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BENJAMIN CAILLAUD
Un regard attentif sur le quotidien
octorant en histoire contemporaine nel et engagé sur les hommes, saisis dans sur son insertion dans la trame graphique
D à l’Université de La Rochelle, Ben- le quotidien de leur environnement urbain
ou dans l’effervescence de leurs révoltes.
du quotidien.» Benjamin Caillaud conti-
nue son étude en Europe «de l’Ouest»,
jamin Caillaud pratique depuis une di-
zaine d’années la photographie. Au tra- Benjamin Caillaud est né en 1979 au puis part enseigner une année en Turquie,
vers de ses clichés à l’esthétisme recher- bord du littoral charentais. C’est là qu’il où il renoue avec la famille de son aïeul. De
ché, ce citoyen impliqué dans la vie so- passe son enfance et son adolescence, et retour en France à l’automne 2005, il
ciale et associative pose un regard frater- acquiert très tôt le goût pour les images, s’installe à La Rochelle et entame un travail
peut-être au cours des longues heures de recherche sur le photographe Fernand
passées dans l’atelier de peintre de sa Braun (1852-1948).
grand-mère, ou auprès de son père, lui- L’exposition «Graphumanisme», présen-
même photographe. «Je lui “emprun- tée pour la première fois à l’Institut fran-
tais” ses appareils pour photographier çais d’Istanbul en juin 2006, résume qua-
notre quotidien de lycéens, se souvient tre années du travail de l’artiste sur la place
Benjamin. Puis, l’année de mon bacca- de l’homme dans l’espace urbain euro-
lauréat, il y a eu une grève au lycée, et péen. «C’est une exposition évolutive. Au
c’est ainsi que j’ai commencé à photo- gré de mes voyages, elle s’enrichit de
graphier les mouvements sociaux.» Etu- nouveaux clichés. Prochaine destination
diant en histoire à l’Université de Poi- en projet : l’Irlande. En même temps, je
tiers à partir de 1997, il s’investit dans le continue à photographier les mouvements
monde associatif étudiant et réalise éga- sociaux et prochainement je présenterai à
lement des séries de clichés sur le mou- Brest une exposition sur les manifesta-
vement des chômeurs, celui des sans- tions anti-CPE. Tous ces travaux s’articu-
papiers, sur la lutte contre l’extrême lent autour d’un même axe : chercher à
droite. «Je travaille en noir et blanc et rendre, par les images, la beauté du quo-
Photos de la série
selon une approche graphique, dans la tidien, et à lui faire prendre sens.»
Graphumanisme. lignée des «photographes humanistes» Mireille Tabare
dont j’apprécie beaucoup les travaux,
tels les clichés pris dans l’euphorie de la
Libération et des Trente Glorieuses, ou
dans l’embrasement de mai 68.»
De janvier à mars 2002, Benjamin
Caillaud présente à Poitiers sa première
exposition personnelle, «Etudiant(e)s»,
relatant deux années de reportages sur la
vie quotidienne des étudiants poitevins.
Puis il voyage à travers l’Europe et
photographie des manifestations, des
rassemblements altermondialistes.
Après avoir obtenu sa maîtrise d’his-
toire, il monte, en octobre 2002 à Poi-
tiers, sa deuxième exposition person-
nelle, «Citizen Ben», offrant à voir deux
Kevin Reux

ans de reportages sur des mouvement


sociaux en France et en Europe.
Le jeune historien photographe entame
alors ses pérégrinations méditerranéen-
nes. «Peut-être à cause de mes origines –
mon grand-père maternel était turc – j’ai
une attirance toute particulière pour la
Méditerranée. A l’automne 2002, je suis
parti en Italie, où j’ai passé un an. Là, j’ai
commencé un nouveau travail, que je pour-
suis encore aujourd’hui, sur la place de
l’homme dans l’espace urbain européen,

■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 74 ■ 41

Actu74 ter.pmd 41 03/10/2006, 19:14

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