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Déontologie des métiers juridiques

Thème 1 – Le secret professionnel et la confidentialité

C'est à la fois une contrainte et une protection pour l'avocat.

Section 1 – Le secret professionnel

§1 - Les fondements

Les avocats n'étaient au départ visés que d'une manière implicite par une disposition de l'ancien CP
article 378 dans la liste des personnes tenues à ce secret pro. Pourtant il a toujours été admis que ces pro
étaient soumis à cette obligation. Aujourd'hui on lit dans l'article 226-13 CP que la révélation d'une info à
caractère secret par une personne qui en est dépositaire par état ou par sa profession est puni d' un an
d'emprisonnement et de 15 000€ d'amende. Or concernant les avocats, on a un article 4 dans un décret
du 12 juillet 2005 2005/790 impose l'obligation au secret. En effet, sous réserve des strictes exigences de sa
propre défense, devant toute juridiction, et des cas de déclaration ou révélations prévues ou autorisées par la
loi, l'avocat ne commet, en toute matière, aucune divulgation contrevenant au secret professionnel. Toujours
dans ce même décret, on impose le secret à l'avocat au sujet de l'instruction en matière pénale. Cet article 5
dispose en effet que l'avocat respecte le secret de l'enquête et de l'instruction en matière pénale en s'abstenant
de communiquer, sauf pour l'exercice des droits de la défense, des renseignements extraits du dossier ou
publier des documents, pièces ou lettre intéressant une enquête ou une information en cours. C'est en matière
pénale que cette obligation au secret pro est sensible. Un avocat qui assiste un client en GAV n'a en principe
pas le droit de contacter l'épouse du client pour la rassurer.
On voit que cette problématique du secret pro devient très concrète. Cette question est délicate.
Ces dispositions du du décret de 2005 sont encore complétées par celle du Règlement intérieur
national qui vise le secret de l'enquête et de l'instruction.
S'agissant de la violation du secret pro par l'avocat au regard de la défense effective du justiciable,
dans l'exercice de la défense du client, l'avocat pourrait être tenté de révéler certains éléments figurant au
dossier pénal et couverts en principe par le secret professionnel. C'est ainsi que dans une affaire, une avocate
avait été interrogée par la presse à propos d'une affaire dans laquelle elle défendait plusieurs victimes.
L'avocate était tentée de s'exprimer parce qu'elle pensait qu'une prise de position publique par le biais de la
presse pourrait servir la défense de son ou ses clients. Dans l'affaire l'avocate avait fait des commentaires sur
un rapport d'expertise figurant au dossier pénal et sur des pressions qui avaient été exercées sur l'expert. Elle
a été condamnée par les juges du fond pour violation du secret pro. L'affaire a fini devant la CEDH, laquelle
avait estimé qu'une amende pénale même symbolique risquait d'avoir un effet dissuasif sur la liberté
d'expression, ce qui était inacceptable pour un avocat. La CEDH 15 décembre 2011 Mor contre France a
donc décidé que cela constituait une ingérence disproportionnée dans le droit d'expression de l'avocat
(viole l'article 10 CEDH). → La CEDH et les juridictions française n'ont pas la même appréciation.

D'un autre côté, l'avocat a en principe une obligation de déclaration de soupçon de la lutte contre le
blanchiment d'argent. On a considéré que cette obligation de déclaration ne portait pas une atteinte
disproportionnée dans un arrêt de la CEDH Michaud c. France 6/12/12. On a mis en avant le fait que
l'avocat ne communiquait pas l'info à l'administration fiscale mais à son bâtonnier. Pour le prof c'est une
obligation de délation qui est imposée.

Si l'on met de côté cette obligation de déclaration, le secret a une double face, d'un côté c'est une
obligation imposée à l'avocat doublement sanctionnée, mais d'un autre c'est un privilège de sauvegarde et
donc un droit.

§2 – L'étendue

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Le secret professionnel couvre à la fois le cabinet de l'avocat (A) et ses correspondances (B). Se pose
la question de savoir si un avocat peut témoigner sur des faits dont il a pu avoir connaissance dans l'exercice
de sa profession (C).

A) L'inviolabilité du cabinet de l'avocat

Cette question de l'inviolabilité du cabinet de l'avocat se rattache à une question touchant à la


procédure pénale (perquisition). La perquisition c'est un mode d'enquête relativement brutale. Cette question
de l'inviolabilité peut se concevoir par rapport au droit de perquisition couvert par les articles 56 et suivants
CPP. Le troisième alinéa de l'article 56 CPP dispose que « l'officier de police qui perquisitionne a
l'obligation de provoquer préalablement toute mesure utile pour que soit assuré le respect du secret
professionnel et le respect du droit de la défense. »
Comme souvent la perquisition faite dans un cabinet d'avocat obéit à des dispositions spécifiques :
article 56-1 CPP prévoyant des contraintes particulières.
Selon cette disposition « Les perquisitions dans le cabinet d'un avocat ou à son domicile ne peuvent être
effectuées que par un magistrat et en présence du bâtonnier ou de son délégué, à la suite d'une décision
écrite et motivée prise par ce magistrat, qui indique la nature de l'infraction ou des infractions sur lesquelles
portent les investigations, les raisons justifiant la perquisition et l'objet de celle-ci. Le contenu de cette
décision est porté dès le début de la perquisition à la connaissance du bâtonnier ou de son délégué par le
magistrat. Celui-ci et le bâtonnier ou son délégué ont seuls le droit de consulter ou de prendre connaissance
des documents ou des objets se trouvant sur les lieux préalablement à leur éventuelle saisie. Aucune saisie
ne peut concerner des documents ou des objets relatifs à d'autres infractions que celles mentionnées dans la
décision précitée. Les dispositions du présent alinéa sont édictées à peine de nullité.
Le magistrat qui effectue la perquisition veille à ce que les investigations conduites ne portent pas
atteinte au libre exercice de la profession d'avocat.
Le bâtonnier ou son délégué peut s'opposer à la saisie d'un document ou d'un objet s'il estime que
cette saisie serait irrégulière. Le document ou l'objet doit alors être placé sous scellé fermé. Ces opérations
font l'objet d'un procès-verbal mentionnant les objections du bâtonnier ou de son délégué, qui n'est pas joint
au dossier de la procédure. Si d'autres documents ou d'autres objets ont été saisis au cours de la perquisition
sans soulever de contestation, ce procès-verbal est distinct de celui prévu par l'article 57. Ce procès-verbal
ainsi que le document ou l'objet placé sous scellé fermé sont transmis sans délai au juge des libertés et de la
détention, avec l'original ou une copie du dossier de la procédure.
Dans les cinq jours de la réception de ces pièces, le juge des libertés et de la détention statue sur la
contestation par ordonnance motivée non susceptible de recours.
Pour rendre sa décision, le JLD va entendre un certain nombre de personnes :
• le magistrat qui procède à la décision
• le procureur de la république
• L'avocat au cabinet ou au domicile duquel la saisine a été effectuée
• Le bâtonnier ou son délégué.
Le JLD peut :
• Soit décider qu'il n'y a pas lieu de saisir : il ordonne alors sa restitution immédiate, la destruction
du PV des opérations concernées.
• Ou qu'il y a lieu de saisir : Il ordonne que le scellé et PV soient versés au dossier de la procédure.
Par la suite d'autres nullités de procédures pourront être soulevées, on tombe alors sur le droit commun de
la procédure.
Les dispositions de 56-1 CPP sont applicables au domicile ou cabinet de l'avocat stricto sensu mais
aussi à d'autres types d'opération se déroulant dans les locaux de l'ordre des avocats, au domicile ou cabiné
du bâtonnier ou dans les locaux des caisses de règlement pécuniaires des avocats ».

Les différentes versions qui se sont succédé de l'article 56-1 CPP ont apporté des précisions sur la

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procédure et les pouvoirs du bâtonnier ou de son délégué. Il doit être prévenu du jour de la perquisition à
charge pour lui de ne pas informer son confrère.
Le texte devrait mettre fin à des pratiques contestables. Les avocats se plaignent parfois de ce que
certains juges ne font préalablement à la perquisition aucune démonstration de l'avocat à la participation de
l'infraction que ce soit au titre principal ou en qualité de complice et malmènent le secret pro. On les voit
parfois procéder de cette manière pour obtenir des documents qu'ils pourraient avoir de manière moins
brutale et traumatisant. → Idée d'abus. Les rapports entre juges et avocats illustrent bien les relations
difficiles existantes.

Domicile
Le domicile de l'avocat est couvert. On s'est posé la question du véhicule comme extension de la
domicile. Il semblerait que la voiture soit exclue de la notion du domicile (donc ne pas laisser de dossiers
dans le véhicule).

Rôle du bâtonnier ou délégué.


Le Bâtonnier et délégué ne sont pas considérés comme parties quand ils exercent les prérogatives qui
leurs sont données par l'article 56-1 CPP. Le bâtonnier ne sera pas recevable à soulever un moyen
d'inconstitutionnalité. Cassation 8 janvier 2013 n°12-90.063.
La cour de cassation a été saisie d'une QPC portant sur la conformité à la constitution de l'article 56-
1. Elle a refusé de transmettre la question au cons cons au motif qu'elle ne présentait pas de caractère sérieux
dès lors que la disposition contestée prévoyait des garanties de procédure sauvegardant le libre exercice de la
profession d'avocat. QPC Plénière 3 avril 2013.
Il n'existe pas d'appel possible contre la décision du JLD.
Donc le juge a une lourde responsabilité quant à l'appréciation du point de savoir si eu égard à la fois
à la présomption d'innocence et au secret professionnel, la démonstration est suffisamment faite de ce que les
pièces ou objets saisis ont été utilisés à des fins délictueuses ou criminelles. C'est dire la difficulté de la tâche
à laquelle est confrontée le JLD.

Les limites.
Le secret professionnel rencontre des limites. C'est une question de responsabilité de l'avocat quand
il ne protège plus les droits de la défense mais détourne ces droits. Il le fait pour soustraire aux investigations
de la justice des éléments de preuve pour protéger le délinquant. L'avocat doit donc être prudent quand il
vient détenir des documents ou pièces que son client désirerait dissimuler. Ex:arme du client. → On n'est
plus dans le secret pro. Il n'a pas le droit de cacher des pièces ayant pu servir à commettre une infraction.
Le praticien observe donc une autodiscipline devant faire face à la mesure du juge légitimant les éventuelles
perquisitions.

B) Secret des correspondances

Cette correspondance échangée entre l'avocat et son client est protégée par un secret absolu. Pas de
distinction à faire entre la lettre et les pièces pouvant y être jointes. Ce principe est posé par l'article 66-5 de
la loi du 31 décembre 1971. « En toutes matières, que ce soit dans le domaine du conseil ou dans celui de
la défense, les consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci, les
correspondances échangées entre le client et son avocat, entre l'avocat et ses confrères à l'exception pour
ces dernières de celles portant la mention " officielle ", les notes d'entretien et, plus généralement, toutes les
pièces du dossier sont couvertes par le secret professionnel. »
Ce qui est important de retenir c'est que dans sa version actuelle il met un terme à un débat qui avait
existé sur sa portée réelle. On avait en effet tenté d'opérer une distinction entre les écrits touchant au domaine
du conseil, et ceux touchant au domaine de la défense. On avait tenté d'opérer une distinction entre le
juridique et le judiciaire. Pour soutenir que n'étaient couvertes que les correspondances touchant au
domaine du judiciaire (exercice de la défense) à l'exclusion de celle touchant au juridique (conseil). La
rédaction actuelle du texte a mis un terme à cette distinction artificielle, embrassant les deux domaines.
Aujourd'hui, on admet donc que le secret couvre ces différents domaines et s'étend à tous les modes de

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communications.
Ex de débats : on a vu la saisie de documents par les agents de l'autorité de la concurrence pour tenter de
prouver des pratiques anticoncurrentielles. Il a fallu que la cour de cassation intervienne pour décider que la
saisie ne pouvait pas porter sur des correspondances entre l'avocat et son client. Criminelle 24 avril 2013.
Le pouvoir reconnu aux agents de l'autorité de la concurrence par L450-4 Code de commerce de saisir des
documents et supports informatiques trouvent sa limite dans le principe de la libre défense.

S'agissant de la correspondance, on peut s'interroger sur un spectre qui revient dans le débat : la
question des écoutes téléphoniques. Une loi de 1991 sur les écoutes à ajouter un article 100-7 CPP au terme
duquel aucune interception ne peut avoir lieu sur une ligne dépendant du cabinet d'un avocat ou de son
domicile sans que le bâtonnier n'en soit informé par le juge d'instruction. Par ailleurs quand une interception
est opérée par l'intermédiaire de l'écoute d'une autre ligne, le PV doit être écarté s'il relate une conversation
entre l'avocat et le client. Donc protection des conversations téléphoniques couvertes par le secret
professionnel.

C) Témoignage

L'avocat dans l'exercice de sa profession peut être amené à avoir connaissances de faits. Peut il
témoigner sur des faits qu'il a connu dans l'exercice de sa profession ? Le secret professionnel redevient ici
une contrainte. Une application stricte du secret pro voudrait en principe que l'on réponde par la négative.
L'avocat ne pourrait jamais révéler des faits dont il pourrait avoir connaissance dans le cadre de sa
profession.
La doctrine ne partage pas l'avis et considère majoritairement que l'avocat peut, voir doit décider
lui même en toute conscience ce qu'il peut révéler et ce qu'il doit cacher. On considère alors qu'il dispose
en quelque sorte du secret dans l'intérêt de son client. Il est intéressant de souligner quelle est cette doctrine ?
C'est celle des praticiens. Il s'agit d'un avis du conseil de l'ordre des avocats de paris de 1887. C'est
l'avocat qui pourrait donc décider en son âme et conscience ce qu'il peut révéler et ce qu'il doit tenir caché.
Cette solution confortable pour l'avocat n’apparaît cependant pas souhaitable. Ne peut on pas penser que si
l'on admettait ceci, son éventuel témoignage perdrait toute crédibilité car ne refléterait qu'une partie de la
vérité. Sans doute est il préférable de s'en tenir à un silence absolu.
Pendant un temps la chambre criminelle de la cour de cassation avait introduit dans le champ
d'application du secret professionnelle une distinction qui aboutissait à le restreindre. En effet le secret était
opposable quand le fait avait été connu par l'avocat dans l'exercice de la défense en justice. En revanche, il
ne l'était pas quand il avait été connu dans l'exercice d'une activité de conseil et de rédaction de l'acte. Dans
ce second cas, le secret ne serait que relatif à la protection du client à l'égard de l'avocat. Il serait donc
d'intérêt privé : l'avocat pourrait donc soit y renoncer, soit être relevé par son client. 30 septembre 1991, 7
mars 1994. On avait donc une JP qui distinguait entre deux types d'activités : le judiciaire et le juridique. On
appliquait au judiciaire les droits de la défense et donc le secret professionnel. Cette distinction est
aujourd'hui condamnée par l'article 66-5CPP. « En toutes les matières » « que ce soit dans le conseil ou
dans la défense » « les consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci, les
correspondances échangées ». Il est donc incontestable qu'aujourd'hui le domaine du conseil relève du secret
professionnel.
Toutefois la chambre criminelle rechigne à s'incliner.

Section 2 – La confidentialité des correspondances entre avocats

Champ d'application.
Ces correspondances sont en principe couvertes par la confidentialité, ce qui tranche avec les
correspondances échangées entre d'autres professionnels du droit ou entre avocats et d'autres professionnels
du droit.
Quand on dit que les correspondances entre avocats sont couvertes par la confidentialité, ça ne recouvre que
ce que deux avocats s'écrivent entre eux. Cette confidentialité ne couvre donc pas les correspondances avec
notaires, administrateurs etc.

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Cette confidentialité spécifique aux échanges entre avocats représente un confort, est utile
notamment dans le cadre de pourparlers, de négociations pouvant être menés dans le cadre d'une transaction,
en vue de l'acquisition d'une société, de la cession d'un fond de commerce, etc. Ces correspondances peuvent
s'inscrire dans des cadres forts différents. Quand les parties négocient en directe, s'écrivent, c'est un élément
qui pourra être versée au débat. De même lorsque les parties négocient et s'écrivent en direct dans le cadre
d'une négociation ayant vocation à aboutir à une transaction, contestation sur la qualité d'une marchandise
livrée par exemple, la négociation peut être ouvertes et quand à cette fin les parties s'écrivent directement, il
peut s'agir de pièces ayant vocation à être versées au débat. En revanche quand la correspondance est
échangée par des avocats elle ne peut pas être produite en justice, c'est donc sécurisant car non
engageant. → On a coutume de dire que l'on peut tout se dire entre confrères car on sait que les
correspondances échangées ne pourront pas être produites en justice.
Cette confidentialité permet aux parties de négocier sans avoir à craindre que si la négociation
échoue, les échanges puissent être opposés en justice. On est donc sur un fondement différent de celui
justifiant le secret professionnel. On n'est pas sur le terrain du respect des droits de la défense. On est motivé
par un souci d'efficacité. Le fondement est pragmatique. Pourtant, jusqu'à une loi du 7 avril 1997, la
confidentialité des correspondances échangées entre avocats ne faisaient l'objet d'aucune disposition
législative. On la trouvait dans des règlements intérieurs. Cette confidentialité ne s'imposait pas au juge qui
pouvait recevoir comme preuve une conversation confidentielle. Désormais l'article 66-5 de la loi du 31
décembre 1971 inclut dans le secret professionnel entre avocat les correspondances, même si la
confidentialité est différente.

De l'autre côté le règlement harmonisé du conseil national des barreaux prévoit 3 exceptions à la
confidentialité des correspondances entre avocats. L'absence de confidentialité est donc l'exception évoquée
dans l'article 66-5 :
• Quand la lettre est utilisée comme substitut d'un acte de procédure : Le fait qu'une lettre de
procédure soit non confidentielle tombe sous le sens.
• Quand la correspondance porte la mention officielle
• convention entre avocats portant la mention officielle.
Ce qui peut soulever des difficultés c'est essentiellement la mention officielle sur la correspondance. On
pourrait pour la mention officielle avoir l'impression qu'il suffit qu'une lettre soit intitulée officielle pour
qu'elle ne soit plus couverte par la confidentialité et qu'elle soit reproduite en justice. Ce n'est pas si simple.
En effet, les correspondances entre avocats ne peuvent pas être produites en justice, sauf si elles portent la
mention officielle ET d'autre part soit équivalent à un acte de procédure (ex demande de communication de
pièce), soit ne font référence à aucun élément antérieur confidentiel. L'avocat ne saurait donc se servir du
caractère officielle de sa correspondance pour dé-confidentialiser la teneur de pourparlers qui étaient donc
confidentiels.
Contre exemple néanmoins (cas concret de Stefan R.) : cas dans lequel un associé majoritaire d'une
société est entré en négociation avec un candidat acquéreur voulant acquérir ses 65%. des contacts ont eu
lieu, d'abord informel puis les avocats ont pris les choses en main. Lorsque les choses sont devenues
sérieuses, ils ont encadré les discussions dans une lettre d'intention (fixant la durée, prévoyant une
exclusivité, confidentialité, prévoyant les audits). Ces discussions se poursuivent puis au niveau du prix, ça
pose PB. On voit donc que l'on sort de la négociation. L'avocat du cessionnaire omet de demander une
prorogation. L'avocat du cédant décide d'adopter une position avec un prix. L'avocat du cessionnaire voit
arriver un Mail « lettre officielle » dans lequel il fait référence à toutes les discussions antérieures. Dans le
même Mail, il transfère les échanges antérieurs et met en copie son propre client et l'agence qui avait servi
d'intermédiaire dans les discussions. Triple violation de la confidentialité. L'avocat du cessionnaire constate
ces confidentialités. Il lui répond que la correspondance n'avait pas vocation à être versée dans un procès.
Sauf que le client a le papier entre les mains et peut parfaitement aller voir un autre avocat qui lui pourra
l'amener dans un procès.
→ Voici donc un exemple d'une violation énorme de l'obligation de confidentialité avec les
conséquences énormes qui pourront avoir lieu.

Une question s'est posée, celle de savoir si un échange de correspondances officielles pouvait être

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retenue comme preuve de la formation d'un contrat. A toute fin utile, il existe un principe important en droit
des contrats, celui du consensualisme. Nul besoin de recueillir une signature formelle des parties. Un
échange de correspondance entre des mandataires des parties pourraient donc emporter la formation
d'un contrat. L'avocat est au départ mandataire de son client et donc la question de savoir si la
correspondance entre avocat peut former un contrat se pose.
Dans une affaire, un échange de correspondances officielles avait eu lieu entre les avocats d'ex époux
à propos de la vente d'un bien immobilier indivis. La question s'était posée de savoir si ces échanges
pouvaient être produits en justice par un tiers au tords d'une offre d'achat pour emporter la preuve de
formation du contrat. La question se trouve donc au confluent des règles de déontologie et du droit des
contrats. Dans un arrêt du 9 mai 2012 la Cour de cassation a approuvé la CA d'avoir retenu que la lettre
officielle n'était pas couverte par le secret pro dès lors qu'elle porte la mention officielle dans la mesure ou
elle avait été jointe avec la copie de l'offre d'achat, ce dont il résultait qu'elle pouvait être transmise.
Les lettres officielles peuvent conduire à la formation d'un contrat mais aussi modifier ses effets.

Thème 2 – Conflit d'intérêt et l'avocat

Le conflit d'intérêt est une notion définie nulle part en droit interne. Elle puise ses sources dans les
règles applicables en matière de secret professionnel ainsi que dans les principes d'indépendance, de
désintéressement, de loyauté et de délicatesse. Les avocats ont 16 principes de la profession dont les 4
précités sont des piliers. L'avocat doit donc pouvoir exercer librement et pleinement sa mission, toujours
dans l'intérêt de son client.
Le conflit d'intérêt est une situation ou une personne, en l'occurrence un avocat, en charge d'un
intérêt autre que le sien n'agit pas ou peut être soupçonné de ne pas agir avec loyauté ou impartialité vis à
vis de cet intérêt mais dans le but d'en avantager un autre, le sien ou celui d'un tiers. = Définition de la JP
En revanche le conflit d'intérêt va être définit dans le (RIN) règlement intérieur national. Ce
règlement est allé plus loin que le décret du 12 juillet 2005. Il a tenté de définir la notion de conflit d'intérêt
dans un article 4. Le RIN au travers de la définition de l'article 4 a tenté :
• de la définir au travers de la mission de conseil
• de définir la notion de conflit d'intérêt au travers de la mission de représentation et de défense.
L'avocat a d'abord une mission de conseil et une mission de défense :
• Pour la mission de conseil : Il va y avoir conflit d'intérêt quand en matière de conseil, au jour de sa
saisine, l'avocat qui doit délivrer une information complète, loyale et sans réserve, ne peut mener à
bien cette mission sans compromettre les intérêts d'une ou plusieurs parties soit par l'analyse de la
situation présentée, soit par l'utilisation de moyens juridiques préconisés, soit par la concrétisation du
résultat recherché.
• Pour la mission de défense, il y a conflit d'intérêt dans la mission de représentation et d'assistance
quand au jour de sa saisine l'assistance d'une ou plusieurs parties conduirait l'avocat à présenter une
défense différente de celle qu'il aurait choisi s'il n'avait défendu qu'une seule partie.
Le conflit d'intérêt est donc la différence dans la défense suivie par l'avocat par rapport à celle que
l'avocat aurait du suivre.

Section 1 – Les notions voisines du conflit d'intérêt

§1 – Conflit d'intérêt et incompatibilité

Quand on est avocat, le code de déontologie et le règlement intérieur national nous interdit
l'exercice de toute autre profession à côté. En revanche on peut exercer des activités connexes ou annexes
(ex : rédiger des articles juridiques pour des revues ou être enseignant).
Certaines incompatibilités sont destinées à prévenir les situations de conflit d'intérêt. Ex : si on est
avocat et commerçant, typiquement si on défend une personne au TC notre vision et version sera différente,
ça posera donc problème.

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Pour autant, le strict respect des limitations d'activité ne saurait empêcher le respect nécessaire
en plus au cas par cas des situations de conflit d'intérêt qui pourraient par ailleurs se présenter. En
effet, la notion de conflit d'intérêt correspond toujours à une analyse subjective in concreto d'une situation à
un instant T. L'appréciation sera toujours faite par le conseil de l'ordre et de manière in concreto. Quels
étaient les liens avec la parties ? etc. La notion évoluera en fonction de la nature du litige et des parties en
présence.

§2 – Conflit d'intérêt et délicatesse

La délicatesse fait partie des principes essentiels de la profession d'avocat. Une atteinte à la
délicatesse ne constitue pas nécessairement un conflit d'intérêt. En effet il peut être considéré comme
indélicat le fait pour un avocat de défendre simultanément des intérêts divergents. Ce genre de situation vient
poser la question de son indépendance mais cela ne signifie pas pour autant que l'avocat doit refuser le
dossier ou se déporter (transmission du dossier au confrère).
Ex de manquement à la délicatesse et à la dignité de la profession mais pas conflit d'intérêt : Un avocat qui
avait introduit une procédure de divorce sur requête conjointe en laissant croire au tribunal et au mari qu'il
agissait dans l'intérêt des deux époux alors qu'il était l'amant de la femme. Il a clairement manqué à la
délicatesse et à la dignité de la profession mais on a considéré qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêt.
On retrouve la notion de conflit d'intérêt énormément en matière de divorce et au pénal.

§3 – Conflit d'intérêt et indépendance

La question qui se pose souvent est de savoir si un avocat peut s'occuper du dossier d'un membre de
sa famille. Il est à craindre que la réponse soit non car dans une telle situation l'avocat aura un manque de
recul (affecte) et un manque d'impartialité pour traiter le dossier dans le meilleur intérêt du client. Il est donc
recommandé de refuser de tels dossiers. Pour autant il n'y a aucun principe d'interdiction pour un avocat de
s'occuper du dossier de sa famille.
Par exemple dans le cadre d'une procédure de recouvrement créance si elle n'est pas due à des
difficultés financières familiales. Il ne faut pas d'intérêt personnel pour l'avocat à prendre le dossier.
Pas de conflit d'intérêt si un avocat défend son frère dans une procédure de licenciement pour faute.
Les cas ou le conflit d'intérêt serait probable c'est le cas des procédures en divorce.

§4 – Conflit d'intérêt et contradiction d'intérêt

La simple existence d'intérêts contradictoires entre les parties ne constitue pas nécessairement
un conflit d'intérêt. Ex : divorce. Intérêts contradictoires chacun veut s'en tirer le mieux possible. Il n'y aura
pas forcément conflit d'intérêt. Il y aura en revanche contradiction d'intérêt.

Section 2 – La prise en compte des conflits d'intérêt

§1 – La prévention des conflits d'intérêt

Cette prévention des conflits dans les structures d'exercice d'avocat tant dans les rapports entre
associés et leur collaborateurs au titre de leur clientèle personnelle revête une importance majeure qui va
nécessiter la mise en place d'un mécanisme de détection et de prévention en amont de situations potentielles
de conflits d'intérêts. → pour permettre d'éviter qu'un dossier soit accepté par un avocat avec un risque de
conflit d'intérêt.
Le plus souvent comment va t-on essayer qu'un avocat prenne un dossier ou il peut se retrouver en conflit
d'intérêt ? Ce sont des logiciels qui vont permettre de détecter ce risque de conflit. Ces logiciels vont être
reliés en interne aux fichiers clients au sujet desquels le cabinet détient des informations privilégiées .
Ces logiciels vont détecter en fonction de critères prédéfinis et en fonction de renseignements fournis par les
avocats du cabinet les risques de conflit d'intérêt. A chaque cabinet de donner les critères prépondérants.
Dans ce cas les données doivent faire l'objet d'une déclaration auprès de la CNIL.

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Il ne faut pas que ces logiciels soient utilisés à d'autres fins que la prévention de situation de conflits
d'intérêts. Ex : des associés pourraient s'en servir pour surveiller les avocats du cabinet.
Comment s'opère l'appréciation ? La JP consacre l'interdiction d'intervenir en cas de conflit d'intérêt
au nom de 4 principes que sont la délicatesse, la loyauté, l'indépendance et la dignité. La JP met en avant un
autre critère, elle souligne la nécessaire confiance devant exister entre le client et l'avocat. L'interprétation
de l'article 4 du RIN doit se faire au regard des principes de déontologie qui régissent la profession d'avocat
et particulièrement au regard du secret professionnel qui est dû au client.
Pour autant la situation de conflit d'intérêt doit être avérée et démontrée (ou risque sérieux de conflit)
par celui qui s'en prévaut car sinon on pourrait avoir une personne qui va arguer d'une prétendue situation de
conflit d'intérêt pour faire sortir un avocat du dossier.

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§2 – Conflit entre les intérêts des clients

A) le principe

Cette situation prévoit que l'avocat ne peut être ni le conseil ni le représentant ou défenseur de plus d'un
client dans une même affaire s'il y a un conflit entre les intérêts de ses clients ou sauf accord des parties, s'il
existe un risque sérieux d'un tel conflit. Il y a deux cas de figure :
• Si conflit avéré entre les intérêts des clients, l'avocat ne peut en aucun cas être le conseil,
représentant ou défenseur de plus d'un client. Donc avocat doit s'occuper d'un seul client.
• S'il existe simplement un risque sérieux qu'un tel conflit se produise, l'avocat pourra être le
représentant, conseil ou défenseur de plus d'un client, MAIS à la seule condition d'obtenir l'accord
exprès et préalable des parties et de les avoir pleinement informé de la situation. En cas de risque
sérieux de conflit d'intérêt l'avocat peut donc intervenir nonobstant ce risque à la seule condition de
solliciter avant l'accord des clients en cause. Cet accord doit être donné de manière éclairée. (écrit
nécessaire). L'avocat pourra s'occuper de plusieurs client à la condition qu'il obtienne l'accord
exprès et préalable des parties.

La notion de risque sérieux de conflit d'intérêt est un terme flou. C'est pourquoi l'article 4.2 du RIN
est venu éclaircir ce point. Il y a un risque sérieux de conflit d'intérêt quand une modification ou une
évolution prévisible de la situation qui lui a été initialement soumise fait craindre à l'avocat une
difficulté telle qu'une défense présentée différemment dans son argumentation ou bien la
compromission des intérêts d'un client au profit d'un autre. Ex : En matière pénale il peut arriver qu'un
avocat se trouve en charge de la défense de plusieurs co-prévenu dans un même dossier. Dans ce cas et
seulement dans ce cas, l'avocat pourra avec accord des parties être le conseil représentant ou défenseur et
pourra continuer en recueillant leur accord, de s'occuper d'elles lorsque surgira le conflit d'intérêt.

Des parties ayant des intérêts opposés en principe ne doivent être ni assistées ni représentées
par un même avocat. Aujourd'hui dans certains cas de divorce, c'est néanmoins possible.
Un conflit d'intérêt ne résulte pas du seul fait qu'un avocat représente deux parties dans une même procédure,
encore faut il que ces deux parties aient des intérêts divergents sinon opposés et que la défense des intérêts de
l'un compromettent la défense des intérêts de l'autre.
Ex : un avocat ne saurait représenter dans le cas d'une procédure de saisie immobilière, les intérêts de
l'adjudicataire (celui qui achète le bien dans la vente aux enchères) et le tiers saisi. → Paraît logique sinon
il aurait pu faire une entente.
Un avocat ne peut pas non plus représenter une société en liquidation judiciaire et le repreneur dès lors que la
seule connaissance par l'avocat du repreneur d'éléments d'information privilégiés sur la société en liquidation
judiciaire génère un conflit d'intérêt.

B) Illustration de conflit entre les intérêts des clients

1) le cas de la représentation de l'assureur et de l'assuré

Il est fréquent qu'un avocat représente à la fois l'assureur et son assuré dans un même litige tel
que celui consécutif à un accident de la circulation provoqué par l'assuré lors d'un déplacement professionnel
non couvert par la garantie. Dès lors qu'il n'existe aucun conflit d'intérêt, en l'absence de toute opposition
d'intérêt entre les parties, puisque le contrat d'assurance ne couvrait pas les dommages causés à l'occasion de
l'utilisation du véhicule à titre professionnel, l'avocat peut défendre l'assuré et l'assureur en se bornant au titre
de la défense de l'assureur à décliner l'existence de toute obligation de couverture à la charge de celui-ci.
En revanche, s'il venait à survenir un conflit d'intérêt, par exemple, l'existence d'une clause
d'exclusion de garantie qui pourrait être invoquée par l'assureur contre l'assuré, dans ce cas l'avocat devra se
déporter de la défense de ses deux clients.

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Déontologie des métiers juridiques

2) Cas des co prévenus en matière pénale

C'est une situation assez classique, un avocat est amené à assurer la défense de plusieurs co prévenus
dans un dossier pénal, que l'on se situe au stade de la GAV, de l'instruction ou du jugement.
La difficulté ici tient au fait qu'un ou plusieurs co prévenus peuvent être amenés à mettre d'autres prévenus
en cause dans le seul but de voir leur propre responsabilité limitée dans l'affaire.
S'il y a un risque de conflit d'intérêt et une défense commune acceptée par les clients (coprévenus) et
qui ne compromet pas les intérêts des autres, rien ne s'oppose à ce qu'un même avocat les défende
tous.
Pour autant, il faut toujours être prudent compte tenu de l'évolution parfois imprévisible du dossier
ou des déclarations des uns et des autres qui peuvent fluctuer.
Surtout, l'avocat n'a pas la possibilité d'imposer une stratégie de défense commune à ses clients. Tous
n'ont pas la même responsabilité et donc on ne va pas dire aux gars qui sont censés prendre 5 ans d'adopter
une stratégie commune avec celui qui est censé prendre 20 ans.

3) Le divorce

Pour le divorce par consentement mutuel, le CC prévoit la possibilité pour les deux époux d'être
représentés par le même avocat : article 250 CC. Il n'y a pas d'opposition d'intérêt en principe puisque les
deux époux s'entendent à la fois sur la rupture du mariage et sur ses effets. Pour autant, l'avocat devra
toujours veiller à la préservation des intérêts des deux parties et ne jamais aller au-delà de sa mission.
Il a pu être jugé que dès lors que les deux époux ont sollicité les services d'un seul avocat et participé
à l'élaboration des actes, aucun d'eux n'ayant été favorisé par les interventions de l'avocat qui a préservé
l'équilibre des intérêts de chacun, aucun manquement ne pourra lui être reproché.
En revanche, l'avocat a l'obligation de se déporter en cas d'échec de la procédure de divorce par
consentement mutuel.
Ex : Si un avocat est l'avocat de deux époux dans une procédure de divorce par consentement mutuel, il
devra refuser dans le futur d'être le conseil de la femme dans une procédure de divorce pour faute parce que
les intérêts pécuniaires des deux époux étaient devenus divergents.
Ils étaient partis sur un divorce par consentement mutuel et finalement l'épouse se rend compte que le mari
avait fait des magouilles et donc demande un divorce pour faute → Pas possible pour l'avocat de devenir
avocate de l'épouse. Il doit se déporter.

§3 – La connaissance par l'avocat des affaires de l'ancien client

A) Le principe

C'est la situation visée par l'alinéa 3 de l'article 7 du règlement intérieur national qui prévoit que
l'avocat ne peut accepter l'affaire d'un nouveau client si le secret des informations données par un ancien
client risque d'être violé ou quand la connaissance par l'avocat des affaires de l'ancien client favoriserait le
nouveau client.
Évidemment on peut dire que cette règle est clairement une atteinte au libre choix de l'avocat mais
l'intérêt général prévaut toujours parce qu'il s'attache à préserver le secret professionnel et à éviter les conflits
d'intérêt. Dans ce cas, l'avocat ne pourra pas recueillir l'accord de son ancien client pour intervenir à
son encontre. Il faut impérativement que chaque avocat respecte de manière stricte le secret pro dans toute
son étendue ainsi que les principes essentiels tels que la délicatesse et la loyauté.
Dès lors qu'un avocat aura pu avoir connaissance notamment aux travers de documents remis par son
ancien client, d'informations propres à ce dernier qui ne sont pas publiques (ex : patrimoine) et qui sont de
nature à lui conférer un avantage indu dans la défense des intérêts de son nouveau client, alors il y a lieu de
caractériser une situation de conflit d'intérêt.

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Déontologie des métiers juridiques

B) l'exploitation d'informations privilégiées

Un conflit d'intérêt peut être caractérisée que s'il est démontré que le secret des informations données
par un ancien client risque d'être violé ou que la connaissance par l'avocat des affaires de l'ancien client
favoriserait le nouveau client.
Sur ce point, la cour de cassation a considéré qu'il ne peut être reproché à un avocat d'être intervenu
contre son ancien client dès lors qu'il n'a pas, dans l'exécution de son second mandat (défense d'un nouveau
client) exploité en violation du secret professionnel des informations confidentielles obtenues dans
l'accomplissement du premier mandat.
Ainsi un avocat peut tout à fait défendre un nouveau client contre un ancien client, dès lors qu'il n'est
pas démontré que le secret professionnel des informations aurait été violé et que la connaissance qu'il a pu
avoir des affaires de l'ancien client ne lui procurent aucun élément de nature à avantager le nouveau client.
→ En fait la cour de cassation affirme que la connaissance de ces informations sur l'ancien client doit
permettre d'avantager le nouveau client pour qu'il y ait conflit d'intérêt.

Va être en situation de conflit d'intérêt un avocat qui intervient à l'encontre d'un ancien client (une
collectivité locale en l'espèce) dès lors que dans le cadre de son intervention antérieure au profit de cette
commune, l'avocat a eu accès à des informations relatives au fonctionnement de cette collectivité dont
certaines étaient confidentielles. → La cour de cassation est ici plus sur la notion de confidentialité des
informations et non sur le fait d'avantager le nouveau client à l'encontre de l'ancien. Mais ici c'est spécial car
on est devant le TA.

C) Le cas de l'ancien employeur

Le cas des avocats qui agissent contre leur ancien employeur est similaire à celui des avocats qui
agissent contre leur ancien client.
N'est pas en situation de conflit d'intérêt l'avocat qui ayant été chef du service juridique d'une société
assure la défense des personnes opposées à cette même société trois ans après que celle-ci l'ait licencié, dès
lors qu'il n'est pas démontré que l'avocat, du temps où il était employé de la société avait directement ou
indirectement traité des affaires dans lesquelles il intervient contre son ancien employeur. → Les juges ont en
fait considéré que la seule connaissance théorique des données de principe régissant la matière de tel
litige était insuffisante pour caractériser le conflit d'intérêt.

D) le cas du divorce

La matière familiale est souvent sujette à conflit d'intérêt réel ou supposé notamment parce que bien
souvent les avocats choisis par les époux ont de manière directe ou indirecte des liens ne serait ce que
d'amitié avec la famille.
Pour autant, il n'en découle pas nécessairement une situation de conflit d'intérêt même si l'on peut
comprendre que l'un ou l'autre des conjoints soit courroucé par une telle intervention. Il peut y avoir un
simple manquement à la délicatesse comme il peut y avoir un conflit d'intérêt avéré dans l'hypothèse où
l'avocat en cause tirerait de ses liens tissés un avantage certain dans le litige.
Ex : Se trouve en situation de conflit d'intérêt l'avocat qui en raison de ses liens de concubinage avec le frère
du client est en situation de rencontrer les enfants de celui-ci, lesquels sont par ailleurs susceptibles d'être
entendus dans le cas de la procédure de divorce dont il est en charge.
De même, un avocat représentant la compagne de son fils dans un litige contre l'ex-époux de celle-ci étant
ainsi amenée à fréquenter l'enfant au sujet duquel s'est noué le litige est en conflit d'intérêt.
Ici c'est la notion d'information privilégiée qui est de nature à avantager l'une des parties qui a été
prise en compte par le juge.

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Déontologie des métiers juridiques

§4 – L'avocat rédacteur d'actes

A) La rédaction d'actes (situation du corédacteur)

L'article 7 du RIN a intégré les dispositions de l'article 9 du décret du 12 juillet 2005 en les
précisant. Selon l'article 7 il précise ce qu'il faut entendre par rédacteur : avocat qui élabore seul ou en
collaboration avec un autre professionnel un acte juridique pour le compte d'une ou plusieurs parties
assistées ou non de conseils (avocats) et qui recueillent leur signature sur cet acte.
Le seul fait pour un avocat de rédiger le projet d'un acte dont la signature intervient hors de sa
présence ne fait pas présumer de sa qualité de rédacteur.
L'avocat peut faire mention de son nom et de son titre dans l'acte qu'il a rédigé ou à la rédaction duquel il a
participé s'il estime en être l'auteur principal.

B) L'avocat rédacteur unique

L'avocat qui est intervenu comme rédacteur unique d'un acte n'est pas présumé avoir été le
conseil de toutes les parties signataires étant précisé que l'avocat n'est pas un rédacteur unique dès lors que
la partie autre que celle qu'il représente était assistée par un conseil avocat ou non. Cela envisage l'hypothèse
dans laquelle un avocat participe à l'établissement d'un acte en concertation avec un autre conseil (notaire ou
banquier par exemple).
L'avocat rédacteur unique d'un acte doit veiller à l'équilibre des intérêts des parties.

Section 3 – Les conséquences du conflit d'intérêt

§1 – Les conséquences pour l'avocat

Au même titre que les incompatibilités, le conflit d'intérêt n'est pas de nature à impacter la validité
des actes accomplis par l'avocat en situation de conflit d'intérêt. Cela peut paraître surprenant. Le fait qu'il y
ait une qualification de conflit d'intérêt ne remet pas en cause l'acte. Ça n’entraîne pas non plus la nullité de
la procédure dans laquelle l'avocat était constitué. Ex : cas du divorce. Il est évident qu'on ne va pas
prononcer la nullité du divorce alors que l'acte était du seul ressort de l'avocat.
En matière d'enchère jusqu'en 2006, la JP considérait qu'il n'y avait pas lieu à nullité des enchères
faites par l'avocat poursuivant pour le compte d'un de ses clients alors même que l'avocat se trouvait en
situation de conflit d'intérêt (peut être à la fois du côté du saisi et de l'adjudicataire) dès lors qu'une telle faute
en matière de surenchère était sans effet sur la validité du mandat de représentation acceptée par l'avocat en
méconnaissance de ses obligations professionnelles. Donc l'avocat a voulu être des deux côtés mais les juges
n'ont pour autant pas prononcé la nullité de l'enchère (car le client n'y est pour rien)
Depuis 2006 sera déclarée nulle la surenchère formée par l'avocat par ailleurs gérant et uniquement
associé de la société ayant formé l'enchère qui était intervenue comme conseil du débiteur (tiers saisi) lors de
la visite préalable à l'adjudication. → manque à tous les principes.
Mais différent car pas de notion de client extérieur, c'est l'avocat lui même.

§2 – Le devoir de prudence

Notion revenant souvent en matière de déontologie. Quand l'avocat estime qu'il y a conflit d'intérêt
entre ses clients et lui-même il doit toujours se déporter. Si le client a le même sentiment il doit décharger le
client de sa mission. Donc l'initiative peut venir des deux : Avocat / Client.

L'avocat peut ne pas être fautif si son client ne lui dit pas tout. On ne peut pas reprocher à l'avocat
de s'être mis en conflit d'intérêt si son avocat lui cache les infos. En revanche, une fois qu'il découvre le
mensonge de son client il se déporte et doit donc donner son client à un autre avocat. L'avocat devra se
déporter de l'ensemble des clients concernés et pas seulement de certains d'entre eux.
Il appartient donc à l'avocat d'être vigilent et prudent quand il accepte de prendre en charge les

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Déontologie des métiers juridiques

intérêts de plusieurs clients car dans le cas ou un conflit d'intérêt viendrait à être caractérisé, l'avocat devra
alors se déporter de l'ensemble de ses clients.

§3 – Les pouvoirs du bâtonnier

Le bâtonnier a un rôle important dans la vie des avocats. Il représente l'ordre des avocats. C'est le
porte parole des avocats. Il représente le barreau dans tous les actes de la vie civile. Le bâtonnier exprime
l'avis d'une profession en prise directe avec l'actualité. Il agit de manière concrète et pas seulement avec les
textes. C'est un interlocuteur privilégié des Pouvoirs publics. Il transmet les informations concernant la vie
du barreau, à ses membres, et notamment par voie du bulletin. Il est élu démocratiquement par ses pairs.
Son élection précède toujours celle du conseil de l'ordre. Le bâtonnier est élu pour 2 ans au scrutin
majoritaire. Le bâtonnier est la personne qui a le plus de pouvoir et d'autorité au sein des avocats.

A) L'avis

On est dans le cas d'un conflit d'intérêt : A défaut d'intervention du client pour faire le choix d'un
nouvel avocat ou à défaut d'un retrait spontané de l'avocat, le bâtonnier peut être saisi de la difficulté. En
revanche en aucun cas il ne peut déporter d'office un avocat ou lui enjoindre de se déporter.
La cour de cassation a rappelé qu'aucune disposition de l'article 17 de la loi du 31 décembre 1971
ne conférait au bâtonnier le pouvoir de donner l'injonction à un avocat de se dessaisir d'un dossier et qu'en lui
infligeant une peine disciplinaire à ce seul motif, la CA a violé l'article 17 de la loi de 1971. (Première
Civile 28 avril 1998 n°95-22.242).

B) Les sanctions disciplinaires

L'avocat qui viendrait à se trouver en situation de conflit d'intérêt sans en tirer les conséquences,
manquant ainsi aux dispositions de l'article 7 du décret du 12 juillet 2005 pourra faire l'objet de poursuites
disciplinaires à l'initiative du bâtonnier.
Le fait pour un avocat d'accepter un dossier malgré une situation de conflit d'intérêt est constitutive d'une
faute qui pourra lui être reprochée. En quoi est ce une faute ? Dans la gestion des intérêts de ses clients et une
défaillance dans les rapports de confiance que l'avocat doit toujours à son client. Dans pareil cas, cela est
de nature à engager sa responsabilité.

NB : 2 textes importants pour les avocats et le CRFPA :


• Décret du 27 novembre 1991
• Loi du 31 décembre 1971

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Déontologie des métiers juridiques

Thème 3 – Responsabilité civile et pénale de l'avocat

La responsabilité de l'avocat se divise en 2 pans, responsabilité civile et responsabilité pénale

Section 1 – La responsabilité civile de l'avocat

§1 – Assurance responsabilité civile

La notion d'assurance RC est envisagée par deux textes :


• loi n°71-1130 du 31 décembre 1971
• Décret n°91-1197 du 27 novembre 1991
Cette notion d'assurance est également envisagée par la JP

A) Le principe

Le principe à retenir c'est que pour un avocat l'assurance est obligatoire. Pourquoi ? Tout avocat
doit être couvert contre les conséquences pécuniaires de la RC professionnelle définie au 1er alinéa de
l'article 27 de la loi du 31 décembre 1971 par un contrat souscrit auprès d'une entreprise d'assurance régie
par le code des assurances, soit collectivement soit personnellement par les avocats, à la fois par le barreau
ou par les avocats.
Si on est salarié, pas d'assurance.
Si on est avocat non salarié et donc libéral on est obligé de prendre une assurance :
• celle du barreau
• une personnelle
Elles ne doivent pas comporter de limite de garantie inférieure à 1 million 500 000 € par auteur par
année. Ces contrats ne doivent pas prévoir de franchise à la charge de l'assuré supérieure à 10% des
indemnités dues dans la limite de 3050€. Cette franchise n'est pas opposable aux victimes.
L'assurance RC professionnelle souscrite par le barreau de Paris prévoit une garantie de base fixée
par assuré et par sinistre de 4 millions d'euros avec une franchise de 10% dans la limite de 3049€.
On offre en outre la possibilité de souscrire des garanties complémentaires facultatives comprises
entre 1million 600 000 et 400 millions d'euros intervenant après épuisement de la garantie de base.
Ces garanties doivent être souscrites à l'ouverture du dossier et jusqu'au terme de la prescription dès lors que
le montant applicable est celui en vigueur au jour de la réclamation. La question de l'opportunité de souscrire
une garantie complémentaire doit se poser à l'avocat quand les enjeux du dossier dont il a la charge sont
susceptible de dépasser le plafond de la garantie de base (au minimum 1 millions 500 000€). Les cas de
dépassement ne sont pas des cas d'école et il convient d'être vigilent en la matière, sauf à prendre le risque de
devoir supporter personnellement les conséquences d'un préjudice.

Il y a une possible suppression de l'option entre assurance collective et individuelle. Le règlement


intérieur d'un barreau peut tout à fait et de manière légitime décider que tout avocat inscrit à ce
barreau doit adhérer au contrat d'assurance groupe souscrit par ce dernier en garantie de la
responsabilité professionnelle et supprimer l'option entre l'assurance collective et l'assurance individuelle
prévue par l'article 27 de la loi du 31 décembre 1971. Donc normalement cette loi permet de choisir entre
l'assurance du barreau ou la propre assurance personnelle. En fait le règlement d'un barreau peut très bien
supprimer l'option et imposer aux membres de souscrire l'assurance du barreau.
Cette pratique a été contestée par certains avocats et le conseil de la concurrence a été saisi de la question.
→ Le conseil de la concurrence a considéré que le fait pour un barreau d'imposer aux avocats l'adhésion à un
contrat de RC ne constitue pas une pratique anticoncurrentielle et donc les avocats ont perdu. Donne raison
au barreau.
→ La cour de Cassation a également été saisie du sujet et a jugé que lorsqu'un barreau décide de souscrire
collectivement pour le compte de ses membres une assurance couvrant leur RC professionnelle, le conseil de
l'ordre peut répartir le coût de cette assurance sur l'ensemble des membres du barreau quel que soit leur mode
d'exercice.

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Déontologie des métiers juridiques

De plus, aucune disposition légale n'interdit à un conseil de l'ordre de recouvrer en même temps tant les
cotisations nécessaires au fonctionnement de l'ordre que la quote-part de la prime d'assurance contractée pour
garantir la RCP de l'ensemble de ses membres. La mission première du Conseil de l'ordre est la pour
recouvrer les cotisations que l'on paie quand on est avocat.

B) Les modalités

1) Quant aux personnes couvertes

Pour les avocats membres d'une structure (structure de moyen = on reste indépendant mais on
partage des locaux avec d'autres avocats / d'exercice = association des avocats ou SCP) la RCP est garantie
par l'assurance de la structure auprès de son barreau de rattachement pour l'ensemble de ses associés
collaborateurs et d'avocats salariés.
Une seule assurance et une seule garantie financière couvrent l'ensemble de l'activité professionnelle
de l'avocat ou de la structure d'exercice, en ce compris, les bureaux ou établissements secondaires de cette
même structure d'exercice. Pourquoi ? Car quand on ouvre un cabinet on peut ouvrir un établissement ou BS
dans une autre ville et donc on paie une seule garantie qui couvre sur les 2 bureaux.
Pour les collaborateurs ou salariés, la RCP est garantie par l'assurance de l'avocat dont on est
collaborateur ou salarié.
Une nuance pour autant existe pour l'avocat collaborateur libéral, sur le temps de travail on peut
développer une clientèle personnelle. Donc quand on est en même temps libéral pour le compte d'un cabinet
et pour notre propre compte, on doit pour la clientèle personnelle justifiée d'une propre RC qui couvrira
la propre clientèle personnelle.

2) Quant aux activités couvertes.

Il doit toujours s'agir de l'activité professionnelle de l'avocat. L'assurance RC ne couvre que les
sinistres causés par les fautes de l'avocat commises dans l'exercice de sa profession. Plus précisément,
l'assurance RC couvre les actes de l'avocat inhérents à l'exercice normal de la profession (loi 31/12/71 et
décret du 27 novembre 1991).
Sont couvertes par l'assurance RCP s'agissant du barreau de Paris les activités de formation, de
séquestre, y compris les activités d'expertise judiciaire, d'arbitrage, de médiation, etc.
Le critère est l'activité compatible avec la profession d'avocat. L'assurance RCP ne couvre pas en
principe les actes réalisés par l'avocat dans le cadre d'une autre activité bien que cette dernière soit
compatible avec la profession d'avocat.
Par exemple pour l'avocat qui exerce une mission de syndic, d'administration judiciaire et de mandataire
judiciaire à la liquidation des entreprises.
Autre exemple : avocat exerçant des missions de membre de conseil de surveillance d'une société
commerciale → Activité compatible avec la profession d'avocat.
En cas d'exercice incompatible avec la profession d'avocat → Courtage en assurance par exemple,
l'assurance RCP ne saurait en aucun cas couvrir les activités excédants l'activité professionnelle de
l'avocat car c'est incompatible avec l'exercice de la profession.

3) quant aux conditions de mise en œuvre

L'assurance RCP est régie par le droit commun et notamment par les articles L111-1 et suivants du
CA et plus spécifiquement les articles L113-2 et L124-1 à -5 du même code.
Quelles vont être les obligations de la compagnie d'assurance ? L'assureur qui garantit la
responsabilité du barreau et des avocats est tenu de régler les condamnations prononcées contre ces
derniers envers les clients.
En cas d'action mettant en cause une responsabilité assurée par ce contrat, (faute couverte par la garantie de
l'assurance) l'assureur dans la limite de la garantie assume la défense de l'assuré (avocat) dirige le procès, à
le libre exercice des voies de recours et toujours sans que cela emporte renonciation de sa part à se

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Déontologie des métiers juridiques

prévaloir des limitations de garantie. L'assureur prendra à sa charge les frais et honoraires correspondant et
l'avocat défenseur est choisi sur une liste établi en concertation entre l'ordre et l'assureur. Cela signifie que
l'avocat lui même peut bénéficier de la défense de la part d'un autre avocat.

Que se passe t-il en cas de faute intentionnelle ou dolosive de l'avocat ? L'assureur peut soulever la
déchéance de garantie s'il démontre que l'avocat mis en cause a commis une faute intentionnelle ou
dolosive. Cette notion doit s'entendre comme impliquant chez l'auteur la volonté délibérée de causer le
dommage ou le sinistre. A défaut d'établir la volonté frauduleuse de l'avocat, la compagnie d'assurance doit
toujours sa garantie.
C'est ainsi qu'une assurance de RCP ne saurait couvrir les dommages résultant d'une faute intentionnelle,
c'est-à-dire celle qui implique la volonté de causer le dommage. C'est l'organisme assureur qui devra
apporter la preuve de l'intention de nuire de l'avocat.
Ex de faute dolosive : avocat qui conseillait à ses clients de conduire malgré un retrait de permis en leur
remettant une attestation à produire en cas de contrôle. L'assurance a considéré qu'il y avait une intention
dolosive. Intention d'aller à l'encontre de la loi.
Quelle va être le fait générateur de la garantie ? Pour qu'elle puisse être mise en œuvre, la garantie prévue
par l'assurance implique que les faits dommageables aient été commis alors que l'avocat était en
exercice.
Par rapport à la reconnaissance de responsabilité la déclaration de sinistre ne doit pas être transmise
au réclamant devenu par définition un adversaire mais il est possible de l'informer que sans reconnaissance
de responsabilité ou du bien-fondé de la déclaration une déclaration de sinistre est faite auprès de l'assureur.
En cas de reconnaissance de responsabilité, la reconnaissance de responsabilité n'est pas opposable à
l'assureur et l'avocat doit assumer seul les conséquences de ses engagements.

§2 – les conditions de la responsabilité

L'article 1231-1 CC dispose que le débiteur est condamné s'il y a lieu au paiement de DI soit à
raison de l'inexécution de l'obligation, soit à raison du retard dans l'exécution s'il ne justifie pas que
l'exécution a été empêché par la force majeure. Il y a également le décret du 12 juillet 2005 sur les règles de
déontologie de la profession d'avocat dans les articles 9 alinéa 1 et 2 et article 13 de la mission de l'avocat
confié par le client.
L'avocat a l'obligation de tenir compte de l'évolution JP à partir du moment où celle-ci est favorable
aux intérêts de son client. Première civile, 14 mai 2009. n°08-15-899.
Avocat qui n'informe pas les voies de recours dont le client dispose. → Manque à son devoir
d'information. Première civile 13 novembre 1997. n°95-14.141.

A) Le cadre général

1) La nature juridique de la responsabilité de l'avocat

La responsabilité de l'avocat est engagée même par une faute légère. → Du fait du devoir de
diligence et de prudence.
Les termes de la loi du 31 décembre 1971 ne laissent à cet égard aucune incertitude. Elle considère
que les avocats sont responsables des négligences et fautes commises dans l'exercice de leur fonction et
l'avocat « conduit jusqu'à son terme l'affaire dont il est chargé sauf si son client l'en décharge ou s'il décide
de ne pas poursuivre sa mission ». Dans le cas ou c'est l'avocat qui prend l'initiative de ne pas poursuivre la
mission il doit informer le client en temps utile pour que les intérêts du client soient sauvegardés.
L'avocat peut également voir sa responsabilité engagée comme mandataire et dans ce cas sa responsabilité va
s'apprécier au regard des dispositions de l'article 1984 du CC soit qu'il agisse en vertu d'un mandat spécial,
soit qu'il bénéficie d'un mandat tacite qui lui est reconnu dans l'exercice de son activité judiciaire.
La responsabilité civile de l'avocat peut être recherchée sur un fondement délictuel en raison de faute qu'il
aurait commises et qui auraient causé préjudice à un tiers ou sur le fondement de la responsabilité de
personnes dont il doit répondre (ex : stagiaire) ou des choses qu'il a sous sa garde.

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Déontologie des métiers juridiques

L'avocat peut enfin être poursuivi à l'occasion des maniements de fonds qui lui sont remis pour usage
déterminé s'il se trouve en situation de ne pouvoir les représenter.

2) Difficultés de qualification

Il y a une variété de situations juridiques qui rend difficile la qualification de la responsabilité de l'avocat :
• Pour certains auteurs la responsabilité de l'avocat va être une responsabilité délictuelle dès lors que
« le contrat qui lie l'avocat à son client est fortement marqué d'OP ». La faute de l'avocat réside dans
une violation des obligations professionnelles découlant d'un devoir de source légale et
réglementaire. À l'appui de leur raisonnement certains auteurs relèvent que la responsabilité des
notaires proche de celle des avocats, en matière de rédaction d'acte, est délictuelle. Selon eux il serait
en effet souhaitable que les actions en responsabilité engagées contre les avocats par des clients et
des tiers soient prescrites dans tous les cas par 10 ans, ce qui laisserait encore au plaideur diligent de
quoi obtenir indemnisation des préjudices causés.
• Certains auteurs privilégient la responsabilité contractuelle de la relation liant l'avocat au client.
Selon Phillipe Le Tourneau (Pr. Émérite) « si la responsabilité de l'avocat envers son client est
contractuelle, elle est cependant délictuelle envers les tiers ».

Quand la responsabilité de l'avocat est mise en cause, il peut par ailleurs être condamné par l'ordre à
des sanctions disciplinaires. Donc la condamnation sur le plan civil ne fait pas obstacle à une
condamnation sur le plan disciplinaire ou pénal

B) La faute

1) l'appréciation de la faute
a) au regard de la mission d'avocat

L'appréciation de la faute se fait par assimilation au comportement d'un modèle prés enté comme
idéal, le critère du bon père de famille laissant sa place ici au critère du bon professionnel.
Cette appréciation va se faire au regard des obligations mises à sa charge découlant de la mission qui lui aura
été confiée par son client. L'avocat n'a pas la même responsabilité selon qu'il agit en matière pénale ou
selon qu'il agit en tant que conseil.
La mission de l'avocat quant à sa portée et son étendue va jouer un rôle primordial quand à la
détermination de sa responsabilité. L'avocat qui accepte un dossier ou qui est commis d'office accepte la
charge du client et doit assumer le dossier dans son aspect à la fois technique et dans son aspect juridique et
il doit aussi assumer son client dans sa complexité psychologique et relationnelle.
L'avocat n'est jamais tenu d'apporter son concours à un client hormis le cas de commission d'office. Il
refuse librement un dossier sans avoir à motiver sa décision. Il y a une règle du libre choix d'avocat et c'est
pareil pour l'avocat qui a le libre choix de ses clients. En revanche quand il est commis d'office il n'a pas le
choix.
Comment se définit la mission de l'avocat ? L'importance de l'appréciation de la mission confiée par
son client a pour conséquence la nécessité pour l'avocat de contractualiser cette dernière avec précision et
par écrit dans le cadre d'une lettre de mission.
Qu'en est il de la fin de mission (dossier) ? L'avocat peut décider spontanément de ne pas poursuivre
sa mission mais dans ce cas il a l'obligation de prévenir son client en temps utile pour lui permettre de
pourvoir à la défense de ses intérêts et le cas échéant de se faire remplacer par un autre confrère.
L'avocat a en effet une obligation légale de principe qui est de conduire jusqu'à son terme l'affaire dont il
est chargé et l'exception c'est si son client l'en décharge ou si lui même décide de ne pas poursuivre sa
mission sous réserve de ce dernier cas que le client soit prévenu suffisamment tôt.
Ex : client qui avait exprimé sa défiance à son avocat de manière injustifiée. Le client a expliqué à son
avocat qu'il cesserait de poursuivre la procédure. Ça ne s'est pas fait. Et ensuite comme l'avocat a considéré
qu'il y avait une défiance de son client il a in fine décidé de ne pas poursuivre la procédure en invoquant le
fait que la défiance manifestée par son client ne permettait pas de poursuivre une défense efficace. Il a

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Déontologie des métiers juridiques

transmis le dossier a un confrère et la, on a considéré qu'il n'y avait pas d'engagement de la responsabilité.

Quelle est la portée de la fin de la mission ? L'avocat qui a respecté les obligations qui s'imposent à
lui dans ce cadre en informant son client de sa volonté de mettre fin à son mandat n'est plus tenu d'une
obligation de conseil à son égard. Il n'a plus d'obligation envers son client. Toutefois quand la
représentation est obligatoire (ex : devant le TGI) l'avocat ne peut être déchargé de son mandat que du
jour où il est remplacé par un confrère.

b) l'appréciation de la faute au regard du droit applicable

L'avocat se doit de connaître les règles de droit applicables et existantes y compris d'origine JP et
doit effectuer les démarches nécessaires pour trouver la solution adéquate. En cas d'incertitude des
solutions, l'avocat doit clairement présenter les risques à son client et choisir les options que recommandent
la prudence ou qu'imposent la précaution.
Dans une première décision la cour de cassation est venue sanctionner un avocat auquel il était
reproché de ne pas avoir tiré les conséquences d'une évolution JP qui semblait bien avancée même si elle
n'était pas achevée. Dans ce cas là la faute imputée à l'avocat consistait selon la cour de cassation à ne pas
avoir énoncé de manière suffisamment claire et précise le motif d'un licenciement économique en date du 27
décembre 1996. l'avocat prétendait qu'une exigence formelle de motivation ne résultait que d'un arrêt du 30
avril 1997 mais la cour de cassation a relevé que dès 1990 à 1995, la JP avait procédé à un renforcement des
exigences de motivation pour la lettre de licenciement pour motif économique et que déjà à cette période il
était fait obligation à l'employeur d'y énoncer de manière suffisamment précise le motif économique fondant
le licenciement.
Il résulte de l'analyse de la JP que tout avocat doit toujours faire preuve de la plus extrême prudence au
regard des incertitudes juridiques auxquelles il est amené à devoir faire face dans son exercice quotidien.

2) Manquement à l'obligation de conseil et de compétence


a) le principe général

Sur la teneur et l'étendue de l'obligation, l'obligation de conseil et de compétence est constante parce
que l'obligation de conseil fait partie du rôle de l'avocat y compris en matière de contentieux. En tant
qu'avocat on a un rôle à la fois de conseil et de défense.
La JP est riche d'exemples de fautes constitutives d'un manquement à l'obligation de conseil. C'est ainsi que
la JP considère qu'un avocat gardien des intérêts qui lui sont confiés doit éviter la disparition des privilèges
et hypothèques en conseillant leur renouvellement et en mettant tout en œuvre pour éviter que les intérêts de
ses clients soient compromis.
L'avocat se doit de conseiller son client avec prudence et ce afin de ne pas conduire celui-ci à prendre des
décisions qui lui seraient préjudiciables.
Quand il existe des incertitudes notamment quant à l'évolution de la JP ou l'interprétation d'un texte, l'avocat
doit adopter la mesure nécessaire dans ses recommandations et assortir celles-ci des réserves qui
s'imposent.
Sur l'obligation pré-contractuelle d'information (convention d'honoraire avec le client on est en
contractuel mais il y a une partie d'info pré-contractuelle ou on n'a pas signé de contrat avec le client). Dès la
phase pré-contractuelle l'avocat est tenu d'une obligation pré-contractuelle d'information et de
renseignement envers son client et doit par exemple l'informer du fait qu'il peut bénéficier de l'aide
juridictionnelle compte tenu de ses ressources, à défaut de quoi il est susceptible de commettre une faute de
nature à engager sa responsabilité civile.
Il est probable en l'état de la JP relativement à l'étendue de la saisine du juge (de l'honoraire) que l'obligation
de prévisibilité des honoraires dans le cadre de la convention d'honoraire désormais obligatoire sera
également sanctionnée sur le terrain de la responsabilité civile. Cela signifie que l'on est obligé d'établir
une prévisibilité du montant des honoraires dans la convention d'honoraire sinon on peut être sanctionné.
Concernant le respect de l'obligation de conseil, l'avocat est tenu à une obligation de conseil tout au
long de la mission qu'il mène pour le compte de son client. L'avocat doit conseiller les procédures

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Déontologie des métiers juridiques

engagées en veillant toujours à indiquer à son client les risques qu'elles présentent et ses réserves
quant aux chances de succès de l'action.
À plus forte raison, l'avocat doit donner un compte rendu exact du jugement à son client et lui indiquer les
modalités de recours en lui fournissant également un avis motivé sur l'éventualité d'un tel recours. Pour
autant l'avocat reste indépendant dans la poursuite du procès.

Ex de mise en cause de l'avocat :


• l'avocat dont la négligence a eu pour effet de faire perdre à son client une chance de faire triompher
sa contestation dès lors qu'il ne résulte pas des écritures qu'il a exactement renseigné celui-ci sur la
procédure qu'il était nécessaire de suivre s'il voulait refuser le paiement de marchandises en raison de
vices cachés, le devoir de conseil imposant toujours de préciser les voies de recours à suivre tout en
indiquant les motifs à même de faire douter d'une issue favorable de la procédure.
• L'avocat qui n'indique pas à son client les formalités nécessaires pour mettre en cause dans les délais
légaux la compagnie d'assurance susceptible de couvrir les conséquences d'un sinistre.
• L'avocat dont le client a été incarcéré et qui n'avait pas souligné l'importance du règlement d'une
fraction du cautionnement fixé par le juge avant une convocation de ce dernier.
• L'avocat qui n'a pas conseillé à son client d'accepter une proposition transactionnelle avantageuse et
obtient ensuite une somme moindre devant les juridictions. Dans ce cas il appartient à l'avocat de
conserver la preuve des recommandations qu'il a émise.

Sur la question du choix d'une stratégie, l'avocat est responsable des arguments qu'il développe
et des erreurs de droit qu'il commet, ce pourquoi il doit adopter une stratégie et choisir des moyens de
droit adéquats. Pour autant l'avocat n'a pour obligation que de tenter de faire valoir par des moyens
appropriés la défense de son client. Il ne contracte aucune obligation quant au résultat judiciaire à obtenir.
Par ailleurs, n'engage pas sa responsabilité vis à vis de son client l'avocat qui ne lui a pas transmis ses
conclusions avant de les déposer devant la juridiction qu'il avait choisi dès lors que l'importance des
échanges intervenus entre l'avocat et son client traduisaient l'information précise donnée par le premier au
second sur la position qu'il avait adopté en considération des observations et informations reçues de lui.
Donc dès qu'on dépose des conclusions au tribunal pas d'obligation de les produire à son client. Il
suffit d'informer le client de l'argumentaire que l'on va produire.

Ex cas : avocat développe une argumentation inappropriée à la défense des intérêts de son client et lui fait
perdre une chance sérieuse d'obtenir la condamnation du constructeur au paiement du coût des travaux.

Sur les mesures conservatoires, (ex : divorce, garde des enfants) la stratégie implique que l'avocat
qui prend l'initiative de conseiller son client quant à la mise en œuvre de procédure conservatoire de nature à
lui permettre de garantir le recouvrement de sa créance, d'autant qu'il lui appartient de s'informer sur les
éventuelles difficultés de paiement auxquelles doit faire face la partie adverse.

b) Obligation renforcée en matière de rédaction d'acte

L'obligation de conseil de l'avocat s'étend particulièrement lorsque l'avocat est rédacteur


d'acte. L'avocat qui se trouve être le rédacteur unique d'un acte doit observer la plus stricte objectivité dans
ses relations avec les parties et veiller à l'équilibre des intérêts des parties. L'avocat est tenu de veiller à
assurer l'équilibre de l'ensemble des intérêts en présence et de prendre l'initiative de renseigner et de
conseiller les deux parties à la convention sur la portée des engagements souscrits de part et d'autre. Cela
signifie que l'avocat peut voir sa responsabilité engagée pour conseil insuffisant ou absence de conseil.
Ex : avocat chargé de la rédaction d'une lettre de licenciement qui omet d'attirer en temps utile l'attention de
sa cliente sur les conséquences financières de la rupture du contrat résultant de l'existence d'une clause de
non concurrence.
Concernant l'efficacité de l'acte, nous sommes passés d'une obligation de moyen à une obligation de
résultat. Dans le domaine de la rédaction d'acte, la responsabilité de l'avocat s'est progressivement
rapprochée de la responsabilité notariale et la conséquence c'est que l'obligation de résultat se substitue à

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Déontologie des métiers juridiques

l'obligation de moyen parce que l'avocat doit alors assurer non seulement la validité de l'acte mais
également son efficacité et donc la JP va plus loin.
Cette obligation est non seulement imposée par la JP mais aussi par l'article 9 du décret du 12 juillet 2005
selon lequel l'avocat rédacteur d'un acte juridique assure la validité et la pleine efficacité de l'acte selon les
prévisions des parties. Il doit refuser de participer à la rédaction d'un acte ou d'une convention
manifestement illicite ou frauduleuse.
Ex : Avocat qui n'a pas pris la peine de vérifier la capacité des parties à l'acte ou bien les pouvoirs
de la personne signataire de l'acte (parfois pas possible d'assister lors de la signature de l'acte et donc on
donne pouvoir. L'avocat doit vérifier que ces pouvoirs sont en règle).
Avocat qui avait omis des mentions essentielles à un acte de cession de bail.

L'efficacité de l'acte implique en outre que l'avocat se doit de conseiller ou d'exécuter les formalités
subséquentes. Par exemple, assurer la validité d'un acte c'est s'assurer de la capacité des parties et pour que
l'acte soit efficace il doit parfois être publié. Cette responsabilité donne lieu à une JP aussi abondante que
sévère à l'encontre des avocats. Pourquoi ? La JP offre un tas d'exemple de responsabilité notariale qui
peuvent être étendues à l'avocat rédacteur d'acte.

3) Le manquement à l'obligation de dévouement et de diligence

Cela signifie que l'avocat est responsable du bon déroulement de la mission qui lui est confiée par
son client et qu'il se doit d'effectuer à cet effet toutes les tâches qui lui incombent. Il doit informer son client
du déroulement de la mission de manière régulière. Devoir d'accompagnement. → Tout manquement ou
toute abstention fautive entraîne la mise en jeu de la responsabilité civile de l'avocat. Il doit être présent
au côté de son client et lui prêter son ministère.
Le dommage éventuellement subi par le client du fait de l'absence de défense dont il a été victime et
qui lui a été préjudiciable en raison de l'abstention de son avocat (oubli de se présenté à l'audience) ouvre
droit à réparation pour le client. En effet on ne peut pas affirmer qu'un dossier se suffise à lui même et que
toute plaidoirie soit inutile.
Lorsqu'un avocat appartient à une structure disposant d'associés ou de collaborateurs, il est
admis qu'il peut se faire remplacer par l'un des membres du cabinet sans en aviser préalablement son
client. En effet dans cette situation on considère que le client s'est adressé à une structure plus qu'à un avocat
en particulier et qu'il est donc normal que l'affaire soit plaidée par l'un de ses associés ou collaborateur.
Malgré tout l'avocat en charge initialement du dossier reste personnellement responsable des
négligences de la personne qui le substitue. Ex d'engagement de la responsabilité d'avocat : avocat qui
omet de s'assurer de la validité du mandat qui lui a été donné au regard de l'action à engager. Il reçoit
mandat d'un autre avocat pour reprendre le dossier.
Avocat qui trompe son client en lui faisant croire à l'existence d'une procédure qu'il n'a pas diligenté.
Concernant l'accomplissement des formalités requises, l'avocat doit …....... ;
Ex : l'avocat qui oublie d'adresser une mise en demeure préalable avant d'adresser une lettre de résiliation.

4) manquement à l'obligation de prudence

a) à l'égard des clients

L'avocat peut parfois dépasser le mandat ad litem (= mandat de représentation en justice par lequel
un plaideur confère à une personne habilitée par la loi la mission de le représenter en justice et qui emporte
pouvoir et devoir d'accomplir au nom du mandant les actes ordinaires) qui lui a été confié et sans recours
nécessaire à une action de désaveu il pourra être condamné à réparer les conséquences de la faute qu'il a ainsi
commise.
On considère que l'avocat doit toujours s'assurer qu'il dispose bien de l'accord de son client avant
d'engager ce dernier et qu'il est en possession d'un mandat exprès lorsque cela s'avère nécessaire.
Ex : pour aliéner un bien immobilier, l'avocat doit disposer d'un mandat exprès pour engager celui ci
valablement ou encore pour transiger.

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Déontologie des métiers juridiques

À l'égard de l'insolvabilité de la partie adverse, l'avocat doit toujours faire preuve de prudence
quand son client est susceptible de subir un préjudice en raison de l'insolvabilité de la partie adverse.
C'est ainsi que commet une faute l'avocat qui n'informant pas son client des conséquences d'une éventuelle
insolvabilité d'une société débitrice lui fait perdre une chance de ne pas couvrir ce risque au même titre que
l'avocat qui ne vérifie pas la solvabilité de l'acquéreur d'un fond de commerce.

b) à l'égard des tiers

La responsabilité de l'avocat sera engagée ici sur le fondement de l'article 1240 CC. La cour de
cassation a rappelé que le tiers à un contrat peut invoquer sur le fondement délictuel un manquement
contractuel dès lors qu'il lui a été dommageable. La JP retient à la charge des avocats leur responsabilité
pour avoir agit imprudemment et causé par leur imprudence un préjudice à un tiers qui n'est pas leur client.
Concernant la faute de l'avocat envers la partie adverse l'avocat pourra engager sa responsabilité par
des poursuites abusives contre des tiers. Toutefois, même s'il poursuit avec un certain acharnement un
adversaire, il ne peut pas de ce seul fait être condamné car le mandataire dans la mesure où il ne sort pas des
limites de son mandat n'engage que la responsabilité de son mandant (client) autrement il ne pourrait effacer
sa responsabilité qu'en révélant les instructions reçues, ce qui serait contraire au secret professionnel.

C) Le lien de causalité

1) lien de causalité entre la faute et le préjudice

Les juges du fond doivent toujours relever expressément la relation de cause à effet entre le préjudice
subi et la faute qui l'a entraîné et il appartient au demandeur d'apporter la preuve de cette relation.
Le plus souvent le demandeur doit justifier de la chance qu'il a perdu (perte de chance) c'est-à-dire de la perte
de la chance qu'il avait d'obtenir la réformation ce qui suppose d'établir un lien de causalité entre la faute
reprochée à l'avocat et la perte de chance.
Évidemment le client n'obtiendra pas réparation si la chance d'obtenir la cassation de l'arrêt
(réformation) n'est pas établie ou s'il n'établit pas avoir perdu une chance de voir atténuer les condamnations
qui ont été prononcées contre lui.

2) Les causes d'irresponsabilité de l'avocat


a) le comportement du client

Si la JP a toujours été sévère quand il s'agit d'apprécier la faute de l'avocat ayant un client non avisé,
certains juges du fond tentent malgré tout de limiter la responsabilité des avocats en considérant que
l'étendue de l'information que l'avocat doit donner à son client au titre de son devoir de conseil varie
selon que ce dernier est ou non un professionnel avisé.
En effet, pas plus que le niveau des honoraires n'a d'incidence sur la responsabilité des avocats,
l'avocat n'est en aucun cas déchargé de ses obligations professionnelles du seul fait des compétences ou
expériences de son client.
Cette solution a été établie depuis un arrêt de principe du 7 juillet 1998 « les compétences
personnelles du client ne dispensent pas l'avocat rédacteur d'un acte de son obligation de conseil ».
L'avocat n'est pas non plus déchargé de ses obligations professionnelles en raison de la connaissance
que son client peut avoir du dossier. L'avocat doit veiller à être en possession de tous les éléments
nécessaires pour effectuer sa mission et il lui appartient de prendre l'initiative de solliciter de son client les
éléments nécessaires à cet effet.
L'avocat ne doit pas se contenter des éléments que lui adresse son client. Il doit recueillir de sa propre
initiative auprès de son client l'ensemble des éléments d'information et les documents propres à lui
permettre d'assurer au mieux la défense de ses intérêts.
L'avocat en tout état de cause a le devoir de conseiller son client. L'avocat n'est pas un simple exécutant. Il ne
doit pas être un simple exécutant mais doit porter une analyse critique.
Ainsi les instructions reçues de son client telles que celles visant à acquiescer de la partie adverse de son

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Déontologie des métiers juridiques

client ne sauraient dispenser l'avocat de son devoir de conseil, notamment quant aux moyens qui lui auraient
permis de s'opposer à la demande de la partie adverse.
Dans certaines circonstances il faut savoir que la faute du client ayant contribué à son propre
préjudice peut conduire à un partage de responsabilité. Ex : dans une procédure de saisie immobilière,
l'inertie dont à fait preuve le client a pu être retenu contre lui et dans ce cas la CA en a déduit que le client
était lui même partiellement responsable du dommage dont il sollicite la réparation et que l'avocat dans ce
cas bénéficie alors d'une exonération partielle de responsabilité.
Plus rarement la faute de la victime aura été la cause exclusive du dommage et permettra à
l'avocat de s'exonérer de toute responsabilité.
Le plus souvent cette exonération de responsabilité résultera du fait que l'avocat aura donné à son
client une information claire précise et complète lui permettant d'être parfaitement éclairée. Ex : si le
client dans le cadre d'un dossier ne fournit que des faux.

b) la faute d'un tiers

La présence d'un autre professionnel du droit tel qu'un notaire ou autre avocat dans le cadre de
l'exécution de la mission ne dispense pas l'avocat de son devoir de conseil ou de ses obligations d'assurer
l'efficacité de l'acte car l'avocat n'est pas dispensé de son devoir de conseil par les compétences
personnelles de son client ou par le fait qu'il bénéficie de l'assistance d'un tiers.
Un avocat n'est donc pas dispensé de son devoir de conseil du fait de la présence d'un autre avocat
dans la procédure et il peut engager sa responsabilité pour ne pas avoir déconseillé un appel visiblement
voué à l'échec. La part de responsabilité sera toujours plus forte sur le donneur d'ordre de la mission que sur
les autres professionnels du droit amenés à intervenir dans le cadre de cette mission.
L'avocat qui confie un dossier à un confrère ou autre professionnel n'est pas pour autant
autorisé à s'en désintéresser dès lors qu'il demeure mandataire de son client. Ex : avocat qui sous traite à
un autre avocat la procédure du dossier qui lui a été confié reste responsable de la procédure.

D) le préjudice

1) réparation
a) préjudice actuel et certain

Le préjudice doit être actuel et certain ce qui peut consister en une privation du client de la
possibilité de soumettre à une juridiction un litige dont les éléments de solution étaient connus. Ce caractère
est apprécié souverainement par les juges du fond qui se doivent de rechercher si le client apporte la preuve
de l'existence d'un tel préjudice au moment ou le juge statue.
Dès lors qu'est certain le dommage subi par le client par l'effet de la faute de son avocat, alors même que le
client disposerait contre un tiers d'une action consécutive à la situation dommageable née de cette faute et
propre à assurer la réparation du préjudice, il a dans ce cas le droit d'être indemnisé de ce préjudice quand
bien même le client bénéficierait d'une autre action contre un tiers.

b) la perte de chance

En droit civil elle se définit comme la disparition actuelle et certaine d'une éventualité favorable.
Toute décision de justice est sujette à réformation. Toute décision prise par la client est potentiellement de
nature à avoir été autre si le client n'avait pas subi la faute de l'avocat : c'est donc ce que l'on appelle la perte
de chance.
Dès lors, l'avocat doit donner le conseil de former ou ne pas former appel et selon la volonté du client
diligenter cette formalité. L'avocat qui ne relève pas l'appel demandé par le client ou qui ne formule pas
un pourvoi dans les délai fait perdre à son client une chance d'obtenir réformation du jugement ou
cassation de l'arrêt.

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Déontologie des métiers juridiques

2) L'évaluation

L'évaluation du préjudice s'effectue sans lien avec la gravité de la faute parce que le préjudice
constitue un élément distinct de la responsabilité et ce parce qu'en matière de responsabilité civile le montant
de l'indemnisation est susceptible de varier avec le degré de la gravité qui qualifie le manquement.
Plus la faute paraît lourde et peut constituer une infraction disciplinaire et plus l'indemnisation est
abondante et généreuse pour le client.

a) le préjudice actuel et certain

En l'absence d'aléa, le préjudice ne doit pas être limité à la perte de chance mais doit être indemnisé
dans son entier. Tel est le cas lorsque l'avocat n'a pas saisi le président du TGI dans les conditions de délai
prévues faisant perdre à son client le bénéfice de ses droits.
Ainsi en est il également lorsque dans le cas d'une procédure en réparation d'un dommage corporel
un avocat a conseillé à son client de refuser une indemnité de l'assistance publique parce qu'il l'a jugé
insuffisante. La juridiction administrative a accordé ultérieurement au client une indemnité inférieure de
moitié.
Le préjudice économique sera évalué à la somme que le client devait obtenir si l'avocat avait
exécuté correctement sa mission. Ex : coût des travaux causés par la mise en œuvre d'une garantie
décennale.
Concernant le préjudice moral, toute faute de l'avocat peut potentiellement donner lieu à des DI en
raison du préjudice moral subi par la victime. Il peut s'agir de simples tracas liés au contentieux générés par
la faute de l'avocat.

b) perte de chance

La perte de chance n'est jamais intégralement indemnisée puisque par définition le gain espéré est
aléatoire. La juridiction saisie doit donc mesurer le degré de chance perdue afin de calculer la proportion
de DI correspondants.
En cas de perte de chance le juge du fond va reconstituer fictivement au vue des conclusions des
parties et des pièces produites au débat la discussion qui aurait pu s'instaurer devant le juge du fond et
déterminer la solution qui aurait du être apportée.
La cour de cassation va vérifier l'appréciation de la chance et notamment la pertinence juridique du
moyen qui n'aurait pas été invoqué par l'avocat. Le juge du fond évalue souverainement le montant du
préjudice mais il se doit de répondre à chaque chef de préjudice invoqué par le client. L'évaluation de la perte
de chance doit être précise et justifiée et ne saurait être forfaitairement fixées.
Le préjudice résultant pour le client de la perte de chance d'obtenir une indemnisation complémentaire doit
être évalué à la date de la décision en fonction des éléments connus à cette date. (ne se base pas sur des
éléments futurs ou pouvant survenir à la suite.)

§3 – La mise en œuvre de la responsabilité

A) la procédure d'indemnisation des clients lésés

Il s'agit d'une procédure permettant de mettre en œuvre la responsabilité de l'avocat défaillant. Elle se
déroule soit devant le TGI ou devant le TI selon le montant de la demande.
Toutefois quand la faute reprochée à l'avocat est susceptible de constituer une infraction pénale, la
victime a la faculté de déposer une plainte et de profiter d'une poursuite pour se constituer partie civile (=
personne qui s'estime victime d'une infraction à propos de laquelle l'action publique a été déclenchée devant
les juridictions répressives. Le propre de la partie civile est qu'elle entend obtenir indemnisation de son
préjudice).

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Déontologie des métiers juridiques

B) la personne mise en cause

En présence de coauteurs, la victime, client est libre d'assigner un seul, plusieurs ou même la
totalité des coauteurs. Ces coauteurs sont responsables in solidum du dommage, la victime pouvant donc
demander réparation de l'intégralité du dommage à l'un quelconque des auteurs.
Lorsque l'avocat exerce sa profession au sein d'une structure d'exercice, tous les avocats sont
solidaires des fautes commises par un seul d'entre eux. En conséquence, dès lors que le client s'est adressé au
cabinet, peu importe qu'il ait traité avec un seul avocat et non avec tout ceux composant la structure.
Pour le cas de l'avocat libéral individuel, collaborateur ou salarié, l'avocat est civilement
responsable des actes professionnels accomplis pour son compte par son ou ses collaborateurs tout comme
l'avocat employeur civilement responsable des actes professionnels accomplis pour son compte par son ou
ses salariés.
Cette règle est fortement critiquée par la doctrine car elle considère que ça contrevient au principe de
l'indépendance technique de l'avocat dans sa mission.

C) la charge de la preuve

C'est au demandeur qu'il appartient d'apporter la preuve de l'existence et de la portée du mandat


confié à l'avocat. Cette portée est plus difficile à prouver → tout dépend si on a tout listé dans la lettre de
mission. Cette preuve résultera en principe de l'existence d'un mandat écrit ou d'une lettre de mission et à
défaut la preuve peut être rapportée par tout moyen et notamment eu égard aux diligences accomplis, aux
correspondances échangées et aux libellés des notes d'honoraires. La seule note d'honoraire ne suffit pas.
Depuis un revirement de JP du 29 avril 1997, c'est à l'avocat qu'il incombe de rapporter la preuve qu'il
a bien exécuté son obligation particulière d'information et de conseil envers son client.
Sur la preuve du préjudice il appartiendra au demandeur d'apporter la preuve que la perte de chance
qu'il a subi est réelle et sérieuse.

D) La prescription

Le régime général de la prescription en matière civile a été modifiée par la loi du 17 juin 2008 qui a
simplifié le régime des prescriptions. Le nouvel article 2225 CC prévoit que l'action en responsabilité
dirigée contre les personnes ayant représenté ou assisté les parties en justice (→ Avocat dans notre cas) y
compris en raison de la perte et de la destruction des pièces qui auront été confiées se prescrit par 5 ans à
compter de la fin de leur mission. C'est donc au bénéfice du client.
Le nouvel article 2254 CC prévoit que la durée de la prescription peut être abrégée ou allongée par
les parties (avocats et client). Les parties peuvent d'un commun accord abréger le délai de prescription
jusqu'à un minimum d'1 an ou bien l'allonger jusqu'à un maximum de 10 ans.

Un tel aménagement n'est envisageable qu'en présence d'un client qui n'est pas consommateur. L137-
1 Code conso dispose que les aménagements conventionnels sont interdits dans un contrat entre
professionnel (avocat) et consommateur.

Section 2 – La responsabilité pénale de l'avocat

§1 – Propos préliminaires

En matière de déontologie, le principe de probité (= quelqu'un observant les règles morales,


respectant ses devoirs [règlements, textes]) sur lequel repose la profession d'avocat ainsi que l'honneur et
l'intérêt de ses membres rend nécessaire une vigilance particulière et notamment de la part du conseil de
l'ordre mais également de la part du bâtonnier, en qualité d'autorité de poursuite à l'égard de l'attitude des
avocats et notamment des infractions pénales que l'avocat pourrait être amené à commettre tant dans
l'exercice de la profession que dans le cadre de sa vie personnelle.
En tant qu'avocat on n'est pas jugé uniquement sur les manquements et fautes, mais on est

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Déontologie des métiers juridiques

aussi jugé par les pairs et bâtonnier.


Le risque pénal ne doit donc jamais être négligé par l'avocat dans le cadre de son activité
professionnelle d'autant que les juridictions se montreront rarement clémentes à son égard et sa mauvaise foi
sera le plus souvent quasiment présumée de manière irréfragable.

§2 – La complicité

Elle se définit comme le fait pour une personne sciemment, par aide ou par assistance de faciliter la
préparation ou la consommation d'un crime ou d'un délit par le biais de promesses, de menaces, d'abus
d'autorité ou bien en donnant des instructions pour la commettre.
La complicité n'existe que pour autant qu'il y ait un fait principal punissable qui constitue l'un des éléments
nécessaires de la complicité et doit être constatée peu importe que seul le complice soit poursuivi ou que
l'auteur principal soit relaxé, sauf si cette relaxe résulte de l'absence de faits principales punissables en raison
par exemple de l'absence d'intention frauduleuse.
Les exemples de condamnation à ce titre sont légion, la complicité implique que l'avocat ait agi en
vue de la commission de l'infraction tel que par exemple un avocat qui par son intervention a contribué à
renforcer la crédibilité publique d'une entreprise, se rendant ainsi complice d'escroquerie.
L'avocat quand sa responsabilité pénale sera recherchée au titre de la complicité, le sera le plus
souvent au titre de l'aide ou de l'assistance apportée en tout connaissance de cause en vue de faciliter la
préparation ou la consommation d'un crime ou d'un délit.
Un avocat a été condamné pour complicité d'ABS pour avoir finalisé le montage juridique de l'opération
ayant donné lieu à la condamnation en étant intervenu à tous les stades de l'infraction pour en assurer la
formalisation et l'exécution. → Les juges ont pris en compte que l'avocat n'était pas intervenu qu'à la fin
mais du début à la fin du montage juridique.

§3 – Le recel

A la différence de la complicité, le recel est une infraction autonome. Pourquoi ? Le recel ne saurait
se cumuler avec une autre infraction telle que l'ABS mais il peut être associé à la complicité, la personne
condamnée comme complice pouvant ainsi également l'être pour les mêmes faits au titre du recel.
Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose ou de faire office
d'intermédiaire afin de la transmettre en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit.
Constitue également un recel le fait en connaissance de cause de bénéficier par tout moyen du produit
d'un crime ou d'un délit. Cela veut dire qu'on n'est pas seulement la personne qui fait passer la marchandise
mais on en bénéficie aussi (notamment en argent).
Le recel est donc constitué dès lors qu'il est établi que les choses détenues ou le produit dont on bénéficie
proviennent d'un acte qualifié de crime ou délit par la loi peu importe que l'auteur du crime ou délit bénéficie
d'une immunité, ait été relaxé ou bien qu'il n'ait pas été condamné ou poursuivi.
Ex : avocat condamné pour recel du délit de fraude fiscale à deux ans d'emprisonnement avec sursis, 25 000
francs d'amende, 5 ans d'interdiction des droits civiques et de famille (peine complémentaire toujours
prononcée sur une durée temporaire) à l'exception du droit de représenter ou d'assister une partie en justice
et 5 ans d'interdiction d'exercer la profession d'avocat pour avoir agi avec un profond mépris pour les règles
de sa profession parce qu'il avait manié selon le juge sans hésitation des espèces hors comptabilité CARPA
en l'occurrence l'argent d'un client qui n'avait aucun revenu apparent et donc le juge s'est dit que ça
provenait d'une activité non déclarée qui était donc le résultat d'une fraude fiscale par dissimulation de
recette et prestation sans facture dont il connaissait la provenance frauduleuse lorsqu'il a reçu puis transmis
cette somme pour le compte de son client.

Le recel est puni de 5 ans d'emprisonnement et 375 000€ d'amende. Quand il est commis de
manière habituelle ou en utilisant les facilités que procure l'exercice d'une activité professionnelle, ou bien en
bande organisée, la loi double la peine. On passe alors à 10 ans d'emprisonnement et 750 000€ d'amende.

L'avocat qui va être condamné du chef de recel encoure également des peines complémentaires

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Déontologie des métiers juridiques

prévues à l'article 321-9 CP. Ex : interdiction temporaire d'exercer l'activité d'avocat pour un maximum de 5
ans.

Thème 4 – Rémunération de l'avocat


(convention d'honoraire et lettre de mission)

En France, le code de déontologie des avocats est un code de déontologie professionnel. Cela signifie
que c'est un ensemble de règles définissant le fonctionnement d'une profession particulière, en l'occurrence la
profession d'avocat. Les règles relatives à la rémunération sont notamment présentées par le RIN et la
déontologie est une science des devoirs, science de ce que l'on doit faire. Elle va guider les actes courants et
notamment la formalisation de la rémunération d'avocat au travers de la convention d'honoraire et la lettre de
mission.
Formalisées le 4 octobre 2005 ces normes ont été précédées de celle de l'avocat dans l'UE le 28
octobre 1988. (Avant le code de déontologie en France il y en a eu un en Europe). Elles ont constitué le
premier code de déontologie de la profession même si des principes et une pratique de la déontologie s'était
enclenchée auparavant depuis l'apparition des avocats en 1327 puis avec la restauration de la profession en
1810. Deux principaux aspects de la déontologie :
• Le premier est le respect de leur devoirs par les avocats eux-même.
• Le second est la protection des droits des avocats et des principes d'exercice de leur profession
Les ordres professionnels (conseil de l'ordre) ont pour finalité d'assurer ses deux missions. La déontologie est
inspirée et bâtie par les professionnels qui l'appliquent mais outre les sanctions disciplinaires elle est aussi
sanctionnée par une règle de droit, tel est le cas pour le code déontologique des avocats.
Les fondements sont le RIN qui comprend 6 titres, 21 articles et 3 annexes. Il y a également code de
déontologie des avocats européens 1988 et les 16 principes essentiels de l'avocat qui se divisent en trois
catégories :
• La première sont les valeurs du serment avec 5 des 16 principes : Dignité, conscience,
l'indépendance, la probité et l'humanité
• La seconde concerne les principes professionnels (8) : l'honneur, la loyauté, le désintéressement, la
confraternité, la délicatesse, la modération et la courtoisie.
• La troisième catégorie concerne les principes à l'égard des clients : compétence, dévouement,
diligence et prudence

Section 1 – Le cadre juridique de la rémunération

§1 – Le cadre légal et réglementaire de la rémunération de l'avocat

A) Les textes

Pendant longtemps sous l'ancien régime les avocats recouvraient leurs honoraires en justice contre
leur clients ingrats. Les honoraires étaient calculés à l'année et ne pouvaient pas excéder un certain montant.
Au début du 17ème siècle les textes ont exigé que les avocats mentionnent un état retraçant le
montant perçu à titre d'honoraire. À l'époque les avocats étaient contre cette nouvelle règle et les avocats
avaient donc fait grève.
Au 19ème ils ont tenté d'échapper aux contrôle des juridictions devant lesquelles ils plaidaient et
se sont abstenus de tout recouvrement. D'après eux le paiement des honoraires doit manifester une volonté
du client qui doit en fait s'acquitter de ces honoraires de manière volontaire, spontanée.
C'est à la fin du 19ème siècle que les honoraires ont été reconnu comme un droit par un arrêté du
conseil de l'ordre en date du 3 juin 1899. On commence dès lors à protéger les droits des avocats.

Dans les principaux textes il y a la loi du 31 décembre 1971 régissant la rémunération des avocats
dans un tronc commun tout comme les décrets des 27 novembre 1991 et du 12 juillet 2005. Le RIN vient
également définir les contours de la rémunération d'avocat et donc au-delà de ces textes il ne faut pas oublier

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Déontologie des métiers juridiques

qu'il y a d'autres textes, textes spéciaux venant préciser les textes applicables à la rémunération d'avocat
(CPC, CP, Code de consommation et code de commerce).

B) Les interdictions

1) la prohibition de l'apporteur d'affaire

Le principe est que la rémunération d'apporteur d'affaires est interdite afin de prévenir toute
rémunération par l'avocat d'une personne qui n'aurait pas la qualité d'avocat que ce soit directement ou
indirectement. Ex : le versement de commissions.
Ex : Avocat qui exerce dans les mêmes locaux qu'un apporteur d'affaire non avocat pour le compte duquel il
établissait des promesses de vente portant sur des biens immobiliers dépendant d'une succession dont il
déclarait avoir la charge du règlement juridique.
Cette interdiction s'applique aux relations entre l'avocat et son client mais ne s'applique pas aux relations
entre avocats.

2) La prohibition du partage d'honoraire avec des non avocats

Un avocat n'a pas le droit de partager un honoraire avec des PP ou PM qui ne sont pas avocats. À la
différence de l'apporteur d'affaire rémunérant le seul fait pour un tiers bénéficiaire de la rémunération d'avoir
apporté le dossier à l'avocat, il y a ici dans le partage d'honoraires le plus souvent une prestation commune
qui est exécutée entre l'avocat et un autre professionnel : on parle alors de co-traitance. Typiquement ce sera
le cas dans les structures d'exercice interprofessionnelles (ex ; notaires et experts-comptable travaillant
ensemble au sein d'un même cabinet). L'intérêt de ces structures c'est qu'elles proposent aux client une plus
large diversité d'expertise et de prestation.
Même si le partage d'honoraire est autorisé, l'avocat devra toujours veiller à facturer sa propre rémunération
afférente à la prestation réalisée pour le compte du client commun, indépendamment et distinctement de la
rémunération des autres professionnels concernés. On ne fait pas de convention d'honoraire commune. On a
le client commun et on rédige la convention d'honoraire en tant qu'avocat et le notaire rédige également la
sienne.

3) la prohibition du pacte de QUOTA LITIS

Consiste à fixer à l'avance les honoraires en fonction du seul résultat à intervenir en associant
directement et exclusivement l'avocat aux chances du procès ou au résultat de l'opération. On fixe à l'avance
des montants d'honoraire et c'est interdit en France. L'honoraire de résultat est interdit en France. Il est
considéré comme nul d'une nullité absolue. Pas possible de fixer des honoraires en fonction des résultats.
La loi du 31 décembre 1971 interdit aux avocats d'être rémunérés via un pacte de quota litis mais cela ne
concerne pas les avocats étrangers : la loi ne leur est pas applicable. Pourquoi ? Car il n'est pas contraire à
l'ordre public international.
Dans le cadre d'un arbitrage international on pourra mettre en place un pacte de quota litis.

C) droit de la consommation

Les avocats sont soumis au droit de la consommation. C'est par la loi du 17 mai 2014 que l'on a
éclairci la notion. Un article préliminaire de la loi définit le consommateur comme toute personne physique
agissant à des fins n'entrant pas dans le cadre de son activité commerciale, artisanale ou libérale . Il vient
généraliser la pleine application du droit de la consommation à toutes les professions, même aux avocats.
Des clients personnes physiques peuvent être qualifiés de consommateur sans que cela ne puisse être
contesté. Quelle est la conséquence de l'application du droit de la consommation ? On va appliquer à
l'avocat :
• les règles sur la publicité et sollicitation personnalisée
• on va également faire peser une obligation d'information pré-contractuelle renforcée sur la tête

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de l'avocat.
• Il doit également y avoir un écrit pour protéger le consommateur et l'avocat.
• Il y a une application des règles relatives aux clauses abusives.

Section 2 – L'obligation d'information quant à la rémunération

§1 – Une obligation générale d'information pré-contractuelle

Il s'agit d'une obligation à laquelle l'avocat est tenu dès sa saisine par le client. C'est une obligation
générale d'information de son client sur les modalités de sa rémunération et des évolutions prévisibles de
son montant. Cette information sur le montant prévisionnelle est essentielle et c'est l'une des principales
causes des contentieux d'honoraires et elle ne vient pas violer le principe d'indépendance propre à la
profession d'avocat.
En matière de JP un juge a estimé qu'un avocat qui n'a pas fait connaître immédiatement à son
client le montant de ses honoraires de consultation ne peut les réclamer ensuite car aucune convention
d'honoraire n'avait été passée à cet effet et le client avait ensuite confié son dossier à un autre avocat et
avait donc pu croire que la consultation était gratuite.
C'est la raison pour laquelle l'avocat, dès qu'il reçoit un client pour la première consultation doit
lui indiquer quels sont ses honoraires et lui faire signer cette convention d'honoraire.
L'information doit être claire, compréhensive, loyale (pas d'honoraire caché) et si les critères de
l'information ne sont pas respectées, la convention pourra être reconnue comme nulle sur le terrain des
vices du consentement.
L'avocat doit indiquer au client les modalités d'évaluation de sa rémunération et les divers frais
prévisibles engendrés par l'affaire, par exemple les dépens (= sommes nécessaires d'exposer pour obtenir
une décision de justice, ex : rémunération d'experts) qui pourraient lui incomber.
L'information doit être précise, c'est-à-dire que l'avocat doit s'enquérir de la situation de son
client, notamment au regard de l'aide juridictionnelle. Pourquoi ? Pour pouvoir l'informer sur l'ensemble
des conditions relatives à la rémunération et à la prise en charge de celle-ci. Par exemple, un avocat qui a un
client bénéficiant de l'AJ totale, l'avocat doit informer son client des conditions de fixation de ses honoraires
si jamais l'AJ venait à cesser. → obligation d'information
En cas de non respect de cette obligation, si défaut ou mauvaise exécution de son obligation d'information
envers le client, l'avocat verra sa RC engagée, notamment s'il n'a pas informé le client de son droit à
bénéficier de l'AJ.

Il est toujours recommandé aux avocats d'être en mesure de proposer à des clients qui le demandent
de transmettre des conventions d'honoraires qu'ils ont l'habitude de proposer. (avocat ont des conventions
d'honoraire )

§2 – Affichage des prix pratiqués par l'avocat

C'est une obligation incombant à tout avocat par voie de marquage d'affichage et étiquetage.
Cette obligation vise à informer le client sur le coût des prestations et les conditions particulières de leur
exécution. Il se peut que la rémunération ne puisse pas être calculée à l'avance et notamment en raison de la
nature de la prestation de service. Dans ce cas l'avocat doit fournir à son client consommateur le mode de
calcul de sa rémunération et s'il y a lieu le mode de remboursement de tous les frais supplémentaires
éventuels générés par la réalisation de cette prestation.
L'autorité de la concurrence exige l'affichage dans le cabinet d'un document précisant les tarifs
les plus couramment appliqués, le coût de la consultation, ou du taux horaire. Ce document doit être
exposé à la vue du public et être lisible.
Tout manquement à cette obligation d'affichage fera peser sur l'avocat une amende administrative de 3000€
maximum pour un PP et 15 000€ pour une PM.

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§3 – L'obligation d'information pré-contractuelle spécifique

A) envers le consommateur
L111-2 Code de la consommation.

1) identification de l'avocat

L'avocat doit fournir au client consommateur toutes les informations utiles lui permettant de
l'identifier ou de le contacter : nom, dénomination sociale, statut, adresse du cabinet, coordonnés, afin de
permettre au client d'entrer rapidement et facilement en contact avec l'avocat.
L'avocat doit bien entendu indiquer son titre d'avocat et le barreau dont on dépend.

2) les informations sur la prestation

Pour le client consommateur, l'avocat doit fournir des informations relatives aux caractéristiques
essentielles de la prestation de service. Les informations concernées comprennent une description détaillée
des informations essentielles à la réalisation de l'information, les modalités de leur réalisation et le recours
éventuellement à l'externalisation (confrères, experts). L'avocat doit préciser les durées de la convention
d'honoraires et les conditions de sa réalisation.

3) charge de la preuve

En cas de litige relatif à l'application de l'obligation d'information pré-contractuelle, et si le client est


un consommateur, l'avocat devra apporter la preuve qu'il a exécuté les obligations pesant sur lui.
Le contenu des informations données et le fait que le client en ait pris connaissance peuvent figurer dans la
convention d'honoraire ou dans une annexe à celle-ci signée par le client et qui attestera en avoir pris
connaissance.
En cas de manquement il est prévu des sanctions pénales et administratives. Il pourra également y
avoir une nullité de la convention d'honoraire sur le terrain des vices du consentement. Article 1116 CC pour
la nullité relative ou L213 Code de la consommation qui prévoit une nullité absolue en cas de pratique
commerciale trompeuse.

B) Envers le professionnel

1) obligation d'établir une condition générale de prestation de service

Il doit communiquer ses conditions générales de prestation à tout demandeur de prestation de service
qui en fait la demande pour une activité pro. Ces conditions générales peuvent être différenciées selon la
catégorie des demandeurs de prestation de service. Par exemple selon que l'on fournit des prestations à un
professionnel en ligne ou non.

2) objet des conditions générales

Ces conditions générales sont destinées à constituer le socle unique de la prestation entre
l'avocat et son client. Il s'agit de protéger l'avocat contre un client qui voudrait lui imposer ses propres
conditions générales (d'achat pour le client). Cela n'empêche pas d'avoir des conditions particulières qui
figureront dans la convention d'honoraire et dans la lettre de mission.

3) Contenu des conditions générales

Elles contiennent les conditions de réalisation de la prestation, les conditions de règlement, le


montant de l'indemnité forfaitaire (si je dois faire appel à recouvrement), les sanctions (civiles en cas de
non communication des conditions générales 2millions d'euros maximum / Administratives 75 000€ Max PP

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et 375 000€ PM).


La charge de la preuve pèse sur l'avocat devant prouver l'existence du contenu et de la communication de ces
conditions générales.

Section 3 – La convention d'honoraires

§1 – Le contenu de la convention d'honoraire

A) la rémunération des prestations effectuées

Les honoraires sont fixés librement par l'avocat en accord avec son client mais doivent l'être dans le
respect des principes essentiels et notamment en respectant le principe de délicatesse, de dignité et de
modération. → Ainsi des honoraires excessivement bas peuvent porter atteinte à la dignité de l'avocat dès
lors qu'il ne s'agit pas d'une rémunération modeste mais d'un moyen de dumping vis à vis des confrères
notamment en matière de divorce.
La convention d'honoraire peut prévoir un honoraire de base pour des prestations dues à l'affaire un
prix horaire et un honoraire complémentaire de résultat.
• Concernant l'honoraire de base : il ne présente aucune difficulté dès lors qu'il est établi.
• Concernant le prix horaire pouvant être retenu comme base : l'élément inconnu qui le rend suspect
est que nul ne peut prévoir le nombre d'heures qui seront employées pour assurer la défense du client
dans telle affaire. Si on sait que ça nous prend un certain nombre d'heure, il fixe une fourchette
d'honoraire → on part sur un honoraire forfaitaire. Tiennent compte de la difficulté de l'affaire, de
l'argent des clients, des frais exposés par l'avocat, de la notoriété, et sa tient compte des diligences de
celui-ci.
L'article 11 du RIN précise un certain nombre d'éléments de référence permettant de déterminer le montant
des honoraires. Pour cela il s'inspire des critères consacrés par la JP. Temps consacré à l'affaire, travail de
recherche, nature et difficulté de l'affaire, l'importance des intérêts en cause, expérience et spécialisation de
l'avocat.
Trois formes de rémunération :
• Rémunération forfaitaire : consiste dans le fait que l'avocat peut recevoir d'un client des honoraires
de manière périodique, y compris sous forme forfaitaire. Un honoraire est fixé pour chaque affaire
dont l’avocat est chargé sous forme d’un prix forfaitaire pour le traitement de l’ensemble d’une
procédure, depuis la prise en charge du dossier jusqu’à la fin de la procédure OU l’avocat peut
accepter des forfaits annuels versés par mensualité et destinés à assurer le service juridique dont le
client a besoin et qui peut comprendre éventuellement un certain nombre d’affaires à plaider ou des
volumes de prestations de conseil. À la différence des prix unitaires appliqués aux taches ou nombres
d'heures réellement exécutés le prix forfaitaire s'appliquera quel que soit le nombre d'heures
exécutées. L'avocat doit donc pouvoir évaluer de manière a priori les prestations que la société peut
lui demander afin de proposer un forfait adapté en conséquence à la mission qui va lui être confiée.
Méthode de facturation utilisée le plus couramment dans la matière des prestations de service et
notamment des consultants.
• Rémunération à la tâche : Le recours à une facturation à la tâche est assez peu pratiquée en France.
Chaque tâche constituera la base du prix unitaire qui multiplié par le nombre de prestations
correspondantes donnera la rémunération globale. On peut alors prévoir des facturations par acte:ex
production d'une note juridique, validation d'un acte, ou l'étude sur un point de droit. Suppose une
définition précise du contenu de chaque tâche et de son prix unitaire.
• Rémunération au temps passé : Les prestations de service juridique sont trop souvent facturées au
taux horaires sans rapport avec l'appréciation qualitative. Utilisation d'un taux horaire voire de
taux horaires variables ou différenciées en fonction des avocats intervenants (associés un certain
prix, collaborateur un autre), ou encore en fonction des profils des clients, de la technicité du
dossier. Si ça apparaît comme une solution de facilité, rend la facturation peu contrôlable pour les
autorités et le client et ça génère un défaut de transparence source de contentieux.

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Déontologie des métiers juridiques

La cour de cassation a reconnu que le juge pouvait fixer le montant des honoraires sur la base des
critères énumérés à l'article 10 du RIN alors même que la convention d'honoraire prévoyait l'application
d'un taux horaire dès lors que « la seule appréciation du temps passé est parfaitement arbitraire et surtout
impossible à contrôler pour le client ». Et cela afin de prévoir une prévisibilité des honoraires. Ils
préconisent de recourir au tarif horaire plafonné en fixant un plafond au-delà duquel l’avocat ne facturera
plus les heures passées et correspondra au coût prévisible raisonnable des prestations envisagées.

B) la rémunération du résultat obtenu

Pratique connue sous le nom de PALMARIUM. Différente du pacte de QUOTA LITIS qui est interdit.
La clause de palmarium est une rémunération ne pouvant être que complémentaire et peut se dénommer
pacte de succès. Son avantage est que du point de vue du client ça évite le paiement de provision successive
au temps passé et permet d'impliquer plus étroitement l'avocat à la défense des intérêts de son client.
L'honoraire de résultat (clause de P) prend généralement la forme d'un pourcentage calculé sur les
sommes encaissées du montant de la transaction réalisée pour laquelle il est aussi possible de prévoir un
plafonnement. Cet honoraire de résultat doit être prévu dans la convention d'honoraire en plus de la
rémunération des prestations effectuées.
Aucun honoraire de résultat ne sera dû s'il n'est pas stipulé dans la convention d'honoraire. Le
consentement préalable du client ne peut donc se déduire ni de son silence ni d'une simple mention
apposée au bas des factures d'honoraires.
L'honoraire de résultat prévu par la convention ne se comprend que si le résultat défini par la
convention est définitif. Il n'est dû à l'avocat que quand il a été mis fin à l'instance par un acte ou décision
juridictionnelle irrévocable à la fin d'une négociation ou dans les conditions prévues par la convention.
Concernant le montant de l'honoraire de résultat il peut excéder l'honoraire principal convenu entre
les parties et peut représenter l'élément principal de la rémunération, sans pour autant être excessif.
S'il est vrai que le juge peut réviser le montant de l'honoraire de 1134 CC ancien, aujourd'hui
1103CC le juge ne peut le faire dès lors que le principe et le montant de l'honoraire ont été acceptés par le
client après service rendu.

C) dessaisissement de l'avocat

Les honoraires sont acquis à l'avocat dans la seule mesure du travail accompli. Si l'avocat ayant reçu
des honoraires se trouve empêché de remplir ou honorer sa tâche il doit proposer la restitution de la part
d'honoraire devenu injustifiée.
De la même façon l'avocat aura droit à ses honoraires en cas de dessaisissement du dossier pour le
travail déjà effectué.
Concernant l'effet du dessaisissement sur la convention d'honoraire. Si les honoraires sont dus à l'avocat,
reste à savoir comment la rémunération doit être déterminée. En principe, les diligences effectuées qui n'ont
pas fait l'objet d'un paiement doivent être déterminée en application des critères de l'article 10 et non
de ce qui est prévu par la convention d'honoraire.
L'avocat ne peut percevoir aucun honoraire de résultat avant la fin du litige ou avant que le résultat
contractuellement prévu ne soit définitivement atteint, faisant qu'en cas de dessaisissement en l'absence de
décision irrévocable, aucun honoraire complémentaire de résultat n'est en principe exigible.
Dès lors que le résultat final est obtenu par le second avocat, le premier avocat ne peut en principe se
prévaloir d'un droit au paiement même partiel de l'honoraire d'avocat.

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