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ACCORD DU PARTICIPE PASSÉ

Dans la langue orale, la marque du nombre n’est jamais perçue et les participes qui présentent une opposition de genre étant
relativement peu nombreux (conduire, cuire, dire, écrire, faire, mettre, offrir, ouvrir, prendre), l’accord du participe est rarement audible
et devient, par conséquent, un problème uniquement orthographique.

I - Participe passé employé sans auxiliaire.


Règle : le participe passé employé sans auxiliaire s’accorde comme un adjectif avec le nom ou le pronom qu’il accompagne.
Exemples :
1 - L’an passé. L’année passée. (adjectif épithète > accord)
2 - Je la trouve fatiguée. (“fatigué” est attribut de “la” > accord)
mais,
3 - Excepté les enfants, tout le monde doit sortir. (Les participes passés suivants sont invariables lorsqu’ils sont placés
devant un nom ou un pronom: accepté, approuvé, attendu, certifié, compris, non compris, y compris, entendu, sous-entendu, excepté,
lu, ôté, reçu, supposé, vu - cependant, depuis 1976 l’accord est permis).
4 - Les enfants exceptés, tout le monde doit sortir. (Les mêmes participes placés après le nom sont variables).
5 - Ci-inclus copie d’un arrêté de 1976. (En tête de phrase, “ci-joint”, “ci-inclus”, “ci-annexé”, sont invariables).
6 - Veuillez trouver ci-joint facture de votre commande. (Dans le corps de la phrase, “ci-joint”, “ci-inclus”, “ci-annexé”, devant
un nom sans article, sont invariables).
7 - Vous trouverez ci-inclus (ou ci-incluse) la copie de l’arrêté. (Devant un nom avec article, l’accord est facultatif).
8 - Veuillez lire la note ci-jointe. (Placé après le nom, “ci-joint” s’accorde, comme ‘ci-inclus” ou “ci-annexé”).
9 - Mis à part (ou mise à part) son objection, l’accord est unanime. (Lorsque l’expression “mis à part” est suivie d’un nom ou
d’un pronom, l’accord du participe est facultatif. Après le nom, il s’accorde : “son objection mise à part”).
10 - Les personnes soussignées s’engagent à... (“soussigné” s’accorde avec le nom ou le pronom : je soussigné [masc.], je
soussignée [fém.], nous soussignés/ées [pluriel]).

II - Participe passé employé avec l’auxiliaire “être”. (ou “sembler”, “paraître”, etc.)
Règle : Le participe passé employé avec “être” s’accorde en genre et en nombre avec le sujet du verbe ou avec le nom auquel il se
rapporte.
Exemples:
1 - L’étudiante est fatiguée.
2 - L’étudiante a été fatiguée par une année universitaire exténuante.
3 - La Valse et le Boléro de Ravel ont été enregistrés.
4 - Les consignes étant données, nous pûmes commencer le travail.
mais,
5 - a) Étant donné les consignes, le travail était impossible. (Placé en tête de phrase ou devant un nom, “étant donné” est, de
préférence, invariable.
- b) Étant donné que les consignes étaient strictes, le travail était impossible. (“Étant donné que” est toujours invariable).

III - Participe passé employé avec l’auxiliaire “avoir”.


Règle : Le participe passé conjugué avec l’auxiliaire “avoir” s’accorde avec le complément d’objet direct placé avant le verbe. Il est donc
invariable 1) quand le complément d’objet direct est placé après le verbe; 2) quand il n’y a pas de complément d’objet direct.
Exemples:
1 - J’ai vu et acheté une voiture.
2 - J’ai vu une voiture et je l’ai achetée.
3 - C’est la voiture que j’ai vue et achetée.
Remarques:
a) Les verbes intransitifs (et transitifs indirects), qui n’acceptent pas de COD, restent invariables.
ex : Ma mère, à qui j’ai téléphoné, va très bien.
b) Les verbes transitifs directs qui sont parfois suivis d’une préposition auront donc des comportements différents.
ex : Cette vendeuse nous a servis très aimablement. (servir quelqu’un)
Ces outils nous ont beaucoup servi. (servir à quelqu’un)
c) Lorsque la forme du verbe est impersonnelle, le sujet il n’est pas l’auteur de l’action, il ne peut donc pas avoir de COD; par
conséquent, on ne fait pas l’accord:
ex : Les pluies qu’il y a eu ont inondé la vallée.
Les grands froids qu’il a fait ont provoqué des dégats importants.
d) Participe passé précédé de “LE” ou de “EN”:
- Lorsque le pronom personnel “LE” a un sens neutre (c’est-à-dire qu’il représente une idée ou une proposition, il remplace
alors “cela”) le participe passé qui suit reste invariable:
ex : La tempête était plus forte que je ne l’aurait imaginé.
Elles sont plus difficiles qu’on ne l’avait dit.
Attention : Lorsque “LE” remplace un nom ou un pronom, l’accord suit les règles normales:
ex : Cette chanson, je l’ai déjà entendue.
- Le pronom adverbial “EN” représente une locution partitive ou en tout cas introduite par de. Par conséquent, il ne peut pas
introduire un COD:
ex : Ces pâtes sont délicieuses, est-ce que tu en as mangé.
Des informations? Je n’en ai pas reçu.

IV - Participe passé des verbes pronominaux.


Employés avec l’auxiliaire être, les verbes pronominaux se conjuguent avec un pronom personnel de la même personne que
le sujet : me, te, se, nous, vous.
Il faut tout d’abord distinguer les différents types de verbes pronominaux:
a) les verbes essentiellement pronominaux: (ils n’existent que sous la forme pronominale. La particule se fait partie intégrante
du verbe; ces verbes n’acceptent pas de COD),
- verbes strictement pronominaux: ex, se souvenir
- verbes pronominaux à sens passif: ex, se vendre
- verbes pronominaux non réfléchis: ex, s’attendre à
b) les verbes accidentellement pronominaux: (ils existent également à la forme active transitive, directe ou indirecte),
- verbes pronominaux réciproques: ex, se battre
- verbes pronominaux réfléchis: ex, se laver
A. Les verbes essentiellement pronominaux (catégorie a):
Règle : Ces verbes se comportent comme les verbes construits avec l’auxiliaire “être”, ils s’accordent donc avec le sujet du verbe (une
seule exception, le verbe “s’arroger”: ce verbe admet un COD > les droits qu’elle s’était arrogés, mais, elle s’était arrogé des droits
exorbitants).
Exemples :
1 - Les prisonnières se sont suicidées hier soir.
2 - Cette année, les pommes se sont bien vendues.
3 - Elle s’était attendue à une telle réponse.
B. Les verbes accidentellement pronominaux (catégorie b):
Règle : Ces verbes s’accordent avec le complément d’objet direct, si celui-ci est placé avant le verbe. Il n’y a donc pas d’accord si le
COD est placé après le verbe ou si le verbe n’admet pas de COD (mais un COIndirect,par exemple).
Tout se passe donc comme si l’accord se faisait non pas avec l’auxiliaire “être”, mais avec l’auxiliaire “avoir”.
Exemples :
verbes réfléchis,
1 - Elles se sont lavées (elles ont lavé quoi? elles-mêmes = se : le COD est placé avant le verbe > accord).
2 - Elles se sont lavé les mains (elles ont lavé quoi? les mains : le COD est placé après le verbe > pas d’accord. Se est
COIndirect).
verbes réciproques,
3 - Les deux boxeurs se sont battus (ils ont battu qui? eux-mêmes = se : le COD est placé avant le verbe > accord).
Remarques :
a) certains verbes réfléchis se construisent avec la préposition “à”, ils ne peuvent donc jamais avoir de COD et leur participe est par
conséquent invariable (se nuire, se parler, se téléphoner, s’écrire, se plaire, se complaire, se ressembler, se succéder, se sourire etc.)
ex, nous nous sommes écrit (nous avons écrit à qui? COIndirect > pas d’acord)
ex, elles se sont téléphoné, elles se sont plu. (idem)
b) le verbe se rendre compte est toujours invariable. On considère, en effet, qu’il s’agit d’une locution verbale et que le complément
direct du verbe rendre est le terme qui suit, compte)
ex, les pompiers se sont rendus maîtres de l’incendie.
ex, elles se sont rendu compte de leurs possibilités.

V - Participe passé suivi d’un infinitif.


On distinguera deux cas:
a) les verbes faire et laisser suivis d’un infinitif (ce sont des locutions verbales, ces verbes ont valeur d’auxiliaires)
b) les verbes de perception suivis d’un infinitif: voir, regarder, écouter, entendre, sentir.
Règle a) : faire et laisser suivis d’un infinitif sont invariables (pour laisser, cette règle n’est pas toujours respectée et on applique
quelquefois la règle b):
1 - Il les a fait venir ici.
2 - Elles se sont laissé séduire.
Règle b) : on fera l’accord lorsque le sujet du verbe à l’infinitif est également le COD du participe passé (et que ce COD est placé avant
le verbe):
3 - La chanteuse que j’ai entendue chanter est roumaine. (le sujet de l’infinitif, “chanter” = la chanteuse / le COD du participe
passé = que = la chanteuse: sujet et COD sont identiques > accord)
4 - La chanson que j’ai entendu chanter était magnifique. (le sujet de l’infinitif, “chanter” = ? [il s’agit probablement d’un
chanteur, d’une chanteuse ou d’un ensemble vocal, c’est sous-entendu, mais non explicite] / le COD du participe passé = que = la
chanson: sujet et COD sont différents > pas d’accord)