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EXPÉRIENCES

ICK Là

RÉSISTANCE UTILE PRODUITE DANS LE FORAGE ;

PAU M. COQCILHAT,

MAJOR D'ARTILLERIE , SOUS-DIRECTEDR DE LA FONDERIE ROYÂIE


DE CANONS, A tn'i.r.

INTRODUCTION.

avons employé nos loisirs dans la garnison d'Ypres . à


Nous
continuer le travail que nous avions commencé sur la déter
mination de la résistance utile développée dans le forage de
diverses matières.
Noos avons été assez heureux pour recueillir dans nos pu
blications précédentes un certain nombre de résultats , qui
permettent d'apprécier assez exactement la quantité d'unités
dynamiques dépensées dans la division des matières les plus
généralement employées dans les ateliers de construction :

la fonte de fer, le bronze, le fer forgé, le calcaire de Tournay,


le grès, le hêtre, le chêne. On peut actuellement déterminer,
atec une approximation suffisante pour la pratique , la force
du moteur nécessaire pour soumettre ces diverses matières
à l'action des tours ou des scieries.
avons cru utile de continuer nos expériences
Nous sur
quelques nouveaux échantillons.
La question de la démolition des forteresses présentant
dans son application un intérêt militaire et industriel à la
fois , la question de démolir au meilleur marché possible ,
nous nous sommes également occupés de la résistance que
pouvaient offrir diverses espèces de briques ou de mortiers à

l'action des forets : les résultats que nous avons recueillis ne


seront par perdus pour l'art de l'attaque des places. Nous
eiposerons plus loin quelques idées sur ce sujet.
200 EXPÉRIENCES SDR LE FORAGE

Nous devons à l'obligeance de M. le commandant du


génie , à Ypres , les échantillons des briques principalement
en usage dans les Flandres. Quelques-unes remontent aux
temps de Vauban et des ducs de Bourgogne : il en a été de
même pour le mortier.
Un échevin de la même ville , membre
commission de la
de surveillance pour la restauration de l'église St-Martin , a
bien voulu nous procurer des échantillons de toutes les es
pèces de pierres employées dans cette reconstruction.
Nous avons donc pu forer les espèces les plus variées, depuis
la pierre solide et grossière, servant aux fondations ou devant
résister au choc que doivent généralement supporter les
parties inférieures des bâtiments , jusqu'à celle légère et à
grains fins qui se prête aux travaux les plus délicats de la
sculpture.
Nous avons également eu des débris de cette célèbre e'glise,
aussi vieux qu'elle (elle a été restaurée plusieurs fois), datés par

conséquent de 1434 ou même de \ 101. La comparaison de ces


échantillons avec ceux venant de la carrière , peut servir à

déterminer combien ils ont pu gagner ou perdre en solidité


pendant long laps de temps. Que ces messieurs reçoivent
ce

ici l'expression de notre reconnaissance.


Les inconvénients que nous avons signalés dans notre
précédent mémoire, sur les expériences faites en petit et sur
la mauvaise qualité des outils employés par les ouvriers des

petites villes, ces inconvénients, disons-nous, ont continué à


exister. Ce n'est que dans les
grands centres d'établissements
métallurgiques que l'on sait choisir l'acier et préparer les bu
rins, de manière à entamer les substances les plus rebelles,
telles que la fonte blanche, certains minéraux, etc.
Notre manière d'expérimenter a été identiquementla même

que celle que nous avons décrite dans notre mémoire sur
nos expériences faites à Tournay ; nous y renvoyons nos lec
teurs (').
/

(>} Voir les notes à la suitede ce mémoire.


FAITES A VPRES EN 1 850 ET 1 85 1. 20 !

.Nous croyons cependant utile de rappeler les formules


suivantes :

M = Q L (1)

M = MF •4
(24)

T= 2 n M V (2)

sont représentés par :


dans lesquelles

M le moment de la résistance utile produite dans le forage ;

Q le poids du contre-poids suspendu au levier , fesant équili

brée la force développée dans le forage ;


L la longueur du bras de levier auquel est suspendu le contre
poids Q;
R le coefficient de la résistance ;
- la
quantité dont le foret pénètre dans la matière à chaque

tour;
D le diamètre du cylindre creusé par le foret ;
T la quantité de travail utile dépensée au bout d'un temps
quelconque ;
V le nombre de tours effectués dans le même temps.
Laformule (24) est relative à un premier forage; mais s'il
s'agissait d'un forage d'agrandissement exécuté par un foret
d'un plus grand diamètre ou d'un forage (tel serait
à noyau
celui d'une scie cylindrique) il faudrait employer la formule :

dans laquelle D' serait le diamètre du cylindre déjà creusé


on du noyau laissé par la scie cylindrique , et où les autres
lettres auraient la signification que nous venons de leur
donner.
Il est assez remarquable que le coefficient R indique exac
tement le nombre de kilogrammes-mètres qu'il faudrait dé
penser pour forer un demi mètre cube de matière.
Nos expériences sont rapportées dans les tableaux suivants :
202 EXPERIENCES SUR LE FORAGE

M DIAUETRE
g 10]
as PESAN du
o ÉCHANTILLONS PUSSI03
a cylindre en
M DATES. TEUR contre
O tore.
:r SODH1S AUX EXPÉRIENCES. kl
u spéciQque. LE FOIET.
? Valent de
- D.
i ir
K

1 1850. Brique rouge de Rupelmondc. 0,020 70 0,


.Novembre.
0,020 70 »,
30.
0,020 100 1
0,020 «00 *
0,020 100 4
Décembre.
3. 0,020 • 0

0,020 50 1

2 Novembre. ld. provenant de la cour 0,020 20 ",


28. tine entre la porte de Bailleul et
0,020 20 »,
celle de Messines. Construction de

''<
1596. 0,020 50

0,020 50

1
Id. Brique rouge d'Ypres. 30
3

0,020

».
0,020 30

1
0,0*) 30

1
29. Id. blanche provenant de la cour
4

0,008 10

1
tine entre la porte de Bailleul et
20

1
celle de Messines Vpres, con 0,008
a

struite en 1396. 0,008 50

1
0,008 50

ii>
0,008 50

Id. Brique blanche des fortifications

H
S

0,007 10
d'Ypres. Construction de Vauban.

ii
0,022 50

M. Brique blanche des fortifications 0,020


6

50 H
d'Ypres. Construction belge.
0,020 50
«

ld. Brique blanche des fortifications


7

0,020 50
«

d'Ypres. Construction hollandaise.


0,020 50
f

0,020 50
i
,

28. Brique blanche de l'unies.


8

0,020 15
I

0,020 50
i

0,020 30
i

ld. Id. nui il,


9

de 0,020
1
n

15
v

0,020
1|

10
FAITES A YPUES EN 1850 ET 1851. 203

VMMIII MM 1U VALEUR
PRgSSIO.il QUANTITÉ
dont de travail
(JCASTITÏ du coefficient
le foret par cen moyenne de dépensée
dont pour pul
timètre du H.
I«f»rct R vériser un
tt avancé diamètre 4M décimètre
OBSEKVATIOJiS.
rat par tour. du cube de
en
Talenr de cylindre matières.
[Kilog.mè-
tari. [formule 24.) NOMBII RO*D.
trei.)

• t 0,021 0,0025 35 2,791,304


' 9 0007 o.oooô.-; 35 9,171,429
r M 0,015 50
0^)0136 4,500,000
' 1 0,009 0,001125 50 7,040,000
'- t 0,008 0,00100 50 8,420,000
0,019 0,000905 20 2,143,646
L8
' " M123 0,0006i!.ï 25 5,888,000 5,700,000 11,400

> 15 0,000577 10
(WW75 1,767,704
* 0.0025 0,00025 10 4,480,000
L
6 «,0135 0,00223 25 1,693,333
l
•a "."17 0,001417 25 2,597,036 2,600,000 5,200

B OJS6 O.MO II H) 15 1,708,000


il 0,0095 0,000864 15 2,013,889
S 0,0195 0/XW78 15 1,846,474 1,900,000 3,800

18 0003 0,000167 12,5 10,778,443


B 0,004 0,000182 25 19,505,495
* 0,006 0,000286 27,5 15,549,005
i

X 0008 O.OCU400 62,5 49,062,500


itt 0,012 0,001000 62,5 28,300,000 24.300,000 48,600

1» 0:005 0,000167 14 11,927,166


'* 0,036 0,00133 23 4,734,978 8,300,000 16,600

'l OJ>325 0,002167 25 1,550,537


:H O.'.'lj O.OOOijï 25 9,911,504 5,700,000 11,400

1H 0.005 0,0003 25 7,466,667


K 0012 0,00075 25 3,840,000
tw UNI 0,00057!) 25 5,284,974 5,500,000 11,000

'» 0#>3 0,0001 7,5 5,220,000


!S K'ifi 0,000467 15 3,083,511

0,006 0,000333 15 4,024,024 4,100,000 8,i!00

0,022 0,001158 7,5 658,031


J5 0,00056 5 771,429 700,000 1,400
<M>14
FAITES A YPUES EN 1850 ET 1851. 203

VMMIII MM 1U VALEUR
PRgSSIO.il QUANTITÉ
dont de travail
(JCASTITÏ du coefficient
le foret par cen moyenne de dépensée
dont pour pul
timètre du H.
I«f»rct R vériser un
tt avancé diamètre 4M décimètre
OBSEKVATIOJiS.
rat par tour. du cube de
en
Talenr de cylindre matières.
[Kilog.mè-
tari. [formule 24.) NOMBII RO*D.
trei.)

• t 0,021 0,0025 35 2,791,304


' 9 0007 o.oooô.-; 35 9,171,429
r M 0,015 50
0^)0136 4,500,000
' 1 0,009 0,001125 50 7,040,000
'- t 0,008 0,00100 50 8,420,000
0,019 0,000905 20 2,143,646
L8
' " M123 0,0006i!.ï 25 5,888,000 5,700,000 11,400

> 15 0,000577 10
(WW75 1,767,704
* 0.0025 0,00025 10 4,480,000
L
6 «,0135 0,00223 25 1,693,333
l
•a "."17 0,001417 25 2,597,036 2,600,000 5,200

B OJS6 O.MO II H) 15 1,708,000


il 0,0095 0,000864 15 2,013,889
S 0,0195 0/XW78 15 1,846,474 1,900,000 3,800

18 0003 0,000167 12,5 10,778,443


B 0,004 0,000182 25 19,505,495
* 0,006 0,000286 27,5 15,549,005
i

X 0008 O.OCU400 62,5 49,062,500


itt 0,012 0,001000 62,5 28,300,000 24.300,000 48,600

1» 0:005 0,000167 14 11,927,166


'* 0,036 0,00133 23 4,734,978 8,300,000 16,600

'l OJ>325 0,002167 25 1,550,537


:H O.'.'lj O.OOOijï 25 9,911,504 5,700,000 11,400

1H 0.005 0,0003 25 7,466,667


K 0012 0,00075 25 3,840,000
tw UNI 0,00057!) 25 5,284,974 5,500,000 11,000

'» 0#>3 0,0001 7,5 5,220,000


!S K'ifi 0,000467 15 3,083,511

0,006 0,000333 15 4,024,024 4,100,000 8,i!00

0,022 0,001158 7,5 658,031


J5 0,00056 5 771,429 700,000 1,400
<M>14
FAITES A ÏPHES EN 1850 ET 1851. 205

\MIFL

,.i
TALXOI -,\ un

,n
PRESSION M.I

H
r
i
dont de travail
ÎUASTITÉ par cen do coefficient
le foret moyenne île dépensée •
dont ponr pol-
s'est timètre du
vérlser uu
*• le font OBSERVATIONS.

a
araneé diamètre
IL, E=îîi décimttre
L

s'est par tour. du CDDCde


total.
••
cylindre mitières-
•Tincé. Taleor de
lïilog.mè-
loré. (formule 34.) louai aoio. trei.j

6^00,000 13,000

ÏS 0,010 0,000435 19 5,583^93

37 0.0075 0,000378 19 8,711,780 7,100,000 14,200

SI 0405 0,000238 12^5 4,595^81

il <M»4 0,000365 19 6,678,082 5^00,000 11,300,

90 0,06 0,0003 12 3,211,073 3,200,000 6,400

13 0,012 0,000923 24 u«. 1^00,000 2,800

4^00,000 8,600

SB 0,007 0,00014 40 30,000,000

35 0,0045 0,000136 57,8 39,705,881 pierres ayant Mrri comme


|i«Tca.
21 0,003 0,000143 38 31,447,842

99 "."•il 0,000075 4l 47,210,884


;

pierres employées aox con-


f

20 0,0025 0,000125 57 36,122,449 strnctloDS.


(

3l 0,0030 0,000097 71 57,069,219


.

0,00047 100 31,500,000 39,000,000 78^)00 Résultat élirait de nos expé


rience» faites T.an nay en
'*

3* 0,009 0,000243 35 17,889,908


1848 et 1849 rappelé pour
:

établir le coefficient moyen


M 0,0155 0,000816 50 5,882,533
de R. \y~ les observations
11 0,009 0,000818 57,5 8,068,460 sur les expériences). Pier
res ponr pavés.
M "."Kl 0,000200 50 24,000,000

90 0,007 0,000233 57,5 25,751,073

1» 0,0045 0,000237 45 17,299,578

33 0,0065 0,000203 45 21,391,625

36 <U>".... 0,000153 45 25,163,399

IflO 0,8085 0,000085 45 45,294,117

M 0,004 0,000133 45 28,838,951 31,000,000 62,000


EXPERIENCES SUR LE FORAGE.

DIAMÈTRE
=
a
IM
te PESAS- du PRESSION
p ÉCHANTILLONS
cylindre
DiTES. TEUB contre
8 foré. cttr
si SOUMIS AUX EXPÉRIENCES.
"A pëcifique. Valeur de Ll FORET.
S
a
• in
D.
f.

1831.
janvier.
16 27 Petit granit. Calcaire des Écaussines 2,696 0,030 100 o.a
(province de Hainaul); mêmes ca 0,031 115 0^
ractères que le précédent.
0,029 115 o:ï
février.
17 27 Calcaire d'Aywaille ( province de 2,736 0,028 140 O.Ï
Liège). Texture compacte , subla 0,028 140 O.Ï
mellaire; cassure largement con-
cholde ; couleur gris - noirâtre ,• 0,028 140 0.2
calcaire fétide. 0,028 140 W

Résultat moyen dei i espèces de cal


caire nM U à Ï7.
18 Id Grès houiller de Jemmapes (pro 3,078 0,007 100 4l
vince de Hainaut), psammite argi
leux. Texture à grains grossiers,
colorés en noir par la présence
d'une couche de bouille : cassure
inégale.

janvier.

O.Î
19 2* Pierre du Brabant Grès calcarifère 2,485 0,031 100
du terrain tertiaire provenant de

M
0,050 100
,

Jodoigne (province de Brabant)


;

texture compacte cassure iné 0,030 100


;

gale, blanc-bleuâtre, faisant feu


sous le briquet.

Grès d'Angleterre. Texture grenue

0,1 o,
20 23 2,626 0,026 20
i

grains fins agglutinés poreux 50


,

0,026
,
,

cohérent, blanc-jaunâtre, cassure


90
«
inégale. 0,026
OJ

21 Id. Pierre de Grande-église près de 2,337 0,026 10


,

Tournay (terrain tertiaire). Grès 0026 10


li

tendre, texture grenue cassure


t1-
,

inégale; formé de grains de quartz 0,026 10


blanc agglutinés, tachetés de pail
lettes noirâtres, poreux.

2l Pierre d'Avenues ou d'Ordin. Ex


0,

22 3,218 0,027 10
traite de la carrière depuis deux
0,

0,027 15
mois. Calcaire tendre, texture ter
0,

reuse. 0,027 20
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851. 207

QOàSTITÉ
PRESSION
VALEUR Hl.l.I'll
QUANTITÉ
dont
ICAHTITK du coefficient
de travail
JtOHBKE dont le tonl par cen moyenne de dépensée
•'est timètre du H. pour pul
de le font .lianu-li- R vériser an
avancé 4M décimètre OBSERVATIONS. ,
s'en par tour. du cube de
Totms. 8~>. en
av-anee". Valeur de cylindre matières.

f. foré. (formait Si.) KOIMI KOBD. (Kilog.roè-


tre>.)

ao O.O02S 0,000123 33 21,120,000


90 i> oi..-:i.) 0,000100 37 36,122,449
so 0,0060 0,000120 40 23,483,948 26,!>00,000 54,000

•f <>.<«>, O.OOOiSi SO 9,338,758

if» ii.inii 0^)002 50 31.19^980


30 lUX'i.i 0^)0015 50 22,142,858

** 0."-i<. 0^)001 50 33,814,286 21,500,000 43,000

50,000,000 60,000

SO O,O08 0,0001600 143 34,948,980 35,000,0(10 70,000

s» O.OOIÎ 0,000136 32 19,769,744

m O/W5 0,000167 33 18,123,752

ao O.004 0,000133 33 24,761,069 20,900,000 42,000

y O,003 0,000*29 8 1,7$1,700

M O.01 1 0,001000 19 1,739,645

t «ft 0.006 0,000545 19 3,045,437 2,200,000 4,400

l 10 0,011 0,0011 4 298,010

1 10 O,009 0,0009 4 408,284

1 41 O,012 0,001091 4 286,638 330,000 660

a 0,011 0,000917 4 608^07

15 0.0)7 uiiinr.r, 6 341,194

11 0,015 0,001364 7 620,120 600,000 1,200


EXPERIENCES SUR LE FORAGE.

DIAMÈTRE
=
a
IM
te PESAS- du PRESSION
p ÉCHANTILLONS
cylindre
DiTES. TEUB contre
8 foré. cttr
si SOUMIS AUX EXPÉRIENCES.
"A pëcifique. Valeur de Ll FORET.
S
a
• in
D.
f.

1831.
janvier.
16 27 Petit granit. Calcaire des Écaussines 2,696 0,030 100 o.a
(province de Hainaul); mêmes ca 0,031 115 0^
ractères que le précédent.
0,029 115 o:ï
février.
17 27 Calcaire d'Aywaille ( province de 2,736 0,028 140 O.Ï
Liège). Texture compacte , subla 0,028 140 O.Ï
mellaire; cassure largement con-
cholde ; couleur gris - noirâtre ,• 0,028 140 0.2
calcaire fétide. 0,028 140 W

Résultat moyen dei i espèces de cal


caire nM U à Ï7.
18 Id Grès houiller de Jemmapes (pro 3,078 0,007 100 4l
vince de Hainaut), psammite argi
leux. Texture à grains grossiers,
colorés en noir par la présence
d'une couche de bouille : cassure
inégale.

janvier.

O.Î
19 2* Pierre du Brabant Grès calcarifère 2,485 0,031 100
du terrain tertiaire provenant de

M
0,050 100
,

Jodoigne (province de Brabant)


;

texture compacte cassure iné 0,030 100


;

gale, blanc-bleuâtre, faisant feu


sous le briquet.

Grès d'Angleterre. Texture grenue

0,1 o,
20 23 2,626 0,026 20
i

grains fins agglutinés poreux 50


,

0,026
,
,

cohérent, blanc-jaunâtre, cassure


90
«
inégale. 0,026
OJ

21 Id. Pierre de Grande-église près de 2,337 0,026 10


,

Tournay (terrain tertiaire). Grès 0026 10


li

tendre, texture grenue cassure


t1-
,

inégale; formé de grains de quartz 0,026 10


blanc agglutinés, tachetés de pail
lettes noirâtres, poreux.

2l Pierre d'Avenues ou d'Ordin. Ex


0,

22 3,218 0,027 10
traite de la carrière depuis deux
0,

0,027 15
mois. Calcaire tendre, texture ter
0,

reuse. 0,027 20
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851. 201)

QUANTITE VU 11 H
PRESSION
VALECB QUANTITÉ
dont de travail
QCAsitrt du coefficient
souu dont
le foret par cen moyenne de dépensé^
»ur pulvé-
l'eat timètre du H.
le foret riler un
de •Tanee* diamètre 4M •
décimètre
OBSERVATIONS.
!•>![

timaci.
par toar.
Ta leur de
du
cylindre
-Ai en
cube de
matières.

l.
(Kllog.mè-
foré. (formule 24.) ROXBKKROKD.
tre».)

14 0,023 0,001643 6 380,7(5


il 0,010 0,000909 4 434,611 400,000 800

C 0^007 0,000538 8 2,199,688

O 0,005 0,000417 8 2,554,169

II 0,010 0,000909 13 1,659,604 2,000,000 4,000

M O.OO7 0,0007 8 1,665,258

C 0,01 a 0,003 19 1,461,538

7 0,012 0,001714 19 1,636,367 1,600,000 3,200

B 0.009 0.00075 8 1,499,014

II OJOO7 0,000636 8 1,674,668

10 0,01O 0,001000 12 1,420,118 1,500,000 3,000

M 0,012 0,0012 8 887,574

!0 0,013 0,0013 8 728,266 800000 1,600

10 0.014 0,0014 6 718,512

8 700,000
0.009 0,001125 6 736,358 1,400

10 0,016 0,0016 4 291,495 300,000 600

900,000 1,800
210 EXPÉRIENCES SDH LE FORAGE

Observations sur les expériences précédentes.

BRIQUES.

La matière des briques e'tant en général peu homogène,


le foret déviait fréquemment, la tige ne tardait pas à toucher
les parois du trou creusé : les parties de'tache'es . s'entassant
fortement autour du tranchant de l'outil, ne trouvaient plus
d'issue; il en résultait une résistance considérable, bien dif
férente de la résistance utile. Pour remédier à ces inconvé
nients, nous avons dû abandonner les forets de Om007 à Om008
de largeur, pour en adopter de plus grands , ceux de 0"020
à Om,030. Chaque fois que l'outil avait avancé d'une certaine
quantité, nous arrêtions les expériences, pour ne les recom
mencer qu'après avoir élargi considérablement le diamètre de
la partie creusée et fait une nouvelle entrée. Nous évitions
ainsi tout contact entre la tige du foret et l'échantillon en

expérimentation , et nous favorisions la sortie des matières


pulvérisées.
La petitesse et la rareté de quelques échantillons ne nous
ont pas toujours permis l'usage de larges forets. Mais il nous
a paru qu'il était préférable d'avoir des coefficients que l'on
savait d'avance être exagérés à ne pas en avoir du tout. Cette
raison nous fait conserver les expériences n° 4, faites avec
a

un foret de Om008 sur une brique blanche provenant d'une


partie des fortifications d'Ypres bâties en 1396. La résistance
produite dans le forage est tellement considérable qu'il n'y a
aucune comparaison à faire entre les résultats obtenus avec
cet échantillon et les autres.
Les expériences n° 5 , pourront donner une idée de l'in
fluence des divers obstacles qui naissent de l'usage de petits
forets. Le foret de Om007 de largeur donne 11, 927, 166 pour
la valeur du coefficient R , tandis que pour celui de Om022 la
valeur de K n'est plus que de 4,734,978, quantité environ
21/2 fois moins grande que la précédente.
FAITES A YPBES ES 1830 ET 1881. 211

Quoi qu'il en soit . afln de ne pas altérer la vérité de nos


expériences, et TU le grand nombre d'échantillons éprouvés,
nous avons tout renseigné, et il a été tenu compte de tous
lesrésultats pour obtenir ceux moyens.
Nous disons donc, que pour les différentes espèces de bri
ques , la quantité de travail utile dépensée à pulvériser un
décimètre cubede matière, a varié entre 1400 et 16.600 kilo

grammes-mètres, excepté pour l'échantillon n" 4, pour lequel


cette quantité s'est élevée au nombre considérable et évidem
ment exagéré de 48,600 kilogrammes-mètres.
De toutes ces expériences on déduit les nombres moyens
suivants :
6.300,000 pour la valeur de R.
15,000 kilogrammes-mètres pour la quantité de travail
utile dépensée à pulvériser un décimètre cube de matière.
11 est à remarquer qu'en donnant une pression convenable,
on peut faire avancer le foret de Om001 à chaque tour. On
peut s'en convaincre en examinant les expériences n° 6, dans
lesquelles l'échantillon de brique a offert la plus grande résis
tance , et en considérant que dans le forage des canons on

donne jusqu'à 400 kilogrammes de pression par centimètre


du tranchant des forets à conducteurs , pression bien supé
rieure à celle maximum employée dans ces expériences
(62k"5 par centimètre.)
Nous considérerons donc comme admis que dans le forage
des briques . on peut enlever une couche de matière d'au
moins Om001 d'épaisseur à chaque tour.

MORTIERS.

Lesmortiers ont en général offert moins de résistance que


les briques et ont moins différé entr'eux sous ce rapport.
Le mortier belge , est en première ligne pour la résistance
au forage, ce qui prouve sa bonne qualité et ce qui parle en
faveur de notre corps du génie ; vient ensuite le mortier pré
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851. 201)

QUANTITE VU 11 H
PRESSION
VALECB QUANTITÉ
dont de travail
QCAsitrt du coefficient
souu dont
le foret par cen moyenne de dépensé^
»ur pulvé-
l'eat timètre du H.
le foret riler un
de •Tanee* diamètre 4M •
décimètre
OBSERVATIONS.
!•>![

timaci.
par toar.
Ta leur de
du
cylindre
-Ai en
cube de
matières.

l.
(Kllog.mè-
foré. (formule 24.) ROXBKKROKD.
tre».)

14 0,023 0,001643 6 380,7(5


il 0,010 0,000909 4 434,611 400,000 800

C 0^007 0,000538 8 2,199,688

O 0,005 0,000417 8 2,554,169

II 0,010 0,000909 13 1,659,604 2,000,000 4,000

M O.OO7 0,0007 8 1,665,258

C 0,01 a 0,003 19 1,461,538

7 0,012 0,001714 19 1,636,367 1,600,000 3,200

B 0.009 0.00075 8 1,499,014

II OJOO7 0,000636 8 1,674,668

10 0,01O 0,001000 12 1,420,118 1,500,000 3,000

M 0,012 0,0012 8 887,574

!0 0,013 0,0013 8 728,266 800000 1,600

10 0.014 0,0014 6 718,512

8 700,000
0.009 0,001125 6 736,358 1,400

10 0,016 0,0016 4 291,495 300,000 600

900,000 1,800
FAITES A TPHESEN 1850 ET 185 1. 213

qu'il s'engageait dans l'un des angles dièdres du prisme


creusé, on conçoit facilement le retard que devait éprouver
le forage et la prompte dégradation qui devait en résulter
pour les forets.
Nous avons eu laprécaution dans nos expériences d'Ypres,
d'arrêter le forage dès que nous nous apercevions que l'outil
déviait, de le corriger et de faire une nouvelle entrée, avant
de recommencer nos pesées dynamométriques. Experientia
docet. Cet exemple prouve l'utilité qu'il y a à employer des
forets à conducteurs chaque fois que les circonstances le per
mettent.
2° Dans nos expérience de Tournay , nos couteaux à forer
avaient le même tranchant que s'il avait fallu percer la fonte
à canon; mais nous avons reconnu dans celles d'Ypres, que

ce tranchant n'était pas assez fin pour les diverses espèces de

pierres. En aiguisant nos outils, en leur donnant plus de


taillant, nous avons pu forer le calcaire plus aisément , nos
coefficients de résistance sont devenus moindres , ceux de
l'avancement du forage sont devenus plus grands.
Par ces motifs, nous rejetons nos résultats n°' i et 3,
page 24 , de nos expériences faites à Tournay , et nous ne
conservons que ceux n° 2, pour lesquels nous avons obtenu :

51.300.000 pour la valeur du coefficient R et


65,000 kilogrammes-mètres pour la quantité de travail
utile consommée à pulvériser un décimètre cube de matières:
On00047 pour la quantité dont l'outil pénètre à chaque tour
sous une pression de 100k<" par chaque centimètre de largeur

du forêt.
Nous rapportons ces résultats dans nos tableaux sur nos
expériences d'Ypres, aOn de les comprendre dans les coeffi
cients moyens relatifs au calcaire de Tournay.
Ces corrections font ressortir une fois de plus combien il
serait utile . dans l'intérêt de la mécanique industrielle , de
faire les expériences sur le forage sur une échelle assezgrande
et avec des
moyens convenables.
214 EXPÉRIENCES SUR LE FORAGE

Le calcaire de Tournay est le plus difficile à forer , après


lui viennent dans l'ordre de leur re'sistance au forage :

Le calcaire de Soignies ;

Le petit granit ou calcaire des Écaussines;


Le calcaire d'Aywaille (province de Lie'ge).
En prenant la moyenne sur les résultats obtenus avec les

échantillons de ces diverses localités , on trouve pour le cal


caire en général :

R = 30,000,000.

D'où l'on déduit que , pour désagréger par le forage un


décimètre cube de calcaire, il faut une dépense de 60,000 kil.
mètres.
La valeur moyenne de R . que nous venons de trouver,
étant les 2/9 de celle supposée à tort dans notre mémoire
sur nos expériences de Tournay (voir le tableau, page S4), il
s'ensuit que la force motrice calculée dans le projet exposé
page 29, pour creuser dans le calcaire une galerie à section
circulaire de l
mètre de diamètre, sera les 2/9 de 61 chevaux-

vapeur, ou moins de 14 chevaux.


La pression par centimètre du tranchant du foret a varié
dans les expériences n°' 14 et 17, de 30 à 100 kilogrammes:
celte pression pouvant être portée jusqu'à 300 kilog. , on
reconnaîtra, d'après les différentes valeurs obtenues pour t,
qu'il est très-possible de faire avancer les forets de Om0005
à Om0005 à chaque tour.
La dureté des échantillons expérimentés est assez remar

quable, puisqu'ils fesaient feu sous le briquet.

GRÉS BOU1LLER DE JEMMAPES. — PIERRES DD BRADANT. — GRÉS

D'ANGLETERRE.

11 n'y a aucune particularité à citer, si ce n'est que lors


des expériences sur le grès houiller, le foret était tellement
mauvais, qu'il paraissait composé de fer au lieu d'acier. Aussi
était-il complètement émoussé.
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851.

Cependant nous avons cru devoir rapporter les résultats


obtenus avec ce minéral quelque exagérés qu'ils soient, le
temps nous ayant manqué pour recommencer nos opéra
tions.
Tous les échantillons expérimentés fesaient feu sous le
briquet.
En donnant une pression convenable au foret il sera tou
jours possible de le faire avancer de Om0003 à Om0005 à

chaque tour.
Tous ces minéraux résistent à peu près autant que le cal
caire à l'action du foret.

PIERRES TENDRES. — ÉCHANTILLONS N°* 21 A 29.

Tous ces échantillons sont dans la classe des pierres ten


dres, leur résistance au forage est encore moindre que celle
de la brique.
Il ne semble pas que les pierres de Rochefort ou d'Avesnes
gagnent continuellement en dureté . à mesure que les siècles

s'écoulent : après un certain nombre d'années elles ont pro


bablement acquis toute la dureté dont elles sont suscepti
bles.

OBSERVATIONS GÉNÉRALES.

Les échantillons que nous avons soumis au forage peuvent


se classer en trois groupes - pour lesquels nous trouvons les
coefficients moyens de résistance suivants :

Pierres dures R = 30,000,000

Briques R == 6,500,000

Pierres tendres R= 900,000

Nous donnons ci-après le tableau résumé de toutes nos ex


périences faites jusqu'à ce jour.
212 EXPÉRIENCES SUR LE FORAGE

paré sous la direction de l'illustre Vaiiban, puis celui du temps


des ducs de Bourgogne, et en dernière ligne le mortier hol
landais.
La valeur moyenne du coefficient R pour ces quatre échan
tillons est égale à 4,500,000 : et la quantité moyenne d'ac
tion dépensée dans le forage d'un décimètre cube est égale à

8,000 kilogrammes-mètres. Les mortiers les plus anciens et

les plus durs ne dépassent pas la résistance moyenne des

briques au forage.
Il n'a pas été possible d'imprimer une grande pression aux
forets , de crainte de briser les échantillons rares et petits
que nous possédions : mais, d'après les valeurs de î obtenues,
et en considérant la grande pression que l'on pourrait im
primer aux forets, on se convaincra qu'on pourrait faire
avancer ceux-ci de plus de Om001 à chaque tour.

PIERRES CALCAIRES COMPACTES.

Des trois échantillons de calcaire de Tournay qui ont été


soumis aux expériences , deux provenaient de pavés employés
à Ypres. et le 5me était destiné aux constructions. Ce calcaire
est probablement le plus dur du pays.
En comparant nos résultats n° 14, avec ceux consignés
dans notre mémoire sur nos expériences faites à Tournay .
sous les n°* 1, 2 et 5 , page 24 , on trouve une immense dif

férence : les observations que nous avons faites depuis sa pu


blication permettent de l'expliquer :

1° Le défaut d'homogénéité , occasionné par la présence


des veines de cristallisation, était cause, dans nos expériences
de Tournay, que le tranchant du foret, s'engageant plus dans
une partie que dans l'autre, la forme cylindrique du trou
creusé ne tardait pas à disparaître pour affecter celle pris

matique à base triangulaire bien connue des foreurs de ca


nons. Dès lors le travail devenant irrégulier, et l'outil éprou
vant des soubresauts et des moments d'arrêt, chaque fois
FAITES A YPRES EN 1850 ET 217

Quantité de tra
vail pour ré
duire en ulu- DISPOSITION
VALEUR res, copeaux,
limailles ou dei fibres
du poussières un
DÉSIGNATION DES MATIÈRES. GE.NRE D'OUTIL. décimètre cu DU BOIS
COEFFICIENT be, ou pour
eoleTer une relativement
R. couche de 0™
001 sur un
A L'OUTIL.
mètre carré
•de surface.

ferre d'Aresnei (France) extraite de- Langue de carpe. 600,000 1,200


>*pas? deux mois.

ferre de moellon de Sl-0mer . . . Id. 400,000 800


1
IL de Rochefort (France) très-fine. Id. 2,000,000 4,000

"H id. roogeâlre . . . Id. 1,600,000 3,200

'M. id. ancienne . . . Id. 1,500,000 3,000

*M. Id. caillouteuse . . Id. 800,000 i.COO

M. id à groi grains . . Id. 700,000 MOO

14. id. la plu> propre à Id. 000,000 600


la iculpture.

BpjMut de» 9 échantillons de pierres Id. 900,000 1,800



ùrutm.
biqae rouge de Rupelmonde . . . Id. 5,700,000 11,400

Id. ancienne (1396) . . . Id. 3,600,000 5,200

U d*Yprea Id. 1 ,900,000 .".SUD

U. bianche ancienne (1396) . . Id. 2i,500,000 48,600

14. employée par Vauban Id. 8,500,000 16,600


a Ypre».

hgae blanche employée par le génie Id. 3,700,000 11,400


belge à Ypres.

hqae blanche employée parle génie id 5,800,000 i 1,000


hollandais à Ypres .

Iriqne blanche de F urnes .... Id. «,(00,000 8400

Id de Dixmude , . . . Id. 700,000 i,400

btfnnedes9 échantillon s debriqwt. Id. 6,500,000 13,000

lurtser belge (12 à 18 an») . . . . Id. 7,JOO,000 14,200

M. de 1680 (Vauban) . . . . Id. .1,600,000 11,200

U. de 1 396 (d ucs de Bon rgogne) . Id. 3,200,000 6,400

U. hollandais (28 à 29 ans) . . Id. 1,400,000 2,800

kytnne die* £ espèce» de mortier . Id. 4,300,000 8.GOO


218 EXPÉRIENCES SDR LE FORAGE

APPLICATIONS DIVERSES.

PERÇAGE DES TUNNELS.

Le perçage des tunnels est une des opérations les plus im


portantes de la construction des chemins de fer. Le plus ou
moins de facilité avec laquelle on pourra l'effectuer, exercera
la plus grande influence , non-seulement sur le trace' mais
encore sur l'avenir de ces admirables voies de communica
tion.
La lenteur des procédés actuels pour cheminer en galerie
est désespérante ; il y a presque impossibilité de traverser les
chaînes de montagnes aux neiges perpétuelles ; les lignes
ferrées doivent les éviter et se borner à en contourner les
flancs. Dèslors les grandes communications ne peuvent plus
se faire que par d'immenses détours; heureux encore quand

on ne rencontre pas, comme en Sardaigne, la chaîne des


Alpes , cette barrière presque impénétrable entre les chemins
de fer de cet État et ceux de la France ou de la Suisse.
Ces difficultés n'ont pas échappé aux ingénieurs : M. Mau> .

notre compatriote . détaché en Sardaigne , a imaginé une

machine fort ingénieuse , pour traverser le massif du Mont-


dénis. Des lances aciérées , projetées contre le fond de la ga
lerie par le débandement de ressorts , puis ramenées à leur
point de départ par un mécanisme mu par la vapeur, consti
tuent un système , à l'aide duquel la roche est découpée par
des rainures horizontales et verticales en un certain nombre

de blocs rectangulaires , facilement détachés au moyen du


coin et du marteau.
Ce mécanisme, quoique fort ingénieux, est très-compliqué.
L'inégalité de l'usure des lances et de l'arrachement de la
matière doit retarder le travail ; les réparations doivent en
être nombreuses. D'ailleurs le mouvement alternatif d'en
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851. 219

avant et d'en arrière des lances , doit produire une grande


perte de force vive.
Si nos renseignements sont exacts, cette machine n'a été
essayée que pour des roches tendres : nous croyons qu'elle
répondrait imparfaitement à son but . si elle était appliquée
pour le calcaire dur et compacte , tel que celui de Tournay
ou de Soignies.

croyons devoir revenir sur ce que nous avons dit


Nous

(page 24 ) , dans notre mémoire sur nos expériences faites à


Tournay, relativement au perçage des tunnels et y ajouter
quelques nouvelles considérations.
Nous pensons que pour le forage proprement dit des tun
nels, il serait préférable de diviser la masse rocheuse à
enlever en un certain nombre de parties annulaires concen

triques, par le moyen de rainures plus étroites et moins pro


fondes, que celles qui seraient pratiquées par le porte-lame
que nous avons proposé précédemment pour le forage d'une
galerie cylindrique d'un mètre de diamètre. En divisant la
masse à enlever en parties plus nombreuses, en les détachant
plus souvent , le porte-lame cylindrique pourra être moins
long, plus léger et plus solide.
Pour Gxer quelques idées sur les mille suppositions que
l'on pourrait faire à cet égard , j'ai dressé le tableau suivant,
indiquant la quantité de travail utile dépensée à creuser dans
les pierres calcaires les plus dures des rainures circulaires
de 0",025 de largeur et deO^O de profondeur et de diamè
tres différents : j'y
joint la force correspondante en che
ai
vaux-vapeur, dans l'hypolhèse que cette profondeur de 0.20
sera obtenue à chaque heure de forage. Nous avons pris pour
R la valeur moyenne R = 30,000,000.
Nous avons fait les mêmes calculs pour le forage entier de
cylindres de divers diamètres, tels qu'on les creuse lorsqu'on
pétarde les rochers.
FAITES A YPRES EN 1850 ET 1851.

Cependant nous avons cru devoir rapporter les résultats


obtenus avec ce minéral quelque exagérés qu'ils soient, le
temps nous ayant manqué pour recommencer nos opéra
tions.
Tous les échantillons expérimentés fesaient feu sous le
briquet.
En donnant une pression convenable au foret il sera tou
jours possible de le faire avancer de Om0003 à Om0005 à

chaque tour.
Tous ces minéraux résistent à peu près autant que le cal
caire à l'action du foret.

PIERRES TENDRES. — ÉCHANTILLONS N°* 21 A 29.

Tous ces échantillons sont dans la classe des pierres ten


dres, leur résistance au forage est encore moindre que celle
de la brique.
Il ne semble pas que les pierres de Rochefort ou d'Avesnes
gagnent continuellement en dureté . à mesure que les siècles

s'écoulent : après un certain nombre d'années elles ont pro


bablement acquis toute la dureté dont elles sont suscepti
bles.

OBSERVATIONS GÉNÉRALES.

Les échantillons que nous avons soumis au forage peuvent


se classer en trois groupes - pour lesquels nous trouvons les
coefficients moyens de résistance suivants :

Pierres dures R = 30,000,000

Briques R == 6,500,000

Pierres tendres R= 900,000

Nous donnons ci-après le tableau résumé de toutes nos ex


périences faites jusqu'à ce jour.
FAITES A YPBES EN 1830 ET 1851. 221

Afin de mieux comparer le pétardement par le choc avec


celui par le forage , nous avons dresse'
qui le tableau suivant ,

contient les résultats moyens obtenus par les procédés ordi


naires dans quelques localités.

Tableau n° 4 , indiquant les résultats moyens obtenus dans le

pétardement des roches de quelques localités par l'emploi de la

masse et du fleuret.

PROFON
1 DDRiE DIAMÈTBK
DEUR
DÉSIGSATION DES LIEUX. du des trous
I des trous
TI1T1II. OE • 1H E S.
1

Mètres. Hêtres.
1 KingstoWD. Travail dans le granit. Deux mineurs. Ujours. 0,U K,97
La charge fut de 56 kii. de poudre. L 'explosion dé-
taeh. un bloc de 917 mètres cubes , pesant
Î,«MM>00 111.

i Mines de Freyberg. Travail dans le gneiss générale 3 heure». 0.(BàOA5 ).-;. à n.iii
ment fort dur. Un mineur.

3 IJ.deSh. 0,02 à 0,03 030


dans U roche. Un mineur.

i Mines d'EschwelIler : schiste!1"""'1'


*'*" """"'• 69 heures. 0.02 Ï6,72
argileux compacte pur. J ,, ,,
3 78 heures. 0,02

C Liège, schiste et psammite des houillères. Deux mi 8 heures. 0,03 tffl


neurs.

7 Litfge» Rochei calcaires Deux mineurs . . . , . 0,03 1,00

8 fondu. SO heures. 0.02 10.-:-;


Mine. d'E«hweUl.r. Gri,jH«Tet.d'.cler
9
sch1st.de dureté
moyenne^ |d_ .„
ord|n 57 heures. 0,02 10,36

10 Liège. Grés des houillères. Deux mineurs .... 8 heures. 0,05 0,SO

11
(
rkurets d'acier rondu. 9h. W 0,02 n.'.il
Mines d'Eschweiller Grès dur.!
li [ Id. id. uivlin. 16 heures. 0,02 0,»,

1- Mines de Bummclsberg. Cas exceptionnel dans une 88 heures 0,02 0,23


pyrite d. fer et de cuivre extrâordinairement ..rai,-
p«te.

V VI tv DES 1 H.VV.
A •> PIBL. — TOME X. 10
222 EXPÉRIENCES SUR LE FORAGE

L'inspection de ce tableau de'montre à l'évidence combien


le forage est supe'rieur à l'emploi du choc.
Il résulte des données n"' i, 2, 3, 6 et 7, que pour le gra
nit, le gneiss, les psammites, le calcaire,
l'avancement varie
généralement de Om,J2 à Om,i7 par heure : tandis que pour
les grès très-durs il se réduit à environ Oni.06 à 0°,07 par
heure.
Les roches schisteuses sont généralement les seules qui

permettent un avancement de 0,40 à 0,SO par heure : quan


tité à laquelle on parviendrait facilement par le forage.
Le n" 43 est relatif à un cas exceptionnel qui ne peut in
fluer sur les résultats moyens que nous venons d'indiquer.
S'il s'agissait tout simplement de creuser une galerie au lieu
de détacher des minerais, on ferait bien, lorsque l'on ren
contre de semblables obstacles, de les contourner, les parties
de roches qui ont une dureté aussi extraordinaire ne for
mant généralement que des masses peu considérables.
Après cette digression revenons à notre projet pour le fo
rage des galeries.
Le foret devrait avoir la forme d'une scie cylindrique ayant
Oro025 de voie : chaque dent ou couteau ferait corps avec une
tige qui mouvrait dans une coulisse ménagée dans le porte-
se

lame cylindrique, de manière à permettre la liberté du mou


vement suivant l'axe de l'outil. Un ressort, d'une force suffi
sante de débandement, tendrait constamment à faire sortir la

tige de son logement, tandis qu'un arrêt limiterait convena


blement cette liberté. Tous les couteaux mordraient à la fois.
Le travail étant exécuté par un grand nombre de dents ou
de couteaux, permettrait l'emploi d'une pression plus forte,
sans exposer les tranchants à être émoussés. On obtiendrait
ainsi un avancement considérable à chaque tour.
Deux centimètres pour l'épaisseur du porte-lame cylin
drique en fer forgé ; un demi centimètre pour le jeu dans la
rainure à produire, en tout 2 centimètres et demi de voie ou
de largeur de la rainure, c'est tout ce qu'il faut pour la soli
FAITES A YPRBS E* 1850 ET 1831. 225
dite de l'instrument et pour le libre dégagement des limailles
ou des poussières. Notre construction est basée sur les di
mensions et la forme du couteau à couper les masselotles
employé à la fonderie de canons à Liège, et sur les résultats
vraiment prodigieux que l'on obtient de son emploi. (Foir
noire première brochure sur la résistance utile produite dans
le forage des bouches à feu.)
En combinant les éléments 5, 10 et (-2 du tableau III on
forerait une galerie cylindrique de Im20 de diamètre et d'un
avancement moyen de Om20 par heure, en creusant deux
rainures et un trou central, ce qui décomposerait la masse à
enlever en deux systèmes annulaires de Ora25 à 0,275 d'épais
seur. La quantité d'unités dynamiques à dépenser par heure
serait exprimée par :

23.550+541 ,650 + 1 ,106,850=1 ,672,050kilog. mètres.

ou moins de 8 chevaux-vapeur. Le foret serait alors multiple,


il se composerait de deux porte-lames cylindriques et con
centriques et d'un couteau central.
Les parties annulaires seraient détachées et brisées chaque
fois qu'elles auraient une saillie de 0,50 à 0,60 sur le fond
de la galerie : le coin et le marteau, et au besoin des pétards
'l'une forme appropriée en auraient facilement raison.
On pourrait dans le perçage d'un tunnel creuser deux ou
plusieurs galeries cylindriques accolées, de Im20 de diamètre
séparées par une épaisseur de roche de 0,20 plus ou moins.
Toutes ces galeries seraient creusées en même temps:, les
parties de roche qui les sépareraient seraient détachées uu
fureta mesure de l'avancement du travail, d'où résulterai tu ne
multiple de chaque galerie élémentaire.
galerie finale plus que

Le perçage simultané de plusieurs galeries cylindriques


juxtaposées, donnerait de très grandes facilités pour l'enlè
vement des débris , pour la visite des outils et le remplace
ment des couteaux, etc.; il procurerait en outre plus d'espace
et plus d'air pour le moteur et pour les hommes.
218 EXPÉRIENCES SDR LE FORAGE

APPLICATIONS DIVERSES.

PERÇAGE DES TUNNELS.

Le perçage des tunnels est une des opérations les plus im


portantes de la construction des chemins de fer. Le plus ou
moins de facilité avec laquelle on pourra l'effectuer, exercera
la plus grande influence , non-seulement sur le trace' mais
encore sur l'avenir de ces admirables voies de communica
tion.
La lenteur des procédés actuels pour cheminer en galerie
est désespérante ; il y a presque impossibilité de traverser les
chaînes de montagnes aux neiges perpétuelles ; les lignes
ferrées doivent les éviter et se borner à en contourner les
flancs. Dèslors les grandes communications ne peuvent plus
se faire que par d'immenses détours; heureux encore quand

on ne rencontre pas, comme en Sardaigne, la chaîne des


Alpes , cette barrière presque impénétrable entre les chemins
de fer de cet État et ceux de la France ou de la Suisse.
Ces difficultés n'ont pas échappé aux ingénieurs : M. Mau> .

notre compatriote . détaché en Sardaigne , a imaginé une

machine fort ingénieuse , pour traverser le massif du Mont-


dénis. Des lances aciérées , projetées contre le fond de la ga
lerie par le débandement de ressorts , puis ramenées à leur
point de départ par un mécanisme mu par la vapeur, consti
tuent un système , à l'aide duquel la roche est découpée par
des rainures horizontales et verticales en un certain nombre

de blocs rectangulaires , facilement détachés au moyen du


coin et du marteau.
Ce mécanisme, quoique fort ingénieux, est très-compliqué.
L'inégalité de l'usure des lances et de l'arrachement de la
matière doit retarder le travail ; les réparations doivent en
être nombreuses. D'ailleurs le mouvement alternatif d'en
FAITES A YPBES EN 18:JO ET 1851. 929

assez rapidement et le courant d'air nécessaire pouvant êlre


produit par une simple machine soufflante à force centrifuge
mue par quelques hommes. Il en résultera une nouvelle éco
nomie de travail et d'argent.
Le tableau suivant contient le prix du mètre cube du creu
sement des galeries dans quelques localités.

Tableau n° 5.

PRIX
.l.i.,|.-|.!.,i
DÉSIGNATION DES LIEUX. par
•tint (tuf.

r. c
Mines de Saint-Bel. Roche . 8 60
21 09

17 i9
Hansfelds. Vieux grès rouge 87 00
Calcaire de Belgique et de France pour la plupart des tunnels
de chemins de fer 20 00

Biitin de Liège. Schiste et psammites 10 00

30 00

Le plus grand avantage qui résulterait de notre système de


forage des galeries, consisterait principalement dans la rapi
dité de l'exécution; 3 mètres courants par jour : pour le faire
ressortir nous rappellerons quelques travaux exécutés.

Tableau n" 6.

AV1HC1-
• BtlT
DÉSIGNATION DU LIEU ET DE L'OUVRAGE EXÉCUTÉ. par jour,
il• II) heures
DK TRAVAIL.

Milrf!.
SainUBel : galerie de 2m sur lm de largeur. 0,(3
Rocbe la Mollière : puits elliptique de 3™ sur -î1" Grès houil-
ler très dur 0,30

Narisfelds : galerie de2"i2 «url°M8 de largeur. Vieux grès


rouge . 0,51

Calcaire de Belgique et de France : tunnels pour chemins de


0,25 à 0.50

Bassin de Liège : schiste et psamraitei : galerie de l™80sur


im80 : 4 hommes à la fois • i2 heures de travail. 0,33
. . Id 6rès bouiller 0,17

Id. Calcaire 0,50


226 EXPÉRIENCES SOI» LE FORAGE

L'on sait que lorsque l'on pëlarde en pleine roche, les pre
mières mines ne produisent presque pas d'effet, mais qu'il en
est tout autrement, dès que par l'explosion de ces premières
mines , il s'est produit une excavation au centre de la niasse

à pe'tarder. IVous pensons qu'il y aurait avantage, à creuser


des trous de mine et à forer en même temps un trou cylin
drique central de Om20à O^SO de diamètre. Les mines dispo
sées autour de celte excavation cylindrique produiraient un

plus grand effet. Les trous de mine eux-mêmes pourraient


au besoin être forés, au lieu d'être creusés par la percussion
exercée contre les fleurets. Cette nécessité se ferait surtout

sentir, s'il s'agissait de forer en même temps un grand nom


bre de trous dans un petit espace : car la place manquant
pour disposer tous les mineurs , chaque homme exigeant au
minimum lm%5 de surfaceau fond d'une galerie, les machines
auraient un avantage évident, un seul homme pouvant sur
veiller plusieurs forets à la fois.
Ce dernier système nous paraît le plus applicable dans le
perçage des tunnels : il a l'avantage de donner immédiatement
des galeries de grandes dimensions, et d'exiger les appareils
les moins dispendieux.
Nous croyons qu'il y a là quelque chose à faire pour le

percement du Mont-Cénis et des autres montagnes élevées.

SCIERIES POUR LE DÉBITAGE DES BLOCS DE MARBRE ET DES PIERRES

CALCAIRES.

L'on fait souvent des entreprises très-vastes, l'on établit à

grands frais des machines puissantes, sans avoir, je ne dirai

pas une connaissance parfaite, mais une simple notion quel

que peu approchée du résultat que l'on pourra obtenir avec


les matières que l'on veut travailler. C'est que les machines
par la régularité de leurs mouvements et par la facilité que
l'on a de transformer ceux-ci ; par leur puissance et par la
solidité des matériaux qui les composent , par le bon marché
de leurs consommations ( la houille qui coûte peu de chose
.
FAITES A ÏPRES EN 1850 ET 1851. 227

l'eau encore moins, ou le vent rien du tout), ont un avantage


tellement grand sur le travail manuel, que cet avantage suffît
pour engager l'homme entreprenant à appliquer en aveugle
les machines à la plupart des travaux. Il a la conscience de la
supériorité des machines, et quoiqu'il ne puisse pas l'appré
cier ni la calculer mathématiquement, il n'hésite pas à se
lancer dans des opérations inconnues : de là tous ces capi
taux enfouis et ces machines disproportionnées avec le but
qu'elles doivent remplir.
Nous allons appliquer nos coefficients de résistance au cal
cul du prix de revient d'un mètre carré de sciage ou de
dressage des blocs de marbre ou de pierres calcaires par le

moyen des scieries mécaniques , et le comparer avec celui

qn'on obtient par le simple emploi des bras d'hommes.


Dans la province de Liège , deux hommes peuvent scier
une surface de Om°,90 par journée de 12 heures : leur paie
est de 2 fr. pour chacun ; l'usure de l'outil est évalué à 23
centimes par mètre carré : la voie est de Ora005.
Les frais de sciage ou de dressage d'un mètre carré de
surface sont donc :

4 x ~ 0,25=4 fr. 69.


J 4-
D'après le tableau 1, n° 17. chaque couche de Om001 d'é-
paUseur et d'un mètre carré de surface, exige une dépense
de 43,000 kilog. mètres pour le calcaire de la province de
Liège ( Aywaille ). En admettant que les scies mécaniques
soient aussi épaisses que celles mues par les hommes , le
mètre carré de dressage, avec une voie de On'003, nécessite
rait une consommation de :

43.000 X 3=129,000 kilog. mètres.

Supposons que la perte produite par les frottements soit


égale, et qu'il ensoit de même pour le temps que la machine
marche à vide lors de la pose des blocs de pierre ou lors de la
FAITES A YPBES EN 1830 ET 1851. 221

Afin de mieux comparer le pétardement par le choc avec


celui par le forage , nous avons dresse'
qui le tableau suivant ,

contient les résultats moyens obtenus par les procédés ordi


naires dans quelques localités.

Tableau n° 4 , indiquant les résultats moyens obtenus dans le

pétardement des roches de quelques localités par l'emploi de la

masse et du fleuret.

PROFON
1 DDRiE DIAMÈTBK
DEUR
DÉSIGSATION DES LIEUX. du des trous
I des trous
TI1T1II. OE • 1H E S.
1

Mètres. Hêtres.
1 KingstoWD. Travail dans le granit. Deux mineurs. Ujours. 0,U K,97
La charge fut de 56 kii. de poudre. L 'explosion dé-
taeh. un bloc de 917 mètres cubes , pesant
Î,«MM>00 111.

i Mines de Freyberg. Travail dans le gneiss générale 3 heure». 0.(BàOA5 ).-;. à n.iii
ment fort dur. Un mineur.

3 IJ.deSh. 0,02 à 0,03 030


dans U roche. Un mineur.

i Mines d'EschwelIler : schiste!1"""'1'


*'*" """"'• 69 heures. 0.02 Ï6,72
argileux compacte pur. J ,, ,,
3 78 heures. 0,02

C Liège, schiste et psammite des houillères. Deux mi 8 heures. 0,03 tffl


neurs.

7 Litfge» Rochei calcaires Deux mineurs . . . , . 0,03 1,00

8 fondu. SO heures. 0.02 10.-:-;


Mine. d'E«hweUl.r. Gri,jH«Tet.d'.cler
9
sch1st.de dureté
moyenne^ |d_ .„
ord|n 57 heures. 0,02 10,36

10 Liège. Grés des houillères. Deux mineurs .... 8 heures. 0,05 0,SO

11
(
rkurets d'acier rondu. 9h. W 0,02 n.'.il
Mines d'Eschweiller Grès dur.!
li [ Id. id. uivlin. 16 heures. 0,02 0,»,

1- Mines de Bummclsberg. Cas exceptionnel dans une 88 heures 0,02 0,23


pyrite d. fer et de cuivre extrâordinairement ..rai,-
p«te.

V VI tv DES 1 H.VV.
A •> PIBL. — TOME X. 10
FAITES À YFRES EN 1850 ET 1851 . 229

parallèlement à sa surface et dans la direction voulue, une


mine, ou un cylindre de Om06 à OmJ 2 de diamètre , selon les
indications de l'expérience . ce qui peut s'exécuter à bras
d'hommes , de charger la mine et de la faire ensuite sauter.

L'explosion en soulevant et déplaçant le massif du rocher


situé au-dessus de la charge, doit produire une tranchée de
2™oO de profondeur et d'une largeur vers le haut au moins
égale. Cette tranchée pourrait ensuite, par des travaux sub
séquents, acquérir les dimensions et la forme convenables.
Mais toujours est-il que le forage pouvant avancer de Om20

par heure et même davantage , la tranchée avancerait facile


ment de 3 à 4 mètres en 24 heures ; le surplus du temps né
cessaire au forage étant employé à la réparation des outils,
au chargement, au bourrage et à la prise de feu. Bien que
celte manière de procéder paraisse très-lente, il n'en est pas
moins vrai, qu'elle procurerait un avancement de 1,000 à

1,400 mètres par an : avancement certain et suffisant dans


quelques circonstances, témoin le siège de Gibraltar, qui dura
plus de 7 ans, vers la fin du siècle dernier et échoua complè
tement.
Les cheminements creusés dans le roc , pourraient être
blindés au besoin, ce qui permettrait de les conduire en ligne
droite, ils formeraient alors des communications sûres et
pourraient en même temps servir d'abri pour les hommes et
pour le matériel. Les parallèles pourraient aussi être creusées
en minant avec l'emploi du forage. Au besoin on se déGIerait
des ouvrages de fortification , ayant le commandement le

plus considérable en exhausant le devant des parallèles avec


des terres rapportées.
Les cheminements et les parallèles étant conduits jusque
contre le rocher, sur lequel on suppose la place ou une par
tie des fortifications construites; il suffirait de creuser une
galerie par l'un des moyens indiqués précédemment ou de
profiter des excavations déjà existantes, pour établir ensuite
des dépots considérables de poudre, 50.000 à 100,000 ou
250 EXPÉRIENCES SUR LE FORAGE

200,000 kilog. : dans l'intérieur de la masse rocheuse , puis


de faire détonner la charge, pour détruire toutes les fortifi
cations , pour renverser tous les obstacles naturels et pour
pouvoir s'emparer ensuite de positions souvent réputées im
prenables.
Des charges aussi monstrueuses doivent produire par leur
déflagration des effets comparables à ceux des volcans.
Le premier emploi avantageux de la poudre dans les mines
remonte à 4503. Pierre de Navarre, pour prendre le château
de l'OEuf, ouvrit une brèche par une mine qui devait être des
plus considérables, puisque le rocher sur lequel il était bâti.
se fendit avec un fracas épouvantable , et tomba en partie
dans la mer. Les assiégeants entrant par la brèche , s'empa
rèrent de la place ; ce dont ils avaient presque désespéré. Un
si beau résultat engagea répéter l'emploi des mines dans les
à

sièges ; et il fut même admis, que dès que la mine était char
gée, il suffisait qu'on la montrât à l'assiégé , pour que celui-ci
se rendit aussitôt.
• formidables ne sont pas, comme on le voit, une
Ces mines

simple spéculation, puisqu'on les a réellement employées. Les


progrès continuels de l'artillerie et de Tart de l'attaque des
places ont fait renoncer peu à peu à l'usage de ces mines
prodigieuses; les travaux d'excavation et d'appropriation de
mandant trop de temps.
Certaines places bâties sur des rochers taillés à pic semblent
déûer tous les efforts de l'artillerie : c'est contre ces places
réputées imprenables que nous proposons d'appliquer les
moyens que nous venons d'exposer.
Des citadelles bâties sur des hauteurs sont souvent les clefs
de forteresses plus importantes. Lorsque ces hauteurs sont
composées de pierres bâlir, de houille ou d'autres minéraux
à

exploitables, il arrive souvent qu'elles sont traversées en tous


sens par des galeries très-praticables. L'on aperçoit de suite
le danger qui en résulte pour ces citadelles. Car il est alors
possible d'établir en peu de temps des mines tellement formi
FAITES A YPBES EN 1850 ET 1851. 231

dables, que malgré toute l'énergie qu'elles pourraient dé


penser à détruire les galeries intérieures , il en resterait
encore assez pour bouleverser toutes les constructions et

pour produire les brèches les plus désastreuses.


L'emploi du forage pour pratiquer des mines dans la ma
çonnerie paraît devoir être des plus avantageux. Nous avons
vu que les forets pouvaient facilement
pénétrer de Om001 à
chaque tour : en leur fesant faire 15 révolutions par minute,
ce qui n'est pas une trop grande vitesse, ils pénétreraient de
0-90 par heure.
Dans l'hypothèse que les forets se composeraient de sim
ples langues de carpe ou de scies cylindriques, nous avons
dressé le tableau suivant . indiquant la quantité de travail'
consommée par heure pour quelques travaux de forage dans
la maçonnerie et pour un avancement de Om90 par heure.
Nous avons adopté dans nos calculs la valeur moyenne .

R = 6,500,000.
Tableau n" 7.

PROFON M'M iiur.


DIAMÈTRE BIA- I..V1I. QCANTITpi approKl-
DEUR
XtJliR matir de
«
dl GECR du de travail
cylindre chevaux-
cylindre du delà creuse' ou utile vapeur
delà pour OBSERVATIONS.
noyau.
I
crème'. rainure dtpeniee.
1 rainure. avaaeer
a Valeur de Valeur onde Valeur de Kll..., 1.,' le forage
K de 0,90
D. deD>. la voie. très.) par heure.

i 0,05 •j . 0,90 14,000 , Moloa de la force d'un


homme travaillant a une
manivelle.
3 0.10 O.IM 0,02 0,90 33,000 m Uolna de la force de
3 hommes.
3 0,20 0,18 0,02 0,90 70,000 0,25 La force de5 hommes.

1 (M» 0,38 0,03 0,90 107,000 0,40 Id. 5 hommes.

5 0,50 0,48 0,02 0,90 180,000 0,67 Id. 8 homme».

6 1,00 0,98 0,02 0,90 365,000 1,35 Forée de 16ll7himmes-

2 font voir quelle facilité le forage donnerait


Les R°* 1 et

pour pratiquer des mines dans la maçonnerie : avec un cer


tain nombre de foreurs, quelques heures suffiraient pour
224 EXPÉRIENCES SUR LE FORAGE

Évaluons approximativement combien coûterait le forage


de deux galeries cylindriques de im20 de diamètre super-

pose'es et séparées par une épaisseur de roche de O^âO.


Nous supposerons que le travail a lieu jour et nuit; que le
forage effectif est de 15 heures, les 9 autres heures étant

consacrées à réparer les outils, à briser et à enlever les par


ties annulaires et la couche de roche séparant les deux gale
ries, de manière à les réunir et à n'en former qu'une seule

de 2™60 de hauteur et de Im20 de largeur : ce mode d'opé


rer procurant ainsi un avancement en galerie de 3 mètres
par 24 heures.
Intérêt par jour d'une machine de 25 chevaux
à haute pression 4 00
Usure d'idem 8 00

Intérêt par jour d'un outillage évalué à 12,000fr. l 67

Usure d'idem 9 53

Combustibles et accessoires 1700


Mécaniciens, 2 à 4 îr 8 00

Chauffeurs, 2 à 2 fr. 50 c 5 00
Deux maîtres foreurs 10 00
Ouvriers, hommes de peine, etc 25 00
Consommations diverses 5 00

Total francs. . . 93 00

La galerie avançant par jour, chaque mètre


de 5mOO cou
rant coûtera 31 fr. et la section offrant une surface de 2™81

mètres carrés, chaque mètre cube de déblai coûtera 1 1 fr.


3 centimes.

Outre l'avancement rapide du travail , 3 mètres courants


de galerie par jour, le forage procurerait, comme on le roit,
une économie considérable, puisque le mètre cube de déblai
ne reviendrait pas à plus de 11 fr. 3 c.
Le creusement des puits verticaux, que l'on établit généra
lement de 200 en 200 mètres, pour accélérer la besogne et
pour donner de l'air, pouria être évité; l'ouvrage avançant

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