Vous êtes sur la page 1sur 58

Journal d'agriculture tropicale et

de botanique appliquée

Plantes médicinales et toxiques des Peul et des Toucouleur du


Sénégal
J. Kerharo, J.G. Adam

Citer ce document / Cite this document :

Kerharo J., Adam J.G. Plantes médicinales et toxiques des Peul et des Toucouleur du Sénégal. In: Journal d'agriculture
tropicale et de botanique appliquée, vol. 11, n°12, décembre 1964. pp. 543-599;

doi : 10.3406/jatba.1964.2795

http://www.persee.fr/doc/jatba_0021-7662_1964_num_11_12_2795

Document généré le 30/03/2016


PLANTES MÉDICINALES ET TOXIQUES

DES PEUL ET DES TOUCOULEUR DU SÉNÉGAL

Far J. KERHARO
(Suite et etfin)J.-G. ADAM.

101. — Ficus iteophylla Miq. (Moracées).


Vern. : warndonay (p, t).
Arbre de 10 à 12 m de haut, bas branchu, à cime irrégulière.
Feuilles oblancéolées, longuement cunées et arrondies à la base,
courtement acuminées au sommet, de 10 cm de long sur 4 cm de
large. Réceptacles pubescents, tomenteux, de 6 à 12 mm de
diamètre, avec un pédoncule de 4 à 5 mm de long.
Il est largement répandu dans le Sénégal et pénètre dans le
Sahel.
Dans l'ethnie peul-toucouleur, le « warndonay » nous a été
signalé par un Peul nomade de grande réputation, vivant à la
limite Walo-Dimar. Le nombre considérable de clients venant le
consulter de très loin pour la paralysie, la tuberculose ou la folie,
lui assure dans cette région une situation financière privilégiée (*).
Nous n'avons pas vue le « ligey » signalé pour le traitement des
paralysies; mais, en possession du nom vernaculaire et d'un
échantillon de racine, nous avons fini par découvrir le « warndonay »
aux environs de Thiès et avons pu alors l'identifier au Ficus
iteophylla.
Si l'on en croit le vieux guérisseur, le décocté de racines, pris
deux fois par jour en boisson, lavages et bains, donnerait des
résultats remarquables dans le traitement des tuberculoses et de
différentes formes de folie, en particulier les accès de dépression
mélancolique et d'agitations maniaques.

(*) Au cours de cette enquête, nous nous heurtâmes à de nombreuses


difficultés tant pour trouver le thérapeute, qui nous avait été signalé de diverses
parts, que pour déterminer sa drogue-miracle quand il consentît à nous
livrer son secret. Le « warndonay » en effet ne se trouve pas dans la zone de
nomadisation du Peul qui charge régulièrement un émissaire d'aller lui en
récolter fort loin, dans la région de Bargny, près de Dakar.
JOURNAL D'AGRIC. TROPICALE ET DE BOTANIQUE APPLIQUÉE, T. XI, N° 12, DÉCEMBRE 1964
— 544 —

102. — Ficus umbellata Vahl. (Moracées).


Vern. : âdaké (ph).

Arbre de 7 à 8 m, à fût court, large irrégulier, entourant


souvent d'autres arbres et même des blocs rocheux. Branches et
feuilles glabres; ces dernières sont largement ovales suborbicu-
laires, cordées à la base, courtement acuminées, vert foncé brillant;
elles atteignent 25 cm de long et 20 cm de large et sont longuement
pétiolées. Les réceptacles sont en fascicules sur les branches vers
leur extrémité; ils sont ovoïdes, globuleux, de 2,5 cm à 3 cm de
diamètre, sur un pédoncule d'environ 7 mm
II est parfois planté dans les villages pour son ombre, mais il
ne semble pas dépasser naturellement le Nord de la voie ferrée,
même dans les dépressions plus humides.
Dans le Niokolo et le Bademba, F. umbellata est, par excellence,
le médicament de la femme pour les dysménorrhées, les
accouchements dystociques et, d'une façon plus générale, les maux de
ventre. La partie utilisée est l'ecorce de tronc sous forme de décocté
pris en boisson ou mélangé au riz.

103. — Gardenia ssp. (Rubiacées).


Vern. : bosey [singulier], [bossédé] pluriel (p, t).
A propos des différents Gardenia cités plus loin, il importe de
signaler qu'en raison des caractères voisins des espèces, il y a
souvent confusion au sujet des noms donnés par les guérisseurs. Mais
comme, d'une part, il s'agit toujours de renseignements fournis
au pied du végétal vivant et que, d'autre part, chaque guérisseur,
pour faire sa provision de drogues, choisit régulièrement dans la
brousse le même lieu de récolte et généralement, jusqu'à épuisement
même, un seul individu par espèce, le nom scientifique
correspondant aux propriétés citées présente toutes les garanties.
Tenant compte des probabilités données par la loi des grands
nombres, nous admettons un nom « préférentiel » par espèce.

104. — Gardenia erubescens Stapf. et Hutch. (Rubiacées).


Vern. : boeli (p).

Arbuste de 2 m environ, à branches évasées. Feuilles glabres,


un peu glauques, dont la nervation rougit en séchant; elles sont
largement obovales et atteignent sur les rejets 20 cm de long et
10 cm de large. Fleurs blanches parfumées; lobes du calice subulés;
tube de la corolle d'environ 5 cm de long et lobes de 2 à 3 cm. Fruits
ellipsoïdes de 4 à 7 cm, jaune pâle à maturité, peu fibreux.
— 545 —

II se rencontre dans toutes les savanes soudaniennes très


irrégulièrement réparti.
Dans l'habitat de G. embescens, des préparations d'écorces
(usage interne) sont conseillées pour les troubles gastro-intestinaux
des enfants et des préparations de racines ou de feuilles (usage
interne et externe) comme antisyphilitique.

105 — Gardenia ternifolia Schum. et Thonn. (Rubiacées).


Vern. : bosey [singulier], bosédé [pluriel] (p, t).
Arbuste de 2 à 3 m de haut, à écorce jaunâtre, claire, lisse, à
branches courtes, tortueuses, lignifiées à l'extrémité. Feuilles
groupées à l'extrémité des rameaux, glabres, obovales, jusqu'à
15 cm de long et 7 cm de large, réticulées sur les deux faces. Belles
fleurs blanches, très parfumées; calice variable tronqué, ou à lobes
linéaires de 10 mm; le tube de la corolle a jusqu'à 9 cm et les lobes
ont 4 cm. Le fruit est ellipsoïde, fibreux, ligneux; il atteint 10 cm
de long.
Cette espèce est commune dans tout le Sénégal, mais
irrégulièrement répartie.
G. ternifolia est employé seul pour traiter l'ascite (macéré de
racines a effet purgatif), les caries dentaires (applications de
boulettes chaudes d'écorces de racines pilées, lavages buccaux avec le
macéré) et, en association avec d'autres espèces, comme défatigant
et antihémorroïdaire.

106. — Gardenia triacantha DC. (Rubiacée).


Vern. : dinali (t).

Arbuste de 2 à 3 m, à branches jaune pâle, ressemblant au Gar-


dénia ternifolia. Feuilles scabres, au moins sur la face inférieure,
avec nervures proéminentes sur les deux faces. Fleurs et lobes de
4 cm; lobes du calice oblongs linéaires. Fruits ligneux, ellipsoïdes,
côtelés surtout lorsqu'ils sont jeunes, jusqu'à 8 cm de long sur
3,5 cm de large.
Il est irrégulièrement réparti dans tout le Sénégal, parfois en
mélange avec les Gardenia ternifolia et erubescens.
G. triacantha ne nous a été signalé qu'en association, mais
toujours dans des préparations ayant la réputation d'être très actives,
en particulier pour les traitements des affections abdominales (avec
Strychnos spinosa et Cassia sieberiana) et des fièvres bilieuses
hématuriques (avec Combretum glutinosum et Acanthospermum
hispidum) .
— 546 —

107. — Gossypium spp. (Malvacées).


Vulgo : Cotonnier.
Vern. : lige, buki (p) ; witen, wuten (t).
Le Cotonnier est un petit arbuste vivace, ou une plante annuelle,
qui fait l'objet d'une culture très limitée autour de tous les villages
du Sénégal. Les feuilles, longuement pétiolées, sont digitilobées ou
presque entières. Grandes fleurs jaunes ou rougeâtres suivant les
variétés. Capsules contenant de nombreuses graines entourées de
fibres blanches qui constituent le Coton.
Le décocté de feuilles aurait des propriétés antidiarrhéïques. Les
racines nous ont été signalées, dans le Ferlo, dans le Dimar, comme
composant d'une préparation contre les états anxieux et l'agitation
délirante.

108. — Grewia bicolor Juss. (Tiliacées).


Vern. : kelli, kellibaléyé [<= kelli noir] (p).

Arbuste de 4 à 5 m, rarement petit arbre, à branches grêles,


généralement dressées, arquées. Feuilles alternes, trinervées à la base;
limbe largement lancéolé, obtus ou légèrement acuminé au sommet,
de 5 cm de long sur 2 cm de large, très finement denticulé sur les
bords; la face inférieure, glabre ou presque glabre, est d'un vert
très pâle. Fleurs jaunes. Fruits à un ou deux carpelles presque
libres, glabres ou glabrescents, de 6 mm de diamètre.
Il est commun dans le sahel, surtout autour des dépressions
{mares temporaires).
Grewia bicolor est cité seulement deux fois, dans le Djolof comme
composant d'une préparation contre le « diangara cayor », et dans
le Boundou en association avec Grewia carpinifolia pour les enté-
ralgies.

109. — Grewia lasiodiscus K. Schum. (Tiliacées).


Vern. : kelidanéyé [<= keli blanc].

Arbute de 4 à 5 m, rarement doté d'un fût, mais à nombreux


rameaux dressés, arqués, partant de la base. Feuilles ovées
elliptiques, acuminées, arrondies à la base, avec une pubescence
rugueuse au-dessus et duveteuse au-dessous; limbe d'environ 7 cm de
long et 3,5 cm de large. Fleurs jaunes, axillaires. Fruits entiers,
globuleux, de 10 à 12 mm de diamètre, scabres, courtement stipités.
Il est commun dans les savanes boisées soudaniennes.
Propriétés antientéralgiques reconnues une fois, comme signalé
ci-dessus à Grewia bicolor.
— 547 —

110. — Guiera senegalensis Lam. (Combrétacées).


Vern. : géloki (p, t); eloko (pf).
Arbuste de 3 à 4 m, mais plus souvent buissons de 1 à 2 m
très ramifiés, avec des branches dressées, légèrement évasées.
Feuilles opposées ou subopposées, vert grisâtre glauque, ovales
arrondies aux deux extrémités, mucronées au sommet, d'environ
3 cm de long sur 2 cm de large, avec des poils fins sur les deux
faces, glandes noires à la face inférieure. Fleurs blanchâtres, en
glomérules de 1 cm de diamètre vers l'extrémité des rameaux.
Fruits linéaires de 3 à 4 cm de long, densément et longuement
villeux.
C'est une plante excessivement banale qui forme de véritables
peuplements presque purs dans les jachères des régions sahé-
lienne et soudanienne.
Le Guiera fait partie des grands médicaments de la pharmacopée
peul-toucouleur. On lui reconnaît principalement des propriétés
béchiques, eupnéïques et fébrifuges, d'où sa prescription courante
pour la toux, les états dyspnéïques, les pneumopathies, les bron-
chopathies.
On l'utilise en second lieu pour le traitement des coliques et des
diarrhées dysentérif ormes, mais dans ces cas généralement en
association avec d'autres drogues comme, par exemple, le Combre-
tum glutinosum.
En médecine vétérinaire, on le retrouve encore en association
(surtout avec Heeria insignis et Crossopteryx febrifuga) dans des
régimes alimentaires destinés à augmenter le poids, les capacités
reproductrices et la sécrétion lactée des animaux.
Il y a lieu de signaler, en outre, la galle de Guiera (« kormé
gélok » ) qui, triturée avec du charbon de bois, fournit une poudre
très diurétique prescrite pour l'oligurie et même l'anurie.

111. — Hannoa undulata (Guill. et Perr.) Planch. (Simaroubacées).


Vern. : kéku, kékuy [singulier], kékudé [pluriel] (p, t)
kérendutey (t) (p. firdou).
Petit arbre de 8 à 9 m de haut, à fût court et branches étalées,
à écorce épaisse, liégeuse, profondément et longitudinalement
crevassée, noirâtre. Feuilles composées de trois à cinq paires de
folioles plus une terminale, longuement pétiolulées; limbes ovales,

(*) Le nom « ngeram » nous a été donné en peul foula du Bademba, mais
il s'agit là sans aucun doute d'une déformation du nom wolof « nger ».
(**) Nom signalé une seule fois et qui s'applique surtout à VAndira inermis.
Journal d'Agriculture tropicale 36
— 548 —

cunés à la base, arrondis, mucronés ou émarginés au sommet,


d'environ 6 cm de long sur 3 cm de large. Lâches panicules de petites
fleurs jaune pâle. Drupes ovoïdes de 2 cm de long, glabres violine
noirâtre à maturité.
On le rencontre dans la plupart des forêts sèches et savanes
boisées soudaniennes.
Les écorces de tronc et de racines sont fréquemment signalées
comme éméto-cathartiques. Ces propriétés justifient les emplois
d'abord comme contrepoison médical (pour les intoxications) et
magique (pour les envoûtements et manœuvres de sorcellerie),
puis comme purgatif banal pour la constipation et purgatif de
dérivation pour la lèpre ou les maladies inconnues à étiologie et
à manifestations symptomatiques étranges.

112. — Heeria insignis (Del.) O. Ktze (Anacardiacées).


Vern. : kéleli, kéleleldéri [t= petit kéleli de terrain non
inondable] (p).
Arbuste de 3 à 4 m, mais plus souvent arbrisseau buissonnant
de 1,50 m à 2 m dans les anciennes cultures, ramifié dès la base, avec
de nombreuses branches dressées, évasées. Feuilles apparemment
verticillées par trois; limbe généralement lancéolé d'environ 10 cm
de long sur 2 cm de large, feutré argenté à la face inférieure;
nombreuses nervures latérales parallèles se ramifiant seulement au
bord du limbe. Panicules terminales de petites fleurs couleur crème.
Fruits noirs à maturité, arrondis, légèrement aplatis, très réticulés.
On le rencontre surtout dans les jachères soudaniennes. Il
remonte dans le Sud du Sahel.
Nous avons signalé précédemment les emplois fréquents en
médecine vétérinaire de H. insignis avec Gueria senegalensis. On
l'emploie aussi en médecine humaine comme galactagogue et anti-épi-
leptique.
Mention spéciale doit être faite pour « kéleleldéri », kélelel
voulant dire petit kéleli et déri étant un terme courant pour qualifier
les terrains situés en zone non inondable. Il s'agit donc de petits
exemplaires de Heeria végétant sur les terrains ainsi définis et
ayant par conséquent une écologie différente des autres. On
reconnaît unanimement à leurs racines et à leurs feuilles des
propriétés laxatives.

113. — Hexalobus monopetalus Engl. et Diels. (Annonacées).


Vern. : boili, koeli, koilé (p, t).
Petit arbre de 6 à 7 m, souvent moins, à fût rarement cylindrique
strié longitudinalement, à écorce beige clair, fibreuse. Feuilles al-
— 549 —

ternes, distiques, oblongues-lancéolées, arrondies aux deux


extrémités, pubescentes à la face inférieure, de 10 cm de long et 3 à
4 cm de large en moyenne. Fleurs isolées, axillaires, blanc crème,
de 2 cm de long. Carpelles ellipsoïdes, groupés par un à quatre ou
plus, boursouflés, rougeâtre à maturité, de 4 cm de long sur 2 cm
de diamètre, contenant plusieurs graines.
Il est commun dans toutes les forêts sèches soudaniennes mais
ne forme jamais de peuplements.
Quoique H. monopetalus soit considéré comme une drogue
secondaire, on recommande le décocté de feuilles comme béchique,
expectorant, excitant et fluidifiant des sécrétions bronchiques.
D'autre part, les préparations d'écorces ne produisant ni
constipation, ni diarrhées, sont prescrites dans les coliques.

114. — Hibiscus asper Hook f. (Malvacées).


Vern. : foléré (p).

Sous-arbrisseau annuel, dressé, ligneux à la base, très variable


de taille, mais ne dépassant pas 2 m de haut, avec des tiges munies
de poils courts, tubercules, piquants. Feuilles plus ou moins
profondément digitilobées, longuement pétiolées, pubérulentes à la
face inférieure. Grandes fleurs jaunes, avec une tache pourpre à
la base des pétales. Bractéoles de l'épicalyx plus courtes que les
lobes du calice; ce dernier est densément muni de poils raides.
Il se rencontre dans toutes les savanes diverses du Sénégal.
H. asper a deux utilisations : l'une thérapeutique, dans le
traitement des eczémas, avec les feuilles préalablement séchées
rapidement sur le feu, en frictions du corps; l'autre pharmaceutique,
comme véhicule mucilagineux dans diverses préparations aqueuses.

115. — Hippocratea af ricana (Willd.) Loes. ex Engl. (Célastracées)


Syn. : H. richardiana Cambers.
Vern. : delbi (p du Djolof), talelwâdu (pf).
Liane à nombreux rameaux grêles, entremêlés, verts, atteignant
10 à 12 m de haut. Feuilles glabres ou glabrescentes, opposées,
ovales-lancéolées, cunées à la base, arrondies au sommet, d'un
vert brillant. Fleurs de 3 mm, parfumées, verdâtres; anthères
oranges. Fruits groupés par deux, ovales oblongs, plats de 6 cm
de long sur 3 cm de large environ.
Cette liane se rencontre irrégulièrement dans tout le Sénégal.
Espèce apparemment mineure, parce que peu signalée, dont on
emploie le décocté de la liane entière en bains et boissons pour le
traitement des œdèmes.
— 550 —

116. — Holarrhena floribunda (G. Don) Dur. et Schinz var. flori-


bunda (Apocynacées).
Syn. : H. africana A. DC.
Vern. : tarki, taraki (pf).
Arbuste de 1,50 m à 2 m, plus rarement petit arbre qui
n'atteint jamais au Sénégal les dimensions d'un arbre de 10 à 15 m
comme dans les régions forestières humides; rameaux
généralement nombreux, partant du sol sans former un fût véritable et
contenant un latex abondant. Les feuilles sont diversement pubes-
centes à la face inférieure lorsqu'elles son jeunes; limbe ovale-
lancéolé, acuminé, de 10 cm de long sur 4 cm de large.
Inflorescences en corymbes axillaires abondamment fleuris. Fleurs
blanches, parfumées. Longs follicules cylindriques atteignant 50 cm.
Il existe dans les lieux un peu humides en permanence, depuis
les environs de Dakar jusqu'à la Casamance moyenne et maritime
où il devient abondant.
H. floribunda est peu employé dans la pharmacopée peul-tou-
couleur, en raison certainement de sa rareté; car là où il abonde
comme dans le cercle de Kolda, on apprécie, à leur juste valeur, les
propriétés antidysentériques de Fécorce et des racines.

117. — Hymenocardia acida Tul. (Euphorbiacées).


Vern. : péleti, pélitoro (p); kérenkôdé, korenkôdé (pf).
Arbuste de 2 à 3 m, rarement petit arbre de 5 à 6 m, à branches
contournées, à écorce couverte d'une poudre rougeâtre. Feuilles
oblongues-elliptiques, obtuses aux deux extrémités, épaisses,
coriaces, de 6 cm de long sur 2,5 cm de large environ, densément
glanduleuses à la face inférieure (glandes dorées) ; elles sont pu-
bescentes lorsqu'elles sont jeunes mais deviennent glabres. Fruits
de 2,5 cm de "long, aplatis, réticulés, avec deux ailes divergentes.
Il existe, irrégulièrement réparti, dans toutes les savanes sou-
daniennes.
H. acida est considéré comme une drogue active, mais ses
indications manquent d'unité.
La poudre de racines est utilisée comme antientéralgique,
laxative. A ce titre, par exemple, on la prescrit chez les femmes avant
d'entreprendre des traitements destinés à combattre la stérilité.
Le décocté de racines en bains de bouche serait antiodontalgique
et donnerait en outre de bons résultats dans les stomatites et les
pyorrhées.
Le décocté concentré de feuilles sert en instillations et lavages
oculaires, tandis que le macéré est donné en boisson dans les
grippes intestinales.
— 551 —

L'écorce est signalée pour une affection difficile à définir et


connue sous le nom peul fouladou de « pidal » voulant dire percer :
l'individu atteint de « pidal » ressent des douleurs subites aux
épaules comme s'il était atteint (percé) par une flèche. L'évolution
de la maladie est encore caractérisée par des toux fréquentes et
un amaigrissement manifeste, avec quelquefois apparition de der-
mites (?). En tout état de cause, on fait consommer au patient de
la poudre d'écorce dans ses aliments et on en applique sur le corps
si la maladie s'accompagne de manifestations cutanées.

118. — Hyptis spicigera Lam., (Labiées).


Vern. : bénéfln (p) ; lubodel (p firdou).

Herbe ligneuse, dressée, dépassant souvent 1,25 m de hauteur,


très aromatique, à tiges scabres, quadrangulaires, plus ou moins
ramifiées. Feuilles lancéolées, longuement acuminées, de 8 cm de
long sur 3 cm de large, avec de nombreux points glanduleux à la
face inférieure. Inflorescences terminales en épis cylindro-ovoïdes
compacts, atteignant 9 cm de long. Fleurs blanches avec des
marques mauves sur les lèvres; bractées linéaires, ciliées; calice
pubescent avec 10 nervures.
Plante recherchant les lieux humides, commune aux abords et
dans les rizières en jachères.
Très odoriférante, cette Labiée est prescrite en boissons théï-
forme comme béchique et expectorant.
Une méthode rapide utilisée en médecine populaire pour
combattre les céphalées et les coryzas consiste à introduire les
inflorescences dans les narines.

119. — Icacina senegalensis A. Juss. (Icacinacées).


Vern. : mâkanasé (p) ; silla (p Fouta-D jalon).
Sous-arbrisseau de 1 m, à nombreuses tiges dressées, annuelles,
partant d'un énorme tubercule. Feuilles ovales, peu acuminées au
sommet, parfois arrondies ou émarginées, cunées à la base, de 10 cm
de long sur 6 cm de large environ; limbe entier vert vif, brillant
finement réticulé sur les deux faces, glabre \ ou glabrescent à la face
inférieure. Inflorescences en corymbes paniculés terminaux de
petites fleurs blanc crème, parfumées. Fruits ovoïdes de 2,5 cm de
long, courtement tomenteux, rouge vif velouté à maturité; ils
contiennent une pulpe gélatineuse sucrée, comestible.
On ne le rencontre pas dans le sahel et il ne semble guère
dépasser le Nord de la voie ferrée de Dakar à Bamako. Il est très commun
dans le Sud du Sine-Saloum et en Casamance.
— 552 —

Si l'on veut bien se représenter VIcacina comme un


navet-phénomène de 10 kg et plus, profondément implanté dans un sol sec et
dur, on conçoit fort bien l'utilisation réduite du tubercule
d'extraction laborieuse. En tout cas, chez les peul-toucouleur, elle ne
nous a pas été signalée.
Par contre le reste du végétal, c'est-à-dire les tiges feuillées,
reçoit trois applications médicinales importantes. La première
concerne les hémorragies internes consécutives à des chocs (décocté
concentré de feuilles en bains et boissons), la deuxième les états
fébriles infectieux (repos du malade une nuit sur un lit de feuilles
fraîches après consommation du décocté de feuilles), la troisième
la toux et les bronchites (décocté de feuilles en boisson).

120. — Imperata cylindrica P. Beauv. (Poacées = Graminées).


Vern. : sodo (p, t).

Herbe envahissante d'environ 1 m de haut, à feuilles dressées,


scab res. Hampe florale de 1,50 m portant des épis soyeux argentés.
Les rhizomes constituent dans le sol un véritable lacis dont il est
difficile de se débarrasser pour les cultures.
Elle forme de véritables peuplements dans les sols frais, à
proximité des rizières ou des marécages, depuis les environs de Dakar
jusqu'en Casamance.
Les deux indications de YImperata, dans leur répétition, sont
d'une constance remarquable, sans une seule exception : blenno-
ragie et bilharziose (macéré ou décocté de racines en boisson).
D'ailleurs, d'après un de nos informateurs, il y aurait une relation entre
le nom de V Imperata « sodo » et celui de la bilharziose « siodu ».

121. — Indigofera macrocalyx Guill. et Perre. (Fabacées = Papi-


lionacées).
Vern. : waurédébo [<== wauré femelle] (t) ; bukel (pf).

Herbe à base lignifiée avec de nombreux rameaux grêles ramifiés,


enchevêtrés, traînant plus ou moins sur le sol. Feuilles
généralement pennées à la base des branches. Fleurs en grappes terminales
compactes, plus longues que larges, longues de 3 cm et larges de
1,5 cm, chaque pédicelle portant deux ou trois fleurs, avec une
bractée foliacée à la base.
On la rencontre dans les savanes boisées très claires de la région
soudanienne.
On donne quelquefois en boisson, comme purgatif, le décocté
d'inflorescences séchées, additionné de jus de citron et de sel.
122. — Indigofera oblongifolia Forsk. (Fabacées = Papilionacées ) .
Vern. : boro, balboro (p, t).

Sous-arbrisseau ou arbuste de 2 m, à nombreuses branches plus


ou moins entremêlées. Feuilles composées pennées, avec trois ou
quatre paires de folioles à pubescence grisâtre, argentée. Fleurs en
petites grappes axillaires; calice plus court que la corolle; étendard
couvert de poils brillants. Gousses de 1 à 2 cm de long, étroites, toru-
leuses, légèrement arquées, pubescentes, contenant plus de trois
graines.
Il est très commun dans tous les sols limoneux de la vallée du
Sénégal.
/. oblongifolia est peu estimé. On reconnaît son action calmante
à effet laxatif, dans les coliques, sous forme de macéré de racines.

123. — Jatropha chevalieri Beille (Euphorbiacées).


Vern. : watenubot, wutenubôi [= coton de chèvre] (t).
Arbuste de 1 m de haut, glabre, à nombreux rameaux évasés,
contournés, apparaissant dès la base. Feuilles plus ou moins digi-
tilobées, à bords dentés; stipules ramifiées, filiformes. Fleurs ver-
dâtres, avec des sépales entiers ou glandulo-dentés. Capsules de
10 mm de long, terminées par la base du style qui est persistante.
Il se rencontre çà-et-là, irrégulièrement réparti, surtout mais
pas exclusivement dans les sols sablonneux du sahel.
J. chevalieri est peu cité, mais d'emploi bien précis en médecine
toucouleur, puisque donné seulement en complément de traitement
de la blennoragie si le patient souffre trop de congestion pelvienne.

124. — Jatropha curcas L. (Euphorbiacées).


Vulgo. : Purghère, Pignon d'Inde.
Vern. : kidi (p, t) ; duladukad (p fouladou).
Arbuste de 3 à 4 m de haut, souvent moins, avec un fût ramifié
près de la base. Nombreuses branches dressées, évasées, épaisses,
à écorce foliacée verdâtre. Feuilles à cinq lobes digités, ou presque
entières; les bords sont ondulés. Petites stipules. Pétiole non
glanduleux. Inflorescences en corymbes terminaux; fleurs jaune
verdâtre. Fruits ovoïdes, trilobés, de 25 mm de long, noirs quand ils
sont mûrs, contenant trois graines longuement ovoïdes, gris noir.
Il est planté dans beaucoup de villages pour faire des clôtures.
Le latex de Purghère est réputé dans tout le Sénégal comme
toxique interne et vulnéraire externe.
— 554 —

Chez les Peul pourtant, nous avons noté l'usage interne du


décocté de feuilles dans les trachéobronchites et surtout celui du
macéré d'écorce administré avec précaution, cela va sans dire,
tant en médecine humaine pour les maux de ventre, qu'en
médecine vétérinaire (avec addition de sel) pour la toux des animaux.

125. — Khaya senegalensis (Desv.) A. Juss. (Méliacées).


Vulgo : Caïlcédrat, Acajou du Sénégal.
Vern. : kail.
Grand arbre de 25 à 30 m, au fût puissant, généralement court
et large, avec un faible empattement à la base. Ecorce brunâtre,
écailleuse. Feuilles composées pennées ou imparipennées, glabres;
généralement quatre à six paires de folioles (jusqu'à 12 cm de long
et 5 cm de large chez les rejets) oblongues-elliptiques, arrondies
ou courtement acuminées au sommet. Panicules de fleurs blanc
crème, avec des sépales vert pâle; stigmate jaune. Capsules
ligneuses s'ouvrant en quatre valves. Graines entourées d'une aile
épaisse.
Il forme le fond des forêts de la Casamance maritime et se
localise dans les galeries forestières plus au Nord.
Les écorces de Caïlcédrat, réputées toniques, fébrifuges et anti-
entéralgiques, sont surtout prescrites pour les douleurs
abdominales.
Elles nous ont été également signalées deux fois dans des
traitements médico-magiques de la folie.

126. — Lannea acida A. Rich. (Anacardiacées).


Vern. : tinoli (p, t) ; tuko (p Fouta-Djalon) ; bembéy (pf).
Petit arbre de 5 à 6 m, parfois plus, à fût cylindrique, à écorce
fissurée, noirâtre et à branches évasées, couvertes d'une
pubescence rosée lorsqu'elles sont jeunes. Feuilles composées
imparipennées, avec trois à six paires de folioles pétiolulées, lancéolées,
cunées à la base, acuminées au sommet, de 9 cm de long sur 3 cm
de large environ. Fascicules d'épis de fleurs jaune verdâtre. Fruits
ellipsoïdes de 7 à 8 mm de long.
Il est réparti dans tout le Sénégal, à l'exception de la forêt gui-
néenne.
L. acida occupe une place très honorable dans la pharmacopée.
Si l'accord entre guérisseurs règne sur la partie à employer qui est
l'écorce et sur son activité, le désaccord est total sur le mode
d'action. On se trouve alors en présence d'une poussière d'indications
parmi lesquelles on peut retenir en usage interne : béribéri, bilhar-
ziose, hémorroïdes; en usage externe : affections oculaires.
— 555 —

En association, les indications sont encore plus nombreuses et


nous retiendrons seulement, parmi les plus dominantes, la
dysenterie et la stérilité.

127. — Lannea velutina A. Rich (Anacardiacées).


Vern. : tinolipoley (p).
Petit arbre de 5 à 6 m, à fût rarement droit. Branches très
évasées. Feuilles composées imparipennées, avec trois à cinq paires de
folioles densément recouvertes de poils étoiles et de poils simples.
Epis de fleurs jaunes. Fruits veloutés, avec des poils simples et
quelques poils étoiles.
Il se rencontre dans les forêts sèches et savanes boisées, surtout
au Sud de la voie ferrée de Dakar à Bamako.
Le décocté de poudre d'écorce de racine est considéré comme
antidiarrhéïque.

128. — Leptadenia hastata (pers.) Decne. (Asclépiadacées).


Vern.: tapatoy, sapatoy (t et p Fouta-Toro) ; sapato, safa-
to, sawato (pf).

Plante volubile, sarmenteuse, à longues tiges vivaces, traînant


sur le sol ou s'accrochant aux arbustes, à tiges minces, vert pâle.
Feuilles vert glauque, très polymorphes, ovales, lancéolées,
élargies ou non à la moitié inférieure, cunées, arrondies ou cordées à
la base. Petites cymes axillaires de fleurs jaune verdatre, très
parfumées. Follicules glabres, verts à maturité, de 6 à 7 cm de long.
Cette espèce se rencontre dans toutes les régions du Sénégal,
inégalement répartie.
Leptadenia hastata est rarement prescrit seul et nous n'avons,
à ce sujet, que deux indications; l'une concernant les ophtalmies
(lavage des yeux et instillations du décocté de racines) ; l'autre
concernant les coliques des chevaux (macéré de racines
préalablement pilées avec un ou deux œufs, en boisson).
Par contre les associations sont fréquentes : plante entière avec
Solarium incanum et Abutilon pannosum pour les diarrhées vertes
des nourrissons, avec Cochlospermum tinctorium pour le
traitement interne de toutes les congestions veineuses passives, varices,
hémorroïdes saignantes et douloureuses, avec Securidaca longe-
pedunculata, Acacia albida, Terminalia avicennioides, Maytenus
senegalensis, etc.. pour le traitement de la syphilis.
— 556 —

129. — Lippia cheualieri Moldenke (Verbénacées).


Vulgo : Thé de Gambie.
Vern. : wusumkoloma (p).
Sous-arbrisseau de 2 m de haut, à souche vivace, avec
généralement plusieurs tiges quadrangulaires dressées, partant du pied.
Feuilles aromatiques, verticillées par trois, elliptiques, denticulées
sur les bords, rugueuses au toucher. Inflorescences en épis ombel-
liformes portés par des pédoncules robustes, axillaires ou
terminaux; petites fleurs blanches entourées de bractées couvertes
d'un tomentum gris argenté.
On le rencontre dans les savanes soudaniennes.
Les infusions théïformes, très parfumées, de Lippia ont la
faveur des Peut et des Toucouleur en médecine populaire comme
antigrippal, béchique et stimulant. Les guérisseurs n'interviennent
guère dans ce genre de prescriptions; par contre, ils utilisent le
macéré de poudre de racines comme revigorant et comme calmant
dans les affections sourdes non diagnostiquées.

130. — Lonchocarpus laxiflorus Guill. et Perr. (Fabacées ■= Papi-


lionacées).
Vern. : kadoda (p de- Gambie) ; banigolôbi, dafinay (pf).
Petit arbre de 6 à 7 m, à fût grêle, à cime ovoïde irrégulière et
à branches contournées. Feuilles composées imparipennées, avec
trois à cinq folioles elliptiques, arrondies ou courtement cunées
à la base, émarginées au sommet, d'un vert glauque, finement pu-
bescentes sur les deux faces. Belles grappes paniculées de fleurs
violet vif généralement lorsque l'arbre est défeuillé en saison
sèche. Gousses plates et minces de 8 à 10 cm de long, acuminées au
sommet, contenant deux à quatre graines.
Il se rencontre, isolément, dans les forêts sèches et les savanes
soudaniennes.
Malgré ses caractères de reconnaissance éclatants, malgré son
abondance au Sud de la Gambie, L. laxiflorus est seulement signalé,
sans précisions, pour les maladies de la femme. C'est dire qu'il est
reconnu comme médicament, mais tenu en médiocre estime.

131. — Lophira lanceolata Van Thiegh. ex Keay (Ochnacées).


Vern. : manisey, malâga (pf).
Petit arbre de 8 à 10 m, à fût droit ou noueux et à écorce brunâtre
s'écaillant par petites plaques. Grandes feuilles, jusqu'à 30 cm
chez les rejets, longuement lancéolées, six ou sept fois plus longues
que larges; limbe vert brillant, avec de très nombreuses et fines
— 557 —

nervures latérales parallèles; pétiole de 5 cm en moyenne. Beaux


corymbes de nombreuses fleurs blanches. Fruits longuement
ovoïdes, entourés par les sépales inégalement acrescents.
On le rencontre un peu dans le Sud du Sine-Saloum, mais
surtout en Casamance et dans le Sénégal oriental où il n'est jamais
très abondant.
Dans la zone de son habitat, les écorces de L. lanceolata (tronc,
racines) jouissent d'une bonne réputation de broncho-émollient,
antientéralgique et béchique.
132. — Lophotocarpus guyanensis Dur. et Sch. (Alismatacées).
Vern. : tamé (pf).
Plante annuelle de 50 cm environ, à feuilles radicales,
longuement pétiolées, sagittées, atteignant 30 cm de long et 20 cm de
large, les lobes de la base pouvant être plus longs que le lobe
terminal. Fleurs blanches verticillées, en lâches panicules, avec des
bractées laineuses à l'extérieur. Fruits ovoïdes composés d'une
vingtaine de carpelles, libres, plissés lorsqu'ils sont secs, d'environ
5 mm de long.
Elle se rencontre çà-et-là dans les mares, mais sporadiquement.
L. guyanensis nous a été signalé seulement par les Peul Foula-
dou du cercle de Kolda, comme antianémiant et antirachitique
(macéré de feuilles en bains et boissons).
133. — Maerua angolensis DC. (Capparidacées).
Vern. : bagu (p).
Arbuste ou petit arbre de 6 à 7 m, à écorce gris foncé, avec des
branches contournées et de jeunes rameaux très lenticellés.
Feuilles de formes très variables, largement ovales, arrondies aux
deux extrémités, mucronées, avec trois à cinq nervures à la base
et un long pétiole coudé et épaissi dans le tiers supérieur. Fleurs
blanches en racemes à l'extrémité des rameaux feuilles. Fruits de
10 à 15 cm de long, cylindriques mais très toruleux.
Il se rencontre très éparsément dans la région sahélienne et le
Nord de la région soudanienne.
M. angolensis est conseillé pour les maux de ventre en général,
soit seul soit en association avec d'autres drogues. Les feuilles
constituent la partie employée.
134. — Mangifera indica L. (Anacardiacées).
Vulgo : Manguier.
Vern. : mâgo (p, t).
Arbre fruitier introduit au Sénégal, atteignant 15 m, à fût court,
trapu, à frondaison ovoïde, compacte. Panicules terminales de
— 558 —

nombreuses fleurs verdâtre rosé, à une étamine. Le fruit est une


drupe ovoïde dont la pulpe est renommée pour sa saveur agréable
rappelant cependant l'essence de térébenthine.
La consommation des jeunes feuilles tendres avec un kola blanc
est conseillée, en médecine populaire, pour atténuer les douleurs
dysentériques.

135. — May tenus senegalensis (Lam.) Exell. (Célastracées).


Syn. : Gymnosporia senegalensis (Lam.) Loes.
Vern. : giagu (t) ; gialgoti, gielgotel (p, t).
Arbuste ou petit arbre atteignant rarement 5 m, très variable de
forme : il peut rester buissonnant et recouvrir le sol sur des
dizaines de mètres carrés (littoral) en ne dépassant pas 50 cm, ou
avoir un fût dressé avec de nombreux rameaux. Feuilles également
variables de 1 cm à 20 cm de long, en général finement denticulées,
vert glauque, glabres. Inflorescences axillaires corymbiformes de
petites fleurs blanches. Fruits sphériques capsulaires, rouges à
maturité, de 5 à 6 mm de diamètre.
Il est répandu dans tout le Sénégal, mais il y a vraisemblablement
plusieurs variétés écologiques.
En raison de son activité certaine, Maytenus senegalensis figure
parmi les espèces les plus estimées.
Les écorces sont couramment prescrites chez les enfants pour les
états fébriles, l'anorexie, le mauvais état général et, chez les adultes,
pour le paludisme, les ictères, les douleurs intercostales.
Les feuilles sont surtout recommandées pour les maux de dents
et les stomatites mais on les emploie aussi comme
antidysentérique.
M. senegalensis nous a en outre été signalé, mais une fois
seulement, comme antiulcéreux gastrique (traitement évitant, aux
dires du thérapeute prescripteur, l'intervention chirurgicale) et
comme antilépreux.

136. — Melothria maderaspatana (L.) Cogn. (Cucurbitacées).


Vern. : pomey (p).
Petite herbe annuelle volubile à tiges grêles, scabres, atteignant
3 ou 4 m en s'accrochant dans les arbustes. Feuilles également
très scabres, presque aussi larges que longues, d'environ 3 à 6 cm, à
base cordée, sommet obtus et bord dentés; pétiole de 1 à 3 cm.
Espèce monoïque à fleurs jaunes, parfois blanches. Petits fruits
sphériques de 6 à 8 mm, rouges à maturité, groupés par deux ou
trois à l'aisselle des feuilles.
On la rencontre éparsément dans tout le Sénégal.
— 559 —

Chez les Peul de Dianguel (région de Dara), on accorde aux


fruits des pouvoirs magiques. Ils sont pour cette raison ajoutés
aux contre-poisons.

137. — Mitracarpus scaber Zucc. (Rubiacées).


Syn. : M. verticillatus (Schum. et Thonn.) Vatke.
Vern. : sélu (p).
Herbe annuelle de 0,50 m de haut environ, légèrement ligneuse
à la base plus ou moins érigée, à tiges cylindriques d'un vert très
pâle presque blanc. Feuilles lancéolées, courtement acuminées, de
1 cm de long, glabres en dessous, légèrement scabres ou unies en-
dessus. Fleurs blanches en petits glomérules compacts à chaque
nœuds.
C'est une plante banale qui se développe surtout dans les
cultures vers la fin de la saison des pluies.
M. scaber nous a été signalé une fois seulement dans le
traitement de la syphilis.

138. — Mitragyna inermis (Willd) O. Ktze. (Rubiacées).


Vern. : koili, koéli, koli (p, t).
Arbuste ou arbre de 10 à 12 m, souvent avec de nombreux fûts
droits partant d'une même souche. Feuilles obovales, elliptiques
courtement acuminées au sommet, arrondies ou subcordées à la
base, d'environ 8 cm de long et 4 cm de large, pubescentes sur les
nervures à la face inférieure; pétiole de 1 cm; stipules lancéolées,
minces, atteignant 2 cm, rapidement caduques. Fleurs blanches
en gros glomérules axillaires de 2,5 cm de diamètre. Fruits sphé-
riques de 1,5 cm de diamètre.
Il est commun dans les sols limoneux ou argileux des vallées
depuis le fleuve Sénégal jusqu'en Casamance maritime.
Cette espèce est très estimée des guérisseurs. Les écorces sont
souvent prescrites pour les états gravido-puerpéraux, les maux
de ventre, la dysenterie, la bilharziose. En usage externe, l'écorce de
tronc ou de tige débarrassée par grattage de l'épiderme et du suber
serait, après séchage et réduction en poudre, un cicatrisant des
grandes plaies et un excellent vulnéraire.
Différentes préparations de feuilles trouvent leur emploi en
bains et boissons dans les affections cachectisantes, les arthrites,
les myalgies, les douleurs intercostales, les entéralgies, la syphilis
et les ictères. Dans ce dernier cas, le traitement complet est interne
et externe : boissons, bains, lavages de la tête et des yeux,
fumigations.
— 560 —

En médecine vétérinaire, on recommande le décocté d'écorce^


pour combattre les diarrhées et le macéré de fruits et graines (avec
Tapinanthus bangwensis) pour combattre l'infécondité des vaches.

139. — Moghania faginea (Guill. et Perr.) O. Ktze. (Fabacées =


Papilionacées).
Arbuste de 1 à 2 m, à nombreuses branches dressées partant
de la base, couvertes de poils grisâtres ou dorés. Feuilles unifo-
liolées, ovales ou orbiculaires légèrement acuminées au sommet,
d'environ 5 cm de long sur 3,5 cm de large, pubescentes sur les
deux faces; stipules subulées. Fleurs blanches ou légèrement
rosées, solitaires ou par paires à l'aisselle des feuilles, la corolle
dépassant un peu le calice. Gousses oblongues de 15 mm de long,
légèrement pubescentes.
Il croît surtout dans les lieux humides et les vallées, depuis la
région sahélienne jusqu'à la forêt guinéenne.
M. faginea nous a été signalé une fois et par un vieux
guérisseur fouladou qui ne s'en rappelait plus le nom mais l'utilisait
couramment comme composant d'une préparatio antigonococcique.

140. — Momordica balsamina L. (Cucurbitacées).


Vern. : burbog (p, t).
Plante volubile à tiges herbacées, très nombreuses, grêles,
traînant sur le sol ou recouvrant les arbustes, parfois même les
clôtures et les toitures des cases. Feuilles de 4 à 6 cm environ, digi-
tilobées, les lobes n'atteignant pas plus de la moitié de la longueur
du limbe. Fleurs jaunes, rarement blanches, les mâles étant
solitaires. Il y a une large bractée près de la fleur, sur un long
pédoncule filiforme. Fruits ovoïdes, avec un léger acumen au sommet,
ou légèrement verruqueux, rouges à maturité. Les graines sont
entourées d'une pulpe gélatineuse rouge, agréable au goût et très
recherchée des oiseaux et des enfants.
On le rencontre dans tout le Sénégal.
M. balsamina, recommandé par les guérisseurs comme galacta-
gogue sous forme de macéré de plante entière additionné de sel,
est prescrit en boisson et en massages de la poitrine.
De leur côté, les éleveurs de bétail et les bergers reconnaissent à
la même préparation, avec un modus operandi analogue, la
propriété d'accroître la sécrétion lactée des vaches.
— 561 —

141. — Nauclea latifolia Sm. (Rubiacées).


Syn. : Sarcocephalus esculentus Afzel.
Vern. : bakuri, bakuré, dundunké (p).
Arbuste sarinenteux, avec des branches arquées, quelquefois
petit arbre de 6 à 7 m avec fût. Feuilles stipulées, largement
elliptiques, arrondies ou courtement acuminées au sommet, courtement
cunées, arrondies ou légèrement subcordées à la base, atteignant
20 cm de long et 12 cm de large; pétiole court, de 1 à 2 cm; limbe
vert foncé brillant à la face supérieure. Fleurs blanches, parfumées,
en glomérules de 2,5 cm de diamètre. Fruits sphériques de 4 à 5 cm
de diamètre, charnus, rouges à maturité, à pulpe comestible.
On rencontre cet abruste dans tout le Sénégal, surtout dans les
lieux humides.
N. latifolia est considéré comme une espèce très active pour les
« grandes maladies » : syphilis, lèpre, stérilité, blennoragie,
dysenterie. Il s'agit toujours dans ces cas de préparations à base de
racines.
Les feuilles sont employées en usage externe pour le traitement
des œdèmes et des enflures.

142. — Nauclea pobeguinii (Pobeguin ex Pellegr.) Petit


cées).
Syn. : Sarcocephalus pobeguini Pobeguin ex Pellegr.
Vern. : dadabi (pf).
Arbre ne dépassant pas 10 à 12 m au Sénégal, à fût droit, à
écorce claire. Feuilles largement arrondies aux deux extrémités»
atteignant 15 à 18 cm de long et 10 cm de large; pétiole de 2 à
4 cm. Fleurs blanches en glomérules de 3 cm de diamètre. Fruits
sphériques de 2 à 3 cm, à surface densément papilleuse.
On ne le rencontre que dans les galeries humides du Sénégal
oriental et en Casamance.
N. pobeguinii est considéré comme ayant une action sélective sur
la région abdominale. L'écorce est prescrite en poudre dans les
entéralgies et surtout en décocté comme ocytocique.

143. — Newbouldia laevis (P. Beauv.) Seemann ex Bureau (Bi-


gnoniacées).
Vern. : kôdomburu (p).
Arbuste, rarement petit arbre, généralement avec de nombreuses
tiges groupées, sortant du sol, dressées, de 2 à 3 m de haut. Feuilles
composées, imparipennées, avec trois à cinq paires de folioles
largement elliptiques, bien dentées sur les bords, acuminées, avec des
— 562 —

glandes à la base. Fleurs mauves de 6 cm de long, en racemes pani-


culés terminaux, sortant d'un calice qui se fend longitudinalement
en deux parties. Fruits déhiscents, allongés, de 30 cm environ,
cylindriques, terminés en pointe arrondie, avec une nervure sur
chaque valve. Graines à ailes membraneuses à chaque extrémité
de 3,5 cm de long.
Il se rencontre assez communément dans tout le Sénégal. Il est
parfois planté dans les villages.
Les macérés et décoctés de racines sont donnés en boisson dans
les anthelminthiases et la hernie : effet purgatif.

144. — Nothosaerua brachiata (L.) Winght (Amaranthacées).


Syn. : Aerva brachiata (L.) Mart., Achyrantes brachiata L.
Vern. : banana (p de Diangel).
Petite herbe annuelle glabre, très ramifié, à tiges rougeâtres,
atteignant 75 cm de haut. Feuilles opposées ou alternes oblongues-
lancéolées, de 2 à 3 cm de long sur 1 à 2 cm de large, très minces.
Très petits épis, courts, nombreux, axillaires, de 5 à 10 mm de
long et 2 mm de large.
On la rencontre çà-et-là autour des mares du sahel, dans la vallée
du Sénégal et ailleurs. Elle n'est pas très commune pour l'ensemble
du territoire.
Cette espèce entre uniquement comme élément magique dans
des prescriptions diverses.

145. — Ocimum basilicum L. (Labiées).


Vern. : gugumâ (pf).
Petit sous-arbrisseau aromatique, annuel, de 40 à 50 cm de haut,
à calice de 6 mm de diamètre, orbiculaire, dépassé par une corolle
deux fois aussi longue que lui.
Il est cultivé dans les jardins.
O. basilicum est prescrit comme stimulant en boissons théï-
formes.

146. — Ocimum canum Sims (Labiées).


Vern. : guguméwi (t).
Petit sous-arbrisseau annuel de 40 cm de haut, aromatique, à
petites fleurs blanches dont le calice de 4 mm de diamètre est à
peine dépassé par la corrolle.
Il est subspontané dans quelques villages.
Le décocté de feuilles de cet Ocimum est recommandé en
massages pour les parotidites et en gargarismes pour les gingivites,
pyorrhées, etc..
— 563 —

147. — Opilia celtidifolia (Guill. et Perr.) Endl. ex Walp. (Opi-


liacées).
Vern. : talelwalu (p).
Arbuste grimpant atteignant 8 à 10 m de haut en s'accrochant
aux arbres, à nombreuses tiges glabres, lenticellées. Feuilles
alternes, oblongues, acuminées au sommet et cunées à la base, de
10 cm de long sur 5 cm de large environ, glabres, finement
réticulées sur les deux faces, avec cinq paires de nervures latérales. Petits
racemes axillaires de 3 à 4 cm de long, recouverts de bractées
lorsqu'ils sont jeunes avant leur allongement. Fleurs jaune verdâtre,
parfumées, fasciculées sur les racèmes. Fruits ellipsoïdes de 2 cm
de long, finement pubérulents.
Cette liane se rencontre çà-et-là dans presque tout le Sénégal.
O. celtidifolia est généralement considéré comme un bon
vermifuge.
D'après un vieux guérisseur réputé des environs de Kounkané
(cercle de Vélingara), dont nous résumons ci-dessous les
déclarations pour montrer son degré de connaissance, il serait en outre
antiœdémateux.
Pour le traitement des parasites intestinaux (surtout oxyures),
on met le soir des feuilles d'Opilia à macérer et, le matin, le
patient à jeun prend un verre à thé du macéré fortement salé.
Pour le traitement des œdèmes (surtout l'albuminerie reconnai-
sable à l'apparence des urines), on réalise également un macéré de
feuilles, mais extemporanément, en froissant les feuilles dans l'eau
et en arrêtant l'opération dès que la coloration du liquide semble
être à son terme. Le filtrat est prescrit en boissons, en mélange
avec les bouillies, aux repas.
Pour ce dernier traitement le guérisseur fait remarquer que le
sel ne figure pas dans la préparation et il ajoute, avec insistance,
qu'il interdit à son client tout assaisonnement salé de sa nourriture.

148. — Ostryoderris stuhlmannii (Taub.) Dunn ex Harms (Faba-


cées = Papilionacées).
Syn. : O. chevalieri Dunn.
Vern. : danéranéd, banidaney [= bani blanc] (p, t).
Arbre de 10 à 12 m de haut, à fût gris clair et écorce écailleuse.
Feuilles composées imparipennées, avec environ six paires de
folioles ovales-elliptiques, arrondies et émarginées au sommet, de
8 à 10 cm de long sur 4 à 5 cm de large, avec six paires de nervures
latérales; le limbe est entier, vert glauque. Fleurs blanches, en
Journal d'Agriculture tropicale 37
— 564 —

panicules, apparaissant avant les feuilles. Gousses plates, acumi-


nées aux deux extrémités, avec deux nervures parallèles aux bords,
sur chaque valve.
On le rencontre dans les forêts sèches de la région soudanienne.
Ce sont les écorces qui sont employées en médecine comme anti-
tussif, antientéralgique, purgatif et même antidysentérique, mais,
dans ce cas, en association avec Lannea acida et Acacia macrosta-
chya.
C'est l'action au niveau du ventre, surtout dans le syndrome
coliques-diarrhées, qui est reconnue d'une façon générale.
149. — Oxytenanthera abyssinica Munro (Poacées = Graminées).
Vulgo : Bambou.
Vern. : kéwe (p).
Robuste plante vivace atteignant 13 m de haut, formant de fortes
touffes avec de nombreux chaumes dressés. Feuilles lancéolées,
longuement acuminées, jusqu'à 25 cm de long et 4 cm de large.
La floraison a lieu irrégulièrement, environ tous les 7 ans, puis la
plante meurt. Infrutescences en glomérules, avec des épillets
lancéolés, épineux à l'extrémité.
On le rencontre dans les forêts et savanes soudaniennes, surtout
au Sud de la voie ferrée Dakar-Bamako.
L'oligurie constatée à la suite de l'absorption du décocté de
Bambou fait qu'on le prescrit dans les cas de polyurie,
particulièrement dans le diabète.
150. — Parinari curât ellifolia Planch, ex Benth. (Rosacées).
Vern. : mâpatabaley (p).
Petit arbre de 6 à 7 m, à fût tortueux, à cime étalée, irrégulière,
à écorce grise, fissurée. Feuilles ovales, arrondies aux deux
extrémités, de 12 cm de long sur 6 cm de large en moyenne, avec de
nombreuses nervures latérales bien marquées; limbe vert pâle à la face
" inférieure, pubescent. Panicules lâches, bien fleuries, de petites
fleurs blanches pubescentes. Drupes ovoïdes de 3,5 cm de long.
Il est surtout fréquent dans les sols compacts longuement
humides de la moyenne Casamance. Il existe ailleurs (Sénégal
oriental, etc.).
Le décocté d'écorces de P. curatellifolia est prescrit en boisson
chez les Peul Fouladou pour les coryzas et les bronchopathies.
151. — Parinari excelsa Sabine (Rosacées).
Vulgo : Prunier de Guinée.
Vern. : mâpatadé (p).
Grand arbre de 25 m de haut, à fût robuste, à écorce claire, écail-
leuse. Feuilles elliptiques, nettement acuminées au sommet, cunées
— 565 —

à la base, d'environ 9 cm de long et 4 cm de large, pubescentes à


la face inférieure, blanchâtres. Drupes de formes variables,
presque sphériques ou ovoïdes, de 3 à 4 cm de long.
Très commun en Casamance maritime, il se raréfie plus au Nord
et ne persiste en région soudanienne que dans quelques galeries
humides.
L'emploi des écorces de P. excelsa, seules ou associées à d'autres
drogues, est préconisé dans les maux de ventre.

152. — Parkia biglobosa Benth. (Mimosacées).


Vulgo : Mimosa pourpre, Arbre à farine.
Vern. : nété (p, t).
Arbre de 12 à 15 m, à fût court, à écorce gris foncé, fissurée.
Branches puissantes, étalées. Feuilles bi-composées pennées, avec
10 à 15 paires de pinnules qui ont de 20 à 30 paires de foliolules.
Inflorescences en gros glomérules de 6 cm de diamètre, pendus
à l'extrémité d'un long pédoncule de 30 cm; elles sont constituées
de centaines de fleurs rouges. Gousses de 40 cm de long, jaunes à
maturité, renfermant une pulpe et des graines comestibles.
Il existe communément dans toute la région soudanienne du
Sénégal.
En thérapeutique, on fait surtout appel au décocté d'écorces en
boisson pour la bilharziose, en inhalations de vapeurs et en garga-
rismes buccaux pour les odontalgies.
Les feuilles entrent dans le traitement externe par lavage des
états fébriles. Les applications de feuilles pilées sur les lèvres
feraient disparaître rapidement les « boutons de fièvre ».

153. — Parkinsonia aculeata L. (Césalpiniacées).


Vern. : barkasoné (p).

Arbuste ou petit arbre de 4 à 5 m, à fût et branches verdâtres,


à ramure lâche. Feuilles bi-composées pennées, avec deux ou trois
paires de pinnules très aplaties et de nombreuses foliolules ovales,
de 2 à 4 mm de long. Belles grappes axillaires de fleurs jaunes, à
cinq pétales crispés et dix étamines libres. Gousses linéaires de 8
à 10 cm, cylindro-toruleuses, contenant 3 ou 4 graines ovoïdes-
allongées.
Il est introduit dans les jardins sahéliens mais est naturalisé
dans la vallée du fleuve et dans quelques lieux humides du Sénégal.
Le macéré aqueux de 24 heures de rameaux feuilles
préalablement séchés et piles nous a été signalé une fois seulement chez
les Peul comme antidysentérique.
— 566 —

Nous le mentionnons néanmoins car cette propriété


antidysentérique nous a été indiquée dans d'autres régions par des
guérisseurs wolof.

154. — Pavetta crassipes K. Schum. (Rubiacées).


Vern.: kurkâdé (*) (p).

Arbuste de 2 à 3 m, dichotomiquement ramifié, à rameaux


robustes, très clairs, quadrangulaires ; écorce se fendillant longitu-
dinalement. Feuilles souvent verticillées par trois, sub-sessiles,
glabres, oblancéolées, très longuement cunées à la base, arrondies
au sommet, atteignant 25 cm de long et 6 cm de large. Corymbes
terminaux très fleuris; fleurs blanc verdâtre; tube de la corolle
de 12 à 18 mm de long et lobes de 5 mm. Petits fruits sphériques
de 7 mm de diamètre.
Il est peu fréquent au Sénégal. On le rencontre dans les savanes
boisées de la Casamance et du Sénégal oriental.
P. crassipes nous a été signalé une fois seulement en usage
externe : application de la poudre de feuilles séchées sur les
chancres syphilitiques.

155. — Pavetta oblongifolia (Hiern.) Bremek. (Rubiacées).


Syn. : Pavetta schweinfurthii Bremek. var. oblongifolia
(Hiern.) Aubr.
Vern. : gabudawi, gabuda (p, Fouta-Toro) ; daci (pf).
Arbuste de 3 à 4 m de haut, à branches dressées. Feuilles ses-
siles ou subsessiles, oblancéolées, cunées et légèrement arrondies
à la base, de 15 cm de long sur 5 cm de large; limbes glabres ou
finement pubescents à la face inférieure, surtout sur les nervures,
avec sept à huit paires de nervures latérales. Fleurs blanches en
corymbes terminaux abondamment fleuris; tube de la corolle
glabre, de 4 à 5 mm, lobes de 10 mm. Fruits sphériques de 6 à
8 mm, noirs à maturité.
Il se rencontre au Sud de Kaolack, dans les savanes boisées.
P. oblongifolia est surtout prescrit par voie externe dans le
traitement de la syphilis (décocté de feuilles en lavages et feuilles
finement pilées en poudrage), de la conjonctivite (fumigations
oculaires de la vapeur de décocté bouillant de feuilles), des
rhumatismes et courbatures (application loco dolenti de cataplasmes
d'écorces triturées au mortier).

(•) Nom donné avec des réserves. L'espèce vue à la limite de la forêt du
Guimara ne prête pas à confusion, mais le nom vernaculaire n'a pas cLé
« recoupé ».
— 567 —

Par voie interne il est recommandé en médecine infantile, comme


eupnéïque et, nous a-t-il semblé, dans des maladies saisonnières
atteignant les enfants au cours des hivernages particulièrement
pluvieux.

156. — Pennisetum ssp. (Poacées = Graminées).


Vulgo : Mil (cultivé).
Vern. : gauri (p).
De nombreuses espèces de Mils existent au Sénégal. Ce sont des
plantes annuelles qui atteignent 2 à 4 m de hauteur, avec des épis
dressés plus ou moins garnis d'arêtes.
En médecine populaire, le « sano », ou son de Mil, est utilisé
après chauffage, en massage pour les maux de rein.
Les rejets de Mil sont considérés comme toxiques pour les vaches.

157. — Pennisetum subangustium Stapf. et C. E. Hubb. (Poacées =


Graminées).
Vern. : buludé (p).
Plante annuelle de 1,50 m à 2 m de haut, mais souvent moins.
Epis rougeâtres, longuement acuminés; épillet sessile de 25 à
27 mm de long; poils de l'épillet ne dépassant pas 1,5 cm de long;
anthères de 1,5 mm.
Espèce très banale dans les savanes boisées et surtout dans les
jachères et autour des villages au Sud de Kaolack.
Espèce signalée pour des propriétés médico-magiques non
définies.

158. — Piliostigma reticulatum (DC.) Hochst. (Césalpiniacées).


Syn. : Bauhinia reticulata DC.
Vern. : barkey (p, t).
Petit arbre de 8 à 10 m de haut, à écorce foncée, fissurée, fibreuse
et à branches tortueuses, étalées. Feuilles glabres, de 6 cm de long
sur 8 cm de large, profondément et largement lobées au sommet, les
lobes étant écartés de plus de 90°. Fleurs blanches, de 2 cm de long,
en racèmes ramifiées. Gousses brunes à maturité, glabre ou avec
une fine poussière, plates, longues de 20 cm et larges de 5 cm,
contournées, bosselées, ligneuses.
Il est très commun dans tout le sahel et dans les sols compacts
soudaniens.
P. reticulatum est très employé dans la pharmacopée peul-tou-
couleur et les indications le plus souvent signalées concernent la
toux, les bronchites, les céphalées, les névralgies dentaires et les
oreillons. On utilise quelquefois la poudre de fruit dissoute dans
— 568 —

du lait caillé, mais plus généralement les feuilles, soit en


fumigations, soit sous forme de décocté en boisson.
Le décocté d'écorces est recommandé dans les cas de courbatures
fébriles et de rhumatismes, celui de racines (en association avec
Capparis tomentosa) est recommandé comme préparation antiblen-
noragique.

159. — Piliostigma thonningii (Schum.) Milne-Redhead (Césalpi-


niacées).
Syn. : Bauhinia thonningii Schum.
Vern. : barkeo (p, t).
Arbre de 8 à 10 m de haut, à écorce noirâtre, fissurée. Les feuilles
sont bi-lobées comme celles du P. reticulatum, mais l'angle
séparant les lobes a moins de 90°. Les limbes sont pubescents, dorés à
la face inférieure et les gousses sont densément tomenteuses.
Il est commun dans les forêts sèches soudaniennes et se trouve
parfois en mélange avec le P. reticulatum en moyenne Casamance.
Avec des indications semblables, cette espèce n'atteint pas la
réputation de la précédente en médecine populaire.
L'emploi des feuilles nous a été signalé dans un traitement de la
folie.

160. — Polycarpea linearifolia (DC.) DC. (Caryophyllacées).


Vern. : arinayel mamadâdâdi (p, t).
Petite herbe annuelle, qui peut être bisannuelle, de 40 cm de
haut, dressée, plus ou moins ramifiée. Feuilles linéaires de 3 cm de
long. Inflorescences en glomérules compacts terminaux, blancs,
argentés, de 1 à 3 cm de diamètre.
Plante très commune dans les prairies sahéliennes.
La poudre de fruits séchés de P. linearifolia aurait un grand
pouvoir magique, d'où son utilisation en médecine noire. En dehors de
cet emploi, mais peut-être pour la même raison, on considère
différents breuvages de Polycarpea comme excellent pour la santé et la
longévité des vieillards.

161. — Pouchetia af ricana A. Rich, ex DC. (Rubiacées).


Vern. : kadodai.
Arbuste de 3 à 4 m de haut, à branches dressées, glabres, vertes.
Feuilles opposées, ovales, cunées à la base, courtement acuminées
au sommet, vert foncé. Inflorescences en racemes axillaires ou
terminaux, lâches, ramifiées. Fleurs blanches longuement pédonculées.
Fruits ovoïdes, vert pâle, devenant rouge noirâtre à maturité, de
5 à 6 mm de long.
— 569 —

II est localisé dans les sols humides en permanence.


Le décocté de feuilles est donné en boisson dans les diarrhées
dysentériformes.

162. — Prosopis af ricana Taub. (Mimosacées).


Vern. : koy (t, p) ; telentélénad (pf).
Arbre de 12 à 15 m, à fût droit, cylindrique, robuste, à écorce
très crevassée, brun foncé et à frondaison ovoïde. Feuilles bi-
pennées, avec deux à quatre paires de pinnules et douze paires de
foliolules, oblongues, mucronées au sommet, de 1,5 cm à 2 cm
de long sur 5 à 8 mm de large. Epis solitaires axillaires de 4 à 6 cm
de long. Fleurs blanc crème ou jaunâtres, parfumées. Gousses
brun rouge à maturité, cylindriques ou légèrement aplaties, de
15 cm de long sur 2,5 à 3 cm de diamètre ou de largeur.
Il est commun sous forme arbustive dans le sahel côtier. Il
devient un bel arbre dans les forêts soudaniennes.
P. africana est surtout réputé antiblennoragique et diurétique.
Aux dires de certains guérisseurs, la drogue active serait les
racines des jeues plants de 15 à 20 cm. L'exemplaire idéal qui nous
a été montré dans la brousse avait environ 20 cm de haut et
disparaissait sous le tapis herbacé, répondant ainsi à la première
condition fixée : choisir un « telentélénad » où l'oiseau ne s'est
pas encore posé. C'est le macéré de racines qui est administré.
On le prescrit aussi comme antidysentérique, seul ou associé à
d'autres espèces. On nous a cité, à ce sujet, un traitement à base
de P. africana et de Piliostigma reticulatum. Le macéré de racines
des deux espèces est donné en boisson et en mélange avec les
aliments tandis que le décocté de feuilles, après refroidissement
d'une nuit, sert à prendre des bains de siège.
En dehors de ces deux principaux emplois, on retrouve la
mention de P. africana pour les migraines et les vertiges (macéré
de feuilles en bains et boissons), pour les ophtalmies (décocté
d'écorces en lavages oculaires) et pour les odontalgies (macéré
d'écorces en gargarismes).

163. — Psidium guajava L. (Myrtacées).


Vulgo : Goyavier.
Vern.1': guyab (p).

Arbuste de 2 à 3 m, à écorce lisse, claire, se détachant par


plaques. Branches contournées. Feuilles ovales, opposées. Fleurs
blanches, isolées, axillaires, avec de nombreuses étamines. Baie
verte, sphérique, de 5 cm de diamètre avec les vestiges des sépales
au sommet.
— 570 —

Dans les centres et les quelques villages où se trouvent des


exemplaires de Goyavier, les différentes parties du végétal, riches
en tanin, sont utilisées en médecine populaire comme antidiar-
rhéïques.
Il nous a été signalé, en outre, l'action favorable du décocté
de feuilles dans les trachéobronchites.
L'astringence des préparations est souvent masquée par
l'addition de citron.

1*64. — Psorospermum senegalense Spach. (Hyipéricacé'es).


Vern. : kotidâknma, katidâkuma (pf).
Arbuste de 2 à 3 m de haut, irrégulier de forme, à branches
plus ou moins dressées. Feuilles alternes ou subopposées, ovales,
obtuses au sommet; limbes pubescents à la face inférieure,
devenant glabres en vieillissant. Cymes compactes, axillaires ou
terminales, subsessiles ou courtement pédonculées. Fleurs blanches.
Petites baies sphériques, rouges à maturité, de 5 à 7 mm de
diamètre.
Il se rencontre dans les savanes boisées, surtout à partir du
Sud de la voie ferrée Dakar-Bamako.
P. senegalense est très employé pour toutes les dermatoses»
comprises dans le sens le plus large. D'ailleurs, le nom peul nous
paraît être une déformation du nom manding « katodânkuma »
désignant la même espèce et signifiant gale de chat.
Les prescriptions du décocté d'écorces en lavages et en bains,
vont des dermites banales à la syphilis en passant par l'herpès,
la gale, l'eczéma, etc.. Les écorces brûlées sur des cendres chaudes
sont très fumigènes et on soumet quelquefois le patient enfermé
nu dans un local adéquat à ces fumigations qui ont, par surcroît,
un pouvoir magique de chasse-diable.
Dans le Ferlo, on emploie en outre en bains et boissons le
décocté d'écorces de tronc et de racines pour le traitement des accès
palustres accompagnés de douleurs articulaires.

165. — Pterocarpus erinaceus Poir. (Fabacées = Papilionacées).


Vulgo : Vène (wolof, forestier), Palissandre du Sénégal,
Santal rouge d'Afrique.
Vern. : bani, banibaley [= bani noir] (p, t).

Arbre de 10 à 15 m, à fût droit, avec un faible empattement à la


base. Ecorce gris brun foncé, très lamelleuse. Feuilles composées
imparipennées, avec trois ou quatre paires de folioles elliptiques,
courtement acuminées, arrondies ou émarginées au sommet, de
— 571 —

8 cm de long sur 4 à 5 cm de large environ. Nombreuses panicules


de fleurs jaunes qui apparaissent en saison sèche, pendant la
défeuillaison. Fruit orbiculaire de 3 à 4 cm de diamètre, circulaire-
ment ailé, avec de nombreux poils raides au centre.
Il est très commun dans les forêts sèches et dans les savanes
soudaniennes.
Dans la pharmacopée peul-toucouleur, P. erinaceus est toujours
associé à d'autres espèces qui conditionnent, dans une certaine
mesure, son emploi pour les états gravido-puerpéraux (avec Mitra-
gyna inermis), l'impuissance (avec Cassia sieberiana, Vernonia
colorata, Securinega virosa), le pian (avec Diospyros mespiliformis,
Erythrina senegalensis) , les états adynamiques (avec Terminalia
laxiflora, Gardenia temifolia, Lophira lanceolata) . Ce sont
généralement les écorces de tronc ou de racines qui sont mises en œuvre
pour les différentes préparations.
L'emploi isolé de P. erinaceus ne se rencontre que dans les
manœuvres magiques car on lui accorde, surtout en pays Nguémar et
Fouladou, un grand pouvoir dans le domaine du supranormal.

166. — Pupalia lappacea (L.) A. Juss. (Amaranthacées).


Vern. : nagobéré (p).
Herbe vivace, ligneuse, atteignant 1,75 m, ramifiée, à tiges cour-
tement pubescentes. Feuilles ovales, pétiolées courtement cunées
à la base et acuminées au sommet, très pubescentes. Inflorescences
laineuses, en petits glomérules subsessiles le long d'une hampe
terminale; elles sont entourées de bractées formées d'épines très
crochues.
Cette plante est présente dans tout le Sénégal, mais
irrégulièrement répartie.
P. lappacea fait partie des espèces utilisées pour attirer le
poisson (cf. Bergia suffruticosa) .

167. — Rhynchosia pycnostachya (DC.) Meikle (Fabacées = Pa-


pilionacées).
Syn. :R. calycina Guill. et Perr.
Vern. : borsorki (pf).
Robuste plante sarmenteuse, à tiges nombreuses, grêles,
atteignant 6 à 7 m en s'accrochant aux arbres. Feuilles glabres ou
presque, trifoliolées, avec des folioles élargies. Inflorescences en grappes
axillaires. Fleurs crème, avec des pétales persistants autour du
fruit et rougissant en séchant. Gousses déhiscentes, renfermant des
graines sphériques bleues.
Cette espèce est surtout localisée à proximité des lieux humides.
— 572 —

Le décocté de rameaux feuilles et de graines, pris en bains et


boissons, est considéré dans le Patim kandiaye (cercle de Vélingara)
comme antilépreux. L'effet serait purgatif et les selles seraient
colorées en bleu de prusse (?).

168. — Ricinus communis L. (Euphorbiacées).


Vulgo : Ricin.
Vern. : dimbéiligala (t).

Arbuste de 2 à 3 m, ramifié dès la base, à branches dressées,


évasées. Feuilles alternes, longuement pétiolées, peltées, palma-
tilobées, avec sept lobes glandulo-dentés ; limbe glabre, glauque
ou vert foncé ou rougeâtre suivant les variétés. Grandes panicules
terminales de fleurs mâles et femelles, ces dernières étant à
l'extrémité des inflorescences. Capsules de 2,5 cm de diamètre environ,
lisses ou couvertes d'épines molles, non lignifiées. Graines
diversement colorées de brun, de blanc ou de bleu avec une caroncule.
Parfois planté ou protocultivé dans les villages.
Le Ricin est signalé dans le cercle de Matam comme antibil-
harzien et antiascitique : décocté de feuilles en boissons et
fumigations du bas-ventre avec les inflorescences séchées, éparpillées
sur la braise éteinte, mais encore chaude.

169. — Saba senegalensis (A. DC.) Pichon (Apocynacées).


Syn. : Landolphia senegalensis (A. DC.) Kotschy et Peyr.).
Vern. : lamuné, lamudé [■= salé] (p).

Forte liane à latex, ligneuse, atteignant plus de 25 m de haut


et 25 cm de diamètre et surmontant les cimes des grands arbres.
Feuilles opposées, vert foncé, brillantes à la face supérieure;
limbe à peine acuminé, d'environ 10 cm de long sur 5 cm de large
et huit à dix paires de nervures latérales. Cymes terminales de
nombreuses fleurs blanches très parfumées. Baie sphérique, de
7 cm de diamètre, glabre, grumeleuse, contenant une pulpe acide,
sucrée, comestible et de nombreuses graines.
Cette espèce est répandue dans tous les lieux humides du Sénégal
et dans les ravins ou rebords de plateaux latéritiques.
Chez les Peul Firdou et Fouladou, où Saba senegalensis est
particulièrement abondant, on l'utilise comme condiment pour relever
le goût des mets et des sauces, d'où le nom de « lamudé » signifiant
salé, amer.
Les emplois médicaux sont peu fréquents. Toutefois les racines
sont considérées comme antiblennoragique (macéré en boisson),
les feuilles comme antimigraineux (inhalation de la vapeur de
— 573 —

décocté bouillant), le latex comme antitussif, antituberculeux et


émétique. Pour le latex, il est nécessaire d'opérer avec précautions.
Après avoir coupé les tiges, on le recueille rapidement dans une
gourde, puis on ajoute de l'eau au fur et à mesure de la récolte en
agitant vigoureusement et on donne en boissons.

170. — Salvadora persica L. (Salvadoracées).


Vern. : gudi (t).
Arbuste de 4 à 5 m, très branchu et feuillu dès la base, à rameaux
vert jaunâtre. Feuilles opposées, entières, ovales ou suborbiculaires,
arrondies aux deux extrémités, rigides, épaisses, cassantes, vert
pâle sur les deux faces, glabres. Lâches panicules dichotomiques
de petites fleurs jaunâtres. Baies subglobuleuses de 6 mm de
diamètre, rouges ou violine à maturité. Graines entourées d'une pulpe
molle.
Il ne se rencontre que dans la vallée du fleuve et ses défluents
et dans quelques dépressions argilo-salines sahéliennes.
Dans le Fouta Toro, les racines de Salvadora persica, souvent
associées aux feuilles de Kinkéliba, ont une excellente réputation
d'antiblennoragique et d'antirhumatismal.

171. — Sclerocarya birrea Hochst. (Anacardiacées).


Vern. : éri (p, t).
Petit arbre de 8 à 10 m, à fût cylindrique, droit, à écorce grise,
finement fissurée, à branches robustes bien équilibrées. Feuilles
groupées vers l'extrémité des rameaux, composées imparipennées,
avec sept à dix paires de folioles entières ou grossièrement dentées
de 3 cm de long sur 2 cm de large, acuminées au sommet. Fleurs
dioïques, les mâles étant jaunâtres, en épis courts sur les rameaux.
Drupes ovoïdes, jaune pâle, de 3 cm à 3,5 cm de long.
Il est commun dans les régions sahélienne et soudanienne du
Sénégal.
L'indication la plus courante de S. birrea concerne les envenima-
tions et, à ce point de vue, il prend place tout de suite après Secu-
ridaca longepedunculata (*). Les feuilles, les écorces de tronc et
surtout de racines sont prescrites pour les morsures de serpent,
tant en usage externe qu'en usage interne. Le mode opératoire de
choix consiste à frotter énergiquement la partie atteinte avec des
écorces grossièrement pilées, jusqu'à obtention d'une enflure
importante. A ce moment précis, on fait avaler la boisson, à base

(*) II y a lieu de noter en outre que l'association des deux espèces est
peu courante (signalée deux fois seulement).
— 574 —

d'écorce également, puis on dispose sur la partie traitée un


pansement réalisé à l'aide des différentes parties du végétal.
Outre cette indication majeure, la pâte d'écorce est considérée,
en usage externe, comme anti-inflammatoire et le décocté, en usage
interne, comme purgatif. Additionné de beurre, on en fait des
applications sur le front pour les céphalées et sur les yeux pour les
blépharites.
En médecine vétérinaire, on donne le décocté aux animaux pour
exciter leur appétit.

172. — Scoparia dulcis L. (Scrofulariacées).


Vulgo : Balai doux.
Vern. : belwégel, belbelgel, belbenel (p).
Petite herbe annuelle ou vivace, à rameaux grêles, érigés,
atteignant 0,90 m de haut, striés, glabres. Feuilles opposées ou verticil-
lées, étroitement oblancéolées, entières ou plus souvent finement
crénelées vers la partie supérieure, de 3 cm de long sur 1 cm de
large environ, glabres, avec des ponctuations aréolées à la face
inférieure. Racèmes de fleurs de 2 à 3 mm de long, blanches ou
bleutées. Capsules sphériques de 4 mm de diamètre.
Plante banale dans tous les lieux humides.
La suspension de plante entière pilée avec de l'eau est ordonnée,
pour les aphtes et le muguet, en gargarismes. Les enfants
supportent sans trop récriminer le médicament qui a d'abord un goût
acre, puis finalement sucré.
La même préparation est quelquefois recommandée en lavages
corporels comme défatigant.

173. — Securidaca longe pedunculata Fres. (Polygalacées).


Vern. : alalé, alali (p, t) ; dutu (pf).
Arbuste de 4 à 5 m, rarement petit arbre, à fût clair et à branches
souvent retombantes, courtement pubescentes. Feuilles lancéolées,
arrondies au sommet, de 3 à 4 îcm de long sur 1,5 cm à 2 cm de
large, très finement pubescentes à la face inférieure. Nombreux
racèmes de fleurs violettes, apparaissant souvent lorsque la plante
est défeuillée. Fruit samaroïde de 5 cm de long sur 1,5 de large,
avec une grande aile au-dessus de l'ovaire.
Réparti çà-et-là dans la région soudanienne ; présent partout sans
être très abondant.
La renommée africaine de cette espèce comme antivenimeux
est considérable et on peut dire plus particulièrement que, dans la
pharmacopée peul-toucouleur, le traitement type des morsures de
— 575 —

serpent, interne et externe, est réalisé par des préparations de


racines de Securidaca. On sait que celles-ci renferment du salicy-
late de méthyle exerçant une action <•; repellent » sur les ophidiens.
D'ailleurs, durant la saison des pluies, les Foulbé confectionnent
avec les petites branches et les racines, des bracelets de pied qu'ils
fixent à leurs chevilles pour circuler dans les pâturages.
Les racines sont encore réputées très actives dans de nombreux
cas : la poudre en prises nasales comme antimigraineux et diluée
dans l'eau comme ocytocique ; le décocté en usage externe et interne
pour les maux de ventre, la lèpre, la syphilis, la fièvre bilieuse hé-
maturique et, pour cette dernière affection, en association, comme
il fallait s'y attendre, avec Combretum glutinosum.
Les fruits piles et placés dans un linge donnent par expression
un liquide conseillé en instillations pour les otites.
Enfin en médecine vétérinaire, on donne à boire aux animaux en
voie de dépérissement de petites quantités de macéré de racine, les
marcs résiduels servant au pansage en qualité de parasiticide
externe et d'antiseptique.

174. — Securinega virosa (Roxb. ex Willd.) Baill. (Euphorbiacées ) .


Syn. : Fluggea virosa Baill.
Vern. : tembel gorel (p, t).
Arbuste buissonnant de 3 à 4 m de haut, à nombreuses tiges
souvent anguleuses, partant de la base, dressées, arquées, enchevêtrées.
Feuilles ovales, cunées à la base, arrondies au sommet, réticulées
nettement à la face inférieure, d'un vert glauque. Petites fleurs
dioïques, verdâtres, les mâles en fascicules axillaires sur des pédi-
celles grêles de 5 mm de long. Baies sphériques, blanches à
maturité, globuleuses, déprimées au sommet, de 5 mm de diamètre.
On le rencontre éparsément dans tout le Sénégal, souvent dans
les sols compacts. Il est surtout fréquent dans la vallée du fleuve.
S. virosa jouit dans la pharmacopée peul-toucouleur d'une
excellente réputation comme médicament héroïque des troubles
rénaux, vésicaux et génitaux. Les préparations, souvent compliquées,
eont toujours à base de racines pour la lithiase rénale, la bilhar-
ziose, la blennoragie, l'orchite, l'impuissance, la stérilité,
quelquefois pour la syphilis, l'énurésie et les maux de ventre.
L'activité reconnue de la drogue est telle qu'on l'emploie
généralement seule. Nous avons toutefois noté quelques espèces
considérées comme donnant des associations synergetiques : Acacia sie-
beriana, Capparis tomentosa, Cassia sieberiana, Combretum
glutinosum et micranthum, Feretia canthioides, Vernonia colorata.
— 576 —

175. — Sesamum radiatum Schum. et Thonn. (Pédaliacées).


Vern. : dubulé (p).

Herbe annuelle, dressée, de 60 cm environ, avec des poils


glanduleux et un parfum vireux peu agréable. Feuilles entières, ovales
elliptiques vers, la base et étroites vers le sommet, d'environ 7 cm
long sur 2,5 cm de large; pétiole de 1 à 2 cm. Fleurs roses, pu-
bescentes, isolées à l'aisselle des feuilles. Capsules pubescentes,
dressées, longues de 3 cm et larges de 1 cm. Graines rugueuses et
piquetées.
Elle est spontanée autour des lieux habités, parfois protocultivée.
La toxicité de cette espèce pour le bétail nous a été signalée dans
le Djolof. On évite, dans la mesure du possible, les pâturages où
il abonde, car il a la réputation de causer des maladies aux animaux
qui en consomment.

176. — Solarium incanum L. (Solanacées).


Vern. : gitégari (p Ferlo) ; itérenari (t, p Fouta-Toro) ; gi-
ténay (pf).

Sous-arbrisseau épineux vivace, de 1 m à 1,75 m, ramifié, évasé.


Feuilles pubescentes, dépassant 10 cm de long et 7 cm de large,
avec des poils étoiles; limbe plus ou moins digitilobé. Inflorescences
en petits corymbes axillaires opposés aux feuilles, avec trois ou
quatre fleurs de 3 cm de diamètre, généralement mauve violacé,
rarement blanches. Fruits de 4 cm de diamètre ou plus, jaunes à
maturité.
Cette espèce existe sporadiquement dans tout le Sénégal.
Le fruit et les graines de S. incanum sont très estimés pour
différents traitements externes : plaies et œdèmes (graines pilées),
oreillons (fruits et graines écrasées, en massage), céphalées (onctions
sur le front et autour des yeux avec une pâte de fruits).
On traite encore les maladies oculaires par des lavages avec le
macéré de feuilles, les céphalées, les névralgies et les caries
dentaires avec le mélange S. incanum et Piliostigma reticulatum.
Sous le nom secret de « débo dabo » (petite femme), une
guérisseuse du Goye, spécialisée en « pédiatrie », emploie les feuilles,
fleurs et fruits de 5. incanum (avec Abutilon pannosum et Lepta-
denia hastata) dans les constipations et diarrhées vertes des
nourrissons.
Les racines trouvent seulement des applications magiques.
— 577 —

177. — Sphaeranthus senegalensis DC. (Astéracées = Composées).


Vern. : tedwawa, teduwawa (p) ; depé (pf).
Plante très aromatique à tiges annuelles, ailées, un peu dressées
ou souvent appliquées sur le sol, atteignant 75 cm de long,
couvertes de poils mous, vert glauque. Feuilles alternes, lancéolées»
dentées sur les bords, à pubescence laineuse, sessiles. Inflorescences
en glomérules terminaux compacts de fleurs mauve violacé.
On la rencontre dans les dépressions limono-argilo-humides
depuis le sahel, ou dans les cultures en Casamance.
S. senegalensis entre dans la composition antirhumatismale d'un
guérisseur du Walo. On fait une décoction avec les racines de S.
senegalensis. Le liquide filtré est donné en boisson et ajouté aussi
aux aliments.
L'utilisation de cendres de racines mérite d'être soulignée, car
on trouve rarement des éléments minéraux dans les formes
pharmaceutiques peul ou toucouleur.

178. — Spondias monbin L. (Anacardiacées).


Syn. : S. luiea L.
Vulgo : Monbin.
Vern. : talé, tali (p).
Arbre de 15 m, à fût droit, cylindrique, à fortes branches évasées»
à écorce beige clair, très épaisse, liégeuse, profondément et
grossièrement grumeleuse. Feuilles composées imparipennées, avec
cinq à huit paires de folioles oblongues, inégales à la base, cour-
tement acuminées, d'environ 7 cm de long sur 3,5 cm de large»
avec une nervure parallèle et proche des bords. Grandes pani-
cules terminales de petites fleurs polygames blanches. Drupes
ovoïdes, jaune doré, de 3 cm à 3,5 cm de long, à pulpe comestible.
II se rencontre isolément, parfois en petits groupes dans tout
le Sénégal au Sud de la région sahélienne.
Le Monbin nous a été signalé dans le Goye, pour les
hémorragies du post partum.

179. — Sterculia setigera Del. (Sterculiacées).


Syn. : S. tomentosa Guill. et Perr.
Vulgo : Mbep (wolof).
Vern. : bobori (p, t).

Arbre de 10 à 12 m, à fût court, aux branches puissantes. Ecorce


jaune pâle, se desquamant par plaques feuilletées. Feuilles digi-
tilobées, cordées à la base, très acuminées au sommet, atteignant
20 cm de long et autant de large, avec une pubescence étoilée
— 578 —

en dessous. Courtes cymes de fleurs jaune verdâtre, avec des stries


rouges, apparaissant vers l'extrémité des rameaux, avant la
feuillaison. Follicules groupés par cinq, brunâtre verdâtre, nettement
apiculés, contenant des graines ovoïdes grises, avec une arille
jaune; ils sont garnis de poils fins, très désagréablement piquants.
Il est commun dans les forêts sèches soudaniennes.
Comme toutes les Sterculiacées, S. setigera renferme une gomme
se gonflant facilement dans l'eau. Connue, même en dehors du
Sénégal, sous le nom wolof de gomme mbep, elle est capable
d'absorber en gonflant jusqu'à deux cent cinquante fois son poids
d'eau, d'où son emploi dans la préparation de certains
médicaments composés.
Il n'est pas étonnant dans ces conditions, qu'on reconnaisse à
l'écorce des propriétés émollientes et calmantes mises à profit
dans le traitement de la toux, des états fébriles, des broncho et
des pneumopathies.
En médecine infantile, on prescrit le décocté d'écorces en bains
et boissons pour le rachitisme et les douleurs articulaires.
Dans les traitements de la lèpre, de la syphilis, de la fièvre jaune,
les associations avec les drogues réputées actives sont courantes.

180. — Stereos permum kunthianum Cham. (Bignoniacées).


Vern.: galumbi, galôbi, golôbi (p, t) ; banidaney (*) [=bani
blanc] (t); kulététaga (*) (p).

Arbre de 8 à 10 m, à fût rarement droit, à écorce lisse, très


claire, se desquamant par plaques et à branches échevelées.
Feuilles composées imparipennées, avec trois ou quatre paires de
folioles entières ou légèrement dentées, glabres ou pubescentes à
la face inférieure, courtement acuminées, oblongues-elliptiques,
d'environ 7 cm de long. Panicules terminales lâches de fleurs
mauve pâle qui apparaissent en saison sèche avant la feuillaison.
Siliques longues de 60 cm, aplaties, contenant des graines ailées
à chaque extrémité.
II est épars dans les régions sahélienne et soudanienne.
Les indications de S. kunthianum concernent les maladies
vénériennes, les maladies des voies respiratoires et les gastrites. Les
parties actives seraient les racines et les feuilles.

(*) Ces deux noms «banidaney» et «kulététaga» indiqués une fois


seulement, le premier par un Toucouleur de Pandi (cercle de Matam), le
second par un Peul de Koussanar (cercle de Tambacounda), n'ont pu être
recoupés et sont donnés sous réserve.
— 579 —

181. — Strychnos spinosa Lam. (Loganiacées).


Vulgo : Oranger de brousse.
Vern. : dâtokuley, fatakuley, moroawi (p, t).

Petit arbre de 5 à 6 m, à fût droit, ramifié en boule, à branches


épineuses. Feuilles opposées, arrondies, mucronées ou émarginées
au sommet, glabres ou pubescentes en dessous. Inflorescences en
«ymes ombelliformes terminales de fleurs blanc verdâtre. Fruits
sphériques, à épicarpe dur, vert puis jaune à maturité, lisse, de
7 cm de diamètre environ, ressemblant à une orange.
Présent, mais disséminé, dans toute la région soudanienne du
Sénégal.
L'indication principale de S. spinosa concerne les maux de ventre,
en particulier les coliques et les diarrhées. On donne alors les
racines et les écorces, souvent associées à celles de Cassia sieberiana
ou de Mitragyna inermis, sous forme de décocté.
On recommande aussi comme diurétique, un mellite composé
avec Cassia sieberiana et Acacia sieberiana.
Les fruits débarrassés des graines, sont acidulés et prescrits en
médecine infantile, tandis que les graines, émétiques, sont données
comme contre-poison.

182. — Swartzia madagascariensis Desv. (Fabacées = Papiliona-


cées).
Vern. : gugirki, gugiriki (p).

Arbuste tortueux, ramifié, quelquefois petit arbre atteignant 4 à


5 m. Feuilles alternes, composées imparipennées, avec quatre ou
cinq paires de folioles alternes ou opposées, elliptiques obtuses ou
émarginées au sommet, de 5 cm de long sur 3 cm de large,
finement pubescentes en dessous. Grappes terminales de fleurs
blanches, parfumées, avec un grand pétale de 2,5 cm de long et des
étamines nombreuses. Gousses de 30 cm de long, cylindrique,
glabres brun foncé, légèrement contournées.
Très inégalement réparti dans le Sénégal, il existe surtout au
Sud et à l'Est de Kaolack ainsi que dans le Cayor.
Les écorces de tiges ou de racines de S. madagascariensis
possèdent une bonne réputation de purgatif léger. Les fruits, d'abord
grillés puis piles après dessiccation, sont mis à macérer dans de
l'eau. Le filtrat est donné en boisson comme reconstituant et
décourbaturant.
Journal d'Agriculture tropicale 38
— 580 —

183. — Tamarindus indica L. (Césalpiniacées).


Vulgo : Tamarinier.
Vern. : dabé, dadmi (p,t).
Arbre de 12 à 15 m, à fût court, noueux, avec des branches
robustes, une cime ovoïde, une écorce très foncée, profondément
fissurée-striée. Feuilles glabres, composées pennées, avec douze à
quinze paires de folioles légèrement inégales à la base, arrondies
ou émarginées au sommet, de 3 cm de long sur 1 cm de large. Ra-
chis glabre ou pubescent. Petits racèmes terminaux de fleurs
jaunâtres, pédicellées avec des bractées. Gousses de 10 cm de long
sur 2 cm de large, épaisses, un peu aplaties, brunes, contenant
quatre à cinq graines entourées d'une pulpe sucrée.
Il existe dans tout le Sénégal, surtout dans les sols compacts
et souvent entouré de termitières.
Le fruit du Tamarinier est très employé comme laxatif. Dans
la plupart des cas, on pile au mortier le fruit préalablement
débarrassé de l'épicarpe, on réduit en poudre, on pétrit la masse avec
de l'eau ou du « sâglé » (boisson à base de lait et de farine de mil) ;
on ajoute, ou non, un peu de sel et on fait boire abondamment.
La poudre d'écorce est réputée béchique, celle de feuilles
cicatrisante des ulcères (cf. Ziziphus mauritiana).
En médecine vétérinaire, on donne le macéré d'écorces aux
jeunes veaux trop gourmands atteints de troubles intestinaux.
Dans tout le Fouta Toro et jusqu'à la Gambie, le Tamarinier
est un constituant quasi constant des préparations
médico-magiques mises en œuvre par les guérisseurs et même les marabouts
dans le traitement de la folie. Il entre en outre quelquefois dans
des préparations médico-magiques destinées à combattre
l'impuissance.

184. — Tapinanthus bangwensis (Engl. et K. Krause) Danser (Lo-


ranthacées).
Syn :Loranthus.
Vern. : tonawi (p, t).
Plante parasite sur les arbres où elle vit comme le « Gui ».
Rameaux verts, cassants. Feuilles largement ovales, épaisses,
arrondies ou obtuses à la base. Fleurs blanches, rougeâtres vers le
sommet. Petits fruits sphériques, vert pâle, de 5 à 6 mm de
diamètre, j
Elle s'installe sur de nombreux arbres de diverses familles :
c'est l'espèce la plus commune et la moins exigeante sur la plante
hôte, au Sénégal.
— 581 —

Le Tapinanthus n'a pas, chez les Peul-Toucouleur, la réputation


extraordinaire qu'il atteint chez les Wolof, mais on reconnaît
néanmoins son activité en médecine humaine pour les maladies des
voies respiratoires (décocté de poudre totale en boisson), en
médecine vétérinaire pour traiter la stérilité des vaches, en médecine
magique pour combattre l'impuissance, les envoûtements, les cas
de possession.

185. — Tephrosia purpurea Pers. (Fabacées = Papilionacées).


Vern. : tâp, tât (p).
Plante vivace, à tiges rougeâtres, décombantes ou plus ou moins
érigées, ligneuses à la base, atteignant 75 cm de long. Feuilles
composées de six à douze paires de folioles lancéolées, parfois
presque linéaires, de 20 mm de long sur 7 mm de large. Epi terminal
de fleurs carmin vif, isolées ou par deux. Gousses de 4 à 5 cm de
long et 4 mm de large, aplaties, légèrement falciformes.
Plante banale au Sénégal, surtout dans les sables littoraux.
T. purpurea, associé ou non aux écorces de Sterculia setigera
(qui fournit la gomme mbep) est considéré comme un bon
fébrifuge.
Cette espèce a la réputation d'être, sinon toxique, tout au moins
nuisible pour les animaux; aussi détourne-t-on le bétail des
pâturages qui en contiennent.

186. — Terminalia avicennioides Guill. et Perr. (Combrétacées).


Vern. : pulemi (p, t).
Petit arbre de 7 à 8 m, bas branchu, à frondaison très évasée, à
écorce noirâtre, très profondément fissurée longitudinalement.
Feuilles alternes, oblongues obtuses au sommet ou à peine acumi-
nées, d'environ 15 cm de long sur 5 cm de large, avec une
pubescence dense, grisâtre à la face inférieure, la supérieure étant vert
mat. Epi compact de fleurs blanches, à parfum désagréable. Fruits
également couverts d'une pubescence dense, grisâtre.
Il est commun dans tout le Sénégal, sauf dans la forêt gui-
néenne.
T. avicennioides sous forme de décocté de racines, est considéré
comme très actif dans les traitements de l'ascite et du « diangara
Cayor », par conséquent de la syphilis tertiaire.
Pour les maladies oculaires des bébés encore au sein (surtout
exophtalmies et conjonctives), le macéré aqueux de racines est
recommandé en boisson aux nourrices. Nous en tirons la
conclusion que le passage des principes actifs de certaines drogues dans
le lait maternel est reconnu par les Peul-Toucouleur.
— 582 —

187. — Terminalia laxiflora Engl. (Combrétacées).


Vern. : kulemi (p, t).
Arbre de 10 m, à fût court et branches robustes, cime allongée,
écorce très foncée, profondément fissurée longitudinalement.
Feuilles alternes, vert foncé, ovales-oblongues, toujours
nettement et assez longuement pétiolées; limbe d'environ 20 cm de long
et 7 cm de large, glabrescent à la face inférieure. Epis de fleurs
blanches, légèrement espacées sur le pédoncule. Fruits lancéolés,
pubescents pendant la formation, brunâtres, glabres à maturité.
Espèce soudanienne qui est surtout abondante dans les sols
compacts.
Du point de vue dénomination, T. laxiflora est souvent confondu
avec l'un ou l'autre des deux autres Terminalia médicinaux : T.
avicennioides et T. macroptera.
Néanmoins les exemplaires qui nous ont été unanimement
signalés sur le terrain comme étant doués de propriétés anti-
dysentériques, et possédant seulement ces propriétés, étaient bien
des T. laxiflora.
Une autre constatation curieuse s'impose à propos de la drogue.
On utilise soit les feuilles fraîches, soit les racines mais, avant de
réaliser la préparation proprement dite, on élimine, dans le
premier cas, le suc des feuilles encore fraîches par expression et, dans
le second cas, l'assise pilifère par battage, écorçage et grattage.
188. — Terminalia macroptera Guill. et Perr. (Combrétacées).
Vern. : bodi, bodey (p, t).
Arbre de 10 à 12 m, à fût court, large, ramifié à faible hauteur,
à branches dressées, à écorce très foncée, profondément fissurée.
Feuilles alternes, glabres, vert clair, sessiles obovales,
régulièrement et longuement cunées à la base; limbe d'environ 25 cm de
long et 9 cm de large. Epis de fleurs blanches, à parfum désagréable.
Fruits oblongs, de 10 cm de long sur 4 cm de large, vert clair,
glabres.
Espèce très commune au Sénégal, surtout dans la région
soudanienne, parfois en mélange avec T. laxiflora.
Ce Terminalia est aussi réputé que les deux autres, mais il est
surtout employé en association comme reconstituant, diurétique
antiblennoragique et antivenimeux.
189. — Tinospora bakis (A. Rich)Miers. (Menispermacées).
Vulgo : Bakis (wolof).
Vern. : bakani (p, t).
Liane sarmenteuse pouvant atteindre 8 à 10 m de haut, à tiges
garnies de très gros lenticelles proéminents blanchâtres. Feuilles
— 583 —

largement ovales, cordées à la base, acuminées au sommet avec


sept nervures basilaires; pétiole de 4 à 5 cm de long en moyenne
et limbe de 7 cm de long et autant de large, mince, souple, glabre.
Racemes axillaires portant des fascicules de deux à cinq fleurs
vert jaunâtre, courtement pédicellées. Fruits rouges à maturité,
ovoïdes, de 1 cm de long, portés par un pédicelle également de 1 cm
de long.
Cette plante est surtout répandue dans la région sahélienne du
Sénégal.
La racine de Bakis à cassure jaune, à saveur amère, est par
excellence le médicament de la « fièvre jaune ». Ce terme étant pris
ici dans son sens large africain, englobe les affections allant des
ictères aux fièvres bilieuses hématuriques et pouvant être
diagnostiquées principalement par la coloration jaune de la sclérotite et des
téguments.
On peut être assuré que là ou végète le Bakis, il est prescrit pour
les troubles hépato-biliaires, les fièvres bilieuses hématuriques, mais
aussi pour les états pyrétiques graves, les formes aiguës de
paludisme et les bilharzioses.
Deux verres à thé d'un macéré de quelques rondelles de racines
constituent la dose journalière généralement considérée comme
suffisante, le temps de macération étant d'une dizaine d'heures.
Par voie externe, on utilise la même préparation comme anti-
dermatosique, antigaleux.
Certains guérisseurs, redoutant la toxicité de la drogue préfèrent
la réserver uniquement pour l'usage externe. Ils prétendent que le
produit est toxique pour les hommes et les animaux, sauf les
chameaux dont on peut alors traiter les affections intestinales et les
maladies de peau en usage interne et externe.

190. — Trichilia roka (Forsk.) Chiov. (Méliacées).


Syn. : T. emetica Vahl.
Vern. : budéyel, guruiwâdu, kérendusa (p, t).
Petit arbre de 6 à 7 m, branches dressées, contournées, à écorce
épaisse, grossièrement fissurée, très foncée, noirâtre. Feuilles im-
paripennées, avec trois à cinq paires de folioles, oblongues,
elliptiques, arrondies à chaque extrémité, sessiles sur le rachis, très
tomenteuses, à poils dorés; dix à quinze nervures latérales très
nettes. Inflorescences en courtes panicules de 7 cm de long à
l'aisselle des jeunes feuilles, vers l'extrémité des branches; fleurs ver-
dâtres, avec des sépales de 10 mm de long. Baies sphériques de
15 mm de diamètre.
— 584 —

II est répandu depuis le Cayor (sahel) jusqu'en Casamance


maritime, mais il ne pénètre pas dans les forêts guinéennes.
Les propriétés éméto-cathartiques de l'ecorce sont connues mais
ne trouvent guère leur emploi, si ce n'est pour préparer les femmes,
en «vidant le ventre», à subir des traitements destinés à les
rendre fécondes (macéré ou décocté d'écorces en boisson).

191. — Uvaria chamae P. Beauv. (Annonacées).


Vern. : kélenbaley [= kélen noir] (pf ) ; boélémimbo (p
Fouta-D jalon).
Arbuste un peu sarmenteux, à nombreux rameaux entremêlés.
Feuilles oblongues, elliptiques, obtuses ou cunées à la base, courte-
ment acuminées au sommet, d'environ 10 cm de long sur 5 cm de
large, éparsément pubescentes à la face inférieure avec des poils
étoiles ; elles ont un fort parfum poivré lorsqu'on les froisse. Fleurs
axillaires, jaune crème, avec des pétales oblongs de 14 mm de long
sur 8 mm de large. Fruits à plusieurs carpelles de 3 cm de long,
presque cylindriques, courtement stipités, lisses ou légèrement
verruqueux, brun verdâtre.
Plante commune au Sénégal dans les lieux un peu humides.
En pays firdou et fouladou, nous avons vu chez des notables des
fragments de racines d'Uvaria chamae achetées fort chers à des
Diola qui en font le commerce à travers la Casamance, depuis la
Guinée portugaise jusqu'à la Gambie anglaise. On comprend dans
ces conditions la réputation de panacée dont jouit la drogue en
médecine populaire, plus précisément en médecine de « riches »,
où elle est recommandée surtout pour les états adynamiques et la
sénescence.
Le point de vue des guérisseurs est différent. U. chamae,
médicament de la femme, est prescrit comme antiaménorrhéïque et
antiecbolique.

192. — Vemonia colorata Drake (Astéracées = Composées).


Vern. : kofesafuna (p).

Arbuste ne dépassant pas 4 à 5 m de haut, souvent avec un fût


droit ou branchu près de la base ; rameaux à pubescence beige pâle.
Feuilles étroitement cunées à la base, à bords ondulés; limbe mince,
souple, pubescent. Nombreux corymbes terminaux de capitules
blancs de 8 mm de large, parfumés. Akènes glabres mais
glanduleux, avec dix nervures; pappus crème à maturité.
On le rencontre dans les lieux assez longuement humides.
Commun en Casamance, il se raréfie vers le sahel.
— 585 —

« kofesafuna » est unanimement estimé dans toute la région


allant de la Falémé à Goudiry pour l'efficacité de son action dans
les cas de bilharziose, impuissance masculine et stérilité féminine.
Ce sont des préparations d'écorces (tiges, tronc, racines) qui sont
employées, souvent avec des épis de maïs, variété rouge.

193. — Vetiveria nigritana Stapf. (Poacées = Graminées).


Vulgo : Vétiver.
Vern. : sâban (t).

Robuste plante vivace formant de grosses touffes qui atteignent


2,50 m avec les inflorescences, à nombreux racèmes verticillés
(quinze à vingt) de 10 à 15 cm de long. Les épillets sont muriqués
sur toute leur surface.
Il forme de vastes peuplements dans les limons périodiquement
inondables depuis le Sénégal jusqu'en Casamance.
Le Vétiver fait partie des espèces utilisées pour attirer le
poisson, comme il a été signalé à Bergia suffruticosa.

194. — Vigna unguiculata (L.) Walp. (Fabacées = Papilionacées) .


Vulgo : Niébé.
Vern. : seb (p, t).

Plante annuelle cultivée, volubile, avec de nombreuses variétés


et des formes retournant à l'état sauvage. Feuilles trifoliées, à
folioles plus larges vers le milieu ou vers la base, très polymorphes.
Racèmes axillaires de fleurs généralement mauve mais pouvant
être blanches ou jaunes. Gousses ne dépassant pas 10 cm chez les
formes sauvages mais atteignant 15 cm et plus chez les variétés
cultivées; elles sont cylindriques, légèrement contournées,
indéhiscentes.
Elle existe dans tout le Sénégal.
Les feuilles de Niébé et les graines (haricots) sont utilisées en
médecine populaire pour les dermatoses et les enflures.
En raison de leur constitution amylacée, les haricots, par
trituration au mortier, se prêtent bien à la confection des masses em-
plastiques et sont, dans certains cas, utilisés comme véhicule pour
l'obtention de formes galéniques à usage externe.

195. — Vitex madiensis Oliv. (Verbénacées).


Syn. : V. barbota Planch, ex Bak.
Vern. : bumé (pf).
Arbuste de 2 ou 3 m, rarement plus au Sénégal, à ramure
tourmentée, irrégulière. Feuilles composées digitées, avec trois à cinq
— 586 —

folioles ovales à lancéolées, entières ou crénelées, pubescentes à


la face inférieure, la foliole médiane étant plus grande que les
latérales. Petites cymes axillaires de fleurs pubescentes mauves,
avec des taches jaunes. Drupes sphériques de 2 cm de diamètre,
noires à maturité, entourées à la base par le calice persistant.
Parfois commun dans les forêts sèches soudaniennes, il l'est
surtout en moyenne Casamance.
Utilisé en pansements d'écorces pilées, comme vulnéraire.

196. — Waltheria indica L. (Sterculiacées).


Syn. : W. americana L.
Vern. : kafafé, kafafi (p, t).
Sous-arbrisseau dressé, de 1 à 1,50 m, rarement plus à tiges
pubescentes, jaune verdâtre, avec des poils étoiles. Feuilles ovales,
arrondies ou subcordées à la base, obtuses au sommet; nervation
très déprimée à la face supérieure; bords plus ou moins crénelés;
le limbe est densément pubescent, velouté sur les deux faces, très
variable dans ses dimensions et ses formes; il peut dépasser 15 cm
de long et 7 cm de large chez les rejets. Inflorescences en cymes
compactes sur une hampe souvent terminale; fleurs sessiles jaunes,
tournant à l'orangé ou au brun en vieillissant.
Il existe communément dans tout le Sénégal.
Les utilisations de W. indica dans la pharmacopée peul-toucou-
leur sont variées. On nous a surtout vanté le pouvoir asséchant et
cicatrisant sur les blessures de la poudre de racine, mais celle-ci
est aussi prescrite en décocté par voie interne pour les entéralgies,
la lèpre, la syphilis.
Nous avons noté en outre un emploi médico-magique du décocté
de toutes les parties de la plante, en bains et massages, pour traiter
la roséole.

197. — Ximenia americana L. (Olacacées).


Vuugo : Citron de mer.
Vern. : téné (p, t).
Arbuste ou, rarement, petit arbre de 5 m, glabre, à nombreux
rameaux dressés, épineux. Feuilles elliptiques-lancéolées, émargi-
nées, glabres, à nervation peu marquée, vert glauque. Petits ra-
cèmes ombelliformes axillaires de fleurs blanchâtres, parfumées
avec un pédicelle de 5 mm. Les quatre pétales sont densément poilus
à l'intérieur. Drupes ellipsoïdes de 3 cm de long, glabres, jaunes à
maturité.
On le rencontre irrégulièrement réparti dans tout le Sénégal.
Il préfère les sols compacts.
— 587 —

Dans le Firdou et le Fouladou, les feuilles de X. americana sont


assez souvent prescrites en décocté comme fébrifuge léger et ato-
xique (aussi le donne-t-on surtout aux enfants), en macéré pour
les crises d'angine de poitrine, sous forme de pâte en applications
frontales et temporales pour les céphalées, en préparations médico-
magiques pour les orchites et les hernies.
La poudre d'écorce serait un excellent détersif des plaies
ulcéreuses.

198. — Zea mays L. (Poacées — Graminées).


Vulgo : Maïs.
Vern. : maka, makarbodiri, bala (p, t).
Il est maintenant fréquemment cultivé dans la vallée du Sénégal
et dans les sols riches des vallées ou les sols périodiquement
inondés, après le retrait des eaux.
L'épi de maïs dont l'aspect phallique et le nombre considérable
de graines solidement fixées sur l'axe charnu prennent valeur de
symbole, constitue le substratum indispensable de tout remède
contre l'impuissance et la stérilité.
On utilise la poudre obtenue par tamisation après grillage et
éclatement de l'épi à la chaleur.

199. — Ziziphus mauritiana Lam. (Rhamnacées).


Vern. : dabi (p, t).

Arbuste, rarement petit arbre, à branches garnies d'épines


droites ou arquées. Feuilles densément et courtement pubescentes
laineuses, blanchâtres à la face inférieure; limbe symétrique ou
à peine asymétrique à la base, elliptique. Courtes cymes axillaires
de fleurs de couleur crème. Drupes sphériques de 1,5 cm à 2 cm
de diamètre, jaune doré à maturité, comestibles.
Il existe dans tout le Sénégal, sauf dans les formations gui-
néennes.
Les ulcères phagédéniques sont traités successivement en
lavage et en saupoudrage par le macéré puis par la poudre de
feuilles de Z. mauritiana. Quelquefois ces préparations
comprennent en outre les feuilles de tamarinier.
Pour les hémorragies du post partum, on donne à la jeune
accouchée de la poudre d'écorce diluée dans l'eau et, pour les maux
de ventre, un macéré de racines.
En médecine vétérinaire, les écorces de tiges et de racines sont
conseillées en macéré aqueux et salé pour la maladie appelée
« daso » (trypanosomiase?).
— 588 —

200. — Ziziphus mucronata Willd. (Rhamnacées) .


Vern. : dabifauru (p).

Arbuste souvent sarmenteux avec des branches épineuses, brun


rougeâtre. Feuilles nettement asymétriques, à bords finement
denticulés, glabres ou glabrescentes en dessous, largement ovales,
arrondies ou subcordées à la base. Cymes axillaires de nombreuses
fleurs jaune verdâtre. Drupes sphériques, brun rougeâtre foncé
à maturité, de 1,5 cm à 2 cm de diamètre, non comestibles.
Il est éparsément répandu dans tout le Sénégal.
Z. mucronata est très souvent signalé. Dans les renseignements
fournis par les guérisseurs, revient avec une égale insistance la
mention des propriétés antiblennoragiques des racines et celle des
propriétés antiénurésiques des fruits.

201. — Ziziphus spina christi (L.) Willd. (Rhamnacées).


Vern. : tépodarola (pf).
Arbuste très branchu de 3 à 4 m, épineux, à rameaux grisâtre.
Feuilles généralement symétriques, ovales lancéolées, cunées à
la base et obtuses au sommet, légèrement denticulées sur les
bords, nettement trinervées, finement pubescentes à la face
inférieure. Cymes à nombreuses fleurs subsessiles ou nettement pé-
donculées, jaune verdâtre. Drupes ovoïdes, de 2 cm de diamètre,
à pédoncule atteignant 1 cm, rouges à maturité.
Peu fréquent au Sénégal où on le rencontre dans les lieux les
plus divers (rives du Sénégal, ravins du Sénégal oriental, savanes
boisées soudaniennes, etc.).
Cette espèce ne nous a été signalée que dans le Niokolo où on
l'utilise pour le traitement des morsures de serpent en application
de la poudre de charbon d'épines.

(Laboratoire de Matière Médicale,


Faculté de Médecine et de Pharmacie, Dakar.
Département de Botanique,
Institut Français d'Afrique Noire, Dakar.)
— 589 —

Index des plantes citées classées par familles (*).

ACHRADACÉES (= SaPOTACÉES)
Butyrospermum paradoxum 39
Alismatacées
Lophoto carpus guyanensis 132
Amaranthacées
Alternanthera sessilis 19
Nothosaerva brachiata 144
Pupalia lappacea 166
Ampelidacées
Cissus populnea 60
Cissus quadrangularis 61
Anacardiacées
Heeria insignis . 112
Lannea acida 126
Lannea velutina 127
Mangifera indica 134
Sclerocarya birrea 171
Spondias monbin 178
Annonacées
Annona senegalensis 21
Hexalobus monopetalus 113
U varia chamae , 191
Apocynacées
Adenium obesum 14
Baissea multiflora 29
Carissa edulis 48
Holarrhena floribunda 116
Saba senegalensis 169
ASCLEPIADACÉES
Calotropis procera 41
Caralluma dalzielii 45
Caralluma retrospiciens 46
Leptadenia hastata 128
ASTERACÉES (= COMPOSÉES)
Acanthospermum hispidum 12
Blainvillea gayana 33
Centaurea senegalensis 37
Dicoma sessiliflora 88
Sphaeranthus senegalensis 177
Vernonia colorata 192

(*) La classification des plantes adoptée dans ce mémoire étant


alphabétique, le numéro indiqué est le numéro d'ordre figurant dans le texte.
— 590 —

BlGNONIACÉES
Neivbouldia laevis 143
Stereospermum kunthianum 180

BOMBACACÉES
Adansonia digitata 13
Bombax costatum 34

BURSERACÉES
Commiphora af ricana 73

Capparidacées
Boscia angustifolia 36
Boscia senegalensis 37
Cadaba farinosa 40
Capparis decidua 43
Capparis tomentosa 44
Crateva religiosa 75
Maerua angolensis 133

Caryophyllacées
Polycarpea linearifolia 160

Celastracées
Hippocratea africana 115
Maytenus senegalensis 135

CUCURBITACÉES
Melothria maderaspatana 136

Cesalpiniacées
Afzelia africana 17
Bauhinia rufescens 31
Burkea africana 38
Cassia absus 49
Cassia alata 50
Cassia italica 51
Cassia occidentalis 52
Cassia podocarpa 53
Cassia sieberiana 54
Cassia tora 55
Daniellia oliveri 81
Detarium microcarpum 84
Detarium senegalense 85
Dialium guineense 86
Erytrophleum guineense 94
Parkinsonia aculeata 153
Piliostigma reticulatum 158
Piliostigma thonningii 159
Tamarindus indica 183
COCHLOSPERMACÉES
Cochlospermum tinctorium . . 61
— 591 —

COMBRETACÉES
Anogeissus leiocarpus 22
•Combretum aculeatum 65
Combretum crotonoides 66
Combretum glutinosum 67
Combretum micranthum OS
Combretum molle 69
Combretum nigricans 70
Combretum nigricans var. elliotii 71
Guiera senegalensis 110
Terminalia avicennioides 18fi
Terminalia laxiflora 187
Terminalia macroptera 188
COMMELINACÉES
Commelina forskalaei 72
CUCURBITACÉES
Momordica balsamina 140
Ebenacées
Diospyros mespiliformis 89
Elatinacées
Bergia suffruticosa 32
EUPHORBIACÉES
Alchornea cordifolia 18
Anthosthema senegalense 24
Euphorbia balsamifera 95
Euphorbia hirta 96
Hymenocardia acida 117
Jatropha chevalieri 123
Jatropha curcas 124
Ricinus communis 168
Securinega virosa 174
Fabacées (= Papilionacées)
Abrus precatorius 1
Afrormosia laxiflora 16
Andira inermis 20
Arachis hypogaea 25
Canavalia ensiformis 42
Cordyla pinnata 74
Crotalaria perrottetii 77
Crotalaria podocarpa 78
Dalbergia melanoxylon 80
Desmodium velutinum 83
Erythrina senegalensis 93
Indigofera macrocalyx 121
Indigofera oblongifolia 122
Lonchocarpus laxiflorus 130
Moghania faginea . 139
Ostryoderris stuhlmannii 148
— 592 —

Pterocarpus erinaceus 165-


Rhynchosia pycnostachya 167
Sivartzia madagascariensis 182
Tephrosia purpurea 18«>
Vigna unguiculata 194
Hypericacées
Psorospermum senegalense 164
ICACINACÉES
Icacina senegalensis 119
Labiées
Hyptis spicigera 118
Ocimum basilicum 145
Ocimum canum 148
Liliacées
Asparagus africanum 28
Asparagus pauli-gulielmi , 28-
LOGANIACÉES
Anthocleista procera 23
Strychnos spinosa 181
LORANTHACÉES
Tapinanthus bangwensis 184
Malvacées
Abutilon pannosum 2
Cienfuegosia digitata 58
Gossypium ssp 107
Hibiscus asper 114
Meliacées
Khaya senegalensis 125
Trichilia roka 190
Menispermacées
Cissampelos mucronata 59
Cocculus pendulus 63
Tinospora bakis 189
Mimosacées
Acacia albida \
Acacia ataxacantha 4
Acacia macrostachya 5
Acacia nilotica var. tomentosa o
Acacia polyacantha subsp. campylacantha 7
Acacia raddiana 8
Acacia Senegal 9
Acacia seyal 10
Acacia sieberiana 11
Dichrostachys glomerata 87
Entada africana 91
— 593 —

Entada sudanica 92
Parkia biglobosa 152
Prosopis africana 162
Moracées
Ficus capensis 9&
Ficus glumosa 99
Ficus gnaphalocarpa 100
Ficus iteophylla 101
Ficus umbellata 102
Myrtacées
Psidium guajava 163
Ochnacées
Lophira lanceolata 131
Olacacées
Ximenia americana 197
Opiliacées
Opilia celtidifolia ■ 147
Papayacées
Carica papaya 47
Pedaliacées
Sesamum radiatum 175-
Poacées (=• Graminées)
Arislida longiflora 26
Aristida stipoides 27
Cymbopogon giganteus T9
Imperata cylindrica
Oxytenanthera abyssinica
Pennisetum ssp 156
Pennisetum subangustium 157
Vetiveria nigritana 193
Zea mays 198
POLYGALACÉES
Securidaca longepedunculata 173
Rhamnacées
Ziziphus mauritiana 199
Ziziphus mucronata 20fr
Ziziphus spina christi 201
Rosacées
Parinari curatelli folia 150
Parinari excelsa 151
Rubiacées
Borreria verticillata 35
Crossopteryx febrifuga 76
Feretia apodanthera 97
— 594 —

Gardenia ssp 103


Gardenia erubescens 104
Gardenia ternifolia 105
Gardenia triacantha 1045
Mitracarpus scaber 137
Mitragina inermis 138
Nauclea latifolia 141
Nauclea pobeguinii 142
Pavetta crassipes 155
Pavetta oblongifolia 155
Pouchetia af ricana , 161

Rutacées
Citrus aurantifolia 62

Salvadoracées
Salvadora persica 170

SCROFULARIACÉES
Scoparia dulcis 172

SlMAROUBACÉES
Hannoa undulata Ill
Solanacées
Datura metel 82
Solanum incanum 176

Sterculiacées
Dombeya quinqueseta var. senegalensis 90
Sterculia setigera 179
Waltheria indica 196
TlLIACÉES
Grewia bicolor 108
Grewia lasiodiscus 109
Ulmacées
Celtis integrifolia 56
Verbenacées
Lippia chevalieri 129
Vitex madiensis 195

ZlNGIBERACÉES
Aframomum elliotii 15

Zygophyllacées
Balanites aegypliaca 30
— 595 —

Index des nom» vernaculaire* (*)

A bôi 13
âdaké 102 boili 113
adana 52 boki 13
âdinéo 61 boro 122
alalé 173 borsorki 167
alali 173 bosé 54
aldana 52 bosédé 105
aliiki 11 bosey 105
arinayel 160 budel 27
budéyel 190
B bufadii 15
bâbâdi 41 bufena 24
badadi 73 buiki 71
badékaréd 95 buiti 70
badékarey 95 bukel 121
badula 51 buki 107
badulo 60, 51 bulbi 9, 10
bagu 133 bulbibodey 10
bakani 60, 189 bulbidaney 9
bakuré 141 buley 56
bakuri 141 buludé 157
bala 198 bumé 195
balamadi 46 burbog 140
balboro 122 burinaney 45
bamâbi 41 burli 87
banana 144 burnéné 45
bani 165 busdé 70
banibaley 165 buski 70
banidaney 148, 180
banigolôfoi 130 C
baresané 11 cibonadé 23
barkasoné 153 cididé 7
barkéo 159 cinâgawi 54
barkey 158 cinénawi 54
bawoam 41
bédomodo 23 D
belbelgel 172 daci 155
belbenel 172 daflnay 130
belwégel 172 dagasalum 12
bembéy 126 danéranéd 148
bendâgkafaa 53 darabuki 14
bénéfln 118 darbugé 14
binarobé 38 darbugôl 14
bobori 179 darbuki 14
bodey 188 dâtokuley 181
bodi 188 delbi 115
boéléraimbo 191 depé 177
boéli 104 dibidibété 98

(*) Le numéro indiqué est le numéro d'ordre figurant dans le texte.


Journal d'Agriculture tropicale 39
— 596 —

dimbéiligala 168 gidili 37


dinali 106 gielgotel 135
dôki 67 gigilé 37
dôkidéwi 66 gimn 1&
dôkigori 67 girlôy 63
dokoworo 67 gisih 37
dolimba'
dôli 84 gilégari 176
93 giiégélodé 1
dôôki 67 giténay 176
dubulé 175 godoli 22
duki 74 goletéki 30
dukumé". 21 golôbi 180
dukumi 21 gubé 48
dundunké 141
gubibalédé 44
gubibaley 44
dabé 183 gubidanédé 4
dabi 199 gubibaney 4
dabifauru 200 gU(ji 17»
dadabi l42 gudurdel 35
dâdéré 64 gugiriki 182
dadmi 183 gugirki 182
dâduré 64 gugumâ 145
dalâban 80 guguméwi • 146
dambaduro 55 gUmi 43
darundé 64 gumibaley 44
doy ^4 guruiwâdu 190
duklabébé 46 guyab 163:
duladukad 124
dutu 173
induno 61
61
elloko itérenari 176
éri 171 iwi 100

l\ kadoda 13a
î,

f,aaden
....
,fatakuley
fuyufaya
gâki
faladin
gabuda
gabudawi
galôbi
galumbi
gaudi
gauri
giagU
gialgoti
géloki
oler.e
, , , ". G -101
181
-111

I55
180
156
HO
135
l\

01

566 kafafé
kadodai
!,„*„«
kafan
,.,
kail
karé
katidâkuma
katidâtadé
kédi
kéku
kékudé
kékuy
kelidanéyé
kéleleldéri
kéleli
kélenbaley
keli
kelibaléyé 161
196
1QR
19b
19r
lzi>
164
111
112
191
108
1091
395
82
— 597

kérendusa 190 M
kérenduta 20 mâgo 134
kérendutey 111 maka 198
kérenkodé 117 mâkanasé 119
kéwé 149 makarbodiri 198
kidé 5 malâga 131
kidi 124 mamadâdâdi 160
kiréwi 36 manisey 131
kodébâdi 57 mâpatabaley 150
kodoli 22 mâpatadé 151
kôdomburu 143 mbototay 93
koeli 113 mbuda 92
koéli 138 méko 86
kofesafuna 192 mobodey 85
koilé 113 monérêki 76
koili 138 moniriki 76
koli 138 monirki 76
kordel 78 moroawi 181
korenkodé 117 motétey 93
korodel 49 mototay 93
kotidâkuma 164 murotoki 30
koy 162 mutéki 30
kufay 15 mutoki 30
kukudé 89 N
kukui 89 nakaburé 83
kukuo 89 namari 31
kulékulifaro 20 narari 28
kulemi 187 nayiM 75
kulététagâ 180 ndukoworo 67
kulkulé 16 nelbé 89
kulokulo 16 nelbi 89
kulukuli 16 nété 152
kululi 16 ngimii 18
kupâpâ 41 ningiribété 98
kurkadé 154 nipéré 32, 79
kuuku 89 nofelbalu 59
nokégoré 67
K
kédi 5 N
L nagobéré 166
lalodi 76 nalâporé 29
laloy 76 nanakawi 69
laraudé 169 nanakey 69
lamuné 169 P
laonâdi 65 padapar 92
leble'ban 19 padapari 91
légilégirdé 33 papayi 47
lige 107 pâté 42
limô 62 pâtoy 42
linge 17 péleti 117
lingédé 17 pélitoro 117
lingérébétéy 99 pomey 136
lingérébété 99 pulemi 186
lubodel 118 puri 2
598 —

S talelwalu 147
sâban 193 tali , 178
safato 128 tani 165
sâgoro 32 tâp 185
salanôbo 29 tapatoy 185
sâmtardé 35 taraki 116
sapato 128 tarki 116
sapatoy 128 taski 3
sawato 128 tât 185
seb . . 194 teduwawa 177
sélu 137 tedwawa 177
sidé 54 tékey 98, 99, 100
side 54 télentélénad 162
sili 8 tembelgorel 174
silla 119 téwé 81
sinanay 54 téwi 81
sindâ 54 tili 8
sinsin 40 tôbi 97
sinsinô 58 tuko 126
sirin 26 tumborki 38
sodo 120
U
T ulo 55
takâpolé 96 ulodé 55
tali 94 urki 98
talidé 94
talli 68 W
tallika 68 waoré 77
tamé 132 warndonay 101
téli 94 watenubôt 123
télidé 94 waurédébo 121
tépodarola 201 waurégorko 77
tinoli 126 werkan 72
tinolipoley 127 witen 107
tirey 36 wordénâdé 88
tôbida 97 wusumkoloma 129
tonawi 184 wuten 107
wutenubôi 123
T
taiki 3 Y
talé 178 yiyabudé 82
talelwâdu 115 yiyabudi 82

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE SUR LES PEUL

Tauxier L. — « Mœurs et histoire des Peuls » Payot, Paris, 1937.


Monteil Ch. — « Réflexions sur le problème des Peuls » Journ. Soc. Afr.,
1950, XX, fasc. II, pp. 153-192.
Cheick Anta Diop. — « L'Afrique Noire précoloniale » Présence
Africaine Paris, 1960, cité par Brigaud F. in « Histoire traditionnelle du
Sénégal» C.R.D.S. Saint-Louis du Sénégal 1960.
Labouret H. — « La langue des Peuls ou Foulbés », Mém. I.F.A.N.
Dakar, 1952.
— 599

Errata.

La Rédaction du Journal s'excuse auprès des auteurs et des lecteurs :


1°) de la graphie des noms vernaculaires qui n'a pu être respectée en
particulier pour les lettres suivantes (voir page 393) : le d mouillé avec accent aigu,
le e (prononcé ain) avec tilde, le k mouillé avec accent aigu, le n (ng de
l'anglais) avec point, le n mouillé avec accent aigu, le t mouillé avec accent
aigu.
2°) des erreurs qui n'ont pu être corrigées.
Dans la première partie :
p. 385 : fin du chapitre, bas de page : au lieu de « deux millions et
demi de pulophones », lire « quatre millions et demi »
p. 392 : entre les 9e et 10e lignes intercaler la ligne suivante : « il est
malade, quand les pâturages sont riches et »
p. 394 : lre ligne du renvoi sous astérisque : au lieu de (pf), lire (p)
p. 395 : n° 2 : au lieu de « Leptadenia astata », lire « Leptadenia
hastata »
p. 406 : n° 21, 3e paragraphe: au lieu de «Bodemba», lire «Bademba».
Avant-dernière ligne : au lieu de « à vivre et représenter », lire « à vivre et à
représenter »
p. 439 : 8e ligne, au lieu de « c'est-à-dire la valeur », lire « c'est dire
la valeur »
3°) Et de quelques fautes d'orthographe ou coquilles facilement rectifiables.