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Chapitre 2 : notions d’acoustique physique

L’acoustique physique est le domaine de la physique qui étudie les phénomènes sonores ou
sons.
1 Naissance, nature et propagation du son
1.1 Définitions
Le son est une onde mécanique qui se transmet dans un milieu élastique depuis une source,
jusqu’à un récepteur (l’oreille ou un micro) engendrant ainsi une sensation auditive ou un
signal sonore électrique.

Les êtres humains, comme beaucoup d'animaux, ressentent cette onde grâce au sens de
l'ouïe.
1.2 Naissance du phénomène vibratoire

Le son est la conséquence d’une interaction mécanique (choc ou action entretenue) entre
deux structures (doigt et corde, objet qui tombe sur le sol, vent dans les feuilles).

Il résulte de cette interaction un mouvement de vibration d’une partie des structures (la source
sonore) : chaque point de la source a un mouvement d’oscillation autour d’une position de
repos. Le retour à l’équilibre nécessite en général plusieurs cycles vibratoires.
1.3 Propagation du phénomène vibratoire

La vibration acoustique créée en certains points d’un milieu (la source) va se transmettre de
proche en proche à travers le milieu grâce à l’élasticité du milieu : une particule d’air
déplacée va déplacer la particule voisine ; celle-ci va repousser la première vers sa position
initiale ; la seconde particule déplacée va déplacer une troisième, etc. de proche en proche.
On dit alors qu’une onde acoustique progressive se propage à partir d’un centre
d’ébranlement.

La propagation du son peut se visualiser comme une vibration des éléments d’un milieu
autour d’une position d’équilibre, se propageant d’élément en élément grâce à l’élasticité du
milieu.
Mouvement vibratoire périodique créant des ondes de pression
Après le passage de l’onde sonore, le milieu reprend son état initial. Comme pour les autres
types d’ondes, il n’y a pas de déplacement de matière dans l’espace, mais bien un transfert
d’énergie depuis la source jusqu’au récepteur.

Il faut bien distinguer :

 le mouvement vibratoire de chaque élément du milieu (mouvement périodique de


chaque particule du milieu autour de sa position d’équilibre) ;

 la propagation de ce mouvement vibratoire dans le milieu (transmission du


mouvement vibratoire de proche en proche, d’une particule du milieu à ses voisines).
1.4 Influence du milieu de propagation

Contrairement à la lumière qui peut se propager dans le vide, la


vibration acoustique se propage seulement grâce à un support
matériel ; de plus, la propagation du son s’effectue à une vitesse faible
par rapport à celle de la lumière.

La propagation du son dans les solides élastiques est plus rapide que
dans les liquides et beaucoup plus rapide que dans les gaz.

Dans le vide, le son ne se propage pas et dans les milieux poreux ou


mous, la propagation est faible et irrégulière.
Le son est donc un cas particulier d’onde mécanique.
1.5 Signaux et ondes en général
1.5.1 Onde, définition
Une onde résulte de la propagation dans une large zone
spatiale (en comparaison des dimensions propres des particules
qui composent la matière) d'une perturbation de passage (onde
progressive) ou bien d’une perturbation qui se maintient dans le
milieu (onde stationnaire). Cette perturbation produit une
variation réversible (oscillation ou vibration) de propriétés
physiques locales du milieu.

Par vibration en un point donné de l'espace, il ne faut pas entendre uniquement un


déplacement des molécules au voisinage de ce point, mais plus généralement la variation,
c’est-à-dire l’oscillation, au cours du temps, d'une certaine grandeur physique au point
considéré.
1.5.2 Notion de signal ou d’impulsion

Un signal (ou une impulsion) est une déformation localisée et de courte durée d’un milieu
continu et élastique.

Cette déformation ne reste pas localisée à l’endroit où elle est produite, mais elle se déplace
après sa création, dans le milieu élastique : ce phénomène de déplacement est appelé
propagation.

Après le passage du signal/impulsion le milieu reprend son état initial.

Le point de départ du signal est la source; la direction et le sens dans lesquels il se déplace
constituent la direction et le sens de propagation.
Prenons un exemple pour illustrer le tout : un ressort tendu
(montré sur la figure ci-contre).

Initialement, le ressort (qui est le milieu) est immobile.


Soudainement, on déplace un peu le bout du ressort, ce
qui crée une perturbation. Cette perturbation va alors se
propager le long du ressort jusqu’à ce qu’elle arrive à
l’autre bout. On vient de faire un signal dans le ressort.

Ce type de signal dans la matière porte le nom de signal


mécanique progressif.
1.5.3 La matière n’est pas transportée par le signal.
Avant l’arrivée du signal, les particules composant le milieu sont dans une position d’équilibre.
Quand le signal passe dans un milieu, il déplace les particules le composant.

Toutefois, le signal ne fait que déplacer temporairement la matière. Celle-ci reviendra à sa


position d’équilibre après le passage du signal.
On peut bien voir ce phénomène sur l’image de droite dans laquelle
un signal passe dans un ressort tendu. Un point du milieu a été
identifié par un point noir. Quand le signal passe, on voit que ce
point est déplacé de sa position d’équilibre et qu’il revient à sa
position d’équilibre après le passage de la perturbation. La matière
composant le milieu n’est donc pas transportée par le signal, elle ne
fait que se déplacer temporairement de la position d’équilibre lors
du passage du signal. Après le passage du signal. Chaque morceau
de matière composant la corde est revenu à même position qu’il
avait avant le passage du signal.

L’animation suivante vous montre aussi ce phénomène.

http://gilbert.gastebois.pagesperso-
orange.fr/java/son/melde/melde.htm
Comme lors de la chute des dominos, le passage du signal
s’accompagne d’un transport d'énergie sans transport de matière. Le
premier domino tombe (c'est la perturbation initiale) et entraîne les
autres dans sa chute. La perturbation initiale se répercute de proche
en proche et on peut suivre le déplacement du signal du regard.
1.5.4 Signal transversal, signal longitudinal

Si, lors du passage de la déformation, les différents points du milieu se déplacent


perpendiculairement à la direction de propagation, la déformation est un signal transversal.

Si, lors du passage de la déformation, les différents points du milieu se déplacent dans la
direction de propagation, la déformation est un signal longitudinal.
La holà dans un stade de foot est un signal

Propagation d’un signal


longitudinal

Propagation d’un signal


transverse
Par exemple, le signal qui se propage à la surface de l’eau est
transversal, car la direction de vibration (haut-bas) est
perpendiculaire à la direction de propagation de l’onde (située
dans le plan horizontal). Les signaux parcourant une corde
tendue constituent aussi une des signaux transversaux.

Par contre, les signaux qui se propagent dans un ressort à


boudins constituent des signaux longitudinaux, car la direction
de vibration est la même que la direction de propagation du
signal.

La vidéo suivante vous montre qu’on peut faire les deux types de signaux dans un ressort.

http://www.youtube.com/watch?v=ilZj8JUTvy8

Ondes transverses et longitudinales


1.5.5 Signaux et onde
Si la perturbation dure suffisamment longtemps et se répète à l’identique (un grand nombre
de cycles d’oscillation), le phénomène sera décrit en termes de propagation d'onde
périodique.

Une onde continue ou périodique a donc pour origine une vibration qui se répète un grand
nombre de fois.

Une onde est une série de signaux ou d’impulsions identiques qui se suivent à des intervalles
de temps réguliers ; elle peut donc aussi être transversale ou longitudinale, en fonction de la
nature des signaux.

Par exemple, dans le cas d'une corde tendue, considérons une vibration répétée à laquelle
serait soumise une extrémité de la corde.
Chaque impulsion communiquée à la corde fait osciller l’oscillateur source et se propage
d'un point à l'autre par l'intermédiaire des forces de cohésion entre les différents
oscillateurs de la corde. C'est par le même processus que des ondes mécaniques se
propagent dans les milieux élastiques.

L’ensemble des impulsions qui se propagent dans la corde constitue une onde.
Comme les signaux, toute onde (en particulier les ondes mécaniques) peut être transversale
(transverse) ou longitudinale, selon la direction de la vibration par rapport à la direction de
propagation de l’onde.

1.5.6 Ondes transversales dans un milieu unidimensionnel

Dans une onde transversale, le mouvement de la matière formant le milieu est dans une
direction perpendiculaire à la direction de propagation de l’onde. C’est le cas, par exemple, des
ondes dans une corde.
Onde transverse harmonique

https://sites.google.com/site/physicsflash/home/transverse
1.5.7 Ondes longitudinales dans un milieu unidimensionnel
Dans une onde longitudinale, l’oscillation de la matière formant le milieu est dans la même
direction que la direction de propagation de l’onde. On peut faire ce type d’onde dans un
ressort.
1.5.8 Comparaison des ondes longitudinales et transversales dans un milieu unidimensionnel

 
 pour une onde longitudinale, on a : U(x, t )  U0 x sin( t  kx ) ex

vecteur d’onde

direction de vibration

amplitude de déplacement
longitudinal
2
Remarque : k  où  est la longueur d’onde (distance séparant deux
 particules vibrant en phase)

 
 pour une onde transversale, on a : U(x, t )  U0y sin( t  kx ) ey
La vidéo suivante montre une animation des deux types d’ondes

http://www.youtube.com/watch?v=Rbuhdo0AZDU
Onde transverse et onde longitudinale
1.5.9 Ondes longitudinales et transverses dans un milieu à plusieurs dimensions

Dans un milieu à plus d’une dimension, on peut aussi distinguer 2 types d’onde, une fois
choisie une direction de propagation :

longitudinale transversale

Les vibrations des particules Les vibrations des particules


ont lieu parallèlement à la ont lieu perpendiculairement à la
direction de propagation de l’onde direction de propagation de l’onde

direction de propagation direction de propagation

direction de vibration direction de vibration


L’applet suivant vous permet d’explorer le mouvement de la matière lors du passage d’une onde
transversale

http://gilbert.gastebois.pagesperso-orange.fr/java/ondes/transversales/onde.htm

ou longitudinale

http://gilbert.gastebois.pagesperso-orange.fr/java/ondes/longitudinales/son.htm

On peut voir dans cette vidéo un petit canard se déplacer autour d’une position d’équilibre lors
du passage de vagues. Il n’est pas entrainé par la vague.
Petit canard
http://www.youtube.com/watch?v=-o-VgeabKjI

Quand on observe des vagues sur une plage, il est évident qu’elles poussent de la matière,
comme des algues ou des surfeurs. Ces vagues s ont différentes parce qu’elles déferlent. C’est
ce qui arrive quand la hauteur de l’onde devient trop grande par rapport à la profondeur. Il
s’agit d’un type d’onde bien différent de ce qu’on va traiter ici. On traite ici d’ondes qui
correspondent aux vagues qui ne déferlent pas.
En fait, il existe un troisième type d'ondes dites ondes de surface, observées à la frontière
entre deux milieux.

Un exemple typique est celui des ondes à la surface d'un liquide.

Si la longueur d'onde est plus petite que la profondeur de la masse liquide, le mouvement de
chaque particule est une combinaison de mouvements transversaux et longitudinaux.

Loin de la surface c'est une onde longitudinale (de pression) qui se propage.

Onde de surface. Les mouvements des particules au voisinage de la surface


d'un liquide le long de laquelle se propage une onde, sont une combinaison de
mouvements longitudinaux et transversaux : un cercle en surface , une translation
en profondeur.
1.5.10 La propagation d’une onde s’effectue grâce aux oscillateurs du milieu

La propagation d’une onde dans un milieu se décrit en termes d’oscillateurs.

Une force d'excitation appliquée en un point d’un système ouvert y produit un signal. Un
signal est constitué d'oscillations d’une grandeur physique du milieu qui se déplacent sans
transporter de matière ; c'est l'énergie et la quantité de mouvement qui se déplacent.

La grandeur oscillante  dépend de la position (x,y,z) de l’oscillateur dans le milieu et de


l’instant t considéré ; c’est donc une fonction du type  = f(x, y, z, t) ; elle peut être vectorielle
(déplacement, vitesse, accélération, champ magnétique, champ électrique) ou scalaire
(pression, potentiel).

Toute variation de  en un point du milieu où se trouve un premier oscillateur entraîne une


variation de cette même grandeur au voisinage de l'oscillateur, soit par le biais des forces de
liaison dans le milieu matériel, soit par le phénomène d'induction. Ce sont ces forces de
liaison à l'intérieur des milieux qui font qu'une vibration créée à un endroit se traduit par une
perturbation qui va se déplacer.
La propagation d’une onde dans un milieu est possible uniquement s’il y a une force qui
s’oppose à la déformation du milieu.

Par exemple, si on déplace une corde tendue de la position d’équilibre, la tension de la corde
cherchera à ramener la corde à sa position d’équilibre. Il y a donc une force qui s’oppose aux
déformations du milieu.

Les ondes longitudinales dans la matière sont des ondes de compression. Quand on compresse
un objet, l’élasticité du corps s’oppose à cette compression. Comme il y a une force qui
s’oppose à cette compression, il est possible d’avoir des ondes de compression dans toutes les
substances.

Pour les ondes transverses, la matière est déplacée d’un côté à l’autre de la direction de
propagation. Dans un solide, ce déplacement de matière entraine des forces de compression
et d’élasticité qui cherchent à rétablir la position de départ et les signaux transverses sont
possibles. Dans les fluides (liquides et gaz), il n’y a aucune force qui s’oppose au déplacement
de la matière. Si on prend un morceau d’eau et qu’on le déplace un peu, aucune force ne
cherche à ramener l’eau déplacée à l’endroit de départ. Les ondes transverses sont donc
impossibles dans les fluides.
1.5.11 Les ondes transversales et longitudinales peuvent avoir des vitesses différentes
Dans un solide, il peut y avoir des ondes longitudinales et des ondes transversales. Comme la
force qui s’oppose à la déformation à l’origine de la propagation de ces ondes est différente
pour ces deux types d’ondes, elles peuvent avoir des vitesses différentes.

Même si les ondes se propagent dans le même milieu, la vitesse de ces deux types d’ondes est
différente, car elles ne sont pas de même nature. Toutes les ondes longitudinales ont la même
vitesse et toutes les ondes transversales ont la même vitesse, différente de celle des ondes
longitudinales.

Par exemple, les tremblements de terre créent des ondes longitudinales et transversales dans le
sol. Dans ce cas, les ondes longitudinales vont plus vite que les ondes transversales. En gros, les
ondes longitudinales ont une vitesse d’environ 6 km/s près de la surface de la Terre alors que
les ondes transversales ont plutôt une vitesse d’environ 3 km/s. On peut même calculer la
distance de l’épicentre en mesurant l’écart de temps entre l’arrivée des ondes longitudinales
(qu’on appelle les ondes primaires, parce qu’elles arrivent en premier) et transversales (qu’on
appelle les ondes secondaires).
Ce sont ces propriétés qui permettent de savoir que l’intérieur de la Terre est liquide. Les
tremblements de terre envoient des signaux partout dans la Terre. Comme on capte seulement
les signaux longitudinaux de l’autre côté de la Terre, cela veut dire que les signaux transverses
ne peuvent traverser l’intérieur de la Terre et donc que l’intérieur de la Terre est liquide. En
déterminant à quels endroits on peut recevoir les signaux transverses sur Terre, on peut même
déterminer la taille de la région liquide.
1.6 Caractéristiques des ondes acoustiques

On montre en acoustique physique que l’onde acoustique peut être transverse ou


longitudinale :

 elle est transverse (la vibration est perpendiculaire à la direction de propagation, comme
pour une corde vibrante) dans les solides.

 elle est longitudinale (la vibration est parallèle à la direction de propagation, comme pour
un ressort) dans les fluides (gaz ou liquides).

Dans la suite du cours, comme nous aborderons peu la propagation du son dans les solides,
nous aurons affaire essentiellement à des ondes longitudinales.
1.7 Nature des ondes acoustiques dans l’air
Dans l’air, milieu gazeux caractérisé par une pression voisine de la pression atmosphérique
normale (patm = 101 325 Pa) et une vitesse des particules d’air nulle, le son se transmet sous la
forme d’une oscillation longitudinale des particules du milieu autour de leur position
d’équilibre (que l’on peut caractériser par une élongation ou une vitesse acoustique) ; cette
oscillation provoque une oscillation longitudinale de pression périodique autour de la valeur
normale, engendrant une suite d’états de compression ou de dépression des « particules » du
milieu, causés par le passage de la perturbation acoustique. La valeur de cette variation de
pression est appelée pression acoustique.
Onde sonore longitudinale harmonique

https://sites.google.com/site/physicsflash/home/sound
Ici, la vibration de la corde (celle d’un instrument de musique par
exemple) compresse les molécules d’air, puis créé une dépression. Ces
alternances de compressions et décompressions forment l’onde sonore.
Les molécules ne se déplacent pas sur de
grandes distances. Elles oscillent légèrement
autour d’une position moyenne.
Propagation d’une onde sonore au fil du temps dans l’air et loin de la source
http://spiral.univ-lyon1.fr/files_m/M5423/WEB/acoustique/anim/ondeSonore/ondeSonore.swf
1.8 Grandeurs oscillantes de l’onde acoustique
Plusieurs grandeurs mathématiques indépendantes, fonctions du point du milieu (x,y,z) et
de l’instant d’observation t, représentent donc la propagation du signal sonore dans l’air :

 la pression acoustique p(x,y,z;t), valeur algébrique (c’est-à-dire avec un signe) qui s’ajoute
à la pression atmosphérique pour donner la pression totale :
ptot ( x, y, z; t )  patm  p( x, y, z; t )
Remarque :
Les pressions acoustiques audibles sont comprises entre 20 µPa (seuil d’audibilité) et 20 Pa
aujourd’hui (seuil de douleur), contre 200 Pa il y a quelques années (cf. illustration ci
dessous).
Ces grandeurs obéissent toutes les trois à l’équation générale des ondes (ou équation de
d’Alembert), par exemple pour la pression :
 2 2 2  1  2 p ( x, y , z ; t )
p( x, y, z; t )   2  2  2  p( x, y, z; t )  2 2
 x y z  c t

Sur un plan thermodynamique, on montre que la propagation de l’onde acoustique dans un


milieu s’effectue de manière adiabatique, c’est-à-dire sans échange de chaleur avec
l’extérieur. Il s’ensuit que le passage de l’onde acoustique modifie périodiquement la
température du milieu.

En effet, lorsque la pression d'un fluide est modifiée, la température évolue dans le même
sens et il se produit alors un transfert de chaleur des zones « chaudes » (en compression) vers
les régions « froides » (en détente). Mais ce transfert s'effectue à une vitesse de l'ordre de 0,5
m/s dans l'air soit 700 fois inférieure à la célérité du son. Ces effets thermiques sont donc
négligeables et les phénomènes de propagation acoustiques seront toujours supposés
adiabatiques (sans échanges de chaleur).
 l’élongation acoustique U(x,y,z;t)
(mesurant le déplacement de la
particule située en l’absence d’onde
acoustique au point de coordonnées
(x,y,z) autour de cette position
moyenne) ou la vitesse acoustique
vp(x,y,z;t) (mesurant la vitesse de
déplacement de la particule située en
l’absence d’onde acoustique au point de
coordonnées (x,y,z) autour de cette
position moyenne) décrivent le
comportement mécanique instantané (à
l’instant t) de chaque particule du milieu
de propagation, qui se déplace autour
de sa position d’équilibre (de
coordonnées x,y, z).
Comme dans le cas de la masse suspendue à un ressort et mise en vibration (cf. diapositive
suivante), le déplacement (élongation) et la pression acoustique sont en général déphasés ; ils
sont par exemple en quadrature (déphasage de 90°) si la propagation de l’onde s’effectue en
onde planes.
Applet en local
http://www.walter-fendt.de/ph14e/springpendulum.htm
1.9 Dérivation de l’équation de propagation de l’onde acoustique dans un fluide à partir des
équations fondamentales
1.10 Dérivation simplifiée de l’équation de propagation de l’onde acoustique dans les fluides
1.10.1 Généralités sur les fluides
 Par « fluide » en entendra liquide et gaz.
 Un fluide pourra être considéré comme un milieu isotrope :
Ses propriétés physiques sont identiques dans toutes les directions de l’espace

 la propagation d’une onde est la même quelle que soit sa direction


de propagation.

 Les fluides étudiés seront considérés parfaits :


On négligera donc leur viscosité
 l’absence de frottements entre les particules

U 
fluides ne permet pas la propagation d’ondes
k
transversales

Dans un fluide parfait, seules des ondes longitudinales peuvent se propager.


 Les ondes étudiées seront considérées « planes »
Si une onde se propage suivant un axe x, alors tous les points de l’espace
ayant la même abscisse x subissent au même moment la même vibration.

 tous les points de l’espace atteints par l’onde à un instant donné x


forment un plan : le front d’onde est un plan d’onde

 Action de l’onde sur le fluide :


sa masse volumique 
Un fluide se caractérise par
son coefficient de compressibilité 

Par exemple, pour l’eau, on a : eau = 103 kg.m-3 et eau = 5.10-10 Pa-1

Au repos (sans perturbation), le fluide se caractérise également par sa pression : soit P0 sa pression
homogène.
1.10.2 Masse volumique
La masse volumique, aussi appelée densité volumique de masse, est une grandeur physique
qui caractérise la masse d'un matériau par unité de volume.

Elle est généralement notée par la lettre grecque ρ (rhô).

Elle est déterminée par le rapport :

où m est la masse de la substance homogène occupant un volume V.


1.10.3 Module de compressibilité, définition
Au passage d’une onde, le fluide est localement comprimé et étiré ; localement la pression du
fluide, à l’instant t, s’écrit :
P ( x, t )  P0  P( x, t )

où P(x,t) = p(x,t) est la pression acoustique qui s’ajoute à la pression atmosphérique P0.

Corrélées à ces variations locales de pression, des variations locales de volume sont produites
au passage de l’onde.

Ces deux variations sont liées entre elles par le coefficient ou module de compressibilité du
fluide.

La définition du module de compressibilité est la suivante : lorsqu’une particule de fluide de


volume V subit dans un milieu sans perte une augmentation de pression dP, son volume
diminue d’une valeur dV ; naturellement, la diminution relative de volume dV/V est
proportionnelle à l’augmentation de pression dP ; le module de compressibilité est le facteur
de proportionnalité entre le taux de diminution du volume et l’augmentation de pression,
c’est-à-dire en formule :
dV
   dP
V
Le signe moins traduit le fait que le volume de la particule de fluide diminue lorsque la
pression augmente.
Le module de compressibilité s’exprime en Pa-1. Son ordre de grandeur est de :

Milieu Module de compressibilité


Gaz 10-5 Pa-1
Liquide 10-9 Pa-1
Solide 10-11 Pa-1

Ce tableau indique que les gaz sont, à température comparable, dix mille fois plus
compressibles que les liquides, et un million de fois plus que les solides : ces valeurs expliquent
les différences de vitesse du son observées selon la nature du milieu.
 Les liquides sont très peu compressibles, ce qui se traduit par des valeurs très faibles de T :

Pour les liquides, T dépend de la température, mais est dans une très large mesure
indépendant de la pression.

 Pour les gaz parfaits, la différentiation de l’équation des gaz parfaits (compression
isotherme) ou la différentiation de la loi de Laplace (compression adiabatique), cf. plus loin
paragraphe 1.11 et l’annexe, donne :

ou :

Le module de compressibilité est donc inversement proportionnel à la pression, ce qui est


logique, il est plus difficile de comprimer un gaz déjà comprimé.
Remarque : module de compressibilité et module de Young

Pour un solide, on définit habituellement le module de Young E par le rapport entre la


contrainte de traction  (force par unité de surface) appliquée à un matériau et la
déformation  qui en résulte (un allongement relatif =l/l) ; ce rapport est constant tant que
cette déformation reste petite et que la limite d'élasticité du matériau n'est pas atteinte.

Le module de Young se calcule donc par la formule :


E

Le module de Young s’exprime en Pa et est la contrainte mécanique qui engendrerait un


allongement de 100% de la longueur initiale d'un matériau (il doublerait donc de longueur),
si l'on pouvait l'appliquer réellement : dans les faits, le matériau se déforme de façon
permanente, ou se rompt, bien avant que cette valeur soit atteinte.

Le module de Young correspond à l’inverse du module de compressibilité .


1.10.4 Equation de propagation de l’onde sonore
Analysons l’action de l’onde sur le fluide :
On considère un cylindre horizontal, d’axe Ox, de section S, rempli d’un fluide parfait (sans
viscosité). On suppose alors qu’une onde se propage suivant l’axe Ox.
(dV)0

S U( x , t ) U ( x  dx , t )
x

x x+dx
dV

On considère une fine tranche de fluide (un disque), de volume (dV)0=Sdx, comprise entre les
plans x et x+dx.
Au passage de l’onde longitudinale, à l’instant t, cette tranche est déformée :

 le plan x est déplacé en x+U(x,t)


 le plan x+dx est déplacé en x+dx+U(x+dx,t)

La déformation se traduit alors par un nouveau volume dV :


dV   dV 0  ( dV )  S  x  dx  U ( x  dx, t )  x  U ( x, t )   Sdx  S U ( x  dx, t )  U ( x, t ) 

(dV)0
On peut alors calculer la variation de volume engendrée par le passage de l’onde :
  dV   S U ( x  dx, t )  U ( x, t ) 

Or, la quantité dx étant infinitésimale (fine tranche), on a le droit de poser le développement


au 1er ordre en dx suivant : U ( x, t )
U ( x  dx, t )  U ( x, t )  dx
x
Il reste alors : U ( x, t ) et donc :   dV  U ( x, t )
  dV   dx.S  ( x, t )  
x  dV 0 x
(dV)0
où l’on a défini la dilatation (x,t) ou variation relative de volume.
La perturbation introduite dans le gaz conduit aussi à une modification de sa pression.

Soit P(t,x) la pression à l'instant t à la position x du disque. On appelle surpression ou pression


acoustique, notée p(t,x), la différence entre la pression totale P(t,x) et la pression à l‘état
d‘équilibre P0 :

On peut déterminer p(t,x) à partir de la loi d‘évolution thermodynamique du gaz au cours de


la transformation subie. Du point de vue physique, celle-ci a lieu suffisamment rapidement,
de telle sorte que le gaz n'a pas la possibilité d‘échanger de la chaleur avec le milieu extérieur
(transformation adiabatique, Q = 0).
En outre, la transformation étant réversible, l‘équation

implique aussi qu'elle est isentropique (à entropie constante, dS = 0), cf. annexe 1.

Par conséquent la loi d‘évolution thermodynamique du gaz est donnée par l‘équation :

et on obtient (avec dS = 0), cf. annexe 1, paragraphe A1.6 :

La dilatation devient :
  dV  1    dV  
    p (t , x ).
 dV 0  dV 0  P S
Or, le facteur multiplicatif de p(t,x) n'est autre que le coefficient de compressibilité
isentropique S (avec un signe moins), calculé ici avec un volume (dV)0 :

On obtient ainsi :

d'ou on déduit : 
U (t , x)
   S p (t , x),
x
Et finalement : 1 U (t , x) 1
p ( x, t )     .
 S x S
qui relient la pression acoustique au déplacement généré par l’onde.
Comme l’onde provoque un déplacement des particules fluides par rapport à leurs positions
d’équilibre, celles-ci sont donc animées d’une certaine vitesse…

On définit alors la vitesse particulaire : c’est tout simplement la dérivée partielle du


déplacement par rapport au temps.
U ( x, t )
v p ( x, t ) 
t
Pour obtenir l‘équation du mouvement, il faut tenir compte des forces qui interviennent lors
du mouvement du gaz. Considérons de nouveau une tranche de gaz localisée entre les
abscisses x et x + dx.
Au passage de l’onde, celle-ci subit des déformations qui résultent de l’application de forces.
Faisons le bilan des forces qui s’exercent et appliquons le Principe Fondamental de la
Dynamique :  
F  dm 
D'après la définition de la pression, la force agissant sur une surface est proportionnelle à la
pression existant dans le gaz dans la région où se trouve la surface. Si on désigne par Fx=F(t,x)
la force totale extérieure a la tranche agissant sur le disque de gaz se trouvant a l'abscisse x et
par Fx+dx=F(t,x + dx) celle agissant sur le disque a l'abscisse x + dx, on trouve pour la force
totale agissant sur la tranche de gaz contenue entre les deux disques :

(dV)0
U( x , t ) U ( x  dx , t )
S 
Fx vp Fx  dx x

x x+dx
ou, encore, en développant la fonction p(t,x+dx) jusqu'au premier ordre en dx autour du
point x :
p(t , x)
dF   S dx
x
En utilisant la relation entre p et U, on trouve : p 1  2U

x  x 2
D'autre part, la masse volumique étant 0, la masse de gaz contenue dans la tranche, dont le
volume est : est :
2
L'accélération moyenne de la tranche est donnée par :  U  v p
2
t t
(Celle-ci étant déjà multipliée dans l‘équation du mouvement par la masse qui contient le
facteur infinitésimal dx, il suffit de considérer une accélération moyenne commune à tous les
points du gaz de la tranche.)

L‘équation du mouvement (équation de Newton) s‘écrit :


 2U ( x, t ) p (t , x)
 0 Sdx 2
 dF   S dx
t x
et, en utilisant une équation précédente, on trouve finalement :
 2U ( x, t ) 1  2U (t , x)
0 
t 2  x 2
qui est l‘équation du mouvement des ondes sonores.
Cette relation est analogue à l’équation générale des ondes :

 2U ( x, t ) 1  2U ( x, t )
2
 2
x c t 2
On peut alors en déduire que la vibration étudiée se propage à la vitesse c, telle que:
1 1
0   c
c2 0 
où c est la célérité de l’onde acoustique ou vitesse de propagation de l'onde.
1 U ( x, t ) U ( x, t )
La pression acoustique et la vitesse acoustique, données par : p ( x, t )  
 x et : v p ( x, t ) 
t

obéissent à la même équation d’ondes, en effet :

 2 p ( x, t ) 1  3U ( x, t ) 1  1  2U ( x, t ) 1  2 U ( x, t ) 1  2 p ( x, t )
   2 2  2
x 2  x3  x c 2 t 2  c t x c t 2

et de la même manière :
 2 v p ( x, t ) 2
 2 U ( x, t )   2U ( x, t ) 1   2U ( x, t ) 1  v p ( x, t )
 2   2  2
x 2 x t t x 2 c t t 2 c t 2
1.10.5 Solutions harmoniques de l’équation de propagation
Considérons par exemple une solution harmonique progressive de l’équation d’onde de
l’élongation :
  x 
U ( x, t )  U 0 cos   t   
  c 

A partir de cette vibration, on peut alors en déduire les expressions de la pression acoustique
et de la vitesse particulaire :
1 U ( x, t ) 1  1
p ( x, t )    U cos(t   x c)  U sin(t   x c)
 x  x 0  c 0
C’est-à-dire : p0
  x 
p ( x, t )   p0 sin   t   
  c 
U 0
amplitude de pression acoustique p0 
c

On peut de même expliciter l’expression de la vitesse particulaire :


U ( x, t )    x    x 
v p ( x, t )   U 0 cos(t   x c)  U 0 sin   t     v p 0 sin   t   
t t   c    c 
vp0

amplitude de vitesse particulaire


vp(x0,t)
U(x0,t) P(x0,t)
P0+p0 P( x, t )  P0  p ( x, t )
P0   x 
 P0  p0 sin   t   
P0-p0   c 
vp0
U0   x 
U ( x, t )  U 0 cos   t   
  c 

t   x 
-U0 v p ( x, t )  v p 0 sin   t   
-vp0   c 

On observe que la vitesse particulaire et la pression acoustique sont en phase, et sont en


quadrature par rapport à l’élongation.

On note aussi que le rapport des amplitudes de la pression et de la vitesse vaut :


p0 U 0 1 1 
 .    
v p0  c U 0  c 
1.11 Célérité des ondes acoustiques
1.11.1 Formule générale (milieu fluide ou solide)
On peut démontrer (cf. paragraphe 1.4) que dans un milieu fluide ou solide, la vitesse c
d’une onde acoustique (ou célérité) vaut :

1
c
 .

où  (prononcez « khi ») est le module de compressibilité adiabatique du fluide et 


(prononcez « rho ») est la densité ou masse volumique du fluide.

Les solides sont plus denses que les liquides, et beaucoup plus denses que les gaz. Ce n’est
donc pas ce facteur qui explique pourquoi le son va plus vite dans les liquides que dans les
gaz et encore plus dans les solides (puisque cette formule indique qu’une plus grande
densité du fluide diminue la célérité). Comme on sait que le son va plus vite dans les
liquides et dans les solides que dans les gaz, pour rendre compte des vitesses du son
observées, il faut aussi s’intéresser au deuxième paramètre qui intervient dans cette
formule, le module de compressibilité adiabatique (cf. paragraphe 1.10.3).
Par exemple, le module de compressibilité de l’eau est de l’ordre de 0,5.10-9 Pa-1, sa
densité est d’environ 1000 kg/m3, donc la vitesse du son dans l’eau vaut :
1 1 1
c    1414m/s
 . 9
0,5.10 .1000 0,5.10 6

De la même manière, le module de compressibilité de l’acier vaut 0,00625.10-9 Pa-1 et sa


densité vaut environ 7770 kg/m3, donc la vitesse du son dans l’acier vaut :
1 1 1
c    4537m/s
 . 9
0, 00625.10 .7770 48, 6.10 9
1.11.2 Célérité dans un gaz parfait
 Calcul du module de compressibilité isotherme d’un gaz parfait

Dans le cas d'un gaz parfait, on applique l'équation :

avec :
• P la pression,
• V le volume,
• n la quantité de matière (en mole),
• R la constante universelle des gaz parfaits,
• T la température du gaz.

En fixant T et n, PV devient constant. En différentiant cette constante comme un produit,


on obtient :

soit encore :

et enfin :
 Calcul du module de compressibilité adiabatique d’un gaz parfait

Lorsque le milieu est presqu’un gaz parfait, la transformation adiabatique obéit à la loi :

P.V   cste
où  est un coefficient sans unité appelé indice adiabatique ou coefficient de Laplace. Il est
défini comme le rapport de ses capacités thermiques à pression constante (isobare) et à
volume constant (isochore) :

Pour un gaz parfait monoatomique dans des conditions usuelles de température, ce


coefficient vaut toujours 5/3  1,66. Pour un gaz parfait diatomique (comme O2, N2) il vaut
7/5  1,4. Pour les gaz triatomiques (comme CO2), il vaut 4/3  1,33. Pour les gaz pluri
atomiques et les liquides, il vaut quasi 1.
Pour les gaz réels, on peut utiliser les valeurs du tableau suivant :
Si on utilise cette loi pour calculer le module de compressibilité adiabatique S, défini par :

on obtient en différentiant la relation précédente :

et donc finalement :

1
S 
P.
 Célérité du son dans un gaz parfait
En remplaçant  par sa valeur et en tenant compte du fait que la transformation induite
par le passage du son est adiabatique (= S), on obtient pour la célérité :
 .P
c

En utilisant la loi des gaz parfaits :
P.V  n.R.T
où n est le nombre de moles de gaz, T la température absolue en Kelvin, R la constante des
gaz parfaits qui vaut R=8,314 J.mol-1K-1, on peut encore écrire :
P  PV  RT
c   où M est la masse molaire du fluide
 nM M

et donc mettre la célérité sous la forme finale :

 .R.T
c
M
Cette dernière relation montre que :

La célérité du son dans un gaz ne dépend pas de la pression, mais elle est proportionnelle
à la racine carrée de la température absolue.

Pour l’air (composé de 21% d’oxygène O2 et de 79% d’azote


N2), la masse molaire M vaut à peu près 28,95.10-3 kg, =1,4
et on a donc pour la célérité :

1, 4.8,314.T
c 3
 20, 05. T
28,95.10

Par exemple, à 0°C (soit 273,15K), on calcule 331,4 m/s


(proche de la valeur expérimentale, qui est de 331,7 m/s), à
20°C (soit 293,15K), on calcule 343,3 m/s (proche de la valeur
expérimentale qui est de 344 m/s).

Les résultats dans le tableau ci-contre montrent qu’entre -30°C


et +30°C, la vitesse du son dans l’air augmente d’environ 0,607
m/s par degré.
On remarque aussi sur la formule générale que la célérité su son est inversement
proportionnelle à la racine carrée de la masse molaire M du gaz.

 .R.T
c
M
Par conséquent, le son se propage beaucoup plus vite dans les gaz plus légers que l’air,
comme par exemple l’hydrogène et l’hélium.

Pour l’hélium, gaz monoatomique dont la masse molaire vaut 4g, la vitesse du son à 20°C
vaut :

1, 66.8,314.293,15
cHe  3
 1005, 7 (m/s)
4.10
Illustration sonore : la vitesse du son dans l'hélium

Pour l’hydrogène, gaz diatomique dont la masse molaire vaut 2g, la vitesse du son à 20°C
vaut :

1, 4.8,314.293,15
cH 2  3
 1306, 2 (m/s)
2.10
Propriétés de quelques substances à P0 = 1
atm. = 1,01325 105 Pa ; M est la masse
molaire ;
c est la vitesse du son ; 0 est la masse
volumique ;=Cp/Cv est le rapport des
chaleurs spécifiques à pression constante et
à volume constant.
1.12 Exercices sur la propagation du son
1. On voit souvent dans les westerns des indiens plaquer leur oreille contre les rails d’acier
pour entendre venir les trains. Considérons 2 indiens A et B au bord de la voie. A écoute
avec l’oreille plaquée contre le rail, tandis que B écoute debout. Le son se propage à 340
m/s dans l’air et à 5000 m/s dans l’acier.
 Si le train est à 1km, calculer le temps supplémentaire qu’il faut à B pour entendre le
train par rapport à A (Rép. : 2,74s).
 Si on considère qu’il faut au moins 50ms de décalage pour que l’oreille perçoive
effectivement un décalage, à quelle distance minimale pourra-t-on considérer que la
technique d’écouter avec l’oreille sur le rail devient inutile. (Rép. : 18m).

2. On se place face à un mur, et on crie en direction de celui-ci. Déterminer la distance


minimale au-delà de laquelle l’écho sera perceptible. On considère qu’il faut un décalage
de 50 ms entre deux sons pour qu’ils soient perçus comme différents par l’oreille. (Rép. :
8,5m).

3. Un théâtre possède une scène de 5m de


profondeur. Le mur de fond comporte
une tenture. Peut-on l’enlever sans
risque de produire un écho sur le mur
du fond ?

Considérons le cas d’un spectateur placé à 15m de la scène. Montrer qu’il ne perçoit pas
l’écho. Pour quelle profondeur minimale de scène y aurait-il perception de l’écho ? (Rép. :
8,5m).
4. On assiste à une projection de cinéma en plein air. Le son est diffusé par une seule
enceinte située au milieu de la scène. La largeur du parterre est de 15m. Considérons un
spectateur M situé à 15m de l’écran.
 Pour ce spectateur, quel est le retard entre l’arrivée du son et celle de l’image ? (Rép. :
44ms).
 Le son est copié à côté de la piste image, et la pellicule défile à 24 images par seconde.
Pour que le son parvienne en même temps que l’image au point M, on décale, sur la
pellicule, la piste sonore par rapport à la piste image. À combien d’images doit
correspondre le décalage ? (Rep. : une image).
 On place deux haut-parleurs à la hauteur du point
M, de part et d’autre du parterre (fig. a). La piste
sonore de ces deux haut-parleurs est synchrone avec
la piste image. Calculer, en M, le retard entre le son
émis par les haut-parleurs frontaux et les haut-
parleurs latéraux. Est-il nécessaire de retarder
électroniquement (en utilisant une ligne à retard) le
son des haut-parleurs latéraux ? (On considèrera que
l’oreille humaine distingue deux sons si la différence
entre leurs temps d’arrivée excède 50 ms). (Rép. : 22
ms, non).
 Même question mais pour un point P situé à 30m
de la scène (fig. B). (Rép. : 66ms, oui).
2 Caractéristiques physiques et modes de représentations du signal
sonore
2.1 Représentation temporelle du signal sonore (plan dynamique)
Il s’agit d’une représentation plane, mettant en relation l’amplitude de l’oscillation de pression
en fonction du temps.

Des appareils comme les oscilloscopes ou les logiciels d’édition de son donnent ce type de
représentation.

Signal d'une mélodie jouée au ukulélé, représentation temporelle


A travers trois exemples, une note de guitare, une note tenue de contrebasse et un
fragment de voix parlée, nous allons indiquer quelles informations peut nous apporter la
représentation de l'amplitude du son par rapport au temps.

2.1.1 L’enveloppe d'amplitude du son


En utilisant pour l'axe du temps une échelle d'affichage des données de l'ordre de la
seconde, la représentation graphique donne une idée de la variation d'amplitude
globale du son en fonction du temps.

Les points affichés sur le graphe correspondent à des moyennes des valeurs
d'amplitude du son. La courbe obtenue est appelée l'enveloppe d'amplitude du son.
Dans le plan dynamique, on peut distinguer trois phases dans le son : l’attaque, le corps du
son et l’extinction.
L'attaque est le temps que met le son pour atteindre son amplitude maximale.
Le decay est le temps que met le son pour passer de son amplitude maximale à son amplitude
de maintien.
Le sustain est le temps que met le son lorsqu'il reste sur son amplitude de maintien.
Puis le release représente le temps de relâchement, le temps que met le son pour disparaître.
Les enveloppes d'amplitude des sons de guitare et de contrebasse et le rythme de
l'articulation de la voix parlée, permettent facilement de différencier les trois sons.

L'attaque du son de la guitare est très


rapide. Le son décroît ensuite de façon
exponentielle par amortissement rapide de
la vibration. On observe une enveloppe de
type « percussion/résonance ».

Enveloppe d’amplitude d’un son de


guitare, corde nylon, note La3

Le violoncelle joué à l'archet présente un


niveau d'amplitude assez stable. Sur les
deux dernières secondes l'archet ne
touche plus la corde et le son s'amortit
progressivement.

Enveloppe d’amplitude d’un son de


violoncelle tenu joué à l'archet, note Do1
Enveloppe d’amplitude d’un extrait de voix parlée

Dans le cas de la voix parlée, l'enveloppe du son est plus complexe que dans les cas
précédents. Il ne s'agit plus d'une note, mais d'une phrase dont certains détails de
l'articulation peuvent être repérés sur le graphique lorsque l'on étudie les variations
d'amplitude.
2.1.2 La forme d'onde
Lorsque l'on utilise des unités situées autour de la milliseconde pour l'axe du temps,
on obtient un tracé qui représente la forme de la vibration. On visualise l'onde sonore
et on parle de « forme d'onde ».

Représentation temporelle d’un son de saxophone alto


La vue globale montre l’évolution globale du son : attaque, phase stationnaire et extinction du
son. Pendant la phase stationnaire, on peut remarquer sur le zoom de ce signal la périodicité
du signal.
Dans le cas d'un son périodique, la dénomination « forme d'onde » peut être attribuée
à la portion de la forme de l'onde limitée à une seule période du signal.
La forme de l’onde contient toute l'information qui permet de définir le timbre d'un
son.

Cependant, cette représentation graphique n'est pas interprétable telle qu'elle. En effet,
un même instrument peut présenter des formes d’onde extrêmement variées, même à
l'intérieur d'un seul son. Ceci est souvent dû à des déphasages entre les différents
partiels qui composent le son.

De plus, des formes d’onde assez proches correspondent parfois à des timbres différents.

Néanmoins, quelques informations peuvent être extraites de ce mode de


représentation du son bien qu’elles restent rudimentaires et approximatives la plupart
du temps.

Dans le cas d'un son périodique, il est souvent possible de repérer les cycles de la
vibration et d'en déduire la période.

Détection graphique de la période d'un son


sinusoïdal
Le degré de complexité de l'onde, lisse ou perturbée, peut également donner des
informations sur le contenu harmonique du son. Une forme d'onde perturbée et
comportant de violentes ruptures de pente correspond souvent à un timbre riche mais
ces informations sont généralement peu explicites.

Formes d'onde d'un son de violoncelle :


(a) dans la partie entretenue du son, (b) dans la partie résonante du son
(note Do1 : fréquence 65,4 Hz, période = 15,3 msec.)
Sur les courbes de la figure ci-dessus, prélevées sur le même son de violoncelle en deux
points différents, on observe deux formes d’onde nettement différenciées.

Dans la partie entretenue du son, la forme d'onde est perturbée et la période est
difficile à déceler.

Dans la partie résonante du son, la forme d'onde est plus lisse, ce qui indique un son
plus pur, dépourvu d'harmoniques de rang élevé. Visuellement, on peut hésiter entre la
note Do1 et Do2. A l'audition, la même hésitation persiste
Forme d'onde d'un son de guitare

La figure ci-dessus représente les soixante premières millisecondes d'un son de


guitare.

Dans les quinze premières millisecondes, on observe une phase complexe et


transitoire à la suite de laquelle s'établit un régime périodique qui n'est pas
entièrement stable. L'intensité et la forme de la vibration varient légèrement d'une
période à l'autre
Voix parlée « ..té ma.. »

Dans le cas de la voix parlée, l’analyse du graphe permet de séparer chaque lettre
des deux syllabes. Le « t » est une consonne plosive, bruitée, sans organisation
périodique ; les deux voyelles sont nettement périodiques et présentent des formes
d’onde assez anguleuses ; le « m » est un son périodique assez proche d'un son
sinusoïdal.

La représentation de la forme d'onde permet de délimiter des fragments de sons


avec une grande précision.
2.1.3 Distinction entre sons et bruits
Il est difficile de donner une distinction claire et générale entre les « sons » et les « bruits ».

En effet, on pourrait penser que les bruits sont surtout caractérisés par l’absence de
périodicité dans la perturbation acoustique.

Un bruit… Un son…
Mais malheureusement, certaines perturbations acoustiques non périodiques ne sont pas des
bruits ; par exemple, le son d’une cloche n’est pas périodique mais est en réalité formé de
plusieurs composants non harmoniques, mais de fréquences fixes. C’est donc un « son
complexe » (puisque c’est une superposition de sons purs), mais non périodique.

Ce qui caractériserait mieux le bruit serait donc le caractère aléatoire, intermittent de ces
vibrations acoustiques. Mais un bruit de moteur par exemple est formé du mélange d’une
série de sons complexes périodiques et de sons complexes non périodiques.

Une définition générale du bruit pourrait donc être : le bruit est une sensation auditive
désagréable ou gênante. Cette définition psychologique est pour le moins imprécise…
« Rien ne vous rend plus tolérant au bruit d'une soirée chez vos voisins
que d'y être invité. » Franklin P. Jones
2.1.4 Grandeurs physiques caractérisant l’aspect périodique du son
Puisqu’un son correspond à un phénomène ondulatoire, on peut caractériser le son, comme
tous les types d’ondes, par les grandeurs physiques mesurant la double périodicité du
phénomène ondulatoire :
La période (T) est l’intervalle de temps nécessaire pour effectuer une oscillation complète.
Elle mesure donc la périodicité temporelle du phénomène. Elle se mesure en secondes (s)
et correspond à l’inverse de la fréquence f (T=1/f).

Sur ce graphique, l’axe x représente le temps,


et l’ordonnée y est la valeur (en un point
particulier) d’une quantité qui varie au fil du
temps (par exemple la pression de l’air pour
une onde sonore ou l’intensité du champ
électrique ou magnétique d’une onde
lumineuse).

La fréquence (f ou ) d’une vibration acoustique correspond au nombre d’oscillations par


seconde. Cette grandeur s’exprime en Hertz (Hz). Les fréquences audibles par l’homme
s’étendent environ de 16 Hz à 20 000 Hz. On parle d’infrason en dessous de 16 Hz et
d’ultrason au-dessus de 20 000 Hz.
La longueur d’onde (communément notée par la lettre grecque lambda, ) est la distance
parcourue par l’onde pendant une période ; elle mesure la périodicité du phénomène dans
l’espace. Elle se mesure en mètres (m).

On peut aussi définir la longueur d’onde comme étant la plus courte distance séparant deux
points du milieu dans des états vibratoires strictement identiques à un instant donné.

Sur ce graphique, l’axe x représente la


distance parcourue, et l’ordonnée y est
la valeur (à un instant donné) d’une
quantité qui varie de point en point (par
exemple la pression de l’air pour une
onde sonore ou l’intensité du champ
électrique ou magnétique d’une onde
lumineuse).

Les points M, M' et M'‘, séparés par une longueur d’onde les uns des autres, conservent la
même élongation quel que soit l'instant t. On dit que les points M, M' et M'' vibrent en phases.
Notion de longueur d’onde

http://scphysiques.free.fr/TS/physiqueTS/OMP4.swf
La longueur d’onde est reliée à la période et à la fréquence par les formules suivantes :

c
  c.T 
f
où c est évidemment la célérité du son.
La première d’entre elles, appelée souvent relation fondamentale des ondes, exprime que
dans une direction donnée, l’onde se propage selon un Mouvement Rectiligne Uniforme
(MRU) de vitesse égale à la célérité c.

La seconde exprime le fait que longueur d’onde et fréquence varient de manière inversement
proportionnelles. Par exemple, dans le cas des ondes sonores :
2.1.5 Cas particulièrement simple d’onde acoustique, le son pur ou son simple
Une perturbation acoustique dont l’évolution temporelle est sinusoïdale est qualifiée de
son pur ou son simple. Si l’évolution temporelle du signal n’est pas une sinusoïde, le son
est dit complexe ou composé. Le cas le plus simple de son pur, dans l’hypothèse où
l’amplitude de la perturbation ne diminue pas au fil de la propagation est appelé onde
plane sinusoïdale.

Cette perturbation correspond à la solution la plus simple de l’équation générale des


ondes à une dimension, qui est une fonction sinusoïdale du type :
p (r ; t )  pm sin t  kr 
où  (la pulsation de l’onde, en rad/s) et k (le nombre d’onde, en rad/m) sont des
constantes liées à la période et à la longueur d’onde. La valeur maximale de la
perturbation pm est appelée amplitude de l’onde. Le signe – correspond à une onde se
déplaçant vers les x positifs, et le signe + à une onde se déplaçant vers les x négatifs.
On vérifie sans peine que la longueur d’onde et la période d’un son pur se calculent par
les formules : 2 2
T et  
 k
Comme =c.T, la pulsation et le nombre d’onde sont liés par la relation :  c k
Un peu de vocabulaire…
Pour l’évolution spatiale d’une onde sinusoïdale, on a les éléments suivants

 L’amplitude (A) est la valeur du déplacement maximum du milieu.

 Les crêtes sont les endroits où le déplacement est maximum.

 Les creux sont les endroits où le déplacement est maximum, mais négatif.

 Les nœuds sont les endroits où le déplacement du milieu est nul.

 Les points en phase sont des points qui sont à la même position sur le cycle vibratoire. Il
peut y avoir un ou plusieurs cycles entre ces points en phase. On remarque que toutes les
crêtes sont en phase et que tous les creux sont en phase. La longueur d’onde () est la
distance entre deux points en phase les plus proches.

 L’onde se déplace à une certaine vitesse/célérité (v), déterminée par les caractéristiques du
milieu. Peu importe l’amplitude et la longueur d’onde, la vitesse est toujours la même.
On utilise aussi souvent la pulsation  (en rad/s)définie par :

et le nombre d’onde angulaire k (en rad/m) défini par :

1
et plus rarement le nombre d’onde  (en m-1) défini par 

Pour interpréter k et , dessinons l’onde sinusoïdale en fonction de l’espace x, au temps t =


0.

Si l’on dessinait l’onde sur 1 mètre, on aurait  fois une longueur d’onde complète, d’où
l’appellation de nombre d’onde pour .

Si l’on dessinait l’onde sur 2 mètres, on aurait k fois une longueur d’onde complète, d’où
l’appellation de nombre d’onde angulaire pour k.
Pour interpréter  et f, dessinons en fonction du temps t l’onde sinusoïdale en x = 0.

La fréquence f est le nombre d’oscillations par seconde.

Si l’on dessinait l’onde sur 1 seconde, on aurait f fois une période complète.

Si l’on dessinait l’onde sur 2 secondes, on aurait  fois une période complète.
2.1.6 Lien des grandeurs physiques avec les qualités subjectives d’un son pur
La fréquence d’un son pur (ou de l’harmonique fondamentale d’un son composé) est
associée est associée à la sensation de hauteur que notre oreille attribue au son.

À un son grave correspond une petite fréquence tandis qu’à un son aigu correspond une
grande fréquence.

Quelques exemples :

400 Hz 500 Hz 800 Hz 900 Hz 1 000 Hz

L’amplitude d’un son pur est associée à la sensation de force que notre oreille attribue au
son.
2.2 Représentation spectrale du signal sonore (plan harmonique)
2.2.1 Théorème de décomposition spectrale de Fourier des signaux périodiques

Le mathématicien Joseph Fourier (1768-1830) a


montré que toute fonction y(t) continue et périodique
(non sinusoïdale) de fréquence f peut être décomposée
en une série de termes (une série est une somme avec
un nombre éventuellement infini de termes) ; le
premier terme est constant, le second terme est
sinusoïdal de fréquence f, et les autres termes sont
sinusoïdaux de fréquences 2f, 3f, 4f, etc.

Chaque terme de la série est caractérisé par une


amplitude et une phase déterminées et est appelé
partiel harmonique. Le premier harmonique porte le
nom de fondamental.

y (t )  A0  A1 sin(t  j1 )  A2 sin(2t  j2 )  A3 sin(3t  j3 )  ...


 A0  A1 sin(2 ft  j1 )  A2 sin(4 ft  j2 )  A3 sin(6 ft  j3 )  ...
terme harmonique 1 harmonique 2 harmonique 3
constant dit fondamental
La détermination des harmoniques composant un signal porte le nom de décomposition ou
d’analyse de Fourier ou analyse spectrale du signal.

Les coefficients (amplitudes et phases) des différents termes se calculent par intégration dans
la théorie de Fourier.

Une décomposition en série de


Fourier peut s’écrire
mathématiquement mais se
représente souvent sous la forme
d’un (ou de deux) graphique(s)
présentant l’amplitude (ou la
phase) des différents signaux purs
composant le signal en fonction de
la fréquence des harmoniques.

Ce(s) diagramme(s) portent le nom


de représentation(s) spectrale(s) du
signal (ou spectre(s) de Fourier du
signal).
Inversement, pour créer n’importe quel signal périodique, on peut réaliser la synthèse
Fourier en additionnant dans les bonnes proportions différents signaux purs.
Illustrations du théorème de Fourier

Diagrammes temporels du signal

Série de Fourier du signal

Spectre de Fourier du signal


bn 
2A/

A/
2A/3
2A/4

0  2 3 4
2.2.2 Représentations spectrales des sons
C'est Ohm qui, en 1843, proposa d'appliquer la théorie de Fourier au signal sonore. Il
est le premier scientifique à avoir indiqué que tout son harmonique peut se décomposer
en une somme de sons purs de fréquences multiples de la fondamentale.
Sur la figure ci-dessus, on retrouve la représentation temporelle et spectrale du signal d'une
mélodie jouée au ukulélé en (a). En (b), le spectre du signal jusqu'à 20 kHz est présenté en
miniature en insert sur les fréquences de 0 à 4 kHz.
Les représentations de Fourier fournissent un ensemble de coefficients d'amplitude et
de phase qui, une fois attribués à un ensemble de signaux sinusoïdaux de
différentes fréquences, permettent de reconstituer le son original. Elles sont au son ce
que le prisme est à la lumière.

Les séries de Fourier (et leur généralisation sous forme de transformées de Fourier) sont
le point de départ de la plupart des techniques actuelles d'analyse et de
transformation des sons. Elles fournissent un ensemble de propriétés mathématiques
assimilables aux propriétés physiques du signal.

Elles permettent en particulier d'établir une correspondance entre le domaine


temporel, relatif aux formes d’onde du signal et aux valeurs d'amplitude des
échantillons, et le domaine fréquentiel, relatif aux amplitudes et phases des différentes
fréquences partielles d'un son.

Pour le son numérique, cette correspondance est essentielle car l'oreille humaine
entend les sons dans le domaine fréquentiel alors que ceux-ci sont stockés en
mémoire sur l'ordinateur dans le domaine temporel.
Analyse de Fourier

http://www.sciences.univ-nantes.fr/sites/genevieve_tulloue/Ondes/son/analyseur.php
Synthèse de Fourier

http://www.sciences.univ-nantes.fr/sites/genevieve_tulloue/Ondes/son/synthese_son.php
Tessiture musicale (zones blanches en bas) et tessiture spectrale (zones en haut de densité
variable, les parties les plus sombres correspondant aux sommets du spectre).
Tessiture musicale des principales voix humaines
2.2.3 Sons complexes harmoniques et inharmoniques
Comme nous l’avons dit, on appelle son pur une onde acoustique sinusoïdale. Un son pur est
caractérisé totalement par sa fréquence, et son amplitude.

Un son complexe ou son composé est une oscillation généralement périodique, mais non
simplement sinusoïdale.
On distingue deux types de sons composés : les sons harmoniques et les sons
inharmoniques.

 Un son harmonique est un son dont l’évolution temporelle reste périodique.

Par application du théorème de Fourier, le régime sonore d’un son harmonique peut être
considéré comme la superposition de sinusoïdes pures (appelées partiels harmoniques),
dont les fréquences ont un rapport entier avec une fréquence particulière, appelée
fréquence fondamentale.

À l’inverse, toute superposition de sons purs ne peut pas être qualifiée de son harmonique.
Visualisation d'une somme de composantes harmoniques

http://www.falstad.com/fourier/
http://www.nst.ing.tu-bs.de/schaukasten/fourier/en_idx.html
http://psych.hanover.edu/JavaTest/Media/Chapter10/MedFig.Timbre.html

http://gilbert.gastebois.pagesperso-orange.fr/java/fourier/fourier1/fourier1.html
http://gilbert.gastebois.pagesperso-orange.fr/java/fourier/fourier2/fourier2.html
Comme pour les sons purs, à la fréquence fondamentale d’un son harmonique correspond la
sensation de hauteur du son.

À l’amplitude du son harmonique correspond plutôt la force du son.

On divise habituellement le spectre sonore en catégories de sons dont les limites ne sont pas
nettement fixées :

Plage de fréquences Qualification


< 16 Hz Infrason ou infrabasse
16 à 150 Hz extrême grave
de 150 Hz à 250 Hz Basse ou grave
de 250 Hz à 1500 Hz médium
de 1500 Hz à 3500 Hz aigu
de 3500 Hz à 16 000 Hz extrême aigu
> 16 000 Hz ultrason
Signal sonore harmonique
ne comportant que trois
partiels harmoniques.

Signal sonore d’un son


de guitare, son
composé harmonique
très riche en partiels
harmoniques.
On peut aussi obtenir des sons non périodiques en sommant des sons purs dont les
fréquences ne sont pas des multiples d’une fréquence fondamentale. Ce sont aussi des sons
complexes ou composés. Ils sont qualifiés de sons inharmoniques. Le degré d’inharmonicité
des sons peut être variable. Par exemple, une cloche développe un signal inharmonique
composé de zones fréquentielles harmoniques sans relation entre elles.

Cloche
2.2.4 Exercices
1. Soit un signal sonore de période T=0,01s et d’amplitude 5.

 Calculer la fréquence fondamentale de ce signal.


 Déterminer la valeur des fréquences des harmoniques de rang 4 et 6.
 Calculer l’amplitude des 2 harmoniques précédents si le rapport entre l’amplitude de
la fondamentale et l’amplitude de rang n varie selon n2.
(Rép. : 100 Hz, 400 Hz, 600 Hz, 0,3125, 0,139)

2. Soit le spectre suivant :

Donner l’expression mathématique X(t) de ce signal.

3. Soit le signal :
X (t )  10sin(400t )  15sin(500t )  8sin(600t )  6sin(700t )  4sin(800t )
 Tracer le spectre de X(t)
 Est-ce un signal harmonique ? Si oui déterminer la fréquence fondamentale.
(Rép. : 100 Hz)
4. On enregistre une note « la » (440 Hz) sur la piste optique d’une pellicule de cinéma
35mm. Une copie vidéo de ce film est ensuite réalisée. Or, la vitesse de défilement est de
24 images par seconde pour le cinéma et de 25 images par seconde pour la vidéo. La
fréquence perçue lors de la diffusion n’est donc pas la même selon qu’on assiste à une
projection cinéma ou vidéo. Calculer la variation de fréquence entre les deux types de
projection (calculer la fréquence perçue en vidéo). Cette différence est-elle perceptible,
sachant que le seuil différentiel relatif de fréquence est de l’ordre de 1%. (Rép. : 458,3 Hz,
soit une variation de 4%, bien perceptible).
2.2.5 Lien des grandeurs physiques avec les qualités subjectives d’un son complexe : notion
de timbre
Indépendamment de la durée, les musiciens attribuent aux sons musicaux des qualités
particulières : hauteur, intensité et timbre.

Le timbre, c'est ce qui distingue entre eux des sons de même hauteur et de même
intensité. Le timbre désigne aussi l'ensemble des caractéristiques sonores qui permettent
d'identifier un instrument.

Pour le décrire, on utilise une terminologie empruntée au vocabulaire des sensations


visuelles, tactiles, gustatives, etc. : un son est « clair », « rond », « chaud », « aigre »...,
vocables fort suggestifs, mais dont le sens reste très flou et imprécis.
http://www.spc.ac-aix-
marseille.fr/phy_chi/Menu/Activites_pedagogiques/animations_flash/clavier_p.swf
Le timbre est donc la caractéristique sonore qui permet de différencier deux sources qui
ont pour l’oreille même hauteur et même force.

C’est grâce au timbre qu’on distingue une même note jouée au piano ou au violon, ou
que l’on reconnaît la voix d’une personne.

Le timbre dépend nottament de l’amplitude relative et de la durée des différentes


harmoniques composant un son.

Voici, par exemple quelques sons de même fréquence fondamentale mais de timbres
différents :

Illustration de l’effet du spectre sur le timbre :

reconstruction spectrale progressive d'un son de cloche et d'un son de guitare


Plus généralement, les éléments physiques du timbre comprennent :

 la répartition des fréquences dans le spectre sonore ;

 les relations entre les parties du spectre, harmoniques ou non ;

 les bruits colorés existant dans le son (qui n'ont pas de fréquence particulière, mais
dont l'énergie est limitée à une ou plusieurs bandes de fréquence) ;

 l'évolution dynamique globale du son ;

 l'évolution dynamique de chacun des éléments les uns par rapport aux autres.
Remarque : le timbre ne dépend pas des phases relatives des différents harmoniques. Ce
résultat porte le nom de loi d'Ohm-Helmholtz et peut s’énoncer comme suit :
« En audition monaurale, deux sons distincts seulement par leur spectre de phase ne sont
pas discernables (ils ont le même timbre)».

Le timbre perçu d’un son complexe dépend seulement du nombre et de la force relative de
ses partiels harmoniques, mais pas de leurs phases relatives.

Somme de sinus Somme de cosinus


Nous verrons dans la partie « Acoustique physiologique » que l’audition binaurale permet un
abaissement de 3 dB du seuil d'audibilité et que l'audition binaurale permet la localisation
spatiale de la source sonore par analyse du déphasage
Alors que dans de nombreux cas, on peut entendre un son complexe, formé de nombreuses
fréquences comme étant caractérisé par une seule hauteur tonale, on peut aussi souvent
décomposer ce son et entendre les fréquences individuelles qui le composent.

Le lien ci-dessous permet de mettre en évidence cette capacité.


http://psych.hanover.edu/JavaTest/Media/Chapter10/MedFig.Ohms.html
Sur le graphique représentant l’onde sonore, on voit que le stimulus est composé de 10
fréquences toutes multiples de la fondamentale 200 Hz. En-dessous, on peut contrôler chaque
composante du stimulus. Les composantes sont numérotées de 0 à 9, 0 se rapportant à la
fondamentale, 1 correspond à une fréquence de 400 Hz, etc.

Pour chaque composante, on peut à l’aide du curseur modifier la fréquence et aussi ajouter ou
enlever cette composante à l’aide de la boîte Cancel en-dessous du curseur.

Le bouton Reset restaure les paramètres initiaux.

Cliquer sur le bouton Play pour commencer.


La plupart des auditeurs entendent tout d’abord une hauteur tonale unique, sans discriminer
les différentes fréquences, ce qui traduit une écoute synthétique.

Seuls certains musiciens expérimentés peuvent séparer les différentes composantes.

Pour les autres, une petite aide peut nous donner la capacité de séparer les différentes
composantes, c’est-à-dire d’entendre de façon analytique.

Cliquer maintenant sur la case Cancel de la première composante et enlever cette composante
par cancellation avec une copie du ton déphasé de 180°. Ensuite, cliquer sur la case Cancel
pour restaurer la composante. La suppression et l’ajout de cette composante devraient vous
permettre de vous focaliser sur cette composante et de l’entendre séparément du reste du son.

En répétant le travail sur chacune des autres composantes et la fondamentale vous permettra
d’entendre chaque composante du son initial. La fondamentale est en général déjà perçue car
c’est souvent elle qui détermine la hauteur du son complexe ; elle n’a donc pas à être écoutée
séparément.

On peut également changer la fréquence de chaque composante pour voir si un changement


de fréquence, comme un changement d’intensité, permet d’isoler une composante.
2.2.6 Transformation de Fourier des vibrations non périodiques
On appelle donc son bruité ou plus simplement bruit, tout son dont la distribution spectrale
est continue dans une bande plus ou moins large de fréquences.

Les bruits sont caractérisés par la largeur de bande de fréquences, une hauteur qui peut dans
certains cas être décelables (et qui correspond plutôt à la fréquence centrale de la bande de
fréquences sollicitée), une durée, etc.

Freinage

Représentation temporelle (a) et spectrale (b) d’un bruit.


2.2.7 Son numérique et transformées de Fourier discrète

Le théorème de Fourier s'applique à un signal continu, supposé infini dans le temps. Les
sons numériques ont une durée limitée et leur signal x(t) est une fonction discrète du
temps. On utilise alors les transformées de Fourier discrètes (DFT pour « Discret Fourier
Transform »).

Théoriquement, les transformées de Fourier discrètes sont destinées à l'étude de sons


harmoniques. La portion de son à analyser doit être exactement égale à une période du
son. La DFT calcule le spectre de l'onde en donnant la liste des fréquences
harmoniques, leurs amplitudes et leurs phases.

La partie de son sur laquelle porte la


DFT constitue ce que l'on appelle une
« fenêtre ».
2.2.8 Classification plus détaillée des sons

Les sons instrumentaux ne sont jamais totalement harmoniques. On peut toutefois les
classer en plusieurs types :

 Le premier type est celui des sons à hauteur fixe et à amplitude stable. C'est le cas de la
plupart des sons entretenus produits par les instruments à cordes ou à vent. Des
analyse de Fourier réalisées en plusieurs endroits dans un même son vont donner
approximativement les mêmes spectres : les formes d’onde évoluent lentement. Nous
qualifierons ces sons de « quasi-périodiques ».

 Le second type est celui des sons à hauteur fixe et à intensité et timbre variables.
On peut les séparer en deux catégories : dans la première, nous avons placé les sons
percussifs et résonants, comme ceux produits par la plupart des instruments de
percussion et par les instruments à cordes pincées ou frappées ; dans la deuxième,
nous trouvons les sons entretenus variant en timbre et en intensité comme les sons
émis par les cuivres pour lesquels les variations de dynamique sont accompagnées
d'importantes variations de timbre. Dans ce cas nous parlerons de sons « pseudo-
périodiques ».
 Le troisième type comprend les sons inharmoniques, et polyphoniques qui peuvent
être stables ou instables. Il peut s'agir de sons de cloches, de sons
multiphoniques d'instruments à vent et, de façon plus générale, de polyphonies
instrumentales ou orchestrales.

 Enfin, le dernier type est celui des sons à hauteurs indéterminées, souvent
qualifiés de bruits. Ceux-ci peuvent couvrir tout le spectre des fréquences ou n'en
couvrir qu'une fraction délimitée. Ils peuvent être stables comme le bruit blanc,
agités comme le bruit du vent lors d'une tempête, percussifs comme un coup de feu
ou une impulsion.
2.3 Représentation du signal sonore à l’aide d’un sonogramme (plan mélodique)
Le sonogramme ou (représentation sonographique) d’un son met en relation les fréquences
composantes du son avec le temps. Cette représentation apporte donc des renseignements sur
l’évolution du spectre dans le temps. De plus, l’épaisseur d’un trait représente l’intensité
relative de la fréquence par rapport aux autres fréquences. Il s’agit juste d’une impression
qualitative. Un trait épais sera perçu comme une fréquence forte, alors qu’un trait fin sera
perçu comme une fréquence faible.

Sonogramme de trois notes successives de la gamme diatonique du piano. La répartition


des fréquences, très riche au départ (transitoire), tend à s’appauvrir a cours du temps.
Sonagramme des notes do-mi-sol jouées au piano
Sonogrammes de sons réels typiques simples : en (a) son harmonique (raies équidistantes),
en (b) spectre de son inharmonique, en (c) choc bref comportant toutes les fréquences, en
(d) choc grave et sourd, en (e) choc aigu, en (f) souffle grave comme un « ch », en (g)
souffle aigu comme un « ss ».
Sonogrammes schématisés de sons réels typiques.
Exemple de sonagrammes résultant de l'étude de
différents instruments proposés sur le site de l'IRCAM
Sonogramme d’une gamme croissante sur une guitare. On distingue la hauteur qui
monte, ainsi que les écarts fréquentiels entre partiels qui augmentent.
2.4 Complémentarité des trois types de représentations du signal sonore : illustrations

Au commencement du son, il est impossible de distinguer une forme périodique car nous
sommes dans la phase du transitoire d’attaque (partie bruitée). À t=0,5s on distingue
parfaitement la forme d’onde (6 périodes). À t=1s, la forme d’onde se simplifie et tend vers
une sinusoïde, ce qui est significatif d’une perte d’harmoniques importantes. Notons que la
période reste invariable, la hauteur perçue est bien constante.
La perte des harmoniques les plus aigus est très visible au cours du temps. À t=0s (ou plus
exactement sur l’intervalle d’analyse), on voit déjà émerger les composantes harmoniques à
partir d’un spectre continu (le bruit du transitoire d’attaque).
Sonogramme d’une note de guitare Fa3 (349 Hz)
Analyse au sonagraphe de la séquence musicale indiquée en haut de la figure, jouée au violon
en mezzo forte. Le premier diagramme donne la représentation temporelle, le second est le
sonagramme proprement dit et le dernier une série de 6 spectres correspondant aux instants
indiqués par les lignes pointillées.
2.5 Représentation du son par un modèle à trois dimensions
Le timbre ne résulte pas seulement de la composition spectrale mais de son évolution dans le
temps : attaque riche du point de vue spectral, phase de maintien donnant lieu (suivant les
instruments) à un son ayant une hauteur, décroissance et avec extinctions progressives
différentes des harmoniques donnant une certaine « couleur » au son. La représentation de
cette évolution spectrale dans le temps doit donc permettre la visualisation de trois grandeurs :
le temps, la fréquence, l'amplitude. Une représentation en 3 dimensions peut être obtenue en
effectuant des analyses spectrales successives :

Exemple de représentation en perspective d'une analyse spectrale dans


le temps : le niveau des amplitudes est également codé en couleurs
Le sonagramme constitue en quelque sorte une vue de dessus du graphique précédent, mais
dont la lisibilité est meilleure et la lecture aisée
3 Grandeurs physiques importantes, aspect énergétique
3.1 Introduction
Comme pour toutes les ondes, le passage des ondes acoustiques dans un milieu ne cause
aucun déplacement de matière, mais s’accompagne d’un transfert d’énergie.

Dans cette section, nous introduisons les grandeurs physiques utiles à la mesure de l’énergie
transportée par l’onde acoustique.
Les grandeurs énergétiques dépendent de l’amplitude de la perturbation acoustique et
déterminent la sensation de « force » du son : avec une grande amplitude (de grosses
différences de pression), le son est fort, avec une petite amplitude le son est faible.
Voici, par exemple quelques sons qui ne différent que par leur amplitude (de gauche à
droite, chaque son a une amplitude double du précédent) :

Remarque : subjectivement, il ne semble pas que les sons soient « deux fois plus forts ».
3.2 Valeurs instantanée, maximum et quadratique moyenne (RMS) d’une grandeur oscillante
Dans un phénomène périodique, la valeur de la grandeur change à chaque instant : on parle
d’une succession de valeurs instantanées. Comme celles-ci varient continuellement, il est
tentant de vouloir calculer la « valeur moyenne » de la perturbation. Malheureusement, celle-
ci est généralement nulle sur une période, puisque la surface négative compense exactement
la surface positive sur un cycle.

Comme nous le verrons, dans le calcul de l’énergie


transportée par chaque phénomène périodique,
ces valeurs instantanées interviennent toujours au
carré.

Par conséquent, il est logique de calculer la valeur


moyenne du carré des valeurs instantanées.

La racine carrée de la moyenne du carré des valeurs instantanées d’une grandeur est
appelée valeur quadratique moyenne (ou valeur RMS), ou encore (par analogie avec
l’électricité) valeur efficace.

Dans la suite du cours, Nous noterons toujours par une barre les valeurs quadratiques
moyennes ; par exemple,
p
désigne la pression quadratique moyenne.
Exemple : prenons le cas où la pression acoustique évolue sinusoïdalement dans le temps
(son pur) ; on identifie alors :

 la valeur instantanée de la pression acoustique : p(t )  pmax sin t


 la valeur maximale ou amplitude de la pression acoustique : pmax
 le carré de la valeur instantanée de la pression acoustique : p 2 (t )  pmax
2
sin 2 t

 la moyenne du carré de la pression acoustique calculée sur une période d’oscillation :


t T T
2 1 2 1 2
 p   p (t )dt   pmax sin 2tdt
T t
T 0
2
2 2 1 2
p max  xdx 
sin pmax
2
0
pmax
 la valeur quadratique moyenne de la pression acoustique : p   p2  
2

 On a donc finalement pour un son pur :

pmax 2
p   p2    pmax
2 2
3.3 Notion d’impédance acoustique d’un milieu
Pour tous les phénomènes périodiques (mécaniques, électriques et acoustiques), on peut
définir la notion d’impédance (Z) d’un milieu comme étant le rapport de la cause à l’effet :
cause
= impédance du milieu
effet
Dans le cas de l’onde acoustique, les particules du milieu entrent en vibration lors du passage
de l’onde et acquièrent une vitesse acoustique, à cause de la variation de pression créée par
l’onde.

La cause est donc la pression acoustique. L’effet est la vitesse acoustique.

Le rapport de la pression acoustique à la vitesse acoustique est appelé impédance acoustique


intrinsèque du milieu.
pression acoustique
= impédance acoustique intrinsèque du milieu
vitesse acoustique
Dans le cas des ondes planes, on a vu que la pression acoustique et la vitesse particulaire sont
en phases, le rapport de ces deux grandeurs est donc indépendant du temps, donc :
En formule :
p
 Zi
v
En hommage à lord Rayleigh, l’impédance acoustique se mesure en rayls (1 rayl = 1kg.m-2.s-1),
mais on utilise aussi par analogie avec l’électricité les ohms acoustiques.
On peut démontrer (cf. paragraphe 1.4) que dans un milieu fluide, l’impédance acoustique
intrinsèque est égale au produit de deux paramètres du milieu, sa masse volumique  (en
kg.m-3) et la célérité c (en m.s-1) de l’onde acoustique dans ce milieu :

Z i   .c
Pour l’air à 0°C, Zi=1,293 (kg/m3).331,7(m/s)=429 rayls. Pour l’air à 20°C, l’impédance
acoustique vaut Zi=1,204 (kg/m3).343,4(m/s)= 413,5 rayls, que l’on arrondit souvent à 400
rayls.
Impédance de l’air en fonction de la température

Pour l’eau, Zi=1000(kg/m3).1480(m/s)=1,5.106 rayls.

Une onde sonore de pression acoustique quadratique moyenne donnée produira donc un
mouvement plus important (de plus grande vitesse) des particules dans l’air que dans l’eau.
3.4 Densité volumique d’énergie ou pression de radiation
On peut définir la densité volumique d’énergie comme la quantité d’énergie par unité de
volume transportée par l’onde au cours de la propagation.
Elle se décompose en : eT  ec  e p

énergie cinétique énergie potentielle

 due à la vitesse  due aux interactions


des particules entre particules
2
ec  12  v 2p p2 1  U 
ep     
2 2   x 

2 2
   x   1    x  
ec  12   U 0 cos   (t  )    ep  U
  0 cos   (t  )  
 t   c   2 x
   c  
2 2
  x  1  U 0  x 
ec  12  U 0 sin   (t  )   ep   sin   (t  )  
  c  2  c  c 

2 2 2x   2U 02 2  x 
1
ec   U sin   (t  ) 
2 0 ep  sin   (t  )
 c  2 c2  c 
 x 
ec  12  2U 02 sin 2   (t  ) 
 c 

ec  e p
 2U 02 2  x   x 
ep  2
sin   (t  )   12  2U 02 sin 2   (t  ) 
2 c  c   c 

1

c2
 x 
Par conséquent : eT  2ec  2e p  eT   2U 02 sin 2   (t  ) 
 c 

Calcul de la valeur moyenne dans le


temps :
T
1
eT x0

T 
0
eT ( x0 , t ) dt

T
1  x 
eT x0
  2U 02
T  0
sin 2   (t  )  dt
 c 

1   x 
2 1  cos  2 (t  )  
  c 
T
1  x 
eT x0
  2U 02
T  0
sin 2   (t  )  dt
 c 

1   x 
2 1  cos  2 (t  )  
  c 

T T
1  x  
2 2  
eT x0
  U 0 
T  
0
1
2 dt 

0
cos  2 (t  )  dt 
 c  

 eT x0
 12  2U 02

T 2 0 densité volumique
d’énergie moyenne
Remarque :
la densité volumique d’énergie est donnée en J.m-3, soit encore :
J.m-3 = N.m.m-3 = Pa.m2.m.m-3 = Pa
la densité volumique d’énergie a donc la dimension d’une pression : on l’appelle aussi
pression de radiation.
eT x  Pr  12  2U 02
0
3.5 Puissance acoustique
La puissance acoustique instantanée (P) d’une perturbation acoustique est définie comme
étant l’énergie W(t) transportée par l’onde par unité de temps :
dW
P (t ) 
dt
Elle s’exprime en Watt (W) comme toutes les puissances.

Entre les instants t et t+t, si F(x,t) est la force qui s’exerce sur une particule située en x à
l’instant t lors du passage de l’onde, si p(x,t) est la pression acoustique, si vp est la vitesse de la
particule, U(x,t) le déplacement de la particule pendant l’intervalle t, et S est la surface du
front d’onde qui s’exerce sur la particule, on peut écrire :
 U ( x, t ) U ( x, t )
 W  F ( x, t ). U ( x, t ) F ( x, t )  p( x, t ).S v p ( x, t )  
t t
et donc :
 W F ( x, t ).U
P(t )    p( x, t ).S .v p ( x, t )
t t
Finalement :
P (t )  p ( x, t ).S .v p ( x, t )
La puissance acoustique instantanée est donc le produit de la surface du front d’onde, de la
pression acoustique et de la vitesse acoustique.

À 1000 Hz, les puissances audibles sont comprises entre 10-12 W et 1W.
3.6 Intensité acoustique

L’intensité acoustique instantanée I(x,t) d’un son est la puissance acoustique instantanée qui
traverse une unité de surface du front d’onde (un front d’onde étant le lieu des points de
l’espace qui sont tous dans le même état vibratoire) :

P(t ) p ( x, t ) 2
I (t )   p( x, t ).v p ( x, t ) 
S Zi
L’intensité acoustique moyenne vaut donc : 2
p
I 
Zi
La valeur minimale de l’intensité acoustique à laquelle l’oreille est sensible à la fréquence de
1000 Hz est de l’ordre de 10-12 W.m-2. Le seuil de douleur correspond à une valeur d’environ
1W.m-2.

Comme on a : 1 U ( x, t ) et : U ( x, t )
p ( x, t )   v p ( x, t ) 
 x t
On peut encore écrire : 1 U U
I 
 x t
Pour une onde plane harmonique, donnée par :   x 
U ( x, t )  U 0 cos   t   
  c 
On trouve pour l’intensité acoustique moyenne :
1 U U
I 
 x t

   x    x 
U 0 sin   t -   U 0 sin   t   
c   c    c 
1  2U 02   x    x 
 I ( x, t )  sin 2   t      c 2U 02 sin 2   t   
 c   c    c 
1

c2 Calcul de la valeur moyenne dans le
I ( x0 , t ) temps :
sin 2 1
T

I x0
I x0

T  0
I ( x0 , t )dt

 I  12  c 2U 02
T t x0
Remarque :
cette intensité acoustique est directement proportionnelle à la pression de radiation :
I  Pr c

Par ailleurs, on peut exprimer l’intensité acoustique en fonction de l’amplitude de pression


acoustique :
2
p0   cU 0 2
 p  cU 2 2 2 2 p02 p02 p
0 0 I  
2  c 2Z i Z i
3.7 Niveaux acoustiques en puissance, en intensité et en pression

3.7.1 Motivation de l’utilisation des niveaux en acoustique

L’utilisation des unités d’intensité acoustiques (W/m2) ou de pression acoustique (Pa) n’est
pas très pratique en raison de l’étendue énorme de la plage couverte.

Par exemple, l’oreille est sensible à la fréquence de 1000 Hz aux intensités acoustiques
comprises entre 10-12 W.m-2 et 1W.m-2 et les puissances audibles sont comprises entre 10-12
W et 1W.

De la même manière, les pressions acoustiques audibles sont comprises entre 20 µPa (seuil
d’audibilité) et 20 Pa (seuil de douleur).

Pour comprimer ces échelles, on utilise en général les logarithmes. Cet usage se justifie
aussi par le fait que la loi de Weber-Fechner montre que la sensation auditive croît
logarithmiquement vis-à-vis de l’intensité acoustique (cf. chapitre 5, acoustique
physiologique).

On introduit donc une autre manière de mesurer ces grandeurs par l’utilisation du bel (B)
ou plutôt du décibel (dB). Au sens strict du terme, celui-ci n’est pas une unité, mais plutôt
un nombre pur sans dimension.
http://psych.hanover.edu/JavaTest/Media/Chapter10/MedFig.DecibelScale.html
La gamme d'intensité perçue par notre oreille
est considérable. Si l'on veut représenter sur
une règle son étendue, on se heurte à un
problème de taille : si on fait correspondre 1
cm sur la règle à l'intervalle d'intensité entre 0
(pas de son) et le seuil absolu d'audibilité, le
seuil de douleur se trouve à 10+14 cm de
l'origine de la règle, soit à un milliard de
kilomètres !

La règle nécessaire pour représenter l'échelle


des intensités que perçoit l'oreille humaine est
donc réduite si on trace les logarithmes des
intensités plutôt que les intensités elles-
mêmes : le seuil absolu d'audibilité (10-16)
équivaut à -16 en unités logarithmiques et le
seuil de douleur équivaut à -2 en unités
logarithmiques. Il suffit donc d'une règle
graduée en puissance de 10 pour représenter
cette échelle qu'on appelle alors l'échelle
logarithmique décimale.
Deux remarques : d’une part dans ces graphiques, plutôt anciens, on utilise les valeurs de
l’intensité acoustique en W/cm2, le seuil d’audibilité vaut donc 10-16 W/cm2, d’autre part, le
seuil de douleur est ici associé à 1014 fois plus, c’est-à-dire à 140 dB.
3.7.2 Niveaux en décibels relatifs
On peut définir tout d’abord une échelle de décibels relatifs, permettant de comparer deux
ondes acoustiques

Le niveau de puissance en décibels relatifs est défini comme étant égal à 10 fois le logarithme
de base 10 du rapport d’une puissance P1 à une puissance P2.

P1
LW  10 log
P2

De la même manière, le niveau en décibels relatifs pour l’intensité acoustique (qui est une
puissance par unité de surface) est défini par :
I1
LI  10 log
I2
Une puissance ou une intensité double correspondra donc à un écart de niveaux de 3dB.

Comme l’intensité acoustique est proportionnelle au carré de la pression acoustique, on


définit par contre le niveau en décibels relatifs pour la pression acoustique par :
p1
L p  20 log
p2
Une pression acoustique double correspondra donc à un écart de niveaux de 6dB.
Application :

Si deux sources produisent des intensités I1 et I2 telles que :

I1
I1  2 I 2 , les deux sources diffèrent d'un niveau en intensité LI  10 log  10.0,3  3dB
I2
I1  3I 2 , LI  10 log 3  4,8dB
10
I1  5 I 2 , LI  10 log 5  10 log  10 1  0,3  7dB
2
I1  10 I 2 , LI  10 log10  10dB
I1  100 I 2 , LI  10 log102  20dB
...
1
I1  0,5 I 2 , LI  10 log 0,5  10 log  10 log 2  3dB
2
1
I1  0,1I 2 , LI  10 log  10 log10  10dB
10
3.7.3 Niveaux en décibels absolus

Pour définir un niveau absolu pour les grandeurs, il faut introduire une grandeur de
référence, normalisée, qui sert d’étalon de comparaison.

Pour l’intensité acoustique, on choisit dans l’air le seuil normalisé d’audition à 1000 Hz, soit
I0=10-12 W.m-2.

Pour l’acoustique sous-marine, la référence est I0=0,666 10-18 W.m-2.

Le niveau d’intensité acoustique LI, exprimé en décibels absolus , d’un son d’intensité I est
défini par :

I
LI  10 log
I0
Représentation graphique du niveau sonore en intensité LI en fonction de l’intensité acoustique I
De la même manière, pour les niveaux en pression, on fixe la pression de référence dans l’air
à p0=2.10-5 Pa (c’est pourquoi on utilise souvent la notation dB(SPL) Sound Pressure Level pour
les niveaux de pression acoustique pour rappeler que la pression de référence est fixée à 20
micropascals) et dans l’eau à p0=1µPa.

Le niveau de pression acoustique Lp, exprimé en décibels absolus, d’un son dont la pression
acoustique est p vaut :

p
Lp  20 log
p0

Pour les niveaux en puissance (surtout utilisés pour les sources), la puissance acoustique de
référence est P0=10-12W et le niveau de puissance acoustique d’une source, exprimé en
décibels absolus vaut :

P
LW  10 log
P0
Ordres de grandeur de la puissance acoustique pour quelques sources
Par exemple,

 Un son d’intensité acoustique égale à 10 fois I0 aura un niveau d’intensité acoustique en


décibels absolus égal à :

10 I 0
LI  10 log  10 log10  10dB
I0

 Un son d’intensité acoustique égale à 8 fois I0 aura un niveau d’intensité acoustique en


décibels absolus égal à :
8I
LI  10 log 0  10 log 8  10 log 23  30.log 2  9dB
I0
 Le seuil de douleur correspond à un niveau d’intensité acoustique en décibels absolus de :

I max 1
LI  10 log  10 log 12  10.12  120dB
I0 10
Les niveaux de pression et de puissance de ce seuil de douleur sont eux aussi de 120 dB.

Attention : les niveaux ne s’ajoutent pas directement !!! Ce sont les intensités qui s’ajoutent.

Cf. paragraphe 2.6, sources multiples en champ libre, pour le calcul du niveau résultant.
Régime Pression Vitesse de Vitesse Amplitude Intensité Puissance Niveau
efficace vibration maximum maximum acoustique acoustique
(3)
efficace des de
des molécules vibration(2)
molécules d’air
d’air (1)
Formule p e ff veff  peff / Z vmax  veff . 2 A  vmax /(2 ) I  peff 2 / Z P=I.S=I.4d2 LP  20 log
peff
2.10-5

Seuil 2.10-5Pa 0,0484m/s 0,0684m/s 10,88pm 0,97 10-12W/m2 1,22 10-11 W 0dB
d’audition

Voix 10-2Pa 0,0242mm/s 0,0342mm/s 5,44nm 2,42.10-7W/m2 3,04 10-6 W 54dB


parlée
Seuil de 20Pa 4,84cm/s 6,84cm/s 10,88m 0,97 W/m2 12,2 W 120dB
douleur

1. Avec Z=413kg/m2.s (impédance acoustique intrinsèque à 20°C et 1 atm)


2. Pour une fréquence de vibration f de 1000 Hz
3. Puissance calculée pour qu’une source située à d=1m produise ces pressions
3.8 Bruits normalisés en acoustiques : bruits blanc, rose et rouge
Les bruits blanc et rose (ou rouge) sont des bruits dont les spectres sont continus (c’est-à-dire
contiennent toutes les fréquences). Les termes blanc et rose (ou rouge) font référence au
spectre d’une lumière blanche et à celui d’une lumière rose (ou rouge) : alors qu’une lumière
blanche contient toutes les fréquences visibles de façon égale, une lumière rose (ou rouge)
contient plus de basses fréquences (rouge) que de hautes fréquences (bleu).

Le bruit blanc possède une densité spectrale d’énergie acoustique (et donc une puissance,
une pression ou une intensité acoustiques) constante pour toutes les fréquences :
W ( f )  W0 , P ( f )  P0 , p ( f )  p0 , I ( f )  I 0
Graphiquement, on obtient pour tous les niveaux :

Un bruit blanc est un bruit qui n’a ni hauteur, ni rythme, pour lequel aucune zone de
fréquence ne diffère d’une autre et pour lequel aucun segment temporel ne diffère d’un
autre.
Illustration sonore : bruit blanc

Bruit blanc sur la plage de 0 à 1000 Hz.


Le bruit rose est défini par le fait que sa densité spectrale diminue d’un facteur 2 quand la
fréquence double, ou plus généralement :
f0 f0 f0 f0
W ( f )  W0 . , P( f )  P0 . , p ( f )  p0 . , I ( f )  I 0 .
f f f f
Ce bruit est donc plus riche en basses fréquences qu’en sons aigus.

Graphiquement, les courbes de niveaux sont donc linéairement décroissantes, avec une
perte de 3 dB par octave :

Le bruit rouge est défini de façon similaire, mais sa densité spectrale diminue d’un facteur
4 quand la fréquence double. Il n’est quasiment jamais utilisé en pratique.
Illustration sonore : bruit rose
4 Propagation des ondes acoustiques en champ libre
4.1 Définitions et caractéristiques générales
À partir d’une source de vibrations, les ondes se propagent dans diverses directions.

L’ensemble des pressions acoustiques en tout point de l’espace s’appelle le champ acoustique
rayonné par la source ou rayonnement de la source.

On parle de propagation en champ libre lorsque le milieu de propagation ne présente aucun


obstacle à la propagation des ondes sonores. Nous verrons que les caractéristiques de
propagation trouvées dans ce contexte pourront être reprises dans un contexte plus général
de la propagation en espace clos (ou en salle) sous l’appellation de champ acoustique direct.
L’onde sonore se propageant à une certaine vitesse
(c=340 m/s), il existe un certain nombre de points
atteints en même temps par l’onde sonore qui se
propage dans tout l’espace.

On appelle front d’onde l’ensemble des points du milieu


atteints en même temps par l’onde.

Tous les points d’un front d’onde ont donc la même


phase. En chaque point d’un front d’onde, la
propagation de l’onde se fait perpendiculairement à la
surface du front d’onde.
Fronts d’ondes en champ libre
4.2 Types de fronts d’ondes
4.2.1 Ondes planes
Une onde plane progressive est caractérisée par des
fronts d’ondes qui sont des plans infinis parallèles, tous
perpendiculaires à une même direction de propagation
désignée par le vecteur

En prenant par exemple ce vecteur dans la direction z,


alors cette onde ne dépend pas des coordonnées x et y :

Même si une onde plane pure n'existe pas dans la nature, il est possible de s'en approcher
dans un domaine limité de l'espace. Il suffit que les fronts d'onde soient suffisamment plans
et parallèles dans le volume considéré.
Une onde plane est monochromatique (ou harmonique) lorsqu'elle ne contient qu’une seule
fréquence f = ω/ 2π. Une telle onde plane a la forme sinusoïdale.

Les ondes planes harmoniques acoustiques sont des solutions de l’équation générale des
ondes de la forme :

 

p(r ; t )  pm sin t  k .r 
 
où k  k n est le vecteur d’onde, proportionnel au nombre d’onde k et perpendiculaire aux
fronts d’onde et  est la pulsation.

On peut montrer que pour les ondes planes, la pression acoustique et la vitesse acoustique
sont en phase dans l’espace et dans le temps.
Remarque :

Une onde plane est rarement monochromatique, car elle aurait une extension temporelle
infinie.

Toutefois, une onde plane réelle peut cependant être décomposée en ondes planes
monochromatiques, dont les vecteurs d'onde sont parallèles à une seule et même direction :

où est une fonction à valeurs complexes appelée spectre d'ondes planes et peut être
de différentes formes (gaussienne, etc.).

Cette superposition d'ondes planes monochromatiques permet de décrire toute onde plane.
Comme l’intensité acoustique est la puissance acoustique par unité de surface qui traverse
le front d’onde, et que la surface du front d’onde est un plan dont la surface ne varie pas en
fonction de la distance à la source, l’intensité acoustique d’une onde plane ne dépend pas de
la distance r à la source :
Psource
I  constante
S
De même, la pression acoustique efficace d’une onde plane ne dépend pas de la distance r
à la source, puisque :
2 2
pmax p (Cf. paragraphe 1.5.2).
I   constante
2Zi Zi
Graphiquement,
4.2.2 Ondes sphériques
Dans un milieu isotrope, les ondes vont se
propager à la même vitesse dans toutes les
directions : les fronts d’onde sont alors des
sphères concentriques, centrées sur la
source.

Une onde sphérique est une onde dont les fronts d'onde sont des sphères.

La figure montre qu’à partir d’une certaine distance de la source, on peut assimiler cette
onde sphérique à une onde plane, en tenant compte du fait que l’énergie acoustique se
répartit toujours bien sur une sphère (et donc décroît comme r2).
Dans un milieu homogène et isotrope, la propagation de l'onde est donnée par l'équation
d'onde en coordonnées sphériques :

où :
r est la distance à un pôle ;
t, le temps ;
s(r, t), l'amplitude de l'onde
k, le nombre d'onde ;
ω la pulsation.
La solution harmonique de cette équation est l'onde sphérique monochromatique :

Dans le cas général, l'amplitude s'écrit comme composée d'ondes monochromatiques :

où :
k(ω) est la relation de dispersion ;
s0(ω) et j(ω) sont des constantes.

Les ondes sphériques harmoniques acoustiques sont des solutions de l’équation générale
des ondes de la forme : p
p(r , t )  max
sin t  kr  j 
r

On peut montrer que pour les ondes sphériques, la pression acoustique et la vitesse
acoustique sont déphasées de 90°.
Puisque l’intensité acoustique est la puissance acoustique par unité de surface qui traverse
le front d’onde, et que la surface de ce front d’onde est une sphère dont la surface augmente
en fonction du carré de la distance à la source, l’intensité acoustique d’une onde sphérique
est inversement proportionnelle au carré de la distance r à la source :
Psource Psource
I 
S 4 r 2
De la même manière, la pression acoustique efficace d’une onde sphérique est inversement
proportionnelle à la distance r à la source, puisque :
2
1 pmax p (r ) 2 (Cf. paragraphe 1.5.2).
I 2 
r 2Zi Zi
Graphiquement,

Illustration mécanique des ondes planes et des ondes sphériques


4.3 Source omnidirective
4.3.1 Définition
On dit qu’une source est omnidirective si elle rayonne la même quantité d’énergie dans
toutes les directions.

En pratique, on peut considérer qu’une source est omnidirective si ses dimensions sont
petites par rapport à la longueur d’onde du son qu’elle émet.

Une source, pour une taille donnée, est donc d’autant plus omnidirective que la fréquence
émise est basse.

La seule source qui est omnidirective pour toutes les fréquences est une source ponctuelle.

4.3.2 Intensité
Une source omnidirective engendre des fronts d’onde sphériques.

À une distance r d’une source omnidirective de puissance P, l’intensité reçue vaut :

P P
I (r )  
S 4 r 2
4.4 Source directive
4.4.1 Définition
En général, l’énergie n’est pas uniformément répartie autour de la source : la source est
directive.

En particulier, un maximum d’énergie sonore est émise dans certains axes liés à la source.

La directionnalité d’une source dépend de la fréquence émise.

Les sources acoustiques sont toujours plus directives pour les fréquences élevées que pour les
basses fréquences.
4.4.2 Intensité et intensité moyenne
Notons :

 Iaxe(r) = intensité de la source dans l’axe à une distance r ;


 I(r,) = intensité à la distance r et dans un angle  par rapport à l’axe ;
 Imoy(r) = intensité moyenne à la distance r (moyenne de I(r,) pour toutes les directions ).

L’intensité moyenne Imoy(r) pourrait être calculée par moyenne arithmétique des intensités
I(r,) mesurées dans toutes les directions, mais il est plus simple de la calculer à l’aide de la
propriété suivante :
l’intensité moyenne à une distance r est l’intensité que donnerait, à la même distance, une
source omnidirective de même puissance P que la source directive

Dans cette perspective, Imoy(r) est égale au rapport de la puissance totale émise par la source
divisée par la surface de la sphère de rayon r :
P
I moy (r ) 
4 r 2
Directionnalité du son émis par un violon (dans le plan horizontal
passant par le chevalet de l’instrument).

Pour chaque fréquence, on ne représente que les contributions situées dans un intervalle de
3 dB au-dessous du maximum détecté pour cette fréquence.

On observe un rayonnement omnidirectionnel jusqu’à 500 Hz, puis une prédominance dans la
zone du chevalet (0°) entre 550 et 1 500 Hz.

De 2 000 Hz à 5 000 Hz, on note de nombreux pics variables avec la fréquence.


Directionnalité comparée de la flûte traversière, du trombone à coulisse et du violon.
Légende et commentaire des graphiques précédents

Tous les points d’enregistrement sont à la surface d’une demi sphère de 2m de rayon dont
l’instrumentiste est le centre. 1, 2, 3 et 4 sont dans un plan horizontal passant par
l’instrument, 5, 6, 7 et 8 sont dans un second plan horizontal situé à 1m du premier ; 9 est
dans l’axe vertical passant par la tête du musicien, à 2 m du premier plan.

 Pour la flûte, très grande variabilité du champ sonore selon l’angle du micro. Le signal le
plus intense est fourni par le micro au zénith (position n°9).

 Pour le trombone, le rayonnement est très homogène mais avec une nette prédominance
dans l’axe du pavillon (position n°1).

 Pour le violon, le spectre est homogène aux basses fréquences, même dans le dos de
l’instrumentiste (position n°3) ; on remarque d’importantes variations selon la position du
microphone par rapport à l’instrument à partir de 500 Hz. On peut observer aussi le
renforcement de la zone comprise entre 500 et 1 500 Hz dans l’axe du manche (position n°8).
4.4.3 Facteur et indice de directivité
On appelle facteur de directivité Q de la source la quantité :
I axe (r )
Q
I moy (r )
Propriétés :

 le facteur de directivité est un nombre sans unité,


 il ne dépend pas de la distance r à la source,
 il augmente toujours avec la fréquence, quel que soit le type de source.

On appelle indice de directivité la quantité :

ID  10 log Q
Mesuré en dB, l’indice de directivité représente la différence entre le niveau dans l’axe de la
source et le niveau moyen dans toutes les autres directions (c’est-à-dire le niveau que
donnerait une source omnidirective de même puissance).

Plus ID est élevé, plus la source est directive. Pour une source omnidirective, Q=1 et ID=0.

Par exemple, le facteur de directivité de la voix est d’environ 1 jusqu’à 1 000 Hz puis, il
augmente avec la fréquence (Q=2 à 4 000 Hz).
Exemples de facteurs de directivité
4.4.4 Intensité dans l’axe
En substituant l’expression de Imoy(r) dans celle du facteur de directivité, on obtient :

I axe 4 r 2 I axe
Q 
I moy P

On peut donc écrire que l’intensité dans l’axe à une distance r de la source vaut :
PQ
I axe (r ) 
4 r 2
Cette expression se réduit évidemment à celle d’une source omnidirective dans le cas où
Q=1.
4.5 Niveau d’intensité acoustique à une distance donnée de la source.
Le niveau de puissance LW d’une source est la grandeur vraiment caractéristique d’une source
car il est indépendant de la distance par rapport à celle-ci ; il vaut :
P
LW  10 log
P0
où P est la puissance acoustique émise par la source (en watts) et P0 la puissance acoustique
de référence, égale à 10-12 W.

Par contre, le niveau d’intensité de la source LI est fonction non seulement de la puissance de
la source, mais aussi de la configuration de l’espace autour de la source et de la position du
point de mesure par rapport à la source.

4.5.1 Niveau d’intensité d’une source omnidirectionnelle en champ libre

Par exemple, pour une source ponctuelle omnidirectionnelle en champ libre (= sans paroi
réfléchissante), la propagation se fait selon une onde sphérique et on peut relier LI à LW
comme suit :
I P 2
LI  10 log  10 log 2 12
 LW  10 log 4 r  LW  20 log r  10 log 4
I0 4 r .10
 LW  20 log r  11
c’est-à-dire finalement :
LI  LW  20 log r  11
Abaque du niveau sonore Lp en fonction de la distance r (source-auditeur) et du niveau de
puissance de la source LW
4.5.2 Niveau d’intensité d’une source omnidirectionnelle encastrée
Mais, même si la source reste omnidirectionnelle, il faut aussi tenir compte de la position de
la source par rapport à des parois non absorbantes.

Le comportement d’une source placée près d’un mur, à l’angle de deux murs ou dans un coin
ne sera pas identique.

Pour tenir compte de ce phénomène, on introduit un facteur multiplicatif de situation ou


facteur d’encastrement  pour la source, fixé comme suit :

Situation de la source Propagation Valeur de 


Source en champ libre sphérique =1
Source à proximité d’un mur plan réfléchissant hémisphérique =2
Source à l’angle de deux murs plans réfléchissants Quart de sphère =4
Source dans un coin entre trois murs plans réfléchissants Huitième de sphère =8

Dans le cas (a), =2 (effet du sol), dans le cas (b), =4 et dans le cas (c), =8.
En tenant compte de ce facteur multiplicatif de situation, on peut alors relier LI à LP comme
suit :
I .P 2
LI  10 log  10 log 2 12
 LW  10 log   10 log 4 r  LW  10 log   20 log r  11
I0 4 r .10

Par exemple, pour une source ponctuelle omnidirectionnelle située dans un coin (=8), on
trouve :
LI  LW  20 log r  2
soit une augmentation de 9 dB par rapport à une source en champ libre.
4.5.3 Niveau d’intensité d’une source directive encastrée ou non

Pour une source directive de facteur de directivité Q et caractérisée par un facteur


d’encastrement , l’intensité dans l’axe vaut :

PQ
I axe (r ) 
4 r 2

Le niveau d’intensité dans l’axe vaut donc directement :

LI  LW  10 log QT  20 log r  11
où QT est le facteur de directivité total qui vaut : QT  Q.
Abaque de la différence Lp-LW en fonction de la distance r (source-auditeur) et du facteur de
directivité total Q de la source
4.5.4 Exercices
1. Lors d’un concert en plein air, le public est disposé sur un parterre dont le premier rang
est à 5m et le dernier rang à 45m de la scène. Calculer la différence de niveau entre le
premier et le dernier rang. (Rép. : 19 dB).

2. Soit un haut-parleur considéré comme une source isotrope ayant un niveau de puissance
LW=105 dB ; déterminer la distance à laquelle il doit être placé pour que le niveau sonore
perçu soit de 90 dB. (Rép. : 1,58m).

3. Si un haut-parleur de niveau de puissance LW=105 dB est encastré au centre d’un mur,


quelle est la directivité totale QT du haut-parleur ? Déterminer la distance source-
auditeur pour que le niveau perçu soit de 90 dB ? (Rép. : 2, 2,24m).

4. On mesure 102 dB à 1m d’un haut-parleur.


 Calculer le niveau de puissance du haut-parleur et sa puissance acoustique W.
 Calculer le niveau sonore à 10m.
 Jusqu’à quelle distance entendrait-on quelque chose si la propagation s’effectuait
sans obstacle ? Est-ce réaliste ? Pourquoi ?
(Rép. : 113 dB, 0,2W, 82dB, 126 km).
5. Une chanteuse produisant un niveau sonore de 50 dB à 1m est accompagnée par un piano
qui produit un niveau de pression de 70 dB à 1m.
 À quelles distances r1 et r2
respectivement du piano et de la
chanteuse faut-il se placer pour que les
intensités dues à chaque source soient
égales ?
 Le piano est à 2m derrière la
chanteuse, déterminer l’amplification
nécessaire pour que les intensités
soient égales à 10 m de la chanteuse.
(Rép. : r1=10r2, 14dB)

6. Un haut-parleur rayonne de manière uniforme dans l’espace en champ libre. Le haut-


parleur a un facteur de directivité total Q=2 et il produit à 1m un niveau sonore de 92dB
lorsqu’il est alimenté sous 1W électrique efficace.
 Calculer le niveau sonore de la source à 2m, 4m et 5,6m lorsque le haut-parleur est
alimenté sous 1W électrique efficace.
 Calculer l’amplitude de la pression acoustique à 1m et à 5,6m dans les conditions
précédentes.
 Calculez le niveau de puissance LW de la source et sa puissance W.
(Rép. : 86 dB, 80 dB, 77 dB, 1,126 Pa, 0,2 Pa, 100 dB, 9,95.10-3 W)
5 Sources multiples en champ libre : « addition » de niveaux sonores
Considérons plusieurs sources sonores qui émettent simultanément. Supposons que l’on
connaisse le niveau de chaque source, et que l’on souhaite connaître le niveau total
produit par leur superposition.
Établir le niveau en pression acoustique ou en intensité d’un son revient à mesurer l’énergie
transportée par ce son.

Si plusieurs sons se superposent, on ne peut pas obtenir le niveau global en additionnant les
valeurs de chaque niveau pris séparément.

Illustration : niveau sonores résultant

Lorsque plusieurs sources fonctionnent simultanément, il y a superposition des ondes


sonores et risque d’interférences, notamment pour des sources qui produisent des signaux
mono-fréquentiels (sons purs) qui peuvent conduire à des baisses de niveaux sonores assez
significatives en certains points du milieu (cf. section 3 de ce chapitre).

Dans le cas le plus général de signaux composés (spectre fréquentiel étendu), les risques
d’interférence existent mais ont peu d’influence sur le niveau sonore résultant. Par contre,
cela peut être très sensible sur le timbre résultant qui peut dénaturer l’un ou l’autre des
signaux.
Les pressions acoustiques instantanées s’ajoutent dans tous les cas.

Mais il faut distinguer deux situations :

 les sources ne sont pas corrélées, c’est-à-dire qu’elles sont indépendantes et sans relation
entre elles (c’est le cas le plus général) ;

 les sources sont corrélées, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas indépendantes entre elles, plus
particulièrement qu’elles ont une relation de phase entre elles (elles sont en phase, ou en
opposition de phase).

5.1 « Addition » de sources non corrélées


Considérons le cas général, où les sources sont
indépendantes : piano et flûte, trafic routier et
ventilation d’un bureau, etc. Les tracés temporels
des différentes pressions n’ont alors rien en
commun. Notons que lorsque plusieurs instruments
jouent à l’unisson, les petits décalages entre
musiciens sont suffisants pour que les pressions
produites ne soient plus rigoureusement en phase,
et ces sources peuvent toujours être considérées
comme non corrélées.
Pour la détermination du niveau sonore résultant de la superposition de sources non
corrélées, on applique le principe de superposition.
5.1.1 Principe de superposition en champ libre

Soient deux sources S1 et S2 produisant en un même point M de l’espace les intensités


acoustiques respectives I1 et I2, l’intensité acoustique résultante perçue en ce point M est :
I Total  I1  I 2
En effet, lorsque deux sons sont reçus en même temps, ce sont les énergies transportées par
chacun d’eux qui s’additionnent, et donc les intensités acoustiques.

Généralisation : si n sources, d’intensités respectives I1, …, In fonctionnent simultanément,


l’intensité acoustique au point M vaut : n
I Total   I i
i 1
Exemple :
Soient deux niveaux absolus à globaliser, par exemple L1=50 dB et L2=55 dB.
I1
Calculons les intensités acoustiques associées : L1  10 log =50dB donc I1  105.I 0
I0
I2
L2  10 log =55dB donc I 2  105,5.I 0
I0
Puisque les intensités s’additionnent, le niveau global L vaut :
I I
L  10 log 1 2  10 log 105  105,5   56,19dB
I0
5.1.2 Pression acoustique efficace résultante

Que vaut la pression acoustique efficace totale ?


2 2
En utilisant les relations : p1 et : p2
I1  I2 
 .c  .c

et le principe de superposition en champ libre : I Total  I1  I 2


2 2 2 2 2
On obtient : p1 p p  p 2 p Total
I Total  I1  I 2   2  1 
 .c  .c  .c  .c
La pression acoustique efficace résultante est donc telle que :

2 2 2
p Total  p1  p 2
5.1.3 Calcul du niveau sonore résultant en général (pour deux sources non corrélées)
I
Le niveau d’intensité résultant en M est : LI  10.log Total
I0
Chaque source prise individuellement produit un niveau sonore au point M valant :
I I
LI1  10.log 1 et : LI 2  10.log 2
I0 I0
Ce qui nous permet d’établir les expressions des intensités I1 et I2 en fonction des niveaux en
intensités produits en M :
LI1 /10 et : LI 2 /10
I1  I 0 .10 I 2  I 0 .10
Par application du principe de superposition, le niveau résultant en M a pour expression :
I Total I +I
LI  10.log  10.log 1 2
I0 I0

Soit en remplaçant I1 et I2 :

LI  10.log 10  LI1 /10


 10
LI 2 /10

Evolution du niveau sonore résultant pour deux sources fonctionnant simultanément
Le graphique précédent permet de constater que le niveau résultant n’évolue pas dans des
proportions énormes et reste proche du niveau en intensité le plus fort produit par une des
sources.

Trois règles peuvent être établies :

 dans la plupart des cas, si le niveau en intensité de l’une des sources est supérieur de 10 dB
à l’autre niveau sonore, nous pouvons négliger le niveau le plus faible, pour en déduire
directement que le niveau résultant est égal au niveau en intensité le plus fort.

 lorsque les deux sources produisent le même niveau d’intensité en un point donné, le
niveau résultant est augmenté de 3 dB par rapport au niveau d’une seule source.

 lorsque les deux sources produisent un niveau sonore proche en un point donné
(différence des niveaux inférieures à 10 dB), l’utilisation de l’expression générale du niveau
résultant est nécessaire.

Remarque :

Dans le cas de la première règle, la forte différence de niveaux (plus de 10 dB) ne permet
pas de dire que la source la plus faible ne sera pas entendue. Nous verrons dans le chapitre
consacré à la psycho-acoustique que le mécanisme de l’audition est plus fin dans le
discernement des sons qu’un simple sonomètre (cf. effet de masque).
Détail de l’évolution du niveau résultant lorsque les niveaux des deux sources sont proches
5.1.4 Addition de n sources non corrélées
On peut généraliser facilement le raisonnement précédent au cas de n sources non corrélées,
de niveaux respectifs LI1, LI2, …, LIn ; le niveau résultant total s’écrit alors :

LI tot  10.log 10  LI1 /10


 10
LI 2 /10
 ...  10
LI n /10

En particulier, si n sources corrélées ont une même intensité I, l’intensité totale vaut :

I tot  n.I
et le niveau total vaut donc :

n.I
LI tot  10 log  LI  10 log n
I0
5.2 « Addition » de sources corrélées
On dit que deux sources sont corrélées si leurs
pressions possèdent des relations de phase. Elles
sont parfaitement corrélées si les pressions sont
rigoureusement en phase ou en opposition de phase,
mais cette situation est rare dans la pratique : les
sources sont généralement plus ou moins corrélées
et le tracé temporel de leurs pressions présente des
ressemblances plus ou moins fortes.

Par exemple, lorsqu’on place une source de basse fréquence contre une paroi réfléchissante,
la pression réfléchie est en phase avec la pression directe.

On admettra que lorsque deux ondes sont parfaitement corrélées, leurs pressions acoustiques
s’ajoutent, par conséquent la pression totale est égale à la somme des pressions :

ptot  p1  p2
Pour deux sources en phase produisant la même pression p, la pression acoustique totale vaut
donc 2p. Pour deux sources en opposition de phase de même pression acoustique p, la
pression acoustique totale est donc nulle.
5.3 Exercices
1. Calculer le niveau global produit par deux sources émettant en même temps et
caractérisées par des niveaux respectifs de 70 dB et 74 dB. (Rép. : 75 dB)

2. Un groupe choral composé de 6 chanteurs se produit sur un podium en plein air. À la


distance r du podium, le niveau perçu est jugé trop faible. Pour l’augmenter, on a le choix
entre deux solutions : se rapprocher ou augmenter le nombre de chanteurs.

 Pour avoir une augmentation de 10dB du niveau (ce qui correspond à une sensation de
son deux fois plus fort), à quelle distance faut-il se placer de la scène ? (Rép. : r/3).
 Si on choisit de rester à la distance r, combien faut-il ajouter de chanteurs pour que le
niveau augmente de 10 dB ? (Rép. : 54 chanteurs).

3. Un groupe de rock est formé d’un chanteur (niveau 55dB), de deux guitares électriques
(chacune de niveau 62 dB) et d’une batterie (de niveau 67 dB). Quel sera le niveau
sonore lorsque le groupe entier répètera ? (Rép. : 69 dB)

4. Dans une salle, le bruit de fond est de 62 dB. Ce bruit a deux origines indépendantes, une
ventilation et le bruit en provenance de la rue. Si on stoppe la ventilation, le niveau de
bruit de circulation seul est de 57 dB. Déduisez-en le bruit de la ventilation. (Rép. : 60dB)
5. Un orateur prononce un discours en plein air qu’il faut enregistrer. On ne peut pas
approcher à moins de 5m. Pour avoir plus de « proximité », en tendant le bras, on peut
avancer le micro d’un mètre.

 Combien de dB gagne-t-on en tendant ainsi le bras ? (Rép. : 2dB).


 Combien de dB aurait-on gagné en tendant le bras de la même manière mais en étant
situé à 12m ? (Rép. : 0,7dB).
Sachant qu’une différence de 1dB n’est pas audible par l’oreille, déterminer la distance
limite au-delà de laquelle l’augmentation de niveau obtenue en tendant le bras n’est plus
perceptible ? (Rép. : 9,3m).

6. Lors d’un concert en plein air, un orchestre symphonique accompagne une chorale.
Lorsqu’il joue sans la chorale, l’orchestre produit dans un fortissimo un niveau de 75 dB à
10m. On estime à 55 dB le niveau produit par un seul choriste à 10m.

 Combien faut-il de choristes pour qu’à 10m, le niveau de la chorale soit égal au niveau
de l’orchestre ? (Rép. : 100).
 En plus de la chorale (dont le nombre est fixé par la réponse à la question précédente),
on souhaite recruter une soliste dont le niveau dépassera, à 10m, celui de l’orchestre et
de la chorale réunis. Pendant les auditions, si cette soliste est entendue à 3m, quel niveau
doit-elle produire à cette distance ? (Rép. : 88dB).
7. Un microphone reçoit les émissions sonores provenant de deux sources distinctes S1 et
S2. Lorsque S1 fonctionne seule, le niveau sonore mesuré est LP1. Lorsque S2 fonctionne
seule, le niveau sonore mesuré est LP2.

 Donner l’expression littérale des intensités sonores respectives I1 et I2 correspondant


au fonctionnement de chaque source. Calculer ensuite les valeurs de I1 et I2 sachant
que LP1 =70 dB et que LP2 =60dB.

 Calculer la valeur du niveau total LPTotal obtenu lorsque les deux sources fonctionnent
simultanément.

 La puissance de la source sonore S1 considérée comme isotrope est W1=4.10-3W.


Calculer l’intensité sonore I1 à la distance d=6m de la source, la source S2 ne
fonctionnant plus.

 On s’éloigne d’une distance x du point où I1 a été mesurée. On enregistre alors un


affaiblissement de 5 dB. De quelle distance x s’est-on éloigné ?

(Rép. : 10-5 W.m-2, 10-6 W.m-2,70,4 dB, 8,84.10-6 W.m-2, 4,66m ).


8. Soient deux sources isotropes HP1 et HP2, distantes de 5m. Le rayonnement de ces deux
sources est uniforme.

Les sons produits par les deux sources sont tels qu’à 1m de chaque source, le niveau sonore
est de 90 dB, chaque haut-parleur est alimenté sous 1 watt électrique.

1) Seul HP1 fonctionne et HP2 n’émet rien

a) Calculer la pression acoustique au point M1, à 2m du haut-parleur HP1 (rép. : 0,31 Pa)
b) En déduire l’intensité acoustique IHP1(2m) et la puissance acoustique W de la source HP1
(rép. : 2,4.10-4 .m-2 et 1,2.10-2W)
c) Quelle est la pression acoustique en M2 (r1=3m) ? Déterminer la relation générale entre la
pression acoustique à une distance r1 et la pression acoustique à 1m. (rép. : 0,158 Pa)
2) HP1 et HP2 fonctionnent

a) Calculer la pression acoustique résultante en M2 pour r1=5m (calculer l’intensité


acoustique résultante auparavant). (rép. : 0,155 Pa)
b) Quel est le gain acoustique G par rapport au cas précédent ? (rép. : 3dB)

La source HP1 émet un signal de 1 000 Hz tel qu’à 1m le niveau sonore soit de 90 DB. La
source HP2 émet un signal de 500 Hz tel qu’à 1m le niveau sonore soit de 86 dB.

a) Calculer le niveau sonore résultant en M1 pour r1=5m (rép. : 76,7 dB)


b) Calculer le niveau sonore résultant en M2 pour r1=5m (rép. : 76,45 dB)
c) Calculer le niveau sonore résultant en M3 pour r1=5m (rép. : 75,54 dB)
d) Conclure
6 Phénomènes de superpositions d’ondes acoustiques
6.1 Phénomène d’interférence pour les ondes, étude qualitative
Un phénomène d’interférence est une superposition d’ondes. Le résultat de la rencontre de
deux ondes est particulièrement simple : les déplacements provoqués par chacune des ondes
s’additionnent. C’est ce qu’on appelle le principe de superposition.

Illustrons le tout par un exemple. Deux ondes ayant une forme


rectangulaire se dirigent l’une vers l’autre. Les distances sont
indiquées en centimètres sur la figure par un quadrillage.
Chaque onde a une vitesse de 1 cm/s et provoque un
déplacement de 1 cm de la corde par rapport à la position
d’équilibre.
À t = 1 s, les devants de chaque onde arrivent en contact et
l’interférence commence. À t = 2, l’onde de longueur 1 se
retrouve au milieu de l’onde de longueur 3. On voit qu’à cet
endroit, les déplacements provoqués par chaque onde (qui est
de 1 cm) s’additionnent pour faire un déplacement de 2 cm. À t
= 3 s, l’interférence se termine et à t = 4, on voit les deux ondes
qui reprennent leur forme initiale et continue leur chemin. Le
passage des deux ondes l’une à travers l’autre n’affecte pas du
tout la forme des ondes. Elles reprennent la même forme après
qu’elles aient interféré.
Dans ce cas, le déplacement de la corde est plus grand à l’endroit où les ondes se superposent
que le déplacement provoqué par une seule onde. On parle alors d’interférence constructive.

Vous pouvez admirer un magnifique clip illustrant le résultat de la rencontre de deux ondes sur
une corde. L’onde du haut est l’onde allant vers la droite. L’onde du milieu est l’onde allant vers
la gauche et au bas on retrouve l’addition de ces deux ondes :

http://www.youtube.com/watch?v=8IRZYOC7DeU
Addition de deux ondes

Vous pouvez aussi regarder cette démonstration :

http://www.youtube.com/watch?v=YviTr5tH8jw
Interférence constructive
Dans cet autre exemple, une des ondes faisant un déplacement
négatif sur la corde. À t = 2, la petite onde se retrouve au milieu
de la grande onde. À l’endroit où les ondes se superposent, le
déplacement fait par la grande onde (1 cm) s’additionne au
déplacement fait par la petite onde (-1 cm). Le résultat est 0 cm
et on voit que la corde est à sa position d’équilibre partout où la
petite onde interfère avec la grande onde.

Dans ce cas, le déplacement de la corde est nul à l’endroit où les ondes se superposent. On
parle alors d’interférence destructive.

On voit encore une fois qu’après le passage des ondes l’une à travers l’autre, elles ont repris
exactement la même forme qu’elles avaient avant de se superposer.
Encore une fois, vous pouvez admirer la rencontre de deux ondes, mais cette fois-ci une onde
fait un déplacement positif (celle allant vers la droite) et une autre fait un déplacement négatif
(celle allant vers la gauche)

http://www.youtube.com/watch?v=95macpu6xgM
Soustraction d’ondes
et la démonstration :

http://www.youtube.com/watch?v=URRe-hOKuMs
Interférence destructive

Ces éléments sont vrais uniquement pour des milieux linéaires. Nous ne traiterons pas des
milieux non linéaires dans lesquels la superposition des ondes n’est pas simplement la somme
des ondes. La forme des ondes après leur passage une à travers l’autre est différente par
rapport à la forme avant qu’elles se rencontrent dans les milieux non linéaires.
6.2 Superposition de deux ondes harmoniques de même direction et de même fréquence,
étude théorique générale

Lorsque deux ondes harmoniques de même direction et de même fréquence se


superposent dans un milieu, leur résultante est toujours une onde harmonique de même
fréquence, mais dont l’amplitude varie d’un point à l’autre du milieu.
p1 (t )  p1 cos t  1 
En effet, soient deux vibrations harmoniques :
p2 (t )  p2 cos t   2 
La pression acoustique résultante est la somme algébrique des deux pressions, donc :

p(t )  p1 cos t  1   p2 cos t   2 


On peut réécrire cette expression sous la forme :
p (t )  p cos t   
Par conséquent :
La somme de deux vibrations de même fréquence et de même direction est encore une
vibration harmonique de même fréquence, mais déphasée d’un angle  et d’une amplitude p.
Exemple : addition de deux ondes harmoniques de même fréquence et de même direction
Pour déterminer les caractéristiques de l’onde acoustique
résultante (amplitude et déphasage), on peut utiliser la
méthode des vecteurs de Fresnel : on associe chaque
vibration à un vecteur tournant de Fresnel, et l’égalité
algébrique précédente se traduit par le fait que le schéma
vectoriel ci-contre doit être vérifié :
Calculons p et .

En appliquant par exemple le théorème de Pythagore


généralisé dans le triangle OBC, on peut écrire :
2 2 2
OC  OB  BC  2 OB BC cos OBC

Comme les angles <OBC> et (2-1) sont supplémentaires (puisque la somme des angles
d’un quadrilatère fait 360°),
cos OBC   cos   2  1 
et on trouve, en substituant :
p 2  p12  p22  2 p1 p2 cos   2  1  (*)
et finalement :
p p12  p22  2 p1 p2 cos   2  1 
De manière plus simple, les règles de l’addition vectorielle appliquées au diagramme de
Fresnel permettent d’écrire :
    
OG  OF  FG  OF  OE donc p.cos   p1 cos 1  p2 cos  2 (1)
    
OJ  OI  IJ  OI  OH donc p.sin   p1 sin 1  p2 sin  2 (2)
On retrouve directement la relation (*) entre les amplitudes, en sommant membre à
membre le carré des relations (1) et (2) :

p 2  p12  p2 2  2 p1 p2  cos 1 cos  2  sin 1 sin  2 


 p12  p2 2  2 p1 p2 cos   2  1 
De plus, en divisant (2) par (1) membre à membre, on obtient aussi le déphasage :
p1 sin 1  p2 sin  2
tan  
p1 cos 1  p2 cos  2

La valeur de l’amplitude p et du déphasage  sont fonctions des amplitudes p1 et p2 et des


déphasages 1 et 2.

Si les amplitudes p1 et p2 sont fixées, l’amplitude résultante ne dépend que du déphasage


relatif 2 -1.
Cas particuliers :

 les deux vibrations sont en phase : 2-1=0 ou 2k. (où k entier quelconque)

La vibration résultante est aussi en phase (=1=2) et son amplitude se réduit à :

A2  A12  A22  2 A1 A2 .1  ( A1  A2 ) 2
c’est-à-dire :
A  A1  A2
Lorsque les ondes sont en phase, l’amplitude résultante est la somme des amplitudes.
 les deux vibrations sont en opposition de phase : 2-1= ou (2k+1). (où k entier quelconque)

Comme cos(2-1)=-1, la vibration résultante est en phase avec l’une des ondes et en
opposition avec l’autre, et l’amplitude résultante est telle que :
A2  A12  A22  2 A1 A2 .( 1)  ( A1  A2 ) 2
et vaut donc : A  A1  A2
Lorsque les ondes sont en opposition de phase, l’amplitude résultante est la différence des
amplitudes.
Remarque :

Dans ce dernier cas, si les amplitudes sont égales, la résultante des deux vibrations s’annule :
il n’y a plus de vibration (la somme de deux sons peut être le silence).

Conclusions de l’étude théorique :

La somme de deux vibrations harmoniques de même direction et de même fréquence est


une vibration harmonique de même fréquence dont l’amplitude est comprise entre la
somme et la différence des deux amplitudes.

Si 2-1=0 (c’est-à-dire si les ondes sont en phase), l’amplitude résultante est la somme des
amplitudes.

Si 2-1= (c’est-à-dire si les ondes sont en opposition de phase), l’amplitude résultante est
la différence des amplitudes.
6.3 Interférences résultants de la superposition de deux sources synchrones
Deux sources sont dites synchrones lorsqu’elles vibrent à la même fréquence et sont de plus
en phase.
Considérons deux sources synchrones S1 et S2, émettant des ondes de
même amplitude dans un milieu, par exemple des ondes planes de la
forme :
 t x
p ( x, t )  A cos 2   
T  

Si les ondes se rencontrent en un point M du milieu, situé à une distance d1 de la source S1 et


d2 de la source S2, le point M est soumis à la résultante de ces deux vibrations. On parle alors
d’un phénomène d’interférences.
Puisque les sources sont synchrones, les élongations des deux ondes reçues à l’instant t au
point M sont données par :
t d  t d 
p1 (t )  A1 cos 2   1  et p2 (t )  A2 cos 2   2 
T   T  

La différence de phase (notée  dans l’étude générale) entre les deux vibrations est ici de :
2 2
  j   d1  d 2   m
 
où l’on a introduit la différence de marche m=d1-d2 entre les chemins parcourus par les deux
ondes.
Si l’on applique les conclusions de l’étude théorique précédente, le point M va vibrer avec
une amplitude résultante maximale A=A1+A2 lorsque la différence de phase  entre les deux
ondes sera égale à un nombre entier de fois pair de fois , c’est-à-dire lorsque la différence
de marche entre les deux ondes sera égale à un nombre pair de fois la demi longueur d’onde ;
ces points où l’amplitude résultante est maximale sont appelés les ventres du phénomène
d’interférence :

2 
ventres  j  m  2k  m  2k (où k  Z )
 2

De la même manière, le point M va vibrer avec une amplitude minimale A=A1-A2 (nulle si
A1=A2, c’est-à-dire si le point M n’est pas trop éloigné des sources S1 et S2) lorsque la
différence de phase  entre les deux ondes sera égale à un nombre impair de fois , c’est-à-
dire lorsque la différence de marche entre les deux ondes sera égale à un nombre impair de
fois la demi longueur d’onde ; ces points où l’amplitude résultante est minimale sont appelés
nœuds du phénomène d’interférence :

2 
noeuds  j  m  (2k  1)  m  (2k  1) (où k  Z )
 2
Si on représente dans un milieu bidimensionnel la position des nœuds et des ventres de
vibration du phénomène d’interférence produit par deux sources S1 et S2, on trouve deux
réseaux d’hyperboles dont les sources sont les foyers (chaque valeur de k correspond à une
hyperbole).

Rappel : le lieu géométrique des points du plan tels que la différence de leurs distances à deux
points fixes est une constante est une hyperbole dont les points fixes sont les foyers ; une
hyperbole est une courbe formée de deux branches infinies, présentant des asymptotes.
Visualisation du réseau de ventres obtenus par interférences de deux sources
ponctuelles synchrones

http://www.univ-lemans.fr/enseignements/physique/02/optiphy/interfer.html
Explication ondulatoire du phénomène d’interférences
Interférences lumineuses

Lumière + lumière = obscurité !!!


Dans le triangle S2PA, par Pythagore,
2
2  a2
d  D x 
2 1
 2

Dans le triangle S1PA, par Pythagore,


2
 a
d 12  D 2   x    2
 2
a a
 d 22  d 12  2   d 2  d1  d 2  d1   2
x x
ax
Or d 2  d1  2 D  d 2  d1 
D
Eclairement maximum en P de l’écran, si  ax 2k  D
d 2  d1  2k k     xk
2 D 2 a

A un k donné correspond un x que nous appellerons xk :


D D D D
xk  k x0  0  ; x1  1 ; x2  2  ;......
a a a
a
Si nous appelons interfrange la distance i telle que : i  x1  x0  x2  x1  x3  x2  .........  xk  xk 1

En conclusion, l’interfrange est proportionnelle à la longueur d’onde : i  D  


ia
a D
Un bon exemple : interférences sonores mises en évidence au MIT

http://www.dailymotion.com/video/x26t9gi_interferences-sonores-mises-en-evidence-
au-mit_school

Un exemple peu convainquant d’interférences sonores

https://www.youtube.com/watch?v=q2AynYYMskA
Application du phénomène d’interférence : trombone de Koenig et mesure de la vitesse du son
Une source sonore (par exemple un diapason, ici en D) émet un son de fréquence f à l’entrée
d’un trombone à coulisse, constitué de deux tubes ABC et AB’C formant deux dérivations par
lesquelles peut se propager le son.
L’auditeur (ou un microphone), placé en O, perçoit le son
résultant de la superposition des ondes qui lui parviennent par
ces deux chemins acoustiques.

Si les deux trajets sont égaux, les ondes arrivent en phase et le


son perçu est intense (interférence constructive, ventre de
vibration). Mais en faisant glisser le premier tube sur le second,
comme un trombone, on allonge un chemin par rapport à
l’autre (ABC ici). Lorsque la différence de marche est de /2, les
sons interfèrent de manière destructive et on n’entend plus
rien. On a un nœud de vibration.

En continuant à allonger le trajet ABC, on perçoit de nouveau


le son avec un maximum d’intensité quand la différence de
chemin est égale à , puis un nouveau silence lorsque la
différence de marche est de 3/2, et ainsi de suite...

Il suffit de mesurer sur l’échelle graduée E le déplacement du tube qui fait passer d’un silence
au suivant (ou d’un maximum à l’autre) pour connaître la longueur d’onde . Une fois la
longueur d’onde connue, la fréquence étant connue, on peut aussi utiliser ce dispositif pour
calculer la vitesse du son c dans le gaz qui remplit l’appareil (puisque =c/f)
6.4 Phénomène de battement
Ce phénomène résulte de la superposition de deux
mouvements oscillatoires harmoniques de même direction,
d’amplitudes voisines, mais de fréquences légèrement
différentes. Le phénomène se manifeste par la perception
s’un son unique, mais dont l’amplitude est variable
lentement dans le temps (d’où le terme de battement).

En particulier, cette amplitude s’annule toutes les périodes


Tb.

Cette période est appelée période du battement ; son inverse est appelé fréquence du
battement et est égale à la différence des deux fréquences.
1 1
Tb  
f 2  f1 fb

Par exemple, pour deux sons de fréquences 440 et 444 Hz, on trouve une fréquence de
battement de 4 Hz, c’est-à-dire une période battement de 1/4 s, tout à fait audible.

Illustration sonore du phénomène de battements


400 Hz - 401 Hz 400 - 410 Hz 400 - 600 Hz
Battements lents Battements rapides Pas de battements perceptibles

Analyse de Fourier du battement rapide entre les sons 400 Hz et 410 Hz


Analyse temporelle du battement rapide entre les sons 400 Hz et 410 Hz
6.4.1 Analyse approchée
Soient deux mouvements oscillatoires harmoniques dont les pulsations (et donc les
fréquences) sont voisines, reçus en un point du milieu :

x1 (t )  A cos 1t  j1  et x2 (t )  A cos 2t  j 2 


Comme les pulsations diffèrent peu, on peut en première approximation traiter la deuxième
onde comme si elle avait la même pulsation que la première, mais avec une différence de
phase j(t) par rapport à la première variable lentement dans le temps donnée par :


x2 (t )  A cos 1t  j1  j (t )   A cos 1t  j1  2  1  t  j 2  j1   
Puisqu’à présent les deux ondes ont même direction et même fréquence, on peut appliquer
les résultats de l’analyse théorique précédente :

l’amplitude résultante est maximale (égale à la somme des amplitudes) lorsque j(t)=2k
(ondes en phase) et minimale (égale à la différence des amplitudes) lorsque j(t)=(2k+1)
(ondes en opposition de phase). Entre ces deux extrêmes, l’amplitude résultante prend des
valeurs intermédiaires comprises entre la somme et la différence des amplitudes. L’amplitude
résultante est donc fonction du temps.
x(t )  x1 (t )  x2 (t )  A (t ) cos 1t   
La vibration résultante peut donc être assimilée à une vibration harmonique de pulsation
quasiment égale à 1 mais d’amplitude lentement variable dans le temps.
Graphiquement, l’onde résultante a la forme :

On appelle période du battement la durée Tb qui s’écoule entre deux amplitudes maximales
consécutives. La fréquence du battement fb est l’inverse de cette période.

Pour la calculer, considérons deux maxima consécutifs, qui se produisent en des temps t1 et t2
tels que :  j ( t )  2 k 
1   2 1 1
 -  t  (j  j )  2 k 
2 1

 j ( t 2 )  2 ( k  1)    2 -  1  t 2  (j 2  j 1 )  2 ( k  1) 
En soustrayant membre à membre ces deux égalités, on obtient :

2  1  t2  t1   2
et la période du battement vaut donc : Tb  t2  t1 
2 1 1
 
2  1 f 2  f1 fb
La fréquence du battement est bien égale à la différence des deux fréquences.
6.4.2 Analyse exacte
Si on ne veut pas faire d’approximation pour se ramener à l’étude théorique précédente, de
la superposition de deux ondes harmoniques de même fréquence, on peut calculer le
résultat exact de la superposition des deux ondes harmoniques, d’amplitudes égales et de
fréquences différentes ; on obtient, à l’aide d’une des formules de Simpson :
x(t )  x1 (t )  x2 (t )
 A cos 1t  j1   A cos 2t  j2 
 2  1 j2  j1   1  2 j1  j 2 
 2 A cos  t  cos  t   A (t ) cos t  j 
 2 2   2 2 
On voit que l’onde résultante x(t) est formée du produit d’une onde harmonique, dont la
pulsation  est la moyenne arithmétique des pulsations 1 et 2, mais dont l’amplitude A(t)
est lentement variable dans le temps, selon une fonction (co)sinusoïdale.
Cette formule rend tout à fait compte du profil graphique de l’onde résultante (cf. diapositive
précédente) : une fonction (co)sinusoïdale oscillant rapidement multipliée par une amplitude
variable dans la courbe enveloppe est une (co)sinusoïde variant lentement.

Deux maxima d’amplitude consécutifs correspondent bien sûr à deux valeurs du temps
consécutives solutions de l’équation :
2  1 j2  j1
t  k
2 2
et on retrouve donc bien la même période de battement que dans l’analyse approchée.
6.4.3 Applications du phénomène de battement
Lors de l’accord des instruments à cordes d’un orchestre, un violoniste ne peut pas percevoir
une différence d’un demi-hertz entre deux cordes (sa corde « la » et celle de son voisin par
exemple) jouées consécutivement ; par contre, une oreille un tant soit peu entraînée peut
entendre le battement produit par deux cordes accordées à un demi-hertz près jouées
simultanément.

Pour s’accorder, les violonistes éliminent donc le battement en modifiant légèrement la tension
de leur corde.

Battement entre Accord de l’unisson


440 Hz et 442 Hz par élimination des
battements
Le même procédé peut être employé pour accorder d’autres intervalles que l’unisson, mais ce
ne sont plus les battements entre les fondamentaux qu’il faut écouter, mais les battements
qui se produisent entre les harmoniques, de rangs variables, selon les notes à accorder.
Par exemple, supposons accordé le
fa-2, à 174,6 Hz (en tempérament
égal). Le fa-3, son octave doit être
accordé à 2  174,6=349,2 Hz. Si le
fa-3 est accordé initialement trop
haut (par exemple à 351,2 Hz), le
second harmonique du fa-2 qui a
pour fréquence 349,2 Hz produira
avec le fondamental du fa-3 un
battement de 351,2-349,2=2 Hz. Ce
battement est perceptible et
l’accord se fera en diminuant la
fréquence du fa-3 jusqu’à la
disparition du battement.
De la même manière, pour accorder le la-2 (accord de la tierce majeure), dont le fondamental
théorique vaut 220 Hz, on peut se baser sur le battement qui se produit entre la quatrième
harmonique du la-2 (de fréquence 4  220=880 Hz) et la cinquième harmonique du fa-2
(située à 5  174,6 Hz=873 Hz). L’accord ne se fait pas ici par élimination du battement, mais
par ajustement de sa vitesse.
Accord de la quinte Accord de la tierce Accord de l’octave
par élimination des par ajustement de la par élimination des
battements vitesse du battement battements

Théorie de l’accordage du piano


http://www.youtube.com/watch?v=R2nghVIsMKY&spfreload=10

Implication des harmoniques dans l’accordage du piano


http://www.youtube.com/watch?v=czhZ3BtBz7g
Fréquences des dix octaves de la gamme chromatique tempérée.
6.5 Superposition d’ondes harmoniques de même fréquence mais se propageant dans des
directions différentes
6.5.1 Ondes stationnaires à une dimension, définition et propriétés principales
Considérons deux ondes sinusoïdales de même fréquence, ayant la même amplitude et se
déplaçant dans des directions opposées (l’analyse générale précédente n’est donc pas
applicable). Lorsqu'elles se rencontrent, elles se superposent, donnant lieu à une onde dite
stationnaire :
Observations :

L’onde stationnaire est caractérisée par le fait que :

 tous les points du milieu passent en même temps par leur position d’équilibre, et tous les
points passent en même temps par leur position extrême, c’est-à-dire que tous les points
vibrent en phase.

 les amplitudes de vibration des différents points du milieu ne sont pas identiques : elles
varient entre l’amplitude nulle (ces points sont les nœuds de l’onde stationnaire) et l’amplitude
maximale (ces points sont les ventres de l’onde stationnaire) ; de plus, les maximums
(ventres) et les minimums (nœuds) de vibration sont régulièrement répartis et fixes.

http://vd.educanet2.ch/lukas.schellenberg/anims/ondesstat/Ondesstat.html
http://www.youtube.com/watch?v=jovIXzvFOXo
http://gilbert.gastebois.pagesperso-orange.fr/java/son/melde/melde.htm
Illustrations spectaculaires du phénomène d’ondes stationnaires

https://www.youtube.com/watch?v=pWekXMZJ2zM

https://www.youtube.com/watch?v=uENITui5_jU

https://www.youtube.com/watch?v=3y4EaJrJP9w
6.5.2 Obtention d’ondes stationnaires à une dimension par réflexion sur un obstacle
Une méthode particulièrement simple d’obtenir des ondes stationnaires est d’utiliser la
propriété de réflexion des ondes sur un obstacle fixe.
http://www.u-bourgogne.fr/PHYSIQUE/OndeStat/OndeStat.html
http://ressources.univ-lemans.fr/AccesLibre/UM/Pedago/physique/02bis/meca/ondesta.html
http://www.walter-fendt.de/ph14e/stwaverefl.htm
6.5.3 Cas de la corde vibrante, fixée aux deux extrémités
Prenons l'exemple d'une corde vibrante de
longueur l, fixée à ses deux extrémités S1 et S2.

On montre que la vitesse de propagation des ondes


mécaniques dans la corde vaut :
T
c

où T est la tension dans la corde et µ la masse linéique de la corde.

Une perturbation sinusoïdale yS1(t)=A.sin(2t/T) produite à une extrémité S1 de la corde (la


gauche pour notre exemple) se propage dans la corde(vers la droite) sous la forme :
 t x
yS1 ( x, t )  A sin 2   
T  
Arrivée à l’autre extrémité, soit après un temps t*=l/c, elle se réfléchit, et engendre ainsi une
onde de même fréquence mais se propageant dans l’autre direction dans la corde :
 (t  t*) (l  x)   t 2l x 
yS2 ( x, t )  A sin 2      A sin 2      t  t *
 T    T  
L’onde résultante en P à l’instant t vaut donc :
 t x  t 2l x 
y (t )  A sin 2     A sin 2     
T    T  
En appliquant la formule de Simpson bien connue sin p+sin q=2sin[(p+q)/2]cos[(p-q)/2], on
obtient :
lx t l
y (t )  2 A sin 2   cos 2   
   T  

On voit que l’onde résultante est le produit d’une fonction harmonique du temps,
indépendante de la position du point P et d’une fonction dépendant uniquement de
l'abscisse x. La fonction donnant l’onde résultante est donc de la forme f (x) g (t). Différents
points de la corde vibrent donc avec des amplitudes différentes (l’amplitude dépend de la
position x), mais tous les points vibrent avec la même période et en phase.

On remarque que l’amplitude de la vibration résultante s’annule bien en x=l (extrémité fixe).
La position x=l est bien entendu toujours un nœud, puisque c’est le point S2 où l’onde se
réfléchit une première fois.
Mais en fait, S1 doit aussi toujours être un nœud (pour qu’à la réflexion suivante, après un
aller-retour dans le tube, l’onde réfléchie reconstitue l’onde initiale produite en S1. On doit
donc imposer qu’en x=0, on ait toujours un nœud, c’est-à-dire :
l
sin 2  0  sin n

Une onde stationnaire ne peut donc exister dans un milieu fini que pour certaines longueurs
d’onde, et donc certaines fréquences, appelées fréquences propres du milieu.

Pour notre corde, fixe à ses deux extrémités, ces fréquences propres valent :

c nc
fn  
n 2l
où n est un entier et c la célérité des ondes mécaniques dans la corde.

Ce sont les fréquences des ondes sinusoïdales qui peuvent s'établir dans la corde en
respectant les conditions aux limites. On les appelle fréquences propres de vibration de la
corde.

La fréquence propre fondamentale de la corde est :

c 1 T
f1  
2l 2l 
Les fréquences propres supérieures sont des multiples de la fréquence fondamentale
(harmoniques).

Pour chaque fréquence propre fn de la corde, on a donc une onde stationnaire; on parle aussi
de modes propres de vibration.
Remarque :

La condition de fréquence pour obtenir une onde stationnaire dans un milieu


unidimensionnel de longueur l peut aussi s’interpréter simplement de la manière suivante :
il faut que la longueur d’onde de l’onde  soit telle le temps de parcours aller-retour de
l’onde progressive (égal à 2l/c) soit un multiple entier de la période T de l’onde (pour
redémarrer un nouveau cycle d’oscillation dans le même état de phase, par un ventre), c’est-
à-dire, en formule :
tparcours  n.T
2l 
 n.T  n.
c c
2l  n.
Les longueurs d’onde donnant lieu à des ondes stationnaires sont donc données par :

2l
n 
n
et par conséquent, les fréquences valent bien :

c n.c
fn  
n 2l
Voyons où sont situés les nœuds et les ventres de l’onde stationnaire.

Les positions des nœuds s’obtiennent en résolvant l’équation :


lx
sin 2  0  sin k
n
Ils sont donc situés à des distances y=l-x de l’extrémité S2 données par :


yk  l  xk  2k k  Z
4

Deux nœuds consécutifs sont donc séparés par une distance de /2.

De la même manière, les ventres de l’onde stationnaire sont situés à des positions x qui sont
solution de l’équation :
lx  
sin 2  sin   k 
 2 
c’est-à-dire en :

yk  l  xk  (2k  1) k  Z
4
Bien sûr, deux ventres consécutifs sont aussi séparés par une distance de /2.
Voici les premiers modes normaux de vibration de la corde vibrante, fixée aux deux extrémités :

Modes normaux de vibration d'une corde vibrante

http://www.falstad.com/loadedstring/
6.5.4 Cas de la corde vibrante, fixée à une seule extrémité
Si la corde n’est fixée qu’à une extrémité, l’autre extrémité est libre et correspond à un ventre,
tandis que l’extrémité fixe correspond toujours à un nœud.
On trouve après un calcul analogue les fréquences propres et les modes propres suivants :

f 2 n 1 
 2n  1 c  2n  1

T
n 1
4l 4l 

Seuls sont présent les modes associés aux harmoniques impairs et la fréquence fondamentale
est la moitié de la fréquence fondamentale de la corde fixée aux deux extrémités.

c 1 T
f1  
4l 4l 
Remarque :

Cette formule se comprend facilement puisqu’il faut deux allers-retours de l’onde sur la
corde (soit une distance 4l) pour retrouver l’onde dans le même état de phase (maximum
positif, par exemple), mais après une, ou trois, ou cinq périodes d’oscillation complète, c’est-
à-dire 4l/c=(2n-1).T, avec n=1,2,3 etc.
Voici les premiers modes normaux de vibration de la corde vibrante, dont une seule
extrémité est fixe :
On peut effectuer exactement le même genre de raisonnement dans le cas d’une colonne
d’air, dans laquelle l’air est mis en vibration à une extrémité, toujours ouverte, et dont l’autre
extrémité peut-être soit ouverte (on parle alors de tuyau ouvert), soit fermée (tuyau fermé).
6.5.5 Cas du tuyau sonore ouvert (tube ouvert-ouvert)
Pour un tuyau ouvert, l’onde stationnaire est caractérisée par un ventre de vibration à chaque
extrémité ouverte (un ventre de vibration est ici un ventre de vitesse, ce qui signifie que l’air
vibre beaucoup, très vite, mais que la pression y est nulle).

Les fréquences propres d’un tuyau ouvert, pour lesquelles la colonne d’air peut produire des
ondes stationnaires, sont donc données par la même relation que pour la corde vibrante fixée
aux deux extrémités:
c nc 1
fn   avec : c
n 2l  .
où n est un entier et c la célérité du son dans le tuyau.

La fréquence fondamentale vaut donc :


c 1 1
f1  
2l 2l  .
Les fréquences supérieures appelées harmoniques sont des multiples (pairs et impairs) de la
fréquence fondamentale.
Les modes de vibration d’un tuyau sonore ouvert aux deux extrémités ont la forme suivante
(un ventre de vibration signifiant que l’air vibre beaucoup, mais que la pression acoustique est
nulle) :
6.5.6 Cas du tuyau sonore fermé (tube ouvert-fermé)
Pour un tuyau fermé, l’onde stationnaire est caractérisée par un ventre de vibration à
l’extrémité ouverte et un nœud à l’extrémité fermée.

Les fréquences propres d’un tuyau ouvert, pour lesquelles la colonne d’air peut produire des
ondes stationnaires, sont donc données par la même relation que pour la corde vibrante libre
à une extrémité :

 2n  1 c avec :
1
f 2 n 1  n 1 c
4l  .
où n est un entier et c la célérité du son dans le tuyau.

La fréquence fondamentale vaut donc :


c 1 1
f1  
4l 4l  .
Les fréquences supérieures appelées harmoniques sont des multiples impairs de la fréquence
fondamentale.
Les modes de vibration d’un tuyau sonore ouvert à une extrémité et fermé à l’autre ont la
forme suivante (un ventre de vibration signifiant que l’air vibre beaucoup, mais que la
pression acoustique est nulle) :
Les ondes stationnaires sont différentes dans un tube ouvert ou fermé

Tube ouvert-ouvert Tube fermé-ouvert


6.5.7 explication intuitive des ondes stationnaires dans un tuyau fermé ou ouvert

Cas du tuyau fermé :

Considérons le déplacement d’une onde progressive plane dans un tuyau ouvert à une
extrémité et fermé à l’autre (tuyau fermé). Lorsque l’onde, issue du côté ouvert du tuyau,
arrive contre le fond du tuyau (obstacle solide), l’onde est réfléchie sans changement de signe
de la pression, suivant le principe d’action-réaction de Newton.

Une compression progressant dans le tuyau reste donc une compression après réflexion. Il en
est de même si l’onde progressive était une dépression et non une compression. De plus, une
extrémité fermée correspond alors à un ventre de pression (et donc à un nœud de vibration).

 Cas du tuyau ouvert :

Considérons à présent une onde progressive envoyée dans un tuyau dont l’extrémité est cette
fois ouverte (tuyau ouvert). Lorsque, par exemple, une compression arrive au niveau de
l’orifice, elle sort du tuyau mais crée juste en arrière du trou une brusque dépression qui se
propage alors vers la source. C’est donc comme si l’onde progressive de compression s’´etait
réfléchie dans le milieu, mais en changeant de signe. Le même processus prend place si l’onde
incidente est une dépression. Une extrémité ouverte correspond donc toujours à un nœud de
pression (et donc à un ventre de vibration).

Ces notions permettent de comprendre comment est déterminée la fréquence propre d’un
tuyau fermé ou ouvert.
Illustration : ondes stationnaires dans les tuyaux ouvert et fermé

Onde progressive dans un tuyau fermé

Onde progressive dans un tuyau ouvert


Considérons un tuyau fermé, de longueur L. Le raisonnement précédent montre que l’onde
progressive doit parcourir 4 longueurs du tuyau avant de se retrouver dans les mêmes
conditions que les conditions initiales (signe de l’onde, c’est-à-dire surpression ou dépression,
et sens de propagation de l’onde ). La période caractéristique d’un tuyau fermé est donc de
4L/c, ou c est la vitesse du son dans l’air. Nous obtenons ainsi la fréquence propre
fondamentale du tuyau fermé, f1= c/4L.

Pour le tuyau ouvert, le même raisonnement aboutit à la conclusion suivante : l’onde


progressive doit parcourir 2 longueurs de tuyau pour réaliser un cycle complet, à cause du
changement de signe de la perturbation du côté de l’ouverture et du côté de la source. La
période caractéristique d’un tuyau ouvert est donc de 2L/c, ou c est la vitesse du son dans l’air.
La fréquence propre fondamentale du tuyau ouvert est donc donnée par f1=c/2L.

Tuyau fermé et ouvert.


Illustration sonore : ondes stationnaires dans une colonne d’air (tuyau fermé)
6.6 Ondes stationnaires à deux dimensions
Des surfaces mises en vibration peuvent être le siège d'ondes stationnaires
bidimensionnelles.

Par exemple, des plaques métalliques convenablement excitées présentent des points où le
déplacement est maximum (les ventres de vibration) et d'autres où le déplacement est nul
(les nœuds de vibrations). Pour visualiser ces points, on saupoudre la plaque vibrante de
sable.

Le sable est éjecté des régions ou l'amplitude des vibrations est maximale (lignes ventrales)
et se rassemble dans les régions où l'amplitude est faible ou nulle (lignes nodales). On
obtient ainsi des figures symétriques appelées figures de Chladni (du nom de Ernst-Florent-
Fédéric Chladni (1756-1827), physicien allemand).

Une même plaque peut fournir, selon la façon dont elle est attaquée, des figures de Chladni
distinctes ; chacune d'elles correspond à un mode de vibration et à une fréquence (audible)
distincte. Plus il y a de lignes et plus rapprochées elles sont, plus la fréquence est élevée. On
peut aussi faire varier la figure de Chladni en immobilisant un point de la plaque (en
touchant la plaque en ce point), on oblige ainsi une ligne nodale à passer par ce point ou
encore en changeant le point d'attaque.
Les membranes tendues (tambour, timbale, grosse caisse...) satisfont aux mêmes lois.
Ondes stationnaire sur une plaque rectangulaire excitée par un archet
Ondes stationnaires sur une plaque rectangulaire excitée par un vibreur
De la même manière, pour la table d’harmonie d’un instrument de musique, on peut
observer des ondes stationnaires pour certaines fréquences :
7 Effet Doppler
L‘effet Doppler (aussi appelé effet Doppler-Fizeau pour les ondes électromagnétiques) se
traduit par un décalage entre la fréquence de l'onde émise par la source et la fréquence de
l'onde reçue par l’observateur, lorsque l'émetteur et le récepteur sont en mouvement l'un par
rapport à l'autre ; il apparaît aussi lorsque l'onde se réfléchit sur un objet en mouvement par
rapport à l'émetteur ou au récepteur, qui joue alors le rôle de source secondaire.
7.1 Description intuitive du phénomène
7.1.1 Observateur et source immobiles
Soit une source S immobile (représentée en
vert) qui émet un son de période T, et de
longueur d’onde =c.T, et un observateur
immobile (représenté en rouge). Si on
dessine l’onde émise à intervalles réguliers
(par exemple toute les périodes), on fait
apparaître des sphères concentriques,
centrées sur la source, mais séparées l’une
de l’autre par une longueur d’onde. Lors de
la réception des ondes par l’observateur, la
distance séparant les fronts d’onde est la
même que lors de l’émission des fronts
d’onde par la source : la longueur d’onde
reçue (resp. la fréquence reçue) est la
même que la longueur d’onde émise par la
source (resp. la fréquence émise).
7.1.2 Observateur immobile et source s’éloignant

La source (point vert) se déplace vers la


gauche avec une vitesse constante
ajustable.
A des intervalles de temps égaux, cette
source émet une onde sphérique qui se
propage avec la vitesse c = 340 m/s. La
vitesse de la source est mesurée en
unités relatives (la valeur de 10
correspond à la célérité du son).

Quand la source s’éloigne de l'observateur (point rouge), les fronts d'onde reçus par
l’observateur sont plus distants que si la source était immobile : la longueur d'onde reçue
augmente, la fréquence reçue diminue et l'observateur perçoit un son plus grave.
7.1.3 Observateur immobile et source approchant

La source (point vert) se déplace vers la


droite avec une vitesse constante
ajustable.
A des intervalles de temps égaux, cette
source émet une onde sphérique qui se
propage avec la vitesse c = 340 m/s. La
vitesse de la source est mesurée en
unités relatives (la valeur de 10
correspond à la célérité du son).

Quand la source se rapproche de l'observateur (point rouge), les fronts d'onde reçus par
l’observateur sont plus resserrés que si la source était immobile : la longueur d'onde reçue
diminue, la fréquence reçue augmente et l'observateur perçoit un son plus aigu.
7.1.4 Cas particulier : la source se déplace à la vitesse du son dans le milieu (écoulement
sonique)

La source (point vert) se déplace vers la


droite avec une vitesse constante égale à
la célérité du son. La source constitue le
sommet d’un cône formé par les fronts
d’onde qu’elle entraîne avec elle, c’est le
cône de Mach.

On dit ainsi d'un avion qu'il vole à Mach 1


si sa vitesse est égale à celle du son
(environ 340 m.s-1 ou 1200 km.h-1 dans
l’air aux conditions normales), à Mach 2 si
sa vitesse correspond à deux fois la
vitesse du son, et ainsi de suite. Il est
nommé en l'honneur du physicien et
philosophe autrichien Ernst Mach.

Quand la vitesse du mobile atteint celle de l'onde dans le milieu, il y a une concentration de
l'énergie vibratoire sur le mobile qui provoque des phénomènes non linéaires complexes
(ondes de choc, mur du son).
7.1.5 Source immobile, observateur mobile

Le point vert représente la source immobile; le rond rouge le récepteur mobile se


rapprochant ou s'éloignant de la source. La vitesse de déplacement du récepteur est une
constante. On observer sur les courbes tracées à droite que la période pour le récepteur est
en général différente de celle de la source (sauf lorsqu‘e le récepteur est immobile) et les
changements de période lors d'un demi-tour ou au passage par la source (correspondants à
la transition « se rapproche »/« s'éloigne »).
http://www.sciences.univ-nantes.fr/sites/genevieve_tulloue/Ondes/son/doppler.php
http://www.sciences.univ-
nantes.fr/sites/genevieve_tulloue/Ondes/son/doppler_explication.php
7.2 Description mathématique générale du phénomène
On peut démontrer que dans le cas le plus général (source et observateur mobiles), la
modification de fréquence entre l’onde émise (de fréquence f) et l’onde reçue (de fréquence
f’) est donnée par la relation :
c  VO cos O
f ' f
c  VS cos  S
où VO et VS sont les vitesses de la source et de
l’observateur, et O et S les angles orientés
formés par les vecteurs vitesses de
l’observateur et de la source par rapport à la
direction observateur-source OS.

Cette formule est valable tant que les vitesses de la source et de l’observateur sont petites
par rapport à la célérité de l’onde. Elle est aussi non relativiste et ne s’applique donc pas
telle quelle aux ondes électromagnétiques.
7.3 Cas particuliers
 si l’observateur O est immobile et que la source S s’approche :
c 1  v 
vO  0,  S    f '  f  f  f 1  S  si vS  c ; f '  f
c  vS v  c 
1 S
c
le son est plus aigu.

 si l’observateur O est immobile et que la source S s’éloigne :


c 1  v 
vO  0,  S  0  f '  f  f  f 1  S  si vS  c ; f '  f
c  vS v  c 
1 S
c
le son est plus grave.

 si l’observateur O s’approche de la source S immobile :


c  vO  v 
vS  0, O  0  f '  f  f 1  O  >f ; f '  f
c  c 
le son est plus aigu.

 si l’observateur O s’éloigne de la source S immobile :


c  vO  v 
vS  0,  O    f '  f  f 1  O  f ; f ' f
c  c 
le son est plus grave.
7.4 Etude théorique de l’effet Doppler

Nous considèrerons le cas général ou la source, notée S, et l'observateur, noté R (récepteur),


ont des mouvements indépendants, avec des vitesses respectives VS et VR constantes par
rapport au référentiel du laboratoire.
7.4.1 Vitesses colinéaires à l’axe source-observateur
Nous supposons d'abord que les deux vitesses sont colinéaires suivant l'axe joignant la
source à l'observateur. Dans ce cas, les vitesses peuvent ^être représentées par leurs valeurs
algébriques VS et VR suivant cet axe

La source S et l'observateur R sont en mouvement suivant un même axe.


Supposons que la source se trouve à l'instant t = 0 a la position S1. A cet instant, l'observateur
se trouve a la position R0, telle que S1R0 = l. La source émet à cet instant un signal sonore ou
une onde sonore au maximum de son amplitude. La vitesse de l'onde est c. L'onde va
atteindre l'observateur à l'instant t = t1. Mais entretemps l'observateur se sera déplacé d'une
distance R0R1 = VRt1.
La distance parcourue par l'onde est donc :

En tenant compte de la vitesse de l'onde, cette distance est égale aussi a ct1. D'où l‘égalité :

qui nous donne la valeur de t1 :

Au bout d'une période T, la source se trouve à la position S2, telle que S1S2 = VST. A cet instant
(t = T) elle émet son deuxième signal où l'onde a sa nouvelle amplitude maximale. L'onde va
atteindre l'observateur à l'instant t2. Entretemps, l'observateur aura parcouru à partir de sa
position initiale la distance R0R2 = VRt2. D'autre part, la distance S2R2 est égale à :

Mais la distance S2R2 peut aussi s'exprimer en fonction de la vitesse de l'onde. En tenant
compte de l'intervalle de temps entre l'instant d‘émission de l'onde en S2 (t = T) et l'instant
d'arrivée en R2 (t = t2), nous avons :

Nous obtenons ainsi l‘égalité :

d'ou on déduit la valeur de t2 :

Pour l'observateur, la période T’ de l'onde correspond à la différence entre les deux temps
d'enregistrement de l'arrivée de l'onde, c'est-à-dire :
En remplaçant t2 et t1 par leurs expressions, nous trouvons :

La relation entre la période T’ mesurée par l'observateur en mouvement relatif par rapport à
la source et la période T de l'onde mesurée dans un référentiel où la source est fixe est ainsi :

En introduisant les fréquences respectives :

nous obtenons aussi la relation entre les fréquences :

Nous constatons que lorsque VS est positif et VR = 0, c'est-à-dire lorsque la source se


rapproche de l'observateur, ’>, ce qui est conforme aux observations expérimentales :
l'observateur enregistre une plus grande fréquence (son plus aigu). Le même effet se produit
lorsque l'observateur se rapproche de la source (VR < 0 et VS = 0). En revanche, lorsque VS = VR
on trouve ’= , ce qui s'explique par le fait que le mouvement relatif de l'observateur et de
la source est absent dans ce cas, même si les deux ont un mouvement de déplacement par
rapport au référentiel fixe du laboratoire. Finalement, il faut noter que les relations
précédentes sont indépendantes de la distance existant entre la source et l'observateur et ne
dépendent que de leurs vitesses et de la vitesse de l'onde.
On pourrait s'attendre a ce que l'effet Doppler ne dépende que de la vitesse relative :

de l'observateur et de la source. Or les équations précédentes font état de contributions


dissymétriques de

Ceci est du a la nature différente des deux types de mouvement. Supposons d'abord
l'observateur fixe et la source mobile. Une fois l'onde émise par la source, l'observateur voit
l'onde arriver avec une vitesse c, puisque l'observateur est fixe dans le référentiel du
laboratoire et c représente justement la vitesse de l'onde dans un référentiel fixe ; le fait que
la source a une vitesse au moment de l‘émission de l'onde n'a pas d'influence sur la vitesse
de propagation de l'onde, qui dépend uniquement des propriétés du milieu, lequel est fixe.

Supposons maintenant la source fixe et l'observateur mobile avec la vitesse VR. Dans ce cas,
celui-ci va voir l'onde arriver avec une vitesse c-VR. [Cette formule est obtenue en utilisant la
loi de composition des vitesses dans le cas des référentiels mobiles. Puisque l'observateur se
déplace, son référentiel de mesure est mobile par rapport au référentiel fixe et il faut alors
tenir compte de la vitesse de déplacement VR du premier par rapport au second.] Ainsi, nous
constatons que les deux types de déplacement ne font pas intervenir des expressions
symétriques de la vitesse de l'onde relativement à
En revanche, la situation est complètement différente pour les ondes électromagnétiques. La
théorie de l‘électromagnétisme est régie par la théorie de la relativité restreinte (en
opposition a la relativité de Galilée utilisée en Mécanique non-relativiste).

Dans cette théorie, les ondes électromagnétiques peuvent se déplacer indépendamment de


tout milieu matériel.

Dans le vide, leur vitesse de déplacement est égale a c (vitesse de la lumière) dans tous les
référentiels fixes ou en mouvement avec une vitesse constante. Par conséquent, tous les
observateurs enregistrent la même vitesse de déplacement de l'onde et une symétrie
complète est établie entre les deux situations source mobile et observateur fixe d'une part et
source fixe et observateur mobile de l'autre. Seul le mouvement relatif entre la source et
l'observateur intervient dans ce cas.
7.4.2 Cas général
Les relations précédentes peuvent aussi se généraliser aux cas où les vitesses de la source et
de l'observateur ne sont plus colinéaires à l'axe initial S1R0. Supposons que les vecteurs
vitesses VS et VR fassent des angles respectifs S et R avec l'axe S1R0 (voir figure ci-dessous).
Nous représentons par n le vecteur unitaire porte par S1R0 et dirige de S1 vers R0. Dans cette
situation, les points S2, R1 et R2 des instants ultérieurs ne se trouvent plus sur l'axe S1R0, mais
sur les axes définis par les vitesses VS et VR.

La source S et l'observateur R ont des vitesses arbitraires dans l'espace.


La résolution exacte de ce problème est compliquée. Néanmoins elle se simplifie lorsque la
distance initiale entre la source et l'observateur (S1R0) est beaucoup plus grande que les
distances parcourues par la source et l'observateur pendant des intervalles de temps de
l'ordre d'une période (T). Dans ce cas, les longueurs S1S2, R0R1 et R0R2 sont très petites devant
l. Ceci signifie que les angles :

sont petits.
Remarque : ne pas confondre ces angles avec S et R, lesquels sont arbitraires.
Par conséquent, la distance S2R0 peut être remplacée en très bonne approximation par la
distance H2R0, où H2 est la projection de S2 sur l'axe S1R0. De même, les distances S1R1 et S1R2
peuvent être remplacées par leurs projections S1I1 et S1I2 sur l'axe S1R0. A partir de là, on se
retrouve dans la même situation que celle vue plus haut lorsque la source et l'observateur se
déplaçaient sur l'axe S1R0. La seule différence reside dans le fait que suivant cet axe ce ne
sont plus les vitesses entières qui interviennent, mais leurs projections :

et :

Les équations générales de l’effet Doppler deviennent :

Elles représentent les lois de transformation des périodes et des fréquences dans le cas
général, les quantités primées étant celles mesurées par l'observateur et les quantités non
primées celles mesurées dans un référentiel où la source et l'observateur sont tous les deux
fixes.
Lorsque les vitesses de la source et de l'observateur sont petites par rapport à la vitesse de
propagation de l'onde :

on peut utiliser l'approximation :

et les équations précédentes s‘écrivent :

Dans cette approximation, la symétrie entre source et observateur est rétablie, puisque seule
leur vitesse relative apparaît.
7.5 Illustrations de l’effet Doppler avec des ondes acoustiques

Mise en mouvement d’un diapason Diapason tournant

Klaxon d’une voiture mobile entendu par un observateur extérieur à la voiture et fixe.

Klaxon d’une voiture mobile entendu par un observateur intérieur à la voiture.

Klaxon d’une voiture mobile entendu par un observateur extérieur à la voiture mais
mobile en sens inverse.
Annexe 1 : notions de thermodynamique
A1.1 Notion de température
A1.1.1Introduction

La notion de température trouve son origine dans la sensation de chaud ou froid que nous
ressentons lorsque nous touchons un objet.

Pour évaluer précisément une température, nous ferons appel aux phénomènes physiques
qui accompagnent les variations de température. Cette sensation ne suffit pas pour définir
précisément la température : une même eau tiède nous paraît froide ou chaude suivant que
nous avons préalablement plongé notre main dans de l'eau plus chaude ou plus froide. De
même, un objet métallique plongé dans une glacière produit au contact une impression de
froid plus vive qu'un morceau de bois placé dans la même glacière.
A1.1.2 Phénomènes accompagnant la variation de température
Pour évaluer la température d'un corps il suffit de la rattacher à un phénomène
mesurable et continu, lié aux variations de température du corps.

Il existe de nombreux phénomènes physiques résultants de la variation de la température.

 Exemple 1 : fil métallique que l'on chauffe : sa température s‘élève.

Nous constatons que ses propriétés varient :

 le fil se dilate et sa longueur augmente ;


 la résistance électrique varie ;
 le rayonnement émis par le fil augmente.

 Exemple 2 : considérons maintenant une ampoule de verre surmontée d'une


tige graduée et contenant du liquide. Plongeons cette ampoule dans l'eau
bouillante. La température de l'ampoule s‘élève, le liquide se dilate, et le
niveau du liquide monte dans l'ampoule. Nous pouvons repérer la hauteur
du liquide, et étudier les variations de la température de l'ampoule.
A1.1.3 Mesurer la température

La température d’un corps se mesure avec un thermomètre. Il existe différents types de


thermomètres, chacun utilise une grandeur physique qui varie avec la température.

 les thermomètres à liquides : (thermomètres à alcools colorés, à mercure…)


Ils sont basés sur la dilatation des liquides. Les thermomètres à mercure
sont interdits depuis 1999 en raison de la nocivité du mercure, ils sont
réservés aux laboratoires.

 les thermomètres électroniques :

Ils sont basés sur la variation d’une résistance


électrique avec la température ou sur
l’émission de rayonnements
infrarouges.
A1.1.4 Echelles de températures

Il existe 3 échelles de température : Celsius, Fahrenheit et Kelvin.

Les valeurs respectives des températures de la glace fondante et de l'eau bouillante dans
chacune des échelles sont présentées dans le tableau ci-dessous.
Une formule simple relie les échelles de Celsius et Fahrenheit :

Température Celsius = 5/9 (température Fahrenheit - 32)


Température Fahrenheit = 9/5 (température Celsius) + 32

En physique, on recourt plutôt pour la température à des mesures T (obligatoirement


positives) effectuées en kelvins, c'est-à-dire en degrés de l'échelle de température absolue, la
correspondance avec l'échelle de température Celsius s'effectuant alors par les égalités :

t = T - 273,15
T = t + 273,15

Le « zéro absolu », pour lequel les molécules du gaz perdent toute énergie d'agitation, se situe
à - 273,15 °C , et aucune température ne peut être inférieure à ce chiffre.
A1.1.5 Equilibre thermique de deux corps

Si on met en contact un corps froid avec un corps chaud, la température du corps chaud va
diminuer alors que celui du corps froid va augmenter.

Et ceci jusqu’au moment, où les deux corps seront à la même température. On dit alors qu’il y
a équilibre thermique des deux corps.
A1.1.6 Distinction entre chaleur et température

Il est très courant de confondre la chaleur et la température. Ces notions sont liées, mais à
différentier quand même.

La chaleur, c’est la quantité d’énergie thermique contenue dans un corps et qu’il est possible
d’extraire pour s’en servir (pour chauffer par exemple).

La température mesure l’agitation des atomes. C’est sa vitesse de vibration au sein de la


structure solide qui la contient, ou bien sa vitesse de déplacement dans un gaz.

Chaleur et température restent cependant très liés : un corps à haute température (80°C)
contient plus de chaleur que le même corps dans le même état à basse température (10°C).
La quantité de chaleur contenue dans une masse de matière dépend également de cette
matière : de l’eau ? de l’acier ? du bois ?
Voici un exemple parlant.

De l’eau bouillante, c’est chaud non ? Si vous en recevez sur les doigts, vous risquez de vous
bruler sévèrement. Pourtant, l’eau bouillante n’est toujours qu’à 100°C.

Parallèlement, tout le monde a déjà utilisé les bâtonnets d’étincelles, lors des fêtes de fin
d’année ou sur un gâteau. Vous avez même peut-être constaté que ces étincelles ne
brulaient pas la peau si on approchait la main (mêmes étincelles qu’avec une meuleuse).
Pourtant, une de ces étincelles est à une température de plus de 1 000°C.

Alors où est la différence ? En fait, une étincelle est juste une poussière se trouvant à très
haute température : elle est peut-être extrêmement chaude, mais elle est très petite. Elle ne
transporte donc que très peu d’énergie (donc de chaleur) et peut très difficilement vous
bruler.

Au contraire, avec l’eau bouillante que vous recevez sur votre main, c’est une grande
quantité d’eau que vous recevez, et même si 100°C est beaucoup moins que 1000°C, la
quantité d’énergie (la chaleur) reçue sur votre peau est beaucoup plus importante.
A1.1.7 Mesure des quantités de chaleur lors d’un changement de température
A1.1.8 Un apport de chaleur ne fait pas toujours augmenter la température
On dit parfois que chauffer quelque chose augmente la température.

Ce n’est pas toujours vrai : prenez un glaçon à 0°C. Si vous le chauffez, il restera à 0°C mais il
va fondre. La chaleur de l’eau composant le glaçon a augmenté, mais sa température n’a pas
changé.

Le truc c’est que le passage de l’état solide à l’état liquide consomme de la chaleur (cette
chaleur là est nommée enthalpie de changement d’état, ou chaleur latente) : l’eau va donc
fondre plutôt que monter en température.

Réciproquement, on peut alors noter que solidifier un verre d’eau libère de l’énergie.
A1.1.9 La température reste constante pendant les changements d’état
Si on laisse un verre d’eau suffisamment longtemps dans un congélateur, il va complètement
geler.

Mais pourquoi ce processus n’est-il pas progressif ? Pourquoi n’y a-t-il pas une partie du verre
qui est très froide (avec de la glace à -50°C par exemple), et une partie de l’eau qui reste plus
chaude et qui baissera en température plus tard ?

Le changement d’état, quel que soit son sens (eau vers glace ou glace vers eau, eau vers vapeur
ou vapeur vers eau), provoque des paliers au niveau de la température jusqu’au changement
total vers l’état final.
L’explication de ces paliers de température est très simple :

Dans le cas de la fusion ou de l’évaporation, l’énergie que l’on continue à fournir au système
est utilisée en priorité par la partie du système qui a le moins d’énergie.

Par exemple, quand la glace fond, c’est la glace qui a le moins d’énergie et non l’eau qui a déjà
fondu : la chaleur fournie au système permet donc de faire fondre la glace restante, et non de
réchauffer encore l’eau déjà fondue.

L’eau liquide recommencera à monter en température quand toute la glace aura fondu.
Dans le cas de la solidification ou de la condensation, la chaleur retirée du système provient
en priorité de la partie du système qui a le plus d’énergie.

Par exemple, quand on fait geler de l’eau, c’est l’eau liquide qui a le plus d’énergie et non la
glace qui a déjà gelé : la chaleur retirée du système provient donc de l’eau qui n’a pas encore
gelé et pas de la glace.

La glace continuera de baisser en température quand l’eau liquide aura complètement gelé.
A1.1.10 Nous percevons bien la chaleur et non la température !

Ce que nous sentons quand nous touchons un objet, ce n'est pas directement la température,
mais la chaleur que cet objet nous donne ou nous prend.

Imaginez un morceau de métal et un morceau de bois dans la même pièce depuis longtemps :
ils sont à la même température. Par contre, quand vous touchez le morceau de métal, il vous
parait plus froid. C'est simplement parce qu'il vous prend plus de chaleur : il conduit mieux la
chaleur, et peut en « contenir » plus. Le morceau de bois est à la même température, mais il
ne conduit pas bien la chaleur.

Une autre preuve, c'est que quelque chose vous parait chaud quand il est plus chaud que vos
mains. Et plus froid sinon. Pour vous en persuader, mettez une main dans un bol d'eau chaude,
une main dans un bol d'eau froide, et ensuite les deux dans un bol d'eau tiède : l'une vous dira
que cette eau est froide et l'autre que cette eau est chaude !
A1.2 Notion de pression
A1.2.1 Définition de la pression
A cause de l'agitation thermique, les particules microscopiques d'un fluide (molécules ou
atomes) viennent constamment percuter les parois d'un volume V du récipient ou de
l'enceinte où est placé le fluide. Les chocs continuels contre les parois où ce fluide est enclos
se traduisent à l'échelle macroscopique par une force s'exerçant perpendiculairement à
chaque surface élémentaire de cette paroi : le rapport de la valeur numérique de cette force à
l'aire de cette surface élémentaire mesure la pression P exercée par le fluide sur la paroi au
centre de la surface élémentaire.

La pression est donc la force exercée par unité de surface ; sous forme infinitésimale, on a la
relation :

La pression a la dimension d'une force par surface ou d'une


façon équivalente d'une énergie par volume, c'est à dire d'une
densité volumique d'énergie. Elle se mesure en pascal
(symbole Pa), égal à (1/1,013).10-5 atmosphère (atm).
La pression peut être définie même à l'intérieur du fluide, loin des parois ; en effet on peut à
tout instant plonger dans le fluide une surface très mince (afin de ne pas perturber l'état du
système) et mesurer ainsi la force qui s'exerce sur cette surface placée en un point arbitraire
du fluide.

À l'intérieur du volume V où est enclos le fluide, la valeur numérique de la force s'exerçant


sur une surface élémentaire est indépendante de l'orientation de cette surface : c'est
pourquoi on peut parler de la pression du fluide en un point quelconque de la limite ou de
l'intérieur de V en considérant cette pression comme un nombre, mesurable en pascals
(c'est-à-dire en newtons par mètre carré) dans le système international d'unités SI .
A1.2.2 La pression atmosphérique

L'air de l’atmosphère étant pesant (environ 1,3 g/l au niveau de la mer), il exerce à la surface
de la terre une pression d'environ 1kg/cm2.

La pression atmosphérique est la pression de l'air en un point quelconque de l’atmosphère.


La pression atmosphérique varie de point en point à la surface de la Terre et évolue aussi au
fil du temps. Pour la caractériser en tout point et en tout instant, on parle de champ de
pression.
Torricelli inventant le baromètre à mercure
La pression atmosphérique

http://www.youtube.com/watch?v=MGgIWVJ66eQ
Otto von Guericke, maire de Magdebourg, met en évidence publiquement en 1654 la valeur
énorme de la pression atmosphérique, et l’existence du vide.
La pression atmosphérique (en pascals) en un point donné de
l'atmosphère ou de la surface terrestres correspond au poids (en
newtons) de la colonne verticale d'air s'étendant depuis une surface
horizontale d'aire unité (en mètres carrés) centrée en ce point jusqu'à la
limite supérieure de l'atmosphère.

De par sa définition, la
pression atmosphérique
diminue ainsi obligatoirement
avec l'altitude suivant la
verticale ; les météorologistes,
pour faciliter la comparaison
des pressions observées ou
prévues au sol, « réduisent au
niveau de la mer » les valeurs
de ces pressions par un calcul
conventionnel, mais
physiquement fondé.
A1.2.3 Unités de mesure de la pression

On la mesure en météorologie en hectopascal (hPa) ou millibar sachant que 1 hPa = 100 Pa


(100 Pascal)= 1mbar.

Comme elle se mesure en général avec un baromètre en contrebalançant le poids de l'air


avec du mercure, on exprime souvent la pression par la hauteur d'une colonne de mercure.

La pression peut donc aussi être mesurée en millimètres ou en pouces de mercure.


Le torr (symbole Torr) ou millimètre de mercure (symbole mmHg) est une unité de mesure de
la pression initialement définie comme la pression exercée à 0 °C par une colonne de 1
millimètre de mercure.

Elle a plus tard été indexée sur la pression atmosphérique :

1 atmosphère normale correspond à 760 mmHg et à 101 325 pascals.

On en déduit donc que le torr est équivalent à environ 133,322368 Pa.

On peut retrouver par le calcul la valeur d'un torr en Pascal: il s'agit du produit de la
constante de la pesanteur g = 9,81 m/s² par la densité du mercure ρ = 13,6 kg/l.

On a donc : 1 Torr = 1 mmHg = ρ.g .h= 133,322 Pa.


Une pression de 1 atm peut également être exprimée comme :

≡ 1,01325 bar
≡ 101,325 kPa
≡ 1 013,25 millibars (mbar), ou 1 013,25 hectopascals (hPa)
≡ 760 torrs
≈ 760,001 mmHg, 0 °C
≈ 29,9213 inHg, 0 °C
≈ 1,033227452799886 kgf/cm2, ou atmosphères techniques
≈ 1 033,227452799886 cmH2O, 4 °C
≈ 406,7824617322385 inH2O, 4 °C
≈ 14,6959487755134 livres par pouce carré (pound per square inch, ou psi)
≈ 2 116,21662367394 livres par pied carré (pound per square foot, ou psf)
A1.3 Lois macroscopiques des gaz parfaits
Un gaz parfait est un gaz dont les molécules n'ont aucune action mutuelle. On peut, par
exemple, les considérer comme très éloignées les unes des autres, c'est-à-dire qu'un gaz réel
tend vers le gaz parfait quand la pression tend vers zéro.

A1.3.1 Hypothèse d’Avogadro : nombre d’Avogadro

Selon Avogadro, le volume occupé par un gaz (dans des conditions fixées de température et
de pression) est toujours le même, quel que soit le gaz ; il est directement proportionnel au
nombre de molécules présentes dans ce gaz.

Le volume qu’occupe un nombre de molécules fixé d’un


gaz (par exemple une mole, qui comme nous le
rappellerons correspond à 6,02 x 1023 molécules) ne
dépend pas de la nature du gaz.

Le volume molaire sera le même peu importe le type de


gaz, qu’il soit constitué d’atomes, de molécules ou de
particules polyatomiques.
Exemple d’application :

Quel est le volume de 2,7 mol d’oxyde nitreux NO2 à TPN?

Données : n1 = 2,7mol V1 =? n2 = 1mol V2 = 22,4L

On isole V1 dans la formule de l’hypothèse d’Avogadro :

ce qui donne :

Donc on a 60,48L d’oxyde nitreux à TPN.


A1.3.2 Lois macroscopiques des gaz parfaits

L’hypothèse d’Avogadro constitue l’une des lois fondamentales des gaz parfaits :
A1.3.3 Equation des gaz parfaits macroscopique

La prise en compte du degré d'agitation des particules, matérialisé à l'échelle macroscopique


par la donnée de la température du fluide (mesurée en kelvins), permet dans le cas des gaz
d'établir une relation entre pression et température du gaz : cette relation, dépendante du
nombre des particules et du volume où elles sont encloses, se traduit par l'équation d'état
des gaz parfaits, applicable notamment à l'air soumis à la pression atmosphérique .

En effet, on constate par l'expérience, et l'on confirme par la théorie, que dans un corps
gazeux les trois paramètres volume V, pression p, température T ne sont pas indépendants
l'un de l'autre : pour un gaz de composition fixe (comme par exemple l'air sec , constitué
pratiquement d'azote, d'oxygène et d'argon en proportions constantes), on peut considérer
en première approximation qu'une parcelle de ce gaz, de masse donnée m , évolue de façon
telle que le produit de sa pression p par son volume V reste proportionnel à sa température
absolue T ; il s'agit là d'une loi physique, qui s'appelle l'équation d'état des gaz parfaits et qui
s'écrit donc sous la forme :

p V = K T,

où K représente un coefficient de proportionnalité associé à la parcelle considérée.


L'hypothèse d'Avogadro (des volumes égaux de gaz différents, aux mêmes conditions de
température et de pression, contiennent le même nombre de molécules) spécifie que le
coefficient de proportionnalité K ne dépend que du nombre N de molécules de gaz contenues
dans la parcelle de volume V ; en rapportant ce nombre N à un nombre très grand NA — le
nombre d'Avogadro, égal au nombre de molécules contenues dans 2 g d'hydrogène
diatomique à 0 °C sous la pression atmosphérique normale — , on en déduit pour K
l'expression :

K = n RA ,

où n égal à N/NA représente le nombre de moles, et où RA est une constante universelle


(constante des gaz parfaits) valant 8,314 472 J·K-1·mol-1.
A1.4 Nombre d’Avogadro et notion de mole
A1.4.1 Définition
Un échantillon de matière de taille macroscopique contient un très grand nombre d'atomes.
Par exemple, 6 grammes d'aluminium contiennent environ 1,34×1023 atomes
(134 000 000 000 000 000 000 000 atomes ; soit 134 mille milliards de milliards).

Pour éviter l'utilisation d'aussi grands nombres, on a créé une unité de mesure, la mole (dans
le cas présent 6 g d'aluminium représentent 0,22 mole d'atomes). La masse d'une mole de
matière ou masse molaire, lorsqu'elle est exprimée en grammes, correspond en première
approximation au nombre de nucléons de l'élément (27 nucléons pour l'aluminium).

La mole (symbole : mol) est une unité de base du système international, apparue en 1971,
qui est principalement utilisée en physique et en chimie.

La mole est la quantité de matière d'un système contenant autant d'entités élémentaires
qu'il y a d'atomes dans 12 grammes de carbone 12. Une mole d’atomes contient environ
6,02214179(30)×1023 atomes. Ce nombre est appelé constante d'Avogadro, son symbole
est NA.
Formulé de manière plus compréhensible, la mole est une unité de comptage au même titre
que la centaine, la vingtaine ou la douzaine, sauf que cette unité de comptage est immense
(environ 600 000 milliards de milliards d'unités). De la même manière qu'il y a autant
d'éléments dans une douzaine de pommes que dans une douzaine d'œufs, il y a le même
nombre d'atomes dans une mole de carbone que dans une mole de plomb (c’est-à-dire 602
214 milliards de milliards d'atomes).
A1.4.2 Notion de molécule-gramme

Ainsi si des volumes égaux de gaz contiennent le même nombre de molécules, les masses
relatives des molécules devraient être les mêmes que les masses relatives des gaz. Donc si on
combine 2g de dihydrogène avec 32g de dioxygène, la masse d’une molécule de dioxygène est
16 fois plus grande que celle du dihydrogène.

D'où on infère que la molécule-gramme (c’est-à-dire la quantité de substance égale au poids


moléculaire) d'un gaz quelconque contient le même nombre de molécules.

Ce nombre est appelé le nombre d’Avogadro.


A1.4.3 Unité de masse atomique

On définit l’unité de masse atomique (uma., ou Dalton Da) (masse atomique relative) comme
étant 1/12 de la masse atomique de l’isotope 12C du carbone.
A1.5 Théorie cinétique des gaz parfaits : température cinétique
A1.5.1 Introduction microscopique à la notion de température

Un fluide est considéré comme étant en état d'équilibre lorsqu'on constate que toutes les
grandeurs macroscopiques qui sont utilisées pour la description de son état gardent une
valeur constante au cours du temps. En particulier, on ne constate aucune vitesse
d'écoulement global d'une partie à l'autre du fluide.

Toutefois, un fluide en état d'équilibre reste le siège d'une agitation microscopique, due au
mouvement incessant et désordonné de ses atomes. Ce mouvement est appelé agitation
thermique. A cause de ce mouvement, chaque atome possède une certaine énergie cinétique
Eci (i = 1,..., N). L'énergie cinétique moyenne de chaque atome est :

La température du milieu, désignée par T, est une quantité qui représente le degré d'agitation
thermique de celui-ci et est proportionnelle à l'énergie cinétique moyenne des atomes.
A1.5.2 Vitesse quadratique moyenne
A1.5.3 Énergie interne d’agitation

Tous les mouvements de vibration, de rotation ou de translation subis par les innombrables
particules microscopiques composant un corps matériel présupposent qu'elles soient
pourvues d'une « énergie d'agitation » que le physicien ne saurait évaluer séparément pour
chacune d'entre elles, mais dont il peut estimer à l'échelle macroscopique la valeur moyenne
au sein du corps qu'il étudie : c'est cette moyenne de l'énergie d'agitation qui est caractérisée
par la température du corps matériel ainsi étudié.
A1.5.4 Distribution de vitesses de Maxwell

En théorie cinétique des gaz, la loi de distribution de vitesses de Maxwell donne la densité de
probabilité d'observer, dans un gaz à l'équilibre thermodynamique global à la température T
uniforme, un atome dont le vecteur vitesse soit. Elle est nommée suivant le physicien
écossais James Clerk Maxwell.

La loi de distribution de Maxwell, donnant la proportion des molécules de gaz ayant à un


instant t donné une vitesse v, s'écrit :

Cette fonction de distribution correspond donc à une répartition gaussienne et permet donc
de définir la vitesse la plus probable, qui correspond au maximum de la courbe f(v), soit la où
la dérivée première est nulle, la vitesse moyenne ou la vitesse quadratique moyenne :
L’équation précédente montre qu’une augmentation de la
masse des molécules et un abaissement de la température
ont le même effet sur la distribution de la vitesse, c’est à dire
que pour des conditions de température et de pression
identique, un gaz de masse faible aura une vitesse moyenne
plus importante qu’un gaz plus lourd.

En revanche, pour un gaz, la distribution de la


vitesse en fonction de la température se
présente comme ci-contre :
A1.5.5 Définition microscopique de la température

Dans l'air ou dans un fluide quelconque, la température


est une mesure de la vitesse moyenne des molécules.

Plus elles possèdent d'énergie, plus leur mouvement est


rapide et plus la température de l'air ou du fluide est
élevée.

Si vous chauffez le gaz, vous lui apportez de l'énergie, les molécules se déplacent plus
rapidement et la température augmente. A l'inverse, si vous refroidissez le gaz, vous lui
enlevez de l'énergie, les molécules se déplacent plus lentement et la température diminue.
A1.5.6 La constante de Boltzmann

On a ainsi pour les gaz monoatomiques la relation :

où la constante de proportionnalité k est appelée constante de Boltzmann, avec pour valeur


k=1,38.10-23 J.K-1. Le nombre multiplicatif 3 dans l‘équation précédente provient des trois
degrés de liberté que possède l'atome au cours de son mouvement dans l'espace.
L'énergie cinétique étant une quantité positive, on déduit de l'équation précédente que la
température T, appelée aussi température absolue, est une quantité positive ou nulle. Elle
atteint sa valeur minimale nulle, appelée aussi zéro absolu, lorsque l'agitation thermique cesse
(< Ec >= 0). La relation entre la température absolue, mesurée en kelvin (symbole K), et la
température conventionnelle, notée ici tC et mesurée en degré Celsius (symbole °C), est :

Ainsi, 0 °C correspond à 273,15 K et le zéro absolu à -273,15 °C.

La relation reliant la température à l’énergie cinétique moyenne nous permet aussi d'obtenir
la valeur moyenne du carré de la vitesse des atomes en fonction de la température. Puisque :

m étant la masse de l'atome, on obtient :


A1.5.7 Mouvement brownien
Dans les conditions normales de pression et de température, les vitesses moyennes
d'agitation thermiques sont alors de l'ordre de quelques centaines de mètres par seconde ou
plus. Par exemple, on trouve pour l'hélium (masse molaire=4 g) : v*1300 m.s-1.

Pour un gaz parfait, on peut définir l’énergie interne comme étant l'énergie cinétique totale
des atomes. Pour un gaz monoatomique on trouve :
A1.6 Théorie cinétique des gaz parfaits : pression cinétique
A1.6.1 Définition
A1.6.2 Calcul de la force d exercée par N’ particules par unité de volume (N’=N/V) sur
l’élément de surface dS
A1.7 Loi des gaz parfaits microscopique et différentes formes de cette loi
Au niveau microscopique, l'approximation des gaz parfaits consiste à négliger les interactions
et les collisions mutuelles des constituants du gaz et à traiter le mouvement de chaque
particule, considérée comme ponctuelle, indépendamment de celui des autres. Dans ces
conditions la physique statistique permet assez facilement le calcul de diverses valeurs
moyennes. En utilisant la définition de la pression, on trouve :

où N est le nombre des atomes et V le volume du gaz. En utilisant l‘équation donnant la


moyenne du carré de la vitesse, on obtient la relation :

qui est appelée équation d'état microscopique des gaz parfaits. Cette équation est
indépendante de la nature du gaz parfait considéré. En particulier, tous les gaz parfaits,
considérés à la même température, occupant le même volume et ayant la même pression,
contiennent le même nombre de molécules; c'est la loi d'Avogadro.
A1.7.1 Si la quantité de matière est exprimée en môles
L'équation d'état des gaz parfaits peut être réécrite de diverses manières. On introduit
généralement le nombre d'Avogadro NA ou NAv qui représente le nombre d'atomes contenu
dans 12 g de 12C, soit NAv= 6, 022.1023. La constante des gaz parfaits R est définie par :

On définit la mole comme étant la quantité de matière d'un gaz correspondant à NAv atomes
ou molécules. Si N est le nombre total d'atomes, le nombre de moles est alors : nm = N/NAv. La
valeur numérique de R est : R = 8, 314 J.mol-1.K-1. L'équation d'état des gaz parfaits s'écrit :
Les conditions normales de température et de pression sont définies comme étant :
T0=273,15K et P0=1 atm=1, 01325.105 Pa. Dans ces conditions, le volume occupé par une
mole d'un gaz parfait est, d'après l‘équation précédente, V0=22,4 litres.

En d’autres mots, le volume molaire normal d'un gaz (volume d'une mole à 0°C sous la
pression atmosphérique normale vaut :

Expérimentalement on trouve :
A1.7.2 Si la quantité de matière est exprimée en unités de masse

A1.7.3 Les différentes formes de la loi des gaz parfaits


A1.8 Notions de base de thermodynamique

A1.8.1 Introduction

La thermodynamique est la science qui étudie et décrit le comportement de la matière ou des


systèmes, en fonction des notions de température T, d'énergie (chaleur Q, travail W...) et
d'entropie S.

La thermodynamique :

étudie l'évolution ou les transformations de la matière ou des systèmes en considérant les


variations d'état du système, lors d'échanges d'énergie entre le milieu extérieur et le système.

repose sur 2 notions de base, l'énergie interne (U) et l'entropie (S) qui satisfont aux deux
principes suivants, qui stipulent que :

 l'énergie se conserve (premier principe de la thermodynamique, dit de conservation de


l'énergie)

 l'entropie ne peut qu'augmenter (deuxième principe de la thermodynamique, dit


d'évolution)
L'objet de la thermodynamique est d'étudier le fonctionnement et le bilan d'énergie des
machines thermiques et aussi les échanges ou transferts de chaleur dans un système ou entre
deux systèmes.

dans les machines thermiques on assiste à une conversion d'énergie d'une forme en une
autre (chaleur -> travail ou inversement)

dans les échanges de chaleur, il y a transfert de chaleur par suite d'une différence de
température dans le système ou entre deux systèmes

Exemple 1 : dans les machines thermo-dynamiques (TD), il y production de travail par


conversion de chaleur en travail (les moteurs thermiques, les centrales thermiques ou
nucléaires...).

Exemple 2 : dans les machines dynamo-thermiques (DT) par contre, il y a transfert de chaleur
d'une source froide à une source chaude grâce à un apport de travail (les machines frigo. et
pompes à chaleur, les liquéfacteurs...).
A1.8.2 Système thermodynamique
A1.8.3 Variables d’état et équation d’état thermodynamique
A1.8.4 Notion d’équilibre thermodynamique
A1.8.5 Notions de chaleur et de travail

Une quantité importante apparaissant en thermodynamique est la chaleur. Elle représente


une forme d'énergie de rayonnement électromagnétique de faible fréquence, appelée aussi
énergie thermique ou calorifique, transférée d'un système à un autre et qui reste souvent
partiellement ou totalement irrécupérable. Des exemples d'énergie thermique sont donnés
par les phénomènes de chauffage, de frottement d'objets, de freinage, d'effet Joule dans les
circuits électriques, etc. Le transfert de chaleur fait varier l'énergie interne d'un système. La
variation infinitésimale correspondante sera désignée par Q (comptée positivement pour
l'énergie reçue).

D'autre part, la dilatation de volume du gaz permet aussi d'effectuer un travail mécanique, en
poussant par exemple une cloison mobile. Le travail fourni par le système pour un
déplacement infinitésimal dl d'une surface dS est égal à :

où nous avons utilisé la définition de la pression.

En désignant par W le travail infinitésimal algébrique reçu par le système, nous avons :

Ainsi W est négatif lorsque le volume du gaz augmente. Cette équation reste aussi valable
(algébriquement) lorsque le gaz est comprimé sous l'effet d'une force extérieure (par
l'intermédiaire d'un piston par exemple) ; W est alors positif.
A1.8.6 Transformations thermodynamiques

L'énergie d'un système non isolé peut varier par suite d'échanges de chaleur et de travail
(Q,W) avec le milieu extérieur, alors le système évolue d'un état 1 à un état 2 : on dit qu'il
subit une transformation.
A1.8.7 Transformations réversibles et irréversibles

L'équation précédente est en fait valable uniquement lorsque la transformation considérée est
réversible, c'est-à-dire constituée d'une succession d'états d'équilibre infiniment voisins ; dans
ce cas, la pression interne du gaz est contrebalancée à chaque instant par la pression externe
exercée sur la cloison mobile et celle-ci a un mouvement avec une vitesse presque constante,
généralement faible et négligeable devant la vitesse moyenne d'agitation thermique.

Une transformation qui ne remplit pas cette condition est appelée irréversible. Dans un tel cas
la pression exercée à chaque instant sur la cloison mobile n'est pas égale à la pression
d'équilibre du gaz.

Une transformation réversible a la propriété d'être inversible, en ce sens qu'en empruntant le


chemin inverse de la transformation, on peut faire repasser le système et le milieu extérieur
par tous les états antérieurs.
A1.9 Le premier principe de la thermodynamique

Le premier principe dit aussi principe de conservation de l'énergie, stipule que :

l'énergie du système se conserve au cours des transformations du système (c’est-à-dire


ne se dégrade pas) ;

l'énergie du système est seulement transformée d'une forme d'énergie en une autre
(équivalence des formes d'énergie)

L'énergie d'un système isolé reste constante, U = cste.


Dans le cas des systèmes thermodynamiques fermés (c’est-à-dire qui n’échangent pas de
matière avec l’extérieur), le premier principe s'énonce de la manière suivante :
« Au cours d'une transformation quelconque d'un système fermé, la variation de son
énergie est égale à la quantité d'énergie échangée avec le milieu extérieur, sous
forme de chaleur et sous forme de travail. »
La variation de l'énergie d'un système fermé qui subit une transformation peut s'exprimer
selon la relation suivante :

où :

 E est la variation totale d'énergie du système.


 U est la variation de l'énergie interne du système; c'est-à-dire son énergie propre
correspondant aux énergies cinétiques et potentielles microscopiques, des particules qui
le constituent.
 Ec est la variation de l'énergie cinétique à l'échelle macroscopique (mouvement du
système dans un référentiel donné).
 Ep est la variation de l'énergie potentielle à l'échelle macroscopique, du système en
interaction avec des champs gravitationnels ou électro-magnétiques.

Au cours d'une transformation infinitésimale réversible, la variation (algébrique) de l'énergie


interne du gaz est ainsi égale,, à la somme de la quantité de chaleur et du travail reçus par le
système :

[Remarque : Nous avons désigné les variations infinitésimales du travail et de la chaleur par
des symboles commençant par  et non par d, pour souligner le fait qu'elles ne représentent
pas des différentielles totales ou exactes. Il n'existe pas de fonctions explicites appelées
travail et chaleur dont les quantités précédentes seraient les différentielles totales.]
 W est la partie de l'énergie qui correspond au travail échangé avec le milieu extérieur. Le
travail n'est pas une fonction d'état mais un mode de transfert ordonné d'énergie entre le
milieu extérieur et le système.
 Q est la quantité d'énergie mise en jeu sous forme de chaleur. Elle est transmise
essentiellement par trois processus d'échange thermique : conduction thermique,
convection, rayonnement. La chaleur n'est pas non plus une fonction d'état mais un mode
de transfert d'énergie microscopique désordonné. C'est en quelque sorte un transfert
d'agitation thermique entre le système et le milieu extérieur, qui est par nature
désordonné.

En clair, pour que l'énergie d'un système varie, il faut qu'il y ait un échange d'énergie entre
celui-ci et le milieu extérieur, que ce soit sous la forme de travail, de chaleur, ou des deux à la
fois.
Lorsque les systèmes sont au repos à l'échelle macroscopique, ce qui est en général le cas pour
les transformations thermodynamiques affectant des systèmes physico-chimiques, les énergies
cinétique Ec et potentielle Ep restent constantes et seule l'énergie interne U du système varie
(par exemple : un réacteur chimique, un calorimètre…).

Le premier principe s'écrit alors :


A1.10 Le deuxième principe de la thermodynamique
A1.10.1 Insuffisance du premier principe
Le premier principe qui stipule la conservation de l'énergie permet de faire le bilan d'énergie
des systèmes, sans imposer de conditions sur les types d'échanges possibles ; il affirme que
lors d’une transformation thermodynamique, il y a conservation de l’énergie. Mais, ce principe
est incapable de donner le sens d‘évolution des transformations des systèmes.

Il apparaît en effet que si l'énergie se conserve et se transforme, certaines transformations


sont faciles ou réversibles et d'autres non. L'observation des phénomènes naturels montre
l'existence d'un grand nombre de transformations spontanées qui se produisent toujours dans
un sens déterminé. Ces transformations sont irréversibles, par exemple :

 Dans une enceinte adiabatique, si on met en présence un corps chaud et un corps froid, on
constate que les températures s‘égalisent. Le premier principe par son bilan n'exclut pas le
transfert de la chaleur du froid vers le chaud (ce qui est pourtant impossible).

 Il est facile de transformer de la hauteur de chute en échauffement, on peut le faire


intégralement, en revanche l'inverse est difficile (il faut des appareils complexes) et une
partie de l'« énergie » devra être diffusée et donc perdue.

 Une roue en mouvement est ramenée à l'arrêt par le frottement du frein. Il y a


réchauffement du frein. La variation d‘énergie interne du frein correspond à la perte
d‘énergie cinétique de la roue. Le processus inverse dans lequel le refroidissement se
transformerait en énergie cinétique, quoique compatible avec le premier principe, ne se
produit jamais.
Ces observations sont à la base du second principe et de l'idée d'entropie.

Il faut en effet introduire un deuxième principe dit aussi principe d'évolution, déduit des faits
expérimentaux, qui permettra de prévoir l'évolution des systèmes.

Le deuxième principe introduit une nouvelle fonction d'état dite entropie S qui décrit le
comportement des systèmes par la maximalisation de leur entropie:

 l'entropie S d'un système augmente si le système tend vers son équilibre : d'où S > 0
 l'entropie S est maximun si le système est à l'équilibre
A1.10.2 Postulats d'irréversibilité et énoncés du second principe
La thermodynamique classique ne cherche pas à expliquer le sens privilégié des
transformations naturelles ou spontanées, mais elle postule simplement l'irréversibilité de
ces transformations observées expérimentalement.

Enoncé de Clausius du second principe

Une quantité de chaleur ne peut jamais être transférée


spontanément d'une source froide (BT) vers une source
chaude (HT)

Cela revient à dire que le passage de la chaleur d'un corps froid à un corps chaud ne peut se
faire sans dépenser de l‘énergie.

Si l'interdiction de Clausius n'existait pas, on pourrait alors extraire par exemple, sans
dépense d'énergie, l'énergie calorifique des océans, des fleuves ou de l'air pour faire bouillir
de l'eau et ainsi faire fonctionner gratuitement des turbines à vapeur pour disposer d'énergie
mécanique et électrique gratuite !!!
Enoncé de Kelvin

Il est impossible de construire une machine qui, dans un cycle de


transformations, se contenterait d'emprunter une quantité de
chaleur à une seule source de chaleur (cycle monotherme) pour
fournir une quantité équivalente de travail.

En d’autres termes, il est impossible de prélever une quantité de chaleur Q d'une source
d'énergie et de la transformer intégralement en travail.

Sans cette impossibilité, on pourrait construire un moteur qui pomperait de la chaleur d'une
source (océan) et la transformer complètement en travail pour faire avancer un navire !!!
A1.10.3 Notion d’entropie, définition thermodynamique

Lorsqu'un système isolé ne se trouve pas dans un état d'équilibre, il subit des transformations
irréversibles jusqu'à ce qu'un état d'équilibre soit atteint, à partir duquel il reste
macroscopiquement inchangé. Pour décrire les transformations irréversibles il est nécessaire
d'introduire une nouvelle quantité, appelée entropie, notée S, qui est définie sous forme
infinitésimale par la relation :

valable pour toutes les transformations réversibles ou irréversibles.

On montre en physique statistique que lorsqu'un système isolé subit des transformations
irréversibles, il tend à évoluer vers une configuration possédant la probabilité
thermodynamique maximale de réalisation. Lors d'une telle évolution l'entropie du système
augmente. L'équilibre n'est atteint que lorsque l'entropie atteint sa valeur maximale. Par
exemple, un système initialement hors d'équilibre, dans lequel la pression et la densité des
particules varient d'un point à l'autre, laissé isolé, évolue vers un état d'équilibre où elles
seront les mêmes partout.

Lorsqu'une transformation est réversible, avec échange de chaleur avec le milieu extérieur, on
peut utiliser le premier principe :

et l’équation précédente pour trouver :


A1.10.4 Notion d’entropie, définition microscopique
A1.11 Transformations thermodynamiques réversibles particulières du gaz parfait
L'équation d'état montre que les trois variables P, V et T ne sont pas indépendantes. Deux
d'entre elles seulement sont indépendantes, la troisième étant complètement déterminée par
l'équation d'état. Dans ce cas, on peut considérer le volume (par exemple) comme fonction
de la pression et de la température :

Des variations indépendantes de P et de T entraînent des variations de V :

où les indices T et P indiquent que la température et la pression sont respectivement


maintenues constantes.

A1.11.1 Transformations isothermes


Considérons maintenant une transformation lente du système, au cours de laquelle la
température reste constante ; une telle transformation est appelée isotherme ; par
conséquent dT = 0 et on déduit de l‘équation précédente :

On définit le coefficient de compressibilité isotherme T par la relation :

Pour les gaz parfaits, en utilisant l‘équation des gaz parfaits, on trouve :

ce qui nous donne :


A1.11.2 Transformation adiabatique ou isentropique

Si le système est thermiquement isolé, le seul échange avec l'extérieur se fait uniquement
sous forme de travail. La transformation qui s'effectue dans ces conditions s'appelle
transformation adiabatique.

Une transformation est appelée adiabatique lorsque le système n'échange pas de chaleur
avec le milieu extérieur. On a dans ce cas Q = 0. Si en outre la transformation est réversible,
l‘équation précédente implique dS = 0. Une telle transformation est donc aussi appelée
isentropique.

Quand on se déplace de A vers B , le système se


refroidit la pression, le volume et la température varient
simultanément.

Les courbes représentatives d'une transformation


adiabatique sont appelées courbes isentropiques.
On va montrer que lors d'une transformation isentropique, la pression et le volume d'un gaz
parfait évoluent suivant l'équation :

appelée loi de Laplace, où  est une constante calculable. Pour un gaz monoatomique,  = 5/3,
et pour un gaz diatomique,  = 7/5.

Le premier principe de la thermodynamique induit que :

« Au cours d'une transformation quelconque d'un système fermé, la variation de son énergie
est égale à la quantité d'énergie échangée avec le milieu extérieur, sous forme de chaleur et
sous forme de travail. »

Dans le cas d'un système thermodynamique, seule l'énergie interne varie :

Le travail mécanique est le produit de la variation de volume dV par la pression extérieure


P exercée pour ce changement de volume :

Si ce processus est adiabatique, donc sans échange de chaleur = 0, d'où :


Considérons maintenant l'enthalpie du système :

et sa variation :

Si nous supposons que ce gaz se comporte comme un gaz parfait, les variations, à quantité de
matière fixe, de l'énergie interne et de l'enthalpie du système ne dépendent que de la
température, selon respectivement la loi de Joule et Gay-Lussac et la loi de Joule-Thomson. Il
s'ensuit que :

où CV et CP sont respectivement les capacités thermiques à volume et pression constants et T


est la température. L'unité de CV et CP est le joule par kelvin, J/K. Nous en déduisons deux
relations :

d'où également :

Soit  le coefficient de Laplace, ou indice adiabatique, défini par le rapport des capacités
thermiques isobare et isochore :
On réécrit la relation établie plus haut :

Intégrons cette relation entre deux états :

pour la quantité de gaz n fixe, avec :

Pour un gaz parfait, les capacités thermiques ne dépendent que de la température, selon
respectivement la loi de Joule et Gay-Lussac et la loi de Joule-Thomson. On considèrera ici
que lors de la transformation  est constant, malgré le changement de température. On
obtient :

Et donc :
Au lieu de décrire l'état du système par la pression et la température, on peut aussi la
décrire par la pression et l'entropie. Dans ce cas, le volume V du système sera fonction de P
et de S :

Pour des variations indépendantes de P et de S, on aura :

Lorsque la variation est isentropique, dS = 0 et on obtient :


On définit le coefficient de compressibilité isentropique s par la relation :

Pour un gaz parfait, on trouve d'après l‘équation :

ce qui donne pour s :

qui est à comparer au coefficient de compressibilité isotherme T :


Annexe 2 : exponentielles et logarithmes
A2.1 Introduction historique
A2.2 Logarithmes décimaux
Le « log de a est donc l’exposant de la puissance de 10 qui donne a ».

Exemples :
A2.3 Propriétés de la fonction logarithme décimal

 log d’un produit

Problème : connaissant log a1 et log a2, en déduire log (a1 a2).

Solution :

On a :

et donc :

Le log d’un produit est égal à la somme des log.

Par exemple :
 log de l’inverse

Problème : connaissant log a, en déduire log 1/a.

Solution :

On a :

mais log 1 = 0

d’où :

et donc :

Le log de l’inverse est égal à l’opposé du log.


 log d’un quotient

Problème : connaissant log a1 et log a2, en déduire log (a1/a2).

Solution :

On a :

et donc :

Le log d’un quotient est égal à la différence des log.


 log d’une puissance

Problème : connaissant log a, en déduire log ap.

Solution :

L’exposant de la puissance de 10 qui donne 10px est px et donc :

soit :

Exemples :
A2.4 Logarithmes de base quelconque

Plus généralement, le logarithme de base b d'un nombre réel strictement positif est la
puissance à laquelle il faut élever la base b pour obtenir ce nombre.

Par exemple, le logarithme de mille en base dix est 3, car 1000 = 103. Le logarithme de x en
base b est noté logb(x). Ainsi log10(1000) = 3.
A2.5 Échelle logarithmique
Certaines représentations graphiques de fonctions présentent la particularité d’avoir une très
grande étendue de valeurs à placer en abscisse (ou en ordonnée).

Pour rendre de tels graphiques lisibles, on utilise des représentations semi-logarithmiques ou


log-log.
Ainsi la transmission du rayonnement électromagnétique dans l’atmosphère subit-elle des
variations très différentes, suivant que l’on se trouve dans le domaine des très courtes
longueurs d’onde (le nanomètre) ou dans le domaine métrique.

Pour pouvoir représenter l’ensemble du phénomène, on utilise en abscisse une échelle


logarithmique pour décrire l’ensemble des longueurs d’onde.
A2.5.1 Graduation linéaire

La signification des différents points de l'axe donne pour l'origine une valeur initiale, ici f = 0.
En graduation linéaire, la distance entre chaque trait représente une addition toujours de
même valeur, mais le rapport entre deux séparations diminue à mesure que la grandeur
physique augmente.

A2.5.2 Graduation logarithmique

La signification des différentes séparations sur l'axe indique qu'il n'y a pas d'origine, mais une
des graduations est choisie comme point de départ et prend la valeur unité 1. En graduation
logarithmique décimale, chaque séparation représente le rapport de un à dix et ne varie pas.