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Bibliothèque de l'école des

chartes

Essai historique sur le droit des marchés et des foires, par P.


Huvelin.
Félix Aubert

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Aubert Félix. Essai historique sur le droit des marchés et des foires, par P. Huvelin.. In: Bibliothèque de l'école des chartes.
1898, tome 59. pp. 623-626;

http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1898_num_59_1_447957_t1_0623_0000_2

Document généré le 15/04/2017


BIBLIOGRAPHIE. 623
talia : Ferrante Ier, Césare Ier et Ferrante II. Plus de 1,300 lettres ou
pièces, copiées en 1776-1778 pour Tiraboschi, sont ainsi énumérées ;
la plupart sont du xvie siècle, quelques-unes du xvne. Ici encore, les
références bibliographiques sont nombreuses.
La dernière notice est celle du manuscrit latin 772, souvent utilisé
déjà; on y trouve des lettres de plusieurs savants et humanistes du
xve siècle, principalement d'Alberto da Sarziano.
Ce catalogue se termine fort utilement par une table très copieuse
des noms de personnes et un index des incipit des poésies italiennes
et latines.
M. G. Frati avait l'intention de publier un catalogue général des
manuscrits latins et italiens de la collection d'Esté, à Modène; il est
tout à fait regrettable que les circonstances ne lui aient pas permis de
mettre son projeta exécution; l'essai qu'il nous offre était plein de
promesses.
L. Auvray.

Essai historique sur le droit des marchés et des foires, par P. Hdve-
lin, avocat à la Cour d'appel, docteur en droit, lauréat de la
Faculté de droit de Paris. Paris, A. Rousseau, -1897. In-8°,
634 pages.
A la suite de plusieurs érudits, d'ailleurs peu nombreux, M. H. a
dirigé ses recherches vers l'histoire de nos institutions commerciales et
économiques. Mettant à profit la sociologie, remontant jusqu'à la plus
haute antiquité, il examine les conditions du commerce périodique et
comment peu à peu il est devenu le commerce permanent.
Ghez les peuples primitifs, les besoins sont bornés, les relations
commerciales très restreintes, quelquefois même nulles. L'achat simple est
une anomalie, l'achat pour revendre est inconnu. Avec la vie
sédentaire, la civilisation apparaît, l'existence se complique, les échanges
deviennent nécessaires; on fait trêve aux hostilités à des intervalles
fixes, en des endroits précis : sur des marchés.
L'apparition de la monnaie fait que le troc cède la place aux achats
et aux ventes; le terrain du marché est considéré comme neutre, sous
la sauvegarde de la divinité. Les fêtes religieuses sont l'occasion de
marchés réguliers.
Puis les relations maritimes étendent le commerce auquel la notion
et la pratique du crédit procurent un grand essor.
A vrai dire, les moyens de transport et les garanties, les sûretés,
restent insuffisants; aussi les commerçants s'unissent, forment de
puissantes caravanes, voyagent à des époques déterminées et diminuent
ainsi les risques. Le commerce des marchés et des foires, et sur le long
des grands fleuves le commerce fluvial, sur les côtes le commerce mari-
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BIBLIOGRAPHIE. 625
départ entre ce qui est du droit général de l'un et ce qui est du droit
spécial de l'autre.
Pour plus de clarté, l'auteur s'occupe d'abord de l'histoire externe
des foires depuis l'antiquité et particulièrement en France ; dans une
deuxième partie, il traite de l'histoire interne, de l'organisation et des
privilèges. Cette étude du passé l'amène à expliquer l'évolution
prochaine de ces institutions.
A la suite de M. H., le lecteur passe successivement en revue, dans
l'histoire externe, lès foires et marchés des Chinois et Indiens,
Assyriens et Babyloniens, Égyptiens et Phéniciens, des Grecs et des
Romains, des Celtes et des Germains. Avec la période franque (p. 143
à 176), l'intérêt augmente; en effet, M. H. prouve qu'à cette époque
troublée le commerce fut actif, puis il étudie longuement les foires et
les marchés au moyen âge. C'est à la concession royale qu'il rattache
l'origine de l'attribution de la puissance publique des foires aux
seigneurs du marché^et il réfute les thèses de Maurer et de Waitz.
L'établissement d'un marché, comme la perception des tonlieux et la frappe
des monnaies, est en effet un démembrement des droits régaliens, et
ces trois privilèges sont généralement concédés et exercés
simultanément.
Devenue forte, la royauté enseigne avec Charles V que seul le roi
peut créer des foires et des marchés, et cette doctrine reste désormais
indiscutée. Ici encore, M. H. ne néglige ni les causes économiques ni
les conséquences juridiques. Pour lui, l'origine et la formation du droit
municipal découlent du droit des marchés : « C'est le droit des
marchés qui, à l'exclusion des autres droits qui pouvaient exister sur le
territoire d'une agglomération, s'est étendu jusqu'à devenir le droit de
la ville...; le droit des marchés est identique au droit de la ville »
(p. 214 et suiv.). Les mercatores deviennent les bourgeois, le marché
devient la ville; « la paix de la ville c'est la paix du marché, qui de
temporaire est devenue perpétuelle. » Le juge de la ville n'est autre
chose que l'ancien « juge du marché » et « les libertés de la ville sont
les mêmes que celles du marché et elles en sont, sans aucun doute,
dérivées. »
Cette thèse, actuellement en faveur, renferme une grande part de
vérité; mais il ne faut pas la pousser à l'excès. Il faudrait bien
distinguer les villes d'origine romaine et celles d'origine plus récente; les
affirmations seraient moins audacieuses ; il faudrait des restrictions,
des distinctions et de plus amples explications.
Les grandes foires de Champagne, de Flandre, de l'Ile-de-France, de
Picardie et de Normandie, de Bretagne et d'Anjou, du Centre et du
Midi, celles d'Angleterre, d'Allemagne et d'Italie sont passées en revue
rapidement, mais d'une façon satisfaisante. Ensuite nous assistons au
déclin : les foires vont naître au xve siècle; les plus célèbres, celles de
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Lyon et de Genève, attirent surtout l'attention ; toutes auront leur
apogée au xvie siècle, puis tomberont en décadence.
L'étude des foires au xvne et au xvme siècle conduit M. H. à
examiner les systèmes de Colbert et de Turgot ; les foires et les marchés sont
alors multipliés, ce qui diminue leur importance; en outre,
l'administration, obéissant à des considérations politiques et économiques, leur
devient hostile ; aussi, à la veille de la Révolution, leur rôle semble-t-il
négligeable.
Dans la seconde partie (p. 337 à 594), l'auteur insiste sur l'idée de
paix qui, chez tous les peuples, fut la base de la notion des foires et
des marchés. Il expose l'ensemble de privilèges, franchises, droits,
obligations et usages qui en découlent ; comment cette idée de paix,
combinée avec la limitation du commerce, quant au temps et quant à
l'espace, a engendré une organisation originale et des usages spéciaux ;
comment des institutions nées en dehors des foires se sont adaptées au
commerce périodique, en ont reçu l'empreinte et pomment elles ont
fini par en sortir agrandies ou transformées.
Ge compte-rendu, un peu long, fera comprendre l'intérêt du livre de
M. H., surtout pour nous Français qui sommes encore à peine au courant
des travaux analogues, et déjà nombreux, parus en Allemagne.
Discuter à fond les assertions de l'auteur au point de vue politique ou
économique ou simplement historique entraînerait trop loin : le compte-
rendu deviendrait un volume. Il est préférable d'engager les érudits,
les historiens et les économistes à lire l'ouvrage, à pousser plus avant
leurs recherches et surtout, laissant encore de côté les généralisations,
à étudier une région ou une époque, à donner de sérieuses
monographies. La bibliographie alphabétique des foires et marchés qui termine
l'Essai historique de M. H. leur sera d'une grande utilité.
F. Aubert.

LIVRES NOUVEAUX.

SOMMAIRE DES MATIÈRES.

Généralités, 797.
Sciences auxiliaires. — Paléographie, 771. — Épigraphie, 814, 954.
— Bibliographie, 969 bis. — Bibliothèques, 756, 855, 899. —
Manuscrits, 836, 888,-895. — Imprimerie, librairie, 740. — Reliure, 944.
Sources, 847. — Légendes, 909, 975, 989. — Chroniques, 865, 947.
— Correspondances, 804. — Archives, 783, 803, 818, 923, 985. — Cartu-