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Bibliothèque de l'école des

chartes

Les Courriers des foires de Champagne, par P. Huvelin.


Félix Aubert

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Aubert Félix. Les Courriers des foires de Champagne, par P. Huvelin.. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1899, tome 60.
pp. 304-305;

http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1899_num_60_1_452541_t1_0304_0000_1

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304 BIBLIOGRAPHIE.

Les Courriers des foires de Champagne, par P. Htjvelin, chargé de


cours à la faculté de droit de l'Université d'Aix-Marseille. Paris,
A. Rousseau, -1898. In-8°, 21 pages. (Extrait des Annales de droit
commercial français, étranger et international, 4898.)
Une lettre que le marchand Andrea Tolomei adressait, pendant la
foire de Troyes, à la Société des Tolomei de Sienne (29 novembre 1265)
et quelques autres documents de ce genre empruntés aux archives
italiennes ont permis à M. Huvelin de préciser l'organisation et le rôle
des courriers des foires de Champagne. Un échange incessant de
nouvelles commerciales existait entre les compagnies de commerce italiennes
trafiquant aux foires et leurs représentants aux foires de Champagne.
Les Tolomei de Sienne, les Bardi et Perruzzi de Florence, etc., ont
ainsi des mandataires, des représentants [nuntii, nussi), et l'échange des
messages s'opère par les courriers ou cursores, particuliers ou, ce qui est
moins coûteux, communs à une ville ou à toute une corporation. Ces
courriers ne perdaient pas leur temps, car en une ■vingtaine de jours ils
allaient de Lagny à Florence. Les lettres n'étaient reçues que lorsque
les frais de port avaient été acquittés, quelques-unes cependant, celles
du notaire et du trésorier de la corporation, voyageaient en franchise.
Beaucoup de maisons de commerce préféraient payer en abonnement.
Le courrier ne devait transporter que les lettres à lui-même remises
dans un sac de cuir par le trésorier (camerarius) . Quand le courrier était
de retour, le trésorier devait, sans retard, en aviser les membres de
la corporation. Ces lettres sont très intéressantes au point de vue
commercial et même au point de vue politique, car on y trouve tout ce qui
peut avoir quelque importance pour le commerce.
M. H. donne ensuite des explications sur le mécanisme des
règlements de compte dans les foires : le change de foire à foire, le change
de retour ou rechange. — Dès la deuxième moitié du xme siècle, on
expédiait des avis de paiement, des avis de recouvrement et des remises,
par l'intermédiaire des cursores. Le cursor de pagamento partait de la
foire vers la fin de celle-ci et faisait connaître aux marchands de la
place qu'il desservait le montant des effets qu'ils avaient à encaisser ou
à acquitter. Le cursor de ara quittait la foire vers le moment où l'on
criait « hare » (c'est-à-dire à la fin d'une des deux grandes périodes de
ventes que l'on trouve dans la première moitié de chaque foire) pour
porteries nouvelles de ce qui s'est passé jusqu'à ce moment important,
M. H. croit qu'il s'agit ici de la hare de Gordouan ; le cursor de ara
portait à ses commettants des nouvelles relatives aux ventes de
marchandises, au cours des monnaies et, éventuellement, au change de place.
D'Italie, le cursor de ara partait pour arriver au commencement de la
foire et donner aux représentants les instructions de leurs maisons de
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commerce ainsi que des avis de paiements et des traites. De son
côté, le cursor de pagamento quittait l'Italie à temps pour arriver en
foire vers le début de la période des paiements en papier et apportait
les instructions relatives aux opérations de crédit ainsi que les effets
qui devaient être réglés par le jeu de la scontration.
Cet aperçu suffit pour montrer combien l'article approfondi de M. H.
est important, il constitue un bon appendice à son excellent Essai
historique sur le droit des marchés et des foires.
F. Aubert.

Manuscrit ou livre de Saint-Privat, par Aldebert le Vénérable,


précédé et suivi de ce qui a été écrit en latin sur les saints du diocèse
de Mende, par l'abbé P. Pourcher, curé de Samt-Martin-de-Bou-
baux. Saint-Martin-de-Boubaux, 4898. In--! 6, 736 pages.
La plupart des textes publiés par M. l'abbé Pourcher proviennent
d'un manuscrit de la fin du xrve siècle, dit manuscrit de Saint-Privat
ou d'Aldebert, aujourd'hui égaré % qui figure sous le n° 1446 de
l'inventaire de la série G des archives de la Lozère. Les documents
hagiographiques de ce manuscrit firent l'objet, en 1862, d'une
communication au Comité des travaux historiques et d'un rapport de M. Delisle,
qui en fixa l'origine et la chronologie et mit en lumière les
renseignements que l'historien et l'archéologue pourraient en tirer2. Ces
documents, d'autant plus intéressants que tous, sauf la vie de saint Hilaire,
ont échappé aux recherches des Bollandistes, sont les suivants : 1° un
traité sur les miracles de saint Privât, composé dans la seconde moitié
du xie siècle par un clerc de la cathédrale de Mende ; 2° six traités sur
l'invention du corps de saint Privât en 1170, œuvre d'Aldebert III,
évêque de Mende de 1151 à 1187 ; 3° douze proses en l'honneur de saint
Privât; 4° une vie abrégée du même saint en vers hexamètres; 5° une
vie de saint Hilaire, évêque de Mende vers le second quart du vie siècle,
œuvre de Guy de Castres, élu abbé de Saint-Denis en mars 1326, qui
ne fit que remanier une vie, presque contemporaine, de saint Hilaire,
composée par un Gévaudanais3; 6° des fragments relatifs à saint

1. Voy., au sujet de la perte de ce ms., Bulletin de la Société d'agriculture,


sciences et arts de la Lozère, année 1896, p. 167-173. M. l'abbé Pourcher l'a
publié d'après une copie de M. André, ancien archiviste de la Lozère.
2. Revue des Sociétés savantes des départements, 1862, 2e semestre, p. 50-71.
3. Ada Sanctorum, octobre, XI, p. 638a-639&. — Les Bollandistes
identifient avec le Sanctus Hilarius de cette légende, évêque du Gévaudan, d'après
les données de la légende même, vers le second quart du vie siècle, un
Sanctus Ilerus que les historiens du Languedoc et les auteurs de la Gallia chri-
stiana placent comme évêque de Mende un siècle après, en vertu d'un passage
de la vie de sainte Énimie, qui fait de cette sainte une sœur de Dagobert et
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