il
revienne, 0reste, qu’il revienne ici, ramené par quelque heureux
\

LES CHOÉPHORES. _ 293


XOPOZÏ. HG); ôè oü, LE CHOEUR. Et comment non,
ämupeiôsaeai n’est—il pas permis de rendre—la—
16v ê'xepov v à son ennemi [pareille
Xaxoi'ç; par des maux? ,
HAEKTPA. Kñpuä uéyta're ELECTRE. Héraut très-grand
'rù'w diva) 1s ml 116.110, des dieux et en-haut et en—bas,
dpnäov, ‘Epnñ xeo'vte, secours—moi, Hermes souterrain,
xnp'ÔEaç éno‘t ayant annoncé à moi
roùç ôaipova; ëvepee fig les dieux au-dessous-de la terre
“M’EN 5%; sûxàç, entendre mes prières,
ËF‘ÏXÔT‘WS dieux témoins [père,
“îlfmm “aTP'l'WW du sang (du meurtre) de—mon
’ÎW'WÏW “ÛTËV, ainsi-que la terre elle-même,
Ÿ] “MET?“ Ti WO'WW, qui produit toutes les choses,
epé‘pafm TE? et les ayant nourries [celles-ci.
MWŒW‘WÛLS “film T‘ÏWÜE- reçoit (le—nouveau le germe de
Kai ëyd) xéouaa (perro't‘;
Et moi répandant pour les morts .
1605a xepviôaç
ces libations .
ÀÉYœ xahoî‘aaa narépa '
je dis en invoquant mon père:
é-rroix1ezp6v TE èuè
et aie-pitié-de moi
ävaio’v 11-: 11661;
et ramène de‘quelque-manière
ëç 5611.00;
dans cette maison
lpt‘Aov ’Dpéa'mv.
mon cher Oreste. [que sorte
HETËPŒFE'VOI "(0‘10 vi'av 11w;
Car maintenant vendus en-quel—‘
“PÔS Tñ; TEXOÛG'I];
parcelle qui nous a enfantés
Ëîïäîïg’mo ôè ä 8 nous errons, [homme
Aïïl‘aeov V P“ et elle a- pris-en-échange un
ô'cmep 1.1a1011'110; 0013 o'vo- Eg’Sthe’ .
Kai éYù Fèv ‘9 J' qui est‘ complice de ton meurtre.
äwiôwkoçd bit mol d’une part ,
,Opéam; ôé je suis tenant-lieu-d esclave;
èan (pei'aywv èx Xpnudrwv, 0reste d‘autre part
est exilé de ses biens, [dement
0’1 51% XMoua‘w pèyot
unepxo'nw; mais ceux-ci se-prélassent gran
év 10'1'01 001’; 11600101. avec—arrogance (travaux).
Kareüxopai ôé 001 dans tes travaux (le fruit de tes
'Opéamv èlrôeîv ôsñpo Et je demande à toi
0reste venir ici
06v 1W1 mm,
par un certain hasard,
t
294- X 0 H CI) O P 0 I .
Mofrauxopai trot, mi où met pou, iro’c'cap '
MW?) 'ré pat 55g cwppovao-cépo; 1:055
p‘q'tpôç ‘YSVÉGÜŒL Xeïpo'c 'r’ sûcsôea‘tépq.
Hutu pizv aüxàg Tdcôs' TOÎÇ 5’ êvav‘ciotç
Âéyw pow-mat coo, mi-csp, TLlLOItOPOV,
mu Toùç x-rowovm; o'w'rmoc'reaveiv, 5641p) ‘
. n Q
Taü‘r’ ëv pépea Tiô'qut 1?}; nom}; o’tpäç,
xsivozç Àéyouaa 'rr’jvôe T)” xaxñv dpo’w '
mm 8%, noun-5g £091. 163v éoeh'ov ävw,
oùv Osoîcn mi. F2} ml. Atxn vtx'qtpôpcp.
Touxîoô’ é'm’ sfixa'ig Toto-5’ êmartévôw Xodç '
ûuäç at xmxutoîç énavôtçsw vôuoç,
‘EŒLÔÎVŒ TOÜ (mam; ëëauôwuévaç.
XOPOE.
"Is-rs ôoixpu xavux‘sç ôÀôptavov
ôkopéwp ôscmô-cqc ,
1:95; Epupo 165a mmbv xs5v63v 'r’ duto'rpoa'ov 3
äyoç o’meoxs'rov xaxuuévmv Xoäv.
KÀÜE ôé pot oéôaç,
nlu’)’, 63 ôéo-r‘or’, èä duaupäç tppavôç3.
hasard, je t’en supplie, mon père. Songe à moi aussi, mon père,
donne-moi d’être plus chaste que ma mère, d’avoirla main moins
audacieuse. Pour mon frère, pour moi, c’est là ce que je te de—
mande. —— Contre nos ennemis suscite, ô mon père, un vengeur
de ta mort, les représailles où le sang expie le sang... Paroles de
haine, sombres imprécations mêlées àma prière! ah ! qu‘elle re—
tombe sur leur tête, la lugubre malédiction. Réserve—nous toutes
sortes de biens sur la terre, avec l’aide des dieux, de la Terre,
de la Justice qui fait triompher. Voilà les vœux que je fais en
t’offrant ces libations. — (Elle se tourne vers le Chœur.) A vous
maintenant d‘éclater en gémissements, en entonnant le péan des
morts.
LE CHOEUR (devant le tombeau). Pleurez, vous, pleurez à san—
glots; vos lamentations éperdues, criez-les vers ce boulevard
contre le malheur; que des têtes innocentes il détournela souil—
lure maudite. Pleurez pendant qu’on verse les libations. —
Écoute, majesté, entends-moi, mon maître, du milieu des ténè—
LES CllOÉPHORES. IS. :0 or

110‘1 où 1171-381 1101), 1101150 ' et toi, écoute moi. mon père,
60’; TE 1.101 0161?) et donne à moi-même
yevs'oôou noh‘) cwtppovsats'pq 'd’ tre beaucoup plus chaste
enrpôç, que ma mère,
sücsô’sarépq TE Xs'ipot. et plus pieuse quant au bras.
'Hpft'v uèv Toioôs eôxoiç' Pour nous d’une part ces vœux;
kéyw 5è d’autre part je dis (je demande)
nyo‘wpo'v cou, noirs-2p, un vengeur de toi, père,
çavfivai ro'i'ç évavriotç, se-montrer à nos ennemis,
xal roi); xravév‘ra; et ceux ayant tué,
61v1111011901ve'1'v, mourir à leur tour,
61111111 . châtiment. .

T161101 mina Je place cela


iv népet dpäç mxñç, en part de malédiction funeste,
'Aéyovaa ustvozç disant pour ceux—ci
rñvôs ‘n‘w âpàv xaxñv' cette malédiction funeste;
'1'061 61!. 11011116; ñuïv diva) mais sois envoyeur à nous en-haut
15w £067.61), - des choses bonnes,
GIN Geoia': avec les dieux
110.1 Ff; et la terre
mi Aixn vixntpäpop. et la Justice qui donne-la—victoire.
’Emmrévôw 101062 X001; Je verse ces libations
è'rri 'rom't'oôs eûxaïç ' en-vùe-de tels vœux;
voue; ôè d‘autre part loi est
ùnäç ênaveiëew vous les orner (accompagner)
xwxuroî; de gémissements
ëâmuôwuéva; en chantant-à-haute—voix
naiäva Toü 001v0'v10g. le péan (l'hymne) du mort. [more
XOPOZ. "I515 60111126 navax‘sç LE CHOEUR. Versez unelarme so—
67.6usvov ôecnro'tq ôkouévop tombant pour un maître tombé
Xoäv xsxuuévwv des libations ayant été répandues
npôç 10'65 Ê'puua xaxc'ôv sur ce boulevard de maux
o’um'rpono'v 1s xeôvôäv et qui-détourne des bons
diyo; âneüxerov. une souillure détestable. [tion,
K7162 6é p.01, 015601;, Et écoute moi, objet-de-vénéra
117.152, (Ï) 6é0110101, écoute, ô maître,
£11 çppsvôç de ton esprit [plongé).
duaupäç. ténébreux (des ténèbres où tu es
296
XOHlî'JOPOI.
I
:Ororororororoï.
,1100 11g 60000696; &vfip
avaÀur'Ïjp ôôuwv, ‘
21111391]; 6’ 61’ év Xspoîv rrotÀtv'rova
év epycp péÂ'fî ’rmro'zÀÀwv 'Apnç 1
axsôto’t 1’ 00516xm110 mum ättp .
i ‘ y HAEKTPA.
Exet uav 1,61] yon-16100; Xoàç 110:11’10 '
vaou 66 0.15600 1066s xowwwjawra,
, y XOPOE.
Asyorç av ' ÔPXEÎTŒL 6è xocpôtot cpéôtp.
‘ HAEKTPA.
Opc'ô TOfAOtÏOV 16v6s Qôarpoxov Tdtpcp.
XOPOE.
Ttvoç 1101’ 60:606.; QocôuÇoSvoo xépnç;
HAEKTPA.
Eüëüuôokov 166’ êo'ri muni ôoëo’caat.
XOPOZ.
HG); 013v naÀatà impôt vew'rs'pocç 0.61900 ;
HAEKTPA. ' '
Oi'm 601w 6011; 160v 50w xstpou'rô vw.
XOPOE.
Exepo‘t yùp oi; apoañxe nsvôîjoou Tptxt.
HAEKTPA.
Kai u-‘r‘v 6'6’ èarl xctp-c’ lôeîv ôuo'mapoç

bres où ton âme est plongée. Ah! ah! grands dieux! grands
dieux! quelle lance héroïque, quel vaillant se fera,le libérateur
de cette maison? Qui viendra comme l'Arès Scythe,au bras armé
de l’arc qui se bande dans la mêlée, ou du fer à combattre de
près, qui se prend à la poignée?
ELECTRE. Il les a maintenant, mon père, ces libations bues par
la terre. — Mais une chose étrange... écoutez.
LE CHOEUR. Dis vite. —— Tout mon cœur en tressaille d’émoi.
ELECTHE. Oui, des cheveux coupés, ici surle tombeau.
LEÿCHOEUR. D’un homme? ou d’une vierge à la large cein—
ture .
ÉLECTRE. La chose à deviner est pourtant bien facile.
LE CHOEUR. A plus jeune que moi je devrai donc m'instruire.
ELECTRE. Des cheveux au roi mort !' seule ici j’ai ce droit.
LE CHOEUR. D’autres l’auraient aussi, s’ils n’étaient ennemis.
ÉLECTR E. Et puis, à s’y méprendre, ils sont en tout pareils...
LES CHOÉPHORES. ‘297
0101010101010'1'. Hélas! ah! ah!
"l'rw 11g âvñp ' Vienne un homme
ôopuceevñ; puissant-par—la—lance
âvalmrhp ôäpmv, libérateur de cette maison,
dira TE "A911; 2111501); et comme l’Arès scythe
ém-rroDCAwv év Xepo'iv brandissant avec les mains
ëv 59w dans l’action [en-arrière
BÉM italivrova des traits lancés-par—l’arc-tendu
vœpô'w TE ëitpn et maniant des épées
0Xé5101 tenues-à—la-main,
011310'x101101. tenues—par—la poignée.
HAEKTPA. How-hp ELECTHE. Mon père
’s'xet pèv i551; a d’une part maintenant
Xoà; yano’rouç' les libations que-boit-la-terre;
xotvwvñoare ôè d’autre part ayez-part-à (écoutez)
roûôe vsoü püeou. ce nouveau discours. (parle);
XOPOÈ. AÉYOI; av ' LE CHOEUR. Tu pourrais-parler
napôia ôè ôpxeï'rat ço’ôtp. d’ailleurs mon cœur danse de peur.
HAEKTPA. 'Opc'ô ELECTRE. Je vois
10v5e Bo'a‘rpuxov. cette boucle-de—cheveux
101101'iov 1011019. coupée pour le tombeau.
XOPOX. T1'v0; norè dvôpàç LE CHŒUR.De quelhomme donc
9‘; “0'971; on de quelle jeune-fille
BaGuÇu’wou; au-sein—profond ?
HAEKTPA. To'ôa E011 ELECTRE. Cela est
eûëüuôohov 110v11 505010011. facile à tout le monde à deviner.
XOPOZ. HG); 05v LE CHOEUR. Comment donc
Milouin ' moi vieille
1102610 impôt vewrepo’rç; j’apprendrai d’une plus jeune ‘.’
HAEKTPA. Oüx ’Éonv ELECTRE. Il n’en est pas
rüv ëaw ô'trriç de ceux dans-l’intérieur qui
xez’parrä vw. se soit coupé elle (cette boucle).
XOPOX. oîç Yo‘tp LE CHŒUR. Car cette: auxquels
npoañxs il appartenait [chevelure
neveñom 'rptx‘t de témoigner-leur-deuil par leur
éxôpot’. sont ses ennemis.
HAEKTPA. Kart pr‘jv ÉLECTRE. Et certes
ô'ôs éo‘rl xaip'ra. ôpo'm'spoç I celle-ci est tout-à-fait semblable
iôsi‘v à voir
298 XOHCIJOPOI.

XOPOE.
aoiazç éeatpatç; TOUT!) yo‘zp 69a» paesîv.
HAEKTPA.
Aù'ro’tow Wm ‘ xdpm npoccpep'qç tôaîv.
XOPOZ.
MG»: 05v ’Opéaroo xpôäôa ôŒpov {I 1659.;
HAEKTPA.
Mo’thw‘r’ ëxstvou Bompüxozç Movement.
XOPOX.
Kart m‘ôç éxsïvoç ôaüp’ ÉTÔÀH’QGEV pohaîv;
HAEKTPA.
'Enapuÿe Xatrqv uouptwjv Xdpw mrpo'ç.
XOPOÈ.
06x ñoaov sûôo’zxurpd pou Àéyetç “cows,
et Tñoôe Xépaç [.L‘I'ÏEOTE «lambda noôt.
HAEKTPA.
Kàuo‘mpooéam napôiow nÀoôdmov
XoÀ-îjç, èmtaeqv ô’ Cog ôtav‘rattp BÉÂEL '
ÉE ôppdrœv 5è ôinpwt rrtmouct you
mayo'vsg äppamon Sow/(($00 nhnppuptôoç,
nhéuapov tôoüo'fl 16%.; ° 1rd); yàp Harlow
darûv 'rw’ äkkov 'tñaôa ôsanéçsw cpéôqç;
’AM’ oùô‘e pfiv vw ñ xmvoüo’ énetpœro,
épcr'] YE Mmp, oùôapfliç 5’ ènuävuuov
cppo'vnpa muet ôùaesov nempévq.

LE CHOEUR. A ceux de qui? voilà ce que je veux savoir.


ELECTRE. Aux miens. Assurément on n’est pas plus semblable.
LE CHŒUII. Ce serait donc d’Oreste une offrande secret!
ELECTRE. Oui certes, ce sont là les cheveux de mon frère.
LE CHŒUR. Mais venir jusqu'ici, comment l’eût-il osé ?
ELECTRE. Peut-être un souvenir à son père envoyé.
LE CHOEUR. Autre supposition non moins triste pour moi, si sur
cette terre il ne doit plus jamais mettre le pied!
ÉLECTRE. A moi, il m’en monte comme un flot de tristesse. Oui,
le coup a porté, profondément porté. De mes yeux elles tom—
bent inépuisables, mes larmes,torrent irrésistible à la vue de ces
cheveux. Que cette boucle en effet soit à quelque autre Argien
qu’Oreste, c’est peu probable. Ce n’est pas elle non plus qui se
la serait coupée, celle qui a tué Agamemnon, ma mère, si peu
digne de ce nom par les sentiments dénaturés qu’elle nourrit
LES CHOEPHORES. i 299

XOPOE. noiai; éeaipalg; LE CHOEUR. à quelle chevelure?


Oéhœ yap paesi'v 10610. car je désire apprendre. cela. I
HAEKTPA. Kap'ra ÉLECTRE. Tout—à-fait
wpoocpsp-h; i6s'iv semblable à voir
hpiiv a610'i'ow. à nous-mêmes. .
XOPOE. MG» 060 LE CHŒUR. Est-ce-que donc
166% 669m: np666a ceci serait une offrande faite en se
’Opéc-rou; d’Oreste‘? [cret
HAEKTPA. Hpoaei6s1a: ELECTRE. Cela ressemble
{Lake-1a très-fort
Boo-rpifixoi; éxeivou. aux boucles de celui-là.
XOPOE. Kai 1:63; éxe'ivo; LE CHŒUR. Et comment celui—là
£166pnae pols'iv 6%6po ; a-t-il osé venir ici? [veux
HAEKTPA. "E'rrepqae Xainqv ÉLECTRE. Il a envoyé des che—
Xoipw xoupipnv ofl'rande coupée—de—sa-chevelure
1ra1p6;. pour son père. [ses
XOPOE. AÉYELÇ p.0; 10i6s LE CHOEUR. Tu dis à moi ces cho—
06x fio'aov e660'ixp61a, ' non moins déplorables, [pied
'si p.1fiito1a iPai'mez 1106i sijamais il ne doit—toucher de son
171062 Xu'apag. cette terre-ci.
HAEKTPA. Kai x666u'wiov ÉLECTRE. Et un flot
x016: - de bile
npocétrm xapôiav %p.0i, est arrivée au cœur à moi,
énalcenv 6% d); Bélier et j’ai été frappée comme d’un trait
ôlavmiq) ' qui-p0rce-dc-part-en-part ;
waydvs; 6% Biquet et des gouttes altérées (abondantes)
ätppamot non-gardées
nhnnuuplôoç 6ucxipou d’un débordement orageux
* ntmoww êâ ôppo’t‘rœv tombent des yeux
[1.01 {50601) 16v6e nhônanov ' à moi voyant cette boucle; [turcr
1163; yap élrrrio'w ‘ car comment pourrais-je—conjec
ma 600mm quelqu’un des autres
tic-166v habitants—de-la—ville [lure?
ôamro'ësw Tñaôa tpo'ônç; être-le-possesseur de cette cheve
’AiOia 066% [Lùv . Mais ni certes
'i] ~1.1av060'a celle qui a tué Agamemnon
éxsipa'ro' vw, ne se serait coupé elle (cette
5M Ye MW. ma mère certes, [boucle),
nenapévn 6% waioi mais possédant pour'ses enfants
300
) " X0 H (I) 0 P0 I.
Eydl 6’ “Mg uèv äv‘ctxpuç 10'15’ alvéow ‘,
'V
sum 10'
6’, dynastie {Let 105 cpuho’nou
mow” Opéa1ou._
001611011011 ô’ im’ éhriôoç.
'Œe‘ü '
,.
21'6’ ELX5 SWVŸW É'pxppov’ dyyékou ôixqv,
r1
07“!)f a((PPW'HQ 0500i p.91 ’xwvooôpdjv,
51M si? Go’up’ 71v 1ôvô' 01110111130011 11Mxm,
al'nsp y’ o’m’ éxepoü xpom‘zç ñv 151uvjpévoç,
'1’} ËUYYEVÜÇ div sixs auparaveeîv êuot,
évaluer 11511600 10562 mi un?” ‘ 101106;.
Kali trip: 01(601 ye, 8261spov 1511111791011,
tro’o‘av ô'uowt 107:; 1’ énotow éu'papa'tç.
Kai. yàp ôé' éo1ôv 1038€ nsptypagoàiuoôo’tv,

aù1oü 1’ Éxstvov ml. auvsunôpoo 1tvôç.

mâpvat 9 1svo'v1wv 6’ ùaoyparpal ampoéusvai

pour ses enfants. — Et d’autre part puis-je assurer que ce soit


une offrande de mon cher Oi'este ? — Cependant j‘ai comme un
tressaillement d’espoir. —— Ah! s’ils pouvaient parler ces che
veux, ainsi qu'un homme qu’on vous envoie, comme je les béni
rais de calmer mes angoisses et mes perplexités! Je sauraisà
quoi m’en tenir sur cette boucle. Coupée sur la tête d’un enne
mi, je la repousserais; mais si elle venait de mon frère, bien
vite je l’associeraisà ma douleur. Ce serait une offrande surcette
tombe, un souvenir pour mon père. —— Mais voici d’autres indi—
ces encore. Dcs piedsmarqués sur le sable, des pieds semblables
aux miens. — Ils étaient deux, la trace est double. — Voilà les
pas du premier, puis ceux de son compagnon . . . . . . . . . .
Mêmes talons, mêmes empreintes des doigts, même mesure, c’est
LES CHOÉPHORES. 301
çpo’vnua ôüaesov un sentiment impie [mère.
01360111113; êmbwyov. nullement conforme—au-nom de
’Eyda ô‘e Pour moije ne sais
ô'moç nèv comment d'une part
aivéoœ tdôe &vrtupuç, j’affirmerai cela ouvertement,
106s 0‘1ylo'1'1‘01101 sivou cet ornement être [tels,
roi) 101711011011 pot fipotôv du plus cher pour moi des mor
'Opéarou, — d'Oreste, ——
caivouou ôè mais je suis caressée
ûnô 901160;. par l'espérance.
(Psi? - Hélas! [cle) eût
aies six; plut-aux dieux-qu’elle (cette bou
tpww‘qv ëwppova une voix intelligente
ôixnv &wélou,
à la manière d’un messager,
61:00; [1.7) èxwuaeo'pmv afin que je ne balançasse pas
06001 611ppov-rlg, étant partagée - entre-deux-pcn
:ma ñv mais qu’il fût-possible (secs,
:6 001001
bien nettement
ñ 61110111150011 10'v6s 1171611011, ou de rejeter cette boucle,
s'i'rrsp ye ñv Tetpnpévoç
si-certes elle avait été coupée
151116 1100116; ixfipou, d’une tête ennemie,
ñ ôv Euwévns ou qu’étant consaguine (d’un frère)
sixe o-uurcevôsïv £11.01, elle eût à s’aftliger-avec moi,
127017.110:
chose qui serait un ornement
1066a 115116011
de ce tombeau
' xai rtuùv mxrpo'ç.
et un hommage de (à) mon père.
Kai nñv
Et en-outre
artôoi ye 11066111, des traces certes de pieds,
651511001! 151110601011, deuxième preuve,
611.0101 Éwpepeîç 1e semblables et pareils
roi; éuoi'o'w. aux miens.
K01 7510 11565 11201700119151 11060111 Et en efl'et ces contours des pieds
écrou 61'10 , sont dcux (double),
éxsfvou 1e 01151013 et de celui-là même
1101111110; 01111511110001). et d’un compagnon-de-voyage.

mépvou les talons


Ôuoypaupai te 11.511101511211011 et les dessins mesurés
302 XOHŒOPOI.
é; 100310 O‘UlLÔOClVOUGL 'roîç èuoîç arlôotç.
’Ho'cpeon 8’ o’aôlç mi cppzvzbv mmcpeopd.
AM’ slôômç uèv 101‘); Oeoùç xakoüysea,
oïoww èv Xsnpaan vau-rtkwv Slurp
o'rpoôoôpœô’ ' et 8% X991 TUXEÏV Gw‘mptaç
outxpoü «révon’ &v onépnaroç uévaç MOMV.
OPEETHZ.
Eù'xou To‘c Àomà, Toïç eeoîç TeÀsocpôpOUÇ
sûxàç êmyyéMouoa, Tuyxo’wsw mÀùç.
HAEKTPA.
’Eîral 1l vüv ê’xau ôanuo’vœv xupc‘ô;
_ OPEXTHZ.
Et; ô'nlnv ñxeuç (Swap 1 éänôxou 1101M“.
HAEKTPA.
Kal riva aévoweé pou xaÀouuévn Bpo‘rôv ;
OPEXTHZ.
EÛVorô’ ’Opéo'r'qv WORM a’ Émrocykovuévnv.
HAEKTPA.
Kai 1:90; 1i 8-7110: Tuyxo'ww uareuyudrwv ;
OPEETHE.
"06' stut ' M nolTsU’ éuoü uänov rpiÂov.
“ HAEKTPA. ’
’AM' 1'] ôo’Àov 1w’, L5 Eév’, &ucpl pou nÀéxezç;
OPEZTHZ.
Aûroç mô’ afnoü Täpoc Wixavoppuçü.

tout àl‘ait mon pied. Grands dieux, quelle angoisse! mes sens m’a
bandonncnt. —-Du moins à ceux qui sont dans le secret, aux dieux
ayons recours au milieu des orages où, pauvres nautoniers, nous
sommes ballottés, et si nous devons aborder au port, puisse de
ce faible germe sortir un arbre aux profondes racines!
ORESTE (se montrant). Souhaite qu’en toutes choses, propicesà
tes prières, les dieux t’exaucent aussi bien.
ELECTRE. De quoi jusqu’à présent leur dois—je savoir gré?
ORESTE. Vois ceux que si longtemps apPela ton désir.
ELEGTRE. Qui donc ai-je appelé? qui, voyons, le sais-tuz
ORESTE. Je sais que tout ton rêve est de revoir 0reste.
ELEGTRE. Eh bien! en quoiles dieux m'auraient-ils exaucée?
ORESTE. Oreste, mais c’est moi, ton ami le plus sûr.
ÉLECTRE. Est-ce un leurre, étranger, où tu me voudrais
rendre ?
ORESTE. Dans mes propres filets chercherais—je à me prendre?
LES CHOÉPHORES. 303
Tsvo'vrwv des tendons [mesure
aupficu'vouow é; 'rà (161:6 se-rencontrent dans la même
10'1'; épo'f; 0'11'6015. que mes traces.
'Q5l; 5%110'1950'11 Et une violente-angoisse m’arrive
11011 11011010601101 (ppsvôôv. ainsi—que la perte de l’esprit.
’AMà 11000011100 11%v Mais nous invoquons d’une part
105; 6001‘); ei50'101;, les dieux qui savent la vérité,
év 0‘1'0101v Xsipfbat afin qu’ils voient dans quelles
mpoôoéysea nous tournoyons [tempêtes
ôlxnv vavrûwv ' à la manière de nautoniers;
si 5% Xpñ mais s’il faut
Tuxsîv awrnpia; nous obtenir le salut,
péya; 11u9111‘1v, une grande racine
yév0110 6‘1v aptxpoü GEÉPWITOÇ. naîtrait d‘un petit germe.
OPEETHE. Eüxou, ORESTE. Demande-par-des vœux,
énawénouca 101'; 0501'; adressant aux dieux
Eüxà; Telsmpo’poug, des vœux qui-s’accomplissent,
rà M11151 ruvxoivew le reste se-rencontrer (arriver)
110116;. bien. [tenant
HAEKTPA. ’E-rcs‘1 ri v\'3v ÉLECTRE. Car quelle chose main
uupû‘) È'xom 5011po'vwv ; obtiens—je par lavolonté des dieux?
OPEZTHZ. "Huez; at; 64m ORESTE. Tu es venue à la vue
(Swap de ceua: dla vue desquels [venir.
Èinüxou 11017011. tu souhaitais depuis-longtemps
HAEKTPA. K01‘1 riva Bporc‘bv ÉLECTRE. Et qui des mortels
015v01060'1 1101 1101106111.]; sais-tu moi appelant?
OPEETHE. 215v0150'1 as ORESTE. Je sais toi [0reste.
émmyloupévnv 1mm ’Opéa‘mv. désirant—ardemment beaucoup
HAEKTPA. K01‘1 1100; ri ôñm ELEGTRE. Et en quoi donc
wyxo'wœ mrsuypo’zrwv; obtiens-je mes vœux ? '
OPEzTHz. E1111 6'55 ORESTEJG suis celui-lù(0reste);
pi) [1011502 ne cherche pas
pé‘OJmv 191'l\ov £1106. de plus ami que moi.- [ger,
HAEKTPA. 'Amz ñ, a. gm, ELECTREMais est-ce—que,ô étran
nléxa; 11vo‘1 56710v tu tresses quelque ruse
WP! 1101; autour de moi?
Q
OPEETHZ. A615; 101 &pa ORESTE. Moi-même donc certes
unxavoppwü j’ourdis-des-ruses
uarà otùroû contre moi—même.
XQHŒOPOL
HAEKTPA.
3M
' nauotan rot; èuoïç yelxäv 95mg
,An‘ à) OPEÊTHE.

' _ rip a , eurep


" é ou; v ëv ye 'roïcn cor;
Kay 1mg P. HAEKTPA.

‘ o'v1’ ’Opéo'mv 1&5; Àéyw ce WPOUWémW 1 ;


Q; OPEETH);
Aûrèv pèv 05v ôpüea ôuopaeaï; èps,
mow}; d5zhp0f) oôppsrpov 1g, 04‘» xo’cpa.
Kovpày 8’ tôoüaot 'rv'jvôa andalou 191.;(0;
0515111590661]; xa’tôo'xstç ôpô‘w èpè,
ixvoaxonfoüao't 1’ èv artôom TOT; épo'ig.
Euédiou 10% 1190062100 Bo'o'rpvxov 191X6; -
£500 a’ 600000 10510, 0'71; 597” xspôç,
mow-,1; T; qrkqyéz; é'atôe, evjpstov yparpñv E".
‘Ev5ov ysvoü, Xapôt ôè [Ici] ’xnlayÿjç (ppévaç'
Toù; cptkcä'rovç yàp oiôat vd’w ô'v-raç mxpoüg.
HAEKTPA.
~“Q 1spnv5v dupa, réadapocç [Lotpotç Ëxov
êpot ' apooowôäv 51’] a’ dvaymiwç ëxm
ara'répoc 1e, xat 15 M1954 êç aé [un péiran

ÉLECTRE. Peut-être as-tu voulu te jouer de mes larmes? ‘


ORESTE. En raillant ta douleur, je raillerais la mienne.
ELECTRE. Ainsi c’est bien 0reste, Oreste qui parle ainsi!
ORESTE.0ui ,moi—même, là, devant toi.Mais tu n'en veuxpas croire
tesyeux,malgré ces cheveuxsisemblablesauxtiens.Ettoulàl’heure
pourtant, à la vue de cette boucle, gage de ma douleur,ton imagi—
nation apris son vol tu ne doutais plus que je ne fusse près de
toi. Eh bien, vois cette place nue, ajustes-y la boucle. Etcevéte—
ment, regarde—le, c’est l’œuvre de tes mains. Voici les coups de ,
la spathe, voici les animaux sauvages que tu y as brodés. Con—
tiens-toi‘cependant, pas de transports indiscrets! No‘s parents les
plus proches, je le sais, ne nous veulent pas de bien.
ELECTRE. O charme de mes yeux, quatre fois tu m’es cher Tu
me tiens lieu de tout, et de mon père, car c‘est là un titre qu’il
LES CHOEI’HORES. 305
HAEKTPA. 'And Géku; ysMiv ÉLECTRE. Mais tu veux rire
Ev 101'; ëuoî; xaxoïm. aux-dépens-de mes maux.
OPEÊTHX. Kal ORESTE. Et
év 10'1'; 15.1.10'1‘; &poz, aux-dépens-des miens donc,
sï'rrsp ê'v ye 10'1'0'1 00'1';. si certes je riais aux-dépens-des
HAEKTPA. Aéyœ ELECTRE. Dois-je dire . [tiens.
os Trpouwéwew 1616: toi dire cela
d); ô'vra ’Opéornv; comme étant Oreste?
OPEZTHE. ‘Opôôaa uèv ‘oÜv ORESTE. Voyant donc
aûràv moi-même
ëpè Buauaôsïg, tu me reconnais-avec-peine,
xa'pa àôahpoü voyant la tête du frère
0011.117]; de toi—même
aüuperpov réf: 06€). de-même—mesure—que la tienne.
Iôoüaa ô‘s Et en voyant
rñvôa uoupàv cette boucle-coupée lueur-funèbre)
TptXÔg 11165601) d‘une chevelure funéraire (hon—
hem-591661]; tu t’es envolée (emportée)
ml éôo’xstç ôpäv épè,I}
îxvoaxono'üooî 15 et tu croyais voir moi,
et examinant—la—piste
Èv 10?; £11.03; 01160101. dans mes traces.
Zzé1p1x1 11000021001 Examine en appliquant
me?) 'à la coupure (à la place d’où ils
Bo’atpuxov 'rplxo'ç' Iaboucle de cheveux; [sont coupés)
îôoi‘z ôè 10610 {5001111114, et vois cé'tissu, '
gPYW 07']; X5965, ouvrage de ta main, [vette,
ê’aiôé 1s 117vqyd1; ano'zô'qç, et considère les coups de la na—
ypacpfiv ôñpewv. broderie de—bêtes-sauvages.
I‘svoü è'vôov, Sois cn-toi-même (contiens—toi),
psi; 5è êmflayñ; xapé'z et ne sois pas transportée de joie
tppévaç' quant à l’esprit;
oîôa yàp car je sais -
10-5; 011101101); nos plus chers (nos plus proches
ô'vw; mzpoüç vÇN. étant ennemis à nous deux.
HAEKTPA. “’9 61111.01 1ep11v0v. » ÉLECTRE. 0 vue agréable,
ëxov âpo‘i réccapa; imipaç' ayant pour moi quatre parts :
'S'Xw 51’) ùvayxaiwç jc suis certes dans-la—nécessité
npoaauôäv 01 d'appeler toi
110115901 TE, et père,
MORCEAUX CH. D’ESCHYLE; 90
3
06 XOHŒOPOI.
“TÉP‘MÛPW ñ i} 6‘s 110026610); èxeaîpe'cat ~—
mi 191; 1002101]; v-qliso'aç ôyoanôpou '
“Mb; 5' dôENPÔç fiae’ éuoi aéäocç (pépwv
’9 gotÂ-m'rov uÉÀ'quoc 60300100! naTpÔÇ,
Ôaxpu-rbç Élmlç onépparoç aw'rfipioç,
älxxîj 112110166); 660’ o’wamfiœn m1969
Môvov Kpo'woç 11 mi Aim] 06v 1d,": 1911'"?
no’wrwv usyiaup Z-qvl. auyyévowo WIN.
OPEZTHE.
ZED Zsü, Ûswpôç 163v6a rrpocyuo't'rwv yevoü '
i600 6‘s yévvow sôvw âa'roü waîpôç,
Gavo'v-roç év nÀsxmïcr mi. anup’o'zyocaw
ôsw'îjç èxtôvnç' TOÙÇ 6’ &mopçavwuévouç
vña'nç méÇst Àtuôç ' où yàp èv-rsltñç
eñpow ira'rpq’mw rrpoagoépsw axnwjptaaw.
06100 6‘s xo'zpi: 11’;v6e 1’, ’HÀén-rpav Àéyw,
tôeîv wdpsatt son, vra‘cpoa'cspñ yôvov,
äucpw 4 cpuyñv Ë'Xov—rs 191v aürfiv 660w.

me faut bien maintenant te donner, 'et de ma mère, tout l'amour


que je lui devais se concentre en toi; elle, je la hais, et c'est
tropjuste; de celle enfin qui fut si impitoyablement sacrifiée, de
notre sœur. N'es-tu pas de plus mon frère, un frère dévoué qui
me vient rendre mon rang? 0 toi, l‘amour, la préoccupation de
la maison de ton père, l’espoir si amèrement pleuré de voir
refleurir notre fortune, grâce à ton grand cœur, au foyer de tes
aïeux tu rentreras en maître. Pourvu seulement que la Force.
que la Justice, que Zeus enfin, le plus puissant des dieux, soient
avec nous! '
ORESTE. Zeus ! Zeus ! vois ce qui se passe, vois la malheureuse
famille! L’aigle est mort étoufl‘é aux anneaux de la venimeuse
vipère. Les orphelins se débattent contre le jeûne, contre la faim.
impuissants à chasser comme le père pour les besoins de la cou
vée. Ah! sur nous laisse tomber tes regards, sur moi, sur celle
ci, sur Électre. Vois les pauvres enfants sans père, tous deux
exilés du foyer.
LES GHOÉPHORES. 307
11011 11‘: mépmopov 1111100; et la tendresse de (pour) m'a mère
pénal [.101 ë; 01-: retombe à moi sur toi
(1) ôè êxeaipawt (or elle est haïe
navôtxwç) tout-à-fait-justement)
mi 19); 61100-116000 et de ma, sœur
1116:1011; 111111-1171? sacrifiée impitoyablement;
150601 ôè éuô; dôekcpôç, et de-plus tu étais mon frère,
rpépwv é110‘1 0é601;. A apportant à moi le respect.
“Q cpiharov uéknpa O très-cher objet-de-mes-soucis
ôtbnam 001100;, dans la maison de mon père,
Hart; ôaxputô; awnfipto; espoir pleuré salutaire (du salut)
011épp.0110;, de notre race,
1151101611); 61711171 confiant dans ta force père.
611101110021 61111101 001100;. tu recouvreras la maison de ton
Mcivov Kpo'110; '11-: Que seulement et la Force
nui Aixn et la Justice
aùv Tq'ü 1p1'11p avec le troisième
Z'qvl peyionp no’wrœv Zens le plus grand de tous
O'UY'YÉVOLTO viÿv. soit (soient)-avec nous-deux.
OPEETHX. ZEÜ, ZEÜ, ORESTE. Zeus, Zeus,
ysvoü esœpàç Tc'bvôs npaypoi‘rœv sois témoin de ces choses-ci :
iôoü 8è yéwow et vois une race
11611111 demi) 110100;, orpheline de l’aigle son père,
enduro; ëv nksxmïai mort dans les nœuds
11011 01151001110101 et les replis
611117]; €X1'6w;;' d’une terrible vipère;
X11115; 01 1171011; et une faim qui-fait-jeûner
méÇst presse
roi); änwptpavwuévou; ' ceux qui sont-restés—orphelins;
06 yàp car cette race n’est pas
évrela); capable »
npomps’pew axnwfipamv d’apporter dans le nid [le père).
Oñpav narpq'mv. la chasse paternelle (qu’apportait
Aéyw 61‘; 015110 Or je dis (désigne) ainsi
.xai èuè nfivôe 1e, 'Hkéx‘rpow, et moi et celle-ci Electre,
mipscri 001 165'1'11, il est-possible à toi de nous voir,
70'11011 1101100012051, race privée-d’un-père
€X0v1e 6111010 ayant tous-deux
rhv 011519;» (puyùv ôo'pwv. le même exil hors de la maison.
308 XOHŒOPOI.
HAEKTPA.
Kali. 'roü Oumpoç mi os Ttuûv'roç [Leva
roc-:96; vsocooùç roüaô’ &nopôstpocç, néôev
é’äetç ôptotaç Xatpôç süôowov vépaç;
OÛ'T’ oie-roi} yévsOÀ’ ânocpeeipaç, m’iÀw
népnrew è’xouç &v a!) [toc—17’ admet] ÿporoïg‘
oü't’ âpxtxôç oomäç ô'ô’ aüavôeiç aven-hi;
Bwooïç dpfiëst Boueü‘conç êv ñpaaw.
Ko'pLtÇ' o’mô opmpoü 8’ 61v ôtpawzç uéyav
vôptov, ôoxoüv'coc xo’zp‘roc vt‘w nsmwxévcct.

II. LES ENFANTS D’AGAMEMNON CONCERTENT


LA VENGEANCE.
(Vers 479-584.)

OPEZTHE.
l'Io’t'rsp, 'rpô'irotow of: Topavvtxoîç Oavdw,
alroupéwp nov. ôôç xpo’c‘roç 163v od’w ôôpwv.
HAEKTPA.
Kâyda, mic-rap, Tow'cvôe aou xpatow ëxw,
cpuys'iv [.Léyow npoaesïoav Atytoôq) <1rôvov> 4.
OPEETHZ.
Oü‘rœ ya‘zp ô'w 00:. 3am; ëwopm Bporav 2

ÉLECTRE. Si de celui qui sacrifiait à tes autels, qui t’honorait


avec tant de rmagnificence, si de ce père tu laisses périr les
petits, de quelle main, prodigue comme la sienne, recevras-tu
désormais les pompeuses ofl'randes ? Et les aiglons une fois par
toi livrés à la ruine, quels messagers chargeras—tu de signifier
tes volontés à la foi des mortels? L’arbre séché jusque dans sa
racine, plus d’onibrage pour l‘autel aux jours des hécatombes!
Oui, sois notre soutien, et, de si bas, relève le prestige de cette
maison qu’on dirait tombée àjamais.

ll
ORESTE. Mon père, tu n’as pas eu la mort d’un roi, fais au '
moins que je rentre en maître dans ta maison.
ÉLECTRE. A moi aussi, mon père, il me faut ton appui, pour
me sauver, et frapper le grand coup sur Égisthe.
ORESTE. Ainsi pour toi, parmi les hommes, se relèveront les
LES CHOEPHORES. 309
HAEKTPA. Kai d11101pOstpo1; ÉLECTRE. Et ayant détruit
1015055 v500005; 11011p5;} ces poussins d’un père
103 Ourñpoç le sacrificateur
1101i 111113v16; ce pe'ya, et honorant toi grandement,
110'05v Eau; d’-où auras-tu
x5105; 5110(01; d’une main semblable
75pm; 56601v0v; une ofl‘rande de—splendide-t‘estin 7
Otite ânotpest’paç Ni ayant détruit
yévsO‘Aœ de'roü, les rejetons de l‘aigle, [veau
ëXoiç äv préparant Troll“! tu ne pourrais-envoyer de-nou
Bporoïç aux mortels
d'épurer aümeñ ' des signes persuasifs;
0615 6'85 mepùv àpxtuôç ni cette racine royale
aüavOstç 11171; 001 desséchée tout-entière par toi
0'1p1'1F,51 [impo'ig ne sera-utile à tes autels [hemis
5v fipam Bouôt’arotç. dans les jours où on-immole-des
Ko'pttje, Aie-soin de nous,
äpsta; 6è [Léycw 50'p.0v et tu relèverais une grande maison
titré aptxpoü, de petite qu’elle est aujourd’hui,
ôoxoüvm vüv qui paraît maintenant
nemwxévm xo'zpra. être tombée tout-à-fait.

II. LES ENFANTS D’AGAMEMNON CONCERTENT


LA VENGEANCE.

OPEETHE. l'Ioï'rsp, ORESTE. Mon père,


eavùv toi qui es mort
rpo'rroww 06 mpawvmo'iç, de manières non royales.
50'; p.01 01i1oupév1p donne à moi le demandant
xpo'11o; 113v 061v 5épwv. la maîtrise de ta maison.
HAEKTPA. Kai éyc‘o, mirap, ÉLECTRE. Et moi, père,
Exw rotdvôa xpsi'ow o‘ou j'ai un tel besoin de toi
tpuya'fv pour fuir la souffrance
1190095'1'001v Atyioecp en appliquant à Égisthe
uéyav 'nro'vov. une grande souffrance.
OPEETHE. 01'5110 “yo‘zp ORESTE. Car de-cette-façon
501'1'15; Evvopm Bpou‘ôv des repas consacrés des mortels
xrLÇolatro &v 001' seraient fondés pour toi ;
310
XOHŒOPOI.
“Tlïotar’ ~ si 3 È ytñ, 1019’ 12665611101; £021
anime èmpo Lai. xvwœ‘roïç xeovo'ç.
0K,mm‘ X061; con 77}; HAEKTPA.
ëpÿjç myxknpiaç
n'a'cptpœv éx ôépmv yawjMouç °
' 11'env-nov ô;L npœ‘rov
~ Tovôs
, 11950651300) 10’11POV.
,Q at, ä _ OPI’EETHE.
Y a vs; 110111011ép énomsfiam 1101x1111.
.9 He , ‘HA’EK'l‘PA.
paecpowaoz, 80; 6 £11- eû’popçov xpd—roç.
Mé V. A " QPEZTHZ.
p qao ou1pwv on; êvoocptae'qç, m2159.
Mé ‘ , HAEKTPA.
wqao ô àpoiôlrqa'rpov (î; 0’ éxaivwav
OPEZTHE.
néôouç &Xakxeürouç 39’ fipéenç, mi'rsp,
_ _ HAEKTPA.
muxpm; TE BovÀsu-roîaw èv xaküppaaw.
y ’ OPEXTHE.
Ap Èësystpsz 107305’ o'vatôscw, 1101129;
HAEKTPA.
’Ap’ o'pebv ai'pa; gotÂ-ra'rov Tb 00v xépa;
‘ OPEETHE.
’H101 ôtx'qv (une coupaxov cptÀonç
HAEKTPA.
'ñ Tàç ôpotaç <0161‘0;> 6011660; M6511),

banquets ordinaires aux morts. Sinon, au jour des solennels


festins, tu resteras sans honneurs au milieu des sacrifices somp—
tueux, tout ruisselants de graisse pour ceux qui dorment sous la
terre.
ÉLECTRE. Et moi, pour ofl‘rande, le jour de mes noces, de la
maison paternelle j’upporterai tout mon bien. Avant tout, c‘est à
ta tombe que j’adresserai mes hommages.
OBESTE. Terre, laisse mon père assister à la lutte.
ELECTRE. Donne-nous, Perséphonè, une force invincible.
ORESTE. Ce bain où tu péris, souviens—t‘en, ô mon père. '
ÉLECTRE. Souviens—toi du filet, piège inventé pourtoi!
ORESTE. Si dans les fers encore ils t’avaient enchaîné!
ÉLECTRE. Quelle honte, un tissu l ce fut là tout le piège.
ORESTE. 0 père, éveille—toi, songe à l’ignominie!
ÉLECTRE. Lève de ce tombeau, lève ta noble tête.
ORESTE. Vienne la justice en'aide à tes enfants!
ELECTRE. Donne à tes défenseurs de prendre la revanche.
LES CHOEPHORES. 3H
et 6% psi], sinon,
Eau d'une; tu seras sans—honneurs
napo‘i ép'rrupo'ioi au milieu de sacrifices
s66si1wou; de-splendides—repas [brûlée
xviouno'i; remplis-de-l’odeur-de-graisse
xeovo'ç. de la terre.
HAEKTPA. Kai éyd) ÉLECTRE. Et moi
ciao) 001. j’apporterai à toi
éx 6o'p.wv 110110030»! des demeures paternelles
106; yapnkiou; les libations nuptiales
17]; épi]; nayxknpiaç' de mon héritage—entier;
npeaäeéaw 6% npänov naïvrœv et j’honorerai le premier de tous
16v6a 10i<pov. ce tombeau-ci.
OPEZTHZ. TO ya'ia,
ORESTE. 0 terre.
dive; poi narépa lâche-moi mon père
éiromei'wai poixnv. pour lui veiller—sur le combat.
I-IAEKTPA. “'Q Hspoérpacca, ELECTRE. 0 Perséphonè,
60'; 6% lim et donne moi en-outre
xpoi1o; siipopnpov. la victoire aux-belles-formes.
OPEETHZ. Hoirsp, ps'pvnco ORESTE. Père, souviens-toi
Âou'rpû‘w 0i; des bains par lesquels
- évoatploenç. tu fus supprimé (tu péris).
HAEKTPA. Mépwlo'o 6% ELECTRE.'Et souviens-toi
ap<pi67mo1p0v
éxaivioo'w ce du filet par lequel [velle
ilst'onttraité—d’une-manière-nou
OPEETHE. 61s ÿpéenç, ndrep, OBESTE.lorsque tu fus pris, père,
11%6al; axa).xe610i;, par des entraves non-d’airain,
HAEKTPA. aio-Xpdii; 1% ÉLECTRE. et honteusement
év xakéunamv fiouksuroïaw. dans des voiles médités.
0PEZTHE."Apa éEeyeipsi, ORESTE. Est-ce-que tu es excité,
noirep, père,
'roïaôs 6vei6eo'iv ; par ces opprobres‘.7 [droite
HAEKTPA, “'Apa aipsi; 6p66v ELECTRE. Est-cc-que tu lèves
16v 06v cpil'rarov xoipa; ta très-chère tête ?
OPEETH2. "H10: tans ôtnnv ORESTE.’ Ou envoie la justice
0'6ppaxov 0601;, alliée à tes amis,
HAEKTPA. l600616.;
ÉLECTRE. ou toi-même
dw1i60; - donne-en-échange
ka6s'iv 1a; 6p.0ia;, de prendre la pareille,
XOHŒJOPOI.

OPEZTHZ.
et’rtep apaT-qôstç 1’ äv‘rwnxÿjaat eouç.
. HAEKTPA.
Kal 1?]05’ äxouaov Àmo‘etou Boñç, notrep -
tôùv veoaooùç 101505’ écp-qpévou; totçpcp,
ot’manpe 6mm) äpasvôç 0’ ôpoü yéov 1.
OPEETHZ.
Kai M ’Eakstgb'nç onéppa Hehomôav 105s '
01510: yàp où Téflvqxaç oüôé 12p Gowév.
HAEKTPA.
Haîôsç yàp' àvôpt zknôo’vsç aw‘rfiptor. a
Oavéwt ' tpsÀÂoî 8’ il); äyouot ôtx-ruov,
TÔV fix Q0906 xÀwo'rîjpa aqflÇovrsç Mvou.
OPEETHÈ.
'Axou’, Ûnèp aoü Toto'rô’ é'o'r’ ôôüppava '
me; 6%, afin 'ro'vôe 'rtprr'laaç Ào'yov.
V XOPOX.
Kart pipa o’cpapcp'î} Tôvô’ érawa’z-rr‘v Ào'yov.
'rtpnpa Tüpôou 17j; o’wmpc’rx‘rou 115mg.
Ton ’ dzM’, ènstôfi ôpäv mmépewcm ppav‘t,
ëpôocg äv ñô-q ôatpovoç nenptbpsvoè.
OPEETHE.
'Eomt' nuôéaôou 5’ oüôév éaT' ëëœ ôpôptou,

ORESTE. Si toi, vaincu jadis, tu veux vaincre à ton tour.


ÉLECTRE. Encore un mot, mon père, une dernière prière!
Écoute-la, les yeux sur tes petits blottis près d’un tombeau. Sois
sensible aux plaintes de ta lille, aux plaintes de ton fils.
ORESTE. Ne laisse pas s’éteindre ce qui reste des Pélopides.
Ainsi du moins tu ne seras pas mort tout entier en descendant
chez les morts.
. ELECTRE. Les enfants, en efl‘et,n’est-ce pas pour le père,
même uand il n’est plus, autant de voix qui parlent de lui aux
vivants! Ainsi l'ont les lièges pour le filet, dont ils soutiennent,
loin du fond de l’eau, les mailles à la surface.
ORESTE. Écoute-nous; c’est ta cause qu’elles plaident, ces lar
mes, et c’est te sauver toi-même que de» tenir compte de nos
vœux.
LE CHOEUR. Vœux honorables en somme, hommage au tom
beau d’une infortune laissée jusque—là sans regrets! Toi main—
tenant, Oreste, puisqu’à frapper tu es résolu, à l'œuvre, et tente
la fortune.
ORESTE. On frappera. Mais auparavant il ne m’est pas in‘difl‘é
LES GHOÉPHORES. 313
OPEZTHE. s’i-nsp ye 1901111051; ORESTE. si toutefois vaincu
Oska'l'g dvrwtx'ñaat. tu veux vaincre-à-ton-tour.
HAEKTPA. Kai äxoucov, ELECTRE. Et écoute,_
ndrep, père,
ce dernier cri ;Y
rñcôa Àotaôiou Boñç'
.tôo‘ov roüaôs woo-cob; en voyant ces poussins
Écpnuévouç ro’uprp, assis—sur le tombeau, [nin
oixrsi‘pe yo'ov Oñkuv aie-pitié du gémissement fémi
duoû TE dpo‘evoç. et en-même-temps de celui du
OPEETHE. Kai p.91 égaleülm; ORESTE. Et n’efface pas [mâle.
räôs anéppa Helomôû‘w‘ cette race des Pélopides ;
oil'rœ yàp où réevnxaç car de-cette-façon tu n‘es pas mort
oüô‘e Trèp Gavdw. pas-même quoique étant mort.
HAEKTPA. Haïôsç ydp ELECTRE. Car les enfants
âvôpl Gavo'v'rt sont pour un homme mort
xlcqôo'veç amrfiptot, des bruits qui—conservent,
G); 62—: (pellet et comme des morceaux—de-liège
äyoum ôix‘mov, ils dirigent le filet,
(Inflows; ên Buôoü sauvant du fond
ukœo‘rñpa livov. le tissu de lin.
OPEZTHE. "Azova, ORESTE. Écoute,
rotoiôs ôôüpuam’t de telles lamentations
Èa-rw Ùnèp do?) ' sont pour toi ; , s
mind; ôè To'vôs
I nui/16a; aqbÇEt lio'yov. et toi—même'tu es sauvé
ayant tenu-compte de cette parole.
XOPOE. Kai un») LE CHOEUR. Et. certes [(prière).
éretvdmv ro'vôa käyov ils ont prolongé cette parole (cette
(même?) irrépréhensible
Tip/mo: Tépb’ov honneur de (rendu à) ce tombeau
'rñç 16X11; dvmyo’az‘rou. à cause de ton sort non-pleuré.
’Enszôh ôè D’autre part puisque
xaru’xpewam tppevi ôpô‘w, tu es préparé par ton esprit à agir,
È'pôotç äv fiôn tu pourrais-faire (l'ais) maintenant
rd ana le reste
ustpdiusvo; ôuiuovoç. tentant la fortune.
OPEETHE. "Eurou' ORESTE. Cela sera;
écri 5è o‘bô‘sv, . mais il n’est en rien lpropos)
Ego) 6po'p.ou cn-dehors-de la carrière (hors de
nuôéaeou adeev d’apprendre d’-où (par quel motif)
3M XOHŒOPOI.
m'esv Xoàç {TWP-418V, éx rivoç Àéyou
[LEÛÜGTEPOV nuôa’ aw'jueoîov acieoç;
Oavo'v'n 5’ éx (pavéwv 1t ôaLÂata Xdptç
érépurs‘r’; oüy. ëxoqt’ âv sino’caai 165s °
'to‘c äûpa patin 5’ £011 1-7}; àuap'rtaç.
Ta noir-ta yoip 1r; èxxz'aç awe’ at'ua'toç
évôç 1, [Loir/[v ô uéxeoç ' 635’ éxsi. M'yoç.
eéàov-rt 5’, stamp 0506’, êpol tppo’caov To’côs.
XOPOX.
Oiô’, t5 réxvov, cap?) ‘-’ yép ' ën TE o’vetparow
Mal VUXTLTEÂOÎYMTUJV ôanparœv nenaÀpévn
XOÔtç shay-ape 102055 560650; yuv'i.
OPEÈTHE.
1'H xal Tréiruaôe Toû'vap, 660€ 69663; (ppdaat;
XOPOX.
Texsïv ôpo’cxovr’ éôoäav, à); ŒÜT‘Î] Myst,
OPEÊTHE.
Kai. m TâÀEUTêË mi xapavoü'rat Àôyoç;
XOPOÈ.
èv anapydvouç TE Tratôôç ôppieat3 ôtxqv
OPEZTHZ.
Ttvoç fiopäç xp'jjÇOVTa, vsoysvi—zç ôo’txoç;

rent de savoir dans quel but elle a envoyé ces libations, et pour
quoi si tard elle s’est décidée à réparer l’irréparable catastro—
phe. — Pourquoi cette misérable offrande a la victime ? —— En
vérité que veulent‘ces présents, mille fois au—dessous de l’of—
Tense? Ah! toutes les offrandes du monde pour le sang d'un
seul homme, c'est peine perdue, à mon avis. Pourtantje serais
curieux d’apprendre ce qu'elle a prétendu ici. Si tu le sais, ren
seigne—mor.
LE CHOEUR. Si je le sais, mon fils! j‘étais là. Un songe, une de
ces visions flottantes de la nuit a fait son effroi, età ces offrandes
elle a pensé, la femmeimpie!
ORESTE. Et ce songe c'était... Au juste le sais-tu?
LE CHOEUR. Elle a cru, disait—elle, accoucher d’un dragon.
ORESTE. Et puis, après? voyons le reste du récit.
LE CHOEUR. Dans des langes d’enfant le dragon fut couché.
ORESTE. De quoi se nourrissait le monstre nouveau-né?
LES CHOÉPHORES. 315
brandie xoùç, elle a envoyé des libations,
Ex Ttvo; käyou par quelle raison
ftp-(5011 p.5660'rspov lionorant tardivement
mien; &vñuecrov; un malheur irrémédiable ?
1l Xdptç Salado! ‘ pourquoi une oll‘rande misérable
éna‘rréimero Gavo'vn était envoyée au mort
éx Lpo'vewv; par les meurtriers ?
00x 5X0“! âv je ne pourrais
etxoîam 10'65' conjecturer cela;
161 ôôpa ôé ÊO’L‘l d’ailleurs les présents sont
[Latin 1?]; (inepties. moindres que la faute.
Tl; yàp éuxéaç Car quelqu'un ayant répandu
'rà ndvm tous ses biens
dv'r‘t (figaro; êvôç, pour le sang d’un seul,
ô uäxeo; poirnv‘ la peine est en-vain (perdue);
(Ïrôs Exam ko'yog. ainsi est la raison.
@po'wov ôé p.01 Oéhvu Mais dis à moi le désirant
toiôe, aïitep oÏoôa. cela, si—toutet‘oistu le sais.
XOPOZ. OÏôa, (Ï: réuvov, LE CHŒURJeles sais,ô mon en
MM YäP' car j’étais-présent, [fant,
muralpé‘m 12 £5 6valpo'n'wv et agitée par des songes
xozt ôetpd'rœv et des visions-effrayantes
wxrmko’cyxrwv qui—errent—pendant—la-nuit
yuvù ôüoôao; cette femme impie
Ensuite rain-52 xodg. a envoyé ces libations.
OPEÉTHE. TH mxt
ORESTE. Est-ce-qu’aussi
n'érwo‘ee 16 ôvap vous avez appris le songe
dôme zppdcaz ôpeo'Bç. de-manière-à le dire bien.
XOPOE. "Eôoäa taxe?» LE CHŒUR. Elle a cru enfanter
ôpdxovm, un dragon,
do; mini] liéyat, comme elle-même le dit,
OPEETHE. Kai 1:0? releva; ORESTE. Et où (comment) aboutit
xot‘t xapavoü‘rat ‘Ao'yoç; et s’accomplit ce récit?
XOPOE. ôpptaou 1a LE CHŒUR. Et elle a cru l’avoir
Ev cnapyo'wmg dans des langes [fait-entrer
ôt'znv naiôà; ' à la—manière-d’un enfant
OPEZTHZ. rtvoç Bopäç ORESTE. de quelle nourriture
xm‘ttom, ayant-besoin,
ôo'txo; vsoysvéç; ce monstre nouveau-né ?
316
X O H <1) 0 P O I .

. , T, êmcxêïv uaarôv
awn XOPOE.
èv Tdwetpot'rt.

Kan\ 116; ô't'rpœ‘rov oiSOacp


OPEETHE.
ñv 016 0167mm;
,9“, à) NA“ I XOPOÎJ.
Tu epoyôov mua-mg 0110100“.

06101 pot-roue v ow
" 106 oqravov TEÉÀOL.
I , XOPoz.
H 3 êî, {Savon xéxpocyav émonpévn.
HoÀÀo‘L 6’ o’w'äeow’, èx-rocpliwôéwsç cmo'np,
"f‘ilmfips; èv ôéuotot 650110611]; Xépw '
ESP-TESL 1’ 5112110: 102068 x'qôstouç Xoàç,
ä'AOÇ Touaîov Éldrtoaaot muet-uni).
OPEXTHX.
’AM’ eb'xooou «m Tfiôs mi mmpèç Totem
'coù'vatpov 2610111001 âpo‘t TSÂEŒPÔPOV.
Kptvw 8€ 10€ vw dôme auyxo'Àliœç ëxsw.
Et mp 16v ai’nàv Xôpov èxltmtby ëuoi
oütptç 1s, naîç (in, 011010100101; LbnMÇa'to,
miuom16v dutpéxaax’ 4 Éubv epsmq’ptov,
696060) 1’ Ëytîav oci’yonoç cpt'Àov yo’rÀa,

LE CHOEUR. Elle-même, en son rêve, a présenté son sein.


ORESTE. Etle monstre sauvage a respecté ce sein!
LE CHOEUR. Au lait on vit mêlé du sang qu’il a sucé.
ORESTE. Cela s’accomplira,ce n'est point un vain songe. .
LE CHOEUR. Elle s’éveille alors d’efi'roi et pousse un cri. AUSSI
tôt les flambeaux, éteints pendant la nuit, se rallument dans le
palais pour calmer ses terreurs. Enfin elle envoie ces libations
eXpiatoires, remèdes, elle l’espère du moins, aux angoisses dont
elle se veut guérir.
ORESTE. Terre, terre d'Argoshtombeau de mon père, ah! que
ce songe pour moi devienne une réalité! Non, je ne m’y trompe
point. —— Frappante coïncidence ! De ce sein, comme moi, il est
sorti, ce serpent- — Dans des langes d‘enfant on l’a enveloppé.
Cette mamelle qu’il a mordue, j'y ai teté comme lui, et à la dou—
ceur du lait le sang a mêlé ses caillots. De terreur elle a poussé
LES CHOEPHORES. 317
XOPOE. ou'mfi 1% LE CHŒUR.etelleacruelle-même
émaxsïv pan-6v lui présenter la mamelle
iv 16') ôvsipom. dans le songe.
OPEETHE. Kai 116'); 066ap ORESTE. Et comment la mamelle
ñv ditpw-rov ~ était-elle non-blessée
6116 016700;; par cet objet-d’horreur;
XOPOE. "S1018 0116000 LE CHOEUR. Au-point-d’avoir tiré
epo’pfiov aigrette; un grumeau de sang
év yoikaxrt. dans (avec) le lait.
OPEETHZ. Oürot 166% ô'qlowov ORESTE. Non-certes cette vision
néhm 6w poirawv. ne serait vaine.
XOPOE. ‘H 6% xéxpaysv LE CHOEUR. Et celle—ci cria
Émonns’vn éë Unvov. arrachée-par—l‘-cñ‘roi du sommeil.
Hanoi 6% khan-ripe; Et beaucoup de lampes,
Ènruçhœeévreç o‘xo'rq), éteintes dans les ténèbres,
âvfiôovro èv ôo'nowz étaient allumées dans le palais
xo'cpw ôsmroivnç' à-cause-de la maîtresse ;
Ë'nst'roi TE néons; et ensuite elle envoie
10i<76e X061; xnôslouç, ces libations funéraires,
Dmioaoa 6ix0; ayant espéré elles être un remède
10p.a'iov nnpdrwv. coupant-court aux maux.
OPEÈTHX. 'Akhà 26x0pai ORESTE. Eh-bien l je prie
très n cette terre-ci .
xai nicpq) Trompe; et le tombeau de mon père
10610 16 ô'vstpov ce songe
sival rakeocpo'pov époi. être s’-aecomplissant pour moi.
Kpivw 6% Toi vw Et certes j’interprète lui
66012 ëxsw de-manière-qu'il est
auyxo'hkœg. conforme à ma destinée.
Ei yàp ënhîrdw Car si ayant quitté
16v a616v Xüpov époi le même lieu (sein) que moi
6 6w; 1% zinrlrige-ro et le serpentétait équipé
anapvoivmç, de langes,
Lb; naïç, comme un enfant,
xai ânçéxaans et s'il entourait-de—sa—bouche
paaràv ëpôv Opsmv'jptov, la mamelle ma nourrice,
Eptgs’ 1% voilier (pihov et s'il a mêlé le lait chéri
Opo'pôcp aipa'rog, 51 un grumeau de sang,
ñ 6% 0ip.(pi 10ipfin et si celle-ci à—cause-de l’efl‘roi
318
a, X 0 H (I) O PO I .
it à“?! To'rpôst Tqno' ëïrtpuwäsv m'tôët ‘
Tot “W; ÙÇ Ëepsqæv 5mm Àov TÉ a
00mm {3 i ', P‘ Ç,
."°‘ (0€, Éxôpauovtweetç ô éyw
XTevCô vw G, ,
7 Q Toüvsipov êwénen 105€.
Tepacxo’nov ô‘ XO’POX.
. I I 1| 16v8é a alpoüpatnépt,
YEVOWO 0’ oüwç. TäÀM s’ ëëiqyoü cpiÀotc,
7WD ôe’t 1€ nousïv, TEOÜ 6è 01?] 1€ ôpäv Àéywv.
‘ OPEZTHX.
AWÂOÜÇ Ô yüeoç ' 'r‘r'lvôs u‘sv aratxsw ê’aw,
Ûpflw 6è xpümsw 'ro’caôa auvevjxaç ëuo‘cç, -
du; äv ôôÀtp mstvav'rsç ävôpa Ttptov
ôo'Àq) TE mi. Ànçeéweç èv Take?) Bpäxqa
Odvwaw, fi mi Aoëtaç ècpfiuwev,
ävaë ’Arrôkkwv, poîv'ttç daÿsoôv‘gç ‘rô Trptv.
Eéwp yàp simbç, Howrah] aayñv Ëxwv,
fiëw Gùv c’wôpl. Tcpô’ 4 ègo’ âpxstouç wükaç
mwoïç Ts<u600tç>éx ôopuëévœv ôo’pœv 3.
'Apupw ôè (pow-0v ñoouev Hapvnatôa,

un cri à la douloureuse morsure. Ellea mis au monde un monsr


tre odieux, donc elle doit mourir de mort violente. C’est moi qui
serai le dragon, moi qui la tuerai, comme le dit le songe.
LE CHOEUR. J’approuve cette interprétation. Puisse cela s'ac
complir! mais nous sommes tes amis; dis encore ce qu’il faut
faire, ce qu’il ne faut pas faire.
ORESTE. Mon plan est simple. Électre va rentrer. Vous vous ne
direz rien de ma combinaison. C’est par ruse qu’ils ont égorgé ce
héros, la ruse aussi en aura raison. Ils ont tué par un piège,
qu’ils meurent aussi dans un piège. Ainsi le veulent les prédic
tions de Loxias, du dieu Apollon, de l’oracle jusqu’ici trouvé in
faillible. Moi, comme un étranger chargé de son bagage, je me
présenterai avec celui-ci, avec Pylade, aux portes de la maison,
à titre d’hôte et d’ami de la famille. Tous deux nous parlerons la
LES CHOEPHORES. 3'19
énq'apm‘iev 11;)8e «des; ' a gémi-sur cet accident,
ôaï rot vw, il faut donc elle, [extraordinaire,
d); Eepstpe répaç Emaykov, puisqu'elle a nourri un monstre
Oavsïv Btatœç, mourir violemment,
éyo‘o 5è âxôpaxovrwesîç et moi changé—en-dragon
M‘EEWÏ) vw, je tuerai elle
d); 1655 176 Ëvetpov comme ce songe
Èwé'nreu l’indique. [certes toi
XOPOZ. AÎPOÜ‘LŒI M ce LE CHŒUR. Je prends (j’agrée)
repaaxänov comme interprète-de—présages
nep‘t Tc'ôvôe, au-sujet-de ces choses,
yévorro' "re oürœç. et qu’il en soit ainsi!
’Eë‘lwoû ôè 16! 600m! Mais explique le reste
tpQotç, à tes amis,
Mywv disant
1:05 fl ôeï mœ‘t‘v, où et quoi il faut faire,
N°6 85 1.-! p.15 ôpäv. où et quoi il ne faut pas faire.
OPEETHZ. ‘0 p.560; dufloüç ' ORESTE. Le discours est simple;
rñvôs pèv o-rstxaw il faut d’une part celle-ci aller
Econ, à-l’-intérieur,
ûuéôv ôè d'autre part il appartient à vous
xpümsw . de cacher
TdGôE auvefixaç éyà ces combinaisons miennes,
Co; x'rsz'vavre; 80'109 afin qu’ayant tué par ruse
ävôpa Tiuwv un homme vénéré
Ooîvwaw &v ils meurent
50'109 're et par ruse
xaî Ântpeévre; et ayant été pris
év Il?) min?) Bpo'xq), dans le même filet,
"ñ mi ëipfiuwe Aogiaç comme aussi l’a prophétisé Loxias
&vai ’A'tro'nwv, le roi Apollon, [qu’alors).
po‘wnç &qæuôh; 16 npiv. devin infaillible auparavant (jus
’Eixcb; ya‘zp Eévop, Car semblable à un étranger
fixoov o‘ayñv Trav‘rskñ, ayant un bagage complet,
ñëw ob» 16985 âvôpl je viendrai avec cet homme-ci
{Tri m3101; Épnsiouç vers les portes de—l’enceinte
“600K rs xouvo'i; et avec des nouvelles [guerre
éu ôäuœv ôopuâévwv. venant d'une maison alliée-de
"Aiupœ 6è ñaopæv Et tous-deux nous émettrons
320 XOHCPOPOI.
Y‘ÔGWIÇ &Ü‘rñv Œœxtôoç pLpOUHÉVÙJ 1
Ka‘t 6?] Bopmptïw oünç av (pouôpôj c995”
ôéëüw’, ÈKELÔ'Ï] ôanpowÿ ôôpoç xootoïç '
l"ÊVOÜlLEv oürœç, o'So-r’ émnxo’cÇsw 'cwôc
“Pm; mpowrsixovw ml To’cô’ èwéirsw '
I<< THE->1 monos? TÔV txémv duretpyewt
AË'YLoôoç, st’rtsp oîôav â'vôvjpoç m9031); >>
EÊ 5’ 05v &petçlm QaÀôv épxatwv WNW
xâzsîvov èv Opôvotow sûp'ñaw mnpèç,
‘ñ mi poÀsîv è'rrenro’c pot xa'rôc (mina
gin, adtp’ they, mi xovr’ ôgoôalxpoùç Beulah: 3,
rrp‘w aùràv almïv (< iroôomôç ô ëévoç; )) vzxpbv
67’154», madman neptôalubv Xakxsüpom '
(pôvoo ô’ ’Epwùç 06X ùrtaonavwps'w]
äxpoc'roo aine Triste“ Tpi‘rqv no'ow ‘.
Nüv 05v où 5 pèv (915M008 'ro'w ot'mp Makûç,
61:0); âv dp‘ctxolxkoc oupôatvn Tdôs,

langue du Parnasse, avec l'accent du dialecte de l’hoeide. Si,


comme je le présume, nul de ceuxvqui veillent à l’entrée ne
nous fait bon visage, ne nous accueille, car cette maison est bou
leversée par un mauvais génie, nous: n’en resterons pas moins
là pour attirer l’attention des passants et faire dire: «Pourquoi
donc la porte reste-t-elle fermée à cet homme qui demande à
entrer? Égisthe est—il prévenu, est-il à la maison?» Mais si je
réussis à passer le seuil, à entrer, que je trouve ce misérable assis
à la place de mon père, ou qu’il ait le temps de venir au de
vant de moi et de jeter les yeux sur moi, {avant qu’il m'ait
dit: «Étranger, de quel pays es-tu‘? » c’est un homme mort,
sois—en sûr. D'un coup rapide mon fer l’aura cloué à sa place. De
meurtre alors Erinys gorgée, pour la troisième fois s’enivrera
de sang pur. Toi, Electrertoi, observe attentivement toutes cho—
ses à l’intérieur; que toutarrive juste comme je l‘ai prévu. Vous,
LES CHOÉPHORES. 321
tpwvùv I'Iotpvnoiôa, la langue parnassienne,
ptpoupévw dürñv imitant le son (l'accent)
flottes-q; Œœntôoç. du dialecte phocidien.
Kai ô“); oünç eupwpù'w Et certes aucun des portiers
ôéâouto a» tppevl çauôpë, ne nous recevrait d’un cœur gai,
ènëtôù ôäpoç attendu-que la maison [maux
Saupovë xaxo’t‘g. est—furieusement-agitée par les
Msvoüpsv oÜrwç, Nous resterons dans-ce-eas,
d'une 'rwo‘t de-sorte-que quelqu’un
napaorstxov-ra ôdpouç passant—devant la maison
ërrstxdësw faire—des-conjeetures
xa‘t éwértew Toiôe ' et dire ceci:
a Ti’ 67) A’t'ytcôoç a Pourquoi donc Égisthe
' dnatpysmt nélatot repousse-t-il par les portes
16v ins-rip, le suppliant,
a’t'rtep napdw ëvômmç si présent parmi-le-peuple
olôsv ; n il le sait? »
Et ôè 05v àpsttpœ Et si donc je franchis
[Balàv Truh'fw êpxaiœv le seuil des portes d'-enceinte
xa‘t sùpfio‘w èxet’vov et que je trouve celui-là
ëv epo'vow't rra-rpôç, sur le trône de mon pèi‘e,
ñ nod è'âat Errata ou si aussi il a ensuite
polaiv [1.0L à (le temps de) venir à moi
uarà (mina, en face, [sur moi,
xal xamôcùiet'v ôzpea‘Apoùç, età (le temps d’) abaisser les yeux,
’t'oet o‘o'upa, sache-le clairement,
nplv wbrôv aîrteîv avant lui-même avoir dit:
« nah-1:6; ô Eévo; »; a de—quel-pays est l‘étranger? »
(Moto vsxpàv, je le rendrai mort, [côtés)
neptôaldw l’ayant entouré (frappé de tous
xahxeüpart Troôdmer. ' d’un fer agile;
’Epwùç 8è et Erinys
06x ûneanavlapévn cpo'vou ne manquant pas de meurtre
nierai. Tpt'mv no'cw boira comme troisième boisson
aÎpot äxparov. un sang pur.
N'EN 05v où pèv Maintenant donc toi d‘une part
(pékaaas xoûrôôç observe bien
Tà ëv oïxq), les choses dans la maison,
Smog rdôs auuñatvn äv afin que ces choses arrivent,
monceaux ou. D'ESCHYLE. 21
322 XOHŒOPOI.
ùpjv 5’ é'nawfi') yÀG‘maow sütpnyov (pépsw,
myäv 6’ 67:01) ôeï xal Àéyaw 'cà xaipia.
Tà 5’ 00000 10051091 5209’ Énomsüaai Àéyw,
Eup‘qipo'pouç dyüvocç ôpeéaavfl 01.00.

III. LA FAUSSE NOUVELLE DE LA MORT D’OBESTE.


SA MÈRE. SA NOURRICE.
(Vers 653-783.)

OPEZTHZ.
Haï mi, Oüpaç äxouaov âpxalocç wu’mov.
TC; €v50v, 0’6 nazi 7m72, p.003 00590;, èv ôôuonç;
Tpfi'rov 105’ êmépaua ôwyo’wwv MM),
at'1rsp tpLÀo'ësv’ écrira, AtytaGou filou.
OIKETHZ.
E’iev, 607.0150) ° 110500115; ô Eévoç; nôeev;
OPEETHE.
'AWEÀÂS TOÏO’L mpiowi ôwydmov,
1190; oüartsp ñuœ mi cpépw mwoùç Àäyouç -
Tdxws 5’, 6); x00. vux'rôç äpy.’ èîrstya'rou
0x01ew0v, 66000 5’ éparépou; >00060év000

esclaves, veillez à votre langue, secondez mes efforts, je vous


le recommande, sachez vous taire et parler à propos. (Montrnnt le
tombeau de son père.) Le reste regarde celui-ci. A lui d’y pourvoir,
puisque pour cette lutte c’est lui qui m’a mis le fer en main.

lII
ORESTE. (Il frappe à la perle.) Esclave, esclave, réponds-moi; je
frappe à la porte. (Il frappe une seconde fois.) Esclave, esclave,en
core une fois, y a-t—ilquelqu’un ici dedans?(ll frappe une troisième
fois.) Voilà la troisième fois que j’appelle pour le faire sortir de
la maison, si elle est hospitalière, le grand Egisthe.
LE PORTIER. Eh bien, j’ai entendu. De quel pays êtes-vous,
étranger? qui êtes-vous ‘?
{:- 0RESTE.Dis aux maîtres dela maison queje leur suis adressé,
que je leur apporte des nouvelles. Hâte—toi, voilà le char de la
nuit qui s’avance enveloppé de ténèbres. Il est temps pour le
LES CHOEPHORES. 323
&prixonoc, nouvellement—(bien)-ajustées,
êwawc’û ôè ûpîv et je recommande à vous
(pépew flûaaav de porter (d'avoir) une langue
Efkpnnov, prononçant-de-bonnes-paroles,
Giyäv TE 61:01) 85?, et de se-laire quand il faut,
ml Àéysw rd: xou'ploz. et de dire les choses opportuncs.
Aéyw 8è mûre) Et je dis à celui-ci
ôpeoüaav'tt p.01. ayant suscité pour moi
dyû‘waç Eupntpo'pouç des luttes où-I’on porte-le-glaivc
érromsfiam ôsüpo de surveiller-en-portant—les-re
'râ ana. ' les autres choses. [gards ici

III. LA FAUSSE NOUVELLE DE LA MORT D’ORESTE.


SA MÈRE. SA NOURRICE.

OPEXTHZ. Haï Haï,


ORESTE. Esclave, esclave,
äxouaov xn'mov écoute le bruit
eüpa; ëpxst’og. de la porte d’-enceinte. [clave,
Tl; Ëvôov, (Ï) noä 1m Qui est à—l’intérieur, ô esclave, es
{toma aüeiç je te le dis encore une fois,
èv ôo'uotç; dans ces demeures?
KCÛflÏ) min“) J’appelle pour-la—troisième-fois
1685 ëxnépotpa cette sortie (pour qu’il sorte)
ôwuo'ttwv, de ces demeures,
sïnsp èm‘i (pthéasvu, si elles sont hospitalières,
Blow Aiylaeau. laforced’Égisthe(lc grandÉgisthe).
OIKETHE. EÏav, àxoüœ' L’ESCLAVE. Eh bien, j’entends;
ROM-xvi); ô gévogç dc-quel-pays est l’étranger?
m'es»; d’—où vient—il?
OPEETHZ. "Amis ORESTE. Annonce mon arrivée
To'i'ov. xupioun ëœpo’trœv, aux maîtres de la maison,
'Epôç ego-map ñnw, vers lesquels je suis venu
xoL‘L (pépœ Àoyoùç mwoùg et aumquels j’apporte des paroles
(roîxuvs Bk, (et hâte-toi, [nouvelles
0‘); mi. attendu-qu’aussi
äpua auorewôv wxràç le char ténébreux de la nuit
énstye'rou, se—hâte,
6590i ôè et qu’il est temps
324 XOHŒOPOI.
äy‘xupav èv ôôpowutowôo'xmç Eévœv —
èëskôérœ TL; ôwpœ’rrwv TEÂEGÇÔPOÇ,
yuw'] 1’ ëmpxoç, &vôpa 5’ sünpsnéo'rspov '
aiôtbç yàp èv Àéaxocww oûx Énupyéuouç
Àéyouç 'ttô'qow ' aine Gapofiaaç dvñp
1195; Iävôpa
‘ no’wfiu'qvev Èuçav‘sç Tézuap.
KATTAIMNHZTPA.
Eévot, Àéyon’ &v if 11. 5&1“ 116192011. yàp
ônoïo’msp ôo'uowt Toîaô’ ènsmôw,
arpwpm-Ïj ôma€wv 1' ôppd’rœv Trapouaûx 4.
Ei 5’ äMo npäëm ôsî TL Qouhu’nepov,
dvôpüw 2 165’ èa'r‘w ëpyov, oiç uowufloopsv.
OPEETHX.
Eévoç pév Eli.“ Aauhzb; èx (Dœxéwv '
orsixovm 5' a616<popwv oixslo; mm
slç 'Apyoç, 6012p 5559’ dwsléynv 1165a,
àyvd); npôç o’zwœr’ sire oupfiakùv dv9152,
èäw‘cop‘ijaaç xoct oazpnwces‘tç 555v,
2196m0; ô (Dwnsüç' wsüeoum yàp év Àôytp '

voyageurdejeter l'ancre dans une maison de généreuse hospitalité.


Fais—moi parler, soit à la' femme, soit, ce qui vaudrait mieux,
au maître.- Les convenances ne nous condamneraient point aux
formules demi—voilées. Entre hommes, on s’explique nettement,
la pensée s’exprime sans détour.
CLYTEMNESTRE (sur le seuilde la maison). Parlez, étrangers, que
voulez-vous? Il y a ici, dans cette maison, tout ce qu'il faut; des
couches et des visages bienveillants. S’il s'agit de quelque chose
de plus sérieux, c'est l'affaire des hommes; dites, j’en ferai
part.
ORESTE. Je suis étranger, ma patrie est Daulis en Phocide. Je
m’en allais, mon bagage sur le dos, tel que je viens d’arriver,
par la route qui conduit à Anges. Un inconnu m’aborde,
sans me connaître moi—même, me questionne, apprend où je
vais. « Puisque, me dit Strophios le Phocidien (c'était lui, en effet,
LES CHOÉPHOBES. 325
éwro'pouç uaetévou äyxupav les voyageurs jeter l’ancre
Èv ôo'pomw navôäxotg Eévwv) dans les maisons hospitalières des
T‘Lç Telsoipépoç que quelque maître {hôtes},
Égaleérw ôœpdrwv, sorte de ces demeures,
ywfi ra ënapxoç, et(soit)une femme qui-commande,
e'bnpe-rcécrapov ôè d'autre part il est plus convenable
&vôpa ' un homme en sortir;
aiôibç yàp car, dans ce cas, la réserve
06 riônm “you; ên-apyéuouç ne rend pas les discours obscurs
äv Àéc'xaww ‘ dans les conversations ;
&vùp site eapafiaaç un homme parle confiant
rrpôç &vôpa à un homme {ment},
ml. èmfipnvev épçavèç et indique manifeste (manifeste
Téxuap. le signe de sa pensée.
KAI‘TAIMNHETPA. Eévot, CLYTEMNESTRE. Étrangers,
léyorre a» vous diriez (dites)
si 65'? Tl. ' s'il vous faut dire quelque chose;
ônoîdnep yàp car toutes les choses qui sont‘
êrcemo'ra Toïaôa ôo'umç, convenables à ces demeures
ndpsc‘fl, sont—ici,
arptbuvn couverture,
impoucioz TE ôptpo'fl'wv ômafwv. et présence d'yeux justes.
Ei 6%. 8572 D’autre part s'il faut (sérieux,
flpäîai 1'. 600.0 Bovkwbrspov, faire quelque autre chose de plus
rôôe ëcriv ëpyov àvôpû‘w ceci est l'affaire des hommes
o'i'ç xowcbc'opev. auxquels nous lecommuniquerons.
OPEETHZ. Eipi uèv ORESTE. D’une part je suis
Eévog étranger >
Aowhebg éx @(bxswv ' Daulien du pays des Phocidiens;
div-hp ôs aupfiakduv, d’autre part un homme m’ayant
Èëwropficaç m’ayant interrogé [rencontré,
xod carpnvwtlei; et ayant été renseigné
656v, sur mon voyage,
Zrpo'qawg ô dbwxeüç' Strophios le Phocidien;
nsüeopm yàp car je l’apprends
êv 7.0'Ycp' . dans la conversation; ‘
siflev (Hymn; Trpôç äyvc'ôm dit inconnu à moi inconnu [faires
Gratxovra aûro'qaoprov allant portant-moi-même-mcs-af
oixeiq aayij avec mon propre bagage
326 X0 H <I> O P OI.
(( ’Eitetirep mm, <5 {év’, et; 'Apyoç xix-m,
'rrpb; 10b; 1sx6v1a; navôtxwç pspvqpévo;
129vsa1’ ’Opéowjv site, p'qôatpûç Mien.
Et'1' 05v xoptÇsw ôéëa var/10a. cptÀwv,
sf1’ 05v pé-romov, é; 1è Rôti! de! Eévov,
ôdmw, étps1pàç 1&082 népepsuaov ndÂw.
Nüv yàp M61110; Xoûméou nÀsupoSpam
011083»; néxeoesv dvôpèç 85 xaxÀaupévou. »
Toaaü‘r' âxoücaç (ai-110v. Et 8è1uyxdvw
1otç mptomt Mal npoafixouaw Àéyœv
06x oi8a, 18v 1sxo'v1a 8’ siuèç st8évat.
HAEKTPA.

OE ’ydi xot'c’ äxpaç sinon; do; 11096060260.


’Q ôDGTEO’tÂOttGTE “has. 8wpoi1wv ’Apà,
(b; 1:6)03 énœnqtç, xdxno8t‘ov 25 xstpeva
[r I I I
1o;0L; npocweav su0x01ron; Xstpoupéw]

comme je l’appris en causant), puisque tu te rends à Argos, aux


parents d'Oreste, souviens-toi, je t’en prie, d’annoncer la mort
de leur fils. Qu’ils préfèrent le ramener au sein de sa famille,
ou qu’ils veuillent le laisser sur la terre étrangère, pour y repo—
ser à jamais, à ton retour tu nous diras leur intention. Pour le
moment l’urne aux flancs d’airain recouvrela cendre de cejeune
homme,pleuré commeil le devait être. » Voilà tout ce qu’il m‘a
dit, et ma commission est faite. Me suis—je adressé à qui de droit?
aux parents? je ne sais. L’important, c’est que le père n’ignore
pas l'événement.
ELECTRE. Malheur! Ces paroles mettent le comble à notre
désolation. Impitoyable malédiction attachée à cette famille, que
de choses parmi les plus assurées, que de choses hors de ta
portée ton regard n’a-t—il pas surpris, tes traits n’ont-ils pas su
LES CHOEPHORES. 327
et; "Apyoç, à Argos,
champ comme (dans l‘attirail dans lequel)
dmeÇsômv näôa ôeüpo ' j‘ai dételé mon pied ici:
a ’E-na'nsp, (I) Eéve, a Puisque, ô étranger,
xtetç si; "Apyoç tu vas à Argos
600mg, pour-d'autres-raisons,
pepvnpévoç rrowôixwç te-souVenant absolument de mes
strr‘s rrpô; to-‘Jç rexôv‘raç dis aux parents [recommandations
'Opéo-mv reeveôrrx, Oreste mort,
pnôotpz'bç Mien. ne l‘oublie en-aucune-t‘açon.
E'i'rs 05v ôéâa Soit—que donc l'avis
(ptlrwv des amis (des parents)
vmfio‘sl xopitjew , prévaudra pour le rapporter,
EÏTE 05v Gain-rem soit donc pour l’ensevelir
pérolxov, comme métèque,
ëévov hôte de cette terre(de la Phocide)
é; 1:6 rrô'w dit , pour toujours,
népepsuoov mflw transmets en-retour
Ideas étpsrpc’tç. ces recommandations.
Nüv yàp nkeupdwpam Car maintenant les flancs
M61110; xoOméou d’une urne d'—airain
xéxeuea moôôv cachent la cendre
dvôpôç 5:5 xsnlraupévou. n d'un homme bien pleuré. »
'Axot'maç TOGŒÜTŒ Ayant entendu autant de choses,
eÎ'rrov. j’ai dit.
00 5% oÏôot D'autre part je ne sais pas
et wyxo'ww léywv si je me-trouve parlant [rité),
Toi; xuplotot aux maîtres (à ceux qui ont auto
mi wpoa‘ñnouaw , et aux parents,
etxôç ôè or il est convenable
TÔV rsxévra eiôévat. le père savoir ces faits.
HAEKTPA. 01' éym, ELECTRE. Hélas moi! [détruits
attira; dl; nopeoüpeea tu as dit comme nous sommes
aux-rd: äxpaç. de haut en bas.
"’Q ’Apà Tû‘wôe ôwtLo'u'wv 0 malédiction de ces demeures
Maximum-a, . difficile—à-combattre,
de; rond énwrrc'g'tç, combien de choses tu vois,
nod XEIPOULLÉVY) npäcœeeu et domptant de-loin [but
10'201; e-bcxo'wolg par des flèches qui—atteignent-le
328
XOHŒOPOI.
(P tMW éno¢bkoig pa “rip! navaOÀtav.
EEO: igl’tcgvpimg 77V WP 8666M»; ‘ ëxww
vüv 8’ MM .70 Spiel) m‘ÀOÜ n65“,
ion-96g 2)“? m) ouom Baxxatocç 60m;
K, Twpmeootiaav é'xypoups.
’E ‘ OPEZTHÊ.
7‘9 Mb 06v Eévotcw diô’ sôôatuoaw
Meôvûv 5mn rpozyuo’nœv 62v fiôahov
YVWGTÔÇ ysvéoeat mi Æevwôÿjvai ' Ti yàp
ËÉVOU Ëévowtv éo‘nv sûpsvéo‘rspov ;
1rPb; 5u<ma6z£ag ô’ fiv êpol rôô’ év tppeaiv,
retôvôs rpäypoc un xotpowCôaott (ptÀotç,
xa'rawéaavm xoc‘t xarsësvœpévov.
KAÏTAIMNHETPA.
OÜTOL xupfiaetç petov détaç céder,
oüô’ ñaaov é‘w yévoco ôéuaaw (00mg '
äÀÀoç 8’ ôuotwç 'Ïflieev div toiô’ o’cyysÀŒv.
’AM’ 509’ ô mtpbç2 ñpepeuxo’mç Eévovç
uaxpäç xsÀsüôov 3 Tuyxo'wsw Tôt wpäacpopa,

atteindre de loin ! Tout ce que j'aimais, tu m’en as privée, infor


tunée que je suis! Aujourd‘hui c’est 0reste, qui par un heureux
hasard avait jusque alors évité de mettre le pied dans ce bour
bier de mort, 0reste, la seule espérance aujourd’hui de voir
guérir nos maux : encore une espérance à effacer.
ORESTE. Pour vous, nobles hûtes, j’eusse voulu commencer
mes rapports avec vous par de bonnes nouvelles, inaugurer ainsi
mon entrée sous ce toit qui m’accueille. Quoi de plus naturel
d’ailleurs, en entrant quelque part, que d'aimer à faire plaisir à
ses hôtes ? Mais c’eût été mal agir, à mes yeux, que vous dissi—
muler un si grave événement, à vous qu‘il intéresse, et qui me
recevez si bien. Je m’étais engagé d‘ailleurs à vous en informer.
CLYTEMNESTRE. Tu n’en seras ni moins bien traitégni moins
bienvenu dans cette maison. A défaut de toi, un autre se fût
chargé de la triste nouvelle. Mais il est grand temps pour nos .
hôtes après une longue journée de marche, de trouver de quoi .
LES CHOÉPHORES. 329

xstpeva sa de choses placées bien (dans une


ém‘ro’ôwv, loin-de toi, [heureuse situation)
duonÿtloïç (PL'MW tu dépouilles d’amis
[1.5 «du: navaehlow. moi la toute-malheureuse.
Kai vüv, Et maintenant,
’Opécrrnç M 55“ car 0reste était [heureuse,
ê'xwv sûGo'ltwç, se trouvant dans-une-situation
portant lempied
xoplëœv 110'501
ëgw mfitoü ôksepiou, hors du bourbier mortel,
vüv ôè Ezypoups eh—bien l maintenant efface
napa'nreoofioav comme étant perdue l’espérance
' limp é7n1‘z; 'Êv laquelle espéranceétait
îa'rpôç 60m.; Bazxstaç guérissent le délire frénétique
ôo'ttowt. dans cette demeure.
OPEETHE. ’Eyt‘o pèv 066 ORESTE. Moi (l’une part donc
fieekov äv yaue'oeou yvmu‘rog j’aurais voulu avoir été connu
ml Eevœefivat et avoir été accueilli-hospitaliè—
ëévotaw (555 E65ou'p00w par (les hôtes aussi riches [rement
's'xom xa5vd'w npaypchom) ' pour de bonnes choses;
Ti yelp £011» car quelle chose est
a6pevé01£pov Zévotct plus bienveillante pour les hôtes
Zévou ; qu’un hôte ‘I
165s ôè iv d’autre part cela était (aurait été)
Ëuo‘t Èv cppsa‘w pour moi dans l’esprit (selon moi)
Trpôç ôuaasôaiaç de l’impiété
1.1:}; xapowôôaou (90mg de ne pas accomplir pourdes amis
'ro'fovôs npiiypa, une telle chose (un tel message),
uomxwéaoww l'ayant promis
xal. xowsgauwuévov. et ayant été traité-en—hôte.
KAÎTAIMNHXTPA. CLYTEMNESTRE.
OÜTOL xup‘fiaeu; Non-certes tu ne recevras pas
pe'iov data; aéûsv, moins que le mérite de—toi,
OÛôè YÉVOLO av firme-J et tu ne serais pas moins
gallo; ôtbptcmw - ami dans ces demeures ;
600,0; 5% o'ppiwg d‘ailleurs un autre semblablement
519w ô‘w àyysh’bv 105.55. serait venu devant annoncer cela.
’Al‘Aà ô xatpdç écru Mais le moment est [marcher
léévouç fipepsuxo'm; des hôtes ayant passé—le—jour 11'
paxpé'u; “156900 pendant une longue route
d"l" XOHCI>OPOI.
I o“ et r
1€ o’wôpava; gügévouç 56W,”
U
“Ver XUPOË TE "co-6532 xa‘t ëovapuräpovë '
, Wm” Génome: 'rà 1r éa 0 d
AM3 PWZ
Q
. À OUTPŒ‘ xaim‘v
88 “90200 Q ‘
emP 11‘(P Pa 7
(0V a M 19‘ o
Hpgïç 8,5 Tous 5” w; uwauôüwp 9 Tatôs.
xowécoyé" T T“ Toïç Mparoüatîôwpo’nwv
Qu‘avec; g xou anavlÇoweç (90mn)
~ l‘a“ a TñGôE aopcpopäç Trépt.
v XOPOX.
fpzhtav,’ônœîôeç ot’xwv,
I 7l “Topaz-rm
, ôatëopsv toxùv êrr’ ’Opa’arn;
Q, Trame: Xôdw xoct néwt’ WT};
XwP'aTOG, ‘71 1438’ èTrl. vavipxtp
cépam Mate-au Bactksùp,
vüv Éndxouoov, vüv èmfiprjäov '
vüv yôcp dxpo’cCEt
Hated) ôohiow Euyzocraôîjvat,
ml 16v voxtov xeôvtév 9’ 'Eppîjv
Toîaô’ ètpoôaüoott
Ettpoônhijroww dyt'ôaw.

se faire-(Montrant 0reste.) Celui-ci, eonduisez—leà l’appartementdes


hommes réservé ici aux étrangers. Moi, au maître de la maison,
je vais tout communiquer. Avec nos nombreux amis, nous avise
rons à ce qu’il convient de faire dans de telles circonstances.
(Orcste et sa suite entrent avec Clytemnestre dans la maison.)
LE CHŒUR (immobile dans l'liyposcènc). Allons, femmes vouées
comme moi au service de cette maison, qu’attendons—nous avant
de nous prononcer à haute voix pour Oreste ? Terre sacrée, sacré
tertre de ce tombeau où reposent les dépouilles d’un roi, du
chef de dix mille vaisseaux, c’est maintenant qu’il nous faut
exaucer, maintenant qu'il nous faut ton appui. —Voici l’heure de
la crise, où la ruse doit amener le dénouement, où Hermès, dieu
de la nuit, le guide des morts, marchent à ce combat où l’on
meurt par le fer.
LES' CHOEPHORES. 331
ruyxdvscv rà Trpäacpopü: obtenir les choses convenables,
dtys aû-rôv è; dvôpâ‘waç conduis-le dans les appartements
ôo'uwv de cette maison [des-hommes
süiévou; réservés-aux—hôtes,
106685 rs 6m060'1t0u; et ces suivants
mi 'ç'wsnno'pou; ' et compagnons-de-voyage ;
mi èxeî xvpoüvrwv et là qu’ils reçoivent
Ta‘z wpäaipopa cobacm'w, les choses convenables aux corps,
ua‘z ilourpo‘t espyà et des bains chauds
mi eekxrñpza n‘évwv. et des adoucissements de fatigues.
Alvc'b ôè Et je recommande à loi
d); ünsuôüvqx comme responsable
npaîaaszv Tdôe. de t'-occuper de cela. [rons
‘Hpaïç ôè xowdmouév TE Pour nous et nous communique
'raüw. ces nouvelles
roïç xparoôm ôœuo’wwv aux maîtres de ces demeures
ml 06 unuviëovrs; (püuw et ne manquant pas d'amis
Bouksuoäuaaea nous délibérerons
nep‘nñaôs augcpopäç. sur cet événement.
XOPOZ. Eïev, LE CHOEUR. Eh.bien!
ôuwi‘ôe; o’i'xœv, esclaves de cette maison
we're ôi‘q ôsiêopæv quand donc montrerons—nous
taxùv (pl-MON ctouoircuv la vigueur amie de nos bouches,
ÊTE‘L ’Opéctn; en-faveur d’Oreste ?
7!) xedw nowicx 0 terre auguste,
mi duh norvia Xépamç, et élévation vénérée du tombeau,
il zs'ïow ën‘i raffle adapan qui es placée sur ce corps
fiaaùsltp royal
vauäpxuà, qui-commandait—aux flottes,
vüv éno’moua‘ov, maintenant écoute-moi
vim éndpn‘êov ' maintenant secours—moi;
vüv yàp dzgo’zëet car maintenant il—est-temps
Helen) ôovh’ow la Persuasion perfide Mat,
guymraôñvw, descendre-avec nous dans le com
ml 16v ‘EPl-‘fiv et Hermès
vûxmv xôo'vto'v re nocturne et souterrain
(“905560411 marcher-devant
Taïga; âyüo'w dans ces luttes
âlçoônhfiroww. meurtrieres-par-l’épée.
332 XOH<I>O POI.
'Eoctev 1 o’wùp ô Eévoç TEÛXEW mnôv '
Tpoçpèv 5’ ’0050100 11’1v5’ ôpcô MEKÂOtUjLÊVT‘V.
IIo't 5-}; 100150;, K0000000, 50000210») 116500;;
Mm; 5’ 60000066; 5010 con Ewépuropoç.
TPO‘Î’OE.
At'yiaeov 'ij xparoüaa 2. . . . . . . . .
. . . Toùç Æévouç xaÂEîv
ô'moç 10’0X001’ ävw'yev, 6.); cacpéo'rspov
div-hp 0’00" 60/505; 191v vso’cyyshov 000210;
éÀGL‘uv 1661,1000. T'ilv 551105; pL‘sv otnémç
6510 07060001511, s’v15; ôuudrwv yékwv
Msüeoua’ 511’ é'p'ym; 50001510000y005v00; X00166;
xeiwn, 5601.00; 55 100055 wayxo'zxw; 5x50
(pilon; ùcp’ '7}; ñyyszmv ot Eévon 10066;.
7H 5-}; xkôwv êxeîvoç sûtppavsï vôov,
5'31’ âv 1069111000 01.56011. "Q TotÀaw’ èycô '
(ZS; pot Tôt 005v camus euyxsxpauéva
60,71] ôüaowm Toîaô’ s’v ’Aîpéœç ôôpmç

Il me semble, cet étranger, couver quelque noire pensée. Mais


voici la nourrice d’Oreste tout en larmes. Où t'en vas-tu, Cili—
cienne, ainsi hors des portes? Ton valet de pied, à toi, c’est ton
chagrin, un serviteur à bon marché, s’il en fut.
LA NOURRICE. Je vais chercher Égisthe, de la part de ma maî
tresse,pour s’aboucher au plus tôtavec ces étrangers, et apprendre
ainsi en personne la nouvelle qu’ils apportent. Elle, devant ses
gens, elle s'est donné un air attristé, tandis qu’elle riait, l’hypo
crite, au fond de son âme. Tout cela, en effet, est bien heureux
pour elle. Mais quelle calamité pour la famille que ce que nous
rapportent, hélas! trop clairement ces voyageurs! Quand il le
saura, lui, il va nager dans la joie de son cœur, lorsqu’on lui
contera la chose. — Malheureuse que je suis! A ce déluge de
catastrophes, qui se sont empreintes dans mon esprit, à ces
calamités inou'ies tombées autrefois sur la maison des Atri
LES CHOÊPHORES. 333
‘0 àv'ljp Eévoç ëotxe Cet homme étranger paraît
Tsüxew n xaxdv' préparer quelque chose de mal;
ôpô') ôè , cette
d’autre
nourrice
part je d'Oreste
vois
rflvôs rpozpôv ’Opéorou
uexhaupévnv. éplorée.
Roi 59'], KÙLGGŒ, Où donc allant, Cilicienne ,
natal; nühaç franchis—tu les portes
ôœudrwv; de ces demeures?
Mm] ôé écru d’ailleurs le chagrin est [payé
Euvépnopäç 00|. äuieeoç. un compagnon pour toi‘ non—
TPCI<I>O§Ih ‘H xpon'oüccx LA NOURRICE. La maîtresse
äymyev m’a ordonné _ [Sible
mlsïv ô'nwç rdxle'ror d’appeler le plus vite qu’il est pos
A'L'ytaôov . . . . . . . . . Égisthe . . . . . . . . .
. . . . . rob; gévouç, . . Ivers ces étrangers,
9»; C'unhp éledw afin que l’homme étant venu
Men-rm oarpéarepov apprenne plus clairement
611:0 âvôpôg de cet homme
191v (pot-ma vsc’rws'A-wv. la nouvelle récemment-annoncée.
Thu ôè 9ere ouüepœnov Or elle l’a regardée-comme triste
“PÔÇ pèv ciné-rot; devant ses serviteurs, il—est-vrai,
xsüôœv yélmv dissimulant son rire
Èv'rôg ôppo'rrwv en-dedans-de ses yeux
éïti. Ëp‘yorç pour des faits
ôtansnpayus'votç m1621; accomplis heureusement
Meivn, pour celle-là, -
ëxsi 8è navxo’mœ; mais il est tout—à—fait-mal
Toïaôe ôo’pmg à cette maison—ci
ÉTVÔ (M en; partsuite-de la nouvelle
n; oi Ee'vm finales! que les étrangers ont annoncée
ropôg. clairement.
7H 81‘] ëxs'fvo; Oui certes celui-là [tendre,
sûcppoweï vo'ov :Oti'wov, réjouira son esprit entendant (d’en
5515 nüônrm En: milieu. lorsqu’il apprendra cette parole.
"Kl éyd) rallumer 0 moi malheureuse !
ü); Tôt pèv Tralmà 60m] comme certes les anciens malheurs
auyusxpauéva pun mêlés à moi (qui se sont empreints
ôüaotma difficiles-à—supporter [en moi)
ruxäv‘tot Ev ro'iaôe ôäpotâ étant arrivés dans ces demeures
334 X 0 H q) O P OI.
TUXéVT’ éphv fikyuvsv év 01épvoi; cppéva '
6155’ 0611 me 101.6v5e myp.’ otvsoxépnv.
Tôt pèv yo‘zp äÀÀa TMuévwç ñvflow xaxoî '
cpOmv 5’ ’Opé01-qv, 171; épi); cpuxfiç Tptôñv 1,
ôv éëéepsqm pn'rpo'esv 5a5sypév11,
m1 vuwrmÀo’cymwv ôpetœv xshsupo'wwv 9
. . o I n u - n a n .

ml. rioÀÀa‘c ml. poXO-lyp’ ävwcpékq'r’ épol


1M0“ ' 1b M (ppm/06v yricp 60011298). @015»)
'rpécpew dvo’zym], 1163; ydzp o6; 016Xcp tppavôç'
o6 yo'zp 1: zpwvs't mat; ër’ 15v èv mapyo'zvotg, ’
et Àtftôç'ñ 5:01; 11; ñ hgbooptot
è’xa ' véa ôè vnôùç aû'ro’cpxnç réxvœv.
Toü‘rwv 11po'p0wn; 0600:, 110Mo‘: 5’, ot'opm,
(1156062100, 10155; onapyo'wwv (pattôpüv'rpta,
xvwpab; 1pocpe6; 3 1a 1061?» stxé‘nqv TéÀoç.
’Eyzb But-M; ôè ro’wôa xstpœvocëtaç

-des, il sanglotait dans ma poitrine, mon pauvre cœur. Jamais


pourtant je n’avais été mise à pareille épreuve. A tout le
reste j’avais pu me l‘aire. — Mais mon 0reste, ma seule pensée,
0reste que j’ai nourri, que j'ai reçu au sortir du sein de sa mère!
i — La nuit, à ses moindres cris, j’étais debout... Tant de maux,
tant de fatigues, tout cela pour rien.’ —C'est que tant que ça n'a
pas plus de raison qu’une bête, il faut bien songer à ses besoins.
Pas moyen de faire autrement. Ça ne sait rien dire, un enfant
au berceau. -— Ça a faim, ça a soif, ça pisse tout seul, car à cet
âge le ventre n’attend pas chez les enfants. Il fallaittout deviner.
Souvent, on se le figure aisément, je m'y suis laissé prendre.
Alors c‘étaient des langes à laver, car blanchisseusc et nourrice.
c’est tout un. Double besogne que je remplissais pour élever un
LES CHOÉPHORES. ‘ 335
' d’Atrée‘
'A'rpéw;
fiMuvev épñv gaps-Eva ont affligé mon cœur
Èv arépvmç'_ dans ma poitrine!
(ma oÜn m» ôwsaxo'unv mais je n’ai pas—encore enduré
roïovôa TE'THLŒ. . un tel malheur. [tiemment
“H'rlow pèv yàp 1M pôvwç Car d'une part je supportais pa
Tà ana nami les autres maux;
qzOmv äè 'Opéo-‘mv, d’autre part mon cher 0reste,
TP‘ŒIV 171€ 595]; zlJuxñç, souci de mon âme,
ô'v égéepatba que j’ai nourri
ôêôëwévn unrpäeav, l’ayant reçu de-sa—mère,
nod ualsupoirœv Ôpeiwv et dontj’ai entendu les appels aigus
watmkdyx‘rœv errants—pendant-la—nuit

. . . . . . [bles
Md nonà ml poxefipa et des choses nombreuses etpéni—
ävœçélnm épol thin!) ' inutiles pourmoiquiles aiendurées;
(“d'un Yàp TpétPEN car nécessité est de nourrir
ùcnspal Boràv comme une bête
TÔ PI}; çpovoûv, ce qui n’est pas raisonnable,
"<3; Yàp 06; car comment non(faire autrement)?
mm» WM; par la divination de l’esprit;
mû; yàp 63v En car l’enfant étant encore
èv anapyaivot; v dans les langes
00 (900%? n, ne dit pas quelque chose,
et M96; ‘5'} n; ôflm si la faim ou quelque soif
ñ halaoupia ou rétention—d'urine
Exan tient lui;
véa 8è vnôù; Téxvwv et un jeune ventre d’enfants
aûtoipx'qç. est se-suffisant à (se soulageant)—
05011 Étant [lui-même.
npäpavrtç rofmov, devineresse de ces besoins,
noMà ôè, oïopou, absuoeeïacz, et souvent, je pense, trompée,
apatôpuvrpta wrapyoivwv blanchisseuse des langes
n‘atôàg, de l’enfant
uvaçeùç 'rpmpex'ag we foulon (dégraisseur) et nourricier
eîxémv 1:6 aùrô Téloç. avaient—tous-deux la même fonc
’Eyd) ôè ëxovaoz Or moi ayant [tion.
336 XOH<I>0P0L
5)}0u0 I Opéu‘wlv êäeepsqao’cunv m-rpi -
Teewlzoroç ôa vüv TotÀocLw “5,560 m
216%» 5’ én’ ävôpa rü'wôa Amuse/Jet“
ot’xwv, Oékwv ô‘a ro'vôs nsüaamn Àôyov_
XOPOZ'. ‘
HG); 05v Mekaüst vw uoÂeÏv êcmhuévov '
fl TPOCIDOE. ,
07H09; “Y 156%, d); pdôw coupés-559w.
XOPOE.
Ei Eùv Àoxtratç el'îa xat “owe-“69];
TPO<1>OE.
'Ayaw xaÂeôaL ôopupôpouç ôno'wvocç.
XOPOX.
M'r'l vw où mü-r’ äyysMe-ôeaäo’rov mm“ '
0'003 aüràv êÀôeîv, (hg o’côstuo’cvrwç 10‘671,
&vwxô’ ô'oov 'ro’zxtatoc 771601507; eppsvt '
èv âyyélxop yo‘cp xup‘rôç 6900510“ Ào’yog.
TPOŒ’OE.
’AM’ñ (ppovsïç 85 "rotor vüv fiyyskuévmç;
XOPOE.
’AM’ si Tpomlav Zeb; xaxmv (Nicer. Tro-ré.

vengeur à son père. ——- Et àprésent mort, malheureuse, voilà


ce qu’on m’apprend. Allons à cet homme, la plaie de cette fa
mille. Quel bonheur pour lui qu’une pareille nouvelle ! '
LE CHOEUR. Comment t’a—t-elle dit. qu’il dût se présenter?
LA NOURRICE. Comment? explique-toi, je vois mal ta pensée.
LE CHOEUR. Devra-t-il venir seul, ou suivi de ses gardes?
LA NOURRICE. De ses gardes armés il faut qu’il soit suivi.
LE CHOEUR. Ne va pas parler de cela: tu inquiétcrais le maître
Dis—lui d’un cœur joyeux, pour qu’il't’écoute sans crainte, dis
lui de venir seul à la hâte. Du messager dépend de tourner à
bien une triste mission. x
LA NOURRICE. Quel succès espérer après cette nouvelle?
LE CHOEUR. Mais Zeus peut, s’il le veut, changer le_ deuil en
Joie. .
LES CH0ÉPHOR ES . 337
161665 xsnpwvaElag ômkä; ces besogncs doubles
é‘âsepërdunv ’Opévmv j’ai élevé 0reste
na'rpt' ' 7 pour sonp‘ere;
vôv ôè Toilawot et maintenant malheureuse
nsüôoum reôwjno'roç. j’entends—parler de lui mort.
Erslxw 6%. fil &vôpa Etje vais vers l'homme
Rupavrfipiov riûvôe oïxcuv, destructeur de cette maison,
neücs‘rou 5è em,» et il entendra voulant (volontiers)
're'vôe Ào'yov. cette parole.
XOPOX. HG); 05v LE CHOEUR. Comment donc
157.5651 Clylemnestre ordonne-t-elle
vw pmhïv ëaralnévov; lui venir équipé ? [encore
TPOŒOE. "011w; ; Âéye «561;, LA NOURRICE. Comment? parle
63€ [.Lo’toco aazpéorspov. afin-que je sache plus nettement.
XOPOÈ. Ei LE CHOEUR. S’il. doit venir
îùv hoxlrouç avec des gardes
site ml novoa‘riäñ; ou même marchant—seul?
_ TPOQDOZ. Ksleüet LA NOURRICE. Elle lui ordonner
'äyew d'amener
' ôndovaç ôoputpo’poug, des compagnons armés—de-lances.
XOPOE. 26 vuv y); äyysne LE CHOEUR. Toi donc n'annonce
Tdôe créyn ce sujet—de tristesse [pas
ôemro'tou, du maître (ces paroles qui l’in—
600d ävœxet mais engage-le [quiéteront),
Èlôeïv aéro‘v,
à venir lui—même (seul)
(ppevi y11606073
d‘un cœur joyeux
ô'e'ov mixte-ta, le plus vite qu’il est possible,
d); x1613 afin qu’il écoute
âôsiadvrwg' sans-crainte ;
MYOÇ Mp xuprô; car une parole courbe
ôpeoüwi est redressee
èv àyyéltop. au—moyen—du messager.
'I'POŒOZ. ’AÏÀà LA NOURRICE. Mais
ñ cppovei‘ç 25 est-ce-que tu penses (espères)hien
toïai ñwe'ltuévmç avec les choses annoncées
vüu; maintenant? ‘
XOPOE. ’AMo‘z ai Zeb; LE CHOEUR. Mais si Zeus
Moan no'cè placera (fait) un jour
rporroclow zazäw. une conversion de maux.
MORCEAUX au. n‘assume. .22
3
38, xoneopm,
I. ’ ' TPO<I>OZ.
K000 10mg ; Opâar'qç élartç ot'xs‘rou 80' (w
06 _ _ V I XOPOE. H '
ne) mm; 75 puent; &v yvoivj TO'tôE
l J TPOŒOZ. ' >
T (mg ; é'XsLg ":0 166v Àsksvuévwv ôtxa'
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IV. CLYTEMNESTRE ET LE VENGEUR.


(Vers 875-934.)

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