Vous êtes sur la page 1sur 6

LES NULLITES

 La nullité sanctionne l'inobservation des conditions de validité, prescrites par


l'article 1128 du code civil. En effet, quand une des conditions de validité n'a pas
été respectée, le contrat est annulable.

 La nullité nécessite l'intervention du juge qui est saisi d'une demande en nullité,
soit par la voie de l'action en nullité (en attaque), soit par la voie de l'exception
de nullité (en défense, dans le cadre d'une action en paiement). Dans les deux
cas, il est demandé au juge de constater l'existence d'une cause de nullité et
d'en tirer les conséquences. Jusqu'à cette constatation, le contrat produit ses
effets. Mais, dès que la nullité est judiciairement prononcée, le contrat, ainsi que
tous les effets qu'il avait pu produire, sont effacés rétroactivement.

 La nullité peut aussi être constatée par un commun accord des parties (art.
1178 du Code civil).
 La réforme du Code civil introduit un procédé interrogatoire : si la cause de
nullité a cessé, une partie peut demander par écrit à son cocontractant qui
pourrait se prévaloir de la nullité du contrat de confirmer le contrat ou d’agir en
nullité dans un délai de 6 mois sous peine de forclusion

 Remarque importante : La nullité doit être distinguée de la résolution (sanction


d’une mauvaise exécution du contrat), de l’inopposabilité (inefficience du contrat
à l’égard d’un tiers), de la caducité (anéantissement du contrat du fait de la
survenance d’un événement extérieur aux parties).
I - LA DISTINCTION ENTRE

LA NULLITÉ RELATIVE ET LA NULLITÉ ABSOLUE

La nullité relative sanctionne l'inobservation de règles


établies dans le but de protéger un intérêt particulier.

La nullité absolue sanctionne l'inobservation des règles


établies dans le but de protéger l'intérêt général, et
en particulier la violation de l'ordre public ou des
bonnes mœurs.

Remarque : les termes de nullité absolue et relative sont absents du Code


civils. Ils sont employés par la doctrine et la jurisprudence. La
distinction est utile afin de déterminer qui sont les personnes, titulaires
de l’action et de savoir s’il est possible ou non de confirmer l’acte nul.
II - LE RÉGIME DES NULLITÉS

Nullité absolue:
protège l'intérêt Nullité relative:
général protège l'intérêt
d’un des cocontractants
(intérêt privé)

Régime
Régime Causes
- Ne peut être exercée que
-peut être demandée - Absence de par le contractant protégé;
Causes
par tout intéressé ; consentement, - L’action en nullité s'éteint
- peut être relevée d’objet, de · forme par : - Vices du consentement
d'office par le juge; (contrats solennels) · confirmation expresse ou : · erreur; dol; · violence;
- l'action en nullité se - Objet impossible, · tacite; (la confirmation est - incapacité
prescrit par 5 ans (loi illicite, · indéterminé une renonciation à exercer - insanité d'esprit
du 17 juin 2008) à ou indéterminable; l'action en nullité); (majeurs)
compter du jour où les - Cause · illicite ou · prescription de 5 ans à - violation d’une règle
parties peuvent agir / immorale. compter du jour où les d’ordre public de
parties peuvent agir à protection
Attention l’exception - Violation d’une règle
compter du jour où les
de nullité est d’ordre public de - cause : absence
parties peuvent agir/
perpétuelle. direction Attention, l’exception de
nullité est perpétuelle.
III – L’ETENDUE DE LA NULLITÉ

 En principe, le contrat est  Cependant, la nullité peut


annulé dans sa totalité ; être partielle si la clause
anéantie n’a pas été la
condition déterminante de
l’engagement.

Ex : le cas de la clause
abusive, déclarée non écrite.
IV. LES EFFETS DE LA NULLITE

 Cependant cette restitution connaît des limites


 Le principe : le contrat est anéanti  dans les contrats à exécution successive, il est
rétroactivement. Si le contrat annulé parfois difficile de restituer ce qui a été reçu
(jouissance d’un local, prestation de travail
a déjà été exécuté, il y a lieu à accomplie). Dans ce cas, la restitution prend la
forme d’une indemnité dont le calcul est fondé
sur l’équité. Certains juges prononcent une
 une restitution en nature (ex : si nullité n’ayant d’effet que pour l’avenir.
la vente est annulée,  le cocontractant de bonne foi est autorisé à
l’acquéreur doit rendre la chose garder les fruits produits par la chose.
dans l’état dans lequel elle se
trouvait le jour de la conclusion  si la nullité est prononcée pour cause immorale,
l’adage « nemo auditur propriam turpitudinem
du contrat et le vendeur doit allegans » ou « nul ne peut se prévaloir de sa
restituer le prix assortie des propre turpitude » ne s’applique pas ; mais
intérêts légaux.) selon l’adage « in pari causa tupidudinis cessat
repetitio » ou « lorsque la turpitude est égal, il
n’y a pas lieu à répétition », il n’y a pas lieu à
restitution si les deux parties sont associées à la
 une restitution en valeur si la turpitude. Enfin, si l’un des cocontractants est
restitution de la chose est de bonne foi, il peut demander la restitution de
impossible. Dans ce cas , la prestation, tandis que l’autre de mauvaise foi
ne le pourra pas.
l’indemnité est fixée en
considération de la valeur de la  l’incapable n’est pas tenu de restituer la
chose le jour de la conclusion prestation à moins qu’il ne soit prouvé que ce
du contrat. qui a été payé a tourné à son profit.