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ISSN 0085-2643

MINISTËRE DE l'ENVIRONNEMENT
ET DU CADRE DE VIE
MINISTËRE DES TRANSPORTS
LABORATOIRE CENTRAL
DES PONTS ET CHAUSSÉES

Rapport de recherche lPC N° 79

Propriétés générales des graves traitées


par des ciments spéciaux et des retardateurs de prise

J. ALEXANDRE
A.BROCCOLI
C.CIMPELLI
J.-L. PAUTE

Juillet 1978
Propriétés générales des graves traitées
par des ciments spéciaux et des retardateurs de prise
J. ALEXANDRE
Ingénieur
Centre d'étude et de recherche
des liants hydrauliques
A. BROCCOLI
Technicien supérieur
Laboratoire régional des
Ponts et Chaussées de Bordeaux
C. CIMPELLI
Ingénieur
Laboratoire régional des Ponts et Chaussées
de l'Est Parisien
J.-L. PAUTE
Ingénieur
Laboratoire régional des
Ponts et Chaussées de Saint-Brieuc

Ce rapport a été rédigé avec la collaboration de MM. GAUTIER, HORNAIN, VOLANT


Ingénieurs au CERILH.
Pour ce qui concerne les Laboratoires des Ponts et Chaussées, il s'appuie sur les études
réalisées dans le cadre de :
-- l'action de recherche pluriannuelle (AR) : 34
• Assises traitées aux liants hydrauliques
- la fiche d'action élémentaire de recherche (FA ER) : 34064
• Traitement des graves par des ciments spéciaux pour assises
de chaussées.
Sommaire

Résumé 4
Présentat io n 5

Chapitre 1 Objectifs de la recherche 7

Chapitre 2 Matériaux soumis à l'étude 8


Les gra nu lats 8
Les ciments 9
Les adjuvants 9
Caractéristiques de compactage des différentes graves-ciment 10
Relations entre poids et volumes dans une grave-ciment 10

Chapitre 3 Étude du délai de maniabilité des graves-ciment


Ciments spéciaux et retardateurs de prise 13
Description des méthodes envisagées pour déterminer le délai
de maniabilité d'une grave-ciment 13
Mise au point de la méthode par auscultation dynamique 18
Étude de la variation du délai de rnaniabilité en fonction de la nature
du ciment, de la nature de la grave, de celle du retardateur de prise
et de son dosage 22
Influence du délai de compactage sur les performances mécaniques
d'une grave-ciment 27
Influence de la température sur le délai de maniabilité 29
Comparaison des délais déterminés par mesure sonique et des courbes
de chaleur d'hydratation obtenues sur grave-ciment 29
Aspect microstructurel du délai de maniabilité de la grave-ciment (9 et 10) 37
Conclusions générales 41

Chapitre 4 Étude des performances mécaniques des graves-ciment 46


1nfluence de la nature du ciment, de son dosage, de la nature de la grave
et du taux de compactage sur la résistance en traction directe 46
Comparaison entre la résistance en traction directe sur grave-ciment
et de la résistance en flexion (Rtf) sur mortier ISO 53
Étude de la sensibilité des graves-ciment vis-à-vis des variations de teneur
en eau 54
Comportement des graves-ciment à la fatigue 55

Chapitre 5 Conclusions 58

Bibliographie 60
Résumé en anglais, allemand, espagnol et russe 61

Les trois annexes:


1 - analyses chimiques des ciments et de leurs constituants,
2 - détermination du délai de maniabilité par auscultation dynamique,
3 - étude microstructurelle au microscope électronique à balayage (MEB),
citées dans ce rapport peuvent être obtenues en s'adressant au Laboratoire des Ponts et Chaussées de
Saint-Brieuc - 12, rue Sully, 22000 Saint-Brieuc.

MINISTERE DE L'ENVIRONNEMENT ET DU CADRE DE VIE - MINISTERE DES TRANSPORTS


LABORATOIRE CENTRAL DES PONTS ET CHAUSSÉES
58, boulevard Lefebvre - 75732 PARIS CEDEX 15
Tél. : (1) 532-31-79 - Télex: LCPARI 200361 F
JUI LLET 1978
.l'Vo.\ lecteurs étral/ger.\ Irouveront ce rf.\umé traduit
en anglais, allemand, e.\pagnol et rusle en Jin de rapport.
Our rl'aders willjind this ahstract al the el/d of the report.
résumé Unsae J,eserjillden difle :::y.\ammellfa\sul/f!, am Ende de.\ Berichln.
JVuf.\lro.\ lertorn hallaràll este resumel/ al/inal del informe.
!>.IIcr}n/ù I/II'hCIl/ 1/llIllIlI/llll/1II 1l().\{l'lL!('1l li 1,()/Il!C IIIlI'll'l/lil.

L'étude présentée dans ce rapport de recherche avait pour objectif principal


d'approfondir la connaissance de certaines caractéristiques générales des graves-
ciment :

le déroulement de la prise et la mise au point d'une méthode permettant de


définir le délai de maniabilité,

l'influence de l'incor90ration de retardateurs de prise sur le délai de mania-


bilité et sur la résistance des araves-ciment ainsi adjuvantées,

- les caractéristiques des graves traitées par des ciments spéciaux.

On se proposait, également, d'examiner s'il existe des relations entre la résis-


tance sur graves-ciment et sur mortier ISO.

La prise et le durcissement d'un ciment constituant en réalité un phénomène con-


tinu, il apparaît que la définition du délai de maniabilité ne peut qu'être arbi-
traire. On s'est donc attaché à définir ce critère comme étant le temps pendant
lequel on peut mettre en oeuvre une arave-ciment sans altérer sensiblement ses
caractéristiques mécaniques. Trois p~océdés ont été expérimentés: l'auscultation
dynamique, la calorimétrie et l'étude microstructurelle Dar des observations
d'éclats de graves-ciment âgées de quelques heures au microscope électronique à
balayage.

L'emploi de retardateurs de prise apparaît un procédé efficace pour augmenter le


délai de maniabilité des graves-ciment.

Il apparaît que l'on peut distinguer du point de vue de l'hydratation, les ciments
moulus finement (normalisés ou non) d'une part, et les ciments moulus grossière-
ment d'autre part.

Du point de vue des performances mécaniques, on constate que la teneur en eau op-
timale coïncide 9ratiquement avec la teneur en eau de ressuage définie à l'essai
Proctor modifié. On a pu également, pour cette teneur en eau, relier les perfor-
mances mécaniques à un paramètre sans dimension, le dosage volumétrique en ciment
(DVC) paramètre qui intègre le dosage en ciment et la compacité de la grave-ciment.
L'étude en fatigue montre que la grave-ciment Drésente un comportement relative-
ment peu dispersé. La limite d'endurance à un million de char~ements est légèrement
supérieure à la moitié de la résistance statique.

MOTS CLES 33 - Raoport de Recherche - granulométrie continue - granulat - ciment -


prise - maniabilité - retardateur de prise - résistance (mater) - mécanique
durée - teneur en eau - compacité - dosage (mélange) - fatigue (mater).

4
PRESENTATION

J. BONNOT
Chef du département des chaussées
L.C.P.C.

J.-P. MÉRIC
Directeur général du C.E.R.I.L.H.

Le. flappOM: de. fle.iéhe.fliéhe. de. MM. Me.xandJte., BflOiéiéOU, Cünpe.LU e): Paute. e;;,t fa l.>ynthè.J.>e. de. fle.iéhe.Jt-
iéhe;;, e.6 6e.duée;;, l.>Llfl fe;;, gflave;;, -cAme.nt, dan!.> fe. iéadJte. d'une. adJ.on généflale. me.née. pOLlfl pe.Jt6e.iétion-
ne.Jt iéme. te.iéhlÙqUe. déjà anue.nne. et f(Ll pe/tme):t![e. iUvt!.>i de. mie.u.x ftépondJte. aux be;;,oin!.> e.n aMi!.>e;;,
de.·~hau.!.>l.>ée.!.> pOLlfl tfla6iié fOLlfld.

POM fe;;, Laboflatoifle;;, de;;, Pont!.> e): Chau.!.>l.>ée;;" iée;;, fle.iéhe.Jtiéhe;;, ont été alÙmée;;, pM M. PalLte., flappOfl-
te.uJt de. f' o.iétion éR.éme.ntcUJte. de. fle.iéhe.Jtdle. iéo.'Vte;;,pondante. ; mai!.> iée. flappOM: e;;,t fe. 6flMt d'une. iéof-
faboflation 6flUd:ue.u.!.>e. qui l.>' e;;,t étabUe. e.ntfle. fe;;, Laboflatoifle;;, de;;, Pont!.> e): Chau.!.>l.>ée.l.> e): fe. Ce.ntfle.
d'étude. e): de. fle.iéhe.Jtiéhe. de. f' indu.!.>tflie. de;;, .[[ant!.> hydflalLUque;;, (C _E. R. r. L. H• ), fa pMtiupatio n
de. ~e. de.JtlÙe.Jt témoignant de. f'intéftêÂ: que. pOf1Xe. f'indu.!.>tflie. ume.ntiè.fle. à ~e.tie. uJ:iü.J.,ation pMti-
~lLUè.fle. du ume.nt.

Le. flappOM: iéompfle.nd de.ux pMtie;;, tflè.l.> d.l66éfle.nte;;, : fa pwe. du ume.nt e.n miUe.u gflave.-ume.nt e):
fe;;, pflOpftiété.l.> mé.iéalÙque;;, de;;, gflave;;,-ume.nt apflè.l.> dLlflwJ.>e.me.nt.

Le;;, e;;,l.>ai!.> ont pOM:é, e.n gflande. pMtie., l.>Llfl de;;, ume.nt!.> fle.iéOn!.>tituél.> e.n fabOflatoifle. à paJttiJt d'un
mê.me. c1inRe.Jt e): de. fcUtie.Jt, iée.ndJte;;,-vofante;;, ou Mne;;, iéaliéaifle;;" e.n dOMge. vafliabfe., de. 6açon à
me):t![e e.n é.vide.niée. fe. pMamè.tfle. "natLlfle. de. f' aj olLt" .

Prise du ciment
L'étude. de. fa pwe. du ume.nt e.n miUe.u. gflave.-ume.nt a été fle.ndue. né~e;;,l.>aifle. pOLlfl éc1aiflw fe.
pflobfè.me. de. fa dé6ilÙtion d'un dé.fiU de. malÙabiUté.. Vu point de. vue. de f'appUiéation pflatiqUe.,
~e.tie. notion l.>' intflodMt l.>impfeme.nt iéomme. fe. dé.fiU iéompté. à paJttiJt du malaxage. au bolLt duquef if
n'e;;,t pfu.!.> pOMibfe. de. me):t![e. e.n Oe.uvfle. fa g.'tave.-ume.nt l.>an!.> que. l.>e;;, pflopftiétél.> méiéalÙque;;, e.n
!.>Oient J.>e.n!.>ibfe.me.nt a66e.dé.e;;, ; iée;;, pflopftié.tél.>!.>Ont a66e.iétée;;" d'une. palU: pMiée. que. fa pwe. du.
ument iéomme.nçant à fliUrilfl fe. matéftiau, if n' e.l.>t pfu.!.> pOMibfe de. fe iéompaiéte.Jt e.6 M~aiée.me.nt, e):
d'autfle. palU: pMiée. que. fe;;, pfle.lm.è.fle;;, Uai!.>on5 de. pwe. !.>Ont flOmpue;;, pM fe;;, mouveme.nt!.> flefati6l.>
de;;, é.fê.me.nt!.> de. fa gflave. au iéOu.fl!.> de;;, O'JéflatlOn!.> de. mi!.>e. e.n oe.uvfle..
Mai!.> ~e.tie. déMlÙtion ne. pe.flme.t pM d'e.n tifle.Jt rilfle.iéte.me.nt un e;;,l.>iU de. faboflatoifle. "dé.te.flmination
du déR.iU de. malÙabiUté." e): on a iéhe.Jtiéhé. à déMnifl de;;, méthode;;, indifle.de;;, appU~abfe;;, pflatique.-
me.nt. Ce;;, mé.thode;;, inrilfle.de;;, uJ:iü.J., e.nt fa me;;,Llfle. d'une. iéMadé.wtique. méiéalÙque. qui évofue. !.>Ou.!.>
l'e.66e.t de.!.> modibiiéation!.> du miUe.u aiéiéompagnant la pwe. e.t le. dLlfl~i!.>l.>e.me.nt du fiant : flél.>i!.>tan~e.
à fa fluptLlfle. e.t l.>uJttolLt v-<-te;;,l.>e. du l.>on. Le;;, di66iiéuité.l.> fle.niéontflée;;" qui pflovie.nne.nt notamne.nt du
6ait qu'on ne. pe.lLt dé.Mnifl un l.>elLU tflè..s ne): dan!.> le. pflOiée;;,l.>u.!.> iéontinu d' é.volu.t.lon de. fa pwe. e):
du dLlflwJ.>e.me.nt du ume.nt au iéOu.fl!.> du te.mpl.>, ont iéonduit à é.tudie.Jt de. 6açon bine. .ta pwe. du
ume.nt dan!.> iée. miUe.u. tflè.l.> pMtiiélLUe.Jt que. iéOn!.>WUe. une. gflave- cAme.nt, miUe.u. à 6iUble. dOl.>age. e):
60M:e. pOflO!.>-<-té..

La iéaloftimétftie. e): .t'obl.>e.Jtvation miièftO!.>tflLœtLlfle.Ue. au miièftO!.>iéOpe. é.fe.~olÙque. à balayage. ont ap-


pOM:é de;;, flé.l.>u.U:atJ.> tflè.l.> intê.fle;;,l.>ant!.> ; e.Ue.6 ont pe.Jtmil.> de. mie.u.x iéompfle.ndfle. le;;, dive.flge.niée;;, e.n-
tfle. fe.l.> dive.!t6e;;, méthode;;, d'appfléuation du dé.liU de. malÙabiUté., qui n'appfléhe.nde.nt pM tolLte;;,
le;;, mê.me;;, phénomè.ne;;,. EUe;;, ont égale.ment montflé la iéompfe.xité du phénomè.ne. ; la natLlfle. du gflanu-
lat inte.Jtvùnt 60M:eme.nt, et la 6iUbfe. quantUé. de. ume.nt a pe.Jtmi!.> de;;, obl.>e.Jtvation!.> intéfle;;,Mnte.l.>,
montflant pM e.xe.mpfe. que. la l.>tflumfle. de;;, hydflate;;, 60flmé.l.> dépend de. la natu.Jte. de. la gflave. e.t de.
l.>e;;, pMtiiélLfe;;, bine;;, e.n pMtiiélLUe.Jt.

Une. inte.Jtpflétation miièftOl.>tfludLlfle.Ue. a é.té. donné.e. au 6ait que. l'e.66e.t de. l'augme.ntation du délai
e.ntfle. malaxage. e.t ~ompaiétage. e;;,t moin!.> ofléjudiuabfe. à la flé.l.>i!.>taniée de;;, gftave;;,-ume.nt dan!.> le.
iéM de;;, ume.nt!.> à 60M:e. tene.Llfl e.n fcUtie.fl e.t gflOl.>J.>e. moiltufle. que. dan!.> ~efui de;;, ume.nt!.> à bM e. de.
cUnRe.Jt.

5
L'étude. de..fa UYlétique. d'hydJta.tatioYl d'uYle. gJtave.-c.hne.nt palt.fa mu.Ulte. du. Mux de. c-hale.UIt d'hYMa-
tatiOYl au c-aloJUmè.:tJte. aiÜabatique. -6e.mb.fe. UYle. te.c-hYlique. .:tJtè-6 pJtome..:t.:te.U-!>e., qtù pe.Jtme..:t, palt e.xe.mp.fe.,
de. me..:t.:tJte. C-.fa-Uteme.nt e.yl év-tde.Ylc-e. .f' e.66e.t du. Jte.taltda.te.uM.

Propriétés mécaniques
L'étude. du. pJtopJUéte-6 méc-aYliquu. du. g,'Ulvu. -ume.nt a poJt.:té -6U1t .f' -tYl6.fue.Ylc-e. du. iÜve.M paltamè.:tJtu.
de. compo-6-LtioYl de. .fa gJtave. e..:t de. .fa Yla.tu~e. du c.hne.nt. A .fa te.Yle.UIt e.yl e.au optimale., Oyl a étabt-L UYle.
Jte..fatiOYl, valab.fe. pouJt UYle. dlJYlYlée. e.t powc Uyl ume.nt dOYlYlé, e.vt.:t!te. .fa Jté-6-L-6taYlc-e. à .fa .:tJtaC-tioYl de. .fa
gJtave.-ume.nt à Uyl âge. dOYlYlé e..:t Uyl paltamè.:tAe. vo.fumé.:tJt-Lque., .fe. dOMge. vo.fumé.:tJt-Lque. e.yl ume.nt (VVC),
qtù u.t .fa pJtOpOWOyl du. v-tdu. de. .fa gJtllve. ,'Le.mpw palt .fe. c.hne.Ylt (aYlhyMe). Ce. paltamè.:tJte. Jte.gJtOupe.
.f' e.6 ne..:t de. .fa te.Yle.UJt e.yl ume.Ylt e..:t de. .fa de.~5,U:é de. .fa gJtave.. LOMqUe..f' Oyl a étabt-L c-e..:t.:te. Jte..fatiOYl
pOM UYle. gJtave. dOYlYlée., Oyl pe.u;(: pJtévo-LJt fa f1.é-6-L-6taYlc-e. à .fa .:tJtaC-tioYl ; c-e..:t.:te. lie..fatioYl pe.Jtme..:t de.
dUe.Jtm-tYle.Jt .fa te.Yle.UIt e.Yl ume.nt YleC-u.MLüe. rOM .obte.vt-LJt UYle. Jté-6-L-6taYlc-e. 6-<-xée.. Oyl C-OYl-6ta.te. que. c-u.
te.Yle.uM e.yl ume.Ylt Mnt MMZ Yle..:t.:te.me.nt iÜ66é,~e.ntu. d'uYle. gJtave. à .f'au.:tJte., m~me. Û e..f,fu. -6~6ont
à .fa V-LJteC-tive. SETRA-LCPC de. maM 1969.

COYlc-e-'Lnant .f' -tYl6.flle.YlC-e. du type. de. c-tme.Ylt, Oyl a étabt-L du. Jte..fatiOYl-6 e.vt.:t!te. .fa Jté-6-L-6taYlc-e. à .fa .:tJtac--
tiOYl d' UYle. paU e..:t .fe. dO-6age. vofumé.:t!Uque. e.Yl ume.nt (VVC) e..:t.fa Jté-6-L-6taYlc-e. à .fa Me.x-LoYl -6U1t moWe.Jt
ISO d'au.:tJte. paU. Cu. Jte..fatiOYl-6 Mnt -t~téJtu..santu., maU, e.Uu. Yle. pe.Jtme..:tte.nt pM de. pJtévo-LJt de
6açol1 pJtéc.Lse. .fa ,'Lési.-staYlc-e. à .fa .:tJtaC-tioYl e.yl c-altac-téwant .fe. ume.nt palt -6a -6e.u.fe. Jté-6-L-6taYlce. -6U1t
moWe.Jt ISO, C-alt e.Uu. Mnt iÜ66éJte.ntu. d'uYl ume.nt à Uyl au.:tJte.

EYl 6-<-Yl , .fu. u.-6aU, ont movt.:t!té .fa c-omp.fe.x.U:é de. .f' -tYl6.fue.Ylc-e. de. .fa te.Yle.UIt e.yl e.au de c-ompac.:tage. -6U1t .fa
Jté-6-L-6taYlc-e. à .fa JtuptUlte.. V' UYle. 6açoYl géYléJtale., .fu. ume.nt6 à 6a-Lb.fe. te.Yle.uJt e.11 ct-LYlke.Jt e.t 6oJt.:te.
teYle.UIt eYl .fa-tUe.Jt ou e.yl C-e.YlMU. vo.fantu. dOYlI1e.nt du. gJtavu.-c.hnent mo-tYl-6 MYl-6-tb.fu. que. .fu. ume.nt6
CPA à Uyl e.xcè-6 d'eau, maU, ~ -6ont -6ouvent D.fU-!> -6e.Yl-6-tb.fu. à Uyl maYlque. d'e.au. Ce.pe.Yldant, .fa YlaWJte.
de. .fa gJtave. a UYle. gJtaYlde. .<'.YlMue.Ylc-e. MA .fa -6e.Yl-6-tbLU.:té aux va!t-LatiOYl-6 de. te.Yle.UIt e.yl e.au de c-ompac.:tage.
.fa gJtave -6~C-e.U-!>e. y u.t p.fU-!> -6e.Yl-6-tb.fe. que. .fa gJtave. c-alc-a-Ute., -6aYl-6 que. .f'Oyl -6ac-he. -6-t c-e. Jté-6uUa.t
peu;(: ~.:tJte. gél1éJt~é.

6
CHAPITRE 1

OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

La technique des graves-ciment a considérablement é- tative de granulats, de ciments de différente nature


volué depuis la parution de la Directive de 1969 (1). et de retardateurs de prise.

D'un matériau figé dans des qualités et ses défauts, Parmi ses propriét~s , qu'il convenait de préciser;
il est devenu, au fil des expériences réalisées de- on retiendra, en particulier, le délai de maniabi-
puis plus de 5 ans, un matériau adaptable aux cir- lité. En fait, il s'agissait là d'une étude de la
constances du chantier du fait de l'apparition de prise des ciments dans un contexte bien particulier,
liants plus appropriés et de l'introduction des re- celui d'un mélange à faible dosage et à forte poro-
tardateurs de prise. Alors que son utilisation était sité. Plusieurs moyens ont été mis en oeuvre pour
, par le passé, limitée aux constructions de chaus- étudier le début de prise, auscultation dynamique,
sées neuves et aux renforcements de chaussées à fai- calorimétrie, observation microstructurelle au Mi-
ble trafic, il est maintenant possible, comme l'in- croscope Electronique à Balayage de façon à aider à
diquait M. L'Ingénieur Général HUET dans la présen- la définition de ce paramètre dont la valeur permet
tation du Complément à la Directive grave-ciment (2) de déterminer le temps de mise en oeuvre des graves
ciment pendant lequel on ne note pas d'altération
sensible des caractéristiques mécaniques à long ter-
- "d'envisager une plus grande souplesse pour la réa
me.
lisation des chaussées neuves,
Pour tenir compte de l'apparition de ciments nou--
- d'élargir le domaine d'~mploi de cette technique
veaux, ciments hors normes tels les ciments à forte
aux renforcements de chaussées sous circulation
teneur en laitier et à grosse mouture, ou ciments de
avec la possibilité de travailler par bandes et
type CPJ à base de clinker et contenant un consti-
de circuler sur les couches ainsi mises en oeuvre
tuant secondaire en forte proportion, il paraissait
dès la fin du compactage "
également utile d'étudier la variation des caracté-
ristiques mécaniques suivant le type de grave, en
Il devenait cependant nécessaire de préciser cer- fonction du dosage en ciment, de la densité et de
taines propriétés des nouvelles graves-ciment en se la teneur en eau.
basant sur les résultats d'une étude à caractère
A cette étude, ont participé les Laboratoires Régio-
systématique réalisée à partir d'une gamme représen-
naux de l'Est Parisien (Melun), de Bordeaux, de
Saint-Brieuc et le CERILH.

7
CHAPITRE

MATERIAUX SOUMIS AL' ETUDE

2.1. - LES GRANULATS - la grave calcaire provient du concassage d'une ro-


che massive (carrière BOCAHUT et VINCENT - Aves",es
Trois graves ont été retenues pour l'étude (59) .

- La grave s&/'ceuse provient du concassage d'une GR,\VIERS GROS SABLE SABLE 1'1,\

roche massive (leptynite et amphibolite - carrière


Rault près de Saint-Brieuc (22)

C4.I~ LOU X GR..\ViERS GROS SABLE SABLE FIN

._-~=

3F'-
" =a: : ~cc ==-'.c:
o 200
1
100
r '"1 '0
1 ,
o., 0,2
1
0.10,08
Il

figure 2.2. - granulométrie de la grave calcaire

0.5 0.1 0.\0.03


1 1 Il

figure 2.1. - granulométrie de la grave siliceuse Formule de reconstitution

sable 0/3 14 %
Pour des commodités de reconstitution, la grave a gravillon 3/8 1\ %
été fractionnée en 5 constituants et l'on a rajouté gravillon 8/12 10 %
un sable de dune 0/1 comme élément correcteur. gravillon 12/20 35 %
E.S. du sable 0/2
Coefficient Los Angelès 19
Formule de reconstitution
Masse volumique du mélange: 2,71
sable de concassage 0/2 18,9 %
Ces matériaux ont été préparés et approvisionnés
sable de dune 0/1 17,9 %
par le LREP de MELUN.
gravillon 2/4 9;2 %
gravillon 5/12 20 %
gravillon 12/17 1\ %
gravillon 17/22 23 % - la grave silico-calcaire provient du mélange d'un
E.S. du sable 0/2 54 gravillon obtenu par concassage d'un ZO/D silico-cal
Coefficient Los Angelès 17 caire issu d'alluvions de l'Yonne, du sable 0/4 obte-
Masse volumique du mélange 2,76 nu par criblage et lavage d'un tout venant alluvion-
naire de l'Yonne et d'un sable correcteur 0/4 cal-
Ces matériaux ont été préparés et approvisionnés par caire en provenance d'Ecuelles (77) obtenu par con-
le L.R. de SAINT-~RIEUC. cassage d'une roche massive

8
CA1ll0UX GRAV1ERS GROS S,\BlE SABLE FIN 2.2.1. - Caractéristiques physiques des constituants
et des mélanges

Les ajouts broyés séparément en laboratoire présen-


tent les caractéristiques suivantes

Tableau 2.1.

MISse Volumique Surf.ce spécifique


(a/ cm3 ) (cm'/g)

Cendres volantes 2.43 5100

l.itier broy. 2.92 2985


o 200 100 50 0.5 0.2 0.10.08
1 1 1 '"1 1 Il

figure 2.3. - granulométrie de la grave silico-cal- Filler calcaire 2.69 2610


caire

Les différents liants présentent les caracterlstiques


Formule de reconstitution suivantes, selon les compositions données :

gravillon 4/20 52 %
sable 0/4 silico-calcaire 31 % Tableau 2.2.
sable calcaire 0/4 17 % Composition des ciments de l'étude
E.S. du 0/4 silico-calcaire 85
Teneur en calcaire 30 %
Caractéristiques
E.S. du 0/4 calcaire Compositi on du mélange du melanye
Teneur en calcaire 90 %
Coefficient Los Angelès Clinker Cendres Filler Mosse 1 Surbce
du gravillon 20 Ciment gypse Laitier volante calcair.e ~olumiqu 'spéc;fiqu
Masse volumique du mélange 2,64 % % % % (gem 3 ) (cO!' 9 )

Ces matériaux ont été préparés et approvisionnés C PA ou LK 100 3,1 2790 1

par le LREP de MELUN.


LMG 16 84 2,9 2070 *
LKCV 65 35 2,79 3536

lKl 65 35 3,02 2755


2.2. - LES CIMENTS
LKC 50 50 2,88 2650
Cinq liants ont été étudiés, issus, pour partie,
d'un même clinker: * Pour des ciments à mouture grossière, la surface
spécifique est peu représentative. Il vaut mieux in-
- un ciment industriel provenant du broyage simulta- diquer le refus à 40 ~. Dans le cas du LMG étudié, il
né, à une mouture grossière, de clinker, de lai- était compris entre 48 et 50 %.
tier et de gypse, désigné par le sigle LMG,
2.2.2. - Analyses chimiques des constituants et
quatre liants reconstitués en laboratoire : des liants

un ciment portland sans addition, obtenu par broy On a effectué les analyses chimiques du CPA témoin
age et gypsage du même clinker (CPA témoin), gypsé, du LHG et des autres composants du mélange:
laitier de Colombelles, cendre de Violaines, filler
calcaire d'Ecuelles (voir annexe 1)
un ciment de type CPJ obtenu par mélange du port-
land précédent et d'une cendre volante broyée,
désigné dans l'étude par le sigle LKCV,
2.2.3. - Terq?s de prise et résistances mécaniques
des différents liants utilisés
un ciment de type CPJ obtenu par mélange du même
portland et de laitier broyé désigné par le sigle Les temps de prise Vicat (mesurés à 20°C sur mor-
LKL, tier ainsi que les résistances mécaniques normali-
sées (mortier 1/3 ISO) en traction par flexion
un ciment de type "fillérisé" obtenu par mélange et en compression des différents liants retenus dans
du même portland et d'un filler calcaire broyé, l'étude sont donnés dans le tableau 2.3. et les fi-
désigné par le sigle LKC. gures 2.4 et 2.5

2.3. - LES ADJUVANTS


On voit donc que tous ces liants répondent à une pré
occupation commune, la fixation du paramètre clinker
et que d. eux d'entre eux Q.e LMG et le CPJ à base de Deux retardateurs de prise ont été sélectionnés pour
laitier) sont issus du même clinker et du même lai- être soumis à l'étude du délai de maniabilité des
tier. graves-ciment :

9
- un produit commercial agréé,désigné par la lettre
MO~ ____, -________- ,________ P (plastifiant - retardateur ),

'-~lll--- _ i-./
- le lignosulfonate, désigné par le lettre N, sous
700 produit de l'industrie de la pâte à papier, produit
en poudre très soluble dans l'eau.
6001--____ + ____
, ' ' __!/ -+-----1

500 2.4. - CARACTERISTIQUES DE COMPACTAGE DES DIFFEREN-


TES GRAVES-CIMENT
400
,
, La densité de référence et la teneur en eau de com-
pactage ont été déterminés pour chaque grave par un
3(){)
essai de compactage suivant le mode opératoire PROC-

200
/
,
-- :::~J-- --
+------+-------1
TOR ~1ODIFIE adapté au cas des graves drainantes (3).

Les essais ont été réalisés dans les trois labora-

100 -~:;"':~12--,==-- toires des Ponts et Chaussées. Les figures 2.6 et


2.7 montrent la variation de yd, la densité sèche,
>-~ en fonction de la teneur en eau de la grave après
log. t
compactage.

------- 2B 90 182 j_ lin


Les caractéristiques de compactage des éprouvettes
t-lgure 2.4 - Résistances en compression en fonction du ter.-Ips sur mortier ISO retenues à la suite de ces essais sont indiquées
au tableau 2.4.

+ C PA
)( lMG Tableau 2.4.
o l KCY Caractéristiques de compactage des éprouvettes
• lKl
li l KC
3,5roCPA.u"~I.KC\\lKl 7%lKC

rdOPM W Res. rd OPM W Res.

Grave siliceuse 2,25 6% 2,27 6%

Grave cllcaire 2,32 5% 2,34 5%

Grave silico calcaire 2,23 5% 2,25 5%

Hres teneur en eau de ressuage

2.5. RELATIONS ENTRE POIDS ET VOLUMES DANS UNE


GRAVE-CIMENT

Il est intéressant de caractériser la structure d'un


log. t matériau par des paramètres sans dimension.
2B 90 182j. IOn
La figure 2.8 schématise les proportions relatives
Figure 2,5 - Résistances en traction - flexion cn fonction du temps sur mort:ier ISO de granulat, de ciment, d'eau et d'air dans une
grave-ciment.

PA air VA
PE
-- -- -_:-=
---eau-- ~ VE
PC :·:·."::cimént: ::::: VC
Tableau 2.3. P
PG V
X/À GranUI::\ VG
V

Temps de prise Résistance ( bars)


Ciment à 20'C
Début Fin
2· r 28i .. 3mols 6mois lan
TF C TF C TF C TF CTF C TF C ;fx\'"
CPA ou lK 4 h 20 6 h 20 30 151 5634 79516 87 6m 75 629 96 li5( figure 2.8.
lMG 9 h 55 26h30 .- 926 96 56202 60\270 72 2B7 74 30!
Les poids spécifiques des différents constituants de
lKCV 5 h30 7h05 28 120 50241 78 ~12 97 62 124 713 121 '33 la grave-ciment sont définis comme suit :

granulat eau YE =_P_E_


lKl 5 h25 7 h 15 21 81 42197 69 4()( B9603 92678 95 31 VE

lKC 6 h05 9h15 16 55 30 119 48 193 56 ~21 58 236 58 2~ ciment Yc Pc


Vc

10
l'd l'd l'd
2~.~-----r-----.----~ ~O'+-~-----'-----'-----;

2,30+---+--AfF---\--+-----1

2,151-_ _+ _ _ _I -_ _+";W;,'*;,;O 2~0L- " ____ ~ ____ ~ ____ ~ W%


4 5 6 4 6 4 5 6

légende
Teneur en elU aprils Compactage
l R LR
Grave siliceuse Grave calcaire Grave silico -calcaire Ciment Bordeaux St Brieuc
Figure 2-6 - Essais Proctor modifié sur graves traitées à 3,5 % de ciment. CPA + •
lMG x
l'd l'd
r----
l'd
.... ... -. 5 '" lKCV A

~5
./
~
~
,"
-....., /
? 2;25
/ r-r J
1

V 1/
1.......

2,2 2;2 5 2;20


of

W% W% 2,15 WOYo
2,15
4 5 6 4 5 6 4 6
Teneur en eau aprh compactage

Grave siliceuse Grave calcaire Grave si 1ico calcaire

• LR st Brieuc
+ LR Bordeaux

Figure 2-7 - Essais Proctor modifié sur graves traitées à 7 % de ciment.

Les poids spécifiques apparents degré de saturation de la grave-ciment au compactage

de la grave humide l'=---.L


V

de la grave sèche rd _ PG - Pc
- V Sr- W.Fd(1+o.01CI
(1 + O,olCI_ Fd(J.. + O.OlC 1
FG Fe
La teneau en eau Le dosage en ciment

C%=~x 100
PG Compte tenu de la valeur de la masse volumique des
Dans ces conditions, immédiatement après le compac- différents constituants de la grave-ciment, il est
tage et avant tout début de prise, on définit les possible de complèter le tableau 2.5 avec la valeur
paramètres suivants : des paramètres définis ci-dessus :

po~osité de la grave-ciment
Volume des vides VA + VE
Volume total V Tableau 2.5.
soit avec les notations précédentes
l'd!-k + ~ 1 Porosith , n Dosage volumétrique Degré d. saturalion
n= 1_ du ciment, DVC ,Sr
1 + 0,01 C Ciment G.S. G.C. 6.S.C. G.S. G.c. 6.S.C. G.S. G.C. G.S.C.
dosage volumétrique du ciment Dve W 6.,.IW 5, W 5''<
DVC = volume de ciment anhydre 35% CPA 0,188 0,148 0,160 0,116 0,146 0,132 0.72 0,79 0,70
volume des vides de la grave
lMG 0,186 0,146 0,158 0124 0,157 0,141 0,73 0,80 0,71
Ve
V-VG lKl 0,187 0,147 0,159 0,119 0,150 0,136 0,72 0,79 0,70

LKCV 0,185 0,145 0,157 0,128 0,163 0147 0,73 0,80 0,71
DVC=~! Yd
Ye (1+0.01CI_1! 7%lKC 0,180 0,140 0,152 0,223 0.225 0,251 0,76 0,84 0,74
l'G

11
On constate que la densité sèche n'est pas une carac- De la même man~ere, le Dosage Volumétrique en Ciment
téristique suffisante pour définir l'état de compaci- (DVC) montre que la structure des trois graves n'est
té d'une grave. pas équivalente alors que 14 % (G.silicocalcaire) à
15 % (G.calcaire) des vides laissés par la grave,
La porosité est en effet un critère plus intéressant. sont, théoriquement, comblés par la poudre de ciment
Bien que les différentes graves présentent des gra- cette valeur n'est que de 12 % pour la grave siliceu
nulométries proches de la courbe moyenne, d'autres se.
paramètres qui n'ont pas été recherchés ici condui-
Afin de concrétiser la signification de ce paramètre
sent à des compacités variables, à l'essai Proctor
pour obtenir avec la grave siliceuse un DVC de 14 %
Modifié.
pour un dosage en ciment de 3,5 % , la densité sèche
devrait être de 2,32 soit 103 % de 2,25,la densité
La grave siliceuse est en effet la moins compacte
OPM obtenue avec cette grave.
puisqu'elle présente une porosité moyenne de 19 %
pour un dosage de 3,5 % de ciment. La grave calcaire
On verra, plus loin, l'importance de ce paramètre
est la plus compacte - porosité de 15 %. La grave
en particulier, au niveau des résistances mécani-
silicocalcaire intermédiaire a cependant une porosi-
ques.
té assez peu différente - 16 %.

12
CHAPITRE 3

ETUDE DU DELAI DE MANIABILITE DES GRAVES - CIMENT

CIMENTS SPECIAUX ET RETARDATEURS DE PRISE

Sous leur forme ancienne, les graves étaient trai- Elle permet la dissolution d'une nouvelle quant1te
tées à l'aide de ciment Portland caractérisé par de constituants et ainsi de suite, la réaction con-
une prise rapide, intervenant lors des opérations tinuant tant qu'il y a asse~ d'eau.
de règlage et de compactage de la grave-ciment.
La résistance mécanique et la rigidification de la
L'utilisation de ciments spéciaux à prise retardée grave-ciment sont dues à la cohésion des composés
et à durcissement plus lent, et celle des retarda- hydratés, qui prennent naissance et à leur adhéren-
teurs de prise, incorporés lors de la fabrication ce soit entr'eux , soit avec la grave.
des graves-ciment permet maintenant de réaliser
des graves-ciment douées d'un délai de maniabilité Au fur et à mesure de l'hydratation des grains de
adapté aux travaux à réaliser. ciment, il se développe un réseau de cristaux de
dimension très petite dont la complexité et l'en-
L'objet de la recherche consistait donc à chevêtrement conduisent à la création d'un milieu
de forte cohésion.
- caractériser un peu mieux ce que l'on entend par
délai de maniabilité, L'hydratation du ciment est un phénomène continu
et les notions de début et de fin de prise (aiguille
- étudier des méthodes expérimentales permettant de Vicat) ne sont que des seuils choisis convention-
de déterminer le délai de maniabilité, nellement dans cette évolution ( la prise est le dé-
but du durcissement). si le choix de ces seuils ne
- montrer comment varie le délai de maniabilité en présente pas de difficulté pratique sèrieuse sur
fonction de la grave, du type de ciment, et du pâte dure, il n'en n'est pas de même sur grave-ciment
retardateur de prise incorporé, où l'interférence d'autres paramètres (granulat,
force de cohésion, état de l'eau, ) conduit au rem-
- il s'agissait également de vérifier quelle est placement de la notion de temps de prise par celle
l'influence de l'incorporation d'un retardateur de délai de maniabilité.
de prise sur les performances mécaniques de la
grave-ciment. D'un point de vue pratique, il conviendrait donc de
limiter le délai de maniabilité d'une grave-ciment
à une durée telle que le développement des cristaux
3.1. - DESCRIPTION DES METHODES ENVISAGEES POUR soit très faible de telle façon que la mise en oeu-
vre et le compactage n'affectent qu'un petit nombre
DETERMINER LE DELAI DE MANIABILITE D'UNE de liaisons créées par la formation de cristaux, et
GRAVE-CIMENT que l'on conserve ainsi une grande proportion du
pouvoir initial de rigidification du ciment contenu
dans la grave-ciment.
Le délai de maniabilité d'une grave-ciment est lié
à la façon dont se développe la prise du ciment
qu'elle contient

Un liant hydraulique est un système chimique de cons QUELLE EST L'ACTION DES RETARDATEURS DE PRISE
tituants anhydres, instables en présence d'eau, le
système stable étant formé de constituants hydratés. La présence de retardateurs en solution dans l'eau
de gâchage peut diminuer la solubilité des consti-
La cristallisation des solutions saturées consti- tuants anhydres du ciment ; ce sont alors des ré-
tuent la prise. ducteurs de solubilité. D'autres produits peuvent

13
précipiter sur les grains de ciment et imperméabili- voire de leur fragilité et de la répercussion é-
ser temporairement leur surface; ce sont des colma- ventuelle d'une rupture de ces liaisons sur la
teurs plus puissants que les précédents. Leur utili- cinétique ultèrieure de l'hydratation.
sation pourrait alors présenter un grand intérêt
dans la technique grave-ciment en repoussant de plu- A notre connaissance, cette démarche n'avait jamais
sieurs heures le début de cristallisation. été abordée sur grave-ciment.

Ces phénomènes étant, malgré tout, bien connus et ca- Les deux dernières phases de l'étude ont été réali-
ractérisés par un essai normalisé - l'essai de prise sées au CERILH.
sur mortier ISO, on peut objecter qu'il n'est pas
nécessaire de développer des méthodes particulières
aux graves-ciment puisqu'elles sont satisfaisantes 3.1.1. Essai de maniabilité PROCTOR (4)
pour les bétons de ciment.

En réalité, quelques études ont montré qu'il n'en Ayant déterminé la densité sèche optimale et la te-
n'est rien pour certaines raisons: neur en eau optimale ( ou de ressuage) suivant le
mode opératoire Proctor Modifié (3), l'essai con-
1. le dosage en ciment des graves-ciment est relati- siste à différer le compactage du mélange grave,
vement faible - 3,5 % - comparé au 15 % des bé- ciment, eau , adjuvant de temps croissants en adop-
tons de ciment et on a pu constater que la rigi- tant toujours la même énergie de compactage soit :
dification aux jeunes âges de plusieurs graves-
ciment évoluait différemment alors que le ciment
était le même. ~ la densité sèche OPM
La nature minéralogique de la grave a donc une
influence qui doit être prise en compte. Yt la densité sèche obtenue au temps t

2. d'autres paramètres tels que taux de compactage, On présente, en général, les graphiques sous la
teneur en eau, ont également une incidence sur le forme de la figure 3.1.
développement de la prise,

3. pour "coller" aux conditions de chantier, il est


intéressant de voir comment varie la prise en
fO:lction de la température ambiante 0,04

Deux méthodes sont apparues successivement pour dé-


terminer le délai de maniabilité d'une grave-ciment: 0,03

1. l'essai de maniabilité PROCTOR, mis au point en


1972 au L.R. de BORDEAUX (4) 0,02

2. l'essai de maniabilité par auscultation dynamique


d'une éprouvette aux jeunes âges, qui a fait éga-
lement l'objet d'un avant-projet de mode opéra- 0,01
toire (4)

5 temps (heure)

La seconde méthode, si elle présente des inconvé- figure 3.1. - diminution relative de la densité
nients qui seront développés plus loin, présente d'une grave-ciment en fonction du délai de compac-
l'avantage d'être un essai non destructif et c'est tage
la raison pour laquelle il avait paru intéressant de
pousser plus avant cette méthode. Le délai de maniabilité "dm" est, par définition,
le temps correspondant à une diminution relative
Ces essais ont été complètés par la détermination de de la densité sèche de 2%.
la résistance en compression aux très jeunes âges.

L'auscultation dynamique de l'éprouvette permet de


suivre l'évolution de la vitesse sonique qui corres- 3.1.2. - détermination du délai de maniabilité par
pond à des modifications physico-chimiques avec les- auscultation dynamique
quelles on a estimé intéressant d'établir un paral-
lèlisme. On se demandait notamment si le délai de
maniabilité mesuré par vi~esse du son correspondait Des essais réalisés dans les L.R. des Ponts et Chaus-
à une phase particulière de la cinétique de l'hydra- sées avaient montré que l'auscultation dy"amique aux
tation du ciment et quel pouvait être le rôle de la très jeunes âges d'une éprouvette de grave-ciment
nature minéralogique de la grave. A cette préoccu- rendait bien compte de la rigidification progressive
pation, on s'est attaché à .apporter des éléments de du matériau, rigidification due, principalement, à
réponse par deux méthodes distinctes : la prise et au durcissement.

l'étude de la chaleur d'hydratation mesurée sur La méthode consiste à mesurer la vitesse du son à
grave-ciment, en faisant intervenir aussi l'inci- des temps croissattts depuis leur confection sur
dence éventuelle du compactage (par exemple : pro- des éprouvettes cylindriques de grave-ciment réali-
duction de fines par attrition ... ), sées par vibrocompression (5). Le diamètre des é-
prouvettes est de 16 cm et leur longueur 32 cm. El-
l'étude microstructurelle de la grave-ciment au les sont protégées dans un étui en Lucoflex qui cons
microscope électronique à balayage (M.E.B.) , qui titue l'enveloppe interne de l'appareil de vibro-
permet, à différentes échéances choisies dans le compression et auquel la grave-ciment adhère parfai-
jeune âge, de juger de la nature des liaisons, tement et par deux couvercles.

14
Les essais ont été réalisés au banc d'auscultation il présente des inconvénients tels que forte disper-
dynamique type LCPC (figure 3.2.) sion des résultats avant la prise, difficulté d'in-
terprétation des signaux dans certains cas.

Aussi, la recherche entreprise avait pour objectif,


dans un premier temps, de mettre au point la méthode
d'essai et de définir un critère pour la détermina-
tion du délai de maniabilité.

3.1.3. - Mesure de la chaleur d'hydratation des


ciments

L'hydratation des ciments s'effectue avec un déga-


gement de chaleur dont l'intensité évolue en fonc-
tion du temps et donne l'image des vitesses de réac-
tion. La majeure partie de la chaleur d'hydratation
est libérée au cours des tous premiers jours. En
effet, on peut considérer qu'à 20°C, 50 % de la cha-
leur totale est dissipée au cours des 3 premiers
jours., quelquefois même avant 24 heures, et 60 à
75 % au cours des 7 premiers jours. Il apparaît donc
que la mesure du dégagement de chaleur qui ne pré-
sente pas de difficulté durant cette période consti-
figure 3.2. - banc d'auscultation dynamique (LCPC) tue un moyen d'investigation d'un grand intérêt pour
suivre le déroulement continu de l'hydratation.
Outre le dispositif support de l'éprouvette, l'appa-
reil est constitué : D'autre part, l'échauffement provenant de la chaleur
d'hydratation du ciment peut provoquer, dans les ou-
d'un générateur d'impulsions de 2000 volts pour vrages de grande masse une élévation anormale de tem-
l'alimentation d'un émetteur piézoélectrique hau- pérature (par suite de la faible conductibilité ther-
te fréquence et le déclanchement de la base de mique du béton) , et être ainsi la cause de fissures
temps de l'oscilloscope, apparaissant lors du refroidissement. C'est la rai-
son pour laquelle il est nécessaire de mesurer la
- d'un émetteur et d'un récepteur piézoélectrique, chaleur d'hydratation des ciments destinés aux ou-
vrages massifs afin de prévoir leurs échauffements.
d'un oscilloscope cathodique pour la visualisation
des phénomènes. Pour étudier l'hydratation des ciments et, en parti-
culier, leur prise et leur durcissement, les métho-
Cet oscilloscope est équipé d'un amplificateur verti des physiques de calorimétrie ont l'avantage de four-
cal et d'une base de temps. Celle-ci comporte une nir l'évolution continue du dégagement de chaleur,
ligne à retard variable permettant la mesure du en relation directe avec la vitesse de réaction. El-
temps de transmission du signal. les offrent ainsi la possibilité d'effectuer des
comparaisons, voire des interprétations, sur les
Initialement, on avait retenu une représentation rôles respectifs de la com:>osition chimique, des ad-
graphique de l'évolution de la vitesse du son en juvants, des finesses de mouture, de la température
fonction du temps sur système de coordonnées semi- ... etc, d~ns l'hydratation des ciments. Elles sont
logarithmique (figure 3.3.) d'un emploi aisé et, dans l'exécution des essais,
les frais de main d'oeuvre se limitent presque ex-
clusivement à la préparation des éprouvettes. Comme
les mesures ne consistent qu'en des relevés de tem-
pérature donc de f.e.m., par suite du développement
des moyens d'enregistrement des données, les calculs
des chaleurs et du flux peuvent être faits de maniè-
re automatique. La précision de ces méthodes devrait
encore s'améliorer par l'emploi de nouveaux amplifi-
cateurs et appareils de régulation de température
mais, dès à présent, on peut considérer que cette
précision est acceptable pour de nombreuses applica-
tions.

Depuis sa création, le C.E.R.I.L.H. s'est attaché à


mettre au point des métho.des de mesure de la chaleur
d'hydratation des ciments. Cela l'a conduit à cons-
truire trois types d'appareils: le calorimètre adia
"dm' log t batique, le calorimètre à conduction, le calorimètre
de Langavant.Ce dernier est maintenant très répandu
dans les laboratoires. .
figure 3.3. - évolution de la vitesse du son en
fonction du temps Calorimètre adiabatique (8)

Ce calorimètre sert à prévoir l'échauffement maximal


Les possibilités de ce type d'essai ont été décrites d'un ouvrage massif en béton en fonction des condi-
dans un article du Bulletin de Liaison (6). tions exactes àe mise en oeuvre (température, compo-
sition, nature et dosage du ciment ... ). En effet,
si cet essai présente des avantages certains, tels dans de tels ouvrages, l'hydratation du ciment s'ef-
que son caractère non destructif, et, de ce fait, le fectue en milieu pratiquement adiabatique et l'é-
nombre très limité d'éprouvettes nécessaires (1 ou chantillon constituant la prise d'essai est repré-
2), les possibilités d'automatisation et d'enregis- sentatif du béton mis en oeuvre car sa masse est im-
trement sur des appareils plus évolués, par contre, portante (4 kg environ).

15
En outre, les conditions expérimentales sont telles un systême de régulation dont le rôle est de main-
qu'il est possible de connaître également d'une part tenir l'enveloppe chauffante à la température de
la vitesse du dégagement de chaleu~ (pente de la l'échantillon et qui se compose essentiellement
courbe d'échauffement) et, d'autre part, la chaleu~ d'une part d'un capteur formé de huit groupes de
drhyd~atation du ciment à un âge donné. Ces deux huit thermocouples montés en opposition et asso-
propriétés spécifiques du ciment peuvent être aisé- ciés en série, qui sont fixés par l'intermédiaire
ment utilisées pour contrôler, au cours d'essais, d'isolateurs miniatures sur les parois respectives
l'action accélératrice ou retardatrice des adjuvants de l'enceinte et de l'enveloppe chauffante et,
à différentes températures d'utilisation, tout parti d'autre part, d'un régulateur potentiométrique
culiêrement dans le cas de bétons ~rês faiblement fonctionnant en tout ou rien. Ce régulateur a une
dosés en ciment (3 à 5 % par exemple), ce qui est le étendue de mesure de ± 2,5 mV et son seuil de dé-
cas de la grave-ciment. tection est de 0,02°C (différence de température
entre les soudures chaudes et froides des thermo-
L'échauffement est mesuré avec une grande précision, couples).
le défaut d'adiabatisme étant inférieur à 0,02°C
par jour. La figure 3.5. montre un exemple d'échauffement d'un
béton d'ouvrage massif.

a) principe de fonctionnement :
b) utilisation d'un calorimêtre adiabatique pour le
Il consiste à entourer l'échantillon de béton d'une contrôle de l'hydratation d'une grave-ciment:
couche épaisse de calorifuge et à maintenir, à tout
instant, l'égalité rigoureuse des températures Dans un calorimêtre adiabatique,toute la chaleur pro
respectives de l'échantillon et du calorifuge.Ainsi duite par les réactions chimiques est conservée car
les échanges de chaleur e.1tre l'échantillon et le il n'y a aucune fuite vers le milieu extérieur. Il
milieu environnant sont éliminés et l'hydratation en résulte un échauffement de l'échantillon, siêge
s'effectue bien en milieu adiabatique. des réactions d'hydratation. Par conséquent, l'en-
registrement de sa température au cours du temps per
Le calorimêtre comprend essentiellement (figure 3.4) met de suivre directement l'évolution de l'hydrata-
tion et, en particulier, de relever la période d'ac-
une enceinte interne étanche, en cuivre de faible célération de l'échauffement coïncidant sensiblement
épaisseur, entourée d'une couche de polyuréthane, avec le démarrage du durcissement de la grave-ciment.
capable de recevoir une éprouvette cylindrique de
béton de 2 dm 3 ,

une enveloppe métallique munie d'éléments chauf-


fants également entourée d'une couche de polyuré-
thane, .nL.. ·C
9
80
une seconde enveloppe protégée par une troisiême
couche de polyuréthane et refroidie par une circu- 50
lation d'eau glycolée, ce qui permet de démarrer 60 .."... ~
des essais au-dessous de la température ambiante,

40
V 40

20 / 30

V
o 2 3 4 6
jours 20
-
Figure 3.5. - Chaleur d'hydratation (cal.g- 1 )
Echauffement d'un béton en milieu adiabatique(OC)

D'autre part, comme la courbe d'échauffement peut


être graduée en énergie, puisque la chaleur totale
dissipée depuis le gâchage jusqu'à un instant donné
5 est égale au produit de la capacité thermique de
l'échantillon par l'échauffement correspondant, elle
représente l'évolution de la chaleur d'hydratation
du ciment dans les conditions de mise en oeuvre.
Il est donc possible de repérer sur cette courbe
le temps nécessaire pour libérer une fraction dé-
terminée de la chaleur totale d'hydratation du c:l.tr.ent
( par exemple 10 cal/g pour un CPA dont la chaleur
d'hydratation à longue échéance serait d'environ 100
1 Enceinte interne 6 Régulateur cal/g). Cette fraction, qui est à préciser, doit
2 Polyuréthane 7 Relais correspondre à un état d'avancement des réactions que
3 Enveloppe chauffante 8 Moteur l'on peut choisir comme seuil, au même titre qu'une
4 Circui t de refroidissement 9 Variation de tension augmentation relative de vitesse sonique, au-delà du-
5 Thermocoup le s quel les opérations mécaniques de mise en place af-
faiblissent les résistances finales de la grave-ci-
Figure 3.4. - Calorimêtre adiabatique ment.

16
Quoique l'échauffement de l'échantillon soit faible de photons : lumineux (infrarouges, visibles,ul-
au cours de l'essai par suite du faible dosage en traviolets) et photons X.
ciment de la grave, la mesure ne présente pas de dif-
ficulté avec les appareils de classe industrielle que Les électrons secondaires quittant la surface de
l'on trouve sur le marché, par exemple, le thermomè- l'échantillon sont transformés en signaux. L'image
tre à résistance A.O.I.P. au 1/100 de degré (l'échauf électronique est obtenue sur l'écran d'un tube ca-
fement d'une grave-ciment avec CPA est d'environ 6°C thodique dont la brillance est modulée par le cou-
à 3 jours). Les essais peuvent être effectués à la rant des électrons provenant de l'objet. La grande
température de mise en oeuvre (10, 20, 3SoC par exem profondeur de champ et la haute résolution (70 0 A)
ple). Le volume utile du calorimètre permet d'accep- liées à la très faible ouverture du faisceau, per-
ter tous les granulats, les échantillons peuvent être mettent la visualisation de détails de la microstruc
damés ou non. ture dans les pores ou dans les interstices entre
les particules.
Calorimètre à conduction
-..,,
Les différents calorimètres à conduction que l'on
utilise actuellement ont un laboratoire de trop fai-
canon
ble volume pour accepter des éprouvettes d'essais
fabriquées avec de gros granulats ( les essais ha- à
bituels se font sur pâte pure). Il n'est donc pas anode
possible de mesurer avec ce type de calorimètre la électrons:,
chaleur d'hydratation des graves-ciment dans les , ______ 'cross over'
conditions usuelles de mise en oeuvre. Toutefois, source
des essais comparatifs pourraient être envisagés
dans les calorimètres du C.E.l.I.L.H. sur des échan-
tillons de mortier, voire de microbéton.
lentille
Calorimètre de Langavant condenseur

Ce calorimètre d'une grande simplicité est très ré-


pandu en France pour la mesure de la chaleur d'hy-
dratation des ciments utilisés dans la construction.

Les essais se font, en général, sur mortier AFNOR.


diaphragme
L'éprouvette d'essai a un diamètre de 80 mm et une objectif
hauteur de 16S mm. Ces dimensions peuvent convenir détecteur
aussi pour un échantillon de grave-ciment. Malheu-
reusement, par suite du faible dosage en ciment,
lentille l\7l d'électrons

l'échauffement est fortement réduit et sa mesure objectif~


devient imprécise. L'augmentation du nombre de ther-
mocouples n'apporte pas d'amélioration sensible. L'é bobines 0
talonnage est délicat à cause de l'influence beau- de balayage spectrometre X
coup plus grande, que pour les mesures habituelles,
des variations de la température de la salle d'es- diaphragme
sais. final
'fi

3.1.4. Etude microstructurelle de la grave-ciment Principe du microscope électronique à balayage.


dans son jeune âge
[e M.E.B. - rappel du principe

Le microscope électronique à balayage (ou M.E.B.)


consiste à utiliser pour l'examen d'un échantillon
les électrons secondaires émis par ce dernier lors-
qu'il est bombardé par un faisceau d'électrons pri-
maires accélérés. Les images de la topoeraphie de
l'échantillon ainsi oLtenues présentent une grande l 'Je<>
profondeur de champ et une grande résolution. 1_)
Le faisceau d'électrons, émis par un filament de
tungstène,es~ d'abord accéléré puis concentré.Deux
lentilles électromagnétiques, un condenseur et un
objectif permettent de réduire sur l'échantillon
(jusqu'à SODA) la taille de la source. Des bobines
de déflexion déplacent la sonde suivant une série
de lignes parallèles sur la surface de l'échantillon
(figure 3.6.)

Au point d'impact du faisceau, les interactions en-


tre les électrons incidents et la cible sont multi-
ples. Les électrons se retrouvent sous la forme :

d'électrons secondaires, retrodiffusés, absorbés


transmis, diffractés, de conduction, Fiq. 3.6 - Microscope électronique à balayage.

17
3.2. HISE AU POINT DE LA HETHODE PAR AUSCULTATION
DYNAHIQUE Rc (bars)

40
Les essais préliminaires ont été réalisés avec les 3 ----'b
graves définies au chapitre 2.1. traitées à 3,5 % 30
de CPA V" ~C
__ ..f{a
0

3.2.1. - essais de maniabilité PROCTOR


10
,V~V
,,- .-"" /
~,,100 /'
8
l'ô
-' /
(cl,..
"," .IlL a/Grave siliceuse

(y Il b/Grev. calcaire
6

/
.1 .- .-
""
""
/v
(r Il c/ Grave iilico-calrire

4
.- 10 15 20 25

3
L/
l' / '
V Age de la grave ciment (heures)

./ al Grave siliceuse Figure 3.8. - évolution de la résistance en compres-


ca~caire sion aux jeunes âges pour les 3 graves traitées au
L-; ~ b/,Grave
CI' r;'OVA ';l;rn rolro;" CPA

o
YI 10 15 20 25 30
Age de la grave - ciment ( heures)

figure 3.7. - diminution relative de la densité


Proctor en fonction du temps pour les 3 graves trai- On notait alors une dispersion relativement grande
tées au CPA des valeurs mesurées. Lorsqu'on procède à une dizai-
ne de mesures simultanées en des points différents,
l'écart-type estimé de la vitesse du son est voisin
A la température de conservation de 20°C, les cour- de 100 m/s lorsque la vitesse mesurée est inférieure
bes de diminution relatives de la densité en fonc- à 1000 m/s et tend vers 30 à 50 m/s, pour des vi-
tion du délai de compactage sont indiquées à la fi- tesses voisines de 3000 m/s.
gure 3.7.
Plusieurs hypothèses avaient été avancées pour expli
En retenant le critère de 2 %, les délais de mania- quer les tortes dispersions avant prise et durcis-
bilité obtenus sont les suivants sement de la grave-ciment :

grave siliceuse 8 h 30 migrations d'eau rendant l'éprouvette hétérogène,


grave calcaire 6 h 30 contact déficient entre les capteurs et la grave-
grave silicocalcaire h ciment du fait de la granulométrie,

irrégularité du compactage.

3.2.2. - évolution de la résistance en compression Une série d'essais systématiques fut entreprise avec
la grave siliceuse dosée à 3,5 % de CPA.
aux jeunes âges
La position de l'éprouvette par rapport au vibreur
Les éprouvettes ont été moulées suivant les carac- de l'appareil de vibro-compression fut repérée.
téristiques de compactage définies au tableau 2.3.
à l'appareil de vibro-compression, le délai de com- Les expérimentations ont porté :
pactage étant nul ici.
sur le mode de conservation des éprouvettes entre
Les valeurs des res~stances en compression obtenues les mesures : debout et couchées sur berceau tour-
aux jeunes âges pour les 3 graves sont indiquées à nant,
la figure 3.8.
sur le mode de surfaçage des extrêmités de l'é-
prouvette.
3.2.3. - recherche d'une méthodologie d'essai pour
l'essai d'auscultation dynamique !~!!~~~~~_~~_~~~~_~~_~~E!~~~g~
On ne développera pas ici toutes les experlences qui
Pendant une prem~ere pèriode, les essais d'ausculta- ont été Ifaites, pour le simple fait que les résul-
tion dynamique ont été réalisés sans précaution par- tats ont été négatifs. On a expérimenté le surfaçage
t icu 1 ière. A cl!aque dé lai de mesure, i l étai t pro- au soufre, au ciment prompt en pâte pure et en mor-
cédé à 3 déterminations de la vitesse du son sur des tier fin sans changer le mode de conservation des
points répartis sur chaque face suivant un diamètre éprouvettes. Les dispersions restent tout aussi im-
de 8 cm environ. portantes et on observe un décollement du soufre
ou du ciment prompt du fait de la différence de ri-
Les éprouvettes étaient stockées dans la salle de gidité entre la couche de surfaçage durcie et le
mesure à 20°C dans la position debout et manipulées grave avant prise, Ce décollement a même pour effet
sans précaution particulière. d'augmenter parfois les dispersions.

18
Influence du mode de conservation des éprouvettes Vitesse du son (m/s)
Les observations montraient deux faits importants
500
avant prise, on observe des migrations d'eau dans
~

~V
l'éprouvette (suintements), 24h 24 h

"- ~
~ c../
~
l'ensemble grave-ciment, étui plastique n'est pas m .2240 ~. 34 ~ cr. 55 <J'. 88
rigide avant prise, les manipulations peuvent ""
perturber la structure de la grave-ciment. Conservation Co servati " Co servat on
debout en rotation couchée
Les éprouvettes n'étant pas surfacées après compac-
tage, on a donc pris en compte trois modes de con- 500
servation :

a) conservation débout et manipulation directe de m 892 qo.122


5h
l'éprouvette à chaque temps de mesure (fig 3.9b), Sh
000 b" -" -~ -'"-

\- rJ
~W
b) conservation couchée sur un berceau (figure 3.9a) I\.-...., ~

!r ~rc
m.112 <1'= 30 7h
l'éprouvette n'étant jamais manipulée directement
mais déplacée sur son berceau, m=903 11'=89 m=820 5h

c) conservation sur support tournant. Ce type de con- 500


m=607 0;;63 5h
servation avait été expérimenté pour éviter les m1
grations d'eau, l'éprouvette faisait 5 tourslmn
sur elle-même.

Points de mesure. 12 points de mesure répartir sur 4 12 4 8 12 1 4 8 12


un cercle de 8 cm de diamètre ont été auscultés. e( b/ c/ Points de mesure

La position de l'éprouvette est repérée par rapport figure 3.11 - Influence du mode de conservation
au vibreur (fig. 3.10) des éprouvettes

Position de l'ale
du vibreur Cette expérience qui fut tentée dans le souci de con-
server une teneur en eau homogène dans l'éprouvette
avant prise, nous a montré en fait la très grande
sensibilité de la structure de la grave-ciment avant
prise, l'enveloppe plastique n'ayant par ailleurs pas
une rigidité suffisante.

Il fut donc décidé de prendre plus de soin lors de


la manutention des éprouvettes. C'est ce qui a moti-
vé le type d'expérience suivante:

g~~~~E~~!~~~_~~~~~~~ :
Dès sa confection, l'éprouvette est mise en place
figure 3.9 figure 3.10
sur un berceau du modèle indiqué à la figure 3.9. a
et toujours manutentionnée par l'intermédiaire de ce
berceau, même lorsqu'elle est placée sur le banc
La figure 3.11 illustre l'influence du mode de con-
d'auscultation dynamique.
servation de l'éprouvette sur les résultats obtenus
On enregistre alors, aux différentes époques de me-
g~~~~E~~!i~~_3~~~~! : sure, des graphiques analogues à ceux de la figure
3. Il c.
La répartition des vitesses sur les 12 points de me-
sure semble aléatoire et l'on ne retrouve pas, pour Les valeurs maxi qe la vitesse du son sont enregis-
une même éprouvette, de loi de succession particuliè trées, d'une manière systématique dans la zone de
re entre les mesures faites à des époques successi- l'éprouvette située près du vibreur, alors que les
ves. valeurs mini sont situées dans la zone diamétrale-
ment opposée.
g~~~~E~~!i~~_~~_E~!~!i~~
L'allure des graphes de la figure 3. 10.c montre donc
Même remarque que ci-dessus . En plus, on note que
que la mesure de la vitesse du Son n'est pas aléatoi
l'éprouvette est fortement perturbée et subit des
re, même aux très jeunes âges. La dispersion enre-
déformations plastiques tant que la prise n'a pas
gistrée n'est donc pas à imputer à l'erreur systé-
eu lieu et ceci bien que la vitesse de rotation soit
matique de mesure.
très faible. Ces déformations perturbent la structu-
re de la grave-ciment. Les valeurs moyennes de la
Cependant, les mesures étant dispersées du fait de
vitesse du son enregistrées à différentes époques se
l'hétérogénéité de structure, il est nécessaire de
succèdent de la manière suivante
faire un choix dans les mesures à réaliser, la me-
sure en 12 points sur chaque éprouvette étant lon-
1 h 656 mis gue si l'on veut apprécier, au plus juste, la va-
3 h 626 mis leur de la vitesse moyenne à chaque instant.
5 h 607 mis
6 h 658 mis Sur un certain nombre d'éprouvettes, nous avons com-
7 h 713 mis paré
8 h 803 mis
etc .... . la vitesse moyenne obtenue sur les 12 points,

19
la vitesse moyenne obtenue sur les points 3,4,5,9, En coordonnées semi-logarithmique , (figure 3.12 b),
10,11 qui encadrent la valeur moyenne des 12 les deux courbes présentent la même forme. Si pour
points (figure 3.11 cl, les courbes de type l, les valeurs du délai de mania-
bilité sont rigoureusement les mêmes quel que soit
la vitesse moyenne obtenue sur les points 4 et 10. le mode de coordonnées, par contre, pour les courbes
de type 2, la valeur du délai de maniabilité dm2 pro-
vient de la représentation en semi log d'une fonc-
Le tableau suivant montre que sur deux points , on
tion approximativement linéaire.
peut avoir une très bonne approximation de la vites-
se moyenne de l'éprouvette déterminée sur 12 points:
Pour plus de clarté, il est donc décidé de ne rete-
nir que le mode de représentation en coordonnées
arithmétiques de la vitesse du son en fonction de
Vitesse moyenne Vitesse moyenne Vitesse moyenne l'âge de la grave-ciment.
12 points Points 5-li-9-10-11 Points 4 et 10
La figure 3.13 montre l'évolution de la vitesse du
< 600 615 634 son des 3 graves traitées à 3,5 % de CPA en coor-
!! 851 845 866 données arithmétiques.
'il
> 821 805 825
:::0
On peut, à la limite, pour certaines d'entr'elles
...'"
~ 852
2119
857
2214
879
2224
admettre qu'il s'agit de courbes du type 1 .

708 637 630 Dans le cas du traitement par 3,5 % de CPA, on ob-
<CI tient alors des délais de maniabilité de :
.
0:
742
890
769
873
773
847
6 h avec la grave siliceuse
> 82; 814 826
:::0
6 h avec la grave silicocalcaire
...'"Q. 892
2246
932
2252
958
2238
5 h 30 avec la grave calcaire .

On constate que les délais de maniabilité ainsi dé-


En conclusion, il fut décidé de réaliser les essais finis sont systématiquement plus faibles que ceux
d'auscultation dynamique pour l~ détermination du déterminés par la méthode du compactage différé (cf.
délai de maniabilité de la manière suivante : 3.2.1.) l'ordre de classement étant cependant le
même.
- conservation des éprouvettes en position couchée
immédiatement après leur conservation, La figure 3.14 montre les relations qui existent en-
tre l'évolution relative de la vitesse du son, l'ac-
- mesures de la vitesse du son sur les points 3,4, croissement de la résistance en compression Rc(t)-
5, 9, 10, Il. Rc(lh) et la diminution relative de la densité
PH --'~ pour les 3 graves traitées par 3,5 % de
J~
CPA.
3.2.4. - approche de la définition d'un critère
caractérisant le délai de maniabilité si les allures des courbes obtenues pour les 3 gra-
d'une grave--ciment ves sont sensiblement voisines, on constate qu'elles
diffèrent surtout aux jeunes âges. Il est donc diffi
La définition du délai de maniabilité telle qu'elle cile d'établir des relations étroites entre les
es t représentée à la figure 3.3. (graphique en coor- trois )rocédés permettant d'apprécier la rigidifica-
données semi-logarithmique) appelle une réserve préa- tion de la grave-ciment lors du développement de sa
lable. prise.

Ce que l'on peut déduire de ces comparaisons, c'est


qu'à une diminution relative de la densité PH de 2%

~ Il
correspond une augmentation de la vitesse du son tel
le que le rapport _V_t_ est compris entre 2 et 2,7 et
Vlh
un accroissement de la résistance en compression de
<=
~ l'ordre de 3 à 5 bars.
.., ..,
:0

., Le tableau 3.1. permet d'établir des comparaisons


'"'" g~nérales entre les différents essais :
~
1/ :>

1
I tem s
dm1 tem 5 Tableau 3.1.
Echelle arithm~tique logarithmique

Delai de Mode opératoire par Mode opératoire


figure 3.12 - Influence du choix des systèmes de Nature maniabilité (heure) auscu Il ation dynamique ~ompactaQe diffe"
.Yrlm... R~}-Rclh Jo - Idm Vdm ~c(1w)
coordonnées sur la forme de la courbe
V = f(t)
de la grave
pM 3Mhl
V/son G P ]TIL b... ); Vlh c\

Si l'on trace les courbes d'évolution de la vitesse Siliceuse 6h 8 h30 1,88 2,0 1,7% 2,6 4,5
du son en fonction de l'âge de la grave-ciment, on
peut distinguer deux types de courbes (figure 3.12 a) Silico . calcaire 6h 7h 1,76 2,9 '.7% 2,1 3,7
suivant le mode de représentation graphique. En coor-
données arithmétiques, les courbes de type 1 présen- Calcaire 5h 30 6 hJO 2,12 3,8 1,1% 2,7 5,7
tent une première pèriode pendant laquelle la vites-
se du son évolue peu, puis, passé le délai dml, la
vitesse du son croît plus vite pour se stabiliser
par la suite. Pour les courbes de type 2, on ne peut En admettant que le délai de maniabilité déterminé
définir de délai de maniabilité. par la méthode d'auscultation dynamique corresponde

20
~:
+ Siliceuse
)( Silico calcaire
• Calcaire
f!M!!ll : C PA DOSAGE: 3,5% ~ {::: 5%
ADJUVANT: SANS

350 n
Fig. 3.13 - Evolution de la
vitesse du son des trois

--
graves traitées à 3,5% de
- - - -- ~
CPA. _ 3000

::.;:..:: -~ --=--
c:
o , .... ~.... -.:::- 1

.. 2500 ' ,..- :


..." v ---1- -
.... , ~/
, '" '"
/ l-J- 1- - -..--- -
-1-

1
2000 1

>
1
1 V V 1
i
1
1
! /' " i
1 1 , / 1 1 i
150 1

1
1
V,Y- 1

v-
1

11
i
I
1000 -- ---- '---- --
~+~ f-- - - ---
1

.;1
1 /•

500
'r
1

0
0 5 10 15 20 5 30 35 40 45 50 55 60
Age de la grave ciment (heu,,)

Fig. 3.14 - Relations entre RCt_RClh


la vitesse du son, l'augmen- (b" J

• ~·.I~+~T~'_ '~----+------1
tation de résistance en com-
pression et la diminution 'A"
relative de la densité PM

+----,I!--~ t -~: L~-~ft-- -- -


aux jeunes âges d'une grave-
ciment.
' , bi
10 --;(-1--1-------1----------1
, - 1, --j1C------t------r--------1

-~~I --- 1 j~---':---I


/_L
*';
-----r-~-~ 1

. -1---
1 1
• 1
~- ----i----+---_____i
., 1

-----+-----:.--

o~--~~~_+---~--:~i~-------=·~----==:====:==------==:I=-===:----~~~h ~----~----~----~

~
-~\- "8"
\c 1

~--+---l-~- --,-----~-----_+_---_r_--____1

1 .~ "

-- t--- --~ \ 1 - ~----:-- -- --~-~-- - - -

. -----i~t·

--- ----r -- ~ - 1 ,
~ --~--~

-- ~ ~-~-~--'--~t-------i

\"'\--
\\:,-~
=~~\~~
\ 1

------~ -
-r -,- - --.
j ____L~._î'_~_
1 \ -
--, -- -~---+-------1

~o_~l ,100
50 a +- GraVI!! siliceuse
b)( Gnve silico CllClire
c. Grive CllClire
à une pèriode cr1t1que dans le processus d'hydrata- L'exploitation de ces essais a été faite en essayant
tion et de prise du ciment puisqu'au delà de "dm" de décrire la cinétique du phénomène de prise (voir
la vitesse d'évolution du phénomène est plus impor- aussi en 3.6 et 3.7).
portante, on constate que le critère d'une chute de
densité de 2% par la méthode du compactage différé Dans chaque cas de figure, on a déterminé :
est trop élévé. Le se~il de 1,5 % serait sans doute
plus intéressant si l'on souhaite une certaine con- le délai de maniabilité "dm" pour les courbes de
cordance entre les deux méthodes. type l,

En retenant toujours le point de brisure de la cour- - le taux d'accroissement de la vitesse du son avant
be V = f(t) comme critère pour définir "dm", on et après "dm!!
note que la valeur moyenne de ~ est voisine de
Vlh
1,9 et que celà correspond à un début de rigidifica-
tion assez important de la grave-ciment puisque l'ac- (1)
croissement de résistance en compression est de 3
bars en moyenne.

Devant le faible nombre de cas envisagés dans cette


étude préliminaire, il n'est pas opportun de statuer
définitivement sur le choix du seuil à retenir pour
la définition du délai de maniabilité.

Dans un premier temps, nous avons décidé d'exploi-


ter les courbes V = f(t) de la manière suivante
pour déterminer le délai de maniabilité :
Figure 3.15
- on retiendra la représentation sur coordonnées
arithmétiques,

- pour les courbes de type 1 -figure 3.12 a - le Pour les courbes de type 1, on définit les rapports
délai de maniabilité "dm" sera le temps correspon-
dant au point de brisure de la courbe V = f(t).
Vdm étant la vitesse du son correspondante , on
ru; =...f.'IL (m/s/ h) : pente moyenne de AB
Llt
notera chaque fois la valeur du rapport:
Vdm et 1]; =~ (mis Ih) : pente de la tangente à la
Vlh Llt
- pour les courbes de type 2 - figure 3.12 a - on re- courbe au point de brisure BC
cherchera d'abord la valeur moyenne du rapport

~Vdm ~
0 b tenu avec 1 e meme l'1ant pour 1 es cour- Pour les courbes dè type 2 sur lesquelles on ne peut
bes de type 1. Cette valeur du rapport sera appli- définir le point de brisure, on supposera
quée pour déterminer Vdm à partir de V1h sur les
courbes de type 2 : Il}, = lJ;
Pour toutes les courbes de type 1, on note égale-
ment la valeur du rapport:
3.3. - ETUDE DE LA VARIATION DU DELAI DE MANIABILITE
EN FONCTION DE LA NATURE DU CIMENT, DE LA NA-
Remarque: certaines courbes de type 1, surtout en
TURE DE LA GRAVE, DE CELLE DU RETARDATEUR DE présence d'un dosage important en retardateur de pri
PRISE ET DE SON DOSAGE se présentent nettement une pèriode dormante (figure
3. 16)

L'étude générale du délai de maniabilité a été entre-


prise par la méthode d'auscultation dynamique sur
éprouvettes cylindriques 16x32 cm confectionnées à
l'appareil de vibrocompression.

Les caractéristiques de compactage des éprouvettes


sont indiquées au tableau 2.3.
Vdm
On n'a pas tenu compte de la variation de teneur en Vlh
eau optimale en fonction du dosage en retardateur de
prise.
dm
Les courbes des différents essais sont données en
annexe 2. Figure 3.16

22
CIMENT, C PA

1 CIMENT, lMGJ
~
Ret8rdat~ur : ~

N, t dm (hur,)

N-. '\ l00~ _ _. , - - ""


100 ~ 100+-1_ _ _- ,_ _
1

200l\--" 1 \ -- +---+---+---..--J
dm (h.IH.)
t

,,"~r~
'\ •

t-f- ._1
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30
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Influence du dosage en retardateur de prise sur l'évolution de la vitesse du sun c,t sur le délai de maniabilité
N
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Figure 3.17 - Graves traitées au CFA Figure 3.18 - Graves traitées au lMG
300 _ 1CIMENT: lKC 1
~11, .
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Dougl en rlt,rd.tlur % Dong. In ,.urd.t,ur %

Influence du dosage en retardateur de prise sur l'êvolution de la vitesse du son ct sur le dêlai de maniabilitê

Figure 3-19 - Graves traitêes au LKC Figure 3.20 - Graves traitêes au LKCV
CIMENT LKL

/ /
/

10+-_ _ __
.~
OL-______+-______ ~--~
0L-______4-______-+__ ~

o 2 o 0,5 1,5

Do sage en retardateur 010

+ Grave siliceuse
X Grave silico calcaire
• Grave calcaire

figure 3.21 - Influence du dosage en retardateur de prise sur l'évolution de la


vitesse du son et le délai de maniabilité - graves traitées au LKL

Dans ce cas, la valeur prise en compte pour Vlh


est celle du palier de la phase dormante. 10 CPA lMG lKl
m= 1,69 m= l,59 m=I,44
Les figures 3.17 et 3.21 montrent la variation des
rapports 'lf, et ~ ainsi que l'évolution du délai
de maniabilité "dm" pour les différents ciments, les 0
3 graves obtenues pour des dosages croissants en 1 2
retardateur de prise.

10 l KC

3.3.1. - Valeur du rapport: Vdm m ~1,48


Vih- 5

Sur les 99 essais réalisés pour déterminer le délai


de maniabilité de l'étude des ciments et des retar- 2 2
dateurs de prise, on a noté : figure 3.22 - Distribution du rapport Vdm par ci-
ment Vlh
73 courbes de type 1
et 26 courbes de type 2.
On constate que ce rapport Vdm est relativement
La figure 3.22 montre comment se répartit la valeur Vlh
du rapport Vdm suivant le type de ciment. dispersé. Cependant les valeurs moyennes obtenues
Vîh pour chaque groupe d'essai sont comprises dans l'in-
La figure 3.23 donne la distribution générale du tervalle 1,5 ou 1,6
rapport ~
Vlh La moyenne générale est de l,57.

25
Pour déterminer la valeur de Vdm pour les courbes Il faut également noter que la cinétique de la prise
de type 2, on a retenu les valeurs des rapports est fortement modifiée, les rapports ~, et ~2
Vdm
~ des groupes auxquels se rattac h alent
.
ces décroissent lorsque le dosage en retardateur de pri-
courbes. D'une manière plus générale et pour tous se augmente.
les essais de routine, on pourrait retenir:
Hême lorsque l'accroissement du délai de maniabilité
est faible, il apparaît qu'une faible incorporation
de retardateur de prise se traduit souvent par une
forte diminution des rapports "Ch et '0'2
..."
'" Par exemple, lorsqu'on incorpore 0,5 % de Plastire-
::>
tard à la grave silicocalcaire traitée à 3,5 % de

....
15 CPA, le délai de maniabilité passe de 6 heures (0%)
à 7 heures .
10
...z 1 m = 1.57
Par contre, i), qui était de 80 min sans adjuvant,

U1LI-I_:--,--:_7-,°3~·2_6~~~r--'I'='____
n'est plus que de 35 m/s/h et pour tr2 on
a respectivement 215 m/s/h et 140 mis/ho

1.5 2 2.5 !~f!~~~~~_~~_!~_~~~~~~_~~_~~~~~~


En l'absence de retardateur de ,rise, On constate
figure 3.23 - Distribution du rapport Vdm tous ci- que, la plupart du temps, le délai de maniabilité
ments confondus Vlh
est compris entre 3 et 6 heures quels que soient
la grave et le ciment. Il n'y a que dans le cas
de la grave siliceuse que l'on note avec le FPL un
délai de maniabilité supèrieur à 10 h.
3.3.2. - Action d'un retardateur de prise suivant le
type de ciment et suivant le type de grave Par contre, lorsqu'on utilise un retardateur de pri-
se, voir figure 3.2 4., le LHG, ciment à forte te-
neur en laitier et à grosse mouture , est incontes-
D'une manlere générale, on constate que lorsqu'on tah1ement celui qui conduit aux délais de maniabili-
incorpore un retardateur de prise à la grave-ciment, té les plus importants. Les ciments à mouture nor-
le délai de maniabilité devient plus important. male réagissent globalement tous de la même manière.

GRAVE SlliCO - CALCAIRE GRAVE SILICEUSE GRAVE CALCAIRE


100 -- -- --~

100 100

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LMG
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1
LK L _-----0
LKCV <>---_--""

1
1 1 1
1 1 1 1
0,5 1,5 0,5 1,5 0.5 1,5

Dosage en retardateur %

Figure 3.24 - Influence de la nature du ciment. On a utilisé ici le retardateur de prise "p"

26
Le LKL a un comportement plus proche de celui d'un Tableau 3.2.
CPA que du LMG. Celà est logique pour deux raisons, Dosages nécessaires en retardateur de prise pour
d'une part, du fait de sa composition ( le LKL con- obtenir les délais de maniabilité de 6 h - 10 h
tient 65 % de clinker contre 16 % dans le LMG) , d'- et 24 h à 20°C
autre part, et surtout du fait de sa finesse de mou-
li<
ture ( le LKL est broyé comme un Portland alors que dosage très supérieur au dosage maxi de l'étude
le LMG a volontairement une mouture grossière et
l'on sait que ce sont les grains les plus fins qui
s'hydratent le plus vite).

GRAVE 51 LlCEU5E
Le retardateur "p" apparaît, dans tous les cas, être
nettement plus actif que le retardateur "N" (produit dm Retardateur CPA lMG lKl lKCV lKC
en poudre) pour les mêmes dosages évidemment (voir
figures 3.17 à 3.21). Alors que, presque dans tous 07 0,1
P 0 0,6
les cas, on peut obtenir un délai de maniabilité de
24 h à 20°C avec le retardateur "p" pour un dosage
6h °
1,6 0,05
maxi de 1,5 à 1,7 avec le retardateur "N", le délai
de maniabilité de 24 h n'est obtenu pour ces dosages
N
° °
en retardateur de prise que pour le ciment LNG. 1 1 1 0,45
10h
P
°
Le retardateur "N" est donc nettement moins actif que ... 0,75
le retardateur "p" et nécessiterait vraisemblablement
N 1,7
°
des dosages très élevés pour les "dm" de 24 dans le
cas de son utilisation avec les ciments de type CPA
ou CPJ. 24 h
P 1,5 0,9
• • 0,80

N • 16
• •
!gi!~~g~~_~~_!~_gE~~~
La nature de la grave ne semble pas ~c~ avoir une
influence telle qu'apparaissent des différEnces de
comportement systématique.

Par contre, on a eu l'occasion de rencontrer lors GRAVE 5111CO - CALCAIRE


d'études particulières, des graves dont le compor-
tement était très différent du point de vue du
délai de maniabilité, les autres paramètres restant dT Retardateur C PA lMG lKl l KCV lKC
inchangés (ciment) retardateur de prise).
P 0,5 0,15

6h
° 0,2 0,4

N 1 0,25

3.4. - INFLUENCE DU DELAI DE CONPACTAGE SUR LES


° 0,7

PERFORNANCES NECANIQUES D'UNE GRAVE-CIMENT P 0,9 0,6 0,7 1


°/ 25
10h
N 1.1 1,2 1,75 0,5
Afin d'apprécier globalement le bien fondé du cri-
tère adopté pour la définition du délai de maniabi-
P 1,5 0,9 1,5 1,7 0,70
lité, des essais de traction directe ont été réali-
sés sur éprouvettes âgées de 90 jours (5). 24 h

La grave retenue était la grave siliceuse ne conte-


N
• 1,7
• •
nant pas de sable de dune ( ~dOPM = 2,33 - WOPM 6% -
les proportions des autres fractions granulométri-
ques ont été conservées).

Les ciments retenus étaient le CPA, leLMG et le


LKCv.
GRAVE CALCAIRE
Les résultats des essais sont reportés au tableau
3.3. et sur les figures 3.25 à 3.27.
dm Retardateur CPA lMG lKl LKCV lKV

Sur les figures 3.25 à 3.27, on a reporté également


la durée du compactage suivant les délais apportés P
au compactage. Toutes les éprouvettes ont été com- 6h
0,5 b,l 0,4
° 0.2

N
pactées à la même densité: celle obtenue
PM pour un délai de compactage nul.
à l'essai 0,5 0.5
° 0,4

On constate que, du fait de la rigidification pro- P 1 0,4 0,75 1 0.4

gressive du matériau dès l'instant que le ciment Wh


N 1,5 0,65 1.4 0.7
et l'eau sont mélangés, la grave-ciment rlemande de
plus en plus d'énergie pour être comp'3.ctée à la
même densité. Dans les circonstances de l'essai, la P l,55 1,05 1,25 '.55 0,8
durée du compactage passerait ici de 10 s, délai
nul, à environ 40 s lorsque le délai de compactage
est égal au délai de maniabilité
24 h
N
• 1,5 .. ".

27
Formule Délli da
Rt (bars) Et (bars) V (m/s) IDE (cm)
dl la grave-ciment COlllplctlge
x 10 2
SMS adjuvant 0 6,6 2045 3630 37
3,5% 0,75% da P 0 6,7 2072 3670 37
5 h 6,2 2124 3500 39
CPA ~m = Ih 6 h 40 6,4 2284 3350 38,5
10 h 6,1 2263 40

0 7,8 2220 3760 33


Tableau 3.3
3,5% 1% ~a N 5h 7,4 2833 3500 35,5
dm= 6h3D 6h40 6,9 2250 3400 36,5 Dosage en retardateur par
CPA 10~ 5,6 2150 41 rapport au ciment (%).

0 9,4 2030 3720 28,5 Influence du délai apporté au


5h
compactage des éprouvettes
3,5% Slns adjuvant 9,45 2240 3770 28,5
sur leur résistance à 90
dm='3h 6 h40 7,2 2390 3560 35,5
jours.
lMG 10h 9,2 2110 3780 29,5 (le délai de maniabilité pris
en compte ici est celui défi-
0,9% da P 0 7 1810 3510 35 ni à la figure 3.15 courbe 1)
3,5% 12 h 8,45 2320 3670 31,5
dm= 24h 16h 8,35 2230 3690 32
lMG 24h 7/90 1930 3660 32,5

Sans adjuvant 0 5,2 1944 3500 42,5

3,5% 1% de P 0 5,4 1705 3450 41


5 h 5,9 1802 39
lKCV dm= 10h 6 h40 5,5 1800 41
10h 5J 1918 40,5

IDE(cm) IDE( cm) Dur', da compactagl (s)


dm
50
45
témoin IDE= 42,5

dm 30


~
35 "
CI
10

ttmoin IDE =37 ~0~--------~5--------~10~--·


PioN o 10
0611i de compactage (heu,,)
30~0--------~------~10~--I~c 5 10 dc Figure 3.27 - Grave silicéuse traitée à 3,5% de LKCV
Di/ai dl com~actage (heu,,)

Figure 3.25 - Grave siliceuse traitée à 3,5% de CPA Compte tenu de la précision des essais, ces expéri-
ences montrent :
1. L'introduction d'un retardateur de prise d'affec-
te pas les performances mécaniques d'une grave-
ciment ;
2. Lorsque le délai apporté au compactage est égal
IDE (cm) au délai de maniabilité tel qu'il a été défini
Ourlie d, compactagl (s)
plus haut, on ne constate pas une perte de per-
formances importante. Elle se traduit, dans tous
35 50 les ca3, par une augmentation de l'IQE inférieure
M'lOP à 10 ïr

"~--:-:/--//t 3,5
3,5
3,5
3,5
3,5
% de
% de
% de
% de
CPA
CPA
UIG
LKCV
% de LMG
avec
avec
sans
avec
avèc
0,75 % de "p'i
1 % de N
adjuvant
1 % de
IIp"
0,5 % de "P"
3. Lorsque le délai de maniabilité est dépassé, on
note une augmentation sensible de l'IQE :
5
5
5
0
%
%
8 %
%
%

25~0--------'~0~------~0~~
o 10 20
Dilai da compact'III (heura) avec 3,5 % de CFA et 1 % de N 18, l'augmentation
de l'IQE est de 10 % pour un délai de compactage
Figure 3.26 - Grave siliceuse traitée à 3,5% de LMG égal à 1,5 fois "dm".

28
3.5 - INFLUENCE DE LA TEMPERATUPE SUR LE DELAI DE Par ailleurs, on note la très forte augmentation
du délai de maniabilité aux faibles températures.
MANIABILITE
La relation
Les éprouvettes ont été confectionnées avec la gra-
ve siliceuse et compactée à 6 % de teneur en eau à
log (dm) ~ A - B log ( 8 )
la densité OPN :
- série 1-3,5 % DIG sans adjuvant ; montre que l'appréciation de la variation du délai
- série 2 .. 3,5 % CPA et 0,75 % de "p" de maniabilité en fonc tion de la température doit
- série 3.3,5 % LNG et 0,9 % de "pli se faire à partir de températures d'essai suffisa-
- série 4.3,5 % LMG et 1,2 % de
tiN"
ment différentes, par exemple, 10, 20 et 40°C.
Les éprouvettes ont été conservées en armoire cli-
matisée à 5°C, 10° et 30°C.
Les courbes des essais d'auscultation dynamique ont
été reportées en annexe 31 à 34. Remarque il convient de signaler que l'étude de
Les essais ont été exploités en prenant la variation du délai de maniabilité en
fonction de la température ambiante par
Vdm ~ 1,6 V( lh) auscultation dynamique avec le matériel
actuel est assez délicate. En effet,
même si l'éprouvette est conservée en
si l'on reporte sur un graphique bilogarithmique la
armoire climatisée en dehors des périodes
valeur du délai de maniabilité en fonction de la
de mesure, elle est souvent pendant des
température de conservation (figure 3.32), on cons-
périodes plus ou moins longues à des tem-
tate que, compte tenu de la précision des essais,
pératures différentes : confection de
pour chaque formule de grave-ciment, le logarithme
l'éprouvette, mesure au banc d'auscul-
du délai de maniabilité serait une fonction liné-
tation dynamique. Elle nécessiterait au
aire décroissante du logarithme de la température
moins d'envisager l'auscultation en con-
de conservation
tinu avec conservation des éprouvettes
en cellules thermostatées.
19 (dm) ~ A - B 19 (0)

m Ih eu,.
GRAV~ SILICEUSE
3.6. - COHPARAISON DES DELAIS DETERMINES PAR MESURE
60 SONIQUE ET DES COURBES DE CHALEUR D'HYDRATA-
50
"
"-
'"
TION OBTENUES SUR GRAVE-CHiENT
40
,l'-..
30
"'"""'-3 Pour limiter le volume de l'étude, déjà assez considé

20 ~ '\ ~ rable, nous n'avons retenu que deux liants les plus
différents : le CPA témoin et le DIG, sans et avec in

~~ "1
~
corporation de retardateur de prise offrant des dé-
lais de maniabilité (déterminés par mesure sonique)
10
1'1 très différents.

~
~ 3.6.1. - Réalisation d'un appmoeil de compactage
adapté aux mesupes calopirnétpiques

La figure 3.29 représente l'appareil mis au point


au C.E.R.I.L.H. pour le compactage de la grave-ci~
ment 0/20 mm dans les boîtes en fer blanc couram-
IH+ LMG S.. I
, ment utilisées pour les essais de chaleur d'hydra-
12) " C PA .,0,75% ,
(3). LMG .1 0.9 % , tation à la bouteille isolante. Il s'agit d'une
LMG Il 1.2% N dame à section torique se déplaçant verticalement
141 "
par gravité le long d'une tige cylindrique venant
1 L 1 1 1
20 30
se loger dans le tube creux 'situé dans l'axe de la
1 2 3 4 5 10 40 8"C boîte et servant par la suite à loger les couples
de mesure. La boîte est remplie de grave-ciment en
Figure 3.28 - Influence de la température sur le 3 couches successivement compactées de telle sorte
délai de maniabilité que l'énergie de compactage soit équivalente à celle
de l'essai Proctor modifié (le nombre de coups par
Ceci tendrait à montrer que l'influence de la tempé- couche tient compte du diamètre de la boîte et de
rature entre 20 et 30°C n'est peut-être pas aussi la masse de la dame). Une coquille vient fretter la
néfaste ou défavorable vis-à-vis du délai de mania- boîte pendant le compactage pour éviter toute défor-
bilité qu'on le pensait précédemment. En fait, il mation de cette dernière lors de la confection de
est indispensable de noter que les éprouvettes l'éprouvette. On a ainsi mis au point un dispositif
étaient conservées en étui étanche en dehors de permettant la mesure de la chaleur d'hydratation
toute ventilation. Sur chantier, la dessiccation d'une grave-ciment à la bouteille isolante dans des
due aux fortes températures conduit vraisemblablement conditions qui permettent de les comparer aux éprou-
à une diminution du délai de maniabilité plus impor- vettes de grave-ciment confectionnées pour les
tante que dans les conditions de cette expérience. épreuves mécaniques.

29
ü>
o
~

"1';' -TI -; J/-r 40L g,

jO~D i v
1

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j
r V
JI n7 f ,/ 1

addition cc 1 5 P - 0 - audition dE> 1,5 N

j ~~~:y----- --v- -, -lditldl) de 1,5 P

li: ____ J~ __ ~ ____ _


~ ch o,' ,Vi,,)

Lili o 10
CHALEUR D' HYDRATATION
20
_ GRAVE
30 40
SILICEUSE AVEC
sa
CPA
60 o
CHALE'~":;
"J 20
:;' rlYDRATATION - GRAVE
30 sJ
SiLICO-CAL.C..\Ij:...f-. A\,:C
J heur,,'
1- - - - - - - - -----
60
Cr}~.

20°C CALORIMETRE DE LANGAVANT F;g'.l le 2:J°C CALORIHETRE ::". :_AI;G:-VA'H Fig 1.."

40L g

Figures 3,30, 3.31, 3.32

Dégagement de chaleur pendant l'hydratation


30 1 / r1 1 i1 /
du ciment mesurée au calorimètre de LANGAVANT

ciment considéré CPA.


20
1 " 1 / / /

témoin
101 1 1 / / _0 __ odd;r,on de Q5 P
il.... il n'
-0-- addition dp 1,5 N
- 9 - - addition de 1/5 P

l dm (1,6 V Ih)
heures
o
CHALEUR
10
D'HYDRATATION -
2 ° GRAVE
30
CALCAIRE
4 ° !\VEC
5-0,------6C"::O
CP A
20°C CAL.OR:~~lETRE DE LA~lG.·'''''VANT fig l~;:
témoin
tëmoln

30
cal
""9

1 ---t-----f.----II.--
- - 0 - - addl~ior: dE' 0,5 P
- - 0 - - cddit'on de 1,5 N

30
s_~
g
-v=
-0--
-0
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0
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o 10 20 30 <:0 •
~
50 60
CHALEUR D'HYDRATATION - GRAVE SILICEUSE AVEC l MG CHALEUR _ GRAV
30 E !
/,0
SILICO-CA LCAIRE 50
1 AVE
C 60 h
lMG
20'C CALORIMETRE DE LANGAVANT fig 3-.':3 20'C CALORIMt::TRE ;:JE LANGAVANT fig' 3·3<:

t€>f'T'\Oln

C QI ---0-- addition ce 0,5 P


T - - - 0 - - addition de 1,5 N

30

-1-- v--
Î
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Id m
addition de 1, S P
----------1 -- -

(1.6 V1h!)

----
i------

Figures 3.33, 3.34, 3.35

- -.
1

20~1_ _ _ -+-_ _ t-~A~ ~


Dégagement de chaleur pendant l'hydratation

' ! /0- ~,-------'


,0 1
du ciment mesuré au calorimètre de LANGAVANT

~
10
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V__~,.-------r'
1 -

r
V ciment cons idéré LMG
1
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-+- -- -
~-~--r-T---'I'=[ril----~---
6 ____ 1 i- 1 V_____ -

o
CHAL EUR
ATI-=O-t'-_-G-R-A-}~EOJ-C-AL--4~0--
D H Y DR A T
CAIRE AVEC
50 - - - '
LMG 60
L-
20'C CALORIMETRE DE LANGAVANT fig.3.35
~
40 1
9cal ----t--
7
cal

l
11' 1
9

3°1 _ _ _ _ +___ '1___ 1


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1 .:.-1-

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1

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- - - avec cornpoctagC?
If -'i/- ~on~ compocfoge
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10 V i
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o --~------ 20
1
----J""'O-----,-.~~----~,-
r
-~~
bD
h

Fi8ure 3.36 - CPA Figure 3.37 LHG

Influence du compactage de l'éprouvette


Calorimètre de Langavant à 20°C - Grave silico-calcaire

cal
9 1/ Fig. 3.29 - Appareil de
corn pactage adapté aux

/
mes ures calorimétriques
-

30

20

1/
1/ /
1/ /
V ---
-y-
e-mOlr'l

ddltlan de 1, SP

-
10

:----
.Q-
. maxi

i ..,/
+ mini

h
o 3 6 9 12 15 24 36 48

Fig. 3.38 - Chaleur d'hydratation - Essais de


reproductibilité - Calorimètre de Langavant.
Moyenne de 3 essais - 20°C - Grave siliceuse
avec CPA.

3.6.2. - Essais effectués à la bouteille isolante


(ca lOl'imètre de Langavant J..

Dans un premier temps, on a essayé de relier les


courbes de chaleur d'hydratation et d'évolution de
la vitesse sonique. Le premières mesures de chaleur
dhyJratation sur grave-ciment ont été effectuées à
l'aide du calorimètre de Langavant (ou bouteille
isolante BI). Nous verrons par la suite que ces me-
sures peuvent être avantageusement effectuées au ca-
lorimètre adiabatique.

Les essais à la bouteille isolante BI ont été faits


à 20°C sur des éprouvettes de grave-ciment gâchées - deux retardateurs de prise ont été utilisés : le
manuellement puis compactées retardateur "N" à raison de 1,5 % du poids
de ciment (référencé 1,5 N sur les différents
- un seul dosage en ciment a été retenu: 3,5 %, graphiques ou tableaux) et le ,."t:c1.r.Jatéur "p"
doses de 0,5 et 1,5 % en poids de ciment (respec-
- deux ciments ont été essayés : le CPA et le LMG, tivement référencées 0,5 P et 1,5 P),

32
- trois graves ont été étudiées siliceuse, silico- et pour chaque grave, la moyenne des chaleurs ob-
calcaire et calcaire. tenues au seuil déterminé par d , on trouve que la
chaleur la plus faible est obteNue avec la grave
Les reconstitutions granulométriques des différentes calcaire (5,4 cal/g), la plus forte avec la grave
graves ont été conformes à celles données en début siliceuse (13,2 cal/g), la grave silico-calcaire
d'étude au dosage de 3,5 % de ciment. présentant un comportement intermédiaire (6,4 cal/g)
assez voisin de celui de la grave calcaire.
Dans tous les cas, les matériaux (granuJ.ats, ciment,
eau) et le matériel de gâchage ont été amenés à la Cette constatation sur grave calcaire est peut-être
température choisie (20°C pour la bouteille isolan- à rapprocher du comportement sur chantier de cer-
te), un contrôle en a été effectué avant gâchage. taines graves calcaires qui présentent un raidis-
sement précoce.
Le dégagement de la chaleur d'hydratation du ciment
a été exprimé en calories par gramme de ciment et Cette correspondance, pour si imparfaite qu'elle
sont évolution en fonction du temps a été reportée soit, met clairement en évidence que le d trouvé
sur les figures 3.30 à 3.35. par la méthode sonique correspond sur la grave
siliceuse et sur les deux autres graves à des dé-
Sur pâte pure de ciment et sur mortier, on sait par gagements de chaleur variant du simple au double,
des études comparatives entre la chaleur d'hydrata- donc peut-être à des états d'avancement très sen-
tion et le temps de prise Vicat que la chaleur dé- siblement différents des réactions d'hydratation,
gagée depuis l'instant initial jusqu'au début de et ce pour un même ciment, le CPA témoin, même si
prise est voisine de 5 à 6 calories/go Par ailleurs, l'on tient compte de l'accroissement du niveau
l'ajout d'un retardateur (à forte dose) provoque une d'énergie précédemment souligné.
réaction exothermique, dans la première demi-heure,
de quelques calories et le niveau de l'énergie dé- Il paraît donc exclus d'affecter chaque liant d'un
gagée en début de prise se trouve ainsi relevé délai de maniabilité qui lui soit propre. Au con-
d'autant, si ce n'est davantage. traire, il sera prudent de considérer pour chaque
mélange de grave et de ciment qu'il s'agit d'un
Sur grave-ciment se produit aussi une réaction entre cas d'espèce.
le ciment et la grave telle que ce niveau d'énergie
soit également augmenté d'une valeur qui est proba- Sur le LMG. le délai de maniabilité déterminé par
blement fonction de la nature physique, minéralogi- vitesse sonique correspond à des dégagements de
que et chimique de la grave. chaleur beaucoup plus dispersés (en partie du fait
que le dégagement de chaleur se fait de manière
Nous avons d'abord tenté de fixer un seuil de déga- beaucoup plus lente et correspond à une courbe beau-
gement de chaleur dont l'abscisse corresponde au coup plus plate où un écart d'une calorie par exem-
mieux au délai de maniabilité déterminé par vitesse ple peut correspondre à des temps de plusieurs heu-
sonique. On peut ainsi, par la méthode calorimétri- res). Cependant, on constatera que la tendance géné-
que, donner une définition du délai de maniabilité rale est la même, les dégagements de chaleur corres-
d'une grave-ciment. Mais cette démarche se heurte pondants aux délais de maniabilité mesurés par vi-
à un double écueil tesse sonique étant dans l'ensemble plus élevés avec
la grave siliceuse, plus faibles avec la grave cal-
- d'une part, elle prend pour référence une méthode caire, la grave silico-calcaire se situant entre les
qu'elle a précisément pour but d'étudier, notam- deux.
ment sous l'angle de la cinétique de l'hydrata-
tion ;

d'autre part, si la fixation d'un seuil ne présen-


te pas de difficultés quand on a affaire à une
courbe d'évolution rapide comme celle observée Sur le CPA avec retardateur, les courbes de chaleur
avec les ciments portlands, des difficultés peu- d'hydratation sont plus décalées dans le temps dans
vent apparaître dans le cas de ciments fortement le cas des graves calcaire et silico-calcaire que
retardés ou à évolution lente comme lesLMG , car dans le cas de la grave siliceuse qui, là aussi, se
un écart d'une calorie, par exemple, dans le différencie. Cela est particulièrement sensible sur
choix du seuil peut correspondre à un décalage le CPA avec 1,5 % P et sur la grave silico-calcaire.
du délai de maniabilité de plusieurs heures,
voire une journée. Sur le L'IG et la grave siliceuse, le retardateur "p"
à la dose 0,5 P ne semble jouer aucun rôle retarda-
teur. Toutefois, le surcroît de chaleur dégagée pen-
Nous avons seulement essayé de situer (tableau 3.4) dant les toutes premières heures peut masquer un ef-
à quel dégagement de chaleur correspondait dans les fet retardateur. Les retardateurs N et P à la dose de
différents cas le délai de maniabilité déterminé 1,5 % (respectivement 1,5 N et 1,5 P) ont un effet
par le critère 1,6 V . Dans les essais effectués très marqué sur la chaleur d'hydratation à 60 heures.
1h
au calorimètre de Langavant, on s'aperçoit sur le Entre 40 et 60 heures, le dégagement de chaleur est
ciment portland témoin et sur les graves silico- faible, ce qui permet de penser que l'hydratation est
calcaire et calcaire que le seuil déterminé par vi- très ralentie (surtout sur les graves siliceuse et
tesse sonique correspond à un dégagement de chaleur silico-calcaire, figures 3.33 et 3.34). L'effet retar
de l'ordre de 6 cal/g que l'on fasse appel ou non dateur de 1,5 "p" se prolonge bien au-delà de 60 heu-
à un retardateur. res pour toutes les graves. Cette dose élevée en re-
tardateur provoque un échauffement initial qui s'ac-
Par contre, sur la grave siliceuse, le dégagement compagne sans doute d'un raidissement comme on l'ob-
de chaleur correspondant au délai de maniabilité est serve toujours sur pâte pure et sur mortier. Sur gra-
compris entre 12 et 15 cal/go ve-ciment, ce raidissement n'est peut être pas per-
ceptible au niveau de la maniabilité, étant donné le
Cette correspondance n'est bien sûr pas rigoureuse faible dosage en ciment, mais on retrouve sur les
(la dispersion des méthodes sonique et calorimétri- courbes de dégagement de chaleur une augmentation de
que intervient) mais elle fait apparaître de façon ce dernier susceptible de masquer le ralentissement
très claire un comportement particulier de la grave pour une longue durée des réactions d'hydratation des
siliceuse. Si, très sommairement, on fait, sur CPA silicates.

33
Tableau 3.4.

Correspondance entre délai de maniabilité et dégagement de chaleur au seuil de 1,6 Vlh

GRAVE SILICEUSE GRAVE SIl/CO-CALCAIRE GRAVE CALCAIRE

Dégagement de Dégagement de Dégagement de


dm par dm par dm par
chaleur correspondant chaleur correspondant chaleur corrpspondant
1,6 V1h cal!g 1,6 V1h cal/9 1,6V1h ca IIJl
BI CA BI CA BI CA
0 4h 30 12 5h 7 3h 30 6

1 0,5% P Rh 15 Rh 7 5h 5

1 1 (Yo P 10h 30 11 h 30 9 h 30

..: 1 1,5% P 25h 30 13 11 h 30 6.5 10 h 4


a.. --
u
+ 0,5% N 4h 6h 30 4h
.-

+ 1% N 4h 5h 6h 30

• 1,5% N Rh 13 llh 5 10 h 6,5

0 15 h 6,5 4,5 5h 30 4 7h 3,5 8

+ 0,5% P 21 h 10 9h 3,5 lOh 3,5

1 1°·'0 P 29h 30 25h 30 12 h

1 1.5% P 87h ""13 8 60h 11 45h 9 5


'"....:::!!
+ 0,5% N 17h Rh 6h 30
--
r---
+ 1 %N 16 h llh 30 13h30

1 1,5% N 23h 7 19h 30 6,5 17h 6

On voit donc que dans tous les cas, la notion de échantillons et l'eau avant essai à la températu-
délai de maniabilité mérite d'être nuancée par la re de la salle d'essais, e.lle-même maintenue à
prise en considération de la nature du liant, de température constante, et relever exactement les
celle de la grave et de l'ajout éventuel d'un retar- températures de la grave aussitôt après le gâchage.
dateur. Il nouS semble que ces conditions opératoires se-
raient difficilement réalisables dans un laboratoire
non spéc ial isé.

Des essais à la bouteille isolante ont également été


pratiqués sur la grave silico-calcaire et sur les 3.6.3 - Essais au calorimètre adiabatique -
deux liants (CPA témoin etLMG) pour étudier l'inci- Incidence de la terrrpél ature 1

dence éventuelle du compactage. Les variations de


chaleur d'hydratation constatées entre grave non La mesure de la chaleur d'hydratation des graves-ci-
compactée ne sont pas significatives surtout aux ment au moyen du calorimètre adiabatique présente
échéances qui correspondent au délai de maniabilité un certain nombre d'avantages par rapport à la me-
(figures 3.36 et 3.37.) sure faite au moyen du calorimètre de Langavant

Aussi a-t-on abandonné le. compactage systématique la mesure de l'échauffement est beaucoup plus
des éprouvettes, notamment dans l'étude effectuée précise (on peut utiliser un thermomètre à résis-
au calorimètre adiabatique. tance enregistreur au 1/100° de degré, A.O.I.P.
par exemple, ou une thermistance montée dans un
pont de Wheatstone),

- comme la température du milieu extérieur n'inter-


Pour nous assurer de la reproductibilité des mesures vient pas, il n'est pas nécessaire de disposer
au moyen du calorimètre de Langavant, nous avons ef- d'une salle climatisée et la précision des me-
fectué six essais sur le CPA et la grave siliceuse, sures est améliorée (dans le cas du calorimètre
répartis en deux séries de trois, dont une sans de Langavant il faut absolument que la tempéra-
adjuvant et l'autre avec 1,5 % de Plastiretard. Les ture du milieu ambiant soit très stable au voi-
résultats reportés sur la figure 3.38 montrent la sinage des calorimètres),
faible dispersion des essais au jeune âge ; celle-
ci peut être estimée à ~ 0,5 calorie par gramme de - les dimensions ~e l'échantillon so~t plus grandes
ciment. Toutefois, il faut signaler que les mesures (volume de 2 dm au lieu de 800 cm ) et se rap-
ont demandé de grandes précautions par suite du prochent ainsi de celles des éprouvettes d'essais
faible échauffement provenant de la quantité mini- mécaniques,
me de ciment utilisée dans la grave-ciment. Nous
avons dû multiplier le nombre de thermocouples, re- - les essais peuvent être effectués à la températu-
faire les étalonnages, veiller à maintenir les re souhaitée, par exemple 5, la, 20 ou 35°C.

34
AI. Ce dernier point est très important car il devient
1 .
1 C~: ainsi possible d'étudier l'influence de la tempé-
30 1 S rature sur la grave-ciment par la mesure de la
1 chaleur d'hydratation du ciment.
témoin

1
-v- addition de 1,5 P Aussi, avons-nous jugé intéressant de faire à l'aide
10 0 ! du calorimètre adiabatique quelques essais sur gra-
20f--+-__-{; ve-ciment à différentes températures susceptibles
d'être rencontrées sur chantier.
)5
0

1
Des essais ont été effectués à 35, 20 et 10°C sur
1 0 f--+--I---'/-_1-_ _ ~200 10 0_ des
LMG
graves siliceuse et calcaire avec le CPA et le
auxquels on a ajouté ou non une dose de 1,5 %

'~' ...
"p" (figures 3.39 à 3.42).

A 35°C, les réactions sont beaucoup plus rapides


h qu'à 20°C. La nature de la grave n'a pas d'influ-
O------1iO~---2~0~---~3~0----4~0~---~5~0~~ ence sensible sur le témoin CPA non adjuvanté. En
présence de l'adjuvant et dans le cas du CPA, la
Fig. 3.39 - Chaleur d'hydratation au calorimètre grave siliceuse est la plus réactive.
adiabatique. Influence de la température. Grave
siliceuse avec CPA. A 20°C, avec le CPA et les graves calcaire ou sili-
ceuse on retrouve des ~ésultats comparables à ceux
du calorimètre de Langavant.

col Dans le cas du Ll1G et d'une grave siliceuse, les


o 9- temps correspondant à un seuil donné de dégagement
de chaleur sont nettement supérieurs à ceux obtenus
témoin avec le calorimètre de Langavant (de l'ordre du dou-
blé). On observe également le très long ralentisse-
o ---V-addlllonde1,5P ment du dégagement de chaleur dû à la forte dose de
r------+------~------+-----~r-- retardateur.

A 10°C, avec le CPA et la grave siliceuse, le temps


nécessaire pour atteindre un seuil donné est, en
35'( présence d'adjuvant, augmenté par rapport à celui
que l'on obtient à 20°C, d'autant plus que ce seuil
est choisi plus bas (par exemple, le temps néces-
saire au dégagement de 6 cal/g est double à 10°C du
temps nécessaire à 20°C).

3.6.4. - Perspectives d'avenir de la cinétique


d'hydratation d'une grave-ciment par
la mesure des flux de chaleur d'hydra-
~------~~------~~------~~-------7~-------r~-------7~~h--..
20 30 40 50 60
tation
En fin d'expérimentation le CERILH disposait (ce qui
_gure 3.40 - Chaleur d'hydratation au calorimètre adiabatique. n'était pas le cas lors de la programmation de la
Influence de la température. Gravec calcaire avec CPA présente recherche) de moyens suffisants pour étu-
dier les flux de chaleur sur grave-ciment avec une
excellente précision. On sait que le flux est la
dérivée par rapport au temps de la chaleur dégagée,
mais le calcul de cette dérivée est imprécis si la
chaleur est mesurée à l'aide de la bouteille isolan-
te. Nous avons vu que la mesure de l'échauffement
au calorimètre adiabatique était beaucoup plus pré-
cise et se traduisait par une courbe continue dont
la dérivation est également très fiable.

cal
30 :g-=. - -------J - - - -1-------+ :' . i --1-
: 1---
i --V--
lémoin
addition de 1 5P
: 1
1

i
i
i

1
20 1

:'11 ! -
1
Fig. 3.41 - Chaleur d'hydrata-
'III tion au calorimètre adiabatique.
Grave siliceuse avec LHG (20°C).
i; 'i 1

,, il! 1

10 --!---------~ - ~--
__ .,1] _, _ ,_
; , ~V-----:-
6
_---,-- :..::.:=-='-=-"=---i i-r-
l.
- ----1 i~
1

;:: 1 1 1 1

L -_ _ _ _ _ ~_ _ _ _ _ _ _ __ L_ _ _ _ _ _ _ _~_ _ _ _ _ _ _~_ _ _ _ _ _ _ _ _~II : h


o 10 20 30 40 50180200 240 2~

35
ca! Fig. 3.42 - Chaleur d'hydrata-
40 9 tion au calorimètre adiabatique
1 Grave calcaire avec LMG (35°C)

1 -"l- addillon de 1,5 P

30~_ _ _ -+-_ _ _~~_ _ _4-_ _ _-4_ _ _ _+-____~

2G _ _ _ _-+-_
1

i1
______ ! .____ ._ J _ __
i :
-----------~------- -------
l
n ___ ~i------_r--~
-------~----- h
o 20 40

Fig. 3.43 - Courbes de flux d'un


mortier de ciment et d'une grave- G) graye _ ciment tÉomoin
ciment avec ou sans retardateur.
@ grave _ ciment + n % Ret ardateur
® graye_ ciment + 2 n % R

Flux de @mortier normal.

chaleur
d . hydrata tio
{maxi
-1 -1
cal. g. h

"

',,@
.

......
..,/
" '"'"
......, ......... ®
.......
.......
...... .
.' .' ....
( r)
..

temps

36
Des essais récents effectués sur grave-ciment (en Il serait intéressant d'élargir ainsi l'étude de
dehors du cadre de cette recherche) montrent qu'un l'incidence de la cinétique d'hydratation du ciment
ajout de retardateur déplace vers la droite, sur en milieu grave-ciment sur la mesure sonique.
l'échelle du temps, l'abscisse du flux minimum. En
effet, l'accroissement du flux correspond à une aug- Exemple: on donnera à titre d'exemple les courbes
mentation de la vitesse d'hydratation à la fin de la de flux trouvées sur grave-ciment, avec la grave
période dormante donc au commencement de la prise et calcaire et leLMG sans addition ou adjuvanté à
du durcissement du ciment. On conçoit alors que raison de 1 % deretardateur "p" (fig.3.4f). Ces cour-
l'ajout d'un retardateur, qui a pour effet de pro- bes montrent que le front d'accroissement du flux
longer la période dormante (fig. 3.43), se traduise de chaleur, manifestation du début d'hydratation
sur la courbe de flux par l'éloignement de l'origi- des silicates, se situe entre 10 et 16 heures pour
ne de la paLtie ascendante de cette courbe. Il sem- leU1G non retardé, un peu au-delà de 2 jours pour
ble donc possible de localiser le délai de maniabi- leLMG retardé à raison de 1 % P et aux alentours
lité d'une grave-ciment en repérant sur l'axe des de 12 heures pour le CPA témoin retardé par 1 % P.
temps la position de la période d'accroissement du Ces valeurs font apparaître les délais de maniabi-
flux de chaleur. On observe aussi, dans le cas de lité obtenus par mesure sonique sur leLMG comme
la grave-ciment, que le dégagement de chaleur se faibles si on les rapporte à la cinétique de l'hy-
produisant au moment du malaxage est très important dratation.
et se prolonge, quoiqu'avec une intensité décrois-
sante, pendant plusieurs heures. De la même manière
pourra être décelée une incidence éventuelle de la
grave. Il en résulte que le lieu des flux minima
suit une courbe décroissante r au fur et à mesure 3.7. - ASPECT MICROSTRUCTUREL DU DELAI DE MANIA-
que la dose de retardateur s'accroît, ce que l'on ne
remarque pas dans le cas d'un mortier plus fortement BILITE DE LA GRAVE-CIMENT (9 ET 10)
dosé en ciment qu'une grave-ciment.

Pour évaluer le délai de maniabilité à l'aide de la


3.7.1. - Utilisation du M.E.E. pouY' l'étude du
mesure du flux de chaleur d'hydratation on pourrait délai de maniabilité d'une grave-ciment
définir un seuil (déterminé statistiquement comme
dans la mesure sonique à l'aide d'essais mécaniques Cette utilisation a répondu aux préoccupations sui-
à long terme) choisi sur la courbe de flux. vantes :

Ce seuil pourrait être obtenu : - tenter d'établir une corrélation entre la forma-
tion des constituants hydratés au sein des gra-
- soit par ajout au flux minimum d'une valeur abso- ves-ciment et les déterminations soniques ou, le
lue (0,1 à 0,3 cal.g-I.h- I ) en relevant l'abscisse cas échéant, calorimétriques du délai de mania-
du point trouvé sur la courbe de flux (fig. 3.44), bilité,

- expliquer, dans la mesure du possible, les points


communs ou les divergences constatées entre la
méthode d'auscultation sonique et les mesures ca-
lorimétriques,

- d'une façon générale apporter toutes informations


complémentaires suscept~bles d'améliorer les con-
naissances sur le comportement des graves-ciment.

Nous avons dit que le M.E.B., grâce à son pouvoir de


résolution élevé et à sa grande profondeur de champ,
permettait l'observation de la topographie d'une
surface de fracture et l'examen de la morphologie
fine des constituants sur cette surface. Il permet
donc de caractériser in situ les éléments respon-
sables de la cohésion d'un matériau. Pour les gra-
ves-ciment, ces éléments sont principalement les
produits hydratés résultant de la réaction du ci-
- soit par ajout au flux minimum d'un pourcentage ment avec l'eau.
donné du Af = (f .-f . . ) on relèverait lors
l'abscisse du por~f~co~f~§pondant sur la courbe Pour la confection des éprouvettes destinées aux
de flux à x (f - f ) (fig. 3.45). examens microstructurels, le C.E.R.I.L.H. a dû
100 M m
mettre au point une technique simple de fabrication
de cylindres (de 80 mm de diamètre et 100 mm de
hauteur). La grave-ciment est compactée à l'aide
d'une dame pneumatique dont l'énergie de compactage
$ correspond à celle de l'essai Proctor modifié
cal g' ~-1
(figure 3.47). La mise en place se fait en 3 couches
à raison de 15 coups par couche. On dispose d'un
piston pour l'extraction de l'éprouvette de grave-ci-
ment (figure 3.48 et 3.49) à l'échéance prévue pour
l'examen jusqu'à laquelle l'échantillon et son étui
sont conservés en armoire humide. Aussitôt après le
démoulage, qui ne présente pas de difficultés du
fait de la cohésion du matériau, on fait un prélè-
vement de grave-ciment. Ce dernier est cryosublimé
(les réactions d'hydratation se trouvent donc blo-
quées à l'échéance désirée) puis métallisé sous
vide. L'examen au M.E.B. peut être pratiqué quand
on le veut par la suite puisque le matériau n'est

37
Col.g. h.
_1 _1
/
r" " Fig. 3.46 - Flux de chaleur
d'hydratation (grave cal-
l
/0 '" '-...-.. caire) - 20°C - Calorimè-
tre adiabatique.

1 '"
\ CD ~/ r "\
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---- ---
--- "....,
/

t( heures)
10 20
° 30

CPA+1%P

LMG sons retardateur


0,7
LMG+1%P
®

V
CPA +1,5% P
0,5
C PA témoin
0,4

0,3

0,2
, .., ..... - ...... ----------- ..... ..
.. '
0,1 • a • • _____________ ...... •

t( heures)
o~-L __L -_ _ _ _ ~ _ _ _ _- L_ _ _ __ L_ _ _ __ L_ _ _ _ ~ ____ ~ _ _ _ _ _ _L __ _ _ _ ~

5 10 20 30 40 50 60 70 80 90

Fig. 3.47 - Confec-


tion des éprouvettes
pour étude des graves-
ciment au M.E.B.
a) darne pneumatique
du CERILH pour es-
sais P.M.
b) mise en place (avec
rehausse) et com-
pactage des moules
cylindriques
80 x 100 mm
(3 couches et 15
coups par couche) .

(a (b

38
,J

Fig. 3.48 - moules PVC avec embases (1) Fiq. 3.49 - extraction de l'éprouvette.
piston d'extraction (2)

plus évolutif. On peut ainsi effectuer des examens Dans les ciments contenant du laitier, du type U1G
à différentes échéances sur la grave-ciment, dans par exemple, les constituants hydratés qui se for-
sont jeune âge, et voir éventuellement comment se ment sont à peu près les mêmes : seules leurs pro-
manifeste le délai de maniabilité déterminé au ni- portions respectives, leur composition chimique
veau de la cohésion, des liaisons et ponts cristal- (rapport molaire CaO/Si02 des C-S-H), leur faciès,
lins au fur et à mesure de leur formation (en leur vitesse de formation peuvent changer. Le lai-
discontinu, en procédant par pas de quelques heures). tier proprement dit, dans les conditions du LHG.
donne naissance à des C-S-H, de l'ettéingite et des
Note : Les échantillons non conducteurs comme les aluminates de calcium hydratés C4AH13.
ciments sont métallisés par dépôt, sur la surFace
à étudier, d'un film métallique de 100 à 200 Ad'é- Les hydrates cristallisent dans les interstices,
paisseur, obtenu par évaporation sous vide (10- 4 autour des grains de ciment en voie d'hydratation
Torr) d'un métal tel que le nickel, l'or, le platine. et au contact des granulats dont ils assurent les
liaisons. Ils peuvent être assez facilement carac-
La métallisation permet d'éviter les charges élec- térisés lors de l'observation au M.E.B. qui peut
triques nuisibles à la qualité de l'image, d'éva- par conséquent fournir un moyen d'appréciation du
cuer les calories produites par le bombardement degré d'avancement des réactions d'hydratation et
électronique, d'améliorer l'émission électronique de la cohésion. Cette appréciation est seulement
secondaire par le choix d'un métal à coefficient qualitative: elle n'est valable que dans la mesure
d'émission secondaire élevé. où elle peut être reliée aux autres mesures plus
quantitatives que sont l'auscultation sonique et la
calorimétrie.
3.7.2. - L'hyd~atation des ciments
Le principal critère d'appréciation du degré de
Dans le CPA, l'hydratation des silicates anhydres liaison dans la grave-cimen't a donc été l'appari-
(silicate bicalcique 2CaO, Si02 ou C2 S, silicate tri- tion des C-S-H ainsi que la formation d'ettringite
calcique 3CaO, Si02 Ou C3S) donne naissance à des en particulier pour les graves à base de ciment
cristaux d'hydroxyde de calcium Ca(OH)2 et à des U:G.
silicates de calcium hydratés C-S-H en fibres très
fines (de l'ordre de 1/10 ~m d'épaisseur et 1 ~m
de longueur). 3.7.3 - Etude des gJ?aves-ciment au M.E.B.

Les aluminates (aluminate tricalcique 3CaO, A1203 Les différents échantillons de grave-ciment, de gra-
ou C3A, aluminofferrite tétracalcique 4CaO, A1203, nulométrie complète 0/20 mm, ont été préparés par
Fe203 ou C4AF) s' hydra tent en donnant d'abord des compactage en laboratoire puis conservés en armoire
sulfoaluminates (aiguilles de trisulfoaluminates ou humide dans leur moule jusqu'à l'échéance de l'exa-
ettringite puis plaquettes hexagonales de monosul- men.
foaluminate) par réaction avec le gypse, puis des
aluminates hydratés hexagonaux du type C4AHI3 ou Les échantillons destinés à l'examen au M.E.B. con-
solutions solides C4AHI3 - monosulfo-aluminate. sistent en un fragment prélevé par fracture au coeur
de l'éprouvette. Le prélèvement est immédiatement
La prise et le durcissement sont en relation avec soumis à un traitement de cryosublimation destiné
la formations progressive de tous ces hydrates et à stopper les réactions d'hydratation.
surtout avec l'apparition des silicates de calcium
C-S-H dont les proportions croissent en fonction du Après dépôt sous vide d'un mince film métallique
temps et qui sont les principaux responsables de la conducteur (200 A d'un alliage Au-Pd) sur la surface
cohésion finale du matériau. de fracture, l'échantillon est examiné au M.E.B.

39
Les types d'échantillons et les échéances auxquelles
ils ont été examinés sont indiqués dans le tableau
ci-des sous :

GRAVE CIMENT RETARDATEUR Echéances étudiees

SILICEUSE CPA sans 2 h _ 4 h _ 7h _ lOh

CALCAIRE CPA sa ns 2h_4 h _7 h _ 10 h

SllICD - CALCAIRE CPA sans 2h_4 h _7 h _ 1Qh

SlliCQ - CALCAIRE CPA 1,5 %P 4 h _1O h_1Sh_ 30 h

SlliCQ - CALCAIRE lMG 1,5 °/0 P 'Sh_30 h_SO h_ BO h

SlliCQ - CALCAIRE lMG 1,0 'YoP 30 h _SO h_BOh_l00h

1
2157 - Grave siliceuse + CPA à 2 heures.

Les clichés obtenus figurent à l'annexe 3.

L'étude des grave-ciment au M,E.B, appelle quelques


remarques préalables.

En effet, les graves-ciment sont des matériaux rela-


tivement peu compacts où les vides interstitiels
sont très importants, Ces vides sont comblés en par-
tie par le ciment et en partie par les fines de la
grave et celles créées lors du compactage. Les
quantités de fines éventuellement créées par compac-
tage dépendent vraisemblablement de la nature de la
grave. Les graves calcaires moins dures donneront
vraisemblablement davantage de fines d'attrition que
les graves siliceuses. La cohésion du matériau dé-
pend de plusieurs facteurs :

nature et quantité des constituants hydratés


formés, 2212 - Grave calcaire + CPA à 2 heures.
X Granulat o Fines et ciment
adhérence entre produits hydratés et granulats,
Figure 3.50 - Différence de structure des graves
siliceuse et calcaire
effet d'engrènement,
La grave-ciment calcaire et, à un degré moindre, la
teneur en eau et nature des liaisons avec l'eau.
grave-ciment silico-calcaire semblent présenter une
autre caractéristique qui les distingue de la grave
La nature et les quantités des constituants formés
siliceuse: dans ces deux graves-ciment, les C-S-H
dépendent du type de liant utilisé.
n'ont pas toujours le même faciès que dans la grave
siliceuse. D'autre part, ils sont moins apparents
L'adhérence est en relation avec la nature du gra-
et il est souvent difficile de les distinguer des
nulat : les granulats siliceux chimiquement intertes
fines provenant de l'attrition de la grave. (Voir
et dont la surface est relativement lisse donnent
figure 3.51.) On peut penser que la grave calcaire,
en principe une adhérence un peu moins bonne que
bien que peu soluble, abandonne dans la solution
les granulats calcaires à surface généralement ru-
des ions C03-- susceptibles d'entrainer la carbona-
gueuse et non entièrement inertes chimiquement.
tation partielle des C-S-H ; de fibre\lx, ces der-
L'accrochage mécanique est meilleur dans ce dernier
niers deviendraient plus compacts avec formation de
cas; d'autre part à l'accrochage mécanique peut
microcristaux de calcite. D'où une certaine diffi-
venir s'ajouter un accrochage d'origine physico-
culté à distinguer dans ces graves les produits
chimique dû à la réactivité non nulle du granulat
liants provenant de l'hydratation du ciment. La
calcaire (formation de liaison de type épitaxique,
confusion est possible entre les C-S-H carbonatés
par exemple).
et les microcristaux de CaC03 que contient naturel-
lement la grave. Dans toutes les graves ont retrou-
L'effet d'engrènement dépend également de la forme
ve du gypse n'ayant pas encore réagi, en quantité
et des propriétés superficielles (rugosité) des
d'autant plus grande qu'il s'agit d'une échéance
granulats et des quantités de fines créées lors du
courte. Ce gypes peut avoir partiellement recris-
compactage. A ce titre, on peut comparer les photo-
tallisé. Nous ne pensons pas qu'il intervienne
graphies au grossissement 300 de la figure 3.50 se
pour beaucoup dans les liaisons.
rapportant respectivement à la grave siliceuse et
à la grave calcaire. La grave-ciment calcaire ap-
paraît plus compacte; les gros granulats, recou- On note la présence d'ettringite dans toutes les
vers de fines, sont moins visibles. Le rôle de l'eau graves. L'ettringite provient de la réaction du
très important dans ce type de matériau, ne peut pas gypes avec l'alumine du ciment. Il est vraisembla-
être appréhendé par nos méthodes. Il est probable ble qu'elle puisse participer à la cohésion du maté-
que la nature chimique et minéralogique du granulat riau notamment dans les graves avec LMG où elle est
intervient également beaucoup dans les phénomènes particulièrement abondante. (fig. 3.52.) Cette par-
de rétention d'eau (forces capillaires). ticipation à la cohésion serait importante surtout

40
Il est très difficile de déterminer avec précision
au M.E.B. le délai au-delà duquel le maniement de
la grave devient préjudiciable au niveau des per-
formances mécaniques ultérieures, mais on peut es-
timer l'époque à laquelle apparaissent les premiers
pro~uits lian~s_(~-S~ et ettringite en particulier).

Dans les ciments portlands, c'est la fraction la plus


fine du ciment qui est responsable des liaisons aux
échéances courtes. Si les premières liaisons sont·
cassées, les caractéristiques mécaniques de la grave-
ciment peuvent être détériorées. C'est la raison pour
laquelle on utilise ,dans tous les cas, des CPA re-
tardés. Les retardateurs de prise diffèrent l'appari-
tion des premiêres liaisons et permettent d'allonger
le délai de maniabilité jusqu'à la valeur souhaita-
ble sur chantier.
Les ciments de type LMG, du fait de leur forte teneur
2181 - Grave siliceuse + CPA à 10 heures. en laitier et de leur mouture grossiêre, ont une vi-
tesse d'hydratation lente (ils sont "auto-retardés").
L'ettringite y est très abondante et l'apparition des
CSH est plus faible et plus tardive, Le délai de ma-
niabilité obtenu sans retardateur est donc plus long,
ce qui n'exclut pas l'usage de ce type d'adjuvant si
l'on veut obtenir de três longs délais (renforcements
sous circulation).
Les résultats des observations au M.E.B. et de leur
interprétation aux différentes échéances dans le jeu-
ne âge de la grave-ciment sont résumés dans les ta-
bleaux 3.5 et 3.6 qu'illustrent les planches photo-
graphiques la à IXb de l'annexe 3. Le tableau 3.5.
résume les observations effectuées sur les deux
liants non retardés (CPA et LMG) et les
trois graves, le tableau 3.6, les observations
faites sur grave silico-calcaire avec les mêmes ci-
ments retardés.

Les délais de maniabilité est~mes à partir de la


2239 - Grave calcaire + CPA à 10 heures. formation des premiers hydrates visibles sont com-
parés aux délais obtenus par la méthode sonique et
Microcristaux
-+- Ettringite A C.S.H. 0
de calcite
par la méthode calorimétrique au seuil de 6 cal/g,
où l'on peut voir une bonne correspondance entre
Figure 3.51 - Influence du granulat calcaire
l'estimation microstructurelle et l'estimation ca-
lorimétrique sur liants non retardés.

aux échéances relativement courtes encadrant le dé-


lai de maniabilité. Aux échéances longues, l'impor- 3.7.4. - Conclusion
tance de l'ettringite devient faible par rapport à
celle des C-S-H. Dans les graves avec U1G retardées Il n'a pas toujours été facile de déterminer pré-
le taux d'hydratation du laitier est três faible cisément l'époque à laquelle les premiers hydrates
aux échéances considérées. Il reste également beau- apparaissent, notamment dans les graves calcaires
coup de gros grains de clinker anhydre. Tous ces où les C-S-H semblent subir des modifications ayant
grains sont susceptibles de s'hydrater ultérieure- tendance à masquer leur faciês habituel.
ment.
Par ailleurs, comme nous l'avons mentionné plus
haul, le H.;':.B. Il'apporté Cju'Gne appréciation
qualitative qui ne Dermet Das de dire avec certi-
tude que les liaisons observées dans les graves
correspondent effectivement à celles que l'on ne
peut détruire sans porter préjudice aux caractéris-
tiques mécaniques ultérieures.

3.8 - CONCLUSIONS GENERALES

Tous au long de cette approche du délai de mania-


bilité, on aura remarqué quelques divergences, par-
fois importantes, entre le délai déterminé par vi-
tesse du son et la cinétique de l'hydratation ap-
2351 - Grave silico-calcaire + U1G à 10 heures. préhendée par les méthodes calorimétriques ou les
examens microstructurels effectués au M.E.B. Cela
A C.S.H. D Gypse + Ettringite n'est pas étonnant si l'on considêre que la prise
et le durcissement du ciment sont des phénomênes
Figure 3.52 - ettringite produite par l'hydratation continus et que la fixation de seuils, quelle que
du L~!C soit la méthode est nécessairement empirique.

41
.j:. !able·lI~
1\.1

r iMENT
NATURE

DE LA
DElAI DE MANIABILITE
MESURE
... OBSERVATIONS A~ ~E.B. DUAl DE J'AIIIAlILlH

ESTIME l 'ormatioft ••
GRAVE 1.6 V1h 6 :.~.I,. 2 tMllr.. 4 hlur.. 7 hiurlS lDh.u,.. lu.mil,. ",drlt.,)
l - "ohésion assez faible _ AccrOIssement de la cohésioo _ Bor.ne coh~sion - remlera lY dra e.
1 C-:'-H visïllee
_ ' " . V18i?les à 2 heures
GRAVE 2 h _ ~tr~neite • gypse - Auementat~on r-rogresslve de. proportlons de C-0-H ~t - Forte ~antlté de C-s-H - DélaI estlmé entre
'1 ~ r. 30 (3 hC A )
• • , Il''
- recr>"ta't lse ou n ayan pas d' ettrlnn
' te - E'ttnnn te asltez abondante 2( heures h "t 4 heu,....
)
i SILICEUSE ré~i - Préser.ce de gypse recristal118O' ou n'ayant pas réagi _ Diminution du gypse 4 eurea

Planche ta Planche 1b Planche tc

i fac de C-5-H vla1blee


_ _ Début de forlTléition de dép5ts - Bonne cohésiœ - BCI'U'le cohésiOll _ Premier. hydrateB 1

3 h 30 - Ettringite rare d'~rate~ à ~a ~face des - C-S-H ~t ~ttri:;eite visibles, _ Accroissement de. Yieiblee après 1
CPA GRAYE 3 h 30 - COh~SlOO non nul~e par effet gralnsmals dlfflclle à mettre ~is dlfflcultes de mla.. en roduits h,ydraté. 4 heure.
(4 h C l'It.CaJ11QUe d'enf'"renement et en éVloence eVldence P - Délai d. m8.1liab~lit' 1

CALCAIRE .A. for=t,on d'r.yd.rates non - Carbonatat:on rrobable des Carbonatation probable difficile à estllller :
vai bl es C-S-H formes et masqua;;:e par ( 7 hfnlrea) 1

i les fines calcaires 1

. flanche 2a flanche lb Planche 2c FlaJ'lche 2d 1


1 1
1 - COh{SlOfl faiblt! - G-s-H blen visirle. !
1 - ~mes oaractéristi'l"•• générales 'l"'après 4 beure.
GRAYE 4 - Pr-err.lers h,ydrates visibles - Accroissement de la cohé.iOl1 , - Délai •• tiR
5 h h malS peu abond8.l'l.t~ _ frésence d'ettringite avec accroiesement des CfWU1tit'. d'hydrates et de l ~ h
(C-S-/I et ettnngl t.) l h' i .. eure.
SllICD a co es Œl
CALCAIRE Planche 3a rlanche 3b Pla.t1cM 3c

Ib~==d==~==~~==========~=========~~==========r===========~=======i
1 1.1 YI~ 1 coIlJ 4 hou,.. 1 ho.,.. 10 hou'.. 15 hou,..

- Cohésion nulle - Cohéeioo encore très faible - Accroissement de la cohésion


13 h - Pas d'hydrates liants 1i0ll eXA<lliné - Présence d'ettringite et - Présence de C~ _ Délai eati~ entre
GUYE '5 h 2 visible. vraisemblablement de C-S-JI - Ettringite fréquenta 10 et 15 bfnlre.
4 h C.A _ présence de gypse _ Cypdr
SILICEUSE
i Planche 4& flanche 4b Planche 4c

, LMG~--~~----~----+---------------------+---------------------t---------------------t---------------------t---------------
- Cobé.ian très faible - Formation d'ettringite - Coh~sion enoore faible - Aocroissement de la cohésion _ Délai difficile l
GRAVE - Présence d'hydrates po •• ible. - C~ peu visibles - Peu d'hydrates visible. - C-S-JI et ettringite visible. esntimer
h 1 h " . , '. - In uence de l a car--
7 3 _ie difficile l mettre ell - Carbonatatlon probable - Ettringlte _ Ettnnglte ~lahve_nt bonatahoo aventuelle
1 CALCAIRE évidence abondante _ ~!a~i~ entre
1 Planche 5a n""che 5b Planche 50 10 et 15 heure.
!
1 - Cohêeion très faible - ~mes caract~ristiques - Accroissement de la cohéslon - M!mes caractéristique. - Délai estimé A 10
_ Présence d' h.Tdratel3, ettrin- - C-S-!: et ettrlngi te bien heuree
5 h 30 0 Flteh générales que" heure. visible. que 10 hfnlres - Mais po •• ibilit'
1 GRAYE ' - C-5-H peu nets - G;rp .... présent de lialo= par
ettrinpte avant
SllICD - Présence de gypse 10 beure.

L CAL CAillE Flanche 6a

--
Pl anche 6b

... --
Tablnu 3-6

o61ai de maniabilité ~élai de maniabilité 1

OBSERVATIONS AU M.E.B.
RUllrences mesur' estimé (formation 1

des premiers
1
1,6 V 6cal/g
1h 6 heures 10 heures 15 heures 30 heures hydrates visibles
( Bil
CPA _Cohêsion extrême - _ Début de cohésion _ Mêmes caracterlst Iques que 10h. Estimation

+ 1,5'oP ment faible. _ Neanmoins pas de _ Carbonatation probable des C.H S difficile du délai de
1
( Grave 11 h30 8h Pas d' hydrates CH_S_ ni ettringite E ttringi!e non visible. maniabililé ·en raison
sil ico-colcai-e) visibles. visibles. Liaisons par _ Liaisons par microcr istaux de de la carbonatation
1

prodJits carbonatés possi· C.HS. carbonatés et CaC0 3 . des ~chanllllons>10h.


-bles . Planche VIL

15 heures 30 heures 50 heures 80 heures

LMG _ Peu de cohésion _ Cohésion accrue _ Accrolssement de _ Ettringlte et C.H,S.


1
... l%P _ Peu d'hydrates _ Hydrates visibles: 1
l'ettringite . carbonatés abondants Délai difficile à
25h30 - 1

( Grave visibles CHS et en particulier :--H.S. carbonatés. _Assez bonne estimer...; 30h.

s ilico-calcaire) _C arbana tation ellringite i cohésion


i
Photos.n~2812 et 2812b
1
probable.
PlancheyIIIa i Planche VIlla Planche VIII b
1
1
30 heures 50 heures BO heures 100 heures
i
lMG _ Très peu de - Hydrates visibles J _ E ttringite abondonte

... 1,5%P coh~sion . _ C. H.s. peu abondant _ Gros cristaux Delai <: 50h
60h 21h
1 Grave _ Três faibles _ E ttr ingite fréquente _ CHS toujours aSsez peu Visibles

silico-calcaire) dépots hydrates.

Photo n~2819 Photos n'!." 2't>20 et 2822 Photos n~: 2823 _ 2B2t..
Planche IX a Planche IX a Planche IXb

.J>.
W
Il est cependant extrêmement encourageant de consta- On ne doit pas perdre de vue non plus que la notion
ter quelques points de convergence et de voir com- de délai de mani~bilité ajoute à la notion pure de
bien l'étude microstructurelle au M.E.B. a permis maniabilité celle de niveau de performances finales.
d'éclaircir certaines ambiguïtés. A ce sujet, le M.E.B. nous a apporté de précieux élé-
ments de réflexion sinon de réponse. Dans les CPA, le
Le tableau 3.7 donne quelques valeurs des délais de début de l'hydratation affecte les grains fins et
maniabilité mesurés par la méthode sonique, détermi- l'on peut penser que la rupture des premières liai-
nés par la méthode calorimétrique au seuil de 6 calk sons CSH obère les résistances finales . Il est donc
et estimés au M.E.B. nécessaire de différer l'apparition des CSH à l'aide
de retardateurs de prise. C'est d'ailleurs ce qui est
Il faut d'abord prendre conscience que les diffé- fait sur chantier sans difficulté pratique.
rentes méthodes n'appréhendent pas toujours le même Depuis plusieurs années, les CPA utilisés dans la
phénomène. Dans l'auscultation sonique de la grave- technique grave-ciment sont toujours retardés.
ciment compactée, la cinétique de l'hydratation Avec les liants de type LHG, où les premiers produits
(dont rendent compte les méthodes calorimétriques formés sont du gypse recristallisé et surtout de
et les examens au M.E.B.) n'entre que pour partie l'ettringite, on peut logiquement penser que l'ac-
dans l'évolution de la vitesse sonique du matériau. croissement de la cohésion , donc de la vitesse soni-
que, est partiellement dû à cette formation d'ettrin-
gite. Les premiers C-S-H n'apparaissent que plus tard
Tableau 3.7. et surtout en quantité beaucoup plus faible. Il sem-
ble donc que l'augmentation de cohésion traduite par
l'augmentation de la vitesse sonique corresponde da-
Correspondance entre les délais de maniabilité vantage, pendant les premières heures, à une rigidi-
déterminés par auscultation dynamique, calorimé- fication qu"à une prise et que la rupture de cette
trie, étude microstructurelle. cohésion ne puisse pas affecter sensiblement les ré-
sistances mécaniques ultérieures, du fait de la fa-
culté de l'ettringite à se reformer.
Délai dl IIIlnilbiliti Les essais effectués montrent que techniquement, les
Methode .llor. I,) deux utilisations (CPA retardé et LMG non retardé ou,
Vdm =1.6V1h M.E.8 le cas échéant, retardé) conduisent à des délais de
( lU seuil d. 6.II/g )
maniabilité comparables avec un comportement à long
CPA Gr. S. 4 h30 2 h 2h terme comparable. Le choix sera donc fonction essen-
CPA Gr. SC 5h 4 h 4h tiellement de données géographiques et économiques.
CPA Gr. C. 3h30 3 h 30 4h L'expérience prouve d'ailleurs que les deux types de
CPA Gr. SC.+1,5 11 h30 8 h 10h liants ont été utilisés aussi bien pour les travaux
LMG Gr. S. 15h 13 h 10à 15h
courants que pour les renforcements sous circulation
(qui nécessitent des délais de maniabilité élevés).
LMG Gr.S C. 5h 30 9 h 7 à Wh
Les essais rapportés au § 3.4 montrent que l'ors-
LMG Gr.C. H 13 h oà 18h qu'on diffère le compactage d'une grave-ciment
LMG Gr.SC.+ 1 P 25h30 - > 30h au-delà du dm déterminé par vitesse sonique quelle
LMG Gr SC.+1.5P 60h 21 h 40h que soit la nature du ciment, on note une diminu-
tion des performances mécaniques (CPA etLHG ).

1')Au .alorim!!tre dl langlvlnt Cependant, cette diminution des performances méca-


niques se traduit par une augmentation de l'IQE in-
férieure à 5 % tant que le délai de compactage ne
La mesure sonique prend en compte de surcroit l'ef- dépasse pas le délai de maniabilité.
fet de liaisons en relation directe avec la nature
physique et chimique du granulat comme par exemple En fait, on peut classer les méthodes utilisées dans
les effets capillaires, les phénomènes d'absorp- cette recherche pour déterminer le délai de mania-
tion ou d'adsorption d'eau, de dissolution superfi- bilité en deux catégories :
cielle des granulats ...
- 1 Les méthodes "directes"
D'un point de vue physico-chimique, il est diffici-
le d'estimer l'importance respective des différents ~~_~~~~E~_~~_!~_E~~i~~~~~~_~~~~~is~~_~~E
paramètres qui conditionnent l'évolution de la vi- ~EE~~~~~~~~_E~~!i~~~~_~~_~i!!~E~~~_!~_~~~­
E~~~~g~. On peut par exemple choisir comme
tesse du son, à savoir :
critère définissant le délai de maniabilité
le temps correspondant à une augmentation de
l'hydratation des silicates et des aluminates
l'IQE de 5 % sur grave-ciment âgée de 3 mois.
dans les différents liants qui donnent naissance
aux C-S-H, aux sulfoaluminates (notamment ettrin-
gite) et aux aluminates hydratés, ~~~~~~E~~~i~~_~~~~!~~~_~~_gE~~~:~i~~~~_~~
M.E.B. Le délai de maniabilité correspondant
à-ïïapparition des hydrates principaux
les transformations physiques au sein du matériau
(C-S-H surtout) mais il ,',"git cI'llnp évalua-
(mouvements d'eau, dissolution de constituants
tion qualitative qui doit servir de support à
puis recristallisation).
une au tre méthode.
En particulier, l'eau réellement disponible pour - 2 Les méthodes "indirectes"
l'hydratation du ciment va varier, d'une manière
très difficile à estimer, avec la nature de la
~~~~~~~!~~~i~~_~y~~~i9~~ d'une éprouvette de
grave, son foisonnement ou son taux de compactage ... grave-ciment pendant la prise. Un seuil tel
que Vd m = 1,6 Vlh ne peut qu'être défini em-
Il peut aussi y avoir création de ponts ou de li- piriquement.
aisons intergranulaires susceptibles d'entraîner
des perturbations dans la mesure sonique lorsque
~~_~~~~E~i~~~i~~_~~~_~~~!~~E~_~~~Y~E~~~~i~~·
le son passe par un chemin préférentiel plus court. un seuil, tel que celui correspondant à un
Mais ce n'est qu'une hypothèse, dont ne peuvent dégagement donné de chaleur, est bien sûr
rendre compte les deux autres méthodes. obtenu aussi par recoupement.

44
Par contre, l'adaptation récente du calorimètre si le compactage s'effectue au-delà on peut noter
adiabatique permet, Comme l'ont montré quelques les chutes de performances mécaniques se tradui-
essais, la mesure directe et précise du flux de sant par une augmentation de l'IQE supérieure à
chaleur (c'est-à-dire de la vitesse de dégagement 10 %. On a pu noter aussi une assez bonne corres-
de chaleur). Dès à présent, l'utilisation des pondance avec le seuil de dégagement de chaleur
courbes de flux pour la détermination du dm ou de 6 cal/g de ciment.
la vérification du dm déterminé par une autre mé-
thode paraît prometteuse. On a vu les problèmes pratiques posés par l'aus-
cultation dynamique d'une grave-ciment avant et
pendant la prise. Bien que peu d'essais aient été
On peut aussi classer les méthodes utilisées d'une réalisés à l'aide du calorimètre adiabatique cette
au tre manière méthode expérimentale pourrait être retenue pour
déterminer le délai de maniabilité. En tout état
- en méthodes "globales" : auscultation dynamique, de cause elle nécessite sûrement un complément
mesure des résistances obtenues par compactages d'étude.
différés.
Les avantages de cette méthode sont en effet nom-
- en méthodes centrées sur la cinétique de l'hydra- breux :
tation du ciment en milieu grave-ciment : méthode
du flux de chaleur, observation microstructurelle - mesure précise des températures et des flux,
au M.E.B.
- enregistrement simple,

Très globalement, les études précédentes montrent - indépendance de l'ambiance extérieure,


que le délai limite correspond à un certain taux
d'hydratation se traduisant par l'apparition d'une - corrolairement grande facilité pour étudier
quantité suffisante d'hydrates (surtout C-S-H). l'influence de la température.

45
CHAPITRE 4

ETUDE DES PERFORMANCES MECANIOUES DES GRAVES CIMENT

4.1. - INFLUENCE DE LA NATURE DU CUlENT, DE SON lLlKCV_lMG_lKl


Ciment LKC
DOSAGE DE LA NATURE DE LA GRAVE ET DU TAUX
Age Ijours]
T!:1
18opso[
: 28 190
1
90 ! 28190 ]360 90
DE COMPACTAGE SUR LA RESISTANCE EN TRACTION
DIRECTE OQ5age % 7 9 3,5
7
51
8
1 3,+,+,51 6

Taux de
L'étude des performances mécaniques a ete menée par 100 95 i 100 100 95 100

la mesure de la résistance à la traction directe


Compactage
i
(Rt) et du module correspondant (E). En fait, les
valeurs du module sont incomplètes (panne enregis- 4.1.1. n InfLuence de l'âge
treur, dérèglage accidentel de l'enregistreur et (dosage en ciment : 7 % pour le LKC,
réétalonnage tardif) et n'ont pu être exploitées. 3,5 % pour les autres).
Il a été recherché une corrélation linéaire entre
La mesure de (Rt) a été faite pour trois natures de
Rt et le log (t) pour chaque couple de grave-ciment
graves et cinq ciments, en faisant varier l'âge
(tableau 4.2.) :
d'écrasement des éprouvettes, le dosage en ciment,
le taux de compactage, selon le plan d'expérience L'examen des résultats montre que Rt varie linéai-
suivant : rement avec le log (t) dans l'intervalle de temps
étudié (28 < t < 360 j) selon une relation de la
Les caractéristiques de compactage sont indiq~ées forme Rt = A log + B. Le coefficient de corrélation
au tableau 2.3. (r) varie entre 0,88 et 1,0.

L'ensemble des résultats, issus du plan d'expé- On pourra également se reporter aux figures 4.1 à
rience, est donné au tableau 4.1. 4.3.

Tableau 4.1.
Résistance en traction suivant le dosage en ciment et le taux de compactage

C LKC LK LKCV LMG LKL


%C 7 7 5 8 9 3,5 3,5 2{> 4,5 6 3,5 3, 2,5 4,5 6 3,5 3,5 2,5 4,5 6 3,5 3,5 2.5 4,5 6

d% 100 95 100 100 100 100 95 100 100 100 100 95 100 100 100 100 95 100 100 100 100 95 !tOO 100 100

Age 28 90180 300 90 90 90 ~o 2890 ISC 3&0 90 90 90 90 28 90 180 tJeo 90 90 90 90 28 9( 180 380 90 90 90 90 28 90 180 360 90 90 90 90

Cat, 6,5 9,8 IV; '-4,8 5,8 5,9



1,11,-4 8,3
~ 14,;. "'t 7,1
.
15,< 7,9 8,5 ID,2 10,6 15 6,2 5,0 3j4~S; 6,5 n,1 12,! 13,6 7,8 8,7 1341 ~g 9,8 t3 '''1' 5,5 8,1 6,9 15,1 18,2

SIC
Sil.
7,5 0, 12,"3 ~,I 6,4 8,0 1,6

5,8 6,3 8,7 8,2 5,1 8,1 8,2 5,8 7,7


.a,s
9,0 Il,2 12,1 13,5 7,4 7,4 12,1 15.,< 6,410, [12,! 15,< 7,2 7,7 15,2 18,11 7,8

9,6 5,6 3,5 IKlf 12, 5,8 7,8 8,0 9,6 7,1 4/1 10,
la
5,97,1
10,6 12.'l 5,8 7,9 2,

8,8 9,7
9,4 Il 13 13,11 7,0 8,4 13 15,6

5,7 10,6 2,7 8,5 8,0 9,510,1 6,1 6,0 10,7 1,4

*Valeurs est~mées à part~r des relat~ons Rt f(logt)

46
Tableau 4.2.

Relations entre la résistance et l'âge de la grave-ciment

~
Graves LKC LMG LK LKL LKCV
7,241011 - 4,23 6,4.6 IogI - 2,34 5,98 log 1- 0,36 ~2 logl + 2,48 5.,841091- 0,69
Calcaire ,=0,990 '.0,977 ,= 0,966 1 = 0,991 ,=0893

5,98 log 1 -1,11 3,901011 + 2,18 3,99 log 1 + 3,27 4J5 10g 1 +3,28 7,841agl -4,80
Silico-calcaire ,=0,998 '=0,987 ,=0,999
'=0999 '=0,99

3,3310g1 +0119 3,3210g1 + 1,03 31"2 log 1 +0,907 3,38 log 1 + 1,58 3,411091 +0,950
Siliceuse ,= Q,888 , =0,963 ,=0,999 , :.0,991 ,= 0,997

RI RI

15+-________ -+__________ ~~----+_------+__ 15~ ________~____________+-____ -+__ -r~~~

,,

/
10 10 ,
/
- /

~"
, ,-
~ , -
5 5

0 0
10j 28j 90j 180 j 360j 10 j 28j 90j 180j 360j

Figure 4.1 - Grave siliceuse Figure 4.3 - Grave calcaire

RI

15
Influence de l'âge de la grave-ciment sur la
résistance en trac tion directe.

--
10

/' '/'/
--
5

LEGENDE
CPA ------ 0
LKC
LKCV ------- x
LMG - - - -- - - - - - ---_. •
0
90j 180j 360j
LKL ------------ +
10j 28j

Figure 4.2 - Grave silico-calcaire


47
20 20
~

~ -'" ,1/
11/
~
0
0 :-
~
..c

-
""
..c
-
~
1/ r(/
15
,
1// / lS # 'Yi'
/, V/ lf~ /,
~
rI"

~/ ~/,; r.! VV
10 j
~
~I 10 J j' ./
/,
v'y :/ '
V
:,/

"~ ~
i/ /'
V /~
0- 1 V
5 ' "~, V /
~
5
/ v"

;( .,-/
.,-/

0 0
2,5 3,5 4,5 5 6 7 8 9 2,5 3,5 4,5 5 6 7 8 9
Dosoge '/. Dosage '/.

Figure 4.4 - Grave siliceuse Figure 4.6 - Grave calcaire

20 /
1/
-'"
..c
~

0
)
-
-
""
1/' 8?-
15 / ~~ Influence du dosage en ciment sur la résistance

/ I/Y
~
en traction directe à 90 j.

~
!V
Il V
V
Y

10

V/ V
V
V
.,-/

j .,-/

5
LEGENDE
CPA : ------ 0
LKC : ____________

0
LKCV :
LMG
LKL
---------
-- - --- - -- - - ----
: ____________ +
.
)(

2,5 3,5 4,5 5 6 7 8 9


Do~oge '/.

Figure 4.5 - Grave silico-calcaire

48
4.1.2. - Influence du dosage en ciment (âge 90 j.)

Une corrélation linéaire entre Rt et (C%) a été On pourra également se reporter aux figures 4.4 à
recherchée pour chaque couple de grave-ciment 4.6.
(tableau 4.3.) :

Tableau 4.3.

Relations entre la résistance en traction et le dosage en ciment

~
rIVes LKC LMG LK LKL LKCV
c% -1,06
1,337C% - 0,117 1,24 C%+2,~ 2,76 C%+ 1,76 3,06C% + 0,69 2,93
Calcair. r=0,968 r:0,957 r =0,957
r=O,993 r = 0,975

1,83 C," - 0,46 2,35C% - 1,94 2,15 C'Y. - 2,65 2,13 C% - 3,11 3,25 C% - 0,3 2
Silico-calcllirl r :0,991
r ,. 0,977 r=0,998 r:0,976 r =0,992

0,942 c'" - 0,02 2,11 C% 1- 0,34 2,57 C% - 2,04 2,32C%+0,11 2,90 C'lb - 2,28
Siliceuse
r.0,995 r_0,982 r_0,974 r.O,999 r -0,999

La résistance en traction (Rt) varie linéairement ~ yd


DVC
avec C% pour les dosages d'étude (Rt = AC % + B). ye (1 + o,Ole) yd
Le coefficient de corrélation est: 0,88 < r < 1. yG
La nature du granulat et du ciment intervient par
Les relations obtenues sur le ciment LKC (50 % de
leur poids spécifique (yG, yC), celle du mélange
clinker, 50 % de fil 1er calcaire) sont nettement
par le dosage en ciment (C) et sa densité (yd).
différentes (coefficients angulaires plus faibles).
La résistance en traction et le paramètre DVC sont
liés par des relations de la forme
4.1.3. - Influence de taux de compactage (âge
90 j)
RT = A + B ln (DVC)
L'influence sur Rt a été exam1nee à l'aide du
rapport ~ soit Rt à 95 % et 100 % de la den-
Rt 100
sité maximale PM - dont les différentes valeurs - !gf!~~g~~_~~_!~_g~~~E~_~~_!~_gE~~~_E~~E_~~~g~~
figurent au tableau 4.4. : !YE~_~~_~~~~!!!

Tableau 4.4. a) Ciment LK (CPA)

Valeur du rappor t !'! __ J~ On constate que pour chaque grave, on obtient une
RT 100 relation très étroite entre Rt et DVC, puisque le
coefficient de corrélation r = 0,99.

I~
GRAVE
LKC LMG lK LKL LKCV
Toutes graves confondues, r est encore élevé
(r = 0,97). Pour ce ciment, la nature minéralogique
de la grave n'a pas une influence prépondérante.
Calcaire 0,592 0,703 0,657 0,623 0,608
b) Ciment LHG

Siliceuse 0,598 0,583 0,661 0,636 0,673 Mises à part les valeurs obtenues avec la grave cal-
caire (r = 0,99), les coefficients de corrélation
Silico·calcaire 0,809 0,727 0,763 0,887 sont moins élevés.

Toutefois, toutes graves confondues, r = 0,97.


Au vue de ces résultats, il apparaît que la chute Pour ce ciment, on ne peut donc pas affirmer que la
de Rt pour 5 % de densité, est voisine de 35 % pour nature minéralogique de la grave ait une influence
les graves-ciment calcaires et silico-calcaires, et marquée.
de 20 % pour la grave-ciment siliceuse.
c) Ciment LKL

4.1.4. - Prise en compte de la structure de la Les différents coefficients de corrélation sont


grave ciment (paramètre DVe) élevés également ici et l'influence de la grave
n'est pas prépondérante.
Les relations établies dans les paragraphes précé-
dents distinguent qualitativement la nature de la Toutes graves confondues, r = 0,98.
grave (calcaire, silico-calcaire, siliceuse) et les
ciments par leurs désignations (iK, LKC, etc ... ). d) Ciment LKCV

Pour étudier l'influence de ces facteurs, on a uti- Toutes graves confondues, le coefficient de corré-
lisé la notion de dosage volumétrique du ciment lation est relativement faible r = 0,92, alors que
(DVC), rapport du volume du ciment sur le volume sur les graves considérées individuellement, la
des vides (cf. 2,5) corrélation est plus étroite.

49
En particulier, les graves calcaires et silico-cal- e) ciment KLC
caires semblent refléter les extrêmes.
Sauf pour la grave calcaire, les résultats sont plus
dispersés. C'est avec la grave silico-calcaire que
l'on obtiendrait les meilleures performances, supé-
Les courbes Rt 0' f (DVC) sont pratiquement parallè- rieures d'ailleurs à celles obtenues avec LK.
les pour ces deux graves, la différence est de 4
bars au bénéfice de la grave silico-calcaire. Par contre, elles sont moins bonnes pour les graves
siliceuse et calcaire qu'avec LK.
Un ciment de type CPJ aux cendres volantes semble
donc présenter plus d'affinité pour les graves Les figures 4.7, 4.8 et 4.9 montrent les relations
siliceuses ou partiellement siliceuses. entre Rt et DVC pour chaque ciment et chaque grave.

RT Ibars 1 GRAVE CALCAIRE


20-t------~-~-~ -~-~ - - - - - - - --~ l-~-~-----~! Relation entre la résistance en
traction directe et le paramètre
Dve de la grave-ciment.
15+_ _ _ _ __

7--1· L
--1
10+-_ _ _ __
-- ~~. 0 ":

------j
1

!
1
1 Figure 4.7
h ' ~ 1 1

,/' ,//," 1

o
----/--/'r'--:L ----

0,05
/' /fy
0,1 0,2
----+
l
C,3·-------i':'Ü-:-V:::c~i

20
1
RT Ibarsl

lGRAVE SlliCO - CALCAIRE

,{--V ---r i

1,1------------- -~.. :j:~/_~


1

,//1/1 : :
10-1-----.1#--1 r--1 l ',~/ 1 1 1
Figure 4.8

+------/; 'T--
/4/
I~l
1 1

O~ ______________ ~ ____________ ~~ ______ ~~ ________ ~~~


1

D,OS 0,1 1 OVC,

RTlbarsl GRAVE SILICEUSE

Figure 4.9

lK ICPA 3251

LMG

lKl

l KC V

~----

50
- !~~!~~~~~_~~_!~_~~~~E~_~~_~~~~~~_~~_~~_~ZE~_~~ on obtient alors les valeurs de Rt indiquées au
l:;E~::~ tableau 4.6 suivant:

L'intérêt des formules Rt = f (DVC) est que l'on


peut simuler différentes conditions de réalisation, Tableau 4.6 - RT (0,95 'Id OPM, ë- 0,6)
en particulier les dispersions relatives aux varia-
tions de dosage et de compacité, tout en tenant
compte des particularités de chaque grave. CIMENT GRAVE C% OVC RI (bars)

On ne tient pas compte ici de l'influence de la Calcaire 2,6 0,087 2,7


teneur en eau et les simulations porteront seule- CPA Silico-c.lcaire 2,7 0,082 5,1
ment sur les ciments LK, LMG et LKL. Siliceuse 4,3 0,111 5,9

1ère simulation :
Calcaire 2,5 0,090 5,7
la grave est compactée à la densité yd OPM, 1
LMG S ilico-ca Icaire 2,9 0,094 5,1
Siliceuse 3,8 0,106 6,6
quel est le dosage en ciment à retenir pour
obtenir à 90 j, Rt = 10 bars (IQE = 28 cm pour
Calcaire 2,4 0,083 2,7
E ~ 250 000 bars) ?,
lKL Silico-calcaire 2,6 0,082 5,1
on utilise pour cela, les figures 4.7, 4.8, 4.9 Siliceuse 3,4 0,093 5,9
pour déterminer pour chaque grave et chaque ci-
ment la valeur du DVC correspondante, puis on
déduit la valeur du dosage en ciment de la rela-
La comparaison des tableaux 4.5 et 4.6 montre que
tion suivante :
('Id la grave calcaire qui nécessite un dosage plus fai-
(DVC) yC (yG ble pour obtenir Rt = 10 bars, est, par contre, plus
O,OIC%
(DVC) yC - 'Id sensible au sous-dosage en ciment et au sous-compac-
tage avec les ciments moulus finement CPA et LKL.
on obtient alors les dosages en ciment corres- Pour le reste, on retrouve sensiblement le même ni-
pondants à Rt = 10 bars indiqués au tableau veau de performance.
4.5. :

Tableau 4.5.
Si l'on considère que la limite basse de la qualité
d'une grave-ciment correspond à un IQE de 40_cm
CIMENT GRAVE C% ove (Rt ~ 6 bars), quel dosage moyen en ciment, C, re-
tiendra t'on sur chantier, la limite basse de la
Calcaire 3,2 0,135 densité étant, par ailleurs prise égale à 0,95
CPA Silico-calcaire 3,3 0,125 'Id OPM.
Siliceuse 4,9 0,153
Pour chaque couple ciment, grave, les figures 4.7,
4.8 et 4.9 donnent le DVC correspondant.
Calcaire 3,1 0,140
LMG Silico-calcail'1l 3,5 0,140
Siliceuse 4,4 0,148

Tableau 4.7.
Calcaire 3,0 0,132
LKL Silico-calcaire 3,2 0,127
CRT = 6b.
Siliceuse 4,0 0,132 CIMENT GRAVE OVC C%
0.95 III OPM
Calcaire 0,106 3,3% 3,9
on n'a retenu que les cas de figure pour les- CPA Silico-calcaire 0,088 2,9 % 3,5
quels le coefficient de corrélation est élevé Siliceuse 0,112 4,4% 5,0
(r = 0,99).
Calcaire 0,094 2,6% 3,2
Ce tableau met en évidence la faible compacité à
LMG Silico-calcaire 0,100 3,1% 3,7
l'OPM de la grave siliceuse et le surdosage qu'il
est nécessaire d'adopter pour obtenir des perfor- Siliceuse 0,100 3,5% 4,2
mances comparables à celles des deux autres graves.
Calcaire 0,102 3,0% 3,6

L~
Inversement, la grave calcaire ayant la plus forte
compacité à l'OPM nécessite moins de ciment. Silico-calcaire 0,089 2,9% 3,5
Siliceuse 0,094 3,5% 4,1
2ème simulation :
---------------
Si l'on retient les dosages en ciment définis au
tableau 4.5., que deviendraient les performances Les résultats du tableau 4.7 ne sont pas très diffé-
mécaniques des graves-ciment en tenant compte des rents de ceux du tableau 4.5.
dispersions courantes rencontrées sur chantier, à
savoir Il confirment les dosages élevés qu'il faudrait
adopter avec la grave siliceuse pour obtenir les mê-
C mini C moy - 0,6 % (C moy C tableau 4.5.) mes performances qu'avec les deux autres graves, ou
et mini = O,951~ OPM la correction granulométrique qu'il conviendrait de
réaliser de façon à améliorer le (DVC) à l'OPM.
la formule (1) permet de déterminer la valeur du
DVC correspondant à chaque cas, les figures 4. l, Ils mettent également en évidence la plus forte sen-
4.2 et 4.3, la valeur de Rt ; sibilité de la grave calcaire.

51
En effet, alors que si l'on retient Rt = la bars,
c'est ce matériau qui nécessite le moins de ciment, avec le CPA ............. 3,9 pour 3,2 %
si l'on procède au contraire sur la base d'une per-
formance mini, on aboutit à un dosage en ciment avec le LKL 3,6 pour 3,0 %
moyen supérieur à celui du tableau 4.5.

Tableau 4.8.

~IMENTS LKC LK LKL LMG LKCV


GRAVES~ 28 90 180 1 360 28 90 180 360 28 90 IBO 360 2B !
1
90 i '8O 360 28 90 180 360

Calcaire 7,4 5,7 5,1 3,9 9,5 8,1 6,7 6,7 7,0 6,B 6,3 6,1 8,6 6,1 5,8 5,4 9,2 9,5 11,8 8,4

Silico calcaire 6,4 5,2 4,7 4,1 8,8 7,7 7,9 ! -7,1 7,4 B,1 7,1 6,9 7,2 6,8 6,8 6,0 12,2 9,1 9,7 8,3

Siliceuse 8,3 8,8 6,7 7,1 13,7 11,4 10,8 10,0 10,6 Il,1 9,7 9,4 9,5 9,6 8,2 7,6 13,5 12,5 13,3 13,1

Calcaire +
6,9 5,5 4,9 4,0 9,2 7,9 7,3 6,9 7,2 7,5 6,7 6,5 7,9 6,5 6,3 5,7 10,7 9,3 10,8 8,4
Silico calcaire

Rt f l!Ui Jill. l i (CPA)


Tt Rt

- ~l
10 ! - - - - ~ 10 t-~~~~-----r
1

t--;r-k S
)(

--
8

6
1-_~ i--. -r-r~ 6t------+------+------+~-
sc --~ f;: ~!
-.- ~ ....
4 4t-----~----_r-----+~----~----~
T'
2

o 0
o 20 40 100 200 400 10 20 40 200 400
Age! jours' Age Ijoursl

C - 11,819 - 3,066 Logt r _ 0,995


r _ 0,997
C _ 13,367 _ 2,736 Log t r .0,97
SC- ~ 328 - ~059 Logt SC _ 10,715 _ f.t383 Log t r ,. 0,93
S- fO,71 _ 1,455 Logt r _ 0,70 S .' 18,266 _ 3,308 Log t r ,. 0,98

Figure 4. la - Evolution du rapport Rtf/Rt en fonction de l'âge du mortier ISO et de la grave-ciment.

t1111 --
)( __LIU. _ Rtf LMG
10

6 _____
Rt

-=L-1LC-+ _____:__
I-+-~r-- --r--~-1
-:1 --~1r="""~--.=-~ 10 Rt

4 -----t ----,----1-- - - - - 1----------------1

_.- ------ --- I--- -t-------t------------

0~10~--~~--~~~------~--------------5~OO~
50 100 500
Age 1joursl Age! jours!
C 8,308 _ 0,85 It r 0,96= C 12,374_2,87411 r .. 0,94
SC 8,542 - 0,569 It r œ 0,52 SC 8,673_0,961It rm 0,90
S 12,755 - 1,245 It r _ 0,73 S 12,484_,,83111 r .. O,88

Figure 4.11 - Evolution du rapport Rtf/Rt en fonction de l'âge du mortier ISO et de la grave-ciment.

52
4.2. - COMPARAISON ENTRE LA RESISTANCE EN TRACTION t Rl 190 joursl lK (CPA)
DIRECTE SUR GRAVE-CIMENT ET DE LA RESISTANCE
EN FLEXION (Rtf) SUR MORTIER ISO
2üf - --------I-----------r---T
Rt = 1,059 1Rtf. OCV) _ 2,822 l' (

On compare ici la résistance en traction-flexion


r=0,973 ! . //:
l/",
obtenue sur mortier ISO et la résistance en trac- 1 // '
tion sur grave-ciment pour la teneur en eau de 15----- ----------;.-.e.--/~
ressuage et pour différentes valeurs du dosage en
ciment et de la densité.
1 }r
Les différentes valeurs du rapport Rtf

pour chaque grave-ciment et pour les différents


âges, sont données au tableau (4.8). Elles sont
Rt
calculées

m- ---l- -_._-~ -~fY+----1


déduites des valeurs indiquées aux tableaux 2.2 et
4.1. t~· 1 1

D'une manière générale, le rapport Rtf suit une loi


Rt
linéaire en fonction du logarithme de l'âge du mor-
-l--------.- !.-J-/7.
/
1
1. Grave Calcaire 1

'// x + Grave silicocalcaire 1


tier ISO et de la grave-ciment (voir figure 4.10,
/ x Grave siliceuse
4.11 et 4.12).

lKCV OL-~r_._~+_~,-~.-~~-r_r_r-+~~~~__I---
° 10 15 20
[Rtf. Dvel
)(

x Figure 4.13 - Relation entre le produit Rtf.DVC

__
-+J
-1- 1 et la résistance en traction de la

l0r-L~~ 1--_
grave-ciment.

1 l '
-----l----I-l-t-;---+----+--,1---"__1
C 9,44+0,139 1
LKC graves sc et C
(Rtf.DVC) - 4,883 avec r
Rt = 0,919
0,98
r:O,05
toutes graves confondues Rt = 0,805
SC 16,435-3,29 Il r=O,90
(Rtf.DVC) - 2,81 avec r 0,87
S 1 ,536-0,213 r= 0,232
7
1
LNG toutes graves confondues Rt = 1,031
(Rtf.DVC) - 0,452 avec r 0,96
10

LKL toutes graves confondues Rt = 1,01


Figure 4.12 - Evolution du rapport Rtf/rt en fonc- (Rtf.DVC) - 2,056 avec r 0,98
tion de l'âge du mortier ISO et de
la grave-ciment. LKCV toutes graves confondues Rt = 0,886
(Rtf.DVC) - 2,93 avec r 0,92

Le rapport Rtf var~e d'une manière sensible sui- En général, on obtient des relations linéaires
Rt étroites entre Rt et (Rtf x DVC), le coefficient
vant le type de ciment et suivant la grave consi- de corrélation étant supérieur à 0,95 :
dérée et ses valeurs indiquées au tableau 4.8 ne
peuvent guère être utilisées à titre de prévision. Rt = A (Rtf x DVC) - B

On a constaté, par contre, que le produit Rtf x DVC Le paramètre A est très voisin de l'unité et le
et la résistance en traction Rt sur grave-ciment paramètre B varie entre 0 et 5 bars.
présentent des relations étroites qui, pour les
matériaux considérés, semblent généralement ne dé- A l'exclusion des ciments LKCV et LKC (binaire
pendre que de la nature du ciment considéré. clinker-calcaire) la nature de la grave ne semble
pas avoir d'influence. Ce type de relation n'est
La prise en considération du produit Rtf w DVC pré- pas pour surprendre puisqu'on a montré déjà qu'il
sente un intérêt quand il s'agit de prévoir sommai- existe une relation étroite entre la résistance en
rement les caractéristiques d'une grave-ciment (ou traction sur grave-ciment, Rt et le paramètre DVC
d'un ciment nouveau) comme le montrent les rela- de cette même grave. On ne fait, en plus, qu'intro-
tions et figures suivantes. duire ici un paramètre constant la résistance en
traction du mortier ISO, R + f. Il semblerait donc
c'est pour l'âge de 90 j que l'on peut effectuer possible d'estimer la résistance en traction flex-
le plus de comparaisons. La figure 4.13 montre les ion sur le mortier ISO confectionné avec un ciment
relations obtenues avec le CPA. donné et du paramètre DVC déduit de l'essai Proctor
Modifié par exemple.
Les relations obtenues avec les 3 graves et les
5 ciments sont les suivantes: Comme on considère, le plus souvent, la résistance en
traction-flexion obtenue à 28 jours, il est utile de
CPA toutes graves confondues Rt = 1,069 voir comment varie le produit Rtf x DVC en fonction
(Rtf.DVC) - 2,822 avec r 0,77 de l'âge.

53
On a étudié comment variaient les produits Rtf x DVC Le tableau 4.10. donne les valeurs d'IQE pour toutes
et Rt pour des âges compris entre 28 j et 360 j, et les formules (voir en annexe les diagrammes IQE tra-
pour pouvoir estimer plus rapidement Rt, on a fait cés pour chaque natures de graves en fonction du
l'analyse de la différence: type de ciments et pour chaque ciment selon le type
de graves pour toutes les teneurs en eau) .
Rtf x DVC - Rt
Dans le tableau 4.10 sont notés les variations de
Pour les trois principaux ciments LK, LKL 12 et l'IQE en fonction des teneurs en eau par rapport à
LKL 60 elle varie entre 3 bars et -1,5 bar (figu- la valeur obtenue à la teneur en eau de ressuage ;
re 4.14) . la dernière colonne donne les variations absolue
d'IQE obtenues entre les deux teneurs en eau exté-
Rtf.ove-Rt rieures (Wr = 1,5 %, les chutes de la qualité cor-
respondent a une augmentation de l'IQE et sont
notées en nombre négatif.

Ce dernier critère parait intéressant pour mieux


visualiser l'influence de la variation de teneur en
eau sur le comportement de la formule.

Il apparait que pour un ciment donné les variations


de qualité avec les variations d'eau diffèrent d'une
grave à l'autre.
-1 +-----+--+--+
Par exemple, avec le ciment LK, pour la grave sili-
ceuse, la variation absolue d'IQE est de -16 cm,
50 100
pour la grave silico-calcaire de -8 cm, et pour
Age (jours) 500
la grave calcaire -6 cm ; le classement obtenu dans
ce cas n'est d'ailleurs pas systématique, il varie
Figure 4.14 - Evolution de la différence en fonction du type de ciment, néanmoins c'est la
Rtf.DVC - Rt en fonction de l'âge. grave siliceuse qui présente les plus grands écarts
de qualité.

De telles relations peuvent expliquer, en partie, En première analyse, il semble donc que les carac-
téristiques des formules granulaires soient déter-
les dispersions rencontrées lors des études de
grave-cime.nt. minantes pour les variations de qualité.

Par exemple, à 28 pour un ciment CPA, CPAL .. 325, Les caractéristiques d'une formule granulaire sont
on a liées à sa compacité qui résulte des caractéristi-
ques géométriques des éléments constitutifs (dis-
70 Rtf 90 bars tribution en pourcentage des valeurs de la grosseur,
de l'épaisseur et de la longueur des grains) mais
en considérant la figure 4.14, une grave-ciment aussi à la nature minéralogique du matériau d'où
dosée à 3,5 h de ciment et dont le DVC serait de découlent :
0,120 pourrait voir sa résistance en traction varier
entre 7.6 et 8,0 bars suivant le ciment effective- l'état de surface des grains
ment utilisé.
- la nature chimique du matériau (accrochage phy-
sicochimique)
Âvec certains ciments à forte teneur en laitier
et à grosse mouture, la dispersion enregistrée sur
- la retention d'eau.
la valeur de Rtf est encore plus importante, ce
qui peut expliquer les dispersions de la résistance
Il est bien évidemment impossible de séparer tous
sur grave-ciment.
ces éléments et les comparaisons ne peuvent être
que globales.

En effet, la seule identité de granulométrie n'as-


4.3. - ETUDE DE LA SENSIBILITE DES CRAVES-CUlENT sure pas l'identité géométrique des formules et
donc l'identité en compacité.
VIS A VIS DES VARIATIONS DE TENEUR EN EAU
Les différences de compacité entre formules inter-
fèrerons donc avec les différences de nature miné-
Cette étude de la sensibilité des graves-ciment vis
ralogique sur les résultats globalement on consta-
à vis des variations de teneur en eau a été faite à
te que la grave siliceuse présentant les plus
partir des résultats de résistances à la traction
grands écarts d'IQE en fonction des teneurs en eau
directe (sur éprouvette 0 16, h 32 cm) avec déter-
possède d'une part une compacité plus faible que
mination du module d'élasticité correspondant.
les autres graves, d'autre part une surface de gra-
nulats relativement lisse et enfin la silice est
Les résultats précédents ont permis de tracé les
chimiquement inerte.
variations de qualité des différentes formules sur
un diagramme Indique - Qualité - Elastique (IQE). La grave calcaire présentant dans l'ensemble les
plus faibles écarts d'IQE possède
Les caractéristiques de fabrication sont conformes
à celles décrites en § 2 - 4. - la compacité la plus forte (tableau 2-5)

Les variations d'eau se sont effectuées autour de - une surface de grains rugueux
la teneur en eau de ressuage à raison de = 1,5 %
d'eau.
- n'est pas chimiquement neutre (formation possible
de liaisons de type épitaxiques).
Le tableau 4.9. fait état des valeurs expérimentées.

54
Tableau 4-9
Caractéristiques de compactage des graves-ciment
------_.------- -- - -- - - - - - - - - - --------- - -- -- .. --- -- -- -----------~

CIMENT 3,5% LK 3,5% LMG 3,5% LKCV 7% LKC

Clrlcteristiques des fabriquations w% ~d 'vi % ~d 'vi "la /1' d '-11% /l'd

4,5 2,25 4,5 2,24 4,5 2,27 4,5 2,27


--- -- ----~
t----
Siliceuse 6 2,25 6 2,24 (, 2,27 6 2,27
- - - t------ -

7,5 2,25 7,5 2,24 7,5 2,27 7,5 2,27

3,5 2,23 3,5 2,23 3,5 2 ,25 3,5 2,25

Grayes Silico - calcaire 5 2,23 5 2,23 5 2,25 5 2,25


--
6,5 2,23 b,5 2,23 6,5 2,25 6,5 2,25

3,5 2,32 3,5 2,31 3,5 2,32 3,5 2,34

Calcaire 5 2 , 32 5 2,31 5 2,32 5 2,34

6,5 2,32 b,5 2,31 6,5 2,32 b,5 2,34


Tableau 4-10
Valeur de l'indice q~Rlit~

Nature Nature lUE lUE lUE Variation relative d' lUE Variation
(par rapport à Wr) : absolue d 'lUE
de la du Wr-l,5% Wr Wr+l,5% obtenu. entre
AVEC MANQUE AVEC EXCES l'ex càs et le
Grave Ciment cm cm cm D'EAU D'EAU manque d'eau
cm cm

LI< 41. 37 46 -7 -9 -16 x

LMG 43 24 27 -19 -3 -22


Siliceuse
LKCV 50 30 28 Supérieur à 20 +2 -lB

LI<C 50 26 36 Supérieur à 22 -6 -30

LK 22 22 30 0 -6 -6

Silico - LMG 23 21 x 22 -2 -1 -3
calcaire
LKC V 25 24 23 -1 +1 ox
LKC 26 23 26 -3 -3 -6

LI< 20 19 x 24 -1 -5 -6

LMG 22 20 24 -2 -4 -6
Calcaire
LKCV 22 26 26 +4 0 +4x

LKC 24 21 26 -3 -5 -8

55
Pour ce qui est de l'influence de la nature du ci- Série A formule grave silico-calcaire 100 %
ment sur la sensibilité.aux variations d'eau il ciment LK (CPA) 3,5 %
semble donc q'~' il faille l'examiner par type de retardateur de prise p I,S %
formule en s'a ttachant aux varia tions extrêmes
d'rQE en fonction des variations extrêmes d'eau.
dens i té au compac tage yd ~ VdOPM ~ 2,26
Pour la formule grave siliceuse le LK donne les teneur en eau H HOPM - 1 : 3,5 %
moins grands écarts de qualité (variation absolue Le compactage a été réalisé immédiatement après la
d'IQE -16 cm) le LKCV étant proche (-18 cm). confection du mélange.

Pour les formules grave calcaire et grave silico-


Série B : formule : grave silico-calcaire 100 %
calcaire, c'est le LKCV qui parait donner les moins
ciment LMG 3,5 %
grandes sensibilité à l'eau (voir tableau IQE). 2,26
'Id ~rdOPM
H ~ HOPM - 1 3,5 %
~

En définitive, dans le cadre de cette étude les


Compactage immédiat
paramètres ont tous agit dans le même sens pour
aboutir à la conclusion que les granulats calcai-
Série C : formule : grave silico-calcaire 100 %
res donnaient des résultats plus favorables que ciment LMG 3,5 %
les granulats siliceux.
'Id ~ FdOPM 2,26
\01 ~ IVOPM + 1 5,5 %
~

Ce résultat confirme ce qui est généralement admis compactage immédiat


il n'est cependant pas à généraliser de façon sys-
tématique ; en effet, certaines études ont montré
Série D : formule : grave silico-calcaire 100 %
que des graves siliceuses formulées de telle sorte
ciment LMG 3,5 %
que la compacité soit plus élevée donnaient des 0,95 FdOPM ~ 2,15
rd
résultats meilleurs que ceux présentement obtenus. \01 ~ IVOPM - 1 3,5 %
~

A l'inverse certains calcaires ont donné lieu à des compactage immédiat


performances moins bonnes.
Série E : formule : grave silico-calcaire 100 %
Ceci démontre la difficulté de bien cerner le pa- ciment LMG 3,5 %
ramètre "nature minéralogique" qui en fait est un rd ~ FdOPM 2,26
paramètre composé dont l'influence interfère par \01 ~ IVOPM + 1 ~ 5,5 %
ailleurs avec d'autres paramètres notamment la ~~~E~~E~g~_~~ff~~~_~~_l~_~
compacité.

4.4. - COMPORTEMENT DES GRAVES-CIMENT A LA FATIGUE

Essais statiques par flexion


L'étude qui suit ne faisait pas partie du programme
de recherche qui est l'objet de ce rapport. Cepen- Tableau 4. II
dant, il nous a paru utile de retranscrire ici l'es-
sentiel du rapport de M. BIVERT, Ingénieur au Labo- ATF E "lO-3
ratoire Régional de LILLE concernant l'étude du SERIE
( ba rs J ( bars J
comportement à la fatigue des graves-ciment. Cette
étude ayant été réalisée avec les matériaux dé-
crits dans le présent rapport (7). Shi. A 25,9 332

Les essais de fatigue ont été réalisés en flexion S~ri. B 23,3 305
alternée sur éprouvettes trapézoidales encastrées,
à partir d'un dispositif analogue à celui présen-
S~ri. C 23,1 305
té aux journées de Nantes par N'GUYEN DAC CHI (5).
Le programme d'essai comprenait 5 séries pour les-
quelles variaient : S~rie D 20,4 243

- la nature du ciment (LK et LMG SAri. E 25,9 316

- l'introduction ou non d'un retardateur de prise


Les essais de traction directe n'ayant pas toujours
- la densité et la teneur en eau de compactage ; été réalisés dans les mêmes conditions (teneur en
eau, densité, âge), il est hasardeux de vouloir éta-
- le délai de compactage. blir des comparaisons entre Rt et Rtf.

La grave utilisée était la grave silico-calcaire La formule comportant le ciment LK (CPA) - série A -
(cf.2.1.) . donne à 90 j une résistance en traction, flexion
plus élevée que celles comportant le ciment LMG.
La confection des éprouvettes a été réalisée en Les différences sont cependant faibles et se situent
considérant les valeurs suivantes : bien d'une manière relative par rapport aux valeurs
de la résistance en traction indiquées au tableau
yd OPM 2,26 4.1.

H OPM 4,5 % Les séries B et C montrent le peu d'influence de la


variation de la teneur en eau dans l'intervalle d' 1
valeurs sensiblement différentes de celles données point en dessus et en dessous de la teneur en eau
au tableau 2.4. optimale.

56
Pour une teneur en eau égale à \,rOPI1 - 1, une densi té Dans tous les cas, le module dynamique est supérieur
plus faible fait chuter la résistance de 23,3 bars au module de déformation mesuré en statique. Les
pour 'Id OPM à 20,4 pour 0,95 dOPM. écarts varient entre 7 et 18 %.

Le compactage différé - série E - semble se tra- La limite d'endurance à 1 million de cycles, est
duire par une amélioration de la résistance à la §ï~~§~~-Lï~~d~~-d~-ëïassement correspond sensible-
traction-flexion. Cette conclusion peut surprendre. ment à celui des résistances à la flexion statique.

Elle présente, cependant, une certaine cohérence Compte tenu des dispersions, pn peut distinguer 3
avec les résultats des essais de traction réalisés niveaux de performances :
après compactage différé et mentionnés au tableau
3.3. a) le CPA (série A) et le LMG avec compactage dif-
féré (série E) avec 6 voisin de 15 bars °10
Essais dynamiques
b) le LHG avec compactage à la densité OPH et à une
On considère pour les matériaux traités aux liants teneur en eau églae à 3,5 % ou 5,5 % conduisant
hydrauliques que les courbes de fatigue sont liné- à °106 proche de 13 bars
aires et de la forme
c) le LMG avec compactage à 35 % de 'Id OPH se situe
ON a log N + b nettement plus bas avec °106 voisin de 9 bars.
ou
oN a (bar)
a' log N + b'

°0
ON étant la contrainte qu'il faut appliquer pour 00 ~
obtenir la rupture après N applications de la char- ',2
= ~'~
....'..:::-::. ~ ~
... C' ... ::-::::..
ge. ~ 20
...................... .......~
'-., f::~ ~

=
.!:!
étant la contrainte de rupture par flexion au ::::........ ~,
00

premier chargement. Les valeurs indiquées pour


.
u
"-., ~~-
~..... t::- A
..........
~
au tableau 4.12 sont déduites des essais de fa- ........
"
... 10
tigue et extrapolées pour N = 1. On peut les com-
parer aux valeurs de Rtf du tableau 4.5. Il en dé- .,
"
0

coule que l'approche linéaire de la courbe de fa-


tigue est satisfaisante.
.,

CI
U
o
1 10 10' 10 3 104 10' 10 6 1Q1 N
Tableau 4.12
Nombre d'application de 1. charge

a. E dyn ><10
3
a 10- 6 6
a 10 s( log N1 lUE
SERIE
bars bars
-a.
- pour al0
6 Figure 4. IS - Courbes de fatigue des graves-ci-
cm ment.
(J.

Série A 26,9 387 14,5 0,53 0,82 22


Courbes de fatIgue des graves-ciment.
Série B 24,2 327 13,2 0,55 0,66 24
~':'."-_:!:~l':'.!:'E"-_~~_E~EE':?E~ (~J~06
sont très groupées
S~rie C 23,9 343 12,5 0,53 0,82 24 pour l'ensemble des séries moulées à la densité
maximale (0,53 <: U;J~"<O,55)
S~rie D 20,7 285 8,8 0,43 0,73 32
Par contre, la série moulée à 95 % de la densité
OPH se distingue nettement avec une valeur de
S_rie E 27,3 373 14,8 0,54 ',0 22 !J 10
6
très faible égale à 0,43.
(Jo

~~!~~i~~_Ç!:'~l!~~_~l~,,-~ig!:,':'. de toutes les ser~es


moulées à la densité maximale est compris entre
22 et 24 cm. Par contre, lorsque le compactage est
Les modules de déformation dynamique, E dyn, sont
de 95 % de la densité OPM, cette valeur s'élève à
ë;~p~i~-d~~~-~~~-f;~;ëh~tte assez étroite (300 000
32 cm.
à 340 000 bars) pour le ciment LMG sauf pour la
formule D moulée à 95 % de yd OPM.
La ~!"-E':'.E,,-i':?g des essais de fatigue est relativement
faible autour de N = 10 6 cycles. Si l'on considère
On note une rigidité légèrement plus élevée pour la
le rapport %. l'écart-type de la distribution de
formule comportant du ciment CPA (série A).
log N ne dépasse pas 1.

57
CHAPITRE

CONCLUSIONS

Les études à caractère systématique qui ont été diminution de sa compacité, et d'autre part à la
développées en collaboration entre le CERILH et les destruction des premiers hydrates.
trois Laboratoires Régionaux des Ponts et Chaussées
avaient pour objectif d'apporter des connaissances L'étude qui est décrite dans ce rapport avait pour
de caractère général ou fondamental en ce qui con- but d'améliorer les connaissances sur le développe-
cerne certaines propriété physiques des graves- ment de la prise des ciments dans le cas particu-
ciment : lier de la grave-ciment, milieu bien différent de
celui du mortier ISO ou du béton.
- le délai de maniabilité, sa signification et la
recherche de moyens pour l'appréhender; L'auscultation dynamique des éprouvettes de grave-
ciment aux très jeunes âges a très vite retenu l'at-
la recherche de relations entre différents ci- tention, car il s'agit d'un procédé non destructif
ments caractérisés par leurs performances sur qui donne une image de la rigidification progressive
mortiers ISO et les performances mécaniques des de la grave-ciment du fait du développement de la
graves-ciment prises maintenant en compte, c'est- prise et du durcissement.
à-dire la résistance en traction directe et le
module de déformation ; On a pu définir un seuil d'augmentation de la vi-
tesse du son correspondant à un délai de mania-
- l'influence de la variabilité de la teneur en eau bilité relié à un affaiblissement limité des per-
vis à vis de plusieurs types de ciments. formances mécaniques à 3 mois de la grave-ciment.

L'étude du délai de maniabilité a été longue et par- Le délai de maniabilité correspondant à une aug-
fois contradictoire. Il nous paraît utile de faire mentation de 60 % de la vitesse du son mesurée à
à ce sujet un bilan rétrospectif. La grave-ciment 1 heure conduit à une augmentation de l'Indice
"initiale", c'est-à-dire, pratiquement avant 1972, Qualité Elastique de 5 %..
était caractérisée entr'autres,du fait de l'utili-
sation de ciments Portland à prise rapide, par une Parallèlement, l'adaptation des méthodes calorimé-
maniabilité médiocre lors de la mise en oeuvre et du triques au cas des graves-ciment ainsi que les ob-
compactage·. C'est-à-dire, qu'il était difficile, pas- servations au Microscope Electronique à balayage de
sé un délai normal d'exécution de quelques heures, fragments de grave-ciment en cours de prise ont per-
d'obtenir au compactage des densités voisines de la mi de mieux connaître la cinétique de l'hydratation
densité de référence Proctor Modifié. Cette perte ainsi que la nature des hydrates qui se forment et
progressive de maniabilité provenait du développe- leur comportement vis à vis de certains granulats
ment des hydrates et de leur cristallisation. Con- et des fines calcaires en particulier. C'est ainsi
naissant les relations résistance-densité, on qu'avec des granulats siliceux,les hydrates les plus
s'était donc attaché dans un premier temps à défi- courants ( silicates de calcium hydratés CSH et et-
nir le délai de maniabilité, tel que la chute de tringite)apparaissent sous leur forme habituelle.
densité ne puisse être supérieure à 2 % dans les Par contre, dans le cas des granulats calcaires les
conditions optimales. CSH sont partiellement carbonatés et deviennent
plus compacts avec la formation de microcristaux de
Dans ces conditions, l'affaiblissement de la résis- calcite. Il en découle parfois des difficultés d'in-
tance de la grave-ciment est due, d'une part à la terprétation des clichés obtenus au ~lliB.

58
Avec les ciments à base de clinker, la cohésion de la Pour la teneur en eau optimale, il semble possible
grave-ciment provient presque essentiellement du déve de relier la résistance à un paramètre sans dimen-
loppement des cristaux de CSH. Or, ce sont les grains sion tenant compte du dosage en ciment et de la
de ciment les plus fins qui, d'une part s'hydratent compacité de la grave-ciment, le Dosage volumétrique
le plus vite et qui, d'autre part développent une sur ~ ciment (DVC) exprimé de la manière suivante :
face de produits hydratés importante. Les grains plas
Volume absolu du ciment anhydre
gros s'hydratent plus lentement mais développent aus- DVC
Volume des vides laissés par la grave sèche
si une surface de produits hydratés moins grande. Bri
ser les premières liaisons produites par les CSH équi On obtient des relations de la forme
vaut donc à affaiblir les caractéristiques mécaniques
Rt = A + B log (DVC)
de la grave-ciment. Différer cette apparition à l'ai-
de de retardateurs de prise correspond à augmenter le La prise en compte du paramètre DVC permet de compa-
délai de maniabilité. Depuis quelques années, les ci- rer plusieurs graves-ciment entr'elles. En particu-
ments portlands utilisés dans les chantiers de grave- lier celles pour lesquelles on utilise le même ci-
ciment sont d'ailleurs toujours retardés. ment. Il apparaît alors que les performances obte-
nues sont en relation avec les valeurs respectives
Dans le cas des ciments à forte teneur en laitier et
du DVC de chaque grave.
à grosse mouture, on retrouve les mêmes hydrates, CSH
et ettringite principalement, mais dans des propor-
Sauf affinité particulière, dans un sens ou dans
tions différentes. L'ettringite qui se présente sous
l'autre, de tel granulat pour tel ciment, il appa-
forme de bâtonnets est particulièrement abondante et
raît qu'il est possible d'estimer la résistance en
c'est elle qui serait responsable de la cohésion aux
traction Rt d'une grave-ciment à un âge donné à par-
jeunes âges de la grave-ciment, les CSH n'apparais-
tir du DVC correspondant par exemple à la densité
sant que plus tard. Il semblerait que la rupture des
spche obtenue à l'essai PROCTOR MODIFIE et de la
cristaux d'ettringite soit moins préjudiciable aux
résistance en traction flexion Rtf obtenue au même
résistances à long terme que celle des CSH.
âge sur mortier ISO.
Cette différence de nature de la cohésion au jeune
âge (qui est due aux CSH pour les CPA, à l'ettringite
A partir des essais réalisés sur grave-ciment et
pour les LHG) peut expliquer que la concordance entre
sur mortier ISO, on note que la différence
le délai de maniabilité et la cinétique de l'hydrata-
tion, assez bonne pour les CPA, retardés ou non, de- Rtf.DVC - Rt
vienne discutable pour les LHG (du fait de la lenteur
est généralement faible (- 1 à 2,5 bars). Le pro-
de cette cinétique).
duit Rtf.DVC permet donc d'estimer les performances
Dans tous les cas, on a pu constater l'efficacité des
probables d'une grave-ciment, soit pour un ciment
retardateurs de prise sur le délai de maniabilité,
donné dont on connait les résistances sur mortier
les deux types de liant conduisant à des délais de ma
ISO, soit pour une grave nouvelle dont on ne connait
niabilité comparables avec un comportement mécanique
que la densité P.M.
à long terme comparable. Il va de soi que le dosage
en produit retardateur sera fonction de la nature du L'étude de la fatigue qui a été entreprise en marge
liant et des conditions de chantier (température, na- de cette recherche montre que le comportement des
ture du granulat et type de chantier essentiellement) graves-ciment aux sollicitations répétées est rela-
Du point de vue méthodologique, l'auscultation dy- tivement peu dispersé. En particulier, les ciments
namique est apparue délicate du fait de la forte- CPA et LHG ont le même comportement. D'une manière
perturbation du signal avant prise. Cette méthode générale on trouve que le rapport de la contrainte à
avec le matériel manuel nécessite une grande expé- la rupture à 1 million de changements, 010 6 , et la
rience. L'apparition de nouveaux matériels. tel résistance au premier chargement, 00, est très lé-
l'appareil automatique mis au point au CECP de Rouer gèrement supérieur à 0,5 dans les conditions opti-
devrait permettre de lever ce défaut. Des essais en males (,d OPH)
(0,53 < olOC < 0,55).
cours à la date de fin de rédaction de ce rapport 00
sont en ce sens prometteurs.
Par contre, il semble que le sous compactage soit
Les méthodes calorimétriques et tout particulière- préjudiciable aux sollicitations rejetées
ment l'utilisation plus adéquate du calorimètre :l10 6
( 00 = 0,43 pour rd = 0,95 yd OPM).
adiabatique apparaissent comme particulièrement
bien adaptées à la détermination du délai de ma-
Du point de vue de ses caractéristiques, la grave-
niabilité. La prise en compte des flux de chaleur
ciment apparaît COmme un matériau mieux connu, et
d'hydratation proposée par le CERILH et plus préci-
en guise de conclusion on peut à nouveau confirmer
sément du minimum du flux donne un moyen de fixer
qu'il est techniquement possible d'obtenir mainte-
moins empiriquement le délai de maniabilité.
nant un matériau présentant un délai de maniabilité
suffisant vis à vis des conditions de réalisation
L'étude des performances mécaniques des graves-ci sur chantier. Il est possible de déterminer d'une
ment montre tou t d'abord que la teneur en eau op- manière objective la valeur du délai de maniabilité
timale du point de vue des résistances mécaniques
est proche de la teneur en eau correspondant au
avec une précision correspondant ala pratique des
travaux, étant entendu que la grave compactée dans
maximum de densité de la courbe PROCTOR MODIFIE, la limite du délai de maniabilité doit conserver
lorsqu'il n'y pas ressuage ou dans le cas contrai- presque intégralement le pouvoir de cohésion apporté
re, à la teneur en eau de ressuage. par le ciment en faible dosage.

59
BIBLIOGRAPHIE

1 - SETRA-LCPC, Directive pour la réalisation 7 - BIVERT B., ALLO Y., Fatigue des matériaux
des assises de chaussées en graves-ciment, traités aux liants hydrauliques, Rapport
1969. du Laboratoire régional de Lille, nov. 1977.

2 - SETRA-LCPC, Complément à la Directive 8 - GAUTIER E., Deux nouveaux calorimètres


pour la réalisation des assises de chaus- adiabatique et à conduction pour le con-
sées en graves-ciment, octobre 1975. trôle de l'échauffement des bétons et de
l'hydratation des ciments, Communication
3 - Processus d'essais des LPC sur l'essai aux Journées de Calorimétrie et d'Analyse
Proctor modifip. sur graves-drainantes. Thermique de l'AFCAT, Besançon, 13-14 mai
1976.
4 - Processus d'essais des LPC sur la déter-
mination du délai de maniabilité des 9 - REGOURD H., HORNAIN H., Apolications de
graves-ciment. la microscopie électronique à balayage,
Revue des Matériaux de construction,
5 - N'GUYEN DAC CHI, Nouvelles méthodes d'é- nO 693, mars-avril 1975.
tudes en laboratoire des propriétés méca-
niques des matériaux d'assises traitées 10- REGOURD M., HORNAIN H., MORTUREUX B.,
aux liants hydrauliques, Journées d'in- Microstructure des ciments de laitier,
formation : Assises traitées aux liants Revue des Matériaux de Construction,
hydrauliques, mai 1974. mars-avril 1976, nO 699.

6 - PAUTE J.L., Maniabilité des graves-ciment.


Auscultation dynamique des éprouvettes de
graves-ciment, Bulletin de liaison des
Laboratoires des Ponts et Chaussées nO 77,
mai-juin 1975.

60
ABSTRACT

GRAVEL-CEMENT MIXES : GENERAL PROPERTIES OF GRAVEL-CE~.ENT ~.IXES

INCORPORATING SPECIAL CEMENTS AND RETARDING AD~IXTURES

The main purpose of the research described in this report was to gain a more
thorough knowledge of certain general characteristicsof gravel-cement mixes

- The setting process and the develoQment of a method of defining the period
of workability,
- The influence of the incorporation of retarding admixtures on the period of
workability and on the strength of gravel-cement mixes thus treated.
- The characteristics of gravels treated by special cements.

An attempt was also made to find out if relationshios exist between the strength
of gravel-cement mixes and that of ISO mortar.

Since the setting and hardening of a cement constitute in reality a continuous


phenomenon, the definition of the period of workability is bound to be arbitrary.
This criterion was therefore defined as the period during which a gravel-cement
mix can be placed without any aonreciable deterioration in its mechanical charac-
teristics. Three procedures were employed : dynamic non-destructive testing,
calorimetry, and microstructural examination of spI inters of gravel-cement mixes
a few hours old under the scanning electron microscope.

The use of retarding admixtures seems to be effective in increasing the oeriod


of workability of gravel-cement mixes.

From the point of view of hydration, it appears that a distinction can be made
between finely ground cements (standardized or not) and coarsely ground cements.

From the point of view of mechanical performance characteristics, it is observed


that the optimal water content practically coincides with the bleed water content
deterrnined by the modified Proctor compaction test. Where this water content is
concerned, it was also possible to link mechanical performance with a non-dimen-
sional pararneter, the VOlumetric Proportion of Cement (VPC) which integrates the
proportion of cernent with the compactness of the gravel-cernent rnix. A fatigue
study showed that the behaviour of the gravel-cement mix is relatively undisper-
sed. The endurance lirnit at one million loadings is slightly more than half the
static strength.

61
ZUSAMMENFASSUNG

DIE KIESSAND-ZE~ENT-GEMISCHE

ALLGEMEINE EIGENSCHAFTEN DER r~.IT SONDERZEMENTEN VERFESTIGTEN UND

MIT ABBINDEVERZOGERERN BEHANDELTEN KIESSAND-ZE~ENT-GEMISCHE

Die in diesem Forschungsbericht vorgestellte Untersuchung sollte eine bessere


Kenntnis gewisser allgemeiner Eigenschaften der Kiessand-Zement-Gemische erlauben

- Ablauf des Abbindungsprozesses und Entwicklung einer Methode für die Bestimmung
der Verarbeitbarkeitsfrist ;
- Einfluss der Zugabe von Abbindeverzogern auf die Verarbeitbarkeitsfrist und auf
die Festigkeit derart aufbereiteter Kiessand-Zement-Gemische ;
- Eigenschaften der mit Sonderzementen verfestigten Kiessand-Zement-Gemische.

Es sollte dazu noch festgestellt werden, ob Beziehunaen zwischen der Festigkeit


von Kiessand-Zement-Gemischen und der von Zementmorteln nach ISO bestehen.

Da Abbindung und Aushartung eines Zementes in der Tat eine kontinuierliche


Erscheinung darstellen, so kann die Definition der Verarbeitbarkeitsfrist nur
willkürlich sein. Es wurde daher beschlossen, diesem Bewertungsmerkmal die Frist
zu Grunde zu legen, wahrend der ein Kiessand-Zement-Gemisch ohne fühlbare
Veranderung seiner mechanischen Eigenschaften noch einbaufahig ist. Drei Methoden
wurden getestet : zerstorungsfreie Prüfunq ; Kalorimetrie und mikrostrukturelle
Untersuchung von einigen Stunden alten Kiessand-Zement-Gemischabsplitterungen
unter einem RasterelektronenmikroskoD.

Die Zugabe von Abbindeverzogerern scheint die Verarbeitbarkeitsfrist der Kiessand-


Zement-Gemische wirksam zu verlangern.

Was die Hydratation anbetrifft, so ist zwischen fein zermahlenen Zementen


(Standardzement oder nicht) und arob zermahlenen zu unterscheiden.

Bezüglich der mechanischen Eigenschaften konnen folgende Feststellungen gemacht


werden : der optimale Wassergehalt entscricht oraktisch dem durch den verbesserten
Proctorversuch definierten Schwitzwassergehalt. Für diesen l<'7assergehalt konnten
dazu noch die mechanischen Eigenschaften auf einen dimensionslosen Parameter -
die Zementvolumendosierung - bezogen werden. Dieser Parameter berücksichtigt den
Zementanteil und die Lagerungsdichte des Kiessand-Zement-Gemisches. Die angestellten
Ermüdungsuntersuchungen zeigen ein ziemlich konstantes Verhalten der Kiessand-
Zement-Gemische. Die Dauerfestigkeit bei einer ~1illion Last aufbringungen liegt
etwas über 50% der statischen Festigkeit.

62
RESUMEN

LAS GRAVAS-CEMENTO. PROPIEDIIDES GENERALES DE LAS GRAVAS-CEf.'1.ENTO

TRATADAS CON CEMENTOS ESPECIALES y RETARDADORES DE FRAGUADO

El estudio presentado en este informe de investigaci6n ten!a por objetivo princi-


pal ahondar el conocimiento de a19unas caracteristicas generales de las gravas-
cemento :

- el desarrollo deI fraguado y la cuesta a punto de un método con el que se Dueda


de finir el plazo de manejabilidad,
- la influencia de la incorporaciôn de retardadores de fraguado en el plazo de
manejabilidad y en la reslstencia de las gravas-cemento asi coadyuvadas,
- las caracter!sticas de las gravas tratadas con cementos especiales.

Tambien se proDonla examinar si existen relaciones entre la resistencia en gravas-


cemento y el mortero ISO.

Al constituir el fraguado y el endurecimiento de un cemento en realidad un fenô-


meno continuo, se pone de manifiesto que la definiciôn deI plazo de manejabilidad
tan solo puede ser arbi trario. A.sî, pues, se intenta definir ese cri terio como
si fuese el tiempo durante el cual se Duede aolicar una qrava-cemento sin alterar
sensiblemente sus caracterlsticas mecanicas. Se experime~taron tres procedimien-
tos : la auscultacion dinamica, la calorimetria y el estudio microesiructural
con observaciones de fragmentos de gravas-cemento de algunas horas de edad en el
microscopio electronico de barrido.

El empleo de retardadores de fraquado oarece un procedimiento eficaz para aumentar


el plazo de manejabilidad de las gravas-cemento.

Parece que se pueden distinguir, desde el ounto de vista de la hidrataciôn, los


cementos finamente molidos (normalizados 0 no) cor un lado, y los cementos bas-
tamente molidos, por otro lado.

Desde el punto de vista deI rendimiento mecanico, se comorueba que el contenido


optimo de agua coincide prâcticamente con el contenido de agua de exudaciôn defi-
nido en el ensayo Proctor modificado. También se pudo, Dara el contenido de agua,
vincular el rendimiento mecanico a un oarametro sin dimensiôn, la dosificacion
volumétrica de cemento (DVC) , parâmetro que integra la dosificacion de cementa y
la compacidad de la grava-cemento. El estudio de fatiga dumuestra que la grava-
cemento presenta un comportamiento relativamente DOCO disperso. El limite de
fatiga a un millon de carga es ligeramente sUDerior a la mitad de la resistencia
estâtica. .

63
Pe3~Me

me6eHHCTo/rpaBHHHo/-rreCqaH~e CMeCH, YKpKrrnëHH~e ~eMeHTOM /mrrcu/.


OEmHe CBOHCTBa TaKHX CMeCeH rrpH HCrrOnb30BaHHH Crre~HanbH~X ~eMeHTOB H 3aMe-
~nHTeneH CXBaT~BaHHR.

OCHOBHaR 3a~aqa HCCne~OBaHHR, OrrHCaHHOrO B 3TOM OTqeTe, 3aKnmqanaCb B yrny6neHHH


3HaHHH OTHOCHTenbHO HeKOTOp~X OGmHX XapaKTepHCTHK mrrcu
HCCne~OBaH rrpo~ecc CXaT~BaHHR H pa3pa6oTaH MeTO~ orrpe~eneHHR CpOKa y~o60YKna~~­
BaeMOCTH,
HCCne~OBaHO BnHRHHR ~06aBKH 3aMe~nHTeneH CXBaT~BaHHR Ha CpOK y~o60YKn~~BaeMOC­
TH H Ha rrpOqHOCTb rronyqeHH~X TaKHM 06pa30M MaTepHanOB,
Hccne~OBaH~ xapaKTepHCTHKH mrrcu co crre~HanbH~MH ~eMeHTaMH.

rrpe~YCMaTpHBanOCb TaK*e rrpOBepHTb CymecTByeT nH CBR3b Me*~y rrpOqHOCTblO mrrcu H


pacTBopa ISO.
DocKonbKY H 3aTBep~eBaHHe ~eMeHTa rro CyTH ~ena Herrpep~BHo CBR3aHH~e
CXBaT~BaHHe
rrpo~ecc~,rrpe~eneHHecpoKa y~o60YKna~~BaeMOCTH Mo*eT 6~Tb TonbKO rrpOH3BonbH~M.B
CBR3H C 3THM TaKoH CpOK orrpe~enRncR KaK rrepHo~ BpeMeHH, B TeqeHHe KOToporo mrrcu
Mo*eT 6~Tb yno*eHa 6e3 cymecTBeHHoro CHH*eHHR rrpOqHOCTH~X xapaKTepHcTHK.E~nH HC-
rr~TaH~ TpH MeTo~a orrpe~eneHHR cpoKa y~o60YKna~~BaeMocTH : rrpo3ByqHBaHHe, KanopH-
MeTpHH H MHKPOCTPYKWPHoe Hccne~oBaHHe rro~ cKaHHpyWmHM 3neKTpoHH~M MHKpocKorroM CKO-
nOB mrrcu B B03pacTe HeCKonbKHX qaCOB.

~o6aBKa 3aM8~nHTeneH CXBaT~BaHHR rr03BonReT 3~~eKTHBHO YBenHqHTb CpOK y~o60YKna­


~~BaeMocTH mrrcu.
B OTHoweHHH rrpo~ecca rH~paTa~HH, ~eMeHT~ TOHKoro rrOMona /CTaH~apTH~e HnH HeT/
OTnHqamTCR OT ~eMeHTOB KpyrrHoro rrOMona.
C TOqKH 3peHHR rrpOqHOCTH~X
xapaKTepHCTHK OTMeqeHO, qTO orrTHManbHaR Bna*HOCTb rrpaK-
THqeCKH COBrra~aeTC Bna*HOCTbm B~rrOTeBaHHR, orrpe~enHeMOH rrpH MO~H~H~HpOBaHHOM HC-
rr~TaHHH rro rrpOKTopy.ilpH 3TOH *e Bna*HOCTb rrpOqHOCTH~e xapaKTepHCTHK~ 3aBHCRT OT
O~Horo 6e3MepHoro rrapaMeTpa : 06bë-MHOrO co~ep*aHHH ~eMeHTa; 3TOT rrapaMeTp RBnR-
eTCR o606mammHM ~nR co~ep*aHHR ~eMeHTa H rrnOTHOCTH milMU.YcTanocTH~e Hcrr~TaHHH
rrOKa3anH, qTO milCu ~aIOT OTHOCHTenbHO He6onbWOH pa36poc pe3ynbTaTOB.YcTanocTaHaH
rrpOqHOCTb rrocne O~Horo MHnnHOHa Harpy*eHHH HeMHoro 60nbwe rronOBHH~ BpeMeHHoro
corrpOTHBneHHR.

64
RAPPORTS DE RECHERCHE
DES LABORATOIRES DES PONTS ET CHAUSSÉES

publiés par le LCPC

Recherche sur l'évolution des propriétés des matériaux 20 Machines foreuses pour tunnels et galeries - Techniques
alluvionnaires dans un bassin et mise en évidence de et bases théoriques de l'abattage mécanique des roches,
quelques caractéristiques générales, L. Primel (1969) - D. Fourmaintraux (1972) - AR 09: Mécanique des
AR 04: Reconnaissance des tracés et sites. roches et ouvrages souterrains.

2 Application de la spectrométrie infrarouge à l'étude des 21 Influence des gradients de pression interstitielle sur les
argiles et ciments hydratés, A. Baron (1969( - AR 63: résultats de l'essai triaxial, H. Josseaume (1972) -
Méthodes chimiques et physico-physiques. AR 06: Ouvrages en terre.

3 Compacité et maniabilité des bétons hydrauliques, 22 Mesure des pressions derrière et sous un mur de soutè-
J. Baron et R. Lesage (1969) - AR 31 : Bétons et liants nement, J.-P. Levillain (1973) - AR 06: Ouvrages en
hydrauliques. terre.

4 La résistance à la traction des roches, C. Tourenq et 23 Etude sur la perméabilité des sols fins mesurée en
A. Den is (1970), (épu isé) - AR 09: Mécanique des laboratoire, S. Amar et H. Dupuy (1973) - AR 05 :
roches et ouvrages souterrains. Fondations des ouvrages.

5 Mesure des teneurs en eau des sols par les méthodes 24 Compactage des terrassements-- Efficacité en profondeur
électriques· Etude d'une méthode capacitive, Tran Ngoc de trois rouleaux vibran.ts, P. Chaigne, E. Leflaive,
Lan, P. Chaigne et A. Philippe (19701.(épuisé)- AR 03: J. Oczkowski, R. Franceschina, G. Morel et A. Ouibel
Terrassements. (1973) - AR 03: Terrassements_

6 La gélivité des roches - Application aux granulats 25 Remblais sur sols mous équipés de banquettes latérales -
C. Tourenq (1970) - AR 35: Granulats. Elaboration des abaques de calcul de stabilité, G. Pilot et
M. Moreau (1973) - AR 06: Ouvrages en terre.
7 Corrélation entre frottement longitudinal roue bloquée
et frottement transversal à dérive élevée, B. Torchet et 26 Etude des voûtes en terre armée, C. Behnia (1973),
B. Lajoinie (1970) - AR 02: Confort et sécurité de (éouisé) - AR 06: Ouvrages en terre.
la circulation (en relation avec la glissance et l'uni des
chaussées). 27 Contribution à l'étude de la cohésion dans une pâte de
laitier granulé, Ph. Petit (1973) - AR 63: Méthodes
8 La méthode des éléments finis et ses applications aux chimiques et physico-chimiques.
problèmes de génie civil, P. Guellec (1970), (épuisé)-
AR 09: Mécanique des roches et ouvrages souterrains. 28 La stabilité des ouvrages souterrains - Soutènement et
revêtement, M. Panet (1973) - AR 09: Mécaniqua
9 Interprétation des vibrations de surface sur les structures des roches et ouvrages sou terrains.
routières, R. Guillemin (1970) - AR 01: Dimension-
nement des chaussées. 29 Calcul des contraintes dans un massif d'épaisseur limitée
soumis à une charge trapézoïdale, B. Mandagaran (1973) -
10 Remblais sur sols compressibles - Synthèses des recherches AR 06: Ouvrages en tGrre.
effectuées dans les Laboratoires des Ponts et Chaussées,
F. Bourges (1970),(épuisé)- AR 06: Ouvrages en terre. 30 Etude des murs en terre armée sur modèles rédu its
bidimensionnels, Nguyen Thanh Long, F. Schlosser,
11 Calcul des écoulements en milieu poreux par la méthode Y. Guégan et G. Legeay (1973) - AR 06: Ouvrages
des éléments finis, P. Guellec (1970), épuisé - AR 09: en terre.
Mécanique des roches et ouvrages souterrains.
31 Etudes sur l'uni des revêtements routiers et le confort
12 Chaussées en béton - Constatations 1966-1967-1968, du véhicule automobile, M. Abrache (1974) - AR 02 :
Groupe de travail LCPC-LR (1970) - AR 31 : Bétons Confort et sécurité de la circulation (en relation avec
et liants hydrauliques. la glissance et l'uni des c:7aussées).

13 Consolidation d'un sol sous charge variable - Théorie - 32 Dispositif d'enregistrement adaptable à l'essai de clas-
Vérification en laboratoire, M. Peignaud (1971) - AR 05 : sement des sols selon leur degré de gélivité, J.-C. Laporte
Fondations des ouvrages. (1974) - AR 01 : Dirr>pnsionnement des chaussées.

14 Etude de la pression interstitielle, H. Josseaume (1971), 33 Compactage des terrassements - Compactage en grande
(épuisé)- AR 06: Ouvrages en terre. épaisseur au moyen de rouleaux à cylindres vibrants
lourds et d'un comp9cteur à pneus lourd, P. Chaigne,
15 Fissuration du béton par hydratation localement différée R. Franceschina, G. Morel, J. Oczkowski et A. Ouibel
du ciment, J. Baron (1971) - AR 31 : Bétons et liants (1974) - AR 03: Terrassements.
hydrauliques.
34 Auscultation dynamique des superstructures par les mé-
16 Identification et dosage des différents sucres présents thodes classiques, G. Cannard, J. Carracilli, J. Prost et
dans les plastifiants réducteurs d'eau, C. Laval et Y. Vénec (1974) - AR 62 : Auscultation des ouvrages
F. Durrieu (1971) - AR 31 : Bétons et liants d'art.
hydrauliques.
35 Etude du mécanisme de modification des propriétés
17 Etude de la terre armée à l'appareil triaxial, Nguyen des bétons, mortiers et coulis hydrauliques par addition
Thanh Long, Y. Guégan et G. Legeay (1972) - AR 06: de résines thermodurcissables, A.-M. Paillère (1974) -
Ouvrages en terre. AR 31: Bétons et liants hydrauliques.

18 Contribution à l'étude de la dilatation thermique des 36 Calcul de la stabilité des pentes en rupture non circulaire,
bétons, Mahmoudzadeh-Rahimi (1972) - AR 31 : Bétons P. Raulin, G. Rouquès et A. Toubol (1974) - AR 06:
et liants hydrauliques. Ouvrages en terre.

19 Elaboration de 1iants goudrons époxydes pour enrobés 37 Etude expérimentale de la mise en place du béton
à hautes performances mécaniques, G. Brun (1972) - frais, R. Lesage (1974) - AR 31 Bétons et liants
AR 33: Liants hydrocarbonés et enrobés. hydrauliques.

65
38 Mécanisme de la prise du laitier granulé sous activation 60 Etude des mortiers des graves traitées aux liants hydrau-
alcaline, R. Dron (1974) - AR 63 " Méthodes chimiques liques et aux liants mixtes en vue de la réduction de leur
et physico-chimiques. fissuration de retrait, Y. Toklu (1976) -AR 34,' Assises
traitées.
39 Contribution à l'étude de l'hydratation des silicates
calciques hydrauliques, R. Sierra (1974) - AR 63 " 61 Les roches granitiques et leur altération - Reconnaissance
Méthodes chimiques et physico-chimiques. géotechnique de tracés en Bretagne, G. Chevassu (1976)-
AR 04,' Reconnaissance des tracés et sites.
40 Etude expérimentale de la compatibilité de reslnes épo-
xydes avec le bitume - Application à la prévision de 62 Revêtement en béton de liants hydrocarbonés modifiés -
systèmes compatibles, C. Laval et B. Brûlé (1974) - Etude de laboratoire, J.-P. Grimaux, A. Grignard et
AR 63,' Méthodes physiques et physico-chimiques. M. Huet (1976) - AR 33,' Liants hydrocarbonés et
enrobés.
41 Etude d'un remblai sur tourbe à Caen, J. Vautrain
(1975) - AR 06,' Ouvrages en terre. 63 Compactage des graves-bitume au moyen de rouleaux
vibrants, J.-M. Machet, G. Morel et J_-C. Valeux (1976) -
42 Etude théorique et expérimentale de la préparation AR 33,' Liants hydrocarbonés et enrobés.
d'une résine époxyde compatible avec le bitume, B. Brûlé
et C. Laval (1975) - AR 63,' Méthodes chimiques et 64 La composition du béton hydraulique du laboratoire au
physico-chimiques. chantier, J.. Baron et R_ Lesage (1976) - AR 31 " Bétons
et liants hydrauliques
43 Redistribution des effets hyperstatiques des ponts en
béton précontraint par fluage linéaire, M.-Y. Lau (1975), 65 Relations entre les propriétés physico-chimiques et les
épuisé - AR 10,' Ponts en béton précontraint. caractéristiques mécaniques des sols compressibles
J.-F. Vidalie (1977) - AR 03 _. Terrassements.
44 Etude des massifs continus t, comportement non linéaire -
Applications aux problèll'es de génie civil, A. Ricard 66 Contribution à l'étude de la tensio-activité cationique
(1975) - AR 09,' Mécanique des roches et ouvrages des bitumes routiers, F. Durrieu (1977) - AR 63 _.
souterrains. Méthodes physiques et physico-chimiques.
45 Evolution sur route de liants et d'enrobés bitumineux - 67 Contribution à l'étude des propriétés de matériaux.-
Etude de laboratoire sur prélèvements, Doan Tu Ho, Le traitement des sables, M. Hamzé (1977) - AR 33
A. Grignard et P. Ugé (1975) - AR 33 " Liants hydro- et 34,' Liants hydrocarbonés et enrobés - Assises traitées.
carbonés et enrobés.
68 Effets des fmces de précontrainte concentrées dans les
46 Etude théorique du comportement des pieux sous charge poutres caissons, Ly Kim Ty (1977) - AR 10 " Ponts
verticale - 1ntroduction de la dilatance, R. Fran k (1975) - en béton précontraint.
AR 05,' Fondations des ouvrages.
69 Comportement du béton hydraulique: fissurabilité et
47 Consolidation d'un sol avec drains verticaux sous charge fragilité - Etude bibliographique et critique, J. Baron
variable, D. Chaput et G_ Thomann (1975) - AR 06 " (1977) - AR 31.- Bétons et liants hydrauliques.
Ouvrages en terre_
70 Compactage des terrassements - Efficacité en profondeur
48 Centrifugation de modèles réduits d'ouvrages en terre et de plaques et de rouleaux vibrants et influence de l'épais-
de fondations, G_ Pilot (1975) - AR 06,' Ouvrages en seur des couches sur la qualité du compactage, P. Chaigne.
terre. R. Franceschina, J. Oczkowski et A. Quibel (1977) -
AR 03,' Terrassements_
49 Influence des matières minérales en suspension sur la
qualité des eaux de surface, D. Robbe (1975) - AR 67 " 71 Comportement en traction simple des enrobés hydro-
Eau. carbonés, R. Linder (1977) - AR 33,' Liants hydro-
carbonés et enrobés.
50 Etude expérimentale des phénomènes différés dans les
ouvrages en béton précontraint, M. Diruy (1975) -
AR 10,' Ponts en béton précon train t_ 72 Détermination de la te'.leur en eau des granulats et
du béton frais par méchode neutronique, J.-P. Baron
51 Les meulières du sud de la région parisienne, J. Prévot (1977) - AR 65,' Méthodes physiques.
(1975) - AR 04 " Reconnaissance des tracés et sites.
73 Stabilisation des mas~;fs rocheux fissurés par barres
52 Etude hydrogéologique des formations de pente de d'acier scellées, J.-J. Azuar (1977) - AR 09 Méca-
la butte d'Amance, M. Livet (1976) - AR 04 " Recon- nique des roches et ouvrages souterrains.
naissance des tracés et sites.
74 Application des modèles élastoplastiques de l'Université
53 Etude de mortiers de résine pour revêtements superficiels de Cambridge au calcul du comportement d'un remblai
routiers, A. Denis (1976) - AR 35,' Granulats. expérimental sur sols mous (Cubzac-les-Ponts!, M.-T.Dang
et J.-P. Magnan (1977) - AR 06,' Ouvrages en terre_
54 Utilisation des textiles non-tissés pour le drainage -
Application aux remblais de sols fins en cours de 75 Contribution à l'étude des états structuraux des bitumes,
consolidation, M. Bourdillon (1976) - AR 03,' Terras- R. Dron, M. Bestougeff et I.A. Voinovitch (1978)
sements. AR 63 _. Méthodes chimiques et physico-chimiques_

55 E~u.de lithologique du calcaire de Saint-Ouen dans la 76 Contribution de la chromatographie sur gel perméable
reglon parisienne - Quelques conséquences d'ordre géo- (G.P.C.) à la caractérisation qualitative et quantitative
technique, B. Caron (1976) - AR 04,' Reconnaissance des bitumes. Structure colloïdale, B. Brûlé (1978) -
des tracés et sites_ AR 33 et 63 .-Liants hydrocarbonés et enrobés - Méthodes
chimiques et physico-chimiques.
56 Dalles orthotropes, M.-Y. Lau (1976) - AR Il.- Ponts
métalliques et ponts mixtes.
77 Application de la chromatographie sur gel perméable à
57 Méthodes de contrôle de la pollution des eaux - Utilisation l'analyse des liants de peinture pour signalisation horizon-
des électrodes spécifiques, M. Cathelain (1976) - AR 63 _.' tale, F. Migl iori (1978) - AR 63 " Méthodes chimiques et
Méthodes chimiques et physico-chimiques. physico-chimiques.

58 Influ~nce des paramètres de formulation sur le compor- 78 Perte de tension d'origine thermique intervenant au
tement à la fatigue d'un enrobé bitumineux, S. Soliman cours de fabrication des éléments précontraints par
(1976) - AR 33,' Liants hydrocarbonés et enrobés. pré-tension traités thermiquement, M. Hassan (1978) -
AR 10,' Ponts en béton précontraint.
59 Interprétation de l'efficacité des compacteurs vibrants,
J.-M. Machet (1976) - AR 03,' Terrassements et 79 Propriétés générales des graves traitées par des ciments
AR 34,' Assises traitées_ spéciaux et des retardateurs de prise, J. Alexandre,
A. Broccoli, C. Cimpelli, J.-L. Paute (1978) - AR 34 "
Assises traitées aux liants hydrauliques.

Les rapports de recherche disponibles peuvent être demandés au Service des Publications du LCPC
Les rapports de recherche épuisés peuvent être fournis sous forme de micro-fiches 105 x 148 mm.
Publié par le LCPC, 58 boulevard Lefebvre - 75732 PARIS CEDEX 15, sous le numéro 502-484
Dépôt légal: 3e trimestre 1978