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métallurgie physique

Soixante ans d’étude


scientifique du métal
pour s’installer sur le tout nouveau cam- Les activités du LMP s’appuient sur des
pus universitaire construit route de Chau- équipements de haute technologie. Dès
vigny. Le LMP obtient en 1969 le label les années 1960, l’unité s’est dotée de
CNRS «laboratoire associé» appelé par microscopes électroniques, matériels qui
la suite «unité mixte de recherche» (UMR participent encore aujourd’hui à sa répu-
Université-CNRS 6630). En 1995, le tation sur le plan national et international.
laboratoire déménage sur le site du Le dernier microscope, acquis en 2005,
Futuroscope dans le bâtiment SP2MI. permet des agrandissements de l’ordre
C’est donc dans un environnement com- de trois millions de fois. Son coût de 1,2
posé d’une douzaine de laboratoires de million d’euros a été financé par un con-
recherche de l’Université et de l’Ensma trat de plan Etat-Région auquel a participé
que le LMP effectue ses travaux. La le CNRS. Les deux tutelles assurant le
recherche fondamentale est au cœur de fonctionnement du laboratoire sont l’Uni-
ses activités qui, en soixante ans, se sont versité de Poitiers et le CNRS. Le LMP
très largement élargies à une diversité de reçoit également un soutien très impor-
matériaux comme les alliages métalli- tant de la Région Poitou-Charentes pour
ques, les semi-conducteurs, les oxydes et l’achat de matériels et le financement de
les céramiques. Le laboratoire compte doctorants et de chercheurs étrangers.
aujourd’hui une centaine de personnes Par ailleurs, le laboratoire appartient à la
réparties en quatre équipes qui s’inscri- fédération P Primme (pôle poitevin de
vent, selon Rolly Gaboriaud, «dans la recherche pour l’ingénieur en mécani-
dynamique actuelle des grands sujets de que, matériaux et énergétique), laquelle
recherche internationaux». mutualise les moyens des différents la-
Ces recherches sur les nouveaux maté- boratoires sur le site du Futuroscope.
riaux sont souvent proches du domaine Le LMP met son matériel à la disposition
appliqué. Elles concernent notamment la de la formation scientifique et participe
ien que situé dans une région pas microélectronique ou les revêtements de ainsi fortement aux offres de formation de
B
Microscope
électronique vraiment versée dans la sidérurgie, surface qu’ils soient autonettoyants pour l’Université. Vingt doctorants travaillent
OPL de 1966,
utilisé au LMP
Poitiers accueille depuis 1946 une unité les verres, ultradurs pour des pièces ainsi dans ses locaux. Le laboratoire pour-
par André scientifique spécialement dédiée à la re- mécaniques ou encore anticorrosion pour suit activement une politique de recrute-
Naudon, cherche sur le métal. L’état des connais- les utilisations en milieux agressifs. ment de jeunes scientifiques. Il s’agit de
directeur
sances dans l’immédiat après-guerre ex- Autant d’applications qui intéressent les pérenniser son activité de recherche à un
de recherche
au CNRS, et plique la création d’un tel laboratoire au domaines des transports terrestres et aé- moment où les «baby-boomers» partent
Marie-François sein de l’Université située alors au centre ronautiques. Le laboratoire élabore lui- en retraite, c’est-à-dire les enseignants et
Denanot,
-ville. «La métallurgie à cette époque, même la majorité des matériaux qu’il chercheurs qui sont nés à la même époque
ingénieur
de recherche c’était un peu de la cuisine, l’approche étudie, ce qui lui confère une grande que lui, il y a soixante ans.
au CNRS. était très empirique», rappelle le profes- autonomie et une grande liberté d’inno- Alexandre Duval
seur Rolly Gaboriaud, actuel directeur du vation. Les recherches ont ainsi généré un
laboratoire de métallurgie physique. C’est réseau de relations industrielles avec de
Raymond Jacquesson, alors professeur à grandes entreprises comme Airbus, la
Nantes, qui est venu créer à Poitiers, en Snecma, Saint-Gobain, EDF, PSA ou
1946, un laboratoire de mécanique des Arcelor. Il s’agit aussi bien de contrats
solides au sein du tout jeune Institut de technologiques d’études que de recher-
mécanique et d’aérotechnique de Poitiers ches plus approfondies.
qui allait devenir, deux ans après, l’Ecole
nationale supérieure de mécanique et
d’aérotechnique (Ensma). Il avait une
vision claire de sa mission : «dépasser
l’étude purement mécanique des phéno-
Jean-Claude
Desoyer, actuel mènes, leur trouver une explication mi-
président de croscopique, physique».
l’Espace Mendès En 1959, cette unité prend le nom de Microscope JEOL de 2005, utilisé par
France, a dirigé Marie-Laure David, maître de conférences
le LMP entre 1987 laboratoire de métallurgie physique. Cinq en physique à l’Université de Poitiers
et 1998. ans plus tard, elle quitte le centre-ville et chercheuse au LMP.

■ L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES ■ N° 74 ■ 43

Actu74 ter.pmd 43 03/10/2006, 19:19