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Économie du Sport au Maroc : Un secteur à développer

Au Maroc, nombre d’entreprises de différents secteurs d’activités manifestent leur grand


intérêt à la promotion du sport en intégrant dans leurs structures le sponsoring des
événements sportifs importants, d’abord en vue de véhiculer une image active et compétitive de
leur entreprise et ensuite pour faire associer leur nom à des équipes performantes et connues pour
leur grand palmarès.
La création récente de plusieurs agences de conseil en communication et marketing dédiées au
sport, est l’exemple même de la nouvelle stratégie des grands groupes, soucieux d’afficher une
image moderne et vivante aux yeux du consommateur.
L’évolution des investissements dans l’économie du sport va crescendo et le football s'accapare la
part du lion grâce notamment à sa popularité dans le pays. Le business est prospère, il évolue à
hauteur de 30% chaque année mais le chemin n’est pas facile. Il y a tout un travail d’explication,
de sensibilisation, d’organisation et de restructuration avec les clients.
Selon des chiffres estimatifs, le secteur sportif au Maroc emploie plus de 240.000 personnes, avec
un chiffre d’affaire estimé à 600 millions de DH (60 millions d’euros).
Les principaux contributeurs dans cette économie sont les financeurs publics, au sein desquels on
retrouve l'état qui investit massivement dans ce secteur, notamment au niveau des infrastructures
sportives. En effet, rien que les trois grands nouveaux stades (Marrakech, Agadir et Tanger), ont
coûté 1 milliard de DH chacun (100 millions d’euros). Le futur grand stade de Casablanca prévu
pour être le plus grand stade du continent africain, devrait coûter 2,08 milliard de DH (208
millions d’euros).
Depuis un peu plus de cinq ans, l’Etat marocain a déployé des efforts considérables en faveur de
la structuration et de la modernisation de l’écosystème sportif national, afin de bâtir les fondations
solides d’une réelle économie du sport au Maroc.
A cet effet, un grand nombre de chantiers ont été lancés :
 D’abord les infrastructures, à travers notamment les grands stades (Marrakech, Tanger et
Agadir), la mise à niveau des anciens stades ainsi que la création d’un nombre important
de Centres Socio-sportifs de Proximité intégrés (CSPI).
 Ensuite la gouvernance, via la mise en place de lois importantes (professionnalisation du
football, lutte contre la violence dans les stades et lutte contre le dopage), la
contractualisation avec les 45 fédérations sportives nationales par des contrats objectifs
orientés sur quatre ans et la création de ligues professionnelles dans les disciplines
sportives phares.
 Puis, le programme de formation, à travers notamment le lancement du programme sports-
études dans huit disciplines sportives, la réouverture de l’Institut Royal de Formation des
Cadres, ainsi que du centre national du sport Moulay Rachid et l’ouverture de plusieurs
académies et écoles de football de renommée internationale, à l’image de l’Arsenal Soccer
School ou encore de la prestigieuse FC Barcelona Escola.
 Enfin, le développement des partenariats et du financement, ainsi que le positionnement
du Royaume du Maroc en tant qu’acteur incontournable du sport au niveau régional,
continental et international, à travers l’organisation de manifestations sportives de grande
envergure à l’instar de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA qui a mis en exercice les
capacités du pays en termes d’accueil des manifestations sportives grandioses.

Analyse et interprétation de la situation actuelle :


L’Etat marocain exprime une forte volonté d’apporter un nouvel élan et un saut qualitatif dans la
gestion et la construction du sport au Maroc, mais aussi et surtout au développement de son
infrastructure. Autrement dit, on avance les moyens pour avoir les résultats.
D’un autre côté, le secteur privé manifeste un intérêt grandissant pour le sport et intègre de plus en
plus le sponsoring sportif dans sa stratégie marketing et de communication. Le marché du sport
est marqué également par la marche vers la professionnalisation à travers l’augmentation
considérable des investissements dans ce secteur.
Cependant, l’économie du sport au Maroc est encore à l'état embryonnaire. Les investissements ne
sont pas souvent le fruit d’une stratégie marketing étudiée et pensée. Dans la plupart des cas, ils
sont dictés par des impératifs de positionnement ou bien par « patriotisme sportif » comme
expression d’amour et de soutien vers un club ou une discipline. Les vrais investisseurs n’ont pas
encore dit leur dernier mot ni affiché leur puissance financière. Ils attendent de voir où ira le sport
marocain.

Ce petit tour d’horizon a montré que le marché marocain du sport en général est un secteur
économique en fort développement mais aux frontières floues, car le sport est lui-même difficile à
définir. Toutefois, ces contraintes ne doivent pas freiner ce secteur, mais au contraire le purger
pour le rendre plus rentable et augmenter sa participation dans l’économie marocaine, via le
déploiement de plus d’efforts et l’élaboration de stratégies efficaces pour le développement de
l’économie du au Maroc.