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14/09/2008

Production de froid et revalorisation


de la chaleur : principes généraux

par Michel FEIDT


Ingénieur physicien de l’Institut national des sciences appliquées de Lyon
Docteur ès sciences
Professeur à l’université Henri-Poincaré (Nancy)

1. Thermostatique des machines à cycles inverses ............................ BE 8 095 - 3


1.1 Cycles idéaux ................................................................................................ — 3
1.1.1 Cycles ouvert ou fermé ....................................................................... — 3
1.1.2 Cycles moteur ou récepteur ............................................................... — 3
1.1.3 Cycles continu ou discontinu ............................................................. — 3
1.1.4 Diagrammes thermodynamiques ...................................................... — 4
1.1.5 Quelques cycles thermodynamiques idéaux .................................... — 4
1.1.6 Caractéristique de performance des cycles idéaux .......................... — 4
1.2 Cycles réels correspondant aux cycles idéaux .......................................... — 5
1.2.1 Fluides frigorigènes ou caloporteurs monophasés liquides
ou gazeux ............................................................................................. — 5
1.2.2 Fluides frigorigènes ou caloporteurs à changement de phase ....... — 5
1.2.3 Conséquences sur les cycles réels..................................................... — 7
1.3 Diverses utilisations des machines selon l’effet utile recherché — 8
1.3.1 Catalogue succinct d’applications...................................................... — 8
1.3.2 Machines à plusieurs niveaux utiles de température....................... — 9
1.3.3 Machines à plusieurs effets d’extensité utile .................................... — 9
1.4 Analyse exergétique appliquée aux machines à cycles inverses — 9
1.4.1 Formes de l’exergie............................................................................. — 9
1.4.2 Application simple aux MAF et aux PAC ........................................... — 9
2. Thermodynamique et transferts dans les machines
à cycles inverses ....................................................................................... — 10
2.1 Irréversibilités dans les machines à cycles inverses ................................. — 10
2.1.1 Irréversibilités d’origine thermique ................................................... — 10
2.1.2 Irréversibilités d’origine mécanique .................................................. — 10
2.1.3 Autres formes d’irréversibilités.......................................................... — 10
2.1.4 Globalisation des irréversibilités........................................................ — 11
2.2 Analyse entropique simple d’une machine à fluide avec changements
de phase seuls .............................................................................................. — 12
2.2.1 Analyse simple d’une machine de Carnot......................................... — 12
2.2.2 Analyse simple d’une machine tritherme ......................................... — 13
2.3 Analyse entropique simple d’une machine à gaz permanent .................. — 14
2.3.1 Analyse simple d’une machine de Brayton-Joule à cycle inverse .. — 14
2.3.2 Analyse simple d’une machine de Stirling à cycle inverse.............. — 15
2.4 Récapitulatif et généralisation de la démarche.......................................... — 17
2.4.1 Existence d’un optimum de fonctionnement de machine ............... — 17
2.4.2 Approche thermoéconomique et contraintes environnementales . — 18
Pour en savoir plus ........................................................................................... Doc. BE 8 097

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‘énergétique comporte deux grandes rubriques selon l’effet utile consi-


L déré :
— la production de force motrice ;
— la production de froid ou la revalorisation de la chaleur.
Dans ce second cas, l’ensemble des cycles utilisés peut être qualifié d’inverse
(par opposition aux cycles moteurs ou directs).
On considère ici les principes généraux associés aux machines à cycles inver-
ses. La première approche décrite, très classique, fait appel à la thermostatique.
On montre ensuite comment lier les approches précédentes à la thermociné-
tique, pour construire une thermodynamique véritable des machines à cycles
inverses. L’application des notions précédentes est illustrée pour les configura-
tions les plus courantes des machines.

Notations et symboles
Symbole Définition Symbole Définition
A aire indices
An anergie A relatif à une surface
c capacité thermique massique, coût A absorbeur
e épaisseur B bouilleur
ex exergie spécifique massique c cinétique
Ex exergie C,c chaud
h enthalpie spécifique ch chimique
H enthalpie e entrée
k coefficient de transfert thermique global F, f froid, fonctionnement
K conductance thermique globale, constante i intermédiaire, investissement
L chaleur latente (positive) L liquide
M
• débit massique m moyenne logarithmique
p pression o ambiance
q énergie thermique p isobare
q• flux thermique p potentielle, perte
r constante du gaz parfait ph physique
(référence massique)
s entropie spécifique massique r réduit
S entropie rev réversible
t temps s sortie
T température absolue S source
v variable de temps ou de surface surch surchauffe
v volume spécifique massique, ou variable, V relatif à un volume
ou coût unitaire
V volume Lettres grecques
w énergie noble b coefficient
x différence de température adimensionnelle e efficacité d’échangeur
aux source et puits
X, Y différences de température h rendement au sens du second principe
aux source et puits
l conductivité thermique
w vitesse de rotation instantanée

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Notations et symboles
Symbole Définition Symbole Définition
Opérateurs des désurchauffe
d forme différentiable evap évaporation
d différentielle totale ou exacte ext extérieur
• dérivation par rapport au temps int intérieur
‘ dérivation par rapport à une variable is isentropique
d’espace, ou dérivée linéique
‘’ dérivation par rapport à une surface, lor Lorenz
ou dérivée surfacique
‘’’ dérivation par rapport à un volume, MAF machine à froid
ou dérivée volumique
D valeur numérique d’un déterminant PAC pompe à chaleur
grad gradient Ran Rankine
Abréviations (dans le texte ou en indice) sous-ref sous-refroidissement
amb ambiante T,t total
comp compression vap vapeur
cond condensation * relatif à l’optimum
COP coefficient de performance

1. Thermostatique — les machines fermées, travaillant avec un fluide isolé matériel-


lement de l’ambiance et qui, donc, repasse périodiquement par le
des machines même point de la machine. Le cycle correspondant est un cycle
fermé. C’est ce type de cycle qui est considéré par la suite.
à cycles inverses
1.1.2 Cycles moteur ou récepteur
Le lecteur pourra se reporter aux articles généraux de Thermody-
namique appliquée dans le présent traité [12] [13] [14], pour se Parmi les machines thermiques, il y a lieu de distinguer deux
remémorer les notions générales de Thermodynamique nécessaires grandes classes de machines :
à la modélisation analytique des machines à cycles inverses. En fait, — les machines motrices : généralement ces machines produi-
les approches couramment exposées dans la littérature relèvent sent une énergie mécanique, souvent de rotation (w < 0, selon la
plus de la Thermostatique que d’une véritable Thermodynamique. convention thermodynamique), aux dépens d’énergie de type le
En effet, les transformations subies par le fluide frigorigène cyclé plus souvent calorifique. De telles machines sont dites à cycle
sont supposées quasi statiques et réversibles. Le présent paragra- direct, c’est-à-dire que la succession des transformations thermo-
phe repart de ces bases pour les étendre graduellement. dynamiques s’effectue dans le sens des aiguilles d’une montre sur
Pour la définition des notations utilisées dans cet article, on se le cycle correspondant ;
reportera au tableau des « Notations et symboles » en début d’arti- — les machines réceptrices : pour ce qui nous concerne, nous
cle. ne considérerons que ce type de machine dans ce qui va suivre ;
elles consomment toujours une énergie noble (w > 0). De telles
machines sont dites à cycle inverse, car la succession des transfor-
1.1 Cycles idéaux mations thermodynamiques s’effectue dans le sens inverse des
aiguilles d’une montre sur le cycle associé.

1.1.1 Cycles ouvert ou fermé


1.1.3 Cycles continu ou discontinu
Toute machine thermique fait intervenir deux formes d’énergie :
une énergie thermique q, puis une énergie noble qui revêt souvent Selon la configuration de la machine à cycle inverse envisagée,
une forme mécanique w. Ces deux formes de l’énergie sont mises les transformations thermodynamiques mises en jeu s’effectuent
en jeu successivement ou simultanément lors de transformations plus particulièrement séquentiellement dans l’espace ; les machines
thermodynamiques imposées à un milieu fluide cyclé. En fait, il y a correspondantes sont alors des machines à flux, caractérisées prin-
lieu de distinguer deux types de machines : cipalement par leur régime dit nominal (bien que la régulation
— les machines ouvertes, pour lesquelles le fluide est prélevé sur impose très souvent une succession de marche et d’arrêt, donc un
une ambiance puis, à la fin des transformations, restitué sur cette fonctionnement instationnaire). Le cycle correspondant est appelé
même ambiance, mais dans un état thermodynamique générale- cycle continu.
ment différent de l’état initial. Pour des raisons de simplification, les Si les transformations thermodynamiques mises en jeu s’effec-
modèles correspondants sont souvent développés sur un cycle tuent plus particulièrement séquentiellement dans le temps, les
fermé équivalent, ce qui revient à introduire l’hypothèse d’un état machines correspondantes sont alors des machines à cycle
final, très voisin de l’état ambiant pour le fluide ; discontinu ; le fonctionnement correspondant est alors transitoire.

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Les deux types de machines se rencontrent dans la pratique, avec


toutefois de plus nombreuses illustrations de type cycle continu, T T
comme on le verra ultérieurement. v = Cte v = Cte
TSC TSC
1.1.4 Diagrammes thermodynamiques
Les deux types d’énergies définies au paragraphe 1.1.1 sont reliés
à deux couples de variables thermodynamiques conjuguées. L’éner-
gie thermique a pour potentiel la température thermodynamique T
associée à la variable extensive entropie S, de telle sorte que, dans TSF TSF
une transformation quasi statique réversible :
s s
dq = T dS (1)
a cycle de Carnot b cycle de Stirling
Il y a lieu ici de bien noter, que dq est une forme différentielle
dépendant du chemin suivi (donc de la transformation thermodyna-
mique), alors que dS est une différentielle totale, donc satisfaisant T T p = Cte
p = Cte p = Cte
au théorème de l’état initial et de l’état final.
TSC
L’énergie noble, particularisée ici à l’énergie mécanique tridimen- p = Cte
sionnelle, a pour potentiel la pression p (variable intensive) associée
à la variable extensive volume V, de telle sorte que :
d w = Ðp d V (2)
dw est aussi une forme différentielle.
TSF
À partir des deux relations précédentes, il apparaît deux types de
diagramme naturel pour les machines à cycles inverses : s s
— le diagramme de Clapeyron (p, v) ; ce diagramme est surtout
c cycle d’Ericsson d cycle de Brayton-Joule
utilisé pour les machines motrices, et aussi pour les compresseurs
volumétriques ;
Sur ces diagrammes, nous utilisons les grandeurs s et v,
— le diagramme entropique (T,s) ; ce diagramme est le plus natu- grandeurs spécifiques massiques, alors que dans le texte,
rel pour les machines à cycle inverse. En effet, l’effet utile d’une telle les grandeurs S et V sont relatives à des systèmes.
machine est toujours relatif au transfert d’une quantité de chaleur
d’une source froide à basse température, vers un puits chaud à
haute température. Figure 1 – Exemples de cycles réversibles de machines
à une source et à un puits de chaleur

1.1.5 Quelques cycles thermodynamiques idéaux


Les cycles possibles pour les machines à cycle inverse sont nom-
breux, vu les variantes. À titre d’exemple, on donne figure 1 quatre L’écriture des premier et second principes de la Thermodynami-
configurations de machines dites à 2 sources. que fournit classiquement :
La machine de Carnot fonctionne selon un cycle comportant w + qC + qF = 0 (4)
2 isothermes réversibles et 2 isentropiques.
La machine de Stirling fonctionne selon un cycle réversible com- qC qF
--------- - = 0
- + -------- (5)
portant 2 isothermes et 2 isochores (v = Cte). T SC T SF
La machine d’Ericsson fonctionne selon un cycle réversible com-
portant 2 isothermes et 2 isobares (p = Cte). avec qC énergie thermique échangée au contact avec le
La machine de Brayton-Joule fonctionne selon un cycle compor- thermostat chaud (< 0 pour le fluide cyclé),
tant 2 isobares réversibles et 2 isentropiques. qF énergie thermique échangée au contact avec le
thermostat froid (> 0 pour le fluide cyclé).
1.1.6 Caractéristique de performance On en déduit aisément par combinaison de (3), (4), (5) :
des cycles idéaux le coefficient de performance d’une machine à froid (MAF) :

■ Coefficient de performance : définition T SF


COP rev MAF = -------------------------
- (6)
La qualité d’un cycle inverse idéal est approchée par une notion T SC Ð T SF
analogue à la notion de rendement d’une machine motrice.
et le coefficient de performance d’une pompe à chaleur (PAC) :
Dans ce cas, il s’agit du coefficient de performance (COP). Le COP
est obtenu en faisant le rapport de l’effet thermique sur la dépense
T SC
énergétique nécessaire à l’obtention de l’effet précédent : COP rev = -------------------------
- (7)
PAC T SC Ð T SF
énergie thermique utile
COP = ------------------------------------------------------------------ (3)
dépense énergétique On remarquera que ces coefficients sont à valeur positive, qu’ils
peuvent être généralement supérieurs à l’unité. On notera aussi que
■ Application à la machine de Carnot la configuration MAF ou PAC ne diffère que par l’endroit où se pro-
C’est une machine en contact avec deux thermostats de tempéra- duit l’effet utile, respectivement le thermostat froid ou le thermostat
tures respectives TSC et TSF (figure 1a). chaud.

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1.2 Cycles réels correspondant


aux cycles idéaux T

Tce
L’analyse qui suit va être centrée sur la machine de Carnot à
Tcs
2 sources pour illustration. Mais les notions exposées sont transpo-
sables à toute autre machine.
Tfs
1.2.1 Fluides frigorigènes ou caloporteurs Tfe
monophasés liquides ou gazeux
s
Dans le cas de fluides thermodynamiques monophasiques, il ne
peut y avoir d’échange d’énergie thermique que sous forme sensi- Figure 2 – Cycle de Lorenz associé à des fluides frigorigènes
ble. Aussi les évolutions du fluide en contact avec la source froide et caloporteurs monophasés
ou avec le puits chaud ne sauraient être isothermes ; elles se réali-
sent plus selon une transformation thermodynamique de type iso-
bare, caractéristique des transferts thermiques dans les échangeurs
de chaleur à fluide monophasique. Dans le cas où l’on suppose les 1.2.2 Fluides frigorigènes ou caloporteurs
débits calorifiques des fluides indépendants de la température, il en à changement de phase
résulte une évolution selon un profil exponentiel de température
qui, souvent, peut se linéariser.
Dans le diagramme (T,s), il en résulte la représentation du cycle Lorsque le fluide frigorigène ou caloporteur subit une suite de
de la figure 2. Si le fluide monophasé est de plus un fluide gazeux, il transformations incluant des changements de phase, il s’agit tou-
n’y a pas a priori de difficulté pour envisager les deux transforma- jours soit du passage de l’état liquide à l’état vapeur (cela se produit
tions isentropiques complémentaires. De même, l’évolution des dans un échangeur appelé évaporateur), soit du passage de l’état
températures de la source et du puits implique que les thermostats vapeur à l’état liquide (cela se produit dans un échangeur appelé
ont été remplacés par des capacités thermiques finies sur les fluides condenseur).
externes, ce qui correspond mieux à la réalité physique. Le cycle
correspondant est appelé cycle de Lorenz. ■ Fluide se comportant comme un fluide pur
Dans l’hypothèse d’un cycle de type continu et en raisonnant sur Dans chacun des deux échangeurs, on est en présence d’un
les fluides externes, les flux de chaleur échangés s’écrivent : mélange diphasique. Si on néglige les pertes de pression dans les
échangeurs et en supposant que le fluide cyclé se comporte comme
— à la source froide :
un corps pur, alors la transformation thermodynamique correspon-
• dante est isobare et isotherme. Elle correspond aux paliers du cycle
q•F = M F c p f ( T fs Ð T fe ) (8) de Carnot.
Cependant, il y a lieu de remarquer que la réalisation technique
— au puits chaud :
d’une compression, ou d’une détente, de type isentropique reste
très problématique en régime diphasique ou humide. Cela va donc

q• C = M C c p c ( T cs Ð T ce ) (9) introduire des distorsions au cycle de Carnot.
Tout d’abord, conformément à la figure 3, et quel que soit le type
avec Tfs température de sortie du fluide froid, de compresseur utilisé, la compression doit être réalisée pour des
Tfe température d’entrée du fluide froid, raisons techniques dans le domaine de la vapeur surchauffée. En
Tcs température de sortie du fluide chaud, conséquence, même en présence d’une compression idéale isentro-
pique, la vapeur émise par le compresseur sera surchauffée ; une
Tce température d’entrée du fluide chaud. désurchauffe, au mieux de type isobare, précédera la phase de con-
L’expression des premier et second principes de la Thermodyna- densation dans l’échangeur de chaleur à haute température.
mique en résulte sous la forme : Ensuite, la réalisation en régime humide d’une détente avec récu-
pération d’énergie reste très difficile. Aussi, utilise-t-on couramment
• • •
w + M C c p c ( T cs Ð T ce ) + M F c p f ( T fs Ð T fe ) = 0 (10) la détente de Joule-Thomson, sans échange de chaleur ni de travail
mécanique avec l’extérieur (détente isenthalpique) ; cela se traduit
T fs par une dégradation d’énergie.
• T cs •
- + M F c p f ln -------
M C c p c ln -------- -
T fe = 0 (11) Le cycle représenté sur la figure 3 est un cycle de Rankine-Hirn.
T ce
En raisonnant sur le fluide cyclé, on exprime alors le COP en fonc-
Ces deux relations combinées à l’expression du COP fournissent tion de différences d’enthalpie ; ainsi, pour une pompe à chaleur :
ainsi, par exemple, l’expression relative à la PAC :
h2 Ð h4
T mc COP Rank = ------------------ (15)
COP lor = -------------------------
- (12) h2 Ð h1
PAC T mc Ð T mf
Sachant que :
avec T mc = ( T cs Ð T ce ) ¤ ln ( T cs ¤ T ce ) (13)
h 2 Ð h 4 = L cond ( T cond ) + c pvap ( T comp is Ð T cond ) (16)
T mf = ( T fs Ð T fe ) ¤ ln ( T fs ¤ T fe ) (14)
et en posant pour la désurchauffe :
Les températures Tm introduites sont des températures moyen-
L cond ( T cond )
nes logarithmiques [15]. b des = ------------------------------------------------------------------------------------------------- (17)
Une expression analogue s’obtient aisément dans le cas des MAF. L cond ( T cond ) + c pvap ( T comp is Ð T cond )

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il vient par combinaison pour une PAC : Il en résulte une influence défavorable de la désurchauffe de la
vapeur sur le COP, mais celle-ci reste relativement faible, vu la pré-
1 pondérance des transferts de chaleur latente, par rapport aux trans-
---------------------------------
COP Rank PAC ferts de chaleur sensible.
b des 1 Ð b des De la même façon, pour la MAF, apparaît l’influence défavorable
= ------------------------------------------------------------------
- + ---------------------------------------------------------------------
- (18) de la détente isenthalpique ; la diminution de performance dans ce
COP revPAC ( T cond, T evap ) COP revPAC ( T m des, T evap )
cas est reliée au rapport suivant :
avec Tm des température moyenne logarithmique de désurchauffe :
h1 Ð h5
h MAF = ------------------ (19)
T m des = ( T comp is Ð T cond ) ¤ ln ( T comp is ¤ T cond ) h1 Ð h6

hMAF, appelée efficacité de la MAF, est un rendement au sens du


second principe (< 1) ; cette efficacité peut aussi s’exprimer en ter-
T mes de rapport de variation des titres de vapeur. L’influence de l’irré-
versibilité de détente est plus importante que celle de la
Tcomp is 2 désurchauffe, d’où des tentatives industrielles actuelles de réalisa-
tion pratique de détente avec récupération de travail.
4 3
Tcond
■ Fluides se comportant comme un mélange
La remise en cause des fluides frigorigènes de type chlorofluoro-
carboné conduit actuellement au développement de l’utilisation de
mélanges binaires, ternaires, ou même plus. Dans le cas le plus sim-
ple des mélanges binaires zéotropes, du fait de la différence de vola-
tilité, il apparaît dans les échangeurs (condenseur et évaporateur)
Tevap un glissement de température. Le diagramme de la figure 4 rend
6 5 1
compte de cette évolution de température à pression constante pour
le mélange R32/R134a (deux hydrofluorocarbones).
s On remarquera à cette occasion que le diagramme (ln p, h) est le
La transformation 6 → 5 correspond à la création d’entropie, diagramme le plus courant dans l’étude des machines à cycle
due à la différence d’efficacité entre une détente isentropique inverse [16].
et une détente isenthalpique
L’existence du glissement de température a des conséquences
similaires à celles examinées dans les points précédents du présent
Figure 3 – Cycle de Rankine-Hirn associé à des fluides paragraphe. En conclusion, le choix du fluide n’est pas neutre vis-à-
thermodynamiques à changement de phase vis de la performance de machine.

10
2 v = 0,00 08 67
s en kJ . kg--1 . K--1
p (MPa)

1,9 n 0,0
s = 1,8 0,01
t en ¡C
v en m3 . kg--1 70 0,015
60
50 0,02
40
30
1 20 0,05
10
0 0,1
--10
0,15
0,2

0,4

0,6

0,8

--20 0,2
d=

--30 2,3 2,4


2,2 s = 2,5
s = 2,1
0,1 --40
0,5
--50
1
--60
1, 2
¡¡
t =¡t--7
= 0¡
70C¡C
t = 70
90
110
130
150
170
190
0,01
100 200 300 400 500 600
Figure 4 – Diagramme pression-enthalpie
h (kJ . kg--1) pour le mélange binaire R32/R134a
(30/70 % en poids)

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1.2.3 Conséquences sur les cycles réels


T
En restant dans le cadre de la machine simple à compression de
vapeur, il est possible d’examiner quelques conséquences quant
aux aménagements possibles, mais aussi quant au comportement 2
pratique des machines.
4 3
■ Surchauffe de la vapeur Tcond
Pour des raisons de sécurité de fonctionnement, la vapeur aspirée
au compresseur doit être une vapeur sèche. Or, l’homogénéité de
l’écoulement n’étant pas acquise, il est nécessaire d’introduire une
surchauffe de la vapeur garantissant l’absence de gouttelettes liqui-
des en entrée du compresseur. Cela se traduit sur la figure 5 par 1
l’existence de la transformation 7 ® 1 . Tevap
5 7
Il en résulte une translation de la compression vers la droite du
diagramme, dont on peut penser qu’elle affecte peu le travail de
compression. Si la surchauffe s’effectue alors hors évaporateur, le s
COPRank MAF surch reste peu affecté ; par contre, l’effet calorifique au
condenseur est légèrement renforcé ; d’où une amélioration faible
Figure 5 – Cycle de Rankine-Hirn, en présence d’une surchauffe
du COPRank PAC surch.
de la vapeur à l’aspiration du compresseur
Une surchauffe de la vapeur dans l’évaporateur avant aspiration
reste coûteuse en surface d’échange et affecte aussi les niveaux de
température du fluide frigorigène.
■ Sous-refroidissement du liquide T
Les détendeurs isenthalpiques nécessitent d’être alimentés en
liquide, pour des raisons techniques [17] [18] [19] [20].
3 2
Ce sous-refroidissement peut s’effectuer en différents endroits ; 4
Tcond
s’il s’effectue dans le condenseur, alors il y a augmentation de l’effet
thermique de la chaleur sensible prélevée sur le liquide. Il y corres- 5
Tsous-ref
pond une augmentation du COPRank PAC sous-ref, qui peut correspon-
dre à un gain confortable de quelques pour-cent (cf. figure 6), à
condition de maintenir la même température de condensation.
En négligeant la chaleur sensible de désurchauffe de la vapeur, il
vient :
Tevap 1
6

[ L cond + c pL ( T cond Ð T sous-ref )]M
COP Rank PAC sous-ref = ----------------------------------------------------------------------------------------
- (20)
w•
En introduisant s

L cond ( T cond ) Figure 6 – Cycle de Rankine-Hirn en présence


b sous-ref = ----------------------------------------------------------------------------------------------
- (21)
L cond ( T cond ) + c pL ( T cond Ð T sous-ref ) d’un sous-refroidissement liquide en sortie de condenseur
(transformation 4 ® 5 )
on obtient :
1 queuses et laminages) : passage du point 4’ vers un point 4’’ qui
---------------------------------------------------
COP Rank PAC sous-ref correspondrait à un compresseur adiabatique. En fait, à cause des
déperditions thermiques vers l’extérieur (irréversibilité thermique),
b sous-ref 1 Ð b sous-ref le point réel de fin de compression est reporté vers la gauche du dia-
= ------------------------------------------------------------------
- + ------------------------------------------------------------------------------- (22)
COP revPAC ( T cond, T evap ) COP revPAC ( T m sous-ref, T evap ) gramme. Il y a lieu de remarquer que, selon le degré de non-adiaba-
ticité, le point 4 correspondant pourra être à droite du point 4’ ou
Dans cette relation, analogue à la relation (18), Tm sous-ref repré- confondu avec lui (transformation isentropique irréversible), ou à
sente la température moyenne logarithmique entre Tcond et Tsous-ref. gauche du point 4’ (transformation avec diminution d’entropie).
On peut remarquer que les deux transformations de surchauffe de La transformation thermodynamique réelle dans l’échangeur-
la vapeur et de sous-refroidissement de liquide peuvent être cou- condenseur s’effectue conformément aux notions introduites anté-
plées dans un échangeur thermique. Celui-ci, sous-refroidissant le rieurement (désurchauffe de la vapeur, condensation, sous-refroi-
liquide au profit d’une surchauffe vapeur, a alors un rôle de régéné- dissement du liquide avec ou sans régénération de chaleur), mais
rateur thermique, de même qu’une turbine de détente de type isen- l’écoulement du fluide frigorigène s’effectue avec des pertes de
tropique aurait un rôle de régénération mécanique. pression (irréversibilité de frottement). Le tout se traduit par l’évolu-
tion thermodynamique linéarisée du point 4 au point 9.
■ Exemple du cycle réel d’une machine à compression de vapeur
La transformation thermodynamique réelle dans l’échangeur-éva-
Dans la pratique des machines à cycles inverses, il apparaît porateur s’analyse de façon analogue (phase d’ébullition suivie par
d’autres écarts à l’idéalité, représentés pour la machine à compres- la surchauffe de la vapeur avec ou sans régénération de chaleur). Là
sion de vapeur sur la figure 7. encore, il y a présence d’irréversibilités mécaniques. L’évolution du
Ainsi, la compression réelle de vapeur s’effectue avec des irréver- fluide frigorigène est représentée par la transformation thermody-
sibilités mécaniques (frottements mécaniques, dissipations vis- namique linéarisée du point 10 au point 3.

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COPPAC pratique d’installation


ln p Dans ce cas, il y a lieu d’ajouter à l’énergie dépensée au moteur,

w mot , l’énergie nécessaire au fonctionnement des accessoires de la

PAC (ventilateurs, pompes de circulation, par exemple), w aux :



5 4' 4 4"
pcond
8 76 q• C
9 COP PAC pratique d ¢ installation = --------------------------------------
- (26)
• •
w mot + w aux

10' 1.3 Diverses utilisations des machines


10"10
pevap selon l’effet utile recherché
0 1
2 3
1.3.1 Catalogue succinct d’applications
■ Machines à froid (MAF)
Ce sont couramment des machines plongées dans une ambiance
h à température quasi constante Tamb, et dont le rôle est de porter une
source, généralement de capacité thermique finie, à un niveau de
température TSF inférieur à la température ambiante Tamb.
Figure 7 – Cycle réel d’une machine à compression de vapeur
dans le diagramme ln p, h (pression-enthalpie) Selon les cas de figure les plus utilisés en pratique, on distingue
les machines destinées à la conservation, à la congélation, à la sur-
gélation par le niveau de température désiré (dans l’ordre du plus
élevé vers le moins élevé).
Enfin la détente réelle, du fait de la non-adiabaticité du détendeur
mais aussi des variations d’énergie cinétique, emmène le fluide Sauf cas particuliers (applications industrielles ou de laboratoire),
cyclé du point 9 au point 10. Il y a lieu de remarquer que ce point est les machines à froid se voient limitées inférieurement par un niveau
difficilement accessible par l’expérience, du fait qu’il correspond à de température de l’ordre de – 100 °C ; celui-ci peut être associé à
un mélange diphasique liquide + vapeur. certaines limitations technologiques.
L’analyse précédente permet alors d’introduire tout un ensemble ■ Pompes à chaleur (PAC)
de nouveaux COP. Il y a donc lieu d’être très attentif dans la défini-
Comme les MAF, ces machines sont couramment plongées dans
tion et l’utilisation de cette notion, pour ne pas commettre d’inter-
une ambiance à température quasi constante Tamb, mais leur rôle
prétation erronée.
est de porter un puits, généralement de capacité thermique finie, à
À titre d’exemple, on va introduire quatre de ces COP possibles. un niveau de température TSC supérieur à l’ambiante Tamb.
COPPAC cycle réel du fluide frigorigène Là encore, les niveaux de température atteints sont fortement
On suppose une utilisation en pompe à chaleur d’une machine à dépendants de limitations technologiques. Les pompes à chaleur
compression de vapeur dont le condenseur n’effectue que la désur- couramment disponibles ont des niveaux de température inférieurs
chauffe de vapeur et la condensation avec un sous-refroidissement à + 100 °C.
liquide partiel (point 7) :
■ Climatisation
h4 Ð h7 Ce domaine intéresse aussi bien l’habitat, les transports, que cer-
COP PAC cycle réel fluide frigorigène = ------------------ (23) taines maîtrises d’ambiance industrielle ou de laboratoire. Les deux
h4 Ð h3
premières applications commencent à avoir un impact important en
COPPAC pratique arbre compresseur Europe, malgré l’avantage d’un climat en moyenne tempéré.
En appelant C le couple, et w la vitesse de rotation instantanée, il Le climatiseur est plongé dans une ambiance à température quasi
vient : constante Tamb. Un de ses rôles est d’assurer un niveau de tempéra-
ture T, généralement sur une capacité thermique finie ; mais cette
q• C température T peut être inférieure à l’ambiante (confort dit d’été, par
COP PAC pratique arbre compresseur = -----------
- (24) exemple) ou supérieure à l’ambiante (confort d’hiver ; cabine
C×w d’avion). Dans le cas de l’habitat, il existe ainsi des machines dont le
rôle des échangeurs de chaleur est permutable, de façon à pouvoir
q• C , représente le flux d’énergie thermique mesurée sur le fluide assurer ces deux fonctions, selon le besoin ; on les appellera clima-
caloporteur ; il est à remarquer que celui-ci peut différer du produit tiseurs permutables, plutôt que réversibles, ce qui prête à confu-
sion.

M ( h 4 Ð h 7 ) lorsqu’il y a des pertes thermiques (non-adiabaticité de ■ Cryogénie
l’échangeur).
Comme il a été vu ci-dessus, au-dessous de – 100 °C, les machi-
COPPAC pratique au moteur d’entraînement nes classiques ne répondent plus à la question posée, pour des
En appelant hm le rendement mécanique du moteur et htr le ren- raisons essentiellement technologiques. Aussi les cycles correspon-
dement de transmission d’énergie mécanique entre le moteur et le dants et les machines servant à l’obtention d’un potentiel thermody-
compresseur, on définit : namique inférieur à – 100 °C sont généralement différents [21].

■ Thermotransformateur
q• C
COP PAC pratique au moteur = ------------------------------------
- (25) Ce type de machine est intéressant pour les applications à inten-
h m × h tr × C × w sité élevée (potentiel thermodynamique : T > 100 °C). Il est possible

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alors de développer une analogie avec le transformateur électrique. 1.4 Analyse exergétique appliquée
On se contentera ici de rappeler que l’énergie calorifique est liée aux
deux variables conjuguées, S entropie (variable extensive) et T tem- aux machines à cycles inverses
pérature (variable intensive), de sorte que, dans une transformation
réversible :
1.4.1 Formes de l’exergie
dq = T dS (27)
La définition de l’exergie n’est pas reprise ici (cf. [14]). On rappelle
Les limitations imposées par les principes de thermodynamique seulement que les travaux de Gouy-Stodola ont été généralisés par
permettent alors de dire que la revalorisation de chaleur à haute J. Szargut [1]. Cet auteur définit diverses formes de l’exergie Ex, qui
température ne pourra se faire que pour une partie de la chaleur dis- est une grandeur extensive additive :
ponible ; le pourcentage de chaleur revalorisable sera d’autant plus
faible que le potentiel thermique visé sera élevé. Ex = Ex c + Ex p + Ex ph + Ex ch (28)
avec Exc exergie cinétique,
Exp exergie potentielle,
1.3.2 Machines à plusieurs niveaux utiles
de température Exph exergie physique englobant les phénomènes
nucléaires, électriques, magnétiques…,
Exch exergie chimique.
Toutes les machines thermiques définies au paragraphe précé-
dent ne font apparaître qu’un niveau d’intensité utile. Or, on peut Dans la pratique courante, l’exergie physique fait intervenir un
concevoir des applications à plusieurs niveaux de potentiel thermi- état de référence dépendant de deux variables d’état (po, To) ; po est
que utile. la pression atmosphérique (101 325 Pa) ; To est la température
ambiante. Il vient, pour un système ouvert indéformable sans réac-
■ MAF à plusieurs niveaux de température tion chimique :
Plusieurs niveaux de température existent pour les MAF. On con- D Ex = Ex Ð Ex o = ( H t Ð H to ) Ð T o ( S Ð S o ) (29)
naît bien l’existence de machines réfrigérateur-congélateur. Cela
peut aussi donner lieu à généralisation dans des cas où plus de deux v2
avec Ht enthalpie totale æ H t = H + ------ + gzö .
températures de consigne sont utiles. è 2 ø
Il y correspond des variantes de cycle qui font apparaître des
détentes étagées (cf. [17], § 3). Souvent, pour les machines à com- Pour décrire des cycles thermodynamiques, cette exergie est sou-
pression de vapeur, l’étagement des détentes est associé à l’étage- vent suffisante. Ex = (Ht – ToS) est une fonction d’état représentant
ment des compressions. le potentiel d’énergie noble par rapport à l’état de référence (pour
les corps purs, l’exergie est supposée nulle dans cet état de réfé-
■ PAC à plusieurs niveaux de température rence).
Le principe est le même que celui décrit précédemment. La seule On ajoutera simplement, à titre de remarque, l’existence d’une
différence vient de l’utilisation du condenseur en lieu et place de relation liant l’enthalpie totale d’un système Ht , à l’exergie dans son
l’évaporateur de plus basse température ; les évaporateurs intermé- environnement Ex, sous la forme :
diaires doivent être calés par température d’usage décroissante à H t = Ex + An (30)
partir de la température du condenseur qui est la plus élevée.
An est l’anergie du système dans son environnement ; elle corres-
■ Thermofrigopompe pond à l’exergie détruite ; dans le cas d’une référence unique de
Cette machine est un peu particulière. Elle est en usage, par exem- température To , elle correspond aussi à l’entropie créée. Cette
ple, dans certains procédés agroalimentaires nécessitant à la fois du notion est complétée, dans certains travaux, par celle de néganergie
chaud et du froid. Ainsi, pour cette machine, les effets utiles sont au [2], appelée souvent improprement néguentropie.
niveau de la source froide et du puits chaud. Techniquement, la
machine se présente alors comme celles décrites au paragraphe 1.2. 1.4.2 Application simple aux MAF et aux PAC
■ Conséquences sur les performances de cycle
En reprenant le cas des machines à compression de vapeur en
Pour toutes les machines décrites dans ce paragraphe, l’introduc- régime dynamique stationnaire, avec les expressions correspon-
tion d’un COP global reste problématique, vu que les extensités dantes des premier et second principes de la Thermodynamique, il
mises en jeu le sont à des niveaux d’intensité différents. vient, conformément, à (10) et (11) :
Ainsi, il semble préférable d’introduire la notion de COP partiel,

caractérisant chaque effet utile (dont on peut connaître le correspon- w + q• F + q• C = 0 (31)
dant idéal).
• •
SF + SC = 0 (32)
1.3.3 Machines à plusieurs effets d’extensité utile On suppose alors la compression et la détente isentropiques. Le
fluide frigorigène est de plus en équilibre thermique au contact soit
Ce cas de figure est complémentaire du précédent. Que ce soit en avec la capacité finie, soit avec l’ambiance.
utilisation à basse température (MAF) ou à haute température, ■ Cas des MAF
(PAC), il peut être utile de délivrer à une température T donnée, un
effet thermique, à plusieurs capacités thermiques. Selon la configu- Conformément aux définitions du paragraphe 1.3.1, la
ration du système, les échangeurs de chaleur seront alors placés en relation (32) se particularise, pour une capacité frigorifique finie
configuration parallèle ou en configuration série (ou encore selon •
M f c f dans une ambiance To, sous la forme :
une combinaison de ces deux configurations extrêmes). L’ensemble
se comporte alors comme un échangeur global équivalent. Mais q• C • T fs
selon la performance recherchée, il y a lieu de déterminer la configu- --------- Ð M f c f ln -------- = 0 (33)
ration la mieux adaptée. To T fe

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La puissance mécanique minimale nécessaire pour refroidir à 2.1.1 Irréversibilités d’origine thermique
l’évaporateur s’écrit alors :
T fs Ces irréversibilités sont essentiellement de deux sortes, si on rai-
• •
w• min = + M f c f ( T fs Ð T fe ) Ð M f c f T o ln -------- (34) sonne d’un point de vue phénoménologique, donc global.
T fe
■ Non-adiabaticité
■ Cas des PAC Dans tous les bilans faits au paragraphe 1, on a supposé l’adiaba-
Dans ce cas de figure, la relation (32) se particularise, pour une ticité des transformations dans chaque composant, vis-à-vis de

capacité calorifique finie M c c c , dans une ambiance To sous la
l’ambiance. Or, il est notoire (cf. paragraphe 1.4.2) que, plongé dans
une ambiance à To, chaque composant de la machine va être sujet à
forme : des échanges thermiques avec celle-ci.

q• F T cs ■ Irréversibilité au contact avec sources et puits



--------- Ð M c c c ln --------- = 0 (35)
To T ce Cette irréversibilité, souvent appelée exo-irréversibilité, découle
de la thermocinétique : le flux de chaleur n’existe qu’en présence
Par combinaison avec (31), on obtient à nouveau la puissance d’un gradient de potentiel thermique (température). Il y correspond
mécanique minimale nécessaire pour réchauffer au condenseur : une expression locale bien connue de la création d’entropie [5] :

• • T cs • ¢¢¢ 1
w• min = M c c c ( T cs Ð T ce ) Ð M c c c T o ln --------- (36) S créée = q• ¢¢ × grad ----- (38)
T ce T

■ Généralisation Cette expression locale vaut pour les trois modes de transfert :
conductif, convectif, radiatif.
Dans le cas plus général d’une machine à cycle inverse placée
dans une ambiance To différente des températures des capacités
calorifiques finies à la source et au puits, il vient par superposition
des deux approches précédentes :
2.1.2 Irréversibilités d’origine mécanique

• • La démarche reste la même qu’au paragraphe précédent. Elle est


w• min = M c c c ( T cs Ð T ce ) + M f c f ( T fs Ð T fe ) parfaitement illustrée par le transfert convectif qui revêt une grande
importance dans la majorité des systèmes et des procédés étudiés
• T cs • T fs ici. En effet, ce mode de transfert de chaleur suppose un mouve-
Ð T o M c c c ln --------
- + M f c f ln -------- (37)
T ce T fe ment du fluide support, soit laminaire, soit turbulent. Ce mouve-
ment peut être naturel (convection naturelle), mais le plus souvent
Conformément à la relation (29), les deux premiers termes de (37) forcé (convection forcée). Ainsi la relation (38) se complète sous la
représentent au signe près les variations d’enthalpie du fluide cyclé forme [5] :
au contact avec le puits et la source ; les deux derniers termes, par
contre, rendent compte de la variation d’entropie du fluide cyclé au • ¢¢¢ •
1 F
contact avec le puits et la source, en regard de l’ambiance : le cro- S créée = q• ¢¢ × grad ----- + ------- > 0 (39)
T T
chet affecté de To représente l’anergie, ou l’exergie détruite.

Le formalisme introduit ici n’est qu’une illustration simple de ce expression dans laquelle F représente la fonction dissipation
qu’il est convenu d’appeler l’analyse exergétique. De nombreux arti- d’énergie due à la viscosité du fluide. L’irréversibilité correspon-
cles plus complets existent sur le sujet, dont récemment [4]. Par dante est une irréversibilité mécanique de frottement visqueux
ailleurs, certains diagrammes exergie-enthalpie sont disponibles dans le fluide. Dans les échangeurs, celle-ci est associée aux pertes
dans la littérature ; la figure 8 rend compte d’un tel diagramme rela- de pression.
tivement au R 22. Par ailleurs, toute pièce mécanique en mouvement dans un com-
posant de machine est aussi soumise à des frottements mécaniques
solides.
Au contact entre deux surfaces solides, l’énergie mécanique n’est
2. Thermodynamique pas transmise intégralement, du fait, par exemple, de glissement. Il
et transferts dans les en résulte une irréversibilité mécanique de frottement solide. De
même, le guidage d’un piston dans un cylindre produit ce type
machines à cycles inverses d’irréversibilité.
Une irréversibilité fondamentale a été décrite dans la détente
isenthalpique ; il y correspond, en régime dynamique stationnaire :
2.1 Irréversibilités dans les machines •
ò
S créée = Ð M
• ps v dp
------------- (40)
à cycles inverses pe T

Dans le cas du gaz parfait, cette expression devient :


La démarche proposée dans le paragraphe 1 relève essentielle-
ment de la Thermostatique. Néanmoins, elle a permis de mettre en • • pe
lumière, pour les machines réelles, un certain nombre d’écarts à S créée = M r ln ------ (41)
ps
l’idéalité engendrant une diminution des COP. Cette diminution des
COP traduit par ailleurs, conformément au second principe, des
dégradations d’énergie (création d’entropie) associées aux transfor-
mations finies en espace et en temps (et non quasi statiques) néces- 2.1.3 Autres formes d’irréversibilités
saires à l’obtention de certains flux d’énergie calorifique ou
frigorifique, qui correspondent à des gradients moteurs, donc à des Si, outre les irréversibilités thermiques, les irréversibilités mécani-
situations hors équilibre. ques restent pour les applications envisagées les plus importantes,

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Éxergie (kJ . kg--1) PRODUCTION DE FROID ET REVALORISATION DE LA CHALEUR : PRINCIPES GÉNÉRAUX

80

1, 9
5

5
5

2
1, 8
0, 6

. K --1

1,6
1, 5
1, 3

1, 4

5
0,7

0, 9
0, 8

1 ,2

1,7
1

2,1
1,7

1,9
1,8

2,0
. kg --1
70 50

0
4

5
25 30
kJ

2,1
60

1,1
r
ba
20

s=
50

2,2
15
40 12

10

5
2,2
9
30
--80

K
80 6
--70

20

2 ,3
70 6 0

90

5
--60
--50

80
50 4
--40

70
--30

10 40
60
--20
--10
0 ¡C

50
40

30

5
30

3
10

2,3
20

0 20 5
2,
10
2
¡¡¡ 0 ¡ C
--10

2,4
5
--10 1,
--20 --20 2
1,

5
1

2,4
--30
--30

8
0,
--4
0

2,5
6
--40
--5 0,
0 5
0,
--50 --6 4
0 0,

5
2,5
3
0,
--7

--60
0

5
0 ,2

2,6
--8

2
--70 0,
0

15
--80 0,
1
0,

--90

--100
80 ¡C
---60
---40
--20

00
200
100
0

160
60
120
0

140
40
60
20
0

16
14

--110

--120
0 50 100 150 200 250 300 350 400 450 500
Enthalpie (kJ . kg--1)
K point critique pour le fluide frigorigène R 22

Figure 8 – Diagramme exergie-enthalpie du R 22 relative à l’ambiance To = 290 K [3]

on citera aussi les irréversibilités de mélangeage, de diffusion, liées 2.1.4 Globalisation des irréversibilités
aux transferts de matière ; les irréversibilités interfaciales liées aux
mélanges hétérogènes, par exemple les milieux diphasiques
(importance des phénomènes de tension superficielle) ; les irréver- Les considérations précédentes ont montré la possibilité, en par-
sibilités électriques, magnétiques, chimiques qui, dans certaines tant d’une analyse entropique locale (différentielle), de remonter par
applications particulières, peuvent revêtir une importance primor- intégration à l’échelle du composant. Cette analyse, si elle est bien
diale. menée (prise en compte de tous les mécanismes dissipatifs signifi-

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catifs), est riche pour la compréhension du fonctionnement du sys-


tème, puis pour son optimisation. Mais elle reste difficile et T MAF T PAC
coûteuse en temps.
Aussi, pour illustrer les notions introduites, on se contentera dans TC qC TC qC
la suite du paragraphe 2, de globaliser les irréversibilités internes au TSC TSC
cycle des machines, sous la forme d’un flux d’entropie interne totale ΦΦ
Φ
• qp qp
créée dans la machine par unité de temps, S T . On remarquera que
• Φ
si S T est nul, le cycle correspondant est qualifié d’endoréversible. TSF TSF
qF qF

Les irréversibilités globalisées sous la forme S T sont, pour l’essen-
TF TF
tiel, les irréversibilités de type mécanique (cf. 2.1.2).
S S
Par contre, les irréversibilités dues au transfert entre le fluide fri-
a b
gorigène et source et puits seront prises en compte de façon spéci-
fique. De même, la non-adiabaticité de la machine apparaîtra sous la
forme, pour une machine ditherme, par exemple, d’un transfert T T
MAF PAC
thermique direct entre le puits et la source, représentée par une con-
ductance thermique de perte ou de gain selon le point de vue TC TC
adopté. qC qC
TSC TSC
w qp w qp
2.2 Analyse entropique simple
d’une machine à fluide qF TSF qF TSF
avec changements de phase seuls TF TF

S S
On considère ici qu’il n’y a pas d’énergie thermique sensible. c d

quantités variables du problème


2.2.1 Analyse simple d’une machine de Carnot
contraintes du problème (valeurs imposées)
Conformément à ce qui a été dit au paragraphe 2.1.3, quatre cas
d’étude apparaissent sur la figure 9, selon que l’effet utile est en Figure 9 – Quatre cas de figure de machines irréversibles
basse température (MAF) ou haute température (PAC) ; puis selon à cycle inverse, de type Carnot
que le flux utile est imposé (figures 9a et 9b), ou que la puissance
mécanique disponible est connue (figures 9c et 9d).
■ Formulation algébrique du problème
La machine étudiée comporte des pertes thermiques q•p confor-
mément aux schémas de la figure 9, mais aussi une irréversibilité T
interne globalisée qui peut être illustrée conformément à la TC
figure 10. X<0
TSC
L’écriture des deux principes de la Thermodynamique appliqués
au système fluide cyclé fournit alors, puisque source et puits sont
supposés être des thermostats :


w + q•F + q• C = 0 (42)

q• q• •
---------C + --------F- + S T = 0 (43) TSF
TC TF Y>0
TF
SF SC
On supposera ici qu’on dispose d’une surface totale de transfert
A, à répartir de la façon la plus judicieuse possible entre le conden-
S
seur (AC) et l’évaporateur (AF). La limitation en surface impose :

AC + AF = A (44) Figure 10 – Représentation du cycle d’une machine de Carnot


avec irréversibilités internes (SF + SC = ST)
Le cas d’étude présenté est relatif à une MAF, pour laquelle on va
supposer que l’effet utile q• Fo est donné ; on cherche alors le mini-
mum de puissance mécanique à fournir pour obtenir cet effet utile
Cette écriture est associée à des lois de transfert linéarisées cou-
( min w• ) . rantes (ou lois de Newton) ; mais une écriture relative à d’autres
Connaissant Kp, la conductance de pertes thermiques entre puits modes, par exemple radiatif, est possible.
et source, l’expression des transferts thermiques à la source froide
s’établit ainsi : De même, au puits chaud, il vient :

q• F = k F A F Y = q•Fo + K p ( T SC Ð T SF ) (45) q• C = k C A C X (46)

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•: thermique de ces machines, pour laquelle nous supposerons de


D’où la fonction objectif du problème d’optimisation w nouveau un processus en surface finie associé au régime dynami-
que stationnaire de fonctionnement. Mais il y a lieu de remarquer
• = Ðk A X Ð k A Y
w (47) que le formalisme utilisé reste valable et parfaitement transposable
C C F F
pour un cycle de type discontinu (ce type de fonctionnement est uti-
Cette fonction à minimiser doit être associée aux trois contraintes lisé aussi sur ces machines) ; dans ce cas, il y a lieu de remplacer
(43), (44), (45). En appliquant les règles du calcul des variations [6] à toute variable A surface, par une variable t, temps de contact dans le
ce problème comportant 4 variables (AF, AC, Y, X), il est possible même composant.
• ( A * , A * , Y *, X * )
d’obtenir le point d’état associé au minimum de w ■ Formulation algébrique du problème
F C
en fonction des paramètres du problème, à savoir : La machine étudiée ici comporte en fait quatre composants : un
bouilleur recevant un flux thermique ( q B > 0 ) , un évaporateur


T SF, T SC , q•Fo, S T , K p, A, k F, k C •
recevant un flux thermique ( q F > 0 ) , un condenseur cédant un flux
kF, kC représentent les conductances surfaciques de transfert, res- •
de chaleur ( q C < 0 ) et un réacteur absorbeur (ou adsorbeur) cédant
pectivement à l’évaporateur, puis au condenseur.
■ Quelques résultats •
aussi un flux de chaleur ( q A < 0 ) (cf. figure 11).
La résolution analytique montre que : Par conception de la machine ces divers flux peuvent être échan-
gés, comme il est représenté, par contact avec trois thermostats

k S T ( T SF Ð Y * ) (d’où l’appellation de machine tritherme). Le thermostat de tempé-
A -----C- Ð --------------------------------------- - rature la plus élevée TB est en contact avec le bouilleur. La source
kF kF Y *
A *F = ------------------------------------------------------------- (48) froide est à la température TF. Par contre, condenseur et absorbeur
k sont en contact avec le puits intermédiaire : TC = TA = Ti.
1 + -----C-
kF Les gradients thermiques sont représentés sur la figure 11; ils
font intervenir respectivement les diverses températures du fluide
• de travail T B¢ , T F¢ , T i¢ .
k S T ( T SC Ð X * )
A -----F- Ð ---------------------------------------- L’écriture des premier et second principes de la Thermodynami-
kC kC X * que conduit alors, dans le cas d’un fonctionnement endoréversible,
A C* = -------------------------------------------------------------
- (49) à:
kF
1 + ------
kC
q• F + q• i + q• C = 0 (52)
Ces deux équations montrent clairement la relation existant entre
les surfaces AF, AC et les gradients thermiques correspondants Y et q• F q• i q• C
X. Logiquement, on voit que des normes croissantes de X et Y cor- --------
- + -------- + --------- = 0 (53)
T F¢ T i¢ T C¢
respondent à des surfaces plus petites. Mais cette interconnexion
disparaît pour un cycle endoréversible. L’influence du couplage sur- Les hypothèses sous-jacentes à (52) et (53) sont que le cycle décrit
face-gradient sera d’autant plus prononcée que la machine sera plus est endoréversible et que la puissance mécanique nécessaire à la
irréversible intérieurement. circulation des fluides est négligeable vis-à-vis des puissances ther-
Enfin on trouve : miques mises en jeu.

æ k ö • q• i représente le flux thermique total échangé à la température


q•Fo + K p ( T SC Ð T SF ) ç 1 + -----C-÷ + S T T SF
è kFø T i¢ = T A¢ = T C¢ , vers Ti = TA = TC ( q• i = q• A + q• C ) . On globalisera
Y * = -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- (50) donc la surface correspondante (Ai = AA + AC), de sorte que la con-
k •
k F A -----C- + S T trainte en surface s’écrit :
kF
AB + AF + Ai = A (54)
X* est déduit de la relation :

kF Y * kC X * k
- = Ð ----------------------*- -----F-
--------------------- (51)
T SF Ð Y * T SC Ð X k C
TB
Il existe donc un point optimal de fonctionnement associé à une qB > 0 Bouilleur
répartition non quelconque des gradients de température, mais T B'
aussi à une répartition des surfaces de transfert entre source et puits
dépendant bien sûr des mécanismes de transfert (kC , kF), mais aussi
des irréversibilités internes de la machine. D’assez nombreux autres T C' T i' T A'
résultats sont disponibles auprès de l’auteur. qC < 0 Condenseur Absorbeur qA < 0

TC = TA = Ti
2.2.2 Analyse simple d’une machine tritherme
TF
Les machines thermodynamiques à trois réservoirs de chaleur qi = qA + qC < 0 Évaporateur qF > 0
présentent une alternative intéressante pour la génération de cycles T F'
inverses, par rapport aux machines à compression de vapeur, tout
particulièrement vu la nécessité de remplacement des fluides frigo-
rigènes. On aborde ici une approche de l’optimisation en puissance Figure 11 – Schéma de principe de la machine tritherme

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Là encore, plusieurs cas de figure sont à considérer, selon l’opti-


q• Fo T T
mum recherché. Ainsi, l’optimisation en PAC ou en MAF, voire en avec q• For = ------------------
-, T = ------B, T = -----F- .
thermotransformateur, est possible, avec ou sans contrainte com- k F AT F Br T i Fr Ti
plémentaire.
L’illustration en est faite, dans le cas d’une MAF, dont on cherche Toutes grandeurs associées à l’optimum, dont A B*, A *i , A *F , peu-
• ) nécessaire à vent alors aisément être déduites.
le minimum de puissance au bouilleur ( min q B
On remarquera simplement que les gradients optimaux dans le
l’obtention d’un effet frigorifique imposé q• Fo . cas de valeurs faibles (qui reste un cas réaliste) sont proportionnels
Ce problème comporte 6 variables ( X B = T B¢ Ð T B ; X F = T F¢ Ð T F ; à l’effet frigorifique souhaité et inversement proportionnels à la sur-
X i = T i¢ Ð T i ; A B ; A F ; A i ). La démarche est alors la même que face totale d’échange à distribuer. Les autres paramètres ont une
celle utilisée au paragraphe 2.2.1 (application du calcul des varia- influence plus complexe, même dans le cadre de l’hypothèse rete-
tions [7] [8] [9] [10] [11]). nue.
■ Quelques résultats Quelques résultats d’étude de sensibilité paramétrique réalisée
sur une machine similaire figurent dans des références récentes [7]
Pour la loi de transfert classique, les flux échangés s’écrivent : [8] [9] [10] [11].
q•B = k B A B X B (55)

q• i = k i A i X i (56)
2.3 Analyse entropique simple
q• F = k F A F X F (57)
d’une machine à gaz permanent
Il est possible d’exprimer les variables AB, Ai, AF, en fonction des
3 autres variables et des paramètres ( q• Fo , A, T B, T i, T F, k B, k i, k F ).
On aboutit alors analytiquement au système suivant de trois équa- On considérera ici qu’il n’y a pas de changement d’état.
tions à trois inconnues (XB, Xi, XF) :

k F k i kB XF Xi XB
------------------------------------------------- × k F A Ð q• Fo = 0 (58) 2.3.1 Analyse simple d’une machine
D
de Brayton-Joule à cycle inverse
¢2 ¢2 ¢2
TB Ti TF
---------------
- = -------------
- = --------------
- (59)
k B X B2 k i X 2i k F X F2 La démarche adoptée au paragraphe 2.2 peut être étendue à
d’autres cycles. On examine ici une machine de Brayton-Joule fonc-
tionnant en MAF entre deux thermostats (figure 12). La machine est
avec D = k i k B X i X B æ -------- Ð -------ö
1 1
è T ¢ T ¢ø sujette à une non-adiabaticité globalisée sous la forme d’une con-
B i ductance thermique de perte entre les thermostats Kp. En régime
dynamique stationnaire, l’irréversibilité interne se traduit par un flux
+ k B k F X B X F æ -------- Ð --------ö + k F k i X F X i æ ------- Ð -------- ö
1 1 1 1
è T F¢ TB¢ ø è T ¢i TF¢ ø
(60) •
d’entropie créée global S T .

Dans le cas général, ce système nécessite une résolution numéri-


que. Quelques résultats correspondant à une étude de sensibilité ■ Formulation algébrique du problème
paramétrique analogue peuvent être examinés dans des communi- Les équations relatives aux premier et second principes de la
cations récentes [7] [8] [9] [10] [11]. Thermodynamique demeurent identiques aux relations (42) et (43)
On se contentera ici de particulariser les résultats, au cas où les du paragraphe 2.2.1. Mais les flux de chaleur échangés par le fluide
gradients restent faibles comparativement aux niveaux des tempé- cyclé s’expriment ici sous la forme :
ratures des thermostats. Dans ces conditions le système des équa-

tions (58), (59) (60) se simplifie. (59) et (60) deviennent : q• F = M c p ( T Fs Ð T Fe ) (66)
2
kB XB k i X 2i k F X F2

q• C = M c p ( T Cs Ð T Ce )
---------------
- = -------------
- = --------------
- (61)
TB 2 T 2i T 2F (67)

En adimensionnalisant les températures, il vient : avec cp supposé constant.


kB x
2
= k i x 2i = k F x F2 (62) Le second principe de la Thermodynamique, appliqué à ce même
B
fluide, remplace alors la relation (43) par :
L’adimensionnement de la relation (58), combiné à (62) conduit
alors au point d’état de l’optimum de la machine en gradient de •
température : T Cs × T Fs ST
- = exp Ð ----------------- = K
---------------------- (68)
T Ce × T Fe •
1 Ð T Fr k T Fr Ð T Br k k M cp
x *B = q• For 1 Ð ------------------ -----F- Ð ----------------------- ----F- -----F- (63)
1 Ð T Br k B 1 Ð T Br k i kB
L’équation de conservation de l’énergie à la source froide s’écrit
par ailleurs :
1 Ð T Fr k T Fr Ð T Br k
x F* = q• For 1 Ð ------------------ -----F- Ð ----------------------- ----F- (64)
1 Ð T Br k B 1 Ð T Br k i •
M c p ( T Fs Ð T Fe ) = q•uo + K p ( T SC Ð T SF ) (69)
1 Ð T Fr k T Fr Ð T Br k kF
x *i = Ð q• For 1 Ð ------------------ -----F- Ð ----------------------- ----F- ----- (65)
1 Ð T Br k B 1 Ð T Br k i ki q•uo , représente l’effet frigorifique utile imposé ici.

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fait alors apparaître 6 variables d’état (TCs, TCe, TFs, TFe, KC, KF),
T TCe p = Cte • • •
7 paramètres ( K T, K p, S T , T SC, T SF, M c p , q uo ) .

TCs Les relations (70) et (71) permettent d’exprimer TFs et TCs en fonc-
tion des autres variables et paramètres du problème : de plus, la
TSC relation (72) permet l’élimination d’une des 2 variables KC ou KF.
Le problème est donc réduit à l’optimisation d’une fonction objec-

tif min w , en présence de deux contraintes (68) et (69) et cela en
fonction de 3 variables TFe, TCe et KC ou KF.
TSF
p = Cte Ce problème à un degré de liberté n’admet pas de solution analy-
TFs tique.
TFe Avant que de le résoudre numériquement, il serait bon de le met-
tre sous une forme adimensionnelle rendant générale la solution
numérique trouvée ; les résultats sous forme d’abaques sont alors
s commodes.
a cycle associé

2.3.2 Analyse simple d’une machine de Stirling


TC à cycle inverse
qC
TSC
Le problème traité ici est en tout point analogue au précédent. La
figure 13a rappelle le cycle associé à une telle machine, alors que la
figure 13b en représente le schéma de principe équivalent.
qP
MAF
w ST

qu T
TSF
qF
TF
v = Cte
b schéma de principe équivalent TC
TSC
Figure 12 – MAF de Brayton-Joule, en présence
d’irréversibilités interne et externe

TSF
Le fluide limitant étant le fluide frigorigène cyclé, du fait des con- TF
tacts avec deux thermostats, toutes les grandeurs précédentes sont
v = Cte
liées par les relations d’efficacité de transfert aux échangeurs
thermiques :
s
T Fs Ð T Fe Ð KF
e F = ------------------------
- = 1 Ð exp ----------------- (70) a cycle associé
T SF Ð T Fe •
M cp
TC
T Ce Ð T Cs Ð KC qC
e C = -------------------------
- = 1 Ð exp ----------------- (71)
T Ce Ð T SC • TSC
M cp
Nota : il est à remarquer que les relations (70) et (71) restituent les notions classiques
d’efficacité et de nombre d’unités de transfert des échangeurs de chaleur :
qP
K MAF
NUT = ----------------
-
• w ST
M cp

On remarquera que l’augmentation avantageuse de K se paie par le fait que K est pro-
portionnel à la surface d’échange consentie à l’échangeur, à coefficient de transfert de cha- qu
leur constant. TSF
Les conductances de transfert KF, KC peuvent être soumises à qF
limitation ; dans ce cas il vient : TF

KC + KF = KT (72) b schéma de principe équivalent

Si l’objectif est la minimisation de la puissance mécanique


Figure 13 – MAF de Stirling, en présence d’irréversibilités
w• ( min w• ) , associée aux cinq contraintes (67) à (71), le problème interne et externe

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Là encore, on suppose une utilisation en MAF, avec un effet frigo-


• •

rifique utile imposé q uo . q•uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) ( 1 Ð S Tr ) + S Tr
* = ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
K Cr (80)
■ Formulation du problème •
2 q• uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) + S Tr
Du fait de l’isothermie des transformations aux contacts avec
source et puits, les relations (66), (67) et (69) deviennent :
Il apparaît clairement sur la relation (77) que le gradient thermique
q• F = K F ( T SF Ð T F ) > 0 (73) à l’optimum est une fonction croissante du flux utile, mais aussi des
pertes thermiques. Par contre, le gradient thermique correspondant,
q• C = K C ( T SC Ð T C ) < 0
au puits chaud, est plus particulièrement proportionnel à la tempé-
(74)
rature réduite de ce puits, mais aussi fonction croissante de la créa-
tion d’entropie interne au cycle (relation (78)).
q• F = q•uo + K p ( T SC Ð T SF ) (75) Les conductances de transfert à l’optimum (79), (80) se répartis-
sent de façon dissymétrique entre source et puits, uniquement à
De même, la relation (68), en conséquence, devient : cause de la création d’entropie interne au cycle.
Les figures 14, 15, 16, 17 illustrent dans ce cas l’étude paramé-
K F ( T SF Ð T F ) K C ( T SC Ð T C ) • trique numérique réalisée sur l’optimum, le COP correspondant (les
------------------------------------ + ------------------------------------- + S T = 0 (76)
TF TC tableaux de valeurs rappellent le point d’état associé à min w• r ).

Les influences observées de Kpr, S Tr , TSCr sur min w• r et le COP
L’optimisation abordée consiste donc en la recherche de

min w , correspondent aux sens de variation attendus (toujours croissant
en présence des contraintes (75), (76), (72). Ce problème comporte pour min w• r ). Mais on remarquera qu’il y a lieu d’être plus prudent
• •
alors quatre variables (KC, KF, TC, TF) et 6 paramètres ( q uo , S T , K p , pour le COP (cela est lié aux contraintes choisies). Par ailleurs, ces
KT, TSF, TSC). figures illustrent l’importance quantitative des variations obtenues.

L’adimensionnalisation peut alors être conduite par rapport à L’étude précédente peut être reconduite en régénération impar-
deux paramètres ; on a retenu KT et TSF. En conséquence, il vient : faite. Il apparaît alors un paramètre supplémentaire (le rendement
de régénération). Les résultats sont disponibles près de l’auteur.

ì w• r = K Cr ( T Cr Ð T SCr ) Ð K Fr ( 1 Ð T Fr )
ï
ïK Fr ( 1 Ð T Fr ) K Cr ( T Cr Ð T SCr ) •
ï---------------------------------- Ð -------------------------------------------- + S Tr = 0
í T Fr T Cr
ï• 0,08

Travail adimensionnel
ï q uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) = K Fr ( 1 Ð T Fr )
ï 0,06
î K Cr + K Fr = 1
0,04
0,02
■ Quelques résultats analytiques
0
La méthode des multiplicateurs de Lagrange permet alors facile- 0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14 0,16 0,18 0,2
ment d’arriver à des éléments de solutions analytiques dont :
Pertes adimensionnelles

— les gradients thermiques conduisant à min w : 0,6

COP
0,5

2 q• uo r + K pr ( T SCr Ð 1 ) + S Tr 0,4
0,3
( 1 Ð T Fr ) * = ------------------------------------------------------------------------------------- (77)
• 0,2
1 + S Tr
0,1
0 0,02 0,04 0,06 0,08 0,1 0,12 0,14 0,16 0,18 0,2

2 q•uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) + S Tr Pertes adimensionnelles
Paramètres : STr = 0,01
( T Cr Ð T SCr ) * = T SCr ------------------------------------------------------------------------------------------------ (78) TScr = 1,3

q•
quor = 0,01
1Ð4 uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) Ð S Tr
Vecteur d’état pour différents Kpr

— les conductances de transfert thermique associées : Kpr KCr KFr TCr TFr wr
0,2000 0,5287 0,4713 1,5746 0,8515 0,0752

q•uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) ( S Tr + 1 ) 0,1500 0,5371 0,4629 1,5026 0,8812 0,0538
0,1000 0,5511 0,4489 1,4410 0,9109 0,0377
* = ----------------------------------------------------------------------------------------------
K Fr (79) 0,0500 0,5792 0,4208 1,3876 0,9406 0,0258
• 0,0010 0,6600 0,3400 1,3419 0,9697 0,0174
2 q•uor + K pr ( T SCr Ð 1 ) + S Tr
Figure 14 – Influence de Kpr

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0,2
Travail adimensionnel

Travail adimensionnel
0,2
0,1

0 0
10--4 10--3 10--2 10--1 10--4 10--3 10--2 10--1
Irréversibilité adimensionnelle Flux utile adimensionnel
COP

COP
0,5 0,5

0 0
10--4 10--3 10--2 10--1 10--4 10--3 10--2 10--1
Irréversibilité adimensionnelle Flux utile adimensionnel
Paramètres : quor = 0,01 Paramètres : STr = 0,01
Kpr = 0,1 TSCr = 1,3
TSCr = 1,3 Kpr = 0,1

Vecteur d’état pour différents STr Vecteur d’état pour différents quor
STr KCr KFr TCr TFr wr quor KCr KFr TCr TFr wr
0,0001 0,5006 0,4994 1,4240 0,9199 0,0221 0,0001 0,5669 0,4331 1,4049 0,9305 0,0294
0,0010 0,5057 0,4943 1,4255 0,9191 0,0235 0,0010 0,5650 0,4350 1,4082 0,9286 0,0301
0,0100 0,5511 0,4489 1,4410 0,9109 0,0377 0,0100 0,5511 0,4489 1,4410 0,9109 0,0377
0,0955 0,7503 0,2497 1,6064 0,8398 0,1899 0,0955 0,5143 0,4857 1,9953 0,7416 0,2321

Figure 15 – Influence de STr


Figure 17 – Influence de q• uo r

0,25
Travail adimensionnel

0,2
0,15 2.4 Récapitulatif et généralisation
0,1 de la démarche
0,05
0
1,1 1,15 1,2 1,25 1,3 1,35 1,4 1,45 1,5 2.4.1 Existence d’un optimum de fonctionnement
Température de source chaude adimensionnelle de machine
0,5
COP

0,4 L’approche thermostatique classique des machines dithermes


(une source, un puits) a permis de montrer l’identité formelle du
0,3
problème thermodynamique à résoudre pour un cycle inverse de
0,2 MAF ou de PAC.
0,1
Ainsi, pour les machines à cycle continu en régime dynamique
0 stationnaire, l’endoréversibilité impose qu’il n’y a qu’un point d’état
1,1 1,15 1,2 1,25 1,3 1,35 1,4 1,45 1,5 possible. Dans le cas de contact avec des thermostats (TSi, TSj), les
Température de source chaude adimensionnelle deux températures du fluide cyclé, Ti, Tj satisfont à :
Paramètres : STr = 0,01
• •
quor = 0,01 ì qi ( Ti ) Ð qo = 0 (81)
ï •
q•j ( T j )
Kpr = 0,1
í qi ( Ti )
ï -------------------- + -------------------- = 0 (82)
Vecteur d’état pour différents TSCr î Ti Tj
TSCr KCr KFr TCr TFr wr
q•o représente alors l’effet utile. La puissance motrice nécessaire est
1,1000 0,5671 0,4329 1,1885 0,9307 0,0202 déduite du premier principe de la Thermodynamique :
1,2000 0,5409 0,4591 1,3671 0,8911 0,0404
1,3000 0,5287 0,4713 1,5746 0,8515 0,0752
1,4000 0,5216 0,4784 1,8222 0,8119 0,1302 w• + q•i ( T i ) + q•j ( T j ) = 0 (83)
1,4980 0,5170 0,4830 2,1204 0,7731 0,2122
Si, par contre, c’est la puissance motrice qui est connue, l’équa-
Figure 16 – Influence de TSCr tion (81) et remplacée par (83) avec w• = w• o .

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Généralement, le problème comporte, en plus des variables Ti, Tj, chaude. La présence d’irréversibilités internes introduit un déséqui-
deux autres variables vi, vj. Celles-ci sont des surfaces de transfert libre attribuant plus de conductance au condenseur.
aux deux échangeurs pour les machines à cycle continu, ou des Mais les considérations précédentes ignorent l’environnement de
temps de contact aux mêmes échangeurs pour les machines à cycle •
discontinu. la machine. Ainsi, pour une MAF, la puissance utile q u est la résul-
Il apparaît alors un point d’état optimal de fonctionnement asso- tante de deux termes :
cié à deux variantes possibles du problème ; la première consiste à • • •
qu = qA + qV (92)
rechercher min w• à q• i = q• o donné ; la seconde consiste à
• En admettant qu’en régime dynamique stationnaire l’effet utile ne
rechercher MAX q i à w• = w• o fixé. fait que compenser les déperditions par les parois du volume froid,
Si on travaille en espace-temps fini, vi et vj sont liées par une il vient :
contrainte :
• •
q u = q A = k × A ( T ext Ð T int ) (93)
vi + vj = vT (84)
avec k conductance surfacique de perte à travers la paroi
Après usage de la méthode des multiplicateurs de Lagrange, il
isolante.
reste alors à résoudre les 3 équations suivantes couplées à (84) :
De façon générale, cette conductance surfacique est associée à
¶ q• i ¶ q• j ¶ q• j ¶ q• i trois résistances thermiques en série, dont les résistances de con-
q• i ----------- ----------- = q• j ----------- ----------- (85) vection-rayonnement interne et externe à la paroi. Si ces deux résis-
¶ Ti ¶ vj ¶ Tj ¶ vi tances sont négligeables par rapport à la résistance thermique de
conduction dans l’isolant (cas courant d’une bonne isolation), il
q• q• vient :
-------i- + -------j- = 0 (86) • l A
Ti Tj q A = ---------- ( T ext Ð T int ) (94)
e
et
q• i Ð q• o = 0 (87) avec l conductivité de l’isolant,
e épaisseur de l’isolant.
ou
q• i + q• j + w• o = 0 (88) Alors, le coût d’investissement de l’isolant étant par unité de
volume égal à vi, on en déduit pour le volume :
L’usage de (87) ou (88) dépend de la variante du problème résolu ;
l’ordre des températures trouvé ne doit pas non plus être quelcon- c i = e A vi (95)
que.
Si, de plus, pour la machine à compression de vapeur endoréver-
Le raisonnement exposé pour les machines dithermes s’étend
sible, les gradients sont faibles, on a vu que la puissance mécanique
aux machines trithermes de la façon suivante ; dans le cas où seules
à fournir vaut :
les trois températures de fluide sont variables, et l’un des flux
imposé au contact avec un thermostat ; le système à résoudre en Ti, T ext Ð T int •
Tj, Tk, pour obtenir le point d’état est alors le suivant :
• = -------------------------
w qu (96)
T int
q•i ( T i ) + q•j ( T j ) + q•k ( T k ) = 0 (89) Le coût de fonctionnement de cette machine peut s’écrire :

q•i ( T i ) q•j ( T j ) q•k ( T k ) • T ext Ð T int


c f = q A ------------------------- D t v f (97)
-------------------- + -------------------- + ---------------------- = 0 (90) T int
Ti Tj Tk
Dt
q•i ( T i ) Ð q•o = 0
avec durée de fonctionnement de l’installation,
(91)
vf coût de l’unité d’énergie du système choisi.
Pour le cas d’une machine tritherme dépendant de 6 variables (Ti, Si, par ailleurs, on admet un coût d’investissement de la MAF pro-
Tj, Tk ; vi, vj, vk), il n’y a alors qu’un seul cas de figure à résoudre. Les portionnel à la puissance frigorifique installée (ce qui n’est pas
équations correspondantes à résoudre sont disponibles près de déraisonnable), il vient :
l’auteur.

c i¢ = q u × v i¢ (98)
2.4.2 Approche thermoéconomique D’où l’expression du coût total c t :
et contraintes environnementales
c t = c i¢ + c f + c i (99)
Les études précédentes, si elles sont intéressantes d’un point de
Une démarche d’optimisation simple sur la fonction objectif (99)
vue fondamental et technique, restent néanmoins limitées d’un
point de vue industriel. Il faut alors y ajouter des considérations éco-

montre alors que, q u variant, il existe un optimum de coût total
nomiques. Celles-ci font apparaître respectivement des coûts pour :
d’investissement et des coûts de fonctionnement.
• vi
Si on admet en première approximation que les coûts du com- qu opt = A l ( T ext Ð T int ) ------------------------------------------------------- (100)
presseur et du détendeur sont respectivement proportionnels à la T ext Ð T int
v i¢ + v f D t -------------------------
puissance du compresseur, puis au débit de frigorigène, alors les T ext
coûts liés aux échangeurs sont indépendants des précédents, car
fonction essentiellement de l’aire d’échange. Les lois économiques

La relation (100) montre que q u est proportionnel à A, la surface
étant similaires pour un évaporateur et un condenseur, une machine de l’enceinte à réfrigérer, et à la racine carrée de la conductivité de
à compression de vapeur endoréversible conduit à une équipartition l’isolant ; l’optimisation de la MAF n’est donc pas indépendante de
des conductances de transfert entre la source froide et la source l’installation correspondante.

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______________________________________________________________ PRODUCTION DE FROID ET REVALORISATION DE LA CHALEUR : PRINCIPES GÉNÉRAUX

Même si, dans la réalité, le modèle peut être plus détaillé, il mon- GWP : potentiel de réchauffement global (global warming
tre que le COP n’est pas forcément le meilleur critère d’étude. potential) ;
De plus, les contraintes environnementales peuvent être prises TEWI : effet de serre équivalent total (total equivalent warming
dans un sens beaucoup plus strict. Les fluides frigorigènes sont for- impact).
tement incriminés dans la pollution atmosphérique (effet de serre). Mais il reste difficile d’y associer une optimisation en termes de
Actuellement, les fluides frigorigènes sont caractérisés par trois valeur. Des études se dévelopent en ce sens. Le tableau 1 extrait de
paramètres : la Revue générale du Froid (mars 1996, page 46) donne quelques
ODP : potentiel de destruction d’ozone (ozone depletion indications actuelles sur les caractéristiques environnementales des
potential) ; principaux fluides frigorigènes.

Tableau 1 – Propriétés des frigorigènes de synthèse et naturels


Gamme de température
Substance ODP GWP Inflammabilité Toxicité
pour les applications
(°C)
CFC-12 1,0 8 500 Non Non – 30 à + 20
HCFC-22 0,055 1 700 Non Non – 40 à + 20
HFC-134a 0 1 300 Non Non – 30 à + 5
NH3 0 0 Oui Oui – 50 à + 40
H2O 0 0 Non Non 0 à + 100
CO2 0 1 Non Non – 50 à + 5
Propane 0 3 Oui Non – 40 à + 20
Isobutane 0 3 Oui Non – 30 à + 20
Air 0 0 Non Non – 80 à + 30

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O
U
Production de froid R
et revalorisation de la chaleur
E
N
par Michel FEIDT
Ingénieur physicien de l’Institut national des sciences appliquées de Lyon
Docteur ès sciences S
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