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Les critères de choix des investissements

Un projet d’investissement ne peut être étudié sans prendre en compte plusieurs solutions possibles
pour l’entreprise. En effet, lorsqu’un problème d’investissement se présente, il est rare de n’avoir
qu’une seule façon de le résoudre : il faut alors effectuer l’étude des différentes variantes de ce
projet.

Pour cela, l’entreprise est obligée de définir des règles d’arbitrage appelés « critères de choix ». Mais
quels critères à prendre en compte ?

Le taux de rendement comptable


Il a pour but de mesurer la rémunération du capital permise par les revenus attendus du projet.

Le délai de récupération
Il est égal à la durée d’exploitation de l’équipement, nécessaire pour que les revenus dégagés
permettent de récupérer le montant de l’investissement.

La valeur actuelle nette


C’est la somme algébrique des valeurs actualisées de chacun des flux de trésorerie associés au projet
et diminué du montant de l’investissement initial.

Le taux interne de rentabilité


Il définit le taux d’actualisation qui annule la valeur actuelle nette.

1 La Valeur Actuelle Nette et le Taux Interne de Rentabilité

Fig1

On appelle Valeur Actuelle Nette (VAN) la somme algébrique des valeurs actualisées de chacun des
flux de trésorerie associés au projet et diminué du montant de l’investissement initial.

Le VAN est l’enrichissement prévisible de l’entreprise apporté par le projet de l’investissement.


T
−t
VAN = ∑ FNTt (1 + k ) − I
t =1
où :
• t désigne la période en cours, t = 0
• T désigne la dernière période, dite horizon,
• FNTt est le flux net de trésorerie pour la période t : recettes moins dépenses.
• I désigne l’investissement

Le Taux Interne de Rentabilité (TIR), quant à lui, est le taux d’actualisation qui annule le VAN. Si on
note k ce taux on a alors :

1
T
−t
VAN = ∑ FNTt (1 + k ) − I = 0
t =1

Le TIR peut encore être décrit comme le taux d’actualisation maximum acceptable auquel les revenus
du projet permettent de rémunérer le capital investi sans que l’opération devienne déficitaire.

Fig.2

2. Les critères comptables

Pour qu’un projet doit retenu, il faut non seulement qu’ils permettent de rembourser le capital
investi mais également qu’il assure une certaine rémunération de ce capital.

La mesure de cette rémunération peut s’effectuer par le calcul du taux de rendement comptable.

Ce taux est égal au rapport du revenu net au coût initial de l’investissement. Le revenu moyen annuel
net peut être, quant à lui, calculé comme la somme algébrique des flux nets de trésorerie divisée par
le nombre d’année d’exploitation.

Fig3

Exemple
- Durée d’exploitation (n) 5 ans
- Investissement initiale I : 10 000 frs
- Flux de trésorerie prévisionnel ( FNTt ) (recettes d’exploitation – dépenses d’exploitation)
relatifs à cet investissement : 3000 frs/an

2
n x FNT - I = revenu net total RNT/n = revenu moyen annuel Rma/I = taux de rendement
(RNT) (Rma) comptable
5 x 3000 - 10000 = 5000 frs 5000/5 = 1000 frs 100/10000 = 10%

Cependant, dans le cas général, il s’agit d’un instrument de mesure grossier de la rémunération du
capital.

En effet, la méthode de calcul attribut la même valeur à 1000 frs reçus aujourd’hui qu’à 1000 frs
reçus à une date éloignée dans le futur alors que, pour tout investisseur, l’utilité d’une somme
disponible rapidement est supérieure à celle d’une somme identique mais disponible plus tard.

Le délai de récupération est un autre critère comptable traduisant le désir de l’entreprise de ne pas
réaliser de projet dont la rentabilité s’appuierait sur des prévisions de revenus trop éloignés dans le
temps et donc considérés comme entachés d’un risque trop élevé.

Fig. 4

En prenant les hypothèses de l’exemple précédent la durée de récupération correspondant au projet


d’investissement est : T = 10000/3000 soit 3.33 années.

En ce sens, ce critère peut être recommandé aux


entreprises qui se trouvent alors dans un secteur industriel
où le progrès technique est très rapide et risque de rendre
rapidement obsolescents les techniques ou les matériels
actuels.

Inversement, ce critère présente l’inconvénient majeur d’oublier tout ce qui se


passe au-delà de la durée de récupération, ce qui risque de favoriser
systématiquement les petits investissements par rapport aux gros
investissements.

Fig.5

3
3. Notion d’actualisation

L’actualisation est un procédé de calcul qui permet de comparer des sommes d’argent disponibles à
des époques différentes.

Economiquement, en effet, une unité monétaire disponible dans 10 ans et la même unité disponible
tout de suite doivent être considérées comme deux actifs économiques distincts : le premier est
disponible immédiatement alors que le second ne le sera que dans 10 ans.

On préfère recevoir 2000 francs dès aujourd’hui. En effet, si l’on place cette somme (7%), on
disposera, dans un an, de 2140 (2000 x 1,07) francs. Cette solution est préférable au versement de
2100 francs à cette date.

Pour que l’on puisse disposer de A francs aujourd’hui, on doit les emprunter et être en mesure de les
rembourser dans un an, intérêts compris, avec les 2100 francs qui seront à cette date.

Si on emprunte x francs on devra rembourser x * 1,07 = 2100, d’où x = 2100/1,07 = 1962.

Par conséquent, recevoir 2100 francs dans un an est donc équivalent à recevoir 1962 francs
immédiatement et cette somme est bien inférieure aux 2000 francs payable aujourd’hui.

On vient ainsi de ramener 2100 francs à une valeur équivalente à la date initiale par l’opération
2100/1,07. On parle alors de « valeur actualisée » (rendue actuelle).

Pour comparer des revenues disponibles à des dates différentes ou des dépenses à effectuer à des
dates distinctes, on les ramène généralement à des montants payables aujourd’hui (c’est-à-dire à la
date où on fait le calcul) et c’est cette opération qu’on appelle l’actualisation.

Fig 6

Définition générale
- Le temps est repéré de manière discrète par une suite de date t = 0, 2, 2 …
- Il est possible de prêter ou d’emprunter à un taux d’intérêt i
- Emprunter x francs à la date t conduit à rembourser x(1+ i) francs à la date t+1

Si A.t désigne une recette ou une dépense à recevoir ou à payer à la date t, on appellera valeur
actuelle de cette recette ou de cette dépense et on notera A’ la somme définie par
A’=A .t/(1+i)^t

Dans cette expression, i est le facteur d’actualisation

4
4. Synthèse

Suivant le type d’équipements que l’opérateur souhaite installer, les solutions d’internalisation ou
d’externalisation présentent des avantages différents en terme de coûts.
 Stratégie d’internalisation en matière d’infrastructures lourdes du réseau : achats de BTS,
BSC, MSC
Dimension stratégique :
Ce choix s’explique tout d’abord par le fait que chaque opérateur possède sa propre stratégie
en matière de couverture de zone.
Des opérateurs x et y ne vont pas couvrir de la même manière un site géograpgique selon le
degré de qualité de service qu’ils veulent offrir à leurs clients.

Dimension technique :

Fig 7

Difficile aussi de partager les mêmes infrastructures car si cela ne s’accompagne pas d’une
densification du réseau et de plus, vu le nombre d’abonnés pour chaque opérateur, on
risquerait de voir apparaître une saturation du réseau actuel.

Coût des infrastructures (Prix unitaire en K€ pour l’année 1998)


TRX BTS BSC MSC
Coût du matériel 60 250 1 000 5 000
Construction et aménagement
500 700 10 000
des sites *
Location annuelle d'un site 20 100

* Cette activité est réalisée par le fabricant du matériel

 Stratégie d’externalisation en matière de Lignes Spécialisées : location de liaisons permettant


de relier BTS – BSC, BSC – MSC, ainsi que le raccordement au RTC.

La solution d’externalisation dans le cas de ces lignes est la plus appropriée


dans la mesure où elles sont déjà installées, ce qui permet de se substituer à
leur achat et à leur mise en place car ces 2 opérations présentent un coût
d’investissement important.

En cas d’absence de telles lignes, l’opérateur peut choisir une autre alternative
d’externalisation qui est celle de la location de canaux hertziens dont la
fonction est identique à celle des liaisons physiques.

Fig 8

5
Coût de la location des Liaisons Spécialisées : ces liaisons sont facturées selon leur longueur et
suivant la distance achetée de chacune de ces lignes, le prix est plus élevé (ex. en dessous de 15 kms
pour une liaison, 700 € /km.
La solution alternative de location de canaux hertziens est quant à elle plus coûteuse (15 000 € par
canal)

5. Conclusion
On trouve tout d’abord à la base l’opérateur de téléphonie mobile qui va créer une activité qui fera
intervenir successivement les fabricants d’infrastructures et les fournisseurs de liaisons (Orange,
SNCF, EDF, les sociétés d’autoroute …)

Parmi ces acteurs, l’opérateur peut alors choisir soit d’investir ou soit externaliser son activité, pour
cela il sera amené à utiliser les différentes méthodes d’évaluation d’un projet telles que la VAN, le TIR
… afin d’évaluer la rentabilité de chaque projet et de les comparer.

La position des opérateurs de téléphonie mobile en France, est très différentes, en effet Orange
s’avère être un fournisseur mais aussi le leader de la téléphonie mobile, ce qui témoigne de
l’intensité du rapport de force sur ce marché.