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Promotion 2011

Année 2
Enseignement diversifié 1
MEC431

Mécanique des milieux continus

Textes de contrôles des connaissances


proposés les années antérieures

Édition 2012
PRÉSENTATION

Ce recueil est une sélection de textes de contrôles des connaissances en Mécanique proposés
au cours des années passées, dans l’esprit de l’enseignement actuel. Afin d’en faciliter l’utilisation,
les thèmes principaux de chaque sujet sont indiqués avec les codes suivants :

A : déformations, cinématique

B : puissances virtuelles, contraintes

C : problèmes d’équilibre en élasticité

D : problèmes en petites perturbations

E : approches variationnelles en petites transformations

Évidemment C, D et E font appel à A et B.

***

14.11.05 (non classant) 1° : A, B ; 2° : A, B ...................................................................................................................... 5


26.01.06 1° : C ; 2° : B ; 3° : E ......................................................................................................................................................... 16
14.11.06 (non classant) 1° : A ; 2° : B ................................................................................................................................... 29
25.01.07 1° : A, D ; 2° : C ; 3° : approche microscopique ....................................................................... 39
13.11.07 (non classant) 1° : A ; 2° : B ; ............................................................................................................................... 53
24.01.08 1° : E ; 2° : C, D........................................................................................................................................................................ 62
14.11.08 (non classant) 1° : A, B ; 2° : B............................................................................................................................. 83
22.01.09 1° : D ; 2° : C, E........................................................................................................................................................................ 89
10.11.09 (non classant) 1° ; 2° : B ......................................................................................................................................... 101
21.01.10 1° : B ; 2° : D ; 3° : D, E ......................................................................................................................................... 111
08.11.10 (non classant) 1° : A ; 2° : B ................................................................................................................................. 124
20.01.11 1° : D ; 2° : E ............................................................................................................................................................................ 136
08.11.11 (non classant) 1° : A ; 2° : B ................................................................................................................................. 150
26.01.12 1° : E ; 2° : D ................................................................................................................................................................................................................ 158
4
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2004

CONTRÔLE NON CLASSANT


Mécanique des Milieux Continus - MEC431
du lundi 14 novembre 2005

Sujet proposé par MM. Patrick Le Tallec et Arnaud Poitou

Durée : 2 heures (10h30-12h30)

* * *

Les deux exercices sont indépendants.

1 Premier exercice : flexion simple d’une dalle de sec-


tion rectangulaire

Le but de l’exercice est d’interpréter les résultats en déformations et contraintes d’une


expérience de flexion quatre points d’une dalle de section rectangulaire. Dans sa confi-
guration de référence, la dalle occupe un parallélépipède (−L/2, L/2) × (−e0 /2, e0 /2) ×
(−P/2, P/2) de longueur initiale L le long de l’axe horizontal e1 , d’épaisseur initiale e0 le
long de l’axe vertical e2 , et de largeur P le long de l’autre axe horizontal e3 . La dalle est
placée entre quatre rouleaux A, B, C et D d’axe e3 , placés symétriquement par rapport
au plan (0, e2 , e3 ) comme indiqué sur la figure 1. Les rouleaux A et B sont situés à une
distance le du plan central (0, e2 , e3 ). La distance au même plan des rouleaux C et D est
li < le . On note par d > 0 l’écart entre les plans des rouleaux extérieurs et intérieurs.

D C

P e2
e

li e1

le
e3
A B
L

1: Géométrie de la poutre et du chargement

5
Chaque rouleau est piloté de manière à ne pouvoir se déplacer que dans un plan e2 , e3 .
Les forces exercées par les rouleaux sur la dalle sont verticales et opposées deux à deux

f A = TL e2 , f B = TR e2 , f C = −TR e2 , f D = −TL e2 .

On assimile pour simplifier les forces exercées par les rouleaux à des forces verticales ponc-
tuelles, exercées aux points (−le , x2 (A), 0), (le , x2 (B), 0), (li , x2 (C), 0) et (−li , x2 (D), 0),
(x2(A), x2 (B), x2 (C), x2 (D)) dénotant les coordonnées verticales des points d’application
de ces résultantes. Les efforts de pesanteur sont négligés. On n’étudie que les positions
d’équilibre de la dalle, ce qui signifie que les efforts d’accélération sont pris nuls dans tout
l’exercice.

La résolution des questions 2) à 4) portant sur la cinématique n’est pas nécessaire


∂e (θ)
pour aborder la fin de l’exercice. On rappelle aussi l’identité r = eθ (θ).
∂θ

Première partie - Équilibre global

1) Quelle condition doit relier les intensités TR et TL des efforts exercés par les rouleaux
si on veut qu’il existe une position d’équilibre de la dalle ?

Deuxième partie - Cinématique

2) On observe par analyse d’image que les droites matérielles d’axe e3 sont transfor-
mées en droites d’axe e3 . En déduire que les déplacements le long de e1 et e2 ne dépendent
pas de X3 .

3) On observe ensuite que les droites matérielles d’axe e1 et d’origine (0, X2 , X3 )


sont transformées en cercles concentriques de rayon r(X2 ), situés dans le plan (0, e1 , e2 ),
et dont le centre est le point O  = O  (X2 , X3 ) de vecteur position x = x0 e2 + X3 e3
(Figure 2). L’ordonnée x0 ne dépend pas des coordonnées X2 et X3 . En dénotant par
θ(X) l’angle entre la verticale descendante et le vecteur O M après déplacement, et par
er (θ) le vecteur radial unitaire associé, le mouvement observé est donc de la forme x(X) =
x0e2 + X3 e3 + r(X2 )er (θ(X)). On observe aussi que sur les extrémités X3 = +P/2 et
X3 = −P/2, les vecteurs matériels d’axes initiaux e1 et e2 restent orthogonaux après
transformation. Calculer le tenseur gradient de déformation F . Montrer que θ ne peut
dépendre que de X1 .

4) Calculer le tenseur des déformations de Green Lagrange. Montrer que les directions
e1 , e2 et e3 sont directions principales du tenseur des déformations. Expliquer sans calcul
pourquoi ce tenseur ne peut pas s’annuler en tout point.

Troisième partie - Statique

On note maintenant ri et re les rayons intérieurs et extérieurs de la dalle mesurés à


l’équilibre, et e = re − ri l’épaisseur finale. On essaie de construire en zone centrale un

6
O

θ
TL li TR

D C

e2 M

A B
e1 le

er

2: Configuration déformée : coupe dans le plan (0, e1 , e2 )

champ de contraintes en configuration déformée qui équilibre les efforts extérieurs imposés.
Pour ce faire, on se place en coordonnées cylindriques autour de l’axe constitué par les
centres des cercles déformés, avec z = X3 .

5) Quels sont la résultante et le moment résultant par rapport à l’origine des efforts
de contact exercés à travers la section θ = θ0 par la partie droite de la dalle sur la partie
gauche ? (Nous nous plaçons en zone centrale, donc la section θ = θ0 est à droite du
rouleau D et à gauche du rouleau C).

6) On fait l’hypothèse qu’en zone centrale (−θmax ≤ θ ≤ θmax ), les composantes du


tenseur des contraintes σ de Cauchy sont des fonctions linéaires de r, et sont indépendantes
de θ et z. À l’aide des conditions aux limites en z = P/2 et en r = ri ou r = re , montrer
que les contraintes σrz , σθz , σzz , σθr et σrr doivent alors être identiquement nulles. En
déduire qu’il ne peut pas y avoir de champ en équilibre qui prenne la forme indiquée en
zone centrale.

7) On garde toutes les hypothèses sur le champ de contraintes sauf pour la contrainte
σrr que l’on prend quelconque. Calculer le tenseur des contraintes. Quels sont les points
où les faces de normale eθ sont en traction ? En compression ?

(Aide : on écrira la première équation d’équilibre par rapport à la variable rσrr .)

7
2 Deuxième exercice : le rhéomètre cône plan

Le problème a pour but d’étudier un rhéomètre cône-plan qui permet de tester expéri-
mentalement le comportement mécanique de matériaux de type pâtes à mi-chemin entre
fluides et solides (polymères, suspensions concentrées, fluides agro-alimentaires etc...).
Sous forme schématique, un tel rhéomètre est constitué de trois solides S1, S2 et S3 :
– S1 est un cône d’angle au somment α,
– S2 est un cylindre de rayon R d’épaisseur e,
– S3 est le volume limité dans sa partie supérieure par S1, dans sa partie inférieure
par S2, dont l’équation en coordonnées sphériques est :
α < θ < π/2, 0 < ϕ < 2π, 0 < r < R .

S1
α
S3
r
O
S2 e

3: Géométrie du rhéomètre cône-plan

Les solides S1, S2 et S3 sont le siège de contraintes engendrées dans la pratique par
la mise en rotation du cône S1, tout en laissant fixe le cylindre S2. Ces trois solides sont
plongés dans l’air, fluide soumis à une pression atmosphérique supposée uniforme pa .

Première partie - Cinématique

Les solides S1 et S2 sont indéformables : S1 tourne autour de ez à une vitesse angulaire


ω0, S2 est fixe, et le mouvement de S3 est caractérisé en description Eulérienne par le
champ de vitesse écrit en coordonnées sphériques par
U = r sin θω(θ)eϕ .
1) Dans ce cadre, quel type de mouvement subit le cône matériel d’équation θ =
constante. Écrire les conditions à satisfaire par ω(θ) en θ = α et θ = π/2 pour que le
champ de vitesse soit continu à l’interface entre d’une part S3 et S1 et d’autre part S3 et
S2.

2) Calculer le tenseur de taux de déformation dans S3. Interpréter votre résultat.

8
Deuxième partie - Statique

On suppose que dans S3, l’état de contraintes est caractérisé par un tenseur

σ 3 = s1l + σθϕ (eθ ⊗ eϕ + eϕ ⊗ eθ ) ,

où s et σθϕ sont deux fonctions de l’espace qui ne dépendent pas de ϕ. Dans S1 et S2,
l’état de contraintes est respectivement caractérisé par les tenseurs σ 1 et σ 2 .

3) Écrire toutes les relations satisfaites par σ 3 à l’intérieur et à la surface de S3 pour


que le système soit à l’équilibre.

4) Montrer que s est une constante que l’on exprimera en fonction des données du
problème.

5) Supposant dorénavant que σθϕ est uniquement une fonction de θ, déterminer σθϕ à
une constante près.

6) Calculer la résultante des efforts exercés par S2 sur S3. En déduire la résultante
des efforts exercés par S1 sur S3.

7) Montrer que le moment au point O des efforts appliqués par S1 sur S3 s’écrit sous
la forme
M = Cez .
8) En déduire l’expression de σ 3 en fonction de pa et de C.

3 Annexe : Équations de la dynamique

Les équations locales de la dynamique

ργ = div σ + ρF sur Ω en référentiel galiléen ,

sont valables quelque soit la base utilisée pour développer le tenseur des contraintes. Nous
les rappelons ci-dessous dans les bases de travail usuelles.

ATTENTION : il y a une erreur dans les notes de cours dans la seconde des
équations d’équilibre en sphérique. La bonne version est indiquée ci-dessous.

En coordonnées cartésiennes, elles s’écrivent

∂σxx ∂σxy ∂σxz


ργx = + + + ρFx ,
∂x ∂y ∂z
∂σyx ∂σyy ∂σyz
ργy = + + + ρFy ,
∂x ∂y ∂z
∂σzx ∂σzy ∂σzz
ργz = + + + ρFz .
∂x ∂y ∂z

9
En calculant la divergence en coordonnées cylindriques, on trouve de manière similaire

∂σrr 1 ∂σrθ ∂σrz σrr − σθθ


ργr = + + + + ρFr ,
∂r r ∂θ ∂z r
∂σθr 1 ∂σθθ ∂σθz σrθ
ργθ = + + +2 + ρFθ ,
∂r r ∂θ ∂z r
∂σzr 1 ∂σzθ ∂σzz σzr
ργz = + + + + ρFz .
∂r r ∂θ ∂z r

Le calcul en coordonnées sphériques donne enfin

∂σrr 1 ∂σrθ 1 ∂σrϕ 2σrr − σθθ − σϕϕ + σrθ cot θ


ργr = + + + + ρFr ,
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r

∂σθr 1 ∂σθθ 1 ∂σθϕ (σθθ − σϕϕ ) cot θ + 3σrθ


ργθ = + + + + ρFθ ,
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r

∂σϕr 1 ∂σϕθ 1 ∂σϕϕ 3σϕr + 2σϕθ cot θ


ργϕ = + + + + ρFϕ .
∂r r ∂θ r sin θ ∂ϕ r

10
CORRIGÉ

1 Premier exercice : flexion simple d’une dalle de sec-


tion rectangulaire

Première partie - Équilibre global

1) Conditions sur les efforts extérieurs

Par application du thèorème d’Euler appliqué à l’ensemble de la dalle, en l’absence


d’efforts d’accélération, la résultante et le moment résultant des efforts extérieurs doivent
être nuls. La seule composante qui n’est pas identiquement nulle par hypothèse est la
composante du moment sur e3 . Elle s’écrit

M3 = TL X1 (A) − TL X1 (D) + TR X1 (B) − TR X1 (C) .

Par construction, on a X1 (A) = −X1 (B) = −le et X1 (D) = −X1 (C) = −li , et donc cette
composante s’écrit
M3 = (le − li )(TR − TL ) .
Pour qu’elle soit nulle, on doit avoir égalité des intensités TL = TR = T , ce qui était
relativement intuitif.

Deuxième partie - cinématique

2) Par hypothèse, un vecteur matériel infinitésimal dM 0 = |dM0 |e3 porté en un point


X quelconque par une droite d’axe e3 est transporté en un vecteur dM = F (X) · dM 0
lui-même porté par une droite d’axe e3 , donc de la forme dM = λ3 (X)|dM0 |e3 . On a donc

F (X) · (|dM0 |e3 ) = λ3 (X)|dM0 |e3 .

Après simplification par |dM0 |, et en développant le tenseur F dans la base {ei }, il vient

F (X) · e3 = Fi3 ei = λ3 (X)e3 ,

ce qui implique
F13 (X) = F23 (X) = 0, F33 = λ3 .
Mais par construction de F à partir de l’application linéaire tangente, on a

∂x1 ∂x2
F13 (X) = = 0, ∀X, F23 (X) = = 0, ∀X
∂X3 ∂X3
ce qui signifie bien que la position de l’image de X dans le plan (0, e1 , e2 ) et donc son
déplacement suivant ces axes ne dépend pas de X3 .

11
3) Par hypothèse, le déplacement x − X est donné par

ξ = x0 e2 + r(X2 )er (θ(X)) − X1 e1 − X2 e2 .

D’après la question précédente, il ne dépend pas de X3 . Donc l’angle θ(X) ne dépend pas
∂x
de X3 . Un calcul direct de F = donne maintenant
∂X
∂x ∂θ ∂θ
F · e1 = = r(X2 )eθ (θ(X)) = r(X2 ) e (θ(X)) ,
∂X1 ∂X1 ∂X1 θ
∂x ∂θ
F · e2 = = r  (X2 )er (θ(X)) + r(X2 ) e (θ(X)) ,
∂X2 ∂X2 θ
∂x
F · e3 = = e3 .
∂X3
La condition d’orthogonalité des vecteurs F · e1 et F · e2 en X 3 = −P/2 donne ensuite

∂θ ∂θ
0 = r 2 (X2 ) .
∂X1 ∂X2
∂θ
Comme F · e1 ne peut être nul pour des raisons d’injectivité, le produit r(X2 ) ne peut
∂X1
pas s’annuler, et donc la condition d’orthogonalité implique que l’on doit avoir
∂θ
(X) = 0, ∀X .
∂X2
Le tenseur F est alors finalement donné par

∂θ
F (X) = r(X2 ) e (θ(X1 )) ⊗ e1 + r  (X2 )er (θ(X1 )) ⊗ e2 + e3 ⊗ e3 .
∂X1 θ
4) Par construction, on a
ñÇ å ô
1 1 ∂θ 2 Ä ä
e = (t F · F − 1l) = 2
r (X2 )( ) − 1 e1 ⊗ e1 + r  (X2 )2 − 1 e2 ⊗ e2 .
2 2 ∂X1

Il diagonalise bien en base {ei }, ce qui était attendu car des vecteurs matériels parallèles
à ces axes restent orthogonaux entre eux après transformation. Le tenseur ne peut pas
s’annuler en tout point car sinon on aurait affaire à une isométrie, et une isométrie ne
transforme pas une droite en cercle.

Troisième partie - cinématique

5) Par application du théorème d’Euler sur le sous système Ω formé par la partie
gauche de la poutre, on doit avoir

R = 0, M  = T (−X1 (A) + X1 (D))e3 = T d e3 .

12
6) L’écriture des conditions aux limites sur les faces x3 = +P/2 donne

σrz = σθz = σzz = 0 si X3 = P/2 .

Comme ces champs ne dépendent pas de X 3 par hypothèse, ils sont donc nuls en tout
point.

L’écriture des conditions aux limites sur les faces r = re et r = ri donne en plus

σrθ = σrr = 0 si r = ri ou si r = re .

Ces champs s’annulant en deux points, et étant linéaires en r s’annulent donc en tout r.
L’écriture de l’équilibre sur la direction er donne enfin σθθ = 0.

On trouverait ainsi un champ de contraintes identiquement nul, ce qui ne permettrait


pas de générer un moment résultant non nul.

7) On reprend la question en laissant le champ σrr libre. Comme en question (6), les
champs σrz , σθz , σzz et σθr doivent être identiquement nuls en zone centrale. En écrivant
les conditions sur la résultante et le moment résultant des vecteurs contraintes exercés sur
les faces de normale eθ , on trouve par ailleurs, sous la notation rm = (ri + re )/2
r=re
P σθθ (r)eθ dr = 0 ,
r=r
r=ri e
P (r − rm )σθθ (r)dr = M3 .
r=ri

Sachant que par hypothèse σθθ (r) est une fonction linéaire de r de la forme

σθθ (r) = a(r − rm ) + b

ces égalités se réduisent à


2a Å e ã3
b = 0, P = M3 ,
3 2
ce qui donne
12d
σθθ (r) = T (r − rm ) .
P e3
Les faces de normale eθ sont en traction en partie inférieure (r > rm ) et en compression
en partie supérieure. Il reste à déterminer σrr que l’on obtient par résolution de l’équation
d’équilibre suivant er et des conditions aux limites associées

∂(rσrr )
= σθθ , σrr (ri ) = σrr (re ) = 0 .
∂r
On obtient directement par intégration
ñ Å ã2 ô
6d e
rσrr (r) = T 3
(r − rm ) −
2
.
Pe 2

13
2 Deuxième exercice : le rhéomètre cône plan

Cet exercice illustre le fonctionnement d’un appareil de mesure appelé rhéomètre cône-
plan dont le but est de mesurer les propriétés d’écoulement d’une pâte : on cisaille la pâte
entre le cône et le plan. On mesure le moment des efforts extérieurs nécessaire pour faire
tourner le cône à une vitesse angulaire ω0 et on caractérise ainsi le comportement du
matériau.

Première partie - Cinématique

1) Dans ce mouvement, les cônes matériels d’équation θ = Cte ont un mouvement de


rotation (donc de corps solide indéformable) autours de ez à une vitesse angulaire ω(θ).
La condition de continuité du champ de vitesse s’écrit simplement
ω(π/2) = 0, ω(α) = ω0 .
2) En utilisant le formulaire du cours en coordonnées sphériques, on trouve
1 1
d = (t grad U + grad U ) = sin θ ω  (θ)(eθ ⊗ eϕ + eϕ ⊗ eθ ) .
2 2
Dans cette description, le matériau est cisaillé entre les deux directions eϕ et eθ .

Deuxième partie - Statique

3) Les équations d’équilibre satisfaites par σ 3 s’écrivent

div σ 3 = 0 sur S3 ,
[[σ · n]] = 0 aux interfaces entre S3 et S1 ou entre S3 et S2 ,
σ 3 · er = −pa er sur la frontière extérieure r = R .
De façon plus explicite, compte tenu de la forme du tenseur des contraintes, les équations
d’équilibre locales div σ 3 = 0 sur S3 se réduisent à
∂s
(1) =0,
∂r
1 ∂s
(2) =0,
r ∂θ
1 ∂σθϕ 2
(3) + σθϕ cot θ = 0 .
r ∂θ r
4) Les équations (??) et (??) et les hypothèses de l’énoncé montrent que s est une
constante. De plus, la condition aux limites sur l’extérieur donnent ser = −pa er ce qui
implique s = −pa en tout point.

5) L’intégration de l’équation (??) donne


dσθϕ cos θ
= −2
σθϕ sin θ

14
ce qui implique
A
σθϕ = .
sin2 θ
6) Soient F 13 la résultante des efforts exercés par S1 sur S3, F 23 la résultante des
efforts exercés par S2 sur S3 et F a la résultante des efforts de pression exercés par l’air
sur S3. D’après notre calcul de contraintes

F 23 = σ 3 · n da = −sπR2 ez = pa πR2 ez .
S2∩S3

La résultante des efforts de pression exercés par l’air sur S3 s’obtient par un calcul simi-
laire. Elle est égale à F a = −pa πR2 (1 − sin2 α)ez . Par équilibre global de S3 en l’absence
d’accélération, on a
F 13 + F 23 + F a = 0 ,
ce qui implique
F 13 = −pa πR2 sin2 α ez .
7) Le calcul est identique en termes de moment. Soient M 13 le moment résultant des
efforts exercés par S1 sur S3, M 23 le moment résultant des efforts exercés par S2 sur S3
et M a le moment résultant des efforts de pression exercés par l’air sur S3. D’après notre
calcul de contraintes
R
2πR3 A
M 23 = OM ∧ σ 3 · n rdrdϕ = +( 2πr 2 σθϕ (π/2)dr)ez = + ez .
S2∩S3 0 3
Le moment des efforts de pression exercés par l’air sur S3 est nul car la force de pression
est alignée sur OM. Par équilibre global de S3 en l’absence d’accélération, on a

M 13 + M 23 + M a = 0 ,

ce qui implique
2πR3 A
M 13 = −M 23 = − ez .
3
8) On peut donc calculer la constante d’intégration A en fonction de C, ce qui amène
à l’expression recherchée
3C 1
σ 3 = −pa 1l − (e ⊗ eϕ + eϕ ⊗ eθ ) .
2πR3 sin2 θ θ

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ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2004

CONTRÔLE CLASSANT
Mécanique des Milieux Continus - MEC431
du jeudi 26 janvier 2006

Sujet proposé par MM. Olivier THUAL et Patrick LE TALLEC


Durée : 4 heures
L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.
Les trois problèmes sont indépendants.
Le troisième problème devra être rédigé sur une copie distincte des deux autres.
* * *

PROBLÈME 1
Méthode des déplacements
Essai triaxial en grandes transformations élastiques

()

Figure 1: Géométrie de l’essai triaxial. Configuration initiale et configuration déformée.

On considère un matériau élastique compressible dont l’énergie libre, fonction de la


température T et du tenseur des déformations de Green Lagrange e entre configuration
actuelle et configuration initiale, est supposée de la forme
λ(T ) 2
ρ0 ψ(e, T ) = Tr e + μ(T )e : e − k(T − T0 )Tre + a(T )(J − ln J) + ρ0 eT (T ).
2
Les notations sont celles du cours. En particulier, le jacobien J est égal au déterminant
du gradient de transformation
 
J = det F = det C = det (1l + 2e),

16
et ln J dénote son logarithme népérien.

On se propose d’étudier ce matériau à l’aide d’un essai triaxial isotherme, dans lequel
un échantillon cylindrique homogène de ce matériau est placé entre deux plateaux lisses
avec lesquels il est en contact sans frottement. Tout en maintenant la température de
l’échantillon constante, les deux plateaux sont ensuite rapprochés d’une distance δb0 , et
la face latérale de l’échantillon est soumise à une pression p. La configuration initiale de
l’échantillon est un cylindre Ω0 de section circulaire, de rayon R0 et de hauteur b0 . La
configuration déformée sera dénotée Ω(t). Les surfaces inférieure, supérieure, et latérale
de l’échantillon seront respectivement dénotées par S0 , Sb et Se en configuration initiale
et par S0 (t), Sb (t) et Se (t) en configuration déformée.

Les efforts de gravité et d’accélération sont négligés dans tout le problème.


1. Montrer que dans le cas isotherme T = T0 , la loi de comportement du matériau
considéré se réduit à
Σ = λ(Tre)1l + 2μe + a(J − 1)C −1 .
On rappelle le calcul de la dérivée du déterminant
∂det C
= (det C)C −1 .
∂C

2. On suppose que le champ de déplacement subi par le matériau dans l’essai triaxial
isotherme est de la forme ξ = −δX. Déterminer la pression p qu’il faut imposer sur la face
latérale Se (t) pour que ce champ de déplacement soit effectivement la solution d’équilibre
observée dans l’essai.
3. Après avoir déterminé le tenseur des contraintes de Cauchy associé au champ de
déplacement ci-dessus, calculer la résultante des efforts exercés par la face supérieure
Sb (t) de l’échantillon sur le plateau supérieur. Discuter sa limite dans des situations de
compression infinie (δ → 1), de traction infinie (δ → −∞) ou de petites transformations
(|δ| << 1), dans les deux cas a = 0 et a > 0.

PROBLÈME 2
Équations d’équilibre et critère de rupture : faille oblique

Représentation de Mohr et critère de Tresca


La représentation de Mohr d’un tenseur des contraintes de Cauchy σ consiste à associer
à chaque vecteur unitaire n le couple (σ, τ ) du demi-plan IR × IR+ où σ = n · σ · n
est la contrainte normale et τ = τ  est la norme de la contrainte tangentielle τ =
σ · n − (n · σ · n) n. On note σIII ≤ σII ≤ σI les trois valeurs propres de σ et eIII , eII , eI
les vecteurs propres unitaires associés. On trace les trois demi-cercles qui coupent l’axe
τ = 0 en ces valeurs (voir la figure 2). Ils sont de diamètre σK − σL , les indices K et
L prenant les valeurs I, II ou III, avec K < L. On admettra sans démonstration que
les points (σ, τ ) décrivent le domaine (en grisé sur la figure) compris à l’intérieur du plus
grand cercle et à l’extérieur des plus petits lorsque n varie dans toutes les directions. On
admettra de même que le couple (σ, τ ), lorsqu’il est situé en un point P sur le demi-cercle
coupant l’axe τ = 0 en σK et σL , est associé à une normale n qui appartient à l’espace

17
vectoriel engendré par (eK , eL ). De plus, l’angle entre eK et n est égal à la moitié de
l’angle joignant sur le demi cercle le rayon passant par P et l’axe des σ.

Figure 2: Représentation de Mohr d’un tenseur des contraintes σ.

Le critère de Tresca définit la frontière du domaine d’élasticité d’un matériau par la


limite f ( σ) = 0, où la fonction de charge est définie par la relation
f ( σ) = sup {σK − σL − σ0 |K, L = I, II, III}
dans laquelle σI , σII et σIII désignent les contraintes principales et σ0 est une constante
caractéristique du matériau.

1. Dans le cas où f ( σ) = 0, déduire de la représentation de Mohr de σ la valeur de


la contrainte tangentielle maximale τ0 obtenue en faisant varier la normale n dans toutes
les directions.

État d’équilibre d’un sol en traction latérale


On modélise ici un système de contraintes exercées dans un sol avant un tremble-
ment de terre. On considère un référentiel R muni d’un repère cartésien orthonormé
R = (O, ex , ey , ez ) comme indiqué sur la Figure 3. La surface du sol est le plan horizontal
d’équation z = 0. On s’intéresse à un domaine Ω délimité par les surfaces z = 0 et
z = −h.

Figure 3: Géométrie du modèle de sol étudié.

Le sol est constitué d’un matériau homogène et isotrope, de masse volumique ρ. Il


est soumis au champ de gravité g = −g ez . On suppose que la surface z = 0 est libre

18
de contraintes (on néglige la pression atmosphérique). On s’intéresse à l’état d’équilibre
pour lequel les contraintes sont modélisées par le tenseur de Cauchy

σ(x) = σe (z) ex ⊗ ex − P (z) ez ⊗ ez (1)

où σe (z) = σh + β z avec σh > 0 et β > ρ g. On suppose que σh = βh de sorte que σe (z)


reste positif pour tous les points x de Ω.

2. Calculer P (z).

Rupture ou tremblement de terre

On modélise ici l’apparition de failles obliques dans le sol lors de tremblements de terre.
On suppose pour cela que la rupture est possible dès que f ( σ) ≥ 0, où f est la fonction de
charge du critère de Tresca de constante caractéristique σ0 . On suppose aussi que cette
rupture se produit le long des faces soumises aux efforts de cisaillement maximum.

a) b)

Figure 4: a) Schéma simplifié d’une faille oblique. b) Faille oblique produite par un
tremblement de terre de magnitude 7,2 en 1993 (www.ngdc.noaa.gov). La route (en
blanc) s’est écartée de 2m environ.

3. On suppose tout d’abord que σh < σ0 . Montrer que f ( σ) ≤ 0 sur le domaine Ω.

4. Dans le cas où σh devient supérieur à σ0 , calculer la cote zb ≤ 0 au-dessus de


laquelle la rupture est possible.

5. Pour z = 0, calculer le module maximum τm de la contrainte tangentielle τ et les


directions n pour lesquelles ce maximum est atteint ?

6. Proposer une explication de l’angle π/4 que fait, avec ez , la normale au plan de la
faille oblique observée sur la figure 4, ainsi que son appartenance au plan engendré par ex
et ez .

7. Dans quel sens varie cet angle lorsque l’on remplace le critère de Tresca par le
critère de rupture de Bylerlee qui s’écrit τm > σ0 /2 + γ σ avec γ > 0 ?

19
CHANGER DE COPIE

PROBLÈME 3
Méthode de Ritz : déformation d’une pastille confinée

On étudie ici la déformation thermoélastique d’une pastille d’oxyde d’uranium dont


la configuration de référence, libre de contraintes, est celle d’un cylindre Ω0 de rayon a et
de hauteur b lorsque qu’elle est à la température uniforme T0 (voir la figure pour le choix
du repère orthonormé Oxyz). On note S0 et Sb les disques de la frontière ∂Ω0 de cotes
respectives z = 0 et z = b, et Se la surface cylindrique.

Conditions aux limites

La pastille est confinée dans une cavité fermée (gaine), considérée ici comme indéformable,
qui contraint ses configurations déformées Ω(t) à vérifier Ω(t) ⊂ Ω0 . Dans un premier
temps, on suppose que la pastille est en contact sans frottement avec la cavité sur toute
sa frontière (∂Ω(t) = ∂Ω0 ) ce qui entraîne que les contraintes tangentielles sont nulles sur
toute la surface ∂Ω0 .

1. Écrire toutes les conditions aux limites (en déplacements et en efforts) de ce prob-
lème.

Approximations de Ritz et solutions exactes

Le dispositif est placé dans le coeur d’un réacteur nucléaire et l’on s’intéresse aux con-
traintes subies par la pastille lors des variations de température résultant de la réaction
nucléaire. On suppose que le champ de température à l’intérieur de la pastille s’écrit
 2
A 2 B b
T (x) = T0 + τ0 − r − z− (2)
2 2 2

20
où τ0 , A et B sont des constantes positives.

On néglige les forces de gravité, on se place dans le cadre des petites transforma-
tions autour de la configuration de référence Ω0 de température T0 et l’on suppose que
l’évolution est quasi-statique. On suppose que le comportement de la pastille est donné
par la loi de Hooke  
σ = λ Tr 1l + 2 μ − k (T − T0 ) 1l.
On note W(ξ  ) = W2 (ξ  )+W1 (ξ  ) l’énergie libre permettant d’appliquer le principe du po-
 
2
tentiel minimum en déplacements où W2 (ξ  ) = Ω0 12 λ Tr (ξ  ) + μ (ξ  ) : (ξ  ) dΩ0

est l’énergie élastique quadratique et W1 (ξ  ) = Ω0 −k (T − T0 ) Tr (ξ  ) dΩ0 est la con-
tribution aux efforts intérieurs du chargement thermique.

On note ξ (A) (x) et ξ (B) (x) les solutions exactes des problèmes thermoélastiques corre-
spondant aux chargements thermiques T (x) particuliers d’expressions respectives
 2
(A) A B b
T (x) = T0 + τ0 − r 2 et T (B)
(x) = T0 − z− . (3)
2 2 2
(A)
2. On cherche à déterminer ou approcher ξ (A) (x) dans l’espace Ch des champs de
déplacements de la forme ξ  (x) = U (r 3 − a2 r) er où U est une constante indéterminée.
Justifier le choix de cet espace.

3. Calculer W(ξ  ) pour les éléments de cet espace.


(A)
4. Déterminer le champ ξ (A)
h
(x) qui minimise cette énergie libre dans l’espace Ch .

5. Montrer que la solution ξ (A)


h
(x) trouvée est la solution exacte du problème corre-
spondant au chargement thermique induit par le champ de température T (A) (x).
(B)
6. On considère l’espace Ch des champs de déplacements
 
 3 3 2 b2
ξ (x) = V z − b z + z ez
2 2

où V est une constante indéterminée. Déterminer le champ ξ h(B) de cet espace tel que
le champ de contrainte associé à ce champ et à l’échauffement T (B) (x) − T0 par la loi
de comportement vérifie les équations d’équilibre locales écrites sur Ω0 . Vérifier que ce
champ de contraintes vérifie alors les conditions de contact sans frottement sur le bord de
Ω0 .
(B)
7. Montrer que la solution ξ h(B) minimise l’énergie libre W sur l’espace Ch .

8. Montrer que le champ de déplacement ξ h (x) = ξ (A)


h
(x)+ξ h(B) (x) est la solution exacte
du problème correspondant au chargement thermique induit par le champ de température
T (x) = T (A) (x) + T (B) (x) − T0 .

21
Contact unilatéral et forme de tonneau (barrel en anglais)

On envisage maintenant des situations où le contact entre la frontière ∂Ω(t) de la pastille


et la cavité ∂Ω0 peut être partiel (Ω(t) ⊂ Ω0 ) et on suppose que la surface est libre de
contraintes en l’absence de contact. Une condition nécessaire pour l’existence d’un contact
au point x est donc T (x) · n ≤ 0 où T (x) est le vecteur contrainte exercé sur la surface.

9. Calculer, sur chacune des faces de la pastille, le champ de vecteur contrainte T h (x)
associé au champ de déplacement ξ h (x).

10. En déduire que la contrainte normale T h (x) · n est négative sur toute la surface
∂Ω0 si et seulement si τ0 > τc où τc est une constante que l’on déterminera.

11. Expliquer, schématiquement, pourquoi la pastille prend la forme d’un tonneau


pour τ0 ≤ τc .

22
CORRIGÉ

PROBLÈME 1
Méthode des déplacements
Essai triaxial en grandes transformations élastiques

Loi de comportement.

1. La loi de comportement s’obtient par un calcul direct de gradient comme indiqué


en chapitre 10
∂ψ
Σ = ρ0 .
∂e |T
Mais nous avons
∂Tr2 e
= 2Tre 1l,
∂e
∂e : e
= 2e,
∂e

∂ det (1l + 2e) 1 ∂det C ∂C 1
=  · = (det C)C −1 ,
∂e 2 det (1l + 2e) ∂C ∂e det (C)

d’où la formule proposée quand T = T0 .

Equilibre

2. On cherche maintenant à regarder si la solution ξ = −δX peut être solution du


problème d’équilibre défini par l’essai triaxial et caractérisé par les équations d’équilibre

div σ = 0 sur Ω(t),

et par les conditions aux limites

ξz = −δZ sur S0 (0) ∪ Sb (0),


Tθ = Tr = 0 sur S0 (t) ∪ Sb (t),
T = −pn sur Se (t).

Par construction, le champ de déplacement proposé vérifie les conditions en déplacement


imposé. Par dérivation, on trouve ensuite que le gradient de déformation est de la forme

F = 1l + ∇ξ = (1 − δ)1l.

23
Sous la notation α = 1 − δ, les tenseurs des déformations et de contraintes sont ensuite
donnés par

C = t F · F = α2 1l,
J = det F = α3 ,
1 1
e = (C − 1l) = (α2 − 1)1l,
2 2 
(α2 − 1) a 3
Σ = (3λ + 2μ) + 2 (α − 1) 1l,
2 α
 
1 (α2 − 1) a 3
σ = F · Σ · F = (3λ + 2μ)
t
+ 3 (α − 1) 1l.
J 2α α
Le champ de contraintes de Cauchy ainsi calculé est homogène, donc il vérifie les équations
d’équilibre. Il vérifie aussi toutes les conditions aux limites à condition que la pression
soit donnée par
(−α2 + 1) a
p = −er · σ · er = (3λ + 2μ) + 3 (−α3 + 1)
2α α
avec δ = δb0 /b0 et α = 1 − δ.

Donc, pour cette valeur de pression, le champ de déplacement proposé sera solution
du problème d’équilibre étudié.

Résultante

3. La force résultante est obtenue par intégration du vecteur contrainte sur la face
supérieure après déformation

(α2 − 1) aπR02 3
F = σ · ez da = −α2 πR02 pez = (3λ + 2μ)απR02 + (α − 1)ez
Sb (t) 2 α

le facteur α2 πR02 correspondant à l’aire de la face supérieure après déformation.

A la limite des compressions infinies (α → 0 ce qui implique J → 0), cette résultante


est nulle si a est nul, et tend vers l’infini sinon. La première situation n’est pas réaliste.
L’énergie libre construite avec a = 0 ne peut donc pas représenter correctement le matériau
à la limite des compressions infinies. Par contre, écrite avec un terme a non nul, on obtient
une force en 1/α qui semble raisonnable.

A la limite des extensions infinies (α → ∞), la force tend dans les deux cas vers l’infini
en O(α3), ce qui semble raisonnable.

Dans le cadre des petites déformations (α = 1 − δ, |δ| << 1), la force de traction
compression devient directement proportionnelle à δ

F = −πR02 δ(3λ + 2μ + 3a)ez

ce qui est aussi raisonnable.

24
PROBLÈME 2
Equations d’équilibre et critère de rupture : faille oblique

Représentation de Mohr et critère de Tresca

1. Dans le cas f ( σ) = 0, on a σI − σIII = σ0 ce qui implique que τ0 = (σI − σIII )/2 =


σ0 /2 par la construction de Mohr.

Etat d’équilibre d’un sol en traction latérale

2. Les équations d’équilibre div σ − ρ g = 0 s’écrivent − dP


dz
(z)ez − ρ g ez = 0. En
imposant T = σ · ez = −P (0) ez = 0 en z = 0, a donc −P (z) = ρ g z ≤ 0.

Rupture ou tremblement de terre

3. Les contraintes principales σi appartiennent à l’ensemble {−P (z), 0, σe (z)}. Pour


z ∈ [−h, 0], on a f ( σ) = σe (z) + P (z) − σ0 = σh + (β − ρ g)z − σ0 ≤ 0.

4. La fonction f ( σ) = σh + (β − ρ g)z − σ0 est positive pour zb ≤ z ≤ 0 avec


h −σ0
zb = − σβ−ρ g
.

5. On a σ = σh ex ⊗ ex en z = 0. Pour n = nx ex + ny ey + nz ez de norme un, on a


 1 1
τ = ( σ · n)2 − (n · σ · n)2 2 = σh [n2x (1 − n2x )] 2 . Cette contrainte de cisaillement est

maximale pour nx = ±1/ 2 et vaut τm = σh /2.  Ce maximum est donc atteint pour les
±1 √1 cos(ϕ) e + sin(ϕ) e
normales n = √ e
2 x
+ 2 y z où ϕ est un angle quelconque.

6. La valeur n = √12 (ex + ez ) appartient bien à la famille des normales qui maximisent
la contrainte tangentielle. Il est donc naturel qu’une rupture se produise dans un tel plan.
L’explication du choix de l’angle ϕ = 0 (ou π) est donnée par le fait que, dans la zone
z ∈]zb , 0[, les contraintes principales sont −P (z) < 0 < σe (z), respectivement associée aux

25
directions propres (ez , ey , ex ), et que les normales qui maximisent la contrainte tangentielle
sont dans le plan engendré par ex et ez d’après le résultat admis dans l’énoncé. On pourrait
d’ailleurs démontrer que ces normales sont n = ± √12 (ex + ez ).

7. La normale n se rapproche de ez dans le plan (ex , ez ), comme le montrent les


propriétés de la représentation de Mohr.

PROBLÈME 3
Méthode de Ritz : déformation d’une pastille confinée

Conditions aux limites

1. Sous l’hypothèse d’un contact total, les conditions aux limites s’écrivent (ξzd = 0,
Txd = 0, Tyd = 0) pour S0 et Sb , (ξrd = 0, Tθd = 0, Tzd = 0) pour Se .

N.B. Sur la partie de la frontière exempte de contact, on aurait T d = 0.

Approximations de Ritz et solutions exactes

2. Sous l’hypothèse d’un contact total, les symétries du problème entraînent ξz = 0,


ξθ = 0 et ξr (r) indépendant de θ et z, impaire en r et nulle en r = a. L’approximation
polynomiale non triviale la plus simple répondant à ces contraintes est celle qui est pro-
posée.
 
3. On a (ξ  ) = ∂ξ r
∂r r
e ⊗ er + ξrr eθ ⊗ eθ = U(3r 2 − a2 )er ⊗ er + U(r 2 − a2 )eθ ⊗ eθ et
Tr (ξ  ) = 2U(2r 2 − a2 ). On calcule

1  2  
λ Tr + μ : = U 2 (8λ + 10μ)r 4 − 8(λ + μ)a2 r 2 + 2(λ + μ)a4
2
et
−k(T − T0 ) Tr = −2kτ0 U(2r 2 − a2 ) + kAU(2r 4 − a2 r 2 ).

n+2 6
En utilisant la relation Ω0 r n dΩ0 = 2πb an+2 , on trouve W(ξ  ) = 2πba
12
[4(λ + 2μ)U 2 + kAU].
(A)
4. Dans l’espace Ch , l’énergie libre W(ξ  ) est minimale et nulle pour Uh = − 8(λ+2μ)
kA
.
On a donc ξ (A)
h
(x) = Uh (r 3 − a2 r) er .

26
5. La loi de Hooke entraîne
 
 2 2
 2 2 2 2
 A 2
σ(ξ ) = 2λU(2r − a )1l + 2μU (3r − a )er ⊗ er + (r − a )eθ ⊗ eθ − k τ0 − r 1l .
2
(1)

On calcule alors div σ = ∂σ∂rrr + σrr −σ r
θθ
er = [8U(λ + 2μ) + kA] r er . On a donc
div σ(ξ h ) = 0. Le champ de déplacement ξ (A)
(A)
h
vérifie donc les équations d’équilibre.
Par ailleurs, on remarque que le champ de contraintes obtenu est diagonal dans le repère
cylindrique. Les vecteurs er , eθ et ez seront donc des directions principales du tenseur des
contraintes. Les faces normales à l’un de ces vecteurs ne seront donc soumises à aucun
effort de cisaillement. Comme chaque frontière de Ω0 est normale à l’un de ces vecteurs,
on en déduit qu’aucune frontière n’est soumise à un effort de cisaillement pour le champ
de déplacement proposé. Le déplacement proposé vérifiant les conditions cinématiques
imposées, la solution proposée est donc la solution exacte.

 ∂ξz 2 b2
6. On a (ξ ) = ∂z ez ⊗ ez = V 3z − 3bz + 2 ez ⊗ ez et
   2 
b2  B b
σ(ξ  ) = V 3z 2 − 3bz + λ1l + 2μez ⊗ ez − k − z− 1l . (2)
2 2 2

L’équation d’équilibre div σ = σrr −σ r
θθ
er + ∂σ∂zzz ez = [6V (λ + 2μ) + kB] z − 2b ez = 0
2
entraîne que champ de contrainte associé à ξ h(B) = Vh z 3 − 32 b z 2 + b2 ez vérifie les équa-
tions d’équilibre pour Vh = − 6(λ+2μ)
kB
. L’absence de cisaillement se démontre comme en
question 5.

7. En application du principe du potentiel minimum en déplacements, le champ de


déplacement cinématiquement admissible ξ h(B) qui est solution du problème en déplace-
ments minimise l’énergie potentielle (W − Φ) (ξ  ) dans l’espace des champs de déplace-
(B)
ments cinématiquement admissibles, et donc en particulier dans le sous-espace Ch . Ici,
Φ(ξ  ) est le potentiel des efforts extérieurs. Comme Φ(ξ  ) = 0 pour tous les éléments de
(B) (B)
Ch , ξ h(B) minimise l’énergie libre W sur Ch .

8. La réponse est immédiate par application du principe de superposition, le charge-


ment associé à l’échauffement T −T0 étant la somme des chargements associés aux échauf-
fements T (A) − T0 et T (B) − T0 .

Contact unilatéral et forme de tonneau

9. Sur la face Se , la relation T h = σ|r=a · er s’écrit :


  
A a2 B 2 λ + 6μ 2
T h (x, er ) = −k τ0 − − μz − μbz + b er . (3)
4 (λ + 2μ) 24
Sur la face Sb , la relation T h = σ|z=b · ez s’écrit :
 
4μr 2 + λa2 b2
T h (x, ez ) = −k τ0 − A −B . ez (4)
4(λ + 2μ) 24

27
On obtient la contrainte opposée sur la face S0 .
 2 2 (λ+6μ) Aa2 (λ+4μ)

Bb2
10. Si τ0 > τc = sup Aa4 + Bb 24(λ+2μ)
, 4(λ+2μ) + 24
, la contrainte normale T h · n
reste négative sur toutes les faces.

11. Les premiers points de la surface de la pastille à perdre le contact lorsque τ0


devient plus petit que la valeur critique τc sont les arêtes d’équations r = a et z = 0, b.
On peut deviner que la pastille prend alors la forme d’un « tonneau » pour τ0 < τc .

28
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2005

CONTRÔLE NON CLASSANT


Mécanique des Milieux Continus - MEC431
du mardi 14 novembre 2006

Sujet proposé par MM. Patrick Le Tallec et Christian Rey

Durée : 2 heures

* * *

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.


Les deux problèmes sont indépendants.

Problème 1 (noté sur 8 points) : Croisement de courants côtiers

On considère une situation de croisement de courants côtiers où un courant uniforme d’axe e1


et d’intensité V0 agissant sur le demi plan Ω1 = {P = (x1 , x2 ), x2 > 0} croise un courant
d’axe e2 et d’intensité sinusoidale en temps Vω sin(ωt) agissant sur le demi-plan Ω2 = {P =
(x1 , x2 ), x1 > 0} (Figure 1). Autrement dit, on se place dans une situation bidimensionnelle
avec un fluide occupant le domaine Ω1 ∪ Ω2 , et soumis au champ de vitesse bidimensionnel
U(x1 , x2 ) = V0 e1 + Vω sin(ωt) e2 si x1 > 0 et x2 > 0,
= V0 e1 si x1 < 0 et x2 > 0,
= Vω sin(ωt) e2 si x1 > 0 et x2 < 0.

1. Calculer et dessiner les lignes de courant à un instant t donné en distinguant les instants
où sin(ωt) est positif des instants où sin(ωt) est négatif.
2. Montrer que tout système matériel que l’on suit dans son mouvement conserve son vo-
lume (du fait de la discontinuité du champ de vitesses sur les lignes x1 = 0 et x2 = 0,
cette vérification doit se faire sous forme intégrale en utilisant le théorème de transport
en présence de discontinuités).
3. Calculer le tenseur taux de déformation en tout point régulier de l’écoulement.
4. On considère un point physique P de coordonnées x1 (P ), x2 (P ) avec x1 (P ) < 0. Calcu-
ler les trajectoires des points matériels qui passent au point P à l’instant t0 . On arrêtera le
calcul quand le point matériel rentre dans la zone x2 < 0.
5. On considère un petit volume matériel qui à l’instant t = 0 occupe un petit carré de côté
dl, centré en P et dont les axes sont parallèles à e1 et e2 . Calculer et dessiner l’image de
ce petit carré à l’instant t > −x1 (P )/V0 (en supposant que ce carré n’a pas pénétré dans
la zone x2 < 0). Le mouvement étudié est-il rigidifiant ? Calculer les longueurs des côtés
et les angles caractérisant le contour du volume matériel à l’instant t.

29
Ω2
V0

Ω1
0


e2

e1

F IG . 1: géométrie de l’écoulement côtier.

6. Pour un point P donné, quelles valeurs des données physiques Vω et ω garantissent qu’un
polluant émis du point P ne rentrera jamais dans une zone critique côtière caractérisée
par x2 < 0 ?

Problème 2 (noté sur 12 points) : Tenue d’une tranchée char-


gée en eau

On considère une tranchée de profondeur h et de largeur 2R (≤ h), creusée dans un sol occu-
pant le demi-espace z ≤ 0. Compte-tenu de ses dimensions, elle peut être considérée comme
infiniment long dans la direction ey . On note Ω le domaine occupé par le sol ainsi creusé, S1 la
surface du sol (z = 0, |x| > R), S2 le bord de la tranchée (−h < z < 0, |x| = R), S3 le fond de
la tranchée (z = −h, −R < x < R).
On s’intéresse à l’étude de la tenue de la tranchée pleine d’eau. Pour ce faire, on se propose de
construire des champs de contrainte dans le massif semi-infini qui soient en équilibre avec la
force de pesanteur, qui satisfassent aux conditions aux limites ainsi qu’à un critère de résistance
du sol.
Le sol dans lequel la tranchée est creusée est supposé homogène de masse volumique ρ. On
note F = −gez les forces de masse. La pression atmosphérique est négligée.
La surface (S1 ) du sol est libre de contrainte tandis que les parois de la tranchée (S2 et S3 )
sont soumises aux efforts de pression de l’eau (on note ρe la masse volumique de l’eau). En-
fin, aucune condition de décroissance à l’infini n’est imposée au champ de contrainte lorsque

30
Z

Z O

S1
O

X h
Zone A : Zone A :
Extérieur haut Extérieur haut
h
S S
2 2

S Zone B : Zone C : Zone B :


3
Extérieur bas Intérieur Extérieur bas
2R bas

F IG . 2:

z ≤ 0, x2 + z 2 → + ∞. Les champs de contrainte étudiés seront systématiquement supposés


continus à l’intérieur des zones A, B ou C (figure 2). Autrement dit, les seules discontinuités
de contrainte éventuelles se situent sur l’interface SAB entre les zones A et B ou sur l’interface
SBC entre les zones B et C.

1. Déterminer les efforts T eau (x) de pression de l’eau sur les parois de la tranchée. On sup-
pose que l’eau est au repos et que le champ de contrainte y est de la forme σ = −p(x)1.
On notera ρe (< ρ) la masse volumique de l’eau et n la normale à S2 dirigée vers l’inté-
rieur de la tranchée.
2. Écrire toutes les équations satisfaites par le champ de contrainte de Cauchy σ à l’intérieur
du sol et sur les surfaces S1 , S2 , S3 et sur les lignes de discontinuité pour que le sol soit
en équilibre.

3. On suppose que les composantes en coordonnées cartésiennes de σ sont fonction unique-


ment de z. Montrer que les composantes σxz et σyz sont identiquement nulles.
4. On considère la famille suivante de champs de contrainte de Cauchy définis dans chacune
des trois zones selon :

Zone A (« Extérieur haut ») : 


σ = σ A = fA (z) ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + gA (z)ez ⊗ ez
Zone B (« Extérieur bas ») : 
σ = σ B = fB (z) ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + gB (z)ez ⊗ ez
Zone C (« Intérieur bas ») : 
σ = σ C = fC (z) ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + gC (z)ez ⊗ ez

Déterminer parmi cette famille de champs ceux qui satisfont à l’ensemble des équations
d’équilibre et conditions aux limites.
5. On suppose que la résistance du sol est limitée par un critère de Tresca (cours p.148).
Proposer un champ de contrainte qui satisfasse simultanément à l’ensemble des équations
d’équilibre, aux conditions aux limites et au critère de résistance en tous points. En dé-

31
duire une borne inférieure de la profondeur maximale hinf de tenue de la tranchée. Quel
est l’endroit de la tranchée qui vous semble le plus critique ? Expliquer intuitivement
pourquoi la présence de l’eau accroit la sécurité de l’ouvrage.
6. Mettre en œuvre l’approche cinématique du théorème 7.5 du cours pour ce problème de
tranchée régi par le critère de Tresca. En déduire une borne supérieure pour la profondeur
maximale hsup de tenue de la tranchée.
Pour ce faire, on pourra s’inspirer du schéma proposé en figure 3.

O
T T x
2 1

a h
a

F IG . 3:

32
CORRIGÉ

Problème 1 : Croisement de courants côtiers

Question 1
Les lignes de courant s’obtiennent en intégrant l’équation à t fixé

dx1 = λU1 (x, t),


dx2 = λU2 (x, t).

Comme U2 est nul dans la zone x1 < 0, ces lignes sont horizontales dans cette première zone.
Comme U1 est nul dans la zone x2 < 0, ces lignes sont verticales dans cette deuxième zone.
Dans le complémentaire, on a
dx2 Vω
= (sin ωt).
dx1 V0
Dans cette troisième zone, les lignes de courant sont donc des droites parallèles de pente

(sin ωt). Quand la pente est positive ((sin ωt) > 0), ces lignes de courant sont issues
V0
des lignes de courant horizontales et verticales des deux premières zones et vont vers l’infini
(Figure 4). Dans le cas contraire, elles rejoignent une ligne horizontale sortant de la première
zone à une ligne verticale entrant dans la seconde zone (Figure 5).

e2

e1

F IG . 4: Lignes de courant : cas sortant avec vitesse verticale positive.


Question 2
Par le théorème de transport 4.2 du polycopié, appliqué avec le champ de vitesse proposé, le
champ scalaire b = 1, et des lignes de discontinuité Σ immobiles x1 = 0 ou x2 = 0, nous avons
pour tout volume matériel Ω0 (t) que l’on suit dans son mouvement
  Z 
D 0 D
Volume (Ω ) = dΩ
Dt Dt Ω0
Z Z
= div U dΩ + [[U ] · nΣ da.
Ω0 Σ∩Ω0

33
P

e2

e1

F IG . 5: Lignes de courant : cas entrant avec vitesse verticale négative.

Le champ de vitesse étant constant en espace par zone, sa divergence est nulle en toute zone
régulière. Le champ de vitesse à de plus une composante horizontale U1 = V0 continue en
espace à travers la discontinuité verticale x1 = 0, et une composante verticale U2 = Vω sin ωt
continue en espace à travers la discontinuité horizontale x2 = 0. Les sauts de vitesse normaux
sont donc nuls sur les lignes de discontinuités. Le second membre dans le théorème de transport
est donc nul par addition, d’où la conservation du volume occupé par Ω0 au cours du mouvement.
Question 3
Le tenseur taux de déformation est nul en tout point régulier, car le champ de vitesse est uni-
forme en espace en ces points, ce qui garantit la nullité de son gradient, et donc de sa partie
symétrique.
Remarque : La présence de lignes de discontinuités montre cependant que le mouvement n’est
pas rigidifiant, du fait de la concentration de taux de déformation sur les lignes de rigidité. Ce
point fait l’objet de la question 5.
Question 4
La trajectoire s’obtient par intégration de l’équation différentielle en temps
d
x1 (t) = U1 (x1 (t), x2 (t), t), x1 (t0 ) = x1 (P ),
dt
d
x2 (t) = U2 (x1 (t), x2 (t), t), x2 (t0 ) = x2 (P ).
dt
L’intégration de cette équation différentielle conduit à distinguer deux périodes de temps diffé-
rent. Au départ, le point matériel étudié est dans la zone x1 < 0 avec U2 = 0 et donc l’équation
se réduit à
d
x1 (t) = V0 , x1 (t0 ) = x1 (P ), x2 (t) = x2 (P ),
dt
de solution
x1 (t) = x1 (P ) + V0 (t − t0 ), x2 (t) = x2 (P ).
Cette solution à trajectoire rectiligne est observée tant que x1 reste négatif, c’est à dire tant que

t ≤ t1 = t0 − x1 /V0 .

34
Au delà, l’équation devient
d d
x1 (t) = V0 , x1 (t1 ) = 0, x2 (t) = Vω sin(ωt), x2 (t1 ) = x2 (P ),
dt dt
de solution à trajectoire sinusoidale
  
Vω ωx1 (P )
x1 (t) = x1 (P ) + V0 (t − t ), x2 (t) = x2 (P ) −
0
cos(ωt) − cos ωt −
0
.
ω V0

Question 5
Le plus simple pour caractériser l’image de ce petit volume matériel est d’introduire l’applica-
tion homogène tangente associé à la description lagrangienne du mouvement. D’après le calcul
de la question 4 effectué avec t0 = 0 et (x1 , x2 )(P ) = (X1 , X2 ), nous avons une carte lagran-
gienne donnée par
   
Vω ωX1 Vω
φ(X, t) = (X1 + V0 t)e1 + X2 + cos − cos ωt e2 .
ω V0 ω
Son gradient est  
Vω ωX1
F = 1l − sin e2 ⊗ e1 = 1l + ae2 ⊗ e1
V0 V0
 
Vω ωX1
sous la notation a = − sin . On en déduit le tenseur des dilatations
V0 V0
C = t F · F = 1l + a2 e1 ⊗ e1 + ae2 ⊗ e1 + ae1 ⊗ e2 .
L’image du carré de centre P et de sommets initiaux ij de coordonnées
X1 (P ) + εi dl/2 e1 , X2 (P ) + εj dl/2 e2
est le parallélogramme de sommets φ(P, t) + F · εi dl/2 e1 + F · εj dl/2 e2 à savoir
φ1 (P, t) + εi dl/2, φ2 (P, t) + (εj + εi a)dl/2.
Les côtés verticaux restent verticaux, les côtés horizontaux sont devenus obliques (Figure 6).
La transformation
√ n’est√ donc pas rigidifiante. D’après le cours, les longueurs
√et les angles sont
2
donnés par C11 dl = 1 + a dl pour les côtés initialement horizontaux, C22 dl = dl pour
C12 a
les côtés verticaux et sin θ = √ =√ pour la variation d’angle au sommet.
C11 C22 1 + a2
Question 6
Pour que le polluant ne pénétre pas dans la zone, il faut qu’aucune trajectoire de point matériel
passant à un instant donné au point P n’atteigne la zone x2 < 0. D’après la question 4, ceci est
garanti dès que nous avons

x2 (P ) − 2 > 0,
ω
car la différence des cosinus est majorée par 2. Cette borne est optimale, car il existe des couples
de temps t0 et t pour lesquels la différence des cosinus vaut 2. On s’aperçoit que deux situations
sont potentiellement dangereuses : des situations à forte intensité verticale, et des situations à
oscillations lentes.

35
P

F IG . 6: Déformation du carré.

Problème 2 : Tenue d’une tranchée chargée en eau


1. L’équation d’équilibre dans l’eau div(σ e ) − ρe gez = 0, se réduit à :

∂p ∂p ∂p
= 0, = 0, = −ρe g,
∂x ∂y ∂z
ce qui donne : p = −ρe gz + C.
La surface z = 0 de l’eau étant libre d’effort (on néglige la pression atmosphérique), on
y a σ e .ez = 0. La constante C est donc nulle. Ainsi σ e = ρe gz1 et les efforts de pression
de l’eau sur les parois du puits sont :

T eau = −σ e .(−n) = ρe gz n.

2. Vu les chargements exercés dans le volume et sur les différents bords Si , les équations
s’écrivent :
div(σ) − ρg ez = 0 dans les zones A, B et C






 σ.ez = 0 sur S1
σ.n = ρe gz n sur S2


 σ.ez = −ρe gh ez sur S3
[σ].ez = 0 sur SAB (surface de discontinuité entre les zones A et B)




[σ].ex = 0 sur SBC (surface de discontinuité entre les zones B et C)

3. Sous les hypothèses, on en déduit dans chacune des zones régulières (A, B et C) :
∂σxz ∂σyz ∂σzz
= 0, = 0, = −ρe g.
∂z ∂z ∂z
Les composantes σxz et σyz sont donc constantes dans chacune des zones. La condition
aux limites σ.ez = 0 sur S1 , la condition de continuité [σ].ez = 0 du vecteur contrainte
sur la surface de discontinuité SAB et la condition aux limites σ.ez = −ρe gh ez sur S3
permet de conclure quant à leur nullité en tout point.
4. L’équation d’équilibre dans chacune des zones se limite à :
∂gα
= ρg ; α = (A, B, C) .
∂z

36
Les conditions aux limites sur S1 et sur S3 s’écrivent :

σ A .ez = gA (0) ez = 0 ; σ C .ez = gC (−h) ez = −ρe gh ez ,

ce qui donnent :

gA (z) = ρgz ; gC (z) = ρgz + (ρ − ρe ) gh.

En utilisant la continuité du vecteur contrainte à travers la surface SAB , on obtient :

gB (z) = ρgz.

La condition aux limites sur S2 donne :

σ A .n = fA (z)n = ρe gz n soit fA (z) = ρe gz

Enfin, la continuité du vecteur contrainte sur SBC s’écrit :

(fB (z) − fC (z)) = 0 sur SBC

Ainsi l’ensemble des champs de la forme suivante :

σ A = ρe gz ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + ρgzez ⊗ ez


σ B = f (z) ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + ρgzez ⊗ ez


σ C = f (z) ex ⊗ ex + ey ⊗ ey + (ρgz + (ρ − ρe ) gh) ez ⊗ ez




sont ceux qui satisfont l’ensemble des équations.


5. Le critère de Tresca s’écrit :
σ1 (x) − σ3 (x) ≤ σ0
où, σ0 est une constante caractéristique du matériau constitutif du sol et {σi }i=1,...3 les
valeurs principales du tenseur des contraintes de Cauchy avec σ1 ≥ σ2 ≥ σ3 .
En zone A, un champ de la forme précédente, respecte le critère si et seulement si :

(1) (ρ − ρe ) g h ≤ σ0 .

Le point critique est en bas de tranchée, qui est l’endroit de déséquilibre maximum entre
la pression exercée par l’eau et le poids de la colonne de terre.
Pour ne pas introduire de restriction supplémentaire par la prise en compte des zones B
et C, on pose :
f (z) = ρ g z
de sorte que dans ces zones, la condition (1) n’est pas modifiée.

Une borne inférieure de la profondeur maximale de tenue de la tranchée est donc :


σ0
hinf = .
(ρ − ρe ) g

On observe que la présence d’eau accroit la sécurité de l’ouvrage, car elle repousse le sol
qui tendrait à glisser vers l’intérieur de la tranchée sous son poids propre.

37
6. Pour mettre en oeuvre l’approche cinématique, il faut construire dans chacun des triangles
un champ de vitesse à divergence nulle tout en assurant la continuité des vitesses normales
aux surfaces de discontinuités. On propose donc de prendre comme sur le schéma :

(T1 ) : Û = U ea = U (−sin(a)ex − cos(a)ez ),


(T2 ) : Û = U e−a = U (sin(a)ex − cos(a)ez ).

En dehors des triangles, on considère un champ de vitesse nulle.


La puissance virtuelle des efforts extérieurs est donnée par :
  Z Z
P(e) Û = − ρgez · ÛdΩ + ρe gzn · Ûda = U(ρ − ρe ) g h2 sin(a)
0

Ω S2

et la puissance limite des efforts intérieurs est donnée par la somme de la puissance des
efforts de glissement le long des lignes de glissement :
  1
Plimite Û = σ0 U h .
cos(a)

Par application du théorème, on déduit


σ0 2
h≤ .
(ρ − ρe ) g sin(2a)
π
L’optimum est atteint pour a = .
4
On en déduit une borne supérieure de la profondeur maximale :
2σ0
hsup = .
(ρ − ρe ) g

38
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2005

CONTRÔLE CLASSANT DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS


MEC431

du jeudi 25 janvier 2007

Sujet proposé par Olivier Thual et Patrick Le Tallec

Durée : 4 heures (8h-12h)

* * *
L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.
Le problème 1 est à rédiger sur copies vertes.
Le problème 2 et l’exercice sont à rédiger sur copies roses.
Chaque question est notée approximativement sur un point
à l’exception de la question 5 du problème 2 notée sur deux points.

* * *

Problème 1
Cisaillements entre deux cylindres
Rédiger sur copies vertes

On considère un milieu continu occupant le domaine Ω compris entre deux cylindres d’axe
Oz et de rayons respectifs R1 < R2 . On applique à ces cylindres des déplacements ou des
mouvements de rotation solide autour de leur axe et l’on suppose que le milieu continu
adhère parfaitement à leurs frontières. Dans les deux exemples indépendants considérés
ci-dessous, on néglige les forces de pesanteur, la température est constante et l’on suppose
que le système est invariant par les translations dans la direction z. On cherchera donc
des champs de déplacement, de vitesse et de contrainte indépendants de z.


M er
r eΘ
θ M
R 0 eR
Θ
R1 R2 x

α1

Figure 1: Milieu continu Ω0 compris entre deux cylindres concentriques.

39
Petites déformations de l’acier

Le milieu continu est ici un matériau solide en petites perturbations élastiques autour
de son état naturel, par exemple de l’acier. On tourne d’un petit angle fixe α1 > 0 le
cylindre intérieur, le cylindre extérieur restant immobile. On suppose alors que le champ
de déplacement dans Ω0 est de la forme
R12 R12 R22
ξ(X) = Q(R) eΘ (Θ) avec Q(R) = A R + B/R, A = −α1 et B = α1 .
R22 − R12 R22 − R12
(1)
1. Écrire les conditions aux limites en déplacements ou en efforts traduisant
l’adhérence du milieu aux frontières des deux cylindres. Montrer que le champ de dé-
placement proposé est cinématiquement admissible à des termes d’ordre deux en α1 près.

2. Calculer le tenseur des déformations linéarisé ε(X) associé à ce champ de déplace-


ment. Quel type de déformations observe-t-on ? Où est-elle maximale ? Comment varie
2 −R1
la déformation quand l’épaisseur relative 2 R R2 +R1
tend vers zéro ? Jusqu’à quel angle
(α1 )max (au sens de α  (α1 )max ) l’hypothèse des petites perturbations vous paraît-elle
raisonnable ?

3. On suppose que le comportement du milieu continu est décrit par la loi de Hooke
σ(X) = λ (Tr ε) 1l + 2 μ ε (2)
où λ et μ sont les coefficients de Lamé. Donner l’expression de σ en fonction de μ, B et
R.

4. Calculer DIV σ. En déduire que le couple déplacement contrainte proposé (ξ, σ)


est solution du problème d’équilibre élastique posé.

5. Soient C1 et C2 les couples exercés par unité de longueur en z respectivement par


les cylindres intérieurs et extérieurs sur le milieu continu. Calculer C2 en fonction de μ,
R1 , R2 et α1 . Pourquoi dépend-il linéairement de l’angle α1 ? Comment varie-t-il en
fonction de l’épaisseur ? Que vaut C1 + C2 ? Commenter.

6. On suppose que la rupture du milieu élastique est régie par le critère de Von Mises
1
f ( σ) = s : s − k2 = 0 (3)
2
où k est une constante et s la partie déviatorique de σ. Calculer l’angle critique αc à
partir duquel il y a rupture. Dans quelle région la rupture apparaît-elle en premier ?
Comment faut-il faire varier l’épaisseur pour augmenter l’angle critique ?

Écoulement fluide

Le milieu continu est ici un fluide visqueux incompressible. On anime le cylindre intérieur
d’un mouvement de rotation solide α1 (t) = ω1 t de vitesse angulaire ω1 constante, le
cylindre extérieur restant immobile. On suppose alors que le champ de vitesse dans Ω est
de la forme
U (x) = q(r) eθ (θ) avec q(r) = a r + b/r . (4)

40
7. Caractériser le champ de déplacement associé. Écrire les conditions aux limites
traduisant l’adhérence du milieu aux frontières des deux cylindres. En déduire les expres-
sions de a et b en fonction de ω1 .

8. Calculer le gradient grad U du champ de vitesse en configuration actuelle. En


D
déduire le champ d’accélération γ = U ainsi que le tenseur des taux de déformations
Dt
d(x).

9. On suppose que le comportement du fluide obéit à la loi

div U = 0 , σ(x) = −p 1l + 2 μn d (5)

où μn est un coefficient constant mesurant la viscosité du fluide et p le multiplicateur de


Lagrange associé à la liaison div U = 0. Interpréter physiquement cette liaison. Montrer
que cette liaison est satisfaite par le champ de vitesse proposé et donner l’expression de
σ en fonction de r, μn , b et p(x).

10. Calculer les couples linéiques exercés par les cylindre extérieur et intérieur sur le
milieu continu en fonction de μn , R1 , R2 et ω1 .

11. Trouver le champ de pression défini à une constante près qui permet de vérifier
les équations du mouvement avec le champ de vitesse et la loi de comportement proposés.
On ne calculera pas les intégrales susceptibles d’apparaître dans les formules.

41
CHANGER DE COPIE

Problème 2
Boule de caoutchouc dans une enveloppe

L’objectif du problème est de déterminer la dilatation et les contraintes qui se dévelop-


pent dans une boule de caoutchouc chauffée placée à l’intérieur d’une coque élastique
insensible à la chaleur. On considère donc une boule sphérique S0 de rayon R0 en con-
figuration initiale, constituée de caoutchouc, à l’intérieur d’une enveloppe sphérique Ω0
d’épaisseur très fine et comprise en configuration initiale entre les rayons R0 et R1 , avec
R1 −R0
R0
 1.

R0 R1
S0

Figure 2: Sphère de caoutchouc dans une enveloppe sphérique.


On suppose que le comportement du caoutchouc obéit à la loi de Treolar :
ρ0
det F = 1 + α(T − T0 ) , σ = ρ n kB T F t F + η 1l = n kB T F t F + η 1l, (6)
det F
ρ0
où α, ρ0 et n sont des coefficients positifs et constants, ρ = det F
le champ de masse
volumique, kB la constante de Boltzmann, T (x) le champ de température et η(x) est le
multiplicateur de Lagrange associé à la liaison de volume imposé. On suppose que le
comportement du matériau constitutif de l’enveloppe est aussi régi par la loi de Treloar,
mais que la dilatation thermique y est négligeable :
det F = 1 , σ = ρΩ nΩ kB T F t F + ηΩ 1l , (7)
où ρΩ et nΩ sont des coefficients positifs et constants et ηΩ (x) est le multiplicateur de
Lagrange associé à la liaison de volume imposé. On rappelle qu’il a été vu en devoir
qu’une telle enveloppe mince, soumise à pression interne pi et externe pe , prend la forme
d’une nouvelle enveloppe sphérique de rayon interne r0 = λ R0 avec
 
R1 − R0 1 1
pi − pe ≈ 2 ρΩ nΩ kB T − . (8)
R0 λ λ7

42
On suppose que les deux pièces S0 et Ω0 sont libres de contraintes à la température T0 .
On néglige la pression atmosphérique à la frontière de la sphère globale.

On applique alors un rayonnement électromagnétique qui échauffe les deux milieux


et transforme la sphère S0 en une sphère S de rayon r0 et l’enveloppe sphérique Ω0 en
l’enveloppe sphérique Ω. On suppose que le champ de température à l’équilibre dans la
sphère S est alors :

T (r) = T1 + γ r 2 (9)

avec T0 < T1 et γ ≥ 0. Compte tenu de la faible épaisseur de l’enveloppe sphérique, on


supposera que la température est uniforme dans l’enveloppe et vaut TΩ = T1 + γ r02 .

On cherche à décrire le champ de déplacement et de contrainte induit par ce chauffage.


La transformation X → x dans la sphère est supposée être purement radiale. Autrement
dit, on suppose que les coordonnées sphériques (r, θ, ϕ) de la position actuelle x du point
matériel M sont données par

r = F (R) , θ=Θ, ϕ=Φ, (10)

avec (R, Θ, Φ) les coordonnées sphériques du point en configuration initiale et F (R) une
fonction inconnue à identifier. Pour plus de simplicité dans les calculs, on introduira
la fonction G(r) = F −1 (r) inverse de F donnée par R = G(r), de dérivée G (r) =
 −1
dF
[G(r)] par rapport à r .
dR

Calcul de la dilatation

1. Montrer que le gradient de transformation F est donnée en fonction de r par

1 r  
F = er ⊗ er + eθ ⊗ eθ + eϕ ⊗ eϕ . (11)
G (r) G(r)

2. Montrer que G(0) = 0 et que G(r) vérifie l’équation différentielle

r2
G2 (r) G(r) = . (12)
1 + α(T1 − T0 ) + α γ r2

3. En déduire G(r) en fonction de l’intégrale


 r
s2  √
g(r) := 2 2 2
ds avec a = 1 + α (T1 − T0 ) et b = α γ. (13)
0 a +b s

Calculer r0 en fonction de R0 . On admettra que g(r) est une fonction inversible (ce
qui peut se démontrer dans le casb > 0 par une simple étude de la fonction g(r) =
 r
s2 a br br
2 2 2
ds = − argth ). Que se passe-t-il pour α = 0 ?
0 a +b s b3 a a

43
Calcul des efforts

4. Donner l’expression du champ de contrainte σ(x) à l’intérieur de la boule en fonc-


T (r)
tion de G(r) et de ses dérivées, de r et de η(x), et de la fonction h(r) = .
1 + α(T (r) − T0 )

5. À partir des équations de l’équilibre, montrer que η ne dépend que de r et est


donné par

η(r) = βH(r) + η(r0 ), (14)

où H(r) est la fonction donnée par


 r0     
h (s) s 1 G (s)
H(r) = − 2 h(s) − + ds (15)
r G 2 (s) G2 (s) s G2 (s) G 3 (s)
et où β est un coefficient que l’on déterminera. On admettra que l’intégrale définissant
la fonction H(r) est bien convergente pour tout r ≥ 0 (ce qui se démontre par un simple
développement limité autour de s = 0 sachant que G(r) ≈ r a−2/3 au voisinage de zéro).

6. Exprimer, en fonction de r0 , la densité des efforts de contact exercée par l’enveloppe


sphérique sur la sphère de caoutchouc. En déduire la valeur du tenseur des contraintes
au centre de la boule. Quels sont les facteurs dimensionnants dans le cas γ = 0 ?

Exercice 3
Vecteur contrainte exercé par un amas de ressorts

On construit ici un modèle de description microscopique d’un milieu continu unidi-


mensionnel, situé en configuration initiale entre les abscisses x = 0 et x = l. Le milieu
est constitué de molécules qui agissent comme des ressorts de longueur rI orientés dans
une même direction, joignant deux petites masses m. Pour simplifier, on supposera que
les centres xI des molécules sont fixes et sont distribués le long de l’axe des x avec une
densité n(x) par unité de masse. On suppose que la force F I2 I1 (rI ) exercée par l’extrémité
droite I2 du ressort sur l’extrémité gauche I1 est proportionnelle à la longueur du ressort

F I2 I1 (rI ) = α rI ex . (16)

rI
xI1 F I2 I1 xI2
x
m xI m

Figure 3: Molécule agissant comme un ressort.

On note respectivement pI1 (t) = − m2 ṙI (t) = −pI (t) et pI2 (t) = pI (t) les quantités de
mouvement des masses d’extrémité de chaque ressort. On considère l’espace des phases

44
E = (R × R+ ) des configurations {qI } d’une molécule donnée avec qI = (pI , rI ) où pI ∈ R
et rI ∈ R+ .

On rappelle enfin que l’on a


  2
  

−x πβ −x2 π
exp dx = , x2 exp dx = .
R+ 2β 2 R+ 2 2

1. Justifier le choix suivant de l’énergie de la molécule {qI } :


p2I α rI2
E(qI ) = + (17)
m 2
en démontrant que les équations du mouvement
∂E ∂E
ṙI = et ṗI = − , (18)
∂pI ∂rI
qui s’en déduisent, redonnent bien les équations classiques décrivant le mouvement des
deux masses du ressort.

2. D’après le cours, la distribution d’équilibre donnant la probabilité d’observer une


molécule dans l’état q = (p, r) associée à ce choix d’énergie est donnée par

1 E(q)
fB (q) = exp − (19)
Z kB T
en fonction de la constante de Boltzmann kB , de la température absolue du système T ,
la fonction de partition Z étant donnée par


E(q) m
Z= exp − dE = π kB T . (20)
E kB T 2α
En déduire que la densité ñ(x, r) de ressorts de longueur r ≥ 0 au point x, densité mesurée
par unité de volume de l’espace (R × R+ ) des couples (positions, longueurs), est égale à

 
2α α r2
ñ(x, r) = ρ0 n(x) exp − . (21)
π kB T 2 kB T
À quelle configuration correspond la température T = 0 ?

3. On suppose maintenant qu’au bout d’un certain temps, les masses d’extrémités
se fixent sur le milieu continu sous-jacent en respectant leur distribution d’équilibre. En
configuration initiale, au point matériel X, on obtient donc une distribution par unité de
volume de ressorts fixés au milieu continu, donnée par

 
2α α R2
ñ(X, R) = ρ0 n(X) exp − . (22)
π kB T 2 kB T
On dilate ensuite le milieu continu d’un facteur δ. Dans cette dilatation, un ressort de
longueur initiale R se transforme en un ressort de longueur r = δR, ce qui implique
ñ(x, r)dx dr = ñ(X, R)dX dR. Calculer le vecteur contrainte

T (x) da = F I2 I1 (r) ñ(x, r) [(r ex ) · ex ] da dr (23)
R+

45
exercé à travers une interface élémentaire d’aire da et de normale ex .

N.B. La formule (23) est l’équivalent unidimensionnel de la formule donnée en bas de


page 108 du cours.

4. Quel effort faut-il exercer sur le milieu continu en x = 0 et x = δl pour que le


système soit en équilibre ? Comment varie cet effort en fonction de la température et de
la raideur élémentaire α d’un ressort ? Commenter.

46
CORRIGÉ

Problème 1
Cisaillements entre deux cylindres

Petites déformations de l’acier

1. Les surfaces R = R1 et R = R2 sont des surfaces Sξ à déplacement imposé,


le déplacement du milieu continu y étant fixé à la valeur du déplacement imposé aux
cylindres frontières. Les conditions aux limites s’écrivent ξ[R1 eR (Θ)] = R1 sin α1 eΘ (Θ) +
R1 (cos α1 − 1) eR (Θ) et ξ[R2 eR (Θ)] = 0 pour tout Θ ∈ [0, 2π]. Au second ordre en α1 , ce
déplacement imposé s’écrit ξ[R1 eR (Θ)] = R1 α1 eΘ (Θ) et ξ[R2 eR (Θ)] = 0 pour tout Θ ∈
[0, 2π]. Comme nous avons Q(R1 ) = AR1 + B/R1 = α1 R1 et Q(R2 ) = AR2 + B/R2 = 0
par construction de A et B, la condition aux limites est satisfaite au second ordre en α1
par le champ de déplacement ξ(X) = Q(R) eΘ (Θ) proposé.

2. Le gradient du champ de déplacement est ∇ξ(X) = − Q(R) R


eR ⊗ eΘ + Q (R)eΘ ⊗ eR .
Le tenseur des déformations linéarisé est sa partie symétrique qui s’écrit
 
1  Q(R) B
ε(X) = Q (R) − (eR ⊗ eΘ + eΘ ⊗ eR ) = − 2 (eR ⊗ eΘ + eΘ ⊗ eR ) . (1)
2 R R
2 −R1
C’est une déformation de cisaillement. Elle est maximale en R = R1 . Lorsque 2 R R2 +R1
tend vers zéro, B tend vers l’infini. Pour rester dans le cadre des petites perturbations,
les composantes de ε(X) doivent être petites devant un pour tous les points du domaine
Ω0 . On doit donc avoir RB2 ≤ RB2  1, ce que l’on peut traduire par α1  (α1 )max avec
1
R22 − R12
(α1 )max = .
R22
3. Comme Tr ε = 0, on peut écrire
2μB
σ(X) = − (eR ⊗ eΘ + eΘ ⊗ eR ) . (2)
R2
4. On a DIV σ = ( ∂σ∂R ΘR
+2 σRΘ
R
) eΘ = 0. Comme les forces de pesanteur sont négligées,
l’équation de conservation de la quantité de mouvement est donc vérifiée. Le couple
(ξ, σ) proposé vérifie les conditions aux limites (au second ordre en α1 ), les équations de
l’équilibre et la loi de comportement. Il est donc solution du problème, dans le cadre de
l’hypothèse des petites perturbations.

5. Les forces de contact exercées par le cylindre extérieur sur le milieu continu sont
égales à
B
T (Θ) = σ[R2 eR (Θ)] . eR (Θ) = −2μ 2 eΘ (Θ) (3)
R2
dans la mesure où n = eR (Θ) est la normale. Le moment de ces forces par rapport à l’axe
est égal
 2π
R2 R2
C 2 = C2 ez = R2 eR (Θ) ∧ T (Θ) R2 dΘ = −4πμ B eZ = −4πμ α1 2 1 2 2 eZ . (4)
0 R2 − R1

47
Il est proportionnel à la donnée α1 , ce qui était prévisible d’après la linéarité du problème
posé. Il tend vers l’infini quand l’épaisseur tend vers zéro, ce qui traduit le fait que
les déformations deviennent infinies à cette limite. Puisque le milieu est à l’équilibre, le
moment des efforts appliqués sur le milieu continu Ω0 est nul. On a donc C1 + C2 = 0.
1
6. Comme Tr σ = 0, on a s = σ. Le critère de Von Mises est donc f (s) = 2
s :
2 2
s − k 2 = 4μR4B − k 2 . Le matériau casse au voisinage de R = R1 pour α1 > αc avec

k R22 − R12
αc = . (5)
2μ R22
2 −R1
Une augmentation de l’épaisseur relative 2 R
R2 +R1
a pour effet d’augmenter l’angle critique
αc .

Écoulement fluide

7. À r fixé, le champ de vitesse proposé correspond à une rotation de vitesse angulaire


q(r)/r. La transformation entre configuration initiale (t = 0) et configuration actuelle cor-
respond donc à une rotation d’angle t q(R)/R. Les conditions aux limites en déplacement
imposé s’écrivent donc ω1 t = t q(R1 )/R1 sur la frontière intérieure, et 0 = t q(R2 )/R2 sur
la frontière extérieure. On doit donc avoir q(R1 ) = ω1 R1 et q(R2 ) = 0, ce qui implique

R12 R12 R22


a = −ω1 2 , b = ω1 2 . (6)
R2 − R12 R2 − R12
On aurait pu écrire aussi directement les conditions d’adhérence en termes de continuité
des vitesses en écrivant U(r1 ) = ω1 r1 eθ et U (r2 ) = 0.
q(r)
8. Par calcul de gradient en coordonnées cylindriques, on a grad U = − e ⊗ eθ +
r r
q  (r)eθ ⊗ er , c’est-à-dire
   
b b
grad U = − a + 2 er ⊗ eθ + a − 2 eθ ⊗ er . (7)
r r

q 2 (r)
Comme ∂
(U) = 0, on a γ = grad U . U = − e , c’est-à-dire
∂t
r r
 
2 2ab b2
γ =− a r+ + 3 er . (8)
r r
Elle est dirigée vers le centre. La partie symétrique de grad U s’écrit

b
d=− (e ⊗ eθ + eθ ⊗ er ) . (9)
r2 r
9. On a bien div U = Tr d = 0. Cette liaison exprime l’incompressibilité du fluide,
provenant de la non interpénétration des molécules de fluide en contact. Le tenseur des
contraintes s’écrit
2μn b
σ = −p 1l − (er ⊗ eθ + eθ ⊗ er ) . (10)
r2

48
10. Les forces de contact exercées par le cylindre extérieur sur le milieu sont égales à
b
T (θ) = σ[R2 er (θ)] . er (θ) = −p er (θ) − 2μn e (θ) , (11)
R22 θ

dans la mesure où n = er (θ) est la normale. Le moment de ces forces par rapport à l’axe
est égal
 2π
R2 R2
C 2 = C2 ez = R2 er (θ) ∧ T (θ) R2 dθ = −4 π μn b ez = −4 π μn ω1 2 1 2 2 ez . (12)
0 R2 − R1

Le moment exercé par le cylindre intérieur est opposé à celui exercé par le cylindre
extérieur car d’après le théorème d’Euler et la nullité du moment résultant des efforts
d’accélération, le moment résultant des efforts extérieurs doit être nul.

11. Comme ∂σ∂rθr + 2 σrrθ = 0, on a div σ = −grad p. Les équations de quantité


de mouvement s’écrivent alors γ = div σ = −grad p, ce qui entraîne, vu notre calcul
d’accélération, que p ne dépend que de r et que −q 2 (r)/r = −p (r). On en déduit par
intégration en r
 r 2
q (s)
p(r) = p0 + ds
s
 2 2
R1
  2 2 
ar b2 a R1 b2
= p0 + + 2 a b Ln r − 2 − + 2 a b Ln R1 − .
2 2r 2 2 R12

49
Problème 2
Boule de caoutchouc dans une enveloppe

Calcul de la dilatation

1. Le gradient de la transformation calculé en coordonnées sphériques donne F (X) =


dF F (R)  
(R) er ⊗eR + eθ ⊗ eΘ + eϕ ⊗ eΦ . Comme er = eR , eθ = eΘ , eϕ = eΦ , r = F (R),
dR R

R = G(r) et dF
dR
[G(r)]G (r) = 1, on peut écrire

1 r  
F = er ⊗ er + eθ ⊗ eθ + eϕ ⊗ eϕ . (13)
G (r) G(r)

2. Pour garantir la bijectivité de la transformation au centre, on doit avoir G(0) = 0


car, sinon, le centre r = 0 serait l’image d’une surface R = G(0) = 0. Comme det F =
r2
G G2
et 1 + α(T − T0 ) = 1 + α(T1 − T0 ) + α γ r2 , la liaison de volume imposé det F =
1 + α(T − T0 ) s’écrit ici

r2
G2 (r) G (r) = . (14)
1 + α(T1 − T0 ) + α γ r2

3. En intégrant l’équation différentielle par rapport à r on obtient 13 G3 (r) = g(r) + C.


Comme G(0) = g(0) = 0, on en déduit que C = 0. Comme g(r) ≥ 0, on peut donc écrire
1
G(r) = [3 g(r)] 3 . (15)

On en déduit en particulier que R03 = 3 g(r0), ce qui donne par inversion


 
r0 = g −1 R03 /3 . (16)

Pour α = 0, la transformation se réduit à r = R. Il n’y a pas de déplacement car il n’y a


pas, dans ce cas, de dilatation thermique.

Calcul des efforts

ρ0
4. Par application de la loi de Treolar, l’expression de σ(x) = n kB T F · t F +
det F
η(x) 1l s’écrit
 
T (r) 1 r2  
σ(x) = ρ0 n kB e ⊗ er + 2 e ⊗ eθ + eϕ ⊗ eϕ + η(X) 1l .
1 + α(T (r) − T0 ) G 2 (r) r G (r) θ
(17)

5. Les équations de l’équilibre s’écrivent ici div σ = 0, ce qui s’écrit


     
h (r) r 1 G (r) ∂η ∂η ∂η
ρ0 n kB − 2 h(r) − + er + e + e + e =0.
G 2 (r) G2 (r) r G 2 (r) G 3 (r) ∂r r ∂θ θ ∂ϕ ϕ
(18)

50
On en déduit ∂η∂θ
∂η
= 0 et ∂ϕ = 0, ce qui entraîne que η(r) ne dépend que de r. Les équations
de l’équilibre (18) entraînent ensuite
    
 r 1 G (r) h (r)
η (r) = 2 ρ0 n kB h(r) 2
− 2 + 3 − 2 = ρ0 n kB H  (r) . (19)
G (r) r G (r) G (r) 2 G (r)
On a donc η  (r) = β H  (r) avec β = ρ0 n kB . La fonction η(r) = ρ0 n kB H(r)+C s’obtient
par intégration, avec constante d’intégration C = η(r0 ).

6. L’enveloppe exerce sur la sphère de caoutchouc le vecteur contrainte :


 
h(r0 )
T = σ(r0 ) er = ρ0 n kB  2 + η(r0 ) er := −p(r0 )er . (20)
G (r0 )
Par réaction, l’enveloppe est soumise aux efforts opposés p(r0 )er . En appliquant
l’expression de l’énoncé avec pi = p(r0 ), pe = 0, T = TΩ et λ = r0 /R0 , cette pression
est reliée à la dilatation r0 par
 
R1 − R0 R0 R07
p(r0 ) ≈ 2 ρΩ nΩ kB TΩ − 7 := p0 . (21)
R0 r0 r0
On en déduit donc
h(r0 )
η0 = −p0 − ρ0 n kB . (22)
G 2 (r0 )
Compte tenu et du calcul précédent de σ et η et de l’expression de G(r) ≈ ra−2/3 au
voisinage de l’origine, les contraintes en r = 0 s’écrivent alors
 
−2/3 h(r0 )
σ(0) = ρ0 n kB T1 a + 2H(0) −  2 1l − p0 1l.
G (r0 )
Seul le terme −p0 1l subsiste en échauffement uniforme (γ = 0). Pour un tel échauffement,
la boule se dilate, met l’enveloppe en tension et, en réaction, l’enveloppe exerce sur la
boule une pression de confinement proportionnelle à la dilatation thermique, à la raideur
de l’enveloppe et à l’épaisseur.

Exercice 3
Vecteur contrainte exercé par un amas de ressorts

1. On note xI1 (t) = xI − 12 rI (t) et xI2 (t) = xI + 12 rI (t) les positions respectives des
masses m. Le principe fondamental de la dynamique s’écrit alors m ẍI1 (t)ex = F I2 I1 (rI )
et m ẍI2 (t)ex = −F I2 I1 (rI ), c’est-à-dire − m2 r̈I (t) = α rI (t). La définition de la notation
pI (t) = m2 ṙI (t) s’écrit bien ṙI = ∂p
∂E
I
= 2mpI . La loi fondamentale de la dynamique peut
s’écrire −ṗI = αrI = ∂r ∂E
I
.

2
2. En appliquant la formule R+ exp − 2xβ dx = π2β , on calcule
       
p2 α r2 m
Z= exp − dp exp − dr = π kB T . (23)
R m kB T R+ 2 kB T 2α

51
La densité ñ(x, r) s’écrit après intégration en p

ñ(x, r) = ρ0 n(x) fB (q)dp
R
    
n(x) 2α α r2 p2
= ρ0 exp − exp − dp ,
π kB T m 2 kB T R m kB T

ce qui donne le résultat souhaité.

La température T = 0 correspond à la configuration {qI } telle que pI = 0 et rI = 0


pour tout I, c’est à dire au cas où tous les ressorts sont immobiles et de longueur nulle.

3. Par calcul direct, le vecteur contrainte exercé à travers une interface élémentaire
da de normale ex est donné par

T (x) = F I2 I1 (r) ñ(x, r) [(r ex ) · ex ] dr
R+

dX
= F (r) ñ(X, R) [(r ex ) · ex ] dR
dx R+ I2 I1
   
1 2α 2 2 α R2
= ρ0 n(x) αδ R exp − dR ex
δ π k B T R+ 2 kB T
= ρ0 n(x) kB T δ ex .

4. Pour une extémité d’échantillon de normale ex , il faut exercer une force par unité
de surface ρ0 n(x) kB T δ ex pour que le système soit en équilibre. Le système peut donc
représenter un muscle en contraction équilibrant une traction. La force est proportionnelle
à la température et à la dilatation. Elle est indépendante de la raideur élémentaire : pour
une raideur plus grande, la force élémentaire croît à allongement fixé, mais la probabilité
d’observer cet allongement décroît car il nécessite plus d’énergie.

52
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2006

CONTRÔLE NON CLASSANT


DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
MEC431

du mardi 13 novembre 2007

Sujet proposé par Patrick Le Tallec et Christian Rey

Durée : 2 heures

* * *
L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé. Les téléphones
portables sont strictement interdits dans la salle.

* * *

Exercice : Dilatation tangentielle

On considère un fluide incompressible occupant en configuration actuelle le secteur


cylindrique
Ω(t) = {ri ≤ r ≤ re , 0 ≤ θ ≤ α(t) ≤ 2π, 0 ≤ z} .
D
On connait la vitesse d’ouverture du secteur α̇(t) = Dt
α.

On recherche l’ensemble de tous les champs de vitesse à vitesse radiale nulle, dont le
tenseur taux de déformations d a ses composantes en base cylindrique qui ne dépendent
que du temps
d = dθθ (t)eθ ⊗ eθ + dzz (t)ez ⊗ ez + drz (t)(er ⊗ ez + ez ⊗ er )
+drθ (t)(eθ ⊗ er + er ⊗ eθ ) + dθz (t)(eθ ⊗ ez + ez ⊗ eθ ) ,
et qui vérifient les conditions aux limites :

uθ (r, 0, z, t) = 0 ; uθ (r, α(t), z, t) = α̇(t)r ; uz (r, θ, 0, t) = 0 .

1. Montrer que l’on a nécessairement dzz (t) + dθθ (t) =0.


θ
2. Montrer que le champ uθ est nécessairement de la forme uθ = α̇(t)r .
α(t)
α̇(t)
3. En déduire que l’on a nécessairement uz = − z.
α(t)
4. Calculer en coordonnées cylindriques la carte φ(t) décrivant le mouvement en repré-
sentation lagrangienne, en prenant comme configuration de référence la configuration du

53
système à l’instant t = 0. On désignera par (R, Θ, Z) les coordonnées cylindriques dans
la configuration de référence.

5. Comment se transporte un petit carré matériel de côté dl de centre M0 (R = a, Θ, Z)


et dont les axes sont parallèles à eΘ et eZ à l’instant t = 0 ?

Problème : Modélisation simplifiée d’une poutre sand-


wich

L’objectif de ce problème est de proposer une analyse simplifiée d’une poutre sandwich
rectiligne en s’appuyant sur le principe des puissances virtuelles. Dans sa configuration
actuelle, la structure Ω étudiée est une poutre sandwich de longueur L, d’axe (O, ex )
et dont la section droite Ω(x) est un rectangle de côtés 2a et 2b. On note S l’aire de
la section droite de la poutre. La structure est constituée de trois couches Cr , Cs , Ct
homogènes, isotropes, solidaires et disposées de telle façon que, dans le repère (O; x, y, z),
le domaine occupé par Ω est 0 ≤ x ≤ L, −a ≤ y ≤ a, −b ≤ z ≤ b. Les interfaces sont
donc situées dans les plans parallèles au plan xOz. Les extrémités de Ω notées Ω(0) et
Ω(L) sont situées respectivement dans les plans x = 0 et x = L.
L

Or Cr 2hr

O Cs 2h x

Ot Ct 2ht

Fig. 1: Description de la poutre sandwich

Les couches Cr , Cs , Ct ont respectivement pour épaisseur 2hr , 2h, 2ht (a = hr + h + ht )


et leurs axes sont (Or , ex ), (O, ex ), (Ot , ex ) où OOr = −(hr + h)ey et OOt = (h + ht )ey .
On note :

Or M = xex + yr ey + zez , OM = xex + yey + zez , OtM = xex + yt ey + zez , ∀M ∈ Ω .

Les mouvements de Ω sont supposés avoir lieu parallèlement au plan xOy.

54
Les deux couches extérieures Cr et Ct , raides, travaillent en flexion et extension. Le
cœur Cs , souple, travaille principalement en cisaillement.
∂f
Pour alléger les notations, f 0 = représentera la dérivée de la fonction f par rapport
∂x
à x.

La modélisation va s’intéresser aux champs de vitesses virtuelles (CV V ) définis par :


(r)
Û = [ûr (x) − v̂r0 (x)yr ]ex + v̂r (x)ey dans Cr
(s)
Û = [û(x) − (v̂ 0 (x) − γ̂(x))y]ex + v̂(x)ey dans Cs
(t)
Û = [ût (x) − v̂t0 (x)yt ]ex + v̂t (x)ey dans Ct .

1. Calculer les taux de déformation virtuels. Que vaut le taux de cisaillement dans chaque
couche ?

2. On impose dorénavant la continuité des CV V aux interfaces. Montrer que le champ de


vitesse virtuelle doit être alors de la forme
Û = (û(x) − yv̂ 0(x) + η(y)γ̂(x))ex + v̂(x)ey ,
la fonction η étant définie par : η(y) = −h dans Cr , η(y) = y dans Cs , η(y) = h dans Ct .

3. Sous les notations du cours, on suppose que les densités d’efforts extérieurs F et T
appliqués à la structure sont indépendants de z et portés par ey et que les faces z = ±b
et y = ±a sont libres d’effort. Montrer que l’on a nécessairement
Z L Z L
FΩ(x) dx + T0 + TL = 0 , xFΩ(x) dx + LTL = 0 ,
0 0

sous la notation
Z Z Z
FΩ(x) = ρF .ey da , T0 = T (0, y, z).ey da , TL = T (L, y, z).ey da .
Ω(x) Ω(0) Ω(L)

4. Montrer que la puissance virtuelle des efforts extérieurs pour les mouvements virtuels
précédemment définis s’écrit :
Z L
P(e) (Û) = FΩ(x) v̂(x)dx + T0 v̂(0) + TL v̂(L) .
0

5. Montrer que la puissance virtuelle des efforts intérieurs pour les mouvements virtuels
précédemment définis s’écrit :
Z L
P(i) (Û ) = − (N(x)û0 (x) + M(x)v̂”(x) + Q(x)γ̂ 0 (x) + Tc (x)γ̂(x))dx ,
0

où les efforts intérieurs généralisés sont donnés par :


Z Z
N(x) = σxx (x, y, z)dydz, M(x) = (−1)yσxx (x, y, z)dydz,
Ω(x) Ω(x)
Z Z
Tc (x) = η 0 (y)σxy (x, y, z)dydz, Q(x) = η(y)σxx (x, y, z)dydz .
Ω(x) Ω(x)

55
6. On se place en statique en l’absence d’effort d’accélération. Énoncer le principe des
puissances virtuelles sur le système complet en se restreignant aux mouvements virtuels
choisis en question 2.

7. On suppose dorénavant que 2hr = 2ht = e. On suppose que la poutre est simplement
posée sur appuis en x = 0 et x = L. Autrement dit, le déplacement vertical v est nul aux
deux extrémités. On cherche à dimensionner rapidement cette poutre sandwich sachant
qu’expérimentalement le cisaillement σxy dans la couche centrale Cs de la poutre ne peut
pas dépasser en valeur absolue une valeur limite σ s et que la contrainte axiale σxx dans
les couches inférieure et supérieure ne peut pas dépasser en valeur absolue la valeur σ r .
Ici, σ s et σ r sont des paramètres caractéristiques des matériaux constitutifs. Montrer que
l’on a
Se r
|M(x) + Q(x)| ≤ eσ
2a
e
|Tc (x)| ≤ S(1 − )σ s .
a
En déduire par approche cinématique de l’analyse limite une borne supérieure de la den-
F
sité de force verticale potentiellement supportable par la poutre quand le chargement
S
vertical FΩ(x) (x) = F ne dépend pas de x.

56
CORRIGÉ

Exercice : Dilatation tangentielle

1. La condition d’incompressibilité s’écrit :

0 = divU = d : 1 = dzz (t) + dθθ (t) = 0 .

1 ∂uθ
2. La condition = dθθ (t), implique que uθ (r, θ, z, t) = rθdθθ (t) + g(r, z). La prise
r ∂θ
en compte des conditions aux limites en (θ = 0) et (θ = α) achève la détermination de
θ
uθ = α̇(t)r .
α(t)
1 ∂uθ uθ
Ç å
Le calcul de drθ = − donne alors drθ (t) = 0.
2 ∂r r
Ainsi,

θ α̇(t) ∂uθ
uθ = α̇(t)r ; dθθ (t) = ; drθ (t) = 0 ; =0.
α(t) α(t) ∂z

3. Il reste à satisfaire les conditions :


∂uz 1 ∂uz 1 ∂uθ 1 ∂uz 1 ∂uz
Ç å
dzz (t) = = −dθθ (t) ; drz (t) = ; dθz (t) = + = .
∂z 2 ∂r 2 ∂z r ∂θ 2r ∂θ

La première donne uz (r, θ, z, t) = dzz (t)z + h(r, θ).


1 ∂f
La seconde impose ensuite que h(r, θ) = 2drz (t)r + f (θ). La troisième s’écrit =
2r ∂θ
dθz (t).

Il vient que nécessairement dθz (t) = 0 et uz (r, θ, z) = dzz (t)z + 2drz (t)r.

La prise en compte de la condition aux limites uz (r, θ, 0) = 0 donne le résultat recher-


ché.

Au bilan, le seul champ de vitesse vérifiant l’ensemble des conditions est de la forme

α̇(t)
u= (rθeθ − zez )
α(t)

de taux de déformation
α̇(t)
d= (e ⊗ eθ − ez ⊗ ez ) .
α(t) θ

57
4. La description lagrangienne du mouvement s’obtient par intégration de l’équation dif-
férentielle en temps :
dr
= 0, r(t = 0) = R
dt
dθ α̇(t)
r = rθ, θ(t = 0) = Θ
dt α(t)
dz α̇(t)
=− z, z(t = 0) = Z
dt α(t)

de solution
Θ 1
r=R ; θ(t) = α(t) ; z(t) = Zα(0) .
α(0) α(t)
5. On commence par déterminer le gradient de la transformation :

α(t) α(0)
F = er ⊗ eR + eθ ⊗ eΘ + e ⊗ eZ .
α(0) α(t) z

dont la décomposition polaire s’écrit : F = R.S avec

α(t) α(0)
R = er ⊗ eR + eθ ⊗ eΘ + ez ⊗ eZ ; S = eR ⊗ eR + eΘ ⊗ eΘ + e ⊗ eZ ,
α(0) α(t) Z

où R est la rotation qui transforme la base cylindrique locale liée à M0 (R, Θ, Z) en celle
liée à Mt (r, θ, z, t)

On en déduit le tenseur des dilatations


å2 å2
α(t) α(0)
Ç Ç
t 2
C = F .F = S = eR ⊗ eR + eΘ ⊗ eΘ + eZ ⊗ eZ .
α(0) α(t)

Ainsi l’image du carré de côté dl de centre M0 (R = a, Θ, Z) et dont les axes sont parallèles
à eΘ et eZ à l’instant t = 0 est un rectangle de centre le point M(r = a, θ, z) d’axes portés
√ α(t) √ α(0)
par eθ et ez et de longueurs respectives CΘΘ dl = dl et CZZ dl = dl.
α(0) α(t)

Problème : Modélisation simplifiée d’une poutre sand-


wich

1. Les taux de déformation virtuels dans chaque couche sont

d(r) = [ûr (x) − v̂r (x)yr ]ex ⊗ ex


0 00
d(t) = [ût (x) − v̂t (x)yt ]ex ⊗ ex
0 00
;
1
d(s) = [û (x) − (v̂ (x) − γ̂ (x))y]ex ⊗ ex + γ̂(x)(ex ⊗ ey + ey ⊗ ex ) .
0 00 0

58
Ainsi le taux de cisaillement instantanée (2.ex .d.ey ) dans la couche centrale vaut γ, tous
les autres étant nuls.
(r)
2. Continuité des CVV aux interfaces : Sur l’interface Cr −Cs , on doit avoir : Û (x, hr ) =
(s)
Û (x, −h), soit
ûr (x) − v̂r0 (x)hr = û(x) + (v̂ 0 (x) − γ̂(x))h et v̂r (x) = v̂(x) .
(t) (s)
Sur l’interface Ct − Cs , on a de même : Û (x, −ht ) = Û (x, h), ce qui s’écrit
ût (x) + v̂t0 (x)ht = û(x) − (v̂ 0 (x) − γ̂(x))h et v̂t (x) = v̂(x) .
En résumé, on a
v̂(x) = v̂r (x) = v̂t (x) (il n’y a qu’une seule flèche)
ûr (x) = û(x) + v̂ 0 (x)hr + (v̂ 0 (x) − γ̂(x))h (1)
ût (x) = û(x) − v̂ 0 (x)ht − (v̂ 0 (x) − γ̂(x))h
d’où
(r)
Û = [û(x) − v̂ 0 (x)y − γ̂(x)h]ex + v̂(x)ey
(s)
Û = [û(x) − v̂ 0 (x)y + γ̂(x)y]ex + v̂(x)ey
(t)
Û = [û(x) − v̂ 0 (x)y + γ̂(x)h]ex + v̂(x)ey ,
soit encore Û = (û(x) − yv̂ 0(x) + η(y)γ̂(x))ex + v̂(x)ey .

3. L’équilibre global de la structure s’écrit


Z Z Z
ρFy ey dΩ + Ty ey da + Ty ey da = 0
Ω Ω(0) Ω(L)
Z Z Z
x ∧ ρFy ey dΩ + (yey + zez ) ∧ Ty ey da + (Lex + yey + zez ) ∧ Ty ey da = 0 ,
Ω Ω(0) Ω(L)

soit
Z L
FΩ(x) dx + T0 + TL = 0
0
ÇZ Z Z å ÇZ å
L
(−zρFy )dΩ + (−zTy )da + (−zTy )da ex + xFΩ(x) dx + LTL ez = 0 .
Ω Ω(0) Ω(L) 0

L’indépendance de Ty et ρFy par rapport à z assure la nullité (fonctions impaires) de la


composante selon ex du moment résultant.

4. La puissance virtuelle des efforts extérieurs s’écrit


Z Z Z
P(e) (Û) = ρF .ÛdΩ + T .Û (x = 0)da + T .Û (x = L)da
Ω Ω(0) Ω(L)
Z L
ÇZ å ÇZ å ÇZ å
= ρF .ey da v̂(x)dx + T .ey da v̂(0) + T .ey da v̂(L)
0 Ω(x) Ω(0) Ω(L)

59
soit finalement Z L
P(e) (Û) = FΩ(x) v̂(x)dx + T0 v̂(0) + TL v̂(L) .
0

5. Puissance virtuelle des efforts intérieurs

Le tenseur des taux de déformation virtuelle s’écrit


á ë
D̂xx D̂xy 0
D̂ = D̂xy 0 0
0 0 0

où D̂xx = û0 − yv̂” + η(y)γ̂ 0; D̂xy = 12 η 0 γ̂ et où η 0 est la fonction qui vaut 1 dans la couche
Cs et zéro ailleurs. On déduit
Z Z
P(i) (Û ) = − σij D̂ij dΩ = − (σxx D̂xx + 2σxy D̂xy )dΩ
Ω Ω
Z L Z
= − {( [σxx (û0(x) − yv̂”(x) + η(y)γ̂ 0(x)) + σxy η 0 γ̂(x)]da}dx
0 Ω(x)
Z L Z Z
0
= − { (σxx da)û (x) + ( −yσxx da)v̂”(x)
0 Ω(x) Ω(x)
Z Z
0
+( ησxx da)γ̂ (x) + ( η 0 σxy da)γ̂(x)da}dx ,
Ω(x) Ω(x)

ce qui est l’expression demandée


Z L
P̂(i) (Û ) = − (N(x)û0 (x) + M(x)v̂”(x) + Q(x)γ̂ 0 (x) + Tc (x)γ̂(x))dx .
0

6. En l’absence d’effort d’accélération, le principe des puissances virtuelles s’écrit

P(i) (Û ) + P(e) (Û ) = 0 ∀Û .

7. Par définition,
Z b Z h+e Z b Z −h
M(x) + Q(x) = − (y − h)σxx (y)dydz − (y + h)σxx (y)dydz
−b h −b −(h+e)
Z h Z c
Tc = σxy dy .
−h 0

Par simple majoration, on obtient (S = 4ba),

Se r
|M(x) + Q(x)| ≤ 2be2 sup |σxx | = 2be2 σ r = eσ (2)
armature 2a
s
Å
eã s
|Tc (x)| ≤ 4bh sup |σxy | = 4b(a − e)σ = S 1 − σ . (3)
cœur a

60
Mise en œuvre de l’approche cinématique :

L’idée est de choisir un mouvement virtuel qui fasse travailler uniquement le cisaille-
ment dans la couche centrale, soit u0 = 0, v 00 − γ 0 = 0.

On pose ainsi u(x) = 0, v(x) = − γ20 x(x − L) et γ(x) = −γ0 x de sorte que u0 = 0,
v 00 = γ 0 = −γ0 .

On obtient ensuite directement,


ÇZ Z
1 L L
å
P̂(e) (û) = γ0 F L3 ; −P̂(i) (û) = γ0 (M + Q)dx + Tc xdx ,
12 0 0

soit avec les relations (2) et (3)

1 3 Se e ã s L2
Ç Å å
r
γ0 F L = P̂(e) (û) = −P̂(i) (û) ≤ γ0 eLσ + S 1 − σ .
12 2a a 2
ÇÅ ã2 Å ã Ç r å Å
F e a σ e ã σs
Ç åå
On en déduit une borne supérieure ≤6 + 1− .
S a L L a L

61
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2006

CONTRÔLE CLASSANT

Mécanique des Milieux Continus - MEC431

du Jeudi 24 Janvier 2008

Le problème, noté approximativement sur 16 points a été proposé par Patrick Ballard.
L’exercice noté approximativement sur 4 points a été proposé par Patrick Le Tallec.

Durée : 4 heures (8h00-12h00)

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.


Chacune des quatre parties (de difficulté croissante) du problème peut être traitée
indépendamment de la bonne résolution éventuelle des parties qui précèdent,
mais pas indépendamment de la bonne compréhension de leurs enjeux.

* * *

Exercice : compression d’une éprouvette refroidie.

ξd
ξZ = −δl ξ d = −δleZ
Sl

Se

S0

initial glissant adhérent

Fig. 1: L’éprouvette en compression glissant puis adhérant sur ses frontières supérieure et infé-
rieure. Géométrie et conditions aux limites.

On considère une éprouvette en compression. Sa hauteur au repos est l et son rayon au


repos est Re . Le matériau constitutif est supposé élastique, isotrope et est à l’état naturel en
configuration initiale. Aucun effort massique n’est exercé, et la surface latérale Se n’est soumise
à aucun effort de contact. On impose au plateau supérieur un déplacement vertical −δl le long

62
de eZ et on refroidit en même temps l’éprouvette à la température uniforme T < T0 . On se place
dans le cadre des petites perturbations.

1. On suppose dans un premier temps que l’éprouvette glisse sans frotter sur ses faces su-
périeure et inférieure. Décrire les conditions aux limites imposées. Par la méthode des
contraintes, calculer le champ de déplacement et le champ de contrainte solutions du pro-
blème posé. Quelle est la force de réaction verticale exercée par la face supérieure sur
l’éprouvette ?
2. On suppose maintenant comme en page 368 du polycopié que l’éprouvette adhère sur ses
faces supérieure Sl et inférieure S0 . On cherche à prédire la solution par la méthode de
Ritz en utilisant le sous-espace Ch de champs de déplacement cinématiquement admissibles
proposé dans le polycopié

Ch = {ξ 0h (X) = Q1 Rf (Z)eR − δZeZ } ⊂ C(Sξi , ξid )

avec
Z Z
f (Z) =
(1 − ).
l l
Calculer le champ de déplacement approché ainsi obtenu. Que vaut le champ de contrainte
σzz prédit par la méthode en Z = l ? On pourra utiliser les calculs d’intégrales effectués
dans le polycopié.

Problème : étude d’un cylindre de révolution en caoutchouc


en rotation uniforme autour de son axe.

Certaines expériences effectuées à l’aide d’un stroboscope ont pu mettre en évidence qu’il
arrive que les sections d’un cylindre de révolution en rotation uniforme autour de son axe s’ova-
lisent spontanément. L’objectif de ce problème est de rendre compte de cette observation dans
le cadre de la théorie de l’élasticité.

On considère un arbre dont la configuration de référence occupe une portion de cylindre de


révolution de hauteur H et dont la section est un disque de rayon L. Le matériau constitutif est un
élastomère supposé obéir à la loi de comportement de Treloar (encore appelée néo-Hookienne) :

σ = µ F · t F − p 1l, avec dét F = 1,

où p est le multiplicateur de Lagrange (indéterminé) associé à la liaison interne d’isochorie (in-


compressibilité), et F le gradient de la transformation entre l’état naturel et l’état actuel.

Dans toutes les évolutions envisagées au cours de ce problème, la température sera suppo-
sée homogène dans le solide et invariable (évolution isotherme) et les effets de pesanteur seront
systématiquement négligés. Cet arbre, initialement dénué de contrainte, est placé entre deux
plans parallèles indéformables et parfaitement lisses de sorte que le contact avec les deux sec-
tions d’extrémité pourra être supposé permanent et sans frottement. La surface latérale restera
constamment libre de contrainte.

63
Z

SH

S0
O

Fig. 2: Cylindre en rotation uniforme autour de son axe. Géométrie et conditions aux limites

On confère à cet ensemble une rotation uniforme, à la vitesse ω, autour de l’axe de révolution
OZ du cylindre. La côte du plan inférieur Z = 0 est maintenue invariable, tandis que l’on
impose une translation δ ez au plan supérieur. L’étude sera menée dans le référentiel tournant.
La configuration de référence y sera décrite à l’aide des coordonnées cylindriques (R, Θ, Z) :

0 ≤ R ≤ L, 0 ≤ Z ≤ H.

Toutes les évolutions envisagées seront supposées quasi-statiques dans le référentiel tournant de
sorte que les forces d’inertie se réduisent ici à l’accélération d’entrainement (qui est centrifuge).
En conséquence, si la configuration actuelle est rapportée aux coordonnées cylindriques (r, θ, z),
l’équation du mouvement s’y écrit :

div σ + ρrω 2 er = 0,

où ρ désigne la masse volumique (invariable) de l’élastomère, et er le vecteur unitaire radial des


coordonnées cylindriques.

En accord avec le montage, les conditions aux limites suivantes seront constamment respectées
sur les sections d’extrémité S0 (Z = 0) et SH (Z = H) :
• composante normale du déplacement imposée, soit ξZ (Z = 0) = 0 et ξZ (Z = H) = δ
(contact permanent),
• composantes tangentielles de l’effort surfacique nulles, soit TR = 0 et TΘ = 0 (absence de
frottement).

I. Une première solution des équations de l’équilibre.

Dans cette partie, on souhaite montrer qu’une transformation du type :


R
r=√ , θ = Θ, z = λZ (1)
λ
permet de construire un état d’équilibre.

64
I.1) Calculer le gradient F 0 de la transformation proposée (1). En déduire que cette transforma-
tion est isochore (sans variation de volume). Montrer que pour un choix adapté de λ, une telle
transformation permet de satisfaire toutes les conditions aux limites cinématiques du problème.

I.2) Expliciter les distributions de contrainte σ associées à cette transformation par la loi de
comportement, et montrer qu’il existe un champ de multiplicateur p0 permettant de satisfaire
l’équation de l’équilibre ainsi que toutes les conditions aux limites en effort du problème.

I.3) Calculer la résultante et le moment en O des efforts surfaciques exercés par le plan rigide
sur la section d’extrémité supérieure z = H + δ du cylindre dans cette configuration. Dans la
circonstance où le déplacement du plan rigide supérieur est laissé libre (pas d’effort extérieur
exercé), que vaut la variation de hauteur δ du cylindre induite par la rotation ?

II. Équations gouvernant les déplacements de cet équilibre.

On souhaite rechercher d’éventuelles valeurs de la vitesse de rotation ω permettant un dépla-


cement de l’équilibre de la forme :
ξ(r, θ, z) = u(r, θ) er + v(r, θ) eθ . (2)
Concrètement, cela nous amène à considérer deux transformations successives.
1. Passage de la configuration initiale (état naturel) à la configuration intermédiaire par la
transformation x = φ(X) étudiée dans la partie I. Elle s’exprime en coordonnées cylin-
driques sous la forme (1). La configuration intermédiaire
p occupe un tronçon de cylindre de
révolution de hauteur h = H + δ et de rayon l = L/ 1 + δ/H . Son gradient, qui a été
calculé au I.1), sera toujours noté F 0 = ∇X φ dans la suite du problème.
2. Passage de la configuration intermédiaire à la configuration actuelle par la transformation
x0 = φ0 (x) associée au champ de déplacement (2). Son gradient s’écrit ∇x φ0 = 1l + ∇x ξ.
Le gradient de l’ensemble
 de la transformation (passage de l’état naturel à l’état actuel) s’écrit
donc : F = 1l + ∇x ξ · F 0 . On décide alors de limiter le cadre de l’étude à la circonstance où la
deuxième transformation x0 = φ0 (x) demeure infinitésimale, ce qui s’écrit :

∇ ξ  1.
x

En pratique, cela signifie que toutes les quantités seront calculées au premier ordre en ∇x ξ à des

termes d’ordre supérieur o ∇x ξ près.

On notera σ 0 le champ de contrainte de Cauchy dans la configuration intermédiaire, calculé


explicitement au I.2). De façon similaire, la valeur du multiplicateur de Lagrange dans cette
configuration, calculé dans la même question, sera notée dans toute la suite p0 , de sorte que, sur
la configuration actuelle, on écrira :
p = p0 + q,

où q désigne la contribution de premier ordre en O ∇x ξ au multiplicateur.

II.1) Expliciter la restriction que l’isochorie (l’incompressibilité), convenablement exprimée dans


le contexte de l’hypothèse de la transformation infinitésimale, induit sur les deux fonctions u et
v.

65
II.2) En utilisant la loi de comportement, exprimer la contrainte de Cauchy σ, à l’approximation
consentie, en terme de σ 0 , F 0 , ∇x ξ et q.

II.3) Montrer en s’appuyant sur la question (II.1) que le tenseur de Boussinesq « intermédiaire »
−1
P = σ · t 1l + ∇x ξ s’écrit

µ µ
P = σ 0 − q1l + εD + (p0 − )t ∇x ξ,
λ λ
sous la notation
∂u 1 ∂v u 1 ∂u ∂v v ∂u
εD = ( − − )er ⊗ er + ( + − )(er ⊗ eθ + eθ ⊗ er ) − 2 eθ ⊗ eθ .
∂r r ∂θ r r ∂θ ∂r r ∂r

Le tenseur de Boussinesq « intermédiaire » permet d’écrire commodément les équations de


l’équilibre sur la configuration intermédiaire (qui est connue, à la différence de la configuration
actuelle) sous la forme

divx P + ρω 2 (rer + ξ) = 0 sur Ω, P · n = T sur ∂Ω.

Quel renseignement immédiat tire-t-on de ces équations à propos de la dépendance de la


fonction inconnue q vis-à-vis de la variable z ?

II.4) Établir alors que les trois fonctions inconnues u, v et q satisfont le système d’équations aux
dérivées partielles :

∂u u 1 ∂v

∂r + r + r ∂θ = 0,
 
∂ 2 u 2 ∂u 1 ∂2u 1 ∂v λ ∂q ρλω 2
∂u
+ + 2 − 2 − + r +u =0, (3)
∂r 2 r ∂r r ∂θ 2 r ∂θ µ ∂r µ ∂r

∂ 2 v ∂v v ∂2u 1 ∂u λ ∂q ρλω 2 ∂u
r + − − + − + r =0.
∂r 2 ∂r r ∂r∂θ r ∂θ µ ∂θ µ ∂θ
On pourra utiliser pour ce faire l’identité
 
divx f t ∇x ξ = f t ∇x (divx ξ) +t ∇x ξ · ∇x f.

Le système d’équations aux dérivées partielles est linéaire et homogène. Pouvait-on s’y attendre ?

II.5) Montrer que les trois fonctions inconnues u, v et q doivent satisfaire les conditions à la
limite suivantes sur la surface « latérale » :

∂v ∂u
r
∂r − v + ∂θ = 0,
en r = l . (4)
∂u λ
2 − q = 0,
∂r µ

II.6) Vérifier que les conditions aux limites sur les sections d’extrémité S0 et SH sont bien toutes
respectées.

66
III. Identification d’un tel déplacement de l’équilibre.

Le système d’équations aux dérivées partielles (3) qui, complété des conditions à la limite
(4), gouverne un éventuel déplacement (2) de la configuration d’équilibre étudiée dans la partie
I, admet toujours le déplacement nul u = v = 0 comme solution. La question que l’on souhaite
maintenant étudier dans cette partie, est de savoir s’il peut exister des solutions non identique-
ment nulles pour certaines vitesses de rotation ω. À cet effet, on décide de rechercher des solutions
non-triviales à variables séparées. Compte-tenu de la nécessaire 2π-périodicité par rapport à la
variable θ, on étudie plus particulièrement les champs de déplacement tels que :

λ q(r, θ)
u(r, θ) = fn (r) cos nθ, v(r, θ) = gn (r) sin nθ, = hn (r) cos nθ,
µ
où n ≥ 2 ∈ N désigne un entier quelconque, pour l’instant indéterminé.

III.1) Montrer que la fonction fn est nécessairement solution de l’équation différentielle :

r 4 fn0000 + 6r 3 fn000 − (2n2 − 5)r 2 fn00 − (2n2 + 1)r fn0 + (n2 − 1)2 fn = 0 . (5)

III.2) En cherchant des fonctions du type K r α (K constante), l’équation différentielle (5) se


réduit à
α4 − 2(n2 + 1)α2 + (n2 − 1)2 = 0.
Expliciter, pour n ≥ 2, l’ensemble des solutions de l’équation différentielle (5) et justifier que
seule la famille :

fn (r) = An r n+1 + Bn r n−1 , (An , Bn ) ∈ R2 ,

soit digne d’intérêt.

III.3) On admet sans calcul qu’avec ce choix de fn , les fonctions gn et hn prennent les valeurs
n+2
gn (r) = − An r n+1 − Bn r n−1 ,
n
4(n + 1) ρλω 2 
hn (r) = An r n + An r n+2 + Bn r n .
n µ

Étudier les valeurs de la vitesse de rotation ω pour lesquelles les conditions à la limite sur la
surface latérale (r = l) sont compatibles avec des valeurs non simultanément nulles des constantes
An et Bn .

IV. Analyse des résultats et discussion.

Le travail effectué dans les parties II et III permet de constater qu’il y a une infinité de valeurs
de la vitesse de rotation ω, pour lesquelles des déplacements non rigidifiants de l’équilibre étudié
dans la partie I, sont possibles. La plus petite des valeurs ω exhibées s’écrit :

ωc2 = ,
ρL2

67
et les déplacements de l’équilibre associés s’écrivent alors :
(    )
r 2 2r 2
ξ =Cr l2 − cos 2θ er − l2 − sin 2θ eθ , (6)
3 3

où C est une constante réelle arbitraire.

IV.1) L’ensemble du travail effectué permet-il de conclure qu’aucun déplacement infinitésimal


non rigidifiant de l’équilibre n’est possible tant que la vitesse de rotation est inférieure à la valeur
ωc ?

IV.2) Que faut-il penser du caractère indéterminé de la constante C ? Que doit-on imposer à la
quantité |C| l2 pour rester dans le cadre de l’hypothèse des petites transformations ?

IV.3) En faisant usage du repérage cartésien orthonormé Oxy naturellement associé aux coor-
données polaires (r, θ), montrer que sur le cercle frontière r = l le déplacement (6) s’écrit
2 3
ξ= Cl (cos3 θex − sin3 θey ).
3
Donner l’équation paramétrique de la courbe transformée, par le déplacement (6), du cercle
frontière r = l . Montrer que cette courbe est indiscernable, à l’approximation consentie, d’une
ellipse dont on précisera les demi grand axe et petit axe. Comment expliquer le rôle privilégié
joué par les axes du repérage ?

68
Annexe1 : opérateurs gradient et divergence en coordonnées
cylindriques.

Fonction scalaire.

f (M ) = f (r, θ, z),

∂f 1 ∂f ∂f
∇f = er + eθ + e .
∂r r ∂θ ∂z z

Champ de vecteurs.

v(M ) = vr (r, θ, z) er + vθ (r, θ, z) eθ + vz (r, θ, z) ez ,


 
∂vr 1 ∂vr ∂vr
∇v = er ⊗ er + − vθ er ⊗ eθ + e ⊗ ez
∂r r ∂θ ∂z r
 
∂vθ 1 ∂vθ ∂vθ
+ eθ ⊗ er + + vr eθ ⊗ eθ + e ⊗ ez
∂r r ∂θ ∂z θ
∂vz 1 ∂vz ∂vz
+ ez ⊗ er + ez ⊗ eθ + e ⊗ ez ,
∂r r ∂θ ∂z z
∂vr vr 1 ∂vθ ∂vz
div v = + + + .
∂r r r ∂θ ∂z

Champ de tenseurs du second ordre.

T (M ) = Tij (r, θ, z) ei ⊗ ej (i, j ∈ {r, θ, z}),


 
∂Trr 1 ∂Trθ ∂Trz Trr − Tθθ
div T = + + + er
∂r r ∂θ ∂z r
 
∂Tθr 1 ∂Tθθ ∂Tθz Trθ + Tθr
+ + + + eθ
∂r r ∂θ ∂z r
 
∂Tzr 1 ∂Tzθ ∂Tzz Tzr
+ + + + ez .
∂r r ∂θ ∂z r

1
à toutes fins utiles . . . On prendra cependant garde au fait que l’expression de div T qui figure à la page 389
du cours n’est valable que pour les champs de tenseurs symétriques.

69
Corrigé de l’exercice

1. Calcul du cas avec glissement par la méthode des contraintes

Les conditions aux limites du problème sont définies ci-dessous

frontière direction chargement imposé valeur imposée


S0 eZ ξZ 0
Sl eZ ξZ −δl
S0 ∪ Sl eR TR 0
S0 ∪ Sl eΘ TΘ 0
Se toutes T 0

Fig. 1: Définition du chargement pour l’éprouvette en compression glissant sans frotter sur ses
faces inférieure et supérieure

La résolution de ce problème par la méthode des contraintes suit les quatre étapes du cours
– Le champ de contrainte proposé est un champ uniforme uniaxial de la forme

σ = TZ eZ ⊗ eZ .

Il est continu et vérifie les conditions d’équilibre statique et les conditions aux limites en
effort imposé. Il est donc statiquement admissible.
– Le comportement d’un matériau élastique isotrope en petites transformations isothermes
est régi par la loi de Hooke ce qui permet d’obtenir par inversion le tenseur des déformations
linéarisé
1+ν ν
ε = σ − ( tr σ)1l + α(T − T0 )1l
E E
TZ νTZ
= ( + α(T − T0 ))eZ ⊗ eZ + (− + α(T − T0 ))(eR ⊗ eR + eΘ ⊗ eΘ ).
E E
– Pour remonter au déplacement, on se place en repère cartésien, avec e3 parallèle à eZ . Le
tenseur des déformations linéarisé étant constant, il vérifie les conditions de compatibilité,
donc il existe un champ de déplacement défini à un mouvement rigide près engendrant le
champ de déformation proposé. En suivant la démarche du cours pour calculer la partie
antisymétrique du gradient de ξ

w12 = −r, w23 = −p, w31 = −q,

on déduit
νTZ
ξ1,1 = ε11 = α(T − T0 ) − , ξ1,2 = ε12 + w12 = −r, ξ1,3 = ε13 + w13 = q,
E
νTZ
ξ2,1 = ε12 + w21 = r, ξ2,2 = ε22 = α(T − T0 ) − , ξ2,3 = ε23 + w23 = −p,
E
TZ
ξ3,1 = ε31 + w31 = −q, ξ3,2 = ε32 + w32 = p, ξ3,3 = ε33 = α(T − T0 ) + .
E

70
Après intégration et introduction des trois constantes d’intégration ξi0 , le déplacement
s’écrit
νTZ
ξ1 = (α(T − T0 ) − )X1 − rX2 + qX3 + ξ10 ,
E
νTZ
ξ2 = rX1 + (α(T − T0 ) − )X2 − pX3 + ξ20 ,
E
TZ
ξ3 = −qX1 + pX2 + (α(T − T0 ) + )X3 + ξ30 .
E

– Il reste à vérifier les conditions aux limites cinématiques

ξ3 = 0 sur S0 , ξ3 = −δl sur Sl ,

ce qui impose finalement p = q = ξ30 = 0 et

δl
TZ = −E − Eα(T − T0 ).
l
La solution est totalement déterminée, à un mouvement rigide plan près, y compris son
champ de contraintes.
La force de réaction s’obtient par intégration de la composante verticale σzz du vecteur contrainte
sur la face supérieure, ce qui donne
δl
T = −πRe2 E( + α(T − T0 )).
l
La contrainte imposée par compression diminue donc quand le matériau refroidit.

2. Calcul du cas adhérent par la méthode de Ritz

frontière direction chargement imposé valeur imposée


S0 toutes ξ 0
Sl toutes ξ −δleZ
Se toutes T 0

Fig. 2: Définition du chargement pour l’éprouvette en compression adhérant sur ses faces infé-
rieure et supérieure

Les conditions aux limites sont maintenant décrites dans le tableau (2).

Le calcul du tenseur de déformation linéarisé pour le champ proposé est fait dans le polycopié :
 
R
ε(ξ 0h ) = Q1 f (eR ⊗ eR + eΘ ⊗ eΘ ) + f 0 (Z)(eR ⊗ eZ + eZ ⊗ eR ) − δeZ ⊗ eZ .
2

Pour un matériau isotrope en l’absence d’efforts extérieurs imposés et pour une éprouvette à
section circulaire de rayon Re en configuration de référence, on en déduit l’énergie potentielle
comme somme de deux termes, le premier étant calculé dans le polycopié, le second se calculant

10

71
explicitement
Z
(W − Φ)(ξ 0h ) = I1 − kα(T − T0 ) tr ε(ξ 0 )dΩ0
Ω0
Z  
1
I1 = λ( tr ε(ξ 0 ))2 + µε(ξ 0 ) : ε(ξ 0 ) dΩ0
Ω0 2
Z  
1 R2
= λ(2Q1 f − δ)2 + µ(2Q21 f 2 + 2 Q21 f 0 (Z)2 + δ2 ) dΩ0
Ω0 2 4
  2
 
2 2 2(λ + µ) µRe λδ
= πRe l Q1 + − Q1 + c ,
30 12l2 3
Z Z
− kα(T − T0 ) tr ε(ξ 0 )dΩ0 = −kα(T − T0 ) (2Q1 f − δ)dΩ0
Ω0 Ω0
Z l
Z Z2
= −2Q1 πRe2 kα(T − T0 ) ( − 2 )dz + c0
0 l l
l
= −2Q1 πRe2 kα(T − T0 ) + c0 .
6
.

Le minimum en Q1 correspond alors à la valeur qui annule la dérivée (W − Φ)

λ δ + kα(T − T0 )
Q̃1 = − 2 2 2
.
5 (λ + µ) + µRe /2l

En Z = l,on a f = 0, et donc le champ de déformations se réduit à


R 0
ε(ξ 0h ) = Q1 f (Z)(eR ⊗ eZ + eZ ⊗ eR ) − δeZ ⊗ eZ
2
d’où on déduit par loi de comportement σZZ = −(λ + 2µ)δ − kα(T − T0 ). Cette valeur ne
dépend pas du paramètre Q1 car les composantes diagonales du champ de déformation sur la
face supérieure n’en dépendent pas.

11

72
Corrigé du problème

I. Une première solution des équations de l’équilibre.

I.1) Comme la transformation proposée est telle que θ = Θ, la base locale associée aux coor-
données cylindriques dans les configurations initiale et actuelle est identique pour une particule
donnée. On la notera (er , eθ , ez ). On écrit alors :

OM 0 = R er + Z ez ,
dM 0 = dR er + R dΘ eθ + dZ ez ,
OM = r er + z ez ,
dM = dr er + r dθ eθ + dz ez ,
dR R dΘ
= √ er + √ eθ + λ dZ ez .
λ λ
Le gradient F 0 de la transformation est, par définition, l’application linéaire qui fait correspondre
dM à dM 0 . On obtient donc :
1  
F0 = √ er ⊗ er + eθ ⊗ eθ + λ ez ⊗ ez .
λ
Le déterminant de cette application linéaire vaut clairement 1 et la transformation proposée est
donc isochore.

Les seules conditions aux limites cinématiques de ce problème concernent la composante


normale du déplacement sur S0 qui est bien identiquement nulle, ainsi que la composante normale
du déplacement sur SH qui prend la valeur requise si et seulement si :
δ
λ=1+ .
H

I.2) Connaissant le gradient F 0 de la transformation proposée, la loi de comportement de Treloar


donne :
µ 
σ = −p 1l + er ⊗ er + eθ ⊗ eθ + µλ2 ez ⊗ ez ,
λ
où le champ p est encore indéterminé à ce stade. Cette expression permet de satisfaire l’équation
du mouvement :

div σ + ρrω 2 er = 0,

si et seulement si :

grad p = ρrω 2 er ,

soit :
ρω 2 2
p= r + C te .
2

12

73

La condition de surface libre σrr = 0 sur la paroi latérale r = L/ λ fixe alors la valeur de la
constante :
µ ρω 2 L2
C te = − ,
λ 2 λ
et donc le champ de multiplicateur :

µ ρω 2  2 L2 
p0 = + r − .
λ 2 λ
Le champ de contrainte est alors nécessairement donné par :

ρω 2  L2   1
σ0 = − r 2 1l + µ λ2 − e ⊗ ez , (7)
2 λ λ z
où λ = 1 + δ/H. Il est immédiat de vérifier qu’il assure la condition de surface libre sur la paroi
latérale, ainsi que la nullité des composantes tangentielles de l’effort surfacique sur les sections
d’extrémité.

I.3) La densité surfacique de force exercée par le plan rigide supérieur est donnée par :
 2 2   
ρω L 2 2 1
T = σ 0 · ez = −r +µ λ − ez .
2 λ λ
Cette distribution étant symétrique de révolution autour de Oz, son moment en O est nul. Le
calcul de la résultante est immédiat en coordonnées polaires (attention à√bien intégrer sur la
géométrie actuelle de la section extrême, c’est-à-dire le disque de rayon L/ λ) :

πL2 n ρω 2 L2 3
o
R= + µ λ − 1 ez .
λ2 4
Lorsque cette force axiale est nulle, la dilatation λ est complètement déterminée par la vitesse
de rotation ω :
 ρω 2 L2 1/3
λ = 1− ,

soit en revenant à l’allongement (algébrique) :
 
ρω 2 L2 1/3 ρω 2 L2 H
δ =H 1− −1 =− + Ho(δ/H).
4µ 12µ
Par effet centrifuge, le bras se dilate radialement et se contracte axialement.

II. Équations gouvernant les déplacements de cet équilibre.

II.1) La variation locale de volume dans la transformation est donnée par le Jacobien dét ∇x φ0 =

dét 1l+∇x ξ . Dans le contexte de l’hypothèse de la transformation infinitésimale, on doit écrire :
 
dét 1l + ∇x ξ = 1 + tr ∇x ξ +o ∇x ξ ,
| {z }
divx ξ

13

74
et l’isochorie revient alors à écrire que la divergence du champ de déplacement (2) est nulle, soit :

∂u u 1 ∂v
+ + = 0. (8)
∂r r r ∂θ

II.2) Le gradient de la transformation complète est donné par :


 
F = ∇x φ0 · ∇X φ = 1l + ∇x ξ · F 0 .

Le calcul de la contrainte de Cauchy par la loi de comportement, à l’approximation consentie,


est alors immédiat :
    
σ = µ 1l + ∇x ξ · F 0 · t F 0 · t 1l + ∇x ξ − p0 + q 1l,
 (9)
= σ 0 + µ ∇x ξ · F 0 · t F 0 + µ F 0 · t F 0 · t ∇x ξ − q 1l + o ∇x ξ ,

puisque σ 0 = µ F 0 · t F 0 − p0 1l.

II.3) L’équation d’équilibre qui s’exprime naturellement sur la configuration actuelle :

divx0 σ + ρω 2 r 0 er0 = 0,

peut être transportée sur la configuration intermédiaire :



divx P + ρω 2 r er + ξ ⊥ = 0, (10)
−1
où P = σ · t 1l + ∇x ξ est le tenseur de Boussinesq « intermédiaire », introduit dans l’énoncé.
Revenant à (9), on calcule alors facilement :
   −1
P = µ 1l + ∇x ξ · F 0 · t F 0 − p0 + q t 1l + ∇x ξ ,
 (11)
= σ 0 + µ ∇x ξ · F 0 · t F 0 + p0 t ∇x ξ − q 1l + o ∇x ξ .

En développant le produit ∇x ξ · F 0 · t F 0 , on obtient

µ 
P = σ 0 − q 1l + ∇x ξ + p0 t ∇x ξ + o ∇x ξ
λ
µ µ 
= σ 0 − q 1l + (∇x ξ + t ∇x ξ) + (p0 − )t ∇x ξ + +o ∇x ξ .
λ λ
On retrouve l’expression proposée dans l’énoncé en calculant
∂u 1 ∂u ∂v v
∇x ξ + t ∇x ξ = 2 er ⊗ er + ( + − )(er ⊗ eθ + eθ ⊗ er )
∂r r ∂θ ∂r r
1 ∂v u
+2( + )eθ ⊗ eθ
r ∂θ r
= εD ,

la dernière égalité s’obtenant en retranchant la condition d’incompressibilité 0 = ∂u 1 ∂v


∂r + r ∂θ + r
u

de la question (II.1) au premier coefficient diagonal et en retranchant deux fois cette condition
au deuxième coefficient diagonal.

14

75
Injectant cette expression dans l’équation d’équilibre (10), il vient :
µ µ 
divx εD + (p0 − ) t ∇x ξ − ∇x q + ρω 2 ξ = 0, (12)
λ λ
puisque divx σ 0 + ρω 2 r er = 0. On constate alors que le premier et le troisième terme du premier
membre ont une composante nulle suivant ez , il en est donc de même pour le deuxième terme :

∂q
= 0,
∂z
qui montre que la fonction inconnue q(r, θ) ne dépend que des variables r et θ.

II.4) La première des équations aux dérivées partielles proposées dans l’énoncé est l’expression
linéarisée de l’isochorie (8) établie au II.1). En utilisant les expressions en coordonnées cylin-
driques des opérateurs gradient et divergence, telles qu’elles sont fournies en annexe, on obtient
alors :
   ∂ 2 u 2 ∂u 1 ∂2u 1 ∂v

divx εD = + + 2 − 2 e
∂r 2 r ∂r r ∂θ 2 r ∂θ r
 2  (13)
∂ v 1 ∂v v 1 ∂2u 1 ∂u
+ + − − + e .
∂r 2 r ∂r r 2 r ∂r ∂θ r 2 ∂θ θ
 
D’après l’identité proposée dans l’énoncé, et sachant que divx ξ = 0, on obtient
 µ 
divx (p0 − )t ∇x ξ = t
∇x ξ · ∇x p0
λ  
∂u ∂u (14)
2 2
= + ρω r e − ρω v − e .
∂r r ∂θ θ

Rassemblant alors (13) et (14) dans (12), on voit que l’on a obtenu les deux dernières équations
aux dérivées partielles du système (3) demandé dans l’énoncé.

Le fait que le système (3) soit linéaire ne doit pas surprendre, puisque l’hypothèse de la
transformation infinitésimale autour de la configuration « intermédiaire » a justement pour ob-
jectif la linéarisation systématique de toutes les équations qui gouvernent l’équilibre. Le fait que
ce système soit, de plus, homogène, ne doit pas non plus surprendre. En effet, la configuration
« intermédiaire » est une configuration d’équilibre. Cela signifie que les fonctions identiquement
nulles u = v = 0 doivent fournir une solution de ces équations.

II.5) La condition de surface libre sur la paroi latérale s’exprime commodément sur la configu-
ration « intermédiaire » (en effet, la normale unitaire sortante à la paroi latérale y est connue et
−1
vaut er ) en utilisant le tenseur de Boussinesq « intermédiaire » P = σ · t 1l + ∇x ξ . Revenant
à l’expression (11), la condition de surface libre P · er = 0 en r = l s’explicite en :
µ
ε · e − q er = 0,
λ D r
compte-tenu de σ 0 · er = 0 et de la connaissance acquise dans la partie I des quantités F 0 et p0 .
Il est alors immédiat de vérifier que l’expression en composantes de cette condition à la limite
fournit exactement les conditions à la limite demandées dans l’énoncé.

15

76
II.6) Comme le champ de déplacement envisagé (2) est partout orthogonal à ez , les conditions
aux limites cinématiques sur les sections d’extrémité sont automatiquement respectées. Pour
assurer la nullité des composantes tangentielles de l’effort surfacique, il suffit de vérifier que
P · ez est partout colinéaire à ez sur les sections d’extrémité. Revenant à l’expression (11),
cette vérification est maintenant immédiate compte-tenu du fait que la précontrainte σ 0 (7) est
diagonale dans la base naturelle des coordonnées cylindriques et que les tenseurs εD et t ∇x ξ
n’ont pas de composantes suivant er .

III. Identification d’un tel déplacement de l’équilibre.

III.1) Injectant les formes proposées dans l’énoncé pour les fonctions inconnues u, v et q dans
le système (3), on obtient les trois équations différentielles :

r f 0 + fn + n gn = 0,
n

ρλω 2 3 0 
2 00
r fn + 2r fn0 − n2 fn − n gn − r 2 h0n + r fn + r 2 fn = 0, (15)
µ

2 00 2 
r g + r g0 − gn + nr f 0 − n fn + nr hn − ρλω nr 2 fn = 0.
n n n
µ
En divisant par r et dérivant la dernière équation, il vient :

r 2 1 0 1 1 1 ρλω 2 
h0n = − gn000 − gn00 + gn − 2 gn − fn00 + fn0 − 2 fn + r fn0 + fn .
n n nr nr r r µ

Injectant cette expression de h0n dans la deuxième équation, il vient :

r 3 000 2r 2 00 r 0 n2 − 1
2r 2 fn00 + r fn0 − (n2 − 1) fn + gn + gn − gn − gn = 0.
n n n n
Éliminant alors gn au moyen des dérivées successives de la première équation :
r i + 1 (i)
gn(i) = − fn(i+1) − fn , i = 0, 1, 2, 3,
n n
on obtient alors l’équation différentielle demandée :

r 4 fn0000 + 6r 3 fn000 − (2n2 − 5)r 2 fn00 − (2n2 + 1)r fn0 + (n2 − 1)2 fn = 0.

III.2) Pour que la fonction « puissance » r α soit solution de l’équation différentielle (5), il faut
et il suffit que :

α(α − 1)(α − 2)(α − 3) + 6α(α − 1)(α − 2) − (2n2 − 5)α(α − 1) − (2n2 + 1)α + (n2 − 1)2 = 0,

soit, en développant ce polynôme :

α4 − 2(n2 + 1) α2 + (n2 − 1)2 = 0.

Dans le cas où n ≥ 2, ce polynôme admet les quatre racines réelles distinctes :

±(n − 1), ±(n + 1),

16

77
et l’ensemble des solutions de l’équation différentielle (5) est donné par :
Cn Dn
fn (r) = An r n+1 + Bn r n−1 + n+1
+ n−1 , (An , Bn , Cn , Dn ) ∈ R4 .
r r
Pour que le déplacement reste borné au voisinage de l’axe OZ, il faut alors que Cn = Dn = 0 et
l’on est amené à ne considérer désormais que les fonctions fn du type :

fn (r) = An r n+1 + Bn r n−1 , (An , Bn ) ∈ R2 .

Remarque Dans le cas n = 1, le terme en fn disparaît dans l’équation différentielle (5). Les
solutions « puissance » de l’équation en fn0 sont r, 1/r et 1/r 3 . On en déduit par intégration que
la solution générale de (5) s’écrit :
C1
f1 (r) = A1 r 2 + B1 + + D1 log r, (A1 , B1 , C1 , D1 ) ∈ R4 ,
r2
et on ne considérera désormais, pour la même raison que ci-dessus, que les fonctions f1 du type :

f1 (r) = A1 r 2 + B1 , (A1 , B1 ) ∈ R2 .

Dans le cas n = 0, la première équation du système (15) exige :


f0
f00 + = 0,
r
dont la solution générale f0 (r) = A0 /r ne peut être bornée que si identiquement nulle.

III.3) La première équation du système (15) permet d’exprimer gn en fonction de fn et donne


immédiatement :
n+2
gn (r) = − An r n+1 − Bn r n−1 ,
n
pour tout entier n ≥ 1. La troisième équation du système (15) permet alors d’exprimer hn en
fonction de fn et gn , et fournit :

4(n + 1) ρλω 2 
hn (r) = An r n + An r n+2 + Bn r n ,
n µ
également valable pour tout entier n ≥ 1.

Les conditions à la limite (4) sur la paroi latérale s’explicitent en terme des fonctions fn , gn
et hn sous la forme :
0
l gn (l) − gn (l) − n fn (l) = 0,


2 f 0 (l) − hn (l) = 0,
n

puis, en terme des constantes An et Bn :



(n + 1)An ln+1 + (n − 1)Bn ln−1 = 0,


2(n + 1)(n − 2) ρλω 2 
2(n − 1)
An l2 + Bn ,
An + 2
B n =
n l µ

17

78
De la première équation, on tire :
n − 1 Bn
An = − .
n + 1 l2
Injectant cette expression de An dans la deuxième équation, il vient :
 
ρλω 2 l2 1
Bn = 2 n − Bn ,
µ n
de sorte que pour qu’il existe une solution telle que (An , Bn ) 6= (0, 0), il faut que :
 
2 2µ 1
ω = n− ,
ρλl2 n
où n ≥ 2 est un entier non nul arbitraire. Dans un tel cas, les fonctions fn , gn et hn sont données
par :
 
n−1 2 n−1 2
fn (r) = C r l − r ,
n+1
 
n−1 (n − 1)(n + 2) 2 2
gn (r) = C r r −l ,
n(n + 1)
2(n − 1)2 C r n 2 
hn (r) = 2
l − r2 ,
n l
où C désigne une constante réelle arbitraire.

Au final, l’ensemble du travail effectué dans les parties II et III permet de constater que dès
que la vitesse de rotation vaut :
 
2 2µ 1
ω = n− ,
ρL2 n
pour un certain entier n ≥ 2, il existe des déplacements non rigidifiants de l’équilibre étudié dans
la partie I, donnés par :
 
n−1 2 n−1 2
un (r, θ) = C r l − r cos nθ,
n+1
 
n−1 (n − 1)(n + 2) 2 2
vn (r, θ) = C r r − l sin nθ,
n(n + 1)
2(n − 1)2 Cµ r n 2 
qn (r, θ) = 2
l − r 2 cos nθ,
n λl
où C désigne une constante réelle non nulle arbitraire.

IV. Analyse des résultats et discussion.

IV.1) Non, bien sûr ! Une telle conclusion serait pour le moins outrancière. En effet, la recherche
d’un éventuel déplacement de l’équilibre a été circonscrite aux champs de déplacement de la
forme :

ξ = f (r) cos nθ er + g(r) sin nθ eθ , n ∈ N.

18

79
En particulier, toute dépendance vis-à-vis de la variable z a été écartée. Rien n’indique qu’un
tel déplacement de l’équilibre dépendant de z ne puisse pas se produire pour une valeur de la
vitesse de rotation inférieure à ωc .

IV.2) L’analyse a été menée dans le cadre de l’hypothèse de la transformation infinitésimale à


partir de l’état intermédiaire :

∇ ξ  1,
x

ce qui s’écrit ici :

|C|l2  1.

Le fait que C, et donc l’amplitude du déplacement spontané de l’équilibre restent indéterminés


est à replacer dans le contexte de l’analyse linéarisée qui a prévalu pour des raisons évidentes de
« facilité » opératoire. On est donc amené à conjecturer que l’amplitude de ce déplacement spon-
tané est gouvernée par les non-linéarités en jeu et qu’une analyse à l’ordre supérieur permettrait
de l’évaluer.

IV.3) Particularisant le déplacement (6) sur le cercle frontière r = l, on obtient :

C l3  
ξ = 2 cos 2θ er − sin 2θ eθ ,
3
2C l3  3 
= cos θ ex − sin3 θ ey .
3
Posant :
2C l2
η=  1,
3
la transformée du cercle frontière r = l a pour équations paramétriques :

x0 = l cos θ + η l cos3 θ,
y 0 = l sin θ − η l sin3 θ,

ou, plus exactement, compte-tenu de l’approximation liée à l’hypothèse de la transformation


infinitésimale :
h i
x0 = l cos θ 1 + η cos2 θ + o(η) ,
h i
y 0 = l sin θ 1 − η sin2 θ + o(η) .

Cette expression permet décrire

x0 2 h i
= cos2 θ 1 + 2η cos2 θ + o(η) ,
l2
y02 h i
= sin2 θ 1 − 2η sin2 θ + o(η) .
l2

19

80
Par sommation, il vient

x0 2 y 0 2
+ 2 = 1 + 2η(cos4 θ − sin4 θ) + o(η),
l2 l
= 1 + 2η(cos2 θ − sin2 θ) + o(η),
x0 2 y 0 2
= 1 + 2η( − 2 ) + o(η).
l2 l

L’élimination du paramètre θ donne donc, à l’approximation consentie, l’équation carté-


sienne :

x0 2 y02
(1 − 2η) + (1 + 2η) = 1 + o(η),
l2 l2
ou encore, indifféremment :
 2  2
x0 y0
+ = 1 + o(η).
l(1 + η) l(1 − η)

Il s’agit de l’équation d’une ellipse de demi grand axe :

2C l3
l(1 + η) = l + ,
3
et de demi petit axe :

2C l3
l(1 − η) = l − .
3
Le fait que les axes de cette ellipse se confondent avec les axes du repérage ne doit pas intriguer.
En effet, l’ensemble du travail effectué dans la partie III n’est pas influencé si l’on introduit une
phase arbitraire ϕn dans la forme particulière des champs de déplacement retenue au début de
la partie III. Il en résulte que l’ovalisation spontanée des sections que l’on a exhibé peut, en fait,
se faire selon une direction arbitraire du plan orthogonal à ez dans le référentiel tournant.

Ce type de brisure spontané de symétrie est caractéristique du phénomène de flambage dont


fait partie notre ovalisation. Le paradigme de flambage est fourni par la flexion spontanée d’une
tige de révolution soumis à une charge axiale (flambage d’Euler). C’est un fait général que la
direction du flambage demeure indéterminée dans l’analyse du système idéalisé et soit, en fait,
gouvernée par les nécessaires imperfections du système réel.

Remarque Les résultats obtenus demeurent qualitativement valables dans le cas δ = 0, puisqu’il
suffit alors de faire l L dans les résultats. En bloquant toute translation du plan rigide supé-
rieur, on permet à la configuration indéformée de réaliser l’équilibre en présence d’une vitesse
de rotation ω non nulle arbitraire. Une analyse de l’équilibre dans le contexte de l’élasticité hpp
en omettant de prendre en compte la pression initiale p0 fournirait le champ de déplacement
nul (linéarisation de la solution du problème d’équilibre non-linéaire) comme unique (modulo
l’habituel champ rigidifiant) équilibre possible. L’hypothèse de la transformation infinitésimale
semblerait alors inconditionnellement satisfaite quelle que soit la vitesse de rotation ω. Toute
ovalisation serait exclue de cette analyse. C’est le même « paradoxe » que celui observé avec la
compression simple en élasticité hpp. La solution semble valable quel que soit l’élancement de

20

81
l’éprouvette, et l’expérience montre que pour les grands élancements, c’est une configuration flé-
chie que l’on observe alors que l’hypothèse de la transformation infinitésimale semble satisfaite
par la solution hpp. C’est une limitation très importante de l’analyse linéarisée hpp dont on
voit qu’elle peut fournir des prédictions erronées sans qu’aucune alerte ne puisse être fournie
sans sortir du cadre hpp. On peut cependant tester a posteriori la validité d’une solution hpp
en étudiant les solutions des équations de l’élasticité linéarisées non plus au voisinage de l’état
naturel (dénué de contrainte) mais de l’état précontraint (l’état baptisé « intermédiaire » dans ce
problème). L’ensemble du travail mené dans ce problème en fournit ainsi un exemple, et illustre,
si cela était nécessaire, l’importance de mener la linéarisation des équations de l’élasticité en
conservant une précontrainte σ 0 arbitraire sur la configuration de référence (cf équation (14.12),
p. 332 du cours).

21

82
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2007

CONTRÔLE NON-CLASSANT
DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
MEC431

du vendredi 14 novembre 2008

Sujet proposé par Christophe Josserand

Durée : 2 heures (8h-10h)

* * *
L’usage du cours polycopié, des notes de cours et des notes de petites classes est
autorisé. Les deux exercices sont indépendants.

* * *

Mécanique des milieux granulaires


De nombreux matériaux se présentent et s’utilisent sous forme granulaire. Ces milieux
granulaires ont la caractéristique de pouvoir se comporter comme un liquide, un solide,
voire même un gaz suivant les contraintes qui leurs sont imposées. Leur modélisation est
donc complexe et reste encore pour l’instant incomplète. Nous proposons dans ces deux
exercices, totalement indépendants, d’étudier ainsi la modélisation de la cinématique d’un
écoulement granulaire et de la répartition des contraintes dans un silo à grains.

On décrira ici un milieu granulaire comme un milieu continu de densité constante et


homogène ρ.

Exercice 1 : Cinématique d’un écoulement granulaire

L’écoulement granulaire à la surface d’une dune ou sur un plan incliné d’angle θ peut
être décrit par le champ de vitesse eulérien suivant valable dans la couche de grains en
mouvement d’épaisseur constante h dans le plan x-z :
2p h p z
U= gh sinθ − µcosθ(1 − (1 − )3/2 )ex = Ux (z)ex
3 D h
pour 0 ≤ z ≤ h. Ici, les axes sont définis comme indiqué sur la figure (1), g dénote la
gravité, µ le coefficient de friction des grains et D le diamètre moyen des grains. Étant
donnée l’invariance par translation suivant l’axe Oy, on limitera l’étude au plan xOz, avec
0 ≤ z ≤ h.

1. Calculer le tenseur taux de déformation d. Interpréter votre résultat. Quelles sont


les directions principales de ce tenseur ?

83
z

x
Figure 1: Écoulement granulaire sur un plan incliné ou une dune faisant un angle θ avec
l’horizontale.

2. On note x = Φ(X, t) la position à l’instant t d’un grain qui se situait en X à t = 0.


Calculer la transformation Φ(X, t).

3. Calculer le gradient de la transformation F (t) = ∇Φ ainsi que le tenseur des


déformations de Green-Lagrange.

4. Le tenseur des contraintes (défini dans le plan xOz) ne dépend que de z, on le note
σ(z). On néglige par ailleurs la pression atmosphérique en z = h. Montrer que l’on
a σzz (h) = σzx (h) = 0. À partir des équations de la dynamique (on remarquera que
l’accélération des grains est nulle), calculer σzz (z) et σzx (z).

5. Montrer que le tenseur des contraintes ainsi construit vérifie la loi

σzx (z) = −µσzz (z) + G(dxz )

avec G donnée par


G(dxz ) = 4ρD 2 d2xz .
Cette modélisation du tenseur des contraintes pour les milieux granulaires cisaillés
a été proposée par Bagnold dans les années 30.

84
Exercice 2 : Répartition des contraintes dans un silo : l’effet Janssen

On considère un silo cylindrique de rayons intérieur et extérieur r1 et r2 respectivement,


de hauteur h rempli d’un milieu granulaire de densité ρ (voir le schéma figure (2)). Le
silo est supposé libre de toutes contraintes en z = h, de même qu’en r = r2 . On note
la gravité g = −gez . On se placera en coordonnées cylindriques durant tout l’exercice.
Le but de l’exercice est de proposer une description simplifiée du tenseur des contraintes
(suivant le modèle de Janssen) dans le milieu ainsi que le tenseur des contraintes dans la
paroi du silo (comprise dans r1 ≤ r ≤ r2 ).
z

2r 1

O r
2r 2

Figure 2: Vue de dessus (gauche) et de côté (droite) du silo cylindrique de hauteur h. Le


milieu granulaire est contenu dans la zone 0 ≤ r ≤ r1 et le rayon extérieur du silo est r2 .

Le modèle établi par Janssen en 1895 consiste à décrire le tenseur des contraintes
dans le milieu granulaire de manière simplifiée : on considérera donc ici σrθ = σθz = 0.
On décrira alors les composantes diagonales du tenseur des contraintes en fonction de z
uniquement et vérifiant : σrr (z) = kσzz (z) où k est une constante. Finalement, on donne
la composante de cisaillement σrz uniquement à la paroi, c’est-à-dire en r = r1 , sous la
forme d’un frottement de Coulomb :

σrz (r1 , z) = −µσrr (z)

où µ est le coefficient de friction du milieu granulaire sur la paroi du silo.

1. Écrire l’équilibre des forces agissant sur la ”galette” du milieu granulaire comprise
entre z et z + dz. En déduire que :
ρgr1  − 2µk (h−z)

σzz (z) = − 1 − e r1 .
2µk

85
2. Calculer la force qu’exerce le milieu granulaire sur le sol, en z = 0, 0 ≤ r ≤ r1 .
Quelle autre structure supporte le poids des grains manquant ? On étudiera en
r1 r1
particulier les limites h  et h  .
2µk 2µk
w
3. On cherche maintenant à déterminer la composante de cisaillement σrz du tenseur
des contraintes dans la paroi du silo, paroi définie par r1 ≤ r ≤ r2 et 0 ≤ z ≤ h.
On négligera le poids de la paroi du silo lui-même devant les contraintes dues au
milieu granulaire. Par invariance par rotation, on supposera que dans la paroi l’on a
w w w
σrθ = σθz = 0 et que σzz ne dépend que de z. Écrire les conditions que doit vérifier
w
σrz en r = r1 et r = r2 . Écrire l’équilibre vertical d’une tranche de paroi de silo
w
comprise entre r1 et r et entre z et z + dz. En déduire la valeur σrz (r, z).

86
Correction

Exercice 1 : Cinématique d’un écoulement granulaire

1. Du champ de vitesse proposé, on déduit par dérivation


√ r
1 t 1 gh p z
d = (grad U + grad U) = sinθ − µcosθ 1 − (ex ⊗ ez + ez ⊗ ex ) .
2 2 D h
Il s’agit d’un glissement simple (qui dépend de z) suivant x. Les directions princi-
pales sont donc les bissectrices des axes x et z.
dx
2. Par intégration de = U(x, t), on a directement Φ(X, t) = X + Ux (Z)tex .
dt
3. En dérivant par rapport à la position, il vient
√ r
ght p Z
F = Id + sinθ − µcosθ 1 − ex ⊗ ez ,
D h
t
C = F ·F
√ r
ght p Z
= Id + sinθ − µcosθ 1 − (ex ⊗ ez + ez ⊗ ex )
D h
2
ght Z
+ 2 (sinθ − µcosθ)(1 − )ez ⊗ ez ,
D h
1 
e = C − Id
2 r
√
1 ght p Z
= sinθ − µcosθ 1 − (ex ⊗ ez + ez ⊗ ex )
2 D h
2

ght Z
+ 2 (sinθ − µcosθ)(1 − )ez ⊗ ez .
D h

4. Les conditions aux limites σ · n = T en z = h se réduisent ici à σ(h) · ez = 0 ce qui


implique σxz (h) = σzz (h) = 0. Les équations de la dynamique sont alors

div σ + ρg = 0 ,

soit
∂σxz
+ ρgsinθ = 0 ,
∂z
∂σzz
− ρgcosθ = 0 .
∂z
On obtient donc :

σzz = −ρgcosθ(h − z) et σxz = ρgsinθ(h − z) .

87
5. On a bien

µσzz (z) + σxx (z) = ρg(h − z)(sinθ − µcosθ) = 4ρD 2 d2xz = G(dxz ) .

Exercice 2 : Répartition des contraintes dans un silo : l’effet Janssen

1. En effectuant le bilan de forces suivant ez , il vient :

πr12 (−σzz (z) + σzz (z + dz)) − 2πr1 dzµkσzz − πr12 dzρg = 0 ,

d’où on déduit
dσzz 2µk
− σzz = ρg ,
dz r1
puis
ρgr1  −
2µk(h−z)

σzz (z) = − 1−e r1
.
2µk
2. Par construction du vecteur contrainte, nous avons T = σ · (−ez ) en z = 0, ce qui
donne après intégration en r

ρgπr13  − 2µkh

Fz = 1 − e r1 .
2µk

Pour h  r1 /(2µk) le poids est équivalent à celui d’un cylindre de grain de hauteur
r1 /(2µk). Le reste des grains pèse sur la paroi du silo.
Pour h  r1 /(2µk), on obtient que les grains pèsent complètement sur le sol (la
pression obéit alors simplement à l’hydrostatique p = ρgh au sol).

3. Le bilan vertical sur le cylindre compris entre r1 et r, z et z + dz donne :


w
2πdz[rσrz w
(r, z) − r1 σrz w
(r1 , z)] + σzz (z)0 πdz(r 2 − r12 ) = 0 .
w
En r = r2 , on a un cisaillement nul σrz (r, z) = 0, donc :

w 2r1
σzz (z)0 = σ w (r , z) .
2 rz 1
r22− r1

Soit finalement, sachant que σrz est continu à l’interface r = r1 :

w r1 (r22 − r 2 ) w ρgr12(r22 − r 2 )  − 2µk (h−z)



σrz (r, z) = σ (r 1 , z) = 1 − e r1
.
r(r22 − r12 ) rz 2r(r22 − r12 )

88
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2007

CONTRÔLE CLASSANT DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS


MEC431

du jeudi 22 janvier 2009

Sujet proposé par Attilio Frangi et Patrick Le Tallec

Durée : 4 heures (8h-12h)

* * *

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.


Le problème 1 est à rédiger sur copies vertes.
Le problème 2 est à rédiger sur copies roses.

* * *

Problème 1 (noté environ sur 13 points)


Cisaillement des poutres à section mince
Rédiger sur copies vertes

On considère une poutre qui occupe le domaine

Ω = {(x, y, z), −t ≤ x ≤ t, −H ≤ y ≤ H, 0 ≤ z ≤ L}

d’axe ez , de section droite rectangulaire Sz = Ω(z) = {(x, y, z), −t ≤ x ≤ t, −H ≤ y ≤ H}


et de longueur L. Les efforts extérieurs sont symétriques par rapport au plan x = 0. On
les applique seulement sur les sections d’extrémité S0 en z = 0 et SL en z = L, tandis que
la surface latérale Se (de normale n = nx ex + ny ey ) de la poutre est libre de contraintes. La
distribution des efforts sur
Z les sections d’extrémité n’est
Z pas spécifiée. On en spécifie uniquement
les résultantes T Ω (0) = T (x, y, 0)dA et T Ω (L) = T (x, y, L)dA et les moments résultants
Z S0 Z SL

M (0) = (x−x0 )∧T (x, y, 0)dA et M (L) = (x−xL )∧T (x, y, L)dA par rapport aux centres
S0 SL
x0 = (0, 0, 0) et xL = (0, 0, L). La section S0 de la poutre est assujettie à des efforts extérieurs
tels que la force résultante soit T Ω (0) = −T Aey et le moment résultant par rapport à son centre
(0, 0, 0) soit nul M (0) = 0.

Les forces volumiques sont nulles. La poutre est en équilibre statique isotherme. On se place
dans le cadre de validité de l’hypothèse de petites perturbations autour d’un état naturel. La
poutre est homogène. Son matériau constitutif est isotrope à comportement élastique linéaire.

On se propose de calculer les positions d’équilibre de cette poutre à l’aide de la méthode des
contraintes en recherchant un champ de contrainte de Cauchy dont les trois composantes σxx ,
σyy et σxy sont uniformément nulles. Autrement dit, on supposera dans tout le problème que
l’on a
σxx = σyy = σxy = 0 .

89
S0 Sz SL

ey
ex
ez

TΩ

Figure 1: Géométrie et chargement de la poutre à section mince

Comme la distribution des efforts extérieurs sur les sections d’extrémité n’est pas spécifiée, on
supposera qu’un champ de contraintes est statiquement admissible dès qu’il vérifie les équations
d’équilibre, les conditions aux limites imposées en effort sur la surface latérale Se , et que la
résultante et le moment résultant du vecteur contrainte sur les sections d’extrémités équilibrent
la résultante et le moment résultant des efforts extérieurs appliqués sur la même section.

Partie 1. Équilibre global de la poutre

1.1 Quelle doit être la résultante et le moment résultant par rapport à (0, 0, L) des efforts
extérieurs imposés sur la section SL pour que la poutre puisse être en équilibre ? Pour la section
droite Sz de normale ez dont le centre se trouve en (0, 0, z), donner en fonction de T A l’expression
de la résultante et du moment résultant par rapport à (0, 0, z) des efforts appliqués par la partie
aval de la poutre sur sa partie amont à travers la section Sz . On rappelle que la partie aval de
la poutre correspond à l’ensemble des points matériels M 0 de la poutre dont l’ordonnée z 0 est
supérieure à z.

1.2 En déduire les six conditions intégrales que doivent vérifier les composantes du tenseur
des contraintes de Cauchy sur la section Sz .

Partie 2. Calcul local du tenseur des contraintes

1.3 Quelles sont les conditions aux limites vérifiées par le champ de contrainte σ sur la
surface latérale Se ?

1.4 Montrer à l’aide des équations d’équilibre que σzx et σzy ne dépendent pas de z.

1.5 Montrer par des arguments de symétrie que σzy est une fonction paire de x (σzy (−x, y) =
σzy (x, y)) et que σzx est une fonction impaire de x (σzx (−x, y) = −σzx (x, y)).

1.6 Calculer le tenseur des déformations linéarisé associé au tenseur des contraintes ainsi
construit. En déduire à l’aide des questions précédentes que les équations de compatibilité

90
géométrique (3.25) du polycopié se réduisent à :

∂ 2 σzz ∂ 2 σzz
+ =0,
∂y 2 ∂x2
∂ 2 σzz ∂ 2 σzz
−ν + =0,
∂z 2 ∂y 2
∂ 2 σzz ∂ 2 σzz
−ν + =0,
∂z 2 ∂x2
∂ 2 σzz
=0,
∂x∂y
∂ 2 σzz ∂ 2 σzy ∂ 2 σzx
−ν + (1 + ν) = (1 + ν) ,
∂y∂z ∂x2 ∂x∂y
∂ 2 σzz ∂ 2 σzx ∂ 2 σzy
−ν + (1 + ν) = (1 + ν) .
∂x∂z ∂y 2 ∂x∂y
En déduire que le champ σzz est nécessairement de la forme

σzz = a + a1 x + a2 y + z(b + b1 x + b2 y) .

1.7 Déduire ensuite à l’aide des questions (1.1) et (1.2) que le champ σzz est alors
nécessairement de la forme
Z
TA
σzz = zy, avec J = y 2 dA .
J Sz

1.8 En s’inspirant des questions précédentes, on prend un champ de contrainte qui vérifie
les équations d’équilibre, qui vérifie les conditions aux limites spécifiées en question (1.3) et qui
est de la forme
TA
σ = σzx (x, y)(ex ⊗ ez + ez ⊗ ex ) + σzy (x, y)(ey ⊗ ez + ez ⊗ ey ) + zyez ⊗ ez ,
J
avec σzx fonction impaire de x et σzy fonction paire de x. Montrer qu’un tel champ de contrainte
définit sur chaque section d’extrémité un vecteur contrainte dont la résultante et le moment
résultant équilibrent la résultante et le moment résultant des efforts extérieurs appliqués sur ces
extrémités.

Pour ce faire, on pourra calculer


Z  
∂σzx ∂σzy ∂σzz
y + + dA
Sz ∂x ∂y ∂z
et utiliser l’intégration par parties
Z Z
∂σzx
y dA = yσzx dy,
∂x
Z Sz Zx=±t Z
∂σzy
y dA = yσzy dx − σzy dA .
Sz ∂y y=±H Sz

Partie 3 : Calcul des efforts de cisaillement

1.9 En écrivant le bilan des forces exercées sur la portion de poutre Ωh définie par z1 ≤ z ≤ z2 ,
−t ≤ x ≤ t, h ≤ y ≤ H, démontrer d’abord que la moyenne des contraintes de cisaillement vérifie
Z
1 t 1 T AH 2 h2
σzy (x, h)dx = (1 − 2 ) .
2t −t 2 J H

91
1.10 À partir des deux dernières équations de compatibilité et de l’expression de σzz que
l’on vient de déterminer, montrer que l’on a
∂σzy ∂σzx ν TA
− = x.
∂x ∂y 1+ν J
Justifier alors que le calcul des composantes σzx et σzy sur Sz est régi par les équations
suivantes :
∂σzx ∂σzy TA
+ =− y, (1)
∂x ∂y J
∂σzy ∂σzx ν TA
− = x, (2)
∂x ∂y 1+ν J

complétées des conditions aux limites sur ∂Sz introduites en question (1.3).

1.11 On cherche la solution du problème (1)-(2) sous la forme

1 T AH 2 y2 ∂φ
σzy (x, y) = (1 − 2 ) + ν (x, y) ,
2 J H ∂x
∂φ
σzx (x, y) = −ν (x, y) .
∂y

Montrer que le problème (1)-(2) complété des conditions aux limites de la question (1.3) se
réduit alors au problème aux limites suivant

∂2φ ∂2φ 1 TA
2
+ 2 = x sur Sz ,
∂x ∂y 1+ν J
φ = 0 sur ∂Sz .

1.12 Dans le cas limite des sections minces t  H qui est de grand intérêt pour les con-
structions métalliques, on montre que la solution du problème aux limites précédent est de la
forme
1 T AH 3 t3 x3 x
φ(x, y) = 3
( 3 − ) + φlim (x, y) .
1 + ν J H 6t 6t
Ci-dessus, φlim est un correcteur de couche limite dont le gradient est au maximum de l’ordre
T AH 2 t2
de et qui tend rapidement vers zéro quand on s’éloigne des faces supérieure (y = H)
J H2
ou inférieure (y = −H) de la section. Que pensez-vous alors de l’approximation de pratique
courante, dite approximation de Jourawsky, qui consiste à prendre φ = 0 dans le calcul des
contraintes de cisaillement ?

92
Problème 2 (noté environ sur 7 points)
Résistance d’une plaque trouée en flexion
Rédiger sur copies roses

On considère une plaque circulaire trouée qui occupe en configuration de référence le domaine
défini en coordonnées cylindriques par
Ω = {(r, θ, z), ri ≤ r ≤ re , 0 ≤ θ < 2π, −H ≤ z ≤ H} .
Elle est soumise sur son pourtour extérieur Se = {(re , θ, z), 0 ≤ θ < 2π, −H ≤ z ≤ H} à un
T
effort surfacique imposé de densité T = zer . Les autres faces
H
Si = {(ri , θ, z), 0 ≤ θ < 2π, −H ≤ z ≤ H}
SH = {(r, θ, H), ri ≤ r ≤ re , 0 ≤ θ < 2π}
S−H = {(r, θ, −H), ri ≤ r ≤ re , 0 ≤ θ < 2π}
sont libres de contraintes.

T
2H
−T

ri
re

Figure 2: Géométrie et chargement de la plaque trouée

Les forces volumiques sont nulles. La plaque est en équilibre statique isotherme. On se place
dans le cadre de validité de l’hypothèse de petites perturbations autour d’un état naturel. La
plaque est homogène. Son matériau constitutif est isotrope à comportement élastique linéaire.

La plaque sans trou

Dans une première partie, on calcule d’abord la solution du problème sans trou par la méthode
de Ritz.

2.1 Écrire les conditions aux limites du problème posé quand il n’y a pas de trou. Calculer
le potentiel des efforts extérieurs.

2.2 On cherche maintenant une solution approchée du problème par application de la


méthode de Ritz en utilisant des champs de déplacements de la forme
ξ 0 (r, θ, z) = q1 rzer + (−q1 r 2 /2 + q2 z 2 /2)ez .
Calculer l’énergie potentielle (W − Φ)(ξ 0 ) en fonction de q1 et q2 et montrer qu’au minimum on
a alors
λ(2q̃1 + q̃2 ) + 2µq̃2 = 0,
T
.
λ(2q̃1 + q̃2 ) + 2µq̃1 =
H
2.3 A-t-on obtenu la solution exacte du problème posé ?

93
La plaque trouée

On étudie maintenant le cas de la plaque trouée.

2.4 Écrire les conditions aux limites du problème posé.

2.5 On cherche maintenant une solution de la forme

σ = (A + B/r 2 )zer ⊗ er + (A − B/r 2 )zeθ ⊗ eθ , ξ = ξr (r, z)er + ξz (r, z)ez .

Quelles valeurs faut-il donner aux constantes A et B pour avoir un champ de contraintes sta-
tiquement admissible. En déduire la solution en contrainte et en déplacement.

2.6 On suppose que le critère de résistance du matériau constitutif de la plaque est régi
par un critère de Tresca de contrainte de cisaillement maximum σ0 /2. Quelle est la densité
maximale d’effort surfacique T supportable par la plaque quand elle est en régime élastique ?
On comparera la valeur obtenue à la valeur Tmax = σ0 obtenue pour une plaque non trouée, en
regardant en particulier le cas limite d’un trou microscopique ri → 0. Expliquer et commenter
le résultat obtenu.

94
CORRIGÉ

Problème 1
Cisaillement des poutres à section mince

Question 1.1 D’après le théorème d’Euler, la résultante et le moment résultant des


efforts extérieurs doivent être nuls. On en déduit que la résultante des efforts extérieurs
exercé sur SL doit être égale à T Ω = T Aey et que le moment résultant de ces efforts par
rapport à l’origine doit être nul. On en déduit que le moment de ces efforts par rapport à
(0, 0, L) est égal à M = T ALex . De même, par écriture de l’équilibre global de la section
de poutre comprise en S0 et Sz , on a que la force résultante exercée par la partie aval est
T Ω = T Aey et le moment par rapport à (0, 0, z) de ces efforts est M = T Azex .

Question 1.2 Par définition du tenseur des contraintes, la résultante T Ω sur la section
droite est :
     
T Aey = T Ω = σzx dA ex + σzy dA ey + σzz (z)dA ez .
Sz Sz Sz

Le moment M par rapport à (0, 0, z) sur la section droite est :


     
T ALex = M = σzz (z)ydA ex − σzz (z)xdA ey + (σzy x − σzx y)dA ez .
Sz Sz Sz

En égalant composante à composante, on trouve les six égalités intégrales recherchées.

Question 1.3 La seule condition aux limites est σzx nx +σzy ny = 0. Donc on a σzx = 0
pour x = ±t et σzy = 0 pour y = ±H.

Question 1.4 Les composantes des équations d’équilibre suivant x et y s’écrivent


∂σxx ∂σxy ∂σxz
+ + =0,
∂x ∂y ∂z
∂σxy ∂σyy ∂σzy
+ + = 0,
∂x ∂y ∂z
et comme σxx = σxy = σyy = 0, on en déduit

∂σzx ∂σzy
= 0 et =0.
∂z ∂z

Question 1.5 Le problème est invariant par symétrie autour du plan x = 0. Les
efforts de contact sur une interface de normale ez sont donc transformés par symétrie.
Les composantes σzy le long de ey sont donc invariantes, et les composantes σzx le long
de ex changent de signe.

95
Question 1.6 D’après la loi de comportement, nous avons
σzz
εxx = εyy = −ν ,
E
σzz
εzz = ,
E
εxy = 0 ,
1+ν
εxz = σxz ,
E
1+ν
εyz = σyz .
E
On obtient le résultat en reportant ces expressions dans les conditions de compatibilité
géométrique et en utilisant le fait que σxz = σzx et σyz = σzy ne dépendent pas de z.

Des quatre premières conditions de compatibilité ainsi obtenues, on déduit


∂ 2 σzz ∂ 2 σzz ∂ 2 σzz ∂ 2 σzz
= = = =0
∂y 2 ∂x2 ∂z 2 ∂x∂y
d’où :
σzz = a + a1 x + a2 y + z(b + b1 x + b2 y) .
Question 1.7 D’après les questions (1.1) et (1.2), la résultante T Ω est reliée au tenseur
des contraintes par :

σzx (z)dA = 0 ,
 Sz
σzy (z)dA = T A ,
Sz

σzz (z)dA = a + zb = 0 .
Sz

De la troisième équation qui porte sur σzz , on obtient a = b = 0. De même pour le


moment :

σzz ydA = a2 J + b2 zJ = T Az ,
Sz

σzz xdA = a1 J + b1 zJ = 0 ,
Sz

(σzy x − σzx y)dA = 0 .
Sz

Les deux premières portent sur σzz et impliquent a1 = a2 = b1 = 0 et b2 = T A/J.

Question 1.8 Les conditions d’extrémité sur la résultante et sur le moment résultant
du vecteur contrainte ont été vérifiées par construction de σzz à l’exception des trois
équations

σzx (z)dA = 0 ,
Sz

σzy (z)dA = T A ,
Sz

(σzy x − σzx y)dA = 0 .
Sz

96
Dans ces équations, la première et la troisième sont automatiquement vérifiées dès que
σzx est impaire et σzy est paire. La deuxième s’obtient par multiplication de l’équation
d’équilibre (1) par y et intégration par parties ce qui donne
  
∂σzx ∂σzy ∂σzz
0 = y + + dA
Sz ∂x ∂y ∂z
   
TA
= yσzx dy + yσzy dx − σzy dA + y 2dA .
x=±t y=±H Sz J Sz

En utilisant la définition de J et les conditions aux limites de la condition (1.3), il reste



0=− σzy dA + T A ,
Sz

ce qui est la deuxième équation cherchée.

Question 1.9 Sur la surface y = h de normale −ey l’effort en direction z est −σzy (x, h).
Sur les surfaces z = z1 et z = z2 on a respectivement −σzz (z1 , y) et +σzz (z2 , y). Les
résultantes sont :
 t
Rh = −(z2 − z1 ) σzy (x, h) dx ,
−t
TA
Rz1 = −t z1 (H 2 − h2 ) ,
J
TA
Rz2 =t z2 (H 2 − h2 ) .
J
La surface latérale de la poutre est libre de contraintes, les seules contributions sont celles
calculées ci-dessus. Par écriture de l’équilibre vertical de la section de poutre, il reste
donc :

1 t 1 T AH 2 h2
σzy (x, h)dx = (1 − 2 ) .
2t −t 2 J H

Question 1.10 On écrit les deux dernières équations de compatibilité sous la forme :
 
∂ ∂σzy ∂σzx ∂ 2 σzz TA
− = ν̄ = ν̄
∂x ∂x ∂y ∂y∂z J
  2
∂ ∂σzy ∂σzx ∂ σzz
− = −ν̄ =0
∂y ∂x ∂y ∂x∂z

avec ν̄ = ν/(1 + ν). Donc par intégration, il vient

∂σzy ∂σzx TA
− = ν̄ x+C
∂x ∂y J
où C est une constante à déterminer. Mais comme le premier membre est une fonction
impaire en x d’après la question (1.5), on a nécessairement C = 0.

On obtient le problème posé en regroupant cette nouvelle équation avec la troisième


composante de l’équation d’équilibre div σ = 0 et les conditions aux limites de la question
(1.3).

97
Le champ de contrainte construit avec σzz = TJA zy, σxz et σyz solutions du problème
(1)-(2) et vérifiant les conditions aux limites de la question (1.3), σxx = σxy = σyy = 0,
vérifie toutes les équations du problème. Il vérifie les équations d’équilibre d’après la
question (1.4) et l’équation (1), les conditions aux limites sur la surface latérale Se d’après
la question (1.3), les conditions aux limites d’extrémité d’après la question (1.8). Enfin, le
champ de déformations déduit par loi de comportement est intégrable d’après les questions
(1.6) et (1.8).

Question 1.11 Par construction de σzx et de σzy , l’équation (1) s’écrit

∂2φ ∂2 φ T T
−ν +ν − ν y = −ν y
∂x∂y ∂y∂x J J
et est donc identiquement satisfaite. L’équation (2) se réduit quand à elle à
∂2φ ∂2φ ν T
ν 2
+ ν 2
=− x.
∂x ∂y 1+ν J
∂φ
Les conditions aux limites impliquent par ailleurs que l’on a = 0 pour x = ±t et
∂y
∂φ
= 0 pour y = ±H ce qui implique que φ est constant sur le contour. Comme φ est
∂x
défini à une constante près, constante dont la valeur n’influe pas sur la solution mécanique
du problème, on peut imposer à φ d’être nul sur le bord de Sz .

Question 1.12 Pour ν = 0 la solution associée à φ = 0 est solution du problème


posé. Si ν n’est pas nul, cette solution nulle donne quand même une excellente ap-
proximation des contraintes de cisaillement, car le correcteur que l’on néglige ainsi dans
t2
cette approximation est en O( 2 ) par rapport à la composante principale du cisaillement
H
1 T AH 2 y2
(1 − 2 ).
2 J H

Problème 2
Résistance d’une plaque trouée en flexion

Question 2.1 Toutes les frontières sont soumises à des efforts imposés. Par hypothèse
nous avons pour la plaque sans trou
T
σrr = z, σθr = 0, σzr = 0 sur Se ,
H
σrz = 0, σθz = 0, σzz = 0 sur SH et S−H .

Le calcul du potentiel en efforts est alors par construction


 
Tz 
 d 
Φ(ξ ) = Ti ξi da = ξr re dθdz .
i S Ti
S e
H

Question 2.2 Pour le champ de déplacement proposé, nous avons

ε = q1 z(er ⊗ er + eθ ⊗ eθ ) + q2 zez ⊗ ez ,

98
les autres composantes du tenseur des déformations linéarisé étant nulles par construction.
On en déduit que Tr ε = (2q1 + q2 )z. Le calcul de l’énergie potentielle donne alors
   
λ T z2 2
(W − Φ)(q1 , q2 ) = (2q1 + q2 ) + 2μq1 + μq2 z rdrdθdz −
2 2 2 2
q1 r dθdz
Ω 2 Se H e
3
 
2 2H λ T
= πre (2q1 + q2 ) + 2μq1 + μq2 − 2 q1 .
2 2 2
3 2 H
Au minimum, nous avons
 
∂(W − Φ) 2 2H
3
T
0= = πre 2λ(2q̃1 + q̃2 ) + 4μq̃1 − 2 ,
∂q1 3 H
 
∂(W − Φ) 2 2H
3
0= = πre λ(2q̃1 + q̃2 ) + 2μq̃2 .
∂q2 3
La solution de ce système est
T λ + 2μ 2λ
q̃1 = , q̃2 = − q̃1 .
2μH 3λ + 2μ λ + 2μ
Question 2.3 Il faut vérifier que le champ de contraintes associés est statiquement
admissible. Par construction, nous avons
Tz
σrr = σθθ = λ(2q̃1 + q̃2 )z + 2μq̃1 z = ,
H
σzz = λ(2q̃1 + q̃2 )z + 2μq̃2 z = 0 ,
σrz = σθz = σrθ = 0 ,

qui est bien un tenseur statiquement admissible.

Question 2.4 Toutes les frontières sont soumises à des efforts imposés. Par hypothèse
nous avons ici
T
σrr = z, σθr = 0, σzr = 0 sur Se ,
H
σrr = 0, σθr = 0, σzr = 0 sur Si ,
σrz = 0, σθz = 0, σzz = 0 sur SH et S−H .

Question 2.5 Le champ proposé vérifie d’abord les équations d’équilibre local
∂σrr σrr − σθθ 2Bz 2Bz
+ =− 3 + 3 =0,
∂r r r r
1 ∂σθθ
=0,
r ∂θ
∂σzz
=0.
∂z
Il vérifie les conditions aux limites sur SH et S−H de même que le conditions de cisaillement
nul sur Se et Si . Il ne reste à vérifier que les conditions en effort normal sur Si et Se qui
s’écrivent
T
σrr (re , z) = (A + B/re2 )z = z,
H
σrr (ri , z) = (A + B/ri2 )z = 0 .

99
Ces conditions aux limites déterminent A et B. Par résolution du système linéaire ainsi
obtenu, nous avons en effet

T re2 T re2 ri2


A= , B=− .
H re2 − ri2 H re2 − ri2

Par utilisation de la loi de comportement, on déduit ensuite


1+ν 1−ν
εrr = Bz/r 2 + Az ,
E E
1+ν 1−ν
εθθ =− Bz/r 2 + Az ,
E E

εzz = − Az ,
E
εrz =0.

On en déduit
1+ν 1−ν
ξr = rεθθ = − Bz/r + Azr ,
E E
qui vérifie bien
∂ξr 1+ν 1−ν
= Bz/r 2 + Az = εrr .
∂r E E
Des valeurs εrz et εzz , on déduit ensuite que l’on a
∂ξz ∂ξr 1+ν 1−ν
=− = B/r − Ar ,
∂r ∂z E E
∂ξz 2ν
= − Az
∂z E
ce qui donne par intégration
ν 1+ν 1−ν 2
ξz = − Az 2 + B log(r) − Ar + C .
E E 2E
Question 2.6 Le cisaillement maximum est observé en r = ri et z = ±H. La
contrainte σθθ prend en ce point sa valeur maximale, alors que les autres contraintes
principales sont nulles. Le critère de Tresca nous impose d’avoir alors en ce point

|σθθ | = |A − B/ri2 |H ≤ σ0

ce qui s’écrit
2re2
T ≤ σ0
re2 − ri2
re2 − ri2
et donne une valeur de Tmax égale à Tmax = σ0 . À la limite d’un trou micro-
2re2
scopique, on trouve une charge maximale admissible deux fois plus faible que dans le cas
d’une plaque non trouée. La présence d’un trou diminue donc fortement la résistance de
la plaque. Ceci est dû à la surcontrainte circonférentielle qu’il faut rajouter en bord de
trou pour équilibrer les charges quand la contrainte radiale est nulle.

100
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2008

CONTRÔLE NON CLASSANT DE MÉCANIQUE


Mécanique des Milieux Continus - MEC431
du mardi 10 novembre 2009

Sujet proposé par M. Antoine Sellier

Durée : 2 heures (8h-10h)

* * *
L’usage du cours polycopié, des notes de cours et des notes de petites classes est autorisé.
Le sujet comporte deux exercices indépendants.

* * *
Exercice 1 : Résultante des efforts de pression sur un solide immergé

On considère un solide S posé sur le fond horizontal d’un récipient contenant deux
liquides homogènes. Le plus lourd, de masse volumique ρ2 , est placé en bas et occupe
le domaine L2 . Le plus léger, de masse volumique ρ1 < ρ2 , occupe le domaine L1 et la
pesanteur uniforme a pour intensité g = −g ez (voir la figure 1). Le solide S est entièrement
immergé.

ez
g = −gez air p0 Σ0

n
ρ1 h1
D1 Σ
H
n S D2
ρ2 h2

0 ex

Fig. 1: Vue de profil du solide immergé

Dans le référentiel Galiléen attaché au récipient et de repère Cartésien (O, ex , ey , ez )


le solide, les liquides et l’air ambiant sont au repos. Le tenseur des contraintes σ ` dans
le liquide ` = 1, 2 s’écrit σ ` = −p` 1 avec p` la pression au sein du liquide `. Dans l’air
le tenseur des contraintes est σ 0 = −p0 1, où la pression atmosphérique p0 est supposée
donnée et uniforme. Enfin, le liquide 1 n’est miscible ni dans l’air, ni dans le liquide 2.

1. Détermination de la pression dans chaque liquide.

101
y

n
n

2a

Fig. 2: Vue de dessus du demi-cylindre de rayon a avec la normale extérieure n.

1.1. Montrer que les pressions p1 et p2 varient linéairement avec z dans les liquides.

1.2. Quelles conditions sont vérifiées par les pressions sur les surfaces Σ0 et Σ de
séparation du liquide 1 avec l’air et le liquide 2 ? En déduire que Σ0 et Σ sont horizontales
(la direction de la verticale est celle de g).

1.3. Dans la suite on note H l’altitude de Σ0 , h2 celle de Σ et h1 = H − h2 . Donner


l’expression de p1 et p2 dans les liquides.
Ces pressions dépendent-elles du solide S ? Si oui, via quelles quantités ?

2. Cas d’un demi-cylindre.

Dans cette question, le solide S est un demi-cylindre de hauteur L ayant pour base
sur le fond (en z = 0) un demi-disque de centre O et de rayon a. Plus précisément, le
solide occupe alors le domaine d’inéquations (voir figure 2)

0≤z≤L , x ≥ 0 et x2 + y 2 ≤ a2 . (1)

Enfin, le solide est entièrement immergé, à savoir H > L, et Si désigne la partie de sa


frontière en contact avec les liquides. Sur Si , le vecteur normal n est dirigé du solide vers
les liquides.

2.1. Calculer la résultante F des efforts de pression exercés par les liquides sur le solide,
à savoir
Z
F =− pn dS (2)
Si

où x = OM. On prendra soin de distinguer les deux possibilités : L < h2 et L > h2 .

2.2. Le demi-cylindre est constitué d’un matériau homogène de masse volumique ρS .


En déduire en fonction de F la résultante R des forces exercées par le solide sur le fond
du récipient.

102
La distribution ponctuelle de ces forces surfaciques sur le fond est-elle accessible ?

Donner la pression moyenne Pm exercée par le demi-cylindre sur le fond.

3. Dans cette partie on envisage le cas d’un solide de forme arbitraire posé sur le fond
et totalement immergé. La surface de contact du solide avec le fond a pour aire A. Le
solide est baigné en partie par le liquide 2 et en partie par le liquide 1. La surface du
solide est donc divisée en trois morceaux : la surface A, la surface S1 en contact avec le
liquide 1 et la surface S2 en contact avec le liquide 2. Cette division introduit les parties
D1 et D2 du solide de volumes V1 et V2 (voir la figure). Sur ces éléments géométriques,
on introduit par ailleurs les intégrales
Z Z
Ix1 = xdΩ, Iy1 = ydΩ,
D1 D1
Z Z
Ix2 = xdΩ, Iy2 = ydΩ,
D2 D2
Z Z
IxA = xdS, IyA = ydS.
A A

3.1. Exprimer la résultante F 1 et le moment Γ1 (par rapport à 0) des efforts exercés


sur le solide par le liquide 1 à savoir les vecteurs :
Z Z
F1 = − p1 n dS , Γ1 = − p1 x ∧ n dS . (3)
S1 S1

Pour cela on pourra appliquer le bilan de quantité de mouvement au cas du liquide 1


occupant le domaine D1 et introduire la surface A0 du solide d’altitude z = h2 .

3.2. Procéder de même pour la résultante F 2 et le moment Γ2 des efforts exercés par
le liquide 2 sur le solide.

3.3. En déduire la résultante F = F 1 + F 2 et le couple total Γ = Γ1 + Γ2 exercés par


les deux liquides sur le solide.
Quelles remarques suscitent ces résultats ?

3.4. Retrouver, à l’aide de 3.3, la valeur de F obtenue en 2.1 pour le demi-cylindre


de hauteur L < h2 .

Exercice 2 : Dynamique d’une bulle sous tension.

On considère une membrane de forme sphérique, de rayon extérieur a, de très faible


épaisseur ε avec 0 < ε  a(t), et de centre O. Cette membrane est baignée par un liquide
incompressible, de densité ρ constante en tout point matériel, occupant tout le domaine
extérieur r > a(t). Elle est soumise sur sa face intérieure à des efforts de pression générés
par une pression pi constante et uniforme. On étudie les évolutions instationnaires et
axisymétriques de la membrane et de l’écoulement liquide. Le centre O de la membrane
reste fixe dans le référentiel Galiléen d’étude. Le liquide ne peut pas traverser la membrane
et la baigne entièrement en r = a(t).

On fait en outre les hypothèses suivantes

103
1. Le système {liquide, membrane} n’est soumis à aucune force extérieure volumique.
2. Le champ de contraintes dans le liquide se réduit à un champ de pression σ = −p1.
3. La vitesse eulérienne du liquide est purement radiale et s’écrit donc sous la forme
u(x, t) = u(r, t)er où x = OM et r = |x|.
4. Dans la membrane le tenseur des contraintes s’écrit pour sa part sous la forme

F (a)
σ= {e ⊗ eθ + eφ ⊗ eφ } + σrr (r, t)er ⊗ er .
8πaε θ
5. Dans la membrane, l’accélération est en première approximation radiale et uniforme
du
= a00 (t)er .
dt

2.1. Donner l’expression de u et de l’accélération dU /dt en un point donné du fluide


en fonction de r, du rayon a(t) de la bulle et des dérivées temporelles de ce rayon, en
sachant que le fluide est incompressible. On rappelle pour ce faire les relations suivantes
valables pour tout écoulement radial :
1 ∂ dU ∂u ∂u
Ç å
div U = 2 (r 2 u)er , = +u e . (1)
r ∂r dt ∂t ∂r r

2.2. Expliciter le principe des puissances virtuelles quand on l’applique dans le cadre
des hypothèses faites plus haut au système liquide + membrane. (On se restreindra à des
champs de vitesse virtuelle continus).

2.3. Appliquer ce principe des puissances virtuelles en construisant dans le fluide un


champ de vitesses virtuelles continu Û radial qui ne fasse pas travailler les efforts de
pression dans le fluide et en utilisant dans la membrane un champ du type Û = ω̂er avec
ω̂ constant. En déduire l’équation caractérisant l’évolution de a(t).

2.4. Utiliser maintenant le principe des puissances virtuelles uniquement sur la mem-
brane en choisissant de nouveau un champ du type Û = ω̂er avec ω̂ constant. En déduire
le saut de pression p(a(t)) − pi subie par la membrane entre le fluide et l’intérieur en
fonction de la tension linéique F (a)/[8πa] dans la membrane, de son rayon a(t), de sa
masse M et de son accélération radiale a00 (t). Commenter.

104
CORRIGÉ
Exercice 1

1.1. Le liquide 1 est à l’équilibre sous l’action extérieure de la gravité g dans le réfé-
rentiel Galiléen attaché au récipient. La forme locale du bilan de quantité de mouvement
pour ce liquide de masse volumique ρ1 s’écrit donc :
div σ 1 + ρ1 g = 0 avec σ 1 = −p1 1 . (1)
Ainsi grad p1 = ρ1 g avec g = −gez et ρ1 uniforme (liquide homogène). Par intégration il
vient p1 = −ρ1 gz + C1 où C1 est une constante à déterminer. La même démarche conduit
à p1 = −ρ2 gz + C2 avec C2 autre constante.

1.2. Le liquide 1 n’est miscible ni dans l’air, ni dans le liquide 2. Ainsi, les surfaces
Σ0 et Σ sont immobiles et non traversées par la matière. La contrainte normale est donc
continue à la traversée de Σ0 et Σ, soit (σ 1 − σ 0 ) · n = 0 sur Σ0 et (σ 2 − σ 1 ) · n = 0 sur
Σ. Ainsi p1 = p0 = cste (voir énoncé) sur Σ0 ce qui conduit à z = cste sur Σ0 .
De même, p2 − p1 = C2 − C1 + (ρ1 − ρ2 )gz = 0 sur Σ ce qui mène à z = cste sur Σ car
ρ1 6= ρ2 .

1.3. En z = H nous sommes sur Σ0 avec p1 = p0 ce qui procure C1 = p0 + ρ1 gH et


p1 = p0 + ρ1 g(H − z) . (2)
Sur Σ cette fois z = h2 avec p2 = p1 ce qui procure C2 = p0 + ρ1 g(H − h2 ) + ρ2 gh2 et donc
p2 = p0 + ρ1 g(H − h2 ) + ρ2 g(h2 − z) . (3)
La distribution des pressions dépend donc du solide S choisi par les quantités H et h2 :
si on change de solide le niveau h2 peut changer et aussi h (conservation de la masse de
chaque liquide).

2. Cas du demi-cylindre

2.1. La composante F · ez ne fait intervenir que la force supérieure du demi-cylindre


où la pression est constante de valeur p = p(L) avec p(L) = p1 si L > h2 et p(t) = p2 (L)
πa2
si L < h2 (solide entièrement immergé dans le liquide 2). Ainsi F · ez = −p(L) .
2
Z L ïI ò
Par symétrie F · ey = 0. Le calcul de F · ex donne F · ex = − tn · ex d` dz
0 C(z)
où C(z) est le contour fermé de toute tranche z = cste du cylindre. Il vient donc sachant
que p = p(z) = cste sur C(z) :
I Z π/2
pn · ex d` = 2p(z)a − p(z) a cos θ dθ = 0 . (4)
C(z) −π/2

Ainsi
πa2
F · ex = F · ey = 0 et F = −p(L) e (5)
2 z

105
avec
p(L) = p2 (L) si L < h2 et p(L) = p1 (L) si L > h2 . (6)
2.2. Le solide est à l’équilibre de volume V = πa2 L/2. Ainsi,
πa2 L
F −R+ ρS g = 0 (7)
2
ce qui procure
πa2 L πa2
R= (ρ1 − ρS )gez − (p0 + ρ1 gH)ez si L > h2 (8)
2 2
πa2 L πa2
R= (ρ2 − ρS )gez − {p0 + ρ1 gH + (ρ2 − ρ1 )gh2 } si L < h2 . (9)
2 2
La distribution ponctuelle des forces surfaciques exercées par le solide sur le fond a pour
résultat R mais dépend de la nature et loi de comportement du solide. En pratique elle
n’a pas lieu d’être uniforme pour le demi-cylindre.
πa2
La pression moyenne cherchée Pm est telle que R = −Pm e . Il vient donc
2 z
Pm = L(ρS − ρ1 )g + p0 + ρ1 gH si L > h2 (10)
Pm = L(ρS − ρ2 )g + p0 + ρ1 gH + (ρ2 − ρ1 )gh2 si L < h2 (11)
3.1. Remplaçons la matière dans le solide S et le liquide 2 par du liquide 1 et considé-
rons le système S1 constitué du liquide 1 placé dans le domaine D1 . Ce système S1 est en
équilibre dans le liquide 1 qui l’entoure sous l’action de la pesanteur et de la pression p01
exercée par le liquide 1 sur S1 . La résultante de ces forces et leur moment par rapport à
O doivent donc être nuls. Ainsi, en notant que S1 a pour frontière S1 et A0 (où la normale
sortante à ϕ1 est −ez ) nous obtenons
Z Z
+ p01 ez dS − p01 n dS + ρ1 V1 g = 0 (12)
A0 S1
Z Z ñZ ô
p01 x ∧ ez dS − p01 x ∧ n dS + x dΩ ∧ ρ1 g = 0 (13)
A0 S1 D1

Notons que la pression p01 qui existe dans le liquide 1 autour de S1 et sur sa frontière A0 ∪S1
est définie par la loi −grad p01 + ρ1 g = 0 et la condition p01 = p0 sur Σ. Cette pression est
donc la pression p1 trouvée en 1.1. De ce fait, les équations (12)–(13) procurent les liens
cherchés
Z Z
F1 = − p1 n dS = − p1 ez dS − ρ1 V1 g (14)
S1 A0
Z Z ñZ ô
Γ1 = − p1 x ∧ n dS = − p1 x ∧ ez dS + ρ1 g ∧ x dΩ . (15)
S1 A0 D1

Notons enfin qu’avec g = −gez et les notations de l’énoncé nous avons


Z ß ™
g∧ x dΩ = g Iy1 ex − Ix1 ey . (16)
D1

106
3.2. Le raisonnement déployé en 3.1 est reproduit pour le domaine D2 en remplaçant
cette fois le solide et en introduisant le système S2 constitué du liquide 2 placé dans le
domaine D2 . Ce système est en équilibre sous l’action de la pesanteur et d’un champ de
pression p02 exercé par le liquide 2 qui l’entoure. En notant que cette fois sur la surface A0
la normale sortante à S2 est ez les équations similaires à (12) et (13) s’écrivent
Z Z Z
p02 ez dS − p02 ez dS − p02 n dS + ρ2 V2 g = 0 (17)
A A0 S2
Z Z Z ñZ ô
p02 x ∧ ez dS − p02 x ∧ ez dS − p02 x ∧ n dS + x dΩ ∧ ρ2 g = 0 . (18)
A A0 S2 D2

Enfin, il faut noter que p02 est ici, à une constante près sans importance, égale à la distri-
bution p2 obtenue en 1.1.

Les vecteurs F 2 et Γ2 sont donc


Z Z
F2 = p2 ez dS − ρ2 V2 g − p02 ez dS (19)
A0
Z ñAZ ô Z
Γ2 = p2 x ∧ ez dS + ρ2 g ∧ x dΩ − p02 x ∧ ez dS . (20)
A0 D2 A

De même que pour (16) on note que


Z ß ™
g∧ x dΩ = g Iy2 ex − Ix2 ey . (21)
D2

3.3. Il faut noter que p1 = p2 sur A0 située à la même altitude que la surface Σ. En
ajoutant les contributions précédentes on trouve donc
ïZ ò
F =− p2 dS ez − (ρ1 V1 + ρ2 V2 )g (22)
ïZA ò Z Z
Γ=− p2 x dS ∧ ez + ρ1 g ∧ x dΩ + ρ2 g ∧ x dΩ . (23)
A D1 D2

On sait que sur le fond la pression est constante de valeur

p2 = p2 (z = 0) = p0 + ρ1 g(H − h2 ) + ρ2 gh2 . (24)

D’où
ß ™
F = − p0 + ρ1 g(H − h2 ) + ρ2 gh2 Aez + (ρ1 V1 + ρ2 V2 )gez (25)
ß ™ ïZ ò
Γ = − p0 + ρ1 g(H − h2 ) + ρ2 gh2 x dS ∧ ez
A
ß Z Z ™
+ g ρ1 x dΩ + ρ2 x dΩ2 ∧ ez . (26)
D1 D2

On peut utiliser (16), (21) et le lien


Z
x dS = IxA ex + IyA ey (27)
A

107
pour exprimer finalement Γ en fonction des données de l’énoncé.

Ainsi la force F est toujours verticale tandis que le couple Γ est toujours horizontal.

3.4. Ici A = πa2 /2 et V1 = Ah1 , V2 = Ah2 avec L = h1 + h2 soit h1 = L − h2 .

Ainsi

ρ1 v1 + ρ2 v2 = A[ρ1 (L − h2 ) + ρ2 h2 ] . (28)

De ce fait on retrouve (5) avec A = πa2 /2.

Pour le demi-cylindre on trouve aisément que


2
Z ñZ ô ïZ ò
x dS = a3 ex , x dΩ ∧ ez = h` x dS ∧ ez pour ` = 1, 2 . (29)
A 3 D` A

L’utilisation de (26) donne alors


2
Γ = a3 {p0 + ρ1 g(H − L)}ey . (30)
3

Exercice 2

2.1. Le liquide est homogène. Le bilan local de la masse s’écrit donc div U = 0. En
utilisant le formulaire il vient u(r, t) = α(t)/r 2 . Sur la membrane (en r = a(t)) la vitesse
est a0 (t)er . Celle du fluide est u(a, t)er . Comme le liquide ne traverse pas la membrane on
a u(a, t) = a0 (t). L’écoulement cherché est donc

a2 a0 (t)
U (r, t) = er . (1)
r2
L’accélération dU/dt s’obtient immédiatement avec la relation donnée dans l’énoncé. Il
vient :
å2 #)
(a2 a0 )0 1 ∂ a2 a0
( "Ç
dU
= + er . (2)
dt r2 2 ∂r r2

On choisit un champ de vitesses virtuelles continu Û dans le liquide et la membrane.

2.2. Le principe des puissances virtuelles pour le système isolé {Membrane, liquide}
dans le référentiel Galiléen où O est fixe s’écrit alors

A(Û) = Pi (Û ) + Pe (Û) (3)

avec
dU dU
Z Z Z
A(Û) = ρ · Û dΩ + · Û dm , Pe (Û) = pi Û · er dS . (4)
liquide dt membrane dt r=a(t)−ε

108
Le champ Û étant continu, nous avons de plus
®Z Z ´
Pi (Û ) = − t
σ : grad Û dΩ + t
σ : grad Û dΩ . (5)
liquide membrane

Notons que dans le liquide σ = −p1. En utilisant l’hypothèse 4. de l’énoncé nous avons
donc
Z
Pi (Û ) = p div Û dΩ
liquide
F (a) ï
Z ® ò
− e · grad Û · eθ + eφ · grad Û · eφ
membrane 8πaε θ
o
+σrr er · grad Û · er dΩ . (6)

2.3. Le champ Û est radial et ne fait pas travailler les efforts de pression dans le
liquide donc div Û = 0. En utilisant les résultats de la question 2.1 nous obtenons donc
Û = ω̂[a2 (t)/r 2 ]er ce qui conduit à
ω̂ ï ò
t
grad Û = e ⊗ eθ + eφ ⊗ eφ . (7)
r θ
La membrane étant d’épaisseur ε négligeable, la formule (6) devient donc
ω̂F (a) 2
Z
Pi (Û ) = − dΩ = −F (a)ω̂ . (8)
8πaε membrane r
A(Û), donnée par (3), utilise le résultat (2) dans le domaine
liquide où ρ est constante et l’hypothèse 5. de l’énoncé. En notant M la masse de la
membrane il vient
Ç å
dU
Z
A(Û ) = ρ · e (Û · er ) dr + M a00 ω̂ . (9)
r>a dt r

L’exploitation de (2) et de la forme (3) de Û procure


3
ß ™
A(Û ) = M a00 + 4πρa2 (aa00 + a02 ) ω̂ . (10)
2
L’égalité A(Û) = Pi (Û) + Pe (Û) avec ici Pe (Û ) = 4πa2 pi ω̂ est valable ici pour tout champ
virtuel Û , c’est-à-dire pour tout ω̂. Il vient donc

M 0 a00 + 6πρa2 a02 + F (a) = 4πa2 pi (11)

où la masse M 0 est définie par

M 0 = M + 4πρa3 . (12)

La masse M 0 est dite masse ajoutée. C’est la masse de la membrane M augmentée de


trois fois la masse de liquide déplacée. L’équation (12) est une équation non linéaire à
compléter par une condition initiale de type a(t0 ) = a0 et a0 (t0 ) = a00 .

109
2.4. Le principe des puissances virtuelles appliqué à la seule membrane pour un champ
de vitesse virtuelle en Û s’écrit

A(Û) = Pe (Û) + Pi (Û) (13)

où Pi (Û ) est donné par la seconde contribution (celle dans la membrane) de (6) et
Z Z
Pe (Û ) = pi Û · er dS − p(a) Û · er dS . (14)
r=a(t)−ε r=a(t)

Le choix du champ radial Û = ω̂er avec ω̂ constante quelconque conduit immédiatement


à l’équation
ï ò
Ma00 = −F (a) + 4πa2 pi − p(a) (15)

c’est-à-dire au lien recherché


Ma00 + F (a)
pi − p[a(t)] = . (16)
4πa2
On peut distinguer dans ce saut deux contributions : la contribution statique obtenue
pour a00 = 0 et la contribution dynamique liée à a00 .

110
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2008

CONTRÔLE CLASSANT DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS


MEC431

du jeudi 21 janvier 2010

Sujet proposé par Olivier Thual

Durée : 4 heures (8h-12h)

* * *

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé.


Les trois parties sont indépendantes.
Le problème 2 devra être rédigé sur une copie distincte.

* * *

Exercice (environ 3 points)


Champ d’autocontraintes dans un cylindre
On considère un solide dont la configuration d’équilibre est un cylindre de révolution Ω de
hauteur h et de rayon R constitué des points x tels que x2 + y 2 ≤ R2 et 0 ≤ z ≤ h dans le repère
(0, ex , ey , ez ). On suppose que les composantes du tenseur des contraintes σ, dans ce repère et
à l’équilibre, s’écrivent
σxx = −A (R2 − x2 − 3 y 2 ) , σxy = −2 A x y , σyy = −A (R2 − 3 x2 − y 2 ) et σxz = σyz = σzz = 0 .
(1)

1. Dans quelle unité s’exprime la constante A ? Calculer les forces massiques F .


p
2. On note r = x2 + y 2 , er = (x ex + y ey )/r et eθ = (−y ex + x ey )/r. Calculer σ · er et
σ · eθ . En déduire les composantes σrr , σθθ , σzz , σrθ , σrz et σθz dans le repère (0, er , eθ , ez ) des
coordonnées cylindriques.

3. Calculer les forces surfaciques T d exercées sur le cylindre par son extérieur. Calculer la
résultante IF des forces de contact exercées par la partie y ≥ 0 du cylindre sur le rectangle formé
des points x du cylindre tels que 0 ≤ x ≤ R, y = 0 et 0 ≤ z ≤ h.

4. On suppose que A > 0 mesure l’intensité du serrage qui conduit à l’état d’autocontraintes
décrit par le tenseur des contraintes σ. Quelle est la valeur maximale de A lorsque le critère de
rupture du matériau est gouverné par le critère de Tresca
f ( σ) = sup(σK − σL − σ0 ) ≤ 0 , (2)
K,L

où σ0 est une constante caractéristique du matériau et σK et σL les contraintes principales de


σ?

111
Problème 1 (environ 7 points)
Compression uniaxiale d’un matériau composite anisotrope
On considère un matériau composite dont le comportement rhéologique en petites
déformations est caractérisé par l’énergie libre
Na
δln 2
 
1 X 1
ρ0 ψ = ρ0 ψh + kn (3)
|Ω0 | 2 ln
n=1

où ρ0 ψh décrit le comportement homogène et isotrope d’un substrat de volume |Ω0 | dans lequel
sont insérées Na fibres de longueurs ln , avec n = 1, ..., Na . On suppose que ces fibres sont
toutes orientées dans la direction d’un vecteur unitaire eθ = cos θ ex + sin θ ez d’orientation fixée
θ ∈ [0, π2 ] et que δln désigne leurs allongements respectifs lors d’une déformation caractérisée
par le tenseur de Green Lagrange e. On suppose que les constantes de raideur kn sont toutes
égales à ka .

Dans ce problème, on suppose que toutes les transformations sont isothermes et


vérifient l’hypothèse des petites transformations. On néglige les forces de masse telles
que le poids. On rappelle que la partie isotrope de la densité d’énergie libre est donnée par
1
ρ0 ψh (e) =λh Tr 2 e + µh Tr e2 + ρ0 eT (4)
2
Ci-dessus, λh et µh sont les coefficients de Lamé associés à l’expression de l’énergie libre ho-
mogène et isotrope et eT est constante pour une évolution isotherme.

On considérera simultanément les repères orthonormés et directs (ex , ey , ez ) et (e1 , e2 , e3 ),


leurs positionnement respectif étant ajustable en fonction des questions.

Loi de comportement anisotrope

5. Exprimer δln en fonction de ln , eθ et du tenseur de Green Lagrange. Justifier alors


l’expression
ρ0 ψ(e) = ρ0 ψh (e) + γa (eθ · e · eθ )2 (5)
où γa est une constante que l’on exprimera en fonction de Na , |Ω0 | et ka .

6. Expliciter l’expression des composantes Sij du tenseur des contraintes de Piola S =


ρ0 ∂ψ
∂e (e)dans le repère (e1 , e2 , e3 ) en fonction des composantes eij du tenseur de Green Lagrange
e dans le cas particulier eθ = e3 . Montrer que l’on a
S(e) = λ (Tr e) 1l + 2 µ e + 2 γ (eθ · e · eθ ) eθ ⊗ eθ (6)
où λ, µ et γ sont des coefficients que l’on exprimera en fonction des données du problème.

7. On définit le tenseur d’élasticité C par la relation S(e) = C : e. On introduit, comme dans


le cours, les tenseurs J et K définis par J : A = 13 (Tr A) 1l et K : A = Dev A = A − 13 (Tr A) 1l
pour tout tenseur A d’ordre deux. Montrer que le tenseur d’élasticité C est donné par

C = (3λ + 2µ) J + 2 µ K + 2 γ U (θ) (7)

112
où U (θ) est un tenseur d’ordre 4 que l’on explicitera.

Méthode des déplacements

8. On considère un bloc cubique de côté h constitué de ce matériau composite et on lui


impose les déplacements suivants :

• Sur la face S0 d’équation z = 0 : ξ d = 0.

• Sur la face Sh d’équation z = h : ξ d = −δ h ez .

• Sur les autres faces : ξ d = −δ z ez .

À l’aide de la méthode des déplacements, déterminer le tenseur des contraintes σ à l’équilibre


dans le cas particulier θ = π2 , c’est-à-dire eθ = ez . Que devient, pour ces mêmes déplacements,
l’expression de σ dans le cas eθ = cos θ ex + sin θ ez avec θ ∈ [0, π/2] quelconque ?

9. Calculer ex · [ eθ ⊗ eθ ⊗ eθ ⊗ eθ : (ez ⊗ ez )] · ez dans le cas eθ = cos θ ex + sin θ ez avec


θ ∈ [0, π/2]. Calculer, dans le cas de l’expérience de la question précédente avec θ quelconque,
la densité surfacique de force de cisaillement Tx = T · ex exercée sur la face Sh . Montrer que Tx
est maximum pour θ = π/3. Calculer la valeur du maximum de Tx pour l’application numérique
λ = µ = 2 GPa, γ = 20 GPa et δ = 10−2 .

Méthode des contraintes

On admet que la loi de comportement obtenue s’inverse en


 
νa  1 + νa  
e(S) = − Tr S + u eθ · S · eθ 1l + S + u Tr S − v eθ · S · eθ eθ ⊗ eθ (8)
Ea Ea
avec
2 µ [µ (3 λ + 2 µ) + 2 γ (λ + µ)] λ (µ + γ)
Ea = νa =
2 µ (λ + µ) + γ(λ + 2 µ) 2 µ (λ + µ) + γ(λ + 2 µ)
γλ γ (3 λ + 2 µ)
u= v= .
2 µ [µ (3 λ + 2 µ) + 2 γ (λ + µ)] 2 µ [µ (3 λ + 2 µ) + 2 γ (λ + µ)]

On place à présent le bloc cubique de côté h entre deux plateaux. Le bloc peut glisser sans
frotter sur les frontières supérieure Sh et inférieure S0 . Il est libre de contrainte sur ses frontières
latérales Se . Le plateau du bas est immobile. Le plateau du haut se rapproche de δ h.

10. Écrire les conditions aux limites caractérisant ce problème de compression uniaxiale.

11. On cherche le tenseur des contraintes sous la forme σ = −T ez ⊗ez où T est une constante.
Exprimer le tenseur des petites déformations ε en fonction de T dans le cas eθ = cos θ ex +sin θ ez
avec θ ∈ [0, π/2] ? En déduire l’expression de εzz en fonction de Ea , νa , u, v et θ.

113
12. Montrer que le champ de déplacement est de la forme

ξ =(εxx x + εxz z) ex + εyy y ey + (εxz x + εzz z) ez


(9)
+ (ξx0 − r y + q z) ex + (ξy0 + r x − p z) ey + (ξz0 − q x + p y) ez .

Que représentent les constantes ξx0 , ξy0 , ξz0 , p, q et r ? En tenant compte de la condition aux
limites ξz = 0 sur S0 , montrer que le champ de déplacement est de la forme

ξ = (εxx x + 2 εxz z) ex + εyy y ey + εzz z ez + (ξx0 − r y) ex + (ξy0 + r x) ey . (10)

En déduire l’expression de la force T en fonction de Ea , νa , u, v, θ et δ.

13. On plante une aiguille le long de ez et une aiguille le long de ex avant de rapprocher les
deux plateaux. De combien l’angle de π/2 entre les deux aiguilles varie-t-il quand on rapproche
les plateaux. Ce résultat vous semble-t-il intuitif ?

CHANGER DE COPIE
Problème 2 (environ 10 points)
Compression uniaxiale d’un matériau composite inhomogène
On considère deux matériaux élastiques homogènes et isotropes respectivement caractérisés
par leurs modules de Young E1 et E2 et leurs coefficients de Poisson ν1 et ν2 . On note (λ1 , µ1 )
et (λ2 , µ2 ) les coefficients de Lamé respectifs correspondants. Avec chacun de ces matériaux on
fabrique des parallélépipèdes rectangles de dimensions a × a × 2a.

On cherche à décrire le comportement rhéologique de matériaux composites obtenus en


collant de tels parallélépipèdes rectangles issus des matériaux homogènes 1 ou 2.

On se placera toujours dans le cadre de l’hypothèse des petites transformations, à


température constante et en négligeant les forces de masse telles que le poids.

Figure 1: Déplacement imposé −2 δ a ez . a) Configuration longitudinale.


b) Configuration transerve.

114
Configuration longitudinale dans un cas particulier

On construit un bloc cubique de côté 2 a en collant entre eux deux parallélépipèdes rectangles
issus du matériau 1 à deux parallélépipèdes rectangles issus du matériau 2 comme indiqué sur
la figure 1a. Le bloc composite ainsi obtenu est posé sur un plateau dans la configuration
longitudinale, c’est-à-dire avec les côtés de longueur 2 a dans la direction de ez .

À partir de l’état initial naturel, à température constante et en l’absence de forces de masse,


on comprime le bloc entre deux plateaux rigides indéformables agissant sur les surfaces S0
(z = 0) et S2a (z = 2a). Les faces horizontales glissent sans frottement sur les plateaux. Les
faces verticales du bloc restent libres de contraintes.

Le plateau inférieur étant fixe, on impose un déplacement vertical −2 δ a ez (δ > 0) au plateau


supérieur et on mesure la résultante −IFa ez des efforts exercés par le plateau supérieur sur la
face S2a avec IFa > 0.

On cherche la solution d’équilibre de ce problème dans le cas particulier ν = ν1 = ν2 .

14. Décrire l’ensemble des champs de déplacement ξ 0 cinématiquement admissibles C(Sξi , ξid )
en explicitant les conditions aux limites en déplacement. Décrire l’ensemble des tenseurs des
contraintes σ 0 statiquement admissibles S(0, STi , Tid ) en explicitant les conditions aux limites en
contraintes.

15. On cherche à résoudre le problème d’équilibre en petites perturbations par la méthode


des déplacements en cherchant le champ de déplacement sous la forme

ξ = δ(α x ex + β y ey − z ez ) + (ξx0 − r y) ex + (ξy0 + r x) ey . (11)

Que représentent les constantes ξx0 , ξy0 et r ? Exprimer le tenseur des contraintes σ dans chacun
des parallélépipèdes en fonction de δ, α et β ainsi que des coefficients de Lamé (λ1 , µ1 ) ou
(λ2 , µ2 ). Identifier les constantes α et β à partir des conditions aux limites en contraintes et
donner leur expression en fonction de ν, E1 et E2 . Donner l’expression du tenseur des contraintes
en fonction de δ, E1 ou E2 dans chacun des parallélépipèdes. Vérifier les équations d’équilibre
et la continuité des forces de contact à l’interface de collage des parallélépipèdes.

16. On note Fa = IFa /(4 a2 ) la densité d’efforts surfaciques exercée par le plateau supérieur
sur la face S2a et on définit le “module de Young équivalent” Ea du bloc composite dans la
configuration longitudinale par la relation Fa = Ea δ. Exprimer Ea en fonction de E1 et E2 .

Configuration transverse dans un cas particulier

On construit maintenant un nouveau bloc cubique de côté 2 a en collant entre eux deux par-
allélépipèdes rectangles issus du matériau 1 à deux parallélépipèdes rectangles issus du matériau 2
comme indiqué sur la figure 1b. Le bloc composite ainsi obtenu est posé sur un plateau dans la
configuration transverse, c’est-à-dire avec les côtés de longueur 2a dans la direction de ey .

On impose de nouveau un déplacement vertical −2 δ a ez (δ > 0) au plateau supérieur et on


mesure la résultante −IFb ez des efforts exercés par le plateau supérieur sur la face S2a avec
IFb > 0. On note Fb = IFb /(4 a2 ) la densité d’effort surfacique associée.

115
On cherche la solution d’équilibre de ce problème dans le cas particulier ν1 /E1 = ν2 /E2 .

17. Résoudre le problème d’équilibre en petites perturbations par la méthode des contraintes
en prenant un tenseur des contraintes de la forme σ = −T ez ⊗ ez où T est une constante que
l’on précisera. On pourra montrer que le champ de déplacement se met sous la forme
0

ξ = εxx x ex + εyy y ey + εzz z ez + (ξix − ri y + qi z) ex
0 0
(12)
+ (ξiy + ri x − pi z) ey + (ξiz − qi x + pi y) ez
avec i = 1 pour 0 ≤ z ≤ a et i = 2 pour a ≤ z ≤ 2 a, où ξix , ξiy , ξiz , pi , qi et ri sont
des constantes d’intégration. On vérifiera bien la continuité des déplacements à l’interface de
collage des parallélépipèdes.

18. On définit le “module de Young équivalent” Eb du bloc composite dans la configuration


transversale par la relation Fb = Eb δ. Exprimer Eb en fonction de E1 et E2 .

Encadrement du module dans le cas général

On choisit maintenant au hasard le nombre de parallélépipèdes rectangles de dimension a×a×2a


issus du matériau 1 (de zéro à quatre) ou du matériau 2 (de quatre à zéro) et on les colle dans
des orientations quelconques permettant de construire un cube de côté 2a (voir deux exemples
sur la figure 2).

Figure 2: Exemple de cubes construits avec quatre parallélépipèdes choisis au hasard.

On suppose que les conditions aux limites sont Txd = Tyd = 0 et ξzd = −2δa sur la face
supérieur S2a , Txd = Tyd = 0 et ξzd = 0 sur la face inférieure S0 et T d = 0 sur les faces verticales.
On suppose l’état initial naturel, la température T = T0 constante et les forces de masses F = 0
nulles.

On mesure la résultante −IFe ez des efforts exercés par le plateau supérieur sur la face S2a
avec IFe > 0 et on note Fe = IFe /(4 a2 ) la densité d’efforts surfaciques. On définit le “module
de Young effectif” Ee de la configuration par la relation Fe = Ee δ. On cherche à encadrer Ee
dans le cas où E1 , E2 , ν1 et ν2 ainsi que la disposition ou la nature des parallélépipèdes du bloc
cubique sont quelconques.

19. En choisissant, par convention, WT (T0 ) = 0 dans la définition des énergies W et W∗


en petites transformations isothermes, il a été vu en cours que les fonctionnelles d’énergie et

116
d’énergie complémentaires sont données par
  Z  
1 1
Z
W(ξ 0 ) = λ1 Tr 2 ε(ξ 0 ) + µ1 ε(ξ 0 ) : ε(ξ 0 ) dΩ1 + λ2 Tr 2 ε(ξ 0 ) + µ2 ε(ξ 0 ) : ε(ξ 0 ) dΩ2 ,
2 2
ZΩ1   Z Ω2 
1 + ν1 0 ν1 2 0 1 + ν2 0 ν2
∗ 0
W (σ ) = σ :σ − 0
Tr σ dΩ1 + σ : σ0 − Tr 2 σ 0 dΩ2 , (13)
Ω1 2 E1 2 E1 Ω2 2 E2 2 E2

où Ω1 est le domaine contenant le matériau 1 et Ω2 celui qui contient le matériau 2, et où
(λ1 , µ1 ) et (λ2 , µ2 ) sont les coefficients de Lamé des matériaux constitutifs. Exprimer Φ(ξ 0 ) et
Φ∗ ( σ 0 ) si ξ 0 est cinématiquement admissible et σ 0 est statiquement admissible. Montrer que l’on
a W(ξ) = W∗ ( σ) = 4 a3 δ Fe si ξ et σ sont solutions du problème d’équilibre.

20. Montrer que les tenseurs de contraintes σΓ0 = −Γ ez ⊗ ez , où Γ est un paramètre
arbitraire, sont statiquement admissibles. En appliquant le principe du potentiel minimum à
cette famille à un paramètre, trouver une borne inférieure Einf pour Ee . Préciser la valeur de
Γ qui optimise cette borne inférieure. Étant données deux constantes B1 et B2 , on pourra noter
B = (|Ω1 | B1 + |Ω2 | B2 ) /|Ω0 | où |Ω1 | est le volume occupé par le matériau 1 et |Ω2 | est le volume
occupé par le matériau 2.

21. Montrer que les champs ξ 0γ = δ γ x ex + γ y ey − z ez , où γ est un paramètre arbitraire,




sont cinématiquement admissibles. En appliquant le principe du potentiel minimum à cette


famille à un paramètre, trouver une borne supérieure Esup pour Ee . Préciser la valeur de γ qui
optimise cette borne supérieure.

22. On suppose que λ1 = 2 GPa, µ1 = 2 GPa, λ2 = 4 GPa et µ2 = 2 GPa. Comparer


numériquement les deux bornes dans le cas |Ω1 | = |Ω2 |.

117
CORRIGÉ

Exercice
Champ d’autocontraintes dans un cylindre
1. L’unité de la constante A s’exprime en Pa/m2 . Puisque le système est à l’équilibre, on
peut écrire ρ F = −div σ où ρ est la masse volumique. On en déduit alors F = 0 puisque
   
∂σxx ∂σxy ∂σxy ∂σyy
div σ = + ex + + ey = (2 A x − 2 A x) ex + (−2 A y + 2 A y) ey = 0 .
∂x ∂y ∂x ∂y
(14)

2. Le calcul des produits suivants :


Ax 2 Ay 2
σ · er = − (R − x2 − 3 y 2 + 2 y 2 ) ex − (R − 3 x2 − y 2 + 2 x2 ) ey = −A (R2 − r2 ) er
r r
Ay 2 Ax 2
σ · eθ = (R − x2 − 3 y 2 − 2 x2 ) ex − (R − 3 x2 − y 2 − 2 y 2 ) ey = −A (R2 − 3 r2 ) eθ (15)
r r
permet d’écrire le tenseur des contraintes sous la forme σ = σrr er ⊗ er + σθθ eθ ⊗ eθ avec

σrr = −A (R2 − r 2 ) , σθθ = −A (R2 − 3 r 2 ) et σzz = σrθ = σrz = σθz = 0 . (16)

3. Sur la face Sh d’équation z = h et de normale sortante est ez , on a T d = σ · ez = 0. Sur


la face S0 d’équation z = 0 et de normale sortante −ez , on a T d = − σ · ez = 0. Sur la surface
cylindrique d’équation r = R et de normale sortante er , on a T d = σ · er = −A(R2 − R2 )er = 0.
En conclusion, T d = 0 sur toute la frontière du cylindre.

En choisissant ey comme normale du rectangle d’équation 0 ≤ x ≤ R, y = 0 et 0 ≤ z ≤ h, on


obtient une force surfacique F = σ · ey = −A (R2 − 3 x2 ) ey . La résultante de cette distribution
de force est
Z hZ R
R
F dx dz = −A h R2 x − x3 0 ey = 0 .

IF = (17)
0 0

4. Les contraintes principales de σ sont σI = −A(R2 − r 2 ), σII = −A(R2 − 3 r 2 ) et σIII = 0.


Le maximum de |σI − σII | = 2 A r 2 , |σI − σIII | = 2 A (R2 − r 2 ) et |σII − σIII | = 2 A |R2 − 3 r 2 |
pour tous les r ∈ [0, R] est 2 A R2 . Pour éviter la rupture du solide, gouvernée par le critère de
Tresca, il faut que A ≤ σ0 /(2 R2 ).

Problème 1
Compression uniaxiale d’un matériau composite anisotrope

Loi de comportement anisotrope

5. Sous l’hypothèse des petites déformations, on a (p. 353) δln /ln ≈ eθ · e · eθ et donc
ρ0 ψ(e) ≈ ρ0 ψh (e) + γa (eθ · e · eθ )2 avec γa = 12 Na ka /|Ω0 |.

118
6. Dans le cas eθ = e3 , l’expression de l’énergie libre est
1
ρ0 ψ(e) = λh (e11 + e22 + e33 )2
2
+ µh (e211 + e222 + e233 + e212 + e221 + e213 + e231 + e223 + e232 ) + γa e233 + ρ0 eT . (18)

On en déduit l’expression des composantes Sij = ρ0 ∂eij ψ qui s’écrivent

S11 = (λ + 2 µ) e11 + λ e22 + λ e33 , S23 = S32 = 2 µ e23 ,


S22 = λ e11 + (λ + 2 µ) e22 + λ e33 , S31 = S13 = 2 µ e31 ,
S33 = λ e11 + λ e22 + (λ + 2 µ + 2 γ) e33 , S21 = S12 = 2 µ e21 ,
(19)

avec λ = λh , µ = µh et γ = γa . Comme la seule composantes non nulle de B = (e3 · e · e3 ) e3 ⊗ e3


est B33 = e33 , on voit que S(e) = λ (Tr e) 1l + 2 µ e + 2 γ (e3 · e · e3 ) e3 ⊗ e3 . Si eθ est de direction
quelconque, on peut choisir le repère (e1 , e2 , e3 ) de telle sorte que e3 coı̈ncide avec eθ et on
retrouve l’expression intrinsèque (6) de S(e) en changeant e3 en eθ .

7. On retrouve, lorsque γ = 0, la formule du cours. Pour γ 6= 0, on a U (θ) = eθ ⊗ eθ ⊗ eθ ⊗ eθ


dans la mesure où (eθ ⊗ eθ ⊗ eθ ⊗ eθ ) : e = (eθ · e · eθ ) eθ ⊗ eθ .

Méthode des déplacements

8. Il n’y a pas de conditions aux limites en efforts imposés. L’hypothèse des petites trans-
formations permet d’écrire σ ≈ S et ε ≈ e. On cherche un champ de déplacement sous la
forme ξ = −δ z ez dont le tenseur des petites déformations associé est alors ε = −δ ez ⊗ ez . En
remplaçant e et par ε et S par σ dans la loi de comportement (6) et en choisissant e3 = ez , on
obtient
 
σ = −δ λ 1l + 2 (µ + γ) ez ⊗ ez , (20)

qui est un champ à divergence nulle.

Dans le cas eθ = cos θ ex + sin θ ez , l’identité eθ · (ez ⊗ ez ) · eθ = (eθ · ez )2 = sin2 θ permet


d’écrire

σ = −δ λ 1l + 2 µ ez ⊗ ez + 2 γ sin2 θ (eθ ⊗ eθ ) .
 
(21)

9. On a U (θ) : (ez ⊗ ez ) = (eθ · ez )2 (eθ ⊗ eθ ) avec eθ · ez = sin θ. Comme ex · (eθ ⊗ eθ ) · ez =


(ex · eθ )(ez · eθ ), on en déduit que ex · [ U (θ) : (ez ⊗ ez )] · ez = sin3 θ cos θ. La force surfacique
de cisaillement exercée sur la face Sh est Tx = ex · σ · ez = −2 γ δ sin3 θ cos θ = 2 γ δ f (sin θ)
−2 s 3−4 s2
avec f (s) = s3 (1 − s2 )1/2 . Comme f 0 /f = 3s + 2(1−s 2 ) = s (1−s2 ) , f (s) est maximale pour
√ √
s = 3/2 et Tx est maximale

pour θ = arcsin ( 3/2) = π/3. La valeur maximale de Tx est alors

Tm = 2 f ( 3/2) γ δ = 3 8 3 γ δ. Pour γ = 20 GPa et δ = 10−2 , on a Tm = 0, 13 GPa.

119
Méthode des contraintes

10. Les conditions aux limites sont

• Sur la face S0 d’équation z = 0 : ξzd = 0, −ex · S · ez = Txd = 0, −ey · S · ez = Tyd = 0.

• Sur la face Sh d’équation z = h : ξzd = −δ h, ex · S · ez = Txd = 0, ey · S · ez = Tyd = 0.

• Sur les autres faces de normale N sortante : S · N = T d = 0.

11. L’hypothèse des petites transformations permet d’écrire σ ≈ S et ε ≈ e. Pour un


champ de contrainte σ = −T ez ⊗ ez , dans le cas eθ = cos θ ex + sin θ ez , l’utilisation de (8) en
remplaçant e par ε et S par σ permet d’écrire
  
νa 1 + νa
+ u sin2 θ 2

ε = −T − 1l + (ez ⊗ ez ) + u − v sin θ (eθ ⊗ eθ ) . (22)
Ea Ea

On en déduit
   
1 2 2 1 2 4
εzz = −T + u sin θ + (u − v sin θ) (ez · eθ ⊗ eθ · ez ) = −T + 2 u sin θ − v sin θ .
Ea Ea
(23)

12. Comme ε est constant et que εxy = εyz = 0, on peut écrire sous la forme (9) où
ξx0 ex + ξy0 ey + ξz0 ez est un déplacement infinitésimal et p ex + q ey + r ez un vecteur rotation
infinitésimal. La condition aux limites ξz = εxz x + εzz z + ξz0 − q x + p y = 0 pour tout x et
tout y sur la face S0 d’équation z = 0 entraı̂ne q = εxz , p = 0 et ξz0 = 0. Le champ est donc
de la forme (10). La condition aux limites ξz = −δ h sur la face Sh d’équation z = h entraı̂ne
εzz = −δ. En utilisation l’expression (23) de εzz , on obtient finalement
 −1
1
T =δ + 2 u sin2 θ − v sin4 θ . (24)
Ea

13. L’angle recherché est l’angle de glissement des directions ex et ez qui vérifie Γ = 2 εxz
et vaut donc
 −1
2 1 2 4
Γ = −2 T (u − v sin θ) cos θ sin θ = 2 δ + 2 u sin θ − v sin θ (v sin2 θ − u) cos θ sin θ .
Ea
(25)

Il n’est pas évident d’imaginer l’existence d’un tel angle de glissement lors d’une compression
uniaxiale, l’intuition initiale provenant du cas homogène pour lequel il n’y a pas de glissement.
Le mécanisme expliquant pourquoi l’insertion de fibres orientées dans le matériau génère un
angle de glissement n’est pas intuitif dans la mesure où le calcul montre que cet angle peut être
négatif (θ proche de 0) ou positif (θ proche de π/2).

120
Problème 2
Compression uniaxiale d’un matériau composite inhomogène

Configuration longitudinale dans un cas particulier

14. Les champs de déplacement ξ 0 cinématiquement admissibles vérifient les conditions aux
limites :

• Sur la face S0 d’équation z = 0 : ξz0 = 0.

• Sur la face S2a d’équation z = 2 a : ξz0 = −2 δ a.

Les champs de contraintes statiquement admissibles σ 0 sont symétriques et vérifient div σ 0 = 0


ainsi que les conditions aux limites :

• Sur les faces S0 et S2a : Txd = ex · σ 0 · ez = 0 et Tyd = ey · σ 0 · ez = 0.

• Sur les autres faces : T d = σ 0 · n = 0.

15. Le vecteur ξx0 ex + ξx0 ey représentent un petit déplacement rigide arbitraire dans le plan
horizontal permis par les conditions aux limites. Le vecteur déplacement −r y ex + r x ey résulte
d’une petite rotation arbitraire d’axe ez permise par les conditions aux limites. On en déduit le
tenseur des petites déformations ε = α δ ex ⊗ ex + β δ ey ⊗ ey − δ ez ⊗ ez . En utilisant la loi de
Hooke, on a σ = λi (Tr ε) 1l+2 µi ε avec i = 1 pour le matériau 1 et i = 2 pour le matériau 2. Les
conditions aux limites en contraintes sur les faces de normale ex ou ey s’écrivent respectivement

λi δ (α + β − 1) + 2 µi δ α = 0 et λi δ (α + β − 1) + 2 µi δ β = 0 , (26)

pour i = 1, 2. On en déduit
λ1 λ2
α=β= = =ν. (27)
2 (λ1 + µ1 ) 2 (λ2 + µ2 )

On en déduit σ = −E1 δ ez ⊗ ez pour le matériau 1 et σ = −E2 δ ez ⊗ ez pour le matériau 2.


L’équilibre est satisfait dans la mesure où div σ = 0. Comme les surfaces de collage sont de
normales ex ou ey et que σ · ex = σ · ey = 0, on a bien continuité des forces de contact à travers
ces interfaces.

16. Comme la normale à la surface S2a pointant vers l’extérieur du cube est ez , on a

1
Z
−IFa ez = σ · ez dA = − (E1 + E2 ) (4 a2 δ) ez . (28)
S2a 2

On en déduit que Ea = Fa /δ = IFa /(4 a2 δ) et donc Ea = 21 (E1 + E2 ).

121
Configuration transverse dans un cas particulier

17. La forme σ = −T ez ⊗ ez proposé pour le tenseur des contraintes conduit à


νi 1 + νi T
ε=− (Tr σ) 1l + σ= (νi ex ⊗ ex + νi ey ⊗ ey − ez ⊗ ez ) (29)
Ei Ei Ei
avec i = 1 pour le matériau 1 et i = 2 pour le matériau 2. On en déduit le champ de déplacement
T   0 0 0
ξ= νi ( x ex + y ey ) − z ez + (ξix − ri y + qi z) ex + (ξiy + ri x − pi z) ey + (ξiz − qi x + pi y) ez
Ei
(30)
avec i = 1 pour 0 ≤ z ≤ a et i = 2 pour a ≤ z ≤ 2 a, où ξix , ξiy , ξiz , pi , qi et ri sont des
constantes d’intégrations. La continuité du champ de déplacement à l’interface est possible dans
la mesure où ν1 /E1 = ν2 /E2 . Elle impose p1 = p2 , q1 = q2 , r1 = r2 , ξ1x 0 = ξ0 , ξ0 = ξ0
2x 1y 2y
0 0
et ξ1z − (T /E1 ) a = ξ2z − (T /E2 ) a. La condition aux limites ξz en z = 0 impose ξ1z 0 = 0,

p1 = q1 = 0 et donc p2 = q2 = 0. La condition aux limites ξz = −2 δ a en z = 2 a impose


0 − (T /E ) (2 a) = −2 δ a. On a donc
ξ2z 2

1 −1
 
T 0 T 0 T 1
− a = ξ2z − a et ξ2z − 2 a = −2 δ a =⇒ T = 2 δ + . (31)
E1 E2 E2 E1 E2
18. Comme la normale à la surface S2a pointant vers l’extérieur du cube est ez , on a
−1
Fb = −ez · σ · ez . Comme −Fb = Eb /δ on a donc Eb = 21 E1−1 + E2−1

.

Encadrement du module dans le cas général

19. Comme les forces extérieures F sont nulles et que les conditions aux limites en contraintes
sont toutes nulles, on a Φ(ξ 0 ) = 0. En tenant compte de la condition aux limites ξzd = −2 a δ sur
S2a , on peut écrire
Z
∗ 0
Φ ( σ ) = −2 a δ ez · σ 0 · ez dA . (32)
S2a

La formule de Clapeyron W(ξ) = W∗ ( σ) = 12 Φ(ξ)+ 12 Φ∗ ( σ), valable lorsque ξ et σ sont solutions


du problème d’équilibre, s’écrit ici
1 ∗
Z

W(ξ) = W ( σ) = Φ ( σ) = −a δ ez · σ · ez dA = a δ IFe = a δ Fe (4 a2 ) = 4 a3 δ Fe . (33)
2 S2a

20. Comme on a ici Φ(ξ 0 ) = 0 et W(ξ) = W∗ ( σ) = 1 ∗


2 Φ ( σ) = 4 a3 δ Fe , le principe de
minimum s’écrit

−W∗ ( σ 0 ) + Φ∗ ( σ 0 ) ≤ −W∗ ( σ) + Φ∗ ( σ) = W(ξ) = 4 a3 δ Fe ≤ W(ξ 0 ) (34)

pour tous les tenseurs de contraintes σ 0 statiquement admissibles et tous les champs de
déplacement ξ 0 cinématiquement admissibles, σ et ξ désignant la solution d’équilibre. La famille
de tenseurs des contraintes σ 0 paramétrée par Γ est statistiquement admissible car elle vérifie
trivialement div σ 0 = 0 ainsi que les conditions aux limites en efforts imposés. On peut écrire
   
1 + ν1 ν1 1 + ν2 ν2 1 2
Z Z
W∗ ( σΓ0 ) = Γ2 − dΩ1 + Γ2 − dΩ2 = Γ |Ω0 | E −1 = 4 a3 Γ2 E −1 .
Ω1 2E1 2E1 Ω2 2E2 2E2 2

122
Comme Φ∗ ( σΓ0 ) = 8 a3 δ Γ, la première inégalité du principe de minimum s’écrit

−4 a3 Γ2 E −1 + 8 a3 δ Γ ≤ 4 a3 δ Fe = 4 a3 δ2 Ee ⇐⇒ − (Γ/δ)2 E −1 + 2 (Γ/δ) ≤ Ee . (35)

Le maximum du membre de gauche de cette inégalité est obtenu pour Γ = Einf δ où Einf =
 −1
E −1 est donc une borne inférieure pour Ee .

21. On a ε(ξ 0γ ) = δ γ(ex ⊗ ex + ey ⊗ ey ) − ez ⊗ ez pour la famille de champs de


 

déplacement ξ 0γ paramétrée par γ. On peut donc écrire


  Z  
1 1
Z
W(ξ 0γ ) =δ 2 2 2
λ1 (1 − 2γ) + µ1 (1 + 2 γ ) dΩ1 + δ 2 2 2
λ2 (1 − 2γ) + µ2 (1 + 2 γ ) dΩ2 .
Ω1 2 Ω2 2

Le minimum de cette énergie W(ξ 0γ ) = δ |Ω0 |


1
(1 − 2γ)2 + µ (1 + 2 γ 2 ) est atteint lorque


γ = νsup et vaut W(ξ 0ν ) = 4 a3 δ2 Esup avec νsup = 2(λ+µ)λ


et Esup = µ(3λ+2µ)
λ+µ
. Pour démontrer
sup
ce résultat, il suffit d’appliquer le principe du potentiel minimum à un matériau homogène de
coefficients de Lamé λ et µ et d’écrire que le minimum de W(ξ 0γ ) est atteint pour la solution

exacte ξ = δ νsup x ex + νsup y ey − z ez .

22. Comme E1 = µ1 (3λλ1 +µ 1 +2 µ1 )


= 5 Gpa et E2 = µ2 (3λλ2 +µ
2 +2 µ2 )
= 5 + 31 = 5.33 Gpa, on

1 2
−1
a Einf = 12 E1−1 + E2−1 1
 
= 5 + 31 = 5.03 Gpa. Comme λ = 3 GPa et µ = 2 GPa, on
µ(3λ+2µ) 1

a Esup = λ+µ = 5 + 5 = 5.2 Gpa. L’intervalle [Einf , Esup ] = [5.03, 5.2] est inclus dans
l’intervalle [E1 , E2 ] = [5, 5.33].

123
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2009

CONTRÔLE NON CLASSANT DE MÉCANIQUE


Mécanique des Milieux Continus - MEC431
du lundi 08 novembre 2010

Sujet proposé par M. Didier Clouteau

Durée : 2 heures (8h-10h)

* * *
Seul l’usage du cours polycopié, des notes de cours et des notes de petites classes est
autorisé.
Le sujet comporte deux exercices indépendants. Les notations et formules de calcul utiles
pour les deux exercices sont résumées dans un formulaire en fin d’énoncé.

* * *

1 Écoulement autour d’un cylindre

On considère un écoulement stationnaire caractérisé dans le domaine extérieur à un


cylindre de rayon a par le champ de vitesse suivant :
a2
Ç å
U = vo ex − er (2θ) 2
r
a2
Ç å
= v0 ex − (er (θ) cos θ + eθ (θ) sin θ) 2 .
r

1. Étudier ce champ de vitesses d’une part à grandes distances du cylindre et d’autre


part sur le cylindre de rayon a en regardant particulièrement les points θ = 0,
θ = ±π/2, θ = π. Quel est le flux de masse du fluide à travers la paroi du cylindre
de rayon a ?
2. Montrer que dans cet écoulement, le taux de dilatation volumique et la vorticité
sont partout nuls (écoulement incompressible et irrotationnel). Calculer le taux de
cisaillement à la paroi du cylindre.
3. Montrer que, pour cet écoulement stationnaire, la variation temporelle de quantité
de mouvement et de moment cinétique sur le volume matériel :
ΩR = {x = rer + zez |a < r < R, −1/2 < z < 1/2}

124
Fig. 1: Cylindre fixe dans un écoulement

sont respectivement égales à chaque instant au flux de quantité de mouvement et


de moment cinétique au travers de la surface latérale de cylindre de rayon R et de
longueur unitaire centré à l’origine :

CR = {x = Rer + zez | − 1/2 < z < 1/2},

soit :
D
ÇZ å Z
ρU dV = ρU (U · er )da,
Dt ΩR CR

D
ÇZ å Z
x ∧ ρU dV = (x ∧ ρU ) (U · er )da.
Dt ΩR CR

4. On suppose les forces volumiques négligeables, la densité uniforme et constante ρo


sur l’ensemble du fluide et un champ de contraintes isotrope et constant à l’infini :

lim σ(Rer + zez ) = −po 1.


R→∞

Par une approche globale, calculer l’effort et le moment exercés par l’écoulement sur
le cylindre de rayon a et de longueur unitaire centré à l’origine. Commenter.
5. Calculer la résultante et le moment lorsque la mise en rotation du cylindre modifie
le champ de vitesse en :

e (2θ)a2 e (θ)
Ç å
U(r, θ) = vo ex − r 2 +Γ θ .
r r
Commenter.

125
2 Torsion d’un tube entaillé

On considère un arbre cylindrique de longueur 2L soumis à un couple de torsion à ses


extrémités. L’objet de cette étude est de comparer les contraintes maximales au sens de
Von Mises atteintes pour un arbre de section circulaire parfaite et entaillée.

Sur les deux sections extrémités z = ±L, on sait seulement que la résultante des
efforts extérieurs appliqués sur l’arbre est nulle (F = 0) et que le moment de ces efforts,
par rapport à n’importe quel point, vaut ±Γez . Le reste de la surface de l’arbre est libre
de contraintes. On néglige les forces de pesanteur et les termes d’inertie.

La section d’origine circulaire de rayon a est entaillée le long d’une génératrice par
une encoche de section circulaire de rayon b. On utilisera un système de coordonnées
cylindriques x = rer + zez centré sur l’entaille (cf. figure 1). On suppose que  = b/a  1
et on pose θo = arccos(/2) → π/2. Le domaine occupé par l’arbre est donc représenté
par les inégalités suivantes :

Ω = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, b < r < 2a cos θ, −L < z < L}

On identifie les trois frontières suivantes :


– la surface latérale de l’entaille

∂Ωb = {(r, θ, z)|r = b, θ ∈] − θo , θo [, −L < z < L}

de normale er (θ) ;
– la surface latérale du cylindre

∂Ωa = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, r = 2a cos θ, −L < z < L}

de normale er (2θ) ;
– les faces inférieure et supérieure de l’arbre

∂Ω±L = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, b < r < 2a cos θ, z = ±L}.

1. Donner les équations que doivent satisfaire le champ de contraintes de Cauchy σ à


l’intérieur de l’arbre et sur ses surfaces latérales ∂Ωa et ∂Ωb .
2. Montrer que ces équations sont satisfaites par un champ de contraintes uniforme en
z de la forme :
τ
σ = (reθ + grad ϕ(r, θ)) ⊗s ez
a
α
avec ϕ(r, θ) = ( + βr) sin θ et où α et β sont des constantes que l’on déterminera.
r
3. Vérifier que la résultante sur les sections extrêmes s’annule (On pourra admettre ce
résultat pour la suite ou le montrer seulement pour  → 0).
4. Donner la relation linéaire entre τ et Γ en fonction des paramètres géométriques
pour  → 0.

126
Fig. 2: Section circulaire entaillée

5. En admettant que le maximum du critère de Von Mises est atteint en r = b et θ = 0,


calculer le couple maximal admissible Γm autorisé par ce champ de contraintes en
fonction de la valeur k du critère. Comparer ce couple maximal à Γom , celui obtenu
pour un arbre non rainuré :
π
Γom = a3 k.
2
Commenter.

3 Formulaire

er (θ) = cos(θ)ex + sin(θ)ey


eθ (θ) = − sin(θ)ex + cos(θ)ey
1
a ⊗s b = (a ⊗ b + b ⊗ a)
2
π
arccos  = −  + 0(3 ), 1
2
4 cos3 θ = cos(3θ) + 3 cos θ
8 cos4 θ = cos 4θ + 4 cos 2θ + 3
reθ = div (x ⊗ eθ )
Z Z Z
(reθ + grad ϕ) = (x ⊗ (reθ + grad ϕ)) · n − (div grad ϕ)x
S ∂S S

div grad ((α/r + βr) sin θ)) = 0.

127
CORRIGÉ

1 Écoulement autour d’un cylindre

On considère un écoulement caractérisé dans le domaine extérieur à un cylindre de


rayon a par le champ de vitesse suivant :

a2
Ç å
U (r, θ) = vo ex − er (2θ) 2 , r>a
r
avec er (2θ) = cos(2θ)ex + sin(2θ)ey .

Fig. 1: Cylindre fixe dans un écoulement

1. Étudier ce champ de vitesses d’une part à grandes distances du cylindre et d’autre


part sur le cylindre de rayon a en regardant particulièrement les points θ = 0,
θ = ±π/2, θ = π.
Réponse : L’écoulement est uniforme selon ex à grandes distances. Sur le cylindre,
la vitesse nomale s’annule :
a2
U · er (θ) = cos θ(1 − ) = 0.
r2
Il n’y a donc pas de flux normal à la paroi. Le flux de masse donné par :
Z
φ= ρU · ndS,
r=a

s’annule donc.

128
Par contre, la vitesse tangentielle donnée par :
U · eθ (θ) = −2vo sin θ
ne s’annule qu’en θ = 0, π et double en θ = ±π/2 par rapport à la vitesse à l’infini.
Sur l’axe horizontal l’écoulement est stoppé par la présence du cylindre, il est par
contre accéléré sur le bord de ce dernier. Remarquons enfin que cet écoulement reste
symétrique par rapport à l’axe horizontal.
2. Montrer que dans cet écoulement, le taux de dilatation volumique et la vorticité
sont partout nuls (écoulement incompressible et irrotationnel). Calculer le taux de
cisaillement dans le fluide à la paroi du cylindre.
Réponse : On a :
∂U 1 ∂U
grad U = ⊗ er + ⊗ eθ
∂r r ∂θ
2a2
= vo 3 (er (2θ) ⊗ er − eθ (2θ) ⊗ eθ )
r
2a2
= vo 3 (cos θ(er ⊗ er − eθ ⊗ eθ ) + 2 sin θer ⊗s eθ ) .
r
Donc l’écoulement est incompressible et irrotationnel Ω = 0, grad U = D et div U =
0.
En θ = ±π/2 on obtient dans les axes du repère un taux de cisaillement pur égal
à 2vo /a. On obtient par contre un taux de compression en x et de dilatation en y
en θ = π, le contraire en θ = 0. Cela conduit à un taux de cisaillement pur égal à
2vo /a suivant les 2 bissectrices.
2
On pourra noter que le tenseur des vitesses de déformation admet ±vo 2a r 3 comme valeurs propres
et (er (3θ/2), eθ (3θ/2)) comme directions propres. Ainsi on a un taux de cisaillement pur égale à
2
vo 2a
r 3 suivant les bissectrices de ce repère tournant, soit (er (3θ/2 + π/4), eθ (3θ/2 + π/4)).

3. Montrer que, pour cet écoulement stationnaire, la variation temporelle de moment


cinétique sur le volume matériel :
ΩR = {x = rer + zez |a < r < R, −1/2 < z < 1/2}
est égale au flux de moment cinétique au travers de la surface latérale du cylindre
de rayon R et de longueur unitaire centré à l’origine :
CR = {x = Rer + zez | − 1/2 < z < 1/2},
soit : ÇZ Z
D
å
x ∧ ρU dV = (x ∧ ρU ) (U · er )da.
Dt ΩR CR

Réponse : On applique le théorème de transport pour b = x ∧ ρU en l’absence de


discontinuité :
ÇZ Z Z
D ∂
å
x ∧ ρU dV = (x ∧ ρU )|x dV + (x ∧ ρU ) (U · n)da,
Dt ΩR ΩR ∂t ∂ΩR

129
où n est la normale extérieure. L’écoulement étant stationnaire (∂t U = 0 et ∂t ρ = 0),
le premier terme s’annule. Par ailleurs, on a vu que U · n s’annulait sur la surface
r = a. Il s’annule également pour z = ±1/2 puisque l’écoulement est dans le plan,
d’où le résultat final.
En appliquant le même raisonnement à b = ρU on obtient directement :
ÇZ Z
D
å
ρU dV = (ρU ) (U · er )da.
Dt ΩR CR

4. On suppose les forces volumiques négligeables, la densité uniforme et constante ρo


sur l’ensemble du fluide et un champ de contraintes isotrope et constant à l’infini :

lim σ(Rer + zez ) = −po 1.


R→∞

Par une approche globale, calculer l’effort et le moment exercés par l’écoulement sur
le cylindre de rayon a et de longueur unitaire centré à l’origine. Commenter.
Réponse : Le problème étant invariant en z, on remarque que les efforts exercés sur
les faces latérales d’une tranche de fluide se compensent puisque les deux normales
sont opposées et le champ de contraintes est invariant en z. Le bilan de quantité de
mouvement donne en passant à la limite :
0
z Z}| { Z
D
F + po lim er da +0 = − lim ρU dV
R→+∞ CR R→+∞ Dt ΩR
Z
= − lim ρo U(U · n)da
R→+∞ ∂ΩR
Z 2π
= 0− ρo vo2 ex lim R cos θdθ = 0.
R→+∞ 0

De même le bilan de moment cinétique et le résultat précédent donnent :


Z
D
Cez + 0 = − lim x ∧ ρU dV
R→+∞ Dt ΩR
Z
= − lim (Rer (θ) + zez ) ∧ ρU (U · er (θ))da
R→+∞ CR

a2
Z 2π
= −ρo vo2 lim er (θ) ∧ (R2 ex −a2 er (2θ)) cos θ(1− )dθ
R→+∞ 0 R2
a2
Z 2π
= ρvo2 ez lim (R2 +a2 )(1− ) sin θ cos θdθ = 0.
R→+∞ R2 0

Le fait que le moment et que la composante verticale de la résultante (la portance)


s’annulent s’explique par la symétrie de problème (on notera toutefois qu’à grande
vitesse, cette solution stationnaire symétrique devient instable et la solution réelle
sera non-symétrique et instationnaire avec décrochements tourbillonnaires de part
et d’autre du cylindre). Le fait que la composante horizontale (la traînée) s’an-
nule provient du fait que l’on a implicitement fait l’hypothèse d’un fluide parfait
(écoulement irrotationnel), donc sans effet de viscosité.

130
5. Calculer la résultante et le moment lorsque la mise en rotation du cylindre modifie
le champ de vitesse en :

e (2θ)a2 e
Ç å
U(r, θ) = vo ex − r 2 +Γ θ .
r r

Réponse : on a toujours de façon immédiate U · n = 0 sur la surface du cylindre


et on est toujours à écoulement stationnaire incompressible irrotationnel puisqu’on
ajoute au gradient de vitesse un terme de cisaillement uniforme en θ :
Γ
− (e ⊗ er + er ⊗ eθ ).
r2 θ
On remarque également que sur CR le terme U · n reste inchangé puisque le nouveau
terme est orthoradial. On a donc par linéarité :
Z 2π eθ
−F = ρvo2 lim (Γ ) cos θRdθ = ρvo2 Γπey .
R→+∞ 0 R
On recupère donc de la portance puisque l’écoulement n’est plus symétrique mais
toujours aucun couple car les effets de viscosité sont encore négligés :
Z 2π
−Cez = ρvo2 lim Γ cos θRdθ = 0.
R→+∞ 0

2 Torsion d’un tube entaillé

On considère un arbre cylindrique de longueur 2L soumis à un couple de torsion à ses


extrémités. L’objet de cette étude est de comparer les contraintes maximales au sens de
Von Mises atteintes pour des arbres de section circulaire parfaite et entaillée.

Sur les deux sections terminales z = ±L, on sait seulement que la résultante des
efforts extérieurs appliqués sur l’arbre est nulle (F = 0) et que le moment de ces efforts,
par rapport à n’importe quel point, vaut ±Γez . Le reste de la surface de l’arbre est libre
de contraintes. On néglige les forces de pesanteur et les termes d’inertie.

La section d’origine circulaire de rayon a est entaillée le long d’une génératrice par
une encoche de section circulaire de rayon b. On utilisera un système de coordonnées
cylindriques x = rer + zez centré sur l’entaille (cf. figure ??). On suppose que  = b/a  1
et on pose θo = arccos(/2) → π/2. Le domaine occupé par l’arbre est donc représenté
par les inégalités suivantes :

Ω = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, b < r < 2a cos θ, −L < z < L}.

On identifie les trois frontières suivantes :

131
– la surface latérale de l’entaille

∂Ωb = {(r, θ, z)|r = b, θ ∈] − θo , θo [, −L < z < L}

de normale er (θ) ;
– la surface latérale du cylindre

∂Ωa = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, r = 2a cos θ, −L < z < L}

de normale er (2θ) ;
– les faces inférieure et supérieure de l’arbre

∂Ω±L = {(r, θ, z)|θ ∈] − θo , θo [, b < r < 2a cos θ, z = ±L}.

Fig. 2: Section circulaire entaillée

1. Donner les équations que doivent satisfaire le champ de contraintes de Cauchy σ à


l’intérieur de l’arbre et sur ses surfaces latérales ∂Ωa et ∂Ωb .
Réponse :

−σ · er = 0 sur ∂Ωb ,
σ · er (2θ) = 0 sur ∂Ωa ,
div σ = 0 dans Ω.

2. Montrer que ces équations sont satisfaites par un champ de contraintes uniforme en
z de la forme :
τ
σ = (reθ + grad ϕ(r, θ)) ⊗s ez
a
α
avec ϕ(r, θ) = ( + βr) sin θ et où α et β sont des constantes que l’on déterminera.
r
Réponse : On remarque tout d’abord que :

div (c ⊗ d) = c(div d) + grad c · d

132
et donc :
1
div (c(r, θ) ⊗s ez ) = ez div c.
2
On a de plus :
div (reθ ) = eθ · er − er · eθ = 0
et par le formulaire :
div grad ((α/r + βr) sin θ) = 0.
Ainsi on a bien :
div σ = 0.
On notera que le résultat est beaucoup plus général puisque :
τ
div σ = div grad ϕ
2a
et donc toute fonction ϕ satisfaisant ∆ϕ = 0 est admissible. On montre de plus qu’une solution
de la forme ϕ = f (r) sin θ et satisfaisant cette condition est de la forme proposée. En effet, en
cylindrique :

∆ϕ = ∂r2 ϕ + r−1 ∂r ϕ + r−2 ∂θ2 ϕ = (f 00 + r−1 f 0 − r−2 f ) sin θ = (r−1 (f r)0 )0 sin θ.

Soit :
(f r)0 = 2βr, f = βr + αr−1 .

Les deux conditions aux limites donnent :


2a −α
Å ã
(σ · er (θ)) · ez = ∂r ϕ = + β sin θ = 0 , r = b,
τ r2
2a
(σ · er (2θ)) · ez = ∂r ϕ cos θ + (r + r −1 ∂θ ϕ) sin θ = 0 , r = 2a cos θ.
τ
Avec la première on obtient βb2 = α et avec la seconde :
−α α
Å ã Å ã
0= + β sin θ cos θ + r sin θ + 2 + β sin θ cos θ = sin θ (r + 2β cos θ) ,
r 2 r
en r = 2a cos θ, soit β = −a et finalement :

b2
ϕ = −a(r + ) sin θ.
r
Le tenseur de Cauchy prend alors l’une des formes suivantes :

b2 r b2
ÇÇ å Ç Ç å å å
σ = τ − 1 sin θer + − 1 + cos θ eθ ⊗s ez
r2 a r2
Ü ê
b2 r
= τ − (cos θeθ − sin θer ) + eθ − (cos θeθ + sin θer ) ⊗s ez
r |
2 {z } a | {z }
eθ (2θ) ey

133
3. Vérifier que la résultante sur les sections extrêmes s’annule (On pourra admettre ce
résultat pour la suite ou le montrer seulement pour  → 0).
Réponse : On pose ρ = r/a et  = b/a :
σ · ez
= −(ey + 2 /ρ2 eθ (2θ)) + ρeθ .
2
τ
Le second terme disparaitra à la limite soit :
Z Z ÇZ
2 θo 2 cos θ
å
2 2
σ · ez dS = −Sey + a ρ dρeθ + o() dθ
τ z=±L −θo 
Z θo
= (−S + 2/3a2 (4 cos4 θ + o())dθ)ey
−θo
= (−S + 2a2 (π/2 + o()))ey = o().
Ici encore on a un résultat plus général puisque :
Z Z Z Z
2
(reθ + grad ϕ)dS = (div (r er ⊗ eθ ) + grad ϕ)dS = x(reθ + grad ϕ) · ndl − ∆ϕxdS.
S S ∂S S

La condition aux limites sur le bord annule le premier terme et l’équation d’équilibre local le
second.
4. Donner la relation linéaire entre τ et Γ en fonction des paramètres géométriques
pour  → 0.
Réponse :
Z Z
Ä ä τ
Γ= rer ∧ (σez ) · ez dS = (r 2 + ∂θ ϕ)dS
z=±L 2a z=±L

soit :
Z ÇZ
Γ θo 2 cos θ
å
3 2 2
2 3 = (ρ − (ρ +  ) cos θ)dρ dθ
aτ −θo 
Z θo
4 4
Ç å
= 2 cos θ4 − 22 cos2 θ + 3 cos θ − 4 /4 dθ
0 3 3
π
= + O().
2
5. En admettant que le maximum du critère de Von Mises est atteint en r = b et θ = 0,
calculer le couple maximal admissible Γm en fonction de la valeur k du critère et
comparer ce couple maximal à Γom , celui obtenu pour un arbre non rainuré :
π 3
Γom = a k.
2

Réponse : Au fond de la rainure nous avons :

σ = τ (−2 + )ey ⊗s ez .

134
La partie isotrope de ce tenseur étant nulle, il est égal à son déviateur. Nous obtenons
donc à la limite  → 0 :
σ:σ
 
k= = |τ |.
2
Le couple maximal est obtenu lorsque ce critère est atteint, soit :
π 3
Γm = ak
4
et finalement :
Γm 1
= .
Γom 2
Une simple rayure divise le couple limite par 2 d’où l’importance de l’état de surface
des pièces mécaniques.

135
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2009

CONTRÔLE CLASSANT DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS


MEC431
du jeudi 20 janvier 2011

Sujet proposé par MM. Olivier Thual et Patrick Le Tallec

Durée : 4 heures (8h00-12h00)

* * *
Les deux problèmes sont indépendants et sont d’importance équivalente. L’usage des sup-
ports de cours et des notes personnelles est autorisé à l’exception du recueil des sujets de
contrôle des années précédentes.
Les problèmes 1 et 2 devront être traités sur des copies de couleurs différentes.

* * *
Problème 1 (copies vertes)
Torsion d’un tube avec ou sans entaille
On considère un arbre cylindrique Ω0 de longueur 2 L et d’axe AZ dont la section est
un disque de centre A et de rayon a (Figure 1a). On choisit le repère orthonormé OXY Z
de telle sorte que OA = a eX et que les extrémités du cylindre soient situées en Z = ±L.

On néglige les forces de pesanteur et les termes d’inertie et on se place dans le cadre
de l’hypothèse des petites perturbations autour d’un état naturel. On suppose que l’arbre
cylindrique est composé d’un matériau homogène de masse volumique ρ0 dont le compor-
tement élastique isotrope est caractérisé par le module de Young E et le coefficient de
Poisson ν.

Torsion d’un tube cylindrique sans entaille par déplacement imposé

Dans un premier temps, on impose le déplacement ξ d = ± k L [−Y eX + (X − a) eY ],


avec k > 0, sur les sections S ± de l’arbre respectivement situées en Z = ±L. La frontière
latérale Σ du cylindre, située en (X − a)2 + Y 2 = a2 , est libre de contraintes.

1. Dessiner les lignes de champ du déplacement ξ d sur S + et S − et tracer quelques


vecteurs déplacement sur la même figure. Comment caractériser ou nommer les petits dé-
placements ainsi imposés aux extrémités S ± de l’arbre ? Décrire pour ce choix de données
l’ensembles C(Sξi , ξid ) des champs de déplacements cinématiquement admissibles ainsi que
l’ensemble S(0, STi id) des champs de contraintes statiquement admissibles.

136
Y a Y a

eR Θ0
r M
O Θ X O X
A 2a A 2a
b

a) b)

Fig. 1: Sections circulaires en Z = 0. a) Tube cylindrique. b) Tube cylindrique entaillé.

2. On cherche une solution du problème d’équilibre sous la forme

ξ(X) = f (Z) [−Y eX + (X − a) eY ] .

Proposer une expression de f (Z) telle que ξ soit cinématiquement admissible et vérifier que
le tenseur des contraintes σ(X) qui en découle par application de la loi de comportement
est statiquement admissible. Quelle méthode a-t-on utilisé pour trouver la solution ?

3. En déduire la densité T (X) des forces de contact exercées par l’extérieur sur chacune
des sections circulaires du cylindre. Pour chacune des sections, calculer leur résultante et
leur moment en tout point de l’espace.

Torsion d’un tube cylindrique sans entaille par contraintes imposées

On impose maintenant le champ de contraintes d = ± χ [−Y eX + (X − a) eY ] sur


les faces circulaires S + et S − de l’arbre situées en Z = ±L, χ désignant une constante
donnée. La frontière latérale du cylindre Σ est toujours libre de contraintes.

4. Décrire les ensembles C(Sξi , ξid) et S(0, STi , Tid ) associés à ces nouvelles condi-
tions aux limites. On cherche une solution du problème d’équilibre dont le tenseur des
contraintes est de la forme
1
σ = B [−Y eX ⊗s eZ + (X − a) eY ⊗s eZ ] où a ⊗s b = (a ⊗ b + b ⊗ a) (1)
2
est le produit tensoriel symétrique de deux vecteurs a et b. Montrer que σ ∈ S(0, STi , Tid )
pour une valeur de la constante B que l’on déterminera.

5. En déduire le tenseur des petites déformations ε(X) puis, en s’appuyant sur la


question 2, déterminer l’ensemble des champs de déplacements possibles en notant p0 , q 0
et r 0 les amplitudes respectives de trois petites rotations arbitraires et ξX
0
, ξY0 et ξZ0 les
amplitudes respectives de trois petites translations arbitraires.

137
6. On impose maintenant un déplacement ξ = 0 pour tout point de l’arbre appartenant
à l’axe OZ ainsi qu’au point A de coordonnées X = a eX . Montrer que ces conditions
lèvent l’indétermination sur le champ de déplacement et exprimer l’unique champ de
déplacement solution du problème. Comparer la solution ainsi obtenue en déplacement et
en contraintes à la solution obtenue en question 2.

7. Exprimer ce champ de déplacement en coordonnées cylindriques ξ(R, Θ, Z) =


ξR eR + ξΘ eΘ + ξZ eZ .

Torsion d’un tube cylindrique entaillé

On considère maintenant que la section de l’arbre est entaillée le long de l’axe OZ par
une encoche de section circulaire et de rayon b (Figure 1b). En notant Θ0 = arccos [b/(2 a)],
le domaine occupé par l’arbre est donc défini par

Ω0 = {(R, Θ, Z) | |Θ| < Θ0 , b < R < 2 a cos Θ , |Z| < L} . (2)

On note ∂Ωb = {(R, Θ, Z) | |Θ| < Θ0 , R = b , |Z| < L} et ∂Ωa = {(R, Θ, Z) | |θ| <
θ0 , R = 2 a cos Θ , |Z| < L} les frontières de Ω0 dont les normales sont dans le plan OXY .
On impose le déplacement tangentiel ξRd = 0 et ξΘ d
= ± k RL ainsi que la composante
normale TZ = 0 du vecteur contrainte sur les sections S ± de l’arbre respectivement situées
d

en Z = ±L. On a introduit la notation k = 2 (1 + ν) χ/E où χ est une constante imposée.


Aucun effort de contact n’est imposé sur les surfaces latérales ∂Ωa et ∂Ωb .

8. Décrire les ensembles C(Sξi , ξid) et S(0, STi , Tid ) associés à ces nouvelles conditions
aux limites. Rechercher la solution en déplacement et en contrainte du problème posé par
la méthode des déplacements en recherchant le champ de déplacement sous la forme

b2
Ç å
ξ(R, Θ, Z) = k [R Z eΘ + ϕ(R, Θ) eZ ] avec ϕ(R, Θ) = −a R + sin Θ . (3)
R

9. Dans le cas où b tend vers zéro, comparer le champ de déplacements et de contraintes


obtenu en R = b à la solution qui a été obtenue en question 6. Commenter.

10. Calculer la densité T (X) d’efforts de contact exercées par l’extérieur sur les sec-
tions S ± de l’arbre.

138
Problème 2 (copies roses)
Déformation de la Terre par les forces de gravité
Les forces de gravité, qu’il s’agisse de son propre champ ou de l’attraction de la Lune
et du Soleil, ont pour effet de déformer la partie solide de la Terre. L’amplitude des
déformations induites par ces forces sont respectivement de l’ordre du demi kilomètre, du
mètre ou du demi mètre. On cherche à retrouver ces ordres de grandeur en modélisant la
Terre par un solide élastique de comportement rhéologique homogène et isotrope.

Z
M
FL
Ω0 Fc θ
O FT a
Y
ϕ L

X l

Fig. 2: Force de gravité terrestre équivalente F T (X), force d’attraction F L (X) de la Lune
sur la Terre et force d’inertie constante F c pour la rotation du système Terre-Lune.

On se place dans le référentiel lié à la Terre. On suppose que la Terre est constituée d’un
matériau linéaire isotrope de masse volumique ρ0 et on note λ et µ ses coefficients de Lamé.
On suppose que sa configuration de référence, en l’absence de contraintes, est la sphère
Ω0 de centre O et de rayon a. On suppose que sa frontière ∂Ω0 est libre de contraintes et
que la température T0 du solide est constante. On suppose que ses déformations vérifient
l’hypothèse des petites perturbations.

Gravité terrestre équivalente

La Terre effectue une rotation autour de l’axe des pôles OZ en un jour et est soumise
à son propre champ de gravité. Pour tout point M appartenant à Ω0 et de coordonnées
sphériques OM = X = R eR (ϕ, Θ), la somme des forces d’inertie dues à cette rotation de
vitesse angulaire ωT et de ces forces de gravité terrestre s’écrit
2π 1
ñ ô
F T (X) = −∇ ρ0 G R2 − (ωT R sin Θ)2 , (4)
3 2
où G est la constante universelle de la gravité.

11. Justifier brièvement l’expression de F T (X). À partir des valeurs numériques


a = 6.37 106 m, G = 6.67 10−11 N·m2 ·kg−2 , ρ0 = 5.51 103 kg·m−3 et ωT = 7.3 10−5 rad·s−2 ,

139
montrer que l’on peut négliger l’effet des forces d’inertie avec une erreur de l’ordre de 0.3%.
En déduire que l’on peut effectuer l’approximation
gR
F T (X) = − e , (5)
a R
où g = 9.81 m · s−2 est une constante appellée gravité terrestre moyenne équivalente.

12. On veut maintenant déterminer le champ de déplacement ξ(X) induit par le champ
de force F T (X). Préciser les conditions aux limites en décrivant, pour les données de
l’énoncé, les ensembles C(Sξi , ξid ) des champs de déplacements cinématiquement admis-
sibles et S(F T , STi , Tid ) des champs de contraintes statiquement admissibles. Déterminer
la solution en déplacement et en contraintes ξ(X) par une méthode en contraintes en
choisissant un tenseur de contrainte de la forme
R2
Ç å
σ(X) = − σT 1− 2 1l . (6)
a
On se restreindra aux champs de déplacements de la forme ξ(X) = ξR (R)eR . On pourra
utiliser la notation K = 3 λ+23
µ E
= 3 (1−2 ν)
du module de compression. En déduire la
valeur du déplacement maximal ξT m pour les valeurs K = 1012 Pa, g = 9.81 m · s−2 et
a = 6.37 106 m. Justifier que l’on est bien dans le cadre des petites perturbations.

Forces de marées exercées par la Lune

Tout en tournant autour du Soleil, les centres de gravité de la Terre et de la Lune


décrivent des trajectoires presque circulaires autour du centre de masse du système Terre-
Lune. On choisit, à l’instant t, un repère OXY Z tel que le centre de gravité de la Lune
soit le point L défini par OL = l eY avec a  l (Figure 2). À l’instant t, cet astre exerce
sur un point matériel M de coordonnées OM = X = X eX + Y eY + Z eZ , la force de
densité massique
l eY − X
F L (X) = m G , (7)
kl eY − Xk3
où G est la constante universelle de la gravité et m la masse de la Lune. On suppose que
le mouvement de rotation solide de la Terre autour du centre de gravité du système Terre-
Lune induit une force centrifuge uniforme dont la densité massique est égale à l’opposée
de la valeur moyenne de la force d’attraction
Z
1
Fc = − F L (X) dΩ0 = Fc eY , (8)
|Ω0 | Ω0

où |Ω0 | = 34 π a3 est le volume de la sphère. Dans cette partie, on ne prendra pas en


compte la force de gravité terrestre F T (X) ni l’attraction du soleil. On considère donc
pour l’instant que la terre est soumise à des efforts volumiques de densité massique F (X) =
F L (X) + F c .

140
13. Justifier que F c est effectivement parallèle à eY . En effectuant un développement
limité par rapport au petit paramètre a/l, montrer que
ï Å ãò
a mG
F (X) = A (−X eX + 2 Y eY − Z eZ ) 1 + O avec A= . (9)
l l3

14. Préciser les conditions aux limites en décrivant pour ces données les ensembles
C(Sξi , ξid ) des champs de déplacements cinématiquement admissibles et S(F , STi , Tid ) des
champs de contraintes statiquement admissibles. En définissant l’énergie et l’énergie com-
plémentaire à l’aide des relations
Z
1 î
® ´
ó2
0
W(ξ ) = λ Tr ε(ξ 0 ) + µ ε(ξ 0 ) : ε(ξ 0 ) dΩ0 ,
ZΩ0 2 XZ
0 0
Φ(ξ ) = ρ0 F (X) · ξ (X) dΩ0 + Tid (X) · ξ 0i (X) dA ,
Ω0 i STi
Z
1+ν 0 ν
ñ ô
W∗( σ 0 ) = σ : σ0 − (Tr σ 0 ) dΩ0 ,
2
Ω0 Z 2 E 2E
X
Φ∗ ( σ 0 ) = ξid ei · σ 0 · N dA , (10)
i Sξi

exprimer l’énergie potentielle (W − Φ)(ξ 0 ) et l’énergie potentielle complémentaire (W∗ −


Φ∗ )( σ 0 ) en fonction du champ de déplacement ξ 0 , du tenseur des petites déformations ε(ξ 0 )
ou duR tenseur de Cauchy σ 0 . On introduit le travail des forces F défini par la relation
T = Ω0 ρ0 F (X) · ξ(X) dΩ0 où ξ est la solution d’équilibre. Comment s’écrit la formule
de Clapeyron pour ce problème ? A partir du principe du potentiel minimum, donner un
encadrement de T.

15. On considère le tenseur des contraintes σ 0 = σ0 1 − X +Ya2 +Z (k1 eX ⊗ eX + k2


Ä 2 2 2 ä

eY ⊗ eY + k3 eZ ⊗ eZ ) avec k1 = −1, k2 = 2, k3 = −1. Montrer que σ 0 appartient à


S(F , STi , Tid ) pour une valeur de σ0 que l’on exprimera. En déduire une borne supérieure
pour T.
ÄR
X 2 dΩ0 / (a2 |Ω0 |) = 1/5. On considère l’ensemble des dépla-
ä
16. On note C1 = Ω0
cements

Ch = {ξ 0h (X) = Q1 X eX + Q2 Y eY + Q3 Z eZ ,
(1)
(Q1 , Q2 , Q3 ) ∈ IR3 } . (11)

Exprimer l’énergie potentielle (W − Φ)(ξ 0h ) d’un élément de Ch en fonction de Q1 , Q2 et


(1)

(1)
Q3 . En déduire une approximation de Ritz de la solution dans l’espace Ch . On pourra
utiliser le résultat suivant :
Ö èÖ è Ö è Ö è Ö è
1+χ 1 1 Q1 K1 X
3 Q1 K1
1
1 1+χ 1 Q2 = K2 avec Ki = 0 =⇒ Q2 = K2
χ
1 1 1+χ Q3 K3 i=1 Q3 K3
(12)
P3
pour tout χ 6= 0, en remarquant que i=1 Qi = 0. Calculer la borne inférieure pour T
correspondante.

141
17. Estimer la précision de cette estimation en comparant les bornes supérieure
et inférieure de T. On suppose les valeurs numériques suivantes : µ = 36 109 Pa,
l = 3.84 108 m, a = 6.37 106 m, G = 6.67 10−11 N · m2 · kg−2 , m = 7.35 1022 kg et
ρ0 = 5.51 103 kg · m−3 . Calculer le déplacement maximal ξm obtenu à l’aide de cette ap-
proximation de Ritz. En déduire un ordre de grandeur de l’amplitude de la marée terrestre
pour ce modèle en un point matériel donné, en se rappelant que OXY Z tourne dans le
référentiel lié à la terre.

Superposition des forces

18. La masse du Soleil est mS = 1.99 1030 kg et sa distance à la Terre est lS =


1.5 1011 m. Estimer la marée terrestre due à l’attraction du Soleil. Comment peut-on
calculer l’effet combiné de l’autogravitation de la Terre et de l’attraction par la Lune et
le Soleil ?

Formulaire

Z å2
R2 8 8
Ç
1− 2 dΩ0 = 4πa3 = |Ω0 |.
Ω0 a 105 35

142
CORRIGÉ

Problème 1
Torsion d’un tube avec ou sans entaille
1. Les lignes de champ du déplacement sont des cercles et les vecteurs déplacement,
tangents à ces cercles, sont ceux d’une petite rotation de vecteurs rotation ± k LeZ pour
les sections S ± .
Z S+
ξ
L
Y
O M 2a
A X
Σ
N
−L

S− ξ

Fig. 1: Les lignes de champs de ξ sur S± sont des cercles.

Le champ de déplacement ξ 0 (X) appartient à C(Sξi , ξid ) s’il est cinématiquement admis-
sible, c’est-à-dire s’il est différentiable de gradient intégrable et qu’il vérifie respectivement
d
les conditions aux limites ξX = ∓k L Y , ξYd = ±k L (X − a) et ξZd = 0 sur la réunion des
extrémités S ± que l’on note alors SξX = SξY = SξZ = S + ∪ S − .

Le champ de contrainte σ 0 (X) appartient à S(0, STi , Tid ) s’il est statiquement admis-
sible, c’est-à-dire si il est symétrique, si div σ 0 = 0, s’il vérifie les conditions de saut sur
les surfaces de discontinuité Σ0 de σ 0 et s’il vérifie les conditions aux limites σ 0 · N = T d
sur la frontière latérale Σ d’équation (X − a)2 + Y 2 = a2 avec TXd = TYd = TZd = 0. On
note alors ici STX = STY = STZ = Σ.

2. Le choix f (Z) = k Z, et donc de ξ = k [−Y Z eX + (X − a) Z eY ] per-


met de satisfaire les conditions aux limites en déplacement. On en déduit ∇ξ =
k [Z (eY ⊗ eX − eX ⊗ eY ) − Y eX ⊗ eZ + (X − a) eY ⊗ eZ ] et
ε = k [−Y eX ⊗s eZ + (X − a) eY ⊗s eZ ] , (1)
où a ⊗s b = 12 (a ⊗ b + b ⊗ a) est le produit tensoriel symétrique de deux vecteurs a et b.
Comme Tr ε = 0, la loi de Hooke conduit à σ = 2 µ ε et donc
E
σ = 2 µ k [−Y eX ⊗s eZ + (X − a) eY ⊗s eZ ] avec µ = . (2)
2 (1 + ν)

143
Comme la normale N à la surface Σ est proportionnelle à (X −a) eX + Y eY , on vérifie que
σ · N = 0 sur cette surface. Comme, de plus, σ est continu et que div σ = 0, le tenseur
des contraintes σ est statiquement admissible. On a ainsi construit la solution à l’aide de
la méthode des déplacements.

3. Comme les normales sur les sections S ± sont ±eZ , les vecteurs contraintes sur les
sections S ± sont égales à
T ± = ±µ k [−Y eX + (X − a) eY ] . (3)
Sur chacune de ces sections, une simple intégration montre que la résultante de ces forces
de contact est nulle et que le moment autour d’un point quelconque est donc égal au
moment autour de A, moment qui est respectivement égal à ±(π/2) µ k a4 eZ .

Torsion d’un tube cylindrique sans entaille par contraintes imposées

4. Comme il n’y a pas de conditions aux limites en déplacement, on a SξX = SξY =


SξZ = ∅. L’ensemble C(Sξi , ξid) contient donc tous les déplacements différentiables de
gradient intégrable, qui sont donc tous cinématiquement admissibles.

Le champ de contraintes σ 0 (X) appartient à S(0, STi , Tid ) s’il est statiquement admis-
sible, c’est-à-dire si il est symétrique, si div σ 0 = 0, s’il vérifie les conditions de saut sur
les lignes de discontinuité Σ0 de σ 0 et s’il vérifie les conditions aux limites σ 0 · N = T d sur
la frontière latérale Σ et sur les extrémités S ± avec TXd = TYd = TZd = 0 sur la frontière
latérale Σ et TXd = ∓χ Y , TYd = ±χ (X − a) et TZd = 0 sur les extrémités S ± . On note alors
STX = STY = STZ = ∂Ω0 = S + ∪ S − ∪ Σ puisque des conditions aux limites en contraintes
sont imposées sur toute la frontière de Ω0 .

On vérifie que σ est continu et que l’on a bien div σ(X) = 0. Sur la frontière latérale
Σ, de normale N proportionnelle à (X − a) eX + Y eY , on a bien σ(X) · N = 0. Les
conditions aux limites en effort sont aussi satisfaites sur les extrémités de normales ±eZ
si B = 2 χ.

5. Comme Tr σ = 0, on a par inversion de la loi de comportement


1+ν 2 (1 + ν) χ
ε= σ = k [−Y eX ⊗s eZ + (X − a) eY ⊗s eZ ] avec k = χ = . (4)
E E µ
On retrouve le champ de déformations de la question 2. Le champ de déplacement associé
est donc celui de la question 2 à un mouvement rigidifiant près puisque le champ de
déformation définit le champ de déplacement, si il existe, à un champ de déplacement
rigidifiant près. On obtient donc, après introduction de la petite rotation solide arbitraire
ω12 = −r 0 , ω23 = −p0 et ω31 = −q 0 et des trois constantes d’intégrations ξX0
, ξY0 et ξZ0 , le
champ de déplacement


ξX = −k Y Z −r 0 Y + q 0 Z + ξX
0
,
0 0 0
ξY = k (X − a) Z +r X − p Z + ξY , (5)


ξZ = −q 0 X + p0 Y + ξZ0 .

144
6. La condition ξ = 0 sur l’axe OZ impose q 0 = 0, ξX
0
= ξY0 = ξZ0 = 0 et p0 = −k a.
La nullité du déplacement pour X = a et Y = Z = 0, impose alors r 0 = 0. On en déduit
l’expression

ξ = k Z (−Y eX + X eY ) − k a Y eZ . (6)

La solution en déplacement n’est donc pas identique à celle obtenue en question 2. Elle
diffère par un mouvement rigide de vecteur rotation −k a eX autour de O induit par les
conditions aux limites imposées en déplacement. Par contre, la solution en contrainte
est identique dans les deux cas et correspond donc aux mêmes résultantes et moments
d’extrémité.

7. Le passage en coordonnées cylindriques s’écrit X = R cos Θ, Y = R sin Θ, eR =


cos Θ eX +sin Θ eZ et eΘ = − sin Θ eX +cos Θ eY . On a donc ξ = k R Z eΘ −k a R sin Θ eZ ,
ce qui s’écrit ξR = 0, ξΘ = k R z et ξZ = −k a R sin Θ.

Torsion d’un tube cylindrique entaillé

8. Le champ de déplacement ξ 0 (X) appartient à C(Sξi , ξid) s’il est cinématiquement


admissible, c’est-à-dire s’il est différentiable de gradient intégrable et qu’il vérifie respec-
tivement les conditions aux limites ξRd = 0 et ξΘ d
= ±k L R sur la réunion des extrémités
± + −
S que l’on note alors SξR = SξΘ = S ∪ S .

Le champ de contrainte σ 0 (X) appartient à S(0, STi , Tid ) s’il est statiquement admis-
sible, c’est-à-dire si il est symétrique, si div σ 0 = 0, s’il vérifie les conditions de saut sur
les lignes de discontinuité Σ0 de σ 0 et s’il vérifie les conditions aux limites σ 0 · N = 0 sur
les frontières latérales ∂Ωa et ∂Ωb et eZ · σ 0 · N = 0 sur la réunion des extrémités S ± . On
note alors ici STR = STΘ = ∂Ωa ∪ ∂Ωb et STZ = ∂Ω0 .

Le champ de déplacement proposé est cinématiquement admissible par construction.


Le calcul en coordonnées cylindriques permet d’écrire
b2
Ä ä
∇ξ = k[Z (eΘ ⊗ eR − eR ⊗ eΘ ) + R eΘ ⊗ eZ − a 1 − R2
sin Θ eZ ⊗ eR (7)
b2
Ä ä
−a 1 + R2
cos Θ eZ ⊗ eΘ ] .

On en déduit l’expression du tenseur des petites déformations qui s’écrit


b2 b2
¶ Ä ä î Ä ä ó ©
ε = k −a 1 − R2
sin Θ eR ⊗s eZ + R − a 1 + R2
cos Θ eΘ ⊗s eZ . (8)
E
Comme Tr ε = 0, la loi de Hooke s’écrit σ = 2 µ ε = 1+ν
ε, c’est-à-dire
b2 b2
¶ Ä ä î Ä ä ó ©
σ = 2 χ −a 1 − R2
sin Θ eR ⊗s eZ + R − a 1 + R2
cos Θ Θ ⊗s eZ . (9)

En calculant la divergence de σ, on trouve ici


∂σRZ σRZ 1 ∂σZΘ
Ç å
div σ = + + eZ = 0.
∂R R R ∂Θ

145
On aussi immédiatement eZ · σ · eZ = 0 donc les conditions aux limites en effort sont
satisfaites sur S ± . Sur ∂Ωb , on a R = b et N = eR ce qui donne
σ · eR |R=b = 0 . (10)
Enfin, sur ∂Ωa , on a R = 2 a cos Θ et N = eR cos Θ + eΘ sin Θ, ce qui implique
σ · N = (σRZ
î cos
Ä Θ +2 σäΘZ sin Θ) eZ
b2
Ä ä ó
= χ −a 1 − Rb 2 sin Θ cos Θ − a 1 + R2
sin Θ cos Θ + R sin Θ eZ = 0 .(11)
Ce champ de contraintes est donc statiquement admissible. On a donc la solution cherchée.

9. En R = b, le déplacement s’écrit ξ = k b Z eΘ −2 a b sin Θ eZ . Il tend vers zéro quand


b tend vers zéro, ce qui est le déplacement du cas sans entaille. Pour les contraintes, on
a σ|R=b = 2 χ (b − 2 a cos Θ) eΘ ⊗s eZ et tend donc vers −4 χ a cos Θ eΘ ⊗s eZ quand b
tend vers zéro ce qui est deux fois la valeur σ = −2 χ a eY ⊗s eZ observée dans le cas sans
entaille. La présence de l’entaille crée une surintensité de contraintes.

10. Sur les extrémités S ± de normales ±eZ , les forces de contact s’écrivent
b2 b2
® Ç å ñ Ç å ô ´
±
T = ±χ −a 1 − 2 sin Θ eR + R − a 1 + 2 cos Θ eΘ . (12)
R R
Il s’agit des forces de contact introduites dans le contrôle hors classant, pour lesquelles on
avait calculé résultante (nulle) et moment résultant.

Problème 2
Déformation de la Terre par les forces de gravité

Gravité terrestre équivalente

11. Le second théorème de Newton montre qu’un point X = R eR intérieur à la sphère


Ω0 n’est sensible qu’à la gravité de la sphère intérieure de centre O et de rayon R, de
masse mT (R) = ρ0 43π R3 , qui exerce dont une force massique de gravité
1 4π 2π
F T G (X) = −m(R) G eR = − ρ0 G R eR = −∇V T G (X) avec V T G (X) = ρ0 G R2 .
R2 3 3
(13)
La force massique d’inertie
1 2 2
F T I (X) = −∇VT I (X) = ωT2 R sin Θ (sin Θ eR + cos Θ eΘ ) avec VT I = − ωT R sin2 Θ ,
2
(14)
est bien située dans la plan OXY et de module ωT2 R sin Θ, où R sin Θ est la distance du
point considéré à l’axe de rotation. La valeur absolue du rapport entre les deux modules
s’écrit

∇V (X) ωT2 sin Θ 3 ωT2 sin Θ
TI
= 4π = . (15)
∇VT G (X) ρ0 G 4 π ρ0 G
3

146
Ce rapport est maximal pour Θ = π/2 et vaut 3.4 10−3 . On peut donc négliger ∇VT I
devant ∇VT G . On obtient alors
4πa R gR 4πa
F T (X) ∼ −∇VT G = − ρ0 G eR = − e avec g = ρ0 G ∼ 9.81 m · s−2 .
3 a a R 3
(16)

12. Comme il n’y a pas de conditions aux limites en déplacement, on a Sξi = ∅ et


C(Sξi , ξid ) est l’ensemble de tous les champs de déplacements ξ 0 différentiables à gradient in-
tégrable. Les conditions aux limites sur STX = STY = STZ = ∂Ω0 sont TXd = TYd = TZd = 0.
L’ensemble S(F , STi , Tid ) regroupe tous les tenseurs des contraintes σ 0 (X) symétriques qui
vérifient ces conditions aux limites ainsi que les conditions de saut et l’équation d’équilibre
div σ 0 (X) + ρ0 F T (X) = 0.

Le tenseur des contrainte σ(X) = − σT (1 − R2 /a2 ) 1l est statiquement admissible si

R R
div σ = 2 σT 2
eR = −ρ0 F T (X) = ρ0 g eR . (17)
a a
On en déduit que σT = ρ0 g a/2. Le tenseur des petites déformations s’écrit alors

ν R2 1+ν R2 1 − 2 ν ρ0 g a R2
Ç å Ç å Ç å
ε(X) = 3 σT 1− 2 1l − σT 1− 2 1l = − 1− 2 1l .
E a E a E 2 a
(18)

Ce champ de déformation n’est pas compatible. (L’énoncé comportait donc une erreur,
cette question ne sera pas prise en compte dans la notation.)

Forces de marées exercées par la Lune

13. On peut écrire F L /(m G) = [(X 2 + (l − Y )2 + Z 2 ]−3/2 [− X eX + (l − Y ) eY − Z eZ ].


Les symétries X → −X, F L · eX → −F L · eX et Z → −Z, F L · eZ → −F L · eZ
entrainent que F c n’a de composante que dans la direction eY . Le développement limité
[(X 2 + (l − Y )2 + Z 2 ]−3/2 = l−3 [1 + 3 Y /l + O (a2 /l2 )] conduit à

mG ï
a
Å ãò
F L (X) = 3 (l eY − X eX + 2 Y eY − Z eZ ) 1 + O . (19)
l l
mG a
ï Å ãò
La symétrie Y → −Y du terme Y eY entraine que Fc = − 2
1+O . On peut
î Ä äó l l
donc écrire F (X) = ml3G (−X eX + 2 Y eY − Z eZ ) 1 + O al .

14. Comme il n’y a pas de conditions aux limites en déplacement, on a Sξi = ∅ et


C(Sξi , ξid ) est l’ensemble de tous les champs de déplacements ξ 0 différentiables à gradient in-
tégrable. Les conditions aux limites sur STX = STY = STZ = ∂Ω0 sont TXd = TYd = TZd = 0.
L’ensemble S(F , STi , Tid ) regroupe tous les tenseurs des contraintes σ 0 (X) symétriques qui

147
vérifient ces conditions aux limites ainsi que les conditions de saut et l’équation d’équi-
libre div σ 0 (X) + ρ0 F (X) = 0. On peut alors écrire, pour ces champs cinématiquement
ou statiquement admissibles,
Z
1 î
® ´
0 0 2 0 0 0
ó
(W − Φ)(ξ ) = λ Tr ε(ξ ) + µ ε(ξ ) : ε(ξ ) − ρ0 F (X) · ξ (X) dΩ0 ,
Ω0 2
Z ñ
1+ν 0 ν
ô
∗ ∗ 0 ∗ 0 0 0 2
(W − Φ )( σ ) = W ( σ ) = σ :σ − (Tr σ ) dΩ0 . (20)
Ω0 2E 2E

Si ξ est la solution exacte du problème, la formule de Clapeyron s’écrit ici, en l’absence


d’efforts de surface,
Z
∗ 1
2W (σ) = 2 W(ξ) = ρ0 F (X) · ξ(X) dΩ0 = Φ(ξ) = T et (W − Φ)(ξ) = − T .
Ω0 2
(21)

On en déduit, par application du principe du potentiel minimum, l’encadrement suivant


valable pour tout ξ 0 ∈ C(Sξi , ξid ) et tout σ 0 ∈ S(F , STi , Tid ) :

−2 (W − Φ)(ξ 0 ) ≤ T ≤ 2 W∗ ( σ 0 ) . (22)

15. Comme div σ 0 = −2 (σ0 /a2 ) (−X eX + 2 Y eY − Z eZ ), la relation div σ 0 + ρ0 F = 0


est statisfaite pour σ0 = ρ0 A a2 /2. Comme σ 0 (X) = 0 pour X ∈ ∂Ω, les conditions
aux limites σ 0 · N = 0 sont bien satisfaites sur la frontière du domaine. On a donc
σ 0 ∈ S(F , STi , Tid ). L’énergie complémentaire associée s’écrit
Z å2
1+ν 2 X 2 + Y 2 + Z 2 ÄX 2 ä
Ç
∗ 0
W (σ ) = σ0 1 − ki dΩ0
Ω0 2 E a2
Z Z Z å2
1 + ν 2 a π 2π R2
Ç
= 6 σ 1− 2 R2 sin Θ dR dΘ dφ
2E 0 0 0 0 a
1 + ν 2 8 a3 1+ν 2 8 6 ρ20 A2 a4 8
= 6 σ0 4π =6 σ0 |Ω0 | = |Ω0 |
2E 105 2E 35 4µ 4 35
3 ρ20 A2 a4
= |Ω0 | , (23)
35 µ

en utilisant les relations σ0 = ρ0 A a2 /2 et (1 + ν)/E = 1/(2 µ). On en déduit l’inégalité

6 ρ20 A2 a4
T ≤ 2 W∗ ( σ 0 ) = |Ω0 | . (24)
35 µ

16. Pour tout élément ξh0 (X) de Ch , on calcule ε(ξh0 ) = Q1 eX ⊗ eX + Q2 eY ⊗ eY +


(1)

Q3 eZ ⊗ eZ . L’énergie potentielle s’écrit


Z î
0 P P
Qi )2 + µ
Ä äó
(W − Φ)(ξ ) = 1
2
λ( Q2i − ρ0 A k1 Q1 X 2 + k2 Q2 Y 2 + k3 Q3 Z 2 dΩ0
Ω0
P P
Qi )2 + µ
î ó
= |Ω0 | 1
2
λ( Q2i − ρ0 A a2 C1 (k1 Q1 + k2 Q2 + k3 Q3 ) . (25)

148
En annulant les dérivées de cette énergie par rapport aux variables Qi , on obtient
ÄX ä
λ Qi + 2 µ Qi − ρ0 A a2 C1 ki = 0 , pour i = 1, 2, 3 . (26)

En posant χ = λ1 2 µ et Ki = λ1 ρ0 A C1 a2 ki, le vecteur (Q1 , Q2 , Q3 ) est bien solution d’un


P
système de la forme donnée par l’énoncé puisque Ki = 0. Comme C1 = 1/5, on a donc
Ki ρ0 A a2 C1 ρ0 A a2
Qi = = ki = ki . (27)
χ 2µ 10 µ
L’approximation de Ritz est donc donnée par le champ de déplacement
ρ0 A a2
ξ 0h (X) = (−X eX + 2 Y eY − Z eZ ) . (28)
10 µ

L’énergie potentielle associée à cette approximation s’écrit


" Ç 2 #
ρ0 A a2 X 2 ρ2 A2 a4 X 2
å
(W − Φ)(ξ 0h ) = |Ω0 | µ ki − 0 C1 ki
10 µ 10 µ
ρ2 A2 a4 1 1 3 ρ20 A2 a4
Ç å
= |Ω0 | 6 0 − =− |Ω0 | . (29)
10 µ 10 5 50 µ
On en déduit l’inégalité
3 ρ20 A2 a4
−2 (W − Φ)(ξ 0h ) = |Ω0 | ≤ T . (30)
25 µ

17. On a montré que 3/25 = 0.12 ≤ T µ/(ρ2 A2 a4 ) ≤ 6/35 = 0.17. L’encadrement


laisse penser que l’approximation de Ritz donne le bon ordre de grandeur du champ de
déplacement. Le déplacement maximal est atteint en X = ±a eY et vaut
ρ0 A a3 ρ0 m G a3
ξm = = ∼ 0.7 m . (31)
5µ 5 µ l3
Comme la Terre tourne sur elle-même, un point de l’Équateur passe du déplacement
maximal ξm au déplacement minimal −ξm /2 en 6h. L’amplitude de la marée à l’Équateur
est donc de l’ordre de 3 ξm/2 ∼ 1 m.

Superposition des forces

18. Le déplacement maximal en réponse à l’attraction du Soleil est


å3
ρ0 mS G a3 mS l
Ç
ξSm = 3
= ξm = 0.45 ξm . (32)
5 µ lS m lS
L’amplitude de la marée due au Soleil est donc de l’ordre de 0.45 m. Comme les trois
forces induisent des petites perturbations, on peut appliquer le principe de superposition
en sommant les déplacements induits par chacune des forces pour obtenir la solution
complète.

149
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2010

CONTRÔLE NON CLASSANT


DE MÉCANIQUE DES MILIEUX CONTINUS
MEC431
du mardi 8 novembre 2011

Sujet proposé par M. Didier Clouteau

Durée : 2 heures (16h-18h)

* * *
Les deux exercices sont indépendants. Les documents et notes de cours sont autorisés à
l’exception du recueil des contrôles des années précédentes.

* * *

1. Étude d’un réseau d’ailettes

On considère un écoulement bi-dimensionnel dans le plan (x, y) au travers d’un réseau


d’ailettes idéalisées comme des plaques rigides de longueur L suivant l’axe Ox et de
périodicité H suivant l’axe Oy.

L’écoulement est supposé incompressible, stationnaire (les quantités locales ne dé-


pendent pas du temps), sans choc et périodique de période H suivant l’axe Oy. Il est de
plus supposé uniforme suivant l’axe Oy en x = −D et x = D. Les effets de pesanteur sont
négligés ; il n’y a pas de sources de chaleur externe.

En amont (x = −D), on note U0 l’amplitude de la vitesse et β l’angle avec l’horizontale.


On note p0 le champ de pression. En aval, (x = D), on note U1 l’amplitude de la vitesse
supposée colinéaire à l’axe Ox et p1 le champ de pression.

On choisit un volume de contrôle V rectangulaire de taille 2D × H centré sur une


ailette. On notera Σ0 et Σ1 les faces amont et aval de ce volume, Σ+ et Σ− ses faces
supérieure et inférieure, Σ+
a et Σa les faces supérieure et inférieure de l’ailette centrale.

Les flux de chaleur sont supposés négligeables au travers des surfaces Σ0 , Σ1 , Σ+


a et Σa .

1. Écrire les équations de conservation de masse, de quantité de mouvement et d’éner-


gie sur le volume de contrôle V en se plaçant dans le cadre des écoulements stationnaires.

2. En déduire l’expression de l’amplitude U1 de la vitesse de sortie et de la force


F appliquée par l’écoulement sur l’ailette en fonction de (ρ, U0 , p0 , p1 ) et des données
géométriques. Commenter le résultat.

150
Fig. 1: Géométrie du réseau d’ailettes

3. Pour quel angle la portance (Fy ) est-elle maximale ? Pensez-vous que l’hypothèse
d’un écoulement stationnaire soit raisonnable pour cet angle d’attaque ?

4. Calculer la variation d’énergie interne massique au passage de l’ailette en fonction


de U0 et de la trainée Fx . Quel est son signe et quel mécanisme est à l’origine de cette
variation ?

2. Stabilité d’un puits de section circulaire

Fig. 2: Géométrie du puits

On considère une excavation cylindrique de hauteur H et de rayon a. On note Σ la


surface latérale de cette excavation, S le fond et S0 la surface libre, située dans le plan

151
z = 0. Le sol de la couche H satisfait un critère de Mohr-Coulomb d’angle de frottement
φ et de cohésion C que l’on peut écrire en termes de contraintes principales sous la forme
σIII − σI σIII + σI
Å ã
≤ sin φ C − .
2 2
Aucun critère de rupture n’est appliqué sous la profondeur H. On note ρ la masse volu-
mique du sol, supposé pesant dans un champ de gravité −gez .

La face latérale de l’excavation (r = a) est soumise à un vecteur contrainte T d =


−pa (z)n. A une distance b > a de l’axe, un saut de contrainte normale [σrr ]r=b = f (z) est
imposé par des tirants. On suppose que le champ de contrainte à l’infini satisfait :
Ç å
lim σ = ρgz K0 1 + (1 − K0 )ez ⊗ ez
r→+∞

avec K0 < 1 une donnée du problème physique appelée coefficient de poussée des terres.

On se propose de mener une analyse limite par l’intérieur. On utilisera les coordonnées
cylindriques centrées sur l’axe du puits.

2.1. Critère à l’infini

1. Quelle est la valeur minimale de K0 garantissant le respect du critère de Mohr-


Coulomb à l’infini.

2.2. Puits vide sans renforcement

Dans cette section, on suppose des conditions de surface libre sur les parois du puits
(pa = 0) et une absence de tirant (f (z) = 0). On se limite à des champs de contraintes à
symétrie de révolution de la forme :

σ = σrr (r, z)er ⊗ er + σθθ (r, z)eθ ⊗ eθ + σzz (r, z)ez ⊗ ez .

2. À partir des équations d’équilibre et des conditions aux limites, montrer que l’on
doit avoir σzz = ρgz dans la couche de hauteur H. Que vaut σrr en r = a ?

3. Montrer que sous la condition

σzz ≤ σθθ ≤ σrr (1)

le critère de rupture Mohr-Coulomb ne dépend pas de σθθ . Cette condition sera utilisée
dans la suite. Montrer que sous cette condition (1) la contrainte σrr (r, z) est décroissante
en r.

4. En déduire que la rupture se passera d’abord en r = a et z = −H. Quelle est


l’orientation des facettes sur lesquelles la rupture peut s’initier.

5. Par une approche intérieure, trouver une borne inférieure à la profondeur H du


puits.

152
2.3. Cas d’un puits renforcé

On considère ici le cas d’un matériau sans cohésion (C = 0) et on suppose un champ


de contraintes de la forme :

σ = σrr (r, z)er ⊗ er + σzz (r, z)(ez ⊗ ez + K0 eθ ⊗ eθ ) .

6. En l’absence de renforcement f = 0, donner la densité ρf minimale de fluide rem-


plissant le puits permettant d’assurer sa stabilité sur la paroi r = a. Que se passe-t-il pour
un puits rempli d’eau (ρ = 2ρf , φ = 30◦ ) ?

7. On suppose à présent que la pression pa (z) est engendrée par N tirants horizontaux
(alignés sur er ) ancrés en r = b uniformément répartis sur la surface intérieure du puits
et soumis à une tension axiale T (z). Justifier par une analyse mécanique simple que ces
tirants engendrent une discontinuité de contrainte radiale dans le sol en r = b donnée par

f = apa /b .
pa
8. Donner un critère de stabilité sur le paramètre α = − de tension des tirants
K0 σzz
a
et le paramètre géométrique β = . Commenter ce résultat, en particulier à la limite des
b
parois planes (β → 1).

153
CORRIGÉ

Écoulement autour d’un réseau d’ailettes

1. D’après le cours p.135 et utilisation du théorème de transport, après suppression


des termes de dérivées en temps à l’intérieur des intégrales et en l’absence de forces de
volume, les principes de conservation de masse, quantité de mouvement et énergie écrits
sur le volume V se réduisent respectivement à
Z
ρU · nda = 0,
Z∂V Z
ρU U · nda = T da,
∂V ∂V
Z Z
1
ρ(e + U 2 )U · nda = T · U da .
∂V 2 ∂V

2. Les flux de toutes les quantités sur Σ± se compensant par périodicité, Σ+ et Σ−


disparaissent donc des bilans. Le flux de masse au travers de l’ailette étant nul, la conser-
vation de la masse donne directement :

U1 = U0 cos β .

La force sur l’ailette s’écrit : Z


F =− σ · nda .
Σa

La conservation de la quantité de mouvement sur V donne, du fait des conditions de


périodicité : Z Z
ρU ⊗ U · nda = −F − pnda
Σ0 ∪Σ1 Σ0 ∪Σ1

soit :
Z
F 1
=− (ρU (U · n) + pn)da
H H Σ0 ∪Σ1

= ρU1 (U 0 − U 1 ) + (p0 − p1 )ex


1
= ρU02 sin(2β)ey + (p0 − p1 )ex .
2
La trainée Fx , conséquence des efforts visqueux, est uniquement liée à la perte de charge
p0 − p1 . La trainée étant positive, le fluide est décomprimé au passage de l’ailette.
1 2
3. La portance Fy = ρU sin(2β) ne dépend que de la vitesse amont et est maxi-
2 0
male pour β = ±π/4. Malheureusement, pour ces angles d’attaque, l’écoulement aval
est souvent tourbillonnaire, ce qui est en contradiction avec l’hypothèse d’un écoulement
stationnaire.

154
4. On a directement par conservation d’énergie
1 p0 − p1 1 Fx
e1 − e0 = (U02 − U12 ) + = U02 sin2 β + .
2 ρ 2 ρH
L’énergie interne augmente de la quantité de chaleur dissipée par les efforts internes de
viscosité.

Stabilité d’un puits renforcé

1. En tout point du massif à l’infini, le cercle de Mohr est de rayon −ρgz(1 − K0 )/2
et centré en ρgz(1 + K0 )/2. Le critère s’écrit donc

−ρgz(1 − K0 )/2 ≤ sin φ(C − ρgz(1 + K0 )/2)


2C
1 − sin φ(1 + ρgH
)
K0 ≥ .
1 + sin φ
2. Par intégration de la composante verticale ∂z σzz − ρg = 0 des équations du mouve-
ment entre le sol où σzz = 0 et le point matériel, il vient

σzz = ρgz .

En r = a, par conditions aux limites, on a σ · n = 0, ce qui implique σrr = 0.

3. Quand la condition est satisfaite, le cercle de Mohr dans le plan Orz inclut les
deux autres cercles. Il sera le premier à atteindre le critère. Le critère de Mohr-Coulomb
est, comme critère de Tresca, indépendant de la contrainte principale moyenne. Par la
composante radiale des équations d’équilibre, on a en outre
σθθ − σrr
∂r σrr = ≤0.
r
4. Le cas le plus défavorable est le cas d’un cercle de Mohr de rayon maximal, donc le
cas où σzz = ρgz est minimum (z = H) et où σrr est maximum, soit en r = a d’après la
question précédente. L’orientation de la facette correspond au point de tangence entre le
π
cercle de Mohr et la zone de rupture, c’est-à-dire au point d’angle − φ dans le plan de
2
Mohr. Comme l’angle du plan tourne deux fois plus vite que la facette, la rupture s’initie
π φ
pour une facette d’angle − par rapport à la direction principale er . Ainsi pour un
4 2
angle de frottement très faible, la rupture sera presque diagonale alors que pour un angle
égal à π/2, les surfaces de rupture seront horizontales. Dans ce dernier cas le critère de
Mohr-Coulomb dégénère en un critère de traction maximale égale à C.

5. On choisit de prendre en tout point σθθ = K0 σzz . L’équation d’équilibre pour r > a
donne :
K0 σzz − σrr
∂r σrr = .
r

155
Par intégration, à l’aide des conditions aux limites en r = a, on a
Å

σrr = K0 ρgz 1 − .
r
Le chargement est bien statiquement admissible car il vérifie les équations d’équilibre par
construction, et les conditions aux limites σ · n = 0 en r = a et σ · n = K0 ρg z er en
r = +∞. On a vu que l’endroit le plus défavorable est en r = a et z = −H. En ce point,
on a un cercle de Mohr centré en σzz /2 et de rayon R = −σzz /2. Ce cercle est dans le
cône de Mohr-Coulomb pour R ≤ sin φ(C + R), soit :
sin φ
R≤C
1 − sin φ
ce qui donne en z = −H
2C sin φ
H≤ = Hl .
ρg 1 − sin φ
Donc d’après la question 4, le critère est satisfait en tout point pour :
2C sin φ
H ≤ Hl = .
ρg 1 − sin φ
6. Le fluide exerce une pression pa = −ρf gz. On veut vérifier que le critère est satisfait
en r = a, avec σrr = −pa , soit :
(σrr − σzz ) ≤ − sin φ(σrr + σzz ) ,
ce qui donne
(ρ − ρf ) ≤ sin φ(ρ + ρf ) .
La densité du fluide contenu dans le puits doit donc vérifier
1 − sin φ ρ
ρf ≥ ρ = .
1 + sin φ 3
La paroi interne d’un puits plein d’eau sera donc stable.
NT (z)
7. Les tirants vont exercer une densité d’efforts de contact pa er = e sur la paroi
2πaH r
NT (z)
r = a et une densité de force − e en r = b, densité obtenue en divisant les forces
2πbH r
appliquées NT (z)dH/H par les surfaces d’application 2πa dH ou 2πb dH. En regardant
l’équilibre d’une fine portion de sol en r = b, cette traction doit être équilibrée par une
discontinuité de contrainte radiale, ce qui donne f = pa a/b. Ce facteur géométrique a/b
est essentiel car il va permettre de limiter la traction induite par le tirant en r = b. Dans
la limite d’un grand rayon de puits, ce gain disparaît, rendant inopérants les tirants, pour
le champ de contraintes choisi.

8. En reprenant les résultats précédents on a :


Å

σrr = K0 σzz 1− , a<r<b, (2)
r
Å

σrr = K0 σzz 1 − , r>b. (3)
r

156
Avec les conditions aux limites :

σrr (a) = −pa = αK0 σzz , (4)


[σrr (b)] = f = −βαK0 σzz , (5)

on obtient :

A = a(1 − α) , B=a. (6)

Il suffit alors de tester le critère en r = a et r = b+ avec (4) et

σrr (b+ ) = K0 σzz (1 − β) .

En notant :
1 − sin φ
Kmin = ,
1 + sin φ
on obtient :
Kmin
α≥ , (7)
K0
Kmin
β ≤1− . (8)
K0
Le premier critère correspond à une tension minimale des tirants permettant de supporter
le sol près de l’excavation. Le second correspond à une distance minimale d’ancrage afin
d’éviter une rupture du sol en r = b. On atteint les deux critères simultanément pour
Kmin
β = 1 − α. Le paramètre essentiel est donc le rapport . D’après la première question,
K0
on retrouve bien que pour un sol sans cohésion à la limite de la stabilité K0 = Kmin , la
longueur des tirants tend vers l’infini. Reporter la charge à la distance b n’est d’aucune
utilité puisque l’ensemble du massif de sol est alors à la limite de stabilité. On notera
également le danger que représente la création d’une autre fouille à distance qui tendra à
faire diminuer localement le K0 .

Ces commentaires doivent être tempérés car le résultat précédent peut être amélioré
en prenant σθθ = σzz dans la zone confinée a < r < b, ce qui revient à prendre K0 = 1 dans
la formule (7). Ce résultat est néanmoins très faible puisqu’il ne permet pas de justifier la
stabilité pour de grands rayons, alors que la terre cloutée est une technique couramment
utilisée. Pour améliorer ce résultat, il faut revoir l’hypothèse d’un champ de contraintes
gardant des directions principales fixes. Il faut pouvoir mobiliser du cisaillement σrz pour
reprendre une partie du poids des terres.

157
ÉCOLE POLYTECHNIQUE Promotion 2010

CONTRÔLE CLASSANT

Mécanique des Milieux Continus - mec431

du Jeudi 26 Janvier 2012

Sujet proposé par Patrick Ballard et Patrick Le Tallec

Durée : 4 heures (8h00-12h00)

L’usage des supports de cours et des notes personnelles est autorisé à l’exception
des recueils de problèmes des années précédentes.
Le contrôle est constitué d’un exercice proche du contenu de certaines petites
classes et d’un problème traitant d’un thème d’ouverture. L’exercice et le problème
sont de poids identiques, et indépendants l’un de l’autre, à l’exception du fait que
la réponse à la dernière partie de l’exercice nécessite d’avoir préalablement traité le
problème. On pourra donc traiter l’exercice en laissant la dernière partie en suspens,
puis le problème, et enfin revenir sur la dernière partie de l’exercice. On pourra aussi
choisir de commencer par le problème, et de traiter l’exercice ensuite.
L’exercice est à rédiger sur copies roses, et le problème sur copies vertes.

* * *

Exercice : solution approchée de la compression infinitésimale « bloquée »


d’une éprouvette en élastomère

On considère un corps cylindrique, de longueur infinie, dont la section droite est un rectangle.
Il est rapporté à un repérage cartésien orthonormé Oxyz tel que l’origine O est prise en le centre
d’une des sections, et les directions Ox et Oy suivant celles des côtés de la section rectangulaire,
dont les longueurs respectives seront notées 2a et 2b (voir figure 1).
Le milieu constitutif, initialement dénué de contrainte et supposé en évolution constamment
isotherme, est élastique homogène isotrope incompressible. Sa loi de comportement linéarisée
s’écrit donc :
σ = −p 1 + 2µ ε, tr ε = 0,
où µ > 0 est le module de cisaillement supposé connu et où p désigne un champ scalaire
arbitraire (inhérent à la liaison interne d’isochorie en transformation infinitésimale tr ε = 0 ),
faisant partie des inconnues.

158
y y

δ δ

x x
2b

δ δ

2a 2a

Figure 1 – Géométrie des expériences de compression « simple » et « bloquée ».

Le cadre d’analyse étant celui des équilibres en transformation infinitésimale (hpp), on


considère deux conditions de chargement différentes, associées aux essais dits de compression
« simple » et de compression « bloquée ». Ces deux essais ont en commun les conditions de
chargement suivantes.
• Densité volumique de forces extérieures identiquement nulle (pesanteur négligeable).
• Parois « latérales » x = ±a soumises à une densité surfacique de forces extérieures iden-
tiquement nulle (parois libres).
Ils ne diffèrent donc que par les conditions de chargement imposées aux parois « supérieures »
et « inférieures » y = ±b, qui sont les suivantes.
• Pour l’essai de compression « simple », ces deux parois sont en contact sans frottement
avec des supports rigides plans, auxquels on impose une translation ∓δ ey d’amplitude
δ > 0 en direction de la paroi opposée.
• Pour l’essai de compression « bloquée », ces deux parois sont solidarisées à des supports
rigides plans, auxquels on impose une translation ∓δ ey d’amplitude δ > 0 en direction
de la paroi opposée.
Pour l’essai de compression bloquée, ces conditions de chargement imposent un contexte d’ana-
lyse dit de « déformation plane » dans lequel le champ de déplacement solution du problème
d’équilibre élastique se réduit à :
ξ(M ) = ξx (x, y) ex + ξy (x, y) ey .
Pour l’essai de compression simple, on considérera des conditions de montage de l’expérience de
nature à imposer également ce contexte d’analyse plan (en bloquant toute extension du cylindre
suivant son axe Oz). Le problème d’équilibre sera donc posé sur la section rectangulaire, et seules
les composantes dans le plan Oxy des divers champs intervenant dans l’écriture des conditions
aux limites seront retenues. On admettra le point suivant, de vérification immédiate, qui est
que le théorème de minimum en déplacement établi dans le cours se transpose sans difficulté
au contexte en jeu ici, à savoir :
• Problème en déformation plane. Il suffit de remplacer le domaine tridimensionnel Ω et
son bord, par la section et son bord dans le plan Oxy.

159
• Matériau incompressible. Il suffit de prendre comme expression de la densité d’énergie
élastique :
1
−p 1 + 2µ ε : ε = µ ε : ε,

ρ0 ψ(ε) =
2
où, il a été fait usage de l’isochorie ε : 1 = tr ε = 0 que l’on devra donc prendre en compte
dans la définition des champs de déplacement cinématiquement admissibles.
L’unicité du champ de déformation linéarisée à l’équilibre (qui est un corollaire du théorème
de minimum en déplacement), ainsi que du champ de contrainte à l’équilibre sont encore vrais
dans ce contexte élargi.
Le problème d’équilibre associé à l’essai de compression simple admet une solution explicite
simple qui sera brièvement étudiée dans la partie I. En revanche, on ne connaît pas de solution
explicite à celui associé à l’essai de compression bloquée. L’objectif de l’exercice est donc la mise
en œuvre de la méthode de Ritz dans le but d’en obtenir une solution approchée.

I. Solution exacte pour l’essai de compression simple.


Dans cette partie, on considère exclusivement l’essai de compression simple.
I.1) Montrer que le champ de déplacement défini par :

δ 
ξ(x, y) = x ex − y ey ,
b
associé à un champ de contrainte que l’on explicitera, permet de satisfaire toutes les équations
et conditions aux limites de ce problème d’équilibre.
I.2) En quoi sont transformés les segments « horizontaux » y = C te de la configuration ini-
tiale ? Existe-t-il des facettes matérielles soumises à une cission pure (c’est-à-dire telles que la
composante normale du vecteur contrainte σ · n est nulle) ?

Dans toute la suite, on ne considérera dorénavant que l’essai de compression bloquée.

II. Prise en compte des symétries du problème.


Dans cette partie, on cherche à justifier précisément que les symétries du problème per-
mettent de travailler sur le quart (x, y) ∈ [0, a] × [0, b] de la section, en utilisant des conditions
aux limites « fictives » appropriées sur les axes Ox et Oy.
II.1) Expliciter les conditions aux limites sur les quatre bords de la section rectangulaire, en
terme des composantes dans la base (ex , ey ) du déplacement ξ et de la contrainte σ.
II.2) Quelles symétries peut-on attendre de la solution du problème d’équilibre ? Comment mon-
trer que les champs de déplacement et de contrainte à l’équilibre respectent effectivement ces
symétries ? Expliciter les propriétés de symétries correspondantes pour les fonctions ξx (x, y),
ξy (x, y), σxx (x, y), σxy (x, y), σyy (x, y).
II.3) En déduire les propriétés suivantes du déplacement et de la contrainte d’équilibre :

∀x, ξy (x, 0) = 0, σxy (x, 0) = 0,


∀y, ξx (0, y) = 0, σxy (0, y) = 0.

160
III. Première solution approchée pour l’essai de compression bloquée.
On travaille maintenant sur le quart (x, y) ∈ [0, a] × [0, b] de la section, en utilisant les
conditions aux limites « fictives » sur les axes Ox et Oy, établies dans la partie précédente.
On se propose de chercher une solution approchée du problème d’équilibre associé à l’essai de
compression bloquée, qui transforme n’importe quel segment y = C te en un segment parallèle.
Plus précisément, cela signifie qu’on choisit de limiter la recherche aux champs de déplacement
tels que :
ξy (x, y) = ϕ(y), (1)
où ϕ : [0, b] → R désigne une fonction régulière quelconque. Bien entendu, rien ne permet
d’affirmer a priori que la solution d’équilibre est de cette forme. La condition (1) va permettre
de définir un sous-espace (qui sera ici de dimension infinie) de l’espace affine des champs de
déplacement cinématiquement admissibles. La méthode de Ritz consiste alors à minimiser la
restriction de l’énergie potentielle totale à ce sous-espace d’approximation pour identifier la
fonction ϕ∗ correspondant à la meilleure approximation de la solution exacte en déplacement,
parmi tous les champs de la forme (1).
III.1) Utiliser la condition d’isochorie (incompressibilité) pour expliciter la fonction ξx (x, y) en
terme de ϕ. En déduire qu’un champ de déplacement de la forme proposée est cinématiquement
admissible si et seulement si la fonction ϕ obéit aux conditions aux limites suivantes :
ϕ(0) = ϕ′ (b) = 0, ϕ(b) = −δ.

III.2) Montrer que l’énergie potentielle totale (sur le quart de la section en jeu) d’un champ de
déplacement cinématiquement admissible de la forme proposée s’écrit :
Z b 3 h i2 
a ′′
i2 h

E(ϕ) = µ ϕ (y) + 2a ϕ (y) dy.
0 6

III.3) Considérant une perturbation ϕ + h de ϕ, où h est une fonction arbitraire satisfaisant


les conditions aux limites h(0) = h(b) = h′ (b) = 0, vérifier que la différence E(ϕ + h) − E(ϕ)
est la somme d’une partie linéaire en h que l’on notera dEϕ [h] et d’une partie quadratique en
h. Expliciter alors dEϕ [h].
III.4) Une condition nécessaire et suffisante pour qu’une fonction ϕ∗ réalise le minimum de la
fonctionnelle strictement convexe E est la nullité de sa différentielle :
∀h tel que h(0) = h(b) = h′ (b) = 0, dEϕ∗ [h] = 0. (2)
Considérant une telle fonction ϕ∗ suffisamment régulière (par exemple de classe C 4 ), montrer
que la condition (2) est équivalente au problème aux limites suivant pour ϕ∗ .
12 ′′
ϕ′′′′
∗ (y) − 2 ϕ∗ (y) = 0,
a (3)
ϕ∗ (0) = ϕ′′∗ (0) = ϕ′∗ (b) = 0, ϕ∗ (b) = −δ.

III.5) Constater que l’unique solution ϕ∗ du problème aux limites (3) s’écrit :

2 3y
ϕ∗ (y) = C1 sinh + C2 y,
a
pour deux constantes C1 et C2 que l’on explicitera. Dessiner la configuration finale de l’éprouvette
associée à cette approximation. A-t-on obtenu la solution du problème d’équilibre linéarisé ?

161
IV. Amélioration de la solution approchée vis-à-vis de la singularité.
Cette partie, plus difficile, nécessite le traitement préalable du problème, lequel a montré
qu’il fallait s’attendre à la présence d’une singularité du champ de contrainte en chacun des
angles (x = ±a, y = ±b).
L’analyse des résultats menée dans la partie V a établi que, dès lors que la constante
multiplicative K associée à la singularité est non nulle (ce que l’on peut montrer être le cas pour
la solution exacte du problème de compression infinitésimale bloquée), la solution d’équilibre
présentera :
• un « bourrelet » au voisinage de chaque arête de l’échantillon déformé,
• une cission (composante tangentielle du vecteur contrainte) exercée par le support d’en-
castrement sur l’échantillon tendant vers l’infini au voisinage des arêtes.
La solution approchée calculée dans la partie III de cet exercice ne rend compte d’aucun de ces
phénomènes. Leur analyse passe par l’évaluation de la constante K (appelée facteur d’intensité
de contrainte) associée à la solution du problème d’équilibre. Une connaissance même approchée
de la constante K revêt donc une grande importance pratique, tant du point de vue de la
connaissance de la géométrie déformée que de celle des contraintes aux sommets du rectangle
pour apprécier les risques de décohésion de l’échantillon du support d’encastrement.
IV.1) Comment pourrait-on utiliser la connaissance de la forme de la singularité, acquise lors de
la résolution du problème, pour enrichir le sous-espace de champs cinématiquement admissibles
utilisé comme espace d’approximation dans la méthode de Ritz mise en œuvre dans la partie III,
et accéder ainsi à une valeur approchée de la constante K, mesurant l’amplitude de la singularité
dans la solution d’équilibre du problème de compression bloquée ?

162
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Problème : exemple de singularité de contrainte en élasticité linéarisée 1

Ce problème a pour objectif de mettre en évidence que les champs de contrainte et de


déformation solutions d’un problème d’équilibre en élasticité linéarisée peuvent présenter des
singularités aux éventuels points anguleux de la géométrie de la configuration initiale. Son
objectif consiste également en l’explicitation complète de la forme de cette singularité dans un
cas particulier dont relève la situation considérée dans l’exercice qui précède.
Dans cette perspective, on considère un corps cylindrique, de longueur infinie dans la direc-
tion Oz, dont la section droite S présente un coin à angle droit de sommet O et de côtés portés
par les axes du repérage cartésien orthonormé Oxy. On souhaite alors étudier la présence éven-
tuelle d’une singularité au point O. Une telle étude étant par nature locale, seules importeront
la géométrie de la section et la formulation des conditions aux limites au voisinage du point O.
On décide de particulariser l’étude à la circonstance où :
• la facette portée par Ox est encastrée dans un support rigide immobile,
• la facette portée par Oy est soumise à un effort surfacique imposé td ,
ainsi qu’il est représenté sur la figure 2.
y

td

S x

Figure 2 – Géométrie locale du problème d’équilibre.

Le milieu constitutif, initialement dénué de contrainte et supposé en évolution constamment


isotherme, est élastique homogène isotrope incompressible. Sa loi de comportement linéarisée
s’écrit donc :
σ = −p 1 + 2µ ε, tr ε = 0,
où µ > 0 est le module de cisaillement supposé connu et où p désigne un champ scalaire
arbitraire (inhérent à la liaison interne d’isochorie tr ε = 0), qui sera traité dans la suite comme
une inconnue du problème.
1. d’après un texte de Michel Amestoy

163
Toutes les sollicitations de la structure seront supposées respecter le contexte de « déforma-
tion plane » dans lequel le champ de déplacement solution du problème d’équilibre élastique se
réduit à :
ξ(M ) = ξx (x, y) ex + ξy (x, y) ey .
Faisant usage des coordonnées polaires centrées en O (θ = 0 suivant Ox), on décide d’étudier
la possibilité qu’un tel champ de déplacement admette un équivalent au voisinage de O de la
forme :
ξ(r, θ) = r α f (θ) er + r α g(θ) eθ + o(r α ), (4)
avec la restriction 0 < α < 1 dont il est facile d’apprécier les motifs :
• α > 0, parce qu’un champ de déplacement ne saurait tendre vers l’infini en O et qu’il doit
de plus y être continu,
• α < 1, pour que les champs de déformation et contrainte soient effectivement singuliers
au voisinage de O.
L’analyse sera alors conduite en exhibant les termes « dominants » (lorsque r → 0) dans toutes
les équations gouvernant l’équilibre. De ce fait, puisque les efforts imposés, tant volumiques
que surfaciques, sont réputés réguliers et interviennent, dans les équations qui les concernent,
en compétition avec le tenseur des contraintes σ délibérément espéré singulier, il est inévitable
de les prendre nuls dans l’analyse à venir, de sorte que l’on écrira dorénavant du point de vue
statique :
div σ = 0, σ · n = 0 en θ = π/2.

Au final, nous sommes confrontés à l’examen d’un problème d’équilibre élastique en petites
perturbations, de caractère bidimensionnel, posé sur le quart de plan 2 r > 0, 0 < θ < π/2, mais
avec des conditions aux limites restreintes à Ox et Oy, et de ce fait incomplètes. Ce problème,
où toutes les données sont homogènes (dans le sens : nulles) est donc susceptible d’admettre un
espace vectoriel de solutions dont la dimension est non nulle, lequel va être recherché 3 sous la
forme (4).

I. Bilan des équations.


I.1) Calculer le tenseur des déformations linéarisées ε associé au champ de déplacement proposé.
En déduire la relation entre les fonctions f et g issue de la condition d’isochorie (incompressibi-
lité).
I.2) Utiliser la loi de comportement pour exprimer le tenseur des contraintes de Cauchy σ en
fonction des champs inconnus f (θ), g(θ) et du champ de pression p(r, θ).
I.3) Utiliser alors l’équation d’équilibre pour établir deux équations supplémentaires portant sur
les trois fonctions inconnues f (θ), g(θ) et p(r, θ). En déduire que l’on a nécessairement :
h(θ)
p(r, θ) = µ + C te ,
r 1−α
pour une certaine fonction h, que l’on explicitera en terme des fonctions f et g, et une constante
arbitraire C te qui, s’identifiant à une contribution non singulière au tenseur de contrainte, doit
être, et sera prise nulle dans toute la suite.
2. cela correspond à un « zoom » sur le voisinage du point O
3. le mathématicien français Pierre Grisvard a démontré dans les années 80 que les seules singularités de
contrainte possibles en élasticité linéarisée sont associées à un champ de déplacement de la forme (4)

164
II. Résolution.
II.1) Montrer que g obéit à l’équation différentielle linéaire d’ordre 4 :

g ′′′′ + (1 + α)2 + (1 − α)2 g ′′ + (1 + α)2 (1 − α)2 g = 0.


 
(5)

II.2) Recenser les valeurs de s ∈ C pour lesquelles esθ est solution de l’équation (5). Constater
alors que g(θ) s’exprime nécessairement par une combinaison linéaire de quatre termes trigono-
métriques mettant en jeu autant de constantes. En déduire f (θ).

III. Calcul de l’ordre de la singularité.


III.1) Traduire la prise en compte des conditions aux limites par quatre équations scalaires
formant un système linéaire dont les inconnues sont les constantes précitées.
III.2) En déduire que le problème posé admet une solution non identiquement nulle pourvu que
α soit solution de l’équation transcendante :
πα
cos = α,
2
dont on déterminera le nombre de solutions dans l’intervalle ]0, 1[.

IV. Forme finale du champ de déplacement.


IV.1) Expliciter définitivement f (θ) et g(θ), à une constante multiplicative près, notée K.
L’espace de dimension 1 ainsi identifié—solution de notre problème d’équilibre « local »—est
censé décrire le comportement asymptotique au point O de tout champ de déplacement solution
d’un problème d’équilibre ayant trait à la structure considérée, sollicitée en déformation plane,
et témoigne bien, pourvu que K 6= 0, de la présence de contraintes singulières sur l’arête du
coin.
IV.2) Comment accède-t-on à la connaissance d’une valeur particulière de K ?

V. Analyse des résultats.


V.1) Les résultats de la question IV.1 permettent de montrer que le déplacement ξ(0, y) de la
facette Oy vaut : √ √ 
κ K y α 1 + α ex + 1 − α ey ,
pour une certaine constante κ qu’on ne cherchera pas à calculer et qu’on admettra être non nulle.
En déduire les équations paramétriques, en coordonnées x et y, de la courbe déformée de Oy dans
le champ de déplacement obtenu. Préciser sa pente au point O et représenter qualitativement
son tracé autour de O selon le signe de κK.
V.2) Montrer que la cission (composante tangentielle de l’effort surfacique T = σ · n) exercée
par le support d’encastrement sur la facette Ox, est proportionnelle à :
K
.
x1−α
On ne cherchera pas à calculer la constante de proportionnalité, qui dépend de la convention
adoptée pour la définition de K, et on admettra qu’elle est non nulle. Que peut-on craindre au
voisinage du coin ?

165
Corrigé

Problème : exemple de singularité de contrainte en élasticité linéarisée.

I.1) En appliquant l’expression du gradient d’un champ de vecteur en coordonnées cylindriques,


on obtient la matrice suivante du gradient du champ de déplacement (4) dans la base locale
(er , eθ , ez ) des coordonnées cylindriques :

αf (θ) f ′ (θ) − g(θ)


 
 r 1−α 0
 r 1−α 

 αg(θ) ′
f (θ) + g (θ)
∇ξ =  .

 1−α 1−α
0
 r r


0 0 0

La matrice de la déformation linéarisée ε s’obtient en en prenant la partie symétrique :

αf (θ) f ′ (θ) − (1 − α)g(θ)


 
0

 r 1−α 2r 1−α 

f (θ) − (1 − α)g(θ) f (θ) + g ′ (θ)
ε= . (6)
 
0
2r 1−α r 1−α

 
0 0 0

L’isochorie en transformation infinitésimale s’écrivant :

div ξ = tr ∇ξ = tr ε = 0,

on obtient la relation demandée en prenant la trace de la matrice (6) :

(1 + α) f (θ) + g ′ (θ) = 0. (7)

I.2) La loi de comportement élastique isotrope incompressible linéarisée donne σ = −p 1 + 2µ ε,


soit :
αf (θ) f ′ (θ) − (1 − α)g(θ)
 
−p(r, θ) + 2µ µ 0

 r 1−α r 1−α 

σ =  f ′ (θ) − (1 − α)g(θ) f (θ) + g ′ (θ) , (8)
 
µ −p(r, θ) + 2µ 0
r 1−α r 1−α

 
0 0 −p(r, θ)
dans la base locale (er , eθ , ez ) des coordonnées cylindriques.
I.3) Les deux équations recherchées s’obtiennent en appliquant l’équation d’équilibre div σ = 0
à l’expression (8) de la contrainte de Cauchy, en évaluant la divergence en coordonnées cylin-
driques :
∂p µ h i
= 2−α f ′′ (θ) − (3 − α) g ′ (θ) − 2(1 − α2 ) f (θ) , (9)
∂r r
1 ∂p µ h i
= 2−α 2 g ′′ (θ) + (3 + α) f ′ (θ) − (1 − α2 ) g(θ) . (10)
r ∂θ r

166
La première équation implique :

h(θ)
p(r, θ) = µ + i(θ),
r 1−α
où :
1 h ′′ i
h(θ) = − f (θ) − (3 − α) g ′ (θ) − 2(1 − α2 ) f (θ) , (11)
1−α
et i est une fonction arbitraire. Mais le report dans la deuxième équation montre alors que
i′ (θ) ≡ 0 et exige donc que i soit constante.

II.1) On injecte l’expression de p en terme de h dans l’équation (10), puis on explicite h au


moyen de la formule (11). Il vient :

f ′′′ (θ) − (1 + α) g ′′ (θ) + (1 − α)2 f ′ (θ) − (1 + α)(1 − α)2 g(θ) = 0. (12)

Exprimant alors systématiquement f en terme de g ′ au moyen de l’expression (7) de l’isochorie,


on obtient l’équation différentielle attendue.

II.2) Les valeurs de s ∈ C pour lesquelles esθ est solution de l’équation différentielle (5) sont
exactement les racines complexes de l’équation du quatrième degré :

s4 + (1 + α)2 + (1 − α)2 s2 + (1 + α)2 (1 − α)2 = 0,


 

c’est-à-dire :
s = ±i(1 + α), s = ±i(1 − α),
de sorte que l’ensemble des solutions à valeurs réelles de l’équation différentielle (5) est donné
par :
g(θ) = A cos(1 + α)θ + B sin(1 + α)θ + C cos(1 − α)θ + D sin(1 − α)θ, (13)
où A, B, C, D désignent quatre constantes réelles arbitraires. La condition d’isochorie (7)
permet alors de calculer f à partir de l’expression précédente de g :
1−α 1−α
f (θ) = A sin(1 + α)θ − B cos(1 + α)θ + C sin(1 − α)θ − D cos(1 − α)θ. (14)
1+α 1+α

III.1) La condition d’encastrement sur la facette Ox exige que le déplacement soit identique-
ment nul pour θ = 0, soit :
f (0) = 0, g(0) = 0.
La condition de surface libre sur la facette Oy s’écrit :

σ · eθ = 0,

en θ = π/2 et pour tout r > 0, soit en vertu de l’expression (8) :


µ h ′ i
f (π/2) − (1 − α) g(π/2) = 0, (15)
r 1−α
µ h i µ
1−α
2 f (π/2) + 2 g ′ (π/2) = p(r, π/2) = 1−α h(π/2). (16)
r r

167
Pour transcrire cette dernière condition à la limite en terme des seules fonctions f et g, on est
donc amené à expliciter la fonction h au moyen de l’équation (11). Il vient :

f ′′ (π/2) − (1 + α) g ′ (π/2) − 2α(1 − α) f (π/2) = 0,

qui peut être simplifiée en faisant usage de la relation (7) exprimant l’isochorie :

f ′′ (π/2) + (1 + 3α2 ) f (π/2) = 0.

Au final, la condition de surface libre sur la facette Oy est équivalente à :

f ′ (π/2) − (1 − α) g(π/2) = 0,
f ′′ (π/2) + (1 + 3α2 ) f (π/2) = 0.

Le système linéaire portant sur les constantes A, B, C, D et exprimant à la fois la condition


d’encastrement sur Ox et la condition de surface libre sur Oy s’écrit maintenant en rassemblant
les résultats obtenus :

(1 + α) B + (1 − α) D = 0,
A + C = 0,
A (1 + α) cos(1 + α)π/2 + B (1 + α) sin(1 + α)π/2 − C (1 − α) cos(1 − α)π/2
− D (1 − α) sin(1 − α)π/2 = 0,
− A sin(1 + α)π/2 + B cos(1 + α)π/2 + C sin(1 − α)π/2 − D cos(1 − α)π/2 = 0.

Ce système peut se réécrire comme un système portant seulement sur A et B :


πα πα
A (1 − α) cos − B α sin = 0,
2 2
πα πα (17)
A α sin − B (1 + α) cos = 0,
2 2
complété des équations déterminant C et D en termes de A et B :
1+α
C = −A, D=− B.
1−α

III.2) La présence d’une singularité exige que les constantes A, B, C, D ne soient pas toutes
les quatre nulles. L’analyse menée à la question précédente montre que cela n’est possible que
si le déterminant du système (17) s’annule, c’est-à-dire si et seulement si :
πα πα
(1 − α2 ) cos2 − α2 sin2 = 0,
2 2
qui, pour α ∈ ]0, 1[, est équivalent à :
πα
cos = α. (18)
2
Cette équation transcendante a une et une seule racine dans l’intervalle ]0, 1[. Cette racine est
en fait dans l’intervalle ]1/2, 2/3[.

168
IV.1) Lorsque α est solution de l’équation transcendante (18), le système linéaire satisfait par
les quatre constantes A, B, C, D admet un espace vectoriel de dimension 1 de solutions données
par : √
A = K 1 − α2 , B = K (1 − α),
√ (19)
C = −K 1 − α2 , D = −K (1 + α),
où K ∈ R est arbitraire. Les fonctions f et g sont alors données par :
np
f (θ) = K 1 − α2 sin(1 + α)θ − (1 − α) cos(1 + α)θ
r
1−α o
− (1 − α) sin(1 − α)θ + (1 − α) cos(1 − α)θ ,
1+α (20)
np
g(θ) = K 2
1 − α cos(1 + α)θ + (1 − α) sin(1 + α)θ
p o
− 1 − α2 cos(1 − α)θ − (1 + α) sin(1 − α)θ .

IV.2) L’analyse de l’équilibre que l’on a menée est une analyse locale. Elle a permis d’établir
précisément la forme de la singularité que l’on peut attendre au voisinage du point anguleux
étudié, mais en laissant indéterminée son intensité (l’usage est d’appeler la constante K précé-
demment introduite « facteur d’intensité de contrainte »). En revanche, une analyse globale de
l’équilibre, faisant état de la connaissance complète de la géométrie, permettrait (au moins en
théorie) une connaissance exacte du champ de contrainte, ainsi que, dans la circonstance en jeu,
du champ de déplacement à l’équilibre (il ne peut y avoir de déplacement rigidifiant infinité-
simal arbitraire à cause de la condition à la limite d’encastrement). Cette connaissance exacte
comprend bien entendu la valeur de K qui dépendra donc a priori de la géométrie globale ainsi
que de toutes les conditions de chargement. Dans certains cas exceptionnels, la constante K
pourra être trouvée nulle, auxquels cas la singularité précédemment exhibée ne sera pas excitée.
Cette circonstance reste néanmoins exceptionnelle et la singularité décrite dans ce problème
sera génériquement rencontrée dans le coin dès qu’un chargement non nul sera appliqué sur la
structure.

V.1) Commençons par établir l’expression annoncée (mais non demandée) du déplacement de
la facette Oy. On a :
ξx (0, y) = −K y α g(π/2),
 p
πα πα
= −K y α − 1 − α2 sin + (1 − α) cos
2 2

p
2
πα πα
− 1 − α sin − (1 + α) cos ,
2 2
ξy (0, y) = K y α f (π/2),
p
α πα πα
=Ky 1 − α2 cos + (1 − α) sin
2 2
r 
1−α πα πα
− (1 − α) cos + (1 − α) sin ,
1+α 2 2
qui, compte-tenu de :
πα πα p
cos = α, sin = 1 − α2 ,
2 2

169
se simplifie en : r
1−α
ξx (0, y) = 2K y α , ξy (0, y) = 2K y α ,
1+α

qui est bien le résultat de l’énoncé avec κ = 2/ 1 + α.
La courbe déformée de la paroi Oy a donc pour équations paramétriques :
√ √
x = κ K 1 + α ηα , y = η + κ K 1 − α ηα , η > 0.

Cette courbe a pour pente en l’origine :

1−α i √ √ h
r
∈ 1/ 5, 1/ 3 ,
1+α
et une concavité tournée vers les y > 0, et ce, que K soit positif ou négatif. L’allure des courbes
correspondantes est représentée dans les deux cas sur la figure 3.

y y
q q
1−α 1−α
y=x 1+α y=x 1+α

x x

K<0 K>0

Figure 3 – Transformation locale du coin.

V.2) L’expression de l’effort surfacique T = −σ · eθ s’obtient en terme des fonction f , g et h à


partir de l’expression (8) du tenseur des contraintes :

f ′ (0) − (1 − α)g(0) h(0) − 2f (0) − 2g ′ (0)


T = −µ 1−α
ex + µ ey .
r r 1−α
Faisant usage des relations (11) et (7), cette expression se simplifie en :

g ′′ (0) + (1 − α2 )g(0) f ′′ (0) + (1 + 3α2 )f (0)


T =µ ex − µ ey .
(1 + α) x1−α (1 − α) x1−α
La composante suivant ex est la cission, ce qui établit le résultat demandé dans l’énoncé. No-
tons au passage que les expressions (13), (14) et (19) permettent, ce qui n’est pas demandé,
d’expliciter complètement le vecteur contrainte s’exerçant sur la paroi Ox :
4µα K √ √ 
T = −√ 1 − α ex + 1 + α ey .
1 + α x1−α
Il en résulte que, dès lors que la singularité est excitée (K 6= 0), chacune des deux composantes
de l’effort surfacique dans la base (ex , ey ), tend vers l’infini au voisinage de l’arête. C’est en
particulier vrai pour la cission (composante tangentielle) et il faut donc s’attendre en pratique

170
à des risques importants de décohésion de l’échantillon du support d’encastrement sur la facette
Ox. Ce risque pourra être mesuré par la valeur de K à l’équilibre (dans le sens où plus sa valeur
absolue sera élevée, plus le risque sera important).
L’analyse d’un équilibre avec « coin » s’attachera donc à obtenir une connaissance aussi
précise que possible de la valeur du facteur d’intensité de contrainte K.

Commentaires. Lorsque K = 0 (et que la singularité n’est donc pas excitée), on démontre
que le champ de déplacement dans le coin est un O(r β ), avec β > 1. Il en résulte que la
transformation du coin dans un tel champ de déplacement fournit toujours un coin à angle
droit. Au final, on a donc établi la conclusion suivante qui peut surprendre.
On ne peut appliquer aucun chargement sur la structure qui produise une inclinaison
de la facette Oy dans le quadrant (x < 0, y > 0), comme représenté sur la figure 4,
et ce, quelle que soit la géométrie de la section.

Figure 4 – Une transformation du coin impossible en élasticité linéarisée !

La brutalité de la conclusion précédente est à tempérer par le fait qu’elle a été obtenue dans
le cadre de l’élasticité linéarisée sous l’hypothèse de la transformation infinitésimale. L’analyse
menée dans ce problème établit une propriété de l’unique solution du problème mathématique
issu de ce cadre d’analyse. Cette propriété est associée à la présence générique d’une singularité
de la déformation et donc du gradient du champ de déplacement qui tend vers l’infini en un point,
alors même que l’analyse le présuppose infinitésimal ! En fait, pourvu que le chargement reste
d’intensité modeste, le gradient du déplacement sera effectivement petit dans la quasi-totalité
de la structure, à l’exception d’une très petite zone confinée au voisinage du point anguleux
et l’analyse linéarisée conservera sa pertinence. Il n’en reste pas moins que dans cette zone
confinée, il faut s’attendre à ce que des effets non-linéaires et/ou des décollements de la facette
Ox du support d’encastrement viennent « émousser » la singularité et rester prudent quant aux
conclusions concernant précisément cette zone, obtenues dans le cadre d’analyse linéarisé.
L’analyse menée dans ce problème peut être généralisée au cas d’un matériau compressible,
et/ou à un coin d’angle initial quelconque, dont les facettes adjacentes subissent des combinai-
sons variées de type de condition à la limite. Les calculs correspondant 4 permettent d’établir
les résultats suivants :
• Lorsque le coin indéformé a un angle ω entre la facette encastrée et la facette libre, et
que le matériau est élastique homogène isotrope de coefficient de Poisson ν, l’équation
transcendante fournissant l’ordre de la singularité éventuelle est :
4(1 − ν)2 − α2 sin2 ω
sin2 ωα = . (21)
3 − 4ν
4. P. Grisvard(1989), Singularités en Élasticité, Archive for Rational Mechanics and Analysis, 107, p 157–180

171
La situation étudiée dans ce problème n’en est que le cas particulier ω = π/2, ν = 1/2.
• Lorsque le coin indéformé a un angle ω ≤ π/4, l’équation (21) n’a aucune solution α dans
l’intervalle ]0, 1[, et ce, quel que soit ν ∈ ]−1, 1/2]. Dans ce cas, la solution d’équilibre ne
peut pas avoir de singularité au voisinage du coin.
• Lorsque le coin indéformé a un angle ω > π/4, l’équation (21) n’a de solution α dans
l’intervalle ]0, 1[ que si ν est strictement plus grand qu’une valeur critique qui ne dépend
que de ω. Lorsque ω = π/2 cette valeur critique est 0 et une singularité d’ordre α ∈ ]0, 1[
donné par l’équation (21) est possible lorsque le coefficient de Poisson ν prend une valeur
quelconque dans l’intervalle ]0, 1/2].
Lorsque l’angle initial du coin est de 360 degrés et que les facettes adjacentes sont libres
de contraintes, il s’agit d’un modèle de fissure et l’analyse menée montre qu’il faut attendre
une singularité de contrainte à la pointe de la fissure (dans ce cas, l’ordre de la singularité
est α = 1/2). Des arguments de bilan d’énergie suggèrent que la fissure ne se propagera pas
tant que le facteur d’intensité de contrainte n’excédera pas une valeur critique caractéristique
du matériau (appelée « ténacité ») et se propagera dans les cas où le facteur d’intensité de
contrainte serait amené à excéder la ténacité. Cette théorie baptisée « mécanique linéaire de la
rupture fragile » est enseignée dans le cours de troisième année intitulé « Plasticité et Rupture ».

Exercice : solution approchée de la compression infinitésimale « bloquée ».

I.1) La déformation linéarisée associée au champ de déplacement proposé s’écrit :

δ 
ε= ex ⊗ ex − ey ⊗ ey ,
b
et est de trace nulle : le champ de déplacement proposé est donc isochore. Comme en outre
ξy (±b) = ∓δ, il est cinématiquement admissible. La loi de comportement donne alors la
contrainte σ :
2µδ 
σ = −p 1 +

ex ⊗ ex − ey ⊗ ey ,
b
à un champ de pression p près, pour l’instant inconnu. Ce champ de contrainte est à divergence
nulle si et seulement si le gradient de p est nul, et donc si et seulement si p est constant. La
valeur de p = 2µδ/b est fixée par la condition de paroi « latérale » x = ±a libre. Il en résulte le
champ de contrainte homogène :
4µδ 2µδ
σ=− e ⊗ ey − e ⊗ ez . (22)
b y b z
Le vecteur contrainte T = σ · n est alors bien nul sur la paroi « latérale » x = ±a, et la cission
(composante tangentielle du vecteur contrainte) est également nulle sur les parois « supérieures »
et « inférieures » y = ±b. Toutes les conditions aux limites sont donc satisfaites et le champ de
contrainte (22) est bien l’unique contrainte d’équilibre.
I.2) La composante suivant ey du champ de déplacement proposé est indépendante de x. Cela
exprime que les segments « horizontaux » y = C te de la configuration initiale sont transformés
en des segments parallèles. Leur longueur augmente toutefois dans la transformation (effet
Poisson).

172
Les contraintes principales associées au champ (22) sont toutes de même signe (négatif ou
nul, si δ > 0). La construction des cercles de Mohr montre alors que les seules facettes matérielles
soumises à une cission pure sont en fait libres de contrainte, c’est-à-dire que la cission y est nulle.
Il s’agit de toutes les facettes orthogonales à ex .

II.1) Les conditions de surface libre sur les parois « latérales » x = ±a s’écrivent σ(±a, y)·ex = 0
et s’explicitent en :
∀y, σxx (±a, y) = 0, σxy (±a, y) = 0.
Les conditions aux limites sur les parois « supérieures » et « inférieures » y = ±b portent
seulement sur le déplacement et s’explicitent en :

∀x, ξx (x, ±b) = 0, ξy (x, ±b) = ∓δ.

II.2) La géométrie du problème d’équilibre, le matériau constitutif, ainsi que les conditions de
chargement présentent une symétrie par rapport à l’axe Ox ainsi qu’une symétrie par rapport
à l’axe Oy. Pour montrer que les champs de déplacement et de contrainte sont invariants dans
chacune de ces deux symétries, il suffit de former la différence de la solution avec l’une ou
l’autre de ses symétrisées. Par linéarité, il est alors facile de voir que cette différence est solution
d’un problème d’équilibre élastique bien posé avec des données en chargement identiquement
nulles. L’unicité de solution des problèmes d’équilibre élastique en transformation infinitésimale
permet maintenant d’affirmer que cette différence est identiquement nulle et fournit la conclusion
attendue. Pour le champ de déplacement, ces symétries s’explicitent en :

ξx (−x, y) = −ξx (x, y), ξx (x, −y) = ξx (x, y),


ξy (−x, y) = ξy (x, y), ξy (x, −y) = −ξy (x, y).

Considérant des facettes matérielles de normales ex ou ey , on voit que pour le champ de


contrainte, ces symétries s’explicitent en :

σxx (−x, y) = σxx (x, y), σxx (x, −y) = σxx (x, y),
σxy (−x, y) = −σxy (x, y), σxy (x, −y) = −σxy (x, y),
σyy (−x, y) = σyy (x, y), σyy (x, −y) = σyy (x, y).

Commentaire. Les symétries démontrées pour la solution reposent de manière essentielle sur
le résultat d’unicité de solution pour le problème d’équilibre linéarisé. Dans le cas des problèmes
d’équilibre non-linéaires ou la non-unicité de solution est la règle, il faut absolument se garder
de toute conclusion hâtive de symétrie. En effet, lorsqu’un ensemble d’équation est invariant
dans un groupe de symétrie, seul l’ensemble des solutions est globalement invariant dans ce
groupe. Mais, on ne peut en aucun cas affirmer qu’une solution particulière est invariante. De
fait, les phénomènes de flambage, comme la flexion spontanée d’une tige axisymétrique sous
l’effet d’une force axiale, fournissent des exemples de brisure spontanée de symétrie.
II.3) En vertu du II.2, on voit que les fonctions :

x 7→ ξx (x, y), et x 7→ σxy (x, y),

173
sont impaires. Elles sont donc identiquement nulles en x = 0. Il en est de même pour les
fonctions :
y 7→ ξy (x, y), et y 7→ σxy (x, y),
ce qui fournit la conclusion demandée. Ainsi, la prise en compte des symétries du problème
permet de le ramener au quart (x, y) ∈ [0, a] × [0, b] de la section en appliquant deux conditions
aux limites « fictives » sur les axes Ox et Oy.

III.1) La condition d’isochorie s’écrit :


∂ξx ∂ξy
+ = 0,
∂x ∂y
et fournit donc :
∂ξx
= −ϕ′ (y).
∂x
Intégrant par rapport à x et utilisant la condition à la limite en x = 0, on voit que ξx est
complètement déterminé par la connaissance de ϕ :

ξx (x, y) = −x ϕ′ (y).

Les conditions aux limites portant sur ξy s’écrivent ϕ(0) = 0 et ϕ(b) = −δ, tandis que celles
portant sur ξx se réduisent à ϕ′ (b) = 0.
III.2) Dans le contexte en jeu (incompressibilité et données statiques identiquement nulles),
l’énergie potentielle totale d’un champ de déplacement cinématiquement admissible (et donc
isochore) s’écrit :
Z aZ b Z aZ b 
∂ξy 2 1  ∂ξx ∂ξy 2
E(ξ) = µ ε2xx + 2εxy + ε2yy = µ 2 + + .
0 0 0 0 ∂y 2 ∂y ∂x
Pour la classe particulière de champs de déplacement considérée, ∂ξy /∂x = 0 et un calcul
élémentaire donne :
Z aZ b  h i2 x2 h i2  Z b 3 h i2 
′ ′′ a ′′
i2 h

E(ϕ) = µ 2 ϕ (y) + ϕ (y) dx dy = µ ϕ (y) + 2a ϕ (y) dy.
0 0 2 0 6

III.3) L’expression obtenue à la question précédente fournit :


Z b 3  Z b 3 
a ′′ ′′ ′ ′ a  ′′ 2  ′ 2
E(ϕ+h)−E(ϕ) = µ ϕ (y) h (y)+4a ϕ (y) h (y) dy+µ h (y) +2a h (y) dy,
0 3 0 6
dont on tire l’expression demandée :
Z b 3 
a ′′ ′′ ′ ′
dEϕ [h] = µ ϕ (y) h (y) + 4a ϕ (y) h (y) dy.
0 3
Cette dernière expression est bien la différentielle de E en ϕ, pourvu que l’espace vectoriel
associé à l’espace affine des fonctions ϕ satisfaisant les conditions aux limites soit muni de la
norme : !1/2
Z bn
 ′′ 2  ′ 2  2 o
h (y) + h (y) + h(y) dy ,
0

174
que l’on appelle « norme H 2 ».
III.4) On rappelle que l’on dispose des conditions aux limites suivantes pour ϕ∗ et h :

ϕ∗ (0) = ϕ′∗ (b) = 0, ϕ∗ (b) = −δ,



h(0) = h(b) = h (b) = 0.

En supposant la fonction ϕ∗ de classe C 4 , on peut mener des intégrations par parties dans
l’expression de dEϕ∗ [h] qui se transforme alors en :
Z bh 3
a ′′′′ i µa3 ′′
dEϕ∗ [h] = µ ϕ∗ (y) − 4a ϕ′′∗ (y) h(y) dy − ϕ (0) h′ (0). (23)
0 3 3 ∗
Cette expression doit être nulle pour toute fonction h. En se limitant d’abord à des fonctions
régulières h nulles, ainsi que leurs dérivées, en les extrémités y = 0 et y = b, cela exige que la
fonction ϕ∗ satisfasse l’équation différentielle :
a3 ′′′′
ϕ (y) − 4a ϕ′′∗ (y) = 0.
3 ∗
L’intégrale dans l’expression de dEϕ∗ [h] est alors nulle et, pour que le terme restant soit bien
nul quel que soit h (et donc quel que soit h′ (0)), il faut que :

ϕ′′∗ (0) = 0.

Au final, ϕ∗ doit donc bien être solution du problème aux limites proposé dans l’énoncé. Ré-
ciproquement, l’expression (23) montre que si ϕ∗ satisfait ce problème aux limites, alors la
différentielle dEϕ∗ est identiquement nulle.
III.5) La fonctionnelle strictement convexe E(ϕ) atteint son infimum en au plus un ϕ∗ . Un
tel ϕ∗ , s’il est assez régulier, est caractérisé par le problème aux limites obtenu à la question
précédente. Ce problème aux limites admet donc au plus une solution. La solution générale de
l’équation différentielle s’écrit :
√ √
2 3y 2 3y
ϕ∗ (y) = A cosh + B sinh + C y + D.
a a
Les conditions ϕ∗ (0) = ϕ′′∗ (0) = 0 entrainent immédiatement A = D = 0 et donc que ϕ∗ est de
la forme : √
2 3y
ϕ∗ (y) = C1 sinh + C2 y,
a
proposée dans l’énoncé (ce que la propriété de symétrie ξy (x, −y) = −ξy (x, y) établie dans la
première partie permettait de pressentir). La condition ϕ′∗ (b) = 0 donne alors :
 √ √ √ 
2 3y 2 3y 2 3b
ϕ∗ (y) = C1 sinh − cosh ,
a a a
et la condition ϕ∗ (b) = −δ permet enfin de fixer la valeur de C1 . Au final, l’unique solution du
problème aux limites obtenu à la question précédente est donnée par :
√ √ √
sinh 2 a
3y
− 2 3y
cosh 2 a3b
ϕ∗ (y) = −δ √ √a √ . (24)
2 3b 2 3b
sinh a − a cosh 2 a3b

175
Cette fonction ϕ∗ (qui s’avère au final de classe C ∞ ) est l’unique fonction qui annule la diffé-
rentielle dEϕ∗ et réalise donc le minimum de E(ϕ). Le champ de déplacement correspondant
transforme les segments y = C te en des segments parallèles et les segments x = C te en des arcs
de cosinus hyperboliques. L’allure de la déformée dans cette approximation est représentée sur
la figure 5.

Figure 5 – Allure de la déformée selon l’approximation calculée.

Considérant le champ de déplacement associé au choix de ϕ = ϕ∗ explicité par la for-


mule (24), on a :
x ϕ′′∗ (y)
εxy (x, y) = − , σxy (x, y) = −µ x ϕ′′∗ (y).
2
Mais, cette dernière expression ne saurait être nulle pour tout y ∈ [0, b] lorsque x = a comme
l’exigerait la condition à la limite de surface libre. La solution approchée obtenue n’est donc pas
la solution exacte du problème d’équilibre, pour laquelle les segments y = C te ne sont donc pas
tous transformés en des segments parallèles.

IV.1) L’espace affine des champs de déplacement cinématiquement admissibles vis-à-vis des
données du problème d’équilibre étudié est :
 
x ∂ξy
∂ξ
CA = ξ ∈ H 1 + ≡ 0, ξx (0, y) = 0, ξx (x, b) = 0, ξy (x, 0) = 0, ξy (x, b) = −δ ,
∂x ∂y

où l’espace H 1 désigne l’espace des champs de déplacement d’énergie élastique totale finie.
Le sous-espace d’approximation envisagé dans la partie II était le sous-espace des champs de
déplacement s’écrivant :

ξx (x, y) = −x ϕ′ (y), ξy (x, y) = ϕ(y),

où ϕ : [0, b] → R désigne une fonction arbitraire, assez régulière pour que le champ de dé-
placement correspondant soit d’énergie élastique finie, et obéissant aux conditions aux limites
suivantes :
ϕ(0) = ϕ′ (b) = 0, ϕ(b) = −δ.
L’étude du problème a permis le calcul de la forme précise de l’équivalent singulier au coin

176
(x = a, y = b) du déplacement d’équilibre. Cet équivalent singulier s’écrit :
(r r )
1 − α 1 − α
K ξxs (x, y) = −2K r α sin αθ + α sin θ cos(1 − α)θ + sin(1 − α)θ ,
1+α 1+α
(  r )
1 − α
K ξys (x, y) = −2K r α sin αθ − α sin θ cos(1 − α)θ − sin(1 − α)θ .
1+α
p
où α est l’unique solution dans ]0, 1[ de l’équation transcendante (18), r = (a − x)2 + (b − y)2
et θ = arctan[(b − y)/(a − x)]. Dans l’expression ci-dessus de l’équivalent singulier, K désigne
une constante réelle inconnue.
On ne peut pas se contenter d’ajouter K ξ s (où K serait une constante réelle arbitraire) aux
éléments du sous-espace d’approximation de la partie II, pour obtenir un nouvel espace d’ap-
proximation enrichi. En effet, dans la méthode de Ritz, tous les champs de déplacement doivent
impérativement être cinématiquement admissibles. Or, si K ξ s est bien isochore et satisfait, par
construction, des conditions aux limites d’encastrement sur la paroi y = b, il ne satisfait pas,
en revanche, les conditions aux limites « fictives » en déplacement sur les axes Ox et Oy.
Il est très facile d’obtenir la condition à la limite sur l’axe Oy en « anti-symétrisant » ξ s par
rapport à x, c’est-à-dire en posant :
def
ξ s,a (x, y) = ξ s (x, y) − ξ s (−x, y),

pour tout (x, y) ∈ ]0, a[ × ]0, b[. Le champ ξ s,a est isochore, satisfait la condition à la limite
d’encastrement sur la paroi y = b, la condition à la limite « fictive » sur l’axe Oy et son équivalent
dans le coin (x = a, y = b) est égal à celui dont l’expression inévitable a été établie lors de la
résolution du problème. Pour obtenir la condition à la limite « fictive » sur l’axe Ox, on ne peut
pas réutiliser l’astuce de l’anti-symétrisation, car elle détruirait la condition d’encastrement sur
la paroi y = b. Le plus simple est alors de construire un champ de déplacement ξ r régulier,
isochore, nul sur la paroi y = b, de composante suivant ex nulle en x = 0 et dont la composante
suivant ey est identiquement égale à ξys,a (x, 0) en y = 0. Un exemple de tel champ est :
x
(b − y)2 s,a
   
2(b − y)
Z
r
ξ = ξys,a (s, 0) ds ex + ξy (x, 0) ey .
b2 0 b2
Au final, le champ de déplacement :
 
ξ s,a (x, y) − ξ r (x, y) (x, y) ∈ ]0, a[ × ]0, b[ ,

est cinématiquement admissible à zéro, régulier partout sauf au voisinage du coin (x = a, y = b),
où il est équivalent à ξ s .
On est alors en mesure de définir un sous-espace d’approximation enrichi en prenant la
somme du sous-espace d’approximation de la partie II et de la droite :
n o
K ξ s,a − ξ r K ∈ R .


La restriction de l’énergie potentielle totale à cet espace d’approximation enrichi fournira une
fonctionnelle strictement convexe E(ϕ, K) qu’il conviendra de minimiser par rapport au couple
(ϕ, K) pour en déduire une valeur optimale (ϕ∗∗ , K∗∗ ). La valeur de K∗∗ ainsi obtenue fournira

177
alors une première valeur approchée du facteur d’intensité de contrainte à l’équilibre. On prendra
garde que la fonction ϕ∗∗ est a priori distincte de la fonction ϕ∗ calculée à la question III.5 et
dont l’expression est donnée par la formule (24).

Ouf !

178